Milguerres

  • Accueil
  • > Recherche : bataille mer corail

3 avril 2013

7 avril 1945 – Okinawa : Le sacrifice du Yamato

Classé sous — milguerres @ 17 h 50 min

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale   

 

7 avril  1945 – Okinawa : Le sacrifice du Yamato 

Opération Ten-G*

Résumé    

L’opération Ten-G* (*appellation à valider tout de même, car introuvable par ailleurs) s’est déroulée au mois d’avril 1945. Il s’agit d’une opération navale menée par le Japon au cours de la Seconde Guerre mondiale. L’Empire japonais envoie le plus grand cuirassé du monde, baptisé Yamato, ainsi que neuf bateaux de guerre, combattre les forces américaines qui envahissent l’île d’Okinawa. La flotte est repérée par l’armée de l’air américaine qui coule cinq navires ainsi que le Yamato. 3 700 soldats japonais trouvent la mort.

Prélude 

Article de Cnaudin :

Le Yamato, roi maudit des cuirassés 

posté sur http://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/87-seconde-guerre-mondiale/3053-le-yamato-roi-maudit-des-cuirasses.html

La Seconde guerre mondiale aurait pu être l’apogée des cuirassés, elle fut leur cimetière. Très rapidement supplantés par les porte-avions, ces monstres des mers, héritiers des grands navires de guerre à voile de l’Age d’Or de la marine, ont vu leurs représentants les plus illustres connaître des destins contrastés. Après les héroïques raids du Graf Spee et du Bismarck, l’agonie du Prince of Wales et du Repulse ou les évasions miraculeuses du Jean Bart et du Scharnhorst, qu’est-il advenu du plus énorme d’entre tous, le Yamato ? 

Et il flotte !

Comment imaginer qu’un tel monstre ait pu un jour prendre la mer ? Jugeons plutôt : un déplacement de 64 200 t ; une longueur de 263 mètres ; une largeur de 39 mètres ; une ceinture de blindage principale de 400 mm ; un armement composé entre autres de trois tourelles de chacune trois canons de calibre 457 mm, pouvant envoyer des obus de plus d’une tonne ; le tout pouvant filer à 27 nœuds (soit plus de 50 km/h) ! Pouvant en outre embarquer plus de 3000 hommes, le Yamato fut le plus puissant cuirassé de la guerre, au-delà même du Bismarck ou des derniers cuirassés américains (type Iowa par exemple).

Développé à partir de 1934, soit avant l’annulation des normes de limitation touchant les navires de guerre, sa quille est mise en chantier le 4 novembre 1937 à Kure ; il entre en service le 16 décembre 1941, soit neuf jours après l’attaque de Pearl Harbor. Au départ destiné à être le fleuron d’une « super-flotte », il se transforme au long de la guerre en simple navire-amiral, alors que son frère jumeau, le Musashi, est coulé à Leyte fin 1944 par l’aviation américaine (il faut quand même dix-neuf torpilles et dix-sept bombes pour en venir à bout), sans quasiment avoir combattu ; un troisième exemplaire, le Shinano, est rapidement reconverti en porte-avions, symbole à lui tout seul de la perte de pouvoir des cuirassés durant cette guerre.

Longtemps loin du feu

Entré en service après Pearl Harbor, le Yamato se tient longtemps loin des combats, activement en tout cas. Il est de  presque toutes les batailles suivant le 7 décembre 1941, en particulier Midway en 1942 et la bataille de Leyte en 1944, où il est d’ailleurs brièvement bombardé. Pourtant, à aucun moment, le Yamato ne peut faire entrer en action sa terrible artillerie principale, tout simplement parce qu’il n’a pas d’adversaire ! A partir de mai 1942, la plupart des batailles décisives se jouent sans que les flottes se retrouvent face à face, c’est uniquement à l’aviation embarquée d’agir ; c’est évidemment le cas à la mer de Corail et à Midway, mais aussi plus tard dans les Salomon Orientales. Il y a certes quelques « vraies » batailles navales, au canon, lors de la bataille de Guadalcanal par exemple, mais elles sont à petite échelle et concernent plutôt des croiseurs.

 Quand les Japonais croient pouvoir enfin utiliser la fantastique puissance de feu du Yamato, le sort en décide autrement ; ainsi, à Midway encore, l’amiral Yamamoto veut jeter ses navires de ligne, dont le Yamato, dans la bataille pour un combat de nuit. Mais la flotte américaine victorieuse, qui a déjà coulé quatre porte-avions nippons, s’est prudemment retirée. A Leyte, alors que le Yamato est intégré avec son sistership le Musashi à l’escadre de bataille de l’amiral Kurita, chargée d’attaquer la flotte d’invasion américaine, le plan échoue quand il s’agit de prendre par surprise l’ennemi ; c’est ce dernier qui prend l’initiative avec son aviation, en bombardant la flotte japonaise et donc en coulant le Musashi. Les hésitations de Kurita empêchent finalement son escadre et le Yamato d’être décisifs quand, enfin, ils parviennent à entrer en contact avec la flotte ennemie et à faire feu. L’amiral japonais décide de se retirer, par peur de sacrifier pour rien la dernière grosse unité de la marine impériale, qui peut encore être utile à la défense du Japon.

 

File:Yamato damaged 7 apr 1945.jpg

Le Yamato endommagé sous le feu ennemi pendant son dernier voyage, le 7 avril 1945.

Le Yamato sacrifié à Okinawa (avril 1945)

Les autres grandes opérations américaines qui voient la conquête des places fortes japonaises ne permettent pas à l’état-major nippon, qui n’a presque plus de porte-avions, de risquer ses dernières forces navales. Il le fera uniquement au moment où la terre-patrie sera menacée.

C’est ce qui arrive quand les Américains décident de s’attaquer à l’île d’Okinawa. La bataille pour la défendre doit être le grand baroud d’honneur de la marine impériale (et de l’armée), dans le but de faire subir un maximum de pertes à l’ennemi pour le contraindre à renoncer à un débarquement au Japon.

Pourtant, une fois encore, le Yamato ne semble pas faire partie des priorités dans les plans japonais. Les batailles (et défaites) précédentes ont confirmé la nécessité de la maîtrise du ciel, et c’est sur cet aspect que les efforts nippons sont faits pour Okinawa. Mais ils disposent d’à peine deux milles appareils, et surtout d’équipages dont la formation n’a pas été achevée…Parmi eux, comme à Leyte, de nombreux candidats aux attaques-suicide.

La bataille d’Okinawa commence, et on se demande bien quel rôle va pouvoir jouer le Yamato. Le 4 avril, le cuirassé est intégré à une force mobile destinée à contre-attaquer, et surtout à servir d’appât à la flotte américaine pour l’attirer dans le secteur de l’aviation japonaise basée à terre. Très vite, on comprend que l’attaque du Yamato, dite « spéciale », sera en fait suicide ; avec son escorteur le Yahagi il ne reçoit que la ration aller de son carburant…

La petite escadre du Yamato appareille finalement le 6 avril 1945, et elle est rapidement repérée par l’aviation ennemie. Toutefois, ce sont d’abord des sous-marins qui la menacent, écartés par les destroyers de l’escorte. La nuit passe, relativement tranquille, et le 7 avril au matin le cuirassé continue sa route au Sud, sans apparemment être repéré par les Américains. C’est seulement vers midi que l’escadre reçoit un message évoquant le décollage de plus de deux cents avions américains des porte-avions, pour une grande attaque sur Okinawa ! Les appareils ennemis apparaissent bientôt par grappes ; c’est d’abord l’arrière garde de l’escadre du Yamato qui est frappée, puis son cœur même, le tout avec un temps toujours mauvais qui handicape encore plus les défenseurs que les attaquants.

 L’artillerie anti-aérienne du Yamato a été grandement améliorée dès les débuts de l’année 1944, grâce à l’utilisation du projectile « San-shiki » (tiré des pièces principales), capable de créer un cône de feu de 400 mètres sur 1000 mètres, sur une portée de 30 kilomètres ! Mais sans protection aérienne, cela ne suffit pas face à une attaque massive d’avions ennemis, surtout quand ils sont protégés par une couverture de nuages bas…qui empêche le tir des grosses pièces, et donc des « San-shiki » ! Il n’est pas 13 heures, et le Yamato est déjà frappé par deux bombes, puis par une torpille ; au même moment, le croiseur Yahagi est gravement touché et doit stopper, et un destroyer est coulé.

Une courte accalmie, et de nouvelles vagues américaines apparaissent une vingtaine de minutes plus tard. Un second destroyer est touché, puis le Yamato lui-même, qui encaisse cette fois deux torpilles. Un autre escorteur est ensuite coulé à son tour.

Un troisième raid ne laisse pas les Japonais souffler : ils sont près de cent cinquante appareils à fondre sur l’escadre nippone, décidés à en finir, dont une vingtaine de torpilleurs rien que pour le Yamato ! Le cuirassé est touché trois fois, gravement puisque l’un des gouvernails est détruit et que ses compartiments tribord sont noyés…Sa vitesse et sa manœuvrabilité sont donc fortement entamées. Pendant ce temps, le Yahagi a cédé sous les coups et coulé à son tour.

 

 

File:Yamato explosion.jpg

A 14 heures, le Yamato est alors frappé en plein milieu par trois bombes, puis quelques minutes après trois torpilles le touchent à nouveau, deux à bâbord, une à tribord. Le grand navire se couche sur le flanc petit à petit et n’avance plus qu’à sept nœuds. C’est cependant un quart d’heure plus tard que la torpille fatale le frappe : le Yamato se penche, les munitions roulent dans les soutes et finissent par exploser, et le cuirassé avec. Il emporte dans les abîmes plus de 3000 hommes, seuls 269 seront sauvés…

Le sacrifice du Yamato et de son escadre n’a finalement pas servi à grand-chose : la marine impériale n’est plus, et l’île d’Okinawa tombe après des combats parmi les pires de la guerre. La route vers le Japon est ouverte. Quant à l’aventure des cuirassés, elle est définitivement terminée.

 

 

File:Yamato1945.png

 

Dessin de la ligne du Yamato comme il apparaissait en 1944–1945.

 

sources 

textes

http://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/87-seconde-guerre-mondiale/3053-le-yamato-roi-maudit-des-cuirasses.html  

http://www.linternaute.com/histoire/jour/evenement/7/4/1/a/59609/operation_ten-g.shtml

images : wikipedia

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

29 mars 2013

Fortifications et effectifs nippons

Classé sous — milguerres @ 9 h 39 min

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

23 novembre Les américains libèrent Tarawa

Fortifications et effectifs nippons

Après avoir remplacé l’amiral Saichiro, l’amiral Shibasaki a encore renforcé le système défensif de Bétio, en construisant, près de 
l’aérodrome, un véritable fort, pour abriter son quartier général et ses transmissions.

 

 

 

Fortifications et effectifs nippons Keiji-Shibasaki-1

 

Keiji Shibasaki

C’est le 10 décembre 1941 que les Japonais prennent le contrôle de l’archipel de Tarawa et plus précisément de Betio mais il faudra attendre le 15 septembre 1942 pour que des troupes y débarquent (6e force spéciale de débarquement de la marine de Yokosuka). Au mois de décembre le 111e régiment de pionniers vient compléter la garnison avec pour but la construction des défenses et de l’aérodrome. En février 1943, l’amiral Saichiro arrive sur l’île, ensuite le 17 mars la 7e force de débarquement de la marine de Saseko vient renforcer les forces en présence et enfin, en mai, arrive sur l’île la 4e unité de construction. En août, l’amiral Sibasaki remplace Saichiro. Ainsi au moment de l’assaut allié l’amiral dispose de 2 617 combattants d’élites. Voici les forces en présence sur l’île :

3e (ex-6e) force spéciale de débarquement : 1 120 hommes ;
7e force spéciale de débarquement de la marine (7e Sasebo) : 1 497 hommes ;
111e pionniers : 1 247 hommes ;
4e unité de construction : 970 hommes.

Au total, les Japonais sont donc 4 744 mais le génie surtout constitué de Coréens n’est pas destiné au combat.

Les fortifications sont disposées de telle sorte qu’elles se protègent mutuellement assurant ainsi une grande cohésion dans la défense japonaise. Voici la constitution des fortifications nippones :

4 canons de 200 mm construits par Vickers ;
4 canons de 140 mm ;
6 pièces de 80 mm ;
4 canons de 127 mm de DCA ;
8 pièces de 75 mm de DCA ;
27 mitrailleuses lourdes de 13 mm de DCA ;
4 mitrailleuses lourdes de 13 mm en affût double de DCA ;
10 canons de montagne de 75 mm ;
6 canons de 70 mm ;
9 pièces de 37 mm ;
31 mitrailleuses lourdes de 13 mm ;
plusieurs dizaines de mitrailleuses de 7,7 mm.

Tarawa-Japonais-1



Des Japonais installent un canon de marine pris aux Britanniques sur l’atoll de Tarawa, avant l’attaque américaine

Forces américaines

Pour l’opération Galvanic, la Central Pacific Force fut constituée comme suit :

La Task Force 50 du contre-amiral Pownall constitué de 6 cuirassés, 6 porte-avions, 5 porte-avions léger, 2 porte-avions d’escorte, 3 croiseurs et 21 destroyers devait protéger la force d’invasion2.

La Task Force 50 est divisé en 4 Task Force.

La Task Force 53 du contre amiral Hill, divisé en 4 Task Force et comprenant la force de débarquement sur Tarawa et Makin. La TF 53 est constitué de :

3 cuirassés, 5 porte-avions d’escorte, 2 croiseurs, 9 destroyers ainsi que de 17 navires de transports divers. La force de débarquement sur Tarawa a été allouée à la 2e division de marines et le débarquement sur Makin à la 27e division d’infanterie. L’ensemble de ces unités nommées sous le nom de 5e corps amphibie est dirigé par le général Holland Smith.

La 2e division de marines devra partir de Nouvelle-Zélande et la 27e d’infanterie de Pearl Harbor. Le 2e bataillon de défense sera laissé en garnison à Tarawa et Apamama tandis que le 7e bataillon de défense devra tenir garnison sur Makin. La 2e division de marines reçoit la tâche la plus compliquée et dut subir pendant l’été 1943 un entraînement pour apprendre à se servir des engins de débarquement. La prise de Betio reçoit comme nom de code : Longsuit, la prise d’Apamama reçoit le nom de Boxcloth.

180px-Holland_Smith

C’est le général Smith qui dirige les forces terrestres de l’opération Galvanic.

Le 25 octobre 1943 tout est fin prêt pour le débarquement sur Tarawa qui sera mené par le Regimental Combat Team 2 composé du 2e régiment de marines, du 2e bataillon du 8e régiment de marines. Le reste des bataillon du 8e régiment formant la réserve divisionnaire. Le 6e régiment de Marines est maintenu en réserve pour le 5e corps amphibie.

Les trois bataillons d’assaut devront se porter sur les plages de Red 1, Red 2 et Red 3. Ces plages sont situées au nord-est de l’île. Pour débarquer les Américains devront utiliser des LVT (landing vehicle tank) à faible tirant d’eau pour franchir la barrière de corail séparant l’océan du lagon. En outre le débarquement ne pourra se faire qu’à marée haute et faute de connaissances sur les fonds marins autour de Tarawa, les Américains ne purent être sûrs de leur coup. Pour le bombardement de l’île, les Américains ont prévu un long pilonnage de l’île avec l’artillerie de marine avant l’intervention de l’aviation. Le débarquement devra s’effectuer à 8 h 30.

Beach Red 3 se trouve à 500 mètres à l’est de la jetée et c’est là que débarquera Le 2e bataillon du 8e régiment de marines. À l’ouest de la jetée, le 2e bataillon du 2e régiment de Marines devra débarquer sur Beach Red 2 et enfin Beach Red 1 qui se trouve à l’extrême est et mesure 500 m comme Beach Red 2 sera le lieu de débarquement du 3e Bataillon du 2nd Régiment de marines.

Déroulement de la bataille de Tarawa

Le débarquement

797px-USMC-M-Tarawa-3


220px-USMC-M-Tarawa-p36

magnify-clip
Ce Amtrac échoué sur la plage à Betio résume à lui tout seul la difficulté du débarquement sur l’île.

Parties au départ pour une grande manœuvre les troupes américaines ne
sont prévenues que trois jours avant du véritable objectif de leur
opération. Entretemps le régiment d’assaut devant attaquer en première
ligne sur Tarawa change de commandant, le colonel David Shoup remplace
le colonel Marshall, malade. Durant la progression de la flotte
américaine plusieurs escadrilles américaines se chargent du bombardement
sur Betio et les îles alentours du 13 au 19 novembre.
Ces bombardiers sont sous le commandement de la 7th Air Force provenant
de la Task Force 57. Le 19 novembre, les premiers navires apparaissent
au large de Tarawa et commencent le pilonnage des fortifications
nippones. Il faudra néanmoins attendre la nuit avant l’arrivée des péniches de débarquement.

Les Japonais finissent par repérer les Américains à 4 heures 41 et
déclenchent le feu de leurs batteries sans succès. Un peu plus tard les
premières troupes commencent à embarquer dans les premières péniches de
débarquement mais les transferts sont difficiles et les premières vagues
de LVT ont du mal à garder leur cohésion. À 5 h 42, la marine américaine stoppe son tir pour permettre à l’aviation d’attaquer Betio mais celle-ci n’arrivant pas les tirs reprennent à 6 h 5 mais entre temps les Japonais ont pu se reprendre. Finalement l’aviation arrive à 6 h 15 sans parvenir à remplir ses missions. Enfin, à 6 h 20, l’heure W, toute la flotte reprend ses tirs.

À 7 h 15, les premières péniches s’avancent dans le lagon
protégées par quelques dragueurs et destroyers qui ont pu s’approcher
des côtes. Néanmoins la confusion est grande et l’heure H est repoussée à
8 h 45. Néanmoins avant même l’arrivée des forces de débarquement un groupe d’homme dirigé par le lieutenant Hawkins, le Scout-Sniper Platoon
dut prendre pied sur la grande jetée pour y chasser les Japonais
risquant de prendre la plage en enfilade. L’opération fut une réussite
malgré le creusement d’un trou dans la jetée dû aux lance-flammes et qui gênera beaucoup l’accostage des munitions sur la jetée ultérieurement dans la bataille.

Il faut ensuite attendre 9 h 10
avant que les premières péniches du 3d BN du 2d régiment ne
franchissent la barrière de corail et s’approchent de la plage, mais à
ce moment les Japonais déclenchent un feu nourri qui détruit nombre
d’engins de débarquement. La compagnie I réussit à mettre en place une
tête de pont mais un poste japonais situé entre Beach Red 1 et Beach Red
2 prend en enfilade les marines. La compagnie K est bloquée tout comme la L qui perd 35 % de ses effectifs.

Le 2d Bn du 8th régiment arrive à 9 h 17
sur Red 3 en subissant très peu de pertes. Les compagnies réussissent à
s’enfoncer sur l’île. Cependant sur Red 2 la force de débarquement doit
subir un feu particulièrement nourri et les forces de débarquement
subissent de lourdes pertes ne pouvant établir une tête de pont solide.

Les vagues suivantes ne peuvent débarquer sur la plage et doivent
franchir le lagon avec de l’eau jusqu’à la taille voir jusqu’aux
épaules. Subissant le tir nippon, les Américains sont complètement
désorganisés. La plupart de l’efficacité normalement associée avec un
bataillon de débarquement est perdue en raison de cette malheureuse
situation.
Durant ce dur débarquement le lieutenant colonel Amey chef du 2d Bn du
2d régiment meurt et c’est le lieutenant-colonel Jordan pourtant simple
observateur de la 4th division de marines
qui prend le commandement d’une force totalement désorganisée par le
manque de radios et n’ayant pu établir une tête de pont de seulement 75 m de profondeur sur 300 m de large.

180px-LVT-2_2

magnify-clip
De nombreux LVT furent perdus lors du débarquement. Ici, un LVT face à Green Beach.

Tout comme Amey, le colonel David Shoup tente de débarquer sur Red 2,
après plusieurs transferts dans différentes péniches, Shoup réussit à
débarquer à 10 h 30 en parcourant les 200 derniers mètres avec de l’eau jusqu’à la taille.

De plus commence à se poser le problème des renforts, Shoup peu avant
de débarquer apprend du major Schoettel commandant le 3D bataillon sur
Red 1 que la situation est très précaire et que les péniches subissent
un feu nourri. Shoup lui ordonne de se porter sur Red 2 mais Schoettel
lui répond : « Nous n’avons plus rien à débarquer ». Le colonel Shoup décide donc d’envoyer 1er bataillon du 2e régiment tenu en réserve sur Red 2. Le bataillon du major Kyle s’en va donc débarquer et subit alors de lourdes pertes.

Ensuite le général Smith considérant la tête de pont sur Beach Red 3 suffisamment forte pour y lancer des renforts y envoie le 3e bataillon du 8e
régiment du major Ruud. Le débarquement se fait difficilement, le
bataillon subissant de lourdes pertes. Les deuxième et troisième vagues
après l’hécatombe subie par la première se dirigent vers la jetée
appelés par le colonel Carlson.
À la fin de la matinée, les Américains décident de débarquer des chars
pour soutenir les fantassins, sur Red 1, deux chars sont débarqués et
l’un est touché par un obus qui bloque le mécanisme de sa tourelle et
son canon est à son tour mis hors de combat. Le Sherman se replie donc
vers la plage. Le deuxième char est incendié par un obus de 75 mm.
Sur Red 2, 3 chars sont débarqués qui combattront tout au long de la
journée. Deux chars sont mis hors de combat. Enfin sur Red 3, 4 Sherman
sont débarqués, 3 Sherman sont détruits dont un par l’aviation
américaine. Le dernier qui fut pourtant touché, réussira à éteindre
l’incendie qui en fut la conséquence et combattit jusqu’à la fin de la
bataille de Tarawa.

Sur l’USS Maryland, le général Smith a bien du mal à connaître la situation sur Betio malgré l’observation aérienne ce pourquoi le colonel Carlson envoyé par Shoup ira l’informer de l’état réel des marines.

À 15 h 30, la situation sur Betio est la suivante :

Tarawa-1943-1

plage de Bétio
sur Beach Red 1, la tête de pont est profonde d’à peu près 150 mètres ;
sur Beach Red 2, les marines s’abritent derrière le mur

antichar construit en troncs de cocotiers et le long de la
jetée(quasiment aucun marine sur la partie est de la plage). Tête de
pont sans aucune profondeur significative ;
sur Beach Red 3 enfin les marines ne sont présents que sur le rivage.

180px-Battle_Tarawa_Tank

Le reste d’un tank M4 Sherman détruit à proximité de la plage de Tarawa

C’est sur Red 1 que se passe la majorité des combats. Sur la plage le
major Ryan (qui remplace le major Schoettel) tente de réorganiser ses
troupes avant d’envoyer ses chars vers l’avant en les faisant d’abord
contourner la tête de pont, le chemin menant vers le centre de l’île
étant encombré de morts. Les deux Sherman restant réussissent avec l’infanterie à élargir la tête de pont qui atteint en fin de journée 500 m de profondeur pour 150 m de large. Se trouvent sur cette plage :

3d Bataillon du 2d régiment :

Débris de la cie (compagnie) K;

Débris la Cie i ;

Partie de la Cie L ;

Un peloton de la Cie M.

2e bataillon du 2e régiment :

1er peloton de la Cie E;

1er peloton de la Cie G;

2e et 3e peloton de la Cie H;

état major du commandant du bataillon.

1st Bataillon du 2d Marines :

3 officiers et 110 hommes débarqués ici par erreur.


-
Ces quelques hommes malgré leurs progression ne purent réduire au
silence les bunkers japonais dépassés par le manque de moyens adaptés et
les nippons en profiteront pour parfois tirer dans le dos des
américains. Néanmoins, à la nuit tombée, 600 m de terrain séparent Red 1 de Red 2.

À la fin du premier jour, l’ensemble des têtes de ponts américaines font une surface de 1 500 m²
et une attaque japonaise durant la nuit aurait certainement suffit à
repousser les Américains à la mer mais l’amiral Shibasaki faute de
moyens de communications fonctionnant en bon état ne peut rentrer en
contact avec ses hommes et leur ordonner quoi que ce soit.

Le 21 novembre

Au début du 21 novembre, Smith décide devant la demande de Shoup de faire débarquer le 1st Bn du 8th régiment sur Red 2. À 6 h 15 la première vague est débarqué dans le lagon et doit franchir les derniers 500 m
avec de l’eau jusqu’à la taille voire jusqu’aux épaules. Les 4
premières vagues sont dirigées vers la frontière entre Red 1 et REd 2,
zone battue par les tirs nippons qui s’étaient servis de cette position
pour prendre de flanc les Américains la veille. Ainsi les Américains
désorganisés arrivent sur la plage dans une situation confuse et sans
aucun matériel lourd pour réduire les points forts japonais. Sur les 199
hommes de la première vague, 90 sont encore en état de combattre. Le
major Hays chef du bataillon arrive à regrouper ses hommes et se posta à
l’extrémité ouest de Red 2 pour se préparer à rejoindre Red 1. De leur
côté les 1st et 2nd Bataillon du 2d régiment présent sur Red 2 devront
se porter vers le sud pour atteindre l’autre rive de Betio. Le major
Kyle réunit donc 300 hommes à peu près et se prépare à l’assaut. Peu
avant un peloton de mitrailleuses avait été chargé de mettre en place un
feu nourri sur les Japonais. En début d’après-midi, 3 compagnies du 1st bataillon, la plupart des survivants du 8th Marines et l’ensemble du 2e
bataillon. Après la traversée difficile du terrain d’aviation, les
Américains découvrent des positions japonaises abandonnées de l’autre
côté de l’aérodrome
et s’y établissent avant finalement d’atteindre la côte Sud mais
entourés de fortes positions ennemies et séparé du reste de la tête de
pont par la piste d’envol non sécurisée. Ainsi à 19 heures se trouvent
dans cette poche :

  • Company B (capitaine Williams) : 60 hommes ;
  • Company C (capitaine Clanahan) : 75 hommes ;
  • Company E (capitaine Tynes) : 15 hommes ;
  • Company F : 10 hommes ;
  • Company H : un peloton de mitrailleuses ;
  • unité lourde régimentaire : 10 hommes.


Ces 180 hommes sans vivres ni eau et manquant cruellement de
munitions viennent de plus de subir une contre-attaque japonaise. Devant
la situation Shoup envoie plusieurs LVT chargé de vivres et de
munitions et enfin vers 18 heures le major Kyle arrive dans la poche et
le lieutenant-colonel Jordan lui laisse le commandement des hommes.

Du côté de Red 1, les hommes du major Ryan reçoivent l’ordre de
conquérir Green Beach sur la côte Ouest de l’île. Avec l’aide du
sous-lieutenant Greene observateur d’artillerie de la marine, il obtient
un soutien de deux destroyers qui après leur préparation d’artillerie
cèdent leur place à l’infanterie. À 11 h 10, les marines
se lancent à l’assaut et en une heure suppriment toutes défenses
nippones du secteur de Green Beach. Les Japonais, ayant il est vrai,
opposé une résistance bien faible. Malgré la faible profondeur de la
tête de pont (200 m), le général Smith envoie le 1st Bataillon du 6th régiment sur Betio le 2e
bataillon devant suivre. Mais le haut-commandement américain apprenant
par des sources peu sûres que les Japonais ont décidé de se replier sur Bairiki
(manœuvre possible à marée basse) décide d’envoyer le 2nd bataillon sur
l’île. Les hommes du major Jones (1st Bn) eux débarquent bien sur Green
Beach à 18 heures 40, en retard sur l’horaire prévu (17 heures.
Plusieurs chars légers M3 sont aussi débarqués mais avec une heure de
retard. Malgré ces contretemps, Jones prévoit une attaque pour 20
heures. Mais devant la demande de Shoup de reporter l’attaque au
lendemain, Jones annule l’offensive.

Sur Red 3 par contre, le 2nd Bataillon du 8th Régiment a bien du mal à
progresser car les Américains se trouvent à seulement quelques dizaines
de mètres du PC de l’amiral où se sont retranchés les soldats nippons.
Ainsi une attaque des marines de faible ampleur est facilement
repoussée. À la tombée de la nuit, 12 hommes prennent possession de la
jetée Burns-Philips pour empêcher les Japonais de s’y retrancher. Lors
de cette journée le major Shoettel chef du bataillon débarque enfin sur
Betio mais les hommes ne lui obéissent pas et Schoettel désespéré vient
demander des conseils à Shoup. Ce dernier lorsqu’il apprend que les
soldats refusent d’avancer par faute d’une mitrailleuse se met dans une
colère terrible. La campagne de Tarawa sera un long calvaire pour
Schoettel.

Ainsi à la fin du 21 novembre, les Américains sont pour la première
fois en position de gagner. Ils ont dégagé les alentours de Green Beach,
mis en place une poche étroite mais solide au sud de l’aérodrome et au
nord, la tête de pont s’étend sur 500 m de
part et d’autres de la grande jetée. Enfin, en fin de journée, Shoup
envoie comme message à Smith : « Nous sommes en train de gagner ». Smith
décide alors d’envoyer Edson (chef d’état-major de la 2d division) sur
l’île pour diriger les opérations logistiques sur Betio.

22 novembre 1943 : La progression américaine


250px-Flamethrower_in_Tarawa_jungle

magnify-clip
Le lance-flammes fut très utilisé par les marines pour réduire un à un les abris japonais.

Dans la nuit du 21, Edson et Shoup mettent en place les opérations
pour le 22. Conscient que les échecs précédents ont été dus à un manque
d’intervention de l’artillerie de marine, ils décident de faire intervenir les batteries des cuirassés. Ainsi de 7 heures à 10 h 30,
l’artillerie navale tire sur les positions japonaises avec l’aide de
quelques batteries débarquées sur l’île. Edson et Shoup prévoient trois
attaques :

Celle du 1st Bn du 6th régiment qui devra essayer de prendre contact

avec les unités présentent au sud de l’aérodrome en attaquant plein est.

Au même moment, le 1st bn du 8th régiment devra attaquer vers

l’ouest depuis Red 2 pour anéantir la poche japonaise située entre Red 1 et Red 2.

Enfin le 8th régiment à l’est, devra agrandir la tête de pont au-delà de la petite jetée.

L’attaque contre la poche japonaise commence à 7 heures avec le

soutien des chars légers (trois de la compagnie C). La force d’assaut est ainsi composée du nord au sud de : la compagnie B le long de la plage ;

la compagnie A au centre ;

la compagnie C au sud.


L’attaque est lente, les marines devant éliminer
méthodiquement les points de résistances japonais. Malgré le soutien des
chars M3, les Américains ont du mal à en venir à bout (le calibre des
obus des M3 qui sont de 37 mm sont insuffisants). Les fantassins essaient alors ici ou là d’utiliser des bangalores et des charges de TNT.
Avec la perte d’un des chars, les deux autres sont remplacés par une
section de Halfs Tracs fraîchement débarqués possédant des canons de 75 mm. Ainsi à la fin de la journée, la poche japonaise est toujours existante.

Pendant ce temps l’attaque du 1st Bn sur Green Beach commence bien.
Malgré un retard dans l’attaque qui commence à 8 heures 15 l’offensive
réussit grâce à une forte cohésion entre chars et infanteries. Les chars
Sherman détruisant les bunkers et autres nids de mitrailleuses, les
fantassins abattant les Japonais se lançant sur les chars avec une mine
magnétique. À 11 heures, les hommes du 1st Bn réalisent la jonction avec
les hommes situés dans la poche. Les Japonais perdent 250 hommes alors
que les Américains ne perdent que très peu d’hommes. Ainsi excepté la
poche entre Red 1 et Red 2, l’ensemble de la partie occidentale de l’île
est conquise. Le major Jones disposera pour l’offensive du lendemain de
l’ensemble des chars et d’une aide substantielle de l’artillerie navale
et aérienne. De plus l’ensemble du 8th régiment (excepté le 1st Bn)
devront aussi attaquer à l’est malgré l’opposition de leur chef
considérant ses hommes comme trop fatigués.

Enfin l’assaut du 2nd Bn du 8th régiment près de la jetée Burns
Philips a comme but de capturer trois points de résistance japonais (un
nid de mitrailleuses sous coupole blindée, un autre nid abrité par des
troncs de cocotiers et un abri bétonné). À 9 h 30
des tirs de mortier permettent de détruire l’abri en cocotier qui
explose en flamme, sa cargaison de munitions étant touchée. À peu près
au même moment, des chars Sherman
tirent sur la coupole blindée permettant aux fantassins de partir à
l’assaut. Face à l’abri bétonné l’avance se fait grâce aux lance-flammes
des forces du génie.
Malgré une contre-attaque japonaise, l’abri est capturé au bout d’une
heure de combat. Les Japonais encore coincés dans le bunker tentent de
s’enfuir mais les marines bouchent systématiquement chaque entrée et causent un véritable massacre à la mitrailleuse et à la grenade.
Enfin des bulldozers du génie bouchent les entrées enfermant les
nippons dans le bunker. La prise de ces points fortifiés permet aux marines
de progresser sans aucune difficulté à l’est, rencontrant en faisant
sauter les défenses japonaises, les cadavres des Nippons s’étant fait hara-kiri.

Pendant la journée, le 3rd bataillon du 6e régiment débarque enfin sur Betio après avoir passé une nuit dans les péniches. À 12 heures, le général Holland Smith (chef de la 2e division de marines)
débarque lui aussi à Green Beach. Il décide d’installer son PC sur Red 2
et pour éviter de traverser le terrain nouvellement conquis (où
subsistent parfois quelques Japonais), le général se rend à Red 2 en
Amtrac qui se fait toucher par une mitrailleuse. Holland Smith est alors
secouru par une autre péniche qui l’amène à bon port. Le plan d’attaque
pour l’après-midi est le suivant :

  • Le 1st bataillon du 6e régiment devra attaquer vers l’est et capturer un fossé antichar à l’est de la piste d’aviation.


L’avance commence à 12 h 30.
Malgré la fatigue accumulée par l’offensive du matin, la compagnie A
soutenue par un Sherman et 7 chars M3 Stuart se met en route. Légèrement
en arrière, se trouve la compagnie B et la compagnie C est gardée en
réserve. L’assaut commençant à 13 h 30
est stoppé dès les premiers mètres par une tourelle blindée. Il faut
une heure et demie de combat et l’intervention du Sherman pour continuer
l’avance. À 15 heures, les marines assoiffés reçoivent de l’eau
et la compagnie B passe en tête pour continuer l’attaque à 16 heures. Le
compagnie C est elle envoyée relever le 2nd bn du 8th régiment au sud
de la poche japonaise située à proximité de la jetée Burns-Philips. Les
autres marines malgré leur attaque ne peuvent avancer et à 18 h 30,
s’enterrent. Dans la soirée, les Américains comptent 200 morts nippons
sur le terrain conquis et la poche japonaise de Burns-Philips est enfin
réduite. Malgré le fait qu’excepté la poche entre Red 1 et 2 toute la
partie occidentale de l’île est conquise, l’optimisme ne règne pas
encore parmi l’état-major américain. Le général Smith demande que soit
débarqué pour le 23 novembre le 2d bataillon du 6th Marines sur Green Beach et que le 3rd Bn du 6th régiment débarquant sur Green Beach se porte vers l’est de l’île avec tous les chars.

La contre-attaque japonaise


220px-Tank_at_Tarawa

magnify-clip
Char léger Type 95 Ha-Go détruit au cours de la bataille.

Néanmoins le soir du 22 novembre, pour la première fois, les Japonais
lancent une offensive importante contre les Américains. Acculés dans la
partie orientale de l’île, ils ne peuvent en effet gagner qu’en lançant
une offensive leur permettant de repousser les Américains à la mer. À 19 h 30,
une première offensive de faible envergure lancée par 50 hommes arrive
avec détermination à forcer le passage dans les lignes américaines mais
les marines réussissent sans trop de problèmes à combler la
brèche. Convaincus qu’une offensive plus importante est en préparation,
les Américains mettent en place un tir d’artillerie à 75 m
des premières lignes américaines. Bien que les tirs des batteries ne
gênent en rien la préparation japonaise, ceux-ci ne peuvent localiser
les nids de mitrailleuses américains, ce qui les empêche de déclencher
leur offensive. À 23 heures, deux petites offensives devant tester les
positions américaines sont lancées et repoussées sans aucune
difficulté ; dans l’attente d’une nouvelle grande offensive, le tir de
barrage redouble d’intensité et le major Jones demande à la marine le
bombardement des arrières japonais. À 3 heures du matin, les Japonais
tirent à l’aide de mitrailleuses et de canons sur les positions des marines,
ces derniers ripostent avec des mortiers et en envoyant des volontaires
lancer des grenades près des canons japonais. Finalement à 4 heures du
matin, une offensive de 300 hommes est enfin lancée par les Japonais,
qui sont stoppés net par l’artillerie. Après une heure de combat, ils
battent en retraite en laissant sur le terrain 200 des leurs.

Lorsqu’ils progresseront à leur tour, les américains découvriront en
outre 125 cadavres, tués par les destroyers USS Schreder et USS Sigsbee.
La contre-attaque japonaise, bien que courageuse, n’avait aucune chance
de rejeter les Américains à la mer car ils étaient au soir du 22 novembre
sur des positions solides. On peut sûrement penser qu’une
contre-attaque japonaise au soir du débarquement aurait eu toutes les
chances de repousser les Américains, mais cette offensive arrive à un
stade trop avancé de la bataille et avec bien trop peu d’hommes.

La fin de la bataille

Avec l’échec de la contre-attaque japonaise, la résistance sur l’île faiblit fortement. Néanmoins, les marines doivent encore conquérir l’est de celle-ci. C’est le 3e bataillon du 6e régiment dirigé par le lieutenant-colonel MacLeod qui a pour but de conquérir la partie orientale deBetio.
La « compagnie I » est placée au nord, la « compagnie L » au sud et la
« compagnie K » est en réserve. L’assaut commence à 8 heures, précédé
par un violent bombardement de l’aviation puis de l’artillerie et enfin
de la marine. Malgré tout 500 Japonais sont encore présents sur Betio.
au même moment, le 3e bataillon franchit les lignes
américaines pour assaillir les positions japonaises défendues par deux
fossés antichars. 2 Sherman et 7 chars M3 ouvrent la route aux
fantassins et à des équipes de lance-flamme. L’objectif est conquit très
rapidement et quasiment sans combat et les Américains continuent leur
progression. C’est la compagnie qui rencontre la première vraie
résistance japonaise constituée d’abris bétonnés et de mitrailleuses.
Devant l’impossibilité d’une attaque de front pour la compagnie I, la
compagnie L décide de flanquer les nippons par le sud et de continuer
leur avance. Assez rapidement, les marines atteignent l’extrémité
est de l’île car les Japonais plutôt que de se rendre décident de se
donner la mort. Les derniers Nippons cantonnés dans leurs abris sont
éliminés au lance-flamme. Pendant ce temps, la compagnie I finit par
réduire définitivement l’emplacement japonais encerclé. Ainsi, à 13
heures, McLeod et ses hommes atteignent le bout de l’île et ne comptent
comme pertes que 9 tués et 25 blessés, capturant 14 hommes (surtout
coréens) et dénombrant 475 cadavres japonais.

La dernière poche japonaise réduite

Alors que le 3e bataillon conquiert l’est de l’île, la dernière poche japonaise entre Red 1 et Red 2 est réduite par une attaque du 1er Bataillon du 8e
régiment doté de half-tracks, de lance-flammes et d’une équipe de
démolition. De plus deux canons de 75 automoteurs et un peloton de marines devra attaquer par la côte pour surprendre les Japonais. Enfin, venu de l’ouest le 3e bataillon du 2e
régiment du major Schoettel devra attaquer le côté occidental de la
poche. L’attaque américaine se concentre surtout sur un puissant abri où
la plupart des Japonais ont trouvé refuge. Le bunker est détruit à
coups de canons et d’explosifs. Après cela, la conquête des dernières
positions japonaises surtout constituées de quelques mitrailleuses sont
méthodiquement détruites par les Américains. Ainsi à 13 heures, tout
combat cesse et les marines capturent quelques prisonniers.

Ainsi, le 23 novembre, la bataille de Tarawa est terminée avec à midi
l’atterrissage d’un avion sur la piste de Betio. Durant l’après-midi,
l’amiral Hill débarque dans l’île où des compagnies de lance-flammes
brûlent tous les abris japonais pour tuer d’éventuels survivants. Malgré
la fin de toute résistance, les marines mettront plusieurs jours
avant de tuer le dernier Japonais. Ainsi dans la nuit du 23 au 24
novembre, deux soldats et un officier sont tués à l’arme blanche par des
Japonais. 14 Nippons furent tués cette nuit-là, animée par l’erreur
d’un soldat américain qui lança une grenade dans ce qu’il croyait être
un abri et qui se trouva être un entrepôt de munitions. Ainsi toute la
nuit fut ponctuée de multiples explosions. Dans la soirée du 23
novembre, le général Smith plaça d’ailleurs tous les Américains en
position défensive pour repousser un éventuel débarquement

Ce débarquement fut néanmoins utiles pour le haut commandement
américain, qui se servit de cet échec relatif (quant au nombre de
pertes) pour planifier les futurs débarquements et surtout le débarquement de Normandie  

source : http://militaires-d-hier.forumgratuit.org/t4410-bataille-la-plus-sanglante-tarawa

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

23 novembre Les américains libèrent Tarawa

26 mars 2013

Campagne des îles Salomon

Classé sous — milguerres @ 20 h 56 min

 

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 

 

 

 Campagne des îles Salomon salomon

 

 

La Campagne des îles Salomon est une opération amphibie lancée par les Alliés pendant la Guerre dans le Pacifique lors de la la Seconde Guerre mondiale en août 1942.

Huit mois après l’attaque de Pearl Harbor, ce fut la première opération amphibie. Elle se déroula en parallèle de la Campagne de Nouvelle-Guinée, certaines opérations visant des objectifs communs aux deux campagnes, du fait de la proximité des territoires.

Les objectifs généraux de la campagne, qui fut mise en place rapidement et avec des moyens limités, étaient la sécurisation des lignes de communication menacées entre les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, lignes qui étaient vitales pour les futures opérations dans le Pacifique Sud et Sud-ouest.

La campagne s’est déroulée sur un territoire allant des îles Salomon à la Nouvelle-Guinée entre août 1942, lorsque lesMarines débarquèrent sur Guadalcanal, et fin 1943, lorsque la base japonaise de Rabaul fut isolée de ses bases et coupée de ses lignes de ravitaillement.

La campagne fut menée par les forces combinées du commandement du Pacifique Sud-ouest et du Pacifique Centre, impliquant plusieurs débarquements importants, une douzaine de batailles navales et de nombreuses attaques aériennes

 

Avancées japonaises

La campagne de Guadalcanal, la première offensive amphibie audacieuse lancée par les États-Unis, a commencé en août 1942, huit mois après l’attaque de Pearl Harbor. L’objectif de cette campagne, qui fut mise en place rapidement avec des moyens limités, était la première étape d’une stratégie visant à sécuriser les lignes de communication alliées entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, vitales pour assurer le succès des futures opérations alliées dans le sud et le sud-ouest du Pacifique.

Dans les mois qui suivirent l’attaque de Pearl Harbor, les Japonais profitèrent de l’avantage que cette attaque surprise leur avait conféré pour envahir l’Asie de l’est, les Indes et laMélanésie pendant les six premiers mois de 1942. Les étapes de cette expansion furent Wake, Guam, Singapour, Bataan, Corregidor et les Indes néerlandaises.

L’avance des Japonais vers le sud commença par la prise de Rabaul le 23 janvier 1942, puis Bougainville dans les îles Salomon, deux mois plus tard. Rabaul était une base importante qui servait à la fois de base avancée protégeant la base navale de Chuuk et de point de départ pour les offensives suivantes vers le sud. Bougainville, ainsi que les autres positions moins importantes dans les Salomon, était un point de départ pour établir un coin dans les lignes de communication entre Hawaii et l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Ayant établi des positions sur la côte nord de la Nouvelle-Guinée, ainsi que Choiseul, Vella Lavella et les îles du Trésor dans les Salomon, les Japonais prirent Tulagi et son port le4 mai 1942, qui devint ainsi la pointe sud de l’avancée japonaise.

L’île avait été évacuée par les Australiens début mai, mais ceux-ci avaient depuis longtemps établi sur les îles des postes d’observation qui furent maintenu, et qui seraient bien utiles plus tard.

Engagements initiaux

La seule bataille ayant eu lieu pendant la prise des Salomon par les Japonais eut lieu à cette occasion : dans le cadre de la bataille de la mer de Corail, la Task Force 17 du vice amiral Frank Fletcher, constituée autour du porte-avions Yorktown, surprit la force amphibie japonaise concentrée à Tulagi et coula le destroyer Kikutsuki ainsi que quelques navires plus petits, endommageant le destroyer Yuzuki et le croiseur Okinoshima (qui fut coulé une semaine plus tard par un sous-marin américain).

Les Japonais ne développèrent aucun aéroport dans un premier temps, quoique les plaines de Guadalcanal, à 25 kilomètres au sud de Tulagi, offraient un excellent terrain à cette fin. Tous les efforts initiaux des Japonais tendirent à développer le port de Tulagi. Ce n’est qu’en juin que les Japonais débarquèrent à Guadalcanal, et des travaux de développement d’un aérodrome furent commencés fin juin.

Quoique les plans exacts des Japonais soient encore incertains à l’heure actuelle, la présence des Japonais dans les îles Salomon leur donnait la capacité de frapper l’Australie, la Nouvelle-Guinée et les Nouvelles-Hébrides.

Peu après la chute de Rabaul, alors que l’axe sud-ouest du développement des conquêtes japonaises semblait évident, les Alliés commencèrent à développer des plans afin de freiner ou stopper cette avance.

Développement de la stratégie Alliée

En février 1942, l’amiral Ernest J. King, commandant en chef de la Flotte américaine, traça les grandes lignes de la stratégie Alliée au cours d’une correspondance avec le chef d’état-major de l’Armée américaine, le général Marshall. Selon King, l’action des Alliés ne devait pas se limiter à protéger les lignes de communication, mais ils devaient également établir des bases, notamment à Tonga et à Espiritu Santo, à partir desquelles des offensives pourraient être montées contre les Salomon et la Nouvelle-Guinée. Il envisageait donc l’occupation de certaines îles au sud et au sud-ouest du Pacifique dans une suite d’opération amphibies qui seraient menées par les Marines, l’armée se chargerait de maintenir des garnisons sur les îles conquises tandis que la Marine passerait à l’objectif suivant.

L’occupation de certaines îles stratégiquement importantes commença le 12 mars, lorsqu’une force mixte marine-armée débarqua sans opposition à Nouméa, la capitale de laNouvelle-Calédonie au sud des Salomon. Tandis que Nouméa devenait une base navale Alliée, un aéroport important fut installé sur Tontouta, à une cinquantaine de kilomètres de Nouméa. Le 29 mars, les Marines débarquèrent à Port-Vila, capitale de Vanuatu, au nord de la Nouvelle-Calédonie, et en mai, Espiritu Santo fut occupée par une force combinée de Marines, de Seabees de la marine et de l’armée (seabee, qui signifie « abeilles de mer », correspond en fait à la prononciation anglaise des lettres CB, abréviation de Construction Batallions).

Alors que ces déploiements avaient lieu, les flottes américaine et japonaise s’opposaient dans le cadre de la bataille de la mer de Corail, quelques jours après le débarquement des japonais à Tulagi.

Quoique cette bataille ne fût pas une grande victoire, elle força les Japonais à retarder l’invasion de Port Moresby et de la Nouvelle-Guinée.

Cependant, les plans de l’amiral King pour le Pacifique sud commençaient à se mettre en place. En avril, la 1re Division de Marines fut envoyée à Wellington en vue des futures opérations.

Nouveaux développements

En juin, les Américains se rendirent compte des développements à Guadalcanal, à savoir la création d’un aérodrome dans les plaines de la pointe de Lunga. Ceci donnait une certaine urgence aux plans américains dans les Salomon.

Par ailleurs, la bataille de Midway avait fait subir à la marine japonaise de terribles pertes le 5 juin 1942, telles que le déséquilibre des forces créé par l’attaque de Pearl Harbor s’en trouvait réduite.

Cet avantage décisif n’échappa pas au général MacArthur, qui suggéra un assaut immédiat sur Rabaul. Cette option ne fut cependant pas retenue, les Américains réticents à l’idée risquer leurs derniers porte-avions dans des manœuvres au sein d’un environnement confiné et sous la menace constante de bases aériennes japonaises.

Cependant, considérant le succès de Midway, l’état-major combiné (Joint Chiefs of Staff) reconsidéra la stratégie alliée dans le Pacifique.

Jusque là, la stratégie des États-Unis et de la Grande-Bretagne avait été de se concentrer sur l’Allemagne et l’Europe, le Japon ne venant qu’en second et les efforts à porter sur le théâtre Pacifique ne devant être que ceux strictement nécessaires à contenir le Japon. Dans le cadre de cette stratégie, aucune offensive n’avait été prévue avant la fin 1942, toute opération antérieure devant avoir pour but de maintenir les lignes de communication entre les Alliés. La prise de Nouméa et d’Espiritu Santo faisaient partie de cette stratégie défensive.

Le succès de Midway, dont il semblait normal de profiter, et le fait que la pression des Japonais semblait s’accentuer, poussa King à réitérer ses précédents conseils, à savoir une offensive dans les Salomon afin de stopper l’établissement de ce qui semblait devenir, avec Rabaul, une citadelle imprenable. Il préconisait l’occupation des îles Santa Cruz, de Tulagi et des zones adjacentes, avec établissement de garnisons de l’armée australienne. Il proposait comme date d’offensive le 1er août 1942.

Alors que King envisageait une opération de la Marine, le général Marshall, de son côté, estimait que MacArthur devait commander l’opération. Cette passe d’armes entre Marshall et King met en évidence les tensions qui pouvaient exister entre les diverses armes des forces armées (situation que toute armée, y compris celle du Japon, connaissait). King insista sur le fait que les troupes chargées de l’opération seraient en fait des troupes de la Marine. En définitive, King eut gain de cause et l’opération fut confiée à Nimitz.

En fait, les zones d’influence des diverses armes dans le Pacifique furent redessinées, puisque la zone Pacifique Sud fut créée, sous les ordres de Nimitz et confiée au vice amiralRobert L. Ghormley.

Planification de l’attaque des Salomon

Le 25 juin, Ghormley reçut les premières instructions relatives à l’organisation d’une offensive dans son secteur. Il devait commencer à établir des plans, tenant compte du fait que la participation de l’armée pouvait ne pas être totalement acquise (et effectivement on verra qu’à Guadalcanal, l’armée n’entra dans l’opération que trois mois après l’invasion par lesMarines).

Quatre jours plus tard, le général Vandegrift, général de Marine, fut aussi averti de devoir faire des préparatifs rapides pour une opération sur les Salomon.

Ghormley devait diriger l’opération, tandis que le vice amiral Frank Fletcher la commanderait. Le 4 juillet, le plan de l’état-major interarmes fut envoyé à Ghormley qui fut donc confronté au double problème de devoir monter une opération dans un délai apparemment irréaliste de un mois, avec des moyens qui semblaient totalement insuffisants.

Les ordres de l’état-major exposaient en termes généraux la stratégie du moment dans le Pacifique sud et sud-ouest: le but en était la conquête de la Nouvelle-Bretagne, de laNouvelle-Irlande et de la Nouvelle-Guinée. Ce but devait être atteint en trois phases: tout d’abord l’occupation des îles Santa Cruz, Tulagi et des zones adjacentes, ensuite la prise du reste des îles Salomon, enfin la prise de Rabaul.

La date du lancement de la première partie du plan (Tulagi) était fixée au 1er août, sous la responsabilité de CinCPac (Commander in Chief Pacific, c’est-à-dire Nimitz) tandis que pour les stades suivants (ensemble des Salomon et Rabaul), MacArthur serait le responsable.

Moyens mis en place

Ghormley ayant exprimé ses doutes sur la suffisance des moyens mis à sa disposition, on lui confirma que 35 bombardiers basés à Hawaii serait disponibles. Cependant, Ghormley et MacArthur étaient d’accord sur un point: le succès de l’opération navale dépendrait en partie de la capacité de l’armée de protéger la force d’invasion contre l’aviation japonaise.

Entre-temps, le général Alexander Vandegrift était en route vers Wellington avec la 1re division de Marines, qui n’était d’ailleurs pas complète ayant été privée d’un tiers de son effectif détaché aux Samoa.

Du point de vue de la puissance navale à sa disposition, Ghormley pouvait compter sur une flotte encore limitée, mais de bonne qualité: essentiellement trois porte-avions avec environ 250 avions à bord, quelques croiseurs, deux nouveaux cuirassés (ainsi ue des navires secondaires tels que des destroyers).

Du point de vue de la force aérienne, un des points jugés vital par Ghormley, la situation était loin d’être aussi bonne: outre les 250 avions embarqués, Ghormley pouvait compter sur 166 avions de la Marine, 95 de l’Armée et 30 de la force aérienne de Nouvelle-Zélande. Ces 291 avions étaient sous le commandement du contre amiral John McCain, sous les ordres de Ghormley.

En résumé, Ghormley disposait d’une force d’invasion bien entrainée de moins d’une division, d’une Flotte puissante et bien entrainée mais limitée et d’un support aérien plutôt limité.

Ghormley organisa ses forces en trois groupes:

Sigles

(CV=Porte-avions; CVL=Porte-avions léger; BB=Cuirassé; CA=Croiseur lourd; CL=Croiseur léger; DD=Destroyer; SS=Sous-marin)

Désignation Commandant Effectifs
CINCPAC Amiral Chester Nimitz
COMSOPAC Vice amiral R.L. Ghormley
Task Force 62 Contre Admiral Richmond K. Turner Force amphibies
  Task Group 62.2 Contre Admiral Victor Crutchley 3 CA (Australia, Canberra, Chicago), 1 CL, 9 DD
    TG 62.3 Capitaine Frederick L. Riefkhol 3 CA (Vincennes, Astoria, Quincy), 4 DD
    TG 62.4 Contre amiral Norman C. Scott 2 CL (San Juan, Hobart), 2 DD
  TG 62.8 (1re division de Marines) Général A.A.Vandegrift 17 000 hommes
TF 63 (bases aériennes) Contre amiral John S. McCain 291 avions
Task Force 61 Vice Amiral F.J. Fletcher 3 CV, 1 BB, 4 CA, 1 CL, 16 DD
  TF 11 Vice Amiral F.J. Fletcher 1 CV (Saratoga), 1 CA (Vincennes), 5 DD
  TF 16 Contre amiral Thomas C. Kincaid 1 CV (Enterprise, 1 CA (Portland), 1 CL (Atlanta), 5 DD
  TF 18 Contre amiral Leigh Noyes 1 CV (Wasp), 2 CA (‘San Francisco, Salt Lake City), 6 DD
Total : 3 CV, 1 BB, 14 CA, 3 CL, 31 DD plus navires de transport, cargos et tankers. 20 000 hommes. +500 avions

Tandis que l’organisation se mettait en place, la date d’invasion fut reculée au 7 août, en raison du mauvais temps.

Renseignements

Du point de vue des renseignements, l’invasion de Guadalcanal et de Tulagi peut être décrite comme une tentative à l’aveugle: on ignorait quasiment tout, au moment où les ordres furent donnés début juillet, des forces présentes sur ces îles ou même de la simple cartographie correcte des îles. Les Alliés firent d’énormes efforts pendant les 4 semaines qui leur restait pour récolter des informations, notamment de personnes ayant vécu sur ces îles, mais au moment de l’invasion, il restait énormément de blancs dans leurs connaissances, et les Marines sur place auraient l’occasion de constater que leurs cartes n’étaient pas toujours exactes.

Problèmes logistiques et réalisation

La préparation de l’opération, déjà extrêmement réduite dans le temps, rencontra divers problèmes. Les Marines emporteraient 60 jours de ravitaillement, une quantité limitée de munitions, le minimum de bagages personnels et seulement la moitié des engins motorisés normalement prévus pour une division.

Le 26 juillet, les diverses forces prévues firent rendez-vous au large des Fidji et les commandants concernés par l’opération tinrent une conférence au cours de laquelle certains points furent soulevés pour la première fois.

Vandegrift apprit par exemple qu’il ne disposerait pas du support naval et aérien qu’il espérait. En fait, il apprit même qu’il ne disposerait en principe que de deux jours pour débarquer l’ensemble des troupes et du matériel, alors qu’il estimait que quatre jours étaient nécessaires.

On verra que l’ensemble de ces circonstances détermina la façon dont Vandegrift dut se comporter pendant les premières semaines sur Guadalcanal.

À 3h10 le 7 août, les forces américaines étaient en position à l’ouest de cap Espérance. À 6h14, la flotte ouvrait le feu sur les îles, l’invasion pouvait commencer.

Première phase : la conquête des Salomon est

Le débarquement sur Tulagi fut quasiment une formalité: l’île fut conquise en une journée.

La bataille de Guadalcanal dura 6 mois au cours desquels les Américains et les Japonais luttèrent à la fois sur terre et sur mer, pour apporter de nouvelles troupes sur l’île et les ravitailler.

La lutte sur mer ne fut pas moins intense que sur terre : les marines japonaise et alliée s’opposèrent au cours de la bataille de l’île de Savo, la bataille des Salomon orientales, la bataille du Cap Espérance, la bataille des îles Santa Cruz, la bataille navale de Guadalcanal, la bataille de Tassafaronga et la bataille de l’île de Rennell.

La campagne de Guadalcanal a coûté 24 000 hommes aux Japonais (dont 9 000 morts demalnutrition et de malaria) contre seulement 1 600 aux Américains. Si les belligérants ont subi des pertes en avions et en navires de guerre à peu près équivalentes, les Japonais sont incapables de remplacer leurs pertes.

Les Américains n’ont plus qu’un porte-avions : l’Enterprise, et les mois suivants seront difficiles pour les Alliés. C’était cependant la première brèche dans le périmètre que le Japon avait établi dans les six premiers mois de la guerre et la preuve que désormais les Alliés avaient l’initiative. La reconquête pouvait maintenant débuter.

 

Caste_Solomon_islands-battles42

Ensemble des opérations de la première phase de la campagne des Salomon. LaNouvelle-Guinée et Rabaul, invisible sur la carte, se trouvent à l’ouest de Bougainville.
Les batailles navales sont en bleu, les batailles terrestres en rose.

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

20 mars 2013

7 août Les marines débarquent à Guadalcanal

Classé sous — milguerres @ 14 h 17 min

 

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

GUADALCANAL BATAILLE DE août 1942 à févr. 1943

(nom de code Cactus)  

VOIR AUSSI : Tokyo Express  et  La mort du grand amiral japonais Yamamoto

Série d’affrontements sur terre et sur mer, d’août 1942 à février 1943, opposant les Alliés aux forces japonaises dans le Pacifique Sud aux alentours et sur l’île même de Guadalcanal, située au sud de l’archipel des îles Salomon. Les troupes japonaises débarquent sur Guadalcanal le 6 juillet 1942, et commencent à y construire un terrain d’aviation.

Le 7 août, au cours de la première offensive majeure des Alliés dans le Pacifique, 6 000 marines américains débarquent sur Guadalcanal, à la surprise complète des 2 000 soldats japonais stationnés sur l’île, et s’emparent du terrain d’aviation.

Les deux commandements commencent alors à envoyer des renforts par mer, et de violents combats s’ensuivent dans les jungles de l’île.

Les effectifs des forces japonaises sur l’île atteignent leur maximum en octobre, avec 36 000 hommes, mais elles ne sont pas en mesure d’anéantir le périmètre défensif des Américains et de reprendre le terrain d’aviation. Six batailles navales distinctes se livrent également dans ce secteur au moment où les deux flottes adverses cherchent à envoyer des renforts. À partir de novembre, la marine américaine parvient à envoyer des renforts plus rapidement que les Japonais, et, en janvier, l’effectif américain engagé sur l’île atteint 44 000 hommes.

En février 1943, les Japonais, très inférieurs en nombre, sont contraints d’évacuer les 12 000 hommes qui leur restent. Ils ont perdu au total 24 000 hommes dans les combats, alors que les Américains déplorent 1 600 tués, 4 200 blessés, mais aussi plusieurs milliers de morts victimes de la malaria et d’autres maladies tropicales. Les batailles navales successives ont coûté 24 bâtiments de guerre à chaque adversaire : les Japonais perdent 2 cuirassés, 4 croiseurs, 1 porte-avions léger, 11 contre-torpilleurs et 6 sous-marins, tandis que les Américains perdent 8 croiseurs, 2 porte-avions lourds et 14 contre-torpilleurs.

 

 

1942 : GUADALCANAL, L’ÎLE ROUGE SANG

Par Eric Garnier, 29.11.2012

 

Qui se souvient en Europe de l’Enfer du Pacifique ?  Une bataille menée il y a 70 ans à partir d’aout  1942 jusqu’à la fin janvier 1943. Tout avait commencé par la construction d’un aéroport japonais dans un coin isolé de l’océan pacifique, point qui menaçait les communications entre les USA nouvellement en guerre et l’Australie et la Nouvelle-Zélande.  Cet aérodrome militaire  se construisait sur l’une des îles de l’archipel des Salomons. Cette île, nommée Guadalcanal, inconnue du monde entier, était longue de 145 kilomètres pour 40 de large. Très inhospitalière,  couverte de montagnes, forêts et marais, située dans la partie sud de l’archipel, sa prise par les force japonaise menaçait les voies de communication entre les Etats-Unis, d’une part et leurs alliés du sud de l’océan d’autre part… Ce n’était pas un affront, c’était une prise de guerre stratégique. La bataille fut terrible et son bilan effroyable : 50 000 morts, 1 200 avions abattus, 44 navires envoyés par le fond… Pendant six mois par terre, par air et par mer se déroula un des affrontements les plus sanglants de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale.

 

Après être passée de main en main depuis qu’elle fut découverte en 1568 par un marin de Philippe II, Pedro Ortega Valencia, Guadalcanal était depuis l’entrée en guerre du Japon, sous le  contrôle des troupes de l’empereur Hiro-Hito. Les japonais commencent des travaux de construction de l’aérodrome militaire en juillet 1942. Les américains réagissent alors très vite. Ils décident un débarquement  à Guadalcanal pour le 1er août sous le commandement du vice-amiral Ghormley. Une seule division formée est compétente et disponible : la première division de Marines du général Vandegrift. Elle est forte de 19.000 hommes. La date de l’opération est fixée au 7 août.

 

Depuis le printemps les américains étaient surtout concentrés sur l’Opération Torch (le débarquement en Algérie et au Maroc). Elle mobilisait une grande partie de l’Etat-major et beaucoup d’hommes. L’objectif était alors de reprendre des terres françaises, de se rapprocher des territoires européens et donc des forces de l’axe, de faire baisser la pression nazi sur l’URSS, de tenter d’activer un retournement français… Cela nécessitait de former 5 millions de combattants. Cette opération « européenne » était alors contestée par le général Marshall, chef d’Etat-major de l’armée et par  l’amiral Ernest J King commandant en chef de l’US Navy. Ils écrivirent, en vain à Roosevelt : « nous sommes convaincus de ce que nous devrions nous concentrer sur le Pacifique et attaquer le Japon. » Mais la priorité est ailleurs ; même si le Pacifique n’est pas oublié. Le Pacifique est confié à deux militaires de haut vol : le général Macarthur qui a une large juridiction (l’Australie, la Nouvelle Zélande, les Hébrides, les îles Salomons, les Philippines et la Nouvelle Guinée) et l’amiral Chester Nimitz qui se voit confier le reste de l’océan. Tous les deux sont persuadés qu’ils ne peuvent en aucune façon laisser les japonais prendre pieds dans cette zone. Il faut les éliminer de tous les endroits où ils peuvent menacer les USA et la stratégie militaire du pays. Mais comment y arriver ? Macarthur et Nimitz sont en désaccord ; l’un est favorable à un assaut massif et par surprise ; l’autre souhaite un soutien des porte-avions et des phases de bombardements. Washington, pour les raisons évoqués plus haut, soutien Nimitz. On planifie l’Opération Wathcover qui devait reprendre les Hébrides, les Fiji, les iles Salomons où la présence japonaise semblent plus faibles… Jusqu’à ce mois de juillet 1942 où les forces d’Hiro-Hito construisent un aéroport sur Guadalcanal. Les données changent il faut intervenir.

Le 7 août 1942, après trois heures de bombardement naval de soutien, le débarquement sur l’île de Guadalcanal (nom de code Cactus) se fait en deux phases : 13.000 Marines débarquent sur la côte Nord de Guadalcanal, à l’embouchure de la rivière Lunga et  6.000 marines débarquent sur des îles voisines afin d’encercler l’ennemi. Tout se fait en 2 jours, même si Vandergrift avertit que le dispositif fonctionne mal, les marines manquant d’entrainement, les barges n’étant pas adéquates, les tracteurs pour sortir les canons étant en nombre insuffisant… et l’aviation ennemi attaquant les hommes au sol et résistant au chasseur US allant jusqu’à en abattre 21… Le contre-amiral Turner se met en colère contre Fletcher : « Ils nous abandonnent tous le cul à l’air. Fletcher n’a pas été capable de prendre leurs porte-avions. S’ils nous attaquent, ils ne feront qu’une bouchée de nous. » Toutefois, les Marines progressent vers le Sud et s’emparent de l’aérodrome (en 36 heures) le 8 août. Le contre-amiral Fletcher décide alors de retirer ses navires des opérations, abandonnant les soldats et les laissant sans soutien pendant que les japonais réagissent avec vigueur. 8 navires japonais commandés par le vice-amiral Mikawa, interviennent sur la côte nord de l’île. Sans coup férir ils coulent un croiseur australien et trois croiseurs US. La marine US, privé des porte-avions de Franck Fletcher (le Saratoga, l’Enterprise, et le Wasp) est obligée de faire se replier les navires de transport où se trouvent encore 3.000 Marines qui n’avaient pas débarqués, et surtout la moitié des vivres, la plupart des munitions et toute l’artillerie lourde.

 

 

C’est ici que commence la bataille de Guadalcanal !

Les assaillants sont abandonnés et doivent s’alimenter comme ils le peuvent, avec le peu de nourritures débarqués, avec des racines et des baies comestibles. Ils renforcent leur armement en  s’équipant d’armes et de munitions prises à l’ennemi. Le danger est par ailleurs plus proche que ce croit Turner. Le vice-amiral Gunichi Mikawa, avec sept croiseurs et un destroyer, s’approche à toute vapeur. Il a entendu l’appel au secours lancé par les défenseurs de Tulagi : «  Nous prions pour pouvoir supporter ce que nous promet la fortune de guerre, Nous résisterons jusqu’au dernier homme. Attaqués par les forces ennemis nous défendrons les positions jusqu’à la mort » Il réunit des troupes et envoi des renforts sur l’île dont une troupe d’élite qui avait participé à la prise de Singapour celle du colonel Ichiki : un corps délite qui ne craint rien.

A l’aube du 20 août, Ichiki attaque le flanc gauche américain sur les bords de la rivière Illu. L’assaut nippon est brutale, sauvage, frontale. Après de lourdes pertes dues à la vive et intelligente résistance des Américains, les Japonais arrivent jusqu’au corps-à-corps. Les américains les repoussent avec difficultés. Les japonais chargent une seconde fois, puis une troisième. Les marines résistent. Les combats durent toute la nuit.  A l’aube, ayant perdu un millier d’hommes, le colonel Ichiki brûle son drapeau et se tire une balle dans la tête après avoir écrit dans son journal : « Je regrette d’avoir envoyé à la mort tant de soldats et de manière si inutile pour le résultat obtenus. Nous ne devons pas sous-estimer la force de feu de l’ennemi : leurs troupes sont vaillantes… » On compte 777 japonais tués dans cette attaque, 15 prisonniers, et environs 200 soldats échappés dans la jungle dans le plus grand désordre. Pour l’apaisement des Marines, 31 avions atterrirent sur la piste d’aviation conquise rebaptisée Henderson Field, apportant réconfort et sécurité.

 

Les Japonais estiment alors qu’il va s’agir d’un dur combat et sans doute d’un long siège. Ils décident de mettre en place ce que l’on nommera le « Tokyo Express ». Il s’agit de rapides convois de contre-torpilleurs, dirigés par le contre-amiral Tanaka. Chaque nuit, ils déposent  de nouvelles troupes fraîches à la limite du périmètre défensif américain essayant – et parfois y arrivant – d´éliminer les marines de garde. Cependant Vandergrift profite de son avantage. Il termine les travaux de l’aéroport, les ingénieurs arrivant, avec une rapidité stupéfiante, à réparer les dégâts des bombardements. Il reçoit des avions de meilleurs qualités et plus nombreux.

Sur mer il en va autrement. Si entre le 23 et le 24 août, les Américains interceptèrent des convois de renforts japonais et coulent de nombreux navires dont un porte-avions et un destroyer, le porte-avion Saratoga est durement touché et a toutes les peines du monde à rejoindre un port sécurisé pour être réparé alors que le 15 septembre 1942, le porte-avions US Wasp est torpillé et coulé par un sous-marin japonais.

Le 31 août le général Kawaguchi donne l’ordre de prendre l’aéroport. Il fait débarquer des troupes. Celles-ci s’enfoncent dans l’intérieur montagneux de Guadalcanal. L’objectif est d’attaquer les américains par le Sud, endroit jugé le plus faible du dispositif US.

L’assaut est lancé dans la nuit du 12 au 13 septembre. 3.000 hommes,  attaquent une butte longue d’un kilomètre et demi et qui le séparait encore de la piste d’aviation.  Mais les japonais ont une détestable surprise. Les américains défendent bien cette position avec une troupe remarquable celle des parachutistes du colonel Edson, 700 hommes bien préparés. Les japonais sont soutenus par un puisant bombardement naval. Ils attaquent la colline. Les américains les reçoivent d’un tir nourri. Les combats durent deux jours. Les assauts se répètent baïonnettes au canon au cri de « Banzaï, banzaï pour l’empereur ! » Plusieurs fois les américains reculent, mais ils ne cèdent pas. 600 Japonais tombent sur cette colline durant pas moins de dix assauts fanatiques.  A la fin de la seconde nuit, les Américains se retrouvent sur le mamelon central. Ils sont à à peine un kilomètre et demi de la piste d’aviation ; l’artillerie et un fort soutien aérien permet aux marines de résister. Les soldats japonais sont interloqués, des officiers couverts de sang les enjoignent de repartir au combat. Battus, les Japonais sont contraints d’évacuer le secteur. Cette bataille et ce lieu ont connu un tel bain de sang que ce lieu est passé à la postérité sous le nom de Bloody Ridge, « la Crête Sanglante ».  Les Japonais laissèrent 1.500 morts et 600 blessés dans ce combat les Américains perdent 40 soldats et ont 103 blessés.

Les Japonais attaquent alors le flanc droit des Américains, le long de la rivière Matanikau, De violents accrochages se déroulèrent durant tout le mois de septembre. En vain ! Les marines résistent. Le Tokyo express continue son travail et des troupes fraiches continuent cependant d’arriver. Le 9 octobre 1942, le général Haruckichi Hyakutake, commandant de l’ensemble de la région, et ses troupes débarquent à Guadalcanal.  Ce ne sont pas moins de 20.000 hommes, qui arrivent en renfort. Hyakutake met au point un plan d’attaque pour liquider la poche américaine défendant l’aéroport…

Il reprend une partie du plan (qui a échoué jusqu’alors) de Kawaguchi visant à s’emparer de Bloody Ridge. Son idée consiste à envoyer 6.000 soldat au sud s’emparer de la Crête Sanglante puis d’Henderson Field pendant que, en parfaite synchronisation 3.000 Japonais attaqueront le long du Matanikau, le flanc droit des Américains. Son artillerie de campagne, ses tanks, ses soldats au sol et ses quatre généraux lui donnent une supériorité numérique indubitable. Les bombardements de l’aéroport d’Henderson reprennent de plus belle. 90 avions sont touchés.

Le 18 octobre 1942, le commandant en chef US, Ghormley, est jugé trop passif et défaitiste. Il est remplacé par le vice-amiral Bill Halsey, « Le taureau », comme commandant en chef du Pacifique Sud

La date de l’attaque japonaise est prévue le 24 octobre (initialement le 19) ; mais une erreur de transmission fait que le groupe Matanikau, attaque le flanc droit US, le 23 octobre. Il est détruit par les américains.  La Butte Sanglante devient alors l’objectif majeur et la clef de la bataille. Deux assauts nocturnes, les 24 et 25 octobre se succèdent.  Les marines et les parachutistes US repoussent les japonais sous une pluie diluvienne. Les japonais sont fatigués, pris de dysenterie et ont faim (ils ne sont nourris que de tasses de ris). Les pertes sont très lourdes. Hyakutake perd 4000 hommes dans la bataille et le reste de sa troupe est totalement sonné. Ils survécurent dans des conditions inhumaines, insalubres, dans la jungle et les herbes ce qui causa la mort de 9 000 d’entre eux. Un journaliste japonais Gen Nishino, envoyé spécial du Mainichi voulu témoigner il fut renvoyé à Tokyo avec interdiction de publier.

Hasley ordonne au commodore Kinraid d’intercepter Yamamoto et sa flotte pour qu’elle ne change pas le cours de la bataille. Le 26 octobre les avions de Kinraid découvrent une flotte japonaise qui s’en vient. L’Entreprise, le Hornet, sept croiseurs et quinze destroyers sont engagés dans une bataille connue sous le nom de « Bataille des îles Santa Cruz ». Kinraid perd ses deux porte-avions le Hornet est envoyé par le fonds alors que l’Enterprise est avarié ; mais les japonais sont défaits leurs trois porte-avions mis hors de combat. Ils se replient.

Le 9 décembre la 1ère division de Marines est relevée.  Les effectifs US sur l’île de Guadalcanal sont de 50.000 hommes dirigés, sur terre, par le général Patch le remplaçant de Vandergrift.  Hyakutake ne dispose plus que de 25.000 combattants, malades pour la plupart. Le 4 janvier la décision d’abandonner Guadalcanal est prise par le Conseil suprême de Guerre présidé par l’Empereur . L’amiral Tanaka, responsable du Tokyo express est chargé de rapatrier les hommes. Patch lance une offensive générale vers le Matanikau et l’Ouest.  Il faut en finir ! L’ennemi résiste, mais doit se replier.  Le 23 janvier 1943, le quartier général de Hyakutake, est pris.

Le Tokyo Express s’inverse et essaie de récupérer les survivants japonais comme il en a été décidé. On considère qu’il y eut 10 600 survivants. L’évacuation nippone fut menée à bien durant la nuit du 8 au 9 février 1943.

La bataille, a coûté aux Américains 1.500 tués et 4.100 blessés.  Les Japonais ont perdu 24.000 tués dans des contre-attaques, brutales, frontales, arrogantes, sanglantes et inefficaces.  Jamais les japonais n’ont accepté de communiquer leur nombre de leurs blessés. Les USA perdirent 2 porte-avions, 7 croiseurs, 14 destroyers.  Le Japon perdit 1 porte-avions, 2 cuirassés, 4 croiseurs et 11 destroyers. Les USA qui disposaient de plus de réserves que le Japon – affaibli et démuni par les batailles de la Mer de Corail et de Midway – purent, eux, remplacer les unités perdues. Là se fit une part de la victoire. Mais la bataille navale fut si terrible (on ne pense souvent qu¡à la bataille au sol ou dans les airs) que es eaux situées au nord de Guadalcanal furent nommées le Ironbottom Sound, la « Baie au Fond de Feraille ».

La victoire de Guadalcanal permit à l’Australie de respirer et constitua un premier pas vers Tokyo et vers la victoire. De fait, le vice-amiral Tanaka, responsable du Tokyo Express estima que « le Japon avait scellé son destin lorsqu’il avait renoncé à lutter pour Guadalcanal ». Tanaka fut destitué pour sa lucidité. Bill Hasley eut cette phrase : « Avant Guadalcanal l’ennemie avançait selon ses propres désires après Guadalcanal il recula et se replia selon nos envies »

 

 VOIR AUSSI : Tokyo Express

Journal des débats politiques et littéraires

1942/08/28 (Numéro 806). 

7 août Les marines débarquent à Guadalcanal  export-45

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif

 Days of Wrath #1

When the U.S. Navy orders it ships to run from the Japanese, they abandon American troops on a bloody island battled round in the South Pacific. This is the powerful story of the long, vicious battle for Guadalcanal.

Auteur : Wayne Vansant

VOIR AUSSI : Tokyo Express

 

sources

http://www.universalis.fr/encyclopedie/bataille-de-guadalcanal/

http://www.actualite-histoire.com/les-dossiers/1942-guadalcanal-l-%C3%AEle-rouge-sang/

Gallica 

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

19 mars 2013

La bataille de Midway (juin 1942)

Classé sous — milguerres @ 19 h 24 min

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

La bataille de Midway (juin 1942)

Par : Nghia NGUYEN (ENS-WEB)
http://www.educationdefense.ac-creteil.fr/spip.php?article400

« First hit at Midway » de Paul RENDEL

Midway est un atoll américain qui se trouve dans le prolongement Nord-Ouest de l’archipel des Hawaii, non loin de la ligne de changement de date (180e méridien). Stratégiquement, l’île et son aérodrome militaire tiennent le rôle d’avant-poste américain dans le Pacifique central. Pour les Japonais, s’emparer de Midway en y débarquant 5000 hommes était un moyen de renforcer leur ligne de défense orientale, tout en rendant très rapidement possible une offensive sur l’ensemble des Hawaii. Si ces dernières tombaient, c’était le territoire américain – plus particulièrement la côte Ouest – qui aurait été directement menacé. Par ailleurs, ce renforcement oriental était aussi dicté par l’humiliation récente qu’avait fait naître l’audacieux bombardement de Tokyo lors du raid DOOLITTLE, le 18 mai 1942.

Une victoire à Midway et dans les îles Hawaii aurait eu d’importantes conséquences sur le cours de la guerre. En 1942, les États-Unis n’étaient pas encore remis du choc de Pearl Harbor, et l’US Navy n’était pas encore la puissance navale qu’elle devait être deux ans plus tard. Pour les Américains, il fallait gagner du temps dans le Pacifique, alors qu’au même moment ils concentraient la majeure partie de leurs moyens dans une autre direction océanique et continentale : l’Atlantique, l’Afrique et l’Europe. Au lendemain de l’agression de Pearl Harbor, Winston S. CHURCHILL avait réussi à faire valoir, auprès de Franklin D. ROOSEVELT, l’idée que le théâtre européen devait être le théâtre des opérations prioritaire (conférence d’Arcadia en décembre 1941 et janvier 1942). La libération de l’Europe prenait donc le pas sur la victoire contre le Japon, ce qui n’était pas chose facile à faire admettre aux Américains après ce qu’ils considéraient comme « the Day of infamy ».

1942 devait donc être une année de temporisation pour l’US Navy qui manquait de bâtiments dans le Pacifique. Une victoire japonaise à Midway, en juin, aurait sensiblement contrarié la stratégie anglo-américaine, obligeant à un redéploiement des moyens navals de l’Atlantique dans le Pacifique, ce avec des conséquences sur le cours du conflit en Afrique et en Europe… Une année de temporisation d’autant plus nécessaire que début mai avait eu lieu une autre grande bataille aéronavale aux portes même de l’Australie : la bataille de la Mer de Corail. Au cours de cet engagement, qui ressembla à première vue à une victoire tactique japonaise, les Américains perdirent le porte-avions lourd USS Lexington CV-2, et le USS Yorktown CV-5 fut gravement endommagé, à un point tel que la Marine impériale japonaise crut l’avoir coulé.

En fait, le tonnage des navires coulés (en défaveur des Américains) comptait moins que la redistribution stratégique imposée aux deux adversaires par cet affrontement. Les Japonais venaient de subir une défaite stratégique : leur offensive sur l’Australie subissait un coup d’arrêt, et si un seul porte-avions léger japonais avait été coulé (le Shoho), deux autres furent mis hors de combat qui ne pourront pas participer à l’offensive sur Midway prévue le mois suivant. Le Shokaku avait été suffisamment endommagé pour ne pas pouvoir être réparé à temps, et le Zuikaku perdit tellement d’avions et de pilotes que son groupe aéronaval n’était plus opérationnel. De nombreux pilotes japonais avaient été perdus en Mer de Corail, et le potentiel offensif nippon était désormais sérieusement érodé. L’insuffisance du renseignement vint aggraver le tableau quant à l’évaluation exacte du potentiel aéronaval américain. Ainsi, le porte-avions USS Yorktown – l’un des quatre porte-avions américains alors disponibles dans le Pacifique – avait été donné pour coulé. En fait, début mai, il fut rapidement retiré du champ de bataille pour être dérouté sur les îles Tonga afin d’y subir les premières réparations. Peu de temps avant la confrontation en Mer de Corail, les Américains, aidés par les Britanniques et les Néerlandais, avaient réussi à percer le JN25 à savoir le code de cryptage de la Marine impériale. Alerté au dernier moment, mais de sources sûres, sur le prochain objectif des Japonais, l’Amiral Chester W. NIMITZ pu anticiper son redéploiement en faisant appareiller le Yorktown, toujours avarié, pour Pearl Harbor. Le bâtiment parvint à la grande base des îles Hawaii le 27 mai, où il fut réparé en 3 jours et 3 nuits. Un véritable record ! De nouveau opérationnel, il appareilla le 30 en direction des îles Midway.

Le fait était d’importance, car les Japonais pensaient avoir de bonnes chances d’en finir avec les porte-avions américains à Midway. Tablant sur le secret de l’opération et une aéronavale américaine affaiblie, ils ne se doutaient pas alors que la situation ne leur était plus aussi favorable. Non seulement la défense de Midway fut considérablement renforcé, mais la spectaculaire réparation du Yorktown changeait la donne. Alors que la Marine japonaise s’attendait à affronter deux porte-avions regroupés au sein d’une même task force, c’étaient deux task forces qui se dirigeaient vers elle : la Task force 16 autour de l’USS Enterprise et l’USS Hornet (commandée par le Contre-amiral Raymond A. SPRUANCE), et la Task force 17 autour de l’USS Yorktown (commandée par le Contre-amiral Frank J. FLETCHER).

Facteur aggravant, le plan japonais dispersa d’emblée ses forces sur un espace considérable. Pas moins de quatre flottes de combat opérèrent de manière indépendante lors de la bataille pour Midway. Tout d’abord une force de diversion chargée d’aller frapper l’Alaska et les îles Aléoutiennes, afin de distraire les forces américaines et de dégarnir la défense de Midway. Cette première opération fut un échec du fait de la connaissance exacte des intentions japonaises par le commandement américain. Elle n’en mobilisa pas moins – et inutilement – 2 porte-avions et 4 cuirassés côté japonais. La force principale était celle de l’Amiral Chuichi NAGUMO. Forte de 4 porte-avions – le Soryu, le Hiryu, l’Akagi et le Kaga -, elle constituait le fer de lance de l’offensive japonaise contre Midway. C’est elle qui soutint l’essentiel de l’affrontement, cherchant à détruire les défenses américaines autour et dans l’atoll. L’isolement de celui-ci devant permettre le débarquement d’une force d’invasion aux ordres du Contre-amiral Nobutake KONDO. Plus en arrière, une quatrième flotte, commandée par l’Amiral Isoroku YAMAMOTO, devait aider à la destruction de la flotte américaine en cas de confrontation navale générale, notamment avec ses 3 cuirassés dont le plus grand du monde : le Yamato.

La première rencontre eut lieu le 3 juin, lorsque les Américains, ayant repéré la force de débarquement japonaise, l’attaquèrent. Ce fut un échec, qui montra cependant aux Japonais que l’effet de surprise était désormais nul. La véritable bataille ne commença que le lendemain lorsque de part et d’autre les porte-avions lâchèrent leurs groupes aériens contre leurs objectifs. Pour les Japonais, il fallait repérer les porte-avions américains et les couler tout en détruisant les défenses de Midway. Pour les Américains, il fallait trouver les porte-avions japonais et les couler afin de desserrer l’étau autour de l’atoll. Dans la matinée du 4 juin, une première vague d’assaut japonaise dévaste l’atoll, mais les appareils américains ont eu le temps de décoller, les uns pour défendre l’île, d’autres pour attaquer la flotte japonaise. Durant ce premier assaut – qui sera l’unique assaut sur Midway -, les appareils de reconnaissance japonais et américains cherchent à localiser les porte-avions adverses. Si les Américains marquent le premier point en repérant rapidement le groupe aéronaval japonais, leurs premières attaques sont catastrophiques. Plusieurs escadrilles sont anéanties avant même de pouvoir approcher les porte-avions japonais. Inexpérimentés pour beaucoup – notamment ceux des groupes aériens de l’USS Hornet -, équipés d’appareils lents et obsolètes face aux terribles Mitsubishi Zero, les pilotes américains vont d’emblée essuyer des pertes terribles, n’ayant que leur courage à opposer.

Mais leur sacrifice n’est pas inutile. Il épuise et fait perdre un temps précieux à la chasse japonaise, dont les appareils à court de carburant doivent apponter pour se ravitailler au moment où ceux de la première vague, de retour de leur raid de bombardement contre Midway, doivent eux aussi apponter et se ravitailler. C’est l’instant crucial de la bataille, où le système tactique japonais est à son point de tension maximum : les 4 porte-avions ayant lancé simultanément l’assaut contre Midway – tout en parant les premières contre-attaques aériennes américaines -, leurs groupes aériens doivent ravitailler au même moment laissant la flotte sans protection pendant de longues minutes. C’est précisément à ce moment qu’une nouvelle escadrille américaine de bombardiers en piqué surgit et attaque les porte-avions japonais dont les ponts sont encombrés d’avions prêts à redécoller. Le 4 juin 1942 à 10.25 du matin, l’Akagi, le Kaga et le Soryu sont touchés à mort. En moins de 5 minutes, les pilotes américains ont renversé le cours de la bataille, détruisant 3 des 4 porte-avions de l’Amiral NAGUMO. Le choc est terrible pour les marins japonais. Les incendies qui ravagent les 3 bâtiments sont visibles à des kilomètres à la ronde par toute la flotte. Le quatrième et dernier porte-avions japonais, le Hiryu, tente alors désespérément de faire la différence en lançant deux vagues de bombardiers et de torpilleurs contre le USS Yorktown repéré peu de temps auparavant. Le porte-avions américain est de nouveau atteint par 3 bombes aux alentours de midi, et 2 nouvelles torpilles le frappent encore vers 15.00, mais il flotte toujours, et commence à se replier.

À 17.00, alors que le Hiryu s’apprête à lancer une troisième vague pour achever le Yorktown, il est à son tour repéré et attaqué par des bombardiers américains qui ne lui laissent aucune chance. En flamme et désemparé, le dernier porte-avions de l’Amiral NAGUMO devait couler le lendemain. En une journée, le groupe aéronaval japonais a été anéanti. Après ces terribles pertes pour la Marine impériale, la bataille se prolongea encore durant quelques heures. Le sous-marin japonais I-168 repéra le USS Yorktown gravement endommagé, et le coula ainsi qu’un destroyer d’escorte, le USS Hammann. Ce fut la fin pour ce vétéran de la bataille de la Mer de Corail. Côté japonais, deux croiseurs lourds du Contre-amiral KONDO, naviguant à faible vitesse suite à une collision, furent également attaqués par les Américains. Le Mikuma fut coulé et le Mogami encore plus gravement endommagé.

Dès lors, ce qui entra dorénavant dans l’Histoire comme la bataille de Midway prenait fin. Les Américains se retirèrent rapidement du champ de bataille, refusant à l’Amiral YAMAMOTO l’occasion de poursuivre la lutte avec ses cuirassés et leurs terribles canons. Le score était, cependant, sans appel contrairement à la précédente bataille qui s’était déroulée aux portes de l’Australie en Mer de Corail. Pour 1 porte-avions perdu, l’US Navy en avait cette fois coulé 4. Mais le pire pour les Japonais résidait dorénavant dans l’immense difficulté de leur industrie à les remplacer au moment même où le Victory program commençait à produire ses premiers effets et que le temps jouait désormais en faveur des Américains.

En souvenir de cette grande bataille qui marque la fin de l’expansion japonaise dans le Pacifique, l’US Navy donna le nom de « Midway » à l’un de ses porte-avions. Le USS Midway CV 41, retiré du service actif en 1992, mouille actuellement dans la grande rade militaire de San Diego, face à la presqu’île de Coronado, où il a été transformé en musée flottant. Dans le pont inférieur sont exposés quelques uns des appareils de l’aéronavale américaine de la Deuxième Guerre mondiale. Sur le quai où se trouve amarré le bâtiment, un buste du vainqueur de la bataille de Midway, l’Amiral Raymond A. SPRUANCE, a été érigé ainsi que deux autres monuments, l’un à la gloire des porte-avions de l’US Navy et l’autre dédié aux hommes et femmes de l’US Navy ayant servi dans le Pacifique de 1941 à 1945.

 

Journal des débats politiques et littéraires 

1942/06/11 (Numéro 740). SOURCE GALLICA 
La bataille de Midway (juin 1942) export-35

cliquez sur ce lien pour visionner la vidéo

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

18 mars 2013

La bataille de la mer de Corail

Classé sous — milguerres @ 18 h 47 min

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

  La bataille de la mer de Corail corail10

 

 

 

 

Pour une meilleure lecture, article wikipedia, sous format word :    La bataille de la mer de Corail

La bataille de la mer de Corail est une bataille navale du théâtre Pacifique de la Seconde Guerre mondiale qui opposa du 4 au 8 mai 1942 la marine impériale japonaise et les forces alliées navales et aériennes des États-Unis et de l’Australie. Cet affrontement est la première bataille uniquement aéronavale de l’Histoire, dans laquelle les forces navales en présence s’affrontèrent par avions interposés sans jamais être à portée de canon.
Pour renforcer leur dispositif défensif dans le Pacifique Sud et isoler l’Australie, les Japonais avaient décidé d’envahir Port Moresby, au sud de la Nouvelle-Guinée, et Tulagi, au sud-est des îles Salomon. Les forces déployées par la marine du Japon pour cette opération, de nom de code MO, sous le commandement général de Shigeyoshi Inoue, comprenaient plusieurs éléments importants de la force aéronavale japonaise dont deux porte-avions et un porte-avions léger pour fournir une couverture aérienne aux flottes d’invasion. Les États-Unis, dont les services d’écoute avaient percé le plan ennemi, dépêchèrent deux groupes de porte-avions et une force de croiseurs américains et australiens, sous le commandement de l’amiral Frank J. Fletcher.

Les 3 et 4 mai, les forces japonaises envahirent et occupèrent Tulagi, même si plusieurs navires de guerre furent surpris et endommagés ou coulés par les appareils de l’USS Yorktown. Conscient de la présence des porte-avions américains dans la zone, le groupe aéronaval japonais entra dans la mer de Corail avec l’intention de les détruire.

Les attaques aériennes menées par les deux groupes aéronavals commencèrent le 7 mai et durèrent les deux jours suivants. Le premier jour, les Américains coulèrent le porte-avions léger Shoho, tandis que les Japonais détruisirent un destroyer et un pétrolier américain. Le lendemain, le porte-avions japonais Shokaku fut lourdement endommagé, tout comme l’USS Lexington (qui fut par la suite sabordé), et l’USS Yorktown (plus légèrement). Les pertes étaient également lourdes dans les escadrilles aériennes et les deux flottes se retirèrent de la zone de bataille. Désormais privé de sa couverture aérienne, Inoue reporta à plus tard l’invasion de Port Moresby.
Même si cette bataille fut une victoire tactique pour les Japonais en termes de navires coulés, elle représenta pour plusieurs raisons une victoire stratégique pour les Alliés. L’expansion japonaise, jusque-là irrésistible, fut pour la première fois stoppée. De plus, les porte-avions japonais Shokaku et Zuikaku, l’un endommagé et l’autre avec une escadrille réduite, ne purent participer à la bataille de Midway le mois suivant, alors que les Américains parvinrent à y engager l’USS Yorktown. La perte de quatre porte-avions à Midway empêcha les Japonais de tenter à nouveau une invasion maritime de Port Moresby. Deux mois plus tard, les Alliés profitèrent de la nouvelle faiblesse japonaise pour déclencher la bataille de Guadalcanal.

Expansion japonaise
Le 7 décembre 1941, le Japon lança une attaque aérienne pour anéantir la flotte du pacifique américaine basée à Pearl Harbor dans l’archipel d’Hawaï. La flotte cuirassée américaine fut largement détruite et les États-Unis déclarèrent la guerre au Japon. En déclenchant ce conflit, les dirigeants japonais espéraient neutraliser la puissance américaine pour avoir le temps de s’emparer des territoires riches en matières premières et préparer au mieux l’inévitable contre-attaque des Alliés. Simultanément à l’attaque de Pearl Harbor, les Japonais lancèrent une offensive contre la Malaisie britannique, entrainant la déclaration de guerre du Royaume-Uni, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, ainsi que des autres pays alliés. Selon les mots de l’« Ordre secret numéro un » de la marine impériale japonaise (MIJ) datée du 1er novembre 1941, les objectifs initiaux japonais dans la guerre à venir étaient « (d’expulser) la force britannique et américaine des Indes néerlandaises et des Philippines et d’établir une politique d’autosuffisance et une indépendance économique7 ».

corail11
Avancées japonaises dans le Pacifique Sud de décembre 1941 à avril 1942.

 

Durant les premiers mois de l’année 1942, la progression japonaise fut fulgurante. Les batailles des Philippines, de Thaïlande, de Singapour, de Wake, des Indes orientales néerlandaises, des îles Salomon, des îles Gilbert et de Guam furent des désastres militaires pour les Alliés qui subirent de lourdes pertes alors que celles japonaises furent relativement légères. Le Japon planifiait d’utiliser ces territoires conquis pour établir un périmètre défensif et mener une guerre d’attrition pour épuiser les Alliés et les contraindre à négocier8.
Peu après le début de la guerre, l’état-major de la marine japonaise recommanda une invasion du nord de l’Australie pour l’empêcher de menacer les positions défensives du Japon dans le Pacifique Sud. L’armée impériale japonaise (AIJ) rejeta cependant cette idée en avançant qu’elle n’avait pas les forces ou les capacités nécessaires à cette opération. Le vice-amiral Shigeyoshi Inoue, commandant de la 4e flotte (également appelée « Force des mers du Sud ») composée de la plupart des unités navales dans le Pacifique Sud, proposa l’occupation de Tulagi dans le sud-est des îles Salomon et de Port Moresby en Nouvelle-Guinée, qui mettrait le nord de l’Australie sous la menace des appareils japonais. Inoue considérait que la capture et le contrôle de ces zones augmenteraient la sécurité et la possibilité de défense en profondeur de la principale base japonaise à Rabaul en Nouvelle-Bretagne. La marine et l’armée acceptèrent la proposition d’Inoue et envisagèrent des opérations ultérieures à partir de ces bases comme la conquête de la Nouvelle-Calédonie, des Fidji et des Samoa qui couperaient les lignes de communication et de ravitaillement entre l’Australie et les États-Unis9,n 7.

En avril 1942, l’armée et la marine développèrent un plan intitulé opération MO prévoyant la capture de Port Moresby le 10 mai. Le plan incluait également la conquête de Tulagi les 2 et 3 mai où la marine établirait une base aéronavale pour de potentielles opérations contre les territoires alliés du Pacifique Sud. Après la réalisation de l’opération MO, la marine prévoyait de lancer l’opération RY qui utiliserait les mêmes navires pour s’emparer des mines de phosphate de Nauru et de Banaba le 15 mai. D’autres opérations contre les Fidji, les Samoa et la Nouvelle-Calédonie (opération FS) étaient prévues après la fin des opérations MO et RY. Du fait des attaques menées par les appareils basés à terre et sur les porte-avions contre les navires japonais lors de l’invasion de la région de Morobe en Nouvelle-Guinée en mars, Inoue demanda que la force aéronavale détache des porte-avions pour offrir une couverture aérienne à l’opération MO. Inoue s’inquiétait particulièrement de la présence des bombardiers alliés stationnés sur les bases aériennes de Townsville et de Cooktown en Australie qui étaient hors de portée de ses bombardiers situés à Rabaul et Lae11,n 8.

L’amiral Isoroku Yamamoto, commandant de la force aéronavale japonaise, planifiait une autre opération en juin pour attirer les porte-avions américains, dont aucun n’avait été endommagé lors de l’attaque de Pearl Harbor, dans un affrontement décisif avec sa propre flotte dans le Pacifique central près de l’atoll de Midway. En attendant, Yamamoto détacha quelques navires dont deux porte-avions, un porte-avions léger, une escadre de croiseurs et deux escadres de destroyers pour soutenir MO et confia à Inoue la responsabilité de la composante navale de l’opération14,n 9.
Réponse alliée
Les Japonais ignoraient cependant que l’US Navy et son Bureau des communications navales étaient parvenues à casser les codes secrets japonais. En mars 1942, les Américains étaient en mesure de déchiffrer 15 % des codes RO ou D qui étaient utilisés par la marine impériale japonaise pour crypter approximativement la moitié de ses communications. À la fin du mois d’avril, ils comprenaient jusqu’à 85 % des messages transmis avec le code RO16,n 10.
En mars 1942, les Américains notèrent pour la première fois la mention de l’opération MO dans des messages interceptés. Le 5 avril, ils interceptèrent un message de la marine japonaise dirigeant un porte-avions et plusieurs autres grands navires en direction de la zone d’opération d’Inoue. Le 13 avril, les Britanniques déchiffrèrent un message de la marine japonaise informant Inoue que la 5e division aéronavale, composée des porte-avions Shokaku et Zuikaku, était en route depuis Formose via la base de Truk. Les Britanniques transmirent le message aux Américains avec leur conclusion que Port Moresby était la cible probable de MO19.

L’amiral Chester Nimitz, le nouveau commandant des forces alliées du Pacifique, et son état-major discutèrent des messages déchiffrés et conclurent que les Japonais préparaient probablement une opération majeure dans le Pacifique Sud au début du mois de mai et que Port Moresby était leur objectif probable. Les Alliés considéraient Port Moresby comme une base importante en vue d’une contre-offensive planifiée par Douglas MacArthur contre les forces japonaises dans le sud-ouest du Pacifique. L’état-major de Nimitz conclut également que l’opération japonaise pourrait inclure des attaques aéronavales contre les bases alliées dans les Samoa et à Suva. Nimitz, après avoir consulté l’amiral Ernest King, le chef des opérations navales, décida de contrer l’opération japonaise. Le 27 avril, d’autres rapports des services de renseignement confirmèrent les détails et les cibles des opérations MO et RYn 11.
Le 29 avril, Nimitz ordonna à ses quatre porte-avions et à leurs escortes de se rendre dans la mer de Corail. La Task Force 17 (TF 17), commandée par le contre-amiral Fletcher et composée du porte-avions USS Yorktown, escorté par trois croiseurs et quatre destroyers et soutenu par un groupe de ravitaillement de deux pétroliers et de deux destroyers, se trouvait déjà dans le Pacifique Sud car elle avait quitté Tongatapu le 27 avril et se dirigeait vers la mer de Corail. La TF 11, commandée par le contre-amiral Aubrey Fitch et composée du porte-avions USS Lexington, escorté par deux croiseurs et cinq destroyers, se trouvait entre les Fidji et la Nouvelle-Calédonie. La TF 16, commandée par le contre-amiral William F. Halsey et composée des porte-avions USS Enterprise et USS Hornet, était juste retournée à Pearl Harbor après le raid de Doolittle dans le Pacifique central et ne pouvait donc pas rejoindre le Pacifique Sud à temps pour participer à la bataille. Nimitz plaça Fletcher au commandement des forces navales alliées dans la zone du Pacifique Sud jusqu’à l’arrivée de Halsey avec la TF 1625,n 12. Même si les opérations en mer de Corail étaient sous le commandement de MacArthur, Fletcher et Halsey continuèrent à rendre des comptes à Nimitz29.
En s’appuyant sur des messages radio interceptés émanant de la TF 16 alors qu’elle rentrait à Pearl Harbor, les Japonais supposèrent que tous les porte-avions américains sauf un se trouvaient dans le Pacifique central. Les Japonais ignoraient la position du dernier porte-avions mais n’envisagèrent pas une réponse aéronavale américaine contre MO jusqu’à ce que la bataille soit largement engagée30.

Bataille

Prélude
À la fin du mois d’avril, les sous-marins japonais RO-33 et RO-34 partirent en reconnaissance dans la zone où les débarquements étaient planifiés. Ils firent des repérages dans l’archipel des Louisiades et sur la route en direction de Port Moresby depuis l’est. Ils ne virent aucun navire allié dans la zone et retournèrent à Rabaul respectivement le 23 et le 24 avril31.
La force d’invasion japonaise de Port Moresby, commandée par le contre-amiral Koso Abe, était composée de 5 000 soldats de l’armée impériale japonaise répartis dans onze navires de transport. L’escorte du convoi était assurée par un croiseur léger et six destroyers sous le commandement du contre-amiral Sadamichi Kajioka. Les navires d’Abe quittèrent Rabaul le 4 mai pour une traversée de 1 560 km en direction de Port Moresby et ils furent rejoints par les unités de Kajioka le lendemain. La flotte progressant à la vitesse de 15 km/h devait passer par le détroit de Jomard à l’extrémité orientale de la Nouvelle-Guinée et arriver à Port Moresby le 10 mai32. La garnison alliée de Port Moresby comptait environ 5 300 soldats, mais seule la moitié étaient des fantassins et ils étaient mal équipés et peu entrainés33,n 13.

 

corail10
Carte de la bataille du 3 au 9 mai montrant les mouvements des principales forces impliquées34.

La force d’invasion de Tulagi était commandée par le contre-amiral Kiyohide Shima et était composée de deux mouilleurs de mines, deux destroyers, deux dragueurs de mines, deux navires ASM et un transport avec 400 soldats. L’attaque était soutenue par le porte-avions léger Shoho, quatre croiseurs lourds et un destroyer, sous le commandement du contre-amiral Aritomo Goto. Une seconde flotte de soutien, commandée par le contre-amiral Kuninori Marumo, composée de deux croiseurs légers, du transport d’hydravions Kamikawa Maru et de trois canonnières rejoignit la flotte de Goto. Une fois la conquête de Tulagi achevée le 3 ou le 4 mai, la flotte devait se repositionner pour couvrir l’invasion de Port Moresby35. Inoue dirigea l’opération MO depuis le croiseur Kashima avec lequel il était arrivé à Rabaul depuis Truk le 4 mai36.
La flotte de Goto quitta Truk le 28, passa par les îles Salomon entre Bougainville et Choiseul et se positionna près de l’île de Nouvelle-Géorgie. Le groupe de soutien de Marumo quitta l’île de Nouvelle-Irlande le 29 avril en direction d’une baie au sud de l’île Santa Isabel afin d’y établir une base d’hydravions. La force d’invasion de Shima quitta Rabaul le 30 avril37.
Le groupe aéronaval avec les porte-avions Zuikaku et Shokaku, deux croiseurs lourds et six destroyers, quitta Truk le 1er mai. Le commandant de la flotte, le vice-amiral Takeo Takagi, se trouvait sur le navire amiral, le croiseur Myoko, tandis que le contre-amiral Chuichi Hara se trouvait sur le Zuikaku d’où il commandait l’aviation embarquée. La flotte devait longer la façade orientale des îles Salomon et entrer dans la mer de Corail au sud de Guadalcanal. Une fois dans la zone, les porte-avions devaient fournir une couverture aérienne à la force d’invasion contre les appareils basés à Port Moresby et contre toute flotte alliée pénétrant dans la mer38.
Pour alerter la flotte de la présence éventuelle de navires alliés, les Japonais avaient envoyé les sous-marins I-22, I-24, I-28 et I-29 en reconnaissance à environ 830 km au sud-ouest de Guadalcanal. Les navires sous le commandement de Frank J. Fletcher étaient cependant entrés dans la mer de Corail avant le déploiement des sous-marins et les Japonais ignoraient donc leur présence. Le I-21, envoyé en reconnaissance à Nouméa, fut attaqué par des appareils de l’USS Yorktown le 2 mai. Le submersible ne fut pas touché mais son équipage ne sembla pas réaliser qu’il avait été attaqué par des appareils embarqués. Le RO-33 et le RO-34 furent également déployés pour bloquer Port Moresby et arrivèrent devant le port le 5 mai. Pourtant, aucun sous-marin ne participa à la bataille de la mer de Corail39,n 14.

Le matin du 1er mai, la TF 17 et la TF 11 se rejoignirent à environ 560 km au nord de la Nouvelle-Calédonie42. Fletcher fit immédiatement ravitailler la TF 11 et la TF 17 par respectivement les pétroliers USS Tippecanoe et USS Neosho. La TF 17 termina son ravitaillement le lendemain mais la TF 11 indiqua que le sien ne serait pas achevé avant le 4 mai. Fletcher choisit d’envoyer la TF 17 vers le nord-ouest en direction des Louisiades et il ordonna à la TF 11 de rallier la TF 44 en provenance de Sydney et de Nouméa une fois qu’elle aurait terminé son ravitaillement. La TF 44 était une force navale commandée par le contre-amiral australien John Crace et composée des croiseurs HMAS Australia, HMAS Hobart et USS Chicago ainsi que trois destroyers. Après la fin de sa mission de ravitaillement avec la TF 11, l’USS Tippecanoe quitta la mer de Corail pour fournir du carburant aux navires alliés basés à Éfaté43,n 15.
Tulagi

Le matin du 3 mai, la force de Shima arriva au large de Tulagi et commença à débarquer des troupes pour occuper l’île. Tulagi était sans défense car la petite garnison composée de commandos australiens et d’une unité de reconnaissance de la Royal Australian Air Force avait évacué juste avant l’arrivée de Shima. Les Japonais entreprirent immédiatement la construction d’un centre de communications et d’une base pour hydravions. Les appareils du Shoho couvrirent le débarquement jusque dans l’après-midi lorsque la flotte de Goto se rendit à Bougainville pour se ravitailler en préparation de l’attaque de Port Moresby45.
À 17 h le 3 mai, Frank J. Fletcher apprit que la flotte d’invasion de Tulagi avait été repérée la veille et qu’elle approchait du sud des îles Salomon. À l’insu de Fletcher, la TF 11 avait terminé son ravitaillement plus tôt que prévu et se trouvait à moins de 110 km à l’est de la TF 17 mais ne pouvait communiquer sa position car Fletcher avait ordonné un silence radio. Le 2 mai, la flotte de Shima fut repérée par un appareil américain basé en Australie46 ou par un coastwatcher des Salomon47. La TF 17 modifia son cap et se dirigea à 50 km/h en direction de Guadalcanal pour lancer dès le lendemain des frappes aériennes contre les forces japonaises à Tulagi48.
Le 4 mai, depuis une position située à 190 km au sud de Guadalcanal, 60 appareils de la TF 17 menèrent trois attaques successives contre les navires de Shima au large de Tulagi. Les avions de l’USS Yorktown surprirent les Japonais et coulèrent le destroyer Kikuzuki et trois des dragueurs de mines, endommagèrent quatre autres navires et détruisirent quatre hydravions soutenant le débarquement. Les Américains perdirent trois appareils mais tous les pilotes furent secourus. Après avoir récupéré ses avions dans la soirée du 4 mai, la TF 17 se retira vers le sud. Malgré les dégâts, les Japonais poursuivirent la construction de la base d’hydravions et commencèrent à mener des missions de reconnaissance depuis l’île à partir du 6 mai49.
Le groupe aéronaval de Takagi se ravitaillait à 650 km au nord de Tulagi lorsqu’il apprit l’attaque américaine du 4 mai. Takagi termina le ravitaillement, se dirigea vers le sud et envoya des appareils de reconnaissance dans l’est des Salomon. Comme les Américains ne se trouvaient pas dans la zone, ses appareils revinrent bredouilles50.
Recherches aériennes
À 8 h 16, le 5 mai, la TF 17 rejoignit la TF 11 et la TF 44 à 590 km au sud de Guadalcanal. À peu près au même moment, quatre chasseurs F4F Wildcat de l’USS Yorktown interceptèrent un Kawanishi Type 97 de reconnaissance basé dans les îles Shortland et l’abattirent à 20 km de la TF 11. Le pilote n’eut pas le temps de transmettre son rapport avant de s’écraser, mais constatant qu’il ne revenait pas à sa base, les Japonais supposèrent correctement qu’il avait été abattu par un appareil basé sur un porte-avions51.
Un message provenant de Pearl Harbor informa l’amiral Frank J. Fletcher que les renseignements avaient déduit que les Japonais planifiaient de débarquer leurs troupes à Port Moresby le 10 mai et que leurs porte-avions se trouveraient vraisemblablement à proximité du convoi d’invasion. Fletcher décida donc de ravitailler la TF 17 avec le ravitailleur Neosho et le 6 mai, il planifia de mener ses forces vers le nord en direction des Louisiades et de déclencher la bataille le 7 mai52.

 

uss_yo10
L’USS Yorktown réalise des exercices de décollage avant la bataille. Un pétrolier est visible à l’arrière-plan.

Dans le même temps, le groupe aéronaval de Takagi longea la côte est des îles Salomon durant le 5 mai et tourna au sud de l’île San Cristobal pour entrer dans la mer de Corail après être passé entre Guadalcanal et l’île Rennel à l’aube du 6 mai. Takagi commença à ravitailler ses navires à 330 km à l’ouest de Tulagi en préparation de la bataille de porte-avions qu’il prévoyait pour le lendemain53,n 16.
Le 6 mai, Fletcher incorpora la TF 11 et la TF 44 au sein de la TF 17. Croyant que les porte-avions japonais se trouvaient toujours bien au nord près de Bougainville, il poursuivit ses opérations de ravitaillement. Des patrouilles de reconnaissance menées à partir des porte-avions américains tout au long de la journée échouèrent à localiser tout navire japonais ; en effet, ces derniers se trouvaient juste au-delà de la zone de surveillance54,n 17.
À 10 h, un hydravion de reconnaissance Kawanishi en provenance de Tulagi repéra la TF 17 et son pilote en informa ses supérieurs. L’amiral Takeo Takagi reçut l’information à 10 h 50. À ce moment, sa force se trouvait à environ 560 km au nord de celle de Fletcher, juste à la limite de la portée de son aviation embarquée. Takagi, dont les navires continuaient à être ravitaillés, n’était pas prêt à engager le combat. Il conclut, en s’appuyant sur le rapport de reconnaissance, que la TF 17 se dirigeait vers le sud et augmentait l’écart entre les deux flottes. De plus, les navires de Fletcher se trouvaient sous une épaisse couverture nuageuse et Takagi et Hara jugèrent qu’il serait difficile pour les avions américains de localiser les porte-avions japonais. Takagi détacha ses deux porte-avions et deux destroyers sous le commandement de l’amiral Hara en direction de la TF 17 à environ 38 km/h afin d’être prêt à l’attaque aux premières lueurs du 7 mai tandis que le reste de ses navires termineraient leur ravitaillement56.
Des bombardiers B-17 américains basés en Australie57 attaquèrent à plusieurs reprises la flotte d’invasion de Port Moresby, dont les navires de l’amiral Aritomo Goto, mais sans résultats. Le quartier général de MacArthur informa l’amiral Fletcher des attaques et de la position de la flotte d’invasion japonaise. Le message de Douglas MacArthur indiquant que le porte-avions Shoho avait été repéré à environ 787 km au nord-ouest de la TF 17 convainquit Fletcher que des porte-avions accompagnaient la force d’invasion japonaise58.

 

csani11
Carte de la bataille du 6 au 8 mai. Si vous regardez cette image dans Commons, vous obtiendrez plus de détails, ainsi que des instructions pour voir une animation.

À 18 h, la TF 17 termina son ravitaillement et Fletcher détacha le Neosho avec un destroyer, l’USS Sims, pour qu’ils se positionnent plus au sud. La TF 17 se tourna ensuite vers le nord-ouest en direction de l’île Rossel dans les Louisiades. À 20 h, à l’insu des deux adversaires, les porte-avions américains et japonais n’étaient distants que de 130 km. À ce moment, l’amiral Chuichi Hara ordonna un changement de cap pour rejoindre les navires de l’amiral Takeo Takagi qui avaient terminé leur ravitaillement et se dirigeaient dans la direction de Hara59.
Dans la nuit du 6 au 7 mai, le Kamikawa Maru déploya une base pour hydravions au nord des Louisiades pour fournir un soutien aérien à l’invasion de Port Moresby. Le reste de la flotte de couverture du contre-amiral Kuninori Marumo se positionna près des îles d’Entrecasteaux pour aider à la défense du convoi du contre-amiral Koso Abe en approche60.

7 mai
Frappes matinales

À 6 h 25 le 7 mai, la TF 17 se trouvait à 213 km au sud de l’île Rossel. À ce moment, l’amiral Frank J. Fletcher envoya la flotte de croiseurs et de destroyers du vice-amiral John Crace, renommée TF 17,3, pour bloquer le détroit de Jomard. L’amiral Fletcher savait que la flotte de Crace opérerait sans couverture aérienne car les appareils des porte-avions seraient occupés par l’attaque des navires japonais. Le détachement de cette flotte réduisait également la protection antiaérienne de ses porte-avions, mais Fletcher décida que le risque en valait la peine pour éviter que les Japonais ne profitent de l’affrontement pour débarquer à Port Moresby61,n 18.
Pensant que le groupe aéronaval de Takagi se trouvait quelque part au nord de sa position, autour des Louisiades, l’amiral Fletcher demanda à l’USS Yorktown d’envoyer 10 bombardiers en piqué SBD pour reconnaître la zone à partir de 6 h 19. Dans le même temps, l’amiral japonais Takagi, situé à environ 560 km à l’est de la position de Fletcher, lança 12 torpilleurs Nakajima B5N à 6 h pour essayer de localiser la flotte américaine. L’amiral Hara considérait que les navires de l’amiral américain Fletcher se trouvaient au sud et il conseilla à l’amiral Takagi d’envoyer des appareils dans la zone. Les croiseurs Kinugasa et Furutaka lancèrent quatre hydravions pour explorer le sud-est des Louisiades. D’autres avions furent envoyés de Tulagi, de Rabaul et des Louisiades. Dans le même temps, les deux flottes préparaient leurs appareils pour qu’ils soient prêts à attaquer une fois que la flotte adverse aurait été localisée63,n 19.

À 7 h 22, l’un des appareils du Shokaku rapporta qu’il avait repéré des appareils américains à 302 km de la flotte de Takagi. Un autre appareil confirma rapidement que le groupe était composé d’« un porte-avions, d’un croiseur et de trois destroyers65 ». En réalité, l’avion de reconnaissance avait repéré mais mal identifié l’USS Neosho et l’USS Sims. Croyant qu’il avait localisé les porte-avions américains, l’amiral Hara, avec le soutien de Takagi, lança tous ses appareils disponibles. 78 avions dont 18 chasseurs Zero, 36 bombardiers en piqué D3A et 24 bombardiers-torpilleurs décollèrent du Shokaku et du Zuikaku à 8 h et se rendirent vers la cible désignée à 8 h 1566.
À 8 h 20, l’un des appareils du Furutaka repéra les porte-avions et en informa immédiatement le quartier général d’Inoue à Rabaul qui transmit le message à Takagi. L’observation fut confirmée par un hydravion du Kinugasa à 8 h 30. Les amiraux Takagi et Hara, troublés par les deux messages opposés qu’ils reçurent, décidèrent de poursuivre l’attaque des navires au sud mais s’orientèrent vers le nord-ouest pour se rapprocher des navires repérés par l’hydravion du Furutaka67. Ils avaient considéré que les rapports différents signifiaient que les porte-avions américains opéraient en deux groupes séparés68.
À 8 h 15, un bombardier en piqué SBD de l’USS Yorktown repéra la flotte de soutien de l’invasion de l’amiral Goto. Le pilote se trompa dans le message codé et signala la présence de « deux porte-avions et quatre croiseurs lourds » à 417 km au nord-ouest de la TF 1769. L’amiral américain Fletcher conclut que la principale force aéronavale japonaise avait été repérée et il lança tous ses appareils disponibles contre elle. À 10 h 13, l’escadrille de 93 avions composée de 18 F4F Wildcat, 53 bombardiers en piqué SBD et 22 TBD Devastator était en route. À 10 h 12, l’amiral Fletcher reçut un autre rapport envoyé par un groupe de trois B-1770 indiquant la présence d’un porte-avions, de dix transports et de seize navires de guerre à 56 km au sud de la position repérée par le pilote du SBD. Les deux pilotes avaient en réalité vu la même chose : le Shoho, les croiseurs de l’amiral Goto et la force d’invasion de Port Moresby. Croyant que l’observation des B-17 était la principale flotte aéronavale japonaise, l’amiral Fletcher orienta ses appareils en direction de cette cible71.

 

coral_10
Bombardiers en piqué japonais Aichi D3A Type 99 se dirigeant vers la position présumée des porte-avions américains le 7 mai.

coral_11
L’USS Neosho est en feu et coule lentement à la suite de l’attaque japonaise.

 

À 9 h 15, les appareils de Takagi arrivèrent sur la zone désignée, repérèrent l’USS Neosho et l’USS Sims et cherchèrent en vain les porte-avions américains. C’est seulement à 10 h 51 que les équipages du Shokaku réalisèrent leur erreur et la confusion entre le pétrolier et le destroyer avec des porte-avions. Takagi réalisa alors que les porte-avions américains se trouvaient entre lui et le convoi d’invasion, ce qui plaçait ce dernier en très grand danger. Il ordonna à ses appareils d’attaquer immédiatement l’USS Neosho et l’USS Sims et de rentrer le plus vite possible sur les porte-avions. À 11 h 15, les bombardiers-torpilleurs et les chasseurs abandonnèrent leur mission et retournèrent vers les porte-avions avec leurs munitions tandis que les 36 bombardiers en piqué attaquèrent les deux navires américains72,n 20.
Quatre bombardiers en piqué attaquèrent l’USS Sims et le reste plongea sur l’USS Neosho. Le destroyer fut coupé en deux par trois bombes et coula immédiatement. Il n’y eut que 14 survivants sur les 192 membres d’équipage. L’USS Neosho fut touché par sept bombes et l’un des bombardiers, endommagé par la DCA, s’écrasa sur le pétrolier. Gravement endommagé et privé d’énergie, le navire sombra lentement mais il eut le temps d’informer l’amiral Fletcher de l’attaque même s’il donna une mauvaise position74.

Les appareils américains repérèrent le Shoho au nord-est de l’île Misima à 10 h 40 et se déployèrent pour l’attaque. Le porte-avions japonais était protégé par six Zeros et deux A5M tandis que le reste des avions étaient préparés dans les ponts inférieurs. Les croiseurs de Goto étaient disposés en carré autour du porte-avions à une distance d’environ 2 700 à 4 600 m75,n 21.
Le premier groupe d’attaque, venant de l’USS Lexington, toucha le Shoho avec deux bombes de 450 kg et cinq torpilles qui causèrent de lourds dégâts. À 11 h, le groupe de l’USS Yorktown attaqua le porte-avions en feu et presque immobile avec 11 autres bombes de 450 kg et au moins deux torpilles. Complètement démoli, le Shoho sombra à 11 h 35. Craignant d’autres attaques, l’amiral Goto retira ses navires de guerre vers le nord mais il envoya le destroyer Sazanami pour secourir les survivants à 14 h. Seul 203 des 834 marins du navire furent retrouvés. Trois avions américains furent abattus. Les 18 appareils du Shoho furent perdus mais trois pilotes de la patrouille de défense du navire parvinrent à amerrir dans les Louisiades et survécurent77.

Opérations de l’après-midi
Les appareils américains se posèrent sur leurs porte-avions à partir de 13 h 38 et, à 14 h 20, les avions étaient prêts à repartir pour intercepter la flotte d’invasion de Port Moresby ou le groupe des croiseurs de Goto. L’amiral Fletcher s’inquiétait cependant de la position des autres porte-avions japonais. Il avait été informé que les services de renseignements alliés pensaient que l’opération MO pouvait être couverte par quatre porte-avions. il en conclut que lorsque ses appareils de reconnaissance repéreraient le groupe aéronaval japonais, il serait difficile de mener une attaque avant la tombée de la nuit. Il annula donc l’assaut et décida de rester dissimulé dans le temps couvert avec des chasseurs prêts à décoller en cas de besoin. La TF 17 mit le cap au sud-est78,n 22.
Ayant appris la destruction du Shoho, l’amiral Inoue ordonna au convoi d’invasion de se retirer temporairement au nord et ordonna à l’amiral Takagi, à ce moment à 417 km à l’est de la TF 17, de détruire les porte-avions américains. Alors que la flotte d’invasion se retirait, elle fut attaquée par huit bombardiers B-17 de l’US Air Force mais ces derniers ne causèrent aucun dégât. L’amiral Goto et le contre-amiral Kajioka reçurent l’ordre de disposer leurs navires au sud de l’île Rossel dans l’éventualité d’un combat nocturne si les navires américains passaient à proximité80.
À 12 h 40, un hydravion japonais repéra la force du vice-amiral australien Crace à 144 km des Louisiades orientée à 175°. À 13 h 15, un appareil de Rabaul repéra aussi la flotte de Crace mais le pilote se trompa en rapportant que la force comprenait deux porte-avions et se trouvait à 213 km des Louisiades suivant un cap au 205°. S’appuyant sur ces rapports, l’amiral Takagi, qui attendait toujours le retour des appareils partis attaquer l’USS Neosho, orienta ses porte-avions vers l’ouest à 13 h 30 et indiqua à Inoue à 15 h que les porte-avions américains se trouvaient à au moins 800 km à l’ouest de sa position et qu’il ne pourrait pas les attaquer avant la nuit81.

L’état-major d’Inoue dirigea deux groupes d’attaque de Rabaul, déjà en vol depuis le matin, en direction de la flotte de Crace. Le premier groupe comprenait 12 bombardiers-torpilleurs G4M et le second était composé de 19 appareils G3M d’attaque au sol équipés de bombes. Les deux escadrons attaquèrent les navires de Crace à 14 h 30 et rapportèrent avoir coulé un « cuirassé de classe Tennessee », tout comme avoir endommagé un autre cuirassé et un croiseur. En réalité, les navires de Crace n’avaient pas été touchés et ils avaient abattus quatre G4M. Peu de temps après, trois B-17 américains bombardèrent par erreur le groupe de Crace mais sans causer de dommages82.
À 15 h 26, Crace indiqua à Fletcher qu’il ne pourrait pas réaliser sa mission sans soutien aérien. Crace se retira vers le sud à environ 410 km au sud-est de Port Moresby pour s’éloigner de la menace des appareils japonais tout en restant suffisamment proche pour intercepter toute force navale japonaise. Les navires de Crace manquaient de carburant mais comme Fletcher maintenait le silence radio, Crace n’avait aucune idée de sa position, de son cap ou de ses intentions83.
Peu après 15 h, le Zuikaku reçut le message d’un hydravion rapportant, incorrectement, que la flotte de Crace avait changé de cap en direction du sud-est. L’amiral japonais Takagi supposa que l’appareil suivait discrètement les porte-avions de Fletcher et détermina que si les navires alliés continuaient sur leur cap, ils arriveraient à portée de l’aviation embarquée même si les appareils devraient rentrer de nuit84. Afin de confirmer la position des porte-avions américains, Hara envoya un escadron de huit bombardiers-torpilleurs à 15 h 15 pour reconnaitre une zone à 370 km à l’ouest. Après être arrivés sur place, ils cherchèrent sans succès les navires américains et revinrent sur leurs porte-avions. À 16 h 15, Hara envoya 27 bombardiers des deux porte-avions en direction de l’ouest85.
À 17 h 47, la TF 17 opérait sous une épaisse couverture nuageuse à 370 km à l’ouest de la position de Takagi quand elle détecta l’escadron japonais volant dans sa direction. Fletcher mit le cap au sud et envoya 11 F4F Wildcat pour les intercepter. La formation japonaise fut prise par surprise et neuf appareils furent détruits tandis que trois avions américains furent abattus86.
Ayant subi de lourdes pertes, les officiers de l’escadron japonais annulèrent la mission. Ils larguèrent leurs bombes et retournèrent à leurs porte-avions. Le Soleil s’étant couché à 18 h 30, plusieurs bombardiers japonais approchèrent les porte-avions américains dans l’obscurité et certains se préparèrent même à se poser avant d’être repoussés par les tirs des destroyers. À 20 h, les flottes américaines et japonaises étaient distantes de 190 km. Takagi alluma les lumières de ses navires pour guider les 18 appareils survivants et tous furent récupérés à 22 h87.
À 15 h 18 et 17 h 18, l’USS Neosho informa la TF 17 qu’il dérivait vers le nord-ouest et qu’il était en train de couler. Le rapport de l’USS Neosho de 17 h 18 mentionnait de mauvaises coordonnées et cela gêna les opérations de secours. De manière plus significative, Fletcher apprit que son ravitaillement en pétrole le plus proche était perdu88,n 23.
Les opérations aériennes s’arrêtèrent à la tombée de la nuit. L’Américain Fletcher ordonna à la TF 17 de se diriger vers l’ouest pour être prêt à lancer son aviation dès l’aube. L’Australien Crace s’orienta également vers l’ouest pour rester à distance de combat des Louisiades. Le Japonais Inoue demanda à Takagi de détruire les porte-avions américains et il repoussa les débarquements de Port Moresby au 12 mai. Takagi choisit de mener ses porte-avions vers le nord durant la nuit pour offrir une meilleure protection au convoi d’invasion et pour concentrer ses recherches à l’ouest et au sud. Les Japonais Goto et Kajioka furent incapables de positionner et de coordonner leurs navires pour mener une attaque nocturne90.
Les deux camps espéraient trouver la flotte adverse tôt le lendemain et passèrent la nuit à se préparer pour la bataille anticipée. En 1972, le vice-amiral américain H. S. Duckworth, après avoir lu les documents japonais sur la bataille, commenta : « Sans aucun doute, le 7 mai 1942, la mer de Corail fut la zone de combat la plus confuse de l’histoire du monde91,n 24. » Hara déclara ultérieurement au chef d’état-major de Yamamoto, l’amiral Matome Ugaki, qu’il était si contrarié par la « malchance » que les Japonais avaient connue le 7 mai, qu’il pensa quitter la marine94.

8 mai
Attaque des porte-avions japonais

À 6 h 15 le 8 mai, depuis une position à 190 km à l’est de l’île Rossel, l’amiral japonais Hara lança sept bombardiers-torpilleurs pour explorer une zone à 460 km au sud de sa position. Trois appareils de Tulagi et un quatrième de Rabaul participèrent également à la reconnaissance. À 7 h, le groupe aéronaval tourna vers le sud-ouest et fut rejoint par deux des croiseurs de l’amiral Goto, le Kinugasa et le Furutaka, pour fournir un rideau défensif supplémentaire. Le convoi d’invasion dirigé par Goto et les navires du contre-amiral Kajioka, se mirent en route en direction d’un point de rendez-vous à 74 km à l’est de l’île Woodlark pour attendre l’issue de la bataille. Durant la nuit, le front chaud et la couverture nuageuse qui avait dissimulé les porte-avions américains le 7 mai se déplaça vers le nord et couvrait maintenant la flotte japonaise, ce qui limitait la visibilité à une distance de 3,7 à 23 km95.

À 6 h 35, la TF 17 opérant sous le contrôle tactique de l’amiral Aubrey Fitch était positionnée à 330 km au sud des Louisiades. Elle lança 18 SBD pour mener une reconnaissance à 360° autour du navire jusqu’à une distance de 370 km. Le ciel au-dessus des navires américains était clair et la visibilité de 31 km96.
À 8 h 20, un SBD de l’USS Lexington repéra les porte-avions japonais à travers un trou dans les nuages et il avertit la TF 17. Deux minutes plus tard, un appareil du Shokaku repéra la TF 17 et en informa Hara. Les deux flottes étaient distantes d’environ 390 km et se dépêchèrent de lancer leur force de frappe97.
À 9 h 15, les porte-avions japonais lancèrent un groupe conjoint de 18 chasseurs, 33 bombardiers en piqué et 18 bombardiers-torpilleurs commandé par le lieutenant-commandeur Kakuichi Takahashi. Les Américains lancèrent deux groupes séparés. L’escadron de l’USS Yorktown était composé de 6 chasseurs, de 24 bombardiers en piqué et de 9 bombardiers-torpilleurs et commença sa progression à 9 h 15. Le groupe de l’USS Lexington comprenait 9 chasseurs, 15 bombardiers en piqué et 12 bombardiers-torpilleurs et se mit en route à 9 h 25. Les deux groupes aéronavals ennemis mirent le cap l’un sur l’autre pour réduire la distance de retour de leurs appareils98.
Les bombardiers en piqué de l’USS Yorktown arrivèrent au niveau de la flotte japonaise à 10 h 32 et attendirent l’arrivée des bombardiers-torpilleurs plus lents pour mener une attaque simultanée. À ce moment, le Shokaku et le Zuikaku étaient distants de 9 100 m l’un de l’autre et ce dernier était caché par un rideau de pluie. Les deux porte-avions étaient protégés par 16 chasseurs Zero. Les bombardiers en piqué de l’USS Yorktown commencèrent leur attaque du Shokaku à 10 h 57. Le navire vira fortement sur tribord mais fut touché par deux bombes de 450 kg qui éventrèrent le gaillard d’avant et causèrent de gros dégâts au pont et aux hangars. Aucun des bombardiers-torpilleurs de l’USS Yorktown ne parvint à toucher le navire japonais. Deux bombardiers en piqué américains et deux Zeros furent abattus durant le combat99.

Les appareils de l’USS Lexington arrivèrent à 11 h 30. Deux bombardiers en piqué attaquèrent le Shokaku et le touchèrent avec une bombe de 450 kg. Deux autres bombardiers plongèrent sur le Zuikaku mais leurs bombes tombèrent à côté. Les autres bombardiers en piqué de l’USS Lexington ne parvinrent pas à trouver les navires japonais dans l’épaisse couverture nuageuse. Aucune des torpilles des bombardiers-torpilleurs ne trouva sa cible. Les 13 Zeros en patrouille abattirent trois F4F Wildcat mais ils avancèrent avoir détruit 24 avions américains100.
Avec son pont d’envol lourdement endommagé et 223 membres d’équipage tués ou blessés, le Shokaku ne pouvait plus mener d’opérations aériennes. Son capitaine, Takatsugu Jōjima, demanda la permission de se retirer de la bataille et Takagi accepta. À 12 h 10, le Shokaku, accompagné de deux destroyers, se retira vers le nord-est101.
Attaque des porte-avions américains[modifier]
À 10 h 55, le radar CXAM de l’USS Lexington détecta les appareils japonais en approche à 128 km et neuf F4F Wildcat furent envoyés pour les intercepter. S’attendant à trouver les bombardiers-torpilleurs à basse altitude, six F4F Wildcat étaient positionnés trop bas et ils furent survolés par les appareils japonais102,n 25. Du fait des lourdes pertes subies la nuit précédente, les Japonais ne purent compléter une attaque à la torpille contre les deux porte-avions. Le lieutenant-commandeur Shigekazu Shimazaki, à la tête de l’escadron des bombardiers-torpilleurs, en envoya 14 contre l’USS Lexington et 4 contre l’USS Yorktown. Un Wildcat en abattit un et huit SBD en patrouille de l’USS Yorktown détruisirent trois autres bombardiers-torpilleurs. Quatre SBD furent détruits par les Zeros accompagnant l’attaque japonaise103.

lexing10
L’USS Yorktown (au premier plan) et l’USS Lexington se préparent à lancer leurs appareils le matin du 8 mai sous un ciel clément.

L’attaque japonaise commença à 11 h 13 alors que les porte-avions, distants de 2 700 m l’un de l’autre, et leurs navires d’escorte ouvrirent le feu avec leur artillerie antiaérienne. Les quatre bombardiers-torpilleurs lancés contre l’USS Yorktown ratèrent tous leur cible. Les autres appareils menèrent une attaque en pince contre l’USS Lexington qui avait un rayon de braquage plus grand que l’USS Yorktown et, à 11 h 20, le porte-avions fut touché par deux torpilles. La première toucha les réservoirs de carburant et les vapeurs de mazout commencèrent à se répandre dans les compartiments voisins. La seconde détruisit la principale canalisation d’eau à bâbord qui commença à inonder les trois chaudières avant du navire qui furent arrêtées. Le porte-avions pouvait néanmoins continuer de naviguer à la vitesse de 44 km/h. Quatre bombardiers-torpilleurs furent abattus par la DCA104,n 26.
Les 33 bombardiers en piqué japonais réalisèrent des cercles autour des navires pour attaquer contre le vent et ne commencèrent leur plongeon, depuis une altitude de 4 300 m, que trois minutes après le début de l’attaque des bombardiers-torpilleurs. Les 19 bombardiers du Shokaku ciblaient l’USS Lexington tandis que les 14 autres visaient l’USS Yorktown. Deux bombes touchèrent l’USS Lexington et provoquèrent des incendies qui furent maitrisés vers 12 h 33. À 11 h 27, le centre du pont d’envol de l’USS Yorktown fut touché par une bombe de 250 kg antiblindage qui traversa quatre ponts avant d’exploser, causant de graves dégâts structurels au hangar et tuant 66 hommes. Jusqu’à 12 bombes ratèrent l’USS Yorktown mais tombèrent suffisamment près pour l’endommager sous la ligne de flottaison107.
Au moment où les appareils japonais terminaient leurs attaques et commençaient à se replier, pensant avoir infligé des dégâts irréparables aux deux porte-avions, ils s’exposèrent au feu des F4F Wildcat et des SBD de patrouille. Dans les duels aériens qui suivirent, les Américains perdirent trois SBD et trois Wildcat tandis que trois bombardiers-torpilleurs, un bombardier en piqué et un Zero furent abattus. À partir de 12 h, les escadrons américains et japonais commencèrent à rentrer vers leurs navires respectifs. Lors des retours, des appareils se croisèrent et de nouveaux affrontements eurent lieu dans lesquels le lieutenant-commandeur Kakuichi Takahashi fut tué108.

Fin de la bataille
Les escadrons d’attaques, comptant de nombreux appareils endommagés, retournèrent à leurs porte-avions respectifs et se posèrent entre 12 h 50 et 14 h 30. Malgré les dégâts subis, l’USS Yorktown et l’USS Lexington furent tous les deux capables de récupérer leurs avions. 46 appareils sur 69 revinrent dans le camp japonais et se posèrent sur le Zuikaku. Parmi ceux-ci, trois Zeros, quatre bombardiers en piqué et cinq bombardiers-torpilleurs, jugés trop endommagés, furent immédiatement jetés à la mer109.
Au retour de son aviation, l’amiral américain Frank J. Fletcher évalua la situation. Les aviateurs l’informèrent qu’ils avaient lourdement endommagé un porte-avions mais qu’un autre s’était échappé indemne. L’amiral s’inquiétait du fait que ses deux porte-avions étaient en mauvais état et que ses escadrons avaient subi de lourdes pertes. De plus, le ravitaillement en pétrole était problématique depuis la perte de l’USS Neosho. À 14 h 22, l’amiral Aubrey Fitch informa Fletcher qu’on lui rapportait que deux porte-avions japonais n’étaient pas endommagés et que cela était corroboré par des messages radio interceptés. Croyant qu’il se trouvait face à une force japonaise supérieure en nombre, Fletcher décida de se retirer de la bataille. Il envoya la position approximative des porte-avions japonais à Douglas MacArthur et lui suggéra de les attaquer avec des bombardiers basés à terre110,n 27.
Vers 14 h 30, l’amiral japonais Chūichi Hara informa Takeo Takagi que seulement 24 Zeros, 8 bombardiers en piqué et 4 bombardiers-torpilleurs étaient à ce moment opérationnels. Takagi s’inquiétait de son autonomie car les niveaux de carburant de ses croiseurs n’étaient plus que de 50 % et certains de ses destroyers n’en étaient plus qu’à 20 %. À 15 h, Takagi informa l’amiral Shigeyoshi Inoue que ses appareils avaient coulé deux porte-avions américains, l’USS Yorktown et un autre de la « classe Lexington », mais que du fait de ses lourdes pertes, il ne serait pas en mesure de couvrir le débarquement de Port Moresby. Inoue, dont l’appareil de reconnaissance avait repéré les navires du contre-amiral australien John Crace dans la matinée, rappela le convoi d’invasion, repoussa l’opération MO au 3 juillet et ordonna à ses forces de se rassembler au Nord-Est des îles Salomon pour commencer l’opération RY. Le Zuikaku et son escorte mirent le cap vers Rabaul tandis que le Shokaku se dirigeait vers le Japon112.

À bord de l’USS Lexington, les équipes de pompiers étaient parvenues à éteindre les incendies et à rendre le navire de nouveau opérationnel. Cependant, à 12 h 47, des étincelles produites par un moteur électrique enflammèrent les vapeurs de carburant près du poste de commandement. L’explosion qui en résulta tua 25 marins et déclencha un énorme incendie. Vers 14 h 42, une seconde et puissante explosion créa un second foyer d’incendie. Une troisième explosion eut lieu à 15 h 25 et l’équipage rapporta à 15 h 38 que les incendies étaient incontrôlables. L’équipage commença à abandonner l’USS Lexington à 17 h 7. À 19 h 15, après que les survivants eurent été secourus, dont l’amiral Fitch et le capitaine Frederick C. Sherman, le destroyer USS Phelps tira cinq torpilles dans le navire en feu qui coula à 19 h 52. 260 hommes sur les 2 951 membres d’équipage étaient morts. L’USS Phelps et les autres navires de soutien quittèrent immédiatement la zone pour rejoindre l’USS Yorktown et son escorte qui avaient mis le cap au sud-ouest à 16 h 1. Dans la soirée, MacArthur informa Fletcher que huit de ses B-17 avaient attaqué le convoi d’invasion et qu’il se retirait vers le Nord-Ouest113.
Le soir du 8 mai, Crace envoya le HMAS Hobart, dont le niveau de carburant était dangereusement bas, et le destroyer USS Walke, qui connaissait des ennuis avec sa propulsion, à Townsville en Australie. Il reçut des rapports radio indiquant que le convoi d’invasion japonais avait fait demi-tour, mais comme il ne savait pas que Fletcher s’était retiré, il resta en patrouille avec le reste de la TF 17,3 dans la mer de Corail dans le cas où les Japonais reprendraient leur progression vers Port Moresby114.

 

Conséquences

Le 9 mai, la TF 17 changea de cap et sortit de la mer de Corail par un passage au sud de la Nouvelle-Calédonie. l’amiral Chester Nimitz ordonna à Fletcher de renvoyer l’USS Yorktown à Pearl Harbor aussi vite que possible après l’avoir ravitaillé à Tongatapu. Comme il n’avait aucune nouvelle de Fletcher, l’Australien Crace en déduisit que la TF 17 avait quitté la zone. À 1 h le 10 mai, n’ayant pas non plus reçu de rapports indiquant que la flotte d’invasion japonaise progressait vers Port Moresby, Crace mit le cap sur l’Australie et il arriva dans les îles Whitsunday à 240 km au nord de Townsville le 11 mai115.
À 22 h le 8 mai, l’amiral Isoroku Yamamoto ordonna à Inoue de faire demi-tour, de détruire les navires alliés et de mener à bien l’invasion de Port Moresby. Inoue n’annula pas l’ordre de repli du convoi d’invasion mais renvoya les amiraux Takagi et Goto à la poursuite des derniers navires de guerre alliés dans la mer de Corail. N’ayant presque plus de carburant, les navires de Takagi passèrent la plus grande partie du 9 mai à se ravitailler auprès du pétrolier Toho Maru. Dans la nuit du 9 au 10 mai, Takagi et Goto mirent le cap au sud-est puis au sud-ouest de la mer de Corail. Les hydravions basés dans les Louisiades assistèrent Takagi dans sa recherche de la TF 17. Les navires sous les ordres de Fletcher et Crace étaient cependant déjà loin de la zone de recherche. À 13 h le 10 mai, Takagi conclut que les navires ennemis étaient partis et fit demi-tour en direction de Rabaul. Yamamoto accepta la décision de Takagi et il ordonna au Zuikaku de revenir au Japon pour recevoir les nouveaux appareils. Au même moment, le Kamikawa Maru quitta les Louisiades116. Le 11 mai vers midi, un hydravion de l’US Navy en patrouille depuis Nouméa repéra l’USS Neosho à la dérive. Le lendemain, l’USS Henley récupéra 109 survivants de l’USS Neosho et 14 de l’USS Sims, puis saborda le pétrolier avec plusieurs torpilles117.

L’opération RY commença le 10 mai. Après que le navire amiral japonais, le mouilleur de mines Okinoshima, eut été coulé par le sous-marin américain S-42 le 12 mai, les débarquements furent repoussés au 17 mai. Dans le même temps, la TF 16 de Halsey arriva dans le Pacifique Sud près d’Éfaté et mit le cap au nord le 13 mai pour s’opposer aux attaques japonaises contre Nauru et Banaba. Le 14 mai, l’amiral Chester Nimitz, ayant reçu des renseignements sur l’opération prévue des porte-avions japonais contre Midway, ordonna à Halsey de s’assurer que les avions de reconnaissance japonais repèrent ses navires le lendemain, après quoi il devrait retourner immédiatement à Pearl Harbor. À 10 h 15 le 15 mai, un appareil de reconnaissance basé à Tulagi repéra la TF 16 à 824 km à l’est des Salomon. La feinte de Halsey fonctionna. Craignant une attaque aéronavale contre sa force d’invasion peu défendue, Inoue annula immédiatement l’opération RY et renvoya ses navires à Rabaul et Truk. Le 19 mai, la TF 16, qui s’était ravitaillée à Éfaté, mit le cap sur Pearl Harbor où elle arriva le 26 mai. L’USS Yorktown atteignit Pearl Harbor le lendemain118,n 28.

Le Shokaku arriva à Kure au Japon le 17 mai après avoir failli chavirer dans une tempête lors du voyage de retour du fait des dégâts subis pendant la bataille. Le Zuikaku arriva également à Kure le 21 mai après s’être brièvement arrêté dans les îles Truk le 15 mai. En exploitant les rapports de l’espionnage radio, les Américains placèrent huit sous-marins sur la route de retour probable des porte-avions japonais mais aucun des submersibles ne fut en mesure d’attaquer. Le quartier général de la marine japonaise estima qu’il faudrait entre deux et trois mois pour réparer le Shokaku et reconstituer l’aviation embarquée. Les deux porte-avions seraient donc indisponibles pour l’opération prévue de Yamamoto contre Midway. Les deux navires rejoignirent le groupe aéronaval japonais le 14 juillet et jouèrent un rôle décisif dans les futurs affrontements contre les forces aéronavales américaines. Les cinq sous-marins japonais de la classe I soutenant l’opération MO furent redéployés pour soutenir une attaque dans la baie de Sydney trois semaines après dans le cadre d’une campagne pour désorganiser les lignes de ravitaillement alliées. Le I-28 fut cependant torpillé par le sous-marin américain USS Tautog alors qu’il rentrait à Truk121,n 29.

Signification
Un nouveau type de combat naval
La bataille de la mer de Corail fut le premier engagement naval de l’histoire dans lequel les flottes participantes ne se sont jamais aperçues et n’ont jamais directement ouvert le feu l’une sur l’autre. L’aviation remplaça le rôle joué par l’artillerie navale dans les affrontements précédents. Par conséquent, les deux commandants participèrent à un nouveau type d’affrontement, porte-avions contre porte-avions, et comme ils n’en avaient aucune expérience, ils commirent des erreurs. H. P. Willmot écrivit que les commandants durent « composer avec des communications difficiles dans une situation où le champ de bataille s’étendait bien au-delà que d’habitude et dans laquelle les vitesses avaient augmenté encore plus rapidement, ce qui réduisait le temps disponible pour les prises de décision123 ». Du fait du temps réduit pour prendre des décisions, les Japonais étaient désavantagés car l’amiral Shigeyoshi Inoue, se trouvant à Rabaul, était trop loin pour diriger efficacement ses forces navales en temps réel tandis que l’amiral Frank J. Fletcher était sur place avec ses porte-avions. Les amiraux japonais impliqués furent souvent trop lents à communiquer des informations importantes entre eux124.

Les équipages des porte-avions japonais se comportèrent mieux que ceux des navires américains et obtinrent de meilleurs résultats avec un nombre équivalent d’appareils. L’attaque japonaise contre les porte-avions américains le 8 mai fut mieux coordonnée que l’attaque américaine contre les porte-avions japonais. Les Japonais perdirent néanmoins plus d’aviateurs, 90 contre 35 pour les Américains. Le système de formation des aviateurs japonais ne fut jamais capable de remplacer les aviateurs expérimentés morts au combat. Au début de la guerre, le Japon disposait d’un groupe d’excellents pilotes japonais mais ce dernier fut progressivement décimé à partir de la bataille de la mer de Corail. Les nouvelles recrues inexpérimentées furent incapables de se mesurer aux aviateurs américains ayant reçu une longue formation et cela réduisit considérablement l’efficacité de l’aviation japonaise125.
Les Américains tirèrent des leçons de leurs erreurs et firent des améliorations concernant leurs tactiques aéronavales et leurs équipements. De nouvelles tactiques de combat aérien, une meilleure coordination, des appareils plus performants et le renforcement de l’artillerie antiaérienne débouchèrent sur des résultats plus positifs dans les affrontements ultérieurs. Le radar donna un léger avantage aux Américains dans cette bataille mais il joua un rôle encore plus décisif dans les batailles suivantes lorsque des améliorations technologiques augmentèrent son efficacité et que les Alliés apprirent à mieux l’utiliser. Après la perte de l’USS Lexington, les Américains mirent en place de meilleures méthodes de stockage du carburant et améliorèrent les procédures de lutte contre les incendies126. La coordination entre l’aviation alliée basée à terre et l’US Navy fut mauvaise durant la bataille mais s’améliora également par la suite127.

Les porte-avions japonais et américains s’affrontèrent à nouveau lors des batailles de Midway, des Salomon orientales et des îles Santa Cruz en 1942 puis dans la mer des Philippines en 1944128.

Implications tactiques et stratégiques
La propagande de chaque camp tenta de faire de la bataille de la mer de Corail une victoire. En termes de navires perdus, le Japon remporta une victoire tactique en coulant un porte-avions américain, un pétrolier et un destroyer, soit un tonnage total de 42 497 t, alors qu’il n’avait perdu qu’un porte-avions léger, un destroyer et plusieurs navires plus petits, soit 19 000 t. L’USS Lexington représentait, à ce moment, 25 % de la puissance aéronavale américaine dans le Pacifique129,n 30. Le public japonais fut informé de la victoire avec une surestimation des pertes américaines et une sous-estimation des pertes japonaises130.
Sur le plan stratégique, la bataille fut néanmoins une victoire alliée car l’invasion maritime de Port Moresby fut évitée, réduisant la menace contre les lignes de ravitaillement entre les États-Unis et l’Australie. Malgré le retrait de l’USS Yorktown de la mer de Corail, les Japonais furent obligés d’abandonner l’opération qui avait été la raison de la bataille de la mer de Corail131.
C’est d’autre part la première fois dans la guerre du Pacifique qu’une flotte d’invasion japonaise était repoussée sans avoir réussi à atteindre son objectif, ce qui contribua à gonfler le moral des troupes alliées après six mois de défaites contre les Japonais. Port Moresby était vital dans la stratégie américaine et sa garnison aurait certainement été battue par les troupes japonaises. La marine américaine exagéra également les dégâts qu’elle avait infligés aux Japonais132 et la presse traita les rapports de la bataille de Midway avec plus de précaution133.
Les résultats de la bataille eurent un impact important sur la planification stratégique des deux camps. Sans un point d’appui en Nouvelle-Guinée, l’avancée alliée ultérieure aurait été encore plus difficile qu’elle ne l’a été134. Pour les Japonais, la bataille fut considérée comme un simple revers temporaire. Elle sembla confirmer la piètre opinion que les Japonais avaient des capacités combattantes américaines et soutint la croyance que les futures opérations aéronavales contre les États-Unis seraient nécessairement couronnées de succès135.

Midway
L’une des conséquences les plus importantes de la bataille de la mer de Corail fut l’indisponibilité des porte-avions Shokaku et Zuikaku pour la confrontation décisive contre les Américains planifiée par Yamamoto à Midway ; le Shoho aurait été employé dans un rôle tactique pour soutenir les forces d’invasion japonaises. Les Japonais pensaient avoir coulé deux porte-avions dans la mer de Corail mais il en restait encore deux autres, l’USS Enterprise et l’USS Hornet, pour défendre Midway. Grâce à l’aviation basée à terre à Midway, les Américains disposaient d’un plus grand nombre d’appareils et cela signifiait que les Japonais ne disposeraient pas d’une supériorité numérique en terme d’avions pour la bataille à venir. En réalité, les Américains alignèrent trois porte-avions face à ceux de Yamamoto car l’USS Yorktown resta opérationnel malgré les dégâts reçus dans la mer de Corail et l’US Navy fut capable de le réparer suffisamment entre le 27 et le 30 mai pour qu’il puisse participer à la bataille. À Midway, les appareils de l’USS Yorktown jouèrent un rôle décisif en coulant deux porte-avions japonais. Il reçut également de nombreuses contre-attaques japonaises qui autrement auraient été dirigées contre les deux autres porte-avions américains136.

Par contraste avec les efforts acharnés mis en œuvre par les Américains pour déployer toutes leurs forces disponibles à Midway, les Japonais n’ont apparemment pas essayé d’inclure le Zuikaku dans l’opération. Rien n’a semble-t-il été fait pour combiner les escadrons survivants du Shokaku avec ceux du Zuikaku pour permettre à ce dernier de participer à la bataille. Le Shokaku était incapable de mener d’autres opérations du fait de son pont d’envol très endommagé et il eut besoin de près de trois mois de réparations au Japon pour redevenir opérationnel137.
Les historiens H. P. Willmott, Jonathan Parshall et Anthony Tully considèrent que l’amiral Isoroku Yamamoto a commis une grave erreur stratégique dans sa décision de soutenir l’opération MO avec des navires capitaux. Comme Yamamoto avait planifié une bataille décisive contre les Américains à Midway, il n’aurait pas dû se séparer de ses porte-avions pour une opération secondaire comme MO. Par conséquent, les forces navales japonaises furent affaiblies à la fois dans la mer de Corail et à Midway, ce qui permit aux Américains de les défaire en plusieurs fois. Wilmott ajoute que si une opération était assez importante pour nécessiter l’emploi de porte-avions, alors tous les porte-avions japonais auraient dû être déployés pour garantir la victoire. En associant des pièces essentielles à l’opération MO, Yamamoto fit que l’attaque décisive de Midway dépendait du succès de l’opération secondaire138.
De plus, Yamamoto sembla avoir manqué de noter les autres implications de la bataille de la mer de Corail : l’apparition inattendue des porte-avions américains à l’endroit et au moment exact pour s’opposer aux Japonais et la capacité de l’aéronavale américaine à causer des dommages significatifs aux porte-avions japonais. Ces deux événements se répétèrent à Midway et le Japon perdit quatre porte-avions, le cœur de ses forces navales offensives, et perdit donc l’initiative dans la guerre du Pacifique. Du fait de la puissance économique américaine, une fois que le Japon avait perdu sa supériorité en nombre de porte-avions, il ne fut jamais capable de la récupérer. Parshall et Tully ajoutent, « la bataille de la mer de Corail avait apporté les premiers indices que les Japonais avaient atteint leur apogée, mais c’est la bataille de Midway qui mit cela en évidence pour tout le monde139 ».

Situation dans le Pacifique Sud
Les forces australiennes et américaines furent initialement déçues par le résultat de la bataille de la mer de Corail, craignant que l’opération MO ne soit le prélude à une invasion de l’Australie et que le revers japonais ne soit que temporaire. Dans une réunion organisée à la fin du mois de mai, le conseil de guerre australien décrivit l’issue de la bataille comme « plutôt décevante » étant donné que les Alliés avaient été au courant des intentions japonaises. Le général Douglas MacArthur donna son évaluation de la bataille au premier ministre australien John Curtin en avançant que « tous les éléments qui avaient produit les désastres dans le Pacifique occidental depuis le début de la guerre » étaient toujours présents car les forces japonaises pouvaient frapper où elles voulaient si elles étaient soutenues par la marine impériale japonaise140.

bn_awm10
Troupes australiennes défendant Port Moresby le long de la Kokoda Track en 1942.

Après la perte de quatre porte-avions à Midway, les Japonais furent cependant incapables de mener une autre invasion de Port Moresby depuis la mer et tentèrent de l’atteindre depuis la terre. À partir du 21 juillet, les troupes japonaises commencèrent à progresser en direction de Port Moresby le long de la Kokoda Track à travers la chaîne Owen Stanley. Les Alliés avaient néanmoins renforcé la Nouvelle-Guinée avec de nouvelles unités principalement australiennes. L’avancée japonaise rendue difficile par le relief et le climat extrême fut stoppée en septembre 1942 et les Alliés repoussèrent une tentative ennemie pour s’emparer d’une base aérienne dans la baie de Milne141.

Dans le même temps, les Alliés cherchèrent à exploiter les victoires de la mer de Corail et de Midway en reprenant l’initiative stratégique. Ils choisirent Tulagi et l’île voisine de Guadalcanal comme cible de leur première offensive. L’échec japonais à Port Moresby et leur défaite à Midway laissa Tulagi sans protection efficace. L’île se trouvait à quatre heures de vol de Rabaul, la grande base japonaise la plus proche142.

Le 7 août 1942, 11 000 soldats américains débarquèrent à Guadalcanal et 3 000 autres à Tulagi et dans les îles voisines143. Les forces japonaises à Tulagi et sur les îles alentour furent submergées et combattirent presque jusqu’au dernier homme tandis que les Américains à Guadalcanal capturèrent l’aérodrome de Henderson Field en cours de construction par les Japonais144. Les campagnes de Guadalcanal et des îles Salomon qui suivirent se transformèrent en une dure guerre d’attrition entre les Japonais et les Alliés. Avec la campagne de Nouvelle-Guinée, ces opérations neutralisèrent les défenses japonaises dans le Pacifique Sud et causèrent des dommages irréparables à l’appareil militaire japonais, en particulier à sa marine, et contribuèrent significativement à la victoire des Alliés sur le Japon145.

Notes

  1. ↑ Aviation embarquée le matin du 7 mai1 :
    • USS Lexington
      • 35 bombardiers en piqué Douglas SBD Dauntless,
      • 12 bombardier-torpilleurs Douglas TBD Devastator,
      • 19 chasseurs Grumman F4F Wildcat
    • USS Yorktown
      • 35 SBD,
      • 10 TBD,
      • 17 F4F-3.
  2. ↑ Il y avait également plusieurs navires plus petits dont2 :
    • 5 dragueurs de mines,
    • 2 mouilleurs de mines,
    • 2 navires ASM et
    • 3 canonnières.

    Aviation embarquée le matin du 7 mai2 :

    • Shokaku
      • 21 bombardiers en piqué Aichi D3A,
      • 19 bombardier-torpilleurs Nakajima B5N,
      • 18 chasseurs A6M2 Zero
    • Zuikaku
      • 21 D3A,
      • 22 B5N,
      • 20 Zeros
    • Shoho
      • 6 D3A,
      • 4 chasseurs Mitsubishi A5M,
      • 8 Zeros.

    Cressman 2000, p. 93 avance que le Shoho transportait 13 chasseurs sans spécifier leur modèle. Les nombres de Lundstrom 2005 sont utilisés dans cet article.

  3. ↑ L’USS Yorktown perdit 16 appareils et l’USS Lexington, 51. Les appareils détruits comprenaient 33 SBD, 13 TBD et 21 F4F. Un hydravion Consolidated PBY Catalina de reconnaissance de la Royal Australian Air Force (RAAF) fut perdu le 4 mai et un autre le 6 mai (Gillison). Un B-17 du 40eescadron de reconnaissance à cours de carburant s’écrasa le 7 mai. Cette perte n’est pas comptée dans la liste des appareils perdus3.
    • Pilotes tués :
      • USS Yorktown : 14,
      • USS Lexington : 21.
    • Marins tués :
      • USS Lexington : 216,
      • USS Yorktown : 40,
      • USS Sims : 178,
      • USS Neosho : 175
      • USS Chicago : 2.

    Les deux hydravions de la RAAF totalisaient dix membres d’équipage4.

  4. ↑ Répartition des appareils détruits :
    • 19 Zeros,
    • 19 D3A et
    • 31 B5N.

    Millot indique la perte de deux hydravions Kawanishi H6K de patrouille, cinq bombardiers Mitsubishi G4M, trois hydravions plus petits et 87 appareils embarqués5.

  5. ↑ Répartition des morts : 90 pilotes ; 631 marins du Shoho et 108 du Shokaku. La flotte d’invasion de Tulagi perdit 87 hommes6.
  6. ↑ Le Senshi Sōsho ne mentionne pas le rôle d’Inoue dans la décision d’envahir Port Moresby et indique uniquement qu’il s’agissait d’un accord entre la marine et l’armée en janvier 194210.
  7. ↑ L’armée impériale japonaise (AIJ) et la marine impériale japonaise (MIJ) acceptèrent d’attendre l’occupation de Midway et des Aléoutiennes pour entreprendre des attaques contre les Fidji et les Samoa12. Le Senshi Sōsho avance que les soldats de l’armée de terre devaient capturer l’île deSamarai pour sécuriser l’entrée dans la mer de Corail13.
  8. ↑ Le porte-avions Kaga devait initialement participer à l’opération MO mais il fut remplacé par les deux autres porte-avions, car Inoue avançait qu’un porte-avions n’était pas suffisant15.
  9. ↑ Pour des raisons inconnues, la MIJ repoussa le changement prévu du cryptage RO du 1er avril au 27 mai 194217. Les Américains réalisaient le décryptage des communications japonaises à Washington, à Pearl Harbor et à Melbourne avec les Australiens18.
  10. ↑ La station d’interception radio britannique se trouvait à Colombo sur l’île de Ceylan20. Les Américains crurent à tort (en partie du fait d’une erreur de translittération du genre de son nom) que Shoho était un nouveau porte-avions encore inconnu, le Ryūkaku, avec 84 appareils21. Un soldat japonais fait prisonnier lors de la bataille de Midway indiqua aux Américains la lecture correcte du kanji du porte-avions qui fut identifié comme un porte-avions léger22. Les Japonais n’avaient apparemment pas développé de noms de code pour plusieurs îles des Louisiades et transmettaient donc le nom des îles en katakana sans les crypter, ce qui facilita la tache des casseurs de code américains23. Selon Parker 1994, p. 22-23, le général Douglas MacArthur refusa de croire les rapports des services de renseignement concernant l’opération MO et n’accepta l’idée que les Japonais allaient envahir Port Moresby que lorsqu’il survola les navires japonais approchant des Louisiades et de la Nouvelle-Guinée durant la première semaine du mois de mai24.
  11. ↑ L’USS Lexington était rentré à Pearl Harbor le 26 mars 1942 après avoir opéré avec l’USSYorktown dans la mer de Corail et repartit le 15 avril pour livrer 14 chasseurs Brewster F2A Buffalo et leurs pilotes à l’atoll Palmyra. Après la livraison le 18 avril, la TF 11 recut l’ordre de se rendre dans les Fidji puis en Nouvelle-Calédonie pour rejoindre la TF 1726. Halsey devait prendre le commandement des trois forces opérationnelles une fois que la TF 16 serait arrivée dans la mer de Corail27. La TF 17 comprenait l’USS Yorktown, les croiseurs USS Astoria, USS Chester etUSS Portland, les destroyers USS Hammann, USS Anderson, USS Perkins, USS Morris,USS Russell et USS Sims ainsi que les pétroliers USS Neosho et USS Tippecanoe. Le capitaine de l’USS Yorktown était Elliott Buckmaster. La TF 11 comprenait les croiseurs USS Minneapolis etUSS New Orleans et les destroyers USS Phelps, USS Dewey, USS Aylwin et USS Monaghan28. La TF 16 quitta Pearl Harbor le 30 avril20.
  12. ↑ McCarthy 1959 ne donne pas de chiffres exacts mais indique que 1 000 hommes, dont un bataillon d’infanterie, se trouvaient à Port Moresby en décembre 1941 et que deux autres bataillons arrivèrent le mois suivant. Willmott 1983 avance que 4 250 soldats furent déployés dans la ville le 3 janvier 1942 portant les effectifs de la garnison à trois bataillons infanterie, un d’artillerie et un de lutte anti-aérienne.
  13. ↑ Fletcher détacha les destroyers USS Anderson et USS Sims pour localiser les sous-marins. Les deux navires revinrent le lendemain (3 mai) sans les avoir repérés40. Le I-27 et le I-21 menèrent des missions de reconnaissance au large de Nouméa lors de l’opération MO41.
  14. ↑ Les deux pétroliers transportaient un total de 24 300 m3 de pétrole tandis que les TF 11 et 17 en consommaient 1 810 m3 par jour à leur vitesse de croisière de 28 km/h44.
  15. ↑ Goto ravitailla ses croiseurs avec le pétrolier Iro près des îles Shortland le 5 mai. Comme Takagi passa dans les Salomon durant la nuit, les hydravions américains basés à Nouméa ne le repérèrent pas20. Le pétrolier de Takagi était le Toho Maru20.
  16. ↑ Le groupe de Fitch était appelé la TF 17,5 et comprenait quatre destroyers et les porte-avions ; le groupe de Grace fut renommé TF 17,3 et le reste des croiseurs et des destroyers (USSMinneapolis, USS New Orleans, USS Astoria, USS Chester, USS Portland et cinq destroyers du premier escadron de destroyers) fut placé sous le commandement du contre-amiral Thomas C. Kinkaid au sein de la TF 17,255.
  17. ↑ À ce moment, la TF 17,3 était composée des croiseurs USS Chicago, HMAS Australia et HMASHobart, ainsi que des destroyers USS Walke, USS Perkins et USS Farragut62.
  18. ↑ À ce moment, la TF 17 avait 128 avions opérationnels et l’amiral japonais Takagi en disposait de 11164. L’amiral Shigeyoshi Inoue ordonna aux quatre sous-marins de se déployer plus au sud pour intercepter tout navire rentrant en Australie après la fin de la bataille64.
  19. Avion à même le sable dont la partie centrale est détruite
magnify-clip

Épave d’un appareil du Shokaku s’étant écrasé sur les Récifs indispensables le 7 mai et photographiée le 9 juin 1942.

Les deux appareils de reconnaissance duShokaku qui étaient restés sur place pour essayer de localiser les navires américains n’avaient plus assez de carburant pour rentrer et ils amerrirent sur les Récifs indispensables(voir photographie à droite). Les deux équipages furent secourus par un destroyer japonais le 7 mai, peut-être l’Ariake73.

  • Schéma de navire localisant six impacts de torpilles et treize impacts de bombes

 

magnify-clip

Schéma des impacts de bombes et de torpilles sur le Shoho.

Le Senshi Sōsho, le document historique officiel du ministère de la Guerre japonais, indique que les croiseurs se trouvaient à cette distance pour alerter le porte-avions de l’approche d’appareils ennemis et non pour offrir un soutien de DCA76. À ce moment de la guerre, la doctrine de défense des porte-avions japonais reposait sur la manœuvre et la protection de l’aviation et non sur la concentration des canons antiaériens des navires d’escorte20.

  • ↑ Les renseignements américains de Pearl Harbor considéraient que les porte-avions Kagaet Kasuga Maru (Taiho) pourraient être impliqués dans l’opération MO79.
  • ↑ L’USS Tippecanoe avait été envoyé à Éfatépour distribuer son pétrole à des navires d’un convoi de ravitaillement. Un autre pétrolier, l’USSE. J. Henry, était dans les Fidji et donc à plusieurs jours de la zone des combats89.
  • ↑ Fletcher envisagea de lancer une attaque aérienne nocturne ou d’envoyer ses croiseurs et ses destroyers contre les navires de Takagi, mais il décida de préserver ses forces pour la bataille du lendemain92. Durant la nuit, trois bombardiers-torpilleurs japonais cherchèrent la flotte de Crace mais ne parvinrent pas à la localiser93.
  • ↑ Cinq des F4F Wildcat venaient de l’USSLexington et quatre de l’USS Yorktown. Ils se trouvaient à une altitude comprise entre 760 et2 400 m alors que les avions japonais se trouvaient entre 3 000 et 4 000 m.
  • ↑ La couverture de l’USS Yorktown était assurée par les croiseurs USS Astoria, USS Portland etChester et les destroyers USS Russell, USS Hammann et USS Aylwin. La protection de l’USSLexington était réalisée pa les croiseurs USS Minneapolis et USS New Orleans et les destroyersUSS Dewey, USS Morris, USS Anderson et USS Phelps. Certains participants pensaient que l’USSLexington avait été touché par jusqu’à cinq torpilles105. Deux bombardiers-torpilleurs ciblèrent l’USSMinneapolis mais le ratèrent106.
  • ↑ Fletcher avait initialement proposé de renvoyer l’USS Lexington au port pour qu’il soit réparé et de transférer ses appareils sur l’USS Yorktown et continuer le combat, mais le message de 14 h 22le fit changer d’avis. Plusieurs appareils américains avaient apparemment repéré le Zuikaku à deux reprises sans réaliser qu’il s’agissait du même navire111.
  • ↑ La force d’invasion de l’opération RY comprenait un croiseur léger, un mouilleur de mines, deux destroyers et deux transports20. Les croiseurs et les destroyers de Takagi fournirent une certaine couverture au nord. Banaba et Nauru furent par la suite occupés sans opposition les 25 et 26 août par les Japonais qui y restèrent jusqu’à la fin de la guerre62. L’USS Yorktown se ravitailla auprès ducroiseur auxiliaire HMAS Kanimbla le 18 mai119. Les premiers rapports des services de renseignement concernant l’imminente opération de Yamamoto indiquaient une attaque contreOahu, mais vers le 17 mai, Midway devint la cible probable des Japonais120.
  • ↑ Le Shokaku faillit chavirer car il naviguait à vitesse maximale lors de son retour au Japon pour éviter les attaques des sous-marins américains, mais cette grande vitesse fit entrer de l’eau dans la proue endommagée. Quatre sous-marins, l’USS Gar, l’USS Greenling, l’USS Tautog et l’USS Grampus furent stationnés au large de Truk et quatre de plus, l’USS Drum, l’USS Grenadier, l’USS Triton et l’USS Pollack entre Truk et le Japon. L’USS Triton repéra un porte-avions, qu’il supposait être le Shokaku, à 6 100 m mais fut incapable de se rapprocher et d’ouvrir le feu122. Tully avance que le Shokaku fut rejoint par les destroyers KuroshioOyashio et Hayashio le 12 mai dans la mer des Philippines et le Ushio et le Yugure furent déployés pour escorter le Zuikaku à partir de Truk.
  • ↑ Les Japonais pensaient néanmoins qu’ils avaient coulé le sister-ship de l’USS Lexington, l’USSSaratoga.

 

Références

  1. ↑ Lundstrom 2005, p. 190
  2. ↑ a et b Lundstrom 2005, p. 188 ; Millot 1974, p. 154
  3. ↑ Willmott 1983, p. 286 ; Crave 1947, p. 449 ; Gillison 1962,p. 518-519 ; Salecker 2001, p. 181
  4. ↑ Phillips ; ONI 1943, p. 25-45
  5. ↑ Lundstrom 2004, p. 92 ; Willmott 1983, p. 286 ; Millot 1974,p. 160
  6. ↑ Peattie 1999, p. 174-175 ; Gill 1968, p. 44 ; Tully, « IJN Shoho » et « IJN Shokaku »
  7. ↑ Parker 1994, p. 3 ; Millot 1974, p. 12-13
  8. ↑ Willmott 2002, p. 435 ; Willmott 2002, p. 3-8 ; Millot 1974,p. 12-13 ; Henry 2003, p. 14 ; Morison 1949, p. 6
  9. ↑ United States Army Center of Military History (USACMH) (vol. II), p. 127 ; Parker 1994, p. 5 ; Frank 1990, p. 21-22 ;Willmott 1983, p. 52-53 ; Willmott 2002, p. 10-13 ; Hayashi 1959, p. 42-43 ; Dull 1978, p. 122-125 ; Millot 1974, p. 24-27 ;D’Albas 1965, p. 92-93 ; Henry 2003, p. 14-15 ; Morison 1949,p. 10 ; Parshall 2005, p. 27-29
  10. ↑ Bullard 2007, p. 49
  11. ↑ Gill 1968, p. 39 ; Hoyt 2003, p. 8-9 ; Willmott 1983, p. 84 ;Willmott 2002, p. 12-13, 16-17 ; Hayashi 1959, p. 42-43, 50-51 ; Dull 1978, p. 122-125 ; Millot 1974, p. 27-31 ; Lundstrom 2006, p. 138 ; Bullard 2007, p. 50 ; Parshall 2005, p. 27-29, 31-32
  12. ↑ Hayashi 1959, p. 50
  13. ↑ Bullard 2007, p. 56
  14. ↑ Jersey 2008, p. 57 ; Willmott 2002, p. 16-17 ; Dull 1978,p. 122-124 ; Lundstrom 2006, p. 121-122 ; D’Albas 1965,p. 94 ; Morison 1949, p. 11 ; Parshall 2005, p. 57-59
  15. ↑ Lundstrom et Parshall
  16. ↑ Parker 1994, p. 20-22 ; Willmott 2002, p. 21-22 ; Parshall 2005, p. 60
  17. ↑ Willmott 2002, p. 21-22 ; Lundstrom 2006, p. 119
  18. ↑ Prados 1995, p. 300-303
  19. ↑ Prados 1995, p. 301
  20. ↑ a, b, c, d, e et f Lundstrom[Lequel ?]
  21. ↑ Holmes 1979, p. 70
  22. ↑ Lundstrom et Morison 1949, p. 11
  23. ↑ Holmes 1979, p. 65
  24. ↑ Parker 1994, p. 24 ; Prados 1995, p. 302-303 ; Hoyt 2003,p. 7 ; Willmott 2002, p. 22-25 ; Lundstrom 2005, p. 167 ;Cressman 2000, p. 83 ; Millot 1974, p. 31-32 ; Lundstrom 2006,p. 121-122, 125, 128-129 ; Henry 2003, p. 14-15 ; Holmes 1979, p. 69-72 ; Morison 1949, p. 11-13 ; Parshall 2005, p. 60-61 ; Crave 1947, p. 447
  25. ↑ Lundstrom 2005, p. 135-153, 163-167 ; Willmott 2002, p. 25-26 ; Hoyt 2003, p. 15-19 ; Cressman 2000, p. 83-84 ; Millot 1974, p. 32-34 ; Lundstrom 2006, p. 126-127 ; Henry 2003,p. 15
  26. ↑ Lundstrom 2005, p. 135, 163-166
  27. ↑ Lundstrom 2005, p. 167
  28. ↑ Willmott 1983, p. 189
  29. ↑ Willmott 1983, p. 185-186
  30. ↑ Willmott 2002, p. 25-26 ; Lundstrom 2006, p. 139 ; Spector 1985, p. 157
  31. ↑ Hashimoto 1954, p. 54
  32. ↑ Bullard 2007, p. 65 ; Hoyt 2003, p. 8 ; Dull 1978, p. 124-125 ;D’Albas 1965, p. 110 ; Gill 1968, p. 42 ; Jersey 2008, p. 58 ;Hayashi 1959, p. 50-51 ; Lundstrom 2006, p. 138 ; Cressman 2000, p. 93 ; D’Albas 1965, p. 94 ; Bullard 2007, p. 147 ;Rottman 2005, p. 84
  33. ↑ McCarthy 1959, p. 82, 112 ; Willmott 1983, p. 143
  34. ↑ USACMH (vol. 1), p. 48
  35. ↑ Jersey 2008, p. 58-60 ; Dull 1978, p. 124
  36. ↑ Millot 1974, p. 37 ; Lundstrom 2006, p. 147
  37. ↑ Hoyt 2003, p. 7 ; Dull 1978, p. 124-125 ; Willmott 2002, p. 38 ;Lundstrom 2005, p. 188 ; Lundstrom 2006, p. 143
  38. ↑ Tully, « IJN Shokaku » ; Gill 1968, p. 40-41 ; Dull 1978, p. 124-125 ; Millot 1974, p. 31, 150 ; Lundstrom 2006, p. 138, 145 ;D’Albas 1965, p. 94 ; Gillison 1962, p. 526 ; Willmott 1983,p. 210-211
  39. ↑ Gill 1968, p. 40 ; Willmott 2002, p. 39 ; Cressman 2000, p. 84-86 ; Lundstrom 2006, p. 139, 144 ; Hashimoto 1954, p. 54 ;Morison 1949, p. 22
  40. ↑ Lundstrom 2006, p. 144
  41. ↑ Hackett, « IJN Submarine I-28 »
  42. ↑ Morison 1949, p. 20
  43. ↑ Office of Naval Intelligence (ONL), p. 3 ; Lundstrom 2005,p. 167, Cressman 2000, p. 84 ; Woolridge 1993, p. 37 ; Millot 1974, p. 41-43 ; Pelvin ; Dull 1978, p. 126 ; Lundstrom 2006,p. 141-144
  44. ↑ Lundstrom 2006, p. 135
  45. ↑ Jersey 2008, p. 60 ; Willmott 2002, p. 38 ; Lundstrom 2006,p. 144-145 ; D’Albas 1965, p. 95-96 ; Hata 1975, p. 58
  46. ↑ Cressman 2000, p. 84
  47. ↑ Morison 1949, p. 24
  48. ↑ Lundstrom 2005, p. 168 ; Dull 1978, p. 126-127 ; Jersey 2008, p. 62 ; Cressman 2000, p. 86 ; Gill 1968, p. 43 ; Hoyt 2003, p. 20 ; Parker 1994, p. 27 ; Millot 1974, p. 43-45 ;Lundstrom 2006, p. 144-146
  49. ↑ Lundstrom 2006, p. 146-149 ; Brown 1990, p. 62 ; Hoyt 2003, p. 21-31 ; Lundstrom 2005, p. 168-178 ; Jersey 2008,p. 63 ; Cressman 2000, p. 87-94 ; Millot 1974, p. 45-51 ; Dull 1978, p. 127-128 ; Morison 1949, p. 25-28 ; Nevitt, « IJN Kikuzuki » ; Hackett, « IJN Seaplane Tender Kiyokawa Maru »
  50. ↑ Lundstrom 2006, p. 147 ; D’Albas 1965, p. 96
  51. ↑ Lundstrom 2005, p. 178-179 ; Willmott 2002, p. 40-41 ; Hoyt 2003, p. 33 ; Cressman 2000, p. 93-94 ; Woolridge 1993,p. 37 ; Millot 1974, p. 51-52 ; Dull 1978, p. 128 ; Lundstrom 2006, p. 150 ; D’Albas 1965, p. 96 ; Morison 1949, p. 28-29
  52. ↑ Willmott 2002, p. 40-41 ; Lundstrom 2005, p. 178-179 ; Hoyt 2003, p. 34 ; Cressman 2000, p. 94-95 ; Hoehling 1971, p. 39 ;Millot 1974, p. 52-53 ; Lundstrom 2006, p. 150-153
  53. ↑ Willmott 2002, p. 41-42 ; Hoyt 2003, p. 33-34 ; Lundstrom 2006, p. 139 ; Dull 1978, p. 127-128 ; Lundstrom 2005, p. 181,Cressman 2000, p. 93 ; Millot 1974, p. 51-53 ; Lundstrom 2006,p. 147, 152-153 ; D’Albas 1965, p. 96 ; Morison 1949, p. 29
  54. ↑ Lundstrom 2005, p. 179-181 ; Hoyt 2003, p. 37 ; Cressman 2000, p. 84, 94-95 ; Millot 1974, p. 54-55 ; Lundstrom 2006,p. 155 ; Morison 1949, p. 29-31
  55. ↑ Lundstrom 2006, p. 137
  56. ↑ Lundstrom 2005, p. 181-182 ; Hoyt 2003, p. 35 ; Dull 1978,p. 130 ; Lundstrom 2006, p. 155-156
  57. ↑ Article du Chicago Sun Times, 18 (?) juin 1942, Chicagoan B-17 pilot, William B. Campbell : Reported out of Melbourne, Australia (Ce serait plutôt William Haddock Campbell, un pilote de B-17 de l’United States Army Air Forces)
  58. ↑ Salecker 2001, p. 179 ; Hoyt 2003, p. 35 ; Millot 1974, p. 55 ;Dull 1978, p. 130 ; Lundstrom 2006, p. 155-157 ; D’Albas 1965,p. 97 ; Morison 1949, p. 31-32 ; Gillison 1962, p. 519
  59. ↑ Lundstrom 2005, p. 181-182 ; Hoyt 2003, p. 37 ; Cressman 2000, p. 94-95 ; Millot 1974, p. 56
  60. ↑ Lundstrom 2005, p. 181 ; Hoyt 2003, p. 35 ; Millot 1974,p. 57 ; Dull 1978, p. 130 ; Lundstrom 2006, p. 154, 157 ; Bullard 2007, p. 62 ; Morison 1949, p. 31-32
  61. ↑ Lundstrom 2005, p. 189-190, 206-209 ; Hoyt 2003, p. 51-52 ;Cressman 2000, p. 94 ; Millot 1974, p. 62-63 ; Lundstrom 2006,p. 161-162 ; Henry 2003, p. 50 ; Morison 1949, p. 37
  62. ↑ a et b Millot et Morison
  63. ↑ Lundstrom 2005, p. 189-190 ; Hoyt 2003, p. 37-38, 53 ; Millot 1974, p. 57-58, 63 ; Lundstrom 2006, p. 159, 165-166 ;Morison 1949, p. 33-34
  64. ↑ a et b Lundstrom 2006, p. 159
  65. ↑ Lundstrom 2005, p. 190, Cressman 2000, p. 95 ; Dull 1978,p. 130 ; Lundstrom 2006, p. 166
  66. ↑ Lundstrom 2005, p. 190-191 ; Hoyt 2003, p. 38 ; Cressman 2000, p. 95 ; Millot 1974, p. 58-59 ; Lundstrom 2006, p. 166.Shigekazu Shimazaki mena les bombardiers-torpilleurs duZuikaku lors de l’attaque.
  67. ↑ Lundstrom 2005, p. 192-193, Cressman 2000, p. 95 ; Millot 1974, p. 59 ; Lundstrom 2006, p. 166-167 ; Werneth 2008,p. 67
  68. ↑ Bullard 2007, p. 63
  69. ↑ Lundstrom 2005, p. 193 ; Hoyt 2003, p. 53 ; Cressman 2000,p. 95 ; Dull 1978, p. 131 ; Millot 1974, p. 66-69 ; Lundstrom 2006, p. 163-164 ; Henry 2003, p. 54 ; Morison 1949, p. 40
  70. ↑ (en) Army Air Corps B-17 pilot, Col William Haddock « Bill » Campbell, Sr [archive]
  71. ↑ Salecker 2001, p. 179-180 ; Lundstrom 2005, p. 193-196 ;Hoyt 2003, p. 53-54 ; Cressman 2000, p. 95-96 ; Millot 1974,p. 66-69 ; Dull 1978, p. 131-132 ; Lundstrom 2006, p. 165-167 ;Henry 2003, p. 54 ; Morison 1949, p. 40-41
  72. ↑ Lundstrom 2005, p. 205-206 Hoyt 2003, p. 38-39 ; Cressman 2000, p. 95 ; Millot 1974, p. 60-61 ; Dull 1978, p. 130-131 ;Lundstrom 2006, p. 167
  73. ↑ Cressman 2000, p. 92
  74. ↑ ONI 1943, p. 19 ; Lundstrom 2005, p. 205-206 ; Hoyt 2003,p. 38-50, 71, 218, 221 ; Cressman 2000, p. 95 ; Hoehling 1971,p. 43 ; Millot 1974, p. 60-62, 71 ; Dull 1978, p. 130-131 ;Lundstrom 2006, p. 164-167 ; Morison 1949, p. 34-35
  75. ↑ Lundstrom 2005, p. 197-198 ; Hoyt 2003, p. 54-55 ;Cressman 2000, p. 96-97 ; Millot 1974, p. 69 ; Dull 1978,p. 132 ; Lundstrom 2006, p. 168-169 ; Henry 2003, p. 54-56
  76. ↑ Lundstrom 2006, p. 169 et [PDF] une copie du Senshi Sōsho [archive]
  77. ↑ Brown 1990, p. 62 ; Lundstrom 2005, p. 198-206 ; Hoyt 2003, p. 55-61 ; Tully, « IJN Shoho » ; Cressman 2000, p. 96-98 ; Millot 1974, p. 69-71 ; Dull 1978, p. 132 ; Lundstrom 2006,p. 168-169 ; Hata 1975, p. 59 ; Morison 1949, p. 41-42 ;Willmott 2002, p. 43 ; USSBS 1946, p. 57
  78. ↑ ONI 1943, p. 17 ; Lundstrom 2005, p. 206-207 ; Hoyt 2003,p. 61 ; Cressman 2000, p. 96-97 ; Millot 1974, p. 71-72 ;Lundstrom 2006, p. 170
  79. ↑ Lundstrom 2006, p. 196-197
  80. ↑ Lundstrom 2005, p. 207-208 ; Dull 1978, p. 132 ; Lundstrom 2006, p. 169 ; Gillison 1962, p. 519
  81. ↑ Lundstrom 2005, p. 207-208 ; Hoyt 2003, p. 65 ; Lundstrom 2006, p. 175
  82. ↑ Salecker 2001, p. 180-181 ; Gill 1968, p. 49-50 ; Lundstrom 2005, p. 208-209 ; Hoyt 2003, p. 66-69 ; Tagaya 2001, p. 40-41 ; Millot 1974, p. 63-66 ; Pelvin ; Lundstrom 2006, p. 159, 171-174 ; Morison 1949, p. 38-39
  83. ↑ Gill 1968, p. 50-51 ; Lundstrom 2005, p. 208-209 ; Hoyt 2003,p. 66-69 ; Tagaya 2001, p. 40-41 ; Millot 1974, p. 63-66 ; Pelvin ; Lundstrom 2006, p. 159, 171-174 ; Morison 1949,p. 38-39
  84. ↑ Lundstrom 2005, p. 209 ; Hoyt 2003, p. 61-62 ; Millot 1974,p. 74 ; Lundstrom 2006, p. 175
  85. ↑ Lundstrom 2005, p. 209 ; Hoyt 2003, p. 61-62 ; Millot 1974,p. 74-75 ; Lundstrom 2006, p. 175-176
  86. ↑ Lundstrom 2005, p. 209-212 ; Hoyt 2003, p. 62-63 ;Cressman 2000, p. 99-100 ; Woolridge 1993, p. 38-39 ; Millot 1974, p. 75 ; Lundstrom 2006, p. 176-177
  87. ↑ Lundstrom 2005, p. 214-218 ; Hoyt 2003, p. 63-64 ;Cressman 2000, p. 100-101 ; Woolridge 1993, p. 39 ; Hoehling 1971, p. 45-47 ; Millot 1974, p. 75-76 ; Lundstrom 2006, p. 176-180
  88. ↑ Lundstrom 2006, p. 173-174
  89. ↑ Lundstrom 2006, p. 173
  90. ↑ Lundstrom 2005, p. 219-220 ; Hoyt 2003, p. 64, 77 ;Cressman 2000, p. 101 ; Hoehling 1971, p. 47 ; Millot 1974,p. 78-79 ; Dull 1978, p. 132 ; Lundstrom 2006, p. 171, 180-182
  91. ↑ Lundstrom 2005, p. 219-220 ; Cressman 2000, p. 101 ;Lundstrom 2006, p. 180-182
  92. ↑ ONI 1943, p. 19 ; Cressman 2000, p. 101 et Lundstrom 2006,p. 179-180
  93. ↑ Lundstrom 2006, p. 182
  94. ↑ Chihaya 1991, p. 128
  95. ↑ Lundstrom 2005, p. 219-221 ; Millot 1974, p. 72, 80 ; Dull 1978, p. 132 ; Lundstrom 2006, p. 181, 186 ; Morison 1949,p. 46
  96. ↑ Lundstrom 2005, p. 221-222 ; Hoyt 2003, p. 75 ; Cressman 2000, p. 103 ; Woolridge 1993, p. 48 ; Millot 1974, p. 82-83, 87 ; Dull 1978, p. 132 ; Lundstrom 2006, p. 181-184
  97. ↑ Lundstrom 2005, p. 222-225 ; Hoyt 2003, p. 76-77 ;Cressman 2000, p. 103 ; Woolridge 1993, p. 40-41 ; Hoehling 1971, p. 52-53 ; Millot 1974, p. 81-85 ; Dull 1978, p. 132-133 ;Lundstrom 2006, p. 185-187 ; Morison 1949, p. 48-49
  98. ↑ Lundstrom 2005, p. 224-227, 243-246 ; Hoyt 2003, p. 79, 89 ; Cressman 2000, p. 104 ; Millot 1974, p. 85 ; Dull 1978,p. 132-133 ; Lundstrom 2006, p. 186-187 ; Morison 1949, p. 49
  99. ↑ Lundstrom 2005, p. 228-231 ; Hoyt 2003, p. 79-84 ;Cressman 2000, p. 104-106 ; Hoehling 1971, p. 62 ; Millot 1974, p. 87-88, 91 ; Dull 1978, p. 133 ; Lundstrom 2006,p. 192-195 ; D’Albas 1965, p. 105 ; Hata 1975, p. 42-43
  100. ↑ Lundstrom 2005, p. 236-243 ; Hoyt 2003, p. 84-85 ;Cressman 2000, p. 106 ; Hoehling 1971, p. 63-65 ; Millot 1974,p. 88-92 ; Dull 1978, p. 133 ; Lundstrom 2006, p. 195, 559 ;D’Albas 1965, p. 106
  101. ↑ Lundstrom 2005, p. 242-243 ; Hoyt 2003, p. 86 ; Cressman 2000, p. 106 ; Millot 1974, p. 91-92 ; Parshall 2005, p. 63 ; Dull 1978, p. 133 ; Lundstrom 2006, p. 195 ; Tully, « IJN Shokaku »
  102. ↑ (en) Captain Donald Macintyre (RN), « Shipborne Radar »,United States Naval Institute Proceedings, septembre 1967,p. 73 ; Lundstrom 2005, p. 245-246 ; Hoyt 2003, p. 92 ;Cressman 2000, p. 107-108 ; Millot 1974, p. 93-94 ; Lundstrom 2006, p. 188-189
  103. ↑ Lundstrom 2005, p. 246-251 ; Hoyt 2003, p. 93 ; Cressman 2000, p. 108 ; Lundstrom 2006, p. 189
  104. ↑ Lundstrom 2005, p. 251-254 ; Hoyt 2003, p. 93-98, 113-117 ;Cressman 2000, p. 109 ; Woolridge 1993, p. 42 ; Hoehling 1971, p. 67-81, 97-98 ; Millot 1974, p. 94-96 ; Dull 1978, p. 133-134 ; Lundstrom 2006, p. 188-190
  105. ↑ Woolridge 1993, p. 42 et Lundstrom 2006, p. 191
  106. ↑ Lundstrom 2006, p. 191
  107. ↑ ONI 1943, p. 55-56 ; Lundstrom 2005, p. 254-259 ; Hoyt 2003, p. 98-103, 117-122 ; Cressman 2000, p. 110-114 ;Hoehling 1971, p. 81-95, 110-116 ; Millot 1974, p. 97-98 ; Dull 1978, p. 134 ; D’Albas 1965, p. 107
  108. ↑ Lundstrom 2005, p. 259-271 ; Cressman 2000, p. 106, 114-115 ; Hoehling 1971, p. 100-101 ; Dull 1978, p. 134 ; Lundstrom 2006, p. 192
  109. ↑ Lundstrom 2005, p. 270-278 ; Cressman 2000, p. 115-117 ;Hoyt 2003, p. 144-147 ; Lundstrom 2006, p. 193-195
  110. ↑ ONI 1943, p. 39 ; Lundstrom 2005, p. 274-277 ; Cressman 2000, p. 116 ; Hoyt 2003, p. 133 ; Lundstrom 2006, p. 193-196 ; Spector 1985, p. 162
  111. ↑ Hoyt 2003, p. 133
  112. ↑ Lundstrom 2005, p. 278 ; Hoyt 2003, p. 132-133 ; Millot 1974,p. 106 ; Dull 1978, p. 134 ; Lundstrom 2006, p. 195-196 ;D’Albas 1965, p. 108
  113. ↑ Lundstrom 2005, p. 273-282 ; Cressman 2000, p. 117 ;Hoehling 1971, p. 121-197 ; Hoyt 2003, p. 134-150, 153-168 ;Millot 1974, p. 99-103 ; Dull 1978, p. 134 ; Lundstrom 2006,p. 193, 196-199 ; Morison 1949, p. 57-60 ; Crave 1947, p. 449-450 ; Gillison 1962, p. 519
  114. ↑ Gill 1968, p. 52-53 ; Pelvin; Lundstrom 2006, p. 198
  115. ↑ Gill 1968, p. 53 ; Lundstrom 2005, p. 283-4 ; Millot 1974,p. 105 ; Cressman 2000, p. 117-8 ; Hoyt 2003, p. 170-3 ; Pelvin
  116. ↑ Lundstrom 2005, p. 284-90 ; Millot 1974, p. 106-7 ; Cressman 2000, p. 118 ; Hoyt 2003, p. 171 ; Dull 1978, p. 134 ;Lundstrom 2006, p. 200, 206-7 ; Chihaya 1991, p. 124-5
  117. ↑ ONI 1943, p. 52 ; Millot 1974, p. 108 ; Morison 1949, p. 35-7
  118. ↑ Brown 1990, p. 63 ; Lundstrom 2005, p. 285-296, 313-315 ;Millot 1974, p. 107 ; Cressman 2000, p. 120 ; Lundstrom 2006,p. 208-211, 216 ; Chihaya 1991, p. 126-127 ; Morison 1949,p. 61-62
  119. ↑ Lundstrom 2006, p. 207, 216
  120. ↑ Lundstrom 2006, p. 208, 212
  121. ↑ Tully, « IJN Shokaku » ; Hackett, « HIJMS Submarine I-28 » ;Parshall 2005, p. 10 ; Lundstrom 2005, p. 298-299 ; Blair 1976,p. 230-233 ; Tully, « Shokaku » et « Zuikaku » ; Pelvin ; Gillison 1962, p. 531
  122. ↑ Holmes 1979, p. 74 ; Blair 1976, p. 230-233
  123. ↑ Willmott 2002, p. 37-38
  124. ↑ Willmott 2002, p. 37-38 ; Millot 1974, p. 114, 117-118 ; Dull 1978, p. 135 ; Lundstrom 2006, p. 135 ; D’Albas 1965, p. 101 ;Ito 1956, p. 48 ; Morison 1949, p. 63-64
  125. ↑ Willmott 1983, p. 286-287, 515 ; Millot 1974, p. 109-111, 160 ;Cressman 2000, p. 118-119 ; Dull 1978, p. 135 ; Stille 2007,p. 74-76 ; Peattie 1999, p. 174-175
  126. ↑ ONI 1943, p. 46-47 ; Millot 1974, p. 113-115, 118 ; Dull 1978,p. 135 ; Stille 2007, p. 48-51 ; Parshall 2005, p. 407
  127. ↑ Crave 1947, p. 451 ; Gillison 1962, p. 523-524
  128. ↑ D’Albas 1965, p. 102 ; Stille 2007, p. 4-5, 72-78
  129. ↑ Millot 1974, p. 109-11 ; Dull 1978, p. 134-5 ; Lundstrom 2006,p. 203 ; D’Albas 1965, p. 109 ; Stille 2007, p. 72 ; Morison 1949, p. 63
  130. ↑ Hoyt 2003, p. 283-284
  131. ↑ Willmott 1983, p. 286-7, 515 ; Millot 1974, p. 109-11, 160 ;Lundstrom 2006, p. 203 ; D’Albas 1965, p. 109 ; Stille 2007,p. 72 ; Morison 1949, p. 63
  132. ↑ O’Neill 1998, p. 119
  133. ↑ O’Neill 1998, p. 125
  134. ↑ Lundstrom 2006, p. 203 ; D’Albas 1965, p. 109 ; Stille 2007,p. 72 ; Morison 1949, p. 64
  135. ↑ Willmott 1983, p. 118
  136. ↑ Parshall 2005, p. 63-67 ; Millot 1974, p. 118 ; Dull 1978,p. 135 ; Lundstrom 2006, p. 203, Ito 1956, p. 48-49
  137. ↑ Parshall 2005, p. 63-67
  138. ↑ Willmott 2002, p. 459-460 ; Parshall 2005, p. 58-59
  139. ↑ Parshall 2005, p. 63-67, 58-59, 430 ; Ito 1956, p. 59 ;Lundstrom 2006, p. 222
  140. ↑ Gill 1968, p. 55-56 ; Frame 1992, p. 57
  141. ↑ USACMH (vol. II), p. 138-139 ; Frame 1992, p. 56 ; Bullard 2007, p. 87, 94 ; McDonald 2005, p. 77 ; Willmott 2002, p. 98-99, 104-105, 113-114, 117-119
  142. ↑ Frank 1990, p. 17, 194-213 ; Willmott 2002, p. 90-96
  143. ↑ Frank 1990, p. 51
  144. ↑ Frank 1990, p. 61-62, 79-81
  145. ↑ Frank 1990, p. 428-92 ; Dull 1978, p. 245-69 ; Willmott 2002,p. xiii-xvii, 158, 167 ; Parshall 2005, p. xx

17 mars 2013

8 décembre 1941 Les Etats-Unis déclarent la guerre au Japon

Classé sous — milguerres @ 15 h 32 min
 retour page d’Accueil 
retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale 

7 décembre Attaque de Pearl Harbor 

Les Etats-Unis et le conflit sino-japonais

Les combats continus en Malaisie entre Japonais et Britanniques 
8 décembre 1941
Les Etats-Unis déclarent la guerre au Japon 

8 décembre 1941 Les Etats-Unis déclarent la guerre au Japon  ussari10
L’USS Arizona brûla durant deux jours après avoir été touché par une bombe japonaise lors de l’attaque de Pearl Harbor.

Au matin du 7(note 3) décembre 1941, les Japonais débarquent en Malaisie, en Thaïlande. Simultanément (à une heure près), le Japon lance une attaque surprise sur la principale base navale américaine dans le Pacifique située à Pearl Harbor dans l’archipel d’Hawaii. L’opération est menée par six porte-avions japonais et met hors de combat huit cuirassés. Malgré ce succès, la victoire japonaise est à relativiser, car, ni les porte-avions américains (aucun n’était présent), ni les infrastructures maritimes (réservoirs de carburant et installations portuaires) ne sont endommagés. De plus, six cuirassés seront renfloués et renvoyés au combat avant la fin de la guerre. Mais, sur le moment, le rapport des forces est clairement en faveur du Japon, qui peut mener ses opérations aéronavales en Asie du Sud-Est sans craindre une intervention américaine.
Au moment de l’attaque, les États-Unis n’étaient officiellement en guerre avec aucun pays dans le mondenote 4. Les membres de l’America First manifestaient avec véhémence pour garder l’Amérique à l’écart du conflit européen. Malgré cela, le président Rooseveltusait de son influence pour faire passer des lois visant à s’opposer à l’expansion de l’Allemagne comme la loi prêt-bail. L’attaque japonaise mit fin à toute opposition à la guerre. Le 8 décembre, les États-Unis déclarent la guerre au Japon bientôt suivis par le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Australie. Le 11 décembre 1941, l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste déclarent la guerre aux États-Unis.
Dans les jours qui suivent l’attaque de Pearl Harbor, le Japon attaque dans toutes les directions. Hong Kong tombe en moins de 17 jours et la bataille se déplace aux Philippines. Dans le même temps, les îles américaines de Guam et de Wake sont bombardées et prises.

sans_t12

Les Occidentaux sont incapables de résister à la poussée japonaise. Les Britanniques disposent d’importantes forces à Singapour et en Malaisie mais les meilleures unités ont été envoyées en Europe ou en Afrique du Nord. En Malaisie, les Japonais progressent rapidement dans des zones jugées infranchissables par les Britanniques et ceux-ci doivent se replier à Singapour. Le HMS Repulse et le fleuron de la Royal Navy, le HMS Prince of Wales, sont coulés en moins de deux heures par les avions japonais le 10 décembre, ce qui laisse Singapour sans cuirassés pour la protéger. La ville est assiégée à la fin du mois de janvier 1942 et doit se rendre le 15 février : 130 000 soldats sont fait prisonniers4.

À la suite de la Déclaration des Nations unies (première utilisation officielle du terme de Nations unies) du 1er janvier 1942, les Alliés forment l’ABDA ou American-British-Dutch-Australian Command qui devient le commandement suprême des forces alliées en Asie du Sud-Est. Sa direction est confiée au Britannique Archibald Wavell. La force ainsi créée est importante mais les unités sont dispersées depuis la Birmanie jusqu’au nord de l’Australie en passant par les Philippines. Elle ne parvient pas à ralentir la progression fulgurante des Japonais qui attaquent Bornéo et ses riches champs pétrolifères, puis Sumatra et Java et leurs vastes ressources naturelles. Dans une tentative désespérée pour enrayer l’invasion de Java, l’ABDA subit une cuisante défaite lors de la bataille de la mer de Java à la fin de février 1942. À la suite de ce désastre, l’ABDA cesse d’exister. Profitant de la disparition de l’aviation alliée, le Japon lance une série de bombardements moralement dévastateurs (mais militairement insignifiants) sur le nord de l’Australie. De plus, les Japonais ont entamé l’invasion des îles Salomon en vue d’isoler l’Australie des États-Unis. Fin mars, les Indes orientales néerlandaises sont tombées aux mains des Japonais.
Les premiers débarquements aux Philippines, alors sous protection américaine, ont lieu dès le 8 décembre. Manille tombe le 2 janvier et les 120 000 soldats philippins et américains se retranchent dans les fortifications de Corregidor et de Bataan. Sur ordre du président Roosevelt, le général Douglas MacArthur quitte Corregidor en direction de l’Australie pour y prendre le contrôle des forces alliées dans la zone. Les derniers défenseurs américains se rendent en mai.
Les assauts japonais en Birmanie forcent les Britanniques à abandonner Rangoon et à se replier jusqu’à la frontière avec l’Inde. Cette avancée japonaise prive Tchang Kaï-chek du ravitaillement allié transitant par la Route de Birmanie. En mars et en avril, une puissante flotte japonaise pénètre dans l’océan Indien et lance une série de raids aériens sur l’île de Ceylan. La flotte britannique envoyée pour l’intercepter ne parvient pas à prendre l’avantage et de nombreux cargos sont coulés ainsi que le porte-avions HMS Hermes. Néanmoins, le débarquement craint par les Britanniques ne se réalise pas et les Japonais ne seront plus jamais en mesure de rééditer une telle opération.
Au printemps 1942, le Japon a achevé la plus grande partie de ses objectifs initiaux. Il s’est emparé de territoires immenses et de richesses considérables au prix de pertes assez légères. En revanche, le moral des Alliés est au plus bas du fait des défaites successives et des importantes pertes. Le haut-commandement japonais s’attend donc à pouvoir entamer des négociations de paix. Cependant, la résistance des Australiens et des Néerlandais au Timor et surtout l’audacieux raid de Doolittle qui, le 18 avril, parvient à larguer quelques bombes sur le Japon montrent que les Alliés ne sont pas décidés à se rendre. Le raid de Doolittle, bien qu’insignifiant du point de vue militaire, montre que le Japon n’est pas à l’abri. Jusqu’alors, les stratèges hésitaient entre attaquer l’Australie au sud ou vers l’est en direction d’Hawaï. Le raid convainc les Japonais d’étendre leur zone de contrôle vers l’est.

large_10
Explosion sur le Lexington lors de la bataille de la mer de corail.

Pour étendre leur zone de contrôle, les Japonais continuent leurs opérations dans le sud. Depuis l’île de Rabaul conquise dès janvier, ceux-ci planifient l’attaque de Port Moresby en Nouvelle-Guinée et des Îles Salomon pour en faire des base d’opérations avancée en vue d’isoler l’Australie des États-Unis. Cependant, les cryptanalystes américains sont parvenus à casser les codes secrets japonais et forment une flotte de combat menée par deux porte-avions, le Lexington et le Yorktown sous le commandement de l’amiral Frank J. Fletcher. En face, les Japonais alignent deux porte-avions lourds le Zuikaku et le Shokaku ainsi que le porte-avions léger Shoho sous le commandement de l’amiral Takeo Takagi.
La bataille de la mer de corail qui s’ensuit est la première bataille navale où les deux flottes ne se sont jamais aperçues et où seuls les avions furent utilisés pour attaquer les forces adverses. Les Américains perdent le Lexington et le Yorktown est gravement endommagé tandis que les Japonais déplorent la perte du Shoho et du Shokaku endommagé. Les pertes sont équivalentes et les deux camps revendiquent la victoire. Cependant, l’invasion de Port Moresby est repoussée et alors que le Yorktown sera rapidement réparé et pourra participer à la Bataille de Midway, les deux groupes aéronavals japonais ne seront pas reconstitués à temps. Cependant, les Japonais disposent de huit porte-avions contre seulement trois pour les Américains et les équipages et les pilotes de ceux-ci sont bien plus expérimentés.
Pour anéantir la flotte américaine et en particulier ses porte-avions, l’amiral Isoroku Yamamoto planifie une opération contre l’atoll de Midway. Une attaque de diversion sera menée en direction des Îles Aléoutiennes tandis que le gros de la flotte et ses quatre porte-avions lourds l’Akagi, le Soryu, le Kaga et le Hiryu approchera de Midway en vue d’y organiser un débarquement. L’île abritera ensuite une importante base aérienne offrant au Japon, le contrôle du Pacifique central. Mais encore une fois, les messages secrets japonais sont décodés et l’amiral Chester Nimitz rassemble ses trois derniers porte-avions l’Enterprise, le Hornet et le Yorktown hâtivement réparé des dégâts subis lors de la bataille de la mer de corail et les place en embuscade de la flotte japonaise.
Comme prévu, la flotte japonaise arrive à proximité de Midway au matin du 4 juin. L’amiral Chūichi Nagumo ordonne le bombardement aérien de l’île. L’aviation américaine présente sur l’île est détruite tandis que la flotte japonaise n’est pas touchée. En revanche, la flotte américaine est repérée par les avions de reconnaissance et surprend Nagumo qui hésite sur la marche à suivre. Les premiers assauts américains sont facilement repoussés mais une escadrille de Dauntless surprend les Japonais au pire moment et en quelques minutes, l’Akagi, le Soryu et le Kaga sont mortellement touchés. Les appareils de l’Hiryu coulent le Yorktown mais le dernier porte-avions japonais est détruit à son tour. La flotte japonaise est anéantie et contrairement aux États-Unis, le Japon est incapable de remplacer ses unités perdues. La bataille de Midway est le tournant de la guerre dans le Pacifique car elle arrête définitivement l’expansion japonaise.

marine10
Marines américains se reposant lors de la bataille de Guadalcanal, novembre 1942

Le triomphe de Midway modifie considérablement la stratégie américaine. La priorité étant au théâtre d’opération européen, la tactique américaine dans le Pacifique était de contenir le Japon. Ainsi aucune offensive n’était prévue avant 1943. Plutôt que d’attaquer Rabaul très bien défendue, les Américains décident de reprendre les îles Salomon. Le 7 août, ils débarquent sur l’île de Guadalcanal mais la flotte américaine est mise en pièces à la bataille de l’île de Savo. Une véritable guerre d’usure commence alors lorsque les Japonais décident d’envoyer des renforts sur l’île. La bataille sur terre se déroule dans des conditions épouvantables au cœur d’une jungle épaisse. Sur mer, la confrontation est tout aussi violente, les batailles des Salomon orientales et des îles Santa Cruz entrainent de lourdes pertes dans les deux camps. Les Japonais défendent l’île avec acharnement mais leur logistique est incapable de les soutenir et ils doivent évacuer l’île en janvier 1943. C’est durant cette bataille qu’apparaît le Tokyo Express, surnom donné par les Américains aux destroyers japonais qui ravitaillaient les unités japonaises durant la nuit.
Dans le même temps, les Japonais, qui n’avaient pas réussi à débarquer à Port Moresby tentent de prendre la ville en traversant l’île le long de la piste Kokoda. La piste serpente dans des territoires presque inexplorés dans un climat et un relief extrême. L’offensive japonaise progresse difficilement au cours de l’été mais se révèle incapable d’atteindre la côte.

780px-10
Évolution de 1943 à 1945

1943

Au début de l’année 1943, le Japon, bien que blessé, dispose encore d’un vaste empire gorgé de richesses. Cependant, les faiblesses japonaises deviennent de plus en plus patentes. L’industrie japonaise est incapable de remplacer les appareils, les porte-avions et surtout les pilotes perdus en 1942. Elle n’a d’autre choix que de reconvertir des coques de cuirassés, rendus obsolètes par l’aviation, en porte-avions avec tous les inconvénients que cela implique. Dans le même temps, l’industrie américaine tourne à plein régime et même si elle doit approvisionner deux théâtres d’opérations, elle fournit la classe de porte-avions Essex bien supérieure à ce que peuvent réaliser les japonais. De même, les nouveaux chasseurs américains comme le Corsair ou le Hellcat utilisés avec les bonnes tactiques de combat aérien vont balayer l’aviation japonaise composée d’appareils bien trop mal protégés et armés comme le Zero. Le 14 avril 1943, le commandant en chef de l’armée japonaise, l’amiral Isoroku Yamamoto est tué lorsque son appareil est abattu par des chasseurs américains. Le Japon perd ainsi son meilleur officier supérieur.
Pour dégager définitivement l’Australie de la menace japonaise, l’amiral Nimitz planifie l’opération Cartwheel dont l’objectif est la reconquête des îles Salomon pour isoler la puissante base de Rabaul. La progression américaine est très lente du fait de la résistance fanatique des Japonais qui défendent chaque île jusqu’au dernier homme, de la rudesse du climat et du relief et de l’étirement des lignes de communication et de ravitaillement. L’île de Nouvelle-Géorgie tombe le 25 août 1943 mais les combats sur Bougainville dureront jusqu’à la capitulation japonaise. Néanmoins, Rabaul est isolé et la garnison de 100 000 hommes y restera jusqu’à la fin de la guerre car les Américains n’ont aucune intention de prendre la ville désormais inoffensive. Dans le même temps, les îles Aléoutiennes occupées par les Japonais depuis avril 1942 sont libérées durant l’été 1943.
Les Américains hésitent à présent entre deux stratégies pour se rapprocher du Japon et le contraindre à se rendre. L’amiral Chester Nimitz plaide pour une avancée à travers la Micronésie en capturant successivement les îles Gilbert, Marshall, Carolines, Mariannes et Bonin, dernière étape avant le Japon. De l’autre côté, le général Douglas MacArthur veut passer par le nord de la Nouvelle-Guinée, les Moluques puis les Philippines. Les planificateurs américains se prononcent en faveur de Nimitz, mais la puissance américaine est telle que les deux routes seront empruntées simultanément. En novembre, la reconquête des îles Gilbert commence, mais la résistance japonaise est féroce. Pour prendre le minuscule atoll de Tarawa, 1 000 soldats américains sont tués et seuls 16 soldats japonais sont faits prisonniers sur une garnison de 4 200 hommes. Ces pertes scandalisent l’opinion publique américaine mais la bataille permit de perfectionner les tactiques de débarquement.

nassau10
Soldats australiens et américains débarquant en Nouvelle-Guinée, juillet 1943

Sur le front de Birmanie, les Japonais sont arrivés aux portes de l’Inde mais sont bloqués sur les contreforts des Naga Hills. Le ravitaillement n’arrive que très lentement malgré la sanglante construction de la voie ferrée Siam-Birmanie. De plus, la destruction de la flotte japonaise à Midway rend impossible tout soutien aéronaval à l’avancée japonaise. La situation des Britanniques n’est pas pour autant favorable. Gandhi lance son mouvement Quit India et des émeutes paralysent les réseaux de transports et nécessitent une forte présence britannique. De plus, ce front est jugé secondaire par rapport à l’Europe et les unités indiennes sont envoyés en Afrique du Nord. Malgré tout, les Britanniques lancent des offensives de petite envergure dans le nord de la Birmanie avec peu de succès. Dans le même temps, ils mettent en place des unités de commandos parfaitement entrainés au combat dans la jungle, les Chindits, pour harceler les arrières japonais. Si les résultats militaires sont discutables, l’action a un effet considérable sur le moral des soldats. Finalement le retour de la mousson au milieu de l’été met fin aux opérations militaires. Une combinaison de facteurs militaires, administratifs et naturels provoquent une immense famine au Bengale qui fera plus de deux millions de morts.

En Chine, le conflit est bloqué depuis 1938. Quelques affrontements majeurs ont lieu comme à Changsha, dans le Hubei et à Changde mais aucun n’est décisif. De manière générale, les hostilités sont rares du fait de nombreux accords, tacites ou officieux, entre Japonais et Chinois. Néanmoins, l’occupation japonaise se traduit par de très nombreuses exactions comme lors de l’application de la Politique des Trois Tout en 1942. Pour ravitailler la Chine, le général américain Joseph Stilwell met en place un pont aérien entre l’Assam en Inde et Kunming en Chine. La route surnommée The Hump (la bosse) par les aviateurs franchit l’Himalaya et permit de transférer plus de 600 000 tonnes de matériel avant la fin de la guerre.
En novembre 1943, le Japon organise la conférence de la Grande Asie orientale dont l’objectif est la réorganisation de l’Asie avec la création de gouvernements locaux alliés du Japon. Bien que cette conférence ait avant tout eu un rôle de propagande, elle montre également une évolution dans la pensée des dirigeants japonais. Voyant les défaites s’accumuler, ils considèrent que des relations basées sur la coopération plutôt que sur l’asservissement seraient plus efficaces pour fédérer les peuples asiatiques contre les colonisateurs européens. Cependant, cette conception entre en contradiction avec la volonté du quartier général impérial5. De plus, cette évolution arrive trop tard pour influer sur le cours de la guerre.

1944

L’un des paradoxes les plus flagrants dans la stratégie japonaise est la faiblesse de sa logistique. Le Japon est un état insulaire avec peu de ressources naturelles, qui dépend énormément des importations en ce qui concerne le pétrole ou les produits alimentaires. La doctrine japonaise purement offensive ne cadrait pas avec l’activité purement défensive de l’escorte de convois. Ainsi, le Japon se lança dans la construction de monstres cuirassés comme le Yamato tout en négligeant la construction d’escorteurs indispensables pour rapatrier en sécurité les matières premières en métropole. Le résultat fut désastreux, car les antiques destroyers japonais ne purent lutter contre les sous-marins américains, qui coulèrent 90 % de la flotte de commerce japonaise. Les sous-marins américains ont réussi là où les U-Boote allemands ont échoué : asphyxier un pays. Au printemps 1944, la flotte japonaise est ainsi redéployée à Bornéo à proximité des puits de pétrole, mais l’île est dépourvue des infrastructures nécessaires à l’entretien d’une telle marine de guerre.

Contournant Rabaul, les Américains prennent les îles de l’Amirauté. Parallèlement, les troupes de MacArthur remontent lentement la côte nord de la Nouvelle-Guinée et entrent dans les anciennes colonies hollandaises en débarquant à Aitape et à Hollandia en avril 1944. La reconquête des îles Marshall montre que les leçons de Tarawa ont été tirées car les pertes sont bien plus faibles malgré la plus forte garnison japonaise. De leur côté, les Japonais réalisent que les défenses placées immédiatement sur le littoral sont trop vulnérables aux bombardements côtiers et lors des batailles suivantes, la défense en profondeur sera bien plus difficile à percer. Dans les Marshall, les Américains appliquent la stratégie du saute-mouton. Les îles principales sont capturées pour y installer une base aérienne qui interdit la zone aux Japonais et condamne les garnisons situées sur les îles alentour à pourrir sur place.

Une fois les Mariannes et les Carolines prises, l’attention américaine se tourne vers les îles Mariannes. Celles-ci se trouvent à moins de 2 500 km des côtes japonaises, ce qui en fait une base parfaite pour les bombardiers lourds B-29 venant tout juste d’entrer en service. Saipan est la première île à tomber le 9 juillet 1944 après un mois de combat. La chute de Saipan entraine la démission du gouvernement de Hideki Tōjō et affaiblit la position des militaires. Suite à la perte de Saipan, la marine japonaise organise une opération navale avec une importante flotte composée de neuf porte-avions et des plus puissants cuirassés au monde, le Yamato et le Musashi. Cependant, la flotte américaine possède 15 porte-avions dont l’aviation embarquée est largement supérieure à celle des Japonais. Avant même le début de la bataille de la mer des Philippines, deux porte-avions japonais sont envoyés par le fond par des sous-marins américains. Le sort des armes fut tellement à sens unique que les pilotes américains surnommèrent cette bataille The Great Marianas Turkey Shoot (le grand tir aux pigeons des Mariannes). Les pertes ne pourront jamais être remplacées et par la suite les porte-avions japonais ne seront plus utilisés que comme appât ou pour faire diversion. Libérés de la menace japonaise, les Américains envahissent Tinian et y implantent la plus grande base aérienne au monde ; à la fin de la guerre, elle accueille près de mille bombardiers et 50 000 personnels au sol. Guam est également libéré en août. En septembre, les marines débarquent à Peleliu. Les Japonais y appliquent la nouvelle tactique de défense en profondeur ce qui entraine plus de deux mois de combats acharnés. Le tiers des soldats américains est mis hors de combat (morts ou blessé), tandis que la garnison japonaise est annihilée.

Au sud, après une étape dans les Moluques, MacArthur approche des Philippines. Leur prise couperait le Japon de ses conquêtes les plus importantes en Indonésie et en Malaisie. Néanmoins, Nimitz milite pour une attaque de Formose qui permettrait également de couper les voies maritimes entre le Japon et ses possessions mais en ferait une base avancée à moins de trois heures du Japon et de la Chine. Mais, le bouillant MacArthur fait appel à des considérations politiques. Les Philippines étaient un protectorat américain et MacArthur veut respecter la promesse qu’il s’était faite de revenir en quittant précipitamment l’archipel deux ans plus tôt. L’état-major américain décide frapper au cœur des Philippines et organise un immense débarquement sur l’île de Leyte dont l’envergure dépasse celle du débarquement de Normandie. Pour contrer cette attaque, les Japonais tentent d’éloigner le gros de la flotte américaine en l’appâtant avec ses derniers porte-avions dépourvus du moindre appareil pour qu’une seconde flotte de cuirassés détruise la flottille de débarquement laissée sans protection. Le commandant américain William F. Halsey tombe dans le piège, mais les Japonais ne parviennent pas à exploiter leur supériorité et doivent se replier. La bataille du golfe de Leyte, la plus grande bataille navale de l’histoire, se solde par la destruction de la moitié du tonnage engagé du côté japonais et la perte des derniers porte-avions. La première attaque suicide des kamikazes a lieu lors de cette bataille. Les pertes causées par les 2 500 kamikazes qui s’abattront sur les navires alliés jusqu’à la fin de la guerre seront très rapidement compensées par la puissante industrie américaine, d’autant plus que, l’effet de surprise passé, les attaques réussies sur les grands navires se font plus rares. D’un point de vue strictement militaire, les résultats sont meilleurs que si le pilote avait la moindre chance de s’en sortir mais les attaques horrifient les marins américains qui commencent à se demander quel sera le prix de la conquête du Japon.

800px-12
Le Bunker Hill vient d’être touché par deux kamikazes le 11 mai 1945

En novembre, le président Roosevelt est réélu pour un quatrième mandat sans grande surprise compte-tenu de la guerre. Après la prise de Leyte, les Américains débarquent à Mindoro et sur l’île principale de Luçon et approchent de la capitale Manille.
Sur le front birman, les Japonais déclenchent une vaste offensive en janvier 1944. L’attaque s’épuise rapidement du fait de l’étirement excessif des lignes de ravitaillement. Lors des batailles d’Imphal et de Kohima, les unités japonaises épuisées sont violemment repoussées et doivent se retirer au début de l’été. À la fin de l’année, le nord de la Birmanie est libéré, dont la ville stratégique de Myitkyina. La route de Birmanie est rouverte au début de l’année 1945.
En Chine, l’année est marquée par l’opération Ichi-Go qui permet aux Japonais de s’emparer de vastes portions de territoires en Chine centrale et méridionale. Les forces chinoises s’effondrent face à la plus grande offensive en Chine depuis plusieurs années. L’un des objectifs japonais était la destruction des bases aériennes qui, au début de l’année, étaient les seules suffisamment proches du Japon. Cependant, les Américains abandonnent leurs bases en Chine trop difficiles à approvisionner et se redéploient dans les îles Mariannes tout juste conquises et encore plus proches du Japon.

1945

Au début de l’année, les possessions japonaises restaient impressionnantes et les riches régions de Malaisie et d’Indonésie lui appartiennent toujours. Cependant, le pays est à genoux, sa marine de guerre est à l’agonie après la perte de ses porte-avions. L’aviation japonaise invincible au début de la guerre n’est plus que l’ombre d’elle-même, ses appareils dépassés emmenés par des pilotes inexpérimentés n’ont d’autre utilité que comme kamikazes. Les bombardiers américains B-29 basés aux Mariannes commencent à anéantir les villes et les industries japonaises sans rencontrer de véritable opposition.

Aux Philippines, le général Tomoyuki Yamashita veut abandonner Manille qu’il juge indéfendable mais le contre-amiral Iwabuchi Sanji refuse et se retranche dans la ville avec 15 000 hommes. La bataille de Manille dure tout le mois de février et cause la mort de près de 100 000 civils, la plupart massacrés par les Japonais. Les débris des unités japonaises se dispersent dans les jungles où ils mènent une guerre de guérilla contre les Américains et les Philippins. La reconquête des Philippines ne s’achèvera qu’avec la capitulation japonaise. 96 % des 350 000 soldats japonais dans l’archipel sont tués.
La libération de Bornéo est la dernière campagne d’envergure sur le théâtre du Pacifique. Les forces, principalement australiennes, débarquent au nord et à l’est de l’île en mai. Critiquée après la guerre car considérée comme inutile, la prise de Bornéo prive le Japon d’importantes ressources en pétrole et isole un peu plus ses possessions en Indonésie et en Malaisie.
En Birmanie, les Britanniques poursuivent leur progression le long de l’Irrawaddy et Mandalay tombe le 27 mars. Le chef de l’État fantoche de Birmanie, Ba Maw, se retourne contre les Japonais dont les lignes craquent de partout. Rangoon est finalement prise en mai 1945. Une opération est envisagée pour reprendre la Malaisie, mais la capitulation japonaise arrive avant sa mise en application.

b-29_b10
B-29 larguant leurs bombes au dessus de Tokyo au début de l’année 1945

Pendant que MacArthur reconquiert les Philippines, la marine américaine poursuit sa route des atolls. La prise d’Iwo Jima à mi-chemin entre les Mariannes et le Japon permettrait de recueillir les appareils endommagés et de doter les escadrilles de bombardement d’une escorte qui leur fait défaut. La bataille d’Iwo Jima commence le 19 février, mais il faut plus d’un mois aux Américains pour nettoyer l’île de 21 km2 de sa garnison de 21 000 hommes. Après la prise d’Iwo Jima, le chemin du Japon passe obligatoirement par Okinawa qui pourra servir de base de départ pour un débarquement amphibie sur les îles principales.
L’invasion d’Okinawa, le 1er avril (dimanche de Pâques), surpasse toutes les opérations antérieures dans le Pacifique. La flotte américaine de 17 porte-avions reçoit le renfort des quatre porte-avions britanniques que la destruction de la flotte allemande a permis de libérer. Les Japonais envoient près d’un millier de kamikazes tout au long de la bataille. Plusieurs porte-avions sont endommagés et quelques navires plus petits sont coulés, mais la flotte américaine reste intacte. L’opération Ten-Gō lancée le 7 avril est une opération suicide qui entraîne la perte du Yamato, le plus grand cuirassé de l’histoire, qui succombe sous les coups de l’aéronavale américaine. Après cette bataille la flotte japonaise a purement cessé d’exister tout comme l’aviation qui perd 7 800 appareils lors de la prise des Îles Ryūkyū. Dans le même temps, la conquête d’Okinawa se poursuit dans un bain de sang. Le 21 juin 1945, 200 000 Japonais dont une moitié de civils sont morts.

La prise d’Okinawa et d’Iwo Jima a coûté la vie à plus de 25 000 Américains et le Japon ne semble toujours pas prêt à se rendre. Les stratèges sont donc forcés de planifier l’invasion des îles principales de l’archipel japonais. L’opération Downfall comportera deux débarquements d’une ampleur jamais vue, l’un en octobre sur Kyūshū et l’autre au printemps 1946 sur Honshū avec des pertes estimées, selon l’évaluation la plus pessimiste, à près de 800 000 morts chez les Américains et plus de 10 millions chez les Japonais[réf. nécessaire]. Le nouveau président Harry Truman (Roosevelt est mort le 15 avril) refuse de sacrifier autant de soldats pour une guerre virtuellement gagnée.
En effet, la prise des Mariannes et l’installation d’une immense base aérienne à Tinian puis la prise d’Iwo Jima permettent aux Américains de mener des opérations de bombardement stratégique particulièrement destructrices. À partir du printemps 1945, l’usage à grande échelle des B-29 et des bombes incendiaires font des ravages dans les villes japonaises à forte densité de population et aux habitations de bois. De plus, à la différence de l’Allemagne, le Japon n’était pas préparé à être bombardé. Les abris sont rares, la défense anti-aérienne et les chasseurs japonais sont incapables de protéger les villes. Le résultat est désastreux, dans la nuit du 9 au 10 mars, le bombardement de Tokyo tue 100 000 personnes. La ville brûle pendant trois semaines. À la fin de la guerre, 500 000 Japonais ont été tués et 5 millions sont sans logement à cause des bombardements qui ont détruit 40 % des zones urbaines du pays. De plus, la flotte étant détruite, les cuirassés américains participent à la destruction des villes côtières. Lors de l’opération Famine, les voies navigables et les côtes sont minées empêchant le transport de fret provoquant un début de famine. Pour aggraver la situation, l’URSS a dénoncé le 2 avril le pacte de neutralité entre les deux pays présageant d’une prochaine entrée en guerre.

Lors de la conférence de Potsdam en juillet 1945, les Alliés demandent la capitulation sans conditions du Japon qui devra abandonner toutes ses conquêtes depuis 1895, désarmer ses unités militaires et accepter une occupation militaire. La réception de cette déclaration divise le gouvernement japonais entre les civils prêts à l’accepter et les militaires qui pensent que l’Amérique offrira des conditions plus favorables pour éviter un sanglant débarquement au Japon. Le 28 juillet, le premier ministre Kantarō Suzuki utilise le terme ambigu de mokusatsu pour qualifier l’ultimatum et cherche une voie diplomatique avec les Soviétiques. Les Américains considèrent cette réponse comme un refus. Le président Truman décide alors d’utiliser une arme révolutionnaire dont le test vient de réussir au Nouveau-Mexique. Les 6 et 9 août, les villes d’Hiroshima et de Nagasaki subissent les premiers bombardements nucléaires qui font 150 000 morts. Le 8 août, l’URSS déclare la guerre au Japon et pulvérise les unités japonaises de Mandchourie. Malgré le double choc des bombardements atomiques et de l’attaque soviétique, une partie des militaires continue de refuser la capitulation. L’empereur Hirohito demande la tenue d’une conférence dans la nuit du 9 au 10 août dans laquelle il accepte les conditions imposées par les Alliés à condition que la monarchie soit maintenue. Les Américains acceptent et le 14 août, l’empereur s’adresse à la nation pour signifier la fin de la guerre. La cérémonie officielle a lieu sur le pont du cuirassé Missouri dans la baie de Tokyo le 2 septembre 1945.
Les actes de capitulation furent officiellement signés le 2 septembre.
À cette date, les forces armées japonaises comptabilisaient 6 983 000 militaires dont 5 525 000 dans l’armée de terre sans compter les milices et le personnel civil tandis que les pertes militaires furent estimées à 1 402 153 militaires signalés morts ou disparus en action ; en août 1948, 76 960 militaires étaient encore signalés comme disparus et, à quelques exceptions près, présumés morts6.

nagasa10
Champignon nucléaire au dessus de Nagasaki, 9 août 1945

800px-13
MacArthur signe les Actes de capitulation du Japon le 2 septembre 1945

459px-10
Parade militaire américaine à proximité du palais impérial, 9 mars 1946

Conséquences

La guerre dans le Pacifique eut des conséquences importantes et durables. La première est la destruction de la puissance militaire et économique du Japon. Ce dernier perd toutes ses conquêtes depuis 1895 et ne conserve que les îles de l’archipel japonais. Le pays est militairement occupé et mis sous tutelle et Douglas MacArthur devient gouverneur militaire du Japon. Il doit assurer la direction d’un pays exsangue après huit ans de guerre, relancer l’économie, rapatrier les millions de Japonais d’Asie ainsi que démocratiser et démilitariser la société. L’Armée impériale japonaise est dissoute et la constitution de 1947 précise que le pays renonce définitivement à la guerre. Cependant, la guerre froide et la guerre de Corée poussera le Japon à se doter d’une force d’autodéfense. Le Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient, équivalent du Tribunal de Nuremberg pour l’Europe est chargé de juger les crimes de guerre du Japon Shōwa mais plusieurs personnalités dont l’empereur Hirohito ou les scientifiques de la sinistre unité 731 ne seront pas inquiétés. Le complexe militaro-industriel japonais est démantelé et les Américains libéralisent l’économie en réformant les Zaibatsu autrefois contrôlés par l’état. Une réforme agraire est lancée mais elle ne peut empêcher la malnutrition qui sévit en 1945-1946.
La société japonaise est bouleversée par l’occupation. Elle doit absorber les centaines de milliers de rapatriés des anciennes colonies. Le droit de vote est accordé aux femmes, la liberté de la presse est instaurée, la police politique (Tokkō) et la noblesse japonaise (à l’exception de la famille impériale) sont abolies. L’arrivée de la culture occidentale dans un pays autrefois fermé et aux traditions bien ancrées provoque un profond choc culturel qui se traduit par des changements dans l’habillement, l’alimentation ou la musique. L’occupation prend fin en 1952 et le pays entame une période de croissance spectaculaire connue sous le nom de miracle économique japonais.
L’autre conséquence majeure de la guerre dans le Pacifique est l’affaiblissement des puissances coloniales. En 1939, toute l’Asie, à l’exception de la Chine, de la Thaïlande et bien sûr du Japon est colonisée. Les victoires japonaises mettent à mal l’image d’invincibilité des puissances européennes. De plus, les Japonais s’étaient appuyés sur les mouvements nationalistes en Inde ou en Birmanie pour mieux contrôler l’exploitation des richesses des territoires conquis. D’un autre côté, les mouvements indépendantistes comme le Việt Minh en Indochine firent leurs premières armes, politiquement parlant, contre l’occupant japonais (il n’y eut cependant pas de combats et les Japonais tentèrent une dernière manœuvre en octroyant l’indépendance au Viet Minh). Les idées révolutionnaires et indépendantistes rendirent impossible la reprise en main des anciennes colonies par les Européens à la fin de la guerre. Si la transition vers l’indépendance se fit sans grande violence du côté britannique en Malaisie et en Inde, elle se transforma en guerre en Indochine et en Indonésie.
En Chine, la fin de la guerre et de la menace japonaise met fin à la fragile trêve entre les nationalistes et les communistes. Ces derniers ont considérablement accru leur force durant la guerre et contrôlent maintenant une grande partie du nord-est de la Chine. Soutenus par l’Union soviétique et profitant de l’importante quantité de matériels abandonnés par les Japonais, les communistes reprennent l’offensive en mars 1946. Les tactiques de guérilla épuisent les nationalistes approvisionnés par les États-Unis. Tchang Kaï-chek remporte plusieurs succès mais les défections se multiplient et la corruption galopante décourage les alliés américains. À la suite de plusieurs défaites en 1948, les communistes s’emparent de Pékin et progressent rapidement dans le centre du pays. Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame la République populaire de Chine tandis que les nationalistes se réfugient sur l’île de Taïwan.
L’Invasion soviétique de la Mandchourie entraine la division de la Corée, colonie japonaise depuis 1910, en deux zones d’influence, soviétique au nord et américaine au sud. La montée des tensions entre les deux superpuissances entraine la création de deux états idéologiquement opposés. La guerre de Corée qui s’ensuit provoque la mort de 3 millions de personnes et la partition définitive de la péninsule entre la Corée du Sud et la Corée du Nord.
Le statut des îles Kouriles occupées par l’Union soviétique en 1945 reste un sujet de friction entre le Japon et la Russie.

NOTES
3↑ Bien que déclenchées à des dates différentes, les attaques sont simultanées (à une heure près) car elles ont lieu de part et d’autre de la ligne de changement de date
4↑ Le soutien américain à la Grande-Bretagne se traduit par la mise en place de convois pour protéger le ravitaillement avec le Royaume-Uni. Des accrochages ont alors lieu entre les destroyers américains et les sous-marins allemands.

SOURCE WIKIPEDIA

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

10 mars 2013

Siège de Léningrad

Classé sous — milguerres @ 20 h 02 min

  retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Les légendes du siège de Leningrad

Siège de Léningrad 

 

 

File:Anti aircraft Leningrad 1941.JPG
Batteries de défense aérienne tirant à proximité de lacathédrale Saint-Isaac, siège de Léningrad, 1941.
Siège de Léningrad stalingrad
Siège de Léningrad désigne le siège de la ville de Saint Petersburg , appelée Leningrad de 1924 à 1991, en Russie, par les Allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale 

Débutée le 8 septembre 1941, le siège fut levé par les Soviétiques le 27 janvier 1944 marquant l’échec allemand, malgré des pertes humaines colossales (1 800 000 hommes, dont plus d’un million de civils). Avec 872 jours, ce siège est le plus long de l’histoire moderne jusqu’à celui de Sarajevo au début des années 1990.


L’invasion des Pays Baltes

Offensive vers Léningrad

Du début de l’opération Barbarossa, le 22 juin 1941, jusqu’à la fin de juillet, les troupes Allemandes du Heeresgruppe Nord sous la direction du maréchal von Leeb, ont avancé rapidement, bousculant les troupes Soviétiques placées en 1religne.
Le 22 juin à 3h15, l’opération Barbarossa débute. À midi les avant-gardes blindées du Heeresgruppe Nord ont avancé de 65 kilomètres.
Le 24 juin, les troupes allemandes continuent à progresser rapidement à l’intérieur des territoires soviétiques si bien que la 16.Armee s’empare de Kaunas, et sur sa droite, le Panzergruppe 3 (dépendant lui, du Heeresgruppe Mitte) de Vilnius.
Le 26 juin, le 4e Panzergruppe du général Hoepner prend Daugavpils, sur la Dvina, et établit des têtes de pont.
Le 29 juin, les forces allemandes qui continuent leur avance, sont aidées par les attaques conjointes germano-finlandaises dans l’isthme de Carélie et plus au nord vers Petsamo.
Les russes commencent la construction de ligne de la Louga (ru). Plus de 300 000 civils de Pskov et de Novgorodfuient devant l’avancée des troupes allemandes et se dirigent en direction de Léningrad.
Le 1er juillet, Riga tombe aux mains des troupes allemandes.
Le 2 juillet, après s’être regroupées, les troupes du 4e Panzergruppe de Hoepner enfoncent les fortifications soviétiques de la ligne fortifiée Staline2 à Ostrov au sud-est du lac Peipous.
Le 3 juillet, le temps clair permet à la Luftwaffe de soutenir activement la progression des troupes. Le 41e Corps blindé avance rapidement face à des unités relativement faibles du Front du Nord-Ouest de Sobennikov.
Le 4 juillet, le 41e corps blindé s’empare d’Ostrov et établit des têtes de pont sur la rive droite de la Velikaïa
Le 8 juillet, 4e Panzergruppe prend Pskov puis avance en direction de Novgorod et de Leningrad.
Le 14 juillet, les troupes allemandes atteignent le fleuve Louga et menacent Leningrad.
Le 15 juillet, le maréchal Vorochilov nommé depuis le 11 juillet commandant en chef du Front du Nord-Ouest, déclenche une contre-offensive devant Leningrad, entre le lac Ilmen et Soltsy pour gagner du temps et permettre la fortification de Leningrad, pour laquelle la totalité de la population est mobilisée.
Le 16 juillet, les troupes finlandaises occupent Sortavala, à l’extrême nord du lac Ladoga encerclant les troupes soviétiques dont une partie s’échappe par la mer.
Le 27 juillet le Heeresgruppe Nord est constitué de 16 divisions.

Le 31 juillet la 16e armée allemande, atteint le lac Ilmen.
Le 8 août les 93. et 291. Infanterie-Divisionen arrivent en ligne, permettant de remplacer les nombreuses pertes et de reprendre l’offensive.
Le 17 août, à la suite d’une habile manœuvre de flanc, la 291. Infanterie Division capture Narva.

Les pays baltes sont désormais entièrement sous le joug nazi à l’exception de Tallin que les Allemands ont isolé des restes des troupes soviétiques. Toutefois les envahisseurs doivent réduire cette poche afin de marcher avec l’ensemble de leurs troupes sur Léningrad.
20 000 civils ont exécuté les travaux de fortification, de terrassement et de minage dans le secteur de Tallin. Les Soviétiques disposent du 12e corps d’armée, des 16e et 22edivisions d’infanterie, de la 10e division d’infanterie motorisée, de 14 bataillons de fusiliers marins et de la milice des chantiers navals pour défendre la ville.
Le 18 août, les 61e 217e et 254. Infanterie-Divisionen arrivent devant Tallinn.
Du 20 au 24 août, les combats font rage. Malgré une défense acharnée des Soviétiques, l’avance est régulière. Le 24 août, les faubourgs de la capitale estonienne sont atteints.
Le 27 août dans la soirée, les Soviétiques commencent l’évacuation par mer des défenseurs la ville, en direction de Léningrad, avec 2 grands convois maritimes. Le 1er qui comprend le croiseur Kirov (en), 18 destroyers, 6 torpilleurs, 28 dragueurs de mines, 6 sous-marins, 1 pétrolier et 25 cargos et un second qui comprend 6 dragueurs de mines, 12escorteurs et 60 autres navires.
Le 28 août l’armada qui fait mouvement à travers le golfe de Finlande est attaquée sans relâche par les Ju-88 allemands qui coulent 5 navires avant de passer le cap Juminda (à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Tallin). Les eaux de ce cap ayant été fortement minées par la flotte, plusieurs navires sautent et le convoi est ensuite attaqué par l’artillerie côtière Finlandaise, des flottilles de torpilleurs allemands et finlandais et des bombardiers Ju-88. Dans la tentative de forcer le passage, la Marine soviétique perd 33 navires et 5 autres navires sont endommagés. Dans la soirée Tallinn, vidée de ses défenseurs, tombe aux mains du général Walter Kuntze qui capture seulement 11 432 Soviétiques.
Le 29 août, les convois, de nouveaux attaqués, atteignent Kronstadt. L’évacuation soviétique de Tallinn réussit à évacuer 165 navires, 28 000 passagers et 66 000 tonnes de matériel qui seront utilisés lors du siège de Léningrad.

Marche sur Léningrad

Alors qu’une partie des troupes allemandes se dirige sur l’Estonie, les troupes situées plus au sud atteignent le 2 juillet, les fortifications soviétiques de la ligne Staline à Ostrov, au sud-est du lac Peipous. Le 8 juillet, le 4e Panzergruppe qui a pris Pskov avance en direction de Novgorod et de Leningrad, alors que d’autres forces, situées plus au sud, partant d’Ostrov et d’Opotchka, se dirigent sur Kholm, Staraïa Roussa, le lac Ilmen et Tchoudovo en direction de Volkhov et du lac Ladoga dans le but d’isoler puis de prendre Léningrad. Le14 juillet, les troupes allemandes atteignent le fleuve Louga. Le 15 juillet, le maréchal Vorochilov déclenche une contre-offensive entre le lac Ilmen et Soltsy. Le 31 juillet, la 16earmée allemande atteint le lac Ilmen. Une pause dans la marche est alors observée jusqu’au 8 août, où des renforts permettent la poursuite de l’offensive.

 

File:German advance into USSR.png

L’avance des troupes Allemandes duHeeresgruppe Nord.
En corail l’avance au 9 juillet
En rose l’avance au 1er septembre
En vert l’avance au 5 décembre

Le 8 août, sous une pluie battante, les troupes allemandes se lancent à l’attaque de la ligne de la Louga (ru). Si la 1re Panzerdivisionparvient à percer les défenses soviétiques, ses voisines, les 6e Panzerdivision et 36.Infanterie-Division (mot), ne progressent que de3 à 5 km avec de grandes difficultés avant d’être obligées de s’immobiliser, tandis que la 1.ID reste littéralement clouée sur place par la défense de fer soviétique. Les pertes allemandes sont considérables3. Le 9 août la 1re Panzerdivision poursuit son avance et oblique pour prendre de flanc les troupes soviétiques qui bloquent la 6e Panzerdivision. Sous les coups de boutoir des Panzerdivisionnen, les troupes du général Markian Popov commencent à lâcher prise et le 11 août, après deux jours de lutte acharnée, les chars allemands réussissent à percer la défense de la ligne de la Louga à certains endroits, puis se dirigent sur Kingisepp.

Le 12 août, après avoir contourné le lac Ilmen, les Soviétiques lancent une attaque dans la région de Staraïa Roussa, une région sauvage totalement dépourvue de routes, de villages. La 34e armée4, composée des 257e, 259e et 262e divisions d’infanterie, attaque sur le flanc droit de la 16e armée allemande ; c’est la bataille de Staraïa Roussa (1941) (ru). Les forces soviétiques enfoncent les défenses des30e, 126e, et 290e divisions d’infanterie allemandes et pénètrent de 40 km dans la défense allemande. Le maréchal von Leeb, inquiet de la tournure que prenait cette attaque soviétique, ordonne le 13 août au 56e Armee Korps d’abandonner son offensive et de se diriger contre les troupes soviétiques. Le 14 août, la 3.ID et la SS Totenkopf font alors mouvement vers Staraïa Roussa.

Le 15 août, la 21e division d’infanterie allemande, renforcée du 424e régiment d’infanterie, arrive en vue de Novgorod et prend la ville dans la soirée. Les Soviétiques, afin de sauver les richesses de la ville, ont établi leurs défenses au nord de la ville, sur les rives de la Volkhov. Le 17 août, les Allemands établissent une tête de pont sur la Volkhov, puis poussent vers Léningrad. Le 18 août, les troupes du 56e Armee Korps arrivent dans la zone des combats de Staraïa Roussa, après avoir parcouru 250 km depuis leur point de départ et contre-attaque. Dans la zone de Novgorod la 11e division d’infanterie allemande conforte la tête de pont. Le 19 août, les chars d’avant garde de la 8e Panzerdivision sont àKrasnogvardeisk, située à 45 km au sud de Léningrad, où ils se heurtent à la [[1re division blindée soviétique]]. Le combat est rude et l’avance allemande est stoppée. Le 20 août, laligne de la Louga (ru) résiste toujours malgré les coups de boutoir de la 1re Panzerdivision.

Le 21 août, contournant vers l’est les défenses soviétiques, la 8e Panzerdivision s’empare de Tchoudovo, coupant ainsi la principale route et voie ferrée reliant Léningrad à Moscou. Le 22 août, le 50.Armee Korps, composé de la 21e division d’infanterie et de la SS Polizei Division se lancent de nouveau à l’attaque de la ligne fortifiée avec comme objectif la prise ou la destruction de 115 blockhaus puis la prise de Louga. Chaque bunker doit être pris, les Soviétiques se font tuer sur place et lancent une contre-attaque de chars. De part et d’autre, les pertes sont énormes. Il faudra trois jours de réorganisation à la SS Polizei Division, avant qu’elle reprenne le combat. Le 24 août, Louga est prise par la division SS et les Soviétiques se replient vers le nord.

Pendant trois semaines les troupes soviétiques de ligne de la Louga (ru) ont réussi à arrêter la progression allemande sur Léningrad, permettant à l’Armée rouge de créer une défense plus solide à l’approche de la ville. Sous une pluie battante, le maréchal von Leeb lance alors la 96e division d’infanterie pour leur couper la retraite. Le 25 août, au sud dulac Ilmen, les 11e et 34e armées soviétiques sont repoussées sur la rivière Lovat. Le 27 août, la 96e division d’infanterie termine son mouvement enveloppant et piège trois divisions soviétiques dans la poche de Louga. Cette poche tiendra jusqu’au 15 septembre et 20 000 Soviétiques y seront fait prisonniers. À partir du 28 août, les troupes allemandes se mettent en ordre de marche pour investir Léningrad. Quelques divisions ont déjà tenté de percer, sans succès, les premières ceintures défensives de la ville. L’encerclement est donc fait à distance, de 50 à 100 km de la ville dans un mouvement enveloppant en direction du lac Ladoga.

Front finlandais

 

File:Finnish advance in Karelia during the Continuation War.png
La limite maximale de l’avance de l’armée finlandaise en Carélie lors de la guerre de continuation. La ligne grise marque la frontière après la guerre d’Hiver

Le 29 juin, les forces germano-finlandaises lancent des attaques dans l’isthme de Carélie et plus au nord vers Petsamo.
Le 16 juillet, l’armée finlandaise passe à l’offensive dans l’isthme de Carélie entre les lacs Ladoga et Onéga afin d’isoler Léningrad au Nord et au Nord-Est et se heurte à la 23e armée du général Mikhaïl Nikanorovitch Guerassimov (ru). Les combats sont violents et les russes défendent pied à pied leurs positions. L’avance des troupes finlandaises est lente, mais elles parviennent à isoler plusieurs divisions soviétiques dans les secteurs de Sortavala et Priozersk. Acculées au lac Ladoga, celles-ci continuent tout de même de se battre. Pendant cette résistance, les Soviétiques en profitent pour consolider le secteur de Carélie sur l’ancienne frontière séparant l’URSS et la Finlande avant la guerre d’hiver.
Le 31 juillet, lorsque cette ligne défensive est terminée, les débris des troupes russes de la 23e armée se replient, évacués par la flottille du lac Ladoga ou par voie terrestre en engageant des combats retardateurs.
Début septembre, les troupes finlandaises arrivent sur la ligne fortifiée de Carélie qu’ils ne pourront jamais prendre et sur laquelle le front se stabilise jusqu’à l’été 1944.

L’encerclement de Léningrad

Le 19 août, les chars d’avant garde de la 8e Panzerdivision sont à Krasnogvardeisk, située à 45 km au sud de Léningrad, ou ils se heurtent à la 1re division blindée soviétique. Le combat est rude et l’avance allemande est stoppée5
Le 21 août, contournant vers l’Est les défenses soviétiques, la 8e Panzerdivision s’empare de Chudovo coupant ainsi la principale route et voie ferrée reliant Léningrad à Moscou.
Le 30 août, la ville de Mga est prise isolant ainsi totalement Léningrad du reste du pays par voie routière et ferroviaire. Il ne reste qu’une étroite bande terrestre du Nord de Mga àSchlüsselburg et aux rives du lac Ladoga aux mains des soviétiques
Au début de septembre, les troupes de l’Armée rouge sont déployées en deux ceintures défensives. Cette force de défense est complétée par des divisions de défense populaire, formées de volontaires civils de la ville même de Léningrad ou de la région de Léningrad et qui n’ont qu’une valeur de combat très limitée.
Le 4 septembre, les bombes commencent à tomber sur Léningrad.
Le 6 septembre, les allemands lancent les premières attaques en direction du lac Ladoga avec deux kampfgruppen dans une zone couverte de forêts et de landes, terrains défavorables aux chars et à l’artillerie. À la fin de la journée, les assaillants ne progressent que de 500 mètres.
Le 7 septembre, les kampfgruppen continuent et l’action et en fin de journée, une compagnie parvient à ouvrir une brèche dans le dispositif de défense.
Le 8 septembre, au petit matin la brèche s’élargie et la 20.Infanterie-Division (mot) perce les lignes de défenses russes et atteint Schlüsselburg puis l’embouchure de la Neva face à Jérémétievka6 et la rive Sud du lac Ladoga. Léningrad est définitivement coupée du reste de la Russie par voie terrestre. Cette petite bande de terre sera désormais l’enjeu de combats et batailles furieuses. Les Allemands disposent d’une mince portion du lac Ladoga, sur lequel les Russes entretiennent une flottille navale importante. Le ravitaillement parviendra désormais aux Russes par bateaux pendant une partie de l’année et chaque hiver, ils seront ravitaillés par le lac Ladoga gelé, par la « route de la vie », ce qui leur a permis de tenir mais un million de civils sont morts de faim pendant le siège.
Le 9 septembre, les nazis lancent une attaque plus à l’Ouest en direction de Léningrad même afin de s’approcher le plus près possible de la ville. La prise de la ville, dont la défense est organisée par Joukov, se révèle vite impossible. Les Allemands renoncent à un assaut direct, décident de l’investir progressivement.

L’offensive allemande débute à 9h30:
la 6e Panzerdivision doit détruire 32 bunkers et plusieurs positions antichars avant de pouvoir espérer avancer. Les SS de la Polizei sont stoppés devant Krasnogvardeisk.
Le 41. Armee Korps (mot) se heurte à la première ligne de défense de Léningrad, notamment sur les hauteurs fortifiées de Duderhof (en). La 36.ID (mot) et la 1re Panzerdivisionpassent à l’attaque des hauteurs dont les points culminants sont la cote 143 et la cote 1677 qui sont truffées de tranchées, de blockhaus et de nids de mitrailleuses, le tout protégé par un fossé antichar. Les combats sont rudes et sanglants, les Soviétiques ripostent avec leur artillerie et par des contre-attaques de chars KV1 qui sortent tout neuf des usines Kirov de Léningrad. Toutefois malgré une défense opiniâtre, dans la soirée, la cote 143 tombe aux mains des Allemands.
La 18e Armée attaque dans le secteur de Krasnoe Selo
Le 11 septembre Duderhof puis la cote 167 tombent ce qui fait dire par radio au lieutenant Darius commandant de la 6e compagnie du 1er panzer régiment « Je vois Pertersbourg et la mer! »
Le 12 septembre, la 18. Armee prend Krasnoe Selo et avance vers la côte. Le 209e régiment d’infanterie entre dans Urizk, un faubourg de Léningrad ou se trouve le terminus d’untramway et un panneau indiquant : « Leningrad, 10 kilomètres ». Toutefois, les Allemands ne poussent pas en direction de cette ville mais en direction de la mer Baltique, afin d’isoler les défenseurs d’Oranienbaum8,9.
Le 13 septembre Krasnogvardeisk est prise après un mois de combat par la SS Polizei Division et la 269e DI.
Le 14 septembre, la 1.Infanterie Division, parvient à atteindre la mer Baltique isolant Oranienbaum de Léningrad. Cette poche8,9 ne sera jamais réduite, les russes la ravitailleront par mer jusqu’à la fin du siège de Léningrad.
Le 17 septembre, Pouchkine et le palais des tsars sont pris. Ce même jour des troupes quittent le Heeresgruppe Nord et partent vers Moscou ou la bataille décisive doit se jouer.
En septembre 1941, les secteurs défensifs de Léningrad sont tenus par quatre armées:

  • 23e armée dans le secteur Nord,
  • 42e armée sur le secteur Ouest,
  • 55e armée du secteur Sud,
  • 67e armée le secteur oriental.

D’autre part, la 8e Armée du Front Volkhov a la responsabilité de maintenir voie de ravitaillement en coordination avec la flottille du lac Ladoga.
Le front se stabilise et le siège de Léningrad commence

Le siège

1941

 

File:RIAN archive 216 The Volkovo cemetery.jpg

Trois hommes transportent des cadavres jusqu’au cimetière de Volkovo, en octobre 1942.

File:RIAN archive 1000 Soldiers carrying a wounded soldier.jpg

1er octobre 1941 : des soldats russes improvisés ambulanciers transportent un blessé dans une civière.

File:RIAN archive 178610 Moscow Avenue in Leningrad led to the front during the 1941-1945 Great Patriotic War.jpg

Décembre 1941 : une unité militaire marche vers la ligne de front le long de l’avenue de Moscou à Léningrad

File:RIAN archive 323 Sailors going to the front.jpg

Octobre 1941 : Marins montant au front dans les rues deLéningrad.

File:RIAN archive 286 Homecoming.jpg

Soldats soviétiques sur le front de Léningrad, le 1ernovembre 1941.

Siège

Évacuation

Avant l’invasion allemande de l’URSS il n’y a pas de plan prévu pour l’évacuation de la population de Leningrad, car la possibilité que les Allemands atteignent la ville est minime. Toutefois, les premières personnes évacuent Leningrad par train à partir du 29 juin, soit une semaine après le début de la guerre.
Du 29 juin au 28 août 1941, environ 490 000 personnes sont évacuées principalement par train.
À partir du 28 août, l’encerclement de la ville par les troupes allemandes ne permet plus l’évacuation par voie terrestre. L’évacuation, de 35 000 personnes, se poursuit par voie aérienne et navale à travers le lac Ladoga.
Entre décembre 1941, et le 21 janvier 1942 l’évacuation, de 36 000 personnes, continue à marche forcée et par camion, à travers le lac Ladoga gelé, dans une totale inorganisation.
Du 22 janvier au 15 avril 1942, une organisation d’évacuation est mise en place, permettant l’évacuation de 554 000 personne principalement par la route de la vie dont les travaux sont terminés.

De mai à octobre 1942, 403 000 personnes sont évacuées portant le nombre total à 1,5 million de personnes évacuées depuis le début du blocus.

La vie durant le siège

La ville qui est encerclée depuis septembre 1941 est unie contre l’envahisseur. Des milices ont été créées, elle forment les divisions d’infanterie de la milice de Leningrad, et les habitants ont largement aidé à construire les défenses de la ville.
La chute de Léningrad et de la poche d’Oranienbaum 8,9 permettrait aux Allemands de mettre hors de combat une quarantaine de divisions, ainsi que la disparition d’un centre de fabrication très important d’armement. Pendant toute la durée de la guerre, ses usines de chars et ses arsenaux de munitions et de canons fonctionnèrent sans discontinuer, fournissant aux troupes de l’Armée rouge les armes nécessaires. D’autre part, la prise de Léningrad aurait libéré un grand nombre de troupes allemandes, alors que la 18e Armée monta la garde devant la ville jusque 1944.
Toutefois, lorsque les Allemands terminent le blocus de Léningrad, les autorités russes se rendent compte qu’elles ont commis une grave erreur : personne n’a pensé à évacuer la population civile avant l’arrivée de l’ennemi. Il y a donc de très nombreuses « bouches inutiles » sur les 3 000 000 d’habitants qui se trouvent dans la ville.
Le 12 septembre, un décompte des vivres est fait :

  • Blé et farine : stock pour 35 jours
  • Céréales et pâtes : stock pour 30 jours
  • Viande ainsi que bétail sur pied : : stock pour 33 jours
  • Matières grasses : stock pour 45 jours
  • Sucres et conserves : stock pour 300 jours

Un rationnement est mis en place immédiatement et des cartes d’alimentation sont distribuées.
Les habitants sont confrontés à une multitude de problèmes. La nourriture rationnée, l’électricité est coupée, les tramways cessent de fonctionner en novembre 1941, il n’y a plus de chauffage et plus de lumière.
Le lac Ladoga sert de voie de ravitaillement, mais le 15 novembre, avec l’arrivée de l’hiver et de l’embâcle, les navires ne peuvent plus passer, ni les camions, la glace n’étant pas assez solide pour supporter leur poids. À partir du 20 novembre 1941, le ravitaillement parviendra désormais aux Russes par convoi de traîneaux tirés par des chevaux jusque mi-avril àtravers le lac gelé. Pendant l’hiver de 1942-1943, la « route de la vie », recommença à fonctionner, d’abord avec un trafic de chevaux. Les véhicules à moteur purent être utilisés à partir du 24 décembre 1942. On commença la construction d’une voie ferrée sur la glace en décembre 1942.

Mi-novembre 1941, le froid et la faim font des ravages terribles dans la population. Les rations alimentaires sont encore réduites, pour la cinquième fois depuis le début du siège. Les ouvriers et le personnel spécialisé ne perçoivent plus que225 g de pain et 1 067 calories par jour. Les enfants 150 g de pain et 644 calories.
La terre est tellement gelée par le froid et la neige, que les morts ne sont plus inhumés mais abandonnés près des cimetières, enveloppés dans des draps, et généralement enterrés dans des fosses communes creusées à la dynamite. Au printemps 1942, après le dégel, on découvrira des milliers de cadavres demeurés tout l’hiver conservés sous la neige.
Le 20 novembre 11 000 civils sont déjà morts de faim.
En décembre 1941 52 000 civils meurent de faim.
En janvier 1942 3 500 à 4 000 civils meurent de faim quotidiennement.
D’après les chiffres officiels russes fournis au tribunal de Nuremberg, la famine causa la mort de 632 000 habitants de Léningrad. Les soldats sont nourris correctement le plus longtemps possible, mais durant les dernières semaines de l’année 1941, les rations sont à peine suffisantes.
Les Allemands sont eux-mêmes dans une situation précaire, en particulier en raison du froid et du manque de vêtements chauds.

Opérations

Le 21 septembre, la Luftwaffe déclenche des raids contre la flotte soviétique de la Baltique mouillée dans le port deKronstadt.
Le 24 septembre, 4e jour de raid contre Kronstadt, la Luftwaffe coule le cuirassé Marat, et endommage le cuirasséRévolution d’Octobre par 6 coups au but ainsi que 2 croiseurs.
Le 1er octobre, les troupes finlandaises s’emparent de Petrozavodsk situé sur les bords du lac Onega. Le commandement du siège de Léningrad est confié au général von Küchler Le 10 octobre, le général Joukov quitte Leningrad pour prendre la direction du front de défense de Moscou.
Le 15 octobre, afin de colmater la brèche du lac Ladoga permettant le ravitaillement de Léningrad, le 39e corps blindé allemand, composé des 21. et 126.Infanterie Division et 4 divisions rapides, les 18.(mot) et 20.Infanterie Division (mot) ainsi que des 8e et12e Panzerdivisions commandées par le général Rudolf Schmidt passe la Volkhov en direction de Tikhvine, dans une région à peu près inexplorée, dépourvue de route et couverte par la taïga. L’objectif de cette attaque est de couper la dernière liaison ferroviaire de Léningrad avec Vologda puis de poursuivre l’avance jusqu’au Svir pour établir un front commun avec les Finlandais et encercler totalement Léningrad.

Le 3 novembre, les Allemands coupent la voie ferrée Leningrad-Vologda à 160 kilomètres à l’Est de Leningrad et avancent sur Tikhvine, mais échouent à conquérir le nœud ferroviaire de Volkhov. Les combats sont féroces, les contre-attaques soviétiques infructueuses.
Le 8 novembre, les 18. Infanterie Division (mot) et 12e Panzerdivision s’emparent de Tikhvine après des combats longs et sanglants. En se portant à l’est de Léningrad, les Allemands ont non seulement pour objectif de l’encercler, mais également d’opérer leur jonction avec les Finlandais, toutefois ce dernier objectif ne sera jamais atteint. Le GQG du Führer demanda au corps blindé s’il ne pouvait pas pousser jusqu’à Vologda située à… 400 km…
La « chaussée » Moscou-Léningrad, nom donné au pont aérien qui reliait les deux cités, est alors coupée par les Allemands à Tikhvine. Il était vital pour les Soviétiques de trouver un moyen de ravitailler Léningrad. Le 15 novembre, les Soviétiques abandonnent Volkhov. Plus à l’Est une division sibérienne toute fraîche renforcée par une brigade blindée de T34sortant des usines contre-attaque. Un déluge de feu déchaîné par les orgues de Staline, s’abat sur les défenseurs qui répliquent avec l’artillerie de la 18. ID qui détruit une cinquantaine de chars. Les bataillons de tirailleurs sibériens attaquent sans relâche tout au long de la journée, toutefois la ville, qui n’est plus qu’un tas de décombres fumants, reste aux mains des Allemands.
Le 16 novembre, Staline ordonne l’envoi de nouvelles troupes sibériennes pour contrecarrer le projet d’encerclement nazi. Le général Meretskov commandant de la 4e armée prépare une contre-attaque en tenaille afin d’encercler les troupes allemandes qui se trouve dans Tikhvine
Le 20 novembre 11 000 civils sont déjà morts de faim.

Article détaillé : Ordre de bataille des forces russes et allemandes autour de Léningrad en décembre 1941.

Le 1er décembre, par -40 °C, l’offensive russe pour reprendre Tikhvine commence. Rapidement la 61. ID, qui a été envoyée en renfort, qui occupe la ville est rapidement coupées de ses arrières. L’Infanterie-Regiment (mot.) 30 est envoyé à son secours.

Article détaillé : Forces de défense de Léningrad début décembre 1941.

Le 6 décembre, de nouvelles routes de ravitaillement passant par Zaborie, Novaïa Ladoga et par le lac Ladoga (alors gelé) entrèrent en service pour ravitailler Léningrad.
Le 8 décembre le général Siegfried Haenicke commandant la 61. Infanterie Division, dans la ville de Tikhvine décide d’abandonner la ville devenue une position intenable. L’arrière garde composée de l’Infanterie-Regiment 151 et du Pionier-Bataillon 161 font sauter les ponts, la voie ferrée et le matériel militaire qui ne peut pas être transporté (42 canons, 46 mortiers, 190 mitrailleuses et 102 camions).
Le 9 décembre, malgré un ordre contraire de Hitler le maréchal von Leeb, ordonne l’abandon complet de la poche de Tikhvine et le retour sur la ligne de position de la Volkhov. C’est le premier repli important du Groupe d’armées Nord.
Le 22 décembre par une température de -52 °C, les restes du 39e corps arrive dans leurs lignes, derrière la Volkhov, poursuivi, harcelé, durant les 15 jours de repli, par les troupes sibériennes et l’aviation russe. Il ne reste plus que 741 combattants à la 18. ID, qui a perdu 9 000 hommes. Après le repli le calme revient sur le front du Groupe d’armées Nord
En décembre 52 000 civils meurent de faim.

1942

Siège

 

File:RIAN archive 2153 After bombing.jpg
Population de Leningrad après un bombardement aérien, en décembre 1942.

En particulier durant l’hiver de 1941-1942, les civils qui étaient restés dans la ville ont extrêmement souffert de lafamine. Par exemple, à partir de novembre 1941 à février 1942, la seule nourriture disponible pour le citoyen était 125 grammes de pain, dont 50-60% se composait de sciure et autres adjuvants non comestibles, et distribués par des cartes de rationnement. En janvier, la famine sévit. 3 500 à 4 000 civils meurent de faim quotidiennement.

Rationnement par catégorie de population (en grammes)
Date
du début du rationnement
Troupes de
1re ligne
Troupes de sécurité paramilitaires
Pompiers
Unités de combat10
Employés Personnes à charge Enfants
de – de 12ans
16 juillet 1941 1000 800 600 400 400
2 septembre 1941 800 600 400 300 300
11 septembre 1941 700 500 300 250 300
1 octobre 1941 600 400 200 200 200
13 novembre 1941 450 300 150 150 150
20 novembre 1941 375 250 125 125 125
25 décembre 1941 500 350 200 200 200
24 janvier 1942 575 400 300 250 250
11 février 1942 700 500 400 300 300
23 février 1943 700 600 500 400 400

Le commandement russe, prend alors la décision d’évacuer une grande partie de la population civile, tout d’abord par camions à travers le lac Ladoga gelé, puis par bateaux. 951 000 personnes seront ainsi évacuées durant l’année 1942.
La flottille soviétique du lac Ladoga, qui rassemble environ 200 bateaux, permet, outre l’évacuation de la population, l’acheminement du ravitaillement et des renforts. Ils s’élèveront respectivement à un million de tonnes de ravitaillement et 250 000 soldats.

 

File:Control Ice.jpg

Défense de la route de la vie sur le lac Ladoga glacé, année 1942.

Opérations

File:Demjansk Einkesselung.png

Offensive d’hiver 1942, entre le lac Ilmen et le lac Seliger

File:Defensive pincers in battle of Volkhov.png

Carte de l’opération Lyubanégalement appelée bataille du Volkhov.
Les flèches blanches indiquent les attaques russes, qui utilisent des unités blindées comme une réserve mobile.
Les flèches noires indiquent les contre-attaques des troupes allemandes.

File:Bundesarchiv Bild 121-1467, Bei Leningrad, Kampfgruppe Jeckeln, LKW.jpg

1942 : Une colonne du Kampfgruppe Jeckeln près deKrasnogvardeisk

File:RIAN archive 594303 The anti-aircraft gun crew of Sergeant Fyodor Konoplyov shooting at enemy planes.jpg

Mitrailleuse anti-aérienne soviétique, Leningrad, 9 octobre 1942.

File:Leningrad Siege May 1942 - January 1943.png

Carte du siège de Leningrad de mai 1942 à janvier 1943.

File:RIAN archive 633054 Starting attack in Leningrad battlefront.jpg
Assaut de l’Armée rouge le 21décembre 1943.

Le 8 janvier 1942, par une température de -45 °C, l’Armée rouge attaque, avec 19 divisions d’infanterie, 9 brigades et plusieurs bataillons indépendants de chars et de skieurs, dans le secteur occupé par les 2e et 10e Armeekorps de la 16e armée allemande. Dès le début de l’offensive la 290. ID, qui encaisse, à Vzvad11 le choc principal, chancelle.
Le général Eremenko lance sa 4e armée de choc à la jonction du Heeresgruppe Nord et du Heeresgruppe Mitte ouvrant une profonde brèche entre les 2 groupes d’armées allemands.

Le 9 janvier, la 290e DI est totalement débordée. Une partie du 502e DI se réfugie dans Vzvad, et une partie des 501 et 503. IR, positionnées plus au Sud, occupent et fortifient Tulitovo et Beglovo alors qu’une autre partie parvient
Le 10 janvier, elle parvient à se replier vers l’Ouest afin d’éviter l’encerclement total. Un peu partout sur l’immense front attaqué, les premières lignes allemandes, se désagrègent, mais conformément aux ordres de Hitler, elles ne reculent pas et luttent jusqu’au bout. Il s’ensuit alors, la « création » de multiples points d’appui. Des villages et d’autres positions défensives se trouvent alors isolées, encerclées, mais leurs défenseurs continuent la lutte, sur place, à l’extrême limite, faisant perdre à l’offensive russe son effet de surprise, son poids et sa vigueur forçant ainsi les troupes assaillantes à se disperser pour réduire une à une les poches de résistance.
Le 11 janvier les Russes pilonnent et attaquent12 sans relâche, mais sans succès,Vzvad qui n’est plus qu’un tas de ruine et de cendre.

Le 13 janvier, au Nord du lac Ilmen, les Russes lancent, l’opération Lyuban, qui consistent à effectuer en un double mouvement une percée de Novgorod sur Leningrad et une attaque du Sud du lac Ladoga sur Lyuban afin d’isoler les troupes allemandes situées à l’Est cette ville. Les 4e 8e, 52e, 54e, 59e armées et la 2e armée de choc, qui pénètre de plusieurs dizaines de kilomètres dans les lignes allemandes, attaquent au Nord de Novgorod. Les armées du front du Volkhov composées des 4e, 52e et 59e armées, attaquent à partir du Sud du lac Ladoga.

Le 20 janvier, les défenseurs de Vzvad reçoivent le message de l’OKH : « Évacuez si vous le pouvez ».
Le 21 janvier, après avoir parcouru 25 kilomètres, en 14 heures ils rejoignent leurs lignes et sont accueillis par les skieurs espagnols de la division Azul.
Le 23 janvier, la 3e armée de choc encercle la ville de Kholm qui résistera jusqu’au 5 mai.

Le 25 janvier, le 501. Infanterie Regiment, encerclé à Tulitovo est ravitaillé par air.
Le 8 février, à Demiansk, l’Armée rouge referme son encerclement sur les troupes allemandes. La poche ainsi constituée mesure 3 000 km2, ce qui représente un périmètre de 300 km contenant 96 000 combattants allemands, environ 10 000 paramilitaires et 20 000 chevaux qui se retrouvent piégés jusqu’au 1er mai.

Le 12 février, après avoir subi 146 assauts en 5 semaines, le 501. Infanterie Regiment assiégée à Tulitovo, tente une sortie qui échoue.
Le 13 février le 501e RI renouvelle son attaque et parvient à s’extirper de la poche. Le 503. Infanterie Regiment abandonne la ville de Pola et son importante voie ferrée.
Fin avril les 5 000 Allemands assiégés dans Kholm sont entourés par la 33e division d’infanterie soviétique et 3 brigades d’infanterie indépendantes.
Le 15 février, la 2e armée de choc, qui est en pointe de l’opération Lyuban qui a progressé de 100 km depuis son point de départ, est à mi-chemin de Leningrad, mais l’avance russe s’essouffle.
Le 15 mars, sur le front du Volhkof la SS Polizei Division, à partir du Nord, et la 58. Infanterie Division, à partir du Sud, lancent une contre-offensive afin de couper de leurs bases les troupes de la 2e armée de choc soviétique.
Le 19 mars, sur le front du Volhkof la SS Polizei Division et la 58. Infanterie Division, font leur jonction refermant la poche du Volkhov sur 180 000 soldats russes.
Le 20 mars, le kampfgruppe Seydlitz lance une reconnaissance au sud de Staraïa Roussa. Le 21 mars, après avoir, les jours précédents, lancé 6 000 parachutistes, dont certains ont sauté au cœur même de la poche de Demiansk vers Lytschkovo, tandis que d’autres s’infiltraient dans les lignes allemandes vers Vereteïka, sur le marais de Niévy gelé et entre Poustynia et Nory, les Russes lancent à l’attaque de la poche de Demiansk le 54e bataillon de skieurs sur Dobrossli et les 1re et 204e brigades de parachutistes sur l’aérodrome et les alentours de Demiansk. Le même jour, les Allemands lancent l’opération Brückenschlag afin de délivrer les six divisions encerclées dans la poche de Demiansk.

Article détaillé : Opération Brückenschlag.

Le 27 mars, n’ayant aucune envie d’abandonner le terrain conquis, les Soviétiques lancent une contre-offensive afin de secourir la 2e armée de choc.
Le 30 mars, la contre-attaque permet d’ouvrir un corridor de 3 km de large, qui est consolidé par la construction de deux voies ferrées.
Le 4 avril, la Luftwaffe débute l’opération Eis Stoß consistant à couler les navires soviétiques de flotte de la Baltique pris dans les glaces. Le 7 avril, les derniers soldats du 54e bataillon de skieurs et des 1re et 204e brigades de parachutistes sont totalement éliminés par les défenseurs de la poche de Demiansk.
Le 14 avril, les troupes encerclées dans Demiansk lancent une offensive, conjointement aux troupes de secours de l’opération Brückenschlag afin de percer la poche.
Le 19 avril, les Waffen SS du Kampfgruppe Seydlitz établissent le contact avec la 5e Leichte Division sur la rivière Lovat.
Le 29 avril, sur le front du Volkhov, les Russes tentent d’élargir le corridor, large de 3 km, mais les Allemands les attendent. Malgré de nombreuses attaques et contre-attaques, les positions ne bougeront pas jusqu’au 13 mai.
30 avril, fin de l’opération Eis Stoß, qui se solde par un échec, mais laisse la ville sous les décombres.
Le 1er mai, les Russes lancent une nouvelle attaque pour prendre Kholm mais ils sont obligés de se replier. La 218. Infanterie Division attaquant depuis le Sud-Ouest. Ce même jour, la poche de Demiansk est définitivement sauvée. Toutefois elle n’est pas évacuée et restera telle quelle jusqu’à l’hiver suivant, formant un incroyable saillant, relié au front allemand par le mince couloir de Ramouchevo, large de 4 km et long de 12 km.
Le 5 mai l’attaque allemande parvient à briser l’encerclement et à libérer les troupes Allemandes de Kholm, malgré les contre-attaques deT34 soviétiques arrêtés par les Sturmgeschütz du StuG Abteilung 184.
Le 22 mai sur le front du Volkhov, les Allemands lancent une offensive visant à réduire le saillant, afin d’empêcher la retraite des troupes et de l’artillerie russe.
Le 31 mai, la poche du front du Volkhov se referme une seconde fois sur les troupes de la 2e armée de choc soviétique. Les combats font rage, la poche résistera jusqu’au 21 juin.
De juin à septembre, l’artillerie de siège allemande bombarde sans relâche la ville avec des obus de 800 kilos.
Les Russes manquent de tout : munitions, armes, vivres et matériel en tout genre. La famine fait son apparition chez les civils comme chez les soldats soviétiques, forçant les autorités à produire des ersatz.
Le 21 juin, les troupes de la 2e armée de choc soviétique tentent avec l’énergie du désespoir de sortir de la nasse dans laquelle ils sont enfermés depuis la mi-février. La sortie, effectuée en masse, réussie malgré de lourdes pertes, mais les troupes allemande parviennent à refermer la porte dès le lendemain.
Le 28 juin, l’OKW publie un communiqué dans lequel il indique que les Russes ont perdu 33 000 prisonniers, 650 canons, 170 chars et 2 900 mitrailleuses. Il n’indiquent pas le nombre de morts mais estiment que 120 000 soldats russes auraient réussi à s’échapper. Legénéral Vlassov est activement recherché par les troupes allemandes.
Le 30 juin, le général von Küchler reçoit l’ordre, de Hitler, de renforcer les positions à Demiansk et de durcir l’encerclement de Leningrad, afin d’établir un contact avec les Finlandais en contournant le lac Ladoga pour isoler totalement la ville. Hitler fait transporter la 11e armée de von Manstein qui s’est distinguée lors du Siège de Sébastopol et lui confie l’opération Nordlicht, qui doit commencer le 14 septembre, dont l’objectif principal est la prise de Leningrad. Le 11 juillet, le général Vlassov commandant en chef de la 2e armée de choc est capturé par le Hauptmann von Schwerdter suite à la dénonciation d’un maire d’un petit village.
Durant l’été, sur le front du Volkhov, la bataille est continuelle mais sans l’intensité des combats de l’hiver et du printemps.
Le 9 août 1942 la Symphonie n° 7 « Leningrad » de Dmitri Chostakovitch est jouée par l’orchestre de la radio de Léningrad sous la direction de Carl Eliasberg13. La partition de l’œuvre avait préalablement franchi les lignes allemandes, par avion, une nuit de mars 1942. Le concert fut retransmis sur des haut-parleurs disposés dans toute la ville et également braqués vers les lignes ennemies. Cette date14, initialement choisie par Hitler pour célébrer la prise de Leningrad, peut symboliser le renversement de la dynamique en faveur des Soviétiques.
14 août, début des opérations du Détachement naval K (en)15 pour empêcher l’approvisionnement de Leningrad par le lac Ladoga.
Le 24 août, les Russes lancent une attaque afin de réduire le Col de bouteille qui offre aux Allemands une tête de pont sur le lac Ladoga. C’est le début de la première bataille du lac Ladoga, connue également sous le nom d’offensive de Siniavino. Les Soviétiques ont devancé les Allemands.
La 2e armée de choc reconstituée est lancée en pointe de l’attaque en direction de Leningrad avec la mission de couper ce fameux Col de bouteille, suppléée par la 8e armée. C’est la 223e division d’infanterie qui reçoit le premier coup de boutoir soviétique, reculant de 3 km.
Le 29 août, malgré une forte résistance allemande, le front s’effondre mais von Manstein, qui a pris le commandement de toutes les unités se trouvant entre la mer Baltique etKirichi, lance les 12e Panzerdivision et 223e division d’infanterie plusieurs contre-attaques permettant de stopper l’avance soviétique. la 96e ID en contre-attaque permettant de stabiliser le front.
Du 30 août au 9 septembre, la percée soviétique la plus avancée atteint 9 km. Toutefois l’attaque s’essouffle et les succès de la Luftwaffe permettent de diminuer la pression sur les forces terrestres allemandes.
Du 10 au 21 septembre, C’est l’impasse. Chacun des camps campe sur ses positions attendant des renforts.

 

File:Sinyavin offensive 10 09.JPG

L’avancée maximale du front soviétique lors de l’offensive de Siniavino.

Le 22 septembre, les Allemands lancent une contre-attaque décisive avec en pointe la 132e division d’infanterie qui bouscule les premières lignes soviétiques qui se défendent avec acharnement. Au soir la 132e DI a perdu 16 officiers et 494 soldats.
Le 23 septembre, l’avance allemande ne progresse que d’une centaine de mètres.
Le 25 septembre, la 347e division d’infanterie parvient à briser la ligne de défense soviétique permettant d’encercler, de nouveau, 2earmée de choc.

Le 15 octobre la poche qui contenait 5 divisions d’infanterie, 2 divisions de la Garde et 6 brigades d’infanterie indépendantes sont détruite ou capturées. Au total les Allemands font 12 400 prisonniers, et capturent 193 canons et 244 chars. Si l’offensive de Siniavino est un échec soviétique et une incontestable victoire allemande, l’opération à obligé les Allemands à reporter l’opération Nordlicht. Celle-ci sera de nouveau reportée suite à la défection des troupes finlandaises, puis du siège de Stalingrad. En novembre, Hitler fait transporter la 11earmée de von Manstein sur Stalingrad afin de briser l’encerclement.
Le front de Leningrad, devient alors un secteur secondaire jusque janvier 1943.
Le 27 décembre, le général soviétique Vlassov, prisonnier des Allemands, forme le comité de Smolensk pour organiser l’opposition àStaline, sous le contrôle allemand. Plus tard, son groupe prendra le nom de Armée de libération de la Russie.

1943

Siège

En 1938, environ 171 000 bébés étaient nés à Léningrad et sa banlieue et en 1939, on dénombrait plus de 175 000 naissances. Durant l’année 1943, seulement 700 enfants, environ, sont nés vivants à Léningrad. La plupart sont morts soit pendant le siège, soit sur la route lors de l’évacuation.
En janvier, la population de Léningrad, y compris la banlieue, est passée d’environ 4 millions à moins de 800 000, civils et militaires. La plupart des civils inutiles sont évacués vers la Sibérie, où beaucoup y mourront. En février 1943, le chemin de fer est temporairement rétabli, mais bientôt il est à nouveau détruite par l’aviation allemande.
En mars et avril une épidémie de typhus et de fièvre paratyphoïde touche un grand nombre de survivants mais elle est contenue par les efforts mutuels des médecins et des citoyens.
Le siège s’éternise et Léningrad devient une ville fantôme.

Opérations

File:Sxema operatsya iskra 1943.jpg

Carte de l’opération Iskra

File:Bundesarchiv Bild 146-1981-071-07A, Russland, Panzer VI "Tiger I".jpg
Char Tigre allemand de la Schwere Panzer Abteilung 502 à proximité de Leningrad, 1942 ou 1943.

Le 12 janvier 1943, après un calme relatif d’environ 2 mois, les russes lancent l’opération Iskra également connue sous le nom de 2ebataille du lac Ladoga.

Articles détaillés : Opération Iskra et Ordre de bataille lors de l’opération Iskra.

À l’aube, l’aviation russe attaque les aérodromes, les gares et les centres de communication. A 9h30, 4 500 pièces d’artillerie russes ouvrent le feu sur les tranchées de 1re ligne allemandes. Après cette préparation d’artillerie, partant du front du Volkhov, la2e armée de choc se rue à l’assaut se heurtant au Prussiens de la 1re division d’infanterie. Les combats font rage toute la journée et la 327e division d’infanterie soviétique s’épuise en des attaques incessantes contre le kampfgruppe Wengler réfugié dans une forêt. L’arrivée de la 64e division de la garde contraint Wengler à reculer. Pour cette première journée l’avance russe du côté du front du Volkhov atteint une profondeur de 12 km mais sur largeur 2 km seulement.

Au même moment, mais du côté de Léningrad, la 67e armée, lance les 136e et 268e divisions d’infanterie à travers la Néva gelée. De ce côté également les combats sont violents, les russes perdent 3 000 hommes sur la Néva gelée. En fin de journée le front allemand est très affaibli mais il tient toujours. Afin de consolider le front le général Lindemann fait transporter un régiment de la 61. ID à Mga et ordonne à la 96. ID d’envoyer des éléments à Schlüsselburg et Lipski tandis que le reste de la division prépare une contre-attaque.

Le 13 janvier la 45e division de la garde et la 268e division d’infanterie s’élancent sur la Néva gelée. La défense allemande brise leurs assauts, mais un peu plus loin, la 61e brigade blindée et la 136e division d’infanterie16 réussissent à installer une tête de pont sur la rive Est du fleuve, malgré la défense de fer de la 227 ID.

Le 14 janvier les russes concentrent leurs attaques à partir du front du Volkhov. 3 divisions d’infanteries et la 98e brigade blindée de la 2earmée de choc attaquent en direction du point d’appui N°5 17 ou s’accrochent les allemand du 284e régiment d’infanterie de la 96. ID venu renforcer les défenseurs.
Du côté du front de Léningrad, les 4 chars restant de la 1.Kompanie de la Schwere Panzer Abteilung 502 repoussent l’assaut, à travers laNéva gelée, d’une trentaine de chars T-34.

Le 15 janvier les assauts répétés des forces russes, font craquer les défenses allemandes. La 136e division d’infanterie (URSS) (ru) et la 61e brigade blindée de la 55e armée venant de l’Ouest et la 18e DI et la 16e brigade blindée de la 2e armée de choc venant de l’Est font leur jonction au Nord du point d’appui N°517, encerclant ainsi la 227. ID et 2 bataillons de la 96. ID dans Schlüsselburg.

Les russes concentrent alors tout leurs efforts pour réduire la poche. Toutefois une contre-attaque de la 61. ID parvient à rompre l’encerclement et deux régiments rejoignent les troupes assiégées mais les Russes contre-attaquant également referment l’ouverture. Le général Werner Hühner, commandant la 61e division prenant le commandement des forces de la poche Schlüsselburg organise la défense avec des kampfgruppen. Les combats autour de Poselok N°517 font rage entre les défenseurs et la 136e division d’infanterie soviétique.

Le 16 janvier, la 18e division d’infanterie soviétique lance 3 assauts, Poselok N°517, qui sont tous repoussés.

Le 17 janvier, 18e division d’infanterie soviétique appuyée par la 61e brigade blindée, encerclent le point d’appui après des combats d’une violence inouïe, mais les défenseurs tiennent toujours bon.

Le 18 janvier, les combats reprennent avec la même intensité. La 136e division d’infanterie soviétique appuyée par la 61e brigade blindée entrent enfin dans la cité mais en sont délogés par un barrage d’artillerie allemand qui permet au Kampfgruppe Hühner d’abandonner la poche de Schlüsselburg, après de terribles combats au corps à corps, et de rejoindre les lignes allemandes plus au Sud.
Du 19 janvier au 9 février, les Soviétiques ayant obtenu, en partie, ce qu’ils souhaitaient, un « contact terrestre avec Léningrad », un léger répit intervient permettant aux troupes Russes d’établir des défenses telles que les Allemands ne puissent plus le leur disputer.

L’opération Iskra est une victoire stratégique pour les forces soviétiques. Du point de vue militaire, l’opération a éliminé la possibilité de la capture de la ville. D’autre part le front de Léningrad sera désormais très bien ravitaillé, renforcé et capable de coopérer plus étroitement avec le front du Volkhov.

Pour la population civile, l’opération Iskra permet, le ravitaillement en nourriture, ainsi que la possibilité d’évacuer plus de civils de la ville. La fin du blocus a également eu un effet stratégique, bien qu’il ait été éclipsé par la reddition de la 6e armée allemande à Stalingrad quelques jours plus tard.
Toutefois le haut commandement soviétique souhaitant consolider le passage le long du lac Ladoga décide de relancer une attaque avec comme objectif la ville de Mga nœud routier et ferroviaire très important. La prise de la ville par les soviétiques permettant le rétablissement du chemin de fer de Kirov entre Léningrad et Mourmansk.

Durant cette période le front allemand, désormais entre la Néva et le Volkhov se restructure.

Article détaillé : Ordre de bataille lors de l’opération Iskra.

Le 29 janvier les Russes repartent à l’attaque avec 35 bataillons d’infanterie et de chars de la 2e armée de choc] depuis le Nord sur un front de 2 5 km.
Les 30 et 31 janvier les Allemands contiennent les vagues assauts répétées des troupes soviétiques.
Le 1er février, les combats font rage, la défense craque et les Russes pénètrent dans Sinyavo. La 11e DI contre-attaque et repousse les troupes Russes, la ville est de nouveau allemande. La 2e armée de choc ayant subi des pertes terribles, elle n’est plus en état de poursuivre l’offensive et un calme, très relatif règne jusqu’au 9 février ou les deux armées renforcent leurs positions.

 

File:Map 3rd Ladoga-Battle.png

Opération Polyarnaya Zvezda

File:Opasna eta storona.jpg

1944 : les survivants de Léningrad exultent alors que le siège est levé. Sur le mur on peut lire : « Citoyens ! Cette partie de la rue est la plus dangereuse pendant les tirs de barrage ».

Le 10 février, les Russes attaquent à nouveau, mais cette fois au lieu d’attaquer de front, ils attaquent en tenaille, cherchant à isoler la ville de Sinyavo C’est l’Opération Polyarnaya Zvezda également appelée 3e bataille du lac Ladoga. La 55e armée partant deLéningrad et les 4e et 54e armées partant du Volkhov débutent l’offensive, mais l’attaque bloque sur une défense de fer. La 55earmée forte de 44 000 soldats se lance à l’assaut des positions de Krasny Bor défendues par la 250e division d’infanterie dite « division Azul » forte de 4 500 soldats et d’éléments allemands divers de l’ordre de 1 400 soldats. C’est la bataille de Krasny Bor.
L’offensive soviétique marque le pas dès le 1er jour. La Stavka lance alors ses chars lourds qui pénètrent les premières lignes allemandes, sans pouvoir avancer plus. Dans le secteur de la 55e armée les Espagnols de la division Azul résistent superbement et l’attaque soviétique est également stoppée. Au final, l’opération Polyarnaya Zvezda, qui est un nouvel échec pour les soviétiques, aura coûtée pour le seul secteur de Krasny Bor de 11 000 à 14 000 hommes et un nombre identique de blessés. Côté allemand, dans ce même secteur la division Azul perd 3 645 tués ou blessés et 300 disparus ou faits prisonniers soit un taux de pertes de 75 %.
Sachant désormais que Mga ne serait pas prise, les autorités de Léningrad, ordonne la construction d’une voie ferrée sur le terrain conquis au Sud de Schlüsselburg.
Au 23 février, les allemands ont grignotés la totalité du terrain perdu.
La nouvelle voie de chemin de fer de 36 km, construite par des milliers de civils et de prisonniers de guerre, est mise en service 14 jours après le premier coup de pioche. En février la ligne sera empruntée par 69 trains, 157 en avril et 369 en juillet 1943. Léningrad n’est désormais plus isolée.
Le 28 février, au Sud du lac Ilmen, les allemands réussissent le retrait du couloir de Ramouchevo18, large de 4 km, seulement et long de12 km, et de la poche de Demiansk, de l’ensemble de leurs 10 divisions, afin de raccourcir le front de plusieurs centaines de kilomètres. La ville sera libérée par l’Armée rouge le 1er mars.
Le 19 mars, dans le secteur du col de la Bouteille les russes tentent un nouvel assaut qui se solde par un échec.
Début avril, après plusieurs autres tentatives de petites envergures, l’opération Polyarnaya Zvezda prend fin, Mga reste au mains des allemands. Les allemands qui estiment les pertes soviétiques à 270 000 hommes sont bien inférieures aux leurs. Toutefois la destruction de 4 divisions, font défaut car ils manquent désormais cruellement de soldats sur le front de l’Est. Si cette opération est un succès, tactique, allemand, c’est également un succès, stratégique, pour les soviétiques qui ouvrent une liaison terrestre avec Léningrad.

À la fin de 1943, les Russes reçoivent d’importantes quantités d’armes en provenance des nouvelles usines de l’ouest de l’Oural ainsi que des T-34 qui leur permettent de lutter contre les Panzer III et IV allemands. Ils reçoivent également des camions surmontés de lance-roquettes, appelés « Orgues de Staline » par les Allemands et Katiouchas par les Russes. Avec ce nouveau matériel, une offensive est maintenant envisageable pour les Soviétiques.

1944

File:Leningradsko Novgorodskaya operatsya 1944 1 polozhenie storon.jpg

L’opération Novgorod-Luga du 14 janvier-1er mars 1944

File:Krasnoe Selo-Ropsha.JPG

L’opération Tonnerre de Janvier également appelée opération Krasnoselsk-Ropshinsk du 14 au 30 janvier 1944

Siège[modifier]

En janvier 1944, avant leur retraite, les Allemands partirent avec un énorme butin. Ils détruirent ensuite les palais les plus précieux destsars, tels que le Palais Catherine à Pouchkine , le Palais de Pierre le Grand à Peterhof, le Palais de Gatchina à Gatchina, le Palais Constantin à Strelna.
De nombreux autres monuments historiques et des maisons situées dans la banlieue de Saint-Pétersbourg ont été pillées et détruites, et des quantités incalculables de précieuses collections d’art volées par l’Allemagne nazie.
Le siège prend fin le 27 janvier 1944.

Opérations

Une ultime réunion de préparation se tient à Smolny le 11 janvier. Le début des opérations est fixé pour le 14 à partir du secteur d’Oranienbaum, l’attaque à partir des hauteurs de Poulkovo devant être lancée le 15 c’est l’opération Tonnerre de Janvier (ru). Le même jour, 14 janvier 1944, quatre armées russes réparties entre le lac Ilmen et le lac Ladoga soit un front de 18 km) attaquent les positions allemandes, c’est l’offensive Novgorod-Luga (ru). La résistance est vive mais les généraux Kirill Meretskov, commandant du Front de Volkhov, et Leonid Govorov, commandant du Front de Léningrad, effectuent leur jonction le 25 janvier.

Le siège prend fin le 27 janvier 1944.
En mars, les troupes allemandes sont repoussées à 250 km de Léningrad.
Ce blocus, le plus long de la guerre avec ses 28 mois (872 jours), a entraîné la mort de 1 800 000 soviétiques (dont plus d’un million de civils). Quant aux forces de l’Axe, elles ont enregistré la perte de 200 000 de leurs soldats.

Notes, sources et références

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Effect of the Siege of Leningrad on the city » (voir la liste des auteurs)
  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Siege of Leningrad » (voir la liste des auteurs)
  • (ru) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en russe intitulé « Блокада Ленинграда » (voir la liste des auteurs)
  1. ↑ Wykes, Alan (1972), The Siege of Leningrad, Ballantines Illustrated History of WWII, p.9-11
    Brinkley, Douglas & Mickael E. Haskey (2004), The World War II. Desk Reference, Grand Central Press, p.210
  2. ↑ Le tracé de la ligne Staline part de Pskov et suivant le cours de la rivière Velikaïa elle passe par Ostrov, Opochka et rejoint la Dvina dans les environs dePolotsk
  3. ↑ Selon l’historien allemand Werner Haupt.
  4. ↑ L’armée avait 54 912 hommes et disposait de 83 chars et 748 canons et mortiers.
  5. ↑ La position fortifiée de Krasnogvardeisk [archive]
  6. ↑ Écrit également Sheremet’evka et Шереметьевxa en russe. Ce village est situé à l’embouchure de la Neva large à cet endroit de 1 000 mètres
  7. ↑ La cote 167 est également appelée « le mont chauve »
  8. ↑ a, b et c The Oranienbaum Pocket 1944 [archive]
  9. ↑ a, b et c Carte de la poche d’Oranienbaum en 1941 [archive]
  10. ↑ Qui sont en réserve, en seconde ligne ou au repos
  11. ↑ Vzvad également écrit Vsvad est située au bord [archive] du lac Ilmen à environ 20 km au Nord-Nord-Est de Staraïa Roussa
  12. ↑ C’est le 140e régiment d’infanterie soviétique qui attaque
  13. ↑ Orchestral manœuvres (part two). From the Observer [archive]
  14. ↑ Orchestral manœuvres (part one). From the Observer [archive]
  15. ↑ Détachement naval K [archive]
  16. ↑ La 136e division d’infanterie sera rebaptisée 63e division d’infanterie de la Garde après ses exploits lors de l’opération Iskra
  17. ↑ a, b, c et d Sous le nom de WS N°5 ou celui Paselok 5 ou Poselok 5. Il est indiqué que Poselok 5 est une cité ouvrière
  18. ↑ Ecrit Ramushevo ou Ramouchevo
  19. ↑ [1] [archive]

 

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 

 

 

 

 

 

15 janvier 2013

Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Classé sous — milguerres @ 23 h 16 min

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

Chronologie de la Seconde Guerre mondiale 

1933 /1945

 

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1933

  • Début des lois anti-juifs en Allemagne avec le boycott des magasins juifs.
  • 30 janvier Hitler est nommé chancelier du 3 ème Reich par le président Hindenburg.
  • 28 février Incendie du Reichstag. Hitler accuse les communistes et fait interdire le parti communiste allemand (KPD).
  • 23 mars Hitler se fait accorder les pleins pouvoirs par le parlement.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1934

  • 30 juin Nuit des longs coûteaux où les S.A. (Section d’Assaut La Sturmabteilung) sont asssassinés par les S.S. (Sections Spéciales).
  • 2 août Suite au décès du président Hindenburg, Hitler se proclame Reichsführer, chef suprême de l’Allemagne.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1935

  • Les lois de Nuremberg ôtent la citoyenneté allemande aux juifs et leur interdisant tout contact sexuel avec les allemands de race pure, dite Aryenne.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1936

  • 7 mars  Remilitarisation de la Rhénanie.
  • Novembre L’axe Rome-Berlin unissant l’Allemagne et l’Italie est proclamé.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1937

  • Avril Bombardement de Guernica (Espagne) par l’armée Franco aidée de la flotte aérienne allemande (Luftwaffe). Ce bombardement est un vol d’essai pour l’armée aérienne neuve de l’Allemagne nazie.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1938

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1939

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1940

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1941

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1942

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1943

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1944

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1945

 

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 

 

3 janvier 2013

Bizerte, ma ville

Classé sous — milguerres @ 22 h 03 min

retour page d’Accueil Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8retour à la Grande Guerre

Une histoire : Bizerte et la France

La Tunisie et la Grande Guerre

La Tunisie au gré des conflits


Bizerte,  ma ville

source wikipédia

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8note : quelques points tracés ci-dessous seront choisis et traités séparément en fonction des recherches et des documents à ma disponibilité

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8

Bizerte ou Banzart (بنزرت) est une ville du nord de la Tunisie située entre la mer Méditerranée et le lac de Bizerte. Elle est le chef-lieu d’un gouvernorat peuplé de plus d’un demi-million d’habitants.

Localisation

Elle se trouve à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Tunis, la capitale du pays, et à cinq kilomètres du cap Blanc, la pointe septentrionale de l’Afrique. La ville se situe à la pointe sud-est d’un isthme sur la rive nord du canal de Bizerte reliant la mer au lac de Bizerte. Elle est reliée au reste de son aire urbaine située sur la rive sud du canal, formé par la localité de Zarzouna et les villes de Menzel Jemil et Menzel Abderrahmane, par un pont mobile qui débouche directement sur la RN8 menant à Tunis.

Outre la RN8, la ville de Bizerte est reliée à Tunis par l’autoroute A4, ce qui la met à 45 minutes environ de l’aéroport international de Tunis-Carthage. Elle est le chef-lieu d’un gouvernorat qui regroupe aussi les villes de Menzel Bourguiba à vingt kilomètres et Mateur, à 38 kilomètres à l’ouest de Bizerte sur l’axe menant à Tabarka et à la frontière tuniso-algérienne ; il en est de même des regroupements urbains autour d’Utique (32 kilomètres) et des villes de Ras Jebel (36 kilomètres) et El Alia (19 kilomètres) sur l’axe sud menant à Tunis.

Histoire

Antiquité

Petit comptoir fondé aux environs de 1100 av. J.-C. par les Phéniciens3, la ville passe sous l’influence de Carthage après la défaite d’Aghatocle pendant les guerres puniques. Elle est ensuite occupée par les Romains sous le nom d’Hippo, Hippo Accra, Hippo Diaritus ou Zaritus. Sa conquête efface d’un trait neuf siècles d’histoire punique. Démantelée, la ville voit son territoire passer sous la coupe d’Utique qui prend le parti de Rome. Il faudra longtemps pour qu’une nouvelle ville romaine s’érige à la place du site punique d’Hippo Diarrhytus. Sous l’empire romain, Hippo entretient des relations maritimes suivies avec Ostie et Rome, comme en témoigne une mosaïque décorant sa représentation commerciale dans la place des Corporations.

Son nom arabe, Banzart, dérive d’une déformation phonétique de son nom antique4.

Moyen Âge et Époque moderne

La ville est ensuite conquise par les armées musulmanes qui lui donnent son nom actuel. À partir de 1050, le déferlement des tribus hilaliennes provoque l’effondrement de l’État ziride et le pays éclate en une multitude de petites principautés indépendantes. Bizerte n’échappe pas à la tentation séparatiste. La restauration de l’autorité almohade annonce une nouvelle rupture : quelque vingt ans plus tard, l’Ifriqiya accède au statut de province autonome et voit émerger la dynastie hafside.

Bizerte,  ma ville  220px-Entr%C3%A9e_du_fort_de_Bizerte

Entrée du fort de Bizerte construit au XVIe siècle

En 1535, les troupes de Charles Quint prennent la ville, mais les Ottomans les chassent en 15745. Elle connaît alors, grâce à son port, sa première grande période de prospérité. C’est alors une base de course associée à Tunis6. En réaction, la ville subit le bombardement de la marine du roi de France en 1681. Les 4 et 5 juillet 1770, l’escadre du comte de Broves bombarde à nouveau la ville et détruit les installations du port. En 1784 et 1785, ce furent les Vénitiens qui bombardent la ville et le port avec des bombes incendiaires7.

L’abolition de la piraterie en 18188 aurait pu porter un coup fatal à Bizerte mais le lac, dans lequel se reproduisent dorades, soles, mulets, loups et pageots si faciles à piéger quand ils regagnent la mer en empruntant le chenal qui traverse la ville, compense pendant quelques années ces pertes de revenus. Les Bizertins deviennent donc pêcheurs et c’est par centaines de tonnes que le poisson est exporté chaque année vers Tunis, l’Italie et la France.

En 1786, un décret beylical accorde à la France les droits exclusifs de la pêche du corail mais les contrebandiers suivent aussitôt. Génois, Catalans, Vénitiens, Siciliens, Pisans, Corses et Marseillais, ils fondent nombre d’entrepôts et de commerces dans l’îlot de R’baâ mais ne mettent qu’une cinquantaine d’années à détruire les massifs de corail. En 1850, ils ne sont plus que 2 000.

La France obtient la primauté de la ville lors du traité de Berlin en 18789. Les navires de la marine française entrent dans le vieux port de Bizerte durant la campagne de Tunisie en mai 1881 mais, le 18 mars 1884, ils le quittent suite à des pressions diplomatiques des Britanniques qui voient d’un mauvais œil la création d’une base militaire maritime à 250 milles de Malte.

 

 

220px-Bizerte_Port_1890

Plan de Bizerte en 1890

La France entreprend très tôt, en 1886, la construction d’un grand port du fait du rôle stratégique de la ville sur le canal de Sicile avec le creusement du chenal qui n’est achevé qu’en 1892 ; ce canal est creusé pour relier la mer Méditerranée au lac de Bizerte où est aménagée une rade. L’aménagement du port s’accélère notamment sous l’impulsion du capitaine de vaisseau Ponty dans les années 1897-1898, avec la montée de la tension entre la France et le Royaume-Uni, notamment à l’occasion de la crise de Fachoda10. De l’autre côté du lac est fondée la cité de Ferryville, appelée de nos jours Menzel Bourguiba. Sous le protectorat français, la ville croît rapidement : la municipalité de Bizerte est créée par le décret du 16 juillet 188411. En 1898, un pont transbordeur est édifié sur le canal pour joindre la ville à la rive sud du canal ; il reste en service jusqu’en 1909.

En décembre 1920, le gouvernement français autorise l’escadre russe de l’armée des volontaires à se réfugier à Bizerte. Les réfugiés russes sont répartis dans différents camps militaires français proches de Bizerte, notamment Nador, Djebel Kébir, Saint-Jean, Roumi et Chreck ben Chabane. Le dernier navire, le cuirassé Général-Alekseïev, est vendu à un démolisseur en 193512. L’église Saint-Alexandre-Nevski de Bizerte, toujours en service, témoigne de cette époque.

En mars 1939, le reliquat de la marine républicaine espagnole commandée par l’amiral Miguel Buiza Fernandez Palacios est autorisée à pénétrer dans la rade de Bizerte par le gouvernement français. Elle compte trois croiseurs, sept contre-torpilleurs et un sous-marin et transporte 4 300 personnes1

Fichier:Cercle des officiers de terre et de mer - Bizerte.jpg

Cercle des officiers de terre et de mer de Bizerte vers 1900

Résistance au colonialisme

En dépit de relations souvent pacifiques entre les communautés européenne et musulmane, la ville de Bizerte a été un haut lieu de la résistance au colonialisme.

À la fin de 1921, une première cellule du parti nationaliste du Destour est inaugurée dans la médina de Bizerte majoritairement peuplée de musulmans. Les premiers groupes de nationalistes locaux s’organisent à travers le parti et les syndicats autonomes de la Confédération générale des travailleurs tunisiens. En 1924, des heurts éclatent dans le cadre de conflits ouvriers : les émeutes dégénèrent à deux occasions en affrontements14.

En décembre 1932, le mufti de Bizerte, le cheikh Idriss Cherif, promulgue une fatwa déclarant que les Tunisiens naturalisés français sont considérés comme des apostats et ne peuvent être enterrés dans un cimetière musulman. Cette fatwa est un élément clé de la contestation des naturalisations qui constitue l’une des revendications principales des nationalistes tunisiens dans les années 193015.

Le 31 décembre 1932, des incidents ont lieu suite au décès d’un habitant musulman de la ville naturalisé français. Les groupes de Tunisiens se présentent autour du cimetière musulman pour empêcher l’inhumation du défunt dont la famille décide finalement de procéder à l’enterrement dans le cimetière européen. Le jour même, un naturalisé spahi veut enterrer son fils mort jeune dans le cimetière musulman, ce à quoi les habitants s’opposent également. La situation dégénère en affrontements avec intervention sans gravité des forces de l’ordre ; l’enterrement a finalement lieu16.

Le 8 janvier 1938, une manifestation quitte la cellule destourienne de la médina pour protester contre la déportation du leader local du parti, Hassan Nouri. À son arrivée dans la ville européenne, elle est prise à partie par les forces de l’ordre qui ouvrent le feu en faisant six morts parmi les manifestants, dont Salah Ben Ali, et une trentaine de blessés. Les meneurs dont Habib Bougatfa sont ensuite arrêtés17.

Le 13 janvier 1952, c’est lors d’un meeting populaire à Bizerte qu’Habib Bourguiba lance l’appel à la lutte armée afin d’accéder à l’indépendance. Cet appel lui vaut d’être arrêté avec d’autres chefs nationalistes le 18 janvier, prélude au congrès clandestin du Néo-Destour proclamant la lutte armée pour l’indépendance.

 

Seconde Guerre mondiale

Lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Bizerte est l’un des plus importants ports militaires de la Méditerranée. La base aéronavale couvre alors une superficie de 300 km2 et comporte un complexe opérationnel composé de l’amirauté, d’un abri pour les torpilleurs et les sous-marins, d’une base d’aviation maritime (Kharrouba), d’une base d’aviation terrestre (Sidi Ahmed) ainsi que des postes de détection sur les hauteurs de la ville sans oublier l’arsenal et l’hôpital maritime de Sidi Abdallah14. Cette infrastructure et l’emplacement stratégique de la base n’ont pas manqué d’éveiller l’intérêt des forces de l’Axe.

 

Fichier:Bizerta under attack Jan1943.jpg

Bombardement de la ville par des Boeing B-17 Flying Fortress en janvier 1943

À la suite de l’opération Torch, l’amiral Derrien, alors commandant en chef du camp retranché autonome de Bizerte, qui avait initialement invité ses hommes à rejoindre les forces alliés, doit accepter le 7 décembre 1942 de mettre la base à disposition des forces de l’Axe après avoir reçu un ultimatum de trois heures de la part des Allemands. Cette décision prise en partie sous l’influence de Jean-Pierre Esteva, résident général de France en Tunisie aux ordres du régime de Vichy, aurait été aussi motivée par la volonté de protéger les infrastructures militaires et civiles de la ville. Les Alliés en font alors une cible privilégiée de leurs bombardements qui détruisent beaucoup plus d’objectifs civils que militaires18 : alors que le port commandé par Lilienhoff-Zwowitzky est relativement épargné, la ville européenne est détruite à 77 % et les habitants la fuient pour se réfugier tant à Ferryville et Tunis que dans les villages alentour. Déclarée ville interdite, sa prise par les Alliés s’est faite après d’âpres combat au sol14. Les Américains la reprennent le 7 mai 194319.

Le témoignage du docteur Angelo Hesnard, médecin général responsable des services de santé de la marine, rend compte de l’ampleur des ravages subis par la ville et la population, notamment en raison d’une épidémie de typhus qui touche la périphérie de la ville dans le sillage de la guerre18. L’interdiction de résider dans la ville se poursuit après les hostilités et, Bizerte devenant un champ de récupération de produits de construction, elle subit de nuit le pillage des matériaux utiles (tuiles, portes, fenêtres et tuyaux), doublant le nombre des immeubles rendus inutilisables par la guerre. Devant ces ravages, l’éventualité de déplacer la ville sur un terrain nouveau sur la rive sud du canal est envisagée. Une ville nouvelle appelée provisoirement « cité ouvrière » est ainsi bâtie à Zarzouna au printemps 1944. Cependant, les difficultés de financement et la réticence de la population européenne de la ville à s’y installer empêchent la réalisation du projet. La ville est donc reconstruite durant l’après-guerre sur le même site14. Dans le cadre de la reconstruction, l’armée américaine édifie une tour de treize étages faisant office de QG pour ses forces sur le front de mer de la ville.

 

Indépendance

Malgré l’indépendance accordée à la Tunisie en 1956, la France conserve la base de Bizerte jusqu’au 15 octobre 196320, ce qui entraîne de nombreuses tensions entre la Tunisie de Habib Bourguiba et la France de Charles de Gaulle qui atteignent leur paroxysme lors de la crise de Bizerte. (que j’essaierai d’approfondir au cours de mes recherches sur le net, relations, et témoignages, résidant actuellement à Bizerte)

Suite aux tensions entre la jeune Tunisie indépendante et la France sur le délai de l’évacuation de la base aéronavale de Bizerte, des manifestations organisées par le pouvoir tunisien devant le portail de la caserne de Sidi Ahmed se transforment en batailles rangées. Du 19 au 22 juillet 1961, la bataille fait rage dans la ville ; les militaires français seront accusés par les autorités tunisiennes d’avoir utilisé du napalm sans que cela ne soit démontré21. Preuve de la violence de l’épreuve de force, les évènements de Bizerte font officiellement 24 morts et 100 blessés du côté français contre 630 morts (dont une moitié au moins de civils) et 1 555 blessés. Selon le Croissant rouge tunisien, la bataille aurait fait plus de 5 000 morts22.

L’implication de plusieurs individus originaires de la ville dans le complot du 25 décembre 1962 contre Bourguiba aurait été motivée par leur insatisfaction à l’égard de la manière dont il avait géré la crise23.

 

Projet français

Avant les travaux menés par les Français, la communication entre le lac et la mer est établie par deux canaux prenant leur origine dans le vieux port et se rejoignant avant d’atteindre le lac. Leurs contours donnent un aspect original à Bizerte qui est surnommée la « Venise africaine » avec son « pont des Soupirs ». Ces deux canaux envasés et n’ayant qu’une profondeur de un à deux mètres ne peuvent être facilement utilisés pour la navigation de grands navires.

Aussi les nouvelles autorités du protectorat eurent l’idée de couper l’isthme de sable qui sépare le lac de la mer et de créer un nouveau chenal et un nouveau port à l’est de la ville. Le chenal mesurera 800 à 900 mètres de long, 100 mètres de large et neuf mètres de profondeur afin que le nouveau port puisse devenir le plus important de Tunisie et le quatrième de l’Afrique française après Oran, Philippeville et Bône. L’amiral Théophile Aube, pendant son passage au ministère de la marine, projette de transformer le vieux port mais ne peut que faire opérer quelques dragages et c’est en 1890 que commencent les travaux concédés à la maison Hersent et Couvreux pour mettre en communication le lac avec la mer et transformer la rade en un abri sûr. Dans ce but, on décide de construire deux grandes jetées, d’une longueur d’environ un kilomètre chacune, protégeant une étendue de littoral de 1,8 kilomètre et formant un avant-port d’une superficie de plus de 100 hectares.

Entre les musoirs des deux jetées, une ouverture de 400 mètres permet l’entrée simultanée et facile de plusieurs navires. Pour accomplir cet important travail, la Société du port de Bizerte utilise la carrière d’Aïn Meriem, située à quatre kilomètres au nord de la ville, qui fournit les blocs de granit qu’un chemin de fer à voie étroite amène jusque sur la digue. Les jetées, une fois terminées, protègent l’entrée du chenal contre les tempêtes et l’envasement.

Rôle économique

Bizerte possède un port de plaisance, un port de pêche ainsi qu’un port de commerce25.

Favorisé par sa position stratégique sur l’axe traversant la mer Méditerranée et le développement des zones industrielles de la région (Menzel Bourguiba, Menzel Jemil et Utique), le port de commerce de Bizerte a vu transiter 4 790 313 tonnes de marchandises en 2006 dont la quasi-totalité dans le cadre du trafic international26. Près des deux tiers des marchandises sont destinés à l’Europe et près des deux tiers sont constitués d’hydrocarbures26.

L’accès au quai de commerce et au bassin de Menzel Bourguiba se fait par un canal, traversé par le pont mobile, large de 75 mètres et disposant d’un tirant d’air de 13 mètres. Par ailleurs, avec ses quatre bassins de radoub sur le lac de Bizerte et leurs installations, le chantier naval présente des avantages comparatifs par rapport aux chantiers du nord de la Méditerranée grâce à une main d’œuvre qualifiée et à un coût compétitif26. En outre, la proximité du réseau ferroviaire, l’accès à l’autoroute Tunis-Bizerte ainsi que la voie rapide reliant Menzel Bourguiba à Bizerte confèrent au site les atouts d’un port moderne.

Alors que Bizerte est la plus grande base aérienne de Tunisie, elle s’est tournée vers le tourisme, malgré la forte présence de l’armée tunisienne, mais n’a pas réussi à s’ériger complètement en pôle touristique. Au XXIe siècle, la ville se dote d’un pôle de tourisme de plaisance avec Marina Cap 3000 en cours d’achèvement. Doté d’une croisette qui compte plus de 800 anneaux pour des yachts allant jusqu’à 110 mètres de long, le port offre des parkings souterrains pour environ 500 voitures et deux chantiers navals. À cela s’ajoute une résidence haut standing de 48 000 m2 comprenant des appartements, un complexe commercial et un aquarium27,28

 

Fichier:VuePanoramiqueBizerteAout2012.jpg

Vue aérienne de Bizerte en 2012

Jumelages

La municipalité de Bizerte a signé des accords de coopération et de jumelage avec diverses villes à travers le monde29 :

  • Drapeau : Maroc Tanger (Maroc) depuis le 6 août 1976
  • Drapeau de l'Égypte Port-Saïd (Égypte) depuis le 13 janvier 1977
  • Drapeau de l'Algérie Annaba (Algérie) depuis le 12 avril 1985
  • Drapeau de la Grèce Kalamata (Grèce) depuis le 22 juin 1997
  • Drapeau de l'Italie Palerme (Italie) depuis le 6 mars 2001

La ville de Bizerte participe d’autre part à un programme de réhabilitation des centres historiques avec Clermont-Ferrand (France), Marrakech (Maroc) et Braga (Portugal) et entretient des relations privilégiées avec Toulon (France).

Notes et références

  1. ↑ (fr) Recensement de 2004 (Institut national de la statistique) [archive]
  2. ↑ (fr) Données climatiques annuelles (Institut national de la météorologie de Tunisie) [archive]
  3. ↑ Hervé Bourges et Claude Wauthier, Les 50 Afriques : Maghreb, Afrique du Nord-Est, Corne de l’Afrique, Afrique sahélo-soudanienne, Golfe du Bénin, éd. du Seuil, Paris, 1979, p. 68
  4. ↑ (fr) Histoire de Bizerte (Bizerte.org) [archive]
  5. ↑ (fr) David Cohen, Jérôme Lentin, Antoine Lonnet et Aziza Boucherit, Mélanges David Cohen, éd. Maisonneuve et Larose, Paris, 2003, p. 310 [archive]
  6. ↑ Michel Fontenay, « Course et piraterie méditerranéennes de la fin du Moyen Âge aux débuts du XIXe siècle », Revue d’histoire maritime, n°6, 2006, p. 179
  7. ↑ Marc’Antonio Bragadin, Histoire des républiques maritimes italiennes, éd. Payot, Paris, 1955, p. 263
  8. ↑ (fr) Henry Laurens, John Victor Tolan et Gilles Veinstein, L’Europe et l’islam : quinze siècles d’histoire, éd. Odile Jacob, Paris, 2009, p. 291 [archive]
  9. ↑ (en) Controling: Webster’s Quotations, Facts and Phrases, éd. ICON Group International, San Diego, 2008, p. 170 [archive]
  10. ↑ Pascal Venier, « Genèse et développement de la base navale de Bizerte « un Toulon africain » », Stations navales et navigations organisées en Méditerranée, éd. de la Nerthe, Toulon, 2004, pp. 109-122 (ISBN 2913483445)
  11. ↑ (fr) Présentation de la mairie (Municipalité de Bizerte) [archive]
  12. ↑ Adolphe Lepotier, Bizerte, éd. France-Empire, Paris, 1966[réf. incomplète]
  13. ↑ Evelyn Mesquida, La Nueve, 24 août 1944. Ces républicains espagnols qui ont libéré Paris, collection « Documents », éd. Le Cherche-Midi, Paris, 2011, p. 307 (ISBN 978-2-7491-2046-1)
  14. a, b, c et d Noureddine Dougui, Hédi Bouaïta, Abdelouahed Braham et Mourad Ben Jelloul, Bizerte. Identité et mémoire, éd. L’Univers du livre, Tunis, 2006 (ISBN 9973786343)
  15. ↑ Michel Camau et Vincent Geisser, Habib Bourguiba. La trace et l’héritage, éd. Karthala, Paris, 2004, p. 86 (ISBN 9782845865068)
  16. ↑ Jean-François Martin, Histoire de la Tunisie contemporaine. De Ferry à Bourguiba. 1881-1956, éd. L’Harmattan, Paris, 2003, p. 96 (ISBN 9782747546263)
  17. ↑ Roger Casemajor, L’action nationaliste en Tunisie. Du Pacte fondamental de M’hamed Bey à la mort de Moncef Bey. 1857-1948, éd. Sud Éditions, Tunis, 2009, p. 102 (ISBN 9789938010060)
  18. a et b (fr) Conscience d’un homme qui était amiral [archive], témoignages sur l’occupation allemande de Bizerte et le procès Derrien par Angelo Hesnard
  19. ↑ (fr) Paul Sebag, Tunis : histoire d’une ville, éd. L’Harmattan, Paris, 1998, p. 496 [archive]
  20. ↑ (fr) Driss Abbassi, Entre Bourguiba et Hannibal : identité tunisienne et histoire depuis l’indépendance, éd. Karthala, Paris, 2005, p. 32 [archive]
  21. ↑ (en) Rapport de la commission internationale de juristes sur les événements de Bizerte (Bourguiba.net) [archive]
  22. ↑ (fr) [PDF] Anouar Chennoufi, « Bizerte (Tunisie) : trou de mémoire de l’histoire », Tunis Hebdo, 19-25 septembre 2005 [archive]
  23. ↑ Noura Boursali, Bourguiba à l’épreuve de la démocratie. 1956-1963, éd. Samed, Sfax, 2008[réf. incomplète] (ISBN 9789973380814)
  24. ↑ (fr) Ridha Kéfi, « Anastasia, doyenne des Russes de Tunisie », Jeune Afrique, 11 septembre 2005 [archive]
  25. ↑ (fr) Présentation du gouvernorat de Bizerte (Chambre de commerce et d’industrie du nord-est) [archive]
  26. a, b et c (fr) Port de Bizerte – Menzel Bourguiba (Office de la marine marchande et des ports) [archive]
  27. ↑ (fr) [PDF] Projet d’extension et de réaménagement du port de plaisance de Bizerte (Municipalité de Bizerte) [archive]
  28. ↑ (fr) Insaf Boughdiri, « Bizerte dans la cour des grands », Le Renouveau, 27 juin 2010, p. 11 [archive]
  29. ↑ (fr) Coopération internationale (Municipalité de Bizerte) [archive]

retour page d’Accueil Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8retour à la Grande Guerre

Une histoire : Bizerte et la France

La Tunisie et la Grande Guerre

La Tunisie au gré des conflits


Ostduvalderoost |
Nikeairjordan99 |
Donsipeny |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Cercle Généalogique de la D...
| Nikefrair
| Soldeburberryk