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18 mars 2013

Jacques Decour (Daniel Decourdemanche)

milguerres @ 23 h 36 min

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 retour à la Seconde Guerre Mondiale

Résistance … la lutte contre le mal

 

30 mai 1942 : Jacques Decour (pseudonyme de Jacques Decourdemanche), Georges Politzer et Jacques Solomon étaient trois résistants arrêtés par la police française en 1942, et fusillés par l’armée nazie à une semaine d’intervalle, entre le 23 et le 30 mai 1942. Tous trois étaient des intellectuels engagés, et ils cherchaient à organiser la résistance universitaire. Politzer et Solomon ont notamment participé à l’élaboration d’un journal engagé, « L’Université Libre »
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Jacques Decour (Daniel Decourdemanche)

Jacques Decour, nom de résistant de Daniel Decourdemanche, est un écrivain et résistant français, né le 21 février 1910 à Paris, mort pour la France fusillé par les nazis le 30 mai 1942 au fort du Mont-Valérien.

Jacques Decour fait ses études à Paris au lycée Carnot, où il reste 6 ans, puis au lycée Pasteur de Neuilly. Il commence des études de droit, mais, après quelques années, change d’orientation : il étudie la littérature allemande et devient, en 1932, le plus jeune agrégé d’allemand de France1.
En 1930, il publie son premier roman, Le Sage et le Caporal chez Gallimard. Il est nommé, en 1931, professeur de français en Prusse au lycée de Magdebourg. Là, il écrit Philisterburg, qui décrit les risques que représentent la montée du nationalisme et « le mythe inadmissible de la race ». Ce livre, publié en 1932, fait scandale en France où l’opinion publique refuse de prendre en compte les signes menaçants provenant d’Allemagne.
Il est ensuite nommé au lycée de Reims et adhère au mouvement des jeunesses communistes. Il part ensuite à Tours où il entre au Parti communiste.
En 1937, il devient professeur d’allemand à Paris au lycée Rollin (lycée qui, à la Libération, deviendra le lycée Jacques-Decour en son hommage). La même année, il devient rédacteur en chef de la revue Commune, éditée par l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires, dont le directeur est Louis Aragon. À la démobilisation, il rentre dans la Résistance en créant deux revues L’université libre en 1940 et La Pensée libre en 1941 qui sera la plus importante publication de la France occupée.
En 1941, Decour devient le responsable du Comité national des écrivains qui projette la publication d’une nouvelle revue, les Lettres françaises qu’il ne verra pas paraitre, puisque le 17 février 1942, Decour est arrêté par la police française. Remis aux Allemands, il est fusillé le 30 mai 1942, une semaine après Georges Politzer et Solomon. En prison, dans l’attente de son exécution, il écrit une lettre à sa famille particulièrement touchante, message d’adieu d’un condamné à ceux qu’il aime. Tout en sachant sa mort prochaine et inéluctable, il y exprime sa confiance dans la jeunesse, persuadé que son sacrifice ne sera pas vain.

Publications

Le Sage et le Caporal, Gallimard, Paris, 1930 ; réédition Farrago, Tours, 2002 (Le Sage et le Caporal suivi de Les Pères et de sept nouvelles inédites).
Philisterburg, Gallimard, Paris, 1932 ; réédition Farrago, Tours, 2003.
La Révolte, article de La Nouvelle Revue française, no 246, mars 1934, repris dans Comme je vous en donne l’exemple… et dans Le Sage et le Caporal suivi de Les Pères et de sept nouvelles inédites, Farrago, 2002.
Les Pères, Gallimard, 1936 ; réédition Farrago, Tours, 2002 ; (Le Sage et le Caporal suivi de Les Pères et de sept nouvelles inédites).
Pages choisies de Jacques Decour, les Éditions de Minuit, Paris, 20 février 1944 (publié dans la clandestinité pour le Comité national des écrivains), préface non signée de Jean Paulhan.
Comme je vous en donne l’exemple…, textes de Jacques Decour présentés par Aragon, Éditions sociales, Paris, 1945 ; réédition Les Éditeurs français réunis, 1974.
Nos jeunes morts sont secrets. Littérature et résistance, Éditions Farrago, 2003.
La Faune de la collaboration. Articles 1932-1942, Éditions La Thébaïde, 2012

Notes 
↑ Site de académie d’Orléans-Tours [archive]

Jacques Decour (Daniel Decourdemanche) fleche26Contre les collabos, feu !
21-11-2012 Par Jérôme Garcin

Avant d’être fusillé en 1942 par les Allemands à 32 ans, Jacques Decour avait publié dans la presse clandestine de formidables articles contre l’occupant et les traîtres français. Les voici rassemblés.

Cet homme de 32 ans que les Allemands ont tué le 30 mai 1942 au mont Valérien avait la passion de l’Allemagne. Quelques heures avant d’être fusillé, dans une lettre admirable adressée à ses parents, il émit le voeu que ses élèves du lycée Rollin sachent combien il avait pensé, dans sa cellule, à la pièce de Goethe «Egmont», dont l’ultime tirade est: «Pour sauver ce que vous avez déplus cher, je tombe avec joie, ainsi que je vous en donne l’exemple.»

Ce lycée, où il professa que le germanisme était un humanisme et fit partager son amour de Heine, Hölderlin, Nietzsche, porte désormais son pseudonyme de Résistance: Jacques Decour. De son vrai nom Daniel Decourdemanche, il avait obtenu, à 22 ans, son agrégation d’allemand (elle avait fait de lui le plus jeune agrégé de France) et avait adhéré au Parti communiste en 1936.

«Le nationalisme ne sert à rien»
Inlassable propagateur de la littérature et de la philosophie d’outre-Rhin, il avait traduit Storm et Kleist, exalté la nation du «Prince de Hombourg» et des «Affinités électives», travaillé à faire connaître «l’Homme sans qualités», de l’Autrichien Musil, mais rapporté aussi, d’un long séjour à Magdebourg (Saxe-Anhalt), en 1930, un livre visionnaire, «Philisterburg».

Il y prenait la mesure de l’antisémitisme croissant et, deux ans avant l’accession de Hitler au pouvoir, s’inquiétait de voir défiler dans les rues une jeunesse nationale-socialiste réclamant son Führer. «Le nationalisme ne sert à rien, y écrivait-il, il engendre la haine, il ne sauvera pas l’Allemagne.»

Mieux qu’un autre, il savait que, dans ce pays voisin, «la civilisation la plus haute» avait toujours bataillé avec «la barbarie la plus inhumaine». Alors, quand la seconde envahit l’Europe, en 1940, il fut l’un des premiers intellectuels à entrer en Résistance.

Sans cesser d’enseigner, il participa à la création de journaux clandestins «l’Université libre», «la Pensée libre», «les Lettres françaises» – auxquels il donna des articles dont chaque phrase était une rafale et chaque mot, une balle. 

Jacques Decour n’écrivait pas, il tirait à vue. Ses cibles? Les traîtres. Les Allemands qui avaient saccagé l’idéal de Heine et les Français qui avaient vendu leur patrie aux nazis.

Aux premiers, le germanophile infligeait des raclées en forme d’explications de textes. Il en appelait à Lessing, dont le «Nathan le Sage» condamnait par avance les persécutions hitlériennes, au «Guillaume Tell» de Schiller et à Goethe, champion de la diffusion des Lumières, traducteur du «Neveu de Rameau» et contempteur des barbares.

Résister, pour lui, c’était faire lire les auteurs allemands condamnés par le IIIe Reich – parmi lesquels le juif Heine -, c’était rappeler aux forces d’occupation qu’en servant Hitler, elles trahissaient Kant, Hegel, Bach, Beethoven ou Dürer, et c’était imprimer en allemand, à la une de «la Pensée libre», l’épitaphe de Goethe: Mehr Licht («Plus de lumière»).

Contre les «écrivains français en chemise brune»

Mais c’est à «la faune de la collaboration» que Jacques Decour destina ses chroniques les plus violentes. En décembre 1941, un mois après le retour à Paris du train de la honte affrété par le Dr Goebbels, à bord duquel étaient montés Brasillach, Drieu, Chardonne, Jouhandeau, Bonnard, Fernandez, Fraigneau, afin de célébrer la gloire du Führer à Weimar et d’y dénoncer «le péril juif», Jacques Decour signa une «Lettre ouverte aux anciens écrivains français»: 

Vous avez choisi l’abdication, la trahison, le suicide. Nous, écrivains français libres, avons choisi la dignité, la fidélité, la lutte pour l’existence et la gloire de nos lettres françaises.»

Pendant les mois qui lui restèrent à vivre, il harcela et attaqua sans relâche ces «écrivains français en chemise brune», ces félons à la double solde des nazis et de la «Pétanie»: Abel Bonnard, «académicien obscur qui attend, du nouvel ordre, la gloire et les lecteurs que son mince talent ne lui a jamais procurés»; Alphonse de Châteaubriant, «laquais chevronné» de «la Gerbe»; Sacha Guitry, «éternel adulateur des puissants»; Drieu, directeur d’une NRF annexée par «l’hitléro-lavalisme et le doriotisme». Tant d’autres encore…

Dans le recueil de celui que la police française arrêta le 17 février 1942 pour le livrer aux autorités allemandes, on trouve également un texte lumineux sur «le Rouge et le Noir». Comme Jean Prévost, autre écrivain-résistant, Jacques Decour était stendhalien dans l’âme. Ce qu’il écrit de la fin de Julien Sorel est le plus prémonitoire des autoportraits:

Sans doute devons nous voir dans cette mort, dans la façon dont il la veut et l’accueille, le point le plus sublime auquel pouvait atteindre ce jeune homme si doué, qui promettait beaucoup trop pour pouvoir tenir, s’il avait vécu.»

sources 
http://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20121121.OBS0138/contre-les-collabos-feu.html
http://www.linternaute.com/histoire/jour/evenement/30/5/1/a/60580/execution_de_georges_politzer_jacques_decour_et_jacques_salomon.shtml
wikipedia

 

 

Un lycée dans la guerre

C’est le seul lycée qui fut débaptisé à la Libération pour porter le nom d’un de ses professeurs, le résistant Jacques Decour

Le 11 octobre 1941, le «Journal officiel» annonce que le maréchal Pétain fait procéder à l’enlèvement des statues en alliages cuivreux situées dans les lieux publics « afin de remettre les métaux dans le circuit de la production industrielle et agricole » – la machine de guerre allemande n’est pas évoquée, mais on y pense. Or, dans la cour d’honneur du lycée Rollin, sis avenue Trudaine, à Paris, trône une grande statue en bronze de l’historien de l’Antiquité, 1661-1741, qui donne son nom à l’établissement. Au courrier du recteur vichyssois exigeant son poids de métal lourd, le proviseur répond : «Néant. » L’antédiluvien Charles Rollin est donc sauvé. Mais pas pour longtemps.

Le 19 août 1944, alors que les barricades se sont levées et que l’insurrection se propage dans la capitale, des professeurs se rendent chez le proviseur pour lui signifier qu’ils ont décidé de débaptiser le lycée Rollin et de lui donner le nom de leur collègue Decourdemanche, arrêté deux ans plus tôt par la police française, torturé à la Santé et fusillé au mont Valérien par les nazis. Le 23 août, un drapeau tricolore surgit à une fenêtre et, au son de « la Marseillaise », au nez des Allemands, une banderole est déployée sur la façade. Un jeune héros vient de chasser un vieil érudit.

Daniel Decourdemanche, de son nom de plume Jacques Decour, cofondateur des «Lettres françaises», auteur de « Philisterburg », traducteur de Kleist et Heine, militant communiste, enseignait l’allemand au lycée Rollin. Avant d’être criblé de balles, le 30 mai 1942, il écrivit à ses parents une lettre magnifique, leur demandant de ne pas oublier « l’ami pour qui j’ai traduit Goethe sans trahir » et priant son remplaçant de dire à ses élèves de 1re qu’il avait pensé, de puis sa cellule, à la dernière tirade d’«Egmont » : «Pour sauver ce que vous avez de plus cher, je tombe avec joie, ainsi que je vous en donne l’exemple. » Il avait 32 ans.

Le 11 octobre 1941, le «Journal officiel» annonce que le maréchal Pétain fait procéder à l’enlèvement des statues en alliages cuivreux situées dans les lieux publics « afin de remettre les métaux dans le circuit de la production industrielle et agricole » – la machine de guerre allemande n’est pas évoquée, mais on y pense. Or, dans la cour d’honneur du lycée Rollin, sis avenue Trudaine, à Paris, trône une grande statue en bronze de l’historien de l’Antiquité, 1661-1741, qui donne son nom à l’établissement. Au courrier du recteur vichyssois exigeant son poids de métal lourd, le proviseur répond : «Néant. » L’antédiluvien Charles Rollin est donc sauvé. Mais pas pour longtemps.

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Le 19 août 1944, alors que les barricades se sont levées et que l’insurrection se propage dans la capitale, des professeurs se rendent chez le proviseur pour lui signifier qu’ils ont décidé de débaptiser le lycée Rollin et de lui donner le nom de leur collègue Decourdemanche, arrêté deux ans plus tôt par la police française, torturé à la Santé et fusillé au mont Valérien par les nazis. Le 23 août, un drapeau tricolore surgit à une fenêtre et, au son de « la Marseillaise », au nez des Allemands, une banderole est déployée sur la façade. Un jeune héros vient de chasser un vieil érudit.

Daniel Decourdemanche, de son nom de plume Jacques Decour, cofondateur des «Lettres françaises», auteur de « Philisterburg », traducteur de Kleist et Heine, militant communiste, enseignait l’allemand au lycée Rollin. Avant d’être criblé de balles, le 30 mai 1942, il écrivit à ses parents une lettre magnifique, leur demandant de ne pas oublier « l’ami pour qui j’ai traduit Goethe sans trahir » et priant son remplaçant de dire à ses élèves de 1re qu’il avait pensé, de puis sa cellule, à la dernière tirade d’«Egmont » : «Pour sauver ce que vous avez de plus cher, je tombe avec joie, ainsi que je vous en donne l’exemple. » Il avait 32 ans.

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DR
Au lycée Jacques Decour. Bertrand Matot au bureau d’une salle classe reconstituée pour le tournage du « Petit Nicolas ».
Une heure après son exécution, le directeur du lycée Rollin entra dans la classe de Decour et monta sur l’estrade : « Votre professeur d’allemand a été fusillé par les militaires qui nous occupent. » Il y eut un silence glacial et un même frisson d’effroi. Les élèves étaient pourtant de tous bords : il y avait des gaullistes, des pétainistes, et quelques collaborationnistes. Ils étaient à l’image de ce lycée dont Bertrand Matot, tombant par hasard sur des archives jaunies au fond d’une armoire, raconte, pour la première fois, la traversée des années noires.

Un lycée géométrique comme un camp romain, situé au sommet du 9e arrondissement et au pied de la butte Montmartre, qui comptait, en 1939, 2000 élèves et fut une sorte de condensé du Paris occupé. Un lycée très politisé, qui fabriqua à la fois du courage et de la lâcheté, de l’intelligence et de la veulerie, de l’extrême-droite et de l’ultra-gauche, de l’antifascisme et du pronazisme. Un lycée qui paya son tribut à l’Holocauste – 27 élèves juifs déportés ne revinrent jamais, parmi lesquels le petit Hans Helmut, qui inspira à Louis Malle, un ancien de Rollin comme François Truffaut, le film « Au revoir les enfants ». Un lycée d’où sortirent aussi bien des résistants que des SS de la division Charlemagne.

Mais surtout des résistants. Et de très jeunes, qui entrèrent dans des réseaux clandestins, fabriquèrent des tracts et des journaux, apprirent dans les bois à tuer du boche, déposèrent des commandements menaçants sur les bureaux des profs pétainistes… Ils s’appelaient, entre autres, Claude Lalet, fusillé aux côtés de Guy Môquet, Tony Bloncourt, Edgar Nahoum, alias Edgar Morin, Dionys Mascolo, Henri Alleg, Jacques-Francis Rolland (dont le père, l’écrivain Louis-Francis Rolland, enseignait la littérature à Rollin), et Rouben Melik. Outre Decour, certains professeurs, comme le philosophe Jean-Toussaint Desanti, Jean Baby, Maurice Thiédot ou encore Jean-Edouard Ehrhard, membre des services secrets américains, entrèrent très tôt en Résistance – mais ils ne furent qu’une dizaine, sur la centaine d’adultes travaillant à Rollin, à refuser de signer une déclaration de « non-appartenance à la race juive».

Dans le camp adverse, il y eut notamment Robert Hersant, qui créa, en 1942, le mensuel collaborationniste «Jeune Force » ; des gamins déjà miliciens, qui psalmodiaient «juif, juif ! » lorsqu’un enseignant parlait de Spinoza ou de Bergson ; et Jacques Frantz, 20 ans, ancien scout de Rollin, engagé dans la Waffen-SS française, qui participa avec les Jeunesses hitlériennes, en avril 1945, à l’ultime défense de Berlin, où il fut gravement blessé.

Les élèves qui, aujourd’hui, 2 septembre, entrent dans ce lycée, carrefour de si singuliers destins, vont enfin savoir, en lisant ce livre précieux, qui était Jacques Decour et il ne leur déplaira pas d’apprendre que, parmi les garçons ayant fait face héroïquement aux pelotons d’exécution, il y avait beaucoup de cancres.

J. G.
« La Guerre des cancres », par Bertrand Matot, 
préface de Patrick Modiano, Perrin, 380 p., 20,90 euros.
http://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20100908.BIB5580/un-lycee-dans-la-guerre.html

 

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