Milguerres

  • Accueil
  • > Recherche : bataille el alamein chronologie

28 mars 2013

L’opération Tidal Wave

Classé sous — milguerres @ 21 h 05 min

 

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

L’opération Tidal Wave

L’opération Tidal Wave wave

L’opération Tidal Wave (en français : raz-de-marée) est un bombardement stratégique de grande envergure effectué depuis Benghazi en Libye par l’USAAF, le 1er août 1943, contre le complexe pétrolier roumain de Ploesti, lequel était la principale source de carburant pour les forces allemandes, dans le cadre de la campagne de bombardements stratégiques alliés contre les ressources pétrolières de l’Axe. Cette opération, deuxième incursion d’envergure de l’USAAF sur l’Europe, se traduisit par de lourdes pertes, malgré un certain succès dans les objectifs. Elle mit en évidence pour les Allemands certaines faiblesses dans leurs défenses et préfigure les combats d’envergure qui suivront sur la Roumanie l’année suivante, lorsque la 15th Air Force entamera une campagne de bombardements stratégiques qu’elle mènera à terme. Bien que taxée d’échec – à cause de ses lourdes pertes – cette mission demeure exceptionnelle sur bien des points, d’autant plus que certains mystères subsistent encore au début du xxie siècle.

File:Ploiesti 1943 bombardament.jpg

Ploesti sous les bombes

 

L’approvisionnement en pétrole, comme lors de la Première Guerre mondiale, est un des points faibles de l’Allemagne1. La guerre à l’Ouest la prive de ses sources habituelles (États-Unis et Indes occidentales néerlandaises). La production des États-Unis représentent alors 61 % de la production mondiale1. Le seul gisement important permettant alors de soutenir l’effort de guerre allemand et a portée du Reich sont les champs pétrolifères roumains1. Dès 1938, l’Allemagne va s’employer à évincer Français et Britanniques et à placer l’économie roumaine et ses ressources sous la tutelle du Reich1.

À l’issue de la Première Guerre mondiale et après le partage de l’Europe, la Roumanie voit sa population et son territoire doubler, en partie aux dépens de la Russie. La monarchie, assez totalitaire, s’efforce de contrôler, y compris par la force, les diverses formations politiques, mais ne peut imposer son autorité ni aux communistes, ni au parti de l’extrême droite, la future Garde de fer dirigée par Corneliu Codreanu, homme charismatique à l’idéologie proche de celle du parti nazi. Face à la montée en puissance de ce dernier parti, le roi Carol II fait exécuter Codreanu le 29 novembre 1938. Devant pareil excès de la part du pouvoir royal, la population se retourne contre Carol II d’autant plus que sa faiblesse est clairement mise en évidence lors de l’annexion par l’URSS de la Bessarabie et de la Bukovine, le 28 juin 1940. Devant le mécontentement général à son égard, Carol II abdique en faveur de son fils Mihail et quitte le pays, tandis que le pouvoir est remis entre les mains du général Ion Antonescu.

Entre temps, profitant des faiblesses du pouvoir et du soutien du parti nazi, la Garde de fer fomente un coup d’État. Très vite, après avoir rencontré Ion Antonescu, Adolf Hitler fait volte-face et décide finalement de soutenir cet « homme fort », bien que ce dernier ne soit pas, contrairement à ce que certains ont pu affirmer, un partisan de l’idéologie d’extrême droite nazie. Malgré ses convictions, cet homme se doute bien vite qu’il lui faudra sous peu combattre, que ce soit contre la Garde de fer ou contre l’URSS pour récupérer les territoires annexés par les Rouges. C’est ainsi qu’il accepte le soutien d’Adolf Hitler pour rééquiper de matériel moderne l’armée roumaine, en échange de livraisons de carburant vers le Reich. Les premières troupes allemandes débarquent, d’abord composées d’instructeurs puis, après l’entrée en guerre de la Roumanie lors de Barbarossa, de soldats, notamment des servants de flak et des aviateurs de la Luftwaffe. Peu après l’arrivée allemande, la Garde de fer se soulève et se fait massacrer, entre le 21 et le 23 janvier 1941.

L’approvisionnement en carburant du Reich va alors dépendre essentiellement de la Roumanie (suite à la guerre contre l’URSS, 98,6 % des importations allemandes en carburants proviendront de Roumanie)2

 

File:Ploesti Columbia Aquila Refinery LOC fsa 8e01665u.jpg

La raffinerie Columbia Aquila à Ploieşti après le bombardement.

Ploiesti et ses défenses

Le principal complexe pétrolifère se trouve dans la région de Ploesti, érigé à grand frais à l’aide de capitaux étrangers, notamment américains, néerlandais, français et italiens. Quarante-deux raffineries, rassemblées en huit grands complexes, furent ainsi bâties autour de la ville de Ploesti.

Voyant que son pays est faible, le premier ministre Ion Antonescu demande une aide militaire à Adolf Hitler dès sa prise de pouvoir3. L’objectif principal de cette demande d’aide militaire est de moderniser l’armée roumaine. La Roumanie conserve donc son indépendance par rapport au IIIe Reich et n’est donc pas en guerre contre les Alliés. Conscient que cette région est le talon d’Achille de la logistique allemande, Adolf Hitler décide de renforcer au plus vite ses défenses. Le 10 octobre 1940, les premiers militaires allemands arrivent en Roumanie4 sous le couvert d’une assistance militaire. Cette assistance militaire prend le nom de Deutsche Luftwaffe Mission in Rumänien (DLM) et est dirigée par leGénéral Wilhelm Speidel (de)56 et par le Colonel Alfred Gerstenberg (de) attaché de l’air à l’ambassade d’Allemagne en Roumanie7.

Il fallut attendre une première série d’attaques (3 bombardements avec des légers dégâts) sur Ploesti de la part des Soviétiques suite à l’entrée en guerre de l’Allemagne contre l’URSS pour que les premiers renforts arrivent8. Une seconde vague de renforts arriva suite au bombardement américain du 12 juin 1942 lors du projet Halverson n°63 (HALPRO). Cette mission était destinée à l’origine à un bombardement du Japon en décollant de Chine mais suite à la prise de la piste de départ, le général Hap Arnold ordonna le bombardement des raffineries de Ploesti, la toute première attaque américaine sur le sol européen. Entre-temps, la DLM n’ayant plus lieu d’être fût dissoute (janvier 1942) et leGénéral Wilhelm Speidel fût réaffecté. Le Général Alfred Gerstenberg repris le commandement non pas sous la forme d’une assistance militaire mais devient le Commandant en chef de l’aviation militaire allemande en Roumanie (Kommandierender General und Befehlshaber der Deutschen Luftwaffe in Rumänien)9 du 15 février 1942 au 27 août 1944. Installé à son poste, il prit comme mesure de renforcer les défenses du site de Ploesti en hommes et en matériels ainsi qu’en effectuant des manœuvres car au début de la guerre, la Roumanie était une zone très calme pour les soldats.

Les défenses de Ploesti sont constituées de :

  • La Flak qui est très vite renforcée, constituant deux lignes de défense, l’une à 3 km des raffineries, l’autre à 15 km. Un commandement unique pour la DCA du secteur pétrolier de Ploesti est créé et dirigée par le Général Julius Kuderna de la 5. Flak-Division. Du faite de la création d’un commandement unique, le Général Julius Kuderna a sous ses ordres la 5. Flak-Division mais aussi les unités roumaines de lutte antiaérienne. Les canons allemands à eux seuls formaient 42 batteries (5 de 20 mm et 37 mm, 32 de 88 mmet 5 de 105/128 mm). L’Axe disposait aussi de deux trains couverts de flak. Les canons roumains étaient aussi nombreux (40 batteries). Une autre source mentionne le nombre de 237 canons de tous calibres10. Ce dispositif était complété par 58 ballons avec une charge explosive et près de 1 000 projecteurs de fumée et l’ensemble était guidé par 16 stations radar de type « Freya » et « Würzburg »11.
  • L’aviation se composait du I. Gruppe de la Jagdgeschwader 4 allemande (sur Bf 109) dont 1 escadrille est roumaine ayant 2 désignations officielles, 1 allemande (IV./JG 4) et 1 roumaine (Escadrila 53 Vânătoare)12, du IV. Gruppe de la Nachtjagdgeschwader 6 (sur Bf 110) dont 1 escadrille est roumaine ayant 2 désignations officielles, 1 allemande (12./NJG 6) et 1 roumaine (Escadrila 51 Vânătoare de Noapte) et d’au moins 5 escadrilles roumaines (45, 52, 59, 61 et 62 Escadrila Vânătoare) équipées d’IAR-80, avion relativement moderne qui fera ses preuves lors de ce combat.
  • Afin de préserver au maximum les raffineries en cas de bombardement et d’éviter la propagation du feu, des murs et 500 pompiers allemands sont placés à Ploesti13.

L’opération : causes et préparations

Les succès de la stratégie anglo-américaine de 1942 (le débarquement en Afrique du Nord et les victoires dans les 2 batailles d’El-Alamein) ont amené les Alliés à réfléchir sur la conduite des futures opérations 14. Une conférence fût organisée avec les Alliés (États-Unis, Royaume-Uni, Comité national français et Union soviétique mais celle-ci déclina l’invitation) afin de définir en commun la poursuite de la guerre. Cette conférence, plus connue sous le nom de conférence de Casablanca, se passa au Maroc en janvier 1943 en présence de Roosevelt, de Churchill et pour le Comité national français, du Général de Gaulle et du Général Giraud. Les Anglais, malgré leur réticence à ouvrir un second front, souhaitaient, si un débarquement s’avérait nécessaire, l’opérer dans les Balkans pour occuper un maximum de pays « au nez et à la barbe de Staline»15. Les Américains, quant à eux, étaient farouchement opposés à débarquer dans les Balkans et souhaitaient débarquer en Europe occidentale.

Il incombait aux Anglais et Américains de mener cette opération sans trop traîner, ne serait-ce que pour assister indirectement l’Armée rouge, durement engagée dans de sanglants combats sur son territoire.

 

Un compromis fut donc choisi : débarquer « entre les deux » en Sicile et puis en Italie. L’idée d’un bombardement de grande ampleur sur le pétrole roumain naquit à cette occasion. L’intérêt d’une telle mission était de couper l’approvisionnement de carburant de l’Allemagne à sa source permettant de causer de graves difficultés à l’ensemble de ses armées, que ce soit l’aviation ou la Wehrmacht encore toute puissante à l’époque, malgré ses revers en URSS.

Pour cette opération, pas moins de 5 groupes de bombardement furent désignés, soit en tout près de 200 avions (bombardiers lourds Consolidated B-24 Liberator). La mission allait être effectuée par la 9th Air Force présente dans le désert libyen, renforcé à l’occasion par une partie de la 8th Air Force, basée jusqu’alors en Grande-Bretagne.

Pour « motiver » les équipages participant à cette attaque, on prétendra que ce seul raid suffirait pour « réduire la guerre de 6 mois »16. Si cette affirmation est surfaite, il ne fait aucun doute que la pénurie de carburant se ferait cruellement sentir, au moins pendant un temps, sur toute l’Allemagne nazie.

Cette mission fut préparée ensuite dans le plus grand secret, les équipages multipliant les exercices sur des reproductions des objectifs improvisées dans le désert. La mission, nom de code Tidal Wave, allait être exceptionnelle, tant par sa durée, onze heures, soit la limite de l’autonomie des bombardiers, que par ses objectifs, d’importance vitale. De plus, pour éviter la détection, les appareils devraient voler en rase-motte (pratiquement une première pour un bombardement stratégique) au-dessus d’une zone fortement défendue comme on l’a vu ci-dessus.

Unités17

  • 9th USAAF
    • 47 B-24 du 98th Bombardment Group (Heavy) (Pyramiders), Col. John R. Kane°
    • 29 B-24 du 376th Bombardment Group (Heavy) (Liberandos), Col. Keith K. Compton°°
  • 8th USAAF
    • 37 B-24 du 44th Bombardment Group (Heavy) (Flying Eight Balls), Col. Leon W. Johnson°
    • 39 B-24 du 93rd Bombardment Group (Heavy) (Ted’s Timberlake’s Travelling Circus), Lt.Col. Addison E. Baker°✝, Maj. John L. Jerstad°✝
    • 26 B-24 du 389th Bombardment Group (Heavy) (Sky Scorpions), Col. Jack W. Wood°°, 2nd Lt. Lloyd Herbert Hughes°✝
°Récipiendaire de la Medal of Honor
°°Récipiendaire de la Distinguished Service Cross
✝Mort au combat

Objectifs18

Répartition des objectifs
Objectif Ville Raffinerie Unité Aérodrome de départ (Libye)
White I Ploiesti Româno-Americană 376th Bombardment Group (Heavy) (Liberandos) Berka II
White II Ploiesti Concordia Vega 93rd Bombardment Group (Heavy) (Ted’s Timberlake’s Travelling Circus) Section A Terria
White III Ploiesti Standard Petrol et Unirea Speranţa 93rd Bombardment Group (Heavy) (Ted’s Timberlake’s Travelling Circus) Section B Terria
White IV Ploiesti Astra Română et Unirea Orion 98th Bombardment Group (Heavy) (Pyramiders) Lete
White V Ploiesti Columbia Aquila 44th Bombardment Group (Heavy) (Flying Eight Balls) Section A Benina
Blue Brazi Creditul Minier 44th Bombardment Group (Heavy) (Flying Eight Balls) Section B Benina
Red Câmpina Steaua Română 389th Bombardment Group (Heavy) (Sky Scorpions) Berka IV
Ce dimanche 1er août 1943, par une chaleur écrasante, les équipages américains s’apprêtent pour leur mission. Les mécaniciens surent mettre en état 178 machines, chargées chacune de 12 000 litres de carburant et de deux tonnes de bombes. Bien vite cependant, tout ne se déroule pas comme prévu : un appareil s’écrase au décollage, un autre peu après sur la mer et 12 (ou 13 selon les sources[précision nécessaire]) doivent faire demi-tour prématurément suite à divers problèmes. Lorsque les 165 avions restants arrivent sur les Balkans, ils sont interceptés par deux escadrilles de l’aviation bulgare qui ne peuvent cependant les atteindre. Les nuages sur les montagnes vont alors scinder la formation, deux groupes (376th et 93rd) passant au-dessus, les trois autres continuant à l’altitude prévue.

Lors de l’arrivée en Roumanie se produit alors un événement qui alimente encore la polémique aujourd’hui. En effet, la formation de tête, guidée par le 376e groupe, censée attaquer la raffinerie construite à partir de l’argent américain, vire trop tôt, entraînant à sa suite deux autres groupes.

L’avion de tête semble s’être trompé, les autres s’en rendant compte rapidement, comme le prouvent les rapports officiels des équipages, mais suivant malgré tout leur chef. Les responsables américains furent longtemps « ennuyés » par ce « détail » et la propagande allemande se saisit bien vite de l’affaire.

L’opération se poursuit donc dans la plus grande confusion, les appareils de trois groupes ne trouvant plus leurs objectifs assignés. Si le complexe de Ploesti est évidemment atteint par tous, les bombes tombent un peu au hasard. La défense semble se réveiller à ce moment mais souffre d’un grave problème : en ce dimanche, seule les équipes de gardes sont présentes, que ce soit au niveau de la flak ou de l’aviation. De plus, 250 des 750 projecteurs de fumées sont en maintenance, de même qu’une quinzaine de ballons (sur 58). Cependant, toutes incomplètes qu’elles furent, les défenses prirent leur tribut. Les IAR-80 de garde furent vite épaulés par des Bf 109 et même par des Bf 110 de chasse de nuit, rajoutant à la furie des combats.

À ce moment surviennent les deux groupes de bombardiers ayant, on s’en souvient, survolé les nuages et qui eux n’auront pas commis l’erreur de navigation de leurs homologues. Leur arrivée rajoute encore à la confusion et bien peu d’avions bombarderont leurs cibles pré-désignées. Une fois leur mission accomplie, les appareils n’en sont pas quittes pour autant : nombre ont été endommagés, par la DCA ou les chasseurs, cela même alors que ces derniers sont toujours bien présents.

Le vol de retour sera bien long, « agrémenté » par quelques rencontres : d’abord les avions bulgares, des Avia périmés, mais cette fois bien placés pour une rapide interception qui semble causer une perte dans les rangs américains. Ensuite, c’est au tour de la 610e escadrille bulgare, équipée elle de modernes Bf 109 G-6, et qui causera 2 pertes. Enfin, alors que les B-24pénètrent l’espace aérien grec, ils sont pris à partie par le IV/JG27, perdant 4 des leurs.

Bilan

Les sorts des avions américains seront divers : certains regagneront l’Afrique (88, dont seulement 33 en bon état), d’autre la Sicile, Chypre ou Malte (23 en tout). 8 autres seront internés en Turquie (neutre). De même, 36 avions furent détruits sur la Roumanie, 8 s’écrasèrent en Bulgarie (6 étant abattus par la chasse locale) et deux furent perdus sur accident à l’aller. Soit 45 pertes en combat, 58 toutes causes confondues, c’est-à-dire 32,5 % des effectifs engagés. Ou encore 302 tués parmi les équipages et 132 prisonniers, plus 75 internés. Un très lourd bilan donc pour les Américains, comme le rappellent les cinq Medal of Honor distribuées au cours de cette mission (le plus grand nombre à ce jour) qui vit le plus gros taux de perte de l’USAAF.

Contrairement à ce qui fut dit, les défenses de Ploesti n’étaient pas si imparables. Rappelons que :

  • ce dimanche, peu de personnel était à son poste ;
  • le barrage de ballons n’était complet qu’aux trois-quarts, causant malgré cela 4 pertes ;
  • la DCA manquait d’expérience lors de cette première bataille pour elle, causant quand même 20 pertes ;
  • les chasseurs furent peu nombreux19, à peine une trentaine sur la Roumanie, causant environ 10 pertes.

Le bilan aurait pu être bien plus lourd. Mais cette bataille fut une dure « épreuve », excessivement longue pour les équipages américains. Le caractère de cette mission fut exceptionnel.

Pour les forces de l’Axe, le bilan est lui aussi élevé : 7 avions détruits et 10 endommagés, en comptant les appareils bulgares et ceux basés en Grèce. Enfin, concernant les objectifs de la mission : deux raffineries ont été intégralement détruites, trois autres étant gravement endommagées. 78 victimes seront à déplorer en Roumanie, notamment dans l’incendie d’un pénitencier pour femmes touché par la carcasse d’un B-24 abattu. Si l’on considère les nombreuses difficultés posées par la mission, on peut bel et bien parler de succès américain même s’il fut cher payé. D’un côté comme de l’autre, cette mission apporta également de nombreuses leçons. Les Alliés allaient s’en souvenir lors de leur campagne de bombardement dans le même secteur l’année suivante tandis que les Allemands renforceront les défenses et mirent sur pieds des équipes de travailleurs chargés de reconstruire rapidement les installations détruites. De plus, de nombreux murs seront bâtis entre ces mêmes installations, pour limiter l’effet de souffle des bombes.

Enfin, les Allemands avaient la preuve que ce qu’ils redoutaient depuis longue date pouvait se produire et que leur approvisionnement était vulnérable. Adolf Hitler avait engagé ses forces dans les opérations Marita et Merkur dans le but de protéger les champs roumains contre toute action des Alliés.

 

File:B-24D's fly over Polesti during World War II.jpg

Les B-24 de la 15th USAAF au-dessus de Ploieşti.

Bombardement du 1er août 1943
Objectif Unité assignée Unité qui bombarda Résultat
White I: Româno-Americană 376th Bombardment Group (Heavy) (Liberandos) / /
White II: Concordia Vega 93rd Bombardment Group (Heavy) (Ted’s Timberlake’s Travelling Circus) Section A 376th Bombardment Group (Heavy) (Liberandos) 40 % de la capacité de raffinage détruite.
White III: Standard Petrol et Unirea Speranţa 93rd Bombardment Group (Heavy) (Ted’s Timberlake’s Travelling Circus) Section B / /
White IV: Astra Română 98th Bombardment Group (Heavy) (Pyramiders) 93rd Bombardment Group (Heavy) (Ted’s Timberlake’s Travelling Circus) Section B et 98th Bombardment Group (Heavy) (Pyramiders) Destruction à 50 % de la raffinerie.
White V: Columbia Aquila 44th Bombardment Group (Heavy) (Flying Eight Balls) Section A 93rd Bombardment Group (Heavy) (Ted’s Timberlake’s Travelling Circus) Section A et 44th Bombardment Group (Heavy) (Flying Eight Balls) Section A Interruption de production pendant 11 mois.
Blue: Creditul Minier 44th Bombardment Group (Heavy) (Flying Eight Balls) Section B 44th Bombardment Group (Heavy) (Flying Eight Balls) Section B Interruption totale de production pendant le reste du conflit.
Red: Steaua Română 389th Bombardment Group (Heavy) (Sky Scorpions) 389th Bombardment Group (Heavy) (Sky Scorpions) Destruction totale, reprise de la production 6 ans plus tard.

Polémique

Sur l’incident de navigation dont furent victimes les trois premiers groupes arrivés en Roumanie, il a longtemps été affirmé (et certaines sources le prétendent encore aujourd’hui[précision nécessaire]) qu’il a été dû à la perte d’un appareil sur la Méditerranée à l’aller. Selon certains[précision nécessaire], cet appareil était le leader de la formation et emportait deux experts en navigation et bombardement nécessaires au bon déroulement de la mission.

Cette version fut sans doute inventée pour se justifier du fiasco partiel de l’attaque[réf. nécessaire]. D’après l’analyse rigoureuse de Michael Hill qui a longuement étudié ce point gênant, ledit appareil comportait son équipage normal de dix hommes et ne menait pas son groupe bien qu’il fût dans la formation de tête.

Le nouveau leader, manquant d’expérience (alors que piloté par le colonel Compton) aurait alors viré vers l’est un peu trop tôt, suivant une voie ferrée menant à Bucarest. L’erreur est dure à accepter. Sur sa nouvelle route, la formation suivait un cours d’eau, point de repère clairement visible qu’elle n’était nullement censée suivre. De plus, tous les auteurs mentionnent que très vite, dans la majorité des avions, on se rendit compte de la méprise. Ainsi, l’un des appareils quittera la formation pour continuer sur la bonne route (il sera d’ailleurs abattu).

Des cinq groupes, deux continuèrent sur cette voie erronée, un se rendit compte immédiatement de la méprise et changea de cap et les deux derniers arrivés plus tard ne firent pas la même erreur. Alors que l’objectif du premier groupe était le complexe de raffinerie érigé sur base de capitaux américains.

Selon Michael Hill « ce virage fut la suite d’un ordre et, partant, il y avait une raison derrière cette décision ». Le groupe responsable de l’erreur (376th Bombardment Group (Heavy) (Liberandos)), n’a à ce jour pas publié son historique qui permettrait de répondre à certaines questions gênantes concernant cette affaire.

  1. ↑ abc et d  »Les Alliés, maitre du jeu pétrolier », article de Jean Lopez, Guerres & Histoire n° 9, octobre 2012, page 38 à 43.
  2.   »Aero Journal Hors-Série » n°4 (Christian-Jacques Ehrengardt), Novembre-Décembre 2009, édition Caraktère SARL. page 5
  3.  James Dugan et Carrol Stewart, Opération Raz de Marée sur les pétroles de Ploesti, J’ai lu, coll. leur aventure, no A84/85, Paris, 1964. page 38
  4.   »Batailles aériennes » n°25 (Cristian Craciunoiu), Juillet-Août-Septembre 2003, édition Lela Presse. page 9
  5.   »Batailles aériennes » n°25 (Cristian Craciunoiu), Juillet-Août-Septembre 2003, édition Lela Presse. page 10
  6.  L’auteur du n°25 du trimestriel Bataille aériennes a confondu le général Wilhelm Speidel avec le général Hans Speidel. En effet, le général Hans Speidel était un général de la Heer et se trouvait en poste à Paris pendant cette période.
  7.  James Dugan et Carrol Stewart, Opération Raz de Marée sur les pétroles de Ploesti, J’ai lu, coll. leur aventure, no A84/85, Paris, 1964. page 38
  8.  James Dugan et Carrol Stewart, Opération Raz de Marée sur les pétroles de Ploesti, J’ai lu, coll. leur aventure, no A84/85, Paris, 1964. page 42
  9.   »Batailles aériennes » n°25 (Cristian Craciunoiu), juillet-août-septembre 2003, édition Lela Presse. page 18
  10.   »Aero Journal Hors-Série » n°4 (Christian-Jacques Ehrengardt), Novembre-Décembre 2009, édition Caraktère SARL. page 10
  11.   »Batailles aériennes » n°25 (Cristian Craciunoiu), Juillet-Août-Septembre 2003, édition Lela Presse. page 29
  12.  Cette désignation signifie 53ème escadrille de chasse
  13.  James Dugan et Carrol Stewart, Opération Raz de Marée sur les pétroles de Ploesti, J’ai lu, coll. leur aventure, no A84/85, Paris, 1964. page 52
  14.  Lieutenant-colonel Eddy Bauer et Colonel Rémy, La Seconde Guerre mondiale: Les Conférences, Editions Christophe Colomb, Glarus, 1985. page 9
  15.   »Batailles aériennes » n°25 (Cristian Craciunoiu), Juillet-Août-Septembre 2003, édition Lela Presse. page 25
  16.   »Batailles aériennes » n°25 (Cristian Craciunoiu), Juillet-Août-Septembre 2003, édition Lela Presse. page 25
  17.  James Dugan et Carrol Stewart, Opération Raz de Marée sur les pétroles de Ploesti, J’ai lu, coll. leur aventure, no A84/85, Paris, 1964. page 76 et 125
  18.  James Dugan et Carrol Stewart, Opération Raz de Marée sur les pétroles de Ploesti, J’ai lu, coll. leur aventure, no A84/85, Paris, 1964. page 65 et 66
  19.  Bien que certains auteurs parlèrent de 125 chasseurs, chiffre autrement fantaisiste
im_c6_10
http://www.checksix-fr.com/bibliotheque/index.php?page=detail&ID=5992

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 

 

 

22 mars 2013

Victoire britannique à la Victoire de la Mer des Barents

Classé sous — milguerres @ 22 h 36 min

 

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Victoire britannique à la Victoire de la Mer des Barents

La bataille de la mer de Barents est une célèbre bataille navale qui a eu lieu sur l’océan Arctique, les derniers jours de l’année 1942. Elle opposait l’armée britannique à l’armée du Reich allemand. Il s’agissait pour les Allemands d’interrompre l’un des nombreux convois de ravitaillement envoyés par les Britanniques et destinés à l’armée soviétique. Ces convois étaient composés au total de 792 cargos. La bataille de la mer de Barents s’est soldée par une victoire britannique, et a marqué la fin des opérations maritimes pour Hitler, qui a favorisé à partir de 1942 les batailles sous-marines.

Victoire britannique à la Victoire de la Mer des Barents barents

La bataille de la mer de Barents est une bataille navale qui a eu lieu dans les derniers jours de 1942 dans l’océan Arctique. Elle a opposé l’escorte du convoi JW51B1, destiné à l’Union soviétique, à une division de la Kriegsmarinealignant le croiseur lourd Hipper, le cuirassé de poche Lutzow et plusieurs destroyers.

L’escorte britannique, soutenur en cours de combat par la « force R » de l’amiral R.L. Burnett de la Royal Navy, a empêché les Allemands de couler un seul des cargos composant le convoi.

La situation militaire

À la fin de l’année 1942, la Seconde Guerre mondiale offre les batailles de Stalingrad, Guadalcanal, El-Alamein. Le IIIeReich est au plus haut de son expansion. Seule, l’Union soviétique combat encore sur le sol européen. Les alliés envisagent des débarquements, mais ne sont pas encore prêts pour donner l’assaut à la forteresse Europe.

Pour aider l’URSS, les Alliés envoient d’importants tonnages de matériel militaire, par voie maritime, à destination des ports de Mourmansk et Arkhangelsk sur la mer Blanche. Les cargos sont groupés en convois dits de l’Arctique, protégés par des escorteurs et, quelquefois, par des navires de ligne. Sur l’ensemble de la guerre, 40 convois seront envoyés, totalisant 792 cargos. Les pertes, très variables d’un convoi à l’autre, se montant globalement à 7,5 %.

Le dispositif allemand pour rompre cette route d’approvisionnement est basé en Norvège, que les convois doivent longer pour aller en Russie, la banquise leur interdisant de pouvoir s’en éloigner vraiment. Il comprend des navires de guerre, ainsi que des U-Boote et de l’aviation. Les U-Boote et les avions patrouillent pour repérer les convois et les signaler. Ils sont alors attaqués par des navires de surface, des meutes de sous-marins ou des escadrilles d’avions, bombardiers ou torpilleurs.

 

Pour éviter d’être repérés, les communications radio sont interdites. On signale par pavillon ou par projecteur, même s’il existe un système de téléphonie à courte distance, difficilement repérable par les postes d’écoute ennemis. Les conditions météo feront que le HMS Onslow, pour donner un ordre à l’un des bâtiments d’escorte, devra souvent passer par l’intermédiaire d’un autre escorteur chargé de répéter le signal. Par exemple, quand le HMS Obdurate recevra l’ordre d’aller identifier les torpilleurs supposés russes, le HMSObedient servira d’intermédiaire.

Force de soutien

Elle se compose de la 10e division de croiseurs du contre-amiral R.L. Burnett, HMS Sheffield et HMS Jamaica. Le premier est de la classe « Southampton »10 et le second de la classe « Fiji »11. Ils disposent chacun de 12 pièces de 152 mm, en 4 tourelles triples, et sont de taille à se mesurer aux croiseurs allemands. Ils sont accompagnés de deux destroyers, HMS Matchless et HMS Opportune.

Plus loin, il y aussi le cuirassé HMS Anson et le croiseur lourd HMS Cumberland, accompagnés de 5 destroyers, mais ils seront trop loin pour intervenir.

Enfin, 9 sous-marins, dont un polonais et un hollandais, sont déployés devant les bases allemandes de Norvège, dans l’espoir de torpiller les unités allemandes qui voudraient gagner la haute mer.

Forces allemandes

Les forces allemandes sont commandées par le vice-amiral Oskar Kummetz qui dirigera l’opération Regenbogen (Arc-en-ciel). Cette opération a été approuvée par Hitler sur proposition de l’état-major de la Marine. Il y a en effet une polémique entre le dictateur nazi et ses amiraux. Elle est née après la destruction du Bismarck. Pour des raisons de prestige, au moins, il refuse que soient engagés dans des opérations à risque des grandes unités de surface de la Kriegsmarine. Il sait aussi que ses marins n’ont pas le mordant des Britanniques. Les amiraux espèrent donc le faire changer d’opinion en lui offrant une victoire. Le désastre du convoi PQ17, les pertes élevées infligées au PQ18 leurs permettent d’espérer détruire le prochain convoi12.

À cette époque, les Allemands ont nombre de navires embusqués en Norvège. En fonction de la saison, les convois ont une route de 1 500 à 2 000 milles nautiques à parcourir. Suivant la place de la banquise, la moitié du trajet est à portée de l’aviation. Ils doivent passer à 200 milles de l’Altafjord, voire 50 à 100 milles des bases les plus au Nord, commeKirkenes ou Petsamo.

À Altafjord, on trouve le croiseur lourd Hipper, le cuirassé de poche Lutzow, le croiseur léger Köln et 5 destroyers.

À Trondheim, on trouve le navire de ligne Tirpitz et 3 destroyers.

À Narvik, il y a le croiseur léger Nurnberg et un destroyer.

Pour le début de l’année 1943, on devrait voir arriver le Scharnhorst, le Prinz Eugen et 5 destroyers supplémentaires.

Pour les sous-marins, ce sont deux flottilles qui sont basées en Norvège.

Bâtiments de combat

  • L’ Admiral Hipper est un croiseur lourd portant 4 tourelles doubles de 203 mm.
  • Le Lutzow est un cuirassé de poche de classe Deutschland armé de deux tourelles triples de 280 mm. C’est un sister ship de l’Admiral Graf von Spee, sabordé au début de la guerre, et de l’Admiral Scheer. Il fut baptisé Deutschland, mais Hitler ordonna d’en changer le nom pour éviter que les alliés ne puissent se targuer d’avoir « coulé l’Allemagne ».

Destroyers

Six destroyers sont désignés pour participer à l’opération. Ils sont de deux types différents :

  • Le Z 4 Richard Breitzen, le Z 6 Theodor Riedel et le Z 16 Friedrich Eckoldt sont armés de canons de 127 mm.
  • Les Z 29, Z 30 et Z 31, armés, eux, de canons de 150 mm.

Le conducteur de flottille est le Z 16.

Ordres donnés

L’amiral Kummetz a prévu d’étaler les 6 destroyers en ligne pour dénicher le convoi. Les bâtiments de combat seront sur les ailes, le Hipper au nord-ouest, le Lutzow au sud. Il s’agira de surprendre le convoi à l’aube et de le prendre entre deux feux.

Ce plan est relativement simple mais la complication vient des ordres qui sont adressés à l’amiral : « …ne pas engager le combat avec adversaires de force égale, afin d’éviter risques trop grands pour les croiseurs… »13. Cette prudence demandée expliquera pour une bonne part le peu de succès des Allemands.

Chronologie des événements

 

Le convoi appareille le 22 décembre 1942 à 14h15 du Loch Ewe, en pleine tempête (force 12 sur l’échelle de Beaufort !)

Le 24, un Condor14 est vu et les Britanniques pensent qu’il a les a repérés. Il n’en est rien et c’est un sous-marin, le U354, qui est le premier à signaler le convoi, indiquant même dans son message que son escorte est de faible importance.

 

File:Barents 1942.svg

La tempête disperse une partie du convoi. Pour donner une idée de sa violence, les tourelles avant des navires sont tournées au maximum vers l’arrière, pour éviter d’être endommagées. Cela n’empêchera pas 2 des 4 tourelles du HMS Onslow d’être hors d’état de servir quand le navire de Sherbrooke attaquera le Hipper.

Une partie des escorteurs est envoyée rallier les égarés, mais le HMS Oribi ne retrouvera jamais le convoi, tout comme le HMS Bramble, qui aura le malheur de tomber sur l’escadre allemande.

Les Allemands ont appareillé, passant inaperçus des sous-marins alliés qui les guettent.

Le 31 décembre, le Hipper et le Lutzow s’écartent, accompagnés chacun de 3 destroyers. Leur objectif est de se trouver à 8h00 à 75 milles d’écart, de chaque côté de leur proie.

Vers 9h15, les Britanniques distinguent les silhouettes de plusieurs bâtiments. Comme ce sont peut-être les Russes annoncés15, le HMS Obdurate reçoit l’ordre de les identifier. Ce qui est vite fait quand les nouveaux venus ouvrent le feu.

Le Hipper arrive du Nord et fait feu. Malgré la disproportion des forces, le HMS Onslow et le HMS Orwell se lancent à l’attaque du croiseur. En même temps, le convoi met cap au sud-est et le HMS Achates tend un rideau de fumée pour le dissimuler16.

Les conséquences de la réaction alliée sont de rendre hésitant le croiseur qui craint des attaques à la torpille, mais aussi de diriger le convoi droit sur le cuirassé de poche.

Le Hipper rompt le combat à la faveur d’une bourrasque de neige qui ajoute ses effets au rideau de fumée qu’il tend lui aussi. Les destroyers restent entre sa position estimée et le convoi. La même scène aura lieu plusieurs fois : Le Hipper apparaît pour tirer sur le convoi. Les deux escorteurs lui envoient des salves sans effet sur sa cuirasse et simulent des attaques à la torpille, que le croiseur évite en s’éloignant dans la tempête.

Vers 10h15, c’est la quatrième attaque des Britanniques, qui simulent des lancers de torpilles. Le HMS Onslowest touché par un obus de 203 mm. L’obus éventre la cheminée et ses éclats ravagent la passerelle. Deux autres viennent le frapper à l’avant, détruisant ses deux canons avant. Sherbrooke, gravement blessé, finit par remettre le commandement au HMS Obedient.

Puis c’est le tour du HMS Achates, qui continue bravement à tendre des rideaux de fumée pour masquer le convoi, d’encaisser des projectiles de 203 mm. Sa coque crevée, il finira par sombrer. La petite corvette Hyderabad le remplace alors dans sa tâche de protection, aidée par un cargo qui largue des séries de bouées fumigènes17.

Mais les Allemands n’exploitent pas leurs succès. Les conditions météo déplorables, bourrasques de neige et vents violents, qui limitent la visibilité, et les ordres de prudence, les incitent à ne prendre aucun risque, à rompre fréquemment le combat avant de revenir au contact. Les destroyers restent en support et ne lancent pas d’attaques par eux-mêmes, ce qui aurait augmenté les chances allemandes de parvenir à détruire le convoi.

Entre temps, le dragueur de mines HMS Bramble, isolé, est coulé par le Hipper.

Au sud, le Lutzow rate son intervention, le convoi passant sur son arrière sans être remarqué.

À 11h32, le Hipper signale par radio qu’il est « …au combat avec l’escorte… pas de croiseur à proximité du convoi… ». Quelques minutes plus tard, des salves de 152 mm s’abattent autour de lui. L’ayant repéré au radar, les croiseurs de Burnett ont identifié le croiseur allemand par la lueur de ses tirs. Il reçoit un coup au but, qui met hors de service l’une de ses 3 chaudières, ramenant sa vitesse à 15 nœuds. Il tourne au nord pour se porter à la rencontre de ces nouveaux arrivants et est touché encore 2 fois, ce qui met le feu au hangar de son hydravion.

Le Hipper rompt le combat. Ses destroyers confondent le HMS Sheffield avec lui18, ce qui entraîne la perte du Z-16.

À 12h00, le Lutzow a retrouvé le convoi sur lequel il envoie ses projectiles de 280 mm. Mais à longue portée, 16 km, il ne fait que toucher le HMS Obdurate. Peu après, l’escadre allemande se retire.

L’escorte peut se prévaloir d’une victoire. Aucun cargo n’a été détruit, mais au prix de la perte de 3 escorteurs et de plusieurs autres endommagés.

Conséquences de la bataille[modifier]

C’est à la suite de cette bataille que Hitler décide la fin de l’utilisation de sa flotte de surface et de tout miser sur la guerre sous-marine, remplaçant le grand-amiral Raeder par Karl Dönitz.

Il est vrai que c’est par les britanniques qu’il apprend19 les résultats de la bataille, la marine allemande ayant, piteusement, pris son temps pour livrer sa version.

D’une certaine manière, ce combat aura été la victoire la plus rentable de la Royal Navy durant ce conflit ! Pour le prix de quelques escorteurs, elle aura obtenu la neutralisation de la flotte de surface de son adversaire. Elle renforce surtout le complexe d’infériorité mentale de la Kriegsmarine face à la Royal Navy. Jamais le cuirassé Tirpitz n’osera sortir en mer pour attaquer d’autres convois et, lorsque le Scharnhorst s’y risquera ce sera pour être coulé par le cuirassé Duke of York.

Cette victoire stratégique est cependant passée quelque peu inaperçue à l’époque.

Notes

  1. ↑ Après la tragédie du convoi PQ17, la numérotation des convois vers l’Union soviétique est modifiée. On a les lettres JW, suivies d’un nombre à 2 chiffres à partir de 51. Le convoi JW51 est divisé en 2 parties indépendantes. JW51A part le 15 décembre et rallie Mourmansk sans encombres. JW51B sera l’un des acteurs de cette bataille.
  2. ↑ assisté, en cas de problème par un « vice commodore » et un « contre commodore » sur d’autres navires. Ce titre est sans relation avec le grade de commodore.
  3. ↑ Il ne remplace pas le capitaine du navire sur lequel il a pris place, ici le capitaine Maugham.
  4. ↑ Pour donner une idée, c’est de quoi équiper, en gros, une division blindée.
  5. ↑ Les marins des pétroliers touchent, on le comprend, une prime de risque supplémentaire
  6. ↑ Officiellement, son prénom est Robert, mais il est appelé Rupert pour éviter une confusion avec l’un de ses oncles. C’est un descendant de l’amiral Jervis, Lord St Vincent, pour sa victoire en 1797 au cap St-Vincent, sur les Espagnols.
  7. ↑ Mis en service en 1930, c’est un destroyer de classe A de 1540 tonnes pour 98 mètres de long. Il est équipé de 4 canons de 120, mais deux d’entre eux ont été remplacés, à l’avant, par un mortier ASM « Hérisson » (« hedgehog »), à l’arrière par des grenadeurs. Il porte aussi 2 affûts quadruple lance-torpilles, 2 canons AA de 40 mm et 4 œrlikons de 20 mm.
  8. ↑ Corvettes de classe Flower, construites d’après les plans d’un navire baleinier, le Southern Pride ; initialement prévues pour la défense côtière, ces corvettes se retrouveront à effectuer des tâches d’escorteur de haute mer. Leur surnom anglais était : « les Pékinois de la mer ». Elles sont de la même classe que les corvettes FNFL Aconit ou Mimosa.
  9. ↑ HMS Bramble dispose du meilleur radar de l’escorte. Cela peut expliquer le choix.
  10. ↑ La classe Southampton est une sous-classe des croiseurs de type Town.
  11. ↑ La classe Fiji est une sous-classe des croiseurs de type Crown-colony regroupant les huit premiers navires de cette dernière.
  12. ↑ Convoi qu’ils nomment PQ20, n’ayant pas encore eu vent du changement de dénomination.
  13. ↑ Bekker, page 338.
  14. ↑ C’est un quadrimoteur, Focke-Wulf 200, utilisé pour la reconnaissance à long rayon d’action mais aussi comme bombardier. Les conditions météo de ce mois de décembre font que l’aviation allemande ne pourra intervenir contre ce convoi.
  15. ↑ Un message mal traduit a transformé en « navires » ce qui était des « avions ».
  16. ↑ Sur la passerelle, il y a un bouton spécial, relié à un bruiteur dans la salle des machines. Quand il retentit, les mécaniciens ouvrent en grand les brûleurs, déréglant la combustion. Cela génère énormément de fumée grasse qui reste au niveau de la mer et établit ce « rideau de fumée ». Mais le navire qui fait cette opération se distingue alors parfaitement sur le fond noir et fait une cible excellente. De nos jours, ce sont uniquement des dispositifs fumigènes qui sont employés.
  17. ↑ C’est une des tactique exposées avant le départ à tous les capitaines ; il n’y a rien d’improvisé dans ces manœuvres.
  18. ↑ Le Friedrich Eckoldt demande au Hipper sur qui il tire. Celui-ci répond qu’il ne tire pas. Le commandant Bachmann n’aura pas le temps de réaliser ce que sous-entend cette réponse. Ledestroyer est touché par plusieurs obus de 152 mm et coule avec tout son équipage en quelques minutes.
  19. ↑ Via une dépêche de l’agence Reuters.

21 mars 2013

La seconde bataille d’El-Alamein

Classé sous — milguerres @ 22 h 33 min

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

La seconde bataille d'El-Alamein alamei11

La seconde bataille d’El-Alamein est un épisode de la guerre du désert durant la Seconde Guerre mondiale. Elle se déroula fin octobre, début novembre 1942.
Elle fut décisive dans le sens où elle permit aux Britanniques de repousser les Allemands qui menaçaient depuis plus de six mois la ville d’Alexandrie et le canal de Suez. Si les Allemands avaient réussi, ils auraient envahi une grande partie de l’Empire britannique. Mais la supériorité en chars de l’armée britannique et la domination de la mer Méditerranée par laRoyal Navy empêcha l’Afrikakorps (DAK) d’être ravitaillé de manière efficace. Perdant de fait l’initiative, Rommel dut se résoudre à la défensive, chose dans laquelle il excellait moins que dans l’offensive. De fait, Montgomery, après avoir repoussé en septembre la dernière offensive du « Renard du désert » à Alam el Halfa, put préparer la grande offensive pour chasser les Germano-Italiens d’Afrique.

Prélude
Le 22 septembre, Rommel, trop malade pour continuer à assurer le commandement du DAK, confie celui-ci au généralGeorg Stumme. Le lendemain, Rommel décolle de Derna à destination de Rome où il doit rencontrer Mussolini. Après cette escale romaine, Rommel s’envole pour Berlin où il s’entretient cette fois avec le Führer, puis, part pour le centre d’hospitalisation du Semmering à proximité de Wiener Neustadt. À ce moment-là, Hitler ne pense aucunement renvoyer Rommel en Libye mais plutôt sur le front russe.
Début octobre, Rommel se rend à Berlin pour répondre à plusieurs interviews pour la presse allemande à laquelle il annonce que l’Afrika Korps atteindra bientôt Alexandrie sans toutefois cacher les difficultés de ravitaillements et l’avance de plus en plus difficile. Son moral est d’ailleurs remonté à la suite de la promesse d’Hitler de lui envoyer très rapidement des chars Tigre I dont Rommel vient de voir le prototype. Rommel sera ensuite acclamé lors d’un meeting en son honneur dans le palais des sports de Berlin, où tous les dignitaires nazis sont là pour le féliciter. À la tribune, Rommel fera un discours très optimiste sur la suite des opérations, puis, raconte des anecdotes sur les victoires au quotidien qu’il remporte à la tête de ses troupes.

En Afrique pendant ce temps-la, l’armée alliée renforce ses positions et en particulier celle d’El-Alamein. De plus, les combats continuent et ce sont en grande partie les Italiens qui en supportent le poids. Ainsi, le 2 octobre, le 10ebataillon, du commandant Grossi, de la Folgore repousse à lui seul une attaque de la 6e brigade néo-zélandaise en détruisant 20 chars Grant mais perd son commandant. Le 12, c’est le groupement Ruspoli, qui relève des troupes de la Division Trieste dans l’Himeimat et en particulier les côtes 103 et 125. Là, le groupement fait face à deux ennemis, la chaleur intenable et la maladie provoquée par celle-ci, dysenterie, insolations, scorbut… et qui font des ravages dans les rangs italiens et les armées alliées, qui ne cessent d’attaquer la position. Malgré tout, à la suite des pertes provoquées par les hommes du colonel Ruspoli, mais aussi aux conditions de vie dans l’armée britannique, plusieurs mutineries ont lieu, dont celle des troupes australiennes qui refusent tout simplement de retourner à l’assaut.

L’opération Lightfoot
À la suite de l’échec allemand, Montgomery peut enfin se préparer à lancer une offensive qui aura pour objectif de repousser les Allemands d’Égypte. Le nom de l’opération est Lightfoot.

Forces en présence
Du côté italo-allemand

Sur le front, les forces de l’Axe, contrairement à leurs habitudes (surtout pour les Allemands) doivent se préparer à défendre leurs positions face aux Britanniques. Rommel, peu avant son départ s’est efforcé de mêler les forces allemandes et italiennes entre elles. Les positions défensives de la Panzerarmee sont les suivantes, la 94e Infanterie Division et la division Trento tiennent le front nord, ensuite, la division Bologna soutenue par deux Kampfgruppen de la 22eFallschirmjäger Brigade tient la crête de Ruweisat. Les deux autres Kampfgruppen sont en soutien des divisions Brescia et Pavia. La Division Folgore était mêlée avec le 33e bataillon de reconnaissance allemand. Plus au sud encore, la 15ePanzerdivision et la division blindée(DB) Littorio sont ensemble. L’extrême sud du front au niveau de la Dépression de Qattara étant tenu par la 21e Panzerdivision et la division blindée Ariete. La 90e division légère et la division d’infanterie Trieste sont gardées en réserve.
Cette disposition montre très clairement que les Allemands craignent une attaque au sud. Ils comptent sur la lenteur des Britanniques pour pouvoir ramener leurs blindés au nord en cas d’attaque. Rommel dispose sa défense en profondeur pour rendre les tirs de barrage anglais inefficaces. Nehring blessé est remplacé par von Thoma. À la tête de la 21ePanzerdivision, le général von Randow remplace von Bismarck mort. Dans l’état-major, Gause a été blessé et von Mellenthin est transféré en Europe.
L’Afrikakorps et le corps italien ne sont pas au mieux de leur forme. L’insuffisance du ravitaillement italien fit que les rations étaient diminuées de moitié, et les hommes n’avaient reçu aucun aliment gras ou légume les jours précédant l’offensive. De plus, le climat entraînait un nombre important de malades parmi les rangs des combattants. Les Allemands disposent donc en octobre de 54 000 soldats, les Italiens de 62 000. La Luftwaffe et la Kriegsmarine disposent eux de 15 000 hommes. Il y a en tout 90 000 hommes dont 69 000 combattants. Les Italiens, eux, sur l’ensemble du territoire africain disposent de 146 000 hommes dont la moitié seulement sont des combattants. 

L’effectif en hommes et matériels des divisions allemandes est le suivant :
• 15e Panzerdivision : 223 officiers, 3 294 hommes (sur un effectif théorique de 9178), 47 canons anti-char, 36 canons de campagne, 65 Panzer (de tous types, y compris Panzer II), 16 voitures blindées et 1 604 camions ;
• 21e Panzerdivision : 290 officiers, 8 706 hommes, 53 canons anti-char, 47 canons de campagne, 68 Panzer de tous types, 16 voitures blindées et 1 805 camions ;
• 90e Leichte Division : 133 officiers, 4 679 hommes, 18 canons anti-char, 19 canons de campagne, 5 voitures blindées, 1 441 camions ;
• 164e Leichte Division : 236 officiers, 6 708 hommes, 45 canons anti-char, 10 canons de campagne. L’appellation « légère » est provisoire, l’unité étant en cours de transfert depuis la Crète ;
• Troupes organiques : 236 officiers, 6 912 hommes, 85 canons légers de Flak, 29 canons lourds de Flak, 51 canons lourds de campagne, 1 108 camions3.
Ces effectifs datent du 1er août ; en octobre, avec l’arrivée des renforts, ils ont grossi et la 22° Fallschrimjager Brigade « Ramcke » est arrivée. En tout, il y a 242 chars (173 Panzer III, 38 Panzer IV dont 30 F2, 31 Panzer II). Les Italiens possèdent de leur côté 323 chars, ce qui fait un total pour l’Axe de 565 chars. 22 chars sont en réparation.

Du côté britannique
Montgomery, quant à lui, dispose de 1 029 chars, 200 sont en réserve et près de 1 000 en réparation. La différence avec les Allemands est considérable, mais cela a toujours été ainsi. Ses chars sont répartis en 3 divisions complètes et deux brigades. Contrairement aux précédentes batailles, les Britanniques n’ont plus de Matilda II (à part 12 démineurs) et peu de Crusader à canons de 2 Pdr. 422 chars sont des Grant. Les Sherman M4 qui rivalisent avec le Panzer IV aussi bien pour le canon, le blindage ou la vitesse. 
Le reste est composé de Stuart et de Churchill mk II. L’ensemble des chars est disposé comme suit :
• Troupes organiques d’armée :
• Escadron de protection du QG : 7 Grant plus des voitures blindées ;
• 1st Army Tank Brigade : 12 Matilda Scorpions ;
• 74th Armoured Brigade : 39th, 118th, 124th régiments royaux de tanks composés de chars factices.
• 10th Corps :
• QG du Corps : 2 Crusader 2 Pdr ;
• 1st Armoured Division :
• QG divisionnaire : 8 Crusader 2 Pdr ;
• 12th Lancers : voitures blindées ;
• Kingforce : 6 Churchill Mk II.
• 2nd Armoured Brigade :
• The Queen’s Bay, 9th Lancers et 10th Hussars : 1 Grant, 92 Sherman, 38 Crusader 2 Pdr, 29 Crusader 6 Pdr ;
• 10th Armoured Division :
• QG divisionnaire : 7 Crusader 2 Pdr ;
• The Royal Dragoons : voitures blindées.
• 8th Armoured Brigade :
• 3e Régiment Royal de Tank, Sherwood Foresters Yeomanry, Staffordshire Yeomanry : 57 Grant, 31 Sherman, 33 Crusader 2 Pdr, 12 Crusader 6 Pdr.
• 24th Armoured Brigade :
• 41e Régiment Royal de Tanks, 4e régiment royal de tanks, 47e régiment royal de tanks : 2 Grant, 93 Sherman, 28 Crusader 2 Pdr, 17 Crusader 6 Pdr.
• 13th Corps :
• 7th Armoured Division :

• The Household Cavalry Regiment, 11th Hussars, 2nd Derbyshire Yeomanry : voitures blindées.
• 4th Light Armoured Brigade :
• 4th et 8th Hussars, The Royal Scots Greys : 14 Grant, 67 Stuart.
• 2nd Armoured Brigade :
• 1st et 5th Régiment Royal de Tanks, 4th Country of London Yeomanry : 57 Grant, 19 Stuart, 42 Crusader 2 Pdr, 8 Crusader 6 Pdr.
• 30th Corps :
• 9th Armoured Brigade :
• 3rd king’s Own Hussars, Royal Wiltshire Yeomanry, Warwickshire Yeomanry : 37 Grant, 36 Sherman, 37 Crusader 2 Pdr, 12 Crusader 6 Pdr.
• 23rd Armoured Brigade :
• 8th, 40th, 46th et 50th Régiment Royal de tanks : 194 Calentine 2 Pdr.
• 2e régiment de cavalerie divisionnaire néo-zélandais : 29 Stuart.
• 9e régiment de cavalerie divisionnaire de la 9e division australienne : 15 Crusader 2 Pdr et 4 Stuart.
À ce nombre, il faut rajouter les canons automoteurs M7 Priest et Bishop. Concernant les effectifs, la 8th Army aligne 220 000 hommes contre 110 000 à la Panzerarmee Afrika. L’artillerie comporte 2 000 canons contre 550 canons de campagne et 850 canons anti-char pour les Allemands.

Le plan d’attaque
Pour percer le front de l’Axe, Montgomery prévoit une attaque au nord du 30th Corps avec pour objectif notamment l’ouverture d’un passage dans les champs de mines pour permettre au 10th Corps d’y pénétrer. Le 13th Corps situé au sud développera une attaque vers le plateau de Taqa et une autre au niveau du Djebel Kalakh pour faire diversion et fixer des forces adverses4. Les Britanniques veulent faire subir aux Germano-Italiens des pertes bien supérieures aux leurs, ce qui depuis le début de la guerre du désert ne s’est quasiment jamais produit. Enfin, la victoire de l’infanterie sera un préalable à l’engagement des chars. On le voit, alors que les Allemands craignent pour leur front sud, l’effort anglais va se diriger au nord du front. Cependant, les champs de mines du nord sont extrêmement profonds et vont donc constituer un obstacle de taille pour les Britanniques et leurs alliés.

La bataille
L’infanterie à l’attaque

L’offensive commence le 23 octobre. Des centaines d’avions attaquent les positions de l’Axe. À 21h40, c’est au tour de l’artillerie de bombarder les positions germano-italiennes durant 15 minutes avant de laisser la place à 22 heures à un tir de barrage qui permet aux fantassins de quatre divisions de sortir de leurs positions. Très vite, le génie s’attelle à ouvrir des passages dans les champs de mines. Cela permettra à la 23rd Armoured Brigade de progresser et de soutenir l’infanterie.
Tout au nord, les Australiens malgré des pertes parfois élevées, réussissent à progresser de manière correcte. Sur leur flanc gauche, la 51st Highland Division a bien du mal à avancer. L’ancienne unité d’élite est totalement changée et les charges se font à l’écossaise, bagpiper en tête. La division a comme objectif la Red Line qui doit impérativement être atteinte à 2h45. Ensuite, d’autres unités doivent prendre la relève pour continuer l’assaut. Mais les fantassins éprouvent les pires difficultés à avancer et ceux qui atteignent la ligne ont déjà un fort retard. Seule une compagnie atteint ses objectifs au matin du 24 octobre. Pour les Néo-Zélandais situés plus au sud, le barrage d’artillerie est très efficace et les fantassins atteignent sans trop de mal la Red Line. Le 23rd Battalion décide même de continuer avant de se replier. On attend que les artilleurs britanniques règlent leur tir pour pouvoir de nouveau progresser et atteindre la crête de Miteiriya. À 4 heures du matin, les Néo-Zélandais qui ont réussi à atteindre leurs objectifs s’enterrent. Plus au sud, la quatrième nation de l’offensive, les Sud-Africains ont plus de mal. Certaines unités réussissent à atteindre la Red Line, mais la deuxième vague ne peut atteindre ses objectifs. Les Allemands ont mis en place un feu très efficace. Avec l’aide de l’artillerie, ils réussissent à atteindre leur objectif mais l’aube est déjà là. Sur les autres parties du front tenues par les Sud-Africains, la 164e division d’infanterie allemande est bien retranchée et empêche toute avance. Les fantassins sont de plus bloqués par un champ de mines non indiqué. À l’aube, après avoir forcé les positions adverses, les Sud-Africains sont encore à deux kilomètres de leurs objectifs. Le Frontier Force Battalion qui a mené l’assaut a perdu 189 hommes. Tout au sud, la 3rd Brigade réussit à prendre ses objectifs. À l’aube, les Australiens ont atteint 80 % de leurs objectifs, les Néo-Zélandais 90 %, les Sud-Africains+/-30 % et les Écossais seulement 25 %.

Les chars arrivent
Dès 3 heures du matin, la 9th Armoured Brigade commence à avancer mais est très vite bloquée par un champ de mines et par les Matilda Scorpions qui, ironie du sort, sautent sur les mines qu’ils doivent détruire. D’autres blindés sont détruits et la confusion règne au sein de la brigade. Certains chars arrivent néanmoins à conquérir la crête de Miteiriya avant de perdre 6 Sherman à cause des mines. Le Wiltshire Yeomanry, qui était bloqué par les mines, réussit enfin à avancer en perdant neuf chars de plus et finit par croiser le chemin de la 15e Panzerdivision. Les blindés se replient alors aux abords de la crête toujours tenue par le Warwickshire Yeomanry.
De son côté, la 1st Armoured Division doit avancer jusqu’aux objectifs de l’infanterie (Oxalic Line), puis, progresser de 2 kilomètres vers l’ouest pour empêcher une réaction de l’adversaire face aux Australiens et Écossais. Les Sud-Africains et Néo-Zélandais sont eux soutenus par la 10th Armoured Division. Bien sûr, sur le front écossais, les chars ne peuvent atteindre leurs objectifs et tentent de traverser le champ de mines à travers des couloirs de 8 mètres de large battus par l’artillerie allemande. Se déployant hors des couloirs, des chars sont la cible de canons anti-chars. On le voit, les Alliés sont déjà en difficulté.
Pour la 10th Armoured Division, sur le front néo-zélandais, la progression est au début assez aisée au travers des champs de mines dégagés. Mais, un autre champ qui n’apparaît pas sur les cartes britanniques est repéré et le génie à bien des difficultés à y ouvrir des passages face aux mitrailleuses allemandes. Il est de toute façon trop tard pour espérer que les chars britanniques se faufilent sur les arrières des forces de l’Axe, ils devront affronter à la lumière du jour, les positions défensives très bien placées des Germanos-Italiens. Ainsi, les Sherwood Rangers subissent le feu nourri des batteries anti-char italiennes et dans la confusion du repli, des blindés sautent sur les mines. 16 chars seront ainsi perdus. Le 47th RTR (Royal Tank Regiment) subit, lui aussi, tant de pertes (du fait notamment des88 mm allemands) qu’il est dissous.

Au soir du 24 octobre, les généraux britanniques sont conscients du fait que les objectifs de l’opération Lightfoot sont loin d’être atteints et que l’opération en elle-même n’a aucune chance de déboucher sur un succès. En fait, il n’y a qu’au sud où le 13th Corps réussit sa mission, immobiliser des troupes ennemies. En fin de compte, le front allemand n’a été nullement percé et les pertes des Britanniques et de leurs alliés commencent à être lourdes.

Du côté allemand, la situation n’est pas non plus des meilleures. En effet, alors que le général Stumme cherchait à prendre contact avec les unités en première ligne, il serait mort d’une crise cardiaque à la suite d’un bombardement qui l’aurait propulsé en dehors du véhicule qui l’emmenait au front sans pour autant que son chauffeur s’en aperçoive. Von Thoma prend alors l’intérim en attendant le retour imminent de Rommel. Il est alors ordonné à la 15e Panzerdivision de reprendre le terrain cédé à l’ennemi. De plus, il va s’avérer possible de rappeler la 21e Panzerdivision et la division blindée Ariete qui était retenues au sud, l’effort britannique n’étant plus très important.

La contre-attaque allemande
Dès la fin du 24 octobre, la 15e division blindée allemande contre-attaque dans le secteur australien où les blindés du 40th RTR subissent de lourdes pertes. Il faut ajouter à la contre-attaque, le fait qu’un raid aérien anglais a par erreur lâché ses bombes sur les troupes australiennes. Chez les Écossais, les Panzer ont fort à faire avec les chars de la 2nd Armoured Brigade et perdent 26 de leurs blindés. À 22 heures, la 10e division blindée britannique attaque avec la 24ebrigade à droite et la 8e brigade à gauche. Le but est la crête de Whiska située en face de la crête de Miteiriya. Une nouvelle fois, les sapeurs sont surpris par la profondeur des champs de mines et subissant le feu allemand, ils n’arrivent pas à ouvrir avec suffisamment de rapidité un chemin. Pendant ce temps, bombardiers allemands et canons anti-char tirent sur les blindés britanniques qui ne peuvent avancer. Après des hésitations, le général Gatehouse, commandant la division, demande à Montgomery l’autorisation de replier ses blindés. Le chef de la 8th Army convoque alors Lumdsen, le chef du Xe Corps à 3 heures du matin et lui demande de faire continuer l’attaque ou alors d’accepter que les chefs de l’arme blindée soient changés5. Les blindés tiennent leurs positions, mais c’est un massacre, des dizaines de Grant et Sherman sont détruits. À la suite de cet échec, les Britanniques doutent, comment a-t-on pu échouer avec une telle supériorité numérique ?

L’opération Supercharge
Les derniers combats de Lightfoot
Le 25 octobre marque le retour de Rommel en Afrique. Le 26 octobre, voici un état des pertes :
• 148 Allemands et 195 Italiens ont été tués ;
• 495 Allemands et 424 Italiens ont été blessés ;
• 1 057 Allemands et 1 372 Italiens sont portés disparus (soit prisonniers, soit tués et blessés situés chez les Britanniques).
La 15e Panzerdivision compte 31 chars en état (119 au départ), la 21e Panzerdivision qui a combattu au sud, compte 98 Panzer sur 106 le 23 octobre. La division Ariete n’a perdu que 2 chars et la Littorio en a perdu 56.
Pour les Britanniques, les pertes en blindés s’élèvent à 215 unités et 38 véhicules blindés sont aussi perdus, ce qui est largement supérieur aux pertes de l’Axe. Cependant, ils peuvent compter sur de substantiels renforts. Une nouvelle fois, le 26, les Britanniques échouent face à la 164e division d’infanterie à percer le front allemand. Dans les airs, la RAF a définitivement pris le contrôle. À cette date, c’en est fini de la légendaire domination aérienne de la Luftwaffe. L’arrivée de l’USAAF va changer la donne à l’ouest avec les bombardements stratégiques, et, en URSS, la formidable machine industrielle soviétique va permettre aux avions russes de dominer les airs.
Rommel, malgré les échecs des Britanniques décide néanmoins de rappeler la 21e Panzerdivision au nord et de lancer la90e division légère dans une contre-attaque qui va s’avérer un échec. Dans ses carnets, Rommel semble pessimiste et évoque même à demi-mots sa propre mort : « Durant ces brèves semaines passées à la maison, j’ai vraiment senti ce que vous et Manfred représentez pour moi. Ma dernière pensée est pour vous deux »6.

Création du plan

Pendant ce temps, Montgomery met en place un nouveau plan ressemblant à Lightfoot mais baptisé Supercharge (Ce changement a pour but de renforcer le moral des troupes). Une nouvelle fois, l’offensive aura lieu au nord. Sur le front, à l’exception des Australiens, plus personne ne se bat et la 2e division d’infanterie néo-zélandaise, la 1st Armoured Division et 9th Armoured Brigade sont retirées du front. Pour combler ces départs, on étend les positions des Sud-africains et de la 4e division d’infanterie indienne. De plus, le front sud est de plus en plus déserté, la 7th Armoured Division ainsi que les 151e, 152e et 131e brigades d’infanterie appartenant aux 50e et 44e division d’infanterie sont envoyées au nord pour renforcer notamment les Néo-zélandais qui ont perdu beaucoup d’hommes. C’est aux hommes du général Pierre Kœnigde tenir l’extrême sud du front, face aux parachutistes de la brigade Ramcke.

Au départ, le plan consistait à frapper au nord, là où sont postés les Australiens qui mènent une guerre d’usure, mais l’arrivée massive de renforts allemands dans cette zone incite Montgomery à abandonner ce plan initial. Il préfère attaquer un peu plus au sud, au niveau des positions tenues par les divisions d’infanterie italiennes, dont la faible valeur combative est encore diminuée par le départ des Allemands pour le nord. En outre, une fois la ligne percée, le 10th Corps pourra envelopper les unités allemandes présentes plus au nord grâce notamment à la piste de Sidi Abd el Rahman. Au tout début, les Australiens devront attaquer le saillant existant dans le front britannique à la suite de l’opération Lighfoot, là où se situait l’ancien objectif des forces écossaises. Cela confortera Rommel dans son idée que c’est bien l’extrême nord qui est menacé.

Ensuite, après cette attaque préliminaire, pour lancer l’assaut sur les positions italiennes, trois brigades de la 51e division plus trois autres de la 50e d’infanterie sont chargées de percer sur 4 kilomètres les défenses adverses afin d’atteindre la piste de Rahman et la crête d’Aqaqir. Au sud, la 133rd Brigade et au nord le 22e bataillon maori attaqueront sur les flancs. 38 chars sont gardés en réserve pour soutenir l’infanterie en cas de problème. De nombreuses pièces d’artillerie sont concentrées sur le front d’attaque et commenceront leurs tirs à 1h05. De plus, des bombardiers auront pilonné les Italiens durant 7 heures. À 4h00 précises, l’objectif doit être atteint, la première vague sera alors relevée par la 9ebrigade blindée qui aura pour but la prise de la crête d’Aqaqir. La 1st Armoured Division et 8th Armoured Brigade seront alors lancées à l’assaut du terrain libre, une fois le front percé, pour empêcher les Germano-Italiens de se rétablir. Contrairement à Lightfoot, les blindés seront engagés plus tôt car l’infanterie a déjà subi des pertes substantielles. Ainsi, la 9th Brigade devra attaquer les positions d’artillerie adverses, ce qui risque d’engendrer des pertes énormes, mais Montgomery se dit prêt à accepter des pertes de 100 %7.

L’attaque australienne
L’offensive australienne constitue en quelque sorte la passerelle entre Lightfoot et Supercharge, elle doit gommer les imperfections de la première et assurer le bon développement de la seconde. Elle commence par l’assaut d’un poste défensif allemand appelé Thompson Post. Il est composé de tranchées abritant des nids de mitrailleuses et couvertes par un champ de mines. La défense du poste est assurée par le 125e régiment d’infanterie allemand et le 11e bataillon de Bersaglieri. Le plan d’attaque australien prévoit la prise par la 20th Brigade de deux collines à proximité du poste lui-même, la 26th Brigade devant pour sa part capturer la redoute pour accéder à la route côtière et isoler des unités allemandes. Des chars Valentine provenant de la 23rd Brigade devront les soutenir. L’assaut a lieu à 22h le 28 octobre. Les Australiens ne rencontrent aucun ennemi, mais les blindés ont fort à faire avec un champ de mines. Une des collines est capturée peu avant le lever du jour, ce qui interrompt l’offensive.

Il faut attendre la nuit du 30 au 31 pour revoir les Australiens attaquer. Ils arrivent avec l’aide de l’artillerie au pied de Thompson Post, mais subissent le feu de l’artillerie allemande. À 1 heure du matin, les Britanniques déclenchent un tir de barrage sur les canons allemands. Les fantassins tentent d’avancer, mais ils sont tués par les obus de mortiers, les mitrailleuses et les mines. Devant la confusion qui s’ensuit, le repli est ordonné. Des dizaines d’hommes ont été perdus. Les Australiens ne sont pas parvenus à atteindre la mer, Rommel continue pour tenir le saillant à y envoyer des armes anti-char. À 12h30, le 31 octobre, les Allemands lancent une contre-attaque à l’aide de la 21e division blindée qui ravage les chars de la 23rd Brigade avant de se retirer. Durant la nuit, les Allemands réussiront finalement à repousser les Australiens plus au sud. Mais le gros de l’attaque va bientôt arriver et cette offensive a déporté une grande partie des forces allemandes au nord8.

La bataille
Le début de l’attaque se passe sans difficultés, les défenses adverses ayant été terriblement affaiblies par le pilonnage de l’aviation et de l’artillerie. Sur les côtés, les troupes progressent sans trop de difficultés, les pertes les plus lourdes ont lieu au centre, les unités allemandes et italiennes ne se repliant pas. Mais les objectifs sont atteints à l’heure et la 9th Armoured Brigade est prête à attaquer. Cependant, il règne une certaine confusion dans l’unité, ce qui fait que seuls 94 chars sur 132 arrivent à attaquer9. Le retard pris sur l’horaire fait que la nuit se termine et bientôt, les chars vont être repérables. Progressant légèrement en arrière du barrage d’artillerie, les Britanniques approchent de la Piste du Télégraphe. Les Allemands réussissent néanmoins à faire subir des pertes sensibles aux Britanniques en détruisant leurs camions, ce qui empêche l’infanterie de soutenir les blindés. Peu après 6 h, les Britanniques ont entamé les positions allemandes malgré (comme toujours) la présence de mines. Dès que le jour fait son apparition, les Allemands peuvent régler leurs tirs et causent une hécatombe de différents chars anglais. Les Crusader au canon de 40 mm sont les premiers à succomber, leur armement étant bien trop léger. Devant le feu des canons antichars allemands et italiens (il y a des 88 mm), la brigade blindée subit très vite des pertes importantes et doit, de plus, encaisser la contre-offensive des blindés des 15e et 21e divisions de Panzer. Pris de flanc, les rares survivants britanniques se replient ; sur les 94 chars de l’attaque, 75 sont détruits10.
Pour ce qui est de la 2nd Armoured Brigade qui doit conquérir la crête d’Aqaqir, l’affaire se présente plutôt mal, elle est en retard. Le chemin qui mène à la crête est de plus encombré de véhicules en tout genre. Les quelques survivants de la 9th brigade les informent du massacre qu’ils ont subi, massacre inutile car l’état-major britannique, devant la réaction de Rommel qui envoie ses blindés, ne peut se résoudre à lancer une bataille trop tôt. De son côté, Rommel n’est pas optimiste, la percée de l’infanterie lui a causé du souci, il estime que sa contre-attaque n’est pas suffisante et il craint une bataille à l’est de la crête d’Aqaqir, seul endroit où la brèche anglaise possède encore une certaine profondeur. Montgomery voulait cette bataille à l’ouest de la crête.

Le 2 novembre 1942
Après une longue hésitation due au tir de barrage allemand, au massacre qu’a subi la 9e brigade et à l’amas des troupes blindées allemandes, les Britanniques décident de ne pas lancer à l’assaut la 2nd Armoured Brigade contrairement aux ordres de Montgomery et de son état-major. Lumsden, chef du 10e Corps ne peut se résoudre à accepter un nouveau massacre. Fisher, le chef de la brigade, reste sur ses positions dans la brèche, ce qui empêche la 8th Brigade d’avancer. Devant cet amoncèlement de véhicules, Rommel va tenter de contre-attaquer pour causer un massacre en réunissant ses derniers blindés et en demandant l’aide de l’aviation, notamment des bombardiers en piqué Stuka. Mais la supériorité de la RAF est depuis longtemps acquise et la Luftwaffe ne peut attaquer les troupes au sol qui subissent néanmoins le tir des canons de 88 mm toujours aussi efficaces jusqu’à ce que les aviateurs britanniques les contraignent à cesser le feu. Les blindés italiens attaquent aussi, mais ils subissent de lourdes pertes, que ce soit face à l’artillerie, aux chars ou aux avions. Pour défendre le front en danger, Rommel rappelle la division Ariete et le 125erégiment de PanzerGrenadier. Les Germano-Italiens tiennent, les Britanniques n’avancent pas et subissent de lourdes pertes mais, dans cette guerre d’usure, le gagnant n’est pas celui qui perce ou qui résiste mais bien celui qui a le plus de réserves. Or, les Allemands se retrouvent bientôt à court de munitions et d’essence, le ravitaillement par voie maritime est très faible, la Royal Navy est maîtresse des mers. De plus, à force d’être engagés, les Panzer ont des pertes, il n’en reste plus à la fin du 2 novembre que 35 disponibles11, plus ceux en réparation.

Chez les Britanniques, malgré la perte de plus de 150 chars, les réserves sont importantes et les 8th et 22nd Brigade (appartenant à la 7e division blindée) ont des effectifs quasi-complets qui excèdent de loin les effectifs allemands. En cumulant tous les chars, la 8th Army en a plus de 300 contre guère plus de 50 aux Germano-Italiens (100 avec les chars médiocres de la division Ariete). De plus, des automitrailleuses britanniques ont réussi à se faufiler sur les arrières des forces de l’Axe au sud-ouest du saillant11. Les Italiens les prennent pour des Allemands et ces derniers pour des Italiens, voici comment un chef de char décrit la situation :
« Ils nous regardent de très près, aperçoivent nos bérets, puis se retirent vivement de quelques mètres, marquent une pause comme s’ils ne croyaient pas leurs yeux et s’approchent à nouveau pour vérifier12 »
Les Britanniques profitent de la situation pour désorganiser le système de communications de l’adversaire. Pour les soutenir, Montgomery envoie de l’infanterie qui capture de nombreux prisonniers parmi la division italienne Trieste. Le général Lumsden prévoit une attaque de chars en direction de la crête d’Aqadir mais un ordre de « Monty » l’oblige à lancer à l’aube du 3 novembre l’infanterie (2e et 7e brigades de fusiliers ainsi que le 2e Corps Royal des fusiliers). Les 2e et 7e brigades de fusiliers se font repousser par des mitrailleuses ; le 2e Corps Royal tient malgré sa position inconfortable.

La percée
Mais, Rommel n’a plus de réserves, il ne peut contre-attaquer et doit maintenant penser à se replier en comptant sur la lenteur de réaction des Britanniques. Il ordonne donc à ses troupes de commencer à se replier notamment au nord. Il voulait battre en retraite jusqu’à Fouka. L’infanterie était transférée vers l’ouest en camion sous le couvert des Italiens. Ces derniers faute de moyens de transport devaient se replier à pied. Pour le chef de l’Afrikakorps, il faut non seulement abandonner la position d’El Alamein, mais s’il veut sauver l’Afrikakorps, il commence à penser qu’il doit se replier enEurope. Pour Hitler, une telle proposition est inacceptable. Il ordonne à Rommel de tenir ses positions. Hésitant, il obéit finalement.
Face à ce début de repli, l’aviation allemande fait tout son possible pour empêcher les bombardiers de la RAF de bombarder les colonnes en repli. À terre, il est ordonné aux 1er et 7e divisions blindées de s’engouffrer dans le saillant ouvert par les automitrailleuses et de foncer vers la mer pour encercler une partie des forces de Rommel. Auparavant, l’infanterie et des Valentine tentent d’élargir le passage mais subissent des lourdes pertes. Finalement, l’arrivée de la 11ebrigade indienne permet de capturer 200 soldats allemands retranchés sur la crête d’Aqaqir. Mais il est trop tard, les Allemands ont commencé à se replier.

La poursuite
Pour l’Afrikakorps c’est la fin, le repli est inévitable et l’ordre de Hitler de résister ne peut empêcher la fin de l’Afrikakorps. Certains veulent résister, mais, Rommel sait que rien ne peut arrêter les Britanniques8. Il envoie son aide de camp, le lieutenant Berndt à Berlin pour faire changer Hitler d’avis. Pendant, ce temps (nuit du 3 au 4 novembre), l’Afrikakorps est placé en arc de cercle autour du saillant britannique, la division blindée Ariete italienne avec ses 100 chars M13/40 sont les derniers blindés de Rommel, mais ils sont déjà trop vieux. Les Britanniques, malgré des pertes avoisinant les 500 chars, conservent encore 600 chars. À l’aube du 4 novembre, la 2e brigade blindée et les survivants de la 7e brigade motorisée s’avancent vers les défenses allemandes à l’ouest de la crête d’Aqaqir. Les troupes allemandes sont commandées par le général von Thoma qui use de ses derniers 88 pour détruire quelques chars adverses. Les Britanniques décident d’utiliser l’artillerie pour détruire les positions adverses. Les troupes de la 1st Armoured Division s’avancent sur le champ de bataille. Les blindés rencontrent alors la résistance d’un Panzer III qui finit par se rendre. Les Anglais découvrent avec surprise qu’il abrite le général von Thoma. Il est amené au général Montgomery13. Les Écossais et les Indiens peuvent percer avec l’aide de blindés, bientôt suivis par les Néo-zélandais14. Le front est percé, les chars alliés vont pouvoir surgir sur les arrières de l’Axe.

Pendant ce temps, les Italiens de la division Ariete voient arriver les unités de la 7e division blindée, les Deserts Rats qui avancent avec l’aide de l’artillerie. La 22nd Armoured Brigade détruit un par un les chars survivants. Les Britanniques percent au sud de la position italienne, ces derniers sont tournés et anéantis. Le XXe Corps Italien est détruit, c’est un nouveau coup dur pour Rommel. Malgré la résistance le long de la côte de la 90e division légère, les Germano-Italiens sont vaincus et leur centre est percé. Cette brèche de 20 kilomètres menace de destruction les troupes situées au sud. Rommel ne peut se résoudre à tenir, il ordonne à 15 h 30 le 4 novembre à l’ensemble des forces de l’Axe de se replier. Au nord, on s’enfuit par camions, mais, au sud, les éléments motorisés sont rares. Coupées du reste de l’Afrikakorps, les troupes de la brigade Ramcke et de la division Folgore (seules unités restantes du XXe Corps) et les divisions Pavia et Brescia (Xe Corps) doivent s’enfuir par leurs propres moyens. Rommel va tenter de les incorporer à Fouka à 100 kilomètres à l’ouest d’El Alamein. Une nouvelle fois, il compte sur la lenteur des Britanniques. Ainsi, au soir du 4 novembre, les troupes alliées bivouaquent au lieu de poursuivre leur adversaire. Lorsque des renseignements arrivent au QG de la 8e Armée, l’état-major décide de poursuivre l’Afrikakorps à partir du 5 novembre en direction de la côte pour capturer les troupes allemandes.

De Fouka à Solloum en passant par Marsa Matruh
La 2nd Armoured Brigade avance le lendemain en direction d’El Daba pour foncer ensuite vers Fouka, mais, elle est bloquée par un canon de 88 mm qui tue notamment le capitaine Singer qui avait capturé von Thoma. La brigade attaque par le sud tandis que la 7e brigade motorisée attaquera par l’est. 150 hommes et le canon sont capturés. Il est déjà plus de midi. La seule unité à intercepter des ennemis est la 8e brigade blindée qui atteint Galal. Des troupes disparates sont capturées. Peu après, une colonne importante arrive et, au terme d’un combat intense, les Britanniques détruisent 14 Panzer et 29 chars italiens. 1 000 hommes sont capturés15. Arrivé à Fouka, Rommel n’y trouve aucune position défensive et les Germano-Italiens sont désorganisés ; il décide de battre en retraite jusqu’à Marsa Matrouh.
Au matin du 6 novembre, la situation de la Panzerarmee est tragique. Depuis les combats de la veille, il n’y a plus que 12 Panzer en état de se battre. Les Italiens mènent des combats d’arrière-garde, mais certains se font capturer par les Britanniques et beaucoup d’unités sont dispersées. Les Allemands, par contre, gardent un semblant d’ordre. L’essence vient à manquer et la 21e Panzerdivision tombe en panne de carburant durant sa fuite vers Marsa Matruh. Poursuivis par les chars de la 22nd Armoured Brigade, les derniers Panzer sont immobilisés. Ils sont sauvés par le Kampfgruppe Voss chargé de protéger l’arrière-garde et qui tombe sur les arrières britanniques ; surpris, ceux-ci doivent battre en retraite. Mais le problème de l’essence restant, les Panzer sont sabordés et seuls les véhicules légers peuvent continuer de se replier. À Marsa Matruh c’est une lutte entre Allemands pour savoir qui aura de l’essence mais à Benghazi, 4 000 tonnes de carburants viennent d’arriver par mer (un exploit). Malgré des pertes dues à l’aviation, la moitié arrive à Solloum. Seuls quatre Panzer sont encore là avec une dizaine de M13/40. Le 7 novembre, Ramcke et 600 de ses parachutistes, venus des confins du sud, arrivent à la rencontre des troupes de Rommel. 450 hommes ont été perdus en route. Ils avaient dû capturer des camions de ravitaillement aux Britanniques. Belle action de cette troupe d’élite, mais sans grande utilité pour Rommel, eux aussi voudraient leur part d’essence.
Le 8 novembre 1942, la Panzerarmee Afrika se replie vers Solloum en passant par les cols de Halfaya, ce qui signifie un ralentissement dans le retrait. Les Britanniques ont décidé de ne pas contourner la position par le sud, mais, ils peuvent réaliser un massacre si les Allemands sont surpris pendant leur traversée des cols. Ainsi, le XXe corps italien soutenu par les quatre Panzer survivants doivent garder la passe de Halfaya et la 90e division légère continue à mener des combats de retardement à l’arrière des troupes germano-italiennes. À son arrivée à Solloum, Rommel ne compte plus que sur 2 000 soldats allemands, à peine plus d’Italiens, 15 canons antichars, même pas 50 canons de campagne. La réserve se compose de 3 500 soldats dont 500 Italiens. Les forces blindées se composent de 11 Panzer et 10 chars italiens. Enfin, la réserve en artillerie se compose de 75 canons de tous types. Voilà ce qui reste de la glorieuse armée d’Afrique. Elle ne doit son salut qu’à la lenteur des Britanniques qui ne pourront surprendre les troupes de Rommel dans le passage de Halfaya. À l’aube du 9 novembre, l’ensemble des troupes est passé, la 90e division légère s’y engouffre et en débouche à midi. Les sapeurs du général Büllowius sont les derniers à passer et font sauter la route16. À la fin de la journée, les avants-gardes britanniques arrivent, elles appartiennent à la 4e brigade blindée, mais, tombent sur une route impraticable et quelques mines détruisent des chars. Plusieurs jours seront nécessaires pour remettre en état la route. Mais Rommel doit déjà penser à battre en retraite en Tunisie, l’opération Torch a été mise en place, les Anglo-saxons arriveront bientôt de l’ouest pour bloquer la route aux dernières troupes.

Bilan
Au terme d’une longue bataille et malgré des pertes excédant les 500 chars, Montgomery a pu, grâce à ses réserves, percer le front de Rommel qui ne disposait pas de plus de 100 Panzer. Le ravitaillement étant coupé par le « porte-avions » maltais, la logistique ne pourra suivre Rommel dans son ultime tentative de résistance.
Le temps était fini où l’OKW rêvait de voir le drapeau à croix gammée flotter sur Alexandrie, les blindés du Renard du Désert pénétrer dans le Moyen-Orient riche en pétrole, les troupes allemandes venant du Caucase les rejoindre pour se diriger à travers l’Iran et l’Afghanistan vers l’Inde et faire la jonction avec l’Empire du Soleil Levant.
En quelques mois, les Allemands vont être écrasés à Stalingrad et repoussés d’Égypte. Comble du désastre, le 8 novembre 1942, Américains et Anglais débarquent en Algérie et au Maroc.
Certaines colonies françaises rejoindront de Gaulle dans sa lutte contre l’Allemagne nazie et l’Italie mussolinienne agonisante qui verra sa dernière possession africaine, la Libye, être envahie. Bientôt, le régime fasciste sera renversé, les Allemands perdront leur principal allié qui les avait entraînés en Afrique.
Mais, Hitler avait une vision trop continentale, il n’a pas vu en cette guerre du Désert les profits que pourraient en tirer les Allemands et le génie de Rommel ne put faire la différence. Le temps des défaites et de la retraite avait commencé pour les Allemands ; ils verront deux ans plus tard les troupes britanniques aux frontières du Troisième Reich.

Notes et références
1. ↑ Les Grandes batailles, Richard Holmes,p.210
2. ↑ LEs Grandes Batailles, Richard Holmes, p.210
3. ↑ Hanns Gert von Esebeck, Afrikanische Schicksalsjahre, p.278
4. ↑ La Seconde Guerre mondiale, campagnes et batailles, Philippe Masson,p. 195
5. ↑ Opération Supercharge, HS Militaria Magazine, Yves Buffetaut
6. ↑ La guerre sans haine, Erwin Rommel, p.62
7. ↑ Opération Supercharge, HS Militaria Magazine, p.124, Yves Buffetaut
8. ↑ a et b Traduction automatique de la page ‘The battle of El Alamein’ [archive] (V.O. (en)accessible).
9. ↑ Barr, Niall. pg. 387
10. ↑ Militaria n°16, Yves Buffetaut, p.128
11. ↑ a et b Les Grandes Batailles, Richard Holmes, p.209
12. ↑ El Alamein, Lord Carver, Bastford, p. 168
13. ↑ James Lucas, War in The Désert, p. 255
14. ↑ La Seconde Guerre mondiale, Pierre Miquel, p. 364
15. ↑ Militaria, Hors Série n°16, Yves Buffetaut, p.156
16. ↑ Militaria, Hors Série n° 16, Yves Buffetaut, p. 161

 

Bataille d’El-Alamein en images 
source ECPAD

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, un événement a marqué l’année 1942 et est devenu une bataille décisive de la campagne d’Afrique : c’est la bataille d’El-Alamein en Egypte. Il existe plus exactement deux batailles d’El-Alamein.

La première, désignée également bataille d’Al Mata, se déroule du 1er au 27 juillet 1942 et oppose les forces de l’Axe (l’Afrika Korps commandé par le maréchal Erwin Rommel et l’armée italienne) aux forces alliées (principalement la 8e armée britannique commandée par le général Claude Auchinleck) dans le désert libyque en Egypte. Elle permet de stopper l’avancée allemande en Egypte.

La seconde bataille d’El Alamein oppose les mêmes belligérants (le général Montgomery est à partir du mois d’août à la tête de la 8e armée britannique et le maréchal Rommel, malade, est remplacé par le général Georg Stumme), du 23 octobre au 4 novembre 1942. Elle se solde par un recul de l’armée allemande, qui menaçait de prendre le canal de Suez, en raison de la supériorité en chars de l’armée britannique et de la domination de la mer Méditerranée par la Royal Navy qui empêche l’Afrika Korps d’être ravitaillé de manière efficace.

La participation des Français libres consiste en une attaque de diversion au sud dans le secteur de l’Himeimat par la 1re division légère française libre. Mais celle-ci est un échec qui coûte la vie notamment au chef de la 1re brigade française libre, le lieutenant-colonel Amilakvari.

Ces combats trouvent une illustration dans les fonds d’archives conservés à l’ECPAD, exclusivement dans le fonds dit allemand. Les images prises par les reporters des compagnies de propagande allemandes montrent les troupes armées allemandes et italiennes, notamment dans leurs positions défensives au niveau de la dépression de Qattara. Elles s’attachent à montrer les prisonniers britanniques et les nombreuses prises de guerre, en particulier les chars anglais. Enfin, les abondants portraits du maréchal Rommel (jusqu’en septembre 1942) permettront d’entretenir la légende du « renard du désert ».

Les images françaises relatives à ces épisodes sont inexistantes et seul le portrait du lieutenant-colonel Amilakvari, pris probablement le 10 août 1942 lors d’une cérémonie durant laquelle le général de Gaulle lui remet la croix de la Libération au camp de El Tahag en Egypte, rappelle la part prise par les Français dans ce tournant de la guerre.

dak-1010
Bataille d’El Alamein
Description : Durant la seconde bataille d’El-Alamein, une pièce Pak 36 (r) de 76,2 mm d’origine soviétique en action.
Date : Entre le 30/10 et le 04/11/1942
Lieu : El-Alamein
Photographe : inconnu
Origine : ECPAD-ECPAD
dak-1011
Référence : DAK-101-L14
Bataille d’El Alamein
Description : Mise en batterie d’un canon Pak 38 de 5cm lors de la bataille d’El-Alamein
Date : Entre le 30/10 et le 04/11/1942
Lieu : El-Alamein
Photographe : inconnu
Origine : ECPAD-ECPAD
Référence : DAK-101-L37

dak-1012
Bataille d’El Alamein
Description : Lors de la seconde bataille d’El-Alamein, le maréchal (Generalfeldmarschall) Erwin Rommel à bord d’une voiture Horch Kfz-15 ou Kfz.21, avec des officiers.
Date : Entre le 25/10 et le 04/11/1942
Lieu : El-Alamein
Photographe : inconnu
Origine : ECPAD-ECPAD
Référence : DAK-104-L1

dak-7110
Bataille d’El Alamein
Description : Durant la première bataille d’El-Alamein, des soldats allemands et des prisonniers alliés près d’un chasseur de chars Panzerjäger (Pz-jäger-I). Les prisonniers alliés sont peut-être issus du 28e bataillon néo-zélandais.
Date : Entre le 27/05 et le 10/06/1942
Lieu : El-Alamein
Photographe : inconnu
Origine : ECPAD-ECPAD
Référence : DAK-71-L15

dak-1110
Bataille d’El Alamein
Description : Durant la seconde bataille d’El-Alamein, une colonne de véhicules se porte vers le col d’Halfaya pendant le repli des troupes italo-allemandes.
Date : Entre le 31/10 et le 10/11/1942
Lieu : El-Alamein
Photographe : inconnu
Origine : ECPAD-ECPAD
Référence : DAK-110-L32

dak-1013
Bataille d’El Alamein
Description : Le maréchal (Generalfeldmarschall) Erwin Rommel et le colonel (Oberst) Fritz Bayerlein. L’officier à droite semble être le commandant (Major) Ziegler.
Date : Entre le 31/10 et 01/11/1942
Lieu : El-Alamein
Photographe : inconnu
Origine : ECPAD-ECPAD
Référence : DAK-109-L3

 

ournal des débats politiques et littéraires
1942/10/27 (Numéro 856).
export46

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

La première bataille d’El-Alamein

Classé sous — milguerres @ 19 h 44 min

 

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

La première bataille d'El-Alamein alamein1

 

La première bataille d’El-Alamein, ou bataille d’Al Mata, est un épisode de la guerre du désert durant la Seconde Guerre mondiale. Elle se déroule du premier au 27 juillet 1942 entre les forces de l’Axe, (l’Afrika Korps commandé parErwin Rommel et l’armée italienne) et les forces Alliées principalement britanniques commandées par Claude Auchinleck, près d’El-Alamein, à une centaine de kilomètres d’Alexandrie. Cette bataille a pour résultat de stopper la seconde et dernière avancée des forces de l’Axe en Égypte. Cet avantage se verra confirmé trois mois plus tard par la victoire du général Bernard Montgomery lors de la Seconde bataille d’El Alamein.

 

Contexte historique

Le 20 juin, l’Afrika Korps atteint Tobrouk, qui capitule le lendemain. Rommel fait à cette occasion 35 000 prisonniers appartenant aux unités suivantes :
2e division d’infanterie sud-africaine
29e brigade hindoue
201e brigade de la garde
32e brigade blindée

Ainsi que la prise de :
70 chars
2 000 véhicules
2 000 tonnes d’essence (prise d’une valeur incalculable pour l’Afrika Korps constamment en manque de carburant)
5 000 tonnes de vivres (prise elle aussi essentielle dans le désert)
une grande quantité de munitions

L’attaque de Tobrouk a été menée par le général italien Enea Navarrini à la tête des divisions germano-italiennes :
Littorio (fraîchement débarquée en Afrique)
Ariete
Trieste
15e Panzerdivision
Soit un total de 30 000 hommes dont 20 000 Italiens.

L’attaque est lancée à l’aube et dès 9 h 40, le général Klopper, commandant la place, se rend avec sa garnison.

Rommel raconte :
« Vers 5 heures, le 21 juin, j’entrais dans la ville de Tobrouk. Elle offrait un spectacle lugubre. Presque toutes les habitations étaient rasées ou ne formaient plus qu’un monceau de gravats. La plupart des destructions remontaient au siège de l’année précédente. Par la via Balbia, je me dirigeai à l’ouest. Toute la 32e brigade blindée déposa les armes, et 30 chars en état de marche nous furent remis. Des deux côtés de la via Balbia, de nombreux véhicules continuaient à se consumer et, partout, ce n’étaient que des scènes de destruction. À 6 km à l’ouest de Tobrouk, je rencontrais ensuite le général Klopper qui m’annonça la capitulation de la forteresse de Tobrouk. Il n’avait pu enrayer la défaite. »

L’ordre du jour de victoire de Rommel est rédigé quant à lui de la manière suivante :
« Soldats ! La grande bataille de Marmarique a eu pour couronnement votre conquête de la forteresse de Tobrouk. Nous avons fait plus de 45 000 prisonniers et détruit ou capturé 1 000 véhicules blindés et environ 400 canons depuis le début de notre offensive du 26 mai. Au cours de l’âpre lutte des dernières semaines, votre vaillance et votre endurance nous ont alors permis de porter de terribles coups aux forces alliées. Grâce à vous, l’adversaire a perdu le noyau de son armée, qui s’apprêtait à passer à l’offensive, et, surtout, ses forces blindées ont été détruites. Au cours des prochains jours, je vous demanderai le grand effort final. »
Le soir même de la victoire Hitler téléphone à Rommel pour l’informer de sa promotion en tant que généralfeldmarshal de la Wehrmacht. Après ce combat, le général italien Cavallero et le maréchal allemand Kesselring, soutenus par Mussolini, demandent à Hitler le feu vert pour lancer l’opération C3 visant à la prise de Malte. Le corps de débarquement italien, basé en Sicile, attend l’ordre de départ, mais Rommel demande à Hitler d’avoir la priorité et de pouvoir marcher dès maintenant avec des renforts sur Alexandrie. Il semblerait que Rommel n’ait pas perçu l’importance que pouvait avoir Malte vis-à-vis des ravitaillements tant alliés qu’allemands. Rommel pour convaincre Hitler lui promet une marche rapide sur le Canal de Suez ainsi que sa prise. Hitler tranche en faveur de son tout nouveau maréchal et demande à Mussolini de repousser l’opération C3. Mussolini fera mieux en mettant le corps de débarquement à disposition de Rommel, qui a, il est vrai, bien besoin de renfort. Ce renfort c’est la division d’élite Folgore (une unité de parachutistes). Le quartier général italien est pour sa part consterné par cette décision.

Voici la lettre qu’Hitler adressa au Duce pour le convaincre :
« Le destin, Duce, nous offre une occasion unique qui ne se représentera plus dans le cadre de cette guerre. La 8e armée britannique est pour ainsi dire détruite, mais les installations portuaires de l’Égypte sont, elles, presque intactes. Si nous ne poursuivons pas tout de suite sans relâche les restes de la 8e armée, il risque de nous arriver ce qui est arrivé aux Anglais lorsqu’ils s’arrêtèrent en vue des portes de Tripoli pour envoyer des renforts en Grèce, en février 1941. Nous pouvons enfin, sous certaines conditions, arracher l’Égypte à l’Angleterre. Mon conseil est le suivant : ordonnez la poursuite des opérations jusqu’à l’anéantissement total des troupes britanniques. La chance au combat ne sourit qu’une fois aux condottieri : celui qui ne la saisit pas la perd pour toujours. »

Le 25 juin, le général Ritchie est remercié par l’armée britannique. Au Caire, les autorités britanniques commencent déjà à brûler les archives.
Le 29 juin, le 7e régiment de bersaglieri capture 6 000 Britanniques et prend la ville de Marsa-Matruh, qui est située à 150 km de Tobrouk. Mussolini, en apprenant cela, s’envole pour l’Afrique. Le commandement italien, et en particulier Batico, avertit Rommel de ne pas avancer trop vite, le ravitaillement ne pouvant être assuré sur de si longues distances sans être réorganisé, mais Rommel n’en tient pas compte et continue l’offensive. Cela est relativement téméraire étant donné l’état des divisions de l’Afrikakorps.

Les unités italiennes sont alors dans l’état suivant :
Division Ariete : elle ne compte plus qu’une quinzaine de chars, une quinzaine de pièces d’artillerie et 600 bersaglieri ;
Division Trieste : elle ne compte plus que 1 500 hommes et 4 chars ;
Division Littorio : 1 000 bersaglieri et une trentaine de chars ;
Division Brescia : elle ne compte plus que deux bataillons ;
Division Pavia : elle ne compte plus qu’un seul bataillon ;

Le reste des troupes, réuni au sein du groupe de soutien Navarrini, n’est guère en meilleur état.
Les unités allemandes (15e et 21e panzerdivision et 90e motorisée) ne comptent plus qu’une soixantaine de chars.
Déroulement[modifier]

Entre le 26 mai et le 3 juillet 1942 les germano-italiens ont capturé 60 000 britanniques ainsi que détruit ou pris plus de 2 000 blindés.
Churchill, en connaissant l’état des troupes allemandes est littéralement consterné des échecs britanniques :
« Nos forces étaient supérieures à celles de l’Axe. Nous avions plus de 100 000 hommes, eux moins de 90 000. Notre artillerie était plus forte dans une proportion de trois contre un, de même que pour les chars, et nous avions en ligne de nouveaux obusiers. Malgré cela, Tobrouk est tombé au bout d’une petite journée de combat. C’est un désastre. Nous nous sommes ensuite repliés jusqu’à Marsa-Matruh, mettant 190 km de désert entre notre 8e armée et les forces ennemies. À peine cinq jours plus tard, les Germano-italiens arrivaient devant notre nouvelle position, et il nous faut décrocher, pénétrer toujours plus en Égypte, reculer encore. El-Alamein devra être tenu jusqu’à la mort. »

La 8e armée britannique reçoit pour tenir El-Alamein de sérieux renforts, notamment la 9e division australienne, la 2e division néo-zélandaise (retirée du Proche-Orient où elle était en garnison), ainsi que la 51e division métropolitaine et la 8e division blindée qui ont quitté le Royaume-Uni vers la fin mai. En outre la 4e division hindoue vient d’être envoyée de Chypre.

 

Quant aux Germano-Italiens, leur seul renfort est la division Folgore qui n’arrive qu’à la mi-juillet.

 

  • Le général Frattini qui commandait la Folgore raconte dans ses mémoires :

 

« En juillet 1942, la Folgore était prête. En Afrique du Nord, il fallait de toute urgence des renforts ; c’est alors que me parvint l’ordre inattendu de nous transporter immédiatement par voie aérienne sur le front égyptien. La nouvelle fut accueillie dans mes bataillons avec un enthousiasme délirant. Ces parachutistes étaient tous volontaires, tous soldats dans cette armée depuis plus de deux ans. Ils avaient déjà combattu sur plusieurs fronts ; ils étaient fascinés par leurs nouvelles responsabilités, par le fait merveilleux de se distinguer, par le rôle exceptionnel qu’ils étaient appelés à jouer. Il faut ajouter que les épreuves auxquelles ils avaient été soumis avaient été dures, effrayantes.
Ainsi sur 1 000 volontaires arrivés à l’école parachutiste de Tarquina, 500 en général renonçaient au bout de quinze jours et abandonnaient le cours d’entraînement au saut. Ceux qui restaient étaient des hommes exceptionnels, vraiment choisis, des hommes qui ne craignaient aucun risque et qui plus tard au combat, ne furent obsédés que par une seule pensée : se comporter de façon telle que le compagnon d’armes qui est à vos côtés ne puisse jamais penser que vous avez peur. Tous, dans la division qui volait vers l’Afrique, s’imaginaient qu’en Égypte, ils allaient sauter sur les arrières des Anglais. Ils furent très déçus ! À peine débarqués, ils reçurent l’ordre de déposer les parachutes, et furent enrôlés dans les unités normales d’infanterie, retranchées dans le sable, derrière des champs de mines. La déception fut grande, mais elle fut vite surmontée. »

 

  • Le général Frattini dans un autre écrit :

 

« Les soldats britanniques étaient sûrement des combattants courageux, bien entraînés. Mais nos parachutistes avaient acquis dans les combats quotidiens la certitude de leur propre supériorité guerrière, ils savaient que leur combativité, leur audace, leur intelligence stratégique avaient fait naître chez l’adversaire un sentiment de crainte et de prudence. Supériorité psychologique, morale donc, poussée jusqu’à la conviction que, dans cet affrontement des qualités humaines, même le blindage des chars — instrument guidés par les hommes — ne comptait pas beaucoup. Tous portaient leur patrie et son drapeau dans leur cœur, tous étaient parfaitement préparés au combat et à la mort. Chacun était fébrile dans l’épreuve et les cœurs battaient à l’unisson. Tous étaient de la même trempe, sûrs de la solidarité absolue de leurs camarades, animés par la même volonté obstinée de résister à l’adversaire, quel qu’en fût le prix. Ils étaient constamment sur le qui-vive, rapides à répondre à l’attaque brutale, toujours prêts à la contre-attaque, s’approchant de l’ennemi le plus possible, lançant des grenades à main. »

 

Ces 6 000 hommes de la Folgore sont placés au sud de la position germano-italienne. La Folgore a la charge d’une ligne de front d’environ 15 km alors qu’elle ne possède que 80 canons et qu’elle a en face d’elle trois divisions d’infanterie et une division blindée ce qui représente environ 60 000 soldats britanniques et surtout 400 canons, 400 chars et 150 automitrailleuses. La Folgore se sert du dispositif de défense que les Britanniques avaient établi autour de la position avant que celle-ci ne soit prise par les forces de l’Axe. Au nord du dispositif, les alliés sûrs de leur supériorité numérique et technologique suite aux différents renforts arrivés avec du matériel moderne se lancent à l’attaque, le 10 juillet, de la position tenue par la division Sabratha, celle-ci perd 1 500 hommes dans cette seule journée mais l’intervention de la 15e Panzerdivision et de la division Littorio rétablit l’équilibre des forces et permet de repousser l’attaque. Rommel, qui lui aussi a reçu des renforts en matériel entretemps, tente aussi une offensive, le 13 juillet, mais se heurte à une défense solide et doit renoncer. Malgré tout, la résistance de l’Axe qui se bat à un contre trois contre les hommes du général Auchinleck est un cuisant échec pour celui-ci.

 

Le général Auchinleck se rend finalement compte que le point faible du dispositif de l’axe est le secteur italien au nord. Il va concentrer ses efforts sur ce secteur et mettre les Italiens en déroute le 17 juillet. Rommel réussit à colmater le front avec ses réserves.

 

File:Alamein1st1942 07.svg

Théâtre des opérations, juillet 1942

Conséquences

  • Fin juillet, le professeur Horster est préoccupé par la santé du maréchal Rommel :
« Le maréchal Rommel souffre d’un catarrhe de l’estomac et des intestins, de diphtérie nasale et de troubles circulatoires. Il n’est pas en état d’exercer son commandement au cours de la prochaine offensive. »

Ce constat de son médecin personnel, ne convaincra pas Rommel qui, le 30 août, lance une attaque d’envergure mais tous les assauts sont repoussés, Rommel ne parvient pas à avancer sur El-Alamein. Les Italiens du groupement Ruspoli (appartenant à la division Folgore) ont repris à leur compte la méthode des Français de Bir-Hakeim, ils creusent des trous individuels qui rendent les bombardements peu efficaces puisqu’un tir au but ne tue qu’un ou deux hommes. Le 31 août, le 19e régiment d’infanterie italien (appartenant à la division Brescia) est envoyé en renfort au groupement Ruspoli. Les combats se déroulent sous un soleil de plomb, la température atteint régulièrement les 55° C. Dans la soirée, c’est au tour de la 3e brigade néo-zélandaise de tenter un nouvel assaut des positions italiennes, mais celles-ci défendues avec ténacité brisent l’attaque. Les Italiens – à court d’obus et les autres munitions étant épuisées – attaquaient les chars en sortant de leurs trous, puis lançant leurs grenades à main avant de retourner dans leurs trous. Cette attaque coûte environ une quarantaine de chars aux Britanniques.

Le 5 août, une patrouille de la division Folgore, sous les ordres du lieutenant Stasi, réussit à capturer deux blindés britanniques ainsi qu’une vingtaine de soldats. Le 30 août, le colonel Ruspoli, à la tête de son groupement, réussit à s’emparer de la côte 78 dans la dépression Kattara, il y fera une trentaine de prisonniers.

  • Un officier allemand lui suggérant de les achever plutôt que de les soigner Ruspoli lui répond :
« Monsieur ! Vous déshonorez l’uniforme. Sachez que ces hommes sont prisonniers de l’Armée italienne. À ce titre, ils recevront tous les soins nécessaires. Vous pouvez disposer ! »
  • Le général Frattini décrit les conditions de vie de la division :
« En tant qu’unité parachutiste, la Folgore n’avait pas de véhicules. Comme nous étions massés dans la zone la plus éloignée des bases de ravitaillement, qui se trouvaient toutes sur la côte, nous étions ravitaillés par les autres divisions. Celles-ci faisaient de leur mieux pour nous aider. Mais, souvent, elles ne pouvaient nous apporter plus d’un demi-litre d’eau par personne, pour toute la journée. Eau rare et saumâtre, nourriture en conserve, soleil brûlant, vie dans les trous creusés dans le sable, intermèdes de bombardement le jour et la nuit, patrouilles nocturnes : voilà quelle était notre vie dans les tranchées du désert égyptien. Trois mois de cette vie avaient infligé à nos hommes de dures souffrances, avaient diminué leur résistance physique, mais n’avaient absolument pas entamé leur moral. Et, lorsque l’attaque ennemie se déchaîna contre les hommes de la Folgore, ils résistèrent. L’ennemi arrivait pourtant avec des troupes neuves, bien supérieures aux nôtres en nombre et en moyens. »

Journal des débats politiques et littéraires 
1942/07/09 (Numéro 764).
export40

Journal des débats politiques et littéraires 
1942/07/18(Numéro 771)-1942/07/19.

 export39

Journal des débats politiques et littéraires 
1942/07/23 (Numéro 775). 

export41

Journal des débats politiques et littéraires 
1942/07/24 (Numéro 776)

export42

Journal des débats politiques et littéraires 
1942/07/28 (Numéro 779).

export43

Journal des débats politiques et littéraires 
1942/07/31 (Numéro 782).

export44

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

20 mars 2013

Opération Pedestal

Classé sous — milguerres @ 22 h 56 min

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

La Tunisie au gré des conflitsOpération Pedestal  pedestal

L’opération Pedestal était une opération britannique destinée à ravitailler l’île de Malte, en août 1942, durant la Seconde Guerre mondiale grâce à un imposant convoi partant des îles Britanniques via le détroit de Gibraltar1. La partie principale de l’opération se déroula du 9 au 15 août 1942 en Méditerranée. Les combats les plus rudes opposant le convoi aux forces aériennes, marines et sous-marines de l’Italie et de l’Allemagne nazie eurent lieu du 11 au 13 août.

Malte était la principale base alliée du secteur, d’où étaient lancées les attaques aériennes et maritimes contre les convois de l’Axe qui ravitaillaient l’Afrika Korps. En 1941 – 42, l’île subit un blocus et un siège qui paralysa les voies aériennes et maritimes. Afin de soutenir les forces présentes à Malte, la Grande-Bretagne devait faire parvenir à tout prix un convoi de ravitaillement. En dépit des lourdes pertes, la base alliée reçut suffisamment de ressources pour survivre2, même si elle cessa de servir de base d’offensive pour une grande partie de l’année 1942. La ressource la plus stratégique livrée fut le carburant du pétrolier américain (mené par un équipage anglais) SS Ohio3.

Cette opération est aussi connue comme la Battaglia di mezzo Agosto (ou Bataille de la mi-août) côté italien et the Konvoj ta’ Santa Marija (le convoi de l’Assomption) à Malte. L’arrivée du convoi le 15 août 1942 coïncida avec la fête de l’Assomption ( ou Santa Marija), c’est pour cela que le nom de Convoi de Santa Marija est souvent utilisé.

L’exploit de ce convoi d’une cinquantaine de navires contre les bombardier-torpilleurs, U-Boat, champs de mines marines et Schnellboot ennemis est une importante victoire stratégique britannique. Cependant, elle coûta la vie à plus de 400 marins, avec seulement 5 navires marchands arrivant à bon port sur les 14 partants.

 

Préparations et forces utilisables

Les précédents convois comme l’opération Harpoon en partance de Gibraltar ou Vigorous d’Égypte subirent beaucoup de pertes tant du point de vue humain, qu’au niveau des marchandises et des navires.

Les approvisionnements devaient être apportés par un convoi de quatorze bateaux marchands. Parmi eux se trouvait le SS Ohio, le seul grand pétrolier disponible (qui était aussi à cette époque, le plus grand de tous). S’il avait été perdu, le ravitaillement en carburant de l’île n’aurait pu être apporté que sous forme de barils. Afin d’assurer la sécurité du convoi l’escorte se composait d’une énorme flotte de vaisseaux de guerre de la Royal Navy, comprenant deux cuirassés, troisporte-avions, sept croiseurs et trente-deux destroyers. Une fois qu’ils auraient atteint la Sicile, la Force Z (les cuirassés, les porte-avions, et trois croiseurs) retourneraient vers Gibraltar, pendant que le convoi continuerait vers Malte avec les quatre croiseurs restants et l’escorte de destroyers. L’opération commença le 9 août 1942, lorsque le convoi dépassa lesColonnes d’Hercule.

La Regia Marina, de son côté, avait un problème de réserves de carburant, qui forçait ses plus grands navires à rester dans leurs ports, réduisant ainsi leur champ d’opérations. Quand le convoi britannique fut détecté, l’attaque fut aussitôt décidée et menée par des avions allemands et italiens basés en Sardaigne, puis dix sous-marins furent envoyés patrouiller au large de la Sicile ; enfin, une division italienne de croiseurs devait mener l’attaque finale. Pour permettre cette action, les Italiens transférèrent tout le carburant contenu dans les cuirassés pour ravitailler ces croiseurs.

Déroulement des opérations

11 août

13h00 : le sous marin allemand U-73 se faufile à travers l’escorte de destroyers et coule le porte-avions HMS Eagle et ce en lançant quatre torpilles.

Le HMS Furious lance ses escadrilles de Spitfires, qui s’envolent en direction de Malte pour sa défense. Ayant réalisé sa mission il rebrousse alors chemin et rentre vers Gibraltar.

Le destroyer HMS Wolverine détecte et coule le sous-marin italien Dagabur. Durant cette escarmouche, le Wolverine est endommagé mais peut mettre cap vers Gibraltar afin d’effectuer des réparations.

20h00 : une attaque aérienne italienne menée par des Savoia-Marchetti S.84, des Fiat CR.42 Falco, des Macchi MC.202, et des Reggiane Re.2001 endommage le pont d’envol du HMS Victorious.

En retour, les avions alliés basés à Malte lancent une attaque sur les aérodromes siciliens afin de réduire cette menace permanente.

12 août

La division de croiseurs italienne, formée des trois croiseurs lourds GoriziaBolzano, et Trieste, plus trois croiseurs légers (le Eugenio di Savoia, le Raimondo Montecuccoli, et le Muzio Attendolo) et dix-sept destroyers prennent la mer en direction du convoi britannique.

Les porte-avions britanniques font décoller leurs Fairey Fulmar et leurs Sea-Hurricanes comme couverture aérienne. La première attaque de dix-neuf Junker Ju-88 rencontre la DCA et les avions britanniques. Six bombardiers allemands sont abattus (dont deux par des navires) pour la perte d’un seul chasseur britannique.

Un hydravion Short Sunderland attaque le Giada qui attendait le convoi au large d’Alger et l’endommage. Le Giada est encore attaqué un peu plus tard par un autre hydravion qui l’endommage davantage. Le Brin détruit cet avion avec ses propres défenses.

Le sous-marin Brin est coulé par des destroyers.

À midi, une autre attaque aérienne menée conjointement par des bombardiers italiens et allemands ainsi qu’avec des chasseurs italiens arrive. Les attaques avaient été retardées et le convoi obtint ainsi un bref sursis. Le cargo Deucalion est la seule perte causée par cette attaque.

Entre 14h00 et 19h00 toutes les dix minutes, les destroyers lancent des grenades sous-marines de part et d’autre du convoi afin de décourager les attaques sous-marines.

17h00 : le sous-marin italien Cobalto, qui avait déjà été endommagé par des grenades sous-marines, fait surface et est rapidement coulé par le HMS Ithuriel qui capture le reste de l’équipage c’est-à-dire trois officiers et trente-huit marins.

La Z Force moins le Wilton se prépare à rentrer vers Gibraltar, lorsqu’arrive une autre attaque aérienne qui coule un navire ravitailleur. Le HMS Indomitable est touché plusieurs fois, quelque 50 marins sont tués, le pont d’envol est endommagé ainsi que le hangar, et les bombes causent des voies d’eau. En conséquence, ses avions doivent atterrir sur leVictorious. Les avions présents sur le pont sont alors jetés à la mer pour faire de la place. Puis, incapable de prendre une part active dans le reste de l’opération, l’Indomitable fait demi-tour et rentre à Gibraltar escorté de CharybdisLockoutLightning et de Solami et réussit à retrouver après quelques heures de travaux une vitesse de 28 nœuds. Durant cette attaque, le HMS Foresight est coulé.

Le Victorious est de nouveau capable de lancer des patrouilles aériennes vers 18h20.

20h00 : Le sous-marin italien Axum lance quatre torpilles qui coulent le croiseur HMS Cairo et endommagent le pétrolier SS Ohio ainsi que le croiseur HMS Nigeria. Puis une attaque germano-italienne coule deux autres navires marchands.

21h00 : Le sous-marin italien Alagi coule un navire marchand et endommage le croiseur HMS Kenya. Le sous-marin italien le Bronzo, coule un autre navire marchand, le Deucalion. Le Nigeria et les autres navires endommagés font demi-tour avec le Wilton et le Bicester en tant qu’escorte.

Les sous-marins, EmoAvorio et Dandolo sont coulés par des charges sous-marines.

13 août

 

13 août

Passant la Tunisie, le convoi est soumis à l’attaque par des bateaux-torpilleurs. Le croiseur HMS Manchester est touché à 01h00. Son équipage réussit à réparer les avaries, mais une partie de l’équipage est transférée sur le Pathfinder et il est sabordé peu après. À cette perte s’ajoutent six autres bateaux marchands coulés pendant cette attaque.

Le Feldmarschal Kesselring, commandant de la force aérienne allemande basée en Sicile, avait refusé une couverture aérienne à la division de croiseurs italienne, car il avait peu confiance en la capacité offensive de la Regia Marina, et préférait utiliser ses avions pour des attaques directes sur le convoi britannique. Sans protection aérienne, et au vu de la proximité de la base aérienne de Malte, le Supermarina (le commandement de la Regia Marina) décide de retirer ses croiseurs et les dirige vers Messine. Ils passent à travers la zone couverte par les sous-marins Safari et Unbroken. Le Bolzano est touché dans son réservoir et s’échoue, et l’Attendolo est lui aussi endommagé. Ni l’un ni l’autre ne furent réparés avant la fin de la guerre.
À 6h46 : un Junkers Ju 88 touche le Ohio, qui est sévèrement endommagé et dont la vitesse est réduite à 4 nœuds.
Mais dès ce jour, le convoi se retrouve assez près de Malte pour pouvoir être sous la couverture de ses chasseurs Spitfires et Beaufighters.

File:SS-Ohio supported.jpg

SS Ohio entrant dans le port de Malte durant l’opération Pedestal

Conséquences

Les attaques de l’Axe coulèrent neuf cargos, deux croiseurs, un porte-avions et un destroyer.

Les Britanniques revendiquèrent la destruction d’un sous-marin italien et de trente-neuf avions. L’Ohio commandé par le capitaine Dudley Mason, le plus grand pétrolier d’alors, capable de naviguer à plus de 16 nœuds, subit sept coups directs, vingt assez proches, et perdit ses moteurs ; il fut alors pris en charge par trois destroyers (le HMS Penn, le HMS Ledbury et le HMS Bramham) et réussit à rejoindre le 15 août le port de Malte.

Tactiquement parlant, la bataille du convoi Pedestal est un brillant succès pour l’Axe et les Italiens nomment cet affrontement la Vittoria del mezz’agosto (la victoire de la mi-août); stratégiquement en revanche, c’est un grave revers.

En effet, nonobstant des pertes extrêmement sévères, l’arrivée de cinq navires marchands à Malte assure trois mois de ravitaillement à l’île, ce qui non seulement écarte la perspective d’une capitulation mais permet aussi d’envisager des opérations offensives.

Des forces sous-marines et aériennes britanniques rejoignent l’île et harcèlent les convois germano-italiens, perturbant de manière significative, voire interrompant, les approvisionnements des troupes germano-italiennes de Rommel en Afrique du Nord, juste avant la deuxième bataille d’El-Alamein.

Les forces en présence

Alliés[modifier]

Les principaux navires britanniques ayant pris part à cette opération sont :

  • Cuirassés :
    • HMS Nelson
    • HMS Rodney
  • Porte-avions :
    • HMS Eagle (coulé)
    • HMS Victorious
    • HMS Indomitable (endommagé)
    • HMS Furious
  • Croiseurs:
    • HMS Phoebe
    • HMS Sirius
    • HMS Charybdis
    • HMS Nigeria (endommagé)
    • HMS Kenya (endommagé)
    • HMS Manchester (gravement endommagé puis sabordé)
    • HMS Cairo (coulé)
  • Destroyers :
    • HMS Ashanti
    • HMS Badsworth
    • HMS Bramham
    • HMS Bicester
    • HMS Derwent
    • HMS Foresight (gravement endommagé puis sabordé)
    • HMS Fury
    • HMS Intrepid
    • HMS Ithuriel
    • HMS Icarus
    • HMS Ledbury
    • HMS Matchless
    • HMS Pathfinder
    • HMS Penn
    • HMS Tartar
    • HMS Zetland
  • Cargos
    • MV Brisbane Star (endommagé, arrive le 14 août)
    • MV Clan Ferguson
    • MV Deucalion
    • MV Dorset
    • MV Empire Hope
    • MV Glenorchy
    • MV Melbourne Star (arrivé le 13 août)
    • MV Port Chalmers (arrivé le 13 août)
    • MV Rochester Castle (endommagé, arrivé le 13 août)
    • MV Wairangi
    • SS Almeria Lykes
    • SS Ohio (pétrolier, endommagé, arrivé le 15 août)
    • SS Santa Elisa (transport de barils de pétrole, coulé)
    • SS Waimarama (transport de barils de pétrole, coulé)

Axe

    • Escadre Da Zara : 2 croiseurs légers, 3 destroyers
    • Escadre Parona : 3 croiseurs lourds, 1 croiseur léger, 7 destroyers
    • 12 vedettes lance-torpilles italiennes
    • 3e flottille de vedettes lance-torpilles allemandes (3 vedettes)
    • 21 sous-marins
    • 784 avions

Références

  1. ↑ (en) Admiral Sir Andrew Cunningham, Official Despatch on Mediterranean Convoy Operations, 19 mars 1941, p. 33–44 published in London Gazette: (Supplement) no. 38377. pp. 4501–4512 [archive]. 1948-08-10.
  2. ↑ Operation Pedestal and SS Ohio Save Malta [archive]. Consulté le 24 juin 2007
  3. ↑ Shankland and Hunter p. 85

Fusiliers marins à Bir Hakeïm

Classé sous — milguerres @ 0 h 12 min

 retour page d’Accueil 

 retour à la Seconde Guerre Mondiale 

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale 

Fusiliers marins à Bir Hakeïm

-

 voir également : Résistance héroïque à Bir Hakeim 

« La résistance la plus acharnée et la plus héroïque de la guerre du désert m’a été opposée par les
soldats français à Bir Hakeim ». Le maréchal Rommel évoque ainsi la bataille opposant, du 26 mai au 11
juin 1942, la 1re brigade française libre (BFL) du général Koenig, intégrée à la 8e armée britannique, aux
divisions germano-italiennes de la Panzerarmee-Afrika (PAK) plus connue sous le nom d’Afrika Korps.
Au sein de la 1re BFL, le 1er bataillon de fusiliers marins (BFM) est en charge de la défense anti-aérienne.

Fusiliers marins à Bir Hakeïm 171209 LA MARINE DANS LE DÉSERT

La création du 1er BFM est décidée le 5 juillet 1940 par l’amiral Muselier, commandant des FNFL : « je désirais
continuer la tradition de la brigade des marins de Ronarc’h dont j’avais eu l’honneur de commander une compagnie en 1915 ». Le bataillon prend corps le 17 juillet avec 250 hommes sous les ordres du LV Détroyat.
Mis à la disposition de l’armée de terre le 10 août, il participe en septembre 1940 à la tentative de reprise de
Dakar, en novembre au ralliement du Gabon puis en juin 1941 à la campagne de Syrie, au cours de laquelle il
perd 40% des effectifs engagés, dont le LV Détroyat.
Sous le commandement du CC Amyot D’Inville, le bataillon est transformé en unité de DCA, organisée en six sections équipées d’abord decanons Hotchkiss de 25mm (récupérés en Syrie), puis de Bofors de 40mm.
Chargé de la défense anti-aérienne de la 1re BFL, le bataillon participe aux batailles de Halfaya, El Mechili, Bir Hakeim et El Alamein en 1942. C’est à Bir Hakeim qu’il s’illustre particulièrement durant les 1 300 sorties de la Luftwaffe sur la position, tirant 47 200 obus, abattant sept avions et détruisant de nombreux véhicules blindés.
En septembre 1943, intégré à la 1re division française libre, le 1er BFM devient le 1er régiment de fusiliers
marins, participe à la campagne d’Italie et à la libération de la France comme régiment de blindés légers de reconnaissance. Compagnon de la Libération, son drapeau, confié à la garde de l’Ecole des fusiliers marins de Lorient, est le troisième plus décoré de France avec cinq citations à l’ordre de l’armée pour 1939-1945.

Les fusiliers marins à Bir-Hakeim
Quartier-maître Le Borgne

En ce matin du 1er juin, la situation se présente favorablement à Bir-Hakeim. Le 27 mai, la division italienne « Ariete », mal renseignée sur la profondeur de nos champs de mines, envoie à l’attaque le 132e régiment blindé du colonel Prestissimone. Après deux heures de furieux combats, les Italiens décrochent, ayant perdu une quarantaine de chars et abandonnant entre nos mains 90 prisonniers dont leur colonel qui, après avoir changé trois fois d’engin, fut grièvement blessé et mourut au P.C. du général Kœnig.

Après cet échec de l’ennemi, la garnison, complètement encerclée, repoussera assez facilement les incursions de blindés qui tâtent nos champs de mines et cherchent le point faible tout autour du périmètre de défense.

Depuis l’investissement, les fusiliers marins ont brillamment défendu le ciel de Bir-Hakeim, et les 12 Bofor crachent sans arrêt dès qu’apparaissent les avions à croix gammée. Hier soir, à la tombée de la nuit, six JU. 88, sérieusement encadrés par nos obus, ont largué précipitamment leur chargement de bombes et se sont vite dérobés vers le Nord-Ouest.

Depuis l’aube, les marins s’activent à leurs pièces c’est qu’il est fort question que la brigade appareille pour poursuivre l’ennemi qui a desserré son étreinte ; on a rappelé, paraît-il, l’échelon lourd qui campe quelque part entre Bir-Bou Mafes et Bardia et, sitôt nos camions rentrés, on quittera cette citadelle du désert pour exploiter le succès.

Rassemblant tous les véhicules disponibles, le colonel Broche, avec son bataillon du Pacifique, a déjà reçu l’ordre d’aller occuper Rotonda Segnali, à 80 km dans l’Ouest de Bir-Hakeim.

Un message envoyé par la 7e brigade motorisée anglaise (les fameux « rats du désert ») signale que les Italo-boches abandonneraient cette position si souvent harcelée par les jock-colonnes sorties de Bir-Hakeim.

C’est la batterie de l’enseigne de vaisseau Bauche et du maître-fusilier Le Goffic qui est chargée d’assurer la D.C.A. du bataillon du Pacifique, et c’est sous nos regards envieux qu’ils franchissent la porte du fort vers 9 heures, tandis qu’à l’autre extrémité du camp le quartier-maître Audren, avec sa quadruple 13,2, va escorter le commandant Puchois qui, dit-on, va faire une liaison vers les Britanniques.

En prévision d’un départ possible, on travaille ferme à la pièce Le Borgne. Les pointeurs Guitton et Bertin graissent et astiquent tandis que Choquer et Moniot gréent des lames-chargeur avec les obus calibrés par Daviault et Giorgy. Genovini, le chauffeur, qui a servi le thé matinal, fait tourner le moteur de son camion en chantant à pleine voix. Carnet en main, Le Borgne compte les munitions, les vivres et l’essence et pousse un coup de gueule quand quelque chose ne va pas à son idée.

Le quartier-maître de 1re classe Le Borgne est un fusilier issu de Lorient. Trapu et solide comme un roc, il est d’un extérieur froid et maussade. Homme de devoir dans toute l’acception du terme, il a déjà démontré de belles qualités de courage et d’entraîneur d’hommes. Travailleur infatigable, sévère mais juste, il est animé d’une flamme patriotique ardente qui le conduit à tous les dévouements. Pour nous c’est un camarade et pour ses hommes un chef reconnu et estimé.

Vers 11 heures, Daviault, qui est de cuisine, appelle ses camarades « à la soupe » et ceux-ci, affamés, se précipitent dans l’abri-popote, très bien protégé des rayons du soleil par la bâche du camion tendue sur ses arceaux. Soudain, alors qu’on commente ironiquement l’ultimatum envoyé hier par le général Rommel, un ronronnement bien connu attire l’attention, et un « chut » énergique de Le Borgne fait taire tout le monde.

- Alerte ! crie le chef de pièce au moment où, déjà bien convaincus de la chose, les sept marins, bousculant table, sièges et gamelles, foncent à leur poste de combat.

Gymnastiquée 100 fois à l’exercice et appliquée au combat depuis quatre jours, la manoeuvre s’accomplit en 30 secondes et le Bofor est prêt à tirer au moment où Bernier et Charpentier, en position en bordure nord-ouest du camp, ouvrent le feu pour que leurs traçants servent aux camarades des autres pièces à repérer la direction des avions ennemis.

D’un coup de rein, Le Borgne fait tourner sa plate-forme et oriente sa volée en direction des petits nuages noirs formés par l’éclatement des obus. Et tout à coup les avions apparaissent au moment où, pris à partie, par Fremeaux, Canard et Laporte, ils sont obligés de rompre la belle formation serrée qu’ils avaient adopté, jusqu’ici. Ce sont les JU. 87, les fameux Stuka, spécialistes du bombardement en piqué, reconnaissables à leur train d’atterrissage non escamotable. Ils sont une douzaine et leur sarabande effrénée emplit bientôt le ciel de Bir-Hakeim, ce ciel qui se tache de centaines de flocons noirs, car, aux 12 Bofor des marins viennent de se joindre les six autres, armés par les Anglais.

Après le « vu » de ses pointeurs, Le Borgne a ouvert le feu et hurlé des corrections de tir. Le bruit est infernal et aux gerbes de sable soulevées par les explosions se joignent des nuages de poussière produits par le recul de la pièce sur ses vérins ; bientôt les avions n’apparaissent plus qu’à travers une sorte de halo brumeux qui fatigue les yeux et augmente les difficultés de pointage. Les marins ont vite compris que l’alerte allait être sérieuse, car les Stuka semblent viser particulièrement les emplacements de D.C.A., emplacements ceinturés par plusieurs centaines de sacs de sable et de caisses vides de munitions, et que l’on consolide et améliore après chaque bombardement.

Il va donc falloir s’évertuer à empêcher plusieurs avions de se grouper pour choisir leur objectif. Piquant à mort de 1.500 à 2.000 mètres, les JU lâchent une bombe à 2 ou 300 mètres, puis remontent en chandelle pendant que le mitrailleur arrière arrose le point visé.

Cet avion qui, dans un hurlement sinistre, pique sur chaque pièce en donnant l’impression qu’il va tout pulvériser, fait trembler les cœurs et courber les épaules mais, debout à leur pièce comme à bord, nus jusqu’à la ceinture et casque plat sur la tête, les marins tirent toujours. À chaque explosion, les torses sont douloureusement cinglés par les jets de gravier. Dans ce décor hallucinant, de nombreux points rouges apparaissent ; ce sont des camions qui brûlent… et qui sautent.

Le départ de la batterie Bauche a créé un trou dans la défense D.C.A. et c’est Le Borgne qui en subit déjà les conséquences, plusieurs fois pris à partie. Les bombes ont explosé tout près et, malgré les secours que lui prêtent Lesant et la batterie anglaise, les Stuka s’acharnent sur lui. Sans arrêt, le chargeur alimente sa pièce qui tire à cadence accélérée, et il va bientôt falloir changer le tube rougi. Les corrections de tir sont inutiles et Le Borgne pare au plus pressé en virant lui-même pièce et pointeurs du côté de l’assaillant le plus dangereux.

Mais de là-haut un oiseau à croix gammée qui, sans doute, menait la danse car il possède encore son chargement de bombes, se décide à intervenir. Il a choisi soigneusement son objectif : ce sera ce petit point noir d’où partent des langues de feu et qui, plusieurs fois, a été loupé par plusieurs de ses camarades. Brutalement, le pilote bascule son avion et celui-ci, volets ouverts, pointe son nez vers le sol en amorçant un piqué vertical en direction de la pièce. Le Borgne a vu, et il va se défendre :

- Feu !… Feu ! hurle-t-il… Moniot écrase la pédale sous son pied et, les yeux exorbités, enfile les chargeurs dans le Bofor surchauffé… Les obus de 40, en un trait de feu continu, filent en direction du Stuka qui ne dévie pas d’un pouce. Déjà, dans un vrombissement du tonnerre, l’engin de mort remonte en chandelle car il a largué ses trois bombes et toutes trois explosent en plein centre de l’emplacement où tout est balayé. La pièce est tordue et culbutée, les sacs de sable éventrés et volatilisés, les corps déchiquetés et broyés…

Là où, tout à l’heure, se dressait un canon servi par huit garçons magnifiques, huit marins qui avaient préféré le combat à la servitude, il n’existe plus qu’un chaos innommable qui soulève le cœur et dont l’approche même nous est interdite par l’explosion des munitions et le feu qui se dégage du camion de Genovini. Tout à l’heure, on sortira de ce charnier un blessé qui ne saura jamais par quel miracle il est encore vivant. C’est Daviault, atteint grièvement aux jambes et qui, sitôt guéri, reprendra sa place parmi nous pour finalement se faire tuer sous Radicofani, en Italie. À 15 heures, entre deux alertes, une délégation de chaque batterie assistera à l’enterrement des morts de la pièce Le Borgne, qui sont ensevelis auprès du groupe sanitaire divisionnaire. Le soir même, le commandant diffuse l’ordre du jour suivant :

Bir-Hakeim, le 1er juin 1942
« Premier bataillon de fusiliers marins,
« Fusiliers marins,
« Sept des vôtres ont été tués ce matin à leur poste de combat. Le coup est rude, mais nous ne devons pas faiblir une seconde. L’aviation ennemie fait tout ce qu’elle peut pour dégager son armée qui sait la bataille perdue pour elle. Ces diversions ne changent en rien l’avance des forces amies. Le moment n’est pas de s’attendrir, mais de combattre.
« Vos camarades sont morts pour la France Libre.
« Vive la France. »

Le capitaine de corvette Amyot d’Inville, commandant le 1er bataillon de fusiliers marins
À cet ordre du jour un autre succédait le lendemain :

Bir-Hakeim, le 2 juin 1942
« Les morts, de la pièce Le Borgne sont déjà vengés par les Bofor de la 1re batterie qui attaqués pendant plusieurs heures ont descendu hier quatre avions ennemis.
« Trois mille tonnes de bombes ont été versées en quatre-vingt-dix minutes par mille deux cent cinquante avions anglais sur Cologne.
« Une couverture de chasseurs anglais est attendue aujourd’hui sur Bir-Hakeim et El-Telim. »
Amyot d’Inville

Mais les Alliés s’étaient trompés… Rommel n’était pas battu… La colonne… La colonne Broche rentra précipitamment… et le siège continua… et d’autres moururent.
Mais ceci est une autre histoire.
Officier des équipages principal Colmay, ancien du 1er B.F.M.
Extrait de la Revue de la France Libre, n° 62, novembre 1953.

bfm-li10
 
fusili10

sources 
document pdf : BM 148 Marine à Bir Hakeim – CESM – cesm.marine.defense.gouv.fr/
http://www.france-libre.net/temoignages-documents/temoignages/fusiliers-marins-bir-hakeim.php

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 

 

19 mars 2013

Résistance héroïque à Bir Hakeim

Classé sous — milguerres @ 22 h 59 min

 retour page d’Accueil 

 retour à la Seconde Guerre Mondiale 

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale 

voir également : Fusiliers marins à Bir Hakeïm

Résistance héroïque à Bir Hakeim 

Résistance héroïque à Bir Hakeim  photo10

fleche26
Le déroulement détaillé de la bataille (26 mai-2 juin)
sources :
1) document pdf : http://www.birhakeim.fr/pdf%20pedagogique_160512.pdf
que vous pourrez télécharger et sauvegarder
2) articles du Journal des débats politiques et littéraires au jour le jour

 

 

 

À 12 h 30, les Allemands lancent leur manoeuvre de diversion au nord, contre les Sud-Africains.
À 13 heures, une patrouille du BM2 signale par radio des mouvements au nord de Bir Hakeim.
Dans la soirée, les blindés allemands contournent la position de Bir Hakeim. Toute la nuit les Français entendent des bruits de moteur au sud de leurs positions.

hakeim10
Plan schématique de Bir Hakeim.

MERCREDI 27 MAI

Les Germano-italiens ont franchi la ligne de défense alliée et détruisent à 2 heures la 3e brigade motorisée indienne à Bir el Harmat. Rommel lance la 90e division légère allemande sur Tobrouk et 70 chars de la division blindée italienne « Ariete » contre Bir Hakeim.
Au terme d’un combat furieux qui se termine au corps à corps, les défenseurs de Bir Hakeim ont détruit 32 chars italiens, dont six à l’intérieur même de la position.
Profitant de l’accalmie qui suit les combats, des patrouilles françaises rendent inutilisables les matériels abandonnés par l’ennemi et capturent des sapeurs démineurs italiens. 91 Italiens ont été faits prisonniers, dont le colonel Pres¬tissimone, qui commandait l’attaque. Les Français ne comptent qu’un blessé.

JEUDI 28 MAI

Rommel l’a emporté à Bir el Hamat, mais il a perdu un tiers de ses chars. Nulle part les champs de mines n’ont pu être franchis et les convois de ravitaillement n’ont pu rejoindre l’Afrika Korps.
La position de Bir Hakeim est cernée sur trois côtés, mais les défenseurs utilisent les passages dans les champs de mines pour effectuer plusieurs raids fructueux.

VENDREDI 29 MAI 

Le gros des chars allemands se replient vers le sud, où ils sont rejoints par un convoi de ravitaillement qui a contourné par le sud la ligne de défense.
Rommel modifie ses plans et décide de concentrer ses forces plus à l’ouest, dos au champ de mines, à hauteur de Gott el Oualeb, où résiste la 150e brigade anglaise, attaquée à la fois à l’ouest et à l’est.
La 1re BFL poursuit ses sorties, détruisant 15 véhicules et faisant 50 prisonniers.

export30
Journal des débats politiques et littéraires – 1942/05/29 (Numéro 729).

SAMEDI 30 MAI 

Face à la résistance des Alliés, appuyés par la Royal Air Force (RAF), Rommel renonce à avancer plus au nord et se prépare à une contre-offensive britannique.
Les Français Libres, ayant découvert un passage fait par les Italiens dans le marais de mine du « V », envoient les Bren-carriers de la Légion contre les automitrailleuses italiennes.
À 8 heures, 620 soldats de la 3e brigade motorisée indienne, abandonnés dans le désert par les Allemands, se présentent sur la position.

export31
Journal des débats politiques et littéraires – 1942/05/30 (Numéro 730)-1942/05/31.

DIMANCHE 31 MAI 

À 7 heures, un convoi de ravitaillement réussit à passer, amenant vivres, eau et munitions. Il repart dans la nuit avec blessés et prisonniers.
À 8 heures, le détachement Messmer attaque 15 chars ennemis au canon dans le « V ».
Le BM2 est attaqué par la chasse ennemie.

LUNDI 1er JUIN 

À 7 h 30, le bataillon du Pacifique est envoyé à l’ouest jusqu’à Rotonda Segnali, en vue de la reprise de l’offensive par la 8e armée. Repérée par l’aviation ennemie, la colonne est attaquée par 15 Messerschmitt 110 qui détruisent plusieurs véhicules, tuent 3 Néo-calédoniens et blessent 4 Tahitiens et 3 fusiliers marins. La défense anti-aérienne abat 4 avions. L’aviation ennemie bombarde également Bir Hakeim, tuant 7 fusiliers marins.
Pendant ce temps, Rommel détruit le camp fortifié de Gott el Oualeb, dans le « V », au nord de Bir Hakeim. 3 000 hommes sont faits prisonniers, des centaines de chars détruits, 100 chars et 123 canons capturés. La route de Tobrouk est ouverte.
Dans la nuit, l’ordre de tenir la position de Bir Hakeim est confirmé.
Plutôt que d’attaquer Tobrouk, Rommel fait converger ses forces contre Bir Hakeim, qui contrarie son offensive en menaçant ses lignes arrières de communications.
Dans la nuit une formation d’attaque de 1 000 véhicules, chars et automitrailleuses, se dirige vers la position : la division italienne « Trieste » du sud-est, la 90e division légère allemande du nord-est, la 33e unité de reconnaissance allemande de l’ouest.

MARDI 2 JUIN

À 8 heures, une attaque de blindés est repoussée par le détachement du « V ».
À 10 h 30, deux parlementaires italiens viennent demander la reddition mais sont éconduits.
À 12 heures, commence un intense pilonnage d’artillerie, interrompu quelques heures par un vent de sable.
À 19 heures, les tirs d’artillerie reprennent, soutenus par une trentaine de bombardiers.
Le bataillon du Pacifique est de retour dans la nuit.

export32
Journal des débats politiques et littéraires – 1942/06/02 (Numéro 732).

MERCREDI 3 JUIN

À partir de 6 heures, 12 raids aériens sont lancés sur Bir Hakeim, par vagues de 20 bombardiers. 8 avions ennemis sont abattus par la 
défense antiaérienne française et la RAF.
À 9 heures, deux prisonniers anglais libérés apportent un ultima¬tum écrit et signé de la main de Rommel, venu en personne devant Bir Hakeim. Devant le refus de Koenig, les chars et l’artillerie lourde 
allemande pilonnent la position.
5 000 obus et 200 tonnes de bombes tombent sur Bir Hakeim.

JEUDI 4 JUIN

De 6 à 8 heures, puis de 9 à 15 heures, attaques des Stukas. 250 tonnes de bombes sont déversées, 5 500 obus tirés. Quatre appa¬reils sont détruits.
Des bataillons ennemis arrivent à se positionner à la limite du champ de mines et se lancent à l’assaut de la position. Mais les tirs d’artillerie les arrêtent.
Un vent de sable se lève dans la soirée. Dans la nuit, des combats opposent les pionniers ennemis, qui tentent de déminer les passages, et les patrouilles françaises.
À 13 heures, la 7e brigade motorisée britannique force l’encercle¬ment. Deux convois de munitions réussissent à atteindre la position.
Dans la soirée, 20 chars simulent une attaque à l’ouest contre le BM2. Dans la nuit, les pionniers tentent de percer des brèches dans le champ de mines, refermées par les sapeurs français.
Rommel envoie un plénipotentiaire pour demander la reddition. Koenig refuse de lui répondre.

VENDREDI 5 JUIN 

À 6 heures, la 8e armée lance une offensive au nord, dans le secteur de Knightsbridge, dans le « chaudron ».
Elle tourne au désastre.
À 9 heures, l’artillerie germano-italienne reprend ses tirs contre Bir Hakeim. Occupée au « chaudron », la Luftwaffe accorde un répit à la position.
À 10 h 30, un convoi de munitions britannique arrive à Bir Hakeim, puis repart vers sa base de départ avec les blessés transportables.

export33
Journal des débats politiques et littéraires – 1942/06/05 (Numéro 735).

SAMEDI 6 JUIN 

Avant d’attaquer Tobrouk, son objectif initial, Rommel 
dirige vers Bir Hakeim la 15e division Panzer avec l’artil¬lerie lourde de l’Afrika Korps et les divisions mécanisées 
« Ariete » et « Trieste ». Les Français Libres sont 3 723, les Germano-italiens 37 000. La BFL combat à 1 contre 10.
À 11 h 30, deux bataillons de la 90e division légère at¬taquent la Légion au sud, appuyés par les chars et les canons d’assaut. Pendant ce temps, les pionniers commencent à ouvrir une brèche dans la première ceinture de mines.
À 17 heures, deux bataillons attaquent le réduit du fort, au sud. La compagnie Roudaut parvient à briser leur élan.
Dans la soirée, un nouveau simulacre d’attaque est lancé contre le BM2. Le but est de provoquer les pièces antichars, afin d’en situer l’emplacement, et de sonder les défenses, pour trouver le point faible.

DIMANCHE 7 JUIN 

L’ennemi s’empare du « V » et positionne à proximité du champ de mines des groupes d’assaut de la 90e division légère qui creusent des tranchées et y disposent des mi¬trailleuses lourdes, des mortiers et des canons.
Dans la nuit, l’aspirant Bellec traverse les lignes ennemies et conduit un ultime convoi de ravitaillement.

vue_ae10
Vue aérienne de Bir Hakeim.

export34
Journal des débats politiques et littéraires – 1942/06/06 (Numéro 736)-1942/06/07.

LUNDI 8 JUIN 

À 7 h 30, 60 bombardiers ennemis déversent 120 tonnes de bombes. L’artillerie se déchaîne sur le BM2, dans le secteur nord de la position, jusqu’à la nuit tombée.
À 10 heures, une première attaque d’infanterie et de chars se brise sur le champ de mines, à 200 m des premières lignes 
françaises.
À 13 heures, dans le secteur sud, le bataillon du Pacifique, repousse une attaque de chars et d’infanterie appuyée par 60 bombardiers. Au même moment, les tirailleurs du BM2 détruisent 2 chars au nord.
De son côté, la RAF fait 500 sorties pour appuyer la défense de Bir Hakeim.

MARDI 9 JUIN 

Durant toute la matinée, l’artillerie ennemie pilonne le secteur des 
« Mamelles ». À 12 h 30, elle vise particulièrement les batteries fran¬çaises de 75.
À 13 heures, 160 Junkers 88 bombardent la position ; les camions opé¬ratoires du groupe sanitaire divisionnaire sont atteints (15 blessés et 3 
infirmiers sont tués), ainsi qu’une réserve d’eau.
Vers 17 heures, le général Ritchie ordonne à la 1re BFL de décrocher, la position de Bir Hakeim n’étant plus essentielle.
À 20 heures, Félix Broche, commandant du bataillon du Pacifique, est tué avec son adjoint par un obus.

MERCREDI 10 JUIN 

Comme les deux jours passés, un épais brouillard couvre le camp retranché. Quand la brume se dissipe, à 9 heures, les tirs d’artillerie reprennent, assourdissants. Toute la matinée, de violentes attaques sont menées au nord et à l’est.
À 10 heures, Bir Hakeim subit un bombardement massif de 100 avions ennemis. Le secteur nord et le PC du géné¬ral Koenig sont particulièrement visés.
Décidé à en finir, Rommel envoie encore 130 bombar¬diers contre la position à 13 heures et encore une cen¬taine dans la soirée.
À 17 heures, l’ordre de sortie est donné.

export35
Journal des débats politiques et littéraires – 1942/06/10 (Numéro 739)

La sortie de vive force (11 juin)

Prévenus des dispositions à prendre à la nuit tombante, le capi¬taine Gravier et ses 35 sapeurs s’activent dans la pénombre pour déminer le passage de la porte sud-ouest.
À minuit et quart, la colonne s’ébranle, les légionnaires en tête. 
Pendant plusieurs heures, au milieu des champs de mines, la mêlée est intense. Les trois lignes successives de positions 
ennemies sont passées au corps à corps. La confusion est 
propice aux initiatives et aux actes de bravoure.

Ensuite, ils doivent prendre l’azimut 213 pour rejoindre la balise 837, à 12 km, où est prévu le recueil par les camions et les ambu¬lances britanniques.
70 % des pertes totales de la 1re BFL ont lieu lors de cette opération.

export36
Journal des débats politiques et littéraires – 1942/06/11 (Numéro 740).

export37
Journal des débats politiques et littéraires – 1942/06/12 (Numéro 741).

LES RESPAPES

Le BM2 décroche à 3 h 30. Le premier convoi de blessés, conduit par l’aspirant Bellec arrive à 4 heures, suivi par le convoi Champrosay 
à 4 h 30. Puis, au cours de la matinée, s’égrènent des groupes d’hommes épars. Un groupe de fusiliers-marins, le dernier, se présente à 20 h 30.

rescap10
Les rescapés de Bir Hakeim rejoignent les lignes 
britanniques toutes unités mélangées.

LES ALLEMANDS DANS BIR HAKEIM ABANDONNÉ

Rommel est surpris par cette sortie audacieuse.
Rommel : « Une fois de plus, la preuve était faite qu’un chef décidé à ne pas jeter le fusil après la mire à la première occasion peut réaliser des miracles, même si la situation est apparemment désespérée.
Dans les premières heures de la matinée du 11 juin, la 90e légère occupait Bir Hakeim. 500 Français, la plupart blessés, tombèrent entre nos mains.
Dans la matinée, je visitais la forteresse, théâtre de furieux combats ; nous avions attendu sa chute avec impatience » (La Guerre sans haine).
Général Schultz, chef du service de renseignement de Rommel : « Je dois dire, car ceci est la vérité, que le 11 juin, lorsque nous arrivâmes sur les ruines de Bir Hakeim, deux cents prisonniers furent faits sur la position abandonnée ; tous étaient blessés et tous se défendirent jusqu’au bout, les armes à la main ».

LE SORT DES PRISONNIERS

Le 12 juin, Radio-Berlin annonce que tous les prisonniers seront exécutés comme francs-tireurs.
Une heure plus tard, la BBC diffuse un communiqué du général de Gaulle : « Si l’armée allemande se déshonorait au point de tuer des soldats français faits
prisonniers en combattant pour leur patrie, le général de Gaulle fait connaître qu’à son profond regret, il se verrait obligé d’infliger le même sort aux prisonniers allemands tombés aux mains de ses troupes.»
Le même soir, changement de ton à la radio de Berlin : « À propos des militaires français qui viennent d’être pris au cours des combats de Bir Hakeim, aucun malentendu n’est possible. Les soldats du général de Gaulle seront traités comme des soldats. »

L’EFFET BIR HAKEIM EN FRANCE

La bataille de Bir Hakeim connaît un grand écho dans la Résistance intérieure. Dans son numéro du 24 juin 1942, Libération, organe du mouvement Libération-Sud, écrit : « Bir Hakeim n’est qu’un épisode de la guerre, ce n’est qu’un combat de la bataille de Libye, mais pour la France, c’est une résurrection ».
Dans les mois qui suivent, des maquis, des compagnies de corps francs prennent le nom de Bir Hakeim.
À partir de mars 1943 paraît Bir-Hakeim, un mensuel clandestin imprimé à Bourg-en-Bresse puis Morez et largement diffusé dans toute la zone sud.

RÉACTIONS DES CHEFS ALLEMANDS

Au cours d’un déjeuner, Hitler affirme : « Les Français sont les meilleurs soldats d’Europe… après nous ; Bir Hakeim en est la preuve ».
Lors de l’inspection du camp fortifié, après la sortie des Français Libre, Rommel déclare à ses officiers :
« Ici, Messieurs, il ne pouvait y avoir que des soldats au moral de fer, servant parfaitement leur armement et commandés par un chef de valeur et énergique ».
Le général Rommel : « La résistance la plus acharnée et la plus héroïque de la guerre du désert m’a été opposée par les soldats français, à Bir Hakeim, en mai-juin 1942 ».
Le maréchal allemand Kesselring : « Le deuxième front constitué par la résistance imprévue des Français Libres à Bir Hakeim a contribué à la défaite allemande de Stalingrad ».

LE CIMETIÈRE DE BIR HAKEIM ET LES PÈLERINAGES

Après la victoire d’El Alamein, une délégation de la BFL revient sur les lieux.
Elle trouve à l’intérieur de la position les corps de 188 camarades que les Allemands ont abandonné sans sépulture, dans leur hâte de poursuivre les Alliés en retraite.
Les légionnaires vont récupérer les déchets de ciment répandus sur le sol des dépôts vides de Tobrouk et criblent le sable du désert pour en extraire le gravier. Avec ces matériaux, le génie érige une stèle sur le cratère de la bombe qui a détruit l’hôpital et anéanti son poste de secours avec 15 blessés et 3 infirmiers, le 9 juin. Les corps des disparus sont inhumés par leurs camarades. Ils ont été transférés à Tobrouk en 1955.

cimeti10

Mont Valérien

Érigé près de la clairière des fusillés, au Mont Valérien, sur décision du général de Gaulle le Mémorial de la France 
Combattante est inauguré le 18 juin 1960 par le président de la République. Il forme un mur de 150 m de long, avec une croix de 12 m de haut en son centre. Il porte 16 hauts-reliefs en bronze, oeuvres de 16 sculpteurs différents, et constitués de différentes allégories.
Parmi ses hauts-reliefs, Bir Hakeim (oeuvre de Raymond Martin) : « Du 27 mai au 10 juin 1942, en Libye, la 1re Brigade Française Libre du général Koenig défend la position de Bir Hakeim investie par les forces germano-italiennes, forçant par le glaive le barrage de fer et de feu qui l’encercle ».

1er_bf10
1er_bf11

voir également : Fusiliers marins à Bir Hakeïm

 

sources 
http://www.birhakeim.fr/pdf%20pedagogique_160512.pdf
GALLICA

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 

 

25 février 2013

La Guerre italo-grecque

Classé sous — milguerres @ 0 h 07 min

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 

 

La Guerre italo-grecque

 

 

 La Guerre italo-grecque grece-italie

 

 La Guerre italo-grecque est un conflit opposant l’Italie à la Grèce du 28 octobre 1940 au 6 avril 1941. Elle marque le début de la Campagne des Balkans lors de la Seconde Guerre mondiale. À partir de l’intervention allemande en 1941, on parle debataille de Grèce.

Ce conflit marque l’entrée en guerre du Royaume de Grèce, qui vit sous le gouvernement autoritaire de Ioánnis Metaxásdepuis août 1936, contre l’Italie fasciste de Benito Mussolini. Son gouvernement profasciste rejette l’ultimatum du 28 octobre 1940 par lequel l’Italie demande le libre passage pour ses troupes. Dès lors, la Grèce se range aux côtés du Royaume-Uni au moment où Hitler occupe la plus grande partie de l’Europe.

Pour le peuple grec, la résistance contre l’agression de l’Italie fasciste prit un caractère à la fois national et antifasciste, permettant à l’armée grecque de faire face à l’agression et de lancer une contre-offensive. À la fin de 1940, les armées grecques se trouvaient à soixante kilomètres au-delà de la frontière gréco-albanaise.

Pendant six mois, seize divisions grecques insuffisamment armées immobilisèrent en Albanie vingt-sept divisions italiennes disposant d’un équipement bien supérieur au leur, jusqu’au moment de l’attaque des armées allemandes, le 6 avril 1941.

Le roi et son gouvernement quittent le pays alors que le commandement de l’armée, composé d’officiers fascistes, capitule le24 avril 1941. Un certain nombre d’officiers et de soldats patriotes, ainsi que la flotte de guerre, ont réussi à quitter l’Hellade. Ils continuent la lutte et participent aux opérations alliées en Afrique (seconde bataille d’El Alamein, campagne d’Italie…).

Les succès militaires grecs en Albanie ont constitué la première victoire des Alliés contre l’Axe, encouragé d’autres peuples hésitants, détruit le prestige de Mussolini et influencé l’attitude américaine. La résistance en Crète a causé la destruction des forces d’élite allemandes et la résistance des peuples albanais, yougoslaves et grec a contraint Hitler à ajourner l’attaque contre l’Union soviétique, délai qui s’est révélé vital pour celle-ci.

L’ultimatum italien

Le Jour du Non (en grec moderne Επέτειος του «’Οχι», Epétios tou «Ókhi», « Anniversaire du “Non” », ou simplement το όχι / to ókhi) est une des deux fêtes nationales grecques (La deuxième fête nationale est célébrée chaque 25 mars). Célébrée le 28 octobre de chaque année, elle marque le rejet de l’ultimatum italien du 28 octobre 1940par le dictateur grec Ioánnis Metaxás.

Cet ultimatum fut présenté par Emanuele Grazzi, ambassadeur italien en Grèce, le 28 octobre 1940, à quatre heures du matin, après une fête à l’ambassade d’Allemagne à Athènes. Cet ultimatum imposait à la Grèce de permettre à l’armée italienne de pénétrer sur le territoire grec et d’occuper certaines places stratégiques, ou bien la guerre serait déclarée. La réponse de Metaxás aurait simplement été : « Όχι! » (« Νon ! »). Cependant, d’après certains universitaires[Lesquels ?], cette réponse tiendrait davantage de la légende et la réponse formulée aurait pu réellement être : « Alors c’est la guerre »( Phrase qui aurait été prononcée en français par Metaxás). En réponse au refus de Metaxás, les troupes italiennes stationnées en Albanie, alors protectorat italien, attaquèrent à la frontière grecque à cinq heures et demi du matin, déclenchant la guerre italo-grecque.

La réponse de Metaxás marque ainsi le début de la participation de la Grèce dans la Seconde Guerre mondiale.

À l’issue de la guerre, le 28 octobre devint un jour férié en Grèce. Cet évènement est commémoré chaque année par des défilés militaires et estudiantins. La plupart des bâtiments publics et des habitations sont décorés du drapeau grec.

 

Le soir du 27 octobre 1940, l’ambassadeur italien à Athènes, Grazzi, apporta un ultimatum de Mussolini à Metaxas. L’Italie avait concentré son armée dans l’Albanie voisine et leDuce demanda le libre passage de ses troupes afin d’occuper des points stratégiques (non spécifiés) sur le sol grec.

La Grèce avait eu un comportement amical envers l’Allemagne nazie, profitant notamment d’accords commerciaux mutuels, mais désormais l’allié de l’Allemagne était sur le point d’envahir la Grèce, sans qu’Hitler ne soit au courant, en partie pour prouver que l’Italie pouvait imiter les succès allemands en Pologne et en France. Metaxas rejeta l’ultimatum le28 octobre, faisant écho à la volonté du peuple grec à résister ; une volonté exprimée par le mot Okhi (Non en grec). Quelques heures plus tard, l’Italie envahit la Grèce

Ordre de bataille et plans

Le front, s’étalant sur 150 km, était un terrain extrêmement montagneux avec peu de routes. La chaîne des monts du Pinde divisait pratiquement la région en deux théâtres d’opérations : l’Épire et la Macédoine de l’ouest.

Le plan italien, au nom de code Emergenza G (Urgence Grèce), prévoyait une occupation du pays en trois phases : d’abord une occupation de l’Épire et des îles ioniennes, puis une percée en Macédoine de l’Ouest vers Thessalonique afin de contrôler le nord de la Grèce. Dans un troisième temps, le reste de la Grèce aurait été occupé.

Le haut commandement italien mit en place un corps d’armée sur chaque théâtre d’opération. Le XXVe corps d’armée « Ciamura » en Épire (les 23e et 51e divisions d’infanterie Ferraraet Sienna, la 101e division blindée Centauro) devait avancer vers Ioannina et le long de la côte vers Prévéza. Le XXVIe corps d’armée Corizza se trouvait dans le secteur macédonien (les 19e, 29e, 49e divisions d’infanterie VeneziaPiemonteParma) et devait initialement observer une position passive, pendant que la division alpine Julia s’avançait entre les deux corps d’armée à travers les monts du Pinde. Au total, les forces italiennes étaient de 85 000 hommes.

Après l’occupation italienne de l’Albanie, le commandement général grec anticipa une attaque combinée de l’Italie et de la Bulgarie. Le plan prévoyait différentes options, selon la situation, mais prévoyait essentiellement une position défensive en Épire, ainsi que de maintenir une possibilité d’offensive en Macédoine occidentale.

Les principales forces armées grecques présentes sur zone à la veille du conflit étaient : la 8e division d’infanterie en Épire, sous les ordres du général Charalambos Katsimitros. En Macédoine de l’ouest, le corps d’armée TSDM (ΤΣΔΜ, Section de la Macédoine occidentale), sous le commandement du lieutenant général Ioannis Pitsikas, incluant le « détachement du Pinde » (Απόσπασμα Πίνδου) de la taille d’un régiment ; la 9e division d’infanterie et la 4e brigade d’infanterie. Les forces grecques s’élevaient à environ 35 000 hommes.

L’offensive italienne (28 octobre 1940 – 13 novembre 1940)

File:1ere Offens Italie Grèce.svg

 

Première offensive italienne

Les Italiens attaquèrent avec une préparation inadéquate et malgré leurs attaques répétées, ne réussirent pas à percer. Sur la côte, les chars d’assaut italiens CV-33 et M11/39 rencontrèrent des difficultés sur le terrain montagneux et les défenses anti-chars grecques se révélèrent plus qu’adéquates. Les attaques italiennes, mal organisées et mal coordonnées, ne parvinrent pas à déborder les forces grecques bien positionnées, et ce malgré l’importante supériorité numérique.

Dans le secteur de l’Épire, l’offensive italienne s’arrêta le 9 novembre. Une plus grande menace fut celle de l’avancée de la division « Julia », mais celle-ci fut mise en échec par les troupes du IIe corps d’armée grec. Les Grecs réussirent à encercler et à pratiquement détruire « Julia » le 13 novembre.

En Macédoine occidentale, face à une inactivité italienne et dans le but de soulager le front de l’Épire, le Haut Commandement grec déplaça le 3e corps d’armée le 31 octobre vers l’Épire et ordonna de passer à l’attaque en Albanie avec le TSDM. Pour des raisons logistiques, cette attaque fut successivement retardée jusqu’au 14 novembre. Cette résistance grecque inattendue surprit les Italiens. Plusieurs divisions furent dépêchées en renfort en Albanie, dont la 47e division « Bari », prévue initialement pour l’invasion de Corfou.

Mussolini remplaça Prasca par le général Umbaldo Soddu, son ancien vice-ministre de la guerre. Dès son arrivée, Soddu ordonna à ses forces de se placer sur la défensive. Il était alors clair que l’invasion italienne avait échoué.

Contre-attaque grecque (14 novembre 1940 – mars 1941)

File:Contre-Offens Grèce Italie.svg

Contre-attaque grecque

Les réservistes grecs commencèrent à rejoindre le front au début du mois de novembre, et procédant à la mobilisation, le commandant en chef grec, le lieutenant général Papágos eut suffisamment de troupes pour lancer une contre-offensive.
La TSDM et le IIIe corps d’armée, renforcés continuellement par des unités venues de tout le nord de la Grèce, passèrent à l’offensive le 14 novembre en direction de Korytsa.

Après d’intenses combats sur les lignes fortifiées, les Grecs firent une percée le 17 et entrèrent dans Korytsa le 22 novembre. Cependant, des indécisions au sein du commandement grec permirent un regroupement aux Italiens, leur évitant ainsi une débâcle complète. Quelques unités albanaises échelonnées dans les divisions « Venice » et « Julie » furent liquidées par les Grecs car employées comme bouclier pour protéger la retraite italienne. Le colonel Pervizi (représentant du commandement albanais) décida alors de soustraire le bataillon « Tomorri » au risque d’un second massacre, en abandonnant par surprise le champ de bataille. Cela coûta une grande défaite aux Italiens. Le maréchal Badoglio parla de « trahison des Albanais » et décida le retrait de leur armée, qui fut cantonnée dans les montagnes du nord d’Albanie.[réf. nécessaire]

L’attaque depuis la Macédoine occidentale fut combinée à une offensive générale sur tout le front. Les Ier et IIe corps d’armée avancèrent en Épire et capturèrent Moschopolis (29 novembre) Saranda (6 décembre), Argyrokastron (8 décembre) et Himara début décembre, occupant pratiquement la région que les Grecs appelaient «Épire du Nord». Cette région faisait partie des régions considérées comme grecques par la population grecque et revendiquées par l’irrédentisme de laGrande Idée. Cela explique le refus dans les mois qui suivirent de les évacuer. Un dernier succès grec fut la prise de la très stratégique et fortifiée passe de Klissoura (Këlcyrë) le 10 janvier par le IIe corps d’armée. Mais l’hiver rigoureux, la supériorité italienne et la mauvaise situation logistique des Grecs créèrent une impasse à la fin du mois de janvier.

Seconde offensive italienne et offensive allemande (mars 1941 – 23 avril 1941)

File:2eme Offens Italie Grèce.svg

Seconde offensive italienne

Il n’y avait alors en Europe que deux pays qui s’opposaient aux forces de l’Axe : le Royaume-Uni et la Grèce qui étaient alliés. Les Britanniques avaient réussi à fournir à la Grèce une aide aérienne limitée. Churchill avait à de nombreuses reprises proposé à Métaxas de lui envoyer des renforts d’infanterie, ce que le chef du gouvernement grec avait refusé : il craignait que cela provoquât l’Allemagne. À la fin de janvier 1941, après le décès de Metaxas, son successeur, Alexandros Korizis accepta l’aide d’un corps expéditionnaire composé principalement d’Australiens et Néo-Zélandais. Des mésententes entre les états-majors britannique et grec retardèrent le déploiement du corps expéditionnaire.

Malgré quelques actions locales, l’impasse continua étant donné que les deux ennemis étaient trop faibles pour lancer une attaque majeure. Malgré leurs victoires, les Grecs étaient dans une situation précaire du fait qu’ils avaient enlevé de leur frontière septentrionale des armes et des hommes afin de consolider le front albanais. Ils étaient alors trop faibles pour résister à une éventuelle attaque allemande.

Les Italiens, souhaitant obtenir un succès avant l’intervention de l’Allemagne, rassemblèrent leurs forces afin de lancer une nouvelle offensive au nom de code « Primavera » (Printemps). Dix-sept divisions furent rassemblées, opposées aux treize divisions grecques, et sous la supervision personnelle de Mussolini attaquèrent la passe de Klisura. L’offensive dura du 6 au 19 mars mais ne parvint pas à déloger les Grecs. À partir de ce moment, et jusqu’à l’intervention allemande, le statu quo s’installa, et les opérations diminuèrent des deux côtés.
Anticipant l’attaque allemande, les Britanniques et quelques Grecs préconisèrent un retrait de l’Armée d’Épire afin de ménager troupes et équipement en vue de pouvoir repousser les Allemands. Cependant, le sentiment national n’admettait pas que des positions si durement gagnées fussent abandonnées et une retraite face aux Italiens défaits eût été vécue comme une disgrâce. Ainsi, le gros des troupes grecques fut laissé loin dans les terres albanaises alors que les troupes allemandes approchaient. Finalement, avec l’avance rapide des Allemands, l’Armée d’Épire dut se retirer le 12 avril mais sa retraite fut coupée par les troupes allemandes et elle se rendit le 20. Le 23 avril, sur l’insistance de Mussolini, la cérémonie de reddition fut répétée afin d’y inclure des représentants italiens.

Conséquences

Après l’attaque italienne et les ressources engagées sur le front albanais, l’armée grecque était trop faible pour résister à l’offensive allemande qui suivit. La Grèce fut occupée conjointement par l’Allemagne, l’Italie et la Bulgarie. Elle ne sera libérée qu’en octobre 1944 avec le départ des troupes allemandes.

Cependant, on considère que l’intervention allemande en Grèce retarda l’opération Barbarossa contre la Russie, ce qui aurait affecté son déroulement et son issue. Également important fut l’exemple moral d’un petit pays résistant à la supposée puissante Italie dans une période où seul l’Empire Britannique résistait à l’Axe. La façon dont les Grecs résistèrent leur valut des éloges dont le plus célèbre est peut-être cette phrase de Winston Churchill :

« Hence we will not say that Greeks fight like heroes, but that heroes fight like Greeks ».
(Dorénavant nous ne dirons pas que les Grecs combattent tels des héros, mais que les héros combattent tels des Grecs.)

La participation de la Grèce aux côtés des Alliés lui permit d’annexer le Dodécanèse, dont l’île de Rhodes, à la fin du conflit mondial.

Commémorations

File:Tomb of Unknown at Syntagma Square .jpg

Ce conflit, en grec Épos tou Saránda (en grec : Έπος του Σαράντα, l’épopée de 40) et la résistance des Grecs sont depuis célébrés chaque année. Le 28 octobre, le Jour du Non de Metaxas à l’ultimatum italien, est un jour de commémoration nationale en Grèce.

source wikipédia

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

23 février 2013

Bataille de la Poche de Falaise

Classé sous — milguerres @ 22 h 59 min

  retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Bataille de la Poche de Falaise

La Poche de Falaise ou Poche de Chambois – Mont-Ormel ou encore Poche de Falaise-Argentan pour les Anglo-Saxons, fut le théâtre de la dernière opération de la bataille de Normandie pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette opération se déroula du 12 au 21 août 1944 dans une zone située entre les quatre villes normandes de Trun, Argentan, Vimoutiers et Chambois pour s’achever près de Falaise.
La bataille de la poche de Falaise est une victoire stratégique pour les Alliés. Confinés en Normandie pendant deux mois, ils projettent enfin leurs forces dans tout le nord de la France, et manquent de peu l’encerclement de deux armées allemandes avec leurs dizaines de divisions.
En cela, la victoire est peu concluante et a occasionné une controverse entre Américains et Britanniques qui dure encore aujourd’hui.

Bataille de la Poche de Falaise 657593FALAISE
888554344pxPochedeFalaise2
Carte de la bataille de Normandie

Après le débarquement de Normandie du 6 juin 1944, la guerre s’enlise côté américain devant Saint-Lô dans la bataille des haies, et côté Anglo-Canadien dans la bataille de Caen ; la progression est difficile vers Falaise.
Le maréchal Bernard Montgomery se bat avec une armée anglo-canadienne à coup d’opérations limitées et violentes. Faisant face à la majorité des moyens blindés de la Wehrmacht1, sur un terrain (de bocages normands) défavorable à l’offensive motorisée, la progression britannique est lente et coûteuse.

L’opération Cobra du 25 juillet 1944, coup de tonnerre planifié par le général Omar Bradley, libère soudainement toute la 3e armée du général Patton après cinquante jours de petites avancées2. Le 1er août 1944, la percée d’Avranches permet le jaillissement des divisions américaines vers la Bretagne, seconde étape du plan Overlord. Il devient vite évident que, devant la faiblesse de la 7e armée allemande, une occasion unique se présente d’asséner un coup massif à la Wehrmacht. Une réunion entre Bradley et Montgomery, le 2 août 1944, parvient à la conclusion qu’un seul corps d’armée américain, avec le concours de la Résistance française, serait suffisant pour nettoyer la Bretagne3. D’autre part, on décide que le général Patton devrait s’assurer les passages de la Loire au sud, « et se tenir prêt à se lancer vers l’est (Paris) avec de puissantes forces blindées et motorisées »3.
Contre toute logique militaire, plutôt que de se replier en ordre sur les coupures fluviales après la percée américaine, Adolf Hitler imagine une offensive sur Mortain. En décidant cela, il pousse en effet l’armée allemande vers la destruction4. Le Führer a pris personnellement en charge les opérations militaires à l’Ouest depuis l’attentat du 20 juillet 1944, car il a perdu toute confiance dans les militaires de ses états-majors. Il n’écoute plus aucun avis, ni aucune mise en garde5. C’est donc un plan complet de la main d’Hitler qui est adressé au maréchal von Kluge. La contre-attaque de Mortain, lancée le 7 août 1944, est un échec cuisant pour les Allemands, qui laissent une partie de leurs forces très dangereusement en pointe.

Relations et réorganisations alliées

Cette fin de bataille de Normandie se déroule sous fortes tensions entre Alliés britanniques et américains, voire entre Anglais et Canadiens. Les opérations se prolongent depuis beaucoup trop longtemps sans vraie victoire stratégique. Au plus haut niveau politique, les interrogations sont multiples. Des conflits larvés se font jour et gangrènent la confiance mutuelle qui avait prévalu jusqu’ici. Par ailleurs, le nombre de divisions placées sous l’autorité de la 1re armée américaine allant croissant, la situation commence à être difficilement gérable pour le général Bradley6. Aussi, le général Dwight Eisenhower, commandant en chef du théâtre d’opérations Europe (ETO) profite-t-il de la victoire américaine d’Avranches pour réorganiser le commandement allié.
Jusqu’alors, l’ensemble des opérations terrestres avait été pris en main par le général Bernard Montgomery, chef du 21e groupe d’armées. Eisenhower crée le 12e groupe d’armées et met à sa tête le général Omar Bradley, jusqu’ici chef de la 1re armée américaine. Courtney Hodges est nommé commandant de la 1re armée américaine. Montgomery reste commandant en chef des forces terrestres, mais le général Dwight Eisenhower s’apprête à prendre sa place, afin d’être en position d’arbitre des deux commandants de groupe d’armées7. Enfin, le débarquement de la 4e division blindée canadienne permet aux Canadiens de gagner leur autonomie par la création d’une armée forte de deux corps d’armée, dont un canadien à deux divisions blindées et deux divisions d’infanterie8.

Situation du haut commandement allemand

Le contexte est marqué par la confusion issue des complexités d’organisation de la Wehrmacht. Le maréchal von Kluge est un fidèle d’Hitler. À ce moment de la bataille, il combine les rôles de commandant du groupe d’armées B et de commandant en chef des forces armées à l’Ouest9. Soupçonné d’être impliqué dans le complot du 20 juillet contre Hitler, il agit avec un zèle extrême et fait tout pour s’affranchir des soupçons du Führer. Aussi, tous les ordres qu’il reçoit sont-ils traités à la lettre, sans aucune forme d’interprétation, aboutissant au final aux pires catastrophes. Pendant la journée du 15 août 1944, à l’occasion d’une inspection dans la poche, suite à une attaque aérienne sur son petit convoi d’accompagnement et la destruction du véhicule de communication10, il disparaît sans donner de nouvelles, réapparaissant au QG du général Eberbach à la nuit tombée ; il a fallu 16 heures au convoi pour parcourir 80 km10. Les soupçons de trahison sans aucun fondement11,10 pèsent de plus en plus sur le Feldmarschal, finalement révoqué le soir du 17 août par Hitler10. Walter Model, le pompier de service12, en provenance du Front de l’Est, le remplace au pied levé dès le 18 août 1944, au pire moment de la bataille. Von Kluge est convoqué à Berlin pour s’expliquer, destination qu’il n’atteindra jamais, car, au cours du trajet, il se suicide au cyanure, le 19 août, au bord de la route, laissant une lettre assez prophétique adressée à Hitler13.

Autre personnage, le général Heinrich Eberbach est en charge de la 5e armée blindée. Il fait face aux Anglo-Canadiens, qui pressent pour capturer Falaise.
En opposition aux ordres reçus, il refuse de libérer trois divisions de panzers pour la contre-attaque de Mortain, considérant comme imminente l’attaque contre ses propres positions14. Dès avant la fin de la contre-attaque allemande sur Avranches, l’opération Totalize démarre face à ses troupes, lui donnant raison après-coup. Mais ce refus d’obtempérer l’amène à la disgrâce aux yeux d’Hitler, qui le relègue au commandement d’un corps d’armée blindé (Panzergruppe Eberbach). Le général SS Sepp Dietrich le remplace à la tête de la 5e armée blindée15. Le général SS Paul Hausser commande de son côté la 7e armée allemande au grade d’Oberstgruppenführer (général de corps d’armée). Premier général de la Waffen-SS à commander une armée, il est haï par le haut commandement du fait de sa promotion trop rapide. Son armée est littéralement vaporisée par l’opération Cobra, qui le laisse avec des restes de divisions à gérer16. En résumé, le commandement en chef est donc confié à un fidèle d’Hitler en plein milieu de la bataille, le général Model, et les deux armées sous son autorité, à deux généraux de la Waffen-SS, signe clair de la défiance d’Hitler envers la Wehrmacht.
Forces en présence[modifier]

Les Alliés sont organisés en deux grandes forces, l’une anglo-canadienne et l’autre américaine. Les Allemands, après leur échec de Mortain, ont des forces très affaiblies, mais encore combattives.

Ordre de bataille lors de la bataille de la poche de Falaise

Ce qui suit est l’ordre de bataille des forces militaires en présence lors de la bataille de la Poche de Falaise, qui eut lieu du 12 au 21 août 1944 lors de la Seconde Guerre mondiale.

Forces Allemandes

L’ensemble des forces allemandes participant à la bataille de la Poche de Falaise font partie de l’OB West sous les ordres du Generalfeldmarschall Walter Model.
Les unités allemandes ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. Elles sont totalement usées par les deux mois de combats en Normandie. Sur le papier, la Wehrmacht aligne 28 divisions dont 10 blindées, mais on sait qu’il ne s’agit plus, dans la plupart des cas, que de débris. On estime qu’elle n’est forte qu’au maximum de 250 000 hommes et 250 chars pour faire face aux Alliés dans cette ultime bataille en Normandie1.

363104800pxOrgaGerm
Organisation et composition de l’armée allemande

5e Panzer Armee
La 5e Panzer Armee est sous les ordres du General der Panzertruppen Heinrich Eberbach
1er SS-Panzerkorps sous les ordres du General der Infanterie Joseph Dietrich
1re Panzerdivision SS Leibstandarte Adolf Hitler
12e Panzerdivision SS Hitlerjugend
Heinrich Eberbach
2e SS Panzer Korps sous les ordres du General der Infanterie Willi Bittrich
9e Panzerdivision SS Hohenstaufen
10e Panzerdivision SS Frundsberg
277e division d’infanterie
47e Panzer Korps sous les ordres du General der Infanterie Hans von Funck
2e Panzerdivision
116e Panzerdivision
276e division d’infanterie
326e division d’infanterie
86e Korps sous les ordres du General der Infanterie Dietrich von Obstfelder
21e Panzerdivision
16e Luftwaffen-Feld-Division
346e division d’infanterie
711e division d’infanterie

7e Armee
La 7e Armee est sous les ordres du General der Panzertruppen Paul Hausser
84e Corps d’armée sous les ordres du General der Infanterie Dietrich von Choltitz

Panzer Lehr Division
2e Panzerdivision SS Das Reich
17e Panzergrenadier Division SS Götz Von Berlichingen
5e Luftwaffen-Feld-Division
91e Luftland Division
243e division d’infanterie
275e Luftland Division
343e division d’infanterie

25e Corps d’armée sous les ordres du General der Artillerie Wilhelm Fahrmbacher
77e Luftland Division
265e division d’infanterie
266e division d’infanterie
319e division d’infanterie
343e division d’infanterie
2e Falschirm division
Ce corps d’armée se trouve en Bretagne, et ne participe donc pas à la bataille de la Poche de Falaise

Forces Alliées

12e Groupe d’Armée
Le 12e Groupe d’Armée est sous les ordres du Général Omar Bradley

691917800px12eGA
Organisation et composition de l’armée américaine

1e US Army sous les ordres du général Courtney Hodges
7e corps du général Lawton Collins
3e Armored Division
1re Infanterie Division
4e Infanterie Division
9e Infanterie Division
30e Infanterie Division
19e corps du général Charles Corlett
2e Armored Division
28e Infanterie Division
3e US Army sous les ordres du général Georges Patton
8e corps du général Troy Middleton
6e Armored Division
2e Infanterie Division
8e Infanterie Division
29e Infanterie Division
83e Infanterie Division
12e corps du général Gilbert Cook
4e Armored Division
35e Infanterie Division
15e corps du général Wade Haislip
2e Division Blindée Française
5e Armored Division
79e Infanterie Division
90e Infanterie Division
20e corps du général Walton Walker
7e Armored Division
5e Infanterie Division
80e Infanterie Division

21e Groupe d’Armée
Le 21e Groupe d’Armée est sous les ordres du Général Bernard Montgomery

454034770px21eGA
Organisation et composition de l’armée britannique

1re Armée canadienne sous les ordres du général Henry Crerar
1er corps du général John Crocker
3e Infanterie Division
51e Highland Division
6e Airborne Division
2e Corps canadien du général Guy Simonds
1re division blindée polonaise
5e Division blindée canadienne
2e Division d’infanterie canadienne
3e Division d’infanterie canadienne
2e Armée Britannique sous les ordres du général Miles Dempsey
8e corps du général Richard O’Connor
Guards Armoured Division
11e Armoured Division
15e Scottish Division
12e corps du général Neil Ritchie
49e West Riding Division
53e Welsh Division
59e Scottish Division
30e corps du général GC Bucknal
7e Armoured Division
43e Wessex Division
50e Northumbrian Division
Notes
↑ Martin Blumenson, La Libération

Alliés

Depuis la réorganisation d’août, le 21e groupe d’armées du général Montgomery est organisé en deux armées distinctes : la 2e armée britannique du général Sir Miles Dempsey et la 1re armée canadienne du général Harry Crerar. L’armée britannique est forte de trois corps d’armée à trois divisions chaque. L’armée canadienne est constituée de deux corps d’armée. Ces forces totalisent 16 divisions, dont cinq blindées, soit 240 000 hommes et 1 500 blindés17. Ce début du mois d’août voit l’engagement de la 1re division blindée polonaise du général Maczek, juste débarquée le 31 juillet.

Le 12e groupe d’armées du général Omar Bradley est organisé en deux armées de la même manière : la 1re armée américaine du général Courtney Hodges à deux corps d’armée et la 3e armée américaine du général George Patton à quatre corps d’armée. Les Américains disposent ainsi de 21 divisions, dont 6 blindées, y compris la 2e division blindée française du général Leclerc, soit 320 000 hommes et plus de 2 000 blindés.
Bien que très fortement affectées par la guerre d’usure qu’elles viennent de subir, les troupes alliées restent quasiment à 100 % de leur capacité grâce à la puissance du système de ravitaillement allié18. Le moral est très haut depuis la victoire de Patton et son échappée en Bretagne. Le soldat allié sent que la victoire décisive est à portée. Les forces alliées totalisent ainsi 37 divisions dont 11 blindées, ou près de 600 000 hommes et 3 500 chars, y compris les unités rattachées (brigades et bataillons divers)19. La supériorité numérique alliée est donc totale, sur terre comme dans les airs.
Allemands[modifier]
Après la réforme organisationnelle du 6 août, précédant l’offensive allemande sur Avranches, deux armées allemandes sont en ligne face aux Alliés. Les unités qui les composent ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes, totalement usées par les deux mois de combats en Normandie. Elles ne consistent plus, pour la moitié d’entre elles, qu’en groupements tactiques (Kampfgruppe) totalisant moins de la moitié (parfois moins du quart) de leur force initiale ; l’appellation de division doit donc être relativisée dès lors qu’elle s’applique au camp allemand. Le général allemand Hausser estime que la bataille de Normandie a détruit pratiquement huit divisions allemandes en juillet20.
Cela dit, la force allemande de Normandie encore en place début août 1944 reste une puissance respectable, encore correctement équipée en blindés et moyens antichars, dont environ 100 canons de 88 mm et 75 mm devant Falaise21.

L’armée allemande pèche encore et toujours sur le plan logistique, avec une capacité faible d’approvisionnement en munitions et une incapacité quasi complète à remplacer les pertes en hommes et matériels. Le moral des soldats allemands de cette période de la guerre était en général faible, encore amoindri par l’échec de la contre-attaque de Mortain. Certaines unités connaissent même des redditions massives pendant la progression rapide des Américains après la percée d’Avranches.
Seules quelques unités fanatiques de la Waffen SS ont une capacité de rétablissement moral leur permettant de contre-attaquer efficacement22. L’articulation de l’armée allemande est la suivante23 :
La 5e armée blindée du général Eberbach comporte quatre corps d’armée pour un total de 12 divisions dont 4 divisions blindées ;
La 7e armée du général Hausser composée de quatre corps d’armée aligne 16 divisions dont 6 blindées.
Ainsi, sur le papier, la Wehrmacht aligne 28 divisions dont 10 blindées, mais on sait qu’il ne s’agit plus, dans la plupart des cas, que de débris. On estime qu’elle n’est forte qu’au maximum de 250 000 hommes et 250 chars pour faire face aux Alliés dans cette ultime bataille en Normandie19.

Physionomie du champ de bataille

Le champ de bataille de la poche de Falaise est un quadrilatère dont les quatre angles sont initialement les villes de Condé-sur-Noireau, Flers, Argentan et Falaise. Les dimensions de ce rectangle sont de 40 km sur 20 km. Ce rectangle est divisé par deux coupures fluviales d’importance, orientées sud-nord : l’Orne à l’ouest et la Dives au centre. Ces deux cours d’eau ont creusé des vallées encaissées bordées de fortes dénivellations, canalisant les mouvements vers les routes. Les ponts et passages divers deviennent rapidement des objectifs stratégiques. Trois routes permettent des déplacements est-ouest : Falaise-Vire, Argentan-Flers et la petite départementale Argentan-Vire, qui est la voie d’évacuation principale de la Wehrmacht. Cette dernière route traverse une hauteur escarpée au nord-est de Trun, le Mont-Ormel, secteur stratégique dont la valeur n’échappe pas aux belligérants. Falaise constitue la limite nord du bocage normand. Le terrain des combats est ainsi semé de champs ouverts, et donc moins propices aux actions défensives, hormis dans les agglomérations adjacentes.

Les plans : le dilemme après la percée

835840800pxPochecartegeo
Carte physique du secteur des combats de la poche de Falaise

Les Alliés sont au courant de l’état catastrophique des forces allemandes, ainsi que de l’incapacité du commandement allemand à les renforcer. En effet, le groupe Ultra, spécialisé dans le décodage d’Enigma, alimente le haut commandement allié en informations secrètes, de nature à déjouer tous les plans allemands18. C’est sur cette base que la contre-attaque allemande vers Avranches a pu être déjouée ; c’est aussi à l’aide de ces informations décisives que les Alliés décident d’encercler les Allemands.
Le haut commandement allié est pris dans le dilemme classique d’une armée qui perce subitement un front fixe : exploiter ou encercler ? Le commandement allemand avait connu cette expérience difficile sur le Front de l’Est, notamment en 1941, en choisissant l’encerclement au détriment de l’exploitation lointaine24. C’est un casse-tête car un général ne dispose en effet jamais de suffisamment d’effectifs pour atteindre les deux objectifs simultanément (encerclement et poursuite). Le premier réflexe du commandement allié est d’exploiter, puisque la 3e armée américaine du général Patton lance déjà des pointes en Bretagne puis aussi vers le Mans19. Aussi, les informations reçues à la fois d’Ultra et de la reconnaissance aérienne occasionnent un changement de plans. Un consensus émerge rapidement au sein du haut commandement allié afin d’envisager l’encerclement des forces allemandes situées à l’ouest de la Dives25.

Les intentions anglo-canadiennes : objectif Falaise puis fermeture de la poche

Le 21e groupe d’armées sort juste de l’opération Totalize. Cette action opérationnelle avait été lancée le 7 août 1944, après la capture du mont Pinçon par la 43e division d’infanterie britannique. Le IIe corps canadien du général Guy Simonds26, appuyé sur sa gauche par la 1re DB polonaise s’élance plein sud. Au prix de très violents combats incluant des bombardements massifs par l’artillerie et l’aviation, les Canadiens parviennent à s’approcher à 10 km de Falaise, mais sont stoppés par la résistance acharnée des soldats de la 12e division blindée SS le 10 août 194427. Ceux-ci savent parfaitement utiliser le terrain coupé de haies du bocage normand28.

Afin de poursuivre l’offensive, le général Montgomery a pour ambition de rouler vers la Seine, via un très large encerclement29. Le 10 août, il expose son plan30 à Bradley et Eisenhower, mais la décision est prise de réaliser un mouvement en pinces vers Argentan et Falaise. Le vainqueur d’El Alamein met immédiatement au point une nouvelle opération, baptisée Tractable, dont le départ est prévu le 14 août. L’objectif est de s’emparer de Falaise le plus vite possible afin de couper les routes de retraite allemandes. L’objectif secondaire doit permettre de gagner les passages sur la Dives afin d’empêcher tout reflux allemand vers la Seine. Le commandement anglo-canadien a désormais de bonnes chances de réussite, puisque le front allemand devant lui est dégarni au profit des secteurs qui font face aux Américains31.

Les intentions américaines : objectif Argentan, mais pas plus loin

Depuis le 1er août 1944, la 3e armée américaine s’extrait de Normandie et se répand en Bretagne et en Mayenne. Après la libération du Mans, l’ordre est donné au XVe corps américain d’effectuer un crochet vers le nord, objectif Argentan.
Le général Bradley, que le contexte politique[Lequel ?] des offensives inquiète , respecte une certaine délimitation du terrain d’attaque. Il craint une collision meurtrière entre les Canadiens qui avancent via un axe nord-sud, et les troupes du général « Ham » Wade Haislip, à la tête du XVe Corps. Les forces américaines ne doivent pas dépasser une position située un peu au nord d’Argentan19.
Plans allemands[modifier]
Le maréchal von Kluge se rend parfaitement compte des intentions des Alliés, que ceux-ci cherchent à l’encercler. Il le rapporte à Hitler dans des messages nombreux et constants32. Alors que le Führer exige la reprise de la contre-offensive sur Avranches, les troupes de Patton capturent Alençon le 12 août. C’est une importante contrariété pour les Allemands, car la cité normande est la principale base logistique de la 7e armée. Dès lors, le haut commandement allemand n’a plus d’autre choix que la retraite. Mais c’est sans compter sur la rigidité d’Hitler qui refuse obstinément toute retraite. Il n’accepte que quelques ajustements du front, toujours enfermé dans son univers personnel, coupé de toutes les réalités33. Ce sont donc deux armées allemandes ligotées qui doivent se battre contre une tentative d’encerclement par quatre armées alliées décidées à obtenir une victoire décisive.
Le déroulement de l’offensive et la situation dans la poche du 12 au 16 août 1944[modifier]

La poche de Falaise est déjà totalement délimitée le 12 août 1944. De la forme d’un U allongé de 30 km, l’ouverture de 9 km de large se trouve orientée à l’est. À cette date Falaise, Argentan, Flers et Condé-sur-Noireau délimitent son espace.

Situation alliée au sud

Le 12 août, le XVe corps d’armée américain lance son offensive vers le nord afin de contribuer à la fermeture de la poche. Ceci selon les ordres de Patton qui avait exigé que ses troupes atteignent la ligne Sées-Carrouges dès que possible34. Les 5e DB et 79e DI américaines occupent Sées alors que la 2e DB française du général Leclerc, appuyée de la 90e DI américaine, s’empare d’Alençon.
C’est un coup très dur pour les Allemands, car Alençon forme un centre de ravitaillement important de la 7e armée allemande.
La situation logistique de ces troupes, déjà déplorable, ne peut que devenir désespérée.
Afin de contrer cette grave menace, le nouveau groupement blindé (Panzergruppe) Eberbach est concentré afin de contre-attaquer vers Alençon, reprendre la ville, et détruire les forces blindées alliées du secteur35. Sur le papier, les forces en présence sont impressionnantes avec cinq divisions blindées et une division d’infanterie36. La réalité est évidemment loin de ces chiffres et donne une fausse impression de puissance.
Le 13 août, la 2e division blindée allemande37 se met en marche sur deux colonnes vers le sud. Mais en raison de la couverture aérienne alliée, elle n’atteint pas ses objectifs. Elle se retrouve en pointe à Rânes le 14 août et perd le contact avec le groupement blindé Eberbach, sans avoir menacé en quoi que ce soit la progression alliée38. Le groupement blindé Eberbach se replie dès lors sur Argentan afin de défendre la ville.
Patton décide d’engager le XXe corps d’armée américain à droite du XVe corps, afin de couvrir le flanc droit de l’attaque.
À cette fin, la 80e DI américaine est poussée vers Bourg-Saint-Léonard.
Au même moment, les Ve, VIIe et XIXe corps américains solidifient leurs fronts afin de repousser uniformément les Allemands vers le fond de la poche39.
Sans en référer au général Montgomery, le général Bradley arrête ses troupes juste au sud d’Argentan le 13 août, au moment où elles allaient se jeter sur la ville pratiquement sans défenses40.
Considérant que l’ennemi est très faible entre la Dives et la Seine, et qu’une bonne partie des Allemands a réussi à s’enfuir41, il souhaite consacrer une part du XVe corps américain à une progression plein Est avec Dreux pour objectif primaire. Cette division des forces va avoir des conséquences funestes sur le plan initial et la fermeture de la poche42.

La situation alliée au nord

L’opération Tractable est lancée le 14 août à la mi-journée. Cette fois, la détermination est totale chez les Canadiens et les Polonais : on ne s’arrêtera pas à Falaise capturée mais on poursuivra dans la foulée sur Argentan, Monty ayant été très clair sur les objectifs : capturer Trun43. Une fois de plus, une masse blindée est mise en place, avec de l’infanterie montée dans des chars sans tourelles44. L’ensemble se met en marche derrière un écran de fumigènes destiné à aveugler les défenseurs. L’infanterie allemande est totalement submergée.
La rivière Laizon est rapidement franchie, et le premier rideau antichar ennemi forcé en fin d’après-midi. À la tombée de la nuit, les pointes de la 3e division canadienne ne sont plus qu’à 5 kilomètres de Falaise45. Une diversion canadienne opérée par la 2e division d’infanterie devait attirer les réserves allemandes. Mais un groupement tactique de la 12e division blindée SS46, renforcé d’une dizaine de pièces de 88 mm, barre le passage sur la dernière crête avant Falaise. Des notes de briefing sont capturées sur un officier canadien tué, lesquelles indiquent clairement l’axe d’offensive allié. La feinte n’a pas pris. De nuit, des patrouilles atteignent la route de Falaise à Saint-Pierre-sur-Dives. Toutefois, les Allemands résistent toute la journée du lendemain 15 août avec l’acharnement du désespoir47. Pendant ces événements, la 1re division blindée polonaise parvient à franchir la Dives à Jort, ce qui constitue un exploit. En somme, une assez bonne journée pour la 1re armée canadienne.

Le 16 août, la 2e division d’infanterie canadienne attaque brusquement Falaise par l’ouest et surprend la petite garnison allemande. Au soir, toute la ville est aux mains des Canadiens, à l’exception de l’École normale qui ne cède que le lendemain du fait de la résistance acharnée de cinquante Hitlerjugend fanatisés, seuls trois survivants sont capturés. Comme la situation est favorable, le général Simmonds décide que la 4e division blindée a désormais Trun pour objectif, en conjonction avec les Polonais. Le général Crerar ordonne son Ier corps vers Lisieux tout en le renforçant de la 7e division blindée britannique.
Les deux pinces de la tenaille alliée ne sont plus désormais séparées que par 19 kilomètres.

Les Allemands

« Cette journée a été la plus atroce de ma vie » — Adolf Hitler48.
S’exprimant le soir du 15 août 1944 en conférence avec ses officiers, le Führer a vu tous ses ordres de la journée contrariés par les événements, les uns après les autres47. La grande affaire du jour avait été le début de l’opération Anvil-Dragoon, le débarquement de Provence dans le sud de la France. L’ouverture d’un troisième front49 à l’Ouest marque un tournant dans la bataille de France. Ce même jour, les mauvaises nouvelles du front normand n’ont cessé de s’accumuler. Les jours précédents, l’ensemble de la 7e armée se trouvait encore à l’ouest de l’Orne avec les restes d’une quinzaine de divisions. Hitler espérait encore contre-attaquer une nouvelle fois en direction d’Avranches. Il refusait jour après jour toutes les demandes de repli. Mais comment admettre qu’une contre-attaque de vingt divisions soit lancée à nouveau, alors que loin derrière, « l’ennemi s’affaire à nouer le nœud coulant avec lequel il va l’étrangler » 50? Finalement en fin de journée, Hitler renonce à cette opération sans espoir de succès, et accepte, sous la pression des événements, de replier ses troupes derrière l’Orne. Mais n’est-il pas trop tard ?
Le 16 août, le maréchal von Kluge, juste avant son départ, donne l’ordre de retraite générale à la 7e armée11. Dès son arrivée, le maréchal Model confirme immédiatement l’ordre de son prédécesseur, et le complète en incluant le groupement blindé Eberbach. La situation dans la poche devient difficile du fait de la raréfaction des voies de retraite. Seuls quatre ponts restent accessibles pour le franchissement de l’Orne51. Cette concentration de colonnes est une aubaine pour l’aviation alliée qui se jette sur ces cibles faciles. Rappelons que la grande majorité des moyens de transport allemands de cette époque est encore largement hippomobile. Les chevaux sont victimes de ces combats et leurs cadavres remplissent littéralement certaines zones des combats. Les rares forces encore actives à la disposition du général Hausser effectuent quelques combats de retardement qui permettent de contenir les Américains au sud. La situation est bien plus grave face aux Canadiens.

Vers un Stalingrad en Normandie ? 17 au 21 août 1944

Pour rappel, la bataille de Stalingrad d’octobre 1942 à janvier 1943 avait provoqué l’annihilation complète de la 6e armée allemande du maréchal Paulus. Les Allemands y perdirent définitivement environ 230 000 hommes, plus le matériel d’une douzaine de divisions et la capture d’un maréchal et de 25 généraux. Peut-on établir un parallèle entre cette véritable victoire stratégique soviétique et la bataille de Falaise ?

Hésitations alliées

Vissé sur les directives de l’opération Overlord, le commandement allié suit le plan Cossac de 1943 qui prévoit une progression relativement lente mais systématique vers l’Allemagne52. Une frontière imaginaire existe entre les Américains et les Anglais, laquelle ne doit pas varier, même devant les événements favorables de début août 1944. Le général Bradley décide, de ce fait, de ne pas effectuer d’effort important au delà d’Argentan, afin de pousser rapidement vers la Seine53. Dans l’esprit du stratège américain, il revient à la 1re armée canadienne de fermer la poche. D’autant que « la majorité des forces de la 7e armée allemande avait dû s’échapper », pense-t-il. Aussi, une partie du XVe corps américain54 est-il dirigé vers Dreux dès le 15 août. La 2e division blindée française et la 90e division d’infanterie sont laissées face à Argentan en flammes, toujours occupée par la 116e division blindée du groupement Eberbach.

Le 16 août, le maréchal Montgomery appelle le général Bradley pour lui proposer que les Canadiens et les Américains se rencontrent sur une zone entre Trun et Chambois55. Immédiatement, Patton donne l’ordre aux 80e et 90e divisions d’attaquer entre Argentan et le Bourg-Saint-Léonard en direction de Chambois afin de couper la route de Falaise à Gacé. Mais la résistance acharnée des débris de la 116e division blindée allemande met en échec l’action de la 90e division américaine. Ce qui permet aux Allemands d’évacuer plusieurs unités tout au long de la nuit du 16 au 17 août 1944.
Au nord, la 1re armée canadienne repasse à l’attaque le 17 août. La 4e DB canadienne et la 1re DB polonaise sectionnent la 21e division blindée allemande56, et foncent droit devant en direction de Trun par un large mouvement tournant qui prend les Allemands par surprise57. Malgré la violence de l’attaque et la détermination des troupes alliées, Trun résiste encore une journée.

Les Allemands résistent efficacement

Au soir du 17 août 1944, la nasse renferme encore la 7e armée allemande, une part de la 5e armée blindée ainsi que le groupement blindé Eberbach, qui semblent tous sur le point d’être capturés. Seuls deux corps d’armée de la 5e armée blindée restent hors du piège. Ainsi, ce sont 100 000 Allemands qui sont encore entassés dans la poche58. L’analyse américaine, concluant à une évacuation quasi-totale de la poche par les Allemands autour du 15 août, était donc fausse59. Quoi qu’il en soit, en fin de journée, le franchissement de l’Orne par la 7e armée allemande est achevé avec les plus grandes difficultés.
Le 18 août, le maréchal Model, nouveau commandant en chef à l’Ouest, prévoit une contre-attaque du IIe corps blindé SS depuis Vimoutiers vers Trun. Ceci pour laisser encore une porte de sortie au maximum d’unités allemandes encerclées60.
Pendant ce temps, les Canadiens investissent Trun. Un détachement du régiment des Argyll & Sutherland Highlanders of Canada de la 4e division blindée canadienne, parvient à prendre pied à Saint-Lambert-sur-Dive plus au sud, à mi chemin entre Trun et Chambois61. Les Canadiens peuvent dès lors, observer les mouvements de retraite allemands sur l’une des dernières routes encore ouverte. Cette route passe sous les feux de l’artillerie canadienne et de l’aviation, qui réalisent un carnage62. Il reste encore à ce moment les débris de 20 divisions allemandes dans la poche63.

Le 19 août, une partie de la 1ère DB polonaise du général Maczek occupe Mont-Ormel, la très importante cote 262, qui commande l’ensemble du secteur. L’objectif de l’autre partie de sa division est Chambois, afin de fermer la poche une bonne fois pour toutes. Les combats sont très meurtriers, le village étant attaqué sur trois côtés. Mais les Allemands réussissent à résister une partie de la journée. Le village est attaqué une nouvelle fois par le sud, par des éléments de la 90e division d’infanterie américaine épaulés par le groupement tactique Langlade de la 2e DB française. La résistance allemande cède en fin d’après-midi, et les deux armées alliées font enfin leur jonction. Les Polonais et les Américains ont réussi à éviter toute méprise et tombent dans les bras les uns des autres64. Mais la poche n’est pas encore hermétiquement close.

Et les Polonais ferment la poche

Mais les Allemands refusent toujours de céder. Le 20 août, le maréchal Model lance sa contre-attaque décidée deux jours plus tôt. Depuis cette décision, les dernières possibilités pour les Allemands de s’échapper avaient disparu (Trun, Saint-Lambert-sur-Dives et Chambois). Or, comme les Alliés semblent occuper leurs objectifs de manière assez légère, l’opération pourrait avoir de bonnes chances de succès. En fait, ce plan n’a plus aucune réalité puisque, dans le temps écoulé, à la fois Trun et Chambois ont été renforcés par les Alliés. Impossible d’espérer dégager ces villages. L’assaut se reporte donc plus à l’est, sur Mont-Ormel. 

Les unités polonaises du 10e régiment blindé et du 8e régiment d’infanterie légère65 qui l’occupaient, sont rapidement isolées. Mais les Polonais, eux-mêmes encerclés, résistent farouchement pendant deux jours entiers. Des parachutages de vivres et de munitions assurent la continuité de cette résistance. La contre-attaque du IIe corps blindé SS permet à plusieurs milliers d’hommes de passer la Dives à gué, et de s’extraire de la poche. Mais, c’est la dernière tentative allemande de dégagement de ses troupes encerclées. Désormais, la porte est close.
Le 21 août, le sort en est bien jeté. Les unités allemandes encore en état à l’extérieur de la poche de Falaise font mouvement de retraite vers la Seine, dont certains passages en amont et en aval de Paris sont déjà occupés par les pointes motorisées alliées66. Celles qui restent à l’intérieur n’ont plus d’autre solution que de se rendre en masse aux Alliés.

Le bilan

Une victoire stratégique alliée incontestable

Stratégiquement, c’est une victoire importante. Deux armées allemandes sont très affaiblies, l’espace géographique est brutalement occupé et rien ne semble pouvoir arrêter la furia des divisions du général Patton. Déjà, les patrouilles motorisées britanniques et américaines gagnent des têtes de pont sur la Seine, et Paris se soulève en attendant l’arrivée des chars libérateurs. En trois semaines de combats depuis la percée d’Avranches, les données de la bataille de France ont totalement changé. Les Alliés reprennent l’initiative, et les Allemands, bousculés, ne sont plus en mesure d’opposer une quelconque résistance organisée. Une victoire rapide des Alliés en Europe semble possible.

Une victoire opérationnelle contrastée

Qu’ont fait les Alliés de la brillante percée de Patton à Avranches le 31 juillet ? Sur un plan opérationnel, ils ont été incapables de refermer la poche que les Allemands ont eux-mêmes constituée en contre-attaquant à Mortain.
La poche pouvait-elle être fermée plus tôt ? Oui, disent les historiens pratiquement à l’unanimité67. Et les mêmes sont dubitatifs quant aux causes de cette incapacité. Il y a eu ici une défaillance, un moment de doute, que les Allemands ont utilisé à leur avantage.
D’une manière générale, les Alliés semblent avoir surestimé la puissance de leur aviation d’appui au sol. Certes, elle est responsable d’une forte proportion des pertes allemandes de la poche, mais n’a pu empêcher l’évacuation des armées allemandes.
Globalement, deux tiers de la VIIe armée sont parvenus à sortir de la nasse66, même si une bonne partie de l’armement lourd et des véhicules a dû être abandonnée.

Bilan humain et matériel

Il ne sera sans doute jamais possible de dresser un bilan exact des pertes allemandes de cette bataille. Les hypothèses les plus courantes font apparaître environ 5 000 à 6 000 morts, 30 000 à 40 000 prisonniers et une perte matérielle estimée à 5 000 véhicules68. Nous voilà loin d’un Stalingrad en Normandie. Les atermoiements alliés auraient permis la fuite d’environ 100 000 Allemands.
Certains auteurs ont pu contester ces chiffres, jugés bas69. Mais la résistance ultérieure des Allemands, et la contre-attaque des Ardennes ont montré que les Allemands avaient pu extraire une bonne partie de leurs unités, et surtout de leur encadrement. Seul un cinquième des commandants de corps et généraux de division ont en effet été capturés70.
Les Canadiens enregistrèrent le plus lourd tribut allié avec près de 18 000 morts. Les Polonais ont été très éprouvés dans cette bataille avec 1 500 morts pour la seule 1re division blindée. D’une manière générale, les forces américaines ont eu des pertes mineures, n’ayant pas porté l’effort principal de la bataille.
Controverses liées à la bataille de la poche de Falaise[modifier]

Le demi-échec relatif des Alliés68 dans cette bataille a donné lieu à certaines joutes, parfois vindicatives pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Divers points ont été évoqués par mémoires interposés des acteurs concernés.
Lenteurs britanniques ?[modifier]
Le reproche constant fait à Montgomery71,72 dans la campagne de France de 1944 est sa lenteur d’action73 et son manque de mordant74. L’examen des faits montre une propension effective du général Montgomery à ne pas pousser à l’extrême ses forces. Il a toujours affirmé que cela avait été pour ménager ses hommes. Le souvenir des boucheries de la Première Guerre mondiale était encore vivace dans les années 1940. Par ailleurs, il est clair à l’examen du déroulement de la bataille de Normandie, que la 2e armée britannique a fait face aux meilleures unités de la Wehrmacht, et à pratiquement toutes les divisions blindées allemandes. Ce qui a eu pour effet de contrarier toute velléité offensive britannique. Ce reproche est donc toujours discuté aujourd’hui.

Manque de vision stratégique américaine ?

Le reproche a aussi été fait au général Bradley de ne pas avoir poursuivi son offensive au delà d’Argentan autour du 15 août 1944. Il aurait eu en effet potentiellement l’occasion de percer radicalement dans le dos des armées allemandes, en concentrant l’intégralité du XVe corps américain de part et d’autre d’Argentan. Au lieu de cela, il a laissé Patton diviser les forces du général Haislip72. Il aurait voulu courir deux lièvres à la fois : encercler les Allemands et gagner des têtes de pont sur la Seine. Il aurait aussi respecté à la lettre les frontières inter-armées définies à l’avance, et aurait refusé de les transgresser, de peur que les armées alliées ne s’entretuent en se rencontrant. Enfin, il se serait basé sur des informations non fiables indiquant que dès le 15 août, la grande majorité des unités allemandes avaient déjà quitté la nasse. Ce qui ne faisait plus de l’encerclement une priorité.
Nombreux sont les historiens qui stigmatisent cette attitude du général américain, considérant que les Alliés ont manqué une occasion importante de capturer l’intégralité des armées allemandes coincées dans la poche. D’autant qu’une vision plus large des choses, avec l’adoption du plan Montgomery d’encerclement sur la Seine, avait des chances de succès. La responsabilité américaine semble ici engagée75.

Faible enthousiasme de la division Leclerc ?
Un autre reproche fait aux Alliés, et, ici, particulièrement aux Français, consiste dans le peu d’allant dont aurait fait preuve le général Leclerc devant les demandes d’engagement de la 2e DB à Argentan76. Patton et Bradley se firent l’écho d’un acte de désobéissance du général Leclerc au général Haislip, afin de préserver sa division. En effet, dès le 15 août, les Français envisageaient de foncer sur Paris pour libérer la capitale qui se préparait à l’insurrection77. L’exemple de celle de Varsovie et de sa répression meurtrière par les troupes nazies sous l’œil passif des Russes est dans tous les esprits à ce moment-là.
De leur côté, les défenseurs de Leclerc affirment que c’est la division des forces du XVe corps qui a empêché la capture d’Argentan et la fermeture rapide de la poche, et non pas la prétendue mollesse d’une seule division.

Notes et références
1. ↑ Major L. F. Ellis, Victory in the West, p. 267.
2. ↑ La moyenne de progression quotidienne est de 500 m.
3. ↑ a et b Martin Blumenson, La Libération, p. 651.
4. ↑ Chester Wilmot, La lutte pour l’Europe, p. 257.
5. ↑ Général Paul Hausser, Activité de la VIIe armée allemande du 1 au 5 août 1944
6. ↑ Martin Blumenson, La Libération p. 486.
7. ↑ Olivier Wieviorka, Histoire du débarquement, p. 340.
8. ↑ John Keegan, Six armées en Normandie, p. 281.
9. ↑ Postes occupés avant lui respectivement par Rommel et von Rundstedt
10. ↑ a, b, c et d Antony Beevor, D.Day et la bataille de Normandie, p. 499-502.
11. ↑ a et b Max Hastings, Overlord, p. 302.
12. ↑ John Keegan, Six armées en Normandie, p. 290.
13. ↑ Chester Wilmot, Lutte pour l’Europe, p. 228.
14. ↑ John Keegan, op. cit.
15. ↑ Hans Eberbach, Panzergruppe Eberbach
16. ↑ Chester Wilmot, La lutte pour l’Europe
17. ↑ Ken Ford, Falaise 44, p. 24.
18. ↑ a et b John Keegan, Six armées en Normandie
19. ↑ a, b, c et d Martin Blumenson, La Libération
20. ↑ Panzer Lehr, 5e division de parachutistes, 17e Grenadiers blindés SS, 77e, 91e, 243e, 275e et 352eDI. Source : Paul Hausser, MS-B#179
21. ↑ Chester Wilmot, La lutte pour l’Europe, p. 262.
22. ↑ Max Hastings, Overlord, p. 277.
23. ↑ Martin Blumenson, La Libération, carte IX
24. ↑ En mai 1940, l’objectif dans la bataille de France avait été l’encerclement et avait été totalement réussi, comme on le sait. Par contre, en juin-juillet 1941, les Allemands avaient été placés devant le même dilemme après les percées blindées de Guderian et Kleist : pousser directement sur Moscou ou encercler, notamment à Kiev et Smolensk. En tentant de faire les deux, le commandement allemand avait échoué finalement.
25. ↑ Major Ellis, Victory in the West, p. 429.
26. ↑ Simonds était le général canadien le plus expérimenté, car il avait commandé deux divisions, une en Sicile et l’autre en Italie, avant de prendre le commandement du 21e corps canadien en janvier 1944.
27. ↑ Max Hastings, Overlord, p. 301.
28. ↑ Chester Wilmot, La lutte pour l’Europe, p. 258.
29. ↑ Olivier Wieviorka, Histoire du débarquement, p. 329.
30. ↑ La paternité du plan d’encerclement est controversée, Bedell Smith affirmant que Bradley et Eisenhower en parlèrent déjà ensemble le 8 août.
31. ↑ Olivier Wieviorka, Histoire du Débarquement, p. 288.
32. ↑ Chester Wilmot, La lutte pour l’Europe p. 274.
33. ↑ Max Hastings, Overlord, p. 176.
34. ↑ Martin Blumenson, La Libération, p. 717.
35. ↑ Général L. Freiherr von Luettwitz, l’attaque d’Alençon par la 2. Panzerdivision
36. ↑ 2e Panzer, Leibstandarte, 116e Panzer, 9e Panzer, Panzer Lehr, 708e DI
37. ↑ Forte d’environ 3 000 à 4 000 hommes, 25 à 30 chars
38. ↑ Général L. Freiherr von Luettwitz,l’attaque d’Alençon…, op. cit.
39. ↑ Martin Blumenson, La Libération, p. 720.
40. ↑ Martin Blumenson, La Libération, p. 731.
41. ↑ Ce que la reconnaissance aérienne alliée n’avait pas confirmé
42. ↑ Max Hastings, Overlord, p. 290.
43. ↑ Major L. F. Ellis et al., Victory in the West
44. ↑ un blindé surnommé Kangaroo
45. ↑ Chester Wilmot, La lutte pour l’Europe, t. 2, p. 275.
46. ↑ 500 grenadiers et 15 chars.
47. ↑ a et b Major L. F. Ellis et al., Victory in the West, p. 431.
48. ↑ À relativiser car Hitler était coutumier de ce type de généralité définitive. Dans Martin Blumenson,La Libération, p. 753.
49. ↑ Il existait un front Italien depuis 1943.
50. ↑ John Keegan, Six armées en Normandie, p. 286.
51. ↑ Au Mesnil-Hermei, Sainte-Croix-sur-Orne, Putanges et un passage à l’ouest de Montgaroult.
52. ↑ John Keegan, Six armées en Normandie, p. 292.
53. ↑ Martin Blumenson, La Libération, p. 732.
54. ↑ 5e DB et 79e DI américaines
55. ↑ Martin Blumenson, La Libération, p. 735.
56. ↑ Hans von Luck, Panzer Commander, p. 204.
57. ↑ Chester Wilmot, La lutte pour l’Europe, t. 2, p. 278.
58. ↑ Chester Wilmot, La lutte pour l’Europe, t. 2, p. 280.
59. ↑ Martin Blumenson, La Libération, p. 740.
60. ↑ Major L. F. Ellis et al., Victory in the West, p. 444.
61. ↑ Ken Ford, Falaise 44, p. 73.
62. ↑ Le major Curie, son commandant, reçoit la première Victoria Cross de l’armée canadienne en Europe de l’Ouest pour son action à Saint-Lambert-sur-Dive.
63. ↑ John Keegan, Six armées en Normandie, p. 306.
64. ↑ John Keegan, Six armées en Normandie, p. 308.
65. ↑ Soit 1 500 hommes et 80 chars.
66. ↑ a et b Chester Wilmot, La lutte pour l’Europe, t. 2, p. 282.
67. ↑ Nota : Wilmot, Keegan, Hastings, Blumenson, Ford, Wievioka
68. ↑ a et b Olivier Wieviorka, Histoire du débarquement en Normandie, p. 337.
69. ↑ Eddy Florentin, Stalingrad en Normandie
70. ↑ Martin Blumenson, La Libération, p. 807.
71. ↑ Lire les mémoires de Patton et Bradley.
72. ↑ a et b Antony Beevor, D.Day et la bataille de Normandie, p. 520-521.
73. ↑ Antony Beevor, D.Day et la bataille de Normandie, p. 513.
74. ↑ C’est en partie en réponse à cette critique qu’il lance l’opération Market-Garden en septembre 1944.
75. ↑ Martin Blumenson, La Libération, p. 862.
76. ↑ Antony Beevor, D.Day et la bataille de Normandie, p. 497-498.
77. ↑ Antony Beevor, D.Day et la bataille de Normandie, p. 531-532.

source wikipedia

  retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

15 janvier 2013

Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Classé sous — milguerres @ 23 h 16 min

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

Chronologie de la Seconde Guerre mondiale 

1933 /1945

 

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1933

  • Début des lois anti-juifs en Allemagne avec le boycott des magasins juifs.
  • 30 janvier Hitler est nommé chancelier du 3 ème Reich par le président Hindenburg.
  • 28 février Incendie du Reichstag. Hitler accuse les communistes et fait interdire le parti communiste allemand (KPD).
  • 23 mars Hitler se fait accorder les pleins pouvoirs par le parlement.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1934

  • 30 juin Nuit des longs coûteaux où les S.A. (Section d’Assaut La Sturmabteilung) sont asssassinés par les S.S. (Sections Spéciales).
  • 2 août Suite au décès du président Hindenburg, Hitler se proclame Reichsführer, chef suprême de l’Allemagne.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1935

  • Les lois de Nuremberg ôtent la citoyenneté allemande aux juifs et leur interdisant tout contact sexuel avec les allemands de race pure, dite Aryenne.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1936

  • 7 mars  Remilitarisation de la Rhénanie.
  • Novembre L’axe Rome-Berlin unissant l’Allemagne et l’Italie est proclamé.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1937

  • Avril Bombardement de Guernica (Espagne) par l’armée Franco aidée de la flotte aérienne allemande (Luftwaffe). Ce bombardement est un vol d’essai pour l’armée aérienne neuve de l’Allemagne nazie.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1938

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1939

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1940

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1941

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1942

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1943

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1944

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1945

 

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 

 

Ostduvalderoost |
Nikeairjordan99 |
Donsipeny |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Cercle Généalogique de la D...
| Nikefrair
| Soldeburberryk