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30 mars 2013

Le vieux Bizerte

Classé sous — milguerres @ 18 h 23 min

 

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La Tunisie au gré des conflits

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Une histoire : Bizerte et la France

Le vieux Bizerte 

1939/04 (A8,N95).

Titre : Tunisie. Revue ["puis" mensuelle] illustrée

Tunisie. Revue [Tunisie. Revue [Tunisie. Revue [Tunisie. Revue [

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La Tunisie au gré des conflits

1939/04 (A8,N95).

Titre : Tunisie. Revue ["puis" mensuelle] illustrée

Éditeur : [s.n.?] (Tunis)

Date d’édition : 1932

Type : texte,publication en série imprimée

Langue : Français

Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-42150

Provenance : bnf.fr


La société frigorifique et brasserie de Tunis

Classé sous — milguerres @ 17 h 37 min

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La Tunisie au gré des conflits

 

La société frigorifique et brasserie de Tunis 

 Tunisie. Revue ["puis" mensuelle] illustrée    1939/04 (A8,N95)

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La société frigorifique et brasserie de Tunis  n0166339_jpeg_17_17dm-brasserie-2

Titre : Tunisie. Revue ["puis" mensuelle] illustrée

Éditeur : [s.n.?] (Tunis)

Date d’édition : 1932

Type : texte,publication en série imprimée

Langue : Français

Format : application/pdf

Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-42150

Provenance : bnf.fr

1939/04 (A8,N95).

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La Tunisie au gré des conflits


Découverte de mosaïques à Sousse 1939

Classé sous — milguerres @ 17 h 07 min

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La Tunisie au gré des conflits

Les mosaïques de Sousse

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Apollon entouré de Muses
Dieu Océan entouré de poissons 

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A. TRUILLOT 
Conservateur du Musée de Sousse

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Titre : Tunisie. Revue ["puis" mensuelle] illustrée

1939/04 (A8,N95). 

Découverte de mosaïques à Sousse 1939 N0166339_JPEG_10_10DM

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Titre : Tunisie. Revue ["puis" mensuelle] illustrée

Éditeur : [s.n.?] (Tunis)

Date d’édition : 1932

Type : texte,publication en série imprimée

Langue : Français

Format : application/pdf

Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-42150

Provenance : bnf.fr

1939/04 (A8,N95). 

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La Tunisie au gré des conflits

Annibal, le Rhodien

Classé sous — milguerres @ 16 h 56 min

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La Tunisie au gré des conflits

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ANNIBAL LE RHODIEN 

Titre : Tunisie. Revue ["puis" mensuelle] illustrée

Éditeur : [s.n.?] (Tunis)

Date d’édition : 1932

Type : texte,publication en série imprimée

Langue : Français

Format : application/pdf

Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-42150

Provenance : bnf.fr

Annibal, le Rhodien n0166313_jpeg_18_18dm-annibal1n0166313_jpeg_18_18dm-annibal2

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La Tunisie au gré des conflits


28 mars 2013

L’école militaire du Bardo à réhabiliter

Classé sous — milguerres @ 8 h 24 min

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La Tunisie au gré des conflits

L’école militaire du Bardo : Un monument historique qui gagnerait à être réhabilité

Hatem El Karoui, écrivain

L’école militaire du Bardo : Un monument historique qui gagnerait à être réhabilité

 

 

Il existe au Bardo un monument historique qui mérite d’être remis en valeur. Il s’agit de l’Ecole militaire. Fondée par Ahmed Bey, l’école militaire dite aussi polytechnique du Bardo, enseignait, nous dit le chroniqueur Ahmed Ibn Abi Dhiaf, les sciences des fortifications, la géométrie, les mathématiques, le français et le Coran. Ce dernier enseignement était supervisé par l’érudit Mahmoud Qabadou (1812- 1871), homme épris de réformes et de progrès.

Je passais il y a quelques jours près du Musée du Bardo et j’ai visité l’école militaire du Bardo: Une vraie désolation! Fermée en 1869. Transformée en caserne…Et de nos jours depuis l’indépendance elle est fermée. Ni sous Bourguiba, ni sous Ben Ali elle n’a été valorisée et maintenant cela continue avec la « pseudo-révolution ». Un policier qui garde les lieux devant la grande porte du musée du Bardo (l’école est à l’entrée à droite à côté de la mosquée) m’a dit: « Qui pense à la culture aujourd’hui? La culture est encore plus pauvre aujourd’hui qu’hier! » Beaucoup penseraient:  » Vivement le retour à la colonisation, on verrait alors beaucoup plus clair! ». C’est vraiment honteux!

On se demande d’ailleurs en sachant que le palais de la rose (Warda, la Manouba) a été restauré et est devenu le somptueux musée de l’armée, pourquoi il n’en a pas été de même pour l’école militaire du Bardo.

Quelle était donc alors la cause de cette carence ?

On ne peut s’empêcher de penser que le souci des dirigeants antérieurs, aussi louables leurs efforts pour moderniser ce pays furent-ils, avaient par vanité cherché à faire le vide autour d’eux et à gommer les réalisations de leurs prédécesseurs ou leurs contemporains qu’ils considéraient comme des rivaux et des concurrents et comme des empêcheurs de leur accès à la postérité et à l’immortalité.

Ce type de considération est en particulier applicable au Président Habib Bourguiba dont l’égo était tellement fort qu’il avait toujours recherché à effacer les traces des autres dirigeants qui avaient aidé à mener la Tunisie à bon port, notamment les beys de la dynastie husseinite.

L’institut National du Patrimoine et le ministère de la Défense Nationale devraient par conséquent concourir en commun à la réhabilitation de cette école et mettre en valeur ce monument qui témoigne d’une époque où la foi dans le progrès était si grande.

Mais essayons, pour situer l’importance de l’idée cette réhabilitation, essayer de mieux connaitre l’historique de la création de l’école du Bardo.
Sous le règne d’Ahmed Bey (1837-1855), qui fait partie des beys considérés comme éclairés par l’histoire, une école polytechnique avait en effet été installée dans les dépendances du Bardo et qui avait fonctionné de 1840 à 1855 et à laquelle avait succédé une école militaire de 1855 à 1866 (1). Ahmed Bey avait aussi fait construire en 1839, la caserne de l’artillerie, qui devait devenir sous le Protectorat la caserne Forgemol. Le même souverain avait fait élever, pour assister aux évolutions de son armée, un pavillon à étages, kshuk (d’où la famille Kchouk ?), où s’étendront un jour les terrains de jeu de saint Henri (2). Le Borj El Kébir à Manouba fut également agrandi par Ahmed Bey et transformé en caserne de cavalerie.
Dans le site Wikipédia, il est dit que l’école militaire du Bardo avait été fermée sur ordre de Sadok Bey en 1868 en raison de son coût de fonctionnement important, à l’initiative de Mustapha Khaznadar et sous la pression des consuls européens, dans le contexte de la crise financière des années 1860. Mais le professeur Sahli diffère d’une année supplémentaire cette décision de fermer l’école mais pour les mêmes motifs : « En 1869, année de promotion de Mohammed Karoui, Sadok Bey a décidé, à la suite de la création de la Commission Financière Internationale de fermer définitivement l’Ecole Militaire du Bardo en raison de son coût de fonctionnement élevé ». dit-il.Des anecdotes révélatricesEn gros, la formation dispensée par l’école militaire du Bardo avait été positivement appréciée mais il n’en aurait pas toujours été ainsi et elle n’aurait pas toujours été profitable à tous les élèves. Certains des « polytechniciens » du Bardo auraient été déboussolés. Ils auraient été moqués par leurs supérieurs qui n’avaient pas eu à passer par les mêmes épreuves. Mohamed Karoui, élève durant les années 1860, aurait témoigné qu’un jour, « un général de la garde était arrivé à l’improviste à un cours de trigonométrie et avait demandé des explications […]. Deux élèves s’y seraient employés successivement. Après quoi, le général s’en serait allé dignement en disant tout haut : « Et dire que S.A. perd son argent à de pareilles sornettes ! » (Chenoufi 1976 : 75-76). L’anecdote n’aurait cependant pas été rapportée de façon fidèle et on se pose la question de savoir si certains historiens comme Chenoufi ne seraient pas animés de mauvaise foi (ce qui serait grave pour la fonction et son sérieux !). La foi donnée par un autre historien aux dires de Chenoufi sans vérification donne de plus peu de crédibilité à sa thèse (3).
En effet, dans son ouvrage « Historique de la Mission militaire française en Tunisie (1827-1882) », le Lieutenant Colonel Paul Marty dit :
« La situation des jeunes élèves du Bardo, instruits et entrainés, et sans doute aussi quelque peu présomptueux, était parfois pénible vis-à-vis de leurs chefs tunisiens, souvent illettrés, et quelque peu jaloux de la science et de l’indépendance d’esprit de ces élèves-officiers. Ils ne leur ménageaient pas les avanies, aux dires de si Mohamed Karoui, qu’on verra plus loin, et se montraient généralement incompréhensifs ou sceptiques sur les résultats de cet enseignement. C’est ainsi qu’un vieux général fit un jour sortir du rang M’hamed Ouardiane Pacha en lui montrant un énorme tas conique de boulets lui demanda combien il comprenait d’unités. Le jeune homme se mit aussitôt à prendre les mesures du cône, mais le vieux soldat le renvoya en lui disant que puisque sa science ne lui permettait pas de dire instantanément le nombre de boulets, il n’avait que faire de ses formules.
Une autre fois, le Général de la Garde, Allala ben Frija, qui par ailleurs a laissé ici, après plus d’un demi-siècle, une pénible réputation, arriva à l’improviste à un cours de trigonométrie et demanda des explications. On saisit facilement la difficulté de faire comprendre à un illettré un cours de cette valeur, d’autant plus qu’il fallait le lui traduire en arabe. Deux élèves s’y employèrent successivement. Après quoi, le Général s’en alla dignement, en disant tout haut : « Et dire que son Altesse le bey perd son argent en de pareilles sornettes ! ».
Les élèves, indignés, prirent leur petite revanche peu après. Un d’entre eux, ayant besoin d’une permission, en fit la demande par écrit au Général, qui écrivit deux mots en arabe, au-dessous : « Autorisé à partir », mais ces deux mots contenaient quatre fautes, et ce fut dans l’allégresse générale que le papier circula dans l’école où on le garda précieusement et où « l’autorisé à partir » devint l’objet d’innombrables plaisanteries.
Si Mohamed Karoui, qui raconte ces traits, conclut: « Voila les gens, ignorants des premiers éléments de leur langue maternelle, qui prétendaient juger l’enseignement de nos savants et dévoués professeurs ».
Ce n’était donc pas la qualité de l’enseignement qui était mauvaise mais la jalousie de quelques uns des hiérarques ignorants et incultes de l’administration beylicale qui étaient la cause de cette mauvaise presse. Voici donc une déformation préjudiciable des faits historiques ! Mais à qui profite-t-elle ?…Passons…

Kheireddine y avait-il étudié ?

Les meubles, la bibliothèque ainsi que les professeurs auraient été intégrés quelques années après la fermeture de l’école à la nouvelle institution moderne fondée par Kheireddine Pacha en 1875 le Collège Sadiki. D’ailleurs, les trois premiers dirigeants du collège sont Mohamed Larbi Zarrouk et les généraux Skander et Baraket, tous des anciens de l’école militaire.
Quant à Mohamed Karoui, il avait été nommé, par décret du 8 mars 1870, aide de camp attaché du Ministre Mohammed Khaznadar auprès du Général Kheireddine. Quand ce dernier est devenu membre du gouvernement du Grand Vizir Mohammed Khaznadar, Kheireddine l’avait alors nommé Secrétaire de la Commission Financière Internationale dont il était président. Compte tenu de sa vive intelligence et de sa parfaite maîtrise des langues Arabe et Française, il avait obtenu, à partir de 1880, la poste de premier interprète au Premier Ministère, soit peu de temps avant le protectorat (1881). Et ce n’est qu’en 1885 qu’il avait été nommé pour une année, directeur au collège Sadiki.
Il faut cependant rappeler que Kheireddine avant de fonder Sadiki avait eu des liens étroits avec l’école militaire du Bardo sans pour autant y avoir poursuivi des études (4). D’abord il avait été mené de manière fortuite dans le beylik de Tunis, et dans les années 1839/40. Ahmed Bey venait de s’engager dans une série de réformes militaires ambitieuses prenant pour modèles, des programmes turcs et égyptiens. La pièce centrale en fut l’école militaire du Bardo (Al Mekteb el Harbi) qui succédait à la tradition de l’éducation des Mamelouks tout en la concurrençant et en anticipant le collège Sadiki.
Nous reviendrons sur le fonctionnement de cette école (professeurs y ayant enseigné, élèves brillants qui y avaient étudié dans un autre article.

HK
Hatem El Karoui, écrivain

(1) L’Amiralay Karoui y accédera en 1859, soit 4 ans plus tard quand elle fut dénommé école militaire. Ici il existe une petite contradiction entre ce que dit Paul Sebag dans « Tunis, histoire d’une ville » L’Harmattan Histoires et Perspectives Méditerranéennes lorsqu’il affirme que l’école avait fermé ses portes en 1866, et ce qu’affirme l’historien Hammadi Sahli dans sa conférence au siège des anciens de Sadiki le 14 novembre 1994, lorsqu’il avait avancé que l’Amiralay avait terminé ses études à l’école en 1869 après y avoir étudié pendant 10 ans, coïncidant avec l’année de fermeture de l’école en 1869 suivant également d’autres sources.
(2) Les chauffeurs de taxi l’appellent aujourd’hui «santarine», déformation du nom «Saint-Henri», actuelle Cité Bouchoucha. Ce quartier est typique. Il est situé dans l’agglomération du Bardo, un lieu chargé de souvenirs et d’histoire. Sa proximité du Bardo, le lieu qui a vu la signature du protectorat le 12 mai 1881, a fait sa notoriété et sa richesse. Le nom du Bardo vient de l’espagnol «prado» ou «pardo» qui signifie jardin clos ou parc.
(3) L’école des palais : les maîtrises de l’écrit parmi les mamelouks des beys de Tunis, des années 1770 aux années 1860 par M’hamed Oualdi. In http://ejts.revues.org/1403
(4) Voir http://books.google.fr/books?id=XjMNN9gDMegC&pg=PA172&lpg=PA172&dq=L’%C3%A9cole+militaire+du+bardo&source=bl&ots=bIVHu96x6J&sig=EEp-U5k1h3qv93TGKC0iJCOkO08&hl=fr&sa=X&ei=ETZEUePfFI-RhQfwoYCYBw&ved=0CC0Q6AEwADgK#v=onepage&q=L’%C3%A9cole%20militaire%20du%20bardo&f=false

SOURCE : http://www.alterinfo.net/L-ecole-militaire-du-Bardo-Un-monument-historique-qui-gagnerait-a-etre-rehabilite_a88295.html

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La Tunisie au gré des conflits

27 mars 2013

Le commandement militaire à la base du renforcement de la franc-maçonnerie

Classé sous — milguerres @ 19 h 45 min

 

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La Tunisie au gré des conflits

Le commandement militaire à la base du renforcement

de la franc-maçonnerie durant le protectorat français en Tunisie ?

Hatem El Karoui, écrivain

Les liens dégagés entre le commandement militaire et civil et surtout militaire et le développement de la franc-maçonnerie en Tunisie durant le protectorat nous a inspiré le présent article. En effet, il parait évident que les Franc maçons ont puisé leur force dans la proximité étroite des cercles du pouvoir…Et le fait que chef de l’état major de l’armée française ait été au sommet de la hiérarchie franc-maçonne de la période que nous décrivons est très révélateur en ce sens. Le Président du Conseil Jules Ferry qui a lancé l’opération de la colonisation en Tunisie était lui-même maçon sans compter d’autres haut placés dans le commandement militaire comme Boulanger. 
Evidemment, il s’en suit un effet psychologique selon lequel on ne peut progresser dans sa carrière à tous les niveaux qu’en appartenant à la franc-maçonnerie et c’est ce qui poussait facilement certains des musulmans tunisiens à rechercher à tout prix à adhérer à ce courant de pensée. 
Mais les dirigeants tunisiens qui ont combattu pour conduire le pays à l’indépendance ont pensé à ce danger. 
La chronique suivante trace en filigrane ce mouvement…

Quand le général Forgemol était en 1882 entré à Tunis à la tête des troupes d’occupation, il avait décidé de s’installer au siège de la Municipalité. Cependant, Forgemol (1) avait habité avec sa famille à Dar El Bey à la Kasbah (Aujourd’hui Premier ministère). 
Le journal « Le petit Stéphanois » rapporte dans son édition du 5 mars 1882 : « Le général Forgemol est arrivé aujourd’hui, par le chemin de fer de La Goulette à Tunis. Toutes les troupes françaises étaient sous les armes depuis la gare italienne (2) jusqu’au palais de Dar El bey, où il logera avec sa famille. La cavalerie, l’infanterie, les chasseurs à pied ou à cheval étaient massés autour de la gare ; les généraux Japy, Lambert et Maurand ont été à bord, recevoir le général en chef. Les forteresses et redoutes de Tunis occupées par nos troupes ont tiré plusieurs salves. Le général Forgemol en descendant de la gare, s’est immédiatement rendu à la Résidence pour saluer M. Roustan (3) qui est parti à quatre heures pour La Goulette. Une foule immense était massée sur tout le parcours. 
La colonie entière, toute entière, sauf de rares exceptions, est allée saluer le ministre (4) partant. La grande majorité l’a accompagné à bord. Le bey, comme d’habitude, avait mis à la disposition de M. Roustan la chaloupe beylicale et envoyé pour le saluer divers généraux de sa cour. Tous les consuls sont venus exprimer leurs sympathies. 
En ce moment, nous avons sur rade six navires de guerre français. 
Le général Logerot (5) retournera la semaine prochaine à Sousse, pour aller après faire une tournée dans le sud de la régence. La dernière fois, il a poussé au-delà de Djébel-Otmana. Cette fois, il ira beaucoup plus au sud vers la frontière de Tripoli. Il est indispensable de faire voir souvent nos troupes dans ces régions et avant la saison d’été (6). 
Les nouvelles de Tripoli signalent de nouveaux arrivages de troupes turques, deux bataillons, ce qui porte l’effectif en Tripolitaine à 23 000 hommes. Notre gouvernement doit se préoccuper de cette agglomération de Turcs, malgré les difficultés que rencontrait une armée régulière dans une marche à travers la région, semblable au Sahara qui sépare l’oasis de Tripoli et la Tunisie. 
Aujourd’hui sont partis vers la France plusieurs centaines de soldats libérés de la classe de 1876 » (7). 
A la même période, mon grand père l’Amiralay Mohamed Karoui (1847-1941), était Bimbachi (Commandant) dans l’armée du Bey. Il avait poursuivi ses études à l’école Militaire du Bardo créée par Ahmed Bey en 1940 et avait été envoyé par Sadok Bey aux monts kroumirs, porteur d’un message à son frère Ali Bey (Bey de camp). C’était après que la colonne du sud commandée par le général Logerot fut entrée en mouvement en date du 24 avril 1881 au matin en quittant Souk Ahras et avait pénétré par le Nord Ouest dans le territoire tunisien. 
En fait la véritable mission de l’émissaire du Bey Sadok consistait à demander au Bey de camp de ralentir au maximum l’investissement du pays par les armées françaises en organisant une résistance secrète. Il fallait libérer les soldats tunisiens munis de leurs armes en leur demandant d’enlever leur tenue militaire et d’aller rejoindre leurs tribus respectives ((notamment Charen, la ville du Kef qui était la plus difficile à investir (8). Malheureusement la manœuvre n’eut qu’un succès partiel, étant donné le déséquilibre des forces en présence… 
L’Amiralay Karoui, qui avait accédé plus tard à de hautes charges comme Directeur Général des archives ou Directeur du Collège Sadiki ne s’était pourtant pas rapproché de la Franc-maçonnerie…Etait-ce pour cette raison qu’il a eu quelques revers de carrière mystérieux ? Ou finalement, Le Tunisien musulman patriote n’était pas bien vu ? Mais c’est un autre débat… 

Le commandement militaire à la base du renforcement de la franc-maçonnerie durant le protectorat français en Tunisie ?

En tous cas, il faut savoir que le palais Dar Husseïn, qui est aujourd’hui le siège de l’Institut National du Patrimoine (depuis 1993), avant d’avoir été en 1957, le siège de l’Institut national d’archéologie, était auparavant devenu le siège du commandement militaire français jusqu’à l’indépendance. La « place du Général » était par conséquent à cette période gardée jour et nuit, ce qui explique les difficultés d’y accéder (dont l’anecdote de la vidéo référencée plus loin). 
Dar Hussein est d’ailleurs l’un des plus beaux palais de la médina de Tunis. Il est situé dans le quartier de Bab Menara. Dar Hussein occupe l’emplacement du Ksar (palais) des Beni Khorassan. A l’époque turque, son sort s’était notamment trouvé mêlé successivement à trois mamlouks de haut rang. 
Demeure construite sur l’emplacement de la cité princière des XIème et XIIème siècles, elle avait été l’habitation successive de princes, de deys et de beys. Ses riches propriétaires n’avaient cessé de l’embellir et de l’agrandir avec de vastes salles de réception et deux patios. Reconstruite par Ismail Kahia, ministre et gendre d’Ali Ier Pacha (1758-1781) qui l’avait occupé jusqu’à sa disgrâce et son exil. C’est au XIXème siècle que Youssef Saheb Ettabaâ, le garde des Sceaux et ministre favori de Hammouda Pacha, avait acheté et embelli le palais. C’est à lui que l’on avait dû les décorations actuelles : patio décoré de dallage et de colonnes de marbre blanc blanc, chapiteaux de style néo-corinthien, faïences de Kallaline, stucs, boiseries peintes…Il l’avait restauré à l’occasion de son projet de mariage avec la princesse Fatma, sœur du souverain, mariage empêché par la disparition tragique du ministre. 
La driba, suivie d’une sqifa, donne accès à l’étage des hôtes par un escalier d’honneur. Large, bien éclairé, muni d’une rampe en fer forgé, il préfigure les escaliers d’honneur des palais italianisants du XIXème siècle (Palais Kheireddine, Palais Khaznadar). 
En 1858, Dar Hussein avait abrité le premier Conseil municipal de Tunis (donc la 1ère municipalité) d’où son nom de Dar El Achra (Maison des dix) par référence aux dix notables qui formaient ce conseil. Le général Husseïn, réformateur proche du grand vizir Kheireddine Pacha, et Président du Conseil s’était installé dans le palais qui porte ainsi son nom. La place du Château, située devant l’entrée, avait été aménagée à cette époque sur un ancien cimetière en 1814. 
Revenons à la période du Protectorat : En 1882, le général Forgemol, entré à Tunis à la tête des troupes d’occupation, avait décidé de s’installer avec son état major au siège de la municipalité. Les pouvoirs civils et militaires coexistaient alors. Au départ le pouvoir militaire dépassait le pouvoir civil. Ainsi en 1884, le général de division George Boulanger (9) avait commandé le corps d’occupation de Tunisie et avait à cette pratiquement les pleins pouvoirs. A cette époque, le résident général était Paul Cambon qui avait succédé à Théodore Roustan le 28 février 1882 et avait occupé son poste jusqu’au 28 octobre 1886 (10). 
Le général Forgemol, qui avait précédé le général Boulanger, était arrivé à Tunis précisément le 5 mars 1882. Sadok Bey était décédé quelques mois plus tard (29 octobre 1882 alors qu’il était né le 7 février 1813). Il avait succédé à Mhammed Bey en 1859. Forgemol avait séjourné à Dar El Bey, palais construit au 18ème siècle par Hammouda Pacha le Mouradite. 
Dans la pratique le pouvoir civil avait pris progressivement le dessus sur le pouvoir militaire avec l’institution du corps des contrôleurs civils. Mais il restait que le commandement militaire gardait toujours son aura et son mot à dire dans les grandes décisions stratégiques. 
Le général Paul Azan, avait partagé, lui, successivement le pouvoir en Tunisie avec les Résident généraux Marcel Peyroutan (1933-1936) et Arman Guillon (1936-1938). 
Une 
Une récente vidéo avait circulé récemment sur Internet (youtube) dans laquelle un vieux ex-franc-maçon avait « vendu la mèche » en sachant le secret était une règle très rigoureuse dans le corps de la maçonnerie (Voir : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=zlPdiN0yEnY) 
Il y était fait état que pour grimper dans les rangs de la maçonnerie il fallait faire preuve de grand courage et surtout de grande abnégation vis-à-vis de la cause. Des noms y avaient été donnés comme Mohamed Salah Mzali et Sadok Sebai, et surtout celui du général Paul Azan qui était en même temps chef de l’état major de l’occupation et occupait le plus haut rang dans la franc-maçonnerie en Tunisie.
Il faut savoir que Mohamed Salah Mzali appartenait à la loge « L’étoile de Carthage » dès 1931. Il devait avoir une promotion rapide au sein de la franc-maçonnerie et du corps caïdal. Au départ, administrateur et figure notoire du Makhzen tunisien qui s’assurait des charges caïdales, il devait être déchu de sa charge de caïd de Bizerte sous le régime de Vichy, pour appartenance à la franc-maçonnerie. Sadok Sebei, avait quant à lui rejoint Mohamed Salah Mzali en intégrant la loge de l’Etoile de Carthage, le 15 mai 1934. 
Il est mentionné dans l’enregistrement que le Général Azan qui n’avait quitté l’armée qu’en 1936, avait probablement rendu visite à Bourguiba durant la période où il était prisonnier à Borj el Bœuf pour essayer de négocier avec lui. 
Le camp de Borj Le Bœuf qui est situé dans le Sahara tunisien, précisément dans l’Erg Oriental, à quarante kilomètres au sud-ouest de Remeda, avait accueilli notamment des militants nationalistes tunisiens, dont Habib Bourguiba qui y avait été détenu après la création du Néo-Destour le 2 mars 1934, du 3 septembre 1934 au 23 mai 1936. Le geôlier de Bourguiba à Bordj le Bœuf avait été alors le capitaine Camille Mathieu. 

C’est vrai que la vidéo est confuse et qu’il faut faire un effort pour décoder ce qui est dit surtout que c’est mal exprimé mais elle est intéressante dans la mesure où elle informe sur la situation des Franc maçons musulmans à l’époque et de ce qui justifiait leur appartenance aux loges. 
Un état de l’atelier Véritas (Grande Loge de France) permet d’étudier le développement de la loge depuis lors : 76 Francs-maçons y étaient affiliés en 1945. On compte parmi eux, d’après l’examen des noms patronymiques, puisque les nationalités n’étaient pas indiquées, une majorité de Juifs, pour la plupart des Livournais et une poignée de Français de souche et trois musulmans. L’étude des procès verbaux de cette loge atteste que ses membres n’étaient pas totalement intégrés dans la société coloniale française, puisqu’ils se plaignaient du freinage du mouvement de naturalisation et relevaient que de « nombreux intellectuels (tunisiens) dignes et honnêtes voient leurs requêtes repoussées ou éternellement laissées en suspens ». Dénonçant les mesures prises par la loi Dommange (19 juillet 1934), ils s’inquiétaient des dispositions proposées à la Chambre, concernant le statut des naturalisés, qui tendent à créer « une catégorie particulière de Français de seconde zone». La demande de naturalisation émanait, d’ailleurs, essentiellement des élites juives de Tunisie, voulant participer au régime de faveur des Français de Tunisie et finaliser leur promotion au sein de la société coloniale. Or, la campagne nationaliste tunisienne contre les naturalisations qui avait atteint son apogée en 1933-1934 avait, bel et bien surdimensionné les effets de la campagne de naturalisation des Tunisiens, qui était l’objet d’un rejet catégorique des Musulmans. Les naturalisations étaient, de fait, bloquées par les Prépondérants qui ne voulaient pas admettre cette extension des privilèges. Il est donc constaté que la loge Veritas, sinon l’ensemble des maçons Tunisiens agissaient à la fois à contre courant du mouvement national et des Prépondérants du régime colonial. Il reste que l’attrait des Musulmans pour les loges maçonniques est justifié par les discriminations professionnelles dont ils faisaient l’objet par rapport aux Français et même des Juifs. (La vidéo en parle au début). Naturellement le courant nationaliste avait décelé le danger de ce « chant des sirènes » employé pour attirer progressivement les Musulmans vers les loges et y avait mis le Ho Là. 

Il ne faut cependant pas se tromper. Les maçons ne sont pas tous athées. Il existe des maçons catholiques, protestants, musulmans….Il existe même ces maçons qui croient en Dieu en tant qu’architecte de l’univers… Ce qui distingue les maçons du grand orient de ceux de la grande loge de France. Mais le problème c’est qu’au niveau de l’histoire coloniale de la Tunisie il existe une ambiguïté. Pour adhérer à la maçonnerie et progresser dans les échelons (ceci est signalé dans la vidéo) il faut donner la preuve d’une tolérance par rapport aux autres religions. Cela veut dire quoi au juste ? Ce sentiment est noble dans l’absolu…Sauf que derrière l’entreprise coloniale l’idéologie sous jacente n’est pas d’aboutir à l’égalité, la justice et la fraternité pour tout le genre humain. Jules Ferry, franc- maçon, idéologue de la colonisation de la Tunisie, disait devant la chambre des députés le 28 juillet 1885 quand il était président du Conseil, que la France en colonisant la Tunisie le faisant dans le cadre d’une « mission civilisatrice ». Ce qui voulait dire que le colonisateur appartenant à la race supérieure allait au secours colonisé de race inférieure. Et il allait demeurer supérieur car il n’allait pas renoncer à ses privilèges… 
Il y disait alors précisément : « il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures..». 
Pour adhérer la première fois et être accepté il faut faire preuve d’un courage peu commun…Mais courage au profit de quelle cause ? Celle de la France colonisatrice donneuse de leçons aux indigènes ? 
De tels témoignages sont toutefois intéressants car la transmission de la mémoire à travers ceux qui vivent encore est très importante… 

Notes : 
(1) Léonard-Léopold Forgemol de Bostquénard (1821-1897) est un général français. Il est chargé par le gouvernement de Jules Ferry de diriger les opérations militaires en Tunisie d’avril à juillet 1881. Elles aboutissent à l’établissement du protectorat français au terme du traité du Bardo , complété par un second traité signé à La Marsa en 1883. Il demeure en Tunisie jusqu’en 1883 et conduit une seconde campagne de « pacification » dans la région de Kairouan . 
(2) La gare est appelée « italienne » parce que la société de navigation italienne Rubattino avait acquis la ligne ferroviaire en 1880 (jusqu’en 1898) de la part de la Tunisian Railway Company créée par Pickering et cédée auparavant à Wilkinson. La transaction au prix de 4300000 francs, avait bénéficié de la garantie d’intérêt du gouvernement italien. 

(3) A la date de l’arrivée de Forgemol (le 5 mars 1882) Paul Cambon était théoriquement le nouveau ministre résident depuis quelques jours (le 28 février 1882) et avait succédé à Théodore Roustan. Mais Forgemol avait été accueilli par Roustan qui avait ajourné son départ définitif de la régence après la cérémonie d’accueil de Forgemol et Paul Cambon avait pris officiellement ses fonctions par la suite. Sadok Bey était encore au pouvoir à cette époque (mort le 29 octobre 1882). 
(4) Le 23 juin 1885, le titre de ministre résident avait été remplacé par le titre de résident général dont le premier titulaire fut Paul Cambon. 
(5) Le 24 avril 1881 la colonne du sud de l’armée française commandée par le général Logerot avait été la première à entrer en mouvement au matin en quittant Souk-Ahras en Algérie et en pénétrant dans le territoire tunisien par le Nord Ouest. 
(6) La Tripolitaine ou Libye est restée sous le contrôle de l’empire ottoman jusqu’en 1911. Elle a été ensuite colonisée par l’Italie après une longue lutte. La France se méfiait par conséquent de l’Empire ottoman qu’elle ne considérait pas comme son allié. 
(7) Renvoi dans leurs foyers des soldats français de la classe 1876 après leur temps de service. 
(8) L’historien Chedly Bouyahia relate cet épisode dans un livre où il élabore une enquête sur l’Amiralay Karoui où il avait commenté un manuscrit de Mohamed Karoui retrouvé à la bibliothèque nationale qui avait racheté la bibliothèque de l’Amiralay à ses héritiers, intitulé :« Assifa jaouïa Ala El Istitlaât Al Barizia » ou « tempête sur des découvertes parisiennes », réplique au rapport publié par ce dernier à l’occasion d’une visite effectuée à l’Exposition Universelle de Paris en 1900. Le livre de Mohamed Senoussi (1850- 1900) s’intitulait « Al Istitlaât Al Barizia » écrit après une visite de l’Exposition Universelle de Paris qui a eu lieu du 15 avril au 12 novembre 1900. Et moi-même je m’en suis inspiré dans un roman historique que j’ai écrit en 2006 intitulé « Meurtre au palais du Bardo ». 
(9) Le général Boulanger aurait été lui-même franc maçon. Voir : http://books.google.fr/books?id=PyggjRu-LssC&pg=PA66&lpg=PA66&dq=g%C3%A9n%C3%A9ral+boulanger+franc+ma%C3%A7on&source=bl&ots=JyfSiz2EA0&sig=uUg3katKbnQWv1ed4FNNL7B1fao&hl=fr&sa=X&ei=nBEwUaTbFsKn0AWL8YGgDg&sqi=2&ved=0CEMQ6AEwBA#v=onepage&q=g%C3%A9n%C3%A9ral%20boulanger%20franc%20ma%C3%A7on&f=false
(10) Par tradition pourtant, la Franc-maçonnerie pour prospérer s’était arrimée au départ au pouvoir militaire. Etait-ce parce que la « grande muette » permettait d’assurer la sécularisation du combat politique ? 

HK

http://www.alterinfo.net/Le-commandement-militaire-a-la-base-du-renforcement-de-la-franc-maconnerie-durant-le-protectorat-francais-en-Tunisie_a87367.html

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La Tunisie au gré des conflits

Décoration militaire pour les pigeons voyageurs

Classé sous — milguerres @ 19 h 12 min

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 retour à la Seconde Guerre Mondiale

Pigeon voyageur mystérieux

Décoration militaire pour les pigeons voyageurs


Croix de Guerre en 1916 pour Vaillant

Sebastien Sabattini
http://www.atout-pigeon.com/Decoration-militaire-pour-les-pigeons-voyageurs_a1419.html

Le nombre de titulaires de la Croix de guerre 1914-1918 n’est connu de personne. Les renseignements du ministère de la guerre estiment à 2 055 000 citations attribuées aux combattants des armées françaises et alliés, à plus de 600 unités de l’armée de terre, à une trentaine de bâtiments de la marine, à plus de soixante dix escadrilles d’aviation, à 2 951 villes et communes ainsi qu’à des civils au 1er mars 1920. Ce chiffre ne tient pas compte des citations à titre posthume et des Croix de Guerre accompagnant d’office la Légion d’honneur et la Médaille militaire. En effet ces deux dernières médailles sont toujours attribuées avec une citation à l’ordre de l’armée, qui donne droit à la Croix de guerre avec palme. 
La croix de guerre 1914-1918 la plus « chargée » est celle de l’As des As français René Fonck avec 28 palmes et 1 étoile. 

Les décorés ne sont pas seulement des militaires. Des aumôniers, des ambulanciers(ères) ont également reçu cette décoration. En 1916, un pigeon voyageur nommé Vaillant est même décoré d’une citation. 

Le Vaillant décoré de la croix de guerre avec citation

Décoration militaire pour les pigeons voyageurs 14092311

Pendant la Guerre de 1914-1918, plus de 30000 pigeons sont utilisés par les armées françaises. Ils sont d’une fiabilité totale sur les courtes distances qu’ils doivent parcourir. Ils accomplissent leurs missions malgré les bombardements, la fumée, les projectiles, la brume et la poussière, alors que les liaisons téléphoniques sont constamment interrompues, que les estafettes sont retardées par les obstacles et les signaux optiques sont inopérants. Des actes d’héroïsme sont enregistrés et récompensés comme tels et justifient leur devise: Franchir ou mourir. 

Une autre activité a été confiée aux pigeons, celle de prendre des photos des dispositifs ennemis grâce à des appareils légers à déclenchement automatique fixés sur leur poitrine. Certains ont rapporté des clichés magnifiques et du plus grand intérêt opérationnel. 

En 1916, on fabrique 16 pigeonniers sur remorque, afin d’améliorer la mobilité. Certains pigeons furent de véritables héros. Le plus connu d’entre eux est « Le Vaillant », matricule 787.15, qui fut lâché du fort de Vaux le 4 juin 1916 à 11 heures 30 pour apporter à Verdun le dernier message du Commandant Raynal. 

Celui-ci écrivait : 
« Nous tenons toujours, mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuses. Il y a urgence à nous dégager. faites-nous donner de suite toute communication optique par Souville, qui ne répond pas à nos appels. C’est mon dernier pigeon. 
Signé : Raynal. » 

Ce pigeon a obtenu la citation suivante à l’ordre de la Nation : 
« Malgré les difficultés énormes résultant d’une intense fumée et d’une émission abondante de gaz, a accompli la mission dont l’avait chargé le commandant Raynal, unique moyen de communication de l’héroïque défenseur du fort de Vaux, a transmis les derniers renseignements qui aient été reçus de ce officier fortement intoxiqué, est arrivé mourant au colombier. » 

L’utilisation du pigeon soldat a permis de sauver de nombreuses vies humaines. C’est ainsi que le Capitaine René écrit dans son ouvrage Lorette, une bataille de 12 mois, octobre 1914 – septembre 1915 : 
« Une unité de chasseurs à pied, engagée à fond, s’est trouvée en pointe et coupée des autres unités. Tous les moyens pour aviser le commandement de cette situation étaient fauchés par les bombardements ou le tir des mitrailleuses. Le téléphone était coupé et la liaison optique impossible en raison de la fumée des éclatements. C’est alors que les chasseurs qui avaient emportés quelques pigeons voyageurs obtinrent de les lâcher avec le message suivant : « Sommes sous le Souchez. Subissons lourdes pertes, mais le moral est très élevé. Vive la France ! » Du colombier, le message fut transmis à l’artillerie qui allongea le tir, protégeant ainsi nos chasseurs d’une contre-attaque allemande. Ainsi Souchez fut libéré. » 

D’autres ont suivis….décoration de la Distinguished Service Cross, croix de guerre américaine

14092310
La Distinguished Service Cross est décernée à toute personne qui a servi dans les forces des États-Unis et qui s’est distinguée par un acte héroïque ne pouvant cependant justifier l’attribution de la Medal of Honor.


Le pigeon voyageur, entre les mains du capitaine américain J.-L. Carney de Pittsburg (Pensylvanie), restera célèbre dans les annales de guerre de nos alliés. 

En pleine foret de l’Argonne, en juillet 1918, un bataillon américain, commandé par le colonel Whittlesey, après avoir exécuté un bond en avant, se trouva séparé du reste du régiment. Les Allemands entourèrent la vaillante troupe qui, groupée autour de son chef, résista héroïquement. Comment rétablir la liaison ? Des volontaires se présentent, ils sont tués au fur et à mesure qu’ils tentent de franchir la ligne des tirailleurs ennemis. 

Heureusement, un pigeon baptisé « Cher Ami », un pigeon voyageur au plumage bleu ardoise et blanc, est retrouvé sur un cadavre américain. Vite, un message à la patte et « Cher Ami » après quelques hésitations sur la direction à prendre, s’envola à tire d’ailes, sous le feu des mitrailleuses ennemies. 

Il arriva sain et sauf au quartier général, et le bataillon fut immédiatement dégagé par des troupes envoyées à son secours. 

Toujours sur le front occidental, « Cher Ami » porta plus de douze messages très importants. Un jour, au cours d’un vol sous le feu ennemi, le vaillant oiseau se trouva dans le champ d’éclatement d’un obus fusant. Il fut atteint par un éclat qui lui enleva une partie de la patte droite. Il volait alors des premières lignes à Rembrandt. En arrivant à destination, « Cher Ami » tomba, affaibli par la perte de son sang, mais portant toujours le précieux billet attaché à sa patte blessée. 

Le général Pershing demanda à voir l’oiseau fidèle, et, après une caresse sur la tête, il lui décerna la Croix de Guerre Américaine, la Distinguished Service Cross. Puis le généralissime ordonna l’envoi du messager ailé à Washington, où il finira ses jours tranquillement. 

« Cher Ami » est parti tout dernièrement avec la première compagnie du service des pigeons sur le paquebot Ohio à destination des Etats-Unis. 

Pendant la deuxieme guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les pigeons voyageurs sont à nouveau utilisés, mais la vitesse de l’avance allemande, puis l’occupation désorganisent les colombiers.

Lorsque la Résistance s’organise, elle a également recours à ces volatiles. Plus de 16500 pigeons anglais sont parachutés en France. Ils permettent aux patriotes français de renseigner Londres de manière très efficace, grâce à leur entraînement dans des concours internationaux avant la guerre.

Utilisation du pigeon voyageur pendant la première guerre mondiale
Durant la guerre de 1914-1918, des pigeons voyageurs ont été utilisés par les Français pour communiquer sur le front. 
Avant cela, lors du siège de Paris par les Prussiens, les pigeons de la guerre de 1870 ont permis au nouveau gouvernement évacué de continuer à communiquer efficacement avec la capitale. Suite à cette expérience, l’armée française, à Coëtquidan et Montoire a crée de nouveaux centres d’instruction colombophile militaire. Ceux-ci seront utiles et utilisés de 1914 à 1919. 
Dix ans avant leur utilisation sur le champ de bataille, l’hebdomadaire Les nouvelles illustrées dans son n°38 du jeudi 12 février 1903, consacrait ainsi un article aux pigeons de guerre dans l’armée allemande, illustré de deux photographies. 
La Première Guerre mondiale a d’abord été caractérisée par la mobilité des troupes, qui se sont enlisées dès 1915 et pour 3 ans dans une guerre de position et de tranchées. L’information et la désinformation sont alors devenues vitales et stratégiques, ainsi donc que les moyens de communication. 
Bien que ce soit l’époque du développement de la téléphonie, il était fréquent que des unités soient isolées ou que des messages doivent être envoyés rapidement sur de grandes distances. Pour cela, les deux camps utilisèrent largement les pigeons voyageurs qu’ils élèveront et transporteront dans des unités mobiles de campagne, camions spéciaux se déplaçant au gré des besoins sur différents fronts.. 
L’occupant allemand veille à interdire aux civils des zones occupées le lâcher de pigeons. Ainsi, dès décembre 1915, dans le nord de la France, pays des coulonneux et occupé, le Bulletin de Lille de la semaine suivante rappelle aux Lillois qu’il est interdit, sous peine de mort, de lâcher des pigeons voyageurs, et précise que les personnes « qui trouveraient des pigeons voyageurs (…) sont tenues de les remettre à l’autorité militaire la plus proche, faute de quoi elles seront suspectées d’espionnage et s’exposeront à des poursuites ; les infractions commises par négligence seront punies d’un emprisonnement pouvant atteindre 3 ans ou d’une amende pouvant s’élever jusqu’à 10 000 marks »1. 
Un bus à impériale de Berliet (dit Araba) fut transformé en pigeonnier roulant. Le bas de caisse contenait une réserve de grain et d’eau, ainsi qu’un logement pour le soigneur, et le haut du véhicule constituait le pigeonnier. En 1916, les alliés fabriquent aussi en France seize pigeonniers sur remorque. 
Les pigeons ont principalement été utilisés par les unités au sol, mais parfois aussi lançés à partir d’avions ou de navires.

Pigeon voyageur mystérieux

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La régence de Tunis a-t-elle souffert de la gestion des Mamelouks ?

Classé sous — milguerres @ 18 h 09 min

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La Tunisie au gré des conflits

La régence de Tunis a-t-elle souffert de la gestion des Mamelouks ?

Hatem El Karoui, écrivain

Le maintien de l’équilibre entre l’influence de la Sublime porte et celle des puissances occidentales avant le Protectorat français sur la régence de Tunis était un exercice difficile et les conseillers mamelouks des beys de l’époque étaient toujours deux feux. Cette idée trouve une illustration palpable sous l’autorité de Hammouda Pacha, qui était l’un des beys les plus avisés de la monarchie husseinite.

La tolérance de Hammouda Pacha vis-à-vis des puissances chrétiennes était à cet égard connue. En 1798, après que l’armée napoléonienne eut pris l’Egypte aux Mamelouks, l’empire ottoman avait exigé des puissances musulmanes du Maghreb auxquelles il était étroitement lié, d’interrompre l’amnistie avec la France par crainte de la condamnation de l’accès des lieux saints pour le pèlerinage, mais Hammouda Pacha avait pensé que la position de la régence de Tunis était d’assurer la sécurité des biens français en Méditerranée compte tenu de l’imbrication des intérêts commerciaux entre la Tunisie et la France…Une position intermédiaire avait été prise et même si l’amnistie avait été interrompue comme l’avait demandé Istanbul, il avait été convenu que le consul français qui n’aurait plus de position officielle pouvait résider en Tunisie autant que tous les autres résidents français à titre humanitaire…Et les ministres ottomans avaient été gênés par une telle attitude. Après le départ de Napoléon d’Egypte et l’alliance anglo-turque pour y arriver, l’amnistie avait été renouvelée… 
La campagne d’égypte s’était terminée en 1801 avec la capitulation du corps expéditionnaire français après la défaite contre les Turcs appuyés par les Anglais mais en 1802, Napoléon 1er avait publiquement loué Hammouda Pacha en disant que c’était l’un des souverains les plus éclairés que les Musulmans aient jamais eus… 

D’ailleurs en signe de rapprochement avec la France, la même année Hammouda Pacha avait accueilli l’amiral Lassègue à son arrivée à Tunis au Palais de la Rose à Manouba (qui est devenu plus tard le somptueux musée de l’armée). 

Certaines sources indiquent cependant que les visiteurs et les consuls européens n’accordaient pas beaucoup de crédit aux dignitaires Mamelouks à cette époque, dont à Youssef Saheb Ettabaâ, le garde des Sceaux de Hammouda Pacha. En 1795, ce dernier aurait été jugé « incapable » par les autorités consulaires françaises du fait de sa « stupidité » (1). En fait on attribuait au vizir alors la tentative de marginaliser les négociants français et de consolider les relations avec le centre stambouliote. 

Le Grand Visir de Hammouda Pacha, Mustapha Khouja était en effet décédé le 10 octobre 1800, mais même avant cette date Youssef Saheb Ettabaâ avait de l’influence auprès du bey. Il avait pour secrétaire le père de l’historiographe connu auteur d’ »Al Athaf » Ahmed Ben Dhiaf. Par ailleurs autant le bey lui-même que Mustapha Khoja et Youssef Saheb Ettabaâ possédaient individuellement des galions corsaires qui dépendaient d’eux en Méditerranée dont les butins leurs revenaient à chacun après déduction des frais. Ce qui expliquerait aussi peut-être l’animosité attribuée aux consuls européens vis-à-vis de Youssef Saheb Ettabaâ. Mais il était aussi connu que Youssef Saheb Ettabaâ était un fervent défenseur du rapprochement de la régence avec la Sublime Porte (2). 
Deux décennies plus tard, le consul de France aurait attesté que le vizir Shākīr Sāhib al-Tābi‘ manquait « absolument d’instruction », son homologue sarde Filippi certifiait lui aussi que ce favori ne savait « point lire ni écrire » (Filippi 1929 : 214). Là encore, le vizir heurtait des intérêts européens par ses brusques réformes financières. Le lieu commun eut la vie longue. Il fut repris, dans les années 1950, par Jean Ganiage (1959 : 369), auteur d’une thèse sur les origines du protectorat français en Tunisie : « Illettrés, presque tous les mamelouks l’étaient au Bardo, et l’on ne pouvait attendre de l’incompétence et de la paresse des fonctionnaires beylicaux qu’ils puissent prendre la moindre part à des discussions aussi arides et aussi techniques que celles des affaires financières. » 
Mais ces critiques virulentes sont sans doute exagérées et la compétence de Kheireddine, du général Rostom, du général Hassine en sont de parfaits exemples. 
Quoi qu’il en soit, Ahmed Bey avait créé l’école militaire du Bardo en 1840 en particulier pour pallier à cette carence attribuée à la formation de certains des Mamelouks de son entourage. 
Appelée au départ école polytechnique et installée dans les dépendances du Bardo elle avait reçu ensuite l’appellation d’école militaire à partir de 1855 et bénéficié du concours de professeurs compétents comme le Cheikh Qabadou, auquel Kheireddine avait fait appel (3) jusqu’à sa fermeture pour compression budgétaire en 1869…Mais c’est une autre histoire. 

HK 

(1) Plantet 1899 : 252 
(2) Cet incident est rapporté dans mon dernier ouvrage « L’émissaire barbaresque au Nouveau Monde qui paraitra au second semestre 2013. 
(3) Il faut rappeler que Kheireddine avant de fonder Sadiki avait eu des liens étroits avec l’école militaire du Bardo sans pour autant y avoir poursuivi des études. D’abord il avait été mené de manière fortuite dans le beylik de Tunis, et dans les années 1839/40. Ahmed Bey venait de s’engager dans une série de réformes militaires ambitieuses prenant pour modèles, des programmes turcs et égyptiens. La pièce centrale en fut l’école militaire du Bardo (Al Mekteb el Harbi) qui succédait à la tradition de l’éducation des Mamelouks tout en la concurrençant et en anticipant le collège Sadiki  

 source : http://www.alterinfo.net/La-regence-de-Tunis-a-t-elle-souffert-de-la-gestion-des-Mamelouks_a88018.html

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La Tunisie au gré des conflits

 

 

 

25 mars 2013

Historique du 8e bataillon de Chasseurs à pied, pendant la guerre 1914-1918

Classé sous — milguerres @ 18 h 27 min

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Historique du 8e bataillon de Chasseurs à pied, pendant la guerre 1914-1918

Titre : Historique du 8e bataillon de Chasseurs à pied, pendant la guerre 1914-1918

Éditeur : Impr. de Berger-Levrault (Nancy)

Date d’édition : 1934

Sujet : France (1789-….)

Sujet : France

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : In-8°, 56 p., couv. ill.

Format : application/pdf

Droits : domaine public

Source : Service historique de la Défense, 2011-324621

Provenance : bnf.fr

DISPONIBLE SUR : ftp://ftp.bnf.fr/623/N6235412_PDF_1_-1DM.pdf

Historique du 8e bataillon de Chasseurs à pied, pendant la guerre 1914-1918 ins-1-10-300x277

source  image : http://www.bataillonsdechasseurs.fr/1-10bc.htm  

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14 mars 2013

Message de l’amiral Esteva aux Tunisiens !

Classé sous — milguerres @ 0 h 21 min
Message de l’amiral Esteva aux Tunisiens !

mince alors Bizerte, la Tunisie, étaient collabo sous l’empire de Vichy ? NON !!!
aie ouille !!!
passez la page
allez ailleurs lire d’autres posts
out !!!!
 je suis dépassée !!!

zappez
passez à autre chose !!
_
je m’imagine dans un Labyrinthe de miroirs : 
là suis petite, toute petite, là déformée, là écrasée… là je m’efforce à voir qui je suis vraiment ….
je n’en reviens pas … Esteva qui maintient le régime de Vichy et se prosterne à tel point, mais à tel point, que vraiment aussi… bas !!
Tunisiens, qu’il leur dit, restez Vi-chyiens ???!!!
que c’est compliqué tout ça !
j’ignorais totalement ceci … 

pour ceux qui oseraient ne pas zapper !!??
Bonne lecture ! 

Journal des débats politiques et littéraires 
1943/05/21 (Numéro 1032). source gallica bnf
Message de l'amiral Esteva aux Tunisiens ! messag10

Le résident général de Tunisie, l’Amiral Esteva, collaborateur ou libre ? 

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La Tunisie au gré des conflits

Une histoire : Bizerte et la France

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