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12 avril 2015

Les Tunisiens et la première guerre mondiale (1914 – 1918) François Arnoulet

Classé sous — milguerres @ 14 h 11 min
Les Tunisiens et la première guerre mondiale (1914 – 1918)
François Arnoulet 
 

Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée 
Année   1984    lien Volume   38   
Numéro   38 
pp. 47-61
source PERSEE

R.O.M.M., 38, 1984-2
La première guerre mondiale fut le premier conflit où les Tunisiens furent incorporés dans l’armée française face à l’Allemagne et à ses alliés, dont la Turquie. En effet, lors de la guerre de Crimée en 1 854, la Régence y participa en tant que province inféodée au Sultan de Constantinople conjointement avec la France et l’Angleterre contre la Russie.
La loi organique de 1 857, révisée le 7 février 1 860, constituait le premier document établissant un service militaire obligatoire en Tunisie. Il instaurait une période active de 3 ans et une période de 7 ans dans la réserve pour tous les Tunisiens de confession musulmane à l’exception des jeunes gens titulaires du certificat de taleb délivré par la Djamaa Zitouna (1). Après l’établissement du Protectorat, l’armée fut réduite à une garde beylicale en décembre 1 883 comprenant 500 hommes répartis en une section d’infanterie, un peloton de cavalerie et une section d’artillerie sous le commandement de trois officiers français : un chef de bataillon, un capitaine et un officier d’administration. Par contre, la loi du 31 décembre 1 882 avait créé au sein du corps français d’occupation douze compagnies mixtes composées de Français et de Tunisiens et réparties dans les trois armes : infanterie, cavalerie et artillerie. Chaque compagnie comprenait 10 officiers, 68 fantassins français, 144 fantassins tunisiens, 10 cavaliers français, 33 cavaliers tunisiens et 44 artilleurs français. Les militaires indigènes étaient soumis au code de justice de l’armée. Le contingent tunisien était incorporé soit dans la garde beylicale, soit dans les compagnies mixtes pour une durée de 3 ans. Les bureaux de renseignements assuraient le recrutement par tirage au sort, une commission de révision, composée de civils et de militaires, vérifiait les opérations. Les membres de certaines tribus des territoires militaires du sud formaient les cavaliers des goums et se trouvaient exemptés du service normal ; les habitants des grandes villes (Tunis, Sousse, Sfax) ainsi que les Israélites étaient exemptés en bloc ainsi que les diplômés du taleb, enfin, le remplacement administratif était admis. La gendarmerie comportait également une minorité de Tunisiens: 16 pour 72 gendarmes français. L’ensemble de ces dispositions donnait bon an mal an un contingent annuel de 4 1 1 2 hommes, soit à peu près la moitié des hommes bons pour le service. Des engagements volontaires étaient prévus par la loi, ils étaient relativement peu nombreux et devaient en principe compenser le remplacement administratif (2).
La loi du 1 0 septembre 1 883 confirma l’ensemble de cette procédure ainsi que celle du 12 janvier 1892. Dès le début de la guerre, une série de décrets précisa les détails de l’incorporation pour la durée des hostilités :

la suite à lire en ligne ici : 

http://fr.calameo.com/read/002152756d8ca35960f9f

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La Tunisie au gré des conflits

Une histoire, la Tunisie et la France

3 avril 2015

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Classé sous — milguerres @ 16 h 45 min

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Quelques livres choisis

1914 Broché – 8 novembre 2012

de Jean-Yves LE NAOUR

En 1914, l’obsession de la guerre hante l’Europe. Avant même que l’attentat de Sarajevo n’allume la mèche de la poudrière balkanique, elle occupe les esprits, s’affiche à la une des journaux, s’invite dans les conversations et les discours politiques. Sans que l’on n’y croie vraiment. Pourtant, en quelques jours à peine, le monde bascule dans un engrenage qui va le broyer. La guerre s’impose comme la plus rapide des solutions pour conduire à l’émancipation des nationalités et à l’avènement d’un nouveau monde. Mais la boîte de Pandore est ouverte et la machine infernale lancée : pendant quatre longues années, la guerre deviendra mondiale, totale et terroriste. A la lumière de la recherche la plus récente, conjuguant les approches diplomatiques, militaires, sociales et culturelles, Jean-Yves Le Naour nous fait revivre l’année 1914 au plus près de la façon dont les contemporains l’ont vécue. Ce premier volume d’une série ambitieuse renouvelle en profondeur l’histoire de la Grande Guerre. Historien du XXe siècle, professeur en classes préparatoires, Jean- Yves Le Naour est l’auteur de nombreux ouvrages, dont récemment chez PerrinLes Soldats de la honte qui a reçu le Grand Prix du livre d’histoire Ouest-France-Société Générale et le prix de l’Académie de médecine Jean-Charles Sournia.

 

1914, le destin du monde Poche – 6 mars 2014

de Max GALLO

À Paris, gare de l’Est, en ce diman­che 2 août 1914, c’est la mobi­li­sa­tion géné­rale. Il y a bien­tôt cent ans, le samedi 1er août, l’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie, l’alliée de la France. L’Empire austro-hon­grois est, dès le 28 juillet, entré en guerre contre la Serbie. L’engre­nage des allian­ces, des ulti­ma­tums, des mobi­li­sa­tions, entraîne les nations dans sa méca­ni­que san­glante. Berlin est soli­daire de Vienne. Paris, lié à Londres, sou­tient Saint-Pétersbourg. En quel­ques heures, toutes les gran­des gares euro­péen­nes res­sem­blent à la gare de l’Est. Tous ces hommes qui par­tent, inno­cents, incons­cients, n’ima­gi­nent pas que des cen­tai­nes de mil­liers d’entre eux vont mourir ou être bles­sés avant que l’année 1914 se ter­mine, et que cette guerre, qui devait être brève et locale, devien­dra la Première Guerre mon­diale.

 

Le Jour le plus meurtrier de l’histoire de France: 22 août 1914 (Anglais) Relié– 9 octobre 2013

de Jean-Michel Steg

27 000 Français sont tués le 22 août 1914, le jour le plus sanglant de l’histoire de France. C’est quatre fois plus qu’à Waterloo, autant que durant les huit années de la guerre d’Algérie. Avant même la bataille de la Marne, Verdun ou le Chemin des Dames. Où donc ces hommes ont-ils disparu ? Dans quelles circonstances ? Un nombre de tués en une seule journée, sans précédent dans l’histoire de France et sans exemple depuis, ne peut être une simple bizarrerie statistique. C’est l’ambition de ce travail d’apporter quelques explications. Ce cataclysme meurtrier au tout début du conflit traduit-il les conséquences de choix individuels et collectifs, tactiques, stratégiques ou organisationnels erronés, ou tout simplement malheureux ? Comment les militaires en viendront-ils à accepter que, face à la létalité du feu au XXe siècle, le soldat ne peut plus mener la guerre dressé sur le champ de bataille, comme il le faisait depuis l’Antiquité, mais doit désormais combattre enterré et dissimulé ? Pour le savoir, il faut suivre Jean-Michel Steg dans les Ardennes belges le matin 22 août 1914.

Étudiant à l’EHESS, Jean-Michel Steg travaille depuis trente-cinq ans dans le monde de la finance.

 

1914 Les atrocités allemandes : La vérité sur les crimes de guerre en France et en Belgique Poche – 6 octobre 2011

de John Horne  (Auteur), Alan Kramer  (Auteur), Hervé-Marie Benoît (Traduction)

D’août à octobre 1914, près de 6 500 civils belges et français ont été intentionnellement
assassinés, des centaines de villages ravagés par l’armée allemande. Comment la peur des francs-tireurs et de la résistance civile, mythe né pendant la guerre franco-prussienne de 1870, a-t-elle
conduit les soldats allemands à des crimes systématiques et de grande ampleur ? Quelle fut
l’influence des « atrocités » sur la propagande des deux camps, contribuant à donner au conflit le
sens d’une « croisade contre la barbarie » ? Comment ce thème, d’abord élément central du discours allié sur la « culpabilité allemande » et le jugement des criminels de guerre, a-t-il fini par rencontrer un scepticisme général, dès les années vingt ? Ce livre magistral sur un crime de guerre, son instrumentalisation et sa place dans la mémoire des belligérants trouve toute son actualité alors que le sort des civils en temps de guerre et la portée de la justice internationale demeurent des sujets brûlants.

Introduction à l’histoire de notre temps : Tome 3, le XXe siècle, de 1914 à nos jours Poche – 20 février 2014

de René Rémond  (Auteur)
Comprendre son temps est impossible à qui ignore tout du passé ; être un contemporain, c’est aussi avoir conscience des héritages, consentis ou contestés. Etudier hier en fonction d’aujourd’hui – et même de demain -, tel est précisément le propos de ce livre, tiré d’un cours professé à l’Institut d’études politiques. Quelle est l’importance de la guerre de 1914 ? Qu’est-ce que le fascisme ? Quelles sont les origines de la guerre froide ? Qu’est devenu le monde au XXe siècle ? A ces questions et à cent autres, ce troisième volume apporte des réponses claires et rigoureuses. Sans préoccupation érudite, cet ouvrage permettra à chacun de réviser des notions demeurées imprécises et d’acquérir les bases historiques indispensables à l’intelligence de notre époque

Putain de guerre !, Intégrale : 1914-1918 Relié – 29 janvier 2014
de Jacques Tardi (Auteur)

Le temps de respirer et de raconter notre guerre aux petits-enfants n’était pas encore venu. D’ailleurs, aurions-nous envie d’en causer de cette immonde tuerie, de ce suicide collectif, totalement à vomir ?

Paroles de poilus : Lettres et carnets du front (1914-1918) Broché – 16 octobre 2013
de Jean-Pierre Guéno
Ils avaient dix-sept ou vingt-cinq ans et étaient palefreniers, boulangers, colporteurs, ouvriers ou bourgeois. Ils devinrent soudainement artilleurs, fantassins, brancardiers… Voyageurs sans bagages, ils durent quitter leur femme et leurs enfants, revêtir l’uniforme mal coupé et chausser les godillots cloutés… Sur huit millions de mobilisés entre 1914 et 1918, plus de deux millions de jeunes hommes ne revirent jamais le clocher de leur village natal. Plus de quatre millions subirent de graves blessures. Huit mille personnes ont répondu à l’appel de Radio France visant à collecter les lettres, jusqu’ici éparpillées, de ces poilus. Cet ouvrage en présente une centaine. Des mots écrits dans la boue et qui n’ont pas vieilli d’un jour. Des mots déchirants, qui devraient inciter les générations futures au devoir de mémoire, au devoir de vigilance comme au devoir d’humanité…

15 novembre 2014

L’attentat de la rue Nicaise en 1800 : l’irruption d’une violence inédite ?

Classé sous — milguerres @ 23 h 25 min

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Celles de l’Histoire, retour vers les grandes épopées

 

L’attentat de la rue Nicaise en 1800 : l’irruption d’une violence inédite ?Karine Salomé
SOURCE PERSEE

Résumés
Le 3 nivôse an IX, alors que la voiture du Premier consul emprunte la rue Nicaise, une machine infernale explose. Si Bonaparte n’est pas blessé, l’explosion entraîne, dans son souffle, des destructions importantes et de nombreuses victimes. À bien des égards, la violence se révèle inédite, tant par le mode opératoire utilisé que par la nature des blessures infligées. Aux yeux des contemporains toutefois, l’attentat apparaît comme la résurgence de la Terreur et le dernier avatar des troubles révolutionnaires.

Plan
Un mode opératoire inédit
Des corps démembrés, des victimes écoutées et indemnisées
L’ultime résurgence de la Terreur ?
Une violence illégitime

Texte intégral ICI !!!
http://fr.calameo.com/read/00215275612e39a305896L’attentat de la rue Nicaise en 1800 : l’irruption d’une violence inédite ? fleche26n6940410
source BNF
Titre : Explosion de la machine infernale de la rue Nicaise, après le passage de la voiture du premier Consul, dont l’attelage est coupé par le tr. c., à g. : [estampe]
Éditeur : [s.n.]
Sujet : Napoléon Ier (empereur des Français ; 1769-1821) — Tentatives d’assassinat
Type : image fixe,estampe
Format : 1 est. : gravure à l’eau-forte ; 9 x 14,7 cm

 

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Celles de l’Histoire, retour vers les grandes épopées

Buonaparte

Classé sous — milguerres @ 23 h 08 min

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Celles de l’Histoire, retour vers les grandes épopées

Buonaparte

Buonaparte captur15

source BNF

Titre : Buonaparte : [estampe] / dessiné par J. Guerin ; gravé par G. Fiesinger
Auteur : Fiesinger, Franz Gabriel (1723-1807). Graveur
Auteur : Guérin, Jean Urbain (1760-1836). Dessinateur du modèle
Éditeur : chez l’auteur (A Paris)
Date d’édition : 1798
Sujet : Napoléon Ier (empereur des Français ; 1769-1821)

Titre : L’Empereur et l’Impératrice traversant la Galerie du Musée pour se rendre à la Chapelle du Mariage, au Louvre : [estampe]
Auteur : Pauquet, Louis (1759-1824). Graveur
Auteur : Normand, C.. Graveur
Auteur : Normand, Charles. Graveur
Auteur : Percier. Dessinateur du modèle. Peintre du modèle
Auteur : Fontaine. Dessinateur du modèle. Peintre du modèle
Éditeur : [s.n.]
Sujet : Napoléon Ier (empereur des Français ; 1769-1821) — Mariage
Sujet : Marie-Louise (impératrice des Français ; 1791-1847) — Mariage
SOURCE BNF

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Titre : Descente de Voiture, de l’Empereur et de l’Impératrice, sous le Vestibule du Palais des Tuileries, le jour de la Cérémonie du Mariage : [estampe]
Auteur : Pauquet, Louis (1759-1824). Graveur
Auteur : Normand, C.. Graveur
Auteur : Normand, Charles. Graveur
Auteur : Percier. Dessinateur du modèle
Auteur : Fontaine. Dessinateur du modèle. Peintre du modèle
Auteur : Percier. Peintre du modèle
Éditeur : [s.n.]
Sujet : Napoléon Ier (empereur des Français ; 1769-1821) — Mariage
Sujet : Marie-Louise (impératrice des Français ; 1791-1847) — Mariage
SOURCE BNF

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Dès le couronnement, comme il l’avait fait avec ses portraits le représentant en Premier consul lors de la commande de 1803 pour la Belgique (à laquelle Ingres avait déjà participé pour la ville de Liège), Napoléon voulut diffuser son image d’empereur. En 1805, il se tourna vers les artistes les plus en vue, mais les résultats furent inégaux, d’autant qu’il ne posait jamais et que les peintres devaient avoir recours aux gravures ou à d’autres tableaux qu’ils devaient de plus adapter au nouveau profil de l’Empereur, assez distinct de celui du Premier consul. En outre, chaque artiste avait son style et sa conception propres, et les ambiguïtés du nouveau régime furent très vite sensibles entre les différentes perceptions.

Auteur : Jérémie BENOÎT
http://www.histoire-image.org/pleincadre/index.php?i=113&id_sel=undefined

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Titre : Fête du Sacre et du Couronnement de Leurs Majestés Imperiales. Vue de la Place du Parvis Notre Dame de Paris, et de la Décoration élevée devant la principale entrée de l’Eglise à l’instant ou leurs Majestés revêtues de leurs Ornemens impériaux sont reçues et complimentées par le Clergé de Paris : [estampe]
Auteur : Le Coeur, Louis (175.-18..). Graveur
Auteur : Dorgez (17..-18.. ; graveur). Graveur
Éditeur : Se vend à Paris chez Bance, rue Saint Denis, N° 175, près celle aux Ours » ; « Et chez l’Auteur, rue Chapon N° 1. Division de la Réunion
Date d’édition : 1804
Sujet : Napoléon Ier (empereur des Français ; 1769-1821) — Couronnements
Type : image fixe,estampe
Format : 1 est. : gravure au pointillé ; 34,4 x 43 cm
source BNF

n6940810

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Celles de l’Histoire, retour vers les grandes épopées

La Russie, la France et la Turquie à la veille de la campagne de Russie

Classé sous — milguerres @ 23 h 00 min

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Celles de l’Histoire, retour vers les grandes épopées

 

 

La Russie, la France et la Turquie à la veille de la campagne de Russie [Un document des archives de l'Empire ottoman présenté et traduit par C. Lemercier-Quelquejay]
Chantal Lemercier-Quelquejay    l
Cahiers du monde russe et soviétique
Année   1965    lien Volume   6
Numéro   6-2
pp. 240-244

source PERSEE.FR

Un document inédit des Archives de l’Empire Ottoman
Le curieux document dont nous publions la traduction intégrale* figure sous le n° 44418 С dans la collection des Hatt-i Hïimâyûn (rescrits impériaux) des archives de l’Empire ottoman ( Baçbakanhh Ar§ivi) à Istanbul.
Il s’agit de la version déchiffrée d’un rapport en code expédié par l’un des plénipotentiaires turcs à la Conférence de la paix de Bucarest, probablement Mehmed Said Ghalib Efendi, Kahya bey (adjoint au Grand Vizir) et président de la délégation turque au Grand Vizir, en date du 13 Rabi al-Thanî 1227 de l’ère hégirienne, soit le 26 avril 1812, c’est-à-dire 20 jours avant la signature du traité de paix de Bucarest (16 mai 1812) et 59 jours avant le passage du Niémen par la Grande Armée. Le Gouvernement de la Sublime Porte se voyait à ce moment pressé de tous côtés, par ses adversaires russes, comme par ses alliés français et anglais, et même par des neutres, notamment les Suédois, de prendre position et jeter le poids de ses armées dans le conflit imminent où le sort du monde allait se décider. Le message envoyé de Bucarest éclaire d’une lumière nouvelle la complexe conjoncture diplomatique à la veille de la campagne de Russie.
La guerre commencée à l’automne de 1806 — dont le traité de Bucarest allait être la conclusion — , est la plus longue des luttes entre la Russie et l’Empire ottoman. Les armées russes avaient franchi le Dniester et occupé assez rapidement les principautés de Moldavie et de Valachie, mais la campagne n’avait pu se conclure par une victoire décisive, la majeure partie des forces russes étant, à cette même époque, engagée contre Napoléon.
Après Tilsitt, grâce à la médiation de la France, un armistice fut signé le 24 août 1807 à Slobodzeia : les belligérants s’engageaient à évacuer les principautés roumaines. Ces promesses ne furent jamais tenues, de longues négociations n’aboutirent qu’à la reprise des hostilités au printemps de 1809, mais au bout de plusieurs mois aucun résultat spectaculaire n’était obtenu ni d’un côté ni de l’autre. En 1810, le printemps vit à nouveau la suspension des combats qui, dès le mois de mai, reprirent et furent marqués de quelques succès russes. Au mois de septembre, la Prusse offrait ses bons offices pour l’ouverture de nouvelles négociations, mais en vain, la Turquie refusant de céder la Moldavie et la Valachie.
• La traduction du document a été faite par M. Pertev Boratav, chargé de recherches au C.N.R.S.

Dès lors, la certitude d’un conflit décisif entre la France et la Russie détermina les rapports russo- turcs.
La Russie avait hâte de mettre fin à cette guerre qui immobilisait plus de cinquante mille hommes de ses troupes sur le Danube, mais elle conservait l’espoir de garder les territoires occupés, c’est-à-dire la Moldavie et la Valachie.
De son côté, Napoléon cherchait à se rapprocher de la Porte. Latour-Mau- bourg, envoyé de l’Empereur à Constantinople, s’efforça d’amener les Turcs à l’alliance française, leur promettant, en cas de leur participation au conflit, outre les deux principautés danubiennes, la Crimée.
Cependant à la fin de l’année 18 11, les deux adversaires entamèrent les pourparlers en vue de la cessation des hostilités. N’étant pas parvenus à s’entendre, les combats reprirent et enfin, au début d’octobre, Kutuzov remporta une grande victoire à Slobodzeia. La Turquie céda alors et le 13 octobre s’engagèrent de nouvelles négociations à Giurgiu, où les exigences de la Russie portaient sur la cession de la Bessarabie, de la Moldavie et une contribution de 20 millions de piastres en échange de la Yalachie. Après un nouveau refus de la Turquie, les plénipotentiaires Kutuzov et Italianski, ambassadeur de Russie à Constantinople pour la Russie, Ghalib Efendi et Ham id Efendi, officier supérieur du Corps des Janissaires pour la Porte, se rendent le 25 octobre à Bucarest où les pourparlers se poursuivirent.
Sur les négociations planait la menace de la guerre franco-russe. Napoléon conseilla au Sultan de ne pas accepter l’armistice et offrit son alliance ; les Turcs, conscients que le temps travaillait en leur faveur, firent traîner les discussions. Les Russes cherchaient à aboutir sans trop céder.
En janvier 18 12, Napoléon par l’entremise de Latour-Maubourg revint à la charge avec pour promesses à l’appui île rétablir l’indépendance de la Pologne, l’une des revendications de la diplomatie ottoman, et de rendre la Crimée à la Turquie. Mais en même temps, la Suède, à son tour, intervint et Bernadotte chargea son envoyé à Constantinople de mettre la Porte en garde contre Napoléon qui après sa victoire sur la Russie pourrait retourner ses armes contre la Turquie. La pression suédoise s’ajoutait ainsi aux résistances des plénipotentiaires russes à Bucarest qui voyaient l’armée russe immobilisée sur le Danube.
Le 24 mars 18 12, l’Autriche s’alliait à la France. L’heure était venue pour la Russie de céder.
La lettre de Ghalib Efendi est le reflet fidèle de ces pressions qui s’exerçaient de tous côtés sur les diplomates turcs : France, Russie, Angleterre, Suède… Elle révèle la traditionnelle prudence de la diplomatie ottomane et laisse transparaître la profonde méfiance des Turcs envers tous les pays d’Europe, tant envers la Russie qui demeurait l’ennemie numéro un, qu’envers Napoléon dont la puissance, alors à son apogée, apparaissait comme une menace.
Enfin la paix fut conclue le 28 mai 18 12. La Porte abandonnait la Bessarabie, mais la Russie renonçait à ses prétentions sur la Moldavie et la Valachie. La frontière était ramenée au thalweg du Prout et du Danube.
Le 24 juin suivant, la Grande Armée franchit le Niémen.
Bien que le traité de Bucarest ne satisfît personne, car la Russie comme le Sultan espérait bien marchander davantage, il dégagea tout de même l’armée russe du Danube, la laissant libre de participer aux combats de 1813-1814. La Turquie, de son côté, put garder sa neutralité dans le conflit, ce qu’espérait bien Ghalib Efendi.
Paris, mars 1965.
Chantai Lemercier-Quelquejay.

С LEMERCIER-QUELQUEJAY
DÉCHIFFREMENT DU RAPPORT EN CODE
ARRIVÉE DES DÉLÉGUÉS TURCS A LA CONFÉRENCE DE BUCAREST

Comme il nous a été communiqué de la part de Votre Ministère à la Porte (Ottomane), il est évident qu’une alliance de l’Empire ottoman avec n’importe quelle puissance chrétienne ne saurait avoir que des conséquences désastreuses. D’autre part, les raisons pour lesquelles l’Empereur de France propose maintenant avec une manifeste sincérité d’établir des liens d’amitié et de prendre ses engagements envers la Porte peuvent s’expliquer de deux façons : ou bien ses intentions sont trompeuses et il cherche à égarer l’Empire ottoman (Dieu nous en garde !), ou bien, ces propositions correspondent à la vérité. Pour le moment, on ne peut se prononcer en faveur ni de l’une ni de l’autre de ces deux possibilités. Peut-être serait-il possible de faire des prévisions d’après les comportements et les agissements (des intéressés) à Istanbul ; mais votre serviteur les ignore.
Il est certain que les événements qui se déroulent en ce moment même en Pologne, amènent la Russie à concentrer ses forces dans ce secteur, aussi ne peut-elle guère en disposer contre l’Empire ottoman ; d’ailleurs l’hiver est là qui l’empêche d’exercer ses méfaits (contre notre pays). Ces circonstances sont avantageuses pour nous. Les Russes en effet n’ont pu, jusqu’ici, que tramer quelques intrigues. D’autre part, la situation actuelle prouve que de tous les Etats chrétiens, seule la Russie peut freiner la course fougueuse de l’Empereur de France vers ses visées de conquête. Trouver une solution à l’affaire de Pologne était depuis longtemps l’une de ses préoccupations. En outre, aux termes du traité qu’il avait conclu avec la Russie, l’Empereur attendait de celle-ci une attitude hostile envers l’Angleterre et l’interdiction de toute activité commerciale (des Anglais) en Russie. Or, en raison de l’indulgence délibérée des Russes, les Anglais ont pu poursuivre leurs affaires commerciales avec la Russie ; les échanges diplomatiques se sont même effectués (entre les deux puissances) ; ce qui a entraîné l’Empereur de France à prendre des mesures récentes (contre la Russie). L’un de ses buts les plus immédiats est très probablement de réduire les Russes à l’état de soumission souhaité.
Bien qu’on ne puisse qualifier de sincères les avances (que l’Empereur de France) fait à l’Empire ottoman dans le seul but de mener à bien ses affaires et, compte tenu des expériences antérieures, peut-on ne les considérer que comme des promesses trompeuses ? Il se peut qu’il nous propose des relations amicales sans arrière-pensées malveillantes. Mais comme certains indices le laissent supposer, cette façon d’agir ne peut aussi viser que le problème des rapports de la Porte ottomane avec l’Angleterre, à savoir : interdire aux Anglais la navigation dans les eaux maritimes et fluviales de l’Empire ottoman, et toute activité commerciale, officielle ou privée sur le territoire ottoman.
Dans ces conditions, l’Empire ottoman devrait refuser d’adhérer à l’un ou à l’autre des systèmes d’alliances, de la France ou de la Russie, et rester neutre ; il devrait assumer tout seul ses fardeaux. Si on arrive enfin comme on le souhaite à conclure la paix, l’Empire ottoman aurait profit à se décharger des conflits qui le gênent par la seule voie de la négociation, et demeurer en spectateur à l’écart des événements ; il semble que ce soit la meilleure des lignes à suivre. Bien qu’il paraisse égal, dans ces conditions, que le traité de paix soit signé (par nous) tout de suite, ou plus tard, comme on ne peut guère savoir d’avance quelle couleur prendra l’étoffe tissée sur les métiers de la Russie, de la France et de l’Autriche, il me semble — ainsi qu’il en est fait mention dans l’ordonnance de mon Généreux Maître — que les avantages tangibles que nous obtiendrions en arrangeant l’affaire sans attendre de l’avenir des profits possibles, sont préférables, en raison des circonstances actuelles.
Il est incontestable qu’une prévision sur l’issue de la guerre est chose impossible pour la raison humaine, et qu’elle ne dépend pas toujours de la force apparente des belligérants ; toutefois, étant donné les antécédents et le grand potentiel militaire de la France, et des dispositions extraordinaires qu’elle a prises, on serait plutôt tenté de prévoir sa victoire sur la Russie, auquel cas, si toutes ses avances sont rejetées (par l’Empire ottoman), dès qu’elle aura réalisé ses plans concernant la Russie, elle trouvera un prétexte pour ajouter de nouvelles matières à sa vieille rancune (envers les Turcs), de sorte que, s’entendant avec la Russie, lors de la signature de paix, elle entreprendra — Dieu nous en garde ! — toutes sortes d’actes hostiles (contre la Turquie) ; ou encore, dans le cas où elle ne pourrait pas venir à bout de la Russie, elle tentera de comploter contre l’Empire ottoman lors des pourparlers de paix avec la Russie.
Il est donc indispensable (pour nous) d’éviter toutes ces conséquences fâcheuses. D’autre part — et par la nature même des choses — l’ennemi principal de l’Empire ottoman est la nation russe plus qu’une autre. Les propos malveillants (au sujet de la Turquie) attribués à la France et divulgués tout récemment par Kutuzov, ont été sûrement suggérés aux Français par les Russes ; de même, lors de la dernière rencontre des empereurs de France et de Russie à Erfurt, les projets hostiles à l’Empire ottoman, qui n’ont pu être élaborés en raison de l’opposition de l’Empereur d’Autriche, ont été probablement soumis par les Russes.
Aussi conviendrait-il pour l’Empire ottoman d’éviter de s’engager dans une alliance avec l’une ou l’autre de ces deux puissances, et de déployer tous ses efforts pour empêcher l’intervention de l’une et de l’autre dans ses affaires. Mais si, en fin de compte, tout compromis s’avère impossible pour lui et qu’il se sent forcé à choisir entre les deux camps, il (me) semble que préférer la France serait la moindre des catastrophes.
Toutefois, comme l’hostilité des Anglais qui serait une conséquence de l’alliance avec la France, nous sera en toute probabilité extrêmement préjudiciable (Dieu nous en garde !), c’est une affaire bien difficile que de trouver une solution moyenne, et de découvrir la perspective la moins lourde de conséquences.
Dans ces conditions, le plus sage serait de tout expliquer très ouvertement à l’Empereur de France en ces termes :
« L’Empire ottoman serait très content de s’allier avec un État aussi puissant que la France. Et il n’hésiterait même pas à accepter la condition posée préalablement ou en conclusion de déclarer son hostilité à l’Angleterre si l’adoption d’une telle politique était en son pouvoir. Or, vous le savez vous-même, qu’il ne peut l’adopter car les Anglais barreront le détroit des Dardanelles et ne laisseront pas même passer une barque. Bien qu’ils ne puissent forcer le détroit des Dardanelles et passer dans la mer de Marmara pour faire pression sur la capitale de l’Empire, on ne peut rien faire contre eux du côté de l’Egée et de la Méditerranée, ils priveront l’Empire de tout l’approvisionnement qui lui parvient de ce côté et on aura à subir toutes sortes de conséquences fâcheuses. En ce moment-là, la France ne pourra pas nous venir en aide pour nous débarrasser des Anglais ; car, vous le savez bien, vous-même, qu’il est impossible de venir à bout des Anglais sur mer. Ainsi provoquer l’hostilité de l’Angleterre serait une politique préjudiciable à tous égards à l’Empire ottoman qui devrait être excusé de devoir la refuser. »
Par des propos de ce genre, et en avançant à l’appui de multiples arguments, on peut lui expliquer (l’affaire), et peut-être, le convaincre que la France n’a rien à craindre de l’Empire ottoman, ni dans le présent, ni dans l’avenir et que nous sommes prêts à tout consentir excepté une rupture avec l’Angleterre. Si l’on y réussit, il n’y aura plus aucun inconvénient à s’allier à la France sous réserve de ne porter (par cette entente), aucun préjudice à nos rapports avec l’Angleterre. Cette entente, conclue par l’intermédiaire de l’Autriche, pourra même apporter certains avantages. On observe actuellement de la part de l’Autriche (une attitude de) cordialité à l’égard de l’Empire ottoman (qui s’explique) par les circonstances. Il (me) semble probable que ces considérations du gouvernement ottoman pourront être transmises à l’Empereur de France par l’intermédiaire de l’Autriche. D’un autre côté (en ce qui concerne les pourparlers avec la France) il ne sera guère opportun de les annoncer à un ambassadeur ou à un chargé d’affaires (français) à Istanbul, ni de lui faire écrire une lettre adressée à son souverain, et d’entamer une correspondance à ce sujet. Il serait préférable de désigner et d’envoyer d’urgence pourvu de pouvoirs extraordinaires et d’instructions particulières à cet effet, un autre délégué que l’ambassadeur chargé d’affaires de l’Empire ottoman auprès de la France ; une personne d’Istanbul, sage, raisonnable, éloquente, capable de riposter, honnête, qui même si elle n’est pas d’un haut grade, serait un serviteur de Votre Seigneurie, pourvue de qualités à la hauteur de la tâche à assumer et capable de représenter l’Empire auprès de l’Empereur de France. De cette façon, l’Empire ottoman serait épargné, avec l’aide de Dieu, de multiples dangers; cette mesure nous permettrait, au moins, de gagner du temps, d’attendre pour voir ce qu’il adviendra dans la suite et agir en conséquence. Telles sont les réflexions qui me viennent à l’esprit. Bien que de tels propos soient trop osés pour un humble serviteur de Votre Seigneurie, j’ai pris la liberté de formuler mon opinion encouragé en cela par le texte de votre firman où apparaît le désir de connaître les mesures à prendre dans l’état actuel des relations entre les grandes puissances. Personnellement, votre serviteur n’est guère à la hauteur de la discussion et de la résolution de ces questions, d’autant plus que les charges que je dois assumer ont profondément troublé mon esprit. Je vous prie donc humblement de me pardonner et d’accorder votre indulgence aux erreurs de jugement que je pourrais commettre. Il me reste à dire en conclusion que ni l’Autriche, ni la France ne semblent être disposées à accepter un autre traité de paix que celui qui assurera à l’Empire ottoman l’intégrité de son territoire. Il faudrait encore savoir de façon précise, si les garanties et les engagements (des deux puissances mentionnées) vis-à-vis de l’Empire ottoman — au cas où ils seraient formulés et contractés — impliqueront aussi les pays envahis récemment par les Russes. En tous cas, si la proposition de retarder (la signature du) traité étant venue de la France, on a dû s’y conformer, ceci ne constitue pas un gros inconvénient puisqu’il reste maintenant cinq ou six jours avant le début de mai, date que vous indiquez ; d’autre part, comme quelques jours passeront encore jusqu’à ce que votre réponse à la présente lettre de votre serviteur puisse parvenir ici et que nous puissions la communiquer (aux intéressés), nous verrons quelle sera l’attitude des Russes d’ici là ; nous ne pouvons la prévoir. En tous cas, je vous prie de bien vouloir me faire savoir votre volonté, et donner des instructions précises et explicites sur l’initiative à prendre, à savoir, si l’on doit, d’après les récentes réponses (des Russes) et les circonstances actuelles, conclure un traité ou le dénoncer, et plus particulièrement, si l’on doit arriver à une entente urgente ou (attendre pour) obtenir des concessions.

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QU’ÉTAIENT DEVENUS LES QUATRE RÉGIMENTS SUISSES

Classé sous — milguerres @ 22 h 56 min

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UNE CAMPAGNE DE RUSSIE TRONQUÉE
OU QU’ÉTAIENT DEVENUS LES QUATRE RÉGIMENTS SUISSES?

J.-R. SURATTEAU

On peut trouver du neuf en trouvant du vieux. Le récit que j’exploite date de… 1867. Publié alors dans une revue locale de Suisse alémanique, il n’avait attiré l’attention que de quelques spécialistes pour qui Napoléon était un monstre qui avait placé leur patrie sous un joug intolérable. Alfred Rufer qui, dans sa jeunesse, était au contraire un admirateur de Napoléon (on l’appelait Napoléon Alfred), avait conservé le tiré à part de cet article et l’avait annoté. Il me l’a légué.
En élargissant le sujet, on peut tirer aujourd’hui quelques leçons de ce récit. Il est dû au major bernois Ambros Sprecher von Bernegg et a été publié par l’historien et homme politique patricien bernois Franz von Erlach (1) sous le titre Erlebnisse im Feldzug nach Russland (2) (Récits vécus au cours de la campagne de Russie, 1812-1813).
Ce récit permet tout d’abord – en le prenant au premier degré – de montrer que dans cette si célèbre campagne, certains éléments ne jouèrent qu’un rôle quasi-passif avant la débâcle finale. Les régiments suisses dont il est question ne dépassèrent pas Polotsk, à environ 600 km à vol d’oiseau de Moscou, laissant filer le principal des troupes suivant le rêve insensé de Napoléon, jusqu’à la sainte métropole « asiatique » qui obsédait l’Empereur comme l’Egypte avait fasciné, quinze ans plus tôt, le général du Directoire.


(1) Bern, 1868, Hallers’che Verlag, Separatabdruck aus den Alpenrosen, 1867, 64 p. Le major Ambros Sprecher von Bernegg ne figure pas parmi les trente-cinq membres de cette famille dans le volumineux Historisch-Biographisches Lexikon der Sckweiz. On lit sur la page de garde du fascicule qu’il était né en 1773 et qu’il mourut en 1838.
(2) On voit le choix des mots : im Feldzug nach Russland et non von Feldzug..

Les quatre régiments suisses agglomérés à des éléments disparates (Bavarois, Croates, Hollandais) relevaient de deux brigades, les 1er et 3e régiments de la 2e brigade (général Amey), les 2e et 4e régiments de la 3e brigade (général Candras) ; ces deux brigades faisaient partie de la 3e division que commandait le général Merle et relevaient du 2e corps d’armée sous le maréchal Oudinot, duc de Reggio (3). Les régiments suisses étaient commandés par les lieutenants-colonels suisses Rosselet et Bégoz et les majors Sprecher von Bernegg – le narrateur – et Schnyder (4).

Les Suisses traversèrent le Niémen dans la nuit du 24 au 25 juin 1812, passèrent par Kovno et Vilkomir, s’arrêtèrent sur la Drina (Duna) puis repartirent et, ayant passé la Drissa, arrivèrent à Polotsk où ils devaient rester jusqu’à la fin de la campagne. Le narrateur raconte avec force détails les escarmouches et la vie des premiers jours (5). Oudinot gravement blessé (6) céda le commandement du corps d’armée à Gouvion Saint-Cyr. La raison d’être du stationnement de ce corps était la surveillance de l’armée russe de Barclay de Tolly (7) qui verrouillait la route du nord afin de parer à un mouvement possible de Napoléon vers Saint-Pétersbourg (il en fut question lors du conseil de guerre de Smolensk le 19 août, le maréchal Davoût étant partisan de ce mouvement). Le corps russe, qui à Polotsk faisait face aux hommes de Gouvion Saint-Cyr, était commandé par le général germano- russe Wittgenstein (8)

Puis… plus rien. Après le chapitre IV, qui termine la première partie, commence une « drôle de guerre ». Le chapitre V commence ainsi : « Die Tage vom 17 bis 20 Oktober bei Polotsk, vom 19 August bis 17 Oktober verhielten sich die Russen sehr ruhig. Gegen Abend dieses Tages aber werden unsere Vorpoten angegrieffen » (Du 19 août au 20 octobre les Russes restèrent très tranquilles. Mais vers le soir de ce jour, nos avant-postes furent attaqués.)
Si on veut dépasser le récit lui-même, on voit dans ce qu’écrit cet officier suisse ce que ses compatriotes comme lui-même pensaient


(3) Sur Jacques Candras que le narrateur appelle Canderas, G. Srx, Dictionnaire des généraux et amiraux français de la Révolution et de l’Empire, t. 1, p. 188. Sur Pierre Merle, ibid., t. II, pp. 181-182. Sur François Amey, ibid., 1. 1, p. 94. Oudinot et Gouvion Saint-Cyr sont assez connus.
(4) Sur Abraham Rosselet, Hist. Biogr. Lexikon der Schweiz, t. V, p. 705. Sur Louis Marc Begoz, neveu de l’ancien ministre des Relations extérieures de la République helvétique, ibid., t. II, p. 77. Rien sur Schnyder dans ce même dictionnaire.(5) Notamment les deux combats devant Polotsk, l’un victorieux, l’autre indécis (?). L’auteur raconte comment Gouvion Saint-Cyr fit « goûter le dessert » aux Russes qui banquetaient le 18 août (« Das unerbetene Dessert des 18 August ». Le dessert importun…).
(6) C’était la huitième blessure de ce « dur à cuire ». Il en reçut deux autres plus tard!
(7) Michail Bogdanovich prince Barclay de Tolly, d’une ascendance écossaise mais né en Livonie, avait quitté le poste de ministre de la Guerre pour commander la lrc Armée russe dite de l’Ouest. On l’appelait toujours le plus souvent « le ministre ».
(8) Louis Adolphe prince Wittgenstein, d’ascendance prussienne mais né en Russie, se rendit surtout célèbre plus tard en remplaçant le prince Bagration blessé à mort à la Moscova (Borodino) ; plus tard en 1813 il remplaça Koutousov à la tête de toutes les années russes qui combattirent à Leipzig et envahirent la France en 1814.

de l’Empereur, Médiateur de la Confédération helvétique. Lorsqu’on annonce en août son passage, le cri est : « Sieht das, der Napoleon ! », un objet de curiosité (p. 13). À la fm de la campagne, après le passage de la Berezina, le narrateur note sobrement : « Der grosse Kaiser Napoleon war schon fern von uns, nach Frankreich abgegangen » (Le grand empereur Napoléon était déjà loin de nous, parti pour la France, p. 46) (9).
On note entre les lignes de ce récit plein d’anecdotes combien l’image de la Grande Armée marchant tout entière d’un pas égal vers Moscou doit être corrigée, alors que, comme nos Suisses, de nombreux camarades non français avaient été laissés en route (voir la note 3), loin du but et furent récupérés lors de la retraite pour partager le sort général, à la bataille de Studienka, à la Berezina et après. D’ailleurs Candras, que le narrateur aimait beaucoup, fut tué d’un coup de feu à la poitrine le 28 novembre 1812 comme le rappelle Sprecher von Bernegg («Viele Schweizer verloren bei der Attaque sammt unseren guten General Candras». De nombreux Suisses perdirent la vie, et avec eux notre bon général Candras).
Deuxième leçon : le peu de considération que Napoléon et ses maréchaux – sauf peut-être Gouvion Saint-Cyr – accordaient aux hommes soumis de toutes nationalités et intégrés dans le Grand Empire et ses royaumes satellites. Ce n’étaient pas l’élite des grognards et surtout la vieille garde, mais ils ne semblent pas s’être conduits ni mieux ni plus mal que les Français de souche.

J.-R. SURATTEAU

(9) II n’avait que répété ce que le général Bonaparte avait fait en laissant pourrir et périr ses troupes en Egypte en 1799 pour rentrer en France avec quelques fidèles et y « faire » le 18 Brumaire !

SOURCE PERSEE.FR
Annales historiques de la Révolution française Année 1997 Volume 309 Numéro 309 lien pp. 480-482

 

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Un document inédit sur la campagne de Russie de 1812

Classé sous — milguerres @ 22 h 53 min

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Un document inédit sur la campagne de Russie de 1812

A VOIR ICI 

http://fr.calameo.com/read/002152756f193517c5e77

Un document inédit sur la campagne de Russie de 1812 captur61

 

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L’heure de vérité entre France et Prusse

Classé sous — milguerres @ 22 h 45 min

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L’heure de vérité entre France et Prusse

La guerre de 1870 voit s’affronter deux armées inégalement structurées. Au cours des années 1860, la Prusse a constitué une force militaire très opérationnelle. En 1866, année de son triomphe contre l’Autriche à Sadowa, elle a ainsi été à même de mettre sur pied très rapidement une force redoutable de 750 000 hommes, s’appuyant en amont sur un service militaire universel de trois ans assorti de longues périodes de réserve. Ces troupes bien entraînées et rigoureusement encadrées ont à leur disposition des armes efficaces et modernes (canons Krupp en acier, fusils Dreysen). Dans le même temps, le second Empire peine à réformer son organisation militaire. Suite aux succès de Bismarck en 1866, une commission dite La Valette est chargée par l’empereur de rédiger un projet de refonte du service militaire. Mais l’impopularité de tout allongement de l’appel sous les drapeaux, ainsi que de la remise en cause du tirage au sort, œuvre à vider la loi Niel (1868) de la plupart des nouveaux départs envisagés. L’artillerie est en outre vétuste, et les conceptions stratégiques déficientes ne permettent pas une utilisation optimale de nouvelles armes comme les mitrailleuses. L’état-major, plus souvent désigné par faveur qu’au nom de compétences effectives, montre au feu l’étendue de sa médiocrité et de ses carences. À Sedan, quelques heures suffisent à révéler l’ampleur du décalage militaire entre les deux nations.

L’heure de vérité entre France et Prusse captur44
La mêlée furieuse, puis les ruines

Dans les dix jours qui précèdent l’affrontement, le commandement français multiplie les atermoiements. Depuis Châlons, au gré des ordres, contre-ordres, marches et contre-marches, les soldats de Napoléon III s’épuisent à marcher sur Metz, où Bazaine est encerclé, pour finalement être déviés vers Sedan. Ayant opéré leur jonction pendant ce temps, les armées prussiennes se sont tapies dans les hauteurs des environs de la ville, ainsi que le montre la gravure, et sont parées pour une attaque d’envergure de l’ennemi par le flanc. Les combats débutent le 1er septembre tôt le matin. L’artillerie allemande utilise si parfaitement ses armes que vers 6 heures, Mac Mahon, dirigeant les armées françaises, doit céder son commandement à Ducrot après avoir été atteint d’un éclat d’obus. Au cours de la journée, face au déluge de feu qui se traduit sur l’image par d’épais nuages de fumée surmontant le champ de bataille, la déroute française devient inéluctable. Les charges aussi héroïques que désespérées de la cavalerie ne peuvent inverser le cours des choses. Le document montre aussi le roi de Prusse Guillaume, juché sur une hauteur près de Frénois, au sud-est de Sedan, pour assister aux opérations : « Ah, les braves gens ! », se serait-il exclamé en observant les manœuvres offensives françaises sans espoir.

Cette image, qui donne le point de vue allemand, rend une forte impression de sérénité : l’infanterie avance en rangs serrés, passant près du roi et des officiers supérieurs, pour aller, toujours en bon ordre, rejoindre le champ de bataille où la victoire est promise. La photographie des ruines de Bazeilles, village situé au sud-ouest de Sedan, offre un tout autre point de vue. Ce lieu est en effet celui de durs affrontements, le 30 août et le 1er septembre, entre des unités bavaroises et des troupes d’infanterie de marine qui se battent jusqu’au dernier homme. L’enfilade de maisons détruites reflète l’intensité des combats. Leurs toits sont écroulés, leurs murs éventrés, et seules quelques fenêtres ont résisté au déluge de feu. L’effet produit est d’autant plus vif que les planches bien disposées et les gravats empilés montrent que les premiers travaux de déblayage ont déjà été réalisés au moment où est pris ce cliché. Placé en vis-à-vis d’une gravure héroïsante destinée à orner les salons des patriotes allemands, ce document contribue à équilibrer le regard porté sur la bataille et ses conséquences.

La guerre moderne, sa conduite et ses conséquences 

« Nous nous exposions donc à une défaite et, qui pis est, à une défaite qui ne pouvait être qu’une calamité publique, puisqu’elle allait nous priver de la seule armée organisée que nous ayons encore en rase campagne » : la phrase est du général Boulanger (in L’Invasion allemande, p. 1253) et dit bien le fond de ce qui s’est joué à Sedan ce jour-là. À partir de cette défaite, la victoire prussienne est inexorable, ce que la reddition et la captivité de Napoléon III en personne ne tardent d’ailleurs pas à révéler de façon éclatante. Sedan a ainsi partie liée avec le retour de la république en France, proclamée le 4 septembre à Paris après l’avoir été à Lyon et à Marseille. Néanmoins, le nouveau régime ne rompt pas avec tous les travers de son prédécesseur, puisque l’impréparation de la guerre de 1914 répond à celle de 1870, malgré la réforme du service militaire.

Plus largement, les ruines de Bazeilles reflètent l’intensité du pilonnage allemand, à tel point que cette photographie apparaît comme prémonitoire des guerres européennes à venir. De fait, si la victoire allemande de septembre 1870 est lourde de conséquences, ce n’est certes pas dans le sens d’un apaisement des relations internationales. Sedan, c’est aussi une redistribution des cartes de la géopolitique européenne. Le rival français terrassé, le roi de Prusse va pouvoir prétendre à la restauration de l’Empire allemand, aboli par Napoléon Ier, et prendre toute sa place dans les empoignades impérialistes des décennies suivantes, jusqu’à la Première Guerre mondiale. Un géant militaire et économique aux ambitions mondiales s’installe ainsi au cœur de l’Europe. Les répercussions de 1870 s’étendent des guerres mondiales à la construction européenne en passant par la guerre froide, jusqu’à nos jours.

Auteur : François BOULOC
http://www.histoire-image.org/pleincadre/index.php?v=1870&w=1870&d=21&i=892&id_sel=undefined

 

 

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Bazeilles et Sedan : essais critiques sur les opérations de l’armée de Chalons

Classé sous — milguerres @ 22 h 41 min

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Titre : Bazeilles et Sedan : essais critiques sur les opérations de l’armée de Chalons…
Éditeur : J. Rozez (Bruxelles)
Date d’édition : 1871
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : 1 vol. (155 p.) : plan en coul. ; in-12
Format : application/pdf
Droits : domaine public

A LIRE ICI 

http://fr.calameo.com/read/0021527566f1804ba61cd

 

La bataille de Bazeilles

Bazeilles et Sedan : essais critiques sur les opérations de l'armée de Chalons captur13

captur11

Combats devant la maison des dernières cartouches.

 

La bataille de Bazeilles a lieu du 31 août 1870 au 1er septembre 1870, pendant la guerre franco-prussienne. Cet épisode héroïque a inspiré le plus célèbre tableau patriotique d’Alphonse de Neuville, intitulé Les Dernières Cartouches.

Division bleue
En 1870, pour la première fois de leur histoire, les marsouins des 1er, 2e, 3e, 4e régiments d’infanterie de marine et bigors du 1er régiment d’artillerie de marine, sont groupés pour prendre part à la lutte, dans la même division surnommée « division bleue », commandée par le général de Vassoigne. Ils écriront une des plus notables pages de l’armée française à Bazeilles, les 31 août et 1er septembre 1870.

Chaque année, les troupes de marine fêtent l’anniversaire à Fréjus de cette grande bataille où les pertes dénombrées sont de 2 655 hommes2, les Prussiens, quant à eux, perdirent environ 2 500 hommes au sein de la 8e division du IVe corps3.

CONTEXTE
Au cours du mois d’août 1870, l’Est de la France est occupé par trois armées allemandes. Voulant délivrer Bazaine encerclé dans Metz, Mac-Mahon est chargé de constituer une armée dite « de Châlons » dont la 2e brigade de la division bleue. Partie de Reims après 6 jours de marche forcée avec l’armée de Châlons, la 2e brigade de la division Bleue atteint Sedan où Mac-Mahon veut faire reposer son armée et la ravitailler pour ensuite repartir sur Metz. Mais à la suite de la bataille de Beaumont, l’armée de Châlons se trouve fixée sur Sedan.

LES COMBATS DE BAZEILLES
La 2e brigade doit protéger Bazeilles sur le flanc est de la forteresse de Sedan. Dès le 31 août toute l’armée est sur la rive droite de la Meuse, cependant un pont de voie ferrée à Remilly est encore intact et va permettre l’infiltration d’éléments d’avant-gardes bavaroises, qui seront repoussés à la tombée de la nuit.
La supériorité en nombre et en artillerie de l’adversaire va donner lieu à des affrontements meurtriers où les pertes sont nombreuses ; le village est repris, puis gardé par les Français uniquement sur la frontière nord. La 1re brigade arrivée en renfort en fin de journée permet la reprise totale de Bazeilles à la tombée de la nuit.
Le 1er septembre, les forces bavaroises du général von der Tann renforcées pendant la nuit attaquent le village au lever du jour. Elles croient le trouver vide, mais tombent dans une contre-attaque de 150 marsouins organisée par le commandant Lambert, sous-chef d’état-major de la division.
S’enchaînent alors deux revirements inattendus :
Le premier avec le remplacement de Mac Mahon, blessé, par le général Ducrot qui ordonne d’abandonner les positions acquises ;
Le second, après l’évacuation de Bazeilles, avec l’arrivée du général de Wimpfen, qui prend le contrepied de ces dispositions et ordonne la réoccupation des positions abandonnées
Après de nouveaux combats à un contre dix, face au 1er corps d’armée bavarois dont l’artillerie est de plus en plus fournie, le général de Vassoigne estime que « l’infanterie de marine a atteint les extrêmes limites du devoir » et sonne la retraite afin d’éviter le massacre intégral de la troupe.
La division Bleue a perdu 2 655 hommes au cours de ce seul affrontement, mais a provoqué des pertes du double au moins chez un ennemi supérieur en armement et en nombre[réf. nécessaire]. Quarante Bazeillais trouvèrent la mort au cours des combats des 31 août et 1er septembre. Cent cinquante autres moururent des suites de leurs blessures dans les six mois qui suivirent la bataille. L’adversaire, pour sa part, avait laissé sur le terrain 7 000 tués dont plus de 200 officiers
C’est la raison pour laquelle cet épisode a été retenu par l’histoire militaire, avec notamment l’immortalisation par le peintre Alphonse de Neuville de la défense de l’auberge Bourgerie, où l’on peut voir le commandant Arsène Lambert et une poignée d’hommes défendre la maison dans des conditions particulièrement difficiles, et jusqu’à l’épuisement complet des munitions. Avant d’ordonner le repli au petit nombre de combattants survivants, les officiers ont revendiqué l’honneur de tirer les onze dernières cartouches, d’où le nom de « Maison des dernières cartouches », qui fit l’objet d’une popularisation comme un des hauts-faits de la guerre.

Bazeilles est resté depuis un haut-lieu et un symbole des troupes de marine. 

RECIT OFFICIEL 

Bazeilles est devenu le symbole des troupes de marine. L’anniversaire de Bazeilles est commémoré chaque année dans tous les corps de troupe de France et d’Outre-mer et sur les lieux mêmes de la bataille. Le récit qui suit est prononcé à cette occasion.

« 1870 : la France est en guerre. Son territoire est envahi. Pour prendre part à la lutte, marsouins et bigors sont, pour la première fois de leur histoire, groupés dans une même division, la division de marine qui sera surnommée la division bleue.

Commandée par le général de Vassoigne, elle est composée de 2 brigades :

la 1re : général Reboul, est formée du 1er Régiment d’Infanterie de Marine de Cherbourg et du 4e de Toulon
la 2e : général Martin des Pallières, comprend le 2e Régiment d’Infanterie de Marine de Brest et le 3e de Rochefort. Le 1er Régiment d’Artillerie de Marine de Lorient fournit 3 batteries.
La Division bleue fait partie du 12e Corps d’Armée sous le commandement du général Lebrun affecté à l’armée de Mac Mahon. Rassemblée au camp de Chalons, celle-ci, dans la deuxième quinzaine d’août, va tenter la jonction avec l’armée de Bazaine enfermée dans Metz.

Le 30 août, après six jours de marches et de contre-marches harassantes, un de nos corps d’armée s’étant laissé surprendre à Beaumont, la 1re brigade, celle du général Reboul, doit intervenir, d’ailleurs avec succès, pour le dégager.

Le lendemain, 31 août, vers midi, c’est l’autre brigade qui est chargée de reprendre Bazeilles que l’ennemi vient d’occuper.

Le général Martin des Pallières enlève sa troupe. L’ennemi est refoulé, mais sa supériorité en nombre et en artillerie lui permet, en multipliant ses attaques, de reprendre pied dans la localité. La mêlée est acharnée ; les pertes sont sévères des deux côtés; le général Martin des Pallières est blessé et le village en feu.

Vers 4 heures de l’après-midi, les nôtres ne tiennent plus que les lisières nord du village. C’est alors que la brigade Reboul, conservée jusque là en réserve, est engagée et, avant la tombée de la nuit, Bazeilles est entièrement reprise une nouvelle fois. Toujours au prix de combats acharnés.

On s’organise pour la nuit. Seules des grand-gardes, placées aux ordres du commandant Lambert, sous-chef d’état-major de la Division, tiendront la localité. Le commandant Lambert, comprenant que l’ennemi, puissamment renforcé pendant la nuit, va revenir en force, lui tend un piège.

Lorsque, le 1er septembre au lever du jour, les Bavarois commencent à pénétrer dans le village, ils croient celui-ci abandonné. Une vigoureuse contre-attaque, menée par 150 marsouins, les surprend et les met en fuite. Nous sommes à nouveau, et pour la troisième fois, maîtres de Bazeilles.

À ce moment survient un coup de théâtre. Le général Ducrot, qui vient de remplacer Mac Mahon blessé, veut regrouper l’armée et l’ordre est donné d’abandonner Bazeilles. Ce que l’ennemi n’a pas réussi, la discipline l’obtient : Bazeilles est évacué. Mais le général de Wimpffen, porteur d’une lettre de service, revendique le commandement et, prenant le contrepied des dispositions de son prédécesseur, ordonne que soient réoccupées les positions abandonnées.

Il faut donc reprendre Bazeilles dont les Bavarois n’ont pas manqué de s’emparer entretemps. De Vassoigne n’hésite pas et sa division, en une seule colonne, s’empare du village pour la quatrième fois, malgré la défense acharnée de l’adversaire.

Le 1er Corps d’armée Bavarois, renforcé d’une division supplémentaire, et appuyé par une artillerie de plus en plus nombreuse, reprend ses attaques qu’il combine avec des manœuvres d’encerclement, tandis que dans le village se multiplient les incendies.

Luttant à un contre dix, les marsouins, malgré les obus qui les écrasent et les incendies qui les brûlent et les suffoquent, défendent pied à pied chaque rue, chaque maison et chaque pan de mur. Ils ne cèdent le terrain que très lentement infligeant à l’ennemi des pertes sévères. Hélas, celles qu’ils subissent ne le sont pas moins et, ce qui est très grave, les munitions commencent à manquer.

Le général de Vassoigne, toujours très calme, estime que sa mission est maintenant accomplie, que « l’infanterie de marine a atteint les extrêmes limites du devoir » et qu’il ne doit pas faire massacrer une telle troupe, susceptible de rendre encore des services. Vers midi, il fait sonner la retraite.

Cependant le général de Wimpfen veut encore tenter une percée vers l’est. À cet effet, aux environs de 16 heures, il fait appel au général de Vassoigne et se met avec lui, épée en main à la tête des débris dont il dispose.

Bazeilles est en grande partie repris, lorsque sur l’ordre de l’empereur, il fait mettre bas les armes.

La Division bleue a perdu 2 655 des siens dont 100 officiers. »

SOURCE WIKIPEDIA

 

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Napoléon n’a pas été vaincu par les canons ou l’hiver russes

Classé sous — milguerres @ 22 h 10 min

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Napoléon n’a pas été vaincu par les canons ou l’hiver russes

 

Napoléon n'a pas été vaincu par les canons ou l'hiver russes 12121010
«La retraite de Moscou», d’Adolph NorthenSans les poux, les Russes n’auraient pas pu battre l’empereur français lors de la campagne de Russie de 1812.

Nos livres d’histoire nous ont appris que Napoléon, lors de son invasion de la Russie en 1812, avait marché sur Moscou avec une armée à peu près intacte et n’avait été forcé de battre en retraite que parce que les Moscovites avaient incendié les trois quarts de leur ville, privant ainsi son armée de nourriture et de vivres.
Le rude hiver russe avait alors décimé l’armée en retraite. La victoire russe, commémorée par l’Ouverture 1812 de Tchaïkovski, resta dans les mémoires comme l’un des grands revers de l’histoire militaire.
Mais personne n’a reconnu la véritable grande puissance de cette guerre.
A Vilnius, en Lituanie, à l’hiver 2001, des ouvriers creusèrent des tranchées pour enfouir des lignes téléphoniques et démolirent les vieux baraquements soviétiques qui se dressaient là depuis des décennies. Un jour, un bulldozer déterra un objet blanc. Le conducteur descendit de sa machine et, à sa grande surprise, découvrit un crâne et des os humains. Un autre ouvrier raconta plus tard que «les choses ne cessaient de sortir du sol—il y en avait des milliers».
Huit ans plus tôt, une fosse contenant les dépouilles de 700 personnes assassinées par le Comité pour la sécurité de l’Etat, ou KGB, avait été mise au jour. Etait-ce l’un de ces endroits secrets où le KGB disposait de ses victimes? Ou bien l’une des fosses communes où des Juifs avaient été massacrés en masse par les nazis?
Quand les archéologues de l’université de Vilnius arrivèrent, ils constatèrent que les corps étaient enfouis sur trois rangées dans des tranchées en forme de V, apparemment creusées pour servir de positions défensives. Il apparut que les squelettes étaient les dépouilles de soldats.
Deux mille d’entre eux furent exhumés, ainsi que des boucles de ceinture portant des numéros de régiment. Ils trouvèrent également des pièces de 20 francs datant du début des années 1800. Les scientifiques finirent par comprendre ce sur quoi ils étaient tombés: les vestiges de la Grande Armée. Napoléon avait conduit 600.000 hommes en Russie avec la ferme intention de conquérir le pays; pas plus de 30.000 y survécurent, et parmi eux, on dit que moins d’un millier furent capables de reprendre un jour du service.

L’ennemi microscopique
Quelles incroyables circonstances ont-elles bien pu causer la déroute de l’une des plus grandes armées du continent européen, menée par l’un des plus grands généraux de tous les temps?
Etonnamment, ce ne fut pas les soldats ennemis ou les privations que les soldats subissent d’ordinaire qui décimèrent l’armée de Napoléon. La plupart de ses soldats étaient de jeunes hommes endurcis par la guerre, normalement capables de supporter le froid, les longues marches et l’épuisement.
Non, l’armée de Napoléon et ses grands projets de conquête furent ravagés et annihilés par un organisme microscopique: le microbe du typhus, propagé lors d’une invasion de poux.
Au départ, Napoléon n’avait aucune raison valable d’envahir la Russie. Son armée avait vaincu l’armée russe à la bataille de Friedland en juin 1807, et le 7 juillet de la même année, la France et Alexandre Ier de Russie avaient signé le traité de Tilsit qui faisait des deux pays des alliés (et, entre autres choses, interdisait à la Russie toute relation commerciale avec la Grande-Bretagne). Curieusement, Napoléon ne s’empara d’aucun territoire russe ni ne demanda de réparations de guerre.
Début 1812, la plus grande partie des territoires compris entre l’Espagne et la Russie était sous son contrôle. Cependant, l’Angleterre maîtrisait les mers, et Napoléon voulait l’Inde, colonie anglaise à l’époque. Le seul espoir de s’en emparer était de la prendre par la terre, et donc de contrôler la Russie.
Depuis le traité de Tilsit, la France et la Russie étaient des alliés à couteaux tirés. La Russie avait violé le traité en faisant des affaires avec l’Angleterre, et Napoléon, lassé de cet état de choses, l’utilisa comme prétexte pour l’envahir.
En juin 1812, l’armée napoléonienne se rassembla dans l’est de l’Allemagne. Napoléon passa ses troupes en revue en grandes pompes sur la rive ouest du Niémen le 22 juin 1812. Ses ingénieurs jetèrent un pont flottant sur le fleuve et le lendemain, l’armée pénétra dans la Pologne contrôlée par la Russie.
C’est en Pologne que cela commença à se gâter
Tout se passait bien –l’été, bien que chaud et sec, permit aux soldats de marcher facilement sur les routes. Les colonnes de ravitaillement restaient un peu en avant, assurant ainsi la nourriture nécessaire, et les soldats étaient en bonne santé. Bien que des hôpitaux militaires aient été mis en place sur le chemin de la Pologne à Magdeburg, Erfurt, Poznań et Berlin, ils n’étaient que très peu nécessaires. L’armée rejoignit Vilnius en quatre jours, sans rencontrer de résistance de la part des troupes russes.
C’est en Pologne que les choses ont commencé à se gâter pour Napoléon. Il se retrouva dans une région d’une saleté incroyable. Les paysans étaient crasseux, les cheveux emmêlés, couverts de poux et de puces, et les puits étaient souillés.
Comme l’armée était à présent en territoire ennemi, les voitures de ravitaillement avaient dû se déplacer vers l’arrière. Les routes étaient couvertes d’une poussière molle ou creusées de profondes ornières après les pluies du printemps; les chariots de vivres prenaient de plus en plus de retard par rapport au principal corps de troupes, à qui il devint difficile de fournir eau et nourriture. L’armée était si gigantesque qu’il était presque impossible de garder une formation militaire intacte, et la majorité des soldats s’éparpillèrent, formant des groupes immenses et débandés.
Une forte fièvre, des plaques rouges…
Nombre de soldats pillèrent les maisons, le bétail et les champs des paysans. Presque 20.000 chevaux de l’armée moururent faute d’eau et de fourrage sur le chemin de Vilnius. Les maisons des paysans étaient si répugnantes et grouillantes de cafards qu’elles en semblaient vivantes. Les maladies typiques des champs de bataille, comme la dysenterie et autres pathologies intestinales, firent leur apparition, et bien que de nouveaux hôpitaux fussent établis à Danzig, Königsberg et Toruń, ils s’avérèrent incapables d’absorber les innombrables soldats malades renvoyés vers l’arrière.
Mais les problèmes de Napoléon ne faisaient que commencer.
Plusieurs jours après la traversée du Niémen, plusieurs soldats furent atteints de forte fièvre et virent des plaques rouges apparaître sur leur corps. Certains d’entre eux, dont le visage avait pris une teinte bleue, ne tardèrent pas à mourir. Le typhus venait de faire son apparition.
Le typhus sévissait en Pologne et en Russie depuis de nombreuses années, mais il avait gagné du terrain depuis que l’armée russe avait dévasté la Pologne en battant en retraite devant les forces napoléoniennes. Le manque d’hygiène associé à un été inhabituellement chaud avait créé les conditions idéales pour la propagation des poux.
Le typhus est provoqué par l’organisme Rickettsia prowazekii. Il faudrait attendre un siècle après la campagne de 1812 pour que les scientifiques ne découvrent que le typhus est présent dans les déjections de poux.
Saleté et sueur, l’environnement idéal
Le soldat français moyen était sale et en sueur, et ne changeait pas de linge pendant des jours; l’environnement idéal pour que des poux se nourrissent sur son corps et s’abritent dans les coutures de ses vêtements.
Une fois les habits et la peau du soldat contaminés par les excréments de poux, la plus petite égratignure ou écorchure suffisait pour que le microbe du typhus pénètre dans le corps du soldat.
Circonstance aggravante, pour des raisons de sécurité les soldats dormaient en grands nombres dans des endroits confinés, de peur que les Russes n’attaquent ou que les Polonais ne se vengent. Cette proximité permettait aux poux de contaminer rapidement les soldats encore sains.
Un mois à peine après le début de la campagne, Napoléon avait perdu 80.000 soldats, morts ou invalides, frappés par le typhus. Sous l’autorité du baron Dominique-Jean Larrey, chirurgien militaire, les mesures médicales et sanitaires de l’armée étaient les meilleures du monde mais personne n’aurait pu venir à bout d’une épidémie de cette ampleur. Voici le récit d’un témoin oculaire direct d’une invasion de poux:
«Bourgogne s’endormit sur un matelas de roseaux et ne tarda pas à être réveillé par l’activité des poux. Se découvrant littéralement couvert de bêtes, il enleva sa chemise et son pantalon et les jeta dans le feu. Ils explosèrent comme les tirs de deux rangées de fantassins. Il ne put s’en débarrasser pendant deux mois. Tous ses compagnons grouillaient de poux; beaucoup furent piqués et contractèrent la fièvre tachetée (typhus).»
Le 28 juillet, trois des officiers de Napoléon lui soumirent leur inquiétude à l’idée que la bataille contre les Russes était en train de devenir périlleuse. Les pertes causées par les maladies et les désertions avaient réduit sa force de frappe effective de moitié environ. Pour ajouter à cette difficulté, trouver des provisions en territoire hostile devenait un réel défi. Napoléon écouta leurs arguments et accepta de mettre un terme à la campagne, mais deux jours plus tard, il revint sur sa décision et affirma à ses généraux:
«C’est le danger même qui nous pousse vers Moscou. Les dés sont jetés. La victoire nous justifiera et nous sauvera.»
Napoléon et ses soldats malades et épuisés continuèrent donc d’avancer. Smolensk tomba le 17 août, rapidement suivi par Valoutina. Les Russes battaient en retraite à mesure que les Français avançaient, attirant Napoléon toujours plus profondément dans le pays. L’empereur avait divisé son armée en trois parties. Le 25 août, Napoléon avait perdu 105.000 hommes de son armée de 265.000, ce qui ne lui laissait plus que 160.000 soldats. En deux semaines, le typhus la réduisit à 103.000 têtes.

Obligé de battre en retraite
Le général russe Mikhaïl Koutouzov adopta une position défensive à Borodino, à environ 110 km à l’ouest de Moscou. Le 7 septembre, les forces françaises affrontèrent les Russes. Les deux camps subirent de lourdes pertes. Napoléon entra ensuite dans Moscou, mais ce fut une victoire à la Pyrrhus; il ne restait qu’environ 90.000 soldats français. L’empereur s’attendait à une reddition des Russes; mais ces derniers se contentèrent de lui abandonner la ville. Les trois-quarts de Moscou avaient brûlé quand la Grande Armée y pénétra, et il n’y avait plus de nourriture ni aucune sorte de provisions.
15.000 hommes en renfort rejoignirent l’empereur à Moscou, dont 10.000 furent décimés par la maladie. Devant l’imminence de l’hiver russe, Napoléon n’eut pas d’autre choix que de battre en retraite et de retourner en France. L’empereur et ce qu’il restait de son armée se réfugièrent à Smolensk, espérant y trouver abri et nourriture. En y arrivant le 8 novembre dans un froid glacial, Napoléon trouva les hôpitaux déjà débordant de malades et de blessés. La discipline se détériorait, et il reçut le coup de grâce en découvrant que les provisions sur lesquelles il comptait avaient été consommées par les troupes de réserve et de communication.

L’armée quitta Smolensk le 13 novembre et arriva à Vilnius le 8 décembre. Il ne restait plus que 20.000 soldats en état de se battre. Ayant eu vent de l’imminence d’un coup d’Etat fomenté en France par le général Claude-François Malet, Napoléon passa le commandement au général Joachim Murat et se hâta de rentrer à Paris.

La fin du grand rêve
Murat refusa de défendre Vilnius –il abandonna ses canons et le butin obtenu à Moscou aux Russes qui progressaient et battit en retraite vers le Niémen, qu’il traversa le 14 décembre avec moins de 40.000 hommes, la plupart invalides. C’est ainsi que s’acheva le grand rêve de Napoléon d’atteindre l’Inde en passant par la Russie.
Beaucoup des soldats morts furent ensevelis dans les tranchées défensives creusées pendant la retraite. C’est dans l’une de ces tranchées que, presque deux siècles plus tard, des ouvriers ont trouvé les vestiges de la Grande Armée de Napoléon.
Didier Raoult, de l’université de la Méditerranée de Marseille, a analysé la pulpe dentaire de 72 dents prélevées sur les corps de 35 des soldats découverts à Vilnius. La pulpe de sept soldats contenait de l’ADN de Bartonella quintana, organisme responsable de la fièvre des tranchées, autre maladie transmise par les poux, très répandue pendant la Première Guerre mondiale.
L’ADN de trois soldats contenait des séquences de R. prowazekii, responsable des épidémies de typhus. En tout, 29% des dépouilles portaient des preuves d’infection par R. prowazekii ou B. quintana, ce qui témoigne du rôle majeur des poux dans la défaite de Napoléon.
La plupart des Américains connaissent bien le final de L’Ouverture 1812 de Tchaïkovski, commandée par la Russie pour célébrer la défaite de Napoléon.

Le morceau s’achève par le grondement du canon et le carillon des cloches; cependant, si Tchaïkovski avait voulu retranscrire précisément le son de la défaite de Napoléon, on entendrait seulement le son doux et discret du pou qui dévore la chair humaine. Un organisme trop petit pour l’œil de l’homme, qui a changé le cours de l’histoire humaine.

Joe Knight
Spécialiste de l’histoire médicale
Traduit par Bérengère Viennot
Pour en savoir plus en anglais: The Illustrious Dead: The Terrifying Story of How Typhus Killed Napoleon’s Greatest Army de Stephen Talty.
http://www.slate.fr/story/66541/napoleon-defaite-typhus-pous-hiver-russe

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