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12 avril 2015

Les Tunisiens et la première guerre mondiale (1914 – 1918) François Arnoulet

Classé sous — milguerres @ 14 h 11 min
Les Tunisiens et la première guerre mondiale (1914 – 1918)
François Arnoulet 
 

Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée 
Année   1984    lien Volume   38   
Numéro   38 
pp. 47-61
source PERSEE

R.O.M.M., 38, 1984-2
La première guerre mondiale fut le premier conflit où les Tunisiens furent incorporés dans l’armée française face à l’Allemagne et à ses alliés, dont la Turquie. En effet, lors de la guerre de Crimée en 1 854, la Régence y participa en tant que province inféodée au Sultan de Constantinople conjointement avec la France et l’Angleterre contre la Russie.
La loi organique de 1 857, révisée le 7 février 1 860, constituait le premier document établissant un service militaire obligatoire en Tunisie. Il instaurait une période active de 3 ans et une période de 7 ans dans la réserve pour tous les Tunisiens de confession musulmane à l’exception des jeunes gens titulaires du certificat de taleb délivré par la Djamaa Zitouna (1). Après l’établissement du Protectorat, l’armée fut réduite à une garde beylicale en décembre 1 883 comprenant 500 hommes répartis en une section d’infanterie, un peloton de cavalerie et une section d’artillerie sous le commandement de trois officiers français : un chef de bataillon, un capitaine et un officier d’administration. Par contre, la loi du 31 décembre 1 882 avait créé au sein du corps français d’occupation douze compagnies mixtes composées de Français et de Tunisiens et réparties dans les trois armes : infanterie, cavalerie et artillerie. Chaque compagnie comprenait 10 officiers, 68 fantassins français, 144 fantassins tunisiens, 10 cavaliers français, 33 cavaliers tunisiens et 44 artilleurs français. Les militaires indigènes étaient soumis au code de justice de l’armée. Le contingent tunisien était incorporé soit dans la garde beylicale, soit dans les compagnies mixtes pour une durée de 3 ans. Les bureaux de renseignements assuraient le recrutement par tirage au sort, une commission de révision, composée de civils et de militaires, vérifiait les opérations. Les membres de certaines tribus des territoires militaires du sud formaient les cavaliers des goums et se trouvaient exemptés du service normal ; les habitants des grandes villes (Tunis, Sousse, Sfax) ainsi que les Israélites étaient exemptés en bloc ainsi que les diplômés du taleb, enfin, le remplacement administratif était admis. La gendarmerie comportait également une minorité de Tunisiens: 16 pour 72 gendarmes français. L’ensemble de ces dispositions donnait bon an mal an un contingent annuel de 4 1 1 2 hommes, soit à peu près la moitié des hommes bons pour le service. Des engagements volontaires étaient prévus par la loi, ils étaient relativement peu nombreux et devaient en principe compenser le remplacement administratif (2).
La loi du 1 0 septembre 1 883 confirma l’ensemble de cette procédure ainsi que celle du 12 janvier 1892. Dès le début de la guerre, une série de décrets précisa les détails de l’incorporation pour la durée des hostilités :

la suite à lire en ligne ici : 

http://fr.calameo.com/read/002152756d8ca35960f9f

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La Tunisie au gré des conflits

Une histoire, la Tunisie et la France

3 avril 2015

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Classé sous — milguerres @ 16 h 45 min

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Quelques livres choisis

1914 Broché – 8 novembre 2012

de Jean-Yves LE NAOUR

En 1914, l’obsession de la guerre hante l’Europe. Avant même que l’attentat de Sarajevo n’allume la mèche de la poudrière balkanique, elle occupe les esprits, s’affiche à la une des journaux, s’invite dans les conversations et les discours politiques. Sans que l’on n’y croie vraiment. Pourtant, en quelques jours à peine, le monde bascule dans un engrenage qui va le broyer. La guerre s’impose comme la plus rapide des solutions pour conduire à l’émancipation des nationalités et à l’avènement d’un nouveau monde. Mais la boîte de Pandore est ouverte et la machine infernale lancée : pendant quatre longues années, la guerre deviendra mondiale, totale et terroriste. A la lumière de la recherche la plus récente, conjuguant les approches diplomatiques, militaires, sociales et culturelles, Jean-Yves Le Naour nous fait revivre l’année 1914 au plus près de la façon dont les contemporains l’ont vécue. Ce premier volume d’une série ambitieuse renouvelle en profondeur l’histoire de la Grande Guerre. Historien du XXe siècle, professeur en classes préparatoires, Jean- Yves Le Naour est l’auteur de nombreux ouvrages, dont récemment chez PerrinLes Soldats de la honte qui a reçu le Grand Prix du livre d’histoire Ouest-France-Société Générale et le prix de l’Académie de médecine Jean-Charles Sournia.

 

1914, le destin du monde Poche – 6 mars 2014

de Max GALLO

À Paris, gare de l’Est, en ce diman­che 2 août 1914, c’est la mobi­li­sa­tion géné­rale. Il y a bien­tôt cent ans, le samedi 1er août, l’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie, l’alliée de la France. L’Empire austro-hon­grois est, dès le 28 juillet, entré en guerre contre la Serbie. L’engre­nage des allian­ces, des ulti­ma­tums, des mobi­li­sa­tions, entraîne les nations dans sa méca­ni­que san­glante. Berlin est soli­daire de Vienne. Paris, lié à Londres, sou­tient Saint-Pétersbourg. En quel­ques heures, toutes les gran­des gares euro­péen­nes res­sem­blent à la gare de l’Est. Tous ces hommes qui par­tent, inno­cents, incons­cients, n’ima­gi­nent pas que des cen­tai­nes de mil­liers d’entre eux vont mourir ou être bles­sés avant que l’année 1914 se ter­mine, et que cette guerre, qui devait être brève et locale, devien­dra la Première Guerre mon­diale.

 

Le Jour le plus meurtrier de l’histoire de France: 22 août 1914 (Anglais) Relié– 9 octobre 2013

de Jean-Michel Steg

27 000 Français sont tués le 22 août 1914, le jour le plus sanglant de l’histoire de France. C’est quatre fois plus qu’à Waterloo, autant que durant les huit années de la guerre d’Algérie. Avant même la bataille de la Marne, Verdun ou le Chemin des Dames. Où donc ces hommes ont-ils disparu ? Dans quelles circonstances ? Un nombre de tués en une seule journée, sans précédent dans l’histoire de France et sans exemple depuis, ne peut être une simple bizarrerie statistique. C’est l’ambition de ce travail d’apporter quelques explications. Ce cataclysme meurtrier au tout début du conflit traduit-il les conséquences de choix individuels et collectifs, tactiques, stratégiques ou organisationnels erronés, ou tout simplement malheureux ? Comment les militaires en viendront-ils à accepter que, face à la létalité du feu au XXe siècle, le soldat ne peut plus mener la guerre dressé sur le champ de bataille, comme il le faisait depuis l’Antiquité, mais doit désormais combattre enterré et dissimulé ? Pour le savoir, il faut suivre Jean-Michel Steg dans les Ardennes belges le matin 22 août 1914.

Étudiant à l’EHESS, Jean-Michel Steg travaille depuis trente-cinq ans dans le monde de la finance.

 

1914 Les atrocités allemandes : La vérité sur les crimes de guerre en France et en Belgique Poche – 6 octobre 2011

de John Horne  (Auteur), Alan Kramer  (Auteur), Hervé-Marie Benoît (Traduction)

D’août à octobre 1914, près de 6 500 civils belges et français ont été intentionnellement
assassinés, des centaines de villages ravagés par l’armée allemande. Comment la peur des francs-tireurs et de la résistance civile, mythe né pendant la guerre franco-prussienne de 1870, a-t-elle
conduit les soldats allemands à des crimes systématiques et de grande ampleur ? Quelle fut
l’influence des « atrocités » sur la propagande des deux camps, contribuant à donner au conflit le
sens d’une « croisade contre la barbarie » ? Comment ce thème, d’abord élément central du discours allié sur la « culpabilité allemande » et le jugement des criminels de guerre, a-t-il fini par rencontrer un scepticisme général, dès les années vingt ? Ce livre magistral sur un crime de guerre, son instrumentalisation et sa place dans la mémoire des belligérants trouve toute son actualité alors que le sort des civils en temps de guerre et la portée de la justice internationale demeurent des sujets brûlants.

Introduction à l’histoire de notre temps : Tome 3, le XXe siècle, de 1914 à nos jours Poche – 20 février 2014

de René Rémond  (Auteur)
Comprendre son temps est impossible à qui ignore tout du passé ; être un contemporain, c’est aussi avoir conscience des héritages, consentis ou contestés. Etudier hier en fonction d’aujourd’hui – et même de demain -, tel est précisément le propos de ce livre, tiré d’un cours professé à l’Institut d’études politiques. Quelle est l’importance de la guerre de 1914 ? Qu’est-ce que le fascisme ? Quelles sont les origines de la guerre froide ? Qu’est devenu le monde au XXe siècle ? A ces questions et à cent autres, ce troisième volume apporte des réponses claires et rigoureuses. Sans préoccupation érudite, cet ouvrage permettra à chacun de réviser des notions demeurées imprécises et d’acquérir les bases historiques indispensables à l’intelligence de notre époque

Putain de guerre !, Intégrale : 1914-1918 Relié – 29 janvier 2014
de Jacques Tardi (Auteur)

Le temps de respirer et de raconter notre guerre aux petits-enfants n’était pas encore venu. D’ailleurs, aurions-nous envie d’en causer de cette immonde tuerie, de ce suicide collectif, totalement à vomir ?

Paroles de poilus : Lettres et carnets du front (1914-1918) Broché – 16 octobre 2013
de Jean-Pierre Guéno
Ils avaient dix-sept ou vingt-cinq ans et étaient palefreniers, boulangers, colporteurs, ouvriers ou bourgeois. Ils devinrent soudainement artilleurs, fantassins, brancardiers… Voyageurs sans bagages, ils durent quitter leur femme et leurs enfants, revêtir l’uniforme mal coupé et chausser les godillots cloutés… Sur huit millions de mobilisés entre 1914 et 1918, plus de deux millions de jeunes hommes ne revirent jamais le clocher de leur village natal. Plus de quatre millions subirent de graves blessures. Huit mille personnes ont répondu à l’appel de Radio France visant à collecter les lettres, jusqu’ici éparpillées, de ces poilus. Cet ouvrage en présente une centaine. Des mots écrits dans la boue et qui n’ont pas vieilli d’un jour. Des mots déchirants, qui devraient inciter les générations futures au devoir de mémoire, au devoir de vigilance comme au devoir d’humanité…

17 août 2014

L’animal au cœur de l’expérience combattante

Classé sous — milguerres @ 22 h 41 min
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L’animal au cœur de l’expérience combattante
Par Anne-Sophie Lambert
SOURCE BNF
La Première guerre mondiale est une guerre particulièrement meurtrière, des millions de soldats sont tués mais aussi, fait moins connu, plusieurs millions d’animaux. Encore relativement oubliés par l’historiographie française, bien que la photographie dévoile leur importance, les animaux (14 millions selon certaines sources : chevaux, mules, bœufs, chiens, pigeons …) participent directement à l’effort de guerre, comme nourriture du soldat évidemment, et aussi comme combattants, sauveteurs, soutien logistique. L’usage des animaux témoigne de l’évolution des techniques de guerre pendant cette Première guerre mondiale, en particulier celui du cheval qui se voit remplacé par la machine. Certains de ces animaux deviennent des mascottes, signe  de la fédération d’un groupe de soldats et nécessaire réconfort affectif dans un temps où la brutalité et la mort sont partout. D’autres encore sont très présents dans le quotidien des Poilus : rats, poux, puces, mouches… même s’ils aimeraient s’en passer. Les tranchées sont envahies par ces cohortes de parasites auxquels certains soldats s’identifient très naturellement. L’animal est donc bien au cœur de l’expérience combattante. D’ailleurs n’avons-nous pas décerné des médailles ou  les honneurs militaires à certains de ces animaux, les désignant ainsi comme des combattants héroïques à l’égal de l’homme ? N’avons-nous pas dressé à la fin de la guerre des  mémoriaux en souvenir de leur sacrifice involontaire, les incluant dans un devoir de mémoire national nécessaire et signifiant ainsi tout l’attachement des combattants, très largement ruraux, pour les animaux ? Ou témoignant tout simplement de l’absurdité de la guerre ?
Des documents visuels montrent l’importance et la diversité des animaux participant directement ou indirectement à l’effort de guerre.Voici une sélection de photographies de presse, témoins du sacrifice involontaire des animaux et du lien qui les unit avec les soldats.L'animal au cœur de l'expérience combattante n5300510
Chevaux morts
Cliché Melin, Paris, 1918.
Photographie de presse (négatif sur verre ; 13 x 18 cm)
BnF, département Estampes et photographie, EI-13 (616)
© Bibliothèque nationale de France
L’historiographie française récente porte une attention renouvelée à la place des animaux dans les armées, notamment au cours de la Première Guerre mondiale. Dans une société encore très largement rurale, l’impact psychologique, sur ces paysans devenus soldats, de la disparition en masse des animaux de trait qui étaient les compagnons de leur horizon familier, fut très certainement beaucoup plus important que ne le laisse supposer l’étude classique des sources.

n6946410

Hôpital pour chevaux
Rol, agence photographique, Paris, 1916.
Négatif sur verre, 13 x 18 cm
BnF, département Estampes et photographie, EST EI-13 (494)
© Bibliothèque nationale de France
Les chevaux font l’objet d’une attention comparable à celle apportée aux soldats. Des hôpitaux pour chevaux sont mis en place pour soigner les animaux malades, signe de l’importance de ces animaux dans le dispositif militaire pour l’ensemble des belligérants. Durant le mois d’août 1914, les armées françaises réquisitionnent plusieurs centaines de milliers de chevaux, environ un cinquième du cheptel français. Au total, la France mobilise plus 1,8 millions de chevaux au cours du conflit mondial, 80% y trouvent la mort, dans les combats, de maladie ou de privation. Les chevaux, d’abord utilisés au combat par la cavalerie sont progressivement employés dans le support logistique, en particulier pour faire avancer les canons. Ce changement témoigne de la modernisation, de la motorisation de l’armée pendant les quatre années de la guerre et donc de la fin de la cavalerie, dont la représentation héroïque tend alors à disparaître.

n6909310
Départ de chiens sanitaires à Asnières
Devant le « Chenil de chiens de guerre » de la « Réunion des amateurs du chien de défense et de police de France »
Rol, agence photographique, Paris.
Négatif sur verre, 13 x 18 cm
BnF, département Estampes et photographie, EST EI-13 (384)
© Bibliothèque nationale de France
Les chiens (plusieurs dizaines de milliers sont mobilisés côté français au cours de la guerre) sont utilisés à des fins sanitaires (chercher un blessé), à des fins logistiques (transport de chariot avec la « soupe » ou des munitions, transmission de message) et aussi comme mascotte d’unité militaire pour le moral des troupes. Leur rôle est toujours plus nécessaire avec l’enterrement des soldats dans les tranchées. Après avoir sauvé plusieurs poilus, certains chiens sont décorés de la croix de guerre.

n6931310
Appareil photographique miniature s’adaptant sous le ventre des pigeons voyageurs
Rol, agence photographique, Paris, 1914.
Négatif sur verre, 13 x 18 cm
BnF, département Estampes et photographie, EI-13 (472)
© Bibliothèque nationale de France
L’armée française dispose en 1918 de 30 000 pigeons pendant la Première guerre mondiale, pour transmettre des messages. En effet ils deviennent un élément essentiel de la communication entre combattants, surtout quand la guerre se fixe dans les tranchées, puisque la téléphonie ne fonctionne pas toujours et la fumée des combats isole les troupes. Les pigeons furent aussi employés pour rapporter des clichés du front grâce à des appareils légers à déclenchement automatique, et pour l’espionnage. A partir de 1916, la France se dote de pigeonniers sur remorque permettant d’installer les oiseaux au plus près des combattants. Certains pigeons furent décorés (de bagues aux couleurs de la légion d’honneur) car ils avaient sauvé des vies humaines en transmettant des messages dans des conditions extrêmes.

n9044810
La recherche des « totos » sur le front de la Somme
Meurisse, agence photographique, Paris, 1915.
Négatif sur verre, 13 x 18 cm
BnF, département Estampes et photographie, EI-13(2565)
© Bibliothèque nationale de France
Si le soldat chasse les rats, il est un parasite qui le menace véritablement au quotidien et qu’il doit sans cesse combattre : les poux à qui les Poilus ont attribué un surnom affectueux, les « totos ». Les totos permettent cependant l’ironie et l’humour et on les retrouve souvent dans les journaux de tranchées. Comme dans ce numéro du Front, du 1er juillet 1916, où l’on peut lire que « les Russes l’ont en admiration et viennent de lui consacrer leur capitale : Pétrogratte », que « le poilu craint, en effet que, surpris en train de lui faire la chasse, on l’accuse de voler l’Eta t… mais oui … de faire de la gratte » mais surtout que « il n’y a pas que les poux de collants. Dans de nombreux cas, l’épouse l’est aussi et, hélas ! à un degré supérieur. »

source BNF GALLICA

 

 

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10 novembre 2013

Pour le dévoir de mémoire : Les Zouaves

Classé sous — milguerres @ 19 h 03 min

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La Tunisie et la Grande Guerre

 

Pour le dévoir de mémoire
Les Zouaves

« Bien des personnes, quand passe sous leurs yeux le nom d’un héros glorieux ou obscure
ont un sentiment de respect et d’admiration
qui leur fait éprouver le désir de connaître quelle localité doit s’honorer de ce nom, et,
quelle a été la destinée de celui qui le portait… »

Texte tiré du dernier chapitre de
Nos zouaves : historique, organisations, faits d’armes, les régiments, vie intime / Paul Laurencin ; cent ill. par Beaucé, Eugène Bellangé, Hippolyte Bellangé… [et al.]
Auteur : Laurencin, Paul

voici ces noms publiés sous un petit livre qui sera plus facile à feuilleter !
bonne lecture !

http://fr.calameo.com/read/002152756b828896d627a

SOURCE
Titre : Nos zouaves : historique, organisations, faits d’armes, les régiments, vie intime / Paul Laurencin ; cent ill. par Beaucé, Eugène Bellangé, Hippolyte Bellangé… [et al.]
Auteur : Laurencin, Paul (1837-19..)
Éditeur : J. Rothschild (Paris)
Date d’édition : 1888
Contributeur : Beaucé, A. (18..-18.. ; illustrateur). Illustrateur
Sujet : France. Armée. Zouaves
Sujet : France (1789-….)
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Droits : domaine public
Source : Bibliothèque nationale de France
Provenance : bnf.fr

 

 disponible également sous document word à télécharger 

DEVOIR MEMOIRE ZOUAVES

 

 

 

 

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La Tunisie et la Grande Guerre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nos zouaves : historique, organisations, faits d’armes, les régiments, vie intime (BNF)

Classé sous — milguerres @ 18 h 36 min

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La Tunisie et la Grande Guerre

La Tunisie au gré des conflits


Nos zouaves : historique, organisations, faits d’armes, les régiments, vie intime

Paul Laurencin ; cent ill. par Beaucé, Eugène Bellangé, Hippolyte Bellangé… [et al.]

Auteur : Laurencin, Paul (1837-19..)

Éditeur : J. Rothschild (Paris)

Nos zouaves : historique, organisations, faits d'armes, les régiments, vie intime (BNF) f111

Les ZOUAVES depuis la guerre…. publication tirée du Chapitre XI de


« Nos zouaves : historique, organisations, faits d’armes, les régiments, vie intime « 

Il est précisé dans ce chapitre que le 4ème Régiment de Zouaves s’est définitivement


installé à Tunis, en 1881…

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif

A lire intégralement sur :
http://fr.calameo.com/read/0021527568cd2585ad1d2

source documents : Bibliothèque Nationale de France

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La Tunisie et la Grande Guerre

La Tunisie au gré des conflits

9e Régiment de Dragons

Classé sous — milguerres @ 18 h 13 min
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HISTORIQUE SUCCINCT
du 9e Régiment de Dragons
(par le Lieutenant colonel (H) Henri Azema)

http://cavaliers.blindes.free.fr/rgtdissous/9dragonsh.html

Levé le 14 septembre 1673 à partir des dragons de gentilshommes (Danjeau) par le Marquis Charles Paul de Beauffremont il prend le nom de régiment de Beauffremont-Dragons qu’il conservera jusqu’en 1685. Racheté en 1696 il devient Payrac-Dragons, du nom de son nouveau propriétaire. En 1699, repris par une branche des Beauffremont il prend le nom de Listenois-Dragons avant de devenir en 1773 Lorraine-Dragons.
Sous l’Ancien régime:
Sous les anciennes dénominations de la royauté, le régiment participe aux guerres de Hollande (1673-1678), contre la ligue d’Augsbourg (1688-1697), de la succession d’Espagne (1701-1713), de la guerre de succession de Pologne (1733-1735), d’Autriche (1740-1748), à la guerre de Sept Ans (1756-1763).
Après la révolution, en 1791, le régiment prend le nom de « 9e régiment de dragons ».

Les guerres de la révolution et de l’Empire:

   1791: Le régiment, après les massacre de la « Glacière », est envoyé à Avignon le 16 octobre pour rétablir l’ordre.
   1793: En compte à l’armée des Alpes, le 9e dragons positionné à Vienne est dirigé Lyon le 9 août où il participe au siège de la ville tenue par des dissidents fédéralistes. Après la chute de la ville, le régiment quitte le quartier Varin et réintègre l’armée de Kellermann mi-octobre 1793.
   1794-96: Il est à l’armée d’Italie de Buonaparte. Il combat à Mondovi le 21 avril 1796, ce sera ensuite Calderio, le Passage du Mincio puis, Arcole le 16 novembre 1796 où il favorise la prise du pont sur l’Alpone en prenant à revers les troupes autrichiennes.
   1797: Il participe, le 14 mars, à la bataille du Tagliamento puis au siège de Mantoue qui capitule le 31 juillet.
   1799: Le 26 mars, le 9e dragons combat à Véderio au sein de l’armée Suchet, subit un échec et est fait prisonnier. Partiellement libéré 4 mois après, les restes du 9e dragons avec son colonel rentrent en France et se reconstitue à Paris.
   Le 10 novembre 1799, le régiment sous les ordres du colonel Sebastiani est une des 3 unités qui participe au coup d’état du 18 brumaire.
   1800: Le 9e dragons fait partie de l’Armée de réserve de Dijon créée par décret en date du 8 mars pour renforcer l’armée de Masséna en difficulté en Italie. Il est à Seurre le 5 avril avant de s’installer fin avril à Saint-Jean-de-Losne. Il est avec le 8e dragons à la brigade Rivaud.
   Le 5 mai, la division de cavalerie qui comprend le 11e hussards, le 15e chasseurs, le 3 e de cavalerie et le 9e dragons fait mouvement sur Genève par Bourg, Nantua Carouge; le régiment se positionne le 14 mai à Nyons. Après la passage du col du Gand-Saint-Bernard, mené par le 1er consul Buonaparte il combat contre les autrichiens à Montebello le 9 juin . A l’armée Kellermann, 2e brigade Champeaux, il est engagé à Marengo le 14 juin où il repousse de nombreuses attaques et où ses charges forcent la victoire un moment indécise.
   1801: Le 12 juin, il combat en Toscane et se fait remarquer à Castel-Franco.
   1803: En prévision d’une action sur l’Angleterre les forces françaises se rassemblent. Les 1er, 3e, 8e et 9e dragons sont stationnés dès le 14 juin au camp de Compiègne.
   1804: Le régiment aux ordres du colonel Maupetit stationne, pour les 1er et 2e escadrons à Pont-Sainte-Maxence, l’escadron de dépôt, les 3e et 4e escadrons à Versailles.
   1805: Le 9e dragons est à la Grande Armée, à la 3e division de cavalerie il fait partie de la 1e brigade de dragons avec les 5e, 8e dragons du général Boyer. Le 27 août, il reçoit ordre de marcher sur l’Allemagne. Après avoir franchi le Rhin, il combat victorieusement le 8 octobre contre les autrichiens à Wertingen puis s’illustre à Austerlitz le 2 décembre.
   1806: Durant la campagne de Prusse, il combat à Iéna le 14 octobre puis participe le 26 octobre à la prise du village de Zehdenick, après une charge de cavalerie menée par Murat.
   1807: En campagne en Pologne, le 9e dragons, aux ordres du colonel Girardin, est engagé le 3 février à Jonkowo, le 6 à Hoff puis à Eylau le 8 février où le 9e dragons et les escadrons de Murat chargent à plusieurs reprises pour dégager l’infanterie et forcer les russes à une nouvelle retraite. Ce sera ensuite Friedland le 14 juin et Koenigsberg où il entre le 16 juin 1807.
   Les nombreux combats des guerres de la révolution et de l’Empire valent au régiment d’inscrire sur son étendard les noms de
    »Arcole 1796″ – « Marengo 1800″ – « Austerlitz 1805″- « Eylau 1807″.
   1808: Dirigé sur l’Espagne le régiment combat à Burgos le 7 novembre 1809.
   1809: Le 9e dragons est engagé à Talavera-de-la-Reina les 27 et 28 juillet et le 19 novembre à Occana.
   1810: Il participe au siège de Cadix en avril puis à la bataille de Busaco le 28 novembre.
   1811: En prévision de la campagne de Russie, l’Empereur réorganise l’Armée; le 9e régiment de dragons change d’appellation et devient le 4e régiment de lanciers.
   1812: Sous cette nouvelle dénomination le régiment se distinguera en 1812 lors de la campagne de Russie à la Moskova, Mojaisk et Winkowo.
   1813: Durant la campagne d’Allemagne il est à Leipzig et Hanau.
   1814: Il participe aux combats Champaubert et Vauchamps lors de la campagne de France.
   Après l’abdication de l’Empereur le régiment prend l’appellation de régiment de Lanciers de Monsieur titre qu’il ne conservera que dix mois.
   1815: Les cent jours:
   Le 1er mars 1815 Napoléon quitte l’île d’Elbe. Le 20 mars il entre dans la capitale. Mais les alliés reprennent les hostilités et très vite il faut réorganiser l’armée. Le 9e régiment de dragons retrouve son nom mais une ambigüité subsiste car c’est sous le nom de 4e lanciers qu’il combattra à Waterloo.
   En 1815 à bataille de Waterloo, sous le commandement du Colonel Brio, le régiment (4e lanciers) anéanti les dragons anglais du général Ponsonby, tué par le Maréchal-des-logis Orban, qui sauve également le drapeau du 45e de ligne.

Restauration:
Fin Juin 1815, peu après la seconde abdication de l’Empereur, le régiment est dissous. Les hommes sont transférés au régiment de chasseurs de Vendée qui deviendra 10e dragons en 1825.

   1816-24: Sous la IIe restauration, recréé sous le nom des dragons de la Saône, il participe en 1823 à l’expédition d’Espagne. Sous les ordres du colonel Vilatte et combat avec succès à San-Juan-Del-Puerto.
   1825: Après la dissolution des « Dragons de la Saône » le régiment retrouve son appellation de 9e régiment de dragons. Il ne gardera cette dénomination que trois mois et deviendra le 1er janvier 1826 « 9e régiment de cuirassiers ». A la même date, le 21e régiment de chasseurs à cheval dissous, prend le nom de « 9e régiment de dragon » et reste en garnison à Epernay.
   1826: Le 1er janvier il devient le 9e régiment de cuirassiers, le 21e régiment de chasseurs perdant son nom, constitue le 9e régiment de dragons actuel. Il est à cette date en garnison à Epernay.

La guerre de 1870:

   Le 1er août, le 9e dragons est en compte à l’armée du Rhin du général Barrail. Il est commandé par le colonel Reboul, et fait partie, avec le 1er dragons, de la 1èrebrigade.
   Le 16 août, il se distingue à la bataille de Rezonville (Division Forton); le régiment surpris par une attaque prussienne, se débande avant de se reformer et de s’illustrer en chargeant la brigade Bredoww.
   Après la capitulation de l’Empereur Napoléon III à Sedan le 2 Septembre, il retrouve sa garnison d’Epernay. Il restera en champagne jusqu’en 1914 avec un intermède en 1896 à Lunéville.

La guerre 1914–1918:

   Le 9e régiment de dragons, en garnison à Epernay, appartient à la 7e brigade de dragons, 1er corps de cavalerie (Général Sordet), 5e division (avec le 29e dragons), Ve armée, pour une période s’étalant du mois d’août au mois de novembre 1918.
   Il est composé de quatre escadrons.
   1914:
   Le 31 juillet, le régiment est placé en couverture à Boulzicourt dans les Ardennes jusqu’au 4 août, puis il est envoyé en opérations dans les Ardennes belges/ Martelange, Bastogne, Huy, Hotton, sur la frontière luxembourgeoise, face aux escadrons de hulans. Il participe ensuite à la retraite générale de la Marne et de la Somme du 23 au 27 août 1914. Transporté par VF à Nantueil le Houdain le 12 septembre, il participe à la bataille de l’Ourcq , patrouille sur les arrières ennemis en forêt de Compiègne et Villers Cotteret, puis est engagé à Templeux le 15 et Bohain le 16 septembre.
   La course à la mer:
   Engagé dans la bataille Picardie : il combat à Nurlu le 23, Péronne le 25, puis glissant en Artois ce sera les combats de Noyelles le 28 et de Lens le 4 octobre. La bataille des Flandres le voit combattre du 7 au 9 novembre à Lestrem, Gorgues, Vieille Capelle, Ypres avant d’être engagé sur l’Yser à partir du 17 puis à Steenstraate, Boesinghe, Langemarck.
   Retiré du front il s’installe en réserve vers Hertzeele le 9 novembre 1914 avant d’être placé en repos du 13 décembre au 5 février 1915 à Wermhoult.
   1915:
   Le 7 février, le régiment fait mouvement sur Auxi le Château pour une période de repos et d’instruction. En mai des éléments à pied sont employés dans les tranchées à Wailly et Perles au Bou.
   Du 4 au 29 août, il fait mouvement sur Avesne le Comte; non engagé il retourne à Auxi le Château où il est aux tranchées à Notre-Dame-de-Lorette et Neuville-Saint-Waast.
   Le 21 septembre par VF le régiment fait mouvement vers Sézanne où il est en repos avant de rejoindre la région de Chalons où il est engagé le 2 octobre à Souain.
   Le 23 octobre, placé en repos à Esternay il retourne aux tranchées le 17 juillet à la ferme des Marquises.
   1916:
   Retiré du front et transporté par VF dans le secteur de Lunéville, il est placé dans le secteur situé entre Embermenil et la Saône.
   1917:
   Placé en couverture sur la frontière Suisse, il rejoint le camp du Valdahon en janvier 1917 jusqu’en avril puis, celui de Villersexel. Il retrouve les tranchées de Coucy-le-Château, d’avril 1917 à mars 1918.
   1918:
   Pendant la grande offensive allemande de 1918 et la contre-offensive française et alliée, le régiment est en position sur la Somme, à Roye et Montdidier du 26 mars au 27 mai. Retiré du front il se reconstitue à Montmirail du 6 juin au 2 juillet. A partir du 15 juillet il est engagé dans la région d’Epernay reprend Montvoisin et Oeuilly les 17 et 18 juillet.
   Retiré du front le 22 juillet, il est déplacé en Argonne le 21 septembre 1918. Le 22 octobre il est positionné à Vitry le François. C’est à Gondrecourt que l’armistice le trouve le 11 Novembre 1918.
   Les noms de « L’Yser 1914″ – « L’Avre 1918″ – « Reims 1918″ viendront s’ajouter à l’étendard.

Guerre 1939–1945:

   1939:
   A la déclaration de guerre le régiment est dissous à Epernay. Il donne naissance le 23 août 1939 à deux groupes de reconnaissance d’infanterie: le 3e et 92e GRDI et un groupe de reconnaissance de corps d’armée: la 10e GRCA.
   1944:
   Il est recréé à partir des éléments de la résistance (Le 5eescadron entre autres est constitué de volontaires du maquis des Chênes de la Marne); il se nomme alors « 9e régiment de dragons FFI » et participe à la protection des arrières alliés en décembre 1944 dans la région de Soissons, lors de l’offensive de Von Rundstedt dans les Ardennes.
   Existant de fait dans le soissonnais il est de droit reconstitué à Paris le 1er janvier 1945.
   1945:
   Le 16 janvier, du 3e escadron FFI nait le 1er escadron. Dirigé sur Tarbes, il s’installe au Quartier Larrey. Ayant reçu des renforts en personnel après le 8 mai, il se prépare à un départ pour l’Indochine et devient « Régiment de Marche de Chars de la 2e D.B. ». Il est commandé par le lieutenant-colonel Divary.

L’Indochine:
Le régiment embarque le 10 octobre 1945 sur le paquebot « l’Oronte » à Marseille et débarque à Saigon le 3 novembre 1945 sous le nom de « Régiment de marche du 9e dragons ».
Il combat dans la province de Tay-Ninh au nord-ouest de Saigon près de la frontière du Cambodge et a quelques accrochages avec le Viet-Minh à Go Dau HA entre Saigon et Tay-Ninh.
Le 1er avril 1946, il fait partie de la 1ère brigade d’Extrême-Orient et devient « Groupement d’unités d’armes lourdes » (GUAL/BEO) commandé par le lieutenant-colonel Divary.
Le 1eraoût 1946, il est basé au Tonkin où le régiment est une nouvellement fois dissous. Ses personnels sont mutés au 1er régiment de chasseurs à cheval.

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Bauffremont_Dragons_9e_regiment_quartiers_Epernay_1914_.jpg ‎(500 × 319 pixels, file size: 33 KB, MIME type: image/jpeg)
Français : Quartiers du 9e regiment de dragons à Epernay en 1914. Le nom de tradition de ce régiment est Bauffremont Dragons.

source texte : http://cavaliers.blindes.free.fr/rgtdissous/9dragonsh.html
source image : wikipedia

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif

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http://military-photos.com/9drag.htm

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http://military-photos.com/9drag.htm

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http://military-photos.com/9drag.htm

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Historique du 9e régiment de dragons depuis son entrée en campagne,


le 1er août 1914, jusqu’au 11 novembre 1918,


date de la signature de l’armistice ,


rédigé par M. le lieutenant-colonel Picaud

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif

a lire intégralement et télécharger sur

http://fr.calameo.com/read/0021527569c3c430aef13

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Titre : Historique du 9e régiment de dragons depuis son entrée en campagne, le 1er août 1914, jusqu’au 11 novembre 1918, date de la signature de l’armistice , rédigé par M. le lieutenant-colonel Picaud
Auteur : Picaud, Lieutenant-Colonel
Éditeur : H. Charles-Lavauzelle (Paris)
Provenance : bnf.fr

 

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4 mai 2013

Renaudin (destroyer)

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La Tunisie et la Grande Guerre

La Tunisie au gré des conflits

Une histoire : Bizerte et la France

 

Renaudin (destroyer) 

Destroyer (contre-torpilleur) de type Bisson construit aux Mourillons (Var), commencé en février 1911,
mis à flot le 20 mars 1913,
en service le 31 décembre 1913.
Le 18 mars 1916, il est torpillé devant Durazzo par un sous-marin autrichien
(l’équipage est recueilli par le destroyer Commandant Bory)

Renaudin (destroyer)  renaud10

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Navigazette 1913/03/27 (A12,N1248). 

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Navigazette 1913/03/13 (A12,N1246)

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Navigazette 1914/05/28 (A13,N1309).

source :

BNF.FR

http://www.wrecksite.eu

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La Tunisie et la Grande Guerre

La Tunisie au gré des conflits

Une histoire : Bizerte et la France

 

28 avril 2013

L’économie tunisienne en 1945 – Robert Tinthoin

Classé sous — milguerres @ 20 h 13 min

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La Tunisie au gré des conflits

L’économie tunisienne en 1945

Robert Tinthoin 

source : L’information géographique  lien   Année   1946   lien Volume   10   lien Numéro   10-5   lien pp. 180-183 (http://www.persee.fr

 ________________________________________

La Régence de Tunis, ouverte au monde moderne à la fin du XIXe siècle (1881),

ne possédait alors qu’un équipement économique rudimentaire et désuet.

 

I. — LE POTENTIEL ÉCONOMIQUE EN 1939

Avec l’aide de la nation protectrice, la Tunisie est parvenue, en 1939, à faire figure de nation moderne. C’était à la fois « un pays très jeune par sa formation et son équipement économique et très vieux par son histoire ».

Peuplée de 2.600.000 habitants (2) dont 8 % d’Européens (Français : 4,1 %, Italiens : 3,6 %) et 2,3 % d’Israélites, c’est un pays naturellement assez peu avantagé par une nature ingrate et aride. Sur une superficie totale de 125.000 km2, elle n’offre que 26 % de terres labourables et 8 % de bois et forêts contre 36 % de terres de parcours et 28 % de terrains improductifs. Contrairement à l’Algérie, elle ne possède pas de Tell littoral et les plis atlasiques s’y resserrent en laissant peu de place pour les plaines et les plateaux.

Son Agriculture est représentée par des produits méditerranéens (céréales, oliviers, vigne) et africains (dattes, alfa). La superficie cultivée en céréales a doublé depuis 1881 (9.700.000 ha en blé, 616.000 ha en orge), en 1939, grâce à la motoculture et à la pratique de la jachère travaillée. La Tunisie produisait en 1939: 2.160.000 qx de blé dur (3 fois plus qu’en 1881), 1.750.000 qx de blé tendre, dit « de force » (introduit depuis une trentaine d’années), 1.700.000 qx d’orge (augmentation du quart), 320.000 qx de céréales secondaires (avoine, maïs et sorgho, 11 fois plus).

Sous l’impulsion donnée par Paul Bourde, à partir de 1890, le nombre des oliviers a triplé (19 millions d’arbres), ils produisent 400 millions de kgs de fruits donnant 80 millions de kg d’huile. Le vignoble, peu important il y a 60 ans (1.200 ha), couvre en 1939 48.000 ha (40 fois plus) et produit 2 millions d’hectolitres de vin. Les plantations de tabac ont centuplé de superficie depuis 1891 (400 hectares). Les cultures maraîchères et fruitières étaient localisées presque exclusivement dans la zone Nord et Nord-Est, la basse vallée de Medjerda, le cap Bon et le Sahel (450.000 agrumes et 1.235.000 amandiers, plantés depuis 1881). Les oasis comptent 2.700.000 dattiers (la moitié en plus qu’en 1881) produisant 258.000 qx de fruits. Enfin, 900.000 ha de nappes alfatières — autrefois presque uniquement utilisées en terrains de parcours — donnent 1.290.000 qx d’a//a. Les forêts couvrent un million d’hectares, fournissant 45.000 qx de liège, 40.000 qx de bois de chauffage ou d’industrie, 130.000 mètres d’étais de mine. « La colonisation n’a pas entraîné une diminution des cultures indigènes : elle a surtout conquis des terres sur la brousse » (73.000 ha défrichés de 1921 à 1924).

La deuxième grande ressource de la Tunisie est Y élevage, qui a triplé d’importance en 60 ans : 2.740.000 moutons, 1.670.000 chèvres, 480.000 bovins, 300.000 équidés et 35.000 porcins en 1939.

Parmi les autres sources de richesse, les Mines (38 en activité en 1938) emploient 15.000 ouvriers extrayant 2.000.000 de tonnes de phosphates, 828.000 tonnes de fer, 31.000 tonnes de plomb et 3.500 tonnes de zinc, mercure et fluorine.

La PÊCHE, utilisant 3.800 barques de 10.000 tonneaux, montées par 15.000 hommes d’équipage, rapporte annuellement 200.000 kg d’épongé et 12 millions de kg de poisson.

Enfin, à côté des Industries anciennes modernisées (tapis, cuirs brodés et carreaux de faïence ) et des industries artisanales familiales (soieries, brocarts, dentelles, dinanderies, poterie d’art, tissus de laine et de poil de chameau, tapis : 30.000 m2, chéchias : 600.000), des usines européennes ont été construites récemment.

En 1939, la Tunisie compte : 21 minoteries modernes, 113 fabriques de pâtes alimentaires, 550 moulins, 1.310 huileries, 4 distilleries d’essences et de parfums, des conserves de produits alimentaires, surtout de poissons (3). Des tanneries traitent mensuellement 36 tonnes de peaux de bovidés, de moutons et de chèvres, tandis qu’on extrait des carrières un million de tonnes de produits; les fabriques de chaux fournissent 50.000 tonnes et celles de ciment 45.000 tonnes de ciment par an.

L’Équipement routier, ferroviaire ET portuaire est représenté par 6.600 km de routes (contre 4 en 1881), 8.000 km de pistes carrossables; 2.100 km de voies ferrées (contre 200 en 1881), transportant 10 millions de voyageurs, 4.200.000 tonnes de marchandises, 200.000 km, trains d’autorails; 250 ha de ports assurant un trafic de 160.000 passagers, 4 millions et demi de tonnes de marchandises et recevant 1.500 navires entrés et sortis d’un tonnage de 10 millions de tonneaux. La Tunisie possède un parc automobile de 9 à 10.000 tonnes : 200 autocars et 700 voitures de louage. Unaéroport de Tunis enregistre : 2.300 départs et arrivées d’appareils qui transportent 10.000 passagers, 22.000 kg de courrier et 17.000 kg de marchandises. Il faut ajouter : 56.000 km de lignes téléphoniques et 17.300 km de lignes télégraphiques.

L’ÉQUIPEMENT hydraulique est assuré par le grand barrage de l’oued Kebir (20 millions de m3 de retenue), par le barrage de dérivation à vannes d’El Bathan sur la Medjerda pour irriguer la forêt d’oliviers de Tebourba (100.000 arbres), par 15.000 points d’eau aménagés et de nombreux puits artésiens forés (débit total : 2.743 1/sec). 70 % des centres urbains, groupant 90 % de la population citadine, bénéficient d’une distribution d’eau potable assurée par 1.800 km de conduites (une seule ville, Tunis, en 1881).

L’équipement Électrique dispose de 9 centrales fournissant une puissance de 57.300 kW et débitant annuellement 62 millions de kW, grâce à 1.400 km de lignes à haute tension et 800 km de lignes à basse tension.

Au point de vue Pétrole, on n’a procédé qu’à des recherches sporadiques de 1909 à 1931. A partir de cette dernière date, quelques résultats ont été obtenus dans la région de Bizerte (Djebel Kébir)), la Tunisie centrale (Aïn Rhelal), près de Sbeïtla (Djebel Zaouia).

L’effort réalisé pour la mise en valeur agricole et industrielle se traduit par une consommation douole des blés dur et tendre, d’orge, d huile et de viande de mouton, quadruple du sucre, témoignages de l’élévation certaine du niveau de vie.

D’autres faits tendent à illustrer cette amélioration : c’est la valeur annuelle des divers produits du sol et du sous-sol : un milliard de francs d’huile, 417 millions de produits miniers, 90 millions de dattes, 50 d’alfa, 46 de poissons, 6 de produits forestiers, 3.500.000 de produits industriels, 3.500.000 de conserves de poissons, 190 millions de recettes douanières. Il faut ajouter 50 millions de francs-or investis dans l’alimentation en eau potable, 200 millions dans les industries minières, les capitaux des sociétés d’électricité, de chemins de fer, de transports routiers, la valeur des bâtiments publics et privés… pour un total de 750 millions de francs.

La richesse de la Tunisie est attestée par une balance commerciale assez bien équilibrée : 1.560 millions de francs aux importations (950.000 tonnes de produits divers, houille, bois, riz, sucre) contre 1.355 millions aux exportations (3.175.000 tonnes de phosphates, produits divers, céréales, vins, huile d’olives).

Cette prospérité fut gravement compromise en 1942 par le blocus des côtes d’Afrique du Nord, l’invasion allemande et les opérations militaires, au point qu’un moment, l’activité économique du pays fut pratiquement arrêtée.

H. — LES DESTRUCTIONS

Le 8 mai 1942, lors de la libération du territoire tunisien, la situation était la suivante : Sousse, Gabès, Bizerte, Tunis, Sfax, Tebourba, Medjez el Bab, Béja et d’autres agglomérations, les ports de Bizerte, la Goulette, Tunis, Sousse et Sfax, des chemins de fer, des centrales électriques, des ponts, sont en partie détruits et ont souffert des bombardements aériens, les routes, les locomotives et le matériel roulant ont subi une usure anormale par suite des besoins militaires. Au total, 235 km de voies ferrées, 268 p’onts, 1.572 km de routes sont défoncés, 5 centrales sur 9 mises totalement hors d’usage, la puissance électrique disponible est tombée à 1.800 kW; 530 km de lignes de transport et de distribution électrique avariés, le tonnage utile disponible pour le transport des marchandises est descendu à 1.100 tonnes par des camions très fatigués, à 10 tonnes par jour par chemin de fer. Les moyens de transport en commun de voyageurs par rail et par route ont pratiquement disparu : il ne reste qu’un parc automobile de 1.000 tonnes et 95 autocars en mauvais état dont 35 irréparables.

L’économie tunisienne est épuisée. Tout manque dans les centres urbains. Les marchés sont vides. Les céréales sont sur champs. Les ateliers sont détruits ou réquisitionnés. Plus de carburant, plus de force motrice. Au taux actuel, on peut évaluer la perte subie par l’outillage public à plus de 3 milliards de francs et l’ensemble des destructions consécutives aux opérations militaires à environ 30 milliards.

III. — LES RECONSTRUCTIONS

L’œuvre à accomplir était immense et exigeait une action créatrice pour réaliser du neuf, selon les données les plus récentes de la science et de l’art, dans un esprit de rénovation et d’union entre les divers éléments tunisiens ou français, musulmans, juifs ou chrétiens de la Régence.

Les principaux services reconstructeurs s’inspirèrent de la technique de l’urbanisme et de l’équipement régional le plus moderne.

En décembre 1944, dix-huit mois après l’expulsion des Allemands, des plans d’urbanisme sont établis pour les cités détruites (4), l’outillage public reconstitué, les centrales électriques tournent à nouveau (5), les routes à grands parcours permettent une circulation aisée, les ouvrages d’art sont terminés ou en cours d’achèvement, les ports de Sfax et de la Goulette praticables, les liaisons téléphoniques et télégraphiques possibles, les silos et les piles à huile reconstruits en partie, les déblaiements achevés, les opérations de déminage poursuivis. Les besoins essentiels de l’économie civile et l’effort de guerre ont pu être satisfaits, la campagne oléicole assurée à Sousse et Sfax, l’exploitation des mines de lignite (6), du cap Bon et les industries essentielles mises en marche (7).

Un travail considérable reste encore à accomplir pour réparer les ruines accumulées par la guerre et l’on n’a encore rempli à cette date que le dixième de cette tâche.

IV. — LA REPRISE ÉCONOMIQUE

Pratiquement isolée par les événements, la Tunisie, durant les six mois d’occupation, avait vécu de ses modestes réserves sous la contrainte et repliée sur elle-même.

L’eau a été de tout temps, l’élément le plus précieux de la mise en valeur de la Tunisie, comme de tous les pays du Moghreb, à faible pluviométrie. De l’équipement hydraulique dépend le développement rapide de la production agricole tunisienne. Une nouvelle politique de l’eau doit s’inspirer des expériences historiques basées sur le captage des sources, le barrage des oueds à l’origine de leurs cônes de déjection par des ouvrages peu coûteux et le développement de zones d’épandage dans la plaine, l’aménagement des pentes en terrasses étagées retenues par des murs en pierre sèche. Elle doit tenir compte également de la technique moderne des grands barrages- réservoirs et des forages.

L’irrigation a un rôle social : seule les cultures irriguées peuvent permettre d’améliorer le régime alimentaire des populations indigènes, en mettant à leur disposition des denrées d’un volume, d’une diversité et d’un pouvoir nutritif accrus. Le but à atteindre est de développer de nombreux périmètres irrigables, de fertiliser des terrains encore incultes et de redistribuer les terres irrigables. 

On prévoit l’aménagement de 50.000 hectares dans la région de Kasserine (8), 40.000 ha dans la basse vallée de la Medjerda et la région de Tunis, 1 millier d’ha dans la région de Gabès, dans le centre, la plaine à l’Ouest de Kairouan, au cap Bon, dans la plaine de la Foussana, la vallée de l’oued Marouf.

La Production agricole a subi les incidences des événements. Depuis 1940, on constate une régression marquée des superficies emblavées (près de 50 %), par suite de l’extension des zones minées, de la sécheresse persistante, du manque de matériel, de pièces de rechange, de carburants, de superphosphates, entraînant une préparation insuffisante du sol et une diminution des rendements. La situation semble devoir s’améliorer par l’importation de carburants, tracteurs et pièces de rechange et par une pluviométrie accrue.

Malgré la guerre, les plantations d’oliviers ont augmenté. On compte actuellement 22 millions d’arbres dont 14 millions en production, ce qui entraîne une progression constante du volume d’huile produite.

Atteint massivement par le phylloxera en 1936, le vignoble tunisien est en voie de reconstitution. Grâce aux efforts des arboriculteurs et des maraîchers, les cultures d’arbres fruitiers et de légumes ont dépassé 15.000 ha en 1 944, avec une production évaluée à 120.000 tonnes.

Les réquisitions, surtout sous l’occupation allemande, la pénurie des fourrages à cause de la sécheresse et diverses difficultés ont amené une diminution de 15 % de l’ensemble du cheptel depuis 1942. On s’efforce d’y porter remède par la protection, l’amélioration et la reconstitution du troupeau, la création de points d’eau, l’augmentation de la production fourragère et l’aménagement de réserves fourragères pour les années de disette.

L’équipement ferroviaire actuel a permis, en 1946, le transport d’un nombre double de voyageurs par rapport à 1939, malgré une réduction sensible du parcours des trains (12 millions de voyageurs par an contre 6); mais, parallèlement, le transport des marchandises n’atteint plus que le quart du trafic total. Pour l’avenir, on prévoit le renforcement des voies pour augmenter la vitesse des trains surtout sur les lignes impériales, l’acquisition de matériel neuf, notamment d’autorails et de Tocotracteurs électriques (9).

V. — CONCLUSION

Cruellement atteinte dans ses œuvres vives par la guerre portée sur son territoire, la Tunisie s’est rapidement ressaisie, grandie par l’épreuve qui a stimulé les énergies et modernisé les méthodes en vue d’assurer un? remise en état rapide et une rénovation génératrice de richesse.

Dès l’avant-guerre, la stabilité politique et sociale de la Tunisie avait été troublée par son intégration dans la vie économique européenne. Les habitudes ancestrales, nourries de l’esprit conservateur islamique et le développement de l’artisanat familial, ont été bousculées par la circulation accélérée des richesses, l’introduction de méthodes agricoles et industrielles nouvelles. Il en est résulté des inconvénients : le développement d’un prolétariat urbain et minier, la transformation des classes sociales, mais aussi des avantages : la revalorisation de la terre et de ses produits grâce à la colonisation agricole, l’accession de la petite bourgeoisie et la formation d’une élite intellectuelle moderne. L’étroitesse des débouchés réservés à cette élite, le sentiment de communauté islamique, un certain racisme exacerbé et le développement d’un particularisme local, le tout développé par la civilisation française, ont parfois égaré l’élite urbaine tandis que les masses rurales bédouines restaient assez calmes, satisfaites par l’amélioration de leur niveau de vie, la paix intérieure et le respect de leurs traditions dans le cadre du protectorat.

La guerre a retourné la situation. L’élite et la petite bourgeoisie ont observé à notre égard une attitude franche, loyale et sympathique. Depuis la libération, une sage politique de réformes a rétabli une atmosphère de compréhension réciproque. La France cherche a reconnaître la part qui revient au Tunisien dans la direction du pays mais lui demande de s’adapter et collaborer avec les éléments européens sous sous l’égide de la culture française. 

Robert Finthoin.

 

_____

Notes 

(1) Nous avons consulté notamment : L’œuvre de la France en Tunisie. Imprimerie Laporte. Tunis, 1941, in-8, 47 p., nombreuses illustrations, 1 carie h.-t. — Tunisie 45. Imp. Artypo, Aloccio, Bascone et Muscat, Tunis, 1Q45, in-4″, 75 p., 72 grav. h.-t. — R. F. Présidence du Conseil. Direction de la Statistique générale et de 3a documentation. Annuaire statistique, 54e vol., 1938, Paris, Imp. nat., 1939, in-S, section 6 C, Tunisie, p. 270-276.

(2) De 1921 à 1936, la population a augmenté de plus de 475.000 habitants.

(3) Livrant, suivant la pêche, 100.000 à 400.000 kg de thon à l’huile, 10.000 à 80.000 kg de thon salé, plus 1 80 de 150,000 kg de poissons divers à l’huile, 140.000 kg de poisson salé,

(3 bis) D’autres résultats modérés sont attendus pour l’avenir, mais il faudra un très gros effort en techniciens, capitaux et matériel. Ministère Economie nationale. Evolution de la situation économique française, Paris, 1946, n° 58, pp. 27-28. 1 S 1

(4) Dans Tunis, ville bâtie au-dessus de la boue conquise sur le lac, les lotissements suburbains se sont développés le long du golfe, depuis la Marsa jusqu’à Hammam Lif. On prévoit le maintien à Tunis du cent/e des affaires et du centre de commerce à proximité de la ville arabe, création de groupements urbains résidentiels, zone de repos et d’agrément le long du golfe, protection du site de Carthage, zones de travail intellectuel et portuaire.. A Blzerte, la nouvelle ville se développe à proximité d’une plage bien exposée et d’une forêt de pins, vers le lac.

(5) Pour l’avenir, on prévoit l’équipement de 150 millions de kWh sur un total de 350 millions que roule annuellement la Medjerdah. Dans trois à sept ans, on achèvera l’aménagement de l’oued el Lil (barrage de Ben Métir : 50 millions de m:i; trois usines de 14 millions de kWh; envoi à Tunis de 100.000 m3 d’eau potable; 8.000 ha irrigables) et celui de l’oued Mellègue (barrage de Kzar ez Zit : 400 millions de m3; 90.000 volts alimenteront Tunis et les mines du Centre tunisien; 40.000 ha irrigables). Construction de nouvelles centrales hydroélectriques alimentées par de vastes réservoirs, d’un réseau de transport et de distribution d’énergie électrique et d’interconnexion régionale et impériale (avec l’Algérie), augmentation de la puissance des centrales thermiques de la Goulette, Sfax, Gabès et Gafsa. (Ministère Economie nationale, Evolution de la situation économique française, Paris, 1946, n° 60, p. 29.)

(6) L’exploitation, commencée au cours de la guerre 1914-1918, a été reprise en 1939; on prévoyait une production de 300 tonnes par jour pour 1941 et 300.000 tonnes par an pour l’avenir. Une nouvelle usine de distillation devait en tirer de l’essence, semi-coke, brais, goudron et soufre.

(7) Par rapport à la valeur moyenne de 1942, le tonnage kilométrique mensuel des chemins de fer pour les marchandises atteint 40 %, le total des transports routiers et ferroviaires 70 %, le nombre mensuel de places kilométriques par route 41 %, la production d’énergie électrique 88 %, la production des lignites 6.000 tonnes 1 82 par jour contre 300 en 1941.

(8) Le plan d’aménagement rural de la région de Kasserine fournit un exemple typique. On compte mettre en valeur un périmètre de 50.000 ha où l’on pourra irriguer 4.000 ha qui nourriront une population quatre à cinq fois supérieure à la population actuelle du territoire. L’aménagement des pentes en terrasses permettra de planter oliviers et arbres fruitrers en laissant 10.000 ha de pâturages et 4.000 ha de cactus. Ce périmètre produira annuellement : 31.700 quintaux de céréales. 630 tonnes d’huile d’olive. 875.000 kg de viande, 1.600.000 kg de légumes, 2 millions de kg de fruits.

(91 Revue de la vie tunisienne, n » 14, lev. 1946, pp. 17 et 18, A. de Kluguenau. 183

source : http://www.persee.fr

 

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26 avril 2013

L’amiral Émile Lacroix

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Ceux que l’on maudirait !

 Une histoire : Bizerte et la France

L’amiral Émile Lacroix
(1883-1949)

Auteur
Christophe Lacroix 
Institut Pierre-Renouvin, Université de Paris 1.

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 notes L’Amiral Emile Lacroix-www cairn info

RÉSUMÉ
Né en 1883, dans les Côtes-du-Nord, l’amiral Émile Lacroix est le fils d’un gendarme. Entré à l’École navale en 1900, il fait une carrière maritime. En 1939, contre-amiral, il commande les contre-torpilleurs de l’escadre de l’Atlantique. Son navire est gravement touché à Mers el-Kébir. Promu vice-amiral et commandant de la 3e escadre à Toulon, avec autorité tactique sur la 4e escadre, il est envoyé le 21 septembre 1940 à Dakar pour prendre la tête de la Force Y, où il combat à nouveau les Britanniques. Vice-amiral d’escadre en mars 1941, il commande la 1re escadre des croiseurs à Toulon, second de l’amiral de Laborde. C’est à ce poste qu’il donne l’ordre de sabotage de ses navires. Retiré à Paris, il n’est pas touché par l’épuration et meurt le 1er août 1949.

• Aux origines de l’amiral
• L’aéronavale
• La 2e Escadre légère, la guerre et Mers el-Kébir
• Le commandement de l’Escadre de l’Armistice
• Dakar
• Toulon et le sabordage
• Le marin devient éléphant37, ou l’exil au milieu de la société

Quel parcours plus emblématique du destin tragique de la marine française durant la Seconde Guerre mondiale que celui de l’amiral Lacroix ? Emblématique au point d’avoir vécu comme siens les principaux drames endurés par la plus belle Marine depuis la fin du XVIIIe siècle : avec son navire-amiral, le Mogador, blessé à mort à Mers el-Kébir ; la réponse au défi britannique et à la nécessité de protection de l’Empire français face aux prétentions gaullistes avec le commandement en chef à Dakar ; et enfin le sabordage de ses navires à Toulon, le 27 novembre 1942. Emblématique aussi par son parcours à la fois classique, par son adhésion au gouvernement légal de Vichy et à sa politique, par sa conception intransigeante de la discipline, son amitié avec le chef de la Marine et dauphin du maréchal Pétain, l’amiral Darlan, et atypique, du moins dans les idées reçues, par son origine modeste, son caractère très marin, sa passion pour l’aéronavale, son refus de toute compromission avec les clientèles ou les politiques, son anglophilie, son désir (contenu) de faire appareiller les Forces de Haute Mer à Toulon.
2On l’aura compris, une biographie de l’amiral Lacroix est une invitation à dresser une nouvelle évaluation de l’histoire du corps des officiers de Marine, donc de la Marine en général, du conflit qui vit la disparition provisoire de cette dernière. Point de vue d’autant plus fort qu’il se constitue à partir du parangon d’un marin arrivé au sommet de la hiérarchie, au cœur des événements, à la popularité certaine, mais resté méconnu[1] 

. Mais dans cette même logique, pour bien le comprendre, il ne faut pas l’enfermer dans l’amiral de la Seconde Guerre mondiale, « l’amiral Mers el-Kébir – Dakar – Toulon », et se souvenir qu’il n’aurait pas dû devenir marin.

Aux origines de l’amiral
3Bien que né en Bretagne en 1883, ses origines ne prédisposaient pas Lacroix à embrasser la carrière d’officier de la Royale. Son grand-père, mort avant la naissance de son fils, était cultivateur à Valempoulières, situé dans les moyennes montagnes jurassiennes. Hauteurs qu’a quittées Jean-Pierre Lacroix, le père de l’amiral, pour ne plus y revenir, en s’installant dans les Côtes-du-Nord, après sept années de conscription dans la cavalerie impériale, lorsqu’on lui a proposé un emploi dans la gendarmerie à cheval, à Bégard. C’est dans ce petit village de l’intérieur des terres qu’il rencontre sa femme et installe les Lacroix dans un environnement bretonnant, simple et paysan.
4Émile Lacroix, après avoir perdu son père à l’âge de 10 ans, est pris en charge par le mari de sa sœur, Louis Le Razavet, qui lui fait découvrir, à l’occasion de vacances chez un cousin, la mer qui devient sa passion. Au point que le jeune homme profitera désormais de chaque congé pour la rejoindre, effectuant seul à pied les 25 km séparant Bégard de la ferme familiale des Le Razavet. L’adolescent sait tôt sa vocation : être marin.
5Ses brillants résultats lui permettent d’envisager la carrière d’officier de Marine. Après avoir fait sa scolarité au lycée public de Saint-Brieuc, il intègre la Flotte[2] 
de Brest, bien que son directeur ait tenté de lui faire préparer Polytechnique, ce qui lui a valu cette réponse ferme, pour 15 ans : « J’ai décidé d’être marin. Si je ne suis pas capable de devenir officier, j’en saurai toujours assez pour être matelot. »
6Après deux années de scolarité, Lacroix intègre, à la 30e place sur 101, l’École navale, sur le Borda (résumé à lui tout seul de la « vieille Marine » qui imprègne encore l’institution de la Royale à cette époque)[3] 
Cette École navale dont l’environnement est encore peu démocratisé et qui se situe entre Fachoda et l’Entente cordiale. Aspects peu anodins au sujet d’un outil de socialisation primaire au pouvoir structurant. Son entrée, permise par la politique méritocratique de la IIIe République, consacre une élévation sociale pour le jeune élève officier, « fils de simple gendarme, boursier et républicain »[4] 
. Ses camarades sont les futurs amiraux Derrien, Moreau, d’Harcourt et Marquis ; ses anciens sont Sablé, Darlan, Muselier, Le Bigot ; ses « fistots » Decoux et Godfroy. On retrouve parmi ceux-ci les principaux acteurs de la Marine du second conflit mondial. Plus particulièrement, Émile Lacroix va se lier d’amitié avec un certain nombre d’entre eux, dont François Darlan, qu’il invite chez lui à Bégard. Ces amis vont constituer le premier groupe dont s’entourera le futur amiral de la Flotte, ce que l’on appellera plus tard les Amis de Darlan, à la différence qu’ils ne lui devront pas leur carrière et qu’ils ne seront véritablement que sur le tard un relais du système Darlan.
7Du point de vue scolaire, l’École navale confirme les efforts d’Émile Lacroix. Il arrive rapidement à la 4e place et échoue au pied du podium, 5e, à cause d’un séjour d’un mois à l’hôpital. Il est durant les deux années premier en anglais. L’École d’application se passe beaucoup moins bien. Il y est sévèrement noté par son commandant, le c. v. Berryer, qui juge son intelligence « plus théorique que pratique » (ce que sa carrière démentira). Ce qui le fait chuter dans le classement et l’empêche d’être affecté, avec les meilleurs ou les mieux aidés, en Extrême-Orient. L’aspirant Lacroix embarque, en 1903, dans l’océan Indien, jusqu’en 1907, puis en Méditerranée. Il retrouve la Bretagne en 1909, comme second d’un torpilleur. En 1911, il passe une année de croisière le long des côtes américaines avec le vieux croiseur d’Estrées, affectation très maritime. Durant toute cette période où un officier prépare son premier commandement, l’enseigne de vaisseau ne fait, curieusement, pas de spécialité. Ce qui lui permettra d’avoir une carrière plus ouverte que l’ordinaire des officiers.

8En 1912, la campagne du Maroc lui offre la première occasion de se distinguer. Sur le croiseur Friant, puis sur le Du Chayla, il est ensuite détaché au port de Méhédiya, qui joue un rôle important dans le ravitaillement de Fez par la rivière du Sébou. Enfin, il est envoyé sur le croiseur Cassard, navire du commandant de la Division navale du Maroc, le c. v. Simon. En juillet 1913, il prend Forti, au nord d’Agadir. Cette action lui vaut la Légion d’honneur et la promotion au grade de lieutenant de vaisseau. Remarqué par Simon, il devient son adjoint de division, l’équivalent, pour une division, de chef d’état-major. En janvier 1914, il reçoit des félicitations du ministre pour son travail sur la prévision de la houle au Maroc et pour son étude sur les ports du même pays.
9En 1915, il obtient son premier commandement, une escadrille de chalutiers de l’Océan, qu’il est aussi chargé de mettre en état afin de les rendre aptes à la lutte anti-sous-marine dans la Manche. En 1916, il prend le commandement de la Somme, un chalutier, dans les Patrouilles de la Méditerranée orientale. Lacroix se distingue au point de recevoir cette note flatteuse du commandant des Patrouilles Fatou : « Malgré la concurrence de nombreux et excellents collègues, il s’est mis tout à fait en vedette dans la division des patrouilles, par son entrain et son mordant. Cet officier n’est heureux que quand il agit[5] et ses chefs partagent ce sentiment de satisfaction, car ils savent qu’il n’est pas une mission, pas une action de guerre qui puisse être mise entre de meilleures mains que les siennes. » En 1917, il est nommé adjoint à la base de Patrouilles de Patras et de Corinthe, avant de gagner au même poste la base de Corfou (base très importante, car point de ravitaillement des navires assurant le blocus de l’Autriche en Adriatique et point de passage de toutes les troupes rejoignant le front oriental). Ces fonctions lui valent cinq témoignages de satisfaction.

10En novembre 1918, à Bougie, en Algérie, un ami du Borda lui fait rencontrer sa future femme, Blanche Chichillianne, divorcée. Ils se marient en août de l’année suivante et Pierre (prénommé ainsi comme tous les aînés Lacroix) naît en mars 1920 à Toulon.
11En mai 1919, il est nommé capitaine de corvette et commandant de l’aviso Toul. Peu de temps après les mutineries, il est envoyé en Crimée, où il doit notamment participer à l’évacuation des troupes blanches, ce qui lui vaut des félicitations du ministre. En février 1921, il engage près d’Anapa, « faisant preuve de belles qualités militaires et de décision et de vigueur » dit la citation, le combat avec un bâtiment bolchevique qui l’avait attaqué inopinément. Il méritera durant cette campagne quatre citations.
12Après le combat d’Anapa, le Toul est en gardiennage et Lacroix est désigné pour prendre le commandement de l’aviso Du Couëdic. Mais il ne reste pas longtemps sur ce navire, lui aussi en carénage, et part à Cherbourg prendre le commandement du torpilleur Chastang. À ce poste, il s’occupe de la remise en état des torpilleurs livrés par l’Allemagne.
13Mais la Marine subit une grave crise après la guerre. De nombreux officiers doivent rester à terre, faute de pouvoir servir en mer. De bonnes appréciations lui permettent d’embarquer, mais il doit demander, pour continuer, à être maintenu comme commandant en second seulement sur le même Chastang. Cette attitude lui vaut d’être bien vu du commandant de la 2e flottille de torpilleurs, qui en fait son adjoint, sur leMécanicien Principal Lestin. Après un commandement en mer ininterrompu depuis la fin de la guerre, le capitaine de frégate Lacroix, depuis juin 1923, est obligé de travailler à la recherche d’une affectation intéressante à terre. La vacance du poste de sous-directeur du port de Brest l’amène à intervenir auprès du directeur Bréart de Boisanger, Breton franc à la brillante carrière de marin, à la Noël[6]

Cet exemple traduit la crise traversée par le métier d’officier de Marine au début des années 1920, lorsque la Marine doit accepter de se sacrifier au profit de l’Armée et de l’arme nouvelle de l’Air, prioritaires.

L’aéronavale
14Mais pour Lacroix cette période est davantage marquée par la perte de son second fils, Jacques, né le jour de Noël 1921 et mort le jour de Noël suivant. L’homme, sensible, n’arrive pas à s’en remettre (jusqu’à appeler sa fille Jacqueline et ne pas oublier Jacques dans son testament)[7] . Si les notes ne font pas apparaître une baisse de la qualité de son service (il reçoit en décembre 1923 un nouveau témoignage de satisfaction pour le concours d’honneur des torpilleurs), la famille Lacroix a suffisamment ressenti cette épreuve pour prêter à Darlan une tentative de remotivation, grâce à un nouveau centre d’intérêt : l’aéronavale[8] 

15Si l’on ne peut exactement expliquer l’origine de ce qui va constituer une de ses grandes passions et occuper le quart de sa carrière, en 1924, il s’intéresse aux essais effectués au sein du port de Brest. Le 1er décembre de la même année, il prend le commandement de l’Aéronautique maritime du 2e arrondissement (celui de Brest) et devient membre de la Commission d’études pratiques de l’aéronautique. En 1925, il crée, en prenant le premier commandement, l’École supérieure de la navigation aérienne. Le c. f. Lacroix reçoit pour cela deux lettres de félicitations du ministre. Enfin, en 1926, il est nommé commandant de l’aviation maritime de la 4e région, à la base aéronavale de Karouba (Bizerte).

16En 1928, souhaitant reprendre la mer, après avoir perdu l’habitude du commandement durant toutes ces années où il s’est occupé de l’aéronavale, il demande à être mis sur la liste des officiers désireux de servir en mer. Il est nommé commandant en second du nouveau croiseur lourd Duquesne. Promu en janvier 1930 capitaine de vaisseau, il devient auditeur au Centre des hautes études navales (CHEN), réservé aux officiers destinés à occuper les hautes fonctions de commandement. Le vice-amiral Bréart de Boisanger, commandant du CHEN depuis peu, qui avait demandé en 1925 que le c. f. Lacroix y entre, n’y est probablement pas étranger. Appréciant Lacroix, il le classe premier de sa promotion pour un commandement. Ainsi, en juillet 1930, celui-ci prend le commandement du récent et beau croiseur de 10 000 t Suffren, dans la 1re Division de croiseurs du contre-amiral Descotte-Genon. Il récupère, avec les deux autres croiseurs de la division, les élèves de l’école d’application, perdue en mer. Si pour le « pacha » le pouvoir de former l’avenir de la Marine constitue une joie réelle, l’expérience est un échec, à cause de la mauvaise volonté des officiers du bord de s’en occuper, en plus du service habituel[9] 

En juin 1931, le c.-a. Darlan succède à Descotte-Génon. En octobre, le Suffren fait partie de la représentation de la France lors des cérémonies du cent cinquantenaire de la bataille de Yorktown, aux États-Unis. Il reçoit à son bord le maréchal Pétain, représentant la France, pour la traversée de l’Atlantique. Cet embarquement laissera d’ailleurs un goût amer à la Marine, Pétain ayant tenu, en bon terrien, des propos désagréables sur un bâtiment incapable d’être constamment prêt à se battre, suite à une avarie qui l’avait immobilisé. Cependant, le c. v. Lacroix n’en gardera pas un mauvais souvenir, au point, plus tard, de faire trôner dans son salon la photographie, autographiée à l’occasion, du vainqueur de Verdun. Cet intermède maritime lui permet d’être absent de l’aéronavale pendant la période la plus vive de l’affrontement avec le ministère de l’Air. Il ne sera donc jamais vraiment inquiété par la menace d’un transfert des personnels entre les ministères.

17En juin 1932, il prend le commandement du porte-avions Béarn. Il retrouve l’aéronavale, mais en tant que commandant d’un navire cette fois-ci. Son service, prévu pour durer une année, est prolongé suite à une demande du v.-a. Dubois, commandant la 1re Escadre, au chef d’état-major général Durand-Viel, car le Béarn a bien progressé sous sa direction et Lacroix a « son bateau et ses marins bien en main »[10]. En 1934, il quitte le porte-aéronefs pour la base aéronavale de Berre, le temps d’un été. En septembre, il est à la tête de l’aviation de la 3e Région maritime, la plus importante, celle de Toulon. Promu, le 20 mai, contre-amiral, il est nommé quelques jours plus tard par Durand-Viel à ce qui sera le sommet de sa carrière dans l’aéronavale, la direction du service aéronautique à l’état-major.

18L’aéronavale, contrairement à une idée reçue, commence à être prise en considération. Lacroix succède et précède des éléments brillants de la Marine, Godfroy et Michelier, très proches des chefs d’état-major général Durand-Viel et Darlan, témoignant de leur part d’une prise de conscience plus précoce qu’on a voulu le dire. Le problème est d’ordres budgétaire, politique, industriel et stratégique. La Marine doit, dans la perspective du conflit à venir, s’orienter vers une guerre de liaison (méditerranéenne pour la France), nécessitant la construction prioritaire de navires de ligne. La crainte de voir certains projets confisqués par l’armée de l’Air l’incite à ne pas trop s’engager en avant, d’autant qu’elle n’arrive pas toujours à des résultats concluants dans sa production (à cause notamment des grèves du Front populaire, de l’échantillonnage)[11] 
Les deux années de Lacroix (favorisées par une conjoncture permettant des moyens supplémentaires et une menace de l’Air qui commence à se dissiper) entament la recherche d’une nouvelle cohérence stratégique de l’arme aéronautique, avec des armes de projection offensives (les hydravions torpilleurs lourds et les projets de porte-avions), avec l’abandon progressif du dogme de l’hydravion (avec les Dewoitine) et la prise en compte de la Défense contre avions à tir rapide (les 20 mm auront cependant besoin d’être complétés par du 37 mm). La rédaction d’un règlement de bord spécifique marque également un souci de rationalisation. Il restera toutefois de nombreuses imperfections au début de la guerre.
19Lacroix est donc, pendant ces quinze ans, présent à tous les postes de l’aéronautique maritime. Si on ne peut exactement le qualifier de pionnier, au sens où il s’est engagé dans l’aéronavale lorsque celle-ci existait déjà en tant qu’organisation, il est un des artisans les plus importants de l’élaboration de l’outil aéronaval français. Appartenance appuyée par des ailes d’observateur d’aviation, portées sur l’uniforme, fièrement affichées.

La 2e Escadre légère, la guerre et Mers el-Kébir

20Après son refus d’une promotion à l’état-major, Darlan, chef d’état-major général depuis janvier 1937, lui donne le commandement de la 2e Escadre légère (EL), constituée de contre-torpilleurs qui sont parmi les meilleurs du monde. Son navire amiral est le beau Mogador[12] 
Il est basé à Brest, avec l’escadre de l’Atlantique, sous les ordres de l’amiral Gensoul.
21À ce poste, il doit d’abord assurer à la tête de cette escadre, fierté de la Marine, un travail de représentation sur les côtes bretonnes, mais aussi sur les côtes ibériques. Il en profite pour observer le mouvement des navires allemands dans les ports espagnols. Lors de la déclaration de guerre, la 2e EL escorte les convois dans l’Atlantique et est endivisionnée avec les Anglais. Le c.-a. Lacroix participe notamment à la poursuite duGraf Spee, prenant un temps la tête d’un groupe franco-britannique. Avec la mise en application de la nouvelle répartition des forces navales alliées, la Force de Raid, constituée après la recomposition de l’escadre de l’Atlantique, gagne la Méditerranée et mouille dans le port de Mers el-Kébir, à partir du 28 avril.

22La guerre ne s’arrête pas avec la demande d’armistice du 17 juin. La 2e Escadre légère effectue des sorties, cherchant vainement une flotte italienne. À partir du 25 juin, les navires sont immobilisés, attendant la démobilisation des réservistes. L’Amirauté a donné des consignes pour le sabordage des navires, en cas de tentative d’une puissance étrangère de s’en emparer. Les relations franco-britanniques se sont dégradées et la visite à l’amiral Gensoul de l’amiral anglais North, dans le but d’obtenir un ralliement à laRoyal Navy, accentue l’inquiétude. Nombreux sont ceux qui, comme Lacroix, croient en la possibilité d’une attaque[13] 
23Les sentiments du contre-amiral Lacroix, à ce moment, nous sont connus grâce à un déjeuner pris à bord du Mogador, le 1er juillet, par son neveu Émile Le Razavet. La conversation porte sur l’état moral des marins de Mers el-Kebir et Lacroix regrette de ne pas avoir, à cause des conditions d’armistice, de grand-garde au large ou de surveillance aérienne. Il ajoute que sa seule source d’information est le centre naval de Nemours[14
Il est obsédé par l’exemple d’Aboukir, évoqué à nombreuses reprises, et craint d’être « coincé » dans le port, sans pouvoir réagir[15] 

Et ce n’est pas l’attitude de « cet amiral [Gensoul] coincé dans son Dunkerque », avec lequel il n’a eu aucun contact depuis plus de trois jours, qui le rassure[16
24Mais il est surpris quand il reçoit, le 3 juillet à 7 h 30 GMT, l’ordre de prendre les dispositions de combat. Il semble qu’il ait alors donné la consigne de préparer l’appareillage des contre-torpilleurs (qui est l’étape suivante et qui implique de pousser les feux), une heure en avance[17] 
À 9 h 30, il participe à la réunion des amiraux autour de Gensoul et déclare : « Ces gens-là [les Anglais] considèrent tout ce qui flotte comme un ennemi en puissance… ; ils vont nous couler ! »[18] 

Vers 15 h 30, il croit que la pose de mines à l’entrée du port d’Oran, par des hydravions, est une attaque à la torpille. Si celle-ci est infirmée, le mouvement ne peut que le renforcer dans son idée[19] 
À 16 h 18, le Mogador intercepte le dernier ultimatum britannique : « Si une des propositions n’est pas acceptée pour 16 h 30, il faut que je coule vos bâtiments. » À 16 h 28, les contre-torpilleurs reçoivent la consigne « appareillez tous immédiatement », qu’ils commencent à exécuter. Le Volta retransmet aussitôt le message du commandant en chef : « Prenez poste de mouillage prévu. » Lacroix répercute l’ordre, avant de l’annuler, « jugeant préférable de ne pas les faire mouiller [jeter l’ancre] ». Il veut pouvoir sortir le plus rapidement possible. À 16 h 56, les premiers obus tombent sur la rade. Le Mogador, à toute allure, montre la voie, mais il est obligé de s’arrêter pour éviter un remorqueur, qui dégage les filets de la porte. Un obus anglais de 380 tombe sur les grenades anti-sous-marines et volatilise le quart arrière du navire. L’amiral Lacroix, qui avait été renversé, légèrement ensanglanté par la déflagration, se lève et fait signe aux autres contre-torpilleurs, des mains, de continuer sans lui. Désormais, il va s’occuper de sauvegarder le navire et d’apporter les premiers secours.
25Huit jours plus tard, il revoit son neveu à Alger, avant de gagner Toulon. Il évoque les Anglais seulement pour dire qu’il avait des amis en face et regrette d’avoir perdu, avec sa cabine, sa collection de Shakespeare !

Le commandement de l’Escadre de l’Armistice
26Mais la carrière de l’amiral Lacroix va prendre un tournant historique après Mers el-Kébir, plus précisément le 10 juillet 1940, lorsqu’il est nommé chef de la 3e Escadre, avec autorité tactique sur la 4e escadre et la 2e Escadre légère, sous les ordres théoriques de l’amiral Gensoul[20] 

Promu vice-amiral, le 29 juillet, il est confirmé à son poste le 10 août, au moment du départ de son ancien chef. Derrière cette fonction apparaît en fait un commandement unique (au statut provisoire, à cause des négociations avec la Commission d’armistice et de l’incertitude sur l’avenir de la flotte), sous les ordres directs et indirects de Lacroix, de toutes les forces navales opérationnelles de métropole et d’Afrique (une partie importante est indisponible, soit à cause du blocus britannique, soit à cause de dommages), qui auraient dû constituer l’escadre de la Flotte de l’armistice. Ce commandement ne prendra forme qu’avec la constitution, le 24 septembre, des Forces de Haute Mer[21] 

27Cette fonction récompense des qualités de commandement opérationnel. L’amiral Lacroix est un chef de guerre, à l’image et à la popularité fortes (consacrées par les surnoms « Mimile » et « Lagadec »[22] et nécessaires dans une période qui a besoin de personnalités capables de susciter l’adhésion. Elle est aussi opportuniste, à cause des relations amicales entre Darlan et Lacroix et de l’absence, pour causes diverses, de nombreux cadres qui auraient pu prétendre à cette affectation.
Dakar
28Le hasard des événements va encore rattraper le v.-a. Lacroix et l’obliger à s’affronter à nouveau avec les Alliés d’hier. Le 21 septembre, il est nommé dans l’urgence à la tête de la Force Y, qui était commandée par le c.-a. Bourragué. Celui-ci, sous la contrainte d’un affrontement en situation d’infériorité avec les Britanniques, a dû renoncer au projet de reconquérir les colonies passées à la dissidence et revenir à Dakar. L’amiral de la Flotte a pris, sur l’instant, ce geste pour un acte de faiblesse et l’a démis de ses fonctions, au profit de son supérieur hiérarchique, dont l’assurance d’un esprit ferme et dévoué au service du gouvernement français, l’autorité charismatique, maritime et guerrière sont autant de garanties pour la réussite d’une mission de guerre et de maintien du territoire au sein de l’Empire.

29Quand l’amiral Lacroix arrive à l’aéroport de Ouakam, il s’informe de la situation auprès du contre-amiral Landriau, commandant de Marine Dakar. Il rend compte à l’Amirauté de ses impressions :
30« De l’ultimatum anglais [adressé à Bourragué lorsqu’il essayait de regagner la base] se dégage notion que toute force réunie à Dakar gêne Britanniques. Stop. Logiquement cela doit conduire soit à blocus soit à attaque Dakar. Pour le moment attaque paraît aléatoire. Stop. Par contre blocus possible et conduit à étouffement complet AOF. Stop. Ce blocus ne peut être qu’accéléré par acte hostile ou attitude déloyale de notre part.Quarto. J’estime, étant donné nos moyens, que seule solution est, sur le plan gouvernemental, établir avec les Britanniques un accord au moins tacite permettant passage transports prévus en personnel et ravitaillement question vitale pour nous, et tout faire pour éviter hostilités ouvertes entre France et Angleterre. »[23]
31On voit bien que, si le diagnostic est visiblement erroné, on est loin du bouffeur deyoums[24] que des historiens britanniques ont voulu décrire en parlant de lui[25] 

On peut aussi noter l’accord parfait avec la politique de modus vivendi recherchée par le gouvernement avec la « Perfide Albion ».
32Au niveau opérationnel, le premier souci du commandant en chef des forces navales et, compte tenu du rôle de la Marine, du responsable de la défense de la base, est de rendre ses navires manœuvrables, pour éviter le piège de Mers el-Kébir, en les faisant mouiller dans la baie de Rufisque, qui deviendra le « ratodrome », lorsque les croiseurs seront encadrés des heures durant dans cet espace réduit. Incapables d’atteindre les bâtiments de la Force Y, qui empêchent tout débarquement, et touchés par le tir des batteries côtières, les navires britanniques sont obligés de se retirer. Dakar est la dernière grande bataille navale française et une victoire à l’importance stratégique, car elle permet au gouvernement français d’assurer son influence sur l’AOF. face aux visées gaullistes et d’être en meilleure posture dans les négociations avec l’Allemagne.
33Mais chaque médaille a son revers. L’Amirauté, envisageant au moment de la bataille d’employer les forces navales disponibles à Toulon contre les Anglais, a rappelé en activité l’amiral de Laborde (qui intégrait la réserve) et donné à celui-ci l’autorité qui était celle de Lacroix, constituée organiquement en Forces de Haute Mer. Il est impossible de renvoyer Laborde dans ses foyers immédiatement. Le v.-a. Lacroix doit rester à Dakar.

Toulon et le sabordage
34Le 25 mars 1941, il est promu vice-amiral d’escadre, commandant la 1re Escadre de croiseurs à Toulon, sur l’Algérie, sous les ordres de l’amiral de Laborde. On peut s’étonner du maintien de celui-ci, aux dépens d’un chef populaire, aux qualités maritimes certaines et ami, lui, du chef de gouvernement Darlan. Mais ce dernier doit composer avec les Allemands, leur donner le maximum de garanties pour obtenir des avantages, et de ce point de vue-là Laborde est bien mieux placé que Lacroix, qui ne dispose pas de relais dans les milieux de décision[26] 

De plus, le commandant des Forces de Haute Mer l’a assuré de sa fidélité[27] 
Rien n’impose donc son départ. Au contraire, Darlan veut mettre à profit ce délai pour installer aux commandes de la flotte une nouvelle génération, toute dévouée à sa personne, avec les amiraux Gouton et Bléhaut, pour l’automne 1942, juste avant un changement de situation qu’il entrevoit pour le printemps 1943. L’amiral Lacroix, qui arrive près de la limite d’âge, est sacrifié. Le destin a décidé qu’il devrait vivre sa plus grande souffrance, couler ses navires.
35Le débarquement allié en Afrique du Nord a pour première conséquence à Toulon de repousser la cérémonie de passation de commandement, qui devait avoir lieu le 13 novembre. Le commandant de la 1re Escadre de croiseurs, qui aurait dû céder sa place au c.-a. Bléhaut, vit difficilement ces jours de novembre si particuliers, où il est difficile de savoir où est son devoir. Beaucoup veulent aller au devant des Anglo-Américains pour venger leurs camarades morts à Casablanca. D’autres, probablement la majorité (mais les sentiments étaient mélangés), souhaitent un renversement d’alliances, sans autant définir une attitude politique précise, faisant confiance pour cela au Maréchal. Le désarroi prime. L’atmosphère devient difficile au sein des Forces de Haute Mer. Pour la première fois depuis les mutineries de la mer Noire, des manifestations ont lieu sur les bâtiments pour demander un appareillage, même sur l’Algérie de Lacroix, dont la personnalité imposait pourtant. Depuis la réponse négative de l’amiral de Laborde à l’appel de l’amiral Darlan de le rejoindre à Alger, les marins savent qu’ils sont dans l’impasse, coincés entre les Allemands et l’impossibilité de rejoindre les Alliés, tant qu’une solution politique n’aura pas assuré le renversement d’alliance et évité ainsi un deuxième Mers el-Kébir[28] 

Mais c’est le « Comte Jean » (de Laborde) qui tient les cartes en main.
36Laborde, avec lequel Lacroix a de mauvaises relations[29]
. Outre leurs éducations différentes, qui se retrouvent dans leurs façons de traiter les subordonnés, les « humbles », leur lecture politique des événements n’est pas la même. Le v.-a. e. Lacroix veut, sinon rejoindre Darlan (ce qui est cependant probable, mais non prouvé), du moins appareiller. L’amiral Darrieus (qui servait alors dans les Forces de Haute Mer) raconte ce souvenir d’enseigne : « Les jeunes officiers et les jeunes marins voudraient partir, certains le confient. Mais à mesure que l’on grimpe dans la hiérarchie l’ardeur combative diminue. Il y a des exceptions et je vois encore la tête de l’amiral Lacroix, furieux de rester. »[30] 
Ce témoignage est confirmé par ceux d’autres officiers de la flotte de Toulon, sans même compter l’impression qu’il a laissée dans sa famille[31] 

Le commandant de la 1re Escadre n’est pas cependant allé au-delà, jusqu’au conflit public avec l’amiral de Laborde. Son sens de la discipline, son respect du supérieur, qui l’a toujours obligé à ne pas mettre en doute ses décisions (ce qui l’amènera à ne pas participer à l’opprobre jeté sur Gensoul), sa volonté de ne pas laisser les divisions s’installer au sein de la Marine empêchaient un tel acte d’insubordination, assimilable à une mutinerie. La réalité des moyens était aussi un obstacle, même s’il était le seul à pouvoir le faire, par son élévation hiérarchique, son autorité, sa popularité[32] 

Si l’on dépasse les difficultés d’appareillage à proximité des Allemands (mais la menace n’était encore pas trop sérieuse au 13 novembre), la « vigilance » britannique qui aurait pu amener une bataille en pleine mer, à cause de la présence du vainqueur de Dakar à la tête des navires ayant appareillé, il n’est pas sûr qu’une tentative ait pu réussir, car le second de la Flotte aurait pu ne pas être suivi par tous ses marins (et la marche d’un navire ne tolère aucune défaillance) et le commandant des Forces de Haute Mer, ayant pris des dispositions pour se protéger d’une tentative de s’emparer de lui, n’aurait pas hésité à prendre des mesures préventives s’il n’avait pas eu confiance en son subordonné. Quelles que soient les tentatives de réécrire l’histoire, la tragédie était écrite pour Lacroix et la Flotte.

37Le 27 novembre 1942, à 5 heures, le v.-a. e. Lacroix est réveillé par le commandant adjoint de l’Algérie, le c. f. Bergot[33]
Il interprète d’abord l’ordre de prendre les dispositions finales lors du sabordage, accompagnées de l’allumage des feux, comme une consigne d’appareillage, qui contredit le premier élément. Il demande une confirmation écrite et donne ensuite la consigne d’évacuer les croiseurs. Un officier allemand se présente à l’échelle de coupée. Le commandant Malgouzou doit le retarder afin d’achever le sabordage du navire, pendant que l’amiral Lacroix détruit lui-même le système radar installé clandestinement[34] 
Il les rejoint, après avoir ostensiblement salué une dernière fois les couleurs, et tente lui aussi de gagner du temps. Lacroix est fait prisonnier et emmené. Daniel Jeanlebœuf, du Strasbourg, raconte :
38« J’ai vu passer la voiture bien encadrée de l’amiral Émile Lacroix. Il faisait froid, un officier allemand a voulu lui mettre une couverture sur les épaules. Il l’a rejetée d’un geste brusque. Lorsque le véhicule roula le long des quais, on entendit : “Garde-à-vous ! L’amiral !” Et plusieurs marins criaient : “Vive Mimile !” en agitant leur bonnet. Mais d’autres pleuraient. »[35] 

39Il est retenu deux jours avec certains amiraux et commandants de vaisseaux. Passé dans la 2e section, il se retire avec sa famille à Paris et quitte la Marine sur le sabordage de ses navires. Il doit tenter de démarrer une nouvelle vie, loin de ce qui a été toute sa vie[36] 

Le marin devient éléphant[37] ou l’exil au milieu de la société
40Émile Lacroix tente d’abord de diriger une entreprise de renflouement de bateaux. Mais la découverte de malversations lui fait demander un audit et démissionner. Cette affaire ne fait rien pour relever à ses yeux l’image qu’il se fait du monde civil. Cela dans une ambiance de fin de régime, de la découverte de la politique répressive visible (les milieux maritimes de Dakar et de Toulon étaient préservés) et de la dérive milicienne du gouvernement. Malheureusement, de cette confrontation avec une réalité politique, il n’est resté aucune trace, Lacroix ayant toujours gardé une grande réserve vis-à-vis des affaires politiques, correspondant trop peu aux principes simples qui ont dicté sa vie. S’il a adhéré sans réserve à la Révolution nationale, qui répondait à sa conception traditionnelle de la société, son jugement est aussi celui du fils de la IIIe République, radical devenu conservateur, soucieux d’égalité. C’est dans ce sens qu’il condamne la franc-maçonnerie, symbole pour lui du copinage méprisant la valeur, et ressent un déséquilibre de la représentation juive aux postes de responsabilité par rapport au poids démographique de la population israélite. Cet abord républicain nous oblige à ne pas avoir cette vision caricaturale de l’officier de la Royale, à l’image de la pratique religieuse de ce croyant sans foi (mais dont les enfants seront profondément religieux).

41La période est aussi difficile pour le marin dans l’âme, qui doit vivre avec le sabordage de ses navires, la brutale fin d’activité, loin de la mer. Dans une ambiance de persécution pour la Marine qu’il a connue et aimée. À la Libération, il n’est pas jugé par la Haute Cour de justice, grâce à une intervention du gouvernement britannique pour que Dakar ne soit pas évoqué et grâce à la faible insistance de son ami le président de la Commission d’épuration de la Marine, l’amiral Sablé[38] 
Mais il constitue une exception. Ses camarades sont déchus de leurs droits, jugés, voire emprisonnés dans des conditions inhumaines (Esteva et Derrien en mourront). Ce martyre des amiraux de Vichy les pousse, en plus de leur habituelle proximité sociale, à se réunir, plus particulièrement dans une action de révision du procès du maréchal Pétain, notamment par une écriture de l’histoire de Vichy (c’est ce que nous avons appelé le « complot des amiraux », qui est une partie d’une organisation très structurée plus vaste, à l’origine de la thématique du « double jeu », de l’historiographie vichyste de Vichy)[39] 

42Le crépuscule moral est également physique. Lacroix souffre d’un long et douloureux cancer. Toussant, régulièrement mal, très amaigri, il n’est plus le marin énergique, solide, capable d’affronter les pires tempêtes, qu’il était (une photographie prise lors du mariage de son fils aîné, en 1948, le montre méconnaissable). La nuit, à l’hôpital du Val-de-Grâce, il revit, rapportèrent les infirmières, ses commandements. Il attend désormais de retrouver Jacques. Ce qu’il fait le 1er août 1949. Sa femme, de chagrin, le rejoindra trois mois plus tard.

NOTES
[ 1]Méconnu, comme nous le verrons plus tard, notamment à cause de son refus (exprimé à son entourage maritime et familial) que l’on parle de lui, imputable à une réelle modestie et à une conception désintéressée du devoir. C’est ce qui explique en grande partie l’originalité de ce travail, qui ne s’appuie pas sur des archives privées (qui n’existent plus), mais sur des archives administratives du Service historique de la Marine ou sur la mémoire individuelle (écrite et orale). 
[ 2]Nom de la classe préparatoire à l’École navale. 
[ 3]Dossier personnel de l’amiral Lacroix, Service historique de la Marine (SHM), CC7 4o Moderne 1071 (2). 
[ 4]C’est ainsi que l’amiral Lacroix décrivait le jeune homme qu’il était, confronté à la morgue aristocratique d’une minorité. Une anecdote de l’amiral Decoux met dans la bouche du commandant, souhaitant mettre en avant auprès du ministre radical Pelletan un élève d’origine modeste auquel il s’intéresse « tout spécialement », l’expression de fils de « simple gendarme » ; v.-a. E. Decoux, Adieu, Marine, Paris, Plon, 1957, p. 21.
Abréviations des grades : v.-a., vice-amiral ; v.-a. e., vice-amiral d’escadre ; c.-a., contre-amiral ; c. v., capitaine de vaisseau ; c. f., capitaine de frégate. 
[ 5]Souligné par le c.-a. Fatou. 
[ 6]Dossier personnel Lacroix, op. cit. 
[ 7]Testament amiral Lacroix, archives privées. 
[ 8]Cf. partie consacrée au choix de l’aéronavale : Christophe Lacroix, L’amiral Lacroix, exemple de l’officier de Marine, mémoire de maîtrise à l’université de Paris I, sous la direction du Pr Robert Frank, 2002, p. 74-78. 
[ 9]V. A. Philippon, Le métier de la mer, Paris, France-Empire, 1971, p. 30-31 ; C. A. Auphan, L’honneur de servir, Paris, France-Empire, 1978, p. 142-144. 
[ 10]Fonds privé amiral Durand-Viel, SHM, 120 GG2, lettre de l’amiral Dubois du 5 juin 1933, p. 226. 
[ 11]Huan et Coutau-Bégarie, op. cit., p. 142-143. 
[ 12]Beau, du moins dans sa conception. En pratique, par faute d’avoir voulu insérer trop d’innovations en même temps, le Mogador n’a jamais pu atteindre son rendement théorique et a souvent dû être caréné pour réparations ; cf. Jean Lassaque, Les contre-torpilleurs de 2 880 tonnes type Mogador (1936-1945), Marines éditions, 1996. 
[ 13]Contrairement à ce qu’écrit Gensoul dans son rapport, en plus de la visite de North, les survols de la base par des avions britanniques les 28 juin et 1er juillet (pour contrôler la disposition des navires), pour les éléments dont on est sûr, suffisaient à l’installation d’une certaine méfiance. Rapport de l’amiral Gensoul, SHM, série TTO 1.
[ 14]Nemours était un centre d’espionnage secret situé à la frontière marocaine, donc près du détroit de Gibraltar et de la base éponyme. 
[ 15]Lettre d’É. Le Razavet à l’auteur, le 11 juillet 2001. 
[ 16]Entretien de l’auteur avec Michel Béguin, le 13 mars 2002. Émile Le Razavet avait dit, il y a de nombreuses années, cet élément, oublié au moment de la correspondance avec l’auteur, à Michel Béguin. 
[ 17]Pour les questions posées par l’attitude de Lacroix à Mers el-Kébir, se référer à C. Lacroix,op. cit., p. 105-109. 
[ 18]Commandant Vulliez, Mers el-Kébir, Paris, France-Empire, 1975, p. 137-138. 
[ 19]Rapport de l’amiral Lacroix à l’amiral Gensoul, le 31 juillet 1940, SHM, série TTO 1. L’action de Lacroix pendant cette journée est, sauf mention contraire, issue de ce rapport. 
[ 20]Pour le commandement intérimaire de juillet, lire les télégrammes 3577, 3590 et 3591 du 10 juillet 1940 de l’Amirauté, SHM, série TTE 87-88 Grands Commandements, Flotte de l’Atlantique. À compléter par la série TTF 82 Divisions navales, 3e escadre ; pour le commandement confirmé du 10 août, voir l’organisation définie par les Instructions générales 1496 FMF 3 (sur le commandement des forces maritimes) et 1497 FMF 3 (sur l’organisation des forces navales) dans ce même carton ; pour l’autorité tactique sur la 4e escadre en juillet, consulter la série TTF 82 4e escadre SHM. 
[ 21]Ibid., série TTE 112, télégramme FMF 3 2024. 
[ 22]L’amiral Lacroix était appelé, affectueusement, « Mimile » par les matelots, car il leur prêtait une véritable attention, due sans doute à son origine semblable. « Lagadec », qui veut dire en breton « grand œil », employé surtout par les officiers, venait d’un de ses tics de langage : « mon œil ! », le geste joignant la parole. 
[ 23]Mordal, La bataille de Dakar, Ozanne, 1956, p. 161. 
[ 24]Anglais en argot baille. 
[ 25]Le général Watson, qui était de l’expédition franco-britannique dit que « l’amiral Lacroix arriva à Dakar par avion pour prendre le commandement et qu’il était particulièrement “monté” contre les Anglais, ayant perdu un neveu à Mers el-Kébir [le c. v. Pierre Lacroix était encore bien vivant à Dakar en septembre 1940 !] » (J. A. Watson, Échec à Dakar, Paris, Robert Laffont, 1968, p. 220). L’historien Arthur Marder, lui, a sa façon de traduire : « Une source française décrit Lacroix comme un personnage ordurier “vieux loup de mer hirsute, qui paraissait taillé au couteau. Il avait la réputation d’être un Amoureux de la guerre [War lover]” » (A. Marder, Operation Menace, The Dakar Expedition and the Dudley North Affair, Londres, Oxford University Press, 1976, p. 108). Le terme de warrior aurait été tout à fait juste. 
[ 26]L’amiral de Laborde ira même, le 7 novembre 1942, jusqu’à des discussions pour tenter de monter une expédition au Tchad, avec des armes et des uniformes allemands, qu’il aurait dirigée pour reprendre les territoires perdus. Il avait donc noué des relations très proches avec les autorités occupantes. Cf. Huan et Coutau-Bégarie, op. cit., p. 569. 
[ 27]Cdt. Vulliez, Les 20 derniers jours de la Flotte, Presses de la Cité, 1963, p. 37-38. 
[ 28]Les Forces de Haute Mer étaient en effet attendues par une flotte anglaise et des sous-marins allemands. 
[ 29]Cf. partie consacrée aux rapports entre les amiraux de Laborde et Lacroix, (C. Lacroix, op. cit.,p. 109-116). 
[ 30]A. Henri Darrieus et c. v. Jean Quéguiner, Historique de la Marine française (1922-1942), L’Ancre de Marine, 1996, p. 368. 
[ 31]Lettres du c. v. Vaury à l’auteur, les 21 octobre et 10 novembre 2001, archives privées. Entretiens avec Alex Wassilieff, le 19 octobre 2001, et le cdt. Gaydon, le 28 octobre 2001. 
[ 32]Le v.-a. Marquis, préfet maritime, n’avait d’autorité que sur les bâtiments de protection du port, de faible valeur, et sur les navires en gardiennage d’armistice jusqu’à 20 milles des côtes. Au-delà elle appartenait aux FHM. 
[ 33]Rapport de l’amiral Lacroix sur le Sabordage, SHM, TTD 273. On peut noter l’abandon dans ce document administratif de son habituel silence. Signe d’émotion. 
[ 34]Lettre d’É. Le Razavet à l’auteur, le 27 juin 2001, archives privées. 
[ 35]Antier, op. cit., p. 233. 
[ 36]Il refusera désormais de remonter sur un bateau, même lors de vacances en Bretagne, se contentant de pêcher à pied. On en imagine sans peine la signification pour cet amoureux de la mer. 
[ 37]Civil en langage baille. 
[ 38]Émile Le Razavet s’est rendu au domicile de l’amiral juste après que Sablé lui a montré la lettre britannique. Lettre d’É. Le Razavet à l’auteur, le 6 mai 2000, archives privées. 
[ 39]Voir le petit développement que nous avons fait dans notre mémoire de maîtrise, op. cit., p. 171-175. 

POUR CITER CET ARTICLE
Christophe Lacroix « L’amiral Émile Lacroix », Guerres mondiales et conflits contemporains1/2004 (n° 213), p. 25-38.
URL : www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2004-1-page-25.htm.
DOI : 10.3917/gmcc.213.0025.

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