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26 mars 2013

Le matériel capturé par les Italiens en Afrique du Nord

Classé sous — milguerres @ 22 h 00 min

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Le matériel capturé par les Italiens en Afrique du Nord

Le matériel capturé par les Italiens en Afrique du Nord matari10

Cette photo de 1942 est un bel exemple de la diversité des véhicules utilisés au sein des unités italiennes en Afrique du Nord : 
deux AB41 cotoient une automitrailleuse Humber Mk II et un Bren Carrier.
(crédits photo : collection Majno)

Au cours de 35 mois de combats entre la Libye, l’Egypte et la Tunisie, l’armée italienne eu l’occasion de récupérer et de réemployer à son compte de nombreux véhicules et armements des britanniques et de leurs alliés. Ce matériel fut la plupart du temps intégrer sur le champ aux unités de premières lignes, qui étaient en conséquence équipées d’une grande variété de véhicules. Parfois, des unités entières n’étaient équipées que de matériel de prise. La nationalité n’étant donc plus qu’une question de matériel, il fallut adopter des signes distinctifs clairs pour limiter au maximum le « friendly fire ».

Au fil de cet article, vous découvrirez une liste non exhaustive des matériels alliés réutilisés par le Regio Esercito en Afrique du Nord. Malheureusement, une liste complète est difficile voire impossible à établir étant donné la variété du matériel et le fait qu’il soit non réglementaire. J’espère cependant susciter l’intérêt des amoureux des combats nord-africains qui auront à coeur de creuser davantage cette entrée en matière ainsi que les maquettistes qui prendront certainement plaisir à représenter ces véhicules sous des marquages atypiques.

Les chars et autres blindés chenillés

Commençons par les chars légers. Deux Mark VI B furent capturés et réutilisé par les Italiens : immatriculés FMX 863 et WD 17216 par leurs anciens propriétaires, ils reçurent ensuite les immatriculations RE 5601 et RE 5602. Ce dernier était incorporé au 8° battaglione Mitraglieri Autocarrato du VIII° Corpo d’Armata en date du 11 mai 1942.

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Char léger Mk VI B italien marqué d’un drapeau tricolore.

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Observez les trois photos ci-dessus : Cruiser A9 en charge au sein du LXII° Battaglione Carri. Remarquez les bandes tricolores peintes sur la tourelle

Le Cruiser A10 immatriculé T9250 tomba aussi entre les mains des Italiens, qui le réimmatriculèrent RE5149 le 27 août 1941 et l’envoyèrent au CSM (Centro Studi Motorizzazione) avant de l’assigner au dépôt du régiment de parachutistes de Viterbo le 15 janvier 1942. Le CSM reçu également le Cruiser A13 Mk II immatriculé RE 5137 et le Mk VI Crusader T43652 réimmatriculé RE 6444 le 28 mars 1942. De nombreux autres A13 furent capturés par les Italiens : le Mk II RE 7033 immatriculé le 31 mai 1943 et envoyé au Centro Addestramento Carristi de Cordenons, le Mk II RE 5134 et les Cruiser Mk IVA RE 5138, 5139, 5140, 5141, 5142, 5143 et 5144 tous immatriculés le 21 juin 1941.

De nombreux exemplaires des chenillettes de transport Bren Carrier et Universal Carrier furent capturés, dont trois (les RE5047, 5143 et 5144) envoyés ensuite en Italie au CSM et à Ansaldo qui s’en inspira pour réaliser la Cingoletta CVB5 (ou Cingoletta Ansaldo L6).

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Universal Carrier aux mains des Italiens.
(crédits photo : Istituto Luce)

Les automitrailleuses et autres véhicules blindés

Dès les premiers mois de guerre, les troupes italiennes capturèrent des automitrailleuses du type Morris CS9 et Rolls-Royce. La prise la plus célèbre fut sans doute celle du 21 juin 1940, lorsque le trimoteur SM79 du Maréchal Italo Balbo parvint à capturer une MLAC (Morris Light Armored Car, ou encore Morris CS9) du 11th Hussard à Bir El Gobi. Cette automitrailleuse fut vraisemblablement utilisée ensuite par la 4ème division CCNN (Camicie Nere). Deux RRLAC (Rolls-Royce Light Armored Car) furent prises aux Anglais par le I° battaglione carri M en décembre 1940 lors de son repli sur Tobrouk. Lors de la défense de l’aérodrome de Maturba en janvier 1941, deux MLAC furent vraisemblablement utilisées par les Italiens.

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Le maréchal Italo Balbo juché sur la Morris CS9 capturée le 21 juin 1940.
(crédist photo : USSME)

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Morris CS9 peinte aux couleurs de la 4ème division CCNN opérant à Sidi Barrani.
(crédist photo : USSME)

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Rolls-Royce Light Armored Car aux couleurs italiennes.

Les Italiens capturèrent également des Daimler Mk II Dingo de reconnaissance. On peut notamment citer l’exemplaire réimmatriculé le 7 juillet 1941 RE 724B et assigné au Corpo d’Armata di Manovra le 20 octobre 1941. La division motorisée Trieste en avait une aussi durant l’été 1942.

Les Marmon Herrington Mk II et III connurent aussi du service dans le Regio Esercito. Les Anglais avaient pris l’habitude de remplacer le fusil antichar Boys d’origine par un Solothurn, un Breda 20/65, un Hotchkiss de 25 mm ou même un canon de 47/32. La présence de ces armements sur les Marmon ne signifie donc pas qu’elles avaient changés de propriétaire. Néanmoins, les italiens en utilisèrent, comme l’exemplaire immatriculé RE 723B le 27 août 1941, qui fut rattaché à l’Autodrappello del Comando Superiore Forze Armate Africa Settentrionale.

Rencontrée sur le champ de bataille nord-africain à partir du printemps 1942, l’automitrailleuse Humber Mk II fut elle aussi réutilisée par les Italiens. Malheureusement, je ne sais pas quelle unité en fut dotée.

Les véhicules non blindés

Les Italiens firent également bon usage des véhicules de soutient capturés, en les réemployant dans leur configuration d’origine ou bien en les transformant en batterie volanti. La production de ces pièces d’artillerie autoportées commença à l’été 1941 dans les ateliers du 12° Autoraggrupamento, dans le village de Giovanni Berta non loin d’El Gubba.
Outre ses réalisations sur Lancia 3Ro, cette unité transforma des véhicules de prise d’origine canadienne Ford F15A à traction intégrale en les dotant de canons-mitrailleurs Breda de 20/65 sur affût mod.39 de position ainsi que des camions anglais Morris CS6 sur lesquels furent installés des canons de 65/17. Les ateliers de Giovanni Berta produisirent deux batteries de Ford F15A (soit 8 pièces) et 7 batteries d’autocannoni da 65/17 (pour 28 exemplaires). Ces batteries furent toutes assignées au RECAM (Raggruppamento Esplorante del Corpo d’Armata di Manovra) à partir d’août 1941. La moitié des autocannoni da 65/17 furent détruits par erreur par des Stuka allemands alors qu’ils attaquaient le dépôt britannique de Bir Birraneb le 1er décembre 1941.
Malgré cette perte, les résultats obtenus notamment à Sidi Rezegh et Bir El Gobi furent jugés satisfaisants, et la production se poursuivit jusqu’à la dissolution du 12° Autoraggruppamento en juin 1942. Entre temps, deux groupes d’autocannoni da 65/17 purent voir le jour (les XIV° et XV° gruppi), ainsi que la 13a batteria de 20 mm. Ces unités furent rattachées au régiment d’artillerie de la division Giovani Fascisti en mai 1942.

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Autocannoni da 65/17 sur Morris CS6.

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Ford F15A armés d’un Breda 20/65 sur affût de position mod.39.

Après l’arrêt de la production à Giovanni Berta, le matériel réutilisé par les troupes italiennes fut des plus variés, les modifications étant réalisées directement au sein des unités de première ligne. Ainsi, le nucleo esplorante divisionale de la division motoriése Trieste se composait à l’été 1942 d’un large panel de véhicules, dont de nombreuses camionnettes capturées et armées de canons antichars italiens, anglais ou polonais.

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Ford F15 en Tunisie.
(crédits photo : Istituto Luce)

L’artillerie

En Afrique du Nord, les artilleurs italiens réutilisèrent fréquemment les canons de 25 livres (25 pdr) britanniques, qualifiés de cannoni da 88/27 PB (pour Preda Bellica) par leurs nouveaux propriétaires. Leur portée, dépassant les 12 km, était très appréciée pour les tirs de contrebatterie. Suivent quelques chiffres qui donnent un aperçu de la quantité de matériel capturé.
De fin mai à juillet 1942, la division motorisée Trento récupéra 12 canons de 25 livres et forma le nombre adéquat d’artilleurs pour les servir. En septembre 1942, l’atelier de réparation des pièces d’artillerie de Tobrouk comptait 20 canons de 25 livres avec une importante quantité de munitions. Quelques batteries capturées lors de l’offensive de mai-juin 1942 restèrent en service dans l’armée italienne jusqu’à El Alamein et même jusqu’à la campagne de Tunisie pour certaines.

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Canons de 25 livres (25 pounder) servit par des artilleurs italiens sur le front égyptien.

Dans le domaine des canons antichars, les Italiens réutilisèrent surtout les canons de 2 et 6 livres (respectivement 40 et 57 mm), des Bofors de 37 mm et des M3 américains du même calibre. Des Bofors antiaériens de 40 mm furent également employés dans le rôle antichar comme antiaérien.

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Bersaglieri servant un canon antichar Bofors de 37 mm.

En Tunisie, l’armée italienne récupéra quelques canons antiaériens français de 75/51 mod.32 et de 75/34 mod.97 aux forces de Vichy. Le mod.97 n’était plus très efficace en 1943 vu son grand âge, mais le mod.32 affichait des performances similaires à celles du 75/46 italien, avec une cadence de tir bien plus élevée (25 coups/minute contre 15 pour son homologue transalpin).

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Canon de DCA ex-français de 75/51 capturé en Tunisie en 1943.
source : http://www.italie1935-45.com

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21 mars 2013

La première bataille d’El-Alamein

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

La première bataille d'El-Alamein alamein1

 

La première bataille d’El-Alamein, ou bataille d’Al Mata, est un épisode de la guerre du désert durant la Seconde Guerre mondiale. Elle se déroule du premier au 27 juillet 1942 entre les forces de l’Axe, (l’Afrika Korps commandé parErwin Rommel et l’armée italienne) et les forces Alliées principalement britanniques commandées par Claude Auchinleck, près d’El-Alamein, à une centaine de kilomètres d’Alexandrie. Cette bataille a pour résultat de stopper la seconde et dernière avancée des forces de l’Axe en Égypte. Cet avantage se verra confirmé trois mois plus tard par la victoire du général Bernard Montgomery lors de la Seconde bataille d’El Alamein.

 

Contexte historique

Le 20 juin, l’Afrika Korps atteint Tobrouk, qui capitule le lendemain. Rommel fait à cette occasion 35 000 prisonniers appartenant aux unités suivantes :
2e division d’infanterie sud-africaine
29e brigade hindoue
201e brigade de la garde
32e brigade blindée

Ainsi que la prise de :
70 chars
2 000 véhicules
2 000 tonnes d’essence (prise d’une valeur incalculable pour l’Afrika Korps constamment en manque de carburant)
5 000 tonnes de vivres (prise elle aussi essentielle dans le désert)
une grande quantité de munitions

L’attaque de Tobrouk a été menée par le général italien Enea Navarrini à la tête des divisions germano-italiennes :
Littorio (fraîchement débarquée en Afrique)
Ariete
Trieste
15e Panzerdivision
Soit un total de 30 000 hommes dont 20 000 Italiens.

L’attaque est lancée à l’aube et dès 9 h 40, le général Klopper, commandant la place, se rend avec sa garnison.

Rommel raconte :
« Vers 5 heures, le 21 juin, j’entrais dans la ville de Tobrouk. Elle offrait un spectacle lugubre. Presque toutes les habitations étaient rasées ou ne formaient plus qu’un monceau de gravats. La plupart des destructions remontaient au siège de l’année précédente. Par la via Balbia, je me dirigeai à l’ouest. Toute la 32e brigade blindée déposa les armes, et 30 chars en état de marche nous furent remis. Des deux côtés de la via Balbia, de nombreux véhicules continuaient à se consumer et, partout, ce n’étaient que des scènes de destruction. À 6 km à l’ouest de Tobrouk, je rencontrais ensuite le général Klopper qui m’annonça la capitulation de la forteresse de Tobrouk. Il n’avait pu enrayer la défaite. »

L’ordre du jour de victoire de Rommel est rédigé quant à lui de la manière suivante :
« Soldats ! La grande bataille de Marmarique a eu pour couronnement votre conquête de la forteresse de Tobrouk. Nous avons fait plus de 45 000 prisonniers et détruit ou capturé 1 000 véhicules blindés et environ 400 canons depuis le début de notre offensive du 26 mai. Au cours de l’âpre lutte des dernières semaines, votre vaillance et votre endurance nous ont alors permis de porter de terribles coups aux forces alliées. Grâce à vous, l’adversaire a perdu le noyau de son armée, qui s’apprêtait à passer à l’offensive, et, surtout, ses forces blindées ont été détruites. Au cours des prochains jours, je vous demanderai le grand effort final. »
Le soir même de la victoire Hitler téléphone à Rommel pour l’informer de sa promotion en tant que généralfeldmarshal de la Wehrmacht. Après ce combat, le général italien Cavallero et le maréchal allemand Kesselring, soutenus par Mussolini, demandent à Hitler le feu vert pour lancer l’opération C3 visant à la prise de Malte. Le corps de débarquement italien, basé en Sicile, attend l’ordre de départ, mais Rommel demande à Hitler d’avoir la priorité et de pouvoir marcher dès maintenant avec des renforts sur Alexandrie. Il semblerait que Rommel n’ait pas perçu l’importance que pouvait avoir Malte vis-à-vis des ravitaillements tant alliés qu’allemands. Rommel pour convaincre Hitler lui promet une marche rapide sur le Canal de Suez ainsi que sa prise. Hitler tranche en faveur de son tout nouveau maréchal et demande à Mussolini de repousser l’opération C3. Mussolini fera mieux en mettant le corps de débarquement à disposition de Rommel, qui a, il est vrai, bien besoin de renfort. Ce renfort c’est la division d’élite Folgore (une unité de parachutistes). Le quartier général italien est pour sa part consterné par cette décision.

Voici la lettre qu’Hitler adressa au Duce pour le convaincre :
« Le destin, Duce, nous offre une occasion unique qui ne se représentera plus dans le cadre de cette guerre. La 8e armée britannique est pour ainsi dire détruite, mais les installations portuaires de l’Égypte sont, elles, presque intactes. Si nous ne poursuivons pas tout de suite sans relâche les restes de la 8e armée, il risque de nous arriver ce qui est arrivé aux Anglais lorsqu’ils s’arrêtèrent en vue des portes de Tripoli pour envoyer des renforts en Grèce, en février 1941. Nous pouvons enfin, sous certaines conditions, arracher l’Égypte à l’Angleterre. Mon conseil est le suivant : ordonnez la poursuite des opérations jusqu’à l’anéantissement total des troupes britanniques. La chance au combat ne sourit qu’une fois aux condottieri : celui qui ne la saisit pas la perd pour toujours. »

Le 25 juin, le général Ritchie est remercié par l’armée britannique. Au Caire, les autorités britanniques commencent déjà à brûler les archives.
Le 29 juin, le 7e régiment de bersaglieri capture 6 000 Britanniques et prend la ville de Marsa-Matruh, qui est située à 150 km de Tobrouk. Mussolini, en apprenant cela, s’envole pour l’Afrique. Le commandement italien, et en particulier Batico, avertit Rommel de ne pas avancer trop vite, le ravitaillement ne pouvant être assuré sur de si longues distances sans être réorganisé, mais Rommel n’en tient pas compte et continue l’offensive. Cela est relativement téméraire étant donné l’état des divisions de l’Afrikakorps.

Les unités italiennes sont alors dans l’état suivant :
Division Ariete : elle ne compte plus qu’une quinzaine de chars, une quinzaine de pièces d’artillerie et 600 bersaglieri ;
Division Trieste : elle ne compte plus que 1 500 hommes et 4 chars ;
Division Littorio : 1 000 bersaglieri et une trentaine de chars ;
Division Brescia : elle ne compte plus que deux bataillons ;
Division Pavia : elle ne compte plus qu’un seul bataillon ;

Le reste des troupes, réuni au sein du groupe de soutien Navarrini, n’est guère en meilleur état.
Les unités allemandes (15e et 21e panzerdivision et 90e motorisée) ne comptent plus qu’une soixantaine de chars.
Déroulement[modifier]

Entre le 26 mai et le 3 juillet 1942 les germano-italiens ont capturé 60 000 britanniques ainsi que détruit ou pris plus de 2 000 blindés.
Churchill, en connaissant l’état des troupes allemandes est littéralement consterné des échecs britanniques :
« Nos forces étaient supérieures à celles de l’Axe. Nous avions plus de 100 000 hommes, eux moins de 90 000. Notre artillerie était plus forte dans une proportion de trois contre un, de même que pour les chars, et nous avions en ligne de nouveaux obusiers. Malgré cela, Tobrouk est tombé au bout d’une petite journée de combat. C’est un désastre. Nous nous sommes ensuite repliés jusqu’à Marsa-Matruh, mettant 190 km de désert entre notre 8e armée et les forces ennemies. À peine cinq jours plus tard, les Germano-italiens arrivaient devant notre nouvelle position, et il nous faut décrocher, pénétrer toujours plus en Égypte, reculer encore. El-Alamein devra être tenu jusqu’à la mort. »

La 8e armée britannique reçoit pour tenir El-Alamein de sérieux renforts, notamment la 9e division australienne, la 2e division néo-zélandaise (retirée du Proche-Orient où elle était en garnison), ainsi que la 51e division métropolitaine et la 8e division blindée qui ont quitté le Royaume-Uni vers la fin mai. En outre la 4e division hindoue vient d’être envoyée de Chypre.

 

Quant aux Germano-Italiens, leur seul renfort est la division Folgore qui n’arrive qu’à la mi-juillet.

 

  • Le général Frattini qui commandait la Folgore raconte dans ses mémoires :

 

« En juillet 1942, la Folgore était prête. En Afrique du Nord, il fallait de toute urgence des renforts ; c’est alors que me parvint l’ordre inattendu de nous transporter immédiatement par voie aérienne sur le front égyptien. La nouvelle fut accueillie dans mes bataillons avec un enthousiasme délirant. Ces parachutistes étaient tous volontaires, tous soldats dans cette armée depuis plus de deux ans. Ils avaient déjà combattu sur plusieurs fronts ; ils étaient fascinés par leurs nouvelles responsabilités, par le fait merveilleux de se distinguer, par le rôle exceptionnel qu’ils étaient appelés à jouer. Il faut ajouter que les épreuves auxquelles ils avaient été soumis avaient été dures, effrayantes.
Ainsi sur 1 000 volontaires arrivés à l’école parachutiste de Tarquina, 500 en général renonçaient au bout de quinze jours et abandonnaient le cours d’entraînement au saut. Ceux qui restaient étaient des hommes exceptionnels, vraiment choisis, des hommes qui ne craignaient aucun risque et qui plus tard au combat, ne furent obsédés que par une seule pensée : se comporter de façon telle que le compagnon d’armes qui est à vos côtés ne puisse jamais penser que vous avez peur. Tous, dans la division qui volait vers l’Afrique, s’imaginaient qu’en Égypte, ils allaient sauter sur les arrières des Anglais. Ils furent très déçus ! À peine débarqués, ils reçurent l’ordre de déposer les parachutes, et furent enrôlés dans les unités normales d’infanterie, retranchées dans le sable, derrière des champs de mines. La déception fut grande, mais elle fut vite surmontée. »

 

  • Le général Frattini dans un autre écrit :

 

« Les soldats britanniques étaient sûrement des combattants courageux, bien entraînés. Mais nos parachutistes avaient acquis dans les combats quotidiens la certitude de leur propre supériorité guerrière, ils savaient que leur combativité, leur audace, leur intelligence stratégique avaient fait naître chez l’adversaire un sentiment de crainte et de prudence. Supériorité psychologique, morale donc, poussée jusqu’à la conviction que, dans cet affrontement des qualités humaines, même le blindage des chars — instrument guidés par les hommes — ne comptait pas beaucoup. Tous portaient leur patrie et son drapeau dans leur cœur, tous étaient parfaitement préparés au combat et à la mort. Chacun était fébrile dans l’épreuve et les cœurs battaient à l’unisson. Tous étaient de la même trempe, sûrs de la solidarité absolue de leurs camarades, animés par la même volonté obstinée de résister à l’adversaire, quel qu’en fût le prix. Ils étaient constamment sur le qui-vive, rapides à répondre à l’attaque brutale, toujours prêts à la contre-attaque, s’approchant de l’ennemi le plus possible, lançant des grenades à main. »

 

Ces 6 000 hommes de la Folgore sont placés au sud de la position germano-italienne. La Folgore a la charge d’une ligne de front d’environ 15 km alors qu’elle ne possède que 80 canons et qu’elle a en face d’elle trois divisions d’infanterie et une division blindée ce qui représente environ 60 000 soldats britanniques et surtout 400 canons, 400 chars et 150 automitrailleuses. La Folgore se sert du dispositif de défense que les Britanniques avaient établi autour de la position avant que celle-ci ne soit prise par les forces de l’Axe. Au nord du dispositif, les alliés sûrs de leur supériorité numérique et technologique suite aux différents renforts arrivés avec du matériel moderne se lancent à l’attaque, le 10 juillet, de la position tenue par la division Sabratha, celle-ci perd 1 500 hommes dans cette seule journée mais l’intervention de la 15e Panzerdivision et de la division Littorio rétablit l’équilibre des forces et permet de repousser l’attaque. Rommel, qui lui aussi a reçu des renforts en matériel entretemps, tente aussi une offensive, le 13 juillet, mais se heurte à une défense solide et doit renoncer. Malgré tout, la résistance de l’Axe qui se bat à un contre trois contre les hommes du général Auchinleck est un cuisant échec pour celui-ci.

 

Le général Auchinleck se rend finalement compte que le point faible du dispositif de l’axe est le secteur italien au nord. Il va concentrer ses efforts sur ce secteur et mettre les Italiens en déroute le 17 juillet. Rommel réussit à colmater le front avec ses réserves.

 

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Théâtre des opérations, juillet 1942

Conséquences

  • Fin juillet, le professeur Horster est préoccupé par la santé du maréchal Rommel :
« Le maréchal Rommel souffre d’un catarrhe de l’estomac et des intestins, de diphtérie nasale et de troubles circulatoires. Il n’est pas en état d’exercer son commandement au cours de la prochaine offensive. »

Ce constat de son médecin personnel, ne convaincra pas Rommel qui, le 30 août, lance une attaque d’envergure mais tous les assauts sont repoussés, Rommel ne parvient pas à avancer sur El-Alamein. Les Italiens du groupement Ruspoli (appartenant à la division Folgore) ont repris à leur compte la méthode des Français de Bir-Hakeim, ils creusent des trous individuels qui rendent les bombardements peu efficaces puisqu’un tir au but ne tue qu’un ou deux hommes. Le 31 août, le 19e régiment d’infanterie italien (appartenant à la division Brescia) est envoyé en renfort au groupement Ruspoli. Les combats se déroulent sous un soleil de plomb, la température atteint régulièrement les 55° C. Dans la soirée, c’est au tour de la 3e brigade néo-zélandaise de tenter un nouvel assaut des positions italiennes, mais celles-ci défendues avec ténacité brisent l’attaque. Les Italiens – à court d’obus et les autres munitions étant épuisées – attaquaient les chars en sortant de leurs trous, puis lançant leurs grenades à main avant de retourner dans leurs trous. Cette attaque coûte environ une quarantaine de chars aux Britanniques.

Le 5 août, une patrouille de la division Folgore, sous les ordres du lieutenant Stasi, réussit à capturer deux blindés britanniques ainsi qu’une vingtaine de soldats. Le 30 août, le colonel Ruspoli, à la tête de son groupement, réussit à s’emparer de la côte 78 dans la dépression Kattara, il y fera une trentaine de prisonniers.

  • Un officier allemand lui suggérant de les achever plutôt que de les soigner Ruspoli lui répond :
« Monsieur ! Vous déshonorez l’uniforme. Sachez que ces hommes sont prisonniers de l’Armée italienne. À ce titre, ils recevront tous les soins nécessaires. Vous pouvez disposer ! »
  • Le général Frattini décrit les conditions de vie de la division :
« En tant qu’unité parachutiste, la Folgore n’avait pas de véhicules. Comme nous étions massés dans la zone la plus éloignée des bases de ravitaillement, qui se trouvaient toutes sur la côte, nous étions ravitaillés par les autres divisions. Celles-ci faisaient de leur mieux pour nous aider. Mais, souvent, elles ne pouvaient nous apporter plus d’un demi-litre d’eau par personne, pour toute la journée. Eau rare et saumâtre, nourriture en conserve, soleil brûlant, vie dans les trous creusés dans le sable, intermèdes de bombardement le jour et la nuit, patrouilles nocturnes : voilà quelle était notre vie dans les tranchées du désert égyptien. Trois mois de cette vie avaient infligé à nos hommes de dures souffrances, avaient diminué leur résistance physique, mais n’avaient absolument pas entamé leur moral. Et, lorsque l’attaque ennemie se déchaîna contre les hommes de la Folgore, ils résistèrent. L’ennemi arrivait pourtant avec des troupes neuves, bien supérieures aux nôtres en nombre et en moyens. »

Journal des débats politiques et littéraires 
1942/07/09 (Numéro 764).
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Journal des débats politiques et littéraires 
1942/07/18(Numéro 771)-1942/07/19.

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Journal des débats politiques et littéraires 
1942/07/23 (Numéro 775). 

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Journal des débats politiques et littéraires 
1942/07/24 (Numéro 776)

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Journal des débats politiques et littéraires 
1942/07/28 (Numéro 779).

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Journal des débats politiques et littéraires 
1942/07/31 (Numéro 782).

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

2 février 2013

Bataille de Keren

Classé sous — milguerres @ 19 h 56 min

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La bataille de Keren

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La bataille de Keren est une bataille de la Seconde Guerre mondiale (Campagne d’Afrique de l’Est) qui oppose les armées britanniques et italiennes autour de la ville de Keren (Érythrée) entre le 2 février1 et le 27 mars 19412. Après quelques engagements initiaux défavorables, les Britanniques attaquent l’Afrique orientale italienne qui menace leurs voies de communication passant par le canal de Suez. Keren contrôle le seul col permettant d’accéder aux haut-plateaux et à Asmara1,7.
Durant deux mois, Britanniques et Français tentent de s’emparer des positions tenues par les Italiens sur les hauteurs autour de Keren. Les premières attaques britanniques entre les 2 et 14 février sont repoussées par les Italiens. Après un mois au cours duquel les deux camps se réorganisent, les Britanniques lancent une nouvelle offensive le 15 mars. Ils effectuent des gains significatifs durant les jours suivants, tandis que les défenses italiennes se désagrègent. Keren est prise le 27 mars.
Selon Pierre Messmer, cette bataille est la bataille décisive de la campagne d’Érythrée8. Après cette bataille, la conquête de l’Érythrée et de l’Éthiopie ne pose pas de difficultés particulières aux troupes alliées. Asmara tombe le 1er avril, Addis-Abeba le 6 et Massaoua le 8. La campagne d’Afrique de l’Est se termine avec la prise de Gondar le 27 novembre.

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http://www.planete-battlefield.fr/viewtopic.php?f=42&t=6889

Premiers affrontements en Afrique de l’Est

L’Italie déclare la guerre à la France et au Royaume-Uni le 10 juin 194025. Les forces italiennes en Afrique constituent dès lors une menace pour les voies d’approvisionnement maritimes britanniques en mer Rouge et au canal de Suez26. Les sept destroyers et huit sous-marins italiens basés à Massaoua en Érythrée sont susceptibles d’attaquer les convois allant du golfe d’Aden à la mer Rouge27.

Les Italiens comptent entre 250 000 et 280 000 hommes en Afrique orientale italienne28. Environ 70 % d’entre eux sont des soldats indigènes askaris28. Ils disposent de 3 300 mitrailleuses, 64 chars moyens, 39 chars légers, 126 véhicules blindés, 813 pièces d’artilleries de différents calibres datant de la première Guerre mondiale et 325 avions, dont seulement 244 en état de combattre5. Ils ont également plus de 250 000 hommes en Libye29. De leur côté les Britanniques ont à leur disposition 86 000 hommes stationnés en Égypte, en Palestine, au Soudan, au Somaliland britannique et au Kenya
Les troupes britanniques sont mieux entraînées, équipées et commandées que leurs homologues italiennes29.
Début juillet 1940, les Italiens entreprennent une série de raids de faible importance au Soudan et au Kenya30. Ils prennent ainsi Kassala30 et Gallabat30 au Soudan (à la frontière avec Métemma en Érythree), ainsi que Moyale30 et Buna31,32. au Kenya.

Le 3 août (ou le 4 selon d’autres sources), environ 40 000 Italiens envahissent le Somaliland britannique sous le commandement du général Guglielmo Nasi33. Ils s’emparent en quelques jours de plusieurs villes mal défendues33. Les forces britanniques au Somaliland reçoivent quelques renforts et un nouveau commandant, le major-général Godwin-Austen33. Jugeant les forces en présence trop inégales, ce dernier demande le 15 août le retrait des troupes britanniques33. Les derniers soldats britanniques sont évacués vers Aden le 1733. Les Italiens s’emparent de Berbera le 19 et annexent le Somaliland britannique à l’Afrique orientale italienne33. Lors de cette campagne, les pertes britanniques sont de 38 tués, 71 blessés et 49 disparus contre 465 tués, 1530 blessés et 34 disparus pour les Italiens34.

Campagne d’Érythrée

Les Britanniques envahissent l’Érythrée le 18 janvier 1941, jour de la prise de Kassala à la frontière avec le Soudan35,36. La direction des opérations est assurée par le lieutenant général William Platt35, commandant des forces britanniques au Soudan37. Les 4e et 5e divisions d’infanterie indiennes, commandées respectivement par les major généraux Noel Beresford-Peirse35 et Lewis Heath37, progressent durant les deux semaines suivantes en direction de la ville fortifiée d’Agordat[ . La 4e division indienne prend la route septentrionale par Sabderat, Keru et Agordat et la 5e division indienne la route méridionale par Tessenei et Barentu35. Elles parcourent 160 km en 9 jours et enlèvent successivement plusieurs villes aux ItaliensElles percent les positions italiennes dans les collines et prennent Agordat le 1er février38,35 après 2 jours de combat (4e division) et Barentu le lendemain (5e division)35.

La bataille décisive de la campagne a lieu à Keren, ville à 100 kilomètres à l’est d’Agordat39. La ville, qui est à une altitude de 1 300 mètres, est située dans un cirque, coupé au sud-ouest par le ravin Dongolaas et au nord par le ravin Anseba40,41. Le ravin Dongolaas est le seul passage permettant d’accéder aux haut-plateaux érythréens depuis Agordat1. La route et le chemin de fer Agordat-Asmara y passent1. Ce passage facilement défendable est le point stratégique le plus important1. Il est surplombé au sud-est par le fort Dologorodoc et au nord-ouest par la montagne Sanchil1. Au-delà du mont Sanchil se trouvent le Brig’s Peak, le Hog’s Back puis le mont Sammana1. Une arête secondaire, l’arête 1616 qui plus tard sera nommée Cameron Ridge, surplombe la vallée et la ligne de chemin de fer au sud-ouest du Mont Sanchil1. La garnison n’a pas pu construire de bunkers ou de tranchées sur les hauteurs dominant Keren en raison du sol rocheux5. Keren ne dispose pas de fortifications mais sa situation la rend facilement défendable

Bataille

Le commandant en chef des troupes italiennes en Afrique orientale est le gouverneur-général de cette colonie, le duc d’Aoste Amédée de Savoie. Début février 1941, la garnison de Keren n’est composée que d’une brigade coloniale (la XIe), du 11e régiment de Grenadiers de Savoie et d’unités auxiliaires
Dans les jours qui suivent la prise d’Agordat et de Barentu, trois autres brigades coloniales (IIe, Ve, XLIVe), le bataillon alpin « Uork Amba » du 10e régiment de Grenadiers de Savoie et d’autres unités viennent renforcer les défenses de la ville[réf. nécessaire]. Toutes les troupes sont placées sous le commandement du général Nicolangelo Carnimeo[réf. nécessaire].
Au début de la bataille, les Britanniques disposent de la 4e division anglo-indienne qui est formée de trois brigades d’infanterie indiennes (5e, 7e, 11e). Ces unités seront par la suite renforcées par la 5e division indienne (9e, 10e et 29e brigades d’infanterie indienne), la force de défense du Soudan et d’autres bataillons soudanais portant l’effectif total à 51 000 hommes:
• 11e brigade indienne de la 4e division indienne (3 février)42,
• 5e brigade indienne de la 4e division indienne (6 février)43,
• 29e brigade indienne de la 5e division indienne (prêtée à la 4e division indienne du 10 au 12 février, puis avec l’ensemble de la 5e division à partir du 15 mars)1,44,
• 7e brigade indienne dépendant du quartier général britannique au Soudan45,
• 9e et 10e brigade indienne de la 5e division indienne, prêtée à la 4e division indienne (à partir du 15 mars)1,46,
• 29e brigade indienne http://www.worcestershireregiment.com/wr.php?main=inc/bat_1_1939 quelques cartes intéressantes
o 1st Battalion Worcestershire Regiment
o 6/13th Royal F. F. Rifles
o 3/2nd Punjabis,
De leur côté, les britanniques sont commandés par le général Platt. Par la suite, la Brigade française d’Orient des Forces françaises libres (déjà représentées par un escadron de spahis) les rejoignent4.

battle10

Premiers assauts

Le 2 février, les chars du 4th Royal Tank Regiment essaient de pénétrer dans la vallée du Dongolaas1. Ils sont arrêtés par les éboulements provoqués par les Italiens qui ont miné le passage1. Le lendemain, les troupes britanniques attaquent le col de Dongolaas et les montagnes avoisinantes. Les Écossais du Cameron Highlanders parviennent à prendre la côte 16161,47 à une compagnie du 2e bataillon du 11e régiment de grenadiers de Savoie. Les Britanniques positionnent rapidement les 1st Punjab regiment48 et 6th Rajputana Rifles sur les positions gagnées afin d’éviter toute contre-offensive italienne. Dans la nuit du 4 au 5 février (Selon Brett-James ch 4. nuit du 4 au 5 février / nuit du 5 au 6 février selon Compton, p. 53. quoique pas très clair car la tournure laisse à penser que c’est la nuit du 4 au 5), le 3/14th Punjab regiment s’empare du pics Briggs42. Les Italiens contre-attaquent le lendemain et reprennent les pics aux Britanniques1. De nouvelles attaques de ces deux régiments contre les hauteurs surplombant Keren sont proches de prendre les dernières positions italiennes, mais deux compagnies du 3e régiment de Bersaglieri et du XCVIIe bataillon colonial (Savoia Grenadiers ???) parviennent à éviter l’effondrement et repoussent les troupes indiennes dans un combat au corps à corps. Les pertes sont importantes de part et d’autre.

Durant les jours suivants, les Britanniques poursuivent leurs attaques contre les hauteurs tenues par les Italiens. Le 6, la Ve brigade tente de s’emparer du col Acqua afin de contourner le col de Dongolaas. Les Italiens fortement retranchés repoussent les Britanniques. Le 8, la XIe brigade reprend le pic Briggs et tente de s’emparer dans la foulée du mont Sanchil mais échoue également.

Le 10 février, après une semaine d’escarmouches de faible importance, les Britanniques préparent de nouvelles attaques avec le soutien de chars et de véhicules blindés[réf. nécessaire]. L’objectif est la prise du Brig’s Peak et du Mont Sanchil afin de disposer de positions d’observation surplombant le Fort Dologorodoc et Keren44. La 4e division d’infanterie indienne a été renforcée par la 29e brigade de la 5e division44. Afin d’éviter la chute du col de Dongolaas, de nombreuses troupes italiennes y ont été placées parmi lesquelles le bataillon de montagne « Alpii Work Amba » tout juste arrivé d’Addis-Abeba.
L’attaque est lancée le 12 février. L’attaque doit se dérouler en deux temps : les bataillons des 5th Mahratta et 11th Sikhs régiments d’infanterie indienne sont chargés de percer la ligne de défense italienne ; les tanks britanniques doivent ensuite exploiter cette percée. Dans l’après-midi du 10, le 3/1st Punjab Regiment attaque le pic Brig et le lendemain matin, le mont Sanchil est enlevé44. Étant donné la configuration du terrain, seules deux sections assurent la défense du mont, tandis que le reste du bataillon est chargé de transporter munitions, équipement et blessés44. Soumis à un bombardement intense par l’artillerie italienne toute la journée du 11, le mont Sanchil est repris par une contre-attaque italienne menée par les grenadiers de Savoie44. Les troupes indiennes parviennent néanmoins à garder le contrôle de l’arête Cameron grâce à l’aide du 2nd Mahrattas44. L’infanterie indienne est cependant repoussée par les Italiens et dans l’après-midi du 14, les Britanniques se retirent.

Réorganisation

Platt décide alors de regrouper ses forces avant de poursuivre les attaques45. Les troupes britanniques à l’est sont renforcées par la 9e brigade et deux compagnies de mules chypriotes. Au nord, quatre bataillons (deux de la 7e brigade indienne, un sénégalais et un français libre) sous le commandement du brigadier Briggs sont entrés indépendamment en l’Érythrée par la ville frontière de Karora45. Le 1er mars, le 4/16th Punjab Regiment lance une attaque qui permet aux troupes de Briggs de menacer Keren et Massoua et oblige les Italiens à répartir les défenseurs entre les deux fronts45. Le 14 mars, les forces de Platt comptent 13 000 hommes. Les Italiens en profitent également pour se renforcer : des troupes arrivent de Gondar et Addis Abeba (10e régiment de grenadiers de Savoie). Leurs effectifs sont désormais de 23 000 hommes, mais les troupes ont subi de lourdes pertes : les bataillons italiens sont souvent réduits à 150 – 200 hommes (c’est-à-dire pratiquement la taille d’une seule compagnie).

À l’exception des attaques britanniques sur le col de Cubub (ou Kub-Kub), seules de petites escarmouches ont lieu. L’artillerie britannique bombarde intensivement Keren durant cette période. Entre les 15 et 22 mars, les canons britanniques tirent 110 000 obus. Les mitraillages et les attaques aériennes de la RAF contre les défenses italiennes sont incessantes45. Ayant détruit l’aviation italienne, elle domine le ciel comptant des douzaines de chasseurs et de bombardiers légers.
À partir du 16 mars, les Britanniques envisagent de remettre en état la route menant au col de Dongolaas2. Plusieurs reconnaissances sont menées afin d’évaluer la tâche durant les nuits suivantes2. Le 26 mars au soir, un passage d’une largeur de 4 mètres a été déblayé afin de permettre le passage des blindés2. Les travaux continuent la nuit suivante et les premiers blindés avancent au matin sous le feu ennemi. Le 27 à dix heures, les blindés pénètrent dans Keren

Pour la dernière phase de la bataille, le Haut Commandement Britannique organise deux colonnes qui doivent converger sur le fort de Keren. Au sud-ouest, le plan prévoit que la 4e division d’infanterie indienne prenne les monts Sanchil et Forcuto, tandis que la 5e division attaque le col de Dongolaas. Au nord, des troupes venues de Karora et la 13e demi-brigade de la Légion étrangère, attaquent les Italiens. L’attaque est précédée d’un important bombardement d’artillerie. L’offensive finale commence le 15 mars à huit heures du matin. Les troupes britanniques et du Commonwealth sont repoussées par les grenades lancées par les Italiens tandis que les dernières batteries d’artillerie encore efficaces et des pièges incendiaires placés à l’avance parviennent à bloquer la progression des chars alliés. La 4e division connait quelques succès mais ne parvient pas à conserver les positions conquises49. Au nord, au col d’Anseba, les II et VI brigades repoussent une tentative de débordement de la légion étrangère.

Le lendemain, les Britanniques réalisent des progrès significatifs grâce à leur avantage numérique et matériel : la 5e division prend la position Dologorodoc située au sud de la route de Keren49. Les Italiens contre-attaquent plusieurs fois durant les cinq jours suivants49 : De plus, grâce à leur superiorité aérienne (vers la fin mars, les seuls avions italiens en état de voler étaient 3 bombardiers Savoia-Marchetti SM.79 et un Savoia-Marchetti SM.81), les contre attaques italiennes sur le Sanchil et le Dologorodoc sont stoppées. Tandis que sur le front nord, les Britanniques sont stoppés, le front sud-ouest cède peu à peu : durant la bataille de Keren, la ligne de défense se désintègre lentement en raison de l’épuisement des forces disponibles. À partir du 26 mars, les troupes Britanniques constatent une diminution de l’opposition italienne et des mouvements de troupe2. Dans la nuit, ils lancent de nouvelles attaques et s’emparent de plusieurs sommets. Au matin, les positions italiennes sur les sommets se rendent les unes après les autres2. Les combats sont très durs et les deux camps subissent de lourdes pertes : plus de 4 000 Alliés et 3 000 Italiens trouvent la mort au cours de la bataille[réf. nécessaire]. Le 27 mars, Keren est prise et les Italiens se replient vers Asmara50. Le 26 mars, les ingénieurs britanniques rouvrent le col Dongolaas pour les tanks. Le 27 mars, la résistance cesse et le 31 la dernière ligne de défense cède.

Conséquences

La bataille de Keren marque un tournant de la conquête de l’Érythrée et de l’Éthiopie par les Britanniques8. Après cet affrontement, la résistance des troupes italiennes est beaucoup plus faible8. Selon Pierre Messmer, ces derniers estiment ne plus être en mesure de remporter la victoire sur ce théâtre d’opérations et la capitulation de leurs unités est en général rapide8.
La 5e division indienne se dirige ensuite vers la capitale Asmara, à 80 kilomètres à l’est de Keren51, tandis que la 4e division indienne reste à Keren quelques jours et retourne en Égypte début avril52. Asmara est déclarée ville ouverte et les troupes britanniques s’en emparent le 1er avril51. Trois jours plus tard, la 10e brigade indienne se dirige vers Massaoua située à une centaine de kilomètres d’Asmara, sur la côte53. Les Italiens disposent de 10 000 hommes53, de tanks et de véhicules blindés pour défendre Massaoua, un objectif portuaire stratégique8,54. Après quelques affrontements initiaux, la résistance s’effondre et les unités indiennes et la Brigade française d’Orient prennent Massoua le 8 avril53.

La 5e division indienne pousuit son offensive vers le sud en Éthiopie55, tandis que des troupes venues du Kenya s’emparent d’Addis-Abeba le 6 avril56. Le duc d’Aoste se rend en mai à Amba Alagi56, mais des troupes italiennes sous le commandement des généraux Nasi et Gazzera poursuivent la lutte, respectivement au nord-ouest et sud-ouest de l’Éthiopie57. Le dernier affrontement d’importance se produit à Gondar et débouche sur la reddition du général Nasi le 27 novembre57. Quelques troupes italiennes mèneront une guerre de guérilla dans les déserts érythréens et les forêts éthiopiennes jusqu’à la reddition du gouvernement italien aux Alliés en septembre 1943 58,59.

La bataille est de nos jours considérée comme un épisode positif de l’histoire militaire italienne, malgré son issue négative, en raison du courage dont firent preuve les troupes coloniales et italiennes, ainsi que de la valeur du général Carmineo.

Dans Eastern Epic, Compton Mackenzie écrit :
« Keren fut une des batailles les plus dures, et il doit être dit que jamais les Allemands ne combattirent avec la même détermination que les bataillons italiens de troupes alpines, Bersaglieri et Grenadiers de Savoie le firent à Keren. Durant les cinq [premiers] jours de combat, les Italiens perdirent près de 5 000 hommes, dont 1 135 tués. Lorenzini, le courageux et jeune général italien, eut la tête explosée par un fusil britannique. C’était un grand chef des troupes érythréennes60. »

« La propagande de guerre britannique dépeignit les Italiens comme des soldats ridicules; mais, à l’exception des divisions parachutistes allemandes en Italie et des Japonais en Birmanie, aucun ennemi qu’affrontèrent les troupes britanniques et indiennes ne se battit avec autant de courage que les bataillons savoyards à Keren. De plus, les troupes coloniales, avant qu’elles ne cèdent à la toute fin de la bataille, se battirent avec valeur et détermination, et leur loyauté fut un témoignage de l’excellence de l’administration italienne et de l’entraînement militaire en Érythrée61. »

Notes
1. ↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q Brett-James, Anthony, Ball of fire – The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 4
2. ↑ a, b, c, d, e, f et g Brett-James, Anthony, Ball of fire – The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 5
3. ↑ World War Two. John Graham Royde-Smith: Associate Editor, History, Encyclopædia Britannica, London. Edited By: Robert A. Guisepi. Date 2006 [archive]
4. ↑ a et b La Seconde Guerre mondiale en Érythrée sur erythree.com [archive]
5. ↑ a, b, c et d Bataille de Keren, commandosupremo.com [archive] Source : Le grandi battaglie della storia » (Great battles of History) edited by Livio Agostini and Piero Pastoretto – Published by Viviani Editore. 1999
6. ↑ A mettre en forme et à mieux sourcer [1] [archive]
7. ↑ Mémoires d’Alec James Barthorpe [archive]
8. ↑ a, b, c, d et e Entretien de Pierre Messmer avec Alain Leterrier, Paul-Alain Prigent et Mohamed Abdelmajid, réalisé à Paris le 9 octobre 1997 sur lesnouvelles.org [archive]
9. ↑ a et b Lionel Cliffe & Basil Davidson, The Long Struggle of Eritrea for Independence and Constructive Peace, p. 16.
10. ↑ Ghada Hashem Talhami, Suakin and Massawa Under Egyptian Rule, 1865-1885, p. 198.
11. ↑ a et b (en) « Eritrea », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail de l’édition] [lire en ligne [archive]]
12. ↑ Hess, Robert L. Italian Colonialism in Somalia Chicago: University of Chicago P, 1966. p 101
13. ↑ Hess, Robert L. Italian Colonialism, p 102
14. ↑ Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 98-99.
15. ↑ Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 142.
16. ↑ Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 145.
17. ↑ a et b Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 147.
18. ↑ a, b et c Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 148-151.
19. ↑ Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 148.
20. ↑ Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 149.
21. ↑ Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 151.
22. ↑ Peter Malcolm Holt, M. W. Daly, A History of the Sudan: From the Coming of Islam to the Present Day, p. 99.
23. ↑ Kenya. (2008). In Encyclopædia Britannica. Dernier accès : 17 février 2008, Encyclopædia Britannica Online [archive]
24. ↑ British Somaliland. (2008). In Encyclopædia Britannica. Dernier accès : 17 février 2008, Encyclopædia Britannica Online [archive]
25. ↑ Martin Gilbert, The Second World War: A Complete History, p. 90.
26. ↑ Douglas Porch, The Path to Victory: The Mediterranean Theater in World War II, p. 129.
27. ↑ Douglas Porch, The Path to Victory: The Mediterranean Theater in World War II, p. 129. Porch cite neuf destroyers mais toutes les autres sources mentionnent sept destroyers.
28. ↑ a et b Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 150.
29. ↑ a et b David Murray Horner & Paul Collier, The Second World War (4): The Mediterranean 1940-1945, p.17.
30. ↑ a, b, c et d Anthony Mockler, Haile Selassie’s War: The Italian-Ethiopian Campaign, 1935-1941, p. 229-240.
31. ↑ Francis James Rennell Rodd, British Military Administration of Occupied Territories in Africa During the Years 1941-1947, p. 12
32. ↑ By Gerhard Schreiber, Bernd Stegemann, Detlef Vogel, Dean S. McMurry, P S Falla, Germany and the Second World War, p. 263. Super bouquin sur Google Books à réutiliser
33. ↑ a, b, c, d, e et f Anthony Mockler, Haile Selassie’s War: The Italian-Ethiopian Campaign, 1935-1941, p. 241-249.
34. ↑ Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 23.
35. ↑ a, b, c, d, e et f Brett-James, Anthony, Ball of fire – The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 3
36. ↑ (en)[PDF]Account of Operations in East Africa by Gen. Platt published in the London Gazette [archive]
37. ↑ a et b Brett-James, Anthony, Ball of fire – The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 1
38. ↑ Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 44-49.
39. ↑ Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 52-64.
40. ↑ d’où une piste mène Keren à Cubub
41. ↑ Vue Google Maps de la région [archive]
42. ↑ a et b Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 53.
43. ↑ Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 54.
44. ↑ a, b, c, d, e, f et g Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 55.
45. ↑ a, b, c, d et e Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 56.
46. ↑ Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 58.
47. ↑ Cette crête s’appelle désormais la Cameron Ridge, arête Cameron. Brett-James, Chp4.
48. ↑ A vérifier [ ]dit 3rd Bn. 14th Punjab Regiment. http://ourstory.info/library/4-ww2/Ball/fire03.html [archive]]
49. ↑ a, b et c Chronologie du mois de mars 1941, seconde-guerre.com [archive]
50. ↑ Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 64-70.
51. ↑ a et b Brett-James, Anthony, Ball of fire – The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 6
52. ↑ Wavell, Archibald, Official despatch: Operations in East Africa November 1940 – July 1941, p. 3545 [archive].
53. ↑ a, b et c Brett-James, Anthony, Ball of fire – The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 7
54. ↑ Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 66.
55. ↑ Brett-James, Anthony, Ball of fire – The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 8
56. ↑ a et b Wavell, Archibald, Official despatch: Operations in East Africa November 1940 – July 1941, p. 3530 [archive].
57. ↑ a et b Philip S. Jowett, Stephen Andrew, The Italian Army 1940-45 (2): Africa 1940-43, p. 7.
58. ↑ (it) Enrico Cernuschi, La resistenza sconosciuta in Africa Orientale Rivista Storica, décembre 1994.
59. ↑ (it) Alberto Rosselli. Storie Segrete. Operazioni sconosciute o dimenticate della seconda guerra mondiale Iuculano Editore. Pavia, 2007
60. ↑ Traduction libre de : Keren was as hard a soldiers’ battle as was ever fought, and let it be said that nowhere in the war did the Germans fight more stubbornly than those [Italian] Savoia battalions, Alpini, Bersaglieri and Grenadiers. In the [first] five days’ fight the Italians suffered nearly 5,000 casualties – 1,135 of them killed. Lorenzini, the gallant young Italian general, had his head blown off by one of the British guns. He had been a great leader of Eritrean troops. Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 60.
61. ↑ Traduction libre de : The unfortunate licence of wartime propaganda allowed the British Press to represent the Italians almost as comic warriors; but except for the German parachute division in Italy and the Japanese in Burma no enemy with whom the British and Indian troops were matched put up a finer fight than those Savoia battalions at Keren. Moreover, the Colonial troops, until they cracked at the very end, fought with valour and resolution, and their staunchness was a testimony to the excellence of the Italian administration and military training in Eritrea. Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 64.
62. ↑ Bibliographie extensive de la campagne d’Afrique de l’Est et de la bataille de Keren, stonebooks.com [archive]
63. ↑ Les numéros de pages mentionnés dans cet article renvoient à l’édition Signal Books de 2003.
64. ↑ Les numéros de pages mentionnés dans cet article renvoient à l’édition Osprey Publishing de 2003.
65. ↑ Les numéros de pages mentionnés dans cet article renvoient à l’édition HMSO de 1948.

sources

wikipedia

http://www.planete-battlefield.fr/viewtopic.php?f=42&t=6889

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