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10 novembre 2013

9e Régiment de Dragons

Classé sous — milguerres @ 18 h 13 min
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HISTORIQUE SUCCINCT
du 9e Régiment de Dragons
(par le Lieutenant colonel (H) Henri Azema)

http://cavaliers.blindes.free.fr/rgtdissous/9dragonsh.html

Levé le 14 septembre 1673 à partir des dragons de gentilshommes (Danjeau) par le Marquis Charles Paul de Beauffremont il prend le nom de régiment de Beauffremont-Dragons qu’il conservera jusqu’en 1685. Racheté en 1696 il devient Payrac-Dragons, du nom de son nouveau propriétaire. En 1699, repris par une branche des Beauffremont il prend le nom de Listenois-Dragons avant de devenir en 1773 Lorraine-Dragons.
Sous l’Ancien régime:
Sous les anciennes dénominations de la royauté, le régiment participe aux guerres de Hollande (1673-1678), contre la ligue d’Augsbourg (1688-1697), de la succession d’Espagne (1701-1713), de la guerre de succession de Pologne (1733-1735), d’Autriche (1740-1748), à la guerre de Sept Ans (1756-1763).
Après la révolution, en 1791, le régiment prend le nom de « 9e régiment de dragons ».

Les guerres de la révolution et de l’Empire:

   1791: Le régiment, après les massacre de la « Glacière », est envoyé à Avignon le 16 octobre pour rétablir l’ordre.
   1793: En compte à l’armée des Alpes, le 9e dragons positionné à Vienne est dirigé Lyon le 9 août où il participe au siège de la ville tenue par des dissidents fédéralistes. Après la chute de la ville, le régiment quitte le quartier Varin et réintègre l’armée de Kellermann mi-octobre 1793.
   1794-96: Il est à l’armée d’Italie de Buonaparte. Il combat à Mondovi le 21 avril 1796, ce sera ensuite Calderio, le Passage du Mincio puis, Arcole le 16 novembre 1796 où il favorise la prise du pont sur l’Alpone en prenant à revers les troupes autrichiennes.
   1797: Il participe, le 14 mars, à la bataille du Tagliamento puis au siège de Mantoue qui capitule le 31 juillet.
   1799: Le 26 mars, le 9e dragons combat à Véderio au sein de l’armée Suchet, subit un échec et est fait prisonnier. Partiellement libéré 4 mois après, les restes du 9e dragons avec son colonel rentrent en France et se reconstitue à Paris.
   Le 10 novembre 1799, le régiment sous les ordres du colonel Sebastiani est une des 3 unités qui participe au coup d’état du 18 brumaire.
   1800: Le 9e dragons fait partie de l’Armée de réserve de Dijon créée par décret en date du 8 mars pour renforcer l’armée de Masséna en difficulté en Italie. Il est à Seurre le 5 avril avant de s’installer fin avril à Saint-Jean-de-Losne. Il est avec le 8e dragons à la brigade Rivaud.
   Le 5 mai, la division de cavalerie qui comprend le 11e hussards, le 15e chasseurs, le 3 e de cavalerie et le 9e dragons fait mouvement sur Genève par Bourg, Nantua Carouge; le régiment se positionne le 14 mai à Nyons. Après la passage du col du Gand-Saint-Bernard, mené par le 1er consul Buonaparte il combat contre les autrichiens à Montebello le 9 juin . A l’armée Kellermann, 2e brigade Champeaux, il est engagé à Marengo le 14 juin où il repousse de nombreuses attaques et où ses charges forcent la victoire un moment indécise.
   1801: Le 12 juin, il combat en Toscane et se fait remarquer à Castel-Franco.
   1803: En prévision d’une action sur l’Angleterre les forces françaises se rassemblent. Les 1er, 3e, 8e et 9e dragons sont stationnés dès le 14 juin au camp de Compiègne.
   1804: Le régiment aux ordres du colonel Maupetit stationne, pour les 1er et 2e escadrons à Pont-Sainte-Maxence, l’escadron de dépôt, les 3e et 4e escadrons à Versailles.
   1805: Le 9e dragons est à la Grande Armée, à la 3e division de cavalerie il fait partie de la 1e brigade de dragons avec les 5e, 8e dragons du général Boyer. Le 27 août, il reçoit ordre de marcher sur l’Allemagne. Après avoir franchi le Rhin, il combat victorieusement le 8 octobre contre les autrichiens à Wertingen puis s’illustre à Austerlitz le 2 décembre.
   1806: Durant la campagne de Prusse, il combat à Iéna le 14 octobre puis participe le 26 octobre à la prise du village de Zehdenick, après une charge de cavalerie menée par Murat.
   1807: En campagne en Pologne, le 9e dragons, aux ordres du colonel Girardin, est engagé le 3 février à Jonkowo, le 6 à Hoff puis à Eylau le 8 février où le 9e dragons et les escadrons de Murat chargent à plusieurs reprises pour dégager l’infanterie et forcer les russes à une nouvelle retraite. Ce sera ensuite Friedland le 14 juin et Koenigsberg où il entre le 16 juin 1807.
   Les nombreux combats des guerres de la révolution et de l’Empire valent au régiment d’inscrire sur son étendard les noms de
    »Arcole 1796″ – « Marengo 1800″ – « Austerlitz 1805″- « Eylau 1807″.
   1808: Dirigé sur l’Espagne le régiment combat à Burgos le 7 novembre 1809.
   1809: Le 9e dragons est engagé à Talavera-de-la-Reina les 27 et 28 juillet et le 19 novembre à Occana.
   1810: Il participe au siège de Cadix en avril puis à la bataille de Busaco le 28 novembre.
   1811: En prévision de la campagne de Russie, l’Empereur réorganise l’Armée; le 9e régiment de dragons change d’appellation et devient le 4e régiment de lanciers.
   1812: Sous cette nouvelle dénomination le régiment se distinguera en 1812 lors de la campagne de Russie à la Moskova, Mojaisk et Winkowo.
   1813: Durant la campagne d’Allemagne il est à Leipzig et Hanau.
   1814: Il participe aux combats Champaubert et Vauchamps lors de la campagne de France.
   Après l’abdication de l’Empereur le régiment prend l’appellation de régiment de Lanciers de Monsieur titre qu’il ne conservera que dix mois.
   1815: Les cent jours:
   Le 1er mars 1815 Napoléon quitte l’île d’Elbe. Le 20 mars il entre dans la capitale. Mais les alliés reprennent les hostilités et très vite il faut réorganiser l’armée. Le 9e régiment de dragons retrouve son nom mais une ambigüité subsiste car c’est sous le nom de 4e lanciers qu’il combattra à Waterloo.
   En 1815 à bataille de Waterloo, sous le commandement du Colonel Brio, le régiment (4e lanciers) anéanti les dragons anglais du général Ponsonby, tué par le Maréchal-des-logis Orban, qui sauve également le drapeau du 45e de ligne.

Restauration:
Fin Juin 1815, peu après la seconde abdication de l’Empereur, le régiment est dissous. Les hommes sont transférés au régiment de chasseurs de Vendée qui deviendra 10e dragons en 1825.

   1816-24: Sous la IIe restauration, recréé sous le nom des dragons de la Saône, il participe en 1823 à l’expédition d’Espagne. Sous les ordres du colonel Vilatte et combat avec succès à San-Juan-Del-Puerto.
   1825: Après la dissolution des « Dragons de la Saône » le régiment retrouve son appellation de 9e régiment de dragons. Il ne gardera cette dénomination que trois mois et deviendra le 1er janvier 1826 « 9e régiment de cuirassiers ». A la même date, le 21e régiment de chasseurs à cheval dissous, prend le nom de « 9e régiment de dragon » et reste en garnison à Epernay.
   1826: Le 1er janvier il devient le 9e régiment de cuirassiers, le 21e régiment de chasseurs perdant son nom, constitue le 9e régiment de dragons actuel. Il est à cette date en garnison à Epernay.

La guerre de 1870:

   Le 1er août, le 9e dragons est en compte à l’armée du Rhin du général Barrail. Il est commandé par le colonel Reboul, et fait partie, avec le 1er dragons, de la 1èrebrigade.
   Le 16 août, il se distingue à la bataille de Rezonville (Division Forton); le régiment surpris par une attaque prussienne, se débande avant de se reformer et de s’illustrer en chargeant la brigade Bredoww.
   Après la capitulation de l’Empereur Napoléon III à Sedan le 2 Septembre, il retrouve sa garnison d’Epernay. Il restera en champagne jusqu’en 1914 avec un intermède en 1896 à Lunéville.

La guerre 1914–1918:

   Le 9e régiment de dragons, en garnison à Epernay, appartient à la 7e brigade de dragons, 1er corps de cavalerie (Général Sordet), 5e division (avec le 29e dragons), Ve armée, pour une période s’étalant du mois d’août au mois de novembre 1918.
   Il est composé de quatre escadrons.
   1914:
   Le 31 juillet, le régiment est placé en couverture à Boulzicourt dans les Ardennes jusqu’au 4 août, puis il est envoyé en opérations dans les Ardennes belges/ Martelange, Bastogne, Huy, Hotton, sur la frontière luxembourgeoise, face aux escadrons de hulans. Il participe ensuite à la retraite générale de la Marne et de la Somme du 23 au 27 août 1914. Transporté par VF à Nantueil le Houdain le 12 septembre, il participe à la bataille de l’Ourcq , patrouille sur les arrières ennemis en forêt de Compiègne et Villers Cotteret, puis est engagé à Templeux le 15 et Bohain le 16 septembre.
   La course à la mer:
   Engagé dans la bataille Picardie : il combat à Nurlu le 23, Péronne le 25, puis glissant en Artois ce sera les combats de Noyelles le 28 et de Lens le 4 octobre. La bataille des Flandres le voit combattre du 7 au 9 novembre à Lestrem, Gorgues, Vieille Capelle, Ypres avant d’être engagé sur l’Yser à partir du 17 puis à Steenstraate, Boesinghe, Langemarck.
   Retiré du front il s’installe en réserve vers Hertzeele le 9 novembre 1914 avant d’être placé en repos du 13 décembre au 5 février 1915 à Wermhoult.
   1915:
   Le 7 février, le régiment fait mouvement sur Auxi le Château pour une période de repos et d’instruction. En mai des éléments à pied sont employés dans les tranchées à Wailly et Perles au Bou.
   Du 4 au 29 août, il fait mouvement sur Avesne le Comte; non engagé il retourne à Auxi le Château où il est aux tranchées à Notre-Dame-de-Lorette et Neuville-Saint-Waast.
   Le 21 septembre par VF le régiment fait mouvement vers Sézanne où il est en repos avant de rejoindre la région de Chalons où il est engagé le 2 octobre à Souain.
   Le 23 octobre, placé en repos à Esternay il retourne aux tranchées le 17 juillet à la ferme des Marquises.
   1916:
   Retiré du front et transporté par VF dans le secteur de Lunéville, il est placé dans le secteur situé entre Embermenil et la Saône.
   1917:
   Placé en couverture sur la frontière Suisse, il rejoint le camp du Valdahon en janvier 1917 jusqu’en avril puis, celui de Villersexel. Il retrouve les tranchées de Coucy-le-Château, d’avril 1917 à mars 1918.
   1918:
   Pendant la grande offensive allemande de 1918 et la contre-offensive française et alliée, le régiment est en position sur la Somme, à Roye et Montdidier du 26 mars au 27 mai. Retiré du front il se reconstitue à Montmirail du 6 juin au 2 juillet. A partir du 15 juillet il est engagé dans la région d’Epernay reprend Montvoisin et Oeuilly les 17 et 18 juillet.
   Retiré du front le 22 juillet, il est déplacé en Argonne le 21 septembre 1918. Le 22 octobre il est positionné à Vitry le François. C’est à Gondrecourt que l’armistice le trouve le 11 Novembre 1918.
   Les noms de « L’Yser 1914″ – « L’Avre 1918″ – « Reims 1918″ viendront s’ajouter à l’étendard.

Guerre 1939–1945:

   1939:
   A la déclaration de guerre le régiment est dissous à Epernay. Il donne naissance le 23 août 1939 à deux groupes de reconnaissance d’infanterie: le 3e et 92e GRDI et un groupe de reconnaissance de corps d’armée: la 10e GRCA.
   1944:
   Il est recréé à partir des éléments de la résistance (Le 5eescadron entre autres est constitué de volontaires du maquis des Chênes de la Marne); il se nomme alors « 9e régiment de dragons FFI » et participe à la protection des arrières alliés en décembre 1944 dans la région de Soissons, lors de l’offensive de Von Rundstedt dans les Ardennes.
   Existant de fait dans le soissonnais il est de droit reconstitué à Paris le 1er janvier 1945.
   1945:
   Le 16 janvier, du 3e escadron FFI nait le 1er escadron. Dirigé sur Tarbes, il s’installe au Quartier Larrey. Ayant reçu des renforts en personnel après le 8 mai, il se prépare à un départ pour l’Indochine et devient « Régiment de Marche de Chars de la 2e D.B. ». Il est commandé par le lieutenant-colonel Divary.

L’Indochine:
Le régiment embarque le 10 octobre 1945 sur le paquebot « l’Oronte » à Marseille et débarque à Saigon le 3 novembre 1945 sous le nom de « Régiment de marche du 9e dragons ».
Il combat dans la province de Tay-Ninh au nord-ouest de Saigon près de la frontière du Cambodge et a quelques accrochages avec le Viet-Minh à Go Dau HA entre Saigon et Tay-Ninh.
Le 1er avril 1946, il fait partie de la 1ère brigade d’Extrême-Orient et devient « Groupement d’unités d’armes lourdes » (GUAL/BEO) commandé par le lieutenant-colonel Divary.
Le 1eraoût 1946, il est basé au Tonkin où le régiment est une nouvellement fois dissous. Ses personnels sont mutés au 1er régiment de chasseurs à cheval.

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Bauffremont_Dragons_9e_regiment_quartiers_Epernay_1914_.jpg ‎(500 × 319 pixels, file size: 33 KB, MIME type: image/jpeg)
Français : Quartiers du 9e regiment de dragons à Epernay en 1914. Le nom de tradition de ce régiment est Bauffremont Dragons.

source texte : http://cavaliers.blindes.free.fr/rgtdissous/9dragonsh.html
source image : wikipedia

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif

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http://military-photos.com/9drag.htm

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Historique du 9e régiment de dragons depuis son entrée en campagne,


le 1er août 1914, jusqu’au 11 novembre 1918,


date de la signature de l’armistice ,


rédigé par M. le lieutenant-colonel Picaud

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif

a lire intégralement et télécharger sur

http://fr.calameo.com/read/0021527569c3c430aef13

n6246310

Titre : Historique du 9e régiment de dragons depuis son entrée en campagne, le 1er août 1914, jusqu’au 11 novembre 1918, date de la signature de l’armistice , rédigé par M. le lieutenant-colonel Picaud
Auteur : Picaud, Lieutenant-Colonel
Éditeur : H. Charles-Lavauzelle (Paris)
Provenance : bnf.fr

 

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28 janvier 2013

La bataille d’Abbeville

Classé sous — milguerres @ 15 h 19 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

La bataille d’Abbeville
du 28 mai au 4 juin 1940

En même temps que l’évacuation de Dunkerque et profitant que les forces blindées allemandes sont stoppées, le général Weygand (qui a remplacé Gamelin), tente à tout prix de creuser une route d’évasion à Abbeville.

La bataille d’Abbeville est une bataille qui se déroula du 28 mai au 4 juin 1940.

Côté alliés

Weygand a passé plusieurs ordres du jour offensifs :
• le premier est de couvrir les ports encore libres de Dieppe, Le Havre, Rouen alors que Calais, Boulogne et Dunkerque sont encerclés et tous sur le point de tomber;
• le deuxième est de repousser les Allemands de la tête de pont pour enfin ancrer une ligne défensive sur la Somme et mettre en place la « ligne Weygand ». On peut rapprocher cette idée du « miracle de la Marne » en 1914 arrêter les Allemands sur un fleuve et les contenir (Weygand tente ainsi de reproduire la manœuvre de Joffre). Encore une fois, on cherche à colmater et a établir un « front continu » et non pas à déstabiliser franchement l’adversaire. Pour les Français, l’opération est d’importance.

Côté allemand
• Pour les Allemands, il s’agit avant tout de protéger les flancs de leurs unités blindées qui combattent et contribuent, plus au nord notamment, à la prise des ports. Ils pouvaient très bien le faire de l’autre côté de la Somme et laisser les Français franchir le fleuve. Mais des décisions ont pesé sur l’OKH allemand pour que la tête de pont soit conservée. Lors du plan rouge (fall rot), les ponts d’Abbeville ne seront pourtant pas des passages privilégiés pour les Allemands, l’effort se fera plus à l’est. On peut donc dire qu’Abbeville revêt moins d’importance pour les Allemands que pour les Français.

Forces en présence
Côté Alliés

Weygand dispose, en récupérant ce qu’il reste des unités, de 400 chars, répartis entre la 1st Armoured Division restée en Normandie, de la 4e DCR du colonel de Gaulle et la 2e DCR du colonel Perré. Après l’échec de Montcornet, et de l’attaque dans le secteur de Crécy-sur-Serre, la 4e DCR est à nouveau complétée.
Il reçoit aussi la 5e DI britannique du général Fortune, venant de Lorraine.

Côté allemand

En face, sur le mont Caubert, se trouvent des éléments de la 57e division d’infanterie bavaroise « étirée en pelure d’oignon sur plusieurs dizaines de kilomètres1 », équipée de canons de 37 mm, des 88 mm de la Flak, de batteries de 105 et de 150 mm.

La bataille
Bataille de chars

En même temps que l’évacuation de Dunkerque, et profitant que les forces blindées allemandes sont stoppées, le général Weygand (qui a remplacé Gamelin) tente à tout prix de creuser une route d’évasion à Abbeville. Mais Weygand, au lieu de lancer toutes ses forces de blindés, envoie trois attaques successives. C’est la principale attaque blindée de l’ouest depuis le début de la guerre.
La 57e division tient le choc, bien installée sur ses positions défensives. Les Anglais perdent 66 chars et se replient le 27 mai. De Gaulle tente de prendre à son tour le mont Caubert et attaque pendant trois jours de suite avec 190 chars, le 22e régiment d’infanterie coloniale et 1 200 dragons portés.
L’attaque échoue à cause des 88 de la flak et par manque de soutien d’infanterie. De Gaulle est ensuite relevé par la 51e division écossaise et par la 2e DCR.
Le bilan de ces journées de combat se solde par une perte de 260 blindés et 200 tués du côté allié, et du côté allemand, 1 200 tués. Cette attaque montre que même une attaque de chars peut-être neutralisée par de l’infanterie lorsque celle-ci est bien installée et munie de canons anti-char, tels que les 88 de la Flak. Les Allemands rééditeront cette défense 4 ans plus tard, le 18 juillet 1944 lors de l’attaque de Montgomery à l’est de Caen.

Déroulement de la bataille

27 mai, 11 h : du château coliné de Oisemont, le colonel de Gaulle donne ses ordres aux chefs d’unité françaises et britanniques, en vue de déloger les Allemands installés sur le Mont Caubert et dans le triangle formé par les trois communes : Cahon-Gouy, Erondelle et Huppy.

28 mai : l’attaque française commence à 17 h. Le premier objectif à atteindre est le village d’Huppy. Des tirs précis et intenses d’antichars allemands harcèlent les blindés français. De Gaulle est présent sur tous les points chauds, circulant à bord de sa berline noire au milieu des chars et des éclatements d’obus pour animer l’offensive. À la tombée de la nuit, les blindés français sont parvenus à atteindre Les Croisette sur la commune de Béhen. De Gaulle se rend alors au château de Mérélessart et y rédige l’ordre référencé suivant : « PC 28 mai, 23 h, 4e DCR; E-M, 3e Bureau, n° 187/3P » pour les directives du lendemain. Cet ordre se termine au point IX par un éloge à ses troupes en ces termes : « Quoique avec un peu de lenteur dans le démarrage et d’hésitation dans la droite, la 4e DCR, a brillamment mené son attaque du 28 mai ».

29 mai : vers 4 h du matin, les 60 pièces d’artillerie allemande entreprennent un pilonnage de la région d’Huppy. À 8 h, de Gaulle revient aux Croisettes et ordonne au chef de bataillon Petit d’attaquer avec ses chars les monts Cauberts. Des canons antichars allemands, bien camouflés sur la pente de ces monts, arrêtent l’avancée des blindés français qui subissent des pertes importantes. En fin de matinée, ils ont quand même atteint les villages de Béhen, Bienfay, Moyenneville et Mareuil. À Béhen, ils sont étonnés de voir le village désert et constate alors que les habitants sont enfermés dans l’église, alors qu’à Boencourt, hameau de la dite commune de Béhen, ils sont prisonniers dans la salle de classe. Après les avoir délivrés, ils apprennent que les Allemands avaient enfermé les 250 personnes présentes dans le village durant les deux nuits précédentes, pour cause de sabotage des fils téléphonique de la commune coupés.
L’infanterie du 22e RIC a réussi à occuper les vergers au nord de Villers-sous-Mareuil. Le lieutenant Du Chatelet pénètre dans Mareuil avec cinq chars après avoir détruit une barricade. Dans le courant de l’après-midi, les Allemands contrattaquent dans les bois de Villers-sous-Mareuil contre le 4e bataillon de chasseurs à pied.

La journée s’achève par un duel d’artillerie. Le colonel de Gaulle commandant la 4e DCR installe alors son PC au château d’Huppy où il prend quelques moment de repos.

30 mai : le colonel de Gaulle décide d’effectuer dès l’aube une percée vers Moyenneville et Cambron. Les canons antichars allemands, toujours bien camouflés sur le mont Caubert, arrêtent l’avancée des chars français qui subissent des pertes importantes. Le 1er bataillon du 22e RIC qui tient les hauteurs dominant Mareuil ainsi qu’une bonne partie de ce village, se fait à nouveau pilonner dans l’après-midi, par les canons de 105 mm de l’artillerie allemande.
Les Allemands lancent cinq contre-attaques qui sont toutes repoussées, tandis que l’aviation française bombarde les pentes de Mareuil et les ponts d’Abbeville.

En fin d’après-midi, des hauteurs de Villers-sous-Mareuil, le colonel de Gaulle, vêtu de sa veste de cuir, observe à la jumelle les différentes phases de la bataille, puis décide l’arrêt des combats. Il se rend alors au PC du colonel Le Tacon, commandant le 22e RIC installé au château d’Huchenneville, pour le féliciter et l’informer de ses nouvelles décisions.
Le bilan de ces combats est très lourd. La 4e DCR du colonel de Gaulle, a subi des pertes de 800 hommes. En matériel, 113 blindés sont inutilisables, il n’en reste que 54. Mais, elle a en revanche, détruit avec son artillerie de nombreuses armes antichars et aussi décimé la 57e ID bavaroise. Elle a également capturé près de 400 prisonniers allemands et pris à l’ennemi un matériel important.
31 mai : la 4e DCR est relevée par la 2e DCR, et le 22e RIC par la division écossaise du général Fortune.
Après avoir reçu un rapport du colonel de Gaulle, le général Altmayer réunit à Saint-Maxent les généraux commandant la 51e DI anglaise, la 4e DCR, les 2e et 5e DLC. Ils lui exposèrent leur situation et l’état de leur troupes après l’opération des trois journées précédentes dans la région d’Abbeville.

1er juin – 3 juin : reprise de l’attaque des têtes de ponts à Saint-Valery par les Écossais et à Abbeville par la 2e DCR. Le général Fortune installe son PC avancé à Martainneville.

4 juin : l’attaque partit à l’heure dite, les débuts à Yonval permirent de présumer un succès, mais une violente contre-attaque ennemie en direction de Bienfay renversa la situation. La 51e DI écossaise revint sur la base de départ. Le général Fortune décide à ce jour de ne plus lancer une nouvelle attaque et fait replier les chars restants de la 2e DCR sur la Bresle pour s’y reformer et panser ses blessures.

22e régiment d’infanterie coloniale
Le fait que le 22e RIC lui soit alloué force le colonel de Gaulle à modifier le plan élaboré par son chef d’état-major, le commandant Chomel.
• L’attaque sur Abbeville sera donc faite par trois mouvements parallèles.
o L’infanterie divisionnaire, le 4e BCP et les chars lourd B1 bis à gauche.
o Le II/22e RIC et les chars légers R35 au milieu.
o Le I/22e RIC et les chars de cavalerie Somua et H39 à droite.
o Le III/22e RIC en réserve.

L’attaque du 28 mai est la seule grande offensive lancée par les Alliés. Précédés par un matraquage d’artillerie, les Français bousculent le dispositif allemand. Le régiment occupe Mareuil-Caubert, face à la 57e division du generalleutnant Oskar Blümm.
Au nord, les I et II/22e RIC ont pris le village de Villiers, puis le bois face au mont Caubert, mais celui-ci résiste toujours. Les pertes à Abbeville sont de 500 morts. Le 30 mai, la 4e DCR est relevée et le 22e est remplacé par les Écossais.
La bataille d’Abbeville qui vit attaquer plus de 500 chars et 4 divisions d’infanterie constitue la plus grande offensive que les Allemands aient subi avant la bataille de Koursk.

Le 22e RIC combat toujours les 5,6 et 7 juin sur la ligne Weygand (dans la région d’Airaines). Obligé de se retirer, il est acculé à la mer près de Saint-Valery-en-Caux. Mal nourris, sans ravitaillement en vivres et en munitions, épuisés, combattant toujours, ce qui reste du régiment (environ 400 hommes) se réfugie dans une ferme qui servira d’ultime défense. Le régiment refuse de se rendre et décide de faire « Bazeilles ». Les Panzer sont appelés en renfort et crachent de tous leurs tubes sur la ferme, mais l’infanterie allemande ne progresse pas. Le combat dure 3 heures et faute de munitions, le colonel Le Tacon décide de se rendre.

Le 22e RIC compte alors 2 200 tués ou blessés.
Pour un article plus général, voir : 22e régiment d’infanterie coloniale .

Conséquence et conclusion

On présente généralement la bataille d’Abbeville comme un succès réel mais d’ampleur limitée, qui à lui seul était bien incapable de renverser le cours de la campagne, et qui s’est avéré inutile en raison de la déroute finale. La bataille d’Abbeville finissait à peine que Dunkerque tombait déjà (4 juin), sonnant quasiment l’espoir d’une victoire de l’armée française.
Henri de Wailly, dans De Gaulle sous le casque, est encore plus sévère puisqu’il compare l’entêtement de de Gaulle à attaquer de front le mont Caubert à l’entêtement des chevaliers français à Crécy.

Remarques
Le colonel de Gaulle fut nommé général de brigade, le 24 mai 1940, à titre temporaire avec effet au 1er juin.
À la suite de cette bataille d’Abbeville, le général de Gaulle est cité à l’ordre de l’Armée en ces termes : « Le 7 mai 1940, à peine formée, la 4e DCR, sur les ordre du colonel de Gaulle a été jeté dans la bataille.
Isolée de toute unité combattante au nord de l’Aisne au cours d’actions sur Montcornet, Crécy-en-Serre et dans les massif de Laon, a pris l’ascendant sur l’ennemi. Quelques jours plus tard, par une série de fougueuses attaques, a arrêté l’ennemi débouchant d’Abbeville …. La 4e DCR a bien mérité de la Patrie ».

Notes et références
1. ↑ Henri de Wailly

 

 

De Gaulle sous le casque : Abbeville 1940 (Henri de Wailly)
http://fboizard.blogspot.com/2007/01/de-gaulle-sous-le-casque-abbeville-1940.html
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La bataille d'Abbeville  gaulle10

Ouvrage assez peu flatteur pour Charles De Gaulle. On sent par ailleurs au ton que l’auteur n’est pas un gaulliste forcené.
Avec la 4ème DCR, les 28,29,30 mai 1940, le général De Gaulle s’est créé l’occasion de reprendre Abbeville et l’a laissé passée. Très handicapé par l’absence de liaisons radio, il n’a pas su sentir le moment où les Allemands flanchaient et leur a donné le temps de se reprendre. Bref, il n’a pas eu d’inspiration napoléonienne ; pas de Montmirail pour la campagne de France de 1940.
De plus, il a attaqué de front, négligeant les conseils, qu’on peut estimer meilleurs a posteriori, de manoeuvrer. Il a été arrêté principalement par 3 canons de 88 mm judicieusement placés : les chars privés d’infanterie à cause de mauvaises liaisons ont été tirés comme des lapins.

Henri de Wailly n’hésite pas à faire le parallèle avec Crécy : les Français, supérieurs en nombre, attaquent follement, de front et à répétition, un ennemi bien retranché et doté d’armes nouvelles à longue portée (longbows dans un cas, 88 mm dans l’autre), préférant le courage et la charge à la réflexion et à la manoeuvre.
Enfin, De Gaulle a été cassant et injuste, voire odieux, avec ses subordonnées (ce qui explique je pense qu’aucun de ses officiers n’ait rejoint la France Libre, certains ont fait partie des armées de la Libération.)
Tout cela ne devrait pas étonner outre mesure : De gaulle était plus un théoricien, un stratège et un politicien qu’un tacticien et un meneur d’hommes. Son expérience du combat était d’ailleurs assez limitée (il a été blessé très vite en 1916).
A la lumière de ce qu’on a appris depuis de l’engagement de blindés, en connaissant ce que d’autres ont fait, on ne peut toutefois s’empêcher de penser que cet homme là pouvait mieux faire. Une des qualités de De Gaulle est sa capacité à apprendre, peut-être, si il avait poursuivi une carrière militaire, se serait-il amélioré.
Il s’est tout de même montré énergique et résolu, cependant, on aurait pu espérer mieux sur le terrain d’un prophète de l’arme blindée.
Ainsi, le destin de De Gaulle a basculé : lui qui hésitait encore entre destin militaire et destin politique avant Abbeville, a choisi la politique.
Enfin, tout cela s’incrit dans un tableau plus général. Sur le front de la Somme, à la fin mai, les Alliés avaient la supériorité numérique en chars, les blindés allemands étant concentrés autour de Dunkerque. Pourtant, aucun engagement ne fut victorieux.
De Gaulle, et on retrouve le stratège, aurait préféré éviter ces couteuses escarmouches et retirer les blindés en deux corps, au nord et au sud de Paris, de manière à menacer l’attaque allemande à prévoir en juin. Et, effectivement, les quelques 500 chars perdus vainement fin mai ont cruellement manqué une semaine plus tard.
On peut se demander si cette bataille de la Somme ne s’inscrit pas déjà dans la stratégie de Weygand de tout mettre en avant, de ne garder aucune réserve, afin qu’en cas de défaite, prévisible, l’armistice soit inévitable.
On a accusé Pétain de trahison, mais Weygand ne fut, hélas, pas un mauvais précurseur, car n’est-ce pas traitrise de la part d’un chef que de se battre en anticipant de se rendre ?
Au fond de la défaite de 1940, il reste un mystère. Certes, Hitler avait bien préparé le terrain politique, mais un tel effondrement moral, notamment des chefs, comment fut-ce possible ?
Puisqu’on parle de campagne de France, on peut faire la comparaison avec celle de Napoléon, il a été vaincu par la trahison de Marmont et par son infériorité numérique, mais tous s’accordent à considérer qu’il y a montré du génie.
A contrario, lors de la campagne de 1940, on a vu d’admirables actes d’héroïsme mais les chefs sont tous plus ou moins passés pour des minables et ceux qui ne l’étaient pas avaient le défaut d’être à des postes assez subalternes, ce que l’on peut, en des circonstances aussi dramatiques, leur reprocher. De Gaulle avait compris que, dans les situations de périls, les routines du temps de paix, le respect du protocole, la voie hiérarchique, pouvaient très bien accélérer le désastre. Or, à ma connaissance, à part De Gaulle, il ne s’est trouvé personne pour rompre avec les habitudes. Le mieux placé était évidemment P. Reynaud, il n’a pas été Clémenceau ; G. Mandel non plus.
Aujourd’hui, ne sommes nous pas dans la même situation ? La politique à suivre en 2007 est bien plus claire qu’en 1940, c’est celle qui a déjà été suivie avec profit par tant de pays : réduire drastiquement et rapidement la dépense publique, en mettant les fonctionnaires en mesure de choisir et de prendre leurs responsabilités. Pourtant, on ne trouve personne pour porter cette politique limpide.
J’espérais, naïvement je le reconnais, que la campagne présidentielle nous permettrait de jauger la capacité de N. Sarkozy. Malheureusement, son adversaire socialiste est si nulle qu’il n’y a pas de débat.
Il est vrai qu’une défaite militaire est un fait visible pour tous et donc suscite des réactions. Une défaite économique comme celle que nous vivons (si nous avions eu la même croissance que la Suède ces 15 dernières années, le salaire moyen annuel serait plus élevé de 6000 € (à vérifier, mais c’est l’ordre de grandeur)) peut être niéé, maquillée, contournée, dissimulée ; d’où les discours sur la « mondialisation ultra-libérale » qui serait une catastrophe (« naturelle » ou affreux complot, au choix) venant de l’extérieur. Il est tout de même bizarre que ça soit une catastrophe seulement pour l’Europe continentale, et encore, essentiellement dans sa partie ouest (un affreux complot anti-européen, quoi !!!).
Publié par fboizard

 

 

Monument Bataille d’Abbeville

monume13

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 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

16 janvier 2013

PRESENTATION DE L’ARMEE FRANCAISE 2ème partie 1934

Classé sous — milguerres @ 9 h 37 min

 

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 retour à la Seconde Guerre Mondiale

PRESENTATION DE L’ARMEE FRANCAISE 2ème partie

 

VOIR : Première Partie : La composition des Armées à partir de 1914

source :http://www.atf40.fr/ATF40/documents/chapitre%201.pdf

 

…/…

B – Organisation hiérarchique du commandement militaire de l’armée de terre .
En août 1939, l’armée de terre sur le territoire métropolitain se trouve sous les ordres du chef d’état-major de la
défense nationale, le Général Maurice Gamelin. Il est lui-même aux ordres du président du Conseil et ministre de la
défense nationale, Monsieur Edouard Daladier.
Le chef des armées selon les lois constituantes de 1875 est le Président de la République. C’est Monsieur
Albert Lebrun qui est alors en poste depuis 1932.
Mais c’est en fait le Parlement qui décide de déclarer la guerre ou des options à prendre puisque le
gouvernement est responsable devant les députés et sénateurs.
35
C – L’organisation de l’armée de terre en août 1939 en métropole.
Comme nous avons pu le voir dans le premier chapitre de cette partie, l’articulation de la France métropolitaine
en dix-huit régions militaires est instituée par la loi du 24 juillet 1873.
Le 22 décembre 1913 sont créées deux régions militaires supplémentaires par réorganisation des régions
existantes. Ces régions s’articulent en subdivisions placées sous l’autorité d’un officier général.
Le corps d’armée n’existe pas en tant qu’unité constituée, c’est la région militaire qui gère les troupes placées
sur son domaine, elle est apte à mettre sur pied à la mobilisation des états-majors de corps d’armées et leurs éléments de
soutien ainsi que des troupes de réserve destinées à renforcer les grandes unités d’active.
Le 20 octobre 1919, une partie des régions se réorganise suite au retour de l’Alsace-Lorraine dans le giron
français. La région militaire de Paris est créée en 1923.
En 1935, la France métropolitaine s’ordonne en dix huit régions militaires suite à la dissolution des 10ème, 12ème
et 21ème régions militaires1. Fin août 1939, il existe vingt régions métropolitaines comprenant en globalité deux sortes
de forces :
® des forces de territoire destinées à la défense du territoire métropolitain :
– vingt divisions d’infanterie :
. dix divisions d’infanterie de type nord-est,
. sept divisions d’infanterie de type nord-est motorisé,
. trois divisions d’infanterie de type montagne,
– deux brigades de défense contre avions,
– trois divisions de cavalerie mixte,
– deux divisions légères mécaniques,
– trois groupements de cavalerie,
– six brigades blindées,
– un groupement tactique d’expérience.
® des forces mobiles aptes à défendre à la fois le territoire métropolitain et les possessions
d’outre-mer :
– quatre divisions d’infanterie nord-africaine,
– quatre divisions d’infanterie coloniale,
– deux brigades de Spahis.
Chaque région militaire gère plusieurs états-majors et diverses troupes métropolitaines sur son territoire, on
peut dénombrer ainsi :
® un état-major réduit de corps d’armée et ses services,
® un état-major de division d’infanterie d’active (de type nord-est – nord-est motorisé ou de montagne),
® trois régiments d’infanterie de divers types ou demi-brigades de chasseurs à pied,
® un régiment d’artillerie de campagne (à cinq groupes),
® une compagnie mixte du train des équipages,
® un régiment de cavalerie montée, mécanisée ou une unité de cavalerie motorisée.
1 Les 10ème, 12ème et 21ème régions militaires sont dissoutes en 1935. La première est absorbée par les 4ème et 11ème régions militaires, la deuxième par
la 9ème région militaire et la troisième par les 6ème, 7ème et 20ème régions militaires. Les 10ème et 12ème régions militaires sont récréées en mai 1939 par
réorganisation des 6ème et 20ème régions militaires.
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Il faut cependant ajouter à ces premières troupes les états-majors et les unités d’infanterie et d’artillerie des
huit divisions coloniales et nord-africaines et des cinq divisions de la cavalerie, des six brigades de chars d’infanterie,
de l’artillerie de réserve générale et de toutes les troupes de soutien, sans oublier toutes les unités de la Ligne Maginot :
® les quatre divisions coloniales
® les quatre divisions nord-africaines,
® les trois divisions de cavalerie
® les deux divisions légères mécaniques,
® les six brigades de chars de combat comprenant douze régiments de chars de combat,
® les deux brigades de Spahis,
® les douze régiments et trois demi-brigades d’infanterie des troupes de forteresse,
® les deux bataillons de chasseurs portés du « groupement tactique d’expérience »,
® toutes les unités d’artillerie servant dans la Ligne Maginot et à la réserve générale,
® les treize régiments de génie,
® les différents types de compagnies de soutien et les diverses troupes de service.
A niveau des effectifs sur le territoire métropolitain, l’état-major de l’armée de terre se renforce depuis 1935 et
voit ses effectifs augmenter d’années et années. Les troupes de l’empire colonial sont en renfort conséquent car elles
représentent près du dixième des troupes basées en métropole.
1935 1936 1937 1938 1939
– Sous-officiers et
hommes de troupe
français appelés
208 222 268 197 281 431 276 408 289 528
– Sous-officiers et
hommes de troupe
français A.D.L
71 960 69 418 83 345 86 479 89 979
– Sous-officiers et
hommes de troupe
indigènes
49 278 44 424 48 761 52 776 58 948
– Officiers 20 502 21 130 22 314 22 426 23 569
Total 349 962 403 169 435 851 438 089 462 024
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1 – Répartition des régions militaires métropolitaines.
® 1ère Région militaire : Lille
( E.M : 1ère D.I.M)
– Nord
– Pas de Calais
® 3ème Région militaire : Rouen
(E.M : 5ème D.I.M)
– Calvados
– Eure
– Seine inférieure
® 5ème Région militaire : Orléans
(E.M : 9ème D.I.M + 1ère D.C)
– Cher
– Loiret
– Loir et Cher
– Nièvre
® 7ème Région militaire : Besançon
(E.M : 13ème et 14ème D.I)
– Doubs
– Haute – Marne (Partie)
– Haute – Saône
– Haut – Rhin
– Jura
– Territoire de Belfort
® 9ème Région militaire : Tours
(E.M : 23ème D.I + 3ème D.I.N.A + 5ème B.B)
– Deux Sèvres
– Indre
– Indre et Loire
– Maine et Loire
– Vienne
® 11ème Région militaire : Nantes
(E.M : 21ème D.I)
– Finistère
– Loire inférieure
– Morbihan
– Vendée
® 13ème Région militaire : Clermont-Ferrand
(E.M : 25ème D.I.M)
– Allier
– Cantal
– Corrèze (Partie)
– Creuse
® 2ème Région militaire : Amiens
(E.M : 3ème D.I.M + 1ère B.S + 3ème G.C)
– Aisne
– Ardennes (Partie)
– Oise
– Somme
® 4ème Région militaire : Le Mans
(E.M : 19ème D.I)
– Eure et Loir
– Mayenne
– Orne
– Sarthe
® 6ème Région militaire : Metz
(E.M : 42ème D.I + 2ème D.I.N.A + 3ème B.B + 1er G.C)
– Meurthe et Moselle (Partie)
– Moselle (Partie)
® 8ème Région militaire : Dijon
(E.M : 15ème D.I.M + 32ème B.D.C.A)
– Aube
– Côte d’Or
– Yonne
– Saône et Loire
® 10ème Région militaire : Strasbourg
(E.M : 43ème D.I)
– Bas – Rhin
– Vosges
® 12ème Région militaire : Reims
(E.M : 12ème D.I.M + 1ère D.L.M + 6ème B.B)
– Marne
– Meuse
® 14ème Région militaire : Lyon
(E.M : 27ème D.I.A + 1ère D.I.N.A + 2ème B.S
+ 1ère B.B)
– Ain
– Drôme
– Hautes – Alpes
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– Haute – Loire
– Loire
– Puy de Dôme
® 15ème Région militaire : Marseille
(E.M : 29ème D.I.A + 2ème D.I.C + 2ème G.C)
– Alpes Maritimes
– Ardèche
– Basses – Alpes
– Bouches du Rhône
– Corse
– Gard
– Var
– Vaucluse
® 17ème Région militaire : Toulouse
(E.M : 4ème D.I.C)
– Ariège
– Haute Garonne
– Gers
– Lot
– Lot et Garonne
– Tarn et Garonne
® 20ème Région militaire : Nancy
(E.M : 11ème D.I + 4ème D.I.N.A + 2ème D.C + 2ème B.B
+ G.T.E)
– Haute – Marne (Partie)
– Meurthe et Moselle (Partie)
– Moselle (Partie)
– Haute – Savoie
– Isère
– Rhône
– Savoie
® 16ème Région militaire : Montpellier
(E.M : 31ème D.I.A)
– Aude
– Aveyron
– Hérault
– Lozère
– Pyrénées Orientales
– Tarn
® 18ème Région militaire : Bordeaux
(E.M : 36ème D.I + 1ère D.I.C)
– Charente Inférieure
– Gironde
– Landes
– Basses Pyrénées
– Hautes Pyrénées
® Région militaire de Paris : Paris
(E.M : 10ème D.I + 3ème D.I.C +2ème D.L.M + B.T + 3ème
D.C + 4ème B.B + 31ème B.D.C.A + B.C.F)
– Seine
– Seine et Marne
– Seine et Oise
Sans rentrer dans les détails de son fonctionnement, on peut rattacher à l’organisation de l’armée de terre, le
corps de la gendarmerie nationale qui regroupe en France métropolitaine :
® Gendarmerie départementale :
– vingt et une légions métropolitaines,
– une compagnie autonome de la Corse.
® Garde républicaine mobile :
– quatorze légions métropolitaines,
– un groupe spécial blindé (Versailles-Satory)1.
® Garde républicaine :
– une légion de la garde républicaine à Paris.
1 Le groupe spécial blindé est une unité composée d’un escadron d’automitrailleuses (onze automitrailleuses de combat P16), d’un escadron de chars
légers (dix neuf chars légers FT) et d’une escorte motocycliste de la Présidence de la république).
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2 – Les commandants de régions militaires.
® 1ère Région militaire : Général de corps d’armée Sicard
® 2ème Région militaire : Général de corps d’armée Corap
® 3ème Région militaire : Général de corps d’armée Fornel de la Laurencie
® 4ème Région militaire : Général de corps d’armée Boris
® 5ème Région militaire : Général de corps d’armée Bloch
® 6ème Région militaire : Général de corps d’armée Loizeau
® 7ème Région militaire : Général de corps d’armée Champon
® 8ème Région militaire : Général de corps d’armée Gransard
® 9ème Région militaire : Général de corps d’armée Laure
® 10ème Région militaire : Général de corps d’armée Frère
® 11ème Région militaire : Général de corps d’armée Martin
® 12ème Région militaire : Général de corps d’armée Flavigny
® 13ème Région militaire : Général de corps d’armée Misserey
® 14ème Région militaire : Général de corps d’armée Touchon
® 15ème Région militaire : Général de corps d’armée Olry
® 16ème Région militaire : Général de corps d’armée Falgade
® 17ème Région militaire : Général de corps d’armée Noël
® 18ème Région militaire : Général de corps d’armée Rochard
® 20ème Région militaire : Général de corps d’armée Hubert
® Région militaire de Paris : Général de corps d’armée Montagne
40
3 – Les forces de défense du territoire métropolitain.
Ces forces militaires métropolitaines d’infanterie destinées à la sauvegarde du territoire national ne peuvent
quitter la métropole.
Elles comprennent dans une large proportion des troupes métropolitaines, mais on trouve soit des régiments
coloniaux, soit des régiments nord-africains dans les corps divisionnaires. Ceci est la conséquence de la réduction du
service militaire et de la dénatalité.
a – Les unités d’infanterie, d’artillerie et de génie.
La loi du 13 juillet 1927, sur l’organisation générale de l’armée et la loi des cadres et effectifs du 28 mars
1928, fixent le nombre des divisions d’infanterie métropolitaines à vingt
Ces dernières sont considérées comme des forces de territoire affectées à la défense du sol métropolitain.
Ces grandes unités d’infanterie sont de trois types, voyons tout d’abord les dix divisions d’infanterie de type
« nord-est » :
® 10ème division d’infanterie : Paris Général Sisteron
– 5ème régiment d’infanterie : Courbevoie
– 24ème régiment d’infanterie : Paris
– 46ème régiment d’infanterie : Paris
– 32ème régiment d’artillerie divisionnaire : Paris
® 11ème division d’infanterie : Nancy Général Arlabosse
– 26ème régiment d’infanterie : Jarville la Malgrange
– 170ème régiment d’infanterie : Epinal
– 1ère demi-brigade de Chasseurs à pied1 : Sarrebourg
– 8ème régiment d’artillerie divisionnaire : Nancy
® 13ème division d’infanterie : Besançon Général Desmazes
– 21ème régiment d’infanterie : Chaumont
– 60ème régiment d’infanterie : Lons le Saunier
– 8ème régiment de tirailleurs marocains : Belfort
– 28ème régiment d’artillerie divisionnaire : Chaumont
® 14ème division d’infanterie : Colmar Général Bouffet
– 35ème régiment d’infanterie : Belfort
– 152ème régiment d’infanterie : Chaumont
– 3ème demi-brigade de Chasseurs à pied 2 : Belfort
– 4ème régiment d’artillerie divisionnaire : Colmar
® 19ème division d’infanterie : Rennes Général d’Arbonneau
– 41ème régiment d’infanterie : Rennes
– 71ème régiment d’infanterie : Mamers
– 117ème régiment d’infanterie : Le Mans
– 10ème régiment d’artillerie divisionnaire : Rennes
1 La 1er demi-brigade de chasseurs à pied est composée des 8ème, 16ème et 30ème bataillons de chasseurs à pied.
2 La 3ème demi-brigade de chasseurs à pied est composée des 2ème, 4ème et 31ème bataillons de chasseurs à pied.
41
® 21ème division d’infanterie : Nantes Général Pigeaud
– 48ème régiment d’infanterie : Fontenay le Comte
– 65ème régiment d’infanterie : Nantes
– 137ème régiment d’infanterie : Lorient
– 35ème régiment d’artillerie divisionnaire : Issoire
® 23ème division d’infanterie : Tours Général Jeannel
– 32ème régiment d’infanterie : Angers
– 107ème régiment d’infanterie : Angoulême
– 126ème régiment d’infanterie : Brive
– 41ème régiment d’artillerie divisionnaire : Angoulême
® 36ème division d’infanterie : Bayonne Général Aublet
– 14ème régiment d’infanterie : Toulouse
– 18ème régiment d’infanterie : Bayonne
– 57ème régiment d’infanterie : Bordeaux
– 24ème régiment d’artillerie divisionnaire : Tarbes
® 42ème division d’infanterie : Metz Général de la Porte du Theil
– 80ème régiment d’infanterie alpine : Metz
– 94ème régiment d’infanterie : Bar le Duc
– 151ème régiment d’infanterie : Commercy
– 61ème régiment d’artillerie divisionnaire : Metz
® 43ème division d’infanterie : Strasbourg Général Vernillat
– 158ème régiment d’infanterie : Obernai
– 4ème demi-brigade de Chasseurs à pied1 : Obernai
– 3ème régiment de tirailleurs marocains : Saint-Dié
– 12ème régiment d’artillerie divisionnaire : Haguenau
Ces dix divisions d’infanterie d’active comprennent chacune trois régiments d’infanterie ou demi-brigades de
Chasseurs à pied (trois bataillons) de 1 580 hommes et un régiment d’artillerie (cinq groupes) de 950 hommes.
Elles regroupent vingt-cinq régiments métropolitains d’infanterie, trois demi-brigades de chasseurs à pied,
deux régiments de tirailleurs marocains et dix régiments d’artillerie.
Les trente régiments ou demi-brigades d’infanterie sont composées de trois bataillons à trois compagnies et une
compagnie d’accompagnement, ils ne sont pas à effectif complet puisque chaque bataillon doit comprendre un millier
d’hommes, soit environ trois mille hommes pour le régiment.
Le régiment d’artillerie de campagne est à cinq groupes à traction hippomobile, trois sont des groupes légers à
canons de 75 mm modèle 1897 et deux sont des groupes lourds à canons de 155 mm modèle 1917.
A la mobilisation ces cinq groupes se séparent en un régiment léger à trois groupes de canons de 75 mm et un
régiment lourd à deux groupes de canons de 155 mm.
Passons maintenant aux sept divisions d’infanterie motorisées :
® 1ère division d’infanterie motorisée : Lille Général Malivoire Filhol de Camas
– 1er régiment d’infanterie : Cambrai
– 43ème régiment d’infanterie : Lille
– 110ème régiment d’infanterie : Dunkerque
– 15ème régiment d’artillerie divisionnaire : Douai
1 La 4ème demi-brigade de chasseurs à pied est composée des 1er, 10ème et 29ème bataillons de chasseurs à pied.
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® 3ème division d’infanterie motorisée : Amiens Général Bertin – Boussus
– 51ème régiment d’infanterie : Amiens
– 67ème régiment d’infanterie : Soissons
– 91ème régiment d’infanterie : Mézières
– 42ème régiment d’artillerie divisionnaire : La Fère
® 5ème division d’infanterie motorisée : Caen Général Boucher
– 8ème régiment d’infanterie : Cherbourg
– 39ème régiment d’infanterie : Rouen
– 129ème régiment d’infanterie : Le Havre
– 11ème régiment d’artillerie divisionnaire : Vernon
® 9ème division d’infanterie motorisée : Bourges Général Didelet
– 13ème régiment d’infanterie : Nevers
– 95ème régiment d’infanterie : Bourges
– 131ème régiment d’infanterie : Orléans
– 30ème régiment d’artillerie divisionnaire : Orléans
® 12ème division d’infanterie motorisée : Châlons sur Marne Général Janssen
– 106ème régiment d’infanterie : Châlons-sur-Marne
– 150ème régiment d’infanterie : Verdun
– 8ème régiment de Zouaves : Mourmelon
– 25ème régiment d’artillerie divisionnaire : Châlons-sur-Marne
® 15ème division d’infanterie motorisée : Dijon Général Juin
– 4ème régiment d’infanterie : Auxerre
– 27ème régiment d’infanterie : Dijon
– 134ème régiment d’infanterie : Châlons-sur-Saône
– 1er régiment d’artillerie divisionnaire : Auxonne
® 25ème division d’infanterie motorisée : Clermont-Ferrand Général Molinié
– 38ème régiment d’infanterie : Saint-Etienne
– 92ème régiment d’infanterie : Clermont-Ferrand
– 121ème régiment d’infanterie : Montluçon
– 16ème régiment d’artillerie divisionnaire : Clermont-Ferrand
Ces sept divisions d’infanterie motorisées d’active comprennent chacune trois régiments d’infanterie (trois
bataillons) de 2 300 hommes et un régiment d’artillerie (cinq groupes) de 1 550 hommes.
Elles regroupent vingt régiments métropolitains d’infanterie, un régiment de Zouaves et sept régiments
d’artillerie tractés.
Les vingt et un régiments d’infanterie sont composées de trois bataillons à trois compagnies et une compagnie
d’accompagnement, tout comme les dix divisions citées au-dessus, eux-mêmes ne sont pas à effectif complet puisqu’ils
leur manquent plus de sept cent hommes.
Les régiments n’ont pas de véhicules de transport en propre, ils doivent compter sur le soutien des compagnies
de transport automobile de l’arme du Train.
Le régiment d’artillerie tracté est à cinq groupes de douze canons, trois sont des groupes légers à canons de 75
mm modèle 1897 tractés par trente-six tracteurs semi-chenillés Citroën Unic P107BU ou Laffly S15T, s’ajoutent un
groupe lourd à canons de 105 mm modèle 1936 tractés par les mêmes véhicules que les groupes légers et un autre
groupe lourd à canons de 155 mm modèle 1917 tracté par vingt-quatre tracteurs semi-chenillés Somua MCG.
43
A la mobilisation, tout comme les dix régiments d’artillerie précités, ces cinq groupes se séparent en un
régiment léger à trois groupes de douze canons tractés de 75 mm et un régiment lourd à deux groupes de douze canons
tractés de 105 mm et de 155 mm.
Penchons nous à présent sur les trois divisions d’infanterie alpine :
® 27ème division d’infanterie alpine : Grenoble Général Doyen
– 53ème brigade d’infanterie alpine : Général Cartier
. 99ème régiment d’infanterie alpine : Lyon
. 5ème demi-brigade de Chasseurs alpins1 : Chambéry
– 54ème brigade d’infanterie alpine : Général Boell
. 159ème régiment d’infanterie alpine : Briançon
. 7ème demi-brigade de Chasseurs alpins2 : Gap
– 93ème régiment d’artillerie de montagne
3
Grenoble
® 29ème division d’infanterie alpine : Nice Général Gérodias
– 57ème brigade d’infanterie alpine : Général Vergez
. 3ème régiment d’infanterie alpine : Sospel
. 6ème demi-brigade de Chasseurs alpins4 : Nice
– 58ème brigade d’infanterie alpine : Général Mollard
. 141ème régiment d’infanterie alpine : Nice
. 2ème demi-brigade de Chasseurs alpins5 : Antibes
– 94ème régiment d’artillerie de montagne Nice
® 31ème division d’infanterie alpine : Montpellier Général Ilher
– 15ème régiment d’infanterie alpine : Albi
– 81ème régiment d’infanterie alpine : Montpellier
– 56ème régiment d’artillerie divisionnaire : Montpellier
Les deux premières divisions organisées à la manière des unités de 1914, comprennent chacune deux régiments
d’infanterie alpins (à trois bataillons) de 1 580 hommes et deux demi-brigades de chasseurs alpins (trois bataillons) de
2 335 hommes.
La 31ème division d’infanterie ne compte seulement que deux régiments d’infanterie (à trois bataillons) de 1580
hommes.
Ces régiments ont les mêmes effectifs et la même organisation que les régiments d’infanterie de type « Nord-
Est », les douze bataillons de Chasseurs alpins sont à effectif plein.
Les deux régiments d’artillerie de montagne ne comprennent que deux groupes légers à deux batteries de
canons de 75 mm de montagne Schneider modèle 1928 et un groupe lourd à deux batteries de canons de 155 mm
modèle 1917.
Les pièces d’artillerie légères sont décomposables en sept fardeaux. Le régiment de la 31ème division
d’infanterie est composé de la même manière qu’un régiment d’artillerie classique à cinq groupes, mais possède
cependant un groupe de canons de 75 mm de montagne.
Il existe, dans les quarante bataillons d’infanterie alpins (en comptant les demi-brigades alpines de forteresse
comptées dans les rangs des troupes de forteresse), une section d’éclaireur skieur (S.E.S) apte à patrouiller et
reconnaître sur de longues distances, assurer les liaisons entre les vallées, tenir les cols et effectuer des embuscades ou
des coups de mains.
1 La 5e demi-brigade de chasseurs alpins est composée des 7ème, 13ème et 27ème bataillons de chasseurs alpins.
2 La 7e demi-brigade de chasseurs alpins est composée des 6ème, 15ème et 23ème bataillons de chasseurs alpins.
3 Le XIème groupe du 93ème régiment d’artillerie de montagne est en réserve générale d’artillerie.
4 La 6e demi-brigade de chasseurs alpins est composée des 22ème, 24ème et 25ème bataillons de chasseurs alpins.
5 La 2e demi-brigade de chasseurs alpins est composée des 9ème, 18ème et 20ème bataillons de chasseurs alpins.
44
Outre les vingt régiments d’artillerie divisionnaires ou de montagne équipant les vingt divisions d’infanterie,
deux brigades de défense contre avions rassemblent six régiments d’artillerie anti-aériens . On dénombre également
nombreuses unités d’artillerie rassemblés dans la réserve générale. Pour de nombreuses d’entre-elles, ce sont des appuis
et des soutiens aux corps d’armées et divisions, on y dénombre un régiment d’artillerie de montagne, quatre régiments
d’artillerie légère hippomobiles, deux régiments d’artillerie portée (à canons de 105 mm C), sept régiments d’artillerie
lourde tractée, sept régiments d’artillerie lourde hippomobile et deux régiment d’artillerie lourde portée.
® Les régiments d’artillerie anti-aériens :
– 31ème brigade de défense contre avions1
: Paris
. 401ème régiments d’artillerie anti-aériens : Paris
. 404ème régiments d’artillerie anti-aériens : Tours
. 406ème régiments d’artillerie anti-aériens : Laon
– 32ème brigade de défense contre avions : Dijon
. 402ème régiments d’artillerie anti-aériens : Metz
. 403ème régiments d’artillerie anti-aériens : Toul
. 405ème régiments d’artillerie anti-aériens : Sathonay
® Régiments de réserve générale2
:
– Artillerie légère :
. 2ème régiment d’artillerie de montagne : Grenoble
. 17ème régiment d’artillerie légère : Sedan
. 34ème régiment d’artillerie légère : Rouen
. 36ème régiment d’artillerie légère : Issoire
. 43ème régiment d’artillerie légère : Caen
– Artillerie lourde :
. 103ème régiment d’artillerie lourde tractée : Rouen
. 107ème régiment d’artillerie lourde tractée : Belfort
. 108ème régiment d’artillerie lourde tractée : Dijon
. 182ème régiment d’artillerie lourde tractée : Commercy
. 184ème régiment d’artillerie lourde tractée : Valence
. 188ème régiment d’artillerie lourde tractée : Belfort
. 196ème régiment d’artillerie lourde tractée : Bordeaux
. 105ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Bourges
. 106ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Le Mans
. 109ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Châteaudun
. 112ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Limoges
. 113ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Nîmes
. 115ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Castres
. 117ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Toulouse
. 305ème régiment d’artillerie tractée tout terrain : Besançon
. 309ème régiment d’artillerie tractée tout terrain : Strasbourg
. 355ème régiment d’artillerie lourde portée : Nantes
. 363ème régiment d’artillerie lourde portée : Draguignan
. I/372e régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée : Châlons sur Marne
. I/373e régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée : Saint-Eulien
1 Le commandement supérieur de l’artillerie antiaérienne est assuré par le Général Marescaux.
2 Plus dix bataillons d’ouvriers d’artillerie.
45
® Les régiments de génie non endivisionnés :
– Brigade des chemins de fer : Versailles
. 5ème régiment de sapeurs de chemin de fer Versailles
. 15ème régiment de sapeurs de chemin de fer Toul
– Brigade des télégraphistes : Paris Général Jullien
. 8ème régiment de sapeurs-télégraphistes Versailles
. 18ème régiment de sapeurs-télégraphistes Nancy
. 28ème régiment de sapeurs-télégraphistes Montpellier
. 38ème régiment de sapeurs-télégraphistes Montargis
– Régiments de réserve générale :
. 1er régiment de sapeurs-mineurs Strasbourg
. 2ème régiment de sapeurs- mineurs Metz
. 3ème régiment de sapeurs- mineurs Arras
. 4ème régiment de sapeurs- mineurs Grenoble
. 6ème régiment de sapeurs- mineurs Angers
. 7ème régiment de sapeurs- mineurs Avignon
. 10ème régiment de sapeurs- mineurs Besançon
46
b – Les unités de cavalerie.
Au sortir de la 1ère guerre mondiale, la cavalerie est confrontée à un changement de cap sans précédent. Les
charges épiques à cheval ne sont plus d’actualité, les automitrailleuses ont fait leur apparition. Il faut désormais se poser
la question de l’utilité de la cavalerie montée face à l’augmentation de la puissance de feu, et de la place des véhicules à
moteur dans une unité composée essentiellement de chevaux et de trains hippomobiles.
La réforme de 1932 va permettre à la cavalerie de voir ses corps de troupe évoluer, on assiste à de multiples
tentatives d’intégration des véhicules à moteur dans les unités. Cependant, il subsiste un problème. La coexistence entre
les unités montées et motorisées dans la même grande formation génère des disfonctionnements qui ne trouvent pas de
solution.
Il existe trois division de cavalerie en août 1939.
® 1ère division de cavalerie1 : Orléans Général d’Arras
– 1ère brigade de cavalerie : Général Gaillard
. 1er régiment de Hussards Orléans
. 8ème régiment de Chasseurs : Orléans
– 2ème brigade de cavalerie : Général d’Humières
. 1er régiment de Chasseurs : Alençon
. 19ème régiment de Dragons : Lyon
– 1er groupe d’automitrailleuses : Orléans
– 5ème bataillon de Dragons Portés : Lyon
– 75ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Lyon
® 2ème division de cavalerie2 : Lunéville Général Berniquet
– 3ème brigade de cavalerie : Colonel du Bessay de Contenson
. 18ème régiment de Chasseurs : Sarreguemines
. 5ème régiment de Cuirassiers Haguenau
– 4ème brigade de cavalerie : Colonel Marteau
. 8ème régiment de Dragons : Lunéville
. 31ème régiment de Dragons : Lunéville
– 2ème groupe d’automitrailleuses : Strasbourg
– 3ème bataillon de Dragons Portés : Lunéville
– 73ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Lunéville
® 3ème division de cavalerie : Paris Général Petiet
– 5ème brigade de cavalerie : Général Maillard
. 4ème régiment de Hussards : Senlis
. 6ème régiment de Dragons : Vincennes
– 6ème brigade de cavalerie : Général Brown De Costoun
. 11ème régiment de Cuirassiers : Saint-Germain-en-Laye
. 12ème régiment de Chasseurs : Saint-Mihiel
– 3ème groupe d’automitrailleuses : Paris
– 2ème bataillon de Dragons Portés : Paris
– 72ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Paris
Nous pouvons voir que ces trois divisions de cavalerie ont à la fois des éléments montés et motorisés, ce qui
leurs valent le surnom de « pétrole picotin ».
Outre un régiment d’artillerie tractée tout-terrain (à deux groupes de canons portés de 75 mm et un groupe de
canons courts portés de 105 mm) par cent quinze tracteurs d’artillerie de type UNIC P107, les trois unités disposent
de deux brigades de cavalerie montée comprenant chacune deux régiments de cavalerie montée (quatre escadrons
montés et un escadron de mitrailleuses et engins par régiment) et de troupes de soutien motorisées3 :
1 La division se voit attribuer le 30ème régiment de Dragons en renfort de cavalerie.
2 La division se voit attribuer le 20ème régiment de Dragons en renfort de cavalerie.
3 En 1939, les automitrailleuses de combat Panhard Schneider Kégresse P16 sont remplacés par des chars légers Hothkiss H35. Les automitrailleuses
de combat Panhard Schneider Kégresse P16 vont servir comme automitrailleuses de reconnaissance dans les 1er, 3ème, 4ème, 6ème et 7ème groupes de
reconnaissance de division d’infanterie « type motorisé avec automitrailleuses ».
47
® un groupe d’automitrailleuses de reconnaissance à quatre escadrons d’automitrailleuses et deux escadrons de
mitrailleuses et engins, soit seize automitrailleuses de combat de type Panhard Schneider Kégresse P16, seize
automitrailleuses de découverte de type Panhard AMD35 et trente-deux automitrailleuses de reconnaissance
de type Renault VM33,
® un bataillon de Dragons Portés transporté par quatre-vingt-dix neuf véhicules tout terrain de type Citroën
Kégresse P19.
En 1935, au moment où l’Allemagne créée ses premières divisions blindées (Panzer Divisionen), l’armée
française transforme la 5ème division de cavalerie (D.C) en 2ème division légère mécanique (D.L.M). Avec la 1ère division
légère mécanique (ex – 4ème division de cavalerie), ces unités sont de véritables divisions blindées au sens moderne du
terme avec des véhicules mécanisés et motorisés. C’est ainsi qu’on trouve en septembre 1939 sur le territoire
métropolitain :
® 1ère division légère mécanique : Reims Général Picard
– 1ere brigade légère mécanique : Colonel De Brauer
. 4ème régiment de Cuirassiers : Reims
. 18ème régiment de Dragons : Reims
– 2ème brigade légère mécanique : Colonel De Beauchesne
. 6ème régiment de Cuirassiers : Verdun
. 4ème régiment de Dragons portés : Verdun
– 74ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Verdun
® 2ème division légère mécanique : Melun Général Bougrain
– 3ème brigade légère mécanique : Général Testard
. 13ème régiment de Dragons : Melun
. 29ème régiment de Dragons : Provins
– 4ème brigade légère mécanique : Colonel Lacroix
. 8ème régiment de Cuirassiers : Saint-Germain-en-Laye
. 1er régiment de Dragons portés : Pontoise
– 71ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Fontainebleau
Ces deux divisions légères mécaniques regroupent trois cent-sept chars et automitrailleuses, soit une dotation
équivalente à ses homologues d’outre-Rhin. Cependant, alors que les chars français se limitent aux calibres 37 mm
antichars et 47 mm antichars pour leurs automitrailleuses de combat1, les chars allemands vont de la mitrailleuse lourde
au canon de 75 mm.
Outre un régiment d’artillerie tractée tout-terrain (à deux groupes de canons portés de 75 mm et un groupe de
canons courts portés de 105 mm) par des tracteurs d’artillerie de type Laffly S35T, ces unités se composent en
septembre 1939 d’une première brigade légère mécanique comprenant deux régiments de cavalerie mécanisée soit six
escadrons de chars dotés de quarante six chars moyens Somua S35 et quatre-vingt douze chars légers Hotchkiss H352 et
d’une seconde brigade légère mécanique comprenant :
® un régiment de découverte à deux escadrons de vingt-trois automitrailleuses de découverte Panhard 178 et
deux escadrons motocyclistes sur moto René Gillet K1 ou L1,
® un régiment de Dragons Portés
3
(à deux bataillons de Dragons portés sur soixante véhicules tout terrain de
Laffly S20TL et quarante six automitrailleuses de reconnaissance Renault AMR 35ZT1 pour les deux
bataillons),
A côté de ces divisions, la cavalerie a gardé sept régiments semi-motorisés et deux groupes d’automitrailleuses
voués à la reconnaissance des grandes unités d’infanterie.
A la mobilisation, ces unités sont destinées à être dissoute pour mettre sur pied des groupes de reconnaissance.
En temps de paix, elles se regroupent en trois groupements de cavalerie
1 La terminologie « automitrailleuses de combat » désigne le char de combat dans la cavalerie.
2 En temps de guerre, les deux régiments de combat comprennent deux escadrons de 23 chars légers Hotchkiss H35 et deux escadron de 23 chars
moyens Somua S35, soit avec les chars de commandement 96 Somua S35 et 94 Hotchkiss H35.
3 Le régiment de Dragons portés sera doté d’un troisième bataillon transporté par camion à la mobilisation.
48
® 1er groupement de cavalerie : Metz
– 3ème régiment de Hussards : Strasbourg
– 9ème régiment de Dragons : Epernay
– 11ème régiment de Chasseurs : Vesoul
® 2ème groupement de cavalerie : Marseille
– 2ème régiment de Hussards : Tarbes
– 9ème régiment de Cuirassiers : Lyon
– 10ème régiment de Dragons : Orange
® 3ème groupement de cavalerie : Amiens
– 7ème régiment de Chasseurs : Evreux
– 6ème groupe d’automitrailleuses : Compiègne
– 7ème groupe d’automitrailleuses : Saint-Omer
Les sept régiments de cavalerie ont une structure différente des régiments de cavalerie métropolitaine
composant les divisions de cavalerie. Ils comprennent un groupe d’escadrons à deux escadrons montés, un groupe
d’escadrons à deux escadrons mixte motorisé utilisant des automitrailleuses et des side-cars et un escadron de
mitrailleuses et engins par régiment.
Les deux groupes d’automitrailleuses constituant le 3ème groupement de cavalerie en compagnie du 7ème
régiment de Chasseurs d’Evreux ont une organisation différente. On dénombre, outre l’état-major et l’escadron de
commandement, un premier escadron doté de seize automitrailleuses de combat de type Panhard Schneider Kégresse
P16, un deuxième escadron doté de seize automitrailleuses de découverte de type Panhard AMD35 et un troisième
escadron doté de canons de 25 mm et de mitrailleuses.
49
c – Les chars de combat.
Dès 1917, les unités de chars d’infanterie se réorganisent, les régiments « d’artillerie spéciale », numérotés
dans la série des « 300 » disparaissent et donnent naissance aux régiments de chars de combat (R.C.C). Ces régiments
sont au nombre de neuf au sortir de la guerre et sont désormais numérotés dans la série des « 500 » puisqu’ils dépendent
de l’infanterie.
Chaque régiment se compose de trois bataillons de chars légers (B.C.L). Au fur et à mesure des campagnes qui
suivent la Grande Guerre, on voit se désorganiser les régiments qui ne sont équipés que de chars légers FT. En 1935, les
régiments de chars de combats se réorganisent d’une manière cohérente. Dix régiments de chars (501ème à 510ème
R.C.C) se répartissent en cinq brigades de chars (1ère à 5ème) auxquels vient s’adjoindre une sixième brigade créée en
1938 (511ème et 512ème R.C.C)
® 1ère brigade de chars de combat : Lyon
– 504ème régiment de chars de combat : Valence
(2 x 45 chars légers R351
)
– 506ème régiment de chars de combat : Besançon
(2 x 45 chars légers R35)
® 2ème brigade de chars de combat : Nancy Général Keller
– 508ème régiment de chars de combat : Lunéville
(45 chars légers R35 + 45 chars légers D12
puis 34 chars lourds B1 Bis)
– 510ème régiment de chars de combat : Nancy
(45 chars légers R35 + 45 chars légers D1 puis 34 chars lourds B1 Bis)
® 3ème brigade de chars de combat : Metz Général Bruneau
– 507ème régiment de chars de combat : Metz
(45 chars légers R35 + 45 chars légers D1 puis 45 chars moyens D2)
– 509ème régiment de chars de combat : Maubeuge
(2 x 45 chars légers H39)
® 4ème brigade de chars de combat : Versailles
– 503ème régiment de chars de combat : Versailles
(45 chars légers R35 + 45 chars légers FCM36)
– 505ème régiment de chars de combat : Vannes
(2 x 45 chars légers H39)
® 5ème brigade de chars de combat : Tours Général Bourguignon
– 501ème régiment de chars de combat : Tours
(2 x 45 chars légers R35)
– 502ème régiment de chars de combat : Angoulême
(45 chars légers R35 + 45 chars légers FCM36)
® 6ème brigade de chars de combat : Verdun
– 511ème régiment de chars de combat : Verdun
(45 chars légers R35 + 34 chars lourds B1 + 3 chars lourds FCM 2C3
)
– 512ème régiment de chars de combat : Châlons-sur-Marne
(34 chars lourds B1 Bis)
1 Effectif théorique.
2 Trois bataillons des 508ème, 510ème et 507ème régiments de chars de combat et équipés en chars légers D1, quittent leurs unités respectives pour
rejoindre la Tunisie en mars 1938 (61ème BCC), avril 1938 (65ème BCC) et janvier 1939 (67ème BCC).
3 S’y ajoutent 07 chars lourds FCM 2C tenus en réserve à Bourges)
50
En 1938, apparaît le « groupement tactique d’expérience » basé à Nancy. Ce n’est pas une unité de chars à
proprement parler, c’est un amalgame d’unités détachées de leurs commandements organiques et regroupées en vue
d’établir un nouveau concept d’utilisation des chars.
En septembre 1939, le Général Gamelin donne l’ordre d’organiser deux brigades de chars en utilisant les
chasseurs et les chars du groupement tactique, ces brigades sont à la base des 1ère et 2ème divisions cuirassées. Ce
groupement comprend :
® quatre bataillons de trente-quatre chars lourds Renault B1 et B1Bis :
– un bataillon du 508ème régiment de chars de combat : Lunéville
– un bataillon du 510ème régiment de chars de combat : Nancy
– un bataillon du 511ème régiment de chars de combat : Verdun
– un bataillon du 512ème régiment de chars de combat : Châlons-sur-Marne
® deux bataillons de Chasseurs Portés :
– 5ème bataillon de Chasseurs Portés : Remiremont
– 17ème bataillon de Chasseurs Portés1 : Rambervilliers
® un régiment d’artillerie à trois groupes de douze canons tractés de 105 mm :
– 305ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Besançon
d – La Ligne Maginot.
La ligne Maginot regroupe en temps de paix douze régiments d’infanterie de forteresse (dans le nord-est), trois
demi-brigades alpines de forteresse (dans les Alpes) pour la défense du territoire ainsi qu’un nombre variable de
groupes d’artillerie issus de régiments d’artillerie de forteresse ou de position et des unités de génie2 assurant le
maintien en condition des installations (la répartition dans les ouvrages est de 50% de troupe d’artillerie, 30%
d’infanterie et 20% de troupes du génie).
Cette ligne, s’étendant de la Flandre à Nice, est divisée en deux régions fortifiées, trois secteurs de nouveaux
fronts (Maubeuge, Valenciennes et Rohrbach) ainsi que cinq barrages dans les Alpes et en Corse, elle est composée de
cent huit ouvrages d’infanterie et d’artillerie de valeurs et d’importances inégales, elle est d’un bloc des Alpes aux
Ardennes mais elle ne continue pas jusqu’à la Mer du Nord.
® douze régiments d’infanterie de forteresse :
– 23ème régiment d’infanterie de forteresse : Haguenau
– 37ème régiment d’infanterie de forteresse : Bitche
– 42ème régiment d’infanterie de forteresse : Colmar
– 69ème régiment d’infanterie de forteresse : Morhange
– 146ème régiment d’infanterie de forteresse : Metz
– 149ème régiment d’infanterie de forteresse : Longuyon
– 153ème régiment d’infanterie de forteresse : Bitche
– 155ème régiment d’infanterie de forteresse : Stenay
– 162ème régiment d’infanterie de forteresse : Metz
– 168ème régiment d’infanterie de forteresse : Thionville
– 171ème régiment d’infanterie de forteresse : Mulhouse
– 172ème régiment d’infanterie de forteresse : Strasbourg
® trois demi-brigades alpines de forteresse :
– 30ème demi-brigade alpine de forteresse
3
: Modane
– 58ème demi-brigade alpine de forteresse
4
: Nice
1 Ces deux bataillons dissous à la fin du premier conflit mondial sont recréés en 1937 sur le mode porté.
2 Eclatés dans la répartition des troupes occupant les ouvrages.
3 La 30ème demi-brigade alpine de forteresse est composée des 70ème et 71ème bataillons alpins de forteresse.
4 La 58ème demi-brigade alpine de forteresse est composée des 72ème et 73ème bataillons alpins de forteresse.
51
– 157ème demi-brigade alpine de forteresse
1
: Jausiers
® trois régiments d’artillerie de région fortifiée :
– 39ème régiment d’artillerie de région fortifiée : Metz
– 46ème régiment d’artillerie de région fortifiée : Thionville
– 59ème régiment d’artillerie de région fortifiée : Sarrebourg
® six régiments d’artillerie de position :
– 151ème régiment d’artillerie de position : Thionville
– 154ème régiment d’artillerie de position : Grenoble
– 155ème régiment d’artillerie de position : Haguenau
– 157ème régiment d’artillerie de position : Nice
– 163ème régiment d’artillerie de position : Metz
– 166ème régiment d’artillerie de position : Morhange
La Ligne Maginot s’étend sur toute la longueur des frontières du nord face à la Belgique, du nord-est face au
Luxembourg et à l’Allemagne et du sud-est de la métropole face à la Suisse et à l’Italie :
– 1ère région militaire : Lille
. Secteur défensif des Flandres
. Secteur fortifié de Lille
. Secteur fortifié de l’Escaut
. Secteur fortifié de Maubeuge
– 2ème région militaire : Amiens
. Secteur défensif des Ardennes
. Secteur fortifié de Montmédy
. Secteur défensif de Marville
– 6ème région militaire : Metz
. Secteur fortifié de Crusnes
. Secteur fortifié de Thionville
. Secteur fortifié de Boulay
. Secteur fortifié de Faulquemont
– 20ème région militaire : Nancy
. Secteur défensif de la Sarre
. Secteur fortifié de Rohrbach
. Secteur fortifié des Vosges
. Secteur fortifié de Haguenau
. Secteur fortifié du Bas Rhin
– 7ème région militaire : Besançon
. Secteur fortifié de Colmar
. Secteur fortifié de Mulhouse
. Secteur fortifié de Altkirch
. Secteur fortifié de Montbéliard
. Secteur défensif du Jura
1 La 157ème demi-brigade alpine de forteresse est composée des 74ème, 75ème et 76ème bataillons alpins de forteresse.
Région fortifiée de Metz
Région fortifiée de la Lauter
52
– 14ème région militaire : Lyon
. Secteur défensif du Rhône
. Secteur fortifié de Savoie
. Secteur fortifié du Dauphiné
– 15ème région militaire : Marseille
. Secteur fortifié des Alpes maritimes
. Secteur défensif de Nice
. Secteur défensif de Corse
Zone des Alpes
53
4 – Les forces mobiles stationnées sur le territoire métropolitain.
Ces forces sont destinées à assurer à la fois l’intégrité du sol métropolitain en complément des forces du
territoire métropolitain et à intervenir dans notre empire colonial.
Elles se composent de quatre divisions d’infanterie coloniale, de quatre divisions d’infanterie nord-africaine, de
deux brigades de cavalerie et de troupes diverses non endivisionnées. Les régiments d’infanterie et d’artillerie sont
coloniaux ou nord-africains mais la globalité des services sont métropolitains.
a – Les unités d’infanterie.
® 1ère division d’infanterie coloniale : Bordeaux Général Germain
– 3ème régiment d’infanterie coloniale : Bordeaux
– 12ème régiment de tirailleurs sénégalais : La Rochelle
– 14ème régiment de tirailleurs sénégalais : Mont-de-Marsan
– 1er régiment d’artillerie coloniale : Libourne
® 2ème division d’infanterie coloniale : Toulon Général Maignan
– Régiment d’infanterie coloniale du Maroc : Aix
– 4ème régiment de tirailleurs sénégalais : Toulon
– 8ème régiment de tirailleurs sénégalais : Toulon
– 2ème régiment d’artillerie coloniale : Nîmes
® 3ème division d’infanterie coloniale : Paris Général Barreau
– 1er régiment d’infanterie coloniale : Paris
– 21ème régiment d’infanterie coloniale : Paris
– 23ème régiment d’infanterie coloniale : Paris
– 3ème régiment d’artillerie coloniale : Joigny
® 4ème division d’infanterie coloniale : Toulouse Général De Bazelaire de Ruppierre
– 2ème régiment d’infanterie coloniale : Brest
– 16ème régiment de tirailleurs sénégalais : Montauban
– 24ème régiment de tirailleurs sénégalais : Perpignan
– 12ème régiment d’artillerie coloniale : Agen
Les 1ère, 2ème et 4ème divisions d’infanterie coloniale comprennent chacune un régiment d’infanterie coloniale
(à trois bataillons) de 1 500 hommes à recrutement métropolitain, deux régiments de tirailleurs sénégalais (à trois
bataillons) de 1 500 hommes à recrutement africain en provenance plus particulièrement de l’Afrique équatoriale
française et de l’Afrique occidentale française et un régiment d’artillerie colonial (à cinq groupes) de 950 hommes.
La structure régimentaire est identique au norme d’infanterie métropolitaine, les régiments d’infanterie
coloniaux et les régiments de tirailleurs sont composées de trois bataillons à trois compagnies et une compagnie
d’accompagnement.
Les régiments d’artillerie coloniale sont en tout point comparable aux régiments métropolitains. Ils sont à cinq
groupes à traction hippomobile, trois sont des groupes légers à canons de 75 mm modèle 1897 et deux sont des groupes
lourds à canons de 155 mm modèle 1917.
A la mobilisation ces cinq groupes se séparent en un régiment d’artillerie coloniale à trois groupes de 75 mm et
un régiment d’artillerie coloniale lourd à deux groupes de 155 mm.
La 3ème division d’infanterie coloniale est comparable en tout point à une division d’infanterie métropolitaine
puisque son recrutement est en totalité métropolitain. Ses trois régiments d’infanterie coloniale et son régiment
d’artillerie coloniale sont donc en tout point semblable au point de vue de la structure est de l’organisation.
54
® 1ère division d’infanterie nord-africaine : Lyon Général Libaud
– 5ème régiment de tirailleurs marocains : Bourg
– 27ème régiment de tirailleurs algériens : Avignon
– 28ème régiment de tirailleurs tunisiens : Montélimar
– 54ème régiment d’artillerie nord-africain : Lyon
® 2ème division d’infanterie nord-africaine: Toul Général Lescanne
– 6ème régiment de tirailleurs marocains : Verdun
– 13ème régiment de tirailleurs algériens : Metz
– 22ème régiment de tirailleurs algériens : Toul
– 40ème régiment d’artillerie nord-africain : Verdun
® 3ème division d’infanterie nord-africaine: Poitiers Général Chapouilly
– 14ème régiment de tirailleurs algériens : Châteauroux
– 15ème régiment de tirailleurs algériens : Périgueux
– 24ème régiment de tirailleurs tunisiens : La Roche-sur-Yon
– 20ème régiment d’artillerie nord-africain
1
: Poitiers
® 4ème division d’infanterie nord-africaine: Epinal Général Sancelme
– 21ème régiment de tirailleurs algériens : Epinal
– 23ème régiment de tirailleurs algériens : Morhange
– 25ème régiment de tirailleurs algériens : Sarrebourg
– 33ème régiment d’artillerie nord-africain : Epinal
Ces quatre divisions d’infanterie nord-africaine comprennent en matière d’unités d’infanterie huit régiments de
tirailleurs algériens, deux régiments de tirailleurs marocains2 et deux régiments de tirailleurs tunisiens de 2 400
hommes.
La structure régimentaire est identique aux divisions métropolitaines et coloniales, elle s’articule en trois
bataillons à trois compagnies et une compagnie d’accompagnement.
Les régiments d’artillerie nord-africains composés de 1550 hommes sont à recrutement mixte puisqu’ils
regroupent des éléments nord-africains et métropolitains. L’organisation régimentaire s’ordonne en cinq groupes
d’artillerie à traction hippomobile, trois sont des groupes légers à canons de 75 mm modèle 1897 et deux sont des
groupes lourds à canons de 155 mm modèle 1917.
A la mobilisation ces cinq groupes se séparent en un régiment d’artillerie nord-africain à trois groupes de 75
mm et un régiment d’artillerie lourd nord-africain à deux groupes de 155 mm.
b – Les unités de cavalerie.
Les deux brigades de Spahis stationnées en métropole comprennent chacune deux régiments de cavalerie à
quatre escadrons montés et un escadron de mitrailleuses et engins.
– 1ère brigade de Spahis : Compiègne Colonel Jouffrault
. 4ème régiment de Spahis marocains, Senlis
. 6ème régiment de Spahis algériens. Compiègne
– 2ème brigade de Spahis : Orange Colonel Peillon
. 7ème régiment de Spahis algériens, Orange
. 9ème régiment de Spahis algériens. Vienne
1 Le VIIème/20ème régiment d’artillerie nord-africain est en réserve générale.
2 Ce qui fait treize bataillons d’infanterie marocains présents en France en comptant outre ces deux régiments les 3ème et 8ème régiments endivisionnés
dans des unités métropolitaines et le 4ème bataillon du 7ème régiment stationné en Corse.
55
c – Les régiments d’infanterie et d’artillerie non endivisionnés.
® Les unités d’infanterie :
– IVème/7ème régiment de tirailleurs marocains : Bastia
– 41ème régiment de mitrailleurs d’infanterie coloniale : Sarralbe/Putelange
– 52ème bataillon de mitrailleurs indochinois : Carcassonne
® Les unités d’artillerie :
– 6ème régiment d’artillerie nord-africain : Lyon
– 10ème régiment d’artillerie coloniale tractée tout-terrain : Rueil
– 11ème régiment d’artillerie lourde coloniale hippomobile : Lorient
– détachement autonome d’artillerie coloniale de Corse
1
: Bastia
1 Détachement fourni par le 2ème régiment d’artillerie coloniale.
56
D – Répartition des forces stationnées dans le bassin méditerranéen.
Ces forces sont affectées à la défense et à l’occupation permanente de nos possessions extérieures. Elles
comprennent de nombreuses forces autochtones organisées sur le modèle métropolitain (division – brigade – régiment)
ou selon un mode plus ouvert selon les orientations militaires. L’armée française place un encadrement européen pour
diriger les troupes du crue. D’autres forces s’ajoutent aux premières citées, ce sont les régiments nés des conquêtes
coloniales et à recrutement métropolitain ou européen.
1 – Organisation militaire.
® 19ème Région militaire : Alger (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Alger
Batna
Constantine
Mascara
Médéa
Oran
– Territoires militaires : Aïn-Séfra
Ghardaïa
Des Oasis
Touggourt
® Protectorat de Tunisie : Tunis (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Bizerte
Sousse-Kairouan
Tunis
– Territoires militaires : Sud-tunisien
® Protectorat du Maroc : Rabat (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Agadir
Atlas central
Fès
Marrakech
Mekhnès
Ouarzazate
Talifalet
Taza-Oujda
– Territoires militaires : Algéro-marocains
® Mandat du Levant : Beyrouth (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Beyrouth
Damas
Deir-ez-Zor
57
2 – Les unités d’infanterie.
Les trois divisions du 19ème corps d’armée d’Alger sont organisées sur un mode binaire, à savoir l’infanterie
divisionnaire comprenant deux brigades d’infanterie algérienne avec un nombre variable de régiments de tirailleurs.
® Division d’Alger :
– 1ère brigade d’infanterie algérienne : Alger
. 9ème régiment de Zouaves : Alger
. 13ème régiment de tirailleurs sénégalais : Alger
– 5ème brigade d’infanterie algérienne : Blida
. 1er régiment de tirailleurs algériens : Blida
. 5ème régiment de tirailleurs algériens : Maison-Carrée
. 9ème régiment de tirailleurs algériens : Miliana
– 65ème régiment d’artillerie d’Afrique : Blida
® Division d’Oran :
– 2ème brigade d’infanterie algérienne : Oran
. 1er régiment étranger d’infanterie : Saïda
. 2ème régiment de Zouaves : Oran
. 4ème/13ème régiment de tirailleurs sénégalais : Oran
– 4ème brigade d’infanterie algérienne : Tlemcen
. 2ème régiment de tirailleurs algériens : Mostaganem
. 6ème régiment de tirailleurs algériens : Tlemcen
– 66ème régiment d’artillerie d’Afrique : Tlemcen
® Division de Constantine : Général Vergez
– 3ème brigade d’infanterie algérienne : Constantine
. 3ème régiment de Zouaves : Constantine
. 15ème régiment de tirailleurs sénégalais : Philippeville
– 7ème brigade d’infanterie algérienne : Constantine
. 3ème régiment de tirailleurs algériens : Bône
. 7ème régiment de tirailleurs algériens : Constantine
. 11ème régiment de tirailleurs algériens : Sétif
– 67ème régiment d’artillerie d’Afrique : Constantine
On peut ainsi répertorier huit régiments de tirailleurs algériens, trois régiments de zouaves, deux régiments de
tirailleurs sénégalais et un régiment étranger d’infanterie.
La plupart des régiments « indigènes » sont à quatre bataillons1 tandis que les régiments de Zouaves et de la
Légion étrangère sont à trois bataillons.
Les trois régiments d’artillerie d’Afrique, à effectif de 1 010 hommes, sont à trois groupes légers de 65 mm de
montagne ou 75 mm modèle 1897.
Lors de la mobilisation, seul le 66ème régiment d’artillerie de la division d’Oran va se dédoubler à l’image des
régiments métropolitains, il recevra un ou deux groupes lourds de 155 mm de réserve. Les deux autres resteront dans la
plénitude de leurs moyens.
® Division de Tunis : Général Bessière
– 4ème régiment de Zouaves : Tunis
– 4ème régiment de tirailleurs tunisiens : Sousse
– 8ème régiment de tirailleurs tunisiens : Bizerte
– 62ème régiment d’artillerie d’Afrique : Tunis
1 Les quatrième bataillons des 6ème et 7ème régiments de tirailleurs algériens se trouvent au Levant.
58
® Division de Sousse : Général Ardant du Pic
– 5ème régiment de tirailleurs sénégalais : Monastir
– 10ème régiment de tirailleurs sénégalais : Bizerte
– 18ème régiment de tirailleurs sénégalais : Gabès
– Groupement d’artillerie autonome colonial de Tunisie : Sousse
La division d’infanterie de Tunis est une division basée sur le mode ternaire avec deux régiments de tirailleurs
tunisiens d’active à quatre bataillons et un régiment de Zouaves à trois bataillons. Elle reçoit en complément le 1er
bataillon d’infanterie légère d’Afrique. La division de Sousse est en fait une division coloniale comprenant en matière
d’infanterie trois régiments de tirailleurs sénégalais à quatre bataillons chacun.
Le 62ème régiment d’artillerie d’Afrique, à effectif de 1 010 hommes, est à trois groupes légers de 65 mm de
montagne ou 75 mm modèle 1897. Il ne se dédouble pas à la mobilisation et ne reçoit pas de groupe lourd. Idem pour le
groupement d’artillerie autonome colonial de Tunisie qui, à la mobilisation, se transforme en 1er régiment d’artillerie
coloniale de Tunisie.1
® Au Maroc :
– dix régiments de composition variable et un bataillon autonome :
. 1er régiment de zouaves (trois bataillons), : Casablanca
. 1er régiment de tirailleurs marocains (quatre bataillons) : Meknès
. 2ème régiment de tirailleurs marocains (quatre bataillons) : Marrakech
. 4ème régiment de tirailleurs marocains (quatre bataillons) : Taza
. 7ème régiment de tirailleurs marocains (trois bataillons) : Meknès
. 2ème régiment étranger d’infanterie (trois bataillons) : Meknès
. 3ème régiment étranger d’infanterie (trois bataillons) : Fès
. 4ème régiment étranger d’infanterie (trois bataillons) : Marrakech
. 3ème régiment de tirailleurs sénégalais (quatre bataillons) : Fès
. 6ème régiment de tirailleurs sénégalais (quatre bataillons) : Casablanca
. Bataillon autonome d’infanterie coloniale : Ouezzan
– un groupement autonome et deux régiments d’artillerie :
. Groupement autonome d’artillerie coloniale du Maroc (à cinq groupes hippomobiles de 65
ou 75 mm)2 : Marrakech
. 63ème régiment d’artillerie d’Afrique (à cinq groupes hippomobiles de 65 ou 75 mm) : Fès
. 64ème régiment d’artillerie d’Afrique (à cinq groupes hippomobiles de 65 ou 75 mm) :
Casablanca
® Au Levant :
– quatre régiments ou demi-brigades de composition variable et un bataillon autonome :
. Demi-brigade algéro-marocaine :
. IVème /6ème régiment de tirailleurs algériens : Alep
. IVème /7ème régiment de tirailleurs algériens : Alep
. Vème /1er régiment de tirailleurs marocains : Damas
. 16ème régiment de tirailleurs tunisiens : Soueïda
. 17ème régiment de tirailleurs sénégalais : Beyrouth
. Bataillon de marche d’infanterie coloniale du Levant3 : Soueïda
. Groupement de la Légion étrangère du Levant
4
:
. Ier/1er régiment étranger d’infanterie : Baalbek
. IVème/1er régiment étranger d’infanterie : Soueïda
. VIème/1er régiment étranger d’infanterie : Homs
. IIème/2ème régiment étranger d’infanterie : Damas
1 Un 2ème régiment d’artillerie coloniale de Tunisie est également mis sur pied.
2 Le groupement autonome d’artillerie coloniale du Maroc devient le régiment d’artillerie colonial du Maroc à la mobilisation.
3 Le bataillon de marche d’infanterie coloniale du Levant se transforme en 24ème régiment de marche d’infanterie coloniale pendant la drôle de guerre.
4 Le Groupement de la Légion étrangère du Levant est dissous le 01 octobre 1939 et prend la dénomination de 6ème régiment étranger d’infanterie.
59
– un régiment d’artillerie :
. Régiment d’artillerie coloniale du Levant (à trois groupes de 65 ou 75 mm)
1
: Damas
3 – Les unités de cavalerie.
® En Algérie :
– 1ère brigade de cavalerie d’Afrique : Médéa
. 5ème régiment de chasseurs d’Afrique
2
: Alger
. 1er régiment de Spahis algériens : Médéa
– 2ème brigade de cavalerie d’Afrique : Mascara
. 2ème régiment de chasseurs d’Afrique
3
: Mascara
. 2ème régiment de Spahis algériens : Tlemcen
– 3ème brigade de cavalerie d’Afrique : Batna
. 3ème régiment de chasseurs d’Afrique
4
: Constantine
. 3ème régiment de Spahis algériens : Batna
– cinq compagnies montées sahariennes.
® En Tunisie :
– 4ème brigade de cavalerie d’Afrique : Tunis
. 4ème régiment de chasseurs d’Afrique
5
: Tunis
. 4ème régiment de Spahis tunisiens : Zarzis
– 1er régiment étranger de cavalerie : Sousse
® Au Maroc :
– 1er régiment de chasseurs d’Afrique
6
: Rabat
– 2ème régiment de Spahis marocains : Marrakech
– 3ème régiment de Spahis marocains : Meknès
– 8ème régiment de Spahis algériens : Fès
– 2ème régiment étranger de cavalerie : Midelt
– une compagnie montée saharienne.
® Au Levant :
– 1er régiment de Spahis marocains : Alep
– 8ème groupe d’automitrailleuses
7
: Damas
– 3ème groupe d’escadrons du 4ème régiment de Spahis tunisiens : Damas
4 – Les chars de combat.
® En Algérie :
– 64ème bataillon de chars de combat : Alger
(64ème B.C.C – 45 chars légers FT)
1 Le régiment d’artillerie coloniale du Levant se transforme en 41ème régiment d’artillerie coloniale pendant la drôle de guerre.
2 Le 5ème régiment de chasseurs d’Afrique est partiellement motorisé.
3 Le 2ème régiment de chasseurs d’Afrique est partiellement motorisé.
4 Le 3ème régiment de chasseurs d’Afrique est partiellement motorisé.
5 Le 4ème régiment de chasseurs d’Afrique est motorisé.
6 Le 1er régiment de chasseurs d’Afrique est motorisé.
7 Le 8ème groupe d’automitrailleuses est motorisé.
60
® En Tunisie1 :
– 61ème bataillon de chars de combat : Bizerte
(61ème B.C.C – 45 chars légers D1)
– 65ème bataillon de chars de combat : Sousse
(65ème B.C.C – 45 chars légers D1)
– 67ème bataillon de chars de combat : Tunis
(67ème B.C.C – 45 chars légers D1)
® Au Maroc :
– 62ème bataillon de chars de combat : Meknès
(62ème B.C.C – 15 chars légers FT + 30 chars légers R35)
– 66ème bataillon de chars de combat : Meknès
(66ème B.C.C – 45 chars légers FT)
® Au Levant :
– 63ème bataillon de chars de combat : Beyrouth
(63ème B.C.C – 30 chars légers FT + 15 chars légers R35)
5 – Les troupes de service.
Le 19ème régiment de génie à Alger, le 31ème bataillon de génie stationné au Maroc et le 34ème bataillon de génie
de Tunis regroupent sous leurs autorités les éléments du génie et des transmissions présents sur leurs territoires. Le
mandat du Levant est doté également de ces troupes de servitude. Ces unités sont calquées sur le modèle des troupes de
soutien métropolitaines et remplissent les mêmes missions. Il existe en septembre 1939 :
® sept compagnies de cavaliers de remonte,
® huit escadrons du train,
® un bataillon d’ouvrier d’artillerie,
® cinq compagnies autonomes d’ouvriers d’artillerie,
® trois bataillons de sapeurs mineurs,
® deux compagnies autonomes de sapeurs mineurs,
® trois bataillons de sapeurs télégraphistes,
® deux compagnies autonomes de sapeurs télégraphistes,
® deux bataillons de sapeurs de chemins de fer.
1 Ces trois bataillons de chars de combat, initialement stationnés en métropole (respectivement aux 508ème, 510ème et 507ème régiments de chars de
combat), sont envoyés en Tunisie en mars 1938 (61ème) avril 1938 (65ème) et janvier 1939 (67ème) afin de renforcer les capacités blindées limitées de
l’armée d’Afrique face aux prétentions italiennes. Dix sept chars moyens Renault D1 supplémentaires seront affectés dans les dépôts et les écoles de
conduite de Tunisie.
61
6 – La gendarmerie.
Ce corps est également présent dans nos possessions du bassin méditerranéen, il se répartit de la manière
suivante :
® Gendarmerie départementale :
– une légion en Algérie,
– une légion au Maroc,
– une légion en Tunisie.
® Garde républicaine mobile :
– une légion en Algérie,
– une compagnie autonome au Maroc,
– une compagnie autonome en Tunisie.
® Gendarmerie prévôtale :
– une prévôté du Levant.
62
E – Répartition des forces stationnées dans les colonies et territoires d’outre-mer.
1 – Organisation militaire.
® colonie d’Indochine1 : Saigon (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Hanoi
Hué
Saigon
® Corps expéditionnaire de Chine2 : Tien-Tsin (commandement supérieur des troupes)
– Positions : Tien-Tsin
Shangaï-Hankéou
® colonie d’Afrique Equatoriale Française3 : Brazzaville (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Congo français
Gabon
Tchad
Cameroun
® colonie d’Afrique Occidentale Française4 : Dakar (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Sénégal
Soudan français
Mauritanie
Niger
Guinée
Côte d’Ivoire
Haute Volta
Dahomey
® colonie et possessions de l’océan indien5 : Tananarive (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Côte des Somalies
6
Madagascar
Ile de la Réunion
Etablissements français de l’Océan Indien
® territoires des Antilles7 : Fort-de-France (commandement supérieur des troupes)
® territoires du Pacifique8 : Nouméa (commandement supérieur des troupes)
1 On compte 28 496 militaires métropolitaines et 29 300 auxiliaires indochinois dans les trois protectorats d’Indochine en 1939.
2 En vue de protéger nos concessions en Chine, la France déploie des unités issues des territoires de l’Indochine. Composé exclusivement de troupes
de l’arme coloniale, ce corps expéditionnaire, sous les ordres du Général Casseville, sera présent dans ce pays jusqu’à la fin des années 30. L’effectif
global des troupes s’élève à 2697 officiers, sous-officiers et hommes de troupes en septembre 1939. Les chiffres passeront à environ 4 000 en mai
1940.
3 Les effectifs des troupes des unités coloniales en Afrique Equatoriale Française au 03 septembre 1939 s’élèvent à 5 062 officiers, sous officiers et
hommes de troupes (métropolitains et troupes sénégalaises).
4 A l’instar des effectifs ci-dessus, ceux de l’Afrique Occidentale française se montent à 21 376 officiers, sous officiers et hommes de troupes
(métropolitains et troupes sénégalaises).
5 Les troupes de l’Océan Indien se montent à 6 769 sous officiers et hommes de troupes (métropolitains et malgaches).
6 Sous les ordres de Général Germain Georges.
7 Les troupes coloniales s’élèvent à 1 035 sous officiers et hommes de troupes.
8 On dénombre principalement 216 hommes en Nouvelle – Calédonie et 71 hommes pour les îles de l’océanie.
63
2 – Les unités d’infanterie et d’artillerie.
® L’Afrique Équatoriale Française :
– Congo et Gabon :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais de l’Afrique Equatoriale Française
– Tchad :
. Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad
. Bataillon de tirailleurs sénégalais de l’Oubangui-Chari
. Compagnie portée de Largeau
. Section portée de Largeau
– Cameroun :
. Régiment de tirailleurs sénégalais du Cameroun
® L’Afrique Occidentale Française :
– Sénégal :
. 1er régiment mobile de tirailleurs sénégalais
. 7ème régiment mobile de tirailleurs sénégalais
. 6ème régiment d’artillerie coloniale
. Bataillon d’infanterie coloniale de l’Afrique Occidentale Française
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°7
– Soudan français :
. 2ème régiment mobile de tirailleurs sénégalais
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°2 (dissous le 30/09/1939)
– Mauritanie :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°1
– Niger :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°3 (dissous le 01/09/1939)
– Guinée:
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°4
– Côte d’Ivoire :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°5
– Haute Volta :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°6
– Dahomey :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°8
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°9
® L’océan indien :
– Côte des Somalis :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais de la côte française des Somalies
– Madagascar :
. 1er régiment de tirailleurs malgaches
. 2ème régiment de tirailleurs malgaches
. Bataillon de tirailleurs malgaches
. Groupe autonome d’artillerie coloniale de Diego-Suarez
. Groupe autonome d’artillerie coloniale de l’Emyne
64
® L’Indochine :
– 9ème régiment d’infanterie coloniale
– 11ème régiment d’infanterie coloniale
– 10ème régiment mixte d’infanterie coloniale
– 19ème régiment mixte d’infanterie coloniale
– 1er régiment de tirailleurs tonkinois
– 2ème régiment de tirailleurs tonkinois
– 3ème régiment de tirailleurs tonkinois
– 4ème régiment de tirailleurs tonkinois
– 1er régiment de tirailleurs annamites
– 1er régiment de tirailleurs cambodgiens
– 5ème régiment étranger d’infanterie
– 4ème bataillon de tirailleurs montagnards
– 4ème régiment d’artillerie coloniale
– 5ème régiment d’artillerie coloniale
® La Chine :
– 16ème régiment d’infanterie coloniale,
– 103ème bataillon de marche d’infanterie coloniale,
– 104ème bataillon de marche d’infanterie coloniale,
– 108ème bataillon de marche d’infanterie coloniale,
– un groupe mixte d’artillerie coloniale,
® Les Antilles, les Indes françaises et le Pacifique :
– quatre compagnies mixtes d’infanterie coloniale (Fort de France, Camp Jacob, Cayenne et Papeete)
– une compagnie de cipayes (Pondichéry)
– une batterie mixte d’artillerie coloniale (Fort de France)
3 – Les unités de cavalerie.
® Un escadron d’automitrailleuses à Hanoi
(automitrailleuses de cavalerie White Laffly modèle 50 et modèle 18),
® Un peloton d’automitrailleuses à Saigon
(automitrailleuses de cavalerie White Laffly modèle 50 et modèle 18),
4 – Les chars de combat.
® Section de chars légers à Madagascar
(chars légers FT)
® Compagnie de chars légers de l’Annam Tonkin à Hanoi
(chars légers FT)
® Compagnie de chars légers de Cochinchine à Saigon
(chars légers FT)
® Détachement motorisé de Cochinchine
(chars légers FT)
® Deux sections de chars légers à Tien-Tsin,
(chars légers FT)
® Une compagnie de chars légers à Shangaï-Hankéou.
(chars légers FT)
65
5 – Les troupes de service.
® une compagnie de cavalier de remonte.
® huit compagnies autonomes d’ouvriers d’artillerie.
® trois compagnies de sapeurs-mineurs.
® quatre compagnies de sapeurs télégraphistes.
® un détachement de télégraphistes coloniaux (Chine).
® deux compagnies de sapeurs de chemins de fer.
® trois groupes de transport automobile (Dakar, Hanoi et Saigon)
6 – La Gendarmerie.
Les forces de gendarmerie se divisent en quinze détachements coloniaux répartis dans les possessions d’outremer
et les colonies :
® colonie d’Afrique Equatoriale Française :
– Dakar
® colonie d’Afrique Occidentale Française :
– Douala
– Brazzaville
– Djibouti
– Tananarive
® possessions d’Outre-mer :
– Saint Denis de la réunion
– Saint-Claude
– Fort-de-France
– Cayenne
– Saint Pierre et Miquelon
– Nouméa
– Papeete
– Pondichéry
® colonies d’Indochine :
– Saigon
– Hanoi

 

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12 janvier 2013

Le 7e régiment de chasseurs à cheval

Classé sous — milguerres @ 21 h 17 min

 

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La Tunisie au gré des conflits

 Le 7ème chasseurs dans la campagne de Tunisie

Le 7e régiment de chasseurs à cheval tunisia_fb_mw

Le 7e régiment de chasseurs à cheval

Source wikipedia

tunisia_fb_mw

fourag10
Fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1914 1918
avec olive aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1939 1945.

7ercc10


Insigne régimentaire du 7e RCC

Le 7e régiment de chasseurs à cheval est un régiment de cavalerie de l’armée française.

Historique


Création initiale :

• 1727 : Compagnies Franches
Filiation :
• 1745 : Volontaires Royaux
• 1747 : Légion Royale
• 1779 : 1er Régiment de Chasseurs à Cheval
• 1784 : Chasseurs des Alpes
• 1788 : 7e Régiment de Chasseurs à Cheval (Douai). Appelé également Chasseurs de Picardie
• 1814 : Chasseurs d’Orléans
• Les Cent-Jours : Le régiment reprend le no 7.
• 16 juillet 1815 : Dissous à Strasbourg par Ordonnance royale.
• 1816 : Chasseurs de Corrèze
• 1825 : 7e Régiment de Chasseurs à Cheval
• 1831 : Dissous (2e Chasseurs)
• 19 février 1831 : 7e Régiment de Chasseurs à Cheval
• 1939 : Dissous (donne naissance aux 2e G.R.C.A.1, 6e G.R.C.A.2, 1er G.R.D.I.3, 15e G.R.D.I.4, 66e G.R.D.I.5, 73e G.R.D.I.6.
• 1940 : 7e Régiment de Chasseurs à Cheval (Nimes)
• 1942 : Le régiment est dissous suite à l’invasion de la zone libre par les Allemands.
• 1er juin 1963 : Le 7e Régiment de Chasseurs d’Afrique prend l’appellation 7e Régiment de Chasseurs.
• 1er juin 1964 : Le 7e Régiment de Chasseurs prend l’appellation de 5e Régiment de Dragons.
• 1er juillet 1964 : Le 29e Régiment de Dragons, rentré d’Algérie début mai 1964, prend la dénomination 7e Régiment de Chasseurs (Arras).
• 30 juin 1993 : Dissous.
Garnisons
• Mars 1788-1792 : Douai
• 1802-1803 : Brest
• 1817-1818 : Libourne
• 1825-1830 : Nîmes
• 1830-1838 : successivement Sarreguemines, Maubeuge, Chartres, Poitiers, Belfort.
• 1838-1848 : Carcassonne
• 1848-1862 : Arras
• 1862-1865 : Libourne
• 1873-1874 : Libourne
• 1874-1913 : Rouen (caserne Richepanse)
• 1913 – septembre 1939 : Évreux
• Septembre 1940-27 novembre 1942 : Nîmes
• Juin 1963 – mai 1964 : Friedrichshafen
• Juin 1964 – juin 1993 : Arras
Chefs de corps
• Chefs de corps de l’Ancien Régime.
• Légion Royale
1747: de CHABOT la SERRE
1759: de CHABOT
1760: de MELFORT
1761: de VALLIERE
1763: de NICOLAI
1765: de COIGNY
1774: de LAUZUN
• 1er Régiment de Chasseurs
1779: de CELLIER
1780: de GLINGLIN
• Chasseurs des Alpes
1784: de la PERRONAYS
• 7e Régiment de Chasseurs de Picardie
1788: le DUCHAT de RURANGE de REDERQUIN
• Chefs de corps de la Révolution et Empire
1789: de CONTADES
1791: d’AIGUILLON
1792: SCHEGLINSKI
1793: MEMEZ
1794: de MONTBRUN
1799: de LAMUNEE
1801: de LAGRANGE
1807: Hippolyte Marie Guillaume de PIRÉ
1809: BOHN
1812: DELAITRE
1813: de VERDIERE
• De la Restauration, Monarchie de Juillet, Second Empire, IIIe République jusqu’à la Première Guerre mondiale.
• Chasseurs d’Orléans
1815: de ROCHAMBEAU
• Chasseurs de Corrèze
1816 : MERMET
1820 : d’ARGOUT
1822 : de WIMPFEN
7e Régiment de Chasseurs à cheval.
1831: JOURDAN
1838: GUIBOUT
1843: BIZIAUX
1847: Gustave Olivier Lannes de Montebello
1851: BERGEG de CASTELLANE
1854: de MIRANDOL
1856: DUMAS
1858: SAVARESSE
1859: d’ESTIENNE de CHAUSSEGROS
1864: DELEBEC
12 août 1866 – 3 octobre 1870: THORNTONT
1870: MIEULET de RICHUBONT
1885: du HAMEL de CHANCHY
1891: DOREAU
1896: SIBONE de la MORUIERE
1899: du BOIS de MEYRIGNAC
1900: FABRE
1901: MENEUST
1902: BESSET
1907: MATUSZYNSKI
Chefs de corps de la Première Guerre mondiale
1914: REY
1916: VERDELHAN des MOLLES
1917: PASCAL
1918: ALQUIER-BOUFFARD
• Chefs de corps entre-deux-guerres
1919: MEAUDRE
1920: DELAAGE de CHAILLON
1925: SAGOT
1931: PETIET
1934: JACOTTET
1936: de MONTMORIN de SAINT-HEREM
1938 – août 1939 BRENET
• Chefs de corps depuis la Seconde Guerre mondiale
Septembre 1940 – 1942 : SCHOTT
15 février 1964 – 1er juin 1964 : LCL Philippe DUPLAY
1er juillet 1964 -1966 : COL Jérôme LÉVESQUE
1966-1968 : COL Paul GUILLAUT
1968-1970 : COL René MASSIAS
1970-1972 : COL LEJEUNE
1972-1974 : LCL DUMESNIL-ADELÉE
1974-1976 : COL Bernard de BRESSY de GUAST
1976-1978 : COL de BELLOY de SAINT-LIÉNARD
1978-1980 : COL Robert BATON
1980-1982 : COL Bernard BONAVENTURE
1982-1984 : COL Bernard DURIEUX
1984-1986 : COL Christian LORIFERNE
1986-1988 : COL PACORET de SAINT-BON
1988-1991 : COL François HUDAULT
1991-1993 : COL Louis d’ASTORG
Campagnes
Ancien Régime
• 1745-1748: Guerre de Succession d’Autriche
• 1756-1763: Guerre de Sept Ans
• 1769: Corse7
Guerres de la Révolution et de l’Empire
• 1792-1794: Armée du Rhin
• 1793-1797: Guerre de Vendée
• 1798-1799: Italie
• 1804-1807: Grande Armée
• 1806 : Campagne de Prusse et de Pologne
o 14 octobre : Bataille d’Iéna
• 1807 :
o 8 février : Bataille d’Eylau
• 1809: Allemagne
• 1810-1811: Espagne et Portugal
• 1812: Campagne de Russie
o Bataille de Polotsk
• 1813 : Campagne d’Allemagne
o 16-19 octobre : Bataille de Leipzig
• 1814: Campagne de France
Restauration
• De la Monarchie de Juillet, du Second Empire puis de la IIIe République jusqu’à la Première Guerre mondiale.
• 1823-1824: Expédition d’Espagne
• 1832: Siège de la citadelle d’Anvers
• 1858: Conquête de l’Algérie par la France
• 1859: Campagne d’Italie
• 1870-1871: Guerre franco-prussienne de 1870
• 1881: Protectorat français de Tunisie

Première Guerre mondiale
Le 7e Régiment de Chasseurs à cheval garnison Sézanne Sampigny (Rouen 1910) rattachement au 6e Corps Évreux 1914. Pendant la Première Guerre mondiale, le 7e régiment de chasseurs à cheval appartient à la 5e division d’infanterie (France).
• Offensive en Belgique – Retraite (du 5 août 1914 au 5 septembre 1914).
• La bataille de la Marne du 5 septembre 1914 au 24 octobre 1914.
• Opérations sur l’Yser (du 24 octobre 1914 au 4 décembre 1914). Rendant hommage à l’opiniâtre résistance du Régiment, le Général commandant la Brigade citait, le 5 novembre, à l’ordre le Colonel REY et le 7e Chasseurs « pour la façon brillante dont ils ont tenu leurs tranchées malgré une vive attaque allemande qui avait fait plier deux tranchées à leur gauche ».
• Campagne d’hiver en Champagne (du 6 décembre 1914 au 10 mai 1915).
• Opérations en Artois (du 12 mai 1915 au 25 octobre 1915).
• Campagne d’hiver 1915-1916 dans la Somme (du 25 octobre 1915 au 25 mars 1916). Le 25 octobre, le 3e Corps passe de la Xe Armée à la VIe s’embarque pour se rendre dans la région de Moreuil. Le 27 octobre, un groupement de cavalerie est constitué sous les ordres du Colonel Rey. Il comprend les six escadrons du 7e Chasseurs, le 8e Escadron du 11e régiment de hussards, le 5e et 6e Escadrons du 20e régiment de dragons, remplacés le 19 novembre par les 7e et 8e Escadrons du 14e régiment de hussards. Le groupement cantonne dans la zone sud d’Amiens à l’est de Breteuil. À partir du 11 novembre, le groupement constitue un détachement de 350 cavaliers à pied et une section de mitrailleuses, sous le commandement d’un Capitaine et de quatre Lieutenants.
• Opérations devant Verdun et sur les côtes de Meuse (du 1er avril 1916 à mars 1917).
• Opérations au Chemin-des-Dames (de mars 1917 au 1er août 1917).
• Somme, Mailly, Touraine, Champagne (d’août 1917 à avril 1918).
• Deuxième bataille de la Marne (du 20 juin 1918 au 25 août 1918).
• Opérations du 1er Escadron de la Vesle au camp de Sissonne (du 4 septembre 1918 à novembre 1918).
• Opérations du 3e Escadron dans l’Oise avec la 6e D.I. (de juin 1918 au 8 septembre 1918) .
• Opérations du 4e Escadron avec la 5e D.I. (du mois de juillet jusqu’à l’Armistice) .

Seconde Guerre mondiale
En 1939, le 7e Régiment de Chasseurs tient garnison à Évreux. Partiellement motorisé, il appartient à la Cavalerie non endivisionnée.
Il relève du 3e Groupement de Cavalerie, Compiègne, avec les 6e et 7e Groupe d’Automitrailleuses de Compiègne et de Saint-Omer.
Le Groupement de Cavalerie est destiné à former à la mobilisation des Groupes de Reconnaissance. Aussi, dès la déclaration de guerre, le 7e Régiment de Chasseurs disparaît-il en tant que tel pour se répartir et donner naissance à six Groupes de Reconnaissance :
• 2e Groupe de Reconnaissance de Corps d’Armée (2e GRCA),
• 6e Groupe de Reconnaissance de Corps d’Armée (6e GRCA),
• 1er Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (1er GRDI),
• 15e Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (15e GRDI),
• 66e Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (66e GRDI),
• 73e Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (73e GRDI).
1940: 7e régiment de chasseurs à cheval (Nîmes).
1942: Le régiment est dissous suite à l’invasion de la zone libre par les Allemands.

Décorations
sa cravate est décorée :
• Croix de Guerre 1914-1918 avec une étoile de bronze.
• Croix de Guerre 1939-1945 avec trois palmes.
• Médaille d’or de la Ville de Milan.
• Fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de Guerre 1914-1918 avec olive aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1939-1945.

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La Tunisie au gré des conflits

 Le 7ème chasseurs dans la campagne de Tunisie

30 décembre 2012

Haelen

Classé sous — milguerres @ 23 h 58 min

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La Belgique et la Grande Guerre


http://www.greatwardifferent.com/Great_War/Belgique_Recits/Recits_08.htm
de la revue ‘Revue de la Presse’, du No. No. 145, 18 juillet 1918
‘La Belgique Héroïque et Vaillante’
‘Haelen – 12 Aout 1914′
Recueillis par le Baron C. Buffin

http://www.greatwardifferent.com/Great_War/Belgique_Recits/Recits_08.htm

Haelen postca11
carte-postale des combats à Haelen

Haelen – 12 Aout 1914

Après avoir défendu Liège, la 3 division a rejoint l’armée belge, qui a pris position sur la Gette: en première ligne sont placées les 1re, 3e et 5e divisions; en deuxième ligne, les 2e et 6e divisions; la 4e division défend Namur, Ces forces sont couvertes par la division de cavalerie qui, placée d’abord à Waremme, se replie sur Saint-Trond, puis sur la gauche de l’armée dont elle prolonge la ligne, du nord de Tirlemont jusque vers Diest.

Le 12 août, la cavalerie ennemie cherche à forcer à Haelen le passage de la Gette: à six régiments des 2 et 4 divisions de cavalerie allemande, soutenus par les 7e et 9e bataillons de chasseurs et par trois batteries, soit 4000 cavaliers, 5 000 fantassins et 18 canons, la division de cavalerie belge oppose victorieusement 2 400 cavaliers, 410 cyclistes et 19, canons. (Voir rapport du commandement de l’armée).

Depuis plusieurs jours déjà, des détachements de cavalerie ennemie sont venus audacieusement tâter en tous ses points notre ligne de déîense de la Gètte; partout ils l’ont trouvée bien gardée.

Aujourd’hui, 12 août, l’ennemi s’est renforcé partout, nous disent nos intrépides reconnaissances d’officiers de guides et de lanciers, et nous avons l’impression assez nette qu’il va tenter un effort sur Haelen pour y percer notre ligne.

Nous sommes sur nos gardes, et si réellement la division de cavalerie allemande espère passer par là, elle y rencontrera la masse principale de la division de cavalerie de l’armée belge. Elle nous croit échelonnés, comme les jours précédents, tout le long de la rivière, depuis Diest jusqu’à Drieslinter, mais elle ignore que, par une habile manœuvre, le lieutenant général de Witte, ne laissant aux points de passage secondaires qire le minimum de forces, s’est constitué une réserve imposante, prête à foncer sur l’ennemi.

Pendant que cette masse se forme, le général de Witte remet entre les mains du colonel du 5e lanciers l’étendard que ce régiment de nouvelle formation vient de recevoir. Le jour même cette vaillante troupe mérite l’honneur de faire inscrire « Haelen » sur la soie encore immaculée.

Le Terrain du Combat

Le soleil, qui à son lever paraissait maussade, éclate maintenant dans toute sa splen- deur, éclairant les fermes et les métairies blanches égrenées le long de la route qui réunit Loxbergen à Haelen, en serpentant entre les champs fertiles, garnis encore en partie de leurs riches récoltes de blé et d’avoine. Le quartier général de la division a mis pied à terre à la lisière de Loxbergen, d’où la vue s’étend au loin. A gauche, une vallée étroite, dans un encadrement de peupliers et de saules; çà et là émergent quelques toits rouges.
Sur la croupe qui domine la vallée, une batterie belge est installée.

Les clochers de Diest lancent leur sonnerie claire et recueillie, au loin se profile dans le ciel le petit clocher trapu de Haelen. Cette bourgade, hier encore ignorée, sera le témoin de l’effort violent et brutal que fera la cavalerie allemande pour déloger la cavalerie belge et s’ouvrir le chemin vers le cœur du pays, après avoir gagné le flanc de l’armée belge que couvre la division de cavalerie. Les Allemands escomptent bien, pour aujourd’hui, une revanche de tous les succès que la division belge a obtenus pendant les huit premiers jours de la campagne. Ils espèrent tirer vengeance des Belges, qui leur ont enlevé toutes leurs reconnaissances, leurs patrouilles, leurs postes de liaison et leurs centres de renseignements, et ont désorganisé leur savant mais fragile réseau de découverte.

Les Premiers Coups de Fusil

Bientôt des lueurs d’incendie apparaissent, c’est le signal donné par les reconnaissances allemandes pour annoncer aux leurs que nous sommes en travers de leurs projets.

Là-bas, nos vaillants carabiniers cyclistes sont déjà au feu et défendent chèrement les positions qu’ils occupent: avec le concours des pionniers-pontonniers cyclistes, ils ont fouillé la terre, approfondi les fossés, organisé les haies et les clôtures, barricadé les chemins et les routes, installé leurs fusils mitrailleurs aux endroits favorables et ils sont décidés à infliger un rude châtiment à l’envahisseur.

Dès qu’apparaissent les premiers escadrons de dragons et de hussards, la fusillade crépite; l’ennemi, un instant, hésite; puis, poussé par ses chefs, il se ressaisit et dirige sur nos petits cyclistes le feu de ses fusils, de ses mitrailleuses et de ses canons. Les lâches hobereaux qui les conduisent ou les poussent se font couvrir par d’inoffensifs habitants qu’ils traquent devant eux, mais les carabiniers, bien dissimulés, ajustent froidement chaque

coup de fusil et, chaque fois, un casque à pointe, un colback ou un schapska roule à terre, et un homme vêtu de gris s’écroule dans les moissons. « Nos diables noirs » reculent pas à pas, défendent chaque sillon, chaque buisson.

postca12
carte-postale des combats à Haelen

Les Charges de Cavalerie Allemande

Tout à coup, l’avalanche des escadrons allemands surgit, et, dans un galop furieux, se précipite sur les fantassins, qui reçoivent le choc sans sourciller, à coups de feu et de baïonnettes.

Les escadrons, entraînés par leur élan, poursuivent leur route et arrivent vers les lanciers belges, qui ont mis pied à terre, en arrière des cyclistes, et qui reçoivent la charge par un feu roulant à courte distance.

Le galop de ces masses hurlantes et cliquetantes fait vibrer le sol, les longues lances acérées et tenues en arrêt semblent devoir renverser tout sur leur passage; mais, à la première décharge des carabines de nos lanciers, aidés puissamment par les quatre fusils mitrailleurs que dirigent avec sang-froid les lieutenants Scouvemont et Ouverleaux, et de loin par le feu de trois escadrons du 1re guides, placés à droite du champ de combat, la masse pirouette et se désagrège. Les premiers escadrons sont suivis d’autres. Cette deuxième charge est reçue comme la première, la troisième comme la seconde. Sept charges successives sont ainsi écrasées.

Le moment est tragique, quantité de chevaux errant à l’aventure, fous de terreur et de douleur, rouges de sang, galopent éperdus; quelques-uns d’entre eux viennent bousculer les chevaux haut-le-pied de nos lanciers; la panique se propage parmi ceux-ci et, à un moment, un immense troupeau dévale dans la plaine, au milieu des coups de fusil et des éclatements secs des schrapnells. Stoïques, nos soldats rechargent leurs armes et s’apprêtent à repousser de nouveaux assauts, jetant à peine un regard de commisération aux cadavres amis et ennemis qui les entourent, aux blessés qui hurlent leurs douleurs.

Nouvelles Attaques de l’Ennemi

Les chefs de la cavalerie allemande, reconnaissant l’inutilité de l’action à cheval, font cesser les charges et n’envoient plus contre
nous que des cavaliers pied à terre, destinés à agir par le feu de leurs carabines et soutenus par leurs mitrailleuses.

Ils s’avancent dans la plaine, rampant dans les blés, se terrant dans chaque repli du sol, s’abritant derrière chaque gerbe pour échapper au feu terrible de nos courageux et adroits cavaliers.

Déjà six régiments de dragons, de hussards et de cuirassiers sont engagés et avancent péniblement, quand le secours de deux bataillons de chasseurs leur est envoyé.

Notre artillerie, alors, entre en action. La première batterie à cheval, maniée par un chef énergique et sûr de lui-même, envoie avec précision ses obus et ses shrapnells sur les cavaliers et les fantassins qui inondent la plaine, et, en même temps, elle couvre de ses obus brisants le pont de Haelen et le village où s’entassent alors de nouveaux régiments de cavalerie accourus pour renforcer et soutenir leurs camarades. Sous la poussée du nombre, nos cavaliers tiennent difficilement, mais ne reculent cependant pas d’une semelle et donnent à notre infanterie le temps d’arriver.

Les Premiers Renforts Nous Arrivent

Il est 15 heures, quand enfin apparaissent les premiers secours: trois bataillons du 4e de ligne et deux du 24e, accompagnés d’un groupe d’artillerie, partis de Hautem-Sainte- Marguerite à 10 heures et demie. Une partie de l’infanterie fut dirigée sur Velpen, pour de là gagner Haelen, l’autre fut envoyée en renfort des défenseurs de la ferme de l’Yserbeek; l’artillerie soutint ces deux attaques; malheureusement, des deux batteries qui prirent position au moulin de Loxbergen, une seule put ouvrir le feu sans être immédiatement contrebattue par l’artillerie allemande qui était en position au nord de Velpen.

Pendant que l’infanterie progressait vers Velpen et la ferme de l’Yserbeek, la 1re brigade de cavalerie était reformée à cheval et dirigée vers l’aile gauche du champ de bataille.

La 2e brigade, qui est au feu depuis sept longues heures, se met à la recherche de ses chevaux.

A 19 heures, la ferme de l’Yserbeek ou plutôt les ruines fumantes de cette ferme sont reprises par le bataillon Leconte, et le bataillon Rademaekers a reconquis Velpen.

Autour de nous, des chevaux aux membres mutilés, naseaux en sang, flancs déchirés, râleat dans les fossés de la route ou dans les champs; d’autres galopent éperdument, ensanglantés et la selle ballottant entre les jambes.

Puis commença le lamentable cortège des blessés, qui, l’œil hagard, se traînent péniblement vers l’arrière, tantôt seuls, courbés, marchant da- s les fossés, tantôt soutenus par des ambulanciers ou des prêtres de la colonne d’ambulance, tantôt, transportés sur des civières ou même dans leurs propres manteaux tenus aux quatre extrémités.

Debout, au milieu de la route, méprisant les obus brisants qui abattent des chevaux autour d’eux, les shrapnells qui atteignent leurs chevaux de main, les balles qui sifflent dans les branches, le général de Witte et son état-major, donnant aux troupes l’exemple du mépris du danger, suivent les phases de la lutte.

Déjà des débris de toutes sortes jonchent le sol, des caissons à munitions galopent sur la route pour porter aux tireurs des cartouches de ravitaillement, et sur tout le front, des incendies allumés par les obus lancent dans le ciel pur leurs lueurs sinistres et leur fumée acre.

Victoire!

La bataille, quand déjà le soleil descendait à l’horizon, semblait encore indécise. A ce moment, nos artilleurs observent un mouvement de recul de la ligne ennemie qui, sous la poussée de notre infanterie, commence à refluer vers le pont et le village de Haelen. Aussitôt, ils font feu de tous leurs canons vers le couloir où s’engouffrent les fuyards; ceux-ci entraînent, malgré les efforts et les menaces des officiers, les régiments de cavalerie arrivant encore à la rescousse.

La fuite, à la nuit tombante, dégénère en une débandade folle qui ne s’arrêta qu’à Hasselt et à Herck-Saint-Lambert où les troupes battues se fortifièrent hâtivement pour s’opposer à toute poursuite éventuelle.

Des corbeaux jettent leur croassement lugubre dans la nuit, presque noire déjà. La galopade des chevaux effarés et éperonnés cruellement par leurs cavaliers martèle le pavé. Sous la pluie incessante de projectiles belges, les dix régiments allemands, magnifiques le matin, ne forment plus qu’une cohue désordonnée qui foule aux pieds les fantassins, les morts et les blessés et abandonne les officiers et les généraux. A l’autre extrémité du champ de bataille, nous entendons s’élever les chants de victoire des troupes belges qui saluent leur premier fait d’armes.

La Nuit Après le Combat

Peu à peu, le champ de bataille devient muet, un voile de ténèbre, de deuil et de terreur couvre cette terre où tant d’hommes jeunes et qui, hier encore, souriaient à la vie, dorment leur dernier sommeil, ou gémissent de douleur, abandonnés.

Le silence nocturne qui suit ce vacarme infernal semble plus profond que jamais; les étoiles qui déjà scintillent et la lune qui brille de tout son éclat font un contraste saisissant avec les horreurs dont nos yeux sont encore pleins.

Nos pensées se précisent pendant que nous cheminons lentement, les nerfs enfin détendus, vers nos cantonnements… La marche à pied dans l’obscurité (beaucoup d’eitre nous n’ayant pas retrouvé leurs chevaux disparus ou tués dans la tourmente) ramène petit à petit le calme dans nos esprits et nos souvenirs parviennent à se condenser.

Les Héros – Traits de Courage de Nos Soldats et de Nos Officiers

Nous songeons alors à ce vélocipédiste, attaché au quartier général de la division de cavalerie, le brave Royer, qui se porta résolument au cœur du combat pour rapporter un officier, le lieutenant de Waepenaere, blessé à la cuisse alors qu’il entraînait au feu des fantassins intimidés et non encore faits au combat. Ce généreux soldat retourna une deuxième fois dans la fournaise pour reprendre et rapporter sur une charrette une mitrailleuse abandonnée; puis une troisième fois pour aller tuer, à coups de revolver, deux cavaliers allemands embusqués derrière des gerbes et qui avaient tiré sur lui quand il revenait avec son lieutenant d’abord, avec la mitrailleuse ensuite. Il rapporte, cette fois, les deux casques.

Ce « valeureux Liégeois », qui avait accompli ces trois traits de bravoure et de dévouement sous nos yeux, n’en parla jamais; il trouvait qu’il avait fait tout simplement son devoir de soldat. Aussi fut-il très étonné quand il fut nommé caporal en récompense de sa belle conduite. Il se montra, dans la suite digne de ses débuts, allant, le jour et la nuit, aux expéditions les plus périlleuses et terminant glorieusement sa noble carrière en se faisant tuer, dans une auto blindée, au combat de Pellenberg.

Nous nous souvenons aussi de ce petit soldat blessé horriblement, le bras déchiqueté, qui, de son bras valide, tendait un morceau de fusil vers le général et criait: « J’ai encore mon fusil! » Et de cet autre qui, s’appuyant sur deux infirmiers, traînait obstinément une lance allemande comme un trophée.

Nous revoyons, dans nos souvenirs, ces vaillants cavaliers: Thiery et le prince Baudouin de Ligne, volontaires engagés pour la durée de la guerre comme automobilistes, demandant et obtenant l’autorisation d’aller au feu avec les fantassins, pour les stimuler par leur exemple, en levant et occupant à six une tranchée, où, pendant une heure, ils tinrent seuls contre des forces très supérieures, cherchant à prendre une mitrailleuse.

Nous reportons nos pensées émues vers tant de héros dont il serait trop long de citer tous les traits de bravoure: les majors Bour-gouis et Stacquet; les commandants Demaret, Vandamme, Wacquez; les capitaines Lequeux, Panquin, Van Vlierberghen; le lieutenant Stoops et le sous-lieutenant Marrée, tués; le major Rademaekers; le commandant Dujardin; les lieutenants Mortier, M. Van Damme, A. Desmet, Ch. Albert et le chevalier de Waepenaere, blessés.

Notre race belge, notre corps d’officiers montra là dès ce premier choc, dès son premier baptême du feu, toute la valeur de sa froide énergie et de sa ténacité inébranlable.

Lendemain de Victoire

Le lendemain, il fait déjà grand jour quand nous nous reportons en avant, vers Haelen.

Un mouvement intense règne à Loxbergen; les autos, les ambulances amènent constamment leur charge de blessés à l’infirmerie, installée dans l’école. Ils sont là, couchés côte à côte, sur la paille ensanglantée, dans une atmosphère imprégnée de l’odeur des désinfectants, tandis que des religieuses, des

prêtres, des médecins, des infirmiers s’empressent autour d’eux, leur prodiguant les soins et les consolations, cherchant à soulager leurs souffrances, à amener dans leurs regards éteints un éclair où se lit le souvenir de la famille absente, du toit paternel, de la femme aimée, des enfants chéris…

Le cœur le plus endurci est prêt à chavirer au spectacle de ces torses nus que la douleur étreint, de ces membres mutilés, de ces bras tordus et de ces regards suppliants au milieu des linges et des bandages, parmi les bottes, les équipements, les armes jetées en tas dans un coin, sur les pupitres de la classe, où peu de jours auparavant, une jeunesse insouciante apprenait à lire et à aimer la patrie belge.


Le Spectacle du Champ de Bataille

Au sortir de cet antre de douleur, nous éprouvâmes une sorte de soulagement à nous retrouver à l’air libre, mais nous sommes bientôt ressaisis par le spectacle du champ de bataille.

Devant l’église du petit village gisent, déjà couverts de poussière, des cadavres de chevaux, des voitures renversées, de la paille piétinée, des restes de nourriture et de feux, le chaos infâme que laisse une armée derrière elle.

A la limite du village, sur le chemin de Haelen, nous vîmes les premiers cadavres d’Allemands, la face tuméfiée, les membres crispés, couchés dans les positions les plus diverses et les plus surprenantes. Voici un cuirassier tenant encore en mains un chargeur muni de ses cartouches; plus loin, un dragon, couché la face contre terre, une jambe repliée en arrière.

Nous arrivons à la petite ferme que l’on se disputa toute la journée; la maison est éven- trée à coups d’obus, la grange réduite en cendres. Les porcs, en liberté, rôdent autour de cette ruine.

A mesure que nous avançons vers Haelen, le nombre de cadavres augmente. A l’endroit où le choc entre tirailleurs a eu lieu, une ligne presque continue de cadavres allemands et belges montre quel fut ici l’acharnement des deux partis. Un officier du 24e de ligne et un officier de dragons sont là côte à côte. Quel est celui qui a vu mourir l’autre? Quel drame cache le voisinage de ces deux corps?…

A Haelen, le drame est poignant: la plupart des maisons montrent des trous béants et des murs déchiquetés.

La rue est couverte de débris de toutes sortes. Des centaines de chevaux gisent, têtes fracassées, ventres ouverts, reins brisés. Et sur tout cela, se répand une odeur nauséabonde qui étreint la gorge. Des habitants dévoués ont déjà enterré les morts dans de grandes fosses creusées près du village et ils commencent à évacuer les cadavres des chevaux.

Ici, à l’angle de la rue, un caisson et un canon ont été abandonnés, roues cassées; plus loin, un autre caisson encore rempli de munitions et qu’il faudra noyer dans la petite rivière; là, dans un large fossé, un cadavre de cheval recouvre en partie le corps d’un officier de dragons, dont la tête seule est visible et émerge de l’eau croupissante.

Sur la place, nous ramassons le drapeau belge qui flottait à la maison communale; il a été arraché par les Prussiens, lacéré et traîné dans la boue. Nous le faisons arborer tel qu’il est, à sa place, et nous nous inclinons profondément, ne pensant pas à ce moment qu’il sera bientôt l’emblème de notre pauvre Patrie déchirée, violée et piétinée par une soldatesque barbare. Au retour, nous parcourons le sentier tragique où nos indomptables cyclistes résistèrent héroïquement: les vélos brisés, les cadavres de nos « diables noirs » et de leurs ennemis attestent leur vaillance et le mal qu’ils firent à ces cavaliers allemands, particulièrement à ceux du 17e dragons, régiment d’élite, composé de la fleur de la noblesse du Mecklembourg.

Plus loin, nous rencontrons des soldats portant sur une échelle un sous-officier de lanciers blessé au genou. Il nous raconte, le sourire aux lèvres: « J’ai passé une nuit terrible, blessé, couché dans un champ de betteraves, à côté d’un sous-officier allemand blessé aussi qui, après m’avoir injurié, me tira trois balles de revolver, puis se logea la dernière dans la tête. Il est encore là dans ce champ ».

Comme ce chemin de retour nous parut long! Nous aurions voulu fermer les yeuxl Nous songions aux mères, aux sœurs, aux familles de tous ceux que nous venions de voir là, morts pour leur Patrie, victimes d’un despote sanguinaire, brutal et parjure.

Pensées affligeantes qui jetèrent un voile sombre sur les sentiments de fierté que faisaient naître en nous le souvenir de notre 1re victoire?

http://www.greatwardifferent.com/Great_War/Belgique_Recits/Recits_08.htm

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La Belgique et la Grande Guerre

27 décembre 2012

Les théâtres d’opération britanniques

Classé sous — milguerres @ 14 h 41 min

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L’Empire britannique et la Grande Guerre

 

 Les théâtres d'opération britanniques fleche-boule8

Les théâtres d’opération britanniques

http://expositionvirtuelle.memoire1418.org/explorer/lempire-britannique-sur-le-continent/combats-et-combattants-sur-le-front-ouest/les-theatres-doperation-britanniques.html

En août 1914, le corps expéditionnaire britannique intervient en Belgique (Mons) et dans le Nord de la France (Le Cateau). Après un bref engagement dans la Marne et l’Aisne, ses troupes combattent à partir d’octobre à Messines, Armentières et lors de la première bataille d’Ypres.

En avril 1915, les Britanniques participent à la deuxième bataille d’Ypres au cours de laquelle les Allemands utilisent pour la première fois les gaz. En soutien à l’offensive française de mai 1915, ils sont aussi engagés au nord du canal de La Bassée (Festubert et Aubers). Le 25 septembre 1915, ils mènent une attaque, avec l’appui des gaz, dans le secteur de Loos.

Dès février 1916, les Britanniques relèvent les positions françaises en Artois. Ils tiennent désormais la ligne de front serpentant de la Somme à Ypres. 1916 est essentiellement marquée par l’offensive de la Somme lancée le 1er juillet. Les 19 et 20 juillet, les Australiens sont, quant à eux, impliqués dans la bataille de Fromelles.

Durant la bataille d’Arras, engagée le 9 avril 1917, les Canadiens s’illustrent en capturant la crête de Vimy. 1917 marque aussi l’engagement britannique en Belgique (troisième bataille d’Ypres) et en direction de Cambrai où les tanks sont utilisés.

Au printemps 1918, suite à l’offensive allemande, les Britanniques combattent dans les régions de la vallée de la Lys et des collines flamandes. Les contre-offensives alliées engagées à partir de l’été 1918 marquent toutefois le début du repli allemand, jusqu’à la victoire.

 

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La bataille d’Audregnies 24 août 1914

http://depont.skynetblogs.be/tag/bataille+d%27audregnies

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La bataille d’Audregnies a lieu le 24 août 1914 pendant la retraite de l’armée anglaise que l’on nommera par la suite ‘la grande retraite’ ou ‘la retraite de la Marne’. Cet engagement fait suite à la bataille de Mons du 23 août 1914 où les alliés sont défaits par les troupes allemandes qui les poursuivent en application du plan Schlieffen (plan allemand d’invasion de la France via la Belgique).

La Ière armée allemande se lance donc à la poursuite de l’armée anglaise en retraite. C’est au cours de ce combat d’Audregnies qu’a lieu une charge du 9e lanciers et la destruction presque totale du régiment des Cheshire, qui, n’ayant pas reçu l’ordre de retraite, s’est accroché à ses positions jusqu’à être encerclé.

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Voir La légende des « Anges de Mons »

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Bataille de Mons du 22 au 24 août 1914

http://www.menfroid-dubus.org/article-17698728.html

La  bataille de la Sambre (dont nous vous avons remémoré un des actes dans notre billet sur la bataille de Collarmont) durait depuis trois jours. Les forces britanniques, qui n’étaient composées que de deux corps, le 3ème corps n’ayant pas terminé son débarquement, n’engagèrent l’action que le 23 août; le jour même où la cinquième armée française censée appuyer leur droite fléchissait.

Le 21, les généraux anglais croyaient encore l’ennemi allemand très loin d’eux. Le 22, en entendant le canon, ils s’imaginèrent même qu’il s’agissait de ceux de Namur assiégée. Mais le même jour, ils rencontrèrent de la cavalerie allemande devant les forêts de Soignies. La première armée allemande exécutait un mouvement enveloppant dont le haut commandement espérait beaucoup. Elle était de ce fait soutenue par une partie de la deuxième armée allemande. Ceux-ci, sachant qu’une fissure se produisait à la droite de l’armée britannique, y porta ses premiers efforts (pour mieux traduire, ils leur en envoyèrent plein la tronche). Les généraux anglais donnèrent l’ordre de creuser en hâte des tranchées, mais celles-ci creusées à la va vite étaient beaucoup trop courtes et presque toutes tournées dans le mauvais sens (c’est pas une blague, et j’aurais pas aimé être fantassin à un moment pareil ^^). D’ailleurs, le hommes manquaient des outils nécessaires et la plupart d’entre eux durent utiliser leurs gamelles ou même leurs mains (et dans des moments pareils, je ne pense pas qu’on se plaigne).
Les premiers coups de feu furent échangés le 23 août 1914 à 8h30, entre le 4ème Royal Fusiliers Anglais et les troupes allemandes. Ce matin là, il y avait du brouillard et de la pluie. Le temps clair revint vers 10h00. Les 1e et 2e divisions de cavalerie opèrent des reconnaissances à l’est de Mons vers les  Binche, Bray, Havré, Obourg. L’infanterie allemande est sur le point d’attaquer les britanniques entre Obourg et Nimy. Les Anglais, bien retranchés, abattent à bout portant les fantassins allemands qui attaquent en rangs serrés. Les britanniques défendent leurs positions avec acharnement et les maintiennent jusqu’à 11h.

Malgré un mauvais début britannique dans la bataille, les allemands se heurtèrent à une résistance qui l’étonna, dans son mépris invétéré et systématique de l’armée anglaise. En effet, il faut savoir que les allemands, par les critiques de Bismarck ne considéraient pas les anglais comme puissance militaire. Le jour où on demandait à Bismarck ce qu’il ferait si 100 000 soldats britanniques débarquaient dans le Jutland, il répondit: « Je les ferais arrêter par la gendarmerie ».

L’artillerie allemande pillona les positions britaniques depuis  Binche et de Bray vers les hauteurs d’Haulchin. En même temps, les Allemands s’engagent à l’ouest de Jemappes. A Mariette, une colonne allemande s’avance par le chemin immédiatement à l’est du pont. Elle est arrêtée avec des pertes sévères. Les Allemands amènent alors deux canons de campagne à 900 m du canal et ouvrent le feu sur les défenseurs du pont. En utilisant un bouclier d’otages, les Allemands s’établissent vers l’ouest de la route à 200 m du canal et dirigent un feu d’écharpe sur les défenseurs du pont. Le poste avancé au nord du pont se retire.

Sous le déluge d’obus tirés par l’artillerie allemande, les Britanniques s’abritaient au mieux pour retarder les assauts de l’infanterie. Lors de ces combats, 5000 soldats allemands étaient mis hors combat, et l’armée britannique perdit 1500 hommes (dont 763 tués).

Les britanniques, avec courage et sang froid retardèrent pourtant au mieux l’armée allemande dans son enveloppement, permettant à la défense française de s’organiser et de re ressaisir après sa déconvenue de Charleroi.

Le Maréchal French (fallait vraiment choir celui-là pour aller se battre en France lol) reçut du grand quartier général français cette dépêche: « Trois corps d’armée allemands se dirigent vers vous. L’ennemi tente contre vous un mouvement d’enveloppement partant de Tournai (dingue, ils sont vraiment partout). Sur votre droite, nos deux divisions qui gardaient la Sambre à l’est de Maubeuge se replient et, sur la droite de notre 5ème armée, l’ennemi  occupe depuis hier les passages de la Sambre (bataille de Charleroi) entre Charleroi et Namur ».

Une fois de plus, l’unité d’action entre britanniques et français avait manqué. Les britanniques avaient trop tardé à soutenir les français, et les français à les renseigner. Là si je peux me permettre de critiquer un petit peu, les britanniques auraient peut être bougé leur c… un peu plus vite s’ils avaient eu les infos nécessaire à temps voulu. Les pauvres, ils imaginent les allemands à plus de 60 bornes alors qu’ils sont quasi face à eux!!!

Bref, le Maréchal French  donna ordre à ses troupes de se replier sur une ligne allant de Maubeuge vers Jenlain, au sud-est de Valenciennes. Position intenable à cause des maisons qui gêneraient l’artillerie.

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Bataille du Cateau

wikipedia

Fichier:Morts britanniques à la bataille de Le Cateau.jpg

Carte postale montrant des victimes britanniques au Cateau

La bataille du Cateau a lieu le 26 août 1914, au cours de la retraite menée par les troupes britanniques et françaises, suite aux batailles de Mons et Charleroi. Elle oppose les troupes du 2e corps d’armée britannique aux troupes de la Ire armée allemande. En grande infériorité numérique et matériel, les troupes britanniques bloquent pendant douze heures l’avancée de la Ire armée allemande au prix de lourdes pertes.

Disposition des troupes

En opposition aux ordres de retraite donnés par French, Smith-Dorrien, le commandant du 2e corps d’armée britannique décide de combattre les Allemands. La bataille se déroule dans une plaine ondulée parsemée de villages, traversée par une route rectiligne de Cambrai au Cateau. Elle coupe le champ de bataille du Nord Ouest, au Sud Est à Cateau. Une seconde route relie le Cateau à Saint Quentin dans un axe Nord Sud.

L’aile droite britannique est formée par la 5e division d’infanterie. La 14e brigade se place au Sud du Cateau tandis que la 13e brigade se trouve le long de la route de Saint Quentin. Le centre du dispositif est tenu par la 3e division d’infanterie, les 7e, 8e et 9e brigades situées respectivement à Caudry, Audencourt et Inchy au sud de la route Cambrai – Le Cateau. La 4e division d’infanterie tient l’aile gauche, les 10e, 11e et 12e brigades sont placées à Haucourt, Longsart et Fontaine-au-pire. À l’extrême gauche du dispositif britannique est présent la 84e division d’infanterie territoriale française et le corps de cavalerie Sordet qui couvrent la ville d’Arras. L’extrême droite du dispositif britannique est formée par le 1er corps d’armée britannique en retraite.
Le IIIe corps d’armée allemand, formé des Ve et VIe divisions d’infanterie, se trouve face au Cateau. Le IVe corps d’armée composé des VIIe et VIIIe divisions est placé au centre du champs de bataille, le IIe corps de cavalerie formé de trois divisions et une division du IVe corps d’armée de réserve sont face à l’aile gauche britannique.

Intention

En choisissant de combattre, Smith-Dorrien souhaite ralentir la progression et la pression de la Ire armée allemande sur le Corps expéditionnaire britannique. De son côté, Von Kluck, voit dans cette bataille la possibilité d’envelopper et d’anéantir la moitié des troupes britanniques.

La bataille

À l’aube du 26 août, une attaque allemande sur la gauche du dispositif britannique échoue. Durant la matinée, le centre du champs de bataille reste calme, malgré un bombardement d’artillerie réalisé par la VIIIe division d’infanterie et la IVe division de cavalerie.
les troupes allemandes concentrent alors leurs attaques sur la droite du dispositif britannique. Deux compagnies des Suffolks chargées de la liaison avec le 1er corps d’armée britannique rencontrent les troupes du IIIe corps d’armée allemand et doivent se replier sur Le Cateau rejoignant la 14e brigade. Les troupes allemandes s’infiltrent le long de la route Le Cateau – Saint Quentin et commencent un pilonnage meurtrier des King’s Own Yorkshire Light Infantry et les Suffolks de la 5e division d’infanterie britannique. Des renforts d’artillerie de la 15e brigade et d’infanterie de Manchesters et des Argylls sont envoyés sur l’aile droite britannique. Malgré de lourdes pertes les Britanniques tiennent toujours leur position, mais en milieu de journée la Ve division du IIIe corps d’armée allemande commence à produire son action et tente d’envelopper l’aile droite britannique.
En début d’après midi, le 2e corps d’armée britannique entame un mouvement de retraite par échelon, en commençant par l’aile droite. Malheureusement les King’s Own Yorkshire Light Infantry et les Suffolks ne sont pas prévenus à temps et sont détruits. Les batteries d’artillerie sont retirées canons par canons, ceux ne pouvant être transportés sont alors sabotés.
Sur l’aile gauche, la VIIe division du IVe corps d’armée allemand de réserve tente de déborder les troupes britanniques. Les troupes des 3e et 5e division de cavalerie du corps de cavalerie Sordet interviennent en utilisant l’artillerie et des escadrons à pieds pour ralentir l’enveloppement allemand et permettre aux Britanniques de se replier dans de bonnes conditions. Vers 18 heures, les troupes britanniques ne sont plus en contact avec l’armée allemande. Elle se retirent vers Saint-Quentin.

Bilan

Cette bataille est très couteuse en hommes pour l’armée britannique. Des 40 000 Alliés ayant combattu au Cateau, 7 812 sont blessés, tués ou fait prisonniers. Plusieurs régiments britanniques sont complètement anéantis. De plus, 38 pièces d’artillerie sont perdues. La bataille du Cateau permet néanmoins de ralentir la progression de la Ire armée allemande et aux troupes britanniques de reprendre leur retraite. Cette dernière est ponctuée par une autre bataille d’arrêt, la bataille de Guise avant de s’achever le 6 septembre par le début de la bataille de la Marne.

 

La « course à la mer » (19 septembre au 15 octobre 1914)

Après la défaite de l’armée allemande sur la Marne et son repli sur l’Aisne, Elle se déroule en septembre et octobre 1914 dans les plaines du nord de la France, entre les Allemands et les Franco-Britanniques, manœuvre d’encerclement tentée qui se termine vers la frontière belge et les rivages de la Mer du Nord.

Début de la guerre de position en Artois, autour d’Arras qui durera deux mois, dans le seul but de protéger les ports de la Manche, et la liaison avec la Grande-Bretagne qui annoncera la guerre de tranchées . Des combats entre l’armée allemande et les unités françaises épuisées mal préparées, ne cédant pas : Arras ne tombera jamais aux mains de l’ennemi.

Le 14ème régiment d’infanterie territoriale résiste à la progression allemande en provenance de Picardie, qui, dans les environs de Bapaume, menace directement Arras. Il sera soutenu par le corps de cavalerie du général Conneau pour intervenir à l’ouest de Bapaume à partir du 27 septembre pour combler la brèche ouverte par la dislocation de plusieurs unités territoriales bousculées par l’infanterie allemande.

Des combats indécis se déroulent à Irles et à Courcelles-le-Comte, renforcés par les Dragons . Après avoir contribué à la fixation des Allemands sur une ligne Bapaume-Arras, les unités de cavalerie remontent vers le nord pour participer aux opérations de blocage des attaques allemandes sur Arras et Lens et tenter une manœuvre de débordement de l’aile droite allemande. Des renforts français affluent, entre le 29 septembre et le 2 octobre

Le 2 octobre, les Français subissent une puissante attaque à Monchy-le-Preux, aux portes d’Arras, et s’efforcent de contenir la progression allemande au nord de la ville en direction de Lens. Au même moment, des combats font rage à l’ouest de Bapaume entre la Garde prussienne et des unités françaises constituées de territoriaux, d’éléments de cavalerie et du 37ème régiment d’infanterie.

Des mêlées sauvages se déroulent dans plusieurs villages que les deux adversaires s’efforcent de fortifier de manière improvisée ; les Allemands s’emparent de Gommecourt le 5, mais le lendemain, ils échouent dans leur tentative de prendre Hébuterne, laissant 350 tués et 297 prisonniers sur le terrain.

En revanche, le 69ème régiment d’infanterie ne peut, les 7 et 8 octobre, investir Gommecourt que la Garde prussienne a transformé en réduit avec des tranchées profondes, des lignes de barbelés, des nids de mitrailleuses et de l’artillerie de campagne.

Le 10, les Allemands prennent Monchy-au-Bois, Hannescamps et une partie de Foncquevillers.

A partir du 11, une mêlée sanglante oppose les Français qui tentent de reprendre Foncquevillers, à des unités de la Garde prussienne et à un régiment bavarois ; le village doit être « nettoyé » maison par maison, en utilisant parfois des canons de 75 en tir tendu.

A partir du 14 octobre, les combats s’arrêtent entre Arras et Bapaume. Les Allemands ont entrepris de se retrancher derrière une ligne orientée nord-sud et d’édifier un réseau de positions défensives, sur les hauteurs et dans les ruines des villages. La guerre de tranchées a commencé.

 

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La Bataille de Messines

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Les batailles de La Bassée, Messines et Armentières (12 au 18 octobre 1914)

Yves LE MANER
Directeur de La Coupole,
Centre d’Histoire et de Mémoire du Nord–Pas-de-Calais

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Après les combats sur l’Aisne, le corps expéditionnaire britannique se déplace vers le nord-ouest pour épauler l’aile gauche de l’armée française. Il se heurte alors à l’armée allemande, dans la phase finale et septentrionale de la « course à la mer ».

Transportées par autobus depuis Abbeville, les troupes britanniques sont venues se mettre en position entre Béthune et Ypres. Des renforts, regroupés à Saint-Omer ou se repliant d’Anvers, viennent les rejoindre. Le corps d’armée britannique s’efforce de former une ligne de front depuis Bixschoote, au  nord d’Ypres, jusqu’à La Bassée ; la cavalerie française s’est intercalée entre les deux corps d’armées situés les plus au sud, entre La Bassée et Armentières. Le paysage est plat, segmenté par de multiples fossés de drainage.

Le 12 octobre, les Français perdent le contrôle de Vermelles, à la lisière du bassin minier, ce qui oblige les Britanniques à faire mouvement au sud, pour tenter de combler la brèche. Des combats violents éclatent entre Britanniques et Allemands, à Givenchy-les-La Bassée et Cuinchy, sur les deux rives du canal, entre le 13 et le 17 octobre. Les Britanniques progressent d’une dizaine de kilomètres vers l’est et viennent buter sur la crête d’Aubers. Des contre-attaques allemandes les contraignent à reculer.

Plus au nord, les Britanniques sont parvenus à reprendre le Mont-des-Cats, le 13 octobre, puis Méteren et le Mont-Noir. Sous un temps pluvieux, interdisant la reconnaissance aérienne, ils poursuivent leur avance, prennent Bailleul, le Kemmel et Messines. Le 14, le front anglais est devenu continu, d’Ypres au canal de La Bassée. Le 17, ils contrôlent Armentières, alors que plus au nord, les Allemands font porter leur assaut sur les Français et les Belges, qui tiennent le saillant de Dixmude.

Les opérations de la mi-octobre 1914 sont les dernières menées sur le sol français selon les tactiques de la guerre de mouvement traditionnelle.

(Parmi les blessés de l’armée britannique, se trouve un certain Bernard Montgomery,  à Meteren).

Le 18 octobre 1914, l’ensemble du front ouest est devenu continu. Désormais, toute opération de contournement de l’ennemi est devenue impossible et la seule option qui subsiste désormais est la tentative de percée des défenses ennemies, très puissantes, par des attaques frontales… Si les batailles menées par les Britanniques dans le secteur de la Lys, en octobre 1914, sont les dernières batailles de la guerre de mouvement, celle qui se déroule à Ypres, du 19 octobre au 22 novembre, est la première de la guerre de positions.

Commence alors, sur le « front oublié » de la Lys, une période très éprouvante : le premier hiver dans des tranchées mal aménagées, avec un approvisionnement médiocre et des morts provoquées par de nouvelles méthodes, celles de la guerre de tranchées : tireurs d’élite, mines, artillerie, attaques meurtrières limitées sur des secteurs du front adverse. Parmi les premiers affrontements de cette guerre de tranchées, la défense de Festubert par les troupes indiennes, les 23 et 24 novembre 1914, et celle de Givenchy, les 20 et 21 décembre, constituent les répétitions, à petite échelle, de grandes épreuves à venir.

La bataille de Givenchy-les-La Bassée (18 au 22 décembre 1914)

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 Yves LE MANER
Directeur de La Coupole,
Centre d’Histoire et de Mémoire du Nord–Pas-de-Calais

L e Corps indien, Les Britanniques lanceront une offensive plus au nord à Arras.
L’attaque commence le 19 décembre, à 3h10, entre le carrefour de La Bombe, près de Neuve-Chapelle, et le canal de La Bassée. Deux premières lignes allemandes, sont maîtrisées. Plus au nord, la brigade de Gharwal et les Ghurkas prennent 300 mètres de la ligne allemande devant Festubert. Mais l’ennemi s’est rapidement repris et lance des contre-attaques dans la matinée, artilleries, grenades à main À l’aube du 20 décembre, l’artillerie allemande pilonne les troupes indiennes sous les mines provoquant des pertes sur les lignes britanniques.

L’infanterie allemande progresse devant Festubert :800 soldats britanniques sont capturés. Le Corps indien, disloqué est remplacé par des renfort.

Menées sans objectif clair, avec des moyens insuffisants, les attaques britanniques de décembre 1914 en Flandre française ont abouti à de lourdes pertes (4 000 contre 2 000 pour les Allemands)
La nécessité d’enterrer les nombreux cadavres de camarades, tombés dans le no man’s land ou morts dans les cratères d’obus inondés, est l’une des raisons essentielles de la trêve qui se produit peu après, à Noël, dans ce secteur du front.

 

 

Les trêves de Noël 1914

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Yves LE MANER
Directeur de La Coupole,
Centre d’Histoire et de Mémoire du Nord–Pas-de-Calais

Épisodes à caractère humaniste dans un épouvantable carnage, les trêves observées en plusieurs points du front, entre les troupes allemandes et alliées, sont une exception qui confirme la règle.

L’armée britannique, qui tient le front du sud d’Ypres au canal de La Bassée est, à la fin décembre 1914, composée des restes des unités qui ont été laminées lors de la Première bataille d’Ypres, en novembre. Les conditions de vie dans des tranchées encore très primitives sont devenues très éprouvantes, avec le froid de l’hiver et la pluie qui inonde le moindre point bas.

Les états-majors sont bien conscients de cette situation, qui pourrait provoquer une « léthargie » des combattants et compromettre ainsi le déclenchement de futures offensives.

Les attaques limitées, mais meurtrières, lancées autour d’Ypres et en Flandre française au cours du mois de décembre 1914, débouchent en certains secteurs du front sur des trêves spontanées, en particulier pour récupérer les blessés et les morts gisant sur le no man’s land. Le 24 décembre, en de nombreux points, les Allemands placent des sapins de Noël, avec des bougies et des lanternes en papier, sur le parapet des tranchées de première ligne. Progressivement, des chants de Noël résonnent des deux côtés et des échanges verbaux se produisent. En quelques endroits, les hommes sortent des tranchées et entreprennent de récupérer leurs morts sur le no man’s land. Des événements identiques se reproduisent, à une plus grande échelle, le jour de Noël.

Dans certains cas, les deux camps inhument simultanément leurs morts ; des échanges de petits présents et d’adresses se produisent parfois. Cependant, en d’autres secteurs du front, les combats continuent, notamment en raison de l’activité des tireurs d’élite.

Dans le secteur britannique, la trêve est observée par de nombreuses unités à Houplines, Bois-Grenier, Fromelles, Neuve-Chapelle, Richebourg-l’Avoué. Des cas similaires furent observés en secteur français, autour d’Arras.

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La bataille de la Crête d’Aubers (9 mai 1915)

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Yves LE MANER
Directeur de La Coupole,
Centre d’Histoire et de Mémoire du Nord–Pas-de-Calais

C’est le 24 mars 1915, quelques jours seulement après l’échec de Neuve-Chapelle, que Joffre sollicite officiellement French pour obtenir une participation britannique à la grande offensive qu’il prépare en Artois pour le début de mai. Il reçoit un accord complet.

L’objectif de l’offensive est de percer le front allemand au nord, la crête de Vimy, s’emparer des hauteurs de l’éperon de Notre-Dame-de-Lorette, pour finir de déboucher sur le bassin minier.

L’attaque britannique doit être déclenchée le lendemain de l’assaut français. Les plans alliés ne sont pas modifiés pour intégrer la nouveauté considérable que constitue la première attaque aux gaz lancée par les Allemands, à Ypres, le 22 avril.

Le secteur attribué aux Britanniques et unités indiennes est situé dans la plaine flamande, dans la zone de Neuve-Chapelle, déjà attaquée en mars.

Les Britanniques attaque au choix d’une brève (40 minutes), mais intense préparation d’artillerie, destinée à broyer les ceintures de barbelés, à disloquer la première ligne allemande et à frapper les points fortifiés de seconde ligne. L’aviation doit guider le tir et bombarder la zone arrière, en particulier les nœuds ferroviaires. Deux tunnels, d’une centaine de mètres, ont été creusés sous le no man’s land, afin de placer des mines d’environ une tonne sous la première ligne allemande.

En face, les Allemands, tirant les leçons de l’attaque de mars, ont entrepris de renforcer considérablement leurs défenses : mitrailleuses, placées pratiquement à l’horizontale et tirant par la fente de plaques d’acier, sont disposées pour couvrir l’ensemble du no man’s land.

Le 9 mai, le bombardement préparatoire britannique est déclenché à 5 heures. L’infanterie britannique sort de sa ligne à 5h30. L’espace à franchir est étroit, les hommes se trouvent devant des tirs de mitrailleuses, s’empalant dans les fils de fer barbelés. Dans le secteur d’attaque situé au sud, quelques groupes d’assaillants atteignent la première ligne, mais y sont immédiatement anéantis ou capturés. À 6 heures, ordre est donné d’arrêter l’assaut ; des centaines d’hommes se trouvent piégés dans le no man’s land, incapables d’avancer ou de rebrousser chemin. L’artillerie allemande riposte désormais et frappe aussi bien le no man’s land que les premières lignes britanniques.

Au nord, l’attaque se déroule selon un scénario similaire. Cependant, une partie des assaillants s’empare de la première ligne allemande sur trois portions séparées, de faible largeur ; l’explosion des mines, à 5h40, permet aux Britanniques de s’appuyer sur les cratères pour s’emparer de la ferme Delangre, transformée en réduit fortifié. Mais les coups de l’artillerie ennemie sur le no man’s land et la grande confusion qui règne sur le champ de bataille, empêchent toute progression sensible. Malgré les ordres de Haig pour relancer l’attaque, les officiers présents sur le terrain lui font savoir que c’est impossible.

Haig, informé des succès initiaux des Français à Vimy, et se fondant sur des rapports qui sous-estiment les pertes britanniques, ordonne de reprendre l’attaque au sud de Neuve-Chapelle. Après plusieurs reports, liés à la confusion et à l’arrivée difficile des renforts sous le feu ennemi, le bombardement reprend à 3h20. Les soldats d’élite Black Watch, de la 1re Brigade de la Garde, partent à l’assaut à 3h57. Certains d’entre eux atteignent la première ligne allemande où ils sont tués ou capturés ; une poignée, qui parvient à la seconde ligne, subit le même sort.

Au soir du 9 mai, la situation est totalement bloquée : les groupes de soldats qui ont pu s’établir sur certains points de la première ligne allemande sont totalement isolés et exposés à l’artillerie ennemie. Le chaos est tel, sur les routes d’accès au front et dans les tranchées de communication, que l’hypothèse d’une relance de l’attaque au crépuscule est abandonnée par Haig.

Pendant la nuit du 9 au 10, les groupes établis dans les lignes allemandes (200 à 300 hommes au total) entreprennent un repli périlleux à travers le  no man’s land.

Au matin du 10, toute hypothèse de reprise de l’offensive est abandonnée, en raison de l’insuffisance des stocks d’obus et, surtout, de l’ampleur des pertes subies ; il faudra trois journées pour assurer le transfert des blessés du 9 mai vers les ambulances de la 2e ligne. En une seule journée de combat, les Britanniques ont perdu 11 000 hommes (tués, blessés ou disparus), l’un des taux de pertes les plus élevés de toute la guerre, en particulier pour les officiers.

La bataille de Neuve-Chapelle fut donc un complet désastre pour l’armée britannique. Haig en tire une leçon principale : la nécessité de bombardements longs et méthodiques avant toute nouvelle attaque, avec des canons de gros calibres. Toute idée d’offensive surprise est donc abandonnée. La totalité des offensives lancées jusqu’à la fin 1917 le sera donc selon le même modèle, sans la moindre efficacité.

 

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La bataille de Festubert (15 au 27 mai 1915)

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Yves LE MANER
Directeur de La Coupole,
Centre d’Histoire et de Mémoire du Nord–Pas-de-Calais

La « bataille de Festubert » désigne une série d’actions confuses, engagées par des troupes britanniques, indiennes et canadiennes, sur le secteur de front situé en Flandre française, à l’ouest de Lille, entre le 15 et le 27 mai ; ces attaques constituaient, six jours après le désastre enregistré à Neuve-Chapelle quelques kilomètres plus au sud, la contribution britannique à la grande offensive française sur la zone de Vimy-Lorette, au moment où celle-ci s’enlisait après des succès initiaux spectaculaires.

Les Britanniques acceptent également de relever une division française au sud du canal de La Bassée, afin de permettre à leur allié de concentrer ses forces.

La préparation d’artillerie dure trois jours ; 433 canons, de divers calibres, tirent 100 000 obus sur un front de 5 km en partie inefficace : obus défectueux. Le désordre aboutit à la mort de nombreux soldats dans les deux camps.
Le 15 mai deux divisions d’infanterie, en majorité de soldats indiens contraignent l’ennemi à se replier sur la seconde ligne.

18 mai Un nouvel assaut, confié à des unités canadiennes, est déclenché , échouant à l’arrivée de renforts allemands et des pertes infligées par l’artillerie.

Une troisième série d’attaques, entre le 20 et le 24, aboutit à la prise des ruines du village de Festubert.

Au total, en douze jours d’efforts, l’armée britannique n’a progressé que d’un kilomètre, sur une faible largeur de front. Lorsque l’offensive est définitivement arrêtée, le 27 mai, les Britanniques ont enregistré 16 000 pertes, sans avoir pu aider, de façon significative, l’offensive française sur Vimy.

Si beaucoup de soldats ont été victimes de l’artillerie et des mitrailleuses, d’autres ont péri dans des corps à corps ; certains sont morts noyés dans les tranchées et les fossés de drainage inondés.

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La (troisième) bataille d’Artois (septembre 1915)

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Yves LE MANER
Directeur de La Coupole,
Centre d’Histoire et de Mémoire du Nord–Pas-de-Calais

L’offensive combinée franco-britannique en Artois de septembre 1915, dirigée par le général Foch, concerne 32 km de front, tenus par la VIe Armée allemande, entre La Bassée et Arras. Elle doit se produire de façon simultanée avec l’attaque majeure menée par l’armée française, en Champagne. Si la préparation d’artillerie doit conserver l’ensemble de ce secteur, l’attaque d’infanterie comprendra deux axes distincts, séparés par un espace de 4 km devant Lens et Liévin, où aucune action d’envergure n’est programmée : au sud, la 10e Armée française engage 17 divisions d’infanterie (et 2 de cavalerie, pour exploiter la percée espérée) ; au nord, la 1re Armée britannique doit attaquer, avec 6 divisions d’infanterie, dans le bassin minier, entre le canal de La Bassée et le village de Loos. Les objectifs stratégiques de Joffre sont vagues mais extrêmement optimistes : la percée doit permettre à la cavalerie de se ruer, en quelques jours, jusqu’à Mons, en Belgique, distante de 80 km…

Le plan d’attaque de Joffre est extrêmement simple : il consiste d’abord à écraser les positions ennemies par quatre jours de bombardements ininterrompus, avec un final apocalyptique de quatre heures juste avant que l’infanterie sorte des tranchées. L’assaut doit être massif et continu, les réserves ayant été acheminées au plus près du front.

Le bombardement français est déclenché le 25 septembre 1915, entre Angres et Arras, quelques heures après le début de l’attaque britannique sur Loos. L’infanterie française sort des lignes à 12h45. La poussée est lente, mais au matin du 28 septembre, les Français atteignent la cote 140, au sommet de la crête de Vimy, obligeant les Allemands à une contre-attaque massive.

Le 30 septembre, Joffre décide d’arrêter l’offensive en Champagne, dont l’échec est désormais patent. Le 11 octobre, un dernier effort des Français pour contrôler l’ensemble de la crête de Vimy est brisé.

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La bataille de Loos (25 septembre – 19 octobre 1915)

http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/comprendre-et-approfondir/batailles/la-bataille-de-loos-25-septembre-19-octobre-1915.html

Yves LE MANER
Directeur de La Coupole,
Centre d’Histoire et de Mémoire du Nord–Pas-de-Calais

Après les combats du printemps 1915 (Vimy, Lorette, Neuve-Chapelle, Festubert, Ypres), en août 1915, la 3e Armée, nouvellement constituée, s’installe de la Somme à Hébuterne, au sud du Pas-de-Calais. Entre mai et septembre 1915, une quinzaine de divisions de la « Nouvelle Armée » arrivent en France et en Belgique.

La bataille de Loos, de septembre – octobre 1915, constitue le volet britannique de la grande attaque alliée en Artois lancée par Joffre simultanément avec l’offensive française principale, en Champagne. Le commandant en chef français estime alors que la supériorité numérique dont dispose alors temporairement son armée doit permettre la percée décisive.

les Britanniques ont pour objectif le bassin minier dans le secteur de Loos-Hulluch, situé en contrebas, sur la plaine de Gohelle. Le général Haig , malgré les pertes, a, concentré six divisions, (malgré que troupes épuisées, insuffisance d’obus) se fiant au nombre de 7 pour 1. Par l’ampleur des effectifs engagés, la bataille de Loos constitue l’un des plus gros efforts offensifs britanniques depuis le début du conflit : elle est d’ailleurs qualifiée de « Big Push » par ses initiateurs.

250 000 obus sont lancés sur les défenses allemandes sans réel effet. Avant le lancement de l’assaut d’infanterie, au matin du 25 septembre 1915, les Britanniques libèrent 140 tonnes de gaz au chlore contenues dans 5 000 cylindres placés en première ligne, en complément d’un barrage d’artillerie jugé insuffisant. Première utilisation du gaz de combat par les Alliés après la terrible frappe inaugurale allemande à Ypres, en avril, l’attaque britannique à Loos vise à annihiler la première ligne allemande, où les combattants ne disposent alors que de masques très primitifs. Or, les caprices du vent retournent les gaz, en plusieurs points, vers les tranchées anglaises : il n’y a que sept morts, mais plus de 2 600 hommes ont été touchés et mis hors de combat ; initialement, les Allemands sont frappés de panique et ont près de 600 hommes gazés. 75 000 fantassins britanniques s’élancent des tranchées.

La zone sud de l’attaque enregistre, le premier jour, un succès spectaculaire : les assaillants, partiellement masqués par des écrans de fumée, s’emparent du village de Loos de la « Colline 70 » et avancent vers Lens. Mais la progression doit être stoppée, faute de munitions et en raison de l’arrivée tardive des renforts ; les Allemands reprennent la « Colline 70 »…

 Le lendemain, le 26 septembre, les renforts allemands arrivent en masse pour combler les brèches.

Les Britanniques lancent alors une attaque, sans bombardement préalable : c’est un carnage, la plupart des hommes étant fauchés par les mitrailleuses. Les Britanniques commencent à abandonner certaines des positions prises la veille. Les combats se poursuivent plusieurs jours, de façon sporadique, notamment autour de la « Redoute Hohenzollern », avant que l’état-major anglais n’ordonne la retraite, établissant ainsi le constat d’un très grave échec.

Une nouvelle tentative d’attaque, le 13 octobre, avec à nouveau l’emploi des gaz, aboutit aux mêmes résultats désastreux : en dix minutes, la 46e Division perd 180 officiers et 3 583 hommes devant la « Redoute Hohenzollern » !

Cette fois, l’échelle des pertes britanniques est exceptionnellement élevée : 50 000 blessés, tués, ou disparus (20 000 morts au minimum). Parmi eux, le fils unique de Rudyard Kipling, le grand écrivain, chantre de l’engagement britannique dans la Grande Guerre. Inconsolable, Kipling parcourra les routes de la Gohelle pendant des années après le conflit, pour tenter de retrouver le corps, sans succès. Identifiés en 1991, les restes de John Kipling reposent aujourd’hui au Saint-Mary’s Advanced Dressing Station Cemetery, à Haisnes.

Plusieurs nouvelles unités, engagées pour la première fois, furent totalement disloquées. Les pertes furent particulièrement fortes parmi les troupes écossaises et les officiers. Les pertes allemandes furent inférieures de moitié à celles de l’adversaire. Parallèlement, à l’échec britannique à Loos, les offensives françaises en Artois et en Champagne s’achèvent par de cruelles désillusions après des espoirs initiaux.

La conséquence principale de l’échec de Loos fut le remplacement du général French au poste de commandant en chef de l’armée britannique par Haig, le 19 décembre 1915. Malgré les épreuves subies, la « Nouvelle armée » est en plein essor lorsque commence l’année 1916. L’attaque allemande à Verdun entraîne une nouvelle extension du front tenu par les Britanniques à l’ouest : à partir de mars 1916, il court désormais d’Ypres à la Somme, les troupes françaises ayant abandonné l’Artois pour plonger dans le chaudron infernal de Verdun.

Il est effarant de constater que les graves erreurs commises par le haut commandement britannique lors de la bataille de Loos ne furent pas prises en compte et furent donc répétées lors du premier jour de la bataille de la Somme, qui aboutit, ce 1er juillet 1916, au plus grand désastre de toute l’histoire militaire britannique.

La violence de la bataille de Loos peut se mesurer au très faible nombre de soldats britanniques tués lors du premier jour de l’attaque, le 25 septembre 1915, qui ont une tombe connue : 2 000 sur 8 500.

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L’offensive allemande sur la crête de Vimy (21 mai 1916)

http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/comprendre-et-approfondir/batailles/loffensive-allemande-sur-la-crete-de-vimy-21-mai-1916.html

Yves LE MANER
Directeur de La Coupole,
Centre d’Histoire et de Mémoire du Nord–Pas-de-Calais

L’attaque allemande de grande envergure contre l’armée française, à Verdun, à partir du 21 février 1916, intervient alors que l’armée britannique s’est fortement renforcée pendant l’hiver, avec l’arrivée d’une dizaine de nouvelles divisions sur le front ouest. Afin de soulager les Français, il est décidé de remplacer la 10e Armée française en Artois par des unités britanniques et de préparer une offensive de très grande ampleur, dans la Somme.

 

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La bataille de la Somme (1916)
Wikipedia

La bataille de la Somme désigne une confrontation opposant les Britanniques et les Français aux Allemands en 1916 lors de la Première Guerre mondiale, dont ce fut l’une des batailles les plus sanglantes.

Les forces britanniques et françaises tentèrent de percer à travers les lignes allemandes fortifiées sur une ligne nord-sud de 45 km proche de la Somme, au nord de la France, dans un triangle entre les villes d’Albert du côté britannique, Péronne et Bapaume.

Il s’agit de l’une des batailles les plus meurtrières de l’histoire humaine (hors victimes civiles), avec parmi les belligérants environ 1 060 000 victimes, dont environ 442 000 morts ou disparus.

La première journée de cette bataille, le 1er juillet 1916, détient le triste record de la journée la plus sanglante pour l’armée britannique, avec 58 000 victimes dont 19 240 morts. La bataille prit fin le 18 novembre 1916.

La « bataille d’Arras » du printemps 1917 est l’une des principales offensives engagées par l’armée britannique sur le front ouest, à l’échelle de la bataille de la Somme ou de la « 3e bataille d’Ypres ».
Restée aux mains des Alliés mais située à quelques kilomètres du front pendant toute la durée de la guerre, et formant un saillant dans les lignes ennemies, la ville d’Arras a été, à partir d’octobre 1914, la cible de l’artillerie allemande. L’hôtel de ville et son beffroi, emblèmes de la cité médiévale ont été détruits et une grande partie des quartiers centraux fortement endommagés.
À partir de février 1916, Arras, qui ne conserve plus qu’une faible partie de sa population civile, devient une ville anglaise, dans laquelle l’administration est bilingue.

 

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La bataille d’Arras (avril 1917)

http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/comprendre-et-approfondir/batailles/la-bataille-darras-avril-1917.html

Yves LE MANER
Directeur de La Coupole,
Centre d’Histoire et de Mémoire du Nord–Pas-de-Calais

Les plans alliés pour 1917

À la suite de la conférence tenue à Chantilly le 16 novembre 1916, où les états-majors alliés ont décidé des grandes orientations militaires de l’année 1917, le général Nivelle, qui vient d’être nommé commandant en chef de l’armée française, et son homologue britannique, Haig, jettent les bases d’une action commune pour rompre le front allemand.

La ville d’Arras, située en zone britannique, est pressentie pour constituer la base de départ d’une offensive de diversion. Cette action, combinée avec une attaque d’envergure dans le secteur français, devait attirer les troupes de réserve allemandes quelques jours avant le déclenchement de l’assaut français et faciliter ainsi la rupture des lignes ennemies en Champagne dans le secteur du Chemin des Dames.

Dès lors, les Britanniques préparent les plans d’attaque pour une opération qui doit être déclenchée au début d’avril 1917, le principal souci du haut commandement étant de concentrer des troupes en grand nombre sans attirer l’attention de l’adversaire. Afin d’éviter les grandes hécatombes survenues au cours des batailles de Verdun et de la Somme, l’année précédente, l’état-major britannique élabore une méthode innovante : un vaste réseau souterrain (environ 20 km), dont l’aménagement est confié aux tunneliers néo-zélandais, doit permettre aux troupes de surgir devant les premières lignes ennemies sans avoir subi de lourdes pertes en traversant le no man’s land.

Les préparatifs de l’offensive de printemps

La fin du mois de mars voit l’achèvement de ces travaux souterrains, les plus importants jamais réalisés par l’armée britannique dans ce domaine. À la veille de la bataille d’Arras, les caves et carrières sous la ville peuvent héberger plus de 24 000 hommes, soit l’équivalent de la population civile avant le début du conflit. Le réseau est constitué de deux artères principales : la première, située sous la route de Cambrai, est dévolue aux Écossais de la 9e division d’infanterie – qui utilisent, pour baptiser les galeries, des noms évoquant le pays natal : Carlisle, Glasgow… – et aux Anglais de la 35e division – qui honorent Manchester, Liverpool, ou Chester, villes d’où sont originaires une bonne partie des soldats constituant l’unité. La branche des souterrains sous le quartier de Ronville devient, à compter du 12 février 1917, la sphère exclusive des Néo-Zélandais se trouve par conséquent dotée de noms de grandes villes des antipodes, comme Wellington. Au total le réseau souterrain compte 19 km de galeries.

Pour répondre aux besoins élémentaires des hommes, des cuisines sont aménagées. L’approvisionnement en eau est assuré par des canalisations ou des puits. L’ensemble des galeries est doté d’un éclairage électrique. Des latrines pour officiers et hommes du rang sont installées dans chaque salle. Sans satisfaire pleinement aux règles sanitaires très strictes en usage dans l’armée anglaise pour l’installation de ses campements provisoires, les carrières souterraines d’Arras offraient en revanche, par rapport à la vie habituelle des tranchées, une grande sécurité, malgré la proximité du front, et un relatif confort aux hommes avant leur montée aux lignes.

Cependant, le principe de réalité a conduit les Britanniques à aménager, dans une carrière située sous le carrefour de la rue du Temple et de la rue de Saint-Quentin, un véritable hôpital, appelé « Thompson’s Cave » du nom de son concepteur, capable d’accueillir 700 blessés. Il est muni de tous les services nécessaires au personnel médical, à savoir de salles d’attente – d’où l’on peut répartir au mieux les blessés – d’une salle d’opérations, de lieux de repos pour les brancardiers et de réserves, ainsi qu’une morgue. Des panneaux indicateurs permettent un accès aisé à ces divers services. L’ensemble de la structure est doté d’un éclairage électrique.

Si l’utilisation de ce vaste réseau souterrain demeure le point le plus original du plan de bataille, les attaquants tablent également sur une préparation d’artillerie d’une intensité exceptionnelle. Les objectifs ont été méthodiquement reconnus au cours des nombreux survols aériens, mais aussi au cours des raids menés en terrain ennemi, et ce depuis la fin de l’année 1916. Les plus importants de ces coups de main impliquèrent plusieurs centaines d’hommes ; leur but était de tester la capacité de résistance de l’adversaire, mais aussi de collecter le maximum d’informations sur la structure en profondeur des défenses allemandes. À l’issue de ces opérations de reconnaissance, des maquettes de grandes dimensions avaient été confectionnées, afin de permettre aux futurs assaillants, jusqu’à l’échelon des compagnies, de se familiariser avec le terrain dans lequel ils allaient évoluer.

L’emploi d’armes nouvelles avait également été prévu : le char d’assaut, pour la seconde fois après un essai balbutiant dans la Somme et, surtout, une toute récente invention due au capitaine Livens. Il s’agissait d’un tube propulseur, capable de projeter des bonbonnes de gaz à grande distance, qui permettait ainsi à l’utilisateur de s’affranchir des caprices du vent pour utiliser des gaz de combat.

Le 6 avril, le moral des assaillants est au beau fixe, avec l’annonce de l’entrée en guerre des États-Unis.

Z day

Le lundi 9 avril 1917, à 5h30 du matin, après un bombardement intensif de quatre jours, destiné à annihiler toute action des forces adverses, la 1re armée britannique, constituée des quatre divisions canadiennes sous les ordres du général Horne, s’élance à l’assaut du plateau de Vimy. La maîtrise de cette crête doit permettre à la IIIe armée du général Allenby de progresser en direction de Douai, important nœud de communications, et de libérer la région minière. Cette armée a également comme objectif prioritaire le village de Monchy-le-Preux, situé à quelques kilomètres à l’est d’Arras, qui commande l’accès à la vallée de la Scarpe et peut constituer une entrave pour une seconde branche de l’offensive, en direction de Cambrai cette fois, autre centre vital pour le système militaire allemand. Quant à la Ve armée du général Gough, placée au sud du dispositif offensif, elle a pour tâche principale la prise du village de Bullecourt, puissant point d’appui stratégique allemand intégré dans la ligne Hindenburg.

Les deux premiers jours de la bataille d’Arras se traduisent par de nets succès tactiques des Britanniques qui, avançant sur les deux rives de la Scarpe,  progressent de plus de 5 km et s’emparent des villages de Thélus, Farbus, Saint-Laurent-Blangy, Feuchy, Athies, Fampoux, Tilloy-les-Mofflaines et Neuville-Vitasse. La conquête  de la crête de Vimy permet à l’artillerie anglaise de dominer les villages de Givenchy-en-Gohelle, Vimy, Willerval et Bailleul-Sire-Bertoult, jusqu’alors de véritables nids de canons allemands, contraignant l’ennemi à les abandonner. Le village et la colline de Monchy-le-Preux, transformés en forteresse par les Allemands,  sont investis, après d’âpres combats, dans la journée du 11 avril. Le lendemain, Wancourt et Héninel tombent à leur tour entre les mains des troupes alliées.

Cette avance rapide oblige les Allemands à un repli stratégique sur leur 2e ligne de défense. L’arrivée d’importants renforts leur permet ensuite de lancer de vigoureuses contre-attaques, dès le 14 avril, et d’enrayer l’offensive britannique. Ainsi, comme cela s’est déjà produit lors des offensives alliées précédentes, la brèche du premier jour effectuée avec de faibles pertes n’a pu être exploitée. Dès lors, la bataille d’Arras s’enlise dans des combats locaux mais néanmoins meurtriers, devant Arleux (28-29 avril), Fresnoy (3-4 mai), Rœux (13-14 mai).

Dans le même temps que se déroulent les attaques britannique et canadienne devant Arras, l’offensive principale lancée par les Français au Chemin des Dames aboutit à un cuisant échec, qui fait vaciller l’armée tout entière. Malgré les revers subis, le Field Marshall Haig persévère pendant plusieurs semaines à lancer des attaques devant Arras, sur une ligne Gavrelle–Rœux–Guémappe–Fontaine-les-Croisilles. Ces opérations, destinées à retenir un maximum de soldats ennemis afin de soulager les troupes françaises, visent également à constituer un nouveau front, au tracé cohérent et donc défendable.

Un bilan coûteux

Le bilan de la bataille d’Arras semble à première vue favorable pour les Britanniques : ils ont fait 20 000 prisonniers, saisi un important stock d’armes, et enregistré des gains de terrain sensibles, permettant le recul de la zone de combat sur une profondeur d’une dizaine de kilomètres et le désenclavement de la ville d’Arras, soumise depuis octobre 1914 aux bombardements allemands.
Mais ces résultats à caractère tactique ont été obtenus au prix de pertes très élevées. Un peu plus de 100 000 Britanniques ont été mis hors de combat durant les mois d’avril et mai 1917 devant Arras. Le total des pertes, du côté allemand, est plus difficile à évaluer faute de sources fiables, mais peut être estimé à un nombre équivalent.

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324 Chars à la Bataille de Cambrai

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Offensive ou opération Michael

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 L’offensive allemande (1918)

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L’offensive victorieuse des Alliés (août-novembre 1918)

http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/comprendre-et-approfondir/batailles/loffensive-victorieuse-des-allies-aout-novembre-1918.html

Yves LE MANER
Directeur de La Coupole,
Centre d’Histoire et de Mémoire du Nord–Pas-de-Calais

…/…Alors que d’autres offensives se déroulent plus au sud, dans la Somme et l’Aisne, les Britanniques et les Canadiens attaquent et libèrent Cambrai, en deux jours (8-9 octobre 1918). La ligne Hindenburg est désormais largement transpercée et c’est maintenant une « bataille de poursuite » qui s’engage contre une armée allemande en cours d’effondrement interne. Dès lors, l’avance britannique se déroule sur un large front, en Flandre, en Artois et en Picardie. Lille et Douai sont libérés le 17 octobre. Si bon nombre d’unités allemandes sont en pleine débandade, d’autres, notamment des Stosstruppen, mènent de très violents combats d’arrière-garde, ainsi  lors de l’entrée des Britanniques et des Canadiens dans Valenciennes (1er et 2 octobre) ; ces combats semblent préfigurer la véritable guérilla urbaine que Ludendorff envisage un temps d’organiser en cas d’entrée des troupes alliées sur le territoire du Reich.

C’est au cours de l’un de ces affrontements, pour franchir le canal de la Sambre, que Wilfred Owen, le plus grand poète qu’ait produit la Grande Guerre, est tué, près d’Ors (Nord), le 4 novembre 1918, une semaine avant l’Armistice et la victoire finale des Alliés.

Ce même 4 novembre, la ville du Quesnoy (Nord) est le théâtre d’un épisode très particulier de cette période chaotique : les soldats néo-zélandais s’emparent de la ville – dont la garnison allemande refusait de se rendre – en prenant d’assaut les remparts de Vauban à l’aide d’échelles…

sources

Wikipedia

http://expositionvirtuelle.memoire1418.org/explorer/lempire-britannique-sur-le-continent/combats-et-combattants-sur-le-front-ouest/les-theatres-doperation-britanniques.html

http://depont.skynetblogs.be/tag/bataille+d%27audregnies

http://www.menfroid-dubus.org/article-17698728.html

 

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L’Empire britannique et la Grande Guerre

28 novembre 2012

Soldat fusillé pour l’exemple

Classé sous — milguerres @ 18 h 21 min

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Exécuté sur son brancard !

Réhabilitez le lieutenant Chapelant fusillé pour l’exemple en 1914

Les crimes des Conseils de guerre : Chapelant texte de 1925

Les crimes des Conseils de guerre : Les quatre caporaux de Suippes texte de 1925 

Les crimes des Conseils de guerre : Vingré texte de 1925

D’autres noms pour l’exemple

Ils étaient bien là, ces hommes !

Soldat fusillé pour l’exemple

Première Guerre mondiale

France

Source : WIKIPEDIA

Suivant la défaite de Charleroi et l’échec de la Bataille des frontières, les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets, deux décrets du 2 août et du 6 septembre 1914 furent promulgués qui instituaient des Conseils de guerre spéciaux, s’ajoutant aux Conseils ordinaires qui continuaient de se tenir. Avec une procédure simplifiée et expéditive, s’inspirant des cours martiales de 1870, ces conseils s’exercèrent jusqu’à leur suppression en 1917.

Pendant la Première Guerre mondiale, en France 2 400 « poilus » auront été condamnés à mort et 600 fusillés pour l’exemple2,3, les autres voyant leur peine commuée en travaux forcés. Ces condamnations ont été prononcées pour refus d’obéissance, mutilations volontaires, désertion, abandon de poste devant l’ennemi, délit de lâcheté ou mutinerie (en 1917).

Les exécutions sommaires

Cette estimation de 600 fusillés pour l’exemple ne prend pas en compte les exécutions sommaires. Celles-ci sont relatées dans les carnets de guerre des soldats. Ainsi les Mémoires d’un troupier d’Honoré Coudray du 11e bataillon de chasseurs alpins explicite les exécutions sommaires auxquelles il dit avoir assisté :

  • En juillet 1916, un chasseur est accusé de dévaliser les morts ; blessé par les artilleurs, il est abattu par son commandant. Coudray commente « le taré P…. a trouvé un moyen rapide de suppléer au conseil de guerre,….aucun interrogatoire, aucune enquête ». Pour masquer son crime, le commandant inscrit la victime dans la liste des morts au champ d’honneur ;
  • En octobre 1916, un jeune chasseur de la classe 1915, paniqué, fuit le front pendant un bombardement. Le commandant le convoque : « monte sur le parapet », le commandant le suit et le tue d’une balle dans la tête.

Outre les informations d’Honoré Coudray, il est intéressant de connaître ses convictions : fervent partisan de l’ordre, il reproche aux mutins de 1917 leur attitude de rébellion. Ainsi il démontre que la critique des exactions de cet officier n’est pas liée à un parti pris contestataire4.

Les motifs des condamnations

En 1914, les condamnés sont principalement accusés de s’être volontairement mutilés un membre (main, pied). Laisser sa main traîner au-dessus de la tranchée était passible du conseil de guerre.[réf. nécessaire]

En 1915 et 1916, on assiste de plus en plus à des désertions, puis se développent deux formes de crimes :

  • le refus d’obéissance devant l’ennemi. Cette dénomination issue de la justice militaire est le prétexte à des condamnations totalement arbitraires notamment lorsque les généraux n’étaient pas satisfaits d’un repli de troupes ;
  • l’abandon de poste. Il s’agit de désertion dans la majeure partie des cas.

En 1917, les condamnations concernent des comportements collectifs. Les célèbres mutineries du Chemin des Dames restent gravées dans les mémoires tant par leur caractère exceptionnel que dans la répression qui suivit5.

Le Poilu ne refuse pas de se battre mais il refuse d’attaquer à outrance. À Craonne, lors des sanglants assauts commandés par le général Nivelle, ce sont 30 000 hommes qui meurent en 10 jours (et 100 000 sont blessés). En 1918, en France comme chez les Alliés, on constate un déclin des exécutions. En effet, les commandements militaires comprennent mieux l’état mental des soldats, les conséquences du « Shell-Shock », ce choc psychologique provoqué par les conditions de vie des soldats notamment sous les bombardements.

L’évolution de la justice militaire pendant la guerre

 

 Soldat fusillé pour l'exemple  fusille-conseil-eglise

Conseil de guerre dans une église (journal L’Illustration, octobre 1917).

Au tout début de la guerre, les militaires ont obtenu du gouvernement la présentation des prévenus devant le conseil de guerre sans instruction préalable. Début septembre 1914, le ministre de la guerre abolissait les possibilités de recours en grâce et en révision. De plus, Joffre réussit à imposer aux politiques, la constitution de cours martiales dénommées « les conseils de guerre spéciaux », qui devaient juger rapidement et durement pour l’exemple. Les prévenus était jugés par une « cour » composée en général du commandant de régiment assisté de deux officiers. Ils votaient et la majorité scellait le sort du soldat. En cas de condamnation à mort la sentence était applicable dans les 24h selon les préconisations de Joffre. Ainsi les principes d’indépendance des juges, de débats contradictoires et enfin de recours ont été abolis. Sur les 600 fusillés pour l’exemple environ 430 l’ont été en 1914 et 1915 (selon André Bach). Devant les abus révélés par la presse et les associations, le parlement tenta d’atténuer cette justice expéditive. À la fin de l’année 1915, les conseils de guerre spéciaux sont supprimés. Enfin le 27 avril 1916, une loi permet d’atténuer et de contrôler cette justice militaire.

Les réhabilitations

La famille du soldat fusillé pour l’exemple était doublement touchée du deuil. En effet la honte d’avoir eu un frère, un père, un époux condamné pour sa lâcheté était très difficile à supporter. Cela s’ajoutait inéluctablement au poids du deuil. Le frère de Henry Floch indique lors de l’inauguration du monument de Vingré en 19256 : « Nous avons vécu dans une atmosphère affreuse de la suspicion illégitime et la honte injustifiée ». Le fils de Pettelet autre fusillé de Vingré a dû être retiré de l’école, son éducation est confiée à un précepteur. La veuve Pettelet a reçu des insultes et des menaces, elle sort dans la rue avec un pistolet pour se protéger7.

Très peu, environ une quarantaine sur 600, ont été rétablis dans leur honneur dans les années 1920 ou 1930, à force d’acharnement et de courage de la part des familles de victimes soutenues par les associations d’anciens combattants et par la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen.

Récemment en 2006, l’affaire Léonard Leymarie a amené le sénateur de la Corrèze Georges Mouly (R.D.S.E.) à attirer l’attention d’Hamlaoui Mekachera, alors ministre délégué aux anciens combattants, sur les « fusillés pour l’exemple. » Il lui a demandé l’état de la réglementation actuelle quant à l’inscription du nom des fusillés pour l’exemple réhabilités sur les monuments aux morts des communes, où ils ne figurent pas8. En effet, jusqu’en 2008, le nom de Leymarie est demeuré absent du monument aux morts de Seilhac érigé en 1924. Mais sa réhabilitation avait échoué malgré les efforts répétés à trois reprises de la Ligue des droits de l’Homme entre 1921 et 1925. Sa fiche, visible sur le site Mémoire des hommes, mentionne pourtant une réhabilitation sans donner la moindre date. En revanche, à Seilhac, la mention « Mort pour la France » avait été ajoutée avant 1919 à son acte de décès transcrit le 29 avril 1915 sur le registre d’état civil (acte n° 12). Cette mention existait sur l’acte de décès du 305e RI (n° 99), établi à Ambleny (Aisne) le 19 décembre 1914 et contresigné par deux témoins, un caporal et le médecin aide-major du dit régiment.

Dans sa réponse, le ministre a rappelé que les noms des militaires fusillés pour l’exemple puis réhabilités peuvent être inscrits sur les monuments aux morts communaux, s’ils se sont vu attribuer la mention « mort pour la France ». Cette décision d’inscription incombe aux communes, sous la tutelle du préfet. Il n’existe toutefois aucune obligation d’inscription pour les communes.

L’article L. 4889 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre distingue cinq catégories de morts pour la France :

  • 1°) les militaires qui ont été tués à l’ennemi,
  • 2°) ceux qui sont morts de blessures de guerre,
  • 3°) les décédés de maladie contractée en service commandé en temps de guerre,
  • 4°) les victimes d’accident survenu en service,
  • 5°) ceux qui sont morts à l’occasion du service en temps de guerre 10.

Dans le monde

La France avec environ 600 fusillés se situerait en seconde position derrière l’Italie, qui a exécuté 750 de ses soldats, et devant le Royaume-Uni avec 306 fusillés dont le plus jeune exécuté durant la guerre, âgé de dix-sept ans11. L’Allemagne indique officiellement 48 fusillés (ce qui paraît cependant peu) et le Canada 25 fusillés12. Il y eut aussi de nombreuses exécutions dans l’armée russe. L’armée américaine fait état de seulement 11 exécutions et essentiellement pour des viols et des meurtres ; ce petit nombre s’expliquerait par le meilleur encadrement médical des soldats, plus au fait des questions de psychiatrie. Seules les forces d’Australie n’exécutaient leurs soldats sous aucun motif.

Le gouvernement britannique a, en 2006, par voie législative, réhabilité les 306 soldats britanniques fusillés. Les cinq fusillés néo-zélandais ont été réhabilités en 2000, et les Canadiens honorés l’année suivante.

Quelques fusillés pour l’exemple

Parmi les 600 fusillés pour l’exemple français, certains sont restés dans les mémoires, soit parce qu’ils ont été réhabilités, soit parce qu’ils sont représentatifs du traitement qu’ont subi leurs confrères. Ces exemples ne représentent toutefois que quelques cas sur des milliers, et ne doivent pas faire l’objet d’une généralisation abusive.

France, 1914

  • Le 01/09/1914, à Remenoville, Frédéric Henri Wolff est le premier fusillé pour l’exemple. Il était chef de bataillon du 36e Régiment d’infanterie coloniale.
  • Le 7 septembre 1914, 7 soldats du 327e sont exécutés : Barbieux, Clément, Caffiaux, Hubert, Delsarte, Dufour et Waterlot. Ce dernier sort indemne de la fusillade et meurt sur le front le 10/06/1915. L’affaire dite « des fusillés du 327e » a fait l’objet d’une campagne de réhabilitation très importante de la Ligue des droits de l’Homme mais qui n’a pas a abouti13.
  • Le 18/09/1914, le conseil de guerre de la 29e division d’infanterie, à Verdun, condamne à la peine de mort six hommes.
  • Le 19/09/1914, les soldats Auguste Jules Léon Odde (24e bataillon de chasseurs, né le 29/11/1892 à Six-Fours, Var) et Joseph Tomasini sont fusillés tandis que les quatre autres ont leur peine commuée en vingt ans de détention, puis annulée par la cour de Cassation le 10/03/191514.
  • Alphonse Brosse et Jean Boursaud du 238e R.I. fusillés le 10/10/1914 à Ambleny (02). Condamnés par jugement du Conseil de guerre de la 63e division tenu à Ambleny le 10/10/1914 pour abandon de poste en présence de l’ennemi
  • Arnold Maille du 1er R.I., fusillé le 22/10/1914 à Cormicy (51). Joseph Auguste Charles Henry Bonnin du 137e RI, fusillé dans la Somme le 16/10/1914. Albert Arjailles du 42e RIC fusillé le 11/09/14 à Ville devant Belrain (55). Alfred Désiré Fernand Bayard du 128e RI fusillé le 12/09/1914 à Vouillers (51). Léon Appolinaire Bazin du 16e RIT fusillé le 16/10/1914 à Bavincourt (62). Bellal Mohammed Ben Mohammed Ben Salem du 6e R tirailleurs fusillé le 31/12/1914 à Tracy le Mont (60).
  • Eugène Bouret, du 48e régiment d’artillerie, victime du « Shell-Shock » le 29 août 1914, il s’égare et erre à l’arrière du front. Il est arrêté, jugé pour abandon de poste et fusillé le 7 septembre 1914 avec cinq autres co-accusés (Claudius Urbain du 299e RI né le 01/01/1882 à Chuzelles (38), mineur à Vienne – Ernest François Macken chasseur du 53e BCA, né le 03/11/1889 à Saint-Denis (93), cultivateur à Liancourt (60), inculpé d’abandon de poste en présence de l’ennemi à Rougiville le 02/09/1914 – Benoît Manillier du 22e RI, né le 22/05/1887 à Leyrieu (38), cultivateur, inculpé d’abandon de poste en présence de l’ennemi à Rougiville le 03/09/1914 – Francisque Jean Aimé Ducarre du 30e RI, né le 04/01/1892 à St Quentin Falavier (38), voiturier, inculpé d’abandon de poste en présence de l’ennemi à Taintrux le 03/09/1914 – Francisque P. chasseur du 11e BCA, né le 01/02/1882 à La Grand Croix (42), métallurgiste à Rives de Gier, inculpé d’abandon de poste en présence de l’ennemi à Taintrux le 03/09/1914). Il sera réhabilité dès 191715.
  • Henri Bourgund a été fusillé le 8 novembre 1914 « pour avoir abandonné son poste en présence de l’ennemi » lors des combats de Saint-Laurent Blangy, près d’Arras. Il a été exécuté et enseveli dans un pré, à la lisière de Sainte-Catherine et au nord de la Scarpe 16.
  • Marcel Loiseau (voir sa biographie ci-dessous), du 106e régiment d’infanterie, blessé se rend à l’infirmerie. Il est accusé d’abandon de poste avec mutilation volontaire et fusillé le 12 octobre 1914 à Mouilly. Il est réhabilité le 17/03/1922, l’accusation étant infondée.
  • Les Martyrs de Vingré, du 298e régiment d’infanterie, le caporal Henri Floch, les soldats Jean Blanchard, Francisque Durantet, Pierre Gay, Claude Pettelet et Jean Quinault, réhabilités solennellement par la Cour de Cassation le 29 janvier 1921.
  • Léonard Leymarie (voir sa biographie ci-dessous), du 305e régiment d’infanterie, condamné pour mutilation volontaire, n’a été réhabilité mais est mentionné comme « Mort pour la France ».
  • Deux soldats du 2e R.T.M. (Régiment de Tirailleurs Marocains) sont fusillés à Tracy-le Mont (60) : Ben Abdel K. Berrafaa (fusillé le 07/10/1914, condamné le 06/10/1914 pour abandon de poste en présence de l’ennemi. Au cours du jugement fut également condamné pour la même raison M. Kiname Daoudji mais qui ne ne fut pas exécuté car il s’évada) et Ben Zineb Amar (fusillé le 11/10/1914 pour abandon de poste en présence de l’ennemi)17
  • Élie Lescop, du 336e régiment d’infanterie, fusillé le 18 octobre 1914, pour abandon de poste et mutilation volontaire, à Souain. Il est réhabilité par la Cour spéciale de justice militaire en 1934.
  • Jean-Julien Chapelant, sous-lieutenant commandant la 3e section de mitrailleuses du 98e régiment d’infanterie, a été capturé avec une poignée de survivants. Blessé, il réussit à regagner les lignes françaises. Pourtant, il sera condamné à mort pour « capitulation en rase campagne ». Le 10 octobre 1914, il sera fusillé attaché à son brancard dressé contre un pommier18. (voir dossiers :
    1. Réhabilitez le lieutenant Chapelant fusillé pour l’exemple en 1914
    2. Les crimes des Conseils de guerre : Chapelant texte de 1925
  • Sont également fusillés en 1914 dans l’Aisne : Paul Pessina (soldat du 144e RI, fusillé le 29/09/1914 à Cuiry les Chaudardes), Georges Paul Voyer (soldat du 1er Régiment de génie, fusillé le 15/11/1914 à Braine), Louis Goffin (soldat du 12e RI, fusillé le 12/12/1914 à Saint-Aubin), Jean Grateloux (soldat du 238e RI, fusillé le 12/12/1914 à Nouvron-Vingré, condamné pour mutilation volontaire par le conseil de guerre de la 63e division), Léon Georges Coulon (soldat du 1er Régiment de génie, fusillé le 15/11/1914 à Braine), Louis Abadie (soldat du 246e RI, fusillé le 24/12/1914 à Vauxbuin, inhumé au cimetière militaire de Vuaxbuin, condamné pour abandon de poste en présence de l’ennemi et vol par le conseil de guerre de la 55e division le 29/10/1914), Émile Guiraud (soldat du 42e RI, fusillé le 16/11/1914 à Nouvron-Vingré, condamné le 15/11/1914 pour abandon de poste en présence de l’ennemi), Henri Joseph Jolbert (tambour du 42e RI, né le 15/10/1889 à Luxeuil les bains, fusillé le 16/11/1914 à Nouvron-Vingré, inhumé au cimetière militaire d’Ambleny, condamné pour abandon de poste en présence de l’ennemi)19.

France, 1915

 

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La stèle sur la tombe de Félix Baudy à Royère-de-Vassivière.

  • Félix Baudy, (voir biographie ci-dessous) maçon de la Creuse a été fusillé avec le soldat François Fontanaud, le caporal Antoine Morange et le soldat Henri Prébost, suite au refus collectif de sa compagnie, du 63e régiment d’infanterie, de remonter à l’assaut. Ils ont été réhabilités en 1934 par la Cour spéciale de justice, cette dernière comprenant des anciens combattants20.
  • Les soldats Camille Chemin et Édouard Pillet, du 37e régiment d’infanterie coloniale, ont été condamnés à mort à cause d’un malentendu. Leur capitaine les a désignés pour rester à l’arrière afin de surveiller des sacs. Un nouveau capitaine est nommé, celui-ci les considère comme déserteurs. Ils sont condamnés et exécutés. Ils seront réhabilités en 193421.
  • Lucien Bersot, du 60e régiment d’infanterie, condamné à mort pour refus d’obéissance; il avait refusé de prendre un pantalon maculé de sang pour remonter au combat avec ses camarades. Il a été réhabilité en 192220.
  • Les caporaux de Souain, (voir : retour à Les crimes des Conseils de guerre : Les quatre caporaux de Suippes texte de 1925) les quatre caporaux Théophile Maupas, Louis Lefoulon, Lucien Lechat et Louis Girard, du 336e régiment d’infanterie, ont été condamnés suite au refus collectif de la compagnie de remonter à l’assaut. Ils ont été réhabilités en 1934 par la Cour spéciale de justice, cette dernière comprenant des anciens combattants.
  • Le soldat Jean-Baptiste Bachelier, né aux Sorinières (44) est fusillé le 4 juillet 1915 à 25 ans 22.
  • Auguste Gonsard, soldat du 104e régiment d’infanterie, condamné à mort et fusillé en mars, pour abandon de poste par automutilation. Il fut réhabilité en 1925.
  • Joseph Gabrielli, soldat du 140e régiment d’infanterie. Pauvre d’esprit, illettré et ne parlant que le corse, il avait perdu le contact avec sa compagnie après s’être fait soigner d’une blessure reçue lors d’une attaque. Condamné pour abandon de poste le 14 juin 1915 et fusillé le jour même, il fut réhabilité par la Cour spéciale de justice le 4 novembre 1933.
  • Louis Pardimène, né le 15 juillet 1880 à Barzun (64), fils de Pierre et de Marie Ribes, soldat du 83e régiment d’infanterie a été fusillé le 7 janvier 1915 à Châlons-sur-Marne (51)
  • Le soldat Lucien Mervelay Lucien du 174e RI est exécuté à Saint-Amand-sur-Fion (18) le 3 avril 1915 avec trois autres hommes d’autres régiments en présence de la 95e brigade.
  • Sont également fusillés dans l’Aisne en 1915 : François Bihouise (soldat du 88e RI, fusillé le 13/05/1915 à Maizy, inhumé au cimetière militaire de Pontavert), Régis Rochelimagne (soldat du 238e RI, fusillé le 21/05/1915 à Courmelles, condamné par le conseil de guerre de la 63e division pour voie de fait et outrage à supérieur), Lucien François Lequeux (soldat du 306e RI, fusillé le 07/03/1915 à Braine, Mardochée Louis Lévy (soldat du 49e RI, né le 08/08/1884 à Bayonne, fusillé le 15/01/1915 à Maizy, inhumé au cimetière militaire de Pontavert, célibataire, coiffeur, fils de David Albert Lévy), Louis Longuetaud (soldat du 249e RI, fusillé le 14/03/1915 à Bourg et Comin), Henri Louis Chassaigne (du 321e RI, fusillé le 30/07/1915 à Hartennes et Taux), Jules Émile Chipaux (du 42e RI, fusillé le 29/01/1915 à Saint-Pierre Aigle, inhumé au cimetière militaire de Crouy), Edouard Joseph André (du 24e RI, fusillé le 21/01/1915 à Berry au Bac)19.

France, 1916

En leur honneur à Reims.

  • Six soldats de Loire-Inférieure sont fusillés en 1916. Il s’agit de : caporal Joseph Bertin, né à Nozay, fusillé le 5 juin 1916 à 25 ans ; soldat Alexandre Kerfontan, né à Indre, fusillé le 24 juillet 1916 à 30 ans ; soldat Louis Legendre, né à Fégréac, fusillé le 29 novembre 1916 à 33 ans ; caporal Émile Le Pahun, né à Saint-Nazaire, passé par les armes le 1er juin 1916 à 30 ans ; soldat Joseph Porcher, né à Saint-Nazaire, passé par les armes le 24 octobre 1916 à 36 ans ; soldat Jean-Michel Suraud, né à Nantes, passé par les armes le 7 septembre 1916 à 34 ans22.
  • En même temps que Jean-Michel Suraud, sont fusillés avec lui le 7 septembre 1916 à Verderonne (Oise) : Justin Louis Lorho (soldat au 3e R.A.C., né le 12/07/1892 dans le Morbihan à Saint Pierre Quiberon) et Louis François Mathurin Chevestrier (marsouin au 8e R.I.C, né dans les Côtes d’Armor le 25/01/1880 à Saint-Juvat)23.
  • Les sous-lieutenants Henri Herduin et Pierre Millant, du 347e régiment d’infanterie. Pour s’être repliés sur Verdun alors qu’ils étaient à court de munitions et dans l’impossibilité de recevoir des renforts, avec ce qui restait de leur compagnie (une quarantaine d’hommes), ils furent exécutés sans jugement à Fleury-devant-Douaumont le 11 juin 1916. En 1921, Louis Barthou le Ministre de la guerre, écrit aux familles en indiquant, que les deux fusillés sont morts pour la France alors que ces fusillés ne sont pas réhabilités juridiquement. Ces compensations honorifiques et militaires sont complétés par des réparations financières. Ils seront réhabilités officiellement en 1926.
  • Sont fusillés le 22/05/1916 à Roucy (02) après avoir été condamnés à mort le 30/04/1916 par le Conseil de guerre de la 55e division pour avoir refusé pendant une heure de remonter aux tranchées : Émile Frédéric Lhermenier (soldat au 96e RI, né le 15/04/1894, peigneur de chanvre, célibataire, fils de Alexandre Lhermenier et de Louise Souty, inhumé au cimetière militaire de Pontavert dans l’Aisne), Lucien Baleux (soldat au 96e RI, 2e compagnie, né le 31/01/1897 à Paris (19e), célibataire, fils de Alexandre Alfred Baleux et de Victorine Henriette Croisoeufs), Félix Louis Milhau (soldat au 96e RI.), Paul Pierre Regoult (soldat au 96e RI)19.
  • Le soldat Le Dû fusillé en septembre 1916, dans l’Oise, pour rébellion.
  • Le caporal Sylvestre Marchetti et le soldat Julien Lançon, du 8e régiment d’infanterie coloniale, fusillés le 22 octobre à 6 h 30, au lieu-dit La Cavée d’Hayon à Sarcus, dans l’Oise24.
  • Sont également fusillés dans l’Asine en 1916 : Armand Désiré Gontier (du 75e RI, fusillé le 20/12/1916 à Guyencourt), Théophile Boisseau (du 246e RI, né en août 1844 à Paris, fusillé le 06/06/1916 à Maizy, inhumé au cimetière militaire de Pontavert)19.

France, 1917

  • Le caporal Joseph Dauphin, (voir biographie ci-dessous) du 70e bataillon de chasseurs à pied condamné à mort le 06/06/1917 suite à la mutinerie de Beuvardes car sous l’effet de l’alcool (les permissions avaient été refusées), il aurait tiré quelques coups de fusil et lancé à la cantonade des « propos séditieux ». Avant cette condamnation il avait reçu en 1915, la Croix de guerre avec palmes pour plusieurs actes héroïques. Promu caporal, il reçut par trois fois une citation pour sa conduite exemplaire au combat. Il n’a pas été réhabilité. Fusillé le 12/06/1917 à Ventelay (51). Cultivateur, marié, père d’un enfant. Inhumé au cimetière militaire de Cormicy (51).
  • Sont fusillés le 20/06/1917 à Chacrise (02) : Charles Vally (soldat du 60e BCP, né le 08/02/1892 à Raon les Leau (54), fils de Charles Vally et de Marie Paradis. Condamné par le Conseil de guerre de la 77e division prononcé le 12/06/1917 pour crime de refus d’obéissance en présence de l’ennemi), Victor Alexandre Norbert Degouet (soldat au 159e RI, né le 25/12/1895 à Paris, opérateur au cinématographe, fils de Alexandre Degouet et de Félicie Evrard), Louis Flourac (soldat au 60e BCP, né le 05/07/1893 à Saint Ybars (09), cultivateur, fils de Joseph Flourac et de Rose Lacoste), Joseph Célestin Bonniot (du 97e RI, né le 22/02/1884 à Celles (38), fusillé le 20/06/1917 à Chacrise, boulanger, fils de Augustin Bonniot et de Léonie Chrétien, marié)19.
  • Arthur Nicolas Renauld (du 70e B.C.P., né le 05/12/1891 à St Amand les Eaux (59) et fusillé le 12/06/1917 à Ventelay (51). Mineur, marié, père d’un enfant. Matricule 2194 au recrutement de Valencienne classe 1911 (Source AD 59 : Volume 9 page 237)19.
  • François Marie Laurent du 247e régiment d’infanterie, originaire de Mellionnec est souvent cité comme ayant été exécuté « parce que ce Breton ne savait pas le français ». N. Offenstadt produit (page 41) le certificat du médecin militaire, le docteur Buy, qui le soupçonne de mutilation volontaire, alors qu’il est blessé à la main gauche. La contre-expertise de 1933 conclut que la pièce médicale du dossier est insuffisante pour prouver une mutilation volontaire. Il est réhabilité en 193425.
  • Le soldat Jules Allard, né à Nantes, est fusillé le 13 février 1917 à 24 ans22.
  • Sont également fusillés dans l’Aisne en 1917 : Pierre Gaston Lefèvre (né le 04/06/1897 à Morfontaine (54) et fusillé le 16/06/1917 à Soissons, cantonnier, fils de Jean-Baptiste Lefèvre et de Zoé Reder, condamné à mort le 09/06/1917 suite à la mutinerie de Mercin, par le Conseil de guerre de la 13e division pour révolte par prise d’armes sans autorisation et agissements contre les ordres des chefs), Albert Emilien Truton (soldat au 75e RI, né le 07/10/1895 à Le Mage (61) et fusillé le 16/06/1917 à Pargnan, cultivateur, fils de Constant Truton et de Françoise Maintenant, marié, père d’un enfant, Croix de guerre avec étoile de bronze, condamné à mort Suite à la mutinerie de Pargnan par le Conseil de guerre de la 27e division le 10/06/1917 pour refus d’obéissance, étant commandé pour marcher contre l’ennemi, inhumé au cimetière militaire de Cerny en Laonnois), Pierre Louis Joseph Ramette (du 273e RI, fusillé le 01/05/1917 à Longueval), Joseph Louis Ruffier (du 370e RI, né le 04/05/1884 à Lachassagne (69), fusillé le 06/07/1917 à Saint Pierre Aigle, inhumé au cimetière militaire de Vauxbuin), Henri Désiré Valembras (du 323e RI, cultivateur, né en 1887 à Avernes sous Exmes (61) et fusillé le 13/06/1917 à Craonne, inhumé au cimetière militaire de Pontavert), André Alfred Vasse (du 274e RI, né le 04/01/1893 à Graville (50), fusillé le 02/07/1917 à Paars), Simon Krief (du 4e régiment de zouaves, fusillé le 14/02/1917 à Pavant), Jean-Louis Lasplacettes (du 18e RI, né le 26/08/1887 à Aydius (64), fusillé le 12/06/1917 à Maizy, cultivateur, fisl de Michal Lasplacettes et de Anne Casebonne), Jean Claude Gaillet (du 417e RI, fusillé le 02/11/1917 à Juvigny), René Louis Brunet (du 20e BCP, fusillé le 10/06/1917 à Grisolles), Émile Paul Buat (du 21e BCP, fusillé le 10/06/1917 à Grisolles), Casimir Canel (du 18e RI, né le 01/03/1896 à Avesne les Comte (62), fusillé le 12/06/1917 à Maizy), Alphonse Robert Didier (du 18e RI, né le 07/04/1884 à Vagney (88), fusillé le 12/06/1917 à Maizy, employé de commerce, fils de Félicien Didier et de Marie Lecomte), Hassan Ben Salah Ben M’Bareck (du 8e régiment de tirailleurs, fusillé le 05/10/1917 à Droizy)19.

France, 1918

  • Le soldat Gillet est exécuté le 2 juin 1918. La Ligue des droits de l’Homme va accompagner pendant plusieurs années le père du fusillé pour obtenir, sans succès, sa réhabilitation. En août 1920 est décernée une décoration militaire posthume à Gillet13.
  • Sont également fusillés dans l’Aisne en 1918 : Charles Victor Robert (du 131e RI, fusillé le 04/01/1918 à Bouconville Vauclair, inhumé au cimetière militaire de Pontavert), Georges Gaillagot (du 49e RI, fusillé le 08/10/1918 à Allemant)19.

On constate, durant cette dernière année du conflit, un déclin des exécutions. Les commandements militaires comprenant mieux l’état mental des soldats provoqué par les conditions de vie en guerre notamment sous les bombardements

Notes et références

  1. ↑ Les fusillés de Fursac [archive].
  2. ↑ Nicolas Offenstadt, Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999, p. 21.
  3. ↑ Jean-Yves Le Naour, Fusillés : enquête sur les crimes de la justice militaire, 2010.
  4. ↑ Nicolas Offenstadt, Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999, p. 31.
  5. ↑ chiffres officiels donnés par le gouvernement fin juin 1917, voir H. Castex, op. cit. Guy Pedroncini évalue ces condamnations à mort entre 60 et 70. Ces chiffres ont récemment fait l’objet d’une réévaluation à la baisse : selon l’historien D. Rolland il y aurait eu environ 30 exécutions.
  6. ↑ Nicolas Offenstadt, Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999, p. 63.
  7. ↑ Nicolas Offenstadt, Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999, p 63 : Entretien de Offenstadt avec Jean Claude Pettelet petit-fils du fusillé.
  8. ↑ Question écrite n° 25440 publiée dans le J.O. du Sénat du 30 novembre 2006, p. 2983.
  9. ↑ Article L. 488 [archive] du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre.
  10. ↑ Réponse du Ministère délégué aux anciens combattants publiée dans le J.O. du Sénat le 1er mars 2007, p. 454.
  11. ↑ Site anglais sur les fusillés [archive].
  12. ↑ Site canadien sur les fusillés [archive].
  13. a et b Nicolas Veysset, Fusillés de la grande guerre. Campagne de réhabilitation de la Ligue des droits de l’Homme 1914-1934.
  14. ↑ Fusillés de la Grande Guerre, SCÉRÉN-CNDP, 2011. http://www.cndp.fr/fileadmin/user_upload/POUR_MEMOIRE/fusilles/120106_PM-fusilles-grande-guerre.pdf [archive].
  15. ↑ D. Callabre et G. Vauclair, préface d’André Bach, Le fusillé innocent 1914-1917, Édition Autrement, octobre 2008, (ISBN 978-2-7467-1201-0).
  16. ↑ Article de Nord Éclair du 10/11/2011.
  17. ↑ Robert Attal et Denis Rolland, La justice militaire en 1914 et 1915 : le cas de la 6e armée.
  18. ↑ M. Nadaud et M. Pelletier, Il ne s’était pas rendu, Lieutenant Chapelant (1926) [archive].
  19. a, b, c, d, e, f, g, h et i La Lettre du Chemin des Dames, hors-série n°1 – « Au nom du peuple français…

 

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Quelques biographies 

 

Marcel Loiseau

Marcel Loiseau né en 1891 à Fontenelle-en-Brie et soldat au 106e RI et agent de liaison, est connu pour avoir été fusillé pour l’exemple pendant la Première Guerre mondiale

Les faits

En septembre 1914, lors d’une attaque à Vaux les Palameix (Meuse) près de Verdun, Marcel Loiseau est blessé. Il se rend à l’infirmerie quand il croise le capitaine Girard qui lui donne l’ordre de regagner les lignes malgré sa blessure. Le soldat, qui souffre, désobéit et rejoint l’infirmerie pour se faire soigner. Le capitaine Girard rédige un rapport et l’accuse de s’être mutilé volontairement. Le conseil de guerre condamne, le 11 octobre 1914, Marcel Loiseau à la peine de mort pour abandon de poste et mutilation volontaire. La sentence est exécutée le lendemain à Mouilly.

Réhabilitation

Le 17 mars 1922, la chambre criminelle de la Cour de cassation constatant qu’il n’y avait pas de charges suffisantes, réhabilitait le fusillé. Sa réhabilitation est due en partie à l’action de la Fédération de l’Aisne des associations de mutilés, veuves et anciens combattants

 

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Léonard Leymarie

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Léonard Leymarie (4 janvier 1880 à Seilhac — 12 décembre 1914 à Port-Fontenoy) est un militaire français de la Première Guerre mondiale. Cultivateur dans le civil, il était soldat de 2e classe dans le 305e régiment d’infanterie, 19e compagnie. Il est connu pour avoir été fusillé pour l’exemple pendant la Première Guerre mondiale.

Léonard Leymarie est né le 4 janvier 1880 au hameau de Champeil, commune de Seilhac, chef-lieu de canton du département de la Corrèze. Son père, Léonard Leymarie, âgé de 40 ans, et sa mère Marie dite Françoise Gaud, âgée de 37 ans, étaient cultivateurs. Il épouse, le 22 juin 1911, Marie Françoise Mialoux, cuisinière, née le 9 décembre 1884 à Chamboulive, domiciliée au Coudert, village de Chamboulive, alors résidant à Libourne (Gironde).

Incorporé à compter du 10 novembre 1901 au 2e bataillon de chasseurs à pied (B.C.P.), il arrive au corps le dit jour. Il est envoyé dans la disponibilité le 20 septembre 1902 étant devenu dispensé (il a un frère au service), en attendant son passage dans la réserve. Un certificat de bonne conduite (C.B.C.) lui est accordé. Il accomplit par la suite deux périodes d’exercice à Tulle, la première au 100e R.I. et la seconde au 300e R.I.. Rappelé en tant que réserviste par le décret de mobilisation générale, il est versé, le 12 août 1914, au 305e régiment d’infanterie (Riom).

Invité par ses camarades de tranchée à aller se faire soigner pour une blessure à une main, il est traduit devant le Conseil de guerre spécial de la 63e division d’infanterie pour abandon de poste en présence de l’ennemi par « mutilation volontaire », sur les données très contestables d’un simple rapport médical, acte pour lequel il avait toujours protesté de son innocence, ayant été blessé à la main à son poste de guetteur1.

A l’unanimité du jury, il est condamné à mort et aux dépens envers l’Etat le 12 décembre 1914. La minute du jugement n° 47 du Conseil de guerre permanent de la 63e division d’infanterie, séant à Saint-Bandry (Aisne), nous donne l’identité du président, le colonel Joseph Louis Marie Andlauer (1869-1956), commandant la 126e brigade d’infanterie, et des quatre juges (Roux, Ballay, Gignoux et Boucharie), tous nommés par le général Georges Louis Edmond Jullien (1858-1933) qui se trouve lui-même sous les ordres du général Etienne Godefroy Timoléon, comte de Villaret (1854-1931), commandant le 7e Corps d’armée. L’accusé est « inculpé d’abandon de poste devant l’ennemi. » Les circonstances de cet « abandon de poste » ne sont pas indiquées ; les déclarations de l’accusé, des témoins et de son défenseur – le maréchal des logis François Guillaume, du 14e dragons (dans le civil, avocat inscrit au barreau de Clermont-Ferrand) – ne sont pas non plus rapportées. Enfin, on ne trouve pas mention de sa blessure à la main.

C’est en vain que l’abbé François Rochias (1880-1961), aumônier de la division, est venu intercéder auprès du général Jullien la clémence pour le condamné. La sentence est exécutoire le jour même à 16h30 à Port-Fontenoy, sur les bords de l’Aisne gelée. Leymarie laissera une lettre dans laquelle il clame son innocence2.

Le même tribunal de guerre condamnera, le 12 décembre 1914, et fera exécuter, à trois kilomètres de là, par un autre peloton, Jean Grataloux (né le 9 décembre 1880 à Saint-Just-sur-Loire, Loire), soldat 2e classe au 238e R.I., accusé de mutilation volontaire.

Léonard Leymarie laisse deux enfants nés à Seilhac : André Louis (16 mars 1912) et Marie-Louise (5  octobre 1913), adoptés par la Nation (pupilles de la nation) par jugement du tribunal civil de Tulle daté du 23 octobre 1919. Pour survivre, Marie Françoise Mialoux quitte Seilhac trois mois après le drame. Elle s’installe à Tulle, au n° 1, impasse Saint-Martin, où elle exerce le métier de ménagère.

Réhabilitation et mention « Mort pour la France »

Léonard Leymarie aurait été réhabilité si l’on en croit sa fiche, visible sur le site S.G.A. / Mémoire des hommes3. Mais aucune date n’est donnée. C’est qu’en fait, sa réhabilitation a échoué malgré les efforts répétés de la Ligue des droits de l’Homme (L.D.H.) dans les années 1920 :

  • rejet, le 16 janvier 1922, de sa demande de réhabilitation par la Chambre des mises en accusation de la Cour d’appel de Limoges4,
  • confirmation par la Cour de cassation, le 7 juillet 1922, de l’arrêt rendu par Limoges,
  • échec de l’ultime recours transmis au ministère de la Justice en 1925.

En revanche, Leymarie a bien eu la mention « Mort pour la France » dont la création, postérieure à sa mort, remonte à la loi du 2 juillet 1915. Son acte de décès qui porte le numéro 99 a été rédigé à Ambleny (Aisne) le 19 décembre 1914 par le lieutenant officier de l’état civil du 305e R.I.. La transcription sur le registre d’état civil de Seilhac a été effectuée le 29 avril 1915 (acte n° 12). Cette mention a été inscrite rétroactivement sur les actes cités5. C’est le cas pour tous les militaires décédés entre août 1914 et l’entrée en vigueur de la loi de juillet 1915. Son attribution suit des critères bien précis. Le décès de Léonard Leymarie répond à deux d’entre eux : la mort est survenue en zone de guerre et il a été déclaré « tué à l’ennemi ». Cette ambigüité s’est poursuivie en 1919 puisque, dans les documents constituant le dossier des enfants pupillaires6, le père est dit « tué à Fontenoy » sans autre précision7. Et les juges du tribunal civil de Tulle n’ont pas cherché à en savoir davantage sous peine d’empêcher la veuve et les enfants de bénéficier des lois aidant les familles des militaires défunts.

Le corps de Leymarie repose au cimetière militaire d’Ambleny. Pourtant, jusqu’en 2008, le nom du fusillé est demeuré absent du monument aux morts de Seilhac inauguré le dimanche 19 décembre 19268. Il a fallu attendre l’année 1994 pour que le maire de Fontenoy inaugurât, en novembre, à proximité de l’église, une stèle en l’honneur du Corrézien et d’un autre malheureux, Lucien Bersot, né le 7 juin 1881 à Authoison (Haute-Saône) et fusillé pour avoir refusé de porter le pantalon couvert de sang d’un soldat mort sur le champ de bataille.

Le discours prononcé par le Premier ministre Lionel Jospin à Craonne le 5 novembre 1998 a ouvert des perspectives sur l’amnistie à accorder aux soldats fusillés pour l’exemple en 1917. Il a exprimé le souhait que ces militaires « réintègrent pleinement notre mémoire collective nationale »9.

Michel Agnoux, secrétaire-adjoint de la section A.R.A.C. (Association républicaine des anciens combattants) de Saint-Jal, délégué à la Mémoire du Comité départemental, s’est battu sans relâche pour que la Nation répare l’outrage consécutif à la condamnation pour l’exemple du soldat Leymarie et l’outrage à sa mémoire qui s’en est suivi. Ses recherches ont commencé en 1999, après avoir lu l’ouvrage « Paroles de Poilus » où la lettre laissée par le condamné est reproduite10. Sa première évocation du sort du militaire seilhacois remonte au dimanche 9 novembre 2003 à Saint-Jal, dans le cadre des activités de l’Amicale laïque. Michel Agnoux n’a cessé, depuis, de réclamer l’inscription du nom du fusillé sur le monument de Seilhac.

2006-2008 : les mentalités évoluent

En 2006, le sénateur de la Corrèze Georges Mouly attire l’attention de M. Hamlaoui Mekachera, alors ministre délégué aux anciens combattants, sur les « fusillés pour l’exemple. » Il lui demande l’état de la réglementation actuelle quant à l’inscription du nom des fusillés pour l’exemple réhabilités sur les monuments aux morts des communes, où ils ne figurent pas11.
Dans sa réponse, le ministre rappelle que les noms des militaires fusillés pour l’exemple puis réhabilités peuvent être inscrits sur les monuments aux morts communaux, s’ils se sont vu attribuer la mention « mort pour la France ». Cette décision d’inscription incombe aux communes, sous la tutelle du préfet. Il n’existe toutefois aucune obligation d’inscription pour les communes.

L’article L. 488 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre distingue cinq catégories de morts pour la France :

  • 1°) les militaires qui ont été tués à l’ennemi,
  • 2°) ceux qui sont morts de blessures de guerre,
  • 3°) les décédés de maladie contractée en service commandé en temps de guerre,
  • 4°) les victimes d’accident survenu en service,
  • 5°) ceux qui sont morts à l’occasion du service en temps de guerre 12.

Le 16 avril 2008, jour du 91e anniversaire du déclenchement de l’offensive du Chemin des Dames, le conseil général de l’Aisne vote symboliquement et à l’unanimité, un vœu invitant « la République française à prendre dans sa générosité […] la décision de reconnaître les soldats condamnés pour l’exemple comme des soldats de la Grande Guerre à part entière […] de façon que leurs noms puissent être légitimement inscrits sur les monuments aux morts des communes de France, à la demande de leurs familles ou des associations et collectivités concernées. »13. Le 20 octobre 2008, le conseil général du Doubs délibérera dans le même sens14.

Le 11 novembre 2008, le président de la République Nicolas Sarkozy profite des célébrations du 90e anniversaire de l’armistice de la guerre de 1914-1918 pour évoquer, au fort de Douaumont, les fusillés pour l’exemple : « … Quatre-vingt-dix ans après la fin de la guerre, je veux dire au nom de notre Nation que beaucoup de ceux qui furent exécutés alors ne s’étaient pas déshonorés, n’avaient pas été des lâches mais que, simplement, ils étaient allés jusqu’à l’extrême limite de leurs forces… »15. La déclaration présidentielle est saluée, le 30 novembre suivant, par Denis Tillinac, chroniqueur à « La Montagne-Dimanche ». L’écrivain corrézien se dit satisfait qu’au nom du « devoir de mémoire », les soldats envoyés au « poteau d’infamie » soient désormais associés aux hommages publics que l’on rend aux héros anonymes de la Grande Guerre16.

La commune de Seilhac passe à l’acte en décidant de réparer l’injustice qui pèse sur son concitoyen fusillé et ses descendants. En 2008, un accord unanime du conseil municipal autorise l’inscription de Léonard Leymarie sur le monument aux morts dont la liste comptera désormais 93 noms. Une cérémonie spéciale est organisée le vendredi 12 décembre à l’initiative de la municipalité. Le maire Marc Géraudie y prononce un discours qui est suivi d’un dépôt de gerbe au nom de la commune17. Une délégation de l’Aisne participe à cet hommage. Le conseil général de ce département est représenté par le vice-président chargé de la culture, divers conseillers généraux dont ceux de Craonne et de Vic-sur-Aisne, des représentants de l’association « Soissonnais 14-18 »18.

Il faut savoir que le département compte trois autres Corréziens, tous fusillés en 1915 :

  • Mathieu Léon Gasparoux, né le 1er octobre 1886 à Meymac, fils de Louis, maçon, et de Françoise Goudenèche. Soldat 2e classe à la 21e compagnie du 300e régiment d’infanterie, il a été fusillé pour désertion à Villers-Bocage (Somme) le 30 juin 1915.
  • François Marsaleix, né le 17 novembre 1896 à Saint-Jal, fils de Martial et de Jeanne Besse, cultivateur. Chasseur à la 3e compagnie du 22e bataillon de chasseurs à pied, il a été exécuté le 22 octobre 1915 au camp de Tinfronce, près d’Aubure (Haut-Rhin) pour tentative de désertion.
  • Léon François Peyrical, né le 24 décembre 1880 à Albussac, fils de Géraud et de Marie Leymarie, cultivateur. Soldat 2e classe à la 2e compagnie du 47e régiment d’infanterie, il a été fusillé le 9 octobre 1915 à Saint-Thomas-en-Argonne (Marne) pour refus d’obéissance en présence de l’ennemi.

Seuls François Marsaleix et Léon François Peyrical ont leurs noms inscrits, dès l’origine, sur les monuments aux morts de leur commune de naissance respective. Tous trois n’ont jamais été reconnus comme « Morts pour la France ».

Depuis 2006, Seilhac a été la troisième commune en France à avoir fait inscrire, en connaissance de cause, le nom d’un soldat fusillé sur un monument aux morts. Seules deux communes l’avaient précédée dans ce devoir de mémoire :

  • Blangy-sur-Bresle (Seine-Maritime) où, le 11 novembre 2006, fut dévoilée sur le monument aux morts, une plaque du souvenir en l’honneur d’un enfant de l’assistance publique, André-Albert Lecroq, ouvrier verrier, soldat au 39e régiment d’infanterie, qui fut condamné à mort pour absence devant l’ennemi le 11 mai 1915 à Coulommes-la-Montagne (Marne) puis fusillé pour l’exemple, le 18 mai suivant, à Vrigny (même département)19.
  • Saint-Ybars (Ariège) où, le 20 juin 2007, la municipalité a fait ajouter sur son monument aux morts le nom de Louis Flourac, soldat du 60e bataillon de chasseurs à pied, fusillé 90 ans plus tôt, le 20 juin 1917 à Chacrise, dans l’Aisne, pour mutinerie organisée avec ses camarades20.

Depuis l’inscription de Léonard Leymarie sur le monument de Seilhac, trois autres communes ont suivi le mouvement :

  • Aydius (Pyrénées-Atlantiques), où, le 17 mai 2009, fut apposée, sur son monument aux morts, une plaque commémorative au nom de Jean-Louis Lasplacettes, soldat 2e classe du 18e régiment d’infanterie condamné à la peine capitale et passé par les armes le 12 juin 1917 à Maizy (Aisne) pour sa participation à une révolte de soldats survenue quelques jours plus tôt, à l’arrière du front, dans le village de Villers-sur-Fère21.
  • Saint-Michel-de-Chavaignes (Sarthe) où la municipalité fit graver sur le monument communal, le 11 novembre 2009, le nom de l’un des siens, Maurice Joubert, soldat au 115e régiment d’infanterie, fusillé à Suippes le 18 mars 1915 (Marne), deux jours après l’exécution sur les mêmes lieux de Maupas et des trois autres caporaux de Souain22.
  • Yvré l’Évêque (Sarthe) où, le 11 novembre 2010, fut ajouté sur le monument le nom d’Émile Lherminier, fusillé le 22 mai 1916 avec trois de ses camarades du 96e régiment d’infanterie, pour refus d’obéissance, à Roucy, dans l’Aisne23.

Notes et références

  1. ↑ Les Fusillés de la grande guerre, de Nicolas Offenstadt, 1999, p.127, 153, 223.
  2. ↑ Lettre publiée notamment dans Paroles de Poilus, 1998, p. 87-88.
  3. ↑ Ce site met à la disposition du public les bases de données réalisées à partir de la numérisation et de l’indexation de fiches biographiques des morts pour la France de la Grande Guerre qui sont conservées par le ministère de la Défense (http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr [archive]).
  4. ↑ Arch. dép. Haute-Vienne 3 U 919.
  5. ↑ Depuis cette loi, la mention marginale « Mort pour la France » est attribuée automatiquement à tous les combattants tués par l’ennemi.
  6. ↑ Archives départementales de la Corrèze, série U.
  7. ↑ . Il en est de même, dans son registre matricule (classe 1910, n° 1466) où est portée la mention « Tué à l’ennemi le 12 décembre 1914, à Port-Fontenoy » sans autre précision (Archives départementales de la Corrèze, série R).
  8. ↑ Annonce parue dans le journal La Croix de la Corrèze du dimanche 28 novembre 1926.
  9. ↑ Propos qui avaient fait scandale dans une partie de la classe politique à l’époque.
  10. ↑ Michel Agnoux s’est senti concerné par le sujet car il n’avait entendu parler ni de Léonard Leymarie alors qu’il avait enseigné au collège de Seilhac de 1968 à 1987, ni de sa veuve née au Coudert de Chamboulive où lui réside depuis 1958.
  11. ↑ Question écrite n° 25440 publiée dans le J.O. du Sénat du 30 novembre 2006, p. 2983.
  12. ↑ Réponse du Ministère délégué aux anciens combattants publiée dans le J.O. du Sénat le 1er mars 2007, p. 454.
  13. ↑ analyse de la session du Conseil général [archive]
  14. ↑ Délibération du conseil général du Doubs [archive]
  15. ↑ France Soir : Hommage de Nicolas Sarkozy aux fusillés [archive]
  16. ↑ « Inclinons-nous devant les innombrables héros anonymes de la Grande Guerre, ils méritent le témoignage de notre reconnaissance […] Mais n’oublions pas non plus leurs frères d’infortune, occultés, dénigrés ou méprisés par la mémoire collective. Ils ont combattu eux aussi pour la France, ils méritent sinon notre hommage, du moins notre respect… » (La Montagne-Dimanche, « Chronique du temps présent », 30 novembre 2008).
  17. ↑ Article de Jacky Durand du journal Libération [archive]
  18. ↑ Pour plus de détails, lire l’article du journal La Montagne publié le 2 décembre 2008 et un nouvel article paru article sur le blog ldh19.over-blog.com (http://ldh19.over-blog.com/article-25280615.html [archive].
  19. ↑ [1] [archive]
  20. ↑ après l’échec de l’offensive Nivelle sur le Chemin des Dames Soirée conférence à la mémoire de Louis Flourac [archive]

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Félix Baudy

Félix François Louis Baudy, né le 18 septembre 1881 à Royère-de-Vassivière, et mort le 20 avril 1915 à Flirey, est un soldat fusillé pour l’exemple pendant la Première Guerre mondiale, incorporé au 63e RI, 5e Cie.

Félix Baudy est un militant du syndicat des maçons et aides de Lyon de la Confédération générale du travail fondée à Limoges en 1895. C’est un maçon de la Creuse travaillant sur les chantiers de Lyon. Il a été fusillé pour l’exemple le 20 avril 1915 à Flirey, suite au refus collectif de sa compagnie de remonter à l’assaut de la crête de Mort-Mare1.

Circonstances de la peine

Le 19 avril 1915, une attaque devait avoir lieu à Mort-Mare (5 km sud de Thiaucourt), afin d’enlever une tranchée encore occupée par les Allemands au centre d’une première ligne conquise quelques jours plus tôt avec la perte de 600 hommes. Les troupes d’assaut avaient été tirées au sort et le hasard avait désigné l’une des compagnies fortement malmenées les 3, 4 et 5 avril lors des combats sur la route de Thiaucourt.

Au signal de l’attaque cette compagnie de 250 hommes refuse de partir à l’assaut et de quitter la tranchée : « ce n’est pas notre tour d’attaquer » disent-ils. Quelques instants auparavant, parmi les quinze hommes qui venaient de sortir de la tranchée douze avaient été tués ou blessés et restaient là, sous les yeux de leurs compagnons2.

Le général Delétoile ordonne que les 250 soldats passent en cour martiale pour délit de lâcheté afin d’être exécutés. Après l’intervention d’autres officiers, cinq hommes sont finalement désignés et comparaissent, pour une parodie de procès. L’un d’eux est acquitté. Deux hommes ont été choisis par tirage au sort dont le soldat François Fontanaud de Montbron en Charente. Les trois autres : le caporal Antoine Morange né à Champagnac-la-Rivière en Haute-Vienne, les soldats Félix Baudy de Royère-de-Vassivière et Henri Prébost né à Saint-Martin-Château dans la Creuse et lui aussi ouvrier maçon à Villeurbanne, ont été désignés par leurs supérieurs en raison de leur appartenance syndicale à la CGT. Le général Joffre de passage dans le secteur aurait refusé sa clémence exigeant la plus grande sévérité à l’égard de la compagnie.

Le 20 avril, le caporal Antoine Morange, les soldats Félix Baudy, François Fontanaud et Henri Prébost sont fusillés à la lisière d’un bois de Manonville.

Les fusillés pour l’exemple de Flirey s’ajoutent à ceux de Vingré, Fontenoy, Fleury, Mouilly, Montauville… En quatre ans, 2 400 « poilus » auront été condamnés à mort et 600 exécutés3, les autres voyant leur peine commuée en travaux forcés.

Réhabilitation

Très peu, environ une quarantaine sur 600, dont Félix Baudy et ses compagnons de malheur, ont été rétablis dans leur honneur dans les années 1920 ou 1930. Félix Baudy et ses trois compagnons ont été réhabilités en 1934.

Mémoire

La sépulture de Félix Baudy se situe dans le cimetière communal de Royère-de-Vassivière où une plaque, réalisée par ses amis maçons, y est posée avec cette inscription: « Maudite soit la guerre – Maudits soient ses bourreaux – Baudy n’est pas un lâche – Mais un martyr ». Cette plaque a été rénovée en 2005 à l’initiative du comité laïque des amis du monument de Gentioux 4. Son nom est aussi inscrit sur le monument aux morts de la commune5.

Chaque 11 novembre des militants de divers horizons viennent déposer une gerbe sur la tombe de Félix Baudy dans le cimetière de Royère-de-Vassivière, après s’être recueillis devant le monument aux morts pacifiste de Gentioux.

Notes et références

  1. ↑ Mémorial GenWeb [archive]
  2. ↑ Les crimes des conseils de guerre de RG Réau 1926 Page 324
  3. ↑ Les fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Nicolas Offenstadt, Odile Jacob, 1999, p. 21
  4. ↑ Information GenWeb [archive]
  5. ↑ Information GenWeb [archive]

 

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Lucien Bersot

Le cas Lucien Bersot fut l’un des plus médiatisés parmi les soldats fusillés pour l’exemple pendant la Première Guerre mondiale. Son histoire a été reprise dans de nombreux ouvrages et adaptée à la télévision.

Le soldat Bersot

Lucien Jean Baptiste Bersot naît le 7 juin 1881 à Authoison (Haute-Saône) dans une famille de petits paysans. Ses parents étant venus s’installer à Besançon, Lucien y apprend le métier de maréchal-ferrant et s’y marie en 1908 avant de devenir père d’une petite fille en 1909.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il est mobilisé au 60e régiment d’infanterie, régiment avec lequel il se trouve pendant l’hiver 1914-1915 sur le front de l’Aisne, et qui vient de subir de lourdes pertes du côté de Soissons. Cependant, l’État-major jugeant ce régiment peu actif venait d’en confier le commandement, le 22 janvier 1915, au lieutenant-colonel Auroux, un ancien des troupes d’Afrique, chargé de lui rendre du mordant.

L’affaire

Comme il n’y avait plus en magasin de pantalon à sa taille, Lucien Bersot ne pouvait porter que celui en toile blanc fourni avec le paquetage remis lors de l’incorporation. Grelottant de froid dans les tranchées, il demanda le 11 février 1915 au sergent-fourrier un pantalon de laine identique à ceux que portaient ses camarades. Le sergent lui proposa alors un pantalon en loques et maculé de sang, pris sur un soldat mort, ce que Bersot refusa.

Pour ce refus, Lucien Bersot se vit infliger une peine de huit jours de prison par le lieutenant André. Mais le lieutenant-colonel Auroux, commandant du régiment, estima cette punition insuffisante et demanda sa comparution en Conseil de guerre spécial, véritable Cour martiale. Comme de nouvelles recrues encore non aguerries venaient d’arriver, son intention était manifestement de faire un exemple de discipline militaire.

Traduit pour « refus d’obéissance » le 12 février 1915 devant le Conseil de guerre « spécial » du régiment, présidé par Auroux, Bersot y fut condamné à mort. La peine infligée ne correspondait alors nullement au code de justice militaire car le délit avait été constaté à l’arrière et non au contact de l’ennemi. Deux compagnons du condamné (Elie Cottet-Dumoulin et Mohn André) intervinrent alors auprès du lieutenant-colonel pour tenter d’adoucir la sentence, mais ne furent pas entendus et se virent punis à leur tour de travaux forcés en Afrique du Nord. D’autres encore refusèrent de tirer sur leur camarade lors de son exécution qui eut lieu dès le lendemain (13 février 1915 à Fontenoy (Aisne1)) car les Conseils de guerre « spéciaux », contrairement aux Conseils de guerre « ordinaires », n’autorisaient aucune procédure d’appel.

Les suites

Après la guerre, une campagne de presse fut engagée par le journal Germinal sous la plume d’un jeune avocat, René Rucklin, conseiller général de Belfort. Soutenue par la Ligue des droits de l’homme, cette initiative permit d’obtenir la réhabilitation de Lucien Bersot dès le 12 juillet 1922. La Cour de cassation ne pouvait que statuer rapidement pour confirmer l’injustice dont fut victime le fusillé Bersot. Grâce à cette réhabilitation, sa veuve put prétendre à la pension de veuve de guerre et sa fille put être reconnue comme pupille de la nation.

Le colonel Auroux fut mis en cause pour avoir agi en toute illégalité, étant à la fois l’accusateur et le président du Conseil de guerre, et faisant infliger une peine sans commune mesure avec la faute (violation de l’article 24 du Code de justice militaire constatée par la Cour d’appel de Besançon, le 10 avril 1922). À l’Assemblée nationale, le député Louis Antériou, ancien combattant et futur ministre des Pensions, interpella le Gouvernement pour demander sa condamnation, mais André Maginot, ministre de la Guerre, repoussa la discussion sous le prétexte d’une campagne antimilitariste. Auroux, protégé par Maginot et par la hiérarchie militaire, échappa à tout jugement jusqu’à l’arrivée au pouvoir du Cartel des gauches, où il fut mis à la retraite en 1924 sans pouvoir obtenir le grade de général qui lui serait revenu sans ces évènements2. Il avait, auparavant, été fait Commandeur de la Légion d’honneur 3.

Lucien Bersot fut ré-inhumé en 1924 dans le cimetière de Besançon. Une stèle située à proximité de l’église de Fontenoy (Aisne), inaugurée en novembre 1994, rend hommage à Lucien Bersot et à un autre fusillé pour l’exemple : le soldat Léonard Leymarie du 305e régiment d’infanterie, exécuté le 12 décembre 1914 sous le prétexte de « mutilation volontaire » (sur les données d’un rapport médical), acte pour lequel il avait toujours protesté de son innocence (il avait été blessé à la main à son poste de guetteur ; or de nombreux cas de mutilation volontaire consistaient à tenir une cigarette allumée dans le creux de la main tendue par-dessus le parapet de la tranchée). Leymarie a été réhabilité en 1923.

La municipalité a récemment décidé d’apposer une plaque à l’entrée de la Maison du Peuple, 11, rue Battant. Cette plaque, inaugurée le 11 novembre 2009, honore la mémoire de Lucien Bersot et celle d’un autre poilu, Elie Cottet-Dumoulin, ouvrier ferblantier de Battant, condamné à dix ans de bagne pour avoir protesté contre la sanction qui frappait son camarade de régiment. Ce soldat est mort en Orient ( Serbie ) en 1917.

Une rue de Besançon porte le Nom de Bersot, mais elle honore la mémoire d’un bienfaiteur de Besançon ( François Louis Bersot ) .

Récits et adaptations

Le destin tragique de Lucien Bersot a été conté dans un livre d’Alain Scoff, Le Pantalon, paru en 1982 chez Jean-Claude Lattès et réédité en 1998.

Il donna également lieu à un téléfilm d’Yves Boisset, diffusé sur France 2 en 1999 et portant le même titre.

Notes et références

  1. Fiche Mort pour la France SGA – Mémoire des hommes – Morts pour la France [archive]
  2. Le téléfilm d’Yves Boisset prétend par erreur qu’Auroux obtint ses étoiles.
  3. R.-G. Réau, Les crimes des conseils de guerre, page 176, Éditions du Progrès Civique, Paris, 1925

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Joseph Dauphin

Joseph Dauphin, né à Tauves dans le Puy-de-Dôme le 10 février 1882, et mort le 12 juin 1917, est un soldat fusillé pour l’exemple par l’Armée française durant la Première Guerre mondiale.

Joseph Dauphin est né dans une famille de 10 enfants. Marié, père d’un enfant, le paysan Dauphin se trouvait incorporé dès le mois d’août 1914 au 70e bataillon de chasseurs à pied. Vaillant soldat, il reçut, dès 1915, la Croix de guerre avec palmes pour plusieurs actes héroïques, entre autres avoir ramené sur ses épaules un lieutenant gravement blessé près des barbelés de la tranchée ennemie ou bien encore avoir tenu une position jusqu’à épuisement de ses cartouches. Promu caporal, il reçut par trois fois une citation pour sa conduite exemplaire au combat.

Les faits

En juin 1917, après l’effoyable hécatombe de printemps sur le Chemin des Dames et les permissions étant refusées à son bataillon, Joseph Dauphin et plusieurs soldats qui l’accompagnaient ramassèrent une cuite mémorable. Sous l’effet de l’alcool (dont l’armée n’était pas avare) et sans trop savoir ce qu’ils faisaient, ils auraient tiré quelques coups de fusil et lancé à la cantonade des propos séditieux. Un fois dégrisé et conscient d’avoir fauté, Dauphin s’attendait à récolter quelques jours de prison, mais à sa grande surprise et sans vraiment comprendre, ses supérieurs l’envoyèrent devant le Conseil de guerre.

Seul gradé parmi les hommes interpellés et pour avoir chanté un peu fort J’ai deux grands bœufs dans mon étable (version contredite par l’accusation qui l’accusait d’avoir crié : A bas la guerre, vive la Révolution ! A bas Poincaré, vive la Russie !), le caporal Dauphin, considéré comme meneur dans la vague des mutineries de 1917, fut condamné à mort et fusillé le 12 juin 1917 à la ferme de Fété, près de Ventelay dans l’Aisne. François Brugière, son camarade de Tauves, vraisemblablement impliqué dans la même séance de beuverie et désigné pour faire partie du peloton d’exécution, refusa de tourner son fusil contre Joseph. Condamné à 10 ans de travaux forcés, il fut envoyé au bagne de Chief (ex-Orléanville) où il mourut d’épuisement le 12 février 1918. Joseph Dauphin, quant à lui, repose dans la nécropole de la Maison Bleue à Cormicy dans la Marne : tombe n° 8841.

Tentative de réhabilitation

Malgré de nombreuses campagnes de presse, il n’a jamais été réhabilité (toute requête de demande en révision étant jugée irrecevable par la justice après 1928). Sur les ondes de France-Inter, le journaliste Daniel Mermet a, pour sa part, consacré plusieurs émissions de Là-bas si j’y suis au cas du caporal Dauphin. C’est aussi dans la pensée de ces hommes injustement condamnés par la justice militaire que le Premier Ministre socialiste Lionel Jospin prononça, le 5 novembre 1998, son discours de Craonne, demandant qu’ils retrouvent leur place dans la mémoire collective, discours qui fit ressurgir de vieilles polémiques avec la droite française sans parvenir à trancher les désaccords sur le sujet toujours controversé des fusillés pour l’exemple.

Le nombre de soldats réhabilités pour toute la durée de la guerre, une quarantaine en tout, peut paraître relativement faible par rapport à l’ensemble des exécutions de la période 1914-1918 (environ 600, compte non tenu des exécutions sommaires sans jugement, dont un siècle de silence a maintenant effacé toute trace). Il s’explique en grande partie par le faible nombre des demandes de révision déposées, la majeure partie des familles de condamnés n’ayant pas jugé bon de donner suite pour des raisons diverses : hontes soigneusement cachées, difficultés pour constituer des dossiers solides et retrouver des témoignages, manque de moyens financiers, dépôts trop tardifs des demandes, omnipotence des autorités administratives et militaires, etc.

Notes et références

  1. Mémorial GenWeb [archive]

Source : WIKIPEDIA

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Exécuté sur son brancard !

Réhabilitez le lieutenant Chapelant fusillé pour l’exemple en 1914

Les crimes des Conseils de guerre : Chapelant texte de 1925

Les crimes des Conseils de guerre : Les quatre caporaux de Suippes texte de 1925 

Les crimes des Conseils de guerre : Vingré texte de 1925

D’autres noms pour l’exemple

24 novembre 2012

Les journaux des tranchées

Classé sous — milguerres @ 15 h 24 min


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Les journaux des tranchées
Éric Labayle
source : http://grande-guerre.org/?p=5530

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Avec la stabilisation du front et l’invention d’une nouvelle guerre, statique, les soldats adoptent un rythme de vie réglé sur celui des tranchées. Désormais, ils passent le plus clair de leur temps à attendre : attente de la relève, de la montée en ligne, du courrier, de la soupe, de la prochaine corvée, de l’attaque, de la permission, de la blessure ou de la mort… Dans cette existence morne et généralement désespérante, les distractions sont rares. Or, sur le front comme dans toute société organisée, le besoin de communication, d’expression et de fantaisie est vital. C’est la raison pour laquelle apparaissent très vite des feuilles ronéotypées, que l’on baptise « journaux de tranchées » (ou « journaux du front ») et qui sont diffusées plus ou moins largement, soit dans un secteur du front, soit au sein d’une unité, mais également, parfois, auprès des parents et amis restés à l’arrière.

Ces journaux de tranchée mettent à contribution tous les talents : dessinateurs, conteurs et journalistes en herbe y trouvent un espace de liberté propre à l’expression de leurs humeurs, presque un exutoire. Ils jouent également un rôle important en servant de lien entre les hommes de l’unité concernée. En ce sens, ils procèdent de l’esprit de corps, ce qui explique la grande tolérance dont le commandement fait généralement preuve à leur égard. Car l’humour présent dans ces « feuilles de chou » est souvent grinçant, tandis que le contenu rédactionnel flirte parfois avec les limites du tolérable par la censure militaire. Néanmoins, la production de journaux de tranchées reste abondante tout au long du conflit. Bien entendu, elle est plus dynamique dans les secteurs calmes, où les infrastructures permettent de réaliser des tirages de bonne qualité.

Voici une liste des journaux de tranchées édités par les corps de troupe de l’armée française. Nous l’avons voulue la plus complète possible, mais il subsiste sans doute des lacunes et des omissions (le contraire serait étonnant, étant donné la profusion de titres publiés et la modestie de la plupart des tirages). Si tel est le cas, n’hésitez pas à nous les signaler par e-mail, afin que nous puissions compléter cette liste.

Le classement suivant se fait par type d’unité éditant un journal, puis par ordre numérique des unités. Nous indiquons le titre de chaque journal de tranchée, ainsi que, le cas échéant, quelques précisions complémentaires (notamment la date de début de parution).

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Grandes unités

  • 3e région militaire : Le petit Bleu
  • 4e armée : L’Horizon
  • Armée d’Orient : Le Bavardier de l’armée d’Orient
  • Armée d’Orient : Revue franco-macédoniene
  • Front des Vosges : L’Écho des bombes – Parution le 12 novembre 1915. Ce journal est commun à toutes les troupes du secteur des Hautes-Vosges
  • 4e corps d’armée : L’Amuse-poilus
  • 15e corps d’armée : Le Canard poilu – Parution octobre 1914
  • 15e corps d’armée : Le Lapin à plumes
  • 4e DI : L’anti Cafard
  • 10e DI : La Reine du Front
  • 10e DI : Le Souvenir
  • 11e DI : Le Poilu déchaîné
  • 11e DI : Le Poilu de la division de fer
  • 12e DI : Le Voltigeur
  • 32e DI : Bellica – Parution en décembre 1915
  • 32e DI : Le tord Boyau
  • 56e DI : Le Cran
  • 60e DI : Le Flambeau
  • 64e DI : La Mitraille
  • 66e DI : L’Esprit du cor
  • 73e DI : Le Mouchoir
  • 169e DI : La Gazette du Dauphin – Il s’agit du journal du 29e RI, devenu l’organe de la division toute entière
  • 2e DC : Notre Rire
  • 20e brigade : Le Rigolboche
  • 103e brigade : Le Cri de guerre – Parution le 1er janvier 1915
  • 148e brigade : Le Rire aux éclats – Parution en juin 1916
  • 258e brigade : L’Écho de Tranchéesville – Parution en juillet 1915
  • Secteur postal 129 : Le Cri du poilu

Régiments d’infanterie d’active

  • 10e RI : Le Front sans Ride – Organe du 9e bataillon
  • 17e RI : Le Canard du biffin – Parution janvier 1918
  • 18e RI : Le Poilu saint-émilionnais – Parution en 1915, sous l’impulsion de l’abbé Bergey, aumônier au 18e RI. Plus qu’un journal régimentaire, il s’agit d’un bulletin de liaison des poilus originaires de la région de Libourne, dispersés dans divers régiments du 18e corps
  • 18e RI : Le Rayon
  • 19e RI : Le Sourire de l’escouade
  • 21e RI : Le petit Écho du 21e régiment d’infanterie
  • 22e RI : Poil au cœur
  • 23e RI : Le Rabiot – Parution en 1916, en tant que « journal des bleus » de la classe 1916
  • 23e RI : Le Poilu sans poil – Parution en 1917, en tant que « journal des bleus » de la classe 1917
  • 23e RI : L’Écho de la Mitraille – Ce journal est publié par la 1re compagnie de mitrailleurs du régiment
  • 24e RI : La Chiffa – Parution le 1er janvier 1915
  • 25e RI : L’Argonaute – Parution le 1er janvier 1916
  • 26e RI : Le Poilu du 26e
  • 29e RI : La Gazette du Dauphin – Parution en août 1917
  • 34e RI : La Jeunesse landaise
  • 37e RI : Le Poilu du 37 – Parution début 1916. Ce journal dispose d’un supplément littéraire baptisé La Musette
  • 51e RI : La Fourragère – Parution le 1er décembre 1917
  • 54e RI : Le Lacrymogène – Parution en avril 1916
  • 55e RI : La Gazette du 55
  • 66e RI : Sans Tabac – Parution en octobre 1915
  • 68e RI : Le Bochofage – Parution le 14 juillet 1916
  • 69e RI : Le Poilu du 6-9 – Parution en août 1916
  • 69e RI : Bouciboula
  • 72e RI : Le Cri-cri de l’Argonne – Journal de la 4e compagnie
  • 74e RI : L’Hip ! Hip ! Popot’ame – Parution mars 1915
  • 74e RI : L’Optique – Parution septembre 1915. Journal des signaleurs de la compagnie hors-rang
  • 74e RI : Le Canard du boyau – Parution septembre 1915
  • 76e RI : Ah bath ! – Parution en février 1915
  • 81e RI : Poils… et plumes – Parution en mars 1916
  • 82e RI : Brise d’entonnoir – Parution juin 1916
  • 82e RI : Paris Minen – Parution en juin 1916. Sous-titré « Organe du 8-2 d’infanterie, ancien 7e léger«
  • 83e RI : Le Filon – Parution au printemps 1917
  • 84e RI : Le Journal des tranchées
  • 85e RI : Le Cri du boyau
  • 88e RI : Le Périscope – Journal de la 5e compagnie
  • 95e RI : Les Boyaux du 95e – Parution début 1915
  • 106e RI : Le Canard de la Suippe – Parution janvier 1916
  • 108e RI : Le Poilu
  • 109e RI : Le Courrier des sapes – Parution le 15 août 1915
  • 115e RI : Le Boyau – Parution en avril 1915
  • 115e RI : L’Écho du Bois Sallerin
  • 116e RI : L’Enfant de Barbapoux
  • 124e RI : La Gazette des boyaux – Parution le 26 juin 1915
  • 131e RI : L’Écho des bleuets
  • 133e RI : Le Poilu marmité – Parution en 1915
  • 133e RI : Les Tablettes d’un poilu – Journal de la 6e compagnie
  • 134e RI : La Gazette du créneau – Parution en août 1917
  • 142e RI : La Vie poilusienne – Parution en mai 1916
  • 144e RI : L’Écho des Guitounes – Parution en décembre 1914
  • 148e RI : D’un Piton à l’autre – Parution en novembre 1916
  • 148e RI : Bavons dans le Paprika – Parution en mai 1917
  • 148e RI : Le Soleil d’or…riant
  • 154e RI : Le Fanion
  • 160e RI : La Marmite – Parution en 1916. Ce titre est commun aux 160e et 360e RI
  • 171e RI : Au Rab
  • 176e RI : Gallipoli nouveau – Parution en 1916

Régiments de marche (série des 400)

  • 402e RI : Boum ! Voilà ! … – Parution le 7 mars 1916
  • 405e RI : Le Crapouillot – Parution août 1915. Ce journal dirigé par Jean Galtier-Boissière connaîtra un grand avenir après-guerre
  • 409e RI : La Musette – Parution le 25 janvier 1918
  • 409e RI : Poil de Tranchées – Journal de la 4e compagnie
  • 412e RI : Sous les Marmites – Journal de la 12e compagnie
  • 416e RI : Poilus et Marie-Louise – Parution début 1915

Régiments d’infanterie de réserve

  • 202e RI : La Suippe à demain – Parution le 15 mai 1916
  • 203e RI : Le petit Cheval de frise
  • 212e RI : Le Canard vadrouilleur
  • 214e RI : L’Écho du boyau – Parution en juin 1915
  • 215e RI : Le Barbelé
  • 218e RI : L’Écho du Plateau de Craonne – Journal de la 23e compagnie
  • 226e RI : Le Canard enchaîné
  • 227e RI : La Bourguignotte – Parution en juin 1915
  • 231e RI : Le Tuyau de la roulante – Parution en mars 1916. Henri Barbusse a collaboré à ce journal
  • 246e RI : A la 6-4-2 – Parution à l’automne 1915
  • 252e RI : La Fusée – Parution en mars 1915
  • 252e RI : Les Cahots de la roulante – Parution mars 1916
  • 254e RI : Pare-éclats
  • 267e RI : Marmita – Parution en décembre 1914
  • 272e RI : Le Canard vadrouilleur
  • 277e RI : Le Mouchoir de Boche
  • 286e RI : L’Écho du boqueteau – Parution en janvier 1915
  • 293e RI : Ventre à choux
  • 296e RI : Le Midi au front
  • 303e RI : Le Poilu – Parution le 18 décembre 1914
  • 309e RI : L’Écho des marmites – Parution le 7 décembre 1914
  • 310e RI : L’Écho du ravin – Parution de juin à août 1915
  • 313e RI : Tranchman-écho
  • 315e RI : Le Pou
  • 319e RI : Au Créneau
  • 323e RI : L’Écho du Grand-Couronné – Parution en 1915
  • 324e RI : La Marmite des poilus
  • 346e RI : Le Canard de Père Hilarion
  • 346e RI : Le Canard des Poilus – Transformation du Canard de Père Hilarion à compter de son quatrième numéro. Journal édité par la 23e compagnie
  • 359e RI : Le Paix-père, puis Le Pépère – Parution en février 1915
  • 360e RI : La Marmite – Parution en 1916. Ce titre est commun aux 160e et 360e RI
  • 367e RI : Le Klaxon – Parution le 1er avril 1916
  • 369e RI : Le petit Voisognard – Parution le 30 novembre 1914
  • 369e RI : La Roulante – Parution en 1916
  • 369e RI : Latsipume
  • 370e RI : La Guerre joviale
  • 373e RI : Le Chat pelotant

Régiments d’infanterie territoriale

  • 12e RIT : Hurl’obus – Parution à l’été 1916
  • 12e RIT : Jusqu’au Bout
  • 13e RIT : L’Écho du 13e territorial
  • 13e RIT : Le Cri du 13e territorial
  • 14e RIT : Les premières Lignes
  • 15e RIT : L’Écho du 15e territorial
  • 16e RIT : Lapin des Dunes
  • 17e RIT : L’Écho des tranchées – Parution décembre 1914
  • 17e RIT : L’Écho du 17e territorial
  • 18e RIT : Le petit Écho du 18e territorial – Parution le 14 novembre 1914
  • 23e RIT : Le Cri de guerre – Parution juillet 1915
  • 37e RIT : La Fusillade – Journal de la 1re compagnie
  • 52e RIT : Le Percot
  • 66e RIT : Le Tourne-Boche
  • 68e RIT : Le Chabi
  • 70e RIT : Le Torpilleur – Journal de la 10e compagnie
  • 74e RIT : Le Bataillon – Parution en mai 1915
  • 75e RIT : Le Bataillon
  • 76e RIT : Face aux Boches – Parution en août 1915
  • 88e RIT : Le Marcheur du 88
  • 91e RIT : Face à l’Est
  • 102e RIT : Gardons le sourire – Parution fin 1916
  • 108e RIT : Le Poilu – Parution le 15 décembre 1914
  • 131e RIT : L’Écho des gourbis – Parution le 15 mars 1915
  • 134e RIT : La Gazette du créneau
  • 142e RIT : Le terrible Poilu-torial – Parution en avril 1915
  • 142e RIT : La Vie poilusienne
  • 154e RIT : Le Fanion
  • 277e RIT : L’Écho du 277e RIT
  • 300e RIT : L’Écho du 300 – Parution au printemps 1916
  • 309e RIT : Le Temps buté – Parution le 1er avril 1916
  • 315e RIT : Le petit Pépère
  • 341e RIT : La Matraque
  • 342e RIT : Le Plus-que-torial, Parution le 15 janvier 1916

Bataillons de chasseurs à pied

  • 4e BCP : Le 4e Vitrier – Parution en 1916
  • 26e BCP : Le Cri de Vaux
  • 44e BCP : Le Bulletin désarmé
  • 57e BCP : En 5-7

Régiments d’infanterie d’Afrique

  • 1er zouaves : La Chéchia

Régiments d’infanterie coloniale

  • 6e RIC : L’Ancre rouge

Régiments de cavalerie

  • 12e cuirassiers : Le Gafouilleur – Parution en mars 1916
  • 9e dragons : On progresse

Régiments d’artillerie

  • 8e RAC : Notre Rire
  • 244e RA : La Fusée à retards
  • 245e RA : L’Indiscret des poilus
  • 11e RAL : Cingoli-Gazette
  • 11e RAP : Le 120 court
  • 87e RAL : Le Rire camouflé
  • 107e RAL : Cingoli-Gazette – Parution en 1915. Les premiers numéros sont sous-titrés « Journal récréatif et intermittent des poilus du 4e groupe du 107e régiment d’artillerie lourde«

Régiments du génie

  • 1er génie / compagnie 22/10 : La Flambée – Parution en 1916
  • 7e génie / compagnie 15/5 : Le Camouflet – Parution en juillet 1915 et sous-titré « Organe littéraire, humoristique, satirique. Boyaucrate publiée par les sapeurs-poilus de la compagnie 15/7 du 7e génie«
  • 8e génie / 1re section auto : La Ligature
  • Compagnie 15/57 : Le Rat à poil
  • Troupes de chemin de fer : Le Taco

Armes diverses et services

  • Foyers du soldat : L’Étincelle – Parution en 1916
  • Foyers du soldat : Le Cafard muselé
  • Artillerie spéciale : Nos Tanks
  • Automitrailleuses : Tactacteufteuf
  • Marine : Le Col bleu – Parution en 1917
  • Aviation : Poilu-Grognard
  • Intendance : La Félix Potin…ière
source : http://grande-guerre.org/?p=5530
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Les opérations en Alsace

Classé sous — milguerres @ 9 h 33 min

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Les opérations en Alsace

Août 1914

 récit : http://www.chtimiste.com/

LA PREMIERE OFFENSIVE  7 au 13/08/1914

 

Il n’entrait ni dans le plan stratégique, ni dans les intérêts tactiques de l’armée allemande, de porter la guerre sur la frontière alsacienne.

Il apparut utile au Commandement français d’accrocher sur ce front la gauche ennemie, et de prendre dans la plaine d’Alsace, dés le début des opérations, une position qui nous assurât le débouché des Vosges sur un large front.

Notre plan de campagne prévoyait donc une offensive qui flanquerait, à droite, le mouvement général de nos armées, avec des forces dont la mission serait de pénétrer brusquement en Alsace par le sud, de se porter en hâte sur Colmar et Schlestadt, de détruire les ponts du Rhin, et de masquer Neuf-Brisach

Ultérieurement et successivement, les unités appartenant au 1e groupe de divisions d’infanterie de réserve et les divisions de réserve des Alpes devaient garder la Haute-Alsace et investir Strasbourg.

Depuis le 2 août, l’état-major allemand avait concentré, de la Suisse à la Fecht, son XIVe Corps d’Armée, et de la Fecht au Donon son XVe

Le commandant de ces troupes, le général von Deimling, fameux « mangeur d’Alsaciens »,opérait sur un terrain qui lui était familier.

 Nos premières patrouilles, notamment celle du 11e Dragons, avaient convaincu notre État-Major que les effectifs allemands étaient de peu d’importance entre la frontière et Mulhouse.

Le gros des forces ennemies campait sur la rive droite du Rhin. Il fut décidé que nous prendrions immédiatement l’offensive pour rejeter en arrière ces effectifs et nous rendre maître des ponts sur le Rhin.

Un détachement d’armée fut organisé et placé sous les ordres du général Bonneau. Ce détachement comprenait le 7e CA., la 8e division de cavalerie, une brigade d’infanterie et une batterie attelée de 155 court, empruntées à la garnison de Belfort.

Cette brigade fut formée en hâte par les 371e et 372e régiments d’infanterie, qui furent respectivement complétés par un bataillon actif du 171e et du 172e régiments d’infanterie. La batterie fut prélevée sur le 9e régiment d’artillerie à pied.

Le colonel Quais, commandant de cette brigade, rejoignit le 6 août la 14e division du général Curé, qui faisait partie du détachement d’armée du général Bonneau, détachement dont l’effectif total était de 19000 hommes.

L’ordre d’offensive parvint le 6 août.

Il fut exécuté le 7, au matin. Le général Bonneau devait d’abord s’emparer du front Thann-Mulhouse, ensuite atteindre le Rhin par sa droite, en couper les ponts, puis se porter sur Colmar.

 

 

 

Les opérations en Alsace operation-detachement-bonneau

 

Opération du détachement d’armée Bonneau 7-13 août 1914 (http://vestiges.1914.1918.free.fr/Carte_003.htm)

 

L’armée d’attaque fut divisée en trois colonnes

**A droite, la 27e brigade d’infanterie (44e et 60e régiments d’infanterie) appuyée par les 2e et 3e groupes du 47e régiment d’artillerie et la 8e brigade de dragons, devait se porter par la trouée de Belfort sur Dannemarie et Altkirch.

** Au centre, la 14e division (brigade Quais, et 28e brigade (42e et 35e régiments d’infanterie) qu’appuyait le 1e groupe du 47e régiment d’artillerie, devait marcher sur Cernay.

**A gauche, la 41e division du général Superbie, éclairée par le 15e  bataillon de chasseurs, composée de beaux régiments d’infanterie comme les 23e,152e, 373e, appuyée par les batteries du régiment d’artillerie de montagne, devait se porter sur Thann par le col d’Oderen et la vallée de la Thur

Le front d’attaque d’Altkirch à Thann couvrait une étendue de 24 kilomètres.

Le général Bonneau, dans le mouvement de conversion qu’il devait décrire autour de Thann pour se redresser le long du Rhin, allait se heurter à des forces égales en nombre, mais retranchées, dont les contre-attaques risquaient de menacer son flanc droit.

Les colonnes de gauche et du centre progressèrent assez facilement. A gauche, la 41e division descendit sans désemparer la vallée de la Thur dans les journées des 6 et 7 août.

Le 15e bataillon de chasseurs, sous les ordres du commandant Duchet, bousculait les patrouilles ennemies et traversait ,rapidement Urbès, Wesserling, Saint Amarin, véritables étapes de la « Terre Promise », pour s’installer dans le village de Moosch.

Le 7 août, Willer et Bitschwiller étaient dépassés par les fantassins du 133e et du 23e  et dès quatre heures de l’après-midi nous pénétrions dans Thann, d’où le général von Deimling se retirait précipitamment.

La population enthousiaste fit fête aux chasseurs du 15e bataillon et aux fantassins de la 41e division.

Les pointes d’avant‑garde des chasseurs furent alors lancées vers Cernay, et dès le lendemain le 15e bataillon s’établissait à Reiningen, à 4 kilomètres de Mulhouse.

Au centre, la 14e division franchissait le 6 août la frontière; les fantassins du 35e et du 42e , appuyés par le feu des batteries du 47e régiment d’artillerie, progressaient malgré les mitrailleuses, bousculaient l’ennemi au pont d’Aspach dans la journée du 7,et le 35e régiment d’infanterie enlevait brillamment Burnhaupt‑le‑Bas. La division occupaitalors le front Aspach-Pont-d’Aspach-Burnhaupt-Ammertzwiller.

A droite, la 8e division de cavalerie, qui devait couvrir le flanc vulnérable de notre attaque, avait lié son mouvement à celui de la 14e division. La frontière étant franchie le 7 août à six heures, le 11e Dragons, à l’avant‑garde, se portait vers Altkirch. Une brigade allemande, pourvue d’artillerie, défendait la place. Les nôtres pénétrèrent dans Altkirch malgré la vive fusillade .qui partait des maisons. Mais ils ne purent dépasser la gare; nos escadrons durent se replier sous le couvert des bois. L’artillerie allemande leur causa quelques pertes. Le colonel du 11e Dragons fut grièvement blessé, le capitaine Dérémetz fut tué. A la faveur de l’obscurité, l’ennemi évacua la place.

 La prise d’Alkirch nous coûtait une centaine de tués et blessés. Mais notre 14e division y entrait le soir même, triomphalement.

Au matin du 8 août, la 14e division reçut l’ordre de poursuivre sa marche sur Mulhouse, la 41e division devant s’avancer à gauche, jusqu’à Lutterbach. Les 41e  et 60e régiments d’infanterie restaient à Altkirch

Vers midi, la 14e division se forma en deux colonnes, convergeant sur Mulhouse. Les patrouilles ennemies fuyaient devant nous; des équipements abandonnés jonchaient les routes. Les derniers soldats allemands quittaient Mulhouse quand nous arrivions aux portes de la ville.

Le 18e  Dragons ne trouvait pas un uniforme ennemi dans la place. Le général Curé envoya une forte avant-garde prendre position au-delà de la ville, entre Modenheim et Rixheim; puis il fit son entrée dans Mulhouse, musique en tête, drapeaux dé ployés.

La population couvrit de fleurs nos soldats. Pendant ce temps, le général Bonneau s’installait à Niedermorschwillcr.

La prise de Mulhouse, vaste centre industriel d’Alsace qui compte 100000 habitants, eut une répercussion énorme dans toute la France. Notre victoire ne paraissait plus douteuse. Le généralissime adressait la proclamation ci-dessus à nos frères retrouvés.

Ce document passait de main en main avec ferveur. L’enthousiasme atteignait son paroxysme.

M. Messimy, Ministre de la Guerre, télégraphiait au général en chef :

Mon général, l’entrée des troupes françaises à Mulhouse, aux acclamations des Alsaciens, a fait tressaillir d’enthousiasme toute la France. La suite de la campagne nous apportera, j’en ai la ferme conviction, des succès dont la portée militaire dépassera celle de la journée d’aujourd’hui. Mais, au début de la guerre, l’énergique et brillante offensive que vous avez prise en Alsace nous apporte un précieux réconfort. le suis profondément heureux, au note du Gouvernement, de vous exprimer toute ma gratitude.

Hélas !! cette confiance était prématurée.

Les Allemands en fuite avaient bien incendié les magasins militaires de vivres, de matériel et de fourrages ; mais ils laissaient derrière eux une horde d’espions. Leurs officiers, avant de partir,avaent promis de se venger dès le lendemain des Français.

Le général Curé apprenait, en effet, dans la soirée du 8 août, que de gros détachements ennemis apparaissaient en direction de Mülheim et de Neufbrisach. La forêt de la Hardt, impénétrable et méthodiquement organisée, fourmillait de casques à pointe.

Il était impossible à une brigade d’infanterie de défendre victorieusement Mulhouse contre des forces importantes venant du nord et de l’Est.

Le général Curé se rendit compte de cette situation, et  pour éviter une catastrophe évacuer Mulhouse à 5 heures du matin, puis s’installa sur les hauteurs, au sud de la ville. Les Allemands, assurés de trouver nos soldats en pleine orgie, comptaient les bousculer sans coup férir, et pénétrer à leur suite par la trouée de Belfort. La rapidité de notre offensive les avait surpris. La faiblesse de nos effectifs les rassura.

Au matin du 9, notre 28e brigade (35e et 42e régiments d’infanterie) était rassemblée, avec le 1e groupe du 47e régiment d’artillerie, face au nord, sur le plateau de Riedisheim, et la 114e brigade (moins les deux bataillons actifs des 117e et 172e régiments d’infanterie, en réserve à Galfingen) se retranchait au nord de Dornach.

La 8e division de cavalerie était chargée de patrouiller dans la Hardt.

Durant toute la matinée, du côté ennemi, un train blindé de huit wagons fit la navette entre Müllheim et l’île Napoléon, où il amenait, à chaque voyage, des unités d’infanterie. Nos artilleurs ne parvinrent pas à l’atteindre. Le XIVe Corps allemand achevait, pendant ce temps, sa concentration à Neuenberg, sur la rive droite du Rhin.

Au cours de l’après midi, une importante colonne fut signalée au nord de Mulhouse.

Vers 5 heures du soir, l’action générale s’engagea. A la nuit tombante, la bataille faisait rage. Le XIVe Corps et une division du XVe Corps allemands prononcèrent une double attaque, leurs troupes surgissant de la forêt de la Hardt, et descendant par Neufbrisach, Colmar et Soultz sur Cernay.

Notre retraite était bientôt menacée en direction de Cernaypar des forces supérieures. Notre centre à son tour allait courir les plus gros dangers. Vainement les 3e et 42e régiments d’infanterie firent des prodiges, refoulant à plusieurs reprises les Allemands sur Rixheim et l’île Napoléon. Mais la 41e division subissait un bombardement par obusiers à Lutterbach et devait battre en retraite.

Le 15e bataillon de chasseurs évacuait bientôt Cernay. Toutes ces unités refluaient par la route de Bussang, vers 8 heures du soir.

Notre 14e division restait en flèche, sans aucune réserve pour la soutenir. Le général Curé prescrivit alors la retraite, qui s’effectua dans un ordre parfait, en direction de NiedermorschWviller.

Au matin du 10 août, notre gauche était à Thann, notre centre et notre droite sur la ligne Reiningen

Nos forces, d’ailleurs épuisées, qui se trouvaient à Reiningen, pouvaient, d’un moment à l’autre, se trouver compromises. Le moral des troupes ayant subi une rude atteinte, le Commandement décida l’accentuation de notre repli sur les  hautes Vosges.

Vieux-Thain, puis Thann furent évacués. La retraite était reprise en direction de l’Ouest. Les Allemands, eux, marchaient en direction du Sud. Ils se heurtèrent, le 10 août, à la 57e division de réserve, qui appartenait à la garnison de Belfort.

 

Que s’était-il donc passé en arrière de notre front d’attaque?

La 113e brigade (235e 242e 260e régiments d’infanterie) avait été dirigée dès le 9 août sur la frontière, pour surveiller la direction de Dannemarie ; elle se porta le 10 sur les contreforts de la rive gauche de l’Ill et sur les hauteurs du Spechbach, où elle fut rejointe par la brigade Quais, qui retraitait avec la 14e division.

Grâce aux hésitations de la poursuite ennemie, les éléments de la 57edivision se trouvaient rassemblés le 11août sous les ordres du général Frédéric Bernard, et purent couvrir la droite du 7e Corps d’Armée, puis engager le combat et bri

ser l’effort ennemi. Ainsi, le 11août, le détachement d’armée Bonneau réussissait à se fixer derrière le ruisseau de Saint-Nicolas.

Les 44e et 60e régiments d’infanterie rejoignaient les autres éléments de la 14e division et bivouaquaient là jusqu’au 17 août

Le 47e d’artillerie s’établissait le 12 et le 13 en cantonnement bivouac à La Collonge, laissant ses 5e et 6e batteries soutenir nos avant postes vers Vauthiermont et Reppe.

Le 7e Corps d’Armée se trouvait dégagé par l’intervention de la 57e division en avant du col de Valdieu; cette division s’établissait le 12 août

entre Montreux-Jeune et Chavannes-sur-l’Étang, afin de couvrir les routes qui permettaient de tourner Belfort par le Sud.

Le 13 août, après maints tâtonnements, l’ennemi se décidait à l’offensive.

L’attaque, menée par des troupes badoises et wurtembergeoises, se déclencha sur le front Montreux Jeune Chavannes l’Étang. La 115e brigade, qui formait l’aile droite de la 57e division, défendit vaillamment le moulin de la Caille et  le village de Montreux-jeune.

Par crainte d’enveloppement, elle se replia dans Montreux-Vieux, derrière le canal du Rhône au Rhin. L’ennemi bombarda Montreux-Vieux, mais ses attaques se brisèrent sur le canal. Il dut renoncer à sa marche sur Montbéliard. Cette affaire nous coûta 800 tués ou blessés. L’ennemi perdit presque 2000 hommes. Il se vengea de son échec en incendiant Romagny

La 57e division organisa immédiatement ses positions pour couvrir la route du Sud-Est et nous assurer les voies de communication débouchant du col de Valdieu.

Le combat de Montreux marque la fin de notre première pointe offensive sur Mulhouse ; opération téméraire sans doute, mais qui n’aboutit pas à une catastrophe, et qui laissa intacte notre frontière.

L’Allemagne cria au triomphe, insolemment.

La France fut péniblement affectée, et le Journal Officiel enregistra la mise à la retraite, pour raison de santé, du général Bonneau.

 

 

LA SECONDE OFFENSIVE  14 au 22/08/1914

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Opérations en Haute-Alsace (général Pau) 14-22 août 1914 (http://vestiges.1914.1918.free.fr/Carte_004.htm)

L’armée française ne pouvait rester sur cet échec. Trop d’espoirs étaient nés soudain au delà des Vosges. Nous leurs devions une réparation morale. Et d’autre part une nouvelle poussée, bien conduite, ne pouvait manquer d’assurer des positions meilleures à l’aile droite de nos armées.

Afin de pouvoir agir avec plus de sécurité, nos troupes opérant en Lorraine avaient besoin d’être sérieusement couvertes en direction du Sud par l’occupation des points de passage du Rhin, de Huningue à Neufbrisach. Cette mission de flanc garde, non réalisée par le détachement d’armée Bonneau, ne pouvait être abandonnée sans danger. L’occupation du Sundgau nous était nécessaire, car des colonnes ennemies débouchant par là mettraient en péril notre 10e Armée.

Dés le 10 août, le général Joffre ordonnait la constitution d’une armée plus importante, qui rétablirait la situation en Haute-Alsace, et qui serait confiée au général Pau, le plus populaire de nos généraux.

Le rassemblement des forces commença le 11 août.

Le général Pau prit pour chef d’état-major le lieutenant-colonel Buat, officier supérieur unanimement apprécié. L’effectif devait être porté à 115000 combattants.

Le 7e Corps d’Armée fut reconstitué et repris en main par un nouveau commandant, le général Vauthier.

Il lui fut adjoint la 8e division de cavalerie et la 57e division d’infanterie de réserve, cette dernière étant toutefois allégée des 235e et 260e régiments d’infanterie, qui avaient combattu à Montreur et devaient, pour se refaire, cantonner à Belfort.

 

 

 

 

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source : http://www.delcampe.fr/page/item/id,0067672882,language,F.html

 

Des éléments des 171e et 172e régiments d’infanterie furent accolés au 242e dans la 113e brigade, et complétèrent les effectifs de la 57e division, qui comptait à la 114e brigade : Les 371e, 372e et 244e régiments d’infanterie, trois groupes d’artillerie montée de 75, une compagnie du génie et deux escadrons de réserve de dragons.

Le 1e groupe de division d’infanterie de réserve, commandé par le général Archinard, des troupes coloniales, entrait dans l’armée d’Alsace, à laquelle il apportait un renfort de trois divisions, constituées chacune par deux brigades de trois régiments à deux bataillons. C’est ainsi que la 66e division du général Woirhange était composée de la 131e brigade du général Sauzéde (280e, 281e et 296e régiments d’infanterie) et de la 132e brigade du général Sarrade (215e 253e et 343e régiments d’infanterie).

La 63e division de réserve était constituée de façon identique, ainsi que la 58e; cette dernière, commandée parle général Lombard, laissait toutefois une de ses brigades à la disposition de la 1e Armée.

La 44e division d’infanterie alpine, commandée parle général Soyer, apportait son appoint à l’armée nouvelle :Les 97e, 157e,159e et 163e régiments d’infanterie, tous à trois bataillons.

Quant à la brigade active de Belfort, elle était formée des six bataillons des 171e 172e régiments d’infanterie. Deux de ces bataillons avaient déjà vu le feu avec la brigade Quais.

Deux batteries lourdes furent improvisées et mises à la disposition du général Pau, qui reçut en outre les cinq groupes alpins de la XIVe région, rattachés pour ordre au 7e C. A.

Le général Pau avait ainsi sous ses ordres 11500 hommes pour mener à bien la tâche que le général Bonneau n’avait pu accomplir avec ses 19000 combattants. Il ne s’agissait plus d’une reconnaissance, mais d’un effort décisif en direction du Rhin : offensive méthodique de l’Ouest à l’Est, notre gauche avançant vers le Nord-Est pour couper la retraite aux Allemands dans cette direction, afin que l’adversaire n’eût d’autre issue que la frontière suisse ou le passage du fleuve.

La gauche de l’armée du général Pau (véritable aile droite de notre 1e Armée) fut, en conséquence, composée d’éléments particulièrement solides et entraînés: les cinq groupes alpins de la XIV région commandés par le général Bataille. Le général Pau les engagea même avant d’avoir achevé la formation de son armée. Ces groupes, qui débarquaient le 12 août dans la région Remiremont Gérardmer-Saint-Maurice, furent immédiatement affectés à la garde de la crête des Vosges, du ballon de Servance jusqu’au col de la Schlucht.

Ils devaient descendre par les routes du versant oriental pour tenir solidement les débouchés de ces routes sur la plaine d’Alsace. Le Louchbach marquait leur jonction avec les 70e,11e,14e,bataillons de chasseurs, qui constituaient l’extrême gauche de la 1e Armée.

Dés le 14 août, le 28e bataillon reçut l’ordre de descendre sur Massevaux et Lawv, pour éclairer la 41e division. Commandé par le lieutenant colonel Brissaud-Desmaillet, ce bataillon arriva sans encombres à Massevaux vers midi, et repartit sur Rodern. Sa marche était surveillée par quatre cavaliers ennemis du 14e dragons. Le lieutenant Ayme, reconnaissant soudain des ennemis, tua d’un coup de feu le sous-officier, chef de patrouille. Les trois autres cavaliers prirent la fuite.

Pendant ce temps, les 12e et 22e bataillons descendaient de Bussang sur Thann. Ils entrèrent dans Thann à sept heures du soir, les Bavarois ayant précipitamment évacué la ville.

Le 30e bataillon du lieutenant-colonel Goybet descendait du Hohneck et menait l’attaque en en direction de Munster. Le 13e bataillon restait en réserve de la 81e brigade, à laquelle il était provisoirement rattaché.

Le 15 août, les groupes alpins qui avaient mené ces trois offensives divergentes se reconstituèrent en deux groupements.

Au Nord, les 30e et 13e bataillons demeurèrent avec la 81e brigade, momentanément arrêtée devant Munster. Au sud, les groupes des 12e, 22e et 28e bataillons se réunirent autour de Cernay, sous les ordres du lieutenant colonel Gratier, liant leur mouvement à la gauche du 7e Corps d’Armée.

Cette couverture de gauche était assez solide pour que l’offensive en Haute Alsace fût déclenchée.

Notre droite, appuyée sur le canal du Rhône au Rhin, était forte de deux divisions ; la 66e (280e, 281e et 296e, 215e, 253e et 343e régiments d’infanterie de réserve) et la 44e (157e, 159e, 163e et 97e régiments d’infanterie alpine).

Le 7e Corps d’Armée se trouvait à cheval sur la route de Belfort à Mulhouse, assignée comme axe de mouvement

A l’extrême gauche, deux autres divisions, la 58e et la 4e, devaient marcher en liaison avec les groupements alpins, dont l’axe de mouvement serait SentheimAspach Wittelsheim.

La progression sur Mulhouse devait se faire, cette fois, en quatre bonds successifs, jalonnés au centre par Soppe, Burnhaupt et Heimsbrunn.

Le 16 août l’Armée d’Alsace passait à l’attaque. Elle atteignait facilement le front Buettwiller Guewenheim Burbach. Surpris, les Allemands se retirèrent en désordre vers le Nord et vers l’Est, abandonnant munitions, vivres et matériel. Seule, la possession de Danemarie fut chèrement disputée.

Le 17 août, l’ennemi hâta sa retraite vers la Haute Alsace. Nous enlevions Munster par une manœuvre habile au sud de la ville : l’ennemi fuyait vers Turckheim.

Le 18 août, tout le terrain était balayé au sud des Vosges, et jusqu’au Donon. L’Armée d’Alsace tenait le front Tagsdorf Oberinorschwiller Zillisheim Hochstatt Niedermorschwiller Reiningén Wittelsheim.

Au soir de ce jour, le général Pau donnait à ses troupes l’ordre d’attaquer, pour enlever Mulhouse, la ligne de l’Ill, autour de laquelle s’étaient regroupées les forces ennemies. L’aile gauche avait mission de se redresser vers le Nord, en direction de Colmar et de Neufbrisach, l’aile droite devait se porter sur Altkirch.

La bataille générale fut ainsi livrée du 19 au 22 août.

Le 19 août, après un combat acharné, le 7e Corps d’Armée enleva Mulhouse. II fallut d’abord courir à l’assaut de masses ennemies concentrées entre Lutterbach, Pfastadt et Richwiller. Notre artillerie fit merveille dans la préparation.

A Dornach se cristallisa la résistance allemande.

Dornach est la banlieue de Mulhouse: partout des villas, des jardins, des murs, des haies. L’ennemi avait tendu des fils électrifiés, chaque maisonnette était un fortin. La 14e division dut livrer un assaut en règle, dans lequel se distinguèrent les 35e, 42e, 44e et 60e régiments d’infanterie, ainsi que les sapeurs du 4e génie.

Six pièces de 77 furent prises à la baïonnette par le 42e régiment d’infanterie. Les Badois subirent des pertes cruelles. Un millier de prisonniers tomba entre nos mains. La 8e division de cavalerie pourchassa l’ennemi jusqu’à la région, d’Ensisheim, à 20 kilomètres au nord de Mulhouse. Durant la bataille se distingua le colonel Nivelle, commandant du 5e régiment d’artillerie de campagne.

Pour la seconde fois, en quinze jours, les Français entrèrent à Mulhouse à quatre heures de l’après midi.

Mais ils ne firent que traverser la ville pour aller se retrancher à Lütterbach et dans la région de Modenheim. Seuls, les 35e et 42e régiments d’infanterie, qui s’étaient distingués à Dornach, restèrent en réserve à Mulhouse, et le 3e groupe du 47e régiment d’artillerie se mit en batterie sur la cote 266 et sur les croupes sud est de la ville.

A droite du 7e Corps, l’attaque de Mulhouse fut bordée par la 66e division, dont l’objectif était Brunstatt, sur l’Ill, et à l’extrême droite par la 44e division qui se rabattait sur Altkirch. Ces deux divisions maîtrisèrent toutes les réactions ennemies et atteignirent leurs objectifs.

La 66e division dépassa, le 19 août, les avant postes que ses régiments de la 131e brigade (280e,281e, 296e régiments d’infanterie) et de la 132e brigade (215e,253e et 343′ régiments d’infanterie) avaient installés sur le front Ammertzwiller Hagenbach. L’ennemi tenta de résister sur la ligne Brunstatt Flachslanden. Il dut battre en retraite devant l’attaque du 215e régiment d’infanterie (colonel Gadel, des troupes coloniales) et du 343e régiment d’infanterie (lieutenant colonel Prudhomme). Le 215e progressa pourtant avec beaucoup de peine : deux fossés rendaient sa marche quasi impossible : le canal du Rhône au Rhin et l’Ill.

Les sections de tête refluèrent en désordre sous le tir des mitrailleuses allemandes. Le terrain sur lequel elles s’étaient engagées était plat et dénudé. Notre artillerie balaya aussitôt de son feu les bords du canal et les emplacements des mitrailleuses. A la nuit tombante, l’ennemi s’empressa d’évacuer Brunstatt, et le 215e régiment d’infanterie put prendre possession du village.

La brigade de droite attaquait Zillisheim et Flaxhenden; les 296e et 280e régiments d’infanterie brisaient définitivement la résistance allemande.

Le 21 août, le 215e régiment d’infanterie s’installait à Heinsbrunn, et le 343e régiment d’infanterie à Galfingen ; ces villages étaient mis aussitôt en état de défense.

La mission de la 66e division était remplie

 

 

 

 

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A l’extrême droite, la 44e division, qui couvrait notre flanc, était violemment prise à partie par une division allemande, venue de la rive droite du Rhin. Après un àpre combat, l’ennemi était rejeté, et sur le carnet d’un officier allemand on lisait quelques jours plus tard les lignes suivantes :

 « Notre infanterie est écrasée ; batteries et fantassins fuient en désordre, suivis du général von Bodungen qui marche à pied derrière ses troupes battues et désemparées… »

 La 41e division refoulait l’adversaire sur Emlingen et sur Tagolsheim, puis se rabattait sur AAltkirch. Devant cette place, le général Plessier était mortellement frappé, à la tête de la 88e brigade. Ses troupes s’emparèrent de la ville au prix de gros sacrifices.

La 44e division fut alors relevée par la 57e, dont les régiments purent occuper en toute sécurité les hauteurs de la rive droite de l’Ill, depuis Altkirch jusqu’à Mulhouse. Nos reconnaissances atteignaient la Hardt.

Au nord de Mulhouse, l’ennemi ne fut pas plus heureux

Notre aile gauche avait pour objectif général Colmar, et pour mission (le progresser en liaison étroite avec la Ire Armée, dont elle couvrait le flanc droit.

Le groupement de chasseurs alpins remplit cette tâche difficile avec intrépidité. Grâce au dévouement des chasseurs, la, 1e armée et l’Armée d’Alsace purent accélérer leur avance ou limiter leur recul.

L’offensive fut prise le 19 août. Le groupe du nord (13e et 30e bataillons) marchait sur Colmar en descendant la Fecht. Le groupe du Sud (28e, 22e et 12e bataillons du lieutenant colonel Gratier) agissait en direction du Nord par la rive gauche de l’ Ill. Ce dernier groupe trouva la route de la plaine solidement tenue par les Allemands. Il prit, plus à l’ouest, la route du col d’Osenbach. Le 28e bataillon se dirigeait ainsi d’Uffholtz sur Guebwiller.

Ce dernier village fit fête aux chasseurs. Ils continuèrent leur route, et atteignirent la région de Westhalten Orschwihr, fourmillante d’ennemis Le lieutenant colonel Brissaud-Desmaillet, commandant du 28e bataillon, envoya dans l’après-midi une reconnaissance offensive, dirigée par le lieutenant d’Armau de Pouydraguin, sur le village de Pfaffenheim.

 L’officier ne découvrit rien de suspect dans le village; mais un habitant s’enfuyant vers une ferme isolée, il lui donna la chasse, et se trouva soudain devant une sentinelle allemande, avec laquelle il engagea un furieux combat corps à corps. Les chasseurs arrivèrent à temps pour dégager leur lieutenant, malgré une vive fusillade partie de la ferme.

La patrouille, fortement éprouvée, put regagner nos lignes. Nous nous trouvions au contact immédiat de l’ennemi.

Pendant ce temps, le 30e bataillon, qui se portait sur Walbach, se heurta à une brigade wurtembergeoise. Le capitaine Banelle chargea intrépidement une batterie qui dut s’enfuir, abandonnant ses projectiles. Un régiment ennemi, lancé à l’attaque, reflua en désordre sous le feu de nos mitrailleuses et de nos batteries de montagne. Le 30e bataillon subit des pertes sensibles, mais la route Turckheim nous était ouverte, et les trois bataillons du lieutenant colonel Gratier pouvaient progresser.

Le 13e bataillon était aussitôt détaché dans la région Orbey Zell, où il couvrait face au nord le flanc gauche des chasseurs.

Le 21 août, le 30e alpins enlevait Turckheim. Les bataillons glissaient vers la région de Kaisersberg et d’Ammerschwihr.

Le 22 août, ils livraient le sanglant combat d’Ingersheim.

Ce dernier village, situé à 3 kilomètres de Colmar, est protégé au sud par le cours de la Fecht. La route de Colmar à Ingersheim franchit la rivière sur un pont de pierre. Puis elle longe la rive sud de la Fecht, bordée par une sapinière. Ensuite, des vignes touffues s’étendent jusqu’à Logelbach, faubourg de Colmar.

Dès 7h heures du matin, une batterie allemande de 210 bombarda le front d’Ingersheim et les rives de la Fecht.

A 11 heures, les colonnes allemandes débouchèrent de Colmar par la route clé Kaiserberg. Elles se heurtèrent devant Turckheim aux 2e et 3e compagnies du 30e bataillon, et ne purent forcer le barrage. Mais l’attaque gagna par le nord. L’ennemi, sous le couvert des sapins, s’infiltra jusqu’à Ingersheim.

La lutte fut meurtrière. Les 12e, 5e et 28e bataillons contre-attaquèrent furieusement les troupes bavaroises.

Ingersheim fut pris et repris à trois reprises. Les 5e et 28e bataillons culbutaient enfin l’aile droite ennemie et la rejetaient sur Colmar. Ingersheim flambait. A l’aube, le 28e bataillon atteignait la barrière de l’octroi de Colmar. Nous organisions défensivement la vallée de la Fecht.

Ainsi, à l’extrême gauche, nous nous trouvions aux abords mêmes de Colmar; à l’extrême droite, au sud d’Altkirch, les cavaliers de la 14e brigade de dragons et les fantassins du 242e régiment d’infanterie étaient installés à Hirsingen et à Ilirtzbach. De lIll au Rhin, la voie semblait ouverte à l’Armée d’Alsace.

Malheureusement, le 22 août, la 2e Armée brisait ses efforts sur les défenses de Morhange; sa retraite entraînait le repli de la 1e Armée, qui abandonnait le 23 août le Donon et le col de Saales. L’Armée d’Alsace ne pouvait plus rester en flèche. La bataille des frontières était finie ; nous l’avions perdue.

 Une autre bataille se préparait, pour laquelle le général en chef avait besoin de toutes ses forces. L’Armée du général Pau fut disloquée au profit de nouveaux théâtres d’opérations.

Le 22 août, la 8e division de cavalerie (qui laissait cependant sa 14e brigade de dragons à l’Alsace) et la 44e division étaient rattachées à la 1e Armée.

Le 24 août, la 63e division de réserve et le gros du 7e Corps d’Armée étaient transportés sur la Somme, puis sur Paris, à la disposition de la 6e Armée.

Une telle dislocation entraînait l’abandon du terrain conquis.

Les troupes françaises abandonnaient non seulement Mulhouse, que le général Pau évacuait le 24 août, mais Altkirch, Cernay, Logelbach, le Sundgau.

A l’Armée d’Alsace furent substitués deux groupements : celui de Belfort au sud, celui des Vosges au nord. Le premier devait garder l’accès de la trouée, le second tenait notre frontière d’Alsace, et couvrait le flanc de la 1e Armée.

Certes, on a pu reprocher au général en chef d’avoir dispersé ses efforts au début de la plus sanglante des guerres. Mais eût-il été juste de négliger les impondérables ? Le point de vue moral eut la plus large place, au cours du tragique conflit.

 

sources :

cartes : http://vestiges.1914.1918.free.fr

récit et photo : http://www.chtimiste.com/

photo : http://www.delcampe.fr/page/item/id,0067672882,language,F.html

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23 novembre 2012

L’affaire de LAGARDE et du 15e Corps d’Armée

Classé sous — milguerres @ 23 h 16 min

 

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L’affaire de LAGARDE et du 15e Corps d’Armée

 La Bataille d'Ypres fleche-boule7source récit : http://www.chtimiste.com/

 La Bataille d'Ypres fleche-boule7source photos et récit   : http://www.provence14-18.org/lagarde/

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Voilà ce que Jannine GER…m’écrit en décembre 2003 :

source récit : http://www.chtimiste.com/

« J’ai un oncle qui est décédé le 11 août 1914 au cours de la bataille de Lagarde en Moselle. Il était du 40ème Régiment d’Infanterie. Sa famille n’a été prévenue de son décès qu’en 1920 et son nom ne figure même pas sur le monument aux morts du lieu où il habitait.
Lors d’un passage en Lorraine, je suis allée à Lagarde où j’ai bien retrouvé sa tombe dans le cimetière français.
Pour essayer d’en savoir un peu plus sur ce qui s’est passé ce jour-là, je me suis rendue à la mairie qui possède un classeur où l’ancien secrétaire et instituteur du village, qui venait de décéder, s’était penché sur cette bataille passée sous silence qui ne figure ni dans les livres d’histoire ni aux archives départementales de la Moselle.

Il a regroupé ses recherches dans un classeur qui se trouve donc à la mairie. »

Tout ce travail de recherches a été fait par l’ancien secrétaire de la mairie de Lagarde (actuellement décédé) afin que cette horrible bataille ne soit pas oubliée.

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Dans la tourmente de la guerre

Lorsqu’ éclate la guerre le 3 août 1914, le grand principe de l’état-major français est  « offensive à outrance ». Il a du reste été entendu avec nos alliés russes qui entreront dans le conflit le 6 août, que nous attaquerions aussitôt que possible sur nos frontières de l’Est.       

Selon le « plan XVII » adopté par Joffre en 1913, cinq armées s’échelonneront de Montbéliard aux Ardennes belges. Les généraux Dubail, Castelnau, Ruffey, Langle de Cary et Lanrezac en assureront le commandement.

Dès le 5 août, les forces de cavalerie du Général Sordet franchissent la frontière en direction d’Arlon et Bastogne.

Le 6 août l’Allemagne publie ce rapport officiel laconique : Briey est occupé par les troupes allemandes. Pour la premières fois la garde des frontières allemande étendait ses opérations en territoire français.

Le 8 août, un autre corps de troupes français sous les ordres du général Bonneau fonce sur la trouée de Belfort et arrive triomphalement à Mulhouse.

Ce ne sont là de part et d’autre de la frontière franco-allemande que des succès éphémères, consécutifs à des opérations de reconnaissance. Quelques jours plus tard les généraux Pau, Dubail et Castelnau lancent des attaques sur Sarrebourg et Morhange. Ces offensives se brisent sur l’artillerie ennemie. Le général Pau se replie sur les Vosges. Dubail et Castelnau sont obligés de décrocher et leur repli s’effectue au prix d’énormes pertes infligées par les troupes du  Kronprinz de Bavière.

C’est dans le contexte de cette « BATAILLE DES FRONTIERES », que se dérouleront, en prélude à la Bataille de MORHANGE et de  SARREBOURG qui du 18 au 20 août fera plus de 10.000 victimes de chaque côté, les sanglants combats de LAGARDE, le 11 AOUT 1914.

 

LA  BATAILLE  DE  LAGARDE

11   AOUT 1914


Au cours des quelques jours qui ont suivi le déclenchement de l’impitoyable bataille de LAGARDE, le décrochage dela IIème armée française commandée par le général Edouard de Curières de Castelnau, entraîne le repli de la Ière armée sur l’ensemble du front.

Sous les coups des Bavarois qui ont réuni les moyens d’une solide offensive, certaines unités se débandent. Au cœur des combats, des sanctions sont prises, des colonels sont relevés de leur commandement.

On tente d’arrêter les fuyards afin d’organiser de nouvelles positions de défense.

Une contre-attaque lancée par le général BLAZER fait avorter l’offensive allemande.

 

L’affaire de LAGARDE et du 15e Corps d’Armée lagarde-carte-francais

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La première attaque française

La IIème Armée, en position autour de Nancy, reçoit l’ordre de lancer une contre-offensive afin de reconquérir le terrain perdu au cours des jours précédents. Pour se lancer à l’assaut des troupes ennemies, le général de Curières de Castelnau dispose du XXème Corps commandé par Foch et de la Division de cavalerie de Lunéville comme troupes de couverture.

Afin de conduire cette attaque dans de bonnes conditions, le haut commandement reçoit le renfort de plusieurs corps d’armée du Midi : le XVème de Marseille, le XVIème de Montpellier, le XVIIIème de Bordeaux et le VIIIème de Dijon. Dans le dispositif français, le XVème corps occupe la droite de la IIème armée, s’intercalant entre le XXème corps de Foch et le XXIème Corps de Legrand appartenant lui à la Ière armée commandée par le Général Dubail. Parti du front Einville-Fraimbois, au nord-est de Lunéville, et longeant le sud de la forêt de Parroy, le XVème Corps rencontre une vive résistance ennemie : la prise de contact des méridionaux avec la Lorraine est difficile. Plusieurs fois, ils devront charger à la baïonnette.

Les Allemands s’étonnèrent beaucoup de la présence des troupes du XVème Corps d’armée français sur le front lorrain alors que son quartier général est établi à Marseille. Une explication leur fut donnée par les premiers prisonniers français : le quartier général avait été déplacé à Lunéville quelques semaines avant la déclaration de guerre. En outre, début mai, la plupart des garnisons françaises de l’ouest avaient systématiquement été déplacées sur les ouvrages fortifiés de l’est afin de renforcer les défenses de la frontière.

D’ailleurs, les Allemands y verront là la preuve irrécusable que la France était prête depuis longtemps à agresser l’Allemagne par tous les moyens.

 

Les Français occupent LAGARDE, situé alors en territoire allemand :

Dès le 10 août, le général Lescot qui commande la cavalerie de Lunéville, juge « opportun » de faire attaquer le village de Lagarde, au nord-est de Lunéville, par une brigade mixte. Cette attaque est confiée entre autre à deux bataillons, venus d’Avignon et de Nîmes, et notamment au 3ème bataillon du 58ème Régiment d’infanterie.

Le village, situé dans la vallée de Sânon, en bordure du Canal de la Marne au Rhin, est occupé par une section garde-frontière allemande. Inférieurs en nombre et malgré une solide position établie derrière le bois Chanal, entre Lagarde et Bourdonnay, les Allemands sont obligés de quitter le village. Ils en sont chassés dès le 10 août au soir. Il n’y eut point de combat car les postes frontières et avant gardes allemands jugèrent plus prudent de se retirer.

Pendant que les divers éléments des troupes françaises engagées dans cette action de reconnaissance occupent notamment le bois du Haut de la Croix, un détachement spécial formé d’un bataillon du 40ème Régiment d’infanterie de Nîmes et du 3ème Bataillon précité sous les ordres du Lieutenant-Colonel HOUDON s’établit dans le village  abandonné quelques instants auparavant  par les 3 compagnies d’infanterie allemande.

La nuit est mise à profit par les Français, pour établir des nids de résistance et des barrages sur les routes conduisant au village.

 

Veillée d’armes à Lagarde et Bourdonnay :

Le repli allemand n’est cependant qu’éphémère et cette même nuit, à Dieuze, le Général allemand VON STETTEN qui commandait une division de cavalerie bavaroise et le général de la 42ème Division d’Infanterie décident de lancer une attaque contre Lagarde.

Le 2ème bataillon de chasseurs bavarois en garnison à Aschaffenburg est dépêché en renfort. En raison de la supériorité des Français et des difficultés offertes par la configuration du terrain boisé de la région, une attaque de nuit sur Lagarde est exclue par le commandement allemand.

En attendant le matin, les chasseurs allemands creusent des tranchées de tir. Une action commune est convenue entre la Compagnie d’Infanterie et celle de cavalerie appartenant aux troupes garde-frontière. Une batterie d’obusiers du 8ème Régiment d’artillerie viendra en appui et a pour mission de progresser dans la forêt du Bois Chanal et de prendre position sur les hauteurs du « Haut des Vignes » d’où l’on domine le village de Lagarde.

L’intention allemande est d’attaquer de front, puis couvert par l’artillerie, d’assaillir Lagarde et ses occupants par le flanc.

Côté français, on ne reste pas inactif. Le 3ème bataillon du 58ème Régiment d’Infanterie se trouve à l’ouest du village, épaulé par des éléments du 40ème Régiment d’infanterie.

Alors que la 9ème Compagnie couvre le bataillon à l’Est, les 10ème, 11ème et 12ème Compagnies se trouvent à proximité immédiate du cimetière. Le chef de bataillon CORNILLAT est en position avec ses troupes au Sud-est du cimetière.

Le 11 août à 5 heures du matin, on complète l’approvisionnement en cartouches et on organise la défense. La 9ème Compagnie du Capitaine ROURISSOL a passé la nuit à creuser des tranchées.

Elle prendra la place de la 12ème Compagnie du Capitaine CARNOY au carrefour Xures-Ommeray et s’y reposera.

L’attente d’une attaque imminente est insupportable.

Des incidents éclatent dans le Bois du Haut de la Croix occupé par les troupes françaises : une patrouille avancée tombe sur les sentinelles françaises non averties de cette reconnaissance. Croyant avoir affaire aux Allemands, les sentinelles ouvrent le feu afin de donner l’alarme et atteignent un fantassin français à la cuisse.

« Soudain des coups de feu déchirèrent l’air et nous firent tous tressaillir en même temps qu’un cri de douleur se fit entendre, écrit Monsieur l’Abbé GEORGE, aumônier du 40ème Régiment d’Infanterie. Un tremblement nerveux secoue notre être, chacun a l’oreille tendue et retient sa respiration… Mais voici qu’à travers les arbres des silhouettes se meuvent, s’approchent et bientôt nous mettaient en présence du premier blessé. Un lieutenant ayant fait reculer ses hommes avancés en patrouille, ils étaient tous tombés sur les sentinelles non averties qui crurent avoir affaire aux Boches et tirèrent pour donner l’alarme. Heureusement encore que cette méprise n’avait causé qu’une victime : Une balle lui avait traversé la cuisse de part en part. Je me souviens de l’émotion que nous produisit la vue de cette plaie, du premier membre fracassé. La douleur du pauvre soldat nous fendait l’âme. C’était de mauvaise augure, et l’on avait déjà de sinistres pressentiments. Après l’avoir pansé de notre mieux, on évacua le blessé et le calme se rétablit ». 

L’Abbé GEORGE ajoute :

« Cependant, le sommeil semblait devoir me gagner et je sommeillais lorsqu’un bruit de moteur nous fit de nouveau sursauter, vers minuit. Le jet lumineux d’un réflecteur se promenait sur le bois et le fouillait comme l’œil d’un oiseau de proie qui cherche sa victime. L’ennemi savait que nous étions là. Toutefois aucun incident ne se produisit ».

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un bataillon de Chasseurs Bavarois : le Deuxième,
deux bataillons d’infanterie Prussiens : II/138 et I/131,
deux régiments de Uhlans Bavarois : les Premier et Deuxième,
des mitrailleuses : probablement 6 au Nord-est, 6 au Nord-ouest, 6 au sud,
une artillerie importante mise en place au sud de Bourdonnay,

une batterie d’obusiers de 105 du 8ème RA postée au sud de Bourdonnay

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Première attaque allemande et repli français :

Au lever du jour, les troupes ennemies lancent leur attaque. Le bataillon de chasseurs bavarois, une compagnie du 131ème régiment d’infanterie et une batterie du 8èmeRégiment d’Artillerie prennent à Bourdonnay, la route de Lagarde.

Bientôt, ils se trouvent en face de leurs adversaires des 58ème et 40ème Régiments d’Infanterie et du 19ème Régiment d’Artillerie. Selon des témoignages de soldats allemands blessés au cours de l’affrontement, le combat se déroulera pendant sept heures, sous une chaleur accablante et contre un adversaire bien supérieur et solidement retranché.

Les Français ont installé des retranchements dans les champs sur une longue distance.  Pour faire obstacle à la cavalerie allemande, les fantassins français avaient parsemé le sol de sauts-de-loup, c’est-à-dire de puits recouverts de foin et d’herbe. La lutte est acharnée, meurtrière.

Les soldats français aux voyantes couleurs, les officiers aux brillants galons s’élancent courageusement à l’orée du bois. Les couleurs éclatantes de leurs uniformes, pantalon rouge et capote bleue, contrastent avec la sobriété des tenues gris verdâtre des fantassins allemands, et nos braves tombent aussitôt sous les balles des Allemands qui demeurent invisibles.

Nota : C’est pour sauver la culture de la garance, une plante cultivée dans les départements méridionaux et dont la racine fournit l’alizarine, une substance colorante rouge, que les soldats français seront ainsi vêtus jusqu’en 1915 de l’éclatant pantalon rouge.

Une batterie de 75 française défend ardemment la position. Les mitrailleuses causent d’énormes pertes aux Allemands ; L’avantage semble se dessiner en faveur de l’ennemi.

Deux batteries françaises particulièrement dangereuses sont prises sous le feu ennemi. Avant de subir l’assaut des Allemands, les officiers d’artillerie font sauter leurs pièces. Il faut alors songer au repli et abandonner les positions dans la forêt du Haut de la Croix.

Serrés de près par les Uhlands, la retraite vers Xures s’effectue dans des conditions épouvantables.

 

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Les Français résistent aux abords du village :

La bataille pour la conquête de Lagarde commence vers huit heures, heure à laquelle le 40ème R. I. essuie les premiers coups de feu.

Le Chef de bataillon CORNILLAT s’attend à une attaque.

Il en avise le Capitaine de la 12ème Compagnie et rappelle la 9ème sur ses emplacements de combat. Quelques cavaliers ennemis, sans doute des Uhlands, sont aperçus.

Les éclaireurs du 40ème et du 58ème partent en reconnaissance entre 7 heures et 8 heures tandis qu’un avion ennemi fait son apparition au-dessus des positions françaises. De retour, les éclaireurs font état d’un fort contingent ennemi  prêt à passer à l’attaque.

Tout-à-coup, une forte ligne de tirailleurs ennemis surgit des crêtes avoisinant le  village et l’artillerie allemande, très supérieure en nombre et en calibre, ajuste ses tirs meurtriers. 

L’attaque décisive pour la conquête de Lagarde est déclenchée. Il est alors 8 heures 30. L’ennemi a engagé une division complète qui a pour mission de fixer le 3ème bataillon et de le déborder sur son aile gauche.

Les Allemands craignent nos canons de 75 mm dont les tirs sont d’une extrême efficacité. Aussi, dès le début des combats, les batteries de 75 du 8ème Régiment d’Artillerie et du 19ème Régiment d’Artillerie de Campagne sont l’objet d’un pilonnage des obusiers allemands et sont rapidement réduites au silence.

Quittant leurs retranchements, les fantassins du 2ème Bataillon de Chasseurs bavarois entrent dans la bataille. Ils traversent le bois Chanal, en atteignent l’orée sans rencontrer la moindre résistance. Utilisant les gerbes du blé fraîchement moissonné en guise de camouflage, ils tentent de se rapprocher du village distant de 1 kilomètre environ. Ayant éventé la ruse, les Français pointent ce qui reste de leurs pièces d’artillerie vers la cime touffue des arbres qu’ils aperçoivent de leurs positions. Malheureusement, les coups qu’ils portent sont trop hauts. De plus, notre artillerie éprouve les pires difficultés pour changer de position sur un sol devenu marécageux alors qu’un soleil de plomb brille dans un ciel sans nuage. Cependant, cette riposte acharnée semble contenir l’avance ennemie et vers 9 heures 30, l’attaque ennemie paraît enrayée mais les Allemands sont parvenus sur les  hauteurs du « Haut des Vignes » à environ un kilomètre du village, à droite de la route de Bourdonnay.

Le repli français dans le village :

Vers 10 heures, une forte ligne ennemie émerge des hauteurs. Cette nouvelle attaque est appuyée par une puissante artillerie. Malgré une riposte soutenue de la nôtre, la progression allemande est foudroyante.

Nos artilleurs sont bientôt accrochés par l’infanterie ennemie.

Malgré les efforts de nos fantassins pour la dégager, notre artillerie est désormais incapable de jouer le moindre petit rôle dans la bataille. Dès lors, nos soldats supportent les tirs des canons et des obusiers ennemis sans pouvoir riposter et la manœuvre d’encerclement de l’infanterie prussienne se poursuit.  A présent les pièces allemandes crachent le feu et la mort sur le village. Des flammes s’élèvent des toitures des maisons.

Deux régiments de Uhlands jusqu’à ce moment tenus en réserve sur le domaine de Marimont, sont appelés en renfort. Plusieurs escadrons chargent et se font massacrer par la 11ème Compagnie. « Ils furent complètement fauchés par les mitrailleuses » écrira sur son carnet de route un médecin-major allemand fait prisonnier le 27 août 1914.

A 10 heures 50, l’ordre est donné aux combattants français de quitter les vergers au nord et de se replier sur le village. La 9ème Compagnie débordée par l’ennemi ne parvient pas à exécuter l’ordre de repli. Elle est anéantie avant d’avoir atteint le cimetière. Les survivants seront fait  prisonniers.

Vers midi, l’ennemi se trouve à 300 mètres à peine du village qu’il domine.

Les mitrailleuses font des ravages dans les rangs français, dont la tenue rouge et bleue ne passe pas inaperçue. Malgré le feu des mitrailleuses du 3ème bataillon, les chasseurs bavarois parviennent à déborder la gauche du détachement. La fusillade partant des maisons maintenant toutes proches, ne réussit pas à enrayer la manœuvre d’encerclement. La résistance faiblit de minute en minute. Les troupes françaises subissent des pertes cruelles sous le feu de l’infanterie et de l’artillerie. Les tirs s’amenuisent. Attaqués de trois côtés, les soldats français n’offrent plus qu’une faible résistance.

Vers 11 heures 30, le combat est à peu près terminé.

L’assaut final allemand :

Le commandement allemand donne alors l’ordre de l’assaut final..  Soutenu par le feu grondant de sa 2ème Compagnie et de la 8ème Compagnie du régiment d’infanterie, le 2ème Bataillon de chasseurs bavarois du lieutenant Colonel LETTENMAYER s’élance. Toute la 1ère ligne du 3ème Bataillon français est anéantie et là où les Français résistent encore, l’ennemi lance à nouveau ses Uhlands.

Lances baissées, ils pénètrent dans le village. Accueillis par un tir nourri partant des maisons, des granges et même du clocher de l’église, ils succombent en grand nombre. En un clin d’œil, 70 selles se vident : hommes et chevaux roulent, touchés à mort, sur le sol. Cette chevauchée macabre ouvre cependant la voie aux chasseurs. Dans les rues s’engage alors un combat cruel. Baïonnette au canon, on attaque, on résiste.

Entre 13 heures et 15 heures,  le combat de rue est terminé. Lagarde est aux mains des Allemands. nos troupes ont subi des pertes considérables. Le Capitaine ROURISSAL ainsi que 80 hommes de sa 9ème Compagnie rejoindront dans la soirée ce qui reste du 3ème bataillon du 58ème R.I.  d’Avignon. Le repli vers Xures se fait aux prix des pires difficultés.

Le triste bilan d’une bataille oubliée :

Cette sanglante journée a coûté  aux diverses unités engagées dans la bataille, unités françaises et allemandes confondues, une quinzaine d’officiers et 969 hommes tués, blessés ou prisonniers. Monsieur POIRE de Moussey a vu passer des chariots chargés de paille sur laquelle reposaient de nombreux blessés que l’on évacuait vers les arrières. Une autre source fait état de 300 tués, 700 blessés et 1000 disparus.

Les corps de tous ces braves ont été rassemblés dans deux cimetières

Les pertes françaises :

 Dans le cimetière situé à l’ouest du village ont été rassemblés 552 soldats français tombés au cours de cette sanglante bataille. Seuls 232 corps ont pu être identifiés : 204 reposent dans des tombes individuelles, 28 dans deux ossuaires situés de part et d’autre d’une stèle centrale rappelant le nom des diverses unités ayant participé aux combats : les 3ème , 22ème, , 30ème , 40ème, 58ème , 63ème , 96ème , 97ème , 111ème , 112ème , 114ème et 141ème Régiments d’Infanterie, appuyés par les 8ème et 19ème Régiments d’artillerie de Campagne et auxquels s’étaient joints quelques éléments du 11èmeRégiment de Hussards.

Toutes ces troupes appartenaient aux  IXème ,, XIVèmee , XVème et XVIème Corps d’Armées.

Ce sont le 40ème R.I.  et surtout le 58ème R.I.  qui ont payé le plus lourd tribut.

On ne réussira à mettre un nom que sur 100 fantassins du 58ème : 89 soldats, un  1ère classe, 1 clairon, 7 caporaux, 3 sergents, 1 sergent fourrier, 1 adjudant, 1 sous-lieutenant, 1 lieutenant et un capitaine.  

Du 40ème R.I.,  on identifiera 59 corps : 55 soldats, 1 sergent, 2 lieutenants et 1 capitaine.

Le 19ème R.A.C. subira lui aussi de lourdes pertes : 1 trompette, 10 soldats, 2 brigadiers, 6 maréchaux des logis, 1 chef-pointeur, 1 adjudant chef, 1 capitaine et un chef d’escadron.

Dans l’ossuaire gauche , ont été rassemblés les restes de 171 officiers, sous-officiers et soldats et parmi eux figurent 159 inconnus. Dans celui de droite reposent 181 officiers, sous-officiers et soldats dont 163 inconnus.

Les Allemands dans un communiqué officiel du 11 août déclareront : « Une brigade avancée, de toutes armes du XVème Corps d’armée français a été attaquée par nos troupes de sécurité, à Lagarde, en Lorraine.

L’ennemi, essuyant de lourdes pertes, a été refoulé dans la forêt de Parroy et a laissé entre nos mains un drapeau, deux batteries, quatre mitrailleuses et 700 prisonniers. Un général français a été tué ».

Le 12 août, ce communiqué est complété par un autre, plus bref mais aussi dur :

« A Lagarde, plus de 1.000 prisonniers de guerre non blessés sont tombés aux mains des troupes allemandes : cela correspond à un sixième des deux régiments français qui combattaient ».

De source allemande, on estime que l’effectif des troupes françaises engagées à Lagarde, s’élevait à environ 7.000 hommes, 12 canons et 12 mitrailleuses.

Les pertes allemandes :

Les victimes allemandes reposent dans un autre cimetière situé à l’est du village.

Parmi les 380 combattants qui y sont inhumés, 220 ont succombé au cours des combats du 11 août 1914.

Les charges successives des régiments de Uhlands se solderont par de lourdes pertes : Ce sont 54 cavaliers du 1er Régiment et 49 du 2ème Régiment qui rouleront dans la poussière.

Les Allemands perdront en outre 304 chevaux. L’infanterie enregistrera, elle aussi, de nombreuses victimes : le 131ème Régiment d’infanterie perdra 63 fantassins alors que 21 hommes du 138ème Régiment et 30 hommes, sous-officiers ou officiers du 2ème Bataillon de Chasseurs bavarois d’Aschaffenburg trouveront la mort au cours des combats impitoyables que se livreront soldats français et soldats allemands.

Selon des témoignages d’habitants ayant vécu la bataille, de l’Eglise à la sortie ouest du village, et particulièrement autour de l’église et au carrefour des routes Xures-Ommeray, la rue était jonchée de cadavres de chevaux, de corps de soldats français et allemands. Les caniveaux ruisselaient de sang.  L’imagerie populaire allemande, tout en exagérant certainement, nous donne une idée de la sauvagerie de l’assaut final  (voir dessin ci-contre).

Une bataille oubliée :

Un certain mystère plane encore de nos jours  sur cette bataille de Lagarde comme en témoigne cette lettre du 21 mai 1992 de Madame A. GUILLAUME, dont la dépouille mortelle de son oncle, BRINGUIER Moras, soldat du 58ème R.I., repose dans la tombe 164 du cimetière militaire de la route de Xures : « Je vous remercie, avec beaucoup de retard pour les renseignements que vous avez bien voulu me fournir au sujet du combat de Lagarde au cours duquel mon oncle BRINGUIER Gaston, appartenant au 58ème Régiment d’Infanterie a disparu. Rien ne figure dans les livres d’histoire concernant cette bataille et les archives départementales de la Moselle à  qui je me suis adressée, n’en font nulle part mention. Etant donné la violence de l’affrontement et les résultats cela me surprend beaucoup. (Nous aussi Madame).

Ce que vous ne savez peut-être pas et qui a dû arriver à toutes les familles des soldats disparus les 10 et 11 août 1914, c’est que le ministère des armées n’a officiellement annoncé leur disparition aux familles qu’en mai 1920, date à laquelle ils ont pu figurer comme décédés sur les registres d’Etat-civil de leur domicile.  Entre 1914 et 1920 ma grand’mère dont c’était le fils, n’a obtenu aucune nouvelle, l’armée faisant le black out sur ce combat ».  Ce témoignage récent ne corrobore-t-il pas ce qui a été dit au sujet de cette « faute de Lagarde » qu’aurait commise un haut commandant de l’armée française et dont il ne fallait pas parler ?

Les journaux de l’époque ne parlent que très peu de la bataille. La revue « L’ILLUSTRATION » mise à ma disposition, dans son numéro 3729 du 15 août 1914 publie un résumé très succinct sur le déroulement de la guerre. Les faits marquants  de la journée du 11 août ne concernent que de « petits engagements ».

 

 

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Cependant, la même revue dans son numéro 3730 du 22 août 1914, édite une carte du théâtre des opérations sur le front du Nord-Est. Elle nous indique qu’une bataille s’est déroulée à LAGARDE et à XURES.  Quelques petites lignes font état de la bataille de LAGARDE-XURES.

Dans le N° 3967 de la même revue parue le 15 mars 1919, soit plus de quatre mois après la fin de la guerre, le Commandant A.GRASSET retrace la brillante carrière du Maréchal Foch qui assurait le commandement du  XXème Corps d’Armées lors du déclenchement  des hostilités. Lorsqu’il aborde les évènements du début de ce mois d’août, il passe sous silence la période du 8 au 13 août et ne relate les faits qu’à partir du 14 août date à laquelle les armées françaises prennent l’offensive avec pour objectif les hauteurs qui  bordent la frontière. Il ignore complètement les durs combats qui se sont découlés le 11 août dans le secteur  LAGARDE-XURES,  précisément à la frontière franco-allemande.

Une carte incluse dans l’article du Commandant A.Grasset mentionne un repli des troupes françaises sur les frontières de l’Est dans la région des Etangs mais à partir du 24 août dit la légende. Ce repli n’a-t-il pas déjà eu lieu une première fois le 11 août 1914, à la suite de la sanglante bataille de Lagarde ?  Si notre village figure sur la carte, c’est que quelque chose s’y est passé !  pourquoi alors ne pas en parler ?  Certes, l’article est consacré au général Foch et au XXème Corps, mais le XVème Corps et, en particulier, les 48ème et 50ème Régiments d’Infanterie n’avaient-ils pas été dépêchés en renfort et placés sous son commandement ?

11 août 1914, bataille de LAGARDE, bataille oubliée, peut-être pas, bataille ignorée, passée sous silence, certainement.

 

 

 

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Lagarde – 11 AOÛT 1914

Un jour noir pour les Provençaux


 Un jour de deuil pour la cavalerie allemande

source : http://www.provence14-18.org/lagarde/

Les conséquences

L’épisode qui vient d’être évoqué est connu sous le nom de  » l’affaire de Lagarde « .

Moins connues sont certaines de ses conséquences. Dès que les faits avaient été portés à la connaissance du GQG, on avait retiré son commandement au général Lescot, mais on notera que contrairement à ce qui est dit, aucun renfort n’est venu secourir les troupes.

[ANNEXE N° 188] Les Armées Françaises dans la Grande guerre : SHAT

Compte-rendu au GQG de l’engagement du 11 août à Parroy, Xures, (2ème Armée 59ème Brigade)

Les deux bataillons envoyés hier soir 10 août par le Commandant de la 2ème D.C à Lagarde ont été attaqués très violemment ce matin par une force évaluée à environ une brigade d’infanterie et trois groupes d’artillerie. Ces bataillons ont été soutenus par deux autres bataillons de la 59ème brigade et un groupe du 19ème d’artillerie. Les troupes d’infanterie ont du céder. Dans cette retraite deux batteries sont tombées aux mains de l’ennemi.

Le Général Commandant le 15ème CA a pris, d’après mes ordres, le commandement des troupes du secteur, y compris la 2ème D.C. – Il porte deux brigades et quatre groupes dans la région Serres, Bauzemont pour recueillir s’il y a lieu la 59ème brigade, qui ne paraît pressée.

On ne peut pas ne pas s’étonner ici que des troupes disponibles à moins d’une heure de marche ne soient pas intervenues et que de la cavalerie appartenant à la 2ème DC, en position sur la crête de Parroy à 7 Km de Lagarde soit restée inactive. Tout au contraire la 2ème DC et la 59ème Brig ont reculé pour faire face à une attaque allemande qu’on craignait voir se développer. Il est pourtant probable que chargés par la cavalerie française les Uhlans en piteux état eussent passé un mauvais moment sans que l’artillerie allemande puisse intervenir.

Une explication se trouve dans le JMO de la 2ème Armée, page 11.

« L’ennemi montre devant nous des forces très supérieures et nous devons abandonner La Garde après un violent combat. Mais le Général Commandant l’Armée ne veut en aucune façon engager une action générale, aussi se borne-t-il à prescrire au général commandant le 15ème Ca, auquel il a donné le commandement supérieur… »

La lecture du JMO du 12ème Dragon nous apprend que l’unité fut envoyée à 9 heures à la Fourrasse  » pour servir de repli aux troupes qui retraitent (58ème)  », que le matin le lieutenant de Lattre (le futur de Tassigny) était venu en reconnaissance vers Lagarde et que retournant l’après midi sur le même point il fut légèrement blessé d’un éclat au genou tandis que son voisin le Brigadier Joly était tué. Nous noterons, quand même, qu’à 9 heures il n’y avait pas encore de troupes en retraite.

La lecture du JMO du 17ème Chasseurs à cheval nous dit aussi que le 11 août, donc probablement pendant et à la suite de l’attaque sur Lagarde les Allemands ont bombardé  » vigoureusement Montcourt et Coincourt  » et qu’à plusieurs reprises  » le Général de Brigade envoie l’ordre au colonel Prax de se replier. Celui-ci ne voulant pas abandonner les fantassins de Moncourt qui tiennent malgré un feu intense, réclame un ordre écrit qui ne vient pas. A 15h15 la brigade s’étant repliée, le Colonel Prax se porte avec les mitrailleuses et les escadrons Lamarque et Petiton sur les hauteurs à 1 km de Coincourt pour couvrir le repli de l’infanterie  » 

Ce bombardement visait à interdire une contre-attaque venant par là.

Le 13 août, avant l’offensive dans l’Est, Lescot fut remplacé par le général Varin. Cette mise à pied provoqua de graves mouvements d’humeur dans son entourage, si l’on en juge par ce courrier vigoureux adressé, le 15 août 1914, par le colonel Jaguin au colonel Marillier en réponse à des propos outrageants.

J’ai l’honneur de vous rendre compte que dans la journée du 11 août un Lieutenant de l’Etat-major de la 2ème Division de Cavalerie qu’on m’a dit être le Lieutenant Antoinat était venu me donner des ordres pour l’occupation de la position de la Fourrasse et de l’organisation du commandement en ce point.

“ Je parle ici au nom du Général Commandant la Division de Cavalerie et déclare que le régiment n’a pas fait ce qu’il devait faire, qu’il a manqué au devoir militaire en ne tenant pas sur ses positions. Que le temps des discours d’Avignon (sic) était terminé et que la seule façon de laver la faute était de se sacrifier ici, que les Provençaux avaient prouvé ce qu’ils étaient ”.

Sur votre conseil je ne vous ai pas transmis de réclamation.

 Hier, 14 août, le Capitaine Callies du 19ème d’Artillerie m’a déclaré, en me disant de faire état de ce qu’il me rapportait, que ce même lieutenant lui avait dit, personnellement, que le régiment était déshonoré après l’affaire du 11 août. Le Capitaine lui défendit de continuer son injure et lui déclara qu’il avait vu le 58ème à l’action et avait admiré son héroïsme. Devant la double accusation du Lieutenant Antoinat qui a répandu son jugement autour de lui (je le sais de bonne source) je demande pour l’honneur du Régiment qui a laissé sur le carreau 800 à 900 hommes, que l’affront soit réparé.

Nous formulons, ici, l’hypothèse qu’une partie des problèmes que va, par la suite, rencontrer le 15ème CA, vient des  » rancœurs  » entre officiers engendrées ce jour là. Qu’on en juge.

Le 13 décembre 1914 le lieutenant-colonel Tantot répondit par écrit à une  » demande d’enquête sur l’affaire de Lagarde dans laquelle des militaires du 40ème RI sont tombés aux mains de l’ennemi  » le courrier suivant :

 » Combat de Lagarde 11 août 1914

Un seul bataillon du 40ème RI a été engagé dans ce combat.

2 officiers blessés (Lieutenant-colonel Tantot et Lieutenant Bosquier) et 25 hommes seulement sont revenus.

Il est certain, d’après tous les renseignements recueillis auprès des deux officiers revenus, d’après les comptes rendus de cette journée, que la lutte a été extrêmement ardente. Aucune faiblesse ne s’est produite et tous les militaires du 40ème tombés aux mains de l’ennemi, ce jour là avaient été tués ou blessés.

Il résulte de ces faits qu’il n’y a pas lieu de prévoir d’enquête ultérieure au sujet de cette affaire. « 

Ce n’est pas tout à fait vrai, le lieutenant-colonel le sait parfaitement mais il est exaspéré par cette enquête.

En 1915, le 16 février, (Lettre 92) Noël Olive un Soldat du 40ème s’en fera l’écho. Parlant des soldats du 165ème de Verdun, il écrit :

 » Quand ils sont de garde, en sentinelle, […] ont déjà reçu des marrons sur le nez, au début ils faisaient les malins, mais maintenant ils sont souples car nous ne les ménageons pas, et entre officiers c’est pareil : ils se vomissent entre eux. Çà c’est un détail. Je n’ai eu aucune discussion avec aucun mais à la première c’est la bonne, c’est que nous ne sommes pas à la caserne ici « 

On peut donc avancer que les prémisses de l’Affaire du 15ème Ca qu’il n’est pas de notre propos de traiter ici, ont germé à Lagarde, et que les paroles du lieutenant Antoinat ont été lourdes de conséquences. Si, quelques jours plus tard, le sénateur Gervais s’emploie à sauver Joffre, le Généralissime, en échec sur tout le front, en désignant les Méridionaux à la vindicte populaire, c’est probablement parce que son entourage le lui a soufflé.

 

 

 Critique des sources

http://www.provence14-18.org/lagarde/

Sources françaises :

Le Texte Simonet :

Il est très détaillé en ce qui concerne le 40ème RI. La minutie des recoupements opérés à partir des témoignages recueillis auprès des survivants et de ceux qui sont rentrés de captivité laisse une sorte de malaise. Manifestement il faut démontrer que tout a été fait dans les règles, que nul n’a failli à son devoir.

 Les morts ne pouvant contredire ce qui est affirmé il est facile de leur faire dire ou faire faire ce que l’on veut.

Il est assez facile de constater que ce texte essaie de dire, sans le formuler ouvertement que  » c’est de la faute au 58ème « 

On laisse entendre que le commandant Cornillat a donné l’ordre de retraite mais sans dire que son PC était à côté de celui du lieutenant-colonel Oddon, ni remarquer que celui-ci n’était plus à son poste lorsqu’on est venu l’y chercher. La critique des opérations dit cependant que ni le lieutenant-colonel Oddon, ni le colonel Marillier n’ont vraiment dirigé l’opération mais elle passe sous silence le fait que ce dernier a demandé à plusieurs reprises aux troupes prévus pour le soutien de se replier (JMO du 12ème Dragon), en particulier à l’artillerie qui aurait probablement pu, par un choix plus judicieux de l’emplacement de la 2ème Batterie du 19èmeRAC contrebattre l’artillerie allemande. Remarquons que celle-ci, dés qu’elle a pu le faire, s’est déplacée à l’abri des vues devant le Bois de la Croix, très précisément là où se trouvaient les 2 ème et 3 ème Batteries.

Les télégrammes :

Nous nous poserons ici la question de savoir si les soldats de Lagarde n’ont pas été quelque peu victimes de la circulation de l’information et de la réorganisation de la pyramide hiérarchique ayant suivi l’attaque du 10.

Regardons de plus prés les télégrammes dont nous disposons.

Tous les deux sont arrivés à Dombasles le 11/8/14 .

Le premier est parti de Parroy à 9h25, arrivé  à 9h40.  Il émane du Colonel Marillier.

Colonel commandant par intérim 59ème Brigade à général commandant 30ème DI à Dombasles.

59ème Brigade toujours en soutien de 2DC dans région Bezange-la-Grande, Arracourt Réchicourt, Coincourt, Parroy, Xures, La Garde, ce dernier point a été enlevé hier au soir après combat.

Le Second est signé Général Lescot, il part aussi de Parroy mais à 11h30. Il est à destination du colonel Marillier, il annonce que l’opération sur Lagarde tourne mal, il a été transmis au 15 ème Ca à 12 h. Rappelons que le général Lespinasse est mis en charge du 15 ème CA à partir de 12h. Informé plus tôt peut-être eut-il décidé autrement pour sauver  » ses Méridionaux « 

 » Général commandant 2ème DC à général commandant 30ème DI.

La 59 ème brigade s’est emparée hier au soir de La Garde mais ce matin devant l’attaque de l’ennemi en force elle doit manœuvrer en retraite dans la direction général Parroy-Valhey Il serait évidemment utile de d’être assuré d’un concours de vos forces ultérieurement si toutefois pareille décision n’allait pas à l’encontre des ordres reçus par vous de l’armée « 

Entre les deux, bien des choses ont changé dans les états-majors. Lescot a été relevé de son commandement à partir du 11août à 12 heures, donc le colonel Marillier ne dépend plus de lui. Comme il avait été chargé de l’opération sur Lagarde, il est probable, devant ce  » flou « , qu’il n’éprouve pas une grande envie d’en porter la responsabilité. La décision, conformément aux consignes de l’armée d’arrêter les «  frais  » de ne pas envoyer de renforts, de faire rentrer en vitesse la Batterie de Callies qui ne demande d’ailleurs pas mieux, s’explique en partie ainsi.

L’affirmation, selon celui-ci, qu’il a demandé deux fois un ordre écrit pour engager sa batterie en soutien des deux autres lui donne, certes, le beau rôle dans le sauvetage des pièces mais…son empressement à retraiter est affirmé par un témoin.

On se demande d’ailleurs aussi à quoi sa batterie pouvait bien être utile là où elle était en attente.

Autre chose a attiré notre attention dans la relation Simonet : il y est fait allusion à la consommation d’alcool, ce qui n’est formulé nulle part ailleurs…c’est un peu inquiétant. Callies a déjà dit, dans ses Mémoires, que  » le Commandant Adeler buvait beaucoup et que ce jour là il n’avait plus tous ses moyens… ». Etait-ce si répandu chez les officiers ? Le colonel Vidal qui commande le 40ème RI en 1921 écrit ceci au Préfet Belleudy :

 » […] Comme vous, je suis d’avis de ne pas mettre votre œuvre entre les mains des soldats. Ils n’ont, en général, ni formation intellectuelle, ni la maturité d’esprit suffisante pour apprécier les faits et surtout les décisions du commandement.

Vous avez bien voulu attirer mon attention sur cette phrase de la page 30, de la relation [ du combat de Lagarde ] :  » l’attente passive favorable aux libations » et sur l’interprétation qu’on pourrait lui donner.

Il est certain, d’après des témoignages dignes de foi, que malgré les ordres du Commandant BERTRAND, certains commandants de compagnie ont laissé leurs hommes pénétrer dans les maisons de Lagarde, dans la nuit du 10 au 11 août, d’où quelques cas d’ivresse dans le bataillon, au cours de cette nuit. Cas rares, évidemment, et qui n’ont eu aucune influence sur le combat du 11 août. Mais ne fallait-il pas, pour les enseignements à tirer de cette affaire, signaler, en toute vérité, les moindres fautes du Commandement ? « 

Les textes d’origine civile :

Comme celui du Curé de Lagarde, sont de peu d’intérêt en ce qui concerne les opérations militaires.

Les textes Ficonetti :

Ils nous apprennent «  tout  » ou presque sur le sort de l’artillerie. Ils sont précieux par les détails accumulés, par les petites divergences d’avec les autres, mais aussi par leur ton. Ils révèlent surtout que personne n’était conscient du danger et que de très graves fautes dues à l’incompétences des cadres ont été commises. Ils confirment que les Allemands vers midi ont tiré sur Lagarde avec leur artillerie amenée sur les lieux où étaient placés les canons Français, et que la première charge de Uhlans a bien reflué.

Les Mémoires du capitaine Callies :

Ils ne nous apprennent pas plus de choses que Ficonetti, sauf qu’à ce moment de la guerre l’ambiance entre officiers d’artillerie n’était pas très chaleureuse. Callies minimise son rôle, ou l’enjolive un peu. La suite des Mémoires montre qu’il est  » assez satisfait de lui  » et se sent intellectuellement supérieur à ses pairs.

Nous avons reçu un témoignage par Internet qui ne peut être recoupé mais vient d’un ancien de la deuxième batterie du 19ème RAC :

« Pour information, un extrait des « mémoires de guerre » de mon grand père, maréchal des logis au 19° Rac, qui a échappé à cette aventure, et est mort dans son lit à plus de 80ans.

Le bal débute mal

[…]. Le 7 Août 1914, nous partons pour la forêt de Parroy (de triste mémoire pour notre régiment le 19 R.A.C.). […] 

Nous attendions dans cette forêt qu’un ordre nous parvienne. […] A 11 heures, le dit agent de liaison, qui était chez le commandant de l’autre côté du canal de la Marne au Rhin, arriva et dit à notre capitaine que le commandant lui donnait l’ordre d’aller mettre en position de l’autre côté du canal. Le capitaine refusa et chargea l’agent de liaison de dire au commandant qu’il ne pouvait exécuter un tel ordre sans un soutien d’infanterie suffisant.

A nouveau, l’agent de liaison, qui était allé porter la réponse du capitaine, revient en disant que le commandant exigeait que l’ordre soit exécuté. Une fois encore, notre capitaine refusa. Un quart d’heure après, nous entendîmes une fusillade accompagnée de cris et nous aperçûmes sur une crête, des uhlans allemands qui arrivaient. En trois minutes nous pliâmes bagages, à toute allure et nous fîmes une marche arrière mémorable.

Grâce à notre capitaine, nous étions sains et saufs, mais la première et la deuxième batterie avaient été anéanties, après une lutte de quelques minutes. Tous les officiers, y compris le commandant, avaient été tués ou blessés. […] « 

Ce témoignage prouve que Callies a eu tôt fait de plier bagages et qu’il n’était pas en position de tir comme il l’affirme. Le passage de la position de tir à la position de départ demande beaucoup plus de temps,presque une heure selon Ficonetti.

Les rapports des officiers français :

Il faut bien reconnaître qu’ils ont été soigneusement  » filtrés « .

En ce qui concerne le 19ème RAC, globalement, ils rejettent la faute sur le commandant Adeler et ne s’expriment pas sur le manque de couverture.

La lecture attentive de l’ensemble permet toutefois de reconstruire   » une vérité  » ce qui était le but recherché par les rédacteurs.

Les JMO :

Ils sont à prendre, comme toujours avec prudence. Un peu moins ceux des grandes unités.

Il faut aussi reconnaître que ceux du 40ème et du 58ème ne sont pas tenus avec beaucoup de rigueur par rapport à ceux des Chasseurs ou des Dragons.

Le livre de J. Didier :

Selon nous, il n’analyse pas suffisamment, ne met pas en perspective les témoignages, se contentant assez souvent d’additionner les sources connues ou accessibles sur Internet, mais il a l’immense mérite d’en donner beaucoup. A notre avis les traductions sont parfois un peu rapides et sources de quelques contresens. Comme l’essai est construit en grande partie autour des sources allemandes auxquelles il accorde une très large place, il laisse percevoir une sorte de fascination, certainement involontaire, pour la cavalerie allemande.

 J. Didier cite longuement, presque uniquement hélas, des témoignages que l’on prend facilement en contradiction. Ces contradictions sont intéressantes car elles nous livrent quelques informations sur les rapports entre unités allemandes. Le général von Estorff, par exemple, n’hésite pas à parler  » des soi-disant tirs venus des fenêtres du village et des armes automatiques cachées dans le clocher  » expliquant le massacre de la cavalerie allemande. Nous avons déjà dit qu’un officier d’artillerie rapporte le reflux de la première charge des Uhlans sur leur base de départ dans le Bois du Haut de la Croix.

Sources allemandes :

Elles ont le mérite d’exister mais sont très délicates à utiliser. Elles sont très souvent en contradiction les unes avec les autres et peu crédibles dans les détails. Il y est par exemple fait sans arrêt allusion aux tirs de l’artillerie française (alors qu’elle n’a pas eu un grand rôle et n’a pas beaucoup tiré) et on y évoque à plusieurs reprise des tirs d’artillerie français après la perte complète des deux batterie du 19ème RAC. On en arrive à se demander si l’artillerie allemande n’a pas tiré sur ses propres troupes et qu’on tenterait de le cacher.

 Les témoignages sur l’infanterie sont peu crédibles, mal situés, ceux sur l’artillerie le sont un peu plus parce que plus précis et recoupables entre eux.

Une attention particulière doit être portée aux témoignages sur la cavalerie. Ils sont, pour la plus grande part de l’ordre de l’hagiographie, parfois délibérément faux.

Par exemple il est dit qu’un escadron de Uhlans a pris une troisième batterie, or nous savons qu’il n’en est rien et que cette charge a portée à droite uniquement parce que le chemin vers le village lui était barré par la charge précédente bloquée et en  » panique  » sur le remblai du canal. Elle a fait demi-tour, probablement après avoir massacré quelques survivants vers la route de Xures…. L’impression qui prévaut en fait est celle d’une immense pagaille qui s’est soldée par des pertes énormes…en cavaliers, en officiers, en chevaux.

Si les relations ne cachent pas ces pertes c’est uniquement parce qu’elles sont bien trop connues. On pourrait dire d’ailleurs à titre d’exemple de désinformation, que c’est un général Allemand qui est tombé pendant l’attaque et pas du tout un général français comme il est dit dans les documents allemands.

Il est surprenant de noter qu’un des témoins avoue sans fard la folie meurtrière qui s’est emparée des Uhlans survivants massacrant tous les fuyards sur leur passage :

[…] un feu nourri arrive en provenance de groupes de tirailleurs qui apparaissent brusquement sur la rive sud et se replient vers le Sud-ouest. De nombreux coups sont également tirés depuis la bande étroite entre la route et le canal et ils sont terriblement efficaces compte tenu de la faible distance. Dix, vingt cavaliers sont couchés dans leur sang. Un des premiers à tomber mais qui aussitôt se relève est le sous-lieutenant Prieger. Il tire son pistolet de l’étui, saisit aussi celui d’un sous-officier mort et tire, sans chercher un couvert, jusqu’à ce qu’il s’effondre mort.

L’escadron cherche à se soustraire de ce piège en passant par la droite ou la gauche. Un petit nombre fonce vers l’ouest avec le Maréchal des Logis-chef Hummel. Il aperçoit, à la lisière sud du Haut de la Croix, un groupe de 50 à 60 Français. Les pantalons rouges sont en grande partie massacrés, quelques-uns seulement sont faits prisonniers. Un petit nombre, en traversant le canal à la nage arrive à s’échapper.

La plus grande partie de l’escadron, mélangée avec des isolés de l’escadron Lilgenau et du 2.b.UI.Regt, suivit le capitaine Wieser et l’Etat-major de la brigade vers l’Est. Dans le fossé de la route le caporal-chef Neugebauer galope sans relâche sa lance est projetée vers le sol sur des ennemis qui se sont cachés là. Arrive alors un groupe nombreux de chevaux devenus furieux, sans cavaliers, emballés, blessés.

Ils arrivent dans un rétrécissement entre le canal, un mur et un talus. Cachés en partie par des murets, des fantassins ennemis tirent sur la multitude de chevaux fonçant aveuglément vers l’avant sans pouvoir être déviés. Tout à fait à l’entrée de Lagarde le capitaine Wieser, déjà atteint par une balle à l’avant-bras gauche tombe de cheval, frappé par un éclat d’obus, avec la mâchoire inférieure fracassée, sa monture s’écroule en même temps blessée mortellement et lui écrase encore le pied gauche. Le sous-lieutenant comte Ingelheim arrive à coucher sous lui son cheval lancé en avant vers la mort. Deux côtes cassées ! Quoi! Le cœur bat encore. A nouveau des arbres, des haies, des clôtures, des maisons, Lagarde! Des mitrailleuses crépitent depuis l’église. […] La chasse sauvage continue à l’intérieur du village semblable à un volcan. Pas un seul d’entre nous ne devrait s’en sortir… Heureusement les défenseurs du village sont pris de panique, ils pensent plus à leur propre salut qu’à abattre l’ennemi….( Das Bayernbuch vom Veltkrieg 1914-1918 page 25 cité par J. Didier)

 

Analyse des documents concernant les exhumations des corps des soldats français

http://www.provence14-18.org/lagarde/

La liste «  actualisée  » des soldats français dont les tombes ont été retrouvées sur le territoire de la commune de Lagarde (liste datée du 11 avril 1919) se trouvera en fin de volume. Elle comprend quelques soldats allemands dont les dates de morts sont «  curieuses  »

 

 

 

lagarde-document-inhumations

source : http://www.provence14-18.org/lagarde/

 

 

 

 

Ces documents écrits révèlent un certain nombre de choses.

Sur leur forme d’abord.

Ils ne sont guère précis, le premier entaché de nombreuses non concordances avec le plan qui l’accompagne.

Ils semblent bâclés alors que l’écriture montre une main habile, ils ne permettent pas non plus de comprendre la logique de numérotation des tombes, s’il y en a une.

 

 

 

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source : http://www.provence14-18.org/lagarde/

 

Sur leur contenu.

Ils montrent, et c’est une surprise, que peu d’efforts d’identification des corps ont été faits avant enfouissement, alors que le travail a certainement commencé peu de temps après la bataille. Il est tout à fait probable que la population civile a été très largement employée, et sous la direction de militaires allemands, mais il semble néanmoins curieux que la fouille des dépouilles ait été négligée. On aurait pu imaginer, de la part de habitants de Lagarde, un respect plus grand des corps des soldats français. Faut-il y voir la marque des autorités allemandes ? Un  » pillage  » généralisé des dépouilles par les soldats vainqueurs. Ce n’est pas impossible. Un témoignage allemand dit que certains soldats français avaient été dépouillés de leur pantalon rouge.

 Le site officiel de Lagarde dit qu’au cours des exhumations on ne réussira à mettre un nom que sur 188 corps, 110 du 58ème : 89 soldats, un  1ère classe, 1 clairon, 7 caporaux et 3 sergents, 1 sergent fourrier, 1 adjudant, 1 sous-lieutenant, 1 lieutenant et un capitaine ; du 40ème RI on identifiera 59 corps : 55 soldats, 1 sergent, 2 lieutenants et 1 capitaine ; 23 du 19ème RAC 1 trompette, 10 soldats, 2 brigadiers, 6 maréchaux des logis, 1 chef-pointeur, 1 adjudant chef, 1 capitaine et un chef d’escadron. 

Dans l’ossuaire gauche du cimetière, ont été rassemblés les restes de 171 officiers, sous-officiers et soldats et parmi eux figurent 159 inconnus, dans celui de droite reposent 181 officiers, sous-officiers et soldats dont 163 inconnus. Au total 540 dépouilles mortelles

En fait, le décompte fait à partir d’un relevé de la nécropole de Lagarde donne seulement 162 noms  de soldats impliqués dans le combat

 

 

 

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source : http://www.provence14-18.org/lagarde/

 

 

 

 

 

L’observation des lieux d’enfouissement confirme assez bien ce que nous savons du combat :

tout à l’Est 51 corps probablement du 40 ème (tombes 63, 65, 67), parmi eux les lieutenant Gallis et de Girard, ils ont tenu face à l’attaque des Chasseurs ; au Nord-ouest des tombes isolées dans les lisières des vergers, probablement un mélange de soldats du 58ème et du 40ème venus les remplacer ; en D4 la section de mitrailleuses du 58ème qui a tant causé de pertes aux Uhlans et autour des corps non identifiés ; aux lisières du Bois du Haut de la Croix, les artilleurs, leurs officiers : Adeler, Setze, les soldats du 58ème de la couverture d’artillerie morts devant le 131ème allemand, dans l’Ouest entre canal et chemin rural, tous les corps, 250 au moins, du 40ème et 58ème unis dans la mort, soldats fuyant devant les obus, massacrés ensuite par les Charges de Uhlans déchaînés ; quelques tombes isolées, probablement celles des blessés ramassés par les Allemands, morts dans les ambulances, et puis de l’autre côté du canal quelques uns de ceux qui ont tenté la fuite en franchissant l’eau, probablement de la section Duley.

 

Nous disposons de deux témoignages sur le spectacle du champ de bataille le 16 août alors que les Allemands ont quitté Lagarde. Celui de Laurent Gassin du 3ème RI qui évoque les croix sur les tombes, signe que des ensevelissements ont été faits, (Le JMO du 3ème RI confirme que ce bataillon a cantonné à Lagarde avant de se porter sur Marimont)

 

 

 

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source :  http://www.provence14-18.org/lagarde/

 » Le matin, vers 4 heures, nous nous arrêtons et nous faisons du feu au bord de la route où nous faisons sécher la capote. Au jour nous repartons du côté de la frontière. A 7 heures nous la traversons et nous arrachons le poteau. A 8 heures nous arrivons à Lagarde (nous sommes en Lorraine).

Là, au bord de la route, il y avait des fusils, des équipements, des sacs, des effets par paquets. La veille, le 40 ème et le 58 ème avaient été surpris par les Allemands entrain de faire la soupe. Il y avait eu un massacre. Où il y en avait le plus, c’était devant la Mairie. D’un côté de la porte d’entrée on voyait les effets des Boches et de l’autre des Français.

On nous loge dans une grange, c’était la maison du Docteur, elle était complètement pillée, les meubles, les matelas, tout avait été éventré, le linge éparpillé sur le parquet, avec d’autres objets, les glaces brisées, dans le bureau la bibliothèque était renversée, tous les livres déchirés, dans le salon il ne restait que le piano encore il lui manquait toutes les cordes.

En face se trouvait la maison du curé qui n’avait pas été épargné non plus, de plus un obus l’avait ébréchée. Bien entendu les caves étaient vides.

Nous repartons vers les 12 heures, nous traversons un petit village, il pleuvait à torrent, nous nous arrêtons dans une grange et repartons une heure après. Nous arrivons au Château de Marimont vers les 4 heures. C’était une grande ferme d’un colonel Allemand… »

Dans son carnet de route, le soldat Gassin avait d’abord écrit:

  » nous quittons cet emplacement et filons vers la frontière, nous sommes en Lorraine, des sacs, des équipements, des fusils français, allemands, jonchent le sol, partout des petites croix en bois, ce sont des tombes. La pluie tombe toujours, arrivons à Lagarde, village pillé. Allons cantonner au Château de Marimont qui appartient à un colonel allemand « 

La critique de ce document nous oblige à dire que cette différence indique le travail de réécriture durant le passage du carnet de route au journal. D’une part il pense préciser en indiquant que les régiments ont été surpris la veille alors que la bataille a eu lieu le 11 août et non le 16 comme il le laisse entendre, d’autre part, il dit :  » nous arrachons le poteau  » alors que d’autres sources affirment que sur cette route il l’a été le 10. (Il peut avoir été replanté !)

Celui du capitaine Callies (Mémoires page 57) qui a trouvé la tombe du sous-lieutenant Falque clairement identifiée, affirme que de nombreux corps sont dans le canal, que l’odeur est affreuse, que de nombreux cadavres de chevaux brûlent dans une carrière et que des subordonnés ont vu, exactement à l’endroit où étaient les Batteries du 19ème RAC le 11, une tombe portant l’inscription  » trois officiers français  » et le képi du capitaine Setze. Il confirme ainsi la localisation des batteries et le lieu d’enfouissement provisoire des corps.

 

 

 

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source :  http://www.provence14-18.org/lagarde/

Ces documents montrent de façon spectaculaire les zones qui ont été particulièrement battues par l’artillerie allemande, celle où se trouvaient les canons de 75 français et le Pont vers Xures. Il y a tout lieu de penser que, compte tenu de la chaleur, les corps des soldats français tués ont été ensuite ensevelis très rapidement dans les trous d’obus les moins loin.

On est aussi en droit de penser que les nombreux enfouissements dans la zone B5, C5, D5, révèlent, pour les mêmes raisons, la photo aérienne le confirme aussi, une accumulation de sépultures en cet endroit. Cela montre bien l’acharnement des Allemands à interdire la retraite par le passage donnant vers Xures et il est confirmé par les sources allemandes, que les Uhlans n’ont pas fait de quartier aux soldats se repliant.

Reprenons les chiffres de pertes et essayons de les commenter.

 

 

lagarde-pertes-en-chiffres

tiré de : http://www.provence14-18.org/lagarde/

 

Il est toujours difficile de commenter les chiffres de pertes car on ne sait pas vraiment comment les informations sont ventilées par le commandement. S’il est assez facile par simple appel de connaître le nombre de ceux qui manquent, il est difficile de se prononcer sur le partage morts, blessés, disparus.

Dans le cas de Lagarde les blessés incapables de se déplacer ont du rester sur le terrain, être relevés par les Allemands. On se demande alors comment faire la différence avec les prisonniers et on peut affirmer que les chiffres sont totalement fabriqués en cas de retraite. Les officiers commandants les régiments ne transmettent, évidemment, que des chiffres bruts.

Par exemple 956 soldats manquent à l’appel pour le JMO du 40ème, 874 pour les états de pertes. Aujourd’hui le chiffre est 874, ce qui est juste et signifie que des hommes perdus dans la nature ou blessés sans gravité sont rentrés peu à peu. Pour le 58ème le chiffre donné au JMO est 969, les états de pertes 1097, nous savons qu’il est de 1097, ce qui signifie tout au contraire un souci de minoration. Si l’on en croit les chiffres, et nous avons dit qu’il fallait s’en méfier, le 58ème a eu plus de pertes que le 40ème, mais il a eu un peu plus de prisonniers et de blessés, il a eu aussi plus de gens rescapés, 80 hommes ramenés par le capitaine Rourissol contre 37 ramenés par le lieutenant-colonel et l’Adjudant-chef Thibon.

On peut en conclure, mais avec une certaine prudence, que les officiers qui se sont repliés les premiers avec leurs hommes ont eu plus de chance de survie que les autres. Ce qui ne constitue pas une grande découverte.

On peut affirmer, tout aussi prudemment, qu’une meilleure appréciation des risques par le lieutenant-colonel et un ordre de retraite, donné tôt tout en laissant une arrière-garde couvrir le repli, aurait certainement sauvé la vie à beaucoup de soldats. C’est une certitude. Mais la doctrine d’alors était que pas un pouce de terrain conquis ne devait être abandonné. On voit ici une des premières illustrations de la nocivité d’un tel précepte.

Nous ne nous attarderons pas sur l’exploitation de cette victoire par les Allemands. Elle est si manifestement organisée à des fins de propagande qu’elle ne mérite pas d’analyse particulière. Les mensonges sont tellement éhontés que point n’est besoin de s’y appesantir, pas plus que nous nous appesantirons sur la floraison d’images allemandes glorifiant la prise du drapeau.

Nous ne saurions terminer sans évoquer la manière typique dont certains milieux ont procédé pour s’en prendre aux soldats du Midi : le pseudo-témoignage de l’Abbé Georges, aumônier au 58ème R.I qui a fait beaucoup de tort aux soldats du 15ème Ca, qui,  relatant un incident vécu le 11 août 1914, après la bataille de LAGARDE, aurait écrit dans son livre relatant les faits d’armes de son régiment :

«  J’étais couché au repos dans le fossé de la route allant de Coincourt à Xures, lorsque j’avais aperçu cet officier que je ne connaissais pas encore. Il était descendu de cheval et parlait à un lieutenant laissant respirer quelques-uns de ses hommes échappés au massacre. Visiblement en proie à une violente agitation, un rictus nerveux contractait  étrangement son visage. Il disait textuellement, en parlant de ses soldats : «  Ils se sont enfuis comme des péteux…  ». Et Dieu seul savait qu’il pensait en lui-même : «  Si j’en rencontre un, je le brûle !…  ». Il avait ensuite enfourché son carcan et s’en était allé comme un fou ………. Le Capitaine BLANC mourut ensuite au champ d’honneur, tué à l’ennemi… « 

A notre connaissance, à ce moment de la guerre il n’y avait pas encore d’aumônier au 58ème RI –et s’il y en avait eu un, sa place était avec les soldats qui allaient se battre et  » non au repos dans un fossé « – pas plus qu’il n’y avait de Capitaine Blanc à Lagarde. Il y avait bien, au 2ème Bataillon du 58ème, un capitaine Blanc, mais il n’était pas à Lagarde. Il était à Coincourt. Par ailleurs l’officier du 58ème portant ce nom là est mort au champ d’honneur à Dieuze. Il est surprenant que dix jours après Lagarde l’aumônier ne s’en soit pas souvenu avec précision. Nous n’insisterons donc pas sur la perversité de la méthode employée pour semer le doute.

 

Conclusion :

http://www.provence14-18.org/lagarde/

Avant de conclure nous formulerons quelques remarques sur le déroulement des opérations, mais n’étant pas militaire de profession, encore moins spécialiste en stratégie, nous nous garderons d’émettre un jugement péremptoire sur la façon dont les troupes françaises ont été employées. Cependant nous ne pouvons pas ne pas remarquer que les mitrailleuses placées là où l’on nous dit qu’elles étaient, n’ont pas joué à plein leur rôle, même si elles ont fait des ravages dans les rangs allemands. Elles eussent pu être encore plus meurtrières, placées à couvert, dans une maison par exemple, donc invisibles aux observateurs, au lieu d’être entourées d’une infanterie qui a beaucoup souffert de l’artillerie qui les cherchait.

Nous ne pouvons pas non plus ne pas remarquer que l’artillerie française ne s’est pas comportée de façon très professionnelle…emplacements mal choisis, sur un sol humide instable, mise en position très lente, défilement trop grand, incapacité à contrer l’artillerie adverse, (ce que Callies eût pu faire avec un peu plus de courage et de talent), au lieu que l’artillerie allemande, et particulièrement les 105, rompue aux exercices de contrebatteries, n’a pas hésité, comme elle savait le faire, à prendre le risque de venir à découvert pour tirer à vue…avec le succès que l’on sait.

Cette affaire de Lagarde que les Allemands considèrent comme un jour noir pour leur cavalerie mérite, à plus d’un titre, qu’on s’y arrête.

La leçon n’a pas été comprise par le Commandement français qui n’a pas voulu voir que les mitrailleuses françaises comme les allemandes avaient fait de terribles dégâts. Il n’a pas non plus voulu voir que la cavalerie allemande avait été défaite, massacrée et qu’il en serait de même de la cavalerie française si elle s’aventurait à opérer de la même manière. Il n’a surtout pas voulu comprendre qu’il tombait dans un piège, que l’ennemi l’attirait sur un terrain choisi, préparé et quadrillé pour que l’artillerie lourde cogne sans réglage à chaque passage de crête.

Plus grave encore, pour échapper à la responsabilité d’avoir mis des soldats dans un traquenard, il a laissé dire que le 58ème avait lâché prise…ce qui n’est pas vrai !

Un démenti vigoureux, formulé immédiatement, et au plus haut niveau, à commencer par le lieutenant-colonel Marillier, aurait probablement évité l’affaire du 15ème CA et ses conséquences terribles pour les soldats méridionaux. Certes le général de Castelnau a sanctionné le général Lescot mais, lui-même, quelques jours plus tard, signait cet ordre du jour :

 » L’ennemi est en pleine retraite sur tout le front de l’Armée. Ce n’est plus le moment de pratiquer la guerre méthodique et circonspecte. Toutes les audaces sont permises. En avant partout « 

Bel exemple d’aveuglement.

Dix jours plus tard, après les défaites dans l’Est, la presse parisienne, Action Française en tête, s’acharnait honteusement sur  » les Méridionaux « .

 

 

source récit : http://www.chtimiste.com/

source photos et récit   : http://www.provence14-18.org/lagarde/

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