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1 mars 2013

Lettres de Malgré-Nous

Classé sous — milguerres @ 22 h 54 min

 

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 27 novembre Annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne nazie 

Lettres de Malgré-Nous fleche-boule10

Lettres de Malgré-Nous

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Cet ouvrage est exemplaire et constitue une véritable « première ». 

C’est en effet la première fois qu’un recueil de lettres écrites par des incorporés de force Alsaciens-Mosellans durant la Seconde Guerre mondiale est édité. Ceux qui avaient vécu la Première Guerre mondiale durent, vingt ans seulement après l’Armistice, en affronter une seconde. Ces Alsaciens et Lorrains connurent l’exode, l’annexion de fait et l’incorporation de force dans la Wehrmarcht… Dépossédés de leur nationalité, contraints de porter un uniforme qui n’était pas le leur, ils durent combattre sur les fronts de l’Est, loin de la France, leur seule Patrie.
Les nombreuses lettres et photographies publiées constituent un témoignage irremplaçable sur cette époque tragique. De nombreuses familles alsaciennes et mosellanes ont confié ces documents provenant de leurs grand-père, père, époux, frère ou oncle, afin de conserver la mémoire de ces Malgré-Nous.
Un collectif d’historiens a apporté son expertise dans le choix des lettres éditées et surtout dans la mise en perspective historique de ces récits parfois dramatiques mais toujours émouvants. Elle aide à mieux comprendre le drame intérieur vécu par les incorporés de force, le mutisme dans lequel la plupart se sont enfermés sur ce sujet durant les années qui ont suivi leur retour, face à l’incompréhension dont ils se sentaient l’objet.
L’ouvrage évoque enfin le fonctionnement de la Feldpost, la poste militaire allemande, outil au moins aussi indispensable au moral des troupes que l’alimentation.
En ce 70ème anniversaire du décret d’août 1942 qui officialisait l’incorporation de force des Alsaciens-Mosellans, ce livre est un hommage à tous ces jeunes hommes et femmes qui ont dû subir la dure loi de l’incorporation de force parfois au prix de leur vie et dans la peine de ceux qui les chérissaient. Il constitue une stèle pour ceux qui ne sont pas revenus et permettra aux générations à venir de ne pas oublier.

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http://histoirepatrimoinebleurvillois.hautetfort.com/tag/alsace 

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Les « Malgré-nous »

Le terme de « Malgré-nous » désigne les Alsaciens, les Lorrains et les Luxembourgeois qui furent enrôlés de force dans la Wehrmacht, à partir de 1942 et qu’on envoya surtout sur le front russe (environ 160 000 hommes). Si les engagements volontaires dans la Wehrmacht et la Waffen SS furent rares, le service militaire obligatoire intervint dès août 1942 à la demande du général Keitel. La plupart furent affectés dans la Wehrmacht et partirent sur le front russe tandis que 2 000 hommes furent incorporés dans la Waffen SS. Certains refusèrent la conscription et prirent la fuite. Les représailles contre leurs familles furent terribles. Le sort de ceux qui, à partir de la bataille de Koursk en Juillet 1943 tombèrent entre les mains des Soviétiques a longtemps été une interrogation. Dans les camps, les Russes les dépouillèrent de tout, vêtements chauds et objets personnels. Souvent les Russes les abattirent sur place.
On ne saura jamais le nombre exact de morts en captivité dans les camps soviétiques. En juillet 1944, les autorités de la France libre parvinrent à faire libérer 1 500 « Malgré-nous » du camp de Tambow-Rada (camp au sud-est de Moscou). Ces rescapés purent ainsi participer aux combats de la Libération. Pour un grand nombre de survivants, la tragédie ne se termina qu’avec l’écroulement de l’Allemagne. Hélas, à un enfer succéda un autre enfer, moral celui-là. Ainsi, dès leur retour en France, ils furent parfois suspects aux yeux de certains de leurs compatriotes et subirent également la vindicte du Parti communiste car ils dénonçèrent les souffrances endurées dans les camps soviétiques. Le tribut payé par ces hommes fut très lourd : 40 000 hommes furent tués (principalement en U.R.S.S)., 10 500 hommes furent portés disparus et 32 000 hommes furent blessés. Des chiffres auxquels il faut ajouter une mortalité élevée, suite au retour des camps russes, bien après 1945.

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Les Malgré-Nous : Nous avions 18 ans… ou un peu plus

Nous avions 18 ans, ou un peu plus,
Nous aimions la vie, le bruit, et même un peu plus,
Nous aimions notre maison, notre village, et même un peu plus,
Nous aimions nos campagnes, nos rivières de plus en plus.

Nous aimions nos pères, nos mères et beaucoup plus,
Nos copains, nos voisins, le facteur, de plus en plus,
Nos oncles, nos tantes, nos cousines, et même un peu plus,
Le Maire, le Curé, le Maître d’école, de plus en plus.

Nous aimions la nature, les fleurs, les abeilles,
Nos printemps, nos étés, nos hivers, et beaucoup plus,
L’odeur des lilas, le givre sur les toits,
Les veillées en famille, les Noëls embaumés, et même un peu plus.

Nous aimions cette force naissante en nous de plus en plus,
Nous aimions les filles, leurs sourires et beaucoup plus,
Et avec elles, les bals, les tangos ou un peu plus,
Nous leur jurions amour, fidélité, et beaucoup plus.

Mais ils nous ont cassé nos rêves, nos espoirs et beaucoup plus,
Ils étaient fous de gloire, de puissance, de rage, et plus,
Ils voulaient maîtriser, dominer, sinon plus,
Etre maître du Monde, de l’Univers, peut-être plus.

Ils nous ont pris nos joies, nos espérances, et beaucoup plus,
Ils nous ont volé tout ce qui nous était cher,
Plus de famille, ni de printemps, ni de jolies filles,
Il fallait marcher, tirer, mourir, plutôt crever, sans plus.

Pourtant certains sont revenus, un à un, ou parfois plus,
Ils avaient alors 20 ans, ou quelques années de plus,
Ils avaient perdu le sourire, la joie, et beaucoup plus,
Il leur manquait des bras, des jambes et souvent plus.

Et les autres, les milliers d’autres, qui ne reviendront plus,
Leur voyage était sans retour, leur destination le terminus,
Malgré que Pères, Mères, Fiancées prièrent de plus en plus,
Ils resteront là-bas, à Stalingrad, Tambow, au fin fond de cette vaste steppe russe.

Et pourtant il faut qu’on se souvienne d’eux beaucoup plus,
Que leur sacrifice nous serve de leçon et de beaucoup plus,
Que nos jeunes cultivent la mémoire de ces héros, et que nous tous, prions pour eux un peu plus,

Enfin que les règnants de ce monde sachent tirer la leçon de leur sacrifice,
Mais que cela ne devienne pas une histoire, comme tant d’autres, sans plus,
Et que, je vous en conjure Messieurs les Maîtres, que cela ne se produise JAMAIS, JAMAIS PLUS,
Car nous n’avions que 18 ans, ou un peu plus.

Poème d’André BECHTEL
Malgré-Nous
Président de l’A.D.E.I.F (Association Evadés Incorporés de Force)
section Soultz

VIDEO : Les malgré nous 
27 novembre Annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne nazie 

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L’attitude du gouvernement de Vichy face à l’annexion de fait de l’Alsace-Lorraine

Classé sous — milguerres @ 21 h 51 min

 

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

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 27 novembre Annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne nazie 

 

L’attitude du gouvernement de Vichy face à l’annexion de fait de l’Alsace-Lorraine  924010ALSACE

27 novembre 1940

Note introductive (Léon Strauss)

 

source : http://alsace.revues.org/1547

La publication en 1973 de la thèse d’un jeune historien allemand, né en 1939, Lothar Kettenacker1, soutenue dès 1968 à Francfort, a marqué une étape essentielle dans l’historiographie de l’Alsace germanisée et nazifiée de 1940 à 1944-1945. C’est par la volonté du regretté Jean-Paul Baechler, alors directeur de la revue Saisons d’Alsace, que le public français dispose, depuis 1978, d’une traduction, légèrement abrégée, de cet ouvrage fondateur, qui reste indispensable aujourd’hui2. Dans l’avant-propos de l’édition allemande, l’auteur déclarait qu’il n’avait pas voulu écrire une histoire complète de l’Alsace annexée ; sa problématique se concentrait sur l’analyse des méthodes de domination employées par les Nazis à l’égard des Alsaciens, « une population, certes d’origine allemande, mais qui, dans sa grande majorité, n’avait pas de conscience nationale allemande ». Dans cette perspective, il avait renoncé à l’édition de la dernière partie de son travail, qui portait sur « les réactions » et comprenait trois chapitres : I : L’attitude du gouvernement de Vichy face à l’annexion de fait ; II : L’opinion de la population alsacienne face à la puissance occupante ; III : Le 20 juillet 1944 en Alsace. On regrettera que les deux derniers chapitres, en particulier le deuxième, n’aient jamais été mis à la disposition du public. Quant au premier, il avait figuré, dès 1971, dans un recueil édité en Allemagne, très paradoxalement, par une association de nostalgiques de l’Alsace allemande3. C’est une traduction de ce texte que la Revue d’Alsacepeut mettre à la disposition de ses lecteurs, avec l’aimable autorisation du professeur Kettenacker (longtemps directeur adjoint de l’Institut historique allemand de Londres). Nous le remercions très chaleureusement…

 

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gifLa suite dans :

 fichier pdf alsace-1547-132-l-attitude-du-gouvernement-de-vichy-face-a-l-annexion-de-fait-de-l-alsace-lorraine-durant-la-seconde-guerre-mondiale

27 novembre Annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne nazie 

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Annexion de la Moselle (1940)

Classé sous — milguerres @ 21 h 37 min

L’attitude du gouvernement de Vichy face à l’annexion de fait de l’Alsace-Lorraine 

 27 novembre Annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne nazie

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 Annexion de la Moselle (1940)

La seconde annexion de la Moselle par l’Allemagne eut lieu le 25 juillet 1940, avec le rétablissement des frontières de 1871.

Contexte historique

La première annexion de la Moselle est entérinée par le traité de Francfort, le 10 mai 1871. La première annexion s’inscrit dans le processus de formation du second empire allemand. La plus grande partie de l’ancien département de la Moselle de 1792 est annexée pour former avec l’Alsace le Reichsland Elsaß-Lothringen, ou « Elsaß-Lothringen ». La Moselle restera allemande pendant quarante-huit années, avant d’être reconquise par la France. En 1940, elle sera de nouveau annexée, cette fois de facto, et séparée du reste de la Lorraine. La Moselle, ou CdZ-Gebiet Lothringen, est alors intégrée au Gau Westmark.
La seconde annexion de la Moselle se traduisit par quatre années de souffrances pour les Mosellans, expulsés, transplantés ou opprimés, et par la disparition de milliers de jeunes « malgré-nous » sur le front de l’Est, et de civils sous les bombes des belligérants.

Chronologie
Année 1939

Dès la déclaration de guerre le 3 septembre 1939, près de 30 % du territoire de la Moselle se trouve entre la Ligne Maginot et la frontière allemande2. 302 732 personnes, soit 45 % de la population du département, sont évacuées pendant le mois de septembre 1939 vers des départements du Centre et de l’Ouest de la France, essentiellement la Charente, laCharente inférieure, la Vienne, la Haute-Vienne et enfin la Haute-Loire qui accueillent les mineurs3. L’ordre d’évacuation pour les villages frontaliers comme Oberdorff est donné dès le 1er septembre4. Parmi les quelque 300 000 évacués, 200 000 reviendront après la défaite5.
Année 1940
De la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne le 3 septembre 1939, à juin 1940, la « drôle de guerre » donne l’illusion à la France qu’elle tiendra ses positions grâce à la ligne Maginot et à la vaillance de ses troupes, et qu’elle obtiendra la victoire, comme en 1918.
Le 14 juin 1940, Metz est déclarée « ville ouverte ». Le 17 juin 1940, l’entrée des troupes allemandes dans cette ville marque le début d’une répression brutale, dont les Messins et les Mosellans ne se relèveront qu’en 1945. Le lendemain, le représentant de l’État à Metz, le préfet de la Moselle, est arrêté, signe de la défaite de la France. Quatre jours plus tard, la signature à Rethondes d’un traité d’armistice, entre la France et l’Allemagne, ôte les derniers espoirs aux Mosellans.
Pourtant un mouvement de résistance, l’« Espoir français », se forme en juillet 1940, pour conjurer le mauvais sort et préparer le retour des troupes françaises. Il sera actif plusieurs mois. Dans le même temps les premières expulsions ont lieu dans la plupart des villes de Moselle. L’ancienne frontière de 1871 est rétablie le 25 juillet, marquant de facto l’annexion du département de la Moselle au Reich allemand. Le jour même, la Gestapo s’installe à Metz6.
Le Gauleiter Josef Bürckel prend ses fonctions le 7 août 1940 à Sarrebruck, en tant que nouveau chef de l’administration civile allemande en Moselle. Le « CdZ-Gebiet Lothringen » remplace officiellement le département de la Moselle. Le 8 août 1940, le préfet Bourrat est expulsé de ce nouveau « territoire allemand ». Les Messins résistent en silence et organisent une manifestation patriotique, place Saint-Jacques à Metz : la statue de Notre-Dame est fleurie aux couleurs tricolores. Les autorités allemandes réagissent immédiatement et expulsent le lendemain l’évêque de Metz, Mgr Heintz. Des milliers de Messins, fonctionnaires, patriotes, ou anciens militaires, sont à leur tour expulsés.
Pour conjurer la résistance passive des Messins, le Gauleiter Bürkel organise en grandes pompes son entrée officielle à Metz, le 21 septembre 1940. Il se fait remettre les clés de la cité par Roger Foret, le dernier maire allemand de la ville en 19187. Résidant principalement à Neustadt dans le Palatinat, il ne reviendra que rarement à Metz. Informé des contrariétés de Bürkel au sujet des Lorrains mosellans, Hitler donne des ordres pour que la Moselle soit « germanisée en 10 ans ». Une ordonnance porte donc le 28 septembre 1940 sur la germanisation obligatoire du nom des habitants mosellans.
Les Mosellans étant toujours réticents face à l’occupant, 60 000 Mosellans francophiles ou francophones, jugés « indésirables », sont expulsés vers la France, du 11 au 21 novembre 1940. Le 30 novembre, la Moselle est réunie à la Sarre et au Palatinat pour former une nouvelle province allemande, le Gau Westmark. Conscient du ressentiment des Mosellans, le Führer Adolf Hitler ne fera pas de long discours à la population civile, lors de sa venue à Metz, le jour de Noël, 25 décembre 19408. Hitler se contentera de rendre visite à la 1ère division SS, stationnée dans le secteur de Metz depuis août 1940, passant la nuit du 25 au 26 décembre à l’Hôtel des minesnote 1de l’avenue Foch, en compagnie de Sepp Dietrich et des cadres de cette unité8. Le lendemain 26 décembre 1940, après avoir passé en revue ses troupes d’élite, Hitler leur fit un discours9, et se rendit dans l’après-midi à Sarrebourg, puis à Lutzelbourg, où il fut reçu vers 17 h à l’hôtel des Vosges, pour fêter Noël avec les hommes du 125e régiment d’infanterie8. Hitler repassera à Metz, cette fois secrètement, dans la nuit du 16 au 17 juin 1944, pour se rendre auWolfsschlucht II de Margival.
Année 1941
Le 25 janvier 1941, un appel veut inciter les Mosellans à entrer dans l’organisation des Hitlerjugend. La germanisation des esprits se poursuit lentement, mais sûrementnote 2. LesBund Deutscher Mädel ( BDM ) recrutent activement dans les écoles mosellanes. Le ministre de l’Éducation et de la Propagande du Reich, Joseph Goebbels, se déplace en personne à Metz en 1941, pour visiter les locaux du Metzer Zeitungnote 3, un journal de propagande incitant les Mosellans à adhérer aux organisations nazies10. Pour échapper à cette pression quotidienne, 6 700 optants émigrent vers la France, entre le 6 avril et le 3 mai 1941.
La répression policière se fait plus brutale, et les premières condamnations prononcées par le tribunal spécial de Metz tombent le 20 avril de la même année. Le 23 avril 1941, le décret d’incorporation des Mosellans, garçons et filles de 17 à 25 ans, dans le Reichsarbeitsdienst ( RAD ) est publié en Moselle.
Le 18 juin 1941, un an après l’appel du général de Gaulle, des membres du mouvement « l’Espoir français » sont arrêtés. Un mois plus tard, le groupe « Mario » se forme autour du résistant communiste Jean Burger. Le 28 juillet, 101 prêtres sont expulsés vers la France.
Année 1942
Le Grand Séminaire de Metz, devenu inutile, devient une prison pour la Gestapo. Le groupe gaulliste Dehran se crée le 30 janvier 1941, peu de temps avant le démembrement de la filière d’exfiltration de sœur Hélène Studler. Pour faire face aux pertes allemandes de plus en plus nombreuses, le « Kriegshilfsdienst » ( KHD ) enrôle de force des auxiliaires féminines en Moselle, à partir du 16 juillet 1942 : les « Malgré-elles ». La police allemande arrête les membres d’un réseau d’évasion à Rombas, le 30 juillet 1942.
Alors que la Hitlerjugend devient obligatoire pour les jeunes mosellans le 4 août 1942, une ordonnance instituant le service obligatoire dans la Wehrmacht pour les Mosellans est promulguée le 19 août 1942. Dix jours plus tard, une seconde ordonnance, portant sur l’octroi de la nationalité allemande à l’ensemble des Mosellans, rend applicable l’incorporation des jeunes gens dans l’armée allemande, les futurs « Malgré-nous »note 4. Les classes 1920-1924 sont immédiatement appelées sous les drapeauxnote 5. Tous les habitants de l’Alsace-Moselle annexée au IIIe Reich savaient comment Hitler, et les nazis, avaient anéanti en Allemagne toute opposition au régime. Refuser la germanisation et la nazification était donc suicidaire. Pourtant, certains choisissent de s’engager dans la résistance.
Le procès des membres de « l’Espoir français » se tient le 30 septembre 1942. Les premières condamnations de Mosellans tombent dès le 2 octobre, pour faire sentir aux civils le pouvoir coercitif de l’Allemagne nazie. Le 18 octobre de la même année, l’incorporation dans l’armée allemande des premiers Mosellans, des classes 1922, 1923 et 1924, marque pour certains le début d’un cauchemar sans nom, qui se terminera au mieux, dans les camps d’internement soviétiques, comme celui de Tambov.
En novembre 1942, l’arrestation des membres des réseaux d’évasion de Forbach et de Lorquin rappelle aux Mosellans l’emprise impitoyable de la Gestapo sur la population civile.
Année 1943
Poursuivant la politique de germanisation, plus de 10 000 patriotes ou résistants à l’annexion sont expulsés de leurs foyers et transportés, par la Gestapo, en Silésie, en Pologne, ou dans les Sudètes, entre le 12 et le 28 janvier 1943. Ces familles d’agriculteurs, de travailleurs ruraux ou de mineurs, sont ainsi contraintes d’enrichir le Reich, sans espoir de retour.
Pourtant, les Mosellans continuent de se rebeller et le train qui conduit les recrues du RAD, de Sarrebourg à Sarreguemines, est mis à sac, le 18 février 1943. Le 12 mai 1943, l’arrestation des passeurs du réseau de Rehtal11 allonge la liste des condamnations. Preuve de la révolte contre l’occupant nazi, 1 250 incorporables mosellans, ayant déjà servi dans l’armée française, se rebellent à Sarreguemines le 25 juin 1943.
Le 20 septembre 1943, le chef du réseau Mario, Jean Burger, est arrêté. Pour faire face à l’insoumission, ou aux désertions des Mosellans, une ordonnance consacre la responsabilité collective du « clan », en cas de défaillance d’un appelé, le 1er octobre 1943. L’insoumis expose donc maintenant sa famille à des représailles implacables. La répression se faisant plus brutale encore, le fort de Queuleu devient un camp d’internement en octobre 1943 et le camp de Woippy ouvre le mois suivant, en novembre 1943. Le 15 décembre de la même année, les membres du groupe Derhannote 6 sont à leur tour arrêtés.
Année 1944
Le 3 juin 1944, l’armée allemande mène une expédition punitive contre le maquis de réfractaires de Longeville-lès-Saint-Avold. L’étau se resserre inexorablement sur la population mosellane. Au cours du mois de juin, des représailles sont décidées aussi à Porcelette, à Honskirchet à Vittersbourg, à l’encontre des insoumis mosellans. À l’été 1944, la roue du destin tourne en faveur des Alliés et des Mosellans. Les résistants Alfred Krieger et son adjoint Scharff en profitent pour structurer les FFI dans la région. Le 17 août 1944, le fort de Queuleu est évacué dans la hâte. En septembre 44, la brigade Alsace-Lorraine est créée. Elle permet aux Mosellans de se battre pour leur pays. Alors que labataille de Metz commence, le camp de Woippy est abandonné, le 1er septembre 44. Le 20 septembre, le Gauleiter Bürckel déclare la partie sud-ouest du CdZ-Gebiet Lothringen « zone des armées ». Il est par conséquent interdit de franchir une ligne allant d’Apach au Donon, et passant par Sierck, Courcelles, Faulquemont, et Sarrebourg12. Le Gauleiter Bürckel se suicidera peu après, le 28 septembre 1944. Après trois mois de combats, la bataille de Metz prend fin. La ville est enfin libérée le 22 novembre 1944, après quatre ans d’annexion. Les combats se poursuivent maintenant à l’Est du département, sur la Sarre.
Le bilan matériel de l’année 1944 est très lourd. À partir du printemps 1944, les bombardiers américains se sont succédé par vagues au-dessus de la Moselle, faisant d’énormes dégâts collatéraux. Si les populations civiles furent durement touchées, les dégâts matériels furent plus grands encorenote 7. Les dévastations sont généralisées dans la vallée de la Seille, entre Dieuze et Metz, et au nord d’une ligne Forbach-Bitche. 23 % des communes de la Moselle furent détruites à plus de 50 %, et 8 % des communes le furent à plus de 75 %13. Dans la seule journée du 9 novembre 1944, pas moins de 1 299 bombardiers lourds B-17 et B-24 déversèrent 3 753 tonnes de bombes, de 1 000 à 2 000 livres, sur les ouvrages fortifiés de la Moselstellung et les points stratégiques situés dans la zone de combat de la IIIe armée14. Ce funeste ballet aérien ne prendra fin, au-dessus de la Moselle, qu’en mars 1945, lorsque le département sera entièrement libéré. L’épuration politique s’organise en Moselle. Fin décembre 1944, 150 Allemands sont arrêtés dans le département et conduits au fort de Queuleu15.
Année 1945
Dans la première quinzaine de janvier 1945, 700 autres allemands sont arrêtés en Moselle et envoyés au fort de Queuleu, qui sera utilisé jusqu’en mars 1946, pour l’internement des Allemands et des suspects jugés « dangereux », soit plus de 8 000 personnes en Moselle15. Alors que l’Opération Nordwind de l’armée allemande déstabilise les troupes américaines, et inquiète les populations civiles en Moselle, la France annule les mesures prises par le Reich en Moselle, le 12 janvier 1945. Le département ne sera entièrement libéré que le 21 mars 1945, après de durs combats, qui éprouveront autant les soldats que les populations civiles. L’armée allemande capitule à Reims le 7 mai 1945. Les dirigeants nazis sont arrêtés un peu partout en Europe. Le tribunal international de Nuremberg ouvre un procès qui durera de novembre 1945 à octobre 1946 : il reconnaît l’incorporation de force des Malgré-nous comme un crime de guerre, refermant la page de cet épisode tragique de l’histoire de la Moselle.

Épilogue
Lors de l’épuration en Moselle, la France prit en compte le statut particulier du département pendant la guerre. 4 178 jugements furent prononcés par la Cour de Justice de la Mosellenote 8. Sur ce nombre, il y eut 859 acquittements et 3 243 condamnations, dont 28 à la peine capitale, 288 aux travaux forcés, 952 à des peines de prison16. Sept exécutions sommairesnote 9seulement, ont été à déplorer sur l’ensemble du département. Au sortir de la guerre, le bilan humain est très lourd en Moselle. Aux soldats mosellans morts pour la France entre 1939 et 1945, ou pour l’Allemagne entre 1942 et 1945, il faut ajouter des milliers de civils qui périrent dans les camps d’exterminationnote 10, ou sous les bombes des Alliés. La population mosellane passa de 696 246 habitants en 1936, à 622 145 habitants au recensement de 194613, soit une perte de plus de 11 % de la populationnote 11. Pour réparer les dégâts provoqués par l’annexion et combler le déficit de main-d’œuvre en Moselle, pas moins de 26 000 prisonniers de guerre allemands participent dès 1945 à l’effort de reconstruction en Moselle17. Appréciant la force de travail de cette main d’œuvre disciplinée, notamment dans les mines17, les élus locaux obtiennent, en juillet 1947, la possibilité d’accorder un statut de « travailleurs libres » aux prisonniers de guerre allemands18, malgré les fortes réticences de Paris, qui craignait un nouvel apport de population germanique dans les anciens territoires annexés18. Un an plus tard, le gouvernement Schuman étendit cette mesure libérale aux anciens nazis, cadres du NSDAP ou Waffen-SS18. Une page douloureuse de l’histoire mosellane se tournait définitivement, pour laisser place à des relations franco-allemandes apaisées, placées sous les auspices de l’Europenote 12.

Notes
1. ↑ L’ »Hôtel Royal » servira de PC à l’armée américaine le 22 novembre 1944. in Anthony Kemp: Lorraine – Album mémorial – Journal pictorial : 31 août 1944 – 15 mars 1945, Heimdal, 1994, (pp.340-341).
2. ↑ L’apprentissage de l’Allemand à l’école se fait notamment par des comptines allemandes, comme « Hänschen klein » pour les plus jeunes, ou l’apprentissage de l’histoire mouvementée des Germains pour les plus âgés.
3. ↑ Le « Metzer Zeitung » reprend insidieusement le titre d’un journal de Metz fondé en octobre 1871 par les frères Lang, et qui avait cessé ses éditions le 15 novembre 1918. ( François Roth: Le Temps des journaux 1860-1940, Presses universitaires de Nancy, Bar-le-Duc, 1983, p.80 ).
4. ↑ L’incorporation dans les troupes allemandes de plus de 380 000 Alsaciens-Lorrains en 1914, et leur conduite exemplaire pendant la Première guerre mondiale, servit de prétexte à la propagande nazie, qui voulait exploiter la fibre patriotique des anciens combattants. Le résultat fut pour le moins mitigé, et la plupart des officiers mosellans de la Grande Guerre refusèrent de prendre la carte du NSDAP et les privilèges qu’elle conférait.
5. ↑ À partir du 16 février 1943, l’appel sous les drapeaux est étendu aux classes 1914-1924 et progressivement aux classes 1925, 1926 et 1927.
6. ↑ Joseph Derhan, ouvrier à Hagondange avait formé dès 1942 un « groupe gaulliste ».
7. ↑ En 1951, on recensa 44 600 bâtiments totalement détruits et 141 009 partiellement atteints.
8. ↑ Une section fut ouverte à Metz du 18 juin 1945 au 19 décembre 1947, et une autre à Sarreguemines, du 18 juillet 1945 au 17 janvier 1947.
9. ↑ Cinq exécutions ont eu lieu entre le 11 septembre et le 5 octobre 1944 et deux en 1945, après la libération du département.
10. ↑ La seule communauté juive de Metz a perdu plus de 1 600 âmes dans les camps de concentration.
11. ↑ Les cantons de Bitche et de Volmunster ont le plus souffert avec une diminution de plus de 40 % de la population. (Le Républicain Lorrain)
12. ↑ Le plan Schuman entraîna la création de la CECA qui est à l’origine de l’actuelle Union européenne. (Dossiers d’Hérodote : 9 mai 1950 [archive]

source wikipedia

L’attitude du gouvernement de Vichy face à l’annexion de fait de l’Alsace-Lorraine 

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2 février 2013

Sous l’œil de l’occupant

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Etude effectuée sur la propagande de clichés vus par et pour les Allemands,
revisés par l’auteur
Sous l’œil de l’occupant :
L’entrée des troupes allemandes 1940
http://www.armand-colin.com/upload/Sous_l’oeil_de_l’occupant_L’entree_des_troupes_1940_.pdf

AU CAFÉ DU COIN
Givet, 14 mai 1940

CE QUE LA PROPAGANDE VEUT MONTRER
En pleine bataille de France, quatre soldats de l’armée de terre allemande sont en embuscade dans
la rue jonchée de gravats d’une ville des Ardennes, Givet. Ils sont membres de la compagnie de propagande.
Un seul soldat, à droite, fait le guet, fusil pointé. C’est souvent le chauffeur de la compagnie qui remplit cette fonction. Les trois autres hommes sont en train de fi lmer l’action. L’homme accroupi au premier plan est le cameraman (Filmberichter).
Il porte une caméra sur son épaule droite. À sa gauche, l’assistant (Kameraassistant) tient le fi l et
la batterie de la caméra en bandoulière. L’homme debout au premier plan à gauche est le reporter en
chef (Filmtruppführer). L’auteur de la photographie, quant à lui, est posté derrière. Il observe la scène.
En arrière-plan se trouve le Café du Coin, dont il reste la façade et la devanture. Le choix de cette enseigne n’est sans doute pas anodin. Le café, d’abord, est un cliché de la représentation de la France. Un « Café du Coin » l’est encore davantage.
Il n’y a pas plus banal, pas plus français. En faire une coque vide de contenu, c’est annoncer la défaite de la France.
La propagande montre ainsi la destruction d’une ville française, en même temps que la présence de ses agents sur tous les fronts.
Dans cette « photo de la photo », le reportage de guerre, scène de genre, est autant un hommage à
la technique allemande qu’à celui du courage des hommes confrontés au danger de la guerre.

Sous l’œil de l’occupant sous_l10

CE QUE L’ON PEUT EN LIRE AUJOURD’HUI
Givet, où est prise la scène, est une petite ville caserne de la vallée de la Meuse, au nord de Charleville-Mézières, à la frontière de la Belgique.
La campagne de France a commencé quatre jours plus tôt. La ville, bombardée, a vu sa population civile évacuée trois jours auparavant, le 11 mai. Elle est le siège de violents combats.
L’occupation de la France est en train de se faire.
Ce document en « augmente » en quelque sorte la réalité. Les risques pris par la compagnie de propagande
sont tangibles au plus fort de la guerre.
Sur un effectif total de 15 000 membres des compagnies de propagande, dont 700 cameramen, le
taux de pertes humaines est de l’ordre du tiers. La photo précédente de ce reportage montre d’ailleurs l’un des intervenants blessé et l’appel aux premiers secours (Wo ist der Sanitäter ? : « Où est le brancardier
? »).
Ce document est aussi un hommage à la technique cinématographique. La caméra représentée est une Arrifl ex 35 mm, de la marque allemande Arri, créée en 1937, légère pour l’époque, d’une contenance de trois cassettes.

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L’œil allemand
La caméra Arrifl ex 35 mm, support de la propagande allemande

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C’est en 1932 que le chef du bureau d’études Erich Kästner commence la mise au point d’une caméra reflex à miroir. Le premier prototype pour film de 35 mm est présenté en 1937 à la foire de Leipzig sous le nom d’Arriflex 35. Cette caméra de poing, légère pour l’époque, sera largement utilisée pour le tournage des films d’actualité et de propagande durant la Seconde Guerre mondiale[réf. nécessaire].
C’est en 1952 qu’apparaît le premier modèle 16 mm, la marque restant cantonnée au marché professionnel haut de gamme. Les caméras Arriflex sont conçues pour des prises de vues en 16 mm, 35 mm et 65 mm, mais la marque s’est aussi tournée vers le numérique avec la Arri D20.
Après avoir continué à expérimenter le numérique grâce à l’Arri D21, Arri a annoncé en 2009 la sortie de sa gamme Alexa, avec trois caméras affichant 800 ISO, avec une ergonomie proche des caméras 35 mm et enregistrant en HD et Arriraw. La caméra a été présentée le 13 février 2010 au micro-salon de l’AFC.(source wikipedia)

MÊME LES RELIGIEUX FUIENT
Beaurainville, 23 mai 1940

CE QUE LA PROPAGANDE VEUT MONTRER
Par une belle matinée de printemps, moins de deux semaines après l’entrée des troupes allemandes en France, un groupe d’une vingtaine de religieux d’une congrégation présentée comme celle des « jésuites », marche sur une large route de campagne.
Ils sont vêtus d’une soutane noire non boutonnée avec un rabat blanc, du chapeau à larges
bords de leur ordre et ils sont chargés de bagages.
À droite de la route, la voiture de la compagnie de propagande, une traction, est arrêtée en sens inverse. À l’arrière du groupe, on aperçoit des maisons, une cheminée. Le groupe vient de quitter un bourg qui porte un nom très français, Beaurainville, dans le Pas-de-Calais, au nord-ouest de la France, à une vingtaine de kilomètres de la plage de Berck.
On peut noter l’aspect incongru d’un tel spectacle.
Il montre que l’exode est celui de tous les Français, y compris des religieux, présentés ici comme des
personnes peu courageuses puisqu’elles ont pris la fuite devant les troupes allemandes. Les religieux avancent vers on ne sait quoi, sans aucun moyen de transport.
La photo est un instantané. Le photographe s’est placé en avant de la congrégation, au niveau du sol, en grand angle.

CE QUE L’ON PEUT EN LIRE AUJOURD’HUI
Les religieux de la photo ne sont pas des jésuites, mais des Frères des Écoles chrétiennes, de la
congrégation des lassalliens. Ce sont des enseignants, comme leur nom l’indique.
Pourquoi la propagande mentionne-t-elle des jésuites ? Au-delà de la méconnaissance des différents ordres catholiques, la propagande nazie s’attache à présenter les premiers comme des intellectuels menteurs et dissimulateurs. La tenue des religieux renforce l’image de « l’intellectuel à lunettes ».
L’institution lassallienne la plus proche est située à une cinquantaine de kilomètres au nord
de Beaurainville, à Longuenesse, près de Saint- Omer, où le pensionnat Saint-Joseph est couplé
avec l’institution de la Malassise. Cette dernière est occupée par les Allemands qui y construisent des
blockhaus.
La rencontre fortuite d’une des équipes de la propagande avec les enseignants de cette congrégation
laisse deviner que ceux-ci marchent depuis deux jours environ, fuyant l’ennemi qui a envahi la
France par le Nord et occupé leur établissement.

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DES FRANÇAIS PILLENTDES FRANÇAIS
Saint-Omer, 24 mai 1940

CE QUE LA PROPAGANDE VEUT MONTRER
À Saint-Omer, ville du Pas-de-Calais, le photographe a saisi une scène de pillage à laquelle se
sont livrés des civils. La ville a été bombardée – par qui, rien ne le précise. Les vitres des immeubles
ont été soufflées, les devantures des magasins sont fracassées. Des habitants, à pied, à vélo ou tirant
des landaus, profi tent de la destruction de ces bâtiments pour piller des commerces, ouverts à tout
vent.
L’immeuble de gauche est éventré. Son volet de bois au rez-de-chaussée est entrouvert. Sans doute
le magasin a-t-il déjà été pillé car personne n’en sort. À droite, la grille métallique qui protégeait l’immeuble est ouverte. Sur la devanture, on peut lire « Soieries – lainages ». Les civils sont déjà sur place. Deux femmes à l’étage lancent des objets par les fenêtres aux cadres défoncés. Une autre en contrebas tend les bras pour recevoir l’un des
objets. La rue est vide. Seules quelques personnes attendent devant le magasin. D’autres s’en vont déjà, poussant leur bicyclette.
La scène est paisible. Elle a même un côté « à la bonne franquette ». Personne n’est là pour protéger
le bâtiment ni pour réprimer le vol.
À gauche du document, une très jeune fille, tenant sa prise à la main, court vers un homme dont la valise, fermée par une fi celle, déborde. On peut lire sur un sac la mention « Au Palais du Vêtement », autre grand magasin d’habillement de Saint-Omer.

CE QUE L’ON PEUT EN LIRE AUJOURD’HUI
La ville a été bombardée par l’aviation allemande dans la nuit du 24 mai. Le reporter met ici l’accent
non sur la cause, mais sur les effets indirects du bombardement : profi tant du désordre, les Français
volent en toute impunité leurs compatriotes.

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Le pillage était sévèrement puni dans l’armée allemande, qui apposait des affi ches dès 1940 :
Wer plündert, wird erschossen ! (« Celui qui pille sera fusillé ! »). Est-ce un appel indirect au rétablissement
de l’ordre ? Les propriétaires du magasin de confection ici présenté ne sont, en tout cas, plus là
pour défendre leur bien.
Comment ne pas penser à la « nuit de Cristal », des 9 et 10 novembre 1938, où des milliers de
magasins exploités par des Juifs furent saccagés par les SA et les SS et présentés comme une réaction
spontanée de la population ?
Comment ne pas penser aussi au pillage lié aux conventions d’armistice ? Si le commerce avec l’ennemi
était officiellement interdit, il a été contourné.
La France a été bel et bien pillée, mais de manière
« légale » : indemnités de réparation de guerre, bureaux Otto, spoliation des Juifs, commerce du marché noir. Cette scène est l’arbre qui masque la forêt.

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L’œil allemand
La propagande met l’accent sur les pillages de biens français par des Français

UNE EXPULSION DANS LA JOIE
Alsace-Moselle, été 1940

CE QUE LA PROPAGANDE VEUT MONTRER
L’annexion de facto des territoires alsaciens et mosellans s’accompagne de diverses mesures visant à germaniser les personnes et le pays, telle la pratique exclusive de la langue allemande. Certains habitants sont, pour divers motifs, jugés indignes de rester et expulsés vers la « France de l’intérieur », comme on disait en Alsace et en Moselle.
L’occupant a mis rapidement en place la Deutsche Volksgemeinschaft ou « Communauté du peuple
allemand ». C’est une formation destinée à faire des Mosellans en général, et des Thionvillois en particulier des Allemands nationaux-socialistes avant d’accéder à la nationalité allemande.

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Si un Alsacien ou un Mosellan ne veut pas devenir membre de la DVG, il est expulsé.
Qui est l’homme aux mains levées ? S’agit-il d’un francophone sur le point d’être expulsé ? L’homme a-t-il refusé d’enlever son calot devant l’occupant ?
Il a l’air malmené et mal en point. Il avance sans veste et tête nue, pieds nus, avec un bandage au
pied droit. Sans doute boite-t-il.
Même si l’on note la présence d’un militaire allemand à l’arrière-plan à droite, l’homme aux mains
levées est entouré de civils souriants, principalement d’adolescents et d’enfants, dont un à droite en tenue des Jeunesses hitlériennes.
L’ambiance est festive, la ville est pavoisée. À l’arrière-plan, on note quatre drapeaux nazis. La
ville garde cependant des traces de sa récente appartenance française, dont on peut lire les enseignes
encore en français.
Tout est présenté comme si les civils traitaient leurs affaires entre eux. Personne ne semble armé.

CE QUE L’ON PEUT EN LIRE AUJOURD’HUI

À première vue, cette scène pourrait évoquer une scène d’épuration. Il n’en est rien. On est en 1940
et non en 1944. La tenue du soldat allemand à l’arrière-plan, les mains sur les hanches, la forme
du petit drapeau avec svastika tenu par l’enfant, enfin le camion haut-parleur de la Compagnie de
propagande, tous visibles à droite de la photo, le démontrent.
Comment ne pas penser en voyant cette scène à la « chasse aux Juifs » courante dans l’Allemagne
nazie ? Cette expulsion, violente, humiliante, peutêtre dangereuse, est présentée de manière ludique
et festive, par un procédé d’inversion commun à la propagande.
L’homme, désormais un va-nu-pieds, est « accompagné à la frontière », hors de la « zone réservée », comme on appellera par la suite l’Alsace-Moselle.
Dans la réalité, les expulsés avaient droit à un maigre pécule et un bagage. Cette photo de propagande ne lui laisse pas grande chance.

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Sous l’œil allemand
Le camion haut-parleur de la compagnie de propagande orchestre la scène d’expulsion

HONNEUR À L’ENNEMI
Lille, 1er juin 1940

CE QUE LA PROPAGANDE VEUT MONTRER

Le 25 mai 1940, en pleine bataille de France, une partie des troupes françaises s’est retrouvée bloquée
dans la région de Lille. Après plusieurs jours de violents combats, la division dirigée par le général
Molinié s’est rendue « avec les honneurs ».
Le général du 27e corps d’armée Alfred Wäger salue les troupes françaises qui défi lent sur la
Grand’ Place de Lille. Il est sur le trottoir du Grand Hôtel Bellevue, un des lieux célèbres de Lille (on
lit « English spoken » sur la porte). Les soldats ne défi lent donc pas comme des prisonniers. Ils ont combattu et, en dépit de leur reddition, ils ont été autorisés par le général Wäger à marcher la baïonnette au canon de leur fusil Lebel et munis de leur barda réglementaire, composé entre autres d’une couverture sur l’épaule. Ils sont vêtus comme à
la parade, comme s’ils partaient encore au front, dans les règles de l’art. Leurs visages expriment la
fatigue.
Le soldat de droite n’a pas le fusil à l’épaule, car il commande la marche.

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CE QUE L’ON PEUT EN LIRE AUJOURD’HUI
Critiqué plus tard pour son sens de la chevalerie jugé suranné, celui qui rend honneur à l’ennemi, le général d’infanterie Alfred Wäger (1883-1956), sera, dans les mois qui suivent cette prise de vue, écarté de toute responsabilité. Il quittera l’armée en 1942.
La propagande n’a toutefois pas censuré ce document, au contraire largement diffusé, et dont le message s’attache à présenter l’occupant comme une entité « correcte », voire au comportement chevaleresque.
La Grand’Place de Lille s’appelle aujourd’hui place du Général-de-Gaulle.

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Sous l’œil allemand :
L’« acte de chevalerie » du général Wäger rendant honneur à l’ennemi est mis en avant
par la propagande

LES ALLEMANDS ENTRENT À PARIS
PAR SAINT-OUEN
Paris, 14 juin 1940

CE QUE LA PROPAGANDE VEUT MONTRER
Des hommes, des femmes, des jeunes et des moins jeunes, constituant une sorte d’échantillon de Parisiens, debout sur le trottoir, assistent à l’entrée à cheval des troupes allemandes sur le côté opposé de la rue. Parmi les civils, une petite fi lle
et deux adolescents, vêtus de pantalons de golf, façon « Tintin ». L’un d’entre eux a des chaussettes jacquard. Il regarde l’objectif, comme un autre de ses camarades. Un vieil homme au premier plan tourne le dos à la scène, les mains derrière lui. Le peuple de Paris a l’air plus curieux qu’effondré.
L’événement ne semble pas les bouleverser.
À l’arrière-plan, on reconnaît les immeubles en brique construits dans l’entre-deux-guerres aux portes de Paris, souvent à l’usage d’habitations bon marché (HBM). La photo est prise dans un quartier populaire, au nord de Paris, à la limite des XVIIe et XVIIIe arrondissements.
Dans un renversement propre à la propagande, les acteurs de la scène ne sont pas les Allemands au second plan qui entrent en une grande colonne, par groupes réguliers, et ne semblent pas prêter attention à la population, mais les spectateurs qui, eux, regardent l’objectif.

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CE QUE L’ON PEUT EN LIRE AUJOURD’HUI

Les Allemands entrent dans Paris depuis l’aube du 14 juin 1940, dans une capitale déclarée « ville
ouverte ». C’est un jour de semaine, un vendredi.
Cette entrée a été préparée de longue date et chaque compagnie, chaque escadron, chaque
troupe sait exactement où il doit se rendre. Les troupes allemandes, qui viennent du Nord, arrivent
par Le Bourget. Certaines contournent Paris par l’Est, et entrent par Vincennes où ils prennent des
photos du fort.
Contrairement à ce que présente cette photo, les témoignages des civils encore à Paris décrivent une
capitale désertée (les trois quarts de ses habitants auraient quitté la ville). Les photos prises par les
Parisiens montrent des rues vides. La propagande, elle, montre des Parisiens présents n’opposant ni
résistance ni hostilité.

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L’œil allemand :
Les autorités allemandes ont mis les pendules à l’heure de Berlin (c’est-à-dire, une heure
plus tard), le jour de leur arrivée

Vous trouverez l’article sous document pdf
http://www.armand-colin.com/upload/Sous_l’oeil_de_l’occupant_L’entree_des_troupes_1940_.pdf
Bonne lecture !

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

15 janvier 2013

Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Classé sous — milguerres @ 23 h 16 min

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Chronologie de la Seconde Guerre mondiale 

1933 /1945

 

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  • Début des lois anti-juifs en Allemagne avec le boycott des magasins juifs.
  • 30 janvier Hitler est nommé chancelier du 3 ème Reich par le président Hindenburg.
  • 28 février Incendie du Reichstag. Hitler accuse les communistes et fait interdire le parti communiste allemand (KPD).
  • 23 mars Hitler se fait accorder les pleins pouvoirs par le parlement.

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  • 30 juin Nuit des longs coûteaux où les S.A. (Section d’Assaut La Sturmabteilung) sont asssassinés par les S.S. (Sections Spéciales).
  • 2 août Suite au décès du président Hindenburg, Hitler se proclame Reichsführer, chef suprême de l’Allemagne.

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  • Les lois de Nuremberg ôtent la citoyenneté allemande aux juifs et leur interdisant tout contact sexuel avec les allemands de race pure, dite Aryenne.

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  • 7 mars  Remilitarisation de la Rhénanie.
  • Novembre L’axe Rome-Berlin unissant l’Allemagne et l’Italie est proclamé.

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  • Avril Bombardement de Guernica (Espagne) par l’armée Franco aidée de la flotte aérienne allemande (Luftwaffe). Ce bombardement est un vol d’essai pour l’armée aérienne neuve de l’Allemagne nazie.

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