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4 avril 2013

La tragédie du « Cap Arcona », du « Thielbek », de l’« Athen » et du « Deutschland ».

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    Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  

La tragédie du « Cap Arcona », du « Thielbek », de l’« Athen » et du « Deutschland ».

Alain Vancauwenberghe

http://www1.uni-hamburg.de/rz3a035//alain.html

 

Contrairement à la croyance générale, le plus grand désastre maritime mondial ne s’est pas produit sur l’Océan Atlantique et le bateau n’était pas le « Titanic ». La plus grande catastrophe maritime mondiale est survenue le 3 mai 1945 dans la baie de Lübeck, sur la Mer Baltique, et les navires étaient le « Cap Arcona » et le « Thielbek ». Quatre bateaux étaient impliqués : le « Cap Arcona », le « Thielbek », l’« Athen » et le « Deutschland ». Trois de ces navires furent bombardés et mitraillés par les chasseurs-bombardiers Hawker « Typhoons » de l’escadrille 263 de la Royal Air Force basée à Ahlhorn, de l’escadrille 197 basée à Celle et par ceux de l’escadrille 198 basée à Plantlünne.

Le « Cap Arcona », « la Reine de l’Atlantique Sud », un vapeur rapide d’une jauge de 27 571 tonneaux, était le vaisseau amiral de la flotte des transatlantiques de la HSDG, « Hamburg-Südamerikanische Dampfschifffahrts-Gesellschaft », de Hambourg. C’était un paquebot de très grand luxe, élancé, à propulsion jumelée avec trois cheminées rouges et blanches.

 

File:Cap Arcona 1.JPG

File:Cap Arcona.JPG

Le vapeur rapide « Cap Arcona » de la compagnie maritime de navigation à vapeur Hambourg-Amérique du Sud.Construit dans les chantiers navals « Blohm & Voss » de Hambourg et lancé le 14 mai 1927, le « Cap Arcona » navigua entre Hambourg et Rio de Janeiro pendant douze ans, jusqu’au 25 août 1939, date à laquelle il fut réquisitionné pour service de guerre. Après l’invasion de la Pologne, le transatlantique fut accouplé au quai dans le port de Gdañsk, à partir du 29 novembre 1939 jusqu’au 31 janvier 1945, en tant que logement flottant de la Kriegsmarine, peint en gris et battant pavillon hitlérien. Un film nazi intitulé « Titanic » y fut tourné en 1942. Comme les troupes soviétiques avançaient, le « Cap Arcona » fut utilisé pour transporter des civils, des nazis et des soldats entre Gdañsk et Copenhague. Ses turbines se cassèrent pendant sa dernière traversée. Le navire fut dirigé alors vers un chantier naval où ses moteurs furent réparés pour qu’il soit capable de retourner en Allemagne. Quand il jeta l’ancre dans la baie de Lübeck, le 14 avril 1945, le « Cap Arcona » n’était plus beaucoup manœuvrable. N’étant plus d’aucune utilité pour la Kriegsmarine, il s’en retourna à la compagnie maritime « Hamburg-Süd ».
Le « Thielbek » était un cargo de 2 815 tonneaux. Au cours du raid aérien sur le fleuve Elbe de l’été 1944, il fut touché par plusieurs bombes. Les dommages furent réparés dans le chantier naval « Maschinenbau-Gesellschaft » de Lübeck quand le Gauleiter de Hambourg, Karl Kaufmann, à présent, en plus, Commissaire à la Défense de l’Allemagne du Nord et Commissaire du Reich à la Marine Marchande, ordonna qu’il parte pour Lübeck avant que les réparations soient terminées. Il fut amené au port industriel de Lübeck.
L’« Athen », un autre cargo de 1 936 tonneaux, fut, lui aussi, amené au port industriel de Lübeck, étant endommagé mais capable de naviguer.
Le « Deutschland », un transatlantique de 21 046 tonneaux ayant transporté en 1945, de l’est vers l’ouest de l’Allemagne, 70 000 réfugiés en sept passages, était aménagé en navire-hôpital.
Dans la Mer Baltique, face à l’avancée de l’Armée Rouge, les Allemands avaient concentré des bateaux pour transporter leurs armées vaincues qui s’enfuyaient. Le « Cap Arcona » et le « Thielbek » étaient ancrés à l’ouest et au large de Neustadt, dans la baie de Lübeck. L’« Athen » était heureusement resté dans le port de Neustadt. On leur avait ordonné d’embarquer des déportés de camps de concentration avec l’intention de les massacrer puis de couler les bateaux. Les déportés venaient des camps de concentration de Neuengamme, de Stutthof et de Dora-Mittelbau. Il y avait 4 500 prisonniers à bord du « Cap Arcona », 2 800 prisonniers sur le « Thielbek » et 1 998 sur l’« Athen ». 350 personnes furent rescapées du « Cap Arcona », 50 le furent du « Thielbek » et la totalité des 1 998 déportés de l’« Athen » survécut. Au total, 7 500 prisonniers de guerre, de 24 nationalités différentes, furent tués au cours de ce raid aérien. Les Anglais qui étaient considérés comme des sauveurs potentiels par les prisonniers des camps de concentration se sont avérés être leurs meurtriers.

 

 

La fin de la guerre pour les Anglais.
Après qu’Hitler s’était suicidé, le 30 avril 1945, l’Amiral de la Flotte Karl Dönitz lui succéda comme commandant suprême. Il fut faussement rapporté que la direction nazie avait planifié de partir en Norvège et de se battre à partir de ce pays, en ayant rassemblé à dessein, à peu près 500 bateaux dans les baies de Lübeck et de Kiel. Cette inexactitude n’est toujours pas corrigée dans les publications anglaises jusqu’à aujourd’hui.
A partir du 16 avril 1945, le Fighter Command eut comme mission la surveillance du ciel de l’Allemagne et le Coastal Command, celle de la côte. Winston Churchill avait donné cet ordre à la suite du bombardement de Dresde qui avait été critiqué et qualifié d’acte délibéré de terreur et de destruction. Cette décision, remplaçant le Bomber Command par le Fighter Command, a eu de graves conséquences et, comme résultat, le bombardement de ces bateaux-prisons. La reconnaissance aérienne du Bomber Command était mieux informée en ce qui concerne les événements et changements sur le sol allemand. Elle connaissait la position exacte des camps de concentration et ainsi, où il ne fallait pas bombarder. Par exemple, aucune bombe ne fut lancée sur le camp de concentration de Neuengamme, près de Hambourg. En fait, des avions avaient survolé le camp à basse altitude, agitant leurs ailes, donnant de l’espoir aux déportés qui étaient sur la Place d’Appel. A Süchteln, le Quartier Général du Second Tactical de la RAF en savait peu sur les transports de déportés des camps de concentration en direction du nord. Suivit l’ordre d’opération n° 73 du 3 mai 1945 indiquant : « Destruction de la concentration de la flotte ennemie dans la baie de Lübeck à l’ouest de l’île de Poël et vers le nord à la limite de la zone de sécurité ». L’escadrille 263 basée à Ahlhorn, sous le commandement du capitaine Martin Rumbold, avec comme pilotes Mark Hamilton, Ronnie Proctor, Dave Morgan, Eric Coles, Mike Luck, Larry Saunders et J.A. Smith, attaqua le « Cap Arcona » à 14 h. 30, le 3 mai 1945. Chacun des huit « Typhoons » avait huit roquettes incendiaires qui furent tirées par salve. La totalité des soixante-quatre roquettes atteignirent leur cible. L’escadrille 197 basée à Celle, sous l e commandement du Lieutenant J. Harding, attaqua alors. Les huit « Typhoons » avait, chacun, deux bombes de 500 livres. Quinze des seize bombes atteignirent leur but. Le paquebot s’embrasa.
Entre les deux attaques sur le « Cap Arcona », l’escadrille 198 basée à Plantlünne, sous le commandement du capitaine Johnny Baldwin, attaqua, avec neuf chasseurs-bombardiers « Typhoons », le « Thielbek » et le « Deutschland ». Cinq chasseurs tirèrent leurs roquettes sur le « Deutschland », et les quatre autres « Typhoons » tirèrent sur le « Thielbek ». Le « Deutschland » s’embrasa violemment, se renversa la quille en l’air, avant de sombrer quatre heures plus tard. En feu à bâbord, le « Thielbek » gîta avec un angle de 30° à tribord et coula vingt minutes après avoir été attaqué.

La fin de la guerre pour les Allemands.
Le Reichsführer SS Heinrich Himmler avait émis un décret secret à destination de tous les commandants de camp de concentration indiquant qu’une reddition était inacceptable, que les camps de concentration devaient être immédiatement évacués et qu’aucun déporté ne devait tomber vivant entre les mains de l’ennemi. Himmler projetait que tous les déportés devaient être tués. Au camp de concentration de Neuengamme, l’ordre fut reçu par le SS-Obersturmführer Karl Totzauer, adjudant-major du commandant Max Pauly. Cet ordre initia les Marches de la Mort à partir de Neuengamme, le plus grand camp de concentration en Allemagne du Nord avec ses 96 camps extérieurs dont plus de 20 étaient des camps de femmes et, où près de 56 000 des 106 000 détenus moururent sous les coups ou par pendaison, exécution, gazage, injection mortelle ou transfert vers les camps de la mort d’Auschwitz et de Majdanek. Les SS menèrent les prisonniers, parfois au hasard, vers le nord, à pied ou en train, sans nourriture ou sans boisson. Des centaines de déportés en moururent de faim ou de soif, ou furent abattus là où ils tombaient, étant trop épuisés pour continuer. Les déportés du camp extérieur de Neuengamme Hannover-Stöcken furent d’abord évacués par rail vers Bergen-Belsen puis furent déviés en direction de Berlin, Bergen-Belsen étant surpeuplé. Trois jours après, le reste des prisonniers fut débarqué à Mieste, marcha vers le camp militaire de Gardelegen, puis deux jours plus tard, jusqu’au village d’Isenschnibbe dans les faubourgs de Gardelegen. Ils y furent assassinés. Le commandant NSDAP du district Gerhard Thiele avait préparé un piège mortel. Sous prétexte que les déportés devaient être enlevés de la zone de guerre et de Gardelegen, et protégés de l’avance des troupes américaines, les 1 038 prisonniers restants furent conduits dans l’énorme grange du village. Auparavant, les SS avaient répandu de l’essence et du pétrole sur la paille. Le SS-Scharführer Braun lança alors une torche enflammée à travers la porte et les SS commencèrent immédiatement à tirer dans chacune des quatre portes fermées de la grange. Ceux qui rampaient sous les murs latéraux furent abattus. 1 016 personnes furent assassinées, 22 en réchappèrent.

File:Cap Arcona 10.86422E 54.04183N.jpg

Baie de Lübeck, à trois kilomètres de Neustadt (en haut à gauche): Position du Cap Arcona au moment de son naufrage.

Pendant que les Marches de la Mort avançaient vers le nord, le chef du district de Hambourg Karl Kaufmann cherchait des bateaux dans lesquels mettre les déportés pour prendre la mer. Les quelques bateaux restants, y compris des ferry-boat et des péniches, furent déployés à l’Est, sauvant des civils et des troupes allemandes qui reculaient devant la progression de l’armée soviétique. Comme Commissaire à la Défense de l’Allemagne du Nord et Commissaire du Reich à la Marine Marchande, il avait le droit de disposer de toute embarcation civile. Etant informé au sujet du « Cap Arcona », il ordonna aux transports de déportés du camp de concentration de Neuengamme et de ses camps extérieurs, d’être dirigés vers Lübeck et d’embarquer les déportés. 11 000 prisonniers de guerre arrivèrent sur les quais du port de Lübeck. La ville avait souffert de graves dommages dus aux bombes. Les premiers déportés du camp de Neuengamme arrivèrent en wagons à bestiaux dans le port de Lübeck, le 19 avril 1945. Entre le 19 et le 26 avril, de nouveaux transports arrivèrent. Presque la moitié des déportés ne survécut pas à ces Marches de la Mort.

Le 17 avril 1945, le « Thielbek » fut informé qu’il devait se préparer pour une opération spéciale. Le 18 avril, des SS vinrent à bord, le capitaine du « Thielbek », John Jacobsen, et le capitaine du « Cap Arcona », Bertram, furent appelés à une conférence. Le capitaine Jacobsen retourna informer son équipage qu’on leur donnait l’ordre d’embarquer des déportés et que, lui et le capitaine Bertram, avaient refusé. Le jour suivant, Jacobsen revint défait, ayant perdu le commandement de son propre navire. Peu de temps après, le premier train arriva. Des toilettes temporaires furent installées sur le pont du « Thielbek » et l’embarquement commença le 20 avril. La Croix Rouge suédoise était présente et tous les déportés, sauf les prisonniers russes, reçurent un colis de nourriture qui, en association avec la sous-alimentation et la soif, causèrent de terribles douleurs. L’eau provenant de la citerne du navire était totalement insuffisante. Vingt à trente déportés mourraient chaque jour et étaient enlevés par camion. Tous les déportés, à l’exception des déportés politiques, restèrent un ou deux jours à bord, avant d’être transférés sur le « Cap Arcona » via l’« Athen ». Le nombre de SS fut graduellement réduit et remplacé par des membres de l’armée territoriale, âgés de 55 à 60 ans, et de l’infanterie de marine. Il y avait de la paille sur le pont alors que, dans les cales, il n’y avait aucun couchage. Sur ce pont, il y avait aussi de grands stocks de provisions sous une bâche de protection mais la distribution était désorganisée. Les déportés malades et les prisonniers soviétiques en obtinrent très peu. Les latrines étaient insuffisantes. Des seaux furent descendus dans les cales et remontés quand ils étaient pleins. La puanteur était terrible. Le nombre de dysenteries augmentait toujours plus.

Le 20 avril 1945 au matin, le SS-Sturmbannführer Christoph-Heinz Gehrig, à la tête de l’administration du camp de concentration de Neuengamme, fut envoyé à Lübeck par le Commandant Max Pauly. Gehrig avait été responsable du meurtre de vingt enfants juifs de l’école Janusz-Korczak au 92 Bullenhuser Damm, dans le district hambourgeois de Rothenburgsort. Ces enfants avaient été utilisés pour des expériences sur la tuberculose dans le camp de Neuengamme. Gehrig devait escorter les déportés vers leur mort à bord du « Cap Arcona ». Il ordonna au capitaine de l’« Athen », Nobmann, de prendre 2 300 déportés et 280 gardes SS à bord et de les transporter vers le « Cap Arcona ». Le capitaine Nobmann initialement refusa mais obéit quand il fut menacé d’être fusillé à la suite d’un procès devant une cour prévôtal. Les SS et les Kapos amenèrent les déportés à bord, sous les hurlements et sous les coups. Ils devaient descendre, à l’aide d’échelles de corde, dans les profondeurs des cales du navire. Dans la hâte, beaucoup de déportés tombaient et étaient sérieusement blessés. Il était difficile de se faire une place, de se déplacer dans les cales sombres, froides et humides. Il n’y avait ni toilettes ni eau. Quelques heures après, le cargo, chargé à ras bord, quitta le port pour le « Cap Arcona » ancré au large de Neustadt. Le capitaine Bertram refusa d’embarquer les déportés, même après que les SS soient venus à bord. L’« Athen » resta au large de Neustadt, toute la nuit, et retourna à Lübeck le matin suivant, le 21 avril, les déportés n’ayant rien à manger ni à boire.

 

Le SS-Sturmbannführer Gehrig informa le commandant de camp Pauly, du refus du capitaine Bertram de prendre des déportés à bord puis Pauly informa le Général SS, Chef de la Gestapo de Hambourg, le Comte Bassewitz-Behr qui le rapporta au Gauleiter Kaufmann. Le soir du 21 avril, Kaufmann envoya son conseiller personnel, le SS-Hauptsturmführer Horn, à John Egbert, président du conseil d’administration de la compagnie maritime « Hamburg-Süd », pour l’informer que le capitaine Bertram devait obéir à l’ordre SS d’embarquer des prisonniers de guerre, sinon il serait tué. Egbert téléphona à Bertram qui, à son tour, appela l’amiral Engelhardt qui avait la direction du transport naval de la Kriegsmarine. Il était clair pour tous que le « Cap Arcona » devait être coulé avec les prisonniers à bord. Engelhardt envoya le capitaine Rössing à Kaufmann pour se plaindre, et élever une protestation formelle de la Kriegsmarine contre la confiscation du « Cap Arcona ». Mais il fut le seul à aller aussi loin contre le SS-Hauptsturmführer Horn qui ordonna au Lieutenant-Commandant Lewinski et au SS-sturmbannführer Gehrig de confisquer le paquebot manu militari. Dans l’intervalle, cinq jours étaient passés et, le 26 avril, Lewinski et Gehrig se rencontrèrent à Lübeck et voyagèrent ensemble vers Neustadt d’où ils furent transportés vers le « Cap Arcona » à l’aide d’un canot automobile de la base-école des Sous-mariniers, escortés par un commando SS armé. Le capitaine Bertram essaya, sans succès, de négocier avec Lewinski et Gehrig. Ils lui proposèrent l’ultimatum suivant : soit donner immédiatement la permission à l’« Athen » de s’amarrer bord à bord et transférer ses prisonniers dans le « Cap Arcona », soit être fusillé sans procès devant une cour martiale. Bertram capitula. Avant que l’« Athen » s’amarre à son côté, une seconde fois, une chaloupe apporta des SS qui, sous le commandement du SS-Untersturmführer Kirstein, enlevèrent toutes les ceintures et tous les gilets de sauvetage, ainsi que tous les bancs et banquettes qui pouvaient être utilisés comme radeaux et les enfermèrent à clé dans la salle des entrepôts.

Pendant trois jours, l’« Athen » fit la navette entre le port de Lübeck et le « Cap Arcona ». Finalement, 6 500 déportés et 600 gardes SS étaient à bord. Il y avait à peine de quoi manger et boire, et des prisonniers continuaient de mourir. Chaque jour, une chaloupe apportait de l’eau potable et retournait à Neustadt avec les morts. Les prisonniers russes reçurent le plus mauvais traitement, étant enfermés à clé dans la cale la plus basse, sans air, sans lumière et sans nourriture. Le nombre de morts augmentait toujours plus. L’« Athen » effectua son dernier trajet vers le « Cap Arcona » le 30 avril mais, cette fois, pour enlever des prisonniers du « Cap Arcona » qui était si surpeuplé que, même les SS, ne pouvaient endurer plus longtemps les déportés faméliques, la puanteur et les morts qui s’entassaient.

Les déportés avaient appris, le 1er mai 1945, qu’Hitler s’était suicidé, que la majeure partie de Berlin était occupée par les troupes russes et que la guerre était pratiquement finie.

 

Le 2 mai, les barges « Wolfgang » halée par l’« Adler » et « Vaterland » halée par le « Bussard », et plusieurs péniches de débarquement, apportant un demi-millier de déportés faméliques du camp de concentration de Stutthof, près de Gdañsk en Pologne, arrivèrent à Neustadt. Beaucoup moururent pendant ce trajet, ils furent balancés par-dessus bord. Ces déplacements avaient commencé le 17 avril. Les barges reçurent l’ordre par signal lumineux de la base-école des Sous-mariniers et du commandant du port Kastenbauer qu’elles devaient être remorquées le long du « Thielbek », qui lui-même, avait été remorqué du port industriel de Lübeck à la baie de Lübeck, tandis que des chars britanniques traversaient le pont Herrenbrücke. Ce soir-là, les gardes SS commencèrent à tirer sur les prisonniers qui étaient sur les barges. Les barges, la mer et la plage étaient remplies de cadavres. Ceux qui atteignaient la plage furent abattus par l’infanterie de marine venue de la base-école des Sous-mariniers. Environ 400 déportés du camp de Stutthof furent tués. Le jour suivant, le reste des prisonniers fut mené au stade de Neustadt. A 15 heures, le 3 mai, les prisonniers devaient former une colonne et commençaient à quitter le stade quand, soudainement, les Allemands disparurent et des chars britanniques apparurent devant eux. Ils étaient libres. Les survivants du camp de Stutthof libérés furent alors cantonnés dans la caserne de la marine, près du stade.

La fin de vie des déportés des camps de concentration de Neuengamme, de Dora-Mittelbau et de Stutthof.
Le 3 mai au matin, des avions anglais effectuèrent une reconnaissance en survolant la baie de Lübeck et observèrent le « Cap Arcona ». Les déportés faisaient des signes de la main, croyant qu’ils étaient sauvés. Pour éviter les tirs des canons des batteries anti-aériennes des bateaux, les avions volèrent alors à 10 000 pieds. De plus, le plafond nuageux était si bas qu’on ne distinguait pas les prisonniers. A 12 h. 30, on ordonna à l’« Athen » de retourner à Neustadt pour embarquer les déportés du camp de Stutthof survivants du massacre des barges. Le capitaine Nobmann refusa. Ce qui sauva 1 998 déportés de la mort, l’« Athen » restant dans le port quand l’attaque débutait. A 14 h. 30, le capitaine Rumbold revint avec son escadrille. La visibilité s’était améliorée. Ils attaquèrent.

File:Cap Arcona burning.jpg

Le Cap Arcona embrasé peu après les attaques aériennes.

Le « Cap Arcona » était en feu. L’équipement de sauvetage, en cas d’inondation ou d’incendie, était aux standards les plus élevés mais commandé à partir du pont. Le capitaine Bertram quitta ce pont, se frayant un chemin avec une machette à travers la masse de prisonniers, pour abandonner son navire. Les SS maintenaient les prisonniers au-dessous de l’entrepont du navire incendié et rempli de fumée, et les menaçaient avec le tir de leurs mitrailleuses. Parmi ceux-là, presque tous les prisonniers y furent tués. Beaucoup de canots de sauvetage étaient percés et, de toute façon, les prisonniers ne savaient pas comment les descendre. Un seul canot de sauvetage fut mis à la mer. Dans une panique indescriptible, les déportés qui ne furent pas tués durant l’attaque ni brûlés ni noyés dans leur prison renversée, se ruèrent sur le pont, se jetèrent à l’eau, tentèrent de s’accrocher à une planche flottante ou aux canots allemands de la base-école des Sous-mariniers, mais la plupart se noyèrent. Quelques prisonniers furent récupérés dans un canot en dépit de l’ordre donné par le commandant de garnison de Neustadt, le capitaine de frégate Heinrich Schmidt et de son quartier général de la base-école des Sous-mariniers, de ne pas secourir de prisonniers. Les autres déportés nageant dans la Mer Baltique glaciale furent mitraillés par les canons de 20 mm des chasseurs-bombardiers « Typhoons » qui, volant au ras des flots, revinrent à plusieurs reprises. Sur la plage, ils subirent le tir des mitrailleuses des Verdammten SS. En atteignant Neustadt, les derniers rescapés prièrent les troupes britanniques d’envoyer d’urgence des canots de sauvetage. Des 4 500 déportés de camps de concentration à bord, 350 survécurent. Des 600 gardes, SS et infanterie de marine, des 24 femmes SS et des 70 membres d’équipage, approximativement 490 furent sauvés dont, parmi eux, le capitaine Bertram et son officier en second Dommenget.

L’attaque sur le « Thielbek » arriva environ une heure après l’attaque du « Cap Arcona ». Son pavillon blanc flottait. Seuls quelques prisonniers furent capables de s’échapper des cales. Les canots de sauvetage étaient troués. L’équipage donna de l’aide aux prisonniers. Le bateau gîtait à 50° et était prêt à sombrer, quand le capitaine Jacobsen dit à son équipage de quitter le navire. Des 2 800 déportés de camps de concentration à bord du navire, seulement 50 survécurent. Pratiquement tous les gardes SS et ceux de l’infanterie de marine furent tués, ainsi que le capitaine Jacobsen, le premier officier Andresenet le premier ingénieur Lau. L’officier en second Walter Felgner, le troisième officier Schotmann et trois matelots de la marine marchande furent rescapés. Les avions britanniques mitraillaient les canots de sauvetage et les déportés dans l’eau…

Le lendemain, les troupes anglaises pénétrèrent dans le camp de Neuengamme complètement vide et Montgomery reçut la reddition des troupes de l’Allemagne du Nord. Quatre jours plus tard, la guerre prit fin en Europe.

Aucune acceptation de responsabilité ni d’honorer les morts.
Aucun gouvernement britannique n’a jamais fait référence à la mort des 7 500 prisonniers de guerre de la baie de Lübeck. Il n’y a jamais eu de couronne déposée ni aucun discours prononcé en leur mémoire. Des fosses communes furent creusées le long de la plage entre Neustadt et Pelzerhaken. Des survivants firent construire un cénotaphe en pierre sur lequel est écrit en grandes lettres noires :
A la mémoire éternelle des prisonniers du camp de concentration de Neuengamme. Ils périrent avec le naufrage du Cap Arcona le 3 mai 1945.
Le 6 mai 1945, un déporté norvégien avait indiqué l’endroit du drame à des soldats britanniques qui, sous le commandement du capitaine Pratt, tirèrent une salve au-dessus des tombes.
Pendant des années, la Mer Baltique rejeta des cadavres et des morceaux de squelette dont les derniers jusque dans les années 70.
Aujourd’hui, il y un mémorial pour ceux qui furent tués sur le « Cap Arcona » dans le cimetière de Grömitz et un musée à Neustadt en Holstein depuis 1990.

Dans le procès dit « procès du Curio-Haus », Max Pauly, le commandant du camp de Neuengamme, le chef de camp Thumann ainsi que le docteur SS Alfred Trzebinski, furent jugés, convaincus de crimes de guerre et pendus dans le pénitencier d’Hameln. De nombreux officiers SS du commandement du camp de Neuengamme furent jugés de 1945 à 1948 par des tribunaux militaires anglais. Mais aucun des nombreux autres allemands, coupable des meurtres des déportés à bord du « Cap Arcona » et du « Thielbek », n’a été jugé ni par une cour britannique ni par une cour allemande. Ceux qui furent responsables du meurtre des 400 déportés du camp de concentration de Stutthof n’ont jamais été dans un tribunal pour être jugés.

Epilogue.
Le « Cap Arcona » resta échoué dans la baie de Lübeck jusqu’en 1950 puis fut démonté par des plongeurs pendant une période de plusieurs années pour être réduit en ferraille. Sur cette jetée de Neustadt, l’épave fut étudiée et photographiée en détail pour Rolls-Royce qui avait fabriqué les roquettes, afin d’évaluer leur efficacité. 
Quatre ans après son naufrage, le « Thielbek » fut remis à flot, réparé et retourna au service sous le nom de « Reinbek ». Les restes des cadavres encore à bord furent placés dans 49 cercueils et déposés pour reposer enfin en paix, dans le cimetière « Cap Arcona » de Neustadt. En 1961, la compagnie maritime « Knöhr & Burchard » vendit le cargo qui navigua alors sous pavillon panaméen avec comme nom « Magdelène », et plus tard « Old Warrior ». En 1974, il fut démonté à Split en ex-Yougoslavie. 
L’Union Soviétique acquit l’« Athen » comme réparation de guerre et le renomma « Général Brusilow ». Le 27 mai 1947, le bateau fut offert à la Pologne. Renommé « Warynski », il navigua beaucoup d’années encore, entre Gdañsk et Buenos Aires, via Hambourg. En 1973, il fut mis hors service et servit d’entrepôt flottant dans la ville de Stettin avec la désignation « NP-ZPS 8 ».
Le « Deutschland » fut déséchoué et démonté en 1948.

Réunion commémorative.
Une commémoration des bombardements du « Cap Arcona », du « Thielbek » et du « Deutschland » eut lieu à Neustadt, le 3 mai 1995, cinquante ans après l’événement. Parmi les survivants, L.H. Intres (Bert Intres) qui survécut au bombardement et au naufrage du « Cap Arcona » en sortant par un hublot. Il se maintint sur le côté du paquebot jusqu’à ce qu’il chavire, puis resta sur la quille d’où les Britanniques le sauvèrent, comme 314 déportés et 2 membres d’équipage.

 

Alain Vancauwenberghe
 

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3 avril 2013

Le bombardement de Dresde

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Le bombardement de Dresde

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Le bombardement de Dresde, qui eut lieu du 13 au 15 février 1945, détruisit presque entièrement la ville allemande deDresde. La Royal Air Force (RAF) et les United States Army Air Forces (USAAF) utilisèrent principalement des bombes à fragmentation et incendiaires, provoquant plusieurs dizaines de milliers de morts.

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Bombardiers Avro Lancaster de la RAF.

Les services de renseignements occidentaux étaient arrivés à la conclusion que la Wehrmacht allait déplacer 42 divisions (un demi-million d’hommes) vers le front de l’Est, alors proche de la ville, et les services soviétiques avaient signalé d’importants mouvements de trains sur le centre de triage de Dresde (en fait, des trains de réfugiés fuyant l’avance de l’Armée rouge qui effectuait l’offensive Vistule-Oder). Les états-majors pensèrent que la ville servirait de nœud logistique pour ce transfert1.

La stratégie allemande faisait de l’ensemble des grandes villes sur le Front de l’Est, die Festungen (« les forteresses »), un rempart. Même sans ce bombardement, la ville de Dresde aurait peut-être partagé le triste sort de Berlin et Breslau, réduites en cendres par l’artillerie et les chars soviétiques.

Une autre théorie avance que ce massacre fut délibérément conçu par les états-majors américain et britannique en vue de saper une fois pour toutes le moral des troupes allemandes2.

Il est possible aussi que les États-Unis et le Royaume-Uni aient voulu impressionner l’URSS : ce bombardement a eu lieu quelques jours après la clôture de la conférence de Yalta, et il aurait eu une force dissuasive sur Staline, dans le contexte naissant de la guerre froide. Cette thèse est notamment défendue par Jacques Pauwels 3. À l’inverse, des études de l’USAF insistent sur les demandes répétées des Soviétiques de bombardements sur les nœuds ferroviaires de l’est de l’Allemagne pour faciliter la progression de l’Armée rouge4.

Enfin la libération du camp d’Auschwitz, quinze jours plus tôt, en faisant découvrir la réalité de la Shoah aurait retiré les derniers scrupules vis-à-vis des populations civiles allemandes : il s’agirait d’un bombardement de vengeance. Cette hypothèse paraît pour d’autres d’historiens particulièrement peu crédible, dans la mesure où les Alliés connaissaient la situation dans les camps de concentration et l’usage des camps d’extermination. De plus, l’extermination des Juifs n’est jamais mise en avant dans l’immédiat après-guerre, il ne figure même pas parmi les chefs d’inculpation au procès de Nuremberg. Le génocide n’est placé au centre de l’attention qu’à partir du début des années soixante (cf. Norman Finkelstein, L’Industrie de l’Holocauste).

Les raids

En deux jours, 1 300 bombardiers au total ont largué environ 3 900 tonnes de bombes lors de quatre raids.

 

La manière de considérer ces attaques aériennes varie selon le point de vue. À l’époque déjà, le ministère de la Propagande de Joseph Goebbels avait utilisé le bombardement de Dresde pour relativiser la responsabilité de l’Allemagne dans la guerre et placer les Allemands dans un rôle de victimes. Au cours de laguerre froide, les préjugés idéologiques empêchèrent une étude objective du déroulement des événements.

Le premier maire communiste de Dresde, après la guerre, Walter Weidauer, considérait en 1946 les attaques comme évitables bien qu’ayant été provoquées par les « fascistes allemands ». Cependant trois ans plus tard, il considérait les puissances occidentales comme seules responsables du bombardement « criminel » de Dresde qui ne répondait à aucune nécessité militaire. Une hypothèse (défendue entre autres par l’Allemagne de l’Est à partir de 1949) était que les Alliés occidentaux avaient voulu laisser à l’Union soviétique une zone d’occupation détruite.

Des estimations élevées se réfèrent souvent à des déclarations de témoins oculaires qui ne peuvent plus être réexaminées, ainsi qu’à des informations de sources aux motifs divers :

  • Un document du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de 1946 a donné le chiffre de plus de 305 000 morts. Ce nombre n’était cependant pas le résultat d’investigations propres, mais émanait de rapports basés sur des sources issues des indications de l’administration nazie. [réf. nécessaire]
  • L’ancien officier d’État-major de Dresde Eberhard Matthes, qui avait alors été chargé de travaux de déblaiement, a affirmé en 1992 que, jusqu’au 30 avril 1945, 3 500 cadavres auraient été pleinement identifiés, 50 000 en partie et 168 000 pas du tout. Ces chiffres auraient été communiqués à Adolf Hitler en sa présence. Mais il n’existe aucune preuve écrite qui pourrait confirmer cela et on doute aussi que Hitler ait demandé une telle communication le jour de son suicide. Des journaux (Süddeutsche ZeitungDie WeltFrankfurter Allgemeine) ont souvent publié des chiffres difficiles à certifier précisément variant de 60 000 à 300 000 morts.[réf. nécessaire]

La population totale de la ville était de 630 000 habitants à l’époque mais elle comptait aussi des blessés, des prisonniers ou des réfugiés dont il est impossible d’évaluer précisément le nombre. De plus, beaucoup de victimes ont disparu en fumée sous l’effet d’une température souvent supérieure à 1 000 °C[réf. nécessaire]. L’évaluation du nombre de morts a beaucoup fluctué. Ainsi, le maximum de 250 000 morts était avancé par les Soviétiques. L’écrivain négationniste britannique David Irving, quant à lui, jugeait réaliste un nombre de 135 000 victimes5. Le chercheur allemand Jörg Friedrich fait état de 40 000 morts6. L’évaluation actuelle de 25 000 morts maximum (dont 18 000 corps identifiés) est celle d’une commission d’historiens mandatée par la ville de Dresde en 2004-20107.

 

File:Bundesarchiv Bild 183-08778-0001, Dresden, Tote nach Bombenangriff.jpg

Amas de cadavres après le bombardement. La plupart des corps furent regroupés

ainsi afin d’être incinérés sur place, souvent sans même avoir été identifiés, pour éviter les épidémies.

Réactions au bombardement

Certains des leaders nazis, particulièrement Robert Ley et Joseph Goebbels, voulurent se servir du bombardement pour abandonner laconvention de Genève sur le front ouest[réf. nécessaire]. Finalement, le gouvernement nazi ne s’en servit qu’à des fins de propagande.

D’après Frederick Taylor, le ministère de la Propagande de Goebbels fit gonfler le nombre de morts par un facteur 108. Les diplomates allemands firent circuler dans les pays neutres des photographies des destructions, de morts et d’enfants grièvement brûlés. Par coïncidence, le jour précédant le raid, un document du ministère des Affaires étrangères allemandes avait été mis en circulation dans les pays neutres, critiquant Arthur Harris comme le responsable des bombardements de terreur.

Le 16 février, le ministère de la Propagande dirigé par Goebbels publiait un communiqué de presse qui dessinait la ligne générale de la propagande nazie : Dresde n’avait aucune industrie de guerre, n’était qu’une ville de culture et d’hôpitaux. Le 25 février, une nouvelle note paraissait, accompagnée de photos d’enfants brûlés, sous le titre Dresde – Massacre de Réfugiés et indiquant que 200 000 personnes étaient mortes.

D’autres bombardements sur l’Allemagne (Berlin et Hambourg lors de l’Opération Gomorrhe) furent aussi très meurtriers[évasif] mais celui de Dresde a plus profondément choqué les esprits, peut-être parce que c’était une ville d’arts et de culture et qu’elle n’avait pas d’intérêt stratégique (pouvant justifier une attaque aussi lourde) si on considère qu’Albertstadt, le fort militaire de Dresde, n’a pas été bombardé.

Survivants célèbres

  • L’écrivain Kurt Vonnegut, qui était présent comme travailleur prisonnier dans une usine de Dresde lors du bombardement, en réchappa en se réfugiant dans les caves d’un abattoir. De cette expérience éprouvante, il tire son roman Abattoir 5. Un film réalisé par George Roy Hill, Abattoir 5 (titre original :Slaughterhouse-Five) en fut tiré en 1972.
  • L’écrivain et philologue allemand Victor Klemperer est aussi un des survivants du bombardement, qu’il évoque en 1947 dans son essai LTI-Lingua Tertii Imperii: Notizbuch eines philologen.

Notes et références

  1. ↑ (en) Frederick Taylor, Dresden: Tuesday, February 13, 1945, HarperCollins, 2004, p. 196.
  2. ↑ Comme les villes japonaises d’Hiroshima et Nagasaki furent anéanties par des bombes atomiques (août 1945) par l’aviation américaine et pour la même raison (ce que le général Eisenhower laisse entendre dans ses mémoires d’après-guerre).
  3. ↑ Retour sur la destruction de Dresde du 13-14 février 1945 [archive]
  4. ↑ http://www.memoire-net.org/article.php3?id_article=268 [archive]
  5. ↑ David Irving, La destruction de Dresde, (ISBN 2-9060-2607-7) ; ce chiffre de 135 000 morts est repris dans Serge Berstein, Pierre Milza, Histoire du XXesiècle, Hatier, 1996, tome 1, p. 476[Pourquoi ?].
  6. ↑ Jörg Friedrich, Der Brand (ISBN 3-5486-0432-3)
  7. ↑ Voir Ian Kershaw, La Fin, Seuil, Paris, 2012 (ISBN 978-2-02-080301-4), note 788 ; Rolf-Dieter Müller (de), Nicole Schönherr, Thomas Widera, Die Zerstörung Dresdens 13. bis 15. Februar 1945 – Gutachten und Ergebnisse der Dresdner Historikerkommission zur Ermittlung der Opferzahl, Hannah-Arendt-Institut. Berichte und Studien 58, Göttingen, 2010, (ISBN 978-3899717730), ainsi que, sur le site de la ville de Dresde, Dresdner Historikerkommission veröffentlicht ihren Abschlussbericht [archive]
  8. ↑ « there is good reason to believe that later in March copies of — or extracts from — [an official police report] were leaked to the neutral press by Goebbels’s Propaganda Ministry … doctored with an extra zero to make [the total dead from the raid] 202,040. » ((en)Frederick Taylor, Dresden: Tuesday, 13 February 1945. éditions HarperCollins, New-York, 2004. (ISBN 0-06-000676-5)).

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  


10 février 2013

Plan Marshall

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Guerre froide – Cold War – Halodnaïa vaïna

Le plan Marshall
source wikipedia

Plan Marshall marsha11

Carte de l’Europe pendant la Guerre froide montrant les pays ayant reçu l’aide du plan Marshall.

Le plan Marshall (après son élaboration, il fut officiellement appelé « Programme de rétablissement européen », en anglais European Recovery Program : ERP) était un plan américain pour aider la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale.

L’administration Truman le préféra au plan Morgenthau qui prévoyait de faire payer les réparations par l’Allemagne. En effet, plusieurs experts se souvenaient des effets désastreux d’une telle politique après la Première Guerre mondiale : la question des réparations allemandes avait en partie déclenché une hyperinflation, entravé la reprise économique et facilité la prise du pouvoir par les nazis. L’initiative fut baptisée, par les journalistes, du nom du Secrétaire d’État des États-Unis, le général George Marshall, qui, lors d’un discours à l’université Harvard (5 juin 1947) exposa la volonté du gouvernement des États-Unis de contribuer au rétablissement de l’Europe.

Histoire

Jusqu’en 1947 la politique des vainqueurs consistait à réduire les capacités productives de l’Allemagne, politique qui empêchait la reprise européenne. Conseillé par le général Marshall et d’autres personnalités officielles ou non, le Président Harry Truman modifia la politique américaine. Le Plan fut présenté une première fois par le secrétaire d’état James F. Byrnes au cours d’un discours tenu à Stuttgart le 6 septembre 1946. De plus, le général Lucius D. Clay avait demandé au patron d’industrie Lewis H. Brown de dresser un bilan de la situation économique en Allemagne et d’évaluer les besoins de la reconstruction. Le plan final est annoncé par Marshall le 5 juin 1947 à Harvard. Au Congrès, l’aile républicaine qui prône une politique isolationniste critique un plan qui décide de dépenses massives à l’étranger mais cette opposition s’efface quand l’URSS intervient en Tchécoslovaquie en février 1948. Truman signe le plan Marshall le 3 avril 1948. Au plan économique Charles Kindleberger 1 en fut un architecte clé. Les États-Unis demandent aux États européens de s’accorder entre eux au sein de l’OECE pour établir un plan de reconstruction. L’Administration de Coopération Économique (ECA) est chargée d’examiner les projets de reconstruction en vue d’accorder l’aide. Du côté soviétique, le Comecon ou CAEM est créé.

Entre 1947 et 1951, les États-Unis consacrent plus de treize milliards de dollars de l’époque (dont onze milliards en dons) au rétablissement de 16 pays européens en réponse à l’Organisation européenne de coopération économique (OECE, aujourd’hui l’OCDE). Le montant total de l’aide correspond à 100 milliards de dollars actuels, soit environ 4 % du PNB pendant cinq ans.

Les Américains ont ainsi contribué à la coopération européenne2, prélude à la construction européenne (CEE).

Le mécanisme retenu consistait pour les États-Unis à fournir un crédit à un État européen. Ce crédit servait à payer des importations en provenance des États-Unis. L’état européen bénéficiaire encaissait, en monnaie locale, le produit des ventes de ces importations sur son marché national, ainsi que les droits de douanes afférents. Parallèlement cet État devait octroyer à des agents économiques nationaux (entreprises ou administrations) des crédits destinés à des investissements d’un montant deux fois supérieur au crédit qu’il avait lui-même reçu. L’État bénéficiaire devait en outre faire la preuve qu’il autofinançait sa part, sans recourir à la création monétaire. Par ce montage, les États-Unis encourageaient un effort significatif d’équipement et d’épargne en Europe.

La reconstruction européenne, relativement rapide, fut largement stimulée par l’aide américaine[réf. nécessaire], tandis que l’économie américaine évita ainsi la récession à cause d’une surproduction massive qu’aurait pu entraîner la cessation des hostilités.

Le plan Marshall a été rejeté par l’Union soviétique et les pays du futur bloc de l’Est. En effet, Staline craignait que le plan Marshall ne serve à conquérir le glacis de sécurité de l’URSS. L’URSS exerce en conséquence des pressions contre les pays qu’elle occupe et qui avaient montré leur intérêt. L’insistance des États-Unis concernant la libéralisation économique des pays bénéficiant du plan a certainement joué un rôle aussi, le libre-marché étant incompatible avec une économie dirigée. Comme le précise la doctrine Jdanov, chaque État était amené à choisir son camp. L’année 1947 est par cet aspect considérée comme le début de la Guerre froide. En 1949 commence le Comecon liant les pays de l’Europe de l’Est.

Une première aide financière parvint en Grèce et en Turquie en janvier 1947. 16 pays ont accepté l’aide financière, plus l’Allemagne de l’Ouest à partir de 19492.

Entre 1948 et 1951, le PNB de l’Europe de l’Ouest a fait un bond de 32 % (passant de 120 à 159 milliards de dollars) ; la production agricole a augmenté de 11 % et la production industrielle d’environ 40 % 3.

On trouve plusieurs types de motivation :

L’Europe est à reconstruire. Ses infrastructures ont beaucoup souffert. L’appareil productif a été partiellement détruit ou surexploité et mal entretenu pendant les hostilités.
On meurt de froid et on ne mange pas à sa faim en Allemagne, les barrières économiques et les restrictions de commerce avec ce pays forcent ses partenaires commerciaux habituels à détruire des surplus agricoles. Il faut donc rétablir des circuits normaux et éviter que l’investissement ne soit sacrifié à l’urgence d’alimenter les populations.
Il s’agit aussi de trouver des débouchés pour les produits américains. Les États-Unis ont connu pendant la guerre une forte croissance liée à l’industrie de guerre et la question à l’étude depuis 1941 à Washington est de savoir comment maintenir le plein emploi après la guerre. La solution mise en place sera, via le plan Marshall de trouver des débouchés à l’étranger financés par des prêts remboursables en dollars. Ces prêts sont émis via la banque mondiale et contrôlés via le FMI (accords de Bretton Woods). La particularité de ces deux institutions est que les USA sont seuls à y avoir un droit de veto, ce qui leur permet de dicter leurs conditions, en particulier, d’obliger les pays européens ruinés à accepter que des « conditions » soient liées aux prêts du FMI. L’une des conditions de l’époque était que les dettes contractées par le pays recevant cette « aide » ne soient plus émises dans la monnaie du pays mais en or ou son équivalent en dollars dont le prix était de 34$ l’once d’or. Ces prêts en dollars sont la garantie pour les USA de ne pas avoir de perte de valeur si les pays emprunteurs dévaluent; d’autre part les dollars dépensés pour acheter des produits autres qu’américains finiront toujours par revenir aux USA pour acheter des biens US4.

Enfin la doctrine Marshall matérialise la crainte des Américains que les institutions démocratiques occidentales ne s’effondrent au profit de l’URSS communiste. Par l’aide financière, les États-Unis cherchent à prévenir l’accession au pouvoir des partis communistes en Europe de l’ouest. Les Américains estiment que la pauvreté de l’Europe, qui fait le lit du discours communiste, doit être résolue.

Contexte : le bilan de la Seconde Guerre mondiale

En 1945, une grande partie du continent européen est ravagée par la guerre : les nazis ont pillé les ressources de la France, de la Scandinavie et de l’Europe de l’Est. Les bombardements ont réduit en cendres de nombreuses villes allemandes (Dresde, Cologne, Berlin…) ou polonaises (Varsovie). Londres a subi la guerre aérienne à outrance et des centaines de milliers de logements ont été détruits. En France, on ne compte plus les villes martyres (Le Havre, Brest…). Une grande partie des canaux, des infrastructures portuaires, des ponts, des voies ferrées sont hors d’usage. De nombreux civils sont sans-abri.

La situation des États-Unis est différente : le territoire américain n’a pas subi de dommages (à part Pearl Harbor). L’agriculture, les réserves d’or et les infrastructures industrielles de ce pays ne sont pas affectées et le pays avait vendu du matériel militaire dans le cadre du cash and carry notamment à la France au début du conflit, ce qui contribua au relèvement économique des États-Unis.

L’endiguement (doctrine Truman)

Selon le gouvernement américain de l’époque, la situation dramatique dans laquelle étaient les Européens, aggravée par les hivers froids, constituaient le terreau favorable à l’implantation du communisme. Les partis communistes italien et français remportaient en effet des succès électoraux. La doctrine du président Harry Truman est fondée sur l’endiguement (containment) du communisme déjà fortement implanté par la force des armées soviétiques en Europe orientale.

 Dépenses générales
Le Plan Marshall: Aide par pays et par secteurs

marsha10

 Notes :

a. Le total du prêt inclut 65 millions pour la Belgique et 3 millions pour le Luxembourg : le détail de concession entre les deux pays ne peut pas être identifié.
b. Inclut un prêt initial de 16,9 millions, plus 200 millions représentant une part partagée proportionnellement des concessions converties en prêts aux termes d’un accord signé le 27 février 1953.
c. Aides du plan Marshall aux Indes néerlandaises (Indonésie) prolongées aux Pays-Bas avant le transfert de souveraineté du 30 décembre, 1949. Les aides totales pour les Indes néerlandaises sont de :
Total : 101,4 millions, concessions 84,2 millions, prêts 17,2 millions.
d. Inclut la contribution des États-Unis au fonds permanent social européen des syndicats (EPU), 361,4 millions; Compte de fret général, 33,5 millions; autorisations européennes d’assistance technique (multi-pays ou régional), 12,1 millions.

De 1948 et 1951, l’aide américaine s’est élevée à 13 milliards de dollars au total, c’est-à-dire 1,2 % du PNB des États-Unis2. Elle a permis à l’Europe occidentale de ne pas s’effondrer et à l’économie américaine de rester prospère2. En France, Jean Monnet, premier Commissaire au Plan, avait commandé des produits américains (pétrole, nourriture, machines outils), réglés par les États-Unis, puis avait stocké la contre-valeur en francs, que l’inflation avait grignotés. Dans les années 1960, 20 % de la somme prêtée a été remboursée et le solde considéré comme un don.
Critiques

Dès les années de mise en œuvre du plan Marshall, des économistes libéraux dits « classiques » en dressent la critique : la subvention américaine des économies occidentales pourrait prévenir les réformes nécessaires telles que l’arrêt de la planification centralisée et la restauration du libre-marché. Parmi ces critiques, on trouve Ludwig von Mises ou Wilhelm Röpke.

Les critiques des années 1980 précisent que la croissance de nombreux pays européens avait été rétablie bien avant l’arrivée à grande échelle de l’aide provenant des États-Unis, et était même rapide chez certains destinataires. Tandis que le plan Marshall soulagea les premières difficultés et le rétablissement des secteurs principaux, la croissance d’après-guerre était en grande partie un processus indépendant. La première personne à argumenter de la sorte fut l’historien de l’économie Alan S. Milward. Les socialistes européens affirmèrent qu’un montant équivalent d’argent consacré à la reconstruction aurait pu être obtenu en nationalisant les possessions de riches Européens ayant déposé leur argent dans les banques des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale[réf. souhaitée]. Une telle spoliation aurait cependant été contraire à l’article 17-2 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui pose le principe du droit de propriété (celle-ci étant définie comme le droit d’user, de jouir et de disposer de la chose possédée) et n’aurait donc eu aucune base juridique.

La conception du Plan Marshall comme aide américaine est remise en cause par des travaux d’historiographie récents. Le géopoliticien Bruno Colson voit ainsi dans le plan Marshall une subvention à l’exportation des produits américains.
Divers

Le Plan Marshall dont le lancement a été contemporain de l’ISO (Organisation Internationale de Normalisation) en 1945 a fortement encouragé la standardisation industrielle et la diffusion d’un modèle homogène de développement industriel et commercial.

Al Gore, juste avant d’accéder à la vice-présidence des États-Unis, écrivit en 1992 un livre intitulé « Sauver la planète Terre, l’esprit humain et l’écologie », dans lequel il reprend l’expression « Plan Marshall » dans une proposition élaborée afin de lutter contre les problèmes écologiques de la fin du XXe et début du XXIe siècles.

En 2005, la Région wallonne a nommé son plan de redressement économique : « actions prioritaires pour l’avenir de la Wallonie », mais il est plus connu sous le nom de « plan Marshall pour la Wallonie »5. À la différence du plan de l’après-guerre, qui consistait à injecter de l’argent extérieur, le plan wallon traduit la volonté d’impulser de l’intérieur un rebond rapide par l’exécution de mesures fortes.

Cette action pourrait avoir valeur d’exemple. En effet, le mécanisme visait à faire converger les intérêts et les modes de développement de 2 ensembles dont les échanges étaient structurellement déséquilibrés, en créant une écluse, pour éviter une concurrence destructrice et créer un cercle vertueux. Or la question se pose maintenant de manière analogue dans les rapports entre les pays émergents et les vieux pays industriels.

Notes et références
↑ [1] [archive]
↑ a, b, c et d Bernard Vincent (dir.), Histoire des États-Unis, Paris, Champs Flammarion, 1997, (ISBN 2080813765), p.229
↑ (fr) Il y a 60 ans, le plan Marshall, Echos des USA, N° 8, mars-avril 2007, p.8 [archive]
↑ Super Imperialism, Michael Hudson p140 (Pluto Press)
↑ Site officiel du plan Marshall pour la Wallonie [archive]

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Enfants allemands dans l’île de Usedom en 1946.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale se trouvaient à Peenemünde un laboratoire de l’armée de terre, un terrain de test pour les missiles, et à Swinemünde une base navale. Ces installations leur valurent des attaques aériennes alliées de 1943 à 1945, parmi lesquelles une attaque sur Swinemünde causa le 12 mars 1945 à midi un épouvantable massacre parmi les réfugiés qui affluaient à l’est de l’île, et qui eux-mêmes fuyaient l’avance de l’Armée rouge en Prusse-Orientale et à l’est. Ils furent inhumés dans des fosses communes sur le Golm, une hauteur près de Kamminke, directement sur la frontière actuelle, là où aujourd’hui se trouve un mémorial. À la conférence de Potsdam, il fut décidé de placer Swinemünde sous administration polonaise, ce qui fut fait le 6 octobre 1945. En 1950, la république démocratique allemande reconnut la nouvelle frontière par la convention de Görlitz, comme le fit également en 1990 la République fédérale, après la réunification.

De 1945 jusqu’à 1952, la partie restée dans la zone d’occupation soviétique de l’île constituait toujours administrativement le district d’Usedom. L’administration du district résida d’octobre 1945 à mars 1946 à Bansin, puis à Ahlbeck, où en octobre 1945 le bureau du commandant de district soviétique résidant auparavant à Swinemünde avait été transféré. Avec la réforme administrative de l’été 1952, on créa, avec le district d’Usedom et des parties voisines du continent qui avaient appartenu auparavant au district de Greifswald, le nouveau district de Wolgast avec siège de l’administration de district dans la ville du même nom. Ce district subsista jusqu’à la réforme de 1994. Il fut réuni alors avec les anciens districts d’Anklam et de Greifswald au nouvel arrondissement de Poméranie-Occidentale-de-l’Est dont le siège est la ville d’Anklam. Depuis la réforme de 2011, Usedomn fait maintenant partie du nouvel arrondissement de Poméranie-Occidentale-Greifswald.

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27 janvier 2013

La Campagne des 18 jours

Classé sous — milguerres @ 13 h 47 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

La Campagne des 18 jours

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gifLa Bataille de la Lys

La Campagne des 18 jours 851120

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Georges Romain : télégraphiste au 13ème régiment de ligne raconte …

Au matin du 10 mai 1940, les troupes allemandes du führer Adolf Hitler envahissent la Belgique. Toute résistance est balayée du canal Albert à la Meuse, forçant l’armée belge à se replier derrière l’Escaut puis la Lys. Du 23 au 28 mai les Belges se battront avec acharnement, ne concédant que quelques kilomètres de terrain jusqu’à la capitulation décidée par le roi Léopold III.

à voir dans : http://www.tvcom.be/index.php/emissions/temoins-de-guerre/4806

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Un soldat wallon à la bataille de la Lys (23/27 mai 1940)
José Fontaine
Toudi mensuel n°69, octobre-décembre 2005

http://www.larevuetoudi.org/fr/story/un-soldat-wallon-%C3%A0-la-bataille-de-la-lys-2327-mai-1940De Waalse regimenten die hier aan de Leie dapper vochten spreken dan ook vaak en terecht over.
La Lys sanglante (http://users.pandora.be/Historia_Belgica/leieslag.htm)

Les sources flamandes sur la bataille de la Lys, comme celle que nous mettons en exergue soulignent le plus souvent la vaillance des régiments wallons sur la Lys, tout en insistant et ajoutant (ce qui indique bien la réalité des choses), le fait que plusieurs régiments flamands se battirent, eux aussi, courageusement. On sait que sur la totalité de la campagne des dix-huit jours Hervé Hasquin a montré que plus de la moitié des 6000 soldats qui périrent, étaient des soldats wallons alors que la Wallonie ne formait en 1940 qu’un tiers de la population belge1 Francis Balace estime que ce décompte a quelque chose de morbide2. Il ne devrait cependant pas ignorer que le nombre de morts d’un régiment, pour les techniciens de l’histoire militaire, c’est tout simplement un indice de la volonté de combattre de l’unité considérée. Le soldat de Jemappes auquel il est fait allusion dans ce titre, est mon père, Ferdinand Fontaine (1916-1966), dont je tente de resituer l’itinéraire durant la campagne des dix-huit jours. Si sa figure est présente dans les lignes qui suivent, son personnage n’est étudié que marginalement : on y essaye de situer sa place dans un contexte général qui retient principalement l’attention. Contexte qui a été étudié aussi pour comprendre une personne dont j’ignorais bien des «détails» de son insertion dans la grande histoire de la Wallonie et de l’Europe. En particulier le régime qu’il a subi du fait de sa capture le 26 mai 1940 à la bataille de la Lys qu’on est tenté de nommer une bataille wallonne, ce que la phrase néerlandaise en exergue peut suggérer: «Les régiments wallons qui ici, à la Lys, combattirent avec vaillance» (et le reste de la citation est: «parlent souvent et à juste titre de la Lys sanglante.», les derniers mots en français dans le texte).

Les troupes sur le front de la Lys

Le Professeur Henri Bernard estime que l’Etat-major belge aurait dû choisir, le 21 mai, un autre site que celui de la Lys pour mener la batailLe d’arrêt qu’il était dans son intention de mener face à l’avance des troupes allemandes3. Nous y reviendrons. On pourrait dire que dès la prise d’Eben-Emael le 11mai 1940, le premier dispositif belge de défense est bousculé gravement et qu’il y a lieu de se retirer sur la ligne K-W (approximativement d’Anvers à Wavre), ligne qui se prolonge jusqu’à la position fortifiée de Namur, des troupes françaises étant planifiées pour boucher les trous entre Wavre et Namur. Ce dispositif comme le montre F. Balace (op.cit.), abandonne d’emblée une grande partie du territoire wallon à l’ennemi puisque l’armée belge est retirée derrière la Meuse dès le 10 mai. La chute d’Eben-Emael oblige à un nouveau recul par rapport au premier retrait effectué dès le déclenchement des hostilités

Les troupes de la Position fortifiée de Liège se replient effectivement vers la Position Fortifiée de Namur qu’occupe Ferdinand Fontaine le 10 mai (Floriffoux puis Marchovelette). Les autres troupes cantonnées derrière le Canal Albert font retraite vers Gand et l’Escaut. Du 10 au 15 mai, la Position Fortifiée de Namur attend l’ennemi. De durs combats ont lieu à Temploux engageant une première fois les Chasseurs ardennais qui déplorent de nombreux morts dès le 12 mai.

Mais la Position Fortifiée de Namur est rapidement obligée, dès le 15 mai, de faire également retraite vers l’Escaut parce que l’armée française n’a pu empêcher le franchissement de la Meuse quelques kilomètres plus au sud à Houx (Leffe, Bouvignes, Dinant) et en France à Sedan4. Seules les garnisons des forts comme à Liège resteront sur place, capables de gêner les mouvements des troupes allemandes au loin et livrant un combat héroïque, parfois même au-delà de la capitulation.

Ferdinand Fontaine quitte Marchovelette (près de Namur), le 15 au soir en camion. Il gagne Mons le 16 où il peut encore embrasser ses parents (à Jemappes), mais la famille de ma mère, alors sa fiancée (résidant à Nimy à l’autre bout de Mons), a déjà pris la route de l’exode5. Le 17, il est à Deinze, le 18 à Vinkt, le 19, il rejoint la 4e Compagnie du 13e de Ligne à Sint-Eloïs-Vijve (le village voisin de Wielsbeke, mais sur l’autre rive de la Lys où parviendront les Allemands). Il y demeure jusqu’au 21. Le 22, dès Midi, il s’installe à Wielsbeke sur la gauche de la Lys ou sa rive ouest (les Allemands attaquent par l’est ou la rive droite). Ferdinand Fontaine, vu la réorganisation du Régiment, est affecté à la 1ère Compagnie du Ier Bataillon du 13e de Ligne sous les ordres d’un homonyme sans lien de parenté, le lieutenant Fontaine. Cette compagnie de 150 hommes se divise en trois pelotons, le premier occupant en partie le très grand parc de Wielsbeke et la route qui mène à Sint-Baafs-Vijve, tout au long de la Lys sous les ordres de l’adjudant Lambert où se trouve F. Fontaine, le second un peu en retrait sous les ordres du sous-lieutenant Majoie, le troisième retranché dans Sint-Baafs-Vijve proprement dit, sur la Lys également, sous les ordres du sous-lieutenant d’Aspremont-Lynden6. Les bombardements commencent le 23 et se poursuivent le 24, le 25, avec surtout un bombardement intensif le matin du 26 mai.7

La défaite de la France se dessine

Sur le front général, les divisions blindées allemandes dès le franchissement de la Meuse le 13 et le 14 se ruent sur Abbeville qu’elles atteindront le 21 mai, coupant ainsi les armées alliées en deux. Le sentiment existe dans les rangs du commandement français, dès le 13 ou le 14, que la bataille de France est perdue8. Le 16, Gamelin déclarera qu’il ne peut plus assurer la sécurité de Paris. C’est le 15 mai que la 8e Division (13e de Ligne, 19e de Ligne et 21e de Ligne), fait retraite vers l’Escaut dans des conditions relativement difficiles, non en camion comme Ferdinand Fontaine (qui accompagne des unités de défense des forteresses), mais à pied (en passant par Charleroi, Soignies…)9. Elle finira par s’installer derrière la Lys le 22 mai. Cette Division est une Division wallonne comme celle qui est à sa droite, la 3e Division (1er Régiment de Ligne, 12e Régiment de Ligne, et 25e Régiment de Ligne). Comme celle qui est à sa gauche également, soit la 2e Division de chasseurs ardennais (4e, 6e et 5e chasseurs ardennais)10. À la gauche de la 2e Division ardennaise se situe la 4e Division, une Division flamande qui se rendra quasiment sans combattre le 25 mai, sous «l’impulsion» du 15e Régiment de Ligne. Plus loin encore vers Deinze, Nevele, Landegem, la 1ère Division de Chasseurs ardennais prendra en quelque sorte le relais de cette division flamande et livrera un violent combat à Vinkt, resté célèbre11.

[Notons qu'un Régiment de Ligne compte 4.000 hommes, une Division 3 Régiments plus un Régiment d'artillerie et un Bataillon du génie.]
Juste en aval de Coutrai, et en amont

En aval de Coutrai la 1ère Division (flamande) est submergée par l’attaque allemande le 23 mai, en combattant courageusement. La 3e Division (wallonne) résiste aussi très courageusement, mais doit se retirer le 24 tard le soir (un monument à Kuurne, non loin de Coutrai honore cette unité, et en particulier le 12e de Ligne, toujours célébré localement chaque année). Elle est relevée par la 10e Division composée de soldats recrutés en Hainaut et commandés par le général Pire. Pire tiendra la ligne Ledegem-Isegem (un peu en retrait de la Lys) énergiquement12. Elle est relevée aussi par la 9e Division et aussi par une autre unité (wallonne aussi, sauf erreur de notre part), le 2e Corps de Cavalerie, enfin par la 15e Division. La 9e Division et la 10e Division se tiennent à partir du 25 mai sur la rive droite du canal de Roulers à la Lys (qui rejoint la Lys un peu en-dessous de Wielsbeke). De l’autre côté du canal se tient le 13e de Ligne bombardé dès le 23 mai. Une attaque lancée par les Allemands contre ce régiment échoue le 25 mai13. Le lendemain, les Divisions allemandes attaquent en force le 13e de Ligne. Le centre du Régiment avec les pelotons commandés par les sous-lieutenants Ruhwedel , Laperches et Maquestiau est attaqué par le IIe Bataillon du 475e Régiment d’infanterie allemande14. Les combats sont d’une rare violence dans le centre de Wielsbeke, mais, vers 11h15, ces pelotons du Régiment wallon sont submergés (les Allemands sont huit fois plus nombreux). Il y aura près de soixante morts dans le 13e de Ligne le 26 mai (dont une quarantaine à l’endroit où se battent les trois pelotons nommés). Le IIe Bataillon poursuit sa route vers le centre de Wielsbeke, suivi par le IIIe puis, en un mouvement tournant, revient vers la Lys où combat encore la 1ère Cie du 13e Régiment avec les trois pelotons commandés respectivement par l’adjudant Lambert, le sous-lieutement Majoie et le sous-lieutenant d’Aspremont Lynden15. Le peloton Lambert commandé aussi par le CSLR (Candidat Sous-Lieutenant de réserve), Ferdinand Fontaine est pris à revers, ses rangs sont disloqués et la compagnie est en partie capturée16. Le CSLR F. Fontaine se rend «avec tous ses hommes»17, mais une autre partie du peloton parvient à s’échapper pour se retrancher avec les débris du régiment derrière la rivière Mandel, un peu en retrait de la Lys18. Le peloton d’Aspremont Lynden ne recevra jamais l’ordre de retraite et reste dans St Baafs-Vijve, la localité en aval de Wielsbeke où il sera vraisemblablement fait prisonnier. Plus loin sur la Lys en allant vers Gand (notamment à Oeselgem), plusieurs éléments du 19e de Ligne sont également faits prisonniers. Au soir du 26 mai une contre-attaque du major Leclercq avec des éléments du 21e Régiment de Ligne notamment, repousse les Allemands sur la rive droite du Canal de Roulers-Coutrai19. Mais ces troupes (de la 8e Division) sont arrivées à la limite de leurs possibilités de résistance, et leurs rangs sont fort clairsemés (nombreux morts, blessés ou prisonniers).

Les chasseurs ardennais et les chasseurs à pied

La résistance des chasseurs ardennais sur la Lys au-delà des positions du 19e de Ligne est aussi forte, le 396e Régiment d’infanterie allemande est repoussé par le 4e Régiment de Chasseurs ardennais. Le 27 mai, tandis que le 4e Régiment de Carabiniers, le 1er Régiment de Chasseurs à Cheval prouvent leur courage sur le Canal de la Dérivation à Knesselaere, les 1er et le 3e Régiments de chasseurs ardennais re­poussent 3 Régiments allemands et contre-attaquent à plusieurs reprises à Vinkt. Il y a près de 200 morts dans les rangs allemands et, malheureusement, les troupes allemandes, en proie à la psychose du franc-tireur, fusillent une centaine d’habitants de ce petit village flamand.

Faisant parler le commandant Hautecler, Philippe Destatte20 souligne que de Nevele à Arsele, le front est tenu uniquement tenu par des unités wallonnes. En fait c’est de Nevele à Menin que la Lys a été tenue majoritairement par des régiments wallons, du 23 au 27 mai, sur une soixantaine de km, en remontant la Lys de Menin à Nevele : les 1er, 12e et 25e de Ligne (3e Division) [Courtrai/Wielsbeke], les 13e, 19e et 21e de Ligne (8e Division) [Wielsbeke-Zulte], les 1ers, 2e et 3e Chasseurs ardennais (1ère Division de Chasseurs ardennais) [Zulte-Deinze] les 4, 5e et 6e Régiments de Chasseurs ardennais (2e Division de chasseurs ardennais) [un peu en retrait de la Lys de Nevele à Aarsele], les 3e, 5e et 6e Chasseurs à pied (10e Division) [puis en retrait après l'effondrement de la 1ère et de la 3e Division, de Ledegem à Isegem], les régiments wallons du 2e Corps de Cavalerie et du 1er Corps de Cavalerie (aussi en aval de Courtrai). Cette vingtaine de Régiments wallons étirés sur 50 kilomètres, firent face, tour à tour, mais toujours inférieurs en nombre, à l’assaut de 7 divisions allemandes21 se dirigeant principalement sur la Lys proprement dite entre Nevele (un peu au sud de Gand) et Menin (où commence le front anglais).

Une mise en cause de la conduite belge des opérations

Quand on lit le récit des combats (notamment des récits dactylographiés, des notes brèves prises sur le vif, par exemple celles de F.Fontaine), on éprouve très fort le sentiment que ces soldats ne se battaient pas « pour l’honneur » (comme le dit Francis Balace), mais pour gagner. Ces soldats n’ont rien non plus de militaristes, les textes pacifiques et pacifistes du merveilleux Francis Walder se retrouvent en beaucoup de ces témoignages (F. Walder était lui-même un officier supérieur, il obtint le prix Goncourt pour son roman Saint-Germain ou la négociation qui est un plaidoyer pacifiste). Mais ces gens ne pouvaient supporter l’invasion allemande. Il y a toute une réflexion du Professeur Henri Bernard sur la conduite de la guerre en 1940. Le Professeur Henri Bernard, qui fit la campagne des dix-huit jours, qui entra dans la Résistance, qui est un monarchiste convaincu, regrette cependant la manière dont la politique de neutralité a été appliquée jusque sur le terrain des opérations militaires. Pour ce Professeur à l’Ecole Royale Militaire, la bataille d’arrêt décidée sur la Lys n’était pas une bonne décision22, et elle était dictée par la politique de neutralité adoptée par la Belgique sous la pression du roi et de la Flandre en 1936. Elle n’était pas une bonne décision car la Lys n’est pas une coupure suffisante. Cette rivière n’est pas très large (vingt mètre, trente tout au plus), ses berges ne la surplombent pas, il arrive qu’elle soit bordée d’habitations dans lesquelles l’assaillant peut se mettre à couvert avant de passer sur la rive gauche. Pour Henri Bernard, la raison d’être du choix de la Lys plutôt que l’Yser avec ses inondations, son front moins étendu, comme en 1914, c’est la volonté de ne pas se lier trop aux alliés. (voir également la note 21)

Il tente d’ailleurs d’excuser Léopold III en soutenant que celui-ci, obsédé par l’exemple de son père, n’a jamais voulu que l’armée belge puisse combattre autre part que sur le sol belge en raison du principe de la neutralité. Alors que la France en 1914-1918 – le territoire français – a servi de mille manières aux opérations de l’armée belge, et qu’Albert Ier envisageait favorablement de s’y replier23. Il estime même que, étroitement liée aux Alliés, l’armée belge aurait pu combattre plus longtemps et rembarquer, au moins en partie, avec les Anglais. Il évalue à 100.000 hommes l’armée belge que l’on aurait pu former en Angleterre.

Patriote belge, il a aussi le courage de considérer que la bataille de la Lys n’a pas joué un rôle immense dans le rembarquement à Dunkerque24. L’armée belge aurait pu en jouer un bien plus utile en se retirant sur l’Yser en coordination avec les Français et les Anglais, ce qui fut à un moment envisagé et même accepté. (voir note 21) Il combat l’idée qu’Hitler aurait permis la retraite par Dunkerque pour «ménager l’Angleterre» en vue d’une éventuelle paix séparée. Sur terre, les Français et les Anglais résistèrent encore une semaine après la capitulation belge. Dans les airs et sur mer, sur la Manche, l’Angleterre n’était pas du tout dans la même situation que sur le Canal Albert ou sur la Meuse à Sedan25. Simplement parce que l’aviation anglaise était bien plus proche de ses bases que l’aviation allemande. Le rembarquement de Dunkerque démontre bien des défauts dans l’armée allemande de 1940 dont Bernard dit même qu’elle n’était pas si bien préparée, qu’elle n’avait pas de plans affinés pour l’Ouest etc. Homme d’honneur attaché à Léopold III, le Professeur Henri Bernard estime aussi que, réellement, la capitulation de l’armée belge a mis les Alliés devant le fait accompli et a été décidée aussi parce que l’on ne désirait plus agir en coordination avec les armées française et anglaises qui se sont battues encore six jours après la capitulation belge. L’argument souvent utilisé selon lequel le réduit national (derrière la Lys ou derrière l’Yser), était à ce point encombré de réfugiés qu’il devenait impossible d’y manœuvrer lui semble spécieux. En effet, plusieurs divisions belges ont traversé ce territoire (après le 24 ou le 25 mai), et ont pu rapidement gagner le front sur la Lys de même d’ailleurs qu’une division française, c’est-à-dire, au total, des dizaines de milliers d’hommes.
Une réflexion historique

La réflexion d’Henri Bernard va plus loin. Il estime qu’il y avait dans les démocraties une faiblesse profonde de la volonté de résistance à Hitler. Il se fonde d’ailleurs pour l’appuyer sur certaines remarques de Walthère Dewez avant le déclenchement du conflit, ce grand résistant chrétien finalement tué par les nazis à la fin de l’Occupation, qui n’admettait pas que les démocraties et en particulier celle de son pays traitent avec un régime niant l’humain. Il cite aussi Bonhoeffer comparant Hitler avec le monstre de l’Apocalyspe, et cela dès 193926. Henri Bernard met en cause aussi la littérature patriotique belge qui soutient que la défaite de l’armée belge a été occasionnée par l’impuissance française à endiguer le passage de la Meuse par les divisions blindées allemandes les 13 (Houx, près de Dinant) et 14 mai (Sedan). En effet, la première victoire allemande le 10 mai 1940, c’est la prise du Fort d’Eben-Emael, prise qui aurait pu être évitée selon Henri Bernard qui témoigne d’une remarque qui lui fut adressée par un officier suisse en 1939, faisant remarquer que la superstructure du Fort était une très belle piste d’atterrissage pour planeurs, ce qui se produisit et explique le chute du fort. Cette observation fut transmise en haut-lieu où elle fut dédaignée.

Il signale aussi, cette fois en pensant au passage de la Meuse par les blindés allemands, à Houx (Dinant) et Sedan, qu’une poignée de chasseurs ardennais parvinrent à arrêter les divisions blindées allemandes de manière étonnante : pendant six heures à Bodange, devant la Sûre (à la frontière luxembourgeoise à la hauteur de Saint-Hubert), les 60 (soixante) hommes du commandant Bricart; pendant trois heures à Chabrehez, plus au nord, entre Vielsalm et l’Ourthe, 90 hommes du 3e Régiment de chasseurs ardennais. Ces divisions blindées se dirigeaient vers Sedan et Dinant. Étant donné ce que 150 hommes dépourvus d’artillerie et d’armes antichars ont pu faire, qu’auraient pu faire les deux divisions ardennaises avec leur artillerie? Et en coordination avec les armées françaises? En outre, il fallut que l’armée allemande déploie trois bataillons (trois mille hommes) et un groupe d’artillerie pour venir à bout des 60 hommes de Bodange. Or la rapidité avec laquelle les Allemands parvinrent sur la rive est de la Meuse à Sedan et Dinant est l’élément décisif qui leur permit de franchir ce fleuve et de gagner la bataille de France dès les premiers jours du conflit.27

Il ne s’agit pas d’écrire l’histoire avec des «si». Il faut peut-être plutôt combattre un certain fatalisme ou déterminisme. La victoire allemande des premiers jours de mai 1940 n’était pas une chose assurée. Par exemple, les chasseurs ardennais avaient été créés pour défendre le pays à la frontière. La stratégie de l’armée belge prescrivait leur retrait complet, et les 150 hommes dont nous venons de parler, n’avaient tout simplement pas reçu cet ordre de repli. Or ils ont effectivement ralenti considérablement l’armée allemande, la disproportion des forces étant à ce point démesurée que les éléments allemands en contacts avec la Compagnie Bricart à Bodange (3 bataillons, soit 3000 hommes et un groupe d’artillerie), s’efforcèrent de cacher la faiblesse numérique de leurs adversaires ardennais à leurs chefs. Une série d’erreurs ont été commises, côté français, dans l’utilisation des blindés comme l’avait prédit le général de Gaulle.

L’histoire n’a pas à se refaire avec des «si». Mais puisque la défaite de 1940 n’avait rien d’inévitable, on ne peut pas tout à fait admettre non plus le raisonnement de Jo Gérard-Libois et José Gotovitch qui, lorsqu’ils parlent des passages à l’ennemi de certaines troupes flamandes, ajoutent aussitôt, pour dédramatiser l’affaire, que ces comportements n’auraient rien modifié à la suite des événements, ce qui est nier leur gravité. Et toute la question soulevée de la résistance et de l’esprit de résistance à Hitler.
La détermination des troupes wallonnes

Dans Pages d’Histoire (sans lieu ni date mais on peut obtenir ce texte au musée du 12e de Ligne à Spa), Georges Ernotte, secrétaire de la Fraternelle du 12e de Ligne cite longuement des notes rédigées par le colonel commandant le 12e de Ligne qui tient le front sur la Lys entre Coutrai et Wielsbeke, ce régiment étant le plus proche de Coutrai avec le 25e puis le 1er de Ligne jusqu’à Wielsbeke où se tient le 13e de Ligne (de la 8e Division). Dans la nuit du 24 au 25 mai, cet officier supérieur, profondément admiratif de la conduite de ses hommes, qui ne dort plus depuis plusieurs jours, est invité à se reposer derrière le front. Il ne parvient pas à trouver le sommeil et passe en revue les erreurs tactiques qu’il a commises, notamment de rester sur la rive opposé aux Allemands en terrain nu face aux bâtiments occupés par l’ennemi sur la rive droite de la Lys, de ne pas faire assez intervenir l’artillerie etc. Il est assez curieux d’opposer ces réflexions à une série de notes prises par des témoins ou historiens civils locaux de Kuurne et Wielsbeke notamment qui estiment au contraire, de leurs points de vue de civils, que si les régiments wallons avaient su les capacités militaires de l’armée allemande, ils n’auraient tout simplement pas combattu : «Hadden onze soldaten geweten dat ze met twee povere divisies de mokerslagen van vijf in zegeroes verkerende Wehrmacht Divisionen zouden moeten opvangen, dans was de moed hen zeker in de schoenen gezonken.»28

Pour l’ensemble de ces régiments wallons qui vont être capturés par l’armée allemande ou qui le sont déjà, va alors commencer cinq années de longue captivité, les prisonniers flamands étant, eux, assez rapidement libérés. La France clairement blessée à mort dès le 14 mai, reçoit le coup de grâce quand les blindés allemands coupent les Alliés en deux le 21 mai à Abbeville. Après le rembarquement des Anglais à Dunkerque et de beaucoup de Français (en tout près de 370.000 hommes), achevé le 4 juin, la France ne tiendra plus que 13 jours. Les Allemands y pénètrent profondément, débordant la Somme, puis la Loire. Le 17 juin, le nouveau président du Conseil, le Maréchal Pétain, demande un armistice aux Allemands qui sera signé quelques jours plus tard. L’esprit de Résistance se réfugie à Londres et prend la voix d’un général de brigade fraîchement promu et qui va être dégradé par les autorités de son pays puis condamné à mort : le général de Gaulle, qui lance son fameux appel le 18 juin.

Léopold III demeure à Laeken, en principe sans activités politiques, mais tentant plusieurs projets avec les forces politiques, sociales et intellectuelles restées au pays, rencontrant Hitler avec qui il souhaite publier un communiqué commun ce que le chef allemand refuse. Pour certains prisonniers wallons la captivité pourra être très rude psychologiquement, mais physiquement supportable sauf lorsque, comme pour le CSLR Ferdinand Fontaine, tombe une condamnation (pour insubordination), à être envoyé à un camp de punis comme ce fut son cas début 44. Il fut interné à Graudenz (forteresse allemande au nord de la Pologne actuelle sur la gauche de la Vistule et qui se dit maintenant Griudzatz), dont Pierre Gascar a pu écrire: «Le régime dans la forteressse de Graudenz comme dans ses filiales, est à peu près le même que dans les camps de concentration. La nourriture quotidienne consiste en 200 grammes de pain et une écuelle de soupe claire. Les prisonniers n’ont pas le droit de recevoir des colis individuels et les vivres de la Croix-Rouge ne sont pas distribués (Quelques distributions espacées auront lieu à partir de 1943). Le courrier se réduit le plus souvent à une seule lettre par mois.»29 Après avoir effectué durant toute l’année 44 de lourds travaux de terrassements, Ferdinand Fontaine, alors à Blechhammer, à 30 km d’Auschwitz, est emmené par les Allemands 500 km en arrière devant l’avance des troupes russes, une marche qui durera un petit mois (21 janvier/17 février), sous la neige et le vent, par des t° qui peuvent descendre jusqu’à – 30°. Le 17 février 1945, il parvient à Pirna (près de Dresde) et à partir de là son régime s’adoucit. Mais ses compagnons et un médecin français diagnostiquent un état général extrêmement mauvais, tant sur le plan physique que psychologique, caractérisé par un oedème de carence, symptôme de dénutrition. Et c’est dans les environs de Dresde qu’il sera libéré par les Russes, le lendemain de la capitulation allemande, le 9 mai. Les quelques lignes que j’ai voulu écrire ci-dessus se veulent un geste de fidélité au souvenir de mon père, mort il y a près de quarante ans, qui – combat et captivité – ne me dit jamais rien de tout ceci (ou quasiment): fait courant qui attise le désir de savoir.

Et un hommage à l’engagement des régiments wallons sur la Lys qui préfigure la Résistance en Wallonie, cette Résistance qui, chez nous – ou ailleurs – est la plus belle page de toute l’histoire humaine.
On se reportera à l’article Régiments flamands et wallons en mai 1940 qui revoit toute l’étude ci-dessus d’une manière plus large, complète et achevée.

1. Hervé Hasquin, Historiographie et politique en Belgique, Editions de l’ULB et IJD, Bruxelles-Charleroi, 1996, p.203, note 46.
2. Francis Balace dans Histoire de la Wallonie, Privat Toulouse, p.297.
3. Henri Bernard, Panorama d’une défaite, Duculot, Gembloux, 1984.
4. Paul Berben et Bernard Isselin, Les panzers passent la Meuse, Laffont, Paris, 1967.
5. Archives familiales, notamment une lettre de F.Fontaine du 31 mai 1940 datée de Saint-Trond et parvenue à sa fiancée fin août 1940.
6. Colonel BEM, A. Massart, Historique du 13e de Ligne, Centre de documentation historique des forces armées, Bruxelles, 1982, voir le Croquis XI, p. 362.
7. Agenda 1940 de F.Fontaine et A.Massart, op. cit.
8. Les Panzers pasent la Meuse, op.cit.
9. A.Massart, op. cit. Ferdinand Fontaine fit cette retraite en camion comme il l’indique dans sa lettre du 31 mai 1940.
10. Henri Bernard, Panorama d’une défaite, p. carte n° 5, p. 121. De Fabribeckers, La campagne de l’armée belge en 1940, Rossel, Bruxelles, 1978, carte n°12. Une carte qui figure les positions du 23 mai est consultable aussi sur le site flamand : http://users.pandora.be/Historia_Belgica/leieslag.htm.
11. Cette défection est signalée par Hervé Hasquin qui ne parle que d’un bataillon (op.cit. p.203), par Jo Gérard-Libois et Jo Gotovitch, L’an 40, CRISP, 1970, p. 97. parle d’un régiment (le 15e de Ligne). Henri Bernard, Panorama d’une défaite, Duculot, Gembloux, 1984 note 7, p. 94, accuse « deux régiments » de Ligne de cette Division. Des défections graves eurent lieu aussi sur le Canal Albert et dans la défense de Gand impliquant deux divisions, la 16e et la 18e Division de Ligne. Le général van Overstraten dans Léopold III prisonnier, Didier-Hattier, Bruxelles, 1986 accuse non seulement le 15e de Ligne mais aussi le 7e et le 11e de Ligne de la 4e Division (p. 27). Il met aussi en cause des unités combattant sur le canal de la dérivation qui prolonge la Lys et la ligne de la défense de la Lys vers le nord puis vers la mer et estime que les Allemands ont choisi d’attaquer en des points où ils pouvaient compter sur des sympathisant flamands (voyez p.36), comme à Zommergem (la 12e Division), au sud d’Eekloo sur le canal de la dérivation. Les défections, en particuliers de certains régiments flamands, ne sont pas douteuses.
12. Henri Bernard, op.cit.
13. A.Massart, op. cit., p.129.
14. A. Massart, p. 135, croquis XI et XVI
15. A. Massart, pp. 139 et suivantes. Les archives familiales permettent de dire que le le CSLR F.Fontaine servait dans la 1ère Compagnie et la lettre du 31 mai 1940 (j’ai été fait prisonnier «le long de la Lys à Wielsbeke»), indiquent qu’il combattait dans le peloton commandé par l’adjudant Lambert.
16. Le fait que le peloton de F.Fontaine ait été pris à revers est une information qui est attestée par la tradition familiale, mais confortée par le récit de Frans Taelman ancien professeur à l’Institut supérieur pédagogique de Courtrai dans son article Mei 1940 : de eerste Duitsers in Sint-Baafs-Vijve, in Leie Sprokkels, Jaarboek 1991, édité par le Juliaan Claerhout-kring, Wielsbeke, 1991, pp.103. Taelman explique que dans le parc d’Enghien, derrière les positions du peloton Lambert, dans l’un des premiers coudes de la Waterstraat, il a aperçu soudain (il voyage en vélo le lendemain des combats soit le 27 mai), «enkele gesneuvelede Belgische soldaten liggen», quelques cadavres de soldats belges et explique (ce qui nous paraît logique) que « Hun dekkingsposten waren naar het zuiden, naar de Leie, gericht en de vijand was uit het westen opgedoke.» : «Leurs positions étaient orientées vers le sud et vers la Lys et l’ennemi surgit de l’ouest » (c’est-à-dire du Parc de Wielsbeke et sur les arrières du peloton de l’adjudant Lambert).
17. Lettre de F.Fontaine du 31 mai 1940, déjà citée.
18. A.Massart, op. cit.
19. A. Massart, op. cit., p.141. Philippe Destatte, Ceux-ci se sont battus vaillamment, pp. 9-16 in Les combatants de 40, Hommage de la Wallonie aux prisonniers de guerre, IJD, Namur, 1995, p. 13. Voir aussi de Fabribeckers, op. cit.
20. Philippe Destatte, op. cit. pp. 13-14.
21. Ibidem pour ce chiffre.
22. Henri Bernard, Panorama d’une défaite, pp. 117-123.
23. Ibidem, p. 99.
24. Ibidem, p. 155.
25. Ibidem, p. 153.
26. Ibidem, p. 47, Bonhoeffer était un théologien protestant qui mourra dans les geôles nazies.
27. Ibidem pp. 90-91.
28. Marie-Christine Martens, Mei 1940, de zware beproeving, in Leie Sprokkels, Jaarboek 1991, pp. 51-82. Je traduis ainsi la phrase : «Si nos soldats avaient su qu’avec deux pauvres divisions, ils allaient devoir recevoir les coups de massue de cinq divisions allemandes marchant avec l’ivresse de la victoire, leur courage se serait enfoncé dans leurs souliers.»
29. Pierre Gascar, L’histoire de la captivité des Français en Allemagne, 1939-1945, Gallimard, Paris 1967, cité par Jean-Chlarles Lheureux, Graudenz la forteresse de la mort lente, UIPFGA, Capendu, 1985. Préface de Jacques Chaban-Delmas.

http://www.larevuetoudi.org/fr/story/un-soldat-wallon-%C3%A0-la-bataille-de-la-lys-2327-mai-1940

 

 

Régiments flamands et wallons en mai 1940
José Fontaine
Toudi mensuel n°70, janvier-février-mars 2006
http://www.larevuetoudi.org/de/node/252

Histoire de Belgique et de Wallonie

Un événement qui n’est pas raconté n’a pas eu lieu (Hannah Arendt)

Léopold III et Albert Ier [...] s’en tiennent strictement à l’idée que les devoirs de la Belgique l’obligent non à se survivre comme telle, mais à s’acquitter de ses devoirs envers ses garants, devoirs considérés comme limités à la défense militaire de son territoire, dans le sens le plus étroit du terme. Il faut d’ailleurs noter que, dans les deux cas, cette interprétation limitée de l’indépendance nationale ne concordait pas avec les réactions d’une partie importante de l’opinion publique. (Robert Devleeshouwer, Critique Politique, 1979)

Il y a la mémoire qui accuse. Celle qui veut rétablir la vérité, mais n’est pas vengeresse. (L’histoire est à nous, Rossignol, 2005)

Les deux guerres mondiales ont à ce point marqué l’Europe qu’elles continuent à déterminer son destin et le destin de ses nations. Il ne faut pas non plus oublier qu’en ce qui nous concerne, les deux guerres ont très profondément déchiré l’histoire de la Belgique.

« Très profondément » parce que la monarchie a voulu deux fois diriger l’effort de la nation en guerre en prenant le commandement de son armée. L’affaire royale consécutive à la capitulation de mai 1940 marque en un sens tout notre 20e siècle. Certes, Léopold III a abdiqué en juillet 1951. Mais il a conservé quelques parts de pouvoir dans l’ombre de son fils, au moins jusqu’en 1961, année durant laquelle il est encore dans l’entourage de Baudouin Ier qui trempe dans l’assassinat de Lumumba1. Le silence auquel s’étaient engagés les partis politiques après l’insurrection wallonne de 1950 dure au moins jusqu’en 1975, année durant laquelle Jean Duvieusart, Premier Ministre lors des événements les plus graves de notre histoire intérieure, publie une série de notes compilées sur sa présence à la tête du gouvernement durant les troubles2.

La BRT lance une série d’émissions De Nieuwe Orde en 1982. A travers une interview de Robert Poulet diffusée en avril, Léopold III est mis en cause. Il écrit alors au Premier Ministre pour lui demander si l’accord pour ne pas rallumer les polémiques sur l’affaire, accord signé en 1950 par les partis politiques, tient toujours. Le Premier Ministre lui en donne acte. Il y a eu une petite crise politique. Un journaliste de la RTBF demanda à Francis Delpérée si l’émission de la BRT était « légale » (sic). La publication du livre posthume de Léopold III Pour l’histoire ne clôture pas les polémiques même si, à la télévision, beaucoup d’historiens plaident en faveur de la sagesse des hommes politiques capables d’éviter le pire à la fin du mois de juillet 19503. Même si la Belgique se défait, même si la monarchie a perdu bien de son influence depuis la mort de Baudouin Ier la structuration de la nation belge autour de ses rois demeure un fait de longue durée capital.

Un premier point d’incandescence : le gouvernement wallon de 1950

En 1979, j’avais tenté de voir clair dans la tentative de former à Liège un gouvernement wallon provisoire en 1950 4. Il me semblait que cette tentative permettait de se saisir de certains éléments de la crise nationale belge en l’un de ses plus hauts points d’incandescence, instants où, intuitivement, nous sentons bien que les structures historiques et sociologiques profondes des nations se donnent à voir. Les études que j’ai pu faire sur ce thème ont été publiées en 1979 dans La Cité, en 1980 dans De Morgen. J’ai pu en témoigner à la BRT en 1982, émission qui a été traduite à la RTBF en 1984. Dans Les faces cachées de la monarchie belge (1991), André Schreurs m’a donné la permission de publier des écrits de son père qui attestent de la tentative séparatrice de juillet 1950. Enfin l’Encyclopédie du mouvement wallon parue en 2001 comporte un article intitulé Gouvernement wallon de 1950.5 Jusqu’à présent, c’est davantage le côté politique de l’affaire royale – la rupture de Wijnendaele, la réunion de Limoges, les activités du roi pendant la guerre bien révélées par Velaers et Van Goethem6, la rupture de l’opinion de gauche avec Léopold III dès 1945, bien sûr aggravée en juillet 1950 – qui avait retenu mon attention.

Un deuxième point d’incandescence : les régiments flamands de mai 40

Le simple fait de travailler sur la vie de mon père m’a amené à tenter de comprendre les combats très courts sur la Lys auxquels il a été mêlé du 23 au 26 mai. De là, j’ai tenté d’y voir un peu plus clair sur la bataille de la Lys. Philippe Destatte a mis en évidence en 1995 et en 1997 la vaillance des régiments wallons et s’est étendu quelque peu sur certaines défections de régiments flamands7. Il note aussi, en 1997, qu’il n’y a pas d’étude d’ensemble du comportement des différents régiments durant la courte campagne de mai 1940. C’est peut-être cela qui m’a amené à chercher de plus en plus passionnément la manière d’en réaliser une. Je me contenterai dans le texte qui va suivre de synthétiser le comportement de l’infanterie des grandes divisions de cette arme du 10 au 28 mai. De cette analyse que j’ai pu réaliser en lisant une grande partie de la littérature la plus conformément belge sur les dix-huit jours, je conclus qu’une majorité des divisions flamandes a fait défection ou, du moins, manqué gravement de combativité. Ce sont ces défections qui ont été à l’origine de la capitulation du 28 mai 1940 ou à tout le moins du caractère hâtif de cette capitulation qui découvrait les armées alliées en train de tenter le rembarquement de Dunkerque. Ces faits ne sont nullement niés par la littérature historique la plus conforme et même par des documents approuvés par Léopold III : « dans les dernières heures, des unités se rendirent à l’ennemi sans ordre… »8 Pourtant dans toute la discussion sur l’affaire royale, il n’est que peu question de l’aspect militaire de la controverse. A vrai dire, depuis mai 1940, soit en 66 ans, si, à maintes reprises, en ordre dispersé, dans maints ouvrages (en fait : tous en parlent mais à mots couverts, en le repoussant dans les notes, en minimisant les choses (etc.) comme Jean Vanwelkenhuyzen9), il est question de ces défections, elles ne sont réellement traitées que dans un seul texte parmi tous ceux auxquels j’aie eu accès. Il y a en effet deux pages de la Revue des chasseurs ardennais signée par le Commandant Hautecler dans son premier numéro de 1980 Le manque de combativité des régiments flamands. En 2001 encore, Serge Moureaux (Léopold III, la tentation autoritaire, Luc Pire, Bruxelles, 2002), expliquait la difficulté d’y voir clair en cette période de notre histoire pourtant si cruciale, nous essayerons aussi de dire pourquoi.

Première réponse brève à deux objections

Avant d’en venir aux faits que nous voudrions traiter ici, je voudrais prévenir plusieurs objections.

Il n’entre nullement dans mes intentions d’aborder ce sujet délicat pour mettre en balance le « courage » des soldats wallons et la « lâcheté » des soldats flamands.

La capitulation de mai 1940 a souvent été justifiée par des raisons humanitaires ou pacifistes : Léopold III aurait songé à « épargner » le sang de ses soldats « à l’exemple de son père ». A cela il faut répondre que l’intention royale (si elle est celle qu’on dit !) procède d’une vision moins pacifiste ou « humanitaire » qu’égoïste ou nationaliste : elle reporte sur d’autres que nous la nécessité de combattre l’hitlérisme et elle est une sorte d’insulte aux 14.000 résistants fusillés et tués, principalement wallons. En plus, il n’est pas si évident que cela que ce roi ou son père aient été si soucieux « d’épargner la vie de leurs soldats » : les morts dans l’armée anglaise de 1914-1918 sont équivalents à ceux de l’armée belge (10% des mobilisés), ceux des armées allemande et française ont des pertes supérieures (15 et 17%). Il suffit de consulter à ,cet égard l’Encyclopédie de la Grande Guerre. Quel démenti simple à l’idée d’un Albert Ier soucieux d’épargner le sang de ses soldats !

La question de l’influence de ces défections sur les événements est à discuter. José Gotovitch et Jo-Gérard-Libois (L’an 40, Crisp, Bruxelles, 1970, p.97) estiment qu’ils n’ont eu aucune influence, estimant inévitable la défaite, notamment à cause de la supériorité technique de l’armée allemande – ce qu’Eric Simon conteste dans cette même revue. En outre, si la défection des régiments flamands pourrait ne pas avoir eu d’influence sur la bataille de mai 40 à l’ouest, cette défection a déterminé aux dernières heures si cruciales, la conduite de la guerre en Belgique. Et même si ce n’était pas le cas (mais nous pensons que si !), le comportement de ces régiments mérite d’être interrogé dans la perspective de la question nationale en Belgique.

Une question cruciale

Les Wallons sont dans un rapport assez faux à leur propre histoire, leur mémoire, leur identité. On pourrait dire que l’histoire à travers laquelle on juge souvent de l’actualité dans notre pays, est l’histoire des injustices commises à l’égard de la Flandre sur le plan culturel ou linguistique. Combien de fois n’entend-on pas dire que les Wallons auraient dû « accepter » le bilinguisme en 1932 ou que seuls les Flamands font « l’effort » de connaître « les deux langues » ? Il a même pu arriver que le Plan Marshall de redressement wallon soit jugé à l’aune de sa crédibilité en Flandre. Encore tout récemment Francis Van De Woestijne, dans La Libre Belgique du 6 février 2006, p.21 pense que le redressement wallon a comme tâche de « freiner les ardeurs séparatistes » de la Flandre ! Ce qui voudrait dire que si les tendances séparatistes n’existaient pas, les chômeurs wallons n’auraient plus qu’à subir leur sort ? Dont d’ailleurs, une certaine Flandre se délecta de les rendre longtemps coupables, par vaine revanche ? Que des journaux francophones obéissent à cette logique stupéfie.

Ces façons de présenter les choses sont dommageables, parce qu’elles n’instruisent qu’à charge en ce qui concerne les Wallons. On pourrait montrer que des indices sérieux existent du fait que les Wallons ont pu penser que le vote de la loi imposant l’unilinguisme en Flandre en 1921 (obtenue par un vote Flamands/Wallons), était aussi, quelle que soit la légitimité du combat flamand, une manière de rompre un contrat national portant sur une langue commune que les Wallons ne possédaient pas tous (loin de là !), en 1830. La loi sur la flamandisation de l’armée en 1938 a pareillement été imposée par la loi du nombre10. Imposer l’unilinguisme en Flandre, la population la plus nombreuse, impliquait d’imposer aux Wallons la connaissance d’une autre langue encore que celle qu’ils s’efforçaient de parler, le français. Mais les Wallons ne parlaient pas encore tous le français, et beaucoup usaient d’une autre langue (le wallon), dont ils n’ont pas songé à imposer l’existence, ce à quoi ils ne seraient pas parvenus (Bovesse a tenté de légiférer à cet égard sans succès), pas plus que les Flamands ne seraient parvenus à le faire de leur côté s’ils avaient été, comme nous, minoritaires. Sur les champs de bataille, deux ans plus tard, le pacte, à notre sens, s’est bien plus gravement déchiré.
Une autre objection : histoire, guerre, paix

Il est clair que ces événements sont vieux de 66 ans. Mais il est clair aussi que, selon le mot d’Arendt, ces événements, jusqu’ici, n’ont pas existé parce qu’ils n’ont jamais été vraiment racontés. Kapferer a montré que la Guerre est l’épreuve à laquelle se mesure mieux la profondeur de l’angoisse humaine devant la Mort, non seulement la Mort individuelle, mais aussi la Mort collective. Il le montre à travers la fameuse rumeur dite du « cadavre dans l’auto » où se colportent ces histoires où l’on lit une sorte d’adhésion inconsciente de ceux qui les racontent à l’idée barbare du meurtre rituel. La voici. Un autostoppeur arrête une voiture sur la route d’Orléans à l’été 1938 et dit au conducteur qu’il peut lui donner la preuve qu’Hitler mourra à l’automne : l’automobiliste arrêté va rencontrer plus loin un accident, devoir charger un blessé pour l’emmener à l’hôpital. Quelques kilomètres plus loin, le blessé mourra dans l’auto. Ceux qui colportent cette rumeur précisent ensuite que tout se passe selon les dires de l’autostoppeur. La même histoire est racontée en Allemagne et partout. Avant 1914, il ne s’agit plus d’une voiture, mais d’une calèche.

Au fond de ce récit, il y a la structure et la réalité du sacrifice humain : le plus grand sacrifice à offrir aux dieux pour obtenir d’eux en échange, la faveur suprême : ici que la guerre n’ait pas lieu par supposition que la mort du Chef ennemi l’empêcherait. Cette rumeur mesure bien le profond désarroi face à la Guerre pour que l’esprit humain en arrive à régresser à ce point vers la religion la plus barbare, celle qui admet les sacrifices humains.Mettons-nous en tête que, dans des circonstances semblables, voir des personnes sur qui l’on comptait pour résister à la Mort, s’effondrer, voir trahir, a traumatisé l’opinion de Wallonie, indépendamment de l’héroïcité ou non des choses.

Le souvenir de 1914

John Horne et Alan Kramer ont parlé dans un livre, récemment traduit en français, du mythe des francs-tireurs en août 1914 dont rien ne fonde la réalité, mais dont toute l’armée allemande finit par se convaincre sincèrement, phénomène que les deux auteurs rapprochent de la Grande peur dans la France révolutionnaire. En moins d’un mois, avec leur peur à eux au ventre, les soldats de l’armée impériale, exécuteront dans une centaine de villes et villages en Wallonie (autant vaut dire : partout), plus de 5000 civils, dont des femmes, des enfants en bas âge et des vieillards. 15.000 maisons seront détruites, des villages et des villes (comme Dinant) rasés. Les atrocités débordent aussi sur la Flandre et la France, mais c’est la Wallonie qui – cela est peu souvent souligné – en subit l’essentiel (70% des 7000 morts civils et des 20.000 maisons détruites ou incendiées tous pays confondus, cela en quatre semaines, les massacres se poursuivant à un rythme plus lent en septembre et octobre).11

Cette peur s’enracine côté allemand, dans les souvenirs des francs-tireurs français de la guerre de 1870, dans la phobie conservatrice des insurrections populaires, idéologie du commandement de l’armée impériale. Et les massacres de 1914 déterminent l’un des phénomènes les plus troublants de mai 1940 : l’exode massif des populations civiles vers la France, entraînant des millions d’hommes et de femmes vers la Méditerranée. J’avoue que, né pourtant après la guerre, conscient de l’obligation des hommes à y aller, j’étais persuadé, avec l’inconscience historique des petits enfants, que je devrais moi aussi me plier à cette épreuve où l’on affronte la Mort. Il se fait que scolarisé à Dinant – 674 civils massacrés, avec un grand-père paternel à Jemappes – 10 civils fusillés – et à Nimy – 13 civils fusillés mais aussi des simulacres d’exécutions auxquels fut soumis mon grand-père -, j’ai cru aussi à cette inéluctabilité de la guerre broyeuse de civils innocents, croyance en partie fondée, puisque en 1914 toute la Wallonie souffrit des exactions (une centaine de localités – dont la plupart des grandes villes – réparties sur l’ensemble du territoire). Ce fut, je crois, ma première angoisse de la Mort. La gravité des défections flamandes doit se lire dans ce contexte. De nombreux officiers et soldats wallons en eurent conscience. J’avoue que, jusqu’ici, tout en sachant ces défections, je ne m’imaginais pas leur ampleur, me sentant incapable de croire à des événements aussi graves, partageant le scepticisme de maints contemporains à l’égard de ces faits semblant sortir de l’imagination wallingante de François Simon au Congrès national wallon de 1945. Et pourtant…

Mais revoyons bien ceci : l’événement n’ayant quasiment pas été raconté n’existe pas. N’existant pas au niveau de la conscience claire, il demeure cependant présent dans une sorte d’inconscient collectif qui, avec mille autres facteurs (les prisonniers, la Résistance etc.), détermine sans doute l’âpreté des événements de juillet 1950. Des événements qui sont eux-mêmes ensuite censurés. Il est peut-être donc temps d’essayer de sortir tout cela de l’ombre où se débat et s’asphyxie peu à peu notre mémoire collective. Nous n’avons même pas la possibilité d’avoir une histoire nationale (wallonne), autocritique puisque nous n’en avons pas. Ou peu. Comment nouer de vrais rapports avec les Flamands si gisent au fond de nous tant de reproches non formulés sur des événements dont le fil conducteur court jusqu’à aujourd’hui?
Composition des divisions d’infanterie le 10 mai 1940

Pour simplifier l’exposé, nous mettrons ici l’accent sur les divisions d’infanterie, signalant éventuellement l’intervention d’autres armes. Francis Balace qui ne nie pas les défections flamandes de l’infanterie ni leur gravité, souligne qu’un grand nombre de régiments d’artillerie divisionnaire étaient des régiments flamands et que l’artillerie a joué un rôle important dans la campagne des 18 jours de même que les deux Divisions de cavalerie comprenant tant des régiments wallons que flamands. C’est une nuance importante que nous tenons à souligner avant de commencer.

Une division est composée de trois régiments d’environ 4000 hommes, d’un régiment d’artillerie et d’un bataillon du génie, soit 17.000 hommes. Les régiments d’artillerie sont en général des régiments flamands et l’artillerie a joué le rôle que nous venons de dire. Avec ces 20 divisions et les deux divisions de cavalerie, nous avons à peu près les deux tiers de l’armée belge, soit un peu moins de 400.000 hommes sur les 600.000 hommes de 1940. Il existe aussi des troupes d’armée, artillerie ou génie, l’aviation, la marine, les régiments wallons d’artillerie de forteresse dans les forts de Liège et de Namur, les Unités spéciales de défense de forteresse (USF), à Liège, Namur et Anvers les régiments légers (gendarmerie), la DTCA (Défense terrestre contre aéronefs), les régiments cyclistes, d’autres troupes. Les régiments wallons de forteresse combattront vaillamment, parfois même au-delà de la capitulation.

Sur les 20 Divisions d’infanterie, neuf sont uniquement composées de régiments flamands : 1ère DI, 2e DI, 4e DI, 11e DI, 12e DI, 13e DI, 14e DI, 16e DI.

Trois autres sont composées de deux régiments flamands et d’un régiment wallon : la 6e DI, la 7e DI, la 18e DI. La 6e DI est constituée par le 1er Grenadiers et le 9e de Ligne (flamands) et le 1er Carabiniers (wallon), la 7e DI est constituée des 2e Grenadiers et 18e de Ligne (flamand), du 2e Carabiniers (wallon), la 18e DI des 3e Grenadiers et 39e de Ligne (flamands), et du 3e Carabiniers (wallon).

Les huit divisions wallonnes sont la 3e DI, la 5e DI, la 8e DI, la 10e DI, la 15e DI, la 17e DI, la 1ère et la 2e Division de Chasseurs ardennais (Cha). Pour résumer d’une autre façon: 12 divisions flamandes (dont 3 avec un régiment wallon soit l’équivalent de 11 divisions), huit divisions wallonnes (+ l’équivalent d’une division). Ou encore, dans l’infanterie : 33 régiments flamands, 27 régiments wallons.
1ère DI+2e DI+ 4e DI + 11e DI+12eDI +13eDI +14eDI +16eDI Neuf Divisions flamandes
6e DI + 7e DI + 18e DI Trois Divisions flamandes avec 1 régiment wallon sur les 3
3e DI+5eDI+8eDI+10eDI+15eDI+17eDI+1ère+2eDCha Huit Divisions wallonnes

Les Divisions numérotées de 1 à 6 sont des Divisions de soldats professionnels (« d’active »), les Divisions de 7 à 12 sont des Divisions dites de première réserve, les Divisions de 13 à 18 sont des divisions de deuxième réserve, moins bien équipées, dont la formation militaire est moins bonne, dont les soldats appartiennent à des classes plus anciennes. Les deux Divisions restantes sont les Divisions de chasseurs ardennais dont la 1ère est motorisée et dont le fonctionnement diffère quelque peu des autres divisions. Les chasseurs ardennais feront preuve d’une extraordinaire combativité du début à la fin de la campagne.12

Position de ces divisions le 9 mai au soir

Le 10 mai la position de ces Divisions d’infanterie est la suivante : la 17e DI, la 13e DI, la 12e DI, la 15e DI, la 9e DI, la 6e DI, la 14e DI, la 1ère DI, la 4e DI, la 7e DI, la 3e DI – soit 11 Divisions – sont en position derrière le Canal Albert et du Canal antichars d’Anvers (au sud de ceux-ci) et s’échelonnent dans cet ordre d’Anvers à Liège.

Il y a deux autre Divisions en position au nord du Canal Albert, l’une à l’est d’Anvers (la 18e DI), l’autre au nord d’Hasselt (la 11e DI).
Trois autres divisions sont en position à l’ouest de Gand (16e DI), à l’ouest de Bruxelles (5e DI) et l’est (10e DI) de Bruxelles.
Trois au sud de Liège : entre l’Ourthe et la Meuse (2e DI), entre la Méhaigne et la Meuse ou entre Andenne et Namur (la 2e Cha), à Namur (la 8e DI).
Une division stationne tout au long de la frontière avec le Grand-Duché, la 1èreDivision de Chasseurs ardennais13.

Pour le résumer encore sommairement, 13 divisions sont à la garde du Canal Albert (et Canal antichars d’Anvers),
17 DI + 13 DI + 12 DI + 15 DI + 9 DI + 6 DI + 14 DI + 1 DI + 4 DI + 7 DI + 3 DI + 18 DI + 11 DI
trois à l’intérieur du pays entre Gand, Bruxelles et Louvain :
16 DI + 5 DI + 10 DI
trois entre Liège et Namur et à Namur
2 DI + 2Cha + 8DI
une à l’ouest du Grand-Duché de Luxembourg (au long de toute sa frontière)
1 Cha

Combats du 10 mai, première défection d’une division flamande

Le 10 mai au matin l’armée allemande attaque les positions belges sur le Canal Albert et à Eben -Emael. Ce fort réputé imprenable est détruit par des soldats allemands parvenus en planeurs sur sa superstructure et qui le font sauter en y introduisant des charges creuses : il se rend le 11 mai. La 7e DI qui occupe des positions de part et d’autre du fort est en grande partie détruite : le 2e Grenadiers, par exemple, régiment flamand est pratiquement anéanti, son chef le Colonel Herbiet est capturé. Dix officiers sont tués dont deux chefs de bataillon, en tout 207 soldats. Le reste est capturé ou blessé, seuls 600 hommes peuvent être évacués vers la France. Le régiment flamand du 18e de Ligne subit un sort aussi sévère de même que le 2eCarabiniers, régiment wallon. Ensemble, les trois régiments ont 7000 prisonniers, des morts, des blessés : la 7e DI a quasiment disparu. Nous suivons ici principalement Eric Simon dans Le rapport des forces entre la Heer et l’Armée belge en, mai 1940, mais aussi quelques autres ouvrages outre ceux déjà cités (Bernard, Michiels, de Fabriebeckers etc.)14

Il faut distinguer cet anéantissement de la 7e DI de celui de la 14e DI flamande dont 5.000 hommes se rendent à Paal le 13 mai lors du retrait vers la ligne KW, le reste étant jugé inapte au combat et parqué sur l’Yser. Eric Simon explique cette première reddition de troupes flamandes par un retrait trop rapide de la 6e DI, mais considère cette reddition comme différente d’autres captures et par exemple de celles de la 7eDI. D’autres auteurs (Bernard, Michiels) sont tout aussi sévères à l’égard de la conduite ou de la valeur de cette 14e DI flamande.

Face au Luxembourg, l’opération de planeurs allemands à Nives et Witry permet de faire quelques prisonniers dans les deux divisions ardennaises (des permissionnaires), mais empêche aussi que l’ordre de repli touche les compagnies ardennaises stationnées à Bodange et Chabrehez qui, sans artillerie, sans armes anti-chars vont arrêter très longuement, avec quelques dizaines d’hommes, 4 Divisions blindées allemandes. La Compagnie du Commandant Bricart à Bodange tiendra pendant huit heures et il faudra trois bataillons allemands soit 3.000 hommes plus un groupe d’artillerie pour la réduire. Les combats de Bodange et Chabrehez confirment le sentiment d’Eric Simon sur la prétendue supériorité de l’armée allemande en 1940. Si quelques dizaines d’hommes ont arrêté l’un des principaux efforts allemands qui allait être décisif sur la bataille à l’ouest (les 4 Divisions blindées franchissent la Meuse les 13 et 14 mai à Sedan annonçant la défaite française), qu’aurait accompli la 1ère Division ardennaise toute entière avec sa mobilité, son artillerie, ses armes antichars ? Or la vitesse de la progression des quatre divisions allemandes traversant le Luxembourg a déterminé l’effondrement français de Sedan. Certes l’usage des planeurs et des parachutistes à Eben-Emael et aux ponts de Vroenhoven et Veldvezelt a donné à bien des combattants l’impression inverse d’une invincibilité de l’armée allemande, non sans raisons, mais des raisons qui à notre sens n’infirment cependant pas la thèse d’Eric Simon.15

Retrait sur la ligne KW

Les régiments en place sur le canal Albert vont donc se retirer progressivement derrière la principale ligne de défense, la fameuse ligne KW (Koningshoyckt-Louvain-Wavre – Koningshoyckt est un village près de Lierre soit à une bonne dizaine de km d’Anvers). Luc Devos écrit : « La ligne KW avait rendu à l’armée belge la confiance que beaucoup d’unités avaient perdue après la percée rapide du canal Albert. Flanquées par les armées alliées et protégées par d’excellentes formations d’artillerie, les troupes étaient prêtes, au matin du 16 mai, à s’opposer à une attaque allemande massive. Mais celle-ci ne se produisit pas ; au lieu de cela, les soldats eurent à entendre qu’ils devaient quitter leurs positions et se retirer vers l’ouest… »16 Sur la ligne KW elle-même, les Anglais combattaient aux côtés de l’armée belge, et au nord de Wavre, entre cette ville et Namur, les Français. Dès le 15 au soir, cependant, les troupes belges stationnées dans la Position fortifiée de Namur (PFN), qui y avaient été rejointes par les troupes de la Position Fortifiée de Liège (PFL), déjà abandonnée, durent à leur tour l’abandonner, les Allemands ayant franchi la Meuse avec l’infanterie puis les blindés au sud de Namur, à Houx, Leffe et Dinant ainsi que plus au sud encore à Sedan. Cette brèche dans le front français ne pouvait plus être colmatée. Comme les divisions stationnées derrière la ligne KW, les troupes belges stationnées à Namur durent faire mouvement vers la ligne Canal de Terneuzen—Gand—Escaut en amont de Gand (soit vers Audenarde). La rupture du font français à Dinant et Sedan donna à maintes personnes le sentiment que la bataille de France était perdue, les blindés allemands se ruant vers la mer (qu’ils atteindraient le 20 mai coupant ainsi les troupes alliées du Nord des troupes alliées du sud). Ces deux replis successifs (du Canal Albert à la ligne KW puis de celle-ci à la position « Escaut »), allaient affaiblir les soldats contraints à de longues marches et entraîner de lourdes pertes de matériels ou une grande fatigue notamment pour les 4e DI et 2e DI flamandes, mais aussi pour les régiments wallons venant de Namur vers la position « Escaut ». « Le 20 mai » écrit Luc Devos « après dix jours de guerre, l’armée belge s’était entièrement retirée derrière l’Escaut de Gand à Audenarde et le canal Gand-Terneuzen. Des grandes villes belges, seules Gand et Bruges n’étaient pas encore occupées. »17

Sur la Lys et le canal de la dérivation : quatre autres défections flamandes

croqui10
Légende: Lille/Calais est tenu par les Alliés (voir la carte + haut.). La ligne Menin-Courtrai-Deinze (Deynse sur la carte)-Ecklo (Eecloo)-Mer du Nord, par l’armée belge, sur la Lys puis le canal de la dérivation, puis au Nord par des divisions de cavalerie plus au nord et à l’est du canal Léopold II. L’armée belge est composée de D.I. (divisions d’infanterie et leur numéro), de Ch.A.( deux divisions de chasseurs ardennais et leur numéro), des divisions de cavalerie à l’est du canal Léopold II.

Le 21 mai, lors d’une conférence entre les chefs des armées alliées, il fut question de retirer l’armée belge sur l’Yser. Mais finalement elle s’établit pour une bataille d’arrêt derrière la Lys et le Canal de la Dérivation, formant de Menin à Heist sur le littoral flamand, un arc de cercle d’environ 90 km. Durant le retrait de la position, « Escaut » , le 23 mai, de nombreux soldats de la 13e DI flamande se rendent en masse. Cette grande unité ne sera quasiment plus alignée. Elle disparaît ce jour-là comme unité combattante puisqu’elle ne sera plus vraiment mise en contact avec l’ennemi par le commandement18. Le 23 mai, à Gand, sous la pression de la population, d’étranges événements se produisent qui voient certaines avant-gardes allemandes pénétrer jusqu’au cœur de la ville. La population fait pression sur les troupes de la 16e DI et de la 18e DI pour se rendre. La 16e DI se composent de trois régiments flamands, le 37e de Ligne, le 41e de Ligne et le 44e de Ligne. Les trois-quarts du 41e de Ligne se rendent aux Allemands (soit environ trois mille hommes), le 44e de Ligne semble demeurer plus consistant et sera remis en ligne plus tard. Le 37e de Ligne est submergé dans des combats cette journée-là et ce régiment de faible combativité ne réapparaîtra plus. La 18e DI est composée du 3e Carabiniers (régiment wallon), dont certains éléments sont désarmés également, du 3e Grenadiers et du 39e de Ligne (régiments flamands). On ne voit plus guère apparaître le 3e Grenadiers après le 23 mai. Les auteurs (Bernard, Taghon), parlent de 8 à 10.000 prisonniers dans les rues de Gand. Eric Simon (toujours dans Le rapport des forces entre la Heer et l’Armée belge…), évalue le nombre de soldats de la reddition massive des régiments de la 16e DI, des 39e de Ligne et 3e C (mais ne cite pas le 3e Grenadiers), à 6.000 hommes, mais ne dit rien de la 18e DI. Disons qu’en présence de ces chiffres divers, on a le sentiment qu’après la défection des régiments flamands de la 14e DI, de la 13e DI, on assiste à nouveau à des redditions en masse de régiments flamands (ou de parties de ceux-ci), qui nous semblent quasiment équivaloir aux effectifs d’une Division, de plus de deux régiments au minimum. De toute façon, il ne sera plus désormais question dans les combats ni de la 14e DI, ni de la 13e DI ni vraiment de la 16e DI, un peu plus de la 18e DI. A noter que les archives de lieutenant André Deplanque, que nous publions à la suite de cet article donnent aussi une version de cette reddition de Gand.19

La reddition en masse la plus grave se produit deux jours plus tard, le 25 mai, dans le secteur de la 4e DI composée des 7e, 11e et 15e de Ligne face à Deinze sur le canal de la dérivation en prolongement de la Lys. Henri Bernard et le Général Van Overstraeten expliquent que la reddition du 15e de Ligne a entraîné pratiquement celle du 11e de Ligne et même celle du 7e de Ligne. Eric Simon évalue à 7.000 les prisonniers résultant de cette reddition en masse, mais ce sont 7000 soldats sur les 12.000 fantassins que compte une Division d’Infanterie20. Félicien Rousseaux dans Ma deuxième guerre, éditions de Belgique, 1941, témoin contesté par JO Gérard-Libois et José Gotovitch, donne une version de cette reddition que ne contredit nullement la version de Van Overstraeten ni celle des témoignages consignés par André Delplanque. Sur la base de ces trois témoins (les officiers Rousseaux et Delplanque, le Conseiller militaire du roi), on peut avoir le sentiment que la 4e DI a disparu. Il est à noter aussi que lors de cette reddition, selon André Delplanque, un officier flamand et un officier wallon tirèrent en direction des soldats passant à l’ennemi, officiers ensuite abattus par les soldats flamands : Peter Taghon dans Mai 40, La campagne des dix-huit jours, Duculot, Paris et Louvain-la-neuve, 1989, pp.177-178 écrit ceci : « Le 15e de Ligne n’existe pratiquement plus. Le Cap-Cdt Locks veut encore déclencher une contre-attaque, avec sa 7e Cie, mais il est abattu ainsi que le lieutenant Mutsaert, dans des circonstances particulièrement suspectes. » Cette remarque nous semble confirmer la version du Lieutenant Delplanque, au moins en partie.

Bilan au 25 mai, nouvelles défections

On peut donc considérer qu’avec la disparition quasi complète de cette division, nous avons ce 25 mai, sur les 20 divisions d’infanterie que compte l’armée belge, 4 Divisions flamandes (14e, 13e, 16e et 4e Division), qui ont fait défection ou qui ne combattront plus par inaptitude. Le 26 mai, lors d’une attaque plus au nord sur le canal de la dérivation, 2000 hommes du 23e de Ligne de la 12e DI vont se rendre massivement (Eric Simon Le rapport des forces… op.cit. ). Et, dans les heures qui suivent, les autres régiments de cette division vont se débander de telle façon (déserter la nuit notamment), que le chef de l’EMG considère que le 27 mai, la 12e DI « n’a pratiquement plus d’infanterie » (O.Michiels op. cit. p. 235 ).

Dès le 25 mai des éléments du 16e de Ligne de la 9e DI vont se rendre sans combattre selon le Colonel Massart, qui parle d’une seule compagnie (la 5e du 16)21. Selon le témoignage du Lieutenant Delplanque que nous reproduisons en annexe de cet article, il s’agirait en fait de tout un bataillon dès le 25 mai. Par la suite (voir Oscar Michiels), le 16e de Ligne va s’effilocher au fur et à mesure que d’autres compagnies se rendent également. Le Commandant Hautecler (dans le numéro de la Revue des chasseurs ardennais, n° 1, 1980 déjà cité) estime qu’un autre régiment de cette 9e DI flamande – le 17e de Ligne – a fait preuve de peu de combativité. L’Historique de l’Armée belge écrit, pour le matin du 26 mai : « A la 9e DI, tôt dans la matinée, l’ennemi précédé de drapeaux blancs franchit en force le canal de la Mandel » (op. cit. p.140), ce qui laisse penser que ces soldats flamands, cette fois, ne se rendent certes pas, mais reculent sans combattre.

Au total on a donc vu se défaire par manque de combativité, inaptitude au combat ou « trahison » (au sens technique du vocabulaire militaire), 6 divisions flamandes sur les 9 divisions composées seulement de régiments flamands.

Ce sont les divisions flamandes suivantes : la 14e DI le 13 mai, la 13e DI le 23 mai, la 16e DI le 23 mai, la défection totale de la 4e DI le 25 mai, la débandade totale de la 12e DI les 26 et 27 mai, la débandade progressive de la 9e DI du 25 au 27 mai. Soit six divisions flamandes sur les neuf :

4e DI + 12e DI + 13e DI + 14e DI + 16e DI Six Divisions flamandes sur Neuf

A cela doivent s’ajouter les redditions partielles observées à Gand dans la 18e DI. Il faut rappeler en outre que deux divisions flamandes ont été détruites en combattant héroïquement : la 1ère DI et la 7e DI. Les régiments flamands de la 6e DI sont jugés peu combatifs par Eric Simon dans un article à paraître dans le Bulletin d’information du CLHAM en mars 2006.
L’armée du 27 mai : une infanterie belge devenue wallonne

Il reste donc en ligne le 27 mai au soir une division partiellement flamande en ordre (la 6e DI qui compte un régiment wallon), de même que deux autres divisions flamandes (2e et 11e DI). Plusieurs divisions wallonnes – certaines fortement usées – combattent toujours : les deux divisions de Chasseurs ardennais, la 5e DI de chasseurs à pied, la 10e DI de chasseurs à pied et 2 régiments de chasseurs à pied de la 17e DI, enfin la 15e DI. En outre, il demeure encore quelques éléments au combat de la 8e DI et même de la 3e DI, soit l’équivalent, pour l’infanterie en tout cas, de plus de 6 DI wallonnes et de moins de 3 DI flamandes. Compte non tenu d’autres unités que les unités des DI proprement dites, on a l’impression que lorsque Léopold III décide d’envoyer un parlementaire aux Allemands dans l’après-midi du 27 mai, il est à la tête d’une armée principalement wallonne. Car, tandis que la plupart des régiments wallons luttent encore, même s’ils sont en partie détruits pour certains, les 2/3 des fantassins flamands ne sont plus là, soit parce que leur unité a été détruite en combattant, soit parce qu’ils sont inaptes au combat, soit parce qu’ils se sont rendus massivement, soit parce qu’ils ne tirent plus tout en restant en ligne.
La défection des régiments flamands hâtent la capitulation belge, leur nature

La capitulation belge s’imposait-elle à la date où elle a eu lieu ? Beaucoup d’auteurs estiment que la continuation des combats était impossible comme le Général Michiels par exemple ou Jean Van Welkenhuyzen. D’autres comme Henri Bernard estiment qu’il y aurait eu lieu de se lier plus intimement aux alliés anglais et de se retirer sur l’Yser (d’ailleurs dès le 22 mai), que les Français et les Anglais tinrent encore 7 jours dans le réduit de Dunkerque. Le Général Wanty imagine une autre possibilité: « Peut-être l’initiative de la reddition aurait-elle pu être laissée aux commandants de la division ou du corps, voire de petites unités, et non pas être imposée en bloc à l’ensemble de l’armée par un acte solennel. L’impact psychologique et politique eût été bien moins défavorable au pays, avec des conséquences en chaîne incalculables. »22. Le Général Van Overstraeten pense lui qu’il aurait encore fallu tenir un jour encore au moins. On sait que le 27 encore, à Knesselaere, le 1er et 4e Régiment de Cyclistes (des régiments wallons, mais notre article ici ne visent que les 20 DI proprement dits), renforcés de quelques petites unités flamandes de cavalerie, infligèrent une défaite grave aux Allemands (plus de 100 prisonniers), de même que les Chasseurs ardennais à Vinkt (près de 200 morts allemands, plus de 1600 blessés).

Henri Bernard met en cause également les clauses de la capitulation qui prévoyaient en fait une série de conditions qui sont contraires à l’honneur militaire comme d’ouvrir les routes aux Allemands jusqu’à la mer et de livrer le matériel sans le détruire. Le soulagement des militaires à qui cette capitulation épargna la mort pose problème, car c’était reporter sur d’autres les sacrifices nécessaires pour vaincre l’hitlérisme. Mais il y a au fond de cette réaction tout l’esprit néfaste de la politique de neutralité, politique de repli sur soi, et d’une certaine couardise. En outre, le roi Léopold III a confié à son secrétaire particulier le Comte Capelle, à son Conseiller militaire Van Overstraeten , la démoralisation causée chez lui et à l’intérieur de l’Etat-Major de l’Armée par les défections de régiments flamands. C’est une des raisons avancées par Léopold III dans son livre blanc pour hâter la capitulation. Francis Balace écrit qu’elle repose sur la crainte que le roi avait que la conduite contrastée des régiments flamands et wallons ne pousse les Allemands à la même politique séparatiste qu’en mai 1940. « Ce qui est également important dans la pensée du roi » affirme-t-il « c’est de ne pas permettre à l’ennemi de tirer argument des défections de certaines unités, on aura compris qu’il s’agissait de certains bataillons de régiments flamands, pour mener une politique favorisant le séparatisme et niant le fait belge. »23 F.Balace, Fors l’honneur. Ombres et clartés sur la capitulation belge, in Jours de Guerre, t. 4, Jours de défaite, II, pp. 23-24, Crédit Communal, Bruxelles, 1991. Balace estime que Léopold III a décrit au Compte Capelle, non pas seulement la défection de petites unités, mais de régiments : « des régiments entiers se rendaient, l’armée belge devait demeurer dans l’ordre » (le Livre Blanc du secrétariat du roi Léopold III, déjà cité p.24, s’exprime presque de la même manière). Van Overstraeten décrit un Léopold III démoralisé dont la confiance a été sapée par les tergiversations des alliés, mais aussi « les défections d’unités flamandes ». (Van Overstraeten Dans L’étau, op. cit. p.350). La consultation de trois juristes Devèze, Pholien, Hayoit de Termicourt signale que « durant les dernières heures des unités se rendirent à l’ennemi sans ordre et que, hélas, certains officiers même manquèrent à leur devoir », termes que cite F.Balace, mais que l’on retrouve dans Le Livre blanc publié par Léopold III en 1946.

 

Autocensure, censure

Si par exemple, Hervé Hasquin a publié dès 198024 des chiffres chiffres globaux démontrant le manque de combativité des troupes flamandes, il n’en va pas de même d’autres auteurs. Par exemple, Jean Vanwelkenhuyzen dans Quand les chemins se séparent (op.cit.), cite des « notes inédites » du Comte Capelle rapportant que le roi lui avait dit : « Déclarer qu’il fallait se faire tuer jusqu’au dernier, c’est de la folie. Un soldat consent à mourir quand il est soutenu et quand son sacrifice peut servir le pays. Mais, dans les conditions indiquées, continuer à se battre c’eût été insensé : des régiments entiers se rendaient à l’ennemi. L’armée belge devait demeurer dans l’ordre, elle ne pouvait mourir dans la débandade. » Nous avons déjà parlé de son extrême discrétion dans le même ouvrage concernant les redditions de troupes flamandes dont « l’impression du moment » tend à exagérer la portée. Mais il y a aussi un autre aspect: censurer de tels événements (ou s’autocensurer à leur propos).

Il n’existe pas un seul texte un peu continu, prenant comme sujet le manque de combativité ou la reddition volontaire d’une bonne moitié sinon même des fantassins flamande regroupés dans les 20 DI (ni ouvrage ni article, sauf un seul à notre connaissance, celui de G.Hautecler en 1980, 2 pages dans la Revue des chasseurs ardennais).

La question de savoir s’il s’agit de simples bataillons ou de régiments est oiseuse. La reddition en masse de trois bataillons sur les 4 du 41e de Ligne à Gand, le 23 mai, ne constitue pas effectivement « un régiment entier », mais c’est presque cela. De même le nombre de soldats désarmés à Gand la même journée et que Peter Taghon évalue à 8 ou 10.000, c’est celui équivalent à la composition de 2 ou 3 régiments d’infanterie au moins. Le passage à l’ennemi du 15e de Ligne le 25 mai au matin est bien celui d’un « régiment entier » entraînant par son mouvement les deux autres (et quasiment toute la 4e DI). Quant au 23e de Ligne de la 12e DI, c’est la moitié du régiment qui se rend le 26 mai, mais peu à peu les soldats de toute cette division désertent les combats pendant la nuit à un tel point que, bien longtemps après les événements, le Chef d’Etat-Major Général, O.Michiels, estime que sinon le 26, en tout cas le 27, cette Division « n’a plus d’infanterie ». Nous avons parlé des problèmes de la 14e Division dont un des colonels, le colonel Dothée estime que les deux autres régiments ne se sont pas battus. On a aussi évoqué la 13e DI qui, après les problèmes rencontrés le 23 mai, ne réapparaît plus vraiment dans les combats. G.Hautecler ou Eric Simon parlent, l’un, de plus de 25.000 soldats flamands se rendant en masse, l’autre de plus de 21.000. Certes ces redditions correspondent, en nombre, à l’équivalent de moins de 7 régiments (sur les 33 régiments flamands intégrés dans les DI que comptent l’armée belge).

Mais ces défections en entraînent d’autres, cette réticence à combattre rendent en fait non opérationnelles, à coup sûr (du 13 au 27) : six DI flamandes (la 14e, la 13e, la 4e, la 12e, la 16e), avec une partie de la 18e DI et surtout la 9e DI (elle se rend ou ne se bat plus).
Défection et manque de combativité

On peut évaluer la combativité des différentes DI de l’armée belge en mai 1940. 6 DI flamandes ont fait preuve d’une combativité nulle ou très faible, celles pour lesquelles on peut parler de défection quasiment complète (reddition ou inaptitude au combat) :

4e DI + 12e DI + 13e DI + 14e DI + 16e DI + 9e DI Six Divisions flamandes sur Neuf

La combativité de la 18e DI (partiellement flamande sauf son régiment wallon) est médiocre, de même que celle de la 6e DI partiellement flamande (sauf son régiment wallon). Trois divisions flamandes peuvent être jugées avoir combattu courageusement : la 11e DI, la 1ère DI et la 2e DI. La 11e DI et la 2e DI ont tenu le canal de la dérivation pendant la bataille de la Lys, contre-attaquant plusieurs fois. La 1ère DI a défendu la Lys au sud de Courtrai.

1ère DI, 2e DI, 11e DI Trois Divisions flamandes sur 9

Les régiments wallons de chasseurs à pied des 5e DI et 10e DI ont tous et toujours tenu fermement le front qu’ils avaient reçu l’ordre de défendre de même évidemment que les deux Divisions ardennaises qui ont été citées plusieurs fois à l’ordre du jour de l’armée : les 1er et 3e Chasseurs ardennais ont même obtenu une lourde victoire le 27 mai contre les Allemands à Vinkt. Les régiments de la 8e DI (13e – cité à l’Ordre du Jour de l’armée le 26 mai – les 21e et 19e), ont tenu solidement la Lys du 23 au 26 mai. Même éreintée par les combats, largement affectée par les morts, les blessés et les captures notamment du 26 mai, durant le franchissement de la Lys, et alors qu’elle était déjà usée par sa retraite de 90 km depuis Namur, la 8e DI a continué à se battre pour ne vraiment fléchir qu’aux dernières heures du 27 mai. La 3e DI, fortement éprouvée par sa retraite depuis Liège et par les combats terribles au nord dc Courtrai le long de la Lys, parvient encore à former des dizaines de groupes de combat (de 1500 à 2000 hommes), qui seront incorporés à des divisions en ligne. La 15e DI, pourtant division de deuxième réserve (donc mal équipée), se bat bien mieux que certaines divisions d’active ou de première réserve. Certaines de ces divisions continueront à combattre même après l’heure fixée pour la capitulation sans condition par le général allemand le 28 mai à 4h. du matin. Il est bien sûr inutile de rappeler la combativité des 1ère et 2e Divisions de Chasseurs ardennais. On a donc huit divisions wallonnes sur 8 qui ont fait front aux Allemands jusqu’au bout :
3e DI+5e DI+8eDI+10e DI+15eDI+17eDI+1èreCha+2eCha Huit divisions wallonnes sur huit [Cha = Chasseurs ardennais]

Rappelons que la 18e DI, la 7e DI et la 6e DI ont deux régiments flamands sur 3. Les comportements de leurs 6 régiments flamands mais aussi de plusieurs des 3 régiments wallons sont considérés comme moyens par Eric Simon (article à paraître en mars)

Luc Devos pense qu’il faut invoquer la question de la langue (à côté d’autres déficiences comme le ravitaillement, le camouflage, la dotation en munitions), pour certains régiments un peu déficients de la 7e DI : « Les gradés étaient principalement d’origine francophone, tandis que la majorité de la troupe était néerlandophone. Les contacts n’en étaient donc pas facilités, mauvaise compréhension, et interprétation erronée faisaient partie du quotidien. »25

Il y a eu aussi l’idée – typique de la politique de neutralité – que l’armée belge ne faisait pas la guerre comme les Alliés, mais uniquement pour défendre son territoire et rien d’autre, ce qui est une exacerbation des sentiments d’Albert Ier en 1914. Jean Stengers estime avec beaucoup d’autres que les Alliés français et anglais n’ont pas été clairement et préalablement mis au courant de la capitulation du 28 mai. Elle a bien failli hypothéquer le rembarquement des Alliés à Dunkerque auquel Henri Bernard aurait voulu voir les troupes belges participer (mais l’armée belge en Angleterre aurait été à 70% wallonne ?). L’argument selon lequel une résistance de l’armée belge aurait nui aux réfugiés encombrant l’arrière du front est contredit par Henri Bernard. Il estime que la mobilité des unités de l’armée à l’arrière du front n’a pas été vraiment entravée par la présence de ces réfugiés. Après la percée allemande de part et d’autre de Courtrai, réalisée le 24 mai au soir, on a vu monter en ligne, dans les trois jours qui restaient, un grand nombre de Divisions de l’arrière et traverser avec rapidité ce territoire prétendument encombré. Soit de 70 à 100.000 hommes : la 10e DI, la 9e DI (certes proches de Courtrai), la 2e Division de Cavalerie (venant de la Flandre zélandaise), la 15e DI (venue du littoral), une partie de la 6e DI (venue du canal de la dérivation) et enfin la 60e DI française qui traversa toute la Flandre occidentale le long du littoral du 27 mai au 28 mai. Enfin, Hitler avait interdit le bombardement des villes flamandes.
Les causes des redditions et faiblesses flamandes

Autant de très nombreux officiers et soldats wallons ne pouvaient que s’indigner des redditions ou de la mollesse des combattants flamands, autant nous devons tenter de comprendre – sans juger – les raisons des comportements flamands. Mais il faut à la fois comprendre les raisons des comportements flamands et … les raisons pour lesquelles les Wallons ne pouvaient pas les comprendre. C’est la seule façon d’être vraiment autocritique.

Certes, comme Eric Simon l’écrit, la 14e DI a été mal employée, la 13e DI était épuisée (lors de son écroulement), par une marche forcée depuis Anvers. Mais des divisions wallonnes ont été soumises aux mêmes efforts et à des aléas analogues. Pour expliquer les raisons des comportements flamands, par contraste avec la vaillance de la plupart des divisions wallonnes, il faut évoquer la mémoire de 1914. Il faut le faire tant en ce qui concerne les combats sur l’Yser que les atrocités allemandes d’août 1914 qui ont durement et principalement frappé les habitants de la Wallonie, les plongeant dans l’horreur, même si les Wallons n’étaient pas alors visés en tant que tels (contrairement aux bombardements allemands de 1940 qui ne visèrent que les villes wallonnes, selon l’ordre exprès d’Hitler, mais les soldats n’en eurent sans doute que peu ou pas connaissance). On pourrait dire que les Wallons ont gardé la mémoire de l’Yser et des massacres d’août 1914, ce qui ne les dispose pas bien à l’égard des Allemands et les stimule à la Résistance. Les Flamands ont moins de souvenirs atroces de 1914 et par ailleurs, la mémoire de la guerre est chez eux la mémoire d’un mépris de leur langue par l’autorité militaire, le souvenir des tristes conditions de vie du soldat, ce qui lie le tout à la montée d’un nationalisme flamand au départ démocrate et émancipateur. Certes, le pacifisme et la condamnation de la guerre existent aussi côté wallon. Mais il ne contredit pas nécessairement le patriotisme et cela sera encore plus vrai en mai 1940. D’autant que l’idéologie qui se déploie derrière l’armée allemande n’est pas ignorée de tous.

Georges Hautecler, l’auteur du seul article sur cette question que nous ayons pu trouver, met l’accent de manière progressiste et sociale sur la dureté du régime des soldats mobilisés en 1940, ainsi que des sous-officiers, mal payés, dont les ménages ne bénéficient que d’indemnités dérisoires. Alors que les officiers réservistes sont payés comme leurs homologues de l’active. Il insiste aussi sur la propagande allemande qui a travaillé selon lui la 4e DI et la 9e DI. Mis en face du chiffre donné par G.Hautecler de « plus de 25.000 soldats flamands s’étant rendus », Richard Boijen dans De taalwetgeving in het belgische leger met en cause : la Dynastie, la direction de l’armée, le Parti libéral et le mouvement wallon qui ont tout fait pour freiner la flamandisation de l’appareil militaire.26

On peut accepter l’explication de Richard Boijen, mais il faut admettre aussi que les soldats et officiers wallons, qui ont pu percevoir ces redditions, n’y ont pas compris grand-chose. Il leur est plus que probablement apparu qu’un combat linguistique ne pouvait interférer dans la résistance à un agresseur comme l’Allemagne, tant celle de 1914 que celle de 1940, même compte non tenu des atrocités connues de 1914 et de celles qui se révéleraient après 1940, mais dont beaucoup n’ignoraient quand même pas la possibilité : ce régime raciste était connu. IL ya plus : l’Allemagne impériale ou hitlérienne, par ses deux agressions injustifiables contre la Belgique, ne pouvait-elle apparaître, aux yeux des Wallons de 1940 (mais aussi des Flamands ?), comme coupable d’atteintes aux droits de l’homme et des peuples infiniment plus graves que les vexations linguistiques ? Certes, ces vexations, le peuple flamand y lisait, liée à l’humiliation nationale, l’humiliation des dominés, en général, alors que, en Wallonie, la condition de dominés (d’ouvriers, de paysans ou de soldats selon la formule célèbre), était perçue non à travers le prisme nationaliste, mais à travers l’analyse sociale ou socialiste en général. Ajoutons à cela que l’unilinguisme voté en 1921 par la Flandre ou la flamandisation de l’armée en 1938 s’imposèrent à la faveur de la majorité numérique détenue par les Flamands au Parlement national belge. On ne le dit jamais assez : le fait que les Flamands aient choisi de défendre leur langue propre était sans doute légitime, mais était aussi une manière d’imposer aux Wallons, encore mal francisés, la connaissance, au-delà du français, qu’ils commençaient à peine à pratiquer, du wallon, dont ils usaient encore largement, d’une langue, le flamand ou le néerlandais, dont on ne savait pas qu’elle allait être au programme national, dont on ne voyait pas pourquoi elle devait y figurer. De plus cette langue fut imposée sans le consentement wallon (1921, 1938, 1962). Le prix payé par les Wallons à cet égard ne cesse de grossir, pour des injustices qu’ils n’ont pas commises ou dont on peut relativiser la gravité.

Les Wallons – et pas seulement les cadres comme on le dit souvent – ont pu anticiper sur les conséquences de cette obligation et s’en irriter comme d’une vexation inutile, s’en effrayer aussi. Même si c’est la bourgeoisie qui imposa le français comme seule langue officielle en 1830, on peut estimer que le choix de cette langue faisait partie d’un contrat national implicite que les votes – Flamands contre Wallons – de 1921 (unilinguisme en Flandre), et de 1938 (flamandisation de l’armée), venaient déchirer. Les Wallons étaient à l’époque (le demeurent ?), des « nationalistes belges » (au sens neutre du mot « nationalisme »), par conséquent dans l’attente logique que se maintienne une langue commune (qui n’était pas leur langue à tous loin de là en 1830 et même longtemps après), pour se parler au sein d’un même pays.

Ce « nationalisme belge » des Wallons peut expliquer que les visites du roi aux armées avant 1940, même dans les régions très à gauche comme la région liégeoise, n’aient pas créé d’incidents, alors qu’ils n’en alla pas de même lors de la visite à certaines unités flamandes comme, précisément, la 4e DI. Face à l’Allemagne hitlérienne, et malgré la politique de neutralité, en raison de tous les souvenirs de 1914 (atrocités et Yser), il nous semble juste de dire que la Wallonie voulait résister, ce que prouve d’ailleurs ensuite sa participation majoritaire à la Résistance militaire et intellectuelle (la presse clandestine). Nous n’admettons pas bien le doute de Francis Balace sur la volonté de se battre en Belgique en général, doute qu’il émet souvent. Ou même l’idée (qui vient du général Michiels), que les Wallons se battirent « pour l’honneur ». Cela, c’est une idée de militaire de carrière. Les soldats wallons sur la Lys se battirent parce qu’ils avaient l’espoir ou la rage d’arrêter les Allemands. Tout ce que nous venons de rappeler et la conduite des régiments wallons en mai 1940 prouve bien la volonté de résistance de la population en Wallonie, comme l’enthousiasme au moment de l’entrée des armées françaises les 10 et 11 mai.

Ce qui est grave, c’est le peu de cas que Léopold III a fait de cette volonté de résistance en capitulant à la fois militairement, le 28 mai 1940 – décision hâtive – et politiquement ensuite durant les années d’occupation.
La fausse leçon du passé figé

Nous ne savons si l’histoire « donne des leçons », mais il y a au moins une fausse leçon que donne la perception du passé, figé, par essence, c’est l’idée d’un déterminisme absolu de l’histoire, le sentiment que les choses qui se sont produites ne pouvaient se dérouler autrement et que l’avenir est à considérer également comme écrit d’avance.

L’intérêt de l’article d’Eric Simon qui précède celui-ci est de venir briser une des premières lignes de défense des apologètes du chef de l’armée belge, Léopold III. On prétend qu’il aurait vu clair dès avant même la guerre et en tout cas avec le franchissement de la Meuse par les blindés allemands à Dinant et Sedan les 13 et 14 mai. A-t-il vu clair ou n’était-il que sceptique et défaitiste comme son père ? Les prévisions qu’il faisait n’étaient-elles pas réalisées aussi en fonction de la volonté de s’exposer le moins possible à la nécessité d’une résistance en général, et d’une résistance à Hitler en particulier, ce qu’illustre évidemment la politique de neutralité qu’il avait choisie en 1936 ?

Eric Simon va même plus loin et s’étonne que, en mai 1940, l’armée belge n’ait pas pris l’initiative de contre-attaques sur le flanc allemand des divisions se ruant vers la France. D’autant plus que la doctrine belge, élaborée par le général Nuyten, lui prescrivait d’opérer ces contre-attaques en cas de supériorité numérique sur l’adversaire, ce qui a été le cas durant plusieurs jours du mois de mai27. Il y a là sans doute une volonté de ne pas mécontenter l’Allemagne qu’on retrouve lors de la capitulation ou lors du placement de ces pancartes par des officiers de l’Etat-Major, le 27 mai à la frontière franco-belge, derrière l’Yser, ICI BELGIQUE, dans l’espoir d’éviter une charge de blindés allemands, soulignant que la « Belgique » n’était pas indissolublement jointe aux alliés28.
Plus grave que la divergence entre Wallons et Flamands

Il y a plus que le contraste entre le manque de combativité des régiments flamands et la vaillance des régiments wallons, c’est le fait que l’état d’esprit des soldats wallons était vraiment antithétique du pessimisme et du défaitisme de l’Etat-Major de l’armée et du roi, son commandant en chef. Déjà en 1914, le roi Albert Ier ne fit pas la guerre dans le même état d’esprit que l’opinion publique. Car il estimait qu’il ne devait se battre que par respect des engagements internationaux et non par ce réflexe patriotique qui est le fait des gueux selon Péguy (« Depuis les cités grecques et même avant, les Cités sont défendues par les gueux et livrées par les riches, car les riches n’ont que des biens temporels à perdre tandis que les gueux ont à perdre ce bien : l’amour de la patrie. »). C’est ici qu’il faut rappeler la citation en exergue de Robert Devleeshouwer.29

Le désaccord profond entre le roi et le gouvernement à Wijnendaele en découle. Il est possible que les ministres se faisaient des illusions sur la capacité de résistance de la France, mais on se fait parfois aussi des « illusions » (le mot est-il même bien choisi ?), par volonté de résister et de combattre. Cette volonté existait chez les soldats wallons. On peut comprendre qu’une majorité des soldats flamands ne la partageaient pas ou moins, mais ce n’était pas nécessairement pour les mêmes raisons que celles du roi…

Si le monde populaire en Flandre n’avait guère de sympathie pour une résistance de l’armée (la reddition de Gand le montre), pour des raisons directement pacifistes, sociales et flamandes, la réticence du roi à résister à l’hitlérisme et à l’Allemagne relevait de l’inquiétude pour son pouvoir. Les raisons avancées de type humanitaires (ménager les soldats, songer aux réfugiés qui pouvaient pâtir des combats), ou militaires (l’armée allait se disloquer), cachent le fait que le roi poursuivait une politique de neutralité liée à son maintien au pouvoir. On le voit bien aussi au fait qu’il ait eu si peur que la conduite contrastée des régiments flamands et wallons n’entraîne les Allemands à une politique favorable à un séparatisme qui l’aurait exclu.

Ce sont des raisons différentes qui ont poussé les Wallons à accepter l’autorité des cadres de l’armée et les Flamands à la rejeter peu ou prou. Mais derrière cela, il est absurde de considérer que les Wallons pouvaient se trouver mieux que les Flamands d’une armée demeurée d’esprit francophone. Parce que la flamandisation de l’armée entraînait aussi sa wallonisation et ne présentait aucun avantage pour les soldats wallons. Chantal Kesteloot estime absurdement que les Flamands ont bâti leur identité sur des souvenirs de dominés, et les Wallons sur des souvenirs de dominants.

C’est faux. Les Wallons ont pu éprouver en 1921 et 1938 la rupture d’un contrat national. En mai 1940, ils ont été vaincus dans des circonstances rendues plus pénibles encore parce qu’ils pensaient pouvoir compter sur un partenaire flamand qui démontra de graves défaillances face à la plus terrible expérience de l’humanité qu’est la guerre, surtout quand, après l’angoisse et la peur, on est du côté des vaincus et par quel barbare ennemi ! Et quand les quolibets des camarades de combats flamands, même officiers, en rajoutent à une défaite humiliante (voir plus loin le témoignage d’André Delplanque).

Les cris séparatistes du Congrès National Wallon d’octobre 1945 n’expriment pas la joie honteuse de vainqueurs ni la revanche de dominants. Ils expriment la détresse de ceux qui au pire moment de la vie d’une Nation s’aperçoivent qu’elle n’existe plus parce que ceux sur qui ils croyaient pouvoir compter s’esquivent. On s’interroge sur les traces que laisse encore aujourd’hui en France la défaite de juin sans voir que les Wallons – en tout cas eux – ont bu à la même coupe de l’humiliation, de la peur et de la trahison (celle du roi, celle des Flamands, car elle fut perçue comme cela). Il y eut cette amertume de ne pas pouvoir partager l’épreuve de la défaite avec une partie des Flamand. A tout cela s’ajoutera une Résistance menée par le petit peuple de Wallonie encore une fois en contradiction avec le roi des Belges et les dominants de ce pays. Qui fut une autre rupture du contrat national. Et le maintien des prisonniers de guerre en Allemagne, la libération des Flamands, nouveau sentiment de trahison en défaveur de singuliers « dominants », étrangers par leur classe à la bourgeoise francophone flamande et bilingue.

Refoulement, autocensure et mensonges : dire la vérité, toute la vérité

Tant la rupture de 1921 et de 1938 (l’imposition du néerlandais comme langue nationale), que la rupture de mai 1940 – l’opposition dans la conduite face à l’ennemi des régiments flamands et wallons – font partie d’un refoulé de l’histoire. Hannah Arendt a dit à juste titre qu’un « événement qui n’est pas raconté n’a pas eu lieu ». La rupture avec Léopold III est plus éclatante, elle n’a pas été oubliée, mais, d’une part, elle est sans cesse contrariée par les thuriféraires omniprésents de la Dynastie et, par ailleurs, l’une de ses sources en est largement ignorée : l’étrange campagne des dix-huit jours.

L’histoire, comme toute science, est la recherche des causes des phénomènes. Quand ces causes nous échappent, nous ne comprenons plus le passé ni le présent ni l’avenir. Ulcérés par le retour du roi en 1950, les Wallons parvinrent à le chasser en reprenant les armes morales et matérielles de mai 1940 et de la résistance. Mais les Flamands furent à leur tour ulcérés de voir leur majorité contredite par un peuple insurgé, dont ils assimilèrent la victoire à celle de la bourgeoisie francophone, étrangement.

En ce sens, les grèves de 1960-1961, qui reproduisent à certains égards, mais pour d’autres motifs, le schéma de l’insurrection de juillet 1950, parce qu’elles furent réprimées et n’aboutirent pas vraiment, peuvent être considérées comme la revanche de la Flandre sur 1950. C’est après 1961 que celle-ci va parfaire ses conquêtes linguistiques et à nouveau en les imposant (vote des lois de 1962, Flamands contre Wallons, annexion des Fourons, Walen Buiten de 1968). La logique que la Flandre va imprimer à ce combat va peu à peu inciter ses adversaires à faire prévaloir sur les revendications économiques et sociales de la Wallonie, une solidarité francophone mal définie et qui semble avoir la préséance sur l’affirmation wallonne.

Si un nationalisme belge mal assumé et mal dépassé a fini par éteindre en nous la mémoire de ce que François Simon nomma à la tribune du Congrès National wallon de 1945 « [les] choses effroyables que nous avons vécues en 1940 [...] [les] trahisons de la Lys et du Canal Albert », c’est parce que nous n’arrivons pas à nous assumer et que la propagande belge nous y aide. Mais pas seulement. Il y a aussi l’autocensure. J’avoue que ce qu’il reste en moi de nationalisme belge a longtemps hésité à parler de la contradiction entre les régiments flamands et wallons de mai 1940, alors que, tout bien réfléchi, croire que faire le silence sur cela c’est ménager les Flamands est faux.

On ne bâtit rien sur les refoulements et les mensonges. Ne substituons pas au mensonge belge un mensonge francophone accroché à une solidarité qui n’est pas assez définie. Il n’y aura de Wallonie ouverte et réconciliée avec elle-même et avec Bruxelles et la Flandre que si nous nous disons la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. C’est ce que j’ai essayé de faire ici même pourtant en rappelant une vérité déplaisante : le fait que les troupes flamandes de mai 1940 ont, non pas toutes certes, mais en grand nombre, et majoritairement, sans savoir ce qu’elles provoquaient chez l’autre peuple, en estimant que ni la Guerre, ni la Belgique n’en valaient la peine, laissé tomber leurs compatriotes wallons face à la Mort, face à Hitler.

« Un événement qui n’est pas raconté n’a pas eu lieu. » Il n’était pas trop tard d’essayer qu’il le soit. Souvent, pour les questions de langue, pour leurs difficultés sociales, pour le fait qu’on ait passé outre à leur avis en 1950 et maintenant parce que nous sommes en difficulté économique, les Flamands nous reprochent nos « injustices », voire même, comme, récemment, un éditorialiste flamand dans Le Soir, nous reprochent de « ne pas connaître leur histoire ». Il y a trop de gens qui considèrent comme acquis le fait que la domination du français en Belgique a été purement et seulement une « injustice ». Il y a trop de gens qui, encore plus absurdement, considèrent que ce sont les Wallons qui l’ont commise. Ecoutez les raisonneurs : pour eux tout cela serait acquis. Cela ne l’est pas !Tant de Wallons croient juste de leur emboîter le pas ! Ils ne savent rien des vraies et claires raisons pour lesquelles les Wallons n’ont pas à se culpabiliser. Ni de ne pas connaître le néerlandais. Ni de subir des difficultés économiques. Ni d’avoir été les principaux « injustes » vis-à-vis des Flamands. Ils ne voient pas que c’est se comporter de manière coupable, comme des vaincus, de n’admettre que les raisons des autres et donc leur pouvoir à la manière pétainiste de juin 1940. Se réconcilier, n’est pas se soumettre, mais se confronter. Cela manque aux Wallons comme aux Flamands. Le 28 mai 1940 (défection des régiments flamands), et le 31 juillet 1950 (tentative de formation d’un gouvernement wallon au cœur de l’émeute), la crise nationale belge se lit bien en deux moments paroxystiques.

Il faudra se serrer la main, mais après une vraie explication.

1. Comme le montre le livre de Ludo De Witte, L’assassinat de Lumumba, Karthala, Paris, 2000.
2. Jean Duvieusart, La question royale, crise et dénouement, Bruxelles, 1975.
3. Léopold III, Pour l’histoire, Racines, Bruxelles, 2001.
4. Le gouvernement provisoire wallon de 1950
5. José Fontaine, Le gouvernement wallon de 1950, in La Cité, mai 1979, Toen Wallonië bijna een Republiek was, in De Morgen, juin 1980, in La Cité, juillet 1990, sous ce même titre dans Les faces cachées de la monarchie belge, TOUDI n° 5, Contradictions n° 65-66, Quenast-Walhain, 1991et l’article Gouvernement wallon de 1950 in l’Encyclopédie du mouvement wallon, Institut Destrée, Namur, 2000, pp. 740-742.
6. Velaers et Van Goethem, Leopold III. Het Land. De Koning, De Oorlog, Lannoo-Tielt, 1994.
7. Philippe Destatte, Ceux-ci se sont battus vaillamment in Les combattants de 40. Hommage de la Wallonie aux Prisonniers de Guerre, Institut Destrée, Namur 1995, pp.9-16, L’identité wallonne, Institut Destrée, Namur 1997, pp. 193-195.
8. Jean Stengers dans Léopold III et le Gouvernement, Duculot, Gembloux, 1980 le souligne fortement, voyez pp.30-31. Il cite le Général Van Overstraeten, Dans l’étau, Paris, Paris, 1960, p.351. Nous reviendrons à plusieurs reprises sur cette appréciation. Livre Blanc publié par le Secrétariat du roi, Bruxelles, 1946 p.144.
9. Jean Van Welkenhuyzen, Quand les chemins se séparent, Duculot Gembloux, 1988, 2e Partie La Vérité Inverse, note 40, p. 395. Il conteste que ce soit des « régiments entiers » comme on le dit en 1940 (voir infra), et parle de batillons. Mais les bataillons constituent des régiments, les régiments des divisions etc.
10. Richard Boijen, De taalwetgeving in het Belgische Leger, Musée royal de l’armée, Bruxelles, 1992. Il estime, p.316 que les lois linguistiques ont toujours été votées à une large majorité par la Chambre et que la différence entre votes wallons et flamands atteint rarement plus que 10% alors que le vote de l’unilinguisme flamand en 1921 comme les lois linguistqiues de 1962 ont, au contraire, votées par une majorité de parlementaires flamands contre pratiquement tous les députés wallons.
11. John Horn, Alan Kramer, 1914, atrocités allemandes, Tallandier, Paris, 2005. Les auteurs donnent un relevé précis de ces atrocités et en particulier celles commises en Wallonie du 5 août au 5 septembre pp. 477-484, calculs qu’il faut corriger par les remarques des auteurs p.96, plusieurs incidents de meurtres de civils ou de destruction de leurs maisons pouvant être plus isolés.
12. Des renseignements à ce sujet peuvent être trouvés dans plusieurs ouvrages comme ceux de Raoul van Overstraeten (sur lesquels nous reviendrons), Henri Bernard, Jean Van Welkenhuyzen, Léopold III, Peter Taghon, Philippe Destatte etc. Mais plus précisément sur l’ordre de bataille de l’armée belge et l’appartenance linguistique des régiments, nous avons consulté Histoire de l’armée belge de 1830 à nos jours, Centre de documentation historique des forces armées, Bruxelles, 198, Tome II De 1920 à nos jours. On y découvre en particulier l’ordre de bataille, p.61, et l’appartenance linguistique de 21 des 60 régiments regroupés dans les 20 Divisions d’infanterie – DI -) p.61, régiments d’active ou de première réserve. Nous avons consulté aussi André L’Hoist La guerre 1940 et le rôle de l’armée belge, Ignis, Bruxelles, 1940, qui donne un aperçu de l’appartenance linguistique des 6 DI d’actives (de 1à 6), des 6 DI de première réserve (de 7 à 12), et des deux divisions de Chasseurs ardennais, soit 42 des 60 régiments d’active. Francis Balace dans Quelle armée pour la Belgique ? in Jours de guerre, ajoute des éléments comme la composition des divisions mixtes (comptant 2 régiments flamands et 1 régiment wallon), telles la 6e DI, la 7e DI et la 18e DI (où les trois régiments de carabiniers sont des régiments wallons). Il fait aussi des remarques sur certains problèmes linguistiques comme ceux du 15e de Ligne ou du 23e de ligne, la conduite honorable des régiments flamands d’artillerie etc. Ces renseignements accumulés sont regroupés aussi par Luc A.Lecleir, L’infanterie, filiations et traditions, Bruxelles, 1973, qui indique l’origine des régiments versés dans les DI en 1940. Nous avons aussi pu vérifier ces informations auprès de l’historien Eric Simon que nous citons dans cet article et qui en signe un autre dans cette revue.
13. Ces positions sont décrites dans plusieurs ouvrages. Celui d’Oscar Michiels (Chef de l’Etat Major Général en mai 1940), 18 jours de guerre en Belgique, Berger-Levrault, Paris 1947, décrit pp. 17-46 diverses positions de l’armée belge avant 1940 et en fin de compte (pp. 40-46) les positions de l’ensemble des troupes de l’armée belge le 9 mai au soir (croquis p. 41). De Fabriebeckers décrit ces positions dans La campagne de l’armée belge en 1940, pp. 70 et suivantes (avec des cartes et schémas à la fin du volume). De même qu’Henri Bernard, Panorama d’une défaite, Duculot, Gembloux, 1984, ouvrage abondamment cité dans l’article sur la bataille de la Lys que nous avons publié dans le numéro précédent de la revue. Enfin Eric Simon dans Coup d’œil sur la campagne de l’ouest (Partie III), évalue Le rapport des forces entre la Heer et l’Armée belge en mai 1940 (la « Heer » est l’armée de terre allemande) dans le Bulettin d’information du Centre Liégeois d’Histoire et d’Archéologie Militaire, Octobre-Dcémebre 2005, Tome IX, fascicule 8, pp. 25-44.
14. Un site internet consacré au 2e Régiment de Grenadiers (7e DI) : http://home.tiscali.be/mertense/gm2.htm, André Vandersande, Les carabiniers au cœur du combat, Collet, Bruxelles, 1985, P.Joseph Schaumans, Oorlogsbevelnissen. De eerste meidagen 1940 – Bruggehoodfd Velwezelt, Itterbeek, 1995 (ce livre est écrit par un sous-officier du 18e régiment de ligne).
15. On lira aussi les réflexions d’Henri Bernard (op.cit.), de de Fabriebeckers (op.cit.), de Philippe Destatte (op.cit.) et les réflexions de Lucien Champion, La guerre du sanglier, Coillet, Bruxelles, 1990, pp.34-35.
16. Luc Devos, La Belgique et la Deuxième Guerre Mondiale, Racine, Bruxelles, 2004, p.79.
17. Luc Devos, ibidem, p.80. Pour ces événements, voir aussi Oscar Michiels, Henri Bernard et Paul Berben et Bernard Isselin, Les panzers passent la Meuse, Laffont, Paris, 1967.
18. Eric Simon ne donne pas de chiffres sur le nombre de soldats qui se rendent mais les considèrent comme appartenant au 33e et 34e de Ligne (13e DI). Le Général Van Overstraten estime que ces deux régiments sont responsables du franchissemnt du canal de Terneuzen par l’ennemi le 23 mai, voir Dans l’étau, Plon, Paris, 1960, p.307 (il ne cite pas le numéro de la division mais par recoupement on peut comprendre qu’il s’agit de la 13e DI). La 13e DI n’est plus signalée par Oscar Michiels (op.cit.), comme participant aux combats.
19. On peut consulter, outre Oscar Michiels (op. cit. p.149), Henri Bernard (op.cit.) Peter Taghon, La reddition de Gand, légende et vérité in Jours de Guerre, n°2, 1991, pp. 115-123 et (ouvrage non consulté) Peter Taghon Gent, mei 1940, Historica, Gand, 1986.
20. Outre Henri Bernard, on doit citer ici le général van Overstraten dans Léopold III prisonnier, Didier-Hattier, Bruxelles, 1986, p. 27 qui accuse non seulement le 15e de Ligne mais aussi le 7e et le 11e de Ligne de la 4e Division.
21. Le Colonel BEM, A. Massart, Historique du 13e de Ligne, Centre de documentation historique des forces armées, Bruxelles, 1982, signale (p.118), la reddition de la 5e Compagnie du 16e de Ligne sur le flanc droit du 13e de Ligne.
22. Général Emile Wanty, Le milieu militaire belge de 1914 à nos jours, Tome II, Musée royal de l’armée et de l’histoire militaire, Bruxelles, 1999, p.255.
23. F.Balace, Fors l’honneur. Ombres et clartés sur la capitulation belge, in Jours de Guerre, t. 4, Jours de défaite, II, pp. 23-24, Crédit Communal, Bruxelles, 1991.
24. Hervé Hasquin, Historiographie et politique en Belgique, Editions de l’ULB et IJD, Bruxelles-Charleroi, 1996, p.203, note 46. Van Welkenhuyzen, op. cit. Duculot, Gembloux, 1988, p.131
25. Luc Devos, op. cit., p. 51.
26. Richard Boijen, De taalwetgeving in het belgische leger, op. cit.
27. Eric Simon, Coup d’œil sur la campagne de l’ouest (Partie III), Le rapport des forces entre la Heer et l’Armée belge en mai 1940, op. cit., p.38
28. C’est ainsi qu’Henri Bernard interprète cet étrange comportement.
29. Robert Devlesshouwer, a écrit : « En 1830, les forces politiques qui font la Belgique n’imposeront sa survie qu’à la condition que l’Europe y consente. Et les puissances finissent par y consentir, à condition que la Belgique soit à nouveau aliénée en partie. Avant son indépendance, elle (si elle était destinée à être) est aliénée par sa soumission à des pouvoirs étrangers qui la gouvernent. Après, elle n’existe que dans la mesure où elle est dépossédée de ses initiatives extérieures. C’est à cette composante négative de son existence qu’Albert Ier (lors de la première guerre mondiale) et Léopold III (lors de la seconde) répondent quand ils s’en tiennent strictement à l’idée que les devoirs de la Belgique l’obligent non à se survivre comme telle, mais à s’acquitter de ses devoirs envers ses garants, devoirs considérés comme limités à la défense militaire de son territoire, dans le sens le plus étroit du terme. Il faut d’ailleurs noter que dans les deux cas, cette interprétation limitée de l’indépendance nationale ne concordait pas avec les réactions d’une partie importante de l’opinion publique. » Quelques questions sur l’histoire de Belgique, in Critique Politique n° 2, Bruxelles, 1979, pages 5-38, p. 24.

Une publication du Centre d’études wallonnes et de République

 

 

 

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gifLa campagne des 18 jours

source wikipedia

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif

La campagne des 18 jours débuta le 10 mai 1940 avec l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes. Elle aboutit à la capitulation du 28 mai 1940.

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Les six premiers jours de la campagne : les panzers passent la Meuse

Campagne des 18 jours
Date 10 – 28 mai 1940

Lieu Belgique
Issue Victoire allemande
Belligérants
Reich allemand
Royaume de Belgique
République française
Royaume-Uni
Pays-Bas
Commandants
Fedor von Bock
Léopold III

 

 

 

La prise d’Ében-Émael et la Résistance des Chasseurs ardennais

En mai 1940, le conflit entre la France et l’Angleterre contre l’Allemagne dure depuis septembre 1939. L’écrasement de la Pologne par l’Allemagne, consommée dès octobre 1939, a entraîné l’alliance du Commonwealth britannique avec l’Empire français. Ces deux puissances engagées dans la campagne de Norvège font de cette guerre ce que l’on appelle déjà la Deuxième Guerre mondiale, alors que, le 9 mai 1940, le Danemark est occupé par l’Allemagne.
Depuis 1936, la Belgique, restée neutre, a profité de sa situation de non-belligérance pour bâtir une défense militaire aussi forte que possible contre l’Allemagne dont on appréhende l’attaque.

La 10 mai 1940, au moment de l’attaque allemande, la Belgique est parvenue à mobiliser un total de 17% de la population masculine de 18 à 40 ans, soit 8% de la population totale du pays. Il s’agit de pourcentages supérieurs à ceux des mobilisations de la France et de l’Angleterre. L’armée belge compte alors 650 000 mobilisés sur pied de guerre depuis septembre 1939 auxquels doivent s’ajouter 50 000 miliciens (conscrits) de la classe de 1940 plus les 40 000 espérés pour 1941 et plus de 200 000 jeunes de 16 à 20 ans dont les sursitaires pour 1939 et 1940 ainsi que 89 000 sursitaires et ajournés des années précédant 1939. Mais la précipitation des événements militaires qui allaient se produire à partir du 10 permit seulement de concrétiser une partie de cette levée en masse dont plusieurs dizaines de milliers de recrues sont envoyées en France avec l’accord du gouvernement de ce pays.

En plus 10 000 gendarmes sur pied militaire viennent s’ajouter aux mobilisés effectifs. En fait, un peu moins de 700 000 hommes sont répartis le long d’un grand arc de cercle qui s’étend de l’Escaut à l’Ardenne sur 500 kilomètres. L’armée belge se compose alors de :
• 6 divisions actives d’infanterie,
• 6 divisions d’infanterie de première réserve,
• 6 divisions d’infanterie de deuxième réserve,
• 2 divisions de Chasseurs ardennais, dont une division motorisée,
• 2 divisions de cavalerie motorisée,
• 5 régiments d’artillerie d’armée,
• 1 brigade de cyclistes frontière,
• 1 brigade de cavalerie portée,
• 2 régiments légers de gendarmerie,
• 3 régiments d’aéronautique,
• 2 régiments de défense terrestre contre avions,
plus les formations de troupes des services d’armée, des services territoriaux et des civils au service de la défense (fonctionnaires du ministère de la Défense nationale, personnel infirmier réquisitionné mais non mobilisé, policiers chargés du maintien de l’ordre à l’arrière).
Au début de ce qui sera la campagne des 18 jours de l’armée belge, se produisent deux faits contrastés qui relèvent des surprises de la guerre. Tout d’abord, le Fort d’Ében-Émael, réputé imprenable est pris le 11 mai, après 24 heures de résistance, grâce à l’emploi de charges creuses utilisées par des parachutistes déposés sur la superstructure du fort par des planeurs remorqués par avion depuis l’Allemagne. La nouvelle de la chute du fort porte un coup terrible au moral de l’armée belge.

À l’autre extrémité du pays, la division des Chasseurs Ardennais manifeste une combativité qui surprend les Allemands. Les Chasseurs ont été créés seulement depuis quelques années par conversion du 10e régiment de ligne considéré comme une des meilleures troupes de l’armée belge, déjà en 1830 et, surtout en 1914-18.

Surprenante résistance : Bodange, Martelange, Léglise, Witry, Chabrehez, Bastogne.

Le 10 mai, dans la nuit, sur la base de renseignements venus des attachés militaires belges et hollandais à Berlin, on sait que l’Allemagne va attaquer les Pays-Bas et la Belgique. L’alerte est donnée. Dans le Luxembourg belge, des mouvements inquiétants à la frontière et au Grand-Duché de Luxembourg confirment le bien fondé de l’état d’alerte. Aussi, le général Keyaerts, commandant en chef des Chasseurs ardennais, donne-t-il l’ordre de procéder, dans toute la province de Luxembourg, aux destructions prévues de longue date pour enrayer toute attaque. À 3 heures 45 du matin, les ponts sautent et les obstacles s’abattent sur les routes, complétant les chicanes construites en des points cruciaux du réseau de communication. En vertu d’une large délégation de pouvoirs qui donne aux Chasseurs ardennais la capacité d’entamer les opérations de la défense avancée de la province s’ils l’estiment nécessaire, le général n’a pas attendu l’ordre du grand quartier général belge. En plus de cette résistance, les Allemands doivent éliminer des barrages érigés par le génie belge, contourner des ponts détruits et construire des passerelles1. Un seul pont, celui de Butgenbach, près de Malmedy, échappe à la destruction à cause de citoyens belges d’origine allemande ralliés à l’Allemagne nazie qui guident un commando allemand qui parvient à désamorcer la charge explosive 2. L’offensive allemande débute alors que l’ambassadeur d’Allemagne à Bruxelles n’a même pas encore présenté l’ultimatum allemand au gouvernement belge.

Quand le jour se lève à Martelange, Chabrehez et Bodange, les Allemands tentent de passer sur des routes sinueuses à deux bandes de largeur parsemées de ponts sautés, d’épais murs et d’entonnoirs et environnées de champs de mines qui rendent dangereuses les tentatives de contournement des obstacles3. A la frontière belgo-luxembourgeoise, une petite compagnie de 50 chasseurs ardennais applique la consigne qui est de tenir la position à la condition de ne pas se laisser encercler. Les chasseurs s’opposent à des blindés précédés par une infanterie d’assaut. Ils résistent4, bloquant la masse des blindés qui accomplissent de ce côté la véritable offensive allemande visant le secteur de Sedan. Les canons des chars n’ont pas raison des massives fermes ardennaises et, pendant huit heures, le commandant Bricard et ses hommes résistent en appliquant la consigne en vertu de laquelle il était ordonné de résister tant qu’on ne recevait pas d’ordre de repli. Et cela même si le silence téléphonique pouvait faire craindre que les lignes soient coupées par l’ennemi. Cependant, les commandants locaux pouvaient prendre sur eux d’autoriser le repli de toute troupe qui se trouverait en risque majeur d’être faite prisonnière. Mais ce n’est qu’après la mort du commandant Bricard que les chasseurs rescapés de Bodange décrocheront pour rejoindre les lignes belges campées en deuxième échelon, au sortir des forêts. De fait, la 1re Division de chasseurs ardennais stationnait tout le long de la frontière, entre la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg, avec des détachements d’artillerie étalés en deuxième échelon en avant de la Meuse. À Martelange, la résistance des Chasseurs sera commémorée, après la guerre, par un monument représentant un sanglier, l’emblème des Chasseurs Ardennais, en position d’attaque.

L’état major allemand, constatant la résistance, pour lui, inattendue, des Chasseurs ardennais, ainsi que les difficultés de franchissement du dédale ardennais parsemé d’embûches (ponts sautés, chicanes sur les routes, etc…) 5 décida d’improviser un raid sur les arrières belges, décision prise par Hermann Göring maréchal de la Luftwaffe dès le 10 mai6. Ce genre d’improvisation -dans le style qu’illustreront les commandos anglais- ne correspondant pas à l’esprit de planification rigoureuse de l’attaque du 10 mai 1940, il en résultera un manque de rigueur face aux imprévus qui empêchera l’opération de réussir à cent pour cent7. Cent avions légers Fieseler Storch sont rassemblés dans des brefs délais. Ce sont des appareils de liaison capables d’atterrir sur des terrains accidentés, comme des champs, mais non prévus pour des missions de transport de troupes en zone de combats. Ils transportent chacun deux combattants en plus du pilote. Il s’agit de prendre les Belges à revers. La manœuvre est baptisée Niwy du nom des localités prévues pour les atterrissages, Nives et Witry. Mais l’opération va échouer partiellement car les avions ne sont pas armés et ne peuvent affronter le feu ennemi.

Aussi, confrontés à des tirs belges venus du sol, plusieurs appareils se déroutent-ils par des manœuvres d’évitement à basse altitude. Il en résulte que plusieurs pilotes sont désorientés et que quelques avions s’écrasent au sol et brûlent en dehors des terrains prévus qui avaient été sélectionnés en étudiant les cartes belges d’état-major que les Allemands possédaient depuis l’avant-guerre. Les rescapés coupent des lignes téléphoniques et arraisonnent des voitures civiles dans le but de se déplacer vers Witry, comme prévu, à l’origine8. Surgissent alors des troupes belges de second échelon de la ligne de défense Libramont-Neufchâteau accompagnées de chars T-15. Les Allemands fuient vers Witry. C’est là qu’arrive une deuxième vague de Fieseler Storch grâce à laquelle les « commandos » allemands peuvent repousser une deuxième attaque belge. Mais le but originel du raid n’est pas atteint, n’ayant pu entraver les itinéraires par lequel les Belges allaient faire retraite. Les « commandos » allemands foncent alors vers Fauvillers pour y joindre les troupes de la Wehrmacht qui venaient de vaincre la résistance des Chasseurs Ardennais de Bodange.

Pendant ce temps, les Français venus du Sud pourront s’installer, les 10 et 11 mai, le long de la Meuse, en territoire belge. Mais ils ne pourront empêcher la traversée du fleuve les 11 et 12 mai. Dans le reste de la province du Luxembourg, les Chasseurs ardennais appliquent la tactique qui leur a été enseignée. Ainsi, dans le sud de la province, après avoir détruit les ponts et créé des obstacles de toutes sortes, ils avaient l’ordre de se retirer en effectuant des tirs de couverture, laissant la place à des unités françaises, en accord avec l’état-major français. À Chabrehez, la résistance ardennaise utilise les fermes et des fortins en béton tout comme à Bastogne où le caporal de réserve Cadi se fait tuer dans son fortin bien qu’un blindé léger des chasseurs soit parvenu à mettre hors de combat quatre chars allemands avec son canon de 74. Dans les autres parties du Luxembourg belge, les feux d’interdiction et les destructions préparées à l’avance retardent l’avance allemande dont les troupes ne pourront se regrouper devant Sedan que les 11 et 12 mai en vue de la percée décisive. Les blindés légers français, étant entrés en Ardenne belge, dès le 10 ont pu reculer en bon ordre, mais en perdant la moitié de leur effectif, devant des panzers supérieurs par le nombre et la qualité de leurs cuirasses.
Finalement, les Allemands ne pourront attaquer vers Sedan que le 12. La résistance des Chasseurs Ardennais et l’échec partiel de l’opération Niwy (Nives-Witry) avaient accordé un léger répit aux Français du général Huntziger du secteur de Sedan.

Les panzers passent la Meuse, la bataille de la Lys

La surprenante résistance de Bodange obligea les allemands, pour réduire cette poignée d’hommes, à mettre en ligne trois mille soldats appuyés par un groupe d’artillerie et cela durant huit heures de combat, alors que les 50 soldats ardennais ne disposaient ni d’armes antichars, ni de leur artillerie divisionnaire (motorisée) qui servait en fait d’appui à la 7e DI en place sur le Canal Albert9. Cette résistance inattendue entraîna un retard d’une journée dans l’application du plan allemand d’attaque des Français à Sedan. Ce n’est que les 12 mai que la Wehrmacht put réussir à pénétrer les défenses de l’armée française des Ardennes qui, pourtant, avait eu deux jours pour se préparer. Aussi, l’attaque des Allemands vers la Meuse (en direction de Sedan et Dinant) leur permettra, en raison de la défense médiocre des divisions françaises en Ardenne et sur la Meuse à Sedan et Dinant de couper les forces alliées en deux en parvenant à Abbeville, sur l’Atlantique, le 21 mai.

Pendant la percée victorieuse des Allemands à Sedan, sur le front belge, le fort d’Ében-Émael tombait après 24 heures à la suite d’une attaque de commandos déposés par des planeurs et utilisant un nouveau type d’explosif. Le sacrifice d’escadrilles belges et anglaises bombardant les ponts du canal Albert ne suffit pas à enrayer l’avance allemande, un pont ayant échappé à la destruction et les Allemands ayant édifié un pont préfabriqué. D’autre part, un pont était tombé intact entre les mains de la Wehrmacht dans le Limbourg hollandais à la suite de la retraite précipitée de l’armée néerlandaise, ce qui découvrait l’armée belge sur sa gauche. Les Chasseurs ardennais participent à ces combats du canal Albert avec leurs propres unités d’artillerie. À ce moment, le plan belge était, depuis l’arrivée du général Champon, envoyé militaire du général Gamelin à l’État-major belge, d’obéir au plan du commandant en chef français. Et celui-ci donne l’ordre d’avoir à se retirer derrière une ligne de défense allant d’Anvers à Wavre où l’armée belge pourrait faire face avec les alliés franco-anglais. Le trou entre Wavre et Namur avec sa position fortifiée, était à combler par des troupes françaises. Une importante bataille de blindés est menée du 12 au 14 mai à Hannut, puis dans les environs de Gembloux. Mais depuis que les panzers ont passé la Meuse en perçant les défenses françaises, il n’y a pas moyen de reconstituer un front continu allié et les Belges se retrouvent isolés à Namur dont la position fortifiée doit être abandonnée par le VII CA belge le 15 mai à la suite du retrait du V CA français commencé le 12 sans prévenir l’État-major belge qui sera mis devant le fait le 1510. Ensuite, les armées française, anglaise et belge ne peuvent tenir la ligne Anvers-Wavre. L’armée belge tient trois jours sur la Dendre, puis effectue le repli vers l’Escaut avec les Français. Il est alors décidé que l’armée belge doit mener une bataille d’arrêt que l’on appellera la bataille de la Lys, (mais certains auteurs militaires belges estiment, comme le fit le général Weygand le 21 mai, qu’il aurait mieux valu se battre sur l’Yser (comme en 1914), coupure plus facile à défendre).

La capitulation du 28 mai, la bataille de Dunkerque

La faiblesse au combat de certaines divisions d’infanterie flamandes et la reddition de certaines d’entre elles expliquent, a posteriori, la crainte de commandement belge de voir la combattivité de l’armée belge se caractériser sur une base wallons-flamands car on pouvait identifier l’appartenance flamande des unités depuis la réforme de 1938 qui scindait l’armée belge selon des critères linguistiques. Il y a aussi, pour expliquer la dureté de la pression de la Wehrmacht, la volonté des généraux allemands pressés de prouver qu’ils peuvent faire aussi bien que leurs collègues du sud avec le « coup de faucille » à travers l’Ardenne.
Le front belge de la Lys est percé au milieu de la journée du 27 mai, au bout de cinq jours de combats. D’autre part, les troupes anglaises abandonnent la droite de l’armée belge pour retraiter précipitamment en vue de se rembarquer à Dunkerque. Dès ce moment, le roi et l’État-major belges se sentent abandonnés, ainsi que le relatera l’attaché militaire anglais auprès du roi Léopold III, l’amiral sir Roger Keyes. Celui-ci attestera qu’il s’est agit d’une manœuvre imposée au général en chef, lord Gort par une décision du gouvernement anglais. Et Keyes de citer une phrase de lord Gort qui mérite d’être appelée une parole historique : « Les Belges vont-ils nous prendre pour des salauds ? »11
Dès ce moment, Léopold III, qui s’estime trahi, envisage de capituler malgré l’opposition de son conseiller militaire, le général Raoul Van Overstraeten (cf. bataille de la Lys). Le roi prévient le roi d’Angleterre par une lettre personnelle qu’il fait porter à Londres et avise le général en chef français de l’armée du nord, le général Jean Blanchard que l’armée belge est au bord de l’effondrement, isolée et bientôt à court de munitions. Le message est capté par le service français d’écoute radio du colonel Thierry12. Paul Reynaud, premier ministre français prétendra plus tard que le roi Léopold III ne prévint pas ses alliés. (Mais c’est Reynaud qui n’était pas au courant de la réalité comme l’a prouvé sa stupeur, le 15 mai, quand il dû reconnaître, devant Churchill qu’il ignorait que le haut commandement français n’avait plus de réserves). Les forts de l’Est de la Belgique, dont certains continuent à combattre, (le dernier – le fort de Tancrémont- Pépinster résiste même jusqu’au 29 mai, par ignorance de l’acte de reddition du 28), seront inclus dans les exigences allemandes par un ordre spécial du roi Léopold III. Celui-ci décide de rester en Belgique, se considérant prisonnier comme ses soldats, contre l’avis du gouvernement qui fait retraite en France (après la défaite française, il gagnera Londres). L’armée belge cesse le combat le 28 mai à 4h. du matin après que le roi ait donné son accord au général Raoul Van Overstraeten pour soustraire à l’emprise allemande les soldats français de la 60e division en les faisant conduire dans des camions belges vers le 16e corps français, à Dunkerque.
Ce qui reste de l’armée belge est capturé en sa quasi totalité, un peu plus de 500 000 hommes. Mais les Français et les Britanniques vont défendre un périmètre autour de Dunkerque jusqu’au 4 juin et gagner cette bataille de Dunkerque qui permettra le rembarquement d’une partie des troupes britanniques et de nombreux Français. Mais les prisonniers seront tout de même au nombre d’un million avec un nombreux matériel. Pour le professeur Henri Bernard, une meilleure liaison avec les Alliés aurait permis à l’armée belge de tenir plus longtemps et de faire passer au Royaume-Uni jusqu’à l’équivalent de 5 ou 6 divisions13.
Bilan
Côté belge, la campagne des dix-huit jours a coûté la vie à environ 6 300 militaires belges, sans compter les blessés négligés par les Allemands et qui décéderont plus tard dans des hôpitaux belges. Le sort des militaires belges ne fut pas certain dès la capitulation, car les Allemands ne savaient pas encore ce qu’ils allaient faire d’eux. Des hommes qui avaient été faits prisonniers pendant les combats étaient parqués dans des camps provisoires mal gardés et éparpillés à travers la Belgique et une notable partie d’entre eux parvint à fuir, surtout tout au début de leur incarcération, 150 000 approximativement. Le reste fit l’objet d’un tri opéré par les Allemands pour sélectionner les hommes qu’ils considéraient comme des spécialistes nécessaires pour faire fonctionner l’industrie, l’administration et les transports en commun du pays occupé qu’ils comptaient bien utiliser à leur profit. À ce titre, un peu plus de 300 000 hommes furent libérés. Parmi eux, un certain nombre d’officiers qui allaient être obligés de pointer régulièrement au siège d’un office de contrôle nommé « OTAD ». Le reste des militaires belges, plus ou moins 215 000, fut transporté en Allemagne, en train ou en bateau. Les officiers furent internés dans les Oflags (Offizierslager), principalement à Prenzlau, Tibor et Luckenwalde. Les autres militaires furent envoyés dans les stalags (Stamm-lager camp de base).
Dans le cadre de la Flamenpolitik, Hitler décida la libération des miliciens, sous-officiers et officiers de réserve néerlandophones. De nombreux miliciens francophones, dont pratiquement tous les Bruxellois, réussirent à passer le test linguistique et perçurent le Entlassungsschein leur permettant de regagner leur foyer. Au total, cette sélection à base ethnique entraîna la libération de 79 114 prisonniers selon un décompte allemand. Mais 30 000 militaires de carrière néerlandophones, y compris des officiers qui manifestaient un patriotisme qui heurtait les Allemands, restèrent prisonniers jusqu’à la fin de la guerre. Il resta donc un peu plus de 105 000 militaires belges dans les camps jusqu’à la fin de la guerre. D’autre part, 770 prisonniers parvinrent à s’évader au fur et à mesure des années et 12 476 malades graves furent rapatriés dans le cadre d’accords patronnés par la Croix-Rouge internationale, mais 1 698 prisonniers moururent en cours d’internement.

source wikipedia

 

 

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

15 janvier 2013

Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Classé sous — milguerres @ 23 h 16 min

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Chronologie de la Seconde Guerre mondiale 

1933 /1945

 

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  • Début des lois anti-juifs en Allemagne avec le boycott des magasins juifs.
  • 30 janvier Hitler est nommé chancelier du 3 ème Reich par le président Hindenburg.
  • 28 février Incendie du Reichstag. Hitler accuse les communistes et fait interdire le parti communiste allemand (KPD).
  • 23 mars Hitler se fait accorder les pleins pouvoirs par le parlement.

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  • 30 juin Nuit des longs coûteaux où les S.A. (Section d’Assaut La Sturmabteilung) sont asssassinés par les S.S. (Sections Spéciales).
  • 2 août Suite au décès du président Hindenburg, Hitler se proclame Reichsführer, chef suprême de l’Allemagne.

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  • Les lois de Nuremberg ôtent la citoyenneté allemande aux juifs et leur interdisant tout contact sexuel avec les allemands de race pure, dite Aryenne.

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  • 7 mars  Remilitarisation de la Rhénanie.
  • Novembre L’axe Rome-Berlin unissant l’Allemagne et l’Italie est proclamé.

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  • Avril Bombardement de Guernica (Espagne) par l’armée Franco aidée de la flotte aérienne allemande (Luftwaffe). Ce bombardement est un vol d’essai pour l’armée aérienne neuve de l’Allemagne nazie.

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2 décembre 2012

La bataille de Coronel (1er novembre 1914)

Classé sous — milguerres @ 16 h 51 min

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La bataille de Coronel (1er novembre 1914)

http://www.naval-encyclopedia.com/pages/vingtieme-siecle/marines/premiere-guerre-mondiale/la-bataille-de-coronel.php

 La bataille de Coronel (1er novembre 1914) bataille-coronel-image

 

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L’escadre Allemande d’extrême-Orient s’apprête à quitter Valparaiso le 3 novembre 1914, après la bataille. (Image TDP – Wikipedia).

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En dehors de l’affrontement à Héligoland, somme toute limité dans ses résutats, la première bataille de Coronel resta la plus grande survenue avant la fin de l’année 1914. Elle avait pour acteur un aristocrate Prussien de la vieille école, devenu un héros national dans son pays après son épopée à l’autre bout du monde: Le comte (Graf) Maximilian Von Spee. Cet homme, né au Danemark en 1861 et qui passa presque toute sa carrière en Afrique était devenu contre-amiral à 49 ans. Il en avait 53 lorsqu’il allait livrer en quelques mois les deux batailles de sa vie. Promu Vice-amiral en 1912 il se vit confier l’escadre d’extrême-Orient, composée de navires pour partie désuets, des croiseurs-cuirassés et croiseurs légers, basés à Tsing Tao, le vieux comptoir commercial Allemand en Chine. En juin 1914, loin des bruits de guerre, l’équipage des deux croiseurs-cuirassés était tout à l’enthousiasme d’une belle croisière dans les eaux turquoise du pacifique sud. Puis par TSF, il se voit demander de revenir à la colonie. Au moment de la déclaration de guerre, tout ce qui n’était pas nécéssaire au combat fut débarqué, et les croiseurs qui en avaient le temps devaient être repeints en deux tons de gris, troquant leur belle livrée coloniale blanche et chamois. Mais le rique était sérieux: l’escadre ne pouvait rester sur place de peur de se voir détruire au mouillage ou retenu et interné en rade par les flottes alliées coalisées, Anglais, Australiens, Russes et Japonais.

Le comte Von Spee, commandant l’escadre Allemande d’extrême-Orient et l’amiral Sir Charles Cradock.

Il prépara l’appareillage d’une partie de son escadre, qui comprenait alors les deux croiseurs-cuirassés de la classe Scharnhorst ( Scharnhorst et Gneisenau ), les croiseurs légers Nürnberg, deux Dresden ( Dresden et Emden ), et le vieux Leipzig. Le reste de l’escadre comprenait des navires de moindre tonnage, quatre canonnières de la classe IItis, et trois canonnières fluviales, les Tsingtau, Otter et Vaterland, le torpilleur S90 et le ravitailleur Titania. Après avoir réuni tous les officiers dans le carré du Scharnhorst qui portait sa marque, il discuta des meilleurs options possible. Il pouvait tenter de rentrer en Allemagne et ajouter ses forces à la Hochseeflotte, mais le rique était bien trop grand eu égard à la proximité de la Grand Fleet et à plusieurs routes étroitement surveillées aux abord de la mer du Nord. Il pouvait aussi tenter d’entreprendre une guerre de corsaire pour affaiblir le trafic allié sur toutes les mer du globe, en particulier dans l’hémisphère sud mal défendu. Cette option semblant la moins risquée et la plus prometteuse, et éventuellement passer le cap Horn et porter la guerre en Atlantique. C’est un véritable convoi de plus de vingt navires qui avait pris forme, en comptant les 5 croiseurs (l’Emden s’était détaché du groupe le 14 août pour livrer sa propre guerre de course dans l’océan indien et faire diversion). Von Spee mesurait les risques pris: Il traversait le pacifique sud, immense, mais à 10 noeuds pour économiser le charbon et il devait rester au rythme des plus vieux vapeurs civils.

Mais à bord des navires Allemands, les marins rêvent d’en découdre. Von Spee confère encore avec les officiers et décide de tenter un raid sur les îles Samoa avec ses deux croiseurs-cuirassés, fraîchement occupée par les Britanniques, où l’on espère trouver quelques bâtiments Anglais au mouillage. Il survient à l’aube du 14 septembre, mais pour constater que la rade d’ Apia est vide et que le drapeau Anglais flotte sur la ville. En dehors d’un bombardement qui nuirait plus à ses concitoyens occupés qu’aux troupes Britanniques, il ne peut envisager sérieusement de reprendre la ville avec ses seules troupes de marines. A contrecoeur, il se résoud à changer de cap et décide de rejoindre Tahiti afin de bombarder Papeete où réside quelques navires Français. Il y parvient le 22 septembre, à l’aube. Les navires Allemands ne sont pas attendus, mais les deux croiseurs-cuirassés doivent manoeuvrer entre les hauts fonds pour se présenter en ligne de bataille, et les Français évacuent la ville et préparent les maigres « batteries côtières » disponibles: Ce sont celles de la canonnière Zélée, un élégant navire mixte, qui ont étées débarquées et placées à terre et camouflées. Elles tirent quelques coups de semonce, mais se taisent pour éviter d’être repérées lorsque les deux bâtiment Allemands répliquent avec leur artillerie lourde. Von Spee pense cette fois faire débarquer une compagnie de marine, étant donné qu’il pense avoir affaire à une faible garnison – ce qui est vrai. Les Français tentent alors de saborder la Zélée en travers de la passe, et celle-ci est coulée, tout en l’obstruant. Les tirs longs tombent dans la ville, en proie à l’incendie. Von Spee se rend compte qu’il ne pourra plus débarquer ses troupes, ravitailler en charbon et en vivres, et se retire.

Son objectif final reste de rejoindre le Chili, de s’y ravitailler, puis de passer le cap Horn avant de s’engager dans une guerre au commerce bien plus fructueuse dans l’Atlantique. Les Britanniques, qui reçurent le signalement de l’escadre après des escales, se préparent donc à lui barrer la route. Laissant le reste du convoi et s’être ravitaillé largement, les trois croiseurs légers Allemands ( Nürnberg, Leipzig, Dresden ), rejoignent les deux croiseurs-cuirassés. Très loin de là, à Port Stanley, aux îles Malouines, une escadre attend les ordres du contre-amiral Sir Christopher Cradock ( qui inspira Hergé pour son fameux capitaine Haddock ). Surnommé le « vieux Gentleman », c’est lui aussi un vieil aristocrate raffiné, que Von Spee avait bien connu personnellement lors de ses escales en temps de paix. Les deux hommes se connaissent et se respectent. Mais chacun à ce moment s’apprête à faire son devoir. L’escadre de Cradock est la seule qui peut s’opposer aux navires Allemands. Elle se compose du croiseur-cuirassés Good Hope, du Monmouth, du croiseur léger Glasgow et du croiseur auxiliaire Otranto. Ce dernier est un paquebot converti en transport, moins rapide que les autres navires de la flotte. Malheureusement, cette escadre comprenait également le vieux cuirassé Canopus, mais ce dernier dont la chauffe est longue, n’appareillera que plus tard. Qui plus est, il ne pouvait faire que 12 noeuds et se fera largement distancer.

Le Scharnhorst – Cliquez p. agrandir.

Cradock est informé depuis le début du mois d’octobre de l’imminence de l’arrivée des Allemands. Il demande alors à l’amirauté des renforts, qu’on lui refuse: Les autres navires doivent êtres gardés en réserve de l’autre côté du Cap Horn, au cas où celle-ci passait en force. Mais l’amiral ne se fait guère d’illusion sur son sort: Il fait creuser un « tombe » dans le jardin du gouverneur des malouines et y dépose ses médailles, sachant que sa sépulture probable serait au fond de la mer. Il rédige son testament, fait ses adieux à sa famille et le landemain, s’embarque sur le Good Hope. Son escadre appareille le 22 octobre, met le cap au sud-ouest, passe le cap Horn, puis met le cap au nord. Il sait alors que les Allemands disposent de deux croiseurs-cuirassés, mais entre-temps l’escadre fut renforcée des trois autres croiseurs. Cela leur donne un net avantage: Le Good Hope dispose sur le papier de pièces plus puissantes ( 240 mm ) mais ils sont anciens et ne peut offrir qu’une salve pour deux Allemandes. Quand au Monmouth, il est l’un des croiseurs-cuirassés les moins protégés de la Royal Navy, une expérimentation malheureuse imposée par des coupes budgétaires. Le Glasgow est assez bien armé et rapide, mais moins efficace dans le gros temps, et enfin l’Otranto n’a presque aucune valeur militaire. Pire, ses navires sont composés d’équipage de réservistes hâtivement mobilisés et insuffisamment formés…

Le 31 Octobre, Von Spee fut avisé par TSF qu’un croiseur Anglais avait été aperçu entrant dans le port de Coronel au Chili. Il rallie alors directement la zone, venant depuis le nord-est du pacifique, et laissant le Nürnberg en arrière, longeant la côte Chilienne en espérant l’intercepter à sa sortie. Le landemain, en fin d’après-midi ( 16h20 ), les guetteurs du Scharnhorst aperçoivent trois bâtiments qu’ils finissent par identifier comme des croiseurs Britanniques. Ce sont le Monmouth et le Glasgow suivi de l’Otranto, qui filent ouest-nord-ouest, rejoints par le Good Hope à 17h20, qui prend la tête de la ligne de bataille, avant de changer de cap et de se présenter sur une route parralèle aux Allemands. Les pavillons de guerre sont dressés aux mâts, et Von Spee prépare ses navires pour la bataille. La mer est alors très agitée, gênant les veilleurs des deux flottes, et la configuration n’est pas nettement à l’avantage des Allemands: Les navires Britanniques viennent en effet du sud, se trouvent au large par rapport aux allemands, venant du Nord et rangés en ligne le long des côtes. Il est alors 18h20. Avec l’obscurité tombante, les Allemands ont encore la lumière du soleil qui aveugle leurs objectifs de télémétrie, tandis que les Britanniques voient encore bien la silhouette métallique des navires se découper sur les falaises sombres du Chili. Von Spee le sait, et n’a de cesse de prendre du champ pour rester hors de portée. les Britanniques se rapprochent, mais avec le soleil couchant, la situation s’inverse: Cette fois les navires Allemands, bas sur l’eau sont plongés dans l’obscurité et se confondent aux falaises, tandis qu’à contrario les navires de Cradock se découpent mainenant en ombre chinoises sur l’horizon, une cible de choix pour les canonniers des deux croiseurs-cuirassés qui passent pour les meilleurs de la flotte.

A 18h34, le Scharnhorst, en tête, ouvre le feu sur le Good hope, tandis que le Gneisenau qui suit immédiatement s’en prend au Monmouth, et le Dresden au Glasgow. Le Nürnberg est encore loin derrière. Cradock aurait espéré pouvoir encore semer les navires Allemands et rejoindre le Canopus, ce qui lui aurait donné un avantage décisif, mais les Allemands se tiennent précisément entre lui et la côte. Le combat tourne rapidement à l’avantage des Allemands qui à la troisième salve mettent HS la tourelle avant du Good Hope. Le Monmouth est également touché, et perdra également sa tourelles avant un peu plus tard. L’Otranto, pour ne pas être une victime inutile, s’éloigne de la bataille. Quand aux deux croiseurs légers qui s’affrontent en queue de ligne, leurs coups ne portent pas du fait de la mer démontée. Le combat devient acharné mais sur les deux croiseurs-cuirassés Britanniques en feu, tous les organes de communication sont détruits. Les chefs de pièces tient au jugé. La distance est maintenant tombée à 6000 mètres et l’obscurié s’est accrue, le tir des Allemands se fait plus dévastateur. L’artillerie secondaire des navires Anglais ne peut entrer en action, car trop basse sur l’eau, elle est condamnée par la houle.

A 19h00, la distance est tombée à 5000 mètres. Von Spee décide de prendre un peu de champ, craignant une attaque à la torpille. Le Gneisenau est d’ailleurs touché sans gravité par le Monmouth (les trois blessés Allemands de la bataille). A 19h20, le Scharnhorst donne le coup de grâce: Un de ses obus s’abat entre les cheminées 2 et 3 du Good Hope qui explose et sombre en quelques instants. Il n’y aura aucun survivant. Comme il le pressentait, le « vieux Gentleman » à suivi son équipage jusqu’au bout… Du côté du Monmouth, les choses ne sont pas bonnes non plus. Il s’éloigne, profitant de la nuit tombante, à faible vitesse.

La bataille inégale est alors proche de sa conclusion. Le Monmouth profite de l’attention reportée un moment sur le Good Hope pour tenter de s’échapper et d’éteinde ses incendies, de même que le Glasgow, à la faveur de l’obscurité. Le commandant de ce dernier proposa alors au Monmouth de le prendre en remorque, mais ce dernier refusa, préférant voir le Glasgow s’échapper plustôt que de risquer d’être pris tous les deux en mauvaise posture…. A 20h50, le Monmouth tente de gagner la côte à petite vitesse, la coque fumante et criblée de trous béants donnant de la bande. C’est alors que le Nürnberg qui vient de rejoindre la bataille, le découvre mais est incapable de le reconnaître. L’équipage, plutôt que d’abattre le pavillon pour se voir recueillir, décident de lutter jusqu’au dernier homme. Ils n’ont presque plus de canon qui ne soit hors d’usage mais braquent un de leurs projecteur sur leur pavillon de guerre. Le Nürnberg ouvre alors le feu à bout portant et achève le navire Britannique qui sombre rapidement. Lui non plus n’aura aucun survivant: Les Allemands se défendront plus tard de leur non-assistance en plaidant l’impossibilité de les secourir de nuit, dans le gros temps, et craignant la venue possible de renforts… Après ce désastre, il ne restait plus qu’un seul navire de l’escadre de Cradock, hormis l’Otranto, jugé insignifiant. Il s’agissait du Glasgow, touché cinq fois mais sans gravité, et qui entama une longue boucle afin de se rabattre sur la route du Canopus qui arrivait.

Les deux navires ne trouveront pas Von Spee dans l’obscurité, et l’escadre Allemande se repliera sur Valparaiso. Le comte sabra le champagne au carré des officiers du Scharnhorst tandis que le Schnaps coulait à flot pour les matelots fous de joie: Pour la première fois depuis plus d’un siècle, la Royal Navy essuyait une défaite sur mer. Celle-ci était d’autant plus cinglante que l’escadre entière n’avait que trois blessés à déplorer. Quant aux avaries, elles pouvaient êtres réparées en quelques heures… Pour ce faire, il fit escale à Valparaiso du 2 au 3, respectant les 24 heures réglementaires pour tout belligérant dans un port neutre, aprés avoir fait le plein de charbon et de vivres. Toutefois Von Spee regrettait de n’avoir pu retrouver le Glasgow et parachevé son travail et craignait toujours les 305 mm du Canopus qui le cherchait. Il entamera alors une prudente course au commerce dans le pacifique sud, renonçant provisoirement à passer par le cap Horn.

Du côté Britannique, c’est la stupeur: Le 2 novembre, toutes les manchettes de journeaux font leur une sur la disparition de l’escadre du cap Horn et de son célèbre amiral. La chambre des communes est agitée, exige des explications de l’amirauté. Mais celle-ci à changé d’état d’esprit depuis que Lord Fisher a été nommé – la veille de la bataille – premier lord de la mer à la place du vieux prince de Battenberg. Avec sir Winston Churchill, il décide de « reprendre les choses en main ». En effet, Von Spee menace les routes du nitrate du Chili (vital pour les obus anglais) et de la viande d’Argentine, qui fournit la moitié des besoins de la population. La suite, c’est la « bataille des malouines ».

 

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30 novembre 2012

Les Batiments de la Royal Navy

Classé sous — milguerres @ 23 h 38 min

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Les Batiments de la Royal Navy

source : http://www.naval-encyclopedia.com/premiere_guerre_mondiale/pages/royal_navy/royal_navy.htm

Les Batiments de la Royal Navy gbHMS Dreadnought ( 1906 )

dreadnought

Le HMS Dreadnought, en vieil Anglois « invincible », est de ces navires qui ont marqué l’histoire. En l’occurrence celles des marines militaires, puisque tous les traités navals font référence à son lancement. Il y eut un « avant » et un « après » Dreadnought.

En effet ce cuirassé fut le premier à porter le concept à un niveau très supérieur. Depuis la Gloire Française, frégate cuirassée de 1859 et le premier cuirassé mixte de haute mer, le Warrior, son rival Britannique de 1860, qui fut le premier cuirassé à coque en acier de haute mer. Puis ce fut l’invention et la généralisation des tourelles Coles, remplaçant les canons en sabords et en batteries orientables, introduits par le HMS Captain de 1870. Ce fut encore la disparition progressive des voiles en 1880, l’arrivée en 1885 des premiers cuirassés à vapeur seule, les révolutions dans les machines à vapeur, de plus en plus complexes, jusqu’aux standards des cuirassés « pré dreadnought » que construiront toutes des les grandes Nations maritimes entre 1890 à 1906. Invariablement, ceux-ci disposaient en général de quatre pièces de 305 mm en tourelles doubles, assortis de canons de 203 ou 254 mm et presque toujours de pièces secondaires de 152 à 106 mm, panachées par des canons « revolver » à tir rapide, antitorpilleurs, de 76, 57, 47, 37 et 20 mm, sans parler des tubes lance-torpilles. Ils étaient en outre symétriques de l’avant à l’arrière, marchaient au charbon, mesuraient 135 mètres au plus, pour 22 à 25 de large, 15 000 tonnes, et filaient péniblement 16 à 18 noeuds…

La génèse du Dreadnought mériterait un ouvrage à elle seule, mais il était clair que ce conservatisme des cuirassés semblait inamovible au début du siècle. Toutefois, un nouveau genre de bâtiment apparu en 1890 semblait gagner des suffrages: Le Croiseur cuirassé. Hybride parfait, il joignait les qualités de rapidité propres au croiseur, bien supérieures au cuirassé, tout en possédant un armement imposant, et le blindage suffisant pour résister au feu de leurs congénères… De plus ces navires venaient de s’illustrer au cours de la guerre Russo-Japonaise, et également auparavant au cours de la guere Hispano-Américaine, ou ces navires furent mis en vedette et prouvèrent leur efficacité.

Au début du siècle, les Britanniques construisaient de très puissants croiseurs dont l’armement commençait à être inquiétant même pour les cuirassés, comprenant un assortiment de canons de gros calibre répartis en 6 tourelles et plus, comme le Defence ou le Minotaur Britanniques. L’Italie, qui avait toujours étée également pionnière en techniques navales, recherchait de son côté des solutions. Un ingénieur, et aussi théoricien, le Colonel Vittorio Cuniberti, avait proposé à l’amirauté Italienne dès 1903 un projet de « cuirassé rapide » armé seulement de 6 tourelles doubles de gros calibre. Son projet, d’abord rejeté, fut publié néanmoins dans le Jane’s Fightning Ships à l’intention des Britanniques. L’idée plut considérablement à Jackie Fisher, le premier Lord de l’Amirauté, qui s’empressa de commander une étude. Celle-ci donna rapidement un plan de construction, et le Dreadnought fut finalement mis en chantier en octobre 1905 à Portsmouth, et lancé le 10 février 1906, un record de rapidité inégalé.

Cuniberti vit son plan finalement avalisé par l’Italie, qui construisit ses 4 cuirassés de la classe Regina Elena selon le principe modifié de Cuniberti. Il s’agissaient encore de cuirassé classiques, mais rapides, et pourvu d’une très puissante artillerie secondaire en tourelles. Mais le Dreadnought restera le premier de cette nouvelle génération de cuirassés, qui à l’époque étaient le centre d’une flotte, l’étalon de sa puissance. Avec le Dreadnought, la Royal Navy, qui avait déjà une supériorité numérique et technique écrasante, creusait encore la distance sur le plan technologique, laissant loin derrière le reste du monde, contraint de s’aligner avec un retard qu’elle mit à profit pour constituer la plus grande force de dreadnoughts jamais vue, en 1914. Ce navire, sur le plan technique était en effet radicalement différent des précédents cuirassés de la classe Nelson, mis en chantier plus tôt mais lancés en juin et septembre 1906. Ces derniers avaient en effet seulement deux tourelles de 305 mm, contre 5 pour le Dreadnought. En revanche, le Nelson avait 6 tourelles doubles et simples de 254 mm, plus rapides que les 305 et de portée presque égale. Enfin, les Nelson parvenaient à filer 18 noeuds contre 21 pour le Dreadnought. Mais surtout, le Dreadnought n’avait que 10 pièces de 76 mm en dehors de ses grosses pièces, illustrant à merveille ce concept de bâtiment « monocalibre ».

Le HMS Dreadnought fut accepté en service en décembre 1906. Dès lors, il fut le modèle sur lequel s’appuyèrent deux autres classes de cuirassés dreadnoughts, les Bellerophon et les St Vincent. Leur disposition d’artillerie, superstructures et dimensions étaient similaires. Cette puissante artillerie, avait pour corollaire un accroissement des dimensions, et ces nouveau cuirassés passaient de 130 à 160 mètres de long pour toujours 25 de large, avec un rapport hydrodynamique plus favorable, et surtout 18 000 tonnes contre 15 000 auparavant. Cette disposition d’artillerie, jugée meilleure que pour les Nelson précédents, leurs donnaient une puissance de feu de 6 pièces en chasse, 8 en retraite, et 8 en bataille en ligne.

La carrière opérationelle du Dreadnought fut de 15 ans, puisqu’il fut démoli en 1921. D’abord navire amiral de la 4e escadre de bataille, il servit en mer du Nord au sein de la Home Fleet et parvient à couler le submersible U29 du Commandant Weddingen en mars 1915 en l’éperonnant… Ils reçut une refonte l’année suivante et servit au sein 3e Battle Squadron de Sheerness, recevant 24 puis 27 pièces de 76 mm, dont certaines antiaériennes, puis de nouveau au 4e Battle squadron de la Grand Fleet, jusqu’à l’armistice. Il ne participera pas à la bataille du Jutland, et fut versé en réserve à Rosyth en 1919.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 18 110 t, 21 845 T PC, 160,6 x 25 x 9,4 m

 Propulsion  2 hélices, 2 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock & W, 23 000 cv. et 21 n. max.
 Blindage  Ceinture 280, Batterie 280, Barbettes 280, tourelles 280, blockhaus 280, ponts 76mm.
 Armement  10 canons de 305 mm (5×2), 10 canons de 76mm, 5 TLT de 457mm ( SM ).
 Equipage  773

 

 

 

 

gbCuirassés Classe Bellerophon ( 1907 )

bellerophon

Suivant immédiatement le Dreadnought ( mis en chantier sur les mêmes plans en décembre 1906 pour le Bellerophon, à Portsmourth; en janvier et février 1907 pour le Superb et le Temeraire, à Elswick et Devonport ), ces navires étaient des « clones » ayant quelques différences mineures d’aménagements. Ainsi, ils reçurent un grand mât tripode devant leur cheminée arrière, tandis que leur défense fut améliorée par le remplacement de leurs petits 76 mm par des 402 mm plus à même de répondre à des destroyers. Cet armement se complétait par 4 canons de parade de 47 mm, tirant à blanc et qui furent enlevés en 1914. eur blindage de ceinture était légèrement dégarni mais un compartimentage et blindage interne anti-torpilles ajouté.

Ils furent tous trois achevés en février et mai 1909. En 1915, les pièces de 102 mm situés sur les toits des tourelles, jugés trop exposés, furent enlevés et replacés dans la superstructure, leurs mâts supérieurs raccourcis et ils reçurent une nouvelle installation radio. On leur ajouta 2 pièces, de 102 et 76 mm AA. Les lourds et inutiles filets antitorpilles furent enlevés, le tube lance-torpille de proue également, les plates-formes de projecteurs également, remplacés par d’autres mieux protégés et fermés. En 1918 ils reçurent sur deux tourelles des plates-formes de lancement pour un Sopwith Pup de chasse et un Sopwith 1/1/2 Strutter de reconnaissance. Ils n’étaient pas récupérables et devaient atterrir sur des terrains ou dans des champs de la côte, ou bien amerrir dans le pire des cas.

Leur carrière se déroula ainsi: Le Bellorophon fut affecté au 1er Battle Squadron, et subit une collision avec le HMS Inflexible, puis une autre avec un cargo en août 1914. Il combattit à Jutland en mai 1916, tout comme le Superb et le Temeraire. Le Superb fut en outre le navire-amiral qui cingla aux Dardanelles pour une novelle action de grande envergure en novembre 1918. Le Temeraire servit en méditerranée jusqu’en 1918. Il devint plus tard un navire-école, tandis que le Superb, versé à la réserve devint un navire-cible en 1920, désarmé. Il fut démoli en 1923, et les deux autres en 1921.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 18 800 t, 22 102 T PC, 160,3 x 25,6 x 8,3 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock et Wilcox, 23 000 cv. et 20,75 n. max.
 Blindage  Ceinture 250, Batterie 130, Barbettes 230, tourelles 280, blockhaus 280mm, ponts 100 mm.
 Armement  10 canons de 305 mm (5×2), 16 canons de 102mm, 3 TLT de 457mm ( SM flancs et poupe ).
 Equipage  733

 

 

 

 

 

gbCuirassés Classe St Vincent ( 1908 )

stvincent

Les St Vincent furent construits dans un temps record, sur les plans des précédents Bellerophon, repris du Dreadnought. Ils avaient cependant des mâts supérieurs plus hauts, une meilleure puissance motrice, et une coque légèrement plus longue comme moins profonde, plus hydrodynamique. Par ailleurs, leurs canons de 305 mm étaient du nouveau modèle Mk.XI, calibre 50, critiqué après-coup pour sa propension à un recul excessif, mettant à mal la longévité de l’affût. Les critiques restaient les mêmes concenant le poste de direction du second mât, handicapé par la fumée de la première cheminée, et que l’on supprima. Le St Vincent, fut comme le Collingwood, lancé en 1908 et le Vanguard en 1909. Ils furent opérationnels en mai 1909, et février-avril 1910 pour les deux autres. En 1914, on réduisit la hauteur des mâts supérieurs et supprima les deux canons supérieurs de la tourelle avant. En 1916 on enleva leurs filets antitorpilles et ils reçurent deux déflecteurs de fumée sur leurs cheminées. En 1915 ils reçurent deux canons de 76 mm AA, remplacés par un de 102 mm en 1917. Par ailleurs, leur TLT de poupe fut enlevé et on leur ajouta deux plates-formes pour un Strutter et un Pup en 1918.

Leur carrière se déroula sans fait notable, si ce n’est la perte du Vanguard en 1917. Le Colingwood avait subi des dommages importants en 1911 suite au heurt d’un rocher au large du Ferrol, en Espagne. Il participera à la bataille du Jutland et sera versé à la réserve en 1918, servant de navire-école avant d’être démoli en 1922. Le Saint Vincent eut une carrière similaire. Enfin, le Vanguard participa également à la bataille du Jutland, sans subir de dommages ni de pertes. En revanche, il était à l’ancre le 9 juillet 1917 à Scapa Flow lorsqu’une mauvaise manipulation d’obus tourna au drame. Une immense explosion disloqua et pulvérisa sa coque et le navire sombra en peu de temps, emmenant avec lui dans la mort 804 hommes, tout son équipage.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 19 560 t, 23 030 T PC, 163,4 x 25,6 x 8,5 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock et Wilcox, 24 500 cv. et 21 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 250, Batterie 200, Barbettes 230, tourelles 280, blockhaus 280mm, ponts 75 mm.
 Armement  10 canons de 305 mm (5×2), 20 canons de 102mm, 3 TLT de 457mm ( SM flancs et poupe ).
 Equipage  718

 

 

gbCuirassés Classe Colossus ( 1910 )

colossus

Le Neptune avait à son lancement en 1909 tracé un nouveau sillon d’éxpérimentation en matière de répartition de l’artillerie principale, avec les 5 tourelles ventilées toujours en une avant et deux arrières dans l’axe et cette fois les deux centrales en quinquonce. Leur mise en chantier chez Scott et Palmers en 1909 procédait aussi de la rumeur qui faisait état de la mise en chantier secrête de nouveaux dreadnoughts par Guillaume II. Winston Churchill, qui était alors à la tête du bureau de commerce s’en prit violemment à l’amirauté. Il fut l’auteur du fameux « we want eight and we won’t wait » ( nous en voulons huit ( dreadnoughts ) et nous n’attendrons pas ). Finalement le cabinet libéral, qui jusque là temporisait et désirait garder un budget naval serré dut plier et alamré à son tout par le rapprt de l’intelligence service, mettre en chantier 6 autres cuirassés dont les deux premiers furent le Colossus et le Hercules.

On conservait à la fois le nombre et le calibre des pièces précédentes, mais avec la disposition en quinquonce du Neptune. On vait ausi fait la chasse au poid superflu et éliminé la passerelle située entre la seconde cheminée et le rouf arrière. Les tourelles centrales étaient également plus rapprochées, ce qui dégageait un arc de tir pour les pièces légères. On adopta également des tubes lance-torpilles de 533 mm pour la première fois et la protection de ceinture fut largement amélioriée, ceci sur la même coque que le Neptune, un casse-tête pour les ingénieurs. En 1912 la cheminée avant fut réhaussée, en 1915, on enleva leurs pesants filets antitorpilles et en 1917 on enleva leur plate-forme temporaire de décollage sur leur tourelle arrière, de même que les mâts furent raccourcis, le mât tripode arrière enlevé, et deux pièces légères AA rajoutées.

Après un début de carrière sans histoires le Colossus combattit à Jutland et y fut le seul dreadnought Anglais endommagé, encaissant deux obus avec 5 victimes. En 1919 il servit de navire-école et fut repeint en livrée Victorienne ( Coque noire, superstructures blanches et toile manillée ). Il fut désarmé en 1928. Le HMS Hercules entra en collision avec un vapeur en 1913 mais fut réparé avant la guerre. Il participa à la bataille de Jutland avec la 6e division, puis embarqua la commission navale alliée à Kiel en novembre 1918 et fut désarmé en 1921.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 20 225 t, 23 050 T PC, 166,4 x 25,9 x 8,8 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock et Wilcox, 25 000 cv. et 21 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 250, Batterie 250, Barbettes 230, tourelles 280, blockhaus 280mm, ponts 100 mm.
 Armement  10 canons de 305 mm (5×2), 16 canons de 102mm, 3 TLT de 533 mm ( SM flancs et poupe ).
 Equipage  755

 

 

 

 

 

 

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gbCuirassés Classe Orion ( 1910 )

orion

Construits au plan d’urgence de 1909 ce quatre cuirassés innovaient par leur artillerie principale portée au calibre de 343 mm. Ce dernier apportait toute satisfaction sur de nombreux points: Il surclassait les calibres Allemands par la portée et la force de frappe, tout en conservant, avec un arrangement d’artillerie avec 5 pièces en ligne, une bordée latérale satisfaisante. Avec les quatre Orion, la Home Fleet devenait une fois encore la maîtresse du jeu. La classe comptait les Orion, Monarch, Conqueror et Thunderer ( mis en chantier en mars 1910, lancés en 1911 ( août 1910 pour l’Orion ) et achevés en 1912 ( janvier pour l’Orion, novembre pour le Conqueror ).

L’implantaion de leur mât tripode, doté d’un nouveau type de direction de tir destiné à connaîre le succés, derrière la cheminée avant ne se justifiait que par la facilité qu’il ofrait pour disposer les grues levant les embarcations de sauvetage. Concrètement, la fumée des cheminées nuisait à sa visisibilité. De même les superstructures autour de la cheminée avant furent repensées peu avant la guerre. La protection sous-marine n’avait pas pu être renforcée par l’ajouts de ballasts latéraux ( sinon par un compartimentage plus élevé sous la ligne de flottaison ), afin de préserver la hauteur métacentrique du bâtiment avec une vitesse inchangée.

Ces quatre bâtiments firent partie de la Grand Fleet, plus précisément au sein de la 2e escadre de ligne, et combattirent au Jutland en mai 1916 sans pertes, mais deux eurent à subir des collisions avant la guerre. On les débarrassa en 1915 de leurs filets antitorpilles et leurs mâts furent réduits, et après Jutland, on renforca leur blindage de soutes à munitions, et on les équipa de plates-formes pour avions. L’Orion fut le navire-amiral de Leveson lors de la bataille du Jutland. Ils furent désarmés en 1922-25 du fait du traité de Washington, le Thunderer devenant un navire-école jusqu’en 1926.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

22 200 t, 25 870 T PC, 177,1 x 27 x 7,6 m

 Propulsion 4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock et Wilcox, 27 000 cv. et 21 n. max.
 Blindage Ceinture 300, Batterie 250, Barbettes 280, tourelles 280, blockhaus 280mm, ponts 100 mm.
 Armement 10 canons de 343 (5×2), 16 canons de 102, 4 de 37, 3 TLT de 533 mm ( SM lat. et arrière ).
 Equipage 752

 

 

 

 

 

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gbCuirassés Classe King Georges V ( 1911 )

king_georges5

Ces 4 puissants Dreadnoughts, King Georges V ( KGV ), Centurion, Audacious et Ajax, dérivaient des Orion, mais intégraient également les leçons retenues par les essais des croiseurs de bataille Lion et Princess Royal. Le design restait classique, avec cinq pièces en ligne et des superstrucures bien dégagées, de hautes cheminées étroites, un poste de tir à l’abri des fumées, et une artillerie secondaire toujours légères ( pièces de 102 mm ) groupées à l’avant bien que l’on ait envisagé des 152 mm. La principale innovation résidait dans les nouvelles munitions développée pour les pièces de 343 mm, des obus à charges additionnelle plus lourds, ce qui augmentait leur portée. Ils furent mis en chantier à Portsmouth, Devonport, Cammell Laird et Scotts en janvier-février 1911, lancés en octobre-nov. 1911 et mars-septembre 1912, et acceptés en service en nov.1912 ( KGV ) et mars ( Ajax ), mai ( Centurion ) et novembre 1913 ( Audacious ). Paradoxalement, ce retardataire fut coulé tôt dans la guerre ( le 27 octobre 1914, après 11 mois ), et fut la seule perte de la classe.

En 1915 les trois survivants reçurent deux pièces de 102 mm de DCA sur le pont à l’avant, mais enlevés à cause de leur inutilisation en cas de gros temps. En 1917, les mâts furent modifiés, devenant tripodes, tandis les projecteurs étaient protégés dans des tours blindées. La passerelle était agrandie et les filets supprimés. Le HMS KGV fut affecté à la 2e escadre de ligne, et reçut le titre de navire-amiral de la Home Fleet pour un temps. Il fut ensuite celui de la 2e escadre. Sa carrière fut sans histoires notables. Après la guerre, il survécut jusqu’en 1926 comme navire-école, puis désarmé et démoli en raison du respect du traité de Washigton. Le HMS Ajax versé à la 2e escadre combattit au Jutland. Fin 1918, il entra en méditerranée et rejoignit la flotte Britannique de la mer noire qui appuyait les troupes coalisées contre les Bolchéviks. Il resta ensuite à Gibraltar jusqu’en 1924 et fut vendu peu après.

Le HMS Centurion de son côté commença sa carrière en épreronnant un infortuné cargo Italien pendant ses essais. Réparé, il intégra la 2e escadre pour le restant de la guerre. En 1919, il rejoignit le HMS Ajax en mer noire, puis rejoignit Portsmouth après 1924 pour y être transformé en navire-cible. Il effectua cette tâche jusqu’en 1941, toujours à Portsmouth. Il passa en chantier pour servir de leurre naval, équipé de plaques de tôles et de bois soudées et camouflé pour ressembler au super-dreadnought HMS Anson en 1942, puis fut transféré en Inde, et revint ensuite à Suez par le canal. Il y fut ancré jusqu’en 1944 comme batterie flottante antiaérienne. Il fut ensuite remorqué jusqu’en Normandie pour y être sabordé en eaux peu profondes et servir de jetée de fortune pour le port artificiel de Mullberry, le 9 juin 1944. Le HMS Audacious fut naturellement affecté à la 2 escadre de ligne. Il vint heurter deux mines du champ de Lough Swilly. Bien que ses cloisons étanches firent merveille, l’eau continua à s’infiltrer lentement, et la dégration du temps empêcha des manoeuvres de remorquage. Il sombra donc le 27 octobre 1914.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

23 000 t, 25 700 T PC, 182,1 x 27,1 x 8,7 m

 Propulsion 4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock et Wilcox, 31 000 cv. et 21 n. max.
 Blindage Ceinture 300, Batterie 250, Barbettes 280, tourelles 280, blockhaus 280mm, ponts 100 mm.
 Armement 10 canons de 343 (5×2), 16 canons de 102, 4 de 47, 3 TLT de 533 mm ( SM lat. et arrière ).
 Equipage 782

 

 

 

 

gbCuirassés classe Iron Duke ( 1912-13 )

iron_duke

Les 4 cuirassés de cete classe ( Iron Duke, Marlborough, Benbow et Delhi – plus tard Emperor of India ), furent mis sur cale à Portsmouth, Devonport, Beardmore et Vickers en 1912 ( deux en janvier, deux en mai ). Ils naquirent non des idées de Sir John Fisher, qui quita son son poste de permier lord de la mer en 1910, mais de l’amirauté, qui sous la pression des amiraux praticiens des exercices souhaitaient une approche moins dogmatique que les partisans de l’école « vitesse et artillerie lourde exclusive ». On réintroduisit en effet les pièces de 152 mm dans la batterie secondaire, celles de 102 mm étant jugées trop faibles, et on adopta les tubes lance-torpilles de 533 mm comme un nouveau standard. Pour le reste, ces bâtiments s’inspiraient des King Georges V, de par leur dispostion d’artillerie, mais passaient à une tonnage voisin des 30 000 tonnes, avec une vitesse légèrement supérieure à 21 noeuds. Leur artillerie principale ne changeait pas.

Par ailleurs, on renforça leur poste de direction de tir, devenu un organe essentiel de contrôle, agrandi et soutenu par un solide tripode. Ils furent aussi les premiers cuirassés équipés de pièces antiaériennes, les « 12-pounders » ( 76 mm ). Très longues, ces pièces étaient destinées à abattre les Zeppelins. Le HMS Iron Duke effectua ses essais avec des filets antitorpilles, enlevés rapidement et jamais adoptés par les autres navires de sa classe. La configuration de leur batterie secondaire faisait que toutes les pièces sauf deux étaient à l’avant, et les deux arrières, furent vite considérés comme trop basses et inefficaces dans le gros temps ( on les retira pendant la guerre, et elles furent reportées sur la batterie supérieure ). Ces barbettes avaient d’ailleurs un nouveau type de bouclier intégral renforcé qui fut adopté aussi sur le HMS Tiger et les cuirassés de la classe Queen Elisabeth. On renforca également leur blindage léger après la bataille du Jutland, autour des projecteurs, du pont et des soutes à munitions. En 1918, leur tour de réglage de tir fut considérablement agrandi et leur mât raccourci tandis que l’on posa les plate-formes pour avions sur les tourelles centrale et seconde avant.

Leur carrière se déroula sans suprise au sein de la Grand Fleet. Il furent achevés en 1914, et mis en service en mars, juin, octobre et novembre 1914. De ce fait, leurs équipages n’étaient pas encore bien entraînés au début de la guerre, mais néammoins, ces puissants navires étaient le fer de lance de la Royal Navy. Le HMS Iron Duke fut d’ailleurs le navire-amiral général de la Grand Fleet, jusqu’en novembre 1916. Il combattit au Jutland avec la 2e escadre de ligne, et après la guerre, fut envoyé en 1919 en méditerranée, puis passa en mer noire pour soutenir les Russes Blancs, jusqu’en 1920. Il servit ensuite dans l’escadre de l’Atlantique Nord jusqu’en 1929 avant de se voir réformé suite aux limitations du traité de Washington et converti radicalement en 1930 comme navire-école. Désarmé partiellement, débarrassé de son blindage et ses machines bridées pour une vitesse effective de 18 noeuds, il servit pour l’instruction jusqu’en 1939. Basé à Scapa Flow, il servit ensuite de ponton, totalement désarmé. Le 17 octobre 1939 il subit une attaque aérienne Allemande et fut endommagé. Réparé et laissé à l’ancre, il ne fut démoli qu’en 1946. Les trois auntres unités de la classe servirent au Jutland – Le Marlborough y fut torpillé et réparé en trois mois – en Atlantique et en méditerranée après la guerre. Ils furent réformés en 1929-32.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 25 000 t, 29 560 T PC, 189,8 x 27,4 x 9 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock et Wilcox, 29 000 cv. et 21,3 n. max.
 Blindage  Ceinture 300, Batterie 250, Barbettes 250, tourelles 280, blockhaus 300, ponts 65 mm.
 Armement 10 pièces de 343 mm (5×2), 12 de 152, 2 de 76 AA, 4 de 47, 4 TLT de 533mm ( SM flancs ).
 Equipage  1022

 

 

gbCuirassés Dreadnought classe Queen Elisabeth ( 1913-15 )

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Le HMS Queen Elisabeth en mai 1916. ( cliquer p. agrandir ).

La célèbre classe Queen Elisabeth marquait encore un nouveau jalon dans l’ère des cuirassés: Procédant de l’expérience acquise progressivement avec les Orion, puis les King Georges V, et enfin les Iron Duke, l’amirauté souhaitait en 1912 entamer une nouvelle série de 4 bâtiments toujours armés de 10 pièces de 343 mm, un peu plus rapides et mieux protégés. Mais à l’époque des renseignements concernant les chantiers Allemands, Américains et Japonais faisaient état de projets de bâtiments armés de pièces de 14 inches ( 356 mm ). Afin de sauter directement au stade supérieur et de donner toujours une marge d’avance à la Royal Navy, l’amirauté commanda aux arsenaux Elswick, grands fournisseurs des canons de marine Anglais, la possibilité de fondre des pièces de 381 mm. La réponse étant positive, un design fut préparé en urgence autour de celui déjà créé, basé sur les Iron Duke. La principale différence résidait dans les quatre tourelles, au lieu de cinq, largement recentrées pour compenser leur poids.

La coque des ces QE était ainsi un peu plus longue ( pour améliorer l’écoulement hydrodynamique ), plus large de 20 cm à peine, avec un tirant d’eau inférieur de 20 cm. Le déplacement faisait par contre un bond de 2400 tonnes. Ceci résultait largement de l’adoption, une première mondiale, d’une chauffe au mazout intégrale. On abandonnait définitivement le charbon, sale et volumineux. L’espace gagné résultait de ce choix, mais aussi de l’abandon de la tourelle centrale au profit de nouvelles chaudières. Au final, et en accord avec les théories de l’académie navale qui voyait alors l’utilité de cuirassés rapides plutôt que des croiseurs de bataille sur les ailes de la flotte, on tablait sur une vitesse de 25 noeuds pour 27 000 tonnes, et sans sacrifier le blindage. Le gouvernement fit le choix du tout-pétrole après avoir levé les objections concernant la facilité d’approvisionnement du charbon, extrait en Angleterre, et celle du pétrole, venant d’Orient et d’extrême-Orient avec la définition d’une nouvelle politique diplomatique et industrielle, notamment de partenariats avec la Malaisie et l’Iran. Désormais, l’Angleterre allait accroître sa présence en asie et au moyen-Orient. Quatre cuirassés étaient initialement prévus, mais en fin de compte, les avantages obtenus par la Malaisie lui firent financer en « cadeau » un cinquième bâtiment, élégamment nommé par l’amirauté HMS Malaya. ( « Malaisie » ).

Les Quatre autres étaient, dans l’ordre de mise en chantier, le HMS Queen Elisabeth et le Warspite ( Portsmouth et Devonport, octobre 1912 ), le Valiant et le Barham ( Fairfield et John Brown, janvier et février 1913 ), le Malaya étant commandé chez Armstrong en octobre 1913. Le programme de 1914 prévoyait un sixième cuirassé, l’Agincourt, mais il fut rapidement annulé. Ces navires n’adoptaient toujours pas les chaudières à tubes étroits dont ils auraient tiré parti pour des raisons de simplification, et au final, le déplacement fut trop important pour atteindre les vitesses spécifiées. Les deux premiers cuirassés ( et le Malaya ) optaient pour les turbines Parsons et des chaudières Babcock & Wilcox, et les deux autres pour des turbines Brown-Curtis et des chaudières Yarrow, mais aux essais ils ne purent atteindre les 25 noeuds spécifiés, mais 24 en portant les chaudières au rouge, avec 72 000 cv pour une chauffe normale en donnant 56 000. Avec 23 noeuds cependant, ils laissaient sur place tous les cuirassés construits jusqu’ici, exception faite des Ise Japonais, qui illustraient également ce nouveau concept de « cuirassé rapide ».

Le Queen Elisabeth avait à son achèvement une batterie secondaire de 16 pièces de 152 mm, dont quatre au niveau du rouf arrière. Mais il apparut que comme sur les Iron Duke, elles souffraient trop de la violence des bordées de la tourelle arrière supérieure, et furent enlevées pour êtres replacées au niveau du rouf avant, de part et d’autre de la cheminée arrière. Les autres furent achevés avec une batterie latérale de 12 pièces et deux de plus sur le rouf central. Ils furent lancés en octobre et novembre 1913, octobre et novembre 1914, et avril 1915 pour le Malaya, et acceptés en service en janvier, mars, octobre 1915 et février 1916 ( Valiant et Malaya ). Incontestalement ils étaient le fer de lance de la Royal Navy et furent très largement employés. Leur présence au Jutland sauva d’une destruction certaine les croiseurs de bataille de David Beatty. Leur rapidité, leur excellente protection et leur puissance de frappe marquaient un incontestable progrès, mais c’est surtout la précision de leur tir qui époustoufla les Allemands, et ce malgré les critiques concernant la piètre qualité des détonateurs d’obus. Après la célèbre bataille, on les équipa d’horloges montées sur les mâts, de déflecteurs, de projecteurs supplémentaires en tourelles, et d’un blindage additionnel au niveau des barbettes, et en 1915-16 on équipa le Warspite et le Valiant de plaques de métal soudées aux mâts et cheminées selon un schéma de camouflage destiné à tromper les directeurs de tirs Allemands. En 1918, ils reçurent deux plate-formes pour avions.

Le Queen Elisabeth fut envoyé dès son entrée en service aux Dardanelles. Il revint à Scapa Flow le 26 mai 1915, joignant la 5e escadre de ligne. En mai 1916, il subit un passage en cale sèche à Rosyth, ratant du même coup la célèbre bataille de jutland. Il fut ensuite converti en navire-amiral jusqu’en février 1917 et en septembre 1917, porta peu de temps la marque de l’amiral Américain Mayo. C’est à son bord que fut signé l’acte de capitulation de la flotte Allemande le 15 novembre 1918. Le Warspite entra en service au sein de la 5e escadre de la Grand Fleet, à Scapa Flow. Il fut victime d’un heurt avec un récif, puis d’une collision avec le Barham. Il participa à la bataille de jutland, encaissant 15 coups au but de gros calibre, les machines en partie inondées et le gouvernail bloqué, à la merci de la ligne Allemande, il échappa par miracle à la destruction, ce qui lui valut des réparations à Rosyth. Sorti de chantier en juillet 1916, il entra en collision avec le Valiant et fut de nouveau indisponible jusqu’à la fin septembre. On l’envoya ensuite en méditerranée en 1919, puis il revint en métropole.

Le Barham était affecté également à la 5e escadre de ligne. Il subit des réparations à Cromarty après être entré en collision avec le Warspite, mais prit part au Jutland, encaissant 5 coups au but de gros calibre, dont deux critiques, continuant ses tirs jusqu’à la fin. Il connut des réparations et deux autres passages en cale sèche jusqu’à la fin de la guerre. Le Valiant de son côté, détaché à la 5e escadre, participa au Jutland sans prendre de mauvais coups, mais avec une grande efficacité de tir. Le 24 août 1916 il entra en collision avec le Warspite, fut réparé, et servit après la guerre en Atlantique et en méditerranée. Le Malaya enfin, présent dans la 5e escadre, participa au Jutland sans subir de gros dommages. Ses réparations furent achevées début juillet 1916, mais il y retourna du fait d’une collision avec le destroyer HMS Penn au moment de la cessation des hostilités. Il prit d’ailleurs à son bord les membres de la commission alliée de désarmement en Allemagne. Il effectua ensuite une tournée triomphale en Inde et en Malaisie. Il servit ensuite en atlantique et méditerranée. Tous ces bâtiments furent modernisés et même totalement refondus une ou deux fois et participèrent très activement à la seconde guerre mondiale, s’y forgeant une légende. Connaissant un destin assez exceptionnel, ils furent très populaires dans la Royal Navy et restent les plus célèbres cuirassés Anglais jamais construits ( Voir aussi Navis2GM ).

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 27 500 t, 31 500 T. PC, 196,8 x 27,6 x 8,8 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines, 24 chaudières, 56 000 cv. et 23 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 330, coffrage 150, Barbettes 250, face tourelles 330, blockhaus 280, ponts 330 mm.
 Armement  8 canons de 381 (4×2), 14 de 152, 2 de 76 AA, 4 de 47, 4 TLT de 533 mm ( SM flancs ).
 Équipage  951

 

 

 

royalnavyCuirassés dreadnoughts classe Revenge ( 1916 )

Le HMS Revenge en 1916.

La classe Revenge ( ou Royal Sovereign ) succédait immédiatement à la célèbre série des Queen Elisabeth, mais l’amirauté voulait un type de cuirassé plus économique, tout en gardant la même puissance de feu, et en ne sacrifiant pas la protection. C’est la vitesse qui devait être en fait l’élément sacrifié ( 21,5 noeuds ) , en tablant sur des machines plus modestes avec moins de chaudières, et une chauffe revenue au charbon/mazout. Le résultat final était pourtant une vitesse de pointe de 23 noeuds, grâce avant tout à l’excellence des nouvelles turbines et à des dimensions moins généreuses mais un tonnage finalement à 28 000 tonnes en standard, soit autant que les Queen Elisabeth. Le programme de 1913, du fait de coût d’étude et de construction réduits, tablait d’abord sur 5 cuirassés, dont trois ( Ramillies, Resolution et Revenge à Beardmore, Palmers et Vickers ) furent mis sur cale en novembre-décembre 1913 et les deux autres ( Royal Oak, Royal Sovereign à Devonport et Portsmouth ) en janvier 1914. Trois autres bâtiments, nommés Renown, Repulse et Resistance furent ordonnés au titre du plan de 1914 mais deux furent suspendus et un annulé le 26 août 1914.

Le design fut en fait modifié en court de route ( janvier 1915, alors que le Resolution était sur le point d’être lancé ) sur les autres bâtiments, en revenant à la solution du tout-pétrole et à une puissance finale plus élevée que prévue, une autonomie augmentée par l’ajout 400 tonnes de mazout du fait de l’espace gagné ainsi que le replacement des canons de 152 mm à l’arrière du rouf du pont de batterie sur le rouf supérieur de part et d’autre de la cheminée. Les autres pièces en barbettes étaient à environ 6 mètres de la ligne de flottaison, et également sujets à des voies d’eau et à la rouille malgré leurs jointures en caoutchouc. Cette configuration en barbettes fut la dernière. Sur les croiseurs de bataille qui suivirent, cette artillerie était en tourelles ou réhaussée et sous masques. En mars 1915, non encore lancé, le Ramillies reçut à titre expérimental des ballasts ( le terme français impropre pouvant décrire les « Bulge » Anglais ). Ces derniers avaient une forme parfaitement étudiée pour diminuer la traînée hydrodynamique, mais avaient pour fonction de remplacer les pesants filets anti-torpilles de manière satisfaisante, ces derniers ne servant qu’au mouillage. Ces « Bulges », partiellement remplis de bois, comprenaient des centaines de tubes remplis de mazout, d’eau ou d’air, censés restreindre l’effet de l’explosion d’une torpille au niveau de la ligne de flottaison. Son poids additionnel était de 2500 tonnes et ils rajoutaient 2,10 m à la largeur totale du bâtiment. La déperdition de vitesse aux essais fut sensible, mais inférieure aux prévisions.

Ces navires furent lancés successivement en novembre 1914 ( Royal Oak ), janvier, mars, avril 1915 ( Resolution, Royal Sovereign, Revenge ), et septembre 1916 ( Ramillies, modifié en cours de route avec des « Bulges » ). Ils furent acceptés en service après essais en mars ( Revenge ), mai ( Royal Oak et Royal Sovereign ), décembre 1916 ( Resolution ) et mai 1917 ( Ramillies ). Ce dernier, en plus de l’adaptation des « bulges », subit en effet de graves dommages à son gouvernail lors de son lancement et ses réparations furent longues. Ces navires faisaient d’ailleurs appel à une nouvelle cofiguration en la matière, avec deux gouvernail axiaux, le second plus petit étant susceptible de fonctionner manuellement en cas de défaillance du premier. Il fut jugé peu utile et démonté lors des mises en cale sèche de ces bâtiments. Avec un haut point métacentrique, les Revenge étaient encore de bonnes plate-formes de tir mais avaient tendance à « embarquer » légèrement lors de changements de cap serrés. Cette gîte devenait excessive sur le Ramillies, alourdi par ses bulges, notamment par gros temps.

Leur blindage était mieux réparti, notamment avec une protection directe du pont principal, une meilleure protection des blindages de soutes à munition et de salle des torpilles, des installations améliorées de pompage et de protection en cas de voies d’eau, et ce qui se faisait de mieux et de plus récent en matière de direction de tir, différenciée pour l’artillerie principale et secondaire. Du fait de leur arrivée relativement tardive en opération, les Revenge eurent une carrière plutôt modeste durant la grande guerre:

Le Ramillies entra dans la 1ere escadre de ligne de la Grand fleet, comme les autres bâtiments de la classe. Rien de notable n’est à retenir de ses missions durant ce temps. En 1918, il reçut comme les autres des déflecteurs et des projecteurs additionnels, ainsi que deux plate-formes pour avions installés sur les tourelles B et X. En 1920, on l’envoya à Izmid durant la guerre Gréco-Turque, puis il servit en Atlantique en 1924 au sein de la 2e escadre. Il subit une refonte avant la seconde guerre mondiale auquelle il participa acivement.Le Resolution ne fut affecté à la 1ere escadre de ligne qu’en décembre 1916. En 1919 il était à la 2e escadre servant en Atlantique, puis en 1920 devint le navire-amiral de la flotte Anglaise à Gibraltar. Il servit également durant la seconde guerre mondiale après une refonte partielle, comme les autres unités de la classe, moins privilégiés que les Queen Elisabeth plus anciens.

Le Revenge était affecté à la 1ere escadre dès mars 1916. il combattit ainsi au Jutland, recueillant le vice-amiral Burney à la suite du torpillage de son navire, le cuirassé Marlborough. Il fit également feu sur un Zeppelin. Il porta la marque de l’amiral Madden, du commandement en second de la Grand Fleet. Il fut ensuite envoyé aux côtés du Ramillies en méditerranée lors de la guerre Turco-Grecque après la guerre. Il servit ensuite en Atlantique. Le Royal Oak combattit au Jutland, sans dommages. Il fut affecté en 1919 à la 2e escadre de la flotte Atlantique. Il fut l’une des permières pertes importantes de la Royal Navy en octobre 1939 après son torpillage par l’U47 du commandant Prien. Enfin le Royal Sovereign rata de peu la bataille du Jutland, mais servit dans la Grand fleet jusqu’en 1919, avant de rejoindre la 2e escadre en Atlantique. Il prit part à la seconde guerre mondiale, et en 1944 fut transféré à l’URSS, prenant le nom d’Arkhangelsk. ( Voir navis2GM ).

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

28 000 t, 31 000 T. PC. 190,3 x 27 x 8,7 m

 Propulsion 4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock & Wilcox, 40 000 cv. et 23 n. max.
 Blindage Ceinture 330, coffrage 150, Barbettes 250, tourelles 330, blockhaus 280mm, ponts 50 mm.
 Armement 8 canons de 381 (4×2), 14 de 152, 2 de 76 mm AA 4 de 47, 4 TLT de 533 mm ( SM lat. ).
 Equipage 997


 

 

Cuirassé dreadnought HMS Erin ( 1913 )

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Le HMS Erin en 1916.

En tant que constructeur de navires réputé de longue date, la Grande-Bretagne, à travers ses chantiers Vickers et surtout Armstrong, à reçu commande de plus d’une dizaine de cuirassés dreadnoughts après la construction du premier en 1906. Sur ce total, seuls quelque-uns ont étés délivrés, la guerre imposant ses priorités. L’empire Ottoman, en guerre contre la Grèce en 1911-12 et voyant ses intêréts menacés par les Russes en mer noire, souhaitait rester dans la course et moderniser sa flotte, jusqu’ici équipée de deux pré-dreadnougts Allemands anciens, et de bâtiments encore plus obsolètes. Courant 1911, des pourpalers s’engagèrent, puis une commande ferme auprés de Vickers pour deux dreadnoughts établis sur un cahier des charges assez large, l’ingénieur en chef Thurston présentant un design de compromis entre le King Georges V et l’Iron Duke. Le premier, Reshad V, plus tard Reshadieh, devait être suivi d’un second ( Reshad-i-Hamiss ), finalement annulé en 1912 lorsqu’apparut la possibilité de racheter aux brésiliens le Rio de Janeiro alors en chantier chez Armstrong ( renommé Sultan Osman-I ).

Ce dernier fut réquisitionné en août 1914 et intégré à la Royal Navy comme HMS Agincourt. De son côté le Reshadieh, mis en chantier en août 1911, fut lancé le 3 septembre 1913 et était achevé au moment de l’attentat de Sarajevo. Dès lors que l’Empire Ottoman avait clairement basculé du côté de la triple alliance, Winston Churchill alors premier lord de l’amirauté décida de le réquisitionner en même temps que le Sultan Osman I. Le Reshadieh fut ainsi incorporé, alors qu’il effectuait ses essais, à la Royal Navy sous le nom de HMS Erin. Ayant un coque plus courte que les cuirassés Britanniques, mais plus large, sa maniabilité était d’autant plus grande et il était plus léger de 2000 tonnes. Son autonomie était par contre inférieure, bien qu’il fusse prévu pour une utilisation en méditerranée, et il fut en fin de compte employé à bon compte en mer du Nord. Sa tourelle centrale avait été réhaussée et était d’autant moins sensible aux embruns, et la haute coque donnait également aux barbettes une meilleure efficacité dans le gros temps. C’était aussi le premier bâtiment de ligne Anglais à arborer cette proue en croissant améliorant la tenue en mer, reprise systématiquement par la suite.

Ces qualités réunies en firent une bonne acquisition pour la Royal Navy, qui l’employa largement. Quand au gouvernement Turc, cette double réquisition acheva de monter son hostilité envers les Britanniques, ce qui fut illustré lors de l’âpre résistance qu’elle opposa aux Dardanelles. En 1917, l’Erin passa en cale sèche et reçut de nouveaux télémètres, des déflecteurs et des projecteurs additionnels, et en 1918, deux plates-formes pour avions furent installées sur les tourelles B et Q. En septembre 1914, l’Erin était affecté à la 2e escadre de ligne de la Grand Fleet responsable du secteur Atlantique. Il fut détaché au Firth of Forth le temps de participer à la bataille du Jutland, ou il fit feu, fut légèrement touché, mais sans victimes. Il devint le navire-amiral de la flotte de réserve à Scapa Flow en 1919 mais fut démoli dès 1922 du fait des limitations du traité de Washington. La Royal Navy préférait logiquement des bâtiments récents de classes homogènes – les Queen Elisabeth et les Revenge -. Quand à la sublime porte, elle se consola en adoptant l’ex-croiseur de bataille Allemand Goeben, devenu Yavuz.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 22 800 t, 25 250 T PC, 170,5 x 28 x 8,7 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 15 chaudières Babcock & Wilcox, 26 500 cv. et 21 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 300, ceinture 300, coffrage 200, barbettes 250, tourelles 280, ponts 75 mm.
 Armement  10 canons de 343, 16 canons de 152, 6 de 57, 2 de 76 mm AA, 4 TLT de 533 mm SM.
 Équipage 1070

 

 

 

 

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gbCuirassé Dreadnought HMS Agincourt ( 1913 )

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Le HMS Agincourt en 1914. ( cliquer p. agrandir ).

Ce navire singulier au destin mouvementé avait à l’origine été un dreadnought commandé par le Brésil sous le nom de Rio de Janeiro afin de contrer l’Argentine qui venait de commander aux USA ses deux dreadnoughts de la classe Riachuelo. Les deux Minas Gerais étaient en leur temps les plus puissantes bâtiments de guerre du monde, le Brésil souhaitait don rééditer la chose et dès la conception le nouveau dreadnought donnait dans la démesure. Rien de moins que 30 000 tonnes à pleine charge, plus de deux cent mètres de long, et surtout une batterie en ligne de 14 pièces de 305 mm, soit quatre de plus que le standard de l’époque. Il fut commandé aux chantiers Armstrong. Un changement de gouvernement intervint cependant en cours de design, et le navire fut mis en chantier en septembre 1911 mais annulé par la nouvelle majorité. En juillet 1912, le gouvernement qui avait subi une crise économique sérieuse cherchait à le revendre.

Le navire resta en vente alors que sa construction se poursuivait. Il fut lancé le 22 janvier 1913. Finalement, le Rio fut achevé en février 1914, au même moment la Turquie qui sortait de la guerre des Balkans privée d’un certain nombre de bâtiments cherchait à contrer les Grecs avec un nouveau cuirassé. C’est ainsi que le grand navire devint le Sultan Osman I. En août 1914 il était en achèvement et fut réquisitionné par l’amirauté pour la Grand Fleet. Cette réquisition rendit furieux le gouvernement Turc et participa à leur décision de rejoindre la triple alliance des empires centraux. Le nom fut une nouvelle fois changé, cette fois définitivement, pour HMS Agincourt, du nom d’une célèbre bataille de la guerre de cent ans.

L’Agincourt était singulier à plus d’un titre et ne fut pas particulièrement apprécié par l’amirauté. D’une part, ses 14 pièces de 305 mm étaient d’un modèle spécifique ( et les tourelles nommées selon les jours de la semaine ), et non au standard, ce qui posa des problèmes d’entretien. D’autre part la protection avait étée sacrifiée pour éviter un surpoids, mais la vitesse n’était que de 22 noeuds. Ensuite, toutes ces ouvertures et ces magasins et mécanismes de chargement fragilisaient la structure de la coque. De plus, En contrepartie de la formidable volée qu’elle pouvait offrir en bordée, on ne pouvait les faire tirer en même temps de crainte de provoquer un tel roulis que le navire risquait de chavirer… L’officier de tir qui commandait le « Gin palace » ( surnom de la pleine bordée latérale dans la Royal Navy ) décalait légèrement leur feu, qui restait inégalé. En chasse comme en retraite, 4 pièces d’un calibre déjà dépassé ( 305 mm ) n’était pas une prodige et restait en deçà des capacités des nouveaux Dreadnoughts Britanniques et Allemands contemporains. Au final, l’Agincourt resta un prototype, qui combattit au sein de la Grand Fleet. On le vit au feu au Jutland, tirant 144 obus. Les observateurs Allemands crurent lors de ses salves qu’il s’agissait de l’explosion d’un croiseur de bataille tant l’effet était saisissant. Il fut ensuite modifié, équipé de DCA tandis qu’il perdait ses lourdes passerelles centrales et son mât tripode arrière afin de gagner en stabilité. Il fut réformé en 1921 et démoli en 1922.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 27 500 t, 30 250 T PC, 204,7 x 27,1 x 8,2 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 22 chaudières B&W, 34 000 cv. et 22 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 230, Batterie 200, Barbettes 230, tourelles 300, blockhaus 300mm, ponts 65 mm.
 Armement  14 canons de 305 (7×2), 20 de 152, 12 canons de 76 ( 2 AA ), 3 TLT de 457mm (poupe, flancs).
 Équipage  1115

 

 

 

 

gbCroiseurs de bataille classe Invincible ( 1907 )

invincible

-Les premiers croiseurs de bataille:
Les croiseurs, naturellement plus rapides que les pesants cuirassés, ont toujours étés vus comme des navires à la « pointe de l’épée », comparés à de la cavalerie légère – toute proportion gardée – sur un champ de bataille classique. Le premier cuirassé monocalibre, le Dreadnought, n’avait-il pas été influencé lui-même par les croiseurs-cuirassés développés par Cuniberti?… De plus, une continuité au sein de la Royal Navy voyait chaque nouvelle classe de cuirassés secondée par une nouvelle classe de croiseurs-cuirassé, avec les mêmes avancées et dispositions d’artillerie, comme les Minotaur par rapport aux Nelson. Il ne pouvait donc en être autrement avec les nouveaux Dreadnoughts.

Dés l’annonce de la mise en chantier du HMS Dreadnought, les discussions allèrent bon train entre l’amiral Fisher et les bureaux d’études des chantiers. Ce dernier, après la démonstration de la guerre Russo-Japonaise, avait rallié à ses vues le reste de l’amirauté. Selon lui, le vitesse était le facteur déterminant, et les croiseurs-cuirassés trop lents. La vitesse était une bien meilleure protection « active », en mettant le navire à l’abri des coups ennemis, que la protection passive, le blindage, hormis celle – classique – déployée contre submersibles, torpilleurs et destroyers.

C’est sur ces postulats que fut créé le concept de « croiseur de bataille », pour bien marquer la rupture et en même temps la continuité avec les précédents croiseurs-cuirassés. Car effectivement, contrairement à ces derniers, ces nouveaux bâtiments seraient pourvus du même armement monocalibre que les Dreadnoughts, mais en contrepartie d’une vitesse supérieure, n’offriraient aucune protection aux coups adverses, sauf des pièces relativement légères ( comme les 152 mm, le standard des croiseurs légers de l’époque ). La portée de ses grosses pièces les mettaient à l’abri des autres types de croiseurs aussi rapides, et cette même vitesse leur permettaient de se dérober aux coups des cuirassés, mais aussi de les « harceler » grâce à leur grande mobilité. Le concept de vitesse comme protection active fut très prospère au sein des Etats-majors du monde entier, et les croiseurs de bataille ne connurent un bémol qu’après l’étude à froid de leur ultime moment de vérité, la Bataille du Jutland.

Trois pays seulement auront le loisir de construire ce type de bâtiment, et contrairement aux cuirassés, les croiseurs de bataille seront bien moins nombreux. Les Britanniques en mettront en ligne 16 ( le dernier, le Hood, étant lançé en 1920, et démontrant 21 ans plus tard définitivement sa vulnérabilité aux yeux du monde en étant volatilisé par les coups du Bismarck ), les Allemands 7, les Japonais 4. La France prévoyait les siens -conçus par Durant-Viel au plan de 1912 -, pas avant 1916, les Américains en 1922. Après le traité de Washington, ce type de navire ne semblait plus intéresser les amirautés, mais le concept fit encore florès pour les fameux « tin-clad cruisers », les croiseurs en fer-blanc, eu égard à leur protection dérisoire… Au début de la seconde guerre mondiale, les croiseurs de bataille n’étaient plus que trois en service, les autres ayant étés convertis en porte-avions. Ils étaient de toute manière surclassés par les nouveaux cuirassés rapides, et par l’aviation de combat, comme le prouva le perte du Repulse, quelques mois après le Hood.

-Conception et carrière des Invincible:
Les Trois Invincible, mis en chantier à Fairfield, Clydebank et Elswick, de février à avril 1906, furent lancés début 1907 et achevés en juin 1908 ( Indomitable ), octobre 1908 ( Inflexible ) et mars 1909 ( Invincible ). Mais les plans finaux révélèrent des navires qui n’étaient pas des clones légers et allongés du Dreadnought, mais plutôt des croiseurs-cuirassés d’un nouveau genre. Certes, ils avaient les mêmes tourelles -allégées- que le Dreadnought, mais 8 pièces de 305 mm au lieu de 10. De plus, au lieu d’être étagées en ligne, une disposition ultérieure, les tourelles centrales étaient en quinconce, une disposition reprise sur les cuirassés Neptune puis Colossus. Théoriquement, cette disposition en échelon permettait une bordée complète des 8 pièces, bien que leur angle de tir soit limité, et 6 en chasse comme en retraite.

La conception de ces navires prit du temps, tout comme leur construction. Ils coûtaient en outre 50% plus chers que les précédents croiseurs-cuirassés classe Minotaur, mais remplissaient parfaitement le cahier des charges et obtinrent d’excellents résulutats lors de leurs essais. Les critiques à leur endroit furent postérieures, et propres à l’ensemble de la catégorie. Une confusion était entretenue dans les amirautés. Armés avec de grosses pièces, et jusque dans leur dénomination, ils étaient intégrés dès le départ au sein de la ligne de bataille, avec les cuirassés, alors que leur vrai rôle était celui, classique des croiseurs: Faire la guerre au commerce et la chasse aux navires plus petits. Ils n’avaient jamais étés conçus comme des cuirassés rapides mais furent utilisés comme tels.

Leurs machines étaient très puissantes, assorties de pas moins de 31 chaudières B&W ou Yarrow. Ils atteignaient 25,5 noeuds, soit 2,5 de plus que les derniers croiseurs-cuirassés. Quelques modifications ultérieures les affectèrent. Successivement, tous trois virent leur cheminée avant réhaussée, des capotages en toile venir protéger leurs pièces légères sur le toit des tourelles, et en 1914, l’enlèvement de leurs filets antitorpilles et le rajout de directeurs de tir. Plus tard, ils se virent équipés d’une pièce antiaérienne de 76 mm, puis on réduisit laurs mâts supérieurs, puis enleva leur mât supérieur avant, rajouta des plates-formes pour avions sur les tourelles qui reçurent un blindage additionel, comme les toits et flancs des agasins à munitions, suite à l’expérience de Jutland, en mai 1916.

L’Invincible subit une collision avec le submersible C13 en 1913. Au moment de la déclaration de guerre, il était à Queenstown, pour empêcher une sortie Allemande. Puis il revint sur la Humber, participa le 28 à la bataille de la baie d’Héligoland, fut ensuite détaché avec l’Indomitable aux Falklands, aux ordres du Commodore Sturdee, et prit part à cette seconde bataille des Falklands en novembre 1914, vengeant la destruction de l’escadre de Sir Cradock en coulant les croiseurs-cuirassés Scharnhorst et Gneisenau du vice-amiral Von Spee, pivots de l’escadre Allemande du Pacifique. Après une courte refonte à Gibraltar, I’invincible fut détaché à Rosyth, constituant avec ses deux jumeaux le 3e Battlecruiser Squadron. En mai 1916, de nouvelles modifications, puis des exercices de tir à Scapa Flow suivis d’une changement d’affectation ( la troisième escadre de croiseurs de bataille ), furent ses derniers moments avant la légendaire bataille de Jutland.

Portant la marque du contre-amiral Horace Hood, l’Invincible engagea les croiseurs légers Allemands venus en éclaireurs, Pillau et Wiesbaden, les mettant hors de combat, puis croisa le fer avec le croiseur de bataille Lützow, lui infligeant deux sévères coups au but. Mais bientôt le Derfflinger l’encadra, et toucha l’Invincible 5 fois, le dernier impact étant fatal: Il fit sauter sa tourelle latérale et provoqua un incendie explosif alimenté par la poussière de cordite accumulée dans le puit à munitions. L’incendie se transmit immédiatement à la soute elle-même et une gigantesque explosion s’ensuivit, rompant en deux sa coque. L’Invincible sombra rapidement, entraînant dans la mort presque tout son équipage.

L’Indomitable, qui interrompit des essais pour emmener le Prince de Galles à Montréal, servit dans la Home Fleet. Il fut ensuite transféré avec l’Invincible en méditerranée, subit quelques modifications à Malte en juin 1914. Ils participa en août à la chasse au Goeben et au Breslau Allemands, échappés de Port-Saïd, puis aux bombardements des forts des Dardanelles. Il fut ensuite de retour à Rosyth, et engagé en janvier 1915 dans la bataille du Dogger Bank, encardrant de ses tirs le Blücher, finalement coulé par le Queen Mary. Il parvint même à détruire un Zeppelin avec deux coups au but des ses pièces de 305 mm en hausse maximale!… Il remorqua le HMS Lion à Rosyth, gravement endommagé. Peu après, l’Indomitable fut lui-même victime d’un incendie, rapidement mâtrisé, provoqué par un court-circuit électrique. Après une courte refonte, ils fut détaché à la Grand Fleet, et participa à la bataille de Jutland, touchant successivement les Derfflinger et Seydlitz et endommageant le cuirassé Pommern. Le reste de sa carrière fut assez calme, détaché au 2e battlesquadron jusqu’en 1919, date de sa mise en réserve. Il fut démoli en 1922.

L’Inflexible subit des dommages au cours d’essais de tirs, puis de l’explosion d’une barge à charbon. Il porta la marque de Sir Edward Seymour lors de sa viste à New York fin 1909. En 1911, il entra en collision avec le Bellerophon, et réparé, il fut affecté ensuite en méditerranée, portant la marque de l’amiral Milne et servant de quartier-général de la Flotte. Il participa à la chasse aux Goeben et Breslau dans les heures suivant la déclaration de guerre, et après une refonte, fut envoyé aux Falklands, combattant et détruisant l’escadre de Von Spee. En 1915, envoyé en méditerranée, il remplaçait l’Indefatigable, bombardant les forts des Dardanelles. Il subit des coups au buts Turcs, perdant deux canons de 305 mm le 18 mars, et fut frappé le landemain par une mine, l’obligeant à rompre le combat et à être remorqué pour des réparations à Malte. De retour à Rosyth, il participa à la bataille de Jutland, sans subir de dommages. Puis ce fut une longue inactivité et sa participation à la courte « bataille de l’île de mai » en février 1918. Il fut mis en réserve en 1920 et démoli deux ans plus tard.

Caractéristiques: 

 Déplacement & Dimensions

 17 373 t, 20 080 T PC, 172,8 x 22,1 x 8 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 31 chaudières Babcock et Wilcox, 41 000 cv. et 25,5 n. max.
 Blindage  Ceinture 150, Batterie 180, Barbettes 180, tourelles 180, blockhaus 250mm, ponts 65 mm.
 Armement  8 pièces de 305 (4×2), 16 de 102, 7 ML Maxim 7,62, 4 TLT de 533 mm ( SM ).
 Equipage  784

 

 

 

 

gbCroiseurs de bataille classe Indefatigable ( 1907 )

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Le HMS Indefatigable en novembre 1914.

Cette seconde classe de croiseurs de bataille au plan de 1908 était calquée sur celle du Neptune au plan de l’armement. Par contre ils reprenaient la configuration de blindage des Invincible, et leurs défauts. La construction de ces trois navires en un temps réduit avait aussi pour justification de fournir deux navires de ligne pour l’escadre du pacifique, le HMAS Australia et le HMNZS New Zealand. Ils firent l’objet de quelques éxagérations aussi bien de la part de Sir Jonh Fisher au plan de la puissance de feu que de Fred T. Jane dans sa revue pour le blindage. En fait ils n’étaient ni plus rapides, ni mieux armés. La longueur additionelle de la coque navait pour justification que de pemettre une bordée latérale, contrairement aux Invincible. La première configuration de ce navire faisait état d’une cheminée avant de même hauteur que les autres, mais pour des raisons évidentes de gêne occasionée par la fumée, celle-ci fut réhaussée pendant le essais, et en achêvement sur les deux autres. Le problème était identique avec le poste de contrôle de tir du tripode arrière, et il fut démonté pendant la guerre sur les trois navires.

Le HMS Indefatigable fut mis sur cale en 1909, lancé en 1909 et achevé en avril 1911 tandis que le HMAS Australia était délivré en juin 1913 et le HMNZS New Zealand en novembre 1912. Ce dernier reçut un canon AA de 76 mm et un 57 mm. Les deux autres reçurent un canon de 76 mm AA en mars 1915. Ils reçurent après Jutland un certain nombre de modifications, blindage, nouveaux projecteurs, nouveau poste de dircetion de tir agrandi, mâts raccourcis. On retira également leur tube lance-torpille de 533 de poupe arrière. On leur ajouta un canon de 76 mm supplémentaire en 1917 et en 1918 des plate-formes de décollage pour avions sur les deux tourelles centrales, accueillant un Sopwith Strutter de reconnaissance et un Camel d’escorte. En 1919-20, ils reçurent encore quelques modifications de DCA. Leur carrière opérationelle fut active mais pas inoubliable:

Le HMS Indefatigable était opérationnel au sein de la première escadre de croiseurs de bataille, puis fut envoyé en méditerranée avec la 2e escadre de croiseurs de bataille. Il participa à la chasse de l’escadre Allemande Souchon à l’entrée en guerre, puis partit en Egée. Il devint le navire-amiral de Carden, puis fut remplacé par l’Inflexible. Il était de retout dans la Grand Fleet début 1915. Il était à la pointe des navires de Beatty durant la bataille du Jutland en mai 1916 et encaissa plusieurs coups au but du Von der Tann, dont deux dans la soute à munition de la tourelle arrière. Toute la coque se disloqua à l’arrière et le navire sombra rapidement par la poupe. Un autre salve fit exploser les soutes centrales et le navire fut littéralement désintégré, ne laissant ucune chance à son équipage.

Le HMAS Australia fut envoyé en Ausralie où il devint le navire-amiral de la RAN. Il fut mobilisé au sein d’une vaste escadre Australo-Néo-Zélandaise pour répondre à une incursion de Von Spee dans le pacifique sud. Il participa à la seconde bataille des Malouines, puis après avoi traqué les ravitailleurs de l’escadre Allemande, rentra en métropole au sein de la Grand Fleet. Il n’était pas présent à la bataille du Jutland, car en réparation après une collision en mer avec son sister-ship, le New Zealand en avril 1916. Il resta le navire-amiral de la 2e escadre de croiseurs de bataille jusqu’en 1919 avant de repartir pour l’Australie et d’y servir jusqu’en 1922 ou on le condamné pour cause de respect du tonnage restrictif résultant du traité de Washington. Le gouvernement Australien décida donc de le faire saborder avec une grande cérémonie le 12 avril 1924 en baie de Sydney. Il est aujourd’hui un grand récif corralien artificiel.

Le HMS New Zealand, qui aurait dû être définitivement le HMNZS New Zealand, navire-amiral de la petite RNZN, fut en définitive repris après achêvement par l Royal Navy, pour renforcer ses effectifs au sein de la Grand Fleet. Il commença par faire le tour du monde, avec de nombreuses visites de courtoisie, puis partit en Baltique en 1913. Il était le navrie-amiral de la 2e escadre de croiseurs de batailles en août 1914. Il combattit au Dogger Bank sans résultats tangibles, devenant l’espace de la bataille le navire-amiral de Beatty lorsque le Lion fut désemparé. Il entra en collision avec l’Australia mais fut réparé à temps pour participer au Jutland. Il tira 420 coups de ses grosses pièces avec seulement 4 coups au but et encaissa un impact de 280 mm derrière sa tourelle arrière. Il effectua une autre croisière en emportant l’amiral Jellicoe autour du monde en 1919, mais fut désarmé et démoli en vertu du traité de Washington.

 Déplacement & Dimensions

 18 500 t, 22 110 T PC, 179,8 x 24,4 x 8,1 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 32 chaudières Babcock et Wilcox, 44 000 cv. et 25 n. max.
 Blindage  Ceinture 150, Batterie 180, Barbettes 180, tourelles 180, blockhaus 250mm, ponts 65 mm.
 Armement  8 pièces de 305 (4×2), 16 de 102, 4 de 47 mm, 3 TLT de 457 mm ( SM ).
 Equipage  800

 

 

 

 

gbCroiseur de bataille HMS Tiger ( 1913 )

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Le HMS Tiger en mai 1916. Cliquer p. agrandir

Malgré le lobbying actif de Sir Lord Fisher, l’amirauté commençait à douter du bien-fondé du concept de croiseur de bataille en 1911 déjà. Au lieu de lancer une nouvelle classe suivant les trois Lion, on se contenta au plan de 1912 d’ajouter un unique bâtiment, moins onéreux que les « splendid cats » précédents. On se concentra sur les amliorations du Queen Mary comme base de travail, et l’expérience acquise en exercices. Le positionnement des tourelles et des superstructures fut entièrement revu, de mâme que la position et la hauteur des cheminées et du poste de tir avant. On choisit notamment un armement secondaire puissant, en batterie de coque, et sur le rouf central, et un grand dégagement du champ de tir arrière, suivant la recette appliquée sur les bâtiments Japonais de la classe Kongo dont le premier était en chantier chez Vickers. Là encore, il était spécifié une vitesse très élevée, et on prévoyait pas moins de 85 000 cv pour donner 28 noeuds, et plus de 105 000 en « chauffant à blanc » les chaudières, ce qui était en théorie susceptible de donner 30 noeuds. En fait, aux essais, 29 noeuds tout juste furent atteints avec 104 000 cv mais avec une consommation journalière passant à 1245 tonnes de mazout. La coque plus petite nécéssita ainsi des prodiges d’invention pour trouver l’espace de stockage déficient.

Bien que n’ayant pas encore une bonne protection, le Tiger était un navire aux lignes fines et plaisantes, original bien que sans descendance. Bien qu’il fut mis en chantier après le Kongo, l’ingénieur en chef de Vickers puisa largement les idées du design contenus dans le Tiger, dont les plans avaient étés arrêtés très tôt. De fait, le dernier des « splendid cats » – un peu moins onéreux que les autres, fut lancé en décembre 1913 et achevé, puis accepté en service après essais, en octobre 1914. Il rejoignit la Grand Fleet en novembre, versé naturellement à la 1ere escadre de croiseurs de bataille. Participant au Dogger Bank, son premier engagement important, il encaissa 6 coups dont un de gros calibre qui mit hors service sa première tourelle arrière, mais ne souffrit que de 11 morts et 11 blessés.

Il fut réparé en février 1915 et participa ensuite à son second engagement d’importance, au jutland. Au coeur de la mêlée au sein de l’escadre de David Beatty, il tira pas moins de 303 coups de gros calibre, mais ne fit que trois coups au bit, encaissant en revanche 15 impacts lourds, sans toutefois compromettre trop ses chances de survie. Ce fut pourtant un miracle: Sa tourelle Q ( centrale arrière ) sauta, de même qu’une barbette, mais les soutes à munitions furent épargnée. En rentrant à Rosyth, partiellement en feu et donnant de la bande, le Tiger avait 24 morts et 46 blessés. Les réparations s’achevèrent qu’en juillet 1916, et il reprit du service au sein de la 1ere escadre bien entamée, effectuant d’autres sorties. Il servit au sein de l’escadre de l’Atlantique de 1919 à 1922, et après le traité de Wasington de navire-école des canonniers, après deux ans de travaux de conversion, de 1924 à 1929, puis remplaça le Hood en refonte entre 1929 et 1931, et fut mis à la retraite en 1931 à Devonport, démoli en 1932.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 28 430 t, 35 710 T PC, 214,6 x 27,6 x 8,7 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Brown-Curtis, 39 chaudières B&W, 85 000 cv. et 28 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 254, ceinture 230, coffrage 100, barbettes 230, tourelles 230, ponts 75 mm.
 Armement  8 canons de 343, 12 canons de 152, 2 de 76 AA, 4 de 47 de parade, 4 TLT de 533 mm SM.
 Équipage 1121

 

 

 

 

royalnavyCroiseurs de bataille classe Lion ( 1910 )

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Le Croiseur de bataille HMS Queen Mary en 1916. (Cliquer p. agrandir.)

Le Lion et le Princess Royal, de même que le Queen mary lancé en 1912, étaient trois bâtiments d’un nouveau standard, suivant les Invincible et Indefatigable. Bien plus grands, ils optaient pour un calibre 343 mm, celui des Orion, devenant de fait de redoutables navires de ligne, plus rapides que des cuirassés, mais à même de les pilonnant durement tout en restant hors de portée. Ils incarnaient parfaitement l’essence même du concept de croiseur de bataille. La coque était immense, l’artillerie répartie en utilisant une tourelle cenrale comme sur les Orion, et la puissance était augmentée de 150% par rapport à celle des Orion. Malgré un poids de 29 700 tonnes à plaine charge contre 25 900, la gain de vitesse n’était que de l’ordre de 6 noeuds.

De plus ces navires souffraient de défauts de coception assez importants: La tourelle centrale était en soit une erreur, s’intercalant avec son appareillage de munitions et soutes, entre les chaudières avant et arrières, la coque était fragile et vibrait, mais de plus très impartfaitement protégée par endroits, alors même que la presse parlait à leur endroit de « capital ship », de « cuirassé rapide », ce qui était parfaitement faux. De plus le poste de direction de tir placé très près de la cheminée de tête était une prison pour ses servants car le mât qui permettait d’y accéder était rendu si chaud qu’il en était impraticable. Malgré cela, les trois Lion, construits à Devonport, Vickers et Palmers, lancés en 1910, 1911 et 1912, achevés en 1912 et 1913 étaient à leur sortie les plus grands navires de guerre du monde et faisaient la fierté de la Royal Navy.

Cette fierté relayée par propagande dans la presse exagérait leurs chiffres de vitesse atteinte ou dépassée aux essais, avec des pointes à 34 noeuds alors qu’en réalité en portant au rouge leurs chaudières ( pour plus de 90 000 cv ) cette vitesse restait figée sous les 28,1 noeuds. Ces « splendides chats » adulés par la Presse furent en tout cas malgré leurs défauts de jeunesse toujours naturellement à la pointe de l’action en 1914-18. Ils reçurent pensant la guerre de l’artillerie AA, leur mât devenait tripode et le centre de tir agrandis tandis que l’on retirait les filets antitorpilles.

Le Lion faisait partie de la première escadre de croiseurs de bataille du contre-amiral Beatty en 1914. Il participa à l’acion de la baie d’héligoland en août 1914, puis à la bataile du Dogger bank en 1915, revendiquant trois coups au but mais encaissant trois coups au but avec de graves conséquences: Quasi immobilisé après ses machines arrêtées ( turbines bâbord noyées ) Il dût être remorqué jusqu’à Rosyth par l’Indomitable. Réparé, il fut ensuite le navire-amiral de l’escadre et connut son heure de vérité à Jutland en 1916. Il subit pas moins de 13 coups au but de la part du Lützow. Le croiseur de bataille échappa à la destruction certaine par l’explosion de ses soutes en feu grâce au cran du seul officier survivant sur place, gravement blessé et brûlé, qui commanda à l’interphone l’ordre de noyer la soute où il se trouvait. Le Lion fut une nouvelle fois conduit à grand-peine à Rosyth et réparé une nouvelle fois. Il reprit la mer en septembre. Il effectua ensuite de nombreuses sorties juqu’à l’armistice sous les ordres du contre-amiral Packenham. Il fut finalement désarmé en 1924 suite au traité de Washington.

Le Princess Royal était l’autre fer de lance de la 1ere escadre de croiseurs de bataille en 1914. Il combattit à Heligoland, fut envoyé en extrême-Orient pour intercepter l’escadre de Von Spee, puis au Dogger bank sans enregistrer de dommages, ce qui n’était plus le cas au Jutland où, pris à partie par les tirs des Derrflinger, Markgraf et Posen, encaissa 8 coups au but et dût noyer ses soutes pour éviter l »explosions suite aux incendies. Malgré cela le navire était opérationnel et le resta jusqu’à la fin de la bataille avec une partie de son artillerie hors d’usage. Sorti de Rosyth, il effectua encore nombre de sorties avant un désarmement en 1922.

Le Queen Mary différait des deux premiers par quelques détails: Il était légèrement plus rapide, plus grand et plus lourd. son achèvement tardif ( août 1913 ) était dû à des grèves et à des trouvles sociaux aux chantiers. Néammoins, il passa ses essais avec succés, et rejoignait la 1ere escadre de Beatty pour la durée de la guerre. Il participa à l’action d’Héligoland mais pas au Dogger bank car en refonte à ce moment. La bataile du Jutland lui fut en revanche fatale: Après avoir tiré 150 obus et atteint le Seydlitz, il fut pris à partie par le Derrflinger. Ce dernier mit hors de combat par un coup dans la troisième tourelle l’une des deux pièces. Un autre obus tomba ensuite sur cette même tourelle, la faisant sauter alors même qu’un second se frayait un passage jusqu’aux soutes à munitions des tourelles avant. S’ensuivit une terrifiante explosion qui vaporisa toute la partie avant, passerelle comprise. La navire coula lentement par l’avant tout en brûlant de l’intérieur, avec de nouvelles explosions avant de sombrer avec presque tout son équipage 38 minutes après le début de la bataille.

Caractéristiques ( Lion ):

 Déplacement & Dimensions

26 270 t, 29 690 T. PC. 213,4 x 27 x 8,4 m

 Propulsion 4 hélices, 4 turbines Parsons, 42 chaudières Yarrow, 70 000 cv. et 27 n. max.
 Blindage Ceinture 230, Batterie 230, Barbettes 230, tourelles 250, blockhaus 250mm, ponts 65 mm.
 Armement 8 canons de 343 (4×2), 16 canons de 102, 4 de 37, 2 TLT de 533 mm ( SM latéraux ).
 Equipage 997


gbCroiseurs protégés Classe Edgar ( 1891-92 )

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HMS Crescent en 1915.

Issus du programme de 1889, ces 9 croiseurs étaient des versions réduites des Blake de 1890, avec le même blindage et le même armement. La machinerie fut réduite et le tonnage rabaissé de 1800 tonnes. Cependant ces nouvelles machines devaient donner 20 noeuds et avoir une autonomie de 10 000 nautiques. Aux essais elles prouvèrent leur belle endurance. Ces navires pouvaient soutenir par exemple 18 noeuds pendant 48 heures. Ils avaient également une meilleure tenue en mer. Quatre unités, les Gibraltar, Crescent, Royal Arthur et St Georges furent construits en utilisnt de larges quantités de bois et de cuivre pour leur service outre-mer. Le Crescent et le Royal Arthur étaient d’ailleurs les seuls de la classe à posséder un gaillard avant réhaussé, améliorant l’habitabilité et la tenue par gros temps. Ils étaoent plus lords de 350 tonnes, et portaient d’ailleurs deux pièces de 152 mm à l’avant au lieu d’une unique pièce lourde de 234 mm dans l’axe comme leurs sister-ships.

Ces navires commencèrent leur carrière dans des stations lointaines, à Hong Kong, aux Indes Orientales, en méditerranée, en Afrique du sud, en Australie et dans le pacifique et leur carrière fut plus ou moins active durant la grande guerre: Le HMS Crescent faisait partie de la 10e escadre de croiseurs en 1914, effectuant des patrouilles en mer du nord. En février 1915, il fut affecté à la défense de Hoy. En novembre, on le désarma et il fut converti en ravitailleur ancré à Hoy. Il rejoignit ensuite Rosyth pour y être réformé en 1918.

Le HMS Edgar opérait en compagnie d’autres unités de sa classe dans la 10e escadre opérant dans le Nord de l’écosse. En Novembre-décembre 1914, on leur enleva leurs pièces lourdes pour équiper de nouveaux monitors. Il fut ensuite gardé à l’ancre puis réarmé avec des pièces de 152 ( 12 au total ) et équipés d’énormes ballasts latéraux en vue d’effectuer des missions de bombardement sur la côte Flamande. En mai 1915, il fut transféré aux Dardanelles et y opéra jusqu’en 1918, date de sa mise à la retraite.

Le HMS Endymion était affecté à la 10e escadre également en 1914. Il fut ensuite désarmé, puis réarmé et équipé de ballasts à l’instar de l’Edgar pour servir dans les Flandres, mais fut transféré immédiatement aux Dardanelles. II servit ensuite en mer égée et fut désarmé en 1920. Le HMS Gibraltar servait dans la 10e escadre de croiseurs. En mars 1915 on le désarma et on l’ancra à Swarbacks Minns dans les ïles Shetland pour servir de ravitailleur à la 10e flotille, à partir de juin 1915. Il fut ensuite envoyé à Prtland pour être affecté à l’école de lutte anti-sous-marine. Il devint ensuite un ravitailleur de destroyers de 1919 à 1922.

Le HMS Grafton était également détaché à la 10e flotille en 1914. l fut ensuite désarmé de ses pièces lourdes, puis réarmé et équipé de ballasts, en vue de bombarder les Flandres. En définiive, on l’envoya comme les autres à la mi-1915 aux dardanelles pour appuyer les débarquements. Le 11 juin 1917 il fut frappé de la torpille d’un U-Boote, mais y survécut et fut remorqué pour réparations. Il servit ensuite en mer Egée jusqu’à l’armistice, puis en mer Noire pour appuyer les « blancs », en tant que ravitailleur. Il fut désarmé et démoli fin 1919.

Le HMS Hawke servait avec la 10e escadre du Nord en 1914. Il avait échappé de peu à un naufrage suite à une collision avec le paquebot SS Olympic, nettement plus gros. Il y perdit sa proue et fut réparé mais sans son éperon, supprimé durant les travaux. Il servit de 1908 à 1913 à Portsmouth, après avoir été brièvement un navire-école des cadets. Il fut torpillé en mission le 15 octobre 1914 par l’U9 et sombra avec 524 hommes d’équipage.

Le HMS Royal Arthur était détaché à la 10e escadre en 1914. En février 1915, il fut réduit comme ravitailleur de submersibles, rôle qu’il tint jusqu’en 1919 à Scapa Flow. Il fut le témoin du grand sabordage de la Hochseeflotte. Le HMS St Georges fut mis en réserve, après avoir servi pour l’instruction des élèves-matelots, dès 1906. Il servit de ravitailleur, et fut converti pour cela à Chatham à partir de 1909. Il servait à la 9e flotille de destroyers en 1914. En novembre, on le réarmé et il servit de patrouilleur basé sur la Humber. En 1917 on le convertit en ravitailleur armé de submersibles, et on l’envoya en méditerranée. Il servit en mer Egée en 1918-19 avec la 2e flotille. On le retira du service en 1920.

Le HMS Theseus servit de ravitailleur au HMS Cambridge à partir de 1905 à Devonport. En 1914, il était détaché à la 10 escadre opérant au Nord de l’écosse, pui fut transformé début 1915, réarmé comme les autres bâtiments de la classe et équipé de ballasts. On l’envoya aux Dardanelles et il servit en mer blanche en 1916, avant de retourner en mer Egée pour servir de ravitailleur, et enfin en mer noire, pour l’appui des troupes Russes « blanches ». Il fut retiré du service en 1920.

Caractéristiques ( générales ):

 Déplacement & Dimensions

 6870t, 7700 T PC, 113,11 x 18,29 x 7,24 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines 2 cyl. TE, 4 chaudières cylindriques, 12 000 cv. et 20 noeuds max.
 Blindage  Puits munitions 160, Boucliers 76, Blockhaus 305, ponts 120-76, casemates 152 mm.
 Armement  2 canons de 234, 10 de 152, 12 de 57, 5de 47, 4 TLT de 457 mm ( SM ).
 Equipage  544

 

 

 

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gbCroiseurs-cuirassés Classe Powerful ( 1895 )

powerful

Ces 2 impressionnants navires en dehors des aspects techniques, incarnaient parfaitement la suprématie navale Britannique, aussi bien en quantité qu’en qualité. Véritables paquebots militaires, ils furent en fait regardés rétrospectivement comme de « grands éléphants blancs ». Leur construction procédait cependant du besoin de l’amirauté de pouvoir au besoin ( dans un scénario type « guerre de crimée » ), les deux gros croiseurs Russes Rurik et Rossia, alors sans doute parmi les plus grands navires de guerre à flot. De fait, à leur achèvement en 1897 et 1898 ( avec une construction s’étalant sur 4-5 ans ), ils reprenaient le flambeau de plus grands navires de guerre au monde. Nommés de façon révélatrice « Puissant » et « Terrible », ils déplaçaient le double des croiseurs-cuirassés précédents ( classe Edgar ), et coûtaient corrélativement deux fois plus cher. Leur équipage frisant les 900 hommes, comme leur ravitaillement, leur donnait de plus un entretien dispendieux.

Sur le plan technique, ils étaient les premiers navires de cette taille à employer des chaudières à tubes d’eau Belleville, qui engendrèrent des soucis de mise au point et des pannes à répétition. Malgré cela, leurs machines leur donnaient une vitesse satisfaisante, gardées sur la durée de leur service. Aux essais, leurs quatres cheminées ( une première dans la Royal Navy ) apprurent trop courtes et il fallut les réhausser de cinq mètres. Leur configuration à trois ponts leur donnait une habitabilité bien supérieure bien que leur distribution d’armement reste classique: Ils ne gagnaient que deux pièces de 152 mm, et leurs pièces de 234 mm étaient en tourelles plutôt que protégées par des boucliers, et pour la première fois leurs pièces de 152 étaient en partie protégées par des barbettes à deux étages. Toute leur artillerie était ainsi parfaitement protégée. Pour le reste, leur taille ne justifiaient pas un armement similaire aux bâtiments précédents, et en 1904, on ajouta encore 4 pièces de 152 mm sur leur pont supérieur. Leur vitesse était par contre supérieure de 3 noeuds et grâce à leurs 3000 tonnes de charbon emportées, leur autonomie était largement supérieure. Peu manoeuvrants car très longs, il étaient assez marins et bons marcheurs.

Au début de leur carrière, ces deux navires furent basés en Chine, puis rallièrent l’Afrique du Sud avec à bord des campagnies d’infanterie de marine. En 1899, ils firent la une des journeaux en débarquant leurs troupes au cap pour appuyer Ladysmith durant la guerre des Boers. En 1902-1904 ils firent l’objet d’une petite refonte, puis furent mis en réserve, car jugés trop onéreux en service. Ce n’est qu’en 1915 que le HMS Terrible fut réactivé, et utilisé comme transport de troupes, ralliant la méditerranée, puis revint en réserve à Portsmouth, servant de navire utilitaire à l’ancre jusqu’en 1920. Renommé Fisgard III, il servit ensuite de navire-école jusqu’en 1932. Le Powerful de son côté ne sortit de sa réserve qu’en 1915 pour servir de navire-école à Devonport. Ses vastes dimensions comme son jumeau l’y prédestinait. Il continua ce service à partir de 1919 sous le nom d’Impregnable II, puis jusqu’en 1929.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

14 200 t, PC, 164 x 21,6 x 7,3 m

 Propulsion 2 hélices, 4 mach. cyl. TE, 48 chaudières Belleville, 25 000 cv. et 22 n. max.
 Blindage Ceinture 100, Batterie 152, Barbettes 152, tourelles 152, blockhaus 152, pont 152 mm.
 Armement 2 canons de 234 (2×1), 12 de 152, 16 de 76, 12 de 47, 4 TLT de 457 mm ( SM lat.).
 Equipage 894

 

 

 

 

gbCroiseurs cuirassés classe Drake ( 1900 )

drake

Le HMS Drake en 1914. Cliquez pour voir le Good Hope au 1/200e

Sortis en 1903 après avoir étés mis en chantier dans quatre arsenaux différents ( John Brown, Govan à Fairfield, Vickers-Barrow, et Pembroke naval Yard ), en 1899, lancés en 1901, étaient nettement plus grands que leurs prédécesseurs les Diadem et Cressy. Ils étaient nettement plus grands, vingt mètres plus long et 60 cm plus large se traduisant par un déplacement de 14 000 tonnes au lieu de 12 000. Ils étaient de la même veine que les « Powerful » lancés en 1895. Il s’agissait de navires de supériorité navale absolue dans leur catégorie. Ils pouvaient par ailleurs fuir les cuirassés classiques ( pré dreadnought ) qu’ils ne pouvaient naturellement affronter grâce à leur vitesse de 23 noeuds contre 18 noeuds sur ces derniers. Leur blindage était en revanche inchangé, et leur armement principal comptait toujours deux pièces de 234 mm et une double volée de 8 pièces de 152 mm en barbettes. Pour diminuer leur surface offerte au feu ennemi, toute les superstructures furent réduites au minimum, comme les gros ventilateurs/manches à air des classes précédentes, le pont, la coque, sans pour autant nuire aux qualités nautiques. Les 4 pièces supplémentaires de 152 mm par rapport à ces prédécesseurs avaient été placées en doubles barbettes latérales. Mais ce système à l’usage présentera un inconvénient majeur: Dans le gros temps, ces pièces étaient aveuglées par les embruns et frappées par les lames de travers. Leur utilité s’en trouvait fort compromise. Leurs machines faisaient d’eux les navires les plus rapides du monde, et sans doute aussi les plus puissants des croiseurs jamais construits. Aux essais, à marche forcée, ils ne parvinrent pas à excéder ces 23 noeuds, sauf le Drake, qui parvint à maintenir 24,1 noeuds quelques heures. De manière générales, ils étaient de bons marcheurs, capable de soutenir 23 noeuds pendant 5 ou 6 heures consécutives.

Ces navires étaient le Drake, le Good Hope, le King Alfred et le Léviathan. Ils servirent ( pour le Hope et le Drake ) dans la home fleet, puis furent transférés comme navire-amiraux d’escadres en 1914, le Léviathan étant celui de l’escadre de Chine, jusqu’à son remplacement en 1906 par le King Alfred. Le Good Hope fut envoyé dans l’escadre des Falklands ( Malouines, à Port Stanley ), afin de contrôler le passage du « cap des tempêtes », le cap de bonne espérance ( « Good hope » en Anglais ). Il portait alors la marque du contre-amiral sir Charles Cradock, surnommé le « vieux gentleman » et adoré de ses hommes, et dût intervenir sitôt l’entrée en guerre de l’Allemagne contre l’escadre du comte Graf Von Spee ( l’escadre Allemande du pacifique ), qui comprenait outre des croiseurs légers, les redoutables croiseurs cuirassés Scharnhorst et Gneisenau. Il fut coulé lors de cette célèbre bataille. Vous lirez la suite dans « la première bataille des Falklands« . La seconde perte de la guerre fut le Drake, torpillé par l’U79 en 1917. Une victime de plus parmi des navires qui n’avaient pas étés conçus pour résister aux torpilles. Les deux autres furent démolis en 1920, après seulement 19 ans de service.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 14 150 t, 17 000 T PC, 162,6 x 21,74 x 7,92 m

 Propulsion  2 hélices, 4 turbines 4 cyl., 43 chaudières Belleville 30 000 cv. et 23 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 152, Batterie 140, Barbettes 152, tourelles 152, blockhaus 305mm, ponts 50mm.
 Armement  2 canons de 230 (2×2), 16 de 152, 14 canons de 76, 3 de 47, 2 TLT de 457mm ( SM flancs ).
 Équipage  900

 

 

 

gbCroiseurs-cuirassés classe Monmouth ( 1901 )

monmouth

Le HMS Monmouth en novembre 1914.

Ces croiseurs-cuirassés portant des noms de régions répondaient au souci des navires bien armés et protégés mais moins chers, surtout comparés aux Drake précédents. Le souci était de produire une série de croiseurs de masse, puisque au total 10 ont étés mis sur cale en 1899-1901, la plus grande série au monde pour ce genre de navires. Malheureusement dans cette course à la réduction, et pour rester sous la barre des 9800 tonnes, certains sacrifices furent faits en matière de blindage et d’armement, ce qui ouvrit de nombreuses critiques à leur endroit. A tel point qu’on en vint à les regarder comme des croiseurs-cuirassés de seconde classe, comme en atteste d’ailleurs la destruction trop facile du Monmouth en duel avec le Scharnhorst Allemand, pourtant de la même catégorie. L’une des critiques, qui fut aussi la cause de sa perte, fut l’inefficacité des pièces en barbettes basses, totalement inutilisables par gros temps, leur guidage électrique étant l’une de leur innovations, s’avérant finalement une erreur. Les tourelles doubles étaient de leur côté trop lourdes et exiguës. La configuration du blindage s’inspirait de celui des Cressy mais réduits par endroits, notamment au niveau des ponts. Le poids des tourelles comparé à leur hauteur de coque et leur tirant d’eau plus faible leur donnait un roulis supérieur à celui escompté. Cependant ils étaient de bons marcheurs, marins, seuls trois unités en parvenant pas aux essais à leur vitesse nominale. Le Suffolk parvint lui à atteindre 24,7 noeuds.

Le HMS Bedford servit en Chine de 1907 à 1910, et fut perdu à ce moment en heurtant le récif de l’île Quelpart en mer de Chine. 18 hommes furent perdus pendant le sauvetage, et sa coque fut démolie quelques temps après. Le HMS Berwick entra violemment en collision avec le HMS Tiger en 1908 pendant des exercices de nuit près de l’île de Wight. ( Il l’éperonna et le coula ). Après une refonte à Portsmouth, il rejoignit la base des Indes Orientales à la 4e escadre de croiseurs. Il bascula ensuite comme navire-école de la base d’Amérique du Nord de 1912 à 1914. Au moment de la déclaration de guerre, il commença des patrouilles en Atlantique sud et dès sptembre captura le cargo Allemand Spreewald. Il effectua ensuite des patrouilles et des escortes jusqu’à la fin de la guerre et fut réformé en 1919.

Le HMS Cornwall s’échoua au cap sable en nouvelle-écosse en tentant de secourir le HCMS Niobe en difficulté en 1911 et subit des réparations longues à Halifax. Il fut prêt pour la grande revue du Spithead de juin 1914 et fut jugé apte au service, et affecté à la 5e escadre de croiseurs. Il captura le cargo Allemand Syra, puis fut détaché en Atlantique sud à l’escadre des Malouines. Il effectua des patrouilles entre Madeira et Pernambouc, route commerciale très empruntée. Après la funeste bataille de Coronel, il rejoignit le HMS Glagow pour tenter d’intercepter l’escadre de Von Spee. Il retrouva le KMS Leipzig et l’envoya par le fond lors de la bataille du 8 novembre 1914. Il fut ensuite détaché pour les opérations contre le Cameroun et sur la côte sud-ouest Africaine. De là, il passa le cap et joignit l’est Africain, puis la mer rouge par le canal de Suez et le front des Dardanelles. Il partit ensuite sur la base de Hong-Kong et revint en 1917 pour escorter des convois dans l’Atlantique nord. Il avait d’ailleurs été réarmé, comme la plupart des croiseurs de sa classe à cette époque, avec 4 pièces de 152 prélevées à la batterie basse et réhaussés sur le pont supérieur, les pièces de la batterie basse étant supprimées et les sabords occultés.

Le HMS Cumberland fut envoyé à la déclaration de guerre en Afrique de l’ouest. Basé à Douala, il captura 10 cargos Allemands. Il passa le reste de sa carrière à parir de janvier 1915 en métropole, effectuant des patrouilles et escortes avec la 6e escadre de croiseurs dans l’Atlantique Nord. Le HMS Donegal servit en Chine et s’échoua sur un récif sans gravité au large de Suez. Réparé en métropole à Chatham, il fut ensuite basé à Devonport jusqu’en 1909 avant de partir pour Gibraltar avec la 4e escadre de croiseurs. Il entra en collision avec un cargo, puis en détruisit un, le Volturno, avec son artillerie pour entraînement. Il était basé au moment de la guerre au Sierra Leone avec la 3e escadre. En Janvier 1915 il rejoingnit la 6e escadre avec la Grand Fleet. Puis il bascula en novembre avec la 7e escadre pour l’escorte des convois vers Arkhangelsk. Lors de la bataille du Jutland, il était affecté à la 2e escadre puis la 9e, et en 1917 effectuait des escortes dans l’Atlantique Nord.

Le HMS Essex servait aux Indes occidentales en 1914. Il fut ensuite envoyé en Atlantique Nord jusqu’en nov. 1916, capturant deux cargos Allemands, puis retourna dans la station des Indes Occidentales. A partir de janvier 1916 il fut basé aux caranres, capturant un autre cargo, et y resta jusqu’à la fin de la guerre. Le HMS Kent servit en Chine et était basé aux Malouines au sein de l’escadre de l’amiral Cradock en août 1914. Il en fut détaché mais prit part à la seconde bataille de Coronel le 8 décembre, coulant le KMS Nürnberg. Patrouillant à la recherche du Dresden, il le débusqua et le coula au large de Mas a Fuera au chili. Basé ensuite en Chine, il revint en métropole en mai 1915 et fit de l’escorte jusqu’à la fin de la guerre, revenant en Chine. Il appuya ensuite en 1919 les opération Nippo-Américaines contre les Blochéviks à Vladivostok. Il retourna à Hong Kong jusqu’à sa retraite en 1920.

Le HMS Lancaster servit en méditerranée et aux Indes Occidentales avant 1914. En janvier 1915 il rejoignit la 7e escadre de la Grand Fleet en métropole. De 1916 à 1918 il fut ensuite basé dans le pacifique, puis mis à la terraite en 1919 à Birkenhead. Le HMS Monmouth servit en Chine, puis fut basé à Pernambouc en août 1914. Il fut affecté rapidement à la 5e escadre de Sir Charles Cradock aux Malouines et participa à la bataille de Coronel le 1er nov. 1914. Son artillerie secondaire fut totalement inefficace dans le gros temps et il fut coulé par l’escadre de Von Spee sans aucun survivants.

Le HMS Suffolk servit longtemps en méditerranée. A la veille de la guerre, il était basé aux Malouines à la 4e escadre sous, les ordres du contre-amiral Cradock dont il portait la marque. En août il passa à Pernambouc, et participa à la traque du croiseur KMS Karlsruhe. De 1915 à 1916 il fut basé dans le Pacifique, puis en Chine, jusqu’en 1918. En 1919, il fut envoyé pour appuyer les forces Nippo-Américaines à Vladivostock contre les Bolchéviks Russes. De retour en métropole, il servit jusqu’en 1920 de navire-école.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 9100 t, 9800 T PC, 141,2 x 20,12 x 7,6 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines 4 cyl., 31 chaudières Belleville, 22 000 cv. et 22 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 102, Barbettes 120, tourelles 120, blockhaus 280, ponts 51 mm.
 Armement  14 canons de 152, 10 de 76, 3 de 47, 2 TLT de 457mm ( SM ).
 Équipage  678

 

 

 

 

gbCroiseurs-Cuirassés Classe Devonshire ( 1903-1904 )

devonshire

Ces 6 croiseurs-cuirassés furent une tentative d’améliorer leurs caractéristiques tout en gardant des dimensions et un tonnage acceptables. Pour le reste, rien ne changeait vraiment, ni l’armement qui restait identique à priori ( en fat, on passa au calibre 190 mm ) ni les machines, avec une vitesse inférieure du fait du déplacement en hausse. Ils disposaient tous de chaudières différentes, et furent considérés comme de bon marcheurs, dépassant leurs vitesses prévues aux essais. Ces navires disposaient d’une légère augmentation de blindage au niveau de la ceinture, mais le reste était inchangé et plutôt léger.

Après leur achêvement, ces navires furent basés dans les eaux territoriales au sein de la Home Fleet, à part le HMS Carnarvon qui fut affecté à Gibraltar durant 2 ans et le Hampshire qui fit de même en 1911 puis bascula à Hong Kong en 1912. Le HMS Antrim captura un cargo Allemand dès le 6 août 1914, alors au sein de la Grand Fleet. Il échappa de peu le 9 octobre au torpillage d’un U-Boote non identifié. Il rallia Arkhengeslki en juin 1916, puis partit sue les stations d’Amérique du sud puis de l’océan indien. Il revint en décembre 1917 en métropole, fut stationné en réserve puis reprit du service en août-septembre 1918 avant de se voir remis en réserve, puis transformé en navire expérimental pour l’Asdic en 1919. Il devint navire-école des cadets jusqu’en 1922. Le HMS Argyll captura un cargo Allemand le 6 août 1914 mais s’échoua sur le récif de Bell Rock le 28 octobre 1915. Il fut évecué par son équipage sans pertes, mais réduit à l’état d’épave. Le HMS Carnarvon captura uun cargo Allemand, alors affecté en août 1914 au cap Vert. Il était devant Montevideo en octobre, et mena une escadre aux Falklands en décembre. Il subit des dommages importants sur les récifs des Abrolhos et fut réparé à Rio. Il fut ensuite affecté en Amérique du Nord, puis dans l’océan Indien jusqu’en 1918 et vendu en 1920.

Le HMS Devonshire captura dans l’atlantique un cargo Allemand en août 1914 puis fut affecté à Scapa Flow, puis en Norvège. De décembre 1916 à novembre 1918 il fut affecté aux Indes Orientales, puis vendu en 1921. Le HMS Hampshire captura un cargo Allemand en août 1914 et participa à la chasse de l’escadre de Graf Spee et de l’Emden. Il revint ensuite en métropole au sein de la Grand Fleet, puis fut envoyé en mer blanche pour escaorter les convois vers la Russie. Il prit part à la bataille de Jutland au sein de la 2 escadre de croiseurs, et embarqua ensuite Lord Kitchener et son personnel lors d’une mission secrète en Russie. Le 5 juin 1916 il heurta une mine devant les Shetland et coula rapidement, ne laissant que 12 rescapés. Le HMS Roxburg captura un cargo Allemand à l’entrée en guerre, et fut torpillé le 20 juin 1915, échappant de peu au naufrage. Réparé, il servit à partir d’avril 1916 en Norvège. Il fut ensuite affecté à la station des Indes Orientales et d’amérique du Nord de septembre 1916 à l’armistice, escortant des coinvois. Il parvint à ce titre à éperonner et couler l’U89. Il servit ensuite de navire d’essais à Portsmouth avant démolition en 1920.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 9 600 t, 10 850 T PC., 144,32 x 20,9 x 7,3 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. 4 cylindres TE, 21 chaudières, 21 000 cv. et 22 n. max.
 Blindage  Ceinture 152, Batterie 105, Barbettes 152, tourelles 76, blockhaus 305, ponts 60 mm.
 Armement  4 canons de 190 (4×1), 6 de 152, 2 de 76, 18 de 47, 2 TLT de 457mm ( SM ).
 Equipage  655

 

 

 

 

 

gbCroiseurs-Cuirassés Classe Diadem ( 1896-1898 )

diadem

 

C

Le HMS Argonaut au sein de la 9e escadre de croiseurs en janvier 1915.

Les 8 Diadem signaient une tentative de se démarquer des gigantesques Powerful, jugés trop dispendieux. On avait diminué leur taille, leur blindage et sauvegardé au total 3000 tonnes avec une économie de 100 000 livres par navire, ce qui était presque le prix d’un autre croiseur léger. Construits en deux groupes, les suivants disposaient de machines plus puissantes pour un gain d’un demi-noeud. Bon marcheurs, ils atteignirent sans peine leurs vitesses désirées, bien que le Niobe souffrit de pannes de machines et que les autres unités de la classe aient des problèmes de chaudières en service. On les critiqua pour leur manque de pièces lourdes et leur protection insuffisante ( des boucliers plutôt que des tourelles ).

Au début de leur carrière, trois de ces navires opérèrent en Chine et un en méditerranée, les autres restèrent dans les eaux territoriales. Le HMS Amphitrite était stationné au cap-vert au début de la guerre, au sein de la 9e escadre de croiseurs. A partir de juin 1915, il rallia Portsmouth pour y être converti en mouilleur de mines. En août 1917 il avait été réarmé avec seulement 4 pièces de 152 mm ( proue et poupe ) et une de 102 mm AA. Il pouvait emporter 354 mines et depuis sa sortie en août 1917, mouilla quelques 5053 mines, remplaçant l’Ariadne sur le barrage de Douvres. Pis ce fut le grand barrage du Nord en compagnie de l’US Navy. Il fut impliqué dans une collison en septembre 1918 avec le destroyer Nessus et retiré du service en juin 1919.

Le HMS Andromeda était ancré à Devonport et servait de navire-école, rôle qu’il tint jusqu’en 1919. Ensuite, renommé Impregnable II, il tint son rôle jusqu’en 1929. En 1931, il devint un navire-école des torpilles. Renommé Defiance, il survécut ensuite comme navire-dépôt et navire-école jusqu’en 1956. Le HMS Argonaut fut stationné jusqu’en 1915 au cap Finistère avec la 9e escadre de croiseurs. Il captura le cargo armé Allemand Graecia. Il fut mis en réserve à Portsmouth en octobre 1915, puis converti en navire-hopital jusqu’en 1917, puis navire-caserne jusqu’en 1920. Le HMS Ariadne était un navire-école des chauffeurs en 1914 à Portsmouth. On le transferé à Devonport en 1915 et on le convertit en mouilleur de mines comme l’Amphitrite en 1917. Il pouvait mouiller 400 mines, et à partir de mars, fut envoyé mouiller des mines au barrage de Douvres et dans la baie d’Héligoland, mais le 26 juillet, il fut torpillé ar l’UC 65 devant beachy Head, avec 38 victimes.

Le HMS Diadem était stationné comme navire-école des chauffeurs en 1914 à Portsmouth. En octobre 1915 on mit fin à ses activités, qu’il ne repris qu’en 1918 un bref moment. Il fut vendu en 1921. Le HMS Europa opérait au cap finistère en 1914 avec la 9e escadre de croiseurs, dont il fut le navire-amiral. Il fut ensuite envoyé en méditerranée, opérant à Mudros et à Malte après la guerre. Il fut vendu en 1920. Le HMS Niobe opéra avec la RCAN et fut victime d’un échouage avant la guerre. En 1914, il était basé aux Bermudes. En octore 1915 il était ancré à Halifax, désarmé, comme navire-dépôt de munitions. Un entrepôt voisin qui explosa l’endommagea gravement. Il ne fut pas réparé mais resta comme ponton jusu’en 1922. Le HMS Spartiate était un navire-école des chauffeurs en 1914, rôle qu’il tint jusqu’en 1932, sous le nom ( à partir de 1915 ), de HMS Fisgard.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 9 900 t, 11 000 T PC., 140,97 x 21,03 x 7,77 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. 4 cylindres TE, 30 chaudières, 16 500 cv. et 20,5 n. max.
 Blindage  Ceinture 152, Casemates 102, Boucliers 100, tourelles 76, blockhaus 305, ponts 100 mm.
 Armement  16 canons de 152, 14 de 76, 3 de 47, 3 TLT de 457mm ( SM ).
 Equipage  677

 

 

 

 

 

 

 

République d'ArgentineRépublique BrésilienneRoyaume de BulgarieRépublique ChilienneRépublique de ChineRépublique CubaineRoyaume du DanemarkEmpire EspagnolRoyaume de GrèceEmpire HollandaisRoyaume de NorvègePérouRoyaume du PortugalRoyaume de RoumanieRoyaume de SuèdeEmpire ThaiAmérique du sudLe reste du monde

gbCroiseurs-Cuirassés Classe Cressy ( 1899-1901 )

cressy

6 grands crooseurs-cuirassés furent ordonnés en 1898, reprenant le design des Diadem précédents, mais avec une protection importante, une puissance supérieure pour sauvegarder la vitesse et l’armement des Powerful. Le progrès venait de l’adoption de plaques de blindage latéral Krupp, plus solide tut en étant moins épais et moins lourd. Les puits à munitions et les soutes étaient également blindées et le coffrage interne renforcé. Les tourelles lourdes avaient l’avantage d’êtres hydrauliques et orientables à tout angle ( y compris la hausse ) tout en permettant le rechargement. Ces bâtiments avaient une silhouette et une taille correspodant à celle des Diadem et pourtant la coque était plus pleine et ils accusaient 1000 tonnes de plus, au profit de la stabilité, tout en ayant une poupe mieux profilée, au profit de la maniabilité. C’étaient également de bons marcheurs, dépassant aux essais leur vitesse prévue sur papier. Par contre leur protection ASM était inefficace, comme en atteste la spectaculaire perte de trois des navires de cette classe, torpillés par un unique U-Boote en septembre 1914.

A leur entrée en service, ils furent ventilés entre différentes affectations: Les Hogue et Sutlej en manche, les Aboukir et Bacchante à Gibraltar, Cressy à Hong-Kong, Euryalus en Australie. Ce dernier entra en service en 1904 du fait de nombreux accidents de machines. Ils revinrent ensuite progressivement dans la Home Fleet et y étaient tous au début de la guerre. Le HMS Aboukir était en réserve et se vit envoyer avec un équipage de réservistes dans la patrouille du sud de la mer du Nord, la fameuse Force C, dite des « 14 puissants ». Il fut torpillé par l’U9 le 4 septembre 1914 et coula avec presque tout son équipage. Le HMS Bacchante servait sur le fleuve Humber en 1914 mais fut transféré comme navire-amiral de la force C. Il vit le feu lors de la première bataille de la baie d’Héligoland, et escorta des convois vers Gibraltar. Il fut envoyé défendre le canal de Suez, et se retrouva aux dardanelles en 1915. En 1916 il était de retour dans l’Atlantique Nord. Il heurta l’Achilles en mer d’irlande en 1917, puis revint à Gibraltar comme navire-amiral. Il fut ensuite placé en réserve à Chatham puis démoli en 1920.

Le HMS Cressy effectua son service avant-guerre aussi bien en Amérique du Nord qu’aux Indes Orientales, et faisait partie de la Force C au début de la guerre. Il fut torpillé par l’U9 le même jour que l’Aboukir, en essayant de repêcher son équipage et perdit lui-même 560 hommes dans son naufrage. Le HMS Euryalus fit partie de la Force C puis effectua des escortes de convois vers Gibraltar. Il opéra ensuite devant Suez, Smyrne et aux Dardanelles. Il permit d’appuyer la révolte arabe en mer rouge, et servit aux Indes Orientales. Il termina sa carrière à Hong Kong, et revint après la guerre en métropole pour une démolition. Le HMS Hogue servit dans la Force C, et eut l’occasion de combattre lors de la bataille de la baie d’Héligoland. Il remorqua au port le HMS Arethusa gravement touché. Il subit le même sort que le Cressy et l’Aboukir en étant torpillé par l’U9. Enfin le HMS Sutlej passa en 1914 de la 9e à la 11 e escadre de croiseurs en Irlande, de 1915 à 1916. Il fut envoyé à Santa Cruz, puis revint dans la Home Fleet au sein de la 9e escadre. Il fut mis en réserve à Rosyth à partir de 1917 et mis en vente pour démolition en 1919.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 18 800 t, 22 102 T PC, 160,3 x 25,6 x 8,3 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock et Wilcox, 23 000 cv. et 20,75 n. max.
 Blindage  Ceinture 250, Batterie 130, Barbettes 230, tourelles 280, blockhaus 280mm, ponts 100 mm.
 Armement  10 canons de 305 mm (5×2), 16 canons de 102mm, 3 TLT de 457mm ( SM flancs et poupe ).
 Equipage  733

 

 

 

 

 

gbCroiseurs-cuirassés classe Duke of Edinburgh et Warrior ( 1904-05 )

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Le HMS Warrior en 1914.

Le Duke of Edinburgh ( DuE ) et le Black Prince autorisés au programme de 1902 étaient les premiers dessinés par Philips Watts. On abandonna par la même occasion les restrictions de tonnage, et ces bâtiments atteinrent des chiffres largement supérieurs aux Devonshire précédents. On revint d’ailleurs à une artillerie secondaire en batterie centrale au niveau du pont inférieur en barbettes. Les 6 pièces de 234 mm revenaient en tourelles simples, dans une configuration permettant une bordée de 4 pièces en ligne, 3 en chasse et 3 en retraite. On les critiqua plus tard pour le niveau trop bas de leur batterie, qui souffrait d’une mauvaise visée dans le gros temps. Quand aux pièces de 47 mm elles étaient jugées trop peu puissantes et rapides contre les unités légères.

La classe Warrior qui suivait comprenait aussi les Achilles, Cochrane, et Natal. Ces navires étaient virtuellement identiques aux premiers en termes de machines, taille et déplacement, ainsi que l’armement, bien que sa répartition soit différente: Ainsi les pièces de 152 cédèrent la place à des 192 mm en quatre tourelles simples. Le problème de leur précision par gros temps disparaissait. Ces navires opératonnels en 1907 avec quelques modifications mineures de blindage. Du fait de leurs réaménagements, ils avaient un point métacentrique rabaissée et une bien meilleure stabilité.

En 1914, le Black Prince était stationné en méditerranée. Il captura un cargo Allemand en mer rouge, puis opéra de Gibraltar. En décembre, il rentra pour rejoindre la Grand Fleet. Il combattit à Jutland et fut coulé par le feu des cuirassés Allemands durant l’action de nuit du 31 mai, perdant tout son équipage dans son naufrage. Le HMS Duke of Edinburgh était également basé en méditerranée en 1914. Il captura des cargos en mer rouge et opéra dans le golfe Persique avant de rejoindre la Grand Fleet en décembre. Comme le Black prince, il fut modifié dans son armement et ses aménagements. Il prit part à la bataille de Jutland, y survécut, puis fut affecté à l’escorte des convois de l’Atlantique. En 1918, il fut affecté à la station des Indes Orientales et d’Amérique du Nord, et envoyé à Imingham en 1919 avant d’être désarmé.

Le HMS Achilles de la classe Warrior servait à Portsmouth en 1914. Une explosion de canon l’envoya en réparations jusqu’en juin 1916: Il rata donc la bataille. Après cela, il fut affecté à l’Atlantique. Il débusqua le raider Leopard et le coulaen mer du Nord le 16 mars 1917. Il resta à des missions d’escorte jusqu’à l’armistice puis devint un navire-école des soutiers. Le HMS Cochrane était basé à Scapa Flow et combattit au Jutland. Il fut ensuite basé aux Indes Orientales, puis escorta les convois vers Arkhangelski. Il heurta un récif en novembre 1918 et fut ferraillé. Le HMS Natal était basé à Scapa, et fut modifié à Comarty en 1915. Il subit une explosion accidentelle de cordite fatale le 31 décembre 1915, faisant 505 victimes. Le HMS warrior Servait en Adriatique en 1914. Il barra le passage du Goeben vers Pola. Il défendit le canal de Suez. Il fut ensuite affecté à Gibraltar, au Sierra leone, puis revint dans la Grand Fleet. Il combattit au Jutland et y fut gravement touché. Bien que remorqué par l’Engadine, il chavira et sombra en cours de route.

Caractéristiques ( Warrior ):

 Déplacement & Dimensions

 12 200 t, 13 550 T PC, 154,03 x 22,40 x 7,62 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE à 4 cyl., 25 chaudières, 23 000 cv. et 23 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 254, batterie 152, ceinture 152, blindage interne 100, ponts 20 mm.
 Armement  6 canons de 254, 4 de 190, 23 de 47, 3 TLT de 457 mm.
 Équipage 712

 

 

 

 

 

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gbCroiseurs cuirassés classe Minotaur ( 1906 )

minotaur

Le HMS Defence en 1915.

Derniers croiseurs-cuirassés Britanniques, les trois Minotaur marquaient un jalon supplémentaire vers une artillerie surpuissante, au détriment de la protection, avec un tonnage et des dimensions supérieures. Les pièces secondaires étaient réparties en tourelles simples latérales, mais avec une largeur de près de 23 mètres et une forme « en losange », le champ de tir vers l’avant ou l’arrière de ces pièces restait remarquable. La coque du Shannon était d’ailleurs 30 cm plus large, avec une perte de vitesse ( 22,5 noeuds ). Le blindage des ponts avait été singulièrement revu à la baisse, mais celui des deux tours blindées et de leurs puits de communication était renforcé. Les cheminées étaient un peu plus courte, ce qui en relation avec la hauteur des postes de direction était avantageux, mais posait des problèmes à la passerelle par vent arrière. Les cheminées furent réhaussées en 1909 de 4,50 m, tandis que en 1917, le Minotaur et le Shannon recevaient des mâts tripodes et un armement léger réduit, remplacés par une pièce de 75 mm AA.

Pour ces trois navires acceptés en service en 1908, leur carrière durant la grande guerre fut active: Le HMS Defence fut basé en Chine en 1912. En 1914, après avoir longtemps servi à la 1ere escadre de croiseurs, il était en méditerranée. Il participa ainsi à la traque du Goeben et du Breslau, l’escadre Allemande de méditerranée, puis opéra aux Dardanelles. Il rallia ensuite les Malouines, et l’escadre de l’amiral Cradock. Malheureusement, il n’était pas présent dans l’escadre, affecté au Cap de bonne-espérance lorsque Sir Charles Cradock eut à affronter le Comte Spee en novembre. En 1915, il devint le navire-amiral de la 1ere escadre de croiseurs au sein de la Grand Fleet. Le 31 mai 1916, il était en ligne lors de la bataille du Jutland. Il fut pris à partir par les pièces du cuirassé Allemand Friedrich der Grösse, et un obus explosa dans un puit à munitions. La cordite s’embrasant fit sauter la soute et le navire avec. Il n’y eut aucun survivants.

Le HMS Minotaur était basé en Chine de 1910 à 1914. Il rentra en métropole en convoyant des troupes Australiennes. Il fut ensuite le navire-amiral de l’escadre du cap de bonne-espérance avant de rejoindre la Grand Fleet, puis un chantier pour une longue refonte. En 1916, il était affecté à la 2e escadre de croiseurs et participa à la bataille du Jutland. Il fut rayé des listes et vendu en 1919. De son côté le HMS Shannon servait au sein de la 2e escadre de croiseurs en 1914. Il fut refondu de manière sommaire à Cromaty, puis participa à la bataille du Jutland. En novembre, il escortait des convois vers Mourmansk. Puis il escorta des convois dans l’Atlantique Nord jusqu’à sa mise à la retraite en 1920.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 14 100 t, 14 600 T PC, 158,2 x 22,7 x 7,92 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines 4 cyl., 24 chaudières Yarrow, 27 000 cv. et 23 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 152, Barbettes 180, tourelles 203, blockhaus 254, ponts 20 mm.
 Armement  4 canons de 234 (2×2), 10 de 190, 16 canons de 76, 5 TLT de 457mm ( SM ).
 Équipage  755

 

 

 

 

 

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gbCroiseurs classe Astraea ( 1893 )

astraea

Le HMS Astraea en 1914.

La classe Astraea suivait directement celle des Apollo. On avait tenté notamment de remédier à une certain nombre de défauts de ces derniers. 1000 tonnes supplémentaires avaient étés affectés à la reconception de la coque et à un armement plus puissant et mieux distribué. Il en résultait 8 unités provenant de Devonport, Sheerness, Pembroke, Chatham et Portsmouth, bien plus massives que les anciens Apollo. La proue était en effet comme la poupe réhaussées, la coque élargie et allongée, et surtout l’artillerie latérale reportée un pont au-dessus. Les pièces lourdes des quatres angles étaient d’ailleurs montées sur des extensions qui pemettaient un tir en chasse comme en retraite. L’appareil propulsif comprenait une machine à trois cylindres et à triple expansion couplée avec 8 chaudières cylindriques. L’ensemble fournissait 7500 cv en conditions normales, 9250 en forçant les chaudières, leur donnant 20,5 noeuds dans le meilleur des cas, ce qui n’était guère supérieur aux Apollo. En revanche l’autonomie progressait, passant à 7000 nautiques à 10 noeuds. Tous ces navires furent abondemment construits et finis en utilisant du cuivre et du bois, dans l’optique d’une utilisation sous les tropiques. On les critiqua cependant, malgré l’incontestable meilleur comportement marin et la meilleure efficience des pièces d’artillerie loin des embruns, pour le peu de progrès réalisés dans la puissnce de feu et l’armement, à tonnage et budget largement supérieur.

Tous ces bâtiments étaient en service en août 1914, mais avec des situations fort différentes: Le HMS Bonaventure avait été converti en ravitailleur de submersibles en 1907 à Devonport, après avoir servi dans le pacifique, et d’être démoli en 1920: Le HMS Astraea opérait en extrême-Orient, ( Hong Kong, Colombo ) avant de revenir dans la home fleet en 1911. On l’envoya en 1913 en Afrique du Sud. En 1914 on le vit bombarder Dar-es-Salaam, puis traquer le croiseur Allemand Königsberg, et le bloquer dans le delta du Rufiji. Il fut rayé des listes en 1919. Le HMS Cambrian servit en Australie, puis à colombo, avant de revenir à Devonport. Il effectua quelques sorties, mais fut repris en mains pour conversion en 1915, et devint un navire-école, sous le nom de Harlech. Le HMS Charybdis fut successivement mis en réserve et retiré pour servir jusqu’en 1914, en métropole. En 1915, il fut victime d’une collision aux Bermudes. II y resta jusqu’en 1917, puis servit de cargo jusqu’en 1918, loué à partir de Mars à une compagnie privée. Il sera finalement démoli en Hollande en 1923. Le HMS Flora servait en extrême-Orient. En 1914, il fut retiré du service, mais resta au port comme ponton utilitaire, fut renommé Indus II en 1915, et finalement démoli en 1922. Le HMS Forte servit au Cap en Afrique du sud, puis à Portsmouth, et encore au Cap pur relever l’Hermione en 1914. Il revint en 1913 à Chatham, et fut mis en disponibilité. Il fut vendu pour la démolition en 1914, et le fut en Hollande. Le HMS Fox servait également en extrême-Orient ( Indes Orientales ), mais revint à Portsmouth et mis dans la flotte de réserve. Sa carrière fut ensuite plus active: Il servit de nouveau dans les Indes Orientales, notamment à Muscat, puis en méditerranée à Aden, et encore à Colombo en 1914. Il captura 2 cargos Allemands, revint en méditerranée, puis rallia la mer rouge. Il y était encore en 1918. On le renvoya ensuite en métropole pour y être rayé des listes. Il fut démoli en 1920. Enfin, le HMS Hermione fut placé dans la flotte de réserve dès 1906, et envoyé ensuite au Cap. Il fit naufrage à Zanzibar, mais les dégâts étaient minces, aussi fut-il réparé prestement. Il servit ensuite dans la Home Fleet, opérant dans l’Atlantique. Puis il devint durant la guerre garde-côte, QG pour les vedettes jusqu’en 1919. Il fut alors revendu et devint le navire-école civil Warspite.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 2900t, 3400-3600 T PC, 95,7 x 13,31 x 5,63 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE à 2 cyl., 5 chaudières, 7 000-9000 cv. et 18,5 – 20 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 76 mm, boucliers 100 mm, blindage interne 120 mm, ponts 51 mm.
 Armement  2 canons de 152 mm, 6 de 120 mm, 8 de 57, 1 de 47, 4TLT de 355mm.
 Équipage 273

 

 

 

royalnavyCroiseurs classe Bristol ( 1909 )

bristol
HMS Gloucester, 1917.

En parrallèle des croiseurs-cuirassés, aucun croiseur moyen depuis ceux de seconde classe en 1900 n’avaient vu le jour depuis le début du siècle, notamment du fait de l’obstination de Lord Fisher qui désirait confier ce rôle à des « super-destroyers » comme son enfant chéri, le HMS Swift. Mais devant la menace représentée par leurs homologues Allemands de nouvelle génération, il était temps pour l’amirauté de défini, en dépit des avis de Lord Fisher, un nouveau type de croiseur moyen. Deux pièces de 152 mm, « lourdes » complétées par des pièces rapides destinées à lutter contre des destroyers semblait un bon compromis, de même que leurs conceptions tactiques à mi-chemin entre l’éclairage rapide et l’appui de la flotte. Ce furent les premiers croiseurs de la super-classe « Town » ( portant des noms de ville ), au total 19 bâtiments en comprenant les classes Weymouth, Chatham, et Birmingham. Critiqués pour leur haut point de gravité métacentrique, exigus, sujets au roulis et parfois médiocres plate-formes de tir, ils étaient cependants satisfaisants en service et donnèrent lieu à de nombreuses améliorations sur les classes suivantes. La classe ( mise sur cale en 1909 et achevée en 1910 ) comprenait outre le Bristol, les Gloucester, Glasgow, Liverpool et Newcastle. Ils furent très actifs pendant la grande guerre, envoyés dans des stations lointaines: Ainsi le Bristol opéra aux Indes Orientales, avec l’escadre d’Extrême-Orient de l’amiral Stoddart, combattant le SMS Karlsruhe, puis rejoignit l’escadre des Malouines, combattant Von Spee en décembre, capturant des charbonniers Allemands, puis chassant le SMS Dresden. Il servit ensuite en méditerranée, puis opéra de nouveau dans l’Atlantique sud jusqu’à son retrait en 1921. Le Glasgow captura en 1914 le paquebot Allemand Catherina, et échappa de peu à la destruction avec le croiseur auxiliaire Otranto lors de la bataille de Coronel remportée par l’escadre de Von Spee. Il participa à la revanche Anglaise le 8 décembre, coulant le SMS Leipzig. Il participa à la chasse du Dresden qu’il réussit à coincer et à couler le 14 mars 1915 au large de l’île Juan Fernandez. Il participa ensuite à la traque de la canonnière Möwe en méditerranée. Il fut basé en Adriatique, puis à Gibraltar et rejoinit la Grand Fleet en métropole en 1918, avant d’être vendu en 1921, comme les autres navires de cette classe.

Le HMS Gloucester était basé en méditerrannée en 1913 et participa à la chasse de l’escadre de Souchon formée du Goeben et du Breslau. Il participa ensuite à la traque de l’Emden dans le pacifique et l’océan Idien et revint en méditerranée en 1914. Il fut affecté à la Grand Fleet, puis détaché pour partir sur les côtes d’Afrique de l’ouest à la chasse du croiseur auxiliaire Allemand Kronprinz Wilhelm. Il captura le Macedonia, bombarda la base de Galway, et servit jusqu’à l’armistice en adriatique. Le HMS Liverpool faisait partie de la Grand Fleet en 1914 et se battit à Héligoland, endommagé par l’explosion du HMS Audacious le 27 octobre 1914. Il fut ensuite envoyé traquer le Kronprinz Wilhelm, puis servit successivement depuis Brindisi en méditerranée centrale, fut détaché en mer égée, aux Dardanelles, puis en mer noire en 1919 pour appuyer la flotte des Russes blancs. Le HMS Newcastle fut envoyé à sa mise en service remplacer le vieux HMS Bedford en Chine. Il bombarda les mutins de Shanghai en 1913, puis fut envoyé en amérique du sud traquer le corsaire Prinz Eitel Friedrich, dans le pacifique en capturant le Mazatlan, en méditerranée ( Mudros ), puis en adriatique, avant de finir sa carrière aux Malouines.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 3300t – 3800t.PC, 123,4 x 12,5 x 4,3 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 12 chaudières Yarrow, 18 000 cv. et 25 noeuds max.
 Blindage  Ponts 25, Tour 100 mm.
 Armement ( origine )  6 canons de 152 mm, 4 de 47 mm, 2 TLT 533 mm latéraux, pont.
 Equipage  317

 

 

 

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gbCroiseurs Classe Weymouth ( 1910 )

weymouth

Le HMS Falmouth en 1916.

Les quatre croiseurs de la classe Weymouth étaient très proche des cinq Bristol précédents, si ce n’est leur coque sensiblement élargie, leur donnant un tonnage plus important de 420 tonnes. Leur coque était également modifiée pour accueillir un armement composé et réparti différemment. A bien des égards, il sagissait de « Bristol améliorés », avec un armement simplifié, réhaussé à un ensemble de pièces de 152 mm nécéssitant une largeur accrue pour régler le problème de stabilité induit. On avait également groupé 4 pièces à l’avant, sur le gaillard, plus efficaces dans le gros temps. On ajouta en 1915 une pièce de 75 mm de DCA sur plate-forme au centre des cheminées. Les mâts à cette époque furent réduits, et des tripodes ajoués en 1917 pour soutenir un poste de tir à l’avant, des projecteurs additionnels étant ajoutés à l’arrière. Une plate-forme pour avions fut ajoutée sur le Yarmouth et le Weymouth en 1918. Au final, ces quatre navires furent jugés très réussis, servirent intensément pendant la guerre et servirent de base pour les développements à venir, les excellents Chatham et Birmingham.

Leur carrière fut assez riche: Le Dartmouth opérait depuis Bombay en 1914, il captura un remorqueur Allemand, puis fut affecté à la 2e escadre de croiseurs légers ( ECL ) de la Grand fleet, mais resta en amérique du Sud à la recherche du Karlsruhe. Plus tard, il retourna aux Indes, puis rallia les Dardanelles, et resta jusqu’en 1919 avec la 8e ECL basé à Brindisi. Il fut torpillé en 1917 par l’UC25 qui s’attribua la victoire, mais contre toute attente, il parvint à rallier un port pour des réparations sommaires. Il continua à servir jusqu’en 1929. Le Falmouth rejoignit en août 1914 la 5e EC avec la Home Fleet, coulant quatre cargos Allemands en moins d’un mois. Il passa ensuite à la 1ere ECL en tant que porte-drapeau, puis la 3e ECL, combattant au Jutland, encaissant un obus. Le 19 août 1916 il fut torpillé par l’U 66. Survivant à ses voies d’eaux, ses machines hors d’usage il dût être remorqué à bon port. Mais en cours de route il fut torpillé par l’U 52 et sombra une dizaine d’heures plus tard.

Le HMS Weymouth passa de l’Atlantique à la méditerranée, puis à l’océan indien. Au début de la guerre, il se lança dans la traque de l’Emden, puis plus tard rejoignit la côte ouest de l’Afrique et le delta du Rufiji pour attaquer le Königsberg. Il passa ensuite en méditerranée, en adriatique, puis retourna en métropole, et rallia les Bermudes. A partir de 1917 il fut affecté à la 8e ECL à Brindisi et fut torpillé par l’U28 Autrichien devant Durazzo. Réparé à Malte, il y resta jusqu’en 1919, et servit ensuite jusqu’en 1928. Le HMS Yarmouth servit en méditerranée et en Chine et au début de la guerre fut envoyé traquer l’Emden. Il captura le Pontoporos, ex-prise du croiseur Allemand, coula son ravitailleur attitré le Markomannia. Il fut ensuite affecté à la Grand Fleet, au sein des 2e et 3e ECL, se battant au Jutland. En juin 1916 il fut torpillé par un U-Boote sans succés, avant de rejoindre l’Afrique du sud et la 2e ECL en 1919, puis ensuite fut affecté en Amérique du sud. Il servit ensuite en métropole de navire d’instruction et de transport de troupes jusqu’à son retrait d’active en 1929.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 5250 t, 5800 T PC, 138,1 x 14,6 x 4,7 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons Compound, 18 chaudières Yarrow, 24 000 cv. et 25 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 100mm, ponts 50 mm.
 Armement  8 canons de 152mm, 4 de 47 mm, 2 TLT de 533 mm ( SM flancs ).
 Equipage  475

 

 

 

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gbCroiseurs classe Birmingham ( 1914 )

bimingham
HMS Nottingham, 1916.

Le succés des croiseurs de la classe Chatham conduisit l’amirauté à en commander 3 autres, les Birmingham, Nottingham et Lowestoft. Ils furent mis en chantier en 1912, lancés en 1913 et achevés début 1914. Ils étaient virtuellement des copies des premiers, à ceci près qu’ils possédaient une pièce de 152 mm supplémentaire à l’avant, avec un arrangement en deux pièces latérales. Le Lowestoft fut équipé d’un mât tripode dès l’origine supportant une passerelle avec un projecteur, configuration reprise lors d’une refonte du Birmingham en 1917. Leur passerelle fut agrandie et un canon de 76 de DCA ajouté en 1915. Ces navires donnant toute satisfaction, on entrepris la construction d’une quatrième unité, HMS Adelaide, mis en chantier à Cockatoo en Australie pour la RAN. Ce dernier, lancé en 1918 et achevé en 1922, intégrait toutes les modifications des premiers. Leur carrière fut très active: Le HMS Bimingham coula en 1914 deux cargos Allemands, et éperonna et coula l’U15 quelques jours après le début des hostilités. Il prit part à la bataille du Dogger bank. Il participa aussi à la bataille du Jutland et n’y fut que légèrement endommagé. Il fut mis en réserve en 1920 puis repris du service dans des stations lintaines avant d’être réformé en 1931. Le Lowestoft servit en mer du Nord, coulant un cargo Allemand en 1914, participan à l’action du Dogger Bank, puis ralliant l’escadre de méditerranée où il resta jusqu’en 1919. Il fut basé en Afrique jusqu’en 1924, puis d’autres stations lointaines, et vendu en 1931. Le Nottingham combattit au Dogger bank et au Jutland, et fut coulé le 19 août 1916 par l’U52 ( salve de trois torpilles ), emportant 38 hommes d’équipage. Le HMAS Adelaide, plus grand et plus lourd, participa à la seconde guerre mondiale.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 5440t – 6040t.PC, 139,3 x 15,2 x 4,9 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 12 chaudières Yarrow, 25 000 cv. et 25,5 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 50, ponts 40-15, Tour 102 mm.
 Armement  9 canons de 152 mm, 4 de 47 mm, 2 TLT 533 mm SM.
 Equipage  480

 

 

 

gbCroiseurs classe Eclipse ( 1895-96 )

eclipse

Cette série de 9 croiseurs dits de « seconde classe » dérivaient des Astraea, mais remédiaient à leur principal défaut, une artillerie faible. Ils furent ordonnés au plan de 1893-94 par Spencer, mis en chantier en 1893-94 et achevés en 1897-98.

La coque était agrandie et renforcée, le gaillard d’avant pourvu d’un pont en dos de tortue. On avait également réarrangé l’artillerie de façon à pemettre une volée plus efficace en chasse comme en retraite. Cependan, on estima que l’armment était encore trop faible et on décida de les réarmer en 1903-1905 à l’exception du HMS Eclipse, qui disposait d’un armement comprenant les 5 pièces de 152 mm, 6 de 120, 8 de 76 et 6 de 47 mm d’origine. Les machines ne changeaient guère mais quelques progrès avaient étés réalisés avec un relatif gain de puissance et par conséquent leur vitesse aux essais furent de 20 à 21,5 noeuds. Ce furent les premiers croiseurs de seconde classe équipés de hunes militaires.

En dehors du HMS Dido qui fut déclassé et utilisé comme ravitailleurs dès 1913 ( et démoli en 1926 ), tous les autres eurent une carrière active durant la guerre:

Le HMS Diana fut basé en méditerranée, mais était à devonprt en 1914. Il fut affecté à la Force G en manche, capturant une goélette Allemande. Il fut ensuite affecté à la 12 escadre légère jusqu’en 1915. Puis en Novembre, partit pour la station Chinoise de Hong-Kong, et y resta jusqu’en 1917. Il fut ensuite basé à Suez, puis opéra en mer rouge, et dans l’océan Indien. On l’envoya à Queenstown jusqu’à sa fin de service en 1919.

Le HMS Dido était affecté en métropole à diverses escadres. Après une refonte à Chatham, il subit une collsion avec le Berwick en 1913. Réparé, il fut ensuite basé à Harwich jusqu’en 1916. Il devint ensuite le ravitalleur de la 10e escadrille de destroyers jusqu’à l’armistice.

Le HMS Doris était basé avec la Home Fleet en 1914, opérant des sorties et capturant quelques cargos Allemands. On l’envoya ensuite en méditerranée avec la 11e escadre. Il s’en prit au trafic marchand Turc, coulant un cargo. Il fut ensuite envoyé aux Dardanelles puis en mer Egée. En 1917 il était basé dans la station des Indes Orientales et fut désarmé à Bombay en 1919.

Le HMS Eclipse servit de navire-école à Osborne jusqu’en 1912. Il fut ensuite détaché à Portsmouth puis Devonport et escorta en Australie les submersibles de la classe AE1 à Singapoupr à la veille du conflit. Il rejoint ensuite en Manche la force G, capturant 2 cargos Allemands. Il fut ensuite basé à la 12e escadre, puis en 1916 détaché comme navire-dépôt des submersibles à Devonport avant sa mise à la retraite en 1919.

Le HMS Isis servit de navire-école des cadets à la station des Indes Occidentales et d’amérique du Nord avant de rejoindre la Home Fleet en 1909. Après une courte refonte, il fut affecté à la Home Fleet à devonport. Il heurta un cargo par accident, provoquant la perte de ce dernier, et en 1914 opéra des patrouilles, capturant un cargo Allemand. Il fut ensuite détaché en mer d’Irlande, puis aux Bermudes, et enfin de nouveau à sa station de jeunesse, et y resta jusqu’à l’armistice. Il fut désarmé en 1919 à Invergordon.

Le HMS Juno opéra au sein de la Home Fleet jusqu’en 1914 au sein de deiverses formations avant de se voir affecté à la 11e escadre légère en mer d’Irlande. En juillet 1915 On l’envoya dans le Golfe Persique. Il fut ensuite envoyé aux Indes Orientales jusqu’à l’armistice et il fut désarmé en métropole en 1919.

Le HMS Minerva servit en méditerranée en 1912. Deux ans plus tard, il était à Portsmouth puis rejoint la 11e escadre en Irlande, puis fut affecté à la 5e escadre patrouiller devant le finsitère. Il captura à cette occasion un cargo Autrichien. On l’envoya en méditerranée ensuite, d’abord à Suez, puis aux Dardanelles en 1915. Il eut l’occasion de se battre contre la marine Turque, coulant notamment le torpilleur Demirishar le 17 avril 1915 devant Chios. Il fut ensuite envoyé en Chine, puis la mer rouge et l’océan indien en 1917 avant de finir sa carrière en Afrique Orientale. Il fut désarmé à Queenstown en 1919.

Le HMS Talbot servit en manche, puis fut envoyé à Suez, s’y échouant en 1912. En 1913, il menai la 7e escadrille de destroyers. Il revint en métropole à devonport au sein de la 3e flotte puis fut affecté en 1914 à la Force G. Il captura à cette occasion un cargo Allemand. Puis ce fut la 12e escadre en février 1915, puis les Dardanelles en avril. Jusqu’en 1917, il fut ensuite basé en Afrique Orientale. Il fut ensuite basé au cap de bonne-espérance en frique du sud en 1918, et revint en méditerranée en 1919. Fin 1919 il revint à devonport pour être désarmé et vendu en 1920.

Le HMS Venus servit dans l’Atlantique et la méditerranée, fut basé à Pembroke et Portsmouth. En 1914, au sein de la 11e escadre en Irlande, il captura 2 cargos Allemands. Il fut endommagé durant un ouragan, perdant son mât avant, fut ensuite basé en Egypte, puis à Singapour en 1917 avant les Indes Orientales en 1918 comme navire-amiral de l’escadre. Il revint en 1919 en métropole pour démolition.

Caractéristiques ( en 1914 ):

 Déplacement & Dimensions

 5200t, 5600 T PC, 113,70 x 16,31 x 6,25 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines 3 cyl. TE, 8 chaudières cylindriques, 8000 cv. et 19,5 noeuds max.
 Blindage  Pont de protection des machines 15, Boucliers 76, Blockhaus 152, ponts 76 mm.
 Armement  11 canons de 152, 8 de 76, 6 de 47, 3 TLT de 457 mm ( SM ).
 Equipage  450

 

 

 

 

gbCroiseurs classe Apollo ( 1890-91 )

apollo

Le HCMS Melpomene en 1914.

La classe Apollo fut la plus importante série de croiseurs jamais entreprise au XIXe siècle. Il s’agissait de bâtiments légers, dits de « seconde classe », et qui devaient opérer sur des stations lointaines comme super-canonnières. Ils avaient étés ordonnés par la loi navale de 1889, et 21 navires commandés à 10 chantiers différents sur un plan unique et intangible, afin de gagner du temps de construction: Devonport, Chatham, Sheerness, London et Glasgow, NCA Co Barrow, Palmer, Samuda, Thompson, et bien entendu Arsmtrong Elswick. Ils étaient d’ailleurs parfaitement représentatifs des croiseurs « exportables » et le furent dans de nombreux pays, y compris les USA. Ils dérivaient pour l’essentiel des Medea de 1887, mais avec un armement à tir rapide repensé. Au lieu d’avoir 6 pièces de 152 mm, ils n’en avaient plus que deux relégués aux deux gaillards. Par contre ils faisaient usage de pièces de 120 mm plus rapides, logés sur les flancs derrière des pavois. Leurs pièces de 57 mm étaient réparties en quatre barbettes de coque avant et arrière, les autres sur les flancs. Cependant cet arrangement fut très critiqué: Les canons latéraux notamment ne débordaient pas de la coque et leur arc de tir s’en trouvait des plus réduit. En effet en chasse comme en retraite, leur puissance de feu se limitait strictement à l’unique pièce de 152 mm. Deux tubes lance-torpilles se trouvaient dans le pont de batterie au niveau du mât arrière et avaient un débattement de 90°. Les deux autres étaient fixés dans l’axe, à la poupe et à la proue.

Le blindage était très classique, limité à 120 mm et pour les endroits névralgiques, la tour de commandement blindée à l’avant ayant 80 mm, et le coffrage défensif interne de la salle des machines 120. Les boucliers des pièces étaient également de 100 mm. Partout ailleurs il était réduit à 51-20 mm. Les deux salles de machines, utilisant une configuration verticale, étaient séparées par une cloison longitudinale afin d’éviter qu’une voie d’eau ne noie la salle des machines entière. Ils étaient capables de croiser sur 8000 nautiques à 10 noeuds, avec une vitesse maximale similaire aux Medea. Ils étaient aussi considérés comme des bons marcheurs. Toutefois, leur construction légère était un handicap en termes de tenue en mer par gros temps. Avec un franc-bord très bas ils étaient de ce fait trop « humides », et devenaient de médiocres plate-formes de tir. 10 ( Aeolus, Brillant, Indefatigable, Intrepid, Iphigenia, Pique, Rainbow, Retribution, Sirius, Spartan ) de ces bâtiments furent définis spécifiquement comme des croiseurs coloniaux et leur structure fut abondamment garnie de cuivre et de bois plutôt que l’acier sujet à la rouille, accusant de ce fait 200 tonnes de plus et une vitesse en retrait.

7 bâtiments furent pris en mains pour une transfomation en mouilleurs de mines en 1907-1910: Les Andromaque, Apollo, Intrepid, Iphigenia, Latona, Naiad et Thetis. Le HMS Indefatigable fut en 1910 transféré à la marine Canadienne et resta en service jusqu’en 1920 presque inchangé, rebaptisé Melpomene. 8 batiments n’étaient plus en service en 1914. Le Sybille fut perdu en mer en 1901, et 7 autres désarmés en 1911-14. Les Sirius, Thetis, Iphigenia, Intrepid, et Brilliant servirent d’obstructeurs dans les opérations de Zeebruge en 1918, coulés le 23 avril afin de bloquer le port. Les autres, plus ou moins inactifs, servirent de navires-dépôt jusqu’à la find de la guerre ou de « ‘sentinelles » dans des stations lointaines de second ordre. Les mouilleurs de mines en revanche, mirent en place un barrage de 9000 mines en 22 sorties, contribuant à isoler la Hochseeflotte. Ils furent désarmés en 1920-22.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 2900t, 3400-3600 T PC, 95,7 x 13,31 x 5,63 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE à 2 cyl., 5 chaudières, 7 000-9000 cv. et 18,5 – 20 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 76 mm, boucliers 100 mm, blindage interne 120 mm, ponts 51 mm.
 Armement  2 canons de 152 mm, 6 de 120 mm, 8 de 57, 1 de 47, 4TLT de 355mm.
 Équipage 273

 

 

 

 

Croiseurs classe Arrogant ( 1896-97 )

arrogant

Le HMS Furious en 1914.

La classe Arrogant comprenait 4 unités: Les Arrogant, Furious, Gladiator et Vindinctive. Ils furent définis au plan de 1895/96 comme des unités de flotte plutôt que pour un usage de protection des routes marchandes. On avait notamment développé leur capacité d’éperonnage. Pour êtres plus agiles que les Eclipse dont ils descendaient, on avait diminué leur longueur et augmenté leur largeur. Ainsi leur déplacement restait légèrement supérieur. Le gouvernail était agrandi et adjoint d’un second, la poupe et la proue redessinées. Leur armement ne changeait pas fondamentalement, on avait simplement simplement supprimé certaines pièces à tir rapide de 47 mm pour des mitrailleuses lourdes Lewis. Le blindage également était renforcé, notamment à l’avant, pour étaler le choc d’un éperonnage. Il pouvait sembler étranger qu’une telle tactique soit encore d’usage à la veille du XXe siècle, mais il était entendu que la manoeuvre d’éperonnage était applicable à un navire déja en perdition, recevant là le coup de grâce.

Ces quatre croiseurs furent achevés en 1898, 1899 et 1900 pour le Vindictive. Ils étaient les premiers croiseurs Britanniques de seconde classe équipés de chaudières à tubes d’eau, sur deux machines à triple expansion. La vitesse finale fut cependant inférieure aux attentes et inférieure à celle des croiseurs de la classe précédente. En 1903-04, on fi déposer leur armement original pour une artillerie uniforme de 10 pièces de 152 mm, plus redoutable. Le 25 avril 1908, le HMS Gladiator sombra à la suite d’une collision avec le paquebot Américain SS St Paul sur la Solent. Il sera renfloué pour démolition l’année suivante. Leur carrière se borna pour les trois survivants à être en service en 1914. Dès 1910, le HMS Arrogant servait de navire ravitailleur pour submersibles à Devonport, le HMS Furious étant renommé en 1915 Forte et servait de ravitailleur au HMS Vernon depuis 1906. Il lui fut ensuite attaché comme ponton. Le Vindictive était également condamné à une certaine inaction: Il passa son temps en alternance de réserve et de service de 1906 à 1909. Il recçut ensuite une courte refonte à Chatham, et partit pour la 3e division de croiseurs légers. Il fut ensuite effecté à la 4e, puis servit un temps de ravitailleur pour le Vernon à Portsmouth.

Toutefois c’est à partir de 1914, août, que sa carrière prit un tout autre visage: Très vite, on employa le Vindictive à la 9e escadre de croiseur, où il captura deux cargos Allemands. A partir de 1915, il partit pour la station d’amérique du sud ( côte Chilienne ). En 1916, il était de retour et opérait en mer blanche. Il revint au sein de la Grand Fleet fin 1917. Il resta ensuite à l’ancre à Portsmouth puis fut pris en mains pour une reconversion très spéciale: Il s’agissait d’en faire le pivot du célèbre raid de Zeebruges programmé pour 1918. On le débarrassa de ses mâts, de tous les équipements superflus, de ses canons de 152 mm et de son artillerie secondaire pour y placer une artillerie de campagne: Howitzers, mortiers, et même lance-flammes installés dans deux tours. Tout avait été prévu pour un assaut latéral du môle et on avait renforcé son côté bâbord, y compris avec des passages blindés. La tour de commandement avait été renforcée par des plaques de tôles revêtues de sacs de sable. C’est le Vindictive qui devait emporter les commandos de arine pour l’assaut principal. ( voir: Le raid de Zeebruges ). Martelé par l’arillerie Allemande, le Vindictive se traîna à Portsmouth réduit pratiquement à l’état d’épave. On en fit utérieurement un ponton d’obstruction du port d’ostende ou il fut sabordé. On le renfloua et le démolit en 1920.

Caractéristiques ( origine ):

 Déplacement & Dimensions

 5680t, 5750 T PC, 104,24 x 17,53 x 6,1 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE à 3 cyl., 18 chaudières Belleville, 10 000 cv. et 19 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 230 mm, boucliers 114 mm, blindage interne 100 mm, ponts 51 mm.
 Armement  4 canons de 152, 6 de 120, 8 de 76, 3 de 47, 5 ML, 4 TLT de 457 mm.
 Équipage 273

 

 

 

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gbCroiseurs classe Highflyer et Challenger ( 1898-1902 )

highflyer

Le HMS Highflyer en 1914.

On associe généralement les trois Highflyer avec les deux Challenger bien qu’ils furent construits avec un écart de 3 ans, et concentraient quelques améliorations. Les Highflyer étaient très proches des Eclipse précédents mais possédaient un armement uniforme de 152 mm et des chaudières à tubes d’eau plus efficaces et moins lourdes. Leurs machines étaient celles des Arrogant précédents, leur donnant une vitesse de plus de 20 noeuds. Le HMS Hermes souffrit cependant de problèmes de chaudières, qui furent changées. Les deux Challenger du programme de 1900 avaient une machinerie plus puissante et une mâture plus importante. Ils dépassaient tous deux les 21 noeuds. Ce furent les derniers croiseurs de seconde classe Britanniques, assimilés à des croiseurs protégés en 1914. Leur carrière fut assez active:

Le HMS Hermes fut envoyé à Chatham en 1913 pour y être converti en transport d’hydravions à l’instigation du RFC ( il pouvait en embarquer 3 ). Il effectua divers tests et essais. Au début de la guerre, on le fit réarmé d’urgence et il fut envoyé patrouiller en Atnlantique et en mer du Nord. Il fut victime de l’U27 au large des bancs de Ruylingen le 31 octobre 1914. Il coula lentement, ne déplorant que 22 noyés. Le HMS Highflyer de son côté servit de navire-école des cadets à la veille de la guerre. En 1914 il fut transféré à la 9e escadre, puis à la 5e escadre de croiseurs. Il intercepta et coula lors d’une sortie le croiseur auxiliaire Kaiser Wilhelm der Grosse au large du Rio d’Oro le 27 août 1914. Il fut ensuite affecté au cap-vert, puis en Afrique de l’ouest en 1916, aux Indes Occidentales en 1917, aux Indes Orientales en 1918, Il resta le navire-amiral de l’escadre de Bombay jusqu’en 1921. De son côté le HMS Hyacinth servit aux Indes à Bombay et en métropole à Chatham avant de relever le HMS Hermes au Cap en 1913. Le 18 avril 1915 il captura le cargo Allemand Rubens, qui ravitaillait le croiseur Königsberg. Le 23 mars 1916 il bombarda Dar-es-Salaam et coula le SS Tabora. Il fut mis à la retraite à Portsmouth en 1919.

Le HMS Challenger servait à Portland au sein de la 9e escadre en 1914. Il intercepta le cargo Allemand Ulla Boog qui tentait de passe la Manche en diection des côtes d’Afrique. Il fut envoyé patrouiller devant les côtes du Cameroun, possession du Reich. Il engagea le croiseur Allemand KMS Königsberg en 1915 sur le Rufiji, puis bombarda Dar-es-Salaam. Il passa le reste de sa carrière en Afrique de l’ouest. Le HMS Encounter de son côté avait été transféré en 1912 à la RAN. Il servit dans le Pacifique jusqu’en 195, capturant le cargo Allemand Elfriede. En 1916, il était basé à Hong-Kong, avant de retourner dans sa station du pacifique sud jusqu’en 1918. Devenu navire caserne en 1919 à Sydney, puis renommé Pinguin, il survécut jusqu’en 1932.

Caractéristiques ( Highflyer ):

 Déplacement & Dimensions

 5100t, 5650 T PC, 113,4 x 16,4 x 6,2 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE à 4 cyl., 18 chaudières Belleville, 10 000 cv. et 20 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 152 mm, boucliers 76 mm, blindage interne 120 mm, ponts 30-80 mm.
 Armement  11 canons de 152, 9 de 76, 6 de 47, 2 TLT de 457 mm SM.
 Équipage 450

 

 

 

 

 

 

Croiseurs éclaireurs ( 1904 )

adventure Le HMS Forward en 1914.

pathfinder Le HMS Sentinel en 1915.

Les deux croiseurs de la classe Adventure, HMS Adventure et Attentive, furent les derniers d’une série de 8 « éclaireurs » expérimentation de Sir John Fisher, l’apôtre de la vitesse. Ils avaient un double rôle: Mener les destroyers regroupés en flotilles, et les protéger en cas de revers sous le couvert de leur puissante artillerie. Ils étaient aussi des « éclaireurs » ( scouts ) destinés à venir en éléments avancés de reconnaissance. Ils n’avaient pas le moyen de lutter contre la plupart des navires ennemis rencontrés, la seule parade étant la vitesse et la fuite. Ils avaient également le rayon d’action nécéssaire à ces missions. Sur cette base, un cahier des charges très précis fut adressé par l’amirauté à divers arsenaux: 4 répondirent présents et se virent confier chacun deux bâtiments, chiffre suffisant car représentant le potentiel de leading de 8 flottilles. Armstrong Elswick, le très réputé arsenal, se chargea des deux derniers. D’abord classés dans la catégorie « 3e classe », puis « légers » en 1914, ils avaient une coque à pont arrière continu, contrairement aux deux Forward, arborant un gaillard d’arrière. Les deux Sentinel possédaient un pont avant en « turtleback », bombé pour aplanir les lames par gros temps, contrairement aux Pathfinder et aux Adventure à la proue simplement relevée.

Ils furent mis sur cale en janvier 1904 puis lancés en août-nov. 1904 et acceptés en service en octobre 1905. En service, ils furent très critiqués pour leur construction trop légère et surtout leur armement dérisoire: En 1914, la plupart des destroyers avaient des pièces de 102 mm.

La carrière de ces navires fut sans histoires notables: L’Adventure entra en collision avec un voilier sur la côte du Sussex en avril 1905, provoquant le naufrage de ce dernier. Il occupait le poste de leader de la 1ere flottille de destroyers à Chatham en 1907, puis la 2e à Devonport en 1911. Il rejignit la 3e escadre légère de croiseurs pour manoeuvres en 1913, et fut affecté en 1914 à la 6e escadrille de destroyers à Douvres. Il fut nsuite envoyé en 1915 à la 6e escadre légère de croiseurs sur la Humber, puis fut basé jusqu’en 1917 à Queenstown. Il opéra un sauvetage ( naufrage du SS Huron ), puis escorta des convois à Gibraltar. Il opéra jusqu’en novembre ce rôle puis passa définitivement en méditerranée et en Egée en 1919. En 1920 il fut revendu pour démolition. L’Attentive connut deux collisions au début de sa vie active: Avec le destroyer Quail en 1907 puis les Gala et Ribble en 1908. Après avoir été mis à la tête de deux escadrilles de destroyers, il fut envoyé en Irlande, puis revint en mer du Nord ou il fit partie de la flottille de Douvres. Il combattit des destroyers Allemands et participa au raide de Zeebruges en 1918. Il fut envoyé escorter des convois à Gibraltar puis passe en méditerranée, et en 1919, partit appuyer les Russes Blancs en mer noire. Il fut rayé des listes et démoli en 1920.

Le Foresight servit à Portsmouth, Chatham et Douvres, subit une collision avec le destroyer Falcon, puis combattit en 1914-1915 au large des flandres. En 1916 il fut envoyé en méditerranée. Il sauva les passagers du navire-hopital Britannic en novembre après avoir servi en mer égée. Il revint ensuite à Chahtham, effectuant plusieurs sorties jusqu’à la mise en retraite en 1919. Le Forward fut affecté au sein de plusieurs escadrilles légèeres successivement à Portsmouth et Chatham, et en 1914 patrouillait aux îles Shetland à la tête de la 9e escadrille de destroyers. Il fut en vue de l’escadre de croiseurs de bataille Allemands qui bombarda Hartlepool mais ne tenta rien. Il fut ensuite affecté à la Humber avec la 6e escadre légère puis fut envoyé début 1916 en méditerranée, et à partir de mai jusqu’en 1919, opéra en mer égée. Il sera désarmé à son retour à Sheerness.

Le Pathfinder fut affecté en Atlantique, puis en manche et enfin à la Home Fleet dans les Orcades. Il fut ensuite affecté à Chatham, mis en réserve, réaffecté à la 4e escadrille de destroyers à Portsmouth, puis remplaça l’Amethyst au sein de la 9e escadre légère. En 1914 il patrouillait sur les côtes Irlandaises. Il fut ensuite affecté à Scapa Flow, et torpillé le 5 septembre 1914 devant St Abbs par l’U21. Le HMS Patrol servit au sein de la Home Fleet, à Portsmouth puis Chatham, et enfin Haulbowline à la veille de la guerre, puis il remplaça le HMS Juno à la tête de la 9e flotille de destroyers sur la Tyne. Il était en contact lors du raid Allemand sur Scarborough en décembre. Il fut affecté sur la Humber, puis en 1918, partit en mer d’Irlande, et à la fin de la guerre dans le Firth of Forth. Il fut désarmé en 1919.

Le HMS Sentinel faisait partie de la 3e escadre de croiseurs en méditerranée, puis fut affecté en Manche à Devonport, comme leader de la 5e escadrille de destroyers. En 1913, après une courte refonte, il prit part à la 3e escadre légère de la Home fleet, puis comme Leader de la 9e escadrille de destroyers à Portsmouth, puis à Douvres, avant de prendre la tête de la 8e escadrille sur la Forth. Il servit ensuite en mer Egée en 1918 après avoir servi depuis 1915 en méditerranée. Fin 1918 il passa les Dardanelles et entra en mer noire, soutenant les Russes blancs jusqu’en 1919. Il fut ensuite affecté à Chatham comme navire-école des mécaninciens jusqu’en 1922. Le HMS Skirmisher servit à Portsmouth, Devonport et Douvres avec la Home Fleet. Il fut affecté temporairement avec la 3e escadre légère sur la Humber à Immingham, puis rejoignit la méditerranée. En novembre 1918 il faisait partie de l’escadre de la mer Egée. Il revint à Immingham avant d’être réformé en 1919.

Caractéristiques ( Adventure ):

 Déplacement & Dimensions

 2500t, 2640 T PC, 120,4 x 11,66 x 3,73 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE à 3 cyl., 12 chaudières Yarrow, 16 000 cv. et 25 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 76 mm, ponts 51 mm.
 Armement  10 canons de 76 mm, 8 de 47 mm, 2 TLT de 457mm (flancs) SM.
 Équipage 268

 

 

 

 

 

gbCroiseurs éclaireurs classe Boadicea ( 1914 )

boadicea
HMS Bellona, 1916.

Trois séries de nouveaux croiseurs éclaireurs destinés à conduire les flotiles de destroyers furent conçus en 1906. Les premiers furent les deux navires du groupe du Boadicea ( comptant aussi le HMS bellona ). Construits à Pembroke, comme les HMS Blonde et HMS Blanche suivants, ils étaient rapides mais modestement armés, et un peu trop petits pour l’Atlantique. En revanche, ils furent appréciés à leur juste valeur en mer du Nord. Ils furent vite dépassés cependant par les performances des nouveaux destroyers marchant au mazout et filant 29 noeuds et ne possédaient qu’un blindage très symbolique, comprenant une tour blindée en dessous de la passerelle, et un blindage de pont léger ainsi qu’un blindage interne au-dessus de la salle des machines. Lancés en 1908-09, ils furent achevés en 1909-10 et affectés à 1ere et 2e flotilles Sud. les deux navires se distinguaient par leurs mâts, celui du Bellona étant plus grand à l’arrière, configuration non reprise pour des raisons de stabilité.

Ils furent réarmés en 1916 pour disposer de 10 pièces de 102 mm et 1 de 76 mm AA. En 1916, ils furent détachés de leurs flotilles respectives et placés au sein de la Grand Fleet. Ils participèrent à la bataille du Jutland. Le HMS Boadicea fut converti en mouilleur de mines en 1917, mouillant 306 mines à orins dans le détroit du Danemark en quatre voyages. En 1919, il fut versé en réserve et vendu à la démolition en 1926. Le Bellona connut un sort identique et fut vendu en 1921.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 3300t – 3800t.PC, 123,4 x 12,5 x 4,3 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 12 chaudières Yarrow, 18 000 cv. et 25 noeuds max.
 Blindage  Ponts 25, Tour 100 mm.
 Armement ( origine )  6 canons de 152 mm, 4 de 47 mm, 2 TLT 533 mm latéraux, pont.
 Equipage  317

 

 

 

royalnavyCroiseurs éclaireurs classe Active ( 1911 )

amphion
HMS Active, 1916.

Cette classe de trois bâtiments dérivait étroitement des Blonde/Boadicea précédents. Ce troisième groupe ne devait compter que les Amphion et Active, mais le Fearless fut ajouté quelques mois plus tard. Ces trois unités étaient opérationnelles en 1913. A part quelques aménagements de blindage, la principale différence observable par rapport aux Blonde et Boadicea était une proue arquée d’un nouveau modèle « brise-lames ». On leur rajouta un canon AA de 76 mm pendant la guerre. L’Active était en service au sein de la 2e escdrille de destroyers, transférée à Harwich. Puis, après un passage dans la Grand Fleet rejoignit la 4 division de flotte à Portsmouth et après 1917 à Queenstown, puis en méditerranée. On le retira de service en 1920. De son côté, l’Amphion était affecté à la 3e division de flotte à Harwich, et sauta le 6 août 1914 sur l’une des mines du croiseur auxiliaire Allemand Königin Luise, devenant la première perte navale de la guerre. Le Fearless servit à la 1ere division de flotte à Harwich avant de devenir leader de la 12e escadrille de submersibles, puis enfin comme leader des destroyers de la classe « K ». Il fut impliqué dans la bataille de l’île de Mai le 31 janvier 1918, éperonnant le K17, et fut retiré du service en 1921.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 3440t – 4000 t.PC, 123,8 x 12,6 x 4,7 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 12 chaudières Yarrow, 18 000 cv. et 25 noeuds max.
 Blindage  Tour de commandement 100 mm, ponts 25 mm.
 Armement  10 canons de 102 mm, 4 de 47 mm, 2 TLT 457 mm.
 Equipage  325

 

 

 

Croiseurs classe Pelorus ( 1896-1900 )

pelorus

Le HMAS Pioneer en 1914.

LLa classe Pelorus, initiée par le plan de 1895, était une série de bâtiments de troisième classe destinés à prendre la suite des Pearl. Toutefois comparés à ces derniers, ils étaient plus longs mais aussi moins large, perdant près de 400 tonnes. Leur armement par contre restait quasiment inchangé. On avait choisi cette forme en fuseau plus prononcée pour tenter d’augmenter leur vitesse, en relation avec des machines plus puissantes de près de 1000 cv. Mais leur ration longueur/largeur faible signifiait aussi un recul de la stabilité et également un comportement en mer plus hasardeux. En vérité ces navires furent moins marins. Par ailleurs le blindage était également diminué, notament pour les boucliers des canons. Ils étaient tous largement équipés de chaudières diverses à tubes d’eau, des Blechynden, Normand, Reed et Thornycroft. La série comprenait 11 bâtiments, achevés de 1897 à 1901. Les Pomone et Pactolus ne firent que quelques années de service actif du fait de leur mauvaises chaudières ( Blechynden ), mais d’autres navires furent également réformés avant la guerre de 1914-18, du fait de problèmes réccurents de chaudières, la plupart peinant à tenir 16 noeuds après quelques années de service actif.

Le HMS Pandora fut retiré de service dès 1913, le HMS Prometheus dès 1914, tout comme le HMS Perseus. Le Pomone était à l’ancre comme ponton et navire-école en 1910 à Dartmouth. Le Pioneer fut affecté à la RAN dès 1912 et resta en service jusqu’en 1931 ( il sera sabordé ). Le Psyche fut également versé à la RAN en 1915. Le Pactolus avait été retiré du service en 1912 et servait de navire ravitailleur à l’ancre. Le HMS Pomone fut de son côté en 1910 affecté comme navire-école. Les autres croiseurs, eurent des carrières diverses durant la grande guerre:

Le HMS Pegasus servait en 1914 au sein de la base du cap de bonne-espérance en août. Il passa ensuite en Afrique de l’ouest. Affecté à Zanzibar, il fut surpris à l’ancre le 20 septembre et coulé au canon par le croiseur Allemand KMS Königsberg. Le HMS Pelorus servait d’escorteur et de patrouilleur en Manche en 1914. Il fut envoyé en méditerranée et converti en navire raitailleur en 1916 à Gibraltar et réformé en 1920. Le HMS Proserpine servait dans la 7e escadre de croiseurs en 1914 et fut ensuite affecté en janvier 1915 à Alexandrie. Jusqu’en 1918 il servit en Mésopotamie et fut finalement réformé et démoli à Gènes en 1919. Le HMS Pyramus était comme le Psyche basé en nouvelle-Zélande avant la guerre. Il rejoignit le golfe persique en janvier 1915, puis fut basé jusqu’en 1920 aux Indes Orientales.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 2135t, 2560 T PC, 95,55 x 11,13 x 4,88 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE à 3 cyl., 16 chaudières, 5000 cv. et 18,5 – 20 noeuds max.
 Blindage  Boucliers 12,5 mm, blockhaus 76 mm, ponts 51 mm.
 Armement  8 canons de 102 mm, 8 de 47, 3 ML Maxim, 2 TLT de 457 mm.
 Équipage 224

 

 

 

royalnavyCroiseurs classe Gem ( 1903-04 )

gem
HMS Diamond, 1916.

Les « Gem » ( portant des noms de diamants ) furent les derniers croiseurs de troisième classe Britanniques. Ils héritaient d’une lignée commencée avec les Surprise de 1885 et composée de bâtiments fort différents. Beaucoup plus grands que les Pelorus de 1896, avec 3000 tonnes contre 2135, ils devaient comprendre au départ 8 unités mais la seconde tranche fut annulée. Ils amélioraient tous les aspects des anciens navires, tant pour le blindage, la vitesse, l’armement, l’autonomie. Deux pièces à tir rapide de 102 mm étaient basés sur la poupe et la proue en ligne, les autres répartis sur le franc-bord avec des débords permettant un tir en chasse ou en retraite de 3 pièces. Le HMS Amethyst fut le seul de ces croiseurs à expérimenter des turbines Parsons, et même le premier croiseur Britannique doté de la sorte. Ce système était économique à haute vitesse, mais l’autonomie était réduite. Ce fut aussi le plus rapide, avec 23,5 noeuds aux essais. Ils furent achevés en 1904-05 et assez actifs durant la guerre: L’Amethyst ne combattit pas lors de la bataille de la baie d’Héligoland en août. 1914: Il venait de se voir relever de son poste à Harwich par le HMS Arethusa quelques jours auparavant. Il était affecté à la 1ere escadre légère. On l’envoya aux dardanelles jusqu’en 1916, puis il servit jusqu’en 1918 aux Malouines. Le Diamond servait avec la5e escadre de bataille en Manche jusqu’en 1918 avant de se voir détaché en méditerranée, puis fut transformé en porte-vedettes, et vendu en 1921. Le Sapphire servit avec la 4e escadre de bataille, puis en méditerranée en 1915-16, avant de rejoindre la station des Indes Orientales. Le HMS Topaze était à la 5e escadre en Manche. Il servit ensuite en méditerranée et en mer rouge avant d’être revendu en 1921.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 2700t – 3000 t.PC, 113,9 x 12,2 x 4,4 m

 Propulsion  2 hélices, Machine TE 4 cyl., 10 chaudières, 9800 cv. et 21,7 noeuds max.
 Blindage  Tour de commandement 76 mm, ponts 58 mm, boucliers 25 mm.
 Armement  12 canons de 102 mm, 8 de 47 mm, 4 ML, 2 TLT 457 mm.
 Equipage  296

 

 

 

République d'ArgentineRépublique BrésilienneRoyaume de BulgarieRépublique ChilienneRépublique de ChineRépublique CubaineRoyaume du DanemarkEmpire EspagnolRoyaume de GrèceEmpire HollandaisRoyaume de NorvègePérouRoyaume du PortugalRoyaume de RoumanieRoyaume de SuèdeEmpire ThaiAmérique du sudLe reste du monde

gbDestroyers type « 27 noeuds » ( 1894-95 )

27noeuds
HMS Lightning, 1915

Comptant parmi les plus anciens destroyers Britanniques en service en 1914, les survivants des « 27 Knotters » avaient étés peints en gris, et on leur avaient ajouté une TSF, des mitrailleuses Lewis, et parfois des cabines de passerelle fermées. Cependant leur coque typique de l’héritage des torpilleurs, à pont continu, bas, et avec un « turtleback »; Ils n’étaient pas de ce fait très marins, et à l’instar des 30 et 33 knotters, servirent surtout dans des escadrilles côtières durant le conflit. La classe dans son entier, ordonnée en 1893, comptait à l’origine 36 destroyers répartis entre 14 différents chantiers. Près de la moitié furent retirés du service en 1910-11, ce qui fait qu’en août 1914, il n’y en avait plus que 9 en service, deux autres étant cette même année passés à la réserve.

Tous différaient selon leur constructeur en déplacement et taille, de 295 à 365 tonnes PC pour 61-62 mètres de long. Leur puissance motrice différait également, passant de 3600 à 4800 cv. Leur silhouette également, selon leurs arrangements de machines et d’armement. Cependant, ils avaient tous des machines à triple expansion, sauf les trois navires de Thornycroft, dotés d’un quatre cylindres Compound.

Le seul perdu fut le HMS Lightning, qui sauta sur une mine en 1915. Ces trois unités, avec le Porcupine et le Janus, construits par Palmer, furent considérés comme les meilleurs de cette série, les plus marins.

Caractéristiques: HMS Lightning, Laird.

 Déplacement & Dimensions

 275 t, 320 T PC, 62,26 x 5,94 x 2,44 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach.TE, 4 chaudières, 3900 cv. et 27 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canon de 76 mm, 5 canons de 47 mm, 2 TLT de 457mm ( axe ).
 Equipage  63

 

 

 

 

gbDestroyers classe Acheron ( 1911 )

acheron
HMS Phoenix, 1918.

Ces 29 destroyers lancés en 1911-12 et achevés en 1912 ( à part trois unités de la série Australienne construits pendant la guerre ) étaient virtuellement des copies des Acorn de 1910. Il y avait 14 unités designées par l’amirauté, mais aussi 9 « spéciaux » de trois chantiers qui testaient des améliorations, et 6 « Australiens » dont 3 construits localement à Cockatoo, dont le Huon, le Swan et le Torrens. Ces deux derniers furent opérationnels en 1915. Bien que similaires aux Acorn, les Acheron avaient deux cheminées de même hauteur. Les dimensions étaient pratiquement inchangées mais la puissance et la vitesse étaient légèrement supérieures.

Mis en service en constituant la première flotille, ils furent ensuite affectés à la 3e escadre de bataille, basée à Portsmouth. Bon nombre d’entre eux furent ensuite envoyés en méditerranée. 5 bâtiments furent convertis en mouilleurs de mines en 1917, et 3 furent perdus au combat, le HMS Phoenix ( torpillé en 1918 lors d’une action de nuit ), l’Attack et l’Ariel sautant sur des mines. La plupart furent ferraillés en 1921, mais certins survécurent jusqu’en 1930-31 ( les « Australiens » ).

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 778t – 990 t.PC, 75 x 7,8 x 2,7 m

 Propulsion  3 hélices, 3 turbines Parsons, 3 chaudières Yarrow, 16 000 cv. et 28-29 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 102 mm, 2 de 76 mm, 2 TLT 533 mm.
 Equipage  72

 

 

 

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gbDestroyers classe « Tribal » ( 1907 )

tribal

Ces 12 estroyers furent les « enfants chéris » de l’amiral Sir John Fisher, prmu en 1904 premier lord de la mer. Fertile cerveau, il imagina un nouveau type de destroyer capable des plus hautes vitesses, afin de composer la future flotte uniquement de cuirassés Dreanoughts et de destroyers lourds rapides. Les « Tribals » ( nommés d’après des noms de tribus de l’empire ), en étaient les prototypes. Fisher avait à l’attention des différents chantiers préparé un design bien précis, stipulant la capacité de rester 7 jours en mer, de marcher au mazout tout en pouvant soutenir 33 noeuds pendant 8 heures d’affilée, et d’être armés de 2 pièces de 76 et 5 de 47 mm. ( plus tard, ces prétentions irréalistes furent ramenées à 4 jours en mer et 3 pièces de 76 mm ). Au final 8 chantiers répondèrent présents, malgré les difficultés, et délivrèrent chacun un ou deux bâtiments, lancés en 1907, 1908 et 1909. Cependant les plans délivrés par leurs bureaux d’études avaient étés plus ou moins « baclés » devant l’exigence de Fiher de recevoir ces derniers dans un délai de 11 jours à partir de la soumission du projet. Ces navires devaient êtres plus rapides de 7,5 noeuds que les « River » et marcher au mazout uniquement, ce qui était radicalement nouveau et constituait un défi technique de premier ordre pour les ingénieurs. De fait, les « Tribals » étaient de auvais marcheurs, peu marins, extrêmement gourmands et donc ayant une rayon d’action proprement ridicule. Finalement assez peu pouvaient soutenir ni même atteindre les 33 noeuds spécifiés. Tous différaient en taille, poids, apparence, moteurs et puissance. Ils furent affectés à la 6e flotille en 1910, puis en 1914 passèrent à la patrouille de Douvres, comme « classe F ». Malgré leurs insuffisances, ils se battirent fréquemment contre les destroyers Allemands, et 4 furent perdus, dont deux en sautant sur des mines. Deux de ces destroyers, le Zulu et le Nubian, l’un ayant sa partie arrière déchiquetée et l’autre son gaillard d’avant, furent remorqués, partiellement démolis, et ressoudés ensemble pour former le « Zubian », fait rare dans les annales maritimes!…

Caractéristiques ( HMS Nubian ):

 Déplacement & Dimensions

 998t, 85,4 x 8,1 x 3 m

 Propulsion  3 hélices, 3 turbines Parsons, 6 chaudières Thornycroft, 14 000 cv. et 33 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 102 mm, 2 TLT 457 mm.
 Équipage 68

 

 

 

 

gbDestroyer HMS Swift ( 1907 )

swift

Le Swift fut le plus grand destroyer du monde, et pour longtemps. Il fut défini par l’imaginatif amiral Fisher, grand partisan de la vitesse, en 1905. Il devait être le précurseur d’une nouvelle lignée de destroyers d’escadre. Il voyait pour ce bâtiment un navire dérivé des « River », mais utilisant des turbines à mazout spéciales et capable de 36 noeuds. Le bureau d’étude de l’amirauté lui répondit que cela était impossible sur un bâtiment dérivé des frêles River, et qu’il fallait développer un tout nouveau design. Finalement Camell laird, après moult réticences se vit accepter sa conception définitive sur le dernier projet ( 3 furent définis, et les chantiers avaient 4 semaines pour rendre un design définitif sur cette base ) et de sa construction. Le Swift au final n’avait rien à voir avec les « Rivers » car étant d’un tonnage et de dimensions très supérieures pour loger les énormes machines alors indispensables. Avec 2300 tonnes à pleine charge, on se retrouvait pratiquement avec un petit croiseur léger, bien que trop faiblement armé. Trop ambitieux, ce navire ne fut accepté en service qu’en février 1910, après 2 ans ininterrompus d’essais laborieux et de changements de propulseurs, et la vitesse de 35 noeuds ne fut acquise qu’à la suite de grands efforts et sacrifices ( le contrat en prévoyant 36, le chantier se vit affligé d’une amende de 5000 livres. – il en coûta au total 233 000 ). Bien que très marin, ce navire était une gouffre à mazout, consommant presque trente tonnes par heure à pleine vitesse. En 1912 il prit la tête de la 4e escadrille de destroyers. A partir de 1914 il servit en mer du Nord mais y fut décevant. On lui fit subir une courte refonte et en juin 1915 il passait à la patrouille de Douvres, comme leader de la 6e escadrille. On troqua ses 4-inches du gaillard avant pour une pièce de 152 mm, et avec le Broke, il prit part à une action en manche contre des destroyers Allemands le 20 avril 1917 ou il fut sévèrement endommagé. Réparé, sa passerelle agrandie et réarmé avec deux pièces rapides de 102 mm mk.V, il fut affecté à Douvres jusqu’à sa vente pour démolition en 1921.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 2170t, 2390 t PC, 108 x 10,4 x 3,2 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 12 chaudières Laird, 30 000 cv. et 35 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  4 canons de 102 mm, 2 TLT 457 mm.
 Équipage 79

 

 

 

gbDestroyers classe Acasta ( 1912 )

acasta
HMS Garland, 1915.

Ces 20 destroyers lancés en 1912-13 et achevés en 1913-14 suivaient la lignée des Beagle, Acorn, et Acheron, mais constituaient un pas en avant dans le domaine des améliorations issues des classes précédentes. Il s’agissait des plus gros destroyers Britanniques de série depuis les « Tribals » de 1909. Leur armement était standardisé et simplifié à 3 pièces de 102 mm à tir rapide Mk.VIII de 45 calibres, complété toujours par 2 tubes de 533 mm dans l’axe avec deux torpilles en réserve. Le vieux « 12 pounder » ( 47 mm ) avaient étés abandonnés car chers à produire et trop légers pour infliger des dégâts sérieux. Par ailleurs, la vitesse prévue initialement, 32 noeuds, fut abaissée à 29 tant la quadrature du cercle ( vitesse élevée avec tonnage réduit ) était ardue et fut une source de problèmes sur les navires précédents. Leur rayon de virage était également très élevé, et ces navires passaient de ce fait pour peu manoeuvrants.

Il fut envisagé en cours d’ achèvement de renommer ces navires en commençant par la lettre « K » et de désigner la classe entière comme classe « K », mais l’amirauté renonca à cette idée du fait de la superstition des marins de la Navy quand au fait de renommer un navire. Il y eut également quatre unités spéciales qui différaient en détails et arrangements selon les chantiers et servirent à tester des solutions. Ces bâtiments servirent au sein de la 4e escadrille, menés par l’HMS Swift. Il y eut au total 7 pertes au combat, en 1916-17. Les autres survécurent jusqu’en 1921 avant d’êtres rayés des listes. Le HMS Porpoise continua encore sa carrière sous pavillon Brésilien avec le nom de Maranhao. Il était encore actif lors de la seconde guerre mondiale.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1072 t – 1300 t.PC, 81,5 x 8,2 x 2,9 m

 Propulsion  2 hélices, 2 turbines Parsons, 4 chaudières Yarrow, 24 500 cv. et 29 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  3 canons de 102 mm, 2 TLT 533 mm.
 Equipage  73

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

gbDestroyers classe « L » ( 1913-14 )

laforey

Le HMS Laforey en 1917.

Aussi appelée classe Laforey, du nom de la première unité entamée et lancée, le 28 mars 1913, cette série de 22 bâtiments fut la dernière étudiée avant la grande guerre. Sur les 22 lancés, tous sauf 2, construits dans l’urgence en 1915 ( « Repeat L » des chantiers Beardmore – HMS Lochinvar et Lassoo ) étaient opérationnels au moment de la déclaration de guerre en août 1914. Ces navires furent étudiés fin 1912 en digérant les points forts et faibles des classes précédentes, notamment les 20 Acasta. L’amirauté exigea des bâtiments à deux hélices de 24 500 cv, armées de 3 pièces de 4 inches semi-automatiques, et deux bancs doubles lance-torpilles. Une proue élancée fut également préférée à la proue droite, car plus marine, et des turbines semi-embrayées. Tous sauf quatre avaient 3 cheminées, d’ailleurs réhaussées rapidement. On équipa également leur poupe de rails pour mouiller des mines Elia ou ype H, mais en opérations, ils n’en eurent jamais l’utilité.

Les noms originaux de ces unités étaient issus de romans et nouvelles de Sheakespeare et Waverley, mais sur ordre de l’amirauté le 30 septembre 1913 qui souhaitait réorganiser ses classes avec l’alphabet, on les renomma en « L ». Cette habitude fut conservée jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. A leur entrée en service ces navires furent affectés à la 3e escadre de destroyers à Harwich. En 1917, il n’y avait eu que trois pertes, le Laforey qui sauta sur une mine en mars 1917, le Lassoo en août 1916, et le Louis coulé par des batteries côtières turques après s’être échoué devant la baie de Suvla ( Dardanelles ) en 1915 ( 4 unités y furent envoyées en 1915, reppelées en 1916 ). Les 19 unités restantes furent dispersées entre Devonport et Portsmouth pour des missions d’escorte. Le Lance eut l’honneur de tirer les premières bordées de la Royal Navy durant la guerre, adressées au mouilleur de mines auxiliaire Allemand Königin Luise. 6 destroyers de cette classe combattirent et détruirent 4 destroyers Allemands au Texel le 17 octobre 1914. Ces navires furent vendus en 1921-22.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 965t, 1150 t PC, 81,9 x 8,4 x 3,2 m

 Propulsion  2 hélices, 2 turbines à vapeur, 3 chaudières, 24 500 cv. et 29 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  3 canons de 102 mm, 1 ML Maxim 7,07 mm, 4 TLT 533 mm ( 2×2 ).
 Équipage 73

 

 

 

gbDestroyers classe Beagle ( 1909 )

beagle
HMS Racoon, 1916.

Plus modestes que les « Tribal » de 1907 dans leurs objectifs, les « Beagle » signaient un début de retour à la raison, bien que définis par Sir Lord Fisher, adepte de la vitesse à tout prix. Ces 16 unités lancées en 1909-10 signaient aussi la décision de l’amirauté – contre Fisher – de revenir au charbon comme source d’énergie, s’appuyant sur des allégations Allemandes selon lesquelles le G137 marchant au charbon aurait soutenu 33 noeuds pendant 4 heures. De plus le charbon était plus facile et moins onéreux à se procurer. Leur vitesse tombait à 27 noeuds au lieu des 33 des « Tribals » au prix de défauts excessifs. Bon marcheurs et endurants, les Beagle furent satisfaisants, excepté leur voyant panache noir typique des « charbonniers ».

Ils constituèrent la 1ere flotille de destroyers en 1910, puis la 5e avant d’êtres envoyés en 1913 en méditerranée. Ils y restèrent ( sauf 6 unités remontées pour rejoindre la Home Fleet ) jusqu’en fin 1917, combattant notamment aux Dardanelles. Le HMS Wolverine fut coulé à la suite d’une collision, les HMS Racoon et Pincher furent gravement touchés et leurs épaves abandonées en 1918.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1210t – 1330 t.PC, 76,2 x 10,1 x 3,4 m

 Propulsion  1 hélice, 1 mach. TE, 2 chaudières, 1800 cv. et 16,5 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canon de 102 mm, 3 de 76 mm, 2 TLT 533 mm ( en ligne, 4 torpilles ).
 Equipage  96

 

 

 

gbDestroyers classe Acorn ( 1910 )

acorn
HMS Sheldrake, 1916.

Cette classe de 20 destroyers du programme de 1909 et 1910 constituaient un retour à la combustion de mazout, au détriment de la vitesse, mais au profit de l’endurance. Ce fut la première fois que l’amirauté soumit un design à diverses compagnies pour passer contrat. Ils possédaient trois cheminées dont la première fit ensuite réhaussée pour cause de la gêne occasionée par la fumée sur la passerelle en cas de vent arrière. Le premier de ces navires fut achevé en décembre 1910, le dernier en février 1912. Ils devaient constituer une amélioration des « Beagle » tout en remplaçants les « River » de 1904-1908 au sein de la 2e flotille. En août 1914, ils furent versés dans la Grand Fleet et opéraient à Devonport. Ils furent progressivement affectés en méditerranée, recevant un canon de 47 mm AA, et des deep-charges. La classe, aussi appelée « classe H » depuis 1913, compta trois pertes, dont seulement deux au combat, les HMS Stauch et Comet, torpillés en 1917-18. Le Goldfinch fut perdu en mer, étant drossé sur des récifs. Il ne fut démoli qu’en 1919, réduit à l’état d’épave. Les autres furent démolis en 1920-21 à part les Nemesis et Minstrel qui furent « loués » au Japon entre 1917 et 1919.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 772t – 970 t.PC, 75 x 7,7 x 2,6 m

 Propulsion  3 hélices, 3 turbines Parsons, 4 chaudières Yarrow, 13 500 cv. et 27 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 102 mm, 2 de 76 mm, 2 TLT 533 mm.
 Equipage  72

 

 

gbTorpilleurs type « 140 footers » ( 1892 )

torp140pieds

Les plus petits des torpilleurs côtiers Britanniques opérationnels en août 1914 ( dit aussi de seconde classe ), étaient les « 140 pieds » ( 43 mètres ). Lancés en 1892, 1893 et 1894, ils succédaient aux « 125 footers » en partie réformés en 1914. Au total 10 unités construites par unités unique ou paire, par 4 chantiers, sur des designs différents. Leur tonnage variait de 105 à 130 tonnes, mais ils avaient en commun de trois tubes de 457 mm ( une fixe en proue, 2 latéraux mobiles ), trois pièces de 47 mm. Leur vitesse variait également de 23 à 24,5 noeuds. Le TB90 ne éveloppait que 1500 cv, le TB91 2300. Le TB93 était le premier torpilleur à 2 hélices, développé par Thornycroft. La série comprenait les TB88 à TB97. Ils furent actifs durant la grande guerre, transférés à Gibraltar. Le TB90 fut perdu à la suite d’un naufrage au large de Gibraltar en 1918, le TB96 à la suite d’une collision en 1915. Les survivants furent réformés en 1919-1920.

Caractéristiques ( série White, TB94-96 ):

 Déplacement & Dimensions

 130t, 43,4 x 4,65 x 2,6 m

 Propulsion  1 hélice, 1 machines TE, 4 chaudières à tubes d’eau, 2000 cv. et 23 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  3 canons de 47 mm, 3 TLT 457 mm.
 Équipage 32

 

 

 

gbCannonières mixtes Britanniques ( 1870-1889 )

cadmus

Le HMS Magpie en 1914.

Dans cette page seront vues les canonnières de haute mer en service dans la Royal Navy en 1914: Il s’agissait d’une poignée de navires, les plus anciens remontant à 1870. Voici ces différentes classes sans entrer dans les détails:

  • Classe Ant ( canonnières en fer légères ): Ces bâtiments furent construits pour la défense de ports à travers l’empire. La classe comprenait en 1873, date de mise en service des derniers navires, 20 unités, très larges, mais longues de seulement 25,91 mètres, très lentes ( 8 noeuds ), à vapeur seule, et dotées d’un unique canon de 254 mm se chargeant par la culasse ( Armstrong ). 9 unités seulement étaient en service en 1914, mais beaucoup furent converties dès 1906 à des rôles de citernes ou de porte-câbles, etc… Du fait de leur âge ils ne furent rien d’autres que des canons flottants portuaires. On les réarma cependant avec des pièces modernes de 114 mm et de 76 mm pour bombarder la côte Belge. Il y avait également 3 autres unités de la classe Gadfly ( 1879 ), et le HMS Insolent de la classe Bouncer 1881 ). Ce dernier servait de coque utilitaire à Portsmouth.
  • Classe Medina: ( Canonnières en fer mixtes ). Ces navires mixtes ( voile et vapeur ) construits entièrement en fer et de ce fait assez solides possédaient 3 pièces de 150 mm. Sur les 11 navires que comptaient la classe en 1878, 5 étaient en activité en 1914, souvent avec leur voilure réduite ou démontée, et dans d’autres rôles que canonnières le plus souvent.
  • Classe Forester: Canonnières mixtes ( voile et vapeur ). Ces unités construites en bois et en acier étaient légères et bien adaptées au service colonial. En outre leur allure désuette de voilier avait un certain charme dans des eaux paradisiaques. De cette classe datant de 1874 il ne restait que 2 navires en 1914, réduits à des tâches subalternes.
  • Classe Redbreast: Datant de 1889, il ne restait que les Magpie et Rindgrove, le HMS Thrush servant comme garde-côtes.

Caractéristiques ( Redbreast )

 Déplacement & Dimensions

 805t, 50,3 x 9,45 x 3,35 m

 Propulsion  1 hélices, machine TE, 1200 cv. et 13 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  6 canons de 102 mm.
 Équipage 76

 

 

 

 

gbCannonières classe Bramble ( 1898 )

bramble

Le HMS Thistle en 1914.

La classe Bramble se composait de trois autres unités, les Britomart, Dwarf et Thistle. Il s’agissait des premières canonnières entièrement en acier, contrairement à celles, mixtes, construites jusqu’alors. Elles furent définies pour servir également dans des stations coloniales. L’armement était également réparti différemment, avec plus d’artillerie légère. Leur vitesse restait constante, bien que la puissance soit en augmentation. Nous ne disposons pas de détails sur leur carrière durant la guerre, mais deux de ces unités servaient aux Indes. Elles furent vendues pour démolition en 1920 et 1926.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 710t, 54,86 x 10,06 x 2,44 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE, 1300 cv. et 13 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 110 mm, 4 de 76 mm.
 Équipage 85

 

 

 

 

gbCanonnières-torpilleurs classe « Alarm » ( 1892-93 )

sharpshooter

Le HMS Jason en 1914.

Cette seconde série de canonnières-torpilleurs, catégorie en vogue avant la généralisation des contre-torpilleurs, futurs destroyers, comprenait 11 unités, les Alarm, Antelope, Circe, Hebe, Jaseur, Jason, Leda, Niger, Onyx, Renard et Speedy. Très proches des Sharpshooter précédents, ils avaient un tirant d’eau plus élevé, le même armement et une vitesse en retrait. 5 unités, dont le speedy, qui arborait trois cheminées, disposaient de trois tubes lance-torpilles au lieu de cinq. Ce même HMS Speedy construit par Thornycroft avait des chaudières à tubes d’eau spécifiques et se montra bien plus efficace, plus rapide et plus fiable à la différence des chaudières du type « locomotive » adoptées pour les autres et trop petites pour ces unités relativement lourdes. Alors que ces dernières peinaien à atteindre 18 noeuds, le Speedy pouvaient maintenir longtemps 19 noeuds sans soucis.

Ces navires furent mis sur cale en 1889 et achevés en 1894 au plus tard. En 1905, on considérait ces unités comme procédant d’un concept périmé. Les bâtiments qui ne furent pas vendu à cette date pour démolition ( Renard et Jaseur ), le furent plus tard: L’Alarm en 1907, tandis que l’Onyx fut converti en ravitailleur de submersibles la même année, en 1910 pour le Hebe, et 1915 pour l’Antelope. La série Circe, Jason, Leda, Niger, et Speedy était la seule active véritablement en 1914-18 car ces unités furent converties en dragueurs de mines dès 1908. C’est ainsi que trois unités furent perdues en mission, Le HMS Niger en étant torpillé ( U-boote inconnu ) en 1914, et les Speedy et Jason en sautant sur des mines. Il en était de même pour la série des Seagull, Gossamer, Skipjack et Spanker de la classe Sharpshooter, convertis à la même date tandis que les autres étaient démolis ou laissés à l’ancre comme ravitailleurs. ( Le Seagull fut la seule perte, dûe en 1918 à une collision. ).

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 810t, 70,1 x 8,2 x 3,6 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines TE, 12 chaudières loco, 3500 cv. et 18,7 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canon de 120 mm, 4 de 47 mm, 5 TLT 457 mm.
 Équipage 91

 

 

 

gbCanonnières-torpilleurs classe « Dryad » ( 1894-95 )

dryad
HMS Lightning, 1915

Les 5 unités que comptait la classe comprenait les Dryad, Halcyon, Harrier, Hazard, et Hussar. Arborant une silhouette très singulière avec leurs deux cheminées largement séparées, mais ils étaient plus lages et plus solides que les Alarm. Lorsque leur concept tomba en désuétude en 1895 du fait de l’arrivée en grand nombre des premiers destroyers, ils furent rapidement déconsidérés. Bien que plus grands et plus puissants, ils étaint moins rapides et maniables que les derniers torpilleurs. En 1914, Deux furent tous rapidement reconvertis en mouilleurs de mines et reclassifiés comme tels. Un an plus tard le Halcyon et le Hazard furent reclassés comme ravitailleurs. Les autres connurent une carrière courte et sans gloire: En 1921, les trois autres unités furent réformées.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 950 t, 1070 T PC, 76,20 x 9,30 x 3,51 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach.TE, 3500 cv. et 18,2 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 120 mm, 4 canons de 57 mm, 1 ML Nordenfelt, 5 TLT de 457mm.
 Equipage  120

 

 

 

Constructions durant le conflit et opérations:

 

gbCroiseurs de bataille classe Renown ( 1916 )

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Le HMS Renown en novembre 1917. Cliquez pour agrandir.

Ce ne fut pas la dernière classe de croiseurs de bataille Anglais, mais incontestablement, les Renown marquaient un nouveau jalon dans l’évolution de ce concept si controversé. Sur le plan du tonnage, ces navires étaient équivalents voire inférieurs à celui des dreadnoughts récents, mais pour la taille, il dépassaient tout ce qui avait pu être construits jusque là. Il s’agissait des plus grands bâtiments de guerre jamais vus à l’époque, statut qu’ils gardèrent jusqu’à la sortie du Hood en 1920. Ils marquaient aussi une évolution logique vers le calibre de 15 pouces ( 381 mm ) en parallèle avec les dreadnoughts des classes Revenge et Queen Elisabeth. Alors que l’amirauté ne voulait plus entendre parler d’autres croiseurs de bataille, affirmant que le Tiger était le dernier, le retour de Lord Fisher en octobre 1914 comme premier Lord de la mer remit ce positionnement en question. Comme escompté, ce dernier ne ménagea pas sa peine pour demander la construction de deux nouveaux bâtiments de ce type, capitalisant sur les victoires remportées par les bâtiments de la classe Invincible aux Malouines contres Von Spee.

On lui rétorqua que ces navires complexes ne seraient pas terminés avant la fin de la guerre, notamment du fait que la priorité de l’amirauté était alors d’achever ses dreadnoughts et d’assurer une production massive des destroyers. Ce dernier affirma qu’il était possible de rationnaliser la production afin de parvenir à des délais d’étude plus courts et à une construction rapide. Il espérait même une mise en service début 1916. Pour gagner du temps il se proposa de récupérer les tôles et matériels engagées dans la fabrication des deux dreadnoughts de la classe Revenge portant le même nom, ces derniers étant littéralement cannibalisés et leurs tourelles de 381 mm récupérées. Comme encore une fois la vitesse devait être déterminante, Fisher tablait sur 32 noeuds, et pour l’établir, il escomptait de nouvelles machines plus légères avec des chaudières à tubes fins et des turbines allégées, mais les délais firent qu’on se rabattit sur l’adoption des machines du Tiger, avec quatre chaudières supplémentaires aménagées dans l’espace disponible. Enfin et surtout la protection était une nouvelle fois sacrifiée, reprenant le schéma adopté sur les deux Invincible – ( Jutland n’avait pas encore eu lieu, et Fisher restait fidèle à son credo, la vitesse est la meilleure protection ). De fait, en sortant des chantiers, ces navires dont le poids avait augmenté en cours de construction, ne purent atteindre les 32 noeuds sécifiés qu’en forçant leurs chaudières bien au-delà de 120 000 cv, au prix d’une consommation monstre de mazout. Leur vitesse normale était de 30 noeuds pour 112 000 cv, ce qui était déjà exceptionnel en soit, et bien meilleur que le Hindenburg Allemand ( à contrario bien mieux protégé ). Elle resta le record des navires de ligne jusqu’à l’arrivée rapide des croiseurs de bataille légers Furious et Courageous ( 32 noeuds ) et naturellement du Hood ( 31 noeuds ).

La coque était dotée dès l’origine de légers « Bulges » de protection courant sur toute la ceinture. Pour finir, on adopta des pièces secondaires d’un calibre léger, revenant à la solution des bâtiments précédents, mais au lieu de barbettes, on choisit de les surélever et de les grouper en affûts simples ou triples sous masques. Cette configuration triple pour cinq de ces affûts était d’ailleurs une étrangeté qui ne fut pas des plus heureuses: Les trois pièces de chaque groupe était indépendante et nécéssitait à elle seule plus de 10 hommes pour leur fonctionnement, ce qui au total représentait 32 servants, dans l’espace confiné du masque de blindage. La complexité du système de chargement fut également critiquée. Bien que l’arc de tir de cette artillerie était en théorie excellent, meilleur que les barbettes gênées dans le gros temps, leur faible calibre les rendaient peu efficaces. Ce concept se révéla médiocre au final et ne fut jamais repris. Ces deux bâtiments furent mis en chantier à Fairfield et J. Brown le 25 janvier 1915, lancés en janvier et mars 1916 et achevés en août et septembre 1916, le Repulse précédant le Renown. Cette construction avait en effet pris un an et 8-9 mois, plus que prévu, mais moins que le Tiger ( deux ans et quatre mois ).

Lorsqu’ils entrèrent en service au sein de la Grand Fleet, la bataille du Jutland venait de se terminer et les croiseurs de bataille avaient perdu toute crédibilité. Les remous provoués par ces pertes étaient tels que certains au gouvernement se proposaient purement et simplement de mettre en réserve ces unités. L’amirauté, lorsque le calme fut revenu, décida par la voix de John Jellicoe de reprendre en main ces deux bâtiments et de leur ajouter 500 tonnes de blindage au dessus principalement des soutes à munition et de la salle du gouvernail et des systèmes de direction. Leurs cheminées avant avaient étées réhaussées dès novembre 1916 du fait de la gêne occasionnée par la fumée sur la passerelle. A l’automne 1917, une passerelle de décollage fut adaptée sur la tourelle B, une première en Angleterre. Les USA avaient montré la voie sur l’un de leurs croiseurs. Cette petite plate-forme ( environ 20 mètres ) prenait appui sur la tourelle et les canons, ce qui n’était pas sans poser problème en cas de tir avec une hausse importante. Inclinée, celle-ci était jugée suffisante pour lancer un Sopwith Pup, léger chasseur utilisé en l’occurence comme appareil d’éclairage, lancé simplement en enlevant les cales maintenant les roues, moteur à plein régime. On eut recours aux hydravions embarqués durant les années 20-30.

La solution fut reprise peu après sur le Repulse, puis adoptée par tous les autres bâtiments de ligne récents de la Royal Navy. Courant 1918, on eut recours à de nouvelles modifications, pose de déflecteurs, pose de nouveaux projecteurs dans des tours blindées, tandis que la structure de la longue coque, trop légèrement construite pour résister aux puissantes bordées de ses six pièces, était renforcée, et le poste de direction de tir reconstruit. La protection restant toujours problématique, on décida de renforcer le Repulse avec le blindage enlevé de l’ex-cuirassé Cochrane tranformé en porte-avions. Fin 1918, le Renown de son coté devait attendre la disponibilité d’un nouveau blindage, reçut seulement en 1923-26. Leur carrière durant la grande guerre fut insignifiante du fait notamment que l’amirauté craignait tout simplement de les exposer au feu ennemi. En 1918 encore, certaines parties vitales du navire povaient être traversées par des projectiles de 152 mm. En attandant le Renown hébergea le Prince de Galles durant sa tournée asiatique et Australienne.

Ces deux navires furent une nouvelle fois modernisés, recevant une DCA moderne ( avec le retrait de leurs pièces de 102 mm ) et de nouveaux systèmes de direction de tir. Mais seul le Renown bénéficia d’une refonte totale, doublée d’une reconstruction étalée sur trois ans, de 1936 à 1939. Le Repulse devait être reconstruit de la même manière, bien que la guerre l’en empêcha. Il rejoignit l’escadre de Singapour avec le Prince of Wales et fut coulé en décembre 1941 par l’aviation Nippone. Le Renown de son côté reprit du service le 2 septembre 1939 dans l’escorte des porte-avions, totalement méconnaissable, et avec un blindage cette fois bien plus conséquent, son tonnage atteignant 36 000 tonnes. Sa carrière durant la seconde guerre mondiale bien fut plus riche et il fut finalement démoli en 1948, après de trente-deux ans de bons et loyaux services à la couronne… ( Voir aussi Renown et Repulse sur Navis2GM ).

 Déplacement & Dimensions

 27 600 t, 30 800 T PC, 242 x 27,4 x 7,8 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Brown-Curtis, 32 chaudières B&W, 112 000 cv. et 30 n. max.
 Blindage  Ceinture 150, coffrage 100, barbettes 180, tourelles 280, blockhaus 250mm, ponts 75 mm.
 Armement  6 pièces de 381 (3×2), 17 de 102 (5×3, 3×1), 2 de 76 AA, 4 de 47, 2 TLT de 533mm ( SM ).
 Equipage  950

 

 

 

 

gbCroiseurs de bataille classe Courageous » ( 1916 )

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Le HMS Courageous en nov. 1917, à la bataille de la baie d’Héligoland.

Trois grands croseirs de bataille légers sortir du fécond cerveau de Sir Lord Fisher en 1915 en vue de son plan de débarquement en Baltique. Ils devaient en effet appuyer les débarquements grâce à leur artillerie lourde et fuir les unités de la ligne de la Hochseeflotte. La vitesse était, une fois encore, l’élément capital. On se basa donc, non sur les croiseurs de bataulle précédents, allégés drastiquement, mais comme des agrandissements des croiseurs légers de l’époque comme les nombreux « classe C ». Leur arrangement de blindage, comprenant une superposition d’une plaque de 51 mm sur une plaque de 25 mm, leurs machines reprises des navires de la classe Calliope et simplement doublées, et au final cet arrangement leur permit de fournir 90 000 cv avec des machines légères. Comparativement aux Renown précédents, il portaient une tourelle lourd en moins, mais possédaient le même armement secondaire, étaient aussi grands tout en revendiquant 8000 tonnes de moins et filant deux noeuds de plus. Leur grande coque légère fut cependant sujette à vibrations et à déteriorations.

Leur service actif fut long mais indécis: Les opérations en Baltique ne se firent jamais, et ils furent regardés comme de grands éléphants blancs. On ceonvertit le Courageous un temps ( avril-nov. 1917 ) comme mouilleur de mines, et le 17, il engagea la flotte légère Allemande avec les Glorious et Furious lors de la bataille d’Héligoland. Après l’armistice, il fut reversé à l’instruction des canonniers puis effectés à la réserve. Du fait du traité de Washington, on le convertit en porte-avions ( voir navis2gm ). Le Glorious connut la même carrière que son sister-ship et ne fut pas efficace durant la bataille d’Héligoland. Il fut également converti en Porte-avions, et également coulé au début de la seconde guerre mondiale.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 19 230 t – 22 690 t PC, 239,7 x 24,7x 7,10 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudière Yarrow à tube d’eau, 90 000 cv. et 32 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 75, Coffrage 75, Barbettes 180, Tourelles 330, Blockhaus 250, ponts 40 mm max.
 Armement  4 canons de 381 ( 2×2 ), 18 de 102 ( 6×3 ), 2 de 76 et 2 de 47 AA, 2 TLT 533 mm SM.
 Équipage 22

 

 

 

 

gbPorte-avions HMS Furious ( 1917 )

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Le HMS furious en septembre 1918. Cliquez pour agrandir.

Célèbre au sein de la Royal Navy pour avoir été le premier porte-avions d’escadre opérationnel, le Furious était à l’origine un croiseur de bataille léger, venant d’une spécification de 1915, la même que pour les Glorious et Courageous. Mais à la différence de ces premiers, ils devait avoir deux pièces de 457 mm, un calibre record, mais qui constituait une évolution logique qui avait dépassé le stade théorique dans les bureaux d’étude Japonais, Allemands, et Américains en 1916. pour gagner du temps et permettre au Furious d’être délivré dans les délais, on reprit intégralement les plans des Courageous auxquels on apporta quelques correctifs: L’adaptation de pièces d’un tel calibre encore expérimental était hasardeux sur un bâtiment aussi légèrement construit, et nécéssita la pose de deux pièces seulement, une pour chaque tourelle à peine agrandie, mais spécialement adaptée pour tenir sur le socle standard des tourelles de 381 mm, de manière à pouvoir y revenir rapidement à moindres frais. La pièce elle-même était usinée exactement comme celle de 381 mm, avec la même volée, le même système de chargement simplement élargi. Ces tourelles se révélèrent même plus spacieuses que celles ayant deux affûts.

La seconde différence fut l’abandon des pièces de 102 mm en affûts triples pour un armement secondaire plus efficace en adoptant les 140 mm déjà expérimentés sur les croiseurs de la classe Birkenhead. Ils se révélaient bien plus efficaces que les 102 mm par leur puissance de feu, et avaient un temps de rechargement largement inférieur à celui des pièces de 152 mm, tout en bénéficiant de leur position haute avantageuse. Toutes ces pièces étaient en affûts simples, sous masques. La seconde différence était que pour pallier la trop légère construction de la coque, très critiquée, cette dernière était élargie de plus de deux mètres, notamment par l’emploi de Bulges. On escomptait ainsi réduire l’effet de roulis entraîné par une bordée latérale avec ces formidables pièces, améliorer la stabilité et la résistance de la coque, qui restait cependant encore dramatiquement sous-protégée. On mit ce bâtiment en chantier chez Armstrong le 8 juin 1915, et il fut lancé en août 1916 soit trois mois après la bataille du Jutland. A son achêvement, les croiseurs de bataille souffraient d’un discrédit certain, et le projet initial d’employer ces bâtiments légers dans les opérations de bombardement de la côte pour les débarquements en Baltique était mort-né.

Lorsqu’il fut presque achevé en mars 1917, on lui avait ajouté pas moins de quatre bancs triples et deux bancs doubles de tubes lance-torpilles fixes et latéraux, qui s’ajoutaient encore au deux tubes sous-marins. Mais avant qu’il effectua ses essais, l’amirauté qui désirait augmenter les capacités aériennes de la flotte décida de le convertir en porte-avions hybride, en adaptant un hangar avec une piste d’envol au-dessus sur toute la partie avant, de la passerelle à la proue. De ce fait, les nouveaux plans étaient approuvés fin mars, et les travaux s’achevèrent prestement en juillet. Le 7, il avait entamé sa campagne d’essais et était entré en service dans la Grand Fleet. Mais en Octobre, l’amirauté spécifia une nouvelle modification à la lumières des premiers essais de décollage et d’appontage. Autant le décollage était simple, effectué depuis des mois sur de simples plate-formes, autant l’appontage représentait un problème considérable, notamment du fait de la prise au vent de ces appareils très légers et du roulis du bâtiment hôte. En août, le Commandant Dunning parvint à se poser sur le pont avant, mais périt lors de sa seconde tentative. De toute évidence l’espace nécéssaire devait être repensé. C’est ainsi qu’une nouvelle transformation plus radicale fut envisagée, qui fut finalisée en novembre.

A sa sortie, le Furious avait perdu sa tourelle arrière, ses quatre bancs triples de tubes lance-torpilles, ses pièces axiales de 140 mm, et gagné un grand hangar et des équipements spécifiques courant de la poupe, surélevé, jusqu’ à la cheminée, le passage entre la piste d’appontage et le pont avant se faisant par des passerelles latérales. Pendant des mois, le Furious servit à titre expérimental. Il était le premier bâtiment de cette importance à recevoir ces aménagements. Pour éviter que les appareils – des Sopwith Pup du RNAS ( Royal naval air service )- ne s’écrasent sur la cheminée en bout de piste, on monta un grand filet de récupération derrière, maintenu par des câbles montés sur des systèmes hydrauliques. La rudesse ce ce système d’arrêt rustique prouva sa pertinence, tant que l’on avait pas encore envisagé le montage des brins d’arrêt de pont. Le Furious nouvelle manière fut accepté à Rosyth en mars 1918 et entama une campagne d’essais, sous la direction du contre-amiral Phillimore. On utilisait alors des Sopwith Pup équipé de skis don la friction permettait de les arrêter plus vite, mais les appontages se révélèrent délicats du fait de la gêne occasionnée par la fumée de la cheminée axiale. Sur 13 tentatives, seules 3 furent couronées de succés. Par contre on effectua avec succés des lancement d’appareils plus gros, des Sopwith Camel et Strutter. Ces derniers apportaient à l’aéronavale un rayon d’action supérieur et une capacité d’attaque grâce à leur capacité de bombardiers légers.

En mai-juin, le problème d’appontage n’était pas encore entièrement résolu, mais les appareils revenaient aux trains à roues, renforcés. Le Furious effectuait des missions d’aclairage de la flotte. Au cours de l’une d’elle en mer du nord, un premier combat aéronavale prit place lorsque des Camel du Furious affrontèrent des hydravions Allemands, abattus finalment par sa DCA. Plusieurs missions prirent place juisqu’en juillet 1918, lors de la première attaque aéronavale réussie, en l’occurence contre les hangars de Zeppelins de Tondern dans le Schleswig-Holstein, que la presse salua unanimement: Londres subissait en effet à cette époque un « blitz » aérien qu’infligeait les Zeppelins et d’autres bombardiers lourds à sa capitale. En 1919 il fut envoyé en Baltique pour assister les Blancs et la Royal Navy contre les Bolchéviques, puis evint à Rosyth en novembre pour d’autres modifications et un passage en cale sèche. On décida de le reconstruie enore totalement, à la lumière des opérations, et des pans furent préparés en ce sens.

Son double hangar, son pont d’envol, son arrangement de machines et sa passerelle furent modifiées ou supprimées lors d’une reconstruction qui intervint entre 1922 et 1925, lui donnant son visage définitif. Il ré-entra donc en service en août 1925, en se voyant doté d’un pont d’envol moins long que la coque, avec un seul hangar et deux ascenceurs cruciformes, prévus au départ pour des appareils dont les ailes ne se pliaient pas. Il était critiqué pour son faible emport de carburant pour avions, et sa faible protection, bien qu’il reçut des ballasts antitorpilles. Il n’embarquait que 36 appareils, et n’avait plus de passerelle ou de cheminée axiales sinon une cabine téléscopique en bout de piste. En 1939, on le conduisit à Devonport pour de nouveaux travaux, il se vit doté d’une vraie passerelle et d’une DCA plus importante et moderne. Durant le second conflit mondial, le Furious participa à de nombreux combats, notamment en méditerranée, comme à la seconde bataille de la Grande Syrte en 1943. Mais ce service intensif et ininterrompu et son relatif manque d’entretien fatigua sa structure et en septembre 1944, il fut retiré de la première ligne. Il resta à occuper des rôles secondaires, comme le transport d’aviation ou l’écolage, avant de devenir navire-dépôt et de terminer sa carrière à la démolition en 1948. ( Voir navis2GM ).

Caractéristiques d’origine ( Mars 1917 ):

 Déplacement & Dimensions

 19 500 t, 22 900 T PC, 239,7 x 26,8 x 6,4 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Brown-Curtis, 18 chaudières Yarrow, 90 000 cv. et 31,5 n. max.
 Blindage  Ceinture 75, coffrage 75, barbettes 180, tourelles 230, blockhaus 250mm, ponts 75 mm.
 Armement  2 pièces de 457 (2×1), 11 de 140, 2 de 76 AA, 4 de 47, 2 TLT de 533mm ( SM ).
 Equipage  880

 

 

 

 

 

 

gbCuirassé Dreadnought HMS Canada ( 1913 )

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Le HMS Canada en 1916. ( cliquer p. agrandir ).

Ce puissant cuirassé, l’un des plus imposants du moment, ne fut pas commandé par l’amirauté mais par le Chili, qui désirait ne pas perdre la face lors de la « course navale » entamée par les brésiliens avec leurs deux Minas Gerais et les Argentins avec leurs Rivadavia. Grands admirateurs de la Royal Navy, avec laquelle la marine Chilienne avait des liens très étroits, les Chiliens passèrent donc commande en 1911 de deux cuirassés plus puissants en principe que les bâtiments cités ci-dessus. Le chantier Armstrong fut comme de bien entendu sollicité de par sa vocation exportatrice, et entama des pourparlers via son organe commercial avec l’amirauté Chilienne, dont le cahier des charges exigeait simplement une vitesse supérieure, et 10 pièces de 14 pouces ( 356 mm ), qui leur donnait une marge de sécurité en portée et en puissance de frappe. Ils reçurent le nom d’Almirante Cochrane et Almirante Latorre, remplaçant les vieux cuirassés en service portant ce nom. Cet armement était à l’époque calqué sur celui des King Georges V et Orion, avec 5 tourelles doubles en ligne, mais avec un calibre cependant plus important, et inhabituel au sein de la RN: Les autres classes de cuirassés Britanniques passèrent successivement du calibre 12 inches ( 305 mm ) au 13 inches ( 343 mm ), puis directement au 381 mm ( 15 inches ). L’Erin, ex-cuirassé Turc, de son côté défraya également ce standard par ses 10 pièces de 345 mm.

Ces deux cuirassés étaient assez avancés en 1914: Le Latorre fut lancé le 27 novembre 1913, et était bien avancé en août 1914. Le Cochrane de son côté était en retard, notamment du fait des Queen Elisabeth, prioritaires, et n’était pas encore en état d’être lancé à cette même date: Il ne fut mis sur cale qu’en février 1913. Le gouvernement Britannique était sensible aux liens qu’il entretenait avec le Chili, grande exportatrice de soufre et de nitrates dont la Grande-Bretagne avait un usage considérable notamment pour ses obus. Il était, contrairement aux navires turcs, impensable d’effectuer dans ce cas une réquisition d’autorité, aussi un accord fut passé selon lequel la Grande-Bretagne achevait à ses frais le cuirassé, et l’utilisait pour la durée du conflit, charge pour elle de le rendre à son propriétaire définitif après l’armistice, ce qui fut officialisé le 9 septembre. Un an plus tard, le cuirassé, rebaptisé provisoirement HMS Canada, était accepté en service. Il disposait d’un jeu de tubines Brown-Curtis à haute pression et de Parsons à basse pression, était haut ( ses cheminées furent d’ailleurs raccourcies ), mais pas instable pour autant. On supprima en 1916 ses quatre pièces de 152 mm arrières, trop affectées par les tirs de la tourelle centrale, et en 1918, on ajouta une plate-forme pour avions sur deux tourelles.

La situation de son sister-ship, le Cochrane, était plus problématique. Il n’était plus question d’un achèvement pour le compte du Chili dans des délais satisfaisants, et du fait d’autres priorités, il fut simplement « mis en sommeil », le gouvernement laissant entendre un achêvement après-guerre. Il fut en fait lancé en juin 1918 après qu’un nouvel accord soit passé avec le Chili, le gouvernement « rachetant » le bâtiment pour le reconvertir en porte-avions. Cette décision survint avec l’expérience de la guerre, à l’automne 1917, à la lumière notamment des difficultés rencontrées avec le Furious. L’amirauté souhaitait un bâtiment vaste et rapide à coque flush-deck, et le Latorre répondait à ces attentes. Le nouveau design fut formalisé en décembre, mais l’achèvement du navire ne survint qu’en avril 1920, sous le nouveau nom d’HMS Eagle. Ce bâtiment qui fut l’un des piliers de l’aéronavale Britannique entre-deux guerre fut l’un des plus décevants en opérations durant la seconde guerre mondiale ( voir Eagle, Navis2GM ). Le Canada de son côté était affecté à la 4e escadre de la Grand Fleet et combattit au Jutland, sans pertes. Il fut ensuite affecté jusqu’en 1919 à la 1ere escadre, puis passa en cale sèche. Il fut transféré enfin en avril 1920 au Chili, reprenant son nom initial. L’Almirante Latorre resta actif jusqu’en 1959.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 28 000 t, 32 300 T. PC, 201,5 x 31,5 x 8,7 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines, 21 chaudières Yarrow, 37 000 cv. et 22,7 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 230, coffrage 115, Barbettes 230, tourelles 250, blockhaus 280, ponts 100 mm.
 Armement  10 canons de 356 (5×2), 16 de 152, 2 de 76 AA, 4 de 47, 4 TLT de 457mm ( SM flancs ).
 Équipage  1167

 

 

 

 

gbCroiseurs légers classe Arethusa ( 1913-14 )


HMS Arethusa, 1916.

8 Croiseurs légers reprenant certaines des caractéristiques des éclaireurs précédents des classes Bellona, Blonde et Active, furent mis en chantier en 1912-13 et mis en service au début de la guerre, d’août 1914 à mars 1915. Pour autant ces navires furent avant tout motivés par le besoin de mener les escadrilles de destroyers par des navires sufisamment rapides. Winston Churchill, devenu premier Lord de la mer, s’attela à cette question en 1911. Plusieurs solutions furent considérées, dont l’agrandissement du super-destroyer HMS Swift. Finalement, on se rendit compte qu’il n’était pas possible d’atteindre 37 noeuds ( proposition de Lord Fisher ) avec l’armement et le blindage d’un croiseur, mais on en revint à l’étude d’un éclaireur très rapide mais bien protégé ( amiral Henry Oram ). L’adjonction de puissantes turbines de destroyers permettait théoriquement de dépasser 31 noeuds.

Au final, cette vitesse irréaliste fut abandonnée pour 28,5 noeuds, ce qui était déjà nettement supérieur aux croiseurs légers classiques, avec une protection verticale bien plus efficace. Churchill les présentant devant le parlement parlaient d’eux comme de petits croiseurs-cuirassés rapides. Leur armement mixte fut un échec et fut changé durant la guerre. Les Arethusa participèrent à de nombreuses actions, sans pertes, mis à part le HMS Arethusa précisément qui sauta sur une mine le 11 février 1916. Les autres furent réformés dès 1921-22, soit après seulement 6-7 ans de service.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 3750 t – 4400 t.PC, 132,9 x 11,9 x 4,1 m

 Propulsion  4 hélice, 4 Turbines Parsons, 8 chaudières, 40 000 cv. et 28,5 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 152 mm, 6 de 102, 1 de 47 AA, 4 TLT de 533 mm en 2 groupes SM flancs.
 Equipage  282

 

 

gbCroiseurs légers classe Caroline ( 1914-15 )


HMS Caroline, 1916.

Huit « croiseurs-cuirassés légers » furent ordonnés au plan de 1913, les deux derniers recevant quelques améliorations ( sous-classe Calliope ). Dans leurs grandes lignes, ils reprenaient l’essentiel des Arethusa précédents, mais étaient un peu plus longs et plus larges. Les deux pièces de 152 mm se trouvaient à l’arrière, l’une d’elles étant surélevée. On avait également dégagé de la place pour deux pièces de 102 mm supplémentaires. La propulsion était identique et la vitesse inchangée malgré un déplacement en hausse de 300 tonnes. Ces navires furent entamés aux chantiers Camelle Laird, Scott, Pembroke, et Scott en juillet et novembre 1913, janvier ou février 1914 et entrèrent en service en décembre 1914 ( Caroline ), janvier ( Comus, Cordelia ), et juin1915 ( Carysford, Cleopatra, Conquest ). Leurs deux pièces avant de faible calibre furent jugées peu utiles et durant la guerre supprimées au profit d’un unique 152 mm. L’armement se trouvait donc changé en 1917, avec 3 pièces de 152 et 4 de 102 mm. Là encore le poste de tir avait du mal à différiencier les gerbes des différentes pièces. Mais ces croiseurs bien protégés étaient considérés comme de meilleures plate-formes de tir grâce à leur largeur accrue. En 1918 on élimina le petit blockhaus avant, tandis que le mât simple devenait tripode pour recevoir un poste de tir plus important, ainsi que des projecteurs additionnels surélevés. Par ailleurs l’armement était une fois de plus modifié, avec la suppression des deux paires de 102 mm, remplacés par deux bancs triples de tubes lance-torpilles. L’unique pièces de défense contre avions de 76 mm ( Le « Royal Horse artillery 13 pounder » ), fut remplacé selon le cas par trois pièces de 47 mm Mk.I AA, une ou deux pièces de 102 mm AA et deux de 40 mm Bofors. Aucun ne fut coulé au combat, et ils furent vendus entre 1923 et 1931 après une carrière bien remplie mais sans rien de notable. Le Caroline servit longtemps dans la RNZN et existe toujours actuellement.

Caractéristiques ( Origine ):

 Déplacement & Dimensions

 4220 t – 4730 t.PC, 135,9 x 12,6 x 4,9 m

 Propulsion  4 hélice, 4 Turbines Parsons, 8 chaudières Yarrow, 40 000 cv. et 28,5 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 75 mm, ponts 25 mm, Blockhaus 152 mm.
 Armement  2 canons de 152, 8 de 102, 1 de 76, 4 de 47 AA, 4 TLT de 533 mm ( 2×2 ).
 Equipage  301

 

 

 

 

gbCroiseurs légers classe Caledon ( 1916-17 )


HMS Caradoc, 1917.

En 1915, la Grand Fleet avait besoin de croiseurs légers. Pour gagner du temps, on lança en janvier-mars 1916 la construction de 4 croiseurs ( « classe C » ) basés sur les Centaur, eux-même étroitement extrapolés des Cambrian. Comme différences, les Caledon furent conçus en fonction des leçons retenues de la guerre, et avait un armement en torpilles plus conséquent, avec 4 bancs doubles, ce qui se faisait comme modification en 1917 sur des croiseurs plus anciens. D’autre part, ils avaient une proue droite, généralisée par la suite tant elle simplifiait la construction, et une coque élargie de 20 cm. Enfin, leurs turbines Parsons étaient inégralement embrayées sur l’arbre. Ils étaient solidement construits et servirent longtemps dans la Royal Navy, comme d’ailleurs les bâtiments suivants, tous participant aux deux guerres mondiales. La classe comprenait les Caledon ( opérationnel en mars 1917 ), Calypso, Caradoc et Cassandra ( en juin ). Durant la grande guerre, le Caledon et le Calypso participèrent à l’action de la baie d’Héligoland en nov.1917, gravement endonnalgé par des obus de gros calibre. Tous les quatre servirent en Baltique en 1918-19, deux d’entre eux capturant des destroyers Bolchéviques. Le HMS Cassandra suta sur une mine à Reval le 5 décembre 1918 et les autres participant à la seconde guerre mondiale après des refontes et un réarmement ( Voir Classe Caledon, Navis2GM ).

Caractéristiques ( Origine ):

 Déplacement & Dimensions

 4120 t – 4950 t.PC, 137,2 x 13 x 5 m

 Propulsion  2 hélice, 2 Turbines Parsons, 6 chaudières Yarrow, 40 000 cv. et 29 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 75 mm, ponts 25 mm, Blockhaus 150 mm.
 Armement  5 canons de 152, 2 de 76, 4 de 47 AA, 8 TLT de 533 mm ( 4×2 ).
 Equipage  400

 

 

 

 

 

 

 

 

royalnavyAvisos escorteurs classe Anchusa ( 1917 )

anchusa
HMS Coreopsis, 1918.

28 Avisos escorteurs de la classe Anchusa furent produits, s’inscrivant au sein de la classe « Flower ». Ils étaient très proches des Aubretia précédents, et variaient sur quelques détails d’emménagements. Il étaient plus lourds de 40 tonnes, plus larges, et affectaient l’allure de cargos « trois-îles » pour mieux berner les U-Bootes. On avait poussé ce réalisme jusqu’à ajouter un faux canon en poupe, configuration adoptée par la plupart des cargos armés à cette époque. En réalité, leurs pièces véritables étaient cachées sous des masques rabattables. Ils étaient conçus pour l’escorte, mais comme de véritables « bateaux-piège ». Le dernier de ces bâtiments fut opérationnel en juin 1918. 6 unités furent victimes des U-Bootes en 1918, les autres furent presque tous démolis en 1921-27.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1290t, 80 x 10,7 x 3,5 m

 Propulsion  1hélice, 1 machines TE, 2 chaudières, 2500 cv. et 17,5 noeuds max.
 Blindage  Soute à munitions 80 mm.
 Armement  2 canons de 102 mm, 2 de 76 mm.
 Equipage  92

 

 

 

 

 

gbAvisos classe Acacia ( 1915 )

acacia
HMS Aster, 1915.

Ces navires simples et robustes furent définis dès le début de la guerre dans le but d’être à la fois des unités polyvalentes ( draguage et mouillage de mines, transport, escorte, ravitaillement ) et de pouvoir être construit par des chantiers civils, ce qui libérait les chantiers militaires surchargés de commandes. Le design de ces navires simples et robustes était prêt et la construction démarrait dans 12 chantiers, qui délivrèrent au total 24 navires ( lancés en 1915, opérationnels entre mai et septembre 1915 ). Bien que lents et incapables de se joindre à la flotte de ligne ( mais parfaits pour les convois, ils inspirèrent d’autres séries de navires de plus en plus orientés vers l’escorte et la patrouille ASM au vu de la menace grandissante des U-Bootes. Ils portaient des noms de fleurs, et constituaient la première série des célèbres « Flower » de la première guerre mondiale ( moins célèbres toutefois que leurs alter ego de 1941-45 ).

La simplicité et la standardisation y était poussée dans les moindres détails ( hélice unique et machine standard à triple expansion, artillerie standard, formes simplifiée, équipements civils de grande série… ). 18 semaines suffisaient à les construire. Ils disposaient d’une unique chambre blindée, la soute à munitions du bord. Cette « boîte blindée » était si bien conçue que lorsque à plusieurs reprises certains de ces navires heurtaient une mine, l’explosion fasait voler en l’air cette soute sans pour autant qu’elle explose. Il n’y eut d’ailleurs que deux pertes, ce qui prouve leur solidité: Le HMS Aster ( mine, 1917 ) et le HMS Lavender ( torpillé en 1917 ). Certains furent vendus dès 1922, d’autres sruvécurent dans les années 30, et le HMS Laburnum fut le seul à participer à la seconde guerre mondiale ( il fut coulé à Singapour en 1942 ).

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1200 t, 76,2 x 10,1 x 3,4 m

 Propulsion  1 hélice, 1 mach.TE, 2 chaudières, 1800 cv. et 16,5 noeuds max.
 Blindage  aucun sauf soute blindée 80 mm.
 Armement  2 canons de 76 mm, 2 canons de 47 mm AA.
 Equipage  90

 

 

 

 

 

gbAvisos classe Azalea ( 1915 )

azalea
HMS Magnolia, 1916.

Ces 12 unités qui formaient la seconde sous-classe des « Flower », étaient virtuellement identiques aux Acacia précédents, mis à part un armement principal passé à 120 mm, pour répondre aux raiders Allemands. 10 survécurent la guerre, effectuant un service civil à partir des années 20. Le HMS Begonia fut entièrement reconstruit comme un caboteur comme Q-ship utilisant deux noms d’emprunt, et coula en tentant déperonner le grand croiseur submersible U151 au large de Casablanca le 2 novembre 1917. Le Zinnia fut pris en compte par la Belgique en 1920.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1210t – 1330 t.PC, 76,2 x 10,1 x 3,4 m

 Propulsion  1 hélice, 1 mach. TE, 2 chaudières, 1800 cv. et 16,5 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 120 mm, 2 de 47 mm AA.
 Equipage  90

 

 

 

 

gbAvisos classe Arabis ( 1915 )

arabis
HMS Alyssum, 1917.

Ces 36 avisos « sloops » escorteurs de la grande classe Flower suivaient les classes Azalea et Acacia fin 1915. Construits en trois « batches » de 9 unités dans des chantiers civils ils furent mis en service en 1916. On espérait augmenter leur vitesse d’un demi noeud en portant leur puissance à 2000 cv, mais ce fut le contraire qui se produisit, notamment à cause d’un surpoids conséquent. Leur compartimentage avait été revu et amélioré, ils emportaient notamment 50 tonnes de lest pour éviter le chavirage en cas de voie d’eau. 8 unités supplémentaires furent produites pour la France ( voir classe Amiens ).

7 unités furent coulées par faits de guerre ( mines, duels avec destroyers ), et un en baltique en 1919 ( opération de soutien des Russes « blancs ». Un fut vendu au Danemark, un au Portugal, un fut transféré à l’Australie. Les autres furent vendus en 1920-33, deux coulés comme navire-cibles, deux actifs pendant la seconde guerre mondiale dont le Cornflower, envoyé en extrême Orient et coulé durant la chute de Singapour en décembre 1941 après un intermède civil.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1250 t – 1330 t.PC, 81,7 x 10,2 x 3,4 m

 Propulsion  1 hélice, 1 machine TE, 2 chaudières, 2000 cv. et 16 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 120 mm, 2 de 47 mm AA.
 Equipage  90

 

 

 

 

gbAvisos classe Aubretia ( 1915 )

aubretia
HMS Salvia, 1916.

Dernière sous-classe des Flower, ces 12 navires étaient cependant conçus pour se rapprocher en apparence encore plus de navires civils dont ils reprenaient la silhouette. Le but étaient de tromper les U-Bootes, restants en suface au lieu de plonger, le temps pour ces navires de se rapprocher à porter de tir. De ce fait, quoique construits spécifiquement dans ce but, contrairement au cargos réquisitionnés et armés, ils furent placés dans la catégorie des « Q-ships » ( navires-leurres ). Ils avaient cependant deux indices traitres: Leur largeur insuffisante vue de trois-quart et leur nombreux équipage. Trois unités furent perdues en sautant sur des mines, une était encore opérationelle en 1939, une fut transférée à la France en 1917 et une autre à la marine Indienne.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1250t – 1310 t.PC, 81,7 x 10,2 x 3,4 m

 Propulsion  1 hélice, 1 mach. TE, 2 chaudières, 2500 cv. et 17,5 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 102 mm, 1 de 47 mm AA.
 Equipage  92

 

 

 

 

gbAvisos classe « 24″ ( 1918 )

ard_patrick
HMS Ard patrick, 1918.

24 avisos furent ordonnés en 1917, portant le principe du leurre naval à son paroxysme: Reprenant les caractéristique des « Flowers » précédents, ces unités du type « 24″ ( du nombre d’unités ordonnées ), adoptaient cette fois une symétrie parfaite entre l’avant et l’arrière afin de mieux berner les U-Bootes sur leur cap. Tous ceux qui furent opérationnels avant la capitulation furent camouflés de manière savante. En effet, 8 ne furent lancés qu’en 1919, et 10 opérationnels après la guerre. 21 navires en fait furent finalement construits, ayant une bonne vitesse mais accusant un certain roulis. Certains servirent en Baltique et dans le Golfe de Finlande afin d’aider les Russes Blancs, d’autres en méditerranée, notamment à Gibraltar, mais ils n’eurent pas le temps de prouver leur bien-fondé de conception en escorte.

Ils étaient nommés d’après des chevaux de courses, des purs-sang réputés du Derby à Ascott. Du fait de leur tardive entrée en guerre, ils furent revendus à des compagnies civiles en 1920-23, deux étant réformés en 1933-37, et un était opérationnel en 1939: Le HMS Merry Hampton. Rebaptisé en 1923 Herald et utilisé comme patrouilleur, il était basé en extrême-Orient. Il se saborda à Seletar en février 1942, fut renfloué et réparé par les Japonais qui le renommèrent Heiyo. Il participa ensuite à la défense des convois et fut coulé le 14 novembre 1944, en sautant sur une mine. Le HMS Sir Bevis fut de son côté acqis par la marine Néo-Zélandaise ( RNZN ) sous le nom de Irwell en 1923, Inglet en 1926, et à été depuis préservé à Bristol comme navire-musée.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1320 t – 1390 t.PC, 81,5 x 10,7 x 3,2 m

 Propulsion  1 hélice, 1 machine TE, 2 chaudières, 2500 cv. et 17 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 102 mm, 39 grenades ASM.
 Equipage  82

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

gbPatrouilleurs ASM type « PC-Boats » ( 1916-18 )

pc_boat_pc55

Le HMS P55 en 1917.

Devant le succés des « Q-ships », les leurres et bateaux-pièges, l’amirauté commanda 20 unités spécifiques à 9 chantiers civils différents. Ils procédaient un peu de l’idée des « Flowers » mais étaient plus petits, et l’apparence civile était encore plus poussée. Du fait qu’ils n’avaient pas à embarquer de charge utile, leur tirant d’eau était très faible ( 2,50 m ) et ils n’avaient pas de ballasts, aussi ils connurent des problèmes réccurents de stabilité. Leurs mâts et leurs palans étaient factices. Leur armement consistait en trois pièces d’artillerie, une de 102 mm recouverte d’une toile de jute sous le palan arrière, en ligne, et deux de 76 mm placées sous l’ombre des ailes de la passerelle. Ils étaient intégrés dns le système de rérérencement des « Q-ships », avec de faux noms. Le premier fut lancé en septembre 1916 et opérationnel en janvier 1917, le dernier après l’armistice de novembre. Ils opéraient depuis Pembroke. Le PC55 fut après la guerre transférée à la marine Indienne, ainsi que le PC69. Le PC73 devint un garde-pêche, et le PC74 servit encore durant la seconde guerre mondiale dans son rôle premier. Les autres furent revendus à des compagnies civiles ou démolis.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 694t, 75,3 x 7,8 x 2,4 m

 Propulsion  2 hélices, 2 turbines à vapeur, 2 chaudières, 3500 cv. et 20 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canon de 102 mm, 2 de 76 mm.
 Équipage 55

 

 

 

gbPatrouilleurs ASM type « P-Boats » ( 1916-18 )

p_boat_p29

Le HMS P26 en 1917.

Imaginés en 1915, les P-Boats ( pour « patrol » ) étaient un peu des précurseurs des destroyers d’escorte. Ils furent définis comme des navires facile à produire en masse, et pour cela très simplifiés. Ils avaient également une silhouette bien particulière, avec une coque de franc-bord très bas, des superstructures réduites et ramassées au centre afin de leur donner une vague silhouette de submersible en surface. Ils furent équipés de deux tubes lance-torpilles latéraux de faible calibre issu de divers torpilleurs anciens. Ils furent basés en trois endroits: La patrouille de Douvres, Scapa Flow comme escadrille de défense locale, et les autres basés à Portsmouth et effectuant de l’escorte côtière. Les premiers furent opérationnels en janvier 1916 et les derniers en juillet 1918. Au total, 43 unités furent construites. A part le P26 qui sauta sur une mine, et le P12 perdu lors d’une collision, tous survécurent au conflit et servirent encore deux ou six ans. Le P57 fut vendu à l’Egypte comme Raqib, lequel servait encore en 1939. Le P38 devint le Spey et fut utilisé comme garde-pêche à partir de 1925.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 613t, 74,5 x 7,2 x 2,4 m

 Propulsion  2 hélices, 2 turbines à vapeur, 2 chaudières, 3500 cv. et 20 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canon de 102 mm, 1 de 40 mm, 2 TLT 356 mm.
 Équipage 54

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

gbCannonières classe « Kil » ( 1917-18 )

kildary

Le HMS Kildary en décembre 1917.

Les 80 canonnières légères de la classe « Kil » étaient en fait à l’origine un projet de patrouilleur civil conçu sur la base d’un chalutier perfectionné. On recherchait une enurance, une vitesse et une robustesse encore supérieure aux chalutiers standards. Mais l’intérêt était encore de pouvoir faire fabriquer ces navires par des chantiers civils ayant l’expérience de ce type de navire de pêche. Avec leur aspect singulier ( avant et arrière symétriques pour berner les U-Bootes sur leur cap, superstructures centrales également symétriques, proue et poupe pointues, les « Kil » furent vite surnommés les « paper boats » ( navires en papier ). La commande initiale de 85 navires fut en réalité en partie annulée à la fin de la guerre, et en définitive ce sont 45 navires qui furent acceptés en service, les derniers non-armés en novembre 1918. Le navire de tête de série, le Kildary fut mis en chantier à Smith Dock ( de loin le plus gros constructeur de cette classe ) en juillet 1917, lancé en novembre et achevé en décembre. Tous les autres furent acceptés en service courant 1918. Du fait de la fin de la guerre survenue rapidement, la plupart des « Kil » furent revendus à des exploiteurs civils privés en 1919-20. Aucun ne fut coulé au combat.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 895t, 55,5 x 9,1x 3,3 m

 Propulsion  1 hélice, 1 machine TE, 1 chaudière cyl., 1400 cv. et 13 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canon de 102 mm, grenades ASM..
 Équipage 39

 

 

 

 

gbCorvettes classe Z ( 1917 )

beluga
HMS Rorqual, 1918.

Basés sur des baleiniers, cette classe « Z » constituait une autre réponse de l’amirauté contre les U-Bootes. Désireuse de produire rapidement des patrouilleurs robustes à bas prix issus de chantiers civils, c’est tout naturellement qu’elle se pencha vers la solution des baleiniers, navires bien adaptés aux rudes conditions de la mer du Nord. On recherchait en 1915 un patrouilleur, un escorteur plus réputé pour sa maniabilité que sa vitesse. La Smith Dock Cie, réputée à Middlesbrough fut ainsi contactée pour un contrat portant sur 15 unités basés sur le design d’un baleinier construit pour la Russie. La série commença sa carrière en portant des identifiant Z1 à 15, puis des noms d’espèces de cétacés. On avait repris le principe des leurres navals et conçus un déguisemement incluant de fausses peintures sur toiles et un canon de 76 mm déguisé en canon pneumatique armé d’un faux harpon, rapidement amovible.

Les navires furent basés en trois flotilles opérant depuis Stornoway, les Shetland et Peterhead. Leur tenue en mer n’était pas bonne, et l’idée ne fut pas poursuivie, l’histoire des « baleiniers Zé s’arrêtant à l’armistice. Ils furent alors revendus pour un service civil en 1920.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 336t – 346 t.PC, 40,5 x 7,6 x 2,6 m

 Propulsion  1 hélice, 1 mach. TE, 2 chaudières, 1200 cv. et 13 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canon de 76 mm, 2-12 grenades ASM.
 Equipage  26

 

 

gbDrageurs de mines classe Ascot ( 1915 )

ascot
HMS Ludlow, 1916.

Ces 24 vapeurs à roues à aubes paraissaient échappés du XIXe siècle. Pourtant ils étaient neufs, construits dans des chantiers civils sur des plans de l’amirauté, spécifiquement pour servir de dragueurs de mines en mer du Nord. Ils portaient tous des noms de course hippiques Britanniques. L’idée d’employer des navires utilisant ce système de propulsion abandonné dans les marines dès 1860 du fait de leur vulnérabilité aux coups ennemis présentait en revanche de grand avantage dans le draguage de mines: En effet de nombreux dragueurs à hélice – laquelle provoquait des turbulences à proximité des mines, à la poupe, l’endroit précis du draguage – furent ainsi détruits en service. Les vapeurs à roues à aubes réquistionnés en revanche prouvèrent leur parfaite adaptation à la guerre des mines. L’amirauté passa donc commande au chantier Alisa SB, l’un des rares spécialisé encore dans cet type de propulsion, d’autres unités dérivées du ferry Glen Tusk. D’autre commandes furent passées en 1915 et 1916 à de petits chantiers. 5 unités furent perdus par faits de guerre: La plupart sautant sur des mines, dont le HMS Kempton qui tentait alors de sauver les sruvivants du HMS Redcar, frappé par une mine peu avant. Le HMS Ascot fut torpillé par l’UC67 au large des îles Feroë. Les autres furent réformés en 1921-23, mais deux étaient encore utilisés pendant la seconde guerre mondiale sous le nom de Queen of Kent et Queen of Thanet comme batteries de DCA mobiles pendant la bataille d’Angleterre.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 810t – 870 t.PC, 74,9 x 8,8 x 2,1 m

 Propulsion  2 roues, 1 mach. compound, 2 chaudières cyl., 1500 cv. et 14,5 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 57 mm, 2 de 40 mm AA Bofors.
 Equipage  50

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

gbDragueurs de mines classe « Hunt » ( 1917 )

belvoir
HMS Belvoir, 1917.

Les dragueurs de mines à roues à aubes, qui pouvaient se prendre dans les filins des mines détachées, et dont les performances par gros temps étaient médiocres devaient trouver une succession plus satisfaisante, que l’amirauté définit en contactant plusieurs chantiers civils, avec un design issu de ses bureaux d’ingénieurs, et qui intégrait deux hélices pour baisser le niveau de turbulence, et le nouveau système de draguage ultra moderne « Quixo ». Ce furent les premiers dragueurs de mines d’escadre. 20 navires furent ordonnés en 1916 et achevés dans le courant de l’année 1917. Ces navires furent affectés au sein de trois flotilles, en majorité basés à Granton, servant occasionnellement et avec succés d’escorteurs. Tous ces « Hunt » ( noms de domaines de chasse ) ou presque furent revendus après la guerre, de 1920 à 1923, mais le HMS Blackmoreval sauta sur une mine en 1918 et le HMS Tedworth devint un navire d’assistance aux plongeurs, puis en 1936 un piquet-radar expérimental et survécut jusqu’en 1945.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 750t – 810 t.PC, 70,5 x 8,5 x 2,1 m

 Propulsion  2 hélices, 1 mach. 3 cyl. TE, 2 chaudières Yarrow, 1800 cv. et 16 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 76 mm, 2 de 57 mm.
 Equipage  26

 

 

 

 

 

 

 

 

Dragueurs de mines classe Aberdare ( 1917-18 )

leamington

Le HMS Leamington en 1918.

Issus des « Hunt » mais designés par l’amirauté comme une série de masse, les « Aberdare » ( continuant la liste des domaines de chasse de Grande-Bretagne ) étaient des « Hunt » simplifiés, avec une coque flush-deck, des superstructures simplifiées, un armement plus puissant et 180 tonnes de charbon au lieu de 140. Sur la centaine prévue, seuls 32 furent acceptés en service avant novembre 1918. Les autres servirent afin de dégager les zones minées, et ce jusqu’en 1922, date des premières reventes. 6 furent convertis en navires de surveillance et renommés, d’autres vendus à des compagnies civiles comme caboteurs, et une vingtaine servirent encore durant la seconde guerre mondiale, dont la moitié opéraient en méditerranée ( certains furent coulés à Malte, d’autres en Crète ), d’autres survécurent juqu’aux années 60 comme le dragueur Irwell de la RNZN.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 800t, 910 t PC, 70,4 x 8,7 x 2,3 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines TE, 2 chaudières Yarrow, 2200 cv. et 16 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1canon de 102 mm, 1 de 76 mm AA.
 Équipage 74

 

 

 

 

gbDragueurs de mines classe « Dance » ( 1917 )

cotillon

Le HMS Hornpipe en 1918.

L’Amirauté demanda en 1917 des dragueurs de mines à faible tirant d’eau pour opérer sur les fleuves et les zones côtières de hauts-fonds. Le directeur du bureau des navires auxiliaires conseilla de faire réquisitionner des navires dérivés des « remorqueurs à tunnel » utilisés sur l’Euphrate et le tigre en Mésopotamie. Ce qui fut fait pour 6 unités, puis encore 4 autres. Ces 10 navires spartiates furent convertis avec succés, portant des noms de danses populaires. Ils furent envoyés pour opérer sur la côte Belge, basés à Dunkerque en 1918. Quatre autres furent envoyés après modifications pour servir dans le grand Nord à Arkangelski en avril 1919. Ils appuyèrent les Russes blancs. Le Fandango et le Sword dance sautèrent sur des mines. Les autres furent démobilisés et revendus en 1920.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 290t, 39,6 x 8 x 1,10 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines TE, 1 chaudière cylindrique, 450 cv. et 9,5 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canons de 76 mm, 1 de 47 mm.
 Équipage 22

 

 

 

 

gbCannonières classe « Insect » ( 1915-1916 )

cockchafer

Le HMS Cockchafer en 1914.

12 Canonnières du type « Yang-Tsé » furent ordonnées en 1915 pour servir sur le Danube contre la flotille Austro-Hongroise. Ils furent designés en un temps record par Yarrow, et étaient puissemment armées pour leur tonnage modeste. Très bien construites, certaines survécurent jusqu’après la seconde guerre mondiale. Elles furent construites par des chantiers subsidiaires, comme Alisa SB, Barclay Curle, Lobnitz ou Wood Skinner, et lancées en 1915-16. Quatre unités, restant au sein de la Home Fleet en attendant un transfert furent réarmées avec des pièces de DCA de 152 à tir rapide contre les Zeppelins en manche. Avec la défaite des Serbes en Yougoslavie, il fut trop tard pour les envoyer sur le Danube, aussi ces unités portant des noms d’insectes furent affectées sur d’autres théâtres d’opération.

Excellents comme navires de support rapprochés des troupes, ils avaient le double avantage de pouvoir s’approcher très près des côtes et de disposer d’un armement lourd tout en ayant la bonne protection des monitors. Toute la classe fut ventilée: Les Aphis, Bee, Ladybird, Sacarab, furent affectés à Port Saïd, tandis que les Gnat, Mantis, Moth et Tarantula opéraient dans le Golfe Persique en 1916. Quatre autres, les Cicala, Cockchafer, Glowworm et Cricket, furet stationnés sur la Humber, à Brightlingsea et Lowestoft comme navires de DCA contre Zeppelins, défendant la côte Est. Ces mêmes unités furent ensuite envoyées en Russie pour opérarer sur la Dvina. Le Glowworm fut à ce titre gravement endommagé par l’explosion d’une barge à Bereznik en 1919, opérant alors avec les Russes blancs. Deux autres furent envoyés en 1919 sur le Danube deux envoyées à Hong Kong, deux à Malte. Le Bee, le Glowworm, furent mis en vente en 1928 et 1939, les autres participant à la 2e guerre mondiale.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 645t, 72,4 x 11 x 1,20 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines TE, 2 chaudières Yarrow chabron-mazout, 2000 cv. et 14 noeuds max.
 Blindage  Limité à 51 mm.
 Armement  2 canons de 152 mm, 2 de 76 mm, 6 ML Maxim.
 Équipage 53

 

 

 

source : http://www.naval-encyclopedia.com/premiere_guerre_mondiale/pages/royal_navy/royal_navy.htm

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29 novembre 2012

La Hochseeflotte

Classé sous — milguerres @ 23 h 53 min

 

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La Hochseeflotte  hochseeflotteanim

Les bâtiments de La Hochseeflotte

 http://www.naval-encyclopedia.com/premiere_guerre_mondiale/pages/hochseeflotte/hochseeflotte.htm

hochseeflotteanimCuirassé classe Brandenburg (1892).

Le Brandenburg en 1914.

Certainement les plus anciens cuirassés de la marine Allemande en 1914, ils n’étaient plus que deux en service, deux autres ayant étés vendus aux Turcs. A l’origine la classe se composait du Brandenburg, du Kurfürst Friedrich Wilhelm, du Weissenburg et du Wörth. Ils furent approuvés en 1889, mis sur cale à Vulcan, Wilhelmshaven et Gemaniawerft en 1890, lancés en 1891-92 et achevés en 1893-94. Ils étaient d’un design inhabituel, avec trois tourelles au lieu de deux, la tourelle centrale étant équipée de pièce d’un calibre inférieur ( cal.35 au lieu de 40 ) pour pouvoir passer entre les deux roufs du milieu.Le calibre toutefois n’était que de 280 mm contre 305 sur la plupart des cuirassés de l’époque. La batterie secondaire fut renforcée rapidement de deux pièces de 105 mm supplémentaires, et les pièces de 88 étaient en barbettes. Les mâts militaires épais à la Française étaient garnis chacun de 4 mitrailleuses lourdes Spandau d’une utilité discutable contre les torpilleurs. Ils furent aussi les premies navires Allemands équipés d’une radio. En 1910, la Turquie, sortie d’un conflit dans les Blkans et s’apprêtant à un nouvel affrontement acheta 2 cuirassés de cette classe, le Wilhelm et le Weisenburg, rebaptisés Heirredine Barbarossa et Torgud Reis. ( Voir marine Turque ). Le Brandenburg et le Wörth de leur côté servaient encore en première ligne en 1914, mais dès l’année suivante, ils furent basculés à la défense côtière. L’année suivante, ils furent ancrés et utilisés comme ravitailleurs et pontons utilitaires, et désarmés en 1919.

 Déplacement & Dimensions

 10 500 t ; 115,7 x 19,5 x 7,9 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines VTE, 12 chaudières, 10 200 cv. et 16,5 Noeuds max.
 Blindage, Equipage  Tourelles 380, ceinture 400, barbettes 305 mm; Equipage 568.
 Armement  6 canons de 280 ( 3×2 ), 8 de 105, 8 de 88 mm, 6 TLT 450 mm.

 

 

 

 

hochseeflotteanimCuirassé classe Kaiser (1896-99).

Le Kaiser Barbarossa en 1914.

Cette classe de 5 cuirassés ( les « empereurs » ) comprenait les Friedrich III, Wilhelm II, Wilhelm der Grosse, Karl der Grosse et Barbarossa. Très différents des Brandenburg en tous points, ils allaient former la base des trois autres classes de pré-dreadnoughts suivants. Le premier fut approuvé en 1894 et mis sur cale en 1895, 1896 pour le Wilhelm II, 1896, 98 pour les autres. Ils furent lancés en 1896-1900 et achevés en 1898-1902. Leur artillerie principale régréssait à deux tourelles ( toujours de 280 mm contre 305 dans la Royal Navy ), mais idposaient d’une artillerie secondaire impressionnante avec pas moins de 18 pièces de 150 mm réparties en 6 tourelles simples et le reste en barbettes. Ils étaient assez hauts et et souffraient d’un manque de stabilité, et furent de ce fait reconstruits en 1907-1910. On rabaissa leurs superstructures, leurs cheminées, on allégea leurs mâts militaires, on enleva 4 pièces de 150 mm en barbettes pour les remplacer par 4 pièces de 88 mm, qui furent toutes également replacées sur la superstructure, de même que l’on déposa le TLT de poupe. Le Wilhelm II fut jusqu’en 1906 le navire-amiral de la Hochseeflotte à Kiel, mais en 1914, ces navires étaient en seconde ligne. En 1916, sans avoir vraiment combattu, on les désarma pour les utiliser comme pontons utilitaires. Trop lents et ayant une artillerie insuffisante, ils n’étaient plus compatibles avec la flotte de ligne Allemande à cette époque, surtout après le Jutland.

Caractéristiques en 1900:

 Déplacement & Dimensions

 11 600 t ; 125,3 x 20,4 x 8,25 m

 Propulsion  3 hélices, 3 machines TE, 12 chaudières, 14 000 cv. et 17 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Puits munitions 254, ceinture 305, ponts 65, barbettes 305 mm; Equipage 651.
 Armement  4 canons de 280 ( 2×2 ), 18 de 150, 12 de 88 mm, 6 TLT 450 mm.

 

 

 

hochseeflotteanimCuirassés côtiers classe Siegfried (1889)

L’Aegir en 1914.

Symptomatiques de la philosophie de la marine Allemande avant l’arrivée sur le trône de Guillaume II et de ses ambitions, ces 8 cuirassés étaient des unités côtières n’ayant d’autre vocation que la défense des grands ports Allemands de la Baltique. Leurs dimensions n’autorisaient qu’un armement modeste, et ils étaient comparables aux cuirassés côtiers et monitors développés par les marines Scandinaves à la même époque. Leur configuration était singulière, avec trois pièces lourdes standard dont les deux avant étaient latérales. L’Odin et l’Aegir, les deux dernières unités, différaient des autres par l’armement ( 10 pièces de 88, 4 tubes lance-torpilles de 450 mm ), le blindage, les deux cheminées, les mâts militaires. La série comprenait outre ces deux navires, les Siegfried, Beowulf, Frithjof, Heimdall, Hildebrand, Hagen, mis en chantier en 1888-1893 et acceptés en 1890-96. Tous ces navires, après le Hagen dès 1898, furent reconstruits en 1900-1904. On leur ajouta deux pièces de 88 mm, ils furent allongés à 86,5 m, rééquipés de nouvelles chaudières leur donnant deux cheminées, le tonnage passant à 4158 tonnes. En 1914, ces 8 navires constituaient la VIe escadre du contre-amiral Eckermann au sein de la Hochseeflotte. En 1915, ils furent rétrogradés comme garde-côtes locaux, et ceci jusqu’en 1916, lorsqu’ils furent désarmés. On les vendit en 1919. Si quatre furent démolis dès 1919-1921 ( le Hildebrand s’échoua sur un banc de sable Hollandais pendant son transfert ), le Beowulf servit brièvement de brise-glaces, le Frithjof, l’Odin et l’Aegir furent reconvertis en cargos et survécurent jusqu’en 1929-35.

 Déplacement & Dimensions

 4158 t ; 88,5 x 14,9 x 5,8 m

 Propulsion  2 hélices, 2 moteurs VTE, 6 chaudières, 6000 cv. et 14,5 Noeuds max.
 Blindage, Equipage  Tourelles 203, ceinture 230, blockhaus 230, barbettes 203 mm; Equipage 280.
 Armement  3 canons de 240, 10 de 88, 4 TLT 450 mm ( SM, 1 av, 1 ar, 2 flancs )

 

 

 

 

hochseeflotteanimCuirassé classe Wittelsbach (1900-01).

Le Zähringen en 1914.

Cette classe de 5 cuirassés ( première série de « régions » ) comprenait les Wittelsbach, Wettin, Zähringen, Schwaben, et Mecklemburg. Ils avaient étés commandés dans la loi de 1898 instaurée par Von Tirpitz alors ministre de la marine. Ils étaient assez proches des Kaiser précédents, mais une partie de leur artillerie secondaire en tourelles avait étée replacée en barbettes. On avait aussi digéré les leçons de conception des Kaiser en matière de hauteur de superstructures et de stabilité. La coque était de plus à pont continu. Tout comme pour les Kaiser, la tourelle avant était posée sur un pont de batterie, en surplomb du pont avant. Autre changement, la ceinture qui était renforcée. La vitesse était légèrement supérieure d’un demi-noeud. Ils étaient aussi plus lourds et nettement plus larges. Jusqu’en 1916 ils furent gardés en réserve au seine de la 4e escadre de ligne, qui n’effectua aucune sortie. Jugés trop vulnérables, ils ne furent pas engagés. En 1916 on les réaffecta à des rôles subsidiaires: Le Mecklemburg devint une prison flottante, les autres servaient de navire-école. En 1919, le Wittlesbach ( et le Lothringen de la classe Braunschweig ) furent convertis en transports de vedettes dragueuses de mines, emportant sur leur pont réemménagé 10 unités du du type F. L’expérience prit fin en 1921. Il fut rayé et démoli. Les autres partagèrent ce sort excepté le Zähringen qui fut converti en 1926 en cible contrôlée par radio. Il servit dans ce role jusqu’en décembre 1944: Ancré à Gdynia, il fut bombardé par la RAF et achevé par les Allemands.

 Déplacement & Dimensions

 12 600 t ; 126,8 x 22,8 x 8 m

 Propulsion  3 hélices, 3 machines TE, 12 chaudières, 15 000 cv. et 17,5 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Puits munitions 254, ceinture 305, ponts 65, barbettes 305 mm; Equipage 683.
 Armement  4 canons de 280 ( 2×2 ), 18 de 150, 12 de 88 mm, 6 TLT 450 mm.

 

 

 

 

hochseeflotteanimCuirassé classe Braunschweig (1902-04).

L’Elsass ( « Alsace » ) en 1914.

Cette classe de 5 cuirassés ( seconde série de « régions » ) comprenait les Braunschweig, Elsass, Hessen, Preussen, et Lothringen. Ils furent entamés en 1901-1902 à Schichau, Germaniawerft et Vulcan. Ils dérivaient étroitement des Wittlesbach précédents, mais leur artillerie secondaire en partie en barbettes et en partie en tourelles simples, passait au calibre 170 mm, ce qui était unique à l’époque, et comprensait quelque peu la faiblesse des 280 mm à la portée et au pouvoir pénétrant plus faible que les pièces Anglaises de 12 pouces. Ils avaient un nouveau dispositif de chaudières, la puissance et la vitesse étant en nette augmentation, et ils arboraient cette fois trois cheminées. Ils atteignaient 25,6 mètres de large, et de fait restaient assez stables. Leur tourelle avant était replacée en position normale. De loin les plus lourds pré-dreadnoughts Allemands, ils restèrent relativement inactifs au début de la guerre. Ils formaient la 4e escadre basée en Baltique et destinée aux éventuelles sorties de la flotte Russe. Du fait du manque d’ équipages, ils furent partiellement mis en réserve, étant officiellement rangés comme garde-côtes. En 1916, leur batterie secondaire fut enlevée et ils ne conservèrent que quelques pièces de 88 mm. En 1919, on convertit le Preussen et le Lothringen en porte-vedettes du type F. L’expérience fut interrompue en 1938, et le Preussen fut démoli, comme d’ailleurs les autres unités de la classe en 1931. Le Hessen en revanche servit de navire-cible contrôlé par radio, survécut à la seconde guerre mondiale et fut attribué en dommage de guerre à l’URSS en 1946 rebaptisé Tsel.

 Déplacement & Dimensions

 14 200 t ; 127,7 x 25,6 x 8,1 m

 Propulsion  3 hélices, 3 machines TE, 16 chaudières, 17 000 cv. et 18,5 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Puits munitions 254, ceinture 305, ponts 65, barbettes 305 mm; Equipage 743.
 Armement  4 canons de 280 ( 2×2 ), 14 de 170, 12 de 88 mm, 4 ML, 6 TLT 450 mm.

 

 

 

 

 

hochseeflotteanimCuirassé classe Deutschland (1904-06).

Le KMS Pommern en 1916 ( « Poméranie » ).

Les cinq cuirassés pré-dreadnoughts de la classe Deutschland furent les derniers de ce type construits en Allemagne. Ils furent ordonnés en 1903-1905, alors même que le HMS Dreadnought était en construction. Ils furent achevés et acceptés en service en 1906-08, à l’époque ou les premiers Dreadnougts apparaissaient. De fait, ils étaient virtuellement surranés en 1914. Mais Tirpitz éluda ces critiques en arguant du fait que les futurs cuirassés Allemands nécéssiteraient un réamménagement du canal de Kiel, des travaux longs et particulièrement coûteux. Ils s’appuyaient très fortement sur le design des Braunschweig précédents, mais ils étaient un peu plus petits, disposaient de cheminées réarrangées, d’une puissance supérieure mais d’une vitesse inchangée, et d’une artillerie secondaire entièrement en barbettes. De même, leur artillerie tertiaire, passait de 18 à 20 pièces de 88 mm. Le blindage du pont était en léger recul, mais celui des tourelles, barbettes et boucliers, était augmenté. Comme ils étaient presque encore neufs en 1914, on les conserva en première ligne, au sein de la 2e escadre. En mai 1916, lors de la bataille du Jutland, ils eurent l’occasion de monter en ligne. Le Pommern eut à peine le temps de tirer quelques bordées avant d’être littéralement éventré par l’explosion d’une torpille dans une soute à munition, lancée par des destroyers Britannique de la 12 escadre. Jusqu’en 1917 ils restèrent inactifs, retirés de la Hocseeflotte, puis en dehors du Deutschland ferraillé en 1920, ils constituèrent le coeur de la force navale de la Reichsmarine de Weimar. Ils furent convertis en navire-école et reconstruits ( voir navis2GM ).

 Déplacement & Dimensions

 14 000 t ; 127,6 x 22,2 x 8,2 m

 Propulsion  3 hélices, 3 machines TE, 16 chaudières, 19 000 cv. et 18,5 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Puits munitions 230, ceinture 305, ponts 50, barbettes 305 mm; Equipage 743.
 Armement  4 canons de 280 ( 2×2 ), 14 de 170, 20 de 88 mm, 4 ML, 6 TLT 450 mm.

 

 

 

 

 

hochseeflotteanimCuirassé classe Nassau (1908).

Le KMS Posen en 1918.

Les quatre Nassau ( Nassau, Westfalen, Rheinland, Posen ) furent les premiers cuirassés monocalibre Allemands. Ils arrivèrent après l’achêvement du Dreadnought Anglais, et avaient une configuration de 6 tourelles dont 4 centrales, toujours équipées de pièces de 280 mm. Cela lui donnait une bordée de 8 pièces de ce calibre, à comparer avec les 8 de 305 du Dreadnought. Pour l’armement secondaire ( absent sur le Dreadnought et ses successeurs côté Anglais ) était constitué de pièces de 150 mm, plus « standard » en barbettes. On retrouvait aussi la classique batterie de 88 mm, 10 pièces étant en barbettes et les autres sur les roufs, et les 6 tubes lance-torpilles sous-marins. Larges, ces navires avaient un roulis si limité qu’on s’abstint de les doter de quilles. Bons marcheurs, en forçant leurs chaudières à 26-28 000 cv, ils parvinrent à plus de 20 noeuds. Leurs essais furent longs et les deux derniers ne furent acceptés qu’en septembre 1910. Leur service actif fut sans histoires. En août 1916, le Westfalen fut torpillé par l’E23. Il fit eau de l’arrière, embarquant 800 tonnes, mais rentra bon port. Le Rheinland de son côté heurta un récif au large de Lagskär ( Norvège ), en avril 1918, embarquant 6000 tonnes d’eau de mer et ont dût lui retirer une partie de son blindage et tous ses canons sur place pour pouvoir le désengager et le tracter jusqu’à Kiel. Il ne fut jamais réparé. Contrairement aux autres cuirassés modernes de la Hochseeflotte, aucun ne fut conduit à Scapa Flow: Ils furent démolis sur place en 1920-24.

 Déplacement & Dimensions

 18 750 t – 21 000 t PC; 146 x 27 x 9 m

 Propulsion  3 hélices, 3 machines TE à 3 cyl. , 12 chaudières Sculz-Thornycroft, 22 000 cv. et 19,5 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Ceinture 300, Batterie 160, coffrage interne 210, Tourelles280, Blockhaus 300, barbettes 280 mm; Equipage 1140.
 Armement  12 canons de 280 ( 6×2 ), 12 de 150, 16 de 88 mm, 6 TLT 450 mm.

 

 

 

 

hochseeflotteanimCuirassés classe Helgoland (1909).

Le SMS Ostfriesland en 1917.

Ces quatre cuirassés ( Helgoland, Ostfriesland, Thüringen, Oldenburg ) marquèrent une profonde avancée dans le design des navires de ligne Allemands. Bien que par la disposition d’artillerie, ils restèrent très influencés par les Nassau précédents, leur principale innovation était de passer enfin au calibre « standard » développé par les autres nations, le 305 mm. Toutefois lorsque ces navires furent achevés, en 1911 ( 1912 pour l’Oldenburg ), la Grande-bretagne était passée au calibre 343 mm. Bien plus grands que les Nassau, leurs trois cheminées groupées les distinguaient immédiatement. Luer armement secondaire était renforcé de 2 pièces au détriment de leur artillerie tertiaire, et le calibre de leurs turbes lance-torpilles passait à 500 mm. Ils étaient également plus rapides, et atteinrent 21,3 aux essais ( Oldenburg ). Leur blindage était également singulièrement renforcé, fidèles au principe Allemand selon lequel la protection prime l’armement. Ces bâtiments formaient une escadre, la 1ere, commandée par le Vice-amiral Von Lanz, avec les 4 unités de la classe Nassau. Ils participèrent la bataille de Skaggerak ( Jutland pour le monde Anglo-saxon ). Le 1er juin 1916, l’Osfriesland heurta une mine, et donna rapidement de la bande. Son commandant croyait à l’attaque d’un submersible, aussi il fit effectuer à son bâtiments de larges manoeuvres en « Z » afin d’échapper à un autre éventuel torpillage. Il rentra à 10 noeuds à bon port. En novembre 1918, la Hochseeflotte fut sommée de se rendre à Scapa Flow, mais ces quatre navires, comme les Nassau, considérés par les Anglais comme des navires « de seconde frappe », furent autorisés à rester en métropole, mais furent démolis en 1921-24. L’Ostfriesland fut converti en navire-cible et coulé en exercices.

 Déplacement & Dimensions

 22 440 t – 25 200 t PC; 167,2 x 28,5 x 9 m

 Propulsion  3 hélices, 3 machines VTE à 4 cyl. , 15 chaudières Sculz-Thornycroft, 28 000 cv. et 20,3 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Ceinture 300, Batterie 160, coffrage interne 210, Tourelles 300, Blockhaus 300, barbettes 300 mm; Equipage 1300.
 Armement  12 canons de 305 ( 6×2 ), 14 de 150, 14 de 88 mm, 6 TLT 500 mm.

 

 

 

 

 

hochseeflotteanimCuirassés classe Kaiser (1911-12).

Le SMS Friedrich der Grosse en 1916.

Les 5 cuirassés ( et non 4 comme précédemment; Kaiser, Friedrich der Grosse, Kaiserin, König Albert, Prinzregent Luitpold ) qui consitituaient cette classe marquaient un nouveau jalon dans la conception des navires de ligne Allemands. Ils conservaient le calibre 305 mm ( en retrait par rapport à celui développé par la Grande-bretagne, les USA ou même la France ), mais la distribution des 5 tourelles ( au lieu de 6 ) était plus rationelle, avec deux pièces en échelon au centre, avec un large débattement qui leur permettait en principe de tirer toutes deux en bordée du même côté. La seconde avancée majeure était l’adoption pour la première fois de turbines ( déjà d’actualité dans la Royal Navy depuis 1906 ). La portée des pièces principales était améliorée grâce à de nouveaux affûts mod.1909. Après la bataille du Jutland, on supprima toutes les pièces de 88 mm sauf deux, des batteries Flak sur certains navires. ( leur armement initial comprenait déjà 4 pièces AA sur le rouf arrière ). Le blindage était renforcé au niveau de la ceinture et du blockhaus. Ils différaient au niveau des machines, ayant en principe 3 turbines Parsons ( construites sous licence ), AEG Vulcan ou encore Schichau, mais deux turbines et un diesel de croisière jamais finalement installé sur le Luitpold. Ce dernier avait 14 chaudières au lieu de 16 et filait 22 noeuds contre 21 pour les autres. Aux essais le Kaiser parvint à développer plus de 55 000 cv et filer 23,4 noeuds. En service en décembre 1912-décembre 1913, ils constituaient la IIIe escadre du vice-amiral Funke. Ils ne furent pas engagés réallement avant la bataille du Jutland en mai 1916, tirèrent quelques bordées mais sans recevoir de coups adverses. Ils n’eurent plus l’occasion de combattre ensuite et furent convoyés à Scapa Flow après l’armistice où ils se sabordèrent le 21 juin 1919.

 Déplacement & Dimensions

 24 330 t – 27 400 t PC; 172,4 x 29 x 9,1 m

 Propulsion  3 hélices, 3 turbines Parsons, 16 chaudières Sculz-Thornycroft, 31 000 cv. et 21 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Ceinture 350, Batterie 170, coffrage interne 210, Tourelles 300, Blockhaus 350, barbettes 300 mm; Equipage 1300.
 Armement  12 canons de 305 ( 6×2 ), 14 de 150, 12 de 88 mm dont 4 AA, 5 TLT 500 mm.

 

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseur de bataille SMS Blücher (1908)

blucher

Le Blücher en 1914.

Le croiseur-cuirassé Blücher, du nom d’un grand général Prussien, fut rapidement classé comme « croiseur de bataille » du fait que son artillerie, bien que modeste, soit présentée comme celle d’un bâtiment monocalibre. Bien qu’il dérivait des bâtiments de la classe Scharnhorst, de par sa protection très légère, il en différait largement par l’emploi d’une artillerie répartie comme sur les cuirassés des classes Nassau et Helgoland. De ce fait, et ce malgré une vitesse relativement insuffisante, il fut considéré comme le premier croiseur-cuirrassé moderne de la flotte et servit de prototype. Se battant à la bataille du Dogger Bank, il fut touché à mort par une salve du Princess Royal et sombra quelques temps après, ayant essayé de s’échouer sur des bancs de sable.

Déplacement & Dimensions

 15 600t, 17 250t PC ; 162 x 24.5 x 8.70 m

 Propulsion  3 turbines, 18 chaudières Schultz-Thornycroft, 34 000 cv. et 24.25 Noeuds max.
 Blindage, Equipage  Barbettes 180 mm, Batterie 140 mm, ceinture 180 mm_Equipage 1026
 Armement  12 canons de 210 mm ( 6×2 ), 8 canons de 150 mm en barbettes, 16 canons AA 88 mm Flak, 4 TLT 450 mm ( SM )

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseur de bataille Seydlitz (1912)

seydlitz

Le Seyditz en 1914.

Proche des grands croiseurs de bataille de la classe Moltke, le Seydlitz en différait par bien des aspects. Navire unique, il possédait une coque à trois ponts successifs, configuration singulière, mais avec le même arrangement d’artillerie, et trois mille tonnes de plus en déplacement. Il était cependant plus puissant et plus rapide. Probablement l’unité de ce type la plus moderne qu’ait possédé une Nation en 1914, le Seydlitz prouva l’excellence de ses systèmes de conduite de tir à la fameuse bataille du Jutland. Son baptême du feu se fit à la bataille du Dogger Bank en 1914 ou il se battit contre le HMS Lion, encaissant trois de ses obus qui causèrent un incendie dramatique. Réparé, il reprit du service, sauta sur une mine en 1916 et, de nouveau réparé, participa à la bataille du Jutland, encaissant cette fois deux torpilles venant des destroyers HMS Petard et Turbulent, mais surtout 22 obus dont 16 de très gros calibre ( 381 mm ). Réussissant à y survivre par miracle, il regagna la côte Allemande, avec plus de 5330 tonnes d’eau de mer passés par ses déchirures de coque. Une nouvelle fois réparé, il gagna Scapa Flow comme le reste de la Hochseeflotte après l’armistice, s’y saborda en 1919, et fut renfloué pour être démoli en 1928.

 Déplacement & Dimensions

 24 600t, 28 100t PC; 200.5 x 28.5 x 9.2 m

 Propulsion  4 turbines Parsons, 27 chaudières Schultze-Thornycroft, 63 000 cv. et 26.5 Noeuds max.
 Blindage, Equipage  Batterie 200, réduit central 220, tourelles 51, ceinture 300, blockhaus 350, barbettes 230 mm; Equipage 1425.
 Armement  10 canons de 280 ( 5×2 ), 12 de 152, 12 AA de 88 Flak, 4 TLT 500 mm ( SM, flanc )

 

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseurs de bataille classe Moltke (1910-11)

Le Moltke en 1918.

Prenant la succession du Von der Tann, la classe Moltke ( KMS MoltkeKMS Goeben, lancés en avril 1910 et mars 1911, mis en service en mars et août 1912 ) était très nettement améliorée, avec une coque aux formes plus étudiées, plus « prismatique », une disposition toujours en échelon pour les pièces centrales mais une tourelle supplémentaire à l’arrière ( et non à l’avant pour des raisons de stabilité, du fait de la hauteur du gaillard ). Les nouveaux affûts des pièces avaient une élévation inférieure, ce qui fut corrigé par la suite. Durant la guerre, on enleva deux, voir quatre pièces de 152 mm sur le Goeben. Quand aux 12 pièces de 88 mm en barbettes, elles furent supprimée fin 1916 et rempacées par quatre pièces de 88 mm L/45 Flak. Très bon marcheurs, ces deux navires accrochèrent 28 noeuds aux essais en développant plus de 85 000 cv. Fin 1916 toujours, deux nouveaux postes de tir furent ajoutés aux mâts militaires, renforcés, tandis que des projecteurs additionnels furent placés. Le Moltke combattit au Dogger bank en août 1914 et fut torpillé le 19 par le submersible E3, sans grands dommages. Il parvint à mettre au but 6 coups sur le HMS Tiger pendant la bataille du Jutland, encaissant lui-même quatre coups de gros calibre sans difficultés. Le 24 avril 1918 toutefois, lors d’une sortie en mer, un grave accidet de turbine désintégra son arbre d’hélice et causa une voie d’eau de 2000 tonnes. Isolé en plaine mer du Nord, il était stoppé pour réparations pour 36 heures et reçut une torpillé de l’E42. Il y survécut toutefois mais fut interné à Scapa Flow, sabordé en 1919, puis démoli en 1927. De son côté le Goeben était le navire-amiral de l’escadre de la méditerranée en 1914. Surpris par la déclaration de guerre, il réussit à rejoindre les Dardanelles et la Turquie. Officiellement intégrés à cette marine, il fit sa carrière jusqu’en 1918 en combattant les Russes en mer noire. Il fut ensuite intégré plus officiellement comme le Yavuz Sultan Selim à la marine Turque et servit jusqu’en 1971…

 Déplacement & Dimensions

 22 616 t, 25 300 t PC; 186,5 x 29,5 x 9 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 24 chaudières Schultze-Thornycroft, 52 000 cv. et 25,5 Noeuds max.
 Blindage, Equipage  Batterie 200, réduit 200, tourelles 230, ceinture 250, blockhaus 350, barbettes 230 mm; Equipage 1355.
 Armement  10 canons de 280 ( 5×2 ), 12 de 150, 12 de 88, 4 TLT 500 mm ( SM, 1 av, 1 ar, 2 flancs )

 

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseurs de bataille Von der Tann (1909)

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Le Von der Tann en 1917.

Sans doute considéré à juste titre comme le premier véritable croiseur de bataille de la marine Allemande, le Von der Tann se démarquait du Blücher – souvent référencé comme un croiseur-cuirassé – par une artillerie conforme au genre, composée de pièces de 280 mm. En l’occurence la dotation était de 8 pièces répartis, ce qui était la mode à l’époque, en quinquonce ( ou « en échelon » )en position centrale. L’espace généreux disponible permettait à ces pièces centrales un débattement leur permettant en principe une volée complète des 8 pièces en bordée. Cet unique bâtiment était d’ailleurs vu comme supérieur aux Indefatigable et Invincible de la marine Britannique qui adoptaient la même configuration. Ballasté, quillé, il était aussi très stable. La batterie secondaire était regroupée au centre, ce qui pemettait de mieux la protéger, tout comme les puits à munitions des tourelles centrales. Les 16 pièces de 88 mm SKL/45 se répartissaient en 8 barbettes en proue et en poupe, les autres étant disposés en barbettes de roufs avant et arrière. Ils furent tous enlevés en 1917 et remplacés par deux pièces en affût AA à l’arrière. Aux essais, ce navire parvint à atteindre 27,6 noeuds en forçant ses chaudières à 79 000 cv. En dehors de quelques sorties sans faits notables, dont des bombardements de villes côtières Brritanniques en 1914, l’heure de gloire du Von der Tann vint à la bataile du Jutland en mai 1916: Dès les premières 15 minutes il envoya par le fond son alter ego Britannique HMS Indefatigable. Plus tard cependant, il encaissa 4 obus de gros calibres mettant hors service ses deux tourelles arrières, tandis que les deux avant connurent des pannes électriques qui firent que le navire fit encore face pendant un quart d’heure avec uniquement sa batterie secondaire… Il ne fit plus parler de lui jusqu’à l’armistice, étant conduit à Scapa Flow puis sabordé le 21 juin 1919, renfloué en décembre 1931 et démoli.

 Déplacement & Dimensions

 19 064 t, 21 700t PC; 171.6 x 26,6 x 9 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Schultze-Thornycroft, 43 600 cv. et 24.7 Noeuds max.
 Blindage, Equipage  Batterie 150, réduit central 180, tourelles 230, ceinture 250, blockhaus 250, barbettes 230 mm; Equipage 1174.
 Armement  8 canons de 280 ( 4×2 ), 10 de 150, 16 de 88, 4 TLT 450 mm ( SM, 1 av, 1 ar, 2 flancs )

 

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseurs cuirassés classe Victoria Luise (1896-98).

Le Freya en 1914.

La seconde classe de « croiseurs-cuirassés » Allemands, apparut à la suite du Kaiserin Augusta, depuis devenu navire-école. Il s’agissait de navires plus ramassés, donc plus maniable, que ce dernier, mais plus lourds, et le déplacement allait varier selon les unités. La classe, entamée en 1896 à Weser, Vulcan et Dantzig, allait comprendre les Victoria Luise, Herta, Freya, Vineta et Hansa, lancés en 1897-98 et acceptés en service en 1898-99. Ils étaient plus puisseamment armés, équipés de pièces de 210 mm en tourelles simples et d’une batterie de 150 mm. Les pièces de 105 mm étaient bannies de ce type de navire. Ils arboraient pour la première fois cette caractéristique proue combinant les avantages d’une proue de clipper et un éperon. La protection n’était guère élevée, mais ils étaient rapides, et servirent de base aux développements qui allaient suivre. Arborant de massifs mâts militaires, trois cheminées, et lourds dans les hauts, ils furent reconstruits ( nouvelles chaudières, mâts simples, deux pièces de 150 mm et 10 mitrailleuses lourdes enlevées, un 88 mm ajouté ). En 1914 ils constituaient la Ve escadre d’éclairage, le Freya servant de son côté de navire-école dns l’escadre de l’est. Par la suite, en 1915, les quatre unités furent à leur tour reclassées comme navires-école, dans la même escadre, puis en 1916 désarmés ( à part le Freya ) et utilisés commes navires utilitaires. On tenta de réutiliser le Victoria Luise en 1920 comme cargo après une profonde transformation, mais il ne fut en réalité que peu réussi et démoli deux ans plus tard. Les autres bâtiments furent démolis en 1919-21.

Caractéristiques en 1914:

 Déplacement & Dimensions

 6400 – 6600 t ; 110,6 x 17,4 x 6,94-7 m

 Propulsion  3 hélices, 3 machines TE, 8 chaudières, 10 500 cv. et 18,5 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Ponts 100, barbettes 100 mm, Tourelles 100 mm; Equipage 477.
 Armement  2 canons de 210 ( 2×1 ), 6 de 150, 11 de 88 mm, 3 TLT 450 mm.

 

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseur-cuirassé SMS Fürst Bismarck (1897).

Le Fürst Bismarck après son dur service en Asie, en 1909.

Dans les tables Allemandes, les navires de la classe Victoria Luise étaient classés comme « croiseurs lourds de 2e classe ». Le Fürst Bismarck ( Chancelier Bismarck ) fut considéré comme un croiseur lourd de 1ere classe. En fait il s’agissait du premier vrai croiseur-cuirassé Allemand. Il servit de modèle pour les 7 bâtiments qui suivirent, du Prinz Heinrich au Gneisenau. Bien plus lourd ( 11 300 tonnes standard contre 6400 ), il était aussi mieux protégé au niveau de la ceinture, du pont, et des blindages de boucliers. L’armement principal était bien plus important, avec des tourelles doubles et des pièces de 240 mm contre des simples et 210 mm pour les Victoria Luise, mais également 12 pièces de 150 mm au lieu de 8, et trois tubes lance-torpilles de mieux. Sa carrière fut pour l’essentiel réalisée en Asie: Il apareillait en juin 1900 pour la Chine, et jettait l’ancre à Tsing Tau, le comptoir et base navale Allemande de Chine. Il fut engagé lors de la révolte des Boxers. Endommagé, il fut envoyé à raparation à Nagasaki. Les opérations sur les côtes de Chine reprirent en 1902, il y fut de nouveau touché et raparé à Nagasaki, avant de se voir attribué le rôle de navire-amiral de la flotte asiatique. Mais son état se déteriorant, le Fürst Bismarck fut rappelé en métropole pour une plus ample remise à niveau, doublée d’une reconstruction. Il revint en juin 1909 à Kiel, et fut reconstruit comme navire de tests de torpilles. En 1914, il était à l’ancre à Kiel, jugé impropre au service, même pour les gardes-côtes. A partir de 1915 il était utilisé comme navire-école des charbonniers, puis pour les officiers des dirigeables et des U-Bootes en 1917, et en 1918 comme bâtiment-base. Il fut rayé des listes en juin 1919 et démoli peu après.

Caractéristiques avant 1910:

 Déplacement & Dimensions

 11 281 t standard; 127 x 20,4 x 8,46 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines TE, 6 chaudières Schulz-Thornycroft, 13 800 cv. et 18,5 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Pont 50 mm, ceinture 200, boucliers 200 – 100 mm; Equipage 621.
 Armement  4 canons de 240 ( 2×2 ), 12 canons de 150 ( 12×1 ), 10 de 88 mm, 4 ML Mauser 8 mm, 6 TLT 450 mm.

 

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseurs-cuirassés classe Prinz Adalbert (1901-02).

Le Prinz Adalbert en 1914.

Suivant le Prinz Heinrich, deux bâtiments améliorés furent construits, un à Kiel ( le Prinz Adalbert, lancé en 1901 et accepté en 1904 ), et un à Blohm & Voss ( le Friedrich Karl, lancé en 1902 et accepté en 1903 ). Ce fut la première classe de ce type de bâtiments en Allemagne. Ils revenaient à une artillerie de 4 pièces principales en tourelles doubles, mais passé à 210 mm plutôt que 240. On lur ajouta également deux pièces de 88 mm de plus que le Prinz Heinrich. La vitesse progressait légèrement grâce à une puissance plus importante, avec une réparition de chaudières leur donnant trois cheminées au lieu de deux. Le blindage restait identique, de même que leurs mensurations, mais le tonnage progressait légèrement. Ils faisaient appel à des finitions de protection utilisant largement le bois. Ils furent critiqués à cause de leur propention à faire eau au niveau de leur batterie basse par gros temps. Dès le début de son service, le Prinz Adalbert fut affecté comme navire-école des canonniers. Il ne prit part à des exercices de la Hochseeflotte qu’à la veille de la guerre et attaché à la flotte de la baltique où il prit part à plusieurs opérations avant de périr au large de Libau, torpillé par le submersible E8 le 23 octobre 1915, sombrant rapidement avec presque tout son équipage, dont les survivants moururent gelés, sauf trois hommes. Le Friedrich Karl de son côté fut affecté à partir de 1903 à l’ecorte du paquebot SS König Albert qui fit la tournée des grandes villes méditerranéennes avec l’empereur Guillaume II. Il fut très actif et fit des visites de courtoisie et des execrcices d’escadre. En 1909 il fut utilisé comme navire-cible de tests de torpilles, puis comme brise-glaces auxiliaires, réparé en 1914 puis affecté à la Baltique. Il sauta sur une mine le 4 novembre 1914.

 Déplacement & Dimensions

 9720 t standard; 126,5 x 19,6 x 7,8 m

 Propulsion  3 hélices, 3 machines TE, 9 chaudières Schulz-Thornycroft, 18 500 cv. et 20,5 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Pont 50 mm, ceinture 100, boucliers 200 – 100 mm; Equipage 586.
 Armement  4 canons de 210 ( 2×2 ), 10 canons de 150 ( 12×1 ), 12 de 88 mm, 4 ML Mauser 8 mm, 4 TLT 450 mm.

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseur-cuirassé SMS Prinz Heinrich (1900).

Le Prinz Heinrich en 1914 après sa reconstruction.

Conçu dès le départ comme un croiseur colonial, le Prinz Heinrich ( Prince Henri ) était une version réduite à l’armement allégé ( 2 pièces de 240 mm, 2 pièces de 150 mm et 2 tubes lance-torpilles en moins ), mais plus rapide du Fürst Bismarck. Il faisait largement appel à des doublages de cuivre et de bois. Le blindage de ceinture était ramené à 100 mm, mais mieux réparti, et s’ajoutait aux blindages de boucliers, avec un armement secondaire concentré au centre du navire, une caractéristique reprise pour les autres unités de ce type. Après sa mise en service en mars 1902, il fut attaché à la 1ere escadre. Il passa ensuite navire-amiral du groupe de reconnaissance de la 1ere escadre. Il resta deux ans sans affectation, puis reprit du service en 1908 comme navire-école des canonniers, jusqu’en 1912. En 1914 il était de nouveau opérationnel, ayant été reconstruit partiellement. ( Il perdit notamment ses pièces de 88 mm en barbettes ). Il était jugé trop lent et mal protégé pour la mer du Nord, aussi fut-il affecté à la Baltique, d’abord comme garde-côtes, et patrouillant dans l’estuaire de la Jade. En 1915 il effectua des mouillages de mines, des bombardements côtiers ( comme Libau ), et sur les îles côtières de la Baltique. En 1916, son équipage fut dispersé et il resta à l’ancre comme navire-caserne, et démoli en 1920.

Caractéristiques en 1914:

 Déplacement & Dimensions

 9652 t standard; 126,5 x 19,6 x 8 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines TE, 6 chaudières Schulz-Thornycroft, 15 700 cv. et 20,5 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Pont 50 mm, ceinture 100, boucliers 200 – 100 mm; Equipage 567.
 Armement  2 canons de 240 ( 2×2 ), 10 canons de 150 ( 12×1 ), 10 de 88 mm, 4 ML Mauser 8 mm, 4 TLT 450 mm.

 

 

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseurs-cuirassés classe Roon (1903-04).

Le Yorck en 1916.

Virtuellement identiques aux Prinz Adalbert précédents, le Roon ( lancé à Kiel en 1903 ) et le Yorck ( à Blohm & Voss en 1904 et nommé d’après un célèbre généralissime Prussien de l’époque napoléonienne ) n’en différaient principalement que par quelques aménagements de détails du blindage, et surtout la vitesse, du fait d’un appareil propulsif plus important, se traduisant par un tonnage et une largeur accrues, une longueur supérieure pour optmiser l’hydrodynamique et quatre cheminées au lieu de trois. Par leurs silhouette, on pouvait aisément les confondre avec les Scharnhorst suivants, qui leur étaient cependant bien supérieurs. Le Roon fut affecté au groupe de reconnaissance de la 1ere escadre de la Hochseeflotte. En 1914, il était affecté à la 3e escadre. En août 1914 il assista le magdurg en Baltique, sauvant une partie de son équipage. Il fut ensuite utilisé comme garde côte, patrouillant à l’entrée de la mer Baltique, puis bombarda Libau, protégea des mouillages de mines et couvrit les troupes d’invasion des îles de la Baltique. En 1916, jugé trop dégradé par ses conditions de service, il fut utilisés comme navire-école des cadets et de navire-test pour les torpilles. En 1918 on envisagea de le transformer en transport d’hydravion, mais le projet resta mort-né et il fut démoli en 1921. Le Yorck de son côté effectua des tests de TSF en Atlantique, étant affecté à l’escadre de reconnaissance. En 1910, il subit à l’ancre une explosion de chaudières, puis l’une de ses vedettes sauta sur une mine. Enfin, il heurta le torpilleur S178 qui sombra suite à la collision. Utilisé comme garde-côtes, le Yorck assista ensuite des opérations en mer du Nord. Au retour il traversa un champ de mines Allemand mal référencé et sombra après en avoir heurté 2, le 04 novembre 1914.

 Déplacement & Dimensions

 10 104 t standard; 127,8 x 20,2 x 7,8 m

 Propulsion  3 hélices, 3 machines TE, 10 chaudières Schulz-Thornycroft, 20 000 cv. et 21 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Pont 50 mm, ceinture 100, boucliers 200 – 100 mm; Equipage 586.
 Armement  4 canons de 210 ( 2×2 ), 10 canons de 150 ( 12×1 ), 14 de 88 mm, 4 ML Mauser 8 mm, 4 TLT 450 mm.

 

 

 

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseurs-cuirassés classe Scharnhorst (1906).

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Le Scharnhorst et Gneisenau, nommés d’après de célèbres généraux Prussiens au temps des guerres Napoléoniennes, furent les ultimes croiseurs-cuirassés Allemands. Ils furent mis en chantier à Blohm & Voss et à Weser, en 1905, lancés en mars-juin 1906 et achevés en 1907 et 1908. Très inspirés des Roon de 1903, ils en conservaient l’apparence. Ils étaient toutefois nettement plus grands, mieux protégés, et mieux armés, grâce au choix de les équiper de 8 pièces de 210 mm en tourelles et barbettes. Ils étaient conçus pour s’opposer avec succés à leurs équivalents Britanniques, les Minotaur et Shannon. De peu d’utilité dans la Hochseeflotte face aux rapides navires de ligne Anglais, ils furent tranférés à l’escadre du pacifique sous le commandement de Von Spee, avec lequel ils allaient se forger une véritable légende. En 1909 ils étaient basés à Tsing-Tao. Avec le déclenchement de la guerre, et l’entrée en lice du japon contre les empires centraux, leur place n’y était plus sûre, et l’escadre apareilla pour livrer une guerre au commerce dans l’est du pacifique et sur la côte ouest de l’amérique du sud. La suite est connue: Le seul écueil possible dans le secteur du cap Horn était l’escadre de l’amiral Cradock, basé aux îles Malouines. Ce dernier n’eut d’autre choix que d’affronter son rival avec des forces inférieures, afin de lui interdire le passage dans l’Atlantique. La rencontre eut lieu à Coronel le 1er nov. 1914. Le Good Hope, le Monmouth, y furent coulés. Les Allemands n’eurent aucun dégât. L’escadre passa le cap Horn et se retrouva à harceler les convois venant d’argentine et du Brésil. Mais une force Britannique fut rassemblée prestement pour traquer Von Spee. Ce dernier dût livrer bataille le 8 août 1914 au large des Falklands. Face aux croiseurs de bataille Anglais, le Scharnhorst et le Gneisenau furent écrasés…

 Déplacement & Dimensions

 12 800-13 000 t ; 144,6 x 21,6 x 8,37 m

 Propulsion  3 hélices, 3 machines 3 cyl. TE, 6 chaudières, 28 800 cv. et 23,5 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Ceinture 150 mm, Pont 60 mm, Blockhaus 200 mm, tourelles 170, barbettes 150; Equipage 764.
 Armement  8 canons de 210, 6 de 150, 18 de 88 mm, 4 ML Mauser, 4 TLT 450 mm SM.

 

 

 

 

hochseeflotteanimcroiseurs légers classe Kolberg (1908)

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Le Mainz en 1914.

Les quatre croiseurs de la classe Kolberg sont en droite ligne dérivés des unités de la classe Dresden, mais leur déplacement fait un bond en avant, et leur armement est augmenté de deux pièces. Ils furent tous les quatre construits dans des chantiers différents, à Dantzig, Stettin, et Kiel, de façon à tester des systèmes de turbines différents. Cette classe comprenait le Kolberg ( lancé en 1908 ), le Mainz ( 1909 ), le Cöln ( 1911 ) et l’Augsburg ( 1910 ). Le Mainz et le Cöln patrouillant de concert en mer du nord furent coulées le 28 août 1914 par des croiseurs de bataille Anglais. Le Kolberg deviendra comme l’Augsburg une réparation de guerre après l’armistice, le premier devenant le Colmar sous pavillon Français et le second servant dans la marine Japonaise et les deux étant démolis après une courte carrière.

 

éplacement & Dimensions

 4360t, 4915t PC_130x14x5.4m

 Propulsion  2 turbines standard, 4 chaudières, 6600 cv. et 20 Noeuds max.
 Blindage, Equipage  pont 40 mm, boucliers de canons 50 mm, casemate 100 mm; Equipage 367
 Armement  12 canons de 105 mm ( simples ), 2 TLT 450 mm ( SM, flanc ), 100 mines.

 

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseurs classe Gazelle (1898-1902).

Le SMS Ariadne en 1914.

Cette classe de croiseurs dits de « 4e classe », furent en fait définis comme de bons compromis entre des canonnières ou avisos coloniaux et des éclaireurs d’escadre. Ils furent définis à partir du Hela ( 1895 ), classé comme aviso, mais leur poupe était réhaussé pour former un gaillard d’arrière, leur armement était nettement renforcé ( au lieu des quelques pièces de 88, une batterie de 10 pièces de 105 mm ), ils étaient également mieux protégés avec un blindage de pont, mais utilisaient les mêmes machines. Au final, ces bâtiments n’étaient pas « sous armés » comme précédemment et capables d’assurer leur rôle sans crainte des destroyers et torpilleurs adverses. Ils furent au nombre de 10, construits dans plusieurs chantiers, Germaniawerft, Weser, Dantzig, et un unique à Howaldswerke, toujours à Kiel. Il s’agissait des Gazelle, Niobe, Nymphe, Thetis, Ariadne, Amazone, Medusa, Frauenlob ( littéralement « louanges féminines » ), Arcona, et Undine, acceptés en service en 1900-1904. Ils étaient reconnaissables également à leurs deux cheminées, et leur éperon à l’ancienne mode. Les plus anciens de ces navires étaient relégués à la défense côtière en 1914, et à partir de 1916 la plupart furent relégués à des missions de second plan et progressivement désarmés. L’Ariadne participa à la bataille d’Héligoland en août 1914 et y fut coulé. L’Undine fut torpillé en Baltique par l’E19 et le Frauenlob périt lors de la bataille du Jutland, torpillé par le croiseur Southampton. Le Gazelle fut démoli en 1920, mais les autres survécurent un temps. Les Nymphe, Niobe et Amazone furent entièrement reconstruits et servirent jusqu’en 1931-32, le premier étant vendu aux Yougoslaves, puis capturé par les Italiens en 1940. Sa carrière mouvementée continua juqu’en 1943 – ( Voir Navis2GM ).

 Déplacement & Dimensions

 3033-3130 t; 105 x 12,2 x 5,4 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines TE, 4 chaudières Schulz-Thornycroft, 6000 cv. et 20 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Pont 50 mm, Coffrage interne 70 mm; Equipage 260.
 Armement  10 canons de 105 ( 10×1 ), 10 ML Mauser 8 mm, 3 TLT 450 mm.

 

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseurs classe Bremen (1903-05).

Le KMS Posen en 1918.

Cette classe de croiseurs légers comprenait 7 unités portant des noms de villes, une tradition venue de la Grande-Bretagne et adoptée par la Hochseeflotte. Il s’agissait des Bremen, Hamburg, Berlin, Lübeck, München, Leipzig et Dantzig. Bien qu’étroitement dérivés des Gazelle précédents, ils étaient plus grands, lourds, et rapides, mieux protégés notament au niveau des ponts contre les tirs paraboliques, arborant en outre trois cheminées. Par ailleurs, le Lübeck fut le premier navire de cette taille à utiliser des turbines, à titre expérimental. Ces navires furent mis en chantier à Weser, Vulcan et Dantzig en 1902-1904, lancés en 1903-1905, et acceptés en service en 1904-07. Comme les Gazelle, ils arboraient un très long éperon proéminent à la mode Française. Ce furent les derniers, car à partir des Königsberg, on en vint à une proue plus raisonnable que ce style en « soc de charrue », rendant le navire prompt à s’enfoncer par l’avant dans le gros temps. Ces bâtiments servirent outremer avant la guerre. En 1914, ils étaient dispatchés entre l’escadre de la Weser et de la Jade ( Berlin ), ainsi que de l’escadre de la Baltique ( Lübeck ). Les autres étaient dans la IIIe escadre d’éclairage ( München, Dantzig ). Le Bremen fut modifié pour recevoir 2 pièces de 150 mm sur ses gaillards à la place des 4 pièces de 105 qui s’y trouvaient, avec une mâture et des cheminées modifiées. Il en sortit en 1915, et sauta sur une mine en Baltique la 17 février. Le Lübeck fut également modifié, recevant en sus des TLT de 500 mm, des rails pour 50 mines, et une nouvelle proue plus marine. Le Berlin fut modifié pour être utilisé en 1916 comme mouilleur de mines. Le Leipzig était présent dans l’escadre de Von Spee lors de la seconde bataille des Malouines, et y fut coulé. Le München et le Berlin, après quelques opérations, furent désarmés fin 1916. Les Dantzig, Lübeck et München furent accordés en dommages de guerre et démolis. Le Berlin et le Hamburg, acceptés dans la Reichsmarine, furent désarmés en 1931 et 1935 mais utilisés encore par la Kriegsmarine ( Voir navis2GM ).

 Déplacement & Dimensions

 3760 t -3800 t PC; 111 x 13,3 x 5,6 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines TE, 6 chaudières Schulz-Thornycroft, 11 750 cv. et 23 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Pont 80 mm, Coffrage interne 100 mm; Equipage 288.
 Armement  10 canons de 105 ( 10×1 ), 10 ML Mauser 8 mm, 2 TLT 450 mm.

 

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseurs légers classe Königsberg (1905-07).

Le Königsberg en 1915.

La classe Königsberg comprenait 4 unités plus ou moins dérivée des Bremen. Il s’agissait des Königsberg, Nürnberg, Stuttgart, et Stettin, construits à Kiel, Dantzig et Vulcan, achevés en 1907-1908. Nettement plus grands que les Bremen, ils étaient également plus rapides, le Stettin expérimentant de son côté un jeu de turbines Parsons. Le Königsberg différait des autres par ses cheminées également espacées et reçut des modifications destinées à augmenter son rayon d’action ( qui passa à 5720 nautiques contre 4120-4170 pour les autres ). Le Stuttgart et le Stettin, en 1917, reçurent des pièces de 75 mm AA. Le plus célèbre par sa carrière est le premier. Connut en livrée coloniale blanche et gris clair, affecté à Dar-es-Salaam sur la côte Tanzanienne, il commença à s’en prendre au commerce Anglais en océan Indien. Traqué rapidement par la Royal Navy, bloqué dansl’estuaire de la Rufiji, il fut bombarder par les monitors de la classe Humber et finlement sabordé le 11 juillet 1915. Le Nürnberg de son côté faisait partie de l’escadre asiatique de Von Spee. Il fut coulé lors de la seconde bataille des Falklands le 8 décembre 1914. Le Stuttgart servit autant dans la Hochseeflotte ( IIIe escadre ) que comme navire-école des canonniers. En mai 1918 il fut converti en transport d’aviation et finalement démoli en 1921. Le Stettin servit au sein de la IIIe escadre de la Hochseeflotte puis à partir de 1917 comme bâtiment-base de l’école des sous-mariniers. Il fut accordé à la Grande-Bretane en dmmages de guerre et ferraillé en 1923.

 Déplacement & Dimensions

 2082 t – 2200 t PC; 104,6 x 11 x 4,6 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mot. TE, 4 chaudières standard, 6000 cv. et 20 noeuds max.
 Blindage, Equipage  aucun; Equipage 195.
 Armement  2 canons de 88, 6 de 50 mm, 3 TLT 450 mm.

 

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseurs légers classe Dresden (1908)

emden

L’Emden dans l’escadre du pacifique, en livrée Blanche Coloniale, août 1914.

Le SMS Emden, était un croiseur dit « léger » de la classe Dresden, comptant le Dresden et l’Emden, lancés en 1907-7908 et entrés en service en 1908-1909. Leur conception différait peu de celle de leurs prédécesseurs de la classe Königsberg dont ils constituaient une amélioration. Plus grands d’un mètre, plus larges de 30 cm et plus lourds de 200 tonnes, ils étaient légèrement plus rapides ( 23.5 et 24 noeuds contre 23 ), mais possédaient la même puissance de feu. Cependant leurs destins furent parmi les plus intéressants car des plus aventureux et romanesques. ( Voir la page spéciale consacrée à l’odyssée de l’Emden et à son équipage ).

Le Dresden fit en effet partie de la force internationale déployée au cours de la révolution mexicaine en 1910. Lorsque la guerre éclata, il se hâta de se placer en poste dans l’est de l’océan Indien. Passant par le cap de Bonne-Espérance, il descendit sur l’atlantique sud à la recherche de proies de chasse. Ce fut l’un des « raiders » déployés par la guerre de corsaires menée par l’Allemagne au trafic marchand allié. Faisant partie de l’Escadre de l’Amiral Von Spee, il se signala au combat au cours de la première bataille des Falklands, opposé aux unités de l’amiral anglais Cradock. S’échappant dans le pacifique, il fut poursuivi par les croiseurs Kent et Glasgow et se réfugia au large de l’île Chilienne de Mas a Fuera. Refusant de se rendre, il se saborda le 14 mars 1915.

 Déplacement & Dimensions

 3664t, 4268t PC_118x13.5×5.5 m

 Propulsion  2 hélices, 3 moteurs 4-cylindres, 12 chaudières standard, 13 500 cv. et 23.5 Noeuds max.
 Blindage, Equipage  pont et tourelles 30-50 mm, ceinture 30 mm, casemate 100 mm_Equipage 361
 Armement  10 canons de 105 mm, 4 canons de 102 mm, 2 TLT 450 mm de flanc ( SM )

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseurs légers classe Magdeburg (1911).

Le Strassburg en 1914.

La classe Magdeburg marquait un tout nouveau jalon dans la conception des croiseurs Allemands: Nettement plus grands que les Kolberg ( 5600 tonnes PC contre 4900 ), ils concentraient en outre un panel d’améliorations considérables: Ils furent les premiers à disposer d’une ceinture en nickel courant sur 80% de la ligne de flottaison, et soudée à la coque elle-même, comme partie intégrante de sa structure. La coque étai montée un utilisant une technique de cadres longitudinaux, et l’hydrdynamique avait étée retravaillée de manière intensive, comme en témoigne la proue de clipper. L’abandon du gaillard d’arrière était d’autre part une nécéssité pour donner à ces bâtiments une capacité de mouiller de mines. Ces quatre bâtiments ( Magdeburg, Breslau, Strassburg, Stralsund ), achevés en août-décembre 1912, avaient des turbines différentes, et des vitesses admises entre 27,5 et 28,2 noeuds. En 1915-16, le Strassburg et le Stralsund furent réarmés avec 7 pièces de 150 mm, 2 de 88 AA et deux TLT supplémentaires sur le pont. Le Breslau ft réarmé avec deux pièces de 150 mm en 1916 et 8 en 1917. Le Magdeburg effectuait une sortie de minage en baltique le 26 août 1914 lorsqu’il s’échoua sur un récif de l’île Odensholm et fut ensuite bombardé par un croiseur Russe. Ce dernier fit prisonnier l’ééquipage et récupéra le livre de codes de la Hochseeflotte qui fut transmis à l’intelligence service Britannique. Le Breslau de son côté était le matelot du Goeben, l’escadre de méditerranée du contre-amiral Souchon. Réfugié à Constantinople, il fut officiellement acquis par la marine Turque et devint le Midilli. Il sombra le 20 janvier 1918 en heurtant des mines au large d’Imbros. Le Strassburg survécut à la guerre et fut tranféré aux Italiens, devenant le Taranto ( v. Navis 2GM ). Le Stralsund connut un sort similaire, et fut offert à la France, renommé Mulhouse et démoli en 1935 à Brest.

 Déplacement & Dimensions

 4570 t – 5587 t PC; 138,6 x 13,4 x 5,1 m

 Propulsion  2/3/4 hélices, 2/3 turbines, 11 chaudières standard, 29 900-35 500 cv. et 27,5 – 28,2 noeuds max.
 Blindage, Equipage  aucun; Equipage 354.
 Armement  12 canons de 105, 2 TLT 500 mm, 120 mines.

 

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseurs classe Nautilus (1906).

Le SMS Albatros en 1916.

La marine Impériale Allemande alignait un certain nombre de mouilleurs de mines auxiliaires mais seulement deux bâtiments spécialisés, les croiseurs Nautilius et Albatros. Bien que confondus dans la même classe, ces navires étaient dissemblables en apparence, quoique l’armement, la propulsion, la vitesse, le déplacement soient proches. Le Nautilus ( Minendampfer A ) arborait le style d’un grand yacht, avec une proue de clipper terminée par un bout-dehors, une poupe élancée, et une coque assez haute. Il fut lancé à Brême en 1905 et achevé en 1907. Son déplacement était de 2345 tonnes à pleine charge. L’Albatross de son côté avait une proue combinant éperon et forme clipper, une coque plus basse, mais la même poupe élancée. Son aspect était bien plus martial. Il éait aussi plus lourd, et fut construit deux ans plus tard sous le nom de Minendampfer B, achevé en mai 1908. Leur armement ne comprenait que des pièces légères, groupés par paires. Le Nautilus fut ensuite reconstruit comme son sister ship en 1910. Ce dernier mouilla trois champs de mines dès août 1914, les Lister, Vortrappe et Hever Sperre. Il mouilla ensuite des mines devant la Humber avec le Mainz. Puis en comagnie de l’Albatross et du Kaiser, il mouilla le grand champ défensif Alpha en baltique, derrière le Skagerrak, puis le Rif Sperre en mai 1916. Il resta ensuite en Baltique, patrouillant près des Aaland. En décembre, il fut ancré et débarrassé de son équipage, rayé des listes en mars 1919 et utilisé comme coque utilitaire jusqu’en 1928 avant d’être démoli à Copenhague. L’Albatross de son côté heurta le Wartburg en 1911. Après réparations, il mouilla des mines devant la Tyne en août 1914, et en septembre avec son sister-ship devant helgoland. Il mouilla ensuite en plusieurs sorties 550 mines devant l’île de Bogskär dans le nord de la Baltique, mais échappa de peu à la destruction par une escadre de croiseurs Russes en juillet 1916. Une bataille de poursuite s’ensuit, et le croiseurs Allemand, réfugié à Gotland, se voit pilonné, évacué et containt au sabordage, le 2 juillet 1915.

 Déplacement & Dimensions

 2208 t – 2506 t PC; 100,9 x 11,2 x 4,4 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mot. VTE, 4 chaudières standard, 6600 cv. et 20 noeuds max.
 Blindage, Equipage  aucun; Equipage 208.
 Armement  8 canons de 88 ( 4×1 ), 200 mines ( 288 selon d’autres sources ).

 

 

 

 

hochseeflotteanimCroiseurs légers classe Karlsruhe (1912).

Le Rostock en 1915.

Le Karlsruhe et le Rostock entamés en 1911 et opérationnels en janvier et février 1914 furent construits tous deux à Kiel ( Germaniawerft et Howaldswerke ). Très inspirés des Magdeburg dont ils reprenaient l’essentiel, ils étaient cependant plus marins grâce à l’adoption d’un pont avant plus haut à la proue. Ils étaient cependant aussi moins puissants et moins rapides. L’armement initial de pièces de 105 mm fut jugé trop faible mais ils ne reçurent pas de pièces de 150 mm: La guerre ne leur en laissa pas le temps. Le Karlsruhe venait de rallier les caraïbes et participait à l’inauguration du canal de panamà. Il devait remplacer le Dresden sur cette station. La guerre débutant, il fit alors office de corsaire dans l’Atlantique, coulant 17 navires pour 76 000 tjb. Cependant le 4 novembre, il fut l’objet d’une explosion accidentelle interne si violente qu’il eut des voies d’eau et coula rapidement, les rescapés étant repêchés par deux vapeurs Allemands. Le Rostock de son côté servait dans les forces de reconnaissance, servant de meneur pour les escadrilles de destroyers. Il participa à la bataille d’héligoland le 28 août 1914, celle du Dogger Bank le 24 janvier 1915 et à la bataille du Jutland et reçut une torpille dans sa salle des machines. Prenant de la gîte il fut évacué et sabordé par les V71 et 73 le 1er juin 1916.

 Déplacement & Dimensions

 4900t – 6200 t PC; 142,2 x 13,7 x 5,5 m

 Propulsion  2 hélices, 2 turbines, 14 chaudières standard, 26 000 cv. et 27 noeuds max.
 Blindage, Equipage  aucun; Equipage 373.
 Armement  12 canons de 105, 2 TLT 500 mm, 120 mines.

 

 

 

 

 

hochseefottepet Destroyers classe S90-125 ( 1898-1904 )

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Le T 108 en 1914. Cliquez p. agrandir

Dénommés « Torpedoboote Zestörers » ( destructeurs de torpilleurs ) ces navires correspondaient parfaitement dans leur nomenclature à leur fonction. Le terme « destroyer » fut ensuite dans toute les marines employé sans faire mention de leur gibier, les torpilleurs. Il ne s’agissait as d’une classe homogène mais d’une collection de petites séries construites généralement à Schichau, Elbing, le grand spécialiste des torpilleurs. Ce furent les premiers destroyers Allemands. On pouvait les sub-distinguer en sept sous-séries, les S90 ( 12 unités ), S102 ( 6 ), G108 ( 6, Germaniawerft ), S114 ( 6 ), S120 ( 5 ), l’unique S125 et les S126 ( 6 unités ). Ils formaient 7 escadrilles. Ils s’inspiraient du D9 et du D10, possédaient tous deux cheminées, trois tubes en partie décentrés dont un derrière le gaillard d’avant, caractéristique reprise pour tous les autres destroyers Allemands jusqu’en 1918. Ils furent réarmés pendant la guerre avec des 88 mm, et classés comme torpilleurs ( « T » ). Des pertes de la guerre, 5 furent coulés au combat, un sabordé à Tsing Tao, un sauta sur une mine , deux perdus par collision.

Déplacement et dimensions 388-474 tonnes standard, 420-490 t PC ; 63-65 x 7 x 2,7 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mach. TE, 2 chaudières standard, 3900-6500 cv et 26,5-28 noeuds
Blindage et Equipage Equipage 57-61
Armement 3 canons de 50 mm, 3 TLT 450 mm.

 

 

hochseeflotteanimCuirassés classe Bayern (1916)

bayern

Le cuirassé « Bayern » représente l’aboutissement des Dreadnoughts Allemands. Le Bayern et le Baden, de par leur conceptions très modernes, incarnent parfaitement l’évolution future de ce type de bâtiment. Répondant aux Queen Elisabeth Britanniques, ils disposent d’une artillerie équivalente en calibre tout en étant plus courts de 15 mètres mais plus larges de 3, ils ont en outre le même déplacement, et une vitesse légèrement inférieure. Leur système de conduite de tir, du même modèle que celui des croiseurs de bataille de la classe Hindenburg était cependant largement plus avancé et suscita le plus grand intêrét chez les autorités de la Royal Navy. Mis sur cale début 1914 au titre du plan Tirpitz, le Bayern et le Baden furent lancés en 1915 et entrèrent en service fin 1916 et début 1917, trop tard pour participer aux grandes opérations navales, dont la bataille du Jutland. Le Baden sauta sur une mine dans le golfe de Riga, regagnant Kiel à grand-peine pour réparations, et n’en sortit qu’en 1921 pour servir de cible, et le Bayern, fut interné à la reddition de la flotte à Scapa Flow dans les Orcades, et s’y saborda comme le reste des unités mutinées le 21 juin 1919. Le Sachsen et le Wurtemberg suivants agrandis ne furent jamais achevés.

 Déplacement & Dimensions

 28 070t, 31 700t PC; 180 x 30 x 8.50 m

 Propulsion  4 turbines Parsons, 14 chaudières Schultz-Thornycroft, 48 000 cv. et 21 Noeuds max.
 Blindage, Equipage  Barbettes 350 mm, Batterie 170 mm, ceinture 350 mm; Equipage 1270
 Armement  8 canons de 380 mm ( 4×2 ), 16 canons de 150 mm en barbettes, 8 canons AA 88 mm Flak, 5 TLT 600 mm ( SM )

 

 

 

 

hochseeflotteanimDestroyer V161 et classe V162 ( 1909 )

Cette unité de Vulkan à Stettin était la 13e unités de l’année fiscale 1907, mais annonçait aussi techniquement les V162. Le V161 disposait de deux turbines AEG et de chaudières standard, mais les dimensions et le tonnage étaient virtuellement identiques à celles des V150. Les canons de 88 mm étaient des KL/30 plutôt que des SKL/35. Le V161 survécut au conflit et fut attribué en dommages de guerre à la Grande-Bretaggne qui le fit démolir. La série V162 ne comprenait que 3 unités, lancés toutes trois en mai 1909. Elles étaient deux mètres plus longues et 10 cm plus large, et étaient dotées des mâmes turbines AEG. Le tonnage étant supérieur, la vitesse passait de 33 à 32 noeuds. En revanche, le rayon d’action était en nette augmentation, passant de 2815 à 3960 km. A partir de cette classe la marine impériale Allemande adoptait définitivement les turbines pour ses destroyers. Le V162 sauta sur une mine le 15 août 1916 et les deux autres furent démolis en 1920-21. Les S165 de Schichau suivants étaient virtuellement identiques.

Déplacement et dimensions 639 – 739 tonnes PC, 73,9 x 7,9 x 3 m
Propulsion 2 hélices, 2 Turbine AEG, 3 chaudière standard, 15 100 cv et 32 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun et 84 hommes
Armement 2 canons de 88 mm, 3 TLT de 450 mm axiaux

 

 

hochseefottepet Torpilleurs de seconde classe T11-65 ( 1885-92 )

s7_65

Ces anciens torpilleurs se subdivisaient en 5 séries de 17, 9, 9 15 et 10 unités ( S7-65 ) et 2 prototypes ( S32 et S42 ), tous venant de chez Schichau. Ils avaient tous deux tubes axiaux et une torpille de rechange, et deux petits canons revolvers Hotchkiss. Certains furent déclassés entre 1900 et 1910 et utilisés comme ravitailleurs et autres, et les autres modernisés et reconstruits, renommés T11 à T65. Durant les hostilités, 6 furent perdus au combat et 2 par collision. Trop menus, ils supportaient mal le gros temps.

Déplacement et dimensions 96-450 tonnes standard, 37,7-44,3 x 4,8-5 x 2,2-2,7 m.
Propulsion 1 hélices, 1 mach. TE, 2 chaudières standard, 830-1570 cv et 19-22 noeuds
Blindage et Equipage Equipage 16-20
Armement 2 canons de 37 mm, 2 TLT 450 mm.

 

hochseeflotteanimU1 (1906)

u1_red

Cliquez pour agrandir

Le tout premier U-Boote ( « unterseeboote – bateau sous-marin » ) Allemand – qui allait en fabriquer et en mettre en oeuvre plus que toutes les autres Nations dans l’histoire – avait été précédé par l’unique « Brandtaucher » construit à Kiel en 1850 par l’illustre ingénieur Barvarois Wilhelm Bauer pour le compte de la Prusse ( voir Navis19e ). Ce brillant précurseur, unique sur le continent, déjà construit entièrement en acier appartenait cependant aux brillants prototypes. En 1900, Guillaume II n’avait pas d’autres ambitions que de doter son empire d’une Hochseeflotte capable d’en découdre avec la Royal Navy de son cousin Edouard VII d’Angleterre. Les sous-marins en étaient à priori exclus. Si deux autres submersibles furent également expérimentés en 1891 et 1897, le premier U-Boote moderne fut défini aux chantiers Howaldswerke par l’ingénieur Espagnol d’Ecquevilley, ancien ingénieur de l’équipe de Gustave Laubeuf, son bras droit. Il est donc normal que ce premier engin porte d’évidentes similitudes avec le « Narval ». Comme lui c’était un « torpilleur submersible », bon marcheur en surface. Malgré les réticences de Tirpitz, le département dédié de la Reichsmarineamt fut autorisé à poursuivre les recherches entamées avec le Forelle, porusuivies avec les trois « Karp » vendus à la Russie. L’U1 disposait de moteurs Körting à Kérosène, performants et endurants. Il avait cependant une évacuation amovible qui entraînait des manoeuvres de rabattage assez longues avant toute plongée. Néammoins, ce navire qui effectua des tests jusqu’à la fin de sa courte vie active ( 1919 ) fut un brillant précurseur. Il fut rayé des listes, mais so constructeur l’acheta, bien conscient de l’mportance historique qu’avait pris ces unités symboliques en 1919, et en fit don au musée de Munich. Il y réside toujours.

Déplacement & Dimensions

 238t/283t ( surface/plongée ). 42,4 x 3,8 x 3.2 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mot. kérosène, 2 mot. elect. 400/400 cv. et 10,8/8,7 noeuds surf./plong..
 Blindage, Equipage  Equipage 12
 Armement  3 TLT 450 mm ( proue )

 

 

 

hochseeflotteanimCanonnières classe Bussard (1888-93).

Le SMS Comoran en 1914.

La classe Bussard comprenait à l’origine 6 bâtiments classés à l’époque comme des croiseurs de 4e classe. Il s’agissait de navires destinés au service outremer, à voile ( gréément de barquentin ) et vapeur, bien armés pour leur taille, et qui différaient entre eux. Le Bussard et le Falke ( 1888 et 1890 ) furent radiés en 1913. Les Seeadler, Condor et Cormoran du second groupe ( 1892 ) avaient un tirant d’eau plus important. Le Condor et le Seeadler furent radiés en 1914 mais encore utilisés comme pontons utilitaires. Le Seeadler sauta sur une mine dans lla Jade en 1917. Il ne doit pas être confondu avec l’autre Seeadler, un fameux corsaire à voile Allemand qui sévissait à la même époque contre des vapeurs isolés sur les côtes Africaines. Le Cormoran par contre était à l’ancre à Tsing Tao, la colonie Allemande de Chine, mais son état général incita son commandant à le faire saborder le 28 septembre 1914 plutôt que de prendre la mer ( sa faible vitesse en aurait fait une proie facile, et il aurait probablement été capturé. ). Le dernier de la série, le Geier ( 1894 ), était un peu plus grand que les autres et plus fin de ligne. Il n’était armé que de 2 tubes lance-torpilles de 450 mm. Il était ancré à Honolulu ( Hawaii ) en août 1914, et pas inquiété par la neutralité des USA, ce qui changea en 1917: Il fut capturé, puis se saborda le 21 juin 1918.

 Déplacement & Dimensions

 1834 t; 82,6 x 12,7 x 5,35m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines HTE, 4 chaudières, 2800 cv. et 15,5 noeuds max.
 Blindage, Equipage  aucun; Equipage 161.
 Armement  8 canons de 105 mm.

 

 

 

 

 

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La HOCHSEEFLOTTE

Classé sous — milguerres @ 23 h 24 min

 

 

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La HOCHSEEFLOTTE fleche-boule4VOIR LES BATIMENTS DE LA HOCHSEEFLOTTE

hochseefottepet

  1. La HOCHSEEFLOTTE ( 1888-1919 )
  2. La Hochseeflotte en opérations

 source : http://www.naval-encyclopedia.com/pages/vingtieme-siecle/marines/premiere-guerre-mondiale.php

hochseeflotte

1 – La Hochseeflotte en août 1914.

fleche-boule4VOIR LES BATIMENTS DE LA HOCHSEEFLOTTE

La Hochseeflotte, littéralement « flotte de haute mer », était le principal instrument du Kaiser Guillaume II, bien servi par Von Tirpitz, pour asseoir sa capacité à disposer d’un empire colonial. Afin de s’opposer aux deux grandes puissances maritime traditionnelles d’alors, la France et la Grande-Bretagne, une flotte d’un exceptionnel tonnage fut mise en chantier à partir de 1897. Les chiffres sont à ce titre particulièrement éloquents: Si le premier Reich fut fondé en 1870, la flotte Allemande d’alors se limitait à une collection hétéroclite d’unités héritées des différents Royaumes Germaniques: 5 cuirassés, 5 croiseurs lourds et 4 légers. Elle ne mit en chantier ses premiers torpilleurs qu’à partir de 1875, et encore s’agissait-il de prototypes. Son accroissement fut lent, et les unités lourdes construites avant 1895 étaient principalement des gardes-côtes cuirassés, à l’instar des flottes Scandinaves. La montée sur le Trône de Guillaume II en 1890, nettement moins enclin à suivre la voix de prudence du célèbre conseiller de son père, Otto Von Bismarck, désirait une confrontation directe aux grandes puissances sur terre aussi bien que sur mer. Le développement d’une flotte était la condition sine qua non aux nouvelles ambitions du Reich. C’est Von Tirpitz, nommé secrétaire d’état en 1897, qui fit voter la construction l’année suivante de 19 cuirassés, 8 cuirassés côtiers, 12 croiseurs cuirassés et 30 croiseurs moyens et légers, qui devaient tous entrer en service avant 1903. Mais deux ans plus tard, ce projet fut prolongé jusqu’en 1920, incluant cette fois 38 cuirassés, 14 croiseurs lourds, 34 moyens et légers, et 96 destroyers.

Ce plan de réarmement était drastique: En matière d’unités de ligne, on trouvait en programmes assez de cuirassés, de Dreadnoughts et de croiseurs de bataille pour sérieusement inquiéter la Home Fleet, au terme d’une escalade industrielle dans laquelle la Grande-Bretagne semblait pour la première fois commencer à douter de sa supériorité. La Hochseeflotte s’est ainsi hissée en à peine 10 ans au second rang mondial.

La Hochseeflotte mettait en ligne en août 1914:

I- Navires de ligne

A-Cuirassés:
8 cuirassés côtiers de la classe Siegfried ( 1890 ), 2 cuirassés classe Brandenburg ( 1891 ), 4 classe Kaiser Friedrich III ( 1896 ), 5 classe Wittelsbach ( 1900 ), 5 classe Braunschweig ( 1902 ), et 5 classe Deutschland, mais aussi des dreadnoughts, ou cuirassés monocalibre, les 4 classes Nassau ( 1908 ), les 4 classe Helgoland ( 1909 ), et enfin les 5 classe Kaiser ( 1911 ). Si les Helgoland sont des Nassau agrandis, les Kaiser ont une disposition d’artillerie en échelon qui diffère assez fortement. Il est important de noter que ces pièces principales sont de 280 mm ( 11 pouces ), contre 305 mm ( 12 pouces ) en standard dans la Royal Navy jusqu’aux Helgoland. Avec les kaiser sont les seuls à posséder des pièces de 305 mm. En face, la Royal Navy affichait des pièces de 343 à 356 mm. Mais la philosophie Allemande était de privilégier la protection au détriment de la puissance de feu.

B-Croiseurs de bataille:
En matière de croiseurs de bataille, la Hochseeflotte n’affiche pas autant de bâtiments que la Royal Navy ( 5 unités contre 9 ), mais c’est l’une des rares Nations à en posséder: La France, les Etats-unis ou l’Italie n’en ont aucun. Ils seront fréquemment au combat et prouveront leur grande efficacité. Le Blücher ( 1908 ) est une sorte de copie très allégée du Nassau, le Von Der Tann ( 1909 ) a un arrangement différent d’artillerie, les deux Moltke ( 1910 ) et le Seydlitz ( 1912 ) peuvent s’apparenter aux Kaisers.

II-Croiseurs:

Les croiseurs lourds de la Hochseeflotte sont non seulement plus petits que leurs homologues Britanniques contemporains ( Les deux Scharnhorstde 1906 et leurs 12 300 tonnes contre les Warrior ou Minotaur de plus de 13 500 tonnes, disposant de 6 pièces de 234 et 4 de 190 mm contre les 8 pièces de 210 mm des premiers. ), mais aussi moins nombreux et moins protégés. Ils ne brilleront pas particulièrement au combat, les deux Scharnhorst ayant une victoire facilement acquise aux Falklands en 1914 ( la bataille de Coronel ). Il y avait en service les 5 Victoria Luise ( 1897 ), le Fürst Bismarck ( 1897 ), le Prinz Heinrich ( 1900 ), les 2 Prinz Adalbert( 1901 ), les 2 Roon ( 1903 ) et enfin les 2 Scharnhorst ( 1906 ).

Les croiseurs légers comprenaient des unités légères anciennes, telles le Gefion ( 1893 ), le Hela ( 1895 ), le Kaiserin Augusta ( 1892 ), utilisés comme patrouilleurs ou navires-écoles, mais aussi les 10 Gazelle ( 1898-1902 ), et les 7 Bremen ( 1903-1905 ), ainsi que les plus modernes croiseurs légers classe Königsberg ( 5 unités, 1905 ), Dresden ( 2, 1907 ) qui allaient se rendre célèbres, dans le pacifique, les 4 Kolberg ( 1908 ), les 4 Magdeburg ( 1911 ), les 2 Karlsruhe ( 1912 ), et les deux croiseurs mouilleurs de mines classe Albatros ( 1907 ).

 

III-Unités légères:

Sous ce terme se cachent des unités qui, jusqu’en 1915, peinent à soutenir la comparaison avec leurs homologues Britanniques. Depuis le lancement du destroyer Russe, le Novik ( le concept de contre-torpilleur est aparemment espagnol, avec de Destructor de 1989 ), qui instaurait en 1911 de nouveaux critères de jugement les destroyers devenaient des unités d’un tonnage et d’un autonomie dites « d’escadre », alors que jusqu’ici les contre-torpilleurs lancés par tous ces pays n’étaient que des torpilleurs de haute mer mieux armés, des unités presque côtières.

Les Britanniques les considéraient à juste titre et avec dédain comme des « torpilleurs de haute mer ». C’était d’aileurs le terme officiel utilisé par les Allemands, littérallement ‘Hochseetorpedoboote’. Ils devaient êtres suffisamment grands pour opérer avec la flotte, mais pas trop pour pouvoir n’être commandés que par un seul officier -une exigence de Tirpitz qui en disait long sur les pénuries d’effectifs de la flotte.

Les destroyers Allemands, à partir du plan de 1900, devaient êtres construits à raison d’une demi-flottille ( 6 unités ) par année fiscale, totalisant à terme 8 divisions ou flottilles. 16 demi-escadrilles étaient programmées.

Les premiers dataient de 1898: Il s’agissait de navires de 388 tonnes construits par Schichau, précédé par l’achat et l’étude d’un navire acheté à Thornycroft ( D10 ) en 1896. Schichau construisit 12 puis 6 autres navires améliorés ( de 388 à 400 tonnes ): Les S90-107. Germanierft prit le relai, avec ses 6 G108 (1900). Puis les séries Schichau continuèrent, avec trois groupes de 6 unités, S114, 120, 126. Le S125 (1903) était le plus grand de tous, un prototype annoncant les navires de 1905-06. Il fut suivi par la classe S138 (12, 1906), Germaniawerft délivrant ses G132 et le G137. (6 navires). Les Chantiers AG Vulcan reçurent commande de 10 autres navires (V150) et délivrèrent le prototype V161 en 1908. Il fut suivi des trois V162 (1909), des 11 V180 (1909), des 6 V1 (1911), et des 6 V25 (1914). Schichau construisirent les 4 S165 (1910), les 4 S176 (1910), les 12 S13 (1911) et les 6 S31 début 1914.
Enfin, Germania compléta ces effectifs par ses G169, G192, G7, 19 navires entre 1908 et 1911.

Les Torpilleurs n’étaient pas récents, à défaut d’être encore nombreux en service: Ils dataient d’entre 1886 et 1898. Tous construits par Schichau (T11-T65 ex- »S » et T66-89), à part les deux G88 et 89 de Germania. Ils étaient menés par des « conducteurs d’escadrille », sorte de grands torpilleurs côtiers, les D1-9 également construits par Schichau entre 1886 et 1894. ( Seconde classe pour les T11-65, première pour les T66-89 ).Il faut noter que Schichau avait construit 4 destroyers pour la Chine en 1898, qui lui revinrent par leur capture en 1900 lors de l’opération alliée contre les forts de Taku. par conséquent, l’un d’eux resta en service portant la bannière à l’aigle prenant le même nom de Taku, dans le comptoir Allemand de Tsing Tao, et fut perdu lors des bombardements du siège Japonais en 1914.

Les sous-marins Allemands qui allaient jouer un si grand rôle durant la grande guerre  dérivaient tous de l’U1 (1906), sorti en même temps que le colossal Dreadnought, comme un symbole de la condamnation à plus ou moins brêve échéance de ces géants… Mais en remontant loin dans le passé on trouve le Brandtaucher, construit par le célèbre ingénieur Bavarois Wilhelm Bauer en 1850, et qui fut perdu lors de sa première plongée. Il ne convainquit pas les autorités malgré les améliorations apportées par son géniteur, et il fallut attendre 1891 pour qu’un nouveau prototype soit essayé sans succès par Howaltswerke, comme son successeur en 1897. En 1902, l’ancien assistant-ingénieur de Laubeuf, l’Espagnol d’Ecquevilley-Montjustin, fut engagé par Friedrich Krupp aux chantiers de Germaniawerft qu’il venait de racheter à Kiel. Le Forelle, qu’il conçut était largement inspiré du Narval, et connut un grand succès, notamment à l’exportation ( les 3 « Karp » pour la Russie, les U3 et U4 Austro-Hongrois, le Kobben Norvégien ). Cependant Von Tirpitz ne prêtait guère d’attention à ce type d’unité, et il attendit de se faire remmettre un rapport d’inspection qui démontrait les immenses possibilités de cette nouvelle arme pour lancer la construction de l’U1 à Germaniawerft. L’autre Chantier de Kiel, les arsenaux impériaux, reçurent aussi commande de l’U2 en 1908. Mais le départ de l’ingénieur espagnol rapprocha les deux chantiers qui menèrent ensemble les études de conception des deux U3 (1909, construits à Dantzig). Les chantiers de Dantzig et ceux de Germania se partagèrent les unités suivantes U5 ( 4 unités ), U9 (4), U13 (3), U16 (7), U17 (2), U19 (4), U23 (4), U27 (4), U31 (11), les derniers terminés fin 1913-courant 1914. Environ 40-47 Unterseeboote au total étaient disponibles. Les très grandes séries allaient démarrer un peu plus tard durant le conflit.

Les canonnières en service étaient peu nombreuses, du fait de la faiblesse des possessions Allemandes dans le monde. Néammoins, on rescensait les 3 canonnières coloniales mixtes ( gréément de corvette ) classe Wolf (1878), les 3 Habitch (1879), les Hay et Eber (1881-1887), mais aussi les canonnières à vapeur seule classe Iltis (6 navires, 1898), et la canonnière fluviale Otter (1909) basée en Chine.

 

Tonnage 1890:

 Cuirassés 13
 Croiseurs 23
 Torpilleurs 30
 Divers 15

Tonnage 1914:

 Navires de ligne

47

 Croiseurs

57

 Destroyers
 Torpilleurs + sous-marins

Bien que les volumes soient moins importants pour les unités lourdes ( cuirassés et croiseurs de bataille ), on assiste à un effort de production considérable quoique inférieur à celui mené par la Grande-Bretagne et les USA, très présents à partir de 1917. L’arme la plus redoutable alignée sera l’Unterseeboote, instrument destiné à faire plier la Grande-Bretagne en brisant ses relations commerciales et son approvisionnement.

I- Navires de ligne

    A-Cuirassés:

Il s’agit bien entendu de Dreadnoughts, et de la poursuite du plan de Tirpitz. Les premiers sont de la classe König ( 4 unités, lancées en 1914 -septembre- et janvier-fév. 1915 pour les autres, terminés en 1915-16. ). Ils possèdent cette fois un nouvel arrangement d’artillerie, en 10 pièces de 305 mm répartis dans l’axe, à l’instar des unités Britanniques des classes King Georges V, Orion et Iron Duke. Mais les anglais sont passés entre-temps au calibre 343 puis 356 mm.
Avec les deux Bayern et ceux qui devaient suivre, les deux Sachsen, le retard est comblé: Le calibre passe à 380 mm comme sur les Queen Elisabeth et Resolution, en quatre tourelles doubles. Ces derniers bâtiments sont d’un design commun, et sont les meilleurs dreadnought Allemands et les derniers cuirassés construits avant les deux Bismarck de 1940-41, qui en récupèrent d’ailleurs l’essentiel.
Le Bayern et le Baden sont lancés en 1915 et terminés en juin 1916 et février 1917. Ils ne participeront donc pas à la fameuse bataille du Jutland. Le Sachsen et le Würtenberg sont lancés en novembre 1916 et juin 1917 et prévus pour achêvement en 1918, mais les travaux furent retardés et finalement abandonnés.
Il était prévu également une nouvelle génération de cuirassés dits « rapides » ( 26 noeuds contre 21 sur le Bayern ), L20 Alpha, un projet de navire dépassant 50 000 tonnes et armés de pièces de 420 mm. Leur construction devant démarrer au 11 septembre.

    B-Croiseurs de bataille:

Les derniers croiseurs de bataille Allemands sont les meilleurs au monde et serviront d’exemple à nombre de marines pour concevoir leurs premier cuirassés rapides à la fin des années 30. Les Britanniques ne s’y trompèrent pas d’ailleurs, et renflouèrent pour étude détaillée le Hindenburg. On dit que le Nelson et le Rodney auraient été un subtil mélange d’influences propres et de détail empruntés pour la protection, l’arrangement des machines, etc… Ces navires étaient si bien protégés comme le démontra superbement Jutand, qu’on peut les considérer comme une première tentative de concevoir un « super-dreadnought ».

Après le Seydlitz, dernier croiseur de bataille à pont à décrochement, on passe aux deux Derrflinger, lancés en 1913 et achevés en novembre 1914 pour le premier et mars 1916 pour le second. Ils arborent en effet une coque à pont continu, « flush deck ». Ces navires à leur sortie sont les plus grands et les plus puissants en service avec 30 000 tonnes en charge. Le Hindenburg, lancé en août 1915 et achevé en octobre 1917, peut être considéré comme un sister-ship. Il est cependant légèrement plus grand, plus rapide, et mieux protégé.
Le Hindenburg est aussi le prototype de la classe Mackensen, comprenant 4 bâtiments mis en chantier en 1915 et lancés pour deux d’entre eux en 1917.Ils sont nettement plus grands et passent au calibre 350 mm. En projets, on trouve des navires encore plus impressionnants, répliques aux Repulse Britanniques, la classe Yorck, devant compter trois unités dont seul le premier fut entamé en juillet 1916 et abandonné. Ils devaient atteindre 39 000 tonnes et posséder 8 pièces de 380 mm.

II-Croiseurs:

Seuls des croiseurs légers deront construits: Il s’agit des 2 Graudenz ( 1914-15 ), 2 Pillau ( 1914-15 ), des 2 Brummer mouilleurs de mines ( 1916 ), des 2 Wiesbaden ( 1915 ), des Königsberg-II ( 4 unités, 1915-16 ), et Cöln-II ( 2, 1918 ). Ces derniers marquaient un pas avec 7500 tonnes à pleine charge de 155 mètres de long pour 8 pièces de 150 mm. Les deux dernières classes étaient nommées d’après les unités coulées au début du conflit. La classe Cöln comprenait initialement 10 navires, mais seuls 2 furent achevés sur les 7 lancés.

III-Unités légères:

La construction de destroyers s’est poursuivie, mais avec un certain souci vers la fin de la guerre d’arriver à des navires aux standards Britanniques et Russes. Dès 1915, une classe un peu atypique, B 97, est conçue à Saint-Petersburg pour la flotte Tsariste, le chantier étant sous-traité par Blohm et Voss à Hambourg, et naturellement en août 1914, ces quatre unités Russes furent saisies et achevées aux standards Allemands pour incorporation. Ils étaient presque deux fois plus lourds que les autres unités et furent les seuls à être officiellement appelés « Destroyers » ( Zestörer ). Les G 101 étaient du même acabit, mais conçus pour la marine Agentine et de même incorporés. Il faudra attendre 1918, avec la classe S 113, pour voir la construction des premiers vrais destroyers Allemands. Nombre de leurs successeurs ne furent jamais terminés.

En matière de torpilleurs, environ 80 furent construits, allant des minuscules unités côtières de la classe A 1 aux A 56, en passant par les A 26, conformes aux plus anciens destroyers en service.

La force Allemande de U-Boote fut bien entendu le pivot de la Hochseeflotte dans l’atlantique mais également le reste des mers. Son succès ne doit pas seulement aux 370 unités mises en service durant le conflit -une paille par rapport aux 1400 de la seconde guerre mondiale- mais au manque d’organisation des alliés, au moins au début de la guerre, pour y faire face. On retiendra qu’ils n’ont pas permis en effet d’asphyxier la Grande-Bretagne, et ce malgré la guerre sous-marine sans restrictions lancée en février 1917, mais ils ont eu de beaux succès aux combats, avec des scores que n’atteindront jamais les capitaines de sous-marins durant les années 40. Il s’agit par exemple de Lothar Von Arnaud de la Périère, un « as » avec 194 victimes à son tableau de chasse, et 454 000 tonnes de navires coulés, dont seulement 4 à la torpille, mais également de l’U9 du commandant Weddingen, qui envoya par le fond en moins d’une heure, les croiseurs-cuirassés Britanniques Hogue, Cressy et Aboukir.

12 427 000 tonnes seront envoyées par le fond jusqu’en novembre 1918, dont 12 404 000 pour la Grande-Bretagne seule. Au plus fort de cette « première » bataille de l’atlantique, entre 60 et 90 U-Bootes opéraient de concert, et entre 178 et 199 furent coulés pour toute la guerre.
Il est à noter aussi qu’une forte proportion d’unités lancées, les UB et UC étaient de petits submersibles côtiers aptes au mouillage de mines ou à la défense, mais impropres à effectuer de longues croisières dans l’Atlantique, domaine réservés des « océaniques ».

Tonnage 1914-18:

 Cuirassés

13

 Croiseurs

23

 Destroyers

30

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2 -La Hochseeflotte en opérations

http://www.naval-encyclopedia.com/pages/vingtieme-siecle/marines/premiere-guerre-mondiale.php

hochseeflotte_revue

La III escadre de ligne de la Hochseeflotte en mer ( Photo Wikipedia DP ).

Que dire de l’usage qui fut fait de cette arme formidable, la plus puissante jamais alignée par un pays d’Europe continentale avant la marine soviétique des années 60-90?… L’essentiel des évênements vont se dérouler en 1914: Coup sur coup, les Allemands tentent la nuit même de la déclaration de guerre, de miner les grands estuaires dans une opération assez audacieuse et fort risquée ( voir l’affaire du Königin Luise ).

En méditerrannée, le Goeben et le Breslau sont à la merci de la Royal Navy, des marines Française et Italiennes. Gibraltar contrôlant la sortie vers l’Atlantique, l’amiral Souchon, commandant le Goeben, un grand croiseur de bataille flambant neuf, ne pouvait espérer en partant de Port-Saïd ( Egypte ) forcer le passage pour rentrer en Allemagne. Car l’Egypte et le canal de Suez étaient également verrouillés à toute tentative de rallier Von Spee via un long détour dans l’océan Indien et le pacifique. Il ne restait que la solution du combat -desespéré- ou de trouver refuge dans des eaux amies -Ottomanes-, puisque les flottes Britanniques, Françaises et Italiennes l’attendaient au passage. Ce qui fut salué plus tard comme un exploit, le Goeben réussit à échapper à ses poursuivant et à pénétrer dans le Bosphore pour rallier la mer Noire et Constantinople. Là, les deux navires changèrent de pavillon, le Goeben devenant officiellement le Yavuz Sultan Selim à la fin de la guerre.

Enfin, la flotte Allemande du Pacifique présente à Tsing Tao, sous le commandement de l’amiral Von Spee, dût son salut à un départ précipité de la base, vers laquelle la menace des flottes Japonaises, Russes et Britanniques, pesait lourdement. Von Spee fera parler de lui malgré ses navires anciens, obtenant de beaux succés aux malouines contre Cradock, avant d’en subir le contrecoup. L’Emden se sépara de l’escadre pour mener une guerre de corsaire mémorable. En Afrique, c’est port de Dar-el-Salaam, base avancée de la colonisation Allemande, qui est sous l’épée de Damoclès des forces alliées. Le Königsberg va lui aussi mener une guerre de corsaire, avec moins de succès que dans le pacifique

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