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14 avril 2013

Les contingents impériaux au cœur de la guerre

Classé sous — milguerres @ 17 h 02 min

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La Tunisie au gré des conflits

Les contingents impériaux au cœur de la guerre :  « Etude faite sur la présence de tous les hommes d’origine des colonies françaises ou britanniques (et autres) ayant participé aux deux conflits mondiaux. 

Pour ceux qui ignorent la présence des Nords Africains, des « Noirs », des Chinois, des gens de l’Est, des Australiens, des Canadiens,… et pardon si j’oublie d’autres origines au sein de ces deux conflits.  Les chiffres parlent d’eux-mêmes,  leur présence ne fera qu’honorer leur mémoire !  A tous ceux qui ont combattu pour une même cause … «  

à noter, selon cette étude :

« La mobilisation des «indigènes » s’est opérée selon des principes divers. En Algérie, en Tunisie et en AOF, les contingents fournis par engagements volontaires sont complétés par des conscrits recrutés par tirage au sort.  »

« En 1940, l’armée française met en ligne 640000 coloniaux et Nord-africains, dont 
176000 Algériens,
 
80000 Tunisiens,
 
80000 Marocains (360000 hommes), et
 
180000 Sénégalais.

En France, en 1918, pour un total de 350000 travailleurs étrangers présents, 200000 sont originaires des colonies françaises (78000 Algériens, 35000 Marocains, 28000 Tunisiens, 50000 Indochinois, surtout Vietnamiens, 6000 Malgaches)

Selon cette étude : 108000 Tunisiens auraient servis sous le drapeau tricolore, lors des deux conflits mondiaux, sans noter les pertes humaines, civiles ou matérielles (sans oublier la période de colonisation et la campagne de Tunisie en 1881. Une Tunisie, vraiment au gré des conflits… Hayet (auteur du blog, origine tunisienne

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8

 

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Les contingents impériaux au cœur de la guerre 

Jacques Frémeaux   lien Histoire, économie et société  lien   Année   2004   lien Volume   23   lien Numéro   23-2 

Résumé
Cette communication insiste sur un sujet trop rarement évoqué, qui est la participation des empires coloniaux, surtout français et britannique, aux deux guerres mondiales. L’apport des Dominions et des colonies en soldats et travailleurs a été important. Ces soldats ont connu des conditions de guerre analogues à celles des soldats européens. Aux souffrances subies par l’ensemble des combattants s’est ajouté un plus grand éloignement de leur pays et, pour les soldats dits «indigènes», une expérience qui a précipité l’entrée dans le monde moderne, et a contribué à encourager les nationalismes.

Abstract
This paper deals with the very important part played by the imperial armies, especiallly British and French, during the two World Wars. A great number of soldiers and workers came from the Dominions and Colonies. They had to endure similar conditions as those of their European comrades, plus, a harsher and longer severance from their mother countries. The discovery of the modern war accelerated the entry of the « native » men in the Modem World, and gave a boost to nationalisms.

Le présent programme ne fait aux Empires coloniaux qu’une place limitée. L’ambition de cette communication est de montrer que, loin de se borner à un canton périphérique de l’étude des conflits mondiaux, la participation des contingents d’outremer pourrait en constituer un vaste domaine. On voudrait suggérer ici tout ce que gagnerait une histoire des peuples en guerre à n’être pas privée d’une partie de ses réalités, trop souvent passées inaperçues lorsqu’elles ne concernent pas directement les métropoles.

1. Senghor, «Aux tirailleurs sénégalais morts pour la France», Hosties noires, 1948.
«On fleurit les tombes, on réchauffe le Soldat Inconnu, Vous mes frères obscurs, personne ne vous nomme» l

Échelle du phénomène
Les chiffres démontreraient à eux seuls qu’il ne s’agit pas d’un phénomène marginal. 
En 1914, la Grande-Bretagne et la France disposent des deux plus grands empires coloniaux du monde, vastes respectivement de trente-quatre millions et de dix millions de kilomètres carrés, peuplés de 400 millions et de 50 millions d’habitants.

Les armées impériales britanniques et françaises
• Les Britanniques

Dans les premiers mois de la guerre, les citoyens des quatre Dominions sont invités à concourir à la défense de la métropole. 
On recourt au même dispositif de mobilisation qu’en Grande-Bretagne: volontariat d’abord, puis conscription. 
Mais celle-ci ne s’applique sans difficultés qu’en Nouvelle-Zélande, où elle est votée au mois de mai 1917. 

Au Canada, la décision d’y recourir, en juin 1917, provoque des émeutes chez les Québécois. 

Les Australiens rejettent la conscription par référendum, sous la pression des habitants d’origine irlandaise, émus par la répression des «Pâques sanglantes» de 1916. 

En Afrique du Sud, la question n’est même pas discutée, étant donné les sympathies pro-allemandes de beaucoup d’Afrikaners. 

Au total, la contribution des Dominions atteint environ 1300000 hommes. 
L’Angleterre mobilise des effectifs équivalents aux Indes.
La participation africaine est notable.
La conscription a été imposée en 1915 en Afrique orientale et 1916 en Afrique occidentale. 

Le bilan est impressionnant, comme en témoigne le tableau 1.
Ainsi, l’empire a permis d’accroître d’environ un tiers le potentiel militaire britannique.

Les contingents impériaux au cœur de la guerre  les_co10
tableau 1

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tableau 2

En 1939, la déclaration de guerre des Dominions à l’Allemagne, reconnus comme États souverains et indépendants au sein du Commonwealth, suit immédiatement celle du Royaume-Uni. 
L’effort de mobilisation est globalement accru par rapport à celui de 1914-1918. 
Il faut dire que la menace japonaise a stimulé la mobilisation en Australie et Nouvelle-Zélande, mais aussi aux Indes. 

La contribution indienne est double de celle de la Grande Guerre, celle des colonies africaines sept à huit fois plus forte. 

Le nombre de mobilisés atteint cinq millions d’hommes, dont deux millions pour les seuls Dominions, soit 84 % de la mobilisation de la métropole. L’Empire britannique et le Commonwealth ont ainsi vécu comme l’avait prophétisé Churchill dans son discours du 18 juin 1940, leur «finest hour» (tab. 2).

• Les Français

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tableau 3

À ces chiffres (tab. 3), qui concernent les «indigènes » il faudrait ajouter celui des Français d’outre-mer, la majorité étant constituée de 73000 Français d’Algérie, auxquels on peut adjoindre peut-être 4000 Français des colonies, soit un total d’environ 80000 hommes.
On atteindrait ainsi environ 650000 hommes, et un total de pertes d’environ 100000 hommes

Il va de soi que, par rapport aux 7800000 mobilisés français, la proportion est faible (environ 8 %). 
Malgré tout, l’acharnement de Clemenceau en 1917 et 1918 à mobiliser les contingents coloniaux les plus nombreux possibles montre que ce nombre doit, dans son esprit, peser lourd dans la balance. 
On peut être pratiquement sûr que, en cas de prolongation du conflit, leur proportion aurait eu tendance à s’accroître. 

La mobilisation des «indigènes » s’est opérée selon des principes divers. En Algérie, en Tunisie et en AOF, les contingents fournis par engagements volontaires sont complétés par des conscrits recrutés par tirage au sort. 

Les besoins de guerre amènent à augmenter le nombre des appels. Dans le reste de l’Empire, on en reste au système d’un volontariat, souvent forcé par des pressions administratives.
Dans Г entre-deux guerres, le recours au réservoir humain des colonies paraît le seul moyen de remédier à l’insuffisance de la démographie. Des lois de 1919 étendent le système de la conscription à l’ensemble des territoires de l’Empire. 

En 1940, l’armée française met en ligne 640000 coloniaux et Nord-africains, dont 
176000 Algériens, 
80000 Tunisiens, 
80000 Marocains (360000 hommes), et 
180000 Sénégalais.

C’est à peu près 10 % de l’effectif de l’armée française. 
Ces troupes combattent courageusement, avant d’être entraînées dans la défaite commune.
Elles comptent de nombreux morts et prisonniers.
 


L’appel aux troupes coloniales ne cesse pas avec la défaite. Elles forment la majorité des contingents de l’armée coloniale de Vichy, mais aussi de ceux de la France libre. 

Après le débarquement allié en Afrique du Nord de novembre 1942, la participation des contingents d’outre-mer est déterminante lorsqu’il s’agit d’organiser en Afrique du Nord une armée française équipée de matériel américain. 
À l’été 1944, sur 633000 hommes de l’armée de terre, on compte environ 60 % de soldats «indigènes», dont certains appartenaient aux Forces françaises libres depuis 1940.

• Note additionnelle
Certes, pour être complet, ce travail devrait faire mention des troupes «coloniales» employées par l’armée russe, et recrutées notamment parmi les Musulmans du Caucase et de l’Asie centrale. Il n’est pas possible de le faire ici, faute de temps. On peut au moins citer pour mémoire les deux «divisions sauvages» recrutées dans le Caucase, qui participent à la tentative du général Lavr Kornilov contre le gouvernement provisoire de Kerenski, au mois de septembre 1917. Des unités de ce type figureront également dans l’Armée rouge en 1939-1945. Il faut noter aussi qu’on a recruté des troupes noires dans les colonies belges et portugaises, qui participent en particulier aux campagnes contre les colonies allemandes d’Afrique orientale.

Les mobilisations de travailleurs

II s’agit d’abord de travailleurs recrutés pour les besoins des armées.
Sur le front français, ce sont en majorité des Chinois (100000 pour l’armée britannique, 40000 pour l’armée française, 10000 pour le corps expéditionnaire américain).
L’Afrique du Sud fait appel à des travailleurs africains auxiliaires (environ 70000 dont 20000 en France au Labour Native Corps , qui participe à la construction des tranchées).
Les campagnes africaines sont également dévoreuses d’effectifs: 55000 à 60000 porteurs auraient été réquisitionnés en AEF pour le Cameroun, ce qui représenterait un homme adulte sur quatre.
Pour les campagnes en Afrique orientale, les Britanniques n’auraient pas recruté moins de 750000 hommes, jusqu’au Nigeria et en Gold Coast.
Un million d’autres «indigènes» sont employés pour l’entretien des lignes de communication des armées britanniques au Proche-Orient.
Les Russes tentent d’imiter leurs alliés, pas toujours avec succès: l’ordre donné en juin 1916 de mobiliser 500000 autochtones d’Asie centrale au sein de bataillons de travailleurs, entraîne des rébellions violentes, notamment chez les Kazakhs et les Kirghizes. Des colons sont massacrés.

On retrouve des cas analogues lors de la Deuxième Guerre mondiale.
À partir de 1942, 50000 «indigènes» de Papouasie et Nouvelle-Guinée sont employés par l’armée australienne comme porteurs, brancardiers, terrassiers, mais aussi éclaireurs. Des Auxiliary Groups sont recrutés en Afrique de l’Ouest et affectés aux brigades d’infanterie, pour participer aux transports.
Par ailleurs, des «coloniaux» sont recrutés pour le travail aux champs ou à l’usine.
En France, en 1918, pour un total de 350000 travailleurs étrangers présents, 200000 sont originaires des colonies françaises (78000 Algériens, 35000 Marocains, 28000 Tunisiens, 50000 Indochinois, surtout Vietnamiens, 6000 Malgaches).

Ce mouvement se prolonge après la guerre: 100000 travailleurs nord-africains, surtout algériens, sont employés en 1930. Dans les colonies, les autorités exigent un accroissement de la production des matières premières, obtenu le plus souvent par la réquisition de travailleurs. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement du Tanganyika introduit ainsi la conscription pour augmenter la production des plantations de sisal et de caoutchouc; en Nigeria, on mobilise 100000 personnes, forcées à travailler dans des conditions scandaleuses pour tenter (sans beaucoup de succès) d’augmenter la production des mines d’étain du nord.

Le rôle dans la décision
• La Première Guerre mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, les troupes à recrutement impérial se battent sur tous les fronts. 
Leur participation est toujours importante, parfois décisive. 
Les forces des Dominions sont engagées en priorité sur le front français, comme par exemple les Canadiens à Vimy, au nord d’Arras, en avril 1917. 
Elles sont lourdement éprouvées à Passchendaele de juillet à novembre. 
Il en va de même des contingents coloniaux français, dont beaucoup se distinguent, en particulier les régiments de marche de zouaves-tirailleurs, à forte proportion de soldats algériens musulmans.
La 4e brigade marocaine, qui fait partie de la 38e division d’infanterie, associe pour la reprise du fort de Douaumont, au mois d’octobre 1916, trois bataillons à recrutement français du régiment d’infanterie coloniale du Maroc, deux compagnies du 43e bataillon de tirailleurs sénégalais et deux compagnies du bataillon somali.

Ces forces ont été aussi très largement employées pour tenter de lancer des offensives périphériques.
Les Néo-Zélandais et Australiens du général Birdwood, qui représentent le tiers des 129000 hommes débarqués, subissent à Gallipoli, d’avril à décembre 1915, des pertes voisines de 40000 hommes (8500 tués et 20000 blessés australiens). Les troupes indiennes, qui ont souffert du climat en France, en sont retirées en 1915, et affectées au front de Mésopotamie. L’armée du général Allenby, qui occupe Jérusalem, puis Damas, en 1918, compte deux divisions australiennes. Les campagnes africaines mériteraient aussi d’être évoquées. Par soldats noirs interposés, les militaires britanniques et français combattent les Allemands, au Togo (août 1914), au Sud-Ouest africain (août 1914-mai 1915), au Cameroun (août 1914-février 1916). En Afrique orientale, le lieutenant-colonel von Lettow-Vorbeck, tient tête aux troupes britanniques et sud-africaines, renforcées de troupes noires est-africaines et ouest-africaines, mais aussi fournies par les Portugais et les Belges de la Force publique du Congo.


• La Seconde Guerre mondiale
Comme dans le conflit précédent, ces contingents combattent sur tous les fronts.
Les troupes des colonies africaines de la Grande-Bretagne participent à la conquête de la Somalie italienne, puis à la campagne d’Ethiopie en 1941.
Des Australiens, des Néo-Zélandais et des Sud-Africains se battent dans le désert contre les troupes de Rommel.
Une division australienne est faite prisonnière à Singapour.
Des Indiens sont envoyés en Italie au sein de la VIIIe armée du général Alexander.
700000 participent à la campagne de Birmanie.
Les Canadiens constituent une partie importante des forces qui débarquent en Normandie en juin 1944.
Les campagnes du Pacifique engagent des Australiens, des Néo-Zélandais, mais aussi des détachements recrutés en Papouasie et en Nouvelle-Guinée, qui forment le Pacific Islands Regiment .
On note qu’une grande partie de ces troupes doivent défendre les possessions d’outre-mer, en particulier contre le Japon en Asie et dans le Pacifique. L’appoint impérial est donc moins net que lors de la Première Guerre mondiale.

Pour être peu nombreuses, les troupes coloniales françaises n’en ont pas moins un rôle peut-être plus important que lors du conflit précédent. 
Certaines d’entre elles contribuent aux campagnes de Leclerc au Tchad, puis au Fezzan, contre les troupes de Mussolini.
L’Armée d’Afrique s’illustre en 1943 dans la campagne de Tunisie contre les Germano-Italiens, puis en Italie où elle apporte une contribution décisive à la percée du front allemand sur le Garigliano et à l’entrée des Alliés à Rome (juin 1944). 

Tandis que la 2e DB de Leclerc libère Paris, la Première Armée commandée par de Lattre débarque en Provence. Ces unités participent ensuite, au printemps 1945, à la campagne d’Allemagne. Le dévouement des troupes d’outre-mer, souvent trop oublié, a puissamment contribué à la restauration du rôle international de la France. Seule la possession de l’Empire a permis la renaissance d’une armée qui, par sa participation à la «croisade en Europe», a contribué à faire admettre la métropole dans le concert des vainqueurs.

Problématique
II paraît important de montrer que ce thème des troupes d’outre-mer n’est qu’en apparence «exotique»: les problématiques de l’historiographie récente de la guerre peuvent très bien s’appliquer à ce champ de recherche, même si les réponses ne sont pas toujours identiques. Il s’agit d’hommes, de femmes et d’enfants forcés de subir des conflits, en fonction de leur situation particulière.
Il est un élément si évident qu’on ne pense pas forcément à en tenir compte: la première caractéristique des empires coloniaux est d’être des empires d’outre-mer, dont les diverses possessions sont séparées des métropoles par des centaines ou des milliers de kilomètres d’espaces océaniques.

En 1914, par exemple, si la France n’est qu’à un ou deux jours de mer de l’Afrique du Nord, ou à une dizaine de jours de Dakar, l’ordre de grandeur est d’environ trois semaines pour l’Inde, et six semaines pour la Nouvelle-Calédonie.
L’avion n’est employé que très rarement jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale. Même ensuite, il n’est guère utilisé pour les transports de troupes.

Les entrées en guerre

Les conditions des entrées en guerre de 1914 ne sont pas fondamentalement différentes de celles qu’on observe dans les métropoles. 
Le comportement des habitants d’origine européenne se situe, comme en Europe, entre enthousiasme et résignation. 
Les masses indigènes mesurent mal la portée de l’affaire, que les autorités s’efforcent de minimiser, pour éviter les tentations de révolte. 
Les notables sont incités à manifester leur loyalisme. 
Pour la plupart des élites autochtones de formation occidentale, comme pour Gandhi, qui incite ses compatriotes à s’engager, combattre pour les empires signifie aspirer à se transformer de sujets en partenaires.

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, le scénario est à peu près le même. 
Dès le 3 septembre, le jour de la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne à l’Allemagne, les premiers ministres d’Australie et de Nouvelle-Zélande ont proclamé l’engagement de leur pays aux côtés de celle-là («où elle va, nous allons; où elle se tient, nous nous tenons»).
Au Canada, le Parlement accepte sans vote l’engagement dans la guerre.
Au même moment en Afrique du Sud, la motion de neutralité présentée par le Premier ministre Hertzog est mise en minorité face à la motion de déclaration de guerre soutenue par le maréchal Smuts, symbole, depuis le conflit précédent, du dévouement à la cause impériale, devenue celle du Commonwealth .
Au Maroc, dans une lettre lue dans les mosquées, le sultan Mohammed Ben Youssef, futur roi Mohammed V, souligne que «nous devons à la France un concours sans réserve, ne lui marchander aucune de nos ressources et ne reculer devant aucun sacrifice. Nous étions liés à elle dans les temps de tranquillité et d’opulence, et il est juste que nous soyons à ses côtés dans l’épreuve qu’elle traverse et dont elle sortira, nous en sommes convaincus, glorieuse et grande».

Bien des grincements, il est vrai, se produisent, émanant des représentants des partis nationalistes.
En Inde, les représentants du Parti du Congrès se déclarent scandalisés par le fait que, alors que les Dominions ont décidé en toute souveraineté de leur entrée en guerre, par des votes de leurs parlements », le vice-roi a proclamé l’état de belligérance de l’Inde de façon automatique à la suite du gouvernement de Londres, sans consultation des élus.
Le Parti du Congrès se déclare pourtant prêt à soutenir la cause britannique par solidarité antifasciste, mais uniquement en échange de promesses précises quant à l’octroi d’une indépendance rapide, assorties de précisions quant aux buts de guerre alliés. Dans les territoires français, les arrestations de militants ou les dissolutions de partis nationalistes se multiplient. L’effort de mobilisation humaine et économique n’en est pourtant guère entravé.

La violence de guerre
• Le mythe de la «barbarie des troupes coloniales»

Les guerres coloniales antérieures à 1914 ont été souvent empreintes d’une très grande violence. 
La poignée d’officiers européens commandant des volontaires autochtones ont dû souvent s’assurer de leur fidélité en les récompensant par des parts de butin; ils ne se sont pas toujours souciés de protéger les non-combattants des pillages et des massacres. 
Certains, comme Mangin, auteur de La Force noire , ont jugé que l’assaut brutal et sans pitié était dans la nature même des combattants africains, et ont voulu en faire des troupes de choc. Ils sont déçus: les soldats indigènes ne sont pas plus adaptés a priori à la guerre moderne que leurs homologues européens. 
Les premiers combats se traduisent par de nombreuses défaillances dans leurs rangs. 
S’ils se battent généralement bien par la suite, c’est au sein d’unités organisées selon le modèle le plus conventionnel. 
L’image du Noir armé de son terrible coupe-coupe ne persiste pas moins. 
La propagande germanique pense tenir, avec la présence des troupes noires sur le front occidental, un excellent argument pour contrer les campagnes des Alliés contre la «barbarie» dont ferait preuve l’armée allemande. 
Elle les accuse de décapiter les blessés pour se fabriquer des trophées avec leurs crânes, ou de se parer de colliers d’oreilles coupées. Elle les accuse aussi de brutaliser les prisonniers.

Ces comportements annoncent et préparent les campagnes nationalistes qui se développent après la guerre sur le thème de la «schwarze Schande » (honte noire), entendons l’emploi de troupes noires lors de l’occupation française en Rhénanie, et les abus prétendument commis par elles. 
Ce sera un des thèmes notables de la propagande nazie contre une France accusée par Rosenberg d’être «la première responsable de la souillure de l’Europe par les Nègres ». 
À titre de «vengeance », plusieurs centaines de tirailleurs du 25e RTS seront massacrés au nord de Lyon au mois de juin 1940.
Les chefs des unités de la SS ou de la Wehrmacht responsables de ces crimes de guerre n’ont voulu voir, dans la résistance héroïque des combattants noirs, autre chose que «barbarie» et «bestialité ».

En fait, rien ne vient véritablement attester l’idée d’exactions particulièrement attri- buables à des unités coloniales. On peut tout au plus citer, pendant la Deuxième Guerre mondiale, le comportement des goums marocains qui forment les unités de choc de l’armée française en Italie, accusés, non sans raison, de viol et de pillage à l’égard de civils italiens. Ce lamentable épisode, concernant quelques milliers d’hommes, et limité à quelques mois, pâlit cependant devant les horreurs du front de l’Est.

• Troupes noires et blanches
II n’est guère question de brasser indifféremment les contingents de toutes origines au sein des unités.
Les langues et les coutumes (interdits alimentaires, par exemple), mais aussi les conditions juridiques (les indigènes des colonies n’étant pas des citoyens) s’y opposent. 
Le plus souvent, on constitue des régiments ou bataillons à peu près homogènes, issus du même pays, composés respectivement de troupes blanches et de troupes de couleur. 
Dans celles-ci, ne sont en général européens que les officiers et une partie des sous-officiers. 
En Afrique du Nord, par exemple, les Européens servent aux zouaves et les musulmans aux tirailleurs et aux spahis. 
Le mélange est plus grand dans l’artillerie ou les services.

Au combat, en revanche, la juxtaposition est de règle. Dès les premières opérations de l’été 1914, des régiments mixtes juxtaposent deux bataillons de tirailleurs sénégalais avec un bataillon d’infanterie coloniale blanche. 
Par la suite, les bataillons de tirailleurs reçoivent dans leurs rangs des compagnies européennes, dans la proportion du quart de leur effectif total. 
Aucune règle ne s’impose. 
Des compagnies de tirailleurs indochinois sont réparties dans des régiments d’infanterie métropolitains. Ainsi organisées, les troupes coloniales s’illustrent dans nombre de batailles entre 1916 et 1918. 
On a vu plus haut la composition de la 4e brigade marocaine lors de la reprise du fort de Douaumont en octobre 1916.
Ces principes sont encore en vigueur lors de la Deuxième Guerre mondiale. 
Sur neuf divisions dites «coloniales» entrées en ligne, six associent deux régiments de tirailleurs sénégalais à un régiment d’infanterie coloniale européen. Trois autres sont au départ entièrement blanches, mais deux d’entre elles accueillent par la suite dans leurs rangs des Africains et des Malgaches. Dans chacune, en effet, deux régiments d’infanterie coloniale sont transformés en régiments d’infanterie mixte sénégalais, tandis que les deux régiments d’artillerie coloniale deviennent des régiments d’artillerie coloniale mixte malgaches. Une seule est à trois régiments européens. L’idée, suggérée plusieurs fois, de donner plus d’homogénéité aux régiments en créant des bataillons mixtes n’est pas retenue. Le corps d’armée dit «colonial», affecté à la IIIe armée, n’est pas exclusivement, ni même majoritairement composé de troupes de cette origine. En fait, les divisions coloniales sont éparpillées entre les différentes armées, deux d’entre elles étant affectées à l’armée des Alpes.
Le «panachage» est toujours pratiqué après 1943. Dans la lre Armée qui débarque en Provence en août 1944, le pourcentage des «indigènes» dans les grandes unités varie entre 27 % (lre DB) et 56 % (2e DIM). Les Maghrébins servent non seulement dans les régiments d’infanterie (à raison d’environ 70 % de l’effectif total) et de cavalerie, mais dans toutes les armes. Ils sont ainsi environ 30 % dans l’artillerie et 40 % dans le Génie. Ils sont aussi présents dans les services et soutiens, ainsi que dans les formations sanitaires.

Le caractère exemplaire du coudoiement entre soldats d’origines différentes a souvent été célébré par les chefs des armées. Le maréchal Juin évoque «le souvenir de l’héroïsme le plus pur et de la fraternité qui régna [entre européens et musulmans] dans les rangs de l’Armée d’Afrique, tant il est vrai que c’est dans son sein et au creuset des batailles que les deux races se sont toujours le mieux fondues, le mieux comprises, et le mieux aimées». On pourrait rapprocher ce texte de celui du maréchal britannique Lord Wavell qui évoque l’armée des Indes, «dans laquelle toutes les croyances et toutes les races de l’Inde servaient ensemble aux côtés des Britanniques, dans la confiance mutuelle et la concorde». 
Ces déclarations, sans doute excessives, n’évoquent pas moins certaines vérités.

Les combattants
• La spécificité

On a souvent à tort développé l’idée selon laquelle les contingents d’outre-mer auraient constitué la «chair à canon» destinée à épargner le sang métropolitain.
En fait, si les pertes des combattants indigènes ont été lourdes, elles sont dues au fait qu’ils ont servi avant tout dans les unités d’infanterie, les plus éprouvées.
Mais elles ne dépassent pas celles des unités européennes comparables. 

Ils vivent pareillement, de ce point de vue, l’épreuve de la peur de la blessure et de la mort. Certains aussi connaissent la captivité. 
Les nombres sont particulièrement élevés lors de la Deuxième Guerre mondiale.
En juin 1940, les Allemands ont capturé 60000 Nord- Africains, et peut-être 15000 tirailleurs sénégalais.
On évalue à près de 70000 les Indiens faits prisonniers par les Japonais à Singapour et en Birmanie.

Une première spécificité réside dans le climat. 
Les combattants venus de pays tempérés, comme l’Afrique du Nord, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, voire froids, comme le Canada, s’adaptent sans trop de difficultés aux hivers français. 
En revanche, les «coloniaux» issus des pays situés dans les zones tropicales et intertropicales et obligées de passer l’hiver en Europe, souffrent beaucoup. 
Le froid paralyse notamment les tirailleurs sénégalais, et oblige le commandement à leur faire passer la mauvaise saison dans des camps du midi de la France. 
Á l’automne de 1944, les responsables se fondent sur la même argumentation pour procéder au «blanchiment» des unités de la lre Armée où les Noirs sont nombreux.

Une autre réalité rarement développée est celle de la rareté ou de l’inexistence des permissions permettant au soldat de rejoindre momentanément les siens.
La priorité donnée aux transports de matériels et de renforts l’explique, aussi bien que le fait qu’au séjour doit s’ajouter un très long trajet.
On avait calculé, par exemple, qu’un séjour de 30 jours au Canada signifiait l’absence de l’homme pendant trois mois à son unité. Il est possible aussi que le commandement ait craint davantage les désertions, dans la mesure où les pays d’outre-mer, vastes et sous-administrés, offraient de ce point de vue beaucoup plus de facilités que les métropoles.

Certains contingents se voient demander des sacrifices qu’ils jugent excessifs. 
Dans la lre Armée, contrainte à affronter la résistance acharnée des troupes allemandes sur les Vosges, puis dans la plaine d’Alsace, les pertes en morts, blessés, malades et disparus varient, selon les unités, entre 30 % et 109 % à la fin de 1944. 
Il ne faut pas oublier en effet que certaines d’entre elles sont passées directement des champs de bataille d’Italie à ceux de Provence, du Rhône et de l’Est de la France. 
Pourtant, les mutineries ou agitations sont rares. 
Selon un schéma assez classique, les hommes cherchent plutôt à se dérober au service militaire ou à déserter avant leur départ qu’à se révolter une fois dans l’armée.

• Pourquoi ont-ils tenu?
Dans son Étude sur le combat (1868) justement admirée par Jean-Norton Cru, le colonel Ardant du Picq énumère les techniques éprouvées depuis l’Antiquité, pour maintenir la cohésion d’un contingent au combat: un commandement solide et compétent; de bonnes armes; des passions, on dirait aujourd’hui des motivations; des formations adaptées, qui facilitent la cohésion et évitent la dislocation; une discipline rigoureuse. 
Il donne une très grande place à la «cohésion», à la «solidarité», et souligne le caractère primordial de la confiance que chaque soldat doit ressentir envers ses camarades, «sa crainte qu’ils lui puissent reprocher, faire expier de les avoir abandonnés dans le danger, son émulation d’aller où vont les autres, sans plus trembler qu’un autre, son esprit de corps en un mot» .

Tous ces éléments sont certainement intervenus pour expliquer la solidité des troupes impériales, et en particulier des troupes indigènes.
Les cadres, en général de métier, ont pour la plupart une bonne expérience du commandement de ces troupes spéciales, et en parlent la langue.
Leurs soldats sont fiers de servir dans une armée moderne, aux côtés de soldats européens, de s’initier au maniement des armes automatiques, ou à la conduite automobile. 
Ils sont mus, sinon par le patriotisme, du moins par une loyauté de type féodal envers le roi d’Angleterre ou la France (vue comme une personne).
La discipline est rigide, et n’exclut pas toujours les punitions corporelles. 
La désertion, loin du pays, est difficile. 
Les régiments cultivent un fort esprit de corps. 
Des efforts sont faits pour respecter les traditions, notamment les interdits alimentaires des soldats musulmans, et maintenir les liens avec les pays d’origine, par courriers et mandats. Des journaux spéciaux sont édités. 
Tout cela compense largement l’attachement moindre à la Patrie, dont il conviendrait d’ailleurs de relativiser l’effet sur les hommes du front.

Les contingents impériaux au cœur de la guerre 
Jacques Frémeaux Histoire, économie et société Année 2004 Volume 23 Numéro 23-2
source http://www.persee.fr

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La Tunisie au gré des conflits

2 avril 2013

Libération de Nice

Classé sous — milguerres @ 18 h 28 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Libération de Nice

 

La libération de Nice a lieu le 28 août 1944 suite à une insurrection armée décidée par la Résistance. Les insurgés ne sont qu’une centaine au début de la journée du 28 août, mais l’ampleur qu’a pris le soulèvement en fin de journée pousse l’occupant allemand à évacuer la ville. Les Alliés ne sont pas au courant de l’insurrection et n’aident donc pas les insurgés. Prévenus par la Résistance, quelques soldats américains arrivent de Saint-Laurent-du-Var le soir du 29 août. Une colonne blindée américaine arrive enfin le 30 août 1944. Nice est définitivement libérée.

Le bilan avancé par les historiens varie. Joseph Girard estime à 27 tués et 280 blessés le bilan des victimes de la Résistance1. Le bilan avancé par Jean-Louis Panicacci dans un article intitulé À propos de la Libération de Nice est de 31 résistants tués et de 280 blessés2 du côté des insurgés niçois. Une distinction est réalisée dans cet article entre les résistants tués directement dans les combats ou décédés de leurs blessures au nombre de 29 et les résistants tués indirectement au nombre de 6Note 1,3[réf. insuffisante]. Le bilan des pertes allemands est couramment fixé à 25 hommes2. Il s’agit des 25 corps relevés sur le terrainNote 2 et 105 prisonniers1. 4 fascistes italiens, membres du bataillon Nizza, 215e bataillon des « chemises noires », sont également tués1,2. Plusieurs collaborateurs ont également été abattus lors de l’épuration sauvage, notamment des membres des Groupes d’Action du Parti Populaire Français (G.A. – P.P.F.) et des miliciens fascistes3[réf. insuffisante], 3 le 28 août 1944 pour Jean-Louis Panicacci4 ce qui semble être un minimum. Des assassinats ou des règlements de compte se sont également produits dans la période d’instabilité provoquée par la Libération. Le bilan des victimes civiles du 28 août 1944, tuées ou décédées de leurs blessures, est très peu abordé et largement sous-estimé. Dans un ouvrage publié en 2012, Jean-Louis Panicacci l’estime à 5 tués2. Or leur nombre est d’au moins 34 civils abattus ou mortellement blessés3[réf. insuffisante].
Dans un discours prononcé le 9 avril 1945, place Masséna à Nice, le général de Gaulle évoque la libération de la ville en ces termes : « Nice, le 28 août 1944, par l’héroïque sacrifice de ses enfants, s’est libérée de l’occupant. (…) Nice libérée, Nice fière, Nice glorieuse ! »

Déroulement de l’insurrection niçoise

Le contexte du déclenchement de l’insurrection à Nice
L’avancée des Américains depuis le débarquement en Provence

Les Allemands sont bousculés depuis le 15 août et le débarquement en Provence. Initialement, les alliés ont prévu de libérer le Var, de foncer vers le nord en laissant de côté la rive est du Var et les Alpes-Maritimes. Le 15 août 1944, les FFI obtiennent la reddition de la garnison allemande (une trentaine d’hommes) de Puget-Théniers. Le nord du département est sous le contrôle des FFI et des maquis. Le capitaine FFI Lécuyer, chef régional R2 (alias Sapin), part de Puget-Théniers avec une traction avant en direction de Draguignan avec le major Gun(alias Bamboos), un officier écossais de liaison. Le matin du 16 août, à quelques kilomètres au sud de Callas, ils rencontrent les premiers soldats américains. Ils atteignent le nord de Fréjus et rencontrent le général Frederick, commandant la 1re A.B.T.F. (en) (unité aéroportée) dans la région. Ils exposent la situation : seule la zone côtière est encore sous contrôle allemand. Les alliés peuvent déborder l’occupant par le nord. Cependant le major Frederick refuse tout d’abord car sa mission consiste pour l’instant à mener les opérations de débarquement et d’établissement de la tête de pont vers le nord et l’est. Il entre en contact avec son supérieur, le général Patch qui se trouve au large sur un navire. Le général Patch autorise Frederick à élargir la zone d’action jusqu’au fleuve Var. Une colonne blindée est guidée par la traction avant jusqu’à Puget-Théniers puis au Chaudan où elle essuie des tirs allemands depuis Levens. Les Américains passent la nuit à Beuil puis retournent rendre compte au général Frederick. Le même jour, deux colonnes américaines se lancent en direction du Var.
La première atteint Grasse le 24 août puis Vence et Gattières. Elle remonte la rive droite du Var et pousse jusqu’à Gilette où elle arrive dans la nuit du 25 au 26 août. Là, le régiment de parachutistes américains entre en contact avec les maquisards qui se battent pour prendre le verrou stratégique de Levens. Le 26 août, les Américains utilisent leur artillerie, matériel qui fait défaut aux résistants. Le 27 août au soir, les Américains franchissent le Var sans l’accord du général Frederick et, guidés par les FFI, reprennent Levens et La Roquette. Les Allemands de la zone côtière sont donc menacés sur leurs arrières. De Levens, les Américains peuvent en quelques heures accéder au Paillon (La Trinité, Saint-André-de-la-Roche, quartier de l’Ariane à Nice) et couper la retraite vers l’Italie ou encore atteindre Nice par les collines de Bellet et Gairaut par Aspremont et Colomars. Depuis La-Roquette-sur-Var, les Américains se rapprochent également de Saint-Isidore à Nice.

La seconde colonne emprunte la route littorale, soutenue par l’aviation et la marine. Elle arrive le 19 août à La Napoule qu’elle ne libère que le 23 août en raison de la résistance des Allemands solidement installés sur le massif du Tanneron. Des négociations ont lieu le 23 août entre la Résistance et la Wehrmacht à CannesNote 3 pour limiter les destructions. Les Allemands acceptent de décrocher sans mener les destructions prévues. Ils partent le 24 août à 2 heures du matin. Beaucoup d’enrôlés de force (Polonais, Tchèques, Roumains) et de soldats allemands se rendent. Prévenus par les FFI, les Américains arrivent à 15 heures 15 à Cannes. Ils poursuivent jusqu’à Antibes libérée à 19 heures. Les Allemands continuent de décrocher non sans mener des combats retardateurs et abandonnent Cagnes-sur-Mer. Le 27 août, vers 18 heures, les premiers chars américains arrivent à Saint-Laurent-du-Var. Deux FFI, Gabriel Abonnel et Jean Clément Ledieu, sont tués par un nid de mitrailleuse allemande au centre-ville dans les derniers accrochages5,6.

Le climat insurrectionnel à Nice
À Nice, touchée par une forte vague de chaleur, un climat insurrectionnel s’est installé.
De nombreux Niçois veulent en effet se débarrasser de la présence allemande et venger leurs morts. La population est d’ailleurs encore sous le choc des récentes exactions allemandes.

Le 10 juin, treize résistants ont été sélectionnés dans le quartier allemand de la maison d’arrêt de Nice pour être exécutés dans des représailles. Parmi ces résistants figurent quatre jeunes Niçois, membres d’un groupe de résistants du Lycée Masséna arrêtés avec Jacques Adam le 9 juin 1944 en revenant du maquis du Férion près de Levens. Les résistants Pierre Appolin et Joseph Graffino sont exécutés sur la route le 10 juin à Bar-sur-Loup en représailles de l’attentat qui a coûté la vie au consul fasciste républicain d’Antibes le 17 mars 1944. Les onze autres (dont les quatre lycéens et Jacques Adam) sont exécutés à Saint-Julien-du-Verdon le 11 juin en représailles des actions des maquisards FTPF.

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Photographies de la pendaison de Séraphin Torrin et Ange Grassi le 7 juillet 1944 à Nice (Alpes-Maritimes). Deux stèles commémoratives rappellent aujourd’hui cette double pendaison.

Séraphin Torrin et Ange Grassi, deux résistants communistes, sont arrêtés le 4 juillet 1944 comme otages à Gattières, sur dénonciation, avec cinq autres personnes en représailles des actions du maquis. Le 7 juillet 1944, ils sont pendus en plein jour aux réverbères des arcades de l’avenue de la Victoire devant des centaines de personnes rassemblées de force par l’occupant. Leurs corps restent exposés pendant trois heures.

Le 28 juin 1944, deux cheminots allemands de la Reichsbahn sont exécutés boulevard Tzarévitch par un groupe de résistants composé de juifs et de non-juifs. Maurice Behar, membre de ce groupe, a comme petite-amie Suzy Ben Hamin qu’il fait rentrer dans leur groupe en janvier 1944. Le 9 juin 1944, il veut se séparer d’elle. Par vengeance, elle dénonce le groupe de résistants à Félix Valetti, Niçois collaborant avec la Gestapo, après l’attentat contre les cheminots allemands. Félix Valetti donne le groupe à la Gestapo et ils sont arrêtés le soir même par des agents français et allemands alors qu’ils sont réunis. Ils sont transférés aux Nouvelles-Prisons de Nice et interrogés. Le 29 juillet 1944, Nagel Engelfried de la Gestapo niçoise emmène cinq détenus dans deux voitures. Parmi eux se trouvent trois membres du groupe : Maurice Lukowski, Maurice Alouf et Maurice Behar. Ils sont fusillés mais les corps n’ont jamais été retrouvés7. Une plaque commémorative rappelle la mémoire de Maurice Lukoswki au cimetière juif du château à Nice8. La Gestapo de Nice a également exécuté vingt-et-un résistants du quartier allemand de la maison d’arrêt de Nice le 15 août à l’Ariane en représailles du débarquement de Provence. Le même jour, trois officiers de la gestapo cannoise exécutent dix résistants (huit décèdent, deux survivent à leurs blessures) dans les caves de son siège de la villa Montfleury avant de l’évacuer. Enfin, de nombreux autres résistants du département sont arrêtés, fusillés ou déportés depuis l’intensification de la guérilla provoquée par les débarquements du 6 juin 1944 et du 15 août 1944.
La ville connaît une situation de grave pénurie alimentaire. Les Azuréens ne consomment plus que 150 grammes de pain par jour depuis le 15 juillet puis 100 grammes après le 15 août9. Les Allemands tentent d’organiser un ravitaillement depuis la Ligurie mais ils peinent à trouver des camions en Italie10.

L’ambiance devient électrique. Avec le déclenchement du débarquement, les Allemands proclament l’état de siège et la loi martiale11. Le 15 août, cinq soldats allemands sont visés par des tirs place Masséna. Aucun n’est touché. Cela avait déjà été le cas le 22 janvier 194412. Le couvre-feu est établi toute la journée du 16 août13 puis de 14 à 17heures le jeudi 17 août13.
Le jeudi 17 août, vers 22h15, le préfet Ravard vient demander à la Feldkommandantur de déclarer Nice ville ouverte. Le général Fretter-Pico répond au message d’information : Pour des raisons militaires, la ville de Nice ne sera jamais déclarée ville ouverte13. Nouvelle demande le 18 août 1944 et nouveau refus13.

Le samedi 19 août, une conférence a lieu à la Feldkommandtur entre le chef de groupe administratif docteur Koechling, le capitaine Buccholz de l’état-major de la 19e armée et le SS Gerhard Keil, chef de la Gestapo de Nice. L’objectif est de réfléchir aux mesures de répression à ordonner en cas de soulèvement (exécutions, déclarations…)13.
Une série de grèves est organisée pour gêner les activités des occupants. Le personnel du journal L’Éclaireur de Nice et du Sud-Est se met en grève le 17 août suivi le lendemain par les employés de l’usine à gaz. Le 20 août, la CGT lance un ordre de grève générale. Le même jour, des résistants coupent les fils du PC allemand installé à Fabron14.
Les résistants cherchent à accroître leur stock d’armes qui demeure très insuffisant. Le 22 août, des armes sont récupérées dans une caserne annexe de la gendarmerie, quartier Saint-Roch14. Ce même 22 août, des membres des Groupes d’Assaut du PPF, des miliciens et des cadres de la Gestapo quittent la ville pour Menton puis pour Neuss en Rhénanie.
Le 24 août, la grève générale est suivie aux TNL, à la SNCF, dans la métallurgie, les transports, les journaux, le bâtiment. Le relais des communications téléphoniques est détruit14. Ce même 24 août est créé un Comité insurrectionnel présidé par René Houat (décédé en 2009). L’insurrection se prépare14. Des contact ont lieu entre les autorités allemandes (Feldkommandantur et commandement du port) et la Résistance par l’intermédiaire de la préfecture. Les Allemands souhaitent ne pas avoir à exécuter totalement le plan des destructions prévues mais demandent en échange de pouvoir évacuer la ville sans être attaqués. Les négociations échouent15.

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Photographie des ces corps des fusillés de Saint-Julien-du-Verdon (Alpes-de-Haute-Provence). Les corps des fusillés (9 tués sur le coup et deux décédés de leurs blessures) sont regroupés au cimetière de Saint-Julien-du-Verdon, adossés le long du mur et pris en photographie par la gendarmerie de Castellane, Alpes-de-Haute-Provence, afin de pouvoir les identifier. Ces deux photos (une rangée de 5 corps et une autre de 6 corps) ont été publiées avec les identités en légende dans le journal L’Ergot n°8, édition du 8 octobre 1944. Le 3e fusillé en partant de la gauche sur la seconde photographie est indiqué comme non identifié. Il s’agit d’Albin Bandini, identifié officiellement en 1994.

Toujours le 24 août, un croiseur lourd et cinq destroyers alliés sont visibles dans la rade de Nice. Ils tirent sur le fort du Mont-Alban et sur la vallée du Var16.
Un comité d’action F.F.I. est créé le 26 août par Pierre Bloch. Il regroupe les différents chef de groupe FFI17. Le 26 août 1944, le résistant Joseph Manzone, dit Joseph le fou, égorge au garage de l’hôtel Ruhl le colonel SS chargé de superviser le général Nickelmann de la Feldkommandatur18,2.
Des résistants avec armes surveillent de l’intérieur l’usine à gaz de Saint-Roch pour empêcher une éventuelle destruction de l’édifice par les Allemands. Ils attendent le déclenchement de l’insurrection17.
Depuis le 15 août 1944, des contacts ont été pris avec divers détachements polonais de l’armée allemande notamment grâce à l’aide d’un tract en polonais et d’un autre en allemand. Plusieurs détachements ont accepté de se rendre ou de changer de camp en cas d’insurrection17. Depuis juin 1944, des résistants sont cachés dans certains bâtiments de l’hôpital Pasteur à Nice, désigné depuis janvier 1944 Centre d’installation du P.C. et centre du Corps Franc d’Encadrement du groupe FTP René Canta. Dans les premiers jours d’août, un groupe spécial d’action de 47 hommes est cantonné dans le presbytère de l’hôpital et dans la maison de l’aumônier de l’établissement, l’abbé Albert Perrin, capitaine sanitaire à l’État Major du Groupe René Canta. Ils attendent en armes, clandestinement, ravitaillés par l’économe-chef de l’hôpital19.

Il faut également noter que pendant tout le mois d’août, un avion non identifié, sur lequel la D.C.A. allemande n’ouvre pas le feu, vole dans le ciel de Nice et lance des bombes légères à l’occasion. Huit bombes sont lâchées le 13 août 1944 à deux heures du matin au nord de la gare du sud et du boulevard Joseph Garnier (7 blessés), dix bombes le 14 août à 5h20 sur le même secteur notamment au 12 bis rue Miollis après avoir tourné plusieurs heures dans le ciel (au moins 6 tuésNote 4, peut-être même 9 tués selon les sources), huit bombes lâchées à 4h30 le 15 août sur le cimetière de l’avenue Saint-Laurent après plusieurs heures dans le ciel. Une grosse bombe est lâchée le 16 août boulevard Carnot dans un terrain vague après avoir rôdé plusieurs heures au-dessus de la gare P.L.M. et du quartier du Parc impérial et même mitraillé le bord de mer. Deux bombes sont lâchées le 17 août au port, évacué depuis 48 heures. Dix-huit bombes sont lâchées le 23 août avenue des Fleurs (1 tuéNote 5 et 3 blessés). 

Deux habitants sont blessés le 25 août au Mont-Boron. Cinq bombes sont larguées le 26 août à 23 heures sur le centre-ville (un blessé). Enfin, trois bombes sont larguées le 27 août rue de la Buffa et place Grimaldi (1 mort, deux blessés)20. Une fois la Libération survenue, cet avion ne revient plus. D’où venait-il ? Qui le pilotait ? Les Niçois surnomment rapidement cet avion l’avion fantôme21 ou encore le maraudeur20. Certains pensent à des bombardements réalisés par des fascistes italiens depuis une propriété ou encore à une vengeance personnelle d’un militaire italien. Le mystère est aujourd’hui levé. Pour Jean-Louis Panicacci, cet avion venu de l’est appartenait à une escadrille basée sur l’aérodrome de Villanova d’Albenga. Il s’agit probablement d’un Storch-Fieser couramment utilisé pour des missions d’observation. Il est piloté par un fasciste-républicain ou par un aviateur de la Luftwaffe. Que vient-il faire ? Il est en fait commandité par les autorités militaires allemandes de la région niçoise pour s’assurer que les prescriptions d’occultation sont bien respectées. Si la surveillance montre un non-respect des règles, la mesure de rétorsion consiste en un bombardement à basse altitude de la zone illuminée. D’ailleurs, ses apparitions cessent avec la libération de Nice20,22.
Les bombardements aveugles de cet avion fantôme stressent énormément les Niçois déjà traumatisés par les centaines de morts du bombardement allié du 26 mai 1944 sur Nice et Saint-Laurent-du-Var. De plus, les attaques aériennes des alliés s’intensifient au mois d’août, notamment sur le port et la vieille-ville. 24 civils sont tués, 30 blessés et 500 sinistrés dans ces raids des aviations anglaises et américaines, notamment le 7 août et le 21 août20.

La stratégie allemande
Suite à la percée des Alliés vers le Rhône, la liaison entre les différentes unités allemandes est coupée. Le 19 août, la 148e Infanteriedivision (en), commandée par le général Otto Fretter-Pico, et la 157. Gebirgsdivision, isolées dans le Var et les Alpes-Maritimes, reçoivent un ordre du commandement allemand en Italie qui les intègre au 75e Corps d’armée (LXXV. Armeekorps) commandé par le général Hans Schlemmer. Le général leur ordonne de se replier sur les positions de la frontière franco-italienne afin d’empêcher une percée des Alliés en Italie du Nord. Cette décision empêche la destruction de ces divisions. Pour le commandement allemand, Nice ne représente donc pas une position militaire stratégique de repli mais un point de passage stratégique et vital pour mener sa retraite vers l’Italie. Ceci explique que le 18 août, il refuse que Nice soit déclarée ville ouverte. C’est pourquoi également, les négociations avec la Résistance pour permettre une évacuation de la ville sans destructions échouent contrairement à ce qui se passe à Cannes et Antibes. Les résistants veulent en découdre et les allemands refusent de quitter Nice sans se défendre.
Les Allemands se replient mais cherchent en même temps à retarder l’avance américaine. Une première ligne de défense est mise en place le long du Var. Mais la prise de Levens le 27 août crée un risque de contournement et d’attaque par le nord de Nice. Les unités allemandes commencent à évacuer Nice dès le 26 août pour se replier sur Menton et les montagnes mais des combats retardants sont prévus.

De plus, l’insurrection niçoise n’est pas une surprise pour les Allemands : elle est évoquée à la Feldkommandantur dès le 23 août à 17 heures lorsque le responsable du SD, le docteur Keil, informe la Feldkommandantur que 5 à 7 000 résistants préparent une insurrection avec l’aide de la police23. Il est donc décidé qu’en cas de troubles, l’armée tirera avec ses trois batteries lourdes sur tout mouvement insurrectionnel23. Les autorités allemandes n’ont pas l’intention de se retirer sans combattre et ils envisagent de bombarder la ville en cas de soulèvement. Cette décision est confirmée le lendemain : la Feldkommandatur restera à Nice pour résister au mouvement insurrectionnel. Dans le même temps, elle reçoit un code de repli (Hindenburg) sur Menton pour le moment où les troupes ennemies auraient franchi la ligne défensive du Var23. Le 25 août, les Allemands prévoient toujours de résister à l’insurrection : les deux tiers des Feldgendarmes reçoivent l’ordre de rester à Nice16. Le 27 août, la Feldkommandantur prévoit son transfert à Menton pour le 28 ou le 29 août18. Le général Fretter-Pico réclame de la Feldkommandantur qu’elle maintienne le calme dans la population pendant le retrait de ses troupes18.
L’insurrection gêne donc les Allemands dans leurs plans d’évacuation. Elle les oblige au final à accélérer l’évacuation des dernières unités allemandes.

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Affiche du Comité Insurrectionnel placardée dans les rues de Nice dans la nuit du 27 au 28 août 1944 et appelant à prendre les armes.

27 août
Le comité militaire des F.T.P. – M.O.I. s’est réuni le matin du 27 août et a décédé de proposer l’insurrection pour le lendemain. Les hommes veulent en découdre24. Le même jour, deux réunions sont organisées au huitième étage du Palais Stella situé au 20 boulevard de CessoleNote 6. Celle du matin est d’ordre militaire et celle de l’après-midi d’ordre politique Sont présents Souny, chef départemental F.T.P., Armand, pour les « Milices patriotiques » des entreprises, Jean-sans-peur, pour les F.T.P.F. de Nice, Ludovic, pour la M.O.I. (Main d’œuvre immigrée), Thibaud, pour la C.G.T., Pierre Durand, Georges, responsable départemental du Parti communiste et aux F.T.P., plus un invité, Bemard, cadre régional bloqué à Nice. Brandon, du Front National, et Duchêne, du Parti communiste, sont absents pour des raisons de sécurité. Ensemble, ils forment le Comité insurrectionnel. La décision est prise de déclencher le soulèvement général pour le lendemain dès six heures en dépit de la pénurie d’hommes entraînés (100 à 200 hommes) d’armes et de munitions (des grenades, 20 mitrailleuses, 40 mousquetons et quatre mitrailleuses lourdes)24. Une plaque commémorative est aujourd’hui visible à droite de la porte d’entrée de l’immeuble et rappelle cette importante réunion.
Les divers groupes de résistants sont prévenus dans l’urgence (notamment les Corps Francs de la Libération à la caserne Filley avec le groupe Parent25) mais beaucoup ne peuvent être joints en si peu de temps notamment à cause du couvre-feu ou de la distance. Piere Bloch rencontre le docteur Sapir à la libraire Paradis en compagnie de l’avocat Brandon responsable départemental du Front National qui se dit habilité à parler au nom des F.T.P.. Ils rédigent ensemble à un texte bref qu’ils signent : Les représentants des CFL, MP, FTP de la ville de Nice, réunis le 27 août 1944, décident de porter à la connaissance de leurs troupes respectives, à la veille du combat sacré pour la libération, qu’elles ne doivent rivaliser que par l’ardeur dans la lutte contre l’ennemi et combattre au coude à coude fraternel et loyal, dans un esprit purement patriotique26. Dans la nuit, les F.T.P. placardent des affiches malgré le couvre-feu, un peu partout dans les rues de la ville pour relayer l’appel à l’insurrection. On peut y lire : Français, Françaises, le 15 août, les armées alliées, comprenant l’armée française de la libération, ont pris pied sur notre sol. Elles sont aux portes de Nice. Cannes, Antibes et Grasse sont libérées : la Wehrmacht aux abois ne sait plus où se réfugier, ses soldats ont peur ! Ils savent maintenant qu’ils sont vaincus. Mais note ville reste à libérer. Dès le débarquement, la C.G.T. a lancé l’ordre de grève générale. Les F.F.I. ont organisé les guerillas. Mais cela ne suffit pas ! Le peuple de Nice, quatrième ville de France, se doit, après l’exemple de Paris, de Marseille, de Bordeaux, de Lyon et autres villes de France, de se libérer à son tour, de faciliter l’entrée victorieuse des troupes alliées dans la capitale de la Côte d’Azur. Pour cela, le C.D.L. vous appelle au combat. Aux armes citoyens ! Partout abattez les boches, désarmez-les, entrez en masse dans les milices patriotiques. Un seul mot d’ordre : s’organiser, s’armer, se battre ! Vivent les F.F.I. ! Vive la libération de Nice ! Vive la France ! En avant, tous au combat ! Le C.D.L. (F.N., P.C., C.G.T., M.L.N.)26.

28 août, jour de l’insurrection
Les combats éclatent à partir de 6 heures simultanément en plusieurs points de la ville.
À l’aube, le groupe 6 des Francs-tireurs partisans (10 hommes) dressent une première barricade au passage à niveau. Ils doivent stopper les Allemands des collines de Gairaut. Le groupe est retranché dans une excavation de la chaussée sous les ordres de Fortuné Leonardi. Ils sont soutenus par un groupe du mouvement Combat commandé par Paul Cavenago27. Un groupe de FFI mené par Louis Brandone prend le contrôle du garage Renault, boulevard Gambetta19. Louis Sana poste 3 jeunes et une mitrailleuse à l’angle des boulevards Auguste Raynaud et Joseph Garnier. Il se rend ensuite avec des hommes place Gambetta (actuelle place du Général de Gaulle). Les maraîchers sont informés de la situation et partent vite. Les hommes sont postés face à l’avenue Malausséna. Louis Sana descend l’avenue Malausséna avec Armand Allavena et Mearelli. Ils tombent sur trois soldats allemands. L’un des Allemands est blessé mais les trois soldats sont finalement faits prisonniers27.
Le groupe F.T.P.F. René Canta s’occupe du centre-ville. Ils partent du PC à Pasteur. Une équipe commandée par Jean Calsamiglia se rend à la gendarmerie. René Canta occupe le lycée Félix Faure où les policiers rejoignent les insurgés. De là, René Canta et ses hommes investissent la préfecture. Des détachements occupent la Bourse du travail, l’imprimerie de L’Éclaireur, les locaux du Petit Niçois sont occupés par les pompiers résistants. Martini dit Pensée part prendre le commandement des combattants-traminots au dépôt TNL à Nice-Riquier. Jean Calsamiglia se rend à l’intendance de police rue Maréchal-Foch et y installe son PC. Les inspecteurs sont désarmés. Les agents de police aident les FFI à organiser la défense. L’ordre est donné de contrôler les petites rues du Vieux-Nice, d’interdire toute circulation des Allemands sur le boulevard des Italiens (actuel boulevard Jean-Jaurès) et la place Garibaldi. René Canta donne ses ordres : il faut harceler les Allemands, les attaquer partout à la fois. Le groupe Lenoir (Verdi) occupe la mairie, le groupe du capitaine Martin occupe le lycée de garçons. Les groupes francs du mouvement Combat et les F.T.P.F. occupent la caserne Filley28.

Vers 6h00, les F.F.I. de Charles Menardi se regroupent à leur QG au dépôt de journaux de l’avenue de la Californie. Ils décident d’occuper le central téléphonique de Fabron, ce qui est fait sans difficultés. Les résistants des CFL les rejoignent pour occuper le transformateur du quartier de la Vallière. Un combat a lieu. Deux FFI sont blessés. Les soldats polonais se rendent29. Roger Simon se procure une arme et veut rejoindre ses camarades du groupe Académie des CFL du capitaine François Calvin. Il est fait prisonnier par une patrouille allemande à Carras. Il est torturé toute la journée puis fusillé d’une balle de revolver le 29 août vers une heure du matin dans un blockhaus de l’avenue de la Californie30.

Vers 6 heures, une voiture montée par des gradés allemands arrive de la place Gambetta et se heurte aux groupes de résistants postés autour du passage à niveau. Elle est immobilisée par une grenade à l’angle du boulevard Auguste-Raynaud. Bilan : 3 morts et un commandant blessé et prisonnier chez les Allemands. Les résistants récupèrent leurs armes. Louis Sana s’empare de la sacoche du commandant blessé. Elle contient des documents importants sur les projets du commandement allemand27.
Vers 6h30, à Nice-Nord, une camionnette allemande descend le boulevard de Cessole vers le passage à niveau. Les sentinelles lâchent une rafale de mitrailleuse. Le chauffeur qui est seul se rend27. L’alerte est donnée dans le quartier. Des habitants se lèvent et rejoignent les résistants pour combattre27. Le lieutenant Mathis est réveillé par des coups de feu boulevard de Cessole. Il descend et tombe sur des FTP en position près de l’avenue Castellane. Il voit alors deux Allemands dans l’avenue qui s’enfuient. Ils sont poursuivis et se rendent. Il prend le commandement de plusieurs hommes à l’angle de l’avenue Cyrnos. Un fortin est organisé dans la villa « les Pipistrelles » qui domine tout le boulevard de Cessole31. Paul Cavenago se rend à la brigade mobile rue André Theuriet et somme les policiers de remettre leurs deux mitraillettes et les munitions31. Une deuxième camionnette est signalée. Une rafale de mitraillette crépite. Un pneu éclate. La camionnette ralentit alors qu’à l’intérieur un homme congestionné hurle sur le chauffeur. Nouvelle rafale. Des balles percent le moteur. La voiture est entourée par les résistants. Un commandant allemand furieux descend ainsi que deux sous-officiers et le chauffeur. Ils sont faits prisonniers. Les prisonniers sont conduits dans un garage voisin rue Georges Doublet. Les autres prisonniers allemands faits durant la journée dans le quartier y sont amenés aussi31.

Vers 7h00, trois camions allemands avec remorques débouchent dans le boulevard Joseph Garnier. Dissimulés derrière les platanes, les FFI ouvrent le feu. Surpris, les Allemands bifurquent vers la petite avenue Montclair où ils sont stoppés par des jets de grenade. Quatre Allemands sont faits prisonniers. Les camions transportent un trésor : deux mitrailleuses lourdes, un fusil-mitrailleur, une mitraillette, des fusils, des munitions. Des barricades sont érigées au débouché des rues avoisinantes. Une mitrailleuse est transporté place Gambetta, placée en batterie de façon à prendre en enfilade l’avenue Malausséna. L’autre est mise en batterie sur le carrefour du passage à niveau. Une sorte de bouclier est formé avec des traverses de chemin de fer récupérées à la Gare du Sud toute proche31.

Avec une des camionnettes récupérées conduite par Aimé Paiche, Louis Sana parcourt le quartier du passage à niveau pour arrêter des chemises noires fascistes. Quelques-uns sont exécutés dans la journée31. Louis Sana se rend ensuite à la mairie avec la même camionnette conduite par le chauffeur de taxi Marius. Ils désarment deux policiers31.
Toujours vers 7h00, le brigadier-chef de police Deguin se trouve de service au lycée. Il entend des coups de feu. Les agents l’informent que ce sont les Allemands qui sont visés. Avec quatre gardiens, ils se rendent boulevard Mac-Mahon (actuel boulevard Jean-Jaurès) et attaquent une autochenille montée par trois Allemands qui réussissent à s’enfuir. L’autochenille est emmenée par des civils à la préfecture. Ils s’emparent également de deux camions avec remorques malgré les tirs des armes automatiques et des mortiers du Château32.
Vers 7h15, Lucien Cantailloube, un des responsables des Milices Patriotiques au dépôt SNCF de Nice Saint-Roch a pu rassembler 350 hommes. La défense du dépôt est organisée par Auguste Chochoy. Un poste d’observation est installé au sommet de l’épurateur Lamy qui domine le quartier29.
À 7h30, un camion allemand tractant une arme lourde arrive par le boulevard Joseph Garnier et est lui aussi attaqué à la grenade : les assaillants s’emparent d’une mitrailleuse lourde et de Mausers. Des prisonniers sont faits mais il y a aussi des blessés et des tués côté allemand. Un deuxième camion est bientôt immobilisé : des prisonniers sont faits et des fusils capturés28.
Toujours vers 7h30, les FFI commandés par Émile Mercanti attaquent la batterie de Saint-Pierre-de-Féric sur les collines à l’ouest de Nice. Le 2e détachement attaque quelques Allemands en patrouille sur la route. Un Allemand est tué, trois sont faits prisonniers. Deux sont blessés mais parviennent à s’enfuir29.
Plus au sud de la ville, une opération est ordonnée par Jean Calsamiglia au groupe Robert mené par Barbev Odadjian (dit « Robert »). L’opération vise le siège du P.P.F., partie collaborationniste, situé rue Dalpozzo. Les F.F.I. contrôlent d’abord les immeubles environnants, rue de la Buffa et rue Maréchal Joffre. Un fusil-mitrailleur est braqué sur l’immeuble du siège du PPF. Robert pénètre dans le bâtiment avec un camarade. Ils ne rencontrent aucune résistance. Vers la fin de l’opération, à 7h30, une voiture allemande occupée par deux officiers aborde le barrage des F.F.I.. Il s’agit du lieutenant Wilhelm Hansen (né le 27 janvier 1914, son corps repose au cimetière militaire allemand de Dagneux (Ain, rang n°30, tombe individuelle n°17) et d’un sous-officier du bataillon Flak commandé par le commandant Michelis. Les occupants de la voiture sont tués sous le feu des mitraillettes au coin des rues Dalpozzo et de la Buffa29.

Plusieurs positions stratégiques sont aux mains de la Résistance : le Lycée de garçons, la Préfecture, l’Hôtel de Ville mais aussi la Poste Thiers, la gare SNCF, les Entreprises Michel, le siège de la police, puis la Gendarmerie, l’Usine à Gaz, le siège de la Milice française, le dépôt des TNL, la gare Saint-Roch, la caserne Filley. Les locaux du journal L’Éclaireur sont investis ainsi que les principales imprimeries, où l’on imprime immédiatement tracts et affiches appelant à l’insurrection.
À partir de 8h15, la Feldkommandantur est progressivement mise au courant des événements18.
La population du quartier du passage à niveau aide à réaliser une barricade boulevard Auguste Raynaud. La barricade permet d’arrêter un camion allemand. Les militaires menacent d’abord les habitants (dont la femme de Louis Sana) mais s’enfuient à l’arrivée des résistants32.
À 11h00, les Allemands avancent rue Cassini. Une fusillade se poursuit pendant deux heures33.

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Aperçu des hostilités près de la gare des chemins de fer de Provence, le 28 août 1944, à la Libération de Nice.

À Nice-Nord, une troupe allemande remonte le boulevard Gambetta d’arbre en arbre pour reprendre le contrôle du passage à niveau à 8h30. La fusillade dure jusqu’à 10h30. Les Allemands ne réussissent pas à passer. Plusieurs d’entre eux sont tués et blessés32. Plusieurs résistants sont grièvement blessés. Les F.T.P.F. Auguste Gouirand et Lucien Chervin, tous deux retranchés derrière le kiosque à journaux, sont chacun grièvement blessés d’une balle reçue dans la tête34. Ils sont évacués dans la clinique de la rue Mantéga. Lucien Chervin décède dans la journée et Auguste Gouirand le 1er septembre 194435[réf. insuffisante]. Alphonse Cornil est abattu par une rafale de balles tirée par les allemands alors qu’il se trouve en position avancée au niveau du 130 boulevard Gambetta36[réf. insuffisante].
La fusillade éclate également devant le garage Renault dans le boulevard Gambetta. Les Allemands attaquent à la grenade mais doivent se retirer. Vers 9h00, un groupe d’Allemands met en batterie un mortier devant le garage en direction du passage à niveau. Le mortier est soutenu par le tir du blockhaus du carrefour Thiers. Quatre coups sont tirés mais les Allemands doivent se retirer par la rue Oscar II sous le feu des mitrailleuses des résistants retranchés dans le garage Renault. Les résistants récupèrent le mortier37.
Vers 9h00, la Feldkommandantur appelle la préfecture pour qu’elle fasse cesser les attaques sur les soldats allemands et pour savoir s’il est vrai qu’elle est sous le contrôle des résistants. Le préfet du vichyste Ravard leur raconte que l’attaque des F.F.I. sur la préfecture a été repoussée par la police et la gendarmerie française, sous la menace du groupe René. Il propose aux Allemands de ne pas tirer jusqu’à midi le temps qu’il tente de ramener le calme. En fait, cela permet de donner du temps aux F.F.I. pour contrôler la ville18.
À 10h00, le général Nickelmann, commandant les forces allemandes stationnées à Nice, téléphone à la préfecture occupée par les F.F.I.. Trois membres du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France sont présents : Cendo, Sattegna et Gatet. Cendo prend la communication. Nickelmann fait savoir que si l’insurrection ne cesse pas immédiatement, il fera bombarder la ville, qu’il la mettra à feu et à sang et que tous les combattants pris seront traités en franc-tireurs et fusillés sur place33. Cendo transmet au Comité insurrectionnel qui a quitté le 20 boulevard de Cessole pour s’installer au 1 rue Pertinax. La réponse est finalement négative. Le Comité insurrectionnel lance un ordre du jour appelant à intensifier le combat contre les Allemands, à développer une insurrection populaire et à commencer une « épuration énergique de tous les salopards connus »33. La préfecture est menacée par les attaques d’automitrailleuses allemandes provenant du cours Saleya. Une barricade a été réalisée avec des véhicules rue de la Préfecture. Les automitrailleuses sont chassées par des grenades33,38.
Avant 10h00, le lieutenant-colonel Niedlich, commandant le 239e Régiment d’infanterie tombe dans une embuscade tendue par les F.F.I. alors qu’il rejoint son régiment et est tué. Dans sa sacoche, les F.F.I. découvrent un document dans lequel les Allemands prévoient d’évacuer la ville « infestée de terroristes ». Le document est traduit dans la nuit39.

À 10h00, la plupart des gardiens de la Paix ont rejoint les insurgés40. Le chef de groupe surnommé « Loulou » se signale en tuant six Allemands en cinq minutes au PC de Jean Calsamiglia à l’intendance de police rue Maréchal Foch.
Vers 10h00 à Nice-Centre, des combats ont lieu place Masséna. Un lieutenant de Feldgendarmerie est tué. Des dix soldats allemands de garde sur cette place, un est abattu et plusieurs sont blessés sous les tirs de policiers français39.
À 11h25, le préfet Ravard demande à la Feldkommandantur que les Allemands n’occupent pas les bâtiments publics39. Les autorités préfectorales sont paniquées et ne cessent de demander à René Canta d’évacuer le bâtiment et de faire cesser les combats. Il finit par faire placer Lauvel et Ravard en état d’arrestation provisoire dans leurs bureaux respectif33. Un peu plus tard, l’artillerie du Château commence à arroser le bâtiment avec des obus de petit calibre et ce jusqu’au soir33. Comprenant en effet que l’insurrection s’étend, le général Nickelmann a mis ses menaces à exécution. De ses retranchements de Gairaut, du Mont-Alban de la caserne Auvare et du col de Villefranche, l’occupant canonne la ville, mitraillant le Vieux-Nice depuis le Château. Cependant, la mutinerie des servants Polonais gêne momentanément la défense allemande. Les Polonais refusent en effet de viser des objectifs civils. Vers 11h0037, les Allemands commencent à bombarder le quartier du passage à niveau. Le poste du passage à niveau est touché. Le F.T.P.F. Roger Boyer est tué par un éclat d’obus37. Le F.T.P.F. Jean Ballestra est grièvement blessé et décède vers 20h30 à son domicile du 27 avenue Pessicart41[réf. insuffisante]. Les blessés sont transportés dans une clinique rue Mantéga. Le support de mitrailleuse est hors d’usage mais il est réparé dans un atelier à proximité. Sous la pluie d’obus, les groupes du passage à niveau se replient vers les positions du lieutenant Mathis boulevard de Cessole, au niveau de l’avenue Cyrnos. Lorsque la canonnade cesse, les résistants du passage à niveau reprennent leurs positions et empêchent une ouverture vers Levens pour les Allemands37. De nombreux hommes et femmes des différents groupes et mouvements résistants combattent ensemble (M.O.I., F.T.P.F., Combat, C.F.L., Milices Patriotiques).
Vers 11 heures, le général Fretter-Pico ordonne aux unités de retraiter mais de prendre des otages pour traverser la ville ainsi que le désarmement des policiers. Une opération de nettoyage de la ville est cependant envisagée avec les troupes repliées depuis Grasse39.

Vers 11h30, deux soldats allemands sont blessés près de la Feldkommandatur par des policiers français. Le major Schultz ordonne de désarmer tous les policiers de la ville. Déjà un soldat de la Feldkommandtur a été tué ainsi que 3 blessés42.
Place Gambetta, le groupe Augier (16 hommes) continue le combat. Au cours de l’attaque d’une voiture allemande, Auguste Bogniot est abattu vers 14 heures devant le Crédit Lyonnais37. Augier et Perfettini sont blessés avenue Borriglione37.
À Nice-Est, les F.F.I. ont transformé le dépôt des TNL en véritable forteresse. Les soldats polonais de garde sont faits prisonniers mais décident de rejoindre les résistants. Des blockhaus sont aménagés avec des sacs de sable. Martini dit « pensée » donne l’ordre d’attaquer tout camion ou tout Allemand circulant dans le quartier32. A 11h45, les Allemands attaquent par le rue Auguste Gal. Les résistants ouvrent le feu. Trois Allemands sont abattus mais d’autres attaquent à la grenade. Les résistants se replient dans un abri qu’ils ont construit à l’entrée du dépôt. Les Allemands battent en retraite37. Le responsable des milices patriotiques, le lieutenant Antoine Suarez, est mortellement blessé par une balle reçue en pleine tête32.
Dans la journée les rangs des combattants augmentent pour atteindre plusieurs centaines, avec peu d’armes et de munitions. Les F.F.I. espèrent l’arrivée des maquisards de Levens mais ils n’arriveront que le lendemain. Des habitants prennent également les armes et rejoignent les F.F.I1.
Les premiers blessés, combattants ou civils, commencent à arriver à l’hôpital Saint-Roch à 10h00. À partir de midi, c’est une arrivée ininterrompue.

Vers 11h30, le général Fretter-Pico autorise la Feldkommandtur à évacuer la ville. Dans le même temps, il installe un chef de bataillon, le capitaine Burkhardt, commandant le Ier Bataillon du 239e Régiment, comme nouveau commandant de la place de Nice. Il a tous les pouvoirs y compris d’établir la loi martiale. Il arrive vers 13 heures avec un bataillon à bord de 5 autobus. Sa mission est de libérer par tous les moyens le passage routier ouest-est. Un commando spécial avec amres lourdes est en route pour le nettoyage de la place Masséna42.
Vers midi, Barker Odadjian reçoit l’ordre d’évacuer les locaux de L’Éclaireur et de se replier sur le lycée. À 12h30, il est sur place avec ses hommes qui s’installent sur les tours en direction de l’esplanade du Paillon. Vers 13h30, les Allemands, installés sur les toits et aux fenêtres voisines, balaient par ses tirs les fenêtres et les galeries. Des automitrailleuses passent dans les rues et mitraillent le lycée. Les résistants sont à court de munitions mais ripostent comme ils le peuvent. Vers 17h00, des tirs de mortier sont tirés sur eux depuis le Château. Ils font peu de dégâts et cessent vers 19h0043.
Vers 13h15, des soldats allemands tirent à la mitrailleuse sur la Préfecture. Une patrouille sous les ordres du lieutenant Pico pousse une batterie Flak dans le quartier de la Préfecture et essuie des tirs. Un soldat allemand est tué et 3 autres blessés. Les allemands ripostent en tirant sur la Préfecture42.
La Feldkommandatur reçoit à 13h50 l’ordre d’instaurer l’état de siège dans la ville. Le pouvoir de commandement est placé entre les mains du capitaine Burkhardt. La population civile doit être chassée des rues et rester enfermée chez elle. Toute personne se trouvant dans la rue sera abattue. Le PC du Ier Bataillon s’installe à la Feldkommandantur. Une compagnie doit occuper la mairie et la Préfecture42. Les allemands veulent toujours reprendre le contrôle de la ville même si la Feldkommandtur reçoit l’autorisation d’évacuer.
À Nice-Nord, le groupe F.F.I. dirigé par Augier monte vers 14h00 dans l’immeuble situé 2 avenue Borriglione. Une mitrailleuse servie par Dozol est installée. Vers 16h30, Dozol est blessé par des tirs venant de la villa Thiole. La mitrailleuse est montée sur le toit, d’où Pionchon atteint cinq Allemands, avant d’être lui-même blessé à la jambe et conduit à l’hôpital43.
Vers 15 heures, un accrochage a lieu à Sainte-Marguerite entre les F.T.P. – M.O.I. et une patrouille allemande venant de Saint-Isidore. Le résistance Venance Cantergiani est tué30.
Vers 16h00, une voiture allemande descend le boulevard de Cessole. Les F.F.I. dirigés par le lieutenant Mathis la laissent passer et l’attaquent par l’arrière à la mitraillette et à la grenade. En avant, elle est prise sous le feu des hommes du capitaine Paul. La voiture va buter contre un arbre avec ses quatre occupants morts ou blessés43. Un agent de liaison prévient le poste du passage à niveau de la situation. Plusieurs camions allemands essaient de forcer leur barricade sans succès43.
En haut de Pessicart, les Cauvin ont hissé le drapeau tricolore le matin à la villa « La Paix ». en entendant les coups de feu. L’après-midi, Henri Cauvin et Jacques Galand décident de descendre en ville avec leurs pistolets. Près du Righi, ils aperçoivent des Allemands au carrefour et se replient. Plus haut, une patrouille allemande leur barre la route. Ils cherchent refuge dans une maison en contrebas. Les occupants les font entrer et les pistolets sont cachés sous le lit. Les Allemands les ont vus et arrivent ; un officier ouvre la porte, mitraillette pointée, menaçant. Les deux résistants sont conduits sur la route, nez au mur. Les pistolets sont découverts. Les Allemands disent « Terroristen » et Henri Cauvin dit à son camarade : « Nous sommes perdus ». Une jeune fille qui se trouve là s’en va prévenir les FFI du lieutenant Mathis. Les jeunes soldats allemands emmènent leurs prisonniers. Ils avancent lentement en file de chaque côté de la route avec les prisonniers au milieu. Ils tirent dans les fenêtres des maisons. Ils avancent vers l’avenue Cyrnos. L’officier fait alors prendre une descente en raccourci vers le boulevard de Cessole. Au milieu du passage, des coups de feu sont tirés par les FFI par le haut et le bas du chemin. L’officier allemand est tué. Les autres soldats allemands sont également tués44. Un fusil-mitrailleur est récupéré et placé au milieu du boulevard de Cessole, entre la villa les « Pipistrelles » et la propriété du comte de Cessole, derrière une redoute puissamment organisée44.
À Nice-Lingostière, dans la plaine du Var, une unité allemande composée de Polonais stationne à la Maison rouge, vallon de Saint-Laurent. Les soldats ont tué leur commandant dans la journée. Les ouvriers de l’usine de Lingostière signalent la situation aux FFI. Les Polonais décident de se rendre aux F.F.I.. Une vingtaine sont conduits à l’usine. Ils montrent aux F.F.I. comment se servir de leurs armes et signalent que les pontets de dégagement des eaux, sous la route 202, sont minés. Le lendemain, ils déminent les pontets et le lit du Var45.
Vers 16h00, le groupe des Milices Patriotiques de la compagnie des eaux, rue Gioffredo, capture un colonel allemand porteur de documents remis à Jean Calsamiglia et envoyés à l’état-major FTP. Des agents américains en civil qui se trouvent au PC de Jean Calsamiglia, prennent également connaissance de ces documents. Traduits dans la soirée, ces documents révèlent que le Haut Commandement allemand donne l’ordre aux troupes en action autour de Nice de se replier vers l’Italie à partir de 18h00. Le repli doit se faire en contournant Nice, « infestée de terroristes ». Il y a également les plans de repli des troupes ennemies. Ces documents sont envoyés par le F.T.P.F. commandant Moreno au PC américain de Grasse46.
Vers 17h00, la Feldkommandantur apprend qu’elle doit se joindre au mouvement de retraite des troupes qui abandonnent la ligne de front de la rive est du Var. Le mouvement de retraite est prévu entre 20 et 21h0042.

Vers 17h00, le dépôt Saint-Roch est sous le tir des pièces allemandes situées l’une à la caserne Auvare, l’autre boulevard de l’Armée des Alpes. L’observatoire aménagé par les résistants, le bâtiment des mécaniciens et l’entrée sont touchés. Des unités d’infanterie attaquent vers 18h00 depuis les pentes du Mont-Alban. Vers 19h00, un groupe d’une trentaine d’Allemands lance une attaque qui est repoussée. Les Allemands cherchent encore à assurer leur repli vers L’Escarène et Sospel30.
Quartier Riquier, les Allemands mitraillent les rues. Ils fuient à pieds et en voiture par la rue Barla du Centre-ville vers la Moyenne Corniche. Ils sont sous le feu des résistants depuis les toits et les fenêtres. Un balle frôle les F.T.P.F. César Martini et son frère sous les ordres de Laurent Giaume30. Leur camarade Raymond Albin est atteint d’une balle dans le ventre. Il est transporté dans l’abri sous la place Arson et décède peu après vers 14 heures30.

Un dépôt clandestin de vivres est organisé rue Fodéré prolongée près du port. Il est gardé par Édouard Bertand, Carrara et Marie Bocchiardo (son frère a été fusillé à l’Ariane le 15 août 1944). Les combattants des différents quartiers viennent chercher des vivres et donnent en échange un papier convenu. Tout l’après-midi, les gardes du dépôt voient passer des soldats allemands à pieds et en camion boulevard Impératrice de Russie (actuel boulevard Lech Walesa). Ils suivent l’itinéraire jalonné par les blockhaus depuis la place de Riquier, la place Saluzzo (actuelle place Max Barel) et la route de Villefranche30.

L’après-midi vers 18h00, après d’âpres combats, les blockhaus du boulevard Gambetta, de l’avenue de la Victoire et de la place Saluzzo sont pris d’assaut30, mais la lutte se poursuit autour de certaines positions. Les Allemands comprennent en fin de journée qu’ils ne pourront faire face au soulèvement, et la Kriegsmarine évacue en hâte le Château, tandis que le général Nickelman informe son état-major général qu’il évacue la ville, selon lui « infestée de quatre mille terroristes »[réf. nécessaire].
Le blockhaus de Riquier est évacué dans la soirée. Martini dit « Pensée », l’occupe avec deux hommes. À peine entrés, un camion allemand passe avec une vingtaine de soldats et s’arrête devant l’entrée. Martini ouvre le feu avec son pistolet et vide le chargeur. Le camion démarre et part47.
Dans la soirée, dans le Vieux-Nice, place Garibaldi, un groupe de F.F.I. est attaqué par deux nids de mitrailleuses. Pendant le combat, alors que les F.F.I. sont sous les arcades, un convoi de six camions allemands passe sur la place. Les occupants ont ouvert le feu sur les F.F.I. qui répondent. Georges Damiot, gardien de la paix, tue trois Allemands. Paul Vallaghé, champion de tir, tue plusieurs Allemands avant d’être lui-même mortellement blessé. Vincent Joseph Boscarolo est lui aussi mortellement touché. Les servants allemands des mitrailleuses finissent par prendre la fuite. Les mitrailleuses du Château continuent à tirer47.
A 18h30, le résistant Fortuné Barralis dit René du groupe Lorraine est mortellement touché au passage à niveau par les tirs allemands en revenant d’une mission en service commandé rue Gutenberg (recherche de munitions et ramassage de blessés)48.
Vers 19h00 les artificiers allemands font sauter le port de Nice, deux môles, le phare, les grues, et coulent plusieurs navires à quai49. C’est la Kriegsmarine qui évacue le port et le château qu’elle avait commencé à fortifier50.
Toutes les unités reçoivent vers 19h00 l’ordre de rejoindre la Feldkommandantur avec leurs bagages. Une colonne de 7 camions et 14 voitures est formée. Sur chaque camion est montée une mitrailleuse. La colonne part à 19h50 et subit des tirs en provenance de l’intendance de police située avenue maréchal Foch. Les Allemands ripostent de toutes leurs armes et tirent sur toutes les fenêtres des maisons qui bordent la rue de la caserne. La colonne mitraille systématiquement les façades des habitations et grâce à sa supériorité de puissance de feu, elle parvient à quitter la ville sans pertes. La colonne arrive à Menton à 20h4051,50.
Toutes les forces allemandes se replient, mitraillant la ville au passage30 Les dernières unités allemandes stationnées sur les collines de Gairaut, Cimiez et Fabron ou en retraite depuis Levens quittent leurs positions vers 23h00. Elles descendent en convoi en mitraillant tous les immeubles de l’avenue de la Victoire avant de gagner Villefranche par la Basse Corniche49,52.
À Nice, les résistants s’organisent pour la nuit car ils craignent des attaques nocturnes. Les F.F.I. doivent monter sur les toits, ne tirer qu’à coup sûr à cause de la pénurie de munitions, renforcer les barricades, des sentinelles sont placées dans les rues53.
Dans la nuit tombante, boulevard de Cessole, des soldats polonais viennent se rendre aux F.F.I53.
Vers 21h00, la flotte alliée canonne les blockhaus du front de mer, déjà abandonnés par leurs occupants49,50.
Un drame se joue dans les jardins de la villa la Lanterne à Fabron où les allemands exécutent un par un 4 résistants arrêtés pendant la journée porteurs de brassards tricolores des F.F.I.. 2 survivent en faisant le mort (Albert Piccardo et Michel Frenkel), 2 autres sont achevés en étant égorgés à coups de couteau (Lucien Corbé et Joseph Aréna)54.
Le chiffre de 25 soldats allemands tués correspond au nombre de corps relevés par les F.F.I.. On ignore combien de morts se trouvaient dans les camions qui évacuent Nice1,2.
Quatre fascistes italiens, membres du bataillon Nizza, 215e bataillon des « chemises noires », sont également tués1,2.
Vers minuit, les insurgés niçois, handicapés par la pénurie de munitions, réalisent qu’ils sont maîtres de la ville. Ils demeurent cependant en alerte craignant une contre-attaque allemande49. Le lendemain matin, les FFI défilent victorieux dans les rues de Nice. Tout le monde attend maintenant l’arrivée des Américains49.
À Menton, les Allemands et les fascistes italiens du bataillon Nizza se vengent sur la population de la réussite de l’insurrection niçoise. Le 29 août, le maréchal des logis chef Deparday est abattu par les fascistes du bataillon Nizza dans la cour de la gendarmerie alors qu’il est en pantoufles55. Une plaque rappelle cette exécution à Menton au 21 rue de Sospel56. Le même jour, cinq civils sont accusés à tort d’avoir ouvert le feu contre des soldats allemands. Ils sont abattus au pied de leur résidence : Pierre Bonardi, Robert Marze, Jean et Antoinette Rambert, François Taglioni55. Une plaque commémorative rappelle ces exécutions impasse Mayen à Menton57.
29 et 30 août : l’arrivée des Américains[modifier]
Le 27 août, vers 18h00, les premiers chars américains ont libéré Saint-Laurent-du-Var. Il s’agit des chars de la colonne partie de la tête du pont et qui emprunte la route littorale. L’autre colonne atteint Grasse le 24 août puis Vence et gagne Gattières. Elle remonte la rive droite du Var et atteint Gilette dans la nuit du 25 au 26 août 1944. Elle rejoint là les FFI qui tentent de capturer Levens. Les Américains utilisent leur artillerie le 26 août contre les positions allemandes. Le 27 août, ils franchissent le Var et libèrent le verrou stratégique de Levens. Cependant, les Alliés s’attendent à une forte résistance allemande autour de Nice. Ils n’ont pas prévu de déclencher une attaque le 28 août. La flotte alliée bombarde les casemates allemandes installées sur la Promenade des Anglais à 23h00. Mais les casemates sont vides. Les Allemands ont déjà évacué ce secteur.
Au matin du 29 août, les FFI ne voient toujours pas arriver les Américains et craignent une contre-attaque allemande. Il faut donc les prévenir que Nice est libérée. Rottenberg, alias commandant Ro, un des chef des CFL, donne l’ordre à Joseph Arnaldi de se rendre au Pont du Var détruit par les bombardements alliés pour entrer en contact avec les Alliés à Saint-Laurent-du-Var. le résistant traverse le Var à gué au lieu-dit la Digue des Français. Joseph Arnaldi apprend aux Américains incrédules que les Allemands ont évacué la ville. Les émissaires proposent qu’un ou deux soldats américains viennent se rendre compte sur place. La proposition est acceptée. Guidés par Joseph Arnaldi, les soldats américains arrivent au Bar-Épicerie-Restaurant chez Trombetta où la population les fête. L’alcool coule à flots ! Puis Joseph Arnaldi amène les soldats au centre de la ville pour qu’ils se rendent compte que les Allemands sont effectivement partis. Il les reconduit ensuite. L’un d’eux fait son rapport à ses supérieurs : « Yes, libre, Nice… Good ! » puis il s’effondre tellement il est alcoolisé58. Dans l’après-midi, un petit détachement de soldats américains guidé par Joseph Arnaldi s’installe en ville. Il confirme par radio qu’il n’y a plus d’Allemands à Nice. Cependant le général Frederick a reçu des ordres du général Patch le soir du 28 août : interdiction de franchir le Var et attente de la relève des troupes françaises de l’armée régulière. Sur l’insistance du général Frederick qui craint des troubles, un bain de sang en cas de retour des Allemands et une mainmise communiste dans la ville, le général Patch autorise le franchissement du Var58.
Le 30 août, un convoi motorisé américain du 509e Régiment arrive par l’avenue de la Californie et la rue de France. il ne fait que passer pour éviter la dispersion des soldats dans les festivités de la libération. Les soldats continuent leur route en direction de Menton. Une foule en liesse les acclame sur leur parcours. D’ultimes coups de feu de « tireurs des toits » sont tirés sur les tout premiers parachutistes américains arrivant à pied, au carrefour du boulevard Gambetta et de la rue de France (le 29 ou le 30 août).
La visite du général De Gaulle le 9 avril 1945[modifier]

Le 9 avril 1945, le chef du Gouvernement provisoire de la République française accomplit une visite officielle dans le chef-lieu des Alpes-Maritimes59 à l’issue d’une tournée d’inspection militaire qui l’a conduit sur le Rhin et dans les Alpes (Grenoble, Saint-Pierre-d’Albigny, Beaulieu). Cette visite est assez tardive si l’on compare les visites qu’il a effectuées à Marseille et Toulon dès le 15 septembre 1944.
Cette visite a lieu la veille de l’offensive des troupes françaises sur les dernière positions allemandes tenues dans le nord du département par 600 hommes dans le massif de l’Authion.
De Gaulle se recueille au Monument aux morts de Rauba-Capeù avant de se rendre place Masséna où 60 000 à 100 000 personnes assistent à un premier discours du général tenu depuis le balcon du Casino municipal. De nombreux niçois se sont installés sur les toits et aux fenêtres. De Gaulle commence son discours par ces mots : « Nice libérée, Nice fière, Nice glorieuse, vient d’exprimer magnifiquement les sentiments de la population tout entière et ces sentiments-là, je vous le dis, ce sont ceux de toute la France. D’abord, ce que vous exprimez, c’est la fierté de la libération, tout ce qui a été souffert ici, tout ce qui a été souffert matériellement avec tant de privations et qui continue de l’être, mais surtout tout ce qui a été souffert moralement dans ces quatre années atroces où dans le fond de l’abîme, Nice comme la Patrie entière se demandait si jamais allait reparaître le soleil de la liberté.
Nice n’a jamais renoncé à elle-même, ni renoncé à la France. Ah ! qu’ils étaient naïfs en même temps qu’insolents ceux qui avaient prétendu qu’on pourrait l’arracher à la France (…)59.
Après le discours, tous chantent La Marseillaise sur la place Masséna. De Gaulle se rend ensuite à la préfecture où il fait un nouveau discours puis se rend au balcon pour faire le V de la victoire. De Gaulle se rend ensuite à l’hôtel de ville pour un troisième discours.Polémiques sur l’insurrection et la libération de Nice

En 2006, une controverse a été provoquée par la sortie du livre de Joseph Girard intitulé La Résistance et la libération de Nice, la fin d’une légende. La thèse défendue par ce dernier est que la réussite de l’insurrection niçoise n’est pas due à une victoire du peuple en arme. S’appuyant sur un rapport rédigé en captivité après la guerre par le général de la 148e Division d’infanterie, Otto Fretter Pico, Joseph Girard démontre que le 28 août 1944, début de l’insurrection, les Allemands étaient déjà en train d’évacuer la ville et ne voulaient pas s’y maintenir. L’auteur veut ainsi faire apparaître que cette insurrection n’avait pas de justification militaire. Elle servait uniquement au PCF pour imposer son pouvoir sur la ville à la Libération.
Jean-Louis Panicacci a vigoureusement répondu au livre de Joseph Girard60. Il a tout d’abord relevé un grand nombre d’erreurs factuelles dans l’ouvrage de Joseph Girard. Il souligne que le rapport du général Otto Fretter Pico n’est pas une archive inédite et que le général n’est pas sûr des dates qu’il annonce.

D’autre part, Jean-Louis Panicacci produit lui aussi des documents allemands : les compte-rendus de la Feldkommandantur 994 de Nice du mois d’août 194461. La Feldkommandantur doit réaliser la liaison entre les autorités allemandes (commandement de la XIXe armée du général Wiese, Oberfeldkommandantur 894 P.C. à Avignon, commandement de la 148e Ersatz Division du général Otto Fretter Pico P.C. à Grasse) et les autorités françaises des Alpes-Maritimes (Préfecture, Intendance de police, gendarmerie). Elle est dirigée par le général de brigade Nickelmann et siège à l’hôtel Atlantic, boulevard Victor Hugo à Nice. Elle partage ses locaux avec la Feldgendarmerie. Elle possède des antennes locales à Grasse, Cannes et Menton.

Ces documents retrouvés en 1993 montrent que les Allemands voulaient retarder l’avance des Alliés par des combats d’arrière-garde à Nice. Les Allemands refusent ainsi le 18 août la demande du préfet de déclarer Nice ville ouverte car le front à leurs yeux est solide sur la rive est du Var. Le 19 août, une conférence a lieu à la Feldkommandantur pour discuter de la répression contre les terroristes et les mesures à prendre en cas d’insurrection. De plus, l’insurrection niçoise n’est pas une surprise pour les Allemands : elle est évoquée à la Feldkommandantur dès le 23 août. Les autorités allemandes n’ont pas l’intention de se retirer sans combattre et elles envisagent de bombarder la ville en cas de soulèvement. Le 25 août, les Allemands prévoient de résister à l’insurrection : les deux tiers des Feldgendarmes reçoivent l’ordre de rester à Nice. Le 27 août, la Feldkommandantur prévoit son transfert à Menton pour le 28 ou le 29 août. Le général Fretter Pico réclame de la Feldkommandantur qu’elle maintienne le calme dans la population pendant le retrait de ses troupes. Si l’évacuation des unités allemandes a commencé le 26 août, l’insurrection niçoise a obligé les unités allemandes encore présentes à décrocher de Nice plus tôt que prévu.

Concernant le rôle du PCF, Jean-Louis Panicacci rappelle que la réunion du Comité insurrectionnel du 27 août 1944 a réuni d’autres organisations que le PCF et les groupes qui lui sont liés. Enfin, l’insurrection niçoise a permis de limiter les destructions opérées par les Allemands en retraite (infrastructures de transports, usines…) et a poussé les Américains à franchir le Var.
D’autres historiens comme Alain Otho ont de plus replacé l’insurrection niçoise dans son contexte militaire et géographique départemental62. Ce dernier souligne notamment l’importance stratégique des libérations, le 27 août 1944, de Levens (un axe de repli pour les allemands est ainsi coupé) et de Saint-Laurent-du-Var (la route est désormais ouverte pour les troupes régulières alliées). Ces critiques ont fragilisé la démonstration de Joseph Girard.
Les Allemands organisent donc une retraite ordonnée et n’ont donc pas prévu d’évacuer Nice le 28 août 1944. Ils comptent mener des combats retardateurs pour faciliter leur retraite vers l’Italie du nord. Le bilan de ces débats permet de dégager plusieurs facteurs expliquant la libération de Nice. Il faut cependant préciser qu’en fait, l’addition de ces différents facteurs relève davantage du hasard que d’un véritable plan militaire concerté comme le soulève en 1987 Jacques Lécuyer, alias Sapin, dans son ouvrage Méfiez-vous du toréador1:
– La perte du contrôle du nord du département du fait de l’intense activité des maquis enregistrée depuis juillet : La garnison allemande de Saint-Martin-Vésubie s’est ainsi rendue aux maquisards le 16 août 1944. Les résistants du groupe Morgan ne parviennent cependant pas à capturer le col de Turini fin août.
– La prise définitive de Levens le 27 août par les Américains et les FFI : La voie de retraite par le nord du département vers le Piémont (ancienne route royale sarde) est coupée. Les Allemands ont lutté avec vigueur pour conserver Levens. La commune est ainsi libérée une première fois le 17 août par des forces FTPF dont la 8e compagnie. Dès le 23 août, les Allemands lancent plusieurs contre-offensives et reprennent la position le 24. Le lendemain, des effectifs importants sont engagés par les FFI pour reprendre le plateau : les compagnies Morgan, Pyra, Pierre, César, les 8e et 27e FTPF, le groupe François. Leur armement insuffisant et leur manque d’expérience militaire les font échouer. Des forces américaines, arrivées sur la rive droite du Var dans la nuit du 25 au 26, franchissent le fleuve et prennent Levens et la Roquette le 27 au soir après avoir copieusement pilonné le secteur. À tout moment, les occupants de Nice risquent donc de voir surgir sur leurs arrières une colonne ennemie. Le quartier de l’Ariane à l’est de Nice, les villages de Contes et de l’Escarène, les collines niçoises par Aspremont sont en effet à portée de Levens62.

- La prise de Saint-Laurent-du-Var qui a lieu le 27 août 1944 en fin d’après-midi : le général Frederick reçoit cependant l’ordre de ne pas franchir le Var le soir du 28 août. Prévenu seulement le 29 août de la situation à Nice, il envoie des soldats en reconnaissance pour vérifier que la ville est sécurisée. Il convainc le général Patch de l’autoriser à franchir le Var. La première colonne américaine traverse Nice le 30 août.
– L’insécurité qui règne à Nice pour les troupes allemandes suite à l’insurrection lancée le 28 août 1944. Si cette insurrection n’est pas une surprise, les Allemands ne parviennent ni à une estimation claire de la situation (la Feldkommandantur n’est mise au courant de l’insurrection qu’à 8h15) et du nombre d’insurgés ni à reprendre le contrôle des secteurs occupées par les FFI (comme au passage à niveau).
Face à cette situation, le commandement allemand décide finalement d’évacuer la ville de Nice en fin de journée.

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Liste des résistants tués dans l’insurrection ou décédés des suites de leurs blessures
Une petite étoile indique les résistants pour lesquels il existe une plaque commémorative, un monument commémoratif ou une stèle.
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Les 29 résistants tués dans le cadre des combats
1. Raymond Albin* né le 21 février 1921 à Pignans : Sous-lieutenant F.F.I., F.T.P.F, 36e Cie de Provence, secteur Nice-Est, groupe Laurel. Chauffeur-mécanicien domicilié 4 rue de Villars à Nice. Membre de la Résistance depuis juillet 1943 (pseudo Fernand). Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice. Il organise son détachement dans le secteur ouest de la place Arson. Il est mortellement blessé au ventre à 14 heures par un membre du P.P.F. à côté de son chef Antoine Anelli (commandant Guignant) qui le porte au P.C. du quartier de Riquier, école Barla. Les pompiers le transportent à l’hôpital Saint-Roch mais il est déjà décédé. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-450463. Son nom est inscrit sur le Monument Aux Morts de Riquier à Nice, une plaque commémorative qui rappelle son décès à l’angle des rues Scaliero et Auguste Gal, sur la grille du parc place Arson, sur lecénotaphe commémorant la libération de Nice situé à l’angle du boulevard Joseph Garnier et du carrefour du 28-Août à Nice64,3065.
2. Eugène Alentchenko* né le 15 décembre 1923 à Nice : Caporal F.F.I., membre du mouvement Combat puis des Corps Francs de Libération (C.F.L.), groupe Joffre (Albert Geoffroy) de la Compagnie des Eaux de Nice et des F.T.P.F., 36e Cie de Provence, secteur de Nice. Chauffeur employé à la compagnie des eaux domicilié 19, rue de El Nouzah à Nice. Entré en résistance en juillet 1943 (distribution de tracts, transport d’armes, renseignements…) dans le mouvement Combat puis au sein des Corps Francs de la Libération (C.F.L.). Il participe aux combats pour la libération de Nice (28 août 1944. Il est présent le matin au passage à niveau (carrefour du 28 août) et est envoyé en mission auprès du groupe Mignon (G.F.R. – C.F.L.). Il prend position avec Julien Guidi sur le toit de l’immeuble du 2 rue Defly pour réduire au silence le fusil-mitrailleur allemand placé en batterie à l’angle du pont Garibaldi et du quai Saint Jean-Baptiste. Il est repéré alors qu’il tire sur les allemands et mortellement touché à la tête vers seize heures. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-461066. Son nom est inscrit sur le Monument Aux Morts du quartier Riquier à Nice et une plaque commémorative qui rappelle son décès au 2, rue Defly à Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle6,6768.
3. Joseph Aréna et Lucien Corbé sont arrêtés le 28 août 1944 par les allemands après avoir franchi le fleuve Var pour rejoindre l’insurrection. Ils sont porteurs de brassards tricolores. Ils sont emmenés à la gare Saint-Augustin pour interrogatoire et regroupés avec 2 autres F.F.I. arrêtés (Albert Piccardo et Michel Frenkel). Ils sont tous les 4 emmenés à la villa la Lanterne à Fabron à Nice. Vers 21h50, ils sont exécutés chacun leur tour d’une balle de revolver par un officier allemand. Albert Piccardo et Michel Frenkel font le mort et réussissent à s’enfuir ensuite. Lucien Corbé et Joseph Aréna sont achevés en ayant la gorge tranchée au couteau. Leurs corps sont retrouvés par les F.F.I. le 29 août sur les indications d’Albert Piccardo54.
4. Joseph Aréna né le 2 août 1899 à Monaco : F.F.I.. Domicilié 75 boulevard d’Italie à Cannes. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-889469,54.
5. Lucien Corbé né le 4 octobre 1886 à Pontchâteau : F.F.I.. Domicilié 3, rue commandant André à Cannes. Son nom est inscrit sur le Monument Aux Morts de Cannes (06). Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle54.
6. Auguste Arnaudo* né le 18 mai 1923 à Saluzzo en Italie : F.F.I. Le 1er mai 1943, il rejoint les Corps Francs de la Libération (C.F.L.) et le groupe Léon (commandant Pascal FARAUT). Agent de liaison. Apprenti chauffage central domicilié 4 rue du marché à Nice. Mortellement blessé dans les combats de la libération de Nice le 28 août 1944. Touché à la tête par un éclat d’obus de mortier tiré depuis la position du château tenue par les allemands. Transporté au poste de secours de la place du palais par le commandant Léon. Il est soigné par Pierre Péraldi, médecin du Comité médical de la Résistance, lieutenant du groupe Lenoir. Il est transporté le soir même à l’hôpital Saint-Roch où il décède le 1er septembre à 10 heures. Reconnu Mort pour la France. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative place du palais de justice inaugurée le 28 août 20127071.
7. Arisdakesse Arzoumanian né le 18 mai 1907 à Constantinople : F.F.I.. Il combat dans l’armée française à partir de janvier 1940 au 203e R.I.A. comme adjudant des transmissions. Démobilisé le 27 juillet 1940. Naturalisé en 1943. Menuisier domicilié 47 avenue Georges Clémenceau à Nice. Membre de la Résistance sous les ordres du capitaine Paul (Paul Cavénago) dès sa libération militaire. C.F.L. à partir de juillet 1943, groupe Lorraine, secteur Nice-Nord. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice. Il commande une section de 10 hommes dans le secteur de la place Gambetta (actuelle place du général De Gaulle). Il doit interdire aux allemands l’accès de l’avenue Malausséna. Il est mortellement blessé près de la place Gambetta après une résistance de 4 heures. Décédé à 16h30 à l’hôpital saint-Roch. Il est reconnu Mort pour la France. Son nom est inscrit sous l’orthographe Aristakes Arsomanian sur le cénotaphe commémorant la libération de Nice situé à l’angle du boulevard Joseph-Garnier et du carrefour du 28-Août72,6773.
8. Jean Badino* né le 8 avril 1896 à Vicoforte) en Italie) : F.F.I., membre des C.F.L., groupe Vérola (Émile Vérola alias Véran). Garçon limonadier naturalisé en 1933 et domicilié 1 bis place du palais de justice à Nice. Il rejoint les Corps Francs de la Libération (C.F.L.) en 194. Il participe aux combats pour la libération de Nice le 28 août 1944. Tué à 17 heures par éclat d’obus de mortier allemand tiré du château devant son domicile place du palais de justice à Nice au moment où il quitte son chef de groupe Vérola. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-1184674. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative place du palais de justice à Nice inaugurée le 28 août 20127576.
9. Jean Ballestra* né le 20 juin 1924 à Nice : F.F.I., membre des F.T.P.F., groupe Lenoir (André Verdy) sous les ordres du lieutenant René Bensaïd. Employé de la S.N.C.F. domicilié 27 avenue de Pessicart à Nice. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice dès 6 heures au passage à niveau du boulevard Gambetta. Grièvement blessé à la tête vers 20h30 près d’un abri par des éclats d’obus au carrefour de l’avenue de pessicart et de l’avenue Buenos Ayres près de l’école Nazareth, il est transporté au poste de secours de l’école Nazareth mais il est déjà décédé. Son corps est transporté à la clinique Sainte-Marguerite rue Mantéga. Le lendemain, le groupe Bensaïd lui rend hommage en devenant le groupe Ballestra. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-1281677. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 4ème canton de Nice, le monument commémoratif de la Libération de Nice (nom Balestra) et la plaque commémorative au 2 boulevard de Cessole à Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré militaire n°58, tombe individuelle78,677980.
10. Fortuné Barralis* né le 18 octobre 1921 à Nice : Sous-lieutenant C.F.L. – F.F.I., membre du groupe Lorraine. Pseudo René. Membre de la Croix Rouge Française. Étudiant domicilié 8 rue Palermo à Nice. Membre de la Résistance depuis mai 1943 sous les ordres du capitaine Paul (Paul Cavénago). Venu du mouvement Combat. Le 28 août 1944, il participe aux combats de la Libération de Nice autour du passage à niveau du boulevard Gambetta (actuel carrefour du 28 août) eu sein du groupe Lorraine sous les ordres du lieutenant Cyclamen (Jacques Antoine). Mortellement touché à 20 heures au passage à niveau par les tirs allemands en revenant d’une mission en service commandé rue Gutenberg (recherche de munitions et ramassage de blessés). Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-1438981. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 4ème canton de Nice (nom Baralis), le monument commémoratif de la Libération de Nice et la plaque commémorative au 2 boulevard de Cessole à Nice78,6782.
11. Auguste Bogniot* né le 18 août 1910 à Draguignan : F.F.I., membre du mouvement Combat (Résistance), groupe Gérôme puis Augier. Une formation de combattants isolés et de membres du groupe Gérôme attaque une voiture allemande place Gambetta. L’un des 3 occupants est tué par une grenade. Les 2 autres se réfugient dans l’immeuble de la pharmacie. Auguste BOGNIOT est abattu à 14 heures devant le Crédit Lyonnais (actuel Crédit Agricole) situé place Gambetta (actuelle place De Gaulle) à l’angle de la rue Raiberti par une rafale de mitraillette tirée depuis la gare du Sud. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-2540783. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative située place De-Gaulle, sur le monument aux morts de Cimiez à Nice et sur le cénotaphe commémorant la libération de Nice situé à l’angle du boulevard Joseph-Garnier et du carrefour du 28-Août. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré militaire n°48, tombe individuelle78,6784.
12. Louis Maurice dit Maurice Borrelli né le 10 juillet 1904 à Nice : Agent de laboratoire domicilié 10 rue Gioffredo à Nice. Mortellement blessé en face de son domicile par un tir allemand le 28 aout 1944 dans les combats de la Libération de Nice alors qu’il se rend au lycée pour combattre. Décédé à 16 heures à l’hôpital Saint-Roch à Nice. Reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 5, tombe individuelle85[réf. insuffisante].
13. Vincent Boscarolo* né le 19 mars 1908 à Verceil, en Italie : F.F.I., membre des Corps Francs de la Libération (CFL), Groupe Léon, Compagnie Julien. Surnommé Tenda. Naturalisé en 1939. Membre des Corps Francs de la Libération (C.F.L.) depuis septembre 1943, groupe Léon, Compagnie Julien. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice. Au début de l’après-midi, les allemands réussissent à installer 2 mitrailleuses lourdes et un canon de 25mm sur la place Garibaldi. Avec son groupe, il attaque à plusieurs reprises le canon et abat 4 allemands. Au 3ème assaut vers 18 heures, il tente de ramener le canon dont les servants ont été tués mais est abattu par des tirs provenant d’un convoi allemand de 6 camions qui passe place Garibaldi. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-2748986. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative des résistants du 1er canton à l’hôtel de ville de Nice, une plaque commémorative place Garibaldi à Nice et place commémorative sur le mur extérieur de l’église Saint-Augustin à Nice. Son est orthographié Boscarollo sur les plaques commémoratives et Boscarolo à l’état-civil87,6788.
14. Roger Boyer* né le 24 avril 1911 à Méailles : F.F.I., membre des F.T.P.F., 6e Cie de Nice. Peintre en bâtiment domicilié lotissement Lorenzi, 54 de l’avenue Saint Barthélemy à Nice. Il participe aux combats de Lambruisse et des gorges de Chabrières à Vars (05) avant d’être envoyé dans les Alpes-Maritimes. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice au passage à niveau dès 6h30. Blessé en voulant désarmer des allemands, il refuse d’être évacué. Tué vers onze heures sous le tir d’un obus de mortier tiré par les allemands depuis la colline de Gairaut. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-3243989. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 4ème canton de Nice, le monument commémoratif de la Libération de Nice et la plaque commémorative au 2 boulevard de Cessole à Nice. Un square porte son nom à Nice (06) depuis 194690,6791.
15. Venance Cantergiani* né le 18 mai 1904 à Pavullo nel Frignano en Italie : F.F.I., Milice Patriotique, groupe Fiandino (François Fiandino. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice. Tué vers 15 heures à Sainte-Marguerite dans un accrochage avec des Allemands venant de Saint-Isidore à Nice. Il abat un allemand mais est abattu à son tour par un autre allemand dans un pré de la propriété Saïssi, chemin Sainte-Marguerite. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-3781992. Une plaque commémorative située au niveau du 231, avenue Sainte-Marguerite, près du jardin public, rappelle son décès. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 14e canton de Nice87,6793.
16. Adolphe Carmine né le 3 octobre 1923 à Grasse : F.F.I.., membre de la Résistance depuis février 1942, C.F.L. sous les ordres du capitaine Paul (Paul Cavénago). Préparateur en pharmacie domicilié 9 bis avenue Audiffret à Nice. Il est mortellement blessé dans les combats autour du carrefour du 28-Août et décède vers minuit au 12 boulevard Tzarevitch (clinique du Belvédère). Il est reconnu Mort pour la France. Son nom est inscrit sur le cénotaphe commémorant la libération de Nice situé à l’angle du boulevard Joseph-Garnier et du carrefour du 28-Août. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle72,6794.
17. Lucien Chervin* né le 20 mai 1900 à Paris 14ème arrondissement : F.F.I., membre des F.T.P.F.. Teinturier domicilié 29 bis avenue Montclar à Nice. Membre des F.T.P.F. depuis juillet 1943. Nommé chef de détachement le 5 mai 1944. Participe aux combats pour la Libération de Nice sous les ordres du commandant Souny (Philippe Giovannini). Présent dès l’aube au passage à niveau (actuel carrefour du 28 août). À partir de 8h30 et jusque 10h30, une fusillade éclate avec des troupes allemandes qui remontent le boulevard Gambetta pour reprendre le contrôle du passage à niveau. Auguste Gouirand et Lucien Chervin sont retranchés derrière le kiosque à journaux situé à quelques dizaines de mètres du passage à niveau. Ils sont tous les deux grièvement blessés d’une balle reçue en pleine tête. Ils sont évacués vers la clinique Sainte-Marguerite rue Mantéga. Lucien Chervin y décède à 20 heures. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-4420895. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 4ème canton de Nice, le monument commémoratif de la Libération de Nice et la plaque commémorative au 2 boulevard de Cessole à Nice. Il est inhumé à la nécropole nationale de Luynes à Aix-en-Provence, carré E, rang n° 10, tombe individuelle n° 3878,6796.
18. Alphonse Cornil* né le 26 octobre 1879 à Mouscron (Belgique) : Adjudant-chef F.F.I., membre des F.T.P.F., groupe René. Rejoint la résistance en janvier 1942. Corps Franc d’Encadrement des F.T.P.F., groupe René (René Canta). Domicilié 19 avenue Saint-Joseph à Nice dans un immeuble de 4 étages coiffé d’une tonnelle d’où il aide la Résistance en tant que guetteur. Manœuvre à Schneider à Nice. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice autour du passage à niveau (actuel carrefour du 28 août). Il est tué vers dix heures par une rafale de balles tirée par les allemands alors qu’il se trouve en position avancée au niveau du 130 boulevard Gambetta. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-10828297. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 4ème canton de Nice, sur le monument commémoratif de la Libération de Nice et la plaque commémorative située 130 boulevard Gambetta à Nice78,6798.
19. Marius Fantino* né le 30 octobre 1900 à Nice : F.F.I., adjudant-chef F.T.P.F., groupe René (René Canta), Milices Patriotiques. Membre des F.T.P.F. depuis juillet 1943. Pseudo Camille Dumont, Serge III. Interné en 1941 au fort Saint-Nicolas de Marseille lors de l’affaire des cheminots. Relâché faute de preuves. En juin 1943, il devient chef-adjoint du groupe de combat de la S.N.C.F. du lieutenant Auguste VERMEIL (sabotages, liaisons avec les maquis de Thoard, La Robine-sur-Galabre et Mont-Siron dans le 04). Conducteur d’autorail domicilié 63, boulevard de la Madeleine à Nice. Il est abattu par un groupe d’allemands vers 19 heures devant l’hôpital Pasteur à Nice. Grièvement blessé, il décède le lendemain à 15 heures à l’hôpital Pasteur. Il est reconnu Mort pour la France, au 24 de la voie romaine, à droite du portail de l’entrée de la blanchisserie de l’hôpital Pasteur, se trouve une plaque commémorative érigée en sa mémoire. Il est inscrit sur le Monument Aux Morts de Cimiez à Nice, Monument Aux Morts de la gare Saint-Roch et sur le Monument Aux Morts de la gare Saint-Charles à Marseille99,87,67>100.
20. Jean Gironne* né le 24 janvier 1922 à Bollène : F.F.I., F.T.P.F., groupe René (René Canta), section Police 78P.R., groupe Combat de Roquesteron. Gardien de la paix domicilié 17, rue Lamartine à Nice. Nombreuses missions dans le 06, le 84 et le 04. Agent du service S.R.. Posté sur la tourelle du Lycée de Garçons Félix Faure rue Désiré Niel, il mitraille les allemands qui tentent d’atteindre un des portails d’entrée. Mortellement atteint à 15 heures par une rafle de mitraillette tirée depuis un immeuble voisin. Décédé pendant son transfert au poste de secours. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-193277101. Médaille d’Or de la police avec citation. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative au 8, rue Désiré Niel à Nice et sur la plaque commémorative 1939-1945 des policiers morts pour la France à la caserne Auvare à Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 42, tombe familiale102,67103.
21. Joseph Giuge* né le 5 juin 1906 à Nice : F.F.I., C.F.L., membre du groupe Lenoir, secteur Nice, Milices Patriotiques (M.P.). Concierge à la mairie de Nice. Son frère Charles Giuge est tué dans le bombardement a&rien allié du 26 mai 1944 sur Nice. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice. Il assure le ravitaillement du groupe Lenoir qui occupe la mairie. Il traverse à deux reprises la zone de feu. En revenant de sa seconde mission, il est abattu à 10 heures rue Saint-François-de-Paule par les allemands occupants le blockhaus du square Albert 1er. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-193362104. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de la Résistance à la mairie de Nice, la plaque commémorative de l’église Saint-Augustin à Nice et une plaque commémorative rue Saint-François-de-Paule à Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 27, tombe familiale87,67105.
22. Jean Gordolon* né le 30 juillet 1923 à Nice : Sous-lieutenant F.F.I., membre des C.F.L., groupe Pascal. Étudiant en droit domicilié 24, rue Théodore de Banville à Nice. Membre de la Résistance depuis juin 1944. Il appartient au réseau 1942 HI-HI dont le chef de réseau est Suzanne Bertillon. Il se trouve à Nice lors du débarquement de Provence. Ne pouvant plus rejoindre sa base, il se met à la disposition de la Résistance locale. Le 28 août 1944, il participe à l’insurrection de Nice. Il assure la liaison entre les C.F.L. du groupe Pascal et les F.T.P.F. du groupe Lenoir qui occupent la mairie. Il est abattu par une rafale de mitrailleuse en traversant la rue Saint-François de Paule. Touché au ventre, il est transporté à l’hôpital Saint-Roch puis dans une clinique. Décédé à son domicile à 19h30 des suites de péritonite par perforation intestinale par projectile de guerre. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-195860106. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de la résistance à l’hôtel de ville de Nice et une plaque commémorative rue Saint-François-de-Paule à Nice inaugurée le 28 août 2012. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 19, tombe familiale67,107108.
23. Auguste Gouirand* né le 17 juin 1902 à Nice : F.F.I. membre des F.T.P.F. et du mouvement Combat. Domicilié 50, avenue Montplaisir à Nice. Il rejoint la Résistance en juillet 1943. Présent dès l’aube au passage à niveau (actuel carrefour du 28 août). À partir de 8h30 et jusque 10h30, une fusillade éclate avec des troupes allemandes qui remontent le boulevard Gambetta pour reprendre le contrôle du passage à niveau. Auguste Gouirand et Lucien Chervin sont retranchés derrière le kiosque à journaux situé à quelques dizaines de mètres du passage à niveau. Ils sont tous les deux grièvement blessés d’une balle reçue en pleine tête. Ils sont évacués vers la clinique rue Mantéga. Auguste Gouirand y décède le 1er septembre 1944 à 16 heures. Il est reconnu Mort pour la France. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 4ème canton de Nice et le monument commémoratif de la Libération de Nice et la plaque commémorative au 2 boulevard de Cessole à Nice78,67109.
24. Jean (Juan) Moralès* né le 14 janvier 1894 à Cieza en Espagne : Adjudant-chef des F.F.I., membre des F.T.P.F., groupe René. Garde-voies domicilié 27, rue de France à Nice. Membre du groupe René (René Canta) depuis janvier 1942. Agent de liaison vers les maquis du Var et des Basses-Alpes puis il participe à l’organisation du Corps-Franc René. Mortellement blessé rue de la préfecture le 28 août 1944 lors des combats pour la Libération de Nice (06). Il occupe la Préfecture Q.G. du groupe René). Il reçoit l’ordre de partir en patrouille offensive avec ses hommes. Alors qu’il regagne sa position avec son détachement, place du Palais, il attaque un puissant groupe ennemi. Il est atteint par un éclat d’obus et une balle au cerveau à 15h40 en voulant porter secours à un camarade blessé. Transporté à l’hôpital Saint-Roch où il décède à 22h15. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-97671110. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de la Résistance à l’hôtel de ville de Nice et une plaque commémorative inaugurée rue de la préfecture puis transférée place du Palais de Justice à Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré militaire n°60, tombe individuelle111,67112.
25. Michel Ravera* né le 1er mai 1927 à Pareto) en Italie : F.F.I. membre des F.T.P.F., groupe René (René Canta) et de l’A.S., groupe Fieschi (Nicolas Fieschi). Il est domicilié quartier Sainte-Marguerite, propriété Teisseire à Nice. Il rejoint la Résistance en janvier 1944 au sein de l’Armée Secrète (A.S.) sous les ordres du chef de sous-groupe Nicolas Fieschi (Max B.801). Pseudo François/3, le plombier. Le 28 août 1944, il reçoit l’ordre de renseigner son chef de groupe sur les mouvements des troupes allemands stationnées dans la propriété de ses parents. Les allemands tirent alors des obus sur les troupes américaines stationnées sur l’autre rive du Var. Il est alors mortellement blessé par les éclats d’un obus tombé non loin de lui. Il décède peu après à 17 heures au domicile familial. Son nom est inscrit sur le Monument Aux Morts de l’école Caucade à Nice et sur une plaque commémorative rajoutée sur ce même Monument Aux Morts et inaugurée le 28 août 2012. Une plaque rappelle sa mémoire sur la tombe familiale du carré 68 du cimetière de Caucade à Nice où il est inhumé. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-139624113114.
26. Basile Rossi* né le 15 mars 1927 à Nice : F.F.I. membre des F.T.P.F., groupe Lass. Apprenti domicilié chez ses parents 6 chemin de la Bornala à Canta Galet à Nice. Membre de la Résistance depuis juillet 1943. Groupe du capitaine Lass (Albertini) sous les ordres du commandant Souny (Philippe Giovannini). Il participe aux combats pour la Libération de Nice. Mortellement blessé avenue de la Bornala dans l’attaque d’une compagnie allemande en retraite. Avec 3 camarades, il attaque une traction avant transportant 4 allemands en provenance du chemin de Canta Galet et qui s’est arrêtée à leur niveau pour leur demander la route de l’Italie. Un allemand est tué, les 3 autres sont faits prisonniers et enfermés dans le garage de Joseph Brun. Une colonne d’allemands à pieds débouche alors précédé d’une voiture hippomobile. Voyant le cadavre du soldat allemand près de la voiture, la colonne met une mitrailleuse en batterie et arrose le secteur. Les 4 résistants sont cachés dans un champ de haricots et Basile Rossi est touché par une rafale au pied d’un figuier. La colonne poursuit sa route vers l’Italie. Basile Rossi est emmené à son domicile où il décède vers 17 heures. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-139624115. Une stèle commémorative honore sa mémoire et celles de deux autres résistants devant le square Louis-Maccagno situé à l’angle des boulevards Édouard-Herriot et Carlone. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 14e canton de Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 21, tombe familiale72,67116.
27. Roger André Simon* né le 31 mars 1925 à Nice : F.F.I.Membre des C.F.L. depuis 1943, groupe Académie du capitaine François Calvin sous les ordres de Parent (Jules Cousin). Électro-mécanicien domicilié 27 avenue de la Lanterne à Nice. Le 28 août 1944, il apprend l’insurrection et se procure une arme. Il cherche à rejoindre son groupe qui s’est emparé du central des PTT de Fabron le matin. Arrêté par une patrouille allemande à Carras. Il est torturé par les allemands dans un blockhaus de la promenade des anglais. Ils finissent par l’exécuter d’une balle de revolver avant de battre en retraite vers 23 heures. Il est reconnu Mort pour la France. Un petit square dans lequel se trouve une plaque commémorative rappelle cette exécution à l’angle des avenues de la Californie et Saint-Augustin. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 14e canton de Nice117,67118.
28. Antoine François Suarez* né le 3 avril 1905 à Bordeaux : F.F.I. lieutenant F.T.P.F. et responsable de la Milice patriotique au dépôt des Transports de Nice et du Littoral (T.N.L.). Militant cégétiste abattu vers 13h50 d’une balle en pleine tête par une rafale allemande à proximité du dépôt Cie T.N.L. à Riquier, 13 boulevard Sainte-Agathe (actuel Boulevard général Louis Delfino). Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-154527119. Son nom est inscrit sur le Monument Aux Morts de Riquier à Nice et sur celui de La Trinité (Alpes-Maritimes). Un square porte son nom face au 99 rue de Roquebillière. Une plaque commémorative s’y trouve. Un boulevard porte son nom à La Trinité (Alpes-Maritimes). Il est inhumé au cimetière communal de La Trinité, allée 4, tombe familiale120,37121.
29. Paul Vallaghé* né le 5 août 1920 à Menton : F.F.I., F.T.P.F. membre du groupe René (René Canta), chef adjoint du sous-groupe Corps franc d’Encadrement/1. Liaisons avec les maquis français et italiens, passages et guide de clandestins et de parachutistes alliés, instructeur. Domicilié place du marché à Saint-Martin-Vésubie puis 14 rue de Lépante à Nice. Moniteur de ski et champion de tir. Dans la soirée, Paul Vallaghé attaque à lui seul un détachement de 9 allemands qui commande le tir d’une pièce d’artillerie légère de la place Garibaldi et pilonne les positions des F.F.I.. Il abat les 9 servants puis s’élance pour s’emparer de la pièce d’artillerie. Il entreprend de la ramener vers le Lycée de garçons mais une rafale de mitrailleuse l’atteint dans les reins. Il est transporté à l’hôpital Saint-Roch où il décède à 21 heures. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-170432122. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative située dans la basilique Saint-Michel à Menton, sur le Monument Aux Morts du cimetière du Trabuquet à Menton, sur une plaque commémorative sous les arcades de la place Garibaldi à Nice et sur le Monument Aux Morts de Saint-Martin-Vésubie. Le square dans lequel se trouve le Monument Aux Morts de Saint-Martin-Vésubie se nomme le square Paul Vallaghé87,67123.
30. Verdun Vial* né le 3 octobre 1916 à Nice : F.F.I., secteur Nice, groupe Lenoir. Gardien de la paix, membre de la Renaissance. Domicilié 13 rue François Guisol à Nice. Le 28 août 1944, il occupe volontairement une position exposée et est mortellement blessé dans la matinée alors qu’il se trouve sur les marches reliant la descente Crotti au boulevard Mac-Mahon (actuellement avenue Jean Jaurès) à Nice. Décédé le 2 septembre 1944 à 7 heures à la clinique Saint-Antoine à Nice. Il est reconnu Mort pour la France. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de l’église Sainte-Claire à Nice, la plaque commémorative des résistants du 1er canton à l’hôtel de ville de Nice, une plaque commémorative descente Crotti à Nice, la plaque commémorative de l’église Saint-Augustin à Nice et la plaque commémorative 1939-1945 des policiers morts pour la France à la caserne Auvare à Nice. Il est inhumé au cimetière communal du château à Nice, tombe familiale102,67124.

Les 6 résistants tués indirectement

1. René Bensaïd* né le 2 décembre 1921 à Chéraga (Algérie) : Lieutenant FFI du groupe Lenoir, membre des Corps Francs de la Libération (CFL). Étudiant domicilié 6, rue de Bruxelles à Nice. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice en commandant son groupe C.F.L. au passage à niveau. Mortellement blessé le 4 septembre 1944 à 13 heures par un résistant d’un groupe F.F.I. venu réclamer des armes à l’hôtel Terminus en face de la gare centrale de Nice. Deux coups de mitraillette sten partent accidentellement lors de cet échange animé entre les F.F.I.. René Bensaïd est évacué à l’hôpital Saint-Roch où il décède à 14h30 – Acte de décès dressé le 6 septembre 1944 à Nice. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative située à l’angle de l’avenue Thiers et de la rue Paganini et sur le monument commémoratif des résistants du 4e canton de Nice situé dans le jardin Alsace-Lorraine. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 38, tombe familiale6,125.
2. Sauveur Bernardo* né le 26 novembre 1918 à Palazzolo (Italie) : F.F.I., membre des Milices Patriotiques (M.P.), groupe Francis Suarez. Plombier domicilié 11 rue de la Providence à Nice. Il participe le 28 août 1944 aux combats pour la libération de Nice. Le lendemain, il est abattu par son chef de groupe lors d’une dispute concernant la possession d’un revolver. Sauveur Bernardo est mortellement blessé sous le pont de la voie ferrée entre le boulevard Riquier et le boulevard de l’armée des Alpes. Il est mortellement blessé sous le pont de la voie ferrée entre le boulevard Riquier et le boulevard de l’armée des Alpes. Évacué dans un blockhaus place de Riquier où il décède à 18 heures. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative là où il fut blessé, sur le Monument Aux Morts de Riquier à Nice, sur la plaque commémorative de l’église Sainte-Claire à Nice, la plaque commémorative de la Résistance à l’hôtel de ville de Nice et la plaque commémorative située sur la façade extérieure de l’église Saint-Augustin à Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré militaire n°58, tombe individuelle. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-19533 (nom Bennardo)126,87127.
3. Maurice Charton né le 1er septembre 1919 à Purgerot : F.F.I., membre de l’A.S. et des F.T.P.F. Employé de commerce (garçon épicier) avec son beau-père domicilié 8 rue Gubernatis à Nice. Engagé volontaire en 1939 au 110e d’Aviation démobilisé en août 1942. Gaulliste. Pendant l’Occupation italienne, il rejoint l’A.S. (Armée Secrète) et le 2ème bureau sous les ordres du capitaine Guary domicilié dans la même rue au 17 dénoncé par un voisin P.P.F., Davo. Guary est arrêté en juin par l’OVRA ainsi que Maurice Charton le 24 juin. Conduit à la villa Lynwood à Nice puis déporté en Italie à Savone, Taggia et Modane. Un ami de la famille, Jooris, consul général de Belgique en France, se rend en Italie et obtient la libération de Charton. Il rentre à Nice le 10 novembre 1943. Les Allemands lui ont donné un laissez-passer qu’il garde en souvenir de sa libération. Il rejoint les F.T.P.F. niçois le 10 décembre 1943. Dénoncé, la Gestapo vient à 4 reprises avec des G.A.- P.P.F. à son domicile pour l’arrêter. Il quitte la région le 1er juin 1944 avec l’aide de Joseph Gallo et se rend le 4 juin 1944 à Dax où il se réfugie chez Jooris. Il travaille à la firme Gausin (coupe de bois pour les mines belges). Le 14 juillet 1944, il revient à Nice puis se rend à Clans avec son épouse et son fils jusqu’à la libération de Nice le 28 août 1944. Fin juillet 1944, il aide le groupe Morgan dans le secteur de Clans (renseignements et siège des Allemands stationnés à Bancairon le 10 août 1944). Il rentre à Nice après le 28 août pour se rendre disponible auprès des F.F.I. dont le siège est situé à l’hôtel Atlantic boulevard Victor Hugo. Il réalise plusieurs enquêtes comme auxiliaire du 2ème bureau et arrête plusieurs collaborateurs dont un ancien milicien portant un brassard F.F.I. Il saisit également du ravitaillement à des collaborationnistes. Il travaille seul. Le samedi 2 septembre, il est vu pour la dernière fois devant le siège de Combat avenue de la victoire à Nice. Il est ensuite arrêté par des F.T.P.F. et emprisonné dans les caves de l’hôtel Splendid, siège des F.T.P.F. niçois. Le 5 septembre 1944, vers 17 heures, un ami, Perress, venu pour un rendez-vous, le voit par une lucarne de la cave depuis la cour et échange quelques mots avec lui. Ce dernier lui demande de se rendre à l’hôtel Atlantic pour savoir quel est le motif de son arrestation qu’il ignore encore. Un F.T.P.F. interrompt alors l’échange car il est interdit de parler avec un prisonnier. 15 minutes plus tard, Perress voit sortir une automobile noire avec plusieurs hommes à bord dont des F.T.P.F. et Maurice Charton. Perress est alors arrêté par le F.T.P.F. qui l’avait empêché de parler avec le prisonnier et gardé à vue pendant 24 heures à l’hôtel Splendid. L’automobile est aperçue par des témoins boulevard de la madeleine à Nice se dirigeant vers la madeleine supérieure. 4 F.T.P.F. avec brassards tricolores et mitraillettes emmènent 2 prisonniers au vallon sabatier vers 18h. Vers 18h30, la voiture redescend sans les prisonniers. Ils ont été exécutés sans procès vers 18h30 dans un sentier longeant la colline de la costière. Un témoin assiste de loin à l’exécution et découvre les corps juste après le départ des F.T.P.F. Le corps de Maurice Charton est retrouvé face contre terre, le crâne explosé par une rafale de mitraillette. Il est identifié grâce à son alliance (avec la date du mariage gravée à l’intérieur) et sa chevalière. Son épouse vient le reconnaître le 6 septembre 1944 au reposoir du cimetière de Caucade à Nice. Le deuxième fusillé n’a pas été identifié. Un mot de Maurice Charton est reçu par un ami, le secrétaire de police Giovanelli le 6 ou le 7 septembre, transmis par une personne emprisonnée avec lui puis libérée. Il y explique qu’on prétend qu’il est un agent de la Gestapo car il a un laissez-passer allemand sur lui (celui de sa libération) mais en fait il semblait sur le point d’arrêter un F.T.P.F. Le laissez-passer aurait fourni un prétexte pour l’arrêter et ensuite l’exécuter. Personne ne se rappelle Maurice Charton parmi les responsables F.T.P.F. lors des passages de la police durant l’enquête. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-42776128. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 1, tombe familiale129[réf. insuffisante].
4. Antoine Genouillac* né le 6 février 1902 à Contes : F.F.I., membre des F.T.P.F., 30e Cie, Milices Patriotiques (M.P.). Membre de la Résistance depuis octobre 1941. Chauffeur domicilié 22, rue Scaliéro à Nice. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice. Membre des G.C.R., il est tué le 29 août à 18h30 dans une échauffourée avenue de la république à Nice en voulant procéder à l’arrestation des frères Monti, membres d’un groupe d’une quinzaine de chemises noires des secteurs république et risso. L’un des collaborateurs, Joseph Monti, est abattu sur le pont barla. Son nom est inscrit sur le Monument Aux Morts de Riquier à Nice-Riquier et sur une plaque commémorative située 42, avenue de la République à Nice. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-192332130,87,107>131.
5. Émile Krieger* né le 20 novembre 1890 à Sarreinsming : F.F.I. membre des F.T.P.F., groupe René (René Canta). Retraité de la Gendarmerie depuis le 7 mars 1940. Domicilié villa pervenche à Cimiez à Nice. En octobre 1941, il vend des journaux sur la promenade des anglais et est arrêté par la police française pour avoir crié « Goering arrêté ». Il rejoint la Résistance en octobre 1942 (renseignements, recrutement, ravitaillement). Pseudos A0445, Jean-Louis, Lamontre, Lacroix. Il participe aux combats pour la libération de Nice le 28 août 1944. Avec un groupe de résistants, il reçoit l’ordre d’attaquer les allemands présents à la villa Paradisio à Cimiez à Nice. Il essaie mais en vain de couper les voies de circulatio. Les allemands doivent cependant décrocher mais Émile Krieger, sans doute blessé en position avancée, est capturé. Il est emmené par les allemands dans leur retraite vers l’Italie. Il est ensuite déporté au K.L. Dachau (Allemagne) et décédé le 11 janvier 1945 à Innsbruck. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative au 24, boulevard de Cimiez et sur le Monument Aux Morts de Cimiez à Nice70132.
6. Antoine Souchon né le 8 février 1893 à Monistrol-sur-Loire : F.F.I., membre du mouvement Combat, groupe Deguin. Chauffeur domicilié 8 avenue Durante à Nice. Il est probablement abattu par une patrouille allemande le 27 août le long du Var, route de Grenoble, en relevant la position des mines dans le fleuve Var. Son corps est retrouvé le matin 28 août 1944. Il est Inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-161382133.

Les 32 civils tués à Nice

1. Jean Authement né le 13 juin 1914 à Créteil : Employé S.N.C.F. domicilié 53, boulevard de Cessole à Nice. Grièvement blessé par un tir allemand alors qu’il se rend au travail le matin de l’insurrection du 28 août 1944. Décédé à la clinique rue Mantéga vers seize heures. Son nom est inscrit sur le Monument Aux Morts de la gare Saint-Charles de Marseille 01, la plaque commémorative 1939-1945 des agents S.N.C.F. de la gare centrale de Nice et le monument commémoratif de la Libération de Nice (06) (nom Autheman). Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes de guerre, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
2. Dominique Baldelli né le 25 novembre 1896 à San Giustino (Italie) : Maçon. Tué à 10 heures à Saint-Isidore dans un bombardement allemand le jour de l’insurrection du 28 août 1944 à Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 41, tombe familiale134[réf. insuffisante].
3. Louise Barraya née le 21 novembre 1932 à Nice : Domiciliée 2 rue colombo à Nice. Décédée à 16 heures à son domicile le jour de l’insurrection du 28 août 1944 à Nice. Reconnue Mort pour la France. Elle est inhumée au cimetière communal de Caucade à Nice, carré K, tombe familiale135[réf. insuffisante].
4. Claire Bègue née le 27 novembre 1881 au Puy-en-Velay : Domiciliée 10 rue Puget à Nice. Décédée à 18 heures à son domicile le jour de l’insurrection du 28 août 1944 à Nice.Reconnue Mort pour la France136[réf. insuffisante].
5. Jean Bobichon* né le 6 novembre 1922 à Nice : F.F.I., membre du mouvement Libération-Sud. Surnommé Boby. Étudiant domicilié 5 rue de la préfecture à Nice. Citation à l’Ordre de la Croix rouge, Citation à l’Ordre de l’Armée, Croix de guerre avec palme. Membre des équipes d’urgence de la croix rouge française. Le 28 août 1944, il rejoint le poste de secours de la Croix Rouge française installé place du palais de justice. Au retour d’une évacuation vers l’hôpital Saint-Roch, l’équipe composée d’une infirmière avec uniforme et de deux infirmiers avec brassards de la C.R.F. est touchée près du poste de secours par un obus tiré par les allemands. Jean Bobichon est mortellement blessé. Décédé durant son transfert vers l’hôpital Saint-Roch vers 15h30. Il est reconnu Mort pour la France. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de la Résistance à l’hôtel de ville de Nice et sur une plaque commémorative sur la tour de la caserne Rusca, place du Palais de Justice6,67137138.
6. Gaston Bonfils né le 3 octobre 1898 à Nice : Taxi-vélo domicilié 12 rue Reine Jeanne à Nice. Tué le 28 août 1944 à 11 heures boulevard Gambetta dans les combats pour la libération de Nice. Reconnu Mort pour la France139[réf. insuffisante].
7. Laurent Calzia né le 2 juin 1898 à Nice : Représentant de commerce domicilié avenue de Cyrnos à Nice. Décédé à 17 heures à son domicile le 28 août 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Reconnu Mort pour la France140[réf. insuffisante].
8. Antoine Simon Codaccioni né le 11 février 1901 à Bilia : Surveillant de la S.N.C.F. domicilié 15 bis avenue des diables bleus à Nice. Le 28 août 1944, le jour de l’insurrection de Nice, il se trouve au travail dans la cour de la gare S.N.C.F.. Un allemand le voit et le prend pour un F.F.I.. Il lui tire une rafale de balles explosives. Grièvement blessé, il décède des suites de ses blessures le 1er septembre 1944 à 17 heures au 31, rue de Paris à Nice. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative 1939-1945 pour les agents S.N.C.F. de la gare centrale de Nice, le Monument Aux Morts de la gare Saint-Charles à Marseille 01 et le livre d’or de la résistance de Sartène. Il est reconnu Mort pour la France. Il est initialement inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré militaire 48, tombe individuelle. Son corps a depuis été transféré129[réf. insuffisante].
9. Amédée Degioanni né le 4 février 1872 à Aisone (Italie) : Cultivateur domicilié propriété Degioanni, quartier de l’Archet à Nice. Décédé à 16h45 à son domicile durant les combats de la Libération de Nice. Reconnu Mort pour la France141[réf. insuffisante].
10. Claude Demai né le 10 février 1888 à Sainte-Agnès : Employé à la S.N.C.F. domicilié 36 rue Reine Jeanne à Nice. Mortellement blessé par une balle allemande durant les combats pour la Libération de Nice le 28 août 1944. Il se trouve dans le square Saint-Étienne (actuel square Colonel Jeanpierre) alors qu’il vient de sortir du lieu surnommé P.V. (petite vitesse), dépendant de la gare centrale, pour rentrer à son domicile. Transporté à son domicile où il décède à 12h45. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative 1939-1945 pour les agents S.N.C.F. de la gare centrale de Nice et le Monument Aux Morts de la gare Saint-Charles à Marseille 01 et le livre d’or de la résistance de Sartène. Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes de guerres, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
11. Abel Durville né le 28 avril 1895 à Amilly : Hôtelier domicilié 45 rue de l’hôtel des postes à Nice. Mortellement blessé par un tir allemand et décédé à son domicile à 16h30 durant les combats pour la Libération de Nice le 28 août 1944. Reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 41, tombe familiale142[réf. insuffisante].
12. Mathilde Faugué née le 21 novembre 1910 à Nice : Domiciliée 1 rue Marceau à Nice (06. Tuée le 28 août 1944 lors des combats de la Libération de Nice. Mortellement blessée vers 10h30 en même temps que Paulette et Jean Sénémaud par les allemands. Les soldats de passage tirent depuis la route à bord des camions. Mathilde Faugué est touchée par un balle dans la gorge. Elle est évacuée mais décède à 21 heures à la clinique Mantéga. Elle est reconnue Mort pour la France143[réf. insuffisante].
13. Guillaume Franzini né le 15 avril 1890 à Diano Marina : Plombier-zingueur domicilié 49 boulevard Joseph Garnier à Nice. Il est grièvement blessé le 28 août 1944 dans les combats pour la libération de Nice (06). Il décède des suites de ses blessures le 17 mai 1947 à 8 heures à son domicile. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif de la Libération de Nice. Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 11, tombe familiale72.
14. Raoul Gauthier né le 24 novembre 1907 à Marseille : Musicien domicilié 2 rue François 1er à Nice. Employé comme musicien depuis 1941 par le cabaret Plantation 34 rue Masséna à Nice. Tué par les allemands le 28 août 1944 à Nice dans les combats de la Libération de Nice (06). Sorti de son domicile dans l’après-midi pour une raison inconnue, iIl arrive à l’angle des rues Alphonse Karr et François Ier. Un groupe d’allemands stationné boulevard Victor Hugo à la Feldkommandantur le voit et tire une rafale sur lui. Il est touché par une balle qui lui traverse le corps. Il s’affaisse et est secouru par des voisins dont son employeur Jacques Chapron. Transporté à son domicile, il y décède quelques instants plus tard à 17 heures. Corps transporté le lendemain à la morgue de l’hôpital Saint-Roch à Nice. Une restitution de corps aux frais de l’État a été demandée par sa soeur Antoinette Gauthier épouse Olive au cimetière d’Arles, caveau de Zoé Ténot de Lespinois, mais n’a pas eu lieu. Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
15. Camille Gorlero né le 30 juillet 1876 à Nice : Cultivateur domicilié propriété la vista chemin de Bellet à Nice. Décédé à 17 heures à son domicile le 28 aout 1944 durant les combats de la Libération de Nice. Reconnu Mort pour la France144[réf. insuffisante].
16. Élise Grunheber née le 8 septembre 1917 à Fontenoy-sur-Moselle : Domiciliée 43 avenue Giacobi à Nice. Mortellement blessée dans un bombardement lors des combats de la Libération de Nice. Décédée à six heures à son domicile le 31 août 1944. Reconnue Mort pour la France. Elle est inhumée au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle (nom Muller, son nom avant son divorce)145[réf. insuffisante].
17. Romulus Ioni né le 23 mars 1892 à Apecchio (Italie) : Matelassier domicilié 4 rue du Jésus à Nice. Naturalisé en 1927. Tué le 28 août 1944 durant les combats de la Libération de Nice. Tué par un obus de mortier rue centrale à 16 heures dans le bombardement allemand. Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
18. Constant Jeudy né le 3 avril 1875 à Campos (Brésil) : Secrétaire administratif domicilié 15 avenue Shakespeare à Nice. Mortellement blessé par une balle de mitrailleuse allemande le 28 août 1944 durant les combats de la Libération de Nice. Il est touché alors qu’il traverse le boulevard Gambetta pour se rendre à son travail. Décédé à 16 heures à l’hôpital Saint-Roch. Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
19. Josette Mélia née le 31 janvier 1924 à Nice : Secrétaire dactylographe au centre de réforme de la caserne Rusca à Nice domiciliée 9 rue Michel-Ange à Nice. Tuée à 15 heures dans les bombardements allemands du 28 août 1944 à Nice durant les combats de la Libération de Nice. Un éclat de mortier l’atteint alors qu’elle se trouve dans les locaux du centre de réforme de la caserne Rusca à Nice. Elle est reconnue Mort pour la France. Elle est inhumée au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
20. Ernestine Monti née le 17 octobre 897 à Agliano Terme (Italie) : Femme de ménage domiciliée 36 boulevard Dubouchage à Nice. Elle épouse un nommé Bosca. Décédée à 18 heures à l’hôpital Sant-Roch le 28 août 1944 à Nice (06) durant les combats de la Libération de Nice (06). Reconnue Mort pour la France146[réf. insuffisante].
21. Robert Petitnicolas né le 4 septembre 1900 à Saint-CloudNice : Placier domicilié 89 boulevard de Cambrai à Nice. Décédé à 20h30 31 rue de Paris le 28 aout 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Reconnu Mort pour la France147[réf. insuffisante].
22. Napoléon Polchi né le 24 avril 1896 à Nice : Menuisier domicilié 9 boulevard Tzarévitch à Nice. Décédé à 18 heures à son domicile le 28 aout 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Reconnu Mort pour la France148[réf. insuffisante].
23. Lina Polidori née le 23 octobre 1909 à Nice : Domiciliée 74 avenue Saint-Barthélémy à Nice. Tuée par une balle tirée par un soldat allemand le 28 août 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Décédée à son domicile à 15 heures. Elle est reconnue Mort pour la France. Elle est inhumée au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 4, tombe familiale149[réf. insuffisante].
24. Louis Quilico né le 24 avril 1896 à Nice : Employé de banque à la société Lyonnaise de Dépôt domicilié 4 rue du Jésus à Nice. Tué rue de la Préfecture à 8 heures par les allemands le 28 août 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Mention Mort pour la France refusée par manque d’informations précises sur les conditions du décès. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
25. Antoine Revoul né le 2 avril 1900 à Saint-Chamond : Employé. Tué le 28 août 1944 à 14 heures quai Galliéni dans les combats pour la libération de Nice. Reconnu Mort pour la France150[réf. insuffisante].
26. Axel Robertson-Proschowsky né le 24 juillet 1904 à Nice : Domicilié chemin des grottes rue des tropiques à Fabron à Nice. Mortellement blessé le 28 août 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Décédé à l’hôpital Saint-Roch à Nice à 19 heures le 28 août 1944. Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
27. Jean Sénémaud né le 5 juillet 1933 à Marseille : Domicilié 15 avenue Saint-Laurent à Nice. Tué le 28 août 1944 lors des combats de la Libération de Nice. Abattu chez lui à 10h30 avec sa petite sœur Paulette Sénémaud par les allemands. Les deux enfants se trouvent dans le jardin clôturé attenant à la demeure familiale. Les soldats de passage à bord de camions ont tiré depuis la route qui surplombe le jardin. Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe partagée avec sa soeur129[réf. insuffisante].
28. Paulette Sénémaud née le 4 mars 1936 à Marseille : Domiciliée 15 avenue Saint-Laurent à Nice. Tuée le 28 août 1944 lors des combats de la Libération de Nice. Abattu chez lui à 10h30 avec son grand-frère Jean Sénémaud par les allemands. Les deux enfants se trouvent dans le jardin clôturé attenant à la demeure familiale. Les soldats de passage à bord de camions ont tiré depuis la route qui surplombe le jardin. Elle est reconnue Mort pour la France. Elle est inhumée au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe partagée avec son frère129[réf. insuffisante].
29. Marguerite Sirone née le 9 décembre 1881 à Fossano : Domiciliée 93 boulevard Gambetta à Nice. Nationalité italienne. Tuée le 28 août 1944 à midi dans les combats de la Libération de Nice. Retrouvée morte chez elle. Les allemands ont mis un mortier en batterie devant chez elle. Elle aurait été tuée par un éclat d’obus alors qu’elle se trouvait devant sa fenêtre. La mention Mort pour la France est refusée par manque de précisions sur les conditions de son décès. Elle est inhumée au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 70, tombe familiale129[réf. insuffisante].
30. Charles Tua né le 15 janvier 1866 à Saluzzo (Italie) : Coiffeur domicilié 7 rue Paul Déroulède à Nice. mortellement blessé par un tir allemand le 28 aout 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Décédé à 23 heures 7 avenue Durante (clinique Saint-Antoine). Reconnu Mort pour la France. Il est inhumé dans le cimetière communal de Caucade à Nice, carré 28, tombe familiale 151.
31. Ernest Toselli né le 4 novembre 1917 à Nice : Boucher domicilié à Nice. Décédé à 15h30 3 rue fontaine de la ville prolongée le 28 aout 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Reconnu Mort pour la France. Inhumé cimetière communal de Caucade à Nice, carré 9, allée du canal, tombe familiale152[réf. insuffisante].
32. Marie Vives née le 28 février 1908 à Saîda (Algérie) : Secrétaire domiciliée villa Flandre avenue Brasini à Nice. Décédée à 22 heures à l’hôpital Saint-Roch durant les combats de la Libération de Nice. Reconnue Mort pour la France153.

Les 2 civils tués par les bombardements allemands à Saint-Laurent-du-Var

Eraldo Cippoli né le 3 avril 1875 à Sansepolcro (Italie) : Journalier agricole domicilié villa augustine quartier des gallinières à Saint-Laurent-du-Var. Tué par un obus allemand dans un bombardement sur le quartier des gallinières le 28 août 1944 à 20 heures à la villa Augustine Saint-Laurent-du-Var. Son nom est inscrit sur les plaques commémoratives pour les victimes civiles place Adrien Castillon à Saint-Laurent-du-Var154[réf. insuffisante].
Roger Curti né le 22 janvier 1921 à Châteaudun-du-Rhumel (Algérie) : Mécanicien domicilié villa Marie Nil quartier des gallinières à Saint-Laurent-du-Var. Tué par un obus allemand dans un bombardement sur le quartier des gallinières le 28 août 1944 à 20 heures à la villa Marie Nil Saint-Laurent-du-Var. Son nom est inscrit sur les plaques commémoratives pour les victimes civiles place Adrien Castillon à Saint-Laurent-du-Var155

 

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L’épuration à Nice

L’épuration extra-judiciaire avant la Libération
Dès 1943, les organisations de résistance ont décidé d’éliminer physiquement des collaborationnistes (cadres de la Milice française et du PPF très engagés dans la politique de collaboration) voire de délateurs (qui ont provoqué l’arrestation de résistants ou de Juifs persécutés). 57 personnes ont ainsi été abattues avant la Libération dans 21 communes des Alpes-Maritimes (27 à Nice) : 15 en 1943 (12 à Nice), 16 entre le 1er janvier et le 6 juin 1944 (8 à Nice), 26 entre le débarquement en Normandie et la Libération (7 en Nice)156.

Voici quelques-unes de ces opérations d’élimination.
Dans la nuit du 14 au 15 avril 1943, l’agent de l’OVRA à Nice, Oswaldo Angrisani, ressortissant italien, est éliminé. Oswaldo Angrisani est né le 14 novembre 1896 à Turin. Le sénateur de l’Isère, Léon Perrier, en résidence à Nice, a monté un groupe de résistants. Angrisani est jugé trop habile et les résistants décident de le supprimer. En quelques mois, cet individu brutal a arrêté une vingtaine de membres du groupe. Deux hommes sont appelés de Grenoble pour régler l’affaire. Angrizani réside au Mont-Boron, 189 boulevard Carnot, dans une petite villa niçoise appelée l’Éolienne, à une centaine de mètres de l’hôpital anglo-américain. Au bout du jardin se trouve un garage qui donne directement sur la route avec un toit en terrasse sur lequel deux gardes armés se tiennent en permanence. Angrizani aime le jeu et sort presque chaque soir au casino de Monte-Carlo et rentre à l’aube. L’objectif est de l’abattre à son retour du casino. Le sénateur et les deux tueurs se rendent sur place à deux reprises sans succès. La troisième reprise est la bonne. Vers trois heures du matin, Angrizani arrive et il est abattu. Les trois hommes parviennent à s’enfuir157.

Le 5 juin 1943 sont exécutés à 10h30 Joseph Moraglia et son épouse Séraphine Giordano, des commerçants fascistes délateurs du quartier Magnan domiciliés 9 avenue de la Californie. Joseph Moraglia est tué sur le coup. Son épouse décède de ses blessures à l’hôpital Saint-Roch à midi. Cette exécution entraîne des représailles menées par une centaine de membres des gruppi d’Azione Nizzarda. Ils se rendent dans le quartier Magnan. Ils y saccagent les appartements et les commerces de français et de naturalisés suspectés d’appartenir à la mouvance communiste158.

Le 24 novembre 1943, le docteur Adolphe Tourtou, est abattu sur les marches de l’hôpital Saint-Roch vers dix-sept heures. Adolphe Tourtou est né à Pignans dans le Var le 4 janvier 1896. Docteur en médecine, il est adjoint au maire de Nice et secrétaire fédéral du PPF. Il est marié et domicilié 45 boulevard Victor-Hugo à Nice. Le 28 novembre a lieu au Palais des Fêtes, boulevard Victor-Hugo, à Nice, un grand meeting. Joseph Darnand et Philippe Henriot prennent la parole. Avant le meeting, ils vont s’incliner devant la dépouille du docteur Tourtou. Dans leurs discours, Darnand et Henriot jurent de le venger. De nombreux miliciens sont venus de toute la région. Le soir, les miliciens mangent au restaurant de la Légion, 17, rue Pertinax. Le repas terminé, un groupe de miliciens sort du restaurant. De la rue Saint-Siagre, une main envoie une grenade sur le groupe. Cinq miliciens de l’escorte de Darnand sont tués, 6 sont blessés. En représailles de ces attaques, six résistants (dont Jean Lamy et Eugène Courbet du groupe Léon de Nice, l’opticien Octave Grandperret et le boulanger Guillaume Stuerga arrêtés par la Gestapo en novembre à Vence) détenus au quartier allemand de la Maison d’Arrêt de Nice sont exécutés le 26 décembre 1943 par le Groupe d’Action du PPF159,158.

Le cadre milicien Ernest Dausse est abattu le 6 février 1944 à Nice. Il est né le 24 octobre 1908 à Nice. Musicien, il est domicilié 15 rue de la Préfecture à Nice. Il décède à l’hôpital Saint-Roch des suites de ses blessures158.
Le 29 mai 1944, vers quinze heures, Georges Karakaïeff est exécuté. Ancien légionnaire, né à Moscou vers 1900, il est devenu un agent de la Gestapo. Il est domicilié 48 rue Rossini à Nice. Il aime la compagnie féminine. Une jolie jeune femme brune de la Résistance le rencontre un jour par hasard et il l’accoste. Elle l’a reconnu et accepte le rendez-vous. Le couple se promène le 29 mai 1944 chemin de Bellet à Nice. Prévenu du rendez-vous par la jeune femme, la résistance a envoyé un de ses hommes qui abat Karakaïeff à coups de revolver. L’agent de la Gestapo meurt sur place160.

Raoul Scaiola est exécuté et mortellement blessé. Il décède à 2h45 le 19 juillet à Nice à la clinique du parc impérial161. Il était membre d’un des trois groupes des G.A. – P.P.F. niçois162.
Charles Passeron, maire de Lantosque, est exécuté le 24 juillet 1944158.
Georges Bensa, avocat, rédacteur des discours de Darnand, est exécuté le 2 août 1944158. Il décède le 3 août 1944 à 8 heures à l’hôpital Saint-Roch à Nice163

L’épuration extra-judiciaire à la Libération
Entre la Libération et la mise en place des tribunaux épurateurs, 73 exécutions sommaires ont lieu dans 18 communes (36 à Nice) dont 10 à Antibes le 23 septembre 1944 au Fort Carré en représailles de la mort d’un jeune FTP la veille. Huit exécutions ont également eu lieu après le début de l’activité des cours de Justice. À Nice, 34 exécutions ont lieu avant le 23 septembre 1944, le premier jour du fonctionnement de la Cour de Justice de Nice et 2 après164.
Plusieurs cas d’exécutions sommaires peuvent être relevés à Nice durant l’insurrection niçoise du 28 août 1944 et dans le flottement des jours qui suivent. Le Comité insurrectionnel appelle ainsi le matin du 28 août à commencer « une épuration énergique de tous les salopard connus ».

Le 28 août 1944, vers 4 heures du matin, les FFI investissent le passage à niveau (actuel carrefour du 28-Août). Ils capturent une camionnette. Conduits par le chauffeur de taxi « Manus », Louis Sana et Aimé Paiche parcourent le quartier pour y arrêter les « chemises noires » fascistes qu’ils connaissent. Quelques-uns seront exécutés dans la journée165.
Le soir du 28 août vers 20 heures, on frappe à la porte de F., il ouvre, descend quelques marches et est abattu166.
Un sympathisant fasciste italien est exécuté à l’entrée du tunnel Pessicart, de la voie ferrée du train des Pignes. Son corps reste exposé, pour l’exemple, sur le ballast, avec défense de lui porter secours
Au dépôt de locomotives Saint-Roch, un collaborateur est poursuivi sur les voies, et mutilé d’un bras, sous la roue d’une locomotive

Gare de Riquier, un couple de collaborateurs… et leur chien sont pendus à un réverbère[réf. nécessaire].
Place Saluzzo, une famille de collaborateurs notoires accueille et séquestre littéralement un soldat américain, abreuvé, saoulé, gavé, et cajolé, pour éviter l’intrusion des justiciers résistants[réf. nécessaire].
Dans la plaine du Var, une famille de collaborateurs notoires choisit de résister les armes à la main aux épurateurs. L’escarmouche ne se prolonge guère, les justiciers ne font pas justice et vont porter leurs foudres ailleurs[réf. nécessaire].
Le 29 août, le couple Ange Baroni et Joséphine Marenghi est exécuté à son domicile du 212 boulevard du au Mont-Boron à 20 heures166.

Trois hommes domiciliés à Villefranche-sur-Mer, Félix Gautier, Georges Le Grand et Pierre Cappeletti, sont arrêtés à Villefranche-sur-Mer, jugés par un tribunal militaire improvisé de F.F.I. et fusillés le 30 août 1944 à Nice à 9 heuresaux Plâtrières, derrière les nouvelles prisons de Nice166.
Le 1er septembre à minuit, deux hommes sont jugés par un tribunal militaire improvisé de F.F.I. et fusillés au lycée de garçons à Nice : Joseph Allavena et Séraphin Cipre166. Joseph Allavena était le Responsable avec Pierre Bramardi du bureau social niçois du P.P.F.. Ce bureau s’occupait des familles des engagés de la L.V.F. et de la S.S. mais aussi d’arrestations de résistants167
Le 9 septembre, le cadavre du médecin Paul Comes est découvert vers midi au quartier de Saint-Pierre-de-Féric168. Trois autres corps sont retrouvés le même jour au quartier de la Sirole à Saint-Pancrace : Angèle Martini décédé vers 11 heures, Jean Tortarola et un inconnu décédés vers 15 heures168.
Le 11 septembre 1944, un homme d’environ 30 ans et une femme d’environ 65 ans sont exécutés vers 22 heures au lieu-dit terrain Bonfils à la hauteur du 428 boulevard de la madeleine. Les corps sont découverts enterrés à environ 10 mètres de la route le lendemain 41

Jacques Aber est agressé quelques jours avant la Libération puis transporté à l’hôpital Saint-Roch pour y être soigné. Le 12 septembre, à 13 heures, il est achevé d’une balle dans la tête à l’hôpital168. Il était membre d’un des trois groupes des G.A. – P.P.F. niçois167.
Le corps sans vie d’un inconnu est retrouvé le 22 septembre 1944 à Gairaut à Nice169.
Au moment de la Libération, entre fin août et fin septembre, des arrestations massives, sans précédent, ont lieu dans le département. Près de 2.532 personnes sont emprisonnées fin septembre dans des dizaines de centre d’internement. L’entassement et la promiscuité posent rapidement problème ainsi que la situation sanitaire (manque d’eau courante, d’hygiène, de paillasses…). Ses arrestations sont opérées dans la confusion sans que l’on sache vraiment qui est détenu et où170. Enfin libres, la crainte demeure des actions d’une 5e colonne170. Cette situation a permis plusieurs abus (libérations injustifiées, disparition de dossier et de personnes, sévices corporels, liquidations, extorsion de fonds…). La police d’épuration du Comité départemental de libération est montrée du doigt par le préfet pour des irrégularités commises à l’hôtel Scribe de Nice : tortures, extorsion de fonds… Dès le 28 septembre, le commandant Max est arrêté pour des vols et des disparitions de détenus. Sous le couvert du brassard FFI, cet aventurier avait organisé une épuration sauvage à l’hôtel Adriatic. On se rend finalement compte que 50% des membres de cette police sont des repris de justice. Cette police est dissoute le 26 décembre 1944171.
Plusieurs lieu d’internement sont utilisés à Nice et alentours : maison d’arrêt, hôtel Scribe (avenue Georges-Clemenceau) et hôtel Suisse (réquisitionné, quai Rauba-Capeu) à Nice, casernes de La Galinière à Saint-Laurent-du-Var et Saint-Jean-d’Angély à Nice170.
Plusieurs dizaines de femmes ont également été tondues, pour collaborations avec les Allemands (qui n’ont occupé Nice qu’un an) mais surtout pour les sympathisantes fascistes, militantes depuis 1940 du rattachement de Nice à l’Italie.

Les dernière exécutions sommaires
À partir du 23 septembre 1944, la cour de Justice de Nice commence à se réunir. L’épuration judiciaire et légale commence. Cependant, quelques exécutions sommaires ont lieu jusqu’au 8 octobre 1946.
Le 2 février 1945, les corps de deux femmes, Suzanne Defeu et Georgette Capitaine, exécutées par la Résistance, sont retrouvés à la Madonette-Terron, près de la statue172.
Le 18 mars 1945, un métayer italien, Settimio Carletti, 66 ans, est tué par un groupe de 8 individus à la place de ses deux fils en fuite173,164.
Le 14 mars 1946, on découvre le corps du boulanger Joseph Innocenti. dans son fournil. Le corps est criblé de balles de mitrailleuse. Ce boulanger avait été arrêté à la Libération à cause de ses opinions fascistes. On ignore cependant s’il s’agit d’un crime crapuleux ou d’un règlement de compte174.
Le 8 octobre 1946, le docteur Jacques Meyzenc, président départemental du PPF, collaborateur notoire, est exécuté à l’hôpital Pasteur. Condamné à mort, à la dégradation nationale et à la confiscation de ses biens le 25 juin 1946 par la cour de Justice de Nice, sa peine a été commuée en travaux forcés à perpétuité. Certains résistants refusent d’admettre ces décisions. Une première tentative d’exécution a lieu le 21 septembre lors du transfert du prisonnier à Marseille alors que celui-ci se trouve entre deux gendarmes dans le compartiment du train. Grièvement blessé, il est emmené à l’hôpital Pasteur à Nice, pavillon des détenus où il est finalement exécuté par des inconnus. Il s’agit de la dernière exécution extra-judiciaire connue dans les Alpes-Maritimes175,164.

Le rétablissement de la légalité républicaine
La presse résistante, notamment la presse communiste du Front National, réclame une épuration sévère et expéditive, justifiant même les exécutions sommaires et illégales comme celles du Fort Carré le 23 septembre 1944 (10 fusillés sans jugement). Les exécutions du Fort Carré sont fermement condamnées par le préfet et le Comité départemental de libération. Une polémique éclate. La presse communiste critique l’action du Comité départemental de Libération jugée trop laxiste176. La légalité républicaine parvient cependant lentement à s’imposer.
Le préfet Escande et le Comité départemental de Libération interviennent pour clarifier la situation des 2 532 personnes interpellées et toujours internées fin septembre 1944. Le préfet obtient des listes et des lieux de détention. Raymond Aubrac, commissaire régional de la République réclame également un tri dans les centres d’internement. Fin novembre, il reste 2 130 internés, 1 532 en décembre et 1 389 en février177. Au total, 4 127 personnes ont été internées à un moment donné pour fait de collaboration dans les Alpes-Maritimes. C’est deux fois plus que par exemple dans l’Hérault (2 011 personnes)156.

L’épuration judiciaire

Un tribunal militaire FFI fonctionne à Nice du 17 septembre au 18 octobre 1944, présidé par le commandant Chasuble, assisté des commandants Malherbe et Parent, des capitaines Michel, Gatti et Lorrain178. Il se prononce sur cinq cas178 
le chauffeur de taxi italien César Fiorucci impliqué dans la dénonciation des résistants Torrin et Grassi et pendus le 7 juillet 1944 à Nice. Il est né le 14 octobre 1914 à Città di Castello (Pérouse). Il est chauffeur. Il est condamné à mort le 23 septembre. Il est fusillé en public le 27 septembre 1944 à sept heures sept minutes, sur le quai des États-Unis à Nice, plage Beau Rivage, par un peloton de 12 FFI.

- trois autres hommes impliqués dans cette même dénonciation des résistants Torrin et Grassi et condamnés à des amendes.

- Le tribunal juge également le capitaine FTP Louis Pietri qui a commandé le peloton d’exécution du Fort Carré (10 fusillés illégalement). Il est acquitté le 5 octobre mais cassé de son grade.

Les tribunaux spécialisés se mettent en place.
Les Cours de Justice pour les cas graves de collaboration (intelligence avec l’ennemi, délation, participation aux combats sous uniforme ennemi) : 1re section (23 septembre 1944) et 2e section (24 janvier 1945) de Nice, cour de Justice de Grasse (9 février 1945)179.
Les chambres civiques pour les cas mineures de collaboration (délit d’appartenance à un mouvement anti-national) : 1re section (5 décembre 1944) et 2e section (25 janvier 1945) de Nice, chambre civique de Grasse (27 février 1945)179.
Les cours de Justice voient comparaître 1167 prévenus (909 hommes, 258 femmes, 686 français et 481 étrangers dont 421 italiens). 33 peines capitales sont décidées (30 hommes et 3 femmes), 223 peines de travaux forcés et 674 peines de réclusion. 237 personnes sont acquittées (27 %). Sur les 33 condamnations à mort, 22 hommes et 2 femmes sont graciés par le commissaire régional de la République ou du chef du gouvernement provisoire. 9 personnes sont exécutées179:

Liste des 9 personnes exécutées dans les Alpes-Maritimes suite à un Jugement des Cours de Justice des Alpes-Maritimes
- Yvonne Davaine, délatrice, condamnée le 16 octobre 1944 par la Cour de Justice de Nice et exécutée le 19 octobre 1944.

- Jean Garel de Koenig, gestapiste, condamné le 14 novembre 1944 par la Cour de Justice de Nice et exécuté le 23 décembre 1944.

- Félix Valetti, délateur, condamné le 13 janvier 1945 par la Cour de Justice de Nice et exécuté le 6 février 1945.

- Marius Fugairon, milicien, condamné le 22 février 1945 par la Cour de Justice de Grasse et exécuté le 15 mars 1945.

- Richard Held : Originaire de Moselle. Trois fois condamné pour vol, il rejoint la Gestapo comme interprète et devient lieutenant de la Gestapo cannoise. Surnommé lieutenant Richard. Sa maîtresse est Berthe Blanchet épouse Jaubert, domiciliée à l’époque avenue des Palmiers à Cannes. Responsable de vols, tortures et assassinats commis à Cannes notamment dans les caves de la villa Montfleury, siège de la Gestapo cannoise. Il a ainsi exécuté d’une balle dans la tête le juif Samuel Smilévitch, croix de guerre avec 7 citations, médaille militaire, invalide de guerre à 60 %, secrétaire de la maison des prisonniers de Cannes. Samuel Smilévitch est arrêté par le GAPPF de Cannes puis livré à la Gestapo le 24 juin 1944. Il refuse de donner une liste des juifs de Cannes. Son corps est retrouvé dans un chemin à Mougins près de Cannes le 25 juin 1944. Richard Held est également un des trois officiers (avec le lieutenant Willy Bauer et la capitaine Hans Josef Moser) qui fusillent le 15 août 1944, à 20 h 30, 10 résistants qui se trouvent dans les 4 cellules des caves de la villa Montfleury, juste avant d’évacuer les locaux. Malheureusement pour les assassins, sur les 11 résistants voués à la mort, trois survivent. L’inspecteur de police Edouard Negri profite de l’action courageuse de Concetta Biacca. Bauer bloque la sortie et tire une balle dans la tête de la jeune femme alors qu’elle quitte la dernière sa cellule. C’est le début de la tuerie. Mortellement blessée, elle l’agrippe et parvient à le faire tomber. Edouard Negri en profite pour foncer vers la sortie et parvient ainsi à s’échapper dans la rue malgré les tirs. Furieux, les officiers s’acharnent sur les 10 résistants qui restent et vident leurs chargeurs sur eux. Dans la folle fusillade, Bauer blesse même son complice Held d’une balle dans le pied. Leur crime accompli, ils quittent Cannes pour Nice puis partent vers l’Italie le 17 août. Cependant, deux résistants grièvement blessés vont survivre à leurs blessures : Louis Balesi et Marcel Neydorff. Blessé au pied, Richard Held doit s’arrêter le 17 août à Monte-Carlo avec sa maîtresse pour se faire soigner. Il est finalement arrêté à la Libération. Pour ses différents crimes, Richard Held est condamné à mort le 6 décembre 1945 par la Cour de Justice de Grasse et exécuté le 19 avril 1946.

- Eugène de Balintfly, gestapiste, condamné le 6 décembre 1945 par la Cour de Justice de Nice et exécuté le 12 février 1946.

- Eugène Jost, gestapiste, condamné le 26 mars 1946 par la Cour de Justice de Nice et exécuté le 28 mai 1946.

- Louis Delclève, gestapiste, condamné le 20 juin 1946 par la Cour de Justice de Nice et exécuté le 25 avril 1947.

- Félix Trucchi, GAPPF, condamné le 16 juillet 1946 par la Cour de Justice de Nice et exécuté le 23 août 1946.

Après le 31 juillet 1946, les condamnés à mort sont transférés à Aix-en-Provence ou au tribunal militaire de Marseille179. La plupart bénéficient de remises de peine puis des amnisties de 1951 et 1953180.
445 détenus sont jugés par contumace. Ce sont bien souvent les dossiers les plus lourds (tortionnaires de la Milice et du GAPPF, Waffen-SS…). 132 peines capitales et 5530 années de travaux forcés sont décidées180.
Les chambres civiques ont jugé 753 prévenus (616 hommes, 137 femmes, 748 Français, 5 étrangers dont 3 Italiens). 481 peines d’indignité nationales sont décidées avec souvent des amendes. 272 personnes sont acquittées (36 %)180.
Au total, 1 920 Azuréens dont 942 Niçois ont été jugés dans les Alpes-Maritimes entre l’automne 1944 et l’été 1946. D’autres l’ont été dans les Bouches-du-Rhône et la Seine180.

Après le 31 juillet 1946, les condamnés à mort sont transférés à Aix-en-Provence ou au tribunal militaire de Marseille179. La plupart bénéficient de remises de peine puis des amnisties de 1951 et 1953180.
445 détenus sont jugés par contumace. Ce sont bien souvent les dossiers les plus lourds (tortionnaires de la Milice et du GAPPF, Waffen-SS…). 132 peines capitales et 5530 années de travaux forcés sont décidées180.
Les chambres civiques ont jugé 753 prévenus (616 hommes, 137 femmes, 748 Français, 5 étrangers dont 3 Italiens). 481 peines d’indignité nationales sont décidées avec souvent des amendes. 272 personnes sont acquittées (36 %)180.
Au total, 1 920 Azuréens dont 942 Niçois ont été jugés dans les Alpes-Maritimes entre l’automne 1944 et l’été 1946. D’autres l’ont été dans les Bouches-du-Rhône et la Seine180.

L’épuration politique
Le Comité départemental de Libération et le préfet étudient minutieusement les cas des chefs de service, élus municipaux et départementaux. Ceux-ci risquent la suspension ou la révocation180.
Dès les premiers jours de la Libération, le préfet Moyon suspend le secrétaire général de la préfecture Lauvel, le chef du cabinet du préfet Ravard, le sous-préfet de Grasse Pierangeli, le procureur de l’État français Roman, le président du tribunal civil de Nice Pagès, l’inspecteur d’académie en fuite Davoine, les commandants des GMR Dalo (Alpes) et Teillet (Amiral de Grasse), le commandant de la légion de gendarmerie Blachère, le délégué départemental à l’information Moschetti-Giaubert, le commissaire divisionnaire Boupat (délégué de l’intendant régional au maintien de l’ordre)180.
A Nice, le magistrat municipal H. Vidal-Revel est suspendu. Les anciens conseillers généraux et départementaux P. Balestre (Nice III) et D. Ciaudo (Nice IV) sont révoqués181.

L’épuration administrative
Cette épuration est moins spectaculaire que l’épuration judiciaire mais concerne des milliers de personnes. Elle touche la carrière des fonctionnaires (révocation, rétrogradation d’échelon, déplacement d’office, mise à la retraite d’office) ou des professions qui bénéficient d’une concession de services publics (exclusion, blâme)181.
Dans la Police, dix commissaires et inspecteurs sont révoqués. Dans l’enseignement, huit fonctionnaires sont révoqués, trois mis à la retraite d’office, vingt-quatre sont déplacés et douze rétrogradés. A la chambre de commerce, douze personnes sont révoquées, deux radiées, trois mises à la retraite d’office et deux rétrogradées. Neuf membres du personnel médical ne peuvent plus pratiquer la médecine dans le chef-lieu ou dans le département, quinze sont exclus, un est blâmé. Soixante-douze employés ou cadres municipaux sont l’objet d’une enquête approfondie : trente et un sont finalement suspendus (dont le chef de bureau Francis Palmero) ou révoqués181.

L’épuration économique
Les entrepreneurs qui ont participé à la construction du « mur de la Méditerranée » ou ont réalisé des bénéfices grâce à la collaboration subissent de lourdes sanctions financières. 59 millions de francs sont confisqués et 55 millions de francs d’amende sont imposés à une vingtaine d’entreprises du BTP (Bonorvi et Cioci, Bally-Sobiesky, Ciffreo et Bona, Véran et Costamagna, Spada, Nicoletti, Thorrand), de la parfumerie (Bruno Court, Cresp) et de la métallurgie (Michel). Une dizaine de patrons passent de quelques semaines à quelques mois de prison préventive. Albert Ottina, impliqué dans la démolition du casino de la Jetée-Promenade et la construction de blockhaus, est condamné à 20 ans de travaux forcés181.
Des séquestres provisoires sont imposées à plusieurs entreprises : Compagnies du gaz et des eaux, énergie électrique du littoral méditerranéen, TNL, Descours et Cabaud, Thorrand, Petterano, Sacco, Couiteas de Faucamberge, Michel. Un séquestre définitif est infligé à l’hôtellier cannois Martinez et à des sociétés comme ‘L’éclaireur de Nice’, le ‘Petit niçois’ et les studios de la Victorine181.
Chez les taxis, trente patrons et employés sont exclus de la corporation, neuf sont suspendus et quatre sont touchés par des amendes. Aux TNL, huit cadres et employés sont licenciés181
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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 

 

1 avril 2013

Opérations Albany et Boston

Classé sous — milguerres @ 20 h 49 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  

6 juin Le débarquement de Normandie     

Opérations Albany et Boston

Albany et Boston sont les noms codes des opérations menées respectivement par les parachutistes des 101e et 82edivisions aéroportées américaines dès la nuit du 5 au 6 juin 1944 dans le cadre général de l’opération Overlord, dont l’opération Neptune fut la phase d’assaut. Elles furent précédées par la mise en place des pathfinders et suivies par l’atterrissage des planeurs de ces mêmes divisions.
Les opérations des unités planées ont reçu, quant à elles, d’autres appellations : Opération Chicago et Keokuk pour la 101e, Detroit, Elmira, pour la 82e. Le 7 juin sont exécutées les opérations de ravitaillement parachuté Memphis et Freeport et les opérations planées Galveston et Hackensack. L’imbrication de ces opérations dans leur exécution fut telle qu’il n’est pas possible de les décrire isolément. C’est pourquoi elles sont rassemblées dans ce même article. 

Opérations Albany et Boston deb

Organisation des divisions aéroportées

Chaque division aéroportée comprend :

  • un QG
  • trois régiments d’infanterie parachutiste (PIR - Parachute Infrantry Rgt)
  • un régiment d’infanterie planée (GIR - Glider Infrantry Rgt)
  • un régiment d’artillerie de campagne à 4 bataillons
  • un bataillon d’artillerie antiaérienne (AAAB - Airborne Antiaircraft Artillery Battalion)
  • une unité de reconnaissance planée
  • un bataillon de génie
  • des unités logistiques et médicales
  • des pathfinders (éclaireurs) provenant des diverses unités mais regroupés pour la mission de balisage avant l’arrivée du gros des troupes.

L’effectif total d’une division est d’environ 12 000 hommes, dont presque 7 000 parachutistes.

Chaque régiment d’infanterie parachutiste ou plané (PIR ou GIR) comprend trois bataillons. Chaque bataillon comprend lui-même trois compagnies de fusiliers. Les neuf compagnies de fusiliers d’un même régiment sont désignées par une lettre de A à I. C’est ainsi que dans la série télévisée Band of Brothers, le capitaine Richard D. Wintersprend le commandemant de la E company (101st Airborne Division), suite au décès du capitaine Thomas Meehan III (en) le 6 juin 1944 : c’est-à-dire la 2e compagnie du 2e bataillon de son régiment (en l’occurrence, le 506e régiment du colonel Sink).

Le 325e GIR est renforcé par un bataillon du 401e GIR.

Le régiment d’artillerie de campagne comprend un bataillon parachuté (obusier de 75 mm fixé sous l’avion pour le largage) et deux bataillons d’artillerie planée.

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Cotentin Peninsula ix.jpg

Légende :
  • Les lettres correspondent à l’emplacement des dropping zones (DZ)
  • A, C et D pour la 101e Division
  • N, T et 0 pour la 82e Division

Mission

Derrière Utah Beach, le terrain inondé et la configuration du réseau routier sont très favorables à l’ennemi pour mener un combat retardateur et pour lancer des contre-attaques. De plus, cette plage est isolée par rapport à l’ensemble. La mise en place d’une tête de pont aéroportée, tout en assurant le flanc ouest du débarquement, doit faciliter l’accès à l’intérieur des terres aux troupes qui vont débarquer sur cette plage.

Dans ce cadre, les missions sont :

  • Pour la 101e :
    • s’emparer des débouchés des quatre routes venant de la plage à travers la zone inondée et numérotées, du sud au nord, sorties 1 à 4
    • détruire la batterie d’artillerie allemande déployée à Saint-Martin-de-Varreville
    • s’emparer des ponts sur le canal de Carentan et de l’écluse de la barquette (qui permettrait, dit-on, l’inondation)
    • détruire deux ponts sur la Douve
    • protéger la tête de pont face au sud et à l’ouest
  • Pour la 82e :
    • saisir et tenir le nœud routier de Sainte-Mère-Église
    • s’emparer des passages sur le Merderet (La Fière et Chef-du-Pont)
    • détruire des ponts sur la Douve
    • protéger la tête de pont face au nord et à l’ouest

Mise en place de pathfinders

Six zones de saut appelées DZ (Dropping Zone) ont été prévues. Chacune d’elle est identifiée par une lettre. Les DZ A, C et D, situées entre la route N13 et Utah Beach, sont attribuées à la 101e Division ; les DZ O, N et T, situées à l’ouest de Sainte-Mère-Église, à la 82e.

Des éclaireurs, appelés pathfinders, sont chargés d’aller les baliser afin de permettre le parachutage de masse (13 200 hommes et matériel) qui doit suivre. Pour chaque DZ, trois C-47 (appelés Dakotas par les Britanniques) sont chargés de parachuter chacun une équipe (stick) de 18 pathfinders. Deux C-47 sont ajoutés pour le largage de pathfinders chargés de rejoindre et de baliser des LZ (Landing Zone) qui seront utilisées plus tard pour l’atterrissage des planeurs. Il va de soi que les équipages chargés de larguer les pathfinders sont sélectionnés parmi les plus expérimentés en navigation aérienne.

Une équipe de pathfinders comprend une dizaine de spécialistes chargés du balisage tandis que les autres hommes sont chargés de leur protection. Le balisage est réalisé à la fois avec des moyens visuels (lampes, la nuit ; panneaux et fumigènes, le jour) et des moyens radio-goniométriques. Les lampes utilisées sont conçues pour être vues uniquement du ciel et ne sont allumées qu’au dernier moment. Les moyens radio-goniométriques consistent en émetteurs radio (AN/PPN-1A Beacon) plus connus sous le nom de balises Eureka amenés, à raison de 2 par stick, par les pathfinders. Les avions leaders de formation sont, quant à eux, équipés d’un système Rebecca qui les guide vers la balise.

Les pathfinders de la 101e Division sont largués vers 00h30, heure de Londres, c’est-à-dire le 5 juin avant minuit, heure française. Le largage se fait assez correctement mais parfois à 1,5 km de la DZ et les avions de la DZ D, qui l’avaient dépassée, ont dû faire demi-tour. Un avion manque ; il est tombé en mer.

Les pathfinders de la 82e sont largués une heure plus tard. Seul le balisage de la DZ O est réalisé complètement ; c’est là que le parachutage ultérieur sera le plus précis. Pour la DZ N, la proximité d’Allemands empêche l’utilisation des lampes ; seules les balises sont installées ; le parachutage du 507 PIR sera une catastrophe.

Zones et largages

 

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Légende :DZ : Drop Zone (mot anglais signifiant Zone de parachutage)
PIR : Parachute Infantry Regiment ; 1/ signifie 1er bataillon de ce régiment
PFA : Parachute Field Artillery
TCG : Troop Carrier Group (unité aérienne de transport de troupes)
Les avions sont des C-47, mieux connus sous le nom de Dakota

Exécution

Les parachutages

Partant de divers aérodromes du sud-ouest de l’Angleterre, les itinéraires aériens se rejoignent avant de survoler la mer ; ils traversent leCotentin d’ouest en est. Quelque 800 Dakota, escortés par des Mosquito, larguent, entre 1 h 0 et 3 h 0, 13 200 hommes et leur matériel.

Les 6 800 parachutistes de la 101e airborne arrivent en premier, à bord de 432 C47. C’est une nuit de pleine lune mais le temps est couvert sur la Normandie (8/10 de nébulosité). La Flak (artillerie antiaérienne allemande) entre en action. Toutes les DZ n’ont pas pu être éclairées à temps. De nombreux pilotes manquent d’expérience et seuls les avions leaders, soit un sur neuf, sont équipés du système de détection des balises. Dans ces conditions, beaucoup ne parviennent pas à garder le contact avec leur chef de formation et lesparachutages se font de manière approximative. Certains hommes sont même largués à plus de 20 km de leur DZ.

Le largage de la 82e commence vers 1 h 50, à l’aide de 369 C47. Ici aussi, la dispersion est grande. Plusieurs hommes tombent dans les inondations des vallées de la Douve et du Merderet. Il y a moins de noyades que ce qui a parfois été dit. Beaucoup de matériel, par contre, est perdu et les hommes qui s’extirpent des marais ne sont guère opérationnels. Comme deux sticks de la 101e qui y étaient déjà tombés un peu avant eux, quelques parachutistes atterrissent directement sur le village de Sainte-Mère-Église. Le plus connu d’entre eux est certainement le soldat John Steele dont le parachute est resté accroché au clocher de l’église. Seul, le parachutage du 505e PIR sur la DZ O constitue une réussite.

L’exécution des missions

Peu après leur arrivée au sol, les officiers se rendent compte de l’impossibilité de regrouper leurs unités. En conséquence, des groupes hétéroclites, avec parfois des hommes des deux divisions, se forment autour des gradés. Les groupes qui se croisent s’assemblent. Ce sont finalement des colonnes de 50 à 200 hommes qui menées par un colonel ou un commandant de bataillon vont se charger d’exécuter les missions prévues. Des petits groupes isolés coupent les fils téléphoniques, réalisent des coups de main aux endroits où ils se trouvent et créent ainsi la confusion et l’insécurité chez les Allemands.

Une colonne menée par le lieutenant-colonel Ewell (3/501 PIR) mais aussi comptant dans ses rangs les généraux Taylor et McAuliffe s’empare de la sortie 1 (Poupeville). Le lieutenant-colonel Strayer (1/506 PIR) regroupe quelque 400 hommes et, après de durs combats, défend la sortie 2. Le lieutenant-colonel Cole (3/502 PIR) avec 120 hommes finit par contrôler les sorties 3 et 4. Les débouchés de Utah Beach sont ainsi assurés. Des Allemands seront pris au piège, coincés entre les parachutistes et les troupes débarquées. Le contact avec ces dernières est réalisé vers 13 heures.

La batterie de Saint-Martin-de-Varreville a été détruite par les bombardements mais des parachutistes occupent la position. Le lieutenant-colonel Cassidy (1/502 PIR) rassemble plusieurs hommes et assure la défense face au nord.

Le commandant du 1/501 PIR est tué peu après son atterrissage. Le patron du régiment, le colonel Johnson, avec quelques hommes, s’empare facilement de l’écluse de la Barquette qui n’est pas gardée. Il fait alors chercher des renforts et organise la position vers le sud. Toute la journée du 6, les Allemands mènent plusieurs attaques mais les parachutistes tiennent bon.

Les ponts sur le Merderet de la Fière et Chef-du-Pont tombent dans les mains des paras en fin de matinée. Le général Gavin lui-même a mené une attaque pour reprendre celui de Chef-du-Pont que les Allemands avaient repris. Le lieutenant-colonel Krause (3/505) s’empare de Sainte-Mère-Église dès 4 h 30 mais devra faire face ensuite à des attaques allemandes. Le lieutenant-colonel Vandervoort (2/505) dont le rôle sera tenu par John Wayne dans le film Le jour le plus long, se démène comme un diable. La cheville fracturée lors d’un saut près de Sainte-Mère-Église et, transporté sur une remorque à munitions, il appuie d’abord la défense de Sainte-Mère-Église et assure ensuite la protection au nord face à la direction de Cherbourg.

Les hommes du 507 PIR sont extrêmement dispersés. Une dizaine de sticks ont atterri à 8 km au sud-est de Carentan. D’autres sont tombés dans les marais près de la DZ et se regroupent automatiquement en rejoignant le talus de la voie ferrée. En piteux état et à court de munitions, ils ne seront pas en mesure d’assurer leurs missions à l’ouest du Merderet. Le 508 PIR, aussi éparpillé, ne peut s’emparer de Pont l’Abbé (village de Picauville) tenu en force par les Allemands ; seul un point d’appui à l’ouest du Merderet peut être tenu. Le général allemand Falley qui commande la 91e division est tué dans une embuscade tendue par un groupe de six paras. Trois divisions allemandes tiennent le Cotentin : la 243e à l’ouest, la 709e à l’est et la 91e, en réserve, au centre. La 709e, avec des hommes âgés et des volontaires de l’Est est de médiocre qualité. La 91e, par contre, avec son noyau d’anciens paras, est excellente mais l’absence de son chef ralentira ses réactions.

Les renforts et les ravitaillements

Les premiers renforts et ravitaillements arrivent par planeurs le 6 juin à 4 heures. Il s’agit des opérations planées suivantes :

  • la mission Chicago pour la 101e, sur la LZ (Landing Zone) E
  • la mission Détroit pour la 82e, sur la LZ O.

Pour chaque division, atterrissent une cinquantaine de planeurs Waco. Ils amènent principalement les bataillons antiaériens (moins une batterie), des canons antichars, des munitions et des moyens médicaux.

Les autorités avaient préféré ne pas utiliser de planeurs de nuit afin d’éviter trop de casse suite aux obstacles installés (pieux) sur les zones dégagées.

Deux autres missions supplémentaires en planeurs sont exécutées le soir à partir de 21 heures :

  • la mission Keokuk (LZ E) amène avec 32 Horsa le 327e Glider Infantry Regiment de la 101e division.
  • la mission Elmira (LZ W) au profit de la 82e est beaucoup plus importante. Une flotte de 36 Waco et de 140 Horsa est chargée d’amener en quatre lifts ses deux bataillons d’artillerie planée ainsi que des moyens médicaux et des renforts divers.

Le 7 juin entre 6 et 7 heures, ont lieu deux ravitaillements par parachutes appelés opérations Freeport (pour la 82e) et Memphis (pour la 101e). Peu après 7 heures, c’est le 325 Glider Infantry Regiment et d’autres renforts qui rejoignent la 82e division ; il s’agit des opérationsGalveston et Hackensack qui comptent un total de 107 Waco et 43 Horsa.

L’ensemble des opérations planées a permis de mettre en place 4 000 hommes, 290 véhicules, des obusiers, des canons antichars et 240 T de fret, mais il y eut pas mal de casse. Les derniers éléments des divisions rejoindront avec les troupes débarquées.

Conclusions

L’horrible dispersion des sticks aurait pu compromettre l’opération mais l’esprit d’initiative et l’instinct offensif des paras ont su redresser la situation. Paradoxalement, l’éparpillement des parachutistes a freiné les réactions des Allemands qui, avec leurs communications coupées, se sentaient aussi isolés que leurs adversaires. En fin de la journée du 6 juin, la 101e a accompli la plupart de ses missions. À la 82e, la situation est plus critique car la tête de pont à l’ouest du Merderet n’a pas vraiment pu être réalisée ; beaucoup d’unités sont toujours isolées. Malgré les pertes, 2 500 tués, blessés ou disparus, l’opération, dans son ensemble, reste toutefois un succès.

Avant le 6 juin, certains généraux, dont principalement l’adjoint d’Eisenhower, l’Air Chief Marshal Leigh-Mallory, mettaient en doute l’intérêt des opérations aéroportées. Il faut dire qu’après la Crète, les Allemands eux-mêmes, y avaient renoncé. Des erreurs commises lors des parachutages alliés en Sicile avaient renforcé l’opinion des opposants. La réussite des opérations aéroportées de Normandie a sauvé le concept.

Notes et références

  1. ↑ GFAB : initiales de Glider Field Artillery Battalion
  2. ↑ PFAB : initiales de Parachute Field Artillery Battalion
  3. ↑ AAAB : initiales de Airborne Antiaircraft Artillery Battalion
File:Eisenhower d-day.jpg

Eisenhower s’entretenant avec les hommes du 502e PIR (Parachute Infantry Regiment) de la 101e Division Aéroportée quelques heures avant leurs parachutages. Aérodrome de Greenham Common, Angleterre. 5 juin 1944. Le soldat portant le n° 23 autour du cou est le Lieutenant Wallace C. Strobel (Compagnies A/E).

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  

6 juin Le débarquement de Normandie 

21 mars 2013

La seconde bataille d’El-Alamein

Classé sous — milguerres @ 22 h 33 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

La seconde bataille d'El-Alamein alamei11

La seconde bataille d’El-Alamein est un épisode de la guerre du désert durant la Seconde Guerre mondiale. Elle se déroula fin octobre, début novembre 1942.
Elle fut décisive dans le sens où elle permit aux Britanniques de repousser les Allemands qui menaçaient depuis plus de six mois la ville d’Alexandrie et le canal de Suez. Si les Allemands avaient réussi, ils auraient envahi une grande partie de l’Empire britannique. Mais la supériorité en chars de l’armée britannique et la domination de la mer Méditerranée par laRoyal Navy empêcha l’Afrikakorps (DAK) d’être ravitaillé de manière efficace. Perdant de fait l’initiative, Rommel dut se résoudre à la défensive, chose dans laquelle il excellait moins que dans l’offensive. De fait, Montgomery, après avoir repoussé en septembre la dernière offensive du « Renard du désert » à Alam el Halfa, put préparer la grande offensive pour chasser les Germano-Italiens d’Afrique.

Prélude
Le 22 septembre, Rommel, trop malade pour continuer à assurer le commandement du DAK, confie celui-ci au généralGeorg Stumme. Le lendemain, Rommel décolle de Derna à destination de Rome où il doit rencontrer Mussolini. Après cette escale romaine, Rommel s’envole pour Berlin où il s’entretient cette fois avec le Führer, puis, part pour le centre d’hospitalisation du Semmering à proximité de Wiener Neustadt. À ce moment-là, Hitler ne pense aucunement renvoyer Rommel en Libye mais plutôt sur le front russe.
Début octobre, Rommel se rend à Berlin pour répondre à plusieurs interviews pour la presse allemande à laquelle il annonce que l’Afrika Korps atteindra bientôt Alexandrie sans toutefois cacher les difficultés de ravitaillements et l’avance de plus en plus difficile. Son moral est d’ailleurs remonté à la suite de la promesse d’Hitler de lui envoyer très rapidement des chars Tigre I dont Rommel vient de voir le prototype. Rommel sera ensuite acclamé lors d’un meeting en son honneur dans le palais des sports de Berlin, où tous les dignitaires nazis sont là pour le féliciter. À la tribune, Rommel fera un discours très optimiste sur la suite des opérations, puis, raconte des anecdotes sur les victoires au quotidien qu’il remporte à la tête de ses troupes.

En Afrique pendant ce temps-la, l’armée alliée renforce ses positions et en particulier celle d’El-Alamein. De plus, les combats continuent et ce sont en grande partie les Italiens qui en supportent le poids. Ainsi, le 2 octobre, le 10ebataillon, du commandant Grossi, de la Folgore repousse à lui seul une attaque de la 6e brigade néo-zélandaise en détruisant 20 chars Grant mais perd son commandant. Le 12, c’est le groupement Ruspoli, qui relève des troupes de la Division Trieste dans l’Himeimat et en particulier les côtes 103 et 125. Là, le groupement fait face à deux ennemis, la chaleur intenable et la maladie provoquée par celle-ci, dysenterie, insolations, scorbut… et qui font des ravages dans les rangs italiens et les armées alliées, qui ne cessent d’attaquer la position. Malgré tout, à la suite des pertes provoquées par les hommes du colonel Ruspoli, mais aussi aux conditions de vie dans l’armée britannique, plusieurs mutineries ont lieu, dont celle des troupes australiennes qui refusent tout simplement de retourner à l’assaut.

L’opération Lightfoot
À la suite de l’échec allemand, Montgomery peut enfin se préparer à lancer une offensive qui aura pour objectif de repousser les Allemands d’Égypte. Le nom de l’opération est Lightfoot.

Forces en présence
Du côté italo-allemand

Sur le front, les forces de l’Axe, contrairement à leurs habitudes (surtout pour les Allemands) doivent se préparer à défendre leurs positions face aux Britanniques. Rommel, peu avant son départ s’est efforcé de mêler les forces allemandes et italiennes entre elles. Les positions défensives de la Panzerarmee sont les suivantes, la 94e Infanterie Division et la division Trento tiennent le front nord, ensuite, la division Bologna soutenue par deux Kampfgruppen de la 22eFallschirmjäger Brigade tient la crête de Ruweisat. Les deux autres Kampfgruppen sont en soutien des divisions Brescia et Pavia. La Division Folgore était mêlée avec le 33e bataillon de reconnaissance allemand. Plus au sud encore, la 15ePanzerdivision et la division blindée(DB) Littorio sont ensemble. L’extrême sud du front au niveau de la Dépression de Qattara étant tenu par la 21e Panzerdivision et la division blindée Ariete. La 90e division légère et la division d’infanterie Trieste sont gardées en réserve.
Cette disposition montre très clairement que les Allemands craignent une attaque au sud. Ils comptent sur la lenteur des Britanniques pour pouvoir ramener leurs blindés au nord en cas d’attaque. Rommel dispose sa défense en profondeur pour rendre les tirs de barrage anglais inefficaces. Nehring blessé est remplacé par von Thoma. À la tête de la 21ePanzerdivision, le général von Randow remplace von Bismarck mort. Dans l’état-major, Gause a été blessé et von Mellenthin est transféré en Europe.
L’Afrikakorps et le corps italien ne sont pas au mieux de leur forme. L’insuffisance du ravitaillement italien fit que les rations étaient diminuées de moitié, et les hommes n’avaient reçu aucun aliment gras ou légume les jours précédant l’offensive. De plus, le climat entraînait un nombre important de malades parmi les rangs des combattants. Les Allemands disposent donc en octobre de 54 000 soldats, les Italiens de 62 000. La Luftwaffe et la Kriegsmarine disposent eux de 15 000 hommes. Il y a en tout 90 000 hommes dont 69 000 combattants. Les Italiens, eux, sur l’ensemble du territoire africain disposent de 146 000 hommes dont la moitié seulement sont des combattants. 

L’effectif en hommes et matériels des divisions allemandes est le suivant :
• 15e Panzerdivision : 223 officiers, 3 294 hommes (sur un effectif théorique de 9178), 47 canons anti-char, 36 canons de campagne, 65 Panzer (de tous types, y compris Panzer II), 16 voitures blindées et 1 604 camions ;
• 21e Panzerdivision : 290 officiers, 8 706 hommes, 53 canons anti-char, 47 canons de campagne, 68 Panzer de tous types, 16 voitures blindées et 1 805 camions ;
• 90e Leichte Division : 133 officiers, 4 679 hommes, 18 canons anti-char, 19 canons de campagne, 5 voitures blindées, 1 441 camions ;
• 164e Leichte Division : 236 officiers, 6 708 hommes, 45 canons anti-char, 10 canons de campagne. L’appellation « légère » est provisoire, l’unité étant en cours de transfert depuis la Crète ;
• Troupes organiques : 236 officiers, 6 912 hommes, 85 canons légers de Flak, 29 canons lourds de Flak, 51 canons lourds de campagne, 1 108 camions3.
Ces effectifs datent du 1er août ; en octobre, avec l’arrivée des renforts, ils ont grossi et la 22° Fallschrimjager Brigade « Ramcke » est arrivée. En tout, il y a 242 chars (173 Panzer III, 38 Panzer IV dont 30 F2, 31 Panzer II). Les Italiens possèdent de leur côté 323 chars, ce qui fait un total pour l’Axe de 565 chars. 22 chars sont en réparation.

Du côté britannique
Montgomery, quant à lui, dispose de 1 029 chars, 200 sont en réserve et près de 1 000 en réparation. La différence avec les Allemands est considérable, mais cela a toujours été ainsi. Ses chars sont répartis en 3 divisions complètes et deux brigades. Contrairement aux précédentes batailles, les Britanniques n’ont plus de Matilda II (à part 12 démineurs) et peu de Crusader à canons de 2 Pdr. 422 chars sont des Grant. Les Sherman M4 qui rivalisent avec le Panzer IV aussi bien pour le canon, le blindage ou la vitesse. 
Le reste est composé de Stuart et de Churchill mk II. L’ensemble des chars est disposé comme suit :
• Troupes organiques d’armée :
• Escadron de protection du QG : 7 Grant plus des voitures blindées ;
• 1st Army Tank Brigade : 12 Matilda Scorpions ;
• 74th Armoured Brigade : 39th, 118th, 124th régiments royaux de tanks composés de chars factices.
• 10th Corps :
• QG du Corps : 2 Crusader 2 Pdr ;
• 1st Armoured Division :
• QG divisionnaire : 8 Crusader 2 Pdr ;
• 12th Lancers : voitures blindées ;
• Kingforce : 6 Churchill Mk II.
• 2nd Armoured Brigade :
• The Queen’s Bay, 9th Lancers et 10th Hussars : 1 Grant, 92 Sherman, 38 Crusader 2 Pdr, 29 Crusader 6 Pdr ;
• 10th Armoured Division :
• QG divisionnaire : 7 Crusader 2 Pdr ;
• The Royal Dragoons : voitures blindées.
• 8th Armoured Brigade :
• 3e Régiment Royal de Tank, Sherwood Foresters Yeomanry, Staffordshire Yeomanry : 57 Grant, 31 Sherman, 33 Crusader 2 Pdr, 12 Crusader 6 Pdr.
• 24th Armoured Brigade :
• 41e Régiment Royal de Tanks, 4e régiment royal de tanks, 47e régiment royal de tanks : 2 Grant, 93 Sherman, 28 Crusader 2 Pdr, 17 Crusader 6 Pdr.
• 13th Corps :
• 7th Armoured Division :

• The Household Cavalry Regiment, 11th Hussars, 2nd Derbyshire Yeomanry : voitures blindées.
• 4th Light Armoured Brigade :
• 4th et 8th Hussars, The Royal Scots Greys : 14 Grant, 67 Stuart.
• 2nd Armoured Brigade :
• 1st et 5th Régiment Royal de Tanks, 4th Country of London Yeomanry : 57 Grant, 19 Stuart, 42 Crusader 2 Pdr, 8 Crusader 6 Pdr.
• 30th Corps :
• 9th Armoured Brigade :
• 3rd king’s Own Hussars, Royal Wiltshire Yeomanry, Warwickshire Yeomanry : 37 Grant, 36 Sherman, 37 Crusader 2 Pdr, 12 Crusader 6 Pdr.
• 23rd Armoured Brigade :
• 8th, 40th, 46th et 50th Régiment Royal de tanks : 194 Calentine 2 Pdr.
• 2e régiment de cavalerie divisionnaire néo-zélandais : 29 Stuart.
• 9e régiment de cavalerie divisionnaire de la 9e division australienne : 15 Crusader 2 Pdr et 4 Stuart.
À ce nombre, il faut rajouter les canons automoteurs M7 Priest et Bishop. Concernant les effectifs, la 8th Army aligne 220 000 hommes contre 110 000 à la Panzerarmee Afrika. L’artillerie comporte 2 000 canons contre 550 canons de campagne et 850 canons anti-char pour les Allemands.

Le plan d’attaque
Pour percer le front de l’Axe, Montgomery prévoit une attaque au nord du 30th Corps avec pour objectif notamment l’ouverture d’un passage dans les champs de mines pour permettre au 10th Corps d’y pénétrer. Le 13th Corps situé au sud développera une attaque vers le plateau de Taqa et une autre au niveau du Djebel Kalakh pour faire diversion et fixer des forces adverses4. Les Britanniques veulent faire subir aux Germano-Italiens des pertes bien supérieures aux leurs, ce qui depuis le début de la guerre du désert ne s’est quasiment jamais produit. Enfin, la victoire de l’infanterie sera un préalable à l’engagement des chars. On le voit, alors que les Allemands craignent pour leur front sud, l’effort anglais va se diriger au nord du front. Cependant, les champs de mines du nord sont extrêmement profonds et vont donc constituer un obstacle de taille pour les Britanniques et leurs alliés.

La bataille
L’infanterie à l’attaque

L’offensive commence le 23 octobre. Des centaines d’avions attaquent les positions de l’Axe. À 21h40, c’est au tour de l’artillerie de bombarder les positions germano-italiennes durant 15 minutes avant de laisser la place à 22 heures à un tir de barrage qui permet aux fantassins de quatre divisions de sortir de leurs positions. Très vite, le génie s’attelle à ouvrir des passages dans les champs de mines. Cela permettra à la 23rd Armoured Brigade de progresser et de soutenir l’infanterie.
Tout au nord, les Australiens malgré des pertes parfois élevées, réussissent à progresser de manière correcte. Sur leur flanc gauche, la 51st Highland Division a bien du mal à avancer. L’ancienne unité d’élite est totalement changée et les charges se font à l’écossaise, bagpiper en tête. La division a comme objectif la Red Line qui doit impérativement être atteinte à 2h45. Ensuite, d’autres unités doivent prendre la relève pour continuer l’assaut. Mais les fantassins éprouvent les pires difficultés à avancer et ceux qui atteignent la ligne ont déjà un fort retard. Seule une compagnie atteint ses objectifs au matin du 24 octobre. Pour les Néo-Zélandais situés plus au sud, le barrage d’artillerie est très efficace et les fantassins atteignent sans trop de mal la Red Line. Le 23rd Battalion décide même de continuer avant de se replier. On attend que les artilleurs britanniques règlent leur tir pour pouvoir de nouveau progresser et atteindre la crête de Miteiriya. À 4 heures du matin, les Néo-Zélandais qui ont réussi à atteindre leurs objectifs s’enterrent. Plus au sud, la quatrième nation de l’offensive, les Sud-Africains ont plus de mal. Certaines unités réussissent à atteindre la Red Line, mais la deuxième vague ne peut atteindre ses objectifs. Les Allemands ont mis en place un feu très efficace. Avec l’aide de l’artillerie, ils réussissent à atteindre leur objectif mais l’aube est déjà là. Sur les autres parties du front tenues par les Sud-Africains, la 164e division d’infanterie allemande est bien retranchée et empêche toute avance. Les fantassins sont de plus bloqués par un champ de mines non indiqué. À l’aube, après avoir forcé les positions adverses, les Sud-Africains sont encore à deux kilomètres de leurs objectifs. Le Frontier Force Battalion qui a mené l’assaut a perdu 189 hommes. Tout au sud, la 3rd Brigade réussit à prendre ses objectifs. À l’aube, les Australiens ont atteint 80 % de leurs objectifs, les Néo-Zélandais 90 %, les Sud-Africains+/-30 % et les Écossais seulement 25 %.

Les chars arrivent
Dès 3 heures du matin, la 9th Armoured Brigade commence à avancer mais est très vite bloquée par un champ de mines et par les Matilda Scorpions qui, ironie du sort, sautent sur les mines qu’ils doivent détruire. D’autres blindés sont détruits et la confusion règne au sein de la brigade. Certains chars arrivent néanmoins à conquérir la crête de Miteiriya avant de perdre 6 Sherman à cause des mines. Le Wiltshire Yeomanry, qui était bloqué par les mines, réussit enfin à avancer en perdant neuf chars de plus et finit par croiser le chemin de la 15e Panzerdivision. Les blindés se replient alors aux abords de la crête toujours tenue par le Warwickshire Yeomanry.
De son côté, la 1st Armoured Division doit avancer jusqu’aux objectifs de l’infanterie (Oxalic Line), puis, progresser de 2 kilomètres vers l’ouest pour empêcher une réaction de l’adversaire face aux Australiens et Écossais. Les Sud-Africains et Néo-Zélandais sont eux soutenus par la 10th Armoured Division. Bien sûr, sur le front écossais, les chars ne peuvent atteindre leurs objectifs et tentent de traverser le champ de mines à travers des couloirs de 8 mètres de large battus par l’artillerie allemande. Se déployant hors des couloirs, des chars sont la cible de canons anti-chars. On le voit, les Alliés sont déjà en difficulté.
Pour la 10th Armoured Division, sur le front néo-zélandais, la progression est au début assez aisée au travers des champs de mines dégagés. Mais, un autre champ qui n’apparaît pas sur les cartes britanniques est repéré et le génie à bien des difficultés à y ouvrir des passages face aux mitrailleuses allemandes. Il est de toute façon trop tard pour espérer que les chars britanniques se faufilent sur les arrières des forces de l’Axe, ils devront affronter à la lumière du jour, les positions défensives très bien placées des Germanos-Italiens. Ainsi, les Sherwood Rangers subissent le feu nourri des batteries anti-char italiennes et dans la confusion du repli, des blindés sautent sur les mines. 16 chars seront ainsi perdus. Le 47th RTR (Royal Tank Regiment) subit, lui aussi, tant de pertes (du fait notamment des88 mm allemands) qu’il est dissous.

Au soir du 24 octobre, les généraux britanniques sont conscients du fait que les objectifs de l’opération Lightfoot sont loin d’être atteints et que l’opération en elle-même n’a aucune chance de déboucher sur un succès. En fait, il n’y a qu’au sud où le 13th Corps réussit sa mission, immobiliser des troupes ennemies. En fin de compte, le front allemand n’a été nullement percé et les pertes des Britanniques et de leurs alliés commencent à être lourdes.

Du côté allemand, la situation n’est pas non plus des meilleures. En effet, alors que le général Stumme cherchait à prendre contact avec les unités en première ligne, il serait mort d’une crise cardiaque à la suite d’un bombardement qui l’aurait propulsé en dehors du véhicule qui l’emmenait au front sans pour autant que son chauffeur s’en aperçoive. Von Thoma prend alors l’intérim en attendant le retour imminent de Rommel. Il est alors ordonné à la 15e Panzerdivision de reprendre le terrain cédé à l’ennemi. De plus, il va s’avérer possible de rappeler la 21e Panzerdivision et la division blindée Ariete qui était retenues au sud, l’effort britannique n’étant plus très important.

La contre-attaque allemande
Dès la fin du 24 octobre, la 15e division blindée allemande contre-attaque dans le secteur australien où les blindés du 40th RTR subissent de lourdes pertes. Il faut ajouter à la contre-attaque, le fait qu’un raid aérien anglais a par erreur lâché ses bombes sur les troupes australiennes. Chez les Écossais, les Panzer ont fort à faire avec les chars de la 2nd Armoured Brigade et perdent 26 de leurs blindés. À 22 heures, la 10e division blindée britannique attaque avec la 24ebrigade à droite et la 8e brigade à gauche. Le but est la crête de Whiska située en face de la crête de Miteiriya. Une nouvelle fois, les sapeurs sont surpris par la profondeur des champs de mines et subissant le feu allemand, ils n’arrivent pas à ouvrir avec suffisamment de rapidité un chemin. Pendant ce temps, bombardiers allemands et canons anti-char tirent sur les blindés britanniques qui ne peuvent avancer. Après des hésitations, le général Gatehouse, commandant la division, demande à Montgomery l’autorisation de replier ses blindés. Le chef de la 8th Army convoque alors Lumdsen, le chef du Xe Corps à 3 heures du matin et lui demande de faire continuer l’attaque ou alors d’accepter que les chefs de l’arme blindée soient changés5. Les blindés tiennent leurs positions, mais c’est un massacre, des dizaines de Grant et Sherman sont détruits. À la suite de cet échec, les Britanniques doutent, comment a-t-on pu échouer avec une telle supériorité numérique ?

L’opération Supercharge
Les derniers combats de Lightfoot
Le 25 octobre marque le retour de Rommel en Afrique. Le 26 octobre, voici un état des pertes :
• 148 Allemands et 195 Italiens ont été tués ;
• 495 Allemands et 424 Italiens ont été blessés ;
• 1 057 Allemands et 1 372 Italiens sont portés disparus (soit prisonniers, soit tués et blessés situés chez les Britanniques).
La 15e Panzerdivision compte 31 chars en état (119 au départ), la 21e Panzerdivision qui a combattu au sud, compte 98 Panzer sur 106 le 23 octobre. La division Ariete n’a perdu que 2 chars et la Littorio en a perdu 56.
Pour les Britanniques, les pertes en blindés s’élèvent à 215 unités et 38 véhicules blindés sont aussi perdus, ce qui est largement supérieur aux pertes de l’Axe. Cependant, ils peuvent compter sur de substantiels renforts. Une nouvelle fois, le 26, les Britanniques échouent face à la 164e division d’infanterie à percer le front allemand. Dans les airs, la RAF a définitivement pris le contrôle. À cette date, c’en est fini de la légendaire domination aérienne de la Luftwaffe. L’arrivée de l’USAAF va changer la donne à l’ouest avec les bombardements stratégiques, et, en URSS, la formidable machine industrielle soviétique va permettre aux avions russes de dominer les airs.
Rommel, malgré les échecs des Britanniques décide néanmoins de rappeler la 21e Panzerdivision au nord et de lancer la90e division légère dans une contre-attaque qui va s’avérer un échec. Dans ses carnets, Rommel semble pessimiste et évoque même à demi-mots sa propre mort : « Durant ces brèves semaines passées à la maison, j’ai vraiment senti ce que vous et Manfred représentez pour moi. Ma dernière pensée est pour vous deux »6.

Création du plan

Pendant ce temps, Montgomery met en place un nouveau plan ressemblant à Lightfoot mais baptisé Supercharge (Ce changement a pour but de renforcer le moral des troupes). Une nouvelle fois, l’offensive aura lieu au nord. Sur le front, à l’exception des Australiens, plus personne ne se bat et la 2e division d’infanterie néo-zélandaise, la 1st Armoured Division et 9th Armoured Brigade sont retirées du front. Pour combler ces départs, on étend les positions des Sud-africains et de la 4e division d’infanterie indienne. De plus, le front sud est de plus en plus déserté, la 7th Armoured Division ainsi que les 151e, 152e et 131e brigades d’infanterie appartenant aux 50e et 44e division d’infanterie sont envoyées au nord pour renforcer notamment les Néo-zélandais qui ont perdu beaucoup d’hommes. C’est aux hommes du général Pierre Kœnigde tenir l’extrême sud du front, face aux parachutistes de la brigade Ramcke.

Au départ, le plan consistait à frapper au nord, là où sont postés les Australiens qui mènent une guerre d’usure, mais l’arrivée massive de renforts allemands dans cette zone incite Montgomery à abandonner ce plan initial. Il préfère attaquer un peu plus au sud, au niveau des positions tenues par les divisions d’infanterie italiennes, dont la faible valeur combative est encore diminuée par le départ des Allemands pour le nord. En outre, une fois la ligne percée, le 10th Corps pourra envelopper les unités allemandes présentes plus au nord grâce notamment à la piste de Sidi Abd el Rahman. Au tout début, les Australiens devront attaquer le saillant existant dans le front britannique à la suite de l’opération Lighfoot, là où se situait l’ancien objectif des forces écossaises. Cela confortera Rommel dans son idée que c’est bien l’extrême nord qui est menacé.

Ensuite, après cette attaque préliminaire, pour lancer l’assaut sur les positions italiennes, trois brigades de la 51e division plus trois autres de la 50e d’infanterie sont chargées de percer sur 4 kilomètres les défenses adverses afin d’atteindre la piste de Rahman et la crête d’Aqaqir. Au sud, la 133rd Brigade et au nord le 22e bataillon maori attaqueront sur les flancs. 38 chars sont gardés en réserve pour soutenir l’infanterie en cas de problème. De nombreuses pièces d’artillerie sont concentrées sur le front d’attaque et commenceront leurs tirs à 1h05. De plus, des bombardiers auront pilonné les Italiens durant 7 heures. À 4h00 précises, l’objectif doit être atteint, la première vague sera alors relevée par la 9ebrigade blindée qui aura pour but la prise de la crête d’Aqaqir. La 1st Armoured Division et 8th Armoured Brigade seront alors lancées à l’assaut du terrain libre, une fois le front percé, pour empêcher les Germano-Italiens de se rétablir. Contrairement à Lightfoot, les blindés seront engagés plus tôt car l’infanterie a déjà subi des pertes substantielles. Ainsi, la 9th Brigade devra attaquer les positions d’artillerie adverses, ce qui risque d’engendrer des pertes énormes, mais Montgomery se dit prêt à accepter des pertes de 100 %7.

L’attaque australienne
L’offensive australienne constitue en quelque sorte la passerelle entre Lightfoot et Supercharge, elle doit gommer les imperfections de la première et assurer le bon développement de la seconde. Elle commence par l’assaut d’un poste défensif allemand appelé Thompson Post. Il est composé de tranchées abritant des nids de mitrailleuses et couvertes par un champ de mines. La défense du poste est assurée par le 125e régiment d’infanterie allemand et le 11e bataillon de Bersaglieri. Le plan d’attaque australien prévoit la prise par la 20th Brigade de deux collines à proximité du poste lui-même, la 26th Brigade devant pour sa part capturer la redoute pour accéder à la route côtière et isoler des unités allemandes. Des chars Valentine provenant de la 23rd Brigade devront les soutenir. L’assaut a lieu à 22h le 28 octobre. Les Australiens ne rencontrent aucun ennemi, mais les blindés ont fort à faire avec un champ de mines. Une des collines est capturée peu avant le lever du jour, ce qui interrompt l’offensive.

Il faut attendre la nuit du 30 au 31 pour revoir les Australiens attaquer. Ils arrivent avec l’aide de l’artillerie au pied de Thompson Post, mais subissent le feu de l’artillerie allemande. À 1 heure du matin, les Britanniques déclenchent un tir de barrage sur les canons allemands. Les fantassins tentent d’avancer, mais ils sont tués par les obus de mortiers, les mitrailleuses et les mines. Devant la confusion qui s’ensuit, le repli est ordonné. Des dizaines d’hommes ont été perdus. Les Australiens ne sont pas parvenus à atteindre la mer, Rommel continue pour tenir le saillant à y envoyer des armes anti-char. À 12h30, le 31 octobre, les Allemands lancent une contre-attaque à l’aide de la 21e division blindée qui ravage les chars de la 23rd Brigade avant de se retirer. Durant la nuit, les Allemands réussiront finalement à repousser les Australiens plus au sud. Mais le gros de l’attaque va bientôt arriver et cette offensive a déporté une grande partie des forces allemandes au nord8.

La bataille
Le début de l’attaque se passe sans difficultés, les défenses adverses ayant été terriblement affaiblies par le pilonnage de l’aviation et de l’artillerie. Sur les côtés, les troupes progressent sans trop de difficultés, les pertes les plus lourdes ont lieu au centre, les unités allemandes et italiennes ne se repliant pas. Mais les objectifs sont atteints à l’heure et la 9th Armoured Brigade est prête à attaquer. Cependant, il règne une certaine confusion dans l’unité, ce qui fait que seuls 94 chars sur 132 arrivent à attaquer9. Le retard pris sur l’horaire fait que la nuit se termine et bientôt, les chars vont être repérables. Progressant légèrement en arrière du barrage d’artillerie, les Britanniques approchent de la Piste du Télégraphe. Les Allemands réussissent néanmoins à faire subir des pertes sensibles aux Britanniques en détruisant leurs camions, ce qui empêche l’infanterie de soutenir les blindés. Peu après 6 h, les Britanniques ont entamé les positions allemandes malgré (comme toujours) la présence de mines. Dès que le jour fait son apparition, les Allemands peuvent régler leurs tirs et causent une hécatombe de différents chars anglais. Les Crusader au canon de 40 mm sont les premiers à succomber, leur armement étant bien trop léger. Devant le feu des canons antichars allemands et italiens (il y a des 88 mm), la brigade blindée subit très vite des pertes importantes et doit, de plus, encaisser la contre-offensive des blindés des 15e et 21e divisions de Panzer. Pris de flanc, les rares survivants britanniques se replient ; sur les 94 chars de l’attaque, 75 sont détruits10.
Pour ce qui est de la 2nd Armoured Brigade qui doit conquérir la crête d’Aqaqir, l’affaire se présente plutôt mal, elle est en retard. Le chemin qui mène à la crête est de plus encombré de véhicules en tout genre. Les quelques survivants de la 9th brigade les informent du massacre qu’ils ont subi, massacre inutile car l’état-major britannique, devant la réaction de Rommel qui envoie ses blindés, ne peut se résoudre à lancer une bataille trop tôt. De son côté, Rommel n’est pas optimiste, la percée de l’infanterie lui a causé du souci, il estime que sa contre-attaque n’est pas suffisante et il craint une bataille à l’est de la crête d’Aqaqir, seul endroit où la brèche anglaise possède encore une certaine profondeur. Montgomery voulait cette bataille à l’ouest de la crête.

Le 2 novembre 1942
Après une longue hésitation due au tir de barrage allemand, au massacre qu’a subi la 9e brigade et à l’amas des troupes blindées allemandes, les Britanniques décident de ne pas lancer à l’assaut la 2nd Armoured Brigade contrairement aux ordres de Montgomery et de son état-major. Lumsden, chef du 10e Corps ne peut se résoudre à accepter un nouveau massacre. Fisher, le chef de la brigade, reste sur ses positions dans la brèche, ce qui empêche la 8th Brigade d’avancer. Devant cet amoncèlement de véhicules, Rommel va tenter de contre-attaquer pour causer un massacre en réunissant ses derniers blindés et en demandant l’aide de l’aviation, notamment des bombardiers en piqué Stuka. Mais la supériorité de la RAF est depuis longtemps acquise et la Luftwaffe ne peut attaquer les troupes au sol qui subissent néanmoins le tir des canons de 88 mm toujours aussi efficaces jusqu’à ce que les aviateurs britanniques les contraignent à cesser le feu. Les blindés italiens attaquent aussi, mais ils subissent de lourdes pertes, que ce soit face à l’artillerie, aux chars ou aux avions. Pour défendre le front en danger, Rommel rappelle la division Ariete et le 125erégiment de PanzerGrenadier. Les Germano-Italiens tiennent, les Britanniques n’avancent pas et subissent de lourdes pertes mais, dans cette guerre d’usure, le gagnant n’est pas celui qui perce ou qui résiste mais bien celui qui a le plus de réserves. Or, les Allemands se retrouvent bientôt à court de munitions et d’essence, le ravitaillement par voie maritime est très faible, la Royal Navy est maîtresse des mers. De plus, à force d’être engagés, les Panzer ont des pertes, il n’en reste plus à la fin du 2 novembre que 35 disponibles11, plus ceux en réparation.

Chez les Britanniques, malgré la perte de plus de 150 chars, les réserves sont importantes et les 8th et 22nd Brigade (appartenant à la 7e division blindée) ont des effectifs quasi-complets qui excèdent de loin les effectifs allemands. En cumulant tous les chars, la 8th Army en a plus de 300 contre guère plus de 50 aux Germano-Italiens (100 avec les chars médiocres de la division Ariete). De plus, des automitrailleuses britanniques ont réussi à se faufiler sur les arrières des forces de l’Axe au sud-ouest du saillant11. Les Italiens les prennent pour des Allemands et ces derniers pour des Italiens, voici comment un chef de char décrit la situation :
« Ils nous regardent de très près, aperçoivent nos bérets, puis se retirent vivement de quelques mètres, marquent une pause comme s’ils ne croyaient pas leurs yeux et s’approchent à nouveau pour vérifier12 »
Les Britanniques profitent de la situation pour désorganiser le système de communications de l’adversaire. Pour les soutenir, Montgomery envoie de l’infanterie qui capture de nombreux prisonniers parmi la division italienne Trieste. Le général Lumsden prévoit une attaque de chars en direction de la crête d’Aqadir mais un ordre de « Monty » l’oblige à lancer à l’aube du 3 novembre l’infanterie (2e et 7e brigades de fusiliers ainsi que le 2e Corps Royal des fusiliers). Les 2e et 7e brigades de fusiliers se font repousser par des mitrailleuses ; le 2e Corps Royal tient malgré sa position inconfortable.

La percée
Mais, Rommel n’a plus de réserves, il ne peut contre-attaquer et doit maintenant penser à se replier en comptant sur la lenteur de réaction des Britanniques. Il ordonne donc à ses troupes de commencer à se replier notamment au nord. Il voulait battre en retraite jusqu’à Fouka. L’infanterie était transférée vers l’ouest en camion sous le couvert des Italiens. Ces derniers faute de moyens de transport devaient se replier à pied. Pour le chef de l’Afrikakorps, il faut non seulement abandonner la position d’El Alamein, mais s’il veut sauver l’Afrikakorps, il commence à penser qu’il doit se replier enEurope. Pour Hitler, une telle proposition est inacceptable. Il ordonne à Rommel de tenir ses positions. Hésitant, il obéit finalement.
Face à ce début de repli, l’aviation allemande fait tout son possible pour empêcher les bombardiers de la RAF de bombarder les colonnes en repli. À terre, il est ordonné aux 1er et 7e divisions blindées de s’engouffrer dans le saillant ouvert par les automitrailleuses et de foncer vers la mer pour encercler une partie des forces de Rommel. Auparavant, l’infanterie et des Valentine tentent d’élargir le passage mais subissent des lourdes pertes. Finalement, l’arrivée de la 11ebrigade indienne permet de capturer 200 soldats allemands retranchés sur la crête d’Aqaqir. Mais il est trop tard, les Allemands ont commencé à se replier.

La poursuite
Pour l’Afrikakorps c’est la fin, le repli est inévitable et l’ordre de Hitler de résister ne peut empêcher la fin de l’Afrikakorps. Certains veulent résister, mais, Rommel sait que rien ne peut arrêter les Britanniques8. Il envoie son aide de camp, le lieutenant Berndt à Berlin pour faire changer Hitler d’avis. Pendant, ce temps (nuit du 3 au 4 novembre), l’Afrikakorps est placé en arc de cercle autour du saillant britannique, la division blindée Ariete italienne avec ses 100 chars M13/40 sont les derniers blindés de Rommel, mais ils sont déjà trop vieux. Les Britanniques, malgré des pertes avoisinant les 500 chars, conservent encore 600 chars. À l’aube du 4 novembre, la 2e brigade blindée et les survivants de la 7e brigade motorisée s’avancent vers les défenses allemandes à l’ouest de la crête d’Aqaqir. Les troupes allemandes sont commandées par le général von Thoma qui use de ses derniers 88 pour détruire quelques chars adverses. Les Britanniques décident d’utiliser l’artillerie pour détruire les positions adverses. Les troupes de la 1st Armoured Division s’avancent sur le champ de bataille. Les blindés rencontrent alors la résistance d’un Panzer III qui finit par se rendre. Les Anglais découvrent avec surprise qu’il abrite le général von Thoma. Il est amené au général Montgomery13. Les Écossais et les Indiens peuvent percer avec l’aide de blindés, bientôt suivis par les Néo-zélandais14. Le front est percé, les chars alliés vont pouvoir surgir sur les arrières de l’Axe.

Pendant ce temps, les Italiens de la division Ariete voient arriver les unités de la 7e division blindée, les Deserts Rats qui avancent avec l’aide de l’artillerie. La 22nd Armoured Brigade détruit un par un les chars survivants. Les Britanniques percent au sud de la position italienne, ces derniers sont tournés et anéantis. Le XXe Corps Italien est détruit, c’est un nouveau coup dur pour Rommel. Malgré la résistance le long de la côte de la 90e division légère, les Germano-Italiens sont vaincus et leur centre est percé. Cette brèche de 20 kilomètres menace de destruction les troupes situées au sud. Rommel ne peut se résoudre à tenir, il ordonne à 15 h 30 le 4 novembre à l’ensemble des forces de l’Axe de se replier. Au nord, on s’enfuit par camions, mais, au sud, les éléments motorisés sont rares. Coupées du reste de l’Afrikakorps, les troupes de la brigade Ramcke et de la division Folgore (seules unités restantes du XXe Corps) et les divisions Pavia et Brescia (Xe Corps) doivent s’enfuir par leurs propres moyens. Rommel va tenter de les incorporer à Fouka à 100 kilomètres à l’ouest d’El Alamein. Une nouvelle fois, il compte sur la lenteur des Britanniques. Ainsi, au soir du 4 novembre, les troupes alliées bivouaquent au lieu de poursuivre leur adversaire. Lorsque des renseignements arrivent au QG de la 8e Armée, l’état-major décide de poursuivre l’Afrikakorps à partir du 5 novembre en direction de la côte pour capturer les troupes allemandes.

De Fouka à Solloum en passant par Marsa Matruh
La 2nd Armoured Brigade avance le lendemain en direction d’El Daba pour foncer ensuite vers Fouka, mais, elle est bloquée par un canon de 88 mm qui tue notamment le capitaine Singer qui avait capturé von Thoma. La brigade attaque par le sud tandis que la 7e brigade motorisée attaquera par l’est. 150 hommes et le canon sont capturés. Il est déjà plus de midi. La seule unité à intercepter des ennemis est la 8e brigade blindée qui atteint Galal. Des troupes disparates sont capturées. Peu après, une colonne importante arrive et, au terme d’un combat intense, les Britanniques détruisent 14 Panzer et 29 chars italiens. 1 000 hommes sont capturés15. Arrivé à Fouka, Rommel n’y trouve aucune position défensive et les Germano-Italiens sont désorganisés ; il décide de battre en retraite jusqu’à Marsa Matrouh.
Au matin du 6 novembre, la situation de la Panzerarmee est tragique. Depuis les combats de la veille, il n’y a plus que 12 Panzer en état de se battre. Les Italiens mènent des combats d’arrière-garde, mais certains se font capturer par les Britanniques et beaucoup d’unités sont dispersées. Les Allemands, par contre, gardent un semblant d’ordre. L’essence vient à manquer et la 21e Panzerdivision tombe en panne de carburant durant sa fuite vers Marsa Matruh. Poursuivis par les chars de la 22nd Armoured Brigade, les derniers Panzer sont immobilisés. Ils sont sauvés par le Kampfgruppe Voss chargé de protéger l’arrière-garde et qui tombe sur les arrières britanniques ; surpris, ceux-ci doivent battre en retraite. Mais le problème de l’essence restant, les Panzer sont sabordés et seuls les véhicules légers peuvent continuer de se replier. À Marsa Matruh c’est une lutte entre Allemands pour savoir qui aura de l’essence mais à Benghazi, 4 000 tonnes de carburants viennent d’arriver par mer (un exploit). Malgré des pertes dues à l’aviation, la moitié arrive à Solloum. Seuls quatre Panzer sont encore là avec une dizaine de M13/40. Le 7 novembre, Ramcke et 600 de ses parachutistes, venus des confins du sud, arrivent à la rencontre des troupes de Rommel. 450 hommes ont été perdus en route. Ils avaient dû capturer des camions de ravitaillement aux Britanniques. Belle action de cette troupe d’élite, mais sans grande utilité pour Rommel, eux aussi voudraient leur part d’essence.
Le 8 novembre 1942, la Panzerarmee Afrika se replie vers Solloum en passant par les cols de Halfaya, ce qui signifie un ralentissement dans le retrait. Les Britanniques ont décidé de ne pas contourner la position par le sud, mais, ils peuvent réaliser un massacre si les Allemands sont surpris pendant leur traversée des cols. Ainsi, le XXe corps italien soutenu par les quatre Panzer survivants doivent garder la passe de Halfaya et la 90e division légère continue à mener des combats de retardement à l’arrière des troupes germano-italiennes. À son arrivée à Solloum, Rommel ne compte plus que sur 2 000 soldats allemands, à peine plus d’Italiens, 15 canons antichars, même pas 50 canons de campagne. La réserve se compose de 3 500 soldats dont 500 Italiens. Les forces blindées se composent de 11 Panzer et 10 chars italiens. Enfin, la réserve en artillerie se compose de 75 canons de tous types. Voilà ce qui reste de la glorieuse armée d’Afrique. Elle ne doit son salut qu’à la lenteur des Britanniques qui ne pourront surprendre les troupes de Rommel dans le passage de Halfaya. À l’aube du 9 novembre, l’ensemble des troupes est passé, la 90e division légère s’y engouffre et en débouche à midi. Les sapeurs du général Büllowius sont les derniers à passer et font sauter la route16. À la fin de la journée, les avants-gardes britanniques arrivent, elles appartiennent à la 4e brigade blindée, mais, tombent sur une route impraticable et quelques mines détruisent des chars. Plusieurs jours seront nécessaires pour remettre en état la route. Mais Rommel doit déjà penser à battre en retraite en Tunisie, l’opération Torch a été mise en place, les Anglo-saxons arriveront bientôt de l’ouest pour bloquer la route aux dernières troupes.

Bilan
Au terme d’une longue bataille et malgré des pertes excédant les 500 chars, Montgomery a pu, grâce à ses réserves, percer le front de Rommel qui ne disposait pas de plus de 100 Panzer. Le ravitaillement étant coupé par le « porte-avions » maltais, la logistique ne pourra suivre Rommel dans son ultime tentative de résistance.
Le temps était fini où l’OKW rêvait de voir le drapeau à croix gammée flotter sur Alexandrie, les blindés du Renard du Désert pénétrer dans le Moyen-Orient riche en pétrole, les troupes allemandes venant du Caucase les rejoindre pour se diriger à travers l’Iran et l’Afghanistan vers l’Inde et faire la jonction avec l’Empire du Soleil Levant.
En quelques mois, les Allemands vont être écrasés à Stalingrad et repoussés d’Égypte. Comble du désastre, le 8 novembre 1942, Américains et Anglais débarquent en Algérie et au Maroc.
Certaines colonies françaises rejoindront de Gaulle dans sa lutte contre l’Allemagne nazie et l’Italie mussolinienne agonisante qui verra sa dernière possession africaine, la Libye, être envahie. Bientôt, le régime fasciste sera renversé, les Allemands perdront leur principal allié qui les avait entraînés en Afrique.
Mais, Hitler avait une vision trop continentale, il n’a pas vu en cette guerre du Désert les profits que pourraient en tirer les Allemands et le génie de Rommel ne put faire la différence. Le temps des défaites et de la retraite avait commencé pour les Allemands ; ils verront deux ans plus tard les troupes britanniques aux frontières du Troisième Reich.

Notes et références
1. ↑ Les Grandes batailles, Richard Holmes,p.210
2. ↑ LEs Grandes Batailles, Richard Holmes, p.210
3. ↑ Hanns Gert von Esebeck, Afrikanische Schicksalsjahre, p.278
4. ↑ La Seconde Guerre mondiale, campagnes et batailles, Philippe Masson,p. 195
5. ↑ Opération Supercharge, HS Militaria Magazine, Yves Buffetaut
6. ↑ La guerre sans haine, Erwin Rommel, p.62
7. ↑ Opération Supercharge, HS Militaria Magazine, p.124, Yves Buffetaut
8. ↑ a et b Traduction automatique de la page ‘The battle of El Alamein’ [archive] (V.O. (en)accessible).
9. ↑ Barr, Niall. pg. 387
10. ↑ Militaria n°16, Yves Buffetaut, p.128
11. ↑ a et b Les Grandes Batailles, Richard Holmes, p.209
12. ↑ El Alamein, Lord Carver, Bastford, p. 168
13. ↑ James Lucas, War in The Désert, p. 255
14. ↑ La Seconde Guerre mondiale, Pierre Miquel, p. 364
15. ↑ Militaria, Hors Série n°16, Yves Buffetaut, p.156
16. ↑ Militaria, Hors Série n° 16, Yves Buffetaut, p. 161

 

Bataille d’El-Alamein en images 
source ECPAD

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, un événement a marqué l’année 1942 et est devenu une bataille décisive de la campagne d’Afrique : c’est la bataille d’El-Alamein en Egypte. Il existe plus exactement deux batailles d’El-Alamein.

La première, désignée également bataille d’Al Mata, se déroule du 1er au 27 juillet 1942 et oppose les forces de l’Axe (l’Afrika Korps commandé par le maréchal Erwin Rommel et l’armée italienne) aux forces alliées (principalement la 8e armée britannique commandée par le général Claude Auchinleck) dans le désert libyque en Egypte. Elle permet de stopper l’avancée allemande en Egypte.

La seconde bataille d’El Alamein oppose les mêmes belligérants (le général Montgomery est à partir du mois d’août à la tête de la 8e armée britannique et le maréchal Rommel, malade, est remplacé par le général Georg Stumme), du 23 octobre au 4 novembre 1942. Elle se solde par un recul de l’armée allemande, qui menaçait de prendre le canal de Suez, en raison de la supériorité en chars de l’armée britannique et de la domination de la mer Méditerranée par la Royal Navy qui empêche l’Afrika Korps d’être ravitaillé de manière efficace.

La participation des Français libres consiste en une attaque de diversion au sud dans le secteur de l’Himeimat par la 1re division légère française libre. Mais celle-ci est un échec qui coûte la vie notamment au chef de la 1re brigade française libre, le lieutenant-colonel Amilakvari.

Ces combats trouvent une illustration dans les fonds d’archives conservés à l’ECPAD, exclusivement dans le fonds dit allemand. Les images prises par les reporters des compagnies de propagande allemandes montrent les troupes armées allemandes et italiennes, notamment dans leurs positions défensives au niveau de la dépression de Qattara. Elles s’attachent à montrer les prisonniers britanniques et les nombreuses prises de guerre, en particulier les chars anglais. Enfin, les abondants portraits du maréchal Rommel (jusqu’en septembre 1942) permettront d’entretenir la légende du « renard du désert ».

Les images françaises relatives à ces épisodes sont inexistantes et seul le portrait du lieutenant-colonel Amilakvari, pris probablement le 10 août 1942 lors d’une cérémonie durant laquelle le général de Gaulle lui remet la croix de la Libération au camp de El Tahag en Egypte, rappelle la part prise par les Français dans ce tournant de la guerre.

dak-1010
Bataille d’El Alamein
Description : Durant la seconde bataille d’El-Alamein, une pièce Pak 36 (r) de 76,2 mm d’origine soviétique en action.
Date : Entre le 30/10 et le 04/11/1942
Lieu : El-Alamein
Photographe : inconnu
Origine : ECPAD-ECPAD
dak-1011
Référence : DAK-101-L14
Bataille d’El Alamein
Description : Mise en batterie d’un canon Pak 38 de 5cm lors de la bataille d’El-Alamein
Date : Entre le 30/10 et le 04/11/1942
Lieu : El-Alamein
Photographe : inconnu
Origine : ECPAD-ECPAD
Référence : DAK-101-L37

dak-1012
Bataille d’El Alamein
Description : Lors de la seconde bataille d’El-Alamein, le maréchal (Generalfeldmarschall) Erwin Rommel à bord d’une voiture Horch Kfz-15 ou Kfz.21, avec des officiers.
Date : Entre le 25/10 et le 04/11/1942
Lieu : El-Alamein
Photographe : inconnu
Origine : ECPAD-ECPAD
Référence : DAK-104-L1

dak-7110
Bataille d’El Alamein
Description : Durant la première bataille d’El-Alamein, des soldats allemands et des prisonniers alliés près d’un chasseur de chars Panzerjäger (Pz-jäger-I). Les prisonniers alliés sont peut-être issus du 28e bataillon néo-zélandais.
Date : Entre le 27/05 et le 10/06/1942
Lieu : El-Alamein
Photographe : inconnu
Origine : ECPAD-ECPAD
Référence : DAK-71-L15

dak-1110
Bataille d’El Alamein
Description : Durant la seconde bataille d’El-Alamein, une colonne de véhicules se porte vers le col d’Halfaya pendant le repli des troupes italo-allemandes.
Date : Entre le 31/10 et le 10/11/1942
Lieu : El-Alamein
Photographe : inconnu
Origine : ECPAD-ECPAD
Référence : DAK-110-L32

dak-1013
Bataille d’El Alamein
Description : Le maréchal (Generalfeldmarschall) Erwin Rommel et le colonel (Oberst) Fritz Bayerlein. L’officier à droite semble être le commandant (Major) Ziegler.
Date : Entre le 31/10 et 01/11/1942
Lieu : El-Alamein
Photographe : inconnu
Origine : ECPAD-ECPAD
Référence : DAK-109-L3

 

ournal des débats politiques et littéraires
1942/10/27 (Numéro 856).
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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

27 janvier 2013

Poche de Lille (1940)

Classé sous — milguerres @ 16 h 09 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Poche de Lille (1940)

La poche de Lille a résisté du 25 mai au 31 mai 1940 à l’encerclement de l’armée allemande commandée par le général Waeger durant la bataille de France.

Poche de Lille (1940) poche_10

Le groupement de l’armée française, chargé de la défense de Lille, sous les ordres du général Molinié établit son quartier général à Haubourdin et fit placer :
• Le général Alphonse Juin avec la 15e Division d’Infanterie Motorisée au Faubourg des Postes à l’entrée de la ville.
• Loos est tenu par la 1re Division d’Infanterie Motorisée commandée par le général Léon Jenoudet,
• L’est d’Haubourdin par la 2e division Nord-Africaine du général Pierre Dame
• L’ouest d’Haubourdin par la 5e division Nord-Africaine du général Mesny.
• Les débris de la 1re division Marocaine, durement éprouvée par les combats des jours précédents se placent à Lambersart sous les ordres du général Mellier avec une poignée de soldats britanniques du génie.

Les poches de résistance regroupent 35 000 à 40 000 soldats, soit 30 bataillons, 12 groupes d’artillerie, et 5 groupes de reconnaissance.

Le 28 mai en fin de matinée, après la capture du général Kuhn, dans le Faubourg des Postes, porteur des plans d’attaques allemands qui prévoient que les trois Panzer Divisionnen (4e , 5e et 7e) attaqueront le front ouest, la 7e division le nord, la 253e le nord-est, la 217e le sud-est et la 267e division le sud, le général Molinié et ses officiers, organisent alors une tentative de sortie. C’est un carnage. Le capitaine Philippe de Hauteclocque, avec l’accord de son supérieur, réussira à traverser les lignes allemandes et à rejoindre le 4 juin les positions françaises plus au sud sur le canal Crozat.

Les munitions épuisées, des centaines de morts civils et militaires, de blessés, les points de résistance cessent le combat les uns après les autres le 31 mai.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gifA Haubourdin, les Allemands, sans nécessité et après la bataille, massacreront une partie des prisonniers nord africains.

Conséquences

Le général Molinié et le colonel Aizier négocient jusqu’à minuit une reddition dans l’honneur pour les défenseurs de Lille et de ses faubourgs.

Le samedi 1er juin sur la Grand Place les troupes françaises ainsi que quelques Anglais défilent en armes devant les Allemands et quelques civils sortis des abris1.

Le 2 juin, Adolf Hitler reprocha au général Waeger d’avoir marqué une pause dans sa progression vers Dunkerque et d’avoir rendu les honneurs aux Français. Il fut limogé sur le champ. Churchill dans ses mémoires estima que les défenseurs de Lille donnèrent cinq jours de répit à l’opération Dynamo (citation du livre du Colonel Rémy). « These Frenchmen, under the gallant leadership of general Molinié, had for four critical days contained no less than seven German divisions which otherwise could have joined in the assaults on the Dunkirk perimeter. This was a splendid contribution to the escape of their more fortunate comrades of the BEF » (Winston Churchill, The Second World War. vol. II. Their Finest Hour, Cassel & Co., 1949, p. 86).

note :

1 – ↑ (de) Der Spiegel, 16.05.1962 [archive]
source wikipedia

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gifA APPRONFONDIR : A Haubourdin, les Allemands, sans nécessité et après la bataille, massacreront une partie des prisonniers nord africains. ???

 

Je n’ai trouvé aucune trace qui relate ce massacre avec plus de précisions

 

seulement …
La honte noire (celle des Allemands…!) …
tiré de :
http://www.lyceelyautey.org/marocomb/articles.php?lng=fr&pg=70
LA RESISTANCE HEROIQUE DE LA PREMIERE DIVISION MAROCAINE A GEMBLOUX : LES 14 ET 15 MAI 1940

Christophe TOURON, professeur d’Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1995-2007) et au Collège Royal à Rabat (2003-2007). …/…

Lorsque la guerre éclate en septembre 1939, la propagande allemande se déchaîne contre les troupes coloniales françaises, présentées comme une masse de brutes conditionnées par les Français. Parallèlement un service de propagande, créé en 1934, courtise le monde arabe et surtout les mouvements nationalistes, en les encourageant à la révolte. Ce qui n’empêche pas la presse nazie de dénoncer, le 30 mai 1940, « cette sale racaille de couleur, sentant tous les parfums d’Arabie, contre laquelle doit se battre le brave soldat allemand ».

En 1940, le souvenir de la « Honte noire », entretenu par la propagande nazie, reste donc présent chez de nombreux soldats allemands. Relatant la capture de prisonniers marocains en Belgique, en mai 1940, le caporal chef Matthias, cité précédemment, conclut son témoignage, publié en 1941 dans un journal de la Wehrmacht, en disant « (…) que sur pied, les gaillards puent comme la peste ! » Manière peu respectueuse d’évoquer des hommes qui ont été aussi braves à Gembloux. Ces propos illustrent le mépris, voire le dégoût de l’ennemi pour ces combattants « indigènes », qui suscitent également peur et méfiance.

Dans ce contexte de haine raciale, de crainte et de revanche, les Allemands se montrent à plusieurs reprises sans pitié pour les combattants de l’armée française originaires d’Afrique du Nord et des colonies.

Ainsi, les premiers instants de captivité se révèlent fatals pour des centaines de tirailleurs sénégalais et quelques dizaines de combattants marocains, en dépit des protections prévues par la convention de Genève pour tout prisonnier de guerre. Le sergent Ennergis, tirailleur marocain fait prisonnier à Lille, fin mai 1940, rapporte ce témoignage poignant : « J’ai vu des Allemands fusiller sur place des Sénégalais. Beaucoup de mes camarades marocains l’ont été aussi parce que les Allemands savaient que nous étions volontaires, contrairement aux Algériens qui étaient des appelés. Je n’ai eu la vie sauve que grâce à mon jeune âge, en faisant croire aux Allemands que les Français avaient voulu enrôler de force mon père et que j’avais pris sa place pour le sauver. »

Outre le préjugé racial des Allemands, les 18 000 soldats marocains capturés doivent en effet assumer leur enrôlement volontaire, source d’hostilité supplémentaire de la part de certains militaires nazis lorsqu’ils en sont informés.

Le 30 mai 1940, à Febvin-Palfart dans le Pas-de-Calais, 32 combattants marocains prisonniers sont lâchement assassinés, dans des conditions obscures, par des soldats SS (abréviation de « Schutzstaffel », échelon de protection, les SS constituent une organisation militarisée et fanatisée du parti nazi). Ces prisonniers semblent avoir été tués alors qu’ils se trouvaient en transit. Exténués par une marche forcée et refusant peut-être d’aller plus loin, « (…) les malheureux durent creuser leur tranchée avant d’être exécutés, puis jetés pêle-mêle dans leur tombe, enchevêtrés les uns dans les autres. Ils furent recouverts par le dernier que les monstres exécutèrent, sa funèbre besogne terminée, et abandonnèrent sur le terrain face contre terre (…) Ils appartenaient au 254e régiment d’artillerie divisionnaire. 32 corps furent extraits de la tranchée et 15 seulement furent identifiés (…) Tous portaient le coup de grâce avec la nuque fracassée (…) ». C’est ainsi que le maire du village de Febvin-Palfart, rapporte ce drame, en 1971, au cours de l’inauguration d’un monument communal élevé à la mémoire de ces soldats marocains, victimes de la barbarie nazie.

Les marches qui mènent les prisonniers « indigènes » vers les camps de regroupement peuvent ainsi se révéler périlleuses, comme l’illustre aussi le témoignage d’Ousman Aliou Gadio, un tirailleur sénégalais : « On nous a capturé le 20 juin au matin, ils nous ont emmenés à Lyon, on a trouvé là-bas les Français, les Marocains, les Algériens, tout le monde dans un bâtiment, un hangar. On est resté là quatre jours et ils nous ont dirigés sur Dijon, alors on a marché à pied. Ils ont tué 7 marocains avant d’arriver à Dijon. Tous ceux qui ne pouvaient plus marcher, ils tiraient sur lui (…) ».

UNE CAPTIVITE EPROUVANTE DANS LES FRONTSTALAGS DE 1940 A 1944

Après leur victoire sur la France, les Allemands continuent de focaliser une partie de leur propagande sur les troupes « indigènes » de l’armée française, en des termes toujours aussi défavorables. C’est notamment le cas d’un reportage photos en couleurs, publié dans un numéro de la revue Signal, qui montre des prisonniers maghrébins en train d’égorger une vache selon les rites musulmans puis se partageant la viande. Gestes anodins mais mis en scène de telle sorte qu’ils doivent susciter l’aversion du lecteur, conforté par les commentaires de la revue : « Notre correspondant a pris une vue de l’abattage et du repas, qui donnent une idée des mœurs des troupes coloniales françaises. »

Redoutant les maladies tropicales et la contamination raciale, les autorités du Reich nazi décident de ne pas transférer ces soldats « indigènes » sur leur territoire, comme c’est alors le cas pour les autres détenus militaires français. Pour ne pas « souiller le sol allemand », les prisonniers maghrébins, noirs africains ou indochinois sont donc internés pour la plupart en France, dans des camps appelés Frontstalags. Ceux qui ont été envoyés initialement en Allemagne ou en Pologne sont transférés à leur tour dans ces lieux de détention, où les conditions de vie se révèlent très éprouvantes.

En effet, le ravitaillement y est souvent déplorable malgré les envois de colis postaux organisés par des œuvres caritatives comme l’œuvre des Secours aux prisonniers de Guerre qui est créée dès juillet 1940 au Maroc. Houcine Benyahia, tirailleur au 1er RTM, garde en mémoire ses « mauvais souvenirs [de captivité], comme lorsque nous étions 7 prisonniers à nous partager un seul pain au repas ! » Les hommes internés dans les Frontstalags doivent survivre dans un dénuement total, exposés aux mauvais traitements de leurs gardiens et à des travaux agricoles ou industriels exténuants. Les mauvaises conditions d’hygiène et la tuberculose aggravent les souffrances quotidiennes. Enfin, les balles allemandes s’ajoutent parfois à cette oeuvre de déshumanisation…

Au Frontstalag n° 231, à Airvault dans les Deux-Sèvres (à 50 km de Poitiers), l’un des médecins français, qui séjournent au camp, révèle le drame dont il a été le témoin : « Des tirailleurs marocains ayant tenté de s’évader s’empêtrèrent dans les barbelés. Surpris par les sentinelles, celles-ci, au lieu de les reprendre et alors qu’ils imploraient grâce, les assassinèrent sans pitié à coups de revolver et de mitraillettes. Le soir, c’est 3 ou 4 cadavres que les médecins français eurent à enlever dans les fils de fer (…) Au cours des obsèques, le rite musulman fut pour leurs gardiens, une occasion de divertissement sadique et de prises de photos. » Lorsque l’armée allemande évacue ce camp, elle laisse, enfouis sous les débris des baraquements, les corps de 26 combattants marocains morts durant leur détention ! Emue, la population locale offre à chacun de ces malheureux une sépulture décente, en attendant l’inauguration, en 1945, d’un monument et d’une nécropole nationale en leur mémoire.

Au début de l’année 1943, les prisonniers « indigènes » de l’armée française connaissent une nouvelle injure à leur statut, puisque l’Allemagne remplace leurs gardiens allemands, réquisitionnés pour combattre les Soviétiques sur le front est… par leurs anciens compagnons d’armes de l’armée française, obéissant au régime collaborateur de Vichy !

En fonction du bon vouloir des autorités allemandes, la population française offre une aide active et fraternelle à ces prisonniers, en leur apportant des vivres, des soins et un peu de réconfort. Certains facilitent même les évasions des Frontstalags.

De nombreux soldats d’Afrique du Nord et des colonies, qui ont fui leur captivité, rejoignent alors les rangs de la Résistance française intérieure contre les forces d’occupation allemande. On compte, par exemple, une cinquantaine d’Africains dans le maquis du Vercors. Forts de leur expérience militaire antérieure, ces soldats maghrébins, d’Afrique noire ou d’Indochine, sont d’un soutien précieux pour les maquis des Forces françaises intérieures (FFI). Ils s’illustrent par leur courage et leur dévouement dans les coups de force contre l’occupant, allant parfois au bout de leur destin.

C’est ainsi que le 19 août 1944, dans le sud-ouest de la France, le soldat Lahcene ben Oukrine, le sergent Mohamed ben Tayeb et le caporal Saïdi Salah, membres des FFI, tombent héroïquement sous les balles allemandes. Leurs dépouilles reposent de nos jours dans une des Nécropoles nationales dédiées à la Résistance française, à Chasseneuil-sur-Bonnieure en Charente (à 35 km d’Angoulême).

Leurs compagnons d’armes, restés prisonniers dans les Frontstalags, sont libérés pour la plupart en 1944, au fur et à mesure de l’avancée des Alliés. Ils sont alors regroupés dans des centres de transit afin de retrouver leur foyer. Mais cette libération ne marque pas toujours la fin du calvaire pour les soldats « indigènes ». En effet, les conditions sanitaires de leur hébergement provisoire demeurent souvent mauvaises, du fait de l’incurie des services qui en ont la charge. Enfin lors du retour au pays, il arrive que l’attitude de l’administration coloniale à l’égard de ces ex-captifs rappelle qu’ils restent des sujets de la France et non des citoyens français à part entière. Ce traitement inégal atteint son paroxysme dans le drame malheureux de Thiaroye au Sénégal, le 1er décembre 1944 : dans un climat houleux, des dizaines de tirailleurs sénégalais tombent alors sous les balles françaises pour avoir réclamé leur arriéré de solde, correspondant à leur période de détention dans les Frontstalags !

La captivité des 18 000 soldats marocains de « l’an 40 » et des dizaines de milliers d’autres combattants « indigènes » de l’armée française n’a pas connu d’épilogue aussi tragique.
Mais elle est restée dans son ensemble une épreuve redoutable, voire fatale, du fait des terribles souffrances morales et physiques infligées à ces « prisonniers de couleur » dans les Frontstalags.

Christophe TOURON, professeur d’Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1995-2007) et au Collège Royal à Rabat (2003-2007).

 

Réaction de  JJ

http://militaires-d-hier.forumgratuit.org/t3916-poche-de-lille-1940#27824

Attention aux manipulations, politiques ou autres, dans cette malheureuse affaire de Thiaroye. Si la France n’a pas lieu d’être fière de cet épisode, il faut quand même relativiser les choses.
Je possède un bon dossier sur ce sujet et, à sa lecture, on constate que les choses ne sont pas aussi simple que relatées dans l’exposé de Monsieur Touron.
L’administration coloniale, mais pas seulement elle, s’est certes montrée maladroite en faisant des promesses inconsidérées, mais il faut savoir que:
- cette affaire se passe en décembre 1944. A cette époque, la guerre n’est pas terminée, et la France est dans un état qui est loin d’être brillant. Elle dépend, pour ses relations maritimes, du pool de transport mis en place par les anglo-saxons. Le rapatriement des Tirailleurs n’est pas la priorité de cet organisme, c’est la raison du délai imposé à cette opération. C’est une des causes du mécontentement de ces hommes
- pour les Tirailleurs, faits prisonniers en 1940, la France a perdu la face, et ils ont pu constater la « supériorité » de l’armée allemande
- les autorités allemandes leurs ont remis des Marks, mais aussi beaucoup de Francs français. Hors ces deniers étaient faux (méthode classique chez les Allemands, voir l’affaire Cicéron). Les Marks seront changés en Métropole contre des Francs. Mais, à l’arrivée à Dakar, le trésor refuse l’échange des faux Francs contre des billets de la banque centrale de l’AOF. Ce qui provoque la fureur des Tirailleurs…
- dans un but de désorganisation de l’armée coloniale, c’était encore la guerre, les Allemands, en plus de la distribution de fausse monnaie, avaient formé des « meneurs », qui se révéleront impossible à raisonner
- beaucoup de ces hommes avaient réussi à se procurer des armes, et commencé à en faire usage
- enfin, suprême maladresse de l’administration, au lieu de faire encadrer les tirailleurs par des officiers et sous-officiers de l’armée coloniale, qui savaient leur parler, et qu’ils respectaient, on les à remis entre les mains de gendarmes.
Il ne faut donc pas s’étonner de la mauvaise tournure qu’ont pris les évènements. Il est arrivé un moment ou la situation est devenue ingérable, et ou il à fallu ouvrir le feu (limité, 500 coups ont été tirés, mitrailleuse et fusils). Bilan 35 tués, et autant de blessés. Terrible, mais bien loin des affirmations délirantes de certains, et du film « Camp de Thiaroye », ou les auteurs font un parallèle avec Dachau, et qui se termine par un bain de sang, 1280 tués…
34 mutins seront condamnés, le 5 mars 1945, à des peines de prison, mais les 12 encore enfermés seront graciés deux ans plus tard par le Président Vincent Auriol.
JJ

 

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

16 janvier 2013

PRESENTATION DE L’ARMEE FRANCAISE 2ème partie 1934

Classé sous — milguerres @ 9 h 37 min

 

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PRESENTATION DE L’ARMEE FRANCAISE 2ème partie

 

VOIR : Première Partie : La composition des Armées à partir de 1914

source :http://www.atf40.fr/ATF40/documents/chapitre%201.pdf

 

…/…

B – Organisation hiérarchique du commandement militaire de l’armée de terre .
En août 1939, l’armée de terre sur le territoire métropolitain se trouve sous les ordres du chef d’état-major de la
défense nationale, le Général Maurice Gamelin. Il est lui-même aux ordres du président du Conseil et ministre de la
défense nationale, Monsieur Edouard Daladier.
Le chef des armées selon les lois constituantes de 1875 est le Président de la République. C’est Monsieur
Albert Lebrun qui est alors en poste depuis 1932.
Mais c’est en fait le Parlement qui décide de déclarer la guerre ou des options à prendre puisque le
gouvernement est responsable devant les députés et sénateurs.
35
C – L’organisation de l’armée de terre en août 1939 en métropole.
Comme nous avons pu le voir dans le premier chapitre de cette partie, l’articulation de la France métropolitaine
en dix-huit régions militaires est instituée par la loi du 24 juillet 1873.
Le 22 décembre 1913 sont créées deux régions militaires supplémentaires par réorganisation des régions
existantes. Ces régions s’articulent en subdivisions placées sous l’autorité d’un officier général.
Le corps d’armée n’existe pas en tant qu’unité constituée, c’est la région militaire qui gère les troupes placées
sur son domaine, elle est apte à mettre sur pied à la mobilisation des états-majors de corps d’armées et leurs éléments de
soutien ainsi que des troupes de réserve destinées à renforcer les grandes unités d’active.
Le 20 octobre 1919, une partie des régions se réorganise suite au retour de l’Alsace-Lorraine dans le giron
français. La région militaire de Paris est créée en 1923.
En 1935, la France métropolitaine s’ordonne en dix huit régions militaires suite à la dissolution des 10ème, 12ème
et 21ème régions militaires1. Fin août 1939, il existe vingt régions métropolitaines comprenant en globalité deux sortes
de forces :
® des forces de territoire destinées à la défense du territoire métropolitain :
– vingt divisions d’infanterie :
. dix divisions d’infanterie de type nord-est,
. sept divisions d’infanterie de type nord-est motorisé,
. trois divisions d’infanterie de type montagne,
– deux brigades de défense contre avions,
– trois divisions de cavalerie mixte,
– deux divisions légères mécaniques,
– trois groupements de cavalerie,
– six brigades blindées,
– un groupement tactique d’expérience.
® des forces mobiles aptes à défendre à la fois le territoire métropolitain et les possessions
d’outre-mer :
– quatre divisions d’infanterie nord-africaine,
– quatre divisions d’infanterie coloniale,
– deux brigades de Spahis.
Chaque région militaire gère plusieurs états-majors et diverses troupes métropolitaines sur son territoire, on
peut dénombrer ainsi :
® un état-major réduit de corps d’armée et ses services,
® un état-major de division d’infanterie d’active (de type nord-est – nord-est motorisé ou de montagne),
® trois régiments d’infanterie de divers types ou demi-brigades de chasseurs à pied,
® un régiment d’artillerie de campagne (à cinq groupes),
® une compagnie mixte du train des équipages,
® un régiment de cavalerie montée, mécanisée ou une unité de cavalerie motorisée.
1 Les 10ème, 12ème et 21ème régions militaires sont dissoutes en 1935. La première est absorbée par les 4ème et 11ème régions militaires, la deuxième par
la 9ème région militaire et la troisième par les 6ème, 7ème et 20ème régions militaires. Les 10ème et 12ème régions militaires sont récréées en mai 1939 par
réorganisation des 6ème et 20ème régions militaires.
36
Il faut cependant ajouter à ces premières troupes les états-majors et les unités d’infanterie et d’artillerie des
huit divisions coloniales et nord-africaines et des cinq divisions de la cavalerie, des six brigades de chars d’infanterie,
de l’artillerie de réserve générale et de toutes les troupes de soutien, sans oublier toutes les unités de la Ligne Maginot :
® les quatre divisions coloniales
® les quatre divisions nord-africaines,
® les trois divisions de cavalerie
® les deux divisions légères mécaniques,
® les six brigades de chars de combat comprenant douze régiments de chars de combat,
® les deux brigades de Spahis,
® les douze régiments et trois demi-brigades d’infanterie des troupes de forteresse,
® les deux bataillons de chasseurs portés du « groupement tactique d’expérience »,
® toutes les unités d’artillerie servant dans la Ligne Maginot et à la réserve générale,
® les treize régiments de génie,
® les différents types de compagnies de soutien et les diverses troupes de service.
A niveau des effectifs sur le territoire métropolitain, l’état-major de l’armée de terre se renforce depuis 1935 et
voit ses effectifs augmenter d’années et années. Les troupes de l’empire colonial sont en renfort conséquent car elles
représentent près du dixième des troupes basées en métropole.
1935 1936 1937 1938 1939
– Sous-officiers et
hommes de troupe
français appelés
208 222 268 197 281 431 276 408 289 528
– Sous-officiers et
hommes de troupe
français A.D.L
71 960 69 418 83 345 86 479 89 979
– Sous-officiers et
hommes de troupe
indigènes
49 278 44 424 48 761 52 776 58 948
– Officiers 20 502 21 130 22 314 22 426 23 569
Total 349 962 403 169 435 851 438 089 462 024
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1 – Répartition des régions militaires métropolitaines.
® 1ère Région militaire : Lille
( E.M : 1ère D.I.M)
– Nord
– Pas de Calais
® 3ème Région militaire : Rouen
(E.M : 5ème D.I.M)
– Calvados
– Eure
– Seine inférieure
® 5ème Région militaire : Orléans
(E.M : 9ème D.I.M + 1ère D.C)
– Cher
– Loiret
– Loir et Cher
– Nièvre
® 7ème Région militaire : Besançon
(E.M : 13ème et 14ème D.I)
– Doubs
– Haute – Marne (Partie)
– Haute – Saône
– Haut – Rhin
– Jura
– Territoire de Belfort
® 9ème Région militaire : Tours
(E.M : 23ème D.I + 3ème D.I.N.A + 5ème B.B)
– Deux Sèvres
– Indre
– Indre et Loire
– Maine et Loire
– Vienne
® 11ème Région militaire : Nantes
(E.M : 21ème D.I)
– Finistère
– Loire inférieure
– Morbihan
– Vendée
® 13ème Région militaire : Clermont-Ferrand
(E.M : 25ème D.I.M)
– Allier
– Cantal
– Corrèze (Partie)
– Creuse
® 2ème Région militaire : Amiens
(E.M : 3ème D.I.M + 1ère B.S + 3ème G.C)
– Aisne
– Ardennes (Partie)
– Oise
– Somme
® 4ème Région militaire : Le Mans
(E.M : 19ème D.I)
– Eure et Loir
– Mayenne
– Orne
– Sarthe
® 6ème Région militaire : Metz
(E.M : 42ème D.I + 2ème D.I.N.A + 3ème B.B + 1er G.C)
– Meurthe et Moselle (Partie)
– Moselle (Partie)
® 8ème Région militaire : Dijon
(E.M : 15ème D.I.M + 32ème B.D.C.A)
– Aube
– Côte d’Or
– Yonne
– Saône et Loire
® 10ème Région militaire : Strasbourg
(E.M : 43ème D.I)
– Bas – Rhin
– Vosges
® 12ème Région militaire : Reims
(E.M : 12ème D.I.M + 1ère D.L.M + 6ème B.B)
– Marne
– Meuse
® 14ème Région militaire : Lyon
(E.M : 27ème D.I.A + 1ère D.I.N.A + 2ème B.S
+ 1ère B.B)
– Ain
– Drôme
– Hautes – Alpes
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– Haute – Loire
– Loire
– Puy de Dôme
® 15ème Région militaire : Marseille
(E.M : 29ème D.I.A + 2ème D.I.C + 2ème G.C)
– Alpes Maritimes
– Ardèche
– Basses – Alpes
– Bouches du Rhône
– Corse
– Gard
– Var
– Vaucluse
® 17ème Région militaire : Toulouse
(E.M : 4ème D.I.C)
– Ariège
– Haute Garonne
– Gers
– Lot
– Lot et Garonne
– Tarn et Garonne
® 20ème Région militaire : Nancy
(E.M : 11ème D.I + 4ème D.I.N.A + 2ème D.C + 2ème B.B
+ G.T.E)
– Haute – Marne (Partie)
– Meurthe et Moselle (Partie)
– Moselle (Partie)
– Haute – Savoie
– Isère
– Rhône
– Savoie
® 16ème Région militaire : Montpellier
(E.M : 31ème D.I.A)
– Aude
– Aveyron
– Hérault
– Lozère
– Pyrénées Orientales
– Tarn
® 18ème Région militaire : Bordeaux
(E.M : 36ème D.I + 1ère D.I.C)
– Charente Inférieure
– Gironde
– Landes
– Basses Pyrénées
– Hautes Pyrénées
® Région militaire de Paris : Paris
(E.M : 10ème D.I + 3ème D.I.C +2ème D.L.M + B.T + 3ème
D.C + 4ème B.B + 31ème B.D.C.A + B.C.F)
– Seine
– Seine et Marne
– Seine et Oise
Sans rentrer dans les détails de son fonctionnement, on peut rattacher à l’organisation de l’armée de terre, le
corps de la gendarmerie nationale qui regroupe en France métropolitaine :
® Gendarmerie départementale :
– vingt et une légions métropolitaines,
– une compagnie autonome de la Corse.
® Garde républicaine mobile :
– quatorze légions métropolitaines,
– un groupe spécial blindé (Versailles-Satory)1.
® Garde républicaine :
– une légion de la garde républicaine à Paris.
1 Le groupe spécial blindé est une unité composée d’un escadron d’automitrailleuses (onze automitrailleuses de combat P16), d’un escadron de chars
légers (dix neuf chars légers FT) et d’une escorte motocycliste de la Présidence de la république).
39
2 – Les commandants de régions militaires.
® 1ère Région militaire : Général de corps d’armée Sicard
® 2ème Région militaire : Général de corps d’armée Corap
® 3ème Région militaire : Général de corps d’armée Fornel de la Laurencie
® 4ème Région militaire : Général de corps d’armée Boris
® 5ème Région militaire : Général de corps d’armée Bloch
® 6ème Région militaire : Général de corps d’armée Loizeau
® 7ème Région militaire : Général de corps d’armée Champon
® 8ème Région militaire : Général de corps d’armée Gransard
® 9ème Région militaire : Général de corps d’armée Laure
® 10ème Région militaire : Général de corps d’armée Frère
® 11ème Région militaire : Général de corps d’armée Martin
® 12ème Région militaire : Général de corps d’armée Flavigny
® 13ème Région militaire : Général de corps d’armée Misserey
® 14ème Région militaire : Général de corps d’armée Touchon
® 15ème Région militaire : Général de corps d’armée Olry
® 16ème Région militaire : Général de corps d’armée Falgade
® 17ème Région militaire : Général de corps d’armée Noël
® 18ème Région militaire : Général de corps d’armée Rochard
® 20ème Région militaire : Général de corps d’armée Hubert
® Région militaire de Paris : Général de corps d’armée Montagne
40
3 – Les forces de défense du territoire métropolitain.
Ces forces militaires métropolitaines d’infanterie destinées à la sauvegarde du territoire national ne peuvent
quitter la métropole.
Elles comprennent dans une large proportion des troupes métropolitaines, mais on trouve soit des régiments
coloniaux, soit des régiments nord-africains dans les corps divisionnaires. Ceci est la conséquence de la réduction du
service militaire et de la dénatalité.
a – Les unités d’infanterie, d’artillerie et de génie.
La loi du 13 juillet 1927, sur l’organisation générale de l’armée et la loi des cadres et effectifs du 28 mars
1928, fixent le nombre des divisions d’infanterie métropolitaines à vingt
Ces dernières sont considérées comme des forces de territoire affectées à la défense du sol métropolitain.
Ces grandes unités d’infanterie sont de trois types, voyons tout d’abord les dix divisions d’infanterie de type
« nord-est » :
® 10ème division d’infanterie : Paris Général Sisteron
– 5ème régiment d’infanterie : Courbevoie
– 24ème régiment d’infanterie : Paris
– 46ème régiment d’infanterie : Paris
– 32ème régiment d’artillerie divisionnaire : Paris
® 11ème division d’infanterie : Nancy Général Arlabosse
– 26ème régiment d’infanterie : Jarville la Malgrange
– 170ème régiment d’infanterie : Epinal
– 1ère demi-brigade de Chasseurs à pied1 : Sarrebourg
– 8ème régiment d’artillerie divisionnaire : Nancy
® 13ème division d’infanterie : Besançon Général Desmazes
– 21ème régiment d’infanterie : Chaumont
– 60ème régiment d’infanterie : Lons le Saunier
– 8ème régiment de tirailleurs marocains : Belfort
– 28ème régiment d’artillerie divisionnaire : Chaumont
® 14ème division d’infanterie : Colmar Général Bouffet
– 35ème régiment d’infanterie : Belfort
– 152ème régiment d’infanterie : Chaumont
– 3ème demi-brigade de Chasseurs à pied 2 : Belfort
– 4ème régiment d’artillerie divisionnaire : Colmar
® 19ème division d’infanterie : Rennes Général d’Arbonneau
– 41ème régiment d’infanterie : Rennes
– 71ème régiment d’infanterie : Mamers
– 117ème régiment d’infanterie : Le Mans
– 10ème régiment d’artillerie divisionnaire : Rennes
1 La 1er demi-brigade de chasseurs à pied est composée des 8ème, 16ème et 30ème bataillons de chasseurs à pied.
2 La 3ème demi-brigade de chasseurs à pied est composée des 2ème, 4ème et 31ème bataillons de chasseurs à pied.
41
® 21ème division d’infanterie : Nantes Général Pigeaud
– 48ème régiment d’infanterie : Fontenay le Comte
– 65ème régiment d’infanterie : Nantes
– 137ème régiment d’infanterie : Lorient
– 35ème régiment d’artillerie divisionnaire : Issoire
® 23ème division d’infanterie : Tours Général Jeannel
– 32ème régiment d’infanterie : Angers
– 107ème régiment d’infanterie : Angoulême
– 126ème régiment d’infanterie : Brive
– 41ème régiment d’artillerie divisionnaire : Angoulême
® 36ème division d’infanterie : Bayonne Général Aublet
– 14ème régiment d’infanterie : Toulouse
– 18ème régiment d’infanterie : Bayonne
– 57ème régiment d’infanterie : Bordeaux
– 24ème régiment d’artillerie divisionnaire : Tarbes
® 42ème division d’infanterie : Metz Général de la Porte du Theil
– 80ème régiment d’infanterie alpine : Metz
– 94ème régiment d’infanterie : Bar le Duc
– 151ème régiment d’infanterie : Commercy
– 61ème régiment d’artillerie divisionnaire : Metz
® 43ème division d’infanterie : Strasbourg Général Vernillat
– 158ème régiment d’infanterie : Obernai
– 4ème demi-brigade de Chasseurs à pied1 : Obernai
– 3ème régiment de tirailleurs marocains : Saint-Dié
– 12ème régiment d’artillerie divisionnaire : Haguenau
Ces dix divisions d’infanterie d’active comprennent chacune trois régiments d’infanterie ou demi-brigades de
Chasseurs à pied (trois bataillons) de 1 580 hommes et un régiment d’artillerie (cinq groupes) de 950 hommes.
Elles regroupent vingt-cinq régiments métropolitains d’infanterie, trois demi-brigades de chasseurs à pied,
deux régiments de tirailleurs marocains et dix régiments d’artillerie.
Les trente régiments ou demi-brigades d’infanterie sont composées de trois bataillons à trois compagnies et une
compagnie d’accompagnement, ils ne sont pas à effectif complet puisque chaque bataillon doit comprendre un millier
d’hommes, soit environ trois mille hommes pour le régiment.
Le régiment d’artillerie de campagne est à cinq groupes à traction hippomobile, trois sont des groupes légers à
canons de 75 mm modèle 1897 et deux sont des groupes lourds à canons de 155 mm modèle 1917.
A la mobilisation ces cinq groupes se séparent en un régiment léger à trois groupes de canons de 75 mm et un
régiment lourd à deux groupes de canons de 155 mm.
Passons maintenant aux sept divisions d’infanterie motorisées :
® 1ère division d’infanterie motorisée : Lille Général Malivoire Filhol de Camas
– 1er régiment d’infanterie : Cambrai
– 43ème régiment d’infanterie : Lille
– 110ème régiment d’infanterie : Dunkerque
– 15ème régiment d’artillerie divisionnaire : Douai
1 La 4ème demi-brigade de chasseurs à pied est composée des 1er, 10ème et 29ème bataillons de chasseurs à pied.
42
® 3ème division d’infanterie motorisée : Amiens Général Bertin – Boussus
– 51ème régiment d’infanterie : Amiens
– 67ème régiment d’infanterie : Soissons
– 91ème régiment d’infanterie : Mézières
– 42ème régiment d’artillerie divisionnaire : La Fère
® 5ème division d’infanterie motorisée : Caen Général Boucher
– 8ème régiment d’infanterie : Cherbourg
– 39ème régiment d’infanterie : Rouen
– 129ème régiment d’infanterie : Le Havre
– 11ème régiment d’artillerie divisionnaire : Vernon
® 9ème division d’infanterie motorisée : Bourges Général Didelet
– 13ème régiment d’infanterie : Nevers
– 95ème régiment d’infanterie : Bourges
– 131ème régiment d’infanterie : Orléans
– 30ème régiment d’artillerie divisionnaire : Orléans
® 12ème division d’infanterie motorisée : Châlons sur Marne Général Janssen
– 106ème régiment d’infanterie : Châlons-sur-Marne
– 150ème régiment d’infanterie : Verdun
– 8ème régiment de Zouaves : Mourmelon
– 25ème régiment d’artillerie divisionnaire : Châlons-sur-Marne
® 15ème division d’infanterie motorisée : Dijon Général Juin
– 4ème régiment d’infanterie : Auxerre
– 27ème régiment d’infanterie : Dijon
– 134ème régiment d’infanterie : Châlons-sur-Saône
– 1er régiment d’artillerie divisionnaire : Auxonne
® 25ème division d’infanterie motorisée : Clermont-Ferrand Général Molinié
– 38ème régiment d’infanterie : Saint-Etienne
– 92ème régiment d’infanterie : Clermont-Ferrand
– 121ème régiment d’infanterie : Montluçon
– 16ème régiment d’artillerie divisionnaire : Clermont-Ferrand
Ces sept divisions d’infanterie motorisées d’active comprennent chacune trois régiments d’infanterie (trois
bataillons) de 2 300 hommes et un régiment d’artillerie (cinq groupes) de 1 550 hommes.
Elles regroupent vingt régiments métropolitains d’infanterie, un régiment de Zouaves et sept régiments
d’artillerie tractés.
Les vingt et un régiments d’infanterie sont composées de trois bataillons à trois compagnies et une compagnie
d’accompagnement, tout comme les dix divisions citées au-dessus, eux-mêmes ne sont pas à effectif complet puisqu’ils
leur manquent plus de sept cent hommes.
Les régiments n’ont pas de véhicules de transport en propre, ils doivent compter sur le soutien des compagnies
de transport automobile de l’arme du Train.
Le régiment d’artillerie tracté est à cinq groupes de douze canons, trois sont des groupes légers à canons de 75
mm modèle 1897 tractés par trente-six tracteurs semi-chenillés Citroën Unic P107BU ou Laffly S15T, s’ajoutent un
groupe lourd à canons de 105 mm modèle 1936 tractés par les mêmes véhicules que les groupes légers et un autre
groupe lourd à canons de 155 mm modèle 1917 tracté par vingt-quatre tracteurs semi-chenillés Somua MCG.
43
A la mobilisation, tout comme les dix régiments d’artillerie précités, ces cinq groupes se séparent en un
régiment léger à trois groupes de douze canons tractés de 75 mm et un régiment lourd à deux groupes de douze canons
tractés de 105 mm et de 155 mm.
Penchons nous à présent sur les trois divisions d’infanterie alpine :
® 27ème division d’infanterie alpine : Grenoble Général Doyen
– 53ème brigade d’infanterie alpine : Général Cartier
. 99ème régiment d’infanterie alpine : Lyon
. 5ème demi-brigade de Chasseurs alpins1 : Chambéry
– 54ème brigade d’infanterie alpine : Général Boell
. 159ème régiment d’infanterie alpine : Briançon
. 7ème demi-brigade de Chasseurs alpins2 : Gap
– 93ème régiment d’artillerie de montagne
3
Grenoble
® 29ème division d’infanterie alpine : Nice Général Gérodias
– 57ème brigade d’infanterie alpine : Général Vergez
. 3ème régiment d’infanterie alpine : Sospel
. 6ème demi-brigade de Chasseurs alpins4 : Nice
– 58ème brigade d’infanterie alpine : Général Mollard
. 141ème régiment d’infanterie alpine : Nice
. 2ème demi-brigade de Chasseurs alpins5 : Antibes
– 94ème régiment d’artillerie de montagne Nice
® 31ème division d’infanterie alpine : Montpellier Général Ilher
– 15ème régiment d’infanterie alpine : Albi
– 81ème régiment d’infanterie alpine : Montpellier
– 56ème régiment d’artillerie divisionnaire : Montpellier
Les deux premières divisions organisées à la manière des unités de 1914, comprennent chacune deux régiments
d’infanterie alpins (à trois bataillons) de 1 580 hommes et deux demi-brigades de chasseurs alpins (trois bataillons) de
2 335 hommes.
La 31ème division d’infanterie ne compte seulement que deux régiments d’infanterie (à trois bataillons) de 1580
hommes.
Ces régiments ont les mêmes effectifs et la même organisation que les régiments d’infanterie de type « Nord-
Est », les douze bataillons de Chasseurs alpins sont à effectif plein.
Les deux régiments d’artillerie de montagne ne comprennent que deux groupes légers à deux batteries de
canons de 75 mm de montagne Schneider modèle 1928 et un groupe lourd à deux batteries de canons de 155 mm
modèle 1917.
Les pièces d’artillerie légères sont décomposables en sept fardeaux. Le régiment de la 31ème division
d’infanterie est composé de la même manière qu’un régiment d’artillerie classique à cinq groupes, mais possède
cependant un groupe de canons de 75 mm de montagne.
Il existe, dans les quarante bataillons d’infanterie alpins (en comptant les demi-brigades alpines de forteresse
comptées dans les rangs des troupes de forteresse), une section d’éclaireur skieur (S.E.S) apte à patrouiller et
reconnaître sur de longues distances, assurer les liaisons entre les vallées, tenir les cols et effectuer des embuscades ou
des coups de mains.
1 La 5e demi-brigade de chasseurs alpins est composée des 7ème, 13ème et 27ème bataillons de chasseurs alpins.
2 La 7e demi-brigade de chasseurs alpins est composée des 6ème, 15ème et 23ème bataillons de chasseurs alpins.
3 Le XIème groupe du 93ème régiment d’artillerie de montagne est en réserve générale d’artillerie.
4 La 6e demi-brigade de chasseurs alpins est composée des 22ème, 24ème et 25ème bataillons de chasseurs alpins.
5 La 2e demi-brigade de chasseurs alpins est composée des 9ème, 18ème et 20ème bataillons de chasseurs alpins.
44
Outre les vingt régiments d’artillerie divisionnaires ou de montagne équipant les vingt divisions d’infanterie,
deux brigades de défense contre avions rassemblent six régiments d’artillerie anti-aériens . On dénombre également
nombreuses unités d’artillerie rassemblés dans la réserve générale. Pour de nombreuses d’entre-elles, ce sont des appuis
et des soutiens aux corps d’armées et divisions, on y dénombre un régiment d’artillerie de montagne, quatre régiments
d’artillerie légère hippomobiles, deux régiments d’artillerie portée (à canons de 105 mm C), sept régiments d’artillerie
lourde tractée, sept régiments d’artillerie lourde hippomobile et deux régiment d’artillerie lourde portée.
® Les régiments d’artillerie anti-aériens :
– 31ème brigade de défense contre avions1
: Paris
. 401ème régiments d’artillerie anti-aériens : Paris
. 404ème régiments d’artillerie anti-aériens : Tours
. 406ème régiments d’artillerie anti-aériens : Laon
– 32ème brigade de défense contre avions : Dijon
. 402ème régiments d’artillerie anti-aériens : Metz
. 403ème régiments d’artillerie anti-aériens : Toul
. 405ème régiments d’artillerie anti-aériens : Sathonay
® Régiments de réserve générale2
:
– Artillerie légère :
. 2ème régiment d’artillerie de montagne : Grenoble
. 17ème régiment d’artillerie légère : Sedan
. 34ème régiment d’artillerie légère : Rouen
. 36ème régiment d’artillerie légère : Issoire
. 43ème régiment d’artillerie légère : Caen
– Artillerie lourde :
. 103ème régiment d’artillerie lourde tractée : Rouen
. 107ème régiment d’artillerie lourde tractée : Belfort
. 108ème régiment d’artillerie lourde tractée : Dijon
. 182ème régiment d’artillerie lourde tractée : Commercy
. 184ème régiment d’artillerie lourde tractée : Valence
. 188ème régiment d’artillerie lourde tractée : Belfort
. 196ème régiment d’artillerie lourde tractée : Bordeaux
. 105ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Bourges
. 106ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Le Mans
. 109ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Châteaudun
. 112ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Limoges
. 113ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Nîmes
. 115ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Castres
. 117ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Toulouse
. 305ème régiment d’artillerie tractée tout terrain : Besançon
. 309ème régiment d’artillerie tractée tout terrain : Strasbourg
. 355ème régiment d’artillerie lourde portée : Nantes
. 363ème régiment d’artillerie lourde portée : Draguignan
. I/372e régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée : Châlons sur Marne
. I/373e régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée : Saint-Eulien
1 Le commandement supérieur de l’artillerie antiaérienne est assuré par le Général Marescaux.
2 Plus dix bataillons d’ouvriers d’artillerie.
45
® Les régiments de génie non endivisionnés :
– Brigade des chemins de fer : Versailles
. 5ème régiment de sapeurs de chemin de fer Versailles
. 15ème régiment de sapeurs de chemin de fer Toul
– Brigade des télégraphistes : Paris Général Jullien
. 8ème régiment de sapeurs-télégraphistes Versailles
. 18ème régiment de sapeurs-télégraphistes Nancy
. 28ème régiment de sapeurs-télégraphistes Montpellier
. 38ème régiment de sapeurs-télégraphistes Montargis
– Régiments de réserve générale :
. 1er régiment de sapeurs-mineurs Strasbourg
. 2ème régiment de sapeurs- mineurs Metz
. 3ème régiment de sapeurs- mineurs Arras
. 4ème régiment de sapeurs- mineurs Grenoble
. 6ème régiment de sapeurs- mineurs Angers
. 7ème régiment de sapeurs- mineurs Avignon
. 10ème régiment de sapeurs- mineurs Besançon
46
b – Les unités de cavalerie.
Au sortir de la 1ère guerre mondiale, la cavalerie est confrontée à un changement de cap sans précédent. Les
charges épiques à cheval ne sont plus d’actualité, les automitrailleuses ont fait leur apparition. Il faut désormais se poser
la question de l’utilité de la cavalerie montée face à l’augmentation de la puissance de feu, et de la place des véhicules à
moteur dans une unité composée essentiellement de chevaux et de trains hippomobiles.
La réforme de 1932 va permettre à la cavalerie de voir ses corps de troupe évoluer, on assiste à de multiples
tentatives d’intégration des véhicules à moteur dans les unités. Cependant, il subsiste un problème. La coexistence entre
les unités montées et motorisées dans la même grande formation génère des disfonctionnements qui ne trouvent pas de
solution.
Il existe trois division de cavalerie en août 1939.
® 1ère division de cavalerie1 : Orléans Général d’Arras
– 1ère brigade de cavalerie : Général Gaillard
. 1er régiment de Hussards Orléans
. 8ème régiment de Chasseurs : Orléans
– 2ème brigade de cavalerie : Général d’Humières
. 1er régiment de Chasseurs : Alençon
. 19ème régiment de Dragons : Lyon
– 1er groupe d’automitrailleuses : Orléans
– 5ème bataillon de Dragons Portés : Lyon
– 75ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Lyon
® 2ème division de cavalerie2 : Lunéville Général Berniquet
– 3ème brigade de cavalerie : Colonel du Bessay de Contenson
. 18ème régiment de Chasseurs : Sarreguemines
. 5ème régiment de Cuirassiers Haguenau
– 4ème brigade de cavalerie : Colonel Marteau
. 8ème régiment de Dragons : Lunéville
. 31ème régiment de Dragons : Lunéville
– 2ème groupe d’automitrailleuses : Strasbourg
– 3ème bataillon de Dragons Portés : Lunéville
– 73ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Lunéville
® 3ème division de cavalerie : Paris Général Petiet
– 5ème brigade de cavalerie : Général Maillard
. 4ème régiment de Hussards : Senlis
. 6ème régiment de Dragons : Vincennes
– 6ème brigade de cavalerie : Général Brown De Costoun
. 11ème régiment de Cuirassiers : Saint-Germain-en-Laye
. 12ème régiment de Chasseurs : Saint-Mihiel
– 3ème groupe d’automitrailleuses : Paris
– 2ème bataillon de Dragons Portés : Paris
– 72ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Paris
Nous pouvons voir que ces trois divisions de cavalerie ont à la fois des éléments montés et motorisés, ce qui
leurs valent le surnom de « pétrole picotin ».
Outre un régiment d’artillerie tractée tout-terrain (à deux groupes de canons portés de 75 mm et un groupe de
canons courts portés de 105 mm) par cent quinze tracteurs d’artillerie de type UNIC P107, les trois unités disposent
de deux brigades de cavalerie montée comprenant chacune deux régiments de cavalerie montée (quatre escadrons
montés et un escadron de mitrailleuses et engins par régiment) et de troupes de soutien motorisées3 :
1 La division se voit attribuer le 30ème régiment de Dragons en renfort de cavalerie.
2 La division se voit attribuer le 20ème régiment de Dragons en renfort de cavalerie.
3 En 1939, les automitrailleuses de combat Panhard Schneider Kégresse P16 sont remplacés par des chars légers Hothkiss H35. Les automitrailleuses
de combat Panhard Schneider Kégresse P16 vont servir comme automitrailleuses de reconnaissance dans les 1er, 3ème, 4ème, 6ème et 7ème groupes de
reconnaissance de division d’infanterie « type motorisé avec automitrailleuses ».
47
® un groupe d’automitrailleuses de reconnaissance à quatre escadrons d’automitrailleuses et deux escadrons de
mitrailleuses et engins, soit seize automitrailleuses de combat de type Panhard Schneider Kégresse P16, seize
automitrailleuses de découverte de type Panhard AMD35 et trente-deux automitrailleuses de reconnaissance
de type Renault VM33,
® un bataillon de Dragons Portés transporté par quatre-vingt-dix neuf véhicules tout terrain de type Citroën
Kégresse P19.
En 1935, au moment où l’Allemagne créée ses premières divisions blindées (Panzer Divisionen), l’armée
française transforme la 5ème division de cavalerie (D.C) en 2ème division légère mécanique (D.L.M). Avec la 1ère division
légère mécanique (ex – 4ème division de cavalerie), ces unités sont de véritables divisions blindées au sens moderne du
terme avec des véhicules mécanisés et motorisés. C’est ainsi qu’on trouve en septembre 1939 sur le territoire
métropolitain :
® 1ère division légère mécanique : Reims Général Picard
– 1ere brigade légère mécanique : Colonel De Brauer
. 4ème régiment de Cuirassiers : Reims
. 18ème régiment de Dragons : Reims
– 2ème brigade légère mécanique : Colonel De Beauchesne
. 6ème régiment de Cuirassiers : Verdun
. 4ème régiment de Dragons portés : Verdun
– 74ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Verdun
® 2ème division légère mécanique : Melun Général Bougrain
– 3ème brigade légère mécanique : Général Testard
. 13ème régiment de Dragons : Melun
. 29ème régiment de Dragons : Provins
– 4ème brigade légère mécanique : Colonel Lacroix
. 8ème régiment de Cuirassiers : Saint-Germain-en-Laye
. 1er régiment de Dragons portés : Pontoise
– 71ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Fontainebleau
Ces deux divisions légères mécaniques regroupent trois cent-sept chars et automitrailleuses, soit une dotation
équivalente à ses homologues d’outre-Rhin. Cependant, alors que les chars français se limitent aux calibres 37 mm
antichars et 47 mm antichars pour leurs automitrailleuses de combat1, les chars allemands vont de la mitrailleuse lourde
au canon de 75 mm.
Outre un régiment d’artillerie tractée tout-terrain (à deux groupes de canons portés de 75 mm et un groupe de
canons courts portés de 105 mm) par des tracteurs d’artillerie de type Laffly S35T, ces unités se composent en
septembre 1939 d’une première brigade légère mécanique comprenant deux régiments de cavalerie mécanisée soit six
escadrons de chars dotés de quarante six chars moyens Somua S35 et quatre-vingt douze chars légers Hotchkiss H352 et
d’une seconde brigade légère mécanique comprenant :
® un régiment de découverte à deux escadrons de vingt-trois automitrailleuses de découverte Panhard 178 et
deux escadrons motocyclistes sur moto René Gillet K1 ou L1,
® un régiment de Dragons Portés
3
(à deux bataillons de Dragons portés sur soixante véhicules tout terrain de
Laffly S20TL et quarante six automitrailleuses de reconnaissance Renault AMR 35ZT1 pour les deux
bataillons),
A côté de ces divisions, la cavalerie a gardé sept régiments semi-motorisés et deux groupes d’automitrailleuses
voués à la reconnaissance des grandes unités d’infanterie.
A la mobilisation, ces unités sont destinées à être dissoute pour mettre sur pied des groupes de reconnaissance.
En temps de paix, elles se regroupent en trois groupements de cavalerie
1 La terminologie « automitrailleuses de combat » désigne le char de combat dans la cavalerie.
2 En temps de guerre, les deux régiments de combat comprennent deux escadrons de 23 chars légers Hotchkiss H35 et deux escadron de 23 chars
moyens Somua S35, soit avec les chars de commandement 96 Somua S35 et 94 Hotchkiss H35.
3 Le régiment de Dragons portés sera doté d’un troisième bataillon transporté par camion à la mobilisation.
48
® 1er groupement de cavalerie : Metz
– 3ème régiment de Hussards : Strasbourg
– 9ème régiment de Dragons : Epernay
– 11ème régiment de Chasseurs : Vesoul
® 2ème groupement de cavalerie : Marseille
– 2ème régiment de Hussards : Tarbes
– 9ème régiment de Cuirassiers : Lyon
– 10ème régiment de Dragons : Orange
® 3ème groupement de cavalerie : Amiens
– 7ème régiment de Chasseurs : Evreux
– 6ème groupe d’automitrailleuses : Compiègne
– 7ème groupe d’automitrailleuses : Saint-Omer
Les sept régiments de cavalerie ont une structure différente des régiments de cavalerie métropolitaine
composant les divisions de cavalerie. Ils comprennent un groupe d’escadrons à deux escadrons montés, un groupe
d’escadrons à deux escadrons mixte motorisé utilisant des automitrailleuses et des side-cars et un escadron de
mitrailleuses et engins par régiment.
Les deux groupes d’automitrailleuses constituant le 3ème groupement de cavalerie en compagnie du 7ème
régiment de Chasseurs d’Evreux ont une organisation différente. On dénombre, outre l’état-major et l’escadron de
commandement, un premier escadron doté de seize automitrailleuses de combat de type Panhard Schneider Kégresse
P16, un deuxième escadron doté de seize automitrailleuses de découverte de type Panhard AMD35 et un troisième
escadron doté de canons de 25 mm et de mitrailleuses.
49
c – Les chars de combat.
Dès 1917, les unités de chars d’infanterie se réorganisent, les régiments « d’artillerie spéciale », numérotés
dans la série des « 300 » disparaissent et donnent naissance aux régiments de chars de combat (R.C.C). Ces régiments
sont au nombre de neuf au sortir de la guerre et sont désormais numérotés dans la série des « 500 » puisqu’ils dépendent
de l’infanterie.
Chaque régiment se compose de trois bataillons de chars légers (B.C.L). Au fur et à mesure des campagnes qui
suivent la Grande Guerre, on voit se désorganiser les régiments qui ne sont équipés que de chars légers FT. En 1935, les
régiments de chars de combats se réorganisent d’une manière cohérente. Dix régiments de chars (501ème à 510ème
R.C.C) se répartissent en cinq brigades de chars (1ère à 5ème) auxquels vient s’adjoindre une sixième brigade créée en
1938 (511ème et 512ème R.C.C)
® 1ère brigade de chars de combat : Lyon
– 504ème régiment de chars de combat : Valence
(2 x 45 chars légers R351
)
– 506ème régiment de chars de combat : Besançon
(2 x 45 chars légers R35)
® 2ème brigade de chars de combat : Nancy Général Keller
– 508ème régiment de chars de combat : Lunéville
(45 chars légers R35 + 45 chars légers D12
puis 34 chars lourds B1 Bis)
– 510ème régiment de chars de combat : Nancy
(45 chars légers R35 + 45 chars légers D1 puis 34 chars lourds B1 Bis)
® 3ème brigade de chars de combat : Metz Général Bruneau
– 507ème régiment de chars de combat : Metz
(45 chars légers R35 + 45 chars légers D1 puis 45 chars moyens D2)
– 509ème régiment de chars de combat : Maubeuge
(2 x 45 chars légers H39)
® 4ème brigade de chars de combat : Versailles
– 503ème régiment de chars de combat : Versailles
(45 chars légers R35 + 45 chars légers FCM36)
– 505ème régiment de chars de combat : Vannes
(2 x 45 chars légers H39)
® 5ème brigade de chars de combat : Tours Général Bourguignon
– 501ème régiment de chars de combat : Tours
(2 x 45 chars légers R35)
– 502ème régiment de chars de combat : Angoulême
(45 chars légers R35 + 45 chars légers FCM36)
® 6ème brigade de chars de combat : Verdun
– 511ème régiment de chars de combat : Verdun
(45 chars légers R35 + 34 chars lourds B1 + 3 chars lourds FCM 2C3
)
– 512ème régiment de chars de combat : Châlons-sur-Marne
(34 chars lourds B1 Bis)
1 Effectif théorique.
2 Trois bataillons des 508ème, 510ème et 507ème régiments de chars de combat et équipés en chars légers D1, quittent leurs unités respectives pour
rejoindre la Tunisie en mars 1938 (61ème BCC), avril 1938 (65ème BCC) et janvier 1939 (67ème BCC).
3 S’y ajoutent 07 chars lourds FCM 2C tenus en réserve à Bourges)
50
En 1938, apparaît le « groupement tactique d’expérience » basé à Nancy. Ce n’est pas une unité de chars à
proprement parler, c’est un amalgame d’unités détachées de leurs commandements organiques et regroupées en vue
d’établir un nouveau concept d’utilisation des chars.
En septembre 1939, le Général Gamelin donne l’ordre d’organiser deux brigades de chars en utilisant les
chasseurs et les chars du groupement tactique, ces brigades sont à la base des 1ère et 2ème divisions cuirassées. Ce
groupement comprend :
® quatre bataillons de trente-quatre chars lourds Renault B1 et B1Bis :
– un bataillon du 508ème régiment de chars de combat : Lunéville
– un bataillon du 510ème régiment de chars de combat : Nancy
– un bataillon du 511ème régiment de chars de combat : Verdun
– un bataillon du 512ème régiment de chars de combat : Châlons-sur-Marne
® deux bataillons de Chasseurs Portés :
– 5ème bataillon de Chasseurs Portés : Remiremont
– 17ème bataillon de Chasseurs Portés1 : Rambervilliers
® un régiment d’artillerie à trois groupes de douze canons tractés de 105 mm :
– 305ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Besançon
d – La Ligne Maginot.
La ligne Maginot regroupe en temps de paix douze régiments d’infanterie de forteresse (dans le nord-est), trois
demi-brigades alpines de forteresse (dans les Alpes) pour la défense du territoire ainsi qu’un nombre variable de
groupes d’artillerie issus de régiments d’artillerie de forteresse ou de position et des unités de génie2 assurant le
maintien en condition des installations (la répartition dans les ouvrages est de 50% de troupe d’artillerie, 30%
d’infanterie et 20% de troupes du génie).
Cette ligne, s’étendant de la Flandre à Nice, est divisée en deux régions fortifiées, trois secteurs de nouveaux
fronts (Maubeuge, Valenciennes et Rohrbach) ainsi que cinq barrages dans les Alpes et en Corse, elle est composée de
cent huit ouvrages d’infanterie et d’artillerie de valeurs et d’importances inégales, elle est d’un bloc des Alpes aux
Ardennes mais elle ne continue pas jusqu’à la Mer du Nord.
® douze régiments d’infanterie de forteresse :
– 23ème régiment d’infanterie de forteresse : Haguenau
– 37ème régiment d’infanterie de forteresse : Bitche
– 42ème régiment d’infanterie de forteresse : Colmar
– 69ème régiment d’infanterie de forteresse : Morhange
– 146ème régiment d’infanterie de forteresse : Metz
– 149ème régiment d’infanterie de forteresse : Longuyon
– 153ème régiment d’infanterie de forteresse : Bitche
– 155ème régiment d’infanterie de forteresse : Stenay
– 162ème régiment d’infanterie de forteresse : Metz
– 168ème régiment d’infanterie de forteresse : Thionville
– 171ème régiment d’infanterie de forteresse : Mulhouse
– 172ème régiment d’infanterie de forteresse : Strasbourg
® trois demi-brigades alpines de forteresse :
– 30ème demi-brigade alpine de forteresse
3
: Modane
– 58ème demi-brigade alpine de forteresse
4
: Nice
1 Ces deux bataillons dissous à la fin du premier conflit mondial sont recréés en 1937 sur le mode porté.
2 Eclatés dans la répartition des troupes occupant les ouvrages.
3 La 30ème demi-brigade alpine de forteresse est composée des 70ème et 71ème bataillons alpins de forteresse.
4 La 58ème demi-brigade alpine de forteresse est composée des 72ème et 73ème bataillons alpins de forteresse.
51
– 157ème demi-brigade alpine de forteresse
1
: Jausiers
® trois régiments d’artillerie de région fortifiée :
– 39ème régiment d’artillerie de région fortifiée : Metz
– 46ème régiment d’artillerie de région fortifiée : Thionville
– 59ème régiment d’artillerie de région fortifiée : Sarrebourg
® six régiments d’artillerie de position :
– 151ème régiment d’artillerie de position : Thionville
– 154ème régiment d’artillerie de position : Grenoble
– 155ème régiment d’artillerie de position : Haguenau
– 157ème régiment d’artillerie de position : Nice
– 163ème régiment d’artillerie de position : Metz
– 166ème régiment d’artillerie de position : Morhange
La Ligne Maginot s’étend sur toute la longueur des frontières du nord face à la Belgique, du nord-est face au
Luxembourg et à l’Allemagne et du sud-est de la métropole face à la Suisse et à l’Italie :
– 1ère région militaire : Lille
. Secteur défensif des Flandres
. Secteur fortifié de Lille
. Secteur fortifié de l’Escaut
. Secteur fortifié de Maubeuge
– 2ème région militaire : Amiens
. Secteur défensif des Ardennes
. Secteur fortifié de Montmédy
. Secteur défensif de Marville
– 6ème région militaire : Metz
. Secteur fortifié de Crusnes
. Secteur fortifié de Thionville
. Secteur fortifié de Boulay
. Secteur fortifié de Faulquemont
– 20ème région militaire : Nancy
. Secteur défensif de la Sarre
. Secteur fortifié de Rohrbach
. Secteur fortifié des Vosges
. Secteur fortifié de Haguenau
. Secteur fortifié du Bas Rhin
– 7ème région militaire : Besançon
. Secteur fortifié de Colmar
. Secteur fortifié de Mulhouse
. Secteur fortifié de Altkirch
. Secteur fortifié de Montbéliard
. Secteur défensif du Jura
1 La 157ème demi-brigade alpine de forteresse est composée des 74ème, 75ème et 76ème bataillons alpins de forteresse.
Région fortifiée de Metz
Région fortifiée de la Lauter
52
– 14ème région militaire : Lyon
. Secteur défensif du Rhône
. Secteur fortifié de Savoie
. Secteur fortifié du Dauphiné
– 15ème région militaire : Marseille
. Secteur fortifié des Alpes maritimes
. Secteur défensif de Nice
. Secteur défensif de Corse
Zone des Alpes
53
4 – Les forces mobiles stationnées sur le territoire métropolitain.
Ces forces sont destinées à assurer à la fois l’intégrité du sol métropolitain en complément des forces du
territoire métropolitain et à intervenir dans notre empire colonial.
Elles se composent de quatre divisions d’infanterie coloniale, de quatre divisions d’infanterie nord-africaine, de
deux brigades de cavalerie et de troupes diverses non endivisionnées. Les régiments d’infanterie et d’artillerie sont
coloniaux ou nord-africains mais la globalité des services sont métropolitains.
a – Les unités d’infanterie.
® 1ère division d’infanterie coloniale : Bordeaux Général Germain
– 3ème régiment d’infanterie coloniale : Bordeaux
– 12ème régiment de tirailleurs sénégalais : La Rochelle
– 14ème régiment de tirailleurs sénégalais : Mont-de-Marsan
– 1er régiment d’artillerie coloniale : Libourne
® 2ème division d’infanterie coloniale : Toulon Général Maignan
– Régiment d’infanterie coloniale du Maroc : Aix
– 4ème régiment de tirailleurs sénégalais : Toulon
– 8ème régiment de tirailleurs sénégalais : Toulon
– 2ème régiment d’artillerie coloniale : Nîmes
® 3ème division d’infanterie coloniale : Paris Général Barreau
– 1er régiment d’infanterie coloniale : Paris
– 21ème régiment d’infanterie coloniale : Paris
– 23ème régiment d’infanterie coloniale : Paris
– 3ème régiment d’artillerie coloniale : Joigny
® 4ème division d’infanterie coloniale : Toulouse Général De Bazelaire de Ruppierre
– 2ème régiment d’infanterie coloniale : Brest
– 16ème régiment de tirailleurs sénégalais : Montauban
– 24ème régiment de tirailleurs sénégalais : Perpignan
– 12ème régiment d’artillerie coloniale : Agen
Les 1ère, 2ème et 4ème divisions d’infanterie coloniale comprennent chacune un régiment d’infanterie coloniale
(à trois bataillons) de 1 500 hommes à recrutement métropolitain, deux régiments de tirailleurs sénégalais (à trois
bataillons) de 1 500 hommes à recrutement africain en provenance plus particulièrement de l’Afrique équatoriale
française et de l’Afrique occidentale française et un régiment d’artillerie colonial (à cinq groupes) de 950 hommes.
La structure régimentaire est identique au norme d’infanterie métropolitaine, les régiments d’infanterie
coloniaux et les régiments de tirailleurs sont composées de trois bataillons à trois compagnies et une compagnie
d’accompagnement.
Les régiments d’artillerie coloniale sont en tout point comparable aux régiments métropolitains. Ils sont à cinq
groupes à traction hippomobile, trois sont des groupes légers à canons de 75 mm modèle 1897 et deux sont des groupes
lourds à canons de 155 mm modèle 1917.
A la mobilisation ces cinq groupes se séparent en un régiment d’artillerie coloniale à trois groupes de 75 mm et
un régiment d’artillerie coloniale lourd à deux groupes de 155 mm.
La 3ème division d’infanterie coloniale est comparable en tout point à une division d’infanterie métropolitaine
puisque son recrutement est en totalité métropolitain. Ses trois régiments d’infanterie coloniale et son régiment
d’artillerie coloniale sont donc en tout point semblable au point de vue de la structure est de l’organisation.
54
® 1ère division d’infanterie nord-africaine : Lyon Général Libaud
– 5ème régiment de tirailleurs marocains : Bourg
– 27ème régiment de tirailleurs algériens : Avignon
– 28ème régiment de tirailleurs tunisiens : Montélimar
– 54ème régiment d’artillerie nord-africain : Lyon
® 2ème division d’infanterie nord-africaine: Toul Général Lescanne
– 6ème régiment de tirailleurs marocains : Verdun
– 13ème régiment de tirailleurs algériens : Metz
– 22ème régiment de tirailleurs algériens : Toul
– 40ème régiment d’artillerie nord-africain : Verdun
® 3ème division d’infanterie nord-africaine: Poitiers Général Chapouilly
– 14ème régiment de tirailleurs algériens : Châteauroux
– 15ème régiment de tirailleurs algériens : Périgueux
– 24ème régiment de tirailleurs tunisiens : La Roche-sur-Yon
– 20ème régiment d’artillerie nord-africain
1
: Poitiers
® 4ème division d’infanterie nord-africaine: Epinal Général Sancelme
– 21ème régiment de tirailleurs algériens : Epinal
– 23ème régiment de tirailleurs algériens : Morhange
– 25ème régiment de tirailleurs algériens : Sarrebourg
– 33ème régiment d’artillerie nord-africain : Epinal
Ces quatre divisions d’infanterie nord-africaine comprennent en matière d’unités d’infanterie huit régiments de
tirailleurs algériens, deux régiments de tirailleurs marocains2 et deux régiments de tirailleurs tunisiens de 2 400
hommes.
La structure régimentaire est identique aux divisions métropolitaines et coloniales, elle s’articule en trois
bataillons à trois compagnies et une compagnie d’accompagnement.
Les régiments d’artillerie nord-africains composés de 1550 hommes sont à recrutement mixte puisqu’ils
regroupent des éléments nord-africains et métropolitains. L’organisation régimentaire s’ordonne en cinq groupes
d’artillerie à traction hippomobile, trois sont des groupes légers à canons de 75 mm modèle 1897 et deux sont des
groupes lourds à canons de 155 mm modèle 1917.
A la mobilisation ces cinq groupes se séparent en un régiment d’artillerie nord-africain à trois groupes de 75
mm et un régiment d’artillerie lourd nord-africain à deux groupes de 155 mm.
b – Les unités de cavalerie.
Les deux brigades de Spahis stationnées en métropole comprennent chacune deux régiments de cavalerie à
quatre escadrons montés et un escadron de mitrailleuses et engins.
– 1ère brigade de Spahis : Compiègne Colonel Jouffrault
. 4ème régiment de Spahis marocains, Senlis
. 6ème régiment de Spahis algériens. Compiègne
– 2ème brigade de Spahis : Orange Colonel Peillon
. 7ème régiment de Spahis algériens, Orange
. 9ème régiment de Spahis algériens. Vienne
1 Le VIIème/20ème régiment d’artillerie nord-africain est en réserve générale.
2 Ce qui fait treize bataillons d’infanterie marocains présents en France en comptant outre ces deux régiments les 3ème et 8ème régiments endivisionnés
dans des unités métropolitaines et le 4ème bataillon du 7ème régiment stationné en Corse.
55
c – Les régiments d’infanterie et d’artillerie non endivisionnés.
® Les unités d’infanterie :
– IVème/7ème régiment de tirailleurs marocains : Bastia
– 41ème régiment de mitrailleurs d’infanterie coloniale : Sarralbe/Putelange
– 52ème bataillon de mitrailleurs indochinois : Carcassonne
® Les unités d’artillerie :
– 6ème régiment d’artillerie nord-africain : Lyon
– 10ème régiment d’artillerie coloniale tractée tout-terrain : Rueil
– 11ème régiment d’artillerie lourde coloniale hippomobile : Lorient
– détachement autonome d’artillerie coloniale de Corse
1
: Bastia
1 Détachement fourni par le 2ème régiment d’artillerie coloniale.
56
D – Répartition des forces stationnées dans le bassin méditerranéen.
Ces forces sont affectées à la défense et à l’occupation permanente de nos possessions extérieures. Elles
comprennent de nombreuses forces autochtones organisées sur le modèle métropolitain (division – brigade – régiment)
ou selon un mode plus ouvert selon les orientations militaires. L’armée française place un encadrement européen pour
diriger les troupes du crue. D’autres forces s’ajoutent aux premières citées, ce sont les régiments nés des conquêtes
coloniales et à recrutement métropolitain ou européen.
1 – Organisation militaire.
® 19ème Région militaire : Alger (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Alger
Batna
Constantine
Mascara
Médéa
Oran
– Territoires militaires : Aïn-Séfra
Ghardaïa
Des Oasis
Touggourt
® Protectorat de Tunisie : Tunis (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Bizerte
Sousse-Kairouan
Tunis
– Territoires militaires : Sud-tunisien
® Protectorat du Maroc : Rabat (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Agadir
Atlas central
Fès
Marrakech
Mekhnès
Ouarzazate
Talifalet
Taza-Oujda
– Territoires militaires : Algéro-marocains
® Mandat du Levant : Beyrouth (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Beyrouth
Damas
Deir-ez-Zor
57
2 – Les unités d’infanterie.
Les trois divisions du 19ème corps d’armée d’Alger sont organisées sur un mode binaire, à savoir l’infanterie
divisionnaire comprenant deux brigades d’infanterie algérienne avec un nombre variable de régiments de tirailleurs.
® Division d’Alger :
– 1ère brigade d’infanterie algérienne : Alger
. 9ème régiment de Zouaves : Alger
. 13ème régiment de tirailleurs sénégalais : Alger
– 5ème brigade d’infanterie algérienne : Blida
. 1er régiment de tirailleurs algériens : Blida
. 5ème régiment de tirailleurs algériens : Maison-Carrée
. 9ème régiment de tirailleurs algériens : Miliana
– 65ème régiment d’artillerie d’Afrique : Blida
® Division d’Oran :
– 2ème brigade d’infanterie algérienne : Oran
. 1er régiment étranger d’infanterie : Saïda
. 2ème régiment de Zouaves : Oran
. 4ème/13ème régiment de tirailleurs sénégalais : Oran
– 4ème brigade d’infanterie algérienne : Tlemcen
. 2ème régiment de tirailleurs algériens : Mostaganem
. 6ème régiment de tirailleurs algériens : Tlemcen
– 66ème régiment d’artillerie d’Afrique : Tlemcen
® Division de Constantine : Général Vergez
– 3ème brigade d’infanterie algérienne : Constantine
. 3ème régiment de Zouaves : Constantine
. 15ème régiment de tirailleurs sénégalais : Philippeville
– 7ème brigade d’infanterie algérienne : Constantine
. 3ème régiment de tirailleurs algériens : Bône
. 7ème régiment de tirailleurs algériens : Constantine
. 11ème régiment de tirailleurs algériens : Sétif
– 67ème régiment d’artillerie d’Afrique : Constantine
On peut ainsi répertorier huit régiments de tirailleurs algériens, trois régiments de zouaves, deux régiments de
tirailleurs sénégalais et un régiment étranger d’infanterie.
La plupart des régiments « indigènes » sont à quatre bataillons1 tandis que les régiments de Zouaves et de la
Légion étrangère sont à trois bataillons.
Les trois régiments d’artillerie d’Afrique, à effectif de 1 010 hommes, sont à trois groupes légers de 65 mm de
montagne ou 75 mm modèle 1897.
Lors de la mobilisation, seul le 66ème régiment d’artillerie de la division d’Oran va se dédoubler à l’image des
régiments métropolitains, il recevra un ou deux groupes lourds de 155 mm de réserve. Les deux autres resteront dans la
plénitude de leurs moyens.
® Division de Tunis : Général Bessière
– 4ème régiment de Zouaves : Tunis
– 4ème régiment de tirailleurs tunisiens : Sousse
– 8ème régiment de tirailleurs tunisiens : Bizerte
– 62ème régiment d’artillerie d’Afrique : Tunis
1 Les quatrième bataillons des 6ème et 7ème régiments de tirailleurs algériens se trouvent au Levant.
58
® Division de Sousse : Général Ardant du Pic
– 5ème régiment de tirailleurs sénégalais : Monastir
– 10ème régiment de tirailleurs sénégalais : Bizerte
– 18ème régiment de tirailleurs sénégalais : Gabès
– Groupement d’artillerie autonome colonial de Tunisie : Sousse
La division d’infanterie de Tunis est une division basée sur le mode ternaire avec deux régiments de tirailleurs
tunisiens d’active à quatre bataillons et un régiment de Zouaves à trois bataillons. Elle reçoit en complément le 1er
bataillon d’infanterie légère d’Afrique. La division de Sousse est en fait une division coloniale comprenant en matière
d’infanterie trois régiments de tirailleurs sénégalais à quatre bataillons chacun.
Le 62ème régiment d’artillerie d’Afrique, à effectif de 1 010 hommes, est à trois groupes légers de 65 mm de
montagne ou 75 mm modèle 1897. Il ne se dédouble pas à la mobilisation et ne reçoit pas de groupe lourd. Idem pour le
groupement d’artillerie autonome colonial de Tunisie qui, à la mobilisation, se transforme en 1er régiment d’artillerie
coloniale de Tunisie.1
® Au Maroc :
– dix régiments de composition variable et un bataillon autonome :
. 1er régiment de zouaves (trois bataillons), : Casablanca
. 1er régiment de tirailleurs marocains (quatre bataillons) : Meknès
. 2ème régiment de tirailleurs marocains (quatre bataillons) : Marrakech
. 4ème régiment de tirailleurs marocains (quatre bataillons) : Taza
. 7ème régiment de tirailleurs marocains (trois bataillons) : Meknès
. 2ème régiment étranger d’infanterie (trois bataillons) : Meknès
. 3ème régiment étranger d’infanterie (trois bataillons) : Fès
. 4ème régiment étranger d’infanterie (trois bataillons) : Marrakech
. 3ème régiment de tirailleurs sénégalais (quatre bataillons) : Fès
. 6ème régiment de tirailleurs sénégalais (quatre bataillons) : Casablanca
. Bataillon autonome d’infanterie coloniale : Ouezzan
– un groupement autonome et deux régiments d’artillerie :
. Groupement autonome d’artillerie coloniale du Maroc (à cinq groupes hippomobiles de 65
ou 75 mm)2 : Marrakech
. 63ème régiment d’artillerie d’Afrique (à cinq groupes hippomobiles de 65 ou 75 mm) : Fès
. 64ème régiment d’artillerie d’Afrique (à cinq groupes hippomobiles de 65 ou 75 mm) :
Casablanca
® Au Levant :
– quatre régiments ou demi-brigades de composition variable et un bataillon autonome :
. Demi-brigade algéro-marocaine :
. IVème /6ème régiment de tirailleurs algériens : Alep
. IVème /7ème régiment de tirailleurs algériens : Alep
. Vème /1er régiment de tirailleurs marocains : Damas
. 16ème régiment de tirailleurs tunisiens : Soueïda
. 17ème régiment de tirailleurs sénégalais : Beyrouth
. Bataillon de marche d’infanterie coloniale du Levant3 : Soueïda
. Groupement de la Légion étrangère du Levant
4
:
. Ier/1er régiment étranger d’infanterie : Baalbek
. IVème/1er régiment étranger d’infanterie : Soueïda
. VIème/1er régiment étranger d’infanterie : Homs
. IIème/2ème régiment étranger d’infanterie : Damas
1 Un 2ème régiment d’artillerie coloniale de Tunisie est également mis sur pied.
2 Le groupement autonome d’artillerie coloniale du Maroc devient le régiment d’artillerie colonial du Maroc à la mobilisation.
3 Le bataillon de marche d’infanterie coloniale du Levant se transforme en 24ème régiment de marche d’infanterie coloniale pendant la drôle de guerre.
4 Le Groupement de la Légion étrangère du Levant est dissous le 01 octobre 1939 et prend la dénomination de 6ème régiment étranger d’infanterie.
59
– un régiment d’artillerie :
. Régiment d’artillerie coloniale du Levant (à trois groupes de 65 ou 75 mm)
1
: Damas
3 – Les unités de cavalerie.
® En Algérie :
– 1ère brigade de cavalerie d’Afrique : Médéa
. 5ème régiment de chasseurs d’Afrique
2
: Alger
. 1er régiment de Spahis algériens : Médéa
– 2ème brigade de cavalerie d’Afrique : Mascara
. 2ème régiment de chasseurs d’Afrique
3
: Mascara
. 2ème régiment de Spahis algériens : Tlemcen
– 3ème brigade de cavalerie d’Afrique : Batna
. 3ème régiment de chasseurs d’Afrique
4
: Constantine
. 3ème régiment de Spahis algériens : Batna
– cinq compagnies montées sahariennes.
® En Tunisie :
– 4ème brigade de cavalerie d’Afrique : Tunis
. 4ème régiment de chasseurs d’Afrique
5
: Tunis
. 4ème régiment de Spahis tunisiens : Zarzis
– 1er régiment étranger de cavalerie : Sousse
® Au Maroc :
– 1er régiment de chasseurs d’Afrique
6
: Rabat
– 2ème régiment de Spahis marocains : Marrakech
– 3ème régiment de Spahis marocains : Meknès
– 8ème régiment de Spahis algériens : Fès
– 2ème régiment étranger de cavalerie : Midelt
– une compagnie montée saharienne.
® Au Levant :
– 1er régiment de Spahis marocains : Alep
– 8ème groupe d’automitrailleuses
7
: Damas
– 3ème groupe d’escadrons du 4ème régiment de Spahis tunisiens : Damas
4 – Les chars de combat.
® En Algérie :
– 64ème bataillon de chars de combat : Alger
(64ème B.C.C – 45 chars légers FT)
1 Le régiment d’artillerie coloniale du Levant se transforme en 41ème régiment d’artillerie coloniale pendant la drôle de guerre.
2 Le 5ème régiment de chasseurs d’Afrique est partiellement motorisé.
3 Le 2ème régiment de chasseurs d’Afrique est partiellement motorisé.
4 Le 3ème régiment de chasseurs d’Afrique est partiellement motorisé.
5 Le 4ème régiment de chasseurs d’Afrique est motorisé.
6 Le 1er régiment de chasseurs d’Afrique est motorisé.
7 Le 8ème groupe d’automitrailleuses est motorisé.
60
® En Tunisie1 :
– 61ème bataillon de chars de combat : Bizerte
(61ème B.C.C – 45 chars légers D1)
– 65ème bataillon de chars de combat : Sousse
(65ème B.C.C – 45 chars légers D1)
– 67ème bataillon de chars de combat : Tunis
(67ème B.C.C – 45 chars légers D1)
® Au Maroc :
– 62ème bataillon de chars de combat : Meknès
(62ème B.C.C – 15 chars légers FT + 30 chars légers R35)
– 66ème bataillon de chars de combat : Meknès
(66ème B.C.C – 45 chars légers FT)
® Au Levant :
– 63ème bataillon de chars de combat : Beyrouth
(63ème B.C.C – 30 chars légers FT + 15 chars légers R35)
5 – Les troupes de service.
Le 19ème régiment de génie à Alger, le 31ème bataillon de génie stationné au Maroc et le 34ème bataillon de génie
de Tunis regroupent sous leurs autorités les éléments du génie et des transmissions présents sur leurs territoires. Le
mandat du Levant est doté également de ces troupes de servitude. Ces unités sont calquées sur le modèle des troupes de
soutien métropolitaines et remplissent les mêmes missions. Il existe en septembre 1939 :
® sept compagnies de cavaliers de remonte,
® huit escadrons du train,
® un bataillon d’ouvrier d’artillerie,
® cinq compagnies autonomes d’ouvriers d’artillerie,
® trois bataillons de sapeurs mineurs,
® deux compagnies autonomes de sapeurs mineurs,
® trois bataillons de sapeurs télégraphistes,
® deux compagnies autonomes de sapeurs télégraphistes,
® deux bataillons de sapeurs de chemins de fer.
1 Ces trois bataillons de chars de combat, initialement stationnés en métropole (respectivement aux 508ème, 510ème et 507ème régiments de chars de
combat), sont envoyés en Tunisie en mars 1938 (61ème) avril 1938 (65ème) et janvier 1939 (67ème) afin de renforcer les capacités blindées limitées de
l’armée d’Afrique face aux prétentions italiennes. Dix sept chars moyens Renault D1 supplémentaires seront affectés dans les dépôts et les écoles de
conduite de Tunisie.
61
6 – La gendarmerie.
Ce corps est également présent dans nos possessions du bassin méditerranéen, il se répartit de la manière
suivante :
® Gendarmerie départementale :
– une légion en Algérie,
– une légion au Maroc,
– une légion en Tunisie.
® Garde républicaine mobile :
– une légion en Algérie,
– une compagnie autonome au Maroc,
– une compagnie autonome en Tunisie.
® Gendarmerie prévôtale :
– une prévôté du Levant.
62
E – Répartition des forces stationnées dans les colonies et territoires d’outre-mer.
1 – Organisation militaire.
® colonie d’Indochine1 : Saigon (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Hanoi
Hué
Saigon
® Corps expéditionnaire de Chine2 : Tien-Tsin (commandement supérieur des troupes)
– Positions : Tien-Tsin
Shangaï-Hankéou
® colonie d’Afrique Equatoriale Française3 : Brazzaville (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Congo français
Gabon
Tchad
Cameroun
® colonie d’Afrique Occidentale Française4 : Dakar (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Sénégal
Soudan français
Mauritanie
Niger
Guinée
Côte d’Ivoire
Haute Volta
Dahomey
® colonie et possessions de l’océan indien5 : Tananarive (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Côte des Somalies
6
Madagascar
Ile de la Réunion
Etablissements français de l’Océan Indien
® territoires des Antilles7 : Fort-de-France (commandement supérieur des troupes)
® territoires du Pacifique8 : Nouméa (commandement supérieur des troupes)
1 On compte 28 496 militaires métropolitaines et 29 300 auxiliaires indochinois dans les trois protectorats d’Indochine en 1939.
2 En vue de protéger nos concessions en Chine, la France déploie des unités issues des territoires de l’Indochine. Composé exclusivement de troupes
de l’arme coloniale, ce corps expéditionnaire, sous les ordres du Général Casseville, sera présent dans ce pays jusqu’à la fin des années 30. L’effectif
global des troupes s’élève à 2697 officiers, sous-officiers et hommes de troupes en septembre 1939. Les chiffres passeront à environ 4 000 en mai
1940.
3 Les effectifs des troupes des unités coloniales en Afrique Equatoriale Française au 03 septembre 1939 s’élèvent à 5 062 officiers, sous officiers et
hommes de troupes (métropolitains et troupes sénégalaises).
4 A l’instar des effectifs ci-dessus, ceux de l’Afrique Occidentale française se montent à 21 376 officiers, sous officiers et hommes de troupes
(métropolitains et troupes sénégalaises).
5 Les troupes de l’Océan Indien se montent à 6 769 sous officiers et hommes de troupes (métropolitains et malgaches).
6 Sous les ordres de Général Germain Georges.
7 Les troupes coloniales s’élèvent à 1 035 sous officiers et hommes de troupes.
8 On dénombre principalement 216 hommes en Nouvelle – Calédonie et 71 hommes pour les îles de l’océanie.
63
2 – Les unités d’infanterie et d’artillerie.
® L’Afrique Équatoriale Française :
– Congo et Gabon :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais de l’Afrique Equatoriale Française
– Tchad :
. Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad
. Bataillon de tirailleurs sénégalais de l’Oubangui-Chari
. Compagnie portée de Largeau
. Section portée de Largeau
– Cameroun :
. Régiment de tirailleurs sénégalais du Cameroun
® L’Afrique Occidentale Française :
– Sénégal :
. 1er régiment mobile de tirailleurs sénégalais
. 7ème régiment mobile de tirailleurs sénégalais
. 6ème régiment d’artillerie coloniale
. Bataillon d’infanterie coloniale de l’Afrique Occidentale Française
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°7
– Soudan français :
. 2ème régiment mobile de tirailleurs sénégalais
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°2 (dissous le 30/09/1939)
– Mauritanie :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°1
– Niger :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°3 (dissous le 01/09/1939)
– Guinée:
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°4
– Côte d’Ivoire :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°5
– Haute Volta :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°6
– Dahomey :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°8
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°9
® L’océan indien :
– Côte des Somalis :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais de la côte française des Somalies
– Madagascar :
. 1er régiment de tirailleurs malgaches
. 2ème régiment de tirailleurs malgaches
. Bataillon de tirailleurs malgaches
. Groupe autonome d’artillerie coloniale de Diego-Suarez
. Groupe autonome d’artillerie coloniale de l’Emyne
64
® L’Indochine :
– 9ème régiment d’infanterie coloniale
– 11ème régiment d’infanterie coloniale
– 10ème régiment mixte d’infanterie coloniale
– 19ème régiment mixte d’infanterie coloniale
– 1er régiment de tirailleurs tonkinois
– 2ème régiment de tirailleurs tonkinois
– 3ème régiment de tirailleurs tonkinois
– 4ème régiment de tirailleurs tonkinois
– 1er régiment de tirailleurs annamites
– 1er régiment de tirailleurs cambodgiens
– 5ème régiment étranger d’infanterie
– 4ème bataillon de tirailleurs montagnards
– 4ème régiment d’artillerie coloniale
– 5ème régiment d’artillerie coloniale
® La Chine :
– 16ème régiment d’infanterie coloniale,
– 103ème bataillon de marche d’infanterie coloniale,
– 104ème bataillon de marche d’infanterie coloniale,
– 108ème bataillon de marche d’infanterie coloniale,
– un groupe mixte d’artillerie coloniale,
® Les Antilles, les Indes françaises et le Pacifique :
– quatre compagnies mixtes d’infanterie coloniale (Fort de France, Camp Jacob, Cayenne et Papeete)
– une compagnie de cipayes (Pondichéry)
– une batterie mixte d’artillerie coloniale (Fort de France)
3 – Les unités de cavalerie.
® Un escadron d’automitrailleuses à Hanoi
(automitrailleuses de cavalerie White Laffly modèle 50 et modèle 18),
® Un peloton d’automitrailleuses à Saigon
(automitrailleuses de cavalerie White Laffly modèle 50 et modèle 18),
4 – Les chars de combat.
® Section de chars légers à Madagascar
(chars légers FT)
® Compagnie de chars légers de l’Annam Tonkin à Hanoi
(chars légers FT)
® Compagnie de chars légers de Cochinchine à Saigon
(chars légers FT)
® Détachement motorisé de Cochinchine
(chars légers FT)
® Deux sections de chars légers à Tien-Tsin,
(chars légers FT)
® Une compagnie de chars légers à Shangaï-Hankéou.
(chars légers FT)
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5 – Les troupes de service.
® une compagnie de cavalier de remonte.
® huit compagnies autonomes d’ouvriers d’artillerie.
® trois compagnies de sapeurs-mineurs.
® quatre compagnies de sapeurs télégraphistes.
® un détachement de télégraphistes coloniaux (Chine).
® deux compagnies de sapeurs de chemins de fer.
® trois groupes de transport automobile (Dakar, Hanoi et Saigon)
6 – La Gendarmerie.
Les forces de gendarmerie se divisent en quinze détachements coloniaux répartis dans les possessions d’outremer
et les colonies :
® colonie d’Afrique Equatoriale Française :
– Dakar
® colonie d’Afrique Occidentale Française :
– Douala
– Brazzaville
– Djibouti
– Tananarive
® possessions d’Outre-mer :
– Saint Denis de la réunion
– Saint-Claude
– Fort-de-France
– Cayenne
– Saint Pierre et Miquelon
– Nouméa
– Papeete
– Pondichéry
® colonies d’Indochine :
– Saigon
– Hanoi

 

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11 janvier 2013

Le Général GOURAUD

Classé sous — milguerres @ 8 h 32 min
 Le Général GOURAUD 446874251pxHenriGouraudMaroc
Le Général GOURAUD1867-1946

Henri Gouraud est né à Paris, rue de Grenelle, le 17 novembre 1867. Il est le fils du Docteur Xavier Gouraud, médecin des Hôpitaux et de Marie Portal.

Les Gouraud sont originaires de Vendée. Ils quittent le Pays à la Révolution pour Angers, puis Paris. Ils sont médecins de père en fils. Quant aux Portal ils sont de Rouen.

Le docteur et madame Gouraud ont six enfants. Après Henri viennent Françoise qui sera religieuse, Joseph prêtre, Pierre officier, Marie-Thérèse catéchiste et Xavier médecin.

Henri reçoit dans sa famille et au collège Stanislas, où il fait ses études, une solide éducation marquée par une foi profonde, le sens du devoir et de la discipline.

On parlait peu de l’Armée alors chez les Gouraud. La vocation militaire d’Henri est toute personnelle. Elle s’éveille avec l’occupation qui suit la défaite de 1870. Henri a quatre ans; Il écrira bien plus tard : « Je me vois encore, assis par terre dans la rue, avec au dessus de moi un immense cheval blanc monté par un Uhlan . Sa vocation coloniale remonte à la découverte qu’il fait un jour, à l’abandon dans le bûcher familial, des armes ramenées d’Afrique par son grand oncle, officier, mort des fièvres à Constantine en 1848. Plus tard le général Gouraud mettra ces armes à l’honneur parmi ses propres trophées.

Mais c’est surtout par la lecture de l’histoire que sa vocation se développe. A l’âge de douze ans, Henri fait devant sa famille étonnée, le plan de la bataille de Marengo. Plus tard il obtient le premier prix d’Histoire et de Géographie au Concours Général qui réunissait à cette époque, établissements publics et privés. Il prépare Saint Cyr à la « Corniche » de Stanislas, qui, par la suite, portera son nom. Il est reçu au Concours de 1888 avec la promotion du « Grand Triomphe ». Nom prédestiné puisqu’elle comprendra par la suite soixante officiers généraux.

A sa sortie de l’école, Gouraud espérait partir outremer; mais son père s’y oppose, craignant la mauvaise influence de l’infanterie de marine sur son fils. Gouraud respecte la volonté paternelle. Il est affecté au 21e Bataillon de Chasseur à pied à Montbéliard. C’est un heureux choix; à la tête du bataillon se trouve le Commandant Billet, admirable officier qui sait compléter sur le terrain la formation reçue à l’école.

I – L’AFRIQUE

Au bout de trois ans, le lieutenant Gouraud étouffe dans une garnison de métropole; sa vocation est toujours aussi forte; il l’a entretenue en lisant les récits des campagnes qui ont lieu en Asie et en Afrique.

En 1894, la conquête des territoires qui formeront plus tard l’Afrique Occidentale Française, est entrée dans une phase active. Gouraud demande à y partir. Il est affecté au Soudan, l’actuel Mali.

Très vite l’accord se fait entre le jeune officier et le pays. Sa santé robuste s’accommode d’un climat qui en éprouve bien d’autres. Il sympathise avec les habitants dont il apprécie la gaieté, le courage et la loyauté. Dans ses « Souvenirs d’un Africain », écrits beaucoup plus tard, il fera souvent leur éloge.

De 1894 à 1911, à l’exception de courts séjours en métropole, Gouraud est en permanence en Afrique. Il y acquiert l’expérience du combat; il s’y révèle comme un chef de guerre efficace et heureux; il s’y forme comme un administrateur et organisateur; il y connaît la gloire. Un avancement rapide et des décorations sanctionnent ses états de service. Parti comme jeune lieutenant en 1894, dix-sept ans plus tard lorsqu’il est affecté au Maroc, il a déjà quatre ans de grade de colonel et il est commandeur de la légion d’honneur.

Le premier séjour de Gouraud au Soudan (1894-1896) se déroule dans les différents postes de la ligne de communications qui unit le Sénégal au Niger.

De 1894 à 1899 Gouraud est affecté au sud du Niger, dans la région qui constitue maintenant la Guinée, la Haute-Volta, la côte d’Ivoire, le Ghana et le Bénin.

De 1900 à 1902 il est au Niger, appelé alors le territoire de Zinder.

De 1904 à 1906 il commande le territoire du Tchad et de 1907 à 1910 la Mauritanie.

Retracer les étapes de la carrière de Gouraud tout au long de ces années d’Afrique dépasserait le cadre de cette biographie. Le général Gouraud l’a fait lui-même dans ses « Souvenirs d’un Africain ». Mais il faut mentionner ici la prise de Samory qui l’a rendu célèbre et la campagne de la Mauritanie, dont il disait lui-même qu’elle avait été la plus dure de toutes ses campagnes.
Samory

Samory était le fils d’un marchand. Par bravoure, sa vigueur physique et morale, par ses qualités d’intelligence et de ruse, il était parvenu à conquérir, au sud Niger, un empire comme la moitié de la France..

En 1898 malgré plusieurs engagements victorieux avec ses lieutenants, l’Almamy Samory reste insaisissable. Il dispose de forces nombreuses, estimées à 4000 « sofas » armés de fusils à tir rapide. Pour échapper aux forces françaises qui le traquent, il se réfugie dans la forêt vierge où il est poursuivi. Le 21 septembre 1898 un premier accrochage l’affaiblit. Le commandant de Lartigue qui dirige les opérations, concentre ses forces disponibles à Nzo, petit village situé à l’extrémité sud-est de la Guinée; mais un gros détachement ne peut subsister longtemps dans la forêt : Le commandant de Lartigue envoie, sous les ordres du capitaine Gouraud, une reconnaissance forte de 200 combattants, avec une mission de poursuivre Samory et de le rejeter de préférence vers le sud ou l’ouest où l’attend le reste des forces.

Sous une pluie continuelle, Gouraud s’enfonce dans la forêt vierge. Il retrouve la trace de Samory; Gouraud décide de remonter cette piste qui le mènera à son adversaire. Le 28 septembre il parvient en vue du campement de Samory; il semble bien que celui-ci ignore la présence des français; il n’imagine pas qu’on puisse le poursuivre par ce chemin.

« Peu à peu s’est formée dans mon esprit l’idée que l’occasion s’offre de porter à Samory un coup suprême et ma résolution est prise … L’étoile de l’Almamy semble pâlir, mais son prestige ne peut finir que par sa mort ou sa capture. S’il est tué au fond de la forêt vierge, personne ne le croira et un beau jour un autre Samory surgira… Il faut donc le ramener vivant… Il ne faut donc pas de combat, ce qu’il faut c’est la surprise totale. »

Gouraud donne ses ordres. Le 29 septembre 1898, à 7 heures du matin, sans un coup de feu, ses tirailleurs capturent Samory et neutralisent son armée, forte de 600 fusils à tir rapide et de 1000 fusils à pierre, sans compter les 50 000 personnes qui l’accompagnent.

Ce fait d’arme, qui met fin à seize années des luttes cruelles, a un grand retentissement en France où le capitaine Gouraud reçoit un accueil enthousiaste lorsqu’il rentre en 1899.

Campagne de l’Adrar

En novembre 1907, promu Colonel, Gouraud est nommé Commissaire du Gouvernement Général en Mauritanie, avec résidence à Saint-Louis du Sénégal.

Entre le Sénégal et le Maroc, la Mauritanie constitue une vaste zone aride peuplée d’éleveurs, de commerçants et de guerriers qui lancent des « razzia ». Dans la seule année 1908, trois officiers, cinq sous-officiers et cent trente-quatre tirailleurs sont tués par les guerriers dans la partie sud de la Mauritanie. La clé de la situation est au nord dans l’Adrar, où ces guerriers se réfugient entre deux raids; longtemps le Gouvernement français se refuse de les y poursuivre: il s’y décide enfin en septembre 1908.

Depuis un an qu’il est là, Gouraud a longuement réfléchit à cette campagne; il a parcouru le sud de la Mauritanie; il s’est familiarisé avec les conditions très dures du combat dans ces régions. Sa mission est difficile et périlleuse; le pays est immense et inconnu; les points d’eau y sont rares et le climat hostile. Les guerriers mauritaniens sont nombreux et très mobiles; ils disposent de fusils à tir rapide.

La colonne est lourde et lente: 800 fantassins et seulement 200 hommes montés; elle est tributaire, pour ses ravitaillements, de bases situées à plus de quatre cent kilomètres avec lesquelles les communications ne se font que par coureurs.

La colonne quitte la basse Mauritanie en décembre 1908; elle doit livrer trois combats sérieux avant de pénétrer dans Atar, la capitale de l’Adrar, qui fait sa soumission le 9 janvier 1909. Le printemps et l’été sont occupés à pacifier la région par une combinaison d’actions politiques et d’actions militaires souvent meurtrières. Mais, vers le nord, les guerriers continuent à menacer. En septembre 1909, Gouraud les poursuit jusqu’à la Koudiat d’Idjil, l’actuel site de la Miferma et les dispersent dans le désert.

Au Maroc

Après avoir suivi les cours du centre des Hautes Etudes Militaires, le colonel Gouraud part en 1911 au Maroc où il débarque le 2 mai. Fez est alors bloquée par des tribus révoltées contre le Sultan. Chargé de conduire à la colonne Moinier ses convois de ravitaillement, le colonel Gouraud doit livrer trois combats avant de le rejoindre.

En 1912, il accompagne à Fez le général Lyautey, nommé Résident Général au Maroc; il reçoit le commandement de la ville après l’attaque de nuit du 25 mai au cours de laquelle les rebelles ont pénétré jusqu’au coeur de la cité. Le 1er juin, il sauve à nouveau Fez investie par les tribus au combat d’Hadjera et Kohila qui lui vaut quelques jours après les étoiles de général de brigade. Il est alors chargé du commandement de la région de Fez.

Nommé en mai 1914 au commandement des troupes du Maroc occidental, le général Gouraud doit livrer plusieurs combats pour assurer la liberté des communications avec l’Algérie par la trouée de Taza.

II – LA GUERRE
L’Argonne

Mais la guerre éclate en Europe. Gouraud ne peut rester au Maroc; s’il est militaire c’est pour effacer la défaite de 1870. Il rentre en France à la tête de la 4e brigade marocaine envoyée en renfort sur le front français. Il est nommé général de division et reçoit le 15 septembre le commandement de la 10e D.I.

C’est une tâche difficile. Au contact de l’ennemi dans la région de Vauquois, cette division a subi de violentes attaques. Ses pertes sont importantes; son moral est ébranlé; son chef a été tué le 6 septembre. Par son activité incessante, Gouraud redonne une âme à cette troupe désemparée. Par la suite le 10e D.I. est engagé 10 Km plus à l’ouest au « Four de Paris » ; elle est violemment attaquée le 7 janvier 1915. Gouraud a l’épaule traversée par une balle en allant visiter des unités en ligne; il refuse de se faire évacuer.

Le 23 janvier 1915, le général Gouraud est nommé au commandement du Corps d’Armée Colonial, en secteur dans la région de Beauséjour-Massiges. Il participe avec cette grande unité aux nombreux combats de cette première bataille de Champagne.
Aux Dardanelles

Au début de 1915, les gouvernements de l’Entente ouvrent un nouveau front en orient. Les troupes françaises et britanniques débarquent à l’extrémité de la presqu’île de Gallipoli mais se trouvent bloquées dans un triangle de 5 km de côté.

Au printemps, à la demande des Anglais, la France envoie de nouveaux renforts. Le 15 mai 1915, le général Gouraud est nommé au commandement du Corps Expéditionnaire Français aux Dardanelles. Les troupes alliées livrent à l’armée turque des combats les 4, 21 et 30 juin sur un terrain très difficile. Au soir du combat du 30 juin, en allant visiter à l’ambulance les blessés de la journée, Gouraud est à son tour grièvement blessé par un obus de gros calibre qui tombe à ses pieds. Le souffle le projette en l’air; par chance il retombe sur un figuier; on le ramasse inanimé; un bras broyé, les jambes et le bassin brisés.

Sur le navire hôpital qui le ramène en France, la gangrène se déclare; il faut l’amputer du bras droit. Il ne le dira à sa mère , venue l’accueillir à la gare de Lyon, qu’au moment où, allongé sur son brancard, il l’embrassera en la serrant très fort avec le seul bras qui lui reste. Monsieur Poincaré, président de la République, le décore de la Médaille Militaire sur son lit d’hôpital.

Grâce à sa robuste constitution Gouraud se rétablit rapidement. A peine sur pied, il se rend en Italie remettre la Grand Croix de la légion d’honneur au Général Cadorna, commandant en chef de l’armée italienne. Le 11 décembre 1915, il est nommé au commandement de la IVe Armée en Champagne.
En Champagne

1916, c’est l’année où se concentrent à Verdun les efforts des deux adversaires. Ailleurs c’est le calme; mais il faut maintenir en condition les unités pour des opérations qui peuvent reprendre d’un jour à l’autre.

Le général Gouraud se consacre entièrement à cette tâche. Il impose à son état-major de satisfaire en priorité les demandes de toute nature des unités combattantes, notamment celles des unités de réserve générale qui changent fréquemment d’Armée et dont on s’occupe peu ailleurs. Il crée sur les arrières de son armée des écoles où sont étudiées les armes nouvelles, corrigées les mauvaises habitudes et perfectionnées les méthodes de combats. Par une série de coups de main soigneusement préparés, il maintient l’intégrité du front et entretient l’agressivité des combattants. Par des visites incessantes dans les tranchées et dans les camps d’instructions, il est en prise directe avec le soldat et l’officier et leur communique sa foi.

Ainsi pendant cette année 1916 « Gouraud va créer un outil de premier ordre et acquérir la confiance du soldat » .

Hélas! l’épreuve n’épargne pas sa famille. Le 14 octobre 1916, pendant la bataille de la Somme, son jeune frère, le commandant Pierre Gouraud , cavalier passé dans l’infanterie pour prendre une part plus active au combat, tombe glorieusement au Champ d’Honneur dans les rangs du 67e régiment d’infanterie.

Intérim au Maroc

Ce n’est pas sans regret que Gouraud quitte la Champagne pour partir au Maroc. Pressenti pour le Ministère de la Guerre, Lyautey subordonne son acceptation au fait qu’il sera remplacé à Rabat par son « cher Gouraud ». Celui-ci ne peut que s’incliner. Mais Lyautey ne peut s’habituer aux « parlotes » de la vie politique. Il revient au Maroc. Gouraud reprend avec joie en juin 1917 le commandement de la IVe Armée et continue à préparer celle-ci aux futurs combats.
Bataille du 15 juillet 1918

La Révolution russe d’Octobre 1917 donne aux Allemands une chance de terminer la guerre en 1918 avant l’arrivée massive en Europe des troupes américaines. Ils ont mis au point une tactique nouvelle : écraser la première ligne adverse sous des feux massifs d’artillerie, puis accompagner les troupes d’assaut par un barrage roulant se déplaçant selon un horaire fixe.

Cette tactique se révèle efficace au cours des offensives de printemps. La parade, conçue par le général Pétain, comporterait l’abandon temporaire de la première ligne en cas de sérieuse menace d’attaque. Ainsi le bombardement initial tomberait dans le vide. Mais cette manoeuvre se heurte à la mentalité de l’époque d’après laquelle la défense de chaque pouce de terrain est un dogme sacré.

Seul de tous les commandants d’Armée, Gouraud, convaincu par le colonel Prételat, son chef d’état-major, met en oeuvre l’idée du Général Pétain. Cette manoeuvre qui paraît simple aujourd’hui, est en réalité délicate et complexe. Si les indices d’attaque sont sérieux, la grande masse des combattants doit, à la tombée de la nuit, se replier de 3 à 5 km sans alerter l’ennemi pour remonter en ligne avant le jour si rien ne s’est produit.

Alors que son état-major en met au point l’exécution, Gouraud parcourt inlassablement les unités, explique la manoeuvre et communique à tous la confiance qu’il a dans son succès. Au début de juillet, la IVe Armée accueille dans ses rangs la 42e Rainbow Division, l’une des premières grandes unités Américaines arrivées en France, dont le chef d’état major est le Général Mac Arthur.

Les indices d’attaque se multiplient; par deux fois les premières lignes se replient sans que l’attaque ait lieu. Certains commencent à douter de son imminence tant le front est calme. Gouraud doit dissiper les doutes et ranimer les courages. Il le fait si bien que lorsque l’attaque Allemande se déclenche enfin, les soldats l’attendent avec une mentalité de vainqueurs.

Le 15 juillet 1918 à 4 heures 15 du matin, l’infanterie allemande sort de ses tranchées. Alertées par des prisonniers pris la veille, les troupes ont pris leurs dispositions de combat sur la position arrière prévue. Les vagues d’assaut rencontrent d’abord l’énergique résistance de groupe de combat isolés, laissés sur place en enfants perdus. Le barrage roulant allemand n’en continue pas moins son avance et décolle peu à peu son infanterie. Celle-ci est obligée de descendre dans le dédale des boyaux sous la violence des feux. Lorsqu’elle parvient au contact du gros des forces, l’attaque allemande est déjà désunie est n’est plus précédée par le masque protecteur de son barrage. Elle vient de briser contre le mur de nos troupes; les réserves allemandes n’en continuent pas moins à progresser et viennent buter contre les premières vagues. Le désordre s’installe chez l’ennemi.

Sur son observatoire du Blanc Mont (là où se trouve à l’heure actuelle le monument Américain) Guillaume II, l’empereur d’Allemagne, venu spécialement assister au déferlement victorieux du « friedensturm » (l’assaut de la paix), se morfond et s’impatiente. Dès 4 heures du soir, l’offensive allemande est définitivement brisée avec de lourdes pertes. Le soir même Gouraud écrit à sa soeur : « Dans les regards des soldats j’ai senti vibrer l’âme de l’Armée ».

Cette bataille est le tournant de la guerre. Trois jours plus tard, le 18 juillet, les armées alliées prennent l’offensive et la conservent jusqu’à la victoire.

L’offensive du 26 septembre 1918

Le 26 septembre 1918, la IVe Armée prend à son tour à l’offensive générale. Le Général Gouraud dira par la suite avec quelle inquiétude il lançait ses soldats, installés depuis quatre ans dans la boue de Champagne, à l’assaut des positions allemandes fortifiées sur une profondeur de 17 km.

La bataille est très dure jusqu’au 10 octobre. Les 2e et 36e divisions américaines s’illustrent dans la conquête du blanc Mont : Les Allemands décrochent pour se rétablir sur l’Aisne, dont la vallée est inondée. Nous en forçons les passages. L’armistice du 11 novembre 1918 arrête la IVe Armée à Sedan.

Celle-ci est alors désignée pour s’installer dans la partie nord de l’Alsace libérée; le général Gouraud a l’honneur d’entrer à Strasbourg le 22 novembre 1918 : la population fait un accueil délirant au premier général français qu’elle voit depuis près de cinquante ans.

Au milieu de la joie générale. Gouraud garde pour lui sa tristesse. Le jour même de son entrée à Strasbourg sa mère s’éteint à Meudon. Il avait avec elle une grande intimité; c’est à elle que, d’Afrique, il envoyait fidèlement de longues lettres. Il dispose sur son cercueil les fleurs de son triomphe.

En décembre 1918 le général Pétain remet au général Gouraud la Grand Croix de la légion d’Honneur sur la place Kléber, à Strasbourg.

Gouraud reste en Alsace jusqu’en octobre 1919.

III – AU MOYEN ORIENT

Le général Gouraud est alors envoyé par Monsieur Clemenceau, Président du Conseil, comme Haut Commissaire de la République en Syrie et en Cilicie et Commandant en Chef de l’Armée du Levant.

En acceptant de la société des Nations le Mandat pour la Syrie, la France assumait une mission éloignée de sa politique traditionnelle de protection des Chrétiens des Echelles du Levant. C’était en outre une mission difficile; conduire à l’indépendance une population très divisée du point de vue ethnique et religieux, impatiente de secouer le joug de plusieurs siècles de servitude. En outre cette région était l’enjeu de convoitises multiples que soulevait le démantèlement de l’Empire Ottoman.

Action militaire et politique

Le général Gouraud débarque à Beyrouth le 21 novembre 1919; il y reçoit un accueil chaleureux. Mais la situation politique est confuse. En Turquie, Mustapha Kemal s’empare peu à peu d’un pouvoir que le Sultan laisse échapper; un sursaut de patriotisme réveille l’armée turque, que l’armistice de Moudros n’a pas désarmée.

Face aux agressions venant de part et d’autres, une puissante action militaire s’imposerait; mais au début nos forces sont très insuffisantes. Gouraud aborde ces problèmes avec méthode et détermination.

Après avoir longtemps cherché à s’entendre avec Fayçal, Gouraud le met hors de cause le 21 juillet 1920, au combat de Khan Meisseloun.

Il est possible d’amorcer l’organisation politique de la plus grande partie des territoires sous mandat français. L’Etat du bilan est créé le 1er septembre 1920. Quelques semaines plus tard, les Etats de Damas et d’Alep et le territoire des Alaouites sont crées à leur tour.

Mais l’opposition à la présence française au levant reste violente; le 23 juin 1921 la voiture du Haut Commissaire tombe dans une embuscade sur la route de Damas à Kenitra; le commandant Branet est tué à côté du chauffeur; le Gouverneur de Damas est blessé à côté du Général dont la manche vide est traversée par une balle; les agresseurs s’enfuient en Transjordanie.

Au nord, face à la Turquie, une guerre meurtrière se déroule depuis le début de 1920 en Cilicie et sur les « confins militaires ». Celle-ci est jalonnée par les noms douloureux et glorieux de Marache, Ourfa, Ain Tab… A Beyrouth le Haut Commissaire met en oeuvre la politique décidée à Paris. En octobre 1921, par l’accord d’Angora, la Turquie s’engage à respecter la frontière de la Syrie et récupère la Cilicie dont le statut politique n’avait pas encore été fixé.
Action administrative et culturelle

Le général Gouraud n’avait pas attendu la solution des problèmes militaires et politiques pour entreprendre la réorganisation du pays. Celle-ci progresse de façon continue pendant les trois années de sa présence au levant.

L’administration locale, guidée initialement par des conseillers français, se met en place. Les services judiciaires sont réformés; une cour de cassation est créée; l’ordre des avocats est constitué; le casier judiciaire est établi; la douane est réorganisée; le cadastre est créé…

Les oeuvres d’instruction et d’assistance sont développées; depuis le début de 1920 jusqu’à la fin 1921, le nombre des écoles passe de 300 à plus de 950; de nombreux dispensaires, orphelinats et ateliers sociaux sont créés. L’Hôtel Dieu de Beyrouth est construit.

Un service archéologique est créé; l’armée lui prête souvent son concours; les premières fouilles donnent des résultats intéressants. Un institut d’Archéologie et d’Art Musulman est installé à Damas, dans le palais Azem. Plus tard à Paris , l’Académie des inscriptions et belles lettres recevra le général Gouraud parmi ses membres.

L’infrastructure du pays est remise en état; de nombreuses routes sont refaites; d’autres sont ouvertes; 70 ponts et 200 aqueducs sont reconstruits; le port de Beyrouth est dégagé de ses épaves; celui de Tripoli reçoit un appontement; les travaux du port d’Alexandrette sont commencés. La vie économique prend un nouvel essor ce qui permet l’organisation à Beyrouth d’une foire exposition au printemps de 1921.

Mais la Syrie est loin de Paris où le Gouvernement est confronté à des problèmes vitaux : La reconstruction du pays au lendemain de la guerre; les réparations et les garanties à obtenir de l’Allemagne. Outre-mer, le Maroc, plus proche et mieux connu, intéresse plus l’opinion française que la Syrie. Chaque année le général Gouraud doit se rendre à Paris pour plaider la cause du Mandat; il le fait avec prestige; pendant la discussion du budget de 1922, assis au banc des Commissaires du Gouvernement, il est applaudi par les députés. Mais l’année suivante la politique d’austérité s’accentue; le général Gouraud estime alors que les moyens qui lui sont accordés, les moyens militaires notamment, ne lui permettent pas de remplir sa mission en face d’une armée Turque qui se concentre sur la frontière de la Syrie. Il demande à être remis à la disposition du ministre de la guerre.

Lorsqu’il rentre à Paris en octobre 1922, Il peut être fier de l’oeuvre accomplie pendant trois ans. Monsieur Poincaré, Président du conseil, salue en lui  » le pacificateur et l’organisateur de la Syrie ».


IV – PARIS

Le général Gouraud est alors nommé membre du conseil Supérieur de la guerre. Au cours de l’été 1923, les anciens combattants de la Rainbow Division l’invitent à présider conjointement avec le général Pershing, leur congrès qui a lieu le 15 juillet, jour anniversaire de la bataille victorieuse à laquelle la Rainbow Division a pris part cinq ans plus tôt. Le général Gouraud visite à cette occasion une grande partie des Etats-Unis. Il apprend au cours de son voyage sa nomination au poste de gouvernement Militaire de Paris. Le président des Etats-Unis étant mort, il représente à ses obsèques le Gouvernement de la République en tant qu’Ambassadeur Extraordinaire.
Gouvernement militaire de Paris

Le 3 septembre 1923, le général Gouraud prend possession du gouvernement militaire de Paris, poste qu’il conservera pendant quatorze ans.

Dans ces hautes fonctions, il reste pénétré de la reconnaissance due aux simple soldats qui sont, avait-il écrit un jour, « les principaux ouvriers de la victoire ». Il n’est pas de la semaine où il n’assiste en plus des cérémonies officielles, à un grand nombre de manifestations d’Anciens Combattants. Lorsqu’il rencontre dans la rue, parfois dans le métro un médaillé militaire il va vers lui, lui serre la main et lui demande où il a gagné sa médaille. Il propose au Ministre une sonnerie aux Morts analogue à celles qui existent dans les armées américaines et britanniques; celle-ci sera adoptée. En 1922 étant encore en Syrie, il s’était préoccupé de matérialiser la reconnaissance de la nation envers ses Combattants de Champagne. Il recueille les fonds nécessaires pour faire élever le Monument de Navarin, dont il pose la première pierre le 4 novembre 1923, avec Monsieur Myron T.Herrick, Ambassadeur des Etats-Unis et qu’il inaugure le 28 septembre de l’année suivante. Par la suite il vient chaque année en pèlerinage en Champagne. Les anciens parmi nous se souviennent encore de la belle cérémonie nocturne du 15 juillet 1928, dixième anniversaire de la bataille. Pour assurer la pérennité de ces manifestations, il crée en 1928 l’Association du Souvenir aux Morts des Armées de Champagne et en 1933 la Fondation de Monument aux Morts des Armées de Champagne et Ossuaire de Navarin.

Le peuple de Paris lui témoigne une véritable vénération; il aime sa nature chevaleresque, la franchise et la simplicité de son attitude, l’intransigeance de son patriotisme. Au cours des défilés du 14 juillet et du 11 novembre, dès que le Général Gouraud apparaît, monté sur son cheval gris, malgré les anciennes blessures qui le font cruellement souffrir, il est acclamé avec enthousiasme. Dans les moments difficiles où s’affrontent les idéologies différentes, dans un Paris passionné où retentissent des manifestations contraires, son bon sens, son patriotisme, son loyalisme pèsent d’un grand poids pour le maintient de l’ordre.
Voyages

La notoriété du général Gouraud est telle que de nombreux pays souhaitent sa visite. Il n’est pas d’année où il ne fasse un ou plusieurs voyages à l’étranger.

En 1925, il représente l’Armée française aux premières grandes manoeuvres de l’Armée polonaise. En 1929, il visite les Indes et retourne aux Etats-Unis. En 1930, il se rend en Turquie où Mustapha Kemal, son ancien adversaire de 1920, lui réserve le meilleur accueil. Puis il va encore une fois aux Etats-Unis représenter le Gouvernement français à la convention de l’Américan Legion. Pendant l’hiver 1933-34, il parcourt l’Afrique Occidentale Française à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de la conquête; il rentre en voiture à travers le Sahara. L’année suivante il assiste à Dakar à la consécration de la cathédrale que la France a dédiée à ses Morts. Au retour, il ouvre la route automobile du Sénégal au Maroc par la Mauritanie et l’Adrar, revivant sur place sa campagne de 1909. Il passe une nuit au poste qu’il avait créé non loin de la Koudiat d’Idjil qui porta longtemps le nom de fort Gouraud.
Dernières années

Le 17 novembre 1937, âgé de soixante-dix ans, le général Gouraud quitte le Gouvernement militaire de Paris après avoir reçu de la garnison de Paris et des Anciens Combattants les marques d’affection les plus touchantes. Il s’installe rue de Varenne, à deux pas des invalides, dans un appartement qu’il transforme en musée par le grand nombre de trophées et de souvenirs qu’il y rassemble. Il se consacre à la rédaction de ses « Mémoires d’un Africain ».

L’invasion de la France en 1940 l’affecte profondément. Il quitte Paris pour Royat où il vit jusqu’à la libération dans la dignité et la tristesse. Il doit lutter contre les atteintes de l’âge et les séquelles de ses blessures.

Il rentre à Paris le 1er mai 1945. Il y meurt le 16 septembre 1946. Le Gouvernement lui rend un dernier hommage par des obsèques solennelles. Le peuple de Paris défile longuement devant son cercueil avec ce recueillement et cette émotion qu’il sait manifester à ceux qui ont conquis son estime par leur manière de servir la Patrie.

Conformément à ses dernières volontés, le général Gouraud est inhumé dans la crypte du Monument de Navarin « au milieu des soldats qu’il a tant aimés ».

http://www.lyceefr.org/aaegd/gouraud1.htm

 

 

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6 décembre 2012

La Bataille d’Ypres

Classé sous — milguerres @ 0 h 37 min

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 La Bataille d’Ypres

source WIKIPEDIA

fleche-boule8voir quelques photos à Ypres

 

fleche-boule8Première et deuxième bataille d’Ypres

Le général Erich von Lindemann, chef d’état-major général, a progressivement renforcé les IVe et VIe armées allemandes autour de la ville d’Ypres, tenue par les britanniques, afin de pouvoir gagner les ports de Calais et Boulogne. Sur place, les allemands jouissent d’une supériorité numérique de 6 contre 1 et disposent davantage d’artillerie moyenne et lourde. Mais les Belges ouvrent les barrages protégeant les terres basses contre la mer, ce qui entraîne l’inondation de la plaine et contraint les allemands à reculer sur plusieurs points, ce qui va jouer un rôle important dans la suite des opérations.

 

bataille-ypres-carte

Cependant, les offensives allemandes commencent bien, et malgré l’envoi de réserves française et britannique, les unités allemandes sont sur le point de percer la ligne au sud-est d’Ypres le 31 octobre. Mais la résistance acharnée des Français, des Britanniques et des Belges permet d’endiguer leur progression.

Au début de novembre, les Allemands renouvellent leur tentative de percée du front. Ils progressent et s’emparent de Dixmude, au nord d’Ypres, le 11 novembre. Cependant, les Britanniques, qui essuient le plus fort de l’attaque, refoulent les principaux assauts allemands le même jour. Malgré plusieurs charges allemandes les jours suivants, les combats diminuent. Le 12 novembre, les premières neiges annoncent la fin de la campagne.

La première bataille d’Ypres est un succès pour les Alliés, mais son coût est terrible. Les deux camps s’affairent maintenant à creuser des tranchées qui courront bientôt de la mer du Nord à la frontière suisse.

14 décembre 1914

Malgré la dégradation du temps et le renforcement des défenses allemandes, les Français et les Britanniques lancent une offensive générale depuis la mer du Nord jusqu’à Verdun. Ils pensent, à juste titre, qu’ils sont en supériorité numérique par rapport aux Allemands qui ont dépêché beaucoup de soldats depuis le front Est. Ils sous-estiment pourtant la résistance des tranchées et la bravoure des soldats allemands.

La plupart des attaques s’achèvent le 14 décembre, sans grand succès. Ce n’est qu’en Champagne, ou les soldats français ont avancé modérément, au prix de pertes humaines importantes, que les combats se poursuivent tout l’hiver. La première bataille de Champagne continue en 1915, mais ailleurs les combats cessent, et les deux camps comprennent qu’une victoire rapide est inconcevable.

La Première Guerre mondiale ne dure que depuis six mois et l’étendue des pertes humaines est sans précédent dans l’Histoire. Rien que sur le front occidental, les Français, les Belges et les Britanniques ont perdu plus d’un million d’hommes, dont une grande majorité de Français. Les Allemands comptent environ 675 000 soldats tués, blessés ou disparus au combat.

De même, les pertes humaines sur le front Est sont sans précédent. Quelque 275 000 Allemands ont été tués, blessés ou fait prisonniers. Le chiffre atteint un million pour les Austro-Hongrois et 1,8 million pour les Russes. Dans les Balkans, les Austro-Hongrois comptent 225 000 soldats tués, blessés, ou faits prisonniers, tandis que les pertes humaines s’élèvent à 170 000 hommes pour la Serbie.

fleche-boule8La trêve de Noël

À Noël, les soldats du front occidental étaient épuisés et choqués par l’étendue des pertes qu’ils avaient subies depuis le mois d’août. Ils étaient tristes. Au petit matin du 25 décembre, les Britanniques qui tenaient les tranchées autour de la ville belge d’Ypres entendirent des chants de Noël provenant des positions ennemies, puis découvrirent que des sapins de Noël étaient placés le long des tranchées allemandes. Lentement, des colonnes de soldats allemands sortirent de leurs tranchées et avancèrent jusqu’au milieu du no man’s land, où ils appelèrent les Britanniques à venir les rejoindre. Les deux camps se rencontrèrent au milieu d’un paysage dévasté par les obus, échangèrent des cadeaux, discutèrent et jouèrent au football.

Ce genre de trêve fut courant là où les troupes britanniques et allemandes se faisaient face, et la fraternisation se poursuivit encore par endroits pendant une semaine jusqu’à ce que les autorités militaires y missent un frein. Il n’y eut cependant pas de trêve dans le secteur où les Français et les Allemands s’affrontaient.

fleche-boule8Commandants

20px-Flag_of_France.svg Joseph Joffre
20px-Flag_of_France.svg Ferdinand Foch
20px-Flag_of_the_United_Kingdom.svg John French
20px-Flag_of_Belgium_%28civil%29.svg Albert Ier de Belgique
20px-Flag_of_the_German_Empire.svg Erich von Falkenhayn
20px-Flag_of_the_German_Empire.svg Albert de Wurtemberg
20px-Flag_of_the_German_Empire.svg Rupprecht de Bavière
20px-Flag_of_the_German_Empire.svg Gustav Hermann Karl Max von Fabeck

20px-Flag_of_the_German_Empire.svg Alexander von Linsingen
fleche-boule8Forces en présence
20px-Flag_of_France.svg 3 989 103 hommes
20px-Flag_of_the_United_Kingdom.svg 163 900 hommes
20px-Flag_of_Belgium_%28civil%29.svg 247 000 hommes
20px-Flag_of_the_German_Empire.svg 5 400 000 hommes
fleche-boule8Pertes
20px-Flag_of_France.svg 50 000 à 85 000 tués, blessés ou disparus
20px-Flag_of_the_United_Kingdom.svg 52 395 tués, blessés ou disparus
20px-Flag_of_Belgium_%28civil%29.svg 21 562 tués, blessés ou disparus
20px-Flag_of_the_German_Empire.svg 134 315 tués, blessés ou disparus

 

 

 

fleche-boule8Deuxième bataille d’Ypres

Cette bataille peut être séparée en quatre parties distinctes :

Bataille de Gravenstafel : 22 au 23 avril 1915
Bataille de St Julien : 24 avril – 4 mai 1915
Bataille de Frezenberg : 8 – 13 mai 1915
Bataille de Bellewaarde : 24 – 25 mai 1915

fleche-boule8Prélude

le 17 avril 1915 : Arrivée des troupes canadiennes de la 1re division canadienne d’infanterie sur le front d’Ypres. Cette position correspond aux 4 kilomètres à gauche de la position britannique.

20 avril 1915 : Les Allemands bombardent la ville d’Ypres. On croit que c’est une vengeance contre les attaques britanniques aux environs de la cote 60, mais c’est en fait le début d’une offensive allemande par un bombardement préliminaire.

fleche-boule8Bataille de Gravenstafel

22 avril 1915
Le 22 avril, la deuxième bataille d’Ypres est un baptême du feu violent pour le Canada. C’est une bataille défensive qui se déroule alors que les tranchées sont encore peu développées, car on croit à ce moment que la guerre ne va pas durer. Cette bataille est pour les Canadiens un apprentissage de l’assaut de tranchée, qui annonce la fin des batailles rangées et le début de la guerre des tranchées. Ces assauts, marqués principalement par des initiatives héroïques, manifestent plusieurs lacunes : d’abord à cause d’un manque d’appui de l’artillerie. Pour la contrer, les soldats utilisent la grenade et le mortier ; ensuite à cause du fusil Ross, inefficace car la boue l’obstrue et un tir trop rapide l’enraye. Toutefois, un appui avec des mitrailleuses sur les flancs aide l’assaut. La bataille sur le front occidental débute avec l’utilisation d’un gaz toxique, le chlore. Les Allemands avaient rassemblé 5 730 cylindres de ce gaz que leur IVe armée utilise pour monter à l’attaque. Sans protection aucune contre les gaz, les deux divisions françaises qui tiennent le flanc Nord du saillant paniquent et s’enfuient, ouvrant ainsi une brèche de 8 km de large dans la ligne de front. Au centre, les troupes canadiennes devront se redéployer pendant la nuit pour couvrir leur flanc exposé par cette débandade. Une deuxième attaque au gaz a lieu le lendemain, touchant les troupes belges.

fleche-boule8Bataille de St Julien

24 avril
Les Allemands libèrent de nouveau des nuages de gaz toxiques lors de leur offensive sur le saillant d’Ypres. Leur attaque se concentre sur Saint-Julien, position tenue par la 1re division canadienne, qui improvise des protections à l’aide de mouchoirs imbibés d’eau ou d’urine, et qui empêche une percée allemande.

4 mai
Les troupes canadiennes sont enfin relevées par des troupes britanniques, françaises et indiennes.

6 mai
Le commandant de la IIe armée britannique d’Ypres, le général Sir Horace Smith-Dorrien, est limogé après avoir suggéré qu’un retrait tactique réduirait la pression sur le saillant. Son supérieur, le maréchal Sir John French, désapprouve et continue d’ordonner des contre-attaques, mais aucune ne lui permet d’avancer de façon significative. Smith-Dorrien est remplacé par le général Herbert Plumer.

fleche-boule8Bataille de Frezenberg

8 mai : Les Allemands s’emparent de la crête de Frenzemberg, qu’ils conservent malgré les contre-attaques alliées.

fleche-boule8Bataille de Bellewaarde

24 mai
L’offensive allemande dirigée contre la crête de Bellewaerde, tenue par les Britanniques, permet de gagner des positions, mais les troupes allemandes doivent reculer suite à une contre-attaque britannique. Les combats cessent le 25, marquant la fin de la deuxième bataille d’Ypres. Les pertes humaines britanniques s’élèvent à 58 000 hommes depuis le début de l’offensive, les pertes allemandes à 35 000 et les pertes françaises à 10 000 environ. La deuxième bataille d’Ypres coûta en tout 6035 canadiens à la 1re division canadienne d’infanterie et 678 au Princess Patricia’s Canadian Light Infantry. Les troupes britanniques n’ont reculé que de 5 km sur le front.

À la fin de la bataille, les troupes belges qui tenaient un saillant en forme de crochet à Steenstraet, ont perdu 1.469 hommes, surtout du fait des gaz, mais elles sont parvenues à contre-attaquer pour reconquérir les positions qu’elles avaient perdues sous l’effet de surprise.

fleche-boule8Juillet-août

La route de Menin à Ypres (l’actuelle N8) fait l’objet de violents combats au niveau du village de Hooge. Des cratères de mines sont successivement pris et repris par les belligérants.

fleche-boule8Belligérants
20px-Flag_of_France.svg République française
22px-Flag_of_France.svg Armée d’Afrique20px-Flag_of_the_United_Kingdom_%283-5%29.svg Royaume-Uni20px-Flag_of_Canada-1868-Red.svg Canada22px-British_Raj_Red_Ensign.svg Indes britanniques20px-Flag_of_Belgium_%28civil%29.svg Belgique
20px-Flag_of_the_German_Empire.svg Empire allemand
fleche-boule8Commandants
20px-Flag_of_Canada-1868-Red.svg Arthur Currie
20px-Flag_of_France.svg Henri Gabriel Putz
20px-Flag_of_Belgium_%28civil%29.svg Théophile Figeys
20px-Flag_of_Belgium_%28civil%29.svg A.-L.-T. de Ceuninck
20px-Flag_of_the_German_Empire.svg Albert de Wurtemberg
fleche-boule8Forces en présence
8 divisions d’infanterie 7 divisions d’infanterie
fleche-boule8Pertes
70.000 morts, blessés ou disparus 35.000 morts, blessés ou disparus

 

bataille-ypres-quartier-generla

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Dugout_headquarters_near_Hooge_Crater_during_the_Third_Battle_of_Ypres_%28AWM_E00710%29.jpg?uselang=fr
Dugout headquarters near Hooge Crater during the Third Battle of Ypres.

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fleche-boule8

bataille-ypres-barrage-allemand

Tir de barrage allemand contre les tranchées alliées durant la bataille.

fleche-boule8

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fleche-boule8La bataille de Passchendaele ou la troisième bataille d’Ypres

La bataille de Passchendaele aussi connue comme la troisième bataille d’Ypres eut lieu entre le 31 juillet et le 6 novembre 1917 à Passendale, en Flandre-Occidentale, pendant la Première Guerre mondiale, elle opposa la British Army, l’armée canadienne et des renforts de l’armée française, à l’armée allemande.

 

 

fleche-boule8Commandants
20px-Flag_of_the_United_Kingdom.svg Douglas Haig
20px-Flag_of_the_United_Kingdom.svg Hubert Gough
20px-Flag_of_the_United_Kingdom.svg Herbert Plumer
20px-Flag_of_Canada-1868-Red.svg Arthur Currie
20px-Flag_of_France.svg François Anthoine
20px-Flag_of_the_German_Empire.svg Max von Gallwitz
20px-Flag_of_the_German_Empire.svg Erich Ludendorff

 

Les deux premières lignes depuis la gauche (en rouge foncé) désignent la progression alliée avant la bataille de Passchendaele même.

fleche-boule8Déroulement

L’offensive débute le 31 juillet à 3h30 du matin par un épais brouillard qui ne facilite pas la progression britannique. Rapidement on s’aperçoit que cette dernière est plus difficile et plus lente que prévu. Toutefois, les troupes de l’Entente remportent quelques succès : au nord d’Ypres, les villages de Sint-Juliaan, Pilkem et Bikschote sont enlevés. Cependant au sud-est, la poussée vers la route Ypres-Menin est bloquée, notamment en raison d’une pluie incessante qui ralentit considérablement les mouvements de troupes. Ces deux semaines de pluie permettent aux Allemands de se réorganiser et de faire face plus efficacement aux assauts britanniques.

 fleche-boule8

445px-Passchendaele_aerial_view

Passchendaele, avant et après la bataille

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Le 16 août, Haig lance une nouvelle offensive : la Ve armée de Gough est lancée contre la ligne Geluveld-Langemark qui est conquise mais l’avancée s’arrête là. Le moral des soldats britanniques s’effondre : ces derniers maudissent la boue, la résistance allemande et les états-majors qui les sacrifient inutilement.

Étant donné l’échec de l’assaut du général Gough, Haig ordonne à la IIe armée de Plumer d’attaquer le plateau de Geluveld au nord de ses positions mais au sud d’Ypres. La troisième offensive de la bataille de Passchendaele débute le 20 septembre à 5h40 : quatre divisions dont deux australiennes se lancent à l’assaut d’un front de six kilomètres entre Klein Zillebeke et le Westhoek. La progression des Britanniques se fait mètre par mètre et ceux-ci subissent les constantes contre-attaques des troupes du Kaiser qui utilisent pour la première fois du gaz moutarde, baptisé également ypérite du nom de la ville d’Ypres. Une division atteint presque le village de Geluveld et le Bois du Polygone est conquis. Au Nord, la Ve armée progresse le long de la voie Ypres-Roulers jusqu’à Zonnebeke.

L’ultime offensive, fixée le 6 novembre à six heures, est confiée au Canadian Corps de Currie et a pour objectif les villages de Passchendaele (actuellement Passendale) et de Mosselmarkt, et la crête au-delà. Les 1re et 2e divisions, appuyées par un puissant barrage d’artillerie, enlèvent les deux villages en deux heures avec des pertes s’élevant à 2 238 hommes.

Enfin, le dernier assaut du 10 novembre, a permis d’atteindre le reste des hautes terres surplombant Ypres, et de les prendre malgré les tirs allemands. La bataille de Passchendaele, connue également sous le nom de troisième bataille d’Ypres, s’arrête là.

fleche-boule8Les Canadiens à Passchendaele

 

 

 

fleche-boule8Forces en présence
Ve et IIe armées britanniques,
Ie armée française
VIe armée allemande
fleche-boule8Pertes
448 000 tués ou blessés 260 000 tués ou blessés

 

 

À l’automne 1917, après le grand succès de l’armée canadienne à la bataille de la crête de Vimy en avril de la même année, on envoie celle-ci dans le sud de la Belgique.

Au début du mois d’octobre, les Canadiens sont envoyés pour prendre la relève de l’ANZAC et participer à l’offensive visant à prendre Passchendaele.

Le 26 octobre, l’offensive canadienne commence. La réussite de la bataille amère de Passchendaele tient à l’héroïsme des hommes qui sont parvenus à franchir les zones ennemies malgré la résistance farouche qu’on leur opposait. L’avancée dans la boue et sous les tirs ennemis est lente, et les pertes sont lourdes. Malgré l’adversité, les Canadiens atteignent les abords de Passchendaele le 30 octobre, à la fin de la seconde attaque, sous une pluie battante

fleche-boule8Bilan

La bataille de Passchendaele a finalement permis de soulager la pression sur l’armée française et le saillant d’Ypres a été enfoncé de huit kilomètres. Mais les pertes (morts, blessés et disparus) s’élèvent à environ 8 500 Français, 4 000 Canadiens, 250 000 Britanniques, dont au moins 40 000 disparus, le plus souvent noyés dans la boue, et 260 000 Allemands. Une boucherie presque inutile, à l’image de la plupart des grandes offensives du front Ouest de la Première Guerre mondiale.

fleche-boule8Anecdotes

Douglas McKie, historien des mathématiques, blessé à Passchendaele, interrompt sa carrière dans l’infanterie des suites de sa blessure. David Gallaher (joueur de rugby à XV, capitaine des « Originals » néo-zélandais) est décédé le 4 octobre 1917 au combat à Passchendaele.

Le groupe de heavy metal Iron Maiden a composé une chanson traitant de cette bataille sur leur album Dance Of Death : Paschendale.

Chris de Burgh a également écrit une chanson relatant la lettre qu’un soldat anglais écrit à sa belle, lettre qui est en fait une mélodie pour oublier la peur et l’horreur de cette bataille qui vient (This song for you, Spanish Train and Other Stories).

La chanson The Price of a Mile, sur l’album The Art of War du groupe suédois Sabaton parle elle aussi de cette bataille.

God Dethroned, groupe de death/black néerlandais, a composé un album entier sur cette bataille : Passiondale (2009).

 

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1:10000 scale army artillery barrage map from the First Battle of Passchendaele during the Third Battle of Ypres.

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Description An 18 pounder gun being hauled through the mud at Broodseinde Ridge to a position further forward, in support of the advancing Australians, two days before the initial attack on Passchendaele Ridge, in the Ypres sector.Identified, left of the gun, left to right:

Right side of gun, left to right:

Comment : Note armoured oil reservoir on end of recuperator.
See First Battle of Passchendaele.
Date10 October 1917. First exhibited at the Kodak Salon, Sydney, 1919.

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source http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Morning_a_Passchendaele._Frank_Hurley.jpg?uselang=fr

Description The morning after the first battle of Paschendaele [Paschendale], Australian Infantry wounded around a blockhouse near the site of Zonnebeke Railway Station,12 October 1917. 1 negative : glass ; full plate.
Date 12 octobre 1917
Source National Library of Australia
file: nla.pic-an23816538
Auteur

bataille-ypres-passchendaele-un-matin5

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Morning_a_Passchendaele._Frank_Hurley.jpg?uselang=fr

Description [The morning after the first battle of Paschendaele [Paschendale], Australian Infantry wounded around a blockhouse near the site of Zonnebeke Railway Station,12 October 1917 1 negative : glass ; full plate.
Date 12 octobre 1917
Source National Library of Australia
file: la.pic-an24574133
Auteur

1 décembre 2012

La flotte de la Marine Russe

Classé sous — milguerres @ 18 h 24 min

 

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La flotte de la Marine Russe

source : http://www.naval-encyclopedia.com/premiere_guerre_mondiale/pages/russie/russie1914d.htm

 

La flotte de la Marine Russe  russeCuirassé Petr Veliki ( 1872 )

petr_veliki

Le Petr Veliki ( Pierre le Grand ) était sans conteste le plus vieux cuirassé Russe en service à l’époque. Il avait été en son temps le tout premier cuirassé Russe à tourelles et à vapeur seule, une mode lancée par la France et la Grande-bretagne. ( Pour le détail voir Navis19e ). En 1905-1906 il fut entièrement rebâti, avec de nouvelles machines et chaudères, deux cheminées, deux mâts légers, un haut franc-bord grâce à une coque entièrement reconstruite, un déplacement ramené à 9790 tonnes et un nouvel armement: Exit les antiques pièces de 305 mm originales, l’artillerie comprenait désormais 4 pièces de 203 mm sur le pont supérieur aux quatre coins, et 12 de 152 mm sur le pont inférieur en casemates. Le reste comprenait sur le pont principal des pièces de petit calibre. Il était en 1914 affecté à la flotte de la baltique, mais jouait un rôle secondaire, principalement de garde-côte et bâtiment-école du fait de sa vitesse faible et de son artillerie mesurée. En février 1917 il fut renommé Respublikanets, puis mis à la retraite et désarmé en octobre 1918. On s’en servit ensuite comme transport de mines et il fut renommé Barrikada. Il survécut ainsi jusqu’en…1959.

 Déplacement & Dimensions

 9790t standard ; 104 x 19 x 8,3 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. VTE, 8 chaudières cyl., 10 000 cv. et 15 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 305, ponts 75, boucliers 120-76, casemates 120, ceinture 305 mm; Equipage 650 hommes.
 Armement ( Aurora, 1914 )  4 canons de 203 mm, 12 de 152 mm, 12 de 76 mm, 4 de 57 mm, 8 de 47 mm, 2 de 37 mm.

 

 

 

 

russeCuirassé Rostislav ( 1896 )

rostislav

Entamé à Nicolaiev en 1895 et achevé en 1898, le Rostislav était le sister-ship du Sissoi Veliki ( 1894 ). Il différait du premier, coulé à Tsushima, par quelques détails: Doté d’un tirant d’eau inférieur de près d’un mètre et d’un blindage allégé. Disposant de machines comparables, il n’était guère plus rapide. ( Voir aussi Sissoi Veliki sur Navis 19e ). Mais la plus grande différence avec le Sissoi Veliki était son armement principal ramené à 234 mm au lieu de 305. De fait, il était en 1914 d’une valeur guerrière discutable et était en réserve en août 1914 mais constituait une pièce importante de la flotte de la mer noire, et il fut à ce titre engagé de manière intensive en opérations, notamment pour pallier l’absence d’autres cuirassés plus modernes. Entre deux sorties, son armement fut changé sensiblement: On lui enleva ses tubes lance-torpilles, son artillerie tertiaire, au profit de 4 pièces de 75 mm AA. En 1917 il fut engagé contre le Yavuz ( ex-Goeben ) et les installations côtières Turques. Comme d’autres bâtiments de Sébastopol, sa carrière fut mouvementée: En avril 1918, il passait sous contrôle et pavillon Ukrainien. Il fut ensuite capturé par les Allemands lors de leur avance, puis par les Britanniques après la captitulation Allemande. Il fut ensuite partillement rendu inutilisabe pat le sabotage de ses machines en avril 1919 pour prévenir une capture par les Bolchéviques, recapturé par les Russes blancs appuyés par les alliés, lors de l’offensive de Crimée et utilisé comme batterie côtière, et sabordé définitivement le 16 novembre 1920 à Kerch.

 Déplacement & Dimensions

 10 140 t standard ; 107,2 x 20,7 x 6,7 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. VTE, 12 chaudières cylindriques, 8700 cv. et 15,6 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 152 mm, ponts 51-65 mm, tourelles 254 mm, ceinture 254 mm; Equipage 650 hommes.
 Armement ( Aurora, 1914 )  4 canons de 254 mm, 8 canons de 152 mm, 4 canons de 76 mm AA.

 

 

 

russeCuirassé Slava ( Classe Borodino – 1903 )

borodino

Cette classe de puissants cuirassés, qui équipaient les trois flottes ( Baltique, mer noire, pacifique ) payèrent un lourd tribut à la guerre Russo-Japonaise: Sur ces 6 unités, lancées en 1901-1903 et achevées en 1904-1905, deux survécurent à la guerre, mais l’Orel était capturé par les Japonais et servit jusqu’en 1922 sous le nom d’Iwami. Seul le Slava était donc en ligne en 1914. Le Slava était le dernier de cette classe de bâtiments larges et lents dérivés du Tsessarevitch construit en France. Ces bâtiments taient donc très influencés par le design des cuirassés Français, arborant notamment cette fameuse section de coque en poire. Leur blindage était plus épais de manière générale, mais réparti d’une façon moins efficace ( ce qui pesa lourd dans leur comportement au feu ). Le Slava servait en Baltique. Il opéra notamment de nombreuses fois dans le golfe de Riga. On lui avait modifié ses canons principaux de manière à ce que leur hausse puisse aller jusqu’à 30°, comprensant le fait qu’ils n’étaient que de 40 calibres. Lors de son duel avec le König, ce dernier avaient des pièces de 305 mm calibre 50 mais une hausse de 16°, ce qui fait que le Slava pouvait l’atteindre de plus loin. Mais lors de la bataille de l’île de la lune, c’est la précision du tir Allemand et sa densité qui eut raison du cuirassés Russe: A 10 pièces contre 4, la partie était inégale. Percé au-dessus de la ligne de flottaison, et accusant de nombreuses voies d’eaux, le Slava coula lentement, alors qu’il était encore possible de le tracter à bon port. On décida de le saborder, les torpilles fatales venant d’un destroyer, le 17 octobre 1917.

 Déplacement & Dimensions

 13 516 t standard ; 121 x 23,2 x 8 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. VTE, 20 chaudières Belleville, 16 300 cv. et 17,8 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 200, Ceinture 190, Tourelles 254-152 mm; Equipage 593 hommes.
 Armement  4 canons de 305, 12 canons de 152 mm, 20 canons de 76, 20 canons de 47 mm, 4 TLT 356 mm ( Surf. – SM

 

 

 

 

russeCuirassés classe Imperator Pavel ( 1906-07 )

imperatorpavel

Ces deux bâtiments ( Imperator Pavel I et Andrei Pervosvanni ) les derniers cuirassés classiques Russes. Ils furent entamés aux chantiers de la Baltique et à Galernii, pour servir dans la flotte de la baltique, et avaient étés conçus à la lumière de la guerre Russo-Japonaise. On avait avait fini avec l’influence Française ( mise à part les tourelles ) sur les conceptions de coque et de blindage, et ces deux unités, mises en chantier en avril 1903 et 1904 furent modifiés profondément en cours de route, ce qui explique leur lancement différé de trois ans. Ils ne furent achevés qu’en juillet et septembre 1910, à une date où les dreadnoughts avaient la faveur des amirautés. Leur protection était intégrale, sans coupures ou zones privilégiées, leur coque sans hublots, leur pont était continu et leur artillerie tertiaire regroupée en barbettes rehaussées sur le pont de batterie. Leurs mâts intégraient le système « en corbeille » développé aux USA qui leur donnait en théorie une grande résistance au vent tout en étant légers. ( En fait ils souffrirent trop de fortes vibrations, qui rendaient inopérants les efforts des régleurs de tir au sommet des mâts et furent remplacés plus tard par des mâts simples à partir de la hauteur des cheminées en 1916-17 ). Leur carrière en Baltique durant la grande guerre fut assez timide, et ils se virent retirerleurs artillerie de 47 mm au profit de deux pièces de 75 mm AA et la pose de filets antitorpilles. Après la révolution de février 1917, le Pavel I fut renommé Respublika, et resta à l’ancre à Kronstadt, inactif jusqu’à sa démolition en 1923. Le Pervosvanni fut de son côté très actif durant la révolution, aux mains des « rouges ». Il était à Kronstadt lorsqu’il fut attaqué le 18 août 1919 par des vedettes lance-torpilles Britanniques, et gravement touché par le CMB 88. On le débarrassa plus tard des ses 120 mm et il resta inactif jusqu’à sa démolition en 1924.

 Déplacement & Dimensions

 17 400 t standard ; 140,20 x 24,4 x 8,20 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. VTE, 22 chaudières Belleville, 18 000 cv. et 17,5 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 203, ponts 100, Batterie 160, Tourelles 203-152, Ceinture 220 mm; Equipage 933 hommes.
 Armement  4 canons de 305, 14 canons de 203, 12 de 120, 8 canons 47 mm, 3 TLT 457 mm ( SM )

 

 

 

 

russeCroiseur-Cuirassés Rossia et Gromoboi ( 1896 )

rossia

Le Gromoboi en 1914.

Le Rossia, souvent confondu avec Gromoboi, très semblable, différait cependant de ce dernier par maints aspects qui justifient sa description séparée: Globalement, il s’agissait d’un dérivé du Novik, ce dernier étant un croiseur-cuirassé mixte ( voile et vapeur ), alors que les mâts du Rossia de disposaient que d’une voilure réduite. Il arborait quatre cheminées, et son mât avant, court, disposait d’une hune blindée. Son déplacement et sa taille atteignait des sommets, et la Royal navy, qui s’en inquiéta commanda les deux Powerful. Son armement original comprenait 12 pièces de 76 mm contre 24 sur le Gromoboi, ce dernier n’ayant que 4 pièces de 47 mm contre 20 sur le Rossia, et 4 de 37 mm contre 14 sur le Rossia. Leur répartition était également diférente, les pièces secondaires du Rossia étant en sabords latéraux, alors que celles du Gromoboi étaient en barbettes leur donnant un meilleur champ de tir. Par ailleurs le blindage de ceinture était inférieur sur le Gromoboi, ce dernier, construit dans la même forme des chantiers de la Baltique deux ans plus tard ( accepté en service en 1900 ) était sensiblement moins rapide. Les deux unités prirent part à la guerre Russo-Japonaise: Ils furent présents à la bataille d’Uslan et gravement touchés, mais résistèrent assez pour s’échapper à toute vapeur avec beaucoup de victimes. Revenant au port, ils furent surnommés « passoires en fer-blanc ». Leur protection fut jugé à postériori décevante. En 1906, on profita de leurs réparation pour les réarmer avec 6 pièces de 152 ajoutées, replacées en débords, et l’armement tertiaire ramené à 15 pièces de 76 mm et 2 de 37 mm, avec deux TLT au lieu des 5 d’origine sur le Rossia ( pour le Gromoboi, voir fiche ). Ils servirent en baltique durant la grande guerre et furent démolis en 1922.

 Déplacement & Dimensions

 13 220 t standard; 146,60 x 20,9 x 8,5 m

 Propulsion  3 hélices, 3 mach. VTE, 32 chaudières Belleville., 15 500 cv. et 20 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 305, ponts 75, casemates 120, ceinture 152 mm; Equipage 877 hommes.
 Armement ( Aurora, 1914 )  4 canons de 203 mm, 22 de 152 mm, 19 de 76 mm, 6 de 47 mm, 2 TLT 381 mm.

 

 

 

russeCroiseurs cuirassés classe Bayan II ( 1906 )

bayan

La classe Bayan compta au total 4 unités, bien que la première, le Bayan premier du nom, soit restée unique, construite à la Seyne à Toulon, et de design plus Russe que Français. Lancé en 1900, achevé en 1903, le Bayan participa à la guerre Russo-Japonaise un an plus tard et sauta sur une mine le 27 juillet, y survécut, mais fut ensuite coulé à Port Arthur par les Howitzer de 280 mm amenés sur les contreforts de la baie par les Japonais débarqués, le 8 décembre 1904. ( Voir Navis19e ). Il sera ensuite renfloué, réparé, servant dans la marine Impériale Nippone sous le nom d’Aso jusqu’en 1932, lorsque il fut coulé comme cible d’exercices. En 1905, à la suite de cette perte, l’amirauté commanda de nouveau un bâtiment identique à la Seyne, l’Admiral Makarof ( l’inventeur des fameux paillets qui sont utilisés pour maintenir les tôles lors de voies d’eaux ). Il fut lancé en mai 1906 et achevé en avril 1908, conformément à la lenteur typique des chantiers Français à cette époque, mais modifié, avec des casemates plus basses, un blindage modifié et les parties en bois remplacées par le l’acier. En Août 1905, deux autes unités identiques étaient entamés aux chantiers de la nouvelle-amirauté à St petersbourg. Il s’agissait du Bayan second du nom et du Pallada, lancés en août 1907 et novembre 1906 et achevés en décembre et février 1911. Plus modestes que les énormes Rossia et Gromoboi, moins armés, ils n’en étaient pas moins plus rapides, mieux protégés, et bien plus économiques. Ces trois navires étaient en ligne en 1914 en Baltique. En 1915, ils formaient la 1ere brigade de croiseurs. Le Pallada fut torpillé et envoyé par le fond par l’U26 le 11 octobre 1917, et le Bayan et le Makarof furent réarmés dans le même temps avec deux pièces de 75 ou de 48 mm AA, 1 de 203 et 4 de 152, leur 75 mm étant enlevés, et des rails pour porter 150 mines. Ils opérèrent jusqu’au Gotland. Le Bayan prit part à la bataille de l’île de la lune le 17 octobre 1917 et y fut gravement endommagé par les grosses pièces du cuirassé König. Laissés à quai sans entretien pendant la guerre civile, ils furent démolis en 1922.

 Déplacement & Dimensions

 7775t standard ; 137 x 17,5 x 6,5 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. VTE, 26 chaudières Belleville, 16 500 cv. et 21 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 140, Ceinture 178, Tourelles 152 mm; Equipage 593 hommes.
 Armement  2 anons de 203, 8 canons de 152 mm, 20 canons de 75, 4 canons de 55 mm, 2 TLT 457 mm ( SM )

 

 

 

 

 

russeCroiseur-Cuirassé Rurik ( 1906 )

rurik

Le Rurik était l’une des grandes fiertés de la marine Russe en 1914. C’était certainement l’un des bâtiments les plus puissants et les plus modernes de sa catégorie, préfigurants par maints aspects les dreadnoughts à l’étude. Le nom vient du chef de la peuplade Viking des Rus établis à partir de 862 en formant le premier état Slave de Novgorod, son fils devenant le souverain de Kiev. Le précédent Rurik n’existait plus au moment de la mise sur cale du navire, aux Chantiers Anglais Vickers en août 1905: Le croiseur-cuirassé mixte de 1892 venait d’être coulé un an auparavant à Ulsan durant la guerre Russo-Japonaise. Par sa conception générale à la fois ramassée et largement dimensionnée, le projet du Rurik intérressait les chantiers Vickers comme terrain d’expérimentations, et tranchait sur les productions Russes précédentes ( il participa à la revue du spithead en 1909, chose rare pour un croiseur étranger ). Le blindage, sans être très important, était judicieusement réparti, formant d’ailleurs un double pont blindé avec coffrage au sein du bâtiment, qui ne possédait presque pas de point faible. Les résultats désastreux de la guerre Russo-Japonaise pesèrent lourd dans les recommandations Russes. Le nouveau Rurik fut lancé le 17 novembre 1911 et achevé en septembre 1908, puis accepté en service en juillet 1909, le temps de remédier à ses problèmes de barbettes. En 1911, sa silhouette changea quelque peu, un mât avant important étant monté, devenant plus tard tripode, avec un blockhaus de direction de tir installé en 1917, et une pièce de 40 mm AA. Le Rurik officiait depuis 1908 comme navire-amiral de l’escadre de croiseurs de la flotte de la Baltique. Il fut modifié pour porter des mines, jusqu’à 400 selon certaines sources. Il fut victime d’un échouage accidentel le 13 février 1915 au Gotland, puis fut frappé par une mine le 19 novembre 1916, endommageant gravement la partie arrière des oeuvres-vives. Il fut mis en réserve en 1918 et finalement démoli en 1923.

 Déplacement & Dimensions

 15 200 t standard ; 161,23 x 22,90 x 7,90 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. VTE, 28 chaudières Belleville, 19 700 cv. et 21 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 203, ponts 75, tourelles 203-178-152, batterie 76, ceinture 104-152 mm; Equipage 750 hommes.
 Armement ( Aurora, 1914 )  4 canons de 254 mm ( 2×2 ), 8 de 203 ( 4×2 ), 20 de 120 mm, 4 canons de 47 mm, 2 TLT 457 mm ( SM )

 

 

 

 

russeCroiseurs classe Pallada ( 1899-1900 )

pallada

Ce fut sans doute la classe de croiseurs Russes de l’époque la plus connue, plus pour des raisons historiques que techniques. Le fait que l’Aurora, ancré aujourd’hui sur la Neva à Saint-Petersbourg ( aurora.org.ru/ ) ait été un des rares croiseurs de cette époque préservé y participe largement. Le Pallada et le Diana avaient étés commandés en 1895 aux chantiers Galernii ( l’Aurora en 1897 aux chantiers de la nouvelle Amirauté ). Beaucoup plus spacieux que le Svietlana de 1896, ils étaient également bien meix armés, avec une batterie de 76 mm en sabords et barbettes, et 8 pièces de 152 mm au lieu de 6. Ils étaient classés parmi les croiseurs protégés, et non cuirassés. Le Pallada, achevé en 1902, fut envoyé rapidement dans le pacifique. Il était à Port Arthur dans la nuit du 8 au 9 février 1904 lors de l’attaque des torpilleurs Japonais. Il survécut à un impact par miracle, mais ce fut pour se faire couler par les Howitzer déployés par l’infanterie Japonaise de l’armée de siège le 8 décembre. Après la prise de la ville, le Pallada fut renfloué, réparé sommairement , conduit au Japon pour de plus amples travaux et rebaptisé Tsugaru. Il était en ligne en 1914 dans la marine Impériale Nippone et fut démoli en 1923. Le Diana et l’Aurora étaient de leur côté en ligne dans la flotte de la Baltique, constituant la 2e brigade de croiseurs. L’Aurora possédait des boucliers sur ses pièces dès l’achèvement, et fut réarmé avec 2 pièces de 152 mm, perdant 4 pièces de 75 et ses Tubes lance-torpilles, ses mâts réduits. Le Diana en 1914 reçut une artillerie de 10 pièces de 130 mm et 4 de 75 mm, ses tubes lance-torpilles enlevés, et ses pièces de 37 mm enlevées plus tard au profit de deux pièces de 75 mm AA. En 1916 et jusqu’en février 1917, l’Aurora était à quai pour réarmement avec 4 pièces de 152 mm supplémentaires et une de 75 mm AA à la place des ses 37 mm. Tandis que le Diana fut réformé en 1918 et vendu en 1922, l’Aurora, noyauté par des éléments bolchéviques, donna le coup d’envoi de la révolution de février 1917, les mutins appuyant les révolutionnaires avec les canons du croiseur. Réarmé en 1923, il fut préservé en 1948.

 Déplacement & Dimensions

 6600-6800t standard ; 126,70 x 16,7 x 6,35-6,55 m

 Propulsion  3 hélices, 3 mach. VTE, 24 chaudières Belleville, 12 000 cv. et 19 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 152 mm, ponts 51-65 mm ; Equipage 576 hommes.
 Armement ( Aurora, 1914 )  10 canons de 152 mm, 20 canons de 76 mm, 8 canons de 40 mm, 3 TLT 381 mm ( SM )

 

 

 

russeCroiseur Askold ( 1900 )

askold

Ce grand croiseur protégé construit en Allemagne devint universellement connu par sa silhouette unique, du fait de ses cinq hautes cheminées, configuration encore jamais vue, mais signe également de sa grande vitesse. Il avait une coque à pont continu, de hauteur décroissante, une superstructure courte et tassée vers l’avant, et la plupart des pièces sur le pont plutôt qu’en barbettes. Sa batterie de 152 mm bien complétée en faisait un bâtiment redoutable.Il y avait un pont de protection de 51 mm courant sur toute la longueur avec des pentes de 76 mm et un glacis au-dessus des machines de 100 mm, et les tubes de munitions et les tubes lance-torpilles de 12 à 63 mm. Mis en chantier à Krupp en 1898 et achevé en 1901, il donna pleine satisfaction à ses commanditaires, et prit part à la guerre Russo-Japonaise: Il fut contrainte de fuir lors de l’action de l’île Ronde et se réfugia à Shanghai ou il fut interné. Rendu à la Russie, il fut ensuite affecté à l’escadre de sibérie, comme vaisseau-amiral en 1906. Il rallia ensuite le pacifique, puis de là la méditerranée au début de la guerre, effectuant un périple de 102 000 km, et oarticipa aux opérations des Dardanelles, surnommé par les alliés « paquet de Woodbines » ( des cigarettes alors en vogue chez les Anglais ). Il servit en Baltique ensuite, y étant affecté le 21 octobre 1916, mais fut modifié et transformé à Toulon puis en Grande-Bretagne sur le chemin, perdant toute son artillerie de 47 et 30 mm, tandis qu’on lui greffait deux pièces de 75 mm en poupe, deux 47 mm AA, 4 nouveaux TLT de 457 mm en place des anciens, deux rails de pont pour des mines et deux casiers à grenades ASM. Il n’arriva en fin de compte qu’en septembre 1917. Trois ois plus tard, il servait avec les « rouges ». Capturé par la Royal Navy, il servit à partir du 14 juin 1918 sous l’union Jack comme « Glory IV ». Il fut ensuite rendu aux sovietiques en 1921 et démoli en Allemagne.

 Déplacement & Dimensions

 5905t standard ; 133,20 x 15 x 6,20 m

 Propulsion  3 hélices, 3 mach. VTE, 9 chaudières Schultz-Thornycroft, 20 420 cv. et 23,8 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 152 mm, ponts 51-100 mm ; Equipage 576 hommes.
 Armement  12 canons de 152 mm, 12 canons de 76 mm, 8 canons 47 mm, 2 de 40 mm AA, 6 TLT 381 mm ( SM )

 

 

 

russeCroiseurs classe Bogatyr ( 1901-1903 )

bogatyr

Cette classe de croiseurs fut développée avant la guerre Russo-Japonaise, et entamés en 1898-1901 dans quatre chantiers afin de servir en mer noire ( Ochakov et Kagul, renommés plus tard Kagul et Pamiat Merkuria à la suite de la mutinerie du 12 novembre 1905 à Sébastopol ), et en Baltique ( Bogatyr et Oleg ). Leur armement était réparti en tourelles doubles à l’avant et à l’arrière et en barbettes latérales, et ils étaient mieux protégés que les autres croiseurs Russes. Le Bogatyr fut le seul construit en Allemagne ( à Vulkan, près de Stettin ). Il fut en service dès 1902. Seuls les Bogatyr et Oleg étaient opérationnels avant la guerre contre l’empire Nippon, et envoyés dans le pacifique, mais ils ne furent pas endommagés. Tous les quatre étaient en revanche en service en août 1914, les deux cités étant affectés en Baltique de nouveau, et les deux autres en mer noire. Ces derniers virent l’une des plus graves mutineries de la flotte, avec celle du Potemkine, l’Ochakov affrontant à l’ancre des bâtiments loyalistes et étant gravement touché. En 1907 on le renomma Kagul, ce qui obligea à renommer l’autre Pamiat Merkuria. Les deux unités de la Baltique affectés à la 1ere brigade de croiseurs, et en 1916 reçurent un nouvel armement comprenant 16 pièces de 130 mm dont 8 sur le pont principal, 4 en tourelles doubles et 4 en casemates, 4 de 75 mm AA et 100 mines. Durant la révolution, tous deux furent pris par les Bolchéviks et servirent jusqu’en 1919. L’Oleg fut coulé par la vedettes lance-torpille CMB-4 lors de l’attaque nocturne de la Royal Navy à Kronstadt le 17 juin. Le Merkuria fut réarmé avec 4 pièces de 152 mm ajoutées et deux de 75 mm AA au lieu de sa batterie initiale, mais pas le Kagul. Ce dernier fut renommé Ochakov sous pavillon rouge en 1917, mais ces deux unités arboraient le pavillon Ukrainien par la suite. Ils passèrent ensuite aux Allemands, puis aux Anglais, l’Ochakov renommé Kornilov opérant dans la flotte de Wrangel. Le Merkuria, recapturé, fut renommé Komintern et servit jusqu’en 1942.

 Déplacement & Dimensions

 5905t standard ; 133,20 x 15 x 6,20 m

 Propulsion  3 hélices, 3 mach. VTE, 9 chaudières Schultz-Thornycroft, 20 420 cv. et 23,8 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 152 mm, ponts 51-100 mm ; Equipage 576 hommes.
 Armement  12 canons de 152 mm, 12 canons de 76 mm, 8 canons 47 mm, 2 de 40 mm AA, 6 TLT 381 mm ( SM )

 

 

 

 

russeCroiseur Jemtchug ( 1903 )

jemtchug2

Bâtiment de la classe Izmurud ( Izmurud, Jemtchoug ), ce croiseur protégé dérivait du Novik de 1900, s’en déifférenciant principalement par les trois mâts au lieu d’un seul, une longueur sensiblement plus grande, un armement tertiaire modifié. Le Novik et l’Izmurud ayant été pardus lors de la guerre Russo-Japonaise, le Jemtchug était le seul survivant en ligne en 1914. Il était à ce moment basé à Penang en malaisie ( Nord-Ouest de la péninsule ), et fut surpris le 28 octobre 1914 en pleine nuit par l’Emden, le fameux croiseur corsaire Allemand détaché de l’escadre du Pacifique de Von Spee, qui, nanti d’une quatrième cheminée factice, se fit passer un bref moment pour un bâtiment Anglais avant d’ouvrir le feu à bout portant sur l’infortuné Croiseur Russe, au canon et à la torpille. Ce dernier dont l’équipage fut réveillé en sursaut n’eut à peine le temps de répliquer. Criblé de toutes parts, il sombra dans la rade et l’Emden put quitter Penang sans être inquiété… ( Voir aussi « l’odyssée de l’emden » )

 

 

 

russeDestroyers classe Puilki ( 1906 )

puilki

L’Imperator Alexander I en 1917.

La classe Pruitki constituait le fer de lance de la force de destroyers Russes à la veille de la guerre Russo-Japonaise, et encore en 1914. Au total 26 unités, construites à Crichton, Nevski, et Izhora furent mis en chantier entre 1896 et 1900. 4 furent affectés à leur achêvement,en 1898-1903 à la mer noire, 12 au pacifique ( convoyés par rail et assemblés par sections ), et le reste en Baltique. Ils dérivaient étroitement techniquement du Pruitki ( 1895 ) qui avait servi de prototype. Ils en avaient toutes les caractéristiques de taille et de déplacement, avec un tube lance-torpille en proue et un tube mobile à l’arrière. On leur adapta après la guerre de 1905 des rails pour 10 à 12 mines. Leur vitesse en revanche fut décevante par rapport au Pruitki. En 1904-1905 les 12 unités du Pacifique furent durement engagées: Deux furent coulés puis renfloués et intégrés à la marine Japonaise ( Fumizuki, Yamabiko ), trois autres coulés en bataille, et trois sabordés. Il en restait 4, basés à Vladivostock en 1914: Ils furent, comme les 8 derniers destroyers en service en baltique ( comme mouilleurs de mines ) et mer noire, démolis en 1921-22. En 1918, 5 furent capturés par les Finlandais et servirent jusqu’en 1930-39.

Déplacement et dimensions 220 tonnes standard, 240 tonnes PC; 57,91 x 5,64 x 2,3 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 4/8 chaudières Yarrow, 3800 cv, 27,5 noeuds max.
Blindage et Equipage Aucun ; 58 hommes.
Armement 1 canon de 76 mm, 3 de 47 mm, 2 TLT 381 mm.

 

russeDestroyers classe Bezstrashni ( 1900 )

beztrashni

Ce quatre destroyers ( à l’origine Delfin, Kit, Skat et Kasatka ), furent commandés à Schichau en 1898 et achevés en 1900. Caractérisés par leur éperon et leur haut franc bord aux standards Allemands, ils étaient bien armés, avec un 76 mm sur le gaillard d’avant, et 5 pièces de 47 mm réparties sur les côtés, et une à l’arrière. Les trois tubes lance-torpilles étaient en ligne et disposaient d’une torpille en recharge chacun. Ils furent ensuite réarmés en service avec deux pièces de 76 mm, les 47 mm jugés trop légers étant supprimés. Ils prirent part à la guerre Russo-Japonaise, le Bditelni étant sabordé pour éviter la capture à Port Arthur le 2 janvier 1905 et les trois autres internés à Kiao Chau après le 10 octobre. Ils furent rendus à la fin des hostilités à la Russie, et réaffectés à Vladivostock et en mer blanche. Ils eurent une carrière sans histoire et furent démolis en 1922.

Déplacement et dimensions 346 tonnes standard ; 62 x 6,7 x 2,9 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 4 chaudières Schichau, 6000 cv, 27 noeuds max.
Blindage et Equipage Aucun ; 64 hommes.
Armement 2 canons de 76, 3 TLT 457 mm ( en ligne ).

 

russeDestroyers classe Boiki ( 1902 )

boiki

Les destroyers de la classe Boiki furent construits à Nevski, Nikolaiev et Belgian Works, ces derniers étant destinés à la flotte de la mer noire, tous les autres à la baltique. Ils furent lancés en 1901-1904 et acceptés en service en 1902-1906. La totalité de la classe représentait 22 unités, ais une partie seulement était opérationelle à la veille de la guerre Russo-Japonaise. 7 au total furent perdus durant cette campagne, un capturé, et les autres étaient par conséquents encore en service en 1914. Techniquement il s’agissait de Puilki agrandis, et mieux armés ( 2 pièces légères et un tube lance-torpille supplémentaire. ). Un tube se trouvait dans l’étrave, les deux autres sur le pont en ligne et 6 torpilles en recharge. Après la guerre Russo-Japonaise, le tube d’étrave fut supprimé et les tubes de pont passèrent à 457 mm sur certaines unités. L’armement léger de son côté passa à 2 pièces de 76 mm seulement. Durant la guerre, 4 unités était à Vladivostock, 2 dans la Baltique, les autres en mer noire. Seul le Zhivuchi fut coulé, le 25 mars 1916, les autres subirent le contrecoup de la guerre civile. Ceux de la mer noire frent partie de la flotte de Wrangel, et un coulé en mer d’Azov. Le Bravi et le Zavidni survécurent jusqu’en 1930.

Déplacement et dimensions 350 tonnes standard ; 64 x 6,40 x 2,6 m.
Propulsion 2 hélices, 1 mot. VTE, 4 chaudières Normand. 5200 cv, 26 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 69 hommes.
Armement 2 canons de 76 mm, 2 TLT 381/457 mm.

 

russeDestroyers classe Lovki ( 1905 )

lovki

Il s’agissait d’une classe de 11 destroyers de faible tonnage commandés en France au titre du programme d’urgence à la veille de la guerre contre le Japon, aux chantiers Le Havre, Normand et La Seyne. Ils étaient de conception classique pour des destroyers Français, guère plus grands que des torpilleurs, mais ne furent délivrés qu’en 1906 à la flote de la baltique. Ils étaient tous en ligne en 1914, rééquipés de rails pour 10 mines. Ce fut l’une d’elles qui provoqua la perte de l’Ispolnitelni en décembre 1914, au cours d’une mission de mouillage de mines à Gotland, tandis que leur contitution chétive fut responsable du naufrage du Letuchi à cause d’un grain le même jour, en tentant de sauver les matelots du premier. Enfin, le Leitnant Burakov fut coulé au combat en 1917 en sautant sur une mine de l’UC15 aux îles Aaland. En 1918, un seul, le Metki, fut en mesure de rejoindre les Bolchéviks à Kronstadt, les autres étant gardés à quai sans équipage, avant d’être démolis en 1922.

Déplacement et dimensions 335tonnes standard ; 56,60 x 6,40 x 3,40 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 4 chaudières Normand, 5700 cv, 27 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 67 hommes.
Armement 2 canons de 76 mm, 2 TLT 457 mm, 10 mines.

 

russeDestroyers classe Ukraina ( 1905 )

ukraina

Le Kazanetz en 1916.

Cette classe de 8 bâtiments furent ordonnés au titre du plan d’urgence de 1904 aux chantiers Anglais Lange & Sohn. Ils étaient très grands aux standards anciens, mais étaient réputés manquer de stabilité. Leur dotation était d’un tube simple lance-torpilles entre les cheminées arrières et un banc double. Achevés trop tard pour prendre part à la guerre contre le Japon, ils entrèrent en service dans la flotte de la Baltique durant la grande guerre. Leur armement fut à ce titre modifié durant la guerre, avec le montage de 3 pièces de 102 mm, la suppression des 2 pièces de 76 mm et des 4 pièces légères de 47 mm, et l’ajout d’un Bofor 40 mm AA. Le Kazanetz fut le seul perdu en opérations, sautant sur une mine le 28 novembre 1916, 4 autres étant désarmés en 1922 et trois reconstruits et renommés, et participant à la seconde guerre mondiale comme canonnières sur la la Caspienne ( Rabochi, Altvater, Markin. ).

Déplacement et dimensions 580 tonnes standard- 640 T. PC.; 73,15 x 7,16 x 2,30 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE. 4 chaudières Normand, 7000 cv, 26 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 90 hommes.
Armement 3 canon de 102 mm, 1 de 40 mm AA Bofors, 3 TLT 457 mm.

 

russeDestroyers classe Bukharski ( 1905 )

emil_bukharski

Ces quatre unités furent construites en Russie ( chantiers Helsingfors et Putilov ) sur des plans préparés par Schichau et des machines fournies par ce dernier. Ils étaient assez comparables aux Bditelni quoique bien plus grands et mieux armés. Leur artillerie secondaire se montait à 6 pièces de 55 mm. Ils étaient en revanche plus lents de 2 noeuds mais leur haute coque était bien plus marine que le standard des « Hochseetorpedoboote » Allemands. Dès 1914, on les réarma avec 2 pièces de 102 mm cal. 60, et plus tard, ils reçurent en complément une pièce AA de 37 mm, et des rails pour 20 mines. Ils servaient en Baltique, au sein de la 1ere puis de la 5e escadrille de destroyers, avec les Gaidamak. Le Dobrovoletz sauta sur une mine Russe en 1916, le Moskvityanin, aux mains des Bolchéviks, fut coulé au canon par l’escadre blanche de la Caspienne en 1919. Les deux autres furent furent renommés Sverdlov et Liebnecht en 1925 et servirent dans la marine Soviétique jusqu’en 1937-38.

Déplacement et dimensions 570 tonnes standard ; 72 x 7 x 2,4 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 4 Schultz-Thornycroft, 6500 cv, 25 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 99 hommes.
Armement 2 canons de 102 mm, 6 de 55 mm, 3 TLT 381 mm, 20 mines.

 

russeDestroyers classe Gaidamak ( 1905 )

gaidamak Amurietz en 1912.

Ces quatre unités furent construites en Allemagne ( Gaidamak et Vsadnik à Krupp-Germania ), et en Russie ( Amuretz et Ussurietz chantiers Broberg Helsingfors ) sur des plans préparés Germania et des machines et matériels fournies par Krupp. Ils étaient très différents des autres destroyers d’origine Germanique, avec leur proue droite et leur haut franc-bord, et portaient deux de leurs pièces de 55 mm en barbettes à l’avant, ce qui n’était pas courant. Achevés en 1906 ( 1907 pour l’Ussurietz ), ils furent affectés en Baltique et réarmés à la veille de la guerre, recevant deux pièces de 102 mm tandis que leurs 55 mm étaient éliminés, de même que les barbettes avant. On les équipa aussi de rails pour 25 mines et en 1916 ils reçurent une pièce de 37 mm AA. Le Gaidamak fut endommagé par une mine en 1915 et en 1918, plus ou moins désactivé. Les trois autres servirent avec les rouges pendant la guerre civile et furent renommés en 1922. Le Zhelesniakov ex-Amuretz fut retiré du service dès 1933, mais aparemment sruvécut jusqu’en 1950, les deux autres servires de canonnières et navires d’instruction jusquà la fin des années 20. ( Sort inconnu ).

Déplacement et dimensions 570 tonnes standard ; 72 x 7 x 2,4 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 4 Schultz-Thornycroft, 6500 cv, 25 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 99 hommes.
Armement 2 canons de 102 mm, 3 TLT 381 mm, 25 mines.

 

russeSubmersibles classe Kasatka ( 1904 )

katsaka Kazatka en 1914 ( 1/200e à venir )

Ces 6 submersibles construits aux chantiers de la Baltique à Saint-Petersbourg avaient étés conçus par l’ingénieur en chef Bubnov, sur la base et l’expérience du Delfin. Il s’agissait du programme d’urgence à l’aube de la guerre Russo-Japonaise. La manque d’argent fit que l’un de ces submersibles fut financé par souscription publique. Le Riche Maréchal Sheremetev lui légua son nom. Le manque de moteurs fit qu’on les équipa d’une seule hélice et un seul moteur, et seul le Kasatka fut prés à temps pour être envoyé dans le Pacifique. Ils souffrirent de leur conception hâtive, accusant des problèmes d’étanchéité et de comportement en plongée auxquels ont répondit par l’ajout de ballasts externes. Tous les autres furent transférés en à Vladivostock entre septembre et décembre 1904, opérationnels en mars et mai 1905. Ils virent un service difficile, autant par leurs défauts que par le gros temps, et furent entièrement reconstruits autour d’un nouveau diesel-électrique et avec un grand kiosque. Ils pouvaient plonger à 25 brasses. Le Nalim et le Skat furent réarmés avec un 47 mm et transférés en 1915 en mer noire, et rayés des listes en mars 1917. Ils portèrent les couleurs Ukrainiennes avant de se voit capturés par les Allemands, puis transférés aux Anglais, et sabordés en 1918. Toujours en 1915 les quatre autres du Pacifique furent tranférés en Baltique, trois transférés en Caspienne, et démolis en 1922.

Déplacement et dimensions 153 surface / 177 tonnes plongée ; 33,5 x 3,7 x 3,4 m.
Propulsion 1 hélice, 1 diesel, 1 mot. elect. 120/90 cv, 8/5 noeuds surface/plongée, RA 1296 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 24 hommes.
Armement 4 Torpilles externes Drzewiecki, 1 ML Maxim.

 

russeSubmersibles classe Beluga ( 1905-07 )

beluga ( 1/200 en préparation )

Commandés en urgence avant la guerre Russo-Japonaise aux chantiers Nevski de St petersbourg, ces 7 unités ( Beluga, Losos, Peskar, Shchuka, Som, Sterlyad et Sudak étaient conçues sur un design de John Holland sous licence. Typiques, ils étaient petits, lents en surface, d’un faible rayon d’action ( 1083 km ), mais relativement rapides en plongée. Construits en sections préfabriquées convoyées par rails, deu unités, le Som et le Shchuka arrivèrent à pied d’oeuvre à Vladivosock en avril et novembre 1905, effectuant des patrouilles. Les autres arrivèrent peu après. Le Losos et le Sudak futent ensuite transférés en mer noire en 1907, et les autres rejoignirent ensuite la flotte de la Baltique. Ils furent à cette occasion rééquipés de diesels. Durant la grande guerre, deux unités, le Som et le Shchuka furent affecté quelques mois en mer noire, les autres étant réarmés avec un 47 mm. En 1916 il fut décidé de les retirer du service, le Som étant perdu en mer suite à une collision avec un cargo Allemand. Toutes ces unités se trouvaient alors affectées à Reval et Sébastopol. Les 4 unités de Reval furent sabordés par les Russes pour éviter leur capture par les Allemands, tandis que deux autres ( Sudak et Losos ) à Sébastopol étaient réaffectés à la marine Ukrainienne. Ces derniers furent capturés par les Allemands, repris par les Anglais en novembre 1918, mais sabordés le 26 avril 1919 pour éviter leur capture par les « rouges ».

Déplacement et dimensions 105 surface / 122 tonnes plongée ; 20 x 3,5 x 2,9 m.
Propulsion 1 hélice, 1 mot. essence, 1 mot. elect. 160/70 cv, 8,5/6 noeuds surface/plongée, RA 1083 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 22 hommes.
Armement ( origine ) 1 ML Maxim, 1 TLT 381 mm ( proue ).

russeSubmersibles classe Karp ( 1908 )

karp ( 1/200 en préparation )

Ces trois unités 100% Allemandes ( construites à Germaniawerft, à Kiel ) furent commandées par l’amirauté en 1904 avec le programme d’urgence destiné à contrer la menace Nippone. Ils furent dessinées par l’ingénieur en chef de Germaniawerft, l’Espagnol D’Equevilley, ancien bras droit de maxime Laubeuf. Ils servirent également de banc d’essai pour le tout premier U-Boote, l’U1. Cette classe qui comprenait les Karp, Kambala et Karas avait 7 ballasts et une double coque, et pouvait plonger à 16 brasses. Les moteurs au Kérosène étient jugés bien plus fiable et efficaces que des moteurs à essence. Leur armement par contre était plus spécifiquement Russe. Lancés en 1907, plus tard que l’U1 alors que ce dernier fut entamé à la lumière du design des Karp, ils ne furent opérationnels qu’en 1908, après leur transfert via le rail à Sévastopol en mer noire. Le Kambala fut perdu en exercices en étant abordé violemment par le cuirassé Rostislav, et les deux autres, inactivés après février 1917, puis temporairement Ukrainiens, se sabordèrent le 26 avril 1919 par les Britanniques qui les avaient capturés pour empêcher leur recapture par les « rouges ».

Déplacement et dimensions 207 surface / 235 tonnes plongée ; 39,6 x 2,7 x 2,5 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. kerosene, 2 mot. elect. 400/200 cv, 10/8,5 noeuds surface/plongée, RA 2315 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 28 hommes.
Armement 1 TLT 457 mm ( proue ), 2 Torp. Externes Drzewiecki.

 

russeSubmersibles classe Kaiman ( 1908 )

kaiman ( 1/200 en préparation )

Quatre unités du type Américain Lake, très inspirés pa le USS Protector, furent commandés aux chantiers Crichton de St Petersbourg en 1906. On les designa également pour servir dans le pacifique au large des côtes Nippones, aussi leur rayon d’action et leur armement était augmenté. Cette classe comprenait les Kaiman, Krokodil, Drakon et Alligator. Ils ne furent acceptés en service qu’en 1911, car en 1910 leur construction avait révélé de si nombreux défauts et vices de forme que l’amirauté refusa des les payer, mais les fit saisir pour éviter que les chantiers ne les revendent à l’étranger, et les fit modifier profondément. Entre autres, une modification des pompes leur permit de plonger en 3 minutes au lieu de 10 initialement, la suppression d’une section de cylindres sur les appareils moteurs qui leur fit conomiser du poids ( surpoids relevé de 12 tonnes ), et les fit réarmer avec deux torpilles Drzewiecki de surface, et au début de la guerre, avec une pièce de 47 mm ( 37 mm sur le Drakon ) et une mitrailleuse. Ils furent affectés en 1913 à la 2e, puis 3e flotille de submersibles de la Baltique, opérant contre le trafic Allemand en 1914-15 ( capturant et coulant des cargos ) mais en 1916 leurs équipages furent affectés sur d’autres unités plus modernes et ils restèrent inactifs à quai, avant d’êtres sabordés le 25 février 1918 pour éviter leur capture par les « rouges ». Les caractéristques suivantes sont d’origine:

Déplacement et dimensions 409 surface / 482 tonnes plongée ; 40,2 x 4,3 x 4,9 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. essence, 2 mot. elect. 1200/400 cv, 10,5/7 noeuds surface/plongée, RA 1944 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 34 hommes.
Armement 4 TLT 457 mm ( 2 proue et 2 poupe ).

 

russeSubmersible Minoga ( 1908 )

minoga ( 1/200e en préparation ).

Le Minoga fut conçu par Bubnov, du bureau d’étude des chantiers de la Baltique à Saint-Petersbourg à partir d’une demande de l’amirauté datant de 1906. Il fut conçu à la lumière des Kasatka déployés pendant la guerre Russo-Japonaise à Vladivostock. A coque simple, il combinait des réservoirs et ballasts externes, mais pas de torpilles externes. Il pouvait plonger rapidement à 16 brasses, et innovait par l’adoption de diesels, d’ailleurs forts complexes par leur système de transmission. Il se révéla de ce fait peu fiable aux essais. Il servit dans la 1ere flotille de submersibles de 1910 à 1913, puis la 4e pendant la guerre. Enfin, en 1918 il fut transféré en Caspienne, et désarmé en 1922.

Déplacement et dimensions 123 surface / 144 tonnes plongée ; 32,6 x 2,8 x 2,8 m.
Propulsion 1 hélice, 2 mot. diesels, 1 mot. elect. 240/70 cv, 11/5 noeuds surface/plongée, RA 1111 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 22 hommes.
Armement 1 canon de 37 mm, 1 ML, 2 TLT 457 mm ( proue ).

russeSubmersible Akula ( 1907 )

akula

L’Akula était un submersibles conçu par l’ingénieur Bubnov au chantier Metal Works de Saint-Petersburg, dérivé du Minoga plus léger à la même époque, issus techniquement des bâtiments de 400 tonnes de Lake ( 1905 ). Nettement plus grand que le Minoga, il possédait également un armement très supérieur. Mais la plus grande avancée concernait la propulsion, permettant une plus grande vitesse submergée et un rayon d’action triple. Durant ses essais toutefois, son moteur électrique de 225 cv se montra capricieux, vibrant et sous-puissant, il fut donc remplacé par un modèle de 300 cv et de nouveaux arbres d’hélices. Bien qu’à coque unique et ballasts rapportés, il plongeait à 25 brasses ( « fathoms » – envergure des bras, soit 25 x 6 pieds, 150 pieds soit 45,7 mètres. ) et était sans conteste l’un des meilleurs submersibles Russes d’avant la guerre. Opérant en Baltique en 1914, il n’effectua que peu de sorties, mais torpilla ( et rata ) le cuirassé côtier Beowulf. Opérant près de Windau, il sauta sur une mine le 28 novembre 1915 et sombra rapidement.

Déplacement et dimensions 370 surface / 475 tonnes plongée ; 56 x 3,7 x 3,4 m.
Propulsion 3 hélices, 3 diesels, 1 mot. elect. 900/300 cv, 10,6/6,6 noeuds surface/plongée, RA 3520 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 34 hommes.
Armement 1 canon de 47, 2 ML maxim, 4 TLT 457 mm ( 2 proue, 2 poupe ), 4 Torpilles externes Drzewiecki, 4 mines.

russeSubmersible Krab ( 1912 )

krab

Le Krab n’est qu’un submersible parmi d’autres développé en Russie. Pourtant, c’est le premier submersible mouilleur de mines construit au monde. Designé par l’ingénieur Naletov du bureau d’étude du chantier naval de Nikolayev, il était destiné à la flotte de la mer noire. Sa construction fut longue, car dès 1908, ses plans étaient prêts et il était sur cale. Mais de nombreux changements intervinrent de telle sorte qu’il ne fut finlement mis en service en 1915. A cette époques les Allemands déployaient déjà de larges quantités de U-Bootes du modèle UC plus moderne. Il était très large ( rapport de 1/6 ) et profond ( tirant d’eau de 4 mètres ), et armé de deux tubes en proue et deux torpilles externes Drzewiecki en plus de son artillerie. Ses 30 mines étaient hébergées dans deux grands tubes latéraux et mouillées par l’arrière, sur une « chaîne » électrique. Il pouvait plonger à 25 brasses. Sa première mission fut de créér un champ de mines devant le Bosphore. La canonnière Turque Isa Reis sauta sur une de ses mines. Il effectua une seconde mission analogue puis un autre champ de mines devant Varna, qui coula et endommagea les torpilleurs Bulgares Shumni et Strogi. En avril 1918 il fut un temps au service de la « marine Ukrainienne », mais passa ensuite aux mains des Allemands, puis des Anglais, puis sabordé le 26/04/19.

Déplacement et dimensions 512 surface / 740 tonnes plongée ; 52,8 x 4,3 x 3,9 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. gazoline, 2 mot. elect. 1200/400 cv, 11,8/7,1 noeuds surface/plongée, RA 3130 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 50 hommes.
Armement 1 canon de 75, 2 ML, 2 TLT 457 mm ( proue ), 2 Torpilles externes Drzewiecki, 30 mines.

 

russeSubmersibles classe Narval ( 1914 )

narval ( 1/200 en préparation )

Ces trois unités furent les plus grands submersibles Russes de la guerre, avec plus de 1000 tonnes à pleine charge en plongée. Le Narval, le Kit et le Kashalot furent odonnés aux chantiers Nevski de Nikolayev pour la mer noire, au programme de 1911. D’un design mixte de type Holland à double coque, capables de plonger à 25 brasses, avaient un agencement interne de ballasts complexes, avec notamment un réservoir de plongée à compression spéciale, en cas d’écrasement, et un coffrage interne totalement hermétique. Excellents, ils se contituèrent un beau tableau de chasse en opérations, avec 8 cargos et 75 caboteurs coulés à leur actif. Ils divergeaient en armement, le Narval ( plus lourd et plus rapide d’un noeud ) n’ayant pas de canons mais deux mitrailleuses, et 4 torpilles externes. Le Kashalot n’avait qu’une mitrailleuse et le Kit aucune. Ils connurent le sort de beaucoup d’autres unités Russes de la mer noire: Pendant un temps Ukrainiennes, puis capturés par les Allemands, repris par les Anglais et sabordés pour éviter leur prise par les Bolchéviques en avril 1919.

Déplacement et dimensions 105 surface / 122 tonnes plongée ; 20 x 3,5 x 2,9 m.
Propulsion 1 hélice, 1 mot. essence, 1 mot. elect. 160/70 cv, 8,5/6 noeuds surface/plongée, RA 1083 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 22 hommes.
Armement 1 canon de 75, 1 de 63 mm, 1 ML Maxim, 4 TLT 457 mm ( proue et poupe ), 8 torpilles externes Drzewiecki.

 

russeTorpilleurs classe Polangen ( 1894 )

torpileurs_polangen

Ces 20 torpilleurs furent construits à Critchton, Izhora, Nevski et Nikolaiev pour la flotte de la mer noire. Ils dérivaient du Pernov, construit chez Normand en 1892 sur le modèle du Dragon. Ils différaient par les mâts, les quatre de Nikolaiev en ayant trois, et les autres deux. Ils différaient aussi par les chaudières, après leur service, deux étant dotés de modèles Yarrow, et 8 convertis au mazout, et différaient aussi en vitesse, le plus lent peinant à atteindre les 20 noeuds. Ils furent acceptés en 1895-97. Deux seulement furent envoyés dans la flotte de la mer noire. Les autres étaient basés en Baltique. Ils reçurent très vite une numérotation, du 119 au 273 ( 119,120, 127-142, 270-273 ). Tous n’étaient pas en service en 1914, mais seulement 9, les autres ayant étés réformés dès 1911, ou en 1913. Trois autres seront rayés en 1914 et un perdu le 28 août à la suite d’une collision fatale en exercices.

Déplacement et dimensions 623 tonnes standard ; 42 x 4,5 x 2,06 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 2 chaudières Du Temple, 2000 cv, 23 noeuds max.
Blindage et Equipage Aucun ; 21 hommes.
Armement 2 canons de 37 mm Revolver, 3 TLT 381 mm.

 

russeTorpilleurs classe 212 ( 1901 )

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Ces deux torpilleurs ( N°212 et 213 ) furent construits sur commande spéciale chez Crichton, sur un design de chez Yarrow. Leurs particularités étaient d’être plus hauturiers que les autres, et de disposer de deux petits blockhaus, à l’avant et à l’arrière. Ils avaient à l’origine 3 pièces de 37 mm Revolver, et trois tubes lance-torpilles de 381 mm, mais furent réarmés avec 2 pièces de 76 mm et deux tubes en un banc unique. On les équipa de rails pour les mines, et c’est comme tels qu’ils servirent durant la grande guerre au sein de la flotte de la baltique. Le premier fut démoli en 1921 et le second en 1925.

Déplacement et dimensions 186 tonnes standard ; 52,3 x 5,25 x 1,5 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 4 chaudières Yarrow, 3800 cv, 24 noeuds max.
Blindage et Equipage Aucun ; 26 hommes.
Armement 2 canons de 76 mm, 2 TLT 381 mm.

 

russeDragueurs de mines rapides ( 1902-04 )

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Il n’y avait qu’une poignée de torpilleurs en service dans la marine Russe en 1914, alors que c’est le pays qui en alignait le plus en 1904 avec la France, dont des centaines de torpilleurs côtiers légers, les Minonoski. Ces torpilleurs en ligne en 1914 étaient 2 unités de la classe Anakria ( 1895, 100 tonnes ), 2 Bierke ( 1892, 81 tonnes ), le N°256 ex-Kotka de la classe Dago ( 1891, 101 tonnes ), 6 Pernov ( 1897-99, 120 tonnes ), le N°104 ( ex-Sestroresk, 1894, 80 tonnes ), les 2 Ussuri ( 1902, 186 tonnes ) et les 8 Cyclone ( 1902-04 ). Sur ce total, la plupart des bâtiments furent reconvertis en dragueurs/mouilleurs de mines rapides. Ce fut le cas du Cheka, ex-N°132 ( cl. Anakria ), le N°142 ( cl. Pernov ) converti pendant la guerre et coulé à Kronstadt, et trois de la mer noire réarmés pour l’occasion ( 2 canons de 37, 1 ML, 2 TLT ), puis en 1916 déclassés comme navires de liaison. Ce fut aussi le cas des 2 Ussuri ( 2 canons de 37 mm, 2 ML, 2 TLT ), et des Cyclone, tous reconvertis en 1914 ( voir fiche ), soir 15 navires au total. Tous les autres furent utilisés comme navires de liaison partiellement désarmés.

Caractéristiques: Classe Cyclone ( Ou N°214-223, copies des Cyclone Français construits sous licence à Nevski et Crichton. )

Déplacement et dimensions 150 tonnes standard ; 41 x 4,6 x 1,7 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 2 chaudières Normand, 3700 cv, 29 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 28 hommes.
Armement 2 canons de 47 mm, 2 ML Maxim, 2 TLT 381 mm, 20 mines.

 

 

russeCanonnières classe Gilyak ( 1906 )

gilyak

Quatre canonnières de haute mer furent construites pour la flotte de la Baltique. Bien que de dimensions inférieures au Khivinetz de 1905, elles n’en étaient pas moins redoutables. Elles marquaient aussi leur différence par leur cheminée unique, leur tour blindée, leur gaillard d’arrière enlevé au profit de deux rails pour 20 mines chacuns sur le pont, et une artillerie secondaire réduite. Les Gilyak, Bobr, Sivuch et Korietz, mis en service en 1908, étaient en ligne en 1914. Le Sivuch opérait dans le golfe de Riga le 19 août 1915 lorsqu’il fut surpris par le dreadnougt Posen et coulé rapidement par ses salves. Le Korietz qui l’accompagnait fut également touché mais parvint à s’échapper, pour venir s’empaler sur des récifs. Immobilsé, ne pouvant être dégagé et de crainte qu’il ne soit capturé, son équipage le saborda le landemain. Les deux autres survécurent à la guerre. Le Bobr avait été capturé par les Allemands, servant comme Bieber, puis donné près l’armistice en 1919 à la petite marine Estonienne ( Lembit, servant jusqu’en 1927 ), le Gilyak étant capturé par les Finlandais, servant jusqu’en 1922.

Déplacement et dimensions 875 tonnes standard ; 66,50 x 11 x 2,4 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 4 chaudières Belleville, 900 cv, 12 noeuds.
Blindage et Equipage limité à 50 mm; 140 hommes.
Armement 2 canons de 120, 4 de 76 mm, 40 mines.

russeCanonnières classe Kubanetz ( 1896 )

kubanetz

6 canonnières furent commandées pour la flotte de la mer noire en 1885, mises en en chantier en 1886 à Sebastopol et Nikolayev, lancées en 1887 et achevées en 1889-1890. Conformément aux classes Korietz et Sivuch précédentes, de canonnières mixtes ( voiles et vapeur ), l’armement principal était puissant ( pièces de 203 mm ). Cependant la construction se révéla plus fragile, et la protection était loin de l’excellence. Les bâtiments originaux avaient trois mâts avec un gréément de Schooner, et filaient 12 à 14 noeuds. Quand aux pièces lourdes, elles n’étaient pas sur le pont mais en barbettes latérales, ce qui limitait leur efficacité. En 1911, deux unités furent désarmées, et une troisième en 1914. Le Kubanetz, le Teretz et le Donetz étaient en ligne en 1914, reconstruits avec un seul mât, une passerelle agrandie, et réarmées ( voir fiche ), tandis que leurs anciennes chaudières étaient remplacées. Le Donetz fut torpillé à l’ancre à Odessa par le submersible Turc Gayret, mais fut renfloué, réparé, et remis en service. Il survécut jusqu’en 1919, coulé de nouveau par les Britanniques. Les deux autres furent renommés Znamya Sozialisma et Krasni Kuban après la révolution, le premier servant de ravitailleur pendant la seconde guerre mondiale et l’autre de bâtiment-base pour hommes-grenouilles.

Déplacement et dimensions 1224 tonnes standard- 1400 T. PC.; 67,2 x 10,7 x 3,8 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE. 4 chaudières Belleville, 1800 cv, 16 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 180 hommes.
Armement 2 canon de 152 mm, 1 de 120, 2 de 76 mm AA.

 

 

russeMonitors fluvaux classe Shkval ( 1916 )

shkval

Les grands fleuves Russes se prêtaient à l’utilisation de monitors et autres bâtiments blindés d’eau douce. Les Shkval étaient parmi les plus impressionnants d’entre eux. Ces 8 bâtiments furent construits par sections aux chantiers de la Baltique à Saint-Petersbourg et achevés à Khabarovsk en 1911 après y avoir été convoyés par rail, pour servir sur l’Amur à la frontière Chinoise. Il s’agissait des Shkval, Groza, Shtorm, Smerch, Taifun, Uragan, Vikhr, et Vyuga. Leurs pièces de 152 mm étaient en tourelles simples avant et arrière, et les 120 mm en tourelles doubles en échelon. Leur carrière fut agitée. Ils étaient en réserve en 1914 dans un état proche du délabrement, et connurent des sorts très divers: Le Shkval fut capturé par les Japonais et devint le Sun Yat-Sen, et les autres furent repris en main au début des années vingt, modifiés, et intégrés à la nouvelle marine Soviétique, participant à la seconde guerre mondiale.

Déplacement et dimensions 946 tonnes standard.; 71 x 12,8 x 1,40 m.
Propulsion 4 hélices, 4 mot. diesels. 1000 cv, 11 noeuds.
Blindage et Equipage Ceinture 114, Tourelles 114, Blockhaus 50 mm; 117 hommes.
Armement 2 pièces de 152 mm, 4 de 120 mm, 7 mitrailleuses.

 

russeCanonnières cuirassées classe Kamyk ( 1908 )

kalmyk

Sept canonnières cuirassées construites à Sormovo sur la Volga furent assemblées par sections à Khabarovsk-Ossipovski pour servir sur l’Amur, le long de la frontière de la Chine et de la Corée. En 1914, ils étaient inactivés, et laissés à l’abandon sans équipage. Ils conurent des sorts divers après la guerre: trois furent capturés par les Japonais, deux sabordés et un utilisé jusqu’en 1925, puis rendu en 1927 aux Russes qui le renommèrent, le reconstruirent et l’utilisaient encore en 1941, de même que deux autres. Un dernier fut démoli dès 1922. Les Buryat étaient basés sur la même coque.

Déplacement et dimensions 244 tonnes standard ; 54,5 x 8,2 x 1 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mach. VTE, 2 chaudières, 480 cv, 10 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 63 hommes.
Armement 2 canons de 120 mm, 1 de 47 mm Howitzer, 4 ML Maxim.

russeCanonnières fluviales classe Buryat ( 1907 )

buryat

Ces trois unités de 200 tonnes ( portant des noms de minorités Soviétiques d’Asie ) furent entamées à Sormovo, sur la Volga, et achevées à Khabarovsk sur l’Amur, sur lequel ils servirent. Ils étaient basés sur la coque des Kalmyk ( 7 canonnières blindées conçues pour l’Amur également ), avec un tirant d’eau réduit de 30 cm, et une vitesse supérieure d’un noeud. L’armement était un peu plus limité, mais l’habitabilité largement supérieure. Présents sur l’Amur oriental durant la révolution, ils tombèrent sous le contrôle des Japonais en 1920 dans la tourmente de la guerre civile. Le Buryat et le Mongol furent ainsi capturés en 1920 après une tentative de sabordage, remis aux standards Japonais et servirent jusque dans les années 50 ( nom et sort inconnus ). L’Orochanin, laissé à l’abandon depuis 1917, fut dans un tel état qu’il fut démoli en 1922.

Déplacement et dimensions 193 tonnes standard ; 54,5 x 8,2 x 0,7 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE. 480 cv, 11 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 66 hommes.
Armement 2 canons de 75 mm, 4 ML maxim.

russeMouilleurs de mines classe Amur ( 1906 )

amur

Ces deux mouilleurs de mines furent construits à Baltic Works ( St petersburg ) à partir de 1905 pour remplacer les deux bâtiments du même nom ( 1898 ) perdus pendant la guerre Russo-Japonaise. Ils semblaient identiques, si ce n’est les dimensions, avec une largeur accrue et un tirant d’eau diminué, des machines donnant une vitesse légèrement inférieure, mais avec un stock de charbon supérieur, et l’armement, largement renforcé: Au lieu d’une batterie de 76 mm, on les dota d’une pièce de 120, en renfort, et au début de la guerre, on les dota d’une batterie complète de 9 pièces de 120 mm pour un seul 76 mm, monté en affût AA. ils n’avaient pas de tube lance-torpille et ils n’emportaient qu 320 mines au lieu de 500. Ils furent lancés en 1906 et 1907, achevés en 1909-1910. Le Yenissei, opérant en Baltique, effectua de nombreuses missions, notamment dans le golfe de Finlande, et fut torpillé et coulé par l’U26 le 4 juin 1915. L’Amur survécut à la guerre, puis à la guerre civile, et fut transformé en navire-école, rôle qu’il tint jusque dans les années cinquante.

Déplacement et dimensions 2926 tonnes standard ; 91,44 x 14 x 4,42 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 12 chaudières Belleville, 4700 cv, 17 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 318 hommes.
Armement 1 canon de 120, 11 de 76 mm, 320 mines.

source : http://www.naval-encyclopedia.com/premiere_guerre_mondiale/pages/russie/russie1914d.htm

 

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