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4 avril 2013

30 avril Hitler se suicide

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  

 

30 avril Hitler se suicide

 

Sur le front de l’Ouest, la 1ère armée française entre en Autriche près du lac Constance, au sud, alors que des unités de la 2ème armée britannique, au nord, avancent vers la côte baltique.

Sur le front de l’Est, à Berlin, les Soviétiques atteignent le Reichstag par le nord, d’autres édifices gouvernementaux sont aussi capturés. Au nord, le 2ème front biélorusse avance vers Straslund, Waren et Witteberg. En Tchécoslovaquie, Mor Ostrava est occupé après une longue bataille. 
Dans le Bunker, les occupants sont réveillés à 5 heures du matin par un feu nourri d’artillerie. Une heure plus tard Mohnke est convoqué au Bunker. Hitler est en robe de nuit et en pantoufles, il est assis sur la chaise près de son lit, les yeux larmoyants. Il lève la tête calmement et demande combien de temps ils pourront tenir encore. Pas plus que quelques heures, répond Mohnke.

Vers 7 heures Eva Braun sort du Bunker, elle veut voir le soleil une dernière fois. Hitler apparaît aussi dans le haut de l’escalier, mais redescend aussitôt que les bombardements reprennent.

Vers midi se tient la dernière conférence sur la situation. Le général Weidling rapporte que les troupes soviétiques ont lancé un assaut sur le Reichstag et se rapprochent de la chancellerie. Les rapports sur la situation ne proviennent plus des unités de Weidling, il doit s’en remettre aux nouvelles diffusées par les radios étrangères. La ville ne peut plus être défendue, annonce Weidling, peut-être que le Führer devrait essayer de s’échapper pour rejoindre l’armée de Wenckderrière Potsdam. Hitler répond que c’est inutile, « de toute façon, personne n’obéit à mes ordres ». Weidling demande des instructions au cas où les réserves de munitions venaient à manquer, Hitler répond qu’il ne capitulera jamais. Wenck et tous les autres commandants ne doivent pas capituler. 

Hitler est le dernier à quitter la salle de conférence, il s’approche d’Otto Günsche et insiste encore une fois que lui, leFührer, ne doit pas tomber entre les mains des Russes mort ou vivant. Il a décidé de mettre fin à ses jours, ainsi que « Fraulein Braun », sa femme. Il veut que son corps soit brûlé et reste introuvable à jamais. Il fait promettre à Günsche de prendre toutes les précautions nécessaires afin de disposer de sa dépouille. Ces arrangements sont si importants pourHitler qu’il les met par écrit. 

Günsche prend immédiatement contact par téléphone avec le chauffeur de Hitler, Erich Kempka, qui a son bureau dans le garage souterrain près de la chancellerie du Reich. Günsche explique à Kempka qu’il doit trouver autant d’essence que possible, très rapidement; si nécessaire il peut siphonner l’essence des réservoirs des véhicules stationnés. Un peu plus tard, des SS transportent des bidons d’essence dans le Bunker.

Vers 14h00, Hitler prend son dernier repas en compagnie de ses secrétaires et de son diététiste. Contrairement aux attentes, Eva Braun ne s’est pas jointe à eux. Hitler est calme et en contrôle, on dirait un banquet de la mort. Après le repas Hitler se lève de table et dit « C’est le moment, tout est terminé ». Il quitte pour aller s’entretenir avec Goebbels qui met son serment d’honneur de côté et demande à Hitler de quitter Berlin. Mais Hitler répète tous ses vieux arguments et certains de ceux qui proviennent de Goebbels lui-même. Finalement il dit « Docteur, vous connaissez ma décision! ». Hitlerlui dit qu’il devrait envisager quitter Berlin avec sa femme et ses enfants. Goebbels refuse et jure qu’il demeurera aux côtés du Führer. Après plusieurs adieux répétés, la femme de Goebbels les rejoint et Hitler accompagne le couple à la porte. 

Quelques instants plus tard, Hitler entre dans la salle de conférence avec sa femme à ses côtés. Il porte un uniforme simple avec sa Croix de fer épinglée sur sa poitrine gauche, une décoration qu’il s’est méritée pendant la première guerre mondiale. Hitler fait face à ses plus proches collaborateurs qui se sont mis en ligne pour un adieu officiel. Goebbels, sa femme et Bormann sont au début de la ligne; vient ensuite le général Krebs, Burgdorf et l’ambassadeur Hewel ainsi que l’officier de liaison de la marine, le vice-amiral Hans-Erich Voss. À la fin de la ligne se trouve Rattenhuber, Günsche, Högl, Linge et les secrétaires. Avec sa femme à ses côtés, Hitler serre la main de chacun d’eux à tour de rôle, ne répondant que des phrases formelles. Hitler se retire ensuite avec Eva Braun dans ses appartements privés. 

La femme de Goebbels*, en larmes, se présente à la porte des appartements privés de Hitler, elle est très en colère et demande à parler au Führer. Günsche parvient à persuader Hitler de rencontrer la femme désespérée, Hitler est visiblement agacé. Elle dit à Hitler que si le pire arrive, elle est décidée à tuer ses enfants et se suicider. Tous les efforts pour l’en dissuader ont été vains, Hitler lui demande de reconsidérer sa décision, elle répond non de manière entêtée. Elle ne laissera pas son mari mourir seul, elle le rejoindra dans la mort et ses enfants doivent mourir également. Goebbelsvacille alors que sa femme très agitée parle à Hitler et le presse de quitter Berlin. Mais Hitler refuse d’entendre un mot de plus et s’enferme dans sa chambre.

Un peu plus tard, un coup de feu retenti. L’assistant de Hitler, Linge, qui est entrain d’avaler des verres de schnaps dans l’antichambre sent aussitôt l’odeur de la poudre. Il sort dans le corridor et dit à Bormann : « C’est fait. »

Les deux hommes, suivi de Günsche, entrent dans la chambre. Hitler est affaissé sur le sofa fleuri, les yeux ouverts et sa tête penchée. Il a un trou de la taille d’une pièce de monnaie sur la tempe droite, d’où s’écoule un filet de sang jusque sur sa joue. Un pistolet Walther 7.65 mm repose sur le sol, une flaque de sang tout près. Le mur derrière est éclaboussé de sang. La femme de Hitler, portant une robe bleu, est à côté de lui, ses genoux remontés sur sa poitrine, ses lèvres bleutées sont crispées. Son pistolet, qui n’a pas servi, est déposé sur la table devant elle. 

Après un moment de contemplation hébétée, Günsche se rend à la salle de conférence et dit en frappant ses talons : « Je dois vous rapporter que le Führer est mort. » Goebbels, Krebs, Burgdorf et les autres, leurs visages sans expression, le suivent jusqu’à la chambre de Hitler. Linge est déjà entrain d’envelopper le corps dans une couverture. Puis, aidé de Högl, il transporte le corps de Hitler. Bormann les suit et transporte le corps d’Eva Braun. Les corps sont transportés ainsi à l’extérieur du Bunker, dans le jardin. On parvient à déposer les corps au sol et rapidement les hommes vident le contenu des bidons d’essence sur les corps. Günsche se fabrique une torche de papier qu’il allume et jette sur les corps qui s’enflamme aussitôt. Tous se tiennent alors debout au garde à vous.*

-

 

 

 

 

En Allemagne, la radio de Hambourg annonce la mort de Hitler et que Dönitz est son successeur. Dönitz diffuse le message suivant : « Il est de mon devoir de sauver le peuple allemand de la destruction par les Bolchéviques ».

*Dans le Bunker, Goebbels et sa femme se suicident après avoir empoisonné leurs six enfants. Martin Bormann prend le large et disparaît.

 

source : http://www.verslavictoire.com/1945-04-30.php

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  

 

 

 

 

3 avril 2013

18 avril Adolf Hitler destitue Heinrich Himmler de ses fonctions

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale 

18 avril Adolf Hitler destitue Heinrich Himmler de ses fonctions

  

Heinrich Himmler

Homme politique allemand (Munich 1900-Lüneburg 1945).

Militant dans les corps francs (1920), il se lie aux nazis, devient le secrétaire de Gregor Strasser et participe au putsch manqué tenté par Hitler à Munich contre le gouvernement (8 novembre 1923). 
   Ses talents d’organisateur le font désigner par Hitler, en 1929, comme chef des SS pour tout le Reich (Reichsführer-SS). Après l’accession de Hitler au pouvoir en 1933, il devient chef de la police politique, ou Gestapo (avril 1934) : à ce titre, Himmler joue un rôle essentiel dans la Nuit des longs couteaux(30 juin 1934), au cours de laquelle sont exécutés les adversaires du chancelier. 
   Himmler devient chef suprême de la police allemande (1938) : exécutions, jugements sommaires, camps de concentration sont ses armes habituelles. 
   Pendant la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle il devient ministre de l’Intérieur (novembre 1943), il fait régner la terreur sur l’Europe occupée et attache son nom aux camps de la mort (→ camps de concentration), dont il sera l’inlassable pourvoyeur. 

Après le complot manqué contre Hitler du 20 juillet 1944, il devient chef de toutes les forces armées de l’Intérieur.

Négociations et disgrâce (février-avril 1945)

Depuis l’hiver 1944-1945 Himmler, comme beaucoup de dignitaires nazis, sait que l’Allemagne a perdu la guerre. Mais, il continue à sacrifier des milliers d’Allemands en leur martelant que le Reich peut encore être victorieux.

« Nos mauvais ennemis devront constater et comprendre qu’une intrusion en Allemagne, dût-elle réussir ici ou là, leur coûtera un prix qui équivaudra pour eux à un suicide national. »

— Heinrich Himmler, dans un discours du début 194563.

Ses conseillers, par exemple Walter Schellenberg (le chef du contre-espionnage) et Felix Kersten (son médecin), lui proposent de destituer Hitler, ce qu’il refuse de faire. En revanche, afin de donner une seconde chance au parti nazi durant la phase d’après-guerre, il décide de contacter les Anglais et les Américains par le biais du comte Folke Bernadotte. Ce dernier est le vice-président de la Croix-Rouge suédoise et les deux hommes se rencontrent pour la première fois au sanatorium de Hohenlychen près de Berlin le 14 février63. Bernadotte prend en note le projet de pacification prévu entre le Reich et les Alliés et proposé par Himmler. Le Reichsführer-SS y stipule que l’Allemagne se soumettrait à la Grande-Bretagne et aux États-Unis à condition qu’elle pût poursuivre la résistance contre le « bolchévisme ».

Himmler s’enfuit dans la propriété de son médecin Felix Kersten à Hartzwalde, au nord de Berlin. Les Suédois — et probablement Bernadotte lui-même — demandent à Kersten d’intervenir pour éviter le sabotage des camps de concentration comme le voulait Hitler. Le 12 mars 1945, après de longues négociations, Himmler assure qu’on ne sabotera pas les camps de concentration et que la Croix-rouge suédoise sera autorisée à envoyer des vivres pour les prisonniers. Un membre du Congrès juif mondial, Norbert Masur, est dépêché sur place et obtient la garantie que Himmler et ses SS ne molesteront plus aucun Juif63.

 

A la fin de la guerre, Himmler a trahi Hitler

 

Edité par Ludovic BLECHER 
le 19 janvier 2001

http://lci.tf1.fr/monde/2001-01/fin-guerre-himmler-trahi-hitler-4899970.html

 

Le chef des SS a fait parvenir un message à Winston Churchill dans le but de conclure un accord de paix un an avant la fin de la Seconde guerre mondiale, révèle un documentaire de la BBC diffusé hier soir.

La seconde guerre mondiale est loin d’avoir livré tous ses secrets. Heinrich Himmler, le tout-puissant chef des SS – les troupes d’élite de l’Allemagne nazie – aurait trahi Hitler en tentant de conclure un accord de paix un an avant la fin de la Seconde guerre mondiale, révèle un documentaire diffusé hier soir sur la BBC.

Selon les archives présentées par la chaîne, le chef des SS a approché la Grande-Bretagne fin août 1944, deux mois après le débarquement des Alliés en France. Himmler a envoyé un message au chef des services secrets britanniques, Sir Stewart Menzies, qui l’a transmis à Winston Churchill, le Premier ministre britannique, le 31 août 1944. « Télégramme Himmler gardé et détruit par moi », a répondu le jour même Winston Churchill à Stewart Menzies dans une note manuscrite.

Ecraser le IIIème Reich

Si le documentaire admet que le contenu du télégramme ne peut donc

pas être vérifié, les historiens s’accordent toutefois sur la forte probabilité d’un appel à la paix. Par contre, il est plus difficile d’expliquer la surprenante réaction de Churchill : sur les 14.000 télégrammes reçus par le Premier ministre, il n’en a détruit qu’un seul, celui de Himmler.

Selon les historiens son geste aurait été dicté par son désir de voir les Alliés écraser le IIIème Reich. En éliminant le télégramme envoyé par Himmler, il écartait la possibilité d’une paix négociée. Un autre message des services secrets nazis, dans lequel Himmler « interdit tout contact radio avec les Anglais puisque leurs offres ne sont pas sincères », fut intercepté le 16 septembre 1944. En avril 1945, alors que l’Allemagne était sur le point d’être vaincue, Himmler lança officiellement un appel à la paix, par l’intermédiaire d’un diplomate suédois comte Folke Bernadotte.

Ce dernier est le vice-président de la Croix-Rouge suédoise et les deux hommes se rencontrent pour la première fois au sanatorium de Hohenlychen près de Berlin le 14 février63. Bernadotte prend en note le projet de pacification prévu entre le Reich et les Alliés et proposé par Himmler. Le Reichsführer-SS y stipule que l’Allemagne se soumettrait à la Grande-Bretagne et aux États-Unis à condition qu’elle pût poursuivre la résistance contre le « bolchévisme ».

Himmler s’enfuit dans la propriété de son médecin Felix Kersten à Hartzwalde, au nord de Berlin. Les Suédois — et probablement Bernadotte lui-même — demandent à Kersten d’intervenir pour éviter le sabotage des camps de concentration comme le voulait Hitler. Le 12 mars 1945, après de longues négociations, Himmler assure qu’on ne sabotera pas les camps de concentration et que la Croix-rouge suédoise sera autorisée à envoyer des vivres pour les prisonniers. Un membre du Congrès juif mondial, Norbert Masur, est dépêché sur place et obtient la garantie que Himmler et ses SS ne molesteront plus aucun Juif63.

La fuite et la mort

Refoulé par la nouvelle direction nazie, officiellement démis de l’ensemble de ses fonctions le 6 mai 194565, il tente de jouer un rôle important dans le gouvernement de Flensbourg, proposant ses services, et ceux de la SS aux uns et aux autres66. Durant cette période, il dispose encore de capacités d’actions, les divisions SS, le contrôle de l’Ersatzheer, de la police et du Volkssturm dans les régions non encore contrôlées par les alliés, les agents de renseignements et les effectifs du Werwolf, et de monnaies d’échange, les prisonniers de guerre, confiés depuis le mois juillet à l’Ersatzheer et les déportés non encore libérés67; il tente donc de négocier, mais d’échec en échec, il se retrouve isolé au début du mois de mai, sans avoir préparé sa fuite autrement qu’avec de faux papiers militaires et un déguisement de soldat débandé, qui trahissent immédiatement son identité68.

Pourchassé par les Alliés, Himmler erre plusieurs jours avec ses derniers fidèles autour de Flensburg près de la frontière danoise, cinq de ses plus proches collaborateurs: deux de ses aides de camps et des policiers SS de haut rang, dont Heinrich Müller69. Son projet est de fuir soit en Bavière soit en Autriche où il pourrait se cacher. Rasé et déguisé en sergent-major de la Geheime Feldpolizei, il porte un bandeau sur l’œil gauche, un uniforme déchiré et de faux papiers au nom de Heinrich Hitzinger, mais ayant refusé d’abandonner ses lunettes, il demeure reconnaissable70. L’unité qu’il a rejointe est arrêtée près de Lüneburg par les hommes du sergent Arthur Britton, le 22 mai 1945. Le fait que le pseudo-Hitzinger présente des papiers neufs et tous les documents nécessaires en pleine période de débâcle attire l’attention des policiers professionnels de l’armée britannique.

Son unité est envoyée dans le camp de prisonniers de Bramstedt près de Lüneburg. Un sous-officier britannique71 raconte la scène du 23 mai 1945 :

« On ne savait pas que c’était Himmler, je savais seulement que c’était un prisonnier important. Quand il est entré dans la pièce, non pas la personne élégante que nous connaissons tous, mais en chemise de l’armée et en caleçon long, avec une couverture autour du corps, je l’ai aussitôt reconnu. Je lui ai adressé la parole en allemand, je lui ai indiqué un canapé libre et je lui ai dit : « Voilà votre lit, déshabillez-vous ». Il m’a regardé, puis il a regardé un interprète et il a dit « Il ne sait pas qui je suis ! » J’ai dit : « Si je sais, vous êtes Himmler et ceci est votre lit, déshabillez-vous ! » Il m’a regardé fixement, mais je lui ai rendu son regard, finalement il a baissé les yeux et s’est assis sur le lit et il a commencé à retirer ses caleçons. Le médecin et le colonel sont entrés, ils cherchaient du poison, nous le soupçonnions d’en dissimuler sur son corps. Le médecin a regardé entre ses orteils, partout sur son corps, sous ses bras, dans ses oreilles, derrière ses oreilles, dans ses cheveux et puis il est arrivé à sa bouche. Il a demandé à Himmler d’ouvrir la bouche, il a obéi et il arrivait à remuer la langue assez facilement. Mais le docteur n’était pas satisfait, il lui a demandé de se rapprocher de la lumière, il s’est approché et il a ouvert la bouche. Le docteur a essayé de lui mettre deux doigts dans la bouche pour mieux regarder. Alors Himmler a retiré la tête d’un seul coup, a mordu le docteur aux doigts et a cassé la capsule de poison qu’il contenait depuis des heures dans sa bouche. Le docteur a dit : « Il l’a fait, il est mort ». On a mis une couverture sur lui et on l’a laissé là. »

— Témoignage du sergent-major Edwin Austin72

Comme beaucoup d’autres nazis, Himmler se suicida le jour même de l’arrestion des membres du gouvernement de Flensburg. Ses derniers mots ont été : « Ich bin Heinrich Himmler » (« Je suis Heinrich Himmler »). Le cadavre aurait été enterré secrètement dans une tombe anonyme quelque part dans la lande de Lüneburg.
En 2005, le controversé Martin Allen affirme que Himmler aurait été assassiné par les Alliés73, en affirmant se baser sur de nouveaux documents qui sont en réalité des faux74. Sa thèse n’est partagée que par le négationniste David Irving et est notamment relayée sur des sites d’extrême droite comme celui de Vox75.

 

 

 

File:Himmler Dead.jpg

Himmler après son suicide.

sources textes

http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Heinrich_Himmler/123945

http://lci.tf1.fr/monde/2001-01/fin-guerre-himmler-trahi-hitler-4899970.html

wikipedia (texte et image)

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Le bombardement de Dresde

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Le bombardement de Dresde

Le bombardement de Dresde 290px-Bundesarchiv_Bild_183-Z0309-310%2C_Zerst%C3%B6rtes_Dresden

Le bombardement de Dresde, qui eut lieu du 13 au 15 février 1945, détruisit presque entièrement la ville allemande deDresde. La Royal Air Force (RAF) et les United States Army Air Forces (USAAF) utilisèrent principalement des bombes à fragmentation et incendiaires, provoquant plusieurs dizaines de milliers de morts.

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Bombardiers Avro Lancaster de la RAF.

Les services de renseignements occidentaux étaient arrivés à la conclusion que la Wehrmacht allait déplacer 42 divisions (un demi-million d’hommes) vers le front de l’Est, alors proche de la ville, et les services soviétiques avaient signalé d’importants mouvements de trains sur le centre de triage de Dresde (en fait, des trains de réfugiés fuyant l’avance de l’Armée rouge qui effectuait l’offensive Vistule-Oder). Les états-majors pensèrent que la ville servirait de nœud logistique pour ce transfert1.

La stratégie allemande faisait de l’ensemble des grandes villes sur le Front de l’Est, die Festungen (« les forteresses »), un rempart. Même sans ce bombardement, la ville de Dresde aurait peut-être partagé le triste sort de Berlin et Breslau, réduites en cendres par l’artillerie et les chars soviétiques.

Une autre théorie avance que ce massacre fut délibérément conçu par les états-majors américain et britannique en vue de saper une fois pour toutes le moral des troupes allemandes2.

Il est possible aussi que les États-Unis et le Royaume-Uni aient voulu impressionner l’URSS : ce bombardement a eu lieu quelques jours après la clôture de la conférence de Yalta, et il aurait eu une force dissuasive sur Staline, dans le contexte naissant de la guerre froide. Cette thèse est notamment défendue par Jacques Pauwels 3. À l’inverse, des études de l’USAF insistent sur les demandes répétées des Soviétiques de bombardements sur les nœuds ferroviaires de l’est de l’Allemagne pour faciliter la progression de l’Armée rouge4.

Enfin la libération du camp d’Auschwitz, quinze jours plus tôt, en faisant découvrir la réalité de la Shoah aurait retiré les derniers scrupules vis-à-vis des populations civiles allemandes : il s’agirait d’un bombardement de vengeance. Cette hypothèse paraît pour d’autres d’historiens particulièrement peu crédible, dans la mesure où les Alliés connaissaient la situation dans les camps de concentration et l’usage des camps d’extermination. De plus, l’extermination des Juifs n’est jamais mise en avant dans l’immédiat après-guerre, il ne figure même pas parmi les chefs d’inculpation au procès de Nuremberg. Le génocide n’est placé au centre de l’attention qu’à partir du début des années soixante (cf. Norman Finkelstein, L’Industrie de l’Holocauste).

Les raids

En deux jours, 1 300 bombardiers au total ont largué environ 3 900 tonnes de bombes lors de quatre raids.

 

La manière de considérer ces attaques aériennes varie selon le point de vue. À l’époque déjà, le ministère de la Propagande de Joseph Goebbels avait utilisé le bombardement de Dresde pour relativiser la responsabilité de l’Allemagne dans la guerre et placer les Allemands dans un rôle de victimes. Au cours de laguerre froide, les préjugés idéologiques empêchèrent une étude objective du déroulement des événements.

Le premier maire communiste de Dresde, après la guerre, Walter Weidauer, considérait en 1946 les attaques comme évitables bien qu’ayant été provoquées par les « fascistes allemands ». Cependant trois ans plus tard, il considérait les puissances occidentales comme seules responsables du bombardement « criminel » de Dresde qui ne répondait à aucune nécessité militaire. Une hypothèse (défendue entre autres par l’Allemagne de l’Est à partir de 1949) était que les Alliés occidentaux avaient voulu laisser à l’Union soviétique une zone d’occupation détruite.

Des estimations élevées se réfèrent souvent à des déclarations de témoins oculaires qui ne peuvent plus être réexaminées, ainsi qu’à des informations de sources aux motifs divers :

  • Un document du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de 1946 a donné le chiffre de plus de 305 000 morts. Ce nombre n’était cependant pas le résultat d’investigations propres, mais émanait de rapports basés sur des sources issues des indications de l’administration nazie. [réf. nécessaire]
  • L’ancien officier d’État-major de Dresde Eberhard Matthes, qui avait alors été chargé de travaux de déblaiement, a affirmé en 1992 que, jusqu’au 30 avril 1945, 3 500 cadavres auraient été pleinement identifiés, 50 000 en partie et 168 000 pas du tout. Ces chiffres auraient été communiqués à Adolf Hitler en sa présence. Mais il n’existe aucune preuve écrite qui pourrait confirmer cela et on doute aussi que Hitler ait demandé une telle communication le jour de son suicide. Des journaux (Süddeutsche ZeitungDie WeltFrankfurter Allgemeine) ont souvent publié des chiffres difficiles à certifier précisément variant de 60 000 à 300 000 morts.[réf. nécessaire]

La population totale de la ville était de 630 000 habitants à l’époque mais elle comptait aussi des blessés, des prisonniers ou des réfugiés dont il est impossible d’évaluer précisément le nombre. De plus, beaucoup de victimes ont disparu en fumée sous l’effet d’une température souvent supérieure à 1 000 °C[réf. nécessaire]. L’évaluation du nombre de morts a beaucoup fluctué. Ainsi, le maximum de 250 000 morts était avancé par les Soviétiques. L’écrivain négationniste britannique David Irving, quant à lui, jugeait réaliste un nombre de 135 000 victimes5. Le chercheur allemand Jörg Friedrich fait état de 40 000 morts6. L’évaluation actuelle de 25 000 morts maximum (dont 18 000 corps identifiés) est celle d’une commission d’historiens mandatée par la ville de Dresde en 2004-20107.

 

File:Bundesarchiv Bild 183-08778-0001, Dresden, Tote nach Bombenangriff.jpg

Amas de cadavres après le bombardement. La plupart des corps furent regroupés

ainsi afin d’être incinérés sur place, souvent sans même avoir été identifiés, pour éviter les épidémies.

Réactions au bombardement

Certains des leaders nazis, particulièrement Robert Ley et Joseph Goebbels, voulurent se servir du bombardement pour abandonner laconvention de Genève sur le front ouest[réf. nécessaire]. Finalement, le gouvernement nazi ne s’en servit qu’à des fins de propagande.

D’après Frederick Taylor, le ministère de la Propagande de Goebbels fit gonfler le nombre de morts par un facteur 108. Les diplomates allemands firent circuler dans les pays neutres des photographies des destructions, de morts et d’enfants grièvement brûlés. Par coïncidence, le jour précédant le raid, un document du ministère des Affaires étrangères allemandes avait été mis en circulation dans les pays neutres, critiquant Arthur Harris comme le responsable des bombardements de terreur.

Le 16 février, le ministère de la Propagande dirigé par Goebbels publiait un communiqué de presse qui dessinait la ligne générale de la propagande nazie : Dresde n’avait aucune industrie de guerre, n’était qu’une ville de culture et d’hôpitaux. Le 25 février, une nouvelle note paraissait, accompagnée de photos d’enfants brûlés, sous le titre Dresde – Massacre de Réfugiés et indiquant que 200 000 personnes étaient mortes.

D’autres bombardements sur l’Allemagne (Berlin et Hambourg lors de l’Opération Gomorrhe) furent aussi très meurtriers[évasif] mais celui de Dresde a plus profondément choqué les esprits, peut-être parce que c’était une ville d’arts et de culture et qu’elle n’avait pas d’intérêt stratégique (pouvant justifier une attaque aussi lourde) si on considère qu’Albertstadt, le fort militaire de Dresde, n’a pas été bombardé.

Survivants célèbres

  • L’écrivain Kurt Vonnegut, qui était présent comme travailleur prisonnier dans une usine de Dresde lors du bombardement, en réchappa en se réfugiant dans les caves d’un abattoir. De cette expérience éprouvante, il tire son roman Abattoir 5. Un film réalisé par George Roy Hill, Abattoir 5 (titre original :Slaughterhouse-Five) en fut tiré en 1972.
  • L’écrivain et philologue allemand Victor Klemperer est aussi un des survivants du bombardement, qu’il évoque en 1947 dans son essai LTI-Lingua Tertii Imperii: Notizbuch eines philologen.

Notes et références

  1. ↑ (en) Frederick Taylor, Dresden: Tuesday, February 13, 1945, HarperCollins, 2004, p. 196.
  2. ↑ Comme les villes japonaises d’Hiroshima et Nagasaki furent anéanties par des bombes atomiques (août 1945) par l’aviation américaine et pour la même raison (ce que le général Eisenhower laisse entendre dans ses mémoires d’après-guerre).
  3. ↑ Retour sur la destruction de Dresde du 13-14 février 1945 [archive]
  4. ↑ http://www.memoire-net.org/article.php3?id_article=268 [archive]
  5. ↑ David Irving, La destruction de Dresde, (ISBN 2-9060-2607-7) ; ce chiffre de 135 000 morts est repris dans Serge Berstein, Pierre Milza, Histoire du XXesiècle, Hatier, 1996, tome 1, p. 476[Pourquoi ?].
  6. ↑ Jörg Friedrich, Der Brand (ISBN 3-5486-0432-3)
  7. ↑ Voir Ian Kershaw, La Fin, Seuil, Paris, 2012 (ISBN 978-2-02-080301-4), note 788 ; Rolf-Dieter Müller (de), Nicole Schönherr, Thomas Widera, Die Zerstörung Dresdens 13. bis 15. Februar 1945 – Gutachten und Ergebnisse der Dresdner Historikerkommission zur Ermittlung der Opferzahl, Hannah-Arendt-Institut. Berichte und Studien 58, Göttingen, 2010, (ISBN 978-3899717730), ainsi que, sur le site de la ville de Dresde, Dresdner Historikerkommission veröffentlicht ihren Abschlussbericht [archive]
  8. ↑ « there is good reason to believe that later in March copies of — or extracts from — [an official police report] were leaked to the neutral press by Goebbels’s Propaganda Ministry … doctored with an extra zero to make [the total dead from the raid] 202,040. » ((en)Frederick Taylor, Dresden: Tuesday, 13 February 1945. éditions HarperCollins, New-York, 2004. (ISBN 0-06-000676-5)).

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  


Opération Corn Flakes

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Opération Corn Flakes

L’opération Corn Flakes était une opération de propagande menée par les Office of Strategic Services des États-Unis en février 1945-mars 1945 afin de saper le moral des populations civiles allemandes et autrichiennes, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’idée était de faire passer dans le courrier des lettres contenant des journaux antinazis et convaincre la population que la fin du conflit était proche.

L’opération tient son nom du fait que, pour ses concepteurs américains, le courrier arrivait le matin, au moment du petit déjeuner; elle fait référence à l’un des mets les plus populaires pour ce repas aux États-Unis, même si, à l’époque, rares sont les Allemands qui consomment des flocons de maïs le matin comme le faisaient les Américains.

Le plus simple a été la conception des documents pour convaincre les populations que le Reich nazi battait en retraite sur tous les fronts. « Das neue Deutschland » (La Nouvelle Allemagne) présentait l’Allemagne de la paix. Les Autrichiens devaient recevoir un courrier spécifique pour jouer sur la rancœur de l’Anschluss, l’annexion par l’Allemagne de 1938.

Cette opération est remarquable par les efforts qu’elle a réclamés. En effet, il fallait que chaque lettre soit unique (adresse de l’expéditeur, ville et date d’oblitération) pour éviter qu’un fonctionnaire des postes ou de la Gestapo ne remarque des coïncidences. Les sacs postaux furent imités jusqu’à la nature du papier de l’étiquette.

Ensuite, il a fallu suivre l’actualité des services postaux comme le changement de forme des cachets postaux, les horaires des trains postaux (les oblitérations étant conçus au dernier moment, dès que le train ciblé était connu). Enfin, la désorganisation des postes à cause de l’offensive alliée provoqua l’interdiction du courrier expédié par des civils pour donner la priorité au courrier posté par les entreprises et les administrations ; il fallut trouver les modèles d’enveloppes d’entreprises encore en activité.

Un faux timbre fut imprimé pour affranchir ces enveloppes : des faux du 12 pfennig à l’effigie d’Adolf Hitler, avec deux changements par rapport à l’original. La légende « Deutsches Reich » (Empire allemand) devint « Futsches Reich » (Reich fichu). Et le portrait d’Hitler présentait un rictus peu avenant.

Faire passer le courrier

Pour faire passer ces courriers de propagande dans le système postal allemand, l’option suisse fut écartée car la Confédération suisse souhaitait rester neutre.

Il fut décidé de bombarder des trains postaux précis, puis de larguer à basse altitude à l’aide de bombes les sacs emplis de courrier de propagande. L’idée était que les secours seraient trop heureux de récupérer du courrier intact pour se poser des questions.

Entre le 5 février et le 31 mars 1945, dix missions furent ainsi tentées. Neuf sont parvenues à larguer leurs sacs de courrier. Environ 5 000 lettres seraient entrées dans le réseau postal. D’après les interrogatoires menés par les alliés en Allemagne occupée, de plus en plus, les gens connaissaient les journaux de propagande et les lettres de la résistance intérieure qui faisaient partie du courrier de l’opération Corn Flakes.

Philatélie

Bien que les 12 pfennigs à l’effigie d’Hitler soient des faux pour tromper l’administration postale, les catalogues allemands leur donnent une cote. Ils existent neufs et oblitérés puisque les résistants allemands s’en sont également servis pour leur courrier de propagande ; des postiers complaisants ou distraits pouvant laisser passer ces timbres. Les enveloppes affranchies avec ces timbres (opération Corn Flakes ou résistance intérieure) sont extrêmement rares.

L’utilisation de faux timbres pendant la Seconde Guerre mondiale a concerné plusieurs pays et mouvements de résistance. En France, quelques groupes de résistants se sontservis de l’effigie du général de Gaulle.

File:Futsches-Reich-Briefmarke-UK.jpg

Faux timbre « Futsches Reich ».

Opération Corn Flakes corn210

Sources
wikipedia
http://www.sitadom39.fr/histo7.php?action=30retour 

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2 avril 2013

La contre-offensive des Ardennes

Classé sous — milguerres @ 23 h 15 min

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La contre-offensive des Ardennes 

 éditeur : Frank Brunner 

 Le plan de la contre-offensive allemande des Ardennes visait à remporter une victoire décisive sur le front Ouest en engageant deux armées de Panzer.

La 6ème armée Panzer SS, constituant l’aile droite, sous les ordres du général Joseph « Sepp » Dietrich, devait attaquer les alliés au Nord-Ouest, traverser la Meuse entre Liège et Huy, et avancer sur Anvers, le principal port de ravitaillement des armées alliées. La 6ème armée Panzer SS avait le rôle principal et disposait du gros des forces.

 La 5ème armée Panzer, constituant l’aile gauche, sous les ordres du général Hasso von Manteuffel, devait avancer selon une ligne plus courbe, traverser la Meuse entre Namur et Dinant, et pousser en direction de Bruxelles, pour couvrir le flanc de la 6ème armée Panzer SS du général Dietrich.

 Le but de toute l’attaque était de couper de ses arrières l’armée britannique enfoncée en Hollande et en Belgique, afin de la contraindre à un nouveau Dunkerque. Adolf Hitler s’imaginait que, s’il parvenait à provoquer ce nouveau Dunkerque, la Grande-Bretagne se retirerait pratiquement de la guerre et qu’il serait alors possible d’arrêter les Soviétiques et stabiliser la situation sur le front de l’Est.

L’idée, la décision et le plan stratégique de la contre-offensive allemande des Ardennes sont entièrement attribuables à Adolf Hitler. Il a élaboré ce plan en détail, avec son chef d’état-major Alfred Jodl.

Sur le papier, tout cela était brillamment conçu et aurait pu devenir un succès si Adolf Hitler avait encore eu des ressources et des forces suffisantes pour lui donner des chances d’atteindre ses vastes objectifs.

Mais ce plan ne tenait absolument aucun compte des conditions locales ou des problèmes individuels des exécutants. Il était tout aussi optimiste au sujet des besoins des forces engagées. Il n’y avait pas de renforts appropriés, ni de ravitaillement en munitions et, bien que le nombre de divisions blindées était élevé, elles disposaient de peu de Panzer. C’était, en grande partie, des divisions de papier.

La faiblesse la plus grave était le ravitaillement en carburant. Le général Jodl avait donné l’assurance qu’il y aurait assez d’essence pour que les Panzer puissent marcher à pleine puissance et réaliser leur percée. Mais le Quartier Général travaillait à partir d’une estimation mathématique et stéréotypée de la quantité d’essence nécessaire pour déplacer une division de 100 kilomètres. En réalité, dans les conditions du champ de bataille, l’expérience démontrait qu’il fallait deux fois plus d’essence. En tenant compte des difficultés supplémentaires, vraisemblables dans une bataille d’hiver, il aurait fallu prévoir un ravitaillement en essence cinq fois supérieur à la norme de base.

 Les ordres d’Adolf Hitler précisaient même la méthode et la chronologie de l’attaque. L’artillerie, qui était dispersée sur tout le front de l’attaque, devait ouvrir le feu à 07h30 et l’assaut d’infanterie devait être déclenché à 11h00. Entre ces deux moments, la Luftwaffe devait bombarder les QG et les communications des alliés. Les divisions blindées ne devaient pas attaquer avant que la masse de l’infanterie ait réussi à percer.

 L’opération Greif

Le succès initial de l’offensive allemande des Ardennes allait être facilité par l’effet largement paralysant d’une trouvaille -l’opération Greif- ayant pour but de permettre une victoire sur les armées alliées, avec leurs millions d’hommes, en se servant audacieusement de quelques centaines d’hommes. Pour exécuter cette idée, Adolf Hitler a fait appel à Otto Skorzeny qui, l’année précédente, avait délivré Benito Mussolini après qu’il ait été renversé et emprisonné par les Italiens.

 Telle qu’elle était prévue, l’opération Greif devait se dérouler en deux temps et représenter une version moderne et tactique du stratagème du cheval de Troie dans la légende d’Homère.

Dans un premier temps, une compagnie de commandos parlant parfaitement l’anglais, portant des battledress américains par-dessus leurs uniformes allemands, et se déplaçant à bord de Jeeps américaines, devait foncer en avant par petits groupes dès que le front aurait été percé, avec pour mission de couper les câbles téléphoniques, de retourner les poteaux indicateurs afin de lancer les réserves des défenseurs dans de mauvaises directions, d’accrocher des rubans rouges pour indiquer que les routes étaient minées et créer la confusion de toutes les manières possibles.

Dans un second temps, toute une brigade de Panzer camouflée en unité américaine devait aller s’emparer des ponts sur la Meuse. Cette deuxième partie de l’opération Greif n’a jamais été réalisée. Les services du Groupe d’armées n’ont pu se procurer qu’une partie des tanks et des camions américains nécessaires, et les véhicules manquants ont dû être remplacés par des véhicules allemands camouflés. Ce mince déguisement exigeait de la prudence, et aucune brèche importante n’a été ouverte dans le secteur Nord où la brigade attendait. Son avance a d’abord été remise à plus tard, puis elle a été abandonnée.

Réaction du maréchal von Rundstedt

A la fin du mois d’octobre 1944, le plan de la contre-offensive des Ardennes a été présenté au maréchal von Rundstedt -sorti de sa retraite et replacé à la tête du front Ouest- et au chef du Groupe d’armées, le maréchal Model.

Le maréchal von Rundstedt a été stupéfait en examinant le plan d’Adolf Hitler. Les forces disponibles lui ont semblé largement insuffisantes pour un plan aussi extrêmement ambitieux. L’objectif d’atteindre Anvers paraissait complètement irréalisable.

La date de cette contre-offensive a dû être repoussée du mois de novembre au mois de décembre, où les conditions étaient moins favorables.

Modifications mineures du plan d’Adolf Hitler

Le 12 décembre 1944, une conférence finale, présidée par Adolf Hitler, s’est tenue au QG du maréchal von Rundstedt, à Ziegenberg, près de Bad Nauheim.

Les attaques américaines aux alentours d’Aix-la-Chapelle, en novembre 1944, avaient absorbé des divisions originellement destinées à la contre-offensive allemande. Il en est résulté la réduction des effectifs initialement promis et du rôle dévolu aux armées de couverture. L’attaque convergente prévue contre Maastricht a dû être abandonnée, laissant ainsi aux alliés la faculté de faire venir des réserves du Nord. La 7ème armée allemande, dont l’avance devait couvrir le flanc de l’aile Sud de l’offensive, n’a conservé que quelques divisions, dont aucune de Panzer.

 Dans le plan d’Adolf Hitler, le rôle principal incombait à la 6ème armée de Panzer SS du général Dietrich, qui constituait l’aile droite. 3 divisions d’infanterie devaient ouvrir une brèche de chaque côté d’Udenbrath, puis obliquer au Nord-Ouest pour former un solide épaulement face au Nord. Elles seraient renforcées par les 2 autres divisions d’infanterie. Les 4 divisions de Panzer SS s’engouffreraient dans la brèche et fonceraient sur Liège. Ces unités disposeraient de 500 Panzer, dont 90 Tiger.

 Le général von Manteuffel, dont la 5ème armée de Panzer constituait l’aile gauche, a obtenu quelques améliorations du plan. Le spectaculaire succès initial allait être dû en grande partie à la nouvelle tactique que le général Manteuffel avait mise au point. L’assaut serait déclenché à 05h30, à l’abri de l’obscurité, sans aucun tir d’appui d’artillerie. Selon le général von Manteuffel, ces tirs d’artillerie auraient surtout réveillé les Américains, sans offrir un avantage décisif, car leur système défensif s’étendait sur une grande profondeur et comportait une chaîne de postes avancés, tandis que la principale ligne de résistance était située loin en arrière.

Le général von Manteuffel voulait que chaque division d’infanterie dispose d’un bataillon d’assaut composé des officiers et des hommes les plus expérimentés. Ces bataillons d’assaut allemands pénétreraient entre les postes avancés américains, en évitant d’engager le combat avant de s’être enfoncés profondément. Des projecteurs de DCA braqués sur les nuages et se reflétant sur le sol faciliteraient la progression des troupes. Les Panzer avanceraient dès le début de la nuit suivante, qui devait tomber à 16h00. Les Panzer progresseraient alors sous couvert de l’obscurité, à travers les rangs de l’infanterie allemande. A l’aube du lendemain matin, ils seraient en mesure de lancer leur propre attaque contre la position de défense principale des alliés, sur une voie d’approche dégagée des postes de défense avancés.

Les faiblesses du plan de la contre-offensive des Ardennes

Le premier point clé du plan d’Adolf Hitler est l’importance du temps nuageux. Les responsables de l’armée allemande savaient bien que les alliés pourraient, en cas de nécessité, jeter plus de 5000 bombardiers dans la bataille, alors que la Luftwaffe promettait l’appui d’un millier d’avions de tous types. En fin de compte, cette estimation du soutien de la Luftwaffe ne s’avérerait justifiée qu’un seul jour, et à une date où l’issue de la bataille terrestre était déjà décidée.

Beaucoup de choses dépendaient d’une avance rapide de la 6ème armée Panzer SS du général Dietrich, sur l’aile droite, qui se trouvait le plus près de la Meuse, dans le secteur clé. L’emploi de troupes aéroportées pour ouvrir le chemin aurait été particulièrement avantageux, mais ces troupes avaient été décimées au cours de combats défensifs terrestres. On n’a pu réunir qu’un millier de parachutistes, moins d’une semaine avant l’offensive, pour constituer un bataillon. Puis on s’est aperçu que les équipages des avions de transport prévus n’avaient aucune expérience des opérations aéroportées et qu’il manquait une partie du matériel nécessaire.

Finalement, les parachutistes allemands n’ont pas reçu pour mission de s’emparer de l’un des dangereux défilés se trouvant sur l’itinéraire des Panzer SS, mais de se poser sur le mont Rigi, à proximité du carrefour des routes de Malmédy, Eupen et Verviers. Ils devaient y établir un barrage, afin de retarder l’arrivée des renforts alliés venant du Nord.

Les préparatifs devaient être aussi discrets que possible. Les divisions de la 5ème armée Panzer du général von Manteuffel ont été rassemblées de manière très espacée, entre Trier et Krefeld, afin que les espions et la population ne puissent pas soupçonner qu’on préparait une offensive. On a raconté aux soldats qu’ils devaient se préparer en vue d’une offensive alliée dans le secteur de Cologne. Seul un nombre très restreint d’officiers d’état-major a été informé du véritable plan.

La 6ème armée Panzer SS du général Dietrich a été rassemblée encore plus en arrière, dans la zone située entre Hanovre et la Weser. Ses divisions avaient été mises au repos pour récupérer et se rééquiper. Ce n’est que beaucoup plus tard que le général Dietrich a été informé de la mission qui allait lui être confiée.

La plupart des commandants de divisions n’ont été avertis que quelques jours avant le début de l’offensive. Les commandants d’unités ont été informés si tardivement qu’ils n’ont pas eu assez de temps pour étudier leur problème, reconnaître le terrain et faire leurs préparatifs. Il en est résulté de nombreuses négligences et, lorsque l’offensive a débuté, il y a eu de nombreuses anicroches.

Les services de renseignement alliés

Considérant le secteur des Ardennes comme étant mal approprié à une attaque contre l’Allemagne, les armées alliées l’avaient contourné par le Nord et par le Sud et y avaient réduit leurs effectifs afin de concentrer un maximum de forces sur les axes de pénétration choisis. Dans ce secteur, il y avait seulement 4 divisions américaines pour défendre une ligne de 130 kilomètres de long.

Depuis le mois d’octobre 1944, les services de renseignement alliés savaient que les Allemands étaient en train de retirer des premières lignes des divisions de Panzer, afin de les rééquiper en vue de nouveaux combats. Ils savaient également qu’une partie de ces divisions avaient été réunies pour former la 6ème armée de Panzer SS.

Début décembre 1944, les services de renseignement alliés ont appris que le QG de la 5ème armée de Panzer avait été transféré du secteur de la Roer -à l’Ouest de Cologne-, vers le Sud, à Coblence. De plus, des formations de Panzer avaient été repérées alors qu’elles faisaient route vers les Ardennes, où les divisions d’infanterie nouvellement constituées avaient fait leur apparition en ligne.

Dès le 4 décembre 1944, un soldat allemand, capturé dans le secteur des Ardennes, a révélé qu’une grande offensive y était en cours de préparation, et ses propos ont été confirmés par de nombreux autres prisonniers capturés les jours suivants. Ils ont tous déclaré que l’attaque allemande était prévue pour la semaine avant Noël.

Les 12 et 13 décembre 1944, les services de renseignement alliés ont appris que 2 divisions blindées allemandes, particulièrement célèbres pour leurs opérations éclair étaient arrivées dans le secteur des Ardennes.

Le 14 décembre 1944, des rapports ont signalé que les Allemands avaient remorqué du matériel de construction de ponts jusqu’au bord de l’Our, la rivière qui couvrait la moitié Sud du front américain des Ardennes.

 Le chef des services de renseignement de la 1ère armée américaine n’était pas en très bons termes avec le chef des opérations, ni avec le chef des services de renseignement du Groupe d’armées. Il était considéré comme un alarmiste ayant tendance à crier « Au loup ! ». De plus, il n’était pas parvenu lui-même à tirer des déductions claires des renseignements qu’il avait réunis.

Quant au 8ème Corps d’armées US, qui se trouvait menacé de façon imminente, il en était arrivé à la conclusion que l’apparition de nouvelles divisions allemandes sur son front était simplement due à l’habitude de donner aux troupes allemandes l’expérience du front dans un secteur calme avant de les utiliser ailleurs. Ces mouvements de troupes étaient supposés manifester, de la part des Allemands, un désir de conserver à ce secteur du front son caractère calme et inactif.

Les alliés menaient l’offensive depuis si longtemps qu’ils pouvaient difficilement imaginer les Allemands reprenant l’initiative. Les alliés considéraient que la victoire sur l’Allemagne n’était plus qu’une formalité. Ils estimaient que, même si les Allemands tentaient de lancer une contre-attaque, celle-ci prendrait la forme d’une réponse directe à l’avance alliée sur Cologne et les centres industriels de la Ruhr. Sachant que le maréchal von Rundstedt avait été réintégré au commandement du front Ouest allemand, les alliés s’attendaient à de l’orthodoxie militaire.

 

Dans le cas des forces du général von Manteuffel, le mouvement vers la ligne de départ a été réalisé en trois nuits.

Le soir du jour précédant l’offensive des Ardennes, les camions promis ne sont pas venus chercher les compagnies de parachutistes allemands pour les emmener aux aérodromes. L’opération de largage prévue sur le mont Rigi a dû être reportée au lendemain soir.

 

_________

L’offensive d’Adolf Hitler s’est déclenchée au matin du 16 décembre 1944.

Un épais brouillard noyait le paysage, favorisant l’infiltration allemande et contraignant l’aviation alliée à rester au sol. Mais les véhicules allemands n’avaient reçu qu’une fois et demi le ravitaillement de base en carburant. Du fait de la pénurie d’essence, seule la moitié de l’artillerie a pu être engagée. Une grande partie du ravitaillement allait d’ailleurs rester trop loin en arrière, à bord de longues colonnes de camions stationnées sur la rive Est du Rhin. Son acheminement allait être fréquemment interrompu quand l’aviation alliée entrerait en action.

Les troupes allemandes, ignorantes de toutes les faiblesses sous-jacentes du plan d’Adolf Hitler, conservaient une confiance remarquable et croyaient encore aux promesses de victoire du dictateur. Leur moral était extraordinairement haut, à la différence du moral des généraux, qui connaissaient la vérité.
Une quarantaine de Jeeps chargées d’Allemands déguisés ont réussi à passer les lignes américaines. Les membres de l’opération Greif se sont aussitôt mis au travail derrière les lignes, modifiant l’orientation des panneaux routiers, accrochant des rubans rouges pour faire croire que les routes étaient minées, coupant les fils téléphoniques, etc… Toutes les Jeeps ont ensuite regagné sans encombre les lignes allemandes, à l’exception de huit d’entre elles. Ce sont ces dernières qui ont créé la plus grande confusion chez les alliés. Partout, on s’est mis à rechercher les faux Américains, et tous les vrais devenaient suspects. Les contrôles routiers allaient provoquer de gigantesques embouteillages.

Sur le front du général Dietrich, l’artillerie allemande a ouvert le feu à 05h30. L’infanterie n’a commencé d’avancer que vers 07h00. L’avance allemande a été particulièrement difficile sur l’aile droite du général Dietrich. Les postes de défense américains ont été enlevés les uns après les autres, mais un grand nombre d’entre eux ont combattu vigoureusement, malgré la supériorité écrasante des Allemands, auxquels ils ont infligé de lourdes pertes, retardant ainsi jusqu’au lendemain l’avance des divisions de Panzer SS.

Dans le secteur du général von Manteuffel, les bataillons d’assaut se sont rapidement infiltrés entre les postes avancés américains. L’aile droite a attaqué dans la zone du Schnee Eifel, qui protégeait le nœud routier de Saint-Vith. Sur ce front, les détachements d’assaut allemands étaient déjà à l’intérieur des positions américaines quand le tir de barrage de l’artillerie a commencé.

A 16h00, les Panzer du général von Manteuffel ont avancé et ont continué de progresser dans l’obscurité, grâce au clair de lune artificiel fourni par les projecteurs de DCA braqués sur les nuages.

Les avant-postes américains ont retardé les Allemands lors de la traversée de l’Our, mais sans parvenir à les arrêter.

La nouvelle de l’offensive allemande a mis longtemps pour atteindre les QG alliés à l’arrière, et ces QG ont mis encore plus longtemps à reconnaître la gravité de la menace. Les commandos allemands de l’opération Greif coupaient de nombreux câbles téléphoniques. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que la nouvelle a atteint le QG du général Eisenhower, à Versailles. Le général Bradley y discutait de sa prochaine offensive avec le général Eisenhower. Il a alors considéré l’attaque allemande comme une simple tentative pour déséquilibrer la sienne.

Après avoir traversé l’Our, les troupes du général von Manteuffel devaient franchir un défilé dangereux à Clerveaux-sur-le-Clerf. Les Allemands se sont portés sur Houffalize, dans le but de s’assurer, par la suite, d’un point de traversée sur la Meuse, entre Namur et les Ardennes.

Une autre partie des troupes du général von Manteuffel devait occuper le nœud routier de Bastogne, avant de poursuivre sa progression vers la Meuse et s’emparer de points de traversée au Sud de Namur.

Ces obstacles, associés aux conditions hivernales, ont provoqué un certain retard. Au cours de cette première phase, la résistance américaine avait tendance à fondre chaque fois que les Panzer arrivaient en force, mais les difficultés de déplacement contre-balançaient la faiblesse de la résistance.

A l’extrême Sud du front du général von Manteuffel, 4 divisions d’infanterie allemande devaient assurer la protection de l’avance des Panzer vers la Meuse en progressant vers Neufchâteau et Mézières. Toutes ces divisions ont réussi à franchir l’Our. L’une d’elles, en trois jours, allait progresser d’une vingtaine de kilomètres vers l’Ouest, jusqu’à Wiltz. Mais, face à l’aile gauche du général von Manteuffel, les Américains n’ont cédé le terrain que pas à pas et l’avance allemande a bientôt été enrayée. Adolf Hitler a refusé de renforcer ce secteur avec une division Panzer.

 

La contre-offensive des Ardennes  Belgique-Ardennes-US-decembre1944-2
Des soldats américains dans les Ardennes, en Belgique, en décembre 1944

Le soir de ce 16 décembre 1944, seulement un tiers des avions de transport allemands a réussi à atteindre la zone de largage prévue pour les parachutistes, sur le mont Rigi. Après avoir atterri, le commandant des parachutistes n’a pu réunir que 200 hommes. Il n’a pas pu s’emparer du carrefour des routes de Malmédy, Eupen et Verviers, où il devait établir un barrage. Pendant plusieurs jours, des petits groupes de parachutistes allemands ont harcelé les routes. Ne voyant pas arriver les forces du général Dietrich, les parachutistes allemands se sont efforcés d’aller à leur rencontre, mais ils ont été capturés en chemin.

Le 17 décembre 1944

Ce n’est que le 17 décembre 1944 que les divisions de Panzer SS du général Dietrich se sont mises en route dans l’intention de contourner Liège par le Sud. La colonne de tête -Groupe de combat Peiper- a progressé vers la Meuse presque sans opposition. Elle devait s’emparer de points de traversée à Huy. Sur sa route, elle a massacré, à la mitrailleuse, plusieurs groupes de prisonniers américains désarmés et de civils belges.

Belgique-Malmedy-Massacre-17decembre1944-1
Les cadavres de prisonniers américains et de civils massacrés par les Allemands à Malmédy, en Belgique,
le 17 décembre 1944
Dans le secteur du Schnee Eifel, le général von Manteuffel a effectué un mouvement en tenaille et encerclé 2 régiments américains, contraignant entre 7000 et 9000 hommes à capituler.
Belgique-Ardennes-US-decembre1944-1
Des prisonniers américains capturés par les Allemands en Belgique, en décembre 1944

Le Groupe Peiper des Panzer SS du général Dietrich s’est arrêté, pour la nuit, dans les faubourgs de Stavelot, à 67 kilomètres de la Meuse. Il n’a songé ni à s’emparer du pont d’importance vitale qui se trouvait là, ni du grand dépôt de carburant situé un peu plus au Nord, qui contenait plus de 12 millions de litres d’essence. Le QG de la 1ère armée US du général Hodges se trouvait également dans ce secteur, à proximité de Spa. Le général Hodges, sous-estimant la poussée allemande, a d’abord insisté pour que l’avance de ses propres troupes contre les barrages de la Roer, plus au Nord, soit poursuivie.

Ce n’est que ce soir-là que le QG du général Eisenhower -commandant en chef des forces alliées de l’Europe de l’Ouest- a mis en état d’alerte les 2 divisions qu’il tenait en réserve, afin qu’elles se rendent sur le front. L’offensive allemande était enfin prise au sérieux.

A ce moment-là, le mince front des Ardennes, où 4 divisions américaines défendaient une ligne de 130 kilomètres de long, avait éclaté sous l’assaut de 20 divisions allemandes, dont 7 divisions blindées réunissant près d’un millier de Panzer et des canons d’assaut blindés.

Dans la nuit du 17 décembre 1944, les troupes du général von Manteuffel approchaient à la fois de Houffalize, de Bastogne, et des routes latérales reliant ces deux centres, dont elles avaient besoin pour se déployer complètement et lancer leur ruée vers l’Ouest. Les premières attaques allemandes contre Saint-Vith ont été lancées ce soir-là, mais par des forces peu nombreuses.

Le 18 décembre 1944

Le 18 décembre 1944, quand le Groupe Peiper a voulu s’emparer du dépôt américain de Stavelot, il a été tenu en échec par une muraille de carburant en flamme. Cinq kilomètres plus loin, à Trois-Ponts, les ponts ont sauté devant ses yeux. Le Groupe Peiper a alors essayé de faire un détour par Stoumont, une dizaine de kilomètres plus loin.

Ce n’est que ce 18 décembre 1944 au matin que le général Hodges a compris la gravité de la situation, en découvrant que les Allemands du Groupe Peiper avaient traversé Stavelot et se trouvaient à proximité de son propre QG, à Spa. En toute hâte, ce QG a été transféré vers un secteur plus sûr.

Les villages voisins de Saint-Vith sont tombés sous les assauts du général von Manteuffel. Deux régiments américains se sont retrouvés encerclés à Saint-Vith. Des colonnes de Panzer contournaient Saint-Vith par le Nord et par le Sud. Elles ont dû être repoussées avec l’aide de la 7ème division blindée US, arrivée sur les lieux.

Les troupes du général von Manteuffel approchaient du nœud routier de Bastogne, au terme d’une avancée de plus de 50 kilomètres. Les défenseurs américains avaient reçu des renforts : 1 groupe de combat de la 9ème division blindée US et 1 bataillon du génie. La lutte pour chaque village et la confusion régnant dans les transports ralentissaient l’attaque allemande.

Les 2 divisions de réserve du général Eisenhower ont enfin été envoyées au front. Mais elles étaient stationnées à Reims, à 160 kilomètres des premières lignes. A la suite d’une erreur de l’état-major, la 101ème division aéroportée américaine a été envoyée vers le Nord. Heureusement, grâce à un embouteillage et à une question fortuite d’un sergent de police, elle a obliqué vers un circuit plus méridional. Elle devait arriver à Bastogne le 19 décembre au matin, et en a colmaté les défenses.

Le 19 décembre 1944

Le 19 décembre 1944, le général Bradley a ordonné à 60000 hommes de se rendre vers la zone menacée par l’offensive allemande. Au cours des huit jours suivants, 180000 hommes supplémentaires allaient y être envoyés en renforts.

Une division américaine a arrêté le Groupe Peiper à Stoumont. Il était pratiquement à court d’essence. L’arrivée d’une division aéroportée américaine et de renforts blindés a renversé la situation en faveur des alliés. Le gros des 2 corps de Panzer SS du général Dietrich était toujours bloqué en arrière. Les routes étaient insuffisantes pour leur permettre d’avancer et de déployer leur masse de Panzer et de véhicules de transport. Stavelot a été partiellement reconquise par les Américains.

L’assaut de l’aile droite du général Dietrich a été assez vite enrayé par l’énergique défense américaine de Monschau. La farouche défense du secteur clé de Berg-Butgenbach-Elsenborn a empêché les Allemands de s’assurer de l’épaulement Nord prévu. Il est resté aux mains des Américains.

Il était visible que les Américains tenaient aussi solidement l’épaulement méridional du front de l’attaque allemande. Le général Patton a reçu l’ordre d’abandonner son offensive à travers la Sarre et de faire porter ses efforts sur le nettoyage du saillant créé par le général von Manteuffel. Il devait utiliser deux corps d’armées US.

Ce 19 décembre 1944, les occupants allemands d’une Jeep de l’opération Greif ont été capturés. A l’interrogatoire, l’un d’eux a déclaré que certains des groupes avaient pour mission de tuer le général Eisenhower et d’autres généraux. En réalité, il s’agissait d’une rumeur infondée qui avait circulé dans les camps d’entraînement. Mais cette information a provoqué une véritable panique au sein des services de sécurité alliés. Le général Eisenhower s’est quasiment retrouvé prisonnier d’une multitude de gardes armés jusqu’aux dents.

Sur le front du général von Manteuffel, des éléments de 2 divisions blindées US s’étaient portés à la rencontre des Allemands, pour leur barrer la route à l’Ouest de Saint-Vith. Les défenseurs américains de la ville ont été soumis à une attaque qui les a contraint de l’évacuer après avoir subi de lourdes pertes. Heureusement pour eux, un vaste embouteillage a empêché les Allemands d’exploiter rapidement la situation. Les survivants de Saint-Vith et les blindés américains en ont profité pour gagner des positions plus sûres. Dans ce secteur, le général von Manteuffel a ainsi été empêché d’effectuer une exploitation en profondeur de la brèche au moyen d’une avance rapide vers la Meuse.

Les troupes du général von Manteuffel ont lancé un assaut contre Bastogne. Il a été repoussé, grâce à l’arrivée de la 101ème division aéroportée américaine.

Le 20 décembre 1944

Le 20 décembre 1944, le général von Manteuffel a décidé de contourner Bastogne pour atteindre la Meuse. Les Allemands avaient ouvert une brèche au Nord de la ville. Un groupe de combat de Panzer et une division de Volksgrenadier ont été chargés de réduire la résistance de la garnison américaine.

Belgique-Bastogne-Pres-US-20decembre1944-1
Des soldats américains du 630th Tank Destroyer Battalion dont tous les blindés ont été détruits défendent la ligne de front, près de Bastogne, en Belgique, le 20 décembre 1944

 

 

 

Ce jour-là, le maréchal Montgomery a amené sur la Meuse les 4 divisions de sa propre réserve, pour garder les ponts. Le général Eisenhower l’a placé à la tête de toutes les forces alliées situées au Nord de la brèche du front. Le général Bradley était à la tête des forces situées au Sud de la brèche.

A Bastogne, la situation continuait d’être critique. Des attaques allemandes répétées ont forcé les défenseurs à reculer, mais ils n’ont jamais été submergés.

Le 21 décembre 1944

Le 21 décembre 1944, les réserves alliées se rassemblaient de tous côtés et leur nombre était largement supérieur à celui des effectifs que les Allemands avaient engagés dans leur offensive. Deux corps d’armée du général Patton ont obliqué vers le Nord, pour se porter au secours de Bastogne, et ont contre-attaqué les Allemands sur les routes menant à la ville menacée. Ces contre-attaques ont d’abord été repoussées, mais le général von Manteuffel a dû soustraire une part croissante de ses forces à l’effort de progression vers la Meuse, afin de ralentir l’approche du général Patton.

Le 22 décembre 1944

Le 22 décembre 1944, l’avant-garde du général Patton a commencé sa contre-attaque du flanc Sud de la brèche allemande, dans le but de dégager Bastogne. Le terrain favorisait la défense. Il fallait chasser les Allemands de chaque village et de chaque bois.

Ce jour-là, les Allemands ont envoyé un émissaire pour inviter la garnison américaine de Bastogne à capituler. Elle a refusé de le faire.

Pour les Allemands, les occasions favorables étaient passées. Selon le plan original, Bastogne aurait dû être occupée le deuxième jour, alors que la ville n’a été atteinte que le troisième jour et contournée le sixième jour. La boue et la pénurie d’essence avaient joué un rôle important pour ralentir la progression.

Le 23 décembre 1944

Le 23 décembre 1944, l’apparition du beau temps a permis aux alliés d’organiser le premier parachutage de ravitaillement sur Bastogne et de lancer de nombreuses attaques aériennes contre les positions allemandes. Les forces du général Patton approchaient toujours par le Sud.

Le 24 décembre 1944

Le 24 décembre 1944, un détachement allemand est arrivé à Dinant, à moins de 7 kilomètres de la Meuse, mais la progression s’est arrêtée là et ce détachement s’est bientôt retrouvé isolé. Les ponts de la Meuse étaient solidement tenus par les alliés -prêts à les faire sauter-, qui attendaient des renforts.

Quant au Groupe Peiper, encerclé et sans essence, il a commencé de se replier à pied, en abandonnant ses Panzer et tous ses autres véhicules.

A Bastogne, la situation des Américains encerclés restait précaire. Le 24 décembre 1944, le périmètre des défenseurs n’était plus que de 25 kilomètres. Mais les forces assiégeantes ne recevaient pas non plus beaucoup de renforts ni de ravitaillement, tout en étant soumises au pilonnage sans cesse croissant de l’aviation alliée.

Des éléments de reconnaissance du général Patton se sont alors aperçus que l’opposition allemande était la moins vigoureuse sur la route Neufchâteau-Bastogne.

Le 25 décembre 1944

Adolf Hitler, dont les ambitions s’étaient réduites, avait maintenant les yeux fixés sur la Meuse. Il a envoyé une division de Panzer et une division de panzergrenadier -qu’il avait tenues en réserve- aider le général Manteuffel à nettoyer le secteur de Dinant, sur l’aile gauche.

Sur l’aile droite, l’armée du général Dietrich a reçu l’ordre de tenter un nouvel effort, pour appuyer l’avance du général von Manteuffel, en convergeant vers lui en direction du Sud-Ouest. Les divisions de Panzer SS sont entrées en action, mais la progression a été minime. Les défenses américaines avaient été solidement renforcées et elles étaient instantanément appuyées par des assauts de chasseur-bombardiers.

Les troupes du général von Manteuffel ont lancé toutes leurs forces disponibles contre Bastogne, mais les Panzer récemment arrivés ont subi de lourdes pertes et la défense américaine a résisté.

Sur la base des renseignements obtenus de ses éléments de reconnaissance, le général Patton a fait obliquer sa ligne de progression vers Bastogne, au profit d’un axe Nord-Est, depuis Neufchâteau.

Le 26 décembre 1944

A partir du 26 décembre 1944, les forces allemandes étaient tellement harcelées par l’aviation alliée qu’elles ne pouvaient plus se déplacer en plein jour. C’était devenu trop risqué. Ce jour-là, le général von Manteuffel a enfin obtenu le reste des réserves. Mais, à cette date, elles étaient immobilisées, faute d’essence, bloquées sur une distance de plus de 150 kilomètres.

Le 26 décembre 1944, à 16h45, l’avant-garde blindée du général Patton a réussi à faire sa jonction avec la garnison de Bastogne. Le siège était levé.

Renonçant à atteindre la Meuse, les Allemands ont commencé à se replier.

Conclusion

Dans cette contre-offensive des Ardennes, Adolf Hitler a perdu toutes les forces qui auraient encore pu s’opposer à l’avance des alliés sur le front Ouest. Désormais, il lui restait à peine assez de troupes pour tenter de contenir les Soviétiques sur le front Est. Au début de la bataille des Ardennes, les alliés ont frôlé le désastre, parce qu’ils avaient négligé leur flanc défensif. Mais l’échec d’Adolf Hitler a ruiné les dernières chances de l’Allemagne d’opposer encore une résistance.

 éditeur : Frank Brunner 

http://www.interet-general.info/spip.php?article186

http://www.interet-general.info/spip.php?article187

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Le massacre de Wola

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 voir L’insurection de Varsovie 

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  Le massacre de Wola

Le massacre de Wola désigne le meurtre de plusieurs milliers de Polonais du 5 au 8 août 1944, dans le district de Wola, àVarsovie, par la Wehrmacht, lors de l’insurrection de Varsovie.

Il est considéré comme le plus grand massacre de l’histoire de la Pologne, et on estime entre 40 0001 et 100 0002 le nombre de victimes, principalement des civils et des prisonniers de guerre. Les Nazis voulaient étouffer dès le départ toute tentative d’insurrection en terrorisant les habitants de Varsovie ; ils espéraient ainsi briser la volonté de se battre des Polonais et en finir sans être obligés de s’engager dans un difficile combat urbain, mais ils se rendirent compte bientôt qu’ils n’avaient fait qu’exaspérer leurs adversaires3.

Les forces allemandes, notamment les sous-unités de la Sicherheitspolizei et les forces à la réputation sinistre de laSturmbrigade SS Dirlewanger, composées de criminels amnistiés, se rassemblèrent et se mirent à exécuter sans distinction une foule de gens dans le quartier de Wola, vieillards, femmes et enfants, aussi bien que les insurgés faits prisonniers. Ces exécutions massives s’étendirent à des malades et à des membres du personnel soignant des hôpitaux du quartier dont quelques-uns furent brûlés vifs.

Le 5 août, les trois groupes commencèrent leur progression vers l’ouest le long des rues Wolska et Górczewska vers la ligne principale de communication Ouest-Est d’Aleje Jerozolimskie. Leur avance fut arrêtée, mais les régiments de Heinz Reinefarth et d’Oskar Dirlewanger commencèrent à mettre à exécution les ordres d’Heinrich Himmler : derrière les lignes, des groupes spéciaux de SS et les forces de police allaient de maison en maison, rassemblant tous les habitants et tirant sur eux. Des soldats allemands réguliers de la Wehrmacht prirent part aux massacres eux aussi.

Dans son livre The Second World War: A Complete History, à la page 565, Martin Gilbert décrit ainsi l’événement :

Le 5 août, plus de quinze mille civils polonais avaient été assassinés par les troupes allemandes à Varsovie. À 17 heures 30, le général von dem Bach Zelewski donna l’ordre d’arrêter l’exécution des femmes et des enfants. Mais on continua à massacrer tous les hommes polonais que l’on capturait, sans que personne se souciât de savoir s’il s’agissait d’insurgés ou non. Les cosaques et les criminels des brigades Kaminsky et Dirlewanger ne firent même pas attention à l’ordre de von dem Bach Zelewski : violant, massacrant, torturant et incendiant, ils avancèrent dans les quartiers deWola et d’Ochota, tuant encore trente mille civils dans cette boucherie de trois jours, y compris des centaines de malades dans chacun des hôpitaux qui se trouvaient sur leur chemin.

Dans le même temps, les bataillons d’insurgés Zośka et Wacek réussissaient à se rendre maîtres des ruines de l’ancienGhetto et du camp de concentration de Varsovie. La zone devint un des liens de communication principaux entre les insurgés qui luttaient à Wola et ceux qui défendaient la vieille ville de Varsovie. Le 7 août 1944, les forces nazies furent renforcées par des chars, tandis qu’on utilisait des femmes civiles comme boucliers humains4. Après deux jours de combats acharnés, elles réussirent à couper Wola en deux et atteindre la place Bankowy.

Le massacre s’arrêta après qu’Adolf Hitler eut ordonné que les civils capturés fussent envoyés dans des camps de concentration ou employés à des travaux forcés. UnVerbrennungskommando, composé de Polonais qu’on avait choisis, ramassa la plupart des corps de victimes avant de les brûler en plusieurs endroits.

Conséquences

Jusqu’à la mi-septembre, les Nazis abattaient sur-le-champ tous les insurgés capturés. Après l’arrivée à Varsovie du SS-Obergruppenführer Erich von dem Bach (7 août 1944), il devint évident que les atrocités ne faisaient que renforcer la résistance et qu’il fallait trouver une solution politique, du fait que le commandement allemand n’avait à sa disposition que des forces limitées. L’objectif était de remporter une victoire importante pour montrer à l’Armia Krajowa qu’il ne servait à rien de continuer à se battre et la faire capituler.

Le succès ne fut pas immédiat, mais à partir de la fin septembre, certains des combattants polonais capturés furent traités en prisonniers de guerre et on épargna les civils ; finalement les derniers quartiers de Varsovie encore tenus par les insurgés capitulèrent le 2 octobre 1944.

Les principaux responsables étaient Heinz Reinefarth et Oskar Dirlewanger, organisateurs des pires des atrocités. Dirlewanger fut torturé à mort par des gardes militaires polonais après la guerre, mais Reinefarth ne fut jamais inquiété. Une liste de plusieurs anciens soldats de Dirlewanger encore vivants et jamais poursuivis a été établie en mai 2008 par le musée de l’Insurrection de Varsovie5.

Notes et références

  1. ↑ (en) Muzeum Powstania otwarte [archive], BBC Polish edition, 2 cctobre 2004, accédé pour la dernière fois le 13 avril 2007
  2. ↑ (pl) O Powstaniu Warszawskim opowiada prof. Jerzy Kłoczowski [archive], Gazeta Wyborcza - édition locale de Varsovie, 1998-08-01. Accédé pour la dernière fois le 13 avril 2007
  3. ↑ (pl) Site dédié au [archive] musée de l’Insurrection de Varsovie (page en français illisible, page en anglais ou en allemand des plus sommaires, mieux vaut être polonophone)
  4. ↑ (en) 1944: Uprising to free Warsaw begins [archive], BBC News, 1er août
  5. ↑ [(pl) http://www.rp.pl/artykul/135379.html [archive] Odkryta kartoteka zbrodniarzy], Rzeczpospolita, 17-05-2008
File:Uprising mass graves.jpg
Les fosses communes découvertes après la guerre. Chacune d’entre elles contient les restes de dizaines de victimes du massacre de Wola, non identifiées pour la plupart.
N’oublions pas que Varsovie, comme le ghetto, s’est insurgée aussi contre les nazis
Par Élisabeth G. Sledziewski, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Strasbourg (université Robert-Schuman).
Pendant toute une semaine, du samedi 28 juillet au dimanche 5 août, la capitale polonaise a célébré le 63e anniversaire du déclenchement de l’insurrection de Varsovie contre l’occupant nazi, le 1er août 1944. Commémoration solennelle, comme tous les ans depuis la fin du régime communiste qui l’avait si longtemps prohibé, puis toléré sur le tard : en honorant la mémoire des héros et des victimes de leur capitale insurgée, les citoyens de la Pologne démocratique ont dit non seulement leur piété envers les générations sacrifiées, mais aussi leur conscience d’avoir refermé l’abîme du malheur polonais et de s’être enfin réconciliés avec l’histoire. 
Commémoration fervente, à laquelle la présence des derniers anciens combattants, désormais octogénaires ou nonagénaires et chaque année moins nombreux, donnait une exceptionnelle gravité. Difficile, toutefois, de ne pas noter le contraste entre ces belles cérémonies et l’atmosphère politique délétère d’une Pologne en proie à des dissensions et à des scandales ubuesques… tout simplement indignes de ceux qui ont versé leur sang pour sa liberté. Contraste pénible, aussi, entre la mobilisation des Varsoviens, la multiplicité, l’intensité émotionnelle des manifestations organisées pendant huit jours dans la capitale, et l’amnésie persistante dont fait l’objet l’insurrection de l’été 1944 dans le reste du monde, en France notamment.
Ayant souvent l’occasion de présenter au public cette page d’histoire, je remarque que nombre de nos concitoyens, quoique bien informés sur la Seconde Guerre mondiale, continuent de confondre l’insurrection de la capitale polonaise (du 1er août au 2 octobre 1944), contemporaine de la libération de Paris, Lyon et Marseille, avec le soulèvement des derniers habitants du ghetto, seize mois plus tôt, (du 19 avril au 16 mai 1943). Cette confusion s’inscrit à vrai dire dans une méconnaissance plus générale de ce que fut la guerre en Pologne, beaucoup de Français n’en retenant aujourd’hui qu’une seule dimension, l’extermination du peuple juif. Ignorance qui confine au déni de la réalité historique : l’écrasement des insurgés de 1944 par les nazis après presque cinq ans d’occupation barbare, la trahison cynique de l’ex-occupant puis « allié » stalinien. Comme si les horreurs de la Shoah dans la Pologne occupée et/ou annexée par le IIIe Reich annulaient le calvaire de l’ensemble de la nation polonaise, que Hitler avait entrepris de réduire en esclavage dès le 1er septembre 1939. Les Polonais ne comprennent pas ce déni et en souffrent. À l’heure où les relations franco-polonaises se dégèlent, dans le sillage de la visite de Nicolas Sarkozy à Varsovie et des gestes de bonne volonté échangés au sommet, il est urgent de réactiver la confiance entre nos deux peuples en dissipant ce grave malentendu.
Rappelons donc que l’insurrection déclenchée le mardi 1er août 1944 à 17 heures (« l’heure W » = l’heure du combat) le fut à l’initiative des chefs de la résistance polonaise, l’AK (Armée de l’intérieur, sous les ordres du gouvernement en exil à Londres). L’objectif était la libération de la capitale par les forces nationales avant l’arrivée, imminente, de l’Armée rouge. De son côté, radio Moscou encourageait le soulèvement, enjoignant au « peuple frère » de commencer le travail et lui promettant un prompt renfort. L’AK comptait plus de 50 000 hommes dans la région de Varsovie, les autres formations de la résistance, dont une petite armée communiste (AL), un millier. Leurs moyens étaient dérisoires : surtout des grenades et des cocktails Molotov, un fusil pour 25 hommes, un pistolet pour 50 hommes, quelques dizaines d’armes automatiques. On ne distribua même pas la moitié de ce pauvre arsenal, avec trois jours de munitions. 

Après quelques succès remportés par surprise et avec le soutien massif des civils, les insurgés se sentirent trahis. L’artillerie soviétique, toute proche, s’était tue. Staline avait stoppé net le mouvement de ses troupes vers le centre-ville. Il les maintint l’arme au pied aux portes de Varsovie, fermant ses aérodromes pour empêcher tout secours des Alliés. Les nazis, eux, renforçaient leur potentiel terrestre et aérien. Dans la capitale prise au piège, le massacre dura soixante-trois jours. Les troupes SS se déchaînèrent contre les combattants et leurs blessés, mais aussi contre les civils, pratiquant des exécutions de masse comme dans le faubourg de Wola où, du 5 au 8 août, environ 60 000 personnes furent mitraillées ou brûlées dans les caves des immeubles. Sans ressources, abandonnée de tous, à l’exception de quelques héroïques pilotes de la RAF, l’insurrection capitula le 2 octobre. Ses survivants furent emmenés dans le Reich comme prisonniers de guerre. Les civils furent évacués de force puis parqués ou déportés. Sous les ruines de Varsovie détruite à 85 % et réduite, selon le voeu du Führer et au grand bénéfice de Staline, « à un point géographique », on dénombra entre 200 000 et 250 000 morts.

sources 
wikipedia 
http://www.lefigaro.fr/debats/20070809.FIG000000005_n_oublions_pas_que_varsovie_comme_le_ghetto_s_est_insurgee_aussi_contre_les_nazis.html

L’opération Market-Garden

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Opération Market Garden

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L’opération Market Garden est une opération militaire alliée essentiellement aéroportée de la Seconde Guerre mondiale qui se déroula en septembre 1944. Il s’agissait d’une tentative principalement menée par les armées britanniques de prendre des ponts franchissant les principaux fleuves des Pays-Bas occupés par les Allemands. Le succès aurait permis aux Alliés de contourner la ligne Siegfried et d’accéder à l’un des principaux centres industriels de l’Allemagne, la Ruhr.

Cette opération proposée par Montgomery avait rencontré l’opposition des généraux américains, Patton et Bradley, qui voulaient continuer leur offensive au sud. En fait, la vraie motivation du field-marshall britannique tenait plus du domaine de l’ego que d’une réelle logique stratégique. Selon les témoignages rapportés par le journaliste américano-irlandais Cornelius Ryan, la mésentente entre le commandant en chef du 21e Groupe d’armées britanno-canadiennes et le général Dwight Eisenhower, commandant en chef des forces alliées, atteignait à cette époque des sommets et l’on n’était pas loin du point de rupture entre ces deux fortes personnalités. C’est le moment que choisit Montgomery pour lancer son plan audacieux d’opération aéroportée qui devait permettre de débloquer une situation stratégique bouchée en permettant une percée directe sur la région de la Ruhr, cœur économique du Troisième Reich. Cette idée eut l’air de plaire à Winston Churchill, qui s’en fit le plus convaincant des avocats et obtint gain de cause. Si cette opération avait entièrement réussi, elle aurait peut-être raccourci la durée de la guerre et ouvert de nombreuses et intéressantes opportunités militaires et politiques aux Alliés. Mais ses objectifs finaux ne furent pas atteints malgré la libération d’une partie du territoire néerlandais et la création d’une base d’opérations pour la Bataille de l’Escaut menée par les forces canadiennes.

Opération Market et opération Garden : 
le plan

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L’opération Market-Garden

L’objectif final de l’opération combinée est de faire passer les blindés de l’autre côté du Rhin à Arnhem afin de se diriger directement vers la Ruhr et de terminer ainsi le conflit plus rapidement. Pour cela, ces derniers doivent franchir les nombreux fleuves et canaux que comptent les Pays-Bas. Les troupes aéroportées ont donc pour mission de s’emparer des ponts intacts situés sur la route Eindhoven-Nimègue-Arnhem tandis que les blindés devront parcourir les 107 km qui les séparent d’Arnhem le plus rapidement possible. Les renseignements qui parviennent à l’état-major (en provenance notamment de la résistance néerlandaise et également des reconnaissances aériennes) font état de mouvements de blindés SS sur Arnhem, mais un certain optimisme règne alors parmi le commandement britannique. Aussi le déclenchement est-il avancé au 17 septembre 1944.

Market : offensive aéroportée

Pour cette opération, l’essentiel des unités de la 1re armée aéroportée alliée sont engagées, le tout étant coiffé par le général britannique Browning.
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Insigne de la First Allied Airborne Army

la 101e division aéroportée américaine du général Taylor sera larguée au nord d’Eindhoven pour s’emparer des ponts du canal Wilhelmine et du Zuid-Willemsvaart
la 82e division aéroportée américaine du général Gavin sera larguée au sud de Nimègue pour prendre possession des ponts de Grave sur la Meuse et de Nimègue sur la Waal ainsi que du canal reliant ces deux fleuves.

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Insigne d’épaule de la 101e division aéroportée américaine

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enfin la 1re division aéroportée britannique du général Urquhart sera larguée au nord-ouest d’Arnhem afin de s’emparer de son pont.
Ce dispositif est complété par la 1e Brigade indépendante de parachutistes polonais du major-général Sosabowski. Après la prise des objectifs, les troupes aéroportées devront attendre la venue des blindés. La 1re DAB hérite ainsi de la mission de tenir Arnhem pendant quatre jours. Au total, ce sont 34 000 combattants qui viendront du ciel (soit largués en parachute, soit transportés en planeurs) pour ce qui sera la plus grande opération aéroportée de tous les temps.
 

Insigne des Cichociemny

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Forces allemandes

La déroute de la Wehrmacht au cours des mois de juillet et août 1944 conduit les Alliés à croire que l’armée allemande n’est plus en mesure de reconstituer ses unités détruites. Pendant ces deux mois, la Wehrmacht a en effet subi une série de défaites avec de lourdes pertes. Entre le 6 juin et 14 août, les pertes allemandes s’élèvent à 23 019 tués au combat, 198 616 disparus ou faits prisonniers et 67 240 blessés. Tout en se repliant vers la frontière allemande, la Wehrmacht est souvent harcelée par des attaques aériennes et des bombardements des avions de la RAF et l’USAAF. Les tentatives pour arrêter l’avance alliée semblent souvent infructueuses : les contre-attaques et les positions de barrages sont immédiatement balayées.

Début septembre, la situation évolue. L’échec de la fermeture de la zone de l’estuaire de l’Escaut par le 21e Groupe d’armées britannique permet à 65 000 soldats de la Quinzième armée allemande d’échapper à l’encerclement avec 225 canons et 750 camions grâce à une flottille de cargos, péniches et petits bateaux réquisitionnés. De là, ils se replient aux Pays-Bas .

Adolf Hitler commence à s’intéresser personnellement à la décomposition apparente du groupe d’armées B, qui comprend les armées allemandes dans le Nord de la France, la Belgique et les Pays-Bas. Le 4 septembre, Hitler rappelle le Generalfeldmarschall Gerd von Rundstedt de sa retraite, et le réintègre au commandement de l’OB West, dont il l’avait écarté le 2 juillet. Gerd von Rundstedt remplace le Generalfeldmarschall Walter Model, qui avait pris le commandement à peine 18 jours auparavant. Ce dernier prend alors le commandement du groupe d’armée B.

Le 4 septembre, la 719e division d’infanterie, appartenant au LXXXVIII Korps, commence à se retrancher le long du canal Albert, où elle est bientôt rejointe par les forces du lieutenant-général Kurt Chill. Bien que Chill commande officiellement la 85e division d’infanterie (qui avait subi de lourdes pertes pendant la bataille de Normandie), il prend le commandement des restes de la 84e et 89e divisions d’infanterie au cours de la retraite.

Pendant ce temps, le colonel-général Kurt Student, commandant des Fallschirmjäger, reçoit l’ordre d’Alfred Jodl, de se rendre aux Pays-Bas, où il devra rassembler toutes les unités disponibles et consolider le front près du canal Albert, qui doit être tenu à tout prix. Le rassemblement de toutes ces unités va aboutir à la création de la Première Armée parachutiste. À ce stade, celle-ci comporte sept régiments de Fallschirmjäger et environ 20 000 soldats, auxquels s’ajoutent des batteries anti-aériennes et 25 chasseurs de chars et canons automoteurs.

Le 5 septembre, les forces de Model sont soutenues par l’arrivée du 2e SS-Panzerkorps, qui se compose des 9e et 10e SS Panzerdivision SS sous le commandement du lieutenant général Wilhelm Bittrich. Ces deux divisions blindées d’élite ont subi de lourdes pertes durant la bataille de Normandie et sont en cours de restructuration, les blindés du général Harmel étant déjà sur les trains à destination de l’Allemagne. Model donne l’ordre aux deux divisions de se reposer et de mettre en place des zones de «sûreté» derrière la ligne de front allemande entre Eindhoven et Arnhem. Au moment de l’opération Market-Garden, la 10e Panzer SS Division est composée d’un régiment d’infanterie blindée, d’un bataillon de reconnaissance divisionnaire, de deux bataillons d’artillerie et d’un bataillon du génie, tous partiellement motorisés. Le PC de Bittrich est d’ailleurs proche d’Arnhem, tout comme celui de Model

D’autres formations viennent également renforcer les défenses allemandes. Plusieurs unités SS, dont un bataillon de formation de sous-officiers et un bataillon de réserve de Panzergrenadier, sont prêts à engager le combat. On note également la présence d’un certain nombre de bataillons en formation, de plusieurs bataillons de dépôt de la Panzerdivision Hermann Goering et de diverses unités anti-aériennes, d’artillerie et de police réparties dans tout le Nord des Pays-Bas.

Renseignements
Alliés

Un certain nombre de rapports sur les mouvements des troupes allemandes a atteint le haut commandement des forces alliées, y compris des détails sur l’identité et la localisation des formations blindées allemandes. Le 16 septembre, Bletchley Park décrypte le mouvement de la 9e et 10e Panzerdivision SS à Nimègue et Arnhem, mais Montgomery refuse de modifier les plans du débarquement. Ces informations sur l’emplacement des Panzerdivisions ont été complétées par des photographies aériennes d’Arnhem prises par un vol de reconnaissance de la RAF, ainsi que par des messages de la résistance néerlandaise. Craignant que la 1re division aéroportée puisse être en danger si elle atterrit à Arnhem, l’officier de renseignement de la division, le major Brian Urquhart, organise une réunion avec Browning et lui présente les défenses à Arnhem. Browning rejette ses demandes et ordonne au médecin de la division d’envoyer Urquhart en congé maladie en raison de « tension nerveuse et d’épuisement ».

Allemands

Von Rundstedt et Model prévoient une grande offensive alliée imminente en raison du grand nombre de rapports de renseignement qu’ils reçoivent. L’officier de renseignement du Groupe d’armées B croit que la Seconde armée va lancer une offensive dans la direction de Nimègue, Arnhem et Wesel avec pour principal objectif de parvenir à la zone industrielle de la Ruhr. Il est convaincu que les troupes aéroportées seront utilisées dans cette offensive, mais n’est pas sûr de l’endroit où elles seraient déployées; il soupçonne la région de la ligne Siegfried, au nord d’Aix-la Chapelle ou peut-être même près de la Sarre.

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Jour 1 : dimanche 17 septembre 1944

Premiers succès

L’opération Market Garden s’ouvre avec succès pour les Alliés. Au premier largage, la quasi-totalité des troupes sont arrivées sur leurs zones de parachutage. Pour la 82e division aéroportée, 89% des soldats débarqués ont atterri sur ou dans les 1 000 mètres de leurs zones de largage et 84% des planeurs se sont posés sur ou dans les 1 000 mètres de leurs zones d’atterrissage. Cela contraste avec les opérations précédentes, où le largage de nuit avait provoqué un dispersement des unités allant jusqu’à 19 km.

Des éléments de la 101e aéroportée en jonction avec la Résistance néerlandaise pendant l’opération Market Garden. La cathédrale en arrière-plan est celle d’Eindhoven.

Dans le sud, la 101e division aéroportée rencontre peu de résistance et capture quatre des cinq ponts. Le pont à Son saute lorsque les parachutistes américains s’approchent de lui, après avoir été retardés par un engagement de courte durée avec un canon de 88mm et une mitrailleuse. Plus tard dans la journée, de petites unités de la 101e se déplacent au sud de Son.

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Des éléments de la 101e aéroportée en jonction avec la Résistance néerlandaise pendant l’opération Market Garden. La cathédrale en arrière-plan est celle d’Eindhoven.

Au nord, de petits groupes de la 82e progressent vers Grave et prennent le pont à la hâte. Ils ont également réussi à capturer un pont d’une importance vitale, à Heumen, au confluent de la Meuse et du canal qui la relie au Waal. Le but principal de la 82e au cours de de cette journée a été d’occuper les hauteurs de Groesbeek et de créer ainsi une position de blocage afin de prévenir d’une attaque et d’empêcher les observateurs allemands de guider les tirs de l’artillerie. Browning et Gavin ont estimé que cela devait être la priorité de la division. Le 508e Régiment d’infanterie parachutiste a été chargé, si possible de prendre le pont de Nimègue, mais à cause de la mauvaise communication, l’attaque ne commence pas avant la fin de la journée. S’ils l’avaient attaqué plus tôt, ils auraient fait face à seulement une dizaine d’Allemands. Au moment où le 508e attaque, des troupes de reconnaissance du 9e bataillon de reconnaissance de SS arrivent. L’attaque échoue, laissant le pont de Nimègue aux mains des Allemands.

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Parachutage de troupes de la 82e division aéroportée près de Grave

Le contrôle de ce pont est vital, contrairement à certains des ponts vers le sud qui enjambent des petites rivières et des canaux et qui peuvent être remplacés par des unités du génie, car les ponts de Nimègue et Arnhem traversent deux bras du Rhin et ne peuvent être remplacés facilement. Si ces ponts ne peuvent pas être capturés et tenus, l’avance de XXXe Corps serait bloquée et l’opération MarketGarden serait vouée à l’échec.

La 1re Division aéroportée atterrit sans incident grave, mais les premiers problèmes apparaissent peu après. Seulement la moitié de la Division est arrivée avec la première vague et seulement la moitié d’entre eux (1ère Brigade de parachutistes) peut avancer vers le pont. Le reste des troupes défend les zones de largage pour le prochain parachutage le jour suivant. Ainsi, l’objectif principal de la division doit être réalisé avec l’effectif d’une demi-brigade. Alors que les parachutistes progressent à l’est d’Arnhem, l’escadron de reconnaissance de la division chemine vers l’avant pour s’emparer du pont. L’escadron constitué de jeep se heurte aux positions défensives allemandes et est obligé de faire retraite.

642px-Four_men_of_the_1st_Paratroop_Battalion
Parachutistes anglais à Arnhem

Deux des trois bataillons de la 1re Brigade de parachutistes, faisant face à une solide résistance allemande, sont contraints à faire halte pour la nuit à Oosterbeek. Le lieutenant-colonel John Frost du 2e bataillon arrive au pont d’Arnhem dans la soirée et met en place des positions défensives à l’extrémité nord. Deux offensives pour capturer le pont et l’extrémité sud sont repoussées.

Problèmes de communication

Les radios britanniques ne fonctionnaient pas quelle que soit la distance. Il a été constaté après l’atterrissage que les radios étaient réglées sur des fréquences différentes, dont deux coïncidaient avec des stations de radio britannique et allemande. De plus, il est également possible que les dizaines de largages qui ont été planifiés puis annulés dans les semaines précédant l’opération aient conduit un déchargement précoce des batteries.

Pour la 1re Division aéroportée, le seul moyen de demander un soutien aérien consiste en deux unités spéciales américaines larguées à Arnhem le même jour. Ces unités sont équipées de Veeps : des jeeps pourvues de radio RCS-193 à très haute fréquence. Malheureusement, les postes radio sont rapidement détruits par des tirs de mortier ; de ce fait, la 1re Airborne dut utiliser des signaux visuels pour communiquer avec la RAF. Cependant, les pilotes avaient l’ordre de ne pas réagir aux signaux venant du sol car il n’y avait pas de moyen facile de distinguer l’ami de l’ennemi, ce qui a conduit à un manque critique de l’appui aérien à Arnhem et Oosterbeek

Avance du XXXe Corps

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Sherman Firefly des Irish Guards

Le lieutenant-général Brian Horrocks reçoit la confirmation du début de l’opération le matin du 17 septembre. À 12 h 30, Horrocks reçoit un signal indiquant que les premières vagues des forces aéroportées ont quitté leurs bases au Royaume-Uni et fixant l’heure de l’attaque au sol à 14 h 35. A 14 h 15, 300 canons ouvrent le feu et exécutent un tir de barrage de 1,6 km de large et 8,0 km de profondeur sur les positions allemandes à Valkenswaard, à l’avant de la ligne de départ du XXXe Corps. Ce tir de barrage est appuyé par sept escadrons d’Hawker Typhoon de la RAF. L’avance est menée par les chars et l’infanterie des Irish Guards. Ces derniers traversent le canal Meuse-Escaut et entrent dans les Pays-Bas à 15 h 00. Après avoir traversé la frontière, les Irish Guards sont pris en embuscade par l’infanterie et les canons antichar allemands le long de la route principale. Après une nouveau tir de barrage de l’artillerie, les Hawker Typhons accomplissent une nouvelle vague sur les positions allemandes. Des soldats allemands capturés révèlent, certains de leur plein gré, d’autres après avoir été menacés, le reste des positions allemandes. Au crépuscule, la ville de Valkenswaard est atteinte et occupée par les Irish Guards.

Horrocks a prévu que les Irish Guards puissent parcourir les 21 km les séparant d’Eindhoven en trois heures, mais ils réussissent à couvrir seulement 11 km. Au premier jour, l’opération a déjà pris du retard. A Valkenswaard, les ingénieurs construisent un pont Bailey de 58 m de long en 12 heures.

Réactions allemandes

Les Allemands comprennent rapidement la situation. Le maréchal Walter Model séjourne à l’Hôtel Tafelberg à Oosterbeek lorsque les Britanniques commencent à atterrir dans la campagne à l’ouest d’Oosterbeek. Désorienté, il conclut qu’ils sont des commandos tentant de l’enlever. Il accomplit alors une course folle pour un endroit plus sûr. En attendant, Wilhelm Bittrich, commandant du 2e SS-Panzerkorps, envoie immédiatement un bataillon de reconnaissance de la 9e Panzerdivision SS à Nimègue pour renforcer la défense du pont. A minuit, Model se représente clairement la situation et donne des ordres qui se révéleront adaptés pour la défense d’Arnhem. La confusion attendue des défenses allemandes contre les opérations aéroportées était absente à Arnhem et l’avantage de la surprise a été réduit par la réaction rapide des forces allemandes.

Jour 2 : lundi 18 septembre 1944

Les météorologues alliés ont prévu que l’Angleterre serait couverte de brouillard le matin du 18 septembre. Le deuxième largage fut reporté de trois heures et d’épais nuages bas ont commencé à se développer sur la partie sud de la zone de combat, puis se sont répandus sur tout la zone durant la journée, ce qui a entravé l’approvisionnement et l’appui aérien (sept des huit prochains jours auront de mauvaises conditions météorologiques et les opérations aériennes ont été annulées le 22 septembre et le 24 septembre).

Zone d’opération de la 1re Airborne

Market-Garden_-_Karte_Verteidigung_von_Arnheim
Largages britanniques sur Arnhem

Jour 1 : dimanche 17 septembre 1944

Premiers succès

L’opération Market Garden s’ouvre avec succès pour les Alliés. Au premier largage, la quasi-totalité des troupes sont arrivées sur leurs zones de parachutage. Pour la 82e division aéroportée, 89% des soldats débarqués ont atterri sur ou dans les 1 000 mètres de leurs zones de largage et 84% des planeurs se sont posés sur ou dans les 1 000 mètres de leurs zones d’atterrissage. Cela contraste avec les opérations précédentes, où le largage de nuit avait provoqué un dispersement des unités allant jusqu’à 19 km.

Des éléments de la 101e aéroportée en jonction avec la Résistance néerlandaise pendant l’opération Market Garden. La cathédrale en arrière-plan est celle d’Eindhoven.

Dans le sud, la 101e division aéroportée rencontre peu de résistance et capture quatre des cinq ponts. Le pont à Son saute lorsque les parachutistes américains s’approchent de lui, après avoir été retardés par un engagement de courte durée avec un canon de 88mm et une mitrailleuse. Plus tard dans la journée, de petites unités de la 101e se déplacent au sud de Son.

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Des éléments de la 101e aéroportée en jonction avec la Résistance néerlandaise pendant l’opération Market Garden. La cathédrale en arrière-plan est celle d’Eindhoven.

Au nord, de petits groupes de la 82e progressent vers Grave et prennent le pont à la hâte. Ils ont également réussi à capturer un pont d’une importance vitale, à Heumen, au confluent de la Meuse et du canal qui la relie au Waal. Le but principal de la 82e au cours de de cette journée a été d’occuper les hauteurs de Groesbeek et de créer ainsi une position de blocage afin de prévenir d’une attaque et d’empêcher les observateurs allemands de guider les tirs de l’artillerie. Browning et Gavin ont estimé que cela devait être la priorité de la division. Le 508e Régiment d’infanterie parachutiste a été chargé, si possible de prendre le pont de Nimègue, mais à cause de la mauvaise communication, l’attaque ne commence pas avant la fin de la journée. S’ils l’avaient attaqué plus tôt, ils auraient fait face à seulement une dizaine d’Allemands. Au moment où le 508e attaque, des troupes de reconnaissance du 9e bataillon de reconnaissance de SS arrivent. L’attaque échoue, laissant le pont de Nimègue aux mains des Allemands.

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Parachutage de troupes de la 82e division aéroportée près de Grave

Le contrôle de ce pont est vital, contrairement à certains des ponts vers le sud qui enjambent des petites rivières et des canaux et qui peuvent être remplacés par des unités du génie, car les ponts de Nimègue et Arnhem traversent deux bras du Rhin et ne peuvent être remplacés facilement. Si ces ponts ne peuvent pas être capturés et tenus, l’avance de XXXe Corps serait bloquée et l’opération MarketGarden serait vouée à l’échec.

La 1re Division aéroportée atterrit sans incident grave, mais les premiers problèmes apparaissent peu après. Seulement la moitié de la Division est arrivée avec la première vague et seulement la moitié d’entre eux (1ère Brigade de parachutistes) peut avancer vers le pont. Le reste des troupes défend les zones de largage pour le prochain parachutage le jour suivant. Ainsi, l’objectif principal de la division doit être réalisé avec l’effectif d’une demi-brigade. Alors que les parachutistes progressent à l’est d’Arnhem, l’escadron de reconnaissance de la division chemine vers l’avant pour s’emparer du pont. L’escadron constitué de jeep se heurte aux positions défensives allemandes et est obligé de faire retraite.

642px-Four_men_of_the_1st_Paratroop_Battalion
Parachutistes anglais à Arnhem

Deux des trois bataillons de la 1re Brigade de parachutistes, faisant face à une solide résistance allemande, sont contraints à faire halte pour la nuit à Oosterbeek. Le lieutenant-colonel John Frost du 2e bataillon arrive au pont d’Arnhem dans la soirée et met en place des positions défensives à l’extrémité nord. Deux offensives pour capturer le pont et l’extrémité sud sont repoussées.

Problèmes de communication

Les radios britanniques ne fonctionnaient pas quelle que soit la distance. Il a été constaté après l’atterrissage que les radios étaient réglées sur des fréquences différentes, dont deux coïncidaient avec des stations de radio britannique et allemande. De plus, il est également possible que les dizaines de largages qui ont été planifiés puis annulés dans les semaines précédant l’opération aient conduit un déchargement précoce des batteries.

Pour la 1re Division aéroportée, le seul moyen de demander un soutien aérien consiste en deux unités spéciales américaines larguées à Arnhem le même jour. Ces unités sont équipées de Veeps : des jeeps pourvues de radio RCS-193 à très haute fréquence. Malheureusement, les postes radio sont rapidement détruits par des tirs de mortier ; de ce fait, la 1re Airborne dut utiliser des signaux visuels pour communiquer avec la RAF. Cependant, les pilotes avaient l’ordre de ne pas réagir aux signaux venant du sol car il n’y avait pas de moyen facile de distinguer l’ami de l’ennemi, ce qui a conduit à un manque critique de l’appui aérien à Arnhem et Oosterbeek

Avance du XXXe Corps

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Sherman Firefly des Irish Guards

Le lieutenant-général Brian Horrocks reçoit la confirmation du début de l’opération le matin du 17 septembre. À 12 h 30, Horrocks reçoit un signal indiquant que les premières vagues des forces aéroportées ont quitté leurs bases au Royaume-Uni et fixant l’heure de l’attaque au sol à 14 h 35. A 14 h 15, 300 canons ouvrent le feu et exécutent un tir de barrage de 1,6 km de large et 8,0 km de profondeur sur les positions allemandes à Valkenswaard, à l’avant de la ligne de départ du XXXe Corps. Ce tir de barrage est appuyé par sept escadrons d’Hawker Typhoon de la RAF. L’avance est menée par les chars et l’infanterie des Irish Guards. Ces derniers traversent le canal Meuse-Escaut et entrent dans les Pays-Bas à 15 h 00. Après avoir traversé la frontière, les Irish Guards sont pris en embuscade par l’infanterie et les canons antichar allemands le long de la route principale. Après une nouveau tir de barrage de l’artillerie, les Hawker Typhons accomplissent une nouvelle vague sur les positions allemandes. Des soldats allemands capturés révèlent, certains de leur plein gré, d’autres après avoir été menacés, le reste des positions allemandes. Au crépuscule, la ville de Valkenswaard est atteinte et occupée par les Irish Guards.

Horrocks a prévu que les Irish Guards puissent parcourir les 21 km les séparant d’Eindhoven en trois heures, mais ils réussissent à couvrir seulement 11 km. Au premier jour, l’opération a déjà pris du retard. A Valkenswaard, les ingénieurs construisent un pont Bailey de 58 m de long en 12 heures.

Réactions allemandes

Les Allemands comprennent rapidement la situation. Le maréchal Walter Model séjourne à l’Hôtel Tafelberg à Oosterbeek lorsque les Britanniques commencent à atterrir dans la campagne à l’ouest d’Oosterbeek. Désorienté, il conclut qu’ils sont des commandos tentant de l’enlever. Il accomplit alors une course folle pour un endroit plus sûr. En attendant, Wilhelm Bittrich, commandant du 2e SS-Panzerkorps, envoie immédiatement un bataillon de reconnaissance de la 9e Panzerdivision SS à Nimègue pour renforcer la défense du pont. A minuit, Model se représente clairement la situation et donne des ordres qui se révéleront adaptés pour la défense d’Arnhem. La confusion attendue des défenses allemandes contre les opérations aéroportées était absente à Arnhem et l’avantage de la surprise a été réduit par la réaction rapide des forces allemandes.

Jour 2 : lundi 18 septembre 1944

Les météorologues alliés ont prévu que l’Angleterre serait couverte de brouillard le matin du 18 septembre. Le deuxième largage fut reporté de trois heures et d’épais nuages bas ont commencé à se développer sur la partie sud de la zone de combat, puis se sont répandus sur tout la zone durant la journée, ce qui a entravé l’approvisionnement et l’appui aérien (sept des huit prochains jours auront de mauvaises conditions météorologiques et les opérations aériennes ont été annulées le 22 septembre et le 24 septembre).

Zone d’opération de la 1re Airborne

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Largages britanniques sur Arnhem


9]

Largages britanniques sur ArnhemLes 1er et 3e bataillons de parachutistes avancent vers le pont d’Arnhem pendant les premières heures du 18 septembre et font de bons progrès, mais sont stoppés par les Allemands. Subissant de lourdes pertes, ils sont obligés de stopper leur progression.

Tôt dans la journée le 9e bataillon de reconnaissance de SS (envoyé au sud la veille) conclut que sa présence n’est pas nécessaire à Nimègue et retourne à Arnhem. Bien conscient que des troupes britanniques tiennent le pont, il tente de le franchir par la force mais est repoussé et subit de lourdes pertes, y compris son commandant, le SS-Hauptsturmführer Gräbner.

À la fin de la journée, les 1er et 3e bataillons de parachutistes, qui ne comptent plus que 200 hommes, soit un sixième de leur force originelle, sont entrés dans Arnhem et sont à environ à 2 km du pont. La plupart des officiers et sous-officiers sont tués, blessés ou capturés. Le deuxième largage est retardé par le brouillard, mais atterrit avec tous ses effectifs : la 4e brigade de parachutistes composé des 10e, 11e et 156e bataillons du régiment de parachutistes, commandée par le général de brigade John Winthrop Hackett et les compagnies C et D du 2e South Staffordshire Regiment.[/size]

Zone d’opération de la 82e Airborne 

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Largages de la 82è à Nimègue
Largages de la 82e à NimègueGrave s’avère bien défendu et les forces allemandes continuent à faire pression sur la 82e déployée sur les hauteurs de Groesbeek. Le 505e Régiment de parachutistes d’infanterie défend Horst, Grafwegen et Riethorst des contre-attaques allemandes. Tôt dans la journée, une contre-attaque allemande capture l’une des zones de parachutage allié, où le deuxième largage est prévu pour 13 h 00. Le 508e Régiment de parachutistes d’infanterie attaque à 13 h 10 et reprend la zone à 14 h 00, capturant 149 prisonniers et 16 pièces de DCA allemandes. Retardée par la météo en Grande-Bretagne, le deuxième largage n’arrivera qu’à 15 h 30. Ce largage incorpore des éléments de la 319e et 320e des Glider Field Artillery , le 456e bataillon de Parachute Field Artillery et des éléments de soutien médical. Vingt minutes plus tard, 135 bombardiers B-24 larguent des équipements, dont 80% sont récupérées.

Zones d’opération de la 101e Airborne et du XXXe Corps
368px-Market-Garden_-_Karte_Eindhoven

Largages de la 101e à Eindhoven

Largages de la 101e à EindhovenSuite à la perte du pont à Son, la 101e, tente, sans succès, de capturer un pont à Best, situé à quelques kilomètres, mais la tentative est repoussée. D’autres unités se déplacent vers le sud et parviennent finalement à l’extrémité nord de la ville d’Eindhoven.
À 06 h 00, les Irish Guards continuent d’avancer tout en faisant face à la résistance déterminée de l’infanterie et des chars allemands. À 16 h 00, un contact radio alerte la force principale que le pont Son a été détruit et qu’un pont Bailey est demandé pour le remplacer. À la tombée de la nuit, les Guards Armoured Division sont établis dans la région d’Eindhoven. Toutefois les colonnes de transport sont gênées dans les rues étroites de la ville et sont soumises à des bombardements aériens allemands au cours de la nuit. Finalement, les ingénieurs du XXXe Corps, aidés par des prisonniers de guerre allemands, construisent un pont Bailey en 10 heures sur le canal Wilhelmine.

Pendant la journée, les Britanniques du VIIIe et XIIe Corps, en soutenant l’attaque principale, ont aménagé plusieurs têtes de pont sur le canal Meuse-Escaut tout en faisant face à une vive résistance allemande. Tout au long de la journée, des attaques allemandes ont été lancées contre le XXXe Corps et contre les têtes de pont sur le canal Meuse-Escaut, le tout sans succès.

Jour 3 : mardi 19 septembre 1944

Aux premières heures du jour, le 1er et 3e bataillon, ainsi que 2e South Staffordshires essaient de rallier le pont d’Arnhem, tenu tant bien que mal par le 2e bataillon de Frost. Quand l’aube se lève, le 1er bataillon est repéré et arrêté devant la principale ligne de défense allemande. Pris sous un feu croisé, le 1er Bataillon est désintégré et ce qui reste du 3ème Bataillon est contraint à la retraite vers Oosterbeek.
Aerial_view_of_the_bridge_over_the_Neder_Rijn,_Arnhem

Vue aérienne du pont d’Arnhem (19 septembre 1944).

Le 2e bataillon (environ 600 hommes) tient encore l’extrémité nord du pont d’Arnhem. Les Allemands comprenant que les attaques d’infanterie, comme celles qui ont été repoussés dans le sang la veille, sont inutiles, bombardent les positions britanniques avec des mortiers, de l’artillerie et des chars ; ils démolissent systématiquement chaque maison afin d’en déloger les défenseurs. Cependant, les Britanniques s’accrochent à leurs positions

Oosterbeek

British_paratroopers_in_Oosterbeek
Parachutistes britanniques à Oosterbeek

Au nord d’Oosterbeek, la 4e brigade de parachutistes tente de percer les lignes allemandes, mais les difficultés de communication et la résistance ennemie causent l’échec de l’attaque. La 1re division aéroportée a subi de lourdes pertes et a perdu sa capacité offensive. Dans l’impossibilité d’aider le lieutenant-colonel Frost sur le pont, les autres bataillons se retirent à Oosterbeek et installent une tête de pont défensive sur la rive nord du Rhin. Au même moment commencent à atterrir les planeurs transportant les Polonais de 1re Brigade indépendante de parachutistes, des canons anti-chars et des véhicules, jusque-là bloqués en Angleterre par un brouillard épais. Soudain, un Messerschmitt apparaît et fait feu sur les planeurs. Avant même de pouvoir toucher terre, de nombreux planeurs sont détruits.

L’approvisionnement devient critique : la zone de largage est aux mains des Allemands. En conséquence, les Britanniques se retrouvent avec seulement 10% des équipements parachutés.

Nimègue

Hells_Highway_towards_Nijmegen
Char Cromwell le long de l’Hell’s Highway entre Eindhoven et Nimègue

À 08 h 20, le premier contact est fait entre le XXXe Corps de le 504e Régiment de parachutistes d’infanterie. À 08 h 30 la division blindée des Guards du XXXe Corps entre dans Grave. La force principale arrive trois heures plus tard. À ce moment, selon le plan, le XXXe Corps devrait être à Arnhem. Une tentative de prendre le pont de Nimègue échoue. Gavin propose alors le plan suivant : les parachutistes du 504e Parachute Infantry Regiment doivent traverser le fleuve en bateau, 2 km en aval du pont. Arrivés sur la rive opposée, ils doivent capturer l’extrémité nord du pont puis faire la jonction avec le XXXe corps qui s’avancera sur le pont depuis l’extrémité sud. Malheureusement, les bateaux, demandés pour la fin de l’après-midi, n’arrivent pas.

Une tentative d’approvisionnement de 35 C-47 (sur 60 envoyés) échoue, les fournitures n’ayant pu être récupérés. Le mauvais temps sur les bases anglaises a empêché les planeurs transportant le 325e Glider Infantry Regiment de décoller, mettant fin à tout espoir de renforts pour la 82e Airborne.

Eindhoven-Veghel

Dans le sud, les unités de la 101e qui ont pris Best la veille sont contraintes de faire retraite face à une contre-attaque de Fallschirmjäger dans la matinée. Les chars britanniques arrivent au cours de la journée et repoussent les Allemands vers la fin de l’après-midi capturant au passage environ 1 000 prisonniers. Dans la journée, des chars Panther arrivent à Son, faisant feu sur le pont Bailey. Un canon anti-char britannique de 57 mm, récemment débarqué, réagit rapidement et élimine quelques-uns des chars. Les Panthers restants se retirent sans causer de dégâts au pont. Dans la nuit, la Luftwaffe bombarde Eindhoven. La flotte aérienne composée essentiellement de Junkers Ju-87 et de Dornier Do-17 surprend la population qui n’a pas le temps de se mettre à l’abri. On déplore plus de 200 morts et 800 blessés parmi les habitants.

Jour 4 : mercredi 20 septembre 1944
Arnhem

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Prisonniers britanniques à Arnhem

Le 2e bataillon du lieutenant-colonel John Frost tient encore le pont d’Arnhem, bien qu’il n’y ait plus d’espoir que le XXXe Corps les rejoigne. L’après-midi, les positions britanniques autour de l’extrémité nord du pont d’Arnhem se sont considérablement affaiblies. Une grave pénurie de munitions anti-char permet aux blindés allemands de détruire les positions britanniques à bout-portant. La nourriture, l’eau et les fournitures médicales se font rares, de nombreux bâtiments sont en feu et, devant le risque d’effondrement, une trêve de deux heures est organisée pour évacuer les blessés (dont le lieutenant-colonel Frost) en captivité. Frederick Gough remplace Frost au commandement du bataillon.

Les Allemands viennent à bout des poches de résistance tout au long de la journée, prenant le contrôle de l’extrémité nord du pont au crépuscule, ce qui leur permet d’envoyer des renforts plus au sud, à Nimègue. Le reste des troupes britanniques continue de se battre, parfois au couteau, mais la lutte se termine le jeudi matin, vers 9 h 00, la quasi-totalité des soldats étant faits prisonniers. Le dernier message radio diffusé à partir du pont – « Plus de munitions. God save the King» – n’a été entendu que par les opérateurs radio allemands.

Nimègue

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Sherman du XXXe Corps traversant le pont de Nimègue

Les bateaux demandés la veille par la 82e Airborne arrivent dans l’après-midi et l’ordre d’assaut est donné. À environ 15h00, les Américains du 504e régiment de parachutistes d’infanterie traversent avec 26 bateaux d’assaut en toile les 365 mètres qui les séparent de la rive opposée. Une pénurie de pagaies oblige certains soldats à pagayer avec les crosses de leurs fusils. Environ la moitié des bateaux parvient à traverser sous un feu nourri. Les soldats survivants prennent d’assaut l’extrémité nord du pont. Les forces allemandes se retirent et le pont est sécurisé entièrement à 19h10. Beaucoup d’explosifs ont été trouvés sur le pont, mais pour une raison alors inconnue, les Allemands n’ont pas réussi à faire sauter le pont avant la traversée des chars britanniques. On sait aujourd’hui que les câbles des explosifs ont été coupés par le jeune résistant néerlandais Jan van Hoof. L’attaque a été coûteuse et fut surnommé « Little Omaha » en référence à la plage d’Omaha Beach

Lorsque le lieutenant-général Dempsey de la Deuxième Armée rencontre le général Gavin, commandant de la 82e division aéroportée, il aurait déclaré (en référence à l’attaque de Nimègue), « Je suis fier de rencontrer le commandant de la plus grande division du monde actuel » (« I am proud to meet the commander of the greatest Division in the world »).

Eindhoven

Les parachutistes de la 101e division aéroportée sont attaqués par la 107e brigade blindée allemande soutenue par des troupes SS. Les Américains luttent longtemps et sont finalement secourus in extremis par les chars du XXXe Corps qui repoussent les Allemands. Toutefois ces derniers continuent à harceler l’autoroute reliant Eindhoven à Nimègue.

Limiter les pertes

Le réduit constitué par Urquart ne peut joindre les Polonais de Sosabowski qui, largués n’importe comment peu de temps auparavant, ont été massacrés ou capturés. Afin d’éviter une destruction totale de la première division aéroportée, le général Urquart décide d’évacuer afin de tenter de rejoindre les lignes américaines et celles du XXXe corps. Le 25 et 26 septembre, soit 9 jours après les premiers largages, les rescapés regagnent les lignes alliées.

Résultats et Bilan humain

L’opération est un échec complet sur le plan des effectifs engagés, en revanche ce n’est qu’un demi-échec pour les objectifs. Depuis ce temps, et en mémoire des Diables Rouges tombés, notamment ceux du colonel Frost, les parachutistes britanniques portent un ruban noir derrière leur béret ; mais la légende des anciens du Parachute Regiment veut que ce soit en souvenir de la trahison de l’un des leurs, un parachutiste capturé qui aurait craqué sous la torture, que les parachutistes britanniques arborent un ruban noir à leur couvre-chef. Le colonel Frost et ses hommes ont été des hommes d’honneur, des combattants mais surtout des résistants. D’assiégeants, ils sont devenus assiégés ; on leur avait demandé de tenir deux jours, ils ont tenu plus d’une semaine, soit neuf jours et neuf nuits, sans renfort, ni repos.

Au total, du côté allié les pertes humaines s’élevèrent à 16 805 hommes tués, blessés ou prisonniers : dont 7 640 Britanniques et Polonais des 1st British Airborne Division et 1e Brigade indépendante de parachutistes polonais, 3 664 Américains des 82nd et 101st Airborne et 5 354 Britanniques pour le XXX Corps.

Du côté allemand le Generalfeldmarschall Walther Model estima à 3 300 le nombre des pertes de son groupe d’armées B ; mais des calculs récents avancent le chiffre de 8 000 soldats allemands hors de combat, dont au moins 2 000 tués.

Conséquences stratégiques

Près de 12 000 parachutistes furent ainsi perdus, et Montgomery dut constater que « Market Garden a réussi à 90 %… ». En tout cas, l’opération porta un bien mauvais coup à Model: sa ligne de résistance sur les cours d’eau des Pays-Bas avait été coupée en deux, et il dut rayer de ses effectifs environ 7 000 soldats et 95 blindés… Il s’agit néanmoins de l’un des derniers succès tactiques de l’Axe.

Par ailleurs, en raison de la priorité donnée à cette opération, le camp allié négligea de prendre le contrôle des rives de l’Escaut, qui donne accès au port d’Anvers (tombé intact aux mains des troupes britanniques le 7 septembre), en laissant libres sur ses arrières les restes importants d’une division parachutiste allemande, qui se réorganisa rapidement. La prise de contrôle d’Anvers n’a lieu que plus tard, au prix de lourdes pertes, de sorte que le port d’Anvers n’est utilisable qu’à partir du 28 novembre. Entre temps, l’approvisionnement doit toujours se faire au départ des ports artificiels installés sur les côtes normandes et du port de Cherbourg, ce qui provoque une crise logistique, l’approvisionnement des unités en ligne se faisant difficile en raison de l’étirement excessif des itinéraires de ravitaillement.

Famine aux Pays-Bas

Une conséquence tragique de l’échec de l’opération fut le Hongerwinter (« l’Hiver de la faim »). En effet, pendant la bataille, les travailleurs des chemins de fer néerlandais, incités par le gouvernement néerlandais à Londres, entamèrent une grève afin d’aider l’avance alliée. En représailles, les allemands interdirent le transport de nourriture, ce qui provoqua une famine durant l’hiver 1944-1945 et causa la mort d’environ 18 000 néerlandais.

Lieux de mémoire 

Le pont d’Arnhem n’a pas survécu à la guerre : détruit par les B-26 Marauder de l’US Air Force le 07 Octobre 1944, il a été remplacé par un pont d’apparence similaire en 1948. Ce dernier a été rebaptisé pont John Frost (John Frostbrug) le 16 septembre 1978.

Le 16 septembre 1994, des anciens combattants de la 101e Airborne ont inauguré un « monument pour les Néerlandais » à Sint-Oedenrode. Le monument est un don des anciens combattants aux civils qui ont combattu aux côtés des troupes américaines, à la surprise de ces dernières. Ce monument est « dédié à la population du Corridor par des vétérans de la 101e Airborne Division, en reconnaissance de leur courage, de leur compassion et amitié ».

Le 31 mai 2006, la 1e Brigade indépendante de parachutistes polonais a reçu l’ordre militaire de Guillaume Ier par SM la reine Beatrix en raison de sa bravoure à Arnhem pendant l’opération Market Garden. Le 82e division aéroportée avait également reçu le même ordre le 8 octobre 1945.

Plusieurs musées des Pays-Bas sont dédiés à l’opération Market Garden, dont : le musée national de libération à Groesbeek, le Wings of Liberation Museum Park à Schijndel, et l’Airborne Museum Hartenstein à Oosterbeek.

Anecdotes

Avant le déclenchement de l’opération Market Garden, certains émettaient des doutes quant à la réussite plus qu’incertaine de l’opération, tel Browning (commandant du CA aéroporté) qui en vint à demander à Montgomery :

« Combien de temps faudra-t-il aux blindés pour nous rejoindre ?
— Deux jours, lui répond Montgomery.
— Nous pourrons tenir quatre jours. Mais je crains bien, Monsieur le Maréchal, que nous n’allions un pont trop loin. »
Patton, quant aux occasions manquées faute de carburant, déclara :

« J’étais alors convaincu, et la suite me donna raison, que nous n’avions pas d’autres Allemands devant nous que ceux qui se battaient. En un mot, il n’y avait pas de profondeur. »

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

1 avril 2013

Massacres perpétrés par les Allemands en France durant la Libération de 1944

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Massacres perpétrés par les Allemands en France durant la Libération de 1944

Les troupes allemandes et leurs auxiliaires commirent de nombreux massacres en France, de l’invasion à la Libération. Les victimes de ces tueries furent de natures diverses : hommes, femmes et enfants, civils, tirailleurs sénégalais en 1940 (Chasselay), résistants blessés ou prisonniers (Mont-Mouchet, Vassieux-en-Vercors, Grotte de la Luire), otages et juifs. (Saint-Genis-Laval, Bron, Savigny-en-Septaine)

Si dans la mémoire collective et la littérature historique, le massacre d’Oradour-sur-Glane, avec ses 642 victimes, occupe une place prépondérante, il ne peut occulter l’importance et la sauvagerie d’assassinats collectifs comme ceux commis à Maillé, Tulle, Ascq, Buchères, la Saulx1 et de toutes les autres exactions des troupes allemandes qui firent plusieurs milliers de victimes.
Généralement attribués à la Waffen-SS, ces massacres furent aussi perpétrés par des unités de la Wehrmacht, de la Kriegsmarine, de la Gestapo, du SIPO-SD et par leurs auxiliaires français. Cette brutalisation s’intensifia début 1944, avec les instructions concernant la répression données, le 3 février 1944, à la suite d’une intervention personnelle d’Adolf Hitler, par le général Hugo Sperrle, puis après le débarquement de Normandie, transposant en France la sauvagerie pratiquée sur le front de l’Est et dans les Balkans.

Au total durant la Seconde Guerre mondiale, 6 000 français furent massacrés par les Allemands ou leurs alliés, 25 000 furent fusillés, 27 000 résistants moururent en déportation en plus de 76 000 déportés raciaux2.

Liste chronologique
Mai 1940
Le 24
• Hinges : 10 civils, âgés de 26 à 53 ans, sont exécutés au bord d’un trou d’obus datant de la guerre précédente et ils y sont enterrés3.
les 24 et 25
• Massacre du Quesnoy à Beuvry : civils et réfugiés sont massacrés par la 3e Panzerdivision SS Totenkopf4.
le 27
• Paradis-Lestrem : 97 soldats britanniques prisonniers issus du deuxième bataillon du Royal Norfolk Regiment sont exécutés par la 3e Panzerdivision SS Totenkopf.
le 28
• Oignies : 80 civils assassinés à la suite d’une bataille qui dure trois jours5 et un officier anglais brûlé vif.
• Courrières : 45 hommes assassinés6.
• Massacre de Wormhout : 80 soldat britanniques et français tués, 15 blessés.
Juin 1940
le 20
• Chasselay : plusieurs dizaines de soldats Sénégalais prisonniers sont exécutés par la division SS Totenkopf7
• Domptail : 28 à 33 soldats français sont fusillés par des soldats allemands8.
Août 1941[modifier]
Le 29
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 3 hommes du réseau Nemrod : le capitaine de corvette Honoré d’Estienne d’Orves, le lieutenant Maurice Barlier, officiers de la France libre, et Jan Doornik, officier néerlandais, sont les premiers fusillés du Mont Valérien9.
Octobre 1941
Le 22
• Représailles après la mort de Karl Hotz : 48 otages sont fusillés en représailles de l’assassinat du lieutenant-colonel allemand Karl Hotz. 27 prisonniers sont exécutés àChâteaubriant, à la carrière de la Sablière, 16 à Nantes au champ de tir du Bèle, et 5 à Paris, à la forteresse du Mont-Valérien.
Le 24
• Camp de Souge, à Martignas-sur-Jalle : 50 otages, en majorité des communistes, sont fusillés en représailles de l’assassinat d’un officier allemand. Au total 273 personnes sont fusillées au camp de Souge pendant l’occupation10.
Décembre 1941
Le 15
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 70 otages dont 53 Juifs, parmi lesquels 44 viennent du camp de Drancy, sont fusillés11
• Caen : 13 prisonniers communistes sont fusillés par les Allemands12,13
• Juigné-des-Moutiers : 9 prisonniers du camp de Châteaubriant (camp de Choisel) sont fusillés dans la forêt de la Blisière14.
Août 1942
Le 11
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 88 otages communistes sont fusillés sur ordre de la Sipo-SD, en représailles de la mort de 8 soldats de la Luftwaffe, tués par des grenades9.
Septembre 1942
Le 13
• Prison de la Santé à Paris : trois communistes, dont le député Jean Catelas, condamnés à mort par le tribunal d’État du gouvernement de Vichy, sont guillotinés9.
Le 21
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 46 otages sont fusillés sur ordre de la Sipo-SD, en représailles de la mort de 3 soldats allemands et de divers attentats9.
• Camp de Souge, à Martignas-sur-Jalle : 70 otages sont fusillés sur ordre de la Sipo-SD dans le cadre des mêmes représailles9.
Octobre 1942[modifier]
Le 5
• Stand de tir de Balard à Paris : 18 FTP sont fusillés9.
Novembre 1942[modifier]
Le 3
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 6 personnes sont fusillées9.
Le 24
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 8 FTP de la Seine sont fusillés9.
Décembre 1942
Le 27
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 16 résistants du réseau de renseignements Georges France 31 sont condamnés à mort pour espionnage et fusillés9.
Le 30
• Saint-Jacques-de-la-Lande : 25 résistants communistes sont fusillés à La Maltière15.
Janvier 1943[modifier]
Le 29
• Nantes : 9 résistants condamnés à mort sont fusillés au champ de tir du Bêle16.
Février 1943[modifier]
Le 8
• Cinq Martyrs du lycée Buffon : 5 lycéens de 17 à 20 ans sont fusillés par les Allemands au stand de tir de Balard pour attentats contre des soldats allemands.
Le 17
• Massacre de Ballersdorf (Haut-Rhin) : 18 hommes dont 12 Ballersdorfois incorporés de force décident de se soustraire à cette incorporation et sont arrêtés aussitôt dans la nuit. Trois d’entre eux seront tués, un seul s’échappera, les 14 autres seront jugés sommairement et 13 seront fusillés le 17 février 1943.
Septembre 1943[modifier]
Le 7
• Massacre du bois du Thouraud : sept maquisards sont abattus par les Allemands, sept autres et deux paysans sont déportés dans les camps où six d’entre-eux y laisseront la vie.
Le 17
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 19 FTP brestois sont fusillés17,18
Décembre 1943[modifier]
Le 25
• Habère-Lullin : des jeunes réfractaires au STO rassemblés dans le château pour un bal de Noël sont dénoncés et surpris par la Sipo-SD. 25 sont massacrés et leurs corps brûlés, 26 sont arrêtés dont 8 sont déportés19,20.
Janvier 1944[modifier]
Le 5
• Mérenvielle : meurtres le 5 janvier et le 2 juin 194421.
Le 14
• Lanta : exécution21.
Février 1944
Le 16
• Beyssenac : 34 maquisards sont exécutés par deux compagnies allemandes au Pont Lasveyras, et 5 autres mourront en déportation.
Le 21
• Affaire de l’Affiche rouge : 22 résistants des FTP-MOI sont fusillés à Paris, au fort du Mont-Valérien.
• Annecy : 8 prisonniers sont fusillés après jugement de la cour martiale de Vichy22.
Le 25
• Thonon-les-Bains : 6 prisonniers sont fusillés après jugement de la cour martiale de Vichy22.
Mars 1944
Le 8
• Annecy : 5 prisonniers sont fusillés après jugement de la cour martiale de Vichy22.
Le 20
• Annecy : 5 prisonniers sont fusillés après jugement de la cour martiale de Vichy. Un autre est exécuté le 8 avril22.
Le 26
• Brantôme : après des tirs de résistants contre la voiture du général Walter Brehmer, ayant causé la mort de deux policiers, des membres du Sipo-SD exécutent 25 détenus de la prison de Limoges, dont des Juifs23, ainsi qu’un jeune habitant de la commune.
• Allemans : des soldats allemands incendient une ferme dont les 3 occupants meurent carbonisés23.
• La Jemaye : les mêmes abattent un habitant et incendie sa ferme23.
• Echourgnac : les mêmes abattent une habitante et brûlent sa maison23.
• Ribérac et Mussidan : les Allemands y prennent position ; le général Walter Brehmer installe même son quartier général à Ribérac. Ils sillonnent la forêt de la Double orientale et déclenchent des incendies pour débusquer les maquisards24,25.
Le 27
• Sainte-Marie-de-Chignac : 25 autres détenus des prisons de Limoges et Périgueux, principalement des Juifs, sont fusillés au lieu-dit Rivières-Basses, par des membres du Sipo-SD 23. Deux blessés parviennent à s’enfuir 26.
Le 31
• Rouffignac : le village est entièrement détruit, 3 hommes sont exécutés, 12 civils et 4 gendarmes (qui ne survivront pas) sont déportés en Allemagne27.
Avril 1944
Le 1er et le 2
• Ascq : 86 habitants sont fusillés par des hommes de la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend à la suite d’un acte de sabotage contre un train28,29.
Le 6
• Tarnac : une compagnie d’une division allemande partant vers la Normandie, fusille quatre Juifs30.
• Bugeat : 4 habitants du village sont fusillés par des soldats allemands.
Le 30
• Aussonne : meurtres et destructions21.
• Cornebarrieu : meurtre21.
Mai 1944
Le 2
• Montpezat-de-Quercy : des membres de la 2e division SS Das Reich tuent 5 personnes et en déportent 15. Le village est pillé et incendié.
Le 4
• Annecy : 6 prisonniers sont fusillés après jugement de la cour martiale de Vichy22.
Le 7
• Miremont : exécutions les 7, 9 et 14 mai par des membres de la 2e division SS Das Reich puis le 2 juin21.1944).
Les 11 et 12
• Lauzès, Orniac, Blars, Grèzes, Latronquière, Sousceyrac, Cardaillac, Gorses, Molières, Le Bourg, Lacapelle-Marival, Terrou, Saint-Céré, Figeac, Lunan et Saint-Félix : dans cette même région, le Lot, les SS font plusieurs centaines de victimes et déportés.
Le 15
• Fouesnant : 15 hommes ; des résistants du groupe Vengeance, des FTPF, deux déserteurs russes de la Wehrmacht, sont fusillés par les Allemands dans le marais de Mousterlin. Deux autres exécutions ont lieu, l’une le 23 juillet, l’autre le 10 août31.
Le 17
• Urau : meurtres et arrestations21.
Le 21
• Frayssinet-le-Gélat : 3 femmes sont pendues et 11 hommes fusillés par les SS.
Le 23
• Galié : meurtres et destructions21.
Le 25
• Lantilly : 23 maquisards du groupe Henri Bourgogne sont exécutés sommairement par les Allemands9
Le 28
• Vaussujean (Saint-Sébastien) : 7 résistants sont abattus et 3 autres (dont Victor Renaud) livrés à la Milice.
Le 31
• Saint-Jacques-de-la-Lande : 9 résistants sont fusillés à La Maltière15.
Juin 1944
• Cadours : meurtre21.
Le 1er
• Limogne-en-Quercy, Cadrieu et Frontenac : 9 civils sont tués par les SS.
Le 2
• Pibrac : crimes de guerre le 2 puis le 11 juin21.
Le 3
• Linac, Viazac et Bagnac-sur-Célé : 19 habitants sont fusillés par les SS.
• Chaum : assassinat21.
Le 5
• Ugine : les SS massacrent 28 habitants32.
Le 6
• Caen : 87 prisonniers de la maison d’arrêt dont au moins une femme sont exécutés33,34.
• L’Épine (Marne) : 7 résistants condamnés à mort sont fusillés par les Allemands35.
Le 7
• Castelculier : 2 résistants sont tués et 4 otages civils exécutés. Le château de Laclotte et la ferme de la famille Afflatet sont brûlés par les Allemands.
• Saint-Pierre-de-Clairac : 11 patriotes français sont fusillés et massacrés par la Gestapo d’Agen et des éléments de la 2e division SS Das Reich36
• Saint-Germain-la-Blanche-Herbe : 11 soldats canadiens prisonniers sont exécutés ce jour et 7 autres le lendemain dans les jardins du château de l’Abbaye d’Ardenne37.
Le 8
• Issendolus : 44 personnes sont massacrées par les SS et 70 autres déportées.
• Montgueux : 15 résistants sont fusillés par l’armée allemande au Trou de Chirac38.
• Rennes : 32 résistants, dont 9 républicains espagnols, sont fusillés par les Allemands à la caserne du Colombier39.
• Rouffilhac et Carsac-Aillac : 29 habitants dont des femmes et des enfants sont massacrés par les SS.
• Saint-Floxel : un soldat tue 8 femmes et enfants cachés derrière un abreuvoir40.
Le 9
• Bretenoux : 20 civils dans la population et 18 résistants FFI de l’AS Corrrèze. 2 civils seront aussi portés disparus.
• Tulle : 99 hommes sont pendus, puis, dans les jours qui suivent 149 sont déportés dans les camps de concentration nazis. Au total, l’action de membres de la 2e panzerdivision SS Das Reich et du SD fait 213 victimes41.
• Argenton-sur-Creuse : 56 habitants dont des femmes et des enfants, et des membres des FFI sont massacrés dans les rues en fin d’après-midi par des membres d’une compagnie du régiment Der Führer de la 2e panzerdivision SS Das Reich et 11 sont fusillés le lendemain42 , 43.
• Janaillat : 31 jeunes maquisards sont exécutés au lieu-dit Poteau de Combeauvert par un bataillon du 4e régiment de Panzergrenadier Der Führer appartenant à la 2e panzerdivision Das Reich44.
Le 10
• Oradour-sur-Glane : 642 habitants, dont 247 enfants, sont abattus ou brûlés vifs par les hommes du 1e bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e panzerdivision SS Das Reich45.
• Issoudun : 11 personnes sont tuées.
• Marsoulas et Mazères-sur-Salat : 32 civils dont 6 femmes et 12 enfants sont tués par les SS.
• Betchat : deux civils sont tués, un FFI fait prisonnier est exécuté, plusieurs maisons sont incendiées le 10 puis dans les jours suivants46
• Bagnères-de-Bigorre, Pouzac et Trébons : du 10 au 12 juin, 57 habitants dont des femmes et des enfants, sont massacrés par un bataillon du régiment Deutschland de la 2epanzerdivision SS Das Reich47 .
• Mont-Mouchet: les 10 et 11 juin, environ 100 civils et 238 résistants sont tués par les troupes nazies.
• Ussel : 47 jeunes résistants sont abattus, les blessés étant achevés.
• Ruynes-en-Margeride, Clavières : 36 civils sont victimes des troupes d’un Sicherungsbataillon de la Wehrmacht et du 19e SS-Polizieregiment48.
• Laffite-Toupière : assassinat commis par des éléments de la 2e panzerdivision SS Das Reich21.
• Martres-Tolosane : exécutions et massacres le 10 juin commis par des éléments de la 2e panzerdivision SS Das Reich puis nouveaux assassinats les 8 et 18 août21.
• Saint-Michel : crimes de guerre, exécutions commis par des éléments de la 2e panzerdivision SS Das Reich21.
Le 11
• Mussidan : des membres du SD de Périgueux47 fusillent 52 personnes à Mussidan, parmi lesquelles Raoul Grassin, le maire de la commune, en représailles à une tentative de sabotage de la voie ferrée par la résistance49.
• Orville : 10 habitants sont fusillés.
• Fusillés de Saint-Julien-du-Verdon : 11 résistants sont fusillés par la Gestapo.
• Rostrenen : 2 otages pendus dans le bourg.
Le 12
• Valréas : des membres du groupe de combat Unger de la 9e division blindée de la Wehrmacht48 tuent 26 civils et 27 résistants.
• Jeu-les-Bois : 17 hommes sont tués.
• Murat : quatre otages sont fusillés sur le bord de la route, par le SS Hugo Geissler, qui sera mitraillé, en représailles, par des maquisards
• Saint-Lys, Bonrepos-sur-Aussonnelle et Saiguède : 9 maquisards sont tués et 12 civils exécutés par des unités de la 2e division SS Das Reich50.
• Lormes : huit otages civils fusillés à la suite de l’attaque d’un convoi allemand qui traversait la ville.
Le 13
• Revin : 105 résistants capturés après l’encerclement du maquis des Manises (encadré par Jacques Pâris de Bollardière) sont exécutés51.
• Plestan : 31 otages dont 7 Nord-Africains sont abattus par la Gestapo et la Feldgendarmerie dans le bois de Boudan.
Le 14
• Houeillès : bombardement de Houeillès par trois avions allemands tuant 2 personnes dont une femme.
Le 15
• Rieumes : meurtre21.
• Vieugy : 15 maquisards et civils sont exécutés22.
Le 16
• Lannion : plusieurs exécutions de maquisards (11 exécutions le 16 juin ; 7 le 03 juillet ; 6 le 06 juillet)
Le 18
• Vieugy : 10 maquisards et civils sont exécutés22.
Le 20
• Houeillès : 5 civils et 2 résistants alsaciens (Léon Krepper et Léon Richer) sont abattus.
• Coussay-les-Bois : trois jeunes de Coussay sont fusillés par les SS en représailles contre une attaque d’un convoi allemand52.
Le 21
• Mouleydier : le village est pillé et incendié par les SS. 22 maquisards sont fusillés.
• Boulogne-sur-Gesse : meurtres le 21 juin puis le 17 août21.
Le 23
• Dunes : à la suite d’une dénonciation les SS pendent 12 personnes et en abattent 4 autres.
• Saint-Sixte : Trois familles tziganes, soit 14 personnes, sont assassinées à 5h du matin par l’unité SS de Valence d’Agen.
• Saint-Jacques-de-la-Lande : 10 résistants, en majorité des FTP, sont fusillés à La Maltière15.
Le 24
• En représailles à l’exécution de Hugo Geissler, 115 Muratais sont raflés et déportés à Neuengamme par la Légion des Tatars de la Volga de la Brigade Jesser.
Le 25
• Thauvenay : 16 civils dont 6 jeunes et un enfant de sept ans, sont abattus et vingt-trois habitations incendiées.
Le 26
• Dun-les-Places : 27 civils sont tués par les SS. Les maisons sont ensuite pillées et incendiées les 27 et 28 juin.
Le 27
• Castelmaurou : assassinats le 27 juin puis le 16 juillet21.
• Saint-Sauvant : 27 maquisards qui viennent d’être faits prisonniers par des soldats allemands et des miliciens, sont exécutés53.
Le 28
• Villemur-sur-Tarn : meurtres, incendies, pillages et crimes de guerre le 28 juin 1944 puis le 1, 3, 7, 20, 21, 24, et 27 juillet et le 20 et 21 août 194421.
• La Magdelaine-sur-Tarn : meurtre21.
• Le Born : meurtres21.
• Montastruc-La-Conseillère : crimes de guerre21.
Le 30
• Saint-Jacques-de-la-Lande : 21 résistants, dont des membres des Corps Francs Vengeance du Morbihan et des FTP, sont fusillés à La Maltière15.
Juillet 1944[modifier]
Le 1er
• Toulouse : meurtres au cours du mois de juillet et le 22 août21.
• Donzy : 8 civils tués selon le monument commémoratif.
Le 2
• Muret : meurtres le 2 puis le 6 et le 821.
Le 3
• Estang : neuf fusillés à la suite des représailles d’un accrochage avec le maquis (les allemands ayant perdus 9 soldats au cours du combat).
Le 6
• Bazus : assassinats, incendies et vols, le 6, 7 et 15 juillet puis le 20 et 21 août21.
• Bessières : crimes de guerre21.
Le 7
• Le Cheylard : la Wehrmacht tue entre 30 et 50 civils lors d’une opération contre un centre de résistance.
• Meilhan : une colonne de la Wehrmacht (plusieurs centaines d’hommes) attaque par surprise à l’aube le maquis de Meilhan (environ 90 hommes). Après 3 heures de combat inégal, tous les survivants (même blessés) sont torturés et assassinés. Le massacre n’est pas fini : les Allemands raflent 4 hommes (qui n’étaient pas maquisards) dans des fermes voisines et les exécutent. Sur le chemin du retour à Lannemezan, les SS capturent et exécutent 3 autres hommes. Des maquisards de Meilhan, seuls 16 ont parvenu à s’échapper, 76 ont été assassinés54.
• Saint-Sauvant : 30 SAS de l’opération Bulbasket et un pilote de l’US Air Force, prisonniers de guerre, sont fusillés par la Wehrmacht dans la forêt de Saint-Sauvant, à l’aube.
• Broualan : 4 habitants sont tués ou mortellement blessés par des miliciens55.
• Saint-Rémy-du-Plain : 8 hommes du maquis de Broualan sont torturés puis abattus à la mitraillette par des miliciens56,55.
Le 8
• Portes-lès-Valence : 32 personnes sont fusillées.
• Magnac-Laval : 19 personnes sont massacrées par des miliciens.
Le 9
• Ramonville-Saint-Agne : assassinats21.
Le 10
• Bélâbre : 46 hommes dont plusieurs maquisards de Chauvigny, sont massacrés.
• Montréjeau : meurtres le 10 juillet puis le 7 août21.
• Ploumagoar : 17 résistants sont fusillés dans le bois de Malaunay, dont l’abbé Fleury, Jean Métairie, les responsables briochins du mouvement Défense de la France. Certains d’entre eux ont été enterrés encore en vie.
Le 11
• Dompierre-sur-Mont : 22 habitants sont fusillés.
Le 12
• Plumelec : 6 parachutistes SAS français, 8 maquisards et 3 paysans sont fusillés sommairement au village de Kerihuel.
Du 12 au 22
• Massacre de Dortan : 36 habitants de Dortan et d’Oyonnax furent tués ; des habitants et des résistants torturés au château de Dortan ; des femmes violées. Le village fut totalement incendié par la Wehrmacht.
Le 14
• Marcy : le 14 juillet 1944, au cours d’un accrochage avec la brigade Jesser, trois résistants (Henri Cayet, Pierre Orluc, Auguste Stein) de la 238e compagnie FTPF trouvent la mort à Marcy et six autres sont déportés. Avant de partir, les nazis incendient le village.
• Saucats : 13 Résistants installés dans La ferme de Richemont sont encerclés et massacrés au canon par une cinquantaine de miliciens et une quarantaine d’Allemands de divers corps de Bordeaux (Douaniers, SD et Gendarmerie) appuyés par une colonne d’artillerie. Un quatorzième résistant sera fusillé au fort du Hâ . Ils avaient entre 17 et 23 ans
• L’Hermitage-Lorge : massacre de 36 résistants et otages, pendus ou fusillés par la Wehrmacht. Au total, 55 corps seront extraits du charnier de la Butte-Rouge. Les corps portaient pour la plupart des marques de torture.
Le 15
• Bourg Lastic : une colonne Jesser fait 23 fusillés, 28 déportés
• Verrières : une autre colonne Jesser assassine 3 résistants (balles dans le dos)
• Alleyrat et La Rochette situés à quelques kilomètres au nord d’Aubusson sont incendiés par le groupement Coqui.
Le 16
• Vieugy : 8 maquisards et civils sont exécutés22.
Le 20
• Vif : en représailles à une embuscade, les Allemands exécutent 11 otages.
• Cormelles-le-Royal : les six membres d’une famille ayant décidé de rentrer chez eux malgré l’ordre d’évacuation allemand sont retrouvés et fusillés par les SS57.
Le 21
• Vassieux-en-Vercors : 82 habitants dont des femmes, des enfants et des vieillards, et 120 combattants des FFI, sont massacrés et le village est détruit à 97 %.
• Seyssinet-Pariset : 10 Polonais et Français, raflés à Grenoble par la milice et la Gestapo, sont fusillés58.
Le 22
• Saint-Sozy (Souillac) : 8 résistants FFI pris en embuscade et abattus par la division SS das Reich.
Le 24
• Savigny-en-Septaine : 36 Juifs de Saint-Amand-Montrond dont 8 femmes, sont jetés, vivants ou tués par balles, dans un puits par la Gestapo.
• Puits de Guerry (Soye-en-Septaine, Cher) : premier massacre, 25 hommes réfugiés juifs d’Alsace-Lorraine, jetés un à un vivants dans un puits et écrasés sous des pierres59.
Le 25
• Saint-Germain-d’Esteuil60 : 3000 Allemands attaquent une centaine de FFI du maquis de Vigne Oudide. Une quarantaine de résistants sont tués sur place, certains, faits prisonniers, sont torturés et exécutés. Plusieurs témoignages font état d’exécutions sommaires d’habitants le lendemain dans le village de Liard par les troupes allemandes.
Le 26
• Bayons : 21 résistants et 3 adolescents sont assassinés.
Le 27
• Saint-Germain-du-Salembre : 29 maquisards et la quasi-totalité des habitants du hameau sont massacrés par les nazis.
• Grotte de la Luire : 35 blessés du maquis du Vercors sont assassinés.
• La Chapelle-en-Vercors : Le village est incendié et bombardé par l’armée allemande. Seize jeunes otages sont exécutés dans la cour d’une ferme (qui s’appelle aujourd’hui la Cour des Fusillés).
• Lyon : la Gestapo fusille 5 résistants place Bellecour.
• Chard : le village est attaqué par le groupement Coqui qui tue 6 FFI et fait 17 prisonniers qu’il fusille et achève.
• Gargilesse-Dampierre (Indre) : une compagnie de la colonne Stenger massacre 12 résistants et civils61.
Le 28
• Auterive : meurtre21.
• Rouffiac-Tolosan : meurtres21.
Le 31
• Bellegarde-Sainte-Marie : assassinats et destructions 21.
Août 1944
Fonsorbes : meurtres21.
Le 3
• Erquy : 5 otages et 6 résistants fusillés.
• Pluduno : 3 civils abattus, dont 2 femmes.
Le 4
• Le Vigeant : 12 jeunes résistants de Millac sont fusillés par des nazis et des miliciens.
• Saint-Pol-de-Léon : 25 hommes, dont le maire et un adolescent de 17 ans, sont massacrés par la Wehrmacht62.
Le 5
• Quimper : les nazis incendient un commerce de Gourvily et fusillent les membres de la famille qui tentent de s’en échapper, Jean-Louis Lejeune, 67 ans ; son épouse Anna, 64 ans ; Marie-Renée Le Quillec, épouse Lejeune, 33 ans, qui attend un enfant, et Marianne Le Jeune, épouse Le Toullec, 32 ans63.
Le 7
• Gouesnou : des hommes de la 3e brigade antiaérienne de la Kriegsmarine massacrent 42 habitants, dont des femmes et des enfants, au lieu-dit de Penguerec.
• Langon : 6 maquisards sont surpris par des soldats allemands au Port-de-Roche et fusillés64,65.
• Pleubian : 21 jeunes résistants s’étant rendus sont massacrés au sémaphore de Crec’h Maout. La veille, 4 passants avaient été abattus dans la commune voisine de Lanmodez.
• Langrolay-sur-Rance : tir d’un obus sur la foule (8 victimes civiles).
Le 8
• Guipavas : Au lieu dit Creac’h Burguy, sept hommes sont rassemblés dans le village puis abattus par des parachutistes allemands dont la division commandée par le général Ramke venait d’arriver pour défendre Brest 66.
• Puits de Guerry (Soye-en-Septaine, Cher), 2e massacre : 7 femmes, 1 jeune fille et trois hommes, réfugiés juifs d’Alsace-Lorraine, sont jetés un par un vivants dans un puits et écrasés par des pierres (soit 36 victimes avec celles du premier massacre du 24 juillet67).
Le 9
• Saint-Julien-de-Crempse : 17 civils de 18 à 80 ans, ainsi que 11 maquisards, sont massacrés par les SS.
Le 10
• Saint-Gaudens : exécutions, crimes de guerre et destructions le 10 et du 19 au 21 août21.
• Vieugy : 7 maquisards et civils sont exécutés22.
Le 11
• Forteresse du Mont-Valérien, à Paris : 93 prisonniers du camp de Royallieu sont fusillés68.
• Herran : meurtres21.
Le 12
• Longny-au-Perche : 5 otages pris au hasard dans le village sont fusillés.
• Villenouvelle : vols, incendies et meurtres le 12 et du 16 au 21 août21.
Le 13
• Tourouvre : 18 habitants sont massacrés et une cinquantaine de maisons sont détruites par des SS appartenant à une unité pas clairement identifiée. Longtemps attribué à la2e panzerdivision SS Das Reich, le massacre aurait finalement peut-être été perpétré par des membres de la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend69.
• Montlaur : vols et massacres le 13, 15, 18, 20 et 21 août commis par des éléments de la 2e panzerdivision SS Das Reich21.
Le 14
• Prémilhat : Massacre de la Carrière des Grises (42 otages de la prison de Montluçon sont fusillés)70,71.
• Grenoble : 20 maquisards du Vercors sont fusillés.
Le 15
• Longeville : les troupes allemandes tuent 6 maquisards au combat et ils achèvent et brûlent 7 autres maquisards.
• Boussens : meurtres le 15 puis le 18 août21.
• Savignac-de-Duras : 4 jeunes maquisards sauvagement torturés, assassinés puis pendus72.
• Fusillés de l’Ariane : 21 résistants, dont 3 femmes, et 2 collaborateurs sont fusillés à la mitraillette par les Allemands à Nice. Deux autres résistants avaient été fusillés au même endroit le 22 juillet.
• Fusillés de la villa Montfleury à Cannes : 8 résistants dont une femme, sont exécutés par la Gestapo.
Le 16
• L’Isle-en-Dodon : meurtre commis par des éléments de la 2e panzerdivision SS Das Reich21.
• Fusillés de la cascade du bois de Boulogne : 35 FFI et FTP, agés de 17 à 22 ans sont fusillés par les Allemands dans la nuit du 16 au 17, peu avant les combats de laLibération de Paris.
Le 17
• Sainte-Radegonde : 30 personnes sont fusillées.
• Pointis-de-Rivière : assassinat21.
• Villefranche-de-Lauragais : meurtres, incendies et vols du 17 au 21 et le 28 août21.
Le 18
• Saint-Michel-de-Livet : une famille de 7 personnes est assassinée par des SS.
• Nérondes : une douzaine d’habitants sont massacrés et plus de trente maisons brûlées.
Le 19
• Plaisance du Touch : arrestation et assassinats le 19 et le 21 août21.
• Farges (Ain) : incendie du hameau d’Asserans ; les habitants sont brutalisés et les frères Mathieu fusillés.
Le 20
• Saint-Genis-Laval : 80 à 120 prisonniers du Fort Montluc, dont des résistants et des Juifs, sont assassinés par la Sipo-SD et la Milice française73,74,75,76.
• Saint-Astier : 21 otages sont fusillés le soir, au lieu-dit les Quatre-Routes, en représailles à des combats qui ont opposé des résistants aux allemands. 3 autres personnes sont exécutées dans les environs.
• Villaudric : assassinats et vols le 20 et 21 août21 15 civils et 4 FFI sont tués, 8 personnes sont blessées77.
• Ligueil (Indre-et-Loire) : des soldats allemands fuyant vers l’est ont pris en otage à Ligueil 3 personnes membres de la Croix Rouge : Aimé Papillault, Albert Bertrend et Jean Poulin pour protéger leur fuite. Ils ont été accrochés par le maquis au lieu-dit « la Blanchardière », en bordure d’un petit bois, sur la route de Loches. Les trois otages ont été tués. Il existe une plaque commémorative sur la place de Ligueil.
• Fort de Romainville, Les Lilas : 11 personnes, dont une femme, sont exécutés9.
Le 21
• Bron : 109 Juifs sont massacrés par les nazis.
• Comblanchien : Dans la nuit du 21 au 22 août 1944, 52 maisons sont brûlées et 8 habitants sur 530 sont tués et 9 hommes déportés.
• Bouloc: meurtres21.
• Fronton : meurtre et vols21.
• Rimont : Apres un accrochage avec des maquisards, un instituteur en vacance âgé de 28 ans et 10 habitant âgés de 44 à 78 ans, sont exécutés par des troupes allemandes et le village est détruit par incendie78,79.
Le 22
• Creney-près-Troyes : 49 détenus de la maison d’arrêt de Troyes sont exécutés par la Gestapo dont plusieurs Français de la Gestapo de Rennes80.
• Vaux et Maurens (Haute-Garonne) : meurtres et vols21.
• Charmont (Val-d’Oise) : au lieu dit La Fosse rouge, les troupes allemandes en retraite fusillent 15 otages originaires des communes d’Aincourt, d’Arthies et de Charmont.
Le 23
• Méré : 4 civils sont tués à la baïonnette par des SS revenus dans le village après sa libération par les Américains81
Le 24
• Buchères : 68 civils dont 35 femmes, 10 enfants de moins de 10 ans, des bébés de 6 à 18 mois, 5 vieillards de plus de 70 ans sont assassinés par les SS et le village est incendié par deux compagnies de la 51e brigade blindée de grenadiers SS47.
Le 25
• Maillé (Indre-et-Loire) : 124 habitants, âgés de 3 mois à 89 ans, sont massacrés, et le village est incendié (entièrement détruit, il sera reconstruit quasiment à l’identique), vraisemblablement par des hommes du Feld-Erstatz-Bataillon (bataillon de réserve) de la 17e Panzer Grenadier Division SS Götz Von Berlichingen82.
• Châtillon-sur-Indre : des maquisards et des civils sont fusillés,
• Cerizay : bombardement par une colonne allemande. 5 victimes civiles et 173 maisons incendiés.
• Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne) : 11 jeunes résistants fusillés par les Allemands dans le bois de La Hotte83. Monument des fusillés de Villeneuve-Saint-Denis, CD 21. À la veille de la Libération, des Allemands en retraite massacrent 11 jeunes Français appartenant à la résistance de Tournan, qui furent surpris et capturés à la Bretèche d’Hermières dans la maison de l’un d’entre eux, le garde des Eaux et Forêts Jambois : René Allais, Pierre Bisson, Lucien Cotel, André Dupré, Michel Haby, Roger Havard, Henri Jambois, Claude Kieffer, Roger Marty, Christian Michel et Christophe Planté./>
• Chatou (Yvelines), l’affaire des 27 martyrs84, moment tragique de la Libération qui a vu le massacre de 27 civils et résistants.
Le 26
• Civray : la Wehrmacht en retraite commet des exactions85.
Plaque à la mémoire des maquisardsfusillés le 27 août 1944 à Ligueil
Praud
Le 27
• Col du Petit-Saint-Bernard : 28 hommes des villages de la Tarentaise sont fusillés par la Wehrmacht en repli vers l’Italie.
• Ligueil (Indre-et-Loire) : 3 maquisards faits prisonniers sont fusillés par l’armée allemande et, le lendemain, un autre maquisard prisonnier, son épouse et ses 3 enfants de 11 à 15 ans sont exécutés.
• La Celle-Guenand (Indre-et-Loire) : 10 victimes = 2 maquisards tués au bourg et 8 civils tués au lieu-dit Repinçay, sur la route deSaint-Flovier, par une colonne de la Wehrmacht qui avait fait halte la veille au Grand-Pressigny (sans victime).
• Chalautre-la-Petite : Un contingent de la Wehrmacht, stationné à Chalautre-la-Petite, prend 22 habitants du village en otages, en représailles de la capture de deux des leurs par une patrouille américaine. Les otages, emmenés hors du village sur la route deSourdun, sont fusillés ; treize d’entre eux meurent.
Le 29
• Massacre de la vallée de la Saulx : 86 hommes sont tués par des Allemands de la 3e division de Panzer-Grenadiers, une unité de la Wehrmacht lors de leur passage dans les villages de Couvonges, Robert-Espagne, Beurey-sur-Saulx, Mognéville dans ledépartement de la Meuse47.
• Bengy-sur-Craon : 8 personnes sont fusillées et des fermes sont incendiées.
• Saint-Cyr : 6 civils français, Michel Dubois, Désiré Berger, Roger Moine et ses trois fils Jean, Roger et Claude, sont exécutés par des soldats allemands après qu’ils ont été réquisitionnés pour dégager des troncs d’arbres couchés sur une route. Quelques jours plus tard, plusieurs auxiliaires féminines de l’armée allemande, sont fusillées en représailles, dans le cimetière du village, par des FFIou par des parachutistes SAS français86,87.
Le 30
• Tavaux-et-Pontséricourt : 20 habitants, femmes, vieillards, enfants, sont massacrés par les SS. 86 maisons sont pillées et incendiées88,89.
Le 31
• Plomion : 14 habitants de 16 à 72 ans sont fusillés par les SS.
Septembre 1944
Le 2
• Étreux : au hameau du Gard, à la suite d’une embuscade de la Résistance, les Allemands arrêtent et fusilllent 36 hommes et brûlent de nombreuses maisons90,91,92.
Le 3
• Lorgies : 14 habitants du village sont arrêtés par les Allemands et fusillés dans le bois Fréteur93,94.
Le 8
• Autun : 27 résistants sont fusillés par les Allemands, dans les jardins d’une école de la ville, rue aux Raz.
Le 16
• Ferrières (Charente-Maritime) : les Allemands, tuent 9 civils dont le maire du village, et 15 maquisards du régiment Ricco. Ils incendient 7 maisons du hameau de Chanteloup 95 96.
Les 20 et 21
• Basse-sur-le-Rupt : 86 maquisards sont fusillés par les nazis.
Le 27
• Étobon : 39 habitants sont fusillés par les SS et 27 autres sont emmenés puis, pour 9 d’entre eux, fusillés près de Belfort, et les 18 autres, déportés.

Références[modifier]
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2. ↑ Stéphane Simonnet, Atlas de la Libération de la France. Des débarquements aux villes libérées., Autrement, 2004, p. 68.
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4. ↑ Récit des atrocités des S.S. Nazis de 1940 à Beuvry [archive].
5. ↑ Le Bassin Minier durant la Seconde Guerre mondiale [archive]
6. ↑ Bref historique de Courrières [archive], consulté le 1er décembre 2012.
7. ↑ Scheck, R. (2007). Une saison noire. Les massacres de tirailleurs sénégalais. Mai-juin 1940. Paris : Tallandier. pp.56-57.
8. ↑ Le massacre de Domptail [archive]
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10. ↑ Site de l’association des fusillés de Souge [archive]
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13. ↑ [1] [archive]
14. ↑ Ouest-France, 11 décembre 2012
15. ↑ a, b, c et d Mémoire de guerre – Liste de 112 Résistants fusillés en Ille-et-Vilaine [archive]
16. ↑ Mémoire de guerre – André Rouault [archive]
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18. ↑ Ouest France – Un hommage aux fusillés brestois du Mont-Valérien – Brest [archive] Consulté le 26 novembre 2012.
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23. ↑ a, b, c, d et e Carnets de guerre en Charente par Francis Cordet
24. ↑ Guy Penaud, Les crimes de la Division « Brehmer », p. 113-134, éditions la Lauze, mars 2004, (ISBN 2-912032-65-2)
25. ↑ resistancefrancaise.blogspot.fr [archive] La Dordogne martyre de Jean Bart
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29. ↑ Crimes Hitlériens, Ascq, Le Vercors, Louis Jacob, collection Libération, Editions Mellottée (Paris), 1946
30. ↑ Jeudi Saint de Jean-Marie Borzeix
31. ↑ Jean René Canevet, La guerre 1939-1945 à Fouesnant, p.258-263 [archive]
32. ↑ Stèle des fusillés 1939-1945 [archive]
33. ↑ Plaque à la mémoire des 87 fusillés du 6 juin 1944, à la prison de Caen
34. ↑ Massacres nazis en Normandie: les fusillés de la prison de Caen par Jean Quellien, Jacques Vico [archive]
35. ↑ Cndp – Les Fusillés rémois du 6 juin 1944 [archive]
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37. ↑ Page du site des anciens combattants canadiens [archive]
38. ↑ Michel de la Torre : Aube, le guide complet de ses 430 communes; édition Deslogis-Lacoste, 1990.
39. ↑ Mémoire de guerre – Liste des 32 fusillés au Colombier le 8 juin 1944 [archive]
40. ↑ Actes du colloque organisé par la Fondation de la Résistance et la ville de Saint-Amand-Montrond, page 62 [archive]
41. ↑ cf., Bruno Kartheuser, Walter, SD à Tulle : la tragédie du 9 juin, t. 3,Les pendaisons de Tulle, Neundorf, Krautgarten, 2004, 560 p.
42. ↑ Mémorial du 9 juin 1944 [archive]
43. ↑ Peter Lieb, « Répression et massacres. L’occupant allemand face à la résistance française, 1943-1944 », in Gaël Eismann et Stefan Maertens (dir.), Occupation et répression militaires allemandes, 1939-1945, éd. Autrement, coll. « Mémoires/Histoire », Paris, 2006, p. 179
44. ↑ Guide des lieux de mémoire: champs de bataille, cimetières militaires par Dominique Auzias, Pascaline Ferlin, Jean-Paul Labourdette, page 165
45. ↑ cf. Jean-Jacques Fouché, Oradour, éd. Liana Levi, Paris, 2001, 288 p.(ISBN 2-86746-271-1 et 978-2867462719)
46. ↑ Rapport de la Commission de recherches des crimes de guerre pour Betchat [archive]
47. ↑ a, b, c et d P. Lieb, op. cit.., p. 179
48. ↑ a et b P. Lieb, op. cit.., p. 180
49. ↑ Journal Sud Ouest, édition Périgueux, du 16 juin 2009
50. ↑ Page du site de Saint-Lys [archive]
51. ↑ Pages sur le maquis des Manises [archive]
52. ↑ Guillemette Faue, « Un monument en France pou des fusillés allemands ? [archive] », Rue89, publié le 14 avril 2010, consulté le 13 octobre 2012
53. ↑ Le massacre du maquis de la forêt de Saint-Sauvant (Vienne) le 27 juin 1944 [archive]
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55. ↑ a et b Histoquiz, Cugen Sous l’Occupation Nazie [archive]
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61. ↑ Rapport du sous-préfet de La Châtre, Pierre Cerclier, 5 mars 1945, Archives Nationales F41-394 ; Jean-Paul Thibaudeau et Daniel Paquet, « La barrage d’Éguzon (1941-1944), un enjeu stratégique », ASHARESD, bulletin n° 19, 2005, p. 57-88 (ISSN 0769 3885)
62. ↑ P. Lieb, op. cit.., p. 184
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66. ↑ Créac’h Burguy, l’histoire devenue belle, article sur le site de la municipalité de Guipavas [archive]
67. ↑ 1944, La région opprimée, la région libérée, La Nouvelle République, hors série, p. 44, 2004
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73. ↑ Michel Germain, Chronique de la Haute-Savoie pendant la Deuxième Guerre mondiale tome IV, p.336-337 [archive]
74. ↑ 20 minutes – Il y a 60 ans, les martyrs de Saint-Genis [archive]
75. ↑ Internés de la prison Montluc à Lyon ; Policiers, Préfets, Agents de préfecture, Gendarmes, Douaniers, Magistrats. [archive]
76. ↑ CESEGUMO [archive]
77. ↑ Page sur « la tragédie du 20 Aout 1944 à Villaudric [archive]
78. ↑ Page sur Rimont [archive]
79. ↑ Page sur Rimont [archive]
80. ↑ 1944, le temps des massacres, de Roger Bruge
81. ↑ La Libération du canton de Montfort-l’Amaury, Le massacre des civils de Méré par les SS [archive]
82. ↑ P. Lieb, op. cit.., p. 178
83. ↑ Vengeance, histoire d’un corps franc, François Wetterwald ; La Résistance en Seine-et-Marne, René Roy, édition Presses du Village
84. ↑ http://www.mairie-chatou.fr/chatou/ch060404.asp [archive]
85. ↑ Jean-Henri Calmon, Occupation, Résistance et Libération dans la Vienne en 30 questions, Geste éditions, coll. « 30 questions », Jean-Clément Martin (dir.), La Crèche, 2000, 63 p. (ISBN 2-910919-98-6), p 54
86. ↑ http://historien-sans-frontiere.com/?page_id=513 [archive]
87. ↑ http://www.rue89.com/2010/09/03/ma-douloureuse-enquete-sur-les-allemandes-fusillees-a-saint-cyr-165195 [archive]
88. ↑ Tavaux 30-31 août 1944. Histoire d’une tragédie, d’Alain Nice
89. ↑ Page Internet Le village de Tavaux a reçu la Médaille de la Résistance [archive]
90. ↑ 2 septembre 1944 – Les martyrs du Gard d’Etreux, par Annick Morel, 1994, (ISBN 2-84126-087-9)
91. ↑ Description du monument d’Etreux [archive]
92. ↑ page Internet sur Le massacre du Gard d’Etreux [archive]
93. ↑ http://www.mairie-lorgies.fr/souvenir.htm [archive]
94. ↑ http://memoiresdepierre.pagesperso-orange.fr/alphabetnew/l/lorgies.html [archive]
95. ↑ http://milleansabouhet.pagesperso-orange.fr/html/f-3945-11.htm [archive]
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Opération Fortitude

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6 juin Le débarquement de Normandie  

Opération Fortitude

 

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’opération Fortitude (Courage en anglais) fut le nom de code collectif pour des opérations de désinformation et d’intoxication menées par les Alliés dans le but de :

  • cacher aux Allemands que le lieu du débarquement serait la Normandie, en leur faisant croire qu’il serait effectué ailleurs (Norvège ou Pas de Calais),
  • et, une fois celui-ci lancé, leur faire croire, afin de retarder l’arrivée des renforts allemands, que ce n’était qu’un débarquement de diversion, le véritable débarquement devant avoir lieu ailleurs.

Fortitude fut la pièce maîtresse d’un ensemble plus large d’opérations de dissimulation appelé opération Bodyguard qui, elles, visaient à cacher aux Allemands l’ensemble des projets de débarquement alliés en Europe, dont ceux de Méditerranée.

Ces opérations étaient planifiées et dirigées par la London Controlling Section, située à Londres et conduite par l’état-major suprême allié (Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force ou SHAEF).

Objectifs

L’imminence d’un débarquement dans le nord-ouest de l’Europe ne pouvait plus être cachée, à la vue de la concentration de troupes qui avait commencé, fin 1943. L’idée était de cacher son lieu réel, en Normandie, en confortant un certain nombre d’hypothèses émises par le haut commandement allemand :

  • au nord : en faisant croire à l’hypothèse d’un débarquement en Norvège, hypothèse soutenue par Adolf Hitler et son entourage immédiat (Fortitude Nord) ;
  • au sud : en faisant croire qu’il aurait effectivement lieu là où il paraissait le plus vraisemblable, c’est-à-dire le Pas de Calais (Fortitude Sud), car offrant la distance maritime la plus courte.

Lorsque le débarquement en Normandie aurait débuté, il fallait faire croire aux Allemands qu’il ne s’agissait que d’une diversion ou d’un débarquement secondaire le plus longtemps possible pour retenir les forces allemandes dans le Nord de la France et sur les autres points du mur de l’Atlantique et, ainsi, de permettre aux Alliés de consolider leur tête de pont jusqu’à atteindre la parité, puis, la supériorité numérique.

Moyens

L’opération reposait sur des activités majeures :

  1. Création d’unités fantômes sur le sol anglais et écossais, grâce à la mise en place de leurres et d’une activité radio intense ;
  2. Des fuites contrôlées dans les canaux diplomatiques à travers les États neutres.
  3. L’utilisation d’agents doubles destinés à envoyer des informations contrôlées par les services secrets alliés aux services secrets allemands.

Des mesures passives ont également été prises, comme le secret généralisé sur le lieu du débarquement, des mouvements de troupe de diversion, la non-information des militaires chargés des reconnaissances et leur répartition pour masquer les priorités réelles.

Actions majeures

Fortitude Sud et opération Quicksilver*

Pour faire croire à l’hypothèse d’un débarquement dans le Pas de Calais, il était important de déplacer le centre de gravité des armées alliées apparent vers le sud-est de l’Angleterre, de l’île de Wight vers le Kent. Un groupe d’armées américain fantôme, le premier groupe d’armées américain (First United-States Army Group, FUSAG) avait été créé du néant. Parfaitement structuré, avec un chef prestigieux, le général George S. Patton, un état-major, de fausses infrastructures et équipements comme des chars gonflables ou de l’artillerie en bois, jusqu’aux badges d’épaule des « ghost divisions » créées pour la circonstance, il entretenait une activité radio-électrique intense.

Fortitude Nord et opération Skye**

Pour faire croire à l’hypothèse d’un débarquement en Norvège, les Britanniques avaient concentré leur IVe armée en Écosse, essentiellement matérialisée par la 52e (Lowland) Division et dont l’activité, dans le cadre de Fortitude, était principalement radio-électrique.

Mesures passives

Pour soutenir Fortitude, un certain nombre de mesures passives de consolidation des hypothèses ont été prises, les unes spécifiques, les autres plus générales :

Mesures générales

Les mesures générales de secret et de sécurité qui entouraient Overlord, regroupées sous le nom de « Bigot », ont aussi indirectement contribué au succès de l’opération Fortitude. Parmi les plus importantes, on peut citer :

  • Les mesures de secret généralisées entourant le lieu du débarquement
  • La densité des reconnaissances aériennes et maritimes également réparties le long de la côte pour que l’ennemi ne puisse pas voir, à travers les objectifs choisis, où se trouvaient les priorités géographiques des Alliés.
  • La non-information des pilotes et des navigateurs quant à l’objectif et au but exact de leur reconnaissance;
  • La répartition globale des bombardements sur la France du Nord, notamment des voies de communication, sans aucune priorité visible autre que le Pas-de-Calais.
  • Des mouvements de troupes sur le sol britannique visant à faire croire, à d’éventuels espions non détectés, à l’hypothèse Quicksilver.

Mesures spécifiques

Agents doubles

Les Allemands disposaient d’environ 50 agents secrets en Grande-Bretagne. La plupart avaient été localisés, arrêtés puis retournés par le service de contre espionnage du MI-5. La teneur des messages qu’ils envoyaient à leurs officiers-traitants en Allemagne était composée par les services secrets britanniques qui créaient ainsi l’image opérationnelle qu’ils souhaitaient présenter aux Allemands.

Les trois agents doubles les plus importants furent :

  • Joan Pujol Garcia (alias Garbo), un espagnol.
  • Roman Czerniawski (alias Brutus), un officier polonais.
  • Duško Popov (alias Tricycle), un avocat serbe.

Fuites d’origine diplomatique

Pour appuyer la véracité de l’opération Skye, les diplomates Britanniques ont engagé des négociations avec les Suédois pour obtenir certaines autorisations, dont le droit, pour les reconnaissances aériennes, de survoler leur territoire, ainsi que de permettre aux avions qui se poseraient en urgence d’être ravitaillés par eux.

Bombardements intensifs des zones du débarquement présumé[modifier]

Pour faire croire à l’imminence du débarquement dans le Pas-de-Calais, les bombardements ont été intensifiés sur certaines parties de la zone présumée. C’est ainsi que les villages du Portel et d’Equihen-Plage ont été complètement détruits (destruction à environ 99 % et 95 %), avec environ 600 civils tués sur la seule commune du Portel. En juin 1944, les bombardements alliés sont très importants, une centaine de bombes tombent notamment sur la station balnéaire du Touquet-Paris-Plage, dont la plage avait été densément fortifiée.

Echelonnement des lieux de stationnement des troupes de la première vague[modifier]

Une grande partie des troupes américaines de la première vague se trouvait cantonnées dans la partie centrale et nord-est de l’Angleterre. Ce positionnement avait de multiples avantages, notamment logistiques. Au plan du renseignement, cela pouvait faire croire qu’elles étaient les troupes de la deuxième vague derrière le premier groupe d’armées factice FUSAG, et les troupes britanniques et canadiennes bien réelles renforçant ainsi la crédibilité de l’opération Quicksilver.

Mesures périphériques autour de la flotte de débarquement

  • Dans la journée et la nuit du 5 juin 1944, les bombardements sont brutalement intensifiés sur la côte d’Opale et à l’intérieur des terres.
  • Dans la nuit du 5 au 6 juin, une flottille de navires, avec d’intenses communications radio et hautement visibles sur les radars allemands, se porte vers Dieppe.
  • Dans la nuit du 5 au 6 juin, les avions et les planeurs des parachutistes alliés se dirigent vers Dieppe avant de faire un large virage sur la Manche et d’aborder les zones de saut par l’est. Simultanément, de faux parachutistes sont largués :
    • au nord de l’estuaire de la Seine pour faire croire qu’ils y ont effectivement sauté
    • sur la région du Mont-Saint-Michel, pour faire croire que les largages principaux dans la région de Sainte-Mère-Église et sur l’estuaire de l’Orne ne sont que la partie minime d’une attaque aéroportée de bien plus grande ampleur.

Conséquences de l’opération Fortitude

Les Alliés pouvaient juger facilement l’efficacité de ces stratagèmes. Comme Ultra avait révélé le codage de la machine Enigma assez tôt, les Alliés pouvaient déchiffrer les réponses du haut commandement allemand à leurs actions.

Il est à peu près certain que les Allemands ont cru au débarquement dans le Pas-de-Calais jusqu’au redéploiement de la XVe armée allemande face aux Alliés en août 1944. Il est fort probable qu’ils n’aient définitivement renoncé à l’hypothèse qu’en septembre.

En tout état de cause, l’opération fut décisive pour le succès du plan allié, car elle a forcé les Allemands à garder une masse de troupes concentrées dans le Pas-de-Calais en réserve, en attente d’une attaque jugée par eux probable, permettant ainsi aux Alliés de maintenir, puis consolider, leurs positions en Normandie. Elle n’a toutefois pas permis une offensive décisive des Britanniques le long de la côte vers l’est comme le prévoyait Montgomery et a obligé les Américains à percer vers le sud, avant de reprendre la direction de l’Allemagne.

 

 

*Opération Quicksilver

L’ opération Quicksilver s’inscrit dans l’opération Fortitude de faux débarquements, qui fait partie de la stratégie globale de diversion appelée opération Bodyguard.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés organisèrent une vaste opération de désinformation de l’armée allemande. Pour ce faire, une armée fantôme fut créée, dirigée par le général Patton et les ondes furent envahies de fausses communications radios.

La FUSAG pour First United States Army Group (Premier groupe de l’armée américaine) créé en 1943 devient entièrement imaginaire lors de sa transformation en tant que 12e Groupe d’armées des États-Unis sauf son chef, le général George Patton, reconnu pour ses qualités en matière de blindés.

Cela avait pour but de faire croire à l’existence de deux groupes d’armées pouvant débarquer en Europe dans des opérations différentes.

 

**Opération Skye

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés organisèrent un vaste plan d’intoxication de l’armée allemande en fausses informations. Afin de dissimuler le véritable lieu du débarquement, ils lancèrent l’opération Fortitude, elle-même divisée en deux parties Fortitude Sud avec l’opération Quicksilver et Fortitude Nord avec l’opération Skye.

L’opération Fortitude Nord menée par les Britanniques devait faire croire à l’existence d’une British Fourth Army qui se préparait à débarquer en Norvège. Un faux état-major de cette armée était simulé au château d’Édimbourg. L’opération Skye est la principale composante de Fortitude Nord, avec la simulation d’un faux trafic radio. Des opérateurs se passèrent des messages entre eux, comme pourraient le faire les différentes unités d’une armée, espérant que les systèmes d’écoute allemands les intercepteraient.

Skye I était l’état-major de la 4e armée, Skye II un II Corps britannique fantôme, Skye III le XV Corps de génie américain stationné en Irlande du Nord (réel lui, mais avec des fausses unités additionnelles pour faire croire à de futurs combats), Skye IV était un VII Corps britannique fantôme. Le gouvernement britannique obtint aussi le soutien des médias qui communiquèrent de fausses informations comme des résultats de match de football entre les différentes unités ou l’annonce de faux mariages d’hommes des unités, comme cela se faisait en Grande-Bretagne.

Skye commença le 22 mars 1944 et fut pleinement opérationnelle vers le 6 avril.

L’armée allemande maintint 17 divisions en Norvège et au Danemark, autant de divisions en moins sur le théâtre de Normandie. Mais dans son livre, sur base de ses comptes-rendus des opérations de désinformation alliées liées au débarquement, Roger Hesketh conclut « Aucune preuve n’a jamais pu être trouvée montrant que cette désinformation radio ou les tromperies visuelles contribuèrent de quelque manière à Fortitude Nord1». On pense maintenant que les Allemands ne suivaient pas le trafic radio simulé

 

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  

6 juin Le débarquement de Normandie  

28 mars 2013

L’opération Tidal Wave

Classé sous — milguerres @ 21 h 05 min

 

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

L’opération Tidal Wave

L’opération Tidal Wave wave

L’opération Tidal Wave (en français : raz-de-marée) est un bombardement stratégique de grande envergure effectué depuis Benghazi en Libye par l’USAAF, le 1er août 1943, contre le complexe pétrolier roumain de Ploesti, lequel était la principale source de carburant pour les forces allemandes, dans le cadre de la campagne de bombardements stratégiques alliés contre les ressources pétrolières de l’Axe. Cette opération, deuxième incursion d’envergure de l’USAAF sur l’Europe, se traduisit par de lourdes pertes, malgré un certain succès dans les objectifs. Elle mit en évidence pour les Allemands certaines faiblesses dans leurs défenses et préfigure les combats d’envergure qui suivront sur la Roumanie l’année suivante, lorsque la 15th Air Force entamera une campagne de bombardements stratégiques qu’elle mènera à terme. Bien que taxée d’échec – à cause de ses lourdes pertes – cette mission demeure exceptionnelle sur bien des points, d’autant plus que certains mystères subsistent encore au début du xxie siècle.

File:Ploiesti 1943 bombardament.jpg

Ploesti sous les bombes

 

L’approvisionnement en pétrole, comme lors de la Première Guerre mondiale, est un des points faibles de l’Allemagne1. La guerre à l’Ouest la prive de ses sources habituelles (États-Unis et Indes occidentales néerlandaises). La production des États-Unis représentent alors 61 % de la production mondiale1. Le seul gisement important permettant alors de soutenir l’effort de guerre allemand et a portée du Reich sont les champs pétrolifères roumains1. Dès 1938, l’Allemagne va s’employer à évincer Français et Britanniques et à placer l’économie roumaine et ses ressources sous la tutelle du Reich1.

À l’issue de la Première Guerre mondiale et après le partage de l’Europe, la Roumanie voit sa population et son territoire doubler, en partie aux dépens de la Russie. La monarchie, assez totalitaire, s’efforce de contrôler, y compris par la force, les diverses formations politiques, mais ne peut imposer son autorité ni aux communistes, ni au parti de l’extrême droite, la future Garde de fer dirigée par Corneliu Codreanu, homme charismatique à l’idéologie proche de celle du parti nazi. Face à la montée en puissance de ce dernier parti, le roi Carol II fait exécuter Codreanu le 29 novembre 1938. Devant pareil excès de la part du pouvoir royal, la population se retourne contre Carol II d’autant plus que sa faiblesse est clairement mise en évidence lors de l’annexion par l’URSS de la Bessarabie et de la Bukovine, le 28 juin 1940. Devant le mécontentement général à son égard, Carol II abdique en faveur de son fils Mihail et quitte le pays, tandis que le pouvoir est remis entre les mains du général Ion Antonescu.

Entre temps, profitant des faiblesses du pouvoir et du soutien du parti nazi, la Garde de fer fomente un coup d’État. Très vite, après avoir rencontré Ion Antonescu, Adolf Hitler fait volte-face et décide finalement de soutenir cet « homme fort », bien que ce dernier ne soit pas, contrairement à ce que certains ont pu affirmer, un partisan de l’idéologie d’extrême droite nazie. Malgré ses convictions, cet homme se doute bien vite qu’il lui faudra sous peu combattre, que ce soit contre la Garde de fer ou contre l’URSS pour récupérer les territoires annexés par les Rouges. C’est ainsi qu’il accepte le soutien d’Adolf Hitler pour rééquiper de matériel moderne l’armée roumaine, en échange de livraisons de carburant vers le Reich. Les premières troupes allemandes débarquent, d’abord composées d’instructeurs puis, après l’entrée en guerre de la Roumanie lors de Barbarossa, de soldats, notamment des servants de flak et des aviateurs de la Luftwaffe. Peu après l’arrivée allemande, la Garde de fer se soulève et se fait massacrer, entre le 21 et le 23 janvier 1941.

L’approvisionnement en carburant du Reich va alors dépendre essentiellement de la Roumanie (suite à la guerre contre l’URSS, 98,6 % des importations allemandes en carburants proviendront de Roumanie)2

 

File:Ploesti Columbia Aquila Refinery LOC fsa 8e01665u.jpg

La raffinerie Columbia Aquila à Ploieşti après le bombardement.

Ploiesti et ses défenses

Le principal complexe pétrolifère se trouve dans la région de Ploesti, érigé à grand frais à l’aide de capitaux étrangers, notamment américains, néerlandais, français et italiens. Quarante-deux raffineries, rassemblées en huit grands complexes, furent ainsi bâties autour de la ville de Ploesti.

Voyant que son pays est faible, le premier ministre Ion Antonescu demande une aide militaire à Adolf Hitler dès sa prise de pouvoir3. L’objectif principal de cette demande d’aide militaire est de moderniser l’armée roumaine. La Roumanie conserve donc son indépendance par rapport au IIIe Reich et n’est donc pas en guerre contre les Alliés. Conscient que cette région est le talon d’Achille de la logistique allemande, Adolf Hitler décide de renforcer au plus vite ses défenses. Le 10 octobre 1940, les premiers militaires allemands arrivent en Roumanie4 sous le couvert d’une assistance militaire. Cette assistance militaire prend le nom de Deutsche Luftwaffe Mission in Rumänien (DLM) et est dirigée par leGénéral Wilhelm Speidel (de)56 et par le Colonel Alfred Gerstenberg (de) attaché de l’air à l’ambassade d’Allemagne en Roumanie7.

Il fallut attendre une première série d’attaques (3 bombardements avec des légers dégâts) sur Ploesti de la part des Soviétiques suite à l’entrée en guerre de l’Allemagne contre l’URSS pour que les premiers renforts arrivent8. Une seconde vague de renforts arriva suite au bombardement américain du 12 juin 1942 lors du projet Halverson n°63 (HALPRO). Cette mission était destinée à l’origine à un bombardement du Japon en décollant de Chine mais suite à la prise de la piste de départ, le général Hap Arnold ordonna le bombardement des raffineries de Ploesti, la toute première attaque américaine sur le sol européen. Entre-temps, la DLM n’ayant plus lieu d’être fût dissoute (janvier 1942) et leGénéral Wilhelm Speidel fût réaffecté. Le Général Alfred Gerstenberg repris le commandement non pas sous la forme d’une assistance militaire mais devient le Commandant en chef de l’aviation militaire allemande en Roumanie (Kommandierender General und Befehlshaber der Deutschen Luftwaffe in Rumänien)9 du 15 février 1942 au 27 août 1944. Installé à son poste, il prit comme mesure de renforcer les défenses du site de Ploesti en hommes et en matériels ainsi qu’en effectuant des manœuvres car au début de la guerre, la Roumanie était une zone très calme pour les soldats.

Les défenses de Ploesti sont constituées de :

  • La Flak qui est très vite renforcée, constituant deux lignes de défense, l’une à 3 km des raffineries, l’autre à 15 km. Un commandement unique pour la DCA du secteur pétrolier de Ploesti est créé et dirigée par le Général Julius Kuderna de la 5. Flak-Division. Du faite de la création d’un commandement unique, le Général Julius Kuderna a sous ses ordres la 5. Flak-Division mais aussi les unités roumaines de lutte antiaérienne. Les canons allemands à eux seuls formaient 42 batteries (5 de 20 mm et 37 mm, 32 de 88 mmet 5 de 105/128 mm). L’Axe disposait aussi de deux trains couverts de flak. Les canons roumains étaient aussi nombreux (40 batteries). Une autre source mentionne le nombre de 237 canons de tous calibres10. Ce dispositif était complété par 58 ballons avec une charge explosive et près de 1 000 projecteurs de fumée et l’ensemble était guidé par 16 stations radar de type « Freya » et « Würzburg »11.
  • L’aviation se composait du I. Gruppe de la Jagdgeschwader 4 allemande (sur Bf 109) dont 1 escadrille est roumaine ayant 2 désignations officielles, 1 allemande (IV./JG 4) et 1 roumaine (Escadrila 53 Vânătoare)12, du IV. Gruppe de la Nachtjagdgeschwader 6 (sur Bf 110) dont 1 escadrille est roumaine ayant 2 désignations officielles, 1 allemande (12./NJG 6) et 1 roumaine (Escadrila 51 Vânătoare de Noapte) et d’au moins 5 escadrilles roumaines (45, 52, 59, 61 et 62 Escadrila Vânătoare) équipées d’IAR-80, avion relativement moderne qui fera ses preuves lors de ce combat.
  • Afin de préserver au maximum les raffineries en cas de bombardement et d’éviter la propagation du feu, des murs et 500 pompiers allemands sont placés à Ploesti13.

L’opération : causes et préparations

Les succès de la stratégie anglo-américaine de 1942 (le débarquement en Afrique du Nord et les victoires dans les 2 batailles d’El-Alamein) ont amené les Alliés à réfléchir sur la conduite des futures opérations 14. Une conférence fût organisée avec les Alliés (États-Unis, Royaume-Uni, Comité national français et Union soviétique mais celle-ci déclina l’invitation) afin de définir en commun la poursuite de la guerre. Cette conférence, plus connue sous le nom de conférence de Casablanca, se passa au Maroc en janvier 1943 en présence de Roosevelt, de Churchill et pour le Comité national français, du Général de Gaulle et du Général Giraud. Les Anglais, malgré leur réticence à ouvrir un second front, souhaitaient, si un débarquement s’avérait nécessaire, l’opérer dans les Balkans pour occuper un maximum de pays « au nez et à la barbe de Staline»15. Les Américains, quant à eux, étaient farouchement opposés à débarquer dans les Balkans et souhaitaient débarquer en Europe occidentale.

Il incombait aux Anglais et Américains de mener cette opération sans trop traîner, ne serait-ce que pour assister indirectement l’Armée rouge, durement engagée dans de sanglants combats sur son territoire.

 

Un compromis fut donc choisi : débarquer « entre les deux » en Sicile et puis en Italie. L’idée d’un bombardement de grande ampleur sur le pétrole roumain naquit à cette occasion. L’intérêt d’une telle mission était de couper l’approvisionnement de carburant de l’Allemagne à sa source permettant de causer de graves difficultés à l’ensemble de ses armées, que ce soit l’aviation ou la Wehrmacht encore toute puissante à l’époque, malgré ses revers en URSS.

Pour cette opération, pas moins de 5 groupes de bombardement furent désignés, soit en tout près de 200 avions (bombardiers lourds Consolidated B-24 Liberator). La mission allait être effectuée par la 9th Air Force présente dans le désert libyen, renforcé à l’occasion par une partie de la 8th Air Force, basée jusqu’alors en Grande-Bretagne.

Pour « motiver » les équipages participant à cette attaque, on prétendra que ce seul raid suffirait pour « réduire la guerre de 6 mois »16. Si cette affirmation est surfaite, il ne fait aucun doute que la pénurie de carburant se ferait cruellement sentir, au moins pendant un temps, sur toute l’Allemagne nazie.

Cette mission fut préparée ensuite dans le plus grand secret, les équipages multipliant les exercices sur des reproductions des objectifs improvisées dans le désert. La mission, nom de code Tidal Wave, allait être exceptionnelle, tant par sa durée, onze heures, soit la limite de l’autonomie des bombardiers, que par ses objectifs, d’importance vitale. De plus, pour éviter la détection, les appareils devraient voler en rase-motte (pratiquement une première pour un bombardement stratégique) au-dessus d’une zone fortement défendue comme on l’a vu ci-dessus.

Unités17

  • 9th USAAF
    • 47 B-24 du 98th Bombardment Group (Heavy) (Pyramiders), Col. John R. Kane°
    • 29 B-24 du 376th Bombardment Group (Heavy) (Liberandos), Col. Keith K. Compton°°
  • 8th USAAF
    • 37 B-24 du 44th Bombardment Group (Heavy) (Flying Eight Balls), Col. Leon W. Johnson°
    • 39 B-24 du 93rd Bombardment Group (Heavy) (Ted’s Timberlake’s Travelling Circus), Lt.Col. Addison E. Baker°✝, Maj. John L. Jerstad°✝
    • 26 B-24 du 389th Bombardment Group (Heavy) (Sky Scorpions), Col. Jack W. Wood°°, 2nd Lt. Lloyd Herbert Hughes°✝
°Récipiendaire de la Medal of Honor
°°Récipiendaire de la Distinguished Service Cross
✝Mort au combat

Objectifs18

Répartition des objectifs
Objectif Ville Raffinerie Unité Aérodrome de départ (Libye)
White I Ploiesti Româno-Americană 376th Bombardment Group (Heavy) (Liberandos) Berka II
White II Ploiesti Concordia Vega 93rd Bombardment Group (Heavy) (Ted’s Timberlake’s Travelling Circus) Section A Terria
White III Ploiesti Standard Petrol et Unirea Speranţa 93rd Bombardment Group (Heavy) (Ted’s Timberlake’s Travelling Circus) Section B Terria
White IV Ploiesti Astra Română et Unirea Orion 98th Bombardment Group (Heavy) (Pyramiders) Lete
White V Ploiesti Columbia Aquila 44th Bombardment Group (Heavy) (Flying Eight Balls) Section A Benina
Blue Brazi Creditul Minier 44th Bombardment Group (Heavy) (Flying Eight Balls) Section B Benina
Red Câmpina Steaua Română 389th Bombardment Group (Heavy) (Sky Scorpions) Berka IV
Ce dimanche 1er août 1943, par une chaleur écrasante, les équipages américains s’apprêtent pour leur mission. Les mécaniciens surent mettre en état 178 machines, chargées chacune de 12 000 litres de carburant et de deux tonnes de bombes. Bien vite cependant, tout ne se déroule pas comme prévu : un appareil s’écrase au décollage, un autre peu après sur la mer et 12 (ou 13 selon les sources[précision nécessaire]) doivent faire demi-tour prématurément suite à divers problèmes. Lorsque les 165 avions restants arrivent sur les Balkans, ils sont interceptés par deux escadrilles de l’aviation bulgare qui ne peuvent cependant les atteindre. Les nuages sur les montagnes vont alors scinder la formation, deux groupes (376th et 93rd) passant au-dessus, les trois autres continuant à l’altitude prévue.

Lors de l’arrivée en Roumanie se produit alors un événement qui alimente encore la polémique aujourd’hui. En effet, la formation de tête, guidée par le 376e groupe, censée attaquer la raffinerie construite à partir de l’argent américain, vire trop tôt, entraînant à sa suite deux autres groupes.

L’avion de tête semble s’être trompé, les autres s’en rendant compte rapidement, comme le prouvent les rapports officiels des équipages, mais suivant malgré tout leur chef. Les responsables américains furent longtemps « ennuyés » par ce « détail » et la propagande allemande se saisit bien vite de l’affaire.

L’opération se poursuit donc dans la plus grande confusion, les appareils de trois groupes ne trouvant plus leurs objectifs assignés. Si le complexe de Ploesti est évidemment atteint par tous, les bombes tombent un peu au hasard. La défense semble se réveiller à ce moment mais souffre d’un grave problème : en ce dimanche, seule les équipes de gardes sont présentes, que ce soit au niveau de la flak ou de l’aviation. De plus, 250 des 750 projecteurs de fumées sont en maintenance, de même qu’une quinzaine de ballons (sur 58). Cependant, toutes incomplètes qu’elles furent, les défenses prirent leur tribut. Les IAR-80 de garde furent vite épaulés par des Bf 109 et même par des Bf 110 de chasse de nuit, rajoutant à la furie des combats.

À ce moment surviennent les deux groupes de bombardiers ayant, on s’en souvient, survolé les nuages et qui eux n’auront pas commis l’erreur de navigation de leurs homologues. Leur arrivée rajoute encore à la confusion et bien peu d’avions bombarderont leurs cibles pré-désignées. Une fois leur mission accomplie, les appareils n’en sont pas quittes pour autant : nombre ont été endommagés, par la DCA ou les chasseurs, cela même alors que ces derniers sont toujours bien présents.

Le vol de retour sera bien long, « agrémenté » par quelques rencontres : d’abord les avions bulgares, des Avia périmés, mais cette fois bien placés pour une rapide interception qui semble causer une perte dans les rangs américains. Ensuite, c’est au tour de la 610e escadrille bulgare, équipée elle de modernes Bf 109 G-6, et qui causera 2 pertes. Enfin, alors que les B-24pénètrent l’espace aérien grec, ils sont pris à partie par le IV/JG27, perdant 4 des leurs.

Bilan

Les sorts des avions américains seront divers : certains regagneront l’Afrique (88, dont seulement 33 en bon état), d’autre la Sicile, Chypre ou Malte (23 en tout). 8 autres seront internés en Turquie (neutre). De même, 36 avions furent détruits sur la Roumanie, 8 s’écrasèrent en Bulgarie (6 étant abattus par la chasse locale) et deux furent perdus sur accident à l’aller. Soit 45 pertes en combat, 58 toutes causes confondues, c’est-à-dire 32,5 % des effectifs engagés. Ou encore 302 tués parmi les équipages et 132 prisonniers, plus 75 internés. Un très lourd bilan donc pour les Américains, comme le rappellent les cinq Medal of Honor distribuées au cours de cette mission (le plus grand nombre à ce jour) qui vit le plus gros taux de perte de l’USAAF.

Contrairement à ce qui fut dit, les défenses de Ploesti n’étaient pas si imparables. Rappelons que :

  • ce dimanche, peu de personnel était à son poste ;
  • le barrage de ballons n’était complet qu’aux trois-quarts, causant malgré cela 4 pertes ;
  • la DCA manquait d’expérience lors de cette première bataille pour elle, causant quand même 20 pertes ;
  • les chasseurs furent peu nombreux19, à peine une trentaine sur la Roumanie, causant environ 10 pertes.

Le bilan aurait pu être bien plus lourd. Mais cette bataille fut une dure « épreuve », excessivement longue pour les équipages américains. Le caractère de cette mission fut exceptionnel.

Pour les forces de l’Axe, le bilan est lui aussi élevé : 7 avions détruits et 10 endommagés, en comptant les appareils bulgares et ceux basés en Grèce. Enfin, concernant les objectifs de la mission : deux raffineries ont été intégralement détruites, trois autres étant gravement endommagées. 78 victimes seront à déplorer en Roumanie, notamment dans l’incendie d’un pénitencier pour femmes touché par la carcasse d’un B-24 abattu. Si l’on considère les nombreuses difficultés posées par la mission, on peut bel et bien parler de succès américain même s’il fut cher payé. D’un côté comme de l’autre, cette mission apporta également de nombreuses leçons. Les Alliés allaient s’en souvenir lors de leur campagne de bombardement dans le même secteur l’année suivante tandis que les Allemands renforceront les défenses et mirent sur pieds des équipes de travailleurs chargés de reconstruire rapidement les installations détruites. De plus, de nombreux murs seront bâtis entre ces mêmes installations, pour limiter l’effet de souffle des bombes.

Enfin, les Allemands avaient la preuve que ce qu’ils redoutaient depuis longue date pouvait se produire et que leur approvisionnement était vulnérable. Adolf Hitler avait engagé ses forces dans les opérations Marita et Merkur dans le but de protéger les champs roumains contre toute action des Alliés.

 

File:B-24D's fly over Polesti during World War II.jpg

Les B-24 de la 15th USAAF au-dessus de Ploieşti.

Bombardement du 1er août 1943
Objectif Unité assignée Unité qui bombarda Résultat
White I: Româno-Americană 376th Bombardment Group (Heavy) (Liberandos) / /
White II: Concordia Vega 93rd Bombardment Group (Heavy) (Ted’s Timberlake’s Travelling Circus) Section A 376th Bombardment Group (Heavy) (Liberandos) 40 % de la capacité de raffinage détruite.
White III: Standard Petrol et Unirea Speranţa 93rd Bombardment Group (Heavy) (Ted’s Timberlake’s Travelling Circus) Section B / /
White IV: Astra Română 98th Bombardment Group (Heavy) (Pyramiders) 93rd Bombardment Group (Heavy) (Ted’s Timberlake’s Travelling Circus) Section B et 98th Bombardment Group (Heavy) (Pyramiders) Destruction à 50 % de la raffinerie.
White V: Columbia Aquila 44th Bombardment Group (Heavy) (Flying Eight Balls) Section A 93rd Bombardment Group (Heavy) (Ted’s Timberlake’s Travelling Circus) Section A et 44th Bombardment Group (Heavy) (Flying Eight Balls) Section A Interruption de production pendant 11 mois.
Blue: Creditul Minier 44th Bombardment Group (Heavy) (Flying Eight Balls) Section B 44th Bombardment Group (Heavy) (Flying Eight Balls) Section B Interruption totale de production pendant le reste du conflit.
Red: Steaua Română 389th Bombardment Group (Heavy) (Sky Scorpions) 389th Bombardment Group (Heavy) (Sky Scorpions) Destruction totale, reprise de la production 6 ans plus tard.

Polémique

Sur l’incident de navigation dont furent victimes les trois premiers groupes arrivés en Roumanie, il a longtemps été affirmé (et certaines sources le prétendent encore aujourd’hui[précision nécessaire]) qu’il a été dû à la perte d’un appareil sur la Méditerranée à l’aller. Selon certains[précision nécessaire], cet appareil était le leader de la formation et emportait deux experts en navigation et bombardement nécessaires au bon déroulement de la mission.

Cette version fut sans doute inventée pour se justifier du fiasco partiel de l’attaque[réf. nécessaire]. D’après l’analyse rigoureuse de Michael Hill qui a longuement étudié ce point gênant, ledit appareil comportait son équipage normal de dix hommes et ne menait pas son groupe bien qu’il fût dans la formation de tête.

Le nouveau leader, manquant d’expérience (alors que piloté par le colonel Compton) aurait alors viré vers l’est un peu trop tôt, suivant une voie ferrée menant à Bucarest. L’erreur est dure à accepter. Sur sa nouvelle route, la formation suivait un cours d’eau, point de repère clairement visible qu’elle n’était nullement censée suivre. De plus, tous les auteurs mentionnent que très vite, dans la majorité des avions, on se rendit compte de la méprise. Ainsi, l’un des appareils quittera la formation pour continuer sur la bonne route (il sera d’ailleurs abattu).

Des cinq groupes, deux continuèrent sur cette voie erronée, un se rendit compte immédiatement de la méprise et changea de cap et les deux derniers arrivés plus tard ne firent pas la même erreur. Alors que l’objectif du premier groupe était le complexe de raffinerie érigé sur base de capitaux américains.

Selon Michael Hill « ce virage fut la suite d’un ordre et, partant, il y avait une raison derrière cette décision ». Le groupe responsable de l’erreur (376th Bombardment Group (Heavy) (Liberandos)), n’a à ce jour pas publié son historique qui permettrait de répondre à certaines questions gênantes concernant cette affaire.

  1. ↑ abc et d  »Les Alliés, maitre du jeu pétrolier », article de Jean Lopez, Guerres & Histoire n° 9, octobre 2012, page 38 à 43.
  2.   »Aero Journal Hors-Série » n°4 (Christian-Jacques Ehrengardt), Novembre-Décembre 2009, édition Caraktère SARL. page 5
  3.  James Dugan et Carrol Stewart, Opération Raz de Marée sur les pétroles de Ploesti, J’ai lu, coll. leur aventure, no A84/85, Paris, 1964. page 38
  4.   »Batailles aériennes » n°25 (Cristian Craciunoiu), Juillet-Août-Septembre 2003, édition Lela Presse. page 9
  5.   »Batailles aériennes » n°25 (Cristian Craciunoiu), Juillet-Août-Septembre 2003, édition Lela Presse. page 10
  6.  L’auteur du n°25 du trimestriel Bataille aériennes a confondu le général Wilhelm Speidel avec le général Hans Speidel. En effet, le général Hans Speidel était un général de la Heer et se trouvait en poste à Paris pendant cette période.
  7.  James Dugan et Carrol Stewart, Opération Raz de Marée sur les pétroles de Ploesti, J’ai lu, coll. leur aventure, no A84/85, Paris, 1964. page 38
  8.  James Dugan et Carrol Stewart, Opération Raz de Marée sur les pétroles de Ploesti, J’ai lu, coll. leur aventure, no A84/85, Paris, 1964. page 42
  9.   »Batailles aériennes » n°25 (Cristian Craciunoiu), juillet-août-septembre 2003, édition Lela Presse. page 18
  10.   »Aero Journal Hors-Série » n°4 (Christian-Jacques Ehrengardt), Novembre-Décembre 2009, édition Caraktère SARL. page 10
  11.   »Batailles aériennes » n°25 (Cristian Craciunoiu), Juillet-Août-Septembre 2003, édition Lela Presse. page 29
  12.  Cette désignation signifie 53ème escadrille de chasse
  13.  James Dugan et Carrol Stewart, Opération Raz de Marée sur les pétroles de Ploesti, J’ai lu, coll. leur aventure, no A84/85, Paris, 1964. page 52
  14.  Lieutenant-colonel Eddy Bauer et Colonel Rémy, La Seconde Guerre mondiale: Les Conférences, Editions Christophe Colomb, Glarus, 1985. page 9
  15.   »Batailles aériennes » n°25 (Cristian Craciunoiu), Juillet-Août-Septembre 2003, édition Lela Presse. page 25
  16.   »Batailles aériennes » n°25 (Cristian Craciunoiu), Juillet-Août-Septembre 2003, édition Lela Presse. page 25
  17.  James Dugan et Carrol Stewart, Opération Raz de Marée sur les pétroles de Ploesti, J’ai lu, coll. leur aventure, no A84/85, Paris, 1964. page 76 et 125
  18.  James Dugan et Carrol Stewart, Opération Raz de Marée sur les pétroles de Ploesti, J’ai lu, coll. leur aventure, no A84/85, Paris, 1964. page 65 et 66
  19.  Bien que certains auteurs parlèrent de 125 chasseurs, chiffre autrement fantaisiste
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http://www.checksix-fr.com/bibliotheque/index.php?page=detail&ID=5992

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