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12 février 2013

16 juin 1940 : la démission de Paul Reynaud amène Pétain au pouvoir

milguerres @ 22 h 35 min

 

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16 juin 1940 : la démission de Paul Reynaud amène Pétain au pouvoir
Catherine Desplanque

Ce sombre passage de l’Histoire de France et de la Seconde Guerre mondiale n’a guère été compris a postériori… Mais pourquoi donc Paul Reynaud a-t-il démissionné en laissant les coudées franches à Pétain qui formera le gouvernement de Vichy qui va collaborer avec les nazis ?

Dès le 21 mars 1940, Paul Reynaud, un homme du centre, devient Président du Conseil en remplaçant Edouard Daladier déconsidéré depuis qu’il avait signé les accords de Munich avec Hitler. Dès le début de l’invasion allemande, Reynaud appelle le 18 mai leMaréchal Philippe Pétain, le vainqueur de la bataille de Verdun, pour être son vice-président. Le lendemain, il rappelle Maxime Weygand à la tête des armées : ce dernier était l’ancien adjoint du Maréchal Foch.
Une semaine plus tard, Paul Reynaud rencontre Winston Churchill, le nouveau Premier ministre britannique. Les deux hommes tombent d’accord pour lutter ensemble contre Hitler selon l’engagement mutuel de la France et de l’Angleterre de ne pas accepter d’armistice ou de traité de paix séparé. Pourtant, dans son gouvernement, Reynaud compte quelques ministres favorables à un armistice dont Maxime Weygand et Philippe Pétain convaincus de la future défaite française.
Paul Reynaud propose alors que les militaires demandent un cessez-le-feu afin que legouvernement puisse se replier en Afrique du Nord en continuant la lutte. En effet, la France dispose d’une aviation, d’une flotte, de régiments et de beaucoup d’âmes dans les colonies et les Français de métropole n’auraient qu’à patienter.
Cette idée n’est pas du goût du général Maxime Weygand qui objecte que tout le territoire serait occupé, les armées défaites et les armes saisies. Il prône donc un armistice, soit un arrêt des combats en attendant un traité de paix normal. Pétain le soutient dans cette idée d’autant plus que l’exode a commencé, que la Belgique et les Pays-Bas ont été pris, que Sedan a été vaincue. Il ne veut pas abandonner le pays, affirme que l’armée a fait son devoir et qu’il faut savoir reconnaître une défaite.

Une opinion est émise : demander à Hitler les conditions de l’armistice. Si celles-ci étaient trop dures, le gouvernement pourrait les rejeter et poursuivre la résistance, soit en métropole, soit en Afrique. À cette époque, ils pensent que la défaite de l’Angleterre est fort probable avec la victoire de l’Allemagne. Après tout ! Les dirigeants nazis semblent civilisés et courtois et on n’entend pas encore parler d’extermination… Se disent-ils…
Deux personnes ne sont pas d’accord avec cette vision des choses : Georges Mandel, le Ministre de l’Intérieur et le général de brigade Charles de Gaulle, alors sous-secrétaire d’état à la Défense. Pour eux, cette guerre n’a rien à voir avec les précédentes : il s’agit de se battre contre des régimes totalitaires (Allemagne nazie, Italie fasciste et URSS communiste).
De Gaulle est envoyé à Londres par Paul Reynaud pour prier Churchill de dégager la France de sa promesse. Le 16 juin, Paul Reynaud reçoit un télégramme de Churchill qui l’autorise à demander les conditions d’un armistice à Hitler tout en mettant la flotte française à l’abri dans les ports britanniques. Puis Churchill propose une union totale entre l’Angleterre et la France ne faisant des deux pays qu’un seul. Un rendez-vous est pris pour le lendemain entre les deux hommes mais ce traité d’union est rejeté par les partisans de l’armistice, majoritaires dans le gouvernement.
Isolé, Paul Reynaud démissionne le soir du 16 juin 1940. C’est au Président de la République, Albert Lebrun, de nommer son remplaçant pour négocier l’armistice et la paix. L’homme est tout trouvé : il s’agit du Maréchal Philippe Pétain qui forme un nouveau gouvernement. Il prononce un très beau discours à la radio le 17 juin à midi rassurant tous les Français désemparés.
Ce discours fervent mais quelque peu incohérent n’est pas compris de la même manière. Certains soldats croient que les combats doivent cesser à l’instant et se rendent, d’autres continuent le combat. Alors que le général de Gaulle organise la résistance à Londres, Pétain penche de plus en plus vers la collaboration qui se concrétisera le 24 octobre dans la gare de Montoire-sur-le-Loir avec une franche poignée de main entre Hitler et Pétain…

Allocution prononcée à la radio française le 17 juin 1940.

Français!

A l’appel de M. le président de la République, j’assume à partir d’aujourd’hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l’affection de notre admirable armée, qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires contre un ennemi supérieur en nombre et en armes, sûr que par sa magnifique résistance elle a rempli son devoir vis-à-vis de nos alliés, sûr de l’appui des anciens combattants que j’ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés, qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat (*).
Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités.
Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n’écouter que leur foi dans le destin de la patrie.

(*) Tel est le texte qui fut prononcé. Sur la suggestion de Paul Baudouin, ministre des Affaires étrangères, la phrase fut rectifie – inutilement et maladroitement – de la manière suivante :  » C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut tenter de cesser le combat. « 

sources
http://cdpresse.fr/2011/06/16/16-juin-1940-la-demission-de-paul-reynaud-amene-petain-au-pouvoir/
http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/1940-1944-la-seconde-guerre-mondiale/l-appel-du-18-juin/documents/discours-du-17-juin-1940-du-marechal-petain.php
http://youtube.com

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