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14 avril 2013

Les contingents impériaux au cœur de la guerre

Classé sous — milguerres @ 17 h 02 min

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La Tunisie au gré des conflits

Les contingents impériaux au cœur de la guerre :  « Etude faite sur la présence de tous les hommes d’origine des colonies françaises ou britanniques (et autres) ayant participé aux deux conflits mondiaux. 

Pour ceux qui ignorent la présence des Nords Africains, des « Noirs », des Chinois, des gens de l’Est, des Australiens, des Canadiens,… et pardon si j’oublie d’autres origines au sein de ces deux conflits.  Les chiffres parlent d’eux-mêmes,  leur présence ne fera qu’honorer leur mémoire !  A tous ceux qui ont combattu pour une même cause … «  

à noter, selon cette étude :

« La mobilisation des «indigènes » s’est opérée selon des principes divers. En Algérie, en Tunisie et en AOF, les contingents fournis par engagements volontaires sont complétés par des conscrits recrutés par tirage au sort.  »

« En 1940, l’armée française met en ligne 640000 coloniaux et Nord-africains, dont 
176000 Algériens,
 
80000 Tunisiens,
 
80000 Marocains (360000 hommes), et
 
180000 Sénégalais.

En France, en 1918, pour un total de 350000 travailleurs étrangers présents, 200000 sont originaires des colonies françaises (78000 Algériens, 35000 Marocains, 28000 Tunisiens, 50000 Indochinois, surtout Vietnamiens, 6000 Malgaches)

Selon cette étude : 108000 Tunisiens auraient servis sous le drapeau tricolore, lors des deux conflits mondiaux, sans noter les pertes humaines, civiles ou matérielles (sans oublier la période de colonisation et la campagne de Tunisie en 1881. Une Tunisie, vraiment au gré des conflits… Hayet (auteur du blog, origine tunisienne

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8

 

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Les contingents impériaux au cœur de la guerre 

Jacques Frémeaux   lien Histoire, économie et société  lien   Année   2004   lien Volume   23   lien Numéro   23-2 

Résumé
Cette communication insiste sur un sujet trop rarement évoqué, qui est la participation des empires coloniaux, surtout français et britannique, aux deux guerres mondiales. L’apport des Dominions et des colonies en soldats et travailleurs a été important. Ces soldats ont connu des conditions de guerre analogues à celles des soldats européens. Aux souffrances subies par l’ensemble des combattants s’est ajouté un plus grand éloignement de leur pays et, pour les soldats dits «indigènes», une expérience qui a précipité l’entrée dans le monde moderne, et a contribué à encourager les nationalismes.

Abstract
This paper deals with the very important part played by the imperial armies, especiallly British and French, during the two World Wars. A great number of soldiers and workers came from the Dominions and Colonies. They had to endure similar conditions as those of their European comrades, plus, a harsher and longer severance from their mother countries. The discovery of the modern war accelerated the entry of the « native » men in the Modem World, and gave a boost to nationalisms.

Le présent programme ne fait aux Empires coloniaux qu’une place limitée. L’ambition de cette communication est de montrer que, loin de se borner à un canton périphérique de l’étude des conflits mondiaux, la participation des contingents d’outremer pourrait en constituer un vaste domaine. On voudrait suggérer ici tout ce que gagnerait une histoire des peuples en guerre à n’être pas privée d’une partie de ses réalités, trop souvent passées inaperçues lorsqu’elles ne concernent pas directement les métropoles.

1. Senghor, «Aux tirailleurs sénégalais morts pour la France», Hosties noires, 1948.
«On fleurit les tombes, on réchauffe le Soldat Inconnu, Vous mes frères obscurs, personne ne vous nomme» l

Échelle du phénomène
Les chiffres démontreraient à eux seuls qu’il ne s’agit pas d’un phénomène marginal. 
En 1914, la Grande-Bretagne et la France disposent des deux plus grands empires coloniaux du monde, vastes respectivement de trente-quatre millions et de dix millions de kilomètres carrés, peuplés de 400 millions et de 50 millions d’habitants.

Les armées impériales britanniques et françaises
• Les Britanniques

Dans les premiers mois de la guerre, les citoyens des quatre Dominions sont invités à concourir à la défense de la métropole. 
On recourt au même dispositif de mobilisation qu’en Grande-Bretagne: volontariat d’abord, puis conscription. 
Mais celle-ci ne s’applique sans difficultés qu’en Nouvelle-Zélande, où elle est votée au mois de mai 1917. 

Au Canada, la décision d’y recourir, en juin 1917, provoque des émeutes chez les Québécois. 

Les Australiens rejettent la conscription par référendum, sous la pression des habitants d’origine irlandaise, émus par la répression des «Pâques sanglantes» de 1916. 

En Afrique du Sud, la question n’est même pas discutée, étant donné les sympathies pro-allemandes de beaucoup d’Afrikaners. 

Au total, la contribution des Dominions atteint environ 1300000 hommes. 
L’Angleterre mobilise des effectifs équivalents aux Indes.
La participation africaine est notable.
La conscription a été imposée en 1915 en Afrique orientale et 1916 en Afrique occidentale. 

Le bilan est impressionnant, comme en témoigne le tableau 1.
Ainsi, l’empire a permis d’accroître d’environ un tiers le potentiel militaire britannique.

Les contingents impériaux au cœur de la guerre  les_co10
tableau 1

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tableau 2

En 1939, la déclaration de guerre des Dominions à l’Allemagne, reconnus comme États souverains et indépendants au sein du Commonwealth, suit immédiatement celle du Royaume-Uni. 
L’effort de mobilisation est globalement accru par rapport à celui de 1914-1918. 
Il faut dire que la menace japonaise a stimulé la mobilisation en Australie et Nouvelle-Zélande, mais aussi aux Indes. 

La contribution indienne est double de celle de la Grande Guerre, celle des colonies africaines sept à huit fois plus forte. 

Le nombre de mobilisés atteint cinq millions d’hommes, dont deux millions pour les seuls Dominions, soit 84 % de la mobilisation de la métropole. L’Empire britannique et le Commonwealth ont ainsi vécu comme l’avait prophétisé Churchill dans son discours du 18 juin 1940, leur «finest hour» (tab. 2).

• Les Français

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tableau 3

À ces chiffres (tab. 3), qui concernent les «indigènes » il faudrait ajouter celui des Français d’outre-mer, la majorité étant constituée de 73000 Français d’Algérie, auxquels on peut adjoindre peut-être 4000 Français des colonies, soit un total d’environ 80000 hommes.
On atteindrait ainsi environ 650000 hommes, et un total de pertes d’environ 100000 hommes

Il va de soi que, par rapport aux 7800000 mobilisés français, la proportion est faible (environ 8 %). 
Malgré tout, l’acharnement de Clemenceau en 1917 et 1918 à mobiliser les contingents coloniaux les plus nombreux possibles montre que ce nombre doit, dans son esprit, peser lourd dans la balance. 
On peut être pratiquement sûr que, en cas de prolongation du conflit, leur proportion aurait eu tendance à s’accroître. 

La mobilisation des «indigènes » s’est opérée selon des principes divers. En Algérie, en Tunisie et en AOF, les contingents fournis par engagements volontaires sont complétés par des conscrits recrutés par tirage au sort. 

Les besoins de guerre amènent à augmenter le nombre des appels. Dans le reste de l’Empire, on en reste au système d’un volontariat, souvent forcé par des pressions administratives.
Dans Г entre-deux guerres, le recours au réservoir humain des colonies paraît le seul moyen de remédier à l’insuffisance de la démographie. Des lois de 1919 étendent le système de la conscription à l’ensemble des territoires de l’Empire. 

En 1940, l’armée française met en ligne 640000 coloniaux et Nord-africains, dont 
176000 Algériens, 
80000 Tunisiens, 
80000 Marocains (360000 hommes), et 
180000 Sénégalais.

C’est à peu près 10 % de l’effectif de l’armée française. 
Ces troupes combattent courageusement, avant d’être entraînées dans la défaite commune.
Elles comptent de nombreux morts et prisonniers.
 


L’appel aux troupes coloniales ne cesse pas avec la défaite. Elles forment la majorité des contingents de l’armée coloniale de Vichy, mais aussi de ceux de la France libre. 

Après le débarquement allié en Afrique du Nord de novembre 1942, la participation des contingents d’outre-mer est déterminante lorsqu’il s’agit d’organiser en Afrique du Nord une armée française équipée de matériel américain. 
À l’été 1944, sur 633000 hommes de l’armée de terre, on compte environ 60 % de soldats «indigènes», dont certains appartenaient aux Forces françaises libres depuis 1940.

• Note additionnelle
Certes, pour être complet, ce travail devrait faire mention des troupes «coloniales» employées par l’armée russe, et recrutées notamment parmi les Musulmans du Caucase et de l’Asie centrale. Il n’est pas possible de le faire ici, faute de temps. On peut au moins citer pour mémoire les deux «divisions sauvages» recrutées dans le Caucase, qui participent à la tentative du général Lavr Kornilov contre le gouvernement provisoire de Kerenski, au mois de septembre 1917. Des unités de ce type figureront également dans l’Armée rouge en 1939-1945. Il faut noter aussi qu’on a recruté des troupes noires dans les colonies belges et portugaises, qui participent en particulier aux campagnes contre les colonies allemandes d’Afrique orientale.

Les mobilisations de travailleurs

II s’agit d’abord de travailleurs recrutés pour les besoins des armées.
Sur le front français, ce sont en majorité des Chinois (100000 pour l’armée britannique, 40000 pour l’armée française, 10000 pour le corps expéditionnaire américain).
L’Afrique du Sud fait appel à des travailleurs africains auxiliaires (environ 70000 dont 20000 en France au Labour Native Corps , qui participe à la construction des tranchées).
Les campagnes africaines sont également dévoreuses d’effectifs: 55000 à 60000 porteurs auraient été réquisitionnés en AEF pour le Cameroun, ce qui représenterait un homme adulte sur quatre.
Pour les campagnes en Afrique orientale, les Britanniques n’auraient pas recruté moins de 750000 hommes, jusqu’au Nigeria et en Gold Coast.
Un million d’autres «indigènes» sont employés pour l’entretien des lignes de communication des armées britanniques au Proche-Orient.
Les Russes tentent d’imiter leurs alliés, pas toujours avec succès: l’ordre donné en juin 1916 de mobiliser 500000 autochtones d’Asie centrale au sein de bataillons de travailleurs, entraîne des rébellions violentes, notamment chez les Kazakhs et les Kirghizes. Des colons sont massacrés.

On retrouve des cas analogues lors de la Deuxième Guerre mondiale.
À partir de 1942, 50000 «indigènes» de Papouasie et Nouvelle-Guinée sont employés par l’armée australienne comme porteurs, brancardiers, terrassiers, mais aussi éclaireurs. Des Auxiliary Groups sont recrutés en Afrique de l’Ouest et affectés aux brigades d’infanterie, pour participer aux transports.
Par ailleurs, des «coloniaux» sont recrutés pour le travail aux champs ou à l’usine.
En France, en 1918, pour un total de 350000 travailleurs étrangers présents, 200000 sont originaires des colonies françaises (78000 Algériens, 35000 Marocains, 28000 Tunisiens, 50000 Indochinois, surtout Vietnamiens, 6000 Malgaches).

Ce mouvement se prolonge après la guerre: 100000 travailleurs nord-africains, surtout algériens, sont employés en 1930. Dans les colonies, les autorités exigent un accroissement de la production des matières premières, obtenu le plus souvent par la réquisition de travailleurs. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement du Tanganyika introduit ainsi la conscription pour augmenter la production des plantations de sisal et de caoutchouc; en Nigeria, on mobilise 100000 personnes, forcées à travailler dans des conditions scandaleuses pour tenter (sans beaucoup de succès) d’augmenter la production des mines d’étain du nord.

Le rôle dans la décision
• La Première Guerre mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, les troupes à recrutement impérial se battent sur tous les fronts. 
Leur participation est toujours importante, parfois décisive. 
Les forces des Dominions sont engagées en priorité sur le front français, comme par exemple les Canadiens à Vimy, au nord d’Arras, en avril 1917. 
Elles sont lourdement éprouvées à Passchendaele de juillet à novembre. 
Il en va de même des contingents coloniaux français, dont beaucoup se distinguent, en particulier les régiments de marche de zouaves-tirailleurs, à forte proportion de soldats algériens musulmans.
La 4e brigade marocaine, qui fait partie de la 38e division d’infanterie, associe pour la reprise du fort de Douaumont, au mois d’octobre 1916, trois bataillons à recrutement français du régiment d’infanterie coloniale du Maroc, deux compagnies du 43e bataillon de tirailleurs sénégalais et deux compagnies du bataillon somali.

Ces forces ont été aussi très largement employées pour tenter de lancer des offensives périphériques.
Les Néo-Zélandais et Australiens du général Birdwood, qui représentent le tiers des 129000 hommes débarqués, subissent à Gallipoli, d’avril à décembre 1915, des pertes voisines de 40000 hommes (8500 tués et 20000 blessés australiens). Les troupes indiennes, qui ont souffert du climat en France, en sont retirées en 1915, et affectées au front de Mésopotamie. L’armée du général Allenby, qui occupe Jérusalem, puis Damas, en 1918, compte deux divisions australiennes. Les campagnes africaines mériteraient aussi d’être évoquées. Par soldats noirs interposés, les militaires britanniques et français combattent les Allemands, au Togo (août 1914), au Sud-Ouest africain (août 1914-mai 1915), au Cameroun (août 1914-février 1916). En Afrique orientale, le lieutenant-colonel von Lettow-Vorbeck, tient tête aux troupes britanniques et sud-africaines, renforcées de troupes noires est-africaines et ouest-africaines, mais aussi fournies par les Portugais et les Belges de la Force publique du Congo.


• La Seconde Guerre mondiale
Comme dans le conflit précédent, ces contingents combattent sur tous les fronts.
Les troupes des colonies africaines de la Grande-Bretagne participent à la conquête de la Somalie italienne, puis à la campagne d’Ethiopie en 1941.
Des Australiens, des Néo-Zélandais et des Sud-Africains se battent dans le désert contre les troupes de Rommel.
Une division australienne est faite prisonnière à Singapour.
Des Indiens sont envoyés en Italie au sein de la VIIIe armée du général Alexander.
700000 participent à la campagne de Birmanie.
Les Canadiens constituent une partie importante des forces qui débarquent en Normandie en juin 1944.
Les campagnes du Pacifique engagent des Australiens, des Néo-Zélandais, mais aussi des détachements recrutés en Papouasie et en Nouvelle-Guinée, qui forment le Pacific Islands Regiment .
On note qu’une grande partie de ces troupes doivent défendre les possessions d’outre-mer, en particulier contre le Japon en Asie et dans le Pacifique. L’appoint impérial est donc moins net que lors de la Première Guerre mondiale.

Pour être peu nombreuses, les troupes coloniales françaises n’en ont pas moins un rôle peut-être plus important que lors du conflit précédent. 
Certaines d’entre elles contribuent aux campagnes de Leclerc au Tchad, puis au Fezzan, contre les troupes de Mussolini.
L’Armée d’Afrique s’illustre en 1943 dans la campagne de Tunisie contre les Germano-Italiens, puis en Italie où elle apporte une contribution décisive à la percée du front allemand sur le Garigliano et à l’entrée des Alliés à Rome (juin 1944). 

Tandis que la 2e DB de Leclerc libère Paris, la Première Armée commandée par de Lattre débarque en Provence. Ces unités participent ensuite, au printemps 1945, à la campagne d’Allemagne. Le dévouement des troupes d’outre-mer, souvent trop oublié, a puissamment contribué à la restauration du rôle international de la France. Seule la possession de l’Empire a permis la renaissance d’une armée qui, par sa participation à la «croisade en Europe», a contribué à faire admettre la métropole dans le concert des vainqueurs.

Problématique
II paraît important de montrer que ce thème des troupes d’outre-mer n’est qu’en apparence «exotique»: les problématiques de l’historiographie récente de la guerre peuvent très bien s’appliquer à ce champ de recherche, même si les réponses ne sont pas toujours identiques. Il s’agit d’hommes, de femmes et d’enfants forcés de subir des conflits, en fonction de leur situation particulière.
Il est un élément si évident qu’on ne pense pas forcément à en tenir compte: la première caractéristique des empires coloniaux est d’être des empires d’outre-mer, dont les diverses possessions sont séparées des métropoles par des centaines ou des milliers de kilomètres d’espaces océaniques.

En 1914, par exemple, si la France n’est qu’à un ou deux jours de mer de l’Afrique du Nord, ou à une dizaine de jours de Dakar, l’ordre de grandeur est d’environ trois semaines pour l’Inde, et six semaines pour la Nouvelle-Calédonie.
L’avion n’est employé que très rarement jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale. Même ensuite, il n’est guère utilisé pour les transports de troupes.

Les entrées en guerre

Les conditions des entrées en guerre de 1914 ne sont pas fondamentalement différentes de celles qu’on observe dans les métropoles. 
Le comportement des habitants d’origine européenne se situe, comme en Europe, entre enthousiasme et résignation. 
Les masses indigènes mesurent mal la portée de l’affaire, que les autorités s’efforcent de minimiser, pour éviter les tentations de révolte. 
Les notables sont incités à manifester leur loyalisme. 
Pour la plupart des élites autochtones de formation occidentale, comme pour Gandhi, qui incite ses compatriotes à s’engager, combattre pour les empires signifie aspirer à se transformer de sujets en partenaires.

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, le scénario est à peu près le même. 
Dès le 3 septembre, le jour de la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne à l’Allemagne, les premiers ministres d’Australie et de Nouvelle-Zélande ont proclamé l’engagement de leur pays aux côtés de celle-là («où elle va, nous allons; où elle se tient, nous nous tenons»).
Au Canada, le Parlement accepte sans vote l’engagement dans la guerre.
Au même moment en Afrique du Sud, la motion de neutralité présentée par le Premier ministre Hertzog est mise en minorité face à la motion de déclaration de guerre soutenue par le maréchal Smuts, symbole, depuis le conflit précédent, du dévouement à la cause impériale, devenue celle du Commonwealth .
Au Maroc, dans une lettre lue dans les mosquées, le sultan Mohammed Ben Youssef, futur roi Mohammed V, souligne que «nous devons à la France un concours sans réserve, ne lui marchander aucune de nos ressources et ne reculer devant aucun sacrifice. Nous étions liés à elle dans les temps de tranquillité et d’opulence, et il est juste que nous soyons à ses côtés dans l’épreuve qu’elle traverse et dont elle sortira, nous en sommes convaincus, glorieuse et grande».

Bien des grincements, il est vrai, se produisent, émanant des représentants des partis nationalistes.
En Inde, les représentants du Parti du Congrès se déclarent scandalisés par le fait que, alors que les Dominions ont décidé en toute souveraineté de leur entrée en guerre, par des votes de leurs parlements », le vice-roi a proclamé l’état de belligérance de l’Inde de façon automatique à la suite du gouvernement de Londres, sans consultation des élus.
Le Parti du Congrès se déclare pourtant prêt à soutenir la cause britannique par solidarité antifasciste, mais uniquement en échange de promesses précises quant à l’octroi d’une indépendance rapide, assorties de précisions quant aux buts de guerre alliés. Dans les territoires français, les arrestations de militants ou les dissolutions de partis nationalistes se multiplient. L’effort de mobilisation humaine et économique n’en est pourtant guère entravé.

La violence de guerre
• Le mythe de la «barbarie des troupes coloniales»

Les guerres coloniales antérieures à 1914 ont été souvent empreintes d’une très grande violence. 
La poignée d’officiers européens commandant des volontaires autochtones ont dû souvent s’assurer de leur fidélité en les récompensant par des parts de butin; ils ne se sont pas toujours souciés de protéger les non-combattants des pillages et des massacres. 
Certains, comme Mangin, auteur de La Force noire , ont jugé que l’assaut brutal et sans pitié était dans la nature même des combattants africains, et ont voulu en faire des troupes de choc. Ils sont déçus: les soldats indigènes ne sont pas plus adaptés a priori à la guerre moderne que leurs homologues européens. 
Les premiers combats se traduisent par de nombreuses défaillances dans leurs rangs. 
S’ils se battent généralement bien par la suite, c’est au sein d’unités organisées selon le modèle le plus conventionnel. 
L’image du Noir armé de son terrible coupe-coupe ne persiste pas moins. 
La propagande germanique pense tenir, avec la présence des troupes noires sur le front occidental, un excellent argument pour contrer les campagnes des Alliés contre la «barbarie» dont ferait preuve l’armée allemande. 
Elle les accuse de décapiter les blessés pour se fabriquer des trophées avec leurs crânes, ou de se parer de colliers d’oreilles coupées. Elle les accuse aussi de brutaliser les prisonniers.

Ces comportements annoncent et préparent les campagnes nationalistes qui se développent après la guerre sur le thème de la «schwarze Schande » (honte noire), entendons l’emploi de troupes noires lors de l’occupation française en Rhénanie, et les abus prétendument commis par elles. 
Ce sera un des thèmes notables de la propagande nazie contre une France accusée par Rosenberg d’être «la première responsable de la souillure de l’Europe par les Nègres ». 
À titre de «vengeance », plusieurs centaines de tirailleurs du 25e RTS seront massacrés au nord de Lyon au mois de juin 1940.
Les chefs des unités de la SS ou de la Wehrmacht responsables de ces crimes de guerre n’ont voulu voir, dans la résistance héroïque des combattants noirs, autre chose que «barbarie» et «bestialité ».

En fait, rien ne vient véritablement attester l’idée d’exactions particulièrement attri- buables à des unités coloniales. On peut tout au plus citer, pendant la Deuxième Guerre mondiale, le comportement des goums marocains qui forment les unités de choc de l’armée française en Italie, accusés, non sans raison, de viol et de pillage à l’égard de civils italiens. Ce lamentable épisode, concernant quelques milliers d’hommes, et limité à quelques mois, pâlit cependant devant les horreurs du front de l’Est.

• Troupes noires et blanches
II n’est guère question de brasser indifféremment les contingents de toutes origines au sein des unités.
Les langues et les coutumes (interdits alimentaires, par exemple), mais aussi les conditions juridiques (les indigènes des colonies n’étant pas des citoyens) s’y opposent. 
Le plus souvent, on constitue des régiments ou bataillons à peu près homogènes, issus du même pays, composés respectivement de troupes blanches et de troupes de couleur. 
Dans celles-ci, ne sont en général européens que les officiers et une partie des sous-officiers. 
En Afrique du Nord, par exemple, les Européens servent aux zouaves et les musulmans aux tirailleurs et aux spahis. 
Le mélange est plus grand dans l’artillerie ou les services.

Au combat, en revanche, la juxtaposition est de règle. Dès les premières opérations de l’été 1914, des régiments mixtes juxtaposent deux bataillons de tirailleurs sénégalais avec un bataillon d’infanterie coloniale blanche. 
Par la suite, les bataillons de tirailleurs reçoivent dans leurs rangs des compagnies européennes, dans la proportion du quart de leur effectif total. 
Aucune règle ne s’impose. 
Des compagnies de tirailleurs indochinois sont réparties dans des régiments d’infanterie métropolitains. Ainsi organisées, les troupes coloniales s’illustrent dans nombre de batailles entre 1916 et 1918. 
On a vu plus haut la composition de la 4e brigade marocaine lors de la reprise du fort de Douaumont en octobre 1916.
Ces principes sont encore en vigueur lors de la Deuxième Guerre mondiale. 
Sur neuf divisions dites «coloniales» entrées en ligne, six associent deux régiments de tirailleurs sénégalais à un régiment d’infanterie coloniale européen. Trois autres sont au départ entièrement blanches, mais deux d’entre elles accueillent par la suite dans leurs rangs des Africains et des Malgaches. Dans chacune, en effet, deux régiments d’infanterie coloniale sont transformés en régiments d’infanterie mixte sénégalais, tandis que les deux régiments d’artillerie coloniale deviennent des régiments d’artillerie coloniale mixte malgaches. Une seule est à trois régiments européens. L’idée, suggérée plusieurs fois, de donner plus d’homogénéité aux régiments en créant des bataillons mixtes n’est pas retenue. Le corps d’armée dit «colonial», affecté à la IIIe armée, n’est pas exclusivement, ni même majoritairement composé de troupes de cette origine. En fait, les divisions coloniales sont éparpillées entre les différentes armées, deux d’entre elles étant affectées à l’armée des Alpes.
Le «panachage» est toujours pratiqué après 1943. Dans la lre Armée qui débarque en Provence en août 1944, le pourcentage des «indigènes» dans les grandes unités varie entre 27 % (lre DB) et 56 % (2e DIM). Les Maghrébins servent non seulement dans les régiments d’infanterie (à raison d’environ 70 % de l’effectif total) et de cavalerie, mais dans toutes les armes. Ils sont ainsi environ 30 % dans l’artillerie et 40 % dans le Génie. Ils sont aussi présents dans les services et soutiens, ainsi que dans les formations sanitaires.

Le caractère exemplaire du coudoiement entre soldats d’origines différentes a souvent été célébré par les chefs des armées. Le maréchal Juin évoque «le souvenir de l’héroïsme le plus pur et de la fraternité qui régna [entre européens et musulmans] dans les rangs de l’Armée d’Afrique, tant il est vrai que c’est dans son sein et au creuset des batailles que les deux races se sont toujours le mieux fondues, le mieux comprises, et le mieux aimées». On pourrait rapprocher ce texte de celui du maréchal britannique Lord Wavell qui évoque l’armée des Indes, «dans laquelle toutes les croyances et toutes les races de l’Inde servaient ensemble aux côtés des Britanniques, dans la confiance mutuelle et la concorde». 
Ces déclarations, sans doute excessives, n’évoquent pas moins certaines vérités.

Les combattants
• La spécificité

On a souvent à tort développé l’idée selon laquelle les contingents d’outre-mer auraient constitué la «chair à canon» destinée à épargner le sang métropolitain.
En fait, si les pertes des combattants indigènes ont été lourdes, elles sont dues au fait qu’ils ont servi avant tout dans les unités d’infanterie, les plus éprouvées.
Mais elles ne dépassent pas celles des unités européennes comparables. 

Ils vivent pareillement, de ce point de vue, l’épreuve de la peur de la blessure et de la mort. Certains aussi connaissent la captivité. 
Les nombres sont particulièrement élevés lors de la Deuxième Guerre mondiale.
En juin 1940, les Allemands ont capturé 60000 Nord- Africains, et peut-être 15000 tirailleurs sénégalais.
On évalue à près de 70000 les Indiens faits prisonniers par les Japonais à Singapour et en Birmanie.

Une première spécificité réside dans le climat. 
Les combattants venus de pays tempérés, comme l’Afrique du Nord, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, voire froids, comme le Canada, s’adaptent sans trop de difficultés aux hivers français. 
En revanche, les «coloniaux» issus des pays situés dans les zones tropicales et intertropicales et obligées de passer l’hiver en Europe, souffrent beaucoup. 
Le froid paralyse notamment les tirailleurs sénégalais, et oblige le commandement à leur faire passer la mauvaise saison dans des camps du midi de la France. 
Á l’automne de 1944, les responsables se fondent sur la même argumentation pour procéder au «blanchiment» des unités de la lre Armée où les Noirs sont nombreux.

Une autre réalité rarement développée est celle de la rareté ou de l’inexistence des permissions permettant au soldat de rejoindre momentanément les siens.
La priorité donnée aux transports de matériels et de renforts l’explique, aussi bien que le fait qu’au séjour doit s’ajouter un très long trajet.
On avait calculé, par exemple, qu’un séjour de 30 jours au Canada signifiait l’absence de l’homme pendant trois mois à son unité. Il est possible aussi que le commandement ait craint davantage les désertions, dans la mesure où les pays d’outre-mer, vastes et sous-administrés, offraient de ce point de vue beaucoup plus de facilités que les métropoles.

Certains contingents se voient demander des sacrifices qu’ils jugent excessifs. 
Dans la lre Armée, contrainte à affronter la résistance acharnée des troupes allemandes sur les Vosges, puis dans la plaine d’Alsace, les pertes en morts, blessés, malades et disparus varient, selon les unités, entre 30 % et 109 % à la fin de 1944. 
Il ne faut pas oublier en effet que certaines d’entre elles sont passées directement des champs de bataille d’Italie à ceux de Provence, du Rhône et de l’Est de la France. 
Pourtant, les mutineries ou agitations sont rares. 
Selon un schéma assez classique, les hommes cherchent plutôt à se dérober au service militaire ou à déserter avant leur départ qu’à se révolter une fois dans l’armée.

• Pourquoi ont-ils tenu?
Dans son Étude sur le combat (1868) justement admirée par Jean-Norton Cru, le colonel Ardant du Picq énumère les techniques éprouvées depuis l’Antiquité, pour maintenir la cohésion d’un contingent au combat: un commandement solide et compétent; de bonnes armes; des passions, on dirait aujourd’hui des motivations; des formations adaptées, qui facilitent la cohésion et évitent la dislocation; une discipline rigoureuse. 
Il donne une très grande place à la «cohésion», à la «solidarité», et souligne le caractère primordial de la confiance que chaque soldat doit ressentir envers ses camarades, «sa crainte qu’ils lui puissent reprocher, faire expier de les avoir abandonnés dans le danger, son émulation d’aller où vont les autres, sans plus trembler qu’un autre, son esprit de corps en un mot» .

Tous ces éléments sont certainement intervenus pour expliquer la solidité des troupes impériales, et en particulier des troupes indigènes.
Les cadres, en général de métier, ont pour la plupart une bonne expérience du commandement de ces troupes spéciales, et en parlent la langue.
Leurs soldats sont fiers de servir dans une armée moderne, aux côtés de soldats européens, de s’initier au maniement des armes automatiques, ou à la conduite automobile. 
Ils sont mus, sinon par le patriotisme, du moins par une loyauté de type féodal envers le roi d’Angleterre ou la France (vue comme une personne).
La discipline est rigide, et n’exclut pas toujours les punitions corporelles. 
La désertion, loin du pays, est difficile. 
Les régiments cultivent un fort esprit de corps. 
Des efforts sont faits pour respecter les traditions, notamment les interdits alimentaires des soldats musulmans, et maintenir les liens avec les pays d’origine, par courriers et mandats. Des journaux spéciaux sont édités. 
Tout cela compense largement l’attachement moindre à la Patrie, dont il conviendrait d’ailleurs de relativiser l’effet sur les hommes du front.

Les contingents impériaux au cœur de la guerre 
Jacques Frémeaux Histoire, économie et société Année 2004 Volume 23 Numéro 23-2
source http://www.persee.fr

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La Tunisie au gré des conflits

16 mars 2013

Les Etats-Unis et le conflit sino-japonais

Classé sous — milguerres @ 22 h 58 min

 

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7 décembre Attaque de Pearl Harbor 

Les combats continus en Malaisie entre Japonais et Britanniques 

Les Etats-Unis et le conflit sino-japonais 

Alfred Max

Politique étrangère

Année 1938

Volume 3

Numéro 6 pp. 607-623

Le Président Roosevelt avait hérité à son arrivée au pouvoir, en 1933, d’une opinion mal disposée à l’égard du monde extérieur, ulcérée par le non-paiement des dettes et décidée à se prémunir contre la contagion d’une guerre européenne que, déjà, l’on croyait imminente. Cette opinion, M. Roosevelt, persuadé de la nécessité de sauver la paix en collaborant aussi étroitement que possible avec les puissances pacifiques, s’est appliqué à la retourner, à la gagner à ses vues personnelles et à obtenir du Congrès, en fait, la liberté d’action qui lui était refusée en droit par les lois de neutralité.
Le conflit sino-japonais fut, pour le Président, l’occasion de faire en quelque sorte une démonstration de sa politique. Par le fait même qu’il est toujours allé à la limite extrême de la marge où sa politique pouvait se mouvoir sans être désavouée, l’opinion publique s’est trouvée soumise à un travail d’éducation, d’éveil aux réalités de la situation extérieure; la marge de liberté du Président s’est ainsi déplacée, de nouvelles possibilités d’action sont apparues. C’est cette évolution dont je voudrais m’efforcer de retracer ici les étapes les plus importantes.

Refus d’appliquer la loi de neutralité
Dans les premiers jours du mois de juillet 1937, Cordell Hull, comme autrefois M. Stimson, ne croit pas que la guerre soit inévitable. Il pense que le gouvernement civil au Japon a la volonté et la possibilité de mettre le holà aux exigences de son État-Major. Au moment où éclate le conflit sino-japonais, le Président Roosevelt est engagé dans la lutte politique la plus importante de sa carrière : il essaie d’obtenir l’adhésion du Congrès à son projet de réforme de la Cour Suprême; absorbé par les questions intérieures, il laisse à M. Hull la direction des opérations diplomatiques.
Celui-ci fait d’abord appeler, le 12 juillet, quelques jours seulement après l’incident de Lou Kou Chiao, les ambassadeurs de Chine et du Japon et leur dit son espoir de voir la question réglée pacifiquement.

Puis, le 16 juillet, le département d’Etat publie un manifeste qui constitue une sorte de credo de la politique américaine. Tous les grands principes qui animent cette politique depuis l’avènement du Président Roosevelt y sont à nouveau affirmés. La déclaration commence par rappeler que des hostilités, en quelque partie du monde qu’elles éclatent, ne peuvent laisser les Etats-Unis indifférents, qu’elles affectent à coup sûr leurs intérêts, leurs droits ou leurs obligations. M. Hull rappelle également que les États-Unis sont essentiellement attachés à un règlement, par voie de négociations, de toutes les controverses qui peuvent s’élever entre nations, qu’ils restent les ardents défenseurs du droit international, de la moralité internationale, du caractère sacré des obligations contractées.
Soixante États communiquent en termes chaleureux leur approbation de la note de M. Hull. Seul le Japon y fait quelques réserves, se sentant particulièrement visé, déclarant : le gouvernement japonais est d’accord sur les principes généraux de la politique de M. Hull;toutefois, il est bien évident qu’en ce qui concerne l’Extrême-Orient, il n’y a de solution pacifique possible qu’en tenant compte de façon réaliste et objective de la situation de fait particulière à cette région.
Quelques jours s’écoulent. On croit encore que le conflit ne va pas dégénérer en guerre générale, puis c’est l’incident de l’aérodrome de Hungjao. Le conflit se déplace vers Shanghaï. Deux navires américains, YAugusta et le Président-Hoover, sont atteints par des éclats d’obus. Au Congrès, toujours en session, on commence à réclamer une application de la loi de neutralité.
Qu’est-ce que la loi de neutralité? C’est essentiellement un dispositif de sécurité destiné à permettre aux États-Unis de rester à l’écart de toute guerre n’intéressant pas le continent ou les possessions américaines, par un abandon volontaire de certains droits, comme la liberté des mers, traditionnels mais mal définis, et dont l’application risque de provoquer de dangereuses controverses avec tel ou tel belligérant. Comment se déclenche la loi? Il suffit que le Président juge qu’il y a état de guerre. Aussitôt entre automatiquement en application un embargo sur les armes, munitions et matériel de guerre s’appliquant sans discrimination à tous les belligérants; les navires américains ne peuvent plus se rendre dans la zone des hostilités et les citoyens américains doivent s’abstenir de voyager sur les navires des belligérants; les crédits à long terme sont prohibés. En outre, le Président a la faculté d’édicter un certain nombre de restrictions qui portent sur le commerce des matières premières.
Le Président, vers le milieu du mois d’août, se trouve donc devant l’alternative suivante : ou céder aux injonctions du Congrès et reconnaître qu’il y a état de guerre, ou refuser d’appliquer la loi de neutralité.

Le 23 août, le sénateur Pittman, président de la Commission des Affaires Étrangères du Sénat, parlant officieusement au nom du gouvernement américain, déclare en substance dans une allocution radiodiffusée : « Les États-Unis n’ont pas à appliquer la loi de neutralité, ils ne l’appliqueront pas pour l’instant, car, aucune des deux parties n’ayant déclaré la guerre, il n’y a pas état de guerre. » Les pacifistes, les partisans de l’isolement qui réclament au Sénat l’application de la loi ont à ce moment beau jeu de rappeler qu’en 1933, au moment de la campagne d’Ethiopie, le Président avait appliqué la loi de neutralité en disant : « Pour simplifier les définitions, nous dirons qu’il y a guerre lorsqu’il y aura eu invasion armée suivie de pertes de vies humaines. » Donc l’invocation de la fiction de la non-existence d’un état de guerre est un prétexte. Le Président ne veut pas appliquer la loi. Pourquoi?
En premier lieu, il faut tenir compte d’un certain nombre de considérations d’ordre économique et politique. A partir du moment où la paix américaine n’est pas vraiment en danger du fait du conflit sino-japonais, est-il opportun d’appliquer des restrictions qui vont frapper particulièrement les industries de la côte du Pacifique, c’est-à-dire les usines aéronautiques qui fournissent la Chine et le Japon en matériel aérien, pour la plupart situées en Californie, la marine marchande et donc le transit qui fait la prospérité des ports de San Francisco, de Seattle, de San Pedro, le pétrole de Los Angeles dont le Japon est le principal acheteur? Ces restrictions affecteront la Californie. Or, la Californie est un État qui, du point de vue de la politique intérieure, est particulièrement sensible, c’est un État-clé. La prépondérance du parti démocrate n’y est pas indiscutée, et on se rappellera qu’en 1916, au moment où le président Wilson s’était présenté pour son second mandat, il n’avait été réélu que grâce aux 4.000 voix de majorité qu’il obtint sur son concurrent républicain dans l’État de Californie. Ces considérations qui sont du ressort de la stratégie électorale ne peuvent manquer d’exercer une influence sur les décisions qui vont être prises, mais il est difficile de savoir quelle est leur importance exacte dans le calcul auquel se livrent le Président et l’administration.
Une seconde raison pour ne pas invoquer la loi, c’est que son application, étant donné les circonstances, eût été contraire aux principes qui venaient d’être énoncés le 16 juillet. La loi de neutralité est essentiellement amorale. Elle implique un abandon de certaines positions spirituelles, matérielles, un repliement devant la force et devant l’agression. Elle frapperait, si l’on se contentait d’appliquer les restrictions obligatoires, la Chine d’abord : celle-ci ne pourrait plus se ravitailler en munitions aux États-Unis, comme elle le fait à un rythme accéléré depuis le début du conflit.

Or, les sympathies du peuple américain vont à la Chine. Des liens affectifs existent entre la population américaine et la population chinoise; non seulement les Américains ont été surpris et peines par l’agression japonaise de Mandchourie, mais d’une façon plus générale, surtout depuis le règlement de l’indemnité Boxer, il y a un courant d’échanges culturels permanents entre la Chine et les États-Unis. Le personnel gouvernant dans la Chine de Chiang Kai-Shek est composé en majorité d’anciens élèves d’universités américaines; les missionnaires américains font une sorte de propagande inconsciente pour la Chine aux États-Unis mêmes, et si le souvenir demeure de l’époque où la Californie donnait le signal des lois d’immigration fondées sur la discrimination contre les Jaunes, on se rappelle aussi que ces lois s’opposaient beaucoup plus à l’immigration japonaise qu’à l’immigration chinoise.
Mais il existe un troisième ordre de considérations qui pèse probablement plus que les deux premiers sur les déterminations du Président. M. Roosevelt veut garder le contrôle de la politique extérieure. Il n’a accepté la loi de neutralité qu’à contre-cœur. Lorsqu’il l’a appliquée en 1935 à l’Ethiopie et en 1937 à l’Espagne, ce fut en somme, non pas pour servir le but que les auteurs de la loi lui avaient assigné, c’est-à-dire préserver les Etats-Unis d’une guerre au moyen d’un isolement aussi hermétique que possible, mais au contraire pour coopérer par une voie détournée avec les puissances pacifiques, pour apporter, dans le cas de l’Ethiopie, un complément aux sanctions votées à Genève, et dans le cas de l’Espagne, aux restrictions du comité de non-intervention.
Dans le cas de la Chine, il n’y a rien de pareil. Au contraire, il est possible que plus tard le gouvernement des États-Unis, profitant des sympathies du peuple américain à l’égard de la Chine, puisse rejeter la loi de neutralité, dont le Président et l’administration n’ont jamais voulu, pour collaborer à l’occasion du conflit d’Extrême-Orient par des mesures de coercition, par des sanctions peut-être, à l’œuvre qui sera éventuellement entreprise à Genève ou ailleurs.
Enfin, il s’agit pour le Président de prouver qu’il reste le maître de déterminer quand et comment s’applique une loi qui vise au contrôle total de la politique extérieure des États-Unis dans des circonstances données. Il y a là une phase de la lutte qui s’est engagée depuis que la Constitution américaine existe, depuis George Washington, entre les prérogatives du Sénat et celles du Président en matière de politique extérieure.
Le motif invoqué pour ne pas appliquer la loi, c’est la non-existence d’un état de guerre. Le Président et l’administration se rendent compte que l’argumentation est d’une extrême ténuité, car, du fait même des justifications données, il suffirait que le Japon ou la Chine déclarent la guerre pour que les États-Unis se trouvent forcés d’invoquer la loi.
Au mois de septembre, les Japonais déclarent un blocus des côtes chinoises. Ge blocus n’est pas général, il n’est pas effectif, il est limité aux navires chinois, les navires étrangers en étant exempts. Toutefois, la presse japonaise s’irrite, au début de septembre, d’apprendre qu’un navire appartenant au gouvernement américain, le Wichita, va partir d’un port californien, San Diego, pour apporter à la Chine, par Hong-Kong et Canton, une cargaison composée d’avions militaires, de pièces de rechange, de munitions et de matériel de guerre. L’administration craint des difficultés au moment du passage du navire dans les eaux chinoises. Aussi, le 14 septembre, le Président annonce-t-il qu’à partir de ce jour, les navires marchands appartenant au gouvernement américain ne pourront plus transporter d’armes, de munitions, de matériel de guerre, à destination de la Chine ou du Japon ; que les navires marchands privés qui voudront transporter des armes, munitions ou matériel de guerre à destination de la Chine ou du Japon le feront désormais à leurs propres risques, et que les résidents américains en Chine sont invités à quitter le territoire chinois le plus rapidement possible, des navires de guerre américains se tenant à leur disposition à Shanghaï et sur le Yang-Tsé pour les rapatrier ou les évacuer; enfin la politique américaine, en ce qui concerne l’application de l’acte de neutralité, reste essentiellement « sur une base de 24 heures ».
Quelle est la portée de cette déclaration? Elle intervient à propos d’un cas particulier, le cas du Wichita; elle est de pure forme, car les navires du gouvernement qui font le transit entre la Chine, le Japon et les États-Unis sont au nombre de quatre : quatre navires de neuf mille tonnes. Par la suite, on pourra constater que le trafic des munitions ne fera que se développer1. Enfin, les résidents américains, au nombre d’environ 10.000, ne quitteront pas la Chine, sauf 2 ou 3.000 dont beaucoup, d’ailleurs, reviendront dans la région de Shanghaï dès que les hostilités dans cette zone seront terminées; et s’il est vrai que plus tard on assistera à un exode en masse, ce sera non pas en raison d’une pression exercée par le gouvernement, mais plus simplement parce que les affaires auxquelles se livraient les négociants étrangers installés en Chine ont cessé d’être avantageuses étant donné les circonstances.
Concession de pure forme, mais qui porte, car tous ceux qui, même dans les milieux pacifistes, conservent un préjugé favorable à l’égard du Président, diront : « Le Président ne pouvait pas appliquer la loi de neutralité parce qu’il n’y avait pas état de guerre; il ne pouvait donc envenimer une situation, délicate déjà, en prenant une initiative diplomatique inopportune, en déclarant qu’il y avait guerre; mais il fait en somme l’équivalent puisqu’il prend des mesures qui, en pratique, nous mettent à l’abri de tout danger et de toute surprise. »

1. A la date du 1er juin 1938, les États-Unis avaient vendu depuis le début du conflit : à la Chine, du matériel de guerre d’un valeur de 8.666.000 dollars; au Japon, du matériel de guerre d’une valeur de 7.415.189 dollars.

Le discours de Chicago et la conférence de Bruxelles
S’étant ainsi concilié les milieux pacifistes par quelques concessions plus apparentes que réelles, le Président ne perd cependant pas de vue son objectif principal. Tout d’abord, il est conscient de la sympathie grandissante du peuple américain pour les souffrances de la Chine. On sait qu’il existe aux Etats-Unis une organisation qui porte le titre d’ « Institut américain de l’opinion publique », et qui se livre à des consultations populaires périodiques sur toutes les grandes questions d’actualité. L’Institut de l’opinion publique interrogea au mois de juillet 1937 un certain nombre de personnes choisies d’après un critérium présentant certaines garanties de rigueur scientifique : sur 100 personnes, 43 seulement reconnaissaient leur sympathie pour la Chine, et 55 déclaraient n’avoir pas de préférence. Or, au début du mois d’octobre, c’est-à-dire après les différentes proclamations du Président et de M. Hull, après le développement du conflit, son extension à la région de Shanghaï, après les bombardements aériens dans toute la Chine, le chiffre des indifférents était tombé à 40 % et les partisans de la Chine passaient à 59 %.
Le Président, s’appuyant sur les renseignements reçus d’Europe qui laissaient prévoir la possibilité de la convocation d’une conférence en vertu du traité des Neuf Puissances où, peut-être, on se mettrait d’accord sur des mesures à prendre en commun, convaincu par les acclamations qui l’avaient accueilli au cours d’un voyage qu’il venait de faire à travers le continent que sa popularité n’avait pas souffert de l’échec du projet de réforme de la Cour Suprême, prononce à Chicago, le 5 octobre 1937, un discours historique où, pour la première fois peut-être depuis son avènement à la présidence, dégagé de préoccupations intérieures exclusives, il fait connaître ses vues personnelles sur la situation extérieure, persuadé que le moment est venu de jeter toute son influence du côté des puissances pacifiques et de faire un effort pour décourager, par un exemple qu’il espère éclatant, les forces d’agression dans le monde.
Le Président déclarait notamment que « les nations qui aiment la paix doivent faire un effort concerté pour mettre fin à l’épidémie d’illégalité qui déferle sur le monde », que « l’on ne peut pas échapper à la guerre par simple isolement ou neutralité ». Il ajoutait que « lorsqu’une épidémie de maladie commence à se répandre, la communauté doit participer à une quarantaine afin de se défendre contre une propagation du mal ». C’était un langage révolutionnaire pour un Président des États-Unis étant donné le désaveu cinglant infligé à la politique wilsonienne et le fait que, depuis vingt ans, on s’en était tenu à des déclarations vagues et à une abstention à peu près complète.
Que voulait dire le mot « quarantaine »? C’était ce qui intrigua considérablement l’opinion publique américaine. Beaucoup crurent qu’il s’agissait de prendre des sanctions immédiates contre le Japon, c’est-à-dire courir des risques de guerre. Mais à une personnalité importante qui rendit visite au Président le lendemain de son discours et qui lui demanda : « Croyez-vous qu’un jour les États-Unis puissent prendre des sanctions contre le Japon? » le Président, paraît-il, répondit : « Vous lisez le livre à la page 252, moi j’en suis encore à la page 2 ».
Quoi qu’il en soit, le discours de Chicago provoqua des réactions dans l’opinion, réactions violentes de part et d’autre, et l’opinion se divisa, prit position comme elle ne l’avait jamais fait depuis 1919. Les partisans de la nouvelle politique que M. Roosevelt recommandait, on les trouvait au Sénat, chez une poignée de sénateurs, quatre ou cinq seulement, qui avaient toujours marqué leur désir de voir les États-Unis prendre une part plus active aux affaires du monde, comme le sénateur Pope, le sénateur Thomas et M. Pittman, le président de la Commission des Affaires Étrangères. On les trouvait également au sein de quelques ligues pacifistes restées fidèles à l’idéologie de la Société des Nations; par exemple l’association pour la Société des Nations que dirige un homme très actif et très énergique, Clark Eichelberger. Je me trouvais par hasard le 6 octobre dans le bureau de M. Eichelberger, à 8 heures du matin. Il avait devant lui une corbeille où venaient s’empiler des multitudes de télégrammes émanant des membres de toutes sortes d’organisations pacifistes, télégrammes d’approbation à la politique présidentielle. Sur son bureau, deux téléphones : il parlait simultanément à M. Stimson, le secrétaire d’État de l’administration Hoover, qui s’engageait à écrire une lettre au New York Times — lettre qu’il écrivit en effet — donnant son appui sans réserve à la politique du Président, et au secrétaire particulier de M. Kellogg, secrétaire d’État de l’administration Coolidge, lui demandant de bien vouloir signer un manifeste identique à celui de M. Stimson. Si M. Kellogg ne le signa pas, ce fut uniquement, dit son secrétaire, parce qu’il était très malade et, en effet, il devait mourir quelques jours plus tard.

Comme autres partisans de la politique présidentielle, on trouvait certains grands journaux de l’Est, essentiellement le New York Times et le New York Herald Tribune, puis des individualités brillantes mais isolées comme Dorothy Thomson, qui tient une place importante dans la presse américaine et à la radio, ou M. Walter Lippmann.
Mais toutes ces manifestations de sympathie, si spontanées et si chaleureuses qu’elles fussent, se noyaient dans la masse des protestations qui s’élevaient de tous les points du continent. Au Sénat, tout le bloc des neutralistes, le bloc de l’isolement, beaucoup plus puissant en nombre que les partisans de la collaboration avec l’Europe, protestait et organisait une démarche collective à la Maison Blanche. La plupart des journaux du Centre et de l’Ouest protestaient également. Un petit organe du Centre Nord, le Sheboygan Times, déclarait : « Le discours de Chicago est le discours le plus belliqueux qu’un Président des États-Unis ait prononcé. » Un historien connu dont se réclament les milieux pacifistes, M. Charles Beard, écrivait : « M. Roosevelt est un être dangereux car il est tout imbibé de l’idéologie wilsonienne et, comme M. Wilson, un jour, il finira par mener les Etats-Unis à la guerre, et peut-être ce jour est-il venu. »
L’opposition, d’autre part, faisait état d’un prétendu antagonisme entre M. Hull et M. Roosevelt que l’on accusait d’avoir improvisé un discours personnel sans avoir au préalable consulté son secrétaire d’État. Dans ces milieux on représente souvent le « team » Hull-Roosevelt comme une sorte d’équipe Sancho Pança-Don Quichotte. On affiche le plus grand respect pour la personnalité pondérée et grave de M. Hull, tandis qu’on accuse M. Roosevelt d’être primesautier, léger, irréfléchi. Dans ce cas particulier, il n’y avait pas le moindre désaccord entre eux, comme le communiqué du département d’État, rendu public le lendemain 6 octobre, le prouva, puisqu’il y était dit que le Japon avait violé le pacte Briand-Kellogg et le traité des Neuf Puissances et que par conséquent les con* clusions du gouvernement américain coïncidaient avec celles de l’Assemblée de la Société des Nations.
La violence des attaques était cependant telle que le Président dut céder du terrain et démentir les intentions qu’on lui prêtait. Le 12 octobre, il prononçait une allocution radio-diffusée où il déclarait en substance : « Après le discours de Chicago, j’ai reçu des lettres de milliers et de milliers de personnes. Parfois j’y vois exprimée la crainte que la politique que j’ai recommandée à Chicago n’entraîne les États-Unis dans un conflit. Rappelez-vous, mes amis, que de 1913 à 1921 j’étais sous-secrétaire d’État à la Marine de guerre dans l’administration Wilson, que pendant ces années critiques j’ai beaucoup appris; j’ai appris ce que l’on devait faire et j’ai surtout appris ce que l’on devait ne pas faire. »

Dans les milieux du département d’État, on ne cachait pas que, du fait de la réaction publique au discours de Chicago, qui avait été un « ballon d’essai », il était impossible pour les États-Unis de prendre une attitude ferme à la conférence de Bruxelles. Cette impression générale fut encore accentuée le 1er novembre, lorsque M. Eden prononça un discours en Angleterre où il donnait l’impression que la conférence de Bruxelles se réunissait sur l’initiative américaine, que l’Angleterre irait aussi loin que les États-Unis voudraient bien aller, et que c’était aux États-Unis de montrer la voie. Pour les Américains, cela signifiait que les États-Unis à la conférence de Bruxelles allaient faire un marché de dupes et qu’il s’agissait encore une fois de « tirer les marrons du feu » pour le compte de l’Angleterre.
Au Congrès, qui se réunit le 15 novembre — juste à temps pour enregistrer l’échec de la conférence de Bruxelles —- un vif mécontentement se manifesta, Des représentants demandèrent la déchéance du Président et du secrétaire d’État coupables de ne s’être pas conformés à la volonté du peuple clairement exprimée par la loi de neutralité. Plusieurs sénateurs influents se rendent de nouveau à la Maison Blanche et exigent l’application de l’acte, le retrait des forces américaines d’Extrême-Orient, l’évacuation des résidents américains. On réclame ce retrait parce que, dit-on, dans les circonstances présentes on peut fort bien redouter que se produise en Chine un incident analogue à celui de 1898, lorsque le navire de guerre américain le Maine fut coulé à Cuba, déclenchant ainsi la guerre hispano-américaine. M. Hull continue à répondre : « Nous n’appliquons pas la loi parce qu’il n’y a pas état de guerre. Nous ne retirons pas nos forces parce qu’il faut protéger nos établissements consulaires et diplomatiques. D’ailleurs nos intérêts en Chine ne sont pas seulement des intérêts économiques, ils sont également d’ordre moral. Il s’agit pour nous de ne pas reculer, de ne pas nous replier devant l’agression. »

Incident du Panay
Cet incident qu’on redoute dans les milieux pacifistes se produit le 12 décembre. C’est l’incident du Panay. La canonnière Panay remonte le Yang-Tsé en amont de Nankin. Elle a à bord les membres du personnel diplomatique de l’ambassade des États-Unis à Nankin, des réfugiés et des journalistes. Ses mouvements ont été communiqués au haut commandement japonais. C’est avec l’approbation du haut commandement japonais que la canonnière se déplace sur le Yang-Tsé pour se mettre à l’abri de l’attaque sur Nankin. Un officier japonais est monté à bord le matin du 12 pour vérifier que le trajet qu’emprunterait la canonnière était bien tel qu’on l’avait dit. Le temps est parfaitement clair, la visibilité parfaite, d’énormes drapeaux aux couleurs américaines sont étendus sur le pont. Des avions japonais survolent plusieurs fois le Panay à basse altitude et laissent tomber plusieurs bombes ; le navire coule, on l’évacué ; les canots de sauvetage sont à leur tour bombardés par les avions qui les poursuivent à la mitrailleuse. Incident grave évidemment; plus grave, si l’on considère purement la question de prestige national, qu’aucun des incidents de la période 1914-1917. Incident qui semble, comme l’indiquent les dépositions des témoins oculaires, délibéré et peut-être destiné à mesurer la vigueur de la réaction américaine ou à intimider les États-Unis et les persuader de retirer leurs forces.
Il laisse l’opinion américaine très calme. L’incident se produisit le dimanche, et le Sénat est en session le lundi matin. Les réactions à la tribune sont à peu près les suivantes : « Nous l’avions bien dit. Pourquoi l’administration ne s’est-elle pas conformée à nos directives? Qu’allions-nous faire là-bas? Pourquoi avions-nous des forces armées en Chine? » On apprend un peu plus tard que la canonnière américaine escortait trois navires citernes de la Standard Oil, et alors on se trouve reporté en pleine atmosphère de l’enquête Nye : « Ce sont les fabricants de munitions que l’on protège et pour lesquels on fait massacrer les soldats américains. »
D’autres sénateurs demandent que l’administration adopte une attitude digne, c’est entendu, mais surtout qu’elle n’essaye pas d’exciter la population américaine, car, déclare le sénateur Ashurst, « les Américains peuvent s’échauffer tout autant que les Français eux-mêmes ». Mais l’administration prend une position différente. Dès les premiers rapports, dans les sphères du département d’Etat, on est persuadé qu’il s’agit d’un geste délibéré du Japon. D’autre part, un incident de cette portée fournit au Président l’occasion qu’il cherche d’adresser un sévère avertissement aux forces d’agression à travers le monde entier en faisant la preuve que les États-Unis savent, le cas échéant, faire respecter leurs droits; de montrer par là même aux grandes démocraties occidentales auxquelles on reproche aux États-Unis d’être si timorées dans leur résistance au chantage des dictatures, qu’il suffit de parler haut et ferme pour mettre un terme à leur insolence ; enfin de poursuivre la campagne d’opinion dont le début a été marqué — selon l’expression de M. Chamberlain — par « l’appel du clairon » de Chicago, en faisant étalage devant le public américain des faits concrets qui doivent provoquer son indignation et le rallier à la politique présidentielle. Aussi l’administration adopte-t-elle une mise en scène un peu dramatique. Le lendemain de l’incident, l’ambassadeur du Japon doit venir présenter ses excuses au secrétaire d’Etat. Le Président, en prévision de cette entrevue, prépare un mémorandum où il dit au secrétaire d’État :
Ce mémorandum est tapé à la machine et le Président Roosevelt y fait quelques ratures de sa main. Il le communique à M. Hull, et quelques minutes plus tard il le remet à la presse pour publication, de sorte que, au moment même où intervenaient les événements, le public américain était tenu au courant des moindres péripéties des démarches diplomatiques.
L’impression dans l’opinion est unanimement favorable; on considère que le message du Président est à la fois modéré de ton et digne, que c’est fort bien de renoncer aux méthodes de la diplomatie secrète et de tenir le public constamment informé ; enfin, on admire beaucoup le fait que M. Roosevelt se soit adressé personnellement à l’Empereur, car on sent que toutes les assurances que donnera le gouvernement civil ne valent pas grand’chose, que c’est en réalité au pouvoir militaire qu’il faut s’adresser et que, seul l’Empereur, sorte de surarbitre, a l’autorité nécessaire pour parler en maître à la fois à l’un et à l’autre.
Cette satisfaction de l’opinion s’augmente du fait que le Japon adopte rapidement une attitude d’humilité totale; les excuses succèdent aux excuses et à la fin du mois de décembre M. Hull pourra déclarer l’incident clos, ayant obtenu satisfaction sur tous les points. Il faut ajouter que la mise en scène de l’administration s’était complétée du fait que par hasard, à bord du Panay, se trouvait un cinéaste qui avait pu enregistrer la scène de l’incident; le film fut transporté par clipper depuis Shanghaï par Hong-Kong, les Philippines et la voie ordinaire par le Pacifique jusqu’à San Francisco, convoyé de là par avion militaire spécial et apporté avec un grand luxe de précautions à la Maison Blanche où, le premier, le Président en vit la projection. Quelques jours après l’incident, tout le public américain put se précipiter dans les salles du continent entier pour assister à la projection du film, commenté d’une façon très sobre et à la fois très habile, comme pour faire toucher du doigt aux Américains la réalité du danger qu’ils avaient couru. Tout ceci compléta cette impression générale que les États-Unis étaient sortis d’une crise grave, grâce à la fermeté et à l’habileté de leur Président. L’opposition fut minime, même M. Lan don, le rival républicain du Président, fit connaître à celui-ci qu’il approuvait sans réserve l’attitude qu’il avait adoptée dans l’affaire du Panay. Le succès de la politique suivie eut les résultats attendus : le sentiment antijaponais s’intensifia considérablement dans le pays ; le mouvement de boycott privé lancé par certains polémistes et surtout par les syndicats à tendances extrémistes prit un certain développement. Le prestige du Président s’en trouva renforcé puisqu’aux yeux du public américain il avait su tenir tête au militarisme japonais et qu’il avait dissipé l’illusion que les démocraties, déterminées à ne pas recourir à la guerre, étaient impuissantes devant les dictatures.

L’amendement Ludlow
Mais les pacifistes ne se tenaient cependant pas pour battus. Ils redoutaient à la suite de l’affaire du Panay de nouveaux incidents qui, étant donné l’attitude très ferme adoptée, risquaient d’entraîner un conflit, de même que les notes du Président Wilson à propos de l’affaire du Sussex avaient finalement obligé l’Amérique à participer à la guerre en 1917. On rappelait le mot de M. Elihu Root : « II est très difficile, lorsqu’on a menacé du poing, d’agiter ensuite mollement l’index ». Le sénateur Sma-thers, membre du groupe pacifiste, déclara à la presse qu’il était très alarmé du changement d’opinion qu’il constatait aux Etats-Unis : « Quelques jours avant le Panay on n’aurait pas trouvé un seul Américain pour faire la guerre; aujourd’hui j’en rencontre constamment qui réclament la tête de quelques Japonais. » La détermination pacifiste d’arrêter Roosevelt coûte que coûte prit forme, et comme il ne peut pas y avoir aux Etats-Unis de débats où des ministres responsables viennent défendre leur gestion, on utilisa, pour infliger un blâme à la politique du Président, l’amendement Ludlow.
Qu’est-ce que l’amendement Ludlow? C’est un projet d’amendement à la Constitution, déposé par un représentant pacifiste, qui tend à donner le pouvoir de déclarer la guerre — pouvoir qui actuellement repose entre les mains du Congrès — directement au peuple. Seul le peuple américain posséderait, par référendum national, le pouvoir d’engager des opérations de guerre. Ce référendum avait de nombreux partisans, 75 % déclarait l’Institut de l’opinion publique. Puisque à New York, disait-on, on peut voter par référendum sur la question de savoir si l’on doit supprimer telle ou telle ligne de métro, pourquoi les électeurs ne pourraient-ils voter, par voie de référendum, sur une question sensiblement plus importante comme celle de savoir s’ils vont se battre ou non? On entendait aussi fréquemment le raisonnement suivant : « La guerre de 1917, erreur dont nous nous repentons encore aujourd’hui, n’aurait-elle pas été évitée si au lieu de soumettre la question de l’entrée en guerre des États-Unis à un Congrès dominé par le Président Wilson, on l’avait soumise au peuple américain? »
A ces arguments, les adversaires de l’amendement répondaient : « Procéder à un référendum en temps de crise internationale, c’est gêner la diplomatie américaine et la diminuer au moment où elle a le plus besoin d’autorité; de plus, ce n’est pas compatible avec le régime représentatif. » Mais si l’amendement Lûdlow venait en discussion, c’était parce que de nombreux députés avaient signé une pétition à cet effet, et ces députés avaient signé, pour une grande partie, après l’incident du Pôfïay, de sorte que 
l’administration et le Président ne pouvaient pas juger là question uniquement sur ses mérites. Le vote de la résolution Ludlow aurait eu le caractère d’une motion de défiance; il fallait la faire écarter par la Chambre. Il y eut donc une pression énorme de la part de l’administration. Le Président Roosevelt se déclara absolument opposé à l’amendement, Cordell Hull de même. On utilisa même certains moyens de pression de caractère électoral. Toujours est-il que la Chambre, le 10 janvier, rejeta l’amendement Ludlow par 210 voix contre 188. Malgré l’étroitesse de cette marge, l’administration était en droit de considérer qu’elle avait obtenu, pour la première fois depuis fort longtemps, l’approbation tacite de la branche législative du gouvernement à sa politique extérieure. Dès lors on peut estimer qu’en ce qui concerne l’Extrême-Orient le Président l’a emporté; désormais les critiques qu’on lui adressera pour la non-application de la loi se feront de plus en plus faibles. La fermeté des notes que le département d’État aura l’occasion d’envoyer à nouveau au Japon suscitera une opposition décroissante, d’autant plus que le Japon s’enlise davantage dans son expédition continentale, et que parait s’éloigner le risque pour les États-Unis d’avoir à employer la force pour faire respecter le droit. Mais le Président connaît la rapidité avec laquelle l’opinion évolue. Il a utilisé les circonstances pour poursuivre sa politique et il continue à les utiliser pour faire voter un programme de réarmement naval massif, pour accentuer la collaboration avec la Grande-Bretagne dans le Pacifique et pour soulever à nouveau la question des Philippines.

Le réarmement naval et les Philippines
Je ne veux pas citer de chiffres en ce qui concerne le réarmement naval, ni de détails en ce qui concerne l’aménagement des bases navales sur lesquelles des précisions ont été données ici-même 1. Mais ce réarmement naval, il faut qu’il soit voté par le Sénat et par la Chambre. L’opposition est menée, cette fois, par des hommes comme Borah et le sénateur Johnson qui voient dans le programme de réarmement la confirmation d’une alliance tacite qui existerait entre l’Angleterre et les États-Unis dans le Pacifique, alliance dont les partisans de l’isolement ne veulent à aucun prix. On cite certains indices de cette collaboration, comme le voyage clandestin du capitaine Ingersoll, qui dirige la division des plans de guerre au département de la Marine, à Londres, où il a rendu visite aux techniciens de l’Amirauté. Ce voyage n’a pas été démenti par l’administration et toutes les suppositions sont permises. A Singapour, au moment de l’inauguration de la nouvelle base navale britannique, trois croiseurs américains sont présents. La note au Japon du 20 février est envoyée conjointement par la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis (il s’agit de savoir si le Japon dénonce ou non la limite des 35.000 tonnes). L’expansion de l’aviation commerciale dans le Pacifique se poursuit et donne lieu à des discussions amicales au sujet des îles de Canton et de Enderbury dans le groupe des Phoenix.
Ainsi s’engage une nouvelle bataille au Sénat et à la Chambre sur la politique du gouvernement, à propos du réarmement naval. La défense de l’administration, c’est qu’étant donné le réarmement en cours dans toutes les parties du monde, les Etats-Unis ne peuvent sans danger rester en état d’infériorité. Pour la première fois dans l’histoire américaine apparaît la notion de la constitution possible de deux flottes distinctes, la flotte de l’Atlantique et la flotte du Pacifique.
Mais c’est surtout la question des Philippines qui retient l’attention. Le réarmement naval est voté finalement par la Chambre à une grosse majorité et par le Sénat à une majorité moins importante (56 voix contre 28 et 12 abstentions). La question des Philippines est plus délicate. La population américaine ne s’y intéresse pas beaucoup. « Quand en 1898 on apprit aux États-Unis que l’amiral Dewey avait remporté une victoire navale dans la baie de Manille », écrivit un journaliste américain, « on put entendre le bruit que faisaient cinquante millions de citoyens ouvrant fiévreusemen leurs dictionnaires, leurs atlas et leurs manuels de géographie. 

1. « Bases navales et d’hydravions dans le Pacifique », par René La Bruyère et E. Pépin : Politique Étrangère n° 3, juin 1938.

» Les partisans de l’indépendance des Philippines n’eurent pas grand mal àl’obtenir d’un Congrès décidé plus que jamais à se désintéresser de tout ce qui n’est pas d’un intérêt vital pour les États-Unis. Mais plus tard, au moment du vote du programme de réarmement et toujours à l’occasion de l’atmosphère favorable qui règne après la solution de l’incident du Panay, M. Paul McNutt, haut-commissaire américain aux Philippines, après un voyage rapide aux États-Unis, prononça un discours où il déclarait que ce n’était vraiment pas le moment de donner l’indépendance aux Philippines étant donné les événements d’Extrême-Orient et la fièvre d’agression japonaise, qu’à peine le drapeau américain aurait quitté les îles, celles-ci seraient en proie au massacre et au carnage, qu’il y avait une responsabilité morale qui incombait aux États-Unis et qu’il fallait donc trouver une solution pour conférer aux Philippines un statut intermédiaire entre l’indépendance complète et le statut actuel.
Ce discours fut accueilli favorablement, semble-t-il, par M. Quezon, le Président des Philippines. Des négociations s’engagèrent peu de temps après entre M. Quezon et M. Roosevelt pour la conclusion d’un accord, d’une sorte d’avenant au protocole économique qui accompagnait l’acte d’Indépendance, octroyant des aménagements tarifaires qui retardent en fait l’autonomie douanière des Philippines jusqu’à 1960. Il n’a pas été question de reculer la date de l’indépendance politique des îles, mais le problème est soulevé et il sera probablement repris et discuté au cours de la prochaine session du Congrès.
L’avenir de la politique américaine en Extrême-Orient
Après le vote du réarmement naval, il y eut d’autres incidents en Chine : un secrétaire de la légation américaine fut frappé par une sentinelle japonaise; des missions américaines furent bombardées. Le Japon resta humble. M. Hirota, au mois de février, fit un discours à la diète japonaise où il insistait beaucoup sur la correction de l’attitude américaine et les bonnes relations existant entre les États-Unis et le Japon. On eut une preuve positive de cette bonne volonté japonaise : au moment du règlement de l’affaire des pêcheries de l’Alaska, affaire assez imprécise et compliquée mais où il semble que le bon droit n’était pas entièrement du côté des pêcheurs américains de la côte de l’Alaska, le Japon s’inclina purement et simplement devant les démarches diplomatiques répétées des États-Unis.

Mais on sentait que ce bon vouloir pouvait n’être pas éternel et qu’en cas d’effondrement de la résistance chinoise le Japon ferait sans doute bon marché des droits des puissances occidentales, et notamment du principe de la Porte Ouverte dont les Etats-Unis depuis quarante ans affirmaient l’intangibilité. Aussi M. Roosevelt n’avait-il négligé aucune des possibilités d’éveil de l’opinion américaine aux réalités. Du conflit d’Extrême-Orient il avait fait naître un embryon de coopération avec l’Angleterre pour la défense du Pacifique ; il avait fait surgir un gigantesque réarmement naval qui constituait une menace à plus ou moins longue échéance pour le Japon; il avait créé un précédent important quant à la non-application de la loi de neutralité; il avait suscité un renforcement de son prestige en matière de politique extérieure, il avait provoqué une évolution certaine de l’opinion contre le Japon et indirectement contre ses alliés du bloc totalitaire. Mais surtout, par ses protestations répétées contre les bombardements aériens des populations civiles à Shanghaï, à Canton, à Nankin, protestations qui se firent particulièrement nettes au moment de l’offensive contre Hankeou et des bombardements de Canton, il avait su faire vibrer la corde humanitaire et tirer parti de la générosité naturelle au peuple américain.
Le sénateur Pittman obtint du Congrès, à la veille de s’ajourner, le 15 juin 1938, qu’il condamnât les bombardements aériens des populations civiles. Il déclara, et avec lui M. Hull et M. Sayre, qu’il était inadmissible que les armes fabriquées aux États-Unis pussent être utilisées à dés bombardements aériens des populations civiles, que, par conséquent il fallait mettre à l’étude les moyens d’éviter pareil état de choses, ce qui, en l’absence de l’invocation de la loi de neutralité, ne peut signifier que le retour à des mesures unilatérales, à des mesures discriminatoires, à des embargos sur des armes à destination des pays violant les règles de l’humanité et de la conduite de la guerre, telles qu’elles avaient été définies par les conventions de La Haye, ou telles qu’elles seraient définies par une nouvelle conférence de La Haye à laquelle lés Etats-Unis laissaient entendre qu’ils se tenaient prêts à participer.
Autrement dit, et bien qu’ils ne s’agisse encore que d’efforts et de projets d’une portée limitée, il semble que M. Roosevelt ait réussi à décrire, de juillet 1937 à juillet 1938, l’arc de cercle qui va de la neutralité et de l’impartialité, quelles que soient les circonstances, à l’idée de sanctions, de mesures discriminatoires en certains cas. Le peuple américain, et le Congrès qui a voté la motion Pittman, semblent l’avoir suivi sur cet arc de cercle à quelque distance en arrière, et pourraient l’avoir rejoint vers le mois de janvier 1939, lorsque se réunira le nouvean Congrès, moment où M. Hull a officiellement fait connaître son intention de demander au Sénat de remettre sur le chantier la loi de neutralité et de lui faire subir un examen sévère à la lumière des événements des deux dernières années.
J’ai quitté les États-Unis au mois de juin, par conséquent je ne suis pas compétent en ce qui concerne l’évolution de l’opinion publique depuis cette date. Il est certain, toutefois, que les accords de Munich ont provoqué aux Etats-Unis un recul net du mouvement de collaboration qui commençait à prendre corps et qui reposait tout entier sur l’idée de solidarité des grandes démocraties et de moralité internationale. Ce recul, qui n’est peut-être que temporaire, ne peut pas ne pas avoir de répercussion sur la politique américaine en Extrême-Orient. Sans doute les efforts de M. Roosevelt depuis le début du conflit ont-ils tendu à préparer l’opinion à une résistance active aux empiétements japonais et à une défense énergique des intérêts américains dans le Pacifique, en collaboration tacite avec la Grande-Bretagne. Mais si M. Chamberlain s’apprête, comme il n’est pas impossible, à faire preuve à l’égard de l’expansion japonaise du même « réalisme » qui a caractérisé sa politique européenne, il ne faut pas — l’opinion ne tolérerait pas — que les Etats-Unis puissent rester « en flèche »* exposés à défendre seuls un statu quo abandonné de tous. Aussi, sans renoncer encore à son premier dessein qui suppose une commune volonté de résistance de la part des deux grandes puissances maritimes, l’administration de M. Roosevelt prépare-t-elle la voie à un éventuel repli stratégique en insistant, à l’occasion de la conférence panaméri-cains de Lima, sur les relations entre les États-Unis et les nations de l’Amérique latine, les intérêts américains en Extrême-Orient, bien qu’importants du point de vue économique, stratégique, moral, ne pouvant venir qu’au second rang des préoccupations de la politique extérieur* des États-Unis.

Alfred Max

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fichier pdf Persee_Alfred Max_Les Etats unis et le conflit sino-japonais

source
Les Etats-Unis et le conflit sino-japonais
Politique étrangère Année 1938 Volume 3 Numéro 6 pp. 607-623
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1938_num_3_6_5694#

 

 

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7 décembre Attaque de Pearl Harbor 

Les combats continus en Malaisie entre Japonais et Britanniques 

16 janvier 2013

PRESENTATION DE L’ARMEE FRANCAISE 2ème partie 1934

Classé sous — milguerres @ 9 h 37 min

 

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PRESENTATION DE L’ARMEE FRANCAISE 2ème partie

 

VOIR : Première Partie : La composition des Armées à partir de 1914

source :http://www.atf40.fr/ATF40/documents/chapitre%201.pdf

 

…/…

B – Organisation hiérarchique du commandement militaire de l’armée de terre .
En août 1939, l’armée de terre sur le territoire métropolitain se trouve sous les ordres du chef d’état-major de la
défense nationale, le Général Maurice Gamelin. Il est lui-même aux ordres du président du Conseil et ministre de la
défense nationale, Monsieur Edouard Daladier.
Le chef des armées selon les lois constituantes de 1875 est le Président de la République. C’est Monsieur
Albert Lebrun qui est alors en poste depuis 1932.
Mais c’est en fait le Parlement qui décide de déclarer la guerre ou des options à prendre puisque le
gouvernement est responsable devant les députés et sénateurs.
35
C – L’organisation de l’armée de terre en août 1939 en métropole.
Comme nous avons pu le voir dans le premier chapitre de cette partie, l’articulation de la France métropolitaine
en dix-huit régions militaires est instituée par la loi du 24 juillet 1873.
Le 22 décembre 1913 sont créées deux régions militaires supplémentaires par réorganisation des régions
existantes. Ces régions s’articulent en subdivisions placées sous l’autorité d’un officier général.
Le corps d’armée n’existe pas en tant qu’unité constituée, c’est la région militaire qui gère les troupes placées
sur son domaine, elle est apte à mettre sur pied à la mobilisation des états-majors de corps d’armées et leurs éléments de
soutien ainsi que des troupes de réserve destinées à renforcer les grandes unités d’active.
Le 20 octobre 1919, une partie des régions se réorganise suite au retour de l’Alsace-Lorraine dans le giron
français. La région militaire de Paris est créée en 1923.
En 1935, la France métropolitaine s’ordonne en dix huit régions militaires suite à la dissolution des 10ème, 12ème
et 21ème régions militaires1. Fin août 1939, il existe vingt régions métropolitaines comprenant en globalité deux sortes
de forces :
® des forces de territoire destinées à la défense du territoire métropolitain :
– vingt divisions d’infanterie :
. dix divisions d’infanterie de type nord-est,
. sept divisions d’infanterie de type nord-est motorisé,
. trois divisions d’infanterie de type montagne,
– deux brigades de défense contre avions,
– trois divisions de cavalerie mixte,
– deux divisions légères mécaniques,
– trois groupements de cavalerie,
– six brigades blindées,
– un groupement tactique d’expérience.
® des forces mobiles aptes à défendre à la fois le territoire métropolitain et les possessions
d’outre-mer :
– quatre divisions d’infanterie nord-africaine,
– quatre divisions d’infanterie coloniale,
– deux brigades de Spahis.
Chaque région militaire gère plusieurs états-majors et diverses troupes métropolitaines sur son territoire, on
peut dénombrer ainsi :
® un état-major réduit de corps d’armée et ses services,
® un état-major de division d’infanterie d’active (de type nord-est – nord-est motorisé ou de montagne),
® trois régiments d’infanterie de divers types ou demi-brigades de chasseurs à pied,
® un régiment d’artillerie de campagne (à cinq groupes),
® une compagnie mixte du train des équipages,
® un régiment de cavalerie montée, mécanisée ou une unité de cavalerie motorisée.
1 Les 10ème, 12ème et 21ème régions militaires sont dissoutes en 1935. La première est absorbée par les 4ème et 11ème régions militaires, la deuxième par
la 9ème région militaire et la troisième par les 6ème, 7ème et 20ème régions militaires. Les 10ème et 12ème régions militaires sont récréées en mai 1939 par
réorganisation des 6ème et 20ème régions militaires.
36
Il faut cependant ajouter à ces premières troupes les états-majors et les unités d’infanterie et d’artillerie des
huit divisions coloniales et nord-africaines et des cinq divisions de la cavalerie, des six brigades de chars d’infanterie,
de l’artillerie de réserve générale et de toutes les troupes de soutien, sans oublier toutes les unités de la Ligne Maginot :
® les quatre divisions coloniales
® les quatre divisions nord-africaines,
® les trois divisions de cavalerie
® les deux divisions légères mécaniques,
® les six brigades de chars de combat comprenant douze régiments de chars de combat,
® les deux brigades de Spahis,
® les douze régiments et trois demi-brigades d’infanterie des troupes de forteresse,
® les deux bataillons de chasseurs portés du « groupement tactique d’expérience »,
® toutes les unités d’artillerie servant dans la Ligne Maginot et à la réserve générale,
® les treize régiments de génie,
® les différents types de compagnies de soutien et les diverses troupes de service.
A niveau des effectifs sur le territoire métropolitain, l’état-major de l’armée de terre se renforce depuis 1935 et
voit ses effectifs augmenter d’années et années. Les troupes de l’empire colonial sont en renfort conséquent car elles
représentent près du dixième des troupes basées en métropole.
1935 1936 1937 1938 1939
– Sous-officiers et
hommes de troupe
français appelés
208 222 268 197 281 431 276 408 289 528
– Sous-officiers et
hommes de troupe
français A.D.L
71 960 69 418 83 345 86 479 89 979
– Sous-officiers et
hommes de troupe
indigènes
49 278 44 424 48 761 52 776 58 948
– Officiers 20 502 21 130 22 314 22 426 23 569
Total 349 962 403 169 435 851 438 089 462 024
37
1 – Répartition des régions militaires métropolitaines.
® 1ère Région militaire : Lille
( E.M : 1ère D.I.M)
– Nord
– Pas de Calais
® 3ème Région militaire : Rouen
(E.M : 5ème D.I.M)
– Calvados
– Eure
– Seine inférieure
® 5ème Région militaire : Orléans
(E.M : 9ème D.I.M + 1ère D.C)
– Cher
– Loiret
– Loir et Cher
– Nièvre
® 7ème Région militaire : Besançon
(E.M : 13ème et 14ème D.I)
– Doubs
– Haute – Marne (Partie)
– Haute – Saône
– Haut – Rhin
– Jura
– Territoire de Belfort
® 9ème Région militaire : Tours
(E.M : 23ème D.I + 3ème D.I.N.A + 5ème B.B)
– Deux Sèvres
– Indre
– Indre et Loire
– Maine et Loire
– Vienne
® 11ème Région militaire : Nantes
(E.M : 21ème D.I)
– Finistère
– Loire inférieure
– Morbihan
– Vendée
® 13ème Région militaire : Clermont-Ferrand
(E.M : 25ème D.I.M)
– Allier
– Cantal
– Corrèze (Partie)
– Creuse
® 2ème Région militaire : Amiens
(E.M : 3ème D.I.M + 1ère B.S + 3ème G.C)
– Aisne
– Ardennes (Partie)
– Oise
– Somme
® 4ème Région militaire : Le Mans
(E.M : 19ème D.I)
– Eure et Loir
– Mayenne
– Orne
– Sarthe
® 6ème Région militaire : Metz
(E.M : 42ème D.I + 2ème D.I.N.A + 3ème B.B + 1er G.C)
– Meurthe et Moselle (Partie)
– Moselle (Partie)
® 8ème Région militaire : Dijon
(E.M : 15ème D.I.M + 32ème B.D.C.A)
– Aube
– Côte d’Or
– Yonne
– Saône et Loire
® 10ème Région militaire : Strasbourg
(E.M : 43ème D.I)
– Bas – Rhin
– Vosges
® 12ème Région militaire : Reims
(E.M : 12ème D.I.M + 1ère D.L.M + 6ème B.B)
– Marne
– Meuse
® 14ème Région militaire : Lyon
(E.M : 27ème D.I.A + 1ère D.I.N.A + 2ème B.S
+ 1ère B.B)
– Ain
– Drôme
– Hautes – Alpes
38
– Haute – Loire
– Loire
– Puy de Dôme
® 15ème Région militaire : Marseille
(E.M : 29ème D.I.A + 2ème D.I.C + 2ème G.C)
– Alpes Maritimes
– Ardèche
– Basses – Alpes
– Bouches du Rhône
– Corse
– Gard
– Var
– Vaucluse
® 17ème Région militaire : Toulouse
(E.M : 4ème D.I.C)
– Ariège
– Haute Garonne
– Gers
– Lot
– Lot et Garonne
– Tarn et Garonne
® 20ème Région militaire : Nancy
(E.M : 11ème D.I + 4ème D.I.N.A + 2ème D.C + 2ème B.B
+ G.T.E)
– Haute – Marne (Partie)
– Meurthe et Moselle (Partie)
– Moselle (Partie)
– Haute – Savoie
– Isère
– Rhône
– Savoie
® 16ème Région militaire : Montpellier
(E.M : 31ème D.I.A)
– Aude
– Aveyron
– Hérault
– Lozère
– Pyrénées Orientales
– Tarn
® 18ème Région militaire : Bordeaux
(E.M : 36ème D.I + 1ère D.I.C)
– Charente Inférieure
– Gironde
– Landes
– Basses Pyrénées
– Hautes Pyrénées
® Région militaire de Paris : Paris
(E.M : 10ème D.I + 3ème D.I.C +2ème D.L.M + B.T + 3ème
D.C + 4ème B.B + 31ème B.D.C.A + B.C.F)
– Seine
– Seine et Marne
– Seine et Oise
Sans rentrer dans les détails de son fonctionnement, on peut rattacher à l’organisation de l’armée de terre, le
corps de la gendarmerie nationale qui regroupe en France métropolitaine :
® Gendarmerie départementale :
– vingt et une légions métropolitaines,
– une compagnie autonome de la Corse.
® Garde républicaine mobile :
– quatorze légions métropolitaines,
– un groupe spécial blindé (Versailles-Satory)1.
® Garde républicaine :
– une légion de la garde républicaine à Paris.
1 Le groupe spécial blindé est une unité composée d’un escadron d’automitrailleuses (onze automitrailleuses de combat P16), d’un escadron de chars
légers (dix neuf chars légers FT) et d’une escorte motocycliste de la Présidence de la république).
39
2 – Les commandants de régions militaires.
® 1ère Région militaire : Général de corps d’armée Sicard
® 2ème Région militaire : Général de corps d’armée Corap
® 3ème Région militaire : Général de corps d’armée Fornel de la Laurencie
® 4ème Région militaire : Général de corps d’armée Boris
® 5ème Région militaire : Général de corps d’armée Bloch
® 6ème Région militaire : Général de corps d’armée Loizeau
® 7ème Région militaire : Général de corps d’armée Champon
® 8ème Région militaire : Général de corps d’armée Gransard
® 9ème Région militaire : Général de corps d’armée Laure
® 10ème Région militaire : Général de corps d’armée Frère
® 11ème Région militaire : Général de corps d’armée Martin
® 12ème Région militaire : Général de corps d’armée Flavigny
® 13ème Région militaire : Général de corps d’armée Misserey
® 14ème Région militaire : Général de corps d’armée Touchon
® 15ème Région militaire : Général de corps d’armée Olry
® 16ème Région militaire : Général de corps d’armée Falgade
® 17ème Région militaire : Général de corps d’armée Noël
® 18ème Région militaire : Général de corps d’armée Rochard
® 20ème Région militaire : Général de corps d’armée Hubert
® Région militaire de Paris : Général de corps d’armée Montagne
40
3 – Les forces de défense du territoire métropolitain.
Ces forces militaires métropolitaines d’infanterie destinées à la sauvegarde du territoire national ne peuvent
quitter la métropole.
Elles comprennent dans une large proportion des troupes métropolitaines, mais on trouve soit des régiments
coloniaux, soit des régiments nord-africains dans les corps divisionnaires. Ceci est la conséquence de la réduction du
service militaire et de la dénatalité.
a – Les unités d’infanterie, d’artillerie et de génie.
La loi du 13 juillet 1927, sur l’organisation générale de l’armée et la loi des cadres et effectifs du 28 mars
1928, fixent le nombre des divisions d’infanterie métropolitaines à vingt
Ces dernières sont considérées comme des forces de territoire affectées à la défense du sol métropolitain.
Ces grandes unités d’infanterie sont de trois types, voyons tout d’abord les dix divisions d’infanterie de type
« nord-est » :
® 10ème division d’infanterie : Paris Général Sisteron
– 5ème régiment d’infanterie : Courbevoie
– 24ème régiment d’infanterie : Paris
– 46ème régiment d’infanterie : Paris
– 32ème régiment d’artillerie divisionnaire : Paris
® 11ème division d’infanterie : Nancy Général Arlabosse
– 26ème régiment d’infanterie : Jarville la Malgrange
– 170ème régiment d’infanterie : Epinal
– 1ère demi-brigade de Chasseurs à pied1 : Sarrebourg
– 8ème régiment d’artillerie divisionnaire : Nancy
® 13ème division d’infanterie : Besançon Général Desmazes
– 21ème régiment d’infanterie : Chaumont
– 60ème régiment d’infanterie : Lons le Saunier
– 8ème régiment de tirailleurs marocains : Belfort
– 28ème régiment d’artillerie divisionnaire : Chaumont
® 14ème division d’infanterie : Colmar Général Bouffet
– 35ème régiment d’infanterie : Belfort
– 152ème régiment d’infanterie : Chaumont
– 3ème demi-brigade de Chasseurs à pied 2 : Belfort
– 4ème régiment d’artillerie divisionnaire : Colmar
® 19ème division d’infanterie : Rennes Général d’Arbonneau
– 41ème régiment d’infanterie : Rennes
– 71ème régiment d’infanterie : Mamers
– 117ème régiment d’infanterie : Le Mans
– 10ème régiment d’artillerie divisionnaire : Rennes
1 La 1er demi-brigade de chasseurs à pied est composée des 8ème, 16ème et 30ème bataillons de chasseurs à pied.
2 La 3ème demi-brigade de chasseurs à pied est composée des 2ème, 4ème et 31ème bataillons de chasseurs à pied.
41
® 21ème division d’infanterie : Nantes Général Pigeaud
– 48ème régiment d’infanterie : Fontenay le Comte
– 65ème régiment d’infanterie : Nantes
– 137ème régiment d’infanterie : Lorient
– 35ème régiment d’artillerie divisionnaire : Issoire
® 23ème division d’infanterie : Tours Général Jeannel
– 32ème régiment d’infanterie : Angers
– 107ème régiment d’infanterie : Angoulême
– 126ème régiment d’infanterie : Brive
– 41ème régiment d’artillerie divisionnaire : Angoulême
® 36ème division d’infanterie : Bayonne Général Aublet
– 14ème régiment d’infanterie : Toulouse
– 18ème régiment d’infanterie : Bayonne
– 57ème régiment d’infanterie : Bordeaux
– 24ème régiment d’artillerie divisionnaire : Tarbes
® 42ème division d’infanterie : Metz Général de la Porte du Theil
– 80ème régiment d’infanterie alpine : Metz
– 94ème régiment d’infanterie : Bar le Duc
– 151ème régiment d’infanterie : Commercy
– 61ème régiment d’artillerie divisionnaire : Metz
® 43ème division d’infanterie : Strasbourg Général Vernillat
– 158ème régiment d’infanterie : Obernai
– 4ème demi-brigade de Chasseurs à pied1 : Obernai
– 3ème régiment de tirailleurs marocains : Saint-Dié
– 12ème régiment d’artillerie divisionnaire : Haguenau
Ces dix divisions d’infanterie d’active comprennent chacune trois régiments d’infanterie ou demi-brigades de
Chasseurs à pied (trois bataillons) de 1 580 hommes et un régiment d’artillerie (cinq groupes) de 950 hommes.
Elles regroupent vingt-cinq régiments métropolitains d’infanterie, trois demi-brigades de chasseurs à pied,
deux régiments de tirailleurs marocains et dix régiments d’artillerie.
Les trente régiments ou demi-brigades d’infanterie sont composées de trois bataillons à trois compagnies et une
compagnie d’accompagnement, ils ne sont pas à effectif complet puisque chaque bataillon doit comprendre un millier
d’hommes, soit environ trois mille hommes pour le régiment.
Le régiment d’artillerie de campagne est à cinq groupes à traction hippomobile, trois sont des groupes légers à
canons de 75 mm modèle 1897 et deux sont des groupes lourds à canons de 155 mm modèle 1917.
A la mobilisation ces cinq groupes se séparent en un régiment léger à trois groupes de canons de 75 mm et un
régiment lourd à deux groupes de canons de 155 mm.
Passons maintenant aux sept divisions d’infanterie motorisées :
® 1ère division d’infanterie motorisée : Lille Général Malivoire Filhol de Camas
– 1er régiment d’infanterie : Cambrai
– 43ème régiment d’infanterie : Lille
– 110ème régiment d’infanterie : Dunkerque
– 15ème régiment d’artillerie divisionnaire : Douai
1 La 4ème demi-brigade de chasseurs à pied est composée des 1er, 10ème et 29ème bataillons de chasseurs à pied.
42
® 3ème division d’infanterie motorisée : Amiens Général Bertin – Boussus
– 51ème régiment d’infanterie : Amiens
– 67ème régiment d’infanterie : Soissons
– 91ème régiment d’infanterie : Mézières
– 42ème régiment d’artillerie divisionnaire : La Fère
® 5ème division d’infanterie motorisée : Caen Général Boucher
– 8ème régiment d’infanterie : Cherbourg
– 39ème régiment d’infanterie : Rouen
– 129ème régiment d’infanterie : Le Havre
– 11ème régiment d’artillerie divisionnaire : Vernon
® 9ème division d’infanterie motorisée : Bourges Général Didelet
– 13ème régiment d’infanterie : Nevers
– 95ème régiment d’infanterie : Bourges
– 131ème régiment d’infanterie : Orléans
– 30ème régiment d’artillerie divisionnaire : Orléans
® 12ème division d’infanterie motorisée : Châlons sur Marne Général Janssen
– 106ème régiment d’infanterie : Châlons-sur-Marne
– 150ème régiment d’infanterie : Verdun
– 8ème régiment de Zouaves : Mourmelon
– 25ème régiment d’artillerie divisionnaire : Châlons-sur-Marne
® 15ème division d’infanterie motorisée : Dijon Général Juin
– 4ème régiment d’infanterie : Auxerre
– 27ème régiment d’infanterie : Dijon
– 134ème régiment d’infanterie : Châlons-sur-Saône
– 1er régiment d’artillerie divisionnaire : Auxonne
® 25ème division d’infanterie motorisée : Clermont-Ferrand Général Molinié
– 38ème régiment d’infanterie : Saint-Etienne
– 92ème régiment d’infanterie : Clermont-Ferrand
– 121ème régiment d’infanterie : Montluçon
– 16ème régiment d’artillerie divisionnaire : Clermont-Ferrand
Ces sept divisions d’infanterie motorisées d’active comprennent chacune trois régiments d’infanterie (trois
bataillons) de 2 300 hommes et un régiment d’artillerie (cinq groupes) de 1 550 hommes.
Elles regroupent vingt régiments métropolitains d’infanterie, un régiment de Zouaves et sept régiments
d’artillerie tractés.
Les vingt et un régiments d’infanterie sont composées de trois bataillons à trois compagnies et une compagnie
d’accompagnement, tout comme les dix divisions citées au-dessus, eux-mêmes ne sont pas à effectif complet puisqu’ils
leur manquent plus de sept cent hommes.
Les régiments n’ont pas de véhicules de transport en propre, ils doivent compter sur le soutien des compagnies
de transport automobile de l’arme du Train.
Le régiment d’artillerie tracté est à cinq groupes de douze canons, trois sont des groupes légers à canons de 75
mm modèle 1897 tractés par trente-six tracteurs semi-chenillés Citroën Unic P107BU ou Laffly S15T, s’ajoutent un
groupe lourd à canons de 105 mm modèle 1936 tractés par les mêmes véhicules que les groupes légers et un autre
groupe lourd à canons de 155 mm modèle 1917 tracté par vingt-quatre tracteurs semi-chenillés Somua MCG.
43
A la mobilisation, tout comme les dix régiments d’artillerie précités, ces cinq groupes se séparent en un
régiment léger à trois groupes de douze canons tractés de 75 mm et un régiment lourd à deux groupes de douze canons
tractés de 105 mm et de 155 mm.
Penchons nous à présent sur les trois divisions d’infanterie alpine :
® 27ème division d’infanterie alpine : Grenoble Général Doyen
– 53ème brigade d’infanterie alpine : Général Cartier
. 99ème régiment d’infanterie alpine : Lyon
. 5ème demi-brigade de Chasseurs alpins1 : Chambéry
– 54ème brigade d’infanterie alpine : Général Boell
. 159ème régiment d’infanterie alpine : Briançon
. 7ème demi-brigade de Chasseurs alpins2 : Gap
– 93ème régiment d’artillerie de montagne
3
Grenoble
® 29ème division d’infanterie alpine : Nice Général Gérodias
– 57ème brigade d’infanterie alpine : Général Vergez
. 3ème régiment d’infanterie alpine : Sospel
. 6ème demi-brigade de Chasseurs alpins4 : Nice
– 58ème brigade d’infanterie alpine : Général Mollard
. 141ème régiment d’infanterie alpine : Nice
. 2ème demi-brigade de Chasseurs alpins5 : Antibes
– 94ème régiment d’artillerie de montagne Nice
® 31ème division d’infanterie alpine : Montpellier Général Ilher
– 15ème régiment d’infanterie alpine : Albi
– 81ème régiment d’infanterie alpine : Montpellier
– 56ème régiment d’artillerie divisionnaire : Montpellier
Les deux premières divisions organisées à la manière des unités de 1914, comprennent chacune deux régiments
d’infanterie alpins (à trois bataillons) de 1 580 hommes et deux demi-brigades de chasseurs alpins (trois bataillons) de
2 335 hommes.
La 31ème division d’infanterie ne compte seulement que deux régiments d’infanterie (à trois bataillons) de 1580
hommes.
Ces régiments ont les mêmes effectifs et la même organisation que les régiments d’infanterie de type « Nord-
Est », les douze bataillons de Chasseurs alpins sont à effectif plein.
Les deux régiments d’artillerie de montagne ne comprennent que deux groupes légers à deux batteries de
canons de 75 mm de montagne Schneider modèle 1928 et un groupe lourd à deux batteries de canons de 155 mm
modèle 1917.
Les pièces d’artillerie légères sont décomposables en sept fardeaux. Le régiment de la 31ème division
d’infanterie est composé de la même manière qu’un régiment d’artillerie classique à cinq groupes, mais possède
cependant un groupe de canons de 75 mm de montagne.
Il existe, dans les quarante bataillons d’infanterie alpins (en comptant les demi-brigades alpines de forteresse
comptées dans les rangs des troupes de forteresse), une section d’éclaireur skieur (S.E.S) apte à patrouiller et
reconnaître sur de longues distances, assurer les liaisons entre les vallées, tenir les cols et effectuer des embuscades ou
des coups de mains.
1 La 5e demi-brigade de chasseurs alpins est composée des 7ème, 13ème et 27ème bataillons de chasseurs alpins.
2 La 7e demi-brigade de chasseurs alpins est composée des 6ème, 15ème et 23ème bataillons de chasseurs alpins.
3 Le XIème groupe du 93ème régiment d’artillerie de montagne est en réserve générale d’artillerie.
4 La 6e demi-brigade de chasseurs alpins est composée des 22ème, 24ème et 25ème bataillons de chasseurs alpins.
5 La 2e demi-brigade de chasseurs alpins est composée des 9ème, 18ème et 20ème bataillons de chasseurs alpins.
44
Outre les vingt régiments d’artillerie divisionnaires ou de montagne équipant les vingt divisions d’infanterie,
deux brigades de défense contre avions rassemblent six régiments d’artillerie anti-aériens . On dénombre également
nombreuses unités d’artillerie rassemblés dans la réserve générale. Pour de nombreuses d’entre-elles, ce sont des appuis
et des soutiens aux corps d’armées et divisions, on y dénombre un régiment d’artillerie de montagne, quatre régiments
d’artillerie légère hippomobiles, deux régiments d’artillerie portée (à canons de 105 mm C), sept régiments d’artillerie
lourde tractée, sept régiments d’artillerie lourde hippomobile et deux régiment d’artillerie lourde portée.
® Les régiments d’artillerie anti-aériens :
– 31ème brigade de défense contre avions1
: Paris
. 401ème régiments d’artillerie anti-aériens : Paris
. 404ème régiments d’artillerie anti-aériens : Tours
. 406ème régiments d’artillerie anti-aériens : Laon
– 32ème brigade de défense contre avions : Dijon
. 402ème régiments d’artillerie anti-aériens : Metz
. 403ème régiments d’artillerie anti-aériens : Toul
. 405ème régiments d’artillerie anti-aériens : Sathonay
® Régiments de réserve générale2
:
– Artillerie légère :
. 2ème régiment d’artillerie de montagne : Grenoble
. 17ème régiment d’artillerie légère : Sedan
. 34ème régiment d’artillerie légère : Rouen
. 36ème régiment d’artillerie légère : Issoire
. 43ème régiment d’artillerie légère : Caen
– Artillerie lourde :
. 103ème régiment d’artillerie lourde tractée : Rouen
. 107ème régiment d’artillerie lourde tractée : Belfort
. 108ème régiment d’artillerie lourde tractée : Dijon
. 182ème régiment d’artillerie lourde tractée : Commercy
. 184ème régiment d’artillerie lourde tractée : Valence
. 188ème régiment d’artillerie lourde tractée : Belfort
. 196ème régiment d’artillerie lourde tractée : Bordeaux
. 105ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Bourges
. 106ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Le Mans
. 109ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Châteaudun
. 112ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Limoges
. 113ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Nîmes
. 115ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Castres
. 117ème régiment d’artillerie lourde hippomobile : Toulouse
. 305ème régiment d’artillerie tractée tout terrain : Besançon
. 309ème régiment d’artillerie tractée tout terrain : Strasbourg
. 355ème régiment d’artillerie lourde portée : Nantes
. 363ème régiment d’artillerie lourde portée : Draguignan
. I/372e régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée : Châlons sur Marne
. I/373e régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée : Saint-Eulien
1 Le commandement supérieur de l’artillerie antiaérienne est assuré par le Général Marescaux.
2 Plus dix bataillons d’ouvriers d’artillerie.
45
® Les régiments de génie non endivisionnés :
– Brigade des chemins de fer : Versailles
. 5ème régiment de sapeurs de chemin de fer Versailles
. 15ème régiment de sapeurs de chemin de fer Toul
– Brigade des télégraphistes : Paris Général Jullien
. 8ème régiment de sapeurs-télégraphistes Versailles
. 18ème régiment de sapeurs-télégraphistes Nancy
. 28ème régiment de sapeurs-télégraphistes Montpellier
. 38ème régiment de sapeurs-télégraphistes Montargis
– Régiments de réserve générale :
. 1er régiment de sapeurs-mineurs Strasbourg
. 2ème régiment de sapeurs- mineurs Metz
. 3ème régiment de sapeurs- mineurs Arras
. 4ème régiment de sapeurs- mineurs Grenoble
. 6ème régiment de sapeurs- mineurs Angers
. 7ème régiment de sapeurs- mineurs Avignon
. 10ème régiment de sapeurs- mineurs Besançon
46
b – Les unités de cavalerie.
Au sortir de la 1ère guerre mondiale, la cavalerie est confrontée à un changement de cap sans précédent. Les
charges épiques à cheval ne sont plus d’actualité, les automitrailleuses ont fait leur apparition. Il faut désormais se poser
la question de l’utilité de la cavalerie montée face à l’augmentation de la puissance de feu, et de la place des véhicules à
moteur dans une unité composée essentiellement de chevaux et de trains hippomobiles.
La réforme de 1932 va permettre à la cavalerie de voir ses corps de troupe évoluer, on assiste à de multiples
tentatives d’intégration des véhicules à moteur dans les unités. Cependant, il subsiste un problème. La coexistence entre
les unités montées et motorisées dans la même grande formation génère des disfonctionnements qui ne trouvent pas de
solution.
Il existe trois division de cavalerie en août 1939.
® 1ère division de cavalerie1 : Orléans Général d’Arras
– 1ère brigade de cavalerie : Général Gaillard
. 1er régiment de Hussards Orléans
. 8ème régiment de Chasseurs : Orléans
– 2ème brigade de cavalerie : Général d’Humières
. 1er régiment de Chasseurs : Alençon
. 19ème régiment de Dragons : Lyon
– 1er groupe d’automitrailleuses : Orléans
– 5ème bataillon de Dragons Portés : Lyon
– 75ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Lyon
® 2ème division de cavalerie2 : Lunéville Général Berniquet
– 3ème brigade de cavalerie : Colonel du Bessay de Contenson
. 18ème régiment de Chasseurs : Sarreguemines
. 5ème régiment de Cuirassiers Haguenau
– 4ème brigade de cavalerie : Colonel Marteau
. 8ème régiment de Dragons : Lunéville
. 31ème régiment de Dragons : Lunéville
– 2ème groupe d’automitrailleuses : Strasbourg
– 3ème bataillon de Dragons Portés : Lunéville
– 73ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Lunéville
® 3ème division de cavalerie : Paris Général Petiet
– 5ème brigade de cavalerie : Général Maillard
. 4ème régiment de Hussards : Senlis
. 6ème régiment de Dragons : Vincennes
– 6ème brigade de cavalerie : Général Brown De Costoun
. 11ème régiment de Cuirassiers : Saint-Germain-en-Laye
. 12ème régiment de Chasseurs : Saint-Mihiel
– 3ème groupe d’automitrailleuses : Paris
– 2ème bataillon de Dragons Portés : Paris
– 72ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Paris
Nous pouvons voir que ces trois divisions de cavalerie ont à la fois des éléments montés et motorisés, ce qui
leurs valent le surnom de « pétrole picotin ».
Outre un régiment d’artillerie tractée tout-terrain (à deux groupes de canons portés de 75 mm et un groupe de
canons courts portés de 105 mm) par cent quinze tracteurs d’artillerie de type UNIC P107, les trois unités disposent
de deux brigades de cavalerie montée comprenant chacune deux régiments de cavalerie montée (quatre escadrons
montés et un escadron de mitrailleuses et engins par régiment) et de troupes de soutien motorisées3 :
1 La division se voit attribuer le 30ème régiment de Dragons en renfort de cavalerie.
2 La division se voit attribuer le 20ème régiment de Dragons en renfort de cavalerie.
3 En 1939, les automitrailleuses de combat Panhard Schneider Kégresse P16 sont remplacés par des chars légers Hothkiss H35. Les automitrailleuses
de combat Panhard Schneider Kégresse P16 vont servir comme automitrailleuses de reconnaissance dans les 1er, 3ème, 4ème, 6ème et 7ème groupes de
reconnaissance de division d’infanterie « type motorisé avec automitrailleuses ».
47
® un groupe d’automitrailleuses de reconnaissance à quatre escadrons d’automitrailleuses et deux escadrons de
mitrailleuses et engins, soit seize automitrailleuses de combat de type Panhard Schneider Kégresse P16, seize
automitrailleuses de découverte de type Panhard AMD35 et trente-deux automitrailleuses de reconnaissance
de type Renault VM33,
® un bataillon de Dragons Portés transporté par quatre-vingt-dix neuf véhicules tout terrain de type Citroën
Kégresse P19.
En 1935, au moment où l’Allemagne créée ses premières divisions blindées (Panzer Divisionen), l’armée
française transforme la 5ème division de cavalerie (D.C) en 2ème division légère mécanique (D.L.M). Avec la 1ère division
légère mécanique (ex – 4ème division de cavalerie), ces unités sont de véritables divisions blindées au sens moderne du
terme avec des véhicules mécanisés et motorisés. C’est ainsi qu’on trouve en septembre 1939 sur le territoire
métropolitain :
® 1ère division légère mécanique : Reims Général Picard
– 1ere brigade légère mécanique : Colonel De Brauer
. 4ème régiment de Cuirassiers : Reims
. 18ème régiment de Dragons : Reims
– 2ème brigade légère mécanique : Colonel De Beauchesne
. 6ème régiment de Cuirassiers : Verdun
. 4ème régiment de Dragons portés : Verdun
– 74ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Verdun
® 2ème division légère mécanique : Melun Général Bougrain
– 3ème brigade légère mécanique : Général Testard
. 13ème régiment de Dragons : Melun
. 29ème régiment de Dragons : Provins
– 4ème brigade légère mécanique : Colonel Lacroix
. 8ème régiment de Cuirassiers : Saint-Germain-en-Laye
. 1er régiment de Dragons portés : Pontoise
– 71ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Fontainebleau
Ces deux divisions légères mécaniques regroupent trois cent-sept chars et automitrailleuses, soit une dotation
équivalente à ses homologues d’outre-Rhin. Cependant, alors que les chars français se limitent aux calibres 37 mm
antichars et 47 mm antichars pour leurs automitrailleuses de combat1, les chars allemands vont de la mitrailleuse lourde
au canon de 75 mm.
Outre un régiment d’artillerie tractée tout-terrain (à deux groupes de canons portés de 75 mm et un groupe de
canons courts portés de 105 mm) par des tracteurs d’artillerie de type Laffly S35T, ces unités se composent en
septembre 1939 d’une première brigade légère mécanique comprenant deux régiments de cavalerie mécanisée soit six
escadrons de chars dotés de quarante six chars moyens Somua S35 et quatre-vingt douze chars légers Hotchkiss H352 et
d’une seconde brigade légère mécanique comprenant :
® un régiment de découverte à deux escadrons de vingt-trois automitrailleuses de découverte Panhard 178 et
deux escadrons motocyclistes sur moto René Gillet K1 ou L1,
® un régiment de Dragons Portés
3
(à deux bataillons de Dragons portés sur soixante véhicules tout terrain de
Laffly S20TL et quarante six automitrailleuses de reconnaissance Renault AMR 35ZT1 pour les deux
bataillons),
A côté de ces divisions, la cavalerie a gardé sept régiments semi-motorisés et deux groupes d’automitrailleuses
voués à la reconnaissance des grandes unités d’infanterie.
A la mobilisation, ces unités sont destinées à être dissoute pour mettre sur pied des groupes de reconnaissance.
En temps de paix, elles se regroupent en trois groupements de cavalerie
1 La terminologie « automitrailleuses de combat » désigne le char de combat dans la cavalerie.
2 En temps de guerre, les deux régiments de combat comprennent deux escadrons de 23 chars légers Hotchkiss H35 et deux escadron de 23 chars
moyens Somua S35, soit avec les chars de commandement 96 Somua S35 et 94 Hotchkiss H35.
3 Le régiment de Dragons portés sera doté d’un troisième bataillon transporté par camion à la mobilisation.
48
® 1er groupement de cavalerie : Metz
– 3ème régiment de Hussards : Strasbourg
– 9ème régiment de Dragons : Epernay
– 11ème régiment de Chasseurs : Vesoul
® 2ème groupement de cavalerie : Marseille
– 2ème régiment de Hussards : Tarbes
– 9ème régiment de Cuirassiers : Lyon
– 10ème régiment de Dragons : Orange
® 3ème groupement de cavalerie : Amiens
– 7ème régiment de Chasseurs : Evreux
– 6ème groupe d’automitrailleuses : Compiègne
– 7ème groupe d’automitrailleuses : Saint-Omer
Les sept régiments de cavalerie ont une structure différente des régiments de cavalerie métropolitaine
composant les divisions de cavalerie. Ils comprennent un groupe d’escadrons à deux escadrons montés, un groupe
d’escadrons à deux escadrons mixte motorisé utilisant des automitrailleuses et des side-cars et un escadron de
mitrailleuses et engins par régiment.
Les deux groupes d’automitrailleuses constituant le 3ème groupement de cavalerie en compagnie du 7ème
régiment de Chasseurs d’Evreux ont une organisation différente. On dénombre, outre l’état-major et l’escadron de
commandement, un premier escadron doté de seize automitrailleuses de combat de type Panhard Schneider Kégresse
P16, un deuxième escadron doté de seize automitrailleuses de découverte de type Panhard AMD35 et un troisième
escadron doté de canons de 25 mm et de mitrailleuses.
49
c – Les chars de combat.
Dès 1917, les unités de chars d’infanterie se réorganisent, les régiments « d’artillerie spéciale », numérotés
dans la série des « 300 » disparaissent et donnent naissance aux régiments de chars de combat (R.C.C). Ces régiments
sont au nombre de neuf au sortir de la guerre et sont désormais numérotés dans la série des « 500 » puisqu’ils dépendent
de l’infanterie.
Chaque régiment se compose de trois bataillons de chars légers (B.C.L). Au fur et à mesure des campagnes qui
suivent la Grande Guerre, on voit se désorganiser les régiments qui ne sont équipés que de chars légers FT. En 1935, les
régiments de chars de combats se réorganisent d’une manière cohérente. Dix régiments de chars (501ème à 510ème
R.C.C) se répartissent en cinq brigades de chars (1ère à 5ème) auxquels vient s’adjoindre une sixième brigade créée en
1938 (511ème et 512ème R.C.C)
® 1ère brigade de chars de combat : Lyon
– 504ème régiment de chars de combat : Valence
(2 x 45 chars légers R351
)
– 506ème régiment de chars de combat : Besançon
(2 x 45 chars légers R35)
® 2ème brigade de chars de combat : Nancy Général Keller
– 508ème régiment de chars de combat : Lunéville
(45 chars légers R35 + 45 chars légers D12
puis 34 chars lourds B1 Bis)
– 510ème régiment de chars de combat : Nancy
(45 chars légers R35 + 45 chars légers D1 puis 34 chars lourds B1 Bis)
® 3ème brigade de chars de combat : Metz Général Bruneau
– 507ème régiment de chars de combat : Metz
(45 chars légers R35 + 45 chars légers D1 puis 45 chars moyens D2)
– 509ème régiment de chars de combat : Maubeuge
(2 x 45 chars légers H39)
® 4ème brigade de chars de combat : Versailles
– 503ème régiment de chars de combat : Versailles
(45 chars légers R35 + 45 chars légers FCM36)
– 505ème régiment de chars de combat : Vannes
(2 x 45 chars légers H39)
® 5ème brigade de chars de combat : Tours Général Bourguignon
– 501ème régiment de chars de combat : Tours
(2 x 45 chars légers R35)
– 502ème régiment de chars de combat : Angoulême
(45 chars légers R35 + 45 chars légers FCM36)
® 6ème brigade de chars de combat : Verdun
– 511ème régiment de chars de combat : Verdun
(45 chars légers R35 + 34 chars lourds B1 + 3 chars lourds FCM 2C3
)
– 512ème régiment de chars de combat : Châlons-sur-Marne
(34 chars lourds B1 Bis)
1 Effectif théorique.
2 Trois bataillons des 508ème, 510ème et 507ème régiments de chars de combat et équipés en chars légers D1, quittent leurs unités respectives pour
rejoindre la Tunisie en mars 1938 (61ème BCC), avril 1938 (65ème BCC) et janvier 1939 (67ème BCC).
3 S’y ajoutent 07 chars lourds FCM 2C tenus en réserve à Bourges)
50
En 1938, apparaît le « groupement tactique d’expérience » basé à Nancy. Ce n’est pas une unité de chars à
proprement parler, c’est un amalgame d’unités détachées de leurs commandements organiques et regroupées en vue
d’établir un nouveau concept d’utilisation des chars.
En septembre 1939, le Général Gamelin donne l’ordre d’organiser deux brigades de chars en utilisant les
chasseurs et les chars du groupement tactique, ces brigades sont à la base des 1ère et 2ème divisions cuirassées. Ce
groupement comprend :
® quatre bataillons de trente-quatre chars lourds Renault B1 et B1Bis :
– un bataillon du 508ème régiment de chars de combat : Lunéville
– un bataillon du 510ème régiment de chars de combat : Nancy
– un bataillon du 511ème régiment de chars de combat : Verdun
– un bataillon du 512ème régiment de chars de combat : Châlons-sur-Marne
® deux bataillons de Chasseurs Portés :
– 5ème bataillon de Chasseurs Portés : Remiremont
– 17ème bataillon de Chasseurs Portés1 : Rambervilliers
® un régiment d’artillerie à trois groupes de douze canons tractés de 105 mm :
– 305ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain : Besançon
d – La Ligne Maginot.
La ligne Maginot regroupe en temps de paix douze régiments d’infanterie de forteresse (dans le nord-est), trois
demi-brigades alpines de forteresse (dans les Alpes) pour la défense du territoire ainsi qu’un nombre variable de
groupes d’artillerie issus de régiments d’artillerie de forteresse ou de position et des unités de génie2 assurant le
maintien en condition des installations (la répartition dans les ouvrages est de 50% de troupe d’artillerie, 30%
d’infanterie et 20% de troupes du génie).
Cette ligne, s’étendant de la Flandre à Nice, est divisée en deux régions fortifiées, trois secteurs de nouveaux
fronts (Maubeuge, Valenciennes et Rohrbach) ainsi que cinq barrages dans les Alpes et en Corse, elle est composée de
cent huit ouvrages d’infanterie et d’artillerie de valeurs et d’importances inégales, elle est d’un bloc des Alpes aux
Ardennes mais elle ne continue pas jusqu’à la Mer du Nord.
® douze régiments d’infanterie de forteresse :
– 23ème régiment d’infanterie de forteresse : Haguenau
– 37ème régiment d’infanterie de forteresse : Bitche
– 42ème régiment d’infanterie de forteresse : Colmar
– 69ème régiment d’infanterie de forteresse : Morhange
– 146ème régiment d’infanterie de forteresse : Metz
– 149ème régiment d’infanterie de forteresse : Longuyon
– 153ème régiment d’infanterie de forteresse : Bitche
– 155ème régiment d’infanterie de forteresse : Stenay
– 162ème régiment d’infanterie de forteresse : Metz
– 168ème régiment d’infanterie de forteresse : Thionville
– 171ème régiment d’infanterie de forteresse : Mulhouse
– 172ème régiment d’infanterie de forteresse : Strasbourg
® trois demi-brigades alpines de forteresse :
– 30ème demi-brigade alpine de forteresse
3
: Modane
– 58ème demi-brigade alpine de forteresse
4
: Nice
1 Ces deux bataillons dissous à la fin du premier conflit mondial sont recréés en 1937 sur le mode porté.
2 Eclatés dans la répartition des troupes occupant les ouvrages.
3 La 30ème demi-brigade alpine de forteresse est composée des 70ème et 71ème bataillons alpins de forteresse.
4 La 58ème demi-brigade alpine de forteresse est composée des 72ème et 73ème bataillons alpins de forteresse.
51
– 157ème demi-brigade alpine de forteresse
1
: Jausiers
® trois régiments d’artillerie de région fortifiée :
– 39ème régiment d’artillerie de région fortifiée : Metz
– 46ème régiment d’artillerie de région fortifiée : Thionville
– 59ème régiment d’artillerie de région fortifiée : Sarrebourg
® six régiments d’artillerie de position :
– 151ème régiment d’artillerie de position : Thionville
– 154ème régiment d’artillerie de position : Grenoble
– 155ème régiment d’artillerie de position : Haguenau
– 157ème régiment d’artillerie de position : Nice
– 163ème régiment d’artillerie de position : Metz
– 166ème régiment d’artillerie de position : Morhange
La Ligne Maginot s’étend sur toute la longueur des frontières du nord face à la Belgique, du nord-est face au
Luxembourg et à l’Allemagne et du sud-est de la métropole face à la Suisse et à l’Italie :
– 1ère région militaire : Lille
. Secteur défensif des Flandres
. Secteur fortifié de Lille
. Secteur fortifié de l’Escaut
. Secteur fortifié de Maubeuge
– 2ème région militaire : Amiens
. Secteur défensif des Ardennes
. Secteur fortifié de Montmédy
. Secteur défensif de Marville
– 6ème région militaire : Metz
. Secteur fortifié de Crusnes
. Secteur fortifié de Thionville
. Secteur fortifié de Boulay
. Secteur fortifié de Faulquemont
– 20ème région militaire : Nancy
. Secteur défensif de la Sarre
. Secteur fortifié de Rohrbach
. Secteur fortifié des Vosges
. Secteur fortifié de Haguenau
. Secteur fortifié du Bas Rhin
– 7ème région militaire : Besançon
. Secteur fortifié de Colmar
. Secteur fortifié de Mulhouse
. Secteur fortifié de Altkirch
. Secteur fortifié de Montbéliard
. Secteur défensif du Jura
1 La 157ème demi-brigade alpine de forteresse est composée des 74ème, 75ème et 76ème bataillons alpins de forteresse.
Région fortifiée de Metz
Région fortifiée de la Lauter
52
– 14ème région militaire : Lyon
. Secteur défensif du Rhône
. Secteur fortifié de Savoie
. Secteur fortifié du Dauphiné
– 15ème région militaire : Marseille
. Secteur fortifié des Alpes maritimes
. Secteur défensif de Nice
. Secteur défensif de Corse
Zone des Alpes
53
4 – Les forces mobiles stationnées sur le territoire métropolitain.
Ces forces sont destinées à assurer à la fois l’intégrité du sol métropolitain en complément des forces du
territoire métropolitain et à intervenir dans notre empire colonial.
Elles se composent de quatre divisions d’infanterie coloniale, de quatre divisions d’infanterie nord-africaine, de
deux brigades de cavalerie et de troupes diverses non endivisionnées. Les régiments d’infanterie et d’artillerie sont
coloniaux ou nord-africains mais la globalité des services sont métropolitains.
a – Les unités d’infanterie.
® 1ère division d’infanterie coloniale : Bordeaux Général Germain
– 3ème régiment d’infanterie coloniale : Bordeaux
– 12ème régiment de tirailleurs sénégalais : La Rochelle
– 14ème régiment de tirailleurs sénégalais : Mont-de-Marsan
– 1er régiment d’artillerie coloniale : Libourne
® 2ème division d’infanterie coloniale : Toulon Général Maignan
– Régiment d’infanterie coloniale du Maroc : Aix
– 4ème régiment de tirailleurs sénégalais : Toulon
– 8ème régiment de tirailleurs sénégalais : Toulon
– 2ème régiment d’artillerie coloniale : Nîmes
® 3ème division d’infanterie coloniale : Paris Général Barreau
– 1er régiment d’infanterie coloniale : Paris
– 21ème régiment d’infanterie coloniale : Paris
– 23ème régiment d’infanterie coloniale : Paris
– 3ème régiment d’artillerie coloniale : Joigny
® 4ème division d’infanterie coloniale : Toulouse Général De Bazelaire de Ruppierre
– 2ème régiment d’infanterie coloniale : Brest
– 16ème régiment de tirailleurs sénégalais : Montauban
– 24ème régiment de tirailleurs sénégalais : Perpignan
– 12ème régiment d’artillerie coloniale : Agen
Les 1ère, 2ème et 4ème divisions d’infanterie coloniale comprennent chacune un régiment d’infanterie coloniale
(à trois bataillons) de 1 500 hommes à recrutement métropolitain, deux régiments de tirailleurs sénégalais (à trois
bataillons) de 1 500 hommes à recrutement africain en provenance plus particulièrement de l’Afrique équatoriale
française et de l’Afrique occidentale française et un régiment d’artillerie colonial (à cinq groupes) de 950 hommes.
La structure régimentaire est identique au norme d’infanterie métropolitaine, les régiments d’infanterie
coloniaux et les régiments de tirailleurs sont composées de trois bataillons à trois compagnies et une compagnie
d’accompagnement.
Les régiments d’artillerie coloniale sont en tout point comparable aux régiments métropolitains. Ils sont à cinq
groupes à traction hippomobile, trois sont des groupes légers à canons de 75 mm modèle 1897 et deux sont des groupes
lourds à canons de 155 mm modèle 1917.
A la mobilisation ces cinq groupes se séparent en un régiment d’artillerie coloniale à trois groupes de 75 mm et
un régiment d’artillerie coloniale lourd à deux groupes de 155 mm.
La 3ème division d’infanterie coloniale est comparable en tout point à une division d’infanterie métropolitaine
puisque son recrutement est en totalité métropolitain. Ses trois régiments d’infanterie coloniale et son régiment
d’artillerie coloniale sont donc en tout point semblable au point de vue de la structure est de l’organisation.
54
® 1ère division d’infanterie nord-africaine : Lyon Général Libaud
– 5ème régiment de tirailleurs marocains : Bourg
– 27ème régiment de tirailleurs algériens : Avignon
– 28ème régiment de tirailleurs tunisiens : Montélimar
– 54ème régiment d’artillerie nord-africain : Lyon
® 2ème division d’infanterie nord-africaine: Toul Général Lescanne
– 6ème régiment de tirailleurs marocains : Verdun
– 13ème régiment de tirailleurs algériens : Metz
– 22ème régiment de tirailleurs algériens : Toul
– 40ème régiment d’artillerie nord-africain : Verdun
® 3ème division d’infanterie nord-africaine: Poitiers Général Chapouilly
– 14ème régiment de tirailleurs algériens : Châteauroux
– 15ème régiment de tirailleurs algériens : Périgueux
– 24ème régiment de tirailleurs tunisiens : La Roche-sur-Yon
– 20ème régiment d’artillerie nord-africain
1
: Poitiers
® 4ème division d’infanterie nord-africaine: Epinal Général Sancelme
– 21ème régiment de tirailleurs algériens : Epinal
– 23ème régiment de tirailleurs algériens : Morhange
– 25ème régiment de tirailleurs algériens : Sarrebourg
– 33ème régiment d’artillerie nord-africain : Epinal
Ces quatre divisions d’infanterie nord-africaine comprennent en matière d’unités d’infanterie huit régiments de
tirailleurs algériens, deux régiments de tirailleurs marocains2 et deux régiments de tirailleurs tunisiens de 2 400
hommes.
La structure régimentaire est identique aux divisions métropolitaines et coloniales, elle s’articule en trois
bataillons à trois compagnies et une compagnie d’accompagnement.
Les régiments d’artillerie nord-africains composés de 1550 hommes sont à recrutement mixte puisqu’ils
regroupent des éléments nord-africains et métropolitains. L’organisation régimentaire s’ordonne en cinq groupes
d’artillerie à traction hippomobile, trois sont des groupes légers à canons de 75 mm modèle 1897 et deux sont des
groupes lourds à canons de 155 mm modèle 1917.
A la mobilisation ces cinq groupes se séparent en un régiment d’artillerie nord-africain à trois groupes de 75
mm et un régiment d’artillerie lourd nord-africain à deux groupes de 155 mm.
b – Les unités de cavalerie.
Les deux brigades de Spahis stationnées en métropole comprennent chacune deux régiments de cavalerie à
quatre escadrons montés et un escadron de mitrailleuses et engins.
– 1ère brigade de Spahis : Compiègne Colonel Jouffrault
. 4ème régiment de Spahis marocains, Senlis
. 6ème régiment de Spahis algériens. Compiègne
– 2ème brigade de Spahis : Orange Colonel Peillon
. 7ème régiment de Spahis algériens, Orange
. 9ème régiment de Spahis algériens. Vienne
1 Le VIIème/20ème régiment d’artillerie nord-africain est en réserve générale.
2 Ce qui fait treize bataillons d’infanterie marocains présents en France en comptant outre ces deux régiments les 3ème et 8ème régiments endivisionnés
dans des unités métropolitaines et le 4ème bataillon du 7ème régiment stationné en Corse.
55
c – Les régiments d’infanterie et d’artillerie non endivisionnés.
® Les unités d’infanterie :
– IVème/7ème régiment de tirailleurs marocains : Bastia
– 41ème régiment de mitrailleurs d’infanterie coloniale : Sarralbe/Putelange
– 52ème bataillon de mitrailleurs indochinois : Carcassonne
® Les unités d’artillerie :
– 6ème régiment d’artillerie nord-africain : Lyon
– 10ème régiment d’artillerie coloniale tractée tout-terrain : Rueil
– 11ème régiment d’artillerie lourde coloniale hippomobile : Lorient
– détachement autonome d’artillerie coloniale de Corse
1
: Bastia
1 Détachement fourni par le 2ème régiment d’artillerie coloniale.
56
D – Répartition des forces stationnées dans le bassin méditerranéen.
Ces forces sont affectées à la défense et à l’occupation permanente de nos possessions extérieures. Elles
comprennent de nombreuses forces autochtones organisées sur le modèle métropolitain (division – brigade – régiment)
ou selon un mode plus ouvert selon les orientations militaires. L’armée française place un encadrement européen pour
diriger les troupes du crue. D’autres forces s’ajoutent aux premières citées, ce sont les régiments nés des conquêtes
coloniales et à recrutement métropolitain ou européen.
1 – Organisation militaire.
® 19ème Région militaire : Alger (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Alger
Batna
Constantine
Mascara
Médéa
Oran
– Territoires militaires : Aïn-Séfra
Ghardaïa
Des Oasis
Touggourt
® Protectorat de Tunisie : Tunis (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Bizerte
Sousse-Kairouan
Tunis
– Territoires militaires : Sud-tunisien
® Protectorat du Maroc : Rabat (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Agadir
Atlas central
Fès
Marrakech
Mekhnès
Ouarzazate
Talifalet
Taza-Oujda
– Territoires militaires : Algéro-marocains
® Mandat du Levant : Beyrouth (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Beyrouth
Damas
Deir-ez-Zor
57
2 – Les unités d’infanterie.
Les trois divisions du 19ème corps d’armée d’Alger sont organisées sur un mode binaire, à savoir l’infanterie
divisionnaire comprenant deux brigades d’infanterie algérienne avec un nombre variable de régiments de tirailleurs.
® Division d’Alger :
– 1ère brigade d’infanterie algérienne : Alger
. 9ème régiment de Zouaves : Alger
. 13ème régiment de tirailleurs sénégalais : Alger
– 5ème brigade d’infanterie algérienne : Blida
. 1er régiment de tirailleurs algériens : Blida
. 5ème régiment de tirailleurs algériens : Maison-Carrée
. 9ème régiment de tirailleurs algériens : Miliana
– 65ème régiment d’artillerie d’Afrique : Blida
® Division d’Oran :
– 2ème brigade d’infanterie algérienne : Oran
. 1er régiment étranger d’infanterie : Saïda
. 2ème régiment de Zouaves : Oran
. 4ème/13ème régiment de tirailleurs sénégalais : Oran
– 4ème brigade d’infanterie algérienne : Tlemcen
. 2ème régiment de tirailleurs algériens : Mostaganem
. 6ème régiment de tirailleurs algériens : Tlemcen
– 66ème régiment d’artillerie d’Afrique : Tlemcen
® Division de Constantine : Général Vergez
– 3ème brigade d’infanterie algérienne : Constantine
. 3ème régiment de Zouaves : Constantine
. 15ème régiment de tirailleurs sénégalais : Philippeville
– 7ème brigade d’infanterie algérienne : Constantine
. 3ème régiment de tirailleurs algériens : Bône
. 7ème régiment de tirailleurs algériens : Constantine
. 11ème régiment de tirailleurs algériens : Sétif
– 67ème régiment d’artillerie d’Afrique : Constantine
On peut ainsi répertorier huit régiments de tirailleurs algériens, trois régiments de zouaves, deux régiments de
tirailleurs sénégalais et un régiment étranger d’infanterie.
La plupart des régiments « indigènes » sont à quatre bataillons1 tandis que les régiments de Zouaves et de la
Légion étrangère sont à trois bataillons.
Les trois régiments d’artillerie d’Afrique, à effectif de 1 010 hommes, sont à trois groupes légers de 65 mm de
montagne ou 75 mm modèle 1897.
Lors de la mobilisation, seul le 66ème régiment d’artillerie de la division d’Oran va se dédoubler à l’image des
régiments métropolitains, il recevra un ou deux groupes lourds de 155 mm de réserve. Les deux autres resteront dans la
plénitude de leurs moyens.
® Division de Tunis : Général Bessière
– 4ème régiment de Zouaves : Tunis
– 4ème régiment de tirailleurs tunisiens : Sousse
– 8ème régiment de tirailleurs tunisiens : Bizerte
– 62ème régiment d’artillerie d’Afrique : Tunis
1 Les quatrième bataillons des 6ème et 7ème régiments de tirailleurs algériens se trouvent au Levant.
58
® Division de Sousse : Général Ardant du Pic
– 5ème régiment de tirailleurs sénégalais : Monastir
– 10ème régiment de tirailleurs sénégalais : Bizerte
– 18ème régiment de tirailleurs sénégalais : Gabès
– Groupement d’artillerie autonome colonial de Tunisie : Sousse
La division d’infanterie de Tunis est une division basée sur le mode ternaire avec deux régiments de tirailleurs
tunisiens d’active à quatre bataillons et un régiment de Zouaves à trois bataillons. Elle reçoit en complément le 1er
bataillon d’infanterie légère d’Afrique. La division de Sousse est en fait une division coloniale comprenant en matière
d’infanterie trois régiments de tirailleurs sénégalais à quatre bataillons chacun.
Le 62ème régiment d’artillerie d’Afrique, à effectif de 1 010 hommes, est à trois groupes légers de 65 mm de
montagne ou 75 mm modèle 1897. Il ne se dédouble pas à la mobilisation et ne reçoit pas de groupe lourd. Idem pour le
groupement d’artillerie autonome colonial de Tunisie qui, à la mobilisation, se transforme en 1er régiment d’artillerie
coloniale de Tunisie.1
® Au Maroc :
– dix régiments de composition variable et un bataillon autonome :
. 1er régiment de zouaves (trois bataillons), : Casablanca
. 1er régiment de tirailleurs marocains (quatre bataillons) : Meknès
. 2ème régiment de tirailleurs marocains (quatre bataillons) : Marrakech
. 4ème régiment de tirailleurs marocains (quatre bataillons) : Taza
. 7ème régiment de tirailleurs marocains (trois bataillons) : Meknès
. 2ème régiment étranger d’infanterie (trois bataillons) : Meknès
. 3ème régiment étranger d’infanterie (trois bataillons) : Fès
. 4ème régiment étranger d’infanterie (trois bataillons) : Marrakech
. 3ème régiment de tirailleurs sénégalais (quatre bataillons) : Fès
. 6ème régiment de tirailleurs sénégalais (quatre bataillons) : Casablanca
. Bataillon autonome d’infanterie coloniale : Ouezzan
– un groupement autonome et deux régiments d’artillerie :
. Groupement autonome d’artillerie coloniale du Maroc (à cinq groupes hippomobiles de 65
ou 75 mm)2 : Marrakech
. 63ème régiment d’artillerie d’Afrique (à cinq groupes hippomobiles de 65 ou 75 mm) : Fès
. 64ème régiment d’artillerie d’Afrique (à cinq groupes hippomobiles de 65 ou 75 mm) :
Casablanca
® Au Levant :
– quatre régiments ou demi-brigades de composition variable et un bataillon autonome :
. Demi-brigade algéro-marocaine :
. IVème /6ème régiment de tirailleurs algériens : Alep
. IVème /7ème régiment de tirailleurs algériens : Alep
. Vème /1er régiment de tirailleurs marocains : Damas
. 16ème régiment de tirailleurs tunisiens : Soueïda
. 17ème régiment de tirailleurs sénégalais : Beyrouth
. Bataillon de marche d’infanterie coloniale du Levant3 : Soueïda
. Groupement de la Légion étrangère du Levant
4
:
. Ier/1er régiment étranger d’infanterie : Baalbek
. IVème/1er régiment étranger d’infanterie : Soueïda
. VIème/1er régiment étranger d’infanterie : Homs
. IIème/2ème régiment étranger d’infanterie : Damas
1 Un 2ème régiment d’artillerie coloniale de Tunisie est également mis sur pied.
2 Le groupement autonome d’artillerie coloniale du Maroc devient le régiment d’artillerie colonial du Maroc à la mobilisation.
3 Le bataillon de marche d’infanterie coloniale du Levant se transforme en 24ème régiment de marche d’infanterie coloniale pendant la drôle de guerre.
4 Le Groupement de la Légion étrangère du Levant est dissous le 01 octobre 1939 et prend la dénomination de 6ème régiment étranger d’infanterie.
59
– un régiment d’artillerie :
. Régiment d’artillerie coloniale du Levant (à trois groupes de 65 ou 75 mm)
1
: Damas
3 – Les unités de cavalerie.
® En Algérie :
– 1ère brigade de cavalerie d’Afrique : Médéa
. 5ème régiment de chasseurs d’Afrique
2
: Alger
. 1er régiment de Spahis algériens : Médéa
– 2ème brigade de cavalerie d’Afrique : Mascara
. 2ème régiment de chasseurs d’Afrique
3
: Mascara
. 2ème régiment de Spahis algériens : Tlemcen
– 3ème brigade de cavalerie d’Afrique : Batna
. 3ème régiment de chasseurs d’Afrique
4
: Constantine
. 3ème régiment de Spahis algériens : Batna
– cinq compagnies montées sahariennes.
® En Tunisie :
– 4ème brigade de cavalerie d’Afrique : Tunis
. 4ème régiment de chasseurs d’Afrique
5
: Tunis
. 4ème régiment de Spahis tunisiens : Zarzis
– 1er régiment étranger de cavalerie : Sousse
® Au Maroc :
– 1er régiment de chasseurs d’Afrique
6
: Rabat
– 2ème régiment de Spahis marocains : Marrakech
– 3ème régiment de Spahis marocains : Meknès
– 8ème régiment de Spahis algériens : Fès
– 2ème régiment étranger de cavalerie : Midelt
– une compagnie montée saharienne.
® Au Levant :
– 1er régiment de Spahis marocains : Alep
– 8ème groupe d’automitrailleuses
7
: Damas
– 3ème groupe d’escadrons du 4ème régiment de Spahis tunisiens : Damas
4 – Les chars de combat.
® En Algérie :
– 64ème bataillon de chars de combat : Alger
(64ème B.C.C – 45 chars légers FT)
1 Le régiment d’artillerie coloniale du Levant se transforme en 41ème régiment d’artillerie coloniale pendant la drôle de guerre.
2 Le 5ème régiment de chasseurs d’Afrique est partiellement motorisé.
3 Le 2ème régiment de chasseurs d’Afrique est partiellement motorisé.
4 Le 3ème régiment de chasseurs d’Afrique est partiellement motorisé.
5 Le 4ème régiment de chasseurs d’Afrique est motorisé.
6 Le 1er régiment de chasseurs d’Afrique est motorisé.
7 Le 8ème groupe d’automitrailleuses est motorisé.
60
® En Tunisie1 :
– 61ème bataillon de chars de combat : Bizerte
(61ème B.C.C – 45 chars légers D1)
– 65ème bataillon de chars de combat : Sousse
(65ème B.C.C – 45 chars légers D1)
– 67ème bataillon de chars de combat : Tunis
(67ème B.C.C – 45 chars légers D1)
® Au Maroc :
– 62ème bataillon de chars de combat : Meknès
(62ème B.C.C – 15 chars légers FT + 30 chars légers R35)
– 66ème bataillon de chars de combat : Meknès
(66ème B.C.C – 45 chars légers FT)
® Au Levant :
– 63ème bataillon de chars de combat : Beyrouth
(63ème B.C.C – 30 chars légers FT + 15 chars légers R35)
5 – Les troupes de service.
Le 19ème régiment de génie à Alger, le 31ème bataillon de génie stationné au Maroc et le 34ème bataillon de génie
de Tunis regroupent sous leurs autorités les éléments du génie et des transmissions présents sur leurs territoires. Le
mandat du Levant est doté également de ces troupes de servitude. Ces unités sont calquées sur le modèle des troupes de
soutien métropolitaines et remplissent les mêmes missions. Il existe en septembre 1939 :
® sept compagnies de cavaliers de remonte,
® huit escadrons du train,
® un bataillon d’ouvrier d’artillerie,
® cinq compagnies autonomes d’ouvriers d’artillerie,
® trois bataillons de sapeurs mineurs,
® deux compagnies autonomes de sapeurs mineurs,
® trois bataillons de sapeurs télégraphistes,
® deux compagnies autonomes de sapeurs télégraphistes,
® deux bataillons de sapeurs de chemins de fer.
1 Ces trois bataillons de chars de combat, initialement stationnés en métropole (respectivement aux 508ème, 510ème et 507ème régiments de chars de
combat), sont envoyés en Tunisie en mars 1938 (61ème) avril 1938 (65ème) et janvier 1939 (67ème) afin de renforcer les capacités blindées limitées de
l’armée d’Afrique face aux prétentions italiennes. Dix sept chars moyens Renault D1 supplémentaires seront affectés dans les dépôts et les écoles de
conduite de Tunisie.
61
6 – La gendarmerie.
Ce corps est également présent dans nos possessions du bassin méditerranéen, il se répartit de la manière
suivante :
® Gendarmerie départementale :
– une légion en Algérie,
– une légion au Maroc,
– une légion en Tunisie.
® Garde républicaine mobile :
– une légion en Algérie,
– une compagnie autonome au Maroc,
– une compagnie autonome en Tunisie.
® Gendarmerie prévôtale :
– une prévôté du Levant.
62
E – Répartition des forces stationnées dans les colonies et territoires d’outre-mer.
1 – Organisation militaire.
® colonie d’Indochine1 : Saigon (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Hanoi
Hué
Saigon
® Corps expéditionnaire de Chine2 : Tien-Tsin (commandement supérieur des troupes)
– Positions : Tien-Tsin
Shangaï-Hankéou
® colonie d’Afrique Equatoriale Française3 : Brazzaville (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Congo français
Gabon
Tchad
Cameroun
® colonie d’Afrique Occidentale Française4 : Dakar (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Sénégal
Soudan français
Mauritanie
Niger
Guinée
Côte d’Ivoire
Haute Volta
Dahomey
® colonie et possessions de l’océan indien5 : Tananarive (commandement supérieur des troupes)
– Subdivisions : Côte des Somalies
6
Madagascar
Ile de la Réunion
Etablissements français de l’Océan Indien
® territoires des Antilles7 : Fort-de-France (commandement supérieur des troupes)
® territoires du Pacifique8 : Nouméa (commandement supérieur des troupes)
1 On compte 28 496 militaires métropolitaines et 29 300 auxiliaires indochinois dans les trois protectorats d’Indochine en 1939.
2 En vue de protéger nos concessions en Chine, la France déploie des unités issues des territoires de l’Indochine. Composé exclusivement de troupes
de l’arme coloniale, ce corps expéditionnaire, sous les ordres du Général Casseville, sera présent dans ce pays jusqu’à la fin des années 30. L’effectif
global des troupes s’élève à 2697 officiers, sous-officiers et hommes de troupes en septembre 1939. Les chiffres passeront à environ 4 000 en mai
1940.
3 Les effectifs des troupes des unités coloniales en Afrique Equatoriale Française au 03 septembre 1939 s’élèvent à 5 062 officiers, sous officiers et
hommes de troupes (métropolitains et troupes sénégalaises).
4 A l’instar des effectifs ci-dessus, ceux de l’Afrique Occidentale française se montent à 21 376 officiers, sous officiers et hommes de troupes
(métropolitains et troupes sénégalaises).
5 Les troupes de l’Océan Indien se montent à 6 769 sous officiers et hommes de troupes (métropolitains et malgaches).
6 Sous les ordres de Général Germain Georges.
7 Les troupes coloniales s’élèvent à 1 035 sous officiers et hommes de troupes.
8 On dénombre principalement 216 hommes en Nouvelle – Calédonie et 71 hommes pour les îles de l’océanie.
63
2 – Les unités d’infanterie et d’artillerie.
® L’Afrique Équatoriale Française :
– Congo et Gabon :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais de l’Afrique Equatoriale Française
– Tchad :
. Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad
. Bataillon de tirailleurs sénégalais de l’Oubangui-Chari
. Compagnie portée de Largeau
. Section portée de Largeau
– Cameroun :
. Régiment de tirailleurs sénégalais du Cameroun
® L’Afrique Occidentale Française :
– Sénégal :
. 1er régiment mobile de tirailleurs sénégalais
. 7ème régiment mobile de tirailleurs sénégalais
. 6ème régiment d’artillerie coloniale
. Bataillon d’infanterie coloniale de l’Afrique Occidentale Française
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°7
– Soudan français :
. 2ème régiment mobile de tirailleurs sénégalais
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°2 (dissous le 30/09/1939)
– Mauritanie :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°1
– Niger :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°3 (dissous le 01/09/1939)
– Guinée:
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°4
– Côte d’Ivoire :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°5
– Haute Volta :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°6
– Dahomey :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°8
. Bataillon de tirailleurs sénégalais n°9
® L’océan indien :
– Côte des Somalis :
. Bataillon de tirailleurs sénégalais de la côte française des Somalies
– Madagascar :
. 1er régiment de tirailleurs malgaches
. 2ème régiment de tirailleurs malgaches
. Bataillon de tirailleurs malgaches
. Groupe autonome d’artillerie coloniale de Diego-Suarez
. Groupe autonome d’artillerie coloniale de l’Emyne
64
® L’Indochine :
– 9ème régiment d’infanterie coloniale
– 11ème régiment d’infanterie coloniale
– 10ème régiment mixte d’infanterie coloniale
– 19ème régiment mixte d’infanterie coloniale
– 1er régiment de tirailleurs tonkinois
– 2ème régiment de tirailleurs tonkinois
– 3ème régiment de tirailleurs tonkinois
– 4ème régiment de tirailleurs tonkinois
– 1er régiment de tirailleurs annamites
– 1er régiment de tirailleurs cambodgiens
– 5ème régiment étranger d’infanterie
– 4ème bataillon de tirailleurs montagnards
– 4ème régiment d’artillerie coloniale
– 5ème régiment d’artillerie coloniale
® La Chine :
– 16ème régiment d’infanterie coloniale,
– 103ème bataillon de marche d’infanterie coloniale,
– 104ème bataillon de marche d’infanterie coloniale,
– 108ème bataillon de marche d’infanterie coloniale,
– un groupe mixte d’artillerie coloniale,
® Les Antilles, les Indes françaises et le Pacifique :
– quatre compagnies mixtes d’infanterie coloniale (Fort de France, Camp Jacob, Cayenne et Papeete)
– une compagnie de cipayes (Pondichéry)
– une batterie mixte d’artillerie coloniale (Fort de France)
3 – Les unités de cavalerie.
® Un escadron d’automitrailleuses à Hanoi
(automitrailleuses de cavalerie White Laffly modèle 50 et modèle 18),
® Un peloton d’automitrailleuses à Saigon
(automitrailleuses de cavalerie White Laffly modèle 50 et modèle 18),
4 – Les chars de combat.
® Section de chars légers à Madagascar
(chars légers FT)
® Compagnie de chars légers de l’Annam Tonkin à Hanoi
(chars légers FT)
® Compagnie de chars légers de Cochinchine à Saigon
(chars légers FT)
® Détachement motorisé de Cochinchine
(chars légers FT)
® Deux sections de chars légers à Tien-Tsin,
(chars légers FT)
® Une compagnie de chars légers à Shangaï-Hankéou.
(chars légers FT)
65
5 – Les troupes de service.
® une compagnie de cavalier de remonte.
® huit compagnies autonomes d’ouvriers d’artillerie.
® trois compagnies de sapeurs-mineurs.
® quatre compagnies de sapeurs télégraphistes.
® un détachement de télégraphistes coloniaux (Chine).
® deux compagnies de sapeurs de chemins de fer.
® trois groupes de transport automobile (Dakar, Hanoi et Saigon)
6 – La Gendarmerie.
Les forces de gendarmerie se divisent en quinze détachements coloniaux répartis dans les possessions d’outremer
et les colonies :
® colonie d’Afrique Equatoriale Française :
– Dakar
® colonie d’Afrique Occidentale Française :
– Douala
– Brazzaville
– Djibouti
– Tananarive
® possessions d’Outre-mer :
– Saint Denis de la réunion
– Saint-Claude
– Fort-de-France
– Cayenne
– Saint Pierre et Miquelon
– Nouméa
– Papeete
– Pondichéry
® colonies d’Indochine :
– Saigon
– Hanoi

 

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10 janvier 2013

L’empire colonial allemand

Classé sous — milguerres @ 21 h 56 min

 

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Le partage du Pacifique en 1914
La présence navale française dans le Pacifique

 

 L’empire colonial allemand

L’empire colonial allemand fut fondé après l’unification de la nation allemande en 1871 et la naissance de l’Empire allemand, ou Deuxième Reich. Il cessa d’exister après la Première Guerre mondiale.

 

Fichier:German colonial.PNG

Apogée de l’empire colonial allemand en 1914

Débuts de la colonisation allemande

Même s’il y eut bien quelques implantations de colonies allemandes de peuplement au XVIIe siècle, notamment en Afriquenote 1, la véritable naissance de l’Empire colonial allemand se situe après l’unification de 18711. Elle fut avant tout le fruit d’initiatives privées qui reçurent l’appui officiel du chancelier Otto von Bismarck. Aussitôt après la victoire sur la France en 1871, quelques journaux réclamèrent l’annexion de certaines colonies françaises, mais Bismarck jugea alors prématuré de se lancer dans une politique coloniale qui eût éveillé la méfiance du Royaume-Uni. L’Empire naissant – qui manquait d’ailleurs des moyens navals nécessaires à une telle entreprise – avait besoin de se renforcer et de se consolider à l’intérieur avant de se jeter dans l’aventure outre-mer. Ce n’est donc qu’après la création de la Kaiserliche Marine que l’Empire allemand amorça véritablement une politique coloniale d’État, arrivant par ailleurs tardivement sur le « marché » colonial — l’Afrique étant déjà pratiquement partagée entre Français et Britanniques.

Cependant, dès 1878 furent créés le Zentralverein für Handelsgeographie und Förderung deutscher Interessen im Auslande ( Association (/société) centrale pour la géopolitique commerciale et l’essor des intérêts allemands à l’étranger ) à Berlin et le Westdeutscher Verein fur Kolonisation und Export ( Association (/société) ouest-allemande pour la colonisation et l’exportation ) à Düsseldorf. Ces groupements lobbyistes s’occupaient de questions économiques et de l’émigration. En 1882, le Reichstag repoussa cependant un premier projet de loi devant apporter une garantie étatique pour une Société d’exploitation des Samoas. Ce vote négatif provoqua une vive réaction dans le petit monde des chantres du colonialisme et le 6 décembre 1882, le prince Hermann zu Hohenlohe-Langenburg fonda l’ Union coloniale allemande ( Deutscher Kolonialverein ), groupe d’intérêts remettant en question l’organisation du commerce des denrées coloniales et les frais d’intermédiaires et droits douaniers exorbitants qui grevaient celui-ci, par ailleurs presque exclusivement entre les mains de monopoles britanniques et français.

Fichier:Berliner kongress.jpg

-

Otto von Bismarck au Congrès de Berlin en 1884

Politique coloniale allemande après Bismarck

Cet aphorisme du chancelier allemand résume parfaitement la ligne de sa politique coloniale des années 1880-1890, peu soucieux qu’il se montrait d’engager les finances impériales dans cette aventure, de heurter l’opinion publique allemande peu intéressée par la chose et de s’attirer l’inimitié du Royaume-Uni et de la France, assoiffée de revanche après la défaite de 1871.

Dans une première phase, l’Empire se limita donc à accorder un protectorat sur les possessions des sociétés coloniales allemandes constituées exclusivement de capitaux privés. Le 24 avril 1884, le premier protectorat d’Empire fut ainsi accordé aux possessions de l’homme d’affaires Luderitz dans le Sud-Ouest Africain. La même année, il fut étendu aux possessions de Nouvelle-Guinée et de l’archipel Bismarck, du Cameroun et du Togo. L’extension de cette mesure à ce dernier donna lieu à une première friction avec le Royaume-Uni qu’un traité régla à l’amiable l’année suivante.

Cette stratégie politique plaçait de fait les consortiums coloniaux allemands sous la tutelle impériale tout en leur laissant leur autonomie administrative et surtout financière, sous la réserve du droit que l’Empereur conservait de modifier leur statut. Le chancelier affirma clairement que « (son) intention, conforme à celle de Sa Majesté, est de laisser à l’activité et à l’esprit d’entreprise de nos concitoyens, navigateurs et commerçants, la responsabilité entière de la fondation et du développement matériel de la colonie. Je ne me servirai pas de la forme de l’annexion de provinces maritimes à l’empire allemand, mais je délivrerai des lettres de franchise semblables aux Royal Charters anglaises. »note 2

La question du partage colonial de l’Afrique – et en particulier de l’Afrique centrale – ayant pris une tournure épineuse au début des années 1880, ce fut précisément en 1884 que le Portugal prit l’initiative de demander la tenue d’une conférence internationale sur le sujet, suggestion immédiatement relayée par Bismarck, qui y vit le moyen politique d’ouvrir cette région aux investissements allemands. La conférence se tint donc à Berlin entre le 15 novembre 1884 et le 26 février 1885, réunissant treize pays européens : l’Allemagne, puissance hôte, la France, le Royaume-uni, l’Espagne, le Portugal, la Belgique, la Russie, la Suède, la Norvège, les Pays-Bas, le Luxembourg, ainsi que les États-Unis (ces derniers étant présents à l’initiative d’Henry Morton Stanley, l’agent américain du roi des Belges Léopold II qui espérait ainsi avoir un allié de poids à ses côtés).

S’il n’en résulta pas, contrairement aux idées souvent reçues, un véritable partage de l’Afrique, la Conférence de Berlin aboutit cependant à la mise en place de « sphères d’influence et d’intérêts » et d’un ensemble de règles régissant l’occupation des terres, des côtes aux arrière-pays, selon des codifications mutuellement avantageuses aux nations participantes en vue d’une gestion efficace de l’incommensurable richesse du continent africain – dans la lignée et l’esprit du Traité de Tordesillas qui, en 1494, avait vu le partage du Nouveau Monde entre les grandes puissances maritimes de l’époque, l’Espagne et le Portugal2. L’Allemagne ne possédant pas à l’époque les moyens militaires et navals en vue de conquêtes territoriales de vive force, le chancelier Bismarck se fit en cette occasion le chantre du commerce libre et de la libre entreprise dans la zone centre-africaine, tactique politique qui devait se révéler payante par la suite.

Dans la foulée du congrès, de nouvelles sociétés lobbyistes furent encore créées, en vue notamment de promouvoir la propagande colonialiste au sein de l’opinion publique allemande restée nettement plus indifférente au sujet que celles de France et du Royaume-Uni.

 

Politique coloniale allemande après Bismarck

En 1890, Leo von Caprivi succède au chancelier de fer, écarté du pouvoir par Guillaume II. Sa politique coloniale est plus timorée que celle de son prédécesseur car il craint que les colonies ne deviennent causes de difficultés internationales et financières, la défense rapprochée de l’Allemagne, les questions militaires et l’organisation politique intérieure en vue du renforcement du pouvoir autocratique de Guillaume II, constituant ses principales préoccupations.

Dès son accession au pouvoir, il signe donc avec le Royaume-Uni un traité qui suscite la colère des lobbys coloniaux et par lequel, en échange de vagues zones d’influences en Afrique, mais surtout de l’îlot stratégique d’Heligoland en mer du Nord, l’Empire allemand renonce au sultanat de Vitou, à la côte des Somalis, et reconnaissait le protectorat britannique sur Zanzibar.

En 1893, il est à son tour remplacé au poste de chancelier impérial, changement politique qui marque une nouvelle orientation dans la politique coloniale du versatile Guillaume II. Dès ce moment la course aux colonies s’accélère et l’empire allemand en Afrique se consolide.

Car si l’opinion publique allemande, focalisée sur le contentieux avec la France, reste toujours aussi indifférente à la question coloniale, l’empereur et les autorités politiques ont pris conscience de l’importance économique et stratégique des colonies ainsi que leur impact en matière de prestige national sur la scène diplomatique. La fondation de la Deutscher Flottenverein en 1898 à l’initiative des milieux politiques et industriels s’explique dans ce contexte. C’est au cours des années 1890 que l’Allemagne va s’établir en Chine et au Moyen-Orient et commence à nouer des relations privilégiées avec l’Empire ottoman qui aboutissent en 1914 au ralliement de ce dernier aux puissances centrales.

C’est à cette époque aussi que les autorités politiques du Reich prennent conscience du peu d’efficacité et du faible rendement économique des sociétés coloniales privées. L’intervention étatique s’impose donc, mais sans l’appui de l’opinion publique, faire accepter les rachats de concessions par le Reichstag se révèle une étape délicate à franchir. Par ailleurs, la gestion de l’empire colonial n’avait été attribuée à aucun ministère ou administration particulière dans l’appareil étatique. La révolte des Hereros puis l’affaire de Tanger sont les déclencheurs d’une vaste campagne de propagande patriotique en faveur de la politique coloniale impériale qui porte rapidement ses fruits. Lorsque, fin 1906, le Reichstag refuse les crédits demandés pour indemniser les colons du Sud-Ouest africain, l’opinion allemande fait bloc avec l’empereur, qui proclame la dissolution de l’assemblée. Un ministère autonome des Colonies est créé et M. Dernburg, homme d’affaires énergique et lobbyiste actif de la cause coloniale, en prend la direction.

Le revirement de l’opinion publique et les réformes politiques et financières entraînent immédiatement une relance économique des possessions allemandes outremer et le développement de nouveaux investissements, notamment au Moyen-Orient après la découverte de gisements pétrolifères et le rapprochement avec la Sublime Porte. L’un de ces projets des plus ambitieux est certainement à cette époque la construction du Chemin de fer Berlin-Bagdad pour lequel la Turquie était déjà entrée en négociations avec l’Allemagne dès 1893 (concession de la ligne Eskisehir-Konya) et dont le contrat est officiellement signé lors de la visite de Guillaume II à Constantinople en 1898, mais qui démarre réellement en 19033.

Le « coup de Tanger » en 1905 et la Conférence d’Algésiras qui en fut la suite en janvier 1906 marquent une nouvelle étape dans la politique colonialiste expansionniste de l’Allemagne et permet à celle-ci de s’immiscer également dans le développement économique de cette partie de l’Afrique.

Les conséquences intérieures directes de cette phase d’expansion du domaine colonial entre 1895 et 1910 et du développement des flottes militaire et marchande qui en résulte se manifestent par le développement des ports de Brême et de Hambourg et de leurs chantiers navals, induisant une forte hausse des commandes à l’industrie sidérurgique et minière. Toutefois elle a aussi malheureusement pour conséquence politique de donner à l’Empire l’illusion de sa toute puissance et de son impunité, ce qui aura de terribles répercussions à l’entame de la décennie.

 

COLONIES ALLEMANDES

AFRIQUE

  •     Burundi (Colonie : 1890-1903 ; Protectorat Afrique orientale allemande : 1903-1919)
  •     Cameroun (Protectorat : 1884-1919)
  •     Congo
  •     Rwanda (Protectorat Afrique orientale allemande : 1890-1914)
  •     Sud-ouest africain (Occupation : 1884-1915)
  •     Tanganyika (Occupation Afrique orientale allemande : 1885-1914)
  •     Togo (Colonie : 1884-1894 ; Protectorat : 1894-1914)

ASIE
La fin du XIXe siècle vit une véritable mise sous tutelle coloniale de l’Empire du Milieu en particulier après la Guerre franco-chinoise et la Première guerre sino-japonaise. Peu soucieuse de demeurer en reste et de se voir exclue du partage des marchés et richesses chinois, l’Allemagne s’imposa comme partenaire dans les négociations du Traité de Shimonoseki en 1896. En 1897, arguant de l’assassinat de deux missionnaires allemands, elle s’empara de facto de la baie de Jiaozhou (Kiao-Tchéou), dans la province de Chan-Toung (Shandong), arrachant au gouvernement chinois une cession à bail pour une durée de 99 ans l’année suivante – concession qu’elle transforma en protectorat – et qui vint s’ajouter à celle obtenue en 1895 à Tientsin.

Ce territoire incluait la ville de Qingdao- Tsingtau en allemand – où la Kaizerliche und Königliche Marine (KuK Marine) va construire une importante base navale destinée à protéger les intérêts allemands en Chine et dans le Pacifique. Sa sphère d’influence en Chine s’étendit par ailleurs rapidement sur toute la région du Shandong et le cours inférieur du fleuve Huang He, notamment par le biais de la construction de chemins de fer (Schandong-Bahn). De fait, l’Allemagne entra ainsi en concurrence économique directe avec le Japon dans cette partie de l’Empire Céleste – situation qui sera à l’origine du ralliement du Japon à la cause des Alliés en 1914 et à l’occupation des territoires allemands par l’armée du Mikado (siège de Tsingtao).

EUROPE

  •     Autriche (Anschluss : 1938-1945)
  •     Belgique (Occupation : 1940-1944)
  •     France (Occupation : 1940-1944)
  •     Hongrie (Occupation : 1941-1945)
  •     Lituanie (Occupation : 1915-1918)
  •     Luxembourg (Occupation : 1914-1918 ; 1940-1944)
  •     Pologne (Occupation : 1939-1945)

L’Allemagne étendit également son empire colonial dans des îles du Pacifique.

  •     Nouvelle-Guinée orientale (Terre de l’Empereur Guillaume) (1885)
  •     Archipel Bismarck
  •     Carolines orientales
  •     Carolines occidentales
  •     Iles Mariannes
  •     Nauru (Occupation : 1888-1914)
  •     Iles Salomon (Occupation : 1885-1893)
  •     Iles Samoa (Occupation : 1880-1899)
  •     Iles Samoa Occidentale (Occupation : 1899-1914)

Dès le milieu des années 1860, des maisons de commerce allemandes établirent des comptoirs en Océanie et notamment à Samoa et en Mélanésie, obtenant des concessions des chefs indigènes pour l’exploitation des richesses locales. Lorsque le Deutscher Kolonialverein chargea le Docteur Finsch d’une mission scientifique en Nouvelle-Guinée – qui constitue stratégiquement le glacis de l’Australie -, la Couronne britannique dépêcha une mission de son côté et à l’issue de négociations bilatérales, l’Allemagne put établir son protectorat sur Kaiser-Wilhems-Land qui formait la partie est/nord-est de la Nouvelle-Guinée en 1884, l’ouest étant occupé par les Néerlandais et le sud-est par les Britanniques, et l’archipel Bismarck au nord-est. Les Allemands y construiront le port de Rabaul, qui deviendra le siège de l’administration impériale locale en 1905.

Elle occupe également à l’époque les îles Samoa; les îles Marshall sont colonisées en 1885, et Nauru en 1888.

Le Reich occupe aussi en 1885 le nord de l’archipel des îles Salomon, où elle impose son protectorat sur ce qui s’appellera les Salomon septentrionales ou Salomon du Nord. Le traité de 1899 les rattachera au protectorat britannique des Salomon méridionales créé en 1893, l’Allemagne conservant toutefois les deux principales îles du nord, l’île Bougainville et l’île Buka

Conformément à la politique pragmatique de Bismarck, de nouvelles sociétés privées sont créées : la Schutzgebiet der Neu-Guinea Kompanie et la Schutzgebiet der Marschall Inseln Verein voient ainsi le jour, les noms de Nouvelle-Bretagne et de Nouvelle-Irlande étant changés contre ceux de Nouvelle-Poméranie (Neu-Pomern) et Nouveau-Mecklembourg (Neu-Mecklenburg).

Après l’occupation de Tsingtau en Chine et la construction de sa grande base navale, l’extension de l’empire colonial allemand dans la zone Pacifique connaît un seconde phase au tournant des XIXe et XXe siècle: les Mariannes – partagées avec les États-Unis – , les îles Palaos et les Carolines sont rachetées à l’Espagne pour une somme de 18 000 000 de marks/or en 1899.

 

Fichier:BritishTroopsArriveTsingtao1914.jpg

Soldats britanniques et japonais à Tsingtau en 1914

Le domaine colonial allemand dans la zone Pacifique fut essentiellement constitué de colonies d’exploitation des ressources « exotiques » locales : phosphates de Nauru, coprah, caoutchouc, bois tropicaux, café, cacao et perles – la faible densité des populations indigènes très dispersées nécessitant pour l’exploitation des plantations l’importation de main-d’œuvre exogène, principalement chinoise. Horizon lointain de l’empire colonial, ces possessions bénéficièrent également d’une relative autonomie économique et administrative. Compte tenu des distances, elles restèrent en effet peu ouvertes aux importations de produits finis allemands, s’approvisionnant plutôt sur les marchés asiatiques, australiens et sud-américains avec lesquels elles tisseront un important et fructueux réseau de relations commerciales. L’administration se réduisit à la présence de consuls et de quelques fonctionnaires, même si la Marine impériale y maintint une présence plus affirmée. L’ouverture du canal de Panama allait d’ailleurs donner une place importante à ces bases lointaines dans la stratégie navale impériale. Les relations avec les indigènes y furent aussi beaucoup plus correctes que dans le reste de l’Empire, autorités et colons n’hésitant pas à négocier avec les chefs tribaux locaux et les métissages y étant plus fréquents

Fichier:Bundesarchiv Bild 137-31813, Samoa, Dr. Wilhelm Solf.jpg

Le Dr. Wilhelm Solf, Gouverneur des îles Samoa en 1910

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Carte de l’Afrique avant la première guerre mondiale

http://www.souffle-et-chemins.fr/images/aof21.jpg

Carte de l’Afrique occidentale française avant la guerre de 14-18

http://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_colonial_allemand
http://drapeaufree.free.fr/COLONIESALL/coloniesall.htm
http://www.souffle-et-chemins.fr/images/afrique21.jpg
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Le partage du Pacifique en 1914

La présence navale française dans le Pacifique

La présence navale française dans le Pacifique

Classé sous — milguerres @ 10 h 26 min
Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8
Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8
Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8La présence navale française dans le Pacifique
1914 – 1918
Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8 Des actions conjointes franco-britanniques pour s’emparer des colonies allemandes
Sylvette BOUBIN-BOYER, docteur en histoire

En 1914, le MONTCALM, navire amiral de la flotte française d’Extrême-Orient effectue une croisière de présence dans les archipels du Pacifique sud et sur les côtes de l’Amérique reportée l’année précédente. Il s’attarde longuement sur les côtes de l’Amérique pour s’assurer de l’avancement des travaux du canal de Panama et vérifier les dispositions des gouvernements des pays proches à l’égard de la France. Il va assurer la protection des intérêts français au Mexique, pays dans lequel des évènements révolutionnaires se succèdent depuis le début de l’année 1913 et, au-delà, permettre au marché français d’augmenter ses parts dans le pays. Le navire amiral doit également montrer le pavillon français dans les possessions françaises d’Océanie. La croisière est l’occasion d’expériences de tous ordres : envoyer les cartes météorologiques et faire des échanges avec Sydney ou Washington, procéder à des relevés hydrographiques, et, équipé d’appareils émetteurs et récepteurs, accomplir des exercices de TSF. Les rapports fréquents du contre-amiral Huguet au ministre de la Marine ne font pas état d’inquiétudes à propos d’une guerre éventuelle.
Le navire français est accueilli chaleureusement dans tous les Etats de l’Amérique centrale et latine. Il arrive à Tahiti le 10 juillet 1914. Les rumeurs de guerre amènent le contre-amiral Huguet à examiner avec le gouverneur des Etablissements Français d’Océanie les instructions en cas de guerre que celui-ci détient.

La dernière croisière du MONTCALM avant guerre n’a pas montré d’antagonisme flagrant entre les représentants allemands et les représentants français dans les pays visités. Dans ses rapports, le contre amiral n’évoque pas l’attentat de Sarajevo du 28 juin 1914 et ses conséquences. Par contre, cette croisière effectuée à la veille de la guerre montre que les flottes dans le Pacifique ne sont pas prévues pour y mener une véritable guerre maritime.

Seuls l’Allemagne, le Japon et la Grande Bretagne par ses dominions, avec leurs navires de guerre modernes, sont de taille à livrer bataille.
Toutefois, un mois avant la déclaration de guerre, la Nouvelle-Zélande et l’Australie se mettent d’accord pour occuper les possessions allemandes du Pacifique. Il s’agit d’une guerre européenne, les nationaux doivent donc rentrer dans leur métropole. Les réseaux d’alliances et de traités se sont mis en place : marines française et anglaise débutent des opérations conjointes de prise de possession des colonies allemandes de Mélanésie et de Polynésie. De leur côté, les Japonais vont
s’emparer des possessions allemandes de Micronésie. La route commerciale Shanghaï-Malacca est sous la surveillance des navires anglais et français. Un bataillon hindou et une batterie d’artillerie britannique sont prêts à Hongkong à collaborer avec les Japonais afin d’occuper Tsing-Tao, en Chine où se trouve basée la flotte allemande du Pacifique. Une guerre européenne ferait donc bien l’affaire de quelques-unes des puissances montantes du Pacifique.

Déclarations de guerre et instructions

La guerre est mondiale, comme le montrent les opérations navales et militaires dans le Pacifique dès les premiers jours, et c’est une guerre différente de toutes celles qu’ont connues les habitants d’Océanie, Européens ou Indigènes. La notion de temps n’est pas la même qu’en Europe.
La vie continue le temps que les territoires soient informés : c’est ainsi que le gouverneur Fawtier, à Tahiti, sera accusé d’avoir favorisé les intérêts allemands car Papeete n’est informé officiellement de la guerre que le 29 août 1914. Si l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont averties dès le jour de la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France, le 3 août 1914, puis de l’Angleterre à l’Allemagne, le 5août 1914, la Nouvelle-Calédonie ne l’est officiellement que le 5 août, en même
temps que l’ordre de mobilisation. Le Japon déclare la guerre à l’Allemagne le 24 août.

L’amiral Von Spee, commandant la flotte allemande d’Extrême-Orient, est averti le 31 juillet du « danger de
guerre menaçant »
.

L’amiral et une partie de sa flotte se trouvent alors à Ponape en Micronésie. Le 2 août, lui parvient l’ordre de mobilisation officiel contre la Russie et la France.
Comment les forces de l’Entente vont-elles mener cette courte guerre dans le Pacifique sud-ouest ?
Les opérations de prise de possession des colonies allemandes se déroulent selon un processus défini à l’avance entre la Grande-Bretagne, la France et le Japon et confirmé en janvier 1914.

Lorsque le MONTCALM reçoit la nouvelle de la déclaration de guerre entre la France et l’Allemagne le 7 août 1914 dans la nuit, le contre-amiral Huguet est contraint d’obéir aux « instructions en cas de guerre » édictées en 1912, qu’il a en sa possession. Il se met donc dans les dispositions de combat et se détourne de sa route qui devait l’amener à Nouméa pour se rendre aux îles Fidji et y recevoir les instructions britanniques. L’expédition franco-britannique se met en
place.
L’escadre a trois objectifs : défendre les colonies françaises et britanniques contre une éventuelle attaque des navires allemands, poursuivre les navires ennemis, nuire aux possessions allemandes océaniennes et si possible en prendre possession. Plus précisément, le MONTCALM doit rejoindre la flotte australasienne à Nouméa d’où elle partira pour une expédition contre le Samoa allemand. Elle devra ensuite s’emparer des possessions allemandes de Nouvelle-Guinée puis
rechercher la flotte de Von Spee aux Marshall et aux Carolines : il faut enlever aux Allemands toute base et tout moyen d’action dans le Pacifique, couler ou s’emparer du plus grand nombre possible de navires allemands.

Le MONTCALM arrive à Nouméa le 20 août 1914 ; il fait la jonction avec la division néozélandaise dirigée par le colonel Logan arrivée le même jour. La flotte britannique est constituée des croiseurs PSYCHE, PYRAMUS et PHILOMEL et des deux transports de troupes MONOWAÏ et MOERONI transportant 1383 volontaires néo-zélandais. Le lendemain, la division australienne du contre-amiral Patey composée des croiseurs AUSTRALIA et MELBOURNE, les rejoint.
La division rentre d’une tournée d’opérations dans les possessions allemandes de Nouvelle-Guinée où elle a tenté sans succès de détruire le poste de T.S.F. de Rabaul en Nouvelle-Bretagne. Deux vapeurs charbonniers venus tout exprès de Nouvelle-Zélande, via l’Australie, ravitaillent les navires en charbon. Le MONTCALM s’approvisionne pour la croisière et, suivant ses instructions en cas de guerre, met en dépôt au magasin de la marine tout le matériel inutile à bord. Les marins inaptes sont débarqués et l’équipage complété par l’apport de marins du KERSAINT.

Les équipages des bâtiments anglais étant complétés par des officiers, le MONTCALM embarque également les enseignes de vaisseau Guilleminet et Negadeble ainsi que deux timoniers calédoniens.

La prise de possession du Samoa allemand

Le 23 août, la division franco-australasienne part pour Suva, après avoir fait des tirs d’accord sur l’îlot Tareti et reçu le livret des signaux pour les flottes alliées, mais son départ est retardé de vingt quatre heures par l’échouage du transport de troupes MONOWAÏ. Les navires arrivent à Suva, aux îles Fidji, le 26 août au matin. Les petits bâtiments néo-zélandais vont y charbonner.
La flotte repart le 27 et arrive en vue d’Apia le 30 août1.
A l’aube, craignant d’être attaqués par les Allemands, tous les bâtiments se mettent en position de combat tous feux allumés. A 6 heures, ils sont devant Apia, la PSYCHE les a devancés en battant pavillon parlementaire. Elle peut ainsi avertir de l’absence de tout navire ennemi dès 7h45.
Une embarcation se détache alors pour porter au commandant d’Apia une lettre de sommation demandant la reddition des Samoa. De 12h45 à 14h45, les troupes néo-zélandaises3 débarquent sans incident notable tandis que les croiseurs AUSTRALIA, MONTCALM et MELBOURNE demeurent en observation devant Apia pendant les opérations.
A terre, le lendemain, le contre-amiral Huguet fait visiter au colonel Logan la mission catholique dirigée par des pères maristes français dont il avait apprécié l’hospitalité lors de son passage pour rejoindre Nouméa.
La colonie allemande du Samoa, prise sans résistance, c’est la Nouvelle-Zélande qui en devient l’administrateur pour la durée de la guerre, conformément aux instructions.

Le commandement de l’opération de prise de possession du Samoa allemand a été effectué par le colonel Logan, à la tête de la division néo-zélandaise. Ses croiseurs sont portés en avant, le MONTCALM vient ensuite et les croiseurs australiens AUSTRALIA et MELBOURNE ferment la file selon l’ordre protocolaire. Lors du débarquement à Apia, les troupes néo-zélandaises débarquent, alors que les Français et les Australiens demeurent en observation devant Apia. La reddition
allemande est remise au colonel Logan, représentant la Nouvelle-Zélande, qui restera résident des Samoa jusqu’à la décision du traité de Versailles. Conformément aux ordres de l’Amirauté à Londres, la division australienne n’a donc fait qu’assister la flotte néo-zélandaise pour la prise des Samoa. La France n’a eu qu’un rôle d’assistance.

La prise de possession de la Nouvelle-Guinée allemande

Le 31 août à midi, la division composée de L’AUSTRALIA, du MONTCALM et du MELBOURNE quitte Apia pour faire route sur Suva où elle arrive le 2 septembre 1914. Puis, le MONTCALM rejoint ensuite Nouméa où il stationne du 5 au 10 septembre. A Nouméa, se trouve alors l’escadre australasienne.
Les trois divisions alliées quittent Nouméa pour rejoindre à nouveau Apia le 14 septembre où les navires allemands de Von Spee sont signalés. N’ayant rien trouvé, l’escadre est déroutée devant l’absence de danger pour aller s’emparer de Friedrich-Wilhelmshafen, chef-lieu de la colonie allemande de la terre de l’empereur Guillaume (Madang) au nord-est de la grande île de Papouasie.

L’expédition appareille de Rabaul le 22 septembre et fait route sur la Nouvelle-Guinée par le sud de la Nouvelle-Bretagne et le détroit de Vitiaz. Les croiseurs AUSTRALIA et ENCOUNTER, de la division d’Australie et le transport de troupes BERRIMA qui emporte 400 hommes, accompagnent le MONTCALM selon l’ordre de route protocolaire convenu. A Rabaul, la flotte alliée, plus de 500 hommes de l’Australian Naval Reserve et environ 1800 volontaires, débarquent. En face d’eux se
trouvent à peine 500 Allemands et Papous. Les Australiens n’ont aucune difficulté à prendre la place. A 7 heures du matin, la flotte arrive devant Friedrich Wilhelmshafen pour exécuter les ordres donnés par le vice-amiral Patey2. Le poste de T.S.F. se trouve à Herbertshohe, résidence du gouverneur allemand à environ sept kilomètres à l’ouest de la baie Blanche. Un bombardement d’une quarantaine de coups de canon précède l’arrivée des troupes australiennes, faisant six tués et
quelques blessés. Un émissaire anglais est envoyé par l’ENCOUNTER. Il remonte à bord à 9h15 en compagnie du représentant du Gouverneur allemand de Friedrich Wilhelmshafen qui donne des indications sur la présence de 18 de ses compatriotes à Wilhelmshafen, centre de colonisation dont l’importance est semblable à celle de Rabaul. Pendant ce temps, vers 10 h, les vedettes de l’AUSTRALIA draguent vainement la passe à la recherche de mines.

A 11 h, l’ENCOUNTER et le BERRIMA entrent dans le port pour y débarquer 190 hommes et du matériel. Le déchargement se termine aux environs de 17h. Dans l’après-midi, le MONTCALM effectue un tir réduit d’artillerie principale. Le gouverneur allemand, tente de discuter avec le colonel Holmes mais l’arrivée du MONTCALM, battant pavillon ami des Australiens l’a dissuadé de toute velléité de résistance.

A 17h30, les bâtiments alliés quittent le port et reprennent leur place dans la division qui se reforme en ligne de file à 17h30.
Le gouverneur allemand fait complète soumission et remet les possessions allemandes de Nouvelle-Guinée au représentant de l’Australie le 24 septembre 19143. Une base de ravitaillement et un navire-hôpital y sont installés, protégés par un croiseur, trois contre-torpilleurs et deux sous-marins dont l’un disparaît le 15 septembre.

Du 26 septembre au 1er octobre, le MONTCALM, joint à la division d’Australie, séjourne à Rabaul.
Pendant ce temps, le SYDNEY, qui poursuivait auparavant des navires allemands est en opérations à Angaur, aux îles Palau, pour y détruire le poste de TSF allemand. La division reprend alors la route de Rabaul qu’elle rejoint le 26 septembre à 14 heures. Pendant le séjour , en raison du climat, le ravitaillement en charbon se fait de nuit. La vie quotidienne à bord est pénible en raison de la chaleur.
Mais les Anglais ont déjà envisagé de cesser de faire de Rabaul leur base d’opération.

L’action des Japonais

Le 1er octobre, LE MONTCALM se joint de nouveau à l’AUSTRALIA, l’ENCOUNTER et le SYDNEY en vue de pousser jusqu’aux Carolines et aux Marshall à la recherche des navires allemands de l’amiral Von Spee. Ils font route par l’ouest de la Nouvelle-Irlande, mais devant l’annonce du bombardement de Papeete le 22 septembre, et de la concentration supposée de la flotte allemande en Amérique du Sud, l’opération est annulée après avoir appris des Japonais que ceux-ci n’ont rien trouvé. La division franco australienne rentre alors à Rabaul le 2 octobre. Les Japonais confirment ces informations et annoncent qu’une division nippone est passée à Jaluit, le principal atoll des îles Marshall, sans trouver trace de navire ennemi. Le 3 octobre, les navires de guerre vont reconnaître les passages entre les Samoa et les Fidji. De son côté, le Japon, conformément aux instructions en cas de guerre, s’est emparé de Jaluit aux Marshall le 3 octobre, et, dans les
Carolines, de Ponape et de Yap le 7 octobre, de Palau le 8 octobre, d’Angor le 9, des îles Truk le 12, de Saïpan le 14, de Erota le 21, de Nauru le 6 novembre. L’escadre franco-australienne a rejoint Suva le 12 octobre, après que l’amirauté anglaise ait décidé d’en faire le centre d’opérations navales du Pacifique en lieu et place de Rabaul qui deviendra centre d’opérations japonais.
La division d’Australie et le MONTCALM couvriront l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie.

Dernières opérations navales franco-britanniques conjointes

Des Fidji, la division va partir à la recherche des navires allemands de Von Spee. Du 17 au 23 octobre, le MONTCALM, l’AUSTRALIA et l’ENCOUNTER se rendent sur la côte nord-ouest de Savaï au Samoa occidental puis aux îles Wallis et Horne. Le reste de l’escadre australienne occupe successivement les centres de colonisation allemands de Käwieng à la pointe nord-ouest de l’île principale du Nouveau-Mecklenbourg, le 17 octobre, de Namatanaï, au centre de la même île, le 27 octobre et de Manus le 22 novembre.
Les forces australiennes se retrouvent de nouveau au Kaiser Wilhelsland. Elles occupent Eitape, le 4 décembre, Angoram, le 12 décembre, et enfin Morobe le 11 janvier 1915. Par ailleurs, la grande île de Bougainville a été occupée le 9 décembre. En pratique, la plupart de ces opérations maritimes sont exécutées par des navires appartenant aux différentes escadres, qui se rejoignent ou se dispersent selon l’objectif.

Toutefois, ces dernières opérations se font alors que le MONTCALM n’y participe plus. En effet, à la fin du mois d’octobre, la division alliée du Pacifique a éclaté : le croiseur anglais PYRAMUS a quitté l’Australie pour rejoindre Singapour d’où il escortera les transports français jusqu’au canal de Suez.
Le MONTCALM, quant à lui, vient de parcourir environ 30 000 miles en neuf mois, il a besoin d’une visite générale sérieuse et de réparations indispensables. Son retour à Saigon est donc prévu pour le mois de novembre, mettant ainsi un terme à sa participation aux opérations conjointes française, anglaise, australienne et néo-zélandaise de prise de possession des colonies allemandes du Pacifique4.
Après un dernier séjour à Papeete où le contre-amiral Huguet enquête, fin novembre et début décembre 1914, au sujet d’un conflit entre le commandant des troupes à terre, le lieutenant de vaisseau Destremau et le gouverneur Fawtier, le navire français regagne son port d’attache.

[b]Le MONTCALM terminera la guerre rattaché à la 3ème escadre, à la surveillance du canal de Suez.
Dès la fin de l’année 1914,[/b] les Allemands ne présentent plus aucun danger dans le Pacifique, leurs colonies océaniennes sont toutes passées aux mains des Australasiens ou des Japonais.
Par ailleurs, le 7 décembre, les Japonais ont pris possession de la base navale de Tsing Tao et la ville de Kiao Tchéou, situées à l’extrémité de la pointe de la péninsule de la province du Shantoung, en Chine.
Ils peuvent alors, le long de la ligne de chemin de fer construite par les Allemands, entamer leur progression vers l’intérieur de la Chine. Pour la coalition britannique, française et japonaise en Océanie, les objectifs sont atteints, la prise de possession des colonies allemandes dans le Pacifique est terminée.
Dans ces opérations, il est à noter que la ligne de l’équateur semble avoir été fixée comme limite sud à l’expansion japonaise puisque les navires nippons ne s’aventurent guère au-delà, tout comme l’escadre franco-britannique ne franchit pas sa limite nord.

Conclusions : l’Océanie depuis 1915, un « lac australasien » ?

Français et Britanniques, Australiens et Néo-Zélandais, ont réellement coopéré lors des opérations conjointes de prise de possession des colonies allemandes et lors de la recherche de la flotte de l’amiral Von Spee.
La collaboration avec les Japonais n’a pas été de même nature car ceux-ci n’ont pas toujours fourni les renseignements en leur possession et ils ont mené des actions isolées à leur propre avantage. Il est certain que les forces en présence étaient difficilement comparables mais les traités passés dix ans plus tôt n’ont pas toujours été respectés et certains en tirent profit.

Ainsi, lorsque Rabaul devient leur centre d’opérations, les Japonais se trouvent singulièrement rapprochés d’Honolulu. De la même façon, la prise de Jaluit leur donne une excellente base d’opération en Micronésie. Le Pacifique est déjà sous influence anglo-saxonne et le Japon, s’il semble avoir un rôle mineur, a atteint ses objectifs sur sa façade ouest qui est désormais à l’abri.
Il peut donc consacrer l’ensemble de ses forces à l’Asie, en Chine, plus particulièrement.
Les quatre mois de guerre maritime contre les Allemands ont forgé entre Français et Australasiens une culture de guerre dans laquelle l’effort d’aide, d’assistance et d’amitié va bien au-delà des signatures au bas d’un traité d’alliance. Ainsi, au retour des opérations conjointes, lors du passage du MONTCALM à Singapour, les Anglais ont mis à disposition des Français à terre, des hommes, du matériel et des vivres qui ont fait l’admiration des marins français qui venaient de subir d’importantes restrictions au cours de la campagne de prise de possession des colonies allemandes du Pacifique et de la recherche des croiseurs allemands. L’arrière-plan reste l’efficacité de l’assistance que les Français attendent des Britanniques dans les relations entre puissances coloniales pour surveiller les abords des îles et de la côte malaise jusqu’en Cochinchine et mettre au pas d’éventuelles révoltes indigènes dans les colonies françaises, comme l’écrit le contre-amiral
Huguet : « Le mardi à 8 heures avait lieu la revue en grande pompe sur l’esplanade près de la mer.

La population européenne accourue au grand complet, -ainsi que d’une nombreuse population indigène. Je ne doute pas que la pompe de cette revue et le tour de l’esplanade que firent nos marins aux sons de la marche de Sambre et Meuse jouée par notre musique n’aient eu pour but de frapper les imaginations indigènes, chinoises ou malaises et de montrer que les forces anglaises n’étaient pas seules, qu’il fallait compter en même temps sur le solide appui des forces alliées. »5

Les amiraux Patey et Huguet reçoivent leurs ordres, l’un de l’Amirauté britannique, le second du ministère français de la Marine. Ils ont tous deux une latitude d’action, dans la limite des instructions en cas de guerre qu’ils détiennent avant le conflit et qui ont été confirmées et complétées dès les premières semaines de la guerre. Beaucoup de ces opérations montrent le peu de préparation effective et surtout le manque de renseignements des flottes alliées vouées à coopérer.

En effet, si les marins ont une culture de géopoliticiens et de géostratèges dont la vision prime pour eux, ce sont les gouvernements, avec les états-majors métropolitains qui imposent leur politique.
L’impréparation à la collaboration maritime de guerre est manifeste. Par exemple, les marins franco-britanniques ignorent l’importance de la présence de la flotte allemande dans le Pacifique, ils détruisent les navires allemands au lieu de capturer. Et surtout, leurs objectifs sont différents : ainsi,
« Dès le 30 septembre, le vice-amiral Huguet informe le consul général de France à Sydney6 à titre confidentiel que les Anglais ont l’intention de cesser de faire de Rabaul une base d’opération, lieu pourtant particulièrement bien choisi en raison de son emplacement stratégique. » Les Anglo-Saxons tiennent à marquer leur suprématie vis à vis des Français car, pour eux, l’Océanie est un « lac anglo-saxon » depuis les années 1840. Tout en étant devenus alliés, Anglais et Français restent
imprégnés des rapports de leurs conflits culturels. Ainsi, pendant le séjour de l’escadre britannique à Nouméa, fin août 1914, alors qu’en ville, les volontaires néo-zélandais sont fêtés et choyés par les Nouméens, l’amiral Patey et les commandants de croiseurs, le chef d’état-major de l’amiral et son aide de camp sont « retenus pour des raisons de service » et ne se rendent pas à l’invitation du gouverneur Repiquet qui a organisé une réception en leur honneur : volontairement, ils font savoir
qu’ils occultent la France. Ce geste de grande défiance, de portée diplomatique évidente, est-il en rapport avec la situation aux Nouvelles-Hébrides ? En effet, le 6 août 1914, la France et l’Angleterre ont passé un accord figeant la situation pour toute la durée de la guerre.

Le contre-amiral Huguet, plus âgé que l’amiral Patey, a dénoncé « la nervosité » de celui-ci. Il lui a surtout reproché d’avoir perdu du temps et de s’être dispersé dans la poursuite d’objectifs secondaires comme : « en particulier, si des Samoa, au début de septembre, nous avions été faire un tour aux Marshall, nous y aurions trouvé les Allemands et que ce serait une affaire réglée qui eût prévenu le coup de Tahiti et rendu la liberté à tout le monde. » Toutefois, la politique métropolitaine prime dans le Pacifique : « l’Amiral Patey a été tenu en bride par l’Amirauté de Londres et celle-ci est des plus attentionnée et prévenante vis-à-vis de l’opinion publique australienne. » 7 Ce souci de l’opinion publique australienne a sans doute prévalu lorsque l’Amirauté a retenu Suva comme centre d’opération. Nouméa, choisi au tout début de la guerre, est pourtant bien plus central en Océanie que Suva, assez excentré par rapport à Sydney ou Auckland.
De Nouvelle-Calédonie, toute division navale aurait été mieux placée pour faire face aux événements, Nouméa ayant comme atouts supplémentaires un port mieux abrité que celui des Fidji et un climat plus sain. Mais au plus haut niveau, il importe de ne pas mécontenter les dominions du Pacifique qui envoient des troupes en renfort de l’armée britannique en Europe.
Si les Français et les Anglais ont appris pour la première fois à se connaître et à s’apprécier, le contre-amiral Huguet ne manque cependant pas de noter que l’amiral anglais Patey a occupé la Nouvelle-Guinée « au compte des Australiens et par les gens de l’Australie », que « le gouvernement de Nouvelle-Zélande au moyen des volontaires néo-zélandais » a pris possession des Samoa. Il ajoute « Je me demande si les Australiens et les Néo-Zélandais n’y verront pas un
modèle ». Le commandant du MONTCALM, en stigmatisant le refus permanent de l’amiral anglais d’associer la France à la prise de possession conjointe, même si elle est restée modeste, des colonies allemandes du Pacifique montre à quel point l’hégémonie australienne est en train de grandir dans le Pacifique sud. Ce que le capitaine de frégate Henry de Villeneuve note également en 1917 : « j’ai appris que certains de nos alliés faisaient courir le bruit que l’absence de nos navires en Océanie n’était que le prologue de l’abandon de nos colonies dans le Pacifique. » Pour les Australasiens, ce qui se passe en Océanie n’a pas le même impact que ce qui se passe en métropole. Pour eux, la Nouvelle-Calédonie est un avant-poste de l’Australie, la France peut la perdre, mais pas l’Australasie, ce qui est encore vrai aujourd’hui. La Grande-Bretagne est d’ores et déjà dans une dimension de géopolitique mondiale et les Britanniques tiennent à montrer qu’ils attachent
beaucoup d’importance à leur zone d’influence. De nos jours encore, les manuels français d’histoire ne citent pas la participation de la France à la prise de possession des colonies allemandes d’Océanie en 1914, ni le nom du contre-amiral Huguet et de son navire, alors que les Australiens et les Néo-Zélandais ont utilisé cet épisode de la Grande Guerre pour renforcer leurs liens nationaux.

Pendant la campagne de prise de possession des colonies allemandes du Pacifique, les traités d’alliance ont été respectés, la France y a joué un rôle actif, la Nouvelle-Calédonie a bien été le relais de l’Etat français dans le Pacifique. Nouméa a été, pour un temps très court, le centre des opérations interalliées en Océanie. La présence de la flotte australasienne en août 1914 et de la flotte japonaise à Nouméa en décembre 1914 montre aux Calédoniens que leur île a une importance réelle auprès des forces de l’Entente. Même s’il est vrai que, sans la France, les colonies allemandes auraient été prises, les Calédoniens se sont donc imprégné dès le début, d’une culture de guerre qui ne cessera que quatre années plus tard. En raison de la position géographique favorable de la Nouvelle-Calédonie, cette situation, si peu de temps qu’elle ait duré, préfigure ainsi ce qui se passera lors de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, l’Océanie, sauf l’Australasie et la Nouvelle-
Calédonie, reste une zone éloignée, en dehors des préoccupations du siècle et des réseaux mondiaux
comme en témoigne le temps mis à connaître la guerre. La prise de possession conjointe des colonies allemandes du Grand Océan a surtout démontré la suprématie de la marine de guerre britannique et les insuffisances, voire l’indifférence de la France.
Après cet épisode d’à peine trois mois en 1914, seules la France et la Grande-Bretagne conservent des forces navales dans le Pacifique sud-ouest. L’essentiel est ailleurs sur le nord du Pacifique, en Extrême-Orient, en Chine et sur la côte ouest des Etats-Unis.

Notes
1 Ou le 31 selon que l’on considère la date par rapport au méridien de changement de date.
2 SHM/SS-ED 135, Opération N°4 (ordre secret Operations orders N°4 du 21 septembre 1914 signé George Patey vice
amiral commanding H.M. Australian Fleet). Note n°96 M du 28 septembre 1914. Le contre-amiral Huguet au ministre
de la marine – EMG 3ème section. Opération en Nouvelle-Guinée occupation de Friedrich Wilhelmshafen.
3 SHM/SS 130. Lettre EMG du 30/3/17, MONTCALM à Ministère des Affaires Etrangères.
4 SHM/SS ED 130. Chemise « Correspondance expédiée » 1914 – 1920.
5 SHM/SS Lh2, Contre-amiral Huguet au gouverneur général de l’Indo-Chine, n°105A, 25/02/1915.
6 SHM/SS-ED 132, n°88A, secret MONTCALM à Consul général de France à Sydney du 30 septembre 1914.
7 SHM/SS ED 132, n°99M, Contre-amiral Huguet au ministre de la Marine, Mouvements du MONTCALM joint à la
division d’Australie du 26 Septembre au 10 Octobre, 13/10/1914.
Bibliographie
- BEAUMONT Joan, Australian War 1914-18, Allen & Unwin, Sydney, 1995.
- BOUBIN-BOYER Sylvette, De la Première Guerre mondiale en Océanie – Les guerres de tous
les Calédoniens 1914-1919, Diffusion Septentrion, Presses Universitaires, Thèse à la carte, 2 tomes,
Lille, 2003.
- HIERY Hermann Joseph, The Neglected War, University of Hawai Press, Honolulu, 1995.

document source : http://www.crid1418.org/doc/textes/presence_navale_pacifique.pdf
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27 décembre 2012

Les Chinois oubliés de la Première guerre mondiale

Classé sous — milguerres @ 23 h 34 min

 

 

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Les Chinois oubliés de la Première guerre mondiale

Lily Eclimont (Aujourd’hui la Chine)

http://chine.aujourdhuilemonde.com/les-chinois-oublies-de-la-premiere-guerre-mondiale-travailleurs-anonymes-de-la-republique-francaise

Durant la Première guerre mondiale, les Français et les Anglais ont « importé » quelque 140 000 travailleurs chinois en Europe pour servir de main-d’œuvre à l’arrière du front. Une importante page de l’histoire de France qui n’apparaît pourtant pas dans les manuels scolaires.

 

« Lorsque je suis arrivée en France en 1988 pour mes études, je suis tombée par hasard sur le cimetière de Saint-Etienne au Mont, dans le Pas-de-Calais. On y trouve 160 sépultures incrustées de caractères chinois. J’ai été extrêmement impressionnée et j’ai voulu savoir d’où ils venaient« , explique Li Ma. Cette historienne d’origine chinoise, aujourd’hui maître de conférence à l’Université du littoral Côte d’Opale, a organisé l’an dernier à Boulogne-sur-mer le premier grand colloque sur « les Travailleurs chinois de la Première Guerre mondiale ».

« C’est très étonnant : il y plein de cimetières chinois dans la région mais aucun livre en français n’a par exemple été publié sur le sujet. Il existe un livre en chinois à Taïwan et quelques écrits en anglais, mais c’est tout. Pendant longtemps, la France n’a pas rendu hommage à cette partie de la population, contrairement aux Anglais« .

Gérard Tchang, dont le père est arrivé en France depuis sa ville natale de Huaian (Jiangsu) en 1917 pour servir sur le front de l’est, est encore plus amer. « Aujourd’hui, personne en France ne connaît cette mémoire ! Ça me met vraiment en colère. Il y a quelques années, j’ai vu une exposition sur la guerre 14-18 à la Mairie de Paris et il n’y avait aucune place pour les Chinois. Je ne sais pas quels pouvaient être les états d’âmes des responsables politiques de l’époque et encore moins ceux d’aujourd’hui, mais ce que l’on constate, c’est que cette mémoire a été totalement oubliée!« , dit-il avec rage.

Des chinois physiques et travailleurs

Pas moins de 140 000 chinois sont pourtant venus servir d’auxiliaires en France, pendant la Grande guerre. En 1914, les soldats s’enlisent au front et les Alliés manquent de main-d’œuvre. Les gouvernements alliés et chinois négocient alors dans la plus grande discrétion la venue de travailleurs en Europe pour effectuer de dangereuses tâches de logistique militaire. Les Russes recrutent 200 000 travailleurs. Les Anglais 100 000 et les Français 40 000, pour la plupart originaires de la province du Shandong, au nord-est de la Chine.

Selon les archives françaises de l’époque, « les Chinois du Nord étaient forts, simples, travailleurs et physiques mais surtout moins rusés que les Chinois du Sud qui étaient commerçants. Et puis, ils pouvaient mieux s’adapter au climat du nord de la France« , explique l’historienne Li Ma. L’été dernier, cette dernière s’est rendue à la rencontre de 35 familles de descendants dans les villes de Zibo, de Zhoucun mais surtout de Weihai, « où les Anglais ont recruté jusqu’à 54 000 personnes en 1917!« .

« J’ai rencontré un grand-père de 85 ans dont l’oncle est revenu de France avec des outils d’agriculture français. Il me les a montrés : c’était insolite. Mais globalement, il m’a expliqué que ces immigrés avaient beaucoup de mal à parler de leur expérience de la guerre. Ils étaient traumatisés : certains évoquaient malgré tout les avions, les bombardements, etc.« .

Le traumatisme de la vie sur le front

Lorsqu’ils arrivent en France en 1917, les contrats de ces travailleurs immigrés stipulent qu’ils ne doivent pas participer au combat, ni se trouver sur la ligne de front, « mais celle-ci bougeait en permanence et les Chinois se retrouvaient de fait sur le champ de bataille« , explique Li Ma.

Les Anglais et les Français ne recrutent pas ces travailleurs sous le même régime. Les coolies recrutés par les Britanniques, baptisés les « Chinese Labour Corps » travaillent en support des militaires anglais. Ils sont chargés de nettoyer les tanks ou encore d’enterrer les cadavres, tandis que les travailleurs recrutés par les Français sont, le plus souvent, employés dans les usines.

« Leurs situations étaient très différentes : les soldats recrutés par les Britanniques étaient militarisés. Ils portaient l’uniforme et étaient soumis à la justice militaire, tandis que les travailleurs français avaient d’avantage de liberté« , explique Dominiek Dendooven, le directeur du musée « Inflanders Field » qui a organisé l’an dernier une grande exposition sur le sujet à Ypres, en Belgique.

Des contacts mitigés avec la population locale

C’est dans un périodique baptisé « 华工杂志 » (« la Revue des travailleurs chinois ») que les travailleurs chinois recrutés par les Français racontent les anecdotes de leur vie en France. Des moments très difficiles, d’autres plus légers. « Ils parlaient notamment des femmes françaises qui, selon eux, préféraient de jeunes Chinois forts, beaux et gentils plutôt que des alcooliques français auxquels il manquait un bras et qui étaient déprimés par la guerre« , s’amuse la sinologue Li Ma.

Dominiek Dendooven nous raconte, de son côté, cette soirée de février 1918 où les travailleurs ont célébré le Nouvel An Chinois avec la population locale dans leur camp. « Dans la petite ville belge de Poperinghe, les habitants s’étaient même mis à apprendre quelques mots de chinois pour communiquer avec eux mais aussi pour leur vendre des objets. Mais attention, il y avait aussi des commentaires négatifs« , pondère-t-il. « Il reste de nombreux témoignages qui dénotent une grande xénophobie à leur égard. Des histoires qui circulent à l’époque prétendent même que les crimes qui ont été commis pendant la guerre avaient été perpétrés par des Chinois et qu’il « fallait garder un œil sur eux parce qu’ils pouvaient voler des choses« « .

Ce racisme n’a pas empêché plusieurs couples franco-chinois de se former. De nombreux travailleurs repartent d’ailleurs chez eux à la fin de la guerre avec leur épouse française pour lesquelles l’adaptation en Chine est parfois impossible. « Ces femmes françaises étaient souvent de secondes épouses, ce que ne savaient pas ces travailleurs. A l’époque, cela était très mal vu par les familles chinoises qui rejetaient ces femmes. Beaucoup d’entre elles ont dû rentrer en France avec l’aide du consulat« , raconte l’historienne Li Ma.

Le dur retour au pays

A la fin de la guerre, les Britanniques décident de rapatrier la totalité des travailleurs chinois, tandis que les Français leur donnent le choix de rester en France. Quelque 3000 travailleurs chinois acceptent et participent alors à la reconstruction du pays. La plupart d’entre eux s’installe dans le quartier de la Gare de Lyon à Paris et trouve notamment des emplois dans les usines Renault. C’est sur les chaînes de productions qu’ils rencontreront notamment Deng Xiaoping ou encore Zhou Enlai, alors venus étudier en France.

« C’est la première fois dans l’histoire chinoise qu’il y avait des contacts entre les gens du peuple et les intellectuels : ils travaillaient, mangeaient, et vivaient ensemble. Je pense que ces rencontres ont joué un rôle fondateur dans la manière dont ces futurs personnages-clefs de la Nouvelle Chine ont appréhendé la notion d’esprit de masse. Peut-être aussi cette proximité a-t-elle cristallisé leur volonté de prendre soin de leur peuple« , explique Li Ma.

Plus de 8.000 travailleurs décèdent au total pendant cette période. Beaucoup d’entre eux meurent sous le feu de l’ennemi alors qu’ils creusent des tranchées et déminent des terrains. Les autres sont décimés par les épidémies : grippe espagnole, rougeole, tuberculose. Pour les survivants, le retour au pays est parfois un calvaire. Traumatisés par la guerre, ces travailleurs pour se détendre jouent l’argent qu’ils ont gagné en France et se retrouvent très vite sans le sou. La plupart redevient agriculteurs dans le Shandong, quand ils ne sont pas cloués au lit par la syphilis attrapée auprès des prostituées françaises à l’arrière du front.

Aujourd’hui, le plus important cimetière de Chinois se trouve à Noyelles-sur-Mer. 842 stèles datant de 1923 sont visitées chaque année pour la fête de Qinming, « la Toussaint chinoise », par les descendants de ces travailleurs. « Nous célébrons Qinming depuis l’année 2000 à Noyelles« , raconte Michel Letocard, le maire de cette petite commune de la Somme.

« C’est très particulier car les trois premières années, cette fête a attiré jusqu’à 1500 personnes sur ma commune de 800 habitants ! Pour nous qui nous contentons d’aller porter des chrysanthèmes au cimetière pour honorer nos morts, c’est très curieux! Malheureusement, depuis la brouille franco-chinoise sur la question du Tibet en 2008, la fête de Qingming n’est plus célébrée à Noyelles« , regrette le maire.

Selon lui, l’Unesco souhaite aujourd’hui classer le cimetière chinois au Patrimoine Mondial. Une forme de reconnaissance pour les descendants de ces travailleurs chinois comme Gérard Tchang. « Aujourd’hui, on donne des médailles du mérite à des gens qui ont beaucoup moins donné que mon père, par exemple. Pourquoi lui ne l’a-t-il pas reçue ? C’est parce qu’il était d’origine chinoise ? » Une autre page de l’histoire de l’immigration française qui mériterait d’être enfin officiellement écrite.

 

Les travailleurs chinois pendant la Première Guerre mondiale

http://www.souvenirfrancais-issy.com/article-les-travailleurs-chinois-pendant-la-premiere-guerre-mondiale-1-2-82956398.html

 

Travailleurs chinois -3

 

Monsieur Foo Sien Wang.

Dans le carré militaire de la Première Guerre mondiale, à Issy-les-Moulineaux, se trouve la tombe de Foo Sien Wang, soldat travailleur chinois, mort pour la France le 1er mars 1919.

Dès les premiers mois de la Première Guerre mondiale, le manque d’effectifs se fait sentir autant chez les Français que leurs alliés britanniques. Les premiers font rapidement appel aux troupes coloniales d’Afrique et d’Orient (49.000 indochinois participeront à cette guerre), et les seconds aux hommes de l’Empire (Canadiens, Indiens, Australiens, Néo-zélandais, Africains du Sud, Irlandais du Nord…). Pour autant, cela n’est pas encore suffisant. Il convient de faire porter les armes par un plus grand nombre d’hommes encore. Aussi, en 1915, le président Raymond Poincaré et le roi George V signent une convention avec l’empereur Yuan Shikai, de la dynastie Qing. Entre 1916 et 1919, ce sont près de 150.000 Chinois qui arrivent dans le nord de la France pour être employés aux travaux de terrassement.

A l’instar de plusieurs populations alors appelées indigènes, comme les Noirs d’Afrique du Sud, les Chinois n’ont pas le droit d’être armés. Ce ne sont pas des soldats mais des travailleurs. Ils permettent justement aux manœuvres alliés de devenir des soldats. Ce sont bien souvent des paysans illettrés qui proviennent autant des provinces du nord de leur empire – le Jilin ou Shanxi – que des zones sud, comme le Zhejiang, le Jiangxi, ou encore le Fujian. Ils prennent le bateau à Shanghai ou à Wenzhou et, après des mois de traversée dans des conditions précaires, débarquent généralement à Marseille, à partir du mois d’avril 1917. Là, ils prennent le train, dans ces wagons qui sont faits pour « hommes : 40 ; chevaux en long : 8 ». Enfin, ils arrivent dans la Somme, épuisés – certains sont morts pendant le voyage – et affamés.

 

Ils ne sont pas tous recrutés de la même manière : les Anglais mettent en avant les YMCA locales (Young Men Christian Association), dont de nombreux membres parlent le chinois et des agences privées comme la Huimi ; alors que les Français confient cette tâche à des associations comme le Mouvement Travail-Etudes ou l’Etude Frugale en France. Les recrutements sont parfois douteux et il arrive que des voyous fassent le voyage depuis leur pays d’origine dans l’unique but de ne vivre que de vols et de rapines. Le journal Un siècle de faits divers dans le Calvados rapporte cet étonnant fait divers : « Colombelles. En mars 1917, arrive un groupe de 150 chinois qui viennent travailler sur les chantiers des hauts-fourneaux. Huit de ces fils du céleste empire émettent la prétention de rançonner leurs camarades et de les obliger à leur abandonner une partie de leur salaire, sans quoi ils les empêcheraient de travailler. Ces derniers ne s’en laissent pas compter et tendent un piège. Un soir de mai 1917, le 12 exactement, ils tombent sur les huit chinois qui ont à peine le temps de se réfugier dans une baraque où ils se barricadent. Les gendarmes, alertés, réussissent à faire sortir les assiégés. L’un d’eux a la malheureuse idée de fuir à travers la campagne. Il est bientôt rejoint par un groupe de poursuivants qui l’assomment. Il est retrouvé une heure plus tard, râlant dans la plaine. Il a le crâne ouvert à coups de pioche. Il expire presque aussitôt. Ses compatriotes : Yong, Chanong, Chauong, Memong, Yien, Pen, Ping et Tehien ont comparu devant le tribunal pour entraves à la liberté du travail. Les peines de prison s’échelonnent de 4 à 8 mois ».

Leur installation.

Dans son étude Assistance et éducation des travailleurs chinois pendant la Grande Guerre, les chercheurs Sylvie Demurger et Martin Fournier indiquent : « En majeure partie issus de familles paysannes, ils n’avaient pour l’essentiel jamais eu de contacts avec des Occidentaux avant leur arrivée en France. Symétriquement, leur arrivée constitue la première vague de migration chinoise de masse en France et les Français étaient tout aussi peu familiers des us et des coutumes chinois que les Chinois l’étaient de ceux des Français ou des Britanniques qui les employaient. S’ensuivirent immanquablement des incompréhensions et tensions liées aux différences culturelles entre les communautés, qui rendirent presque immédiatement nécessaire une prise en charge des travailleurs chinois ».

Les Chinois sont placés dans des camps, à Noyelles-sur-Mer près de Saint-Valéry-sur-Somme, ou à Dannes et Saint-Etienne au Mont, dans le Pas-de-Calais. Ces camps, longs de plusieurs centaines de mètres, ont été installés l’année précédente et comportent des baraquements de logements, des cuisines, des sanitaires, une blanchisserie (leur réputation les avait précédés), une infirmerie et même une prison ! Il leur est autorisé de sortir de ces camps pour aller travailler et quelques heures de loisir. Les enceintes sont d’ailleurs entourées de plusieurs rangées de barbelés. Pour autant, peu à peu, ces camps prennent des couleurs de villages asiatiques : certains baraquements sont ornés de lanternes ; les éléments artisanaux de décoration sont très présents. Parfois, ce sont même des cerfs-volants qui flottent dans le ciel picard.

Travailleurs chinois - 1

Les Chinois dans le Nord de la France

http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/comprendre-et-approfondir/nations-en-guerre/les-chinois-dans-le-nord-de-la-france.html

A partir de septembre 1914, quand la guerre s’enlise et le front se fige dans les réseaux de tranchées, les gouvernements et les états-majors des pays belligérants comprennent que le conflit sera long et coûteux. Afin de soutenir l’effort de guerre dans les zones de l’arrière-front, chaque nation fait appel à une main d’œuvre étrangère qui permet de décharger les soldats des contingences matérielles et logistiques courantes. C’est ainsi que l’armée britannique créera des Labour Corps (unités de travail) composés de civils volontaires qui compteront en 1918 jusqu’à 100.000 Egyptiens, 21.000 Indiens et 20.000 Sud-Africains sur les deux fronts français et moyen-oriental. De même, en vertu d’accords bilatéraux conclus par la France et par le Royaume Uni avec la République de Chine en mai 1916, des paysans chinois essentiellement originaires des provinces mandchoues du Shandong et du Jilin seront employés sur le sol français sous le contrôle direct de chacune des armées alliées. La France fera également appel aux paysans de l’Indochine, colonie française depuis 1885.

Même si leurs conditions de vie en Chine n’étaient guère faciles, celles qui les attendent en Europe se révèlent être proches de l’exploitation. Les Anglais leur allouent un salaire journalier de 1 franc pour 10 heures quotidiennes de travail, 6 jours par semaine. Bien qu’étant des civils, ils sont soumis à la loi militaire anglaise et sont regroupés dans des camps sous la surveillance suspicieuse des soldats britanniques. Par ailleurs, la communication entre travailleurs et soldats est toujours demeurée problématique : le dialecte des paysans chinois diffère beaucoup de l’officiel mandarin.

S’ils suscitent dans un premier temps une certaine curiosité de la part des habitants de la région, les Chinois ont très rapidement attisé la méfiance, voire la crainte, de ceux-ci pour les nombreux larcins qu’ils commettent dans les villages entourant leurs camps. De nombreux rapports de gendarmes, notamment dans l’Audomarois, font mention de vols, de rixes, de coups de fusils que ces travailleurs auraient provoqués. De même, par l’application de règles qu’ils ne peuvent de toute façon pas comprendre, les Britanniques leurs infligent des peines d’amende ou de prison pour de nombreuses absences non-justifiées, vols, désertions ou encore voies de faits sur supérieurs. Une certaine forme de xénophobie s’installera dans la région et poussera même le Préfet du Pas-de-Calais à demander en septembre 1919 à ce que le département soit « délivré » de cette main d’œuvre qui « terrorise » la population.

Mais cela ne doit masquer en rien le précieux effort que les travailleurs chinois ont fourni à l’économie de guerre tant sur le front que sur l’arrière. En 1918, on compte dans la région Nord-Pas-de-Calais 17 camps qui regroupent jusqu’à 96.000 hommes. Les principaux camps sont situés à Boulogne-sur-Mer, Wimereux et Etaples où les Chinois assurent pour les Britanniques le déchargement des navires venant d’Angleterre. L’armée française les emploiera de la même manière dans les ports de Calais et de Dunkerque. Ils travaillent également dans les manufactures d’armes et munitions, dans les chantiers navals et dans les usines de construction mécaniques et aéronautiques. Ils effectuent par ailleurs les travaux de construction et de réfection des routes et des voies de chemins de fer menant sur les fronts d’Artois et de la Somme. Ils exploitent les massifs forestiers de l’Audomarois et les houillères dans la partie du bassin minier sous contrôle anglais. Sur le front, ils creusent et remblaient les tranchées.  

En mars 1919, on compte encore près de 80.000 Chinois en France et en Belgique qui participent aux travaux liés à la reconstruction des zones sinistrées par la guerre. Sous l’ordre de nettoyer les champs de bataille, ils prennent part aux actions de déminage et procèdent également à l’exhumation des corps des soldats tués aux combats et à leur ensevelissement dans les nouveaux cimetières militaires.  Ils regagnent petit à petit la Chine et ne sont plus que 3.000 à demeurer en France en 1921. Ceux-ci, essentiellement employés dans les industries de la banlieue parisienne, seront à l’origine du premier quartier chinois de Paris.

De maladie, sous le feux ennemi ou d’épuisement, on estime que 7.900 de ces travailleurs originaires des campagnes chinoises ou indochinoises sont morts entre 1916 et 1919. Leurs corps reposent aujourd’hui dans les cimetières militaires des armées qu’ils auront contribué à servir.

 

sources

http://chine.aujourdhuilemonde.com/les-chinois-oublies-de-la-premiere-guerre-mondiale-travailleurs-anonymes-de-la-republique-francaise

http://www.souvenirfrancais-issy.com/article-les-travailleurs-chinois-pendant-la-premiere-guerre-mondiale-1-2-82956398.html

http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/comprendre-et-approfondir/nations-en-guerre/les-chinois-dans-le-nord-de-la-france.html

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L’Empire britannique et la Grande Guerre

Classé sous — milguerres @ 9 h 43 min

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Les Etats du Dominion et la Grande Guerre

Ordre de bataille de la Force expéditionnaire britannique

Opérations Britanniques

Voir La légende des « Anges de Mons »

Armée des Indes britanniques

Les Chinois oubliés

Les Tommies

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L’Empire britannique et la Grande Guerre

http://expositionvirtuelle.memoire1418.org

http://www.atlas-historique.net/1815-1914/cartes/Monde1914.html

Un Empire en guerre

A la veille du conflit, la Grande-Bretagne est toujours considérée comme la première puissance navale au monde. Elle dispose par ailleurs d’un vaste empire colonial s’étendant sur près de 30 000 000 de km² et comptant 250 millions d’habitants. Constitué de dominions [Etats disposant d’une autonomie au sein de l’Empire britannique (Canada, Inde, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Terre-Neuve…)], de colonies et de petits territoires sous protectorat, cet Empire britannique va très largement contribuer à l’effort de guerre allié durant les quatre années du conflit. Parmi ces contrées souvent lointaines, le Canada, l’Australie et l’Inde apportent assurément la part la plus importante au dispositif militaire britannique. D’autres, comme la Nouvelle-Zélande ou l’Afrique du Sud, renforcent également les rangs de l’armée. Au total, l’apport humain du Commonwealth entre 1914 et 1918 est estimé à environ 950 000 hommes.

Au-delà de cet aspect purement démographique, le concours financier et matériel des territoires britanniques d’outre-mer mérite également d’être souligné. Il se traduit par l’importation de marchandises mais aussi la production d’armes et de munitions. L’unité de l’Empire britannique se poursuit tout au long de la guerre et contribue largement à la victoire des armées alliées. Au travers de leur participation au conflit, certaines populations de l’Empire, comme au Canada ou en Australie, vont se forger un véritable sentiment d’identité nationale.

L’armée britannique

Durant la guerre, une des spécificités de l’engagement militaire de la Grande-Bretagne tient au formidable développement de sa force armée. Alors qu’en août 1914, la participation militaire de la Grande-Bretagne se limite à l’envoi sur le front ouest d’un modeste corps expéditionnaire, fort de 100 000 hommes environ, on estime à 4 millions le nombre de combattants réunis dans les rangs de l’armée britannique en 1918.

A la différence de la France et de l’Allemagne, la Grande-Bretagne dispose en 1914 d’une armée composée uniquement de professionnels (Regular Army), de soldats territoriaux (Territorial Force) et de réservistes (Special Reserve). Dans ce contexte, Lord Kitchener, Secrétaire d’Etat à la Guerre, lance dès août 1914 une vaste campagne visant à enrôler un maximum d’hommes. Spontanément, de très nombreux volontaires viennent compléter les rangs d’une nouvelle force rapidement désignée « New Army Kitchener ».

Malgré le réel succès de cet appel au volontariat (2 500 000 engagés en deux ans), les rangs de l’armée britannique demeurent insuffisamment fournis au regard des besoins nouveaux et compte tenu des pertes enregistrées en 1914 et 1915. A partir de janvier 1916, à l’issue d’un long débat politique, le service obligatoire est officiellement instauré au Royaume-Uni à l’exception de l’Irlande. C’est désormais une armée de masse qui est alignée sur les champs de bataille jusqu’à la fin de la guerre.

 

L'Empire britannique et la Grande Guerre Monde1914GF

Voir dans la carte : les possessions et sphère d’influence britanniques et les dominions britanniques

texte :

http://expositionvirtuelle.memoire1418.org/explorer/lempire-britannique-sur-le-continent/entree-de-la-grande-bretagne-dans-la-grande-guerre/un-empire-en-guerre.html

http://expositionvirtuelle.memoire1418.org/explorer/lempire-britannique-sur-le-continent/entree-de-la-grande-bretagne-dans-la-grande-guerre/larmee-britannique.html

 

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2 décembre 2012

La bataille de Coronel (1er novembre 1914)

Classé sous — milguerres @ 16 h 51 min

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La bataille de Coronel (1er novembre 1914)

http://www.naval-encyclopedia.com/pages/vingtieme-siecle/marines/premiere-guerre-mondiale/la-bataille-de-coronel.php

 La bataille de Coronel (1er novembre 1914) bataille-coronel-image

 

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L’escadre Allemande d’extrême-Orient s’apprête à quitter Valparaiso le 3 novembre 1914, après la bataille. (Image TDP – Wikipedia).

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En dehors de l’affrontement à Héligoland, somme toute limité dans ses résutats, la première bataille de Coronel resta la plus grande survenue avant la fin de l’année 1914. Elle avait pour acteur un aristocrate Prussien de la vieille école, devenu un héros national dans son pays après son épopée à l’autre bout du monde: Le comte (Graf) Maximilian Von Spee. Cet homme, né au Danemark en 1861 et qui passa presque toute sa carrière en Afrique était devenu contre-amiral à 49 ans. Il en avait 53 lorsqu’il allait livrer en quelques mois les deux batailles de sa vie. Promu Vice-amiral en 1912 il se vit confier l’escadre d’extrême-Orient, composée de navires pour partie désuets, des croiseurs-cuirassés et croiseurs légers, basés à Tsing Tao, le vieux comptoir commercial Allemand en Chine. En juin 1914, loin des bruits de guerre, l’équipage des deux croiseurs-cuirassés était tout à l’enthousiasme d’une belle croisière dans les eaux turquoise du pacifique sud. Puis par TSF, il se voit demander de revenir à la colonie. Au moment de la déclaration de guerre, tout ce qui n’était pas nécéssaire au combat fut débarqué, et les croiseurs qui en avaient le temps devaient être repeints en deux tons de gris, troquant leur belle livrée coloniale blanche et chamois. Mais le rique était sérieux: l’escadre ne pouvait rester sur place de peur de se voir détruire au mouillage ou retenu et interné en rade par les flottes alliées coalisées, Anglais, Australiens, Russes et Japonais.

Le comte Von Spee, commandant l’escadre Allemande d’extrême-Orient et l’amiral Sir Charles Cradock.

Il prépara l’appareillage d’une partie de son escadre, qui comprenait alors les deux croiseurs-cuirassés de la classe Scharnhorst ( Scharnhorst et Gneisenau ), les croiseurs légers Nürnberg, deux Dresden ( Dresden et Emden ), et le vieux Leipzig. Le reste de l’escadre comprenait des navires de moindre tonnage, quatre canonnières de la classe IItis, et trois canonnières fluviales, les Tsingtau, Otter et Vaterland, le torpilleur S90 et le ravitailleur Titania. Après avoir réuni tous les officiers dans le carré du Scharnhorst qui portait sa marque, il discuta des meilleurs options possible. Il pouvait tenter de rentrer en Allemagne et ajouter ses forces à la Hochseeflotte, mais le rique était bien trop grand eu égard à la proximité de la Grand Fleet et à plusieurs routes étroitement surveillées aux abord de la mer du Nord. Il pouvait aussi tenter d’entreprendre une guerre de corsaire pour affaiblir le trafic allié sur toutes les mer du globe, en particulier dans l’hémisphère sud mal défendu. Cette option semblant la moins risquée et la plus prometteuse, et éventuellement passer le cap Horn et porter la guerre en Atlantique. C’est un véritable convoi de plus de vingt navires qui avait pris forme, en comptant les 5 croiseurs (l’Emden s’était détaché du groupe le 14 août pour livrer sa propre guerre de course dans l’océan indien et faire diversion). Von Spee mesurait les risques pris: Il traversait le pacifique sud, immense, mais à 10 noeuds pour économiser le charbon et il devait rester au rythme des plus vieux vapeurs civils.

Mais à bord des navires Allemands, les marins rêvent d’en découdre. Von Spee confère encore avec les officiers et décide de tenter un raid sur les îles Samoa avec ses deux croiseurs-cuirassés, fraîchement occupée par les Britanniques, où l’on espère trouver quelques bâtiments Anglais au mouillage. Il survient à l’aube du 14 septembre, mais pour constater que la rade d’ Apia est vide et que le drapeau Anglais flotte sur la ville. En dehors d’un bombardement qui nuirait plus à ses concitoyens occupés qu’aux troupes Britanniques, il ne peut envisager sérieusement de reprendre la ville avec ses seules troupes de marines. A contrecoeur, il se résoud à changer de cap et décide de rejoindre Tahiti afin de bombarder Papeete où réside quelques navires Français. Il y parvient le 22 septembre, à l’aube. Les navires Allemands ne sont pas attendus, mais les deux croiseurs-cuirassés doivent manoeuvrer entre les hauts fonds pour se présenter en ligne de bataille, et les Français évacuent la ville et préparent les maigres « batteries côtières » disponibles: Ce sont celles de la canonnière Zélée, un élégant navire mixte, qui ont étées débarquées et placées à terre et camouflées. Elles tirent quelques coups de semonce, mais se taisent pour éviter d’être repérées lorsque les deux bâtiment Allemands répliquent avec leur artillerie lourde. Von Spee pense cette fois faire débarquer une compagnie de marine, étant donné qu’il pense avoir affaire à une faible garnison – ce qui est vrai. Les Français tentent alors de saborder la Zélée en travers de la passe, et celle-ci est coulée, tout en l’obstruant. Les tirs longs tombent dans la ville, en proie à l’incendie. Von Spee se rend compte qu’il ne pourra plus débarquer ses troupes, ravitailler en charbon et en vivres, et se retire.

Son objectif final reste de rejoindre le Chili, de s’y ravitailler, puis de passer le cap Horn avant de s’engager dans une guerre au commerce bien plus fructueuse dans l’Atlantique. Les Britanniques, qui reçurent le signalement de l’escadre après des escales, se préparent donc à lui barrer la route. Laissant le reste du convoi et s’être ravitaillé largement, les trois croiseurs légers Allemands ( Nürnberg, Leipzig, Dresden ), rejoignent les deux croiseurs-cuirassés. Très loin de là, à Port Stanley, aux îles Malouines, une escadre attend les ordres du contre-amiral Sir Christopher Cradock ( qui inspira Hergé pour son fameux capitaine Haddock ). Surnommé le « vieux Gentleman », c’est lui aussi un vieil aristocrate raffiné, que Von Spee avait bien connu personnellement lors de ses escales en temps de paix. Les deux hommes se connaissent et se respectent. Mais chacun à ce moment s’apprête à faire son devoir. L’escadre de Cradock est la seule qui peut s’opposer aux navires Allemands. Elle se compose du croiseur-cuirassés Good Hope, du Monmouth, du croiseur léger Glasgow et du croiseur auxiliaire Otranto. Ce dernier est un paquebot converti en transport, moins rapide que les autres navires de la flotte. Malheureusement, cette escadre comprenait également le vieux cuirassé Canopus, mais ce dernier dont la chauffe est longue, n’appareillera que plus tard. Qui plus est, il ne pouvait faire que 12 noeuds et se fera largement distancer.

Le Scharnhorst – Cliquez p. agrandir.

Cradock est informé depuis le début du mois d’octobre de l’imminence de l’arrivée des Allemands. Il demande alors à l’amirauté des renforts, qu’on lui refuse: Les autres navires doivent êtres gardés en réserve de l’autre côté du Cap Horn, au cas où celle-ci passait en force. Mais l’amiral ne se fait guère d’illusion sur son sort: Il fait creuser un « tombe » dans le jardin du gouverneur des malouines et y dépose ses médailles, sachant que sa sépulture probable serait au fond de la mer. Il rédige son testament, fait ses adieux à sa famille et le landemain, s’embarque sur le Good Hope. Son escadre appareille le 22 octobre, met le cap au sud-ouest, passe le cap Horn, puis met le cap au nord. Il sait alors que les Allemands disposent de deux croiseurs-cuirassés, mais entre-temps l’escadre fut renforcée des trois autres croiseurs. Cela leur donne un net avantage: Le Good Hope dispose sur le papier de pièces plus puissantes ( 240 mm ) mais ils sont anciens et ne peut offrir qu’une salve pour deux Allemandes. Quand au Monmouth, il est l’un des croiseurs-cuirassés les moins protégés de la Royal Navy, une expérimentation malheureuse imposée par des coupes budgétaires. Le Glasgow est assez bien armé et rapide, mais moins efficace dans le gros temps, et enfin l’Otranto n’a presque aucune valeur militaire. Pire, ses navires sont composés d’équipage de réservistes hâtivement mobilisés et insuffisamment formés…

Le 31 Octobre, Von Spee fut avisé par TSF qu’un croiseur Anglais avait été aperçu entrant dans le port de Coronel au Chili. Il rallie alors directement la zone, venant depuis le nord-est du pacifique, et laissant le Nürnberg en arrière, longeant la côte Chilienne en espérant l’intercepter à sa sortie. Le landemain, en fin d’après-midi ( 16h20 ), les guetteurs du Scharnhorst aperçoivent trois bâtiments qu’ils finissent par identifier comme des croiseurs Britanniques. Ce sont le Monmouth et le Glasgow suivi de l’Otranto, qui filent ouest-nord-ouest, rejoints par le Good Hope à 17h20, qui prend la tête de la ligne de bataille, avant de changer de cap et de se présenter sur une route parralèle aux Allemands. Les pavillons de guerre sont dressés aux mâts, et Von Spee prépare ses navires pour la bataille. La mer est alors très agitée, gênant les veilleurs des deux flottes, et la configuration n’est pas nettement à l’avantage des Allemands: Les navires Britanniques viennent en effet du sud, se trouvent au large par rapport aux allemands, venant du Nord et rangés en ligne le long des côtes. Il est alors 18h20. Avec l’obscurité tombante, les Allemands ont encore la lumière du soleil qui aveugle leurs objectifs de télémétrie, tandis que les Britanniques voient encore bien la silhouette métallique des navires se découper sur les falaises sombres du Chili. Von Spee le sait, et n’a de cesse de prendre du champ pour rester hors de portée. les Britanniques se rapprochent, mais avec le soleil couchant, la situation s’inverse: Cette fois les navires Allemands, bas sur l’eau sont plongés dans l’obscurité et se confondent aux falaises, tandis qu’à contrario les navires de Cradock se découpent mainenant en ombre chinoises sur l’horizon, une cible de choix pour les canonniers des deux croiseurs-cuirassés qui passent pour les meilleurs de la flotte.

A 18h34, le Scharnhorst, en tête, ouvre le feu sur le Good hope, tandis que le Gneisenau qui suit immédiatement s’en prend au Monmouth, et le Dresden au Glasgow. Le Nürnberg est encore loin derrière. Cradock aurait espéré pouvoir encore semer les navires Allemands et rejoindre le Canopus, ce qui lui aurait donné un avantage décisif, mais les Allemands se tiennent précisément entre lui et la côte. Le combat tourne rapidement à l’avantage des Allemands qui à la troisième salve mettent HS la tourelle avant du Good Hope. Le Monmouth est également touché, et perdra également sa tourelles avant un peu plus tard. L’Otranto, pour ne pas être une victime inutile, s’éloigne de la bataille. Quand aux deux croiseurs légers qui s’affrontent en queue de ligne, leurs coups ne portent pas du fait de la mer démontée. Le combat devient acharné mais sur les deux croiseurs-cuirassés Britanniques en feu, tous les organes de communication sont détruits. Les chefs de pièces tient au jugé. La distance est maintenant tombée à 6000 mètres et l’obscurié s’est accrue, le tir des Allemands se fait plus dévastateur. L’artillerie secondaire des navires Anglais ne peut entrer en action, car trop basse sur l’eau, elle est condamnée par la houle.

A 19h00, la distance est tombée à 5000 mètres. Von Spee décide de prendre un peu de champ, craignant une attaque à la torpille. Le Gneisenau est d’ailleurs touché sans gravité par le Monmouth (les trois blessés Allemands de la bataille). A 19h20, le Scharnhorst donne le coup de grâce: Un de ses obus s’abat entre les cheminées 2 et 3 du Good Hope qui explose et sombre en quelques instants. Il n’y aura aucun survivant. Comme il le pressentait, le « vieux Gentleman » à suivi son équipage jusqu’au bout… Du côté du Monmouth, les choses ne sont pas bonnes non plus. Il s’éloigne, profitant de la nuit tombante, à faible vitesse.

La bataille inégale est alors proche de sa conclusion. Le Monmouth profite de l’attention reportée un moment sur le Good Hope pour tenter de s’échapper et d’éteinde ses incendies, de même que le Glasgow, à la faveur de l’obscurité. Le commandant de ce dernier proposa alors au Monmouth de le prendre en remorque, mais ce dernier refusa, préférant voir le Glasgow s’échapper plustôt que de risquer d’être pris tous les deux en mauvaise posture…. A 20h50, le Monmouth tente de gagner la côte à petite vitesse, la coque fumante et criblée de trous béants donnant de la bande. C’est alors que le Nürnberg qui vient de rejoindre la bataille, le découvre mais est incapable de le reconnaître. L’équipage, plutôt que d’abattre le pavillon pour se voir recueillir, décident de lutter jusqu’au dernier homme. Ils n’ont presque plus de canon qui ne soit hors d’usage mais braquent un de leurs projecteur sur leur pavillon de guerre. Le Nürnberg ouvre alors le feu à bout portant et achève le navire Britannique qui sombre rapidement. Lui non plus n’aura aucun survivant: Les Allemands se défendront plus tard de leur non-assistance en plaidant l’impossibilité de les secourir de nuit, dans le gros temps, et craignant la venue possible de renforts… Après ce désastre, il ne restait plus qu’un seul navire de l’escadre de Cradock, hormis l’Otranto, jugé insignifiant. Il s’agissait du Glasgow, touché cinq fois mais sans gravité, et qui entama une longue boucle afin de se rabattre sur la route du Canopus qui arrivait.

Les deux navires ne trouveront pas Von Spee dans l’obscurité, et l’escadre Allemande se repliera sur Valparaiso. Le comte sabra le champagne au carré des officiers du Scharnhorst tandis que le Schnaps coulait à flot pour les matelots fous de joie: Pour la première fois depuis plus d’un siècle, la Royal Navy essuyait une défaite sur mer. Celle-ci était d’autant plus cinglante que l’escadre entière n’avait que trois blessés à déplorer. Quant aux avaries, elles pouvaient êtres réparées en quelques heures… Pour ce faire, il fit escale à Valparaiso du 2 au 3, respectant les 24 heures réglementaires pour tout belligérant dans un port neutre, aprés avoir fait le plein de charbon et de vivres. Toutefois Von Spee regrettait de n’avoir pu retrouver le Glasgow et parachevé son travail et craignait toujours les 305 mm du Canopus qui le cherchait. Il entamera alors une prudente course au commerce dans le pacifique sud, renonçant provisoirement à passer par le cap Horn.

Du côté Britannique, c’est la stupeur: Le 2 novembre, toutes les manchettes de journeaux font leur une sur la disparition de l’escadre du cap Horn et de son célèbre amiral. La chambre des communes est agitée, exige des explications de l’amirauté. Mais celle-ci à changé d’état d’esprit depuis que Lord Fisher a été nommé – la veille de la bataille – premier lord de la mer à la place du vieux prince de Battenberg. Avec sir Winston Churchill, il décide de « reprendre les choses en main ». En effet, Von Spee menace les routes du nitrate du Chili (vital pour les obus anglais) et de la viande d’Argentine, qui fournit la moitié des besoins de la population. La suite, c’est la « bataille des malouines ».

 

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1 décembre 2012

La flotte de la Marine Russe

Classé sous — milguerres @ 18 h 24 min

 

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La flotte de la Marine Russe

source : http://www.naval-encyclopedia.com/premiere_guerre_mondiale/pages/russie/russie1914d.htm

 

La flotte de la Marine Russe  russeCuirassé Petr Veliki ( 1872 )

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Le Petr Veliki ( Pierre le Grand ) était sans conteste le plus vieux cuirassé Russe en service à l’époque. Il avait été en son temps le tout premier cuirassé Russe à tourelles et à vapeur seule, une mode lancée par la France et la Grande-bretagne. ( Pour le détail voir Navis19e ). En 1905-1906 il fut entièrement rebâti, avec de nouvelles machines et chaudères, deux cheminées, deux mâts légers, un haut franc-bord grâce à une coque entièrement reconstruite, un déplacement ramené à 9790 tonnes et un nouvel armement: Exit les antiques pièces de 305 mm originales, l’artillerie comprenait désormais 4 pièces de 203 mm sur le pont supérieur aux quatre coins, et 12 de 152 mm sur le pont inférieur en casemates. Le reste comprenait sur le pont principal des pièces de petit calibre. Il était en 1914 affecté à la flotte de la baltique, mais jouait un rôle secondaire, principalement de garde-côte et bâtiment-école du fait de sa vitesse faible et de son artillerie mesurée. En février 1917 il fut renommé Respublikanets, puis mis à la retraite et désarmé en octobre 1918. On s’en servit ensuite comme transport de mines et il fut renommé Barrikada. Il survécut ainsi jusqu’en…1959.

 Déplacement & Dimensions

 9790t standard ; 104 x 19 x 8,3 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. VTE, 8 chaudières cyl., 10 000 cv. et 15 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 305, ponts 75, boucliers 120-76, casemates 120, ceinture 305 mm; Equipage 650 hommes.
 Armement ( Aurora, 1914 )  4 canons de 203 mm, 12 de 152 mm, 12 de 76 mm, 4 de 57 mm, 8 de 47 mm, 2 de 37 mm.

 

 

 

 

russeCuirassé Rostislav ( 1896 )

rostislav

Entamé à Nicolaiev en 1895 et achevé en 1898, le Rostislav était le sister-ship du Sissoi Veliki ( 1894 ). Il différait du premier, coulé à Tsushima, par quelques détails: Doté d’un tirant d’eau inférieur de près d’un mètre et d’un blindage allégé. Disposant de machines comparables, il n’était guère plus rapide. ( Voir aussi Sissoi Veliki sur Navis 19e ). Mais la plus grande différence avec le Sissoi Veliki était son armement principal ramené à 234 mm au lieu de 305. De fait, il était en 1914 d’une valeur guerrière discutable et était en réserve en août 1914 mais constituait une pièce importante de la flotte de la mer noire, et il fut à ce titre engagé de manière intensive en opérations, notamment pour pallier l’absence d’autres cuirassés plus modernes. Entre deux sorties, son armement fut changé sensiblement: On lui enleva ses tubes lance-torpilles, son artillerie tertiaire, au profit de 4 pièces de 75 mm AA. En 1917 il fut engagé contre le Yavuz ( ex-Goeben ) et les installations côtières Turques. Comme d’autres bâtiments de Sébastopol, sa carrière fut mouvementée: En avril 1918, il passait sous contrôle et pavillon Ukrainien. Il fut ensuite capturé par les Allemands lors de leur avance, puis par les Britanniques après la captitulation Allemande. Il fut ensuite partillement rendu inutilisabe pat le sabotage de ses machines en avril 1919 pour prévenir une capture par les Bolchéviques, recapturé par les Russes blancs appuyés par les alliés, lors de l’offensive de Crimée et utilisé comme batterie côtière, et sabordé définitivement le 16 novembre 1920 à Kerch.

 Déplacement & Dimensions

 10 140 t standard ; 107,2 x 20,7 x 6,7 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. VTE, 12 chaudières cylindriques, 8700 cv. et 15,6 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 152 mm, ponts 51-65 mm, tourelles 254 mm, ceinture 254 mm; Equipage 650 hommes.
 Armement ( Aurora, 1914 )  4 canons de 254 mm, 8 canons de 152 mm, 4 canons de 76 mm AA.

 

 

 

russeCuirassé Slava ( Classe Borodino – 1903 )

borodino

Cette classe de puissants cuirassés, qui équipaient les trois flottes ( Baltique, mer noire, pacifique ) payèrent un lourd tribut à la guerre Russo-Japonaise: Sur ces 6 unités, lancées en 1901-1903 et achevées en 1904-1905, deux survécurent à la guerre, mais l’Orel était capturé par les Japonais et servit jusqu’en 1922 sous le nom d’Iwami. Seul le Slava était donc en ligne en 1914. Le Slava était le dernier de cette classe de bâtiments larges et lents dérivés du Tsessarevitch construit en France. Ces bâtiments taient donc très influencés par le design des cuirassés Français, arborant notamment cette fameuse section de coque en poire. Leur blindage était plus épais de manière générale, mais réparti d’une façon moins efficace ( ce qui pesa lourd dans leur comportement au feu ). Le Slava servait en Baltique. Il opéra notamment de nombreuses fois dans le golfe de Riga. On lui avait modifié ses canons principaux de manière à ce que leur hausse puisse aller jusqu’à 30°, comprensant le fait qu’ils n’étaient que de 40 calibres. Lors de son duel avec le König, ce dernier avaient des pièces de 305 mm calibre 50 mais une hausse de 16°, ce qui fait que le Slava pouvait l’atteindre de plus loin. Mais lors de la bataille de l’île de la lune, c’est la précision du tir Allemand et sa densité qui eut raison du cuirassés Russe: A 10 pièces contre 4, la partie était inégale. Percé au-dessus de la ligne de flottaison, et accusant de nombreuses voies d’eaux, le Slava coula lentement, alors qu’il était encore possible de le tracter à bon port. On décida de le saborder, les torpilles fatales venant d’un destroyer, le 17 octobre 1917.

 Déplacement & Dimensions

 13 516 t standard ; 121 x 23,2 x 8 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. VTE, 20 chaudières Belleville, 16 300 cv. et 17,8 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 200, Ceinture 190, Tourelles 254-152 mm; Equipage 593 hommes.
 Armement  4 canons de 305, 12 canons de 152 mm, 20 canons de 76, 20 canons de 47 mm, 4 TLT 356 mm ( Surf. – SM

 

 

 

 

russeCuirassés classe Imperator Pavel ( 1906-07 )

imperatorpavel

Ces deux bâtiments ( Imperator Pavel I et Andrei Pervosvanni ) les derniers cuirassés classiques Russes. Ils furent entamés aux chantiers de la Baltique et à Galernii, pour servir dans la flotte de la baltique, et avaient étés conçus à la lumière de la guerre Russo-Japonaise. On avait avait fini avec l’influence Française ( mise à part les tourelles ) sur les conceptions de coque et de blindage, et ces deux unités, mises en chantier en avril 1903 et 1904 furent modifiés profondément en cours de route, ce qui explique leur lancement différé de trois ans. Ils ne furent achevés qu’en juillet et septembre 1910, à une date où les dreadnoughts avaient la faveur des amirautés. Leur protection était intégrale, sans coupures ou zones privilégiées, leur coque sans hublots, leur pont était continu et leur artillerie tertiaire regroupée en barbettes rehaussées sur le pont de batterie. Leurs mâts intégraient le système « en corbeille » développé aux USA qui leur donnait en théorie une grande résistance au vent tout en étant légers. ( En fait ils souffrirent trop de fortes vibrations, qui rendaient inopérants les efforts des régleurs de tir au sommet des mâts et furent remplacés plus tard par des mâts simples à partir de la hauteur des cheminées en 1916-17 ). Leur carrière en Baltique durant la grande guerre fut assez timide, et ils se virent retirerleurs artillerie de 47 mm au profit de deux pièces de 75 mm AA et la pose de filets antitorpilles. Après la révolution de février 1917, le Pavel I fut renommé Respublika, et resta à l’ancre à Kronstadt, inactif jusqu’à sa démolition en 1923. Le Pervosvanni fut de son côté très actif durant la révolution, aux mains des « rouges ». Il était à Kronstadt lorsqu’il fut attaqué le 18 août 1919 par des vedettes lance-torpilles Britanniques, et gravement touché par le CMB 88. On le débarrassa plus tard des ses 120 mm et il resta inactif jusqu’à sa démolition en 1924.

 Déplacement & Dimensions

 17 400 t standard ; 140,20 x 24,4 x 8,20 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. VTE, 22 chaudières Belleville, 18 000 cv. et 17,5 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 203, ponts 100, Batterie 160, Tourelles 203-152, Ceinture 220 mm; Equipage 933 hommes.
 Armement  4 canons de 305, 14 canons de 203, 12 de 120, 8 canons 47 mm, 3 TLT 457 mm ( SM )

 

 

 

 

russeCroiseur-Cuirassés Rossia et Gromoboi ( 1896 )

rossia

Le Gromoboi en 1914.

Le Rossia, souvent confondu avec Gromoboi, très semblable, différait cependant de ce dernier par maints aspects qui justifient sa description séparée: Globalement, il s’agissait d’un dérivé du Novik, ce dernier étant un croiseur-cuirassé mixte ( voile et vapeur ), alors que les mâts du Rossia de disposaient que d’une voilure réduite. Il arborait quatre cheminées, et son mât avant, court, disposait d’une hune blindée. Son déplacement et sa taille atteignait des sommets, et la Royal navy, qui s’en inquiéta commanda les deux Powerful. Son armement original comprenait 12 pièces de 76 mm contre 24 sur le Gromoboi, ce dernier n’ayant que 4 pièces de 47 mm contre 20 sur le Rossia, et 4 de 37 mm contre 14 sur le Rossia. Leur répartition était également diférente, les pièces secondaires du Rossia étant en sabords latéraux, alors que celles du Gromoboi étaient en barbettes leur donnant un meilleur champ de tir. Par ailleurs le blindage de ceinture était inférieur sur le Gromoboi, ce dernier, construit dans la même forme des chantiers de la Baltique deux ans plus tard ( accepté en service en 1900 ) était sensiblement moins rapide. Les deux unités prirent part à la guerre Russo-Japonaise: Ils furent présents à la bataille d’Uslan et gravement touchés, mais résistèrent assez pour s’échapper à toute vapeur avec beaucoup de victimes. Revenant au port, ils furent surnommés « passoires en fer-blanc ». Leur protection fut jugé à postériori décevante. En 1906, on profita de leurs réparation pour les réarmer avec 6 pièces de 152 ajoutées, replacées en débords, et l’armement tertiaire ramené à 15 pièces de 76 mm et 2 de 37 mm, avec deux TLT au lieu des 5 d’origine sur le Rossia ( pour le Gromoboi, voir fiche ). Ils servirent en baltique durant la grande guerre et furent démolis en 1922.

 Déplacement & Dimensions

 13 220 t standard; 146,60 x 20,9 x 8,5 m

 Propulsion  3 hélices, 3 mach. VTE, 32 chaudières Belleville., 15 500 cv. et 20 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 305, ponts 75, casemates 120, ceinture 152 mm; Equipage 877 hommes.
 Armement ( Aurora, 1914 )  4 canons de 203 mm, 22 de 152 mm, 19 de 76 mm, 6 de 47 mm, 2 TLT 381 mm.

 

 

 

russeCroiseurs cuirassés classe Bayan II ( 1906 )

bayan

La classe Bayan compta au total 4 unités, bien que la première, le Bayan premier du nom, soit restée unique, construite à la Seyne à Toulon, et de design plus Russe que Français. Lancé en 1900, achevé en 1903, le Bayan participa à la guerre Russo-Japonaise un an plus tard et sauta sur une mine le 27 juillet, y survécut, mais fut ensuite coulé à Port Arthur par les Howitzer de 280 mm amenés sur les contreforts de la baie par les Japonais débarqués, le 8 décembre 1904. ( Voir Navis19e ). Il sera ensuite renfloué, réparé, servant dans la marine Impériale Nippone sous le nom d’Aso jusqu’en 1932, lorsque il fut coulé comme cible d’exercices. En 1905, à la suite de cette perte, l’amirauté commanda de nouveau un bâtiment identique à la Seyne, l’Admiral Makarof ( l’inventeur des fameux paillets qui sont utilisés pour maintenir les tôles lors de voies d’eaux ). Il fut lancé en mai 1906 et achevé en avril 1908, conformément à la lenteur typique des chantiers Français à cette époque, mais modifié, avec des casemates plus basses, un blindage modifié et les parties en bois remplacées par le l’acier. En Août 1905, deux autes unités identiques étaient entamés aux chantiers de la nouvelle-amirauté à St petersbourg. Il s’agissait du Bayan second du nom et du Pallada, lancés en août 1907 et novembre 1906 et achevés en décembre et février 1911. Plus modestes que les énormes Rossia et Gromoboi, moins armés, ils n’en étaient pas moins plus rapides, mieux protégés, et bien plus économiques. Ces trois navires étaient en ligne en 1914 en Baltique. En 1915, ils formaient la 1ere brigade de croiseurs. Le Pallada fut torpillé et envoyé par le fond par l’U26 le 11 octobre 1917, et le Bayan et le Makarof furent réarmés dans le même temps avec deux pièces de 75 ou de 48 mm AA, 1 de 203 et 4 de 152, leur 75 mm étant enlevés, et des rails pour porter 150 mines. Ils opérèrent jusqu’au Gotland. Le Bayan prit part à la bataille de l’île de la lune le 17 octobre 1917 et y fut gravement endommagé par les grosses pièces du cuirassé König. Laissés à quai sans entretien pendant la guerre civile, ils furent démolis en 1922.

 Déplacement & Dimensions

 7775t standard ; 137 x 17,5 x 6,5 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. VTE, 26 chaudières Belleville, 16 500 cv. et 21 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 140, Ceinture 178, Tourelles 152 mm; Equipage 593 hommes.
 Armement  2 anons de 203, 8 canons de 152 mm, 20 canons de 75, 4 canons de 55 mm, 2 TLT 457 mm ( SM )

 

 

 

 

 

russeCroiseur-Cuirassé Rurik ( 1906 )

rurik

Le Rurik était l’une des grandes fiertés de la marine Russe en 1914. C’était certainement l’un des bâtiments les plus puissants et les plus modernes de sa catégorie, préfigurants par maints aspects les dreadnoughts à l’étude. Le nom vient du chef de la peuplade Viking des Rus établis à partir de 862 en formant le premier état Slave de Novgorod, son fils devenant le souverain de Kiev. Le précédent Rurik n’existait plus au moment de la mise sur cale du navire, aux Chantiers Anglais Vickers en août 1905: Le croiseur-cuirassé mixte de 1892 venait d’être coulé un an auparavant à Ulsan durant la guerre Russo-Japonaise. Par sa conception générale à la fois ramassée et largement dimensionnée, le projet du Rurik intérressait les chantiers Vickers comme terrain d’expérimentations, et tranchait sur les productions Russes précédentes ( il participa à la revue du spithead en 1909, chose rare pour un croiseur étranger ). Le blindage, sans être très important, était judicieusement réparti, formant d’ailleurs un double pont blindé avec coffrage au sein du bâtiment, qui ne possédait presque pas de point faible. Les résultats désastreux de la guerre Russo-Japonaise pesèrent lourd dans les recommandations Russes. Le nouveau Rurik fut lancé le 17 novembre 1911 et achevé en septembre 1908, puis accepté en service en juillet 1909, le temps de remédier à ses problèmes de barbettes. En 1911, sa silhouette changea quelque peu, un mât avant important étant monté, devenant plus tard tripode, avec un blockhaus de direction de tir installé en 1917, et une pièce de 40 mm AA. Le Rurik officiait depuis 1908 comme navire-amiral de l’escadre de croiseurs de la flotte de la Baltique. Il fut modifié pour porter des mines, jusqu’à 400 selon certaines sources. Il fut victime d’un échouage accidentel le 13 février 1915 au Gotland, puis fut frappé par une mine le 19 novembre 1916, endommageant gravement la partie arrière des oeuvres-vives. Il fut mis en réserve en 1918 et finalement démoli en 1923.

 Déplacement & Dimensions

 15 200 t standard ; 161,23 x 22,90 x 7,90 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. VTE, 28 chaudières Belleville, 19 700 cv. et 21 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 203, ponts 75, tourelles 203-178-152, batterie 76, ceinture 104-152 mm; Equipage 750 hommes.
 Armement ( Aurora, 1914 )  4 canons de 254 mm ( 2×2 ), 8 de 203 ( 4×2 ), 20 de 120 mm, 4 canons de 47 mm, 2 TLT 457 mm ( SM )

 

 

 

 

russeCroiseurs classe Pallada ( 1899-1900 )

pallada

Ce fut sans doute la classe de croiseurs Russes de l’époque la plus connue, plus pour des raisons historiques que techniques. Le fait que l’Aurora, ancré aujourd’hui sur la Neva à Saint-Petersbourg ( aurora.org.ru/ ) ait été un des rares croiseurs de cette époque préservé y participe largement. Le Pallada et le Diana avaient étés commandés en 1895 aux chantiers Galernii ( l’Aurora en 1897 aux chantiers de la nouvelle Amirauté ). Beaucoup plus spacieux que le Svietlana de 1896, ils étaient également bien meix armés, avec une batterie de 76 mm en sabords et barbettes, et 8 pièces de 152 mm au lieu de 6. Ils étaient classés parmi les croiseurs protégés, et non cuirassés. Le Pallada, achevé en 1902, fut envoyé rapidement dans le pacifique. Il était à Port Arthur dans la nuit du 8 au 9 février 1904 lors de l’attaque des torpilleurs Japonais. Il survécut à un impact par miracle, mais ce fut pour se faire couler par les Howitzer déployés par l’infanterie Japonaise de l’armée de siège le 8 décembre. Après la prise de la ville, le Pallada fut renfloué, réparé sommairement , conduit au Japon pour de plus amples travaux et rebaptisé Tsugaru. Il était en ligne en 1914 dans la marine Impériale Nippone et fut démoli en 1923. Le Diana et l’Aurora étaient de leur côté en ligne dans la flotte de la Baltique, constituant la 2e brigade de croiseurs. L’Aurora possédait des boucliers sur ses pièces dès l’achèvement, et fut réarmé avec 2 pièces de 152 mm, perdant 4 pièces de 75 et ses Tubes lance-torpilles, ses mâts réduits. Le Diana en 1914 reçut une artillerie de 10 pièces de 130 mm et 4 de 75 mm, ses tubes lance-torpilles enlevés, et ses pièces de 37 mm enlevées plus tard au profit de deux pièces de 75 mm AA. En 1916 et jusqu’en février 1917, l’Aurora était à quai pour réarmement avec 4 pièces de 152 mm supplémentaires et une de 75 mm AA à la place des ses 37 mm. Tandis que le Diana fut réformé en 1918 et vendu en 1922, l’Aurora, noyauté par des éléments bolchéviques, donna le coup d’envoi de la révolution de février 1917, les mutins appuyant les révolutionnaires avec les canons du croiseur. Réarmé en 1923, il fut préservé en 1948.

 Déplacement & Dimensions

 6600-6800t standard ; 126,70 x 16,7 x 6,35-6,55 m

 Propulsion  3 hélices, 3 mach. VTE, 24 chaudières Belleville, 12 000 cv. et 19 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 152 mm, ponts 51-65 mm ; Equipage 576 hommes.
 Armement ( Aurora, 1914 )  10 canons de 152 mm, 20 canons de 76 mm, 8 canons de 40 mm, 3 TLT 381 mm ( SM )

 

 

 

russeCroiseur Askold ( 1900 )

askold

Ce grand croiseur protégé construit en Allemagne devint universellement connu par sa silhouette unique, du fait de ses cinq hautes cheminées, configuration encore jamais vue, mais signe également de sa grande vitesse. Il avait une coque à pont continu, de hauteur décroissante, une superstructure courte et tassée vers l’avant, et la plupart des pièces sur le pont plutôt qu’en barbettes. Sa batterie de 152 mm bien complétée en faisait un bâtiment redoutable.Il y avait un pont de protection de 51 mm courant sur toute la longueur avec des pentes de 76 mm et un glacis au-dessus des machines de 100 mm, et les tubes de munitions et les tubes lance-torpilles de 12 à 63 mm. Mis en chantier à Krupp en 1898 et achevé en 1901, il donna pleine satisfaction à ses commanditaires, et prit part à la guerre Russo-Japonaise: Il fut contrainte de fuir lors de l’action de l’île Ronde et se réfugia à Shanghai ou il fut interné. Rendu à la Russie, il fut ensuite affecté à l’escadre de sibérie, comme vaisseau-amiral en 1906. Il rallia ensuite le pacifique, puis de là la méditerranée au début de la guerre, effectuant un périple de 102 000 km, et oarticipa aux opérations des Dardanelles, surnommé par les alliés « paquet de Woodbines » ( des cigarettes alors en vogue chez les Anglais ). Il servit en Baltique ensuite, y étant affecté le 21 octobre 1916, mais fut modifié et transformé à Toulon puis en Grande-Bretagne sur le chemin, perdant toute son artillerie de 47 et 30 mm, tandis qu’on lui greffait deux pièces de 75 mm en poupe, deux 47 mm AA, 4 nouveaux TLT de 457 mm en place des anciens, deux rails de pont pour des mines et deux casiers à grenades ASM. Il n’arriva en fin de compte qu’en septembre 1917. Trois ois plus tard, il servait avec les « rouges ». Capturé par la Royal Navy, il servit à partir du 14 juin 1918 sous l’union Jack comme « Glory IV ». Il fut ensuite rendu aux sovietiques en 1921 et démoli en Allemagne.

 Déplacement & Dimensions

 5905t standard ; 133,20 x 15 x 6,20 m

 Propulsion  3 hélices, 3 mach. VTE, 9 chaudières Schultz-Thornycroft, 20 420 cv. et 23,8 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 152 mm, ponts 51-100 mm ; Equipage 576 hommes.
 Armement  12 canons de 152 mm, 12 canons de 76 mm, 8 canons 47 mm, 2 de 40 mm AA, 6 TLT 381 mm ( SM )

 

 

 

russeCroiseurs classe Bogatyr ( 1901-1903 )

bogatyr

Cette classe de croiseurs fut développée avant la guerre Russo-Japonaise, et entamés en 1898-1901 dans quatre chantiers afin de servir en mer noire ( Ochakov et Kagul, renommés plus tard Kagul et Pamiat Merkuria à la suite de la mutinerie du 12 novembre 1905 à Sébastopol ), et en Baltique ( Bogatyr et Oleg ). Leur armement était réparti en tourelles doubles à l’avant et à l’arrière et en barbettes latérales, et ils étaient mieux protégés que les autres croiseurs Russes. Le Bogatyr fut le seul construit en Allemagne ( à Vulkan, près de Stettin ). Il fut en service dès 1902. Seuls les Bogatyr et Oleg étaient opérationnels avant la guerre contre l’empire Nippon, et envoyés dans le pacifique, mais ils ne furent pas endommagés. Tous les quatre étaient en revanche en service en août 1914, les deux cités étant affectés en Baltique de nouveau, et les deux autres en mer noire. Ces derniers virent l’une des plus graves mutineries de la flotte, avec celle du Potemkine, l’Ochakov affrontant à l’ancre des bâtiments loyalistes et étant gravement touché. En 1907 on le renomma Kagul, ce qui obligea à renommer l’autre Pamiat Merkuria. Les deux unités de la Baltique affectés à la 1ere brigade de croiseurs, et en 1916 reçurent un nouvel armement comprenant 16 pièces de 130 mm dont 8 sur le pont principal, 4 en tourelles doubles et 4 en casemates, 4 de 75 mm AA et 100 mines. Durant la révolution, tous deux furent pris par les Bolchéviks et servirent jusqu’en 1919. L’Oleg fut coulé par la vedettes lance-torpille CMB-4 lors de l’attaque nocturne de la Royal Navy à Kronstadt le 17 juin. Le Merkuria fut réarmé avec 4 pièces de 152 mm ajoutées et deux de 75 mm AA au lieu de sa batterie initiale, mais pas le Kagul. Ce dernier fut renommé Ochakov sous pavillon rouge en 1917, mais ces deux unités arboraient le pavillon Ukrainien par la suite. Ils passèrent ensuite aux Allemands, puis aux Anglais, l’Ochakov renommé Kornilov opérant dans la flotte de Wrangel. Le Merkuria, recapturé, fut renommé Komintern et servit jusqu’en 1942.

 Déplacement & Dimensions

 5905t standard ; 133,20 x 15 x 6,20 m

 Propulsion  3 hélices, 3 mach. VTE, 9 chaudières Schultz-Thornycroft, 20 420 cv. et 23,8 noeuds max.
 Blindage, Equipage  Blockhaus 152 mm, ponts 51-100 mm ; Equipage 576 hommes.
 Armement  12 canons de 152 mm, 12 canons de 76 mm, 8 canons 47 mm, 2 de 40 mm AA, 6 TLT 381 mm ( SM )

 

 

 

 

russeCroiseur Jemtchug ( 1903 )

jemtchug2

Bâtiment de la classe Izmurud ( Izmurud, Jemtchoug ), ce croiseur protégé dérivait du Novik de 1900, s’en déifférenciant principalement par les trois mâts au lieu d’un seul, une longueur sensiblement plus grande, un armement tertiaire modifié. Le Novik et l’Izmurud ayant été pardus lors de la guerre Russo-Japonaise, le Jemtchug était le seul survivant en ligne en 1914. Il était à ce moment basé à Penang en malaisie ( Nord-Ouest de la péninsule ), et fut surpris le 28 octobre 1914 en pleine nuit par l’Emden, le fameux croiseur corsaire Allemand détaché de l’escadre du Pacifique de Von Spee, qui, nanti d’une quatrième cheminée factice, se fit passer un bref moment pour un bâtiment Anglais avant d’ouvrir le feu à bout portant sur l’infortuné Croiseur Russe, au canon et à la torpille. Ce dernier dont l’équipage fut réveillé en sursaut n’eut à peine le temps de répliquer. Criblé de toutes parts, il sombra dans la rade et l’Emden put quitter Penang sans être inquiété… ( Voir aussi « l’odyssée de l’emden » )

 

 

 

russeDestroyers classe Puilki ( 1906 )

puilki

L’Imperator Alexander I en 1917.

La classe Pruitki constituait le fer de lance de la force de destroyers Russes à la veille de la guerre Russo-Japonaise, et encore en 1914. Au total 26 unités, construites à Crichton, Nevski, et Izhora furent mis en chantier entre 1896 et 1900. 4 furent affectés à leur achêvement,en 1898-1903 à la mer noire, 12 au pacifique ( convoyés par rail et assemblés par sections ), et le reste en Baltique. Ils dérivaient étroitement techniquement du Pruitki ( 1895 ) qui avait servi de prototype. Ils en avaient toutes les caractéristiques de taille et de déplacement, avec un tube lance-torpille en proue et un tube mobile à l’arrière. On leur adapta après la guerre de 1905 des rails pour 10 à 12 mines. Leur vitesse en revanche fut décevante par rapport au Pruitki. En 1904-1905 les 12 unités du Pacifique furent durement engagées: Deux furent coulés puis renfloués et intégrés à la marine Japonaise ( Fumizuki, Yamabiko ), trois autres coulés en bataille, et trois sabordés. Il en restait 4, basés à Vladivostock en 1914: Ils furent, comme les 8 derniers destroyers en service en baltique ( comme mouilleurs de mines ) et mer noire, démolis en 1921-22. En 1918, 5 furent capturés par les Finlandais et servirent jusqu’en 1930-39.

Déplacement et dimensions 220 tonnes standard, 240 tonnes PC; 57,91 x 5,64 x 2,3 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 4/8 chaudières Yarrow, 3800 cv, 27,5 noeuds max.
Blindage et Equipage Aucun ; 58 hommes.
Armement 1 canon de 76 mm, 3 de 47 mm, 2 TLT 381 mm.

 

russeDestroyers classe Bezstrashni ( 1900 )

beztrashni

Ce quatre destroyers ( à l’origine Delfin, Kit, Skat et Kasatka ), furent commandés à Schichau en 1898 et achevés en 1900. Caractérisés par leur éperon et leur haut franc bord aux standards Allemands, ils étaient bien armés, avec un 76 mm sur le gaillard d’avant, et 5 pièces de 47 mm réparties sur les côtés, et une à l’arrière. Les trois tubes lance-torpilles étaient en ligne et disposaient d’une torpille en recharge chacun. Ils furent ensuite réarmés en service avec deux pièces de 76 mm, les 47 mm jugés trop légers étant supprimés. Ils prirent part à la guerre Russo-Japonaise, le Bditelni étant sabordé pour éviter la capture à Port Arthur le 2 janvier 1905 et les trois autres internés à Kiao Chau après le 10 octobre. Ils furent rendus à la fin des hostilités à la Russie, et réaffectés à Vladivostock et en mer blanche. Ils eurent une carrière sans histoire et furent démolis en 1922.

Déplacement et dimensions 346 tonnes standard ; 62 x 6,7 x 2,9 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 4 chaudières Schichau, 6000 cv, 27 noeuds max.
Blindage et Equipage Aucun ; 64 hommes.
Armement 2 canons de 76, 3 TLT 457 mm ( en ligne ).

 

russeDestroyers classe Boiki ( 1902 )

boiki

Les destroyers de la classe Boiki furent construits à Nevski, Nikolaiev et Belgian Works, ces derniers étant destinés à la flotte de la mer noire, tous les autres à la baltique. Ils furent lancés en 1901-1904 et acceptés en service en 1902-1906. La totalité de la classe représentait 22 unités, ais une partie seulement était opérationelle à la veille de la guerre Russo-Japonaise. 7 au total furent perdus durant cette campagne, un capturé, et les autres étaient par conséquents encore en service en 1914. Techniquement il s’agissait de Puilki agrandis, et mieux armés ( 2 pièces légères et un tube lance-torpille supplémentaire. ). Un tube se trouvait dans l’étrave, les deux autres sur le pont en ligne et 6 torpilles en recharge. Après la guerre Russo-Japonaise, le tube d’étrave fut supprimé et les tubes de pont passèrent à 457 mm sur certaines unités. L’armement léger de son côté passa à 2 pièces de 76 mm seulement. Durant la guerre, 4 unités était à Vladivostock, 2 dans la Baltique, les autres en mer noire. Seul le Zhivuchi fut coulé, le 25 mars 1916, les autres subirent le contrecoup de la guerre civile. Ceux de la mer noire frent partie de la flotte de Wrangel, et un coulé en mer d’Azov. Le Bravi et le Zavidni survécurent jusqu’en 1930.

Déplacement et dimensions 350 tonnes standard ; 64 x 6,40 x 2,6 m.
Propulsion 2 hélices, 1 mot. VTE, 4 chaudières Normand. 5200 cv, 26 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 69 hommes.
Armement 2 canons de 76 mm, 2 TLT 381/457 mm.

 

russeDestroyers classe Lovki ( 1905 )

lovki

Il s’agissait d’une classe de 11 destroyers de faible tonnage commandés en France au titre du programme d’urgence à la veille de la guerre contre le Japon, aux chantiers Le Havre, Normand et La Seyne. Ils étaient de conception classique pour des destroyers Français, guère plus grands que des torpilleurs, mais ne furent délivrés qu’en 1906 à la flote de la baltique. Ils étaient tous en ligne en 1914, rééquipés de rails pour 10 mines. Ce fut l’une d’elles qui provoqua la perte de l’Ispolnitelni en décembre 1914, au cours d’une mission de mouillage de mines à Gotland, tandis que leur contitution chétive fut responsable du naufrage du Letuchi à cause d’un grain le même jour, en tentant de sauver les matelots du premier. Enfin, le Leitnant Burakov fut coulé au combat en 1917 en sautant sur une mine de l’UC15 aux îles Aaland. En 1918, un seul, le Metki, fut en mesure de rejoindre les Bolchéviks à Kronstadt, les autres étant gardés à quai sans équipage, avant d’être démolis en 1922.

Déplacement et dimensions 335tonnes standard ; 56,60 x 6,40 x 3,40 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 4 chaudières Normand, 5700 cv, 27 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 67 hommes.
Armement 2 canons de 76 mm, 2 TLT 457 mm, 10 mines.

 

russeDestroyers classe Ukraina ( 1905 )

ukraina

Le Kazanetz en 1916.

Cette classe de 8 bâtiments furent ordonnés au titre du plan d’urgence de 1904 aux chantiers Anglais Lange & Sohn. Ils étaient très grands aux standards anciens, mais étaient réputés manquer de stabilité. Leur dotation était d’un tube simple lance-torpilles entre les cheminées arrières et un banc double. Achevés trop tard pour prendre part à la guerre contre le Japon, ils entrèrent en service dans la flotte de la Baltique durant la grande guerre. Leur armement fut à ce titre modifié durant la guerre, avec le montage de 3 pièces de 102 mm, la suppression des 2 pièces de 76 mm et des 4 pièces légères de 47 mm, et l’ajout d’un Bofor 40 mm AA. Le Kazanetz fut le seul perdu en opérations, sautant sur une mine le 28 novembre 1916, 4 autres étant désarmés en 1922 et trois reconstruits et renommés, et participant à la seconde guerre mondiale comme canonnières sur la la Caspienne ( Rabochi, Altvater, Markin. ).

Déplacement et dimensions 580 tonnes standard- 640 T. PC.; 73,15 x 7,16 x 2,30 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE. 4 chaudières Normand, 7000 cv, 26 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 90 hommes.
Armement 3 canon de 102 mm, 1 de 40 mm AA Bofors, 3 TLT 457 mm.

 

russeDestroyers classe Bukharski ( 1905 )

emil_bukharski

Ces quatre unités furent construites en Russie ( chantiers Helsingfors et Putilov ) sur des plans préparés par Schichau et des machines fournies par ce dernier. Ils étaient assez comparables aux Bditelni quoique bien plus grands et mieux armés. Leur artillerie secondaire se montait à 6 pièces de 55 mm. Ils étaient en revanche plus lents de 2 noeuds mais leur haute coque était bien plus marine que le standard des « Hochseetorpedoboote » Allemands. Dès 1914, on les réarma avec 2 pièces de 102 mm cal. 60, et plus tard, ils reçurent en complément une pièce AA de 37 mm, et des rails pour 20 mines. Ils servaient en Baltique, au sein de la 1ere puis de la 5e escadrille de destroyers, avec les Gaidamak. Le Dobrovoletz sauta sur une mine Russe en 1916, le Moskvityanin, aux mains des Bolchéviks, fut coulé au canon par l’escadre blanche de la Caspienne en 1919. Les deux autres furent furent renommés Sverdlov et Liebnecht en 1925 et servirent dans la marine Soviétique jusqu’en 1937-38.

Déplacement et dimensions 570 tonnes standard ; 72 x 7 x 2,4 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 4 Schultz-Thornycroft, 6500 cv, 25 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 99 hommes.
Armement 2 canons de 102 mm, 6 de 55 mm, 3 TLT 381 mm, 20 mines.

 

russeDestroyers classe Gaidamak ( 1905 )

gaidamak Amurietz en 1912.

Ces quatre unités furent construites en Allemagne ( Gaidamak et Vsadnik à Krupp-Germania ), et en Russie ( Amuretz et Ussurietz chantiers Broberg Helsingfors ) sur des plans préparés Germania et des machines et matériels fournies par Krupp. Ils étaient très différents des autres destroyers d’origine Germanique, avec leur proue droite et leur haut franc-bord, et portaient deux de leurs pièces de 55 mm en barbettes à l’avant, ce qui n’était pas courant. Achevés en 1906 ( 1907 pour l’Ussurietz ), ils furent affectés en Baltique et réarmés à la veille de la guerre, recevant deux pièces de 102 mm tandis que leurs 55 mm étaient éliminés, de même que les barbettes avant. On les équipa aussi de rails pour 25 mines et en 1916 ils reçurent une pièce de 37 mm AA. Le Gaidamak fut endommagé par une mine en 1915 et en 1918, plus ou moins désactivé. Les trois autres servirent avec les rouges pendant la guerre civile et furent renommés en 1922. Le Zhelesniakov ex-Amuretz fut retiré du service dès 1933, mais aparemment sruvécut jusqu’en 1950, les deux autres servires de canonnières et navires d’instruction jusquà la fin des années 20. ( Sort inconnu ).

Déplacement et dimensions 570 tonnes standard ; 72 x 7 x 2,4 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 4 Schultz-Thornycroft, 6500 cv, 25 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 99 hommes.
Armement 2 canons de 102 mm, 3 TLT 381 mm, 25 mines.

 

russeSubmersibles classe Kasatka ( 1904 )

katsaka Kazatka en 1914 ( 1/200e à venir )

Ces 6 submersibles construits aux chantiers de la Baltique à Saint-Petersbourg avaient étés conçus par l’ingénieur en chef Bubnov, sur la base et l’expérience du Delfin. Il s’agissait du programme d’urgence à l’aube de la guerre Russo-Japonaise. La manque d’argent fit que l’un de ces submersibles fut financé par souscription publique. Le Riche Maréchal Sheremetev lui légua son nom. Le manque de moteurs fit qu’on les équipa d’une seule hélice et un seul moteur, et seul le Kasatka fut prés à temps pour être envoyé dans le Pacifique. Ils souffrirent de leur conception hâtive, accusant des problèmes d’étanchéité et de comportement en plongée auxquels ont répondit par l’ajout de ballasts externes. Tous les autres furent transférés en à Vladivostock entre septembre et décembre 1904, opérationnels en mars et mai 1905. Ils virent un service difficile, autant par leurs défauts que par le gros temps, et furent entièrement reconstruits autour d’un nouveau diesel-électrique et avec un grand kiosque. Ils pouvaient plonger à 25 brasses. Le Nalim et le Skat furent réarmés avec un 47 mm et transférés en 1915 en mer noire, et rayés des listes en mars 1917. Ils portèrent les couleurs Ukrainiennes avant de se voit capturés par les Allemands, puis transférés aux Anglais, et sabordés en 1918. Toujours en 1915 les quatre autres du Pacifique furent tranférés en Baltique, trois transférés en Caspienne, et démolis en 1922.

Déplacement et dimensions 153 surface / 177 tonnes plongée ; 33,5 x 3,7 x 3,4 m.
Propulsion 1 hélice, 1 diesel, 1 mot. elect. 120/90 cv, 8/5 noeuds surface/plongée, RA 1296 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 24 hommes.
Armement 4 Torpilles externes Drzewiecki, 1 ML Maxim.

 

russeSubmersibles classe Beluga ( 1905-07 )

beluga ( 1/200 en préparation )

Commandés en urgence avant la guerre Russo-Japonaise aux chantiers Nevski de St petersbourg, ces 7 unités ( Beluga, Losos, Peskar, Shchuka, Som, Sterlyad et Sudak étaient conçues sur un design de John Holland sous licence. Typiques, ils étaient petits, lents en surface, d’un faible rayon d’action ( 1083 km ), mais relativement rapides en plongée. Construits en sections préfabriquées convoyées par rails, deu unités, le Som et le Shchuka arrivèrent à pied d’oeuvre à Vladivosock en avril et novembre 1905, effectuant des patrouilles. Les autres arrivèrent peu après. Le Losos et le Sudak futent ensuite transférés en mer noire en 1907, et les autres rejoignirent ensuite la flotte de la Baltique. Ils furent à cette occasion rééquipés de diesels. Durant la grande guerre, deux unités, le Som et le Shchuka furent affecté quelques mois en mer noire, les autres étant réarmés avec un 47 mm. En 1916 il fut décidé de les retirer du service, le Som étant perdu en mer suite à une collision avec un cargo Allemand. Toutes ces unités se trouvaient alors affectées à Reval et Sébastopol. Les 4 unités de Reval furent sabordés par les Russes pour éviter leur capture par les Allemands, tandis que deux autres ( Sudak et Losos ) à Sébastopol étaient réaffectés à la marine Ukrainienne. Ces derniers furent capturés par les Allemands, repris par les Anglais en novembre 1918, mais sabordés le 26 avril 1919 pour éviter leur capture par les « rouges ».

Déplacement et dimensions 105 surface / 122 tonnes plongée ; 20 x 3,5 x 2,9 m.
Propulsion 1 hélice, 1 mot. essence, 1 mot. elect. 160/70 cv, 8,5/6 noeuds surface/plongée, RA 1083 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 22 hommes.
Armement ( origine ) 1 ML Maxim, 1 TLT 381 mm ( proue ).

russeSubmersibles classe Karp ( 1908 )

karp ( 1/200 en préparation )

Ces trois unités 100% Allemandes ( construites à Germaniawerft, à Kiel ) furent commandées par l’amirauté en 1904 avec le programme d’urgence destiné à contrer la menace Nippone. Ils furent dessinées par l’ingénieur en chef de Germaniawerft, l’Espagnol D’Equevilley, ancien bras droit de maxime Laubeuf. Ils servirent également de banc d’essai pour le tout premier U-Boote, l’U1. Cette classe qui comprenait les Karp, Kambala et Karas avait 7 ballasts et une double coque, et pouvait plonger à 16 brasses. Les moteurs au Kérosène étient jugés bien plus fiable et efficaces que des moteurs à essence. Leur armement par contre était plus spécifiquement Russe. Lancés en 1907, plus tard que l’U1 alors que ce dernier fut entamé à la lumière du design des Karp, ils ne furent opérationnels qu’en 1908, après leur transfert via le rail à Sévastopol en mer noire. Le Kambala fut perdu en exercices en étant abordé violemment par le cuirassé Rostislav, et les deux autres, inactivés après février 1917, puis temporairement Ukrainiens, se sabordèrent le 26 avril 1919 par les Britanniques qui les avaient capturés pour empêcher leur recapture par les « rouges ».

Déplacement et dimensions 207 surface / 235 tonnes plongée ; 39,6 x 2,7 x 2,5 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. kerosene, 2 mot. elect. 400/200 cv, 10/8,5 noeuds surface/plongée, RA 2315 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 28 hommes.
Armement 1 TLT 457 mm ( proue ), 2 Torp. Externes Drzewiecki.

 

russeSubmersibles classe Kaiman ( 1908 )

kaiman ( 1/200 en préparation )

Quatre unités du type Américain Lake, très inspirés pa le USS Protector, furent commandés aux chantiers Crichton de St Petersbourg en 1906. On les designa également pour servir dans le pacifique au large des côtes Nippones, aussi leur rayon d’action et leur armement était augmenté. Cette classe comprenait les Kaiman, Krokodil, Drakon et Alligator. Ils ne furent acceptés en service qu’en 1911, car en 1910 leur construction avait révélé de si nombreux défauts et vices de forme que l’amirauté refusa des les payer, mais les fit saisir pour éviter que les chantiers ne les revendent à l’étranger, et les fit modifier profondément. Entre autres, une modification des pompes leur permit de plonger en 3 minutes au lieu de 10 initialement, la suppression d’une section de cylindres sur les appareils moteurs qui leur fit conomiser du poids ( surpoids relevé de 12 tonnes ), et les fit réarmer avec deux torpilles Drzewiecki de surface, et au début de la guerre, avec une pièce de 47 mm ( 37 mm sur le Drakon ) et une mitrailleuse. Ils furent affectés en 1913 à la 2e, puis 3e flotille de submersibles de la Baltique, opérant contre le trafic Allemand en 1914-15 ( capturant et coulant des cargos ) mais en 1916 leurs équipages furent affectés sur d’autres unités plus modernes et ils restèrent inactifs à quai, avant d’êtres sabordés le 25 février 1918 pour éviter leur capture par les « rouges ». Les caractéristques suivantes sont d’origine:

Déplacement et dimensions 409 surface / 482 tonnes plongée ; 40,2 x 4,3 x 4,9 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. essence, 2 mot. elect. 1200/400 cv, 10,5/7 noeuds surface/plongée, RA 1944 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 34 hommes.
Armement 4 TLT 457 mm ( 2 proue et 2 poupe ).

 

russeSubmersible Minoga ( 1908 )

minoga ( 1/200e en préparation ).

Le Minoga fut conçu par Bubnov, du bureau d’étude des chantiers de la Baltique à Saint-Petersbourg à partir d’une demande de l’amirauté datant de 1906. Il fut conçu à la lumière des Kasatka déployés pendant la guerre Russo-Japonaise à Vladivostock. A coque simple, il combinait des réservoirs et ballasts externes, mais pas de torpilles externes. Il pouvait plonger rapidement à 16 brasses, et innovait par l’adoption de diesels, d’ailleurs forts complexes par leur système de transmission. Il se révéla de ce fait peu fiable aux essais. Il servit dans la 1ere flotille de submersibles de 1910 à 1913, puis la 4e pendant la guerre. Enfin, en 1918 il fut transféré en Caspienne, et désarmé en 1922.

Déplacement et dimensions 123 surface / 144 tonnes plongée ; 32,6 x 2,8 x 2,8 m.
Propulsion 1 hélice, 2 mot. diesels, 1 mot. elect. 240/70 cv, 11/5 noeuds surface/plongée, RA 1111 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 22 hommes.
Armement 1 canon de 37 mm, 1 ML, 2 TLT 457 mm ( proue ).

russeSubmersible Akula ( 1907 )

akula

L’Akula était un submersibles conçu par l’ingénieur Bubnov au chantier Metal Works de Saint-Petersburg, dérivé du Minoga plus léger à la même époque, issus techniquement des bâtiments de 400 tonnes de Lake ( 1905 ). Nettement plus grand que le Minoga, il possédait également un armement très supérieur. Mais la plus grande avancée concernait la propulsion, permettant une plus grande vitesse submergée et un rayon d’action triple. Durant ses essais toutefois, son moteur électrique de 225 cv se montra capricieux, vibrant et sous-puissant, il fut donc remplacé par un modèle de 300 cv et de nouveaux arbres d’hélices. Bien qu’à coque unique et ballasts rapportés, il plongeait à 25 brasses ( « fathoms » – envergure des bras, soit 25 x 6 pieds, 150 pieds soit 45,7 mètres. ) et était sans conteste l’un des meilleurs submersibles Russes d’avant la guerre. Opérant en Baltique en 1914, il n’effectua que peu de sorties, mais torpilla ( et rata ) le cuirassé côtier Beowulf. Opérant près de Windau, il sauta sur une mine le 28 novembre 1915 et sombra rapidement.

Déplacement et dimensions 370 surface / 475 tonnes plongée ; 56 x 3,7 x 3,4 m.
Propulsion 3 hélices, 3 diesels, 1 mot. elect. 900/300 cv, 10,6/6,6 noeuds surface/plongée, RA 3520 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 34 hommes.
Armement 1 canon de 47, 2 ML maxim, 4 TLT 457 mm ( 2 proue, 2 poupe ), 4 Torpilles externes Drzewiecki, 4 mines.

russeSubmersible Krab ( 1912 )

krab

Le Krab n’est qu’un submersible parmi d’autres développé en Russie. Pourtant, c’est le premier submersible mouilleur de mines construit au monde. Designé par l’ingénieur Naletov du bureau d’étude du chantier naval de Nikolayev, il était destiné à la flotte de la mer noire. Sa construction fut longue, car dès 1908, ses plans étaient prêts et il était sur cale. Mais de nombreux changements intervinrent de telle sorte qu’il ne fut finlement mis en service en 1915. A cette époques les Allemands déployaient déjà de larges quantités de U-Bootes du modèle UC plus moderne. Il était très large ( rapport de 1/6 ) et profond ( tirant d’eau de 4 mètres ), et armé de deux tubes en proue et deux torpilles externes Drzewiecki en plus de son artillerie. Ses 30 mines étaient hébergées dans deux grands tubes latéraux et mouillées par l’arrière, sur une « chaîne » électrique. Il pouvait plonger à 25 brasses. Sa première mission fut de créér un champ de mines devant le Bosphore. La canonnière Turque Isa Reis sauta sur une de ses mines. Il effectua une seconde mission analogue puis un autre champ de mines devant Varna, qui coula et endommagea les torpilleurs Bulgares Shumni et Strogi. En avril 1918 il fut un temps au service de la « marine Ukrainienne », mais passa ensuite aux mains des Allemands, puis des Anglais, puis sabordé le 26/04/19.

Déplacement et dimensions 512 surface / 740 tonnes plongée ; 52,8 x 4,3 x 3,9 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. gazoline, 2 mot. elect. 1200/400 cv, 11,8/7,1 noeuds surface/plongée, RA 3130 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 50 hommes.
Armement 1 canon de 75, 2 ML, 2 TLT 457 mm ( proue ), 2 Torpilles externes Drzewiecki, 30 mines.

 

russeSubmersibles classe Narval ( 1914 )

narval ( 1/200 en préparation )

Ces trois unités furent les plus grands submersibles Russes de la guerre, avec plus de 1000 tonnes à pleine charge en plongée. Le Narval, le Kit et le Kashalot furent odonnés aux chantiers Nevski de Nikolayev pour la mer noire, au programme de 1911. D’un design mixte de type Holland à double coque, capables de plonger à 25 brasses, avaient un agencement interne de ballasts complexes, avec notamment un réservoir de plongée à compression spéciale, en cas d’écrasement, et un coffrage interne totalement hermétique. Excellents, ils se contituèrent un beau tableau de chasse en opérations, avec 8 cargos et 75 caboteurs coulés à leur actif. Ils divergeaient en armement, le Narval ( plus lourd et plus rapide d’un noeud ) n’ayant pas de canons mais deux mitrailleuses, et 4 torpilles externes. Le Kashalot n’avait qu’une mitrailleuse et le Kit aucune. Ils connurent le sort de beaucoup d’autres unités Russes de la mer noire: Pendant un temps Ukrainiennes, puis capturés par les Allemands, repris par les Anglais et sabordés pour éviter leur prise par les Bolchéviques en avril 1919.

Déplacement et dimensions 105 surface / 122 tonnes plongée ; 20 x 3,5 x 2,9 m.
Propulsion 1 hélice, 1 mot. essence, 1 mot. elect. 160/70 cv, 8,5/6 noeuds surface/plongée, RA 1083 km.
Blindage et Equipage Aucun ; 22 hommes.
Armement 1 canon de 75, 1 de 63 mm, 1 ML Maxim, 4 TLT 457 mm ( proue et poupe ), 8 torpilles externes Drzewiecki.

 

russeTorpilleurs classe Polangen ( 1894 )

torpileurs_polangen

Ces 20 torpilleurs furent construits à Critchton, Izhora, Nevski et Nikolaiev pour la flotte de la mer noire. Ils dérivaient du Pernov, construit chez Normand en 1892 sur le modèle du Dragon. Ils différaient par les mâts, les quatre de Nikolaiev en ayant trois, et les autres deux. Ils différaient aussi par les chaudières, après leur service, deux étant dotés de modèles Yarrow, et 8 convertis au mazout, et différaient aussi en vitesse, le plus lent peinant à atteindre les 20 noeuds. Ils furent acceptés en 1895-97. Deux seulement furent envoyés dans la flotte de la mer noire. Les autres étaient basés en Baltique. Ils reçurent très vite une numérotation, du 119 au 273 ( 119,120, 127-142, 270-273 ). Tous n’étaient pas en service en 1914, mais seulement 9, les autres ayant étés réformés dès 1911, ou en 1913. Trois autres seront rayés en 1914 et un perdu le 28 août à la suite d’une collision fatale en exercices.

Déplacement et dimensions 623 tonnes standard ; 42 x 4,5 x 2,06 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 2 chaudières Du Temple, 2000 cv, 23 noeuds max.
Blindage et Equipage Aucun ; 21 hommes.
Armement 2 canons de 37 mm Revolver, 3 TLT 381 mm.

 

russeTorpilleurs classe 212 ( 1901 )

torpilleurs_212

Ces deux torpilleurs ( N°212 et 213 ) furent construits sur commande spéciale chez Crichton, sur un design de chez Yarrow. Leurs particularités étaient d’être plus hauturiers que les autres, et de disposer de deux petits blockhaus, à l’avant et à l’arrière. Ils avaient à l’origine 3 pièces de 37 mm Revolver, et trois tubes lance-torpilles de 381 mm, mais furent réarmés avec 2 pièces de 76 mm et deux tubes en un banc unique. On les équipa de rails pour les mines, et c’est comme tels qu’ils servirent durant la grande guerre au sein de la flotte de la baltique. Le premier fut démoli en 1921 et le second en 1925.

Déplacement et dimensions 186 tonnes standard ; 52,3 x 5,25 x 1,5 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 4 chaudières Yarrow, 3800 cv, 24 noeuds max.
Blindage et Equipage Aucun ; 26 hommes.
Armement 2 canons de 76 mm, 2 TLT 381 mm.

 

russeDragueurs de mines rapides ( 1902-04 )

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Il n’y avait qu’une poignée de torpilleurs en service dans la marine Russe en 1914, alors que c’est le pays qui en alignait le plus en 1904 avec la France, dont des centaines de torpilleurs côtiers légers, les Minonoski. Ces torpilleurs en ligne en 1914 étaient 2 unités de la classe Anakria ( 1895, 100 tonnes ), 2 Bierke ( 1892, 81 tonnes ), le N°256 ex-Kotka de la classe Dago ( 1891, 101 tonnes ), 6 Pernov ( 1897-99, 120 tonnes ), le N°104 ( ex-Sestroresk, 1894, 80 tonnes ), les 2 Ussuri ( 1902, 186 tonnes ) et les 8 Cyclone ( 1902-04 ). Sur ce total, la plupart des bâtiments furent reconvertis en dragueurs/mouilleurs de mines rapides. Ce fut le cas du Cheka, ex-N°132 ( cl. Anakria ), le N°142 ( cl. Pernov ) converti pendant la guerre et coulé à Kronstadt, et trois de la mer noire réarmés pour l’occasion ( 2 canons de 37, 1 ML, 2 TLT ), puis en 1916 déclassés comme navires de liaison. Ce fut aussi le cas des 2 Ussuri ( 2 canons de 37 mm, 2 ML, 2 TLT ), et des Cyclone, tous reconvertis en 1914 ( voir fiche ), soir 15 navires au total. Tous les autres furent utilisés comme navires de liaison partiellement désarmés.

Caractéristiques: Classe Cyclone ( Ou N°214-223, copies des Cyclone Français construits sous licence à Nevski et Crichton. )

Déplacement et dimensions 150 tonnes standard ; 41 x 4,6 x 1,7 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 2 chaudières Normand, 3700 cv, 29 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 28 hommes.
Armement 2 canons de 47 mm, 2 ML Maxim, 2 TLT 381 mm, 20 mines.

 

 

russeCanonnières classe Gilyak ( 1906 )

gilyak

Quatre canonnières de haute mer furent construites pour la flotte de la Baltique. Bien que de dimensions inférieures au Khivinetz de 1905, elles n’en étaient pas moins redoutables. Elles marquaient aussi leur différence par leur cheminée unique, leur tour blindée, leur gaillard d’arrière enlevé au profit de deux rails pour 20 mines chacuns sur le pont, et une artillerie secondaire réduite. Les Gilyak, Bobr, Sivuch et Korietz, mis en service en 1908, étaient en ligne en 1914. Le Sivuch opérait dans le golfe de Riga le 19 août 1915 lorsqu’il fut surpris par le dreadnougt Posen et coulé rapidement par ses salves. Le Korietz qui l’accompagnait fut également touché mais parvint à s’échapper, pour venir s’empaler sur des récifs. Immobilsé, ne pouvant être dégagé et de crainte qu’il ne soit capturé, son équipage le saborda le landemain. Les deux autres survécurent à la guerre. Le Bobr avait été capturé par les Allemands, servant comme Bieber, puis donné près l’armistice en 1919 à la petite marine Estonienne ( Lembit, servant jusqu’en 1927 ), le Gilyak étant capturé par les Finlandais, servant jusqu’en 1922.

Déplacement et dimensions 875 tonnes standard ; 66,50 x 11 x 2,4 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 4 chaudières Belleville, 900 cv, 12 noeuds.
Blindage et Equipage limité à 50 mm; 140 hommes.
Armement 2 canons de 120, 4 de 76 mm, 40 mines.

russeCanonnières classe Kubanetz ( 1896 )

kubanetz

6 canonnières furent commandées pour la flotte de la mer noire en 1885, mises en en chantier en 1886 à Sebastopol et Nikolayev, lancées en 1887 et achevées en 1889-1890. Conformément aux classes Korietz et Sivuch précédentes, de canonnières mixtes ( voiles et vapeur ), l’armement principal était puissant ( pièces de 203 mm ). Cependant la construction se révéla plus fragile, et la protection était loin de l’excellence. Les bâtiments originaux avaient trois mâts avec un gréément de Schooner, et filaient 12 à 14 noeuds. Quand aux pièces lourdes, elles n’étaient pas sur le pont mais en barbettes latérales, ce qui limitait leur efficacité. En 1911, deux unités furent désarmées, et une troisième en 1914. Le Kubanetz, le Teretz et le Donetz étaient en ligne en 1914, reconstruits avec un seul mât, une passerelle agrandie, et réarmées ( voir fiche ), tandis que leurs anciennes chaudières étaient remplacées. Le Donetz fut torpillé à l’ancre à Odessa par le submersible Turc Gayret, mais fut renfloué, réparé, et remis en service. Il survécut jusqu’en 1919, coulé de nouveau par les Britanniques. Les deux autres furent renommés Znamya Sozialisma et Krasni Kuban après la révolution, le premier servant de ravitailleur pendant la seconde guerre mondiale et l’autre de bâtiment-base pour hommes-grenouilles.

Déplacement et dimensions 1224 tonnes standard- 1400 T. PC.; 67,2 x 10,7 x 3,8 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE. 4 chaudières Belleville, 1800 cv, 16 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 180 hommes.
Armement 2 canon de 152 mm, 1 de 120, 2 de 76 mm AA.

 

 

russeMonitors fluvaux classe Shkval ( 1916 )

shkval

Les grands fleuves Russes se prêtaient à l’utilisation de monitors et autres bâtiments blindés d’eau douce. Les Shkval étaient parmi les plus impressionnants d’entre eux. Ces 8 bâtiments furent construits par sections aux chantiers de la Baltique à Saint-Petersbourg et achevés à Khabarovsk en 1911 après y avoir été convoyés par rail, pour servir sur l’Amur à la frontière Chinoise. Il s’agissait des Shkval, Groza, Shtorm, Smerch, Taifun, Uragan, Vikhr, et Vyuga. Leurs pièces de 152 mm étaient en tourelles simples avant et arrière, et les 120 mm en tourelles doubles en échelon. Leur carrière fut agitée. Ils étaient en réserve en 1914 dans un état proche du délabrement, et connurent des sorts très divers: Le Shkval fut capturé par les Japonais et devint le Sun Yat-Sen, et les autres furent repris en main au début des années vingt, modifiés, et intégrés à la nouvelle marine Soviétique, participant à la seconde guerre mondiale.

Déplacement et dimensions 946 tonnes standard.; 71 x 12,8 x 1,40 m.
Propulsion 4 hélices, 4 mot. diesels. 1000 cv, 11 noeuds.
Blindage et Equipage Ceinture 114, Tourelles 114, Blockhaus 50 mm; 117 hommes.
Armement 2 pièces de 152 mm, 4 de 120 mm, 7 mitrailleuses.

 

russeCanonnières cuirassées classe Kamyk ( 1908 )

kalmyk

Sept canonnières cuirassées construites à Sormovo sur la Volga furent assemblées par sections à Khabarovsk-Ossipovski pour servir sur l’Amur, le long de la frontière de la Chine et de la Corée. En 1914, ils étaient inactivés, et laissés à l’abandon sans équipage. Ils conurent des sorts divers après la guerre: trois furent capturés par les Japonais, deux sabordés et un utilisé jusqu’en 1925, puis rendu en 1927 aux Russes qui le renommèrent, le reconstruirent et l’utilisaient encore en 1941, de même que deux autres. Un dernier fut démoli dès 1922. Les Buryat étaient basés sur la même coque.

Déplacement et dimensions 244 tonnes standard ; 54,5 x 8,2 x 1 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mach. VTE, 2 chaudières, 480 cv, 10 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 63 hommes.
Armement 2 canons de 120 mm, 1 de 47 mm Howitzer, 4 ML Maxim.

russeCanonnières fluviales classe Buryat ( 1907 )

buryat

Ces trois unités de 200 tonnes ( portant des noms de minorités Soviétiques d’Asie ) furent entamées à Sormovo, sur la Volga, et achevées à Khabarovsk sur l’Amur, sur lequel ils servirent. Ils étaient basés sur la coque des Kalmyk ( 7 canonnières blindées conçues pour l’Amur également ), avec un tirant d’eau réduit de 30 cm, et une vitesse supérieure d’un noeud. L’armement était un peu plus limité, mais l’habitabilité largement supérieure. Présents sur l’Amur oriental durant la révolution, ils tombèrent sous le contrôle des Japonais en 1920 dans la tourmente de la guerre civile. Le Buryat et le Mongol furent ainsi capturés en 1920 après une tentative de sabordage, remis aux standards Japonais et servirent jusque dans les années 50 ( nom et sort inconnus ). L’Orochanin, laissé à l’abandon depuis 1917, fut dans un tel état qu’il fut démoli en 1922.

Déplacement et dimensions 193 tonnes standard ; 54,5 x 8,2 x 0,7 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE. 480 cv, 11 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 66 hommes.
Armement 2 canons de 75 mm, 4 ML maxim.

russeMouilleurs de mines classe Amur ( 1906 )

amur

Ces deux mouilleurs de mines furent construits à Baltic Works ( St petersburg ) à partir de 1905 pour remplacer les deux bâtiments du même nom ( 1898 ) perdus pendant la guerre Russo-Japonaise. Ils semblaient identiques, si ce n’est les dimensions, avec une largeur accrue et un tirant d’eau diminué, des machines donnant une vitesse légèrement inférieure, mais avec un stock de charbon supérieur, et l’armement, largement renforcé: Au lieu d’une batterie de 76 mm, on les dota d’une pièce de 120, en renfort, et au début de la guerre, on les dota d’une batterie complète de 9 pièces de 120 mm pour un seul 76 mm, monté en affût AA. ils n’avaient pas de tube lance-torpille et ils n’emportaient qu 320 mines au lieu de 500. Ils furent lancés en 1906 et 1907, achevés en 1909-1910. Le Yenissei, opérant en Baltique, effectua de nombreuses missions, notamment dans le golfe de Finlande, et fut torpillé et coulé par l’U26 le 4 juin 1915. L’Amur survécut à la guerre, puis à la guerre civile, et fut transformé en navire-école, rôle qu’il tint jusque dans les années cinquante.

Déplacement et dimensions 2926 tonnes standard ; 91,44 x 14 x 4,42 m.
Propulsion 2 hélices, 2 mot. VTE, 12 chaudières Belleville, 4700 cv, 17 noeuds.
Blindage et Equipage Aucun ; 318 hommes.
Armement 1 canon de 120, 11 de 76 mm, 320 mines.

source : http://www.naval-encyclopedia.com/premiere_guerre_mondiale/pages/russie/russie1914d.htm

 

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30 novembre 2012

Les Batiments de la Royal Navy

Classé sous — milguerres @ 23 h 38 min

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Les Batiments de la Royal Navy

source : http://www.naval-encyclopedia.com/premiere_guerre_mondiale/pages/royal_navy/royal_navy.htm

Les Batiments de la Royal Navy gbHMS Dreadnought ( 1906 )

dreadnought

Le HMS Dreadnought, en vieil Anglois « invincible », est de ces navires qui ont marqué l’histoire. En l’occurrence celles des marines militaires, puisque tous les traités navals font référence à son lancement. Il y eut un « avant » et un « après » Dreadnought.

En effet ce cuirassé fut le premier à porter le concept à un niveau très supérieur. Depuis la Gloire Française, frégate cuirassée de 1859 et le premier cuirassé mixte de haute mer, le Warrior, son rival Britannique de 1860, qui fut le premier cuirassé à coque en acier de haute mer. Puis ce fut l’invention et la généralisation des tourelles Coles, remplaçant les canons en sabords et en batteries orientables, introduits par le HMS Captain de 1870. Ce fut encore la disparition progressive des voiles en 1880, l’arrivée en 1885 des premiers cuirassés à vapeur seule, les révolutions dans les machines à vapeur, de plus en plus complexes, jusqu’aux standards des cuirassés « pré dreadnought » que construiront toutes des les grandes Nations maritimes entre 1890 à 1906. Invariablement, ceux-ci disposaient en général de quatre pièces de 305 mm en tourelles doubles, assortis de canons de 203 ou 254 mm et presque toujours de pièces secondaires de 152 à 106 mm, panachées par des canons « revolver » à tir rapide, antitorpilleurs, de 76, 57, 47, 37 et 20 mm, sans parler des tubes lance-torpilles. Ils étaient en outre symétriques de l’avant à l’arrière, marchaient au charbon, mesuraient 135 mètres au plus, pour 22 à 25 de large, 15 000 tonnes, et filaient péniblement 16 à 18 noeuds…

La génèse du Dreadnought mériterait un ouvrage à elle seule, mais il était clair que ce conservatisme des cuirassés semblait inamovible au début du siècle. Toutefois, un nouveau genre de bâtiment apparu en 1890 semblait gagner des suffrages: Le Croiseur cuirassé. Hybride parfait, il joignait les qualités de rapidité propres au croiseur, bien supérieures au cuirassé, tout en possédant un armement imposant, et le blindage suffisant pour résister au feu de leurs congénères… De plus ces navires venaient de s’illustrer au cours de la guerre Russo-Japonaise, et également auparavant au cours de la guere Hispano-Américaine, ou ces navires furent mis en vedette et prouvèrent leur efficacité.

Au début du siècle, les Britanniques construisaient de très puissants croiseurs dont l’armement commençait à être inquiétant même pour les cuirassés, comprenant un assortiment de canons de gros calibre répartis en 6 tourelles et plus, comme le Defence ou le Minotaur Britanniques. L’Italie, qui avait toujours étée également pionnière en techniques navales, recherchait de son côté des solutions. Un ingénieur, et aussi théoricien, le Colonel Vittorio Cuniberti, avait proposé à l’amirauté Italienne dès 1903 un projet de « cuirassé rapide » armé seulement de 6 tourelles doubles de gros calibre. Son projet, d’abord rejeté, fut publié néanmoins dans le Jane’s Fightning Ships à l’intention des Britanniques. L’idée plut considérablement à Jackie Fisher, le premier Lord de l’Amirauté, qui s’empressa de commander une étude. Celle-ci donna rapidement un plan de construction, et le Dreadnought fut finalement mis en chantier en octobre 1905 à Portsmouth, et lancé le 10 février 1906, un record de rapidité inégalé.

Cuniberti vit son plan finalement avalisé par l’Italie, qui construisit ses 4 cuirassés de la classe Regina Elena selon le principe modifié de Cuniberti. Il s’agissaient encore de cuirassé classiques, mais rapides, et pourvu d’une très puissante artillerie secondaire en tourelles. Mais le Dreadnought restera le premier de cette nouvelle génération de cuirassés, qui à l’époque étaient le centre d’une flotte, l’étalon de sa puissance. Avec le Dreadnought, la Royal Navy, qui avait déjà une supériorité numérique et technique écrasante, creusait encore la distance sur le plan technologique, laissant loin derrière le reste du monde, contraint de s’aligner avec un retard qu’elle mit à profit pour constituer la plus grande force de dreadnoughts jamais vue, en 1914. Ce navire, sur le plan technique était en effet radicalement différent des précédents cuirassés de la classe Nelson, mis en chantier plus tôt mais lancés en juin et septembre 1906. Ces derniers avaient en effet seulement deux tourelles de 305 mm, contre 5 pour le Dreadnought. En revanche, le Nelson avait 6 tourelles doubles et simples de 254 mm, plus rapides que les 305 et de portée presque égale. Enfin, les Nelson parvenaient à filer 18 noeuds contre 21 pour le Dreadnought. Mais surtout, le Dreadnought n’avait que 10 pièces de 76 mm en dehors de ses grosses pièces, illustrant à merveille ce concept de bâtiment « monocalibre ».

Le HMS Dreadnought fut accepté en service en décembre 1906. Dès lors, il fut le modèle sur lequel s’appuyèrent deux autres classes de cuirassés dreadnoughts, les Bellerophon et les St Vincent. Leur disposition d’artillerie, superstructures et dimensions étaient similaires. Cette puissante artillerie, avait pour corollaire un accroissement des dimensions, et ces nouveau cuirassés passaient de 130 à 160 mètres de long pour toujours 25 de large, avec un rapport hydrodynamique plus favorable, et surtout 18 000 tonnes contre 15 000 auparavant. Cette disposition d’artillerie, jugée meilleure que pour les Nelson précédents, leurs donnaient une puissance de feu de 6 pièces en chasse, 8 en retraite, et 8 en bataille en ligne.

La carrière opérationelle du Dreadnought fut de 15 ans, puisqu’il fut démoli en 1921. D’abord navire amiral de la 4e escadre de bataille, il servit en mer du Nord au sein de la Home Fleet et parvient à couler le submersible U29 du Commandant Weddingen en mars 1915 en l’éperonnant… Ils reçut une refonte l’année suivante et servit au sein 3e Battle Squadron de Sheerness, recevant 24 puis 27 pièces de 76 mm, dont certaines antiaériennes, puis de nouveau au 4e Battle squadron de la Grand Fleet, jusqu’à l’armistice. Il ne participera pas à la bataille du Jutland, et fut versé en réserve à Rosyth en 1919.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 18 110 t, 21 845 T PC, 160,6 x 25 x 9,4 m

 Propulsion  2 hélices, 2 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock & W, 23 000 cv. et 21 n. max.
 Blindage  Ceinture 280, Batterie 280, Barbettes 280, tourelles 280, blockhaus 280, ponts 76mm.
 Armement  10 canons de 305 mm (5×2), 10 canons de 76mm, 5 TLT de 457mm ( SM ).
 Equipage  773

 

 

 

 

gbCuirassés Classe Bellerophon ( 1907 )

bellerophon

Suivant immédiatement le Dreadnought ( mis en chantier sur les mêmes plans en décembre 1906 pour le Bellerophon, à Portsmourth; en janvier et février 1907 pour le Superb et le Temeraire, à Elswick et Devonport ), ces navires étaient des « clones » ayant quelques différences mineures d’aménagements. Ainsi, ils reçurent un grand mât tripode devant leur cheminée arrière, tandis que leur défense fut améliorée par le remplacement de leurs petits 76 mm par des 402 mm plus à même de répondre à des destroyers. Cet armement se complétait par 4 canons de parade de 47 mm, tirant à blanc et qui furent enlevés en 1914. eur blindage de ceinture était légèrement dégarni mais un compartimentage et blindage interne anti-torpilles ajouté.

Ils furent tous trois achevés en février et mai 1909. En 1915, les pièces de 102 mm situés sur les toits des tourelles, jugés trop exposés, furent enlevés et replacés dans la superstructure, leurs mâts supérieurs raccourcis et ils reçurent une nouvelle installation radio. On leur ajouta 2 pièces, de 102 et 76 mm AA. Les lourds et inutiles filets antitorpilles furent enlevés, le tube lance-torpille de proue également, les plates-formes de projecteurs également, remplacés par d’autres mieux protégés et fermés. En 1918 ils reçurent sur deux tourelles des plates-formes de lancement pour un Sopwith Pup de chasse et un Sopwith 1/1/2 Strutter de reconnaissance. Ils n’étaient pas récupérables et devaient atterrir sur des terrains ou dans des champs de la côte, ou bien amerrir dans le pire des cas.

Leur carrière se déroula ainsi: Le Bellorophon fut affecté au 1er Battle Squadron, et subit une collision avec le HMS Inflexible, puis une autre avec un cargo en août 1914. Il combattit à Jutland en mai 1916, tout comme le Superb et le Temeraire. Le Superb fut en outre le navire-amiral qui cingla aux Dardanelles pour une novelle action de grande envergure en novembre 1918. Le Temeraire servit en méditerranée jusqu’en 1918. Il devint plus tard un navire-école, tandis que le Superb, versé à la réserve devint un navire-cible en 1920, désarmé. Il fut démoli en 1923, et les deux autres en 1921.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 18 800 t, 22 102 T PC, 160,3 x 25,6 x 8,3 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock et Wilcox, 23 000 cv. et 20,75 n. max.
 Blindage  Ceinture 250, Batterie 130, Barbettes 230, tourelles 280, blockhaus 280mm, ponts 100 mm.
 Armement  10 canons de 305 mm (5×2), 16 canons de 102mm, 3 TLT de 457mm ( SM flancs et poupe ).
 Equipage  733

 

 

 

 

 

gbCuirassés Classe St Vincent ( 1908 )

stvincent

Les St Vincent furent construits dans un temps record, sur les plans des précédents Bellerophon, repris du Dreadnought. Ils avaient cependant des mâts supérieurs plus hauts, une meilleure puissance motrice, et une coque légèrement plus longue comme moins profonde, plus hydrodynamique. Par ailleurs, leurs canons de 305 mm étaient du nouveau modèle Mk.XI, calibre 50, critiqué après-coup pour sa propension à un recul excessif, mettant à mal la longévité de l’affût. Les critiques restaient les mêmes concenant le poste de direction du second mât, handicapé par la fumée de la première cheminée, et que l’on supprima. Le St Vincent, fut comme le Collingwood, lancé en 1908 et le Vanguard en 1909. Ils furent opérationnels en mai 1909, et février-avril 1910 pour les deux autres. En 1914, on réduisit la hauteur des mâts supérieurs et supprima les deux canons supérieurs de la tourelle avant. En 1916 on enleva leurs filets antitorpilles et ils reçurent deux déflecteurs de fumée sur leurs cheminées. En 1915 ils reçurent deux canons de 76 mm AA, remplacés par un de 102 mm en 1917. Par ailleurs, leur TLT de poupe fut enlevé et on leur ajouta deux plates-formes pour un Strutter et un Pup en 1918.

Leur carrière se déroula sans fait notable, si ce n’est la perte du Vanguard en 1917. Le Colingwood avait subi des dommages importants en 1911 suite au heurt d’un rocher au large du Ferrol, en Espagne. Il participera à la bataille du Jutland et sera versé à la réserve en 1918, servant de navire-école avant d’être démoli en 1922. Le Saint Vincent eut une carrière similaire. Enfin, le Vanguard participa également à la bataille du Jutland, sans subir de dommages ni de pertes. En revanche, il était à l’ancre le 9 juillet 1917 à Scapa Flow lorsqu’une mauvaise manipulation d’obus tourna au drame. Une immense explosion disloqua et pulvérisa sa coque et le navire sombra en peu de temps, emmenant avec lui dans la mort 804 hommes, tout son équipage.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 19 560 t, 23 030 T PC, 163,4 x 25,6 x 8,5 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock et Wilcox, 24 500 cv. et 21 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 250, Batterie 200, Barbettes 230, tourelles 280, blockhaus 280mm, ponts 75 mm.
 Armement  10 canons de 305 mm (5×2), 20 canons de 102mm, 3 TLT de 457mm ( SM flancs et poupe ).
 Equipage  718

 

 

gbCuirassés Classe Colossus ( 1910 )

colossus

Le Neptune avait à son lancement en 1909 tracé un nouveau sillon d’éxpérimentation en matière de répartition de l’artillerie principale, avec les 5 tourelles ventilées toujours en une avant et deux arrières dans l’axe et cette fois les deux centrales en quinquonce. Leur mise en chantier chez Scott et Palmers en 1909 procédait aussi de la rumeur qui faisait état de la mise en chantier secrête de nouveaux dreadnoughts par Guillaume II. Winston Churchill, qui était alors à la tête du bureau de commerce s’en prit violemment à l’amirauté. Il fut l’auteur du fameux « we want eight and we won’t wait » ( nous en voulons huit ( dreadnoughts ) et nous n’attendrons pas ). Finalement le cabinet libéral, qui jusque là temporisait et désirait garder un budget naval serré dut plier et alamré à son tout par le rapprt de l’intelligence service, mettre en chantier 6 autres cuirassés dont les deux premiers furent le Colossus et le Hercules.

On conservait à la fois le nombre et le calibre des pièces précédentes, mais avec la disposition en quinquonce du Neptune. On vait ausi fait la chasse au poid superflu et éliminé la passerelle située entre la seconde cheminée et le rouf arrière. Les tourelles centrales étaient également plus rapprochées, ce qui dégageait un arc de tir pour les pièces légères. On adopta également des tubes lance-torpilles de 533 mm pour la première fois et la protection de ceinture fut largement amélioriée, ceci sur la même coque que le Neptune, un casse-tête pour les ingénieurs. En 1912 la cheminée avant fut réhaussée, en 1915, on enleva leurs pesants filets antitorpilles et en 1917 on enleva leur plate-forme temporaire de décollage sur leur tourelle arrière, de même que les mâts furent raccourcis, le mât tripode arrière enlevé, et deux pièces légères AA rajoutées.

Après un début de carrière sans histoires le Colossus combattit à Jutland et y fut le seul dreadnought Anglais endommagé, encaissant deux obus avec 5 victimes. En 1919 il servit de navire-école et fut repeint en livrée Victorienne ( Coque noire, superstructures blanches et toile manillée ). Il fut désarmé en 1928. Le HMS Hercules entra en collision avec un vapeur en 1913 mais fut réparé avant la guerre. Il participa à la bataille de Jutland avec la 6e division, puis embarqua la commission navale alliée à Kiel en novembre 1918 et fut désarmé en 1921.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 20 225 t, 23 050 T PC, 166,4 x 25,9 x 8,8 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock et Wilcox, 25 000 cv. et 21 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 250, Batterie 250, Barbettes 230, tourelles 280, blockhaus 280mm, ponts 100 mm.
 Armement  10 canons de 305 mm (5×2), 16 canons de 102mm, 3 TLT de 533 mm ( SM flancs et poupe ).
 Equipage  755

 

 

 

 

 

 

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gbCuirassés Classe Orion ( 1910 )

orion

Construits au plan d’urgence de 1909 ce quatre cuirassés innovaient par leur artillerie principale portée au calibre de 343 mm. Ce dernier apportait toute satisfaction sur de nombreux points: Il surclassait les calibres Allemands par la portée et la force de frappe, tout en conservant, avec un arrangement d’artillerie avec 5 pièces en ligne, une bordée latérale satisfaisante. Avec les quatre Orion, la Home Fleet devenait une fois encore la maîtresse du jeu. La classe comptait les Orion, Monarch, Conqueror et Thunderer ( mis en chantier en mars 1910, lancés en 1911 ( août 1910 pour l’Orion ) et achevés en 1912 ( janvier pour l’Orion, novembre pour le Conqueror ).

L’implantaion de leur mât tripode, doté d’un nouveau type de direction de tir destiné à connaîre le succés, derrière la cheminée avant ne se justifiait que par la facilité qu’il ofrait pour disposer les grues levant les embarcations de sauvetage. Concrètement, la fumée des cheminées nuisait à sa visisibilité. De même les superstructures autour de la cheminée avant furent repensées peu avant la guerre. La protection sous-marine n’avait pas pu être renforcée par l’ajouts de ballasts latéraux ( sinon par un compartimentage plus élevé sous la ligne de flottaison ), afin de préserver la hauteur métacentrique du bâtiment avec une vitesse inchangée.

Ces quatre bâtiments firent partie de la Grand Fleet, plus précisément au sein de la 2e escadre de ligne, et combattirent au Jutland en mai 1916 sans pertes, mais deux eurent à subir des collisions avant la guerre. On les débarrassa en 1915 de leurs filets antitorpilles et leurs mâts furent réduits, et après Jutland, on renforca leur blindage de soutes à munitions, et on les équipa de plates-formes pour avions. L’Orion fut le navire-amiral de Leveson lors de la bataille du Jutland. Ils furent désarmés en 1922-25 du fait du traité de Washington, le Thunderer devenant un navire-école jusqu’en 1926.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

22 200 t, 25 870 T PC, 177,1 x 27 x 7,6 m

 Propulsion 4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock et Wilcox, 27 000 cv. et 21 n. max.
 Blindage Ceinture 300, Batterie 250, Barbettes 280, tourelles 280, blockhaus 280mm, ponts 100 mm.
 Armement 10 canons de 343 (5×2), 16 canons de 102, 4 de 37, 3 TLT de 533 mm ( SM lat. et arrière ).
 Equipage 752

 

 

 

 

 

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gbCuirassés Classe King Georges V ( 1911 )

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Ces 4 puissants Dreadnoughts, King Georges V ( KGV ), Centurion, Audacious et Ajax, dérivaient des Orion, mais intégraient également les leçons retenues par les essais des croiseurs de bataille Lion et Princess Royal. Le design restait classique, avec cinq pièces en ligne et des superstrucures bien dégagées, de hautes cheminées étroites, un poste de tir à l’abri des fumées, et une artillerie secondaire toujours légères ( pièces de 102 mm ) groupées à l’avant bien que l’on ait envisagé des 152 mm. La principale innovation résidait dans les nouvelles munitions développée pour les pièces de 343 mm, des obus à charges additionnelle plus lourds, ce qui augmentait leur portée. Ils furent mis en chantier à Portsmouth, Devonport, Cammell Laird et Scotts en janvier-février 1911, lancés en octobre-nov. 1911 et mars-septembre 1912, et acceptés en service en nov.1912 ( KGV ) et mars ( Ajax ), mai ( Centurion ) et novembre 1913 ( Audacious ). Paradoxalement, ce retardataire fut coulé tôt dans la guerre ( le 27 octobre 1914, après 11 mois ), et fut la seule perte de la classe.

En 1915 les trois survivants reçurent deux pièces de 102 mm de DCA sur le pont à l’avant, mais enlevés à cause de leur inutilisation en cas de gros temps. En 1917, les mâts furent modifiés, devenant tripodes, tandis les projecteurs étaient protégés dans des tours blindées. La passerelle était agrandie et les filets supprimés. Le HMS KGV fut affecté à la 2e escadre de ligne, et reçut le titre de navire-amiral de la Home Fleet pour un temps. Il fut ensuite celui de la 2e escadre. Sa carrière fut sans histoires notables. Après la guerre, il survécut jusqu’en 1926 comme navire-école, puis désarmé et démoli en raison du respect du traité de Washigton. Le HMS Ajax versé à la 2e escadre combattit au Jutland. Fin 1918, il entra en méditerranée et rejoignit la flotte Britannique de la mer noire qui appuyait les troupes coalisées contre les Bolchéviks. Il resta ensuite à Gibraltar jusqu’en 1924 et fut vendu peu après.

Le HMS Centurion de son côté commença sa carrière en épreronnant un infortuné cargo Italien pendant ses essais. Réparé, il intégra la 2e escadre pour le restant de la guerre. En 1919, il rejoignit le HMS Ajax en mer noire, puis rejoignit Portsmouth après 1924 pour y être transformé en navire-cible. Il effectua cette tâche jusqu’en 1941, toujours à Portsmouth. Il passa en chantier pour servir de leurre naval, équipé de plaques de tôles et de bois soudées et camouflé pour ressembler au super-dreadnought HMS Anson en 1942, puis fut transféré en Inde, et revint ensuite à Suez par le canal. Il y fut ancré jusqu’en 1944 comme batterie flottante antiaérienne. Il fut ensuite remorqué jusqu’en Normandie pour y être sabordé en eaux peu profondes et servir de jetée de fortune pour le port artificiel de Mullberry, le 9 juin 1944. Le HMS Audacious fut naturellement affecté à la 2 escadre de ligne. Il vint heurter deux mines du champ de Lough Swilly. Bien que ses cloisons étanches firent merveille, l’eau continua à s’infiltrer lentement, et la dégration du temps empêcha des manoeuvres de remorquage. Il sombra donc le 27 octobre 1914.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

23 000 t, 25 700 T PC, 182,1 x 27,1 x 8,7 m

 Propulsion 4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock et Wilcox, 31 000 cv. et 21 n. max.
 Blindage Ceinture 300, Batterie 250, Barbettes 280, tourelles 280, blockhaus 280mm, ponts 100 mm.
 Armement 10 canons de 343 (5×2), 16 canons de 102, 4 de 47, 3 TLT de 533 mm ( SM lat. et arrière ).
 Equipage 782

 

 

 

 

gbCuirassés classe Iron Duke ( 1912-13 )

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Les 4 cuirassés de cete classe ( Iron Duke, Marlborough, Benbow et Delhi – plus tard Emperor of India ), furent mis sur cale à Portsmouth, Devonport, Beardmore et Vickers en 1912 ( deux en janvier, deux en mai ). Ils naquirent non des idées de Sir John Fisher, qui quita son son poste de permier lord de la mer en 1910, mais de l’amirauté, qui sous la pression des amiraux praticiens des exercices souhaitaient une approche moins dogmatique que les partisans de l’école « vitesse et artillerie lourde exclusive ». On réintroduisit en effet les pièces de 152 mm dans la batterie secondaire, celles de 102 mm étant jugées trop faibles, et on adopta les tubes lance-torpilles de 533 mm comme un nouveau standard. Pour le reste, ces bâtiments s’inspiraient des King Georges V, de par leur dispostion d’artillerie, mais passaient à une tonnage voisin des 30 000 tonnes, avec une vitesse légèrement supérieure à 21 noeuds. Leur artillerie principale ne changeait pas.

Par ailleurs, on renforça leur poste de direction de tir, devenu un organe essentiel de contrôle, agrandi et soutenu par un solide tripode. Ils furent aussi les premiers cuirassés équipés de pièces antiaériennes, les « 12-pounders » ( 76 mm ). Très longues, ces pièces étaient destinées à abattre les Zeppelins. Le HMS Iron Duke effectua ses essais avec des filets antitorpilles, enlevés rapidement et jamais adoptés par les autres navires de sa classe. La configuration de leur batterie secondaire faisait que toutes les pièces sauf deux étaient à l’avant, et les deux arrières, furent vite considérés comme trop basses et inefficaces dans le gros temps ( on les retira pendant la guerre, et elles furent reportées sur la batterie supérieure ). Ces barbettes avaient d’ailleurs un nouveau type de bouclier intégral renforcé qui fut adopté aussi sur le HMS Tiger et les cuirassés de la classe Queen Elisabeth. On renforca également leur blindage léger après la bataille du Jutland, autour des projecteurs, du pont et des soutes à munitions. En 1918, leur tour de réglage de tir fut considérablement agrandi et leur mât raccourci tandis que l’on posa les plate-formes pour avions sur les tourelles centrale et seconde avant.

Leur carrière se déroula sans suprise au sein de la Grand Fleet. Il furent achevés en 1914, et mis en service en mars, juin, octobre et novembre 1914. De ce fait, leurs équipages n’étaient pas encore bien entraînés au début de la guerre, mais néammoins, ces puissants navires étaient le fer de lance de la Royal Navy. Le HMS Iron Duke fut d’ailleurs le navire-amiral général de la Grand Fleet, jusqu’en novembre 1916. Il combattit au Jutland avec la 2e escadre de ligne, et après la guerre, fut envoyé en 1919 en méditerranée, puis passa en mer noire pour soutenir les Russes Blancs, jusqu’en 1920. Il servit ensuite dans l’escadre de l’Atlantique Nord jusqu’en 1929 avant de se voir réformé suite aux limitations du traité de Washington et converti radicalement en 1930 comme navire-école. Désarmé partiellement, débarrassé de son blindage et ses machines bridées pour une vitesse effective de 18 noeuds, il servit pour l’instruction jusqu’en 1939. Basé à Scapa Flow, il servit ensuite de ponton, totalement désarmé. Le 17 octobre 1939 il subit une attaque aérienne Allemande et fut endommagé. Réparé et laissé à l’ancre, il ne fut démoli qu’en 1946. Les trois auntres unités de la classe servirent au Jutland – Le Marlborough y fut torpillé et réparé en trois mois – en Atlantique et en méditerranée après la guerre. Ils furent réformés en 1929-32.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 25 000 t, 29 560 T PC, 189,8 x 27,4 x 9 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock et Wilcox, 29 000 cv. et 21,3 n. max.
 Blindage  Ceinture 300, Batterie 250, Barbettes 250, tourelles 280, blockhaus 300, ponts 65 mm.
 Armement 10 pièces de 343 mm (5×2), 12 de 152, 2 de 76 AA, 4 de 47, 4 TLT de 533mm ( SM flancs ).
 Equipage  1022

 

 

gbCuirassés Dreadnought classe Queen Elisabeth ( 1913-15 )

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Le HMS Queen Elisabeth en mai 1916. ( cliquer p. agrandir ).

La célèbre classe Queen Elisabeth marquait encore un nouveau jalon dans l’ère des cuirassés: Procédant de l’expérience acquise progressivement avec les Orion, puis les King Georges V, et enfin les Iron Duke, l’amirauté souhaitait en 1912 entamer une nouvelle série de 4 bâtiments toujours armés de 10 pièces de 343 mm, un peu plus rapides et mieux protégés. Mais à l’époque des renseignements concernant les chantiers Allemands, Américains et Japonais faisaient état de projets de bâtiments armés de pièces de 14 inches ( 356 mm ). Afin de sauter directement au stade supérieur et de donner toujours une marge d’avance à la Royal Navy, l’amirauté commanda aux arsenaux Elswick, grands fournisseurs des canons de marine Anglais, la possibilité de fondre des pièces de 381 mm. La réponse étant positive, un design fut préparé en urgence autour de celui déjà créé, basé sur les Iron Duke. La principale différence résidait dans les quatre tourelles, au lieu de cinq, largement recentrées pour compenser leur poids.

La coque des ces QE était ainsi un peu plus longue ( pour améliorer l’écoulement hydrodynamique ), plus large de 20 cm à peine, avec un tirant d’eau inférieur de 20 cm. Le déplacement faisait par contre un bond de 2400 tonnes. Ceci résultait largement de l’adoption, une première mondiale, d’une chauffe au mazout intégrale. On abandonnait définitivement le charbon, sale et volumineux. L’espace gagné résultait de ce choix, mais aussi de l’abandon de la tourelle centrale au profit de nouvelles chaudières. Au final, et en accord avec les théories de l’académie navale qui voyait alors l’utilité de cuirassés rapides plutôt que des croiseurs de bataille sur les ailes de la flotte, on tablait sur une vitesse de 25 noeuds pour 27 000 tonnes, et sans sacrifier le blindage. Le gouvernement fit le choix du tout-pétrole après avoir levé les objections concernant la facilité d’approvisionnement du charbon, extrait en Angleterre, et celle du pétrole, venant d’Orient et d’extrême-Orient avec la définition d’une nouvelle politique diplomatique et industrielle, notamment de partenariats avec la Malaisie et l’Iran. Désormais, l’Angleterre allait accroître sa présence en asie et au moyen-Orient. Quatre cuirassés étaient initialement prévus, mais en fin de compte, les avantages obtenus par la Malaisie lui firent financer en « cadeau » un cinquième bâtiment, élégamment nommé par l’amirauté HMS Malaya. ( « Malaisie » ).

Les Quatre autres étaient, dans l’ordre de mise en chantier, le HMS Queen Elisabeth et le Warspite ( Portsmouth et Devonport, octobre 1912 ), le Valiant et le Barham ( Fairfield et John Brown, janvier et février 1913 ), le Malaya étant commandé chez Armstrong en octobre 1913. Le programme de 1914 prévoyait un sixième cuirassé, l’Agincourt, mais il fut rapidement annulé. Ces navires n’adoptaient toujours pas les chaudières à tubes étroits dont ils auraient tiré parti pour des raisons de simplification, et au final, le déplacement fut trop important pour atteindre les vitesses spécifiées. Les deux premiers cuirassés ( et le Malaya ) optaient pour les turbines Parsons et des chaudières Babcock & Wilcox, et les deux autres pour des turbines Brown-Curtis et des chaudières Yarrow, mais aux essais ils ne purent atteindre les 25 noeuds spécifiés, mais 24 en portant les chaudières au rouge, avec 72 000 cv pour une chauffe normale en donnant 56 000. Avec 23 noeuds cependant, ils laissaient sur place tous les cuirassés construits jusqu’ici, exception faite des Ise Japonais, qui illustraient également ce nouveau concept de « cuirassé rapide ».

Le Queen Elisabeth avait à son achèvement une batterie secondaire de 16 pièces de 152 mm, dont quatre au niveau du rouf arrière. Mais il apparut que comme sur les Iron Duke, elles souffraient trop de la violence des bordées de la tourelle arrière supérieure, et furent enlevées pour êtres replacées au niveau du rouf avant, de part et d’autre de la cheminée arrière. Les autres furent achevés avec une batterie latérale de 12 pièces et deux de plus sur le rouf central. Ils furent lancés en octobre et novembre 1913, octobre et novembre 1914, et avril 1915 pour le Malaya, et acceptés en service en janvier, mars, octobre 1915 et février 1916 ( Valiant et Malaya ). Incontestalement ils étaient le fer de lance de la Royal Navy et furent très largement employés. Leur présence au Jutland sauva d’une destruction certaine les croiseurs de bataille de David Beatty. Leur rapidité, leur excellente protection et leur puissance de frappe marquaient un incontestable progrès, mais c’est surtout la précision de leur tir qui époustoufla les Allemands, et ce malgré les critiques concernant la piètre qualité des détonateurs d’obus. Après la célèbre bataille, on les équipa d’horloges montées sur les mâts, de déflecteurs, de projecteurs supplémentaires en tourelles, et d’un blindage additionnel au niveau des barbettes, et en 1915-16 on équipa le Warspite et le Valiant de plaques de métal soudées aux mâts et cheminées selon un schéma de camouflage destiné à tromper les directeurs de tirs Allemands. En 1918, ils reçurent deux plate-formes pour avions.

Le Queen Elisabeth fut envoyé dès son entrée en service aux Dardanelles. Il revint à Scapa Flow le 26 mai 1915, joignant la 5e escadre de ligne. En mai 1916, il subit un passage en cale sèche à Rosyth, ratant du même coup la célèbre bataille de jutland. Il fut ensuite converti en navire-amiral jusqu’en février 1917 et en septembre 1917, porta peu de temps la marque de l’amiral Américain Mayo. C’est à son bord que fut signé l’acte de capitulation de la flotte Allemande le 15 novembre 1918. Le Warspite entra en service au sein de la 5e escadre de la Grand Fleet, à Scapa Flow. Il fut victime d’un heurt avec un récif, puis d’une collision avec le Barham. Il participa à la bataille de jutland, encaissant 15 coups au but de gros calibre, les machines en partie inondées et le gouvernail bloqué, à la merci de la ligne Allemande, il échappa par miracle à la destruction, ce qui lui valut des réparations à Rosyth. Sorti de chantier en juillet 1916, il entra en collision avec le Valiant et fut de nouveau indisponible jusqu’à la fin septembre. On l’envoya ensuite en méditerranée en 1919, puis il revint en métropole.

Le Barham était affecté également à la 5e escadre de ligne. Il subit des réparations à Cromarty après être entré en collision avec le Warspite, mais prit part au Jutland, encaissant 5 coups au but de gros calibre, dont deux critiques, continuant ses tirs jusqu’à la fin. Il connut des réparations et deux autres passages en cale sèche jusqu’à la fin de la guerre. Le Valiant de son côté, détaché à la 5e escadre, participa au Jutland sans prendre de mauvais coups, mais avec une grande efficacité de tir. Le 24 août 1916 il entra en collision avec le Warspite, fut réparé, et servit après la guerre en Atlantique et en méditerranée. Le Malaya enfin, présent dans la 5e escadre, participa au Jutland sans subir de gros dommages. Ses réparations furent achevées début juillet 1916, mais il y retourna du fait d’une collision avec le destroyer HMS Penn au moment de la cessation des hostilités. Il prit d’ailleurs à son bord les membres de la commission alliée de désarmement en Allemagne. Il effectua ensuite une tournée triomphale en Inde et en Malaisie. Il servit ensuite en atlantique et méditerranée. Tous ces bâtiments furent modernisés et même totalement refondus une ou deux fois et participèrent très activement à la seconde guerre mondiale, s’y forgeant une légende. Connaissant un destin assez exceptionnel, ils furent très populaires dans la Royal Navy et restent les plus célèbres cuirassés Anglais jamais construits ( Voir aussi Navis2GM ).

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 27 500 t, 31 500 T. PC, 196,8 x 27,6 x 8,8 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines, 24 chaudières, 56 000 cv. et 23 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 330, coffrage 150, Barbettes 250, face tourelles 330, blockhaus 280, ponts 330 mm.
 Armement  8 canons de 381 (4×2), 14 de 152, 2 de 76 AA, 4 de 47, 4 TLT de 533 mm ( SM flancs ).
 Équipage  951

 

 

 

royalnavyCuirassés dreadnoughts classe Revenge ( 1916 )

Le HMS Revenge en 1916.

La classe Revenge ( ou Royal Sovereign ) succédait immédiatement à la célèbre série des Queen Elisabeth, mais l’amirauté voulait un type de cuirassé plus économique, tout en gardant la même puissance de feu, et en ne sacrifiant pas la protection. C’est la vitesse qui devait être en fait l’élément sacrifié ( 21,5 noeuds ) , en tablant sur des machines plus modestes avec moins de chaudières, et une chauffe revenue au charbon/mazout. Le résultat final était pourtant une vitesse de pointe de 23 noeuds, grâce avant tout à l’excellence des nouvelles turbines et à des dimensions moins généreuses mais un tonnage finalement à 28 000 tonnes en standard, soit autant que les Queen Elisabeth. Le programme de 1913, du fait de coût d’étude et de construction réduits, tablait d’abord sur 5 cuirassés, dont trois ( Ramillies, Resolution et Revenge à Beardmore, Palmers et Vickers ) furent mis sur cale en novembre-décembre 1913 et les deux autres ( Royal Oak, Royal Sovereign à Devonport et Portsmouth ) en janvier 1914. Trois autres bâtiments, nommés Renown, Repulse et Resistance furent ordonnés au titre du plan de 1914 mais deux furent suspendus et un annulé le 26 août 1914.

Le design fut en fait modifié en court de route ( janvier 1915, alors que le Resolution était sur le point d’être lancé ) sur les autres bâtiments, en revenant à la solution du tout-pétrole et à une puissance finale plus élevée que prévue, une autonomie augmentée par l’ajout 400 tonnes de mazout du fait de l’espace gagné ainsi que le replacement des canons de 152 mm à l’arrière du rouf du pont de batterie sur le rouf supérieur de part et d’autre de la cheminée. Les autres pièces en barbettes étaient à environ 6 mètres de la ligne de flottaison, et également sujets à des voies d’eau et à la rouille malgré leurs jointures en caoutchouc. Cette configuration en barbettes fut la dernière. Sur les croiseurs de bataille qui suivirent, cette artillerie était en tourelles ou réhaussée et sous masques. En mars 1915, non encore lancé, le Ramillies reçut à titre expérimental des ballasts ( le terme français impropre pouvant décrire les « Bulge » Anglais ). Ces derniers avaient une forme parfaitement étudiée pour diminuer la traînée hydrodynamique, mais avaient pour fonction de remplacer les pesants filets anti-torpilles de manière satisfaisante, ces derniers ne servant qu’au mouillage. Ces « Bulges », partiellement remplis de bois, comprenaient des centaines de tubes remplis de mazout, d’eau ou d’air, censés restreindre l’effet de l’explosion d’une torpille au niveau de la ligne de flottaison. Son poids additionnel était de 2500 tonnes et ils rajoutaient 2,10 m à la largeur totale du bâtiment. La déperdition de vitesse aux essais fut sensible, mais inférieure aux prévisions.

Ces navires furent lancés successivement en novembre 1914 ( Royal Oak ), janvier, mars, avril 1915 ( Resolution, Royal Sovereign, Revenge ), et septembre 1916 ( Ramillies, modifié en cours de route avec des « Bulges » ). Ils furent acceptés en service après essais en mars ( Revenge ), mai ( Royal Oak et Royal Sovereign ), décembre 1916 ( Resolution ) et mai 1917 ( Ramillies ). Ce dernier, en plus de l’adaptation des « bulges », subit en effet de graves dommages à son gouvernail lors de son lancement et ses réparations furent longues. Ces navires faisaient d’ailleurs appel à une nouvelle cofiguration en la matière, avec deux gouvernail axiaux, le second plus petit étant susceptible de fonctionner manuellement en cas de défaillance du premier. Il fut jugé peu utile et démonté lors des mises en cale sèche de ces bâtiments. Avec un haut point métacentrique, les Revenge étaient encore de bonnes plate-formes de tir mais avaient tendance à « embarquer » légèrement lors de changements de cap serrés. Cette gîte devenait excessive sur le Ramillies, alourdi par ses bulges, notamment par gros temps.

Leur blindage était mieux réparti, notamment avec une protection directe du pont principal, une meilleure protection des blindages de soutes à munition et de salle des torpilles, des installations améliorées de pompage et de protection en cas de voies d’eau, et ce qui se faisait de mieux et de plus récent en matière de direction de tir, différenciée pour l’artillerie principale et secondaire. Du fait de leur arrivée relativement tardive en opération, les Revenge eurent une carrière plutôt modeste durant la grande guerre:

Le Ramillies entra dans la 1ere escadre de ligne de la Grand fleet, comme les autres bâtiments de la classe. Rien de notable n’est à retenir de ses missions durant ce temps. En 1918, il reçut comme les autres des déflecteurs et des projecteurs additionnels, ainsi que deux plate-formes pour avions installés sur les tourelles B et X. En 1920, on l’envoya à Izmid durant la guerre Gréco-Turque, puis il servit en Atlantique en 1924 au sein de la 2e escadre. Il subit une refonte avant la seconde guerre mondiale auquelle il participa acivement.Le Resolution ne fut affecté à la 1ere escadre de ligne qu’en décembre 1916. En 1919 il était à la 2e escadre servant en Atlantique, puis en 1920 devint le navire-amiral de la flotte Anglaise à Gibraltar. Il servit également durant la seconde guerre mondiale après une refonte partielle, comme les autres unités de la classe, moins privilégiés que les Queen Elisabeth plus anciens.

Le Revenge était affecté à la 1ere escadre dès mars 1916. il combattit ainsi au Jutland, recueillant le vice-amiral Burney à la suite du torpillage de son navire, le cuirassé Marlborough. Il fit également feu sur un Zeppelin. Il porta la marque de l’amiral Madden, du commandement en second de la Grand Fleet. Il fut ensuite envoyé aux côtés du Ramillies en méditerranée lors de la guerre Turco-Grecque après la guerre. Il servit ensuite en Atlantique. Le Royal Oak combattit au Jutland, sans dommages. Il fut affecté en 1919 à la 2e escadre de la flotte Atlantique. Il fut l’une des permières pertes importantes de la Royal Navy en octobre 1939 après son torpillage par l’U47 du commandant Prien. Enfin le Royal Sovereign rata de peu la bataille du Jutland, mais servit dans la Grand fleet jusqu’en 1919, avant de rejoindre la 2e escadre en Atlantique. Il prit part à la seconde guerre mondiale, et en 1944 fut transféré à l’URSS, prenant le nom d’Arkhangelsk. ( Voir navis2GM ).

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

28 000 t, 31 000 T. PC. 190,3 x 27 x 8,7 m

 Propulsion 4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock & Wilcox, 40 000 cv. et 23 n. max.
 Blindage Ceinture 330, coffrage 150, Barbettes 250, tourelles 330, blockhaus 280mm, ponts 50 mm.
 Armement 8 canons de 381 (4×2), 14 de 152, 2 de 76 mm AA 4 de 47, 4 TLT de 533 mm ( SM lat. ).
 Equipage 997


 

 

Cuirassé dreadnought HMS Erin ( 1913 )

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Le HMS Erin en 1916.

En tant que constructeur de navires réputé de longue date, la Grande-Bretagne, à travers ses chantiers Vickers et surtout Armstrong, à reçu commande de plus d’une dizaine de cuirassés dreadnoughts après la construction du premier en 1906. Sur ce total, seuls quelque-uns ont étés délivrés, la guerre imposant ses priorités. L’empire Ottoman, en guerre contre la Grèce en 1911-12 et voyant ses intêréts menacés par les Russes en mer noire, souhaitait rester dans la course et moderniser sa flotte, jusqu’ici équipée de deux pré-dreadnougts Allemands anciens, et de bâtiments encore plus obsolètes. Courant 1911, des pourpalers s’engagèrent, puis une commande ferme auprés de Vickers pour deux dreadnoughts établis sur un cahier des charges assez large, l’ingénieur en chef Thurston présentant un design de compromis entre le King Georges V et l’Iron Duke. Le premier, Reshad V, plus tard Reshadieh, devait être suivi d’un second ( Reshad-i-Hamiss ), finalement annulé en 1912 lorsqu’apparut la possibilité de racheter aux brésiliens le Rio de Janeiro alors en chantier chez Armstrong ( renommé Sultan Osman-I ).

Ce dernier fut réquisitionné en août 1914 et intégré à la Royal Navy comme HMS Agincourt. De son côté le Reshadieh, mis en chantier en août 1911, fut lancé le 3 septembre 1913 et était achevé au moment de l’attentat de Sarajevo. Dès lors que l’Empire Ottoman avait clairement basculé du côté de la triple alliance, Winston Churchill alors premier lord de l’amirauté décida de le réquisitionner en même temps que le Sultan Osman I. Le Reshadieh fut ainsi incorporé, alors qu’il effectuait ses essais, à la Royal Navy sous le nom de HMS Erin. Ayant un coque plus courte que les cuirassés Britanniques, mais plus large, sa maniabilité était d’autant plus grande et il était plus léger de 2000 tonnes. Son autonomie était par contre inférieure, bien qu’il fusse prévu pour une utilisation en méditerranée, et il fut en fin de compte employé à bon compte en mer du Nord. Sa tourelle centrale avait été réhaussée et était d’autant moins sensible aux embruns, et la haute coque donnait également aux barbettes une meilleure efficacité dans le gros temps. C’était aussi le premier bâtiment de ligne Anglais à arborer cette proue en croissant améliorant la tenue en mer, reprise systématiquement par la suite.

Ces qualités réunies en firent une bonne acquisition pour la Royal Navy, qui l’employa largement. Quand au gouvernement Turc, cette double réquisition acheva de monter son hostilité envers les Britanniques, ce qui fut illustré lors de l’âpre résistance qu’elle opposa aux Dardanelles. En 1917, l’Erin passa en cale sèche et reçut de nouveaux télémètres, des déflecteurs et des projecteurs additionnels, et en 1918, deux plates-formes pour avions furent installées sur les tourelles B et Q. En septembre 1914, l’Erin était affecté à la 2e escadre de ligne de la Grand Fleet responsable du secteur Atlantique. Il fut détaché au Firth of Forth le temps de participer à la bataille du Jutland, ou il fit feu, fut légèrement touché, mais sans victimes. Il devint le navire-amiral de la flotte de réserve à Scapa Flow en 1919 mais fut démoli dès 1922 du fait des limitations du traité de Washington. La Royal Navy préférait logiquement des bâtiments récents de classes homogènes – les Queen Elisabeth et les Revenge -. Quand à la sublime porte, elle se consola en adoptant l’ex-croiseur de bataille Allemand Goeben, devenu Yavuz.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 22 800 t, 25 250 T PC, 170,5 x 28 x 8,7 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 15 chaudières Babcock & Wilcox, 26 500 cv. et 21 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 300, ceinture 300, coffrage 200, barbettes 250, tourelles 280, ponts 75 mm.
 Armement  10 canons de 343, 16 canons de 152, 6 de 57, 2 de 76 mm AA, 4 TLT de 533 mm SM.
 Équipage 1070

 

 

 

 

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gbCuirassé Dreadnought HMS Agincourt ( 1913 )

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Le HMS Agincourt en 1914. ( cliquer p. agrandir ).

Ce navire singulier au destin mouvementé avait à l’origine été un dreadnought commandé par le Brésil sous le nom de Rio de Janeiro afin de contrer l’Argentine qui venait de commander aux USA ses deux dreadnoughts de la classe Riachuelo. Les deux Minas Gerais étaient en leur temps les plus puissantes bâtiments de guerre du monde, le Brésil souhaitait don rééditer la chose et dès la conception le nouveau dreadnought donnait dans la démesure. Rien de moins que 30 000 tonnes à pleine charge, plus de deux cent mètres de long, et surtout une batterie en ligne de 14 pièces de 305 mm, soit quatre de plus que le standard de l’époque. Il fut commandé aux chantiers Armstrong. Un changement de gouvernement intervint cependant en cours de design, et le navire fut mis en chantier en septembre 1911 mais annulé par la nouvelle majorité. En juillet 1912, le gouvernement qui avait subi une crise économique sérieuse cherchait à le revendre.

Le navire resta en vente alors que sa construction se poursuivait. Il fut lancé le 22 janvier 1913. Finalement, le Rio fut achevé en février 1914, au même moment la Turquie qui sortait de la guerre des Balkans privée d’un certain nombre de bâtiments cherchait à contrer les Grecs avec un nouveau cuirassé. C’est ainsi que le grand navire devint le Sultan Osman I. En août 1914 il était en achèvement et fut réquisitionné par l’amirauté pour la Grand Fleet. Cette réquisition rendit furieux le gouvernement Turc et participa à leur décision de rejoindre la triple alliance des empires centraux. Le nom fut une nouvelle fois changé, cette fois définitivement, pour HMS Agincourt, du nom d’une célèbre bataille de la guerre de cent ans.

L’Agincourt était singulier à plus d’un titre et ne fut pas particulièrement apprécié par l’amirauté. D’une part, ses 14 pièces de 305 mm étaient d’un modèle spécifique ( et les tourelles nommées selon les jours de la semaine ), et non au standard, ce qui posa des problèmes d’entretien. D’autre part la protection avait étée sacrifiée pour éviter un surpoids, mais la vitesse n’était que de 22 noeuds. Ensuite, toutes ces ouvertures et ces magasins et mécanismes de chargement fragilisaient la structure de la coque. De plus, En contrepartie de la formidable volée qu’elle pouvait offrir en bordée, on ne pouvait les faire tirer en même temps de crainte de provoquer un tel roulis que le navire risquait de chavirer… L’officier de tir qui commandait le « Gin palace » ( surnom de la pleine bordée latérale dans la Royal Navy ) décalait légèrement leur feu, qui restait inégalé. En chasse comme en retraite, 4 pièces d’un calibre déjà dépassé ( 305 mm ) n’était pas une prodige et restait en deçà des capacités des nouveaux Dreadnoughts Britanniques et Allemands contemporains. Au final, l’Agincourt resta un prototype, qui combattit au sein de la Grand Fleet. On le vit au feu au Jutland, tirant 144 obus. Les observateurs Allemands crurent lors de ses salves qu’il s’agissait de l’explosion d’un croiseur de bataille tant l’effet était saisissant. Il fut ensuite modifié, équipé de DCA tandis qu’il perdait ses lourdes passerelles centrales et son mât tripode arrière afin de gagner en stabilité. Il fut réformé en 1921 et démoli en 1922.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 27 500 t, 30 250 T PC, 204,7 x 27,1 x 8,2 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 22 chaudières B&W, 34 000 cv. et 22 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 230, Batterie 200, Barbettes 230, tourelles 300, blockhaus 300mm, ponts 65 mm.
 Armement  14 canons de 305 (7×2), 20 de 152, 12 canons de 76 ( 2 AA ), 3 TLT de 457mm (poupe, flancs).
 Équipage  1115

 

 

 

 

gbCroiseurs de bataille classe Invincible ( 1907 )

invincible

-Les premiers croiseurs de bataille:
Les croiseurs, naturellement plus rapides que les pesants cuirassés, ont toujours étés vus comme des navires à la « pointe de l’épée », comparés à de la cavalerie légère – toute proportion gardée – sur un champ de bataille classique. Le premier cuirassé monocalibre, le Dreadnought, n’avait-il pas été influencé lui-même par les croiseurs-cuirassés développés par Cuniberti?… De plus, une continuité au sein de la Royal Navy voyait chaque nouvelle classe de cuirassés secondée par une nouvelle classe de croiseurs-cuirassé, avec les mêmes avancées et dispositions d’artillerie, comme les Minotaur par rapport aux Nelson. Il ne pouvait donc en être autrement avec les nouveaux Dreadnoughts.

Dés l’annonce de la mise en chantier du HMS Dreadnought, les discussions allèrent bon train entre l’amiral Fisher et les bureaux d’études des chantiers. Ce dernier, après la démonstration de la guerre Russo-Japonaise, avait rallié à ses vues le reste de l’amirauté. Selon lui, le vitesse était le facteur déterminant, et les croiseurs-cuirassés trop lents. La vitesse était une bien meilleure protection « active », en mettant le navire à l’abri des coups ennemis, que la protection passive, le blindage, hormis celle – classique – déployée contre submersibles, torpilleurs et destroyers.

C’est sur ces postulats que fut créé le concept de « croiseur de bataille », pour bien marquer la rupture et en même temps la continuité avec les précédents croiseurs-cuirassés. Car effectivement, contrairement à ces derniers, ces nouveaux bâtiments seraient pourvus du même armement monocalibre que les Dreadnoughts, mais en contrepartie d’une vitesse supérieure, n’offriraient aucune protection aux coups adverses, sauf des pièces relativement légères ( comme les 152 mm, le standard des croiseurs légers de l’époque ). La portée de ses grosses pièces les mettaient à l’abri des autres types de croiseurs aussi rapides, et cette même vitesse leur permettaient de se dérober aux coups des cuirassés, mais aussi de les « harceler » grâce à leur grande mobilité. Le concept de vitesse comme protection active fut très prospère au sein des Etats-majors du monde entier, et les croiseurs de bataille ne connurent un bémol qu’après l’étude à froid de leur ultime moment de vérité, la Bataille du Jutland.

Trois pays seulement auront le loisir de construire ce type de bâtiment, et contrairement aux cuirassés, les croiseurs de bataille seront bien moins nombreux. Les Britanniques en mettront en ligne 16 ( le dernier, le Hood, étant lançé en 1920, et démontrant 21 ans plus tard définitivement sa vulnérabilité aux yeux du monde en étant volatilisé par les coups du Bismarck ), les Allemands 7, les Japonais 4. La France prévoyait les siens -conçus par Durant-Viel au plan de 1912 -, pas avant 1916, les Américains en 1922. Après le traité de Washington, ce type de navire ne semblait plus intéresser les amirautés, mais le concept fit encore florès pour les fameux « tin-clad cruisers », les croiseurs en fer-blanc, eu égard à leur protection dérisoire… Au début de la seconde guerre mondiale, les croiseurs de bataille n’étaient plus que trois en service, les autres ayant étés convertis en porte-avions. Ils étaient de toute manière surclassés par les nouveaux cuirassés rapides, et par l’aviation de combat, comme le prouva le perte du Repulse, quelques mois après le Hood.

-Conception et carrière des Invincible:
Les Trois Invincible, mis en chantier à Fairfield, Clydebank et Elswick, de février à avril 1906, furent lancés début 1907 et achevés en juin 1908 ( Indomitable ), octobre 1908 ( Inflexible ) et mars 1909 ( Invincible ). Mais les plans finaux révélèrent des navires qui n’étaient pas des clones légers et allongés du Dreadnought, mais plutôt des croiseurs-cuirassés d’un nouveau genre. Certes, ils avaient les mêmes tourelles -allégées- que le Dreadnought, mais 8 pièces de 305 mm au lieu de 10. De plus, au lieu d’être étagées en ligne, une disposition ultérieure, les tourelles centrales étaient en quinconce, une disposition reprise sur les cuirassés Neptune puis Colossus. Théoriquement, cette disposition en échelon permettait une bordée complète des 8 pièces, bien que leur angle de tir soit limité, et 6 en chasse comme en retraite.

La conception de ces navires prit du temps, tout comme leur construction. Ils coûtaient en outre 50% plus chers que les précédents croiseurs-cuirassés classe Minotaur, mais remplissaient parfaitement le cahier des charges et obtinrent d’excellents résulutats lors de leurs essais. Les critiques à leur endroit furent postérieures, et propres à l’ensemble de la catégorie. Une confusion était entretenue dans les amirautés. Armés avec de grosses pièces, et jusque dans leur dénomination, ils étaient intégrés dès le départ au sein de la ligne de bataille, avec les cuirassés, alors que leur vrai rôle était celui, classique des croiseurs: Faire la guerre au commerce et la chasse aux navires plus petits. Ils n’avaient jamais étés conçus comme des cuirassés rapides mais furent utilisés comme tels.

Leurs machines étaient très puissantes, assorties de pas moins de 31 chaudières B&W ou Yarrow. Ils atteignaient 25,5 noeuds, soit 2,5 de plus que les derniers croiseurs-cuirassés. Quelques modifications ultérieures les affectèrent. Successivement, tous trois virent leur cheminée avant réhaussée, des capotages en toile venir protéger leurs pièces légères sur le toit des tourelles, et en 1914, l’enlèvement de leurs filets antitorpilles et le rajout de directeurs de tir. Plus tard, ils se virent équipés d’une pièce antiaérienne de 76 mm, puis on réduisit laurs mâts supérieurs, puis enleva leur mât supérieur avant, rajouta des plates-formes pour avions sur les tourelles qui reçurent un blindage additionel, comme les toits et flancs des agasins à munitions, suite à l’expérience de Jutland, en mai 1916.

L’Invincible subit une collision avec le submersible C13 en 1913. Au moment de la déclaration de guerre, il était à Queenstown, pour empêcher une sortie Allemande. Puis il revint sur la Humber, participa le 28 à la bataille de la baie d’Héligoland, fut ensuite détaché avec l’Indomitable aux Falklands, aux ordres du Commodore Sturdee, et prit part à cette seconde bataille des Falklands en novembre 1914, vengeant la destruction de l’escadre de Sir Cradock en coulant les croiseurs-cuirassés Scharnhorst et Gneisenau du vice-amiral Von Spee, pivots de l’escadre Allemande du Pacifique. Après une courte refonte à Gibraltar, I’invincible fut détaché à Rosyth, constituant avec ses deux jumeaux le 3e Battlecruiser Squadron. En mai 1916, de nouvelles modifications, puis des exercices de tir à Scapa Flow suivis d’une changement d’affectation ( la troisième escadre de croiseurs de bataille ), furent ses derniers moments avant la légendaire bataille de Jutland.

Portant la marque du contre-amiral Horace Hood, l’Invincible engagea les croiseurs légers Allemands venus en éclaireurs, Pillau et Wiesbaden, les mettant hors de combat, puis croisa le fer avec le croiseur de bataille Lützow, lui infligeant deux sévères coups au but. Mais bientôt le Derfflinger l’encadra, et toucha l’Invincible 5 fois, le dernier impact étant fatal: Il fit sauter sa tourelle latérale et provoqua un incendie explosif alimenté par la poussière de cordite accumulée dans le puit à munitions. L’incendie se transmit immédiatement à la soute elle-même et une gigantesque explosion s’ensuivit, rompant en deux sa coque. L’Invincible sombra rapidement, entraînant dans la mort presque tout son équipage.

L’Indomitable, qui interrompit des essais pour emmener le Prince de Galles à Montréal, servit dans la Home Fleet. Il fut ensuite transféré avec l’Invincible en méditerranée, subit quelques modifications à Malte en juin 1914. Ils participa en août à la chasse au Goeben et au Breslau Allemands, échappés de Port-Saïd, puis aux bombardements des forts des Dardanelles. Il fut ensuite de retour à Rosyth, et engagé en janvier 1915 dans la bataille du Dogger Bank, encardrant de ses tirs le Blücher, finalement coulé par le Queen Mary. Il parvint même à détruire un Zeppelin avec deux coups au but des ses pièces de 305 mm en hausse maximale!… Il remorqua le HMS Lion à Rosyth, gravement endommagé. Peu après, l’Indomitable fut lui-même victime d’un incendie, rapidement mâtrisé, provoqué par un court-circuit électrique. Après une courte refonte, ils fut détaché à la Grand Fleet, et participa à la bataille de Jutland, touchant successivement les Derfflinger et Seydlitz et endommageant le cuirassé Pommern. Le reste de sa carrière fut assez calme, détaché au 2e battlesquadron jusqu’en 1919, date de sa mise en réserve. Il fut démoli en 1922.

L’Inflexible subit des dommages au cours d’essais de tirs, puis de l’explosion d’une barge à charbon. Il porta la marque de Sir Edward Seymour lors de sa viste à New York fin 1909. En 1911, il entra en collision avec le Bellerophon, et réparé, il fut affecté ensuite en méditerranée, portant la marque de l’amiral Milne et servant de quartier-général de la Flotte. Il participa à la chasse aux Goeben et Breslau dans les heures suivant la déclaration de guerre, et après une refonte, fut envoyé aux Falklands, combattant et détruisant l’escadre de Von Spee. En 1915, envoyé en méditerranée, il remplaçait l’Indefatigable, bombardant les forts des Dardanelles. Il subit des coups au buts Turcs, perdant deux canons de 305 mm le 18 mars, et fut frappé le landemain par une mine, l’obligeant à rompre le combat et à être remorqué pour des réparations à Malte. De retour à Rosyth, il participa à la bataille de Jutland, sans subir de dommages. Puis ce fut une longue inactivité et sa participation à la courte « bataille de l’île de mai » en février 1918. Il fut mis en réserve en 1920 et démoli deux ans plus tard.

Caractéristiques: 

 Déplacement & Dimensions

 17 373 t, 20 080 T PC, 172,8 x 22,1 x 8 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 31 chaudières Babcock et Wilcox, 41 000 cv. et 25,5 n. max.
 Blindage  Ceinture 150, Batterie 180, Barbettes 180, tourelles 180, blockhaus 250mm, ponts 65 mm.
 Armement  8 pièces de 305 (4×2), 16 de 102, 7 ML Maxim 7,62, 4 TLT de 533 mm ( SM ).
 Equipage  784

 

 

 

 

gbCroiseurs de bataille classe Indefatigable ( 1907 )

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Le HMS Indefatigable en novembre 1914.

Cette seconde classe de croiseurs de bataille au plan de 1908 était calquée sur celle du Neptune au plan de l’armement. Par contre ils reprenaient la configuration de blindage des Invincible, et leurs défauts. La construction de ces trois navires en un temps réduit avait aussi pour justification de fournir deux navires de ligne pour l’escadre du pacifique, le HMAS Australia et le HMNZS New Zealand. Ils firent l’objet de quelques éxagérations aussi bien de la part de Sir Jonh Fisher au plan de la puissance de feu que de Fred T. Jane dans sa revue pour le blindage. En fait ils n’étaient ni plus rapides, ni mieux armés. La longueur additionelle de la coque navait pour justification que de pemettre une bordée latérale, contrairement aux Invincible. La première configuration de ce navire faisait état d’une cheminée avant de même hauteur que les autres, mais pour des raisons évidentes de gêne occasionée par la fumée, celle-ci fut réhaussée pendant le essais, et en achêvement sur les deux autres. Le problème était identique avec le poste de contrôle de tir du tripode arrière, et il fut démonté pendant la guerre sur les trois navires.

Le HMS Indefatigable fut mis sur cale en 1909, lancé en 1909 et achevé en avril 1911 tandis que le HMAS Australia était délivré en juin 1913 et le HMNZS New Zealand en novembre 1912. Ce dernier reçut un canon AA de 76 mm et un 57 mm. Les deux autres reçurent un canon de 76 mm AA en mars 1915. Ils reçurent après Jutland un certain nombre de modifications, blindage, nouveaux projecteurs, nouveau poste de dircetion de tir agrandi, mâts raccourcis. On retira également leur tube lance-torpille de 533 de poupe arrière. On leur ajouta un canon de 76 mm supplémentaire en 1917 et en 1918 des plate-formes de décollage pour avions sur les deux tourelles centrales, accueillant un Sopwith Strutter de reconnaissance et un Camel d’escorte. En 1919-20, ils reçurent encore quelques modifications de DCA. Leur carrière opérationelle fut active mais pas inoubliable:

Le HMS Indefatigable était opérationnel au sein de la première escadre de croiseurs de bataille, puis fut envoyé en méditerranée avec la 2e escadre de croiseurs de bataille. Il participa à la chasse de l’escadre Allemande Souchon à l’entrée en guerre, puis partit en Egée. Il devint le navire-amiral de Carden, puis fut remplacé par l’Inflexible. Il était de retout dans la Grand Fleet début 1915. Il était à la pointe des navires de Beatty durant la bataille du Jutland en mai 1916 et encaissa plusieurs coups au but du Von der Tann, dont deux dans la soute à munition de la tourelle arrière. Toute la coque se disloqua à l’arrière et le navire sombra rapidement par la poupe. Un autre salve fit exploser les soutes centrales et le navire fut littéralement désintégré, ne laissant ucune chance à son équipage.

Le HMAS Australia fut envoyé en Ausralie où il devint le navire-amiral de la RAN. Il fut mobilisé au sein d’une vaste escadre Australo-Néo-Zélandaise pour répondre à une incursion de Von Spee dans le pacifique sud. Il participa à la seconde bataille des Malouines, puis après avoi traqué les ravitailleurs de l’escadre Allemande, rentra en métropole au sein de la Grand Fleet. Il n’était pas présent à la bataille du Jutland, car en réparation après une collision en mer avec son sister-ship, le New Zealand en avril 1916. Il resta le navire-amiral de la 2e escadre de croiseurs de bataille jusqu’en 1919 avant de repartir pour l’Australie et d’y servir jusqu’en 1922 ou on le condamné pour cause de respect du tonnage restrictif résultant du traité de Washington. Le gouvernement Australien décida donc de le faire saborder avec une grande cérémonie le 12 avril 1924 en baie de Sydney. Il est aujourd’hui un grand récif corralien artificiel.

Le HMS New Zealand, qui aurait dû être définitivement le HMNZS New Zealand, navire-amiral de la petite RNZN, fut en définitive repris après achêvement par l Royal Navy, pour renforcer ses effectifs au sein de la Grand Fleet. Il commença par faire le tour du monde, avec de nombreuses visites de courtoisie, puis partit en Baltique en 1913. Il était le navrie-amiral de la 2e escadre de croiseurs de batailles en août 1914. Il combattit au Dogger Bank sans résultats tangibles, devenant l’espace de la bataille le navire-amiral de Beatty lorsque le Lion fut désemparé. Il entra en collision avec l’Australia mais fut réparé à temps pour participer au Jutland. Il tira 420 coups de ses grosses pièces avec seulement 4 coups au but et encaissa un impact de 280 mm derrière sa tourelle arrière. Il effectua une autre croisière en emportant l’amiral Jellicoe autour du monde en 1919, mais fut désarmé et démoli en vertu du traité de Washington.

 Déplacement & Dimensions

 18 500 t, 22 110 T PC, 179,8 x 24,4 x 8,1 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 32 chaudières Babcock et Wilcox, 44 000 cv. et 25 n. max.
 Blindage  Ceinture 150, Batterie 180, Barbettes 180, tourelles 180, blockhaus 250mm, ponts 65 mm.
 Armement  8 pièces de 305 (4×2), 16 de 102, 4 de 47 mm, 3 TLT de 457 mm ( SM ).
 Equipage  800

 

 

 

 

gbCroiseur de bataille HMS Tiger ( 1913 )

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Le HMS Tiger en mai 1916. Cliquer p. agrandir

Malgré le lobbying actif de Sir Lord Fisher, l’amirauté commençait à douter du bien-fondé du concept de croiseur de bataille en 1911 déjà. Au lieu de lancer une nouvelle classe suivant les trois Lion, on se contenta au plan de 1912 d’ajouter un unique bâtiment, moins onéreux que les « splendid cats » précédents. On se concentra sur les amliorations du Queen Mary comme base de travail, et l’expérience acquise en exercices. Le positionnement des tourelles et des superstructures fut entièrement revu, de mâme que la position et la hauteur des cheminées et du poste de tir avant. On choisit notamment un armement secondaire puissant, en batterie de coque, et sur le rouf central, et un grand dégagement du champ de tir arrière, suivant la recette appliquée sur les bâtiments Japonais de la classe Kongo dont le premier était en chantier chez Vickers. Là encore, il était spécifié une vitesse très élevée, et on prévoyait pas moins de 85 000 cv pour donner 28 noeuds, et plus de 105 000 en « chauffant à blanc » les chaudières, ce qui était en théorie susceptible de donner 30 noeuds. En fait, aux essais, 29 noeuds tout juste furent atteints avec 104 000 cv mais avec une consommation journalière passant à 1245 tonnes de mazout. La coque plus petite nécéssita ainsi des prodiges d’invention pour trouver l’espace de stockage déficient.

Bien que n’ayant pas encore une bonne protection, le Tiger était un navire aux lignes fines et plaisantes, original bien que sans descendance. Bien qu’il fut mis en chantier après le Kongo, l’ingénieur en chef de Vickers puisa largement les idées du design contenus dans le Tiger, dont les plans avaient étés arrêtés très tôt. De fait, le dernier des « splendid cats » – un peu moins onéreux que les autres, fut lancé en décembre 1913 et achevé, puis accepté en service après essais, en octobre 1914. Il rejoignit la Grand Fleet en novembre, versé naturellement à la 1ere escadre de croiseurs de bataille. Participant au Dogger Bank, son premier engagement important, il encaissa 6 coups dont un de gros calibre qui mit hors service sa première tourelle arrière, mais ne souffrit que de 11 morts et 11 blessés.

Il fut réparé en février 1915 et participa ensuite à son second engagement d’importance, au jutland. Au coeur de la mêlée au sein de l’escadre de David Beatty, il tira pas moins de 303 coups de gros calibre, mais ne fit que trois coups au bit, encaissant en revanche 15 impacts lourds, sans toutefois compromettre trop ses chances de survie. Ce fut pourtant un miracle: Sa tourelle Q ( centrale arrière ) sauta, de même qu’une barbette, mais les soutes à munitions furent épargnée. En rentrant à Rosyth, partiellement en feu et donnant de la bande, le Tiger avait 24 morts et 46 blessés. Les réparations s’achevèrent qu’en juillet 1916, et il reprit du service au sein de la 1ere escadre bien entamée, effectuant d’autres sorties. Il servit au sein de l’escadre de l’Atlantique de 1919 à 1922, et après le traité de Wasington de navire-école des canonniers, après deux ans de travaux de conversion, de 1924 à 1929, puis remplaça le Hood en refonte entre 1929 et 1931, et fut mis à la retraite en 1931 à Devonport, démoli en 1932.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 28 430 t, 35 710 T PC, 214,6 x 27,6 x 8,7 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Brown-Curtis, 39 chaudières B&W, 85 000 cv. et 28 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 254, ceinture 230, coffrage 100, barbettes 230, tourelles 230, ponts 75 mm.
 Armement  8 canons de 343, 12 canons de 152, 2 de 76 AA, 4 de 47 de parade, 4 TLT de 533 mm SM.
 Équipage 1121

 

 

 

 

royalnavyCroiseurs de bataille classe Lion ( 1910 )

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Le Croiseur de bataille HMS Queen Mary en 1916. (Cliquer p. agrandir.)

Le Lion et le Princess Royal, de même que le Queen mary lancé en 1912, étaient trois bâtiments d’un nouveau standard, suivant les Invincible et Indefatigable. Bien plus grands, ils optaient pour un calibre 343 mm, celui des Orion, devenant de fait de redoutables navires de ligne, plus rapides que des cuirassés, mais à même de les pilonnant durement tout en restant hors de portée. Ils incarnaient parfaitement l’essence même du concept de croiseur de bataille. La coque était immense, l’artillerie répartie en utilisant une tourelle cenrale comme sur les Orion, et la puissance était augmentée de 150% par rapport à celle des Orion. Malgré un poids de 29 700 tonnes à plaine charge contre 25 900, la gain de vitesse n’était que de l’ordre de 6 noeuds.

De plus ces navires souffraient de défauts de coception assez importants: La tourelle centrale était en soit une erreur, s’intercalant avec son appareillage de munitions et soutes, entre les chaudières avant et arrières, la coque était fragile et vibrait, mais de plus très impartfaitement protégée par endroits, alors même que la presse parlait à leur endroit de « capital ship », de « cuirassé rapide », ce qui était parfaitement faux. De plus le poste de direction de tir placé très près de la cheminée de tête était une prison pour ses servants car le mât qui permettait d’y accéder était rendu si chaud qu’il en était impraticable. Malgré cela, les trois Lion, construits à Devonport, Vickers et Palmers, lancés en 1910, 1911 et 1912, achevés en 1912 et 1913 étaient à leur sortie les plus grands navires de guerre du monde et faisaient la fierté de la Royal Navy.

Cette fierté relayée par propagande dans la presse exagérait leurs chiffres de vitesse atteinte ou dépassée aux essais, avec des pointes à 34 noeuds alors qu’en réalité en portant au rouge leurs chaudières ( pour plus de 90 000 cv ) cette vitesse restait figée sous les 28,1 noeuds. Ces « splendides chats » adulés par la Presse furent en tout cas malgré leurs défauts de jeunesse toujours naturellement à la pointe de l’action en 1914-18. Ils reçurent pensant la guerre de l’artillerie AA, leur mât devenait tripode et le centre de tir agrandis tandis que l’on retirait les filets antitorpilles.

Le Lion faisait partie de la première escadre de croiseurs de bataille du contre-amiral Beatty en 1914. Il participa à l’acion de la baie d’héligoland en août 1914, puis à la bataile du Dogger bank en 1915, revendiquant trois coups au but mais encaissant trois coups au but avec de graves conséquences: Quasi immobilisé après ses machines arrêtées ( turbines bâbord noyées ) Il dût être remorqué jusqu’à Rosyth par l’Indomitable. Réparé, il fut ensuite le navire-amiral de l’escadre et connut son heure de vérité à Jutland en 1916. Il subit pas moins de 13 coups au but de la part du Lützow. Le croiseur de bataille échappa à la destruction certaine par l’explosion de ses soutes en feu grâce au cran du seul officier survivant sur place, gravement blessé et brûlé, qui commanda à l’interphone l’ordre de noyer la soute où il se trouvait. Le Lion fut une nouvelle fois conduit à grand-peine à Rosyth et réparé une nouvelle fois. Il reprit la mer en septembre. Il effectua ensuite de nombreuses sorties juqu’à l’armistice sous les ordres du contre-amiral Packenham. Il fut finalement désarmé en 1924 suite au traité de Washington.

Le Princess Royal était l’autre fer de lance de la 1ere escadre de croiseurs de bataille en 1914. Il combattit à Heligoland, fut envoyé en extrême-Orient pour intercepter l’escadre de Von Spee, puis au Dogger bank sans enregistrer de dommages, ce qui n’était plus le cas au Jutland où, pris à partie par les tirs des Derrflinger, Markgraf et Posen, encaissa 8 coups au but et dût noyer ses soutes pour éviter l »explosions suite aux incendies. Malgré cela le navire était opérationnel et le resta jusqu’à la fin de la bataille avec une partie de son artillerie hors d’usage. Sorti de Rosyth, il effectua encore nombre de sorties avant un désarmement en 1922.

Le Queen Mary différait des deux premiers par quelques détails: Il était légèrement plus rapide, plus grand et plus lourd. son achèvement tardif ( août 1913 ) était dû à des grèves et à des trouvles sociaux aux chantiers. Néammoins, il passa ses essais avec succés, et rejoignait la 1ere escadre de Beatty pour la durée de la guerre. Il participa à l’action d’Héligoland mais pas au Dogger bank car en refonte à ce moment. La bataile du Jutland lui fut en revanche fatale: Après avoir tiré 150 obus et atteint le Seydlitz, il fut pris à partie par le Derrflinger. Ce dernier mit hors de combat par un coup dans la troisième tourelle l’une des deux pièces. Un autre obus tomba ensuite sur cette même tourelle, la faisant sauter alors même qu’un second se frayait un passage jusqu’aux soutes à munitions des tourelles avant. S’ensuivit une terrifiante explosion qui vaporisa toute la partie avant, passerelle comprise. La navire coula lentement par l’avant tout en brûlant de l’intérieur, avec de nouvelles explosions avant de sombrer avec presque tout son équipage 38 minutes après le début de la bataille.

Caractéristiques ( Lion ):

 Déplacement & Dimensions

26 270 t, 29 690 T. PC. 213,4 x 27 x 8,4 m

 Propulsion 4 hélices, 4 turbines Parsons, 42 chaudières Yarrow, 70 000 cv. et 27 n. max.
 Blindage Ceinture 230, Batterie 230, Barbettes 230, tourelles 250, blockhaus 250mm, ponts 65 mm.
 Armement 8 canons de 343 (4×2), 16 canons de 102, 4 de 37, 2 TLT de 533 mm ( SM latéraux ).
 Equipage 997


gbCroiseurs protégés Classe Edgar ( 1891-92 )

edgar

HMS Crescent en 1915.

Issus du programme de 1889, ces 9 croiseurs étaient des versions réduites des Blake de 1890, avec le même blindage et le même armement. La machinerie fut réduite et le tonnage rabaissé de 1800 tonnes. Cependant ces nouvelles machines devaient donner 20 noeuds et avoir une autonomie de 10 000 nautiques. Aux essais elles prouvèrent leur belle endurance. Ces navires pouvaient soutenir par exemple 18 noeuds pendant 48 heures. Ils avaient également une meilleure tenue en mer. Quatre unités, les Gibraltar, Crescent, Royal Arthur et St Georges furent construits en utilisnt de larges quantités de bois et de cuivre pour leur service outre-mer. Le Crescent et le Royal Arthur étaient d’ailleurs les seuls de la classe à posséder un gaillard avant réhaussé, améliorant l’habitabilité et la tenue par gros temps. Ils étaoent plus lords de 350 tonnes, et portaient d’ailleurs deux pièces de 152 mm à l’avant au lieu d’une unique pièce lourde de 234 mm dans l’axe comme leurs sister-ships.

Ces navires commencèrent leur carrière dans des stations lointaines, à Hong Kong, aux Indes Orientales, en méditerranée, en Afrique du sud, en Australie et dans le pacifique et leur carrière fut plus ou moins active durant la grande guerre: Le HMS Crescent faisait partie de la 10e escadre de croiseurs en 1914, effectuant des patrouilles en mer du nord. En février 1915, il fut affecté à la défense de Hoy. En novembre, on le désarma et il fut converti en ravitailleur ancré à Hoy. Il rejoignit ensuite Rosyth pour y être réformé en 1918.

Le HMS Edgar opérait en compagnie d’autres unités de sa classe dans la 10e escadre opérant dans le Nord de l’écosse. En Novembre-décembre 1914, on leur enleva leurs pièces lourdes pour équiper de nouveaux monitors. Il fut ensuite gardé à l’ancre puis réarmé avec des pièces de 152 ( 12 au total ) et équipés d’énormes ballasts latéraux en vue d’effectuer des missions de bombardement sur la côte Flamande. En mai 1915, il fut transféré aux Dardanelles et y opéra jusqu’en 1918, date de sa mise à la retraite.

Le HMS Endymion était affecté à la 10e escadre également en 1914. Il fut ensuite désarmé, puis réarmé et équipé de ballasts à l’instar de l’Edgar pour servir dans les Flandres, mais fut transféré immédiatement aux Dardanelles. II servit ensuite en mer égée et fut désarmé en 1920. Le HMS Gibraltar servait dans la 10e escadre de croiseurs. En mars 1915 on le désarma et on l’ancra à Swarbacks Minns dans les ïles Shetland pour servir de ravitailleur à la 10e flotille, à partir de juin 1915. Il fut ensuite envoyé à Prtland pour être affecté à l’école de lutte anti-sous-marine. Il devint ensuite un ravitailleur de destroyers de 1919 à 1922.

Le HMS Grafton était également détaché à la 10e flotille en 1914. l fut ensuite désarmé de ses pièces lourdes, puis réarmé et équipé de ballasts, en vue de bombarder les Flandres. En définiive, on l’envoya comme les autres à la mi-1915 aux dardanelles pour appuyer les débarquements. Le 11 juin 1917 il fut frappé de la torpille d’un U-Boote, mais y survécut et fut remorqué pour réparations. Il servit ensuite en mer Egée jusqu’à l’armistice, puis en mer Noire pour appuyer les « blancs », en tant que ravitailleur. Il fut désarmé et démoli fin 1919.

Le HMS Hawke servait avec la 10e escadre du Nord en 1914. Il avait échappé de peu à un naufrage suite à une collision avec le paquebot SS Olympic, nettement plus gros. Il y perdit sa proue et fut réparé mais sans son éperon, supprimé durant les travaux. Il servit de 1908 à 1913 à Portsmouth, après avoir été brièvement un navire-école des cadets. Il fut torpillé en mission le 15 octobre 1914 par l’U9 et sombra avec 524 hommes d’équipage.

Le HMS Royal Arthur était détaché à la 10e escadre en 1914. En février 1915, il fut réduit comme ravitailleur de submersibles, rôle qu’il tint jusqu’en 1919 à Scapa Flow. Il fut le témoin du grand sabordage de la Hochseeflotte. Le HMS St Georges fut mis en réserve, après avoir servi pour l’instruction des élèves-matelots, dès 1906. Il servit de ravitailleur, et fut converti pour cela à Chatham à partir de 1909. Il servait à la 9e flotille de destroyers en 1914. En novembre, on le réarmé et il servit de patrouilleur basé sur la Humber. En 1917 on le convertit en ravitailleur armé de submersibles, et on l’envoya en méditerranée. Il servit en mer Egée en 1918-19 avec la 2e flotille. On le retira du service en 1920.

Le HMS Theseus servit de ravitailleur au HMS Cambridge à partir de 1905 à Devonport. En 1914, il était détaché à la 10 escadre opérant au Nord de l’écosse, pui fut transformé début 1915, réarmé comme les autres bâtiments de la classe et équipé de ballasts. On l’envoya aux Dardanelles et il servit en mer blanche en 1916, avant de retourner en mer Egée pour servir de ravitailleur, et enfin en mer noire, pour l’appui des troupes Russes « blanches ». Il fut retiré du service en 1920.

Caractéristiques ( générales ):

 Déplacement & Dimensions

 6870t, 7700 T PC, 113,11 x 18,29 x 7,24 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines 2 cyl. TE, 4 chaudières cylindriques, 12 000 cv. et 20 noeuds max.
 Blindage  Puits munitions 160, Boucliers 76, Blockhaus 305, ponts 120-76, casemates 152 mm.
 Armement  2 canons de 234, 10 de 152, 12 de 57, 5de 47, 4 TLT de 457 mm ( SM ).
 Equipage  544

 

 

 

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gbCroiseurs-cuirassés Classe Powerful ( 1895 )

powerful

Ces 2 impressionnants navires en dehors des aspects techniques, incarnaient parfaitement la suprématie navale Britannique, aussi bien en quantité qu’en qualité. Véritables paquebots militaires, ils furent en fait regardés rétrospectivement comme de « grands éléphants blancs ». Leur construction procédait cependant du besoin de l’amirauté de pouvoir au besoin ( dans un scénario type « guerre de crimée » ), les deux gros croiseurs Russes Rurik et Rossia, alors sans doute parmi les plus grands navires de guerre à flot. De fait, à leur achèvement en 1897 et 1898 ( avec une construction s’étalant sur 4-5 ans ), ils reprenaient le flambeau de plus grands navires de guerre au monde. Nommés de façon révélatrice « Puissant » et « Terrible », ils déplaçaient le double des croiseurs-cuirassés précédents ( classe Edgar ), et coûtaient corrélativement deux fois plus cher. Leur équipage frisant les 900 hommes, comme leur ravitaillement, leur donnait de plus un entretien dispendieux.

Sur le plan technique, ils étaient les premiers navires de cette taille à employer des chaudières à tubes d’eau Belleville, qui engendrèrent des soucis de mise au point et des pannes à répétition. Malgré cela, leurs machines leur donnaient une vitesse satisfaisante, gardées sur la durée de leur service. Aux essais, leurs quatres cheminées ( une première dans la Royal Navy ) apprurent trop courtes et il fallut les réhausser de cinq mètres. Leur configuration à trois ponts leur donnait une habitabilité bien supérieure bien que leur distribution d’armement reste classique: Ils ne gagnaient que deux pièces de 152 mm, et leurs pièces de 234 mm étaient en tourelles plutôt que protégées par des boucliers, et pour la première fois leurs pièces de 152 étaient en partie protégées par des barbettes à deux étages. Toute leur artillerie était ainsi parfaitement protégée. Pour le reste, leur taille ne justifiaient pas un armement similaire aux bâtiments précédents, et en 1904, on ajouta encore 4 pièces de 152 mm sur leur pont supérieur. Leur vitesse était par contre supérieure de 3 noeuds et grâce à leurs 3000 tonnes de charbon emportées, leur autonomie était largement supérieure. Peu manoeuvrants car très longs, il étaient assez marins et bons marcheurs.

Au début de leur carrière, ces deux navires furent basés en Chine, puis rallièrent l’Afrique du Sud avec à bord des campagnies d’infanterie de marine. En 1899, ils firent la une des journeaux en débarquant leurs troupes au cap pour appuyer Ladysmith durant la guerre des Boers. En 1902-1904 ils firent l’objet d’une petite refonte, puis furent mis en réserve, car jugés trop onéreux en service. Ce n’est qu’en 1915 que le HMS Terrible fut réactivé, et utilisé comme transport de troupes, ralliant la méditerranée, puis revint en réserve à Portsmouth, servant de navire utilitaire à l’ancre jusqu’en 1920. Renommé Fisgard III, il servit ensuite de navire-école jusqu’en 1932. Le Powerful de son côté ne sortit de sa réserve qu’en 1915 pour servir de navire-école à Devonport. Ses vastes dimensions comme son jumeau l’y prédestinait. Il continua ce service à partir de 1919 sous le nom d’Impregnable II, puis jusqu’en 1929.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

14 200 t, PC, 164 x 21,6 x 7,3 m

 Propulsion 2 hélices, 4 mach. cyl. TE, 48 chaudières Belleville, 25 000 cv. et 22 n. max.
 Blindage Ceinture 100, Batterie 152, Barbettes 152, tourelles 152, blockhaus 152, pont 152 mm.
 Armement 2 canons de 234 (2×1), 12 de 152, 16 de 76, 12 de 47, 4 TLT de 457 mm ( SM lat.).
 Equipage 894

 

 

 

 

gbCroiseurs cuirassés classe Drake ( 1900 )

drake

Le HMS Drake en 1914. Cliquez pour voir le Good Hope au 1/200e

Sortis en 1903 après avoir étés mis en chantier dans quatre arsenaux différents ( John Brown, Govan à Fairfield, Vickers-Barrow, et Pembroke naval Yard ), en 1899, lancés en 1901, étaient nettement plus grands que leurs prédécesseurs les Diadem et Cressy. Ils étaient nettement plus grands, vingt mètres plus long et 60 cm plus large se traduisant par un déplacement de 14 000 tonnes au lieu de 12 000. Ils étaient de la même veine que les « Powerful » lancés en 1895. Il s’agissait de navires de supériorité navale absolue dans leur catégorie. Ils pouvaient par ailleurs fuir les cuirassés classiques ( pré dreadnought ) qu’ils ne pouvaient naturellement affronter grâce à leur vitesse de 23 noeuds contre 18 noeuds sur ces derniers. Leur blindage était en revanche inchangé, et leur armement principal comptait toujours deux pièces de 234 mm et une double volée de 8 pièces de 152 mm en barbettes. Pour diminuer leur surface offerte au feu ennemi, toute les superstructures furent réduites au minimum, comme les gros ventilateurs/manches à air des classes précédentes, le pont, la coque, sans pour autant nuire aux qualités nautiques. Les 4 pièces supplémentaires de 152 mm par rapport à ces prédécesseurs avaient été placées en doubles barbettes latérales. Mais ce système à l’usage présentera un inconvénient majeur: Dans le gros temps, ces pièces étaient aveuglées par les embruns et frappées par les lames de travers. Leur utilité s’en trouvait fort compromise. Leurs machines faisaient d’eux les navires les plus rapides du monde, et sans doute aussi les plus puissants des croiseurs jamais construits. Aux essais, à marche forcée, ils ne parvinrent pas à excéder ces 23 noeuds, sauf le Drake, qui parvint à maintenir 24,1 noeuds quelques heures. De manière générales, ils étaient de bons marcheurs, capable de soutenir 23 noeuds pendant 5 ou 6 heures consécutives.

Ces navires étaient le Drake, le Good Hope, le King Alfred et le Léviathan. Ils servirent ( pour le Hope et le Drake ) dans la home fleet, puis furent transférés comme navire-amiraux d’escadres en 1914, le Léviathan étant celui de l’escadre de Chine, jusqu’à son remplacement en 1906 par le King Alfred. Le Good Hope fut envoyé dans l’escadre des Falklands ( Malouines, à Port Stanley ), afin de contrôler le passage du « cap des tempêtes », le cap de bonne espérance ( « Good hope » en Anglais ). Il portait alors la marque du contre-amiral sir Charles Cradock, surnommé le « vieux gentleman » et adoré de ses hommes, et dût intervenir sitôt l’entrée en guerre de l’Allemagne contre l’escadre du comte Graf Von Spee ( l’escadre Allemande du pacifique ), qui comprenait outre des croiseurs légers, les redoutables croiseurs cuirassés Scharnhorst et Gneisenau. Il fut coulé lors de cette célèbre bataille. Vous lirez la suite dans « la première bataille des Falklands« . La seconde perte de la guerre fut le Drake, torpillé par l’U79 en 1917. Une victime de plus parmi des navires qui n’avaient pas étés conçus pour résister aux torpilles. Les deux autres furent démolis en 1920, après seulement 19 ans de service.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 14 150 t, 17 000 T PC, 162,6 x 21,74 x 7,92 m

 Propulsion  2 hélices, 4 turbines 4 cyl., 43 chaudières Belleville 30 000 cv. et 23 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 152, Batterie 140, Barbettes 152, tourelles 152, blockhaus 305mm, ponts 50mm.
 Armement  2 canons de 230 (2×2), 16 de 152, 14 canons de 76, 3 de 47, 2 TLT de 457mm ( SM flancs ).
 Équipage  900

 

 

 

gbCroiseurs-cuirassés classe Monmouth ( 1901 )

monmouth

Le HMS Monmouth en novembre 1914.

Ces croiseurs-cuirassés portant des noms de régions répondaient au souci des navires bien armés et protégés mais moins chers, surtout comparés aux Drake précédents. Le souci était de produire une série de croiseurs de masse, puisque au total 10 ont étés mis sur cale en 1899-1901, la plus grande série au monde pour ce genre de navires. Malheureusement dans cette course à la réduction, et pour rester sous la barre des 9800 tonnes, certains sacrifices furent faits en matière de blindage et d’armement, ce qui ouvrit de nombreuses critiques à leur endroit. A tel point qu’on en vint à les regarder comme des croiseurs-cuirassés de seconde classe, comme en atteste d’ailleurs la destruction trop facile du Monmouth en duel avec le Scharnhorst Allemand, pourtant de la même catégorie. L’une des critiques, qui fut aussi la cause de sa perte, fut l’inefficacité des pièces en barbettes basses, totalement inutilisables par gros temps, leur guidage électrique étant l’une de leur innovations, s’avérant finalement une erreur. Les tourelles doubles étaient de leur côté trop lourdes et exiguës. La configuration du blindage s’inspirait de celui des Cressy mais réduits par endroits, notamment au niveau des ponts. Le poids des tourelles comparé à leur hauteur de coque et leur tirant d’eau plus faible leur donnait un roulis supérieur à celui escompté. Cependant ils étaient de bons marcheurs, marins, seuls trois unités en parvenant pas aux essais à leur vitesse nominale. Le Suffolk parvint lui à atteindre 24,7 noeuds.

Le HMS Bedford servit en Chine de 1907 à 1910, et fut perdu à ce moment en heurtant le récif de l’île Quelpart en mer de Chine. 18 hommes furent perdus pendant le sauvetage, et sa coque fut démolie quelques temps après. Le HMS Berwick entra violemment en collision avec le HMS Tiger en 1908 pendant des exercices de nuit près de l’île de Wight. ( Il l’éperonna et le coula ). Après une refonte à Portsmouth, il rejoignit la base des Indes Orientales à la 4e escadre de croiseurs. Il bascula ensuite comme navire-école de la base d’Amérique du Nord de 1912 à 1914. Au moment de la déclaration de guerre, il commença des patrouilles en Atlantique sud et dès sptembre captura le cargo Allemand Spreewald. Il effectua ensuite des patrouilles et des escortes jusqu’à la fin de la guerre et fut réformé en 1919.

Le HMS Cornwall s’échoua au cap sable en nouvelle-écosse en tentant de secourir le HCMS Niobe en difficulté en 1911 et subit des réparations longues à Halifax. Il fut prêt pour la grande revue du Spithead de juin 1914 et fut jugé apte au service, et affecté à la 5e escadre de croiseurs. Il captura le cargo Allemand Syra, puis fut détaché en Atlantique sud à l’escadre des Malouines. Il effectua des patrouilles entre Madeira et Pernambouc, route commerciale très empruntée. Après la funeste bataille de Coronel, il rejoignit le HMS Glagow pour tenter d’intercepter l’escadre de Von Spee. Il retrouva le KMS Leipzig et l’envoya par le fond lors de la bataille du 8 novembre 1914. Il fut ensuite détaché pour les opérations contre le Cameroun et sur la côte sud-ouest Africaine. De là, il passa le cap et joignit l’est Africain, puis la mer rouge par le canal de Suez et le front des Dardanelles. Il partit ensuite sur la base de Hong-Kong et revint en 1917 pour escorter des convois dans l’Atlantique nord. Il avait d’ailleurs été réarmé, comme la plupart des croiseurs de sa classe à cette époque, avec 4 pièces de 152 prélevées à la batterie basse et réhaussés sur le pont supérieur, les pièces de la batterie basse étant supprimées et les sabords occultés.

Le HMS Cumberland fut envoyé à la déclaration de guerre en Afrique de l’ouest. Basé à Douala, il captura 10 cargos Allemands. Il passa le reste de sa carrière à parir de janvier 1915 en métropole, effectuant des patrouilles et escortes avec la 6e escadre de croiseurs dans l’Atlantique Nord. Le HMS Donegal servit en Chine et s’échoua sur un récif sans gravité au large de Suez. Réparé en métropole à Chatham, il fut ensuite basé à Devonport jusqu’en 1909 avant de partir pour Gibraltar avec la 4e escadre de croiseurs. Il entra en collision avec un cargo, puis en détruisit un, le Volturno, avec son artillerie pour entraînement. Il était basé au moment de la guerre au Sierra Leone avec la 3e escadre. En Janvier 1915 il rejoingnit la 6e escadre avec la Grand Fleet. Puis il bascula en novembre avec la 7e escadre pour l’escorte des convois vers Arkhangelsk. Lors de la bataille du Jutland, il était affecté à la 2e escadre puis la 9e, et en 1917 effectuait des escortes dans l’Atlantique Nord.

Le HMS Essex servait aux Indes occidentales en 1914. Il fut ensuite envoyé en Atlantique Nord jusqu’en nov. 1916, capturant deux cargos Allemands, puis retourna dans la station des Indes Occidentales. A partir de janvier 1916 il fut basé aux caranres, capturant un autre cargo, et y resta jusqu’à la fin de la guerre. Le HMS Kent servit en Chine et était basé aux Malouines au sein de l’escadre de l’amiral Cradock en août 1914. Il en fut détaché mais prit part à la seconde bataille de Coronel le 8 décembre, coulant le KMS Nürnberg. Patrouillant à la recherche du Dresden, il le débusqua et le coula au large de Mas a Fuera au chili. Basé ensuite en Chine, il revint en métropole en mai 1915 et fit de l’escorte jusqu’à la fin de la guerre, revenant en Chine. Il appuya ensuite en 1919 les opération Nippo-Américaines contre les Blochéviks à Vladivostok. Il retourna à Hong Kong jusqu’à sa retraite en 1920.

Le HMS Lancaster servit en méditerranée et aux Indes Occidentales avant 1914. En janvier 1915 il rejoignit la 7e escadre de la Grand Fleet en métropole. De 1916 à 1918 il fut ensuite basé dans le pacifique, puis mis à la terraite en 1919 à Birkenhead. Le HMS Monmouth servit en Chine, puis fut basé à Pernambouc en août 1914. Il fut affecté rapidement à la 5e escadre de Sir Charles Cradock aux Malouines et participa à la bataille de Coronel le 1er nov. 1914. Son artillerie secondaire fut totalement inefficace dans le gros temps et il fut coulé par l’escadre de Von Spee sans aucun survivants.

Le HMS Suffolk servit longtemps en méditerranée. A la veille de la guerre, il était basé aux Malouines à la 4e escadre sous, les ordres du contre-amiral Cradock dont il portait la marque. En août il passa à Pernambouc, et participa à la traque du croiseur KMS Karlsruhe. De 1915 à 1916 il fut basé dans le Pacifique, puis en Chine, jusqu’en 1918. En 1919, il fut envoyé pour appuyer les forces Nippo-Américaines à Vladivostock contre les Bolchéviks Russes. De retour en métropole, il servit jusqu’en 1920 de navire-école.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 9100 t, 9800 T PC, 141,2 x 20,12 x 7,6 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines 4 cyl., 31 chaudières Belleville, 22 000 cv. et 22 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 102, Barbettes 120, tourelles 120, blockhaus 280, ponts 51 mm.
 Armement  14 canons de 152, 10 de 76, 3 de 47, 2 TLT de 457mm ( SM ).
 Équipage  678

 

 

 

 

gbCroiseurs-Cuirassés Classe Devonshire ( 1903-1904 )

devonshire

Ces 6 croiseurs-cuirassés furent une tentative d’améliorer leurs caractéristiques tout en gardant des dimensions et un tonnage acceptables. Pour le reste, rien ne changeait vraiment, ni l’armement qui restait identique à priori ( en fat, on passa au calibre 190 mm ) ni les machines, avec une vitesse inférieure du fait du déplacement en hausse. Ils disposaient tous de chaudières différentes, et furent considérés comme de bon marcheurs, dépassant leurs vitesses prévues aux essais. Ces navires disposaient d’une légère augmentation de blindage au niveau de la ceinture, mais le reste était inchangé et plutôt léger.

Après leur achêvement, ces navires furent basés dans les eaux territoriales au sein de la Home Fleet, à part le HMS Carnarvon qui fut affecté à Gibraltar durant 2 ans et le Hampshire qui fit de même en 1911 puis bascula à Hong Kong en 1912. Le HMS Antrim captura un cargo Allemand dès le 6 août 1914, alors au sein de la Grand Fleet. Il échappa de peu le 9 octobre au torpillage d’un U-Boote non identifié. Il rallia Arkhengeslki en juin 1916, puis partit sue les stations d’Amérique du sud puis de l’océan indien. Il revint en décembre 1917 en métropole, fut stationné en réserve puis reprit du service en août-septembre 1918 avant de se voir remis en réserve, puis transformé en navire expérimental pour l’Asdic en 1919. Il devint navire-école des cadets jusqu’en 1922. Le HMS Argyll captura un cargo Allemand le 6 août 1914 mais s’échoua sur le récif de Bell Rock le 28 octobre 1915. Il fut évecué par son équipage sans pertes, mais réduit à l’état d’épave. Le HMS Carnarvon captura uun cargo Allemand, alors affecté en août 1914 au cap Vert. Il était devant Montevideo en octobre, et mena une escadre aux Falklands en décembre. Il subit des dommages importants sur les récifs des Abrolhos et fut réparé à Rio. Il fut ensuite affecté en Amérique du Nord, puis dans l’océan Indien jusqu’en 1918 et vendu en 1920.

Le HMS Devonshire captura dans l’atlantique un cargo Allemand en août 1914 puis fut affecté à Scapa Flow, puis en Norvège. De décembre 1916 à novembre 1918 il fut affecté aux Indes Orientales, puis vendu en 1921. Le HMS Hampshire captura un cargo Allemand en août 1914 et participa à la chasse de l’escadre de Graf Spee et de l’Emden. Il revint ensuite en métropole au sein de la Grand Fleet, puis fut envoyé en mer blanche pour escaorter les convois vers la Russie. Il prit part à la bataille de Jutland au sein de la 2 escadre de croiseurs, et embarqua ensuite Lord Kitchener et son personnel lors d’une mission secrète en Russie. Le 5 juin 1916 il heurta une mine devant les Shetland et coula rapidement, ne laissant que 12 rescapés. Le HMS Roxburg captura un cargo Allemand à l’entrée en guerre, et fut torpillé le 20 juin 1915, échappant de peu au naufrage. Réparé, il servit à partir d’avril 1916 en Norvège. Il fut ensuite affecté à la station des Indes Orientales et d’amérique du Nord de septembre 1916 à l’armistice, escortant des coinvois. Il parvint à ce titre à éperonner et couler l’U89. Il servit ensuite de navire d’essais à Portsmouth avant démolition en 1920.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 9 600 t, 10 850 T PC., 144,32 x 20,9 x 7,3 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. 4 cylindres TE, 21 chaudières, 21 000 cv. et 22 n. max.
 Blindage  Ceinture 152, Batterie 105, Barbettes 152, tourelles 76, blockhaus 305, ponts 60 mm.
 Armement  4 canons de 190 (4×1), 6 de 152, 2 de 76, 18 de 47, 2 TLT de 457mm ( SM ).
 Equipage  655

 

 

 

 

 

gbCroiseurs-Cuirassés Classe Diadem ( 1896-1898 )

diadem

 

C

Le HMS Argonaut au sein de la 9e escadre de croiseurs en janvier 1915.

Les 8 Diadem signaient une tentative de se démarquer des gigantesques Powerful, jugés trop dispendieux. On avait diminué leur taille, leur blindage et sauvegardé au total 3000 tonnes avec une économie de 100 000 livres par navire, ce qui était presque le prix d’un autre croiseur léger. Construits en deux groupes, les suivants disposaient de machines plus puissantes pour un gain d’un demi-noeud. Bon marcheurs, ils atteignirent sans peine leurs vitesses désirées, bien que le Niobe souffrit de pannes de machines et que les autres unités de la classe aient des problèmes de chaudières en service. On les critiqua pour leur manque de pièces lourdes et leur protection insuffisante ( des boucliers plutôt que des tourelles ).

Au début de leur carrière, trois de ces navires opérèrent en Chine et un en méditerranée, les autres restèrent dans les eaux territoriales. Le HMS Amphitrite était stationné au cap-vert au début de la guerre, au sein de la 9e escadre de croiseurs. A partir de juin 1915, il rallia Portsmouth pour y être converti en mouilleur de mines. En août 1917 il avait été réarmé avec seulement 4 pièces de 152 mm ( proue et poupe ) et une de 102 mm AA. Il pouvait emporter 354 mines et depuis sa sortie en août 1917, mouilla quelques 5053 mines, remplaçant l’Ariadne sur le barrage de Douvres. Pis ce fut le grand barrage du Nord en compagnie de l’US Navy. Il fut impliqué dans une collison en septembre 1918 avec le destroyer Nessus et retiré du service en juin 1919.

Le HMS Andromeda était ancré à Devonport et servait de navire-école, rôle qu’il tint jusqu’en 1919. Ensuite, renommé Impregnable II, il tint son rôle jusqu’en 1929. En 1931, il devint un navire-école des torpilles. Renommé Defiance, il survécut ensuite comme navire-dépôt et navire-école jusqu’en 1956. Le HMS Argonaut fut stationné jusqu’en 1915 au cap Finistère avec la 9e escadre de croiseurs. Il captura le cargo armé Allemand Graecia. Il fut mis en réserve à Portsmouth en octobre 1915, puis converti en navire-hopital jusqu’en 1917, puis navire-caserne jusqu’en 1920. Le HMS Ariadne était un navire-école des chauffeurs en 1914 à Portsmouth. On le transferé à Devonport en 1915 et on le convertit en mouilleur de mines comme l’Amphitrite en 1917. Il pouvait mouiller 400 mines, et à partir de mars, fut envoyé mouiller des mines au barrage de Douvres et dans la baie d’Héligoland, mais le 26 juillet, il fut torpillé ar l’UC 65 devant beachy Head, avec 38 victimes.

Le HMS Diadem était stationné comme navire-école des chauffeurs en 1914 à Portsmouth. En octobre 1915 on mit fin à ses activités, qu’il ne repris qu’en 1918 un bref moment. Il fut vendu en 1921. Le HMS Europa opérait au cap finistère en 1914 avec la 9e escadre de croiseurs, dont il fut le navire-amiral. Il fut ensuite envoyé en méditerranée, opérant à Mudros et à Malte après la guerre. Il fut vendu en 1920. Le HMS Niobe opéra avec la RCAN et fut victime d’un échouage avant la guerre. En 1914, il était basé aux Bermudes. En octore 1915 il était ancré à Halifax, désarmé, comme navire-dépôt de munitions. Un entrepôt voisin qui explosa l’endommagea gravement. Il ne fut pas réparé mais resta comme ponton jusu’en 1922. Le HMS Spartiate était un navire-école des chauffeurs en 1914, rôle qu’il tint jusqu’en 1932, sous le nom ( à partir de 1915 ), de HMS Fisgard.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 9 900 t, 11 000 T PC., 140,97 x 21,03 x 7,77 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach. 4 cylindres TE, 30 chaudières, 16 500 cv. et 20,5 n. max.
 Blindage  Ceinture 152, Casemates 102, Boucliers 100, tourelles 76, blockhaus 305, ponts 100 mm.
 Armement  16 canons de 152, 14 de 76, 3 de 47, 3 TLT de 457mm ( SM ).
 Equipage  677

 

 

 

 

 

 

 

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gbCroiseurs-Cuirassés Classe Cressy ( 1899-1901 )

cressy

6 grands crooseurs-cuirassés furent ordonnés en 1898, reprenant le design des Diadem précédents, mais avec une protection importante, une puissance supérieure pour sauvegarder la vitesse et l’armement des Powerful. Le progrès venait de l’adoption de plaques de blindage latéral Krupp, plus solide tut en étant moins épais et moins lourd. Les puits à munitions et les soutes étaient également blindées et le coffrage interne renforcé. Les tourelles lourdes avaient l’avantage d’êtres hydrauliques et orientables à tout angle ( y compris la hausse ) tout en permettant le rechargement. Ces bâtiments avaient une silhouette et une taille correspodant à celle des Diadem et pourtant la coque était plus pleine et ils accusaient 1000 tonnes de plus, au profit de la stabilité, tout en ayant une poupe mieux profilée, au profit de la maniabilité. C’étaient également de bons marcheurs, dépassant aux essais leur vitesse prévue sur papier. Par contre leur protection ASM était inefficace, comme en atteste la spectaculaire perte de trois des navires de cette classe, torpillés par un unique U-Boote en septembre 1914.

A leur entrée en service, ils furent ventilés entre différentes affectations: Les Hogue et Sutlej en manche, les Aboukir et Bacchante à Gibraltar, Cressy à Hong-Kong, Euryalus en Australie. Ce dernier entra en service en 1904 du fait de nombreux accidents de machines. Ils revinrent ensuite progressivement dans la Home Fleet et y étaient tous au début de la guerre. Le HMS Aboukir était en réserve et se vit envoyer avec un équipage de réservistes dans la patrouille du sud de la mer du Nord, la fameuse Force C, dite des « 14 puissants ». Il fut torpillé par l’U9 le 4 septembre 1914 et coula avec presque tout son équipage. Le HMS Bacchante servait sur le fleuve Humber en 1914 mais fut transféré comme navire-amiral de la force C. Il vit le feu lors de la première bataille de la baie d’Héligoland, et escorta des convois vers Gibraltar. Il fut envoyé défendre le canal de Suez, et se retrouva aux dardanelles en 1915. En 1916 il était de retour dans l’Atlantique Nord. Il heurta l’Achilles en mer d’irlande en 1917, puis revint à Gibraltar comme navire-amiral. Il fut ensuite placé en réserve à Chatham puis démoli en 1920.

Le HMS Cressy effectua son service avant-guerre aussi bien en Amérique du Nord qu’aux Indes Orientales, et faisait partie de la Force C au début de la guerre. Il fut torpillé par l’U9 le même jour que l’Aboukir, en essayant de repêcher son équipage et perdit lui-même 560 hommes dans son naufrage. Le HMS Euryalus fit partie de la Force C puis effectua des escortes de convois vers Gibraltar. Il opéra ensuite devant Suez, Smyrne et aux Dardanelles. Il permit d’appuyer la révolte arabe en mer rouge, et servit aux Indes Orientales. Il termina sa carrière à Hong Kong, et revint après la guerre en métropole pour une démolition. Le HMS Hogue servit dans la Force C, et eut l’occasion de combattre lors de la bataille de la baie d’Héligoland. Il remorqua au port le HMS Arethusa gravement touché. Il subit le même sort que le Cressy et l’Aboukir en étant torpillé par l’U9. Enfin le HMS Sutlej passa en 1914 de la 9e à la 11 e escadre de croiseurs en Irlande, de 1915 à 1916. Il fut envoyé à Santa Cruz, puis revint dans la Home Fleet au sein de la 9e escadre. Il fut mis en réserve à Rosyth à partir de 1917 et mis en vente pour démolition en 1919.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 18 800 t, 22 102 T PC, 160,3 x 25,6 x 8,3 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudières Babcock et Wilcox, 23 000 cv. et 20,75 n. max.
 Blindage  Ceinture 250, Batterie 130, Barbettes 230, tourelles 280, blockhaus 280mm, ponts 100 mm.
 Armement  10 canons de 305 mm (5×2), 16 canons de 102mm, 3 TLT de 457mm ( SM flancs et poupe ).
 Equipage  733

 

 

 

 

 

gbCroiseurs-cuirassés classe Duke of Edinburgh et Warrior ( 1904-05 )

duke_of_edinburgh

Le HMS Warrior en 1914.

Le Duke of Edinburgh ( DuE ) et le Black Prince autorisés au programme de 1902 étaient les premiers dessinés par Philips Watts. On abandonna par la même occasion les restrictions de tonnage, et ces bâtiments atteinrent des chiffres largement supérieurs aux Devonshire précédents. On revint d’ailleurs à une artillerie secondaire en batterie centrale au niveau du pont inférieur en barbettes. Les 6 pièces de 234 mm revenaient en tourelles simples, dans une configuration permettant une bordée de 4 pièces en ligne, 3 en chasse et 3 en retraite. On les critiqua plus tard pour le niveau trop bas de leur batterie, qui souffrait d’une mauvaise visée dans le gros temps. Quand aux pièces de 47 mm elles étaient jugées trop peu puissantes et rapides contre les unités légères.

La classe Warrior qui suivait comprenait aussi les Achilles, Cochrane, et Natal. Ces navires étaient virtuellement identiques aux premiers en termes de machines, taille et déplacement, ainsi que l’armement, bien que sa répartition soit différente: Ainsi les pièces de 152 cédèrent la place à des 192 mm en quatre tourelles simples. Le problème de leur précision par gros temps disparaissait. Ces navires opératonnels en 1907 avec quelques modifications mineures de blindage. Du fait de leurs réaménagements, ils avaient un point métacentrique rabaissée et une bien meilleure stabilité.

En 1914, le Black Prince était stationné en méditerranée. Il captura un cargo Allemand en mer rouge, puis opéra de Gibraltar. En décembre, il rentra pour rejoindre la Grand Fleet. Il combattit à Jutland et fut coulé par le feu des cuirassés Allemands durant l’action de nuit du 31 mai, perdant tout son équipage dans son naufrage. Le HMS Duke of Edinburgh était également basé en méditerranée en 1914. Il captura des cargos en mer rouge et opéra dans le golfe Persique avant de rejoindre la Grand Fleet en décembre. Comme le Black prince, il fut modifié dans son armement et ses aménagements. Il prit part à la bataille de Jutland, y survécut, puis fut affecté à l’escorte des convois de l’Atlantique. En 1918, il fut affecté à la station des Indes Orientales et d’Amérique du Nord, et envoyé à Imingham en 1919 avant d’être désarmé.

Le HMS Achilles de la classe Warrior servait à Portsmouth en 1914. Une explosion de canon l’envoya en réparations jusqu’en juin 1916: Il rata donc la bataille. Après cela, il fut affecté à l’Atlantique. Il débusqua le raider Leopard et le coulaen mer du Nord le 16 mars 1917. Il resta à des missions d’escorte jusqu’à l’armistice puis devint un navire-école des soutiers. Le HMS Cochrane était basé à Scapa Flow et combattit au Jutland. Il fut ensuite basé aux Indes Orientales, puis escorta les convois vers Arkhangelski. Il heurta un récif en novembre 1918 et fut ferraillé. Le HMS Natal était basé à Scapa, et fut modifié à Comarty en 1915. Il subit une explosion accidentelle de cordite fatale le 31 décembre 1915, faisant 505 victimes. Le HMS warrior Servait en Adriatique en 1914. Il barra le passage du Goeben vers Pola. Il défendit le canal de Suez. Il fut ensuite affecté à Gibraltar, au Sierra leone, puis revint dans la Grand Fleet. Il combattit au Jutland et y fut gravement touché. Bien que remorqué par l’Engadine, il chavira et sombra en cours de route.

Caractéristiques ( Warrior ):

 Déplacement & Dimensions

 12 200 t, 13 550 T PC, 154,03 x 22,40 x 7,62 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE à 4 cyl., 25 chaudières, 23 000 cv. et 23 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 254, batterie 152, ceinture 152, blindage interne 100, ponts 20 mm.
 Armement  6 canons de 254, 4 de 190, 23 de 47, 3 TLT de 457 mm.
 Équipage 712

 

 

 

 

 

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gbCroiseurs cuirassés classe Minotaur ( 1906 )

minotaur

Le HMS Defence en 1915.

Derniers croiseurs-cuirassés Britanniques, les trois Minotaur marquaient un jalon supplémentaire vers une artillerie surpuissante, au détriment de la protection, avec un tonnage et des dimensions supérieures. Les pièces secondaires étaient réparties en tourelles simples latérales, mais avec une largeur de près de 23 mètres et une forme « en losange », le champ de tir vers l’avant ou l’arrière de ces pièces restait remarquable. La coque du Shannon était d’ailleurs 30 cm plus large, avec une perte de vitesse ( 22,5 noeuds ). Le blindage des ponts avait été singulièrement revu à la baisse, mais celui des deux tours blindées et de leurs puits de communication était renforcé. Les cheminées étaient un peu plus courte, ce qui en relation avec la hauteur des postes de direction était avantageux, mais posait des problèmes à la passerelle par vent arrière. Les cheminées furent réhaussées en 1909 de 4,50 m, tandis que en 1917, le Minotaur et le Shannon recevaient des mâts tripodes et un armement léger réduit, remplacés par une pièce de 75 mm AA.

Pour ces trois navires acceptés en service en 1908, leur carrière durant la grande guerre fut active: Le HMS Defence fut basé en Chine en 1912. En 1914, après avoir longtemps servi à la 1ere escadre de croiseurs, il était en méditerranée. Il participa ainsi à la traque du Goeben et du Breslau, l’escadre Allemande de méditerranée, puis opéra aux Dardanelles. Il rallia ensuite les Malouines, et l’escadre de l’amiral Cradock. Malheureusement, il n’était pas présent dans l’escadre, affecté au Cap de bonne-espérance lorsque Sir Charles Cradock eut à affronter le Comte Spee en novembre. En 1915, il devint le navire-amiral de la 1ere escadre de croiseurs au sein de la Grand Fleet. Le 31 mai 1916, il était en ligne lors de la bataille du Jutland. Il fut pris à partir par les pièces du cuirassé Allemand Friedrich der Grösse, et un obus explosa dans un puit à munitions. La cordite s’embrasant fit sauter la soute et le navire avec. Il n’y eut aucun survivants.

Le HMS Minotaur était basé en Chine de 1910 à 1914. Il rentra en métropole en convoyant des troupes Australiennes. Il fut ensuite le navire-amiral de l’escadre du cap de bonne-espérance avant de rejoindre la Grand Fleet, puis un chantier pour une longue refonte. En 1916, il était affecté à la 2e escadre de croiseurs et participa à la bataille du Jutland. Il fut rayé des listes et vendu en 1919. De son côté le HMS Shannon servait au sein de la 2e escadre de croiseurs en 1914. Il fut refondu de manière sommaire à Cromaty, puis participa à la bataille du Jutland. En novembre, il escortait des convois vers Mourmansk. Puis il escorta des convois dans l’Atlantique Nord jusqu’à sa mise à la retraite en 1920.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 14 100 t, 14 600 T PC, 158,2 x 22,7 x 7,92 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines 4 cyl., 24 chaudières Yarrow, 27 000 cv. et 23 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 152, Barbettes 180, tourelles 203, blockhaus 254, ponts 20 mm.
 Armement  4 canons de 234 (2×2), 10 de 190, 16 canons de 76, 5 TLT de 457mm ( SM ).
 Équipage  755

 

 

 

 

 

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gbCroiseurs classe Astraea ( 1893 )

astraea

Le HMS Astraea en 1914.

La classe Astraea suivait directement celle des Apollo. On avait tenté notamment de remédier à une certain nombre de défauts de ces derniers. 1000 tonnes supplémentaires avaient étés affectés à la reconception de la coque et à un armement plus puissant et mieux distribué. Il en résultait 8 unités provenant de Devonport, Sheerness, Pembroke, Chatham et Portsmouth, bien plus massives que les anciens Apollo. La proue était en effet comme la poupe réhaussées, la coque élargie et allongée, et surtout l’artillerie latérale reportée un pont au-dessus. Les pièces lourdes des quatres angles étaient d’ailleurs montées sur des extensions qui pemettaient un tir en chasse comme en retraite. L’appareil propulsif comprenait une machine à trois cylindres et à triple expansion couplée avec 8 chaudières cylindriques. L’ensemble fournissait 7500 cv en conditions normales, 9250 en forçant les chaudières, leur donnant 20,5 noeuds dans le meilleur des cas, ce qui n’était guère supérieur aux Apollo. En revanche l’autonomie progressait, passant à 7000 nautiques à 10 noeuds. Tous ces navires furent abondemment construits et finis en utilisant du cuivre et du bois, dans l’optique d’une utilisation sous les tropiques. On les critiqua cependant, malgré l’incontestable meilleur comportement marin et la meilleure efficience des pièces d’artillerie loin des embruns, pour le peu de progrès réalisés dans la puissnce de feu et l’armement, à tonnage et budget largement supérieur.

Tous ces bâtiments étaient en service en août 1914, mais avec des situations fort différentes: Le HMS Bonaventure avait été converti en ravitailleur de submersibles en 1907 à Devonport, après avoir servi dans le pacifique, et d’être démoli en 1920: Le HMS Astraea opérait en extrême-Orient, ( Hong Kong, Colombo ) avant de revenir dans la home fleet en 1911. On l’envoya en 1913 en Afrique du Sud. En 1914 on le vit bombarder Dar-es-Salaam, puis traquer le croiseur Allemand Königsberg, et le bloquer dans le delta du Rufiji. Il fut rayé des listes en 1919. Le HMS Cambrian servit en Australie, puis à colombo, avant de revenir à Devonport. Il effectua quelques sorties, mais fut repris en mains pour conversion en 1915, et devint un navire-école, sous le nom de Harlech. Le HMS Charybdis fut successivement mis en réserve et retiré pour servir jusqu’en 1914, en métropole. En 1915, il fut victime d’une collision aux Bermudes. II y resta jusqu’en 1917, puis servit de cargo jusqu’en 1918, loué à partir de Mars à une compagnie privée. Il sera finalement démoli en Hollande en 1923. Le HMS Flora servait en extrême-Orient. En 1914, il fut retiré du service, mais resta au port comme ponton utilitaire, fut renommé Indus II en 1915, et finalement démoli en 1922. Le HMS Forte servit au Cap en Afrique du sud, puis à Portsmouth, et encore au Cap pur relever l’Hermione en 1914. Il revint en 1913 à Chatham, et fut mis en disponibilité. Il fut vendu pour la démolition en 1914, et le fut en Hollande. Le HMS Fox servait également en extrême-Orient ( Indes Orientales ), mais revint à Portsmouth et mis dans la flotte de réserve. Sa carrière fut ensuite plus active: Il servit de nouveau dans les Indes Orientales, notamment à Muscat, puis en méditerranée à Aden, et encore à Colombo en 1914. Il captura 2 cargos Allemands, revint en méditerranée, puis rallia la mer rouge. Il y était encore en 1918. On le renvoya ensuite en métropole pour y être rayé des listes. Il fut démoli en 1920. Enfin, le HMS Hermione fut placé dans la flotte de réserve dès 1906, et envoyé ensuite au Cap. Il fit naufrage à Zanzibar, mais les dégâts étaient minces, aussi fut-il réparé prestement. Il servit ensuite dans la Home Fleet, opérant dans l’Atlantique. Puis il devint durant la guerre garde-côte, QG pour les vedettes jusqu’en 1919. Il fut alors revendu et devint le navire-école civil Warspite.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 2900t, 3400-3600 T PC, 95,7 x 13,31 x 5,63 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE à 2 cyl., 5 chaudières, 7 000-9000 cv. et 18,5 – 20 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 76 mm, boucliers 100 mm, blindage interne 120 mm, ponts 51 mm.
 Armement  2 canons de 152 mm, 6 de 120 mm, 8 de 57, 1 de 47, 4TLT de 355mm.
 Équipage 273

 

 

 

royalnavyCroiseurs classe Bristol ( 1909 )

bristol
HMS Gloucester, 1917.

En parrallèle des croiseurs-cuirassés, aucun croiseur moyen depuis ceux de seconde classe en 1900 n’avaient vu le jour depuis le début du siècle, notamment du fait de l’obstination de Lord Fisher qui désirait confier ce rôle à des « super-destroyers » comme son enfant chéri, le HMS Swift. Mais devant la menace représentée par leurs homologues Allemands de nouvelle génération, il était temps pour l’amirauté de défini, en dépit des avis de Lord Fisher, un nouveau type de croiseur moyen. Deux pièces de 152 mm, « lourdes » complétées par des pièces rapides destinées à lutter contre des destroyers semblait un bon compromis, de même que leurs conceptions tactiques à mi-chemin entre l’éclairage rapide et l’appui de la flotte. Ce furent les premiers croiseurs de la super-classe « Town » ( portant des noms de ville ), au total 19 bâtiments en comprenant les classes Weymouth, Chatham, et Birmingham. Critiqués pour leur haut point de gravité métacentrique, exigus, sujets au roulis et parfois médiocres plate-formes de tir, ils étaient cependants satisfaisants en service et donnèrent lieu à de nombreuses améliorations sur les classes suivantes. La classe ( mise sur cale en 1909 et achevée en 1910 ) comprenait outre le Bristol, les Gloucester, Glasgow, Liverpool et Newcastle. Ils furent très actifs pendant la grande guerre, envoyés dans des stations lointaines: Ainsi le Bristol opéra aux Indes Orientales, avec l’escadre d’Extrême-Orient de l’amiral Stoddart, combattant le SMS Karlsruhe, puis rejoignit l’escadre des Malouines, combattant Von Spee en décembre, capturant des charbonniers Allemands, puis chassant le SMS Dresden. Il servit ensuite en méditerranée, puis opéra de nouveau dans l’Atlantique sud jusqu’à son retrait en 1921. Le Glasgow captura en 1914 le paquebot Allemand Catherina, et échappa de peu à la destruction avec le croiseur auxiliaire Otranto lors de la bataille de Coronel remportée par l’escadre de Von Spee. Il participa à la revanche Anglaise le 8 décembre, coulant le SMS Leipzig. Il participa à la chasse du Dresden qu’il réussit à coincer et à couler le 14 mars 1915 au large de l’île Juan Fernandez. Il participa ensuite à la traque de la canonnière Möwe en méditerranée. Il fut basé en Adriatique, puis à Gibraltar et rejoinit la Grand Fleet en métropole en 1918, avant d’être vendu en 1921, comme les autres navires de cette classe.

Le HMS Gloucester était basé en méditerrannée en 1913 et participa à la chasse de l’escadre de Souchon formée du Goeben et du Breslau. Il participa ensuite à la traque de l’Emden dans le pacifique et l’océan Idien et revint en méditerranée en 1914. Il fut affecté à la Grand Fleet, puis détaché pour partir sur les côtes d’Afrique de l’ouest à la chasse du croiseur auxiliaire Allemand Kronprinz Wilhelm. Il captura le Macedonia, bombarda la base de Galway, et servit jusqu’à l’armistice en adriatique. Le HMS Liverpool faisait partie de la Grand Fleet en 1914 et se battit à Héligoland, endommagé par l’explosion du HMS Audacious le 27 octobre 1914. Il fut ensuite envoyé traquer le Kronprinz Wilhelm, puis servit successivement depuis Brindisi en méditerranée centrale, fut détaché en mer égée, aux Dardanelles, puis en mer noire en 1919 pour appuyer la flotte des Russes blancs. Le HMS Newcastle fut envoyé à sa mise en service remplacer le vieux HMS Bedford en Chine. Il bombarda les mutins de Shanghai en 1913, puis fut envoyé en amérique du sud traquer le corsaire Prinz Eitel Friedrich, dans le pacifique en capturant le Mazatlan, en méditerranée ( Mudros ), puis en adriatique, avant de finir sa carrière aux Malouines.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 3300t – 3800t.PC, 123,4 x 12,5 x 4,3 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 12 chaudières Yarrow, 18 000 cv. et 25 noeuds max.
 Blindage  Ponts 25, Tour 100 mm.
 Armement ( origine )  6 canons de 152 mm, 4 de 47 mm, 2 TLT 533 mm latéraux, pont.
 Equipage  317

 

 

 

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gbCroiseurs Classe Weymouth ( 1910 )

weymouth

Le HMS Falmouth en 1916.

Les quatre croiseurs de la classe Weymouth étaient très proche des cinq Bristol précédents, si ce n’est leur coque sensiblement élargie, leur donnant un tonnage plus important de 420 tonnes. Leur coque était également modifiée pour accueillir un armement composé et réparti différemment. A bien des égards, il sagissait de « Bristol améliorés », avec un armement simplifié, réhaussé à un ensemble de pièces de 152 mm nécéssitant une largeur accrue pour régler le problème de stabilité induit. On avait également groupé 4 pièces à l’avant, sur le gaillard, plus efficaces dans le gros temps. On ajouta en 1915 une pièce de 75 mm de DCA sur plate-forme au centre des cheminées. Les mâts à cette époque furent réduits, et des tripodes ajoués en 1917 pour soutenir un poste de tir à l’avant, des projecteurs additionnels étant ajoutés à l’arrière. Une plate-forme pour avions fut ajoutée sur le Yarmouth et le Weymouth en 1918. Au final, ces quatre navires furent jugés très réussis, servirent intensément pendant la guerre et servirent de base pour les développements à venir, les excellents Chatham et Birmingham.

Leur carrière fut assez riche: Le Dartmouth opérait depuis Bombay en 1914, il captura un remorqueur Allemand, puis fut affecté à la 2e escadre de croiseurs légers ( ECL ) de la Grand fleet, mais resta en amérique du Sud à la recherche du Karlsruhe. Plus tard, il retourna aux Indes, puis rallia les Dardanelles, et resta jusqu’en 1919 avec la 8e ECL basé à Brindisi. Il fut torpillé en 1917 par l’UC25 qui s’attribua la victoire, mais contre toute attente, il parvint à rallier un port pour des réparations sommaires. Il continua à servir jusqu’en 1929. Le Falmouth rejoignit en août 1914 la 5e EC avec la Home Fleet, coulant quatre cargos Allemands en moins d’un mois. Il passa ensuite à la 1ere ECL en tant que porte-drapeau, puis la 3e ECL, combattant au Jutland, encaissant un obus. Le 19 août 1916 il fut torpillé par l’U 66. Survivant à ses voies d’eaux, ses machines hors d’usage il dût être remorqué à bon port. Mais en cours de route il fut torpillé par l’U 52 et sombra une dizaine d’heures plus tard.

Le HMS Weymouth passa de l’Atlantique à la méditerranée, puis à l’océan indien. Au début de la guerre, il se lança dans la traque de l’Emden, puis plus tard rejoignit la côte ouest de l’Afrique et le delta du Rufiji pour attaquer le Königsberg. Il passa ensuite en méditerranée, en adriatique, puis retourna en métropole, et rallia les Bermudes. A partir de 1917 il fut affecté à la 8e ECL à Brindisi et fut torpillé par l’U28 Autrichien devant Durazzo. Réparé à Malte, il y resta jusqu’en 1919, et servit ensuite jusqu’en 1928. Le HMS Yarmouth servit en méditerranée et en Chine et au début de la guerre fut envoyé traquer l’Emden. Il captura le Pontoporos, ex-prise du croiseur Allemand, coula son ravitailleur attitré le Markomannia. Il fut ensuite affecté à la Grand Fleet, au sein des 2e et 3e ECL, se battant au Jutland. En juin 1916 il fut torpillé par un U-Boote sans succés, avant de rejoindre l’Afrique du sud et la 2e ECL en 1919, puis ensuite fut affecté en Amérique du sud. Il servit ensuite en métropole de navire d’instruction et de transport de troupes jusqu’à son retrait d’active en 1929.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 5250 t, 5800 T PC, 138,1 x 14,6 x 4,7 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons Compound, 18 chaudières Yarrow, 24 000 cv. et 25 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 100mm, ponts 50 mm.
 Armement  8 canons de 152mm, 4 de 47 mm, 2 TLT de 533 mm ( SM flancs ).
 Equipage  475

 

 

 

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gbCroiseurs classe Birmingham ( 1914 )

bimingham
HMS Nottingham, 1916.

Le succés des croiseurs de la classe Chatham conduisit l’amirauté à en commander 3 autres, les Birmingham, Nottingham et Lowestoft. Ils furent mis en chantier en 1912, lancés en 1913 et achevés début 1914. Ils étaient virtuellement des copies des premiers, à ceci près qu’ils possédaient une pièce de 152 mm supplémentaire à l’avant, avec un arrangement en deux pièces latérales. Le Lowestoft fut équipé d’un mât tripode dès l’origine supportant une passerelle avec un projecteur, configuration reprise lors d’une refonte du Birmingham en 1917. Leur passerelle fut agrandie et un canon de 76 de DCA ajouté en 1915. Ces navires donnant toute satisfaction, on entrepris la construction d’une quatrième unité, HMS Adelaide, mis en chantier à Cockatoo en Australie pour la RAN. Ce dernier, lancé en 1918 et achevé en 1922, intégrait toutes les modifications des premiers. Leur carrière fut très active: Le HMS Bimingham coula en 1914 deux cargos Allemands, et éperonna et coula l’U15 quelques jours après le début des hostilités. Il prit part à la bataille du Dogger bank. Il participa aussi à la bataille du Jutland et n’y fut que légèrement endommagé. Il fut mis en réserve en 1920 puis repris du service dans des stations lintaines avant d’être réformé en 1931. Le Lowestoft servit en mer du Nord, coulant un cargo Allemand en 1914, participan à l’action du Dogger Bank, puis ralliant l’escadre de méditerranée où il resta jusqu’en 1919. Il fut basé en Afrique jusqu’en 1924, puis d’autres stations lointaines, et vendu en 1931. Le Nottingham combattit au Dogger bank et au Jutland, et fut coulé le 19 août 1916 par l’U52 ( salve de trois torpilles ), emportant 38 hommes d’équipage. Le HMAS Adelaide, plus grand et plus lourd, participa à la seconde guerre mondiale.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 5440t – 6040t.PC, 139,3 x 15,2 x 4,9 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 12 chaudières Yarrow, 25 000 cv. et 25,5 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 50, ponts 40-15, Tour 102 mm.
 Armement  9 canons de 152 mm, 4 de 47 mm, 2 TLT 533 mm SM.
 Equipage  480

 

 

 

gbCroiseurs classe Eclipse ( 1895-96 )

eclipse

Cette série de 9 croiseurs dits de « seconde classe » dérivaient des Astraea, mais remédiaient à leur principal défaut, une artillerie faible. Ils furent ordonnés au plan de 1893-94 par Spencer, mis en chantier en 1893-94 et achevés en 1897-98.

La coque était agrandie et renforcée, le gaillard d’avant pourvu d’un pont en dos de tortue. On avait également réarrangé l’artillerie de façon à pemettre une volée plus efficace en chasse comme en retraite. Cependan, on estima que l’armment était encore trop faible et on décida de les réarmer en 1903-1905 à l’exception du HMS Eclipse, qui disposait d’un armement comprenant les 5 pièces de 152 mm, 6 de 120, 8 de 76 et 6 de 47 mm d’origine. Les machines ne changeaient guère mais quelques progrès avaient étés réalisés avec un relatif gain de puissance et par conséquent leur vitesse aux essais furent de 20 à 21,5 noeuds. Ce furent les premiers croiseurs de seconde classe équipés de hunes militaires.

En dehors du HMS Dido qui fut déclassé et utilisé comme ravitailleurs dès 1913 ( et démoli en 1926 ), tous les autres eurent une carrière active durant la guerre:

Le HMS Diana fut basé en méditerranée, mais était à devonprt en 1914. Il fut affecté à la Force G en manche, capturant une goélette Allemande. Il fut ensuite affecté à la 12 escadre légère jusqu’en 1915. Puis en Novembre, partit pour la station Chinoise de Hong-Kong, et y resta jusqu’en 1917. Il fut ensuite basé à Suez, puis opéra en mer rouge, et dans l’océan Indien. On l’envoya à Queenstown jusqu’à sa fin de service en 1919.

Le HMS Dido était affecté en métropole à diverses escadres. Après une refonte à Chatham, il subit une collsion avec le Berwick en 1913. Réparé, il fut ensuite basé à Harwich jusqu’en 1916. Il devint ensuite le ravitalleur de la 10e escadrille de destroyers jusqu’à l’armistice.

Le HMS Doris était basé avec la Home Fleet en 1914, opérant des sorties et capturant quelques cargos Allemands. On l’envoya ensuite en méditerranée avec la 11e escadre. Il s’en prit au trafic marchand Turc, coulant un cargo. Il fut ensuite envoyé aux Dardanelles puis en mer Egée. En 1917 il était basé dans la station des Indes Orientales et fut désarmé à Bombay en 1919.

Le HMS Eclipse servit de navire-école à Osborne jusqu’en 1912. Il fut ensuite détaché à Portsmouth puis Devonport et escorta en Australie les submersibles de la classe AE1 à Singapoupr à la veille du conflit. Il rejoint ensuite en Manche la force G, capturant 2 cargos Allemands. Il fut ensuite basé à la 12e escadre, puis en 1916 détaché comme navire-dépôt des submersibles à Devonport avant sa mise à la retraite en 1919.

Le HMS Isis servit de navire-école des cadets à la station des Indes Occidentales et d’amérique du Nord avant de rejoindre la Home Fleet en 1909. Après une courte refonte, il fut affecté à la Home Fleet à devonport. Il heurta un cargo par accident, provoquant la perte de ce dernier, et en 1914 opéra des patrouilles, capturant un cargo Allemand. Il fut ensuite détaché en mer d’Irlande, puis aux Bermudes, et enfin de nouveau à sa station de jeunesse, et y resta jusqu’à l’armistice. Il fut désarmé en 1919 à Invergordon.

Le HMS Juno opéra au sein de la Home Fleet jusqu’en 1914 au sein de deiverses formations avant de se voir affecté à la 11e escadre légère en mer d’Irlande. En juillet 1915 On l’envoya dans le Golfe Persique. Il fut ensuite envoyé aux Indes Orientales jusqu’à l’armistice et il fut désarmé en métropole en 1919.

Le HMS Minerva servit en méditerranée en 1912. Deux ans plus tard, il était à Portsmouth puis rejoint la 11e escadre en Irlande, puis fut affecté à la 5e escadre patrouiller devant le finsitère. Il captura à cette occasion un cargo Autrichien. On l’envoya en méditerranée ensuite, d’abord à Suez, puis aux Dardanelles en 1915. Il eut l’occasion de se battre contre la marine Turque, coulant notamment le torpilleur Demirishar le 17 avril 1915 devant Chios. Il fut ensuite envoyé en Chine, puis la mer rouge et l’océan indien en 1917 avant de finir sa carrière en Afrique Orientale. Il fut désarmé à Queenstown en 1919.

Le HMS Talbot servit en manche, puis fut envoyé à Suez, s’y échouant en 1912. En 1913, il menai la 7e escadrille de destroyers. Il revint en métropole à devonport au sein de la 3e flotte puis fut affecté en 1914 à la Force G. Il captura à cette occasion un cargo Allemand. Puis ce fut la 12e escadre en février 1915, puis les Dardanelles en avril. Jusqu’en 1917, il fut ensuite basé en Afrique Orientale. Il fut ensuite basé au cap de bonne-espérance en frique du sud en 1918, et revint en méditerranée en 1919. Fin 1919 il revint à devonport pour être désarmé et vendu en 1920.

Le HMS Venus servit dans l’Atlantique et la méditerranée, fut basé à Pembroke et Portsmouth. En 1914, au sein de la 11e escadre en Irlande, il captura 2 cargos Allemands. Il fut endommagé durant un ouragan, perdant son mât avant, fut ensuite basé en Egypte, puis à Singapour en 1917 avant les Indes Orientales en 1918 comme navire-amiral de l’escadre. Il revint en 1919 en métropole pour démolition.

Caractéristiques ( en 1914 ):

 Déplacement & Dimensions

 5200t, 5600 T PC, 113,70 x 16,31 x 6,25 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines 3 cyl. TE, 8 chaudières cylindriques, 8000 cv. et 19,5 noeuds max.
 Blindage  Pont de protection des machines 15, Boucliers 76, Blockhaus 152, ponts 76 mm.
 Armement  11 canons de 152, 8 de 76, 6 de 47, 3 TLT de 457 mm ( SM ).
 Equipage  450

 

 

 

 

gbCroiseurs classe Apollo ( 1890-91 )

apollo

Le HCMS Melpomene en 1914.

La classe Apollo fut la plus importante série de croiseurs jamais entreprise au XIXe siècle. Il s’agissait de bâtiments légers, dits de « seconde classe », et qui devaient opérer sur des stations lointaines comme super-canonnières. Ils avaient étés ordonnés par la loi navale de 1889, et 21 navires commandés à 10 chantiers différents sur un plan unique et intangible, afin de gagner du temps de construction: Devonport, Chatham, Sheerness, London et Glasgow, NCA Co Barrow, Palmer, Samuda, Thompson, et bien entendu Arsmtrong Elswick. Ils étaient d’ailleurs parfaitement représentatifs des croiseurs « exportables » et le furent dans de nombreux pays, y compris les USA. Ils dérivaient pour l’essentiel des Medea de 1887, mais avec un armement à tir rapide repensé. Au lieu d’avoir 6 pièces de 152 mm, ils n’en avaient plus que deux relégués aux deux gaillards. Par contre ils faisaient usage de pièces de 120 mm plus rapides, logés sur les flancs derrière des pavois. Leurs pièces de 57 mm étaient réparties en quatre barbettes de coque avant et arrière, les autres sur les flancs. Cependant cet arrangement fut très critiqué: Les canons latéraux notamment ne débordaient pas de la coque et leur arc de tir s’en trouvait des plus réduit. En effet en chasse comme en retraite, leur puissance de feu se limitait strictement à l’unique pièce de 152 mm. Deux tubes lance-torpilles se trouvaient dans le pont de batterie au niveau du mât arrière et avaient un débattement de 90°. Les deux autres étaient fixés dans l’axe, à la poupe et à la proue.

Le blindage était très classique, limité à 120 mm et pour les endroits névralgiques, la tour de commandement blindée à l’avant ayant 80 mm, et le coffrage défensif interne de la salle des machines 120. Les boucliers des pièces étaient également de 100 mm. Partout ailleurs il était réduit à 51-20 mm. Les deux salles de machines, utilisant une configuration verticale, étaient séparées par une cloison longitudinale afin d’éviter qu’une voie d’eau ne noie la salle des machines entière. Ils étaient capables de croiser sur 8000 nautiques à 10 noeuds, avec une vitesse maximale similaire aux Medea. Ils étaient aussi considérés comme des bons marcheurs. Toutefois, leur construction légère était un handicap en termes de tenue en mer par gros temps. Avec un franc-bord très bas ils étaient de ce fait trop « humides », et devenaient de médiocres plate-formes de tir. 10 ( Aeolus, Brillant, Indefatigable, Intrepid, Iphigenia, Pique, Rainbow, Retribution, Sirius, Spartan ) de ces bâtiments furent définis spécifiquement comme des croiseurs coloniaux et leur structure fut abondamment garnie de cuivre et de bois plutôt que l’acier sujet à la rouille, accusant de ce fait 200 tonnes de plus et une vitesse en retrait.

7 bâtiments furent pris en mains pour une transfomation en mouilleurs de mines en 1907-1910: Les Andromaque, Apollo, Intrepid, Iphigenia, Latona, Naiad et Thetis. Le HMS Indefatigable fut en 1910 transféré à la marine Canadienne et resta en service jusqu’en 1920 presque inchangé, rebaptisé Melpomene. 8 batiments n’étaient plus en service en 1914. Le Sybille fut perdu en mer en 1901, et 7 autres désarmés en 1911-14. Les Sirius, Thetis, Iphigenia, Intrepid, et Brilliant servirent d’obstructeurs dans les opérations de Zeebruge en 1918, coulés le 23 avril afin de bloquer le port. Les autres, plus ou moins inactifs, servirent de navires-dépôt jusqu’à la find de la guerre ou de « ‘sentinelles » dans des stations lointaines de second ordre. Les mouilleurs de mines en revanche, mirent en place un barrage de 9000 mines en 22 sorties, contribuant à isoler la Hochseeflotte. Ils furent désarmés en 1920-22.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 2900t, 3400-3600 T PC, 95,7 x 13,31 x 5,63 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE à 2 cyl., 5 chaudières, 7 000-9000 cv. et 18,5 – 20 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 76 mm, boucliers 100 mm, blindage interne 120 mm, ponts 51 mm.
 Armement  2 canons de 152 mm, 6 de 120 mm, 8 de 57, 1 de 47, 4TLT de 355mm.
 Équipage 273

 

 

 

 

Croiseurs classe Arrogant ( 1896-97 )

arrogant

Le HMS Furious en 1914.

La classe Arrogant comprenait 4 unités: Les Arrogant, Furious, Gladiator et Vindinctive. Ils furent définis au plan de 1895/96 comme des unités de flotte plutôt que pour un usage de protection des routes marchandes. On avait notamment développé leur capacité d’éperonnage. Pour êtres plus agiles que les Eclipse dont ils descendaient, on avait diminué leur longueur et augmenté leur largeur. Ainsi leur déplacement restait légèrement supérieur. Le gouvernail était agrandi et adjoint d’un second, la poupe et la proue redessinées. Leur armement ne changeait pas fondamentalement, on avait simplement simplement supprimé certaines pièces à tir rapide de 47 mm pour des mitrailleuses lourdes Lewis. Le blindage également était renforcé, notamment à l’avant, pour étaler le choc d’un éperonnage. Il pouvait sembler étranger qu’une telle tactique soit encore d’usage à la veille du XXe siècle, mais il était entendu que la manoeuvre d’éperonnage était applicable à un navire déja en perdition, recevant là le coup de grâce.

Ces quatre croiseurs furent achevés en 1898, 1899 et 1900 pour le Vindictive. Ils étaient les premiers croiseurs Britanniques de seconde classe équipés de chaudières à tubes d’eau, sur deux machines à triple expansion. La vitesse finale fut cependant inférieure aux attentes et inférieure à celle des croiseurs de la classe précédente. En 1903-04, on fi déposer leur armement original pour une artillerie uniforme de 10 pièces de 152 mm, plus redoutable. Le 25 avril 1908, le HMS Gladiator sombra à la suite d’une collision avec le paquebot Américain SS St Paul sur la Solent. Il sera renfloué pour démolition l’année suivante. Leur carrière se borna pour les trois survivants à être en service en 1914. Dès 1910, le HMS Arrogant servait de navire ravitailleur pour submersibles à Devonport, le HMS Furious étant renommé en 1915 Forte et servait de ravitailleur au HMS Vernon depuis 1906. Il lui fut ensuite attaché comme ponton. Le Vindictive était également condamné à une certaine inaction: Il passa son temps en alternance de réserve et de service de 1906 à 1909. Il recçut ensuite une courte refonte à Chatham, et partit pour la 3e division de croiseurs légers. Il fut ensuite effecté à la 4e, puis servit un temps de ravitailleur pour le Vernon à Portsmouth.

Toutefois c’est à partir de 1914, août, que sa carrière prit un tout autre visage: Très vite, on employa le Vindictive à la 9e escadre de croiseur, où il captura deux cargos Allemands. A partir de 1915, il partit pour la station d’amérique du sud ( côte Chilienne ). En 1916, il était de retour et opérait en mer blanche. Il revint au sein de la Grand Fleet fin 1917. Il resta ensuite à l’ancre à Portsmouth puis fut pris en mains pour une reconversion très spéciale: Il s’agissait d’en faire le pivot du célèbre raid de Zeebruges programmé pour 1918. On le débarrassa de ses mâts, de tous les équipements superflus, de ses canons de 152 mm et de son artillerie secondaire pour y placer une artillerie de campagne: Howitzers, mortiers, et même lance-flammes installés dans deux tours. Tout avait été prévu pour un assaut latéral du môle et on avait renforcé son côté bâbord, y compris avec des passages blindés. La tour de commandement avait été renforcée par des plaques de tôles revêtues de sacs de sable. C’est le Vindictive qui devait emporter les commandos de arine pour l’assaut principal. ( voir: Le raid de Zeebruges ). Martelé par l’arillerie Allemande, le Vindictive se traîna à Portsmouth réduit pratiquement à l’état d’épave. On en fit utérieurement un ponton d’obstruction du port d’ostende ou il fut sabordé. On le renfloua et le démolit en 1920.

Caractéristiques ( origine ):

 Déplacement & Dimensions

 5680t, 5750 T PC, 104,24 x 17,53 x 6,1 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE à 3 cyl., 18 chaudières Belleville, 10 000 cv. et 19 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 230 mm, boucliers 114 mm, blindage interne 100 mm, ponts 51 mm.
 Armement  4 canons de 152, 6 de 120, 8 de 76, 3 de 47, 5 ML, 4 TLT de 457 mm.
 Équipage 273

 

 

 

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gbCroiseurs classe Highflyer et Challenger ( 1898-1902 )

highflyer

Le HMS Highflyer en 1914.

On associe généralement les trois Highflyer avec les deux Challenger bien qu’ils furent construits avec un écart de 3 ans, et concentraient quelques améliorations. Les Highflyer étaient très proches des Eclipse précédents mais possédaient un armement uniforme de 152 mm et des chaudières à tubes d’eau plus efficaces et moins lourdes. Leurs machines étaient celles des Arrogant précédents, leur donnant une vitesse de plus de 20 noeuds. Le HMS Hermes souffrit cependant de problèmes de chaudières, qui furent changées. Les deux Challenger du programme de 1900 avaient une machinerie plus puissante et une mâture plus importante. Ils dépassaient tous deux les 21 noeuds. Ce furent les derniers croiseurs de seconde classe Britanniques, assimilés à des croiseurs protégés en 1914. Leur carrière fut assez active:

Le HMS Hermes fut envoyé à Chatham en 1913 pour y être converti en transport d’hydravions à l’instigation du RFC ( il pouvait en embarquer 3 ). Il effectua divers tests et essais. Au début de la guerre, on le fit réarmé d’urgence et il fut envoyé patrouiller en Atnlantique et en mer du Nord. Il fut victime de l’U27 au large des bancs de Ruylingen le 31 octobre 1914. Il coula lentement, ne déplorant que 22 noyés. Le HMS Highflyer de son côté servit de navire-école des cadets à la veille de la guerre. En 1914 il fut transféré à la 9e escadre, puis à la 5e escadre de croiseurs. Il intercepta et coula lors d’une sortie le croiseur auxiliaire Kaiser Wilhelm der Grosse au large du Rio d’Oro le 27 août 1914. Il fut ensuite affecté au cap-vert, puis en Afrique de l’ouest en 1916, aux Indes Occidentales en 1917, aux Indes Orientales en 1918, Il resta le navire-amiral de l’escadre de Bombay jusqu’en 1921. De son côté le HMS Hyacinth servit aux Indes à Bombay et en métropole à Chatham avant de relever le HMS Hermes au Cap en 1913. Le 18 avril 1915 il captura le cargo Allemand Rubens, qui ravitaillait le croiseur Königsberg. Le 23 mars 1916 il bombarda Dar-es-Salaam et coula le SS Tabora. Il fut mis à la retraite à Portsmouth en 1919.

Le HMS Challenger servait à Portland au sein de la 9e escadre en 1914. Il intercepta le cargo Allemand Ulla Boog qui tentait de passe la Manche en diection des côtes d’Afrique. Il fut envoyé patrouiller devant les côtes du Cameroun, possession du Reich. Il engagea le croiseur Allemand KMS Königsberg en 1915 sur le Rufiji, puis bombarda Dar-es-Salaam. Il passa le reste de sa carrière en Afrique de l’ouest. Le HMS Encounter de son côté avait été transféré en 1912 à la RAN. Il servit dans le Pacifique jusqu’en 195, capturant le cargo Allemand Elfriede. En 1916, il était basé à Hong-Kong, avant de retourner dans sa station du pacifique sud jusqu’en 1918. Devenu navire caserne en 1919 à Sydney, puis renommé Pinguin, il survécut jusqu’en 1932.

Caractéristiques ( Highflyer ):

 Déplacement & Dimensions

 5100t, 5650 T PC, 113,4 x 16,4 x 6,2 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE à 4 cyl., 18 chaudières Belleville, 10 000 cv. et 20 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 152 mm, boucliers 76 mm, blindage interne 120 mm, ponts 30-80 mm.
 Armement  11 canons de 152, 9 de 76, 6 de 47, 2 TLT de 457 mm SM.
 Équipage 450

 

 

 

 

 

 

Croiseurs éclaireurs ( 1904 )

adventure Le HMS Forward en 1914.

pathfinder Le HMS Sentinel en 1915.

Les deux croiseurs de la classe Adventure, HMS Adventure et Attentive, furent les derniers d’une série de 8 « éclaireurs » expérimentation de Sir John Fisher, l’apôtre de la vitesse. Ils avaient un double rôle: Mener les destroyers regroupés en flotilles, et les protéger en cas de revers sous le couvert de leur puissante artillerie. Ils étaient aussi des « éclaireurs » ( scouts ) destinés à venir en éléments avancés de reconnaissance. Ils n’avaient pas le moyen de lutter contre la plupart des navires ennemis rencontrés, la seule parade étant la vitesse et la fuite. Ils avaient également le rayon d’action nécéssaire à ces missions. Sur cette base, un cahier des charges très précis fut adressé par l’amirauté à divers arsenaux: 4 répondirent présents et se virent confier chacun deux bâtiments, chiffre suffisant car représentant le potentiel de leading de 8 flottilles. Armstrong Elswick, le très réputé arsenal, se chargea des deux derniers. D’abord classés dans la catégorie « 3e classe », puis « légers » en 1914, ils avaient une coque à pont arrière continu, contrairement aux deux Forward, arborant un gaillard d’arrière. Les deux Sentinel possédaient un pont avant en « turtleback », bombé pour aplanir les lames par gros temps, contrairement aux Pathfinder et aux Adventure à la proue simplement relevée.

Ils furent mis sur cale en janvier 1904 puis lancés en août-nov. 1904 et acceptés en service en octobre 1905. En service, ils furent très critiqués pour leur construction trop légère et surtout leur armement dérisoire: En 1914, la plupart des destroyers avaient des pièces de 102 mm.

La carrière de ces navires fut sans histoires notables: L’Adventure entra en collision avec un voilier sur la côte du Sussex en avril 1905, provoquant le naufrage de ce dernier. Il occupait le poste de leader de la 1ere flottille de destroyers à Chatham en 1907, puis la 2e à Devonport en 1911. Il rejignit la 3e escadre légère de croiseurs pour manoeuvres en 1913, et fut affecté en 1914 à la 6e escadrille de destroyers à Douvres. Il fut nsuite envoyé en 1915 à la 6e escadre légère de croiseurs sur la Humber, puis fut basé jusqu’en 1917 à Queenstown. Il opéra un sauvetage ( naufrage du SS Huron ), puis escorta des convois à Gibraltar. Il opéra jusqu’en novembre ce rôle puis passa définitivement en méditerranée et en Egée en 1919. En 1920 il fut revendu pour démolition. L’Attentive connut deux collisions au début de sa vie active: Avec le destroyer Quail en 1907 puis les Gala et Ribble en 1908. Après avoir été mis à la tête de deux escadrilles de destroyers, il fut envoyé en Irlande, puis revint en mer du Nord ou il fit partie de la flottille de Douvres. Il combattit des destroyers Allemands et participa au raide de Zeebruges en 1918. Il fut envoyé escorter des convois à Gibraltar puis passe en méditerranée, et en 1919, partit appuyer les Russes Blancs en mer noire. Il fut rayé des listes et démoli en 1920.

Le Foresight servit à Portsmouth, Chatham et Douvres, subit une collision avec le destroyer Falcon, puis combattit en 1914-1915 au large des flandres. En 1916 il fut envoyé en méditerranée. Il sauva les passagers du navire-hopital Britannic en novembre après avoir servi en mer égée. Il revint ensuite à Chahtham, effectuant plusieurs sorties jusqu’à la mise en retraite en 1919. Le Forward fut affecté au sein de plusieurs escadrilles légèeres successivement à Portsmouth et Chatham, et en 1914 patrouillait aux îles Shetland à la tête de la 9e escadrille de destroyers. Il fut en vue de l’escadre de croiseurs de bataille Allemands qui bombarda Hartlepool mais ne tenta rien. Il fut ensuite affecté à la Humber avec la 6e escadre légère puis fut envoyé début 1916 en méditerranée, et à partir de mai jusqu’en 1919, opéra en mer égée. Il sera désarmé à son retour à Sheerness.

Le Pathfinder fut affecté en Atlantique, puis en manche et enfin à la Home Fleet dans les Orcades. Il fut ensuite affecté à Chatham, mis en réserve, réaffecté à la 4e escadrille de destroyers à Portsmouth, puis remplaça l’Amethyst au sein de la 9e escadre légère. En 1914 il patrouillait sur les côtes Irlandaises. Il fut ensuite affecté à Scapa Flow, et torpillé le 5 septembre 1914 devant St Abbs par l’U21. Le HMS Patrol servit au sein de la Home Fleet, à Portsmouth puis Chatham, et enfin Haulbowline à la veille de la guerre, puis il remplaça le HMS Juno à la tête de la 9e flotille de destroyers sur la Tyne. Il était en contact lors du raid Allemand sur Scarborough en décembre. Il fut affecté sur la Humber, puis en 1918, partit en mer d’Irlande, et à la fin de la guerre dans le Firth of Forth. Il fut désarmé en 1919.

Le HMS Sentinel faisait partie de la 3e escadre de croiseurs en méditerranée, puis fut affecté en Manche à Devonport, comme leader de la 5e escadrille de destroyers. En 1913, après une courte refonte, il prit part à la 3e escadre légère de la Home fleet, puis comme Leader de la 9e escadrille de destroyers à Portsmouth, puis à Douvres, avant de prendre la tête de la 8e escadrille sur la Forth. Il servit ensuite en mer Egée en 1918 après avoir servi depuis 1915 en méditerranée. Fin 1918 il passa les Dardanelles et entra en mer noire, soutenant les Russes blancs jusqu’en 1919. Il fut ensuite affecté à Chatham comme navire-école des mécaninciens jusqu’en 1922. Le HMS Skirmisher servit à Portsmouth, Devonport et Douvres avec la Home Fleet. Il fut affecté temporairement avec la 3e escadre légère sur la Humber à Immingham, puis rejoignit la méditerranée. En novembre 1918 il faisait partie de l’escadre de la mer Egée. Il revint à Immingham avant d’être réformé en 1919.

Caractéristiques ( Adventure ):

 Déplacement & Dimensions

 2500t, 2640 T PC, 120,4 x 11,66 x 3,73 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE à 3 cyl., 12 chaudières Yarrow, 16 000 cv. et 25 noeuds max.
 Blindage  Blockhaus 76 mm, ponts 51 mm.
 Armement  10 canons de 76 mm, 8 de 47 mm, 2 TLT de 457mm (flancs) SM.
 Équipage 268

 

 

 

 

 

gbCroiseurs éclaireurs classe Boadicea ( 1914 )

boadicea
HMS Bellona, 1916.

Trois séries de nouveaux croiseurs éclaireurs destinés à conduire les flotiles de destroyers furent conçus en 1906. Les premiers furent les deux navires du groupe du Boadicea ( comptant aussi le HMS bellona ). Construits à Pembroke, comme les HMS Blonde et HMS Blanche suivants, ils étaient rapides mais modestement armés, et un peu trop petits pour l’Atlantique. En revanche, ils furent appréciés à leur juste valeur en mer du Nord. Ils furent vite dépassés cependant par les performances des nouveaux destroyers marchant au mazout et filant 29 noeuds et ne possédaient qu’un blindage très symbolique, comprenant une tour blindée en dessous de la passerelle, et un blindage de pont léger ainsi qu’un blindage interne au-dessus de la salle des machines. Lancés en 1908-09, ils furent achevés en 1909-10 et affectés à 1ere et 2e flotilles Sud. les deux navires se distinguaient par leurs mâts, celui du Bellona étant plus grand à l’arrière, configuration non reprise pour des raisons de stabilité.

Ils furent réarmés en 1916 pour disposer de 10 pièces de 102 mm et 1 de 76 mm AA. En 1916, ils furent détachés de leurs flotilles respectives et placés au sein de la Grand Fleet. Ils participèrent à la bataille du Jutland. Le HMS Boadicea fut converti en mouilleur de mines en 1917, mouillant 306 mines à orins dans le détroit du Danemark en quatre voyages. En 1919, il fut versé en réserve et vendu à la démolition en 1926. Le Bellona connut un sort identique et fut vendu en 1921.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 3300t – 3800t.PC, 123,4 x 12,5 x 4,3 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 12 chaudières Yarrow, 18 000 cv. et 25 noeuds max.
 Blindage  Ponts 25, Tour 100 mm.
 Armement ( origine )  6 canons de 152 mm, 4 de 47 mm, 2 TLT 533 mm latéraux, pont.
 Equipage  317

 

 

 

royalnavyCroiseurs éclaireurs classe Active ( 1911 )

amphion
HMS Active, 1916.

Cette classe de trois bâtiments dérivait étroitement des Blonde/Boadicea précédents. Ce troisième groupe ne devait compter que les Amphion et Active, mais le Fearless fut ajouté quelques mois plus tard. Ces trois unités étaient opérationnelles en 1913. A part quelques aménagements de blindage, la principale différence observable par rapport aux Blonde et Boadicea était une proue arquée d’un nouveau modèle « brise-lames ». On leur rajouta un canon AA de 76 mm pendant la guerre. L’Active était en service au sein de la 2e escdrille de destroyers, transférée à Harwich. Puis, après un passage dans la Grand Fleet rejoignit la 4 division de flotte à Portsmouth et après 1917 à Queenstown, puis en méditerranée. On le retira de service en 1920. De son côté, l’Amphion était affecté à la 3e division de flotte à Harwich, et sauta le 6 août 1914 sur l’une des mines du croiseur auxiliaire Allemand Königin Luise, devenant la première perte navale de la guerre. Le Fearless servit à la 1ere division de flotte à Harwich avant de devenir leader de la 12e escadrille de submersibles, puis enfin comme leader des destroyers de la classe « K ». Il fut impliqué dans la bataille de l’île de Mai le 31 janvier 1918, éperonnant le K17, et fut retiré du service en 1921.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 3440t – 4000 t.PC, 123,8 x 12,6 x 4,7 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 12 chaudières Yarrow, 18 000 cv. et 25 noeuds max.
 Blindage  Tour de commandement 100 mm, ponts 25 mm.
 Armement  10 canons de 102 mm, 4 de 47 mm, 2 TLT 457 mm.
 Equipage  325

 

 

 

Croiseurs classe Pelorus ( 1896-1900 )

pelorus

Le HMAS Pioneer en 1914.

LLa classe Pelorus, initiée par le plan de 1895, était une série de bâtiments de troisième classe destinés à prendre la suite des Pearl. Toutefois comparés à ces derniers, ils étaient plus longs mais aussi moins large, perdant près de 400 tonnes. Leur armement par contre restait quasiment inchangé. On avait choisi cette forme en fuseau plus prononcée pour tenter d’augmenter leur vitesse, en relation avec des machines plus puissantes de près de 1000 cv. Mais leur ration longueur/largeur faible signifiait aussi un recul de la stabilité et également un comportement en mer plus hasardeux. En vérité ces navires furent moins marins. Par ailleurs le blindage était également diminué, notament pour les boucliers des canons. Ils étaient tous largement équipés de chaudières diverses à tubes d’eau, des Blechynden, Normand, Reed et Thornycroft. La série comprenait 11 bâtiments, achevés de 1897 à 1901. Les Pomone et Pactolus ne firent que quelques années de service actif du fait de leur mauvaises chaudières ( Blechynden ), mais d’autres navires furent également réformés avant la guerre de 1914-18, du fait de problèmes réccurents de chaudières, la plupart peinant à tenir 16 noeuds après quelques années de service actif.

Le HMS Pandora fut retiré de service dès 1913, le HMS Prometheus dès 1914, tout comme le HMS Perseus. Le Pomone était à l’ancre comme ponton et navire-école en 1910 à Dartmouth. Le Pioneer fut affecté à la RAN dès 1912 et resta en service jusqu’en 1931 ( il sera sabordé ). Le Psyche fut également versé à la RAN en 1915. Le Pactolus avait été retiré du service en 1912 et servait de navire ravitailleur à l’ancre. Le HMS Pomone fut de son côté en 1910 affecté comme navire-école. Les autres croiseurs, eurent des carrières diverses durant la grande guerre:

Le HMS Pegasus servait en 1914 au sein de la base du cap de bonne-espérance en août. Il passa ensuite en Afrique de l’ouest. Affecté à Zanzibar, il fut surpris à l’ancre le 20 septembre et coulé au canon par le croiseur Allemand KMS Königsberg. Le HMS Pelorus servait d’escorteur et de patrouilleur en Manche en 1914. Il fut envoyé en méditerranée et converti en navire raitailleur en 1916 à Gibraltar et réformé en 1920. Le HMS Proserpine servait dans la 7e escadre de croiseurs en 1914 et fut ensuite affecté en janvier 1915 à Alexandrie. Jusqu’en 1918 il servit en Mésopotamie et fut finalement réformé et démoli à Gènes en 1919. Le HMS Pyramus était comme le Psyche basé en nouvelle-Zélande avant la guerre. Il rejoignit le golfe persique en janvier 1915, puis fut basé jusqu’en 1920 aux Indes Orientales.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 2135t, 2560 T PC, 95,55 x 11,13 x 4,88 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE à 3 cyl., 16 chaudières, 5000 cv. et 18,5 – 20 noeuds max.
 Blindage  Boucliers 12,5 mm, blockhaus 76 mm, ponts 51 mm.
 Armement  8 canons de 102 mm, 8 de 47, 3 ML Maxim, 2 TLT de 457 mm.
 Équipage 224

 

 

 

royalnavyCroiseurs classe Gem ( 1903-04 )

gem
HMS Diamond, 1916.

Les « Gem » ( portant des noms de diamants ) furent les derniers croiseurs de troisième classe Britanniques. Ils héritaient d’une lignée commencée avec les Surprise de 1885 et composée de bâtiments fort différents. Beaucoup plus grands que les Pelorus de 1896, avec 3000 tonnes contre 2135, ils devaient comprendre au départ 8 unités mais la seconde tranche fut annulée. Ils amélioraient tous les aspects des anciens navires, tant pour le blindage, la vitesse, l’armement, l’autonomie. Deux pièces à tir rapide de 102 mm étaient basés sur la poupe et la proue en ligne, les autres répartis sur le franc-bord avec des débords permettant un tir en chasse ou en retraite de 3 pièces. Le HMS Amethyst fut le seul de ces croiseurs à expérimenter des turbines Parsons, et même le premier croiseur Britannique doté de la sorte. Ce système était économique à haute vitesse, mais l’autonomie était réduite. Ce fut aussi le plus rapide, avec 23,5 noeuds aux essais. Ils furent achevés en 1904-05 et assez actifs durant la guerre: L’Amethyst ne combattit pas lors de la bataille de la baie d’Héligoland en août. 1914: Il venait de se voir relever de son poste à Harwich par le HMS Arethusa quelques jours auparavant. Il était affecté à la 1ere escadre légère. On l’envoya aux dardanelles jusqu’en 1916, puis il servit jusqu’en 1918 aux Malouines. Le Diamond servait avec la5e escadre de bataille en Manche jusqu’en 1918 avant de se voir détaché en méditerranée, puis fut transformé en porte-vedettes, et vendu en 1921. Le Sapphire servit avec la 4e escadre de bataille, puis en méditerranée en 1915-16, avant de rejoindre la station des Indes Orientales. Le HMS Topaze était à la 5e escadre en Manche. Il servit ensuite en méditerranée et en mer rouge avant d’être revendu en 1921.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 2700t – 3000 t.PC, 113,9 x 12,2 x 4,4 m

 Propulsion  2 hélices, Machine TE 4 cyl., 10 chaudières, 9800 cv. et 21,7 noeuds max.
 Blindage  Tour de commandement 76 mm, ponts 58 mm, boucliers 25 mm.
 Armement  12 canons de 102 mm, 8 de 47 mm, 4 ML, 2 TLT 457 mm.
 Equipage  296

 

 

 

République d'ArgentineRépublique BrésilienneRoyaume de BulgarieRépublique ChilienneRépublique de ChineRépublique CubaineRoyaume du DanemarkEmpire EspagnolRoyaume de GrèceEmpire HollandaisRoyaume de NorvègePérouRoyaume du PortugalRoyaume de RoumanieRoyaume de SuèdeEmpire ThaiAmérique du sudLe reste du monde

gbDestroyers type « 27 noeuds » ( 1894-95 )

27noeuds
HMS Lightning, 1915

Comptant parmi les plus anciens destroyers Britanniques en service en 1914, les survivants des « 27 Knotters » avaient étés peints en gris, et on leur avaient ajouté une TSF, des mitrailleuses Lewis, et parfois des cabines de passerelle fermées. Cependant leur coque typique de l’héritage des torpilleurs, à pont continu, bas, et avec un « turtleback »; Ils n’étaient pas de ce fait très marins, et à l’instar des 30 et 33 knotters, servirent surtout dans des escadrilles côtières durant le conflit. La classe dans son entier, ordonnée en 1893, comptait à l’origine 36 destroyers répartis entre 14 différents chantiers. Près de la moitié furent retirés du service en 1910-11, ce qui fait qu’en août 1914, il n’y en avait plus que 9 en service, deux autres étant cette même année passés à la réserve.

Tous différaient selon leur constructeur en déplacement et taille, de 295 à 365 tonnes PC pour 61-62 mètres de long. Leur puissance motrice différait également, passant de 3600 à 4800 cv. Leur silhouette également, selon leurs arrangements de machines et d’armement. Cependant, ils avaient tous des machines à triple expansion, sauf les trois navires de Thornycroft, dotés d’un quatre cylindres Compound.

Le seul perdu fut le HMS Lightning, qui sauta sur une mine en 1915. Ces trois unités, avec le Porcupine et le Janus, construits par Palmer, furent considérés comme les meilleurs de cette série, les plus marins.

Caractéristiques: HMS Lightning, Laird.

 Déplacement & Dimensions

 275 t, 320 T PC, 62,26 x 5,94 x 2,44 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach.TE, 4 chaudières, 3900 cv. et 27 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canon de 76 mm, 5 canons de 47 mm, 2 TLT de 457mm ( axe ).
 Equipage  63

 

 

 

 

gbDestroyers classe Acheron ( 1911 )

acheron
HMS Phoenix, 1918.

Ces 29 destroyers lancés en 1911-12 et achevés en 1912 ( à part trois unités de la série Australienne construits pendant la guerre ) étaient virtuellement des copies des Acorn de 1910. Il y avait 14 unités designées par l’amirauté, mais aussi 9 « spéciaux » de trois chantiers qui testaient des améliorations, et 6 « Australiens » dont 3 construits localement à Cockatoo, dont le Huon, le Swan et le Torrens. Ces deux derniers furent opérationnels en 1915. Bien que similaires aux Acorn, les Acheron avaient deux cheminées de même hauteur. Les dimensions étaient pratiquement inchangées mais la puissance et la vitesse étaient légèrement supérieures.

Mis en service en constituant la première flotille, ils furent ensuite affectés à la 3e escadre de bataille, basée à Portsmouth. Bon nombre d’entre eux furent ensuite envoyés en méditerranée. 5 bâtiments furent convertis en mouilleurs de mines en 1917, et 3 furent perdus au combat, le HMS Phoenix ( torpillé en 1918 lors d’une action de nuit ), l’Attack et l’Ariel sautant sur des mines. La plupart furent ferraillés en 1921, mais certins survécurent jusqu’en 1930-31 ( les « Australiens » ).

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 778t – 990 t.PC, 75 x 7,8 x 2,7 m

 Propulsion  3 hélices, 3 turbines Parsons, 3 chaudières Yarrow, 16 000 cv. et 28-29 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 102 mm, 2 de 76 mm, 2 TLT 533 mm.
 Equipage  72

 

 

 

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gbDestroyers classe « Tribal » ( 1907 )

tribal

Ces 12 estroyers furent les « enfants chéris » de l’amiral Sir John Fisher, prmu en 1904 premier lord de la mer. Fertile cerveau, il imagina un nouveau type de destroyer capable des plus hautes vitesses, afin de composer la future flotte uniquement de cuirassés Dreanoughts et de destroyers lourds rapides. Les « Tribals » ( nommés d’après des noms de tribus de l’empire ), en étaient les prototypes. Fisher avait à l’attention des différents chantiers préparé un design bien précis, stipulant la capacité de rester 7 jours en mer, de marcher au mazout tout en pouvant soutenir 33 noeuds pendant 8 heures d’affilée, et d’être armés de 2 pièces de 76 et 5 de 47 mm. ( plus tard, ces prétentions irréalistes furent ramenées à 4 jours en mer et 3 pièces de 76 mm ). Au final 8 chantiers répondèrent présents, malgré les difficultés, et délivrèrent chacun un ou deux bâtiments, lancés en 1907, 1908 et 1909. Cependant les plans délivrés par leurs bureaux d’études avaient étés plus ou moins « baclés » devant l’exigence de Fiher de recevoir ces derniers dans un délai de 11 jours à partir de la soumission du projet. Ces navires devaient êtres plus rapides de 7,5 noeuds que les « River » et marcher au mazout uniquement, ce qui était radicalement nouveau et constituait un défi technique de premier ordre pour les ingénieurs. De fait, les « Tribals » étaient de auvais marcheurs, peu marins, extrêmement gourmands et donc ayant une rayon d’action proprement ridicule. Finalement assez peu pouvaient soutenir ni même atteindre les 33 noeuds spécifiés. Tous différaient en taille, poids, apparence, moteurs et puissance. Ils furent affectés à la 6e flotille en 1910, puis en 1914 passèrent à la patrouille de Douvres, comme « classe F ». Malgré leurs insuffisances, ils se battirent fréquemment contre les destroyers Allemands, et 4 furent perdus, dont deux en sautant sur des mines. Deux de ces destroyers, le Zulu et le Nubian, l’un ayant sa partie arrière déchiquetée et l’autre son gaillard d’avant, furent remorqués, partiellement démolis, et ressoudés ensemble pour former le « Zubian », fait rare dans les annales maritimes!…

Caractéristiques ( HMS Nubian ):

 Déplacement & Dimensions

 998t, 85,4 x 8,1 x 3 m

 Propulsion  3 hélices, 3 turbines Parsons, 6 chaudières Thornycroft, 14 000 cv. et 33 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 102 mm, 2 TLT 457 mm.
 Équipage 68

 

 

 

 

gbDestroyer HMS Swift ( 1907 )

swift

Le Swift fut le plus grand destroyer du monde, et pour longtemps. Il fut défini par l’imaginatif amiral Fisher, grand partisan de la vitesse, en 1905. Il devait être le précurseur d’une nouvelle lignée de destroyers d’escadre. Il voyait pour ce bâtiment un navire dérivé des « River », mais utilisant des turbines à mazout spéciales et capable de 36 noeuds. Le bureau d’étude de l’amirauté lui répondit que cela était impossible sur un bâtiment dérivé des frêles River, et qu’il fallait développer un tout nouveau design. Finalement Camell laird, après moult réticences se vit accepter sa conception définitive sur le dernier projet ( 3 furent définis, et les chantiers avaient 4 semaines pour rendre un design définitif sur cette base ) et de sa construction. Le Swift au final n’avait rien à voir avec les « Rivers » car étant d’un tonnage et de dimensions très supérieures pour loger les énormes machines alors indispensables. Avec 2300 tonnes à pleine charge, on se retrouvait pratiquement avec un petit croiseur léger, bien que trop faiblement armé. Trop ambitieux, ce navire ne fut accepté en service qu’en février 1910, après 2 ans ininterrompus d’essais laborieux et de changements de propulseurs, et la vitesse de 35 noeuds ne fut acquise qu’à la suite de grands efforts et sacrifices ( le contrat en prévoyant 36, le chantier se vit affligé d’une amende de 5000 livres. – il en coûta au total 233 000 ). Bien que très marin, ce navire était une gouffre à mazout, consommant presque trente tonnes par heure à pleine vitesse. En 1912 il prit la tête de la 4e escadrille de destroyers. A partir de 1914 il servit en mer du Nord mais y fut décevant. On lui fit subir une courte refonte et en juin 1915 il passait à la patrouille de Douvres, comme leader de la 6e escadrille. On troqua ses 4-inches du gaillard avant pour une pièce de 152 mm, et avec le Broke, il prit part à une action en manche contre des destroyers Allemands le 20 avril 1917 ou il fut sévèrement endommagé. Réparé, sa passerelle agrandie et réarmé avec deux pièces rapides de 102 mm mk.V, il fut affecté à Douvres jusqu’à sa vente pour démolition en 1921.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 2170t, 2390 t PC, 108 x 10,4 x 3,2 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 12 chaudières Laird, 30 000 cv. et 35 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  4 canons de 102 mm, 2 TLT 457 mm.
 Équipage 79

 

 

 

gbDestroyers classe Acasta ( 1912 )

acasta
HMS Garland, 1915.

Ces 20 destroyers lancés en 1912-13 et achevés en 1913-14 suivaient la lignée des Beagle, Acorn, et Acheron, mais constituaient un pas en avant dans le domaine des améliorations issues des classes précédentes. Il s’agissait des plus gros destroyers Britanniques de série depuis les « Tribals » de 1909. Leur armement était standardisé et simplifié à 3 pièces de 102 mm à tir rapide Mk.VIII de 45 calibres, complété toujours par 2 tubes de 533 mm dans l’axe avec deux torpilles en réserve. Le vieux « 12 pounder » ( 47 mm ) avaient étés abandonnés car chers à produire et trop légers pour infliger des dégâts sérieux. Par ailleurs, la vitesse prévue initialement, 32 noeuds, fut abaissée à 29 tant la quadrature du cercle ( vitesse élevée avec tonnage réduit ) était ardue et fut une source de problèmes sur les navires précédents. Leur rayon de virage était également très élevé, et ces navires passaient de ce fait pour peu manoeuvrants.

Il fut envisagé en cours d’ achèvement de renommer ces navires en commençant par la lettre « K » et de désigner la classe entière comme classe « K », mais l’amirauté renonca à cette idée du fait de la superstition des marins de la Navy quand au fait de renommer un navire. Il y eut également quatre unités spéciales qui différaient en détails et arrangements selon les chantiers et servirent à tester des solutions. Ces bâtiments servirent au sein de la 4e escadrille, menés par l’HMS Swift. Il y eut au total 7 pertes au combat, en 1916-17. Les autres survécurent jusqu’en 1921 avant d’êtres rayés des listes. Le HMS Porpoise continua encore sa carrière sous pavillon Brésilien avec le nom de Maranhao. Il était encore actif lors de la seconde guerre mondiale.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1072 t – 1300 t.PC, 81,5 x 8,2 x 2,9 m

 Propulsion  2 hélices, 2 turbines Parsons, 4 chaudières Yarrow, 24 500 cv. et 29 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  3 canons de 102 mm, 2 TLT 533 mm.
 Equipage  73

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

gbDestroyers classe « L » ( 1913-14 )

laforey

Le HMS Laforey en 1917.

Aussi appelée classe Laforey, du nom de la première unité entamée et lancée, le 28 mars 1913, cette série de 22 bâtiments fut la dernière étudiée avant la grande guerre. Sur les 22 lancés, tous sauf 2, construits dans l’urgence en 1915 ( « Repeat L » des chantiers Beardmore – HMS Lochinvar et Lassoo ) étaient opérationnels au moment de la déclaration de guerre en août 1914. Ces navires furent étudiés fin 1912 en digérant les points forts et faibles des classes précédentes, notamment les 20 Acasta. L’amirauté exigea des bâtiments à deux hélices de 24 500 cv, armées de 3 pièces de 4 inches semi-automatiques, et deux bancs doubles lance-torpilles. Une proue élancée fut également préférée à la proue droite, car plus marine, et des turbines semi-embrayées. Tous sauf quatre avaient 3 cheminées, d’ailleurs réhaussées rapidement. On équipa également leur poupe de rails pour mouiller des mines Elia ou ype H, mais en opérations, ils n’en eurent jamais l’utilité.

Les noms originaux de ces unités étaient issus de romans et nouvelles de Sheakespeare et Waverley, mais sur ordre de l’amirauté le 30 septembre 1913 qui souhaitait réorganiser ses classes avec l’alphabet, on les renomma en « L ». Cette habitude fut conservée jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. A leur entrée en service ces navires furent affectés à la 3e escadre de destroyers à Harwich. En 1917, il n’y avait eu que trois pertes, le Laforey qui sauta sur une mine en mars 1917, le Lassoo en août 1916, et le Louis coulé par des batteries côtières turques après s’être échoué devant la baie de Suvla ( Dardanelles ) en 1915 ( 4 unités y furent envoyées en 1915, reppelées en 1916 ). Les 19 unités restantes furent dispersées entre Devonport et Portsmouth pour des missions d’escorte. Le Lance eut l’honneur de tirer les premières bordées de la Royal Navy durant la guerre, adressées au mouilleur de mines auxiliaire Allemand Königin Luise. 6 destroyers de cette classe combattirent et détruirent 4 destroyers Allemands au Texel le 17 octobre 1914. Ces navires furent vendus en 1921-22.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 965t, 1150 t PC, 81,9 x 8,4 x 3,2 m

 Propulsion  2 hélices, 2 turbines à vapeur, 3 chaudières, 24 500 cv. et 29 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  3 canons de 102 mm, 1 ML Maxim 7,07 mm, 4 TLT 533 mm ( 2×2 ).
 Équipage 73

 

 

 

gbDestroyers classe Beagle ( 1909 )

beagle
HMS Racoon, 1916.

Plus modestes que les « Tribal » de 1907 dans leurs objectifs, les « Beagle » signaient un début de retour à la raison, bien que définis par Sir Lord Fisher, adepte de la vitesse à tout prix. Ces 16 unités lancées en 1909-10 signaient aussi la décision de l’amirauté – contre Fisher – de revenir au charbon comme source d’énergie, s’appuyant sur des allégations Allemandes selon lesquelles le G137 marchant au charbon aurait soutenu 33 noeuds pendant 4 heures. De plus le charbon était plus facile et moins onéreux à se procurer. Leur vitesse tombait à 27 noeuds au lieu des 33 des « Tribals » au prix de défauts excessifs. Bon marcheurs et endurants, les Beagle furent satisfaisants, excepté leur voyant panache noir typique des « charbonniers ».

Ils constituèrent la 1ere flotille de destroyers en 1910, puis la 5e avant d’êtres envoyés en 1913 en méditerranée. Ils y restèrent ( sauf 6 unités remontées pour rejoindre la Home Fleet ) jusqu’en fin 1917, combattant notamment aux Dardanelles. Le HMS Wolverine fut coulé à la suite d’une collision, les HMS Racoon et Pincher furent gravement touchés et leurs épaves abandonées en 1918.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1210t – 1330 t.PC, 76,2 x 10,1 x 3,4 m

 Propulsion  1 hélice, 1 mach. TE, 2 chaudières, 1800 cv. et 16,5 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canon de 102 mm, 3 de 76 mm, 2 TLT 533 mm ( en ligne, 4 torpilles ).
 Equipage  96

 

 

 

gbDestroyers classe Acorn ( 1910 )

acorn
HMS Sheldrake, 1916.

Cette classe de 20 destroyers du programme de 1909 et 1910 constituaient un retour à la combustion de mazout, au détriment de la vitesse, mais au profit de l’endurance. Ce fut la première fois que l’amirauté soumit un design à diverses compagnies pour passer contrat. Ils possédaient trois cheminées dont la première fit ensuite réhaussée pour cause de la gêne occasionée par la fumée sur la passerelle en cas de vent arrière. Le premier de ces navires fut achevé en décembre 1910, le dernier en février 1912. Ils devaient constituer une amélioration des « Beagle » tout en remplaçants les « River » de 1904-1908 au sein de la 2e flotille. En août 1914, ils furent versés dans la Grand Fleet et opéraient à Devonport. Ils furent progressivement affectés en méditerranée, recevant un canon de 47 mm AA, et des deep-charges. La classe, aussi appelée « classe H » depuis 1913, compta trois pertes, dont seulement deux au combat, les HMS Stauch et Comet, torpillés en 1917-18. Le Goldfinch fut perdu en mer, étant drossé sur des récifs. Il ne fut démoli qu’en 1919, réduit à l’état d’épave. Les autres furent démolis en 1920-21 à part les Nemesis et Minstrel qui furent « loués » au Japon entre 1917 et 1919.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 772t – 970 t.PC, 75 x 7,7 x 2,6 m

 Propulsion  3 hélices, 3 turbines Parsons, 4 chaudières Yarrow, 13 500 cv. et 27 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 102 mm, 2 de 76 mm, 2 TLT 533 mm.
 Equipage  72

 

 

gbTorpilleurs type « 140 footers » ( 1892 )

torp140pieds

Les plus petits des torpilleurs côtiers Britanniques opérationnels en août 1914 ( dit aussi de seconde classe ), étaient les « 140 pieds » ( 43 mètres ). Lancés en 1892, 1893 et 1894, ils succédaient aux « 125 footers » en partie réformés en 1914. Au total 10 unités construites par unités unique ou paire, par 4 chantiers, sur des designs différents. Leur tonnage variait de 105 à 130 tonnes, mais ils avaient en commun de trois tubes de 457 mm ( une fixe en proue, 2 latéraux mobiles ), trois pièces de 47 mm. Leur vitesse variait également de 23 à 24,5 noeuds. Le TB90 ne éveloppait que 1500 cv, le TB91 2300. Le TB93 était le premier torpilleur à 2 hélices, développé par Thornycroft. La série comprenait les TB88 à TB97. Ils furent actifs durant la grande guerre, transférés à Gibraltar. Le TB90 fut perdu à la suite d’un naufrage au large de Gibraltar en 1918, le TB96 à la suite d’une collision en 1915. Les survivants furent réformés en 1919-1920.

Caractéristiques ( série White, TB94-96 ):

 Déplacement & Dimensions

 130t, 43,4 x 4,65 x 2,6 m

 Propulsion  1 hélice, 1 machines TE, 4 chaudières à tubes d’eau, 2000 cv. et 23 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  3 canons de 47 mm, 3 TLT 457 mm.
 Équipage 32

 

 

 

gbCannonières mixtes Britanniques ( 1870-1889 )

cadmus

Le HMS Magpie en 1914.

Dans cette page seront vues les canonnières de haute mer en service dans la Royal Navy en 1914: Il s’agissait d’une poignée de navires, les plus anciens remontant à 1870. Voici ces différentes classes sans entrer dans les détails:

  • Classe Ant ( canonnières en fer légères ): Ces bâtiments furent construits pour la défense de ports à travers l’empire. La classe comprenait en 1873, date de mise en service des derniers navires, 20 unités, très larges, mais longues de seulement 25,91 mètres, très lentes ( 8 noeuds ), à vapeur seule, et dotées d’un unique canon de 254 mm se chargeant par la culasse ( Armstrong ). 9 unités seulement étaient en service en 1914, mais beaucoup furent converties dès 1906 à des rôles de citernes ou de porte-câbles, etc… Du fait de leur âge ils ne furent rien d’autres que des canons flottants portuaires. On les réarma cependant avec des pièces modernes de 114 mm et de 76 mm pour bombarder la côte Belge. Il y avait également 3 autres unités de la classe Gadfly ( 1879 ), et le HMS Insolent de la classe Bouncer 1881 ). Ce dernier servait de coque utilitaire à Portsmouth.
  • Classe Medina: ( Canonnières en fer mixtes ). Ces navires mixtes ( voile et vapeur ) construits entièrement en fer et de ce fait assez solides possédaient 3 pièces de 150 mm. Sur les 11 navires que comptaient la classe en 1878, 5 étaient en activité en 1914, souvent avec leur voilure réduite ou démontée, et dans d’autres rôles que canonnières le plus souvent.
  • Classe Forester: Canonnières mixtes ( voile et vapeur ). Ces unités construites en bois et en acier étaient légères et bien adaptées au service colonial. En outre leur allure désuette de voilier avait un certain charme dans des eaux paradisiaques. De cette classe datant de 1874 il ne restait que 2 navires en 1914, réduits à des tâches subalternes.
  • Classe Redbreast: Datant de 1889, il ne restait que les Magpie et Rindgrove, le HMS Thrush servant comme garde-côtes.

Caractéristiques ( Redbreast )

 Déplacement & Dimensions

 805t, 50,3 x 9,45 x 3,35 m

 Propulsion  1 hélices, machine TE, 1200 cv. et 13 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  6 canons de 102 mm.
 Équipage 76

 

 

 

 

gbCannonières classe Bramble ( 1898 )

bramble

Le HMS Thistle en 1914.

La classe Bramble se composait de trois autres unités, les Britomart, Dwarf et Thistle. Il s’agissait des premières canonnières entièrement en acier, contrairement à celles, mixtes, construites jusqu’alors. Elles furent définies pour servir également dans des stations coloniales. L’armement était également réparti différemment, avec plus d’artillerie légère. Leur vitesse restait constante, bien que la puissance soit en augmentation. Nous ne disposons pas de détails sur leur carrière durant la guerre, mais deux de ces unités servaient aux Indes. Elles furent vendues pour démolition en 1920 et 1926.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 710t, 54,86 x 10,06 x 2,44 m

 Propulsion  2 hélices, machine TE, 1300 cv. et 13 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 110 mm, 4 de 76 mm.
 Équipage 85

 

 

 

 

gbCanonnières-torpilleurs classe « Alarm » ( 1892-93 )

sharpshooter

Le HMS Jason en 1914.

Cette seconde série de canonnières-torpilleurs, catégorie en vogue avant la généralisation des contre-torpilleurs, futurs destroyers, comprenait 11 unités, les Alarm, Antelope, Circe, Hebe, Jaseur, Jason, Leda, Niger, Onyx, Renard et Speedy. Très proches des Sharpshooter précédents, ils avaient un tirant d’eau plus élevé, le même armement et une vitesse en retrait. 5 unités, dont le speedy, qui arborait trois cheminées, disposaient de trois tubes lance-torpilles au lieu de cinq. Ce même HMS Speedy construit par Thornycroft avait des chaudières à tubes d’eau spécifiques et se montra bien plus efficace, plus rapide et plus fiable à la différence des chaudières du type « locomotive » adoptées pour les autres et trop petites pour ces unités relativement lourdes. Alors que ces dernières peinaien à atteindre 18 noeuds, le Speedy pouvaient maintenir longtemps 19 noeuds sans soucis.

Ces navires furent mis sur cale en 1889 et achevés en 1894 au plus tard. En 1905, on considérait ces unités comme procédant d’un concept périmé. Les bâtiments qui ne furent pas vendu à cette date pour démolition ( Renard et Jaseur ), le furent plus tard: L’Alarm en 1907, tandis que l’Onyx fut converti en ravitailleur de submersibles la même année, en 1910 pour le Hebe, et 1915 pour l’Antelope. La série Circe, Jason, Leda, Niger, et Speedy était la seule active véritablement en 1914-18 car ces unités furent converties en dragueurs de mines dès 1908. C’est ainsi que trois unités furent perdues en mission, Le HMS Niger en étant torpillé ( U-boote inconnu ) en 1914, et les Speedy et Jason en sautant sur des mines. Il en était de même pour la série des Seagull, Gossamer, Skipjack et Spanker de la classe Sharpshooter, convertis à la même date tandis que les autres étaient démolis ou laissés à l’ancre comme ravitailleurs. ( Le Seagull fut la seule perte, dûe en 1918 à une collision. ).

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 810t, 70,1 x 8,2 x 3,6 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines TE, 12 chaudières loco, 3500 cv. et 18,7 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canon de 120 mm, 4 de 47 mm, 5 TLT 457 mm.
 Équipage 91

 

 

 

gbCanonnières-torpilleurs classe « Dryad » ( 1894-95 )

dryad
HMS Lightning, 1915

Les 5 unités que comptait la classe comprenait les Dryad, Halcyon, Harrier, Hazard, et Hussar. Arborant une silhouette très singulière avec leurs deux cheminées largement séparées, mais ils étaient plus lages et plus solides que les Alarm. Lorsque leur concept tomba en désuétude en 1895 du fait de l’arrivée en grand nombre des premiers destroyers, ils furent rapidement déconsidérés. Bien que plus grands et plus puissants, ils étaint moins rapides et maniables que les derniers torpilleurs. En 1914, Deux furent tous rapidement reconvertis en mouilleurs de mines et reclassifiés comme tels. Un an plus tard le Halcyon et le Hazard furent reclassés comme ravitailleurs. Les autres connurent une carrière courte et sans gloire: En 1921, les trois autres unités furent réformées.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 950 t, 1070 T PC, 76,20 x 9,30 x 3,51 m

 Propulsion  2 hélices, 2 mach.TE, 3500 cv. et 18,2 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 120 mm, 4 canons de 57 mm, 1 ML Nordenfelt, 5 TLT de 457mm.
 Equipage  120

 

 

 

Constructions durant le conflit et opérations:

 

gbCroiseurs de bataille classe Renown ( 1916 )

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Le HMS Renown en novembre 1917. Cliquez pour agrandir.

Ce ne fut pas la dernière classe de croiseurs de bataille Anglais, mais incontestablement, les Renown marquaient un nouveau jalon dans l’évolution de ce concept si controversé. Sur le plan du tonnage, ces navires étaient équivalents voire inférieurs à celui des dreadnoughts récents, mais pour la taille, il dépassaient tout ce qui avait pu être construits jusque là. Il s’agissait des plus grands bâtiments de guerre jamais vus à l’époque, statut qu’ils gardèrent jusqu’à la sortie du Hood en 1920. Ils marquaient aussi une évolution logique vers le calibre de 15 pouces ( 381 mm ) en parallèle avec les dreadnoughts des classes Revenge et Queen Elisabeth. Alors que l’amirauté ne voulait plus entendre parler d’autres croiseurs de bataille, affirmant que le Tiger était le dernier, le retour de Lord Fisher en octobre 1914 comme premier Lord de la mer remit ce positionnement en question. Comme escompté, ce dernier ne ménagea pas sa peine pour demander la construction de deux nouveaux bâtiments de ce type, capitalisant sur les victoires remportées par les bâtiments de la classe Invincible aux Malouines contres Von Spee.

On lui rétorqua que ces navires complexes ne seraient pas terminés avant la fin de la guerre, notamment du fait que la priorité de l’amirauté était alors d’achever ses dreadnoughts et d’assurer une production massive des destroyers. Ce dernier affirma qu’il était possible de rationnaliser la production afin de parvenir à des délais d’étude plus courts et à une construction rapide. Il espérait même une mise en service début 1916. Pour gagner du temps il se proposa de récupérer les tôles et matériels engagées dans la fabrication des deux dreadnoughts de la classe Revenge portant le même nom, ces derniers étant littéralement cannibalisés et leurs tourelles de 381 mm récupérées. Comme encore une fois la vitesse devait être déterminante, Fisher tablait sur 32 noeuds, et pour l’établir, il escomptait de nouvelles machines plus légères avec des chaudières à tubes fins et des turbines allégées, mais les délais firent qu’on se rabattit sur l’adoption des machines du Tiger, avec quatre chaudières supplémentaires aménagées dans l’espace disponible. Enfin et surtout la protection était une nouvelle fois sacrifiée, reprenant le schéma adopté sur les deux Invincible – ( Jutland n’avait pas encore eu lieu, et Fisher restait fidèle à son credo, la vitesse est la meilleure protection ). De fait, en sortant des chantiers, ces navires dont le poids avait augmenté en cours de construction, ne purent atteindre les 32 noeuds sécifiés qu’en forçant leurs chaudières bien au-delà de 120 000 cv, au prix d’une consommation monstre de mazout. Leur vitesse normale était de 30 noeuds pour 112 000 cv, ce qui était déjà exceptionnel en soit, et bien meilleur que le Hindenburg Allemand ( à contrario bien mieux protégé ). Elle resta le record des navires de ligne jusqu’à l’arrivée rapide des croiseurs de bataille légers Furious et Courageous ( 32 noeuds ) et naturellement du Hood ( 31 noeuds ).

La coque était dotée dès l’origine de légers « Bulges » de protection courant sur toute la ceinture. Pour finir, on adopta des pièces secondaires d’un calibre léger, revenant à la solution des bâtiments précédents, mais au lieu de barbettes, on choisit de les surélever et de les grouper en affûts simples ou triples sous masques. Cette configuration triple pour cinq de ces affûts était d’ailleurs une étrangeté qui ne fut pas des plus heureuses: Les trois pièces de chaque groupe était indépendante et nécéssitait à elle seule plus de 10 hommes pour leur fonctionnement, ce qui au total représentait 32 servants, dans l’espace confiné du masque de blindage. La complexité du système de chargement fut également critiquée. Bien que l’arc de tir de cette artillerie était en théorie excellent, meilleur que les barbettes gênées dans le gros temps, leur faible calibre les rendaient peu efficaces. Ce concept se révéla médiocre au final et ne fut jamais repris. Ces deux bâtiments furent mis en chantier à Fairfield et J. Brown le 25 janvier 1915, lancés en janvier et mars 1916 et achevés en août et septembre 1916, le Repulse précédant le Renown. Cette construction avait en effet pris un an et 8-9 mois, plus que prévu, mais moins que le Tiger ( deux ans et quatre mois ).

Lorsqu’ils entrèrent en service au sein de la Grand Fleet, la bataille du Jutland venait de se terminer et les croiseurs de bataille avaient perdu toute crédibilité. Les remous provoués par ces pertes étaient tels que certains au gouvernement se proposaient purement et simplement de mettre en réserve ces unités. L’amirauté, lorsque le calme fut revenu, décida par la voix de John Jellicoe de reprendre en main ces deux bâtiments et de leur ajouter 500 tonnes de blindage au dessus principalement des soutes à munition et de la salle du gouvernail et des systèmes de direction. Leurs cheminées avant avaient étées réhaussées dès novembre 1916 du fait de la gêne occasionnée par la fumée sur la passerelle. A l’automne 1917, une passerelle de décollage fut adaptée sur la tourelle B, une première en Angleterre. Les USA avaient montré la voie sur l’un de leurs croiseurs. Cette petite plate-forme ( environ 20 mètres ) prenait appui sur la tourelle et les canons, ce qui n’était pas sans poser problème en cas de tir avec une hausse importante. Inclinée, celle-ci était jugée suffisante pour lancer un Sopwith Pup, léger chasseur utilisé en l’occurence comme appareil d’éclairage, lancé simplement en enlevant les cales maintenant les roues, moteur à plein régime. On eut recours aux hydravions embarqués durant les années 20-30.

La solution fut reprise peu après sur le Repulse, puis adoptée par tous les autres bâtiments de ligne récents de la Royal Navy. Courant 1918, on eut recours à de nouvelles modifications, pose de déflecteurs, pose de nouveaux projecteurs dans des tours blindées, tandis que la structure de la longue coque, trop légèrement construite pour résister aux puissantes bordées de ses six pièces, était renforcée, et le poste de direction de tir reconstruit. La protection restant toujours problématique, on décida de renforcer le Repulse avec le blindage enlevé de l’ex-cuirassé Cochrane tranformé en porte-avions. Fin 1918, le Renown de son coté devait attendre la disponibilité d’un nouveau blindage, reçut seulement en 1923-26. Leur carrière durant la grande guerre fut insignifiante du fait notamment que l’amirauté craignait tout simplement de les exposer au feu ennemi. En 1918 encore, certaines parties vitales du navire povaient être traversées par des projectiles de 152 mm. En attandant le Renown hébergea le Prince de Galles durant sa tournée asiatique et Australienne.

Ces deux navires furent une nouvelle fois modernisés, recevant une DCA moderne ( avec le retrait de leurs pièces de 102 mm ) et de nouveaux systèmes de direction de tir. Mais seul le Renown bénéficia d’une refonte totale, doublée d’une reconstruction étalée sur trois ans, de 1936 à 1939. Le Repulse devait être reconstruit de la même manière, bien que la guerre l’en empêcha. Il rejoignit l’escadre de Singapour avec le Prince of Wales et fut coulé en décembre 1941 par l’aviation Nippone. Le Renown de son côté reprit du service le 2 septembre 1939 dans l’escorte des porte-avions, totalement méconnaissable, et avec un blindage cette fois bien plus conséquent, son tonnage atteignant 36 000 tonnes. Sa carrière durant la seconde guerre mondiale bien fut plus riche et il fut finalement démoli en 1948, après de trente-deux ans de bons et loyaux services à la couronne… ( Voir aussi Renown et Repulse sur Navis2GM ).

 Déplacement & Dimensions

 27 600 t, 30 800 T PC, 242 x 27,4 x 7,8 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Brown-Curtis, 32 chaudières B&W, 112 000 cv. et 30 n. max.
 Blindage  Ceinture 150, coffrage 100, barbettes 180, tourelles 280, blockhaus 250mm, ponts 75 mm.
 Armement  6 pièces de 381 (3×2), 17 de 102 (5×3, 3×1), 2 de 76 AA, 4 de 47, 2 TLT de 533mm ( SM ).
 Equipage  950

 

 

 

 

gbCroiseurs de bataille classe Courageous » ( 1916 )

courageous

Le HMS Courageous en nov. 1917, à la bataille de la baie d’Héligoland.

Trois grands croseirs de bataille légers sortir du fécond cerveau de Sir Lord Fisher en 1915 en vue de son plan de débarquement en Baltique. Ils devaient en effet appuyer les débarquements grâce à leur artillerie lourde et fuir les unités de la ligne de la Hochseeflotte. La vitesse était, une fois encore, l’élément capital. On se basa donc, non sur les croiseurs de bataulle précédents, allégés drastiquement, mais comme des agrandissements des croiseurs légers de l’époque comme les nombreux « classe C ». Leur arrangement de blindage, comprenant une superposition d’une plaque de 51 mm sur une plaque de 25 mm, leurs machines reprises des navires de la classe Calliope et simplement doublées, et au final cet arrangement leur permit de fournir 90 000 cv avec des machines légères. Comparativement aux Renown précédents, il portaient une tourelle lourd en moins, mais possédaient le même armement secondaire, étaient aussi grands tout en revendiquant 8000 tonnes de moins et filant deux noeuds de plus. Leur grande coque légère fut cependant sujette à vibrations et à déteriorations.

Leur service actif fut long mais indécis: Les opérations en Baltique ne se firent jamais, et ils furent regardés comme de grands éléphants blancs. On ceonvertit le Courageous un temps ( avril-nov. 1917 ) comme mouilleur de mines, et le 17, il engagea la flotte légère Allemande avec les Glorious et Furious lors de la bataille d’Héligoland. Après l’armistice, il fut reversé à l’instruction des canonniers puis effectés à la réserve. Du fait du traité de Washington, on le convertit en porte-avions ( voir navis2gm ). Le Glorious connut la même carrière que son sister-ship et ne fut pas efficace durant la bataille d’Héligoland. Il fut également converti en Porte-avions, et également coulé au début de la seconde guerre mondiale.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 19 230 t – 22 690 t PC, 239,7 x 24,7x 7,10 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Parsons, 18 chaudière Yarrow à tube d’eau, 90 000 cv. et 32 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 75, Coffrage 75, Barbettes 180, Tourelles 330, Blockhaus 250, ponts 40 mm max.
 Armement  4 canons de 381 ( 2×2 ), 18 de 102 ( 6×3 ), 2 de 76 et 2 de 47 AA, 2 TLT 533 mm SM.
 Équipage 22

 

 

 

 

gbPorte-avions HMS Furious ( 1917 )

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Le HMS furious en septembre 1918. Cliquez pour agrandir.

Célèbre au sein de la Royal Navy pour avoir été le premier porte-avions d’escadre opérationnel, le Furious était à l’origine un croiseur de bataille léger, venant d’une spécification de 1915, la même que pour les Glorious et Courageous. Mais à la différence de ces premiers, ils devait avoir deux pièces de 457 mm, un calibre record, mais qui constituait une évolution logique qui avait dépassé le stade théorique dans les bureaux d’étude Japonais, Allemands, et Américains en 1916. pour gagner du temps et permettre au Furious d’être délivré dans les délais, on reprit intégralement les plans des Courageous auxquels on apporta quelques correctifs: L’adaptation de pièces d’un tel calibre encore expérimental était hasardeux sur un bâtiment aussi légèrement construit, et nécéssita la pose de deux pièces seulement, une pour chaque tourelle à peine agrandie, mais spécialement adaptée pour tenir sur le socle standard des tourelles de 381 mm, de manière à pouvoir y revenir rapidement à moindres frais. La pièce elle-même était usinée exactement comme celle de 381 mm, avec la même volée, le même système de chargement simplement élargi. Ces tourelles se révélèrent même plus spacieuses que celles ayant deux affûts.

La seconde différence fut l’abandon des pièces de 102 mm en affûts triples pour un armement secondaire plus efficace en adoptant les 140 mm déjà expérimentés sur les croiseurs de la classe Birkenhead. Ils se révélaient bien plus efficaces que les 102 mm par leur puissance de feu, et avaient un temps de rechargement largement inférieur à celui des pièces de 152 mm, tout en bénéficiant de leur position haute avantageuse. Toutes ces pièces étaient en affûts simples, sous masques. La seconde différence était que pour pallier la trop légère construction de la coque, très critiquée, cette dernière était élargie de plus de deux mètres, notamment par l’emploi de Bulges. On escomptait ainsi réduire l’effet de roulis entraîné par une bordée latérale avec ces formidables pièces, améliorer la stabilité et la résistance de la coque, qui restait cependant encore dramatiquement sous-protégée. On mit ce bâtiment en chantier chez Armstrong le 8 juin 1915, et il fut lancé en août 1916 soit trois mois après la bataille du Jutland. A son achêvement, les croiseurs de bataille souffraient d’un discrédit certain, et le projet initial d’employer ces bâtiments légers dans les opérations de bombardement de la côte pour les débarquements en Baltique était mort-né.

Lorsqu’il fut presque achevé en mars 1917, on lui avait ajouté pas moins de quatre bancs triples et deux bancs doubles de tubes lance-torpilles fixes et latéraux, qui s’ajoutaient encore au deux tubes sous-marins. Mais avant qu’il effectua ses essais, l’amirauté qui désirait augmenter les capacités aériennes de la flotte décida de le convertir en porte-avions hybride, en adaptant un hangar avec une piste d’envol au-dessus sur toute la partie avant, de la passerelle à la proue. De ce fait, les nouveaux plans étaient approuvés fin mars, et les travaux s’achevèrent prestement en juillet. Le 7, il avait entamé sa campagne d’essais et était entré en service dans la Grand Fleet. Mais en Octobre, l’amirauté spécifia une nouvelle modification à la lumières des premiers essais de décollage et d’appontage. Autant le décollage était simple, effectué depuis des mois sur de simples plate-formes, autant l’appontage représentait un problème considérable, notamment du fait de la prise au vent de ces appareils très légers et du roulis du bâtiment hôte. En août, le Commandant Dunning parvint à se poser sur le pont avant, mais périt lors de sa seconde tentative. De toute évidence l’espace nécéssaire devait être repensé. C’est ainsi qu’une nouvelle transformation plus radicale fut envisagée, qui fut finalisée en novembre.

A sa sortie, le Furious avait perdu sa tourelle arrière, ses quatre bancs triples de tubes lance-torpilles, ses pièces axiales de 140 mm, et gagné un grand hangar et des équipements spécifiques courant de la poupe, surélevé, jusqu’ à la cheminée, le passage entre la piste d’appontage et le pont avant se faisant par des passerelles latérales. Pendant des mois, le Furious servit à titre expérimental. Il était le premier bâtiment de cette importance à recevoir ces aménagements. Pour éviter que les appareils – des Sopwith Pup du RNAS ( Royal naval air service )- ne s’écrasent sur la cheminée en bout de piste, on monta un grand filet de récupération derrière, maintenu par des câbles montés sur des systèmes hydrauliques. La rudesse ce ce système d’arrêt rustique prouva sa pertinence, tant que l’on avait pas encore envisagé le montage des brins d’arrêt de pont. Le Furious nouvelle manière fut accepté à Rosyth en mars 1918 et entama une campagne d’essais, sous la direction du contre-amiral Phillimore. On utilisait alors des Sopwith Pup équipé de skis don la friction permettait de les arrêter plus vite, mais les appontages se révélèrent délicats du fait de la gêne occasionnée par la fumée de la cheminée axiale. Sur 13 tentatives, seules 3 furent couronées de succés. Par contre on effectua avec succés des lancement d’appareils plus gros, des Sopwith Camel et Strutter. Ces derniers apportaient à l’aéronavale un rayon d’action supérieur et une capacité d’attaque grâce à leur capacité de bombardiers légers.

En mai-juin, le problème d’appontage n’était pas encore entièrement résolu, mais les appareils revenaient aux trains à roues, renforcés. Le Furious effectuait des missions d’aclairage de la flotte. Au cours de l’une d’elle en mer du nord, un premier combat aéronavale prit place lorsque des Camel du Furious affrontèrent des hydravions Allemands, abattus finalment par sa DCA. Plusieurs missions prirent place juisqu’en juillet 1918, lors de la première attaque aéronavale réussie, en l’occurence contre les hangars de Zeppelins de Tondern dans le Schleswig-Holstein, que la presse salua unanimement: Londres subissait en effet à cette époque un « blitz » aérien qu’infligeait les Zeppelins et d’autres bombardiers lourds à sa capitale. En 1919 il fut envoyé en Baltique pour assister les Blancs et la Royal Navy contre les Bolchéviques, puis evint à Rosyth en novembre pour d’autres modifications et un passage en cale sèche. On décida de le reconstruie enore totalement, à la lumière des opérations, et des pans furent préparés en ce sens.

Son double hangar, son pont d’envol, son arrangement de machines et sa passerelle furent modifiées ou supprimées lors d’une reconstruction qui intervint entre 1922 et 1925, lui donnant son visage définitif. Il ré-entra donc en service en août 1925, en se voyant doté d’un pont d’envol moins long que la coque, avec un seul hangar et deux ascenceurs cruciformes, prévus au départ pour des appareils dont les ailes ne se pliaient pas. Il était critiqué pour son faible emport de carburant pour avions, et sa faible protection, bien qu’il reçut des ballasts antitorpilles. Il n’embarquait que 36 appareils, et n’avait plus de passerelle ou de cheminée axiales sinon une cabine téléscopique en bout de piste. En 1939, on le conduisit à Devonport pour de nouveaux travaux, il se vit doté d’une vraie passerelle et d’une DCA plus importante et moderne. Durant le second conflit mondial, le Furious participa à de nombreux combats, notamment en méditerranée, comme à la seconde bataille de la Grande Syrte en 1943. Mais ce service intensif et ininterrompu et son relatif manque d’entretien fatigua sa structure et en septembre 1944, il fut retiré de la première ligne. Il resta à occuper des rôles secondaires, comme le transport d’aviation ou l’écolage, avant de devenir navire-dépôt et de terminer sa carrière à la démolition en 1948. ( Voir navis2GM ).

Caractéristiques d’origine ( Mars 1917 ):

 Déplacement & Dimensions

 19 500 t, 22 900 T PC, 239,7 x 26,8 x 6,4 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines Brown-Curtis, 18 chaudières Yarrow, 90 000 cv. et 31,5 n. max.
 Blindage  Ceinture 75, coffrage 75, barbettes 180, tourelles 230, blockhaus 250mm, ponts 75 mm.
 Armement  2 pièces de 457 (2×1), 11 de 140, 2 de 76 AA, 4 de 47, 2 TLT de 533mm ( SM ).
 Equipage  880

 

 

 

 

 

 

gbCuirassé Dreadnought HMS Canada ( 1913 )

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Le HMS Canada en 1916. ( cliquer p. agrandir ).

Ce puissant cuirassé, l’un des plus imposants du moment, ne fut pas commandé par l’amirauté mais par le Chili, qui désirait ne pas perdre la face lors de la « course navale » entamée par les brésiliens avec leurs deux Minas Gerais et les Argentins avec leurs Rivadavia. Grands admirateurs de la Royal Navy, avec laquelle la marine Chilienne avait des liens très étroits, les Chiliens passèrent donc commande en 1911 de deux cuirassés plus puissants en principe que les bâtiments cités ci-dessus. Le chantier Armstrong fut comme de bien entendu sollicité de par sa vocation exportatrice, et entama des pourparlers via son organe commercial avec l’amirauté Chilienne, dont le cahier des charges exigeait simplement une vitesse supérieure, et 10 pièces de 14 pouces ( 356 mm ), qui leur donnait une marge de sécurité en portée et en puissance de frappe. Ils reçurent le nom d’Almirante Cochrane et Almirante Latorre, remplaçant les vieux cuirassés en service portant ce nom. Cet armement était à l’époque calqué sur celui des King Georges V et Orion, avec 5 tourelles doubles en ligne, mais avec un calibre cependant plus important, et inhabituel au sein de la RN: Les autres classes de cuirassés Britanniques passèrent successivement du calibre 12 inches ( 305 mm ) au 13 inches ( 343 mm ), puis directement au 381 mm ( 15 inches ). L’Erin, ex-cuirassé Turc, de son côté défraya également ce standard par ses 10 pièces de 345 mm.

Ces deux cuirassés étaient assez avancés en 1914: Le Latorre fut lancé le 27 novembre 1913, et était bien avancé en août 1914. Le Cochrane de son côté était en retard, notamment du fait des Queen Elisabeth, prioritaires, et n’était pas encore en état d’être lancé à cette même date: Il ne fut mis sur cale qu’en février 1913. Le gouvernement Britannique était sensible aux liens qu’il entretenait avec le Chili, grande exportatrice de soufre et de nitrates dont la Grande-Bretagne avait un usage considérable notamment pour ses obus. Il était, contrairement aux navires turcs, impensable d’effectuer dans ce cas une réquisition d’autorité, aussi un accord fut passé selon lequel la Grande-Bretagne achevait à ses frais le cuirassé, et l’utilisait pour la durée du conflit, charge pour elle de le rendre à son propriétaire définitif après l’armistice, ce qui fut officialisé le 9 septembre. Un an plus tard, le cuirassé, rebaptisé provisoirement HMS Canada, était accepté en service. Il disposait d’un jeu de tubines Brown-Curtis à haute pression et de Parsons à basse pression, était haut ( ses cheminées furent d’ailleurs raccourcies ), mais pas instable pour autant. On supprima en 1916 ses quatre pièces de 152 mm arrières, trop affectées par les tirs de la tourelle centrale, et en 1918, on ajouta une plate-forme pour avions sur deux tourelles.

La situation de son sister-ship, le Cochrane, était plus problématique. Il n’était plus question d’un achèvement pour le compte du Chili dans des délais satisfaisants, et du fait d’autres priorités, il fut simplement « mis en sommeil », le gouvernement laissant entendre un achêvement après-guerre. Il fut en fait lancé en juin 1918 après qu’un nouvel accord soit passé avec le Chili, le gouvernement « rachetant » le bâtiment pour le reconvertir en porte-avions. Cette décision survint avec l’expérience de la guerre, à l’automne 1917, à la lumière notamment des difficultés rencontrées avec le Furious. L’amirauté souhaitait un bâtiment vaste et rapide à coque flush-deck, et le Latorre répondait à ces attentes. Le nouveau design fut formalisé en décembre, mais l’achèvement du navire ne survint qu’en avril 1920, sous le nouveau nom d’HMS Eagle. Ce bâtiment qui fut l’un des piliers de l’aéronavale Britannique entre-deux guerre fut l’un des plus décevants en opérations durant la seconde guerre mondiale ( voir Eagle, Navis2GM ). Le Canada de son côté était affecté à la 4e escadre de la Grand Fleet et combattit au Jutland, sans pertes. Il fut ensuite affecté jusqu’en 1919 à la 1ere escadre, puis passa en cale sèche. Il fut transféré enfin en avril 1920 au Chili, reprenant son nom initial. L’Almirante Latorre resta actif jusqu’en 1959.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 28 000 t, 32 300 T. PC, 201,5 x 31,5 x 8,7 m

 Propulsion  4 hélices, 4 turbines, 21 chaudières Yarrow, 37 000 cv. et 22,7 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 230, coffrage 115, Barbettes 230, tourelles 250, blockhaus 280, ponts 100 mm.
 Armement  10 canons de 356 (5×2), 16 de 152, 2 de 76 AA, 4 de 47, 4 TLT de 457mm ( SM flancs ).
 Équipage  1167

 

 

 

 

gbCroiseurs légers classe Arethusa ( 1913-14 )


HMS Arethusa, 1916.

8 Croiseurs légers reprenant certaines des caractéristiques des éclaireurs précédents des classes Bellona, Blonde et Active, furent mis en chantier en 1912-13 et mis en service au début de la guerre, d’août 1914 à mars 1915. Pour autant ces navires furent avant tout motivés par le besoin de mener les escadrilles de destroyers par des navires sufisamment rapides. Winston Churchill, devenu premier Lord de la mer, s’attela à cette question en 1911. Plusieurs solutions furent considérées, dont l’agrandissement du super-destroyer HMS Swift. Finalement, on se rendit compte qu’il n’était pas possible d’atteindre 37 noeuds ( proposition de Lord Fisher ) avec l’armement et le blindage d’un croiseur, mais on en revint à l’étude d’un éclaireur très rapide mais bien protégé ( amiral Henry Oram ). L’adjonction de puissantes turbines de destroyers permettait théoriquement de dépasser 31 noeuds.

Au final, cette vitesse irréaliste fut abandonnée pour 28,5 noeuds, ce qui était déjà nettement supérieur aux croiseurs légers classiques, avec une protection verticale bien plus efficace. Churchill les présentant devant le parlement parlaient d’eux comme de petits croiseurs-cuirassés rapides. Leur armement mixte fut un échec et fut changé durant la guerre. Les Arethusa participèrent à de nombreuses actions, sans pertes, mis à part le HMS Arethusa précisément qui sauta sur une mine le 11 février 1916. Les autres furent réformés dès 1921-22, soit après seulement 6-7 ans de service.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 3750 t – 4400 t.PC, 132,9 x 11,9 x 4,1 m

 Propulsion  4 hélice, 4 Turbines Parsons, 8 chaudières, 40 000 cv. et 28,5 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 152 mm, 6 de 102, 1 de 47 AA, 4 TLT de 533 mm en 2 groupes SM flancs.
 Equipage  282

 

 

gbCroiseurs légers classe Caroline ( 1914-15 )


HMS Caroline, 1916.

Huit « croiseurs-cuirassés légers » furent ordonnés au plan de 1913, les deux derniers recevant quelques améliorations ( sous-classe Calliope ). Dans leurs grandes lignes, ils reprenaient l’essentiel des Arethusa précédents, mais étaient un peu plus longs et plus larges. Les deux pièces de 152 mm se trouvaient à l’arrière, l’une d’elles étant surélevée. On avait également dégagé de la place pour deux pièces de 102 mm supplémentaires. La propulsion était identique et la vitesse inchangée malgré un déplacement en hausse de 300 tonnes. Ces navires furent entamés aux chantiers Camelle Laird, Scott, Pembroke, et Scott en juillet et novembre 1913, janvier ou février 1914 et entrèrent en service en décembre 1914 ( Caroline ), janvier ( Comus, Cordelia ), et juin1915 ( Carysford, Cleopatra, Conquest ). Leurs deux pièces avant de faible calibre furent jugées peu utiles et durant la guerre supprimées au profit d’un unique 152 mm. L’armement se trouvait donc changé en 1917, avec 3 pièces de 152 et 4 de 102 mm. Là encore le poste de tir avait du mal à différiencier les gerbes des différentes pièces. Mais ces croiseurs bien protégés étaient considérés comme de meilleures plate-formes de tir grâce à leur largeur accrue. En 1918 on élimina le petit blockhaus avant, tandis que le mât simple devenait tripode pour recevoir un poste de tir plus important, ainsi que des projecteurs additionnels surélevés. Par ailleurs l’armement était une fois de plus modifié, avec la suppression des deux paires de 102 mm, remplacés par deux bancs triples de tubes lance-torpilles. L’unique pièces de défense contre avions de 76 mm ( Le « Royal Horse artillery 13 pounder » ), fut remplacé selon le cas par trois pièces de 47 mm Mk.I AA, une ou deux pièces de 102 mm AA et deux de 40 mm Bofors. Aucun ne fut coulé au combat, et ils furent vendus entre 1923 et 1931 après une carrière bien remplie mais sans rien de notable. Le Caroline servit longtemps dans la RNZN et existe toujours actuellement.

Caractéristiques ( Origine ):

 Déplacement & Dimensions

 4220 t – 4730 t.PC, 135,9 x 12,6 x 4,9 m

 Propulsion  4 hélice, 4 Turbines Parsons, 8 chaudières Yarrow, 40 000 cv. et 28,5 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 75 mm, ponts 25 mm, Blockhaus 152 mm.
 Armement  2 canons de 152, 8 de 102, 1 de 76, 4 de 47 AA, 4 TLT de 533 mm ( 2×2 ).
 Equipage  301

 

 

 

 

gbCroiseurs légers classe Caledon ( 1916-17 )


HMS Caradoc, 1917.

En 1915, la Grand Fleet avait besoin de croiseurs légers. Pour gagner du temps, on lança en janvier-mars 1916 la construction de 4 croiseurs ( « classe C » ) basés sur les Centaur, eux-même étroitement extrapolés des Cambrian. Comme différences, les Caledon furent conçus en fonction des leçons retenues de la guerre, et avait un armement en torpilles plus conséquent, avec 4 bancs doubles, ce qui se faisait comme modification en 1917 sur des croiseurs plus anciens. D’autre part, ils avaient une proue droite, généralisée par la suite tant elle simplifiait la construction, et une coque élargie de 20 cm. Enfin, leurs turbines Parsons étaient inégralement embrayées sur l’arbre. Ils étaient solidement construits et servirent longtemps dans la Royal Navy, comme d’ailleurs les bâtiments suivants, tous participant aux deux guerres mondiales. La classe comprenait les Caledon ( opérationnel en mars 1917 ), Calypso, Caradoc et Cassandra ( en juin ). Durant la grande guerre, le Caledon et le Calypso participèrent à l’action de la baie d’Héligoland en nov.1917, gravement endonnalgé par des obus de gros calibre. Tous les quatre servirent en Baltique en 1918-19, deux d’entre eux capturant des destroyers Bolchéviques. Le HMS Cassandra suta sur une mine à Reval le 5 décembre 1918 et les autres participant à la seconde guerre mondiale après des refontes et un réarmement ( Voir Classe Caledon, Navis2GM ).

Caractéristiques ( Origine ):

 Déplacement & Dimensions

 4120 t – 4950 t.PC, 137,2 x 13 x 5 m

 Propulsion  2 hélice, 2 Turbines Parsons, 6 chaudières Yarrow, 40 000 cv. et 29 noeuds max.
 Blindage  Ceinture 75 mm, ponts 25 mm, Blockhaus 150 mm.
 Armement  5 canons de 152, 2 de 76, 4 de 47 AA, 8 TLT de 533 mm ( 4×2 ).
 Equipage  400

 

 

 

 

 

 

 

 

royalnavyAvisos escorteurs classe Anchusa ( 1917 )

anchusa
HMS Coreopsis, 1918.

28 Avisos escorteurs de la classe Anchusa furent produits, s’inscrivant au sein de la classe « Flower ». Ils étaient très proches des Aubretia précédents, et variaient sur quelques détails d’emménagements. Il étaient plus lourds de 40 tonnes, plus larges, et affectaient l’allure de cargos « trois-îles » pour mieux berner les U-Bootes. On avait poussé ce réalisme jusqu’à ajouter un faux canon en poupe, configuration adoptée par la plupart des cargos armés à cette époque. En réalité, leurs pièces véritables étaient cachées sous des masques rabattables. Ils étaient conçus pour l’escorte, mais comme de véritables « bateaux-piège ». Le dernier de ces bâtiments fut opérationnel en juin 1918. 6 unités furent victimes des U-Bootes en 1918, les autres furent presque tous démolis en 1921-27.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1290t, 80 x 10,7 x 3,5 m

 Propulsion  1hélice, 1 machines TE, 2 chaudières, 2500 cv. et 17,5 noeuds max.
 Blindage  Soute à munitions 80 mm.
 Armement  2 canons de 102 mm, 2 de 76 mm.
 Equipage  92

 

 

 

 

 

gbAvisos classe Acacia ( 1915 )

acacia
HMS Aster, 1915.

Ces navires simples et robustes furent définis dès le début de la guerre dans le but d’être à la fois des unités polyvalentes ( draguage et mouillage de mines, transport, escorte, ravitaillement ) et de pouvoir être construit par des chantiers civils, ce qui libérait les chantiers militaires surchargés de commandes. Le design de ces navires simples et robustes était prêt et la construction démarrait dans 12 chantiers, qui délivrèrent au total 24 navires ( lancés en 1915, opérationnels entre mai et septembre 1915 ). Bien que lents et incapables de se joindre à la flotte de ligne ( mais parfaits pour les convois, ils inspirèrent d’autres séries de navires de plus en plus orientés vers l’escorte et la patrouille ASM au vu de la menace grandissante des U-Bootes. Ils portaient des noms de fleurs, et constituaient la première série des célèbres « Flower » de la première guerre mondiale ( moins célèbres toutefois que leurs alter ego de 1941-45 ).

La simplicité et la standardisation y était poussée dans les moindres détails ( hélice unique et machine standard à triple expansion, artillerie standard, formes simplifiée, équipements civils de grande série… ). 18 semaines suffisaient à les construire. Ils disposaient d’une unique chambre blindée, la soute à munitions du bord. Cette « boîte blindée » était si bien conçue que lorsque à plusieurs reprises certains de ces navires heurtaient une mine, l’explosion fasait voler en l’air cette soute sans pour autant qu’elle explose. Il n’y eut d’ailleurs que deux pertes, ce qui prouve leur solidité: Le HMS Aster ( mine, 1917 ) et le HMS Lavender ( torpillé en 1917 ). Certains furent vendus dès 1922, d’autres sruvécurent dans les années 30, et le HMS Laburnum fut le seul à participer à la seconde guerre mondiale ( il fut coulé à Singapour en 1942 ).

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1200 t, 76,2 x 10,1 x 3,4 m

 Propulsion  1 hélice, 1 mach.TE, 2 chaudières, 1800 cv. et 16,5 noeuds max.
 Blindage  aucun sauf soute blindée 80 mm.
 Armement  2 canons de 76 mm, 2 canons de 47 mm AA.
 Equipage  90

 

 

 

 

 

gbAvisos classe Azalea ( 1915 )

azalea
HMS Magnolia, 1916.

Ces 12 unités qui formaient la seconde sous-classe des « Flower », étaient virtuellement identiques aux Acacia précédents, mis à part un armement principal passé à 120 mm, pour répondre aux raiders Allemands. 10 survécurent la guerre, effectuant un service civil à partir des années 20. Le HMS Begonia fut entièrement reconstruit comme un caboteur comme Q-ship utilisant deux noms d’emprunt, et coula en tentant déperonner le grand croiseur submersible U151 au large de Casablanca le 2 novembre 1917. Le Zinnia fut pris en compte par la Belgique en 1920.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1210t – 1330 t.PC, 76,2 x 10,1 x 3,4 m

 Propulsion  1 hélice, 1 mach. TE, 2 chaudières, 1800 cv. et 16,5 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 120 mm, 2 de 47 mm AA.
 Equipage  90

 

 

 

 

gbAvisos classe Arabis ( 1915 )

arabis
HMS Alyssum, 1917.

Ces 36 avisos « sloops » escorteurs de la grande classe Flower suivaient les classes Azalea et Acacia fin 1915. Construits en trois « batches » de 9 unités dans des chantiers civils ils furent mis en service en 1916. On espérait augmenter leur vitesse d’un demi noeud en portant leur puissance à 2000 cv, mais ce fut le contraire qui se produisit, notamment à cause d’un surpoids conséquent. Leur compartimentage avait été revu et amélioré, ils emportaient notamment 50 tonnes de lest pour éviter le chavirage en cas de voie d’eau. 8 unités supplémentaires furent produites pour la France ( voir classe Amiens ).

7 unités furent coulées par faits de guerre ( mines, duels avec destroyers ), et un en baltique en 1919 ( opération de soutien des Russes « blancs ». Un fut vendu au Danemark, un au Portugal, un fut transféré à l’Australie. Les autres furent vendus en 1920-33, deux coulés comme navire-cibles, deux actifs pendant la seconde guerre mondiale dont le Cornflower, envoyé en extrême Orient et coulé durant la chute de Singapour en décembre 1941 après un intermède civil.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1250 t – 1330 t.PC, 81,7 x 10,2 x 3,4 m

 Propulsion  1 hélice, 1 machine TE, 2 chaudières, 2000 cv. et 16 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 120 mm, 2 de 47 mm AA.
 Equipage  90

 

 

 

 

gbAvisos classe Aubretia ( 1915 )

aubretia
HMS Salvia, 1916.

Dernière sous-classe des Flower, ces 12 navires étaient cependant conçus pour se rapprocher en apparence encore plus de navires civils dont ils reprenaient la silhouette. Le but étaient de tromper les U-Bootes, restants en suface au lieu de plonger, le temps pour ces navires de se rapprocher à porter de tir. De ce fait, quoique construits spécifiquement dans ce but, contrairement au cargos réquisitionnés et armés, ils furent placés dans la catégorie des « Q-ships » ( navires-leurres ). Ils avaient cependant deux indices traitres: Leur largeur insuffisante vue de trois-quart et leur nombreux équipage. Trois unités furent perdues en sautant sur des mines, une était encore opérationelle en 1939, une fut transférée à la France en 1917 et une autre à la marine Indienne.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1250t – 1310 t.PC, 81,7 x 10,2 x 3,4 m

 Propulsion  1 hélice, 1 mach. TE, 2 chaudières, 2500 cv. et 17,5 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 102 mm, 1 de 47 mm AA.
 Equipage  92

 

 

 

 

gbAvisos classe « 24″ ( 1918 )

ard_patrick
HMS Ard patrick, 1918.

24 avisos furent ordonnés en 1917, portant le principe du leurre naval à son paroxysme: Reprenant les caractéristique des « Flowers » précédents, ces unités du type « 24″ ( du nombre d’unités ordonnées ), adoptaient cette fois une symétrie parfaite entre l’avant et l’arrière afin de mieux berner les U-Bootes sur leur cap. Tous ceux qui furent opérationnels avant la capitulation furent camouflés de manière savante. En effet, 8 ne furent lancés qu’en 1919, et 10 opérationnels après la guerre. 21 navires en fait furent finalement construits, ayant une bonne vitesse mais accusant un certain roulis. Certains servirent en Baltique et dans le Golfe de Finlande afin d’aider les Russes Blancs, d’autres en méditerranée, notamment à Gibraltar, mais ils n’eurent pas le temps de prouver leur bien-fondé de conception en escorte.

Ils étaient nommés d’après des chevaux de courses, des purs-sang réputés du Derby à Ascott. Du fait de leur tardive entrée en guerre, ils furent revendus à des compagnies civiles en 1920-23, deux étant réformés en 1933-37, et un était opérationnel en 1939: Le HMS Merry Hampton. Rebaptisé en 1923 Herald et utilisé comme patrouilleur, il était basé en extrême-Orient. Il se saborda à Seletar en février 1942, fut renfloué et réparé par les Japonais qui le renommèrent Heiyo. Il participa ensuite à la défense des convois et fut coulé le 14 novembre 1944, en sautant sur une mine. Le HMS Sir Bevis fut de son côté acqis par la marine Néo-Zélandaise ( RNZN ) sous le nom de Irwell en 1923, Inglet en 1926, et à été depuis préservé à Bristol comme navire-musée.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 1320 t – 1390 t.PC, 81,5 x 10,7 x 3,2 m

 Propulsion  1 hélice, 1 machine TE, 2 chaudières, 2500 cv. et 17 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 102 mm, 39 grenades ASM.
 Equipage  82

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

gbPatrouilleurs ASM type « PC-Boats » ( 1916-18 )

pc_boat_pc55

Le HMS P55 en 1917.

Devant le succés des « Q-ships », les leurres et bateaux-pièges, l’amirauté commanda 20 unités spécifiques à 9 chantiers civils différents. Ils procédaient un peu de l’idée des « Flowers » mais étaient plus petits, et l’apparence civile était encore plus poussée. Du fait qu’ils n’avaient pas à embarquer de charge utile, leur tirant d’eau était très faible ( 2,50 m ) et ils n’avaient pas de ballasts, aussi ils connurent des problèmes réccurents de stabilité. Leurs mâts et leurs palans étaient factices. Leur armement consistait en trois pièces d’artillerie, une de 102 mm recouverte d’une toile de jute sous le palan arrière, en ligne, et deux de 76 mm placées sous l’ombre des ailes de la passerelle. Ils étaient intégrés dns le système de rérérencement des « Q-ships », avec de faux noms. Le premier fut lancé en septembre 1916 et opérationnel en janvier 1917, le dernier après l’armistice de novembre. Ils opéraient depuis Pembroke. Le PC55 fut après la guerre transférée à la marine Indienne, ainsi que le PC69. Le PC73 devint un garde-pêche, et le PC74 servit encore durant la seconde guerre mondiale dans son rôle premier. Les autres furent revendus à des compagnies civiles ou démolis.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 694t, 75,3 x 7,8 x 2,4 m

 Propulsion  2 hélices, 2 turbines à vapeur, 2 chaudières, 3500 cv. et 20 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canon de 102 mm, 2 de 76 mm.
 Équipage 55

 

 

 

gbPatrouilleurs ASM type « P-Boats » ( 1916-18 )

p_boat_p29

Le HMS P26 en 1917.

Imaginés en 1915, les P-Boats ( pour « patrol » ) étaient un peu des précurseurs des destroyers d’escorte. Ils furent définis comme des navires facile à produire en masse, et pour cela très simplifiés. Ils avaient également une silhouette bien particulière, avec une coque de franc-bord très bas, des superstructures réduites et ramassées au centre afin de leur donner une vague silhouette de submersible en surface. Ils furent équipés de deux tubes lance-torpilles latéraux de faible calibre issu de divers torpilleurs anciens. Ils furent basés en trois endroits: La patrouille de Douvres, Scapa Flow comme escadrille de défense locale, et les autres basés à Portsmouth et effectuant de l’escorte côtière. Les premiers furent opérationnels en janvier 1916 et les derniers en juillet 1918. Au total, 43 unités furent construites. A part le P26 qui sauta sur une mine, et le P12 perdu lors d’une collision, tous survécurent au conflit et servirent encore deux ou six ans. Le P57 fut vendu à l’Egypte comme Raqib, lequel servait encore en 1939. Le P38 devint le Spey et fut utilisé comme garde-pêche à partir de 1925.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 613t, 74,5 x 7,2 x 2,4 m

 Propulsion  2 hélices, 2 turbines à vapeur, 2 chaudières, 3500 cv. et 20 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canon de 102 mm, 1 de 40 mm, 2 TLT 356 mm.
 Équipage 54

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

gbCannonières classe « Kil » ( 1917-18 )

kildary

Le HMS Kildary en décembre 1917.

Les 80 canonnières légères de la classe « Kil » étaient en fait à l’origine un projet de patrouilleur civil conçu sur la base d’un chalutier perfectionné. On recherchait une enurance, une vitesse et une robustesse encore supérieure aux chalutiers standards. Mais l’intérêt était encore de pouvoir faire fabriquer ces navires par des chantiers civils ayant l’expérience de ce type de navire de pêche. Avec leur aspect singulier ( avant et arrière symétriques pour berner les U-Bootes sur leur cap, superstructures centrales également symétriques, proue et poupe pointues, les « Kil » furent vite surnommés les « paper boats » ( navires en papier ). La commande initiale de 85 navires fut en réalité en partie annulée à la fin de la guerre, et en définitive ce sont 45 navires qui furent acceptés en service, les derniers non-armés en novembre 1918. Le navire de tête de série, le Kildary fut mis en chantier à Smith Dock ( de loin le plus gros constructeur de cette classe ) en juillet 1917, lancé en novembre et achevé en décembre. Tous les autres furent acceptés en service courant 1918. Du fait de la fin de la guerre survenue rapidement, la plupart des « Kil » furent revendus à des exploiteurs civils privés en 1919-20. Aucun ne fut coulé au combat.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 895t, 55,5 x 9,1x 3,3 m

 Propulsion  1 hélice, 1 machine TE, 1 chaudière cyl., 1400 cv. et 13 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canon de 102 mm, grenades ASM..
 Équipage 39

 

 

 

 

gbCorvettes classe Z ( 1917 )

beluga
HMS Rorqual, 1918.

Basés sur des baleiniers, cette classe « Z » constituait une autre réponse de l’amirauté contre les U-Bootes. Désireuse de produire rapidement des patrouilleurs robustes à bas prix issus de chantiers civils, c’est tout naturellement qu’elle se pencha vers la solution des baleiniers, navires bien adaptés aux rudes conditions de la mer du Nord. On recherchait en 1915 un patrouilleur, un escorteur plus réputé pour sa maniabilité que sa vitesse. La Smith Dock Cie, réputée à Middlesbrough fut ainsi contactée pour un contrat portant sur 15 unités basés sur le design d’un baleinier construit pour la Russie. La série commença sa carrière en portant des identifiant Z1 à 15, puis des noms d’espèces de cétacés. On avait repris le principe des leurres navals et conçus un déguisemement incluant de fausses peintures sur toiles et un canon de 76 mm déguisé en canon pneumatique armé d’un faux harpon, rapidement amovible.

Les navires furent basés en trois flotilles opérant depuis Stornoway, les Shetland et Peterhead. Leur tenue en mer n’était pas bonne, et l’idée ne fut pas poursuivie, l’histoire des « baleiniers Zé s’arrêtant à l’armistice. Ils furent alors revendus pour un service civil en 1920.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 336t – 346 t.PC, 40,5 x 7,6 x 2,6 m

 Propulsion  1 hélice, 1 mach. TE, 2 chaudières, 1200 cv. et 13 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canon de 76 mm, 2-12 grenades ASM.
 Equipage  26

 

 

gbDrageurs de mines classe Ascot ( 1915 )

ascot
HMS Ludlow, 1916.

Ces 24 vapeurs à roues à aubes paraissaient échappés du XIXe siècle. Pourtant ils étaient neufs, construits dans des chantiers civils sur des plans de l’amirauté, spécifiquement pour servir de dragueurs de mines en mer du Nord. Ils portaient tous des noms de course hippiques Britanniques. L’idée d’employer des navires utilisant ce système de propulsion abandonné dans les marines dès 1860 du fait de leur vulnérabilité aux coups ennemis présentait en revanche de grand avantage dans le draguage de mines: En effet de nombreux dragueurs à hélice – laquelle provoquait des turbulences à proximité des mines, à la poupe, l’endroit précis du draguage – furent ainsi détruits en service. Les vapeurs à roues à aubes réquistionnés en revanche prouvèrent leur parfaite adaptation à la guerre des mines. L’amirauté passa donc commande au chantier Alisa SB, l’un des rares spécialisé encore dans cet type de propulsion, d’autres unités dérivées du ferry Glen Tusk. D’autre commandes furent passées en 1915 et 1916 à de petits chantiers. 5 unités furent perdus par faits de guerre: La plupart sautant sur des mines, dont le HMS Kempton qui tentait alors de sauver les sruvivants du HMS Redcar, frappé par une mine peu avant. Le HMS Ascot fut torpillé par l’UC67 au large des îles Feroë. Les autres furent réformés en 1921-23, mais deux étaient encore utilisés pendant la seconde guerre mondiale sous le nom de Queen of Kent et Queen of Thanet comme batteries de DCA mobiles pendant la bataille d’Angleterre.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 810t – 870 t.PC, 74,9 x 8,8 x 2,1 m

 Propulsion  2 roues, 1 mach. compound, 2 chaudières cyl., 1500 cv. et 14,5 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 57 mm, 2 de 40 mm AA Bofors.
 Equipage  50

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

gbDragueurs de mines classe « Hunt » ( 1917 )

belvoir
HMS Belvoir, 1917.

Les dragueurs de mines à roues à aubes, qui pouvaient se prendre dans les filins des mines détachées, et dont les performances par gros temps étaient médiocres devaient trouver une succession plus satisfaisante, que l’amirauté définit en contactant plusieurs chantiers civils, avec un design issu de ses bureaux d’ingénieurs, et qui intégrait deux hélices pour baisser le niveau de turbulence, et le nouveau système de draguage ultra moderne « Quixo ». Ce furent les premiers dragueurs de mines d’escadre. 20 navires furent ordonnés en 1916 et achevés dans le courant de l’année 1917. Ces navires furent affectés au sein de trois flotilles, en majorité basés à Granton, servant occasionnellement et avec succés d’escorteurs. Tous ces « Hunt » ( noms de domaines de chasse ) ou presque furent revendus après la guerre, de 1920 à 1923, mais le HMS Blackmoreval sauta sur une mine en 1918 et le HMS Tedworth devint un navire d’assistance aux plongeurs, puis en 1936 un piquet-radar expérimental et survécut jusqu’en 1945.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 750t – 810 t.PC, 70,5 x 8,5 x 2,1 m

 Propulsion  2 hélices, 1 mach. 3 cyl. TE, 2 chaudières Yarrow, 1800 cv. et 16 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  2 canons de 76 mm, 2 de 57 mm.
 Equipage  26

 

 

 

 

 

 

 

 

Dragueurs de mines classe Aberdare ( 1917-18 )

leamington

Le HMS Leamington en 1918.

Issus des « Hunt » mais designés par l’amirauté comme une série de masse, les « Aberdare » ( continuant la liste des domaines de chasse de Grande-Bretagne ) étaient des « Hunt » simplifiés, avec une coque flush-deck, des superstructures simplifiées, un armement plus puissant et 180 tonnes de charbon au lieu de 140. Sur la centaine prévue, seuls 32 furent acceptés en service avant novembre 1918. Les autres servirent afin de dégager les zones minées, et ce jusqu’en 1922, date des premières reventes. 6 furent convertis en navires de surveillance et renommés, d’autres vendus à des compagnies civiles comme caboteurs, et une vingtaine servirent encore durant la seconde guerre mondiale, dont la moitié opéraient en méditerranée ( certains furent coulés à Malte, d’autres en Crète ), d’autres survécurent juqu’aux années 60 comme le dragueur Irwell de la RNZN.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 800t, 910 t PC, 70,4 x 8,7 x 2,3 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines TE, 2 chaudières Yarrow, 2200 cv. et 16 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1canon de 102 mm, 1 de 76 mm AA.
 Équipage 74

 

 

 

 

gbDragueurs de mines classe « Dance » ( 1917 )

cotillon

Le HMS Hornpipe en 1918.

L’Amirauté demanda en 1917 des dragueurs de mines à faible tirant d’eau pour opérer sur les fleuves et les zones côtières de hauts-fonds. Le directeur du bureau des navires auxiliaires conseilla de faire réquisitionner des navires dérivés des « remorqueurs à tunnel » utilisés sur l’Euphrate et le tigre en Mésopotamie. Ce qui fut fait pour 6 unités, puis encore 4 autres. Ces 10 navires spartiates furent convertis avec succés, portant des noms de danses populaires. Ils furent envoyés pour opérer sur la côte Belge, basés à Dunkerque en 1918. Quatre autres furent envoyés après modifications pour servir dans le grand Nord à Arkangelski en avril 1919. Ils appuyèrent les Russes blancs. Le Fandango et le Sword dance sautèrent sur des mines. Les autres furent démobilisés et revendus en 1920.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 290t, 39,6 x 8 x 1,10 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines TE, 1 chaudière cylindrique, 450 cv. et 9,5 noeuds max.
 Blindage  aucun.
 Armement  1 canons de 76 mm, 1 de 47 mm.
 Équipage 22

 

 

 

 

gbCannonières classe « Insect » ( 1915-1916 )

cockchafer

Le HMS Cockchafer en 1914.

12 Canonnières du type « Yang-Tsé » furent ordonnées en 1915 pour servir sur le Danube contre la flotille Austro-Hongroise. Ils furent designés en un temps record par Yarrow, et étaient puissemment armées pour leur tonnage modeste. Très bien construites, certaines survécurent jusqu’après la seconde guerre mondiale. Elles furent construites par des chantiers subsidiaires, comme Alisa SB, Barclay Curle, Lobnitz ou Wood Skinner, et lancées en 1915-16. Quatre unités, restant au sein de la Home Fleet en attendant un transfert furent réarmées avec des pièces de DCA de 152 à tir rapide contre les Zeppelins en manche. Avec la défaite des Serbes en Yougoslavie, il fut trop tard pour les envoyer sur le Danube, aussi ces unités portant des noms d’insectes furent affectées sur d’autres théâtres d’opération.

Excellents comme navires de support rapprochés des troupes, ils avaient le double avantage de pouvoir s’approcher très près des côtes et de disposer d’un armement lourd tout en ayant la bonne protection des monitors. Toute la classe fut ventilée: Les Aphis, Bee, Ladybird, Sacarab, furent affectés à Port Saïd, tandis que les Gnat, Mantis, Moth et Tarantula opéraient dans le Golfe Persique en 1916. Quatre autres, les Cicala, Cockchafer, Glowworm et Cricket, furet stationnés sur la Humber, à Brightlingsea et Lowestoft comme navires de DCA contre Zeppelins, défendant la côte Est. Ces mêmes unités furent ensuite envoyées en Russie pour opérarer sur la Dvina. Le Glowworm fut à ce titre gravement endommagé par l’explosion d’une barge à Bereznik en 1919, opérant alors avec les Russes blancs. Deux autres furent envoyés en 1919 sur le Danube deux envoyées à Hong Kong, deux à Malte. Le Bee, le Glowworm, furent mis en vente en 1928 et 1939, les autres participant à la 2e guerre mondiale.

Caractéristiques:

 Déplacement & Dimensions

 645t, 72,4 x 11 x 1,20 m

 Propulsion  2 hélices, 2 machines TE, 2 chaudières Yarrow chabron-mazout, 2000 cv. et 14 noeuds max.
 Blindage  Limité à 51 mm.
 Armement  2 canons de 152 mm, 2 de 76 mm, 6 ML Maxim.
 Équipage 53

 

 

 

source : http://www.naval-encyclopedia.com/premiere_guerre_mondiale/pages/royal_navy/royal_navy.htm

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