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14 avril 2013

Les contingents impériaux au cœur de la guerre

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La Tunisie au gré des conflits

Les contingents impériaux au cœur de la guerre :  « Etude faite sur la présence de tous les hommes d’origine des colonies françaises ou britanniques (et autres) ayant participé aux deux conflits mondiaux. 

Pour ceux qui ignorent la présence des Nords Africains, des « Noirs », des Chinois, des gens de l’Est, des Australiens, des Canadiens,… et pardon si j’oublie d’autres origines au sein de ces deux conflits.  Les chiffres parlent d’eux-mêmes,  leur présence ne fera qu’honorer leur mémoire !  A tous ceux qui ont combattu pour une même cause … «  

à noter, selon cette étude :

« La mobilisation des «indigènes » s’est opérée selon des principes divers. En Algérie, en Tunisie et en AOF, les contingents fournis par engagements volontaires sont complétés par des conscrits recrutés par tirage au sort.  »

« En 1940, l’armée française met en ligne 640000 coloniaux et Nord-africains, dont 
176000 Algériens,
 
80000 Tunisiens,
 
80000 Marocains (360000 hommes), et
 
180000 Sénégalais.

En France, en 1918, pour un total de 350000 travailleurs étrangers présents, 200000 sont originaires des colonies françaises (78000 Algériens, 35000 Marocains, 28000 Tunisiens, 50000 Indochinois, surtout Vietnamiens, 6000 Malgaches)

Selon cette étude : 108000 Tunisiens auraient servis sous le drapeau tricolore, lors des deux conflits mondiaux, sans noter les pertes humaines, civiles ou matérielles (sans oublier la période de colonisation et la campagne de Tunisie en 1881. Une Tunisie, vraiment au gré des conflits… Hayet (auteur du blog, origine tunisienne

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8

 

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Les contingents impériaux au cœur de la guerre 

Jacques Frémeaux   lien Histoire, économie et société  lien   Année   2004   lien Volume   23   lien Numéro   23-2 

Résumé
Cette communication insiste sur un sujet trop rarement évoqué, qui est la participation des empires coloniaux, surtout français et britannique, aux deux guerres mondiales. L’apport des Dominions et des colonies en soldats et travailleurs a été important. Ces soldats ont connu des conditions de guerre analogues à celles des soldats européens. Aux souffrances subies par l’ensemble des combattants s’est ajouté un plus grand éloignement de leur pays et, pour les soldats dits «indigènes», une expérience qui a précipité l’entrée dans le monde moderne, et a contribué à encourager les nationalismes.

Abstract
This paper deals with the very important part played by the imperial armies, especiallly British and French, during the two World Wars. A great number of soldiers and workers came from the Dominions and Colonies. They had to endure similar conditions as those of their European comrades, plus, a harsher and longer severance from their mother countries. The discovery of the modern war accelerated the entry of the « native » men in the Modem World, and gave a boost to nationalisms.

Le présent programme ne fait aux Empires coloniaux qu’une place limitée. L’ambition de cette communication est de montrer que, loin de se borner à un canton périphérique de l’étude des conflits mondiaux, la participation des contingents d’outremer pourrait en constituer un vaste domaine. On voudrait suggérer ici tout ce que gagnerait une histoire des peuples en guerre à n’être pas privée d’une partie de ses réalités, trop souvent passées inaperçues lorsqu’elles ne concernent pas directement les métropoles.

1. Senghor, «Aux tirailleurs sénégalais morts pour la France», Hosties noires, 1948.
«On fleurit les tombes, on réchauffe le Soldat Inconnu, Vous mes frères obscurs, personne ne vous nomme» l

Échelle du phénomène
Les chiffres démontreraient à eux seuls qu’il ne s’agit pas d’un phénomène marginal. 
En 1914, la Grande-Bretagne et la France disposent des deux plus grands empires coloniaux du monde, vastes respectivement de trente-quatre millions et de dix millions de kilomètres carrés, peuplés de 400 millions et de 50 millions d’habitants.

Les armées impériales britanniques et françaises
• Les Britanniques

Dans les premiers mois de la guerre, les citoyens des quatre Dominions sont invités à concourir à la défense de la métropole. 
On recourt au même dispositif de mobilisation qu’en Grande-Bretagne: volontariat d’abord, puis conscription. 
Mais celle-ci ne s’applique sans difficultés qu’en Nouvelle-Zélande, où elle est votée au mois de mai 1917. 

Au Canada, la décision d’y recourir, en juin 1917, provoque des émeutes chez les Québécois. 

Les Australiens rejettent la conscription par référendum, sous la pression des habitants d’origine irlandaise, émus par la répression des «Pâques sanglantes» de 1916. 

En Afrique du Sud, la question n’est même pas discutée, étant donné les sympathies pro-allemandes de beaucoup d’Afrikaners. 

Au total, la contribution des Dominions atteint environ 1300000 hommes. 
L’Angleterre mobilise des effectifs équivalents aux Indes.
La participation africaine est notable.
La conscription a été imposée en 1915 en Afrique orientale et 1916 en Afrique occidentale. 

Le bilan est impressionnant, comme en témoigne le tableau 1.
Ainsi, l’empire a permis d’accroître d’environ un tiers le potentiel militaire britannique.

Les contingents impériaux au cœur de la guerre  les_co10
tableau 1

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tableau 2

En 1939, la déclaration de guerre des Dominions à l’Allemagne, reconnus comme États souverains et indépendants au sein du Commonwealth, suit immédiatement celle du Royaume-Uni. 
L’effort de mobilisation est globalement accru par rapport à celui de 1914-1918. 
Il faut dire que la menace japonaise a stimulé la mobilisation en Australie et Nouvelle-Zélande, mais aussi aux Indes. 

La contribution indienne est double de celle de la Grande Guerre, celle des colonies africaines sept à huit fois plus forte. 

Le nombre de mobilisés atteint cinq millions d’hommes, dont deux millions pour les seuls Dominions, soit 84 % de la mobilisation de la métropole. L’Empire britannique et le Commonwealth ont ainsi vécu comme l’avait prophétisé Churchill dans son discours du 18 juin 1940, leur «finest hour» (tab. 2).

• Les Français

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tableau 3

À ces chiffres (tab. 3), qui concernent les «indigènes » il faudrait ajouter celui des Français d’outre-mer, la majorité étant constituée de 73000 Français d’Algérie, auxquels on peut adjoindre peut-être 4000 Français des colonies, soit un total d’environ 80000 hommes.
On atteindrait ainsi environ 650000 hommes, et un total de pertes d’environ 100000 hommes

Il va de soi que, par rapport aux 7800000 mobilisés français, la proportion est faible (environ 8 %). 
Malgré tout, l’acharnement de Clemenceau en 1917 et 1918 à mobiliser les contingents coloniaux les plus nombreux possibles montre que ce nombre doit, dans son esprit, peser lourd dans la balance. 
On peut être pratiquement sûr que, en cas de prolongation du conflit, leur proportion aurait eu tendance à s’accroître. 

La mobilisation des «indigènes » s’est opérée selon des principes divers. En Algérie, en Tunisie et en AOF, les contingents fournis par engagements volontaires sont complétés par des conscrits recrutés par tirage au sort. 

Les besoins de guerre amènent à augmenter le nombre des appels. Dans le reste de l’Empire, on en reste au système d’un volontariat, souvent forcé par des pressions administratives.
Dans Г entre-deux guerres, le recours au réservoir humain des colonies paraît le seul moyen de remédier à l’insuffisance de la démographie. Des lois de 1919 étendent le système de la conscription à l’ensemble des territoires de l’Empire. 

En 1940, l’armée française met en ligne 640000 coloniaux et Nord-africains, dont 
176000 Algériens, 
80000 Tunisiens, 
80000 Marocains (360000 hommes), et 
180000 Sénégalais.

C’est à peu près 10 % de l’effectif de l’armée française. 
Ces troupes combattent courageusement, avant d’être entraînées dans la défaite commune.
Elles comptent de nombreux morts et prisonniers.
 


L’appel aux troupes coloniales ne cesse pas avec la défaite. Elles forment la majorité des contingents de l’armée coloniale de Vichy, mais aussi de ceux de la France libre. 

Après le débarquement allié en Afrique du Nord de novembre 1942, la participation des contingents d’outre-mer est déterminante lorsqu’il s’agit d’organiser en Afrique du Nord une armée française équipée de matériel américain. 
À l’été 1944, sur 633000 hommes de l’armée de terre, on compte environ 60 % de soldats «indigènes», dont certains appartenaient aux Forces françaises libres depuis 1940.

• Note additionnelle
Certes, pour être complet, ce travail devrait faire mention des troupes «coloniales» employées par l’armée russe, et recrutées notamment parmi les Musulmans du Caucase et de l’Asie centrale. Il n’est pas possible de le faire ici, faute de temps. On peut au moins citer pour mémoire les deux «divisions sauvages» recrutées dans le Caucase, qui participent à la tentative du général Lavr Kornilov contre le gouvernement provisoire de Kerenski, au mois de septembre 1917. Des unités de ce type figureront également dans l’Armée rouge en 1939-1945. Il faut noter aussi qu’on a recruté des troupes noires dans les colonies belges et portugaises, qui participent en particulier aux campagnes contre les colonies allemandes d’Afrique orientale.

Les mobilisations de travailleurs

II s’agit d’abord de travailleurs recrutés pour les besoins des armées.
Sur le front français, ce sont en majorité des Chinois (100000 pour l’armée britannique, 40000 pour l’armée française, 10000 pour le corps expéditionnaire américain).
L’Afrique du Sud fait appel à des travailleurs africains auxiliaires (environ 70000 dont 20000 en France au Labour Native Corps , qui participe à la construction des tranchées).
Les campagnes africaines sont également dévoreuses d’effectifs: 55000 à 60000 porteurs auraient été réquisitionnés en AEF pour le Cameroun, ce qui représenterait un homme adulte sur quatre.
Pour les campagnes en Afrique orientale, les Britanniques n’auraient pas recruté moins de 750000 hommes, jusqu’au Nigeria et en Gold Coast.
Un million d’autres «indigènes» sont employés pour l’entretien des lignes de communication des armées britanniques au Proche-Orient.
Les Russes tentent d’imiter leurs alliés, pas toujours avec succès: l’ordre donné en juin 1916 de mobiliser 500000 autochtones d’Asie centrale au sein de bataillons de travailleurs, entraîne des rébellions violentes, notamment chez les Kazakhs et les Kirghizes. Des colons sont massacrés.

On retrouve des cas analogues lors de la Deuxième Guerre mondiale.
À partir de 1942, 50000 «indigènes» de Papouasie et Nouvelle-Guinée sont employés par l’armée australienne comme porteurs, brancardiers, terrassiers, mais aussi éclaireurs. Des Auxiliary Groups sont recrutés en Afrique de l’Ouest et affectés aux brigades d’infanterie, pour participer aux transports.
Par ailleurs, des «coloniaux» sont recrutés pour le travail aux champs ou à l’usine.
En France, en 1918, pour un total de 350000 travailleurs étrangers présents, 200000 sont originaires des colonies françaises (78000 Algériens, 35000 Marocains, 28000 Tunisiens, 50000 Indochinois, surtout Vietnamiens, 6000 Malgaches).

Ce mouvement se prolonge après la guerre: 100000 travailleurs nord-africains, surtout algériens, sont employés en 1930. Dans les colonies, les autorités exigent un accroissement de la production des matières premières, obtenu le plus souvent par la réquisition de travailleurs. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement du Tanganyika introduit ainsi la conscription pour augmenter la production des plantations de sisal et de caoutchouc; en Nigeria, on mobilise 100000 personnes, forcées à travailler dans des conditions scandaleuses pour tenter (sans beaucoup de succès) d’augmenter la production des mines d’étain du nord.

Le rôle dans la décision
• La Première Guerre mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, les troupes à recrutement impérial se battent sur tous les fronts. 
Leur participation est toujours importante, parfois décisive. 
Les forces des Dominions sont engagées en priorité sur le front français, comme par exemple les Canadiens à Vimy, au nord d’Arras, en avril 1917. 
Elles sont lourdement éprouvées à Passchendaele de juillet à novembre. 
Il en va de même des contingents coloniaux français, dont beaucoup se distinguent, en particulier les régiments de marche de zouaves-tirailleurs, à forte proportion de soldats algériens musulmans.
La 4e brigade marocaine, qui fait partie de la 38e division d’infanterie, associe pour la reprise du fort de Douaumont, au mois d’octobre 1916, trois bataillons à recrutement français du régiment d’infanterie coloniale du Maroc, deux compagnies du 43e bataillon de tirailleurs sénégalais et deux compagnies du bataillon somali.

Ces forces ont été aussi très largement employées pour tenter de lancer des offensives périphériques.
Les Néo-Zélandais et Australiens du général Birdwood, qui représentent le tiers des 129000 hommes débarqués, subissent à Gallipoli, d’avril à décembre 1915, des pertes voisines de 40000 hommes (8500 tués et 20000 blessés australiens). Les troupes indiennes, qui ont souffert du climat en France, en sont retirées en 1915, et affectées au front de Mésopotamie. L’armée du général Allenby, qui occupe Jérusalem, puis Damas, en 1918, compte deux divisions australiennes. Les campagnes africaines mériteraient aussi d’être évoquées. Par soldats noirs interposés, les militaires britanniques et français combattent les Allemands, au Togo (août 1914), au Sud-Ouest africain (août 1914-mai 1915), au Cameroun (août 1914-février 1916). En Afrique orientale, le lieutenant-colonel von Lettow-Vorbeck, tient tête aux troupes britanniques et sud-africaines, renforcées de troupes noires est-africaines et ouest-africaines, mais aussi fournies par les Portugais et les Belges de la Force publique du Congo.


• La Seconde Guerre mondiale
Comme dans le conflit précédent, ces contingents combattent sur tous les fronts.
Les troupes des colonies africaines de la Grande-Bretagne participent à la conquête de la Somalie italienne, puis à la campagne d’Ethiopie en 1941.
Des Australiens, des Néo-Zélandais et des Sud-Africains se battent dans le désert contre les troupes de Rommel.
Une division australienne est faite prisonnière à Singapour.
Des Indiens sont envoyés en Italie au sein de la VIIIe armée du général Alexander.
700000 participent à la campagne de Birmanie.
Les Canadiens constituent une partie importante des forces qui débarquent en Normandie en juin 1944.
Les campagnes du Pacifique engagent des Australiens, des Néo-Zélandais, mais aussi des détachements recrutés en Papouasie et en Nouvelle-Guinée, qui forment le Pacific Islands Regiment .
On note qu’une grande partie de ces troupes doivent défendre les possessions d’outre-mer, en particulier contre le Japon en Asie et dans le Pacifique. L’appoint impérial est donc moins net que lors de la Première Guerre mondiale.

Pour être peu nombreuses, les troupes coloniales françaises n’en ont pas moins un rôle peut-être plus important que lors du conflit précédent. 
Certaines d’entre elles contribuent aux campagnes de Leclerc au Tchad, puis au Fezzan, contre les troupes de Mussolini.
L’Armée d’Afrique s’illustre en 1943 dans la campagne de Tunisie contre les Germano-Italiens, puis en Italie où elle apporte une contribution décisive à la percée du front allemand sur le Garigliano et à l’entrée des Alliés à Rome (juin 1944). 

Tandis que la 2e DB de Leclerc libère Paris, la Première Armée commandée par de Lattre débarque en Provence. Ces unités participent ensuite, au printemps 1945, à la campagne d’Allemagne. Le dévouement des troupes d’outre-mer, souvent trop oublié, a puissamment contribué à la restauration du rôle international de la France. Seule la possession de l’Empire a permis la renaissance d’une armée qui, par sa participation à la «croisade en Europe», a contribué à faire admettre la métropole dans le concert des vainqueurs.

Problématique
II paraît important de montrer que ce thème des troupes d’outre-mer n’est qu’en apparence «exotique»: les problématiques de l’historiographie récente de la guerre peuvent très bien s’appliquer à ce champ de recherche, même si les réponses ne sont pas toujours identiques. Il s’agit d’hommes, de femmes et d’enfants forcés de subir des conflits, en fonction de leur situation particulière.
Il est un élément si évident qu’on ne pense pas forcément à en tenir compte: la première caractéristique des empires coloniaux est d’être des empires d’outre-mer, dont les diverses possessions sont séparées des métropoles par des centaines ou des milliers de kilomètres d’espaces océaniques.

En 1914, par exemple, si la France n’est qu’à un ou deux jours de mer de l’Afrique du Nord, ou à une dizaine de jours de Dakar, l’ordre de grandeur est d’environ trois semaines pour l’Inde, et six semaines pour la Nouvelle-Calédonie.
L’avion n’est employé que très rarement jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale. Même ensuite, il n’est guère utilisé pour les transports de troupes.

Les entrées en guerre

Les conditions des entrées en guerre de 1914 ne sont pas fondamentalement différentes de celles qu’on observe dans les métropoles. 
Le comportement des habitants d’origine européenne se situe, comme en Europe, entre enthousiasme et résignation. 
Les masses indigènes mesurent mal la portée de l’affaire, que les autorités s’efforcent de minimiser, pour éviter les tentations de révolte. 
Les notables sont incités à manifester leur loyalisme. 
Pour la plupart des élites autochtones de formation occidentale, comme pour Gandhi, qui incite ses compatriotes à s’engager, combattre pour les empires signifie aspirer à se transformer de sujets en partenaires.

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, le scénario est à peu près le même. 
Dès le 3 septembre, le jour de la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne à l’Allemagne, les premiers ministres d’Australie et de Nouvelle-Zélande ont proclamé l’engagement de leur pays aux côtés de celle-là («où elle va, nous allons; où elle se tient, nous nous tenons»).
Au Canada, le Parlement accepte sans vote l’engagement dans la guerre.
Au même moment en Afrique du Sud, la motion de neutralité présentée par le Premier ministre Hertzog est mise en minorité face à la motion de déclaration de guerre soutenue par le maréchal Smuts, symbole, depuis le conflit précédent, du dévouement à la cause impériale, devenue celle du Commonwealth .
Au Maroc, dans une lettre lue dans les mosquées, le sultan Mohammed Ben Youssef, futur roi Mohammed V, souligne que «nous devons à la France un concours sans réserve, ne lui marchander aucune de nos ressources et ne reculer devant aucun sacrifice. Nous étions liés à elle dans les temps de tranquillité et d’opulence, et il est juste que nous soyons à ses côtés dans l’épreuve qu’elle traverse et dont elle sortira, nous en sommes convaincus, glorieuse et grande».

Bien des grincements, il est vrai, se produisent, émanant des représentants des partis nationalistes.
En Inde, les représentants du Parti du Congrès se déclarent scandalisés par le fait que, alors que les Dominions ont décidé en toute souveraineté de leur entrée en guerre, par des votes de leurs parlements », le vice-roi a proclamé l’état de belligérance de l’Inde de façon automatique à la suite du gouvernement de Londres, sans consultation des élus.
Le Parti du Congrès se déclare pourtant prêt à soutenir la cause britannique par solidarité antifasciste, mais uniquement en échange de promesses précises quant à l’octroi d’une indépendance rapide, assorties de précisions quant aux buts de guerre alliés. Dans les territoires français, les arrestations de militants ou les dissolutions de partis nationalistes se multiplient. L’effort de mobilisation humaine et économique n’en est pourtant guère entravé.

La violence de guerre
• Le mythe de la «barbarie des troupes coloniales»

Les guerres coloniales antérieures à 1914 ont été souvent empreintes d’une très grande violence. 
La poignée d’officiers européens commandant des volontaires autochtones ont dû souvent s’assurer de leur fidélité en les récompensant par des parts de butin; ils ne se sont pas toujours souciés de protéger les non-combattants des pillages et des massacres. 
Certains, comme Mangin, auteur de La Force noire , ont jugé que l’assaut brutal et sans pitié était dans la nature même des combattants africains, et ont voulu en faire des troupes de choc. Ils sont déçus: les soldats indigènes ne sont pas plus adaptés a priori à la guerre moderne que leurs homologues européens. 
Les premiers combats se traduisent par de nombreuses défaillances dans leurs rangs. 
S’ils se battent généralement bien par la suite, c’est au sein d’unités organisées selon le modèle le plus conventionnel. 
L’image du Noir armé de son terrible coupe-coupe ne persiste pas moins. 
La propagande germanique pense tenir, avec la présence des troupes noires sur le front occidental, un excellent argument pour contrer les campagnes des Alliés contre la «barbarie» dont ferait preuve l’armée allemande. 
Elle les accuse de décapiter les blessés pour se fabriquer des trophées avec leurs crânes, ou de se parer de colliers d’oreilles coupées. Elle les accuse aussi de brutaliser les prisonniers.

Ces comportements annoncent et préparent les campagnes nationalistes qui se développent après la guerre sur le thème de la «schwarze Schande » (honte noire), entendons l’emploi de troupes noires lors de l’occupation française en Rhénanie, et les abus prétendument commis par elles. 
Ce sera un des thèmes notables de la propagande nazie contre une France accusée par Rosenberg d’être «la première responsable de la souillure de l’Europe par les Nègres ». 
À titre de «vengeance », plusieurs centaines de tirailleurs du 25e RTS seront massacrés au nord de Lyon au mois de juin 1940.
Les chefs des unités de la SS ou de la Wehrmacht responsables de ces crimes de guerre n’ont voulu voir, dans la résistance héroïque des combattants noirs, autre chose que «barbarie» et «bestialité ».

En fait, rien ne vient véritablement attester l’idée d’exactions particulièrement attri- buables à des unités coloniales. On peut tout au plus citer, pendant la Deuxième Guerre mondiale, le comportement des goums marocains qui forment les unités de choc de l’armée française en Italie, accusés, non sans raison, de viol et de pillage à l’égard de civils italiens. Ce lamentable épisode, concernant quelques milliers d’hommes, et limité à quelques mois, pâlit cependant devant les horreurs du front de l’Est.

• Troupes noires et blanches
II n’est guère question de brasser indifféremment les contingents de toutes origines au sein des unités.
Les langues et les coutumes (interdits alimentaires, par exemple), mais aussi les conditions juridiques (les indigènes des colonies n’étant pas des citoyens) s’y opposent. 
Le plus souvent, on constitue des régiments ou bataillons à peu près homogènes, issus du même pays, composés respectivement de troupes blanches et de troupes de couleur. 
Dans celles-ci, ne sont en général européens que les officiers et une partie des sous-officiers. 
En Afrique du Nord, par exemple, les Européens servent aux zouaves et les musulmans aux tirailleurs et aux spahis. 
Le mélange est plus grand dans l’artillerie ou les services.

Au combat, en revanche, la juxtaposition est de règle. Dès les premières opérations de l’été 1914, des régiments mixtes juxtaposent deux bataillons de tirailleurs sénégalais avec un bataillon d’infanterie coloniale blanche. 
Par la suite, les bataillons de tirailleurs reçoivent dans leurs rangs des compagnies européennes, dans la proportion du quart de leur effectif total. 
Aucune règle ne s’impose. 
Des compagnies de tirailleurs indochinois sont réparties dans des régiments d’infanterie métropolitains. Ainsi organisées, les troupes coloniales s’illustrent dans nombre de batailles entre 1916 et 1918. 
On a vu plus haut la composition de la 4e brigade marocaine lors de la reprise du fort de Douaumont en octobre 1916.
Ces principes sont encore en vigueur lors de la Deuxième Guerre mondiale. 
Sur neuf divisions dites «coloniales» entrées en ligne, six associent deux régiments de tirailleurs sénégalais à un régiment d’infanterie coloniale européen. Trois autres sont au départ entièrement blanches, mais deux d’entre elles accueillent par la suite dans leurs rangs des Africains et des Malgaches. Dans chacune, en effet, deux régiments d’infanterie coloniale sont transformés en régiments d’infanterie mixte sénégalais, tandis que les deux régiments d’artillerie coloniale deviennent des régiments d’artillerie coloniale mixte malgaches. Une seule est à trois régiments européens. L’idée, suggérée plusieurs fois, de donner plus d’homogénéité aux régiments en créant des bataillons mixtes n’est pas retenue. Le corps d’armée dit «colonial», affecté à la IIIe armée, n’est pas exclusivement, ni même majoritairement composé de troupes de cette origine. En fait, les divisions coloniales sont éparpillées entre les différentes armées, deux d’entre elles étant affectées à l’armée des Alpes.
Le «panachage» est toujours pratiqué après 1943. Dans la lre Armée qui débarque en Provence en août 1944, le pourcentage des «indigènes» dans les grandes unités varie entre 27 % (lre DB) et 56 % (2e DIM). Les Maghrébins servent non seulement dans les régiments d’infanterie (à raison d’environ 70 % de l’effectif total) et de cavalerie, mais dans toutes les armes. Ils sont ainsi environ 30 % dans l’artillerie et 40 % dans le Génie. Ils sont aussi présents dans les services et soutiens, ainsi que dans les formations sanitaires.

Le caractère exemplaire du coudoiement entre soldats d’origines différentes a souvent été célébré par les chefs des armées. Le maréchal Juin évoque «le souvenir de l’héroïsme le plus pur et de la fraternité qui régna [entre européens et musulmans] dans les rangs de l’Armée d’Afrique, tant il est vrai que c’est dans son sein et au creuset des batailles que les deux races se sont toujours le mieux fondues, le mieux comprises, et le mieux aimées». On pourrait rapprocher ce texte de celui du maréchal britannique Lord Wavell qui évoque l’armée des Indes, «dans laquelle toutes les croyances et toutes les races de l’Inde servaient ensemble aux côtés des Britanniques, dans la confiance mutuelle et la concorde». 
Ces déclarations, sans doute excessives, n’évoquent pas moins certaines vérités.

Les combattants
• La spécificité

On a souvent à tort développé l’idée selon laquelle les contingents d’outre-mer auraient constitué la «chair à canon» destinée à épargner le sang métropolitain.
En fait, si les pertes des combattants indigènes ont été lourdes, elles sont dues au fait qu’ils ont servi avant tout dans les unités d’infanterie, les plus éprouvées.
Mais elles ne dépassent pas celles des unités européennes comparables. 

Ils vivent pareillement, de ce point de vue, l’épreuve de la peur de la blessure et de la mort. Certains aussi connaissent la captivité. 
Les nombres sont particulièrement élevés lors de la Deuxième Guerre mondiale.
En juin 1940, les Allemands ont capturé 60000 Nord- Africains, et peut-être 15000 tirailleurs sénégalais.
On évalue à près de 70000 les Indiens faits prisonniers par les Japonais à Singapour et en Birmanie.

Une première spécificité réside dans le climat. 
Les combattants venus de pays tempérés, comme l’Afrique du Nord, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, voire froids, comme le Canada, s’adaptent sans trop de difficultés aux hivers français. 
En revanche, les «coloniaux» issus des pays situés dans les zones tropicales et intertropicales et obligées de passer l’hiver en Europe, souffrent beaucoup. 
Le froid paralyse notamment les tirailleurs sénégalais, et oblige le commandement à leur faire passer la mauvaise saison dans des camps du midi de la France. 
Á l’automne de 1944, les responsables se fondent sur la même argumentation pour procéder au «blanchiment» des unités de la lre Armée où les Noirs sont nombreux.

Une autre réalité rarement développée est celle de la rareté ou de l’inexistence des permissions permettant au soldat de rejoindre momentanément les siens.
La priorité donnée aux transports de matériels et de renforts l’explique, aussi bien que le fait qu’au séjour doit s’ajouter un très long trajet.
On avait calculé, par exemple, qu’un séjour de 30 jours au Canada signifiait l’absence de l’homme pendant trois mois à son unité. Il est possible aussi que le commandement ait craint davantage les désertions, dans la mesure où les pays d’outre-mer, vastes et sous-administrés, offraient de ce point de vue beaucoup plus de facilités que les métropoles.

Certains contingents se voient demander des sacrifices qu’ils jugent excessifs. 
Dans la lre Armée, contrainte à affronter la résistance acharnée des troupes allemandes sur les Vosges, puis dans la plaine d’Alsace, les pertes en morts, blessés, malades et disparus varient, selon les unités, entre 30 % et 109 % à la fin de 1944. 
Il ne faut pas oublier en effet que certaines d’entre elles sont passées directement des champs de bataille d’Italie à ceux de Provence, du Rhône et de l’Est de la France. 
Pourtant, les mutineries ou agitations sont rares. 
Selon un schéma assez classique, les hommes cherchent plutôt à se dérober au service militaire ou à déserter avant leur départ qu’à se révolter une fois dans l’armée.

• Pourquoi ont-ils tenu?
Dans son Étude sur le combat (1868) justement admirée par Jean-Norton Cru, le colonel Ardant du Picq énumère les techniques éprouvées depuis l’Antiquité, pour maintenir la cohésion d’un contingent au combat: un commandement solide et compétent; de bonnes armes; des passions, on dirait aujourd’hui des motivations; des formations adaptées, qui facilitent la cohésion et évitent la dislocation; une discipline rigoureuse. 
Il donne une très grande place à la «cohésion», à la «solidarité», et souligne le caractère primordial de la confiance que chaque soldat doit ressentir envers ses camarades, «sa crainte qu’ils lui puissent reprocher, faire expier de les avoir abandonnés dans le danger, son émulation d’aller où vont les autres, sans plus trembler qu’un autre, son esprit de corps en un mot» .

Tous ces éléments sont certainement intervenus pour expliquer la solidité des troupes impériales, et en particulier des troupes indigènes.
Les cadres, en général de métier, ont pour la plupart une bonne expérience du commandement de ces troupes spéciales, et en parlent la langue.
Leurs soldats sont fiers de servir dans une armée moderne, aux côtés de soldats européens, de s’initier au maniement des armes automatiques, ou à la conduite automobile. 
Ils sont mus, sinon par le patriotisme, du moins par une loyauté de type féodal envers le roi d’Angleterre ou la France (vue comme une personne).
La discipline est rigide, et n’exclut pas toujours les punitions corporelles. 
La désertion, loin du pays, est difficile. 
Les régiments cultivent un fort esprit de corps. 
Des efforts sont faits pour respecter les traditions, notamment les interdits alimentaires des soldats musulmans, et maintenir les liens avec les pays d’origine, par courriers et mandats. Des journaux spéciaux sont édités. 
Tout cela compense largement l’attachement moindre à la Patrie, dont il conviendrait d’ailleurs de relativiser l’effet sur les hommes du front.

Les contingents impériaux au cœur de la guerre 
Jacques Frémeaux Histoire, économie et société Année 2004 Volume 23 Numéro 23-2
source http://www.persee.fr

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La Tunisie au gré des conflits

7 avril 2013

La Situation Économique de Bizerte

Classé sous — milguerres @ 0 h 32 min

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La Tunisie au gré des conflits

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Une histoire : Bizerte et la France 

La Situation Économique de Bizerte

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ET LA DEFENSE NATIONALE DEVANT LE PARLEMENT

Auteur : Cambourg, Loïc de

Éditeur : impr. de C. Puyfagès (Tonnerre) Date d’édition : 1908

Sujet : France (1870-1940, 3e République) Droits : domaine public

Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, 4-LB57-14514

Provenance : bnf


L’incident soulevé récemment à la Chambre par quelques députés clairvoyants relativement à la question de l’Ouenza, cette mine de fer si puissamment riche située sur la frontière d’Algérie-Tunisie, attire l’attention sur Bizerte, notre grand port africain dans la zône duquel elle se trouve.

De Tunisie m’arrive des nouvelles me signalant la lamentable situation économique de Bizerte, la ville la plus française de la Tunisie.

« J’ai pris la Tunisie pour avoir Bizerte », déclara Jules Ferry, et si cet éminent homme d’Etat revenait parmi nous, il pourrait demander des comptes à la France de sa mauvaise gestion ; Bizerte, en effet, le point de mire de toutes les convoitises étrangères languit de la crise où on semble vouloir sciemment la laisser.

Pourquoi me faut-il encore signaler aux pouvoirs la situation économique si gravement compromise de notre grand port africain ? Quelle extraordinaire insouciance, quelle coupable apathie président aux destinées de Bizerte! Ne semble-t-il pas que le mot d’ordre est le « boycottage » par l’indifférence, de cet admirable port; cet état de choses ne peut se prolonger sans risquer d’annihiler sans retour, le merveilleux effort de la France à Bizerte par ses nationaux et son argent, les conséquences en seraient redoutables.

La Tunisie est un pays très riche, nul ne le conteste, l’état de ses finances en fait foi (1), alors d’où vient cette anomalie que Bizerte le plus beau port de Tunisie n’a pris aucun développement, est resté, « atrophié » si je puis m’exprimer ainsi dans ce pays si prospère.

Il y a évidemment des causes et je vais les rechercher.

(I) L’exercice 1907 du budget-tunisien se solde par un excédent de recettes de huit millions

774.805 fr.

Lors du commencement des travaux du port de guerre de Bizerte par la Marine, parallèlement sur une des deux rives, à l’entrée de l’immense lac intérieur, une ville française surgissait comme par enchantement, c’était une nuée de Français, pleins d’enthousiasme qui s’abattit sur toute la région suivant la France dans sa fortune, MM. Hersent et Couvreux créèrent un port de commerce, ils n’eurent pour cela qu’à améliorer la situation naturelle privilégiée de Bizerte qui, avec sa grande profondeur d’eau, en un point des mieux abrités sur la route de tous les navires allant de Suez à Gibraltar, leur permirent de concevoir à juste titre, les plus légitimes espérances.

A vol d’oiseau, Bizerte avait, l’aspect d’une vaste fourmillière où s’utilisait l’ardeur du génie français.

Quelles causes ont donc pu venir briser l’élan de nos compatriotes et réduire à rien un des plus beaux ports du monde qui, s’il eût été Anglais, Allemand, Belge ou même… Chinois, serait à l’heure actuelle dans une prospérité certaine.

Ces causes, je vais les énumérer les unes après les autres. En 1894, une concession spéciale des ports de Tunis, Sousse et et Sfax, qu’accorda le gouvernement Tunisien, à une puissante compagnie, fût le point de départ de la crise économique de Bizerte. Le gouvernement Tunisien accorda une garantie à la compagnie concessionnaire moyennant le partage des bénéfices jusqu’à la concurrence d’un certain bénéfice net et l’abandon du surplus à l’état Tunisien.

Par cette concession, le gouvernement Tunisien était amené à favoriser le développement des trois ports Tunis, Sousse, Sfax même au détriment de Bizerte qui avait une concession sans garantie, c’était conséquemment contrecarrer l’oeuvre de la France à Bizerte.

Cette première erreur d’avoir créé un port à Tunis, que sa situation géographique, à l’extrémité d’un étroit chenal de 12 kilomètres, continuellement obstrué par les vases, ne permettait de réaliser qu’imparfaitement devait en amener d’autres toujours au détriment de Bizerte.

Après les ports, suivit la construction des chemins de fer, ce fut Tunis, Sousse, Sfax, qui drainèrent à elles les produits du sol Tunisien, en particulier les riches gisements de phosphates du Sud; Bizerte n’ayant qu’une ligne la reliant à Tunis et cette -dernière absorbant tout le trafic, notre grand port africain était encore une fois sacrifié. M. Boudenoot, sénateur, alors rapporteur du budget de la Tunisie pour donner une compensation à Bizerte qui venait d’être frustrée des phosphates, écrivait dans son rapport :

Rapport Boudenoot

« Les minerais des Nefzas et les gisements de calamine de la région fourniront — l’engagement en est pris — au port de Bizerte, un trafic annuel de 62.000 tonnes ; il viendra s’y ajouter, dans un avenir prochain, un tonnage quatre à cinq fois plus considérable encore, lorsqu’on mettra en valeur les richesses minérales aujourd’hui reconnues près de la frontière d’Algérie, et qui se trouvent dans la zone d’attraction de Bizerte. Cette ville aura donc bientôt ce qu’elle désire justement, je le répète, c’est-à-dire un grand port commercial à côté de son grand port militaire ; et je ne suis pas de ceux qui disent qu’ils ne peuvent exister à côté l’un de Fautre. C’est possible, sinon partout; du moins à Bizerte mieux qu’ailleurs, et j’en tombe d’accord avec l’amiral Merleaux Ponty, qui dirige les importants travaux entrepris là-bas, grâce à l’étendue et aux ressources multiples que présente sa merveilleuse rade intérieure ».

Il y avait là, comme on le voit, une promesse officielle du gouvernement de la métropole envers Bizerte, de donner à ce port les minerais de fer d’Ouehza de la frontière d’Algérie-Tunisie.

Bizerte. forcée de se contenter de cette promesse en réclama son exécution dans les délais les plus rapides. Mais cette compensation à Bizerte fit surgir une nouvelle compétition qu’on ne soupçonnait pas. Bône qui ne songeait nullement à l’Ouenza, trouvant qu’il lui serait bien plus avantageux que ces-minerais fussent dirigés sur son port plutôt qu’à Bizerte, s’y opposa et fit valoir une question de frontière, déclarant que la mine d’Ouenza étant sur la frontière Algérienne, ses minerais devaient avoir comme port de débouché un port Algérien ! (1). Argument de bien peu de valeur au moment où il est question de suppri mer la frontière douanière d’Algérie-Tunisie et que détruisent d’autre part des précédents contraires.

(I) Nous savons que le Syndicat d’exploitation du Djebel-Ouenza a insisté auprès du Gouvernement algérien sur l’avantageconsidérable qu’il y aurait à diriger les minerais sur Bizerte, et il Offrait pour cela au gouvernement algérien une redevance de o fr. 50 à I fr. par tonne extraite.

Différentes commissions, des ingénieurs, étudièrent le tracé de la voie ferrée qui devait relier l’Ouenza à Bône, et Bizerte allait encore être frustrée de ce fret de retour promis, indispensable aux navires qui apportent le charbon pour le ravitaillement de nos escadres, à son port de commerce, aux fonderies qu’il faut créer, etc., etc., en un mot à la défense nationale.

Fort heureusement, tout récemment à la Chambre, un incident a surgi d’une façon très opportune pour démolir ce plan absurde antinational, uniquement inspiré que par des intérêts particuliers. C’est à l’intervention de MM. Jaurès et Zévaès, qui signalèrent le danger que nous devons d’avoir évité un malheur irréparable ! En effet, par l’association Schneider-Krupp, l’Allemagne mettait la main sur l’Ouenza, une des mines de fer les plus riches du monde, et l’on deviné quel usage elle aurait fait de ses minerais ! Cela lui eût servi à fabriquer des armes contre la France. C’était aussi construire absolument inutilement un chemin de fer de 231 kilomètres de l’Ouenza à Tébessa-Souk-Ahras-Bôné en pays très accidenté et qui reviendrait à un prix considérable à la compagnie concessionnaire, augmentant dans de grosses proportions les prix de la tonne de minerai à l’industrie française, or, pourquoi ce chemin de fer quand il y en a un autre qui est sur le point d’être achevé et qui, partant de Nebeur, point distant de quelques lieues de la mine d’Ouenza-aboutira à Bizerte, où ces minerais sont si nécessaires à cette place forte réduit de la défense de l’Afrique du Nord.

Que va-t-on faire maintenant ?le dernier mot est au Parlement et je ne doute pas qu’il ne se range du côté de la défense nationale.

La question de Bizerte port de commerce étant étroitement lié à la défense de cette place, je vais exposer les avis des sociétés ou des personnes compétentes qui se sont nettement prononcées pour Bizerte et la Défense Nationale.

Citons :

1° Le voeu émis par la « Société des Etudes coloniales et Maritimes » La Société des Etudes Coloniales et Maritimes, ayant mis à l’étude, sur la proposition de M. Paul Bonnard, la question de Bizerte port de sortie des minerais de fer de Djebel-Onenza, après une délibération qui a occupé plusieurs séances, et à laquelle ont pris part, entre autres membres du Conseil, MM. le Myre de Vilers, le duc de Bassano, Rueff, Auguste Moreau, Basse, Dreyfus-Bing, Prince, Paul Bonnard, le baron de Cambourg, Dumesnil, Bouquet de la Grye, etc.; sur un rapport imprimé du baron de Cambourg, a émis, dans sa séance du jeudi mars 1903, présidée par M. Bouquet de la Grye, le voeu suivant rédigé par M. Dumesnil, secrétaire général de la Société.

La Société des Etudes Coloniales et Maritimes, considérant,

a) Que l’exploitation des minerais du Djebel-Ouenza n’atteindra tout le développement désirable que si l’on peut les transporter économiquement à un port d’accès facile où ils pourront être facilement embarqués ;

b) Que la ligne Tébessa-Souk-Ahfas-Bône, qui pourrait les conduire au port de Bône, est déjà encombrée et devrait être doublée ;

c) Que le tracé de la voie ferrée qui pourrait les mener à Bizerte serait à l’abri des tentatives de l’ennemi et aurait, par là même, une valeur stratégique supérieure à celle de la Medjerdah ;

d) Que les rampes qui existent entre Djebel-Ouenza et Bône ou Philippeville atteignent dix-huit ou vingt-trois millimètres, alors que, vers Bizerte, elles ne dépasseraient pas dix millimètres ;

e) Que le fret des minerais du Djebel-Ouenza attirerait à Bizerte les bateaux charbonniers qui vont maintenant à Malte; qu’en retour de ces minerais, Bizerte recevrait le charbon nécessaire à la défensenationale, au commerce et aux établissements métallurgiques projetés; que ce charbon serait sans *cesse renouvelé ;

f) Qu’un important dépôt de charbon pourrait aider à créer à Bizerte un vrai port de commerce avec une zone franche ; que ce port de commerce serait au service du port de guerre pour le ravitallement, la main-d’oeuvre, les réquisitions, etc. ;

g) Que l’accroissement du commerce et la possibilité de créer des établissements métallurgiques à proximité de l’arsenal augmenterait considérablement nos ressources et nos moyens d’action ;

. Emet le voeu :

Que les pouvoirs publics examinent s’il ne serait pas nécessaire, au point de vue de la défense nationale, de diriger sur Bizerte les minerais du Djebel-Ouenza.

Ce voeu a été adressé aux Ministres de la Guerre, de la Marine, des Affaires étrangères et des Travaux publics.

2° Lettre du général Pendezec, chef d’état-major général

Monsieur l’Ingénieur en chef, par lettre du 1er juin dernier, vous avez bien voulu me transmettre, avec avis favorable, le texte d’un voeu émis émis par la Société des Etudes Coloniales et Maritimes, dans sa séance du 9 mai dernier, relatif à une ligne de chemin de fer qui amènerait à Bizerte les phosphates de Thala. En vous remerciant de cette communication, j’ai l’honneur de vous faire connaître que j’ai déjà appelé l’attention de M. le Ministre des Affaires étrangères sur la création des voies ferrées tunisiennes qui favoriseraient l’organisation militaire de la place et du port de Bizerte-

Je suis tout disposé, d’ailleurs, à donner mon approbation à toutes les études qui seront entreprises dans ce but.

Recevez, Monsieur l’Ingénieur en chef, les assurances de ma considération très distingué.

3° Extrait d’une conférence de M. L. Saignes à la Société de Géographie .

sous la présidence de M. Henrique, député

On vient de découvrir sur la frontière d’Algéi ie et de Tunisie, au Djebel-Onenza, un territoire minier. Il s’agit de minerais de fer que les reconnaissances faites représentent comme d’une richesse presque illimitée. En tous cas, il semble bien que les minerais dé l’Ouenza peuvent donner au moins trois cent mille tonnes par an au port do sortie. Or, ce port de sortie ne saurait, pratiquement, être autre que Bizerte. Il y a un chemin de fer d’exploitation à construire : les rampes ne seront que de dix millimètres vers Bizerte ; elles seraient de dix-huit et de vingt-trois vers Bône et Philippeville.

Les hommes les plus compétents, du reste, se sont prononcés sur ce point. M. le sénateur Boudenoot^jnembre de la Commission parlementaire des Chemins de fer tunisiens, récapitulant les éléments de frêt qu’il s’agit de fournir à Bizerte, qui lui sont dûs et qui ne pourraient plus lui être enlevés que par la plus absurde des conspirations d’intérêts, comprend, au nombre de ces éléments, avec les minerais des Nefzas, ceux de l’Ouenza, pour lesquels il reconnaît qu’un engagement a été solennellement pris ( Voir la Revue Politique et Parlementaire du 1er octobre 1902).

Ces minerais de l’Ouenza, arrivant à Bizerte, serviraient de fret de retour aux bateaux charbonniers qui auraient apporté de Cette, par exemple, des charbons de Bessèges ou de la Grand’Combe et aussi à ceux venant de Cardiff, avec du charbon anglais, vrai charbon de vitesse, du steam coal.

M. Paul Bonnard, traitant, dans le Bulletin des Etudes Coloniales et Maritimes, la question qui nous occupe, regarde même comme possible, avec l’excédent non employé en fret de retour de ces abondants minerais, d’entreprendre la métallurgie du fer à Bizerte. Il fait valoir que des établissements métallurgiques y trouveraient une clientèle toute prête : à savoir notre camp retranché de l’Afrique du Nord et le port de commerce qui se créerait naturellement, forcément, même, à côté de lui. Cette vue me semble parfaitement réalisable.

Résumons :

I. — Pour avoir Bizerte efficace, il y faut beaucoup de charbon sans cesse renouvelé.

II. — Pour y avoir beaucoup de charbon, il faut que les bateaux transporteurs y trouvent du frêt de retour.

III.—Pour pouvoir y offrir du frêt de retour à des charbonniers, il faut y disposer constamment d’une grande quantité de marchandises lourdes, dans l’espèce de minerais.

IV. — Enfin, pour disposer de grandes et régulières quantités de minerais sur les quais de Bizerte, il faut que les régions minières du voisinage, notamment celles de la frontière d’Algérie, et plus particulièrement encore celles de l’Ouenza, soient reliées à Bizerte directement par une voie ferrée. Si j’en crois les journaux de Bizerte, un syndicat métallurgique se serait déjà constitué, qui serait prêt à entreprendre l’exploitation des mènerais dont il s’agit, à la seule condition qu’on lui permît de construire ce chemin de fer à ses frais, risques et périls.

Maintenant, le point sur lequel il importe que l’opinion publique se prononce avec la dernière énergie, le principe sur lequel il ne faut plus admettre de transaction et pour la défense duquel j’ai cru devoir aujourd’hui payer de ma personne et faire ma première conférenceest celui-ci: aucun tracé de ligne ferrée ne doit, être voté, susceptible d’enlever au port de Bizerte tout ou partie des minerais de la région. Par contre, les tracés ou raccordements, destinés à amener les minerais en question sur les quais de notre grand port de guerre, doivent être votés d’urgence. C’est la condition.sine quâ non de son efficacité militaire, je crois l’avoir démontré. A la suite de cette conférence, un voeu a été émis, tendant à ce que les pouvoirs publics n’approuvent aucun tracé de ligne ferrée, susceptible d’enlever au port de Bizerte tout ou partie des minerais de la région, lesquels doivent servir de fret de retour en échange des quantités très importantes de charbon nécessaires à l’approvisionnement de ce port.

En outre, la question de la création d’un port de commerce et d’une zone franche à Bizerte doit être mise à l’étude immédiatement par les pouvoirs publics, afin de se trouver résolue dès que les circonstances rendront cette création possible.

Le bureau s’est chargé de transmettre ce voeu à qui de droit.

4° Extrait d’une Conférence de M. Duportal, ingénieur du Bône et Guelma, inspecteur général des Ponts et Chaussées — Etudes algériennes « Ne nous inquiétons donc pas de Ces querelles entre Capulets de Bône et Montaigus de Tunisie, et ne nous plaçons dans l’examen de cette question comme de toutes les autres, qu’au point de vue français.

« Je crois que l’on n’exploitera l’Ouenza que si l’on peut amener dans un port, dans des conditions économiques, les produits de la mine; je crois aussi qu’on ne peut pas les amener économiquement à Bône, qu’il faut les porter à Bizerte et que si la province de Constantine s’obstine, elle tuera la poule aux oeufs d’or, »

Nous sommes persuadés que lorsque l’affaire de l’Ouenza sera portée devant le Parlement, c’est encore cette thèse qui sera applaudie et ratifiée par les suffrages des représentants de.la France !

Enfin, citons encore les noms de quelques personnes des plus compétentes qui se sont prononcées pour Bizerte port de guerre et de commerce : Amiral de Cuverville, sénateur; amiral Merleau Ponty; amiral Gervais ; amiral Servan ; amiral Aubert, chef d’Etat-Major de la Marine ; amiral Bienaimé ; général Marmier ; amiral Fournier ;

M. le sénateur Boudenoot ; M. le sénateur Millaud ; M: Lockroy ; M. de Lanessan ; M. Charles Bos, rapporteur du budget de la marine.

Je crois désormais, après ceci, que la question de la juxtaposition d’un port de guerre et d’un portde commerce ne pourra plus être une arme entre les mains des adversaires de Bizerte.

Après les phosphates de Thala qui allèrent à Tunis, les minerais de fer de l’Ouenza menaçaient d’aller à Bône; Bizerte se voyant complètement déshérité, nos coriipatriotes perdirent tout espoir. L’arrivée au ministère de M. Pelletan, qui suspendit les travaux de l’arsenal de Bizerte (pour faire des économies !!!), donna le coup de grâce aux Bizertins et les faillites se produisirent journellement, c’était la-ruine!

Il faut avouer que, si nos colonies manquent de colons nationaux,, de tels exemples ne sont pas précisément pour encourager l’émigration.

J’emprunte les passages d’unelettre exprimant les sentiments d’un Français de Bizerte sur la situation de cette ville :

« On dirait qu’une vaste conspiration est tramée contre Bizerte et que la mort de cette ville est décidée en principe; Bizerte gêne tout le monde et est une robe de Nessus pour la France, c’est triste pour elle et nous qui y vivons. »

Et je pourrais en êiter encore d’autres plus graves où les responsables sont directement visés… Je préfère momentanément m’abstenir, nous verrons plus tard. Enfin, veut-on encore une preuve de l’état d’abandon dans lequel on laisse croupir Bizerte? L’éclairage de la ville est « assuré »par des lampes à pétrole qui fument et s’éteignent « au moindre souffle qui d’aventure », . Alors les rues et les quais sont plongés en pleine obscurité! Que ferait Bizerte, cité essentiellement militaire en cas de mobilisation ou de siège? Que d’inconvénients créerait à nos troupes l’absence d’un éclairage satisfaisant? Qu’attend- on pour doter Bizerte de l’éclairage électrique?

Lors du vote de l’emprunt tunisien de 75 millions, le Parlement exigea, en raison de considérations stratégiques, que la première ligne ferrée à construire en Tunisie fût celle de Nebeur-Beja-Bizerte; cette voie ferrée est en construction et, avec une autre vers Tabarka, Bizerte peut évidemment compter sur un certain trafic si, comme nous l’espérons, les deux chemins de fer aboutissant à Mateur, les mimerais et marchandises ne prennent la direction de Tunis; Mateur perd en effet 200.000 francs par an du fait de la dérivation de ses produits sur Tunis. Pourquoi ? Quant au trafic du chemin de fer Bizerte- Tabarka, il sera également scindé par la zone, d’attraction de ce dernier port! C’est ce qui nous fait désirer pour Bizerte, au doute existant en ce qui concerne le trafic de ces deux lignes, la certitude du million de tonnes que l’Ouenza extraira annuellement.

Après avoir exposé les causes générales de la crise économique très grave que subit Bizerte, je veux indiquer les moyens propres à l’enrayer, je suis-en cela complètement d’accord avec nos compatriotes de Bizerte :

1° Adduction à Bizerte des minerais de l’Ouenza, fretde retour nécessaire au ravitaillement du port en charbon, le combustible devant être sans cesse renouvelé, et plus d’activité dans la construction +des chemins de fer Nebeur et Nefzas ;

2° Création d’une usine métallurgique, fonderie pour utiliser le charbon et fabriquer les obus ;

3° Création d’un port de commerce à la baie Sébra avec tout l’outillage moderne, y compris un bassin de radoub indispensable aux navires de commerce, Bizerte étant port de refuge; commencement des travaux immédiat;

4° Fonctionnement normal de l’arsenal de Sidi-Abdalah ;

5° Création d’une zone franche pour les charbons et les marchandises permettant de concurrencer Malte qui est port franc ;

6° Une division d’escadre pour se faire caréner tous les ans et un séjour de cette escadre de quelques mois;

7° Augmentation de la garnison en troupe française, garnison qu’on a jugée notoirement insuffisante aux dernières manoeuvres. Les troupes de débarquement figurant l’ennemi s’emparèrent sans effort de Bizerte, malgé la défense acharnée de la garnison. Cette situation est alarmante. Or, les effectifs de cette place sont encore considérablement diminués momentanément par les nécessités de la campagne marocaine;

8° L’éclairage électrique de Bizerte, de son port et de la ville nécessaire à la défense nationale ;

9° Construction du palais du gouverneur, promise depuis cinq ans. Le général gouverneur de Bizerte habite une maison de bas étage incompatible avec la dignité de ses hautes fonctions ; Construction d’écoles trop étroites, du théâtre si nécessaire pour distraire nos troupes, nos colons et recevoir nos marins des escadres étrangères qui fréquentent souvent dans ce port ;

10° Entente plus étroite entre la Marine, les Affaires étrangères, la

Guerre et les Travaux publics en ce qui concerne les questions bizertines ;

11° Escale à Bizerte des paquebots des grandes compagnies subventionnées allant à Port-Saïd, Indes et Indo-Chine qui, s’ils touchaient à Bizerte, prendraient la marchandise et les passagers de Tunisie. La conférence consultative a émis un voeu dans ce sens en désignant Bizerte comme escale.

Je crois avoir exposé les principales revendications bizertines et, puisque M. le Ministre des Affaires étrangères, à une question posée

par MM. l’amiral de Cuverville et le sénateur Millaud, a pris l’engagement formel, à la tribune du Sénat, d’user de toute son autorité pour développer le port de Bizerte, nous espérons qu’il voudra bien commencer par accorder le plus tôt possible satisfaction à la vaillante population bizertine sur ces principaux points ; il le peut facilement et le Parlement l’y aidera. C’est alors et seulement que Bizerte sera vraiment en état de rendre d’une façon complète les services que peut lui demander le pays.

Bizerte forte, intangible, c’est le succès de nos armes, dans « la

guerre fatale »; ne pas préparer ce succès, c’est s’exposer à la défaite,

cela devient presque une trahison.

J’en appelle au Parlement et au Pays !

Bon Loïc DE CAMBOURG.

Secrétaire de la Société des Etudes Coloniales et Maritimes.

TONNERRE. — IMP. CH. PUYFABES   

Titre : La situation économique de Bizerte et la défense nationale devant le Parlement / Bon Loïc de Cambourg

Auteur : Cambourg, Loïc de

Éditeur : impr. de C. Puyfagès (Tonnerre)

Date d’édition : 1908

Sujet : France (1870-1940, 3e République)

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : 12 p. ; gr. in-8

Format : application/pdf

Droits : domaine public

Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, 4-LB57-14514

Provenance : bnf.fr

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4 avril 2013

Révolution d’Août

Classé sous — milguerres @ 22 h 12 min

 

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 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Révolution d’Août

Le nom de révolution d’Août (vietnamien: Cách mạng tháng Tám) désigne les événements faisant suite au coup de force japonais du 9 mars 1945 et allant jusqu’à la déclaration d’indépendance de la République démocratique du Viêt Nam, au matin du 2 septembre 1945. Ils se sont déroulés principalement dans le Nord du Việt Nam, de la frontière de laChine (Cao Bằng et Lạng Sơn) à Hanoï et Hải Phòng.

La révolution d’août voit la prise du pouvoir de fait par le Việt Minh, après près d’un siècle de colonisation française sur le territoire vietnamien. Cet épisode est l’un des préludes à laguerre d’Indochine.


Invasion japonaise
Contexte

En septembre 1940, l’Empire du Japon avait imposé à la France la présence de ses troupes en Indochine française. Il semble que cet accord entre le gouvernement de Vichy et le Japon ait provoqué l’embargo sur les métaux ferreux et les produits pétroliers décrété par Franklin Delano Roosevelt contre le Japon, ce qui a été l’une des causes de l’entrée de l’Empire dans la Seconde Guerre mondiale.

Le commandement japonais n’avait ni le désir ni les moyens d’assurer lui-même l’administration du pays qu’il occupait seulement comme base de départ pour l’offensive contre lesPhilippines, la Malaisie et la Birmanie à travers la Thaïlande et pour priver la Chine méridionale de la voie de ravitaillement par le chemin de fer du Yunnan.

Dans les villes, l’agitation nationaliste prend de l’ampleur, une rivalité opposant le parti Dai Viêt (nationaliste pro-japonais) au VNQDĐ (Việt Nam Quốc Dân Đảng, nationaliste prochinois, lié au Kuomintang). Le Parti communiste indochinois (PCI), créé en Chine par Nguyèn Ai Quoc, le futur Hô Chi Minh, s’est reconstitué, ses militants se regroupaient autour de leaders, comme Võ Nguyên Giáp, Phạm Văn Đồng, Hoang Van Hoang, Vu Anh et Phung Chi Kien. En mai 1941, le PCI crée la ligue Việt Minh. Dans les « hautes régions », Võ Nguyên Giáp prépare l’Armée populaire vietnamienne à partir de la brigade de propagande armée, avec l’aide du détachement 101 de l’OSS.

Coup de force de mars 1945

Après plus de quatre ans de cette coexistence franco-japonaise en Indochine, les Japonais, craignant une invasion des Alliés sur le territoire indochinois, réalisent le 9 mars 1945un coup de force, en éliminant l’administration et l’armée coloniales françaises de toute l’Indochine.

Au matin du 10 mars 1945 l’Indochine s’est retrouvée sans les Français. Les Japonais ont réussi militairement en une nuit ce que les indépendantistes vietnamiens avaient vainement tenté de faire depuis des décennies. La situation est exceptionnelle pour les nationalistes vietnamiens – qui, pour beaucoup, sont dans la clandestinité ou bien réfugiés en Chine et en Thaïlande - et leur permet d’espérer accéder au pouvoir. L’Empereur Bao Daï, après avoir reçu la visite de l’ambassadeur japonais Yokoyama, proclame le 11 mars l’indépendance de l’Annam et du Tonkin sous le nom d’Empire du Việt Nam, s’engageant dans la collaboration avec le Japon. Dès avril 1945, alors que les militaires rescapés du coup de force et les commandos français parachutés pour rejoindre les Britanniques de la Force 136 manquent de moyens pour mener des actions d’envergure, le Việt Minh reçoit l’aide des services secrets américains.

La révolution d’août 1945

Le 13 août, Hô Chi Minh décrète le soulèvement général contre les Japonais pour prendre le contrôle du pays et désarmer les Japonais avant le retour des Français : le Việt Minh réalise une série d’attaques. Le 14, les indépendantistes ont réussi à prendre un certain nombre de postes japonais dans des provinces comme Cao Bằng, Thái Nguyên ou Tuyên Quang. Le 15 août, l’Empereur Hirohito annonce officiellement la capitulation du Japon. Bao Daï tente de garder la main en déclarant vouloir maintenir l’indépendance1, mais le Việt Minh est déjà en train de prendre le contrôle de la situation. Le 17 août, les indépendantistes commencent à prendre le contrôle de Hanoi : le drapeau rouge est accroché à la fenêtre de l’opéra. Le 19, les troupes japonaises en Indochine présentent leur reddition, non pas aux Français dont les officiels sont maintenus en détention, mais au Việt Minh, livrant le lendemain aux indépendantistes les bâtiments officiels de Hanoi. Le même jour, Bao Daï lance à Charles de Gaulle « l’appel d’un ami et non d’un chef » en lui demandant de reconnaître l’indépendance; le 20, il adresse un message à Harry Truman1. Une importante manifestation manœuvrée par le Việt Minh a lieu le 19, et la population prend d’assaut le palais du gouverneur royal du Tonkin. Dirigeant une foule de 2000 à 25000 personnes, les indépendantistes parviennent à occuper les bâtiments publics, obtenant des Japonais la libération de 400 détenus et la remise des armes confisquées aux Français en mars1. En laissant au Việt Minh la maîtrise du nord du Việt Nam, les Japonais contribuent délibérément à créer une situation impossible pour la France. Des « comités populaires » indépendantistes prennent le contrôle de nombreux villages. Au sud du pays, les communistes disposent de moins d’hommes et doivent composer avec les autres partis nationalistes; les Japonais sont également plus présents militairement. Pierre Messmeret Jean Cédile sont parachutés en Indochine pour y représenter le Gouvernement provisoire de la République française, mais ils sont capturés, l’un par le Việt Minh, l’autre par les Japonais. Le 22 août, le général Leclerc, arrivé à Kandy pour préparer le débarquement de ses troupes, s’entend dire par Lord Mountbatten que Britanniques et Chinois pénètreront les premiers en Indochine2. Le même jour, le Việt Minh organise une manifestation à Saïgon, et obtient la création d’un comité provisoire exécutif du Sud Viêt Nam, où il détient sept postes sur neuf. Jean Sainteny, désigné par le GPRF pour remplacer Messmer, arrive de Chine fin août, transporté par un avion américain. Il parvient à débarquer à Hanoï, mais est rapidement isolé par les Japonais, qui pactisent avec les indépendantistes3.

Le 25 août, Bao Daï abdique et transmet le sceau impérial à un agent Việt Minh. Vo Nguyen Giap proclame la République le même jour4. Le 29 août, Hô Chi Minh fait une apparition publique à Hanoi, prenant un bain de foule et décrétant la formation d’un gouvernement dont il s’arroge la présidence et le ministère des affaires étrangères5.

Dans le courant des mois d’août et de septembre, le Việt Minh s’emploie à liquider la concurrence politique et commet de multiples assassinats, visant notamment le Parti Constitutionnaliste Indochinois, dont le chef Bùi Quang Chiêu est tué, et la secte néo-bouddhique Hoa Hao. La répression vise particulièrement les trotskistes vietnamiens, dont des dizaines sont traqués et abattus. Le 25 août, un service de Sécurité d’État est organisé à Saïgon, sur le modèle soviétique, et multiplie les arrestations. Le Việt Minh crée également un « Comité d’assassinat d’assaut », en grande partie recruté dans les rangs de la pègre, qui pratique intimidations et assassinats. Les exactions commises par des indépendantistes vietnamiens sont souvent d’initiative locale, mais l’appareil du mouvement pousse à la violence6.

Le 2 septembre, Hô Chi Minh proclame l’indépendance du pays au nom du Gouvernement provisoire de la République démocratique du Viêt Nam.

Après-coup

La situation demeure extrêmement tendue dans les mois qui suivent tandis que les troupes japonaises, encore présentes sur le territoire, demeurent l’arme au pied. Les troupes de la République de Chine investissent le Tonkin, le Việt Minh s’abstenant de résister à leur incursion. Hô Chi Minh tente sans succès de faire reconnaître son gouvernement par lesÉtats-Unis7. Une division de l’Armée des Indes britanniques pénètre fin septembre dans Saïgon et autorise ensuite les Français du 5e régiment d’infanterie coloniale à y entrer. Les Français, encore peu nombreux, ne reprennent que progressivement et imparfaitement le contrôle du pays. Des négociations complexes débutent entre Français et indépendantistes, dans un contexte de très grande tension politique. A Saïgon, le Việt Minh impose son autorité par la terreur : des personnes arrêtées sont jugées par des tribunaux populaires et exécutées d’une balle dans la nuque, ou bien ligotées en brochettes et jetées dans le Mékong8. Le général britannique Gracey tente de ramener l’ordre àSaïgon, décrétant un couvre-feu, suspendant les journaux en langue locale, ordonnant aux troupes vietnamiennes de rendre leurs fusils, et faisant réarmer les prisonniers français à l’instigation de Jean Cédile9. Dans la nuit du 22 au 23 septembre, Cédile fait reprendre manu militari les bâtiments administratifs, mettant en fuite les comités révolutionnaires. Le Việt Minh réagit en ordonnant une grêve générale.

Massacres de Saïgon

Les 24, 25 et 26 septembre 1945, des émeutes anti-françaises ont lieu à Saïgon, des éléments se réclamant du Việt Minh traquant les Blancs et les métis Eurasiens10. Des dizaines de cadavres mutilés sont retrouvés dans les rues de la ville11. A la Cité Hérault, résidence habitée par de petits fonctionnaires français, environ 150 personnes sont massacrées dans la nuit du 24 au 25 septembre : l’implication directe du Việt Minh n’est pas certaine, d’aucuns incriminant des criminels de droit commun libérés par les Japonais, ou bien des membres du Binh Xuyen, une secte liée au Việt Minh. Environ 200 personnes sont enlevées12; seuls quelques dizaines d’otages seront retrouvés, grâce à une opération commando du Corps Léger d’Intervention13. Les Britanniques s’efforcent ensuite de ramener le calme en augmentant leurs effectifs militaires, contraignant également les troupes japonaises à sortir de leur inactivité et à reprendre leurs patrouilles. Avec l’aide de volontaires, l’administration française et ses forces de police recommencent progressivement à fonctionner14.

Les accrochages se poursuivent avec le Việt Minh, jusqu’à ce que Gracey obtienne une trêve le 2 octobre. Leclerc et le gros des troupes du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient ne débarquent en Indochine que début octobre15.

Selon Jacqueline Denier, « le nombre des victimes de ces journées des 24-25-26 septembre a pu être estimé à près de 300 Français et à peu près autant de Vietnamiens »10. Un monument dédié aux victimes des 24-25-26 septembre 1945 « Morts pour la France » à Saïgon est érigé au cimetière de Nogent-sur-Marne.

Les accords Hô-Sainteny

Un coup de force communiste est redouté par les autres partis politiques vietnamiens, mais le PCI les prend de court en annonçant son auto-dissolution le 11 novembre 1945, tout en demeurant actif dans les faits sous les traits de la ligue Việt Minh. Hô Chi Minh garde ainsi la maîtrise du jeu, en évitant momentanément un conflit ouvert avec ses adversaires politiques. En mars 1946, les accords Hô-Sainteny reconnaissent le Việt Nam indépendant, au sein de l’Union française; mais ils sont rendus caducs dès le mois de juin, par la proclamation de la République de Cochinchine, sur l’instigation de l’amiral d’Argenlieu. À l’été 1946, la conférence de Fontainebleau échoue à régler le contentieux entre le gouvernement français et le Việt Minh. La situation politique débouche à l’hiver 1946 sur la guerre d’Indochine.

Notes et références

  1. ↑ a, b et c Jacques Valette, La Guerre d’Indochine 1945-1954, Armand Colin, 1994, p. 20
  2. ↑ Jacques Dalloz, La Guerre d’Indochine, Seuil, 1987, page 79
  3. ↑ Philippe Franchini, Les Guerres d’Indochine, tome 1, Pygmalion-Gérard Watelet, 1988, page 204 et 225
  4. ↑ Jacques Valette, La Guerre d’Indochine 1945-1954, Armand Colin, 1994, p. 21
  5. ↑ Pierre Montagnon, La France coloniale, t.2 : retour à l’Hexagone, Pygmalion-Gérard Watelet, 1990, p. 128-129
  6. ↑ Jean-Louis Margolin, in Le Livre noir du communisme, Robert Laffont, 2002, pp. 619-620
  7. ↑ Jacques Valette, La Guerre d’Indochine 1945-1954, Armand Colin, 1994, p. 31
  8. ↑ Jacques Valette, La Guerre d’Indochine 1945-1954, Armand Colin, 1994, p. 44
  9. ↑ Jacques Dalloz, La Guerre d’Indochine, Seuil, 1987, pages 81-82
  10. ↑ a et b Les massacres de septembre 1945 à Saïgon [archive]
  11. ↑ Jean-Louis Margolin, in Le Livre noir du communisme, Robert Laffont, 2002, pp. 620
  12. ↑ Christiane d’Ainval, Les Belles heures de l’Indochine française, Perrin, 2001, p. 291
  13. ↑ Jacques Valette, La Guerre d’Indochine 1945-1954, Armand Colin, 1994, p. 45
  14. ↑ Philippe Franchini, Les Guerres d’Indochine, tome 1, Pygmalion-Gérard Watelet, 1988, page 243
  15. ↑ Jacques Dalloz, La Guerre d’Indochine, Seuil, 1987, page 85

1 avril 2013

Conférence de Bretton Woods

Classé sous — milguerres @ 23 h 38 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  

Conférence de Bretton Woods

1 juillet 1944

 

Du 1er au 22 juillet se tient la conférence monétaire internationale de Bretton Woodsdans le New Hampshire, aux Etats-Unis. La France, représentée par Pierre Mendès France, fait partie des 44 pays participants. Tous sont en guerre contre les puissance de l’Axe, l’Allemagne, l’Italie et le Japon. A l’issue de la rencontre, deux institutions internationalesseront créées : le Fond Monétaire International (FMI) et la Banque internationale pour lareconstruction et le développement (BIRD) ou Banque mondiale. Elles ont pour objectif d’assurer la reconstruction et le développement économiques du monde après la guerre. De plus, avec l’adoption du système du « Gold Exchange Standard » (l’étalon de change-or), ledollar est instauré comme monnaie de référence et sa valeur est définie sur celle de l’or.

Des transcriptions inédites de Bretton Woods retrouvées

Les textes ont été découverts par hasard dans un ministère américain. Tombées dans l’oubli, des transcriptions inédites de la conférence de Bretton Woods lèvent totalement le voile sur la difficile naissance en 1944, du FMI et de la Banque mondiale, piliers de l’architecture économique et financière mondiale de l’après-guerre. 

« J’étais venu chercher un ouvrage dans la bibliothèque du Trésor et j’ai vu qu’il y avait un rayon ‘documents non-référencés’. J’ai simplement voulu savoir ce qu’il y avait dedans », explique Kurt Schuler, un économiste du ministère. Ce passionné d’histoire met alors la main sur de volumineux tomes noirs datés du 1er au 22 juillet 1944 et renvoyant à la « Conférence monétaire et financière des Nations unies », plus connue sous le nom de Bretton Woods, ville du New Hampshire(nord-est des Etats-Unis) qui accueillait le sommet.

Compulsant ces centaines de pages poussiéreuses, M. Schuler découvre les échanges, parfois tendus, entre délégués de 44 nations venus poser les fondations du système financier international à l’initiative de la Grande-Bretagne et de son représentant, l’économiste John Maynard Keynes. « Quand j’ai compris que cela n’avait jamais été publié, j’ai su que c’était potentiellement important », ajoute-t-il.

 

 

Harry Dexter White (à gauche) et John Maynard Keynes en 1946, le jour de l'inauguration officielle du Fonds monétaire international créé à Bretton Woods.

 

 

Deux ans après cette découverte, « Les transcriptions de Bretton Woods » viennent d’être rassemblées dans un ouvrage numérique publié aux Etats-Unis et constituent un « précieux trésor », témoigne en préface l’ancien directeur général du FMI, le Français Jacques de Larosière. « Même s’il y a eu des milliers de pages écrites sur Bretton Woods, rien ne vaut une transcription directe », souligne-t-il.

DES DÉBATS TOUJOURS D’ACTUALITÉ

Principal enseignement de ces archives déterrées : les débats les plus vifs à l’époque ne sont pas très éloignés de ceux qui animent aujourd’hui le FMI. Contestant une proposition américaine, plusieurs pays s’opposent alors aux « quote-parts » qui leur sont attribuées et qui détermineront leurs droits de vote au sein de l’institution.

« En dépit du discours très éloquent et émouvant du délégué des Etats-Unis, [...] je tiens à dire que les quotes-parts proposées pour mon pays sont inacceptables », s’écrie le représentant iranien. Le délégué chinois campe sur la même ligne, mais tient à dire qu’il « hésite grandement à exprimer une note de discorde à cette conférence ».

Même les grandes puissances donnent de la voix. « C’est avec grande déception que nous avons noté que les quotes-parts que vous avez établies ne répondent pas à nos attentes », soutient Pierre Mendès France au nom du « Gouvernement provisoire de la République française ». Selon lui, la France ne se voit pas reconnaître l’influence qu’elle « va probablement » exercer après la guerre.

« Ce document est d’une grande valeur historique », commente de son côté Eric Rauchway, historien à l’université UC Davis en Californie (ouest). « Nous savions déjà [...] que des discussions avaient eu lieu dans les chambres d’hôtels, les couloirs et les bars, mais on voit ici que les négociations ont également éclaté en pleine session », dit-il.

A Bretton Woods comme aujourd’hui, les pays émergents cherchent également à se faire une place de choix au sein du conseil d’administration du FMI, le principal organe de décision. « Nous pensons que les pays du Moyen-Orient devraientobtenir un siège en tant qu’entité économique unique. Il va sans dire que les petits pays ont besoin d’être bien représentés », assure le représentant de l’Egypte. Son vœu ne sera toutefois pas exaucé.

Au-delà des différends, ces minutes donnent aussi à voir un embryon de communauté internationale, deux ans avant la naissance de l’ONU. « Cela témoigne d’uune approche de la coopération économique totalement différente de celle qui prévalait avant la guerre », estime M. Schuler, qui espère faire traduire son ouvrage en français.

Depuis le début de la crise financière, en 2007-2008, les références à un « nouveau » Bretton Woods ou à un « retour » à Bretton Woods font partie intégrante de la rhétorique des économistes et dirigeants à travers le monde.  

 

Bretton Woods, conférence mythique

Ce fut l’une des propositions formulées par Nicolas Sarkozy dans son discours prononcé à Toulon le 25 septembre : « Il faut remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial, comme on le fit à Bretton Woods après la seconde guerre mondiale. » Le 31 août, lors de l’université d’été du Parti socialisteFrançois Hollande plaidait lui aussi pour un « nouveau Bretton Woods« .

Depuis quelques semaines, l’idée dépasse donc les clivages politiques. Y compris parmi les experts. « Un nouveau Bretton Woods est indispensable », affirmaient ainsi, au milieu de l’été, les économistes Jacques CossartJean-Marie Harribey etDominique Plihon, tous trois membres du conseil scientifique d’Attac (Le Mondedu 17 août). Un diagnostic partagé par d’autres. A l’instar de Christian de Boissieuet Jean-Hervé Lorenzi, respectivement président du Conseil d’analyse économique et du Cercle des économistes, appelant pas plus tard que cette semaine à la « convocation rapide d’un Bretton Woods financier«  (Le Monde du 8 octobre)…

Le projet, à vrai dire, ne doit pas étonner. Il revient sur le tapis à chaque grande crise monétaire. Trois mois après le krach d’octobre 1987, Edouard Balladur, alors ministre de l’économie et des finances, déplorait déjà l’« effondrement du système de Bretton Woods ». Et quand son lointain successeur à Bercy, Dominique Strauss-Kahn, formule en 1998 une liste de propositions destinées à « faire face à l’instabilité financière internationale », il choisit pour titre au mémorandum qu’il soumet à ses partenaires européens : « Construire un nouveau Bretton Woods »…

Bretton Woods… Que s’est-il donc passé de si extraordinaire dans cette paisible bourgade du New Hampshire, située à 200 km au nord de Boston, pour que la conférence qui s’y déroula du 1er au 22 juillet 1944 ait à ce point marqué les esprits ? Comment expliquer que, plus de soixante ans plus tard, économistes et hommes politiques continuent de citer pieusement le nom d’une petite ville qui n’aurait pu rester célèbre que pour la qualité de son domaine skiable ?

Si Bretton Woods est resté dans les mémoires, c’est en fait parce que c’est là, et plus précisément dans la luxueuse enceinte du Mount Washington Hotel, que furent jetées les bases du système monétaire de la seconde moitié du XXe siècle. Rien, pourtant, ne laissait présager que les institutions alors créées – le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) – existeraient encore aujourd’hui.

Car l’avenir, vu de Bretton Woods, paraît incertain. Quand s’ouvre la conférence, en effet le monde est encore en pleine guerre. Certes, la victoire des Alliés, qui ont débarqué en Normandie trois semaines plus tôt, ne fait plus guère de doute. Mais nul ne sait quand l’Allemagne et le Japon capituleront. Bien qu’affaiblies, les forces de l’Axe restent menaçantes. Les Européens présents à Bretton Woods en ont pris la mesure en traversant l’Atlantique à bord du Queen Mary, où interdiction leur a été faite de quitter leurs gilets de sauvetage…

Dans quel état d’esprit sont-ils, ce 1er juillet 1944, les 735 délégués des 44 gouvernements invités par le président américain Franklin D. Roosevelt ? A vraidire, aucun d’eux ne peut dire s’ils parviendront à se quitter rapidement sur un accord. Ils savent, en revanche, que ce qui les unit est plus fort que ce qui les divise. Tous souhaitent éviter les erreurs commises dans les années 1920 et 1930. Tous sont ainsi convaincus que les changes flottants et les multiples dévaluations monétaires qui ont marqué cette période, ont contribué à précipiter le monde dans la crise économique puis dans la guerre. Et tous gardent en tête, comme un contre-modèle, la piteuse conférence de Londres de 1933, lors de laquelle les grandes puissances ont été incapables de s’entendre pour restaurer la stabilité monétaire ébranlée par la première guerre mondiale.

735 délégués, donc. Parmi eux, Pierre Mendès France représente le gouvernement provisoire du général de Gaulle, dont il est le commissaire aux finances. Mendès reviendra épuisé de Bretton Woods. Il gardera le souvenir de négociations difficiles, largement dominées par deux fortes personnalités : Harry Dexter White, le sous-secrétaire américain au Trésor, et l’économiste John Maynard Keynes qui, malgré des problèmes cardiaques l’obligeant parfois à quitterle devant de la scène (il mourra vingt mois plus tard à l’âge de 62 ans), mène avec virtuosité les pourparlers au nom des Britanniques. White et Keynes se connaissent très bien. Voilà déjà deux ans qu’ils réfléchissent ensemble à l’avenirdu système monétaire international.

Anglais et Américains, certes, ne sont pas d’accord sur tout, notamment sur le projet de Keynes de créer une monnaie internationale, le « bancor », convertible dans les différentes monnaies nationales… Mais ils ont mis de côté la plupart de leurs divergences lors d’un sommet restreint organisé à Atlantic City, dans le New Jersey, quelques jours avant de faire route pour le New Hampshire. De sorte qu’ils arrivent en position de force à Bretton Woods, où les accords signés le 22 juillet correspondent dans les grandes lignes à leurs projets. Ceux-ci sont au nombre de trois.

Le premier concerne l’obligation pour chaque Etat de définir la valeur de sa monnaie par rapport à l’or ou au dollar, seule la monnaie américaine étant désormais convertible en or (une once d’or fin correspondant à 35 dollars). Une sorte de retour au vieux système de l’étalon-or, à cela près que le dollar a dorénavant détrôné la livre-sterling comme monnaie de référence. Hantés par lesouvenir des changes flottants des années 1930, les négociateurs instaurent ainsi un régime de parités quasi fixes entre les monnaies, l’écart entre leur valeur « plancher » et leur valeur « plafond » ne pouvant dépasser 2 %.

Sans la création d’institutions durables, cependant, les délégués présents à Bretton Woods savent que ces principes ne peuvent être garantis à long terme. Deux organismes sont donc créés. L’un, le FMI, doit permettre aux pays à cours de devises de s’en procurer. Autrement dit, leur donner la possibilité, en cas de déficit momentané de leur balance des paiements, d’obtenir une sorte de crédit afin d’éviter le recours aux dévaluations. De son côté, la BIRD, plus connue sous le nom de Banque mondiale, a pour but de favoriser le développement économique en accordant aux Etats des prêts à long terme et à faible taux afin definancer des projets précis.

Plus encore que leurs objectifs, ce sont les modalités de fonctionnement du FMI et de la BIRD qui font l’objet, à Bretton Woods, des discussions les plus serrées. Chaque pays, en effet, se préoccupe avant tout de fixer sa « quote-part », autrement dit la somme qu’il doit fournir aux deux institutions, laquelle détermine en retour le montant de l’aide qu’il peut réclamer. Un enjeu politique autant qu’économique. Pierre Mendès France, par exemple, négociera d’arrache-pied pour que la quote-part française soit la plus élevée possible. La souveraineté nationale est à ce prix au moment où le général de Gaulle lutte pour le maintien du franc, au grand dam des Américains et de leurs « billets Amgot » (du nom du gouvernement militaire qu’ils envisagent alors d’établir dans l’Europe libérée).

Le paradoxe de « Bretton Woods » est que les institutions créées à l’époque auront finalement survécu aux principes qu’elles étaient censées garantir. A partir de la fin des années 1950, en effet, le déficit de la balance des paiements américaine se creuse et les réserves en or des Etats-Unis diminuent. Le 15 août 1971, le président Richard Nixon annonce la suspension de la convertibilité du dollar en or. Le dollar est dévalué et le régime des parités fixes devient définitivement caduc. Ce que finissent par reconnaître officiellement les accords de la Jamaïque, en 1976.

Si le retour aux changes flottants scelle, dès le début des années 1970, l’échec du système de Bretton Woods, l’esprit de Bretton Woods, lui, survit. Dans la croyance en la capacité des hommes à surmonter les pires crises monétaires pour peu que les Etats acceptent de se concerter. Une forme de confiance résumée par Keynes dans le discours de clôture qu’il prononça le 22 juillet 1944 :« Si nous continuons notre tâche, le cauchemar se terminera et la fraternité sera davantage qu’un mot.« 

Thomas Wieder

 

 

 

Le détail des mesures

Le contexte. La conférence de Bretton Woods (New Hampshire) s’est tenue du 1er au 22 juillet 1944. Y ont pris part 44 gouvernements engagés dans la guerre contre l’Allemagne et le Japon, soit 735 délégués, dont l’Américain Harry Dexter White, le Britannique John Maynard Keynes (Royaume-Uni) et le Français Pierre Mendès France.

Deux organismes ont été créés.

- Le Fonds monétaire international (FMI), qui compte 185 pays membres. Quatre Français ont dirigé le FMI depuis sa création : Pierre-Paul Schweitzer (1963-1973), Jacques de Larosière (1978-1987), Michel Camdessus (1987-2000) et Dominique Strauss-Kahn (depuis 2007). Son siège se trouve à Washington.

- La Banque internationale de reconstruction et de développement (BIRD), également appelée Banque mondiale, est présidée depuis 2007 par l’Américain Robert Zoellick. Elle siège à Washington.

 

 

Sources 

http://www.linternaute.com/histoire/jour/evenement/1/7/1/a/47707/conference_de_bretton_woods.shtml

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/11/bretton-woods-conference-mythique_1105710_1101386.html  

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/22/des-transcriptions-inedites-de-bretton-woods-retrouvees_1794106_3234.html

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Bataille de Henan-Hunan-Guangxi ou Opération Ichi-Go

Classé sous — milguerres @ 16 h 49 min

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Bataille de Henan-Hunan-Guangxi ou Opération Ichi-Go

Bataille de Henan-Hunan-Guangxi ou Opération Ichi-Go guangx10guangx11

Plan de l’offensive japonaise

L’Opération Ichi-Go (en japonais : 一号作戦, Ichi-gō Sakusen, soit « Opération numéro un »), dite également pour les chinois Bataille de Henan-Hunan-Guangxi (豫桂湘会), fut une offensive de grande ampleur, menée en 1944 par l’Armée impériale japonaise contre l’Armée nationale révolutionnaire chinoise et l’Armée de l’air américaine pendant la guerre sino-japonaise. Les troupes japonaises remportèrent sur le terrain une victoire militaire, qui se traduisit par des gains stratégiques relatifs.

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Chars légers japonais durant l’opération Ichi-Go.

Les buts de l’armée japonaise étaient d’ouvrir une route vers l’Indochine française et de s’emparer des bases du sud-est de la Chine, qui servaient à l’US Army Air Force pour lancer des attaques contre leurs lignes, notamment dans le cadre de l’opération Matterhorn.

Les Japonais commencèrent par défaire en avril et mai les troupes chinoises employées à défendre la position stratégique de Luoyang. À partir du mois de mai, les troupes japonaises purent avancer et occuper Changsha, Hengyang, Guilin et Liuzhou.
Bien qu’ayant atteint leur objectif en rejoignant l’Indochine, les Japonais ne parvinrent cependant pas à stopper les frappes aériennes américaines. La 14th USAAF abandonna simplement les bases côtières menacées, pour se déplacer vers l’intérieur du pays, tout en continuant ses attaques contre les troupes japonaises. La 20th USAAF déplaça ses bases aux îles Mariannes, récemment libérée lors de l’opération Forager. Le bénéfice en matière de sécurité était donc très médiocre pour l’armée japonaise, malgré des gains territoriaux importants. L’augmentation des territoires occupés en Chine obligea de surcroît les Japonais à disperser davantage leurs troupes.

Batailles de l’opération
voir 
Bataille de Changsha 
Bataille de Guilin-Liuzhou

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L’empereur Hirohito et les crimes de guerre du Japon

Classé sous — milguerres @ 11 h 09 min

 

 

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Ceux que l’on maudirait !

 

L’empereur Hirohito et les crimes de guerre du Japon

 

Les crimes

Meurtres de masse
Expériences sur des êtres humains et guerre bactériologique
Utilisation d’armes chimiques
Famines évitables
Tortures de prisonniers de guerre
Cannibalisme
Travail forcé
Femmes de réconfort (prostitution forcée pour les militaires japonais)
Pillage
Hommes enterrés vivants 

dans cette liste ne sont pas évoqués les enfants, je préfère ne pas y penser … mais je vais ajouter
tout de même -> pédophilie, je ne pense pas qu’ils aient pu être épargnés !! (Hayet)

En raison du grand degré de souffrance causé par l’armée japonaise au cours des années 1930 et 40, elle est souvent comparée à l’armée du troisième Reich au cours de la période 1933-1945.
L’historien Chalmers Johnson (en) a écrit que :
« Établir lequel des deux agresseurs de l’Axe, l’Allemagne ou le Japon, fut au cours de la Seconde Guerre mondiale le plus brutal à l’égard des peuples qu’ils martyrisèrent est dénué de sens.

Les Allemands ont tué six millions de Juifs et 20 millions de Russes (c à d de citoyens soviétiques);
les Japonais ont massacré pas moins de 30 millions de Philippins, Malais, Vietnamiens, Cambodgiens, Indonésiens et Birmans, dont au moins 23 millions étaient ethniquement chinois.
Ces deux pays ont pillé les pays qu’ils ont conquis à une échelle monumentale, encore que le Japon a volé plus, et sur une plus longue période, que les nazis.
Les deux conquérants ont réduit en esclavage des millions de personnes et les ont exploitées comme main d’œuvre forcée – et, dans le cas des Japonais, comme prostituées(de force) pour les troupes du front.

Si vous étiez un prisonnier de guerre Nazi aux mains du Royaume-Uni, des États-Unis, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande ou du Canada (mais pas de la Russie), vos chances de ne pas survivre à la guerre s’élevaient à 4 % ;

en comparaison, le taux de mortalité pour les prisonniers de guerre aux mains des Japonais approchait les 30 %7. »

PS : on évoque plus lors de la Seconde Guerre Mondiale le massacre juif, mais voyez les chiffres des 20 millions de Russes et des 30 millions d’asiatiques … c’est phénoménal … !!!! pourquoi « l’Histoire » se focalise sur les juifs plus que sur les autres populations ? (les chiffres, ici, n’évoquent pas les massacres dans les pays de l’Est, en Grèce, en Afrique, et, en France …) Hayet

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Publié le 06 janvier 2010 par Matsumiya
Hirohito (裕仁) ou Hiro-Hito, connu désormais au Japon sous son nom de règne posthume Shôwa Tennô (昭和天皇) ou Empereur Shôwa (né le 29 avril 1901 à Tôkyô – décédé le 7 janvier 1989 à Tôkyô), fut empereur du Japon du 25 décembre 1926 à sa mort.
Fils de l’empereur Taishô et de l’impératrice Teimei, frère des princes Yasuhito Chichibu, Nobuhito Takamatsu et Takahito Mikasa, il a été le 124e empereur selon la tradition shintô. Son règne, le plus long de l’histoire japonaise, coïncide avec l’ère Shôwa (昭和) d’où il tire son nom posthume.
L’empereur Shôwa est l’un des personnages majeurs de la Seconde Guerre mondiale. La question de sa responsabilité personnelle dans les activités militaires et les crimes de guerre du Japon en Asie avant puis durant la Seconde Guerre mondiale a eu une grande importance politique et fait l’objet de nombreux travaux historiques. (…)

De nombreuses personnes en Chine, en Corée et dans le sud-est asiatique estiment que l’empereur Shôwa est le principal responsable des atrocités commises par l’armée impériale en Asie pendant la Seconde Guerre mondiale et que, de même qu’un bon nombre de membres de la famille impériale, il aurait dû être jugé pour crimes de guerre. Cette famille est en conséquence encore considérée avec hostilité par de nombreux habitants des pays occupés par les Japonais durant la guerre.
La question cruciale est celle du pouvoir effectif exercé par l’Empereur sur les militaires japonais durant la guerre. La version la plus communément admise au Japon et en Occident jusque dans les années 1990 le présente comme un spectateur impuissant dans le domaine politique, marginalisé par un état-major militaire tout-puissant et des politiciens bellicistes.
Le débat sur le rôle effectif de l’Empereur fut éludé à la fin de la guerre car le général MacArthur, gouverneur suprême des forces alliées, voulait non seulement conserver l’institution impériale comme symbole et garant de la cohésion du pays mais plus encore s’assurer de la collaboration docile de la personne impériale. Balayant les pressions de nombreux dignitaires japonais et membres de la famille impériale comme les princes Takamatsu, Mikasa et Higashikuni qui souhaitaient l’abdication de l’Empereur Shōwa et la mise en place d’une régence, il refusa l’inculpation et même l’audition de l’Empereur lors des procès de Tôkyô. Afin de protéger au mieux ce dernier, cette exonération s’étendit à tous les membres de sa famille. À compter de 1954, les gouvernements japonais successifs ont appuyé la diffusion d’une image officielle d’un empereur isolé, s’opposant sans succès à la clique militariste.

Cette vision des choses a toutefois été ébranlée depuis les années 1990 [les italiques sont de nous] par l’analyse des archives japonaises dont notamment les documents rédigés par le général Sugiyama, le prince Konoe, le prince Takamatsu et le garde des sceaux Kido. La redécouverte du travail monumental de l’historien Shirô Hara, ancien membre de l’armée impériale, publié en cinq volumes en 1973 et 1974 sous le titre Daihon’ei senshi, a également contribué à cette révision.
Ces archives démontrent une implication directe et soutenue de l’Empereur, non seulement dans la gestion des affaires de l’État, mais aussi dans la conduite de la guerre [les italiques sont de nous]. Selon plusieurs historiens dont Akira Fujiwara, Akira Yamada, Peter Wetzler et Herbert Bix, l’Empereur n’était ni un belliciste, encore moins un pacifiste, mais essentiellement un opportuniste [les italiques sont de nous] qui gouvernait en collégialité. Conformément à la tradition, chaque décision d’importance était ainsi soupesée par l’état-major et le conseil des ministres puis soumise à l’empereur pour approbation 

L'empereur Hirohito et les crimes de guerre du Japon leonar10
L’Australien Leonard Siffleet (en), capturé en Nouvelle-Guinée, est photographié quelques secondes avant son exécution par décapitation.japane11
Soldat japonais s’exerçant à la baïonnette sur le cadavre d’un soldat chinois.

The Hengyang Massacre

When I got home this time, my sister handed me a book. She said that she was at a book signing, and she asked the author to sign the book to me personally. Thus, on the inside page, there is my name with the words « … who was born in Shanghai the year I left. » The author is Roy Rowan, and the title of the book is Chasing The Dragon.
Roy Rowan worked for Time-Life in China. His journalism career began while he was working for the United Nations Relief and Rehabilitation Administration (UNRRA). Here is his explanation from the book:
(p.70) My reporting was still confined to note-taking for the as-yet-unwritten « UNRRA in Bandit Land » exposé. The woman serving as my literary agent in New York City had probably now given up hope of ever getting it. « Why don’t you send me more pictures? » she wrote. « They’re easier to sell. »
I had already sent her a macabre set of photographs of five thousand Chinese skulls lined up temple-to-temple on a hillside — an eerie image of ten thousand empty eye sockets starting into space. She seemed excited about the possibility of the pictures being published. As my accompanying captions explained, the grisly gallery, which I called « A Stadium of Skulls, » had been erected by the citizens of Hengyang in Hunan Province as a memorial to their relatives, massacred by the Japanese in 1944. Buried in shallow trenches, the fleshless skeletons were exhumed right after the war. Then, the whitened skulls were arranged in tiers to simulate a grandstand of ghosts overlooking the scene of their slaughter. « That stadium of skulls is far eloquent than any man-made memorial, » the agent immediately wrote back. « I’ve forwarded the negatives to Lifemagazine. » 

stadiu10
Here is the famous « Stadium of Skulls » photo by Roy Rowan

***

Question de la responsabilité personnelle de l’Empereur

De nombreuses personnes en Chine, en Corée et dans le sud-est asiatique estiment que l’empereur Shōwa est le principal responsable des atrocités commises par l’armée impériale en Asie pendant la Seconde Guerre mondiale et que, de même qu’un bon nombre de membres de la famille impériale, il aurait dû être jugé pour crimes de guerre. Cette famille est en conséquence encore considérée avec hostilité par de nombreux habitants des pays occupés par les Japonais durant la guerre.
La question cruciale est celle du pouvoir effectif exercé par l’Empereur sur les militaires japonais durant la guerre. La version la plus communément admise au Japon et en Occident jusque dans les années 1990 le présente comme un spectateur impuissant dans le domaine politique, marginalisé par un état-major militaire tout-puissant et des politiciens bellicistes.

Le débat sur le rôle effectif de l’Empereur fut éludé à la fin de la guerre car le général MacArthur, gouverneur suprême des forces alliées, voulait non seulement conserver l’institution impériale comme symbole et garant de la cohésion du pays mais plus encore s’assurer de la collaboration docile de la personne impériale. Balayant les pressions de nombreux dignitaires japonais et membres de la famille impériale comme les princes Takamatsu, Mikasa et Higashikuni qui souhaitaient l’abdication de l’Empereur Shōwa et la mise en place d’une régence, il refusa l’inculpation et même l’audition de l’Empereur lors des procès de Tokyo. Afin de protéger au mieux ce dernier, cette exonération s’étendit à tous les membres de sa famille. À compter de 1954, les gouvernements japonais successifs ont appuyé la diffusion d’une image officielle d’un empereur isolé, s’opposant sans succès à la clique militariste.
Cette vision des choses a toutefois été ébranlée depuis les années 1990 par l’analyse des archives japonaises dont notamment les documents rédigés par le général Sugiyama, le prince Konoe, le prince Takamatsu et le garde des sceaux Kido. La redécouverte du travail monumental de l’historien Shirō Hara, ancien membre de l’armée impériale, publié en cinq volumes en 1973 et 74 sous le titre Daihon’ei senshi, a également contribué à cette révision.
Ces archives démontrent une implication directe et soutenue de l’Empereur, non seulement dans la gestion des affaires de l’État, mais aussi dans la conduite de la guerre. Selon plusieurs historiens dont Akira Fujiwara8, Akira Yamada9, Peter Wetzler10 et Herbert Bix11, l’Empereur n’était ni un belliciste, encore moins un pacifiste, mais essentiellement un opportuniste qui gouvernait en collégialité. Conformément à la tradition, chaque décision d’importance était ainsi soupesée par l’état-major et le conseil des ministres puis soumise à l’empereur pour approbation.
Les années marquantes du règne de l’Empereur Shōwa (entre 1926 et 1945) virent l’accroissement de l’influence des partisans de l’expansionnisme colonial désireux de faire du Japon l’égal des grandes puissances occidentales. L’Empereur, d’abord réticent, se laissa peu à peu convaincre et cautionna une politique agressive qui allait déboucher sur l’invasion de la Mandchourie en 1931, puis du reste de la Chine en 1937 (appelée Deuxième Guerre sino-japonaise) ainsi que sur une alliance avec l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie (pacte tripartite) et une invasion de l’Asie du sud-est qui entraîna la Seconde Guerre mondiale.
Ce courant donna également naissance à une idéologie nationaliste selon laquelle le Japon était une nation guidée par le descendant de la déesse Amaterasu Omikami et faite pour dominer ses voisins. Dès le début des années trente, des idéologues comme Sadao Araki, ministre de l’Éducation en 1938 et 1939, cherchèrent à revitaliser la doctrine traditionnelle du Hakko ichiu (huit coins sous un seul toit), et à en faire le cœur d’une « Restauration Shôwa ». Les principes fondamentaux de cette doctrine soutiennent que le Japon est le centre du monde et gouverné par un être divin et que le peuple japonais, protégé par les kami, est supérieur aux autres. La mission divine du Japon est donc d’unir les huit coins du monde sous un seul toit12. Des politiciens comme le premier ministre Fumimaro Konoe ordonnèrent ainsi la distribution, notamment dans les écoles, de pamphlets comme le Kokutai no hongi (les fondements de la politique nationale) reprenant ces principes. Cette conception de la supériorité japonaise eut de profondes répercussions lors de la guerre. Ainsi, les ordres émanant du quartier-général impérial utilisaient fréquemment le terme kichibu (bétail) pour décrire les Alliés, mépris qui favorisa selon certains auteurs la violence à l’encontre des prisonniers, conduisant jusqu’à la pratique du cannibalisme13.
Au fil des années, l’Empereur Shōwa devint de plus en plus directif et interventionniste, notamment par le biais du quartier-général impérial, institué en octobre 1937. Alors que l’armée impériale et la marine impériale disposaient d’un droit de veto sur la constitution des cabinets depuis 1900, l’Empereur imposa unilatéralement ses choix à partir de 1939.
notes :
9. ↑ Hirohito and the making of modern Japan, 2001
10. ↑ Walter Edwards, Forging tradition for a holy war : the Hakko ichiu in Miyazaki and japanese wartime ideology, 2003
11. ↑ Yuki Tanaka, Hidden horrors : Japanese war crimes in world war II, 1996, Selon Tanaka, « …le cannibalisme fut souvent une activité systématique menée par des escouades entières et sous le commandent d’officiers », p.127, Russell of Liverpool, The knights of bushido : A short history of Japanese war crimes, 2002, p.238
12. ↑ Walter Edwards, Forging tradition for a holy war : the Hakko ichiu in Miyazaki and japanese wartime ideology, 2003
13. ↑ Yuki Tanaka, Hidden horrors : Japanese war crimes in world war II, 1996, Selon Tanaka, « …le cannibalisme fut souvent une activité systématique menée par des escouades entières et sous le commandent d’officiers », p.127, Russell of Liverpool, The knights of bushido : A short history of Japanese war crimes, 2002, p.238

sources 
wikipédia 
http://www.zonaeuropa.com/20050406_1.htm
 http://www.paperblog.fr/2798454/387-l-empereur-hirohito-et-les-crimes-de-guerre-du-japon/#jXcHDhII0Hvdt6Si.99   

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Famine de 1944-1945 au Viêt Nam

Classé sous — milguerres @ 11 h 04 min

 

 

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Chronologie de la Seconde Guerre mondiale 

Famine de 1944-1945 au Viêt Nam

 

 

La famine vietnamienne de 1945 (Vietnamien : Nạn đói năm Ất Dậu - la famine de l’année de Ất Dậu) s’est produite en Indochine française, au Tonkin (nord du Viêt Nam actuel), d’octobre 1944 à mai 1945, pendant l’occupation japonaise du pays. On estime entre 400 000 et 2 millions le nombre de personnes mortes de faim pendant cette période.

Causes

Il y a beaucoup de causes à cette famine. Après la grande dépression des années 1930, la France revient à sa politique de protectorat économique et monopolise l’exploitation des ressources naturelles en Indochine française. Les personnes en Indochine augmentent la valeur économique du secteur[Quoi ?], mais seuls les Français, une petite minorité de Vietnamiens et de Hoa (chinois) et certaines villes en bénéficient.

Quand la guerre commence, la France est affaiblie. À l’est de l’Asie, Le Japon commence à s’étendre et considère l’Indochine comme pont vers le sud de l’Asie et la domination de la Chine. Au milieu de 1940, la France est occupée par l’Allemagne, le Japon accroit sa pression sur la France et entre en Indochine l’année suivante.

Durant la Seconde Guerre mondiale en Indochine française. Les interventions de la France, de l’Empire du Japon, et des États-Unis au Vietnam ont été néfastes aux activités économiques vietnamiennes. Les changements militaires et économiques ont plongé la partie nord du pays dans la famine.

Indirectement, la mauvaise gestion de l’administration française au Vietnam a joué un rôle. Les Français ont reformé l’économie afin de servir l’administration et satisfaire les besoins de la guerre, parce qu’ils étaient eux-mêmes envahis. Les causes naturelles incluent des désastres tels que des inondations détruisant les récoltes au nord (Tonkin). Une période de sècheresse couplée à des parasites fait diminuer la récolte de 1944-1945, qui ne rapporte que de 800 000 à 850 000 tonnes, pour des besoins courants de 1 100 000 tonnes. Une inondation pendant la saison des moissons entraîne la crise. L’administration française ne s’en alarme pas, jugeant le fait banal en pays de mousson1.

L’Indochine est entrainée dans une économie de guerre, avec la France et le Japon en concurrence dans l’administration. Beaucoup de gens mettent la famine sur le compte des troupes japonaises qui, en accaparant les produits alimentaires des paysans et en les forçant à cultiver la jute au lieu du riz, les privent de la nourriture nécessaire, mais la France appliquait déjà cette politique. Ils avaient diminué la terre réservée aux cultures vivrières essentielles telles que le maïs et les pommes de terre pour faire place au coton, à la jute, et à d’autres plantes industrielles. De ce fait, les récoltes alimentaires diminuent considérablement.

Famine, exode et épidémies

Tandis que le Tonkin est occupé par le Japon, les Alliés, particulièrement les États-Unis, bombardent souvent les routes, attaquant cargos, trains, ponts et même charrettes à bœuf1, rendant le transport du riz à partir du sud vers le nord extrêmement difficile.

La France et le Japon réquisitionnent la nourriture des fermiers pour l’alimentation de leurs troupes, tandis que l’administration française désorganisée ne peut pas fournir et distribuer la nourriture. Les approvisionnements alimentaires insatisfaisants causent la famine, dès le début de 1944.

En janvier et février 1945, une partie de la population des provinces maritimes s’affole et entame, dans des conditions désastreuses, une migration vers des provinces où la récolte est censée avoir été meilleure : environ 50 000 personnes périssent durant cet exode. Des camps de migrations accueillent les voyageurs imprudents1.

En mars 1945, Le Japon prend le pouvoir par un coup de force contre les Français et établit un gouvernement dirigé par Trần Trọng Kim. Tandis que ce gouvernement essaie d’alléger la souffrance, le Japon en reste à sa politique de réquisitions de nourriture. Dès le 10 mars, au lendemain de leur prise du pouvoir, les Japonais saisissent toutes les jonques et les convois de riz, s’emparant des stocks de riz de Hanoï, Vinh et Bắc Giang2. Faute de réels moyens alloués au gouvernement vietnamien, la famine continue après mars de ravager le nord du pays. Du fait des bombardements américains, les communications sont presque totalement interrompues entre le Tonkin et la Cochinchine. A Hanoï, des personnes meurent de faim sur les trottoirs. Des épidémies de typhus et de choléra se déclenchent en ville3. En raison de la guerre et de la paralysie du gouvernement, le prix des marchandises essentielles, particulièrement les produits alimentaires, monte en flèche.

Bilan

Il y a aucune donnée exacte concernant le nombre de victimes de la famine, tout particulièrement en ce qui concerne le second trimestre 1945, mais diverses sources évaluent entre 400 000 à 2 millions de victimes de la faim au nord Vietnam pendant cette période.

En mai 1945, le délégué du gouvernement vietnamien à Hanoï a demandé aux provinces du nord de faire un état du nombre de victimes. Vingt provinces rapportent un total de 380 000 personnes mortes de faim, et 20 000 en raison de maladie, 400 000 au total.

En octobre, un rapport d’un fonctionnaire militaire français a estimé les décès à un demi-million. Le Gouverneur Général Jean Decoux a écrit dans ses mémoires, À la barre de l’Indochine, qu’environ un million d’habitants du nord sont morts de faim.

Des historiens vietnamiens évaluent entre 1 et 2 millions le nombre de victimes.

Plus tard, des historiens indiquent 1 million tandis que des personnes ayant vécu dans le nord pendant cette période évoquent le nombre de 2 millions. Hô Chi Minh, dans sa proclamation d’indépendance vis-à-vis de la France le 2 septembre 1945 a également évoqué le nombre de 2 millions.

Le mouvement Việt Minh porte également une part de responsabilité, ayant toléré que des villages restent bien pourvus tandis que d’autres connaissent la pire disette. Entre août et décembre 1945, sous le gouvernement de la République démocratique du Viêt Nam, proclamé par Hô Chi Minh, plusieurs digues se rompent, faute d’entretien et de main-d’œuvre (la population étant mobilisée), inondant les rizières et aggravant encore la famine au nord du territoire vietnamien4.

Liens externes

  • Images of the famine (in Vietnamese)
  • Famine fed farmers’ fight for freedom (recounting of story with a communist bent)

Notes et références

  1. ↑ a, b et c Jacques Valette, La Guerre d’Indochine, Armand Colin, 1994, page 23
  2. ↑ Jacques Valette, La Guerre d’Indochine, Armand Colin, 1994, page 24
  3. ↑ Jacques Dalloz, La Guerre d’Indochine, Seuil, 1987, pages 65-66
  4. ↑ Jacques Valette, La Guerre d’Indochine, Armand Colin, 1994, pages 23-24

 

 

 http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif

Images rares de la grande famine au Tonkin 1944-45

 [ndlr] Le grand photographe vietnamien Vo An Ninh (1907-2009) a été le témoin direct de la grande famine qui a ravagé une partie du Tonkin l’hiver 1944-1945. Le site Giao Duc.net (Education.net) a mis en ligne le 11 juin 2012 dix neuf clichés rares de cet événement capital qui fit des centaines de milliers de morts (entre 400.000 et deux millions). Un bilan très lourd puisqu’il “représente 10% de la population des provinces touchées en l’espace de cinq mois”, selon Pierre Brocheux, qui souligne qu’il paraît incalculable.

 Famine de 1944-1945 au Viêt Nam nan-doi45-giaoduc.net.vn%20(8)

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nan-doi45-giaoduc.net_.vn-6

sources 

wikipedia 

 http://indomemoires.hypotheses.org/816  

http://giaoduc.net.vn/Ban-doc/Tan-mat-xem-19-buc-anh-ve-nan-doi-nam-1945-cua-co-nghe-si-Vo-An-Ninh/177089.gd?i=7  

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Chronologie de la Seconde Guerre mondiale 

 

 

27 mars 2013

Mussolini,Le Calife Ephemere

Classé sous — milguerres @ 17 h 46 min

 

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Articles, évènements, témoignages

 

Mussolini,Le Calife Ephemere

La Theorie des Echiquiers geants….
Alberto Esposito

Dès avant la marche sur Rome, des thèses arabophiles et islamophiles étaient soutenues à l’intérieur des Fasci di combattimento. Elles dérivaient des multiples expériences politiques – socialiste, républicaine, anarchiste, syndicaliste révolutionnaire, arditiste et avant-gardiste futuriste – qui avaient confluées dans le mouvement fondé par Mussolini le 23 mars 1919. 

L’idée d’une Italie « nation prolétaire », ennemie naturelle des ploutocraties et des impérialismes était très présente dans ce premier fascisme « de gauche », républicain et révolutionnaire. Elle s’était incarnée avec une certaine vigueur dans l’expérience de D’Annunzio à Fiume. 

Entre la fin de la première guerre mondiale et l’assassinat de Mussolini en 1945, une série de faits et de circonstances politiques, nationales et internationales, permirent à l’Italie d’être, ou au moins de sembler être, la nation intermédiaire entre l’Orient et l’Occident. 

Un mois avant la marche sur Rome, Gabriel D’Annunzio, découvrant les grandes et multiples affinités entre l’Évangile et le Coran, affirma que de c’était de l’Orient que viendrait « la nouvelle force » pour la nouvelle Italie, cette Italie qui, à ses yeux, constituait, géographiquement et spirituellement, le pont entre l’Occident et l’Orient. 

Cependant, dans les huit premières années suivant son arrivée au pouvoir, Benito Mussolini n’élabora pas une politique arabe autonome. La raison en était que la politique étrangère italienne avait Londres comme point de référence et que l’attitude de Rome dans les affaires arabes dépendait des discussions qui avaient lieu entre le ministère des Affaires étrangères italien et le Foreign office. De plus, la reconquête de la Libye étant en cours, il était difficile pour Mussolini de mener en même temps un dialogue sincère avec le monde arabe. En outre, les impulsions prônant une politique étrangère vraiment révolutionnaire, y compris vis-à-vis des pays arabes, soutenues par les fascistes les plus dynamiques, étaient étouffées par l’influence excessive qu’avaient alors dans le régime les nationalistes et les catholiques conservateurs. 

C’est seulement au début des années trente que la politique étrangère italienne commença à devenir plus autonome et plus dynamique, et qu’elle tendit à présenter l’Italie comme un « pont » entre l’Occident et l’Orient, un point de référence, « un phare» pour les nations musulmanes. Entre 1930 et 1936, Rome accentua son action culturelle et économique au Moyen-Orient et dans la zone arabo-musulmane en général. Ainsi, on peut citer une série de faits : en 1930, se déroula à Bari, la Feria del Levante ; en 1933 et 1934 sous le patronage des Groupes universitaires fascistes eurent lieu à Rome des conventions des « étudiants orientaux » (c’est-à-dire originaires du Proche et Moyen-Orient) ; en 1934, Radio Bari commença à émettre des émissions en langue arabe ; des subventions furent accordées à des journaux et des journalistes de la presse arabe ; en 1933, fut créé l’Institut pour le Moyen et l’Extrême-Orient, un centre qui développait une activité politique importante. Selon Said Sciturni, un collaborateur arabe de Vita Italiana, la revue de Giovanni Preziosi, entre le monde arabe et l’Italie fasciste, si on faisait abstraction des triviales ententes commerciales et économiques, il existait un lien idéologique qui pèserait d’un poids spécifiques dans le futur. Le monde arabe selon lui était un champ fertile pour l’extension du fascisme, qu’il considérait comme un moyen essentiel pour sa renaissance spirituelle. Pour lui l’Italie devait développer une propagande favorisant le développement du fascisme au Proche-Orient, ainsi elle pourrait faire barrage au communisme dans le monde arabe et conquérir de larges sympathies. 

Dans des circonstances différentes, le président du CAUR (Comités d’action pour l’universalité de Rome, que l’on peut considérer comme une tentative d’Internationale fasciste), Eugène Coselschi, fit référence, dans le message qu’il adressa en septembre 1938 au Congrès anti-bolchevique et anti-judaïque d’Erfurt, aux valeurs de l’Islam (ainsi qu’à celles du bouddhisme) pour les opposer aux « doctrines néfastes qui proposent la subjugation de toutes les nations et de toutes les races à la tyrannie d’une race unique soumises aux prescription du Talmud » tout en exaltant « l’idée universelle de Rome » et sa bataille spirituelle au nom de tous les « croyants qu’ils soient les dévots du Christ(aw), de Mohamed(Aws) ou de Bouddha » contre le matérialisme. 

On a parfois présenté Mussolini comme le « Glaive de l’Isla.Cette definition de la personalité fantasque de Mussolini est tres interessante a remarquer.Particulierement pour comprendre l’ivresse de l’histoire qui animait la pensée et les projets de Mussolini.Cette definition islamique du personnage de Mussulini correspond à la troisième phase de la politique arabo-musulmane du fascisme, celle relative à la seconde moitié des années trente, les années de l’Axe. La veille de la signature de l’alliance italo-allemande, le 24 octobre 1936, Hitler déclara à Galeazzo Ciano, ministre des Affaires étrangère du Duce, que la mer Méditerranée était une mer italienne et que n’importe quelle modification future dans l’équilibre de la Méditerranée ne devrait se faire qu’en faveur de l’Italie, tandis que l’Allemagne aurait toute liberté d’action vers l’Est et vers la Baltique. En orientant ainsi les dynamiques des puissances alliées dans des directions exactement opposées, Adolf Hitler estimait que jamais ne pourrait se produire un conflit d’intérêt entre l’Allemagne et l’Italie. En d’autres termes selon Hitler, les pays arabes qui étaient sous contrôle français et anglais, presque en totalité, constituaient une partie de la zone d’influence de Rome. L’année suivante, le 18 mars 1937, le Duce, pendant son voyage triomphal en Libye, reçut le titre de « Épée de l’islam », devenant le protecteur des musulmans de Libye, d’Éthiopie – où il les avait libéré des vexations du Négus -, de Palestine et de tous les autres pays de la Méditerranée. Faisant abstraction des relations économiques et commerciales existantes entre le monde arabe et l’Italie fasciste, la politique moyen-orientale et la question arabe devinrent alors un argument palpable dans la politique Imperieuse et legitime du Regime De Mussolini dans la presse du Italienne de l’epoque. 

Mais l’element fondamental de comprehension de la poltique de Mussolini reside dans la problematique de la Grande-Bretagne qui a toujours été la puissance antagoniste de l’Italie dans la Méditerranée, mais comme dans la politique arabe de l’Allemagne, dans celle de l’Italie on veilla à ne pas nuire aux relations entretenues avec Londres, au moins jusqu’au moment auquel, avec l’éclatement de la deuxième guerre mondiale, la rupture devint irréversible. Du niveau des relations de Rome avec les anglais dépendit l’appui donné au nationalisme arabe et aux mouvements de libération du Moyen-Orient 

L’Italie fasciste soutint la résistance palestinienne… Cela contredit ce que prétend la gauche internationaliste qui affirme avoir été la première à apporter son soutien à la cause palestinienne. 

Il faut le dire, l’Italie fut le premier État européen à soutenir d’une manière concrète la lutte de libération du peuple palestinien contre le mandat britannique et le projet sioniste en Terre Sainte. 

Entre le 10 septembre 1936 et le 15 juin 1938, l’Italie remit au Grand Mufti de Jérusalem, qui dirigeait la révolte du peuple palestinien contre les forces militaires de la Grande Bretagne et contre l’immigration juive, environ 138000 livres sterling, une somme non négligeable pour cette époque, qui correspond environ à 10 millions d’euros. Cette contribution financière fut décidée par le Duce lui-même au lendemain de la guerre d’Éthiopie, non seulement pour « ennuyer les Anglais », mais aussi en souvenir des positions anticolonialistes qu’il avait eu dans sa jeunesse quand il était socialiste révolutionnaire et de celles du premier fascisme. En plus de l’argent le ministère des Affaires étrangères décida d’envoyer aux mujâhidin palestinien une cargaison d’armes et de munitions. 
On peut aussi noter la contribution matérielle – en hommes et moyens – offerts par le monde musulman aux forces de l’Axe durant la deuxième guerre mondiale . 

Il s’agit d’une contribution très significative, difficile à quantifier numériquement. Si l’on veut essayer de donner un chiffre, nous pouvons estimer prudemment que plus de 300000 musulmans de l’Union soviétique (Caucasiens, Turcs de Crimée, Tartares de la Volga, Turkmènes, Azéris, etc.),que des Algeriens des Regions montagneuses de Kabylie s’enrôlèrent dans les troupes allemandes pour combattre l’Armée rouge de Staline ; 117000 Musulmans furent tués. En ce qui concerne les arabes, entre 1941 et 1945, on estime que 500 syriens, 200 palestiniens, 450 irakiens et environ 12000 maghrébins(algeriens et tunisiens) se joignirent activement aux forces de l’Axe. 6300 d’entre eux firent partie d’unités militaires du Reich, une petite centaine combattirent dans l’armée italienne ou dans la Milice volontaire de sécurité nationale. Emmanuel Celler, membre du Congrès des États-Unis, déclara, le 10 avril 1946, que deux mille soldats arabes de l’Axe prisonniers de guerre étaient internés dans le camp de prisonniers de Opelika, en Alabama. Dans les Balkans, plus de 30000 volontaires de Bosnie, d’Albanie et d’autres régions musulmanes entrèrent dans la Waffen SS, et il faut ajouter à ce nombre les milliers de fidèles d’Allah qui combattirent dans des milices et des formations autonomes. 

Il s’agit, en effet, d’un thème très négligé par les historiens. Non seulement par ceux des mouvements fascistes et para-fascistes, qui alors surgirent et se développèrent un peu partout dans la monde, mais aussi, lacune encore plus grave, parmi les historiens du colonialisme et de la décolonisation, alors que la sympathie pour le fascisme de certains pays et groupes politiques dans le monde arabo-islamique, fut avant tout le corollaire de la résistance au colonialisme. 

Cela s’explique, en partie par la tendance qu’ont beaucoup d’historiens de gauche et tiers-mondistes à assimiler, sans faire les distinctions nécessaires, le fascisme au colonialisme et en conséquence à ne pas pouvoir admettre, donc à totalement les occulter, des faits allant contre leurs thèses. Il faut y ajouter l’embarras que suscite chez eux la sympathie et l’appui de beaucoup de musulmans du tiers-monde à la guerre menée par l’Axe contre les Alliés. 

Je dirais finalement pour conclure mes perceptions des relations entre l’Italie de Mussolini et le Monde Arabe, aux jeunes gens de « droite » qui appartiennent à des organisations qui défendent la thèse d’un choc des civilisations et de l’affrontements entre les cultures, tout particulièrement entre la civilisation occidentale chrétienne et celle arabo-musulmane ,qu’il n’xiste pas. 

Je leur dirais que le fameux choc des civilisations n’existe pas et que cette thèse est soutenue par des groupes Evangeliques,Mormons et propagandistes et donc uniquement par ceux qui cherchent à empêcher la connaissance mutuelle et la collaboration entre des réalités humaines, culturelles et politiques incontestablement différentes mais non pour cela nécessairement antagonistes. La diversité est à mon sens une richesse, ainsi qu’un recours nécessaire, dans un monde dans lequel le processus de globalisation tend à tout homogénéiser dans l’American way of life. Qui base sa propre identité sur de solides racines ne craint pas la diversité, mais cherche à la connaître et y collaborer, si c’est possible, en vue de l’obtention d’une identité particuliere…Et ainsi d’empecher le processus dramatique d’uniformisation que la Civilisation capitaliste affermit chaque jours un peu plus dans ce bas-monde. 

Force est de constater que la Propagande Historique,visant a diaboliser le Regime Italien de Mussolini a eu des consequences significatives sur les perceptions du Monde Occidental,a l’egard de cette gigantesque partie d’echec qu’on a appelé « Seconde Guerre Mondiale.Le Regime Fasciste a peut etre vecu quelques parts d’integrisme,et quelques periodes de decadence profonde,mais il ne faut surtout pas oublier que la criminalité de cette guerre avait eté reciproque entre les differents regimes politiques en place.Au dela du possible genocide des juifs,d’autres faits sinistres,se sont mis en place pendant 7 ans.En reflechissant par l’absurde,on dira que le Monde Libre des Occidentaux,a bombardé en 1942,une partie du Sud de L’Allemagne a travers la force de frappe de l’aviation Britannique,qui a reduit a neant plusieurs millions d’Allemands.On Dira,que les Americains ont mis en place,le crime le plus ignoble qu’un Empire peut commetre sur un peuple Insulaire,c’est a dire la materialisation sordide et cynique du bombardement nucleaire d’Hiroshima et Nagasaki.On dira que ces memes Americains,ont sabordé leur propre Base Militaire a Perl Harbor,pour avoir la legitimité de rentrer dans le processus Guerrier et permettre l’inversement in extremis des rapports de forces.On dira,que le gigantesque debarquement des Alliés a causé plus de viols,de crimes et d’horreurs que toute la periode de l’Occupation Allemande en France.On dira que les Britanniques ont usé de tous les instrumens malefiques pour plonger la Birmanie et le Laos dans la torpeur militaire.On dira,que les Sovietiques armés par les Forbans de Washington a l’epoque,ont bombardé et detruit Berlin et ont ainsi massacré 200 000 Allemands,On dira que le crime des Camps de concentrations a profité aux instances industrielles et bancaires Americaines,et on dira,que les Forces Britanniques ont mis a feux et a sang l’Ocean Indien du Kenya a l’Inde en 1943,On dira aussi que les Americains ont propagé le crime,la haine et l’horreur en Papouasie et aux Salomons en 1944.Bref on dira,que cette guerre n’a pas opposé les Mechants Fascistes et Nazis aux Gentils Personnages de L’alliance supreme.Mais On dira finalement,que cette Partie d’Echec,a opposé des Empires Geants,dans une bagarre strategique obscure pour la suprematie mondiale.On dira finalement,que cette partie d’echec,a opposé differentes Compagnies voraces(Fascistes,Nazis,Americaines,Sovietiques,Japonaises et Britannique).Ces memes compagnies ont,en verité,eté a l’origine d’une Immense bataille mondiale qui nous a depassé,entre des Strateges machiaveliques de la Ligue bancaire de Washington,des Sionistes a l’affut,des Fascistes illegitimes mais pro-arabe,des Nazis scabreux,des Gaullistes pretentieux,des Britanniques cyniques,des Japonais kamikazes,des Sovietiques silencieux,et bien sur des masses de Mercenaires sadiques.Bref cette guerre aurait pu ressemblé aux Guerres du Sud Indien,qui avait opposé au 18eme Siecle,les Compagnies Hollandaises,Francaises(fondé par Colbert) ,Britannique, les royaumes imaginaires des flibustiers européens(Avery;England),et les traficants Chinois et Arabes,si l’usage inédit d’armes Nucleaire et Chimiques n’avaient brutalisé le monde,comme jamais Guerre ne l’avait martyriser. 

Mussolini l’Empereur Iréel des nouveaux romains,le Calife ephemere,le tribun magnifique,le fantasque Stratege,n’a jamais finalement eté le fou sanguinaire que tant de Journalistes calamiteux avaient propagé,mais bien un Pion de l’echiquier des Nazis.Des Nazis,qui etaient eux-memes,des Pions de l’echiquier des Organisations vicieuses et politiques des Etats Unis d’Amerique… 
..La problematique du microcosme politique de la Republique tardive de Salo,qui avait reduit Mussulini a l’inertie politique,n’avait pas eté de comprendre les mysterieuses politiques des Nazis,ni meme de s’eprendre du monde Islamique,mais bien la fameuse question existencielle de cette Guerre Enigmatique »Qui a manipulé qui?……..Et de repondre par une phrase d’Anatole France »On croit mourir pour la patrie,mais on meurt pour les Industriels »…A Vous,lecteurs,de comprendre qui sont ces « Industriels funestes » qui ont plongé le globe en 1939 dans cet enfer de haine,de traitrise,d’imbroglio et de salpetre..

26 mars 2013

Pays impliqués dans la Seconde Guerre mondiale

Classé sous — milguerres @ 21 h 26 min

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Pays impliqués dans la Seconde Guerre mondiale

Les pays impliqués dans la Seconde Guerre mondiale peuvent être classés en deux grandes catégories : les puissances de l’Axe et les puissances Alliées.

Puissances de l’Axe

Signataires du Traité tripartite

  • Le Reich allemand
  • Le Royaume d’Italie
  • L’Empire du Japon

Cosignataires du Traité tripartite

  • Le Royaume de Hongrie (Le 20 novembre 1940)
  • Le Royaume de Roumanie (Le 23 novembre 1940)
  • La République slovaque1 (Le 24 novembre 1940)
  • Le Royaume de Bulgarie (Le 1er mars 1941)

Non signataires, mais co-belligérants

  • Le Royaume de Thaïlande : traité d’alliance militaire avec l’Empire du Japon le 21 décembre 1941, déclaration de guerre contre les alliés (le 25 janvier 1942)
  • Le Royaume d’Irak
  • La Finlande

Pays annexés ou déjà en guerre avant le début de ce conflit

  • L’Autriche (annexée par l’Allemagne, lors de l’Anschluss, le 13 mars 1939)
  • L’Empire d’Éthiopie (partiellement occupée par l’Italie de 1936 à 1941)
  • Le Gouvernement national réorganisé de la République de Chine 2
  • L’Albanie, en guerre avec l’Italie depuis le 5 avril 1939 et transformé en protectorat italien.

Gouvernements collaborateurs créés après 1940

  • L’État français (ou régime de Vichy)3
  • L’État indépendant de Croatie
  • Le Gouvernement de salut national serbe4
  • Le Royaume du Monténégro
  • Le Gouvernement national norvégien

Puissances Alliées

Les Alliés

  • L’Union d’Afrique du Sud (Dominion du Commonwealth britannique)
  • L’Australie (Dominion du Commonwealth britannique)
  • La Belgique5
  • Le Brésil (à partir du novembre 1942)
  • Le Canada (Dominion du Commonwealth britannique)
  • La République de Chine
  • Le Danemark
  • Les États-Unis (à partir de décembre 1941)
  • La France6 et ses colonies7 jusqu’à l’armistice du 22 juin 1940.
  • Le Mexique (à partir de mai 1942)
  • La Norvège (le pays fut envahi par l’Allemagne en 1940, mais le gouvernement s’exila à Londres pour poursuivre la guerre.)
  • La Nouvelle-Zélande (Dominion du Commonwealth britannique)
  • Les Pays-Bas (le pays fut envahi par l’Allemagne en 1940, mais le gouvernement s’exila à Londres pour poursuivre la guerre et combattit les Japonais dans le Pacifique, depuis les Indes orientales néerlandaises envahies.)
  • La Pologne (le pays fut envahi par l’Allemagne en 1939, mais le gouvernement s’exila à Londres avec des soldats polonais pour poursuivre la guerre.)
  • Le Royaume-Uni et ses colonies (principalement les Indes, mais aussi le Kenya, la Birmanie, la Malaisie, le Soudan, le Nigeria, la Rhodésie, la Palestine, la Transjordanie, etc.)
  • L’Union soviétique (à partir de juin 1941)
  • Le Royaume de Yougoslavie (à partir du 27 mars 1941. Le pays fut envahi, mais une guerre de résistance s’ensuivit.)

Soutiens des alliés

  • L’Argentine
  • La Bolivie
  • Le Chili
  • La Colombie
  • Le Costa Rica
  • Cuba
  • La République dominicaine
  • L’Équateur
  • Le Royaume d’Égypte8
  • Le Salvador
  • Le Guatemala
  • Haïti
  • Le Honduras
  • Le Royaume d’Irak (après la guerre anglo-irakienne de 1941)
  • L’Islande
  • Le Liban
  • Le Liberia
  • Le Protectorat français du Maroc
  • La République populaire mongole
  • Le Nicaragua
  • Le Panama
  • Le Paraguay
  • Le Pérou
  • L’Arabie saoudite
  • La Turquie
  • L’Uruguay
  • Le Venezuela
  • Le Népal

Pays attaqués, occupés, ou ayant changé de camp, pendant la guerre

Bulgarie

Le Royaume de Bulgarie est signataire du pacte tripartite mais ne combat qu’en Yougoslavie et en Grèce dont il annexe des territoires en Macédoine et en Thrace (il s’agrandit aussi en Roumanie). Le pays n’est pas engagé sur le Front de l’Est. Envahi en septembre 1944 par l’Armée rouge, et obligé de changer de camp, il se retire de Grèce et de Yougoslavie, et combat les troupes allemandes présentes sur son territoire aux côtés de l’Armée rouge.

Roumanie

Le Royaume de Roumanie est neutre au début de la guerre, mais le roi Carol II réprime violemment le fascisme roumain et fait transiter par son territoire les forces polonaises, que la flotte roumaine amène à Alexandrie, en territoire britannique. Hitler le considère comme hostile et procède au dépeçage du pays (URSS, Hongrie et Bulgarie s’accroissent à ses dépens)9. Après le coup d’état pro-nazi qui renverse le roi et met au pouvoir les fascistes, la Roumanie est occupée en octobre 1940, devient une puissance de l’Axe et attaque l’URSS aux côtés de l’Allemagne en juin 1941. Pour les Allemands, la Roumanie était importante à cause de ses réserves en pétrole très importantes à l’époque. Deux divisions roumaines cependant combattent en URSS du côté allié.

Le 23 août 1944, la Roumanie connaît un coup d’État pro-allié dirigé par le fils de Carol II, jeune roi encore adolescent qui renverse les fascistes. Le pays déclare la guerre à l’Allemagne et combat les forces allemandes présentes sur son territoire : les troupes soviétiques y entrent sans rencontrer de résistance. Trois semaines plus tard, l’URSS accepte enfin l’armistice : durant ce laps de temps, elle continue à se considérer en pays ennemi et à déporter un grand nombre de prisonniers roumains vers la Sibérie. Par la suite, ce jour est considéré comme fête nationale pendant la période communiste. L’armée roumaine poursuit la guerre contre l’Allemagne jusqu’en Tchécoslovaquie.

Philippines

Envahies par le Japon en 1942 et occupées jusqu’à 1945, le Commonwealth des Philippines a été intégré officiellement à la Sphère de coprospérité de la grande Asie orientale, après la proclamation de la République des Nouvelles Philippines. Le président en titre José P. Laurel participa notamment en 1943 à la Conférence de la Grande Asie orientale tenue à Tokyo en novembre 1943.

En marge de cette occupation, la résistance à l’occupant fut menée par de nombreux groupes qui reçurent le soutien des Alliés dans leur lutte contre l’Empire du Japon.

Birmanie

Envahie par le Japon en janvier 1942, puis par la Thaïlande en mai, la Birmanie, alors colonie britannique fut dans les faits divisée en deux alors que les Britanniques et les Chinois étaient refoulés au nord et qu’au sud était instauré par le Japon l’État de Birmanie, un régime fantoche avec à sa tête le président Ba Maw. Ce dernier fut l’un des invités de la Conférence de la Grande Asie orientale de 1943.

Indes néerlandaises

Les Indes orientales néerlandaises ont été envahies et occupées par l’Empire du Japon à compter de mars 1942.

Irak

Soutien de l’Axe, le Royaume d’Irak est battu et occupé par les Alliés, qui renversent le gouvernement nationaliste et utilisent le pays comme base arrière à compter de 1941.

Indochine française

L’Indochine française (regroupant les actuels Viêt Nam, Cambodge et Laos) est envahie et partiellement occupée en 1940 par l’Empire du Japon, qui en prend totalement le contrôle en mars 1945.

Pays neutres

La plupart des pays ci-dessous ont proclamé leur neutralité avant d’être assaillis.

  • L’Albanie (occupée par l’Italie le 7 avril 1939, transformée en protectorat italien, puis occupée par l’Allemagne le 26 septembre 1943)
  • La Belgique (envahie par l’Allemagne le 10 mai 1940)
  • La Tchécoslovaquie1 (la Bohême et la Moravie occupées par l’Allemagne le 15 mars 1939 pour devenir le Protectorat de Bohême-Moravie, la Slovaquie devient un État indépendant allié avec l’Allemagne)
  • Le Danemark (occupé par l’Allemagne le 9 avril 1940, Groenland occupé par les États-Unis le 9 avril 1941)
  • L’Estonie, envahie et annexée par l’Union soviétique en juin 1940, envahie par l’Allemagne le 5 septembre 1941, à nouveau annexée par l’Union soviétique en 1944)
  • La Finlande (attaquée par l’Union soviétique le 30 novembre 1939, puis alliée militairement à l’Allemagne à partir de 1941, signataire enfin d’un traité de paix avec l’URSS à la fin1944)
  • Le Royaume de Grèce (envahie par l’Italie le 28 octobre 1940, occupée par les Allemands à partir du 6 avril 1941)
  • L’Islande (occupé par le Royaume-Uni le 10 mai 1940, par les États-Unis à partir de juillet 1941)
  • L’État impérial d’Iran (envahie par le Royaume-Uni et l’URSS le 25 août 1941)
  • La Lettonie envahie et annexée par l’Union soviétique en juin 1940, envahie par l’Allemagne le 25 juin 1941, à nouveau annexée par l’Union soviétique en 1944)
  • La Lituanie, envahie et annexée par l’Union soviétique en juin 1940, envahie par l’Allemagne le 22 juin 1941, à nouveau annexée par l’Union soviétique en 1944)
  • Le Luxembourg (envahi par l’Allemagne le 10 mai 1940)
  • Les Pays-Bas (envahies par l’Allemagne le 10 mai 1940)
  • Monaco (occupée en septembre 1943)
  • La Norvège (envahie par l’Allemagne le 9 avril 1940)
  • Saint-Marin, politiquement proche de l’Italie fasciste, demeure neutre durant le conflit. Son territoire est envahi par les troupes alliées en 1944.
  • La Syrie (sous autorité française, est envahie par les Alliés le 8 juin 1941)
  • Le Protectorat français de Tunisie (base de l’Axe pour attaquer l’Égypte. Plus tard occupé par des forces alliées)
  • Le Royaume de Yougoslavie10 (attaque de l’Axe du 6 avril 1941)

Pays demeurés nominalement neutres

  • L’Afghanistan
  • L’Espagne franquiste est officiellement non-belligérante, mais soutient l’Axe par l’envoi de la división Azul; le pays est ensuite neutre
  • L’Irlande (interdisant même officiellement au Royaume-Uni l’usage militaire de ses ports et aéroports)
  • Le Portugal (Le Portugal reste neutre, mais permet au Royaume-Uni et aux États-Unis d’utiliser ses bases aériennes des Açores, tout en maintenant des relations commerciales avec l’Allemagne. Quelques volontaires portugais participent à la división Azul. La colonie portugaise du Timor oriental est envahie par les deux camps – Alliés, puis Japonais – lors de la bataille de Timor)
  • La Suède (à l’exception de la guerre entre la Finlande et l’Union soviétique; voir Guerre d’Hiver)
  • La Suisse resta neutre mais défendit son espace aérien contre les avions allemands tout en permettant aux bombardiers américains, à partir de 1944, d’utiliser l’espace aérien de la Suisse pour aller bombarder l’Europe occupée.
  • L’Andorre
  • Le Liechtenstein (donna refuge à des soldats allemands d’origine russe en 1945 face à l’avancée des Soviétiques)
  • Le Tibet (pays indépendant à l’époque)
  • Le Vatican

Aucun autre conflit n’a jamais laissé aussi peu de pays neutres.

Notes et références

  1. ↑ a et b La Slovaquie est déclarée indépendante de la Tchécoslovaquie le 14 mars 1939. Sous l’égide de Mgr. Jozef Tiso, l’influence nazie et la présence de la Wehrmacht y étaient considérables jusqu’en septembre 1944. Le reste de la Tchécoslovaquie, des provinces Bohême et Moravie, ont été occupés par l’Allemagne le 15 mars 1939, et ont été proclamés protectorats allemands.
  2. ↑ Envahie par l’Empire du Japon depuis 1937, la Chine voit sa partie orientale placée sous contrôle nippon. Un régime fantoche, celui de Nankin, est créé pour donner une apparence d’indépendance à ce territoire, mais dans les faits il n’a aucune autonomie.
  3. ↑ En France le gouvernement provisoire dirigé par le maréchal Pétain signe un armistice le 22 juin 1940. Ce gouvernement s’installe à Vichy et y instaure un nouveau régime, l’État français, qui se subordonnera étroitement à l’occupant Allemand jusqu’à la libération, et même au-delà (Commission gouvernementale de Sigmaringen).
  4. ↑ Le pays fut envahi, mais une guerre de résistance s’ensuivit.
  5. ↑ La Belgique est envahie en 1940 par les Allemands mais quelques hommes politiques s’exilent à Paris puis exil à Londres pour poursuivre la guerre. Les forces belges, devenues les Forces belges libres, continueront également le combat contre l’Italie en Afrique depuis le Congo, colonie belge.
  6. ↑ Quelques forces françaises ont continué à combattre en s’exilant (Forces françaises libres)dans les colonies pour recréer une armée et une autorité, tandis que d’autres éléments, restés clandestinement sur le sol français, y ont constitué, en liaison avec les premiers, les premiers réseaux de la résistance intérieure. Le général de Gaulle est celui qui organisa et dirigea les Forces françaises libres et qui dirigea le gouvernement en exil de la France libre.
  7. ↑ Les colonies françaises sauf celles ralliées à la France libre, sont restées contrôlées par le gouvernement de Vichy, jusqu’à l’intervention des alliés (opération Torch).
  8. ↑ L’Égypte était techniquement neutre, mais Le Caire est bientôt devenu une base militaire importante des forces britanniques. En raison d’un traité de 1936 par lequel le Royaume-Uni avait le droit de poster des troupes sur le sol égyptien, afin de protéger le canal de Suez. L’Égypte a donc servi de base à la 8e armée britannique qui a tenu le front libyen jusqu’au refoulement complet des forces de l’Axe.
  9. ↑ Grigore Gafencu, Préliminaires de la guerre à l’est : de l’accord de Moscou (21.08.1939) aux hostilités de Russie (22.06.1941). Egloff, Fribourg/Suisse 1944
  10. ↑ Le Royaume de Yougoslavie a commencé la guerre comme neutre, mais son régent a signé le Traité tripartite le 25 mars 1941. À son retour le 27 mars un coup d’État anti-nazi l’attendait, ce qui entraina l’intervention allemande du 6 avril 1941. La Yougoslavie a été dépecée par les Germano-Italiens et le régime oustachi croate, mais la résistance des Tchetniks serbes de Draža Mihailović et des Partisans communistes de Tito a été si forte qu’elle a réussi à immobiliser une vingtaine de divisions allemandes jusqu’à la fin du conflit.

23 mars 2013

Mitsubishi Zero-Yasukuni

Classé sous — milguerres @ 22 h 52 min

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Les avions de guerre

 

 

Mitsubishi A6M

Mitsubishi Zero-Yasukuni.

 Mitsubishi Zero-Yasukuni dyn00310

Constructeur : Japon .
Rôle Avion de chasse
Premier vol 1er avril 1939
Nombre construit 10 425
Équipage 1 pilote
Motorisation Moteur Nakajima Sakae 12
Nombre 1 Type Moteur en étoile
Puissance unitaire 925 ch
Dimensions Envergure 11 m Longueur 9,12 m Hauteur 3,51 m Surface alaire 22,44 m²
Masses À vide 1 680 kg Maximale 2 500 kg
Performances Vitesse maximale 561 km/h (Mach 0,45)
Plafond 10 000 m
Vitesse ascensionnelle 1 377 m/min
Rayon d’action 1 680 km
Armement Interne 2 canons type 99 de 20 mm et 2 mitrailleuses type 97 de 7,7 mm Externe 2 bombes de 30 ou 60 kg

Le Mitsubishi A6M était un chasseur bombardier embarqué léger utilisé par la Marine impériale japonaise de 1940 à 1945. Alors que le nom de code officiel utilisé du côté allié pour cet avion était Zeke, il était mieux connu sous le nom de Zero à cause de sa désignation dans la Marine impériale japonaise, chasseur embarqué de type 0, c’est-à-dire Rei shiki Kanjo sentoki (零式艦上戦闘機), officiellement abrégé en Rei-sen du côté japonais. L’abréviation la plus populaire parmi les pilotes japonais de l’époque (comme parmi le public japonais actuel) reste tout de même celle de Zero-sen, car les mots anglais zero et français « zéro » furent introduits au Japon dès la fin du XIXe siècle par les ingénieurs anglais et français que le Japon se plaisait à recevoir en vue de se constituer une industrie et une armée modernes. L’appareil était donc populairement connu comme Zero parmi les Alliés et comme Zero-sen parmi les Japonais.

Conception .
Conçu à partir de 1937 sous le règne de l’empereur Shōwa par l’équipe de l’ingénieur en chef de Mitsubishi, Jiro Horikoshi, déjà conceptrice du premier chasseur embarqué monoplan japonais, le Mitsubishi A5M Claude, l’un des deux premiers prototypes du Mitsubishi A6M vola dès le 1er avril 1939. Doté d’une excellente manœuvrabilité et d’un très long rayon d’action, grâce à son aérodynamique, à la structure de sa voilure, et sa conception sacrifiant toute forme de protection pour en diminuer le poids, il surpassa ses premiers concurrents américains, mais ses forces étant aussi ses faiblesses, sa construction légère et son manque de puissance le condamnèrent face aux chasseurs américains de seconde génération apparaissant à partir de la bataille de Guadalcanal, tels le Republic P-47 Thunderbolt, le Grumman F6F Hellcat, le Chance Vought F4U Corsair et le Lockheed P-38 Ligthning plus fiables, plus rapides, plus robustes, bénéficiant d’un carburant de meilleure qualité, plus riche en octane et surtout d’une méthode de formation plus efficace pour former de nombreux nouveaux pilotes.

Cette supériorité initiale du Zéro, vers la fin de 1941, face aux modestes aéronefs américains de l’époque pesa lourd dans la balance lors du choix des Japonais de lancer l’offensive contre Pearl Harbor.

Systèmes de désignation du Mitsubishi A6M
Le code de désignation du projet

Ce système de désignation, utilisé par l’Armée impériale comme par la Marine et établi dès 1931, était utilisé pour les avions qui étaient en phase de projet, ceux qui n’étaient encore que couchés sur les papiers d’un bureau d’études. Pour chaque type d’appareil (chasseur embarqué, chasseur terrestre, torpilleur embarqué, hydravion de reconnaissance etc) on attribuait un nombre, connu comme le nombre Shi, nombre correspondant à l’année de règne de l’Empereur Hiro-Hito (nom posthume Shōwa), année où le projet avait été lancé. Le projet du sixième chasseur embarqué japonais (le Mistubishi A6M) fut lancé dans la douzième année du règne de l’Empereur Shōwa et son nom de projet fut donc chasseur embarqué 12 Shi.
Le code de désignation du type d’appareil .

Ce système de désignation, utilisé par l’Armée impériale comme par la Marine et établi dès 1927, attribuait un nombre à deux chiffres aux avions produits en série et mis en service, une fois que le projet était approuvé par les intéressés, la Marine ou l’Armée. Ce nombre à deux chiffres était basé sur les deux derniers chiffres de l’année du calendrier impérial où l’appareil était mis en service. Pour un avion entré en service en 2598 du calendrier impérial japonais (1938 dans le calendrier grégorien) le type d’appareil était donc le Type 98. Dans le cas du Mitsubishi A6M l’année de mise en service fut 1940, c’est-à-dire l’année 2600 du calendrier impérial japonais. En ignorant le double zéro les appareils de cette année furent simplement appelés de type 0 et le Mitsubishi reçut ainsi le nom de Chasseur embarqué de type 0. C’est suite à ce système de désignation que le Zéro reçut son nom le plus populaire, autant parmi ses pilotes que parmi ses adversaires.

Le code de désignation de la Marine .

Quand un nouvel appareil lui était livré et mis en service dans ses rangs la Marine impériale lui donnait son propre code de désignation. Il était constitué d’une suite de quatre caractères : une lettre correspondant à un type d’appareil (« A » dans le cas d’un chasseur embarqué), un chiffre correspondant au nombre d’appareils mis en service jusqu’à la date (le sixième chasseur embarqué dans le cas du Mitsubishi A6M), la première lettre du nom de l’avionneur (le « M » de Mitsubishi dans le cas du Mitsubishi A6M). Et finalement à nouveau un chiffre, celui qui correspondait aux versions dérivées du même modèle (dans le cas du Mitsubishi A6M : A6M1, A6M2, A6M3, A6M4, A6M5, A6M6, A6M7, A6M8). Les versions A6M1, A6M4, A6M6 et A6M8 ne furent jamais fabriquées en série, elles restèrent à l’état de prototypes. Comme la première lettre de ce code correspondait au type d’appareil, si une extrapolation se faisait vers un autre type d’appareil la première lettre était conservée et celle correspondant au nouveau type d’appareil était ajoutée à la fin du code. Par exemple le A6M2 fut extrapolé en avion d’entraînement biplace mais aussi en hydravion de chasse. La version d’entraînement reçut le nom de code A6M2-K (« K » pour avion d’entraînement) et la version extrapolée en hydravion de chasse reçut le nom de code A6M2-N (« N » pour hydravion de chasse).

Le code d’identification allié .

En cours de l’année 1942, et pour que les avions japonais pussent être identifiés par leurs pilotes, les alliés (notamment les Américains) mirent en place un code d’identification qui d’une manière générale attribuait des prénoms de garçon aux avions de chasse et des prénoms de fille aux avions de bombardement. Les chasseurs terrestres Kawanishi N1K1-J et N1K2-J furent ainsi connus par les pilotes américains comme le « George », le bombardier bimoteur Mitsubishi G4M était le « Betty », etc. Le Mitsubishi A6M étant un appareil de chasse il fallut lui choisir un prénom de garçon. Ce fut celui de « Zeke » (prononcé Zik). « Zeke » est une abréviation, en anglais, du prénom Ezekiel (« Ézéchiel » en français). L’origine de ce nom de code est incertaine, mais il est possible que le choix de « Zeke » comme nom de code pour le Mitsubishi A6M se doive à celui d’un personnage de dessin animé des studios Walt Disney. En 1933, Walt Disney gagnait son deuxième Oscar pour un court-métrage animé : The three little pigs (« Les Trois Petits Cochons »). Dans ce dessin animé le Grand Méchant Loup (Big Bad Wolf, seul nom officiel du personnage en 1933) tentait par tous les moyens de dévorer les trois petits cochons, mais sans jamais y parvenir. Le film eut un tel succès que le public demandait sans arrêt de nouvelles aventures pour le loup et les cochons. Disney sortit donc au long des années trente jusqu’à trois autres court-métrages, mais aussi une série de bandes dessinées qui commença en 1936 et dans laquelle on donna un prénom et un nom de famille au « Grand Mechant Loup » : Zeke Midas. Quand les pilotes américains entrèrent pour la première fois en contact avec le zéro (en 1941 et tout au long de 1942), ils se faisaient systématiquement abattre, ce nouvel adversaire des airs semblait invincible. Pendant la première année de la guerre la seule vision d’un zéro japonais dans le ciel pouvait plonger les pilotes américains dans la panique, c’est pourquoi ils surnommèrent cet avion Big Bad wolf (« le grand méchant loup »), car ils avaient été enfants quand en 1933 le court-métrage de Disney avait été projeté dans le cinéma du quartier et le souvenir de ce dessin animé était encore très vif dans leur esprit. Suite au surnom déjà donné au chasseur zéro par les pilotes américains (« le grand méchant loup ») et compte tenu que les jeunes soldats, marins et pilotes américains étaient de férus lecteurs de bandes dessinées, le nom de code « Zeke » aurait semblé tout approprié pour le chasseur embarqué japonais A6M aux yeux du bureau américain chargé d’attribuer ces noms de code. Cependant, en l’état, nous n’avons pas de preuves que le personnage de Walt Disney soit réellement à l’origine de ce nom de code.

Deux versions de Zero-sen furent pourtant suffisamment différentes de la forme générale de l’avion pour que les Américains les prissent pour de nouveaux modèles d’avion japonais, en leur donnant leur propre nom de code. La version d’hydravion de chasse (A6M2-N) fut baptisée Rufe et le A6M3-32 (dont les saumons d’ailes étaient droits et non pas arrondis, ce qui fut à l’origine de la confusion) fut appelé Hamp. Il y eut deux variantes de la version A6M3, la 32 (3e type de cellule, 2ème type de moteur) et la 22 (retour au 2e type de cellule, 2e type de moteur). Pour ce qui est de sa cellule le A6M3-22 n’était pas essentiellement différent d’un A6M2-21 (2e type de cellule) et il fut toujours identifié par les alliés comme étant un « Zeke ». Mais il arriva que le modèle précédent, le A6M3-32, avait les saumons d’aile droits et raccourcis (« à ailes coupées », 3e type de cellule) et les Américains le prirent pour un nouveau type d’avion japonais auquel ils considérèrent qu’il fallait attribuer un nouveau nom de code. Le service qui attribuait ces noms de code avait d’abord baptisé ce prétendu nouvel appareil japonais « Hap » en honneur du commandant en chef de l’USAAF, le général Henry Harley Arnold. Arnold avait plusieurs surnoms mais « Hap » lui était resté depuis son enfance. Une de ses tantes avait d’abord eu l’habitude de l’appeler « happy » (« content ») mais son surnom devint vite tout simplement « Hap ». Le général n’apprécia pas ce nom de code pour un appareil ennemi puisque les pilotes américains pouvaient désormais faire des blagues du genre « je viens de descendre un Hap » en faisant en réalité référence à leur commandant en chef. Il demanda à que le nom de code de ce prétendu nouvel avion japonais fût changé. On rajouta alors un « m » au milieu du mot et le A6M3-32 devint le « Hamp », ce qui en anglais ne veut rien dire. Ce n’est qu’ensuite que les Américains réalisèrent qu’il s’agissait en réalité d’un « Zeke », mais le nom de code « Hamp » pour le A6M3-32 lui était déjà resté et persista dans le jargon des pilotes alliés.

Variantes et sous-variantes .

Dans le système de désignation de la Marine impériale et dans le système de désignation du type d’appareil, exposés précédemment, les variantes de chaque version étaient exprimées selon deux chiffres. Le premier correspondaient au type de cellule, le deuxième au type de moteur. La première version du Mitsubishi A6M à entrer en service (A6M2) fut donc le « chasseur embarqué de type zéro modèle 11 » selon le système de désignation de type d’appareil et le « A6M2-11 » selon le système de désignation de la Marine. Le premier « 1 » correspondaient au premier type de cellule et le deuxième « 1 » correspondait au premier type de moteur à équiper la production en série. Lorsqu’en 1941 les ailes de l’avion furent modifiées pour pouvoir se replier et occuper ainsi moins d’espace dans les hangars des porte-avions, la cellule avait changé et l’appareil reçut la désignation « chasseur embarqué de type zéro modèle 21 » dans le système de désignation de type d’appareil et « A6M2-21 » dans le système de désignation de la Marine. Ceci valait pour les variantes, lorsqu’une sous-variante dérivait d’une variante la Marine ajoutait un caractère kana, dans un ordre qui équivaut plus ou moins à l’ordre alphabétique de l’alphabet latin. C’est pourquoi les A6M5-52, A6M5-52 Ko, A6M5-52 Otsu et A6M5-52 Hei sont connus parmi les Occidentaux respectivement comme des A6M5, A6M5a, A6M5b et A6M5c. Parfois les Occidentaux ont aussi utilisé les lettres de l’alphabet latin pour désigner les variantes elles-mêmes et pas seulement les sous-variantes. Par exemple les A6M2-11 et A6M2-21 sont parfois cités comme des A6M2a et A6M2b respectivement. Exemple de lecture de la nomenclature d’un chasseur Mitsubishi A6M5-52 Otsu : sous-variante Otsu de la variante 52 (deuxième type de moteur, cinquième type de cellule) de la cinquième version, fabriquée par Mitsubishi, du sixième chasseur embarqué de la Marine impériale japonaise.

Productions et différentes versions de l’appareil .

Un total de 10 425 appareils construits a été comptabilisé : 3 880 par Mitsubishi et 6 545 par la compagnie Nakajima[1].
A6M1 .

Au mois d’avril 1938, les bureaux d’études de l’Arsenal aéronaval de Yokosuka approuvent le projet de chasseur embarqué 12 Shi et la construction de deux prototypes est attribuée à l’avionneur Mitsubishi. Commence alors, dans le courant de l’été 1938 la construction des deux prototypes, dénommés A6M1/12 Shi. Ils furent dotés chacun d’un moteur Mitsubishi Zuisei 13 de 780 ch. entraînant une hélice bipale à pas variable, mais le moteur ne donna pas entière satisfaction et cette version, la première de l’appareil, ne fut jamais fabriquée en série. La Marine suggéra alors de monter sur deux nouveaux prototypes le tout nouveau moteur Nakajima Sakae 12 (NK1C) de 940 ch. Ce moteur était l’équivalent du ha.25 de l’Armée et porta également l’appellation de Type 99/950 ch. L’arrivée du nouveau moteur satisfit de loin les conditions du cahier des charges initial et le modèle A6M2 était mûr pour la fabrication en série.

Production : 4 prototypes
A6M2 modèle 11 .

Les 15 premiers exemplaires de pré-série furent envoyés en Chine en juillet 1940 pour évaluation en conditions réelles. Alors que l’appareil avait été conçu pour être embarqué ce premier modèle n’allait être que basé sur le continent, c’est pourquoi il fut fabriqué sans sa crosse d’arrêt. Le résultat ne se fit pas attendre, et les A6M2 balayèrent du ciel tout ce qui leur était opposé, au point que les Chinois évitaient soigneusement de se battre contre les Zéros avec leurs I-15 et I-16. Les Occidentaux qui avaient pourtant la possibilité de s’intéresser au Zéro continuèrent à croire à l’indigence de l’aéronautique nippone. Ils allaient le regretter.

Production : 64
A6M2 modèle 21 .
A6M2 modèle 21 sur le porte-avions Akagi, 1941

Les marins avaient des problèmes avec les saumons des modèles 11 dans les porte-avions. La première évolution du Zéro consista donc à modifier l’aile pour que les saumons soient repliables. Ce sera l’A6M2 modèle 21 (comprendre 2e type de cellule, 1er type de moteur). Quelques détails évolueront sur le modèle 21 tels que l’apparition d’un contrepoids d’aileron pour soulager l’effort à haute vitesse, un problème récurrent sur le Zéro qui ne sera jamais vraiment corrigé. Ce modèle, et la plupart des modèles suivants, fut fabriqué avec sa crosse d’arrêt. Située sous l’empennage, elle était destinée à immobiliser l’appareil en accrochant un brin d’arrêt lors des appontages sur les porte-avions.

Production : 740
A6M2-K .

Première version d’entraînement, biplace. La cellule fut modifiée pour que l’habitacle et la verrière pussent héberger un instructeur et un apprenti pilote. La motorisation resta la même que celle des autres versions de A6M, dans l’armement les canons d’aile de 20 mm furent retirés et seulement les deux mitrailleuses de capot de 7,7 mm furent conservées. Des bombes de 60Kg pouvaient être portées sous les ailes lors des entraînements, mais au moment où ces appareils furent utilisés comme Kamikazes, en 1945, les bombes de 60 kg furent remplacées par une bombe ventrale de 250 kg. La production fut répartie entre 236 exemplaires fabriqués par Dai-Nijuichi Kaigun Kokusho à Omura (Sasebo) entre novembre 1943 et août 1945 et 272 exemplaires fabriqués par Hitachi Kokuki K. K. entre mai 1944 et août 1945.

Production : 508[2].
A6M2-N .
Nakajima A6M2-N

Extrapolation en hydravion de chasse. Un flotteur contenant un réservoir supplémentaire de carburant fut ajouté sous le fuselage et chaque aile en portait un autre, de taille plus réduite, sous son intrados. Le Rufe, nom de code que lui donnèrent les Alliés, avait le même armement et emport de munitions que les variantes des versions A6M2, A6M3, A6M5 et A6M5a : deux mitrailleuses de 7,7 mm sur le capot et deux canons de 20 mm, un dans chaque aile.

Production : 327 exemplaires
A6M3 modèle 32 .
L’épave d’un Mitsubishi A6M3 Zéro abandonné à l’aérodrome de Munda, au centre des Salomon, 1943

L’A6M3 modèle 32 fut introduit au printemps 1942 pendant la bataille des îles Salomon (Guadalcanal). Modification importante : le moteur Nakajima Sakae 12 de 940 ch fut remplacé par un NK1F Sakae 21 ou Ha-35-21 équipé d’un compresseur à 2 vitesses délivrant 1 130 ch au décollage. L’implantation de cette nouvelle mécanique plus longue nécessita le déplacement de la cloison pare-feu de 20 cm (8 pouces) au détriment de la capacité en carburant. Le capotage moteur changea de forme et la prise d’air du compresseur fut disposée en haut au lieu du « tunnel » en bas. Les canons disposaient de 100 obus chacun au lieu des 60 initiaux. Mais le changement le plus visible est la disparition des saumons d’ailes repliables pour améliorer le taux de roulis mais aussi la production. Les américains crurent avoir affaire à un nouvel avion qu’ils baptisèrent Hamp au lieu de Zeke, mais ils réalisèrent rapidement leur erreur. La vitesse maximum passa de 288 kt à seulement 294 kt

Production : au moins 343
A6M3 modèle 22 .
A6M3 modèle 22 au-dessus des îles Salomon, 1943

Pour essayer de retrouver une autonomie comparable au modèle 21 suite à l’augmentation de la consommation du Sakae 21 et de la diminution du volume du réservoir, les ingénieurs de Mitsubishi installèrent 2 nouveaux réservoirs de 45l dans chaque aile. Pour maintenir la charge alaire équivalente au type 32, les saumons repliables furent restaurés. D’où le type 2-2 (cellule 2, moteur 2). Il est donc normal que l’A6M3 modèle 22 apparaisse après le modèle 32 ! Quelques modèles 22a reçurent le canon 20 mm type 99 modèle 2 mk 3 à long tube des futures versions. Quelques modèles expérimentaux basés à Rabaul utilisèrent des canons de 30 mm (cette information n’est toutes fois pas avérée).

Production : 560
A6M4 .

Il n’y eut pas de série 4, l’A6M4 utilisait un turbocompresseur qui ne fut jamais mis au point. Les Japonais eurent beaucoup de déboires avec les turbocompresseurs durant toute la guerre. De plus, il semblerait que le chiffre 4 homophone du kanji Shi signifiant « mort », ait une symbolique proche de notre 13.

Certaines sources le citent comme étant la série de prototype ou les premiers exemplaires du modèle 52 basés sur la cellule du modèle 22a pendant la phase de transition.
A6M5 modèle 52 .

N’arrivant toujours pas à mettre au point l’A7M Reppu (et surtout peinant à prendre des décisions), la Marine demanda un appareil amélioré pour faire une jonction qui n’eut jamais lieu. En août 1943, un modèle 22a fut modifié en augmentant l’épaisseur du revêtement des ailes et des saumons de taille réduite furent installés de manière fixe. De plus, le moteur reçut des pipes d’échappement séparées propulsives. Bien que plus lourd de 70 kg, le nouveau modèle 52 était plus rapide de 11kt en palier par rapport au modèle 32, mais surtout sa vitesse maximale en piqué fut augmentée à 660 km/h. Mais ces améliorations ne suffirent pas et les Zéro 52 furent massacrés par les Hellcat.

En mars 1944, le modèle 52a apparut en première ligne. L’épaisseur encore augmentée du revêtement permit une vitesse en piqué de 740 km/h (le Corsair piquait à 790 km/h). Les canons mk4 reçurent 125 obus chacun (au lieu de 100) par substitution des tambours par des bandes.

Le modèle 52b vit une réelle amélioration de la capacité à encaisser les coups et à en rendre. Un pare-brise blindé de 50 mm ainsi que des extincteurs de réservoirs furent installés. Et une mitrailleuse de capot Type 3 de 13,2 mm remplaça une de celles de 7,7 mm. C’est probablement la meilleure version menée au combat en aptitudes générales.

Le modèle 52c fut lancé dans l’urgence après le massacre des Philippines. Malgré l’obsolescence de la cellule, il fallait améliorer le Zéro car la production du J2M Raiden ne démarrait pas. L’A6M5c incorporait un blindage dorsal pour le pilote, un réservoir central auto-obturant et 2 mitrailleuses de 13,2 mm d’ailes à l’extérieur des canons. La mitrailleuse de 7,7 mm de capot disparaissait. Les ingénieurs réclamèrent à la Marine le droit d’installer le plus gros Mitsubishi Kinsei pour parer à l’augmentation prévisible du poids. Encore une fois, la Marine par un incroyable immobilisme refusa encore et imposa le Sakae 21 en attendant la disponibilité du Sakae 31 dont la puissance devait être supérieure grâce à l’injection d’eau et de méthanol. Les performances s’effondrèrent.

Un chasseur de nuit fut développé à partir du modèle 52 en ajoutant un canon à tir oblique dans le fuselage. C’était l’A6M5d-S, S étant le suffixe des chasseurs de nuit (exemple J1N1-S Gekko).

Production : modèle 52 : 747+, modèle 52a : 391+, modèle 52b : 470, modèle 52c : 93
A6M5-K .

Deuxième version d’entraînement, fabriquée à seulement sept exemplaires par Hitachi Kokuki K. K. entre mars et août 1945. Même motorisation que le A6M5 et même armement que la précédente version d’entraînement (A6M2-K) : deux mitrailleuses de 7,7 mm et deux bombes de 60 kg.

Production : 7 .
A6M6 modèle 53 .

Le prototype du A6M6c (Zéro 53c) vola en novembre 1944. En plus du moteur Sakae 31a (dont la puissance supérieure aux 1130 ch du Sakae 21 n’apparaît dans aucun ouvrage), les réservoirs d’ailes de 45l reçurent un revêtement auto-obturant. La vitesse maxi de 300 kt (5 de moins que le 52) en utilisant l’injection d’eau n’était que théorique car la qualité de fabrication des moteurs et des cellules baissait dangereusement par manque de matières premières de qualité et par déficit de compétence de la main d’œuvre. Les ouvriers qualifiés étant embrigadés dans l’armée. De plus, les raids des B-29 sur les usines de moteurs n’allaient rien arranger.

Production : pas de chiffres, ce qui est certain, très peu. Un seul prototype selon certaines sources.
A6M7 modèle 63 .

Les unités combattantes modifiaient les support de réservoirs centraux pour y accrocher une bombe de 250 kg sur les versions précédentes. Ce sera fait de série sur l’A6M7 modèle 63.

Destiné à être utilisé comme un bombardier en piqué, le modèle 63 avait un support de bombe et des points d’ancrage pour deux réservoirs externes de 350l d’ailes et un plan arrière au revêtement épaissi pour résister aux efforts. La production démarra en mai 1945.

Production : pas de chiffres, et comme pour l’A6M6c, peu.
A6M8 modèle 54/64 .

Comme Nakajima se concentrait sur la production du puissant moteur 18 cylindres 2000 ch Homare devenu prioritaire, il fallait arrêter lentement la production du Sakae. Mitsubishi fut alors enfin autorisé à utiliser le fiable et performant moteur Mitsubishi 14 cylindres MK8P Kinsei 62 [Ha-33]-62 de 1560ch. Cette mécanique éprouvée avait été efficacement adaptée sur le Ki-61 de l’armée (d’où le Ki-100) et les D4Y de la marine. Comme le Kinsei était plus gros, il nécessita un nouveau capotage et la mitrailleuse de capot disparut. Depuis le début du programme, le rapport poids-puissance augmenta enfin. Le premier prototype fut fini en avril 1945 et les résultats encourageants poussèrent la Marine à commander pas moins de 6 300 A6M8 ! Aucun cependant ne verra le combat car le marasme provoqué par les bombardements et la pénurie de matériaux avait totalement désorganisé la production. Les prototypes de l’A6M8 ont utilisé des cellules de 52c d’où l’appellation Zéro 54, mais les exemplaires de série devaient utiliser la cellule du modèle 63, d’où l’appellation Zéro 64.

Production : 6 300 prévus, pas d’exemplaire de série

Engagements .

Le Mitsubishi A5M Claude entrait juste en service au début de l’année 1937 lorsque la Marine impériale japonaise se mit à la recherche d’un éventuel successeur. En mai, elle avait mis au point un certain nombre de spécifications pour un nouveau chasseur embarqué qui fut envoyé à Nakajima et à Mitsubishi. Les deux entreprises commencèrent leur travail tout en attendant des détails supplémentaires.

Se fondant sur l’expérience de l’A5M en Chine, la marine japonaise envoya ces informations complémentaires en octobre et demanda ainsi une vitesse de 500 km/h à 4 000 m et une vitesse ascensionnelle de 3 000 m en 3,5 min. Ils avaient besoin d’un rayon d’action de 2 heures à puissance normale qui devait monter jusqu’à 6 ou 8 heures en vitesse économique avec des réservoirs supplémentaires. L’armement devait comporter deux canons de 20 mm et deux mitrailleuses de 7,7 mm, et l’avion devait pouvoir emporter deux bombes de 30 ou 60 kg. Tous les futurs Zéro devaient être pourvus d’un équipement radio. Enfin, la manœuvrabilité devait être au moins aussi bonne qu’avec l’A5M, tandis que l’envergure devait être inférieure à 12 m pour pouvoir tenir sur les porte-avions.
Chasseur Zéro

Nakajima trouva les nouvelles spécifications ridicules tandis que le chef de l’équipe de Mitsubishi convint qu’elles pouvaient être respectées mais seulement si l’on fabriquait l’avion aussi léger que possible. Ainsi tout fut mis en œuvre pour gagner en poids, les concepteurs firent un usage intensif du nouvel alliage duraluminium.

À l’heure de Pearl Harbor, il y avait seulement 420 Zéros actifs dans le Pacifique. Ils furent supérieurs à leurs homologues américains jusqu’en 1943 mais restèrent mortels entre de bonnes mains jusqu’à la fin de la guerre. Plus de 11 000 exemplaires en furent produits grâce à sa facilité de construction.

Conçu pour l’attaque, le Zéro était un modèle de manœuvrabilité, de puissance de feu au détriment de la protection car seules les dernières versions furent munies d’un blindage, malheureusement bien dérisoire. De ce fait, beaucoup de Zéros furent perdus au combat dès que les alliés abandonnèrent le dogfight (combat tournoyant) privilégiant l’appareil le plus maniable, pour le yoyo (manœuvre horizontale ou verticale, consistant à s’éloigner puis revenir pour compenser un taux de virage ou de montée insuffisant ), le dive and zoom ou attaque en piqué puis ressource en binômes favorables aux appareils plus puissants et présentant une plus grande inertie par leur blindage. Un seul coup au but était en général suffisant pour le détruire.

Lorsque les États-Unis maîtrisèrent la technique d’attaque du Zéro, en partie grâce au Zero d’Akutan, de nouveaux avions comme le F6F Hellcat ou le Chance Vought F4U Corsair furent construits, qui surpassèrent le Zéro sur tous les points, sauf en ce qui concernait la manœuvrabilité (aucun chasseur allié contemporain, peut-être à l’exception des soviétiques, n’était plus maniable que lui. Même le Spitfire, probablement le meilleur chasseur moderne dans ce domaine qui lui fut opposé, lui était inférieur). Mais pour corriger ce défaut, il suffisait aux pilotes américains de se rappeler les tactiques efficaces. Ainsi, le rapport de 1 avion japonais abattu pour 1 avion américain passa à 10 pour 1. Le gouvernement japonais ne resta cependant pas statique et de nouveaux avions comme le Kawanishi N1K1-J Shiden (Eclair Violet) « George » et surtout le Nakajima Ki-84 Hayate « Frank » furent d’excellents chasseurs et firent face aux modèles plus tardifs des États-Unis dans un rapport de force désespéré.

 

 

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source : http://militaires-d-hier.forumgratuit.org/t437-zero

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