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27 mars 2013

La machine à chiffrer Enigma

Classé sous — milguerres @ 22 h 36 min

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 Quelques machines de chiffrement 

Instruments de (dé)cryptage

Enigma et le service des renseignements 

Le Converter M209: chiffreur – déchiffreur

 

La machine à chiffrer Enigma

Espionnage

Les soldats se battaient sur les champs de bataille partout dans le monde, sous les bombes et les balles. Mais les services de renseignements de chaque pays se livraient à une autre guerre, une guerre intellectuelle cachée aux yeux du monde. Dans les années 40, la cryptographie atteint de nouveaux sommets, inimaginables seulement quelques années avant. Avec l’invention de nouvelles machines d’encodage, une nouvelle génération d’encodeur vit le jour.
La Pologne surveille son voisin

Les principales découvertes en matière de décodage et d’encodage eurent lieu avant même l’ascension d’Hitler au pouvoir. Dans les années 1920, la Pologne commença à intercepter des transmissions codées allemandes, elle rassembla une équipe de mathématiciens pour les déchiffrer. A ce moment là, les Allemands encodaient leurs messages avec une machine très sophistiquée nommée Enigma. Elle fut développée par Arthur Scherbius en 1918. Cette machine utilisait le principe suivant : trois roulettes rotatives qui permutaient les lettres plusieurs fois. Même si une puissance ennemie parvenait à voler une machine Enigma et à comprendre son fonctionnement, ils ne pourraient déchiffrer les messages sans savoir séquence d’encodage choisie par l’opérateur de la machine. Grâce à ce système, il y avait environs 15 milliards de séquences d’encryptage possibles, le code émit par Enigma était donc incassable. Du moins, c’est ce que croyaient les Allemands.

La machine Enigma
La machine à chiffrer Enigma sans-titre

Ils ont cependant commis une erreur cruciale dans la politique opérationnelle d’Enigma. Pour éviter des erreurs dues aux mauvais signaux radio ou aux interférences, les opérateurs allemands devaient transmettre la séquence d’encodage deux fois. C’est ce qui manquait aux mathématiciens polonais pour déchiffrer le code. Les mathématiciens Marian Rajewski, Henryk et Jerzy Róycki étaient les principaux chercheurs au Bureau Polonais de Chiffrage. Ils permirent à la Pologne de clairement lire les messages allemands dès 1933. Rajewski accumula tellement de connaissances sur la machine qu’il put en construire une lui-même. Mais la Pologne garda ses renseignements top-secret, sachant que si les Allemands avaient des doutes sur la sécurité de leur système, ils en développeraient un nouveau, ce qui obligerait les recherchistes à tout recommencer de zéro.
Le secret est divulgué

Lorsque Hitler annula son traité de non-agression avec la Pologne en 1939, les Polonais surent qu’ils devaient partager leur secret. Ils entrèrent en contact avec les services de renseignements britannique et français, ils leur apprirent qu’ils possédaient une machine à chiffrer allemande et qu’ils savaient comment déchiffrer les messages allemands. Ils fabriquèrent donc des répliques d’Enigma pour les Britanniques et pour les Français. Lorsque les troupes allemandes envahirent la Pologne cette année là, le centre de décryptage fut déménagé en France et à Bletchley Park, en Angleterre.

Lorsque les Allemands rajoutèrent deux rotors à la machine, le décryptage des messages devint beaucoup plus ardu. Au début de la guerre, 120 personnes travaillaient à Bletchley Park, plusieurs milliers y travaillaient en 1944. En Grande-Bretagne, le programme Enigma fut baptisée « Alan Turing Spearhead Ultra » (Fer de Lance Alan Turing). En 1940, les Britanniques pouvaient décoder les messages de la Luftwaffe, ceux de la marine furent brisés dès 1941.
La prise de l’U-33

La récupération de trois rotors Enigma sur l’U-Boat U-33 en 1940 aida grandement la recherche alliée. Le H.M.S Gleaner intercepta l’U-33 alors qu’il allait poser des mines dans un chantier portuaire britannique. Le Gleaner largua des mines sous-marines sur le sous-marin allemand, ce qui le força à faire surface. Le navire britannique percuta l’U-33 ce qui força le capitaine du sous-marin à ordonner le sabordage du navire. L’un des hommes de l’U-33 ne pu suivre l’ordre de jeter les rotors à l’eau, les Britanniques purent donc mettre la main sur ces précieuses pièces.

Peu après, les chercheurs de Bletchley Park cassèrent les codes d’Enigma, les Britanniques partagèrent leurs connaissances avec leurs alliés américains (en retour, les Américains partagèrent leurs connaissances sur le cryptage japonais). En 1943, les Alliés pouvaient suivre de près les mouvements allemands sur terre, sur mer et dans les airs. Les Alliés purent garder ça secret, les Allemands continuèrent donc à croire que le code Enigma était toujours incassable.
La fin de l’histoire

Ce succès en matière de renseignements militaires influença énormément le cour de la Seconde Guerre mondiale. La capacité des Alliés à déchiffrer les transmissions de la marines italiennes, effectuées avec Enigma, leur donna l’avantage lors de la bataille de Matapan (au large de la Crête), cette victoire clef écarta la menace italienne de la Méditerranée. Les informations décodées permirent également de connaître à l’avance les mouvements des troupes de Rommel en Afrique du Nord. Cela permit aux Alliés de l’empêcher de rentrer en Égypte et de contrôler la côte méditerranéenne d’Afrique du Nord. Le décryptage permit aussi aux Alliés d’apprendre que les fusées V1 étaient fabriquées à Peenemünde en Allemagne, ce qui donna lieu à un raid sur ces usines. Cela permit de libérer la voix pour l’Opération Overlord et pour l’invasion de la France en août 1944

enigma


Arthur Scherbius
Arthur Scherbius (20 octobre 1878 – 13 mai 1929) était un ingénieur en électricité allemand. En 1918, il brevète une machine de chiffrement basé sur des rotors, elle portera plus tard le nom d’Enigma.
Scherbius est né à Francfort en 1878. Fils d’un homme d’affaires, il étudie l’électricité au collège technique de Munich et s’inscrit ensuite au collège technique de Hanovre où il termine ses études en mars 1903. L’année suivante, il écrit sa thèse sur un système de turbine et reçoit son doctorat en ingénierie.
Scherbius travaille ensuite pour plusieurs entreprises en Allemagne et en Suisse. En 1918, il fonde son entreprise, « Scherbius & Ritter » à Berlin et invente différents objets : des moteurs asynchrones, des coussins électriques ou encore des corps-chauffant en céramique. Ses contributions font que son nom est resté dans le domaine des moteurs asynchrones : on parle du principe de Scherbius pour désigner l’utilisation de machines tournantes au lieu de convertisseurs de puissance.
Le 23 février 1918, il dépose un brevet pour sa machine de chiffrement et commence à la commercialiser. Au début, la machine n’est pas destinée à un usage militaire. Scherbius achète aussi les droits d’un autre brevet, une machine de chiffrement inventée par Hugo Koch et breveté en 1919. Les affaires sont difficiles et l’entreprise est réorganisée à deux reprises durant les années 1920. En 1923, Scherbius vend la première version, l’Enigma-A. Trois autres versions commerciales vont suivre, et l’Enigma-D devient le modèle le plus répandu.
La marine allemande s’intéresse à sa machine et adopte le modèle D d’Enigma. Elle y apporte des modifications en 1926. En 1929, l’armée allemande utilise à son tour la même variante commerciale et modifie son mécanisme. Les deux machines des forces allemandes se ressemblent à quelques détails près. À partir de ce moment, son usage est étendu à toute l’organisation militaire allemande et une grande partie de la hiérarchie nazie. La marine allemande surnomme Enigma la machine M. Ces machines évolueront encore pour devenir les diverses Enigma de la Seconde Guerre mondiale avec notamment l’ajout de rotors pour renforcer la sécurité.
Scherbius n’aura pas l’occasion de voir le succès de sa machine. Il décède en 1929 dans un accident d’attelage.

Sources : http://www.secondeguerre.net/hisetpo/gu/hp_machineenigma.html
http://historizo.cafeduweb.com/lire/11988-enigma-machine-crypter-seconde-guerre-mondiale.html
Wikipedia

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 Quelques machines de chiffrement 

22 mars 2013

La bataille de Tassafaronga

Classé sous — milguerres @ 21 h 09 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 

La bataille de Tassafaronga tassafaronga

La bataille de Tassafaronga est une bataille navale de la Guerre dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a eu lieu la nuit du 30 novembre 1942 près de Guadalcanal, au large de la base japonaise deTassafaronga, un point de la côte de Guadalcanal à l’ouest des positions américaines sur l’île, en face de l’île de Savo.

Cette bataille, qui a opposé la marine impériale japonaise et la marine américaine, s’inscrit dans la suite d’affrontements de la campagne des îles Salomon qui opposèrent les forces japonaises et alliées dans les eaux de Guadalcanal pendant que se déroulait la bataille terrestre de Guadalcanal.

Cette bataille fut une lourde défaite pour la marine américaine, qui dut une nouvelle fois constater que ses capacités dans les batailles de nuit étaient inférieures aux capacités japonaises.

Contexte

Suite à la bataille navale de Guadalcanal, les Japonais doutèrent sérieusement avoir la possibilité de jamais reconquérirGuadalcanal. Ils commencèrent à envisager d’utiliser la Nouvelle-Géorgie, une île au nord de Guadalcanal, comme base pour retarder l’avancée des Américains dans les Salomon.

Les bombardements sur Guadalcanal s’arrêtèrent, mais le Tokyo Express continuait à circuler dans la rainure afin de ravitailler les troupes de Guadalcanal. Plus tard, le Tokyo Express commencerait à fonctionner dans le sens inverse et à tenter d’évacuer les soldats japonais, mais pour l’instant, les Japonais envisageaient encore une nouvelle offensive sur Guadalcanal, avec les troupes sur place à ce moment-là.

Mais ces troupes manquaient cruellement de tout. Elles disposaient en tout et pour tout de 5 pièces d’artillerie, et les munitions venaient à manquer. Afin de ravitailler leurs troupes, les Japonais utilisaient des destroyers rapides qui se cachaient près de Bougainville pendant la journée, s’approchaient de Guadalcanal pendant la nuit, et quittait les eaux dangereuses avant le matin.

La technique utilisée consistait à mettre le ravitaillement dans des fûts scellés liées entre eux qui étaient jetés par dessus bord et étaient récupérés par les Japonais à terre avant le jour et la menace des attaques par les avions de l’aérodrome de Henderson sur Guadalcanal.

La marine américaine, qui disposait de renseignements à la fois grâce au décryptage des codes japonais et grâce à des guetteurs, généralement australiens, basés sur Bougainville ou les autres îles de l’ouest de l’archipel, devait développer des moyens pour arrêter ces Tokyo Express.

L’amiral Halsey avait toujours autant de mal à rassembler des navires. Le coup qu’il avait réussi à la bataille navale de Guadalcanal quelques jours plus tôt, où il avait réussi à prendre l’avantage en dépêchant, contre toute logique militaire, les cuirassés du groupe aéroporté de l’Enterprise, ne pouvait être répété indéfiniment.

Il réussit pourtant à rassembler une nouvelle Task Force, la TF Force 67, formée des croiseurs lourds MinneapolisNew OrleansPensacola et Northampton, du croiseur léger Honolulu et de quatre destroyers (FletcherDraytonMaury etPerkins).

Cette Task Force fut confiée au contre amiral Thomas Kinkaid, qui avait commandé la Task Force centrée autour de l’Enterprise, et se trouvait sans commandement du fait des réparations que le porte-avions subissait à Nouméa.

Kincaid développa pour la TF 67 un plan de bataille relativement simple de nature à éviter de répéter les erreurs commises au cours des engagements précédents.

La Task Force devait être menée par les destroyers, équipés des meilleurs radars et capables d’attaquer en silence grâce à leurs torpilles. Les croiseurs devaient rester en arrière, à 11 kilomètres des destroyers et à l’abri des torpilles, à bonne distance pour détruire les destroyers ennemis au canon.

Kinkaid n’eut cependant pas l’occasion d’essayer sa nouvelle tactique : il fut rappelé par l’amiral Nimitz dans le Pacifique nord pour participer à la prise de Attu et Kiska.

Son remplaçant fut le contre amiral Carleton H. Wright qui avait été un de ses adjoints dans la TF 67.

 

File:Solomon island - Guadalcanal - Floride map - battles -fr.svg

 

Indication des batailles navales qui se sont déroulées à proximité directe de Guadalcanal.

La bataille

Le 30 novembre, le contre amiral Raizo Tanaka se dirigeait, avec une force de 8 destroyers, vers Guadalcanal. 6 de ces destroyers jouaient le rôle de transports, seul le navire amiral de Tanaka, le Naganami et le Takanami formaient l’escorte de ce transport.

Averti de l’arrivée de cette escadre, la TF 67 quitta Espiritu Santo, rejointe par les destroyers Lamson et Lardner qui furent, eux, mis en position derrière les croiseurs.

Alors que l’escadre de Wright entrait dans le détroit de Nouvelle-Géorgie par le sud et longeait Guadalcanal, Tanaka approchait de Tassafaronga et ordonnait aux destroyers de transport de débarquer le ravitaillement tandis que le Naganami et le Takanami les couvrait.

Peut-être perturbée par la présence de deux destroyers à l’arrière, la ligne de bataille américaine ne suivait pas totalement l’ordre de bataille mis au point par Kincaid, puisque les croiseurs ne se trouvaient qu’à un peu plus de trois kilomètres des destroyers de tête.

Le Minneapolis eut un contact radar avec les navires japonais à 23h00, et trois destroyers américains lancèrent 20 torpilles. Wright commit alors une seconde erreur, puisque sans attendre le résultat, négatif, du tir des torpilles, il ouvrit le feu avec ses croiseurs.

 

Le Takanami fut touché par des obus et coula rapidement, mais les flashes des tirs de canon des croiseurs les éclairaient parfaitement et les destroyers japonais tirèrent alors à leur tour 20 torpilles et manœuvrèrent pour s’échapper. Les croiseurs américains ne manœuvrèrent pas.

Le Minneapolis fut touché par deux torpilles, le New Orleans par une torpille qui arracha son étrave, le Pensacola reçut également une torpille et fut endommagé, tandis que le Northampton reçut deux torpilles et coula un peu plus tard.

Entre-temps, les destroyers de Tanaka avaient déjà pris la fuite avant même que les torpilles aient touché quoi que ce soit.

Les croiseurs américains endommagés rejoignirent le port de Tulagi, mais ils étaient hors de combat pour plusieurs mois.

 

Suites de la bataille

La bataille de Tassafaronga était une défaite humiliante pour la marine américaine, qui n’avait même pas réussi à empêcher le débarquement du ravitaillement pour Guadalcanal.

L’engagement démontrait la supériorité des Japonais en combat de nuit, malgré l’avantage tactique du radar dont seuls les Américains disposaient, ainsi que la supériorité des torpilles japonaises.

Les stratèges de la Flotte de Pacifique allaient devoir travailler sur des tactiques alternatives.

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sources

wikipédia

http://www.infocapagde.com/modules.php?ModPath=ephemeride&ModStart=ephemeride&id=335

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

19 mars 2013

La bataille de Midway (juin 1942)

Classé sous — milguerres @ 19 h 24 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

La bataille de Midway (juin 1942)

Par : Nghia NGUYEN (ENS-WEB)
http://www.educationdefense.ac-creteil.fr/spip.php?article400

« First hit at Midway » de Paul RENDEL

Midway est un atoll américain qui se trouve dans le prolongement Nord-Ouest de l’archipel des Hawaii, non loin de la ligne de changement de date (180e méridien). Stratégiquement, l’île et son aérodrome militaire tiennent le rôle d’avant-poste américain dans le Pacifique central. Pour les Japonais, s’emparer de Midway en y débarquant 5000 hommes était un moyen de renforcer leur ligne de défense orientale, tout en rendant très rapidement possible une offensive sur l’ensemble des Hawaii. Si ces dernières tombaient, c’était le territoire américain – plus particulièrement la côte Ouest – qui aurait été directement menacé. Par ailleurs, ce renforcement oriental était aussi dicté par l’humiliation récente qu’avait fait naître l’audacieux bombardement de Tokyo lors du raid DOOLITTLE, le 18 mai 1942.

Une victoire à Midway et dans les îles Hawaii aurait eu d’importantes conséquences sur le cours de la guerre. En 1942, les États-Unis n’étaient pas encore remis du choc de Pearl Harbor, et l’US Navy n’était pas encore la puissance navale qu’elle devait être deux ans plus tard. Pour les Américains, il fallait gagner du temps dans le Pacifique, alors qu’au même moment ils concentraient la majeure partie de leurs moyens dans une autre direction océanique et continentale : l’Atlantique, l’Afrique et l’Europe. Au lendemain de l’agression de Pearl Harbor, Winston S. CHURCHILL avait réussi à faire valoir, auprès de Franklin D. ROOSEVELT, l’idée que le théâtre européen devait être le théâtre des opérations prioritaire (conférence d’Arcadia en décembre 1941 et janvier 1942). La libération de l’Europe prenait donc le pas sur la victoire contre le Japon, ce qui n’était pas chose facile à faire admettre aux Américains après ce qu’ils considéraient comme « the Day of infamy ».

1942 devait donc être une année de temporisation pour l’US Navy qui manquait de bâtiments dans le Pacifique. Une victoire japonaise à Midway, en juin, aurait sensiblement contrarié la stratégie anglo-américaine, obligeant à un redéploiement des moyens navals de l’Atlantique dans le Pacifique, ce avec des conséquences sur le cours du conflit en Afrique et en Europe… Une année de temporisation d’autant plus nécessaire que début mai avait eu lieu une autre grande bataille aéronavale aux portes même de l’Australie : la bataille de la Mer de Corail. Au cours de cet engagement, qui ressembla à première vue à une victoire tactique japonaise, les Américains perdirent le porte-avions lourd USS Lexington CV-2, et le USS Yorktown CV-5 fut gravement endommagé, à un point tel que la Marine impériale japonaise crut l’avoir coulé.

En fait, le tonnage des navires coulés (en défaveur des Américains) comptait moins que la redistribution stratégique imposée aux deux adversaires par cet affrontement. Les Japonais venaient de subir une défaite stratégique : leur offensive sur l’Australie subissait un coup d’arrêt, et si un seul porte-avions léger japonais avait été coulé (le Shoho), deux autres furent mis hors de combat qui ne pourront pas participer à l’offensive sur Midway prévue le mois suivant. Le Shokaku avait été suffisamment endommagé pour ne pas pouvoir être réparé à temps, et le Zuikaku perdit tellement d’avions et de pilotes que son groupe aéronaval n’était plus opérationnel. De nombreux pilotes japonais avaient été perdus en Mer de Corail, et le potentiel offensif nippon était désormais sérieusement érodé. L’insuffisance du renseignement vint aggraver le tableau quant à l’évaluation exacte du potentiel aéronaval américain. Ainsi, le porte-avions USS Yorktown – l’un des quatre porte-avions américains alors disponibles dans le Pacifique – avait été donné pour coulé. En fait, début mai, il fut rapidement retiré du champ de bataille pour être dérouté sur les îles Tonga afin d’y subir les premières réparations. Peu de temps avant la confrontation en Mer de Corail, les Américains, aidés par les Britanniques et les Néerlandais, avaient réussi à percer le JN25 à savoir le code de cryptage de la Marine impériale. Alerté au dernier moment, mais de sources sûres, sur le prochain objectif des Japonais, l’Amiral Chester W. NIMITZ pu anticiper son redéploiement en faisant appareiller le Yorktown, toujours avarié, pour Pearl Harbor. Le bâtiment parvint à la grande base des îles Hawaii le 27 mai, où il fut réparé en 3 jours et 3 nuits. Un véritable record ! De nouveau opérationnel, il appareilla le 30 en direction des îles Midway.

Le fait était d’importance, car les Japonais pensaient avoir de bonnes chances d’en finir avec les porte-avions américains à Midway. Tablant sur le secret de l’opération et une aéronavale américaine affaiblie, ils ne se doutaient pas alors que la situation ne leur était plus aussi favorable. Non seulement la défense de Midway fut considérablement renforcé, mais la spectaculaire réparation du Yorktown changeait la donne. Alors que la Marine japonaise s’attendait à affronter deux porte-avions regroupés au sein d’une même task force, c’étaient deux task forces qui se dirigeaient vers elle : la Task force 16 autour de l’USS Enterprise et l’USS Hornet (commandée par le Contre-amiral Raymond A. SPRUANCE), et la Task force 17 autour de l’USS Yorktown (commandée par le Contre-amiral Frank J. FLETCHER).

Facteur aggravant, le plan japonais dispersa d’emblée ses forces sur un espace considérable. Pas moins de quatre flottes de combat opérèrent de manière indépendante lors de la bataille pour Midway. Tout d’abord une force de diversion chargée d’aller frapper l’Alaska et les îles Aléoutiennes, afin de distraire les forces américaines et de dégarnir la défense de Midway. Cette première opération fut un échec du fait de la connaissance exacte des intentions japonaises par le commandement américain. Elle n’en mobilisa pas moins – et inutilement – 2 porte-avions et 4 cuirassés côté japonais. La force principale était celle de l’Amiral Chuichi NAGUMO. Forte de 4 porte-avions – le Soryu, le Hiryu, l’Akagi et le Kaga -, elle constituait le fer de lance de l’offensive japonaise contre Midway. C’est elle qui soutint l’essentiel de l’affrontement, cherchant à détruire les défenses américaines autour et dans l’atoll. L’isolement de celui-ci devant permettre le débarquement d’une force d’invasion aux ordres du Contre-amiral Nobutake KONDO. Plus en arrière, une quatrième flotte, commandée par l’Amiral Isoroku YAMAMOTO, devait aider à la destruction de la flotte américaine en cas de confrontation navale générale, notamment avec ses 3 cuirassés dont le plus grand du monde : le Yamato.

La première rencontre eut lieu le 3 juin, lorsque les Américains, ayant repéré la force de débarquement japonaise, l’attaquèrent. Ce fut un échec, qui montra cependant aux Japonais que l’effet de surprise était désormais nul. La véritable bataille ne commença que le lendemain lorsque de part et d’autre les porte-avions lâchèrent leurs groupes aériens contre leurs objectifs. Pour les Japonais, il fallait repérer les porte-avions américains et les couler tout en détruisant les défenses de Midway. Pour les Américains, il fallait trouver les porte-avions japonais et les couler afin de desserrer l’étau autour de l’atoll. Dans la matinée du 4 juin, une première vague d’assaut japonaise dévaste l’atoll, mais les appareils américains ont eu le temps de décoller, les uns pour défendre l’île, d’autres pour attaquer la flotte japonaise. Durant ce premier assaut – qui sera l’unique assaut sur Midway -, les appareils de reconnaissance japonais et américains cherchent à localiser les porte-avions adverses. Si les Américains marquent le premier point en repérant rapidement le groupe aéronaval japonais, leurs premières attaques sont catastrophiques. Plusieurs escadrilles sont anéanties avant même de pouvoir approcher les porte-avions japonais. Inexpérimentés pour beaucoup – notamment ceux des groupes aériens de l’USS Hornet -, équipés d’appareils lents et obsolètes face aux terribles Mitsubishi Zero, les pilotes américains vont d’emblée essuyer des pertes terribles, n’ayant que leur courage à opposer.

Mais leur sacrifice n’est pas inutile. Il épuise et fait perdre un temps précieux à la chasse japonaise, dont les appareils à court de carburant doivent apponter pour se ravitailler au moment où ceux de la première vague, de retour de leur raid de bombardement contre Midway, doivent eux aussi apponter et se ravitailler. C’est l’instant crucial de la bataille, où le système tactique japonais est à son point de tension maximum : les 4 porte-avions ayant lancé simultanément l’assaut contre Midway – tout en parant les premières contre-attaques aériennes américaines -, leurs groupes aériens doivent ravitailler au même moment laissant la flotte sans protection pendant de longues minutes. C’est précisément à ce moment qu’une nouvelle escadrille américaine de bombardiers en piqué surgit et attaque les porte-avions japonais dont les ponts sont encombrés d’avions prêts à redécoller. Le 4 juin 1942 à 10.25 du matin, l’Akagi, le Kaga et le Soryu sont touchés à mort. En moins de 5 minutes, les pilotes américains ont renversé le cours de la bataille, détruisant 3 des 4 porte-avions de l’Amiral NAGUMO. Le choc est terrible pour les marins japonais. Les incendies qui ravagent les 3 bâtiments sont visibles à des kilomètres à la ronde par toute la flotte. Le quatrième et dernier porte-avions japonais, le Hiryu, tente alors désespérément de faire la différence en lançant deux vagues de bombardiers et de torpilleurs contre le USS Yorktown repéré peu de temps auparavant. Le porte-avions américain est de nouveau atteint par 3 bombes aux alentours de midi, et 2 nouvelles torpilles le frappent encore vers 15.00, mais il flotte toujours, et commence à se replier.

À 17.00, alors que le Hiryu s’apprête à lancer une troisième vague pour achever le Yorktown, il est à son tour repéré et attaqué par des bombardiers américains qui ne lui laissent aucune chance. En flamme et désemparé, le dernier porte-avions de l’Amiral NAGUMO devait couler le lendemain. En une journée, le groupe aéronaval japonais a été anéanti. Après ces terribles pertes pour la Marine impériale, la bataille se prolongea encore durant quelques heures. Le sous-marin japonais I-168 repéra le USS Yorktown gravement endommagé, et le coula ainsi qu’un destroyer d’escorte, le USS Hammann. Ce fut la fin pour ce vétéran de la bataille de la Mer de Corail. Côté japonais, deux croiseurs lourds du Contre-amiral KONDO, naviguant à faible vitesse suite à une collision, furent également attaqués par les Américains. Le Mikuma fut coulé et le Mogami encore plus gravement endommagé.

Dès lors, ce qui entra dorénavant dans l’Histoire comme la bataille de Midway prenait fin. Les Américains se retirèrent rapidement du champ de bataille, refusant à l’Amiral YAMAMOTO l’occasion de poursuivre la lutte avec ses cuirassés et leurs terribles canons. Le score était, cependant, sans appel contrairement à la précédente bataille qui s’était déroulée aux portes de l’Australie en Mer de Corail. Pour 1 porte-avions perdu, l’US Navy en avait cette fois coulé 4. Mais le pire pour les Japonais résidait dorénavant dans l’immense difficulté de leur industrie à les remplacer au moment même où le Victory program commençait à produire ses premiers effets et que le temps jouait désormais en faveur des Américains.

En souvenir de cette grande bataille qui marque la fin de l’expansion japonaise dans le Pacifique, l’US Navy donna le nom de « Midway » à l’un de ses porte-avions. Le USS Midway CV 41, retiré du service actif en 1992, mouille actuellement dans la grande rade militaire de San Diego, face à la presqu’île de Coronado, où il a été transformé en musée flottant. Dans le pont inférieur sont exposés quelques uns des appareils de l’aéronavale américaine de la Deuxième Guerre mondiale. Sur le quai où se trouve amarré le bâtiment, un buste du vainqueur de la bataille de Midway, l’Amiral Raymond A. SPRUANCE, a été érigé ainsi que deux autres monuments, l’un à la gloire des porte-avions de l’US Navy et l’autre dédié aux hommes et femmes de l’US Navy ayant servi dans le Pacifique de 1941 à 1945.

 

Journal des débats politiques et littéraires 

1942/06/11 (Numéro 740). SOURCE GALLICA 
La bataille de Midway (juin 1942) export-35

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

18 mars 2013

La bataille de la mer de Corail

Classé sous — milguerres @ 18 h 47 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

  La bataille de la mer de Corail corail10

 

 

 

 

Pour une meilleure lecture, article wikipedia, sous format word :    La bataille de la mer de Corail

La bataille de la mer de Corail est une bataille navale du théâtre Pacifique de la Seconde Guerre mondiale qui opposa du 4 au 8 mai 1942 la marine impériale japonaise et les forces alliées navales et aériennes des États-Unis et de l’Australie. Cet affrontement est la première bataille uniquement aéronavale de l’Histoire, dans laquelle les forces navales en présence s’affrontèrent par avions interposés sans jamais être à portée de canon.
Pour renforcer leur dispositif défensif dans le Pacifique Sud et isoler l’Australie, les Japonais avaient décidé d’envahir Port Moresby, au sud de la Nouvelle-Guinée, et Tulagi, au sud-est des îles Salomon. Les forces déployées par la marine du Japon pour cette opération, de nom de code MO, sous le commandement général de Shigeyoshi Inoue, comprenaient plusieurs éléments importants de la force aéronavale japonaise dont deux porte-avions et un porte-avions léger pour fournir une couverture aérienne aux flottes d’invasion. Les États-Unis, dont les services d’écoute avaient percé le plan ennemi, dépêchèrent deux groupes de porte-avions et une force de croiseurs américains et australiens, sous le commandement de l’amiral Frank J. Fletcher.

Les 3 et 4 mai, les forces japonaises envahirent et occupèrent Tulagi, même si plusieurs navires de guerre furent surpris et endommagés ou coulés par les appareils de l’USS Yorktown. Conscient de la présence des porte-avions américains dans la zone, le groupe aéronaval japonais entra dans la mer de Corail avec l’intention de les détruire.

Les attaques aériennes menées par les deux groupes aéronavals commencèrent le 7 mai et durèrent les deux jours suivants. Le premier jour, les Américains coulèrent le porte-avions léger Shoho, tandis que les Japonais détruisirent un destroyer et un pétrolier américain. Le lendemain, le porte-avions japonais Shokaku fut lourdement endommagé, tout comme l’USS Lexington (qui fut par la suite sabordé), et l’USS Yorktown (plus légèrement). Les pertes étaient également lourdes dans les escadrilles aériennes et les deux flottes se retirèrent de la zone de bataille. Désormais privé de sa couverture aérienne, Inoue reporta à plus tard l’invasion de Port Moresby.
Même si cette bataille fut une victoire tactique pour les Japonais en termes de navires coulés, elle représenta pour plusieurs raisons une victoire stratégique pour les Alliés. L’expansion japonaise, jusque-là irrésistible, fut pour la première fois stoppée. De plus, les porte-avions japonais Shokaku et Zuikaku, l’un endommagé et l’autre avec une escadrille réduite, ne purent participer à la bataille de Midway le mois suivant, alors que les Américains parvinrent à y engager l’USS Yorktown. La perte de quatre porte-avions à Midway empêcha les Japonais de tenter à nouveau une invasion maritime de Port Moresby. Deux mois plus tard, les Alliés profitèrent de la nouvelle faiblesse japonaise pour déclencher la bataille de Guadalcanal.

Expansion japonaise
Le 7 décembre 1941, le Japon lança une attaque aérienne pour anéantir la flotte du pacifique américaine basée à Pearl Harbor dans l’archipel d’Hawaï. La flotte cuirassée américaine fut largement détruite et les États-Unis déclarèrent la guerre au Japon. En déclenchant ce conflit, les dirigeants japonais espéraient neutraliser la puissance américaine pour avoir le temps de s’emparer des territoires riches en matières premières et préparer au mieux l’inévitable contre-attaque des Alliés. Simultanément à l’attaque de Pearl Harbor, les Japonais lancèrent une offensive contre la Malaisie britannique, entrainant la déclaration de guerre du Royaume-Uni, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, ainsi que des autres pays alliés. Selon les mots de l’« Ordre secret numéro un » de la marine impériale japonaise (MIJ) datée du 1er novembre 1941, les objectifs initiaux japonais dans la guerre à venir étaient « (d’expulser) la force britannique et américaine des Indes néerlandaises et des Philippines et d’établir une politique d’autosuffisance et une indépendance économique7 ».

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Avancées japonaises dans le Pacifique Sud de décembre 1941 à avril 1942.

 

Durant les premiers mois de l’année 1942, la progression japonaise fut fulgurante. Les batailles des Philippines, de Thaïlande, de Singapour, de Wake, des Indes orientales néerlandaises, des îles Salomon, des îles Gilbert et de Guam furent des désastres militaires pour les Alliés qui subirent de lourdes pertes alors que celles japonaises furent relativement légères. Le Japon planifiait d’utiliser ces territoires conquis pour établir un périmètre défensif et mener une guerre d’attrition pour épuiser les Alliés et les contraindre à négocier8.
Peu après le début de la guerre, l’état-major de la marine japonaise recommanda une invasion du nord de l’Australie pour l’empêcher de menacer les positions défensives du Japon dans le Pacifique Sud. L’armée impériale japonaise (AIJ) rejeta cependant cette idée en avançant qu’elle n’avait pas les forces ou les capacités nécessaires à cette opération. Le vice-amiral Shigeyoshi Inoue, commandant de la 4e flotte (également appelée « Force des mers du Sud ») composée de la plupart des unités navales dans le Pacifique Sud, proposa l’occupation de Tulagi dans le sud-est des îles Salomon et de Port Moresby en Nouvelle-Guinée, qui mettrait le nord de l’Australie sous la menace des appareils japonais. Inoue considérait que la capture et le contrôle de ces zones augmenteraient la sécurité et la possibilité de défense en profondeur de la principale base japonaise à Rabaul en Nouvelle-Bretagne. La marine et l’armée acceptèrent la proposition d’Inoue et envisagèrent des opérations ultérieures à partir de ces bases comme la conquête de la Nouvelle-Calédonie, des Fidji et des Samoa qui couperaient les lignes de communication et de ravitaillement entre l’Australie et les États-Unis9,n 7.

En avril 1942, l’armée et la marine développèrent un plan intitulé opération MO prévoyant la capture de Port Moresby le 10 mai. Le plan incluait également la conquête de Tulagi les 2 et 3 mai où la marine établirait une base aéronavale pour de potentielles opérations contre les territoires alliés du Pacifique Sud. Après la réalisation de l’opération MO, la marine prévoyait de lancer l’opération RY qui utiliserait les mêmes navires pour s’emparer des mines de phosphate de Nauru et de Banaba le 15 mai. D’autres opérations contre les Fidji, les Samoa et la Nouvelle-Calédonie (opération FS) étaient prévues après la fin des opérations MO et RY. Du fait des attaques menées par les appareils basés à terre et sur les porte-avions contre les navires japonais lors de l’invasion de la région de Morobe en Nouvelle-Guinée en mars, Inoue demanda que la force aéronavale détache des porte-avions pour offrir une couverture aérienne à l’opération MO. Inoue s’inquiétait particulièrement de la présence des bombardiers alliés stationnés sur les bases aériennes de Townsville et de Cooktown en Australie qui étaient hors de portée de ses bombardiers situés à Rabaul et Lae11,n 8.

L’amiral Isoroku Yamamoto, commandant de la force aéronavale japonaise, planifiait une autre opération en juin pour attirer les porte-avions américains, dont aucun n’avait été endommagé lors de l’attaque de Pearl Harbor, dans un affrontement décisif avec sa propre flotte dans le Pacifique central près de l’atoll de Midway. En attendant, Yamamoto détacha quelques navires dont deux porte-avions, un porte-avions léger, une escadre de croiseurs et deux escadres de destroyers pour soutenir MO et confia à Inoue la responsabilité de la composante navale de l’opération14,n 9.
Réponse alliée
Les Japonais ignoraient cependant que l’US Navy et son Bureau des communications navales étaient parvenues à casser les codes secrets japonais. En mars 1942, les Américains étaient en mesure de déchiffrer 15 % des codes RO ou D qui étaient utilisés par la marine impériale japonaise pour crypter approximativement la moitié de ses communications. À la fin du mois d’avril, ils comprenaient jusqu’à 85 % des messages transmis avec le code RO16,n 10.
En mars 1942, les Américains notèrent pour la première fois la mention de l’opération MO dans des messages interceptés. Le 5 avril, ils interceptèrent un message de la marine japonaise dirigeant un porte-avions et plusieurs autres grands navires en direction de la zone d’opération d’Inoue. Le 13 avril, les Britanniques déchiffrèrent un message de la marine japonaise informant Inoue que la 5e division aéronavale, composée des porte-avions Shokaku et Zuikaku, était en route depuis Formose via la base de Truk. Les Britanniques transmirent le message aux Américains avec leur conclusion que Port Moresby était la cible probable de MO19.

L’amiral Chester Nimitz, le nouveau commandant des forces alliées du Pacifique, et son état-major discutèrent des messages déchiffrés et conclurent que les Japonais préparaient probablement une opération majeure dans le Pacifique Sud au début du mois de mai et que Port Moresby était leur objectif probable. Les Alliés considéraient Port Moresby comme une base importante en vue d’une contre-offensive planifiée par Douglas MacArthur contre les forces japonaises dans le sud-ouest du Pacifique. L’état-major de Nimitz conclut également que l’opération japonaise pourrait inclure des attaques aéronavales contre les bases alliées dans les Samoa et à Suva. Nimitz, après avoir consulté l’amiral Ernest King, le chef des opérations navales, décida de contrer l’opération japonaise. Le 27 avril, d’autres rapports des services de renseignement confirmèrent les détails et les cibles des opérations MO et RYn 11.
Le 29 avril, Nimitz ordonna à ses quatre porte-avions et à leurs escortes de se rendre dans la mer de Corail. La Task Force 17 (TF 17), commandée par le contre-amiral Fletcher et composée du porte-avions USS Yorktown, escorté par trois croiseurs et quatre destroyers et soutenu par un groupe de ravitaillement de deux pétroliers et de deux destroyers, se trouvait déjà dans le Pacifique Sud car elle avait quitté Tongatapu le 27 avril et se dirigeait vers la mer de Corail. La TF 11, commandée par le contre-amiral Aubrey Fitch et composée du porte-avions USS Lexington, escorté par deux croiseurs et cinq destroyers, se trouvait entre les Fidji et la Nouvelle-Calédonie. La TF 16, commandée par le contre-amiral William F. Halsey et composée des porte-avions USS Enterprise et USS Hornet, était juste retournée à Pearl Harbor après le raid de Doolittle dans le Pacifique central et ne pouvait donc pas rejoindre le Pacifique Sud à temps pour participer à la bataille. Nimitz plaça Fletcher au commandement des forces navales alliées dans la zone du Pacifique Sud jusqu’à l’arrivée de Halsey avec la TF 1625,n 12. Même si les opérations en mer de Corail étaient sous le commandement de MacArthur, Fletcher et Halsey continuèrent à rendre des comptes à Nimitz29.
En s’appuyant sur des messages radio interceptés émanant de la TF 16 alors qu’elle rentrait à Pearl Harbor, les Japonais supposèrent que tous les porte-avions américains sauf un se trouvaient dans le Pacifique central. Les Japonais ignoraient la position du dernier porte-avions mais n’envisagèrent pas une réponse aéronavale américaine contre MO jusqu’à ce que la bataille soit largement engagée30.

Bataille

Prélude
À la fin du mois d’avril, les sous-marins japonais RO-33 et RO-34 partirent en reconnaissance dans la zone où les débarquements étaient planifiés. Ils firent des repérages dans l’archipel des Louisiades et sur la route en direction de Port Moresby depuis l’est. Ils ne virent aucun navire allié dans la zone et retournèrent à Rabaul respectivement le 23 et le 24 avril31.
La force d’invasion japonaise de Port Moresby, commandée par le contre-amiral Koso Abe, était composée de 5 000 soldats de l’armée impériale japonaise répartis dans onze navires de transport. L’escorte du convoi était assurée par un croiseur léger et six destroyers sous le commandement du contre-amiral Sadamichi Kajioka. Les navires d’Abe quittèrent Rabaul le 4 mai pour une traversée de 1 560 km en direction de Port Moresby et ils furent rejoints par les unités de Kajioka le lendemain. La flotte progressant à la vitesse de 15 km/h devait passer par le détroit de Jomard à l’extrémité orientale de la Nouvelle-Guinée et arriver à Port Moresby le 10 mai32. La garnison alliée de Port Moresby comptait environ 5 300 soldats, mais seule la moitié étaient des fantassins et ils étaient mal équipés et peu entrainés33,n 13.

 

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Carte de la bataille du 3 au 9 mai montrant les mouvements des principales forces impliquées34.

La force d’invasion de Tulagi était commandée par le contre-amiral Kiyohide Shima et était composée de deux mouilleurs de mines, deux destroyers, deux dragueurs de mines, deux navires ASM et un transport avec 400 soldats. L’attaque était soutenue par le porte-avions léger Shoho, quatre croiseurs lourds et un destroyer, sous le commandement du contre-amiral Aritomo Goto. Une seconde flotte de soutien, commandée par le contre-amiral Kuninori Marumo, composée de deux croiseurs légers, du transport d’hydravions Kamikawa Maru et de trois canonnières rejoignit la flotte de Goto. Une fois la conquête de Tulagi achevée le 3 ou le 4 mai, la flotte devait se repositionner pour couvrir l’invasion de Port Moresby35. Inoue dirigea l’opération MO depuis le croiseur Kashima avec lequel il était arrivé à Rabaul depuis Truk le 4 mai36.
La flotte de Goto quitta Truk le 28, passa par les îles Salomon entre Bougainville et Choiseul et se positionna près de l’île de Nouvelle-Géorgie. Le groupe de soutien de Marumo quitta l’île de Nouvelle-Irlande le 29 avril en direction d’une baie au sud de l’île Santa Isabel afin d’y établir une base d’hydravions. La force d’invasion de Shima quitta Rabaul le 30 avril37.
Le groupe aéronaval avec les porte-avions Zuikaku et Shokaku, deux croiseurs lourds et six destroyers, quitta Truk le 1er mai. Le commandant de la flotte, le vice-amiral Takeo Takagi, se trouvait sur le navire amiral, le croiseur Myoko, tandis que le contre-amiral Chuichi Hara se trouvait sur le Zuikaku d’où il commandait l’aviation embarquée. La flotte devait longer la façade orientale des îles Salomon et entrer dans la mer de Corail au sud de Guadalcanal. Une fois dans la zone, les porte-avions devaient fournir une couverture aérienne à la force d’invasion contre les appareils basés à Port Moresby et contre toute flotte alliée pénétrant dans la mer38.
Pour alerter la flotte de la présence éventuelle de navires alliés, les Japonais avaient envoyé les sous-marins I-22, I-24, I-28 et I-29 en reconnaissance à environ 830 km au sud-ouest de Guadalcanal. Les navires sous le commandement de Frank J. Fletcher étaient cependant entrés dans la mer de Corail avant le déploiement des sous-marins et les Japonais ignoraient donc leur présence. Le I-21, envoyé en reconnaissance à Nouméa, fut attaqué par des appareils de l’USS Yorktown le 2 mai. Le submersible ne fut pas touché mais son équipage ne sembla pas réaliser qu’il avait été attaqué par des appareils embarqués. Le RO-33 et le RO-34 furent également déployés pour bloquer Port Moresby et arrivèrent devant le port le 5 mai. Pourtant, aucun sous-marin ne participa à la bataille de la mer de Corail39,n 14.

Le matin du 1er mai, la TF 17 et la TF 11 se rejoignirent à environ 560 km au nord de la Nouvelle-Calédonie42. Fletcher fit immédiatement ravitailler la TF 11 et la TF 17 par respectivement les pétroliers USS Tippecanoe et USS Neosho. La TF 17 termina son ravitaillement le lendemain mais la TF 11 indiqua que le sien ne serait pas achevé avant le 4 mai. Fletcher choisit d’envoyer la TF 17 vers le nord-ouest en direction des Louisiades et il ordonna à la TF 11 de rallier la TF 44 en provenance de Sydney et de Nouméa une fois qu’elle aurait terminé son ravitaillement. La TF 44 était une force navale commandée par le contre-amiral australien John Crace et composée des croiseurs HMAS Australia, HMAS Hobart et USS Chicago ainsi que trois destroyers. Après la fin de sa mission de ravitaillement avec la TF 11, l’USS Tippecanoe quitta la mer de Corail pour fournir du carburant aux navires alliés basés à Éfaté43,n 15.
Tulagi

Le matin du 3 mai, la force de Shima arriva au large de Tulagi et commença à débarquer des troupes pour occuper l’île. Tulagi était sans défense car la petite garnison composée de commandos australiens et d’une unité de reconnaissance de la Royal Australian Air Force avait évacué juste avant l’arrivée de Shima. Les Japonais entreprirent immédiatement la construction d’un centre de communications et d’une base pour hydravions. Les appareils du Shoho couvrirent le débarquement jusque dans l’après-midi lorsque la flotte de Goto se rendit à Bougainville pour se ravitailler en préparation de l’attaque de Port Moresby45.
À 17 h le 3 mai, Frank J. Fletcher apprit que la flotte d’invasion de Tulagi avait été repérée la veille et qu’elle approchait du sud des îles Salomon. À l’insu de Fletcher, la TF 11 avait terminé son ravitaillement plus tôt que prévu et se trouvait à moins de 110 km à l’est de la TF 17 mais ne pouvait communiquer sa position car Fletcher avait ordonné un silence radio. Le 2 mai, la flotte de Shima fut repérée par un appareil américain basé en Australie46 ou par un coastwatcher des Salomon47. La TF 17 modifia son cap et se dirigea à 50 km/h en direction de Guadalcanal pour lancer dès le lendemain des frappes aériennes contre les forces japonaises à Tulagi48.
Le 4 mai, depuis une position située à 190 km au sud de Guadalcanal, 60 appareils de la TF 17 menèrent trois attaques successives contre les navires de Shima au large de Tulagi. Les avions de l’USS Yorktown surprirent les Japonais et coulèrent le destroyer Kikuzuki et trois des dragueurs de mines, endommagèrent quatre autres navires et détruisirent quatre hydravions soutenant le débarquement. Les Américains perdirent trois appareils mais tous les pilotes furent secourus. Après avoir récupéré ses avions dans la soirée du 4 mai, la TF 17 se retira vers le sud. Malgré les dégâts, les Japonais poursuivirent la construction de la base d’hydravions et commencèrent à mener des missions de reconnaissance depuis l’île à partir du 6 mai49.
Le groupe aéronaval de Takagi se ravitaillait à 650 km au nord de Tulagi lorsqu’il apprit l’attaque américaine du 4 mai. Takagi termina le ravitaillement, se dirigea vers le sud et envoya des appareils de reconnaissance dans l’est des Salomon. Comme les Américains ne se trouvaient pas dans la zone, ses appareils revinrent bredouilles50.
Recherches aériennes
À 8 h 16, le 5 mai, la TF 17 rejoignit la TF 11 et la TF 44 à 590 km au sud de Guadalcanal. À peu près au même moment, quatre chasseurs F4F Wildcat de l’USS Yorktown interceptèrent un Kawanishi Type 97 de reconnaissance basé dans les îles Shortland et l’abattirent à 20 km de la TF 11. Le pilote n’eut pas le temps de transmettre son rapport avant de s’écraser, mais constatant qu’il ne revenait pas à sa base, les Japonais supposèrent correctement qu’il avait été abattu par un appareil basé sur un porte-avions51.
Un message provenant de Pearl Harbor informa l’amiral Frank J. Fletcher que les renseignements avaient déduit que les Japonais planifiaient de débarquer leurs troupes à Port Moresby le 10 mai et que leurs porte-avions se trouveraient vraisemblablement à proximité du convoi d’invasion. Fletcher décida donc de ravitailler la TF 17 avec le ravitailleur Neosho et le 6 mai, il planifia de mener ses forces vers le nord en direction des Louisiades et de déclencher la bataille le 7 mai52.

 

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L’USS Yorktown réalise des exercices de décollage avant la bataille. Un pétrolier est visible à l’arrière-plan.

Dans le même temps, le groupe aéronaval de Takagi longea la côte est des îles Salomon durant le 5 mai et tourna au sud de l’île San Cristobal pour entrer dans la mer de Corail après être passé entre Guadalcanal et l’île Rennel à l’aube du 6 mai. Takagi commença à ravitailler ses navires à 330 km à l’ouest de Tulagi en préparation de la bataille de porte-avions qu’il prévoyait pour le lendemain53,n 16.
Le 6 mai, Fletcher incorpora la TF 11 et la TF 44 au sein de la TF 17. Croyant que les porte-avions japonais se trouvaient toujours bien au nord près de Bougainville, il poursuivit ses opérations de ravitaillement. Des patrouilles de reconnaissance menées à partir des porte-avions américains tout au long de la journée échouèrent à localiser tout navire japonais ; en effet, ces derniers se trouvaient juste au-delà de la zone de surveillance54,n 17.
À 10 h, un hydravion de reconnaissance Kawanishi en provenance de Tulagi repéra la TF 17 et son pilote en informa ses supérieurs. L’amiral Takeo Takagi reçut l’information à 10 h 50. À ce moment, sa force se trouvait à environ 560 km au nord de celle de Fletcher, juste à la limite de la portée de son aviation embarquée. Takagi, dont les navires continuaient à être ravitaillés, n’était pas prêt à engager le combat. Il conclut, en s’appuyant sur le rapport de reconnaissance, que la TF 17 se dirigeait vers le sud et augmentait l’écart entre les deux flottes. De plus, les navires de Fletcher se trouvaient sous une épaisse couverture nuageuse et Takagi et Hara jugèrent qu’il serait difficile pour les avions américains de localiser les porte-avions japonais. Takagi détacha ses deux porte-avions et deux destroyers sous le commandement de l’amiral Hara en direction de la TF 17 à environ 38 km/h afin d’être prêt à l’attaque aux premières lueurs du 7 mai tandis que le reste de ses navires termineraient leur ravitaillement56.
Des bombardiers B-17 américains basés en Australie57 attaquèrent à plusieurs reprises la flotte d’invasion de Port Moresby, dont les navires de l’amiral Aritomo Goto, mais sans résultats. Le quartier général de MacArthur informa l’amiral Fletcher des attaques et de la position de la flotte d’invasion japonaise. Le message de Douglas MacArthur indiquant que le porte-avions Shoho avait été repéré à environ 787 km au nord-ouest de la TF 17 convainquit Fletcher que des porte-avions accompagnaient la force d’invasion japonaise58.

 

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Carte de la bataille du 6 au 8 mai. Si vous regardez cette image dans Commons, vous obtiendrez plus de détails, ainsi que des instructions pour voir une animation.

À 18 h, la TF 17 termina son ravitaillement et Fletcher détacha le Neosho avec un destroyer, l’USS Sims, pour qu’ils se positionnent plus au sud. La TF 17 se tourna ensuite vers le nord-ouest en direction de l’île Rossel dans les Louisiades. À 20 h, à l’insu des deux adversaires, les porte-avions américains et japonais n’étaient distants que de 130 km. À ce moment, l’amiral Chuichi Hara ordonna un changement de cap pour rejoindre les navires de l’amiral Takeo Takagi qui avaient terminé leur ravitaillement et se dirigeaient dans la direction de Hara59.
Dans la nuit du 6 au 7 mai, le Kamikawa Maru déploya une base pour hydravions au nord des Louisiades pour fournir un soutien aérien à l’invasion de Port Moresby. Le reste de la flotte de couverture du contre-amiral Kuninori Marumo se positionna près des îles d’Entrecasteaux pour aider à la défense du convoi du contre-amiral Koso Abe en approche60.

7 mai
Frappes matinales

À 6 h 25 le 7 mai, la TF 17 se trouvait à 213 km au sud de l’île Rossel. À ce moment, l’amiral Frank J. Fletcher envoya la flotte de croiseurs et de destroyers du vice-amiral John Crace, renommée TF 17,3, pour bloquer le détroit de Jomard. L’amiral Fletcher savait que la flotte de Crace opérerait sans couverture aérienne car les appareils des porte-avions seraient occupés par l’attaque des navires japonais. Le détachement de cette flotte réduisait également la protection antiaérienne de ses porte-avions, mais Fletcher décida que le risque en valait la peine pour éviter que les Japonais ne profitent de l’affrontement pour débarquer à Port Moresby61,n 18.
Pensant que le groupe aéronaval de Takagi se trouvait quelque part au nord de sa position, autour des Louisiades, l’amiral Fletcher demanda à l’USS Yorktown d’envoyer 10 bombardiers en piqué SBD pour reconnaître la zone à partir de 6 h 19. Dans le même temps, l’amiral japonais Takagi, situé à environ 560 km à l’est de la position de Fletcher, lança 12 torpilleurs Nakajima B5N à 6 h pour essayer de localiser la flotte américaine. L’amiral Hara considérait que les navires de l’amiral américain Fletcher se trouvaient au sud et il conseilla à l’amiral Takagi d’envoyer des appareils dans la zone. Les croiseurs Kinugasa et Furutaka lancèrent quatre hydravions pour explorer le sud-est des Louisiades. D’autres avions furent envoyés de Tulagi, de Rabaul et des Louisiades. Dans le même temps, les deux flottes préparaient leurs appareils pour qu’ils soient prêts à attaquer une fois que la flotte adverse aurait été localisée63,n 19.

À 7 h 22, l’un des appareils du Shokaku rapporta qu’il avait repéré des appareils américains à 302 km de la flotte de Takagi. Un autre appareil confirma rapidement que le groupe était composé d’« un porte-avions, d’un croiseur et de trois destroyers65 ». En réalité, l’avion de reconnaissance avait repéré mais mal identifié l’USS Neosho et l’USS Sims. Croyant qu’il avait localisé les porte-avions américains, l’amiral Hara, avec le soutien de Takagi, lança tous ses appareils disponibles. 78 avions dont 18 chasseurs Zero, 36 bombardiers en piqué D3A et 24 bombardiers-torpilleurs décollèrent du Shokaku et du Zuikaku à 8 h et se rendirent vers la cible désignée à 8 h 1566.
À 8 h 20, l’un des appareils du Furutaka repéra les porte-avions et en informa immédiatement le quartier général d’Inoue à Rabaul qui transmit le message à Takagi. L’observation fut confirmée par un hydravion du Kinugasa à 8 h 30. Les amiraux Takagi et Hara, troublés par les deux messages opposés qu’ils reçurent, décidèrent de poursuivre l’attaque des navires au sud mais s’orientèrent vers le nord-ouest pour se rapprocher des navires repérés par l’hydravion du Furutaka67. Ils avaient considéré que les rapports différents signifiaient que les porte-avions américains opéraient en deux groupes séparés68.
À 8 h 15, un bombardier en piqué SBD de l’USS Yorktown repéra la flotte de soutien de l’invasion de l’amiral Goto. Le pilote se trompa dans le message codé et signala la présence de « deux porte-avions et quatre croiseurs lourds » à 417 km au nord-ouest de la TF 1769. L’amiral américain Fletcher conclut que la principale force aéronavale japonaise avait été repérée et il lança tous ses appareils disponibles contre elle. À 10 h 13, l’escadrille de 93 avions composée de 18 F4F Wildcat, 53 bombardiers en piqué SBD et 22 TBD Devastator était en route. À 10 h 12, l’amiral Fletcher reçut un autre rapport envoyé par un groupe de trois B-1770 indiquant la présence d’un porte-avions, de dix transports et de seize navires de guerre à 56 km au sud de la position repérée par le pilote du SBD. Les deux pilotes avaient en réalité vu la même chose : le Shoho, les croiseurs de l’amiral Goto et la force d’invasion de Port Moresby. Croyant que l’observation des B-17 était la principale flotte aéronavale japonaise, l’amiral Fletcher orienta ses appareils en direction de cette cible71.

 

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Bombardiers en piqué japonais Aichi D3A Type 99 se dirigeant vers la position présumée des porte-avions américains le 7 mai.

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L’USS Neosho est en feu et coule lentement à la suite de l’attaque japonaise.

 

À 9 h 15, les appareils de Takagi arrivèrent sur la zone désignée, repérèrent l’USS Neosho et l’USS Sims et cherchèrent en vain les porte-avions américains. C’est seulement à 10 h 51 que les équipages du Shokaku réalisèrent leur erreur et la confusion entre le pétrolier et le destroyer avec des porte-avions. Takagi réalisa alors que les porte-avions américains se trouvaient entre lui et le convoi d’invasion, ce qui plaçait ce dernier en très grand danger. Il ordonna à ses appareils d’attaquer immédiatement l’USS Neosho et l’USS Sims et de rentrer le plus vite possible sur les porte-avions. À 11 h 15, les bombardiers-torpilleurs et les chasseurs abandonnèrent leur mission et retournèrent vers les porte-avions avec leurs munitions tandis que les 36 bombardiers en piqué attaquèrent les deux navires américains72,n 20.
Quatre bombardiers en piqué attaquèrent l’USS Sims et le reste plongea sur l’USS Neosho. Le destroyer fut coupé en deux par trois bombes et coula immédiatement. Il n’y eut que 14 survivants sur les 192 membres d’équipage. L’USS Neosho fut touché par sept bombes et l’un des bombardiers, endommagé par la DCA, s’écrasa sur le pétrolier. Gravement endommagé et privé d’énergie, le navire sombra lentement mais il eut le temps d’informer l’amiral Fletcher de l’attaque même s’il donna une mauvaise position74.

Les appareils américains repérèrent le Shoho au nord-est de l’île Misima à 10 h 40 et se déployèrent pour l’attaque. Le porte-avions japonais était protégé par six Zeros et deux A5M tandis que le reste des avions étaient préparés dans les ponts inférieurs. Les croiseurs de Goto étaient disposés en carré autour du porte-avions à une distance d’environ 2 700 à 4 600 m75,n 21.
Le premier groupe d’attaque, venant de l’USS Lexington, toucha le Shoho avec deux bombes de 450 kg et cinq torpilles qui causèrent de lourds dégâts. À 11 h, le groupe de l’USS Yorktown attaqua le porte-avions en feu et presque immobile avec 11 autres bombes de 450 kg et au moins deux torpilles. Complètement démoli, le Shoho sombra à 11 h 35. Craignant d’autres attaques, l’amiral Goto retira ses navires de guerre vers le nord mais il envoya le destroyer Sazanami pour secourir les survivants à 14 h. Seul 203 des 834 marins du navire furent retrouvés. Trois avions américains furent abattus. Les 18 appareils du Shoho furent perdus mais trois pilotes de la patrouille de défense du navire parvinrent à amerrir dans les Louisiades et survécurent77.

Opérations de l’après-midi
Les appareils américains se posèrent sur leurs porte-avions à partir de 13 h 38 et, à 14 h 20, les avions étaient prêts à repartir pour intercepter la flotte d’invasion de Port Moresby ou le groupe des croiseurs de Goto. L’amiral Fletcher s’inquiétait cependant de la position des autres porte-avions japonais. Il avait été informé que les services de renseignements alliés pensaient que l’opération MO pouvait être couverte par quatre porte-avions. il en conclut que lorsque ses appareils de reconnaissance repéreraient le groupe aéronaval japonais, il serait difficile de mener une attaque avant la tombée de la nuit. Il annula donc l’assaut et décida de rester dissimulé dans le temps couvert avec des chasseurs prêts à décoller en cas de besoin. La TF 17 mit le cap au sud-est78,n 22.
Ayant appris la destruction du Shoho, l’amiral Inoue ordonna au convoi d’invasion de se retirer temporairement au nord et ordonna à l’amiral Takagi, à ce moment à 417 km à l’est de la TF 17, de détruire les porte-avions américains. Alors que la flotte d’invasion se retirait, elle fut attaquée par huit bombardiers B-17 de l’US Air Force mais ces derniers ne causèrent aucun dégât. L’amiral Goto et le contre-amiral Kajioka reçurent l’ordre de disposer leurs navires au sud de l’île Rossel dans l’éventualité d’un combat nocturne si les navires américains passaient à proximité80.
À 12 h 40, un hydravion japonais repéra la force du vice-amiral australien Crace à 144 km des Louisiades orientée à 175°. À 13 h 15, un appareil de Rabaul repéra aussi la flotte de Crace mais le pilote se trompa en rapportant que la force comprenait deux porte-avions et se trouvait à 213 km des Louisiades suivant un cap au 205°. S’appuyant sur ces rapports, l’amiral Takagi, qui attendait toujours le retour des appareils partis attaquer l’USS Neosho, orienta ses porte-avions vers l’ouest à 13 h 30 et indiqua à Inoue à 15 h que les porte-avions américains se trouvaient à au moins 800 km à l’ouest de sa position et qu’il ne pourrait pas les attaquer avant la nuit81.

L’état-major d’Inoue dirigea deux groupes d’attaque de Rabaul, déjà en vol depuis le matin, en direction de la flotte de Crace. Le premier groupe comprenait 12 bombardiers-torpilleurs G4M et le second était composé de 19 appareils G3M d’attaque au sol équipés de bombes. Les deux escadrons attaquèrent les navires de Crace à 14 h 30 et rapportèrent avoir coulé un « cuirassé de classe Tennessee », tout comme avoir endommagé un autre cuirassé et un croiseur. En réalité, les navires de Crace n’avaient pas été touchés et ils avaient abattus quatre G4M. Peu de temps après, trois B-17 américains bombardèrent par erreur le groupe de Crace mais sans causer de dommages82.
À 15 h 26, Crace indiqua à Fletcher qu’il ne pourrait pas réaliser sa mission sans soutien aérien. Crace se retira vers le sud à environ 410 km au sud-est de Port Moresby pour s’éloigner de la menace des appareils japonais tout en restant suffisamment proche pour intercepter toute force navale japonaise. Les navires de Crace manquaient de carburant mais comme Fletcher maintenait le silence radio, Crace n’avait aucune idée de sa position, de son cap ou de ses intentions83.
Peu après 15 h, le Zuikaku reçut le message d’un hydravion rapportant, incorrectement, que la flotte de Crace avait changé de cap en direction du sud-est. L’amiral japonais Takagi supposa que l’appareil suivait discrètement les porte-avions de Fletcher et détermina que si les navires alliés continuaient sur leur cap, ils arriveraient à portée de l’aviation embarquée même si les appareils devraient rentrer de nuit84. Afin de confirmer la position des porte-avions américains, Hara envoya un escadron de huit bombardiers-torpilleurs à 15 h 15 pour reconnaitre une zone à 370 km à l’ouest. Après être arrivés sur place, ils cherchèrent sans succès les navires américains et revinrent sur leurs porte-avions. À 16 h 15, Hara envoya 27 bombardiers des deux porte-avions en direction de l’ouest85.
À 17 h 47, la TF 17 opérait sous une épaisse couverture nuageuse à 370 km à l’ouest de la position de Takagi quand elle détecta l’escadron japonais volant dans sa direction. Fletcher mit le cap au sud et envoya 11 F4F Wildcat pour les intercepter. La formation japonaise fut prise par surprise et neuf appareils furent détruits tandis que trois avions américains furent abattus86.
Ayant subi de lourdes pertes, les officiers de l’escadron japonais annulèrent la mission. Ils larguèrent leurs bombes et retournèrent à leurs porte-avions. Le Soleil s’étant couché à 18 h 30, plusieurs bombardiers japonais approchèrent les porte-avions américains dans l’obscurité et certains se préparèrent même à se poser avant d’être repoussés par les tirs des destroyers. À 20 h, les flottes américaines et japonaises étaient distantes de 190 km. Takagi alluma les lumières de ses navires pour guider les 18 appareils survivants et tous furent récupérés à 22 h87.
À 15 h 18 et 17 h 18, l’USS Neosho informa la TF 17 qu’il dérivait vers le nord-ouest et qu’il était en train de couler. Le rapport de l’USS Neosho de 17 h 18 mentionnait de mauvaises coordonnées et cela gêna les opérations de secours. De manière plus significative, Fletcher apprit que son ravitaillement en pétrole le plus proche était perdu88,n 23.
Les opérations aériennes s’arrêtèrent à la tombée de la nuit. L’Américain Fletcher ordonna à la TF 17 de se diriger vers l’ouest pour être prêt à lancer son aviation dès l’aube. L’Australien Crace s’orienta également vers l’ouest pour rester à distance de combat des Louisiades. Le Japonais Inoue demanda à Takagi de détruire les porte-avions américains et il repoussa les débarquements de Port Moresby au 12 mai. Takagi choisit de mener ses porte-avions vers le nord durant la nuit pour offrir une meilleure protection au convoi d’invasion et pour concentrer ses recherches à l’ouest et au sud. Les Japonais Goto et Kajioka furent incapables de positionner et de coordonner leurs navires pour mener une attaque nocturne90.
Les deux camps espéraient trouver la flotte adverse tôt le lendemain et passèrent la nuit à se préparer pour la bataille anticipée. En 1972, le vice-amiral américain H. S. Duckworth, après avoir lu les documents japonais sur la bataille, commenta : « Sans aucun doute, le 7 mai 1942, la mer de Corail fut la zone de combat la plus confuse de l’histoire du monde91,n 24. » Hara déclara ultérieurement au chef d’état-major de Yamamoto, l’amiral Matome Ugaki, qu’il était si contrarié par la « malchance » que les Japonais avaient connue le 7 mai, qu’il pensa quitter la marine94.

8 mai
Attaque des porte-avions japonais

À 6 h 15 le 8 mai, depuis une position à 190 km à l’est de l’île Rossel, l’amiral japonais Hara lança sept bombardiers-torpilleurs pour explorer une zone à 460 km au sud de sa position. Trois appareils de Tulagi et un quatrième de Rabaul participèrent également à la reconnaissance. À 7 h, le groupe aéronaval tourna vers le sud-ouest et fut rejoint par deux des croiseurs de l’amiral Goto, le Kinugasa et le Furutaka, pour fournir un rideau défensif supplémentaire. Le convoi d’invasion dirigé par Goto et les navires du contre-amiral Kajioka, se mirent en route en direction d’un point de rendez-vous à 74 km à l’est de l’île Woodlark pour attendre l’issue de la bataille. Durant la nuit, le front chaud et la couverture nuageuse qui avait dissimulé les porte-avions américains le 7 mai se déplaça vers le nord et couvrait maintenant la flotte japonaise, ce qui limitait la visibilité à une distance de 3,7 à 23 km95.

À 6 h 35, la TF 17 opérant sous le contrôle tactique de l’amiral Aubrey Fitch était positionnée à 330 km au sud des Louisiades. Elle lança 18 SBD pour mener une reconnaissance à 360° autour du navire jusqu’à une distance de 370 km. Le ciel au-dessus des navires américains était clair et la visibilité de 31 km96.
À 8 h 20, un SBD de l’USS Lexington repéra les porte-avions japonais à travers un trou dans les nuages et il avertit la TF 17. Deux minutes plus tard, un appareil du Shokaku repéra la TF 17 et en informa Hara. Les deux flottes étaient distantes d’environ 390 km et se dépêchèrent de lancer leur force de frappe97.
À 9 h 15, les porte-avions japonais lancèrent un groupe conjoint de 18 chasseurs, 33 bombardiers en piqué et 18 bombardiers-torpilleurs commandé par le lieutenant-commandeur Kakuichi Takahashi. Les Américains lancèrent deux groupes séparés. L’escadron de l’USS Yorktown était composé de 6 chasseurs, de 24 bombardiers en piqué et de 9 bombardiers-torpilleurs et commença sa progression à 9 h 15. Le groupe de l’USS Lexington comprenait 9 chasseurs, 15 bombardiers en piqué et 12 bombardiers-torpilleurs et se mit en route à 9 h 25. Les deux groupes aéronavals ennemis mirent le cap l’un sur l’autre pour réduire la distance de retour de leurs appareils98.
Les bombardiers en piqué de l’USS Yorktown arrivèrent au niveau de la flotte japonaise à 10 h 32 et attendirent l’arrivée des bombardiers-torpilleurs plus lents pour mener une attaque simultanée. À ce moment, le Shokaku et le Zuikaku étaient distants de 9 100 m l’un de l’autre et ce dernier était caché par un rideau de pluie. Les deux porte-avions étaient protégés par 16 chasseurs Zero. Les bombardiers en piqué de l’USS Yorktown commencèrent leur attaque du Shokaku à 10 h 57. Le navire vira fortement sur tribord mais fut touché par deux bombes de 450 kg qui éventrèrent le gaillard d’avant et causèrent de gros dégâts au pont et aux hangars. Aucun des bombardiers-torpilleurs de l’USS Yorktown ne parvint à toucher le navire japonais. Deux bombardiers en piqué américains et deux Zeros furent abattus durant le combat99.

Les appareils de l’USS Lexington arrivèrent à 11 h 30. Deux bombardiers en piqué attaquèrent le Shokaku et le touchèrent avec une bombe de 450 kg. Deux autres bombardiers plongèrent sur le Zuikaku mais leurs bombes tombèrent à côté. Les autres bombardiers en piqué de l’USS Lexington ne parvinrent pas à trouver les navires japonais dans l’épaisse couverture nuageuse. Aucune des torpilles des bombardiers-torpilleurs ne trouva sa cible. Les 13 Zeros en patrouille abattirent trois F4F Wildcat mais ils avancèrent avoir détruit 24 avions américains100.
Avec son pont d’envol lourdement endommagé et 223 membres d’équipage tués ou blessés, le Shokaku ne pouvait plus mener d’opérations aériennes. Son capitaine, Takatsugu Jōjima, demanda la permission de se retirer de la bataille et Takagi accepta. À 12 h 10, le Shokaku, accompagné de deux destroyers, se retira vers le nord-est101.
Attaque des porte-avions américains[modifier]
À 10 h 55, le radar CXAM de l’USS Lexington détecta les appareils japonais en approche à 128 km et neuf F4F Wildcat furent envoyés pour les intercepter. S’attendant à trouver les bombardiers-torpilleurs à basse altitude, six F4F Wildcat étaient positionnés trop bas et ils furent survolés par les appareils japonais102,n 25. Du fait des lourdes pertes subies la nuit précédente, les Japonais ne purent compléter une attaque à la torpille contre les deux porte-avions. Le lieutenant-commandeur Shigekazu Shimazaki, à la tête de l’escadron des bombardiers-torpilleurs, en envoya 14 contre l’USS Lexington et 4 contre l’USS Yorktown. Un Wildcat en abattit un et huit SBD en patrouille de l’USS Yorktown détruisirent trois autres bombardiers-torpilleurs. Quatre SBD furent détruits par les Zeros accompagnant l’attaque japonaise103.

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L’USS Yorktown (au premier plan) et l’USS Lexington se préparent à lancer leurs appareils le matin du 8 mai sous un ciel clément.

L’attaque japonaise commença à 11 h 13 alors que les porte-avions, distants de 2 700 m l’un de l’autre, et leurs navires d’escorte ouvrirent le feu avec leur artillerie antiaérienne. Les quatre bombardiers-torpilleurs lancés contre l’USS Yorktown ratèrent tous leur cible. Les autres appareils menèrent une attaque en pince contre l’USS Lexington qui avait un rayon de braquage plus grand que l’USS Yorktown et, à 11 h 20, le porte-avions fut touché par deux torpilles. La première toucha les réservoirs de carburant et les vapeurs de mazout commencèrent à se répandre dans les compartiments voisins. La seconde détruisit la principale canalisation d’eau à bâbord qui commença à inonder les trois chaudières avant du navire qui furent arrêtées. Le porte-avions pouvait néanmoins continuer de naviguer à la vitesse de 44 km/h. Quatre bombardiers-torpilleurs furent abattus par la DCA104,n 26.
Les 33 bombardiers en piqué japonais réalisèrent des cercles autour des navires pour attaquer contre le vent et ne commencèrent leur plongeon, depuis une altitude de 4 300 m, que trois minutes après le début de l’attaque des bombardiers-torpilleurs. Les 19 bombardiers du Shokaku ciblaient l’USS Lexington tandis que les 14 autres visaient l’USS Yorktown. Deux bombes touchèrent l’USS Lexington et provoquèrent des incendies qui furent maitrisés vers 12 h 33. À 11 h 27, le centre du pont d’envol de l’USS Yorktown fut touché par une bombe de 250 kg antiblindage qui traversa quatre ponts avant d’exploser, causant de graves dégâts structurels au hangar et tuant 66 hommes. Jusqu’à 12 bombes ratèrent l’USS Yorktown mais tombèrent suffisamment près pour l’endommager sous la ligne de flottaison107.
Au moment où les appareils japonais terminaient leurs attaques et commençaient à se replier, pensant avoir infligé des dégâts irréparables aux deux porte-avions, ils s’exposèrent au feu des F4F Wildcat et des SBD de patrouille. Dans les duels aériens qui suivirent, les Américains perdirent trois SBD et trois Wildcat tandis que trois bombardiers-torpilleurs, un bombardier en piqué et un Zero furent abattus. À partir de 12 h, les escadrons américains et japonais commencèrent à rentrer vers leurs navires respectifs. Lors des retours, des appareils se croisèrent et de nouveaux affrontements eurent lieu dans lesquels le lieutenant-commandeur Kakuichi Takahashi fut tué108.

Fin de la bataille
Les escadrons d’attaques, comptant de nombreux appareils endommagés, retournèrent à leurs porte-avions respectifs et se posèrent entre 12 h 50 et 14 h 30. Malgré les dégâts subis, l’USS Yorktown et l’USS Lexington furent tous les deux capables de récupérer leurs avions. 46 appareils sur 69 revinrent dans le camp japonais et se posèrent sur le Zuikaku. Parmi ceux-ci, trois Zeros, quatre bombardiers en piqué et cinq bombardiers-torpilleurs, jugés trop endommagés, furent immédiatement jetés à la mer109.
Au retour de son aviation, l’amiral américain Frank J. Fletcher évalua la situation. Les aviateurs l’informèrent qu’ils avaient lourdement endommagé un porte-avions mais qu’un autre s’était échappé indemne. L’amiral s’inquiétait du fait que ses deux porte-avions étaient en mauvais état et que ses escadrons avaient subi de lourdes pertes. De plus, le ravitaillement en pétrole était problématique depuis la perte de l’USS Neosho. À 14 h 22, l’amiral Aubrey Fitch informa Fletcher qu’on lui rapportait que deux porte-avions japonais n’étaient pas endommagés et que cela était corroboré par des messages radio interceptés. Croyant qu’il se trouvait face à une force japonaise supérieure en nombre, Fletcher décida de se retirer de la bataille. Il envoya la position approximative des porte-avions japonais à Douglas MacArthur et lui suggéra de les attaquer avec des bombardiers basés à terre110,n 27.
Vers 14 h 30, l’amiral japonais Chūichi Hara informa Takeo Takagi que seulement 24 Zeros, 8 bombardiers en piqué et 4 bombardiers-torpilleurs étaient à ce moment opérationnels. Takagi s’inquiétait de son autonomie car les niveaux de carburant de ses croiseurs n’étaient plus que de 50 % et certains de ses destroyers n’en étaient plus qu’à 20 %. À 15 h, Takagi informa l’amiral Shigeyoshi Inoue que ses appareils avaient coulé deux porte-avions américains, l’USS Yorktown et un autre de la « classe Lexington », mais que du fait de ses lourdes pertes, il ne serait pas en mesure de couvrir le débarquement de Port Moresby. Inoue, dont l’appareil de reconnaissance avait repéré les navires du contre-amiral australien John Crace dans la matinée, rappela le convoi d’invasion, repoussa l’opération MO au 3 juillet et ordonna à ses forces de se rassembler au Nord-Est des îles Salomon pour commencer l’opération RY. Le Zuikaku et son escorte mirent le cap vers Rabaul tandis que le Shokaku se dirigeait vers le Japon112.

À bord de l’USS Lexington, les équipes de pompiers étaient parvenues à éteindre les incendies et à rendre le navire de nouveau opérationnel. Cependant, à 12 h 47, des étincelles produites par un moteur électrique enflammèrent les vapeurs de carburant près du poste de commandement. L’explosion qui en résulta tua 25 marins et déclencha un énorme incendie. Vers 14 h 42, une seconde et puissante explosion créa un second foyer d’incendie. Une troisième explosion eut lieu à 15 h 25 et l’équipage rapporta à 15 h 38 que les incendies étaient incontrôlables. L’équipage commença à abandonner l’USS Lexington à 17 h 7. À 19 h 15, après que les survivants eurent été secourus, dont l’amiral Fitch et le capitaine Frederick C. Sherman, le destroyer USS Phelps tira cinq torpilles dans le navire en feu qui coula à 19 h 52. 260 hommes sur les 2 951 membres d’équipage étaient morts. L’USS Phelps et les autres navires de soutien quittèrent immédiatement la zone pour rejoindre l’USS Yorktown et son escorte qui avaient mis le cap au sud-ouest à 16 h 1. Dans la soirée, MacArthur informa Fletcher que huit de ses B-17 avaient attaqué le convoi d’invasion et qu’il se retirait vers le Nord-Ouest113.
Le soir du 8 mai, Crace envoya le HMAS Hobart, dont le niveau de carburant était dangereusement bas, et le destroyer USS Walke, qui connaissait des ennuis avec sa propulsion, à Townsville en Australie. Il reçut des rapports radio indiquant que le convoi d’invasion japonais avait fait demi-tour, mais comme il ne savait pas que Fletcher s’était retiré, il resta en patrouille avec le reste de la TF 17,3 dans la mer de Corail dans le cas où les Japonais reprendraient leur progression vers Port Moresby114.

 

Conséquences

Le 9 mai, la TF 17 changea de cap et sortit de la mer de Corail par un passage au sud de la Nouvelle-Calédonie. l’amiral Chester Nimitz ordonna à Fletcher de renvoyer l’USS Yorktown à Pearl Harbor aussi vite que possible après l’avoir ravitaillé à Tongatapu. Comme il n’avait aucune nouvelle de Fletcher, l’Australien Crace en déduisit que la TF 17 avait quitté la zone. À 1 h le 10 mai, n’ayant pas non plus reçu de rapports indiquant que la flotte d’invasion japonaise progressait vers Port Moresby, Crace mit le cap sur l’Australie et il arriva dans les îles Whitsunday à 240 km au nord de Townsville le 11 mai115.
À 22 h le 8 mai, l’amiral Isoroku Yamamoto ordonna à Inoue de faire demi-tour, de détruire les navires alliés et de mener à bien l’invasion de Port Moresby. Inoue n’annula pas l’ordre de repli du convoi d’invasion mais renvoya les amiraux Takagi et Goto à la poursuite des derniers navires de guerre alliés dans la mer de Corail. N’ayant presque plus de carburant, les navires de Takagi passèrent la plus grande partie du 9 mai à se ravitailler auprès du pétrolier Toho Maru. Dans la nuit du 9 au 10 mai, Takagi et Goto mirent le cap au sud-est puis au sud-ouest de la mer de Corail. Les hydravions basés dans les Louisiades assistèrent Takagi dans sa recherche de la TF 17. Les navires sous les ordres de Fletcher et Crace étaient cependant déjà loin de la zone de recherche. À 13 h le 10 mai, Takagi conclut que les navires ennemis étaient partis et fit demi-tour en direction de Rabaul. Yamamoto accepta la décision de Takagi et il ordonna au Zuikaku de revenir au Japon pour recevoir les nouveaux appareils. Au même moment, le Kamikawa Maru quitta les Louisiades116. Le 11 mai vers midi, un hydravion de l’US Navy en patrouille depuis Nouméa repéra l’USS Neosho à la dérive. Le lendemain, l’USS Henley récupéra 109 survivants de l’USS Neosho et 14 de l’USS Sims, puis saborda le pétrolier avec plusieurs torpilles117.

L’opération RY commença le 10 mai. Après que le navire amiral japonais, le mouilleur de mines Okinoshima, eut été coulé par le sous-marin américain S-42 le 12 mai, les débarquements furent repoussés au 17 mai. Dans le même temps, la TF 16 de Halsey arriva dans le Pacifique Sud près d’Éfaté et mit le cap au nord le 13 mai pour s’opposer aux attaques japonaises contre Nauru et Banaba. Le 14 mai, l’amiral Chester Nimitz, ayant reçu des renseignements sur l’opération prévue des porte-avions japonais contre Midway, ordonna à Halsey de s’assurer que les avions de reconnaissance japonais repèrent ses navires le lendemain, après quoi il devrait retourner immédiatement à Pearl Harbor. À 10 h 15 le 15 mai, un appareil de reconnaissance basé à Tulagi repéra la TF 16 à 824 km à l’est des Salomon. La feinte de Halsey fonctionna. Craignant une attaque aéronavale contre sa force d’invasion peu défendue, Inoue annula immédiatement l’opération RY et renvoya ses navires à Rabaul et Truk. Le 19 mai, la TF 16, qui s’était ravitaillée à Éfaté, mit le cap sur Pearl Harbor où elle arriva le 26 mai. L’USS Yorktown atteignit Pearl Harbor le lendemain118,n 28.

Le Shokaku arriva à Kure au Japon le 17 mai après avoir failli chavirer dans une tempête lors du voyage de retour du fait des dégâts subis pendant la bataille. Le Zuikaku arriva également à Kure le 21 mai après s’être brièvement arrêté dans les îles Truk le 15 mai. En exploitant les rapports de l’espionnage radio, les Américains placèrent huit sous-marins sur la route de retour probable des porte-avions japonais mais aucun des submersibles ne fut en mesure d’attaquer. Le quartier général de la marine japonaise estima qu’il faudrait entre deux et trois mois pour réparer le Shokaku et reconstituer l’aviation embarquée. Les deux porte-avions seraient donc indisponibles pour l’opération prévue de Yamamoto contre Midway. Les deux navires rejoignirent le groupe aéronaval japonais le 14 juillet et jouèrent un rôle décisif dans les futurs affrontements contre les forces aéronavales américaines. Les cinq sous-marins japonais de la classe I soutenant l’opération MO furent redéployés pour soutenir une attaque dans la baie de Sydney trois semaines après dans le cadre d’une campagne pour désorganiser les lignes de ravitaillement alliées. Le I-28 fut cependant torpillé par le sous-marin américain USS Tautog alors qu’il rentrait à Truk121,n 29.

Signification
Un nouveau type de combat naval
La bataille de la mer de Corail fut le premier engagement naval de l’histoire dans lequel les flottes participantes ne se sont jamais aperçues et n’ont jamais directement ouvert le feu l’une sur l’autre. L’aviation remplaça le rôle joué par l’artillerie navale dans les affrontements précédents. Par conséquent, les deux commandants participèrent à un nouveau type d’affrontement, porte-avions contre porte-avions, et comme ils n’en avaient aucune expérience, ils commirent des erreurs. H. P. Willmot écrivit que les commandants durent « composer avec des communications difficiles dans une situation où le champ de bataille s’étendait bien au-delà que d’habitude et dans laquelle les vitesses avaient augmenté encore plus rapidement, ce qui réduisait le temps disponible pour les prises de décision123 ». Du fait du temps réduit pour prendre des décisions, les Japonais étaient désavantagés car l’amiral Shigeyoshi Inoue, se trouvant à Rabaul, était trop loin pour diriger efficacement ses forces navales en temps réel tandis que l’amiral Frank J. Fletcher était sur place avec ses porte-avions. Les amiraux japonais impliqués furent souvent trop lents à communiquer des informations importantes entre eux124.

Les équipages des porte-avions japonais se comportèrent mieux que ceux des navires américains et obtinrent de meilleurs résultats avec un nombre équivalent d’appareils. L’attaque japonaise contre les porte-avions américains le 8 mai fut mieux coordonnée que l’attaque américaine contre les porte-avions japonais. Les Japonais perdirent néanmoins plus d’aviateurs, 90 contre 35 pour les Américains. Le système de formation des aviateurs japonais ne fut jamais capable de remplacer les aviateurs expérimentés morts au combat. Au début de la guerre, le Japon disposait d’un groupe d’excellents pilotes japonais mais ce dernier fut progressivement décimé à partir de la bataille de la mer de Corail. Les nouvelles recrues inexpérimentées furent incapables de se mesurer aux aviateurs américains ayant reçu une longue formation et cela réduisit considérablement l’efficacité de l’aviation japonaise125.
Les Américains tirèrent des leçons de leurs erreurs et firent des améliorations concernant leurs tactiques aéronavales et leurs équipements. De nouvelles tactiques de combat aérien, une meilleure coordination, des appareils plus performants et le renforcement de l’artillerie antiaérienne débouchèrent sur des résultats plus positifs dans les affrontements ultérieurs. Le radar donna un léger avantage aux Américains dans cette bataille mais il joua un rôle encore plus décisif dans les batailles suivantes lorsque des améliorations technologiques augmentèrent son efficacité et que les Alliés apprirent à mieux l’utiliser. Après la perte de l’USS Lexington, les Américains mirent en place de meilleures méthodes de stockage du carburant et améliorèrent les procédures de lutte contre les incendies126. La coordination entre l’aviation alliée basée à terre et l’US Navy fut mauvaise durant la bataille mais s’améliora également par la suite127.

Les porte-avions japonais et américains s’affrontèrent à nouveau lors des batailles de Midway, des Salomon orientales et des îles Santa Cruz en 1942 puis dans la mer des Philippines en 1944128.

Implications tactiques et stratégiques
La propagande de chaque camp tenta de faire de la bataille de la mer de Corail une victoire. En termes de navires perdus, le Japon remporta une victoire tactique en coulant un porte-avions américain, un pétrolier et un destroyer, soit un tonnage total de 42 497 t, alors qu’il n’avait perdu qu’un porte-avions léger, un destroyer et plusieurs navires plus petits, soit 19 000 t. L’USS Lexington représentait, à ce moment, 25 % de la puissance aéronavale américaine dans le Pacifique129,n 30. Le public japonais fut informé de la victoire avec une surestimation des pertes américaines et une sous-estimation des pertes japonaises130.
Sur le plan stratégique, la bataille fut néanmoins une victoire alliée car l’invasion maritime de Port Moresby fut évitée, réduisant la menace contre les lignes de ravitaillement entre les États-Unis et l’Australie. Malgré le retrait de l’USS Yorktown de la mer de Corail, les Japonais furent obligés d’abandonner l’opération qui avait été la raison de la bataille de la mer de Corail131.
C’est d’autre part la première fois dans la guerre du Pacifique qu’une flotte d’invasion japonaise était repoussée sans avoir réussi à atteindre son objectif, ce qui contribua à gonfler le moral des troupes alliées après six mois de défaites contre les Japonais. Port Moresby était vital dans la stratégie américaine et sa garnison aurait certainement été battue par les troupes japonaises. La marine américaine exagéra également les dégâts qu’elle avait infligés aux Japonais132 et la presse traita les rapports de la bataille de Midway avec plus de précaution133.
Les résultats de la bataille eurent un impact important sur la planification stratégique des deux camps. Sans un point d’appui en Nouvelle-Guinée, l’avancée alliée ultérieure aurait été encore plus difficile qu’elle ne l’a été134. Pour les Japonais, la bataille fut considérée comme un simple revers temporaire. Elle sembla confirmer la piètre opinion que les Japonais avaient des capacités combattantes américaines et soutint la croyance que les futures opérations aéronavales contre les États-Unis seraient nécessairement couronnées de succès135.

Midway
L’une des conséquences les plus importantes de la bataille de la mer de Corail fut l’indisponibilité des porte-avions Shokaku et Zuikaku pour la confrontation décisive contre les Américains planifiée par Yamamoto à Midway ; le Shoho aurait été employé dans un rôle tactique pour soutenir les forces d’invasion japonaises. Les Japonais pensaient avoir coulé deux porte-avions dans la mer de Corail mais il en restait encore deux autres, l’USS Enterprise et l’USS Hornet, pour défendre Midway. Grâce à l’aviation basée à terre à Midway, les Américains disposaient d’un plus grand nombre d’appareils et cela signifiait que les Japonais ne disposeraient pas d’une supériorité numérique en terme d’avions pour la bataille à venir. En réalité, les Américains alignèrent trois porte-avions face à ceux de Yamamoto car l’USS Yorktown resta opérationnel malgré les dégâts reçus dans la mer de Corail et l’US Navy fut capable de le réparer suffisamment entre le 27 et le 30 mai pour qu’il puisse participer à la bataille. À Midway, les appareils de l’USS Yorktown jouèrent un rôle décisif en coulant deux porte-avions japonais. Il reçut également de nombreuses contre-attaques japonaises qui autrement auraient été dirigées contre les deux autres porte-avions américains136.

Par contraste avec les efforts acharnés mis en œuvre par les Américains pour déployer toutes leurs forces disponibles à Midway, les Japonais n’ont apparemment pas essayé d’inclure le Zuikaku dans l’opération. Rien n’a semble-t-il été fait pour combiner les escadrons survivants du Shokaku avec ceux du Zuikaku pour permettre à ce dernier de participer à la bataille. Le Shokaku était incapable de mener d’autres opérations du fait de son pont d’envol très endommagé et il eut besoin de près de trois mois de réparations au Japon pour redevenir opérationnel137.
Les historiens H. P. Willmott, Jonathan Parshall et Anthony Tully considèrent que l’amiral Isoroku Yamamoto a commis une grave erreur stratégique dans sa décision de soutenir l’opération MO avec des navires capitaux. Comme Yamamoto avait planifié une bataille décisive contre les Américains à Midway, il n’aurait pas dû se séparer de ses porte-avions pour une opération secondaire comme MO. Par conséquent, les forces navales japonaises furent affaiblies à la fois dans la mer de Corail et à Midway, ce qui permit aux Américains de les défaire en plusieurs fois. Wilmott ajoute que si une opération était assez importante pour nécessiter l’emploi de porte-avions, alors tous les porte-avions japonais auraient dû être déployés pour garantir la victoire. En associant des pièces essentielles à l’opération MO, Yamamoto fit que l’attaque décisive de Midway dépendait du succès de l’opération secondaire138.
De plus, Yamamoto sembla avoir manqué de noter les autres implications de la bataille de la mer de Corail : l’apparition inattendue des porte-avions américains à l’endroit et au moment exact pour s’opposer aux Japonais et la capacité de l’aéronavale américaine à causer des dommages significatifs aux porte-avions japonais. Ces deux événements se répétèrent à Midway et le Japon perdit quatre porte-avions, le cœur de ses forces navales offensives, et perdit donc l’initiative dans la guerre du Pacifique. Du fait de la puissance économique américaine, une fois que le Japon avait perdu sa supériorité en nombre de porte-avions, il ne fut jamais capable de la récupérer. Parshall et Tully ajoutent, « la bataille de la mer de Corail avait apporté les premiers indices que les Japonais avaient atteint leur apogée, mais c’est la bataille de Midway qui mit cela en évidence pour tout le monde139 ».

Situation dans le Pacifique Sud
Les forces australiennes et américaines furent initialement déçues par le résultat de la bataille de la mer de Corail, craignant que l’opération MO ne soit le prélude à une invasion de l’Australie et que le revers japonais ne soit que temporaire. Dans une réunion organisée à la fin du mois de mai, le conseil de guerre australien décrivit l’issue de la bataille comme « plutôt décevante » étant donné que les Alliés avaient été au courant des intentions japonaises. Le général Douglas MacArthur donna son évaluation de la bataille au premier ministre australien John Curtin en avançant que « tous les éléments qui avaient produit les désastres dans le Pacifique occidental depuis le début de la guerre » étaient toujours présents car les forces japonaises pouvaient frapper où elles voulaient si elles étaient soutenues par la marine impériale japonaise140.

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Troupes australiennes défendant Port Moresby le long de la Kokoda Track en 1942.

Après la perte de quatre porte-avions à Midway, les Japonais furent cependant incapables de mener une autre invasion de Port Moresby depuis la mer et tentèrent de l’atteindre depuis la terre. À partir du 21 juillet, les troupes japonaises commencèrent à progresser en direction de Port Moresby le long de la Kokoda Track à travers la chaîne Owen Stanley. Les Alliés avaient néanmoins renforcé la Nouvelle-Guinée avec de nouvelles unités principalement australiennes. L’avancée japonaise rendue difficile par le relief et le climat extrême fut stoppée en septembre 1942 et les Alliés repoussèrent une tentative ennemie pour s’emparer d’une base aérienne dans la baie de Milne141.

Dans le même temps, les Alliés cherchèrent à exploiter les victoires de la mer de Corail et de Midway en reprenant l’initiative stratégique. Ils choisirent Tulagi et l’île voisine de Guadalcanal comme cible de leur première offensive. L’échec japonais à Port Moresby et leur défaite à Midway laissa Tulagi sans protection efficace. L’île se trouvait à quatre heures de vol de Rabaul, la grande base japonaise la plus proche142.

Le 7 août 1942, 11 000 soldats américains débarquèrent à Guadalcanal et 3 000 autres à Tulagi et dans les îles voisines143. Les forces japonaises à Tulagi et sur les îles alentour furent submergées et combattirent presque jusqu’au dernier homme tandis que les Américains à Guadalcanal capturèrent l’aérodrome de Henderson Field en cours de construction par les Japonais144. Les campagnes de Guadalcanal et des îles Salomon qui suivirent se transformèrent en une dure guerre d’attrition entre les Japonais et les Alliés. Avec la campagne de Nouvelle-Guinée, ces opérations neutralisèrent les défenses japonaises dans le Pacifique Sud et causèrent des dommages irréparables à l’appareil militaire japonais, en particulier à sa marine, et contribuèrent significativement à la victoire des Alliés sur le Japon145.

Notes

  1. ↑ Aviation embarquée le matin du 7 mai1 :
    • USS Lexington
      • 35 bombardiers en piqué Douglas SBD Dauntless,
      • 12 bombardier-torpilleurs Douglas TBD Devastator,
      • 19 chasseurs Grumman F4F Wildcat
    • USS Yorktown
      • 35 SBD,
      • 10 TBD,
      • 17 F4F-3.
  2. ↑ Il y avait également plusieurs navires plus petits dont2 :
    • 5 dragueurs de mines,
    • 2 mouilleurs de mines,
    • 2 navires ASM et
    • 3 canonnières.

    Aviation embarquée le matin du 7 mai2 :

    • Shokaku
      • 21 bombardiers en piqué Aichi D3A,
      • 19 bombardier-torpilleurs Nakajima B5N,
      • 18 chasseurs A6M2 Zero
    • Zuikaku
      • 21 D3A,
      • 22 B5N,
      • 20 Zeros
    • Shoho
      • 6 D3A,
      • 4 chasseurs Mitsubishi A5M,
      • 8 Zeros.

    Cressman 2000, p. 93 avance que le Shoho transportait 13 chasseurs sans spécifier leur modèle. Les nombres de Lundstrom 2005 sont utilisés dans cet article.

  3. ↑ L’USS Yorktown perdit 16 appareils et l’USS Lexington, 51. Les appareils détruits comprenaient 33 SBD, 13 TBD et 21 F4F. Un hydravion Consolidated PBY Catalina de reconnaissance de la Royal Australian Air Force (RAAF) fut perdu le 4 mai et un autre le 6 mai (Gillison). Un B-17 du 40eescadron de reconnaissance à cours de carburant s’écrasa le 7 mai. Cette perte n’est pas comptée dans la liste des appareils perdus3.
    • Pilotes tués :
      • USS Yorktown : 14,
      • USS Lexington : 21.
    • Marins tués :
      • USS Lexington : 216,
      • USS Yorktown : 40,
      • USS Sims : 178,
      • USS Neosho : 175
      • USS Chicago : 2.

    Les deux hydravions de la RAAF totalisaient dix membres d’équipage4.

  4. ↑ Répartition des appareils détruits :
    • 19 Zeros,
    • 19 D3A et
    • 31 B5N.

    Millot indique la perte de deux hydravions Kawanishi H6K de patrouille, cinq bombardiers Mitsubishi G4M, trois hydravions plus petits et 87 appareils embarqués5.

  5. ↑ Répartition des morts : 90 pilotes ; 631 marins du Shoho et 108 du Shokaku. La flotte d’invasion de Tulagi perdit 87 hommes6.
  6. ↑ Le Senshi Sōsho ne mentionne pas le rôle d’Inoue dans la décision d’envahir Port Moresby et indique uniquement qu’il s’agissait d’un accord entre la marine et l’armée en janvier 194210.
  7. ↑ L’armée impériale japonaise (AIJ) et la marine impériale japonaise (MIJ) acceptèrent d’attendre l’occupation de Midway et des Aléoutiennes pour entreprendre des attaques contre les Fidji et les Samoa12. Le Senshi Sōsho avance que les soldats de l’armée de terre devaient capturer l’île deSamarai pour sécuriser l’entrée dans la mer de Corail13.
  8. ↑ Le porte-avions Kaga devait initialement participer à l’opération MO mais il fut remplacé par les deux autres porte-avions, car Inoue avançait qu’un porte-avions n’était pas suffisant15.
  9. ↑ Pour des raisons inconnues, la MIJ repoussa le changement prévu du cryptage RO du 1er avril au 27 mai 194217. Les Américains réalisaient le décryptage des communications japonaises à Washington, à Pearl Harbor et à Melbourne avec les Australiens18.
  10. ↑ La station d’interception radio britannique se trouvait à Colombo sur l’île de Ceylan20. Les Américains crurent à tort (en partie du fait d’une erreur de translittération du genre de son nom) que Shoho était un nouveau porte-avions encore inconnu, le Ryūkaku, avec 84 appareils21. Un soldat japonais fait prisonnier lors de la bataille de Midway indiqua aux Américains la lecture correcte du kanji du porte-avions qui fut identifié comme un porte-avions léger22. Les Japonais n’avaient apparemment pas développé de noms de code pour plusieurs îles des Louisiades et transmettaient donc le nom des îles en katakana sans les crypter, ce qui facilita la tache des casseurs de code américains23. Selon Parker 1994, p. 22-23, le général Douglas MacArthur refusa de croire les rapports des services de renseignement concernant l’opération MO et n’accepta l’idée que les Japonais allaient envahir Port Moresby que lorsqu’il survola les navires japonais approchant des Louisiades et de la Nouvelle-Guinée durant la première semaine du mois de mai24.
  11. ↑ L’USS Lexington était rentré à Pearl Harbor le 26 mars 1942 après avoir opéré avec l’USSYorktown dans la mer de Corail et repartit le 15 avril pour livrer 14 chasseurs Brewster F2A Buffalo et leurs pilotes à l’atoll Palmyra. Après la livraison le 18 avril, la TF 11 recut l’ordre de se rendre dans les Fidji puis en Nouvelle-Calédonie pour rejoindre la TF 1726. Halsey devait prendre le commandement des trois forces opérationnelles une fois que la TF 16 serait arrivée dans la mer de Corail27. La TF 17 comprenait l’USS Yorktown, les croiseurs USS Astoria, USS Chester etUSS Portland, les destroyers USS Hammann, USS Anderson, USS Perkins, USS Morris,USS Russell et USS Sims ainsi que les pétroliers USS Neosho et USS Tippecanoe. Le capitaine de l’USS Yorktown était Elliott Buckmaster. La TF 11 comprenait les croiseurs USS Minneapolis etUSS New Orleans et les destroyers USS Phelps, USS Dewey, USS Aylwin et USS Monaghan28. La TF 16 quitta Pearl Harbor le 30 avril20.
  12. ↑ McCarthy 1959 ne donne pas de chiffres exacts mais indique que 1 000 hommes, dont un bataillon d’infanterie, se trouvaient à Port Moresby en décembre 1941 et que deux autres bataillons arrivèrent le mois suivant. Willmott 1983 avance que 4 250 soldats furent déployés dans la ville le 3 janvier 1942 portant les effectifs de la garnison à trois bataillons infanterie, un d’artillerie et un de lutte anti-aérienne.
  13. ↑ Fletcher détacha les destroyers USS Anderson et USS Sims pour localiser les sous-marins. Les deux navires revinrent le lendemain (3 mai) sans les avoir repérés40. Le I-27 et le I-21 menèrent des missions de reconnaissance au large de Nouméa lors de l’opération MO41.
  14. ↑ Les deux pétroliers transportaient un total de 24 300 m3 de pétrole tandis que les TF 11 et 17 en consommaient 1 810 m3 par jour à leur vitesse de croisière de 28 km/h44.
  15. ↑ Goto ravitailla ses croiseurs avec le pétrolier Iro près des îles Shortland le 5 mai. Comme Takagi passa dans les Salomon durant la nuit, les hydravions américains basés à Nouméa ne le repérèrent pas20. Le pétrolier de Takagi était le Toho Maru20.
  16. ↑ Le groupe de Fitch était appelé la TF 17,5 et comprenait quatre destroyers et les porte-avions ; le groupe de Grace fut renommé TF 17,3 et le reste des croiseurs et des destroyers (USSMinneapolis, USS New Orleans, USS Astoria, USS Chester, USS Portland et cinq destroyers du premier escadron de destroyers) fut placé sous le commandement du contre-amiral Thomas C. Kinkaid au sein de la TF 17,255.
  17. ↑ À ce moment, la TF 17,3 était composée des croiseurs USS Chicago, HMAS Australia et HMASHobart, ainsi que des destroyers USS Walke, USS Perkins et USS Farragut62.
  18. ↑ À ce moment, la TF 17 avait 128 avions opérationnels et l’amiral japonais Takagi en disposait de 11164. L’amiral Shigeyoshi Inoue ordonna aux quatre sous-marins de se déployer plus au sud pour intercepter tout navire rentrant en Australie après la fin de la bataille64.
  19. Avion à même le sable dont la partie centrale est détruite
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Épave d’un appareil du Shokaku s’étant écrasé sur les Récifs indispensables le 7 mai et photographiée le 9 juin 1942.

Les deux appareils de reconnaissance duShokaku qui étaient restés sur place pour essayer de localiser les navires américains n’avaient plus assez de carburant pour rentrer et ils amerrirent sur les Récifs indispensables(voir photographie à droite). Les deux équipages furent secourus par un destroyer japonais le 7 mai, peut-être l’Ariake73.

  • Schéma de navire localisant six impacts de torpilles et treize impacts de bombes

 

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Schéma des impacts de bombes et de torpilles sur le Shoho.

Le Senshi Sōsho, le document historique officiel du ministère de la Guerre japonais, indique que les croiseurs se trouvaient à cette distance pour alerter le porte-avions de l’approche d’appareils ennemis et non pour offrir un soutien de DCA76. À ce moment de la guerre, la doctrine de défense des porte-avions japonais reposait sur la manœuvre et la protection de l’aviation et non sur la concentration des canons antiaériens des navires d’escorte20.

  • ↑ Les renseignements américains de Pearl Harbor considéraient que les porte-avions Kagaet Kasuga Maru (Taiho) pourraient être impliqués dans l’opération MO79.
  • ↑ L’USS Tippecanoe avait été envoyé à Éfatépour distribuer son pétrole à des navires d’un convoi de ravitaillement. Un autre pétrolier, l’USSE. J. Henry, était dans les Fidji et donc à plusieurs jours de la zone des combats89.
  • ↑ Fletcher envisagea de lancer une attaque aérienne nocturne ou d’envoyer ses croiseurs et ses destroyers contre les navires de Takagi, mais il décida de préserver ses forces pour la bataille du lendemain92. Durant la nuit, trois bombardiers-torpilleurs japonais cherchèrent la flotte de Crace mais ne parvinrent pas à la localiser93.
  • ↑ Cinq des F4F Wildcat venaient de l’USSLexington et quatre de l’USS Yorktown. Ils se trouvaient à une altitude comprise entre 760 et2 400 m alors que les avions japonais se trouvaient entre 3 000 et 4 000 m.
  • ↑ La couverture de l’USS Yorktown était assurée par les croiseurs USS Astoria, USS Portland etChester et les destroyers USS Russell, USS Hammann et USS Aylwin. La protection de l’USSLexington était réalisée pa les croiseurs USS Minneapolis et USS New Orleans et les destroyersUSS Dewey, USS Morris, USS Anderson et USS Phelps. Certains participants pensaient que l’USSLexington avait été touché par jusqu’à cinq torpilles105. Deux bombardiers-torpilleurs ciblèrent l’USSMinneapolis mais le ratèrent106.
  • ↑ Fletcher avait initialement proposé de renvoyer l’USS Lexington au port pour qu’il soit réparé et de transférer ses appareils sur l’USS Yorktown et continuer le combat, mais le message de 14 h 22le fit changer d’avis. Plusieurs appareils américains avaient apparemment repéré le Zuikaku à deux reprises sans réaliser qu’il s’agissait du même navire111.
  • ↑ La force d’invasion de l’opération RY comprenait un croiseur léger, un mouilleur de mines, deux destroyers et deux transports20. Les croiseurs et les destroyers de Takagi fournirent une certaine couverture au nord. Banaba et Nauru furent par la suite occupés sans opposition les 25 et 26 août par les Japonais qui y restèrent jusqu’à la fin de la guerre62. L’USS Yorktown se ravitailla auprès ducroiseur auxiliaire HMAS Kanimbla le 18 mai119. Les premiers rapports des services de renseignement concernant l’imminente opération de Yamamoto indiquaient une attaque contreOahu, mais vers le 17 mai, Midway devint la cible probable des Japonais120.
  • ↑ Le Shokaku faillit chavirer car il naviguait à vitesse maximale lors de son retour au Japon pour éviter les attaques des sous-marins américains, mais cette grande vitesse fit entrer de l’eau dans la proue endommagée. Quatre sous-marins, l’USS Gar, l’USS Greenling, l’USS Tautog et l’USS Grampus furent stationnés au large de Truk et quatre de plus, l’USS Drum, l’USS Grenadier, l’USS Triton et l’USS Pollack entre Truk et le Japon. L’USS Triton repéra un porte-avions, qu’il supposait être le Shokaku, à 6 100 m mais fut incapable de se rapprocher et d’ouvrir le feu122. Tully avance que le Shokaku fut rejoint par les destroyers KuroshioOyashio et Hayashio le 12 mai dans la mer des Philippines et le Ushio et le Yugure furent déployés pour escorter le Zuikaku à partir de Truk.
  • ↑ Les Japonais pensaient néanmoins qu’ils avaient coulé le sister-ship de l’USS Lexington, l’USSSaratoga.

 

Références

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  19. ↑ Prados 1995, p. 301
  20. ↑ a, b, c, d, e et f Lundstrom[Lequel ?]
  21. ↑ Holmes 1979, p. 70
  22. ↑ Lundstrom et Morison 1949, p. 11
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  52. ↑ Willmott 2002, p. 40-41 ; Lundstrom 2005, p. 178-179 ; Hoyt 2003, p. 34 ; Cressman 2000, p. 94-95 ; Hoehling 1971, p. 39 ;Millot 1974, p. 52-53 ; Lundstrom 2006, p. 150-153
  53. ↑ Willmott 2002, p. 41-42 ; Hoyt 2003, p. 33-34 ; Lundstrom 2006, p. 139 ; Dull 1978, p. 127-128 ; Lundstrom 2005, p. 181,Cressman 2000, p. 93 ; Millot 1974, p. 51-53 ; Lundstrom 2006,p. 147, 152-153 ; D’Albas 1965, p. 96 ; Morison 1949, p. 29
  54. ↑ Lundstrom 2005, p. 179-181 ; Hoyt 2003, p. 37 ; Cressman 2000, p. 84, 94-95 ; Millot 1974, p. 54-55 ; Lundstrom 2006,p. 155 ; Morison 1949, p. 29-31
  55. ↑ Lundstrom 2006, p. 137
  56. ↑ Lundstrom 2005, p. 181-182 ; Hoyt 2003, p. 35 ; Dull 1978,p. 130 ; Lundstrom 2006, p. 155-156
  57. ↑ Article du Chicago Sun Times, 18 (?) juin 1942, Chicagoan B-17 pilot, William B. Campbell : Reported out of Melbourne, Australia (Ce serait plutôt William Haddock Campbell, un pilote de B-17 de l’United States Army Air Forces)
  58. ↑ Salecker 2001, p. 179 ; Hoyt 2003, p. 35 ; Millot 1974, p. 55 ;Dull 1978, p. 130 ; Lundstrom 2006, p. 155-157 ; D’Albas 1965,p. 97 ; Morison 1949, p. 31-32 ; Gillison 1962, p. 519
  59. ↑ Lundstrom 2005, p. 181-182 ; Hoyt 2003, p. 37 ; Cressman 2000, p. 94-95 ; Millot 1974, p. 56
  60. ↑ Lundstrom 2005, p. 181 ; Hoyt 2003, p. 35 ; Millot 1974,p. 57 ; Dull 1978, p. 130 ; Lundstrom 2006, p. 154, 157 ; Bullard 2007, p. 62 ; Morison 1949, p. 31-32
  61. ↑ Lundstrom 2005, p. 189-190, 206-209 ; Hoyt 2003, p. 51-52 ;Cressman 2000, p. 94 ; Millot 1974, p. 62-63 ; Lundstrom 2006,p. 161-162 ; Henry 2003, p. 50 ; Morison 1949, p. 37
  62. ↑ a et b Millot et Morison
  63. ↑ Lundstrom 2005, p. 189-190 ; Hoyt 2003, p. 37-38, 53 ; Millot 1974, p. 57-58, 63 ; Lundstrom 2006, p. 159, 165-166 ;Morison 1949, p. 33-34
  64. ↑ a et b Lundstrom 2006, p. 159
  65. ↑ Lundstrom 2005, p. 190, Cressman 2000, p. 95 ; Dull 1978,p. 130 ; Lundstrom 2006, p. 166
  66. ↑ Lundstrom 2005, p. 190-191 ; Hoyt 2003, p. 38 ; Cressman 2000, p. 95 ; Millot 1974, p. 58-59 ; Lundstrom 2006, p. 166.Shigekazu Shimazaki mena les bombardiers-torpilleurs duZuikaku lors de l’attaque.
  67. ↑ Lundstrom 2005, p. 192-193, Cressman 2000, p. 95 ; Millot 1974, p. 59 ; Lundstrom 2006, p. 166-167 ; Werneth 2008,p. 67
  68. ↑ Bullard 2007, p. 63
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  71. ↑ Salecker 2001, p. 179-180 ; Lundstrom 2005, p. 193-196 ;Hoyt 2003, p. 53-54 ; Cressman 2000, p. 95-96 ; Millot 1974,p. 66-69 ; Dull 1978, p. 131-132 ; Lundstrom 2006, p. 165-167 ;Henry 2003, p. 54 ; Morison 1949, p. 40-41
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  76. ↑ Lundstrom 2006, p. 169 et [PDF] une copie du Senshi Sōsho [archive]
  77. ↑ Brown 1990, p. 62 ; Lundstrom 2005, p. 198-206 ; Hoyt 2003, p. 55-61 ; Tully, « IJN Shoho » ; Cressman 2000, p. 96-98 ; Millot 1974, p. 69-71 ; Dull 1978, p. 132 ; Lundstrom 2006,p. 168-169 ; Hata 1975, p. 59 ; Morison 1949, p. 41-42 ;Willmott 2002, p. 43 ; USSBS 1946, p. 57
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  91. ↑ Lundstrom 2005, p. 219-220 ; Cressman 2000, p. 101 ;Lundstrom 2006, p. 180-182
  92. ↑ ONI 1943, p. 19 ; Cressman 2000, p. 101 et Lundstrom 2006,p. 179-180
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  94. ↑ Chihaya 1991, p. 128
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  97. ↑ Lundstrom 2005, p. 222-225 ; Hoyt 2003, p. 76-77 ;Cressman 2000, p. 103 ; Woolridge 1993, p. 40-41 ; Hoehling 1971, p. 52-53 ; Millot 1974, p. 81-85 ; Dull 1978, p. 132-133 ;Lundstrom 2006, p. 185-187 ; Morison 1949, p. 48-49
  98. ↑ Lundstrom 2005, p. 224-227, 243-246 ; Hoyt 2003, p. 79, 89 ; Cressman 2000, p. 104 ; Millot 1974, p. 85 ; Dull 1978,p. 132-133 ; Lundstrom 2006, p. 186-187 ; Morison 1949, p. 49
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  101. ↑ Lundstrom 2005, p. 242-243 ; Hoyt 2003, p. 86 ; Cressman 2000, p. 106 ; Millot 1974, p. 91-92 ; Parshall 2005, p. 63 ; Dull 1978, p. 133 ; Lundstrom 2006, p. 195 ; Tully, « IJN Shokaku »
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  118. ↑ Brown 1990, p. 63 ; Lundstrom 2005, p. 285-296, 313-315 ;Millot 1974, p. 107 ; Cressman 2000, p. 120 ; Lundstrom 2006,p. 208-211, 216 ; Chihaya 1991, p. 126-127 ; Morison 1949,p. 61-62
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  122. ↑ Holmes 1979, p. 74 ; Blair 1976, p. 230-233
  123. ↑ Willmott 2002, p. 37-38
  124. ↑ Willmott 2002, p. 37-38 ; Millot 1974, p. 114, 117-118 ; Dull 1978, p. 135 ; Lundstrom 2006, p. 135 ; D’Albas 1965, p. 101 ;Ito 1956, p. 48 ; Morison 1949, p. 63-64
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1 décembre 2012

La marine Russe

Classé sous — milguerres @ 16 h 39 min

 

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La Marine Russe ( 1914 )

 

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source : http://www.naval-encyclopedia.com/premiere_guerre_mondiale/pages/russie/russie1914d.htm

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En 1905, la Flotte Russe se classait troisième au tonnage mondial, devant la Hochseeflotte, juste après la marine française, et en compétition avec l’US Navy. Elle était toutefois séparée entre trois bases, trois flottes d’importance: La marine de la Baltique à Saint-petersburg ( et une partie dans la flotte du Nord, à Polyarni ), la flotte de la Mer noire à Odessa, et la flotte du pacifique à Port Arthur. L’attaque Japonaise de ce port coûta aux Russe la flotte entière du Pacifique. Afin de faire face à la maîtrise de la mer par l’empire Nippon, la flotte de la baltique fut forcée d’accomplir une grande traversée afin de rejoindre le pacifique oriental, et d’y subir la plus sévère et la plus humiliante défaite de son histoire à Tsushima. Le peuple Russe fut frappé de sturpeur et le ressentiment suite à cet épisode dramatique allait conduire à une véritable révolte, noyée d’abord dans le sang selon les vieilles méthodes féodales du Tsar ( comme le dimanche sanglant de Saint petersburg en 1905 ), et avec des crises très sérieuses comme la tentative de soulèvement de la flotte de la mer noire à la suite de la mutinerie du Potemkine.

Puis le Tsar tenta d’amadouer la population en effectuant quelques réformes comme la création d’une constitution démocratique et la fondation du parlement Russe élu, la Douma. On facilita ainsi la création de ligues politiques non censurées et de syndicats ouvriers. Néammoins, il restait encore pas mal d’autocratie dans le comportement du Tsar, phénomène indissociable de la puissante bureaucratie ancienne toujours en place. A partir de 1909, dles efforts considérables furent faits pour passer d’un pays profondément agricole en une puissance industrielle. La Russie connut un boom économique jusqu’en 1913. On développa aussi considérablement les chemins de fer tandis que la productivité agricole fut également augmentée. Avec 169 millions d’habitants pour un immense territoire, le plus vaste du monde, la Russie n’était qu’un colosse aux pieds d’argile. Seuls 15% de cette population était constituées d’ouvriers et d’urbins en général, et la desserte du pays était encore très mauvaise, constituées de pistes à la merci des intempéries.

On commença péniblement à reconstituer les trois flottes après le désastre de 1905. Tombée au sixième rang mondiale, la flotte Russe ne pouvait plus compter que sur les restes de la flotte de la Baltique et sur la fotte de la mer noire. En 1907 un ambitieux programme de réarmement fut entrepris par le Tsar. Entre-temps le HMS Dreadnought avait fait son entrée sur la scène et de nouveaux concepts de guerre navale apparaissaient. Un ministère de la marine fut institué pour l’occasion, et un nouvel état-major fut établi. Dans un premier temps, les amiraux demandèrent le recosntitution d’une flotte du pacifique en vue d’une nouvelle guerre contre le Japon qui leur paraissait inévitable. De même, devant la menace de la Hochseeflotte, une flotte de la baltique était également indispensable. Ce plan faisait état de deux escadres pour ces deux flottes, celle de la mer noire restant inchangée. ( La flotte Turque désuette et immobilisée ne constituait plus de menace ).

Ce premier plan naval prévoyait naturellement l’intégration de cuirassés Dreadnoughts, mais aussi de croiseurs de bataille, ce qui devait faire de la Russie le troisième pays à en disposer après les flottes Britanniques et Allemandes, et alors que le Japon se préparait à faire de même. Chaque escadre devait compter pas moins de 8 dreadnoughts, 4 croiseurs de bataille, 9 croiseurs et 36 destroyers, mais le projet, soumis au vote de la Douma, fut néammoins restreint à une unique escadre pour la Baltique qui au final ne vota pas la loi de financement subséquente. Par ailleurs, le second plan de 1908 ramenait ces effectifs à 4 dreadnoughts et 3 submersibles pour la baltique, et 14 destroyers et 3 submersibles pour la mer noire. Ce nouveau projet ne reçut pas l’aval de la Duma. La crise Bosniaque permit cependant au Tsat de faire lever un budget de 12 millions de roubles pour ce programme, mais on renonçait à renforcer la faible escadre du pacifique pour se concentrer sur la menace Allemande et des empires Centraux. Une guerre contre une flotte Japonaise désormais presque deux fois plus puissante qu’en 1905 aurait étée désastreuse.

On lança en parallèle un grand plan public de renforcement des capacités de construction des chantiers navals, notamment pour faire face à la construction des dreadnoughts et croiseurs de bataille prévus en urgence, mais l’inertie de la bureaucratie fit que la construction s’étala dans le temps et coûta une fortune, alors que des chantiers privés auraient étés plus à même de construire des bâtiments efficacement. L’aide de l’étranger dans la reconstitution de la flotte fut importante par ailleurs. On voulant constituer un bloc des pays des Balkans tourné contre l’empire Austro-Hongrois, la Russie se heurta à l’empire Ottoman qui annonça le renforcement considérable de sa flotte, en comandant notamment le cuirassé Britannique ( ex-Rio de janeiro brésilien, futur Agincourt ). Le gouvernement Russe négocia un temps l’achat au Brésil de ses deux dreadnoughts, mais à cette époque le plan de renforcement de la flotte de la mer noire fut enfin voté, et 3 dreadnoughts entamés.

En 1911, devant le refroidissement des relations diplomatiques avec l’Allemagne, l’amirauté fit passer un projet de renforcement de la baltique avec trois escadre, mais ne reçut de la Duma que l’autorisation de procéder à la construction de 4 croiseurs de bataille, 4 croiseurs, 36 destroyers, 12 submersibles. L’escadre du pacifique serait renforcée de 2 croiseurs et 6 submersibles. A défaut d’une flotte renforcé, on décida de verrouiller la ligne Reval-Porkkala avec des mines et des batteries côtières. En fin de compte, 4 dreadnoughts furent mis en chantier en juin 1909, 3 en octobre 1911, et un plus tardivement en janvier 1915. 4 croiseurs de batailles ambitieux furent également ordonnés en décembre 1913, et 8 croiseurs dont 2 en Allemagne. Au final, les croiseurs de bataille de la classe Borodino ne furent jamais achevés, de même que le cuirassé Imperator Nikolai I, et trois croiseurs, tandis que deux autres de la classe Amurski commandés en Allemagne furent réquisitionnés en 1914 et intégrés à la Hochseeflotte. Par contre le nouveau standard de destroyer défini en 1911 avec le lancement du Novik allait faire de la Russie la détentrice des meilleurs bâtiments de ce type au monde.

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En 1914 les effectifs de la flotte comprenaient:

-14 navires de ligne: ( aucun dreadnought ne sera achevé avant décembre 1914). -2 Cuirassés classe Imperator Pavel I, 2 classe Ioann Slaloust, le Slava, le Rostislav, le Tsesarevitch, le Pantelimon ( ex-Potemkine ), le Tri Svititelia, le Dvienadsat Apostolov, l’Imperator Alexander II, 2 garde-côtes cuirassés classe Sinop et le Petr Veliky.

-19 Croiseurs: Les 2 croiseurs-cuirassés classe Rossia, les 3 classe Bayan, le Rurik, les deux croiseurs mouilleurs de mines classe General Admiral, le Minin, le croiseur-école Pamiat Azova, les 2 croiseurs classe Pallada, les 4 classe Bogatyr, l’Askold, l’Almaz et le Zhemtchug.

-103 destroyers: Il s’agit d’abord et avant tout des 10 excellents de la classe Novik et Bespokoiny, le premier lancé en 1911 et les autres construits en 1912-14 et flambants neuf au début de la guerre. Une quarantaine d’autres allaient suivre pendant la guerre. Il s’agissait aussi des 17 Pruitki, 3 Beztrashni, 4 Boiki, 2 Grozni, 9 Zadorni, 5 Tverdi, 11 Lovki, 10 Bditelni, 8 Storozhevoi, 8 ukraina, 4 bukharski, 4 Gaidamak, 4 Kondratenko, et 4 Shestakov.

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borodino
Le Borodino à son lancement en 1916 ( Coll. Boris Lemachko ).

Les effectifs de la flotte en 1914 – ( suite ):

-103 destroyers: Il s’agit d’abord et avant tout des 10 excellents de la classe Novik et Bespokoiny, le premier lancé en 1911 et les autres construits en 1912-14 et flambants neuf au début de la guerre. Une quarantaine d’autres allaient suivre pendant la guerre. Il s’agissait aussi des 17 Pruitki, 3 Beztrashni, 4 Boiki, 2 Grozni, 9 Zadorni, 5 Tverdi, 11 Lovki, 10 Bditelni, 8 Storozhevoi, 8 ukraina, 4 bukharski, 4 Gaidamak, 4 Kondratenko, et 4 Shestakov.

-23 Torpilleurs: La Russie comptait en 1914 une poignée de torpilleurs dits de haute mer, les autres ayant étés ferraillés après 1905. Il y avait en service les anciens bâtiments N°132, 260, 252, 253, 256, 104, 212, 213, 6 de la classe Pernov, 9 de la classe Cyclone, restants de l’immense flotte, seconde flotte de torpilleurs au monde derrière la France, car issus de la même doctrine de la « jeune école ».

-35 Submersibles: Pionnière également de ce domaine, la Russie alignait une force de bâtiments de ce type en 1905. Il y avait eu peu de pertes, aussi l’effectif en 1914 restait important: 2 classe Karp, 6 classe Nalim, 7 classe Beluga, le Kefal et le Delfin, auquels s’ajoutaient les 4 plus récents Kaiman, le Minoga, l’Akula, le Pochtovy, le Krab ( premier submersible mouilleur de mines ), 3 SM de poche classe Holland, 3 Morzh, 3 Narval.

-30 canonnières: Les plus récentes étaient les 2 Ardagan, et les 8 monitors fluviaux de la classe Shkval, les 7 Kalmyk, les 2 Buryat. Elle comptait aussi les plus anciennes Mandzuhr, Gorzyashchi, Khrabi, Khivinetz, les 3 Kubanetz et les 4 Gilyak.

-7 Divers: Il s’agissait des 2 mouilleurs de mines de la classe Amur, du Volga, des 2 Bug, du bâtiment de sauvetage Volkhov, des 2 remorqueurs classe Dozorny et des 2 Konvoir.

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La flotte Russe en guerre ( 1914-17 )

Avec l’assassinat de l’arhiduc Franz-Ferdinand d’Autriche, la Russie se trouvait dans un dilemne cruel: Soit elle « lâchait » son alliée dans les Balkans la Serbie, mais évitait la guerre ( et rétrospectivement une immense massacre en Europe ); soit elle entrait dans un conflit avec l’Autriche-Hongrie ( et nécéssairement l’Allemagne ) pour laquelle elle n’était pas préparée. En restant l’alliée de la Serbie elle gardait la haute main sur les Balkans et restait un allié utile pour la France et la Grande-Bretagne. L’alliance avec la France avait le mérite de dissuader le Reich d’entreprendre une guerre sur deux fronts. On connaît la suite.

En soutenant la Serbie et se trouvant mobilisée contre les empires centraux, l’armée Russe était impréparée. La marine, de même était en plein plan de réarmement, et confrontée en Baltique à des forces largement supérieures. Tout au moins dans l’hypothèse d’une guerre contre la Hochseeflotte, l’entente Cordiale entre la France et la grande-Bretagne garantissait une intervention de la Royal Navy contre la Hochseeflotte à l’ouest. Le plan de construction destiné aux flottes était établi jusqu’en 1917. Toutes les unités modernes – cuirassés, croiseurs de bataille, croiseurs et destroyers, étaient en chantier. Dans l’urgence, les forces de la baltique disponibles devaient se borner à une politique de défense, afin de parer à une débarquement sur les flancs des armées de la frontière.

La flotte de la mer noire de son côté devait défendre le Bosphore, et Sébastopol, avec des champs de mines. En février 1915, le ministère de la marine débloqua un bugdet spécial pour la construction en urgence de 23 submersibles supplémentaires pour la Baltique, 22 pour la mer noire et 41 pour le pacifique. Avec les besoins en hommes du front, on commença alors à annuler certaines constructions et en redéfinissant comme top-priorité l’achêvement d’un croiseur de bataille, 4 croiseurs, 13 destroyers et 6 submersibles. Ceux prévus pour la flotte du pacifique furent annulés, la Russie ayant reçu des assurances amicales des Japonais. Un peu plus tard, courant 1915, 50 barges de débaqruement pour le front du Caucase furent construites. Mais les opérations à terre étaient désastreuses:

En prusse-Orientale, les troupes du Tsar allaient en effet céder et reculer rapidement, la Russie perdant les territoires de la Pologne, et ce malgré les demandes populaires, de la presse et de la Duma de constituer un gouvernement de guerre similaires à celui des grandes Nations de l’ouest. Tandis que les conditions économiques se dégradaient, et l’inflation progressait, le Tsar s’obstinait à garder le commandement suprême et à assurer la direction des opérations. Un fait d’armes cependant, est à mettre au crédit de la flotte Russie, lorsqu’en septembre 1914, les croiseurs Russes Pallada et bogatyr de la flotte de la Baltique battirent le croiseur Magdeburg, le forçant à s’échouer, faisant prisonnier son équipge tout en récupérant un document d’une valeur considérable, le Signalbuch der Kaiserlichen Marine, qui détailait les encodages et cryptages des messages du haut commandement à destination de la flotte. Un document capitale que les deux officiers Russes Smirnoff et Kredoff allaient remettre à Churchill via Scapa Flow à bord du croiseur HMS Theseus. Les Allemands ne découvriront la possession que les Anglais avaient la possession de ce document qu’à la mi-1918. Le scénario se répètera avec les U-Bootes et Enigma pendant la seconde guerre mondiale.

Par ailleurs, la Flotte Russe avait une conduite remarquable aussi bien en Baltique ou ses sorties de mouillages de mines et d’unités légères empêchèrent les Allemands d’une offensive sur la côte comme prévu. Une opération en coordination avec la Royal Navy permit de neutraliser des convois de métaux et de nourriture venant de suède, tentative Allemande de contourner le blocus. En er noire, sous la direction des amiraux Eberhardt et Kolchak, la flotte Russe dominait très largement la flotte Turque qu’elle condamna à l’inaction malgré la présence depuis le mois d’août du puissant croiseur de bataille de l’amiral Souchon, le Yavuz. Les convois de ravitaillement du caucase et les sorties offensives Russes menacèrent et infligèrent de cuisantes défaites aux Turcs jusqu’au Bosphore même, sans parler de la destruction de la flotte marchande Turque.

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L’Aurora actuellement ancré à St petersburg sur la Neva, héros de la révolution d’octobre. Image Wikipedia, libre de droits

…Par ailleurs, la Flotte Russe avait une conduite remarquable en Baltique ou ses sorties de mouillages de mines et d’unités légères empêchèrent les Allemands d’une offensive sur la côte comme prévu. Une opération en coordination avec la Royal Navy permit de neutraliser des convois de métaux et de nourriture venant de suède, tentative Allemande de contourner le blocus. En mer noire, sous la direction des amiraux Eberhardt et Kolchak, la flotte Russe dominait très largement la flotte Turque qu’elle condamna à l’inaction malgré la présence depuis le mois d’août du puissant croiseur de bataille de l’amiral Souchon, le Yavuz. Les convois de ravitaillement du caucase et les sorties offensives Russes menacèrent et infligèrent de cuisantes défaites aux Turcs jusqu’au Bosphore même, sans parler de la destruction de la flotte marchande Turque. En mai 1916, les chantiers étaient débordés, et de grandes unités étaient achevées ou en voie de l’être. 298 millions de roubles furent déboquées pour la construction en 1917-18 de 55 submersibles. On renonça aux mises sur cale d’autres dreadnoughts.

Toutefois la situation intérieure s’était passablement dégradée: Des manifestations d’ouvriers demandant du pain furent réprimées sans ménagement par la garde du Tsar à Pétrograd, les premiers mois de 1917 furent très agités. En mars, le Tsar avait dût quitter Petrograd alors que des mutineries de soldats à qui on demandait d’ouvrir le feu sur les manifestants, qui dégénérèrent en une insurrection. Finalement le Tsar fut contraint d’abdiquer au profit d’un gouvernement provisoire dont la première décision, en accord avec les alliés, fut de poursuivre la guerre. Une grande offensive fut planifiée pour Juin, tandis que les chantiers avaient l’ordre d’abandonner la construction des navires les moins avancés pour se concentrer sur les autres. Toutefois l’offensive s’enlisa très vite et la contre-attaque Allemande força les armées Russes de nouveau à la reculade. Les tensions et les désertions se multiplièrent au sein de régiments noyautés par des activistes bolcheviques.

Un nouveau stade fut franchi avec des mutineries face aux ordres du gouvernement provisoire et surtout avec le retour d’exil de Lénine, facilité par les Allemands qui voyaient là une occasion trop belle de miner l’effort de guerre du gouvernement provisoire. Le 7 novembre 1917, ce fut le coup d’envoi d’une série de prises de pouvoir local par les communistes, aidés par les ouvriers et surtout les soldats. La prise du palais de Petrograd fut facilitée grandement par la flotte de la Baltique dont les matelots se mutinèrent et eurent un rôle majeur dans le déroulement des évènements, comme plus tard à Kronstadt. Dans le sud cependant, l’Ukraine fut aux mains de nationalistes qui demandèrent l’autonomie et rejetèrent le communisme. Comme prévu par les Allemands, le gouvernement bolchévik demanda rapidement la paix, soutenu par l’immense majorité du peuple. Alors que les alliés crièrent à la trahison, les empires centraux s’empressèrent de proposer des négociations à Brest-Litovsk. La première proposition jugée trop dure fut rejetée par Trotsky, mais l’offensive Allemande qui s’ensuivit fut vite aux portes de Petrograd. Les Soviets durent accepter les conditions Allemandes, qui amputaient la Russie de territoires considérables dont l’Ukraine, la Pologne, le Caucase, les Pays Baltes, la Finlande…

N’ayant pas les moyens de refuser, les Soviets signèrent l’acte de capitulation, sachant qu’en conservant le territoire de la Russie ancienne, ils avaient encore une marge considérable d’évolution. Par ailleurs, les demandes des empires centraux concernant la flotte de la Baltique et celle de la mer noire ( désarmement sous contrôle des unités Russes dans des ports Allemands ou Turcs ) furent évitées en craignant une mainmise de ces derniers sur la flotte Russe, qui auraient comme pour la flotte Française en 1940, bouleversé les équilibres maritimes à cette date en cas de changement de pavillon. En effet, la flotte de la Baltique, une armada de 211 navires, quitta Reval et Helsinki pour Kronstadt au milieu des glaces avec des équipages de fortune, un exploit marin en soit. Par ailleurs, la flotte de la mer noire resta à Sébastopol, la menace d’une mainmise par l’Ukraine désormais indépendante étant contrée par la mise sur pied d’un gouvernement fantôche local ( la « république Tauridienne de Crimée » ), aux ordres des Soviets. L’avance des troupes Allemandes contraint les bâtiments de Novorossisk à rejoindre Sébastopol, ais sur place restaient à quai en achêvement ou dans les cales des chantiers de nombreux navires dont 6 cuirassés et croiseurs de bataille, 2 croiseurs, 12 destroyers et 14 submersibles furet saisis par les Allemands avant la capitulation de novembre 1918.

Le sort de la flotte Russe fut ensuite cruel: Avec la guerre civile entre blancs ( grands propriétaires ( Koulaks ), anciennes noblesse Tsariste, Ukrainiens et de manière générale la plupart des officiers de haut rang fidèles à l’ancien gouvernement ) et rouges ( Soviets de paysans et ouvriers, avec de nombreux soldats ), la Russie allait faire face à une offensive combinée des pays de l’ouest ( Grande-Bretagne et Allemagne notamment ), mais aussi la menace du Japon et même des USA dans le secteur pacifique. Presque toute la flotte de la mer noire fut capturée, et d’autres vaisseaux sabordés à Novorossisk. Avec la capitaulation Allemande, les alliés avaient les mains libres pour une offensive dans divers secteurs du front en support des blancs. Un raid sur Kronstadt en juillet 1919 mit fin par la Royal Navy à la menace de l’escadre « Rouge » mise sur pied en Baltique. Une autre escadre faite de bâtiments capturés fut opérée par les blancs et l’amiral Wrangel en mer noire, lorsque la Crimée fut reprise par les rouges.

Toutefois, l’intransigeance et la division des blancs, de même q’un engagement des alliés tout relatif fairent que progressivement les rouges reprirent le terrain perdu. La flotte de Wrangel fut contrainte de se replier à Constantinople, puis Bizerte avant d’être internée par les Français et des armées entières lâchées par les alliés se retournèrent au profit des rouges. A la fin de 1920, la périlleuse contre-révolution arrivait à sa conclusion. En 1922, les Japonais se retirèrent du Kamchatka et une république « rouge » y fut créée. Par ailleurs, le durcissement des Soviets qui allaient aboutir au parti unique et à la création d’une police politique provoquèrent la rupture des marins de Kronstadt qui en 1921 se mutinèrent contre la nouvelle orientation des Bolchéviques. En 1923, la situation en Russie était épouvantable, tant du point de vue des réserves de vivres que des industries et voies de communications dévastées…

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Constructions de guerre ( 1914-18 ):

-Navires de ligne: il s’agit d’abord de la mise en service en décembre 1914 des quatre cuirassés de la classe Gangut, puis en 1915, et 1917 des cuirassés dreadnoughts de la classe Imperatrista Mariya. L’Imperator Nikolai I fut lancé en 1916 mais jamais achevé. Enfin l’Izmail, le plus avancé des croiseurs de bataille de la classe Borodino, lancé comme les autres en 1915-16 ne fut pris en main pour achêvement que très lentement, et sera finalement démoli tardivement.

Par ailleurs, 16 destroyers de la classe Ilin, 3 Izyaslav et 3 kerch ( sur 40 unités construites ) furent acceptés en service. De même, 24 submersibles de la classe Bars, et 17 de la classe AG. ( les unités des types B, G, V et Z furent prévues pour une mise en chantier au titre du programme de 1916 et annulées ). Enfin, 2 gardes-côtes classe Kopchik, 5 Golub, 4 Filin, le mouilleur de mines Voin, les 8 mouilleurs de filets classe Demosfen, les 2 classe Berezina, les 4 dragueurs de mines classe Gruz, les 4 Patron, les 3 Zashchnitnik, et les 13 « T ». Beaucoup ne virent que très peu de service au sein de la flotte impériale, capturés par les blancs ou les rouges.

Ensuite, les très nombreux bâtiments légers furent construits localement ou commandés à l’étranger: Il s’agit des 10 vedettes armés type Nikolson, 12 SKA, 18 SK ( d’origine US ), 18 MN ( idem ), 31 vedettes du type N°511 ( idem ), 12 classe BK, mais aussi 10 vedettes porte-mines classe Tepolokhod, 18 classe MT, 35 du type A, 10 canonnières fluviales classe Pulya, 9 autres blindées model 1916 de 24 tonnes et 28 de 15 tonnes, mais surtout 80 canonnières blindées construites aux USA et délivrées en 1917. Enfin, 7 escorteurs du type Barsuk. Il est à noter que de nombreux navires civils furent employés comme escorteurs auxiliaires: 67 bâtiments légers répartis entre la Balique, la mer noire, l’arctique et la caspienne.

La Russie fut l’un des premier pays à mettre sur pied une force navale amphibie, avec la construction des 30 navires de la classe Elpidifor et surtout des 50 chalands de débaquement de la classe Russud. Enfin des cargos et autres navires civils furent convertis en porte-hydravions: L’Orlitsa ( 1915 ), les deux Imperator ( Alexander I, Nikolai II convertis en 1916 ), le Regele Carol I ( 1916 ), et les trois Rumania ( 1916 ).

Par ailleurs, le cuirassé Poltava capturé par les Japonais à l’issue de la guerre de 1905 fut rendu à la Russie en 1916, prenant le nom de Chesma et étant stationné à Vladivistok. Ce fut aussi le cas des croiseurs Peresviet et Variag. Ensuite, le croiseur turc Medjideh qui sauta sur des mines, fut renfloué par les Russes et renommé Prut. Enfin un grand nombre de navires civils de faible tonnage ( caboteurs, chalutiers, remorqueurs ) furent convertis en mouilleurs de mines ou de filets ASM auxiliaires ( 15 pour la Baltique, 16 pour la mer noire, 3 pour le pacifique ), et dragueurs de mines auxiliaires ( 42 pour la Baltique, 66 pour la mer noire, 46 pour la mer du Nord ).

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Récapitulatif général:

1914:

Cuirassés Croiseurs Destroyers Submersibles Divers
-Petr Veliki -Minin -Classe Puilki -Delfin -Torp. cl. Anapa
-classe Sinop -Classe Gen. Admiral -Classe Beztrashni -Classe Kasatka -Torp. cl. 214
-Imp. Alexander II -Pamiat Azova -Classe Boiki -Classe Beluga -Torp. cl. Polangen
-Tri Sivititelia -Classe Rossia -Classe Vnimatelni -Classe Karp -Torp. cl. 212
-Rostislav -Classe Bayan -Classe Grozni -Classe kaiman -Torp. Divers
-Pantelimon -Rurik -Classe Zadorni -Minoga -Can. cl. Gilyak
-Tsesarevitch -Classe Pallada -Classe Tvedri -Akula -Can. Mandzhur
-Slava -Askold -Classe Lovki -Krab -Can. cl. Kubanetz
-classe Zlatoust -Classe Bogatyr -Classe Bditelni -Pochtovy -Can. Grozyashchi
-classe Imp. Pavel I -Almaz -Classe Storozhevoi -Mini Holland -Can. Khrabi
-Jemtchug -Classe Ukraina -Classe Morzh -Can. Khivinetz
-Classe Bukharski -Classe Narval -Can. cl. Ardagan
-Classe Gaidamak -Can. cl. Shkval
-Classe Kondratenko -Can. cl. Kalmyk
-Classe Shestakov -Can. cl. Buryat
-Mmines. cl. Amur
-Mmines Volga
-Mmines cl. Bug
-Dmines cl. Albatros

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1914-18:                                                                             

Cuirassés Destroyers Submersibles Divers
-Classe Gangut -Classe Ilin -Classe Bars -GC. cl. Kopchik -Nav. déb. cl. Elpidifor
-Classe Imp. Mariya -Classe Izyaslav -Classe AG -GC. cl. Golub -Chalands cl. Russud
-Inachevés -Classe Kerch -Projets -GC. cl. Filin -VLT. type Nikolson
-Cl. Bezpokoiny -Mmines Voin -Pat. type SKA
-Mfilets cl. Demosfen -Ved. type SK
-Mfilets cl. Berezina -Ved. type MN
-Mfilets cl. Indigirka -Ved. type 511
-Dmines cl. Fugas -Ved. type BK
-Dmines cl. Gruz -VDmines Teplokhod
-Dmines cl. Patron -VDmines cl. MT
-Dmines cl. Zashchitnik -VDmines cl. A10
-Dmines type T -Can. fluv. cl. Pulya
-Transports d’hydravions -Can. fluv. Mod.1916
-Volkhov -Pat. fluv. Mod.1916
-Auxiliaires -Pat. fluv. type N

source : http://www.naval-encyclopedia.com/premiere_guerre_mondiale/pages/russie/russie1914d.htm

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