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14 avril 2013

Défaite militaire et enjeux d’influence entre pouvoir et opinion publique : l’exemple de la Tunisie entre mai et juillet 1940 Auteur Serge La Barbera

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La Tunisie au gré des conflits  

Défaite militaire et enjeux d’influence entre pouvoir et opinion publique :
l’exemple de la Tunisie entre mai et juillet 1940

Auteur Serge La Barbera 
Docteur en histoire, Université de Limoges.

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8

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Défaite militaire et enjeux d’influence entre pouvoir et opinion publique Tunisie 1940_www.cairn.info

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PLAN DE L’ARTICLE
• LE REFUS AUTOCENTRÉ DE LA DÉFAITE
• L’APPEL ENTENDU DU 18 JUIN
• FLUX ALTERNANTS DE L’OPINION
• DOUTES ET GLISSEMENTS
• L’ACCEPTATION SANS ADHÉSION DE L’ARMISTICE

Si « la nation tout entière participe en fait à la débâcle »[1] de 1940,
les Français de Tunisie qui font partie de la nation française, observent avec un recul que leur permet la distance géographique, la transformation d’affrontements attendus en catastrophe nationale. Dès lors, de juin à juillet 1940, se joue un drame en trois actes entre l’opinion et le pouvoir colonial autour du thème de la poursuite des combats. Si la problématique est claire, les enjeux présentent d’autres subtilités qui notamment différencient la colonie et la métropole. En Tunisie, les nouvelles vont vite et les radios ennemies se chargent de les propager[2] 
Abasourdis, immédiatement solidaires de leurs compatriotes métropolitains, les Français de Tunisie s’interrogent sur la couleur de leur avenir. Après l’abandon du « réduit breton », « le projet de continuer la guerre en Afrique du Nord est beaucoup plus prometteur » comme l’écrit Robert O. Paxton[3]. Le résident général au Maroc et commandant en chef des opérations en Afrique du Nord, le général Noguès, se prononce d’ailleurs en faveur de la poursuite des combats depuis cette partie de l’Afrique, le 18 juin 1940[4). 
Le télescopage des signaux, plus qu’une cacophonie, traduit cette volonté réelle de continuer la lutte, abondamment reprise dès le 21 juin de Tunis jusqu’à Sousse, Bizerte, Mateur, Téboursouk et Sfax.
Le retour de Marcel Peyrouton en Tunisie, le 15 juin 1940[5] , où il a été renommé au poste de résident général par Paul Reynaud en remplacement d’Eirik Labonne – poste qu’il a occupé de 1933 à 1936 avant d’être envoyé au Maroc pour y assurer les mêmes fonctions – déclenche une somme de réactions significatives de l’attitude de la population française de la colonie. Il reçoit notamment 42 lettres, écrites par des Français entre le 19 juin et le 6 juillet 1940. Si elles ne peuvent être considérées comme un sondage grandeur nature, exception faite de certaines lettres[6] , il est possible de les analyser comme des révélateurs d’opinion, comme « la partie visible de l’iceberg »[7] . 
Pour neuf d’entre eux, ces messages sont des télégrammes, le reste se compose de lettres manuscrites de longueur variable, parfois quelques lignes, le plus souvent une ou deux pages et anonymes à 80 %. Les personnes qui écrivent au résident, en mai et en juin 1940, manifestent une opinion dont l’expression pourrait obturer partiellement l’horizon et empêcher de voir les indécis, les indifférents à la catastrophe ou encore ceux qui, au fond de leur cœur, ont pu s’en réjouir, si des rapports de police, l’échange télégraphique entre les autorités civiles et militaires de Tunisie et le gouvernement de Bordeaux, des témoignages ne venaient confirmer la tendance exprimée.
3On ne trouve pas dans ces messages pris dans leur ensemble – même en les considérant les uns après les autres – un sentiment de panique. Ils laissent, au contraire, une impression de fermeté, de détermination. La défaite, qu’elle se profile ou qu’elle soit consommée, est considérée comme inadmissible et personne n’en évoque les circonstances. Pas un mot sur l’importance de la déroute de l’armée, sur la panique qui s’est emparée de la France. L’échec des armes, la guerre perdue, le fait même, est plus grave que la manière. Alors qu’en France, « quiconque a vécu la débâcle de mai-juin 1940 ne s’est jamais tout à fait remis du choc », et les exemples ne manquent pas, depuis les colonies, le regard est plus froid et la pensée plus sereine[8] 
La distance n’allège pas l’abattement dû à l’échec de l’armée française mais elle préserve de l’affolement, de la peur panique, du désespoir.
4Les Français de Tunisie veulent très vite dépasser les faits et essayer de sortir du tourbillon mortifère dans lequel la métropole risque d’entraîner ses colonies. Marcel Peyrouton, personnalité controversée, anticommuniste, haï par la gauche, « Whisky I », comme le surnomment ses ennemis politiques, recueille alors toutes les adhésions[9] . 
Le responsable socialiste Duran-Angliviel, ennemi juré de Peyrouton, dont il a sans cesse réclamé le départ lors de son premier mandat, se déclare soudain favorable à son retour en Tunisie[10] 
« L’homme à poigne et de caractère [...] est de ceux qu’il nous faut en Tunisie dans les circonstances actuelles », déclare-t-il devant les membres du Parti socialiste à Tunis. « Nous devons nous abstenir de toute hostilité contre le représentant de la France, nous devons lui faire confiance », ajoute-t-il, approuvé par l’assistance[11] . 
Moins surprenant, les colons, par leur organe de presse Le Colon français, font connaître leur satisfaction de voir arriver sur le territoire tunisien l’ancien résident général avec lequel ils ont entretenu d’excellents rapports[12] . 
Les Français de Tunisie qui ne veulent pas croire à une défaite, continuent de se mobiliser.

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8LE REFUS AUTOCENTRÉ DE LA DÉFAITE
5De ce côté-ci de la Méditerranée, perdre la guerre signifie surtout – notamment après le 10 juin 1940 – une victoire italienne, une humiliation devant « les voisins italiens » et la remise en cause, non seulement, de la position prééminente des Français en Tunisie, mais aussi, du protectorat lui-même. C’est bien ainsi que l’entend ce « Français qui pleure avec les autres » dans une lettre à l’orthographe approximative. Il « craint d’être l’esclave de l’Italie [lui] qui depuis bien longtemps a su choisir son camp »[13] 

Pour cet homme, vraisemblablement italien naturalisé français, la défaite est génératrice d’angoisse. Alors qu’il a opté pour la nation dominante, sa position s’en trouve non seulement fragilisée mais peut évoluer, dans le cas de la cession de la Tunisie à l’Italie – qui dans de telles circonstances pouvait être perçue comme probable – de manière dramatique. De fait, les lettres reçues par le résident Peyrouton ont une tonalité très largement anti-italienne. La forte mobilisation des 48 personnalités de Mateur n’est certainement pas étrangère au fait que les Français soient minoritaires parmi les Européens de ce contrôle civil[14] 
6Bien sûr la plupart des lettres témoignent d’une réelle douleur de voir la France vaincue et souhaitent un sursaut patriotique, un élan guerrier héroïque, évoqués à travers des images puisées dans l’iconographie de l’histoire de France. « Vivre libres ou mourir sera notre devise à tous. Elle a été celle de nos pères en 1789. »[15] 
Peut-on lire dans une lettre. D’autres choisissent de se référer « aux sans-culotte de 1792 [et exigent] “la levée en masse”, à “la France de Bayard, de Jeanne d’Arc, de Barras, des Sans-culotte de 1792 et des grognards de Napoléon” »[16] 
7Une partie des épistoliers libèrent leur colère, leur acrimonie, trouvent des coupables. Certains réclament « des Blanchard, pas des Gamelin », accusent « l’abus des boissons alcoolisées ». Un « vieux français de France[déplore]la gabegie [...] » et accuse«ces militaires qui paradent au lieu de se battre »[17] 

Dans le flot des réflexions d’humeur, l’antisémitisme n’est pas le moins virulent, quoique très minoritaire[18] 
« Une mère antisémite », telle qu’elle se désigne, s’en prend à « ces hommes aux sentiments haineux[qui]prospèrent alors que tant de sang jeune, encore tout frais vient de couler »[19] 
Cet antisémitisme peut aller jusqu’à désigner des personnalités appartenant à la communauté juive telles que « Paul Guez, avocat à Sousse, et Élie Cohen, directeur de L’Avenir du Centre, le journal de Sousse », rendus responsables de tous les maux de la société[20] 
Ces journées d’incertitude militaire et politique sont d’ailleurs marquées par un mouvement antisémite signalé par le directeur des services de sécurité qui déclare : « Le courant d’antisémitisme déjà signalé à plusieurs reprises semble se généraliser et, dans les conversations, tous les revers et les difficultés sur le plan international ou local, sont imputées aux israélites. »[21] [
Cet antisémitisme n’est pas seulement verbal puisque, dans le même rapport, le rédacteur indique que : « La plupart des tunisiens surtout parmi la jeunesse, qui avaient abandonné la coiffure musulmane, portent depuis quelques jours une chéchia sur la tête ou à la main, pour éviter, disent-ils, d’être pris pour des juifs. »[22

8Les jeunes de la communauté juive ont été parmi les plus vifs opposants au fascisme italien. Par cette lutte au grand jour, par le militantisme au sein des partis de gauche et du syndicat de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), ils se sont exposés au regard des autres communautés comme favorables à une guerre antifasciste. Par syllogisme, ils deviennent les responsables de la défaite. Selon l’expression d’Élie Cohen-Hadria, pendant ces journées de juin 1940 : « On a mangé du juif. »[23]

9L’amertume de la défaite est partagée par l’ensemble des Français du territoire. À partir du 17 juin, il ne s’agit plus de poursuivre la guerre au nom de la France mais d’empêcher que la défaite n’altère l’intégrité des colonies, d’où l’idée d’un « Maghreb solidaire » et d’un « axe Noguès-Peyrouton ». Cette vision transmaghrébine est surtout évoquée par des notables comme Henriette Lafon, fille d’un avocat au barreau de Tunis, qui, depuis Bizerte, demande à Peyrouton de refuser avec Noguès de « céder une partie de l’Empire à qui que ce fut »[24] 
Un délégué au Grand Conseil, Marc Auboine, estime, quant à lui, que « Français et Tunisiens sont prêts à se battre
Suggérer une solution maghrébine pour dépasser l’incertitude politique est une manière détournée de se désolidariser de la France, de se « laver les mains » d’un désastre qui n’est pas celui des coloniaux et dont surtout ils ne veulent pas pâtir. Avant même de savoir et de s’inquiéter du sort de la France, des Français de Tunisie, dont certains ont des responsabilités au sein du protectorat, sont prêts à accepter, parfois à devancer une solution coloniale. Il ne s’agit pas d’une sécession, en aucune façon cela n’est formulé, ni probablement représenté dans les esprits, mais d’une réflexion qui entraîne un positionnement objectif sur la ligne de l’éloignement vis-à-vis de la France si l’intégrité du Maghreb venait à être menacée. Pas un Français en Tunisie, en juin 1940, n’a voulu être entraîné dans la spirale dangereuse de la défaite ainsi que l’écrit Camille Séguin : « La Tunisie, l’Algérie, le Maroc ne sauraient être une marchandise aliénable, susceptible de passer en d’autres mains hors de la volonté de ses habitants, tout comme le Canada et l’Australie vis-à-vis de la Grande-Bretagne. »[26] 
Il s’agit avant tout « de défendre la terre qui nous a vu naître et qui est devenue notre véritable patrie», dit un homme qui appose au bas de sa lettre comme un cri : « Vive la Nouvelle France. »[27] 
Le territoire étant ici perçu comme une « contrée conscientisée »[28] , « la Nouvelle France » devenant, dans un mouvement de translation, le lieu de la renaissance et du renouveau français. Ces écrits, spontanés pour la plupart, révèlent un attachement indéfectible à la France, à la nation française dans son acception spirituelle mais pas nécessairement à l’Hexagone, au territoire métropolitain, lorsque celui-ci n’est plus digne de fierté. 
Pour une fois, l’honneur et l’avenir de la patrie paraissent se trouver de ce côté de la Méditerranée. Cela est une impression majoritaire en Tunisie, partagée par « les hommes du Massilia », par Noguès un temps, par Peyrouton peut-être, et par de Gaulle.

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8L’APPEL ENTENDU DU 18 JUIN
10« Transportés d’enthousiasme et de ferveur par l’initiative du général de Gaule [sic],des Français mettent en vous leur espoir de voir la Tunisie se ranger à ses côtés. Nous ne voulons pas cesser le combat, tel le général de Gaule qui organise la lutte en Angleterre. »[29]
11Les messages, radiodiffusés depuis Londres, du général de Gaulle ont, de toute évidence, été entendus en Tunisie. Éloignés qu’ils sont de la métropole – éloignement renforcé par l’impossibilité momentanée de communiquer avec celle-ci –, les Français vivant en Tunisie sont suspendus aux ondes radiophoniques et, en particulier, celles qui leur permettent d’écouter la BBC, contrepoids des émissions triomphalistes – forcément insupportables – des radios allemandes et italiennes. 
L’habitude de capter des stations étrangères est une raison parmi d’autres qui explique l’audience en apparence large des messages des 18 et 19 juin 1940. D’autre part, le rôle de la rue dans la sociabilité tunisienne permet une diffusion rapide des informations vers le plus grand nombre. 
De plus, la compétition, à laquelle se livrent Français, Italiens et Musulmans, se traduit aussi par le niveau sonore des radios installées dans les cafés ou aux fenêtres.
12Le message du général de Gaulle a de quoi interpeller tous les Français d’Afrique du Nord, puisqu’il s’adresse en partie explicitement à eux[30] 
D’ailleurs, les rapports de police, comme celui du 24 juin 1940, confirment que non seulement la population a écouté les messages du général mais les a entendus[31] 
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« Bien des Français suivent avec beaucoup d’intérêt les allocutions prononcées par le général de Gaulle au poste d’émission (BBC) de Londres. Sauf les critiques adressées au gouvernement Pétain, la population française partage le point de vue du général et verrait avec satisfaction s’organiser un plan de résistance dans l’Empire français. Mais, selon son opinion, cette résistance ne peut être entreprise qu’avec un appui très important de l’Angleterre à l’égard de laquelle une méfiance sembleapparaître dans certains milieux. »[32)
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3Tous les Français de Tunisie interrogés confirment également l’écoute des messages du général de Gaulle, même si, soixante années plus tard, on peut légitimement mettre en questionnement la fiabilité de leur mémoire, en particulier pour un événement aussi chargé de symbolique et si souvent commémoré[33] [33] 
Cependant, on peut mettre en avant le décalage entre « le peuple du désastre » pour reprendre l’expression d’Henri Amouroux et les spectateurs engagés que sont, dans ces instants.là, les Français de Tunisie. 
En l’occurrence, la distance les a placés au cœur d’un nouveau dispositif, au centre des enjeux, l’interface de l’Afrique du Nord en quelque sorte activée par la réception des ondes hertziennes.

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8FLUX ALTERNANTS DE L’OPINION
14L’ambivalence de l’opinion française en Tunisie est pourtant perceptible dès le 20 juin 1940. Dans un nouveau rapport adressé à la Résidence générale, le directeur des services de Sécurité écrit : « J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que l’opinion de la population française reste la même. Partout se manifeste la même impatience de connaître les conditions de l’ennemi, mais, en même temps, l’espoir que la lutte continue. »[34] 
Même si la propre ambivalence du préfet et des autorités résidentielles se manifeste ici au moins autant que celle de la population, il n’est pas moins vrai que, au-delà du désir réel de poursuivre la guerre, de ne pas s’avouer vaincu, de refuser l’humiliation, le devenir de l’Empire a été un élément déterminant[35] 

15Certains refusent tout uniment l’armistice, comme cet homme de Metlaoui, qui, dans une lettre du 22 juin, affirme que « les discours du maréchal Pétain ont été sifflés[et qu’]il y a vraiment un état d’esprit unanime qui ne comprendra jamais une abdication quelle qu’elle soit ». Un certain Berry de Sfax dit sensiblement la même chose. Pour eux, « le général de Gaule [sic] mène un combat sacré»et ils souhaitent « que Dieu l’aide dans son entreprise »[36] 
Cette volonté de poursuivre la lutte se manifeste dans tout le pays, en milieu urbain comme en milieu rural, parmi les fonctionnaires, les « étudiants au collège de Sousse », les colons – y compris les Zeller –, des officiers, des artisans, des commerçants, des militants socialistes[37] 
Beaucoup emploient le terme de résistance qui n’est pas neutre. S’il n’est pas employé par Noguès, Le Beau ou Peyrouton, il l’est en revanche par de Gaulle. Rien n’autorise cependant à considérer qu’il s’agit là d’une forme d’engagement[38] et d’une résistance préfigurant une opposition au régime de Vichy. Il arrive pourtant que les modes d’actions envisagés par les opposants à l’armistice soient déjà ceux de la clandestinité comme ces tracts distribués anonymement dans les cafés de l’avenue de Carthage à Tunis le 24 juin :
_____________________________
« Le territoire déjà occupé reste sous l’occupation allemande. Les prisonniers allemands seront rendus et les prisonniers français resteront internés en Allemagne jusqu’à la signature de la paix.
« La Flotte sera désarmée et internée dans des ports que l’on désignera ultérieurement.
« Une partie de la marine marchande continuera d’assurer le trafic entre la France et les Colonies sous contrôle des Allemands et des Italiens.
« Le matériel d’aviation sera livré aux Allemands.
« Les postes de la Radio Française seront confisqués jusqu’à la paix.
« Désarmement des troupes et remise des armes aux Allemands.
« Le libre passage en France du trafic italien et allemand.
« Les gouvernements des colonies françaises continueront sous le contrôle des Allemands et des Italiens. [...]
« Le général de Gaule a constitué un Comité français pour sauvegarder les intérêts de la Patrie. Ce comité a été reconnu par le roi d’Angleterre [...]. »[39 

16Ce tract prouve que de Gaulle pouvait compter sur des relais en Tunisie, dès les premiers jours qui ont suivi l’armistice, sur des gens capables de réfléchir à leur action, de s’engager et de s’organiser. S’il n’est pas possible de connaître l’impact réel de cette action sur la population ni le nombre exact de participants, il s’agit tout de même d’une attitude résistante, consciente. 
Les auteurs du tract – la police estime qu’il est le fait d’un groupe de personnes – précisent que « le général de Gaule a été destitué par le gouvernement français de ses fonctions », ce qui signifie que les risques de la dissidence et de l’action illégale sont assumés.
17L’ensemble de la population française avait le sentiment, en campant sur le refus de la défaite, de suivre ses propres intérêts tout en faisant preuve de loyalisme puisqu’elle se trouvait en accord avec les représentants légaux de la France dans toute l’Afrique du Nord. D’où, sans doute, l’amicale pression exercée sur Peyrouton par le courrier qu’il reçoit et où il lui est simplement demandé de prendre une position officielle et de « proclamer lui-même la résistance »[40] .
Cette décision pouvait d’autant moins être prise que Marcel Peyrouton a eu une position ambiguë, partagé entre la volonté de préserver l’intégrité de l’Afrique du Nord sous la responsabilité du commandant de l’AFN et ses sympathies qui allaient de toute évidence vers les futurs hommes de Vichy ; la projection qu’il se faisait des événements était en ce sens significative[41] 

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8DOUTES ET GLISSEMENTS
18La proclamation du général Noguès du 24 juin 1940 est révélatrice des doutes qui assaillent les responsables d’Afrique du Nord et au-delà, l’opinion française d’Afrique.

« L’armistice est signé mais le gouvernement en réponse à des démarches pressantes traduisant les vœux de l’Afrique du Nord tout entière, me fait connaître que :
« 1 / Il ne saurait être question d’abandonner sans combattre, à l’étranger, tout ou partie des territoires où nous exerçons soit la souveraineté, soit le protectorat ;
« 2 / L’hypothèse de l’occupation militaire, par une puissance étrangère d’une partie quelconque de l’Afrique du Nord exclue ;
« 3 / Le gouvernement n’est pas disposé à consentir une diminution des effectifs stationnés dans ces territoires.
« Pour le moment, l’intégrité de l’Afrique du Nord et de ses moyens de défense paraît assurée.
« Je renouvelle donc mes appels au calme, à l’union, à la discipline et à la confiance dans l’avenir de notre pays. »[42

19Cette déclaration, replacée dans son contexte historique, laisse percer une inquiétude qui est d’ailleurs perçue par le directeur des services de Sécurité, qui dans une note adressée à l’Administration générale à Tunis, affirme que : « Les familles françaises [...] commentent abondamment les réserves contenues [dans la déclaration de Noguès] qui laisse à nos compatriotes l’impression que leur sécurité en Afrique du Nord est encore bien aléatoire. »[43]

20Ces deux hommes, Noguès et Peyrouton, très influents en Afrique du Nord, n’ont pas voulu ou n’ont pas pu, par principe pour l’un, par conviction pour l’autre, désobéir et entrer en dissidence. Ils ont cependant laissé planer le doute, favorisant l’élaboration de théories résistantes et parfois même de fantasmes. Ils ont entraîné ou accompagné une opinion qu’ils ont tentée par la suite de rattraper et de contrôler. Dans leurs rapports quotidiens sur l’état de la population de Tunis, les rédacteurs des services de Sécurité affirment le 24 juin 1940 que : « La nouvelle de la signature de l’armistice avec l’Allemagne n’a provoqué aucune surprise dans la population française qui est de plus en plus persuadée de l’inefficacité de la résistance contre les armées du Reich [...] et que nous sommes dans l’obligation de nous incliner devant la puissance militaire allemande. » Il n’en demeure pas moins vrai, toujours selon la même source, que « la population française partage le point de vue du général de Gaulle », ce qui reflète bien l’ambivalence de l’opinion[44] 
Face à cette attitude désormais inacceptable pour un Peyrouton qui a défini son option, comme pour balayer les doutes résiduels dans l’opinion laissés par le message de Noguès, dans une allocution, comme une réponse à de Gaulle, comme un prolongement de celles du maréchal Pétain, il déclare le soir du 24 juin :
__________________
« Cet armistice réserve l’honneur de la France, assure la défense et l’intégrité de l’Afrique du Nord. » [Il reprend ensuite les trois points développés par le général Noguès et conclut] : « Et désormais votre devoir est net : c’est le mien. Tous par notre travail, notre attitude, la confiance inébranlable dans les destins de la France immortelle, tous soulevés par une volonté unanime de reconstruction nationale, dans la purification de l’effort quotidien, nous devons maintenir la cohésion, l’union, subir les disciplines dont le rejet ou l’oubli nous amenèrent à la limite de l’abîme. »[45]

1Le discours du résident général est, en fait, un propos militant en faveur de l’armistice et du maréchal Pétain et le situe dans l’orbite du nouveau régime. L’impact sur la population que confère la fonction résidentielle, la popularité qui a été la sienne parmi les Français de Tunisie lors de son premier mandat et le besoin conjoncturel de se référer à une personne investie d’un pouvoir institutionnel, ont permis à Marcel Peyrouton de colmater les brèches dans une opinion chancelante et de la dompter : « Écoutée par toutes les familles françaises qui attendaient des déclarations importantes [et qui ont manifesté] partout un grand soulagement en apprenant que le gouvernement Pétain s’était opposé à toute occupation militaire étrangère de nos possessions coloniales et n’avait consenti à aucune diminution des effectifs stationnés dans ces territoires »[46] , cette déclaration favorise le passage de l’opinion française de Tunisie d’un refus global de la défaite et de l’armistice, à son acceptation.

L’ACCEPTATION SANS ADHÉSION DE L’ARMISTICE
22Même si des membres de la communauté française manifestent un enthousiasme ostentatoire, d’autres demeurent toujours inquiets. À la peur du futur immédiat, détournée par l’intervention de Peyrouton, succède l’angoisse du long terme. « De nombreux Français en viennent à se demander si les conditions de paix ne démentiront pas les espérances que paraissent laisser encore dans l’Afrique du Nord les conditions d’armistice et considèrent qu’il y a lieu de se méfier d’une supercherie de la part de l’Allemagne, toujours possible. »[47] 

Contrairement aux vœux de la Résidence générale, les alliés d’hier ne se sont pas transformés subitement en ennemis. Même si, peut-être pour complaire à sa hiérarchie, le directeur des services de Sécurité affirme que « les sentiments anglophiles paraissent perdre du terrain », il estime néanmoins que « malgré tout, beaucoup de nos compatriotes pensent encore que la France ne restera pas sur une si sévère défaite et que l’Angleterre peut encore vaincre»[48] 

À travers la formulation d’une victoire anglaise, c’est sans doute le désir de continuer le combat qui se manifeste. Une sorte de guerre par procuration dans laquelle le général de Gaulle pourrait jouer un rôle.
24Alors que la population hexagonale qui a subi directement le poids des événements est abasourdie, en Tunisie, l’attentisme cache une certaine vigueur. L’étude de l’évolution des sentiments anglophiles, considérée comme un marqueur, peut en rendre compte. Une fois signé l’armistice, les nouveaux dirigeants du pays n’ont qu’une hâte, démontrer qu’il n’y avait qu’une voie possible, que toute résistance face à l’Allemagne eût été vaine et suicidaire. En Tunisie, comme en France, l’Église affirme son soutien au nouveau régime et travaille l’opinion notamment par la voix de l’archevêque de Carthage, primat d’Afrique, Mgr Gounot, qui prononce des homélies sans ambiguïté[49]

Pourtant, malgré Mers-El Kébir, jamais la cote d’amour de l’Angleterre n’a faibli au sein de l’opinion française de Tunisie et, si la popularité du général de Gaulle a été concurrencée par celle du maréchal Pétain, elle ne s’est jamais éteinte, pour perdurer d’ailleurs en un attachement qui est allé au-delà de l’après-guerre. L’armistice a certes soulagé les Français de Tunisie mais il n’a pas fait disparaître les inquiétudes, ni le ressentiment, qu’ils continuaient d’éprouver vis-à-vis de l’Italie, la nation qu’ils considéraient comme leur véritable ennemi.
25Dans le cas d’une défaite militaire, une opinion publique exerce une pression plus forte que d’ordinaire sur le pouvoir politique. Elle réagit à chaud et son attitude est déterminée par ses craintes majeures : peur de l’ennemi, angoisse du lendemain, inquiétude de perdre une position. Si l’opinion française en juin 1940 était prête à accepter l’arrêt des combats, en Tunisie elle optait pour une attitude inverse mais, dans un cas comme dans l’autre, les populations s’en sont remises aux autorités légales, quitte à manifester plus tard, dans des formes multiples, leurs doutes ou leur réprobation. Les moments de tension internationale majeure font surgir chez les gouvernés un désir fort d’être rassérénés et guidés par le pouvoir autant que par les leaders d’opinion. La sortie de guerre est une réponse à l’entrée en guerre, et il est intéressant de constater qu’en Tunisie, une opinion publique favorable à la poursuite des combats en 1940 répond à une opinion nettement belliciste en 1939.

NOTES
[ 1]Yves Durand, La France dans la Seconde Guerre mondiale, Paris, Armand Colin, 1993 (2e éd.), « Cursus », p. 17. 
[ 2]Notamment Radio Bari et Radio Berlin avec des émissions en arabe destinées aux Tunisiens musulmans. 
[ 3]Robert O. Paxton, La France de Vichy, Paris, Le Seuil, 1973, p. 18. 
[ 4]Il adresse le 18 juin au général Weygand, après avoir entendu le premier message de Pétain le 17 juin, un télégramme en ce sens. Il y fait en substance, état du désir des hommes de se battre, l’inventaire du matériel dont il dispose et dresse un bilan géostratégique de la situation depuis l’Afrique du Nord. 
[ 5]Son retour depuis Buenos Aires où il occupait la fonction d’ambassadeur de France lui a pris un certain temps. Pendant ce temps, Eirik Labonne se retrouvait en poste à Moscou. 
[ 6]Ministère des Affaires étrangères (MAE), Archives diplomatiques de Nantes, protectorat Tunisie (ci-après ADN-Tunisie), premier versement, carton 332, papiers personnels des Résidents généraux. 48 personnalités de Mateur sur les quelque 398 personnes que compte la communauté française de cette ville, soit environ 12 % de celle-ci, manifestent leur volonté de poursuivre la guerre. Si ce n’est un sondage dans toute sa rigueur, c’est en tout cas une manifestation importante d’une opinion favorable à la poursuite des combats. Mateur, ville de la Medjerda est un centre important de colonisation où les colons tiennent une position enviable. Parmi les signataires de cette lettre, nous retrouvons des personnes connues comme la famille Zeller et en tout 11 membres du PSF en 1939 (après recoupement avec les listes établies par la Sûreté, 2mi 254, partis politiques). Si cette lettre a un poids supérieur aux autres par le nombre des signataires, celle qui émane du conseil municipal de Saint-Germain, qui exprime l’opinion de personnalités françaises également positionnées socialement, cette fois-ci en milieu urbain, est également à distinguer des autres. 
[ 7]Jean Estèbe utilise cette expression à propos des lettres adressées au Commissariat général des questions juives à Toulouse (Jean Estèbe, Les Juifs à Toulouse et en Midi toulousain au temps de Vichy, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 1996, p. 45). 
[ 8]Robert O. Paxton, La France de Vichy,op. cit., p. 15. 
[ 9]Juliette Bessis, Maghreb, la traversée du siècle, Paris, L’Harmattan, 1997, p. 92. 
[ 10]Élie Cohen-Hadria estime en revanche comme une erreur le retour de Peyrouton en Tunisie, Du protectorat français à l’indépendance tunisienne : souvenir d’un témoin socialiste de son temps,Nice, Centre de la Méditerranée moderne et contemporaine, 1976, p. 100-102. 
[ 11]MAE (ADN-Tunisie), premier versement, 2mi 673, bulletin quotidien d’information de la résidence, dossier 1, bulletin du 7 juin 1940. Élie Cohen-Hadria donne une autre version. Dans Tunis socialiste, Duran-Angliviel a écrit : « La patrie est en danger. Nous n’avons pas à savoir qui le gouvernement de la République nous envoie pour diriger les destinées de la Tunisie en ces heures sombres. Nous nous rangeons derrière lui parce qu’il représente la France. » Voir É. Cohen-Hadria, Du protectorat français…,op. cit., p. 149 ou encore, BN de Tunis, section des périodiques,Tunis socialiste du 6 juin 1940. 
[ 12]Ibid., bulletin du 7 juin 1940. 
[ 13]MAE (ADN-Tunisie) premier versement, carton 332, papiers personnels des résidents généraux, lettres reçues par Marcel Peyrouton entre le 19 juin et le 6 juillet 1940. Elles ne sont pas classées. 
[ 14]Les Européens de Mateur sont avant-guerre 1624 (sur une population totale de 7 416 personnes) dont 1 169 Italiens et 398 Français. Le reste de la population européenne se composant de 44 Maltais, 6 Espagnols et de 4 autres Européens n’appartenant pas aux principales nationalités répertoriées sur le territoire tunisien. 
[ 15]MAE (ADN-Tunisie), premier versement, carton 332. 
[ 16]Ibid. 
[ 17]Ibid. 
[ 18]Deux lettres sur les 42 sont franchement antisémites et une autre l’est de manière moins directe. 
[ 19]La première des deux lettres antisémites, écrite par une femme d’âge mûr (elle déclare avoir de grands enfants) et appartenant à un milieu social modeste ou du moins n’ayant pas fait beaucoup d’études, sa lettre étant truffée de fautes d’orthographe. 
[ 20]Deuxième lettre antisémite d’un homme âgé de Sousse qui est plus proche d’un règlement de comptes entre lui et deux notables juifs. 
[ 21]MAE (ADN-Tunisie), 2mi 778, rapports de police, note adressée le 20 juin 1940 au directeur de l’Administration générale et communale.
[ 22]Ibid. 
[ 23]Élie Cohen-Hadria, Du Protectorat français…,op. cit., p. 154. À travers cette locution, il désigne les Français de Tunisie et non les Tunisiens. 
[ 24]MAE (ADN-Tunisie), carton 332, la lettre d’Henriette Lafon fait partie des lettres signées à titre individuel comme celle de Marc Auboine, délégué au Grand Conseil, d’Eugène Lemain, chef d’entreprise, de Camille Séguin ou dans une certaine mesure celle de Mateur. D’autres sont signées au nom d’un groupe. 
[ 25]Les Anciens Combattants de Metlaoui, de Moulares ou encore un chef d’entreprise originaire d’Arras, Eugène Lemain, font valoir auprès du résident général la force numérique que représente la population musulmane. Noguès emploie également cette supériorité numérique comme un argument permettant de défendre sa position en faveur de la poursuite de la guerre pendant les pourparlers d’armistice. Cela rejoint la vision du gouvernement français en janvier 1939, exprimée plus ou moins nettement par É. Daladier lors de son voyage tunisien. 
[ 26]MAE (ADN-Tunisie), carton 332. Camille Séguin s’exprime au nom du conseil municipal de Saint-Germain dans la banlieue de Tunis, avec le poids aussi que lui confère sa qualité de responsable du Parti radical de Tunisie. 
[ 27]Ibid., carton 332. 
[ 28]Roger Brunet, Les mots de la géographie,dictionnaire critique, Montpellier, GIP RECLUS – La Documentation française, 1993, « territoire ». Il évoque également un « espace approprié avec conscience d’appropriation ». 
[ 29]L’orthographe a été respectée parce qu’elle signifie une connaissance exclusivement orale de De Gaulle. Les personnes qui évoquent de Gaulle ne le connaissent pas ou presque pas ; une d’entre elles allant même jusqu’à le comparer à D’Annunzio à Fiume. 
[ 30]Notamment lorsqu’il évoque : « l’Afrique du Nord française, l’Afrique du nord intacte [...] l’Afrique de Clauzel, de Bugeaud, de Lyautey, de Noguès ». 
[ 31]« On ignore quel est l’impact en AFN de cet appel », estime Christine Lévisse-Touzé dansL’Afrique du Nord dans la guerre, 1939-1945, Paris, Albin Michel, 1998, p. 72. Pourtant il semble bien, plusieurs sources le confirmant, que cet appel a reçu un écho favorable en Tunisie malgré sa censure dans la presse imposée par le général Noguès. 
[ 32]MAE (ADN-Tunisie), 2mi 778, état et mouvements de l’opinion entre juin et juillet 1940, rapport du préfet directeur des services de Sécurité daté du 24 juin 1940, fol. 374. Certaines affirmations du directeur de la Sécurité n’engagent que lui et sa conception des rapports hiérarchiques avec le résident Peyrouton. D’autres sources démontrent que les Français n’étaient pas animés globalement de sentiments anglophobes. D’ailleurs, l’emploi abusif des modalisateurs traduit le manque de certitude et la prudence du rédacteur. 
[ 33]33 anciens de Tunisie ont répondu soit directement (15), soit par retour de questionnaire à des questions précises mais faisant appel à leur souvenir. Pour cela, voir Serge La Barbera, Les populations françaises de Tunisie de la fin des années 1930 au début des années 1950 : attitudes, comportements, représentations, thèse de doctorat d’histoire, Toulouse-Le Mirail, 2002, 2 vol. 
[ 34]MAE (ADN-Tunisie), 2mi 778, état de l’opinion entre juin et juillet 1940. 
[ 35]Cette question a d’ailleurs été au cœur des discussions entre vainqueurs et vaincus. 
[ 36]MAE (ADN-Tunisie), carton 332, papiers personnels des Résidents, courrier adressé à M. Peyrouton. 
[ 37]É. Cohen-Hadria, op. cit., p. 151. « Pour nos camarades, aucun doute : il fallait continuer le combat», écrit-il. Les Zeller sont des colons très aisés de Mateur, membres du PSF avant la guerre. 
[ 38]Le désir de résister exposé par ces personnes qui se sont manifestées autour du 22 juin 1940 ne s’est pas inscrit dans la durée et est resté au niveau « de la bouteille à la mer ». Il n’a pas été, pour la majorité, oralisé ni surtout rendu public, selon les critères de l’engagement définis par Antoine Prost, Vingtième Siècle,Revue d’histoire, « Changer le siècle », octobre-décembre 1998, numéro spécial, p. 14-26. 
[ 39]MAE (ADN-Tunisie), carton 1899, fol. 117 et 118, rapports de police, un double de ce tract est transmis au résident général par le commissaire Benoiton. 
[ 40]Élie Cohen-Hadria, op. cit., p. 151. Persuadés que le résident général ne manquerait pas d’agir ainsi, les responsables de Tunis socialiste envoient aux services de la Résidence chargés de la censure, le numéro du journal appelant à la poursuite des combats et à la résistance. 
[ 41]Il répond à Gaston Palewski, ancien chef de cabinet de Paul Reynaud, de passage à Tunis le 20 juin : « Voyons [...], vous êtes naïf, les Anglais sont déjà en train de négocier avec Hitler. » Cité par Jean Lacouture, De Gaulle,le Rebelle, Paris, Le Seuil, 1984, p. 376. Devant le consul de Grande-Bretagne, il déclare : « Convainquez Noguès, c’est de lui que tout dépend » (ibid.). Dès le 18 juin 1940, il déclarait à Radio Tunis, dans une allocution : « Le maréchal Pétain, la plus pure figure des temps présents, s’est vu, sous la pression de circonstances inéluctables, obligé d’examiner dans quelles conditions il pourrait honorablement être mis fin à un carnage [...].Peut-être un jour, la France mutilée et plus glorieuse que jamais, devra-t-elle déposer les armes [...] l’honneur reste. » La version intégrale de cette allocution a été reproduite dans La Dépêchetunisienne du 19 juin 1940, BN de Tunis, section des périodiques. On peut supposer, et malgré le flou entretenu, compte tenu du rôle qu’il a joué quelques semaines plus tard dans le premier gouvernement Laval à Vichy, que sa position était définie. 
[ 42]BN de Tunis, section des périodiques, Le Petit Matin du 25 juin 1940. 
[ 43]MAE (ADN-Tunisie), 2mi 778, fol. 376. Il met en exergue la phrase en question qui a, semble-t-il, beaucoup inquiété la population française. 
[ 44]Ibid. ou encore carton 1899, fol. 114. 
[ 45]BN de Tunis, section des périodiques, Le Petit Matin du 25 juin 1940. 
[ 46]MAE (ADN-Tunisie), 2mi 778, fol. 376. 
[ 47]Ibid., 26 juin 1940, fol. 377, rapport du préfet de la Sécurité. 
[ 48]Ibid. 
[ 49]Serge La Barbera, « L’Église d’Afrique face au nouveau régime. L’attitude de Mgr Gounot, primat d’Afrique : une ambivalence coloniale », J. Cantier, E. Jennings (dir.), L’Empire colonial sous Vichy, Paris, Odile Jacob, 2004, p. 287-299. 

RÉSUMÉ
En juin 1940, tandis que s’annonce la défaite de l’armée française, que la panique s’empare de la France, dans les colonies du Maghreb, et particulièrement en Tunisie, l’opinion paraît favorable à la poursuite des combats. La voix du général de Gaulle est entendue et son discours est apprécié. La peur de voir le Protectorat passer sous contrôle italien détermine les attitudes et il faut toute la conviction des autorités en place pour faire accepter l’armistice. L’opinion française de Tunisie est avant tout légaliste et ce réflexe est renforcé par les circonstances mais le développement de la guerre fait surgir, à la fois, une affection pour de Gaulle, et pour les Alliés.

Défaite militaire et enjeux d’influence entre pouvoir et opinion publique : l’exemple de la Tunisie entre mai et juillet 1940
In June 1940, while the French Army is in rout and panic is taking hold of France, public opinion in French North Africa, especially in Tunisia, seems in favour of continuing the fight. General de Gaulle’s voice can be heard and his appeal is applauded. The fear of seeing the Protectorate falling under Italian control is uppermost in the mind, and the authorities are hard put to persuade the people to accept the armistice. Opinion in French Tunisia is above all legalist, and this reflex is reinforced by circumstances, but as the war proceeds it fosters a more popular image of de Gaulle and of the Allies.

 

POUR CITER CET ARTICLE
Serge La Barbera « Défaite militaire et enjeux d’influence entre pouvoir et opinion publique : l’exemple de la Tunisie entre mai et juillet 1940 », Guerres mondiales et conflits contemporains 2/2007 (n° 226), p. 109-120. 
URL : www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2007-2-page-109.htm. 
DOI : 10.3917/gmcc.226.0109.   

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La Tunisie au gré des conflits  

 

 

1 avril 2013

Les opérations SAS en Bretagne

Classé sous — milguerres @ 21 h 24 min

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 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  

6 juin Le débarquement de Normandie    

 

Les opérations SAS en Bretagne

Les opérations SAS en Bretagne deb3

 

Les opérations SAS en Bretagne furent des opérations menées par des SAS français en Bretagne à partir de la nuit du 5 au 6 juin 1944, en soutien au débarquement de Normandie pendant la Seconde Guerre mondiale. Le but de ces commandos était d’empêcher les troupes allemandes présentes en Bretagne de rejoindre le nouveau front ouvert en Normandie. Ce furent les premières troupes alliées engagées sur le territoire français dans le cadre de l’opération Overlord. Ces opérations se terminèrent lorsque l’avance alliée permit de libérer la majeure partie du territoire breton, en août 1944, à l’exception des ports de Brest, de Lorient et de Saint Nazaire.

En janvier 1942 en Égypte, le major britannique Stirling, fondateur et chef des SAS, intègre à son unité, le L detachment of the SAS Brigade, les parachutistes de la France libre de la 1re Compagnie de l’Infanterie de l’Air du capitaine Bergé. Ces hommes sont alors chargés d’effectuer des missions de sabotage et de harceler les forces de l’Axe en Crête, en Libye et en Tunisie. De retour en Grande-Bretagne en avril 1943, deux bataillons voient finalement le jour en novembre : le 3e Bataillon d’Infanterie de l’Air (BIA) sous le commandement du capitaine Pierre Chateau-Jobert, surnommé Conan , et le 4e BIA dirigé par le commandant Pierre-Louis Bourgoin surnommé le manchot2. Finalement, ces deux unités de parachutistes français sont intégrées au sein de la brigade SAS placée sous le commandement du général Roddy McLeod (remplaçant de Stirling, capturé) sous les dénominations de 3rd SAS et 4th SAS.

Buts et moyens

Lorsque la Normandie est choisie comme lieu de débarquement, il est vital pour la réussite de l’opération que les Allemands ne renforcent pas rapidement le front. L’opération Fortitude a pour but de faire croire aux Allemands que le débarquement en Normandie n’est qu’une diversion, et qu’un second débarquement est prévu dans le Pas de Calais, afin que les troupes allemandes stationnées dans le Nord de la France et en Haute Normandie y restent. Pour prévenir le risque que les troupes allemandes stationnées en Bretagne (principalement surtout des supplétifs ukrainiens ou russes) ne rejoignent rapidement le front normand, les Alliés décident que la nuit précédant le débarquement, une partie des SAS français seront larguées en Bretagne afin d’y mener des opérations de sabotage et de guérilla.

Les SAS français, s’appuyant sur la Résistance locale, doivent mener une guérilla contre les troupes allemandes, et des opérations de sabotage des voies et des moyens de communication. Les 85 0003,4 soldats allemands et troupes supplétives, soit huit divisions, doivent être bloqués en Bretagne pendant toute la bataille de Normandie.

Pour cela, à J-1, quatre sticks SAS, respectivement aux ordres des lieutenants Marienne, Déplante, Botella et Deschamps, embarquent dans deux quadrimoteurs Short Stirling de la RAF à destination de la Bretagne. Ils sont largués deux à deux dans le sud et le nord de la péninsule bretonne afin de préparer le terrain pour d’autres parachutages qui suivront les jours suivants.

Les deux premières équipes sont donc parachutées le 6 juin à 0 H 30 dans le Morbihan près de Plumelec à 15 km du maquis de Saint-Marcel, pour établir une base et armer lesrésistants locaux ; les deux autres sont « droppés » en forêt de Duault dans les Côtes-d’Armor. Leur mission est d’établir des bases de guérilla dont les noms de code sont respectivement Dingson et Samwest.

 

Opération Samwest

Sous le commandement des lieutenants Deschamps et Botella, 18 commandos français du 4th SAS français furent parachutés près de la forêt de Duault dans les Côtes-du-Nord, à une trentaine de kilomètres de Guingamp. La première phase de la mission consistait à établir une base sûre dans la péninsule bretonne, nom de code Samwest, près de Saint-Brieuc, et d’entrer en contact avec la Résistance locale, puis établir des zones de parachutage et d’atterrissage pour le bataillon. Jusqu’au 9 juin, 116 SAS français furent parachutés sur Samwest. En se rendant compte du potentiel de la Résistance locale, il fut décidé de l’intégrer aux opérations de guérilla contre les troupes allemandes.

Le 12 juin, l’armée allemande passe à l’assaut du rassemblement, mais obtint seulement la dispersion des SAS et résistants formés. Une partie des dispersés rejoignit Dingson.

Opération Dingson

Un premier groupe de 18 commandos (sticks des lieutenants Marienne et Déplante) avait été parachuté près de Plumelec, dans le Morbihan, non loin de Vannes. Leur but était d’établir la base Dingson où seront parachutés ensuite d’autres SAS. Immédiatement après leur parachutage, ils durent combattre des troupes supplétives allemandes (des Ukrainiens et Géorgiens de l’ armée Vlassov). Une heure plus tard, la première victime du début de l’opération Overlord2, le caporal Émile Bouétard, un Breton, fut blessé près de Plumelec, puis achevé. (dès 1942, Hitler avait demandé que les commandos SAS faits prisonniers soient exécutés2). Marienne avait également perdu dans l’opération ses radios. Jusqu’au 18 juin, 160 soldats français du 4th SAS (dont son commandant, Bourgoin, auquel les Anglais offrirent un parachute tricolore) furent parachutés sur la base Dingson installée au maquis de Saint-Marcel5,6.

Un grand stock de matériel fut aussi parachuté chaque nuit sur la zone de largage (DZ ou drop zone) « Baleine » (située comme le P.C à la ferme de la Nouette, sur la commune deSérent), y compris, peu avant l’attaque allemande, quatre jeeps et des mitrailleuses. Mais les jeeps atterrirent en partie dans les arbres, et les mitrailleuses furent endommagées : la puissance de feu de l’escadron motorisé s’en trouva amoindri. Une partie des survivants de Samwest avait alors rejoint la base Dingson ainsi que quelques cooneys parties venus se réarmer. La défense allemande locale attaqua le maquis le 18 juin. Les pertes, côté français furent d’une trentaine de victimes, les Allemands achevant les blessés. Après la bataille, les troupes allemandes, aidés de collaborateurs français, traquèrent les survivants, SAS et maquisards7.

Opération Cooney Parties

58 parachutistes répartis dans 18 sticks de 3 à 5 hommes furent parachutés dans la nuit du 7 au 8 juin dans le cadre de l’opération Cooney Parties. Largués en différents endroits de la Bretagne et sans comité d’accueil, ils étaient essentiellement chargés du sabotage du réseau ferré breton, ainsi que du réseau électrique et de celui de communication, en parallèle des opérations Samwest et Dingson. Ces 18 sticks, leur mission remplie, devaient rejoindre, quelques jours plus tard, les bases Dingson ou Samwest, pour se réarmer, encadrer des maquisards ou participer à d’autres missions de sabotage. Suite au démantèlement de Samwest le 12 juin, des équipes rejoignirent Dingson, d’autres restèrent sur place, prenant contact avec la population civile, encadrant des résistants en plus petit nombre et continuant leurs actions de sabotage.

Opération Lost

L’opération Lost fut le parachutage de sept SAS dans la nuit du 22 au 23 juin au-dessus de la Bretagne, suite à la dispersion de la base Dingson (Saint-Marcel). Le major britannique Carry Elwes fut chargé de reprendre contact avec le commandant Bourgoin, afin d’informer le commandement allié, sans nouvelles depuis la bataille de Saint-Marcel. Cette mission impliquait également le retour en Grande-Bretagne d’un officier français chargé de rendre compte. L’équipe radio, dirigée par le sergent Marty, fut chargée de rejoindre le capitaine Marienne, afin de remplacer son équipe disparue. Le lieutenant Fleuriot et son stick furent chargés de veiller à la sécurité du groupe.

Opération Grog

Cette opération débuta le 13 juin suite à la dispersion de la base Samwest. Le capitaine Déplante quitte le secteur de Saint-Marcel et est chargé de monter la base « Grog » dans les environs de Pontivy. Cette base doit assurer le recueil des éléments dispersés provenant de « Samwest » aux ordres du Capitaine Leblond qui n’ont pu rejoindre Saint-Marcel, et assurer la formation et l’armement des bataillons FFI du secteur.

Opération Derry

Cette opération, complètement indépendante des précédentes, fut conduite par la 2e compagnie du 3rd bataillon SAS du commandant Chateau-Jobert, du 5 au 18 août 1944. Elle avait pour but de préparer la libération du Finistère, en prévision de l’avance alliée. Ce squadron, aux ordres du capitaine Sicaud, et réparti en 5 sticks, fut parachuté dans la nuit du 4 au 5 août. Sur les 82 hommes engagés, 4 furent tués et 3 furent blessés.

Réactions des Allemands

Outre les tentatives d’encerclement des bases Samwest et Dingson, les Allemands traquèrent les résistants et les parachutistes. Le 12 juillet notamment, aidés par un groupe de collaborateurs affiliés à la Gestapo, les Allemands découvrent et surprennent le PC de Pierre Marienne à Kerihuel, un hameau de Plumelec. Le capitaine Marienne et 17 de ses hommes (6 parachutistes, 8 résistants et 3 fermiers locaux) furent exécutés à l’aube, de façon sommaire. Ils multiplièrent les représailles contre les prisonniers, mais aussi contre la population locale accusée de soutenir les commandos et la Résistance.

Fin des opérations

En août 1944, les Américains réussirent avec la percée d’Avranches à pénétrer en Bretagne. L’insurrection générale fut déclenchée par la Résistance, et la Bretagne rapidement libérée, à l’exception des ports forteresses : Brest, Lorient et Saint-Nazaire. Sur les 450 SAS engagés du 4ème bataillon SAS, 77 ont été tués et 197 blessés. Les FFI qui y avait pris part, encadrés par les SAS, avaient aussi subi de sérieuses pertes : 116 morts dont 30 dans le maquis de Saint-Marcel. Une partie de ces forces forma, dès 1944, le 41e RI dont le drapeau porte l’inscription « Saint Marcel 1944 ». Les SAS, du 3rd comme du 4th, rejoignirent Vannes, où ils se regroupèrent. Ceux du 3rd retournèrent en Angleterre par la Normandie, en prévision d’un 2nd parachutage en France. Le 4th SAS (ou 4e bataillon de l’infanterie de l’air (BIA)) deviendra le2e régiment de chasseurs parachutistes, et fut envoyé sur un autre théâtre d’opérations, la Loire : ce fut l’opération Spencer qui put débuter fin août après la réception le 5 août à Locoal-Mendon, de 10 planeurs Waco contenant chacun une jeep et 3 SAS, ce qui augmentait considérablement la mobilité et la puissance de feu des parachutistes8,9,10. Le 3rd SAS (3e BIA) changera également de nom, et deviendra le 3e régiment de chasseurs parachutistes.

Notes et références

  1. ↑ Contributions des forces spéciales aux missions d’interdiction et de fixation stratégiques : l’exemple des SAS en Bretagne. [archive]
  2. ↑ a, b et c  »Une Bataille de Corsaires », de François Malye [archive], Le Point, p 70, n° 1916, 4 juin 2009.
  3. ↑ Biographie du colonel Bourgoin sur Ordre de la Libération [archive]
  4. ↑ Biographie du colonel Bourgoin sur Assemblée Nationale [archive]
  5. ↑ Musée des parachutistes à Pau (64) « Camp d’Astra ».
  6. ↑ Henry Corta (1921-1998), lieutenant parachutiste SAS : les bérets rouges (1952), amicale des anciens parachutistes SAS,
  7. ↑ Henry Corta, Marie Chamming’s, Joseph Jégo, Noël Créau & Philippe Reinhart, Qui ose gagne (France-Belgique 1943-1945, les parachutistes du 2e RCP / 4th SAS), Service Historique de l’Armée de Terre, 1997.
  8. ↑ Photos aux archives départementales du Morbihan,
  9. ↑ Lucien Neuwirth, Mais, après tout… (Ma guerre à 16 ans), Actes Sud, 1994.
  10. ↑ Roger Leroux, le Morbihan en guerre 1939-1945 (page 505).

 

 

13 mars 2013

Le résident général de Tunisie, l’Amiral Esteva, collaborateur ou libre ?

Classé sous — milguerres @ 21 h 14 min

 

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La Tunisie au gré des conflits

Ceux que l’on maudirait !

L’amiral Derrien, entre le marteau et l’enclume 

Le résident général de Tunisie, l’Amiral Esteva, collaborateur ou libre ?

Journal des débats politiques et littéraires
1943/05/20 (Numéro 1031)
Le résident général de Tunisie, l'Amiral Esteva, collaborateur ou libre ? reside10

qui est-il ? qu’a t-il fait de grandiose à part faire partie des VI-CHYiens
anti-allemand malgré tout… selon Roger Maudhuy dans «Vichy, les procès de la collaboration» ?

Nous allons le découvrir 

______________________
Jean-Pierre Esteva, né le 14 septembre 1880 à Reims et décédé le 11 janvier 1951 à Reims, est un militaire, amiral et homme politique français.
Engagé dans la Marine nationale, il intègre l’École navale dès 1898 et en sort enseigne de vaisseau en 1900.
Lieutenant de vaisseau, le jeune officier participe à la Première Guerre mondiale. Affecté à l’escadre de Méditerranée, il participe entre autres opérations à la bataille des Dardanelles à l’occasion de laquelle il se distingue tout particulièrement
De 1927 à 1932, nommé capitaine de vaisseau, Esteva décide de suivre une voie pionnière dans l’aéronavale naissante, choix original pour un officier de ce rang. Promu contre-amiral en 1929, il est directeur de l’aviation maritime, puis sous-chef d’état-major des forces aériennes (1930) avant de devenir vice-amiral en 1935. En 1936, il part pour l’Extrême-Orient où il commande plusieurs unités navales depuis son croiseur. Son séjour dans le Pacifique l’amène à régulièrement visiter les bases britanniques de Hong Kong et Singapour ainsi qu’à pleinement prendre la mesure de la montée en puissance de la flotte impériale nippone. À son retour en métropole, sa polyvalence et ses compétences le désignent pour occuper la fonction d’inspecteur des forces maritimes. Par la suite, en 1939, il prend le commandement des forces navales françaises du Sud.

Avec les VI-CHYiens

En 1940, après la débâcle des armées françaises et l’armistice de juin 1940 dans la clairière de Rethondes, Esteva, comme de nombreux autres amiraux dont François Darlan, choisit de servir le régime de Vichy.
Homme de confiance du maréchal Pétain, il embarque pour l’Afrique française du Nord. Le 26 juillet, il devient résident général de France en Tunisie. À ce poste, il succède à Marcel Peyrouton appelé à prendre ses nouvelles fonctions ministérielles à Vichy. En novembre 1942, lorsque les Anglo-américains déclenchent l’opération Torch, l’amiral est toujours en poste. Débute alors une série d’atermoiements qui se conclut par une collaboration avec les Italo-Allemands. Le 9 novembre 1942, il commence par condamner l’arrivée sur le terrain d’El Aouina des appareils de la Luftwaffe envoyés sur place par le maréchal Albert Kesselring. Mais très vite, par fidélité à Pétain et sous la pression des consignes de Pierre Laval, Esteva est amené à changer de position. 

Il met à la disposition des pilotes allemands plusieurs bases françaises sur le territoire tunisien ainsi que des stocks de carburant. 
Dans la foulée, il neutralise l’amiral Derrien qui avait encouragé ses troupes à rejoindre les Alliés afin de se battre contre l’Axe.  voir -> L’amiral Derrien, entre le marteau et l’enclume

En mai 1943, au moment où les troupes alliées entrent à Tunis, Esteva est rapatrié en France par les Allemands. 
L’amiral est évacué le 7 mai en avion et en même temps que le consul général du Troisième Reich en Tunisie. Débarqué à Paris, il est conduit au Ritz afin d’y être mis en résidence surveillée en attendant que les autorités allemandes statuent sur son sort. Consigné dans sa chambre, il est gardé par des sentinelles allemandes. 

Finalement remis en liberté le 18 mai, il gagne Vichy où il est chaudement accueilli et félicité par Pétain pour sa fidélité aux ordres reçus. Joachim von Ribbentrop lui fait parvenir un message de sympathie et le remercie pour avoir « facilité la conduite de la guerre par les puissances de l’Axe1. » Esteva répond : « Cette lettre ne m’intéresse pas. Je suis fonctionnaire français. Je n’ai rien à voir avec von Ribbentrop. »

En Afrique du Nord, cependant, un Conseil de guerre, présidé par le général [b]Henri Giraud le 15 mai, condamne Esteva à la peine de mort par contumace.[/b]

Arrestation et procès

Le 22 septembre 1944, il est finalement arrêté par la police française à Paris puis incarcéré à la prison de Clairvaux. 
Un nouveau procès est organisé. Accusé d’avoir livré du blé à l’armée italienne en Libye, accordé des facilités aux troupes de l’Axe pour s’établir sur la côte et les aérodromes tunisiens après le débarquement allié de 1942, recruté des travailleurs et combattants dans une Phalange africaine au service de l’Allemagne, manifesté à plusieurs reprises sa sympathie pour la cause allemande, il esquisse la défense dite du « double jeu », souvent reprise par la suite. Ainsi, il affirme qu’en dépit de sa fidélité à Pétain, ce n’est pas une discipline aveugle qui l’a guidé, qu’il n’a composé avec l’ennemi que pour sauver l’essentiel : son départ aurait fait passer la Tunisie sous le contrôle italien, la livraison de blé aux Italiens en Libye a été compensée par des envois identiques aux populations françaises, il a saboté le recrutement de la Phalange africaine, il ne disposait pas assez de troupes, avec 12 000 hommes, pour s’opposer aux forces de l’Axe, les Alliés étant encore trop loin. L’amiral Muselier a témoigné en sa faveur lors de ce procès. Il n’en est pas moins reconnu coupable de trahison le 15 mars 1945. Militairement dégradé par la Haute Cour de Justice, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité2. 

Claude Morgan, résistant communiste fondateur des Lettres françaises, prend cette peine à témoin, dans un article intitulé: « La vérole », pour dénoncer l’indulgence de la justice, qui ne l’a pas condamné à mort, et les complicités dont bénéficierait Vichy, affirmant : « Si Esteva n’est pas un traître, c’est qu’il n’existe pas de traître3.»

Malade, Esteva est grâcié le 11 août 1950. Il décède quelques mois plus tard.
Se penchant, dans Les Grands procès de la collaboration sur le parcours d’Esteva, et notamment sa période tunisienne et son procès, Roger Maudhuy considère, sur la base de plusieurs témoignages, qu’Esteva a aidé la Résistance locale et fourni de faux documents d’identité à des membres de la communauté juive, des militants communistes, des évadés d’Allemagne et des réfugiés alsaciens4.

Le général de Gaulle, dans ses Mémoires de Guerre, a commenté ce procès en ces termes : « L’amiral Esteva fut condamné à la réclusion. Au terme d’une carrière qui, jusqu’à ces événements, avait été exemplaire, ce vieux marin, égaré par une fausse discipline, s’était trouvé complice, puis victime, d’une néfaste entreprise5. » 

De son côté, Pierre Messmer a confié à Roger Maudhuy : « Que voulez-vous ? La Haute Cour ne pouvait pas commencer par un acquittement. Esteva n’a pas mérité un tel sort, j’en conviens. Deux ou trois ans plus tard, il aurait sans doute été acquitté. Mais c’était la guerre… Pétain, Laval, tous les responsables, les gros, étaient hors de portée. 

Lui, il était là. Il n’a pas eu de chance, voilà tout6 ».

Notes et références

↑ Raymond Ruffin, La Vie des français au jour le jour – De la Libération à la victoire, 1944-1945, Éditions Cheminements, 2004, 331 p. (ISBN 2844782884), p. 62.
↑ Yves-Frédéric Jaffré, Les Tribunaux d’exception, 1940-1962, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1962, p. 100-101.
↑ Fred Kupferman, Le Procès de Vichy – Pucheu, Pétain, Laval, Éditions Complexe, 2006, 233 p. (ISBN 2804800679), p. 81.
↑ Roger Maudhuy, Les Grands procès de la collaboration, éd. Lucien Souny, coll. « Histoire », 2009, 378 p. (ISBN 2848862289 et 978-284886228)
↑ Charles de Gaulle, Mémoires de guerre – Le Salut : 1944-1946 (tome III), éd. Plon, Paris, 1959 , 656 p., p. 130. ; rééd. Pocket, 1999 (nouvelle édition 2006), 567 p. (texte intégral) (ISBN 2-266-16750-2 et 978-2266167505), p. 135-136.
↑ Roger Maudhuy, op. cit., p. 134.

amiral10
L’amiral Estéva, “ le saint de la Marine ”, est reçu par le maréchal Pétain à son retour de Tunisie, le 20 mai 1943.
Du “ saint de la marine ”, on ne sait qu’admirer le plus : sa vigueur dans la défense de l’intérêt français ou l’élévation spirituelle de cet homme qui offrit sa vie et sacrifia son honneur par fidélité à sa vocation de fils de Dieu.

L’amiral Sud, chargé des opérations en Méditerranée en 1939-1940, se retrouve à Tunis après la défaite, nommé Résident général de Tunisie par le maréchal Pétain. Pendant deux ans, à force de maîtrise et de persuasion, il réussit à maintenir la France en Tunisie, une France qu’il fit respecter et qui était à l’image de cet homme digne, toujours prêt à se dévouer et à se sacrifier.

Il conserve son poste après l’invasion du protectorat par les forces de l’Axe le 9 novembre 1942, les Alliés ayant négligé ou pas osé débarquer des troupes en Tunisie. Estéva se trouve alors dans la même position que le chef de l’État en France. Obligé de recevoir les Allemands, il fait tout pour se jouer d’eux en les trompant. Ce faisant, il laisse l’opinion publique française se tromper. (…)

Admirable figure, si proche du Maréchal, qui éprouvait pour lui une grande affection. (…)

pour citer également 

dans ce celèbre ouvrage 
«Vichy, les procès de la collaboration», Roger Maudhuy, Ixelles éditions, 412 pages, 22,90 euros

vichy10

« ….Cette clémence ne profitera pas à l’amiral Esteva, chef de la France de Vichy en Tunisie, notoirement antiallemand mais sans doute pas assez que pour rejoindre la France Libre. Roger Maudhuy parle à son sujet d’«erreur judiciaire», estimant «bien surprenant de voir la Haute Cour délivrer un brevet de résistance à Schuman, planqué dans des abbayes, tandis qu’elle oublie qu’Esteva aida la Résistance, protégeant juifs, communistes et évadé »».

sources : 
wikipedia 
Gallica Bnf 
http://blogs.lecho.be/lupourvous/2011/11/l%C3%A9tonnant-parcours-de-robert-schuman-sous-vichy.html

http://www.crc-resurrection.org/707-honneur-et-sacrifice-de-la-royale.html

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La Tunisie au gré des conflits

Ceux que l’on maudirait !

L’amiral Derrien, entre le marteau et l’enclume

21 février 2013

Loi constitutionnelle du 10 juillet 1940

Classé sous — milguerres @ 16 h 42 min

 

 

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Séance du Mercredi 10 juillet 1940

Loi constitutionnelle du 10 juillet 1940

 

SOMMAIRE

1. – Constitution de l’Assemblée nationale.

2. – Excuses.

3. – Incidents : M. Edouard Herriot, le président, Pierre Laval, vice-président du conseil.

4. – Communication du Gouvernement : M. René Viviani, président du conseil.

5. – Tirage au sort des bureaux.

6. – Dépôt par M. Pierre Laval, vice-président du conseil, au nom de M. le maréchal de France Ph. Pétain, président du conseil, d’un projet de loi constitutionnelle.

Déclaration de l’urgence.

Observations de MM. de Courtois, François Piétri, Cayrel, Jean Taurines, Pierre Laval, vice-président du conseil.

Renvoi du projet de loi à une commission spéciale.

Suspension et reprise de la séance.

Dépôt et lecture, par M. Boivin-Champeaux, au nom de la commission spéciale, d’un rapport sur le projet de loi constitutionnelle.

Suppression de la discussion générale.

Suppression des explications de vote.

Adoption au scrutin, après pointage, de l’article unique du projet de loi.

7. – Motion d’ordre.

Clôture de la session.

8. – Adoption du procès-verbal.

 

ANNEXE (SCRUTIN SUR L’ARTICLE UNIQUE DU PROJET DE LOI CONSTITUTIONNELLE)

 

PRÉSIDENCE DE M. JULES JEANNENEY

La séance est ouverte à quatorze heures.

M. le président. est assisté de MM. Bertrand Carrière, Garrigou, Achille Naudin, Louis Gros, Maurice Baufle, secrétaires.

1. – CONSTITUTION DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

M. le président. MM. les membres de l’Assemblée nationale, la séance est ouverte.

Vu les alinéas 1er et 2 de l’article 8 de la loi constitutionnelle du 25 février 1875, ainsi conçus :

« Les Chambres auront le droit, par délibérations séparées, prises dans chacune à la majorité absolue des voix, soit spontanément, soit sur la demande du Président de la République, de déclarer qu’il y a lieu de réviser les lois constitutionnelles.;

Vu la résolution de la Chambre des députés en date du 9 juillet 1940, déclarant qu’il y a lieu de reviser les lois constitutionnelles ;

Vu l’alinéa 2 de l’article 11 de la loi constitutionnelle du 16 juillet 1875, ainsi conçu :

« Lorsque les deux Chambres se réunissent en Assemblée nationale, leur bureau se compose des présidents, vice-présidents et secrétaires du Sénat »,

Je déclare l’Assemblée nationale constituée.

2. – EXCUSES

M. le président. MM. Jacquinot, Parayre, Tony Révillon, Auguste Mounié, Hamelin, le général Stuhl, le général Hirschauer, Alexandre Duval, Jean Philip, Henri Béranger, Mellenne et Paul Reynaud s’excusent de ne pouvoir assister à la séance.

 

3. – INCIDENT

M. le président. D’autre part, j’ai reçu de MM. Paul Bastid, Brout, Campinchi, Catalan, Delattre, Delbos, Denais, André Dupont, Dupré, Galandou-Diouf, de la Groudière, Grumbach, Mandel, André Le Troquer, Lévy-Alphandéry, Lazurick, Perfetti, Jammy Schmidt, J.-M. Thomas, Tony Révillon, un télégramme daté :Alger, 9 juillet, douze heures trente, ainsi conçu :

« Vous adressons protestation suivante que vous prions de bien vouloir lire séance publique Venus Afrique du Nord avec services questure et commandant militaire du Palais-Bourbon sur décision présidence Sénat et Chambre en accord avec Gouvernement et pour le rejoindre. Essayons vainement depuis 24 juin de rentrer pour collaborer relèvement de la patrie. (Interruptions.) En sommes d’autant plus surpris que le Gouvernement a fait savoir par presse et radio que toutes mesures étaient prises pour faciliter retour parlementaires. Or, tandis que nos collègues Algérie peuvent rentrer, gouverneur général nous fait savoir qu’aucune instruction n’est donnée pour notre retour. Nous élevons contre obstacle apporté exercice de notre mandat et exprimons regrets ne pouvoir participer aux débats et aux scrutins. Vous prions constituer nos collègues juges de la situation qui nous est ainsi faite. Avec tous nos sentiments distingués et respectueusement dévoués. »

M. Edouard Herriot. Je demande la parole.

M. le président. La parole est à M. Edouard Herriot.

M. Edouard Herriot. (Applaudissements sur divers bancs.) Je demande à l’Assemblée de bien vouloir m’écouter pendant quelques instants sans passion. Je voudrais l’empêcher de commettre une injustice. Je manquerais de courage et personne ne m’en estimerait si je ne venais apporter ici aux collègues dont on a donné les noms le témoignage auquel ils ont droit.

J’atteste sur l’honneur et je suis prêt à démontrer par les pièces les plus précises, par des documents incontestables, que nos collègues sont partis sur des instructions régulières du Gouvernement,…

M. Georges Scapini. Je demande la parole.

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. Je la demande également.

M. Edouard Herriot. … instructions qui leur ont été par moi transmises et dont je garde le texte.

M. Georges Cousin. Mais nous, nous n’avons pas accepté.

M. Edouard Herriot. Ils ont été munis de bons d’embarquement réguliers. Le bon sens, au reste, suffit à démontrer que, s’ils se sont embarqués sur un paquebot de l’importance du Massilia, c’est que ce paquebot avait été frété et mis à leur disposition par le Gouvernement.

J’ai fait toutes les démarches possibles pour leur permettre de rejoindre. Je n’y ai pas réussi. Je m’en excuse auprès d’eux, mais je suis, ou j’ai été président de la Chambre des députés et jusqu’au bout, quel qu’il soit, je remplirai mon devoir, préférant à un silence habile des paroles de droiture. (Applaudissements sur divers bancs.)

M. le président. Je tiens à confirmer entièrement les paroles de M. le président de la Chambre des députés en ce qui concerne les conditions d’embarquement du seul sénateur présent en Algérie, mon collègue M. Tony Révillon.

La parole est à M. le vice-président du conseil.

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. Je regrette que dans le débat d’aujourd’hui, cet incident ait été soulevé.

Je n’étais pas membre du Gouvernement au moment où les faits se sont passés et où le départ a eu lieu ; mais j’ai le souvenir précis que, s’il est exact que des membres du Gouvernement et le Gouvernement avaient envisagé le transfert du siège du Gouvernement de Bordeaux à Perpignan, une parole de sagesse et de noblesse – et cela ne vous surprend pas – avait été prononcée par le maréchal Pétain, qui avait dit : « Quoi qu’il arrive, moi, je resterai au milieu de mes concitoyens. » (Applaudissements.)

J’ai moi-même l’occasion de dire que ce n’est pas en quittant la France qu’on peut la servir. (Applaudissements.)

Mais cela étant rappelé, il est vrai qu’un bateau ne peut appareiller sans un ordre du Gouvernement.

Sur le fond, je ne conteste aucune des paroles, soit de M. le président de la Chambre, soit de M. le président du Sénat.

Comme membre du Gouvernement actuel, j’indique que, lorsque les parlementaires ont demandé à rentrer, la commission de Wiesbaden, en vertu même des clauses de l’armistice, a été saisie d’une demande de moyen de transport. Je ne vous apprends rien, à vous qui connaissez ces clauses, en disant que la France est obligée d’accomplir cette formalité.

Aucune réponse n’est précisément parvenue. En droit parlementaire, l’attitude du Gouvernement est donc correcte.

Je vous demande, messieurs, de ne pas passionner ce débat (Très bien ! très bien !) de ne rien ajouter. La tâche que nous avons à remplir est trop importante ; les décisions que nous avons à prendre sont trop graves, puisqu’il s’agit de l’avenir du pays. Ce n’est point de mes lèvres que tomberont des paroles qui pourraient provoquer en un moment aussi douloureux pour la France des passions qui troubleraient notre Assemblée. (Applaudissements.)

M. le président. Déférant au désir que M. le président du conseil vient d’exprimer, je propose à l’Assemblée de clore l’incident en agréant les regrets de nos collègues et en leur donnant acte de leur protestation. (Assentiment.)

L’incident est clos.

4. – ADOPTION DU RÈGLEMENT

M. le président. Pour la procédure de ses délibérations et la discipline de la séance, je propose au congrès d’adopter le règlement de l’Assemblée nationale précédente.

M. Fernand Bouisson. Je demande la parole.

M. le président. La parole est à M. M. Fernand Bouisson.

M. Fernand Bouisson. Messieurs, je crois qu’après le débat de la séance de ce matin, l’Assemblée sera d’avis d’appliquer une disposition règlementaire que nous avons adoptée à la Chambre des députés et qui permet d’éviter la longueur d’un débat.

L’article 50 bis du règlement de la Chambre dit qu’on doit mettre aux voix, sur la demande du Gouvernement, d’abord les projets du Gouvernement.

Je demande donc, pour éviter un débat très long et inutile, puisque chacun est fixé, de bien vouloir appliquer à l’Assemblée nationale l’article 50 bis du règlement de la Chambre indiquant que le projet du Gouvernement doit être mis d’abord aux voix.(Applaudissements sur divers bancs.)

M. le président. Je donne connaissance à l’Assemblée de l’article 50 bis du règlement de la Chambre des députés.

« Avant l’examen des contre-projets ou avant l’examen de l’article premier, le Gouvernement peut demander la prise en considération en faveur de son texte régulièrement déposé. Il peut, au cours de la discussion, faire la même proposition pour un ou plusieurs articles.

« Cette demande a la priorité sur les contre-projets ou sur les amendements.

« Le débat sur cette demande ne pourra être limité ni pour le nombre des orateurs, ni pour la durée du temps de parole, mais la clôture pourra toujours être prononcée. Sur la clôture, la parole ne peut être accordée qu’à un seul orateur qui ne pourra la garder pendant plus de cinq minutes. » (Très bien ! très bien !)

La parole est à M. le vice-président du conseil.

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. Le Gouvernement demande l’application à l’Assemblée nationale du texte règlementaire dont M. le président vient de donner lecture.

Il demande, en outre, conformément à ce texte, la prise en considération du projet de loi constitutionnelle dont l’Assemblée est saisie.

Cela ne signifie pas que les membres de l’Assemblée qui ont déposé un contre-projet n’auront pas le droit de s’expliquer librement à la tribune.

M. le président. Le Gouvernement donne son adhésion à la proposition de M. Fernand Bouisson.

Il n’y a pas d’opposition ?…

La proposition est adoptée.

Le règlement ainsi modifié est adopté.

Je rappelle à MM. les membres de l’Assemblée nationale que les bulletins de vote du Sénat et de la Chambre des députés ne sont plus valables et que les bulletins de vote spéciaux ont été mis en distribution depuis ce matin dans la salle des conférences.

Je dois aussi rappeler à l’Assemblée les termes de vl’article8 de la loi constitutionnelle du 25 février 1875 :

« Les délibérations portant revision des lois constitutionnelles, en tout ou partie, devront être prises à la majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale. »

Ces termes « …membres composant l’Assemblée nationale. » ont toujours été entendus en 1879, 1884 et 1926 de la façon que voici :

Par « …membres de l’Assemblée nationale » on a entendu le nombre légal des membres composant l’Assemblée, c’est-à-dire le nombre des sièges des deux Assemblées.

Pratiquement je puis indiquer, dès à présent, que la Chambre des députés comportant 618 membres, le Sénat 314, au total 932, la majorité constitutionnelle serait de 467. (Vives interruptions.)

Voix nombreuses. Et les déchus ?

M. le président. La parole est à M. Mireaux.

M. Emile Mireaux. Mes chers collègues, l’Assemblée nationale est toujours, je crois, maîtresse de son règlement0. Je ne rencontrerai pas sur ce point d’opposition.

M. le président. Il ne s’agit pas en ce moment, mon cher collègue, du règlement de l’Assemblée, mais de l’interprétation de l’article 8 de la loi constitutionnelle. Les Assemblées précédentes ont donné leur interprétation de cette loi. Dans ces conditions, la présente Assemblée nationale a le droit, elle aussi,, d’interpréter comme elle l’entend cet article 8 de la loi constitutionnelle de 1875.(Vifs applaudissements.)

D’abord l’Assemblée nationale n’est-elle pas, hélas ! réunie dans des conditions tout à fait exceptionnelles ?

D’autre part, un certain nombre de membres de la Chambre des députés et un membre du Sénat sont déchus par un texte législatif. (Très bien ! très bien !)

Qui pourrait admettre que ces membres que nous avons condamnés pourraient intervenir, par prétérition, par leur seule absence, par suite de leur indignité, dans nos délibérations ? (Applaudissements.)

De même, par suite de circonstances que je n’ai pas à juger, un certain nombre de nos collègues sont absents du sol métropolitain. Je n’insiste pas.

Enfin, une grande partie du territoire, hélas ! est occupée. Si la grande majorité de nos collègues a pu venir, certains d’entre eux, par suite de circonstances malheureuses, exceptionnelles aussi, ne peuvent être présents parmi nous. Alors qu’ils sont prisonniers de nos ennemis, il faudrait malgré leur absence, les considérer comme présents à nos délibérations ? Je crois, mes chers collègues, qu’aucun de vous ne l’admettra.

M. le président. La parole est à M. le vice-président du conseil.

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. Messieurs, j’ignore si un membre du Gouvernement a la droit de prendre part à une discussion qui intéresse le règlement…

M. le président. Il ne s’agit pas du règlement.

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. …qui intéresse l’interprétation d’un article de la loi constitutionnelle. Mais ce que je veux dire pour appuyer la proposition faite par M. Mireaux sur ce point, c’est que le Gouvernement n’a rien négligé pour que tous les parlementaires soient informés de la date des séances de la Chambre et du Sénat. Pour ce, il a utilisé tous les moyens mis à sa disposition. Ainsi, alors que nous étions sans rapports téléphoniques avec les préfets des départements occupés, alors que nos moyens de communication étaient difficiles avec les départements non occupés, par des informations de presse et grâce à l’obligeance du Gouvernement espagnol qui a bien voulu les faire radiodiffuser en français, par les postes de T.S.F. de Suisse qui les ont radiodiffusés également en français, puis, par la radio française lorsque l’usage nous en a été restitué, nous avons, chaque jour et plusieurs fois par jour, fait répéter la convocation pour que nul n’en ignore.

Nous avons fait mieux: nous avons fait informer le Gouvernement allemand, par la commission de Wiesbaden, que l’Assemblée nationale se réunissait. Nous avons demandé que les représentants de la nation se trouvant dans les départements occupés, non seulement fussent informés qu’ils devaient se rendre à Vichy, mais voient leur déplacement facilité.

Messieurs, interpréter autrement la loi constitutionnelle dans le moment présent serait un peu puéril. Vous imaginez-vous que les constituants de 1875 aient pu supposer qu’un jour nous aurions à nous réunir alors que les deux tiers de la France seraient occupés par l’armée allemande ? Au surplus, de quoi s’agit-il ?

Le quorum est atteint ; il est même largement dépassé.

Il s’agit donc du calcul de la majorité. N’estimez-vous pas, dans l’intérêt du pays, qu’il vaut mieux montrer à la France et au monde que la majorité, que le Gouvernement va recueillir tout à l’heure, est importante et digne de l’objet de vos débats ?(Applaudissements.)

M. le président. En conclusion de ses observations, notre collègue M. Mireaux, demande, en réalité, à l’Assemblée nationale, de modifier l’article 8 de la loi constitutionnelle qui, je le rappelle, stipule une majorité constitutionnelle correspondant à la majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale.

M. Mireaux demande, en effet, la substitution aux mots : « …la majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale… », de ceux-ci : « …la majorité absolue des membres, actuellement en exercice, de l’Assemblée nationale… »

A cet égard, je puis donner une indication à l’Assemblée nationale : le nombre des députés actuellement en exercice est de 546 et celui des sénateurs de 304, compte tenu des décès, démissions, exclusions, etc., soit au total 850 membres.

La majorité constitutionnelle de l’Assemblée nationale serait donc de 426.

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. Ce sont des présents dont nous parlons.

Je demande la parole.

M. le président. La parole est à M. le vice-président du conseil.

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. Messieurs, il ne faut pas qu’il y ait de malentendu. Or, il me semble bien que je me suis mal exprimé ou que j’ai été mal compris.

Ce que veut M. Mireaux, ce que demande le Gouvernement, c’est que l’Assemblée nationale soit considérée comme se composant des membres présents… (Applaudissements.)

M. le président. Ce n’est pas ce que M. Mireaux m’avait indiqué tout à l’heure.

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. …et que la majorité soit calculée d’après le nombre des membres présents. C’est sur ce point que je demande à l’Assemblée de se prononcer. (Nouveaux applaudissements.)

M. Emile Mireaux. Il y a eu un malentendu. Je m’en excuse. La faute en est, non pas à M. le président, mais à moi-même.

Je me rallie à la proposition de M. le vice-président Laval.

M. le président. La parole est à M. Boivin-Champeaux.

M. Boivin-Champeaux. Dans une question aussi importante, il ne faut pas qu’il existe de confusion. Or, on paraît confondre deux questions absolument différentes.

Je crois avoir entendu dire, tout à l’heure, que l’interprétation de l’article 8 de la loi constitutionnelle devrait être tel que la majorité des membres présents serait nécessaire. Si vous adoptez cette interprétation, il faudra procéder à un pointage des membres présents, il faudra un scrutin. Est-ce cela que vous voulez ?

Je vous propose d’interpréter l’article 8 de la loi constitutionnelle en décidant que les délibérations pourront être prises à la majorité absolue des suffrages exprimés. Dans les circonstances présentes, comme vient de l’indiquer M. Mireaux, cette interprétation serait la seule raisonnable.

M. Pierre Laval nous disait il y a un instant : « Les constituants de 1875 ne pouvaient pas imaginer que nous nous réunirions dans des circonstances aussi tragiques ».

Je me permets donc de demander à l’Assemblée nationale de bien vouloir interpréter l’article 8 en ce sens : l’Assemblée nationale décide que la présente délibération sera prise à la majorité des voix. (Applaudissements.)

M. le président. M. Boivin-Champeaux propose à l’Assemblée d’admettre comme majorité constitutionnelle, la majorité des suffrages exprimés.

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. Nous sommes d’accord.

M. le président. Le Gouvernement donne, eu égard aux circonstances, son adhésion à cette formule simple d’interprétation de la loi constitutionnelle.

Personne ne demande la parole ?…

Je consulte donc l’Assemblée nationale sur la proposition de M. Boivin-Champeaux, acceptée par M. Mireaux et le Gouvernement, tendant à ramener la majorité constitutionnelle à la majorité absolue des suffrages exprimés.

(Cette proposition est adoptée.)

5. – TIRAGE AU SORT DES BUREAUX

M. le président. Afin d’éviter une suspension de séance le tirage au sort des bureaux a été effectué par les soins du Bureau de l’Assemblée nationale.

Il va être procédé à l’affichage de ce tirage au sort.

6. – DÉPÔT DU PROJET DE LOI CONSTITUTIONNELLE

M. le président. La parole est à M. Pierre Laval, vice-président du conseil pour le dépôt du projet de loi constitutionnelle.

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. J’ai l’honneur de déposer sur le Bureau de l’Assemblée nationale le projet de loi constitutionnelle suivant :

Article unique

« L’Assemblée nationale donne tous pouvoirs au Gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, à l’effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle constitution de l’État français.

Cette constitution devra garantir les droits du travail, de la famille et de la patrie.

« Elle sera ratifiée par la nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura créées. »

Je fais remarquer à l’Assemblée que le texte que je viens de lui lire est différent du texte imprimé qui lui a été distribué. Cette modification est le résultat d’une demande qui a été formulée au Gouvernement et qui a fait l’objet du débat de notre réunion de ce jour.

Voix nombreuses. Aux voix !

M. le président. Je dois d’abord consulter l’Assemblée sur l’urgence.

Il n’y a pas d’opposition ?…

L’urgence est déclarée.

Aux termes du règlement, le projet devrait être renvoyé au Bureau.

M. de Courtois. Je demande la parole.

M. le président. La parole est à M. de Courtois.

M. de Courtois. Messieurs, ainsi qu’il résulte d’un précédent de l’Assemblée nationale de 1926, et dans le but de gagner du temps et simplifier, il conviendrait, je pense, de désigner, pour examiner le projet de loi constitutionnelle qui vient d’être déposé, une commission spéciale composée de trente membres. (Mouvements divers.)

Sur de nombreux bancs. Aux voix !

M. Piétri. Ne vous semble-t-il pas Messieurs que nous perdrions un temps précieux à nommer une commission spéciale de trente membres et qu’il serait infiniment plus expédient de renvoyer le projet de loi devant la commission de législation civile du Sénat et la commission du suffrage universel de la Chambre des députés réunis ? (Très bien ! très bien ! )

M. de Courtois. Mon cher collègue, vous être allé au-devant de ma pensée. Je voulais demander à l’Assemblée de désigner une commission de trente membres, lesquels seraient choisis, vingt parmi les membres de la commission du suffrage universel de la Chambre des députés et dix parmi les membres d e la commission de législation civile du Sénat.

Si vous en décidez ainsi, les deux commissions pourraient se réunir dès maintenant, afin de désigner les membres de la commission constitutionnelle

M. Antoine Cayrel. Je demande la parole.

M. le président. La parole est à M. Cayrel.

M. Antoine Cayrel. Messieurs, je crois que, dans les circonstances que nous vivons, notre Assemblée ne doit pas s’embarrasser d’un formalisme périmé (Applaudissements.) Et autant, après consultation avec M. le président de la commission de législation civile du Sénat, avant notre réunion, j’étais prêt, au nom de la commission du suffrage universel, à accepter la proposition qu’il me faisait, autant je pense qu’il est utile que notre Assemblée délibère rapidement ; et je suis certain que j’interprète la pensée de mes collègues, membres de la commission que je préside, en vous demande de renoncer à ses prérogatives inutiles et puériles.(Applaudissements.) Et en priant l’Assemblée nationale de se prononcer immédiatement. (Nouveaux applaudissements.)

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. Je remercie mon ami M. Cayrel de son intention, mais je pense que nous pourrions purement et simplement adopter la proposition qui a été faite par M. Piétri (Très bien ! très bien ! ) et soutenue par notre ami M. de Courtois, et décider, sans plus attendre, que la commission spéciale chargée d’examiner et de rapporter le projet, comprendra les membres de la commission de législation civile du Sénat et ceux de la commission du suffrage universel de la Chambre.

Pourquoi ? Parce que l’une et l’autre de ces commissions, devant l’une et l’autre Assemblée, ont déjà examiné notre projet, et qu’il leur suffira de désigner, d’un commun accord, un rapporteur unique.

Je demande à l’Assemblée d’adopter cette procédure qui permettre de gagner du temps. (Applaudissements.)

M. le président. Aux termes de la proposition que vous venez d’entendre, le projet de loi constitutionnelle serait renvoyé à une commission composée de la commission du suffrage universel de la Chambre des députés et de la commission de législation du Sénat.

Monsieur de Courtois, vous ralliez-vous à cette proposition ?

M. de Courtois. Oui, monsieur le président.

M. le président. Je mets aux voix cette proposition.

(La proposition, mise aux voix, est adoptée.)

M. le président. J’invite, en conséquence, les deux commissions à se réunir sans délai.

M. Jean Taurines. Je demande la parole.

M. le président. La parole est à M. Taurines.

M. Jean Taurines. Messieurs, ce matin, vous avez eu connaissance du contre-projet présenté par les sénateurs anciens combattants. Dans le but d’obtenir certaines précisions, et indépendamment de la concession qui nous a été accordée par le Gouvernement, nous demandons que la commission de législation civile du Sénat et la commission du suffrage universel de la Chambre veuillent bien entendre nos délégués (Mouvement divers) qui s’efforceront d’obtenir que figurent dans le rapport certaines précisions qui vous feront un devoir de soutenir le Gouvernement (Applaudissements.)

M. le président. La parole est à M. le vice-président du conseil.

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. J’appuie la proposition de M. Taurines qui demande, afin de simplifier le débat…

M. de Courtois. Evidemment !

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. …que les auteurs du contre-projet puissent être entendus par la commission, dans l’espoir, d’ailleurs exprimé par M. Taurines, que nous n’aurons pas ensuite à le discuter en séance publique.

M. le président. J’invite donc les membres des deux commissions à vouloir bien se réunir pour l’examen du projet de loi constitutionnelle.

La séance est suspendue.

(La séance, suspendue à 14 heures 50 minutes, est reprise à 17 heures 15 minutes)

M. le président. La séance est reprise.

La parole est à M. Boivin-Champeaux pour le dépôt et la lecture de son rapport.

M. Boivin-Champeaux. J’ai l’honneur de déposer sur le Bureau de l’Assemblée nationale le rapport fait, au nom de la commission spéciale, sur le projet de loi constitutionnelle.

M. le président. Veuillez donner lecture de votre rapport.

M. Boivin-Champeaux. Messieurs, le texte à vos délibérations tend, dans sa brièveté à régler à la fois le présent et l’avenir de la France.

Il donne au Gouvernement du maréchal Pétain les pleins pouvoirs exécutif et législatif. Il les lui donne sans restriction, de la façon la plus étendue.

La tâche à accomplir est immense. Nous sommes assurés qu’avec le grand soldat qui préside aux destinées du pays, elle sera menée à bien.

Le texte donne, en second lieu, au Gouvernement, les pouvoirs constituants. Je crois devoir faire ici, au nom de mes collègues, une déclaration solennelle.

L’acte que nous accomplissons aujourd’hui, nous l’accomplissons librement. Si nous vous demandons une réforme, c’est qu’ainsi que les chambres l’ont manifesté à une immense majorité, nous avons la conviction profonde qu’elle est indispensable aux intérêts de la patrie.

Il n’y a rien à ajouter à ce que nous avons dit hier, les uns et les autres, sur cette nécessité absolue.

En ce qui concerne les modalités, nous avons deux observations à formuler. Il faut aboutir rapidement. Nous admettons que la constitution soit étudiée et promulguée sous l’égide et l’autorité de M. le maréchal Pétain.

Le seul problème est celui de la ratification des institutions nouvelles. La souveraineté est, à nos yeux, non pas une fiction, mais une réalité vivante. (Applaudissements.)Il suffit de jeter les yeux sur notre histoire pour voir qu’une constitution ne peut vivre si les institutions nouvelles ne sont pas l’expression, je ne dis pas seulement des besoins, mais de la volonté du pays.

La ratification des institutions par ceux-là mêmes qui devaient en être les bénéficiaires était manifestement insuffisante. Nous savons gré au Gouvernement, se ralliant à la thèse soutenue par les anciens combattants, d’avoir modifié son texte et décidé que la constitution serait ratifiée par la nation.

Il est expressément entendu que le texte du Gouvernement doit être interprété en ce sens que la ratification de la constitution et l’élection des assemblées devra faire l’objet de deux votes distincts.

Que sera cette nouvelle constitution ? Nous ne savons que ce qui nous a été dit par un exposé des motifs dont nous ne pouvons par ailleurs qu’approuver les termes : patrie, travail, famille. L’image de la France ne serait pas complète s’il n’y figurait pas certaines libertés pour lesquelles tant de générations ont combattu. (Applaudissements.)

Une constitution, quelle qu’elle soit s’écroulerait rapidement si elle ne respectait pas les traditions et le génie de la France. Cette une France libre, monsieur le maréchal, que, il y a vingt ans, vous avez conduite à la victoire. Vous nous demandez un acte sans précédent dans notre histoire. Nous l’accomplissons comme un acte de foi dans les destinées de la patrie, persuadés que c’est une France forte qui sortira de vos mains. L’oeuvre ne serait pas complète si le Gouvernement n’y ajoutait une action spirituelle et morale. La France est tombée moins à cause de l’insuffisance des textes que par la déficience des énergies et des âmes. (Applaudissements.)

Ancien combattant, je me souviens avec quel amour, quelle humanité, quelle énergique douceur, à une période douloureuse de notre histoire, en 1917, le maréchal Pétain s’est penché sur nos armées meurtries et en a refait des armées victorieuses. C’est la France tout entière, aujourd’hui, qui est meurtrie.

Enfin, messieurs – et c’est le dernier point que j’ai à traiter devant vous – il va falloir régler la période intermédiaire, celle qui va s’étendre jusqu’au jour où fonctionneront les institutions nouvelles.

M. Pierre Laval, vice-président du conseil, a fait à la commission spéciale la promesse, que dès cette semaine, serait promulgué un acte laissant subsister les deux chambres jusqu’au fonctionnement des institutions nouvelles. Étant donné la délégation de pouvoirs, leur activité sera nécessairement réduite. Je suis persuadé, néanmoins, que, dans les circonstances tragiques que nous traversons, leur existence sera, pour le Gouvernement, à la fois une force et un soutien.

C’est dans ces conditions que nous vous demandons d’adopter le texte qui a été approuvé par votre commission spéciale.

Messieurs, permettez-moi un dernier mot avant de quitter cette tribune. J’appartiens, comme beaucoup d’entre vous, aux régions actuellement occupées. Comme je n’aurais peut-être plus l’occasion de le faire, j’adresse dès maintenant un appel au Gouvernement. Je lui demande de favoriser de toute son énergie, de toute sa diligence, notre retour parmi nos compatriotes.

Que l’on nous permette de participer à leurs souffrances, à la réorganisation matérielle et morale de notre pays, à la sauvegarde de la vie française dans la zone occupée.

Nous avons encore mes chers collègues une belle, une noble, une dernière mission à accomplir.

Le parlementarisme tel que nous l’avons connu va peut-être mourir ; les parlementaires demeurent au service de la nation. (Vifs applaudissements prolongés.)

M. le président. Dans la discussion générale, la parole est à M. Margaine.

Voix nombreuses. La clôture ! Aux voix !

M. le président. J’entends demander la clôture, ce qui signifie la suppression de la discussion générale.

Voix nombreuses. Oui ! oui !

M. le président. Je mets aux voix la suppression de la discussion générale.

(L’Assemblée décide que la discussion générale est supprimée.)

M. le président. La discussion générale est supprimée.

Je consulte le Sénat sur l’article unique. Auparavant, j’en rappelle les termes :

« Article unique. – L’Assemblée nationale donne tous pouvoirs au Gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, à l’effet de promulguer, par un ou plusieurs actes, une nouvelle constitution de l’État français. Cette constitution devra garantir les droits du travail, de la famille et de la patrie. Elle sera ratifiée par la nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura créées. »

Avant de mettre aux voix l’article unique par scrutin public, je dois donner la parole aux membres de l’Assemblée qui l’ont demandé pour expliquer leur vote.

Voix nombreuses. La clôture ! Aux voix !

M. Fernand Bouisson. Je demande qu’on publie au Journal officiel le nom des abstentionnistes.

M. le président. Ceci est une autre question.

On a demandé la suppression de l’explication de vote.

Je consulte l’Assemblée.

(L’Assemblée, consultée, décide la suppression des explications de vote).

M. le président. Nous allons procéder au scrutin dans les conditions réglementaires.

M. Fernand Bouisson. Je demande la parole.

M. le président. La parole est à M. Fernand Bouisson.

M. Fernand Bouisson. Il y a deux sortes de votants : ceux qui votent pour et ceux qui votent contre. Mais il y a aussi des abstentionnistes. Je veux parler non de ceux qui n’assistent pas à cette séance mais de ceux qui, étant présents, ne vote ni pour ni contre. Je demande que les noms de ces derniers soient publiés au Journal officiel.

Sur de nombreux bancs. Aux voix !

M. Fernand Bouisson. L’Assemblée désire-t-elle discuter la proposition de M. Fernand Bouisson ou passer au vote ? …

Voix nombreuses. Aux voix !

M. le président. En fait, messieurs, le Bureau de l’Assemblée ne possède pas la liste rigoureuse des présents.

M. Fernand Bouisson. Si ! Monsieur le président.

Je demande la parole.

M. le président. Je veux tout d’abord indiquer à l’Assemblée un moyen pratique, et peut-être le seul, de donner satisfaction à M. Fernand Bouisson : c’est que les abstentionnistes volontaires viennent en faire la déclaration, qui serait mentionnée au Journal officiel(Très bien ! très bien !)

La parole est à M. Fernand Bouisson.

M. Fernand Bouisson. Je n’avais demandé la parole que pour dire, contrairement à ce que vous venez d’indiquer, monsieur le président, que les noms des membres présents peuvent être parfaitement connus du Bureau, puisque, en nous remettant une enveloppe, on nous a fait signer sur un registre. (Applaudissements.)

M. le président. Je suis obligé de dire que des émargements ont été donnés pour des collègues absents.

Un membre. On n’aurait pas dû le tolérer.

M. le président. L’Assemblée paraît désirer que les abstentionnistes volontaires fassent au Bureau une déclaration qui serait mentionnée au Journal officiel(Assentiments.)

Il en est ainsi décidé. Je vais mettre aux voix l’article unique du projet de loi constitutionnelle.

M. Jacques Masteau. Je demande la parole pour expliquer mon vote.

M. le président. L’Assemblée a décidé qu’il n’y aurait pas d’explications de vote.

Je mets aux voix l’article unique du projet de loi constitutionnelle. Le scrutin est ouvert.

(Les votes sont recueillis. – Messieurs les secrétaires en opèrent le dépouillement.)

M. le président. En raison de l’importance du scrutin l’Assemblée nationale estimera sans doute qu’il y a lieu de procéder à l’opération du pointage.

Messieurs les secrétaire en sont d’avis.

Il n’y a pas d’opposition ? …

Il va être procédé à cette opération.

La séance est suspendue.

(La séance, suspendue à 17 heures 45 minutes, est reprise à 18 heures 55 minutes.)

M. le président. La séance est reprise.

Voici, messieurs, le résultat du dépouillement du scrutin sur l’article unique du projet de loi constitutionnelle :

Nombre des votants……………………649

Majorité absolue………………………..325

Pour l’adoption………………………….569

Contre…………………………………… 80

L’Assemblée nationale a adopté. (Applaudissements.)

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. Je voudrais dire un simple mot monsieur le président.

M. le président. La parole est à M. le vice-président du conseil.

M. Pierre Lavalvice-président du conseil. Messieurs, au nom du maréchal Pétain, je vous remercie pour la France ! (Vifs applaudissements.)

M. Marcel Astier. Vive la République quand même !

Voix nombreuses. Vive la France !

7. – MOTION D’ORDRE

M. le président. J’avais reçu de M. Alexandre Bauzy une proposition de résolution ; mais celle-ci ne concernant en aucune façon la matière de la réforme constitutionnelle n’est pas recevable (Adhésion.) Je n’ai donc pas à en donner connaissance.

L’Assemblée a épuisé son ordre du jour.

Je déclare la session close.

8. – PROCÈS-VERBAL

M. le président. La parole est à M. Bertrand Carrère, l’un des secrétaires, pour la lecture du procès-verbal.

M. Bertrand Carrère, l’un des secrétaires, donne lecture du procès-verbal de la présente séance.

M. le président. Il n’y a pas d’observation ? …

Le procès-verbal est adopté.

La séance est levée.

(La séance est levée à 19 heures.)

Le Chef du service de la sténographie du Sénat,
H. Chapuis,

Le Chef du service de la Chambre des députés,
Georges Detot

__________

 

 

ANNEXE AU PROCÈS-VERBAL
de la séance du mercredi 10 juillet 1940 (pdf)

 

 

 

SCRUTIN SUR L’ARTICLE UNIQUE DU PROJET DE LOI CONSTITUTIONNELLE

 

Votes exprimés Majorité absolue Pour l’adoption Contre l’adoption Abstention
649 325 569 80 20

 

Les Quatre-vingts

(58 députés et 22 sénateurs )

qui ont voté contre l’article unique du projet de loi constitutionnelle

ASTIER Marcel (député)
AUDEGUIL Jean-Fernand (député)
AURIOL Vincent (député)
BACHELET Alexandre (sénateur)
BADIE Vincent (député)
BEDIN Camille (député)
BENDER Emile (député)
BIONDI Jean (député)
BLUM Léon (député)
BONNEVAY Laurent (député)
BOULET Paul (député)
BRUGUIER Georges (député)
BUISSET Séraphin (député)
CABANNES Gaston (député)
CAMEL François (député)
Marquis de CHAMBRUN (député)
CHAMPETIER DE RIBES Auguste (député)
CHAUMIÉ Pierre (sénateur)
CHAUSSY Arthur (député)
COLLOMP Joseph (député)
CRUTEL Octave (député)
DAROUX Achille (député)
DELOM-SORBÉ Maurice (député)
DEPIERRE Joseph (sénateur)
DORMOY Marx (député)
ELMIGER Alfred (député)
FLEUROT Paul (sénateur)
FOUCHARD Emile (député)
FROMENT Edouard (député)
GIACOBBI Paul (député)
GODART Justin (député)
GOUIN Félix (député)
GOUT Henri (député)
GROS Louis (député)
GUY Amédée (député)
HENNESSY Jean (député)
HUSSEL Lucien
ISORÉ André (député)
JARDON Eugène (député)
JAUBERT Jean-Alexis (député)
JORDÉRY Claude (député)
LABROUSSE François (sénateur)
LE BAIL Albert (député)
LECACHEUX Joseph (député)
LE GORGEU Victor (sénateur)
LUQUOT Justin (député)
MALROUX Augustin-Philippe-Emmanuel (député)
MANENT Gaston (député)
MARGAINE Alfred (député)
MARTIN Léon (député)
MAUGER Robert (député)
MENDIONDOU Jean (député)
MOCH Jules (député)
MONTEL Maurice (député)
Léonel Marquis de MOUSTIER (député)
MOUTET Marius (député)
NICOD René (député)
NOGUERES Louis (député)
ODIN Jean (député)
PAUL-BONCOUR Joseph (député)
PERROT Jean (député)
PEZIERES Georges (sénateur)
PHILIP André (député)
PLAISANT Marcel (député)
TANGUY-PRIGENT François (député)
RAMADIER Paul (député)
Docteur J.-P. RAMBAUD (sénateur)
RENOULT René (député)
ROCHE Léon (député)
ROLLAND Camille (sénateur)
ROLLAND Jean-Louis (député)
ROUS Joseph (député)
ROY Jean-Emmanuel (député)
SÉNÈS Henry (sénateur)
SERRE Philippe (député)
SIMON Paul (député)
THIEBAUT Gaston (député)
THIVRIER Isidore (député)
TREMINTIN Pierre (député)
ZUNINO Michel (député)

Ont voté « Pour »

 

Bernard d’Aillières (député)André Albert (député)

Fabien Albertin (député)

Augustin Albertini (sénateur)

Gaston Allemane (député)

Jean Amat (sénateur)

Hubert d’Andlau de Hombourg (sénateur)

Henry Andraud (député)

Adrien André (sénateur)

Joseph Antier (sénateur)

Paul Antier (député)

Bertrand de Sauvan d’Aramon (député)

René Arbeltier (député)

Léon Archimbaud (député)

Raymond Armbruster (sénateur)

Justin Arnol (député)

Raoul Aubaud (député)

Louis Aubert (député)

Étienne d’Audiffret-Pasquier (député)

François Auffray (député)

Léonide Babaud-Lacroze (sénateur)

Paul Bachelet (sénateur)

Emerand Bardoul (député)

Jacques Bardoux (sénateur)

Léon Baréty (député)

Charles Baron (député)

Étienne Baron (député)

Édouard Barthe (député)

Georges Barthélemy (député)

Alfred Basquin (député)

Victor Bataille (député)

Pierre Baudouin-Bugnet (député)

Charles Baudry (député)

Maurice Baufle (sénateur)

Gaston Bazile (sénateur)

Maurice Bazin (député)

Kléber Beaugrand (député)

André Beauguitte (député)

Jean Beaumont (sénateur)

Comte Jean de Beaumont
(Bonnin de la Bonninière) (député)

Auguste Beauvillain (député)

Henri Becquart (député)

Albert Bedouce (député)

Robert Bellanger (sénateur)

Robert Belmont (sénateur)

Adrien Bels (sénateur)

Gaston Beltrémieux (député)

Ernest Beluel (sénateur)

Paul Bénazet (sénateur)

Pierre Béranger (député)

Léon Bérard (sénateur)

Gaston Bergery (député)

Jean Bernex (député)

Paul Bernier (député)

Gérard de Berny (sénateur)

Émile Béron (député)

Charles Berthézenne (député)

Aimé Berthod (sénateur)

William Bertrand (sénateur)

René Besnard (sénateur)

René Besse (député)

Léon Betoulle (sénateur)

Robert Bézos (député)

Maxence Bibié (député)

Louis Biétrix (député)

Joseph Blanc (sénateur)

Prosper Blanc (député)

Sylvain Blanchet (député)

François Blancho (député)

Louis de Blois (sénateur)

Jean Boivin-Champeaux (sénateur)

Léon Bon (sénateur)

Georges Bonnet (député)

Victor Boret (sénateur)

Charles Borgeot (sénateur)

Antoine Borrel (sénateur)

Lucien Bossoutrot (député)

Marcel Boucher (député)

René Boudet (député)

Yves Bouguen (sénateur)

Fernand Bouisson (député)

Charles Bouissoud (député)

Henri Boulay (député)

Georges Boully (sénateur)

Jacques Bounin (député)

Henry Bourdeaux (sénateur)

Jean Bousgarbiès (député)

Édouard Bousquet (député)

François Boux de Casson (député)

Émile Brachard (député)

Félix Braise (sénateur)

Raoul Brandon (député)

Alfred Brard (sénateur)

Georges Bret (député)

André Breton (sénateur)

Michel Brille (député)

Louis Bringer (sénateur)

Camille Briquet (député)

Joseph Brom (sénateur)

Auguste Brunet (député)

René Brunet (député)

Albert Buisson (sénateur)

Pierre Burgeot (député)

Maurice Burrus (député)

René Burtin (député)

Louis Buyat (député)

Joseph Cadic (député)

Joseph Caillaux (sénateur)

René Caillier (sénateur)

Armand Calmel (sénateur)

Edmond Filhol de Camas (sénateur)

Laurent Camboulives (sénateur)

Gratien Candace (député)

Marcel Capron (député)

Joseph Capus (sénateur)

René Carré-Bonvalet (sénateur)

Bertrand Carrère (sénateur)

Hyacinthe Carron (député)

Émile Cassez (sénateur)

Jean Castagnez (député)

Léon Castel (député)

Stanislas de Castellane (sénateur)

Camille Cautru (sénateur)

Antoine Cayrel (député)

Pierre de Chabot (député)

Auguste Chambonnet (sénateur)

Jacques de Chammard (sénateur)

François de Champeaux (député)

Eugène Chanal (sénateur)

François Chasseigne (député)

René Château (député)

Jean Chaulin-Servinière (député)

Alphonse Chautemps (sénateur)

Camille Chautemps (sénateur)

Albert Chichery (député)

Armand Chouffet (député)

Jean-Marie Clamamus (sénateur)

Fernand Claudet (député)

François de Clermont-Tonnerre (député)

André Cointreau (député)

Pierre Colomb (député)

Emery Compayré (député)

Victor Constant (sénateur)

René Converset (sénateur)

René Coty (sénateur)

Joseph Coucoureux (sénateur)

Aimé Coulaudon (député)

Louis Courot (sénateur)

Paul Courrent (député)

Léon Courson (député)

Jules Courtehoux (député)

Pierre de Courtois (sénateur)

Georges Cousin (député)

Jean Crouan (député)

Camille Dahlet (député)

Albert Daille (député)

Charles Daniel-Vincent (sénateur)

Adrien Dariac (député)

Louis Dauzier (sénateur)

André David (député)

Marcel Déat (député)

Gabriel Debrégéas (député)

Gilbert Declercq (député)

Amédée Delaunay (député)

Maurice Delaunay (député)

François Delcos (député)

Charles Delesalle (sénateur)

Vincent Delpuech (sénateur)

Roger Delthil (sénateur)

René Delzangles (député)

Georges Denis (député)

Eugène Dereuse (député)

Jean Desbons (député)

Jean Deschanel (député)

Marcel Deschaseaux (député)

Louis Deschizeaux (député)

Jean Desgranges (député)

Charles Desjardins (sénateur)

Marcel Desprès (sénateur)

Maurice Deudon (député)

Stanislas Devaud (député)

Sulpice Dewez (député)

Louis de Diesbach de Belleroche (député)

Pierre Dignac (député)

René Dommange (député)

Marcel Donon (sénateur)

Maurice Dormann (sénateur)

Gustave Doussain (député)

Maurice Drouot (député)Alfred Duault (député)

Antoine Dubon (député)

Albert Dubosc (député)

Louis-François Dubosc (député)

Jacques Duboys-Fresney (député)

Pierre Duchesne-Fournet (député)

Hippolyte Ducos (député)

Jacques-Louis Dumesnil (sénateur)

Alphonse Dupont (député)

Édouard Frédéric-Dupont (député)

Pierre Dupuy (député)

Augustin Dutertre de La Coudre (député)

Henri Elby (sénateur)

Charles Elsaesser (député)

Georges Escande (sénateur)

Marius Escartefigue (député)

Ernest Esparbès (député)

Pierre Even (sénateur)

Laurent Eynac (sénateur)

François Eynard (sénateur)

Ulysse Fabre (sénateur)

Jean Fabry (sénateur)

André Fallières (sénateur)

Roger Farjon (sénateur)

Maxime Fauchon (député)

Joseph Féga (député)

Raymond Férin (député)

Jean Fernand-Laurent (député)

Camille Ferrand (sénateur)

André Février (député)

Eugène Fiancette (sénateur)

Louis Fieu (député)

Henri Fiori (député)

Pierre-Étienne Flandin (député)

René Fontanille (sénateur)

Albert Fouilloux (sénateur)

Achille-Armand Fould (député)

Manuel Fourcade (sénateur)

François Fourcault de Pavant (député)

Gustave Fourment (sénateur)

Jules Fourrier (député)

Ernest de Framont de La Framondée(député)

Toussaint Franchi (député)

François du Fretay (sénateur)

Jean Froget (sénateur)

Ludovic-Oscar Frossard (député)

Eugène Frot (député)

Édouard Fuchs (député)

Félix Gadaud (sénateur)

Louis Gaillemin (sénateur)

Lucien Galimand (député)

Antoine Gallet (député)

Jean Gapiand (député)

Jean Garchery (député)

Abel Gardey (sénateur)

Louis Gardiol (député)

Louis Garrigou (sénateur)

Alphonse Gasnier-Duparc (sénateur)

Lucien Gasparin (député)

Gaston Gérard (député)

Pierre-Marie Gaurand (député)

Gustave Gautherot (sénateur)

Fernand Gautier (sénateur)

Émile Gellié (député)

Fernand Gentin (député)

André Genty (député)

Henri Gérente (député)

Paul Germain (sénateur)

Raymond Gernez (député)

Pierre Gillet (député)

Jean Ginet (député)

Fernand Girault (député)

André Goirand (sénateur)

René Gounin (sénateur)

Paul Goussu (député)

Jean Goy (député)

Georges de Grandmaison (sénateur)

Robert de Grandmaison (député)

Arsène Gros (député)

Charles Guernier (député)

Marcel Guerret (député)

Louis Guichard (député)

Abel Guidet (député)

Jacques Guilhem (sénateur)

Joseph Gullung (député)

Louis Guyonnet (sénateur)

Edmond Hannotin (sénateur)

Comte Charles d’Harcourt (sénateur)

Joseph Harent (sénateur)

Paul Harter (député)

Charles Hartmann (député)

Jean Hay (député)

Arthur Heid (député)

Philippe Henriot (député)

Gaston Henry-Haye (sénateur)

Marcel Héraud (député)

Yves Hervé (député)

Max Hymans (député)

Charles des Isnards (député)

Paul Jacquier (sénateur)

Jean Jacquy (sénateur)

Robert Jardillier (député)

André Join-Lambert (sénateur)

François Joly (député)

Prosper Josse (sénateur)

Paul Jourdain (sénateur)

Marquis Jacques de Juigné (sénateur)

Edgar de Kergariou (sénateur)

Ernest Labbé (sénateur)

Raymond Lachal (député)

Guy La Chambre (député)

Gabriel Lafaye (député)

Marquis Henri de La Ferronnays (député)

Paul Laffont (sénateur)

Paul Lambin (député)

Lucien Lamoureux (député)

Ferdinand Lancien (sénateur)

Joseph Laniel (député)

Ernest Laroche (député)

Henri Laudier (sénateur)

Jean Raymond-Laurent (député)

Pierre Lautier (sénateur)

Pierre Laval (sénateur)

Fernand Lavergne (sénateur)

André Lavoinne (sénateur)

André Lebert (sénateur)

Edmond Leblanc (sénateur)

Marcel Leboeuf (sénateur)

René Lebret (député)

Jean Le Cour Grandmaison (député)

Henri Léculier (sénateur)

Ferdinand Ledoux (député)

Alexandre Lefas (sénateur)

Edmond Lefebvre du Prey (sénateur)

Roger Lefèvre (député)

Firmin Leguet (sénateur)

Olivier Le Jeune (sénateur)

Jean Lemaistre (sénateur)

Philippe Le Maux (député)

Henry Lémery (sénateur)

Eugène Le Moignic (sénateur)

Étienne Le Poullen (député)

Eugène Le Roux (député)

Samuel de Lestapis (député)

Comte Jean de Leusse (sénateur)

Luc Levesque (député)

Moïse Lévy (sénateur)

Louis L’Hévéder (député)

André Liautey (député)

Louis Linÿer (sénateur)

Jean Lissar (sénateur)

Pierre Lohéac (député)

Pierre Loubat (sénateur)

Joseph Loubet (sénateur)

Louis Louis-Dreyfus (sénateur)

Victor Lourties (sénateur)

Octave Lucas (député)

Albert Lucchini (député)

Clovis Macouin (député)

Marius Maffray (député)

Albert Mahieu (sénateur)

Moïse Majurel (député)

André Mallarmé (sénateur)

Émile Malon (député)

Ernest Malric (député)

Louis-Jean Malvy (député)

Anatole Manceau (sénateur)

Paul Marchandeau (député)

Léon Marescaux (député)

Jean Maroger (sénateur)

André Maroselli (sénateur)

Adrien Marquet (député)

Louis Martel (député)

François Martin (député)

Henri Martin (député)

Raymond Martin (sénateur)

Pierre Masse (sénateur)

Émile Massé (député)

Joseph Massé (député)

Marcel Massot (député)

Jacques Masteau (député)

Pierre Mathé (député)

Albert Mauguière (député)

Paul Maulion (sénateur)

Henri Maupoil (sénateur)

Georges Maurice (sénateur)

Henri Meck (député)

Jean Médecin (sénateur)

André Mellenne (député)Georges Ménier (député)

Albert Mennecier (député)

Henry Merlin (sénateur)

Léon Meyer (député)

Jean Michard-Pellissier (député)

Augustin Michel (député)

Pierre Michel (sénateur )

Edmond Miellet (député)

François Milan (sénateur)

Eugène Milliès-Lacroix (sénateur)

Émile Mireaux (sénateur)

Jean Mistler (député)

Jules Mitton (député)

Maurice Mollard (sénateur)

Édouard Moncelle (député)

Louis Monfort (député)

Fernand Monsacré (sénateur)

Joseph Monsservin (sénateur)

Hubert de Montaigu (député)

Geoffroy de Montalembert (député)

Jean Montigny (député)

Anatole de Monzie (député)

Paul Morane (député)

Gaston Moreau (député)

Ferdinand Morin (député)

Louis Mourier (sénateur)

Eugène Muller (sénateur)

Auguste Muret (député)

Louis Nachon (député)

Hervé Nader (député)

André Naphle (député)

Achille Naudin (sénateur)

Raoul Naudin (député)

Édouard Néron (sénateur)

Jean Neyret (sénateur)

Jean Niel (député)

Georges Nouelle (député)

Alfred Oberkirch (député)

Albert Ouvré (sénateur)

Auguste Pageot (député)

Maurice Palmade (sénateur)

Édouard Pascaud (député)

Henri Patizel (sénateur)

Albert Paulin (député)

Henri de Pavin de Lafarge (sénateur)

Eugène-Gaston Pébellier (député)

René Pécherot (député)

François Peissel (député)

Léon Pellé (député)

Jean Pelletier (sénateur)

Henri Perdrix (sénateur)

Émile Périn (député)

Georges Pernot (sénateur)

Pierre Perreau-Pradier (député)

Émile Perrein (député)

Julien Peschadour (député)

Maurice Petsche (député)

François Peugeot (député)

Albert Peyronnet (sénateur)

Ernest Pezet (député)

Pierre Pichery (sénateur)

François Piétri (député)

Armand Pillot (député)

Étienne Pinault (député)

Antoine Pinay (sénateur)

Noël Pinelli (député)

François Pitti-Ferrandi (sénateur)

Camille Planche (député)

Jean-Pierre Plichon (député)

Adolphe Pointaire (sénateur)

Jacques Poitou-Duplessy (député)

Lucien Polimann (député)

Charles Pomaret (député)

Henry Ponsard (député)

Georges Portmann (sénateur)

Georges Potut (député)

Léopold Presseq (sénateur)

André Pringolliet (député)

Gaston Provost-Dumarchais (sénateur)

Jacques Queinnec (sénateur)

Jean Quenette (député)

Aimé Quinson (député)

Jules Radulph (député)

Louis Rambaud (sénateur)

Joseph Ranquet (député)

Lucien Raux (député

Alexandre Rauzy (député)

Joannès Ravanat (député)

André Ray (député)

Clément Raynaud (sénateur)

Marcel Régis (député)

Charles Reibel (sénateur)

François Reille-Soult-Dalmatie (député)

Paul Richard (député)

Camille Riffaterre (député)

Henri Rillart de Verneuil (sénateur)

Alphonse Rio (sénateur)

Gaston Riou (député)

Paul Rives (député)

Albert Rivière (député)

Fernand Robbe (député)

Léopold Robert (sénateur)

Maurice Robert (député)

Camille de Rocca Serra (député)

Victor Rochereau (député)

Gaston Rogé (sénateur)

Maxence Roldes (député)

Louis Rollin (député)

René Rollin (député)

Vincent Rotinat (député)

Guillaume des Rotours (sénateur)

Fernand Roucayrol (député)

Hubert Rouger (député)

Georges Roulleaux-Dugage (député)

Jean Roumajon (député)

Édouard Roussel (sénateur)

Émile Roussel (sénateur)

Marius Roustan (sénateur)

François Roux (député)

Henri Roy (sénateur)

Félix Rozier (sénateur)

François de Saint-Just (député)

Henri de Saint-Pern (député)

Charles Saint-Venant (député)

Henri Salengro (député)

Albert Sarraut (sénateur)

Maurice Satineau (député)

François Saudubray (député)

Paul Saurin (député)

Georges Scapini (député)

Abraham Schrameck (sénateur)

Robert Schuman (député)

James Sclafer (sénateur)

Louis Sellier (député)

Thomas Seltz (député)

Joseph Serlin (sénateur)

Robert Sérot (député)

Louis Sibué (député)

Léon Silvestre (député)

Léon Sireyjol (sénateur)

Daniel Soula (député)

Charles Spinasse (député)

Raymond Susset (député)

Pierre Taittinger (député)

Fernand Talandier (député)

Henri Tasso (sénateur)

Émile Taudière (député)

Jean Taurines (sénateur)

Emmanuel Temple (député)

François de Tessan (député)

Georges Tessier (député)

Paul Thellier (député)

Alphonse Thibon (député)

Maurice Thiéfaine (député)

Maurice Thiolas (député)

Charles Thonon (député)

René Thorp (député)

Robert Thoumyre (sénateur)

Jean Thureau-Dangin (sénateur)

Jean du Tinguy du Pouët (député)

Jean-Louis Tixier-Vignancour (député)

Maurice Toy-Riont (sénateur)

Aimé Tranchand (député)

Firmin Tristan (député)

Henry Turlier (sénateur)

Georges Ulmo (sénateur)

Pierre Vaillandet (député)

Jean Valadier (sénateur)

Fernand Valat (député)

François Valentin (député)

Sabinus Valière (député)

Xavier Vallat (député)

Pierre Vallette-Viallard (député)

Charles Vallin (député)

Roger Vantielcke (député)

Marcel Vardelle (député)

Léon Vaur (député)

Gaston Veyssière (sénateur)

Louis Viellard (sénateur)

Jean Villault-Duchesnois (sénateur)

Antoine Villedieu (député)

Adolphe Vincent (député)

Émile Vincent (sénateur)

Maurice Voirin (député)

Michel Walter (député)

Alphonse Warusfel (sénateur)

Guy de Wendel (sénateur)

Jean Ybarnégaray (député)

 

Se sont abstenus

 

Joseph Bastide (député)André Baud (député)

Georges Bureau (député)

 

Paul Campargue (député)Eugène Chassaing (sénateur)

Antoine Drivet (sénateur)

Pétrus Faure (député)

Édouard Herriot (président de la Chambre des députés)

André Honnorat (sénateur)

Alfred Jules-Julien (député)

Adolphe Landry (député)Charles Lussy (député)

Marcel Michel (sénateur)

Georges Monnet (député)

Léon Perrier (sénateur)

Pierre Robert (sénateur)

Henri Queuille

Albert Sérol (député)

Théodore Steeg (sénateur)

Raymond Vidal (député)

 

 

N’ont pas pris part au vote, s’étant excusés de ne pouvoir assister à la séance

 

 

Paul Bastid (député)Henry Bérenger (sénateur)

Marcel Brout (député)

César Campinchi (député)

Camille Catalan (député)

Gabriel Delattre (député)

Yvon Delbos (député)

Joseph Denais (député)

André Dupont (député)

Léandre Dupré (député)

Alexandre Duval (député)

Galandou Diouf (député)

Salomon Grumbach (député)

Auguste Hirschauer (sénateur)

Louis Jacquinot (député)

Bernard Quénault de la Groudière (député)Robert Lazurick (député)

André Le Troquer (député)

Georges Lévy-Alphandéry (député)

Georges Mandel (député)

Auguste Mounié (sénateur)

Joseph Parayre (sénateur)

Camille Perfetti (député)

Jean Philip (sénateur))

Michel Tony-Révillon (sénateur)

Paul Reynaud (député)

Jammy Schmidt (député)

Jean Stuhl (sénateur)

Jean-Marie Thomas (député)

François de Wendel (sénateur)

N’ont pas pris part au vote en raison de leur fonction

 

Henri Hamelin (questeur du Sénat), retenu à Paris par le devoir de sa fonction

Jules Jeanneney (Président du Sénat), qui présidait la séance

 

 

N’ont pas pris part au vote, sans raison officielle

Maurice Aguillon (député)Henri Alhéritière (sénateur)

Joseph Aveline (député)

Paul Bacquet (député)

André Barbier (sénateur)

François Beaudoin (député)

Émile Bèche (député)

Léonus Bénard (sénateur)

Émile Berlia (député)

Paul Bersez (sénateur)

Pierre Betfert (sénateur)

Jean Bienvenu-Martin (sénateur)

Camille Blaisot (député)

Albert Blanchoin (député)

Jean Pierre-Bloch (député)

Élie Bloncourt (député)

Léon Bondoux (député)

Jean Bouhey (député)

Paul Brasseau (sénateur)

Médard Brogly (sénateur)

Marcel Bugain (député)

Paul Cabanis (député)

Maurice Cabart-Danneville (sénateur)

Henri Cadot (député)

Lucien Camus (député)

Jean Chiappe (député)

Bernard de Coral (député)

Édouard Corbedaine (sénateur)

Pierre Cot (député)

Charles Cournault (sénateur)

René Courtier (sénateur)

Paul Creyssel (député)

Paul Cuttoli (sénateur)

André Daher (député)

Édouard Daladier (député)

Émile Damecour (sénateur)

Ernest Daraignez (sénateur)

Gustave Decréquy (député)

Maurice Delabie (député)

Louis Demellier (sénateur)

Georges Dentu (sénateur)

Pierre Dezarnaulds (député)

Marquis Jules-Albert de Dion (sénateur)

Marius Dubois (député)

Armand Dupuis (député)

René Enjalbert (député)

Paul Faure (député)

Arsène-Célestin Fié (député)

Raymond de Fontaines (sénateur)

Albert Forcinal (député)

Charles François-Saint-Maur (sénateur)

Pierre Fully (député)

Jacques Gautron (sénateur)

Michel Geistdoerfer (député)

Raymond Gilbert (sénateur)

Alexandre Goré (sénateur)

Jean Guastavino (député)

Gustave Guérin (sénateur)

René Hachette (sénateur)

Duc François d’Harcourt (député)

Albert Hauet (député)

James Hennessy (sénateur)

René Héry (sénateur)

Charles Hueber (député)

Paul Ihuel (député)

Vincent Inizan (député)

Georges Izard (député)

Édouard Jonas (député)

Pierre Jossot (sénateur)

Anatole Jovelet (sénateur)

Henry de Kérillis (député)

Vicomte Palamède de La Grandière (sénateur)

Baron Amaury de la Grange (sénateur)

Joseph Lagrosillière (député)Robert de La Myre Mory (député)

Pierre-Olivier Lapie (député)

Émile Lardier (député)

Robert Lassalle (député)

Augustin Laurent (député)

Léon Lauvray (sénateur)

Jean-Baptiste Lebas (député)

 

Georges Lecourtier (sénateur)Paul Lederlin (sénateur)

Max Lejeune (député)

Joseph Le Pevedic (député)

Jean Leroy (député)

Théophile Longuet (député)

Paul Loubradou (député)

Jacques du Luart (député)

Marquis René de Ludre-Frolois (sénateur)

Hervé de Lyrot (député)

Adrien Mabrut (député)

Alfred Maës (député)

André Magnan (député)

André Marie (député)

Louis Marin (député)

Louis Masson (député)

Georges Mazerand (député)

Pierre Mendès France (député)

Georges Métayer (député)

Jean Meunier (député)

Alexandre Millerand (sénateur)

Arthur Mirouel (sénateur)

Gaston Monnerville (député)

Henri de Monti de Rezé (sénateur)

Émile Morinaud (député)

André Morizet (sénateur)

Eugène Nicolas (sénateur)

Paul Ostermann (sénateur)

André Parmentier (député)

Raymond Patenôtre (député)

Émile Peter (député)

Pierre Pitois (député)

Gabriel Plancke (député)

René Plard (député)

François de Polignac (député)

Jean-Michel Renaitour (député)

Raymond Réthoré (député)

Adrien Richard (sénateur)

René Richard (député)

Théophile Romastin (député)

Maurice de Rothschild (sénateur)

Pierre Roux-Freissineng (sénateur)

Marc Rucart (député)

Antoine Sallès (député)

Gustave Saussot (député)

Henri Sellier (sénateur)

Joseph Serda (député)

Victor Sévère (député)

Joseph Sigrist (sénateur)

Paul Sion (député)

Ernest Sourioux (député)

Alphonse Tellier (député)

Albert Thibault (sénateur)

Eugène Thomas (député)

Henri Triballet (député)

Eugène Turbat (sénateur)

Jean-Jacques Urban (sénateur)

Jean Vassal (député)

Paul Vasseux (sénateur)

Pierre Viénot (député)

Fernand Wiedemann-Goiran (député)

Alex Wiltzer (député)

Jules Wolff (sénateur)

Jean Zay (député)

 

 

N’ont pas pu prendre part au vote

Jean-Pierre Mourer (député)

Joseph Rossé (député)

Marcel Stürmel (député)

 

_________

source : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/cr_10-juillet-1940.asp#P0_0

 

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20 janvier 2013

Les Forces françaises de l’intérieur (FFI)

Classé sous — milguerres @ 13 h 25 min

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Résistance … la lutte contre le mal

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Les Forces françaises de l’intérieur (FFI)
Les Forces françaises de l’intérieur (FFI) sont le résultat de la fusion, au 1er février 1944, des principaux groupements militaires de la Résistance intérieure française qui s’étaient constitués dans la France occupée : l’Armée secrète (AS, gaulliste, regroupant Combat, Libération-Sud, Franc-Tireur), l’Organisation de résistance de l’armée (ORA, giraudiste) et les Francs-tireurs et partisans (FTP, communistes), etc.

Les Forces françaises de l'intérieur (FFI)  ffi_dr10

Période 1944 – 1944
Pays France
Allégeance France
Effectif 400 000 personnes
Composée de • Armée secrète
• Organisation de résistance de l’armée
• Francs-tireurs et partisans
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Bataille des Glières
Bataille du Vercors
Bataille de Saint-Marcel
Bataille du Mont Gargan
Bataille du Mont Mouchet
Bataille de Paris
Poche de Saint-Nazaire
Commandant historique Pierre Kœnig

ffi_pr10

La bataille de Provence du 16 au 28 août 1944.
Description : Bouches-du-Rhône, Marseille,combat de rue mené par les FFI (Forces françaises de l’intérieur).
Date : Août 1944
Lieu : Marseille, Bouches du Rhône
Photographe : Jacques Belin
Origine : ECPAD
Référence : TERRE-270-6014

ffi_ca10

La bataille de Provence du 16 au 28 août 1944.
Description : Marseille, la Canebière,embuscade des FFI (Forces françaises de l’intérieur) sur la Canebière.
Date : Août 1944
Lieu : Marseille, Bouches du Rhône
Photographe : Jacques Belin
Origine : ECPAD
Référence : TERRE-270-6028

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La Force noire
Description : 1944 : A Cornimont, des résistants FFI (Forces Françaises de l’Intérieur), nouvellement intégrés dans les unités régulières, troquent leurs vêtements civils contre les uniformes des tirailleurs sénégalais qu’ils vont relever.
Date : 1944
Lieu : Cornimont
Référence : terre-293-6981

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Après la libération de Dijon, revue des troupes par le général de Lattre.
Description : Les généraux de Lattre de Tassigny, commandant l’Armée B (future 1re Armée) et de Monsabert, à la tête du 2e corps d’armée, saluent les drapeaux des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) lors d’une prise d’armes dans Dijon tout juste libérée. A partir du 23 septembre 1944, de nombreux FFI rentrent dans les rangs de la 1re Armée.
Date : Septembre 1944
Lieu : Dijon
Photographe : Belin Jacques
Origine : SCA – ECPAD
Référence : TERRE-273-6165

La fusion s’opéra en février 1944 à l’instigation notamment de Jacques Bingen1.
Elle n’était pas destinée seulement à unifier et à donner un cadre « légal » aux forces de la Résistance intérieure, mais aussi à les structurer de manière hiérarchique. Les FFI furent ainsi placées[Par qui ?] en mars 1944 sous le commandement du général Kœnig et l’autorité politique du GPRF du général de Gaulle.

Les FFI jouèrent un rôle non négligeable dans la préparation du débarquement allié en Normandie de juin 1944 et dans la libération de la France. Le commandant des forces alliées en Europe, le général Eisenhower estima l’aide apportée par les FFI à l’équivalent de quinze divisions régulières2. Les effectifs des FFI étaient de 100 000 en janvier 1944, 200 000 en juin et 400 000 en octobre3

À l’issue de la libération de la France, 114 000 FFI au total (30 %) 4,5 s’intégrèrent ensuite dans l’armée française régulière, en particulier au sein de la première armée du général de Lattre, dans le cadre de ce qui a été appelé à l’époque « l’amalgame » des Résistances intérieure et extérieure.

EMFFI
L’État-major des Forces françaises de l’intérieur (EMFFI), créé en avril 1944, est dirigé par le général Marie Pierre Koenig. Dès avant, le GPRF avait désigné
Délégués militaires
• Un Délégué militaire national (DMN) en France :
1. commandant Pierre Marchal « Hussard »
2. commandant Louis Mangin « Losange » (1943-1944) ; adjoint Jacques Chaban-Delmas « Arc »
3. commandant Maurice Bourgès-Maunoury « Polygone » ; adjoint Jacques Chaban-Delmas « Arc »
4. colonel Paul Ély « Algèbre »,
5. général Jacques Chaban-Delmas « Arc »
• Deux Délégués militaires de zone (DMZ), mis en place par le BCRA à l’été 1943 :
o DMZ Nord :
1. commandant Pierre Marchal « Hussard » (1943),
2. Jacques Chaban-Delmas « Arc » (1943),
3. colonel André Rondenay « Lemniscate », « Jarry » (1944).
o DMZ Sud :
1. colonel Paul Ély « Algèbre » (1943),
2. commandant Maurice Bourgès-Maunoury « Polygone » (1944).
• 12 Délégués militaires régionaux (DMR).
• Des Délégués militaires départementaux (DMD).
COMAC
Le COMAC ou Comidac (Comité d’action militaire), censé regrouper à la fois des représentants d’Alger (CFLN-GPRA) et des résistants de l’intérieur (CNR). Les membres sont les suivants :
• Mouvements de zone sud :
1. Maurice Chevance-Bertin,
2. Maurice Kriegel-Valrimont
• Mouvements de zone nord :
1. Jean de Vogüé « Vaillant ».
• Front national :
1. Pierre Villon
• Représentant du CNR :
1. Marcel Degliame,
2. Pierre Villon
• Chef de l’état-major national des FFI :
1. Général Pierre Dejussieu,
2. Alfred Malleret, représentant des FFI.
• Délégué militaire national représentant le CFLN d’Alger :
1. Louis-Eugène Mangin,
2. Jacques Chaban-Delmas.
• Conseiller technique : général Georges Revers.

Un autre Comidac existe à Alger.
Organisation régionale des FFI
L’état major des FFI a nommé, dans chacune des régions qu’il a définies :
• un commandant régional des FFI,
• un délégué militaire régional (DMR), avec un surnom géométrique : carré, circonférence, diagonale, ellipse, hypoténuse, orbite, polygone, pyramide, etc.)6,
• un responsable des opérations aériennes (COPA) ensuite appelé Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) à partir de novembre 1943 environ, avec un surnom venant des titres : « Archiduc », « Pacha », « Pape », « Sultan », etc.
Ces chefs, arrivant dans des régions qu’ils ne connaissaient souvent pas, n’ont parfois joué qu’un rôle de vague coordination, le véritable pouvoir opérationnel restant souvent entre les mains des chefs des réseaux locaux et des maquis.
La plupart des chefs régionaux des FFI et des DMR ont été faits compagnon de la Libération.

Zone sud
Région R1 : Rhône-Alpes (Lyon).

• Commandant FFI R1 :
1. colonel Albert Chambonnet7,8.
2. Alban Vistel9,10.
• DMR R1 :
1. Maurice Bourgès-Maunoury « Polygone »11,12. Adjoint : Charles Gaillard « Triangle ».
2. Paul Leistenschneider « Carré »13,14.
• Chef du Service d’opérations aériennes (ou section atterrissages-parachutages, SAP) :
1. Paul Rivière « Galvani » et « Marquis » 15,16.
2. Pierre-Paul Ulmer17,18.

Région 2 : Provence-Côte d’Azur (Marseille) – R2 couvre : Alpes-Maritimes, Bouche du Rhône, Basses Alpes, Gard, Hautes Alpes, Vaucluse, Var
• Commandant FFI R2 :
1. Robert Rossi19,20,21.
2. Jacques Renard « Turpin »22,23.
3. Henry Simon24,25.
• DMR R2 :
1. Robert Burdet « Circonférence »26.
• Responsable atterrissages-parachutages : Camille Rayon « Archiduc »27. Adjoints Petitjean « Binette » et Gaillard « Triangle ».

Région R3 : Languedoc-Roussillon (Montpellier) - R3 couvre : Aude, Aveyron, Hérault, Lozère, Pyrénées orientales
• Commandant FFI R3 : (…)
• DMR R3 :
1. Paul Leistenschneider « Carré »28,14.
2. colonel Jacques Picard « Sultan »29.
3. Lucien Cambas « Trapèze »30,31.
Région R4 : Sud-Ouest (Toulouse) - R4 couvre : Lot, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne, Gers, Hautes-Pyrénées, Ariège et Haute-Garonne
• Commandant FFI R4 :
1. Serge Ravanel.
2. Jean-Pierre Vernant « colonel Berthier »32. Adjoint33 : Commandant Sarda de Caumont, « Rosette »34.
• DMR R4 :
1. Paul Leistenschneider « Carré »35,14.
2. Bernard Schlumberger « Droite »36.
• Colonne R4 dite «FFI de Toulouse»37 : colonel Maurice Redon « Durenque ».
Région R5 : Limousin (Brive-la-Gaillarde puis Limoges) – R5 couvre : Corrèze, Creuse, Dordogne, Vienne, Haute-Vienne
• Commandant FFI R5 :
1. colonel Maurice Rousselier « Rivier »38,39.
• DMR R5 :
1. Eugène Déchelette « Ellipse »40,41.
• Chef SAP : Alain Grout de Beaufort42.
Région R6 : Auvergne (Clermont-Ferrand) - R6 couvre : Allier, Cantal, Haute-Loire, Puy de Dôme voir aussi sud du Cher
• Commandant FFI R6 :
1. Émile Coulaudon « colonel Gaspard »43,44.
• DMR R6 :
1. Alexandre de Courson de la Villeneuve « Pyramide »45,46.
2. Puis Vivier, « Isotherme ».
• Chef de la Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) :
1. Paul Schmidt « Kim »47,48.
2. Alain Grout de Beaufort « Jac » 49,50.
3. Yves Léger « Évêque »51,52.
4. Pierre-Paul Ulmer53.

Zone Nord
En zone Nord, les régions étaient définies par des lettres.
Région P (Paris)
• Commandants des FFI RP : (..)
• DMR RP : André Boulloche « Segment » (X-Pont, ingénieur, compagnon de la Libération, futur député et ministre SFIO-PS)54 mais il est arrêté.
1. André Rondenay « Lemniscate »55,56.
Région A (Amiens) - La région A couvre : Aisne, Nord, Pas-de-Calais, Somme et Seine-inférieure.
• Commandant des FFI RA :
1. Gaston Dassonville (instituteur, communiste, réseau Voix du Nord, député en 1946-1955)57,58.
• Chef d’état-major FFI RA :
1. Jean Lejeune « Bastien »59,60.
• DMR RA :
1. Raymond Fassin « Sif », « Piquier » ou « Comète »61,57.
2. Guy Chaumet « Cissoïde » ou « Mariotte »62,63,64.
• Responsable du BOA RA : Pierre Deshayes alias « Capitaine Jean-Pierre »65.
• Chef Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) RA : Paul Rivière (compagnon de la Libération)16.
Région B (Bordeaux) - La région B couvre : Basses-Pyrénées, Landes, Gironde, Charente-Maritime, Vendée, Deux-Sèvres.
• Commandant des FFI RB :
1. le général Jean-Baptiste Morraglia « Lemaître »66,67.
• DMR RB :
1. Claude Bonnier, « Hypoténuse »68,69,70. Adjoint : Jacques Nancy « Sape »71
2. Gaillard, « Triangle ».
• chef du Bureau des opérations aériennes (BOA) RB : Guy Chaumet72.
Région C (Châlons-sur-Marne) - La région C couvre 8 (ou 6 ?) départements de l’Est de la France, dont l’Alsace et la Lorraine.
• Commandant des FFI RB :
1. Gilbert Grandval73,74. Adjoint : Jean Bertin75
• DMR RC :
1. André Schock « Diagonale »76.
2. Gilbert Grandval « Planète »77.
• Chef du Bureau des opéations aériennes (BOA) :
1. Michel Pichard (compagnon de la Libération).
• Effectif : « Les effectifs militaires de la Région C sont de l’ordre de 30 000 hommes à l’été 1944 dont 2 500 maquisards mais assez pauvrement armés »78. Bilan : « De juin à septembre 1944 plus de 1 000 câbles ont été échangés avec l’État-major du général Kœnig, commandant des FFI et on dénombre 700 sabotages ou action de guérilla dans la Région C. »79
Région D (Dijon) - La région D couvre : Bourgogne, Franche-Comté)
• Commandant des FFI RD :
1. Colonel Baruteau80
2. Claude Monod81,82.
• DMR RD :
1. Pierre Hanneton « Ligne ».
2. Davout d’Auerstaedt « Ovale ».
• Effectifs : 25 000 hommes, selon Claude Monod83 ou 22.000 84.
Région M (Le Mans)
Zone : la région M est la plus grande région FFI comprenant 14 départements (Normandie, Bretagne, Anjou). Elle est donc ensuite divisée en deux régions de 7 départements chacune : M1 et M285
• Commandant des FFI RM : (..)
• DMR RM :
1. Valentin Abeille « Fantassin » puis « Méridien »86,87. Il a pour adjoint le chef FFI Maurice Guillaudot (compagnon de la Libération).
2. Kammerer « Parallèle »88,89.
• Chef d’opérations aériennes de la région M :
1. Jean-François Clouet des Pesruches « Galilée »90 ; et/ou Edouard Paysant « Tinchebray »91,89.
Sous région M1 - La sous-région M1 couvre : Orne, Sarthe, Mayenne.
• Chef des opérations aériennes M1 et M4 : Gros (vers juin 1944) puis Croisé (vers juin 1944)89.
Sous-région M3 - La sous-région M3 (Bretagne) couvre : Finistère, Côtes-du-Nord, Morbihan, Ille-et-Vilaine.
• Commandant des FFI :
1. général Audibert (?),
2. colonel Eon.
• Délégué militaire régional : (..)
Sous-région M4 – La sous-région M4 couvre : Calvados, Manche, Eure.
• Chef des opérations aériennes M1 et M4 :
1. Gros (vers juin 1944)
2. Croisé (vers juin 1944)89.
Sous-région Pays-de-Loire, Anjou, Normandie
• Commandant des FFI : (..)
• Délégué militaire régional pour les Pays de Loire, l’Anjou et la Normandie : Jean-François Clouet des Pesruches « Orbite » 92,93.
• Effectifs : selon le site de l’ordre de la Libération : « Au moment où la 3e armée américaine du général Patton et la 9e armée US pourchassent l’ennemi vers Chartres et Orléans, « Orbite » est un auxiliaire précieux pour protéger les flancs des armées alliées à la tête de 2 500 FFI armés par les récents parachutages d’armes organisés par ses soins. »93
Organisation départementale des FFI
Méthodologie
• La liste des chefs départementaux des FFI est difficile à établir car fluctuante au gré des arrestations et des combats. Il peut y avoir des confusions entre chef des FFI (chefs aux profils militaires) et chef des Comités départementaux de Libération (CDL) (chefs aux profils plus civils).
• Nous les avons regroupés, par facilité selon les régions administratives actuelles de la France (éventuellement différentes de « régions » de la Résistance).
• Cette liste illustre bien la diversité de la Résistance, d’où l’intérêt de retrouver la profession et l’engagement politique de ces hommes :
• Il apparaît que les chefs départementaux des FFI portaient souvent le grade de commandant ou de colonel de la Résistance.

Ile de France (Région P1)
• commandant régional des FFI : Pierre Pène dit Périco (X1922, ingénieur colonial, résistant OCM, compagnon de la Libération) mais arrêté en avril94. Puis Henri Rol-Tanguy (ouvrier communiste (CGT), résistant FTP, compagnon de la Libération) à partir du 1er juin 194495.
• département de la Seine (dont Paris) :
Commandant des FFI : colonel Teissier de Margueritte96, « Lizé »97,98,99. Et aussi Aimé Lepercq (ingénieur, directeur de sociétés, résistant OCM), « De septembre 1943 jusqu’au 8 mars 1944, date de son arrestation par la Gestapo, il est le premier commandant des forces paramilitaires puis des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) de Paris. »100
Commandant secteur Nord : (..) Commandant secteur Est : (..) Commandant secteur Ouest : (..) Commandant secteur Sud : (..)
Chef du Comité parisien de la Libération : André Tollet (ouvrier tapissier, communiste, secrétaire de l’Union des Syndicats CGT clandestins de la Région parisienne).
• Seine-et-Oise :
Commandant des FFI S&O Nord : Philippe Viannay (étudiant catholique de droite, fondateur du réseau Défense de la France)95. Commandant des FFI S&O Sud : Jacques Pastor (agrégé de sciences naturelles, communiste, résistant Front National)95,101.
• Seine-et-Marne :
Commandant des FFI : Hubert Desouche, dit Dugas (résistant de Turma-Vengeance)95.
• Oise :
Commandant des FFI : Fromont (ou Fromonot) Monturat, dit Dupont (résistant de CDLR)95.

Région Nord-Pas-de-Calais
• Nord :
• Pas-de-Calais : chef FFI : (..)
Président du CDL du Pas-de-Calais : Gaston Dassonville (élu novembre 1943) (il sera également chef régional des FFI, lire plus haut sur l’organisation régional). http://nicolad.unblog.fr/ Un homme du maquis de Mazinghien
Région Picardie
• Chef départemental FFI de la SOMME (RA1):
1. Augustin Petin « BRETON », instituteur à WARLUZEL (Pas de Calais), officier de réserve. Contactait par Raoul FRANCOIS en août 1942 pour constituer les groupements OCM dans les secteurs de FREVENT, AVESNES-le-COMTE et St-POL-sur-TERNOISE. Le nom d’Augustin Petin est connu des Allemands vers la fin de l’année 1943 à la suite de la main mise par la Gestapo sur d’importants documents au domicile à Paris d’un responsable national. Augustin Petin n’a plus, des lors, d’autres ressources que de vivre dans la clandestinité. Le responsable régional DELVALLEZ le désigne en février 1944 comme responsable OCM du département de la Somme avec mission de reconstituer les commandements locaux totalement annihilés après l’arrestation des principaux responsables Picards. Son activité lui vaut, en juin 1944, d’être nommé Responsable Départemental FFI de la Somme et c’est en cette qualité qu’il prépare les combats de la Libération. À la suite d’une dénonciation, Augustin Petin est arrêté par les Allemands le 28 août 1944 au domicile de M. BLANCHARD. Incarcéré à la prison d’Amiens, il réussit à s’échapper grâce à de faux papiers d’identité et à un subterfuge, ce qui lui permit de rejoindre le 31 suivant, les colonnes blindées alliées qui libérèrent la ville. Telle est brièvement retracée l’activité résistante d’Augustin PETIN qui se montrait toujours très discret avec ses amis sur les actions d’éclat auxquelles il avait participé. Faisant toujours preuve de beaucoup de modestie, Augustin PETIN devait rester profondément attaché au TERNOIS et c’est ainsi que pendant 24 ans on le trouve Directeur de l’école communale de LIGNY-sur-CANCHE.
• Aisne :
• Oise :
Région Champagne-Ardenne
• Marne : commandant Pierre Bouchez (résistant de CDLR, officier de réserve, responsable patronal de Reims).
Le Président du Comité départemental de Libération (CDL) est Michel Sicre (syndicaliste communiste).
• Ardennes : commandant Fournier (garçon coiffeur, résistant de l’OCM).
Président du Comité départemental de Libération (CDL) : docteur Jullich (ancien président radical-socialiste du conseil général).
• Haute-Marne : colonel de GROUCHY (résistant de l’ORA, officier à la retraite).
Président du CDL : Robert Vauthier (Parti socialiste).
• Aube : commandant Alagiraude (directeur du Centre de libération des prisonniers de guerre de Troyes, résistant de l’Armée secrète).
Président du CDL : Gabriel Thierry (Libé-Nord).
Région Lorraine
• Meuse : Yvan Beausire dit Leclerc (ancien chef des groupes F.F.I. et du maquis de Senon).
• Vosges : Commandant Gonand (chef du 4e Groupement des F.F.I. des Vosges)102, Auguste Delafenêtre, responsable du 2e groupe des F.F.I. des Vosges103 .
• Meurthe-et-Moselle : Charles Thomas dit César (ancien capitaine de régiment étranger).
• Moselle (annexée au Reich) : Alfred Krieger dit commandant Grégor (résistant du réseau Mithridate)104.
Région Alsace
(…)
Région Franche-Comté
• Haute-Saône : Paul Guépratte.
• Doubs :
• Jura : commandant Foucaud (officier d’active) (tué en avril 1944). Puis en mai 1944 : Romuald Vandelle « commandant Louis » (polytechnicien, compositeur de musique).
Région Bourgogne
• Saône-et-Loire :
Chef CDL : (..)
• Côte-d’Or :
1. colonel Pratt (officier, résistant ORA). Adjoint : commandant aviateur Balay (officier, résistant ORA). En mai 1944, le colonel Pratt et le commandant Balay sont arrêtés et déportés. Le nouveau chef FFI est le colonel René Alizon « commandant Guy » (officier d’artillerie, rejoint l’ORA)105.
Chef CDL : (..)
• Nièvre : le Colonel Roche « Moreau » (chef de Libération Nord).
Président du CDL de la Nièvre : Pierre Gauthé.
• Yonne :
1. Marcel Choupot « commandant Chollet » nommé en mai 1944, puis fusillé par les Allemands en août 1944.
2. Adrien Sadoul « Colonel Chevrier ». FFI de l’Yonne deviennent le 1er Régiment du Morvan (à préciser).
Chef CDL : (..)
Région Centre
• Loiret : chef de bataillon Auguste Watremez
• Cher-Nord : le colonel « Colomb » (Arnaud de Vogüé).
• Indre : le colonel Chomel (« Charles Martel »).
• Eure-et-Loir : Pierre July
• Loir-et-Cher :
• Indre-et-Loire :
Région Haute-Normandie
• Seine-maritime : lieutenant colonel Michel Multrier (polytechnicien et officier, chef de FORA de la Seine-Inférieure).
Chef du CDL : Guénard (Front national).
« Effectifs de la Résistance en Seine-Inférieure : 15 octobre 1943, 3800 hommes et femmes. 1er juin 1944, 10 330 hommes et femmes. (..) Le 20 juin 1944, les FFI disposaient environ 2500 hommes mal armés qui provenaient des FTPF, de l’ORA, du BOA, et Libé-Nord et de divers groupes FN ou indépendants.(..) Jusqu’au 2 septembre, les pertes allemandes sont chiffrées par le lieutenant-colonel Multrier, commandant les FFI, à 625 tués et 8649 prisonniers. Du 6 juin au 13 septembre, les pertes FFI furent de 149 tués et 97 blessés » 106.
• Eure : Marcel Baudot (archiviste départemental) « commandant Breteuil »107.
Chef du secteur Vernon, Pacy sur Eure, Gaillon : Commandant Joseph CHAULIEU (1894 – 1985) 108.
Région Basse-Normandie
• Orne : Daniel Desmeulles arrêté juin 1944. Puis André Mazeline (20/06/1944).
• Calvados : Président du CDL Calvados: Léonard Gille.
• Manche :
Président CDL Manche : Yves Gresselin « Colibri » (épicier à Cherbourg).
Région Bretagne
• Morbihan : Capitaine de frégate Paul Chenailler « Morice », (après l’arrestation en décembre 1943 du Commandant de gendarmerie Maurice Guillaudot), avec le Commandant Pierre-Louis Bourgoin, F.F.L., commandant le 4e bataillon de parachutistes S.A.S., à partir du 10 juin 1944, date de son parachutage au maquis de Saint-Marcel.
• Ille-et-Vilaine : général Allard ?
• Finistère : colonel Paul Jules Fonferrier (officier de la Coloniale, « Rossignol ») puis Henri Provostic(notaire à Ploudalmézeau et juge de paix, « Benoît »). Roger Bourrières.
Chef d’arrondissement de Brest : Garion (avoué à Brest), « commandant Somme-Py » Chef des arrondissements hors Brest : commandant Faucher, « commandant Louis ».
• Côtes-du-Nord (actuelles Côtes-d’Armor) : Jean Le Jeune
o Président du CDL Côtes-du-Nord : Henri Avril
o Chef departemental des FTP des Côtes-du-nord : Jean Le Jeune, commandant Émile109
o Chef departemental adjoint FTP Côtes-du-nord, responsable secteur FTF de Callac, puis des juin 1944 à l’Etat-major departemental FFI dès la formation de celle-ci, puis commandant FFI affecté à la 11e région militaire comme officier d’état-major, chef du 4e bureau FFI : Louis Le Meur, commandant Rolland110,111
Région Pays de Loire
• Mayenne : Jean Séailles « commandant Grégoire » (chef adjoint du réseau Aristide-Buckmaster) ; M. Counord.
• Sarthe :
• Maine-et-Loire : Jean Eynaud de Faÿ « Rousseau » (officier de marine d’active, résistant OCM, ORA). Puis le « commandant Blanche ». Les FFI du Maine-et Loire deviennent le 135e RI.
• Loire-Inférieure (actuelle Loire-Atlantique) : Jacques Chombart de Lauwe « colonel Félix » à partir du 4 août 1944112.
• Vendée :
Région Poitou-Charentes
• Deux-Sèvres : Edmond Proust « Gapit » ou « Chaumette » (résistant OCM, AS).
Président du CDL : (..)
• Vienne : chef des FFI : colonel Chêne « colonel Bernard ».
Président du CDL : (..)
• Charente-Maritime : (..)
Président du CDL : (..)
• Charente : André Chabanne alias Blanqui (Armée secrète)et Bernard Lelay alias Bernard (Francs Tireurs et Partisans)
Président du CDL : (..)
Région Limousin
• Haute-Vienne : Lieutenant Colonel Georges Guingouin « Raoul » ou « lou gran » (instituteur communiste, Compagnon de la Libération, Maire de Limoges 1945-1947)
• Creuse (et sud du Cher) : lieutenant colonel Albert Fossey « François » (commercial aux Presses Universitaires du Massif Central puis à la Sécanaise, SFIO, compagnon de la Libération).
• Corrèze : colonel Louis Godefroy « Rivière » (adjoint au commandant FFI régional en 1944, Compagnon de la Libération) et à partir d’août 1944, Roger Lecherbonnier « Antoine » (voir fiche biographique [2])
Région Auvergne
• Allier :
• Puy-de-Dôme : Roger Samour
• Cantal : colonel Thollon.
• Haute-Loire : Colonel GEVOLDE (De son vrai nom Zapalsky)
Région Aquitaine
• Dordogne : Roger Ranoux « colonel Hercule ».
• Lot-et-Garonne :
• Gironde :
• Landes :
• Basses-Pyrénées (actuelles Pyrénées-Atlantiques) :
Région Midi-Pyrénées
• Lot : commandant Georges ; Roger Lecherbonnier (instituteur, résistant FTP) en 07/1944.
• Aveyron : commandant FFi : Bernard Henri Bonnafous « commandant Richard » avec deux adjoints : le Commandant Charles (FTPF) et le commandant Puget (ORA). Le Colonel Benoît dirige le secteur nord, le colonel Devillers, le secteur sud113. Effectifs : « En recoupant les sources disponibles et les témoignages, on peut estimer la population combattante à un petit millier au début de 1944, et à une dizaine de milliers à la fin août 1944. L’addition des effectifs fournis par les chefs de maquis à la libération se décompose comme suit : 1467 pour le maquis Du Guesclin, 2800 pour le maquis d’Ols, 450 pour le maquis Paul Claie, 550 pour le maquis Antoine, 650 pour le maquis Arêtes-Saules, 500 pour le maquis de Durenque, 500 pour les commandos Hubert, 420 pour les guerrilleros espagnols Salvador, plus de 200 pour les maquis Bayard, Rolland, Jean-Pierre…dont les effectifs quintuplent de juin à août 1944. »113
• Tarn : Maurice Redon « Durenque » (officier du Service géographique de l’armée)114, dont Zone A du Tarn (sud) :
o Charles d’Aragon,
o Pierre Dunoyer de Segonzac.
• Tarn-et-Garonne : commandant ou chef d’EM FFI : colonel Laurent Langeron « Larzac » puis « Leduc » est choisi par le 17 juin 1944 le CDL mais, le 13 juillet, le chef FFI régional Ravanel nomme en fait Noël Duplan (agent des ponts-et-chaussés, militaht radical-socialiste) alias « Nil »115.
• Hautes-Pyrénées :
• Haute-Garonne : Jean-Pierre Vernant « colonel Berthier » (universitaire, grand spécialiste de la Grèce antique, Compagnon de la Libération).
• Ariège : Camille Sourys « lieutenant-colonel Aubert »116.
• Gers : capitaine Gabriel Termignon (officier de réserve, résistant AS), mais arrêté le 15 juillet 1944. Puis le commandant Marcel Lesûr117.
chef CDL : M. Vila98. Effectifs : « On estimait à l’époque entre 6000 et 7000 hommes son effectif global »117.
Région Languedoc-Roussillon
• Pyrénées-Orientales : Louis Torcatis puis Dominique Cayrol
• Aude : Jean Bringer « Myriel » (fils d’un fondateur du Canard Enchaîné, officier, ingénieur des eaux-et-forêts, résistant AS) mais fusillé par les Allemand le 19 août 1944118,119.
• Hérault : commandant Armée Secrète : Bernard Henri Bonnafous « commandant Robin puis Richard » jusqu’à mai 1944
• Gard : Michel Bruguier120
• Lozère : colonel Emile Peytavin.
Région Provence
• Vaucluse :
• Bouches-du-Rhône :
• Var : capitaine Salvatori (capitaine d’active (marsouin), ex-chef départemental de l’AS)121.
Président du CDL du Var : Frank Arnal (chef du SR des MUR du Var) vers mars 1942 (..) puis Louis Martin-Bret121.
• Alpes-Maritimes : officier aviateur de réserve Melin « Chatel »122.
• Alpes-de-Haute-Provence : André Melen dit « Denan ».
• Hautes-Alpes :P aul Héraud « commandant Dumont » (tué en opération le 09/08/44, compagnon de la Libération).
Région Rhône-Alpes
• Savoie : Général Héritier « capitaine Blanchard ».
• Haute-Savoie : colonel Nizier et Jean Rosenthal (compagnon de la Libération).
• Ain (et Haut-Jura) : colonel Henri Romans-Petit.
• Isère : Albert Seguin de Reynies (arrêté par la Gestapo), Alain Le Ray (officier d’active), Sam Job (officier de réserve)
• Drôme : Jean-Pierre de Lassus Saint Geniès « Legrand » (officier d’active)
• Ardèche : René Calloud.
• Rhône : Raymond Basset « commandant Mary » (compagnon de la Libération).
• Loire : Raymond Basset « commandant Mary » ; Jean Marey (ancien instituteur devenu officier).
• de l’Ain, du Jura, de la Saône-et-Loire : Henri Jaboulay (industriel, compagnon de la Libération).

Autres chefs FFI locaux
• Etienne Poiteau « capitaine Stéphane », commandant la « compagnie Stéphane » en Isère (1er Bataillon de marche FFI de l’Isère).
• commandant André Pommiès (chef de la région de Toulouse)
• Jacques Chapou (professeur de lycée révoqué en 1941 car franc-maçon) dit « Capitaine Philippe ». En mai 1944, il prend le commandement des maquis de la Corrèze, puis ceux de la Creuse, de l’Indre et de la Haute-Vienne, sous le nom de « Kléber ».
• Raymond Basset (1908-1984), département de la Loire (voir Gilbert Gardes, La Cité industrielle, Rive-de-Gier, Mémoire d’un patrimoine, Azossi, 2010, (ISBN 978-2-9535333-0-9), pages 76 et 615.)
• René Gentgen (1909-2005), département de la Loire (voir Gilbert Gardes, La Cité industrielle, Rive-de-Gier, Mémoire d’un patrimoine, Azossi, 2010, pages 76 et 617.)
• Jean Marey (1906-1959), département de la Loire (voir Gilbert Gardes, La Cité industrielle, Rive-de-Gier, Mémoire d’un patrimoine, Azossi, 2010, pages 77 et 618.)
• OCM / Somme, Léon Bourdon dis « LEBLOND ».
• BAL / Amiens, « Marcel Feuillette dit Escalier » – Lieutenant de réserve qui avait tenu une droguerie rue des Cordeliers à Amiens.
• Libé-Nord / Somme, Léon Tellier.
• Libé-Nord / Péronne, Émile Vermond.

Notes et références
1. ↑ «Délégué Général pour la Résistance de décembre 1943 à avril 1944, il permet, grâce à son action, la fusion en février 1944 de l’Armée Secrète (AS), l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA), les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) ainsi que de nombreux groupes isolés, pour former les Forces françaises de l’intérieur (FFI).» [1] [archive]
2. ↑ « Eisenhower reconnut aux FFI et à la Résistance l’efficacité de 15 divisions », La Grande Encyclopédie de Larousse, Librairie Larousse, 1978, p.10319
3. ↑ Sumner, Ian, The French Army 1939-45 (2), page 37, Osprey Publishing, London, 1998.
4. ↑ 137 000 si l’on tient compte des départs
5. ↑ « Finalement, 57 000 FFI ont rejoint la 1re Armée en unités constituées, dont 20 000 au titre du secteur français du front des Alpes, placés pour emploi à la 1re Armée. 30 000 engagés volontaires en majorité d’origine FFI l’ont rejointe individuellement. L’administration centrale lui a envoyé 27 000 hommes à partir des centres d’instruction des FFI des régions militaires », Maurice Vaïsse, La naissance de la nouvelle Armée française [archive]
6. ↑ « chaban »&pagemode=none&navpanes=1 Fondation de la Résistance : carte et liste des DMR [archive]
7. ↑ Albert Chambonnet, mécanicien militaire, résistant à Combat, AS, Compagnon de la Libération, commandant FFI R1 à partir de janvier 1944, arrêté et fusillé en juillet 1944.
8. ↑ Biographie d’Albert Chambonnet sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
9. ↑ Alban Vistel, directeur d’usine, résistant à Libération, compagnon de la Libération, commandant FFI R1 à partir de juillet 1944.
10. ↑ Biographie d’Alban Vistel sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
11. ↑ Maurice Bourgès-Maunoury, X-Sciences Po, ingénieur, compagnon de la Libération) nommé DMR R1 vers septembre 1943 puis devient Délégué militaire national
12. ↑ Biographie de Bourgès-Maunoury sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
13. ↑ Paul Leistenschneider, avocat, résistant du réseau Kléber pour le 2e bureau de Vichy, compagnon de la Libération)
14. ↑ a, b et c Biographie de Paul Leistenschneider sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
15. ↑ Paul Rivière, professeur de lettre dans des écoles catholiques, résistant au MLN-Combat, compagnon de la Libération, futur député, nommé Chef du SAP en juillet 1943.
16. ↑ a et b Biographie de Paul Rivière sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
17. ↑ Pierre-Paul Ulmer, compagnon de la Libération, chef de la SAP (Section Atterrissages Parachutages) de juillet 1943 à mai 1944
18. ↑ Biographie de Pierre Paul Ulmer sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
19. ↑ Robert Rossi, X, officier de l’armée de l’Air, Résistant au mouvement Libération puis dans l’AS, compagnon de la Libération, nommé vers mai 1944 puis arrêté.
20. ↑ Biographie dans le dictionnaire des polytechniciens dans la Résistance (XRésistance) [archive] et Biographie de Robert Rossi sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
21. ↑ Biographie de Robert Rossi sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
22. ↑ Jacques Renard, X, ingénieur, résistant Libération (?)- AS, compagnon de la Libération) nommé commandant FFI R2 le 16 juillet 1944, arrêté le 28 juillet puis fusillé.
23. ↑ http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/834.html [archive] Biographie de Jacques Renard sur le site de l’ordre de la Libération
24. ↑ Henry Simon, chef du service du cadastre de Marseille, communiste, résistant FN-FTPF, compagnon de la Libération.
25. ↑ Biographie d’Henry Simon sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
26. ↑ Joseph Girard, La résistance et la libération de Nice: la fin d’une légende, Serre Ed., 2006 ISBN 2-86410-464-4, 9782864104643, page 57 [archive]
27. ↑ Joseph Girard, La résistance et la libération de Nice: la fin d’une légende, Ed. Serre, 2006, ISBN 2-86410-464-4, 9782864104643, page 57 [archive]
28. ↑ Paul Leistenschneider, avocat, résistant du réseau Kléber pour le 2e bureau de Vichy, compagnon de la Libération.
29. ↑ Selon L’État-Major des Forces Françaises de l’Intérieur, L’appui aux débarquements, document de la Fondation de la Résistance, page 15 du Pdf et 272 de l’ouvrage général [archive]
30. ↑ Lucien Cambas, pompier, compagnon de la Libération), nommé le 6 juin 1944.
31. ↑ Biographie de Lucien Cambas sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
32. ↑ Jean-Pierre Vernant, grand universitaire).
33. ↑ En avril 1944.
34. ↑ selon Maquis de Vabre [archive]
35. ↑ Paul Leistenschneider, également DMR R3 apparemment, avocat, résistant du réseau Kléber pour le 2e bureau de Vichy, compagnon de la Libération.
36. ↑ « Les réseaux action de la France combattante », Ed. France Empire
37. ↑ 6 000 hommes
38. ↑ Maurice Rousselier, X1933, chef de l’A.S. de la région R4 puis commandant F.F.I. de la région R5.
39. ↑ Des officiers d’actives passés à la Résistance, sur le Mémorial des résistants de l’X (x-résistance.org) [archive]
40. ↑ Eugène Déchelette, administrateur de société, compagnon de la Libération.
41. ↑ Biographie d’Eugène Dechélette sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
42. ↑ Alain Grout de Beaufort, chef SAP en avril-août 1943, compagnon de la Libération, lire plus bas en R6.
43. ↑ Émile Coulaudon, directeur commercial, résistant du mouvement Combat, compagnon de la Libération.
44. ↑ [Biographie d’Emile Coulaudon sur le site de l’ordre de la Libération http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/240.html [archive]]
45. ↑ Alexandre de Courson de La Villeneuve, officier d’active, arrêté par les Allemands le 2 juillet 1944 puis mort sous la torture ou exécuté par les Allemands le 19 août 1944.
46. ↑ Revue des Anciens des services spéciaux de la Défense nationale, Bulletin 186, synthétisant les pp 147-185 de l’ouvrage du colonel Claude Cazals, sur la Garde sous Vichy, juin 1997 [archive] et Eugène Martres,Les archives parlent: Auvergne, Bourbonnais, 1940-1945, Éditions de Borée, 2004, ISBN 2-84494-316-0, 9782844943163,page 47 [archive]
47. ↑ Paul Schmidt, engagé FFL en 1940, compagnon de la Libération, nommé en novembre 1942, chef du Service des opérations aériennes et maritimes (SOAM) de R5 et R6 puis en mars 1943, chef national du Bureau des opérations aériennes (BOA) (et aussi chef de la région Centre) à la place de Jean Ayral « Pal ».
48. ↑ Biographie de Paul Schmidt sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
49. ↑ Alain Grout de Beaufort, officier d’aviation, résistant de la Confrérie Notre Dame, rejoint les FAFL, compagnon de la Libération, chef de la SAP d’avril 1943 à avril 1944 (environ) (il est également temporairement DMR R5), puis il sera chef SAP de la Région P puis de P3
50. ↑ Biographie d’Alain de Beaufort sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
51. ↑ Yves Léger, diplômé de Sciences Po et en droit, assassiné par un agent français de la Gestapo en mai 1944.
52. ↑ Biographie d’Yves Léger sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
53. ↑ Pierre-Paul Ulmer, compagnon de la Libération, chef de la SAP à partir de juin 1944
54. ↑ Info sur la biographie de Gilbert Grandval sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
55. ↑ André Rondenay, X, officier d’active, prisonnier en 1940, rejoint la France Libre, DMR puis DMZ, compagnon de la Libération.
56. ↑ Biographie d’André Rondenay sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
57. ↑ a et b Selon le Comité d’Histoire du Haut-Pays, consulté en octobre 2008 [archive]
58. ↑ de Gaston Dassonville sur le site de l’assemblée nationale [archive]
59. ↑ Jean Lejeune, marin de la Marine marchande, résistant OCM, compagnon de la Libération.
60. ↑ Biographie de Jean Lejeune sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
61. ↑ Raymond Fassin, instituteur, rejoint les FAFL, puis arrive en septembre 1943, mais arrêté en avril 1944.
62. ↑ Guy Chaumet, attaché commercial à l’étranger, résistant du réseau Ali-Tir, puis rejoint les FAFL, compagnon de la Libération, DMR RA à partir d’avril 1944
63. ↑ Biographie de Guy Chaumet sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
64. ↑ Selon le Comité d’Histoire du Haut-Pays, consulté en octobre 2008 [archive],Biographie de Raymond Fassin sur le site de la Mairie de Paris-Memorial [archive]
65. ↑ Agent parachuté en janvier 1943 (source : Mémorial Ascq 1944).
66. ↑ Jean-Baptiste Morraglia, général d’aviation.
67. ↑ Site de l’Association La Postale, anciens de l’Aéropostale [archive]
68. ↑ Claude Bonnier, X1919, ingénieur en aéronautique, socialiste, directeur de cabinet de Marcel Déat en 1936, président de la Société nationale de construction des moteurs (SNCM), s’engage dans les FFL, compagnon de la Libération, arrivé en novembre 1943, arrêté le 9 février 1944.
69. ↑ Biographie de Claude Bonnier sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
70. ↑ Site du service départemental de l’ONAC de la Charente [archive]
71. ↑ Jacques Nancy, chef de la Section Spéciale de Sabotage)
72. ↑ Guy Chaumet, ensuite nommé DMR RA, lire plus haut.
73. ↑ Gilbert Grandval, directeur commercial, résistant CDLR, compagnon de la Libération.
74. ↑ Biographie de Gilbert Grandval sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
75. ↑ Jean Bertin, compagnon de la Libération).
76. ↑ André Schock, compagnon de la Libération, arrêté le 28 janvier 1944.
77. ↑ Gilbert Grandval cumul ainsi, de façon unique dans l’histoire de la Résistance, les fonctions de chef régional des FFI et de délégué militaire régional, selon la Biographie de Gilbert Grandval sur le site de l’ordre de la Libération
78. ↑ Selon la biographie de Gilbert Grandval sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
79. ↑ Idem
80. ↑ Colonel Baruteau, chef du Service régional de la statistique et responsable local de l’ORA à Dijon, jusqu’à sa « disparition » (mais il échappe à la Gestapo) en mai 1944.
81. ↑ Claude Monod, chirurgien, tué en 1945, commandant des FFI RD à partir de mai 1944.
82. ↑ [Son ouvrage : La Région D : Rapport d'activité du Maquis de Bourgogne-Franche-Comté (mai-septembre 1944)]
83. ↑ opus cité
84. ↑ Robert Chantin, Des temps difficiles pour des résistants de Bourgogne : échec politique et procès, 1944-1953, L’Harmattan, 2002, ISBN 2-7475-2927-4, 9782747529273 [archive]
85. ↑ Selon le site de l’ordre de la Libération [archive]
86. ↑ Valentin Abeille, sous-préfet, résistant à Combat, compagnon de la Libération, DMR RM à partir de septembre 1943, mais il meurt aux mains des Allemands le 2 juin 1944.
87. ↑ Biographie de Valentin Abeille sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
88. ↑ .Kammerer, lui aussi tué par les Allemands avec son adjoint Éric. Il semble qu’ensuite ce soient les responsables du BOA local qui prennent de facto le rôle de DMR.
89. ↑ a, b, c et d Selon le site Beaucoudray.free.fr [archive]
90. ↑ Jean-François Clouet des Pesruches, futur DMR d’une subdivision de la région M, lire plus bas, chef du BOA à partir d’août 1943.
91. ↑ Edouard Paysant, en juin 1944. Mais repéré, il doit se replier sur la Seine-Inférieure où il reprend les mêmes fonctions
92. ↑ Jean-François Clouet des Pesruches, cette fois-ci officier d’aviation d’active, Français Libre à partir d’octobre 1940, Compagnon de la Libération, commandant des FFI à partir du 17 juillet 1944
93. ↑ a et b Biographie de Clouet des Pesruches sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
94. ↑ Biographie de Pierre Pène sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
95. ↑ a, b, c, d et e Source [archive]
96. ↑ orthographe fluctante selon les sources.
97. ↑ Colonel Teissier de Margueritte, officier d’active, résistant de l’AS.
98. ↑ a et b idem
99. ↑ Article de l’IHTP évoquant notamment la tension avec des FFI issus de l’armée d’active avec les FFI communistes lors de la LIbération de Paris.
100. ↑ Biographie d’Aimé Lepercq sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
101. ↑ Discours de Pierre Albertini [archive] (professeur d’histoire au lycée Condorcet) à l’inauguration de l’exposition Des polytechniciens dans la Résistance (mardi 18 mars 2008)]
102. ↑ Le maquis de la piquante pierre, secteurs de la Moselotte et de la Vologne [archive]
103. ↑ Né Le 19 mars 1891 à Nantes, ancien combattant de 14-18, capitaine d’active en 1922, chef de bataillon en disponibilité au début des années 1930, industriel ( directeur-gérant du tissage de la mouline, à Remoiremont ), président de la section Croix-de-feu de Remiremont, membre du Parti social français en 1936. Il est affecté dans l’armée d’active en 1939, fait prisonnier en 1940 mais libéré. Il entre dans la résistance : membre de l’OCM, membre du CDL de Remiremont en 1945. Cf. Jean-François Colas, « les droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux », thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002
104. ↑ selon la Société d’histoire de Woippy [archive]
105. ↑ Article du Bien Public, 18 mai 2004 [archive]
106. ↑ Institut d’Histoire de la CGT 76 [archive]
107. ↑ Source Résistance en Vexin [archive]
108. ↑ Dossier conservé aux archives départementales de l’Eure et dossier individuel, archives de Vincennes
109. ↑ http://www.wikiarmor.net/Jean_Le_Jeune [archive]][http://almrd22.fr/La-guerre-de-Jean-Le-Jeune-alias [archive]
110. ↑ http://www.memoresist.org/spip.php?page=oublionspas_detail&id=2615 [archive]
111. ↑ http://www.memoresist.org/spip.php?page=oublionspas_detail&id=1718 [archive]
112. ↑ Source [archive]
113. ↑ a et b Exposition sur la Libération de Millau, août 2004- la Dépêche du Midi [archive]
114. ↑ selon « Maquis du Vabre » [archive]
115. ↑ Arkheia, Revue d’histoire du Siud-Ouest, n°2-3 et autres articles du même n° [archive]
116. ↑ L’action de l’Etat en Ariège, édité par la préfecture de l’Ariège, n°21, mai-juin 2004, page 3 [archive]
117. ↑ a et b Document de la préfecture du Gers [archive]
118. ↑ Biographie de Jean Bringer par l’office de tourisme de Carcassonne [archive]
119. ↑ Article du quotidien La Dépêche, 29 novembre 1998 [archive]
120. ↑ Notamment selon le revue Sommières et son Histoire http://www.sommieresetsonhistoire.org/SSH/spip.php?article103 [archive]
121. ↑ a et b Un paragraphe sur la Résistance dans le Var [archive]
122. ↑ Joseph Girard, La résistance et la libération de Nice: la fin d’une légende, Ed. Serre, 2006, ISBN 2-86410-464-4, 9782864104643 [archive]

sources : WIKIPEDIA ET ECPAD

 

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Résistance … la lutte contre le mal

7 janvier 2013

Le VENDÉMIAIRE

Classé sous — milguerres @ 14 h 47 min

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Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8L’accident du VENDÉMIAIRE

Caractéristiques générales
Numéro de coque : Q 059 Type : Sous-marin dit de haute mer Classe : Pluviôse
Auteur: Maxime Laubeuf
Type de coque : Submersible à double coque Chantier : Cherbourg
Tonnage surface : 398 Tonnage Plongée : 550
Longueur : 51 m 12 Largeur : 4 m 97 Tirant d’eau : 3 m 04
Vitesse en surface : 12,30 noeuds Vitesse en plongée : 8 noeuds Immersion max : 35 mètres
Effectif, Matelot-QM-OM + Officiers : 23 + 2
Armement: – 1 tube intérieur d’étrave de 450 mm – 4 tubes carcasses de 450 mm
- 2 tubes de 450 mm Drzewiecki – 8 torpilles de 450 mm
- 2 chaudières Du Temple 15,5 kg de 360 cv. – 2 moteurs électriques Breguet de 225 cv.
Construction ordonnée le : 26.08.1905 – Date de mise sur cale : 08.10.1905
Date de lancement : 07.07.1910 – Date de mise en service : 04.02.1911
Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8Date de la disparition : 08.06.1912

 

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8L’ACCIDENT

Le 08 juin 1912 à 6 heures 15, le Vendémiaire est abordé par le cuirassé Saint-Louis et coule par 53 mètres de fond, entre Aurigny et le Cap de la Hague. Les inversions violentes de courant du Ras Blanchard auraient faussé l’estime du Sous-marin.
Un des membres de l’équipage, le quartier-maître mécanicien CAUGAN, échappa à la catastrophe, ce jour-là, il fut désigné de corvée de ravitaillement et dut rester à terre. »
Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8- L’accident fit 24 victimes.
Le 7 juin 1912, la 3e escadre, attachée au port de Brest, doit rejoindre Cherbourg pour y réaliser des grandes manoeuvres. C’est donc six cuirassés et trois croiseurs sous le commandement du SAINT-LOUIS qui se dirigent vers le Nord-Cotentin. Leurs ennemis d’un jour sont les sous-marins de la base de Cherbourg. C’est pourquoi trois submersibles quittent la grande rade de Cherbourg le 8 à 4h00 du matin. Le VENDÉMIAIRE, sous le commandement du lieutenant de vaisseau PRIOUL, le MÉSSIDOR et le FLORÉAL se rendent dans l’ouest du Cap de la Hague.
A 5h00, l’escadre passe la pointe nord-est d’Aurigny. Mais la brume est épaisse et la visibilité en est d’autant plus réduite. Le VENDÉMIAIRE doit se déplacer avec prudence et discrétion. Le voilà donc en immersion périscopique. A bord, la présence des cuirassés se fait sentir par le vrombissement de leurs puissantes machines à vapeur. Selon les estimations du lieutenant de vaisseau PRIOUL, le SAINT-LOUIS doit se trouver dans son alignement de tir.
Malheureusement, il n’en est rien. A bord du cuirassé SAINT-LOUIS, les hommes de quart aperçoivent le VENDÉMIAIRE surgir juste devant son étrave. Le cuirassé tente bien une manoeuvre d’évitement, mais il est déjà trop tard. Le sous-marin est littéralement coupé en deux au niveau du kiosque. L’avant du VENDÉMIAIRE coule aussitôt. L’arrière, après avoir émergé un instant, s’enfonce en raguant tout le coté bâbord du cuirassé. Un bouillonnement suivi d’une nappe d’huile annihilent tout espoir de sauver le moindre membre d’équipage. Le submersible emporte avec lui les vingt-quatre marins.
La profondeur de 53m du lieu du drame interdit alors toutes opérations de sauvetage.

source : http://www.mairie-jobourg.fr/wp-content/uploads/2012/06/4-Accident.pdf

 

Le VENDÉMIAIRE  equipage-vendermiaire

http://www.mairie-jobourg.fr/wp-content/uploads/2012/06/6-Photo-de-l%C3%A9quipage.pdf

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8

EQUIPAGE du VENDEMIAIRE le 8 Juin 1912

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8

L.V. PRIOUL, Commandant
E.V. AUDIC, Officier en Second de Granville
P.M Mécanicien LEPERF Joseph de Tréguier
S.M. Electricien CORNE François de Quimperlé
S.M. Mécanicien JUGUIN Charles de Dol
S.M. Mécanicien LALLEMENT Nicolas de Cherbourg
Q.M. Torpilleur ANTOINE Marcel
Q.M. Mécanicien BELLIARD Alfred de Granville
Mlot Mécanicien BISSAUD Paul de Blois
Mlot Torpilleur CHEVRY Marcel
Q.M. Mécanicien CLOQUETTE Louis de Dieppe
Q.M. Mécanicien DELOUCHE Alfred de Sablé sur Sarthe
Q.M. Torpilleur DESMEDT Aimé de Compiègne
Q.M. Timonier DESPRES Joseph de St. Servan
Mlot Electricien HOUARD Joseph
Q.M.Electricien LEMEUR Albert
Q.M. Electricien LOZAC’H Jean Marie de Brest
Q.M. Mécanicien MATELOT Edmond du Havre
Q.M. Manoeuvrier NICOL Jean François de Tréguier
Q.M.Electricien NICOLAS Jean
Mlot Electricien PATARD Marcel du Havre
Q.M.Pilote SALMON Théophile de Dinan
Q.M.Electricien SENECHAL François de Camaret
Q.M. Mécanicien SIMON Emmanuel de Cancale

source : http://www.mairie-jobourg.fr/wp-content/uploads/2012/06/5-EQUIPAGE-du-VENDEMIAIRE-le-8-Juin-1912.pdf

PHOTO DE L’EQUIPAGE : http://www.mairie-jobourg.fr/wp-content/uploads/2012/06/6-Photo-de-l%C3%A9quipage.pdf
CROIX ET LIEU DE NAUFRAGE : http://www.mairie-jobourg.fr/wp-content/uploads/2012/06/7-Croix-et-lieu-du-naufrage.pdf

_____
ARTICLES
L’intransigeant et le journal de Paris n° 11652 (feuille 1/2)
http://www.mairie-jobourg.fr/wp-content/uploads/2012/06/9-Vend%C3%A9miaire-Journal-lintransigeant-f1.pdf

L’intransigeant et le journal de Paris n° 11652 (feuille 2/2)
http://www.mairie-jobourg.fr/wp-content/uploads/2012/06/10-Vend%C3%A9miaire-Journal-lintransigeant-f2.pdf

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8Accident du Vendémiaire [hommage rendu aux morts à bord du Gloire le 9 juin 1912] : [photographie de presse] / [Agence Rol]

SOURCE IMAGES : Gallica

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1 janvier 2013

La Croix-Rouge française

Classé sous — milguerres @ 17 h 54 min

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 Les femmes et la Guerre

La Croix-Rouge française (CRF)
source wikipedia

La Croix-Rouge française (CRF) est une des sociétés nationales du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Fondée en 1864, La Croix-Rouge française est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique depuis 1945. Son fonctionnement est défini dans les statuts adoptés par l’assemblée générale.

Acteur de référence dans le domaine de l’action humanitaire, la Croix-Rouge française mène des actions pour venir en aide aux personnes en difficulté en France et à l’étranger.

S’appuyant sur plus de 50 000 bénévoles et 17 000 salariés, l’association met en œuvre au quotidien tous les moyens à sa disposition pour remplir les missions qu’elle s’est fixée.

Forte d’un réseau constitué de 950 unités locales, 100 délégations départementales et 678 établissements agissant dans le domaine sanitaire, médico-social et de la formation, la Croix-Rouge française assure une présence sur l’ensemble du territoire français, y compris dans les départements et territoires d’outre-mer (DOM-TOM).

Ce maillage territorial exceptionnel lui permet d’assurer au mieux ses missions fondamentales de proximité auprès des personnes en difficulté dans 5 domaines d’action : urgence secourisme, action sociale, santé-autonomie, action internationale et formation.

Chaque année, l’action de la Croix-Rouge française permet d’aider 1 million de personnes, d’en secourir 200 000, d’en former ou d’en initier 1 000 000 aux premiers secours et de préparer 17 000 élèves aux métiers médico-sociaux.

La Croix-Rouge française est par ailleurs présente dans 35 pays pour y développer des programmes spécifiques afin d’améliorer l’accès à l’eau, la sécurité alimentaire et la santé des personnes vulnérables.

Historique

La Croix-Rouge française fait partie du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui comprend le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), organisme mandaté pour agir dans les pays victimes de conflits armés, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et les 186 sociétés nationales qui sont toutes auxiliaires des pouvoirs publics et souveraines dans leur pays.

Le Mouvement a été fondé selon sept principes fondamentaux : humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité. Regroupant 97 millions d’hommes et de femmes, la Croix-Rouge est aujourd’hui la plus importante organisation humanitaire au monde.

La Croix-Rouge française est l’une des plus anciennes Sociétés nationales. En 1864, la France est l’une des premières nations à signer la première Convention de Genève et à mettre en place la Société de secours aux blessés militaires (SSBM).

Elle œuvre véritablement pour la première fois lors de la Guerre contre la Prusse en 1870 et parvient déjà à récolter des fonds. Outre le secours aux blessés et mutilés de guerre, elle apporte un soutien aux veuves et orphelins de soldats.

À la suite de divergences et de scissions, deux autres sociétés nationales humanitaires voient le jour en France, l’association des dames françaises (ADF) et l’Union des femmes de France (UFF), respectivement en 1879 et 1881. À partir de 1907, leurs actions sont coordonnées par un Comité central afin d’optimiser leurs services.

Finalement, la loi du 7 août 1940 fusionne les trois sociétés préexistantes pour fonder la Croix-Rouge française.

fleche-boule8 dans Elle a été dirigée par :
fleche-boule8 dans Société de Secours aux Blessés Militaires (S.S.B.M.)
1864 – 1869 : Maréchal-Duc de Montesquiou-Fézensac
1869 – 1870 : Général-Comte de Goyon
1870 – 1873 : Comte de Flavigny
1873 – 1886 : Duc de Nemours
1887 – 1893 : Maréchal-duc de Mac-Mahon
1893 – 1897 : Duc d’Aumale
1897 – 1903 : Général Davout, duc d’Auerstaedt
1903 – 1916 : Marquis de Vogüe
1916 – 1918 : Louis Renault
1918 – 1932 : Général Paul Pau
1932 – 1940 : Marquis de Lillers
fleche-boule8 dans Comité des Dames S.S.B.M.
1867 – 1869 : Madame la maréchale Niel
1869 – 1883 : Comtesse de Flavigny
1883 – 1889 : Princesse Czartoriska (fille du duc de Nemours)
1889 – 1898 : Madame la maréchale de Mac-Mahon
1898 – 1907 : Duchesse de Reggio
1907 – 1923 : Comtesse d’Haussonville
1923 – 1926 : Magdeleine Guillemin (1853-1930), marquise de Montebello, chevalier de la Légion d’honneur1
1926 – 1939 : Madame la maréchale Lyautey
1939 – 1940 : Mlle d’Haussonville
fleche-boule8 dans Association des Dames de France (A.D.F.)
1879 : Pr Duchaussoy
1880 – 1906 : Comtesse Foucher de Careil
1907 – 1913 : Madame l’amirale Jaurès
1913 – 1925 : Madame Ernest Carnot
1925 – 1940 : Comtesse de Galard
Depuis 1940: Madame Maurice de Wendel
Union des Femmes de France
1881 – 1906 : Madame Koechlin Schwartz
1906 – 1921 : Madame Suzanne Pérouse
1921 – 1927 : Madame Henri Galli
1927 – 1938 : Madame Barbier Hugo
1938 – 1940 : Madame Saint René Tallandier
fleche-boule8 dans Croix-Rouge française
1940 – 1941 : Pr Louis Pasteur Vallery-Radot
1941 – 1942 : Pr Bazy
1942 – 1944 : Marquis Gabriel de Mun
1944 – 1945 : Comte Jacques de Bourbon Busset
1945 : Pr Louis Justin Besançon (vice-président Louis Milliot)
1946 – 1947 : Médecin Général Inspecteur Sice
1947 – 1955 : Georges Brouardel
1955 – 1967 : Ambassadeur André François Poncet
1967 – 1969 : Médecin Général Inspecteur Debenedetti
1969 – 1978 : Maître Marcellin Carraud
1979 – 1983 : Ambassadeur Jean-Marie Soutou
1984 – 1989 : Ambassadeur Louis Dauge
1989 – 1992 : Georgina Dufoix
1992 – 1994 : André Delaude
1994 – 1997 : Pierre Consigny
1997 – 2003 : Pr Marc Gentilini
2004 – 2009 : Pr Jean-François Mattéi
Depuis 2009 : Pr Jean-François Mattéi

fleche-boule8 dans Première Guerre mondiale


fleche-boule8 dans La SSBM
reprend le chemin des champs de batailles. Sur le front, elle met en place des « ambulances chirurgicales ». À l’arrière, les deux ADF et UFF ne sont pas en reste : organisation d’hôpitaux militaires (environ 1 400 à la fin du conflit), formation et encadrement de 68 000 infirmières, mise en place de péniches-ambulances pour la partie soins médicaux, mais aussi création de sanatoriums, de cantines de gares, d’ouvroirs, aides aux soldats (colis), ouverture d’une agence des prisonniers de guerre (1,5 million de fiches recensées), et aussi souscription pour aider les départements de l’Aisne et de l’Oise libérés en 1917.

Fin 1918, la paix revient, et l’entre-deux-guerres commence. La France doit panser ses plaies, le CCCRF décide donc de faire porter ses actions sur l’aide à la reconstruction, mais aussi sur les fléaux de l’époque : la tuberculose, les maladies vénériennes, la mortalité infantile. Les infirmières devront également lutter contre l’épidémie de grippe espagnole. En 1938, un organe consultatif, le Conseil National de la Croix-Rouge Française, est chargé d’étudier les questions relatives au rapport entre la Croix-Rouge et l’État.

La Croix-Rouge française pavill10

Pavillon de l’Association Française de Secours aux blessés militaires
des armées de terre et de mer (médiathèque municipale de Roubaix :
http://roubaix1911.bn-r.fr/acc/pavillons_services_croixrouge.html
Deux pavillons érigés respectivement par les Comités Roubaisiens de l’Association Française de Secours aux blessés militaires des armées de terre et de mer et par l’Association des Dames Françaises de secours aux militaires en cas de guerre et aux civils en cas de « calamités publiques » attirent l’attention des visiteurs. Le premier, situé avenue Le Nôtre, abrite des appareils de chirurgie, « des objets de pansement » ainsi que le matériel jugé de première nécessité. L’autre, plus modeste, situé avenue Jussieu, comprend les éléments indispensables pour assurer le service des premiers secours.
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http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1246782006001182
Carte postale éditée par la Société de secours aux blessés militaires. Illustration de Pierre Comba. France. 1914–1918. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève.
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localisation : Bibliothèque municipale de Lyon / Bloch1_19141210
technique : 1 photographie, 9 x 14 cm – tirage papier, noir et blanc
description : Renée Martin-Mougin (première infirmière, à gauche). L’Hôpital temporaire 5e bis pourrait être le lycée Jean-Moulin.
historique : Pendant la Guerre de 1914-1918, divers établissements scolaires sont transformés en hôpital militaire : le lycée du Parc, le lycée Saint-Rambert, l’Ecole vétérinaire… et bon nombre de « jeunes filles de bonnes familles » viennent soigner nos blessés avec enthousiasme et générosité. Une formation sur le tas s’organise. A la fin des hostilités, la majorité de ces jeunes « infirmières » s’entêtent, en dépit de leur famille, à vouloir poursuivre leurs activités de soins comme bénévoles ou comme salariées. Source : La médecine à Lyon des origines à nos jours, sous la direction d’Alain Bouchet.
http://collections.bm-lyon.fr/BML_01ICO001014d9303ac8e1cf?&query%5B%5D=subject:%22guerre%22&hitStart=1&hitTotal=17

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 Les femmes et la Guerre

 

29 décembre 2012

Les premiers moments de l’armée blindée

Classé sous — milguerres @ 21 h 21 min

 

 

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Les premiers moments de l’armée blindée
http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/les-premiers-moments-de-larme-blindee

Maurice Gagneur, capitaine, et Marcel Fournier, lieutenant, affectés dans une des toute récentes compagnies d’artillerie d’assaut, relatent les premiers moments de l’arme blindée.

1 – L’accueil de cette nouvelle armée :  » Aux débuts de l’A. S., Artillerie Spéciale, – telle est en effet notre désignation officielle par initiales, – on adopta les modèles de char fabriqués en même temps par les usines Schneider et celles de Saint-Chamond. Une rivalité jaillit naturellement de la concurrence intéressée des constructeurs. Chacun’ d’eux voyait là non seulement une bonne publicité pour sa marque mais aussi une précieuse occasion de réaliser quelques honnêtes bénéfices. Je ne sais par quel prodige ce différend, tout commercial, parvint jusqu’aux modestes chefs de char, qui, dans l’intérêt des combattants et dans le leur personnel, n’auraient dû avoir cure que du perfectionnement de leur char, quelle que fut l’origine des améliorations ! Aussi, pus-je constater, dès notre arrivée à Champ-lieu que nous, les Saint-Chamond, étions traités en parents pauvres, lourdauds destinés à demeurer à jamais en panne, tandis que les Schneider termineraient brillamment la guerre dans leur supériorité.., écrasante. Une fort spirituelle chanson dépeignait ces pauvres Saint-Chamond se tortillant désespérément …Tout dou…, tout dou…, tout doucement! C’est bien juste si on n’insinuait pas que nous avions choisi ces appareils pour nous embusquer, quelque panne opportune devant infailliblement se produire si jamais, un jour, on avait l’intention audacieuse de nous envoyer au combat ! Je dois avouer, à la vérité des. faits, que les premiers essais de Saint-Chamond à Marly n’avaient pas donné de résultats fort encourageants : les chenilles s’étaient, montrées un peu faibles pour si pesant véhicule. Mais, tous, nous avions cherché et de nombreuses améliorations remédiant à pas mal de petits inconvénients en avaient fait un engin sérieux que nous étions fiers de conduire bientôt à la bataille. Voilà pourquoi nous éprouvions telle satisfaction de notre arrivée sans encombre. Nous n’étions pas les seuls, d’ailleurs, ayant à coeur de prouver combien nos chars étaient capables de prouesses. Quelques plaisanteries, émises lors de notre débarquement, étaient-elles parvenues aux oreilles du commandant de Périnnelle ? Toujours est-il qu’il résolut de faire sortir de. suite nos appareils sur le terrain. Hélas! je vous ai dit que nous avions parcouru, en venant, un terrain détrempé où nos chars enfonçaient malgré la rigueur de la température : au matin nos chenilles étaient complètement gelées par le froid! ‘ Les imprudents qui cherchèrent néanmoins à démarrer ‘ entendirent le craquement sinistre de leurs maillons brisés sous les efforts adverses. Une seule ressource en pareille aventure : faire dégeler un à un les maillons à la lampe à souder ! Heureusement que le jour suivant la température, plus clémente, nous permit de mettre en route nos chars, sans encombre. »
Les premiers moments de l'armée blindée 171209

2 – Les manoeuvres :  » Notre Saint-Chamond semble en de bonnes mains. Tous, le commandant de Périnnelle en tète, nous voulons assister à la sortie de notre champion. Notre chef s’installe sur le toit même du char pour être plus près du pilote et le seconder plus aisément de sa vieille expérience maritime. La progression de la manoeuvre se déroule régulièrement jusqu’au passage du premier obstacle, c’est une tranchée; voilà-t-il pas trois Schneider qui piquent en plein du nez dedans et, dame, ne peuvent s’en arracher ni par la marche arrière ni par la marche avant. Combien alors Hitier sait se montrer grand! D’une voix négligente et un tantinet narquoise il propose à l’un des em…pètrés de l’arracher à son angoissante situation, offre acceptée, d’ailleurs, incontinent. Il conduit son char près du naufragé : un câble est lancé à son arrière et fixé. Mais le triomphateur veut montrer de quoi il est capable non seulement comme sauveteur mais encore comme « progresseur » – passez-moi ce néologisme – ; à notre grand émoi, à son tour, il se lance lui-même contre la tranchée. Le voilà sur le bord du gouffre qui s’effrite sous sa masse cahotante ; il pique du nez! Non, il se redresse doucement, puis se cabre peu à peu… son point d’appui est pris sur la paroi opposée; encore un effort et il escalade le parapet, mais oui ! Lentement son canon décrit une courbe, s’érige, et le voilà menaçant les cieux tandis que le char est presque vertical. Bravo!… Et que devient notre commandant durant cette ascension ? Tout joyeux, à plat ventre sur son toit, il se cramponne avec énergie au capot. Tandis que nous nous demandons, non sans anxiété, comment va se terminer cette prodigieuse ascension, un fracas éclate; est-ce la chenille qui vient de se rompre ? Non, c’est à l’intérieur du char, les bidons d’huile et d’essence qui dégringolent. Nous sommes à peine remis de cette émotion que nous voyons le char s’abaisser lentement et se mettre finalement en équilibre sur le sol par quelques soubresauts; notre commandant manque d’être précipité à terre; il se maintient énergique-ment… Le Saint-Chamond a franchi la tranchée! Stupéfaction générale; et la nôtre n’est pas des moindres.

Un autre Schneider gisait lamentablement embourbé dans une tranchée et se refusait malgré toutes les sommations de son pilote à en sortir. Quel démon, à tous, nous souffla de prier Hitier de le sortir de ce mauvais pas ? Il accède à nos instances et se dirige majestueusement vers ce nouveau sauvetage, sans prendre garde au terrain détrempé où le char manoeuvre sans facilité. Voilà les câbles attachés solidement au naufragé, Hitier démarre et… ses chenilles se mettent à patiner. Afin de se dégager du mauvais terrain il recule, puis tente de virer, mais ne réussit qu’à s’enliser davantage. 0 absinthe de l’amertume, lu viens gonfler nos coeurs un instant auparavant tout remplis du miel de la joie!… 11 faut faire quelque chose après un tel triomphe, la manoeuvre va-t-elle s’achever par le « desinit in piscem » du poète ? Le capitaine Calmels, brillant dragon, durant quelques jours chef de char avant de prendre le commandement du groupe, et qui se signale d’ordinaire par sa gaieté et son allant ne peut supporter notre champion en si fâcheuse posture. Il se hâte vers les garages et amène son char à la rescousse. Il exécute de savantes manoeuvres pour venir accrocher son câble au Saint-Chamond. Lui aussi fait des avant et des arrière, lui aussi se met à patiner, et lui aussi, injuste destinée, s’enfonce peu. à peu dans un sol quasi-mouvant : … le voilà embourbé fraternellement à côté de l’appareil qu’il voulait secourir ! … Comble d’infortune, leur char embourbé, cause de tout le mal, se met eh mouvement, remonte seul hors de. la tranchée et s’éloigne, narquois, sous nos yeux. Il n’y a pas à dire, la situation devient de plus en plus ridicule, nous courons vainement chercher de lourds cailloux, d’épais madriers, voire des barres de fer, la chenille indocile les happe, sans condescendre à adhérer après, c’est le cas de dire qu’elle fait litière de toutes nos offrandes, tandis que le moteur ronfle, agaçant, tel un gros chat moqueur et que les chenilles dévident leur chapelet sans fin, comme d’ironiques petites folles. »
171209

3 – Les chars et la population civile :  » A chaque gare où le train s’arrête un instant, les gens accourent pour nous voir, la silhouette imprévue de notre convoi les attire, mais les tubes des canons qui trouent les bâches dont nos chars sont recouverts, et dont les illustrations de tous les journaux ont déjà fait connaître la silhouette, les a tôt renseignés sur notre compte. Ils s’approchent curieusement, timidement. Les enfants bousculent les plus hardis pour passer devant, et les entraînent dans un murmure où on distingue : « Ce sont les Tanks… mais oui,… voici les Tanks! » Décidément notre bel et officiel nom de «. chars d’assaut » est bien moins populaire! Et sous les regards d’admiration, un peu craintifs, mais respectueux de la foule nos hommes se redressent fièrement de toute leur taille dans leur veste de cuir noir. Ils ont raison, c’est le salut de la France, à la nouvelle arme qui passe. » 4 – Le premier défilé du 14 juillet : « C’est aujourd’hui le 14 juillet, nous venons d’avoir une solennité militaire intime qui m’a réellement impressionné : le premier défilé des chars d’assaut. Etaient désignés une batterie par groupe et un appareil par batterie, cela formait une centaine de chars pour la revue. De loin on eut dit une parade étrange’ – de bêtes de l’apocalypse. « Toinon » vient de prendre part à la fête, bien parée, bien astiquée, toute reluisante. Nous avons défilé devant le général Estienne, droit et immobile sur son cheval blanc, très imposant. A voir nos appareils alignés d’une façon impeccable, le général Pétain, le ministre de la guerre, M. Painlevé, commanda immédiatement trois mille petite chars Renault, câble, tous fanions dehors, avançant en ordre parfait, ce fut un moment inoubliable et solennel. »
Source : Gagneur, (M.) et Fourier (M.), Avec les chars d’assaut, Paris, Hachette, 1919 (Mémoires et récits de guerre) :  http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/les-premiers-moments-de-larme-blindee

 

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27 décembre 2012

Les Anges de Mons

Classé sous — milguerres @ 16 h 09 min

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Les Etats du Dominion et la Grande Guerre

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Les Anges de Mons fleche-boule8

Les Anges de Mons

Source wikipedia

La légende des Anges de Mons est une légende urbaine selon laquelle un groupe d’anges seraient apparus aux soldats de l’armée britannique, au début de la Première Guerre mondiale, lors de la bataille de Mons en Belgique. Elle fut particulièrement connue à l’époque, surtout dans le monde anglo-saxon, et elle continue à faire parler d’elle aujourd’hui encore grâce à Internet et au New Age.

Cette légende trouve sa source dans un récit fictionnel, intitulé The Bowmen (Les archers), de l’écrivain fantastique Arthur Machen. La publication de cette histoire dans le quotidien London Evening News, le 29 septembre 1914, donna le coup d’envoi de la rumeur.

Les faits

Les 22 et 23 août 1914, le premier engagement sérieux du corps expéditionnaire britannique s’est produit lors de la bataille de Mons. Des forces allemandes se portant en avant furent rejetées en arrière par les troupes britanniques fortement dépassées en nombre. Ces dernières, subissant aussi des pertes et étant débordées, furent obligées d’effectuer une retraite rapide le jour suivant.

Le 24 avril 1915, un compte-rendu fut publié dans le magazine britannique Spiritualist, relatant des visions d’une force surnaturelle miraculeusement intervenue pour aider les Anglais au moment décisif de la bataille. Cet article provoqua rapidement avalanche de témoignages similaires et la diffusion de rumeurs sauvages. Les descriptions de cette force ont varié : soit des archers médiévaux au côté de saint George, soit un étrange nuage lumineux et, par la suite, la version la plus populaire fut celle des anges guerriers.

Explications

Des témoignages similaires concernant de telles visions sur les champs de bataille ont été répertoriés au cours de guerres médiévales et antiques. Toutefois, il y a de fortes similitudes entre plusieurs de ces relations et une nouvelle d’Arthur Machen, The Bowmen (« Les Archers »), publiée pour la première fois six mois plus tôt, le 29 septembre 1914, dans le journal londonien Evening News. Machen y était journaliste et bien qu’il ait été un auteur bien connu d’histoires surnaturelles, il n’y avait aucune indication que son histoire était une fiction lors de sa publication originelle. Vu qu’elle était écrite comme si c’était un témoignage direct, c’était un genre de document-fiction, un genre que Machen connaissait bien. L’histoire décrit des archers de la bataille d’Azincourt, appelés par un soldat invitant saint George, anéantissant une armée allemande. Conséquence inattendue, Machen reçut un certain nombre de demandes de fournir la preuve de ses sources très peu de temps après la publication, demandes auxquelles il a répondu que l’histoire était complètement imaginaire, car il n’avait aucun désir de créer un canular.

Ce n’est qu’en mai de 1915 qu’une immense controverse éclata quand les anges furent utilisés dans des sermons à travers la Grande-Bretagne afin de prouver l’action de la providence divine au côté des Alliés. Machen, stupéfié par tout ceci, essaya de couper court aux rumeurs en republiant l’histoire en août sous la forme de livre avec une longue préface affirmant que les rumeurs étaient fausses et tiraient leur origine de sa nouvelle. Le livre fut un best-seller et eut uniquement pour conséquence la publication d’une vaste série d’ouvrages prétendant fournir la preuve de l’existence des anges. Ces publications comprenaient des chansons populaires et des rendus artistiques des anges. L’étude de Kevin McClure décrit deux types d’histoires circulant, certaines nettement plus inspirées de Machen et d’autres avec des détails différents. Cependant, tous ces rapports confirmant des observations d’activités surnaturelles étaient au mieux de seconde main et certains d’entre eux citaient même des soldats qui n’étaient pas à Mons. Une enquête circonspecte menée par la Society for Psychical Research (SPR) en 1915 indiqua à propos des témoignage de première main : « nous n’en avons recueilli aucun, et parmi ceux de seconde main, aucun ne justifierait que nous affirmions la réalité d’un quelconque phénomène surnaturel. » La SPR poursuivit en indiquant que les rapports relatant des « visions » sur le champ de bataille circulant pendant le printemps et l’été de 1915 « s’avèrent après enquête être fondés sur la seule rumeur, et ne peuvent être rattachés à aucune source sérieuse. »

La diffusion soudaine des rumeurs au printemps de 1915, six mois après que les événements se sont produits, est également énigmatique. Les récits publiés à cette époque attribuent souvent leurs sources à de mystérieux dirigeants britanniques anonymes. La dernière et la plus détaillée des enquêtes sur l’histoire des anges de Mons, menée par David Clarke, suggère que ces hommes auraient pu être impliqué dans une tentative secrète par les services secrets militaires de diffusion de propagande psychologique.

La seule preuve réelle des visions apparue au cours des débats vint de soldats véritablement en service qui ont déclaré qu’ils avaient eu des visions de cavaliers fantômes, pas d’anges ou d’archers, et ceci s’était produit durant la retraite plutôt qu’au cours de la bataille elle-même. Puisque pendant la retraite beaucoup de soldats étaient épuisés et n’avaient pas dormi correctement depuis des jours, il se peut que ces visions furent des hallucinations.

Il semble donc que la nouvelle de Machen a engendré la majorité des récits d’apparition angélique à cette époque. Ces récits ont certainement relevé le moral de l’arrière alors que l’enthousiasme populaire chutait en 1915.

Le tableau de Marcel Gillis, Les anges de Mons

Marcel Gillis, Les Anges de Mons, 1934.

http://adamantin.eurower.net/culture/angesmons-legende.php

Occult Review, mai 1915

Le magazine Occult Review où est publié l’article de Phyllis Campbell.

http://adamantin.eurower.net/culture/angesmons-dev.php

Les Ailes de l’ Espoir

couverture livre bonne

sketch

http://britannia.skynetblogs.be/archive/2008/09/07/les-ailes-de-l-espoir.html

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28 novembre 2012

Soldat fusillé pour l’exemple

Classé sous — milguerres @ 18 h 21 min

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Exécuté sur son brancard !

Réhabilitez le lieutenant Chapelant fusillé pour l’exemple en 1914

Les crimes des Conseils de guerre : Chapelant texte de 1925

Les crimes des Conseils de guerre : Les quatre caporaux de Suippes texte de 1925 

Les crimes des Conseils de guerre : Vingré texte de 1925

D’autres noms pour l’exemple

Ils étaient bien là, ces hommes !

Soldat fusillé pour l’exemple

Première Guerre mondiale

France

Source : WIKIPEDIA

Suivant la défaite de Charleroi et l’échec de la Bataille des frontières, les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets, deux décrets du 2 août et du 6 septembre 1914 furent promulgués qui instituaient des Conseils de guerre spéciaux, s’ajoutant aux Conseils ordinaires qui continuaient de se tenir. Avec une procédure simplifiée et expéditive, s’inspirant des cours martiales de 1870, ces conseils s’exercèrent jusqu’à leur suppression en 1917.

Pendant la Première Guerre mondiale, en France 2 400 « poilus » auront été condamnés à mort et 600 fusillés pour l’exemple2,3, les autres voyant leur peine commuée en travaux forcés. Ces condamnations ont été prononcées pour refus d’obéissance, mutilations volontaires, désertion, abandon de poste devant l’ennemi, délit de lâcheté ou mutinerie (en 1917).

Les exécutions sommaires

Cette estimation de 600 fusillés pour l’exemple ne prend pas en compte les exécutions sommaires. Celles-ci sont relatées dans les carnets de guerre des soldats. Ainsi les Mémoires d’un troupier d’Honoré Coudray du 11e bataillon de chasseurs alpins explicite les exécutions sommaires auxquelles il dit avoir assisté :

  • En juillet 1916, un chasseur est accusé de dévaliser les morts ; blessé par les artilleurs, il est abattu par son commandant. Coudray commente « le taré P…. a trouvé un moyen rapide de suppléer au conseil de guerre,….aucun interrogatoire, aucune enquête ». Pour masquer son crime, le commandant inscrit la victime dans la liste des morts au champ d’honneur ;
  • En octobre 1916, un jeune chasseur de la classe 1915, paniqué, fuit le front pendant un bombardement. Le commandant le convoque : « monte sur le parapet », le commandant le suit et le tue d’une balle dans la tête.

Outre les informations d’Honoré Coudray, il est intéressant de connaître ses convictions : fervent partisan de l’ordre, il reproche aux mutins de 1917 leur attitude de rébellion. Ainsi il démontre que la critique des exactions de cet officier n’est pas liée à un parti pris contestataire4.

Les motifs des condamnations

En 1914, les condamnés sont principalement accusés de s’être volontairement mutilés un membre (main, pied). Laisser sa main traîner au-dessus de la tranchée était passible du conseil de guerre.[réf. nécessaire]

En 1915 et 1916, on assiste de plus en plus à des désertions, puis se développent deux formes de crimes :

  • le refus d’obéissance devant l’ennemi. Cette dénomination issue de la justice militaire est le prétexte à des condamnations totalement arbitraires notamment lorsque les généraux n’étaient pas satisfaits d’un repli de troupes ;
  • l’abandon de poste. Il s’agit de désertion dans la majeure partie des cas.

En 1917, les condamnations concernent des comportements collectifs. Les célèbres mutineries du Chemin des Dames restent gravées dans les mémoires tant par leur caractère exceptionnel que dans la répression qui suivit5.

Le Poilu ne refuse pas de se battre mais il refuse d’attaquer à outrance. À Craonne, lors des sanglants assauts commandés par le général Nivelle, ce sont 30 000 hommes qui meurent en 10 jours (et 100 000 sont blessés). En 1918, en France comme chez les Alliés, on constate un déclin des exécutions. En effet, les commandements militaires comprennent mieux l’état mental des soldats, les conséquences du « Shell-Shock », ce choc psychologique provoqué par les conditions de vie des soldats notamment sous les bombardements.

L’évolution de la justice militaire pendant la guerre

 

 Soldat fusillé pour l'exemple  fusille-conseil-eglise

Conseil de guerre dans une église (journal L’Illustration, octobre 1917).

Au tout début de la guerre, les militaires ont obtenu du gouvernement la présentation des prévenus devant le conseil de guerre sans instruction préalable. Début septembre 1914, le ministre de la guerre abolissait les possibilités de recours en grâce et en révision. De plus, Joffre réussit à imposer aux politiques, la constitution de cours martiales dénommées « les conseils de guerre spéciaux », qui devaient juger rapidement et durement pour l’exemple. Les prévenus était jugés par une « cour » composée en général du commandant de régiment assisté de deux officiers. Ils votaient et la majorité scellait le sort du soldat. En cas de condamnation à mort la sentence était applicable dans les 24h selon les préconisations de Joffre. Ainsi les principes d’indépendance des juges, de débats contradictoires et enfin de recours ont été abolis. Sur les 600 fusillés pour l’exemple environ 430 l’ont été en 1914 et 1915 (selon André Bach). Devant les abus révélés par la presse et les associations, le parlement tenta d’atténuer cette justice expéditive. À la fin de l’année 1915, les conseils de guerre spéciaux sont supprimés. Enfin le 27 avril 1916, une loi permet d’atténuer et de contrôler cette justice militaire.

Les réhabilitations

La famille du soldat fusillé pour l’exemple était doublement touchée du deuil. En effet la honte d’avoir eu un frère, un père, un époux condamné pour sa lâcheté était très difficile à supporter. Cela s’ajoutait inéluctablement au poids du deuil. Le frère de Henry Floch indique lors de l’inauguration du monument de Vingré en 19256 : « Nous avons vécu dans une atmosphère affreuse de la suspicion illégitime et la honte injustifiée ». Le fils de Pettelet autre fusillé de Vingré a dû être retiré de l’école, son éducation est confiée à un précepteur. La veuve Pettelet a reçu des insultes et des menaces, elle sort dans la rue avec un pistolet pour se protéger7.

Très peu, environ une quarantaine sur 600, ont été rétablis dans leur honneur dans les années 1920 ou 1930, à force d’acharnement et de courage de la part des familles de victimes soutenues par les associations d’anciens combattants et par la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen.

Récemment en 2006, l’affaire Léonard Leymarie a amené le sénateur de la Corrèze Georges Mouly (R.D.S.E.) à attirer l’attention d’Hamlaoui Mekachera, alors ministre délégué aux anciens combattants, sur les « fusillés pour l’exemple. » Il lui a demandé l’état de la réglementation actuelle quant à l’inscription du nom des fusillés pour l’exemple réhabilités sur les monuments aux morts des communes, où ils ne figurent pas8. En effet, jusqu’en 2008, le nom de Leymarie est demeuré absent du monument aux morts de Seilhac érigé en 1924. Mais sa réhabilitation avait échoué malgré les efforts répétés à trois reprises de la Ligue des droits de l’Homme entre 1921 et 1925. Sa fiche, visible sur le site Mémoire des hommes, mentionne pourtant une réhabilitation sans donner la moindre date. En revanche, à Seilhac, la mention « Mort pour la France » avait été ajoutée avant 1919 à son acte de décès transcrit le 29 avril 1915 sur le registre d’état civil (acte n° 12). Cette mention existait sur l’acte de décès du 305e RI (n° 99), établi à Ambleny (Aisne) le 19 décembre 1914 et contresigné par deux témoins, un caporal et le médecin aide-major du dit régiment.

Dans sa réponse, le ministre a rappelé que les noms des militaires fusillés pour l’exemple puis réhabilités peuvent être inscrits sur les monuments aux morts communaux, s’ils se sont vu attribuer la mention « mort pour la France ». Cette décision d’inscription incombe aux communes, sous la tutelle du préfet. Il n’existe toutefois aucune obligation d’inscription pour les communes.

L’article L. 4889 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre distingue cinq catégories de morts pour la France :

  • 1°) les militaires qui ont été tués à l’ennemi,
  • 2°) ceux qui sont morts de blessures de guerre,
  • 3°) les décédés de maladie contractée en service commandé en temps de guerre,
  • 4°) les victimes d’accident survenu en service,
  • 5°) ceux qui sont morts à l’occasion du service en temps de guerre 10.

Dans le monde

La France avec environ 600 fusillés se situerait en seconde position derrière l’Italie, qui a exécuté 750 de ses soldats, et devant le Royaume-Uni avec 306 fusillés dont le plus jeune exécuté durant la guerre, âgé de dix-sept ans11. L’Allemagne indique officiellement 48 fusillés (ce qui paraît cependant peu) et le Canada 25 fusillés12. Il y eut aussi de nombreuses exécutions dans l’armée russe. L’armée américaine fait état de seulement 11 exécutions et essentiellement pour des viols et des meurtres ; ce petit nombre s’expliquerait par le meilleur encadrement médical des soldats, plus au fait des questions de psychiatrie. Seules les forces d’Australie n’exécutaient leurs soldats sous aucun motif.

Le gouvernement britannique a, en 2006, par voie législative, réhabilité les 306 soldats britanniques fusillés. Les cinq fusillés néo-zélandais ont été réhabilités en 2000, et les Canadiens honorés l’année suivante.

Quelques fusillés pour l’exemple

Parmi les 600 fusillés pour l’exemple français, certains sont restés dans les mémoires, soit parce qu’ils ont été réhabilités, soit parce qu’ils sont représentatifs du traitement qu’ont subi leurs confrères. Ces exemples ne représentent toutefois que quelques cas sur des milliers, et ne doivent pas faire l’objet d’une généralisation abusive.

France, 1914

  • Le 01/09/1914, à Remenoville, Frédéric Henri Wolff est le premier fusillé pour l’exemple. Il était chef de bataillon du 36e Régiment d’infanterie coloniale.
  • Le 7 septembre 1914, 7 soldats du 327e sont exécutés : Barbieux, Clément, Caffiaux, Hubert, Delsarte, Dufour et Waterlot. Ce dernier sort indemne de la fusillade et meurt sur le front le 10/06/1915. L’affaire dite « des fusillés du 327e » a fait l’objet d’une campagne de réhabilitation très importante de la Ligue des droits de l’Homme mais qui n’a pas a abouti13.
  • Le 18/09/1914, le conseil de guerre de la 29e division d’infanterie, à Verdun, condamne à la peine de mort six hommes.
  • Le 19/09/1914, les soldats Auguste Jules Léon Odde (24e bataillon de chasseurs, né le 29/11/1892 à Six-Fours, Var) et Joseph Tomasini sont fusillés tandis que les quatre autres ont leur peine commuée en vingt ans de détention, puis annulée par la cour de Cassation le 10/03/191514.
  • Alphonse Brosse et Jean Boursaud du 238e R.I. fusillés le 10/10/1914 à Ambleny (02). Condamnés par jugement du Conseil de guerre de la 63e division tenu à Ambleny le 10/10/1914 pour abandon de poste en présence de l’ennemi
  • Arnold Maille du 1er R.I., fusillé le 22/10/1914 à Cormicy (51). Joseph Auguste Charles Henry Bonnin du 137e RI, fusillé dans la Somme le 16/10/1914. Albert Arjailles du 42e RIC fusillé le 11/09/14 à Ville devant Belrain (55). Alfred Désiré Fernand Bayard du 128e RI fusillé le 12/09/1914 à Vouillers (51). Léon Appolinaire Bazin du 16e RIT fusillé le 16/10/1914 à Bavincourt (62). Bellal Mohammed Ben Mohammed Ben Salem du 6e R tirailleurs fusillé le 31/12/1914 à Tracy le Mont (60).
  • Eugène Bouret, du 48e régiment d’artillerie, victime du « Shell-Shock » le 29 août 1914, il s’égare et erre à l’arrière du front. Il est arrêté, jugé pour abandon de poste et fusillé le 7 septembre 1914 avec cinq autres co-accusés (Claudius Urbain du 299e RI né le 01/01/1882 à Chuzelles (38), mineur à Vienne – Ernest François Macken chasseur du 53e BCA, né le 03/11/1889 à Saint-Denis (93), cultivateur à Liancourt (60), inculpé d’abandon de poste en présence de l’ennemi à Rougiville le 02/09/1914 – Benoît Manillier du 22e RI, né le 22/05/1887 à Leyrieu (38), cultivateur, inculpé d’abandon de poste en présence de l’ennemi à Rougiville le 03/09/1914 – Francisque Jean Aimé Ducarre du 30e RI, né le 04/01/1892 à St Quentin Falavier (38), voiturier, inculpé d’abandon de poste en présence de l’ennemi à Taintrux le 03/09/1914 – Francisque P. chasseur du 11e BCA, né le 01/02/1882 à La Grand Croix (42), métallurgiste à Rives de Gier, inculpé d’abandon de poste en présence de l’ennemi à Taintrux le 03/09/1914). Il sera réhabilité dès 191715.
  • Henri Bourgund a été fusillé le 8 novembre 1914 « pour avoir abandonné son poste en présence de l’ennemi » lors des combats de Saint-Laurent Blangy, près d’Arras. Il a été exécuté et enseveli dans un pré, à la lisière de Sainte-Catherine et au nord de la Scarpe 16.
  • Marcel Loiseau (voir sa biographie ci-dessous), du 106e régiment d’infanterie, blessé se rend à l’infirmerie. Il est accusé d’abandon de poste avec mutilation volontaire et fusillé le 12 octobre 1914 à Mouilly. Il est réhabilité le 17/03/1922, l’accusation étant infondée.
  • Les Martyrs de Vingré, du 298e régiment d’infanterie, le caporal Henri Floch, les soldats Jean Blanchard, Francisque Durantet, Pierre Gay, Claude Pettelet et Jean Quinault, réhabilités solennellement par la Cour de Cassation le 29 janvier 1921.
  • Léonard Leymarie (voir sa biographie ci-dessous), du 305e régiment d’infanterie, condamné pour mutilation volontaire, n’a été réhabilité mais est mentionné comme « Mort pour la France ».
  • Deux soldats du 2e R.T.M. (Régiment de Tirailleurs Marocains) sont fusillés à Tracy-le Mont (60) : Ben Abdel K. Berrafaa (fusillé le 07/10/1914, condamné le 06/10/1914 pour abandon de poste en présence de l’ennemi. Au cours du jugement fut également condamné pour la même raison M. Kiname Daoudji mais qui ne ne fut pas exécuté car il s’évada) et Ben Zineb Amar (fusillé le 11/10/1914 pour abandon de poste en présence de l’ennemi)17
  • Élie Lescop, du 336e régiment d’infanterie, fusillé le 18 octobre 1914, pour abandon de poste et mutilation volontaire, à Souain. Il est réhabilité par la Cour spéciale de justice militaire en 1934.
  • Jean-Julien Chapelant, sous-lieutenant commandant la 3e section de mitrailleuses du 98e régiment d’infanterie, a été capturé avec une poignée de survivants. Blessé, il réussit à regagner les lignes françaises. Pourtant, il sera condamné à mort pour « capitulation en rase campagne ». Le 10 octobre 1914, il sera fusillé attaché à son brancard dressé contre un pommier18. (voir dossiers :
    1. Réhabilitez le lieutenant Chapelant fusillé pour l’exemple en 1914
    2. Les crimes des Conseils de guerre : Chapelant texte de 1925
  • Sont également fusillés en 1914 dans l’Aisne : Paul Pessina (soldat du 144e RI, fusillé le 29/09/1914 à Cuiry les Chaudardes), Georges Paul Voyer (soldat du 1er Régiment de génie, fusillé le 15/11/1914 à Braine), Louis Goffin (soldat du 12e RI, fusillé le 12/12/1914 à Saint-Aubin), Jean Grateloux (soldat du 238e RI, fusillé le 12/12/1914 à Nouvron-Vingré, condamné pour mutilation volontaire par le conseil de guerre de la 63e division), Léon Georges Coulon (soldat du 1er Régiment de génie, fusillé le 15/11/1914 à Braine), Louis Abadie (soldat du 246e RI, fusillé le 24/12/1914 à Vauxbuin, inhumé au cimetière militaire de Vuaxbuin, condamné pour abandon de poste en présence de l’ennemi et vol par le conseil de guerre de la 55e division le 29/10/1914), Émile Guiraud (soldat du 42e RI, fusillé le 16/11/1914 à Nouvron-Vingré, condamné le 15/11/1914 pour abandon de poste en présence de l’ennemi), Henri Joseph Jolbert (tambour du 42e RI, né le 15/10/1889 à Luxeuil les bains, fusillé le 16/11/1914 à Nouvron-Vingré, inhumé au cimetière militaire d’Ambleny, condamné pour abandon de poste en présence de l’ennemi)19.

France, 1915

 

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La stèle sur la tombe de Félix Baudy à Royère-de-Vassivière.

  • Félix Baudy, (voir biographie ci-dessous) maçon de la Creuse a été fusillé avec le soldat François Fontanaud, le caporal Antoine Morange et le soldat Henri Prébost, suite au refus collectif de sa compagnie, du 63e régiment d’infanterie, de remonter à l’assaut. Ils ont été réhabilités en 1934 par la Cour spéciale de justice, cette dernière comprenant des anciens combattants20.
  • Les soldats Camille Chemin et Édouard Pillet, du 37e régiment d’infanterie coloniale, ont été condamnés à mort à cause d’un malentendu. Leur capitaine les a désignés pour rester à l’arrière afin de surveiller des sacs. Un nouveau capitaine est nommé, celui-ci les considère comme déserteurs. Ils sont condamnés et exécutés. Ils seront réhabilités en 193421.
  • Lucien Bersot, du 60e régiment d’infanterie, condamné à mort pour refus d’obéissance; il avait refusé de prendre un pantalon maculé de sang pour remonter au combat avec ses camarades. Il a été réhabilité en 192220.
  • Les caporaux de Souain, (voir : retour à Les crimes des Conseils de guerre : Les quatre caporaux de Suippes texte de 1925) les quatre caporaux Théophile Maupas, Louis Lefoulon, Lucien Lechat et Louis Girard, du 336e régiment d’infanterie, ont été condamnés suite au refus collectif de la compagnie de remonter à l’assaut. Ils ont été réhabilités en 1934 par la Cour spéciale de justice, cette dernière comprenant des anciens combattants.
  • Le soldat Jean-Baptiste Bachelier, né aux Sorinières (44) est fusillé le 4 juillet 1915 à 25 ans 22.
  • Auguste Gonsard, soldat du 104e régiment d’infanterie, condamné à mort et fusillé en mars, pour abandon de poste par automutilation. Il fut réhabilité en 1925.
  • Joseph Gabrielli, soldat du 140e régiment d’infanterie. Pauvre d’esprit, illettré et ne parlant que le corse, il avait perdu le contact avec sa compagnie après s’être fait soigner d’une blessure reçue lors d’une attaque. Condamné pour abandon de poste le 14 juin 1915 et fusillé le jour même, il fut réhabilité par la Cour spéciale de justice le 4 novembre 1933.
  • Louis Pardimène, né le 15 juillet 1880 à Barzun (64), fils de Pierre et de Marie Ribes, soldat du 83e régiment d’infanterie a été fusillé le 7 janvier 1915 à Châlons-sur-Marne (51)
  • Le soldat Lucien Mervelay Lucien du 174e RI est exécuté à Saint-Amand-sur-Fion (18) le 3 avril 1915 avec trois autres hommes d’autres régiments en présence de la 95e brigade.
  • Sont également fusillés dans l’Aisne en 1915 : François Bihouise (soldat du 88e RI, fusillé le 13/05/1915 à Maizy, inhumé au cimetière militaire de Pontavert), Régis Rochelimagne (soldat du 238e RI, fusillé le 21/05/1915 à Courmelles, condamné par le conseil de guerre de la 63e division pour voie de fait et outrage à supérieur), Lucien François Lequeux (soldat du 306e RI, fusillé le 07/03/1915 à Braine, Mardochée Louis Lévy (soldat du 49e RI, né le 08/08/1884 à Bayonne, fusillé le 15/01/1915 à Maizy, inhumé au cimetière militaire de Pontavert, célibataire, coiffeur, fils de David Albert Lévy), Louis Longuetaud (soldat du 249e RI, fusillé le 14/03/1915 à Bourg et Comin), Henri Louis Chassaigne (du 321e RI, fusillé le 30/07/1915 à Hartennes et Taux), Jules Émile Chipaux (du 42e RI, fusillé le 29/01/1915 à Saint-Pierre Aigle, inhumé au cimetière militaire de Crouy), Edouard Joseph André (du 24e RI, fusillé le 21/01/1915 à Berry au Bac)19.

France, 1916

En leur honneur à Reims.

  • Six soldats de Loire-Inférieure sont fusillés en 1916. Il s’agit de : caporal Joseph Bertin, né à Nozay, fusillé le 5 juin 1916 à 25 ans ; soldat Alexandre Kerfontan, né à Indre, fusillé le 24 juillet 1916 à 30 ans ; soldat Louis Legendre, né à Fégréac, fusillé le 29 novembre 1916 à 33 ans ; caporal Émile Le Pahun, né à Saint-Nazaire, passé par les armes le 1er juin 1916 à 30 ans ; soldat Joseph Porcher, né à Saint-Nazaire, passé par les armes le 24 octobre 1916 à 36 ans ; soldat Jean-Michel Suraud, né à Nantes, passé par les armes le 7 septembre 1916 à 34 ans22.
  • En même temps que Jean-Michel Suraud, sont fusillés avec lui le 7 septembre 1916 à Verderonne (Oise) : Justin Louis Lorho (soldat au 3e R.A.C., né le 12/07/1892 dans le Morbihan à Saint Pierre Quiberon) et Louis François Mathurin Chevestrier (marsouin au 8e R.I.C, né dans les Côtes d’Armor le 25/01/1880 à Saint-Juvat)23.
  • Les sous-lieutenants Henri Herduin et Pierre Millant, du 347e régiment d’infanterie. Pour s’être repliés sur Verdun alors qu’ils étaient à court de munitions et dans l’impossibilité de recevoir des renforts, avec ce qui restait de leur compagnie (une quarantaine d’hommes), ils furent exécutés sans jugement à Fleury-devant-Douaumont le 11 juin 1916. En 1921, Louis Barthou le Ministre de la guerre, écrit aux familles en indiquant, que les deux fusillés sont morts pour la France alors que ces fusillés ne sont pas réhabilités juridiquement. Ces compensations honorifiques et militaires sont complétés par des réparations financières. Ils seront réhabilités officiellement en 1926.
  • Sont fusillés le 22/05/1916 à Roucy (02) après avoir été condamnés à mort le 30/04/1916 par le Conseil de guerre de la 55e division pour avoir refusé pendant une heure de remonter aux tranchées : Émile Frédéric Lhermenier (soldat au 96e RI, né le 15/04/1894, peigneur de chanvre, célibataire, fils de Alexandre Lhermenier et de Louise Souty, inhumé au cimetière militaire de Pontavert dans l’Aisne), Lucien Baleux (soldat au 96e RI, 2e compagnie, né le 31/01/1897 à Paris (19e), célibataire, fils de Alexandre Alfred Baleux et de Victorine Henriette Croisoeufs), Félix Louis Milhau (soldat au 96e RI.), Paul Pierre Regoult (soldat au 96e RI)19.
  • Le soldat Le Dû fusillé en septembre 1916, dans l’Oise, pour rébellion.
  • Le caporal Sylvestre Marchetti et le soldat Julien Lançon, du 8e régiment d’infanterie coloniale, fusillés le 22 octobre à 6 h 30, au lieu-dit La Cavée d’Hayon à Sarcus, dans l’Oise24.
  • Sont également fusillés dans l’Asine en 1916 : Armand Désiré Gontier (du 75e RI, fusillé le 20/12/1916 à Guyencourt), Théophile Boisseau (du 246e RI, né en août 1844 à Paris, fusillé le 06/06/1916 à Maizy, inhumé au cimetière militaire de Pontavert)19.

France, 1917

  • Le caporal Joseph Dauphin, (voir biographie ci-dessous) du 70e bataillon de chasseurs à pied condamné à mort le 06/06/1917 suite à la mutinerie de Beuvardes car sous l’effet de l’alcool (les permissions avaient été refusées), il aurait tiré quelques coups de fusil et lancé à la cantonade des « propos séditieux ». Avant cette condamnation il avait reçu en 1915, la Croix de guerre avec palmes pour plusieurs actes héroïques. Promu caporal, il reçut par trois fois une citation pour sa conduite exemplaire au combat. Il n’a pas été réhabilité. Fusillé le 12/06/1917 à Ventelay (51). Cultivateur, marié, père d’un enfant. Inhumé au cimetière militaire de Cormicy (51).
  • Sont fusillés le 20/06/1917 à Chacrise (02) : Charles Vally (soldat du 60e BCP, né le 08/02/1892 à Raon les Leau (54), fils de Charles Vally et de Marie Paradis. Condamné par le Conseil de guerre de la 77e division prononcé le 12/06/1917 pour crime de refus d’obéissance en présence de l’ennemi), Victor Alexandre Norbert Degouet (soldat au 159e RI, né le 25/12/1895 à Paris, opérateur au cinématographe, fils de Alexandre Degouet et de Félicie Evrard), Louis Flourac (soldat au 60e BCP, né le 05/07/1893 à Saint Ybars (09), cultivateur, fils de Joseph Flourac et de Rose Lacoste), Joseph Célestin Bonniot (du 97e RI, né le 22/02/1884 à Celles (38), fusillé le 20/06/1917 à Chacrise, boulanger, fils de Augustin Bonniot et de Léonie Chrétien, marié)19.
  • Arthur Nicolas Renauld (du 70e B.C.P., né le 05/12/1891 à St Amand les Eaux (59) et fusillé le 12/06/1917 à Ventelay (51). Mineur, marié, père d’un enfant. Matricule 2194 au recrutement de Valencienne classe 1911 (Source AD 59 : Volume 9 page 237)19.
  • François Marie Laurent du 247e régiment d’infanterie, originaire de Mellionnec est souvent cité comme ayant été exécuté « parce que ce Breton ne savait pas le français ». N. Offenstadt produit (page 41) le certificat du médecin militaire, le docteur Buy, qui le soupçonne de mutilation volontaire, alors qu’il est blessé à la main gauche. La contre-expertise de 1933 conclut que la pièce médicale du dossier est insuffisante pour prouver une mutilation volontaire. Il est réhabilité en 193425.
  • Le soldat Jules Allard, né à Nantes, est fusillé le 13 février 1917 à 24 ans22.
  • Sont également fusillés dans l’Aisne en 1917 : Pierre Gaston Lefèvre (né le 04/06/1897 à Morfontaine (54) et fusillé le 16/06/1917 à Soissons, cantonnier, fils de Jean-Baptiste Lefèvre et de Zoé Reder, condamné à mort le 09/06/1917 suite à la mutinerie de Mercin, par le Conseil de guerre de la 13e division pour révolte par prise d’armes sans autorisation et agissements contre les ordres des chefs), Albert Emilien Truton (soldat au 75e RI, né le 07/10/1895 à Le Mage (61) et fusillé le 16/06/1917 à Pargnan, cultivateur, fils de Constant Truton et de Françoise Maintenant, marié, père d’un enfant, Croix de guerre avec étoile de bronze, condamné à mort Suite à la mutinerie de Pargnan par le Conseil de guerre de la 27e division le 10/06/1917 pour refus d’obéissance, étant commandé pour marcher contre l’ennemi, inhumé au cimetière militaire de Cerny en Laonnois), Pierre Louis Joseph Ramette (du 273e RI, fusillé le 01/05/1917 à Longueval), Joseph Louis Ruffier (du 370e RI, né le 04/05/1884 à Lachassagne (69), fusillé le 06/07/1917 à Saint Pierre Aigle, inhumé au cimetière militaire de Vauxbuin), Henri Désiré Valembras (du 323e RI, cultivateur, né en 1887 à Avernes sous Exmes (61) et fusillé le 13/06/1917 à Craonne, inhumé au cimetière militaire de Pontavert), André Alfred Vasse (du 274e RI, né le 04/01/1893 à Graville (50), fusillé le 02/07/1917 à Paars), Simon Krief (du 4e régiment de zouaves, fusillé le 14/02/1917 à Pavant), Jean-Louis Lasplacettes (du 18e RI, né le 26/08/1887 à Aydius (64), fusillé le 12/06/1917 à Maizy, cultivateur, fisl de Michal Lasplacettes et de Anne Casebonne), Jean Claude Gaillet (du 417e RI, fusillé le 02/11/1917 à Juvigny), René Louis Brunet (du 20e BCP, fusillé le 10/06/1917 à Grisolles), Émile Paul Buat (du 21e BCP, fusillé le 10/06/1917 à Grisolles), Casimir Canel (du 18e RI, né le 01/03/1896 à Avesne les Comte (62), fusillé le 12/06/1917 à Maizy), Alphonse Robert Didier (du 18e RI, né le 07/04/1884 à Vagney (88), fusillé le 12/06/1917 à Maizy, employé de commerce, fils de Félicien Didier et de Marie Lecomte), Hassan Ben Salah Ben M’Bareck (du 8e régiment de tirailleurs, fusillé le 05/10/1917 à Droizy)19.

France, 1918

  • Le soldat Gillet est exécuté le 2 juin 1918. La Ligue des droits de l’Homme va accompagner pendant plusieurs années le père du fusillé pour obtenir, sans succès, sa réhabilitation. En août 1920 est décernée une décoration militaire posthume à Gillet13.
  • Sont également fusillés dans l’Aisne en 1918 : Charles Victor Robert (du 131e RI, fusillé le 04/01/1918 à Bouconville Vauclair, inhumé au cimetière militaire de Pontavert), Georges Gaillagot (du 49e RI, fusillé le 08/10/1918 à Allemant)19.

On constate, durant cette dernière année du conflit, un déclin des exécutions. Les commandements militaires comprenant mieux l’état mental des soldats provoqué par les conditions de vie en guerre notamment sous les bombardements

Notes et références

  1. ↑ Les fusillés de Fursac [archive].
  2. ↑ Nicolas Offenstadt, Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999, p. 21.
  3. ↑ Jean-Yves Le Naour, Fusillés : enquête sur les crimes de la justice militaire, 2010.
  4. ↑ Nicolas Offenstadt, Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999, p. 31.
  5. ↑ chiffres officiels donnés par le gouvernement fin juin 1917, voir H. Castex, op. cit. Guy Pedroncini évalue ces condamnations à mort entre 60 et 70. Ces chiffres ont récemment fait l’objet d’une réévaluation à la baisse : selon l’historien D. Rolland il y aurait eu environ 30 exécutions.
  6. ↑ Nicolas Offenstadt, Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999, p. 63.
  7. ↑ Nicolas Offenstadt, Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999, p 63 : Entretien de Offenstadt avec Jean Claude Pettelet petit-fils du fusillé.
  8. ↑ Question écrite n° 25440 publiée dans le J.O. du Sénat du 30 novembre 2006, p. 2983.
  9. ↑ Article L. 488 [archive] du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre.
  10. ↑ Réponse du Ministère délégué aux anciens combattants publiée dans le J.O. du Sénat le 1er mars 2007, p. 454.
  11. ↑ Site anglais sur les fusillés [archive].
  12. ↑ Site canadien sur les fusillés [archive].
  13. a et b Nicolas Veysset, Fusillés de la grande guerre. Campagne de réhabilitation de la Ligue des droits de l’Homme 1914-1934.
  14. ↑ Fusillés de la Grande Guerre, SCÉRÉN-CNDP, 2011. http://www.cndp.fr/fileadmin/user_upload/POUR_MEMOIRE/fusilles/120106_PM-fusilles-grande-guerre.pdf [archive].
  15. ↑ D. Callabre et G. Vauclair, préface d’André Bach, Le fusillé innocent 1914-1917, Édition Autrement, octobre 2008, (ISBN 978-2-7467-1201-0).
  16. ↑ Article de Nord Éclair du 10/11/2011.
  17. ↑ Robert Attal et Denis Rolland, La justice militaire en 1914 et 1915 : le cas de la 6e armée.
  18. ↑ M. Nadaud et M. Pelletier, Il ne s’était pas rendu, Lieutenant Chapelant (1926) [archive].
  19. a, b, c, d, e, f, g, h et i La Lettre du Chemin des Dames, hors-série n°1 – « Au nom du peuple français…

 

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Quelques biographies 

 

Marcel Loiseau

Marcel Loiseau né en 1891 à Fontenelle-en-Brie et soldat au 106e RI et agent de liaison, est connu pour avoir été fusillé pour l’exemple pendant la Première Guerre mondiale

Les faits

En septembre 1914, lors d’une attaque à Vaux les Palameix (Meuse) près de Verdun, Marcel Loiseau est blessé. Il se rend à l’infirmerie quand il croise le capitaine Girard qui lui donne l’ordre de regagner les lignes malgré sa blessure. Le soldat, qui souffre, désobéit et rejoint l’infirmerie pour se faire soigner. Le capitaine Girard rédige un rapport et l’accuse de s’être mutilé volontairement. Le conseil de guerre condamne, le 11 octobre 1914, Marcel Loiseau à la peine de mort pour abandon de poste et mutilation volontaire. La sentence est exécutée le lendemain à Mouilly.

Réhabilitation

Le 17 mars 1922, la chambre criminelle de la Cour de cassation constatant qu’il n’y avait pas de charges suffisantes, réhabilitait le fusillé. Sa réhabilitation est due en partie à l’action de la Fédération de l’Aisne des associations de mutilés, veuves et anciens combattants

 

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Léonard Leymarie

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Léonard Leymarie (4 janvier 1880 à Seilhac — 12 décembre 1914 à Port-Fontenoy) est un militaire français de la Première Guerre mondiale. Cultivateur dans le civil, il était soldat de 2e classe dans le 305e régiment d’infanterie, 19e compagnie. Il est connu pour avoir été fusillé pour l’exemple pendant la Première Guerre mondiale.

Léonard Leymarie est né le 4 janvier 1880 au hameau de Champeil, commune de Seilhac, chef-lieu de canton du département de la Corrèze. Son père, Léonard Leymarie, âgé de 40 ans, et sa mère Marie dite Françoise Gaud, âgée de 37 ans, étaient cultivateurs. Il épouse, le 22 juin 1911, Marie Françoise Mialoux, cuisinière, née le 9 décembre 1884 à Chamboulive, domiciliée au Coudert, village de Chamboulive, alors résidant à Libourne (Gironde).

Incorporé à compter du 10 novembre 1901 au 2e bataillon de chasseurs à pied (B.C.P.), il arrive au corps le dit jour. Il est envoyé dans la disponibilité le 20 septembre 1902 étant devenu dispensé (il a un frère au service), en attendant son passage dans la réserve. Un certificat de bonne conduite (C.B.C.) lui est accordé. Il accomplit par la suite deux périodes d’exercice à Tulle, la première au 100e R.I. et la seconde au 300e R.I.. Rappelé en tant que réserviste par le décret de mobilisation générale, il est versé, le 12 août 1914, au 305e régiment d’infanterie (Riom).

Invité par ses camarades de tranchée à aller se faire soigner pour une blessure à une main, il est traduit devant le Conseil de guerre spécial de la 63e division d’infanterie pour abandon de poste en présence de l’ennemi par « mutilation volontaire », sur les données très contestables d’un simple rapport médical, acte pour lequel il avait toujours protesté de son innocence, ayant été blessé à la main à son poste de guetteur1.

A l’unanimité du jury, il est condamné à mort et aux dépens envers l’Etat le 12 décembre 1914. La minute du jugement n° 47 du Conseil de guerre permanent de la 63e division d’infanterie, séant à Saint-Bandry (Aisne), nous donne l’identité du président, le colonel Joseph Louis Marie Andlauer (1869-1956), commandant la 126e brigade d’infanterie, et des quatre juges (Roux, Ballay, Gignoux et Boucharie), tous nommés par le général Georges Louis Edmond Jullien (1858-1933) qui se trouve lui-même sous les ordres du général Etienne Godefroy Timoléon, comte de Villaret (1854-1931), commandant le 7e Corps d’armée. L’accusé est « inculpé d’abandon de poste devant l’ennemi. » Les circonstances de cet « abandon de poste » ne sont pas indiquées ; les déclarations de l’accusé, des témoins et de son défenseur – le maréchal des logis François Guillaume, du 14e dragons (dans le civil, avocat inscrit au barreau de Clermont-Ferrand) – ne sont pas non plus rapportées. Enfin, on ne trouve pas mention de sa blessure à la main.

C’est en vain que l’abbé François Rochias (1880-1961), aumônier de la division, est venu intercéder auprès du général Jullien la clémence pour le condamné. La sentence est exécutoire le jour même à 16h30 à Port-Fontenoy, sur les bords de l’Aisne gelée. Leymarie laissera une lettre dans laquelle il clame son innocence2.

Le même tribunal de guerre condamnera, le 12 décembre 1914, et fera exécuter, à trois kilomètres de là, par un autre peloton, Jean Grataloux (né le 9 décembre 1880 à Saint-Just-sur-Loire, Loire), soldat 2e classe au 238e R.I., accusé de mutilation volontaire.

Léonard Leymarie laisse deux enfants nés à Seilhac : André Louis (16 mars 1912) et Marie-Louise (5  octobre 1913), adoptés par la Nation (pupilles de la nation) par jugement du tribunal civil de Tulle daté du 23 octobre 1919. Pour survivre, Marie Françoise Mialoux quitte Seilhac trois mois après le drame. Elle s’installe à Tulle, au n° 1, impasse Saint-Martin, où elle exerce le métier de ménagère.

Réhabilitation et mention « Mort pour la France »

Léonard Leymarie aurait été réhabilité si l’on en croit sa fiche, visible sur le site S.G.A. / Mémoire des hommes3. Mais aucune date n’est donnée. C’est qu’en fait, sa réhabilitation a échoué malgré les efforts répétés de la Ligue des droits de l’Homme (L.D.H.) dans les années 1920 :

  • rejet, le 16 janvier 1922, de sa demande de réhabilitation par la Chambre des mises en accusation de la Cour d’appel de Limoges4,
  • confirmation par la Cour de cassation, le 7 juillet 1922, de l’arrêt rendu par Limoges,
  • échec de l’ultime recours transmis au ministère de la Justice en 1925.

En revanche, Leymarie a bien eu la mention « Mort pour la France » dont la création, postérieure à sa mort, remonte à la loi du 2 juillet 1915. Son acte de décès qui porte le numéro 99 a été rédigé à Ambleny (Aisne) le 19 décembre 1914 par le lieutenant officier de l’état civil du 305e R.I.. La transcription sur le registre d’état civil de Seilhac a été effectuée le 29 avril 1915 (acte n° 12). Cette mention a été inscrite rétroactivement sur les actes cités5. C’est le cas pour tous les militaires décédés entre août 1914 et l’entrée en vigueur de la loi de juillet 1915. Son attribution suit des critères bien précis. Le décès de Léonard Leymarie répond à deux d’entre eux : la mort est survenue en zone de guerre et il a été déclaré « tué à l’ennemi ». Cette ambigüité s’est poursuivie en 1919 puisque, dans les documents constituant le dossier des enfants pupillaires6, le père est dit « tué à Fontenoy » sans autre précision7. Et les juges du tribunal civil de Tulle n’ont pas cherché à en savoir davantage sous peine d’empêcher la veuve et les enfants de bénéficier des lois aidant les familles des militaires défunts.

Le corps de Leymarie repose au cimetière militaire d’Ambleny. Pourtant, jusqu’en 2008, le nom du fusillé est demeuré absent du monument aux morts de Seilhac inauguré le dimanche 19 décembre 19268. Il a fallu attendre l’année 1994 pour que le maire de Fontenoy inaugurât, en novembre, à proximité de l’église, une stèle en l’honneur du Corrézien et d’un autre malheureux, Lucien Bersot, né le 7 juin 1881 à Authoison (Haute-Saône) et fusillé pour avoir refusé de porter le pantalon couvert de sang d’un soldat mort sur le champ de bataille.

Le discours prononcé par le Premier ministre Lionel Jospin à Craonne le 5 novembre 1998 a ouvert des perspectives sur l’amnistie à accorder aux soldats fusillés pour l’exemple en 1917. Il a exprimé le souhait que ces militaires « réintègrent pleinement notre mémoire collective nationale »9.

Michel Agnoux, secrétaire-adjoint de la section A.R.A.C. (Association républicaine des anciens combattants) de Saint-Jal, délégué à la Mémoire du Comité départemental, s’est battu sans relâche pour que la Nation répare l’outrage consécutif à la condamnation pour l’exemple du soldat Leymarie et l’outrage à sa mémoire qui s’en est suivi. Ses recherches ont commencé en 1999, après avoir lu l’ouvrage « Paroles de Poilus » où la lettre laissée par le condamné est reproduite10. Sa première évocation du sort du militaire seilhacois remonte au dimanche 9 novembre 2003 à Saint-Jal, dans le cadre des activités de l’Amicale laïque. Michel Agnoux n’a cessé, depuis, de réclamer l’inscription du nom du fusillé sur le monument de Seilhac.

2006-2008 : les mentalités évoluent

En 2006, le sénateur de la Corrèze Georges Mouly attire l’attention de M. Hamlaoui Mekachera, alors ministre délégué aux anciens combattants, sur les « fusillés pour l’exemple. » Il lui demande l’état de la réglementation actuelle quant à l’inscription du nom des fusillés pour l’exemple réhabilités sur les monuments aux morts des communes, où ils ne figurent pas11.
Dans sa réponse, le ministre rappelle que les noms des militaires fusillés pour l’exemple puis réhabilités peuvent être inscrits sur les monuments aux morts communaux, s’ils se sont vu attribuer la mention « mort pour la France ». Cette décision d’inscription incombe aux communes, sous la tutelle du préfet. Il n’existe toutefois aucune obligation d’inscription pour les communes.

L’article L. 488 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre distingue cinq catégories de morts pour la France :

  • 1°) les militaires qui ont été tués à l’ennemi,
  • 2°) ceux qui sont morts de blessures de guerre,
  • 3°) les décédés de maladie contractée en service commandé en temps de guerre,
  • 4°) les victimes d’accident survenu en service,
  • 5°) ceux qui sont morts à l’occasion du service en temps de guerre 12.

Le 16 avril 2008, jour du 91e anniversaire du déclenchement de l’offensive du Chemin des Dames, le conseil général de l’Aisne vote symboliquement et à l’unanimité, un vœu invitant « la République française à prendre dans sa générosité […] la décision de reconnaître les soldats condamnés pour l’exemple comme des soldats de la Grande Guerre à part entière […] de façon que leurs noms puissent être légitimement inscrits sur les monuments aux morts des communes de France, à la demande de leurs familles ou des associations et collectivités concernées. »13. Le 20 octobre 2008, le conseil général du Doubs délibérera dans le même sens14.

Le 11 novembre 2008, le président de la République Nicolas Sarkozy profite des célébrations du 90e anniversaire de l’armistice de la guerre de 1914-1918 pour évoquer, au fort de Douaumont, les fusillés pour l’exemple : « … Quatre-vingt-dix ans après la fin de la guerre, je veux dire au nom de notre Nation que beaucoup de ceux qui furent exécutés alors ne s’étaient pas déshonorés, n’avaient pas été des lâches mais que, simplement, ils étaient allés jusqu’à l’extrême limite de leurs forces… »15. La déclaration présidentielle est saluée, le 30 novembre suivant, par Denis Tillinac, chroniqueur à « La Montagne-Dimanche ». L’écrivain corrézien se dit satisfait qu’au nom du « devoir de mémoire », les soldats envoyés au « poteau d’infamie » soient désormais associés aux hommages publics que l’on rend aux héros anonymes de la Grande Guerre16.

La commune de Seilhac passe à l’acte en décidant de réparer l’injustice qui pèse sur son concitoyen fusillé et ses descendants. En 2008, un accord unanime du conseil municipal autorise l’inscription de Léonard Leymarie sur le monument aux morts dont la liste comptera désormais 93 noms. Une cérémonie spéciale est organisée le vendredi 12 décembre à l’initiative de la municipalité. Le maire Marc Géraudie y prononce un discours qui est suivi d’un dépôt de gerbe au nom de la commune17. Une délégation de l’Aisne participe à cet hommage. Le conseil général de ce département est représenté par le vice-président chargé de la culture, divers conseillers généraux dont ceux de Craonne et de Vic-sur-Aisne, des représentants de l’association « Soissonnais 14-18 »18.

Il faut savoir que le département compte trois autres Corréziens, tous fusillés en 1915 :

  • Mathieu Léon Gasparoux, né le 1er octobre 1886 à Meymac, fils de Louis, maçon, et de Françoise Goudenèche. Soldat 2e classe à la 21e compagnie du 300e régiment d’infanterie, il a été fusillé pour désertion à Villers-Bocage (Somme) le 30 juin 1915.
  • François Marsaleix, né le 17 novembre 1896 à Saint-Jal, fils de Martial et de Jeanne Besse, cultivateur. Chasseur à la 3e compagnie du 22e bataillon de chasseurs à pied, il a été exécuté le 22 octobre 1915 au camp de Tinfronce, près d’Aubure (Haut-Rhin) pour tentative de désertion.
  • Léon François Peyrical, né le 24 décembre 1880 à Albussac, fils de Géraud et de Marie Leymarie, cultivateur. Soldat 2e classe à la 2e compagnie du 47e régiment d’infanterie, il a été fusillé le 9 octobre 1915 à Saint-Thomas-en-Argonne (Marne) pour refus d’obéissance en présence de l’ennemi.

Seuls François Marsaleix et Léon François Peyrical ont leurs noms inscrits, dès l’origine, sur les monuments aux morts de leur commune de naissance respective. Tous trois n’ont jamais été reconnus comme « Morts pour la France ».

Depuis 2006, Seilhac a été la troisième commune en France à avoir fait inscrire, en connaissance de cause, le nom d’un soldat fusillé sur un monument aux morts. Seules deux communes l’avaient précédée dans ce devoir de mémoire :

  • Blangy-sur-Bresle (Seine-Maritime) où, le 11 novembre 2006, fut dévoilée sur le monument aux morts, une plaque du souvenir en l’honneur d’un enfant de l’assistance publique, André-Albert Lecroq, ouvrier verrier, soldat au 39e régiment d’infanterie, qui fut condamné à mort pour absence devant l’ennemi le 11 mai 1915 à Coulommes-la-Montagne (Marne) puis fusillé pour l’exemple, le 18 mai suivant, à Vrigny (même département)19.
  • Saint-Ybars (Ariège) où, le 20 juin 2007, la municipalité a fait ajouter sur son monument aux morts le nom de Louis Flourac, soldat du 60e bataillon de chasseurs à pied, fusillé 90 ans plus tôt, le 20 juin 1917 à Chacrise, dans l’Aisne, pour mutinerie organisée avec ses camarades20.

Depuis l’inscription de Léonard Leymarie sur le monument de Seilhac, trois autres communes ont suivi le mouvement :

  • Aydius (Pyrénées-Atlantiques), où, le 17 mai 2009, fut apposée, sur son monument aux morts, une plaque commémorative au nom de Jean-Louis Lasplacettes, soldat 2e classe du 18e régiment d’infanterie condamné à la peine capitale et passé par les armes le 12 juin 1917 à Maizy (Aisne) pour sa participation à une révolte de soldats survenue quelques jours plus tôt, à l’arrière du front, dans le village de Villers-sur-Fère21.
  • Saint-Michel-de-Chavaignes (Sarthe) où la municipalité fit graver sur le monument communal, le 11 novembre 2009, le nom de l’un des siens, Maurice Joubert, soldat au 115e régiment d’infanterie, fusillé à Suippes le 18 mars 1915 (Marne), deux jours après l’exécution sur les mêmes lieux de Maupas et des trois autres caporaux de Souain22.
  • Yvré l’Évêque (Sarthe) où, le 11 novembre 2010, fut ajouté sur le monument le nom d’Émile Lherminier, fusillé le 22 mai 1916 avec trois de ses camarades du 96e régiment d’infanterie, pour refus d’obéissance, à Roucy, dans l’Aisne23.

Notes et références

  1. ↑ Les Fusillés de la grande guerre, de Nicolas Offenstadt, 1999, p.127, 153, 223.
  2. ↑ Lettre publiée notamment dans Paroles de Poilus, 1998, p. 87-88.
  3. ↑ Ce site met à la disposition du public les bases de données réalisées à partir de la numérisation et de l’indexation de fiches biographiques des morts pour la France de la Grande Guerre qui sont conservées par le ministère de la Défense (http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr [archive]).
  4. ↑ Arch. dép. Haute-Vienne 3 U 919.
  5. ↑ Depuis cette loi, la mention marginale « Mort pour la France » est attribuée automatiquement à tous les combattants tués par l’ennemi.
  6. ↑ Archives départementales de la Corrèze, série U.
  7. ↑ . Il en est de même, dans son registre matricule (classe 1910, n° 1466) où est portée la mention « Tué à l’ennemi le 12 décembre 1914, à Port-Fontenoy » sans autre précision (Archives départementales de la Corrèze, série R).
  8. ↑ Annonce parue dans le journal La Croix de la Corrèze du dimanche 28 novembre 1926.
  9. ↑ Propos qui avaient fait scandale dans une partie de la classe politique à l’époque.
  10. ↑ Michel Agnoux s’est senti concerné par le sujet car il n’avait entendu parler ni de Léonard Leymarie alors qu’il avait enseigné au collège de Seilhac de 1968 à 1987, ni de sa veuve née au Coudert de Chamboulive où lui réside depuis 1958.
  11. ↑ Question écrite n° 25440 publiée dans le J.O. du Sénat du 30 novembre 2006, p. 2983.
  12. ↑ Réponse du Ministère délégué aux anciens combattants publiée dans le J.O. du Sénat le 1er mars 2007, p. 454.
  13. ↑ analyse de la session du Conseil général [archive]
  14. ↑ Délibération du conseil général du Doubs [archive]
  15. ↑ France Soir : Hommage de Nicolas Sarkozy aux fusillés [archive]
  16. ↑ « Inclinons-nous devant les innombrables héros anonymes de la Grande Guerre, ils méritent le témoignage de notre reconnaissance […] Mais n’oublions pas non plus leurs frères d’infortune, occultés, dénigrés ou méprisés par la mémoire collective. Ils ont combattu eux aussi pour la France, ils méritent sinon notre hommage, du moins notre respect… » (La Montagne-Dimanche, « Chronique du temps présent », 30 novembre 2008).
  17. ↑ Article de Jacky Durand du journal Libération [archive]
  18. ↑ Pour plus de détails, lire l’article du journal La Montagne publié le 2 décembre 2008 et un nouvel article paru article sur le blog ldh19.over-blog.com (http://ldh19.over-blog.com/article-25280615.html [archive].
  19. ↑ [1] [archive]
  20. ↑ après l’échec de l’offensive Nivelle sur le Chemin des Dames Soirée conférence à la mémoire de Louis Flourac [archive]

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Félix Baudy

Félix François Louis Baudy, né le 18 septembre 1881 à Royère-de-Vassivière, et mort le 20 avril 1915 à Flirey, est un soldat fusillé pour l’exemple pendant la Première Guerre mondiale, incorporé au 63e RI, 5e Cie.

Félix Baudy est un militant du syndicat des maçons et aides de Lyon de la Confédération générale du travail fondée à Limoges en 1895. C’est un maçon de la Creuse travaillant sur les chantiers de Lyon. Il a été fusillé pour l’exemple le 20 avril 1915 à Flirey, suite au refus collectif de sa compagnie de remonter à l’assaut de la crête de Mort-Mare1.

Circonstances de la peine

Le 19 avril 1915, une attaque devait avoir lieu à Mort-Mare (5 km sud de Thiaucourt), afin d’enlever une tranchée encore occupée par les Allemands au centre d’une première ligne conquise quelques jours plus tôt avec la perte de 600 hommes. Les troupes d’assaut avaient été tirées au sort et le hasard avait désigné l’une des compagnies fortement malmenées les 3, 4 et 5 avril lors des combats sur la route de Thiaucourt.

Au signal de l’attaque cette compagnie de 250 hommes refuse de partir à l’assaut et de quitter la tranchée : « ce n’est pas notre tour d’attaquer » disent-ils. Quelques instants auparavant, parmi les quinze hommes qui venaient de sortir de la tranchée douze avaient été tués ou blessés et restaient là, sous les yeux de leurs compagnons2.

Le général Delétoile ordonne que les 250 soldats passent en cour martiale pour délit de lâcheté afin d’être exécutés. Après l’intervention d’autres officiers, cinq hommes sont finalement désignés et comparaissent, pour une parodie de procès. L’un d’eux est acquitté. Deux hommes ont été choisis par tirage au sort dont le soldat François Fontanaud de Montbron en Charente. Les trois autres : le caporal Antoine Morange né à Champagnac-la-Rivière en Haute-Vienne, les soldats Félix Baudy de Royère-de-Vassivière et Henri Prébost né à Saint-Martin-Château dans la Creuse et lui aussi ouvrier maçon à Villeurbanne, ont été désignés par leurs supérieurs en raison de leur appartenance syndicale à la CGT. Le général Joffre de passage dans le secteur aurait refusé sa clémence exigeant la plus grande sévérité à l’égard de la compagnie.

Le 20 avril, le caporal Antoine Morange, les soldats Félix Baudy, François Fontanaud et Henri Prébost sont fusillés à la lisière d’un bois de Manonville.

Les fusillés pour l’exemple de Flirey s’ajoutent à ceux de Vingré, Fontenoy, Fleury, Mouilly, Montauville… En quatre ans, 2 400 « poilus » auront été condamnés à mort et 600 exécutés3, les autres voyant leur peine commuée en travaux forcés.

Réhabilitation

Très peu, environ une quarantaine sur 600, dont Félix Baudy et ses compagnons de malheur, ont été rétablis dans leur honneur dans les années 1920 ou 1930. Félix Baudy et ses trois compagnons ont été réhabilités en 1934.

Mémoire

La sépulture de Félix Baudy se situe dans le cimetière communal de Royère-de-Vassivière où une plaque, réalisée par ses amis maçons, y est posée avec cette inscription: « Maudite soit la guerre – Maudits soient ses bourreaux – Baudy n’est pas un lâche – Mais un martyr ». Cette plaque a été rénovée en 2005 à l’initiative du comité laïque des amis du monument de Gentioux 4. Son nom est aussi inscrit sur le monument aux morts de la commune5.

Chaque 11 novembre des militants de divers horizons viennent déposer une gerbe sur la tombe de Félix Baudy dans le cimetière de Royère-de-Vassivière, après s’être recueillis devant le monument aux morts pacifiste de Gentioux.

Notes et références

  1. ↑ Mémorial GenWeb [archive]
  2. ↑ Les crimes des conseils de guerre de RG Réau 1926 Page 324
  3. ↑ Les fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Nicolas Offenstadt, Odile Jacob, 1999, p. 21
  4. ↑ Information GenWeb [archive]
  5. ↑ Information GenWeb [archive]

 

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Lucien Bersot

Le cas Lucien Bersot fut l’un des plus médiatisés parmi les soldats fusillés pour l’exemple pendant la Première Guerre mondiale. Son histoire a été reprise dans de nombreux ouvrages et adaptée à la télévision.

Le soldat Bersot

Lucien Jean Baptiste Bersot naît le 7 juin 1881 à Authoison (Haute-Saône) dans une famille de petits paysans. Ses parents étant venus s’installer à Besançon, Lucien y apprend le métier de maréchal-ferrant et s’y marie en 1908 avant de devenir père d’une petite fille en 1909.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il est mobilisé au 60e régiment d’infanterie, régiment avec lequel il se trouve pendant l’hiver 1914-1915 sur le front de l’Aisne, et qui vient de subir de lourdes pertes du côté de Soissons. Cependant, l’État-major jugeant ce régiment peu actif venait d’en confier le commandement, le 22 janvier 1915, au lieutenant-colonel Auroux, un ancien des troupes d’Afrique, chargé de lui rendre du mordant.

L’affaire

Comme il n’y avait plus en magasin de pantalon à sa taille, Lucien Bersot ne pouvait porter que celui en toile blanc fourni avec le paquetage remis lors de l’incorporation. Grelottant de froid dans les tranchées, il demanda le 11 février 1915 au sergent-fourrier un pantalon de laine identique à ceux que portaient ses camarades. Le sergent lui proposa alors un pantalon en loques et maculé de sang, pris sur un soldat mort, ce que Bersot refusa.

Pour ce refus, Lucien Bersot se vit infliger une peine de huit jours de prison par le lieutenant André. Mais le lieutenant-colonel Auroux, commandant du régiment, estima cette punition insuffisante et demanda sa comparution en Conseil de guerre spécial, véritable Cour martiale. Comme de nouvelles recrues encore non aguerries venaient d’arriver, son intention était manifestement de faire un exemple de discipline militaire.

Traduit pour « refus d’obéissance » le 12 février 1915 devant le Conseil de guerre « spécial » du régiment, présidé par Auroux, Bersot y fut condamné à mort. La peine infligée ne correspondait alors nullement au code de justice militaire car le délit avait été constaté à l’arrière et non au contact de l’ennemi. Deux compagnons du condamné (Elie Cottet-Dumoulin et Mohn André) intervinrent alors auprès du lieutenant-colonel pour tenter d’adoucir la sentence, mais ne furent pas entendus et se virent punis à leur tour de travaux forcés en Afrique du Nord. D’autres encore refusèrent de tirer sur leur camarade lors de son exécution qui eut lieu dès le lendemain (13 février 1915 à Fontenoy (Aisne1)) car les Conseils de guerre « spéciaux », contrairement aux Conseils de guerre « ordinaires », n’autorisaient aucune procédure d’appel.

Les suites

Après la guerre, une campagne de presse fut engagée par le journal Germinal sous la plume d’un jeune avocat, René Rucklin, conseiller général de Belfort. Soutenue par la Ligue des droits de l’homme, cette initiative permit d’obtenir la réhabilitation de Lucien Bersot dès le 12 juillet 1922. La Cour de cassation ne pouvait que statuer rapidement pour confirmer l’injustice dont fut victime le fusillé Bersot. Grâce à cette réhabilitation, sa veuve put prétendre à la pension de veuve de guerre et sa fille put être reconnue comme pupille de la nation.

Le colonel Auroux fut mis en cause pour avoir agi en toute illégalité, étant à la fois l’accusateur et le président du Conseil de guerre, et faisant infliger une peine sans commune mesure avec la faute (violation de l’article 24 du Code de justice militaire constatée par la Cour d’appel de Besançon, le 10 avril 1922). À l’Assemblée nationale, le député Louis Antériou, ancien combattant et futur ministre des Pensions, interpella le Gouvernement pour demander sa condamnation, mais André Maginot, ministre de la Guerre, repoussa la discussion sous le prétexte d’une campagne antimilitariste. Auroux, protégé par Maginot et par la hiérarchie militaire, échappa à tout jugement jusqu’à l’arrivée au pouvoir du Cartel des gauches, où il fut mis à la retraite en 1924 sans pouvoir obtenir le grade de général qui lui serait revenu sans ces évènements2. Il avait, auparavant, été fait Commandeur de la Légion d’honneur 3.

Lucien Bersot fut ré-inhumé en 1924 dans le cimetière de Besançon. Une stèle située à proximité de l’église de Fontenoy (Aisne), inaugurée en novembre 1994, rend hommage à Lucien Bersot et à un autre fusillé pour l’exemple : le soldat Léonard Leymarie du 305e régiment d’infanterie, exécuté le 12 décembre 1914 sous le prétexte de « mutilation volontaire » (sur les données d’un rapport médical), acte pour lequel il avait toujours protesté de son innocence (il avait été blessé à la main à son poste de guetteur ; or de nombreux cas de mutilation volontaire consistaient à tenir une cigarette allumée dans le creux de la main tendue par-dessus le parapet de la tranchée). Leymarie a été réhabilité en 1923.

La municipalité a récemment décidé d’apposer une plaque à l’entrée de la Maison du Peuple, 11, rue Battant. Cette plaque, inaugurée le 11 novembre 2009, honore la mémoire de Lucien Bersot et celle d’un autre poilu, Elie Cottet-Dumoulin, ouvrier ferblantier de Battant, condamné à dix ans de bagne pour avoir protesté contre la sanction qui frappait son camarade de régiment. Ce soldat est mort en Orient ( Serbie ) en 1917.

Une rue de Besançon porte le Nom de Bersot, mais elle honore la mémoire d’un bienfaiteur de Besançon ( François Louis Bersot ) .

Récits et adaptations

Le destin tragique de Lucien Bersot a été conté dans un livre d’Alain Scoff, Le Pantalon, paru en 1982 chez Jean-Claude Lattès et réédité en 1998.

Il donna également lieu à un téléfilm d’Yves Boisset, diffusé sur France 2 en 1999 et portant le même titre.

Notes et références

  1. Fiche Mort pour la France SGA – Mémoire des hommes – Morts pour la France [archive]
  2. Le téléfilm d’Yves Boisset prétend par erreur qu’Auroux obtint ses étoiles.
  3. R.-G. Réau, Les crimes des conseils de guerre, page 176, Éditions du Progrès Civique, Paris, 1925

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Joseph Dauphin

Joseph Dauphin, né à Tauves dans le Puy-de-Dôme le 10 février 1882, et mort le 12 juin 1917, est un soldat fusillé pour l’exemple par l’Armée française durant la Première Guerre mondiale.

Joseph Dauphin est né dans une famille de 10 enfants. Marié, père d’un enfant, le paysan Dauphin se trouvait incorporé dès le mois d’août 1914 au 70e bataillon de chasseurs à pied. Vaillant soldat, il reçut, dès 1915, la Croix de guerre avec palmes pour plusieurs actes héroïques, entre autres avoir ramené sur ses épaules un lieutenant gravement blessé près des barbelés de la tranchée ennemie ou bien encore avoir tenu une position jusqu’à épuisement de ses cartouches. Promu caporal, il reçut par trois fois une citation pour sa conduite exemplaire au combat.

Les faits

En juin 1917, après l’effoyable hécatombe de printemps sur le Chemin des Dames et les permissions étant refusées à son bataillon, Joseph Dauphin et plusieurs soldats qui l’accompagnaient ramassèrent une cuite mémorable. Sous l’effet de l’alcool (dont l’armée n’était pas avare) et sans trop savoir ce qu’ils faisaient, ils auraient tiré quelques coups de fusil et lancé à la cantonade des propos séditieux. Un fois dégrisé et conscient d’avoir fauté, Dauphin s’attendait à récolter quelques jours de prison, mais à sa grande surprise et sans vraiment comprendre, ses supérieurs l’envoyèrent devant le Conseil de guerre.

Seul gradé parmi les hommes interpellés et pour avoir chanté un peu fort J’ai deux grands bœufs dans mon étable (version contredite par l’accusation qui l’accusait d’avoir crié : A bas la guerre, vive la Révolution ! A bas Poincaré, vive la Russie !), le caporal Dauphin, considéré comme meneur dans la vague des mutineries de 1917, fut condamné à mort et fusillé le 12 juin 1917 à la ferme de Fété, près de Ventelay dans l’Aisne. François Brugière, son camarade de Tauves, vraisemblablement impliqué dans la même séance de beuverie et désigné pour faire partie du peloton d’exécution, refusa de tourner son fusil contre Joseph. Condamné à 10 ans de travaux forcés, il fut envoyé au bagne de Chief (ex-Orléanville) où il mourut d’épuisement le 12 février 1918. Joseph Dauphin, quant à lui, repose dans la nécropole de la Maison Bleue à Cormicy dans la Marne : tombe n° 8841.

Tentative de réhabilitation

Malgré de nombreuses campagnes de presse, il n’a jamais été réhabilité (toute requête de demande en révision étant jugée irrecevable par la justice après 1928). Sur les ondes de France-Inter, le journaliste Daniel Mermet a, pour sa part, consacré plusieurs émissions de Là-bas si j’y suis au cas du caporal Dauphin. C’est aussi dans la pensée de ces hommes injustement condamnés par la justice militaire que le Premier Ministre socialiste Lionel Jospin prononça, le 5 novembre 1998, son discours de Craonne, demandant qu’ils retrouvent leur place dans la mémoire collective, discours qui fit ressurgir de vieilles polémiques avec la droite française sans parvenir à trancher les désaccords sur le sujet toujours controversé des fusillés pour l’exemple.

Le nombre de soldats réhabilités pour toute la durée de la guerre, une quarantaine en tout, peut paraître relativement faible par rapport à l’ensemble des exécutions de la période 1914-1918 (environ 600, compte non tenu des exécutions sommaires sans jugement, dont un siècle de silence a maintenant effacé toute trace). Il s’explique en grande partie par le faible nombre des demandes de révision déposées, la majeure partie des familles de condamnés n’ayant pas jugé bon de donner suite pour des raisons diverses : hontes soigneusement cachées, difficultés pour constituer des dossiers solides et retrouver des témoignages, manque de moyens financiers, dépôts trop tardifs des demandes, omnipotence des autorités administratives et militaires, etc.

Notes et références

  1. Mémorial GenWeb [archive]

Source : WIKIPEDIA

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Exécuté sur son brancard !

Réhabilitez le lieutenant Chapelant fusillé pour l’exemple en 1914

Les crimes des Conseils de guerre : Chapelant texte de 1925

Les crimes des Conseils de guerre : Les quatre caporaux de Suippes texte de 1925 

Les crimes des Conseils de guerre : Vingré texte de 1925

D’autres noms pour l’exemple

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