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3 avril 2013

7 avril 1945 – Okinawa : Le sacrifice du Yamato

Classé sous — milguerres @ 17 h 50 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale   

 

7 avril  1945 – Okinawa : Le sacrifice du Yamato 

Opération Ten-G*

Résumé    

L’opération Ten-G* (*appellation à valider tout de même, car introuvable par ailleurs) s’est déroulée au mois d’avril 1945. Il s’agit d’une opération navale menée par le Japon au cours de la Seconde Guerre mondiale. L’Empire japonais envoie le plus grand cuirassé du monde, baptisé Yamato, ainsi que neuf bateaux de guerre, combattre les forces américaines qui envahissent l’île d’Okinawa. La flotte est repérée par l’armée de l’air américaine qui coule cinq navires ainsi que le Yamato. 3 700 soldats japonais trouvent la mort.

Prélude 

Article de Cnaudin :

Le Yamato, roi maudit des cuirassés 

posté sur http://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/87-seconde-guerre-mondiale/3053-le-yamato-roi-maudit-des-cuirasses.html

La Seconde guerre mondiale aurait pu être l’apogée des cuirassés, elle fut leur cimetière. Très rapidement supplantés par les porte-avions, ces monstres des mers, héritiers des grands navires de guerre à voile de l’Age d’Or de la marine, ont vu leurs représentants les plus illustres connaître des destins contrastés. Après les héroïques raids du Graf Spee et du Bismarck, l’agonie du Prince of Wales et du Repulse ou les évasions miraculeuses du Jean Bart et du Scharnhorst, qu’est-il advenu du plus énorme d’entre tous, le Yamato ? 

Et il flotte !

Comment imaginer qu’un tel monstre ait pu un jour prendre la mer ? Jugeons plutôt : un déplacement de 64 200 t ; une longueur de 263 mètres ; une largeur de 39 mètres ; une ceinture de blindage principale de 400 mm ; un armement composé entre autres de trois tourelles de chacune trois canons de calibre 457 mm, pouvant envoyer des obus de plus d’une tonne ; le tout pouvant filer à 27 nœuds (soit plus de 50 km/h) ! Pouvant en outre embarquer plus de 3000 hommes, le Yamato fut le plus puissant cuirassé de la guerre, au-delà même du Bismarck ou des derniers cuirassés américains (type Iowa par exemple).

Développé à partir de 1934, soit avant l’annulation des normes de limitation touchant les navires de guerre, sa quille est mise en chantier le 4 novembre 1937 à Kure ; il entre en service le 16 décembre 1941, soit neuf jours après l’attaque de Pearl Harbor. Au départ destiné à être le fleuron d’une « super-flotte », il se transforme au long de la guerre en simple navire-amiral, alors que son frère jumeau, le Musashi, est coulé à Leyte fin 1944 par l’aviation américaine (il faut quand même dix-neuf torpilles et dix-sept bombes pour en venir à bout), sans quasiment avoir combattu ; un troisième exemplaire, le Shinano, est rapidement reconverti en porte-avions, symbole à lui tout seul de la perte de pouvoir des cuirassés durant cette guerre.

Longtemps loin du feu

Entré en service après Pearl Harbor, le Yamato se tient longtemps loin des combats, activement en tout cas. Il est de  presque toutes les batailles suivant le 7 décembre 1941, en particulier Midway en 1942 et la bataille de Leyte en 1944, où il est d’ailleurs brièvement bombardé. Pourtant, à aucun moment, le Yamato ne peut faire entrer en action sa terrible artillerie principale, tout simplement parce qu’il n’a pas d’adversaire ! A partir de mai 1942, la plupart des batailles décisives se jouent sans que les flottes se retrouvent face à face, c’est uniquement à l’aviation embarquée d’agir ; c’est évidemment le cas à la mer de Corail et à Midway, mais aussi plus tard dans les Salomon Orientales. Il y a certes quelques « vraies » batailles navales, au canon, lors de la bataille de Guadalcanal par exemple, mais elles sont à petite échelle et concernent plutôt des croiseurs.

 Quand les Japonais croient pouvoir enfin utiliser la fantastique puissance de feu du Yamato, le sort en décide autrement ; ainsi, à Midway encore, l’amiral Yamamoto veut jeter ses navires de ligne, dont le Yamato, dans la bataille pour un combat de nuit. Mais la flotte américaine victorieuse, qui a déjà coulé quatre porte-avions nippons, s’est prudemment retirée. A Leyte, alors que le Yamato est intégré avec son sistership le Musashi à l’escadre de bataille de l’amiral Kurita, chargée d’attaquer la flotte d’invasion américaine, le plan échoue quand il s’agit de prendre par surprise l’ennemi ; c’est ce dernier qui prend l’initiative avec son aviation, en bombardant la flotte japonaise et donc en coulant le Musashi. Les hésitations de Kurita empêchent finalement son escadre et le Yamato d’être décisifs quand, enfin, ils parviennent à entrer en contact avec la flotte ennemie et à faire feu. L’amiral japonais décide de se retirer, par peur de sacrifier pour rien la dernière grosse unité de la marine impériale, qui peut encore être utile à la défense du Japon.

 

File:Yamato damaged 7 apr 1945.jpg

Le Yamato endommagé sous le feu ennemi pendant son dernier voyage, le 7 avril 1945.

Le Yamato sacrifié à Okinawa (avril 1945)

Les autres grandes opérations américaines qui voient la conquête des places fortes japonaises ne permettent pas à l’état-major nippon, qui n’a presque plus de porte-avions, de risquer ses dernières forces navales. Il le fera uniquement au moment où la terre-patrie sera menacée.

C’est ce qui arrive quand les Américains décident de s’attaquer à l’île d’Okinawa. La bataille pour la défendre doit être le grand baroud d’honneur de la marine impériale (et de l’armée), dans le but de faire subir un maximum de pertes à l’ennemi pour le contraindre à renoncer à un débarquement au Japon.

Pourtant, une fois encore, le Yamato ne semble pas faire partie des priorités dans les plans japonais. Les batailles (et défaites) précédentes ont confirmé la nécessité de la maîtrise du ciel, et c’est sur cet aspect que les efforts nippons sont faits pour Okinawa. Mais ils disposent d’à peine deux milles appareils, et surtout d’équipages dont la formation n’a pas été achevée…Parmi eux, comme à Leyte, de nombreux candidats aux attaques-suicide.

La bataille d’Okinawa commence, et on se demande bien quel rôle va pouvoir jouer le Yamato. Le 4 avril, le cuirassé est intégré à une force mobile destinée à contre-attaquer, et surtout à servir d’appât à la flotte américaine pour l’attirer dans le secteur de l’aviation japonaise basée à terre. Très vite, on comprend que l’attaque du Yamato, dite « spéciale », sera en fait suicide ; avec son escorteur le Yahagi il ne reçoit que la ration aller de son carburant…

La petite escadre du Yamato appareille finalement le 6 avril 1945, et elle est rapidement repérée par l’aviation ennemie. Toutefois, ce sont d’abord des sous-marins qui la menacent, écartés par les destroyers de l’escorte. La nuit passe, relativement tranquille, et le 7 avril au matin le cuirassé continue sa route au Sud, sans apparemment être repéré par les Américains. C’est seulement vers midi que l’escadre reçoit un message évoquant le décollage de plus de deux cents avions américains des porte-avions, pour une grande attaque sur Okinawa ! Les appareils ennemis apparaissent bientôt par grappes ; c’est d’abord l’arrière garde de l’escadre du Yamato qui est frappée, puis son cœur même, le tout avec un temps toujours mauvais qui handicape encore plus les défenseurs que les attaquants.

 L’artillerie anti-aérienne du Yamato a été grandement améliorée dès les débuts de l’année 1944, grâce à l’utilisation du projectile « San-shiki » (tiré des pièces principales), capable de créer un cône de feu de 400 mètres sur 1000 mètres, sur une portée de 30 kilomètres ! Mais sans protection aérienne, cela ne suffit pas face à une attaque massive d’avions ennemis, surtout quand ils sont protégés par une couverture de nuages bas…qui empêche le tir des grosses pièces, et donc des « San-shiki » ! Il n’est pas 13 heures, et le Yamato est déjà frappé par deux bombes, puis par une torpille ; au même moment, le croiseur Yahagi est gravement touché et doit stopper, et un destroyer est coulé.

Une courte accalmie, et de nouvelles vagues américaines apparaissent une vingtaine de minutes plus tard. Un second destroyer est touché, puis le Yamato lui-même, qui encaisse cette fois deux torpilles. Un autre escorteur est ensuite coulé à son tour.

Un troisième raid ne laisse pas les Japonais souffler : ils sont près de cent cinquante appareils à fondre sur l’escadre nippone, décidés à en finir, dont une vingtaine de torpilleurs rien que pour le Yamato ! Le cuirassé est touché trois fois, gravement puisque l’un des gouvernails est détruit et que ses compartiments tribord sont noyés…Sa vitesse et sa manœuvrabilité sont donc fortement entamées. Pendant ce temps, le Yahagi a cédé sous les coups et coulé à son tour.

 

 

File:Yamato explosion.jpg

A 14 heures, le Yamato est alors frappé en plein milieu par trois bombes, puis quelques minutes après trois torpilles le touchent à nouveau, deux à bâbord, une à tribord. Le grand navire se couche sur le flanc petit à petit et n’avance plus qu’à sept nœuds. C’est cependant un quart d’heure plus tard que la torpille fatale le frappe : le Yamato se penche, les munitions roulent dans les soutes et finissent par exploser, et le cuirassé avec. Il emporte dans les abîmes plus de 3000 hommes, seuls 269 seront sauvés…

Le sacrifice du Yamato et de son escadre n’a finalement pas servi à grand-chose : la marine impériale n’est plus, et l’île d’Okinawa tombe après des combats parmi les pires de la guerre. La route vers le Japon est ouverte. Quant à l’aventure des cuirassés, elle est définitivement terminée.

 

 

File:Yamato1945.png

 

Dessin de la ligne du Yamato comme il apparaissait en 1944–1945.

 

sources 

textes

http://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/87-seconde-guerre-mondiale/3053-le-yamato-roi-maudit-des-cuirasses.html  

http://www.linternaute.com/histoire/jour/evenement/7/4/1/a/59609/operation_ten-g.shtml

images : wikipedia

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29 mars 2013

Fortifications et effectifs nippons

Classé sous — milguerres @ 9 h 39 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

23 novembre Les américains libèrent Tarawa

Fortifications et effectifs nippons

Après avoir remplacé l’amiral Saichiro, l’amiral Shibasaki a encore renforcé le système défensif de Bétio, en construisant, près de 
l’aérodrome, un véritable fort, pour abriter son quartier général et ses transmissions.

 

 

 

Fortifications et effectifs nippons Keiji-Shibasaki-1

 

Keiji Shibasaki

C’est le 10 décembre 1941 que les Japonais prennent le contrôle de l’archipel de Tarawa et plus précisément de Betio mais il faudra attendre le 15 septembre 1942 pour que des troupes y débarquent (6e force spéciale de débarquement de la marine de Yokosuka). Au mois de décembre le 111e régiment de pionniers vient compléter la garnison avec pour but la construction des défenses et de l’aérodrome. En février 1943, l’amiral Saichiro arrive sur l’île, ensuite le 17 mars la 7e force de débarquement de la marine de Saseko vient renforcer les forces en présence et enfin, en mai, arrive sur l’île la 4e unité de construction. En août, l’amiral Sibasaki remplace Saichiro. Ainsi au moment de l’assaut allié l’amiral dispose de 2 617 combattants d’élites. Voici les forces en présence sur l’île :

3e (ex-6e) force spéciale de débarquement : 1 120 hommes ;
7e force spéciale de débarquement de la marine (7e Sasebo) : 1 497 hommes ;
111e pionniers : 1 247 hommes ;
4e unité de construction : 970 hommes.

Au total, les Japonais sont donc 4 744 mais le génie surtout constitué de Coréens n’est pas destiné au combat.

Les fortifications sont disposées de telle sorte qu’elles se protègent mutuellement assurant ainsi une grande cohésion dans la défense japonaise. Voici la constitution des fortifications nippones :

4 canons de 200 mm construits par Vickers ;
4 canons de 140 mm ;
6 pièces de 80 mm ;
4 canons de 127 mm de DCA ;
8 pièces de 75 mm de DCA ;
27 mitrailleuses lourdes de 13 mm de DCA ;
4 mitrailleuses lourdes de 13 mm en affût double de DCA ;
10 canons de montagne de 75 mm ;
6 canons de 70 mm ;
9 pièces de 37 mm ;
31 mitrailleuses lourdes de 13 mm ;
plusieurs dizaines de mitrailleuses de 7,7 mm.

Tarawa-Japonais-1



Des Japonais installent un canon de marine pris aux Britanniques sur l’atoll de Tarawa, avant l’attaque américaine

Forces américaines

Pour l’opération Galvanic, la Central Pacific Force fut constituée comme suit :

La Task Force 50 du contre-amiral Pownall constitué de 6 cuirassés, 6 porte-avions, 5 porte-avions léger, 2 porte-avions d’escorte, 3 croiseurs et 21 destroyers devait protéger la force d’invasion2.

La Task Force 50 est divisé en 4 Task Force.

La Task Force 53 du contre amiral Hill, divisé en 4 Task Force et comprenant la force de débarquement sur Tarawa et Makin. La TF 53 est constitué de :

3 cuirassés, 5 porte-avions d’escorte, 2 croiseurs, 9 destroyers ainsi que de 17 navires de transports divers. La force de débarquement sur Tarawa a été allouée à la 2e division de marines et le débarquement sur Makin à la 27e division d’infanterie. L’ensemble de ces unités nommées sous le nom de 5e corps amphibie est dirigé par le général Holland Smith.

La 2e division de marines devra partir de Nouvelle-Zélande et la 27e d’infanterie de Pearl Harbor. Le 2e bataillon de défense sera laissé en garnison à Tarawa et Apamama tandis que le 7e bataillon de défense devra tenir garnison sur Makin. La 2e division de marines reçoit la tâche la plus compliquée et dut subir pendant l’été 1943 un entraînement pour apprendre à se servir des engins de débarquement. La prise de Betio reçoit comme nom de code : Longsuit, la prise d’Apamama reçoit le nom de Boxcloth.

180px-Holland_Smith

C’est le général Smith qui dirige les forces terrestres de l’opération Galvanic.

Le 25 octobre 1943 tout est fin prêt pour le débarquement sur Tarawa qui sera mené par le Regimental Combat Team 2 composé du 2e régiment de marines, du 2e bataillon du 8e régiment de marines. Le reste des bataillon du 8e régiment formant la réserve divisionnaire. Le 6e régiment de Marines est maintenu en réserve pour le 5e corps amphibie.

Les trois bataillons d’assaut devront se porter sur les plages de Red 1, Red 2 et Red 3. Ces plages sont situées au nord-est de l’île. Pour débarquer les Américains devront utiliser des LVT (landing vehicle tank) à faible tirant d’eau pour franchir la barrière de corail séparant l’océan du lagon. En outre le débarquement ne pourra se faire qu’à marée haute et faute de connaissances sur les fonds marins autour de Tarawa, les Américains ne purent être sûrs de leur coup. Pour le bombardement de l’île, les Américains ont prévu un long pilonnage de l’île avec l’artillerie de marine avant l’intervention de l’aviation. Le débarquement devra s’effectuer à 8 h 30.

Beach Red 3 se trouve à 500 mètres à l’est de la jetée et c’est là que débarquera Le 2e bataillon du 8e régiment de marines. À l’ouest de la jetée, le 2e bataillon du 2e régiment de Marines devra débarquer sur Beach Red 2 et enfin Beach Red 1 qui se trouve à l’extrême est et mesure 500 m comme Beach Red 2 sera le lieu de débarquement du 3e Bataillon du 2nd Régiment de marines.

Déroulement de la bataille de Tarawa

Le débarquement

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Ce Amtrac échoué sur la plage à Betio résume à lui tout seul la difficulté du débarquement sur l’île.

Parties au départ pour une grande manœuvre les troupes américaines ne
sont prévenues que trois jours avant du véritable objectif de leur
opération. Entretemps le régiment d’assaut devant attaquer en première
ligne sur Tarawa change de commandant, le colonel David Shoup remplace
le colonel Marshall, malade. Durant la progression de la flotte
américaine plusieurs escadrilles américaines se chargent du bombardement
sur Betio et les îles alentours du 13 au 19 novembre.
Ces bombardiers sont sous le commandement de la 7th Air Force provenant
de la Task Force 57. Le 19 novembre, les premiers navires apparaissent
au large de Tarawa et commencent le pilonnage des fortifications
nippones. Il faudra néanmoins attendre la nuit avant l’arrivée des péniches de débarquement.

Les Japonais finissent par repérer les Américains à 4 heures 41 et
déclenchent le feu de leurs batteries sans succès. Un peu plus tard les
premières troupes commencent à embarquer dans les premières péniches de
débarquement mais les transferts sont difficiles et les premières vagues
de LVT ont du mal à garder leur cohésion. À 5 h 42, la marine américaine stoppe son tir pour permettre à l’aviation d’attaquer Betio mais celle-ci n’arrivant pas les tirs reprennent à 6 h 5 mais entre temps les Japonais ont pu se reprendre. Finalement l’aviation arrive à 6 h 15 sans parvenir à remplir ses missions. Enfin, à 6 h 20, l’heure W, toute la flotte reprend ses tirs.

À 7 h 15, les premières péniches s’avancent dans le lagon
protégées par quelques dragueurs et destroyers qui ont pu s’approcher
des côtes. Néanmoins la confusion est grande et l’heure H est repoussée à
8 h 45. Néanmoins avant même l’arrivée des forces de débarquement un groupe d’homme dirigé par le lieutenant Hawkins, le Scout-Sniper Platoon
dut prendre pied sur la grande jetée pour y chasser les Japonais
risquant de prendre la plage en enfilade. L’opération fut une réussite
malgré le creusement d’un trou dans la jetée dû aux lance-flammes et qui gênera beaucoup l’accostage des munitions sur la jetée ultérieurement dans la bataille.

Il faut ensuite attendre 9 h 10
avant que les premières péniches du 3d BN du 2d régiment ne
franchissent la barrière de corail et s’approchent de la plage, mais à
ce moment les Japonais déclenchent un feu nourri qui détruit nombre
d’engins de débarquement. La compagnie I réussit à mettre en place une
tête de pont mais un poste japonais situé entre Beach Red 1 et Beach Red
2 prend en enfilade les marines. La compagnie K est bloquée tout comme la L qui perd 35 % de ses effectifs.

Le 2d Bn du 8th régiment arrive à 9 h 17
sur Red 3 en subissant très peu de pertes. Les compagnies réussissent à
s’enfoncer sur l’île. Cependant sur Red 2 la force de débarquement doit
subir un feu particulièrement nourri et les forces de débarquement
subissent de lourdes pertes ne pouvant établir une tête de pont solide.

Les vagues suivantes ne peuvent débarquer sur la plage et doivent
franchir le lagon avec de l’eau jusqu’à la taille voir jusqu’aux
épaules. Subissant le tir nippon, les Américains sont complètement
désorganisés. La plupart de l’efficacité normalement associée avec un
bataillon de débarquement est perdue en raison de cette malheureuse
situation.
Durant ce dur débarquement le lieutenant colonel Amey chef du 2d Bn du
2d régiment meurt et c’est le lieutenant-colonel Jordan pourtant simple
observateur de la 4th division de marines
qui prend le commandement d’une force totalement désorganisée par le
manque de radios et n’ayant pu établir une tête de pont de seulement 75 m de profondeur sur 300 m de large.

180px-LVT-2_2

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De nombreux LVT furent perdus lors du débarquement. Ici, un LVT face à Green Beach.

Tout comme Amey, le colonel David Shoup tente de débarquer sur Red 2,
après plusieurs transferts dans différentes péniches, Shoup réussit à
débarquer à 10 h 30 en parcourant les 200 derniers mètres avec de l’eau jusqu’à la taille.

De plus commence à se poser le problème des renforts, Shoup peu avant
de débarquer apprend du major Schoettel commandant le 3D bataillon sur
Red 1 que la situation est très précaire et que les péniches subissent
un feu nourri. Shoup lui ordonne de se porter sur Red 2 mais Schoettel
lui répond : « Nous n’avons plus rien à débarquer ». Le colonel Shoup décide donc d’envoyer 1er bataillon du 2e régiment tenu en réserve sur Red 2. Le bataillon du major Kyle s’en va donc débarquer et subit alors de lourdes pertes.

Ensuite le général Smith considérant la tête de pont sur Beach Red 3 suffisamment forte pour y lancer des renforts y envoie le 3e bataillon du 8e
régiment du major Ruud. Le débarquement se fait difficilement, le
bataillon subissant de lourdes pertes. Les deuxième et troisième vagues
après l’hécatombe subie par la première se dirigent vers la jetée
appelés par le colonel Carlson.
À la fin de la matinée, les Américains décident de débarquer des chars
pour soutenir les fantassins, sur Red 1, deux chars sont débarqués et
l’un est touché par un obus qui bloque le mécanisme de sa tourelle et
son canon est à son tour mis hors de combat. Le Sherman se replie donc
vers la plage. Le deuxième char est incendié par un obus de 75 mm.
Sur Red 2, 3 chars sont débarqués qui combattront tout au long de la
journée. Deux chars sont mis hors de combat. Enfin sur Red 3, 4 Sherman
sont débarqués, 3 Sherman sont détruits dont un par l’aviation
américaine. Le dernier qui fut pourtant touché, réussira à éteindre
l’incendie qui en fut la conséquence et combattit jusqu’à la fin de la
bataille de Tarawa.

Sur l’USS Maryland, le général Smith a bien du mal à connaître la situation sur Betio malgré l’observation aérienne ce pourquoi le colonel Carlson envoyé par Shoup ira l’informer de l’état réel des marines.

À 15 h 30, la situation sur Betio est la suivante :

Tarawa-1943-1

plage de Bétio
sur Beach Red 1, la tête de pont est profonde d’à peu près 150 mètres ;
sur Beach Red 2, les marines s’abritent derrière le mur

antichar construit en troncs de cocotiers et le long de la
jetée(quasiment aucun marine sur la partie est de la plage). Tête de
pont sans aucune profondeur significative ;
sur Beach Red 3 enfin les marines ne sont présents que sur le rivage.

180px-Battle_Tarawa_Tank

Le reste d’un tank M4 Sherman détruit à proximité de la plage de Tarawa

C’est sur Red 1 que se passe la majorité des combats. Sur la plage le
major Ryan (qui remplace le major Schoettel) tente de réorganiser ses
troupes avant d’envoyer ses chars vers l’avant en les faisant d’abord
contourner la tête de pont, le chemin menant vers le centre de l’île
étant encombré de morts. Les deux Sherman restant réussissent avec l’infanterie à élargir la tête de pont qui atteint en fin de journée 500 m de profondeur pour 150 m de large. Se trouvent sur cette plage :

3d Bataillon du 2d régiment :

Débris de la cie (compagnie) K;

Débris la Cie i ;

Partie de la Cie L ;

Un peloton de la Cie M.

2e bataillon du 2e régiment :

1er peloton de la Cie E;

1er peloton de la Cie G;

2e et 3e peloton de la Cie H;

état major du commandant du bataillon.

1st Bataillon du 2d Marines :

3 officiers et 110 hommes débarqués ici par erreur.


-
Ces quelques hommes malgré leurs progression ne purent réduire au
silence les bunkers japonais dépassés par le manque de moyens adaptés et
les nippons en profiteront pour parfois tirer dans le dos des
américains. Néanmoins, à la nuit tombée, 600 m de terrain séparent Red 1 de Red 2.

À la fin du premier jour, l’ensemble des têtes de ponts américaines font une surface de 1 500 m²
et une attaque japonaise durant la nuit aurait certainement suffit à
repousser les Américains à la mer mais l’amiral Shibasaki faute de
moyens de communications fonctionnant en bon état ne peut rentrer en
contact avec ses hommes et leur ordonner quoi que ce soit.

Le 21 novembre

Au début du 21 novembre, Smith décide devant la demande de Shoup de faire débarquer le 1st Bn du 8th régiment sur Red 2. À 6 h 15 la première vague est débarqué dans le lagon et doit franchir les derniers 500 m
avec de l’eau jusqu’à la taille voire jusqu’aux épaules. Les 4
premières vagues sont dirigées vers la frontière entre Red 1 et REd 2,
zone battue par les tirs nippons qui s’étaient servis de cette position
pour prendre de flanc les Américains la veille. Ainsi les Américains
désorganisés arrivent sur la plage dans une situation confuse et sans
aucun matériel lourd pour réduire les points forts japonais. Sur les 199
hommes de la première vague, 90 sont encore en état de combattre. Le
major Hays chef du bataillon arrive à regrouper ses hommes et se posta à
l’extrémité ouest de Red 2 pour se préparer à rejoindre Red 1. De leur
côté les 1st et 2nd Bataillon du 2d régiment présent sur Red 2 devront
se porter vers le sud pour atteindre l’autre rive de Betio. Le major
Kyle réunit donc 300 hommes à peu près et se prépare à l’assaut. Peu
avant un peloton de mitrailleuses avait été chargé de mettre en place un
feu nourri sur les Japonais. En début d’après-midi, 3 compagnies du 1st bataillon, la plupart des survivants du 8th Marines et l’ensemble du 2e
bataillon. Après la traversée difficile du terrain d’aviation, les
Américains découvrent des positions japonaises abandonnées de l’autre
côté de l’aérodrome
et s’y établissent avant finalement d’atteindre la côte Sud mais
entourés de fortes positions ennemies et séparé du reste de la tête de
pont par la piste d’envol non sécurisée. Ainsi à 19 heures se trouvent
dans cette poche :

  • Company B (capitaine Williams) : 60 hommes ;
  • Company C (capitaine Clanahan) : 75 hommes ;
  • Company E (capitaine Tynes) : 15 hommes ;
  • Company F : 10 hommes ;
  • Company H : un peloton de mitrailleuses ;
  • unité lourde régimentaire : 10 hommes.


Ces 180 hommes sans vivres ni eau et manquant cruellement de
munitions viennent de plus de subir une contre-attaque japonaise. Devant
la situation Shoup envoie plusieurs LVT chargé de vivres et de
munitions et enfin vers 18 heures le major Kyle arrive dans la poche et
le lieutenant-colonel Jordan lui laisse le commandement des hommes.

Du côté de Red 1, les hommes du major Ryan reçoivent l’ordre de
conquérir Green Beach sur la côte Ouest de l’île. Avec l’aide du
sous-lieutenant Greene observateur d’artillerie de la marine, il obtient
un soutien de deux destroyers qui après leur préparation d’artillerie
cèdent leur place à l’infanterie. À 11 h 10, les marines
se lancent à l’assaut et en une heure suppriment toutes défenses
nippones du secteur de Green Beach. Les Japonais, ayant il est vrai,
opposé une résistance bien faible. Malgré la faible profondeur de la
tête de pont (200 m), le général Smith envoie le 1st Bataillon du 6th régiment sur Betio le 2e
bataillon devant suivre. Mais le haut-commandement américain apprenant
par des sources peu sûres que les Japonais ont décidé de se replier sur Bairiki
(manœuvre possible à marée basse) décide d’envoyer le 2nd bataillon sur
l’île. Les hommes du major Jones (1st Bn) eux débarquent bien sur Green
Beach à 18 heures 40, en retard sur l’horaire prévu (17 heures.
Plusieurs chars légers M3 sont aussi débarqués mais avec une heure de
retard. Malgré ces contretemps, Jones prévoit une attaque pour 20
heures. Mais devant la demande de Shoup de reporter l’attaque au
lendemain, Jones annule l’offensive.

Sur Red 3 par contre, le 2nd Bataillon du 8th Régiment a bien du mal à
progresser car les Américains se trouvent à seulement quelques dizaines
de mètres du PC de l’amiral où se sont retranchés les soldats nippons.
Ainsi une attaque des marines de faible ampleur est facilement
repoussée. À la tombée de la nuit, 12 hommes prennent possession de la
jetée Burns-Philips pour empêcher les Japonais de s’y retrancher. Lors
de cette journée le major Shoettel chef du bataillon débarque enfin sur
Betio mais les hommes ne lui obéissent pas et Schoettel désespéré vient
demander des conseils à Shoup. Ce dernier lorsqu’il apprend que les
soldats refusent d’avancer par faute d’une mitrailleuse se met dans une
colère terrible. La campagne de Tarawa sera un long calvaire pour
Schoettel.

Ainsi à la fin du 21 novembre, les Américains sont pour la première
fois en position de gagner. Ils ont dégagé les alentours de Green Beach,
mis en place une poche étroite mais solide au sud de l’aérodrome et au
nord, la tête de pont s’étend sur 500 m de
part et d’autres de la grande jetée. Enfin, en fin de journée, Shoup
envoie comme message à Smith : « Nous sommes en train de gagner ». Smith
décide alors d’envoyer Edson (chef d’état-major de la 2d division) sur
l’île pour diriger les opérations logistiques sur Betio.

22 novembre 1943 : La progression américaine


250px-Flamethrower_in_Tarawa_jungle

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Le lance-flammes fut très utilisé par les marines pour réduire un à un les abris japonais.

Dans la nuit du 21, Edson et Shoup mettent en place les opérations
pour le 22. Conscient que les échecs précédents ont été dus à un manque
d’intervention de l’artillerie de marine, ils décident de faire intervenir les batteries des cuirassés. Ainsi de 7 heures à 10 h 30,
l’artillerie navale tire sur les positions japonaises avec l’aide de
quelques batteries débarquées sur l’île. Edson et Shoup prévoient trois
attaques :

Celle du 1st Bn du 6th régiment qui devra essayer de prendre contact

avec les unités présentent au sud de l’aérodrome en attaquant plein est.

Au même moment, le 1st bn du 8th régiment devra attaquer vers

l’ouest depuis Red 2 pour anéantir la poche japonaise située entre Red 1 et Red 2.

Enfin le 8th régiment à l’est, devra agrandir la tête de pont au-delà de la petite jetée.

L’attaque contre la poche japonaise commence à 7 heures avec le

soutien des chars légers (trois de la compagnie C). La force d’assaut est ainsi composée du nord au sud de : la compagnie B le long de la plage ;

la compagnie A au centre ;

la compagnie C au sud.


L’attaque est lente, les marines devant éliminer
méthodiquement les points de résistances japonais. Malgré le soutien des
chars M3, les Américains ont du mal à en venir à bout (le calibre des
obus des M3 qui sont de 37 mm sont insuffisants). Les fantassins essaient alors ici ou là d’utiliser des bangalores et des charges de TNT.
Avec la perte d’un des chars, les deux autres sont remplacés par une
section de Halfs Tracs fraîchement débarqués possédant des canons de 75 mm. Ainsi à la fin de la journée, la poche japonaise est toujours existante.

Pendant ce temps l’attaque du 1st Bn sur Green Beach commence bien.
Malgré un retard dans l’attaque qui commence à 8 heures 15 l’offensive
réussit grâce à une forte cohésion entre chars et infanteries. Les chars
Sherman détruisant les bunkers et autres nids de mitrailleuses, les
fantassins abattant les Japonais se lançant sur les chars avec une mine
magnétique. À 11 heures, les hommes du 1st Bn réalisent la jonction avec
les hommes situés dans la poche. Les Japonais perdent 250 hommes alors
que les Américains ne perdent que très peu d’hommes. Ainsi excepté la
poche entre Red 1 et Red 2, l’ensemble de la partie occidentale de l’île
est conquise. Le major Jones disposera pour l’offensive du lendemain de
l’ensemble des chars et d’une aide substantielle de l’artillerie navale
et aérienne. De plus l’ensemble du 8th régiment (excepté le 1st Bn)
devront aussi attaquer à l’est malgré l’opposition de leur chef
considérant ses hommes comme trop fatigués.

Enfin l’assaut du 2nd Bn du 8th régiment près de la jetée Burns
Philips a comme but de capturer trois points de résistance japonais (un
nid de mitrailleuses sous coupole blindée, un autre nid abrité par des
troncs de cocotiers et un abri bétonné). À 9 h 30
des tirs de mortier permettent de détruire l’abri en cocotier qui
explose en flamme, sa cargaison de munitions étant touchée. À peu près
au même moment, des chars Sherman
tirent sur la coupole blindée permettant aux fantassins de partir à
l’assaut. Face à l’abri bétonné l’avance se fait grâce aux lance-flammes
des forces du génie.
Malgré une contre-attaque japonaise, l’abri est capturé au bout d’une
heure de combat. Les Japonais encore coincés dans le bunker tentent de
s’enfuir mais les marines bouchent systématiquement chaque entrée et causent un véritable massacre à la mitrailleuse et à la grenade.
Enfin des bulldozers du génie bouchent les entrées enfermant les
nippons dans le bunker. La prise de ces points fortifiés permet aux marines
de progresser sans aucune difficulté à l’est, rencontrant en faisant
sauter les défenses japonaises, les cadavres des Nippons s’étant fait hara-kiri.

Pendant la journée, le 3rd bataillon du 6e régiment débarque enfin sur Betio après avoir passé une nuit dans les péniches. À 12 heures, le général Holland Smith (chef de la 2e division de marines)
débarque lui aussi à Green Beach. Il décide d’installer son PC sur Red 2
et pour éviter de traverser le terrain nouvellement conquis (où
subsistent parfois quelques Japonais), le général se rend à Red 2 en
Amtrac qui se fait toucher par une mitrailleuse. Holland Smith est alors
secouru par une autre péniche qui l’amène à bon port. Le plan d’attaque
pour l’après-midi est le suivant :

  • Le 1st bataillon du 6e régiment devra attaquer vers l’est et capturer un fossé antichar à l’est de la piste d’aviation.


L’avance commence à 12 h 30.
Malgré la fatigue accumulée par l’offensive du matin, la compagnie A
soutenue par un Sherman et 7 chars M3 Stuart se met en route. Légèrement
en arrière, se trouve la compagnie B et la compagnie C est gardée en
réserve. L’assaut commençant à 13 h 30
est stoppé dès les premiers mètres par une tourelle blindée. Il faut
une heure et demie de combat et l’intervention du Sherman pour continuer
l’avance. À 15 heures, les marines assoiffés reçoivent de l’eau
et la compagnie B passe en tête pour continuer l’attaque à 16 heures. Le
compagnie C est elle envoyée relever le 2nd bn du 8th régiment au sud
de la poche japonaise située à proximité de la jetée Burns-Philips. Les
autres marines malgré leur attaque ne peuvent avancer et à 18 h 30,
s’enterrent. Dans la soirée, les Américains comptent 200 morts nippons
sur le terrain conquis et la poche japonaise de Burns-Philips est enfin
réduite. Malgré le fait qu’excepté la poche entre Red 1 et 2 toute la
partie occidentale de l’île est conquise, l’optimisme ne règne pas
encore parmi l’état-major américain. Le général Smith demande que soit
débarqué pour le 23 novembre le 2d bataillon du 6th Marines sur Green Beach et que le 3rd Bn du 6th régiment débarquant sur Green Beach se porte vers l’est de l’île avec tous les chars.

La contre-attaque japonaise


220px-Tank_at_Tarawa

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Char léger Type 95 Ha-Go détruit au cours de la bataille.

Néanmoins le soir du 22 novembre, pour la première fois, les Japonais
lancent une offensive importante contre les Américains. Acculés dans la
partie orientale de l’île, ils ne peuvent en effet gagner qu’en lançant
une offensive leur permettant de repousser les Américains à la mer. À 19 h 30,
une première offensive de faible envergure lancée par 50 hommes arrive
avec détermination à forcer le passage dans les lignes américaines mais
les marines réussissent sans trop de problèmes à combler la
brèche. Convaincus qu’une offensive plus importante est en préparation,
les Américains mettent en place un tir d’artillerie à 75 m
des premières lignes américaines. Bien que les tirs des batteries ne
gênent en rien la préparation japonaise, ceux-ci ne peuvent localiser
les nids de mitrailleuses américains, ce qui les empêche de déclencher
leur offensive. À 23 heures, deux petites offensives devant tester les
positions américaines sont lancées et repoussées sans aucune
difficulté ; dans l’attente d’une nouvelle grande offensive, le tir de
barrage redouble d’intensité et le major Jones demande à la marine le
bombardement des arrières japonais. À 3 heures du matin, les Japonais
tirent à l’aide de mitrailleuses et de canons sur les positions des marines,
ces derniers ripostent avec des mortiers et en envoyant des volontaires
lancer des grenades près des canons japonais. Finalement à 4 heures du
matin, une offensive de 300 hommes est enfin lancée par les Japonais,
qui sont stoppés net par l’artillerie. Après une heure de combat, ils
battent en retraite en laissant sur le terrain 200 des leurs.

Lorsqu’ils progresseront à leur tour, les américains découvriront en
outre 125 cadavres, tués par les destroyers USS Schreder et USS Sigsbee.
La contre-attaque japonaise, bien que courageuse, n’avait aucune chance
de rejeter les Américains à la mer car ils étaient au soir du 22 novembre
sur des positions solides. On peut sûrement penser qu’une
contre-attaque japonaise au soir du débarquement aurait eu toutes les
chances de repousser les Américains, mais cette offensive arrive à un
stade trop avancé de la bataille et avec bien trop peu d’hommes.

La fin de la bataille

Avec l’échec de la contre-attaque japonaise, la résistance sur l’île faiblit fortement. Néanmoins, les marines doivent encore conquérir l’est de celle-ci. C’est le 3e bataillon du 6e régiment dirigé par le lieutenant-colonel MacLeod qui a pour but de conquérir la partie orientale deBetio.
La « compagnie I » est placée au nord, la « compagnie L » au sud et la
« compagnie K » est en réserve. L’assaut commence à 8 heures, précédé
par un violent bombardement de l’aviation puis de l’artillerie et enfin
de la marine. Malgré tout 500 Japonais sont encore présents sur Betio.
au même moment, le 3e bataillon franchit les lignes
américaines pour assaillir les positions japonaises défendues par deux
fossés antichars. 2 Sherman et 7 chars M3 ouvrent la route aux
fantassins et à des équipes de lance-flamme. L’objectif est conquit très
rapidement et quasiment sans combat et les Américains continuent leur
progression. C’est la compagnie qui rencontre la première vraie
résistance japonaise constituée d’abris bétonnés et de mitrailleuses.
Devant l’impossibilité d’une attaque de front pour la compagnie I, la
compagnie L décide de flanquer les nippons par le sud et de continuer
leur avance. Assez rapidement, les marines atteignent l’extrémité
est de l’île car les Japonais plutôt que de se rendre décident de se
donner la mort. Les derniers Nippons cantonnés dans leurs abris sont
éliminés au lance-flamme. Pendant ce temps, la compagnie I finit par
réduire définitivement l’emplacement japonais encerclé. Ainsi, à 13
heures, McLeod et ses hommes atteignent le bout de l’île et ne comptent
comme pertes que 9 tués et 25 blessés, capturant 14 hommes (surtout
coréens) et dénombrant 475 cadavres japonais.

La dernière poche japonaise réduite

Alors que le 3e bataillon conquiert l’est de l’île, la dernière poche japonaise entre Red 1 et Red 2 est réduite par une attaque du 1er Bataillon du 8e
régiment doté de half-tracks, de lance-flammes et d’une équipe de
démolition. De plus deux canons de 75 automoteurs et un peloton de marines devra attaquer par la côte pour surprendre les Japonais. Enfin, venu de l’ouest le 3e bataillon du 2e
régiment du major Schoettel devra attaquer le côté occidental de la
poche. L’attaque américaine se concentre surtout sur un puissant abri où
la plupart des Japonais ont trouvé refuge. Le bunker est détruit à
coups de canons et d’explosifs. Après cela, la conquête des dernières
positions japonaises surtout constituées de quelques mitrailleuses sont
méthodiquement détruites par les Américains. Ainsi à 13 heures, tout
combat cesse et les marines capturent quelques prisonniers.

Ainsi, le 23 novembre, la bataille de Tarawa est terminée avec à midi
l’atterrissage d’un avion sur la piste de Betio. Durant l’après-midi,
l’amiral Hill débarque dans l’île où des compagnies de lance-flammes
brûlent tous les abris japonais pour tuer d’éventuels survivants. Malgré
la fin de toute résistance, les marines mettront plusieurs jours
avant de tuer le dernier Japonais. Ainsi dans la nuit du 23 au 24
novembre, deux soldats et un officier sont tués à l’arme blanche par des
Japonais. 14 Nippons furent tués cette nuit-là, animée par l’erreur
d’un soldat américain qui lança une grenade dans ce qu’il croyait être
un abri et qui se trouva être un entrepôt de munitions. Ainsi toute la
nuit fut ponctuée de multiples explosions. Dans la soirée du 23
novembre, le général Smith plaça d’ailleurs tous les Américains en
position défensive pour repousser un éventuel débarquement

Ce débarquement fut néanmoins utiles pour le haut commandement
américain, qui se servit de cet échec relatif (quant au nombre de
pertes) pour planifier les futurs débarquements et surtout le débarquement de Normandie  

source : http://militaires-d-hier.forumgratuit.org/t4410-bataille-la-plus-sanglante-tarawa

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

23 novembre Les américains libèrent Tarawa

24 mars 2013

Nakajima Ki-43 Hayabusa ‘Oscar’

Classé sous — milguerres @ 22 h 07 min

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Les avions de guerre

Nakajima Ki-43 Hayabusa ‘Oscar’ :
le Zéro des terriens

Le Ki-43 « Hayabusa » (Faucon pèlerin) ou « Oscar » pour les alliés fut issu d’un développement par la firme Nakajima du modèle précédent, le Ki-27 Nate. En 1937, l’armée impériale japonaise émis une demande pour le remplacement du Ki-27. Durant les essais du nouveau modèle qui vit le jour en 1938, les performances du Ki-43 se révélèrent décevantes. Nakajima procéda à des changements et on recommença les essais. Le vol initial du Ki-43 I, première version, eut lieu en janvier 1939 et fut mis en service à l’automne 1941.
Quoi que réticente quant aux performances, l’armée se rendit compte qu’elle pouvait quand même avoir besoin d’un tel avion avec un rayon d’action suffisant pour la campagne de Singapour. Le « Oscar » fut le Zero de l’armée de terre japonaise, plaçant comme lui la maniabilité au dessus de la protection. Le Ki-43-I était moins doué que son alter ego de la marine, sa vitesse et son armement était trop faibles. Il en demeura, malgré le fait qu’il soit surclassé par d’autres avions de chasse japonais, un appareil prolifique.
L’Oscar était un avion simple et profilé avec un moteur radial et une voilure basse comme l’A6M Zéro. Il avait une verrière de bulle et était l’un des premiers combattants japonais à avoir un bindage. Il se révéla un adversaire de taille pour les Buffalos et les P-40 américains ainsi que les Hurricanes anglais. À partir de 1943, il se révéla surclassé par l’arrivée des Spitfire et des P-38 Lightning.
Les versions suivantes, les Ki-43-II et Ki-43-III, tenteront de remédier aux problèmes. Les Ki-43-II avaient un moteur plus puissant et un minimum de protection (réservoirs auto-obturants, blindage du siège du pilote). L’envergure fut réduite et les échappements modifiés pour accroître la vitesse tandis que la charge de bombes était sensiblement augmentée. Sur le Ki-43 III produit en 1945, les quelques améliorations qu’apportaient cette version sont insuffisantes les Ki-84 et Ki- 61 Hien l’avaient déjà remplacés dans les unités de première ligne.
Il participera quand même aux combats du premier au dernier jour de la guerre et sera la plus construire des machines de l’aviation de l’armée. Il continura à combattre jusqu’en 1945, pour la défense de la métropole puis comme Kamikaze. La production du Ki-43 atteignit 5.919 unités.

Appareil : Nakajima Ki-43 Hayabusa ‘Oscar’
Constructeur : Nakajima Hikoki K. K.
Désignation : Ki-43
Nom / Surnom : Hayabusa
Code allié / OTAN : Oscar
Variante :
Mise en service : 1941
Pays d’origine : Japon
Catégorie : Chasseurs de la guerre 39-45
Rôle et missions : Chasseur
Modèle : Nakajima Ki-43-IIb Hayabusa ‘Oscar’
Envergure : 10.50 m
Longueur : 8.92 m
Hauteur : 3.29 m
Motorisation : 1 moteur en ligne Nakajima Ha-115
Puissance totale : 1 x 1150 ch.
Armement : 2 mitrailleuse de 12.7 mm
500 kg de bombes
Charge utile : -
Poids en charge : 2932 kg
Vitesse max. : 530 km/h à 4000 m
Plafond pratique : 11200 m
Distance max. : 1760 Km
Equipage : 1

Nakajima Ki-43 Hayabusa 'Oscar'  cki4310
gki43-10

suite : http://www.avionslegendaires.net/avion-militaire/nakajima-ki-43-hayabusa-oscar/

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Mitsubishi Ki-15/C5M Karigane ‘Babs’

Classé sous — milguerres @ 19 h 14 min

 

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Les avions de guerre

Mitsubishi Ki-15/C5M Karigane ‘Babs’ :
un même appareil pour l’armée et la marine

Cet avion se fit connaître en effectuant, en avril 1937 et pour le compte du journal Asahi Shinbun, un raid Tachikawa-Londres de 15 353 Km en 51 h 17 mn de vol, à une vitesse moyenne de 163 Km/h. La même année, il eut un regain de publicité et reçut même un prix national pour la réussite de ses premières missions au cours de la guerre sino-japonaise, surclassant facilement les Polikarpov I-16 soviétiques.

Il intéressa aussitôt les observateurs militaires – le fait est rare – de l’armée et de la marine, et entra en production dès le mois de mai sous la désignation de Ki.15-I pour l’Armée Impériale et C5M-1 Karigane (Oie sauvage) pour la Marine Impériale.

Comme ce fut souvent le cas dans la force aérienne japonaise de la seconde guerre mondiale, l’appareil ne se limita pas à sa destination première, la reconnaissance, et accomplit des missions de bombardement léger ou de soutien au sol, avant sa succession par le Ki.30 Ann. Son moteur Nakajima Ha-8 radial à 9 cylindres de 750 Ch démontra sa faiblesse et son remplacement par un Mitsubishi A-14 Kinsei radial à 14 cylindres de 800Ch, puis par un Ha-26 de 900Ch donna naissance au Ki.15-II ou C5M-2. Pour un total de 489 exemplaires, les dernières unités produites, en décembre 1941, bénéficiaient d’un Nakajima 12 Sakae de 950 Ch.

L’appareil, surnommé Babs par les alliés, était un monoplan aile basse, métallique à train d’atterrissage classique fixe, avec deux hommes d’équipage.

Face à des chasseurs adverses nettement supérieurs, l’avion se comporta tout même honorablement et, à la fin de 1942, il fut relégué à l’instruction et à la liaison.

Constructeur : Mitsubishi Jukogyo K. K.
Désignation : Ki-15/C5M
Nom / Surnom : Karigane
Code allié / OTAN : Babs
Variante : 
Mise en service : 1937
Pays d’origine : Japon
Catégorie : Avions de reconnaissance
Rôle et missions : Reconnaissance
Envergure : 12.00 m
Longueur : 8.50 m
Hauteur : 3.24 m
Motorisation : 1 moteur Mitsubishi A-14 Kinsei radial
Puissance totale : 1 x 800 ch.
Armement : 1 mitrailleuse de 7,7 mm (arrière de l'habitacle)500 Kg de bombes (option)
Charge utile : -
Poids en charge : 3100 kg
Vitesse max. : 480 km/h au niveau de la mer
Plafond pratique : 8600 m
Distance max. : 1800 Km
Equipage : 2

Profil couleur du Mitsubishi Ki-15/C5M Karigane 'Babs'

Mitsubishi Ki-15/C5M Karigane 'Babs' - Photo n°1

 

 

source : http://www.avionslegendaires.net/avion-militaire/mitsubishi-ki-15-c5m-karigane-babs/

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Mitsubishi G4M ‘Betty’

Classé sous — milguerres @ 16 h 37 min

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Mitsubishi G4M ‘Betty’ :
le « Flying Lighter »

 

Profil couleur du Mitsubishi G4M  'Betty'

Le G4M, « Betty » pour les alliés, était un bombardier terrestre conçu sur le critère principal d’autonomie maximale. De façon à compenser les limitations de tonnage de la flotte de guerre imposées par les traités de Londres et Washington, la marine impériale japonaise avait décidé de soutenir ses opérations navales avec des appareils basés à terre.

Pour effectuer ces missions, le Betty était donc un bombardier à très long rayon d’action, à la structure aussi légère que possible, et avec une capacité de réservoirs alaires, d’une contenance de quelque 5.000 litres. Toutefois ces réservoirs n’étaient protégés par aucun blindage et n’avaient pas de système auto-obturants, d’où l’extrême vulnérabilité de l’appareil qui prenait feu dès qu’il était atteint par un projectile. Les Japonais l’avaient d’ailleurs surnommé Hamaki (Cigare volant).

Le prototype, qui vola pour la première fois à la fin de 1939, après environ deux ans d’études secrètes, était équipé de deux moteurs Mitsubishi Kasei en double étoile de 1.530 ch. Pour réduire la traînée, les bombes ou torpilles étaient transportées à l’intérieur du fuselage de grande section et en forme de cigare. L’aile de grand allongement assurait à la fois une excellente stabilité et une remarquable maniabilité.

La production en série débuta en avril 1941, et les G4M1 furent immédiatement engagés en opérations. Plus de deux cents d’entre eux participèrent à l’attaque sur Pearl Harbor. L’armement défensif comportait une mitrailleuse de 7,7 mm dans le nez et quatre canons de 20 mm, deux sur les côtés, un dans la queue et un derrière l’habitacle. La charge offensive était constituée soit de 1.000 kg de bombes conventionnelles, soit d’une torpille de 800 kg, logée dans la soute à bombes, sans aucune modification extérieure de l’appareil.

Dès que les pilotes américains eurent découvert le point faible du Betty, qu’ils surnommèrent « briquet volant », ils en abattirent en quelques mois plus de 300. Mitsubishi mit alors en chantier la version G4M2, considérablement modifiée, et les vieux G4M1 furent affectés au transport. Le G4M2 était équipé de deux moteurs Mitsubishi 4T Kasei 25, développant 1.850 ch au décollage, atteignait la vitesse de 437 km/h à 4 600 m d’altitude.

Le G4M2a, version perfectionnée, entra en service en plusieurs exemplaires en 1944. Plus tard, apparurent des versions expérimentales, comme le G4M2b, conçu pour le vol à haute altitude avec des moteurs Kasei 27, et le G4M2c avec des moteurs auxiliaires à réaction. Le G4M2c fut modifié pour emporter une bombe volante Yokosuka MXY-7 Ohka, aux mains des fameux kamikazes .La dernière version, le G4M3, possédait des réservoirs mieux protégés, mais son autonomie était réduite ; il ne fut construit qu’à soixante exemplaires.

Bénéficiant de ces améliorations successives, il fut construit à 2.446 exemplaires, toutes versions confondues, cet appareils fut le plus construit de l’aviation de la marine japonaise. Il fut en service pendant toute la durée de la guerre. En 1945, c’est un Betty qui transporta la délégation qui présenta la reddition japonaise.

Modèle : Mitsubishi G4M1
Envergure : 24.89 m
Longueur : 19.63 m
Hauteur : 6.00 m
Motorisation : 2 moteurs Mitsubishi MK4A Kasei 11
Puissance totale : 2 x 1530 ch.
Armement : 1 canon de 20mm
4 mitrailleuse de 7.7mm
800 kg de bombes
Charge utile : -
Poids en charge : 9500 kg
Vitesse max. : 428 km/h à 4200 m
Plafond pratique : 8840 m
Distance max. : 6030 Km
Equipage : 7
Constructeur : Mitsubishi Jukogyo K. K.
Désignation : G4M
Nom / Surnom : 
Code allié / OTAN : Betty
Variante : 
Mise en service : 1941
Pays d’origine : Japon
Catégorie : Bombardiers avant 1950
Rôle et missions : Bombardier lourd

Mitsubishi G4M  'Betty' - Photo n°1

source : http://www.avionslegendaires.net/avion-militaire/mitsubishi-g4m-betty/

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23 mars 2013

Messerschmitt Me 163 Komet

Classé sous — milguerres @ 23 h 38 min

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Les avions de guerre


 Messerschmitt Me 163 Komet

 Messerschmitt Me 163 Komet 780px-Messerschmitt_Me_163B_USAF
ME 163 B-2 Musée National de l’USAF
Le Messerschmitt Me 163 Komet (Comète) fut le seul avion-fusée de chasse opérationnel. Il requit un long développement et entra dans la guerre d’une manière très limitée seulement en 1944.

Engagements

Les opérations commencèrent en 1944 avec une unité créée spécialement, le JG 400. Comme prévu, l’avion était simplement intouchable et pendant un temps les pilotes de chasse alliés ne surent pas quoi faire. Quant aux tourelles des bombardiers, elles ne tournaient pas assez vite pour le suivre. En fait l’avion montait plus vite que les adversaires ne descendaient pour l’intercepter. Mais sa vitesse élevée posait le problème qu’il n’y avait pas d’arme réellement efficace suffisamment rapide pour abattre le bombardier avant de le dépasser : le pilote n’avait pas le temps de viser.

Messerschmitt_Me_163_Komet

Rapidement, les pilotes alliés remarquèrent le temps très court du vol avec le moteur allumé. Ils attendaient simplement et, dès que le moteur s’était éteint, ils l’attaquaient. D’autre part, ils identifièrent les terrains d’où il opérait, et commencèrent à lui tirer dessus après l’atterrissage. Plus d’avions étaient perdus qu’il n’était possible d’entraîner de pilotes, aussi un grand réseau de Me 163 ne put-il pas exister.

Les améliorations portèrent sur un cockpit permettant une meilleure visibilité et pressurisé mais les forces soviétiques prirent l’usine et les ingénieurs furent réquisitionnés pour le bureau d’études MiG.

Au sens opérationnel, le Komet fut un échec. Plus d’avions furent perdus dans des accidents à l’atterrissage qu’ils n’abattirent de bombardiers (seulement 16). Mais en même temps c’était une conception qui ouvrait une voie vers l’avenir et démontrait que la période des chasseurs à hélice se terminait. Bientôt son rôle serait repris par les missiles sol-air. Devant la très grande pénurie de pétrole due au conflit dans toute l’Allemagne, le fait d’utiliser un carburant basé sur le peroxyde d’hydrogène, créé par électrolyse et/ou issu du méthane tiré du charbon, lequel existe en grande quantité dans la Ruhr, permettait de résoudre au moins ce problème.

Variantes

3view-me163

DFS 194

Appareil expérimental à propulsion par fusée. Utilisé pour les essais de stabilité et de commandes de vol ; 1 exemplaire réalisé.

Me 163A

Le premier modèle Me 163A apparut en 1941 mais les moteurs n’étaient alors pas prêts et avaient tendance à exploser, aussi ne put-il voler que comme planeur. Cependant, entre deux mésaventures, la performance était clairement intouchable et des plans furent établis pour installer des escadrons partout en Allemagne.

Cinq prototypes furent construits, suivis par huit appareils de production.

Me 163A-0 

10 appareils semblables aux précédents pour l’entraînement des pilotes.

Me 163B

Cependant Walter avait commencé à travailler sur un nouveau « moteur chaud » qui ajoutait un carburant d’hydrate d’hydrazine et méthanol, sous le nom C-Stoff, qui brûlait avec l’échappement riche en oxygène pour ajouter de la poussée. Ce qui résulta en le modifiant légèrement fut le Me 163B de fin 1941. À nouveau le moteur se révéla manquer de mise au point. Il s’écoulera encore deux ans avant de pouvoir passer à des tests beta.

Aussi bonne que fût la performance, il était aussi évident que le 163 était un avion plutôt peu pratique. Basé sur un planeur, l’avion atterrissait sur un patin placé sous le fuselage. Cela pouvait aller pour un aéronef lent mais ce n’était pas le cas avec le 163. Les atterrissages étaient extrêmement difficile car si l’appareil n’était pas rigoureusement dans l’axe du vent, il devenait très instable, ce qui pouvait provoquer de graves accidents. Une simple bosse sur le terrain faisait décoller prématurément l’appareil, qui retombait sur son chariot non amorti, ce qui blessait le dos des pilotes. D’autre part, si le pilote parvenait à se poser convenablement, l’avion restait immobile au milieu du champ en attendant d’être remorqué. Un autre problème était le temps de vol de seulement huit minutes à pleine puissance ce qui n’en faisait qu’un intercepteur, et rien d’autre. 
Me163

Néanmoins l’avion était incroyable en vol. Après le décollage à partir d’un chariot largable, il atteignait 300 km/h en bout de piste, d’où il montait avec un angle de 80º jusqu’à l’altitude du bombardier, et même plus si besoin, atteignant 12 000 m en moins de trois minutes. Arrivé là, il accélérait à plus de 800 km/h, ce qu’aucun avion allié ne pouvait espérer égaler.

Deux prototypes furent suivis par trente avions de production armés de canons de 20 mm Mauser MG 151 et quatre cents avec deux canons MK 108 de 30 mm. Plusieurs exemplaires ont été équipés du système de tir vertical par cellule photoélectrique Schräge Musik.

Me 163S

Le Me 163S était une version d’entraînement sous-motorisée avec un deuxième cockpit pour l’instructeur. plusieurs exemplaires sont construits, mais aucun ne semblent avoir effectué de vol propulsé.

Me 163C

Le Me 163C fut conçu pour surmonter les limitations de rayon d’action du modèle précédent. Il avait un nouveau fuselage plus étroit et un moteur HWK 509C-1 à deux chambres de combustion, une pour le décollage et la montée, et une autre moins puissante donc moins gourmande pour le vol de croisière, mais trois exemplaires furent construits seulement en plus des deux prototypes

Me 163D

Le Me 163D était plus grand que le Me 163C. Il était construit en ajoutant des sections au fuselage pour avoir plus d’autonomie. Il avait également un train tricycle conventionnel. Deux exemplaires furent construits comme prototypes (essayés uniquement en planeurs) pour le Messerschmitt Me 263 (renommé Junkers Ju 248 quand cette entreprise prit le projet).

Mitsubishi Shusui

Copie japonaise réalisée sans l’aide de plans détaillés. Il fut appelé Ki-200 par l’armée et J8M1 par la marine. Un appareil J8M1 fut essayé en vol puis détruit le 7 juillet 1945.

Caractéristiques techniques
: Type : Chasseur à moteur-fusée 
Envergure : 9,32 m 
Longueur : 5,84 m 
Moteur-fusée 1 fusée Walter HWK 509A-2 à combustible liquide de 1700 kg de poussée 
Vitesse : 960 km/h maximum à 9000 m 
Masse maximale : 4100 kg 
Plafond pratique : 12000 m 
Autonomie : Environ 8 minutes 
Armement : 2 canons de 20 ou 30 mm dans la racine des ailes 
Équipage : 1 pilote

source : http://militaires-d-hier.forumgratuit.org/t1595-messerschmitt-me-163-komet

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Les avions de guerre

Mitsubishi Zero-Yasukuni

Classé sous — milguerres @ 22 h 52 min

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Mitsubishi A6M

Mitsubishi Zero-Yasukuni.

 Mitsubishi Zero-Yasukuni dyn00310

Constructeur : Japon .
Rôle Avion de chasse
Premier vol 1er avril 1939
Nombre construit 10 425
Équipage 1 pilote
Motorisation Moteur Nakajima Sakae 12
Nombre 1 Type Moteur en étoile
Puissance unitaire 925 ch
Dimensions Envergure 11 m Longueur 9,12 m Hauteur 3,51 m Surface alaire 22,44 m²
Masses À vide 1 680 kg Maximale 2 500 kg
Performances Vitesse maximale 561 km/h (Mach 0,45)
Plafond 10 000 m
Vitesse ascensionnelle 1 377 m/min
Rayon d’action 1 680 km
Armement Interne 2 canons type 99 de 20 mm et 2 mitrailleuses type 97 de 7,7 mm Externe 2 bombes de 30 ou 60 kg

Le Mitsubishi A6M était un chasseur bombardier embarqué léger utilisé par la Marine impériale japonaise de 1940 à 1945. Alors que le nom de code officiel utilisé du côté allié pour cet avion était Zeke, il était mieux connu sous le nom de Zero à cause de sa désignation dans la Marine impériale japonaise, chasseur embarqué de type 0, c’est-à-dire Rei shiki Kanjo sentoki (零式艦上戦闘機), officiellement abrégé en Rei-sen du côté japonais. L’abréviation la plus populaire parmi les pilotes japonais de l’époque (comme parmi le public japonais actuel) reste tout de même celle de Zero-sen, car les mots anglais zero et français « zéro » furent introduits au Japon dès la fin du XIXe siècle par les ingénieurs anglais et français que le Japon se plaisait à recevoir en vue de se constituer une industrie et une armée modernes. L’appareil était donc populairement connu comme Zero parmi les Alliés et comme Zero-sen parmi les Japonais.

Conception .
Conçu à partir de 1937 sous le règne de l’empereur Shōwa par l’équipe de l’ingénieur en chef de Mitsubishi, Jiro Horikoshi, déjà conceptrice du premier chasseur embarqué monoplan japonais, le Mitsubishi A5M Claude, l’un des deux premiers prototypes du Mitsubishi A6M vola dès le 1er avril 1939. Doté d’une excellente manœuvrabilité et d’un très long rayon d’action, grâce à son aérodynamique, à la structure de sa voilure, et sa conception sacrifiant toute forme de protection pour en diminuer le poids, il surpassa ses premiers concurrents américains, mais ses forces étant aussi ses faiblesses, sa construction légère et son manque de puissance le condamnèrent face aux chasseurs américains de seconde génération apparaissant à partir de la bataille de Guadalcanal, tels le Republic P-47 Thunderbolt, le Grumman F6F Hellcat, le Chance Vought F4U Corsair et le Lockheed P-38 Ligthning plus fiables, plus rapides, plus robustes, bénéficiant d’un carburant de meilleure qualité, plus riche en octane et surtout d’une méthode de formation plus efficace pour former de nombreux nouveaux pilotes.

Cette supériorité initiale du Zéro, vers la fin de 1941, face aux modestes aéronefs américains de l’époque pesa lourd dans la balance lors du choix des Japonais de lancer l’offensive contre Pearl Harbor.

Systèmes de désignation du Mitsubishi A6M
Le code de désignation du projet

Ce système de désignation, utilisé par l’Armée impériale comme par la Marine et établi dès 1931, était utilisé pour les avions qui étaient en phase de projet, ceux qui n’étaient encore que couchés sur les papiers d’un bureau d’études. Pour chaque type d’appareil (chasseur embarqué, chasseur terrestre, torpilleur embarqué, hydravion de reconnaissance etc) on attribuait un nombre, connu comme le nombre Shi, nombre correspondant à l’année de règne de l’Empereur Hiro-Hito (nom posthume Shōwa), année où le projet avait été lancé. Le projet du sixième chasseur embarqué japonais (le Mistubishi A6M) fut lancé dans la douzième année du règne de l’Empereur Shōwa et son nom de projet fut donc chasseur embarqué 12 Shi.
Le code de désignation du type d’appareil .

Ce système de désignation, utilisé par l’Armée impériale comme par la Marine et établi dès 1927, attribuait un nombre à deux chiffres aux avions produits en série et mis en service, une fois que le projet était approuvé par les intéressés, la Marine ou l’Armée. Ce nombre à deux chiffres était basé sur les deux derniers chiffres de l’année du calendrier impérial où l’appareil était mis en service. Pour un avion entré en service en 2598 du calendrier impérial japonais (1938 dans le calendrier grégorien) le type d’appareil était donc le Type 98. Dans le cas du Mitsubishi A6M l’année de mise en service fut 1940, c’est-à-dire l’année 2600 du calendrier impérial japonais. En ignorant le double zéro les appareils de cette année furent simplement appelés de type 0 et le Mitsubishi reçut ainsi le nom de Chasseur embarqué de type 0. C’est suite à ce système de désignation que le Zéro reçut son nom le plus populaire, autant parmi ses pilotes que parmi ses adversaires.

Le code de désignation de la Marine .

Quand un nouvel appareil lui était livré et mis en service dans ses rangs la Marine impériale lui donnait son propre code de désignation. Il était constitué d’une suite de quatre caractères : une lettre correspondant à un type d’appareil (« A » dans le cas d’un chasseur embarqué), un chiffre correspondant au nombre d’appareils mis en service jusqu’à la date (le sixième chasseur embarqué dans le cas du Mitsubishi A6M), la première lettre du nom de l’avionneur (le « M » de Mitsubishi dans le cas du Mitsubishi A6M). Et finalement à nouveau un chiffre, celui qui correspondait aux versions dérivées du même modèle (dans le cas du Mitsubishi A6M : A6M1, A6M2, A6M3, A6M4, A6M5, A6M6, A6M7, A6M8). Les versions A6M1, A6M4, A6M6 et A6M8 ne furent jamais fabriquées en série, elles restèrent à l’état de prototypes. Comme la première lettre de ce code correspondait au type d’appareil, si une extrapolation se faisait vers un autre type d’appareil la première lettre était conservée et celle correspondant au nouveau type d’appareil était ajoutée à la fin du code. Par exemple le A6M2 fut extrapolé en avion d’entraînement biplace mais aussi en hydravion de chasse. La version d’entraînement reçut le nom de code A6M2-K (« K » pour avion d’entraînement) et la version extrapolée en hydravion de chasse reçut le nom de code A6M2-N (« N » pour hydravion de chasse).

Le code d’identification allié .

En cours de l’année 1942, et pour que les avions japonais pussent être identifiés par leurs pilotes, les alliés (notamment les Américains) mirent en place un code d’identification qui d’une manière générale attribuait des prénoms de garçon aux avions de chasse et des prénoms de fille aux avions de bombardement. Les chasseurs terrestres Kawanishi N1K1-J et N1K2-J furent ainsi connus par les pilotes américains comme le « George », le bombardier bimoteur Mitsubishi G4M était le « Betty », etc. Le Mitsubishi A6M étant un appareil de chasse il fallut lui choisir un prénom de garçon. Ce fut celui de « Zeke » (prononcé Zik). « Zeke » est une abréviation, en anglais, du prénom Ezekiel (« Ézéchiel » en français). L’origine de ce nom de code est incertaine, mais il est possible que le choix de « Zeke » comme nom de code pour le Mitsubishi A6M se doive à celui d’un personnage de dessin animé des studios Walt Disney. En 1933, Walt Disney gagnait son deuxième Oscar pour un court-métrage animé : The three little pigs (« Les Trois Petits Cochons »). Dans ce dessin animé le Grand Méchant Loup (Big Bad Wolf, seul nom officiel du personnage en 1933) tentait par tous les moyens de dévorer les trois petits cochons, mais sans jamais y parvenir. Le film eut un tel succès que le public demandait sans arrêt de nouvelles aventures pour le loup et les cochons. Disney sortit donc au long des années trente jusqu’à trois autres court-métrages, mais aussi une série de bandes dessinées qui commença en 1936 et dans laquelle on donna un prénom et un nom de famille au « Grand Mechant Loup » : Zeke Midas. Quand les pilotes américains entrèrent pour la première fois en contact avec le zéro (en 1941 et tout au long de 1942), ils se faisaient systématiquement abattre, ce nouvel adversaire des airs semblait invincible. Pendant la première année de la guerre la seule vision d’un zéro japonais dans le ciel pouvait plonger les pilotes américains dans la panique, c’est pourquoi ils surnommèrent cet avion Big Bad wolf (« le grand méchant loup »), car ils avaient été enfants quand en 1933 le court-métrage de Disney avait été projeté dans le cinéma du quartier et le souvenir de ce dessin animé était encore très vif dans leur esprit. Suite au surnom déjà donné au chasseur zéro par les pilotes américains (« le grand méchant loup ») et compte tenu que les jeunes soldats, marins et pilotes américains étaient de férus lecteurs de bandes dessinées, le nom de code « Zeke » aurait semblé tout approprié pour le chasseur embarqué japonais A6M aux yeux du bureau américain chargé d’attribuer ces noms de code. Cependant, en l’état, nous n’avons pas de preuves que le personnage de Walt Disney soit réellement à l’origine de ce nom de code.

Deux versions de Zero-sen furent pourtant suffisamment différentes de la forme générale de l’avion pour que les Américains les prissent pour de nouveaux modèles d’avion japonais, en leur donnant leur propre nom de code. La version d’hydravion de chasse (A6M2-N) fut baptisée Rufe et le A6M3-32 (dont les saumons d’ailes étaient droits et non pas arrondis, ce qui fut à l’origine de la confusion) fut appelé Hamp. Il y eut deux variantes de la version A6M3, la 32 (3e type de cellule, 2ème type de moteur) et la 22 (retour au 2e type de cellule, 2e type de moteur). Pour ce qui est de sa cellule le A6M3-22 n’était pas essentiellement différent d’un A6M2-21 (2e type de cellule) et il fut toujours identifié par les alliés comme étant un « Zeke ». Mais il arriva que le modèle précédent, le A6M3-32, avait les saumons d’aile droits et raccourcis (« à ailes coupées », 3e type de cellule) et les Américains le prirent pour un nouveau type d’avion japonais auquel ils considérèrent qu’il fallait attribuer un nouveau nom de code. Le service qui attribuait ces noms de code avait d’abord baptisé ce prétendu nouvel appareil japonais « Hap » en honneur du commandant en chef de l’USAAF, le général Henry Harley Arnold. Arnold avait plusieurs surnoms mais « Hap » lui était resté depuis son enfance. Une de ses tantes avait d’abord eu l’habitude de l’appeler « happy » (« content ») mais son surnom devint vite tout simplement « Hap ». Le général n’apprécia pas ce nom de code pour un appareil ennemi puisque les pilotes américains pouvaient désormais faire des blagues du genre « je viens de descendre un Hap » en faisant en réalité référence à leur commandant en chef. Il demanda à que le nom de code de ce prétendu nouvel avion japonais fût changé. On rajouta alors un « m » au milieu du mot et le A6M3-32 devint le « Hamp », ce qui en anglais ne veut rien dire. Ce n’est qu’ensuite que les Américains réalisèrent qu’il s’agissait en réalité d’un « Zeke », mais le nom de code « Hamp » pour le A6M3-32 lui était déjà resté et persista dans le jargon des pilotes alliés.

Variantes et sous-variantes .

Dans le système de désignation de la Marine impériale et dans le système de désignation du type d’appareil, exposés précédemment, les variantes de chaque version étaient exprimées selon deux chiffres. Le premier correspondaient au type de cellule, le deuxième au type de moteur. La première version du Mitsubishi A6M à entrer en service (A6M2) fut donc le « chasseur embarqué de type zéro modèle 11 » selon le système de désignation de type d’appareil et le « A6M2-11 » selon le système de désignation de la Marine. Le premier « 1 » correspondaient au premier type de cellule et le deuxième « 1 » correspondait au premier type de moteur à équiper la production en série. Lorsqu’en 1941 les ailes de l’avion furent modifiées pour pouvoir se replier et occuper ainsi moins d’espace dans les hangars des porte-avions, la cellule avait changé et l’appareil reçut la désignation « chasseur embarqué de type zéro modèle 21 » dans le système de désignation de type d’appareil et « A6M2-21 » dans le système de désignation de la Marine. Ceci valait pour les variantes, lorsqu’une sous-variante dérivait d’une variante la Marine ajoutait un caractère kana, dans un ordre qui équivaut plus ou moins à l’ordre alphabétique de l’alphabet latin. C’est pourquoi les A6M5-52, A6M5-52 Ko, A6M5-52 Otsu et A6M5-52 Hei sont connus parmi les Occidentaux respectivement comme des A6M5, A6M5a, A6M5b et A6M5c. Parfois les Occidentaux ont aussi utilisé les lettres de l’alphabet latin pour désigner les variantes elles-mêmes et pas seulement les sous-variantes. Par exemple les A6M2-11 et A6M2-21 sont parfois cités comme des A6M2a et A6M2b respectivement. Exemple de lecture de la nomenclature d’un chasseur Mitsubishi A6M5-52 Otsu : sous-variante Otsu de la variante 52 (deuxième type de moteur, cinquième type de cellule) de la cinquième version, fabriquée par Mitsubishi, du sixième chasseur embarqué de la Marine impériale japonaise.

Productions et différentes versions de l’appareil .

Un total de 10 425 appareils construits a été comptabilisé : 3 880 par Mitsubishi et 6 545 par la compagnie Nakajima[1].
A6M1 .

Au mois d’avril 1938, les bureaux d’études de l’Arsenal aéronaval de Yokosuka approuvent le projet de chasseur embarqué 12 Shi et la construction de deux prototypes est attribuée à l’avionneur Mitsubishi. Commence alors, dans le courant de l’été 1938 la construction des deux prototypes, dénommés A6M1/12 Shi. Ils furent dotés chacun d’un moteur Mitsubishi Zuisei 13 de 780 ch. entraînant une hélice bipale à pas variable, mais le moteur ne donna pas entière satisfaction et cette version, la première de l’appareil, ne fut jamais fabriquée en série. La Marine suggéra alors de monter sur deux nouveaux prototypes le tout nouveau moteur Nakajima Sakae 12 (NK1C) de 940 ch. Ce moteur était l’équivalent du ha.25 de l’Armée et porta également l’appellation de Type 99/950 ch. L’arrivée du nouveau moteur satisfit de loin les conditions du cahier des charges initial et le modèle A6M2 était mûr pour la fabrication en série.

Production : 4 prototypes
A6M2 modèle 11 .

Les 15 premiers exemplaires de pré-série furent envoyés en Chine en juillet 1940 pour évaluation en conditions réelles. Alors que l’appareil avait été conçu pour être embarqué ce premier modèle n’allait être que basé sur le continent, c’est pourquoi il fut fabriqué sans sa crosse d’arrêt. Le résultat ne se fit pas attendre, et les A6M2 balayèrent du ciel tout ce qui leur était opposé, au point que les Chinois évitaient soigneusement de se battre contre les Zéros avec leurs I-15 et I-16. Les Occidentaux qui avaient pourtant la possibilité de s’intéresser au Zéro continuèrent à croire à l’indigence de l’aéronautique nippone. Ils allaient le regretter.

Production : 64
A6M2 modèle 21 .
A6M2 modèle 21 sur le porte-avions Akagi, 1941

Les marins avaient des problèmes avec les saumons des modèles 11 dans les porte-avions. La première évolution du Zéro consista donc à modifier l’aile pour que les saumons soient repliables. Ce sera l’A6M2 modèle 21 (comprendre 2e type de cellule, 1er type de moteur). Quelques détails évolueront sur le modèle 21 tels que l’apparition d’un contrepoids d’aileron pour soulager l’effort à haute vitesse, un problème récurrent sur le Zéro qui ne sera jamais vraiment corrigé. Ce modèle, et la plupart des modèles suivants, fut fabriqué avec sa crosse d’arrêt. Située sous l’empennage, elle était destinée à immobiliser l’appareil en accrochant un brin d’arrêt lors des appontages sur les porte-avions.

Production : 740
A6M2-K .

Première version d’entraînement, biplace. La cellule fut modifiée pour que l’habitacle et la verrière pussent héberger un instructeur et un apprenti pilote. La motorisation resta la même que celle des autres versions de A6M, dans l’armement les canons d’aile de 20 mm furent retirés et seulement les deux mitrailleuses de capot de 7,7 mm furent conservées. Des bombes de 60Kg pouvaient être portées sous les ailes lors des entraînements, mais au moment où ces appareils furent utilisés comme Kamikazes, en 1945, les bombes de 60 kg furent remplacées par une bombe ventrale de 250 kg. La production fut répartie entre 236 exemplaires fabriqués par Dai-Nijuichi Kaigun Kokusho à Omura (Sasebo) entre novembre 1943 et août 1945 et 272 exemplaires fabriqués par Hitachi Kokuki K. K. entre mai 1944 et août 1945.

Production : 508[2].
A6M2-N .
Nakajima A6M2-N

Extrapolation en hydravion de chasse. Un flotteur contenant un réservoir supplémentaire de carburant fut ajouté sous le fuselage et chaque aile en portait un autre, de taille plus réduite, sous son intrados. Le Rufe, nom de code que lui donnèrent les Alliés, avait le même armement et emport de munitions que les variantes des versions A6M2, A6M3, A6M5 et A6M5a : deux mitrailleuses de 7,7 mm sur le capot et deux canons de 20 mm, un dans chaque aile.

Production : 327 exemplaires
A6M3 modèle 32 .
L’épave d’un Mitsubishi A6M3 Zéro abandonné à l’aérodrome de Munda, au centre des Salomon, 1943

L’A6M3 modèle 32 fut introduit au printemps 1942 pendant la bataille des îles Salomon (Guadalcanal). Modification importante : le moteur Nakajima Sakae 12 de 940 ch fut remplacé par un NK1F Sakae 21 ou Ha-35-21 équipé d’un compresseur à 2 vitesses délivrant 1 130 ch au décollage. L’implantation de cette nouvelle mécanique plus longue nécessita le déplacement de la cloison pare-feu de 20 cm (8 pouces) au détriment de la capacité en carburant. Le capotage moteur changea de forme et la prise d’air du compresseur fut disposée en haut au lieu du « tunnel » en bas. Les canons disposaient de 100 obus chacun au lieu des 60 initiaux. Mais le changement le plus visible est la disparition des saumons d’ailes repliables pour améliorer le taux de roulis mais aussi la production. Les américains crurent avoir affaire à un nouvel avion qu’ils baptisèrent Hamp au lieu de Zeke, mais ils réalisèrent rapidement leur erreur. La vitesse maximum passa de 288 kt à seulement 294 kt

Production : au moins 343
A6M3 modèle 22 .
A6M3 modèle 22 au-dessus des îles Salomon, 1943

Pour essayer de retrouver une autonomie comparable au modèle 21 suite à l’augmentation de la consommation du Sakae 21 et de la diminution du volume du réservoir, les ingénieurs de Mitsubishi installèrent 2 nouveaux réservoirs de 45l dans chaque aile. Pour maintenir la charge alaire équivalente au type 32, les saumons repliables furent restaurés. D’où le type 2-2 (cellule 2, moteur 2). Il est donc normal que l’A6M3 modèle 22 apparaisse après le modèle 32 ! Quelques modèles 22a reçurent le canon 20 mm type 99 modèle 2 mk 3 à long tube des futures versions. Quelques modèles expérimentaux basés à Rabaul utilisèrent des canons de 30 mm (cette information n’est toutes fois pas avérée).

Production : 560
A6M4 .

Il n’y eut pas de série 4, l’A6M4 utilisait un turbocompresseur qui ne fut jamais mis au point. Les Japonais eurent beaucoup de déboires avec les turbocompresseurs durant toute la guerre. De plus, il semblerait que le chiffre 4 homophone du kanji Shi signifiant « mort », ait une symbolique proche de notre 13.

Certaines sources le citent comme étant la série de prototype ou les premiers exemplaires du modèle 52 basés sur la cellule du modèle 22a pendant la phase de transition.
A6M5 modèle 52 .

N’arrivant toujours pas à mettre au point l’A7M Reppu (et surtout peinant à prendre des décisions), la Marine demanda un appareil amélioré pour faire une jonction qui n’eut jamais lieu. En août 1943, un modèle 22a fut modifié en augmentant l’épaisseur du revêtement des ailes et des saumons de taille réduite furent installés de manière fixe. De plus, le moteur reçut des pipes d’échappement séparées propulsives. Bien que plus lourd de 70 kg, le nouveau modèle 52 était plus rapide de 11kt en palier par rapport au modèle 32, mais surtout sa vitesse maximale en piqué fut augmentée à 660 km/h. Mais ces améliorations ne suffirent pas et les Zéro 52 furent massacrés par les Hellcat.

En mars 1944, le modèle 52a apparut en première ligne. L’épaisseur encore augmentée du revêtement permit une vitesse en piqué de 740 km/h (le Corsair piquait à 790 km/h). Les canons mk4 reçurent 125 obus chacun (au lieu de 100) par substitution des tambours par des bandes.

Le modèle 52b vit une réelle amélioration de la capacité à encaisser les coups et à en rendre. Un pare-brise blindé de 50 mm ainsi que des extincteurs de réservoirs furent installés. Et une mitrailleuse de capot Type 3 de 13,2 mm remplaça une de celles de 7,7 mm. C’est probablement la meilleure version menée au combat en aptitudes générales.

Le modèle 52c fut lancé dans l’urgence après le massacre des Philippines. Malgré l’obsolescence de la cellule, il fallait améliorer le Zéro car la production du J2M Raiden ne démarrait pas. L’A6M5c incorporait un blindage dorsal pour le pilote, un réservoir central auto-obturant et 2 mitrailleuses de 13,2 mm d’ailes à l’extérieur des canons. La mitrailleuse de 7,7 mm de capot disparaissait. Les ingénieurs réclamèrent à la Marine le droit d’installer le plus gros Mitsubishi Kinsei pour parer à l’augmentation prévisible du poids. Encore une fois, la Marine par un incroyable immobilisme refusa encore et imposa le Sakae 21 en attendant la disponibilité du Sakae 31 dont la puissance devait être supérieure grâce à l’injection d’eau et de méthanol. Les performances s’effondrèrent.

Un chasseur de nuit fut développé à partir du modèle 52 en ajoutant un canon à tir oblique dans le fuselage. C’était l’A6M5d-S, S étant le suffixe des chasseurs de nuit (exemple J1N1-S Gekko).

Production : modèle 52 : 747+, modèle 52a : 391+, modèle 52b : 470, modèle 52c : 93
A6M5-K .

Deuxième version d’entraînement, fabriquée à seulement sept exemplaires par Hitachi Kokuki K. K. entre mars et août 1945. Même motorisation que le A6M5 et même armement que la précédente version d’entraînement (A6M2-K) : deux mitrailleuses de 7,7 mm et deux bombes de 60 kg.

Production : 7 .
A6M6 modèle 53 .

Le prototype du A6M6c (Zéro 53c) vola en novembre 1944. En plus du moteur Sakae 31a (dont la puissance supérieure aux 1130 ch du Sakae 21 n’apparaît dans aucun ouvrage), les réservoirs d’ailes de 45l reçurent un revêtement auto-obturant. La vitesse maxi de 300 kt (5 de moins que le 52) en utilisant l’injection d’eau n’était que théorique car la qualité de fabrication des moteurs et des cellules baissait dangereusement par manque de matières premières de qualité et par déficit de compétence de la main d’œuvre. Les ouvriers qualifiés étant embrigadés dans l’armée. De plus, les raids des B-29 sur les usines de moteurs n’allaient rien arranger.

Production : pas de chiffres, ce qui est certain, très peu. Un seul prototype selon certaines sources.
A6M7 modèle 63 .

Les unités combattantes modifiaient les support de réservoirs centraux pour y accrocher une bombe de 250 kg sur les versions précédentes. Ce sera fait de série sur l’A6M7 modèle 63.

Destiné à être utilisé comme un bombardier en piqué, le modèle 63 avait un support de bombe et des points d’ancrage pour deux réservoirs externes de 350l d’ailes et un plan arrière au revêtement épaissi pour résister aux efforts. La production démarra en mai 1945.

Production : pas de chiffres, et comme pour l’A6M6c, peu.
A6M8 modèle 54/64 .

Comme Nakajima se concentrait sur la production du puissant moteur 18 cylindres 2000 ch Homare devenu prioritaire, il fallait arrêter lentement la production du Sakae. Mitsubishi fut alors enfin autorisé à utiliser le fiable et performant moteur Mitsubishi 14 cylindres MK8P Kinsei 62 [Ha-33]-62 de 1560ch. Cette mécanique éprouvée avait été efficacement adaptée sur le Ki-61 de l’armée (d’où le Ki-100) et les D4Y de la marine. Comme le Kinsei était plus gros, il nécessita un nouveau capotage et la mitrailleuse de capot disparut. Depuis le début du programme, le rapport poids-puissance augmenta enfin. Le premier prototype fut fini en avril 1945 et les résultats encourageants poussèrent la Marine à commander pas moins de 6 300 A6M8 ! Aucun cependant ne verra le combat car le marasme provoqué par les bombardements et la pénurie de matériaux avait totalement désorganisé la production. Les prototypes de l’A6M8 ont utilisé des cellules de 52c d’où l’appellation Zéro 54, mais les exemplaires de série devaient utiliser la cellule du modèle 63, d’où l’appellation Zéro 64.

Production : 6 300 prévus, pas d’exemplaire de série

Engagements .

Le Mitsubishi A5M Claude entrait juste en service au début de l’année 1937 lorsque la Marine impériale japonaise se mit à la recherche d’un éventuel successeur. En mai, elle avait mis au point un certain nombre de spécifications pour un nouveau chasseur embarqué qui fut envoyé à Nakajima et à Mitsubishi. Les deux entreprises commencèrent leur travail tout en attendant des détails supplémentaires.

Se fondant sur l’expérience de l’A5M en Chine, la marine japonaise envoya ces informations complémentaires en octobre et demanda ainsi une vitesse de 500 km/h à 4 000 m et une vitesse ascensionnelle de 3 000 m en 3,5 min. Ils avaient besoin d’un rayon d’action de 2 heures à puissance normale qui devait monter jusqu’à 6 ou 8 heures en vitesse économique avec des réservoirs supplémentaires. L’armement devait comporter deux canons de 20 mm et deux mitrailleuses de 7,7 mm, et l’avion devait pouvoir emporter deux bombes de 30 ou 60 kg. Tous les futurs Zéro devaient être pourvus d’un équipement radio. Enfin, la manœuvrabilité devait être au moins aussi bonne qu’avec l’A5M, tandis que l’envergure devait être inférieure à 12 m pour pouvoir tenir sur les porte-avions.
Chasseur Zéro

Nakajima trouva les nouvelles spécifications ridicules tandis que le chef de l’équipe de Mitsubishi convint qu’elles pouvaient être respectées mais seulement si l’on fabriquait l’avion aussi léger que possible. Ainsi tout fut mis en œuvre pour gagner en poids, les concepteurs firent un usage intensif du nouvel alliage duraluminium.

À l’heure de Pearl Harbor, il y avait seulement 420 Zéros actifs dans le Pacifique. Ils furent supérieurs à leurs homologues américains jusqu’en 1943 mais restèrent mortels entre de bonnes mains jusqu’à la fin de la guerre. Plus de 11 000 exemplaires en furent produits grâce à sa facilité de construction.

Conçu pour l’attaque, le Zéro était un modèle de manœuvrabilité, de puissance de feu au détriment de la protection car seules les dernières versions furent munies d’un blindage, malheureusement bien dérisoire. De ce fait, beaucoup de Zéros furent perdus au combat dès que les alliés abandonnèrent le dogfight (combat tournoyant) privilégiant l’appareil le plus maniable, pour le yoyo (manœuvre horizontale ou verticale, consistant à s’éloigner puis revenir pour compenser un taux de virage ou de montée insuffisant ), le dive and zoom ou attaque en piqué puis ressource en binômes favorables aux appareils plus puissants et présentant une plus grande inertie par leur blindage. Un seul coup au but était en général suffisant pour le détruire.

Lorsque les États-Unis maîtrisèrent la technique d’attaque du Zéro, en partie grâce au Zero d’Akutan, de nouveaux avions comme le F6F Hellcat ou le Chance Vought F4U Corsair furent construits, qui surpassèrent le Zéro sur tous les points, sauf en ce qui concernait la manœuvrabilité (aucun chasseur allié contemporain, peut-être à l’exception des soviétiques, n’était plus maniable que lui. Même le Spitfire, probablement le meilleur chasseur moderne dans ce domaine qui lui fut opposé, lui était inférieur). Mais pour corriger ce défaut, il suffisait aux pilotes américains de se rappeler les tactiques efficaces. Ainsi, le rapport de 1 avion japonais abattu pour 1 avion américain passa à 10 pour 1. Le gouvernement japonais ne resta cependant pas statique et de nouveaux avions comme le Kawanishi N1K1-J Shiden (Eclair Violet) « George » et surtout le Nakajima Ki-84 Hayate « Frank » furent d’excellents chasseurs et firent face aux modèles plus tardifs des États-Unis dans un rapport de force désespéré.

 

 

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source : http://militaires-d-hier.forumgratuit.org/t437-zero

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Les avions de guerre

 

 

21 mars 2013

Le projet Manhattan

Classé sous — milguerres @ 0 h 49 min

 

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 

Le projet Manhattan

Nous devons la bombe atomique aux travaux du physicien Leo Szilard – qui plus tard s’en voudra d’y avoir participé – sur base de plusieurs découvertes antérieures :
- La loi de conservation de l’énergie (E=mc2) d’Albert Einstein en 1905
- Les neutrons par James Chadwick en 1932
- La radioactivité artificielle par le couple Joliot-Curie en 1934.
La première loi signifie que la matière renferme potentiellement énormément d’énergie. Mais elle ne put jamais être démontrée avant les premiers essais atomiques de 1933 (fusion deutérium-tritium). La seconde découverte permit aux ingénieurs de briser les atomes afin qu’ils libèrent leur énergie, tandis que la troisième découverte apporta les effets toxiques et avec elle tous les malheurs du monde
Il faut y ajouter des expériences de bombardement de l’uranium par des neutrons effectués par Enrico Fermi en 1934, la résolution de problèmes « techniques » liés à la radioactivité et la fission par Otto Hahn et Lise Meitner en 1938 et des travaux théoriques complémentaires des physiciens Niels Bohr, Otto Frish, Herbert Anderson et John Wheeler, autant de grands noms qui marquèrent l’Histoire de la physique quantique.

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Historiquement, le projet Manhattan débuta le 11 octobre 1938, lorsque Einstein rédigea une lettre, dont Leo Szilard fit le brouillon, qu’il adressa au président Roosevelt, lui expliquant que les Nazis étaient en mesure de purifier l’uranium-235 et devaient bientôt disposer d’une bombe atomique extrêment puissante. Einstein expliqua à Roosevelt qu’il pouvait également disposer d’une arme atomique grâce à l’uranium extrait au Congo par la Belgique. Mais Einstein regrettera toute sa vie de lui avoir envoyé cette lettre.
C’est peu après avoir reçu ce courrier que le président Roosevelt décida de créer le projet Manhattan qui visait à créer cette bombe atomique le plus rapidement possible. En 1939, en collaboration avec l’ingénieur Vannevar Bush, il crée le National Defense Research Committee (NDRC) qui développera le radar, le sonar et il créera le Comité Uranium dans le but de lancer des programmes de recherche sur la fission de l’uranium.
C’est dans ce contexte qu’à l’Université de Columbia, Enrico Fermi créa sa « pile atomique » à base d’uranium et de graphite. Avec son équipe ils testèrent l’hypothèse d’Einstein, la réaction en chaîne et la possibilité de créer une réaction explosive. Différents comités verront le jour en 1940 dans le but de rassembler toutes les compétences scientifiques, technologiques et militaires afin d’améliorer les performances de la bombe.
Pendant que les Etats-Unis entrèrent en guerre en 1941 suite à l’attaque de Pearl Harbour par les Japonais, les scientifiques commencèrent à produire les éléments fissiles nécessaires à la fabrication de la bombe.
Un laboratoire d’enrichissement de l’uranium fut construit à Oak Ridge, dans le Tennessee. Le chimiste Harold C. Urey (que l’on connaîtra plus tard pour son expérience sur la chimie prébiotique) et ses collègues de l’Université de Columbia furent chargés d’élaborer un système d’extraction fondé sur la diffusion gazeuse, tandis qu’Ernest O. Lawrence de l’Université de Californie à Berkeley (UCB) et inventeur du Cyclotron développa un processus permettant de séparer magnétiquement les deux isotopes de l’uranium (puis du plutonium). Ensuite par centrifugation, l’uranium-235, plus léger, fut séparé de l’uranium-238, plus lourd et non fissile. La même opération fut réalisée avec le plutonium. Cette manière d’enrichir l’uranium est toujours appliquée de nos jours. Lorsque tout ce traitement excessivement complexe fut terminé, il resta à tester le concept de la fission nucléaire sur le terrain.

cliquez sur ce lien pour visionner la vidéo

L’expérience de Trinity
Explosion de la première bombe atomique à Trinity au Nouveau Mexique, USA, le 16 juillet 1945 à 5:29:45 locale. Films enregistrés depuis un abri situé à 3.3 km de distance

En 1942, le Général de Brigade Leslie Richard Groves fut nommé directeur du projet Manhattan à Los Alamos, au Nouveau Mexique, dans le but de construire cette bombe atomique. Il demanda au Dr. Robert J. Oppenheimer de prendre la direction scientifique des opérations. Ce dernier regrettera également plus tard d’avoir jamais observé les atomes.
Deux combustibles nucléaires furent préparés simultanément, l’uranium-235 enrichi et le plutonium-239. Toutefois lors des tests préliminaires avec le plutonium, on découvrit que le combustible fabriqué dans les cyclotrons n’était pas assez pur et contenait une fraction trop importante de plutonium-240. Or ce radioisotope émettant spontanément trop de neutrons, il risquait de faire exploser la bombe prématurément. Le produit devait donc être purifié, ce qui fut réalisé dès 1943.
Nous devons la conception des deux bombes aux travaux théoriques du mathématicien John von Neumann qui s’occupa du profil de la bombe d’Hiroshima et de Seth Neddermeyer qui proposa d’utiliser une charge explosive pour comprimer la cavité de la bombe de Nagasaki et atteindre ainsi plus rapidement le seuil de densité critique.
Le projet militaire fut bien gardé et tous les employés tenus au secret : tous les services furent cloisonnés et, mises à part les plus hautes autorités civiles et militaires, personne ne savait exactement sur quoi il travaillait ni la finalité du projet. Par sécurité et pour éviter les curieux, le site de test fut isolé en plein désert du Nouveau Mexique et son accès placé sous haute surveillance.

Le projet Manhattan coûta 2 milliards de dollars US (de l’époque) et réunit en 3 ans 200000 personnes réparties dans 37 laboratoires secrets des Etats-Unis. A titre de comparaison, la préparation du programme Apollo coûta 5 milliards de dollars et fit appel à 400000 experts mais s’étala sur 10 ans, entre 1963 et 1973 (ici aussi il s’agissait d’une question d’ordre militaire et politique qui déclencha la course à la Lune).
Le but ultime des expériences sera tenu secret jusqu’en mai 1945, époque à laquelle les militaires durent effectuer les premiers essais en grandeur nature. Mais ici encore seul le personnel d’Alamogordo eut vent de la finalité du projet.
Un premier tir d’essai de 108 tonnes fut réalisé le 7 mai 1945 à Trinity pour tester les instruments. Cette bombe contenait 37 mille milliards de Becquerel (37 TBq soit 1000 curies) de produits fissiles, de quoi tuer potentiellement quelque milliers de personnes.
Le projet Manhattan trouva son apothéose le 16 juillet 1945 lorsqu’un flash brillant apparut dans le ciel d’Alamogordo. Il fut visible à plus de 16 km de distance. L’explosion de la première bombe A dépassait toutes les espérances et libéra une énergie estimée à environ 22000 tonnes de TNT (plus de 2200 camions de dynamite !).

Tester la bombe sur les civils
Fort de cette expérience mais pris par le temps, les essais s’arrêtèrent là. Ils étaient concluants. Analysant les conséquences et le coût d’une invasion du Japon, l’Etat-Major américain estima qu’il faudrait entre 500 000 et 1 000 000 de soldats pour conquérir le pays et la guerre ferait entre 220 000 et 500 000 morts américains.
En tant que Commandant en chef des Focres armées, le nouveau président Harry Truman voulait absolument la capitulait inconditionnelle du Japon. Sachant que cet objectif serait difficile à atteindre, pour éviter une longue et difficile bataille sur le sol japonais, Harry Truman et son Etat-Major décidèrent de faire exploser la bombe atomique sur une ville de réserve japonaise (c’est-à-dire une ville-garnison non bombardée par les raids quotidiens) si l’armée nippone ne capitulait pas immédiatement.
Ignorant l’ultimatum avec dédain, les Japonais attendaient les Américains de pied ferme sur leur territoire et planifièrent déjà des attentats suicides pour sauver l’honneur de leur nation et de l’Empereur. Mais ils n’en eurent pas le temps.
Truman demanda qu’on lui dresse une liste de cinq villes japonaises à bombarder et ce n’est qu’au dernier moment, en fonction de la météo notamment, que les objectifs d’Hiroshima et Nagasaki furent choisis.

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Mon Dieu, qu’avons-nous fait ? : Hiroshima et Nagaski
Le 5 août 1945, sur la base américaine de Tianian située dans les îles Mariannes au sud du Japon, une bombe A de 3900 kg baptisée « Little Boy » équivalente à celle du projet Manhattan fut embarquée à bord du bombardier B-29 « Enola Gay » piloté par le Colonel Paul W. Tibbets. La quantité exacte d’uranium enrichi de cette bombe n’est pas connue avec précision mais serait de 21 kg pour une puissance équivalente à ~15 kT de TNT.
Le Captaine William S. Parsons exigea que la bombe soit assemblée en vol pour éviter tout risque d’explosion prématurée. Il s’entraîna donc à son assemblage durant les 12 heures qui précédèrent sa mission.
Le 6 août 1945 à 2h45 du matin, trois B-29 dont « Enola Gay » décollèrent de l’île de Tianian, cap au 353. Un peu plus de cinq heures plus tard, la radio leur annonça que la couverture nuageuse était très faible au dessus de la ville d’Hiroshima. Par une ironie du sort, les sirènes y annoncèrent la fin de l’alerte.
En vue de l’objectif, à 8h13 du matin par une belle journée ensoleillée, le Colonel P.W.Tibbets donna l’ordre de lancer la bombe. Deux minutes plus tard, la bombe explosa à environ 580 mètres au-dessus d’Hiroshima tuant instantanément entre 70000 et 135000 personnes. La rumeur raconte qu’une jeune fille aveugle vit le flash de l’explosion à 200 km de distance. 

Hiroshima, le 6 août 1945. A cet instant il y a déjà entre 70 et 135000 morts.

A bord de l’Enola Gay, après avoir été ébloui par le flash et ressentit l’onde de choc de la détonation, en voyant avec effroi la boule de feu rougeoyante s’élever dans l’atmosphère au-dessus de la poussière et former un immense champignon blanchâtre, le copilote Robert Lewis ne put s’empêcher de s’exclamer : « Mon Dieu, qu’avons-nous fait ? »
Ne recevant aucune réaction officielle du Japon, trois jour plus tard, le 9 août 1945 un second B-29 baptisé « Bockscar » décolla de Tianan et lança à 11h02 locale une bombe au plutonium baptisée « Fat Man » sur l’un des objectifs alternatifs, Nagasaki. Bien que l’effet de la bombe fut partiellement étouffé par la disposition de la vallée entourant la ville, elle tua instantanément 35000 personnes et en blessa autant.
Le Japon étant sur le point d’entrer également en guerre avec la Russie et sa population étant à court de riz depuis plus d’un an déjà, face à tous ces événements le 15 août 1945, Hiro-Hito, le 124eme empereur du Japon, annonça la reddition de son pays sans condition.
C’est ainsi que le monde apprit rapidement que les villes ciblées par les deux bombes avaient été rayées de la carte et leurs habitants tués, ce qui est le risque de toute guerre, mais permit en contre-partie de mettre fin à un conflit qui aurait certainement provoqué beaucoup plus de morts et prolongé la guerre dans cette région du sud-est asiatique peut-être durant des années comme on le connut par la suite en d’autres lieux, notamment en Corée (1950-53) et au Vietnam (1957-75) pour lequel voici également un excellent site anglophone.
Le commandant en chef de l’armée nippone n’accepta jamais d’avoir perdu son honneur à l’inverse des autres membres de l’Etat-Major. Pour la population nippone ce fut néamoins un grand soulagement.
La capitulation du Japon fut signée le 2 septembre 1945 à 9h du matin sur le pont du cuirassé USS Missouri (BB-63) en rade dans la baie de Tokyo. La cérémonie se déroula dans un silence quasi monacal, très lourd de sens. 

L’accord fut signé en présence du Général McArthur représentant des Etats-Unis, des représentants de l’URSS, du Royaume Unis, du Canada, de la France, de la Nouvelle Zélande et bien sûr des représentants du Japon. A la fin de la Cérémonie McArthur déclara : « Que Dieu préserve la paix ». 
Les représentants japonais quittèrent le pont par un petit escalier, la tête basse et dans l’indifférence générale. Quelque peu en avance sur le protocole (la cérémonie s’étant prolongée suite au décalage de plusieurs signatures), à cet instant des avions de l’USAF survolèrent la zone en signe de victoire. McArthur quitta le pont et alla célébrer l’événement avec les alliés. La Seconde guerre mondiale était terminée. Elle avait fait 55 millions de morts.

La fin de la guerre
En signant l’acte de reddition, le Japon perdait plus que « la face » aux yeux du monde. Hiro-Hito accepta le désarmement total de son armée, l’occupation militaire de son territoire et la transformation progressive de son régime impérialiste en démocratie (monarchie constitutionnelle). Par la même occasion il perdait les 3/4 des terres qu’il occupait en 1940, principalement sur le territoire Chinois et sur une partie appartenant aujourd’hui à la Russie. Tous les avoirs Japonais à l’étranger furent également gelés. Seule l’administration nippone resta en place faute de pouvoir la remplacer. Les Etats-Unis furent considérés comme des héros.
Au total, la guerre contre le Japon fit 3 millions de morts et laissa 6 millions de sans-abris. Les Etats-Unis héritèrent d’un pays au bord du chaos. L’Empereur Hiro-Hito ne sera pas déféré devant le Tribunal des criminels de guerre, comme MacArthur s’y était tout d’abord engagé.
La guerre du Pacifique qui dura de 1941 à 1945 fut extrêmement éprouvante tant pour les militaires que pour les civils. En avril 1945, les pertes américaines s’élevaient jusqu’à 1000 morts par jour ! Au total, les Japonais perdirent au combat près de 1.5 millions de soldats contre environ 400 000 soldats du côté américain., sans parler des militaires mutilés, des veuves et des orphelins que la patrie dû prendre en charge.
Malgré le fait que les alliés ont commis des crimes de guerre, la propagante américaine a fort insisté sur les actions des pilotes kamikazes, sur les tortures infligées par les Japonais aux Marines prisonniers (à Saipan et ailleurs) et les batailles extrêment dures sur les îles de Midway, Iwo Jima et Okinawa notamment.
Par le biais des films d’actualités et des médias, dans les années qui suivirent et durant plus d’une décennie, le peuple américain garda une animosité envers tous les ressortissants japonais qui avaient émigrés aux Etats-Unis ou qui vivaient antérieurement sur son territoire. Toujours prêt à défendre Uncle Sam, Hollywood les caricatura de manière offensante et raciste au point que même le célèbre karateka Bruce Lee en fit allusion après être devenu célèbre.
C’est arrivé à un tel point aux Etats-Unis qu’un certain nombre de ressortissants américains d’origine japonaise furent placés dans des camps en Californie afin de les protéger de la violence de la population.
L’Europe fut plus modérée mais elle partagea le même sentiment de répulsion envers les Japonais. Ici comme ailleurs, les mariages consanguins par exemple avec des Japonaises étaient vus d’un très mauvais oeil.
Mais le Phoenix allait renaître de ses cendres. Blessé, pauvre, affaiblit et isolé, le Japon se redressa d’abord timidement puis fièrement et reforma même une armée à vocation soi-disant civile. Le Japon devint rapidement une puissance économique mondiale.

Tout commença en 1955 lorsque Ibuka et son partenaire Morita créèrent une petite société, jeune et commercialement très agressive appelée Tokyo Tsushin Kogyo. Ses produits seront vendus sous la marque Sonus. Non ça sonnait mal pour les occidentaux… ce sera Sony. 
En concurrence directe avec Texas Instruments, elle proposa sur les marchés américain et européen un nouveau transistor de poche modèle TR-55. Le « Made in Japan » allait marquer de son empreinte les routes commerciales des grandes puissances et bouleverser l’axe commercial de la planète. Aujourd’hui les produits japonais ont envahi le marché.
En 2004, Sony fit un bénéfice brut de 20 milliards de dollars ! Avec le recul tout le monde est bien heureux de profiter de la technologie japonaise. Par leur qualité, leurs produits grand public sont plus fiables et se vendent globalement mieux que les produits concurrents fabriqués en Europe ou aux Etats-Unis (rien que les 3 premières marques automobiles sont asiatiques depuis plusieurs années et en matière de matériel électronique, le Japon reste en tête des ventes). 
Mais quelques nuages noirs planent depuis quelques années au-dessus de nos frères San, à se demander si c’est encore le « zéro défaut » ou plutôt la « croissance zéro » qui qualifie le mieux le pays du Soleil levant. Aujourd’hui le Japon n’est plus un ennemi. Nous nous méfions plutôt du « Made in Taiwan ».
Aujourd’hui les sites d’Alamogordo et Trinity sont devenus des musées et le site de tir a été abandonné au profit de NTS au Névada (tout près de la Zone 51 et la Vallée de la Mort), la ville d’Alamogordo abritant essentiellement une bibliothèque assez bien visitée rassemblant 100000 articles. 
Les multiples installations qui existaient déjà à l’époque du projet Manhattan sont aujourd’hui gérées par le Département de la Défense (DoD) ou celui de l’Energie (DOE) : le Laboratoire National de Los Alamos (LANL), celui de Hanford, Oak Ridge (ORNL), le National Security Complex Y-12 et quelques autres sites. La recherche et développement en matière nucléaire n’est pas terminée pour tout le monde et nous en avons eu la triste expérience récemment en Irak ainsi que dans les Balkans. Ceci dit, cette recherche a également heureusement des retombées dans divers domaines civils, en particulier en médecine nucléaire qui profite énormément des recherches appliquées (traitement des cancers, scanners, etc).

Source : http://www.astrosurf.com/luxorion/histoire-manhattan-project2.htm

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

19 mars 2013

La bataille de Midway (juin 1942)

Classé sous — milguerres @ 19 h 24 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

La bataille de Midway (juin 1942)

Par : Nghia NGUYEN (ENS-WEB)
http://www.educationdefense.ac-creteil.fr/spip.php?article400

« First hit at Midway » de Paul RENDEL

Midway est un atoll américain qui se trouve dans le prolongement Nord-Ouest de l’archipel des Hawaii, non loin de la ligne de changement de date (180e méridien). Stratégiquement, l’île et son aérodrome militaire tiennent le rôle d’avant-poste américain dans le Pacifique central. Pour les Japonais, s’emparer de Midway en y débarquant 5000 hommes était un moyen de renforcer leur ligne de défense orientale, tout en rendant très rapidement possible une offensive sur l’ensemble des Hawaii. Si ces dernières tombaient, c’était le territoire américain – plus particulièrement la côte Ouest – qui aurait été directement menacé. Par ailleurs, ce renforcement oriental était aussi dicté par l’humiliation récente qu’avait fait naître l’audacieux bombardement de Tokyo lors du raid DOOLITTLE, le 18 mai 1942.

Une victoire à Midway et dans les îles Hawaii aurait eu d’importantes conséquences sur le cours de la guerre. En 1942, les États-Unis n’étaient pas encore remis du choc de Pearl Harbor, et l’US Navy n’était pas encore la puissance navale qu’elle devait être deux ans plus tard. Pour les Américains, il fallait gagner du temps dans le Pacifique, alors qu’au même moment ils concentraient la majeure partie de leurs moyens dans une autre direction océanique et continentale : l’Atlantique, l’Afrique et l’Europe. Au lendemain de l’agression de Pearl Harbor, Winston S. CHURCHILL avait réussi à faire valoir, auprès de Franklin D. ROOSEVELT, l’idée que le théâtre européen devait être le théâtre des opérations prioritaire (conférence d’Arcadia en décembre 1941 et janvier 1942). La libération de l’Europe prenait donc le pas sur la victoire contre le Japon, ce qui n’était pas chose facile à faire admettre aux Américains après ce qu’ils considéraient comme « the Day of infamy ».

1942 devait donc être une année de temporisation pour l’US Navy qui manquait de bâtiments dans le Pacifique. Une victoire japonaise à Midway, en juin, aurait sensiblement contrarié la stratégie anglo-américaine, obligeant à un redéploiement des moyens navals de l’Atlantique dans le Pacifique, ce avec des conséquences sur le cours du conflit en Afrique et en Europe… Une année de temporisation d’autant plus nécessaire que début mai avait eu lieu une autre grande bataille aéronavale aux portes même de l’Australie : la bataille de la Mer de Corail. Au cours de cet engagement, qui ressembla à première vue à une victoire tactique japonaise, les Américains perdirent le porte-avions lourd USS Lexington CV-2, et le USS Yorktown CV-5 fut gravement endommagé, à un point tel que la Marine impériale japonaise crut l’avoir coulé.

En fait, le tonnage des navires coulés (en défaveur des Américains) comptait moins que la redistribution stratégique imposée aux deux adversaires par cet affrontement. Les Japonais venaient de subir une défaite stratégique : leur offensive sur l’Australie subissait un coup d’arrêt, et si un seul porte-avions léger japonais avait été coulé (le Shoho), deux autres furent mis hors de combat qui ne pourront pas participer à l’offensive sur Midway prévue le mois suivant. Le Shokaku avait été suffisamment endommagé pour ne pas pouvoir être réparé à temps, et le Zuikaku perdit tellement d’avions et de pilotes que son groupe aéronaval n’était plus opérationnel. De nombreux pilotes japonais avaient été perdus en Mer de Corail, et le potentiel offensif nippon était désormais sérieusement érodé. L’insuffisance du renseignement vint aggraver le tableau quant à l’évaluation exacte du potentiel aéronaval américain. Ainsi, le porte-avions USS Yorktown – l’un des quatre porte-avions américains alors disponibles dans le Pacifique – avait été donné pour coulé. En fait, début mai, il fut rapidement retiré du champ de bataille pour être dérouté sur les îles Tonga afin d’y subir les premières réparations. Peu de temps avant la confrontation en Mer de Corail, les Américains, aidés par les Britanniques et les Néerlandais, avaient réussi à percer le JN25 à savoir le code de cryptage de la Marine impériale. Alerté au dernier moment, mais de sources sûres, sur le prochain objectif des Japonais, l’Amiral Chester W. NIMITZ pu anticiper son redéploiement en faisant appareiller le Yorktown, toujours avarié, pour Pearl Harbor. Le bâtiment parvint à la grande base des îles Hawaii le 27 mai, où il fut réparé en 3 jours et 3 nuits. Un véritable record ! De nouveau opérationnel, il appareilla le 30 en direction des îles Midway.

Le fait était d’importance, car les Japonais pensaient avoir de bonnes chances d’en finir avec les porte-avions américains à Midway. Tablant sur le secret de l’opération et une aéronavale américaine affaiblie, ils ne se doutaient pas alors que la situation ne leur était plus aussi favorable. Non seulement la défense de Midway fut considérablement renforcé, mais la spectaculaire réparation du Yorktown changeait la donne. Alors que la Marine japonaise s’attendait à affronter deux porte-avions regroupés au sein d’une même task force, c’étaient deux task forces qui se dirigeaient vers elle : la Task force 16 autour de l’USS Enterprise et l’USS Hornet (commandée par le Contre-amiral Raymond A. SPRUANCE), et la Task force 17 autour de l’USS Yorktown (commandée par le Contre-amiral Frank J. FLETCHER).

Facteur aggravant, le plan japonais dispersa d’emblée ses forces sur un espace considérable. Pas moins de quatre flottes de combat opérèrent de manière indépendante lors de la bataille pour Midway. Tout d’abord une force de diversion chargée d’aller frapper l’Alaska et les îles Aléoutiennes, afin de distraire les forces américaines et de dégarnir la défense de Midway. Cette première opération fut un échec du fait de la connaissance exacte des intentions japonaises par le commandement américain. Elle n’en mobilisa pas moins – et inutilement – 2 porte-avions et 4 cuirassés côté japonais. La force principale était celle de l’Amiral Chuichi NAGUMO. Forte de 4 porte-avions – le Soryu, le Hiryu, l’Akagi et le Kaga -, elle constituait le fer de lance de l’offensive japonaise contre Midway. C’est elle qui soutint l’essentiel de l’affrontement, cherchant à détruire les défenses américaines autour et dans l’atoll. L’isolement de celui-ci devant permettre le débarquement d’une force d’invasion aux ordres du Contre-amiral Nobutake KONDO. Plus en arrière, une quatrième flotte, commandée par l’Amiral Isoroku YAMAMOTO, devait aider à la destruction de la flotte américaine en cas de confrontation navale générale, notamment avec ses 3 cuirassés dont le plus grand du monde : le Yamato.

La première rencontre eut lieu le 3 juin, lorsque les Américains, ayant repéré la force de débarquement japonaise, l’attaquèrent. Ce fut un échec, qui montra cependant aux Japonais que l’effet de surprise était désormais nul. La véritable bataille ne commença que le lendemain lorsque de part et d’autre les porte-avions lâchèrent leurs groupes aériens contre leurs objectifs. Pour les Japonais, il fallait repérer les porte-avions américains et les couler tout en détruisant les défenses de Midway. Pour les Américains, il fallait trouver les porte-avions japonais et les couler afin de desserrer l’étau autour de l’atoll. Dans la matinée du 4 juin, une première vague d’assaut japonaise dévaste l’atoll, mais les appareils américains ont eu le temps de décoller, les uns pour défendre l’île, d’autres pour attaquer la flotte japonaise. Durant ce premier assaut – qui sera l’unique assaut sur Midway -, les appareils de reconnaissance japonais et américains cherchent à localiser les porte-avions adverses. Si les Américains marquent le premier point en repérant rapidement le groupe aéronaval japonais, leurs premières attaques sont catastrophiques. Plusieurs escadrilles sont anéanties avant même de pouvoir approcher les porte-avions japonais. Inexpérimentés pour beaucoup – notamment ceux des groupes aériens de l’USS Hornet -, équipés d’appareils lents et obsolètes face aux terribles Mitsubishi Zero, les pilotes américains vont d’emblée essuyer des pertes terribles, n’ayant que leur courage à opposer.

Mais leur sacrifice n’est pas inutile. Il épuise et fait perdre un temps précieux à la chasse japonaise, dont les appareils à court de carburant doivent apponter pour se ravitailler au moment où ceux de la première vague, de retour de leur raid de bombardement contre Midway, doivent eux aussi apponter et se ravitailler. C’est l’instant crucial de la bataille, où le système tactique japonais est à son point de tension maximum : les 4 porte-avions ayant lancé simultanément l’assaut contre Midway – tout en parant les premières contre-attaques aériennes américaines -, leurs groupes aériens doivent ravitailler au même moment laissant la flotte sans protection pendant de longues minutes. C’est précisément à ce moment qu’une nouvelle escadrille américaine de bombardiers en piqué surgit et attaque les porte-avions japonais dont les ponts sont encombrés d’avions prêts à redécoller. Le 4 juin 1942 à 10.25 du matin, l’Akagi, le Kaga et le Soryu sont touchés à mort. En moins de 5 minutes, les pilotes américains ont renversé le cours de la bataille, détruisant 3 des 4 porte-avions de l’Amiral NAGUMO. Le choc est terrible pour les marins japonais. Les incendies qui ravagent les 3 bâtiments sont visibles à des kilomètres à la ronde par toute la flotte. Le quatrième et dernier porte-avions japonais, le Hiryu, tente alors désespérément de faire la différence en lançant deux vagues de bombardiers et de torpilleurs contre le USS Yorktown repéré peu de temps auparavant. Le porte-avions américain est de nouveau atteint par 3 bombes aux alentours de midi, et 2 nouvelles torpilles le frappent encore vers 15.00, mais il flotte toujours, et commence à se replier.

À 17.00, alors que le Hiryu s’apprête à lancer une troisième vague pour achever le Yorktown, il est à son tour repéré et attaqué par des bombardiers américains qui ne lui laissent aucune chance. En flamme et désemparé, le dernier porte-avions de l’Amiral NAGUMO devait couler le lendemain. En une journée, le groupe aéronaval japonais a été anéanti. Après ces terribles pertes pour la Marine impériale, la bataille se prolongea encore durant quelques heures. Le sous-marin japonais I-168 repéra le USS Yorktown gravement endommagé, et le coula ainsi qu’un destroyer d’escorte, le USS Hammann. Ce fut la fin pour ce vétéran de la bataille de la Mer de Corail. Côté japonais, deux croiseurs lourds du Contre-amiral KONDO, naviguant à faible vitesse suite à une collision, furent également attaqués par les Américains. Le Mikuma fut coulé et le Mogami encore plus gravement endommagé.

Dès lors, ce qui entra dorénavant dans l’Histoire comme la bataille de Midway prenait fin. Les Américains se retirèrent rapidement du champ de bataille, refusant à l’Amiral YAMAMOTO l’occasion de poursuivre la lutte avec ses cuirassés et leurs terribles canons. Le score était, cependant, sans appel contrairement à la précédente bataille qui s’était déroulée aux portes de l’Australie en Mer de Corail. Pour 1 porte-avions perdu, l’US Navy en avait cette fois coulé 4. Mais le pire pour les Japonais résidait dorénavant dans l’immense difficulté de leur industrie à les remplacer au moment même où le Victory program commençait à produire ses premiers effets et que le temps jouait désormais en faveur des Américains.

En souvenir de cette grande bataille qui marque la fin de l’expansion japonaise dans le Pacifique, l’US Navy donna le nom de « Midway » à l’un de ses porte-avions. Le USS Midway CV 41, retiré du service actif en 1992, mouille actuellement dans la grande rade militaire de San Diego, face à la presqu’île de Coronado, où il a été transformé en musée flottant. Dans le pont inférieur sont exposés quelques uns des appareils de l’aéronavale américaine de la Deuxième Guerre mondiale. Sur le quai où se trouve amarré le bâtiment, un buste du vainqueur de la bataille de Midway, l’Amiral Raymond A. SPRUANCE, a été érigé ainsi que deux autres monuments, l’un à la gloire des porte-avions de l’US Navy et l’autre dédié aux hommes et femmes de l’US Navy ayant servi dans le Pacifique de 1941 à 1945.

 

Journal des débats politiques et littéraires 

1942/06/11 (Numéro 740). SOURCE GALLICA 
La bataille de Midway (juin 1942) export-35

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

18 mars 2013

La bataille de la mer de Corail

Classé sous — milguerres @ 18 h 47 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

  La bataille de la mer de Corail corail10

 

 

 

 

Pour une meilleure lecture, article wikipedia, sous format word :    La bataille de la mer de Corail

La bataille de la mer de Corail est une bataille navale du théâtre Pacifique de la Seconde Guerre mondiale qui opposa du 4 au 8 mai 1942 la marine impériale japonaise et les forces alliées navales et aériennes des États-Unis et de l’Australie. Cet affrontement est la première bataille uniquement aéronavale de l’Histoire, dans laquelle les forces navales en présence s’affrontèrent par avions interposés sans jamais être à portée de canon.
Pour renforcer leur dispositif défensif dans le Pacifique Sud et isoler l’Australie, les Japonais avaient décidé d’envahir Port Moresby, au sud de la Nouvelle-Guinée, et Tulagi, au sud-est des îles Salomon. Les forces déployées par la marine du Japon pour cette opération, de nom de code MO, sous le commandement général de Shigeyoshi Inoue, comprenaient plusieurs éléments importants de la force aéronavale japonaise dont deux porte-avions et un porte-avions léger pour fournir une couverture aérienne aux flottes d’invasion. Les États-Unis, dont les services d’écoute avaient percé le plan ennemi, dépêchèrent deux groupes de porte-avions et une force de croiseurs américains et australiens, sous le commandement de l’amiral Frank J. Fletcher.

Les 3 et 4 mai, les forces japonaises envahirent et occupèrent Tulagi, même si plusieurs navires de guerre furent surpris et endommagés ou coulés par les appareils de l’USS Yorktown. Conscient de la présence des porte-avions américains dans la zone, le groupe aéronaval japonais entra dans la mer de Corail avec l’intention de les détruire.

Les attaques aériennes menées par les deux groupes aéronavals commencèrent le 7 mai et durèrent les deux jours suivants. Le premier jour, les Américains coulèrent le porte-avions léger Shoho, tandis que les Japonais détruisirent un destroyer et un pétrolier américain. Le lendemain, le porte-avions japonais Shokaku fut lourdement endommagé, tout comme l’USS Lexington (qui fut par la suite sabordé), et l’USS Yorktown (plus légèrement). Les pertes étaient également lourdes dans les escadrilles aériennes et les deux flottes se retirèrent de la zone de bataille. Désormais privé de sa couverture aérienne, Inoue reporta à plus tard l’invasion de Port Moresby.
Même si cette bataille fut une victoire tactique pour les Japonais en termes de navires coulés, elle représenta pour plusieurs raisons une victoire stratégique pour les Alliés. L’expansion japonaise, jusque-là irrésistible, fut pour la première fois stoppée. De plus, les porte-avions japonais Shokaku et Zuikaku, l’un endommagé et l’autre avec une escadrille réduite, ne purent participer à la bataille de Midway le mois suivant, alors que les Américains parvinrent à y engager l’USS Yorktown. La perte de quatre porte-avions à Midway empêcha les Japonais de tenter à nouveau une invasion maritime de Port Moresby. Deux mois plus tard, les Alliés profitèrent de la nouvelle faiblesse japonaise pour déclencher la bataille de Guadalcanal.

Expansion japonaise
Le 7 décembre 1941, le Japon lança une attaque aérienne pour anéantir la flotte du pacifique américaine basée à Pearl Harbor dans l’archipel d’Hawaï. La flotte cuirassée américaine fut largement détruite et les États-Unis déclarèrent la guerre au Japon. En déclenchant ce conflit, les dirigeants japonais espéraient neutraliser la puissance américaine pour avoir le temps de s’emparer des territoires riches en matières premières et préparer au mieux l’inévitable contre-attaque des Alliés. Simultanément à l’attaque de Pearl Harbor, les Japonais lancèrent une offensive contre la Malaisie britannique, entrainant la déclaration de guerre du Royaume-Uni, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, ainsi que des autres pays alliés. Selon les mots de l’« Ordre secret numéro un » de la marine impériale japonaise (MIJ) datée du 1er novembre 1941, les objectifs initiaux japonais dans la guerre à venir étaient « (d’expulser) la force britannique et américaine des Indes néerlandaises et des Philippines et d’établir une politique d’autosuffisance et une indépendance économique7 ».

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Avancées japonaises dans le Pacifique Sud de décembre 1941 à avril 1942.

 

Durant les premiers mois de l’année 1942, la progression japonaise fut fulgurante. Les batailles des Philippines, de Thaïlande, de Singapour, de Wake, des Indes orientales néerlandaises, des îles Salomon, des îles Gilbert et de Guam furent des désastres militaires pour les Alliés qui subirent de lourdes pertes alors que celles japonaises furent relativement légères. Le Japon planifiait d’utiliser ces territoires conquis pour établir un périmètre défensif et mener une guerre d’attrition pour épuiser les Alliés et les contraindre à négocier8.
Peu après le début de la guerre, l’état-major de la marine japonaise recommanda une invasion du nord de l’Australie pour l’empêcher de menacer les positions défensives du Japon dans le Pacifique Sud. L’armée impériale japonaise (AIJ) rejeta cependant cette idée en avançant qu’elle n’avait pas les forces ou les capacités nécessaires à cette opération. Le vice-amiral Shigeyoshi Inoue, commandant de la 4e flotte (également appelée « Force des mers du Sud ») composée de la plupart des unités navales dans le Pacifique Sud, proposa l’occupation de Tulagi dans le sud-est des îles Salomon et de Port Moresby en Nouvelle-Guinée, qui mettrait le nord de l’Australie sous la menace des appareils japonais. Inoue considérait que la capture et le contrôle de ces zones augmenteraient la sécurité et la possibilité de défense en profondeur de la principale base japonaise à Rabaul en Nouvelle-Bretagne. La marine et l’armée acceptèrent la proposition d’Inoue et envisagèrent des opérations ultérieures à partir de ces bases comme la conquête de la Nouvelle-Calédonie, des Fidji et des Samoa qui couperaient les lignes de communication et de ravitaillement entre l’Australie et les États-Unis9,n 7.

En avril 1942, l’armée et la marine développèrent un plan intitulé opération MO prévoyant la capture de Port Moresby le 10 mai. Le plan incluait également la conquête de Tulagi les 2 et 3 mai où la marine établirait une base aéronavale pour de potentielles opérations contre les territoires alliés du Pacifique Sud. Après la réalisation de l’opération MO, la marine prévoyait de lancer l’opération RY qui utiliserait les mêmes navires pour s’emparer des mines de phosphate de Nauru et de Banaba le 15 mai. D’autres opérations contre les Fidji, les Samoa et la Nouvelle-Calédonie (opération FS) étaient prévues après la fin des opérations MO et RY. Du fait des attaques menées par les appareils basés à terre et sur les porte-avions contre les navires japonais lors de l’invasion de la région de Morobe en Nouvelle-Guinée en mars, Inoue demanda que la force aéronavale détache des porte-avions pour offrir une couverture aérienne à l’opération MO. Inoue s’inquiétait particulièrement de la présence des bombardiers alliés stationnés sur les bases aériennes de Townsville et de Cooktown en Australie qui étaient hors de portée de ses bombardiers situés à Rabaul et Lae11,n 8.

L’amiral Isoroku Yamamoto, commandant de la force aéronavale japonaise, planifiait une autre opération en juin pour attirer les porte-avions américains, dont aucun n’avait été endommagé lors de l’attaque de Pearl Harbor, dans un affrontement décisif avec sa propre flotte dans le Pacifique central près de l’atoll de Midway. En attendant, Yamamoto détacha quelques navires dont deux porte-avions, un porte-avions léger, une escadre de croiseurs et deux escadres de destroyers pour soutenir MO et confia à Inoue la responsabilité de la composante navale de l’opération14,n 9.
Réponse alliée
Les Japonais ignoraient cependant que l’US Navy et son Bureau des communications navales étaient parvenues à casser les codes secrets japonais. En mars 1942, les Américains étaient en mesure de déchiffrer 15 % des codes RO ou D qui étaient utilisés par la marine impériale japonaise pour crypter approximativement la moitié de ses communications. À la fin du mois d’avril, ils comprenaient jusqu’à 85 % des messages transmis avec le code RO16,n 10.
En mars 1942, les Américains notèrent pour la première fois la mention de l’opération MO dans des messages interceptés. Le 5 avril, ils interceptèrent un message de la marine japonaise dirigeant un porte-avions et plusieurs autres grands navires en direction de la zone d’opération d’Inoue. Le 13 avril, les Britanniques déchiffrèrent un message de la marine japonaise informant Inoue que la 5e division aéronavale, composée des porte-avions Shokaku et Zuikaku, était en route depuis Formose via la base de Truk. Les Britanniques transmirent le message aux Américains avec leur conclusion que Port Moresby était la cible probable de MO19.

L’amiral Chester Nimitz, le nouveau commandant des forces alliées du Pacifique, et son état-major discutèrent des messages déchiffrés et conclurent que les Japonais préparaient probablement une opération majeure dans le Pacifique Sud au début du mois de mai et que Port Moresby était leur objectif probable. Les Alliés considéraient Port Moresby comme une base importante en vue d’une contre-offensive planifiée par Douglas MacArthur contre les forces japonaises dans le sud-ouest du Pacifique. L’état-major de Nimitz conclut également que l’opération japonaise pourrait inclure des attaques aéronavales contre les bases alliées dans les Samoa et à Suva. Nimitz, après avoir consulté l’amiral Ernest King, le chef des opérations navales, décida de contrer l’opération japonaise. Le 27 avril, d’autres rapports des services de renseignement confirmèrent les détails et les cibles des opérations MO et RYn 11.
Le 29 avril, Nimitz ordonna à ses quatre porte-avions et à leurs escortes de se rendre dans la mer de Corail. La Task Force 17 (TF 17), commandée par le contre-amiral Fletcher et composée du porte-avions USS Yorktown, escorté par trois croiseurs et quatre destroyers et soutenu par un groupe de ravitaillement de deux pétroliers et de deux destroyers, se trouvait déjà dans le Pacifique Sud car elle avait quitté Tongatapu le 27 avril et se dirigeait vers la mer de Corail. La TF 11, commandée par le contre-amiral Aubrey Fitch et composée du porte-avions USS Lexington, escorté par deux croiseurs et cinq destroyers, se trouvait entre les Fidji et la Nouvelle-Calédonie. La TF 16, commandée par le contre-amiral William F. Halsey et composée des porte-avions USS Enterprise et USS Hornet, était juste retournée à Pearl Harbor après le raid de Doolittle dans le Pacifique central et ne pouvait donc pas rejoindre le Pacifique Sud à temps pour participer à la bataille. Nimitz plaça Fletcher au commandement des forces navales alliées dans la zone du Pacifique Sud jusqu’à l’arrivée de Halsey avec la TF 1625,n 12. Même si les opérations en mer de Corail étaient sous le commandement de MacArthur, Fletcher et Halsey continuèrent à rendre des comptes à Nimitz29.
En s’appuyant sur des messages radio interceptés émanant de la TF 16 alors qu’elle rentrait à Pearl Harbor, les Japonais supposèrent que tous les porte-avions américains sauf un se trouvaient dans le Pacifique central. Les Japonais ignoraient la position du dernier porte-avions mais n’envisagèrent pas une réponse aéronavale américaine contre MO jusqu’à ce que la bataille soit largement engagée30.

Bataille

Prélude
À la fin du mois d’avril, les sous-marins japonais RO-33 et RO-34 partirent en reconnaissance dans la zone où les débarquements étaient planifiés. Ils firent des repérages dans l’archipel des Louisiades et sur la route en direction de Port Moresby depuis l’est. Ils ne virent aucun navire allié dans la zone et retournèrent à Rabaul respectivement le 23 et le 24 avril31.
La force d’invasion japonaise de Port Moresby, commandée par le contre-amiral Koso Abe, était composée de 5 000 soldats de l’armée impériale japonaise répartis dans onze navires de transport. L’escorte du convoi était assurée par un croiseur léger et six destroyers sous le commandement du contre-amiral Sadamichi Kajioka. Les navires d’Abe quittèrent Rabaul le 4 mai pour une traversée de 1 560 km en direction de Port Moresby et ils furent rejoints par les unités de Kajioka le lendemain. La flotte progressant à la vitesse de 15 km/h devait passer par le détroit de Jomard à l’extrémité orientale de la Nouvelle-Guinée et arriver à Port Moresby le 10 mai32. La garnison alliée de Port Moresby comptait environ 5 300 soldats, mais seule la moitié étaient des fantassins et ils étaient mal équipés et peu entrainés33,n 13.

 

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Carte de la bataille du 3 au 9 mai montrant les mouvements des principales forces impliquées34.

La force d’invasion de Tulagi était commandée par le contre-amiral Kiyohide Shima et était composée de deux mouilleurs de mines, deux destroyers, deux dragueurs de mines, deux navires ASM et un transport avec 400 soldats. L’attaque était soutenue par le porte-avions léger Shoho, quatre croiseurs lourds et un destroyer, sous le commandement du contre-amiral Aritomo Goto. Une seconde flotte de soutien, commandée par le contre-amiral Kuninori Marumo, composée de deux croiseurs légers, du transport d’hydravions Kamikawa Maru et de trois canonnières rejoignit la flotte de Goto. Une fois la conquête de Tulagi achevée le 3 ou le 4 mai, la flotte devait se repositionner pour couvrir l’invasion de Port Moresby35. Inoue dirigea l’opération MO depuis le croiseur Kashima avec lequel il était arrivé à Rabaul depuis Truk le 4 mai36.
La flotte de Goto quitta Truk le 28, passa par les îles Salomon entre Bougainville et Choiseul et se positionna près de l’île de Nouvelle-Géorgie. Le groupe de soutien de Marumo quitta l’île de Nouvelle-Irlande le 29 avril en direction d’une baie au sud de l’île Santa Isabel afin d’y établir une base d’hydravions. La force d’invasion de Shima quitta Rabaul le 30 avril37.
Le groupe aéronaval avec les porte-avions Zuikaku et Shokaku, deux croiseurs lourds et six destroyers, quitta Truk le 1er mai. Le commandant de la flotte, le vice-amiral Takeo Takagi, se trouvait sur le navire amiral, le croiseur Myoko, tandis que le contre-amiral Chuichi Hara se trouvait sur le Zuikaku d’où il commandait l’aviation embarquée. La flotte devait longer la façade orientale des îles Salomon et entrer dans la mer de Corail au sud de Guadalcanal. Une fois dans la zone, les porte-avions devaient fournir une couverture aérienne à la force d’invasion contre les appareils basés à Port Moresby et contre toute flotte alliée pénétrant dans la mer38.
Pour alerter la flotte de la présence éventuelle de navires alliés, les Japonais avaient envoyé les sous-marins I-22, I-24, I-28 et I-29 en reconnaissance à environ 830 km au sud-ouest de Guadalcanal. Les navires sous le commandement de Frank J. Fletcher étaient cependant entrés dans la mer de Corail avant le déploiement des sous-marins et les Japonais ignoraient donc leur présence. Le I-21, envoyé en reconnaissance à Nouméa, fut attaqué par des appareils de l’USS Yorktown le 2 mai. Le submersible ne fut pas touché mais son équipage ne sembla pas réaliser qu’il avait été attaqué par des appareils embarqués. Le RO-33 et le RO-34 furent également déployés pour bloquer Port Moresby et arrivèrent devant le port le 5 mai. Pourtant, aucun sous-marin ne participa à la bataille de la mer de Corail39,n 14.

Le matin du 1er mai, la TF 17 et la TF 11 se rejoignirent à environ 560 km au nord de la Nouvelle-Calédonie42. Fletcher fit immédiatement ravitailler la TF 11 et la TF 17 par respectivement les pétroliers USS Tippecanoe et USS Neosho. La TF 17 termina son ravitaillement le lendemain mais la TF 11 indiqua que le sien ne serait pas achevé avant le 4 mai. Fletcher choisit d’envoyer la TF 17 vers le nord-ouest en direction des Louisiades et il ordonna à la TF 11 de rallier la TF 44 en provenance de Sydney et de Nouméa une fois qu’elle aurait terminé son ravitaillement. La TF 44 était une force navale commandée par le contre-amiral australien John Crace et composée des croiseurs HMAS Australia, HMAS Hobart et USS Chicago ainsi que trois destroyers. Après la fin de sa mission de ravitaillement avec la TF 11, l’USS Tippecanoe quitta la mer de Corail pour fournir du carburant aux navires alliés basés à Éfaté43,n 15.
Tulagi

Le matin du 3 mai, la force de Shima arriva au large de Tulagi et commença à débarquer des troupes pour occuper l’île. Tulagi était sans défense car la petite garnison composée de commandos australiens et d’une unité de reconnaissance de la Royal Australian Air Force avait évacué juste avant l’arrivée de Shima. Les Japonais entreprirent immédiatement la construction d’un centre de communications et d’une base pour hydravions. Les appareils du Shoho couvrirent le débarquement jusque dans l’après-midi lorsque la flotte de Goto se rendit à Bougainville pour se ravitailler en préparation de l’attaque de Port Moresby45.
À 17 h le 3 mai, Frank J. Fletcher apprit que la flotte d’invasion de Tulagi avait été repérée la veille et qu’elle approchait du sud des îles Salomon. À l’insu de Fletcher, la TF 11 avait terminé son ravitaillement plus tôt que prévu et se trouvait à moins de 110 km à l’est de la TF 17 mais ne pouvait communiquer sa position car Fletcher avait ordonné un silence radio. Le 2 mai, la flotte de Shima fut repérée par un appareil américain basé en Australie46 ou par un coastwatcher des Salomon47. La TF 17 modifia son cap et se dirigea à 50 km/h en direction de Guadalcanal pour lancer dès le lendemain des frappes aériennes contre les forces japonaises à Tulagi48.
Le 4 mai, depuis une position située à 190 km au sud de Guadalcanal, 60 appareils de la TF 17 menèrent trois attaques successives contre les navires de Shima au large de Tulagi. Les avions de l’USS Yorktown surprirent les Japonais et coulèrent le destroyer Kikuzuki et trois des dragueurs de mines, endommagèrent quatre autres navires et détruisirent quatre hydravions soutenant le débarquement. Les Américains perdirent trois appareils mais tous les pilotes furent secourus. Après avoir récupéré ses avions dans la soirée du 4 mai, la TF 17 se retira vers le sud. Malgré les dégâts, les Japonais poursuivirent la construction de la base d’hydravions et commencèrent à mener des missions de reconnaissance depuis l’île à partir du 6 mai49.
Le groupe aéronaval de Takagi se ravitaillait à 650 km au nord de Tulagi lorsqu’il apprit l’attaque américaine du 4 mai. Takagi termina le ravitaillement, se dirigea vers le sud et envoya des appareils de reconnaissance dans l’est des Salomon. Comme les Américains ne se trouvaient pas dans la zone, ses appareils revinrent bredouilles50.
Recherches aériennes
À 8 h 16, le 5 mai, la TF 17 rejoignit la TF 11 et la TF 44 à 590 km au sud de Guadalcanal. À peu près au même moment, quatre chasseurs F4F Wildcat de l’USS Yorktown interceptèrent un Kawanishi Type 97 de reconnaissance basé dans les îles Shortland et l’abattirent à 20 km de la TF 11. Le pilote n’eut pas le temps de transmettre son rapport avant de s’écraser, mais constatant qu’il ne revenait pas à sa base, les Japonais supposèrent correctement qu’il avait été abattu par un appareil basé sur un porte-avions51.
Un message provenant de Pearl Harbor informa l’amiral Frank J. Fletcher que les renseignements avaient déduit que les Japonais planifiaient de débarquer leurs troupes à Port Moresby le 10 mai et que leurs porte-avions se trouveraient vraisemblablement à proximité du convoi d’invasion. Fletcher décida donc de ravitailler la TF 17 avec le ravitailleur Neosho et le 6 mai, il planifia de mener ses forces vers le nord en direction des Louisiades et de déclencher la bataille le 7 mai52.

 

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L’USS Yorktown réalise des exercices de décollage avant la bataille. Un pétrolier est visible à l’arrière-plan.

Dans le même temps, le groupe aéronaval de Takagi longea la côte est des îles Salomon durant le 5 mai et tourna au sud de l’île San Cristobal pour entrer dans la mer de Corail après être passé entre Guadalcanal et l’île Rennel à l’aube du 6 mai. Takagi commença à ravitailler ses navires à 330 km à l’ouest de Tulagi en préparation de la bataille de porte-avions qu’il prévoyait pour le lendemain53,n 16.
Le 6 mai, Fletcher incorpora la TF 11 et la TF 44 au sein de la TF 17. Croyant que les porte-avions japonais se trouvaient toujours bien au nord près de Bougainville, il poursuivit ses opérations de ravitaillement. Des patrouilles de reconnaissance menées à partir des porte-avions américains tout au long de la journée échouèrent à localiser tout navire japonais ; en effet, ces derniers se trouvaient juste au-delà de la zone de surveillance54,n 17.
À 10 h, un hydravion de reconnaissance Kawanishi en provenance de Tulagi repéra la TF 17 et son pilote en informa ses supérieurs. L’amiral Takeo Takagi reçut l’information à 10 h 50. À ce moment, sa force se trouvait à environ 560 km au nord de celle de Fletcher, juste à la limite de la portée de son aviation embarquée. Takagi, dont les navires continuaient à être ravitaillés, n’était pas prêt à engager le combat. Il conclut, en s’appuyant sur le rapport de reconnaissance, que la TF 17 se dirigeait vers le sud et augmentait l’écart entre les deux flottes. De plus, les navires de Fletcher se trouvaient sous une épaisse couverture nuageuse et Takagi et Hara jugèrent qu’il serait difficile pour les avions américains de localiser les porte-avions japonais. Takagi détacha ses deux porte-avions et deux destroyers sous le commandement de l’amiral Hara en direction de la TF 17 à environ 38 km/h afin d’être prêt à l’attaque aux premières lueurs du 7 mai tandis que le reste de ses navires termineraient leur ravitaillement56.
Des bombardiers B-17 américains basés en Australie57 attaquèrent à plusieurs reprises la flotte d’invasion de Port Moresby, dont les navires de l’amiral Aritomo Goto, mais sans résultats. Le quartier général de MacArthur informa l’amiral Fletcher des attaques et de la position de la flotte d’invasion japonaise. Le message de Douglas MacArthur indiquant que le porte-avions Shoho avait été repéré à environ 787 km au nord-ouest de la TF 17 convainquit Fletcher que des porte-avions accompagnaient la force d’invasion japonaise58.

 

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Carte de la bataille du 6 au 8 mai. Si vous regardez cette image dans Commons, vous obtiendrez plus de détails, ainsi que des instructions pour voir une animation.

À 18 h, la TF 17 termina son ravitaillement et Fletcher détacha le Neosho avec un destroyer, l’USS Sims, pour qu’ils se positionnent plus au sud. La TF 17 se tourna ensuite vers le nord-ouest en direction de l’île Rossel dans les Louisiades. À 20 h, à l’insu des deux adversaires, les porte-avions américains et japonais n’étaient distants que de 130 km. À ce moment, l’amiral Chuichi Hara ordonna un changement de cap pour rejoindre les navires de l’amiral Takeo Takagi qui avaient terminé leur ravitaillement et se dirigeaient dans la direction de Hara59.
Dans la nuit du 6 au 7 mai, le Kamikawa Maru déploya une base pour hydravions au nord des Louisiades pour fournir un soutien aérien à l’invasion de Port Moresby. Le reste de la flotte de couverture du contre-amiral Kuninori Marumo se positionna près des îles d’Entrecasteaux pour aider à la défense du convoi du contre-amiral Koso Abe en approche60.

7 mai
Frappes matinales

À 6 h 25 le 7 mai, la TF 17 se trouvait à 213 km au sud de l’île Rossel. À ce moment, l’amiral Frank J. Fletcher envoya la flotte de croiseurs et de destroyers du vice-amiral John Crace, renommée TF 17,3, pour bloquer le détroit de Jomard. L’amiral Fletcher savait que la flotte de Crace opérerait sans couverture aérienne car les appareils des porte-avions seraient occupés par l’attaque des navires japonais. Le détachement de cette flotte réduisait également la protection antiaérienne de ses porte-avions, mais Fletcher décida que le risque en valait la peine pour éviter que les Japonais ne profitent de l’affrontement pour débarquer à Port Moresby61,n 18.
Pensant que le groupe aéronaval de Takagi se trouvait quelque part au nord de sa position, autour des Louisiades, l’amiral Fletcher demanda à l’USS Yorktown d’envoyer 10 bombardiers en piqué SBD pour reconnaître la zone à partir de 6 h 19. Dans le même temps, l’amiral japonais Takagi, situé à environ 560 km à l’est de la position de Fletcher, lança 12 torpilleurs Nakajima B5N à 6 h pour essayer de localiser la flotte américaine. L’amiral Hara considérait que les navires de l’amiral américain Fletcher se trouvaient au sud et il conseilla à l’amiral Takagi d’envoyer des appareils dans la zone. Les croiseurs Kinugasa et Furutaka lancèrent quatre hydravions pour explorer le sud-est des Louisiades. D’autres avions furent envoyés de Tulagi, de Rabaul et des Louisiades. Dans le même temps, les deux flottes préparaient leurs appareils pour qu’ils soient prêts à attaquer une fois que la flotte adverse aurait été localisée63,n 19.

À 7 h 22, l’un des appareils du Shokaku rapporta qu’il avait repéré des appareils américains à 302 km de la flotte de Takagi. Un autre appareil confirma rapidement que le groupe était composé d’« un porte-avions, d’un croiseur et de trois destroyers65 ». En réalité, l’avion de reconnaissance avait repéré mais mal identifié l’USS Neosho et l’USS Sims. Croyant qu’il avait localisé les porte-avions américains, l’amiral Hara, avec le soutien de Takagi, lança tous ses appareils disponibles. 78 avions dont 18 chasseurs Zero, 36 bombardiers en piqué D3A et 24 bombardiers-torpilleurs décollèrent du Shokaku et du Zuikaku à 8 h et se rendirent vers la cible désignée à 8 h 1566.
À 8 h 20, l’un des appareils du Furutaka repéra les porte-avions et en informa immédiatement le quartier général d’Inoue à Rabaul qui transmit le message à Takagi. L’observation fut confirmée par un hydravion du Kinugasa à 8 h 30. Les amiraux Takagi et Hara, troublés par les deux messages opposés qu’ils reçurent, décidèrent de poursuivre l’attaque des navires au sud mais s’orientèrent vers le nord-ouest pour se rapprocher des navires repérés par l’hydravion du Furutaka67. Ils avaient considéré que les rapports différents signifiaient que les porte-avions américains opéraient en deux groupes séparés68.
À 8 h 15, un bombardier en piqué SBD de l’USS Yorktown repéra la flotte de soutien de l’invasion de l’amiral Goto. Le pilote se trompa dans le message codé et signala la présence de « deux porte-avions et quatre croiseurs lourds » à 417 km au nord-ouest de la TF 1769. L’amiral américain Fletcher conclut que la principale force aéronavale japonaise avait été repérée et il lança tous ses appareils disponibles contre elle. À 10 h 13, l’escadrille de 93 avions composée de 18 F4F Wildcat, 53 bombardiers en piqué SBD et 22 TBD Devastator était en route. À 10 h 12, l’amiral Fletcher reçut un autre rapport envoyé par un groupe de trois B-1770 indiquant la présence d’un porte-avions, de dix transports et de seize navires de guerre à 56 km au sud de la position repérée par le pilote du SBD. Les deux pilotes avaient en réalité vu la même chose : le Shoho, les croiseurs de l’amiral Goto et la force d’invasion de Port Moresby. Croyant que l’observation des B-17 était la principale flotte aéronavale japonaise, l’amiral Fletcher orienta ses appareils en direction de cette cible71.

 

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Bombardiers en piqué japonais Aichi D3A Type 99 se dirigeant vers la position présumée des porte-avions américains le 7 mai.

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L’USS Neosho est en feu et coule lentement à la suite de l’attaque japonaise.

 

À 9 h 15, les appareils de Takagi arrivèrent sur la zone désignée, repérèrent l’USS Neosho et l’USS Sims et cherchèrent en vain les porte-avions américains. C’est seulement à 10 h 51 que les équipages du Shokaku réalisèrent leur erreur et la confusion entre le pétrolier et le destroyer avec des porte-avions. Takagi réalisa alors que les porte-avions américains se trouvaient entre lui et le convoi d’invasion, ce qui plaçait ce dernier en très grand danger. Il ordonna à ses appareils d’attaquer immédiatement l’USS Neosho et l’USS Sims et de rentrer le plus vite possible sur les porte-avions. À 11 h 15, les bombardiers-torpilleurs et les chasseurs abandonnèrent leur mission et retournèrent vers les porte-avions avec leurs munitions tandis que les 36 bombardiers en piqué attaquèrent les deux navires américains72,n 20.
Quatre bombardiers en piqué attaquèrent l’USS Sims et le reste plongea sur l’USS Neosho. Le destroyer fut coupé en deux par trois bombes et coula immédiatement. Il n’y eut que 14 survivants sur les 192 membres d’équipage. L’USS Neosho fut touché par sept bombes et l’un des bombardiers, endommagé par la DCA, s’écrasa sur le pétrolier. Gravement endommagé et privé d’énergie, le navire sombra lentement mais il eut le temps d’informer l’amiral Fletcher de l’attaque même s’il donna une mauvaise position74.

Les appareils américains repérèrent le Shoho au nord-est de l’île Misima à 10 h 40 et se déployèrent pour l’attaque. Le porte-avions japonais était protégé par six Zeros et deux A5M tandis que le reste des avions étaient préparés dans les ponts inférieurs. Les croiseurs de Goto étaient disposés en carré autour du porte-avions à une distance d’environ 2 700 à 4 600 m75,n 21.
Le premier groupe d’attaque, venant de l’USS Lexington, toucha le Shoho avec deux bombes de 450 kg et cinq torpilles qui causèrent de lourds dégâts. À 11 h, le groupe de l’USS Yorktown attaqua le porte-avions en feu et presque immobile avec 11 autres bombes de 450 kg et au moins deux torpilles. Complètement démoli, le Shoho sombra à 11 h 35. Craignant d’autres attaques, l’amiral Goto retira ses navires de guerre vers le nord mais il envoya le destroyer Sazanami pour secourir les survivants à 14 h. Seul 203 des 834 marins du navire furent retrouvés. Trois avions américains furent abattus. Les 18 appareils du Shoho furent perdus mais trois pilotes de la patrouille de défense du navire parvinrent à amerrir dans les Louisiades et survécurent77.

Opérations de l’après-midi
Les appareils américains se posèrent sur leurs porte-avions à partir de 13 h 38 et, à 14 h 20, les avions étaient prêts à repartir pour intercepter la flotte d’invasion de Port Moresby ou le groupe des croiseurs de Goto. L’amiral Fletcher s’inquiétait cependant de la position des autres porte-avions japonais. Il avait été informé que les services de renseignements alliés pensaient que l’opération MO pouvait être couverte par quatre porte-avions. il en conclut que lorsque ses appareils de reconnaissance repéreraient le groupe aéronaval japonais, il serait difficile de mener une attaque avant la tombée de la nuit. Il annula donc l’assaut et décida de rester dissimulé dans le temps couvert avec des chasseurs prêts à décoller en cas de besoin. La TF 17 mit le cap au sud-est78,n 22.
Ayant appris la destruction du Shoho, l’amiral Inoue ordonna au convoi d’invasion de se retirer temporairement au nord et ordonna à l’amiral Takagi, à ce moment à 417 km à l’est de la TF 17, de détruire les porte-avions américains. Alors que la flotte d’invasion se retirait, elle fut attaquée par huit bombardiers B-17 de l’US Air Force mais ces derniers ne causèrent aucun dégât. L’amiral Goto et le contre-amiral Kajioka reçurent l’ordre de disposer leurs navires au sud de l’île Rossel dans l’éventualité d’un combat nocturne si les navires américains passaient à proximité80.
À 12 h 40, un hydravion japonais repéra la force du vice-amiral australien Crace à 144 km des Louisiades orientée à 175°. À 13 h 15, un appareil de Rabaul repéra aussi la flotte de Crace mais le pilote se trompa en rapportant que la force comprenait deux porte-avions et se trouvait à 213 km des Louisiades suivant un cap au 205°. S’appuyant sur ces rapports, l’amiral Takagi, qui attendait toujours le retour des appareils partis attaquer l’USS Neosho, orienta ses porte-avions vers l’ouest à 13 h 30 et indiqua à Inoue à 15 h que les porte-avions américains se trouvaient à au moins 800 km à l’ouest de sa position et qu’il ne pourrait pas les attaquer avant la nuit81.

L’état-major d’Inoue dirigea deux groupes d’attaque de Rabaul, déjà en vol depuis le matin, en direction de la flotte de Crace. Le premier groupe comprenait 12 bombardiers-torpilleurs G4M et le second était composé de 19 appareils G3M d’attaque au sol équipés de bombes. Les deux escadrons attaquèrent les navires de Crace à 14 h 30 et rapportèrent avoir coulé un « cuirassé de classe Tennessee », tout comme avoir endommagé un autre cuirassé et un croiseur. En réalité, les navires de Crace n’avaient pas été touchés et ils avaient abattus quatre G4M. Peu de temps après, trois B-17 américains bombardèrent par erreur le groupe de Crace mais sans causer de dommages82.
À 15 h 26, Crace indiqua à Fletcher qu’il ne pourrait pas réaliser sa mission sans soutien aérien. Crace se retira vers le sud à environ 410 km au sud-est de Port Moresby pour s’éloigner de la menace des appareils japonais tout en restant suffisamment proche pour intercepter toute force navale japonaise. Les navires de Crace manquaient de carburant mais comme Fletcher maintenait le silence radio, Crace n’avait aucune idée de sa position, de son cap ou de ses intentions83.
Peu après 15 h, le Zuikaku reçut le message d’un hydravion rapportant, incorrectement, que la flotte de Crace avait changé de cap en direction du sud-est. L’amiral japonais Takagi supposa que l’appareil suivait discrètement les porte-avions de Fletcher et détermina que si les navires alliés continuaient sur leur cap, ils arriveraient à portée de l’aviation embarquée même si les appareils devraient rentrer de nuit84. Afin de confirmer la position des porte-avions américains, Hara envoya un escadron de huit bombardiers-torpilleurs à 15 h 15 pour reconnaitre une zone à 370 km à l’ouest. Après être arrivés sur place, ils cherchèrent sans succès les navires américains et revinrent sur leurs porte-avions. À 16 h 15, Hara envoya 27 bombardiers des deux porte-avions en direction de l’ouest85.
À 17 h 47, la TF 17 opérait sous une épaisse couverture nuageuse à 370 km à l’ouest de la position de Takagi quand elle détecta l’escadron japonais volant dans sa direction. Fletcher mit le cap au sud et envoya 11 F4F Wildcat pour les intercepter. La formation japonaise fut prise par surprise et neuf appareils furent détruits tandis que trois avions américains furent abattus86.
Ayant subi de lourdes pertes, les officiers de l’escadron japonais annulèrent la mission. Ils larguèrent leurs bombes et retournèrent à leurs porte-avions. Le Soleil s’étant couché à 18 h 30, plusieurs bombardiers japonais approchèrent les porte-avions américains dans l’obscurité et certains se préparèrent même à se poser avant d’être repoussés par les tirs des destroyers. À 20 h, les flottes américaines et japonaises étaient distantes de 190 km. Takagi alluma les lumières de ses navires pour guider les 18 appareils survivants et tous furent récupérés à 22 h87.
À 15 h 18 et 17 h 18, l’USS Neosho informa la TF 17 qu’il dérivait vers le nord-ouest et qu’il était en train de couler. Le rapport de l’USS Neosho de 17 h 18 mentionnait de mauvaises coordonnées et cela gêna les opérations de secours. De manière plus significative, Fletcher apprit que son ravitaillement en pétrole le plus proche était perdu88,n 23.
Les opérations aériennes s’arrêtèrent à la tombée de la nuit. L’Américain Fletcher ordonna à la TF 17 de se diriger vers l’ouest pour être prêt à lancer son aviation dès l’aube. L’Australien Crace s’orienta également vers l’ouest pour rester à distance de combat des Louisiades. Le Japonais Inoue demanda à Takagi de détruire les porte-avions américains et il repoussa les débarquements de Port Moresby au 12 mai. Takagi choisit de mener ses porte-avions vers le nord durant la nuit pour offrir une meilleure protection au convoi d’invasion et pour concentrer ses recherches à l’ouest et au sud. Les Japonais Goto et Kajioka furent incapables de positionner et de coordonner leurs navires pour mener une attaque nocturne90.
Les deux camps espéraient trouver la flotte adverse tôt le lendemain et passèrent la nuit à se préparer pour la bataille anticipée. En 1972, le vice-amiral américain H. S. Duckworth, après avoir lu les documents japonais sur la bataille, commenta : « Sans aucun doute, le 7 mai 1942, la mer de Corail fut la zone de combat la plus confuse de l’histoire du monde91,n 24. » Hara déclara ultérieurement au chef d’état-major de Yamamoto, l’amiral Matome Ugaki, qu’il était si contrarié par la « malchance » que les Japonais avaient connue le 7 mai, qu’il pensa quitter la marine94.

8 mai
Attaque des porte-avions japonais

À 6 h 15 le 8 mai, depuis une position à 190 km à l’est de l’île Rossel, l’amiral japonais Hara lança sept bombardiers-torpilleurs pour explorer une zone à 460 km au sud de sa position. Trois appareils de Tulagi et un quatrième de Rabaul participèrent également à la reconnaissance. À 7 h, le groupe aéronaval tourna vers le sud-ouest et fut rejoint par deux des croiseurs de l’amiral Goto, le Kinugasa et le Furutaka, pour fournir un rideau défensif supplémentaire. Le convoi d’invasion dirigé par Goto et les navires du contre-amiral Kajioka, se mirent en route en direction d’un point de rendez-vous à 74 km à l’est de l’île Woodlark pour attendre l’issue de la bataille. Durant la nuit, le front chaud et la couverture nuageuse qui avait dissimulé les porte-avions américains le 7 mai se déplaça vers le nord et couvrait maintenant la flotte japonaise, ce qui limitait la visibilité à une distance de 3,7 à 23 km95.

À 6 h 35, la TF 17 opérant sous le contrôle tactique de l’amiral Aubrey Fitch était positionnée à 330 km au sud des Louisiades. Elle lança 18 SBD pour mener une reconnaissance à 360° autour du navire jusqu’à une distance de 370 km. Le ciel au-dessus des navires américains était clair et la visibilité de 31 km96.
À 8 h 20, un SBD de l’USS Lexington repéra les porte-avions japonais à travers un trou dans les nuages et il avertit la TF 17. Deux minutes plus tard, un appareil du Shokaku repéra la TF 17 et en informa Hara. Les deux flottes étaient distantes d’environ 390 km et se dépêchèrent de lancer leur force de frappe97.
À 9 h 15, les porte-avions japonais lancèrent un groupe conjoint de 18 chasseurs, 33 bombardiers en piqué et 18 bombardiers-torpilleurs commandé par le lieutenant-commandeur Kakuichi Takahashi. Les Américains lancèrent deux groupes séparés. L’escadron de l’USS Yorktown était composé de 6 chasseurs, de 24 bombardiers en piqué et de 9 bombardiers-torpilleurs et commença sa progression à 9 h 15. Le groupe de l’USS Lexington comprenait 9 chasseurs, 15 bombardiers en piqué et 12 bombardiers-torpilleurs et se mit en route à 9 h 25. Les deux groupes aéronavals ennemis mirent le cap l’un sur l’autre pour réduire la distance de retour de leurs appareils98.
Les bombardiers en piqué de l’USS Yorktown arrivèrent au niveau de la flotte japonaise à 10 h 32 et attendirent l’arrivée des bombardiers-torpilleurs plus lents pour mener une attaque simultanée. À ce moment, le Shokaku et le Zuikaku étaient distants de 9 100 m l’un de l’autre et ce dernier était caché par un rideau de pluie. Les deux porte-avions étaient protégés par 16 chasseurs Zero. Les bombardiers en piqué de l’USS Yorktown commencèrent leur attaque du Shokaku à 10 h 57. Le navire vira fortement sur tribord mais fut touché par deux bombes de 450 kg qui éventrèrent le gaillard d’avant et causèrent de gros dégâts au pont et aux hangars. Aucun des bombardiers-torpilleurs de l’USS Yorktown ne parvint à toucher le navire japonais. Deux bombardiers en piqué américains et deux Zeros furent abattus durant le combat99.

Les appareils de l’USS Lexington arrivèrent à 11 h 30. Deux bombardiers en piqué attaquèrent le Shokaku et le touchèrent avec une bombe de 450 kg. Deux autres bombardiers plongèrent sur le Zuikaku mais leurs bombes tombèrent à côté. Les autres bombardiers en piqué de l’USS Lexington ne parvinrent pas à trouver les navires japonais dans l’épaisse couverture nuageuse. Aucune des torpilles des bombardiers-torpilleurs ne trouva sa cible. Les 13 Zeros en patrouille abattirent trois F4F Wildcat mais ils avancèrent avoir détruit 24 avions américains100.
Avec son pont d’envol lourdement endommagé et 223 membres d’équipage tués ou blessés, le Shokaku ne pouvait plus mener d’opérations aériennes. Son capitaine, Takatsugu Jōjima, demanda la permission de se retirer de la bataille et Takagi accepta. À 12 h 10, le Shokaku, accompagné de deux destroyers, se retira vers le nord-est101.
Attaque des porte-avions américains[modifier]
À 10 h 55, le radar CXAM de l’USS Lexington détecta les appareils japonais en approche à 128 km et neuf F4F Wildcat furent envoyés pour les intercepter. S’attendant à trouver les bombardiers-torpilleurs à basse altitude, six F4F Wildcat étaient positionnés trop bas et ils furent survolés par les appareils japonais102,n 25. Du fait des lourdes pertes subies la nuit précédente, les Japonais ne purent compléter une attaque à la torpille contre les deux porte-avions. Le lieutenant-commandeur Shigekazu Shimazaki, à la tête de l’escadron des bombardiers-torpilleurs, en envoya 14 contre l’USS Lexington et 4 contre l’USS Yorktown. Un Wildcat en abattit un et huit SBD en patrouille de l’USS Yorktown détruisirent trois autres bombardiers-torpilleurs. Quatre SBD furent détruits par les Zeros accompagnant l’attaque japonaise103.

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L’USS Yorktown (au premier plan) et l’USS Lexington se préparent à lancer leurs appareils le matin du 8 mai sous un ciel clément.

L’attaque japonaise commença à 11 h 13 alors que les porte-avions, distants de 2 700 m l’un de l’autre, et leurs navires d’escorte ouvrirent le feu avec leur artillerie antiaérienne. Les quatre bombardiers-torpilleurs lancés contre l’USS Yorktown ratèrent tous leur cible. Les autres appareils menèrent une attaque en pince contre l’USS Lexington qui avait un rayon de braquage plus grand que l’USS Yorktown et, à 11 h 20, le porte-avions fut touché par deux torpilles. La première toucha les réservoirs de carburant et les vapeurs de mazout commencèrent à se répandre dans les compartiments voisins. La seconde détruisit la principale canalisation d’eau à bâbord qui commença à inonder les trois chaudières avant du navire qui furent arrêtées. Le porte-avions pouvait néanmoins continuer de naviguer à la vitesse de 44 km/h. Quatre bombardiers-torpilleurs furent abattus par la DCA104,n 26.
Les 33 bombardiers en piqué japonais réalisèrent des cercles autour des navires pour attaquer contre le vent et ne commencèrent leur plongeon, depuis une altitude de 4 300 m, que trois minutes après le début de l’attaque des bombardiers-torpilleurs. Les 19 bombardiers du Shokaku ciblaient l’USS Lexington tandis que les 14 autres visaient l’USS Yorktown. Deux bombes touchèrent l’USS Lexington et provoquèrent des incendies qui furent maitrisés vers 12 h 33. À 11 h 27, le centre du pont d’envol de l’USS Yorktown fut touché par une bombe de 250 kg antiblindage qui traversa quatre ponts avant d’exploser, causant de graves dégâts structurels au hangar et tuant 66 hommes. Jusqu’à 12 bombes ratèrent l’USS Yorktown mais tombèrent suffisamment près pour l’endommager sous la ligne de flottaison107.
Au moment où les appareils japonais terminaient leurs attaques et commençaient à se replier, pensant avoir infligé des dégâts irréparables aux deux porte-avions, ils s’exposèrent au feu des F4F Wildcat et des SBD de patrouille. Dans les duels aériens qui suivirent, les Américains perdirent trois SBD et trois Wildcat tandis que trois bombardiers-torpilleurs, un bombardier en piqué et un Zero furent abattus. À partir de 12 h, les escadrons américains et japonais commencèrent à rentrer vers leurs navires respectifs. Lors des retours, des appareils se croisèrent et de nouveaux affrontements eurent lieu dans lesquels le lieutenant-commandeur Kakuichi Takahashi fut tué108.

Fin de la bataille
Les escadrons d’attaques, comptant de nombreux appareils endommagés, retournèrent à leurs porte-avions respectifs et se posèrent entre 12 h 50 et 14 h 30. Malgré les dégâts subis, l’USS Yorktown et l’USS Lexington furent tous les deux capables de récupérer leurs avions. 46 appareils sur 69 revinrent dans le camp japonais et se posèrent sur le Zuikaku. Parmi ceux-ci, trois Zeros, quatre bombardiers en piqué et cinq bombardiers-torpilleurs, jugés trop endommagés, furent immédiatement jetés à la mer109.
Au retour de son aviation, l’amiral américain Frank J. Fletcher évalua la situation. Les aviateurs l’informèrent qu’ils avaient lourdement endommagé un porte-avions mais qu’un autre s’était échappé indemne. L’amiral s’inquiétait du fait que ses deux porte-avions étaient en mauvais état et que ses escadrons avaient subi de lourdes pertes. De plus, le ravitaillement en pétrole était problématique depuis la perte de l’USS Neosho. À 14 h 22, l’amiral Aubrey Fitch informa Fletcher qu’on lui rapportait que deux porte-avions japonais n’étaient pas endommagés et que cela était corroboré par des messages radio interceptés. Croyant qu’il se trouvait face à une force japonaise supérieure en nombre, Fletcher décida de se retirer de la bataille. Il envoya la position approximative des porte-avions japonais à Douglas MacArthur et lui suggéra de les attaquer avec des bombardiers basés à terre110,n 27.
Vers 14 h 30, l’amiral japonais Chūichi Hara informa Takeo Takagi que seulement 24 Zeros, 8 bombardiers en piqué et 4 bombardiers-torpilleurs étaient à ce moment opérationnels. Takagi s’inquiétait de son autonomie car les niveaux de carburant de ses croiseurs n’étaient plus que de 50 % et certains de ses destroyers n’en étaient plus qu’à 20 %. À 15 h, Takagi informa l’amiral Shigeyoshi Inoue que ses appareils avaient coulé deux porte-avions américains, l’USS Yorktown et un autre de la « classe Lexington », mais que du fait de ses lourdes pertes, il ne serait pas en mesure de couvrir le débarquement de Port Moresby. Inoue, dont l’appareil de reconnaissance avait repéré les navires du contre-amiral australien John Crace dans la matinée, rappela le convoi d’invasion, repoussa l’opération MO au 3 juillet et ordonna à ses forces de se rassembler au Nord-Est des îles Salomon pour commencer l’opération RY. Le Zuikaku et son escorte mirent le cap vers Rabaul tandis que le Shokaku se dirigeait vers le Japon112.

À bord de l’USS Lexington, les équipes de pompiers étaient parvenues à éteindre les incendies et à rendre le navire de nouveau opérationnel. Cependant, à 12 h 47, des étincelles produites par un moteur électrique enflammèrent les vapeurs de carburant près du poste de commandement. L’explosion qui en résulta tua 25 marins et déclencha un énorme incendie. Vers 14 h 42, une seconde et puissante explosion créa un second foyer d’incendie. Une troisième explosion eut lieu à 15 h 25 et l’équipage rapporta à 15 h 38 que les incendies étaient incontrôlables. L’équipage commença à abandonner l’USS Lexington à 17 h 7. À 19 h 15, après que les survivants eurent été secourus, dont l’amiral Fitch et le capitaine Frederick C. Sherman, le destroyer USS Phelps tira cinq torpilles dans le navire en feu qui coula à 19 h 52. 260 hommes sur les 2 951 membres d’équipage étaient morts. L’USS Phelps et les autres navires de soutien quittèrent immédiatement la zone pour rejoindre l’USS Yorktown et son escorte qui avaient mis le cap au sud-ouest à 16 h 1. Dans la soirée, MacArthur informa Fletcher que huit de ses B-17 avaient attaqué le convoi d’invasion et qu’il se retirait vers le Nord-Ouest113.
Le soir du 8 mai, Crace envoya le HMAS Hobart, dont le niveau de carburant était dangereusement bas, et le destroyer USS Walke, qui connaissait des ennuis avec sa propulsion, à Townsville en Australie. Il reçut des rapports radio indiquant que le convoi d’invasion japonais avait fait demi-tour, mais comme il ne savait pas que Fletcher s’était retiré, il resta en patrouille avec le reste de la TF 17,3 dans la mer de Corail dans le cas où les Japonais reprendraient leur progression vers Port Moresby114.

 

Conséquences

Le 9 mai, la TF 17 changea de cap et sortit de la mer de Corail par un passage au sud de la Nouvelle-Calédonie. l’amiral Chester Nimitz ordonna à Fletcher de renvoyer l’USS Yorktown à Pearl Harbor aussi vite que possible après l’avoir ravitaillé à Tongatapu. Comme il n’avait aucune nouvelle de Fletcher, l’Australien Crace en déduisit que la TF 17 avait quitté la zone. À 1 h le 10 mai, n’ayant pas non plus reçu de rapports indiquant que la flotte d’invasion japonaise progressait vers Port Moresby, Crace mit le cap sur l’Australie et il arriva dans les îles Whitsunday à 240 km au nord de Townsville le 11 mai115.
À 22 h le 8 mai, l’amiral Isoroku Yamamoto ordonna à Inoue de faire demi-tour, de détruire les navires alliés et de mener à bien l’invasion de Port Moresby. Inoue n’annula pas l’ordre de repli du convoi d’invasion mais renvoya les amiraux Takagi et Goto à la poursuite des derniers navires de guerre alliés dans la mer de Corail. N’ayant presque plus de carburant, les navires de Takagi passèrent la plus grande partie du 9 mai à se ravitailler auprès du pétrolier Toho Maru. Dans la nuit du 9 au 10 mai, Takagi et Goto mirent le cap au sud-est puis au sud-ouest de la mer de Corail. Les hydravions basés dans les Louisiades assistèrent Takagi dans sa recherche de la TF 17. Les navires sous les ordres de Fletcher et Crace étaient cependant déjà loin de la zone de recherche. À 13 h le 10 mai, Takagi conclut que les navires ennemis étaient partis et fit demi-tour en direction de Rabaul. Yamamoto accepta la décision de Takagi et il ordonna au Zuikaku de revenir au Japon pour recevoir les nouveaux appareils. Au même moment, le Kamikawa Maru quitta les Louisiades116. Le 11 mai vers midi, un hydravion de l’US Navy en patrouille depuis Nouméa repéra l’USS Neosho à la dérive. Le lendemain, l’USS Henley récupéra 109 survivants de l’USS Neosho et 14 de l’USS Sims, puis saborda le pétrolier avec plusieurs torpilles117.

L’opération RY commença le 10 mai. Après que le navire amiral japonais, le mouilleur de mines Okinoshima, eut été coulé par le sous-marin américain S-42 le 12 mai, les débarquements furent repoussés au 17 mai. Dans le même temps, la TF 16 de Halsey arriva dans le Pacifique Sud près d’Éfaté et mit le cap au nord le 13 mai pour s’opposer aux attaques japonaises contre Nauru et Banaba. Le 14 mai, l’amiral Chester Nimitz, ayant reçu des renseignements sur l’opération prévue des porte-avions japonais contre Midway, ordonna à Halsey de s’assurer que les avions de reconnaissance japonais repèrent ses navires le lendemain, après quoi il devrait retourner immédiatement à Pearl Harbor. À 10 h 15 le 15 mai, un appareil de reconnaissance basé à Tulagi repéra la TF 16 à 824 km à l’est des Salomon. La feinte de Halsey fonctionna. Craignant une attaque aéronavale contre sa force d’invasion peu défendue, Inoue annula immédiatement l’opération RY et renvoya ses navires à Rabaul et Truk. Le 19 mai, la TF 16, qui s’était ravitaillée à Éfaté, mit le cap sur Pearl Harbor où elle arriva le 26 mai. L’USS Yorktown atteignit Pearl Harbor le lendemain118,n 28.

Le Shokaku arriva à Kure au Japon le 17 mai après avoir failli chavirer dans une tempête lors du voyage de retour du fait des dégâts subis pendant la bataille. Le Zuikaku arriva également à Kure le 21 mai après s’être brièvement arrêté dans les îles Truk le 15 mai. En exploitant les rapports de l’espionnage radio, les Américains placèrent huit sous-marins sur la route de retour probable des porte-avions japonais mais aucun des submersibles ne fut en mesure d’attaquer. Le quartier général de la marine japonaise estima qu’il faudrait entre deux et trois mois pour réparer le Shokaku et reconstituer l’aviation embarquée. Les deux porte-avions seraient donc indisponibles pour l’opération prévue de Yamamoto contre Midway. Les deux navires rejoignirent le groupe aéronaval japonais le 14 juillet et jouèrent un rôle décisif dans les futurs affrontements contre les forces aéronavales américaines. Les cinq sous-marins japonais de la classe I soutenant l’opération MO furent redéployés pour soutenir une attaque dans la baie de Sydney trois semaines après dans le cadre d’une campagne pour désorganiser les lignes de ravitaillement alliées. Le I-28 fut cependant torpillé par le sous-marin américain USS Tautog alors qu’il rentrait à Truk121,n 29.

Signification
Un nouveau type de combat naval
La bataille de la mer de Corail fut le premier engagement naval de l’histoire dans lequel les flottes participantes ne se sont jamais aperçues et n’ont jamais directement ouvert le feu l’une sur l’autre. L’aviation remplaça le rôle joué par l’artillerie navale dans les affrontements précédents. Par conséquent, les deux commandants participèrent à un nouveau type d’affrontement, porte-avions contre porte-avions, et comme ils n’en avaient aucune expérience, ils commirent des erreurs. H. P. Willmot écrivit que les commandants durent « composer avec des communications difficiles dans une situation où le champ de bataille s’étendait bien au-delà que d’habitude et dans laquelle les vitesses avaient augmenté encore plus rapidement, ce qui réduisait le temps disponible pour les prises de décision123 ». Du fait du temps réduit pour prendre des décisions, les Japonais étaient désavantagés car l’amiral Shigeyoshi Inoue, se trouvant à Rabaul, était trop loin pour diriger efficacement ses forces navales en temps réel tandis que l’amiral Frank J. Fletcher était sur place avec ses porte-avions. Les amiraux japonais impliqués furent souvent trop lents à communiquer des informations importantes entre eux124.

Les équipages des porte-avions japonais se comportèrent mieux que ceux des navires américains et obtinrent de meilleurs résultats avec un nombre équivalent d’appareils. L’attaque japonaise contre les porte-avions américains le 8 mai fut mieux coordonnée que l’attaque américaine contre les porte-avions japonais. Les Japonais perdirent néanmoins plus d’aviateurs, 90 contre 35 pour les Américains. Le système de formation des aviateurs japonais ne fut jamais capable de remplacer les aviateurs expérimentés morts au combat. Au début de la guerre, le Japon disposait d’un groupe d’excellents pilotes japonais mais ce dernier fut progressivement décimé à partir de la bataille de la mer de Corail. Les nouvelles recrues inexpérimentées furent incapables de se mesurer aux aviateurs américains ayant reçu une longue formation et cela réduisit considérablement l’efficacité de l’aviation japonaise125.
Les Américains tirèrent des leçons de leurs erreurs et firent des améliorations concernant leurs tactiques aéronavales et leurs équipements. De nouvelles tactiques de combat aérien, une meilleure coordination, des appareils plus performants et le renforcement de l’artillerie antiaérienne débouchèrent sur des résultats plus positifs dans les affrontements ultérieurs. Le radar donna un léger avantage aux Américains dans cette bataille mais il joua un rôle encore plus décisif dans les batailles suivantes lorsque des améliorations technologiques augmentèrent son efficacité et que les Alliés apprirent à mieux l’utiliser. Après la perte de l’USS Lexington, les Américains mirent en place de meilleures méthodes de stockage du carburant et améliorèrent les procédures de lutte contre les incendies126. La coordination entre l’aviation alliée basée à terre et l’US Navy fut mauvaise durant la bataille mais s’améliora également par la suite127.

Les porte-avions japonais et américains s’affrontèrent à nouveau lors des batailles de Midway, des Salomon orientales et des îles Santa Cruz en 1942 puis dans la mer des Philippines en 1944128.

Implications tactiques et stratégiques
La propagande de chaque camp tenta de faire de la bataille de la mer de Corail une victoire. En termes de navires perdus, le Japon remporta une victoire tactique en coulant un porte-avions américain, un pétrolier et un destroyer, soit un tonnage total de 42 497 t, alors qu’il n’avait perdu qu’un porte-avions léger, un destroyer et plusieurs navires plus petits, soit 19 000 t. L’USS Lexington représentait, à ce moment, 25 % de la puissance aéronavale américaine dans le Pacifique129,n 30. Le public japonais fut informé de la victoire avec une surestimation des pertes américaines et une sous-estimation des pertes japonaises130.
Sur le plan stratégique, la bataille fut néanmoins une victoire alliée car l’invasion maritime de Port Moresby fut évitée, réduisant la menace contre les lignes de ravitaillement entre les États-Unis et l’Australie. Malgré le retrait de l’USS Yorktown de la mer de Corail, les Japonais furent obligés d’abandonner l’opération qui avait été la raison de la bataille de la mer de Corail131.
C’est d’autre part la première fois dans la guerre du Pacifique qu’une flotte d’invasion japonaise était repoussée sans avoir réussi à atteindre son objectif, ce qui contribua à gonfler le moral des troupes alliées après six mois de défaites contre les Japonais. Port Moresby était vital dans la stratégie américaine et sa garnison aurait certainement été battue par les troupes japonaises. La marine américaine exagéra également les dégâts qu’elle avait infligés aux Japonais132 et la presse traita les rapports de la bataille de Midway avec plus de précaution133.
Les résultats de la bataille eurent un impact important sur la planification stratégique des deux camps. Sans un point d’appui en Nouvelle-Guinée, l’avancée alliée ultérieure aurait été encore plus difficile qu’elle ne l’a été134. Pour les Japonais, la bataille fut considérée comme un simple revers temporaire. Elle sembla confirmer la piètre opinion que les Japonais avaient des capacités combattantes américaines et soutint la croyance que les futures opérations aéronavales contre les États-Unis seraient nécessairement couronnées de succès135.

Midway
L’une des conséquences les plus importantes de la bataille de la mer de Corail fut l’indisponibilité des porte-avions Shokaku et Zuikaku pour la confrontation décisive contre les Américains planifiée par Yamamoto à Midway ; le Shoho aurait été employé dans un rôle tactique pour soutenir les forces d’invasion japonaises. Les Japonais pensaient avoir coulé deux porte-avions dans la mer de Corail mais il en restait encore deux autres, l’USS Enterprise et l’USS Hornet, pour défendre Midway. Grâce à l’aviation basée à terre à Midway, les Américains disposaient d’un plus grand nombre d’appareils et cela signifiait que les Japonais ne disposeraient pas d’une supériorité numérique en terme d’avions pour la bataille à venir. En réalité, les Américains alignèrent trois porte-avions face à ceux de Yamamoto car l’USS Yorktown resta opérationnel malgré les dégâts reçus dans la mer de Corail et l’US Navy fut capable de le réparer suffisamment entre le 27 et le 30 mai pour qu’il puisse participer à la bataille. À Midway, les appareils de l’USS Yorktown jouèrent un rôle décisif en coulant deux porte-avions japonais. Il reçut également de nombreuses contre-attaques japonaises qui autrement auraient été dirigées contre les deux autres porte-avions américains136.

Par contraste avec les efforts acharnés mis en œuvre par les Américains pour déployer toutes leurs forces disponibles à Midway, les Japonais n’ont apparemment pas essayé d’inclure le Zuikaku dans l’opération. Rien n’a semble-t-il été fait pour combiner les escadrons survivants du Shokaku avec ceux du Zuikaku pour permettre à ce dernier de participer à la bataille. Le Shokaku était incapable de mener d’autres opérations du fait de son pont d’envol très endommagé et il eut besoin de près de trois mois de réparations au Japon pour redevenir opérationnel137.
Les historiens H. P. Willmott, Jonathan Parshall et Anthony Tully considèrent que l’amiral Isoroku Yamamoto a commis une grave erreur stratégique dans sa décision de soutenir l’opération MO avec des navires capitaux. Comme Yamamoto avait planifié une bataille décisive contre les Américains à Midway, il n’aurait pas dû se séparer de ses porte-avions pour une opération secondaire comme MO. Par conséquent, les forces navales japonaises furent affaiblies à la fois dans la mer de Corail et à Midway, ce qui permit aux Américains de les défaire en plusieurs fois. Wilmott ajoute que si une opération était assez importante pour nécessiter l’emploi de porte-avions, alors tous les porte-avions japonais auraient dû être déployés pour garantir la victoire. En associant des pièces essentielles à l’opération MO, Yamamoto fit que l’attaque décisive de Midway dépendait du succès de l’opération secondaire138.
De plus, Yamamoto sembla avoir manqué de noter les autres implications de la bataille de la mer de Corail : l’apparition inattendue des porte-avions américains à l’endroit et au moment exact pour s’opposer aux Japonais et la capacité de l’aéronavale américaine à causer des dommages significatifs aux porte-avions japonais. Ces deux événements se répétèrent à Midway et le Japon perdit quatre porte-avions, le cœur de ses forces navales offensives, et perdit donc l’initiative dans la guerre du Pacifique. Du fait de la puissance économique américaine, une fois que le Japon avait perdu sa supériorité en nombre de porte-avions, il ne fut jamais capable de la récupérer. Parshall et Tully ajoutent, « la bataille de la mer de Corail avait apporté les premiers indices que les Japonais avaient atteint leur apogée, mais c’est la bataille de Midway qui mit cela en évidence pour tout le monde139 ».

Situation dans le Pacifique Sud
Les forces australiennes et américaines furent initialement déçues par le résultat de la bataille de la mer de Corail, craignant que l’opération MO ne soit le prélude à une invasion de l’Australie et que le revers japonais ne soit que temporaire. Dans une réunion organisée à la fin du mois de mai, le conseil de guerre australien décrivit l’issue de la bataille comme « plutôt décevante » étant donné que les Alliés avaient été au courant des intentions japonaises. Le général Douglas MacArthur donna son évaluation de la bataille au premier ministre australien John Curtin en avançant que « tous les éléments qui avaient produit les désastres dans le Pacifique occidental depuis le début de la guerre » étaient toujours présents car les forces japonaises pouvaient frapper où elles voulaient si elles étaient soutenues par la marine impériale japonaise140.

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Troupes australiennes défendant Port Moresby le long de la Kokoda Track en 1942.

Après la perte de quatre porte-avions à Midway, les Japonais furent cependant incapables de mener une autre invasion de Port Moresby depuis la mer et tentèrent de l’atteindre depuis la terre. À partir du 21 juillet, les troupes japonaises commencèrent à progresser en direction de Port Moresby le long de la Kokoda Track à travers la chaîne Owen Stanley. Les Alliés avaient néanmoins renforcé la Nouvelle-Guinée avec de nouvelles unités principalement australiennes. L’avancée japonaise rendue difficile par le relief et le climat extrême fut stoppée en septembre 1942 et les Alliés repoussèrent une tentative ennemie pour s’emparer d’une base aérienne dans la baie de Milne141.

Dans le même temps, les Alliés cherchèrent à exploiter les victoires de la mer de Corail et de Midway en reprenant l’initiative stratégique. Ils choisirent Tulagi et l’île voisine de Guadalcanal comme cible de leur première offensive. L’échec japonais à Port Moresby et leur défaite à Midway laissa Tulagi sans protection efficace. L’île se trouvait à quatre heures de vol de Rabaul, la grande base japonaise la plus proche142.

Le 7 août 1942, 11 000 soldats américains débarquèrent à Guadalcanal et 3 000 autres à Tulagi et dans les îles voisines143. Les forces japonaises à Tulagi et sur les îles alentour furent submergées et combattirent presque jusqu’au dernier homme tandis que les Américains à Guadalcanal capturèrent l’aérodrome de Henderson Field en cours de construction par les Japonais144. Les campagnes de Guadalcanal et des îles Salomon qui suivirent se transformèrent en une dure guerre d’attrition entre les Japonais et les Alliés. Avec la campagne de Nouvelle-Guinée, ces opérations neutralisèrent les défenses japonaises dans le Pacifique Sud et causèrent des dommages irréparables à l’appareil militaire japonais, en particulier à sa marine, et contribuèrent significativement à la victoire des Alliés sur le Japon145.

Notes

  1. ↑ Aviation embarquée le matin du 7 mai1 :
    • USS Lexington
      • 35 bombardiers en piqué Douglas SBD Dauntless,
      • 12 bombardier-torpilleurs Douglas TBD Devastator,
      • 19 chasseurs Grumman F4F Wildcat
    • USS Yorktown
      • 35 SBD,
      • 10 TBD,
      • 17 F4F-3.
  2. ↑ Il y avait également plusieurs navires plus petits dont2 :
    • 5 dragueurs de mines,
    • 2 mouilleurs de mines,
    • 2 navires ASM et
    • 3 canonnières.

    Aviation embarquée le matin du 7 mai2 :

    • Shokaku
      • 21 bombardiers en piqué Aichi D3A,
      • 19 bombardier-torpilleurs Nakajima B5N,
      • 18 chasseurs A6M2 Zero
    • Zuikaku
      • 21 D3A,
      • 22 B5N,
      • 20 Zeros
    • Shoho
      • 6 D3A,
      • 4 chasseurs Mitsubishi A5M,
      • 8 Zeros.

    Cressman 2000, p. 93 avance que le Shoho transportait 13 chasseurs sans spécifier leur modèle. Les nombres de Lundstrom 2005 sont utilisés dans cet article.

  3. ↑ L’USS Yorktown perdit 16 appareils et l’USS Lexington, 51. Les appareils détruits comprenaient 33 SBD, 13 TBD et 21 F4F. Un hydravion Consolidated PBY Catalina de reconnaissance de la Royal Australian Air Force (RAAF) fut perdu le 4 mai et un autre le 6 mai (Gillison). Un B-17 du 40eescadron de reconnaissance à cours de carburant s’écrasa le 7 mai. Cette perte n’est pas comptée dans la liste des appareils perdus3.
    • Pilotes tués :
      • USS Yorktown : 14,
      • USS Lexington : 21.
    • Marins tués :
      • USS Lexington : 216,
      • USS Yorktown : 40,
      • USS Sims : 178,
      • USS Neosho : 175
      • USS Chicago : 2.

    Les deux hydravions de la RAAF totalisaient dix membres d’équipage4.

  4. ↑ Répartition des appareils détruits :
    • 19 Zeros,
    • 19 D3A et
    • 31 B5N.

    Millot indique la perte de deux hydravions Kawanishi H6K de patrouille, cinq bombardiers Mitsubishi G4M, trois hydravions plus petits et 87 appareils embarqués5.

  5. ↑ Répartition des morts : 90 pilotes ; 631 marins du Shoho et 108 du Shokaku. La flotte d’invasion de Tulagi perdit 87 hommes6.
  6. ↑ Le Senshi Sōsho ne mentionne pas le rôle d’Inoue dans la décision d’envahir Port Moresby et indique uniquement qu’il s’agissait d’un accord entre la marine et l’armée en janvier 194210.
  7. ↑ L’armée impériale japonaise (AIJ) et la marine impériale japonaise (MIJ) acceptèrent d’attendre l’occupation de Midway et des Aléoutiennes pour entreprendre des attaques contre les Fidji et les Samoa12. Le Senshi Sōsho avance que les soldats de l’armée de terre devaient capturer l’île deSamarai pour sécuriser l’entrée dans la mer de Corail13.
  8. ↑ Le porte-avions Kaga devait initialement participer à l’opération MO mais il fut remplacé par les deux autres porte-avions, car Inoue avançait qu’un porte-avions n’était pas suffisant15.
  9. ↑ Pour des raisons inconnues, la MIJ repoussa le changement prévu du cryptage RO du 1er avril au 27 mai 194217. Les Américains réalisaient le décryptage des communications japonaises à Washington, à Pearl Harbor et à Melbourne avec les Australiens18.
  10. ↑ La station d’interception radio britannique se trouvait à Colombo sur l’île de Ceylan20. Les Américains crurent à tort (en partie du fait d’une erreur de translittération du genre de son nom) que Shoho était un nouveau porte-avions encore inconnu, le Ryūkaku, avec 84 appareils21. Un soldat japonais fait prisonnier lors de la bataille de Midway indiqua aux Américains la lecture correcte du kanji du porte-avions qui fut identifié comme un porte-avions léger22. Les Japonais n’avaient apparemment pas développé de noms de code pour plusieurs îles des Louisiades et transmettaient donc le nom des îles en katakana sans les crypter, ce qui facilita la tache des casseurs de code américains23. Selon Parker 1994, p. 22-23, le général Douglas MacArthur refusa de croire les rapports des services de renseignement concernant l’opération MO et n’accepta l’idée que les Japonais allaient envahir Port Moresby que lorsqu’il survola les navires japonais approchant des Louisiades et de la Nouvelle-Guinée durant la première semaine du mois de mai24.
  11. ↑ L’USS Lexington était rentré à Pearl Harbor le 26 mars 1942 après avoir opéré avec l’USSYorktown dans la mer de Corail et repartit le 15 avril pour livrer 14 chasseurs Brewster F2A Buffalo et leurs pilotes à l’atoll Palmyra. Après la livraison le 18 avril, la TF 11 recut l’ordre de se rendre dans les Fidji puis en Nouvelle-Calédonie pour rejoindre la TF 1726. Halsey devait prendre le commandement des trois forces opérationnelles une fois que la TF 16 serait arrivée dans la mer de Corail27. La TF 17 comprenait l’USS Yorktown, les croiseurs USS Astoria, USS Chester etUSS Portland, les destroyers USS Hammann, USS Anderson, USS Perkins, USS Morris,USS Russell et USS Sims ainsi que les pétroliers USS Neosho et USS Tippecanoe. Le capitaine de l’USS Yorktown était Elliott Buckmaster. La TF 11 comprenait les croiseurs USS Minneapolis etUSS New Orleans et les destroyers USS Phelps, USS Dewey, USS Aylwin et USS Monaghan28. La TF 16 quitta Pearl Harbor le 30 avril20.
  12. ↑ McCarthy 1959 ne donne pas de chiffres exacts mais indique que 1 000 hommes, dont un bataillon d’infanterie, se trouvaient à Port Moresby en décembre 1941 et que deux autres bataillons arrivèrent le mois suivant. Willmott 1983 avance que 4 250 soldats furent déployés dans la ville le 3 janvier 1942 portant les effectifs de la garnison à trois bataillons infanterie, un d’artillerie et un de lutte anti-aérienne.
  13. ↑ Fletcher détacha les destroyers USS Anderson et USS Sims pour localiser les sous-marins. Les deux navires revinrent le lendemain (3 mai) sans les avoir repérés40. Le I-27 et le I-21 menèrent des missions de reconnaissance au large de Nouméa lors de l’opération MO41.
  14. ↑ Les deux pétroliers transportaient un total de 24 300 m3 de pétrole tandis que les TF 11 et 17 en consommaient 1 810 m3 par jour à leur vitesse de croisière de 28 km/h44.
  15. ↑ Goto ravitailla ses croiseurs avec le pétrolier Iro près des îles Shortland le 5 mai. Comme Takagi passa dans les Salomon durant la nuit, les hydravions américains basés à Nouméa ne le repérèrent pas20. Le pétrolier de Takagi était le Toho Maru20.
  16. ↑ Le groupe de Fitch était appelé la TF 17,5 et comprenait quatre destroyers et les porte-avions ; le groupe de Grace fut renommé TF 17,3 et le reste des croiseurs et des destroyers (USSMinneapolis, USS New Orleans, USS Astoria, USS Chester, USS Portland et cinq destroyers du premier escadron de destroyers) fut placé sous le commandement du contre-amiral Thomas C. Kinkaid au sein de la TF 17,255.
  17. ↑ À ce moment, la TF 17,3 était composée des croiseurs USS Chicago, HMAS Australia et HMASHobart, ainsi que des destroyers USS Walke, USS Perkins et USS Farragut62.
  18. ↑ À ce moment, la TF 17 avait 128 avions opérationnels et l’amiral japonais Takagi en disposait de 11164. L’amiral Shigeyoshi Inoue ordonna aux quatre sous-marins de se déployer plus au sud pour intercepter tout navire rentrant en Australie après la fin de la bataille64.
  19. Avion à même le sable dont la partie centrale est détruite
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Épave d’un appareil du Shokaku s’étant écrasé sur les Récifs indispensables le 7 mai et photographiée le 9 juin 1942.

Les deux appareils de reconnaissance duShokaku qui étaient restés sur place pour essayer de localiser les navires américains n’avaient plus assez de carburant pour rentrer et ils amerrirent sur les Récifs indispensables(voir photographie à droite). Les deux équipages furent secourus par un destroyer japonais le 7 mai, peut-être l’Ariake73.

  • Schéma de navire localisant six impacts de torpilles et treize impacts de bombes

 

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Schéma des impacts de bombes et de torpilles sur le Shoho.

Le Senshi Sōsho, le document historique officiel du ministère de la Guerre japonais, indique que les croiseurs se trouvaient à cette distance pour alerter le porte-avions de l’approche d’appareils ennemis et non pour offrir un soutien de DCA76. À ce moment de la guerre, la doctrine de défense des porte-avions japonais reposait sur la manœuvre et la protection de l’aviation et non sur la concentration des canons antiaériens des navires d’escorte20.

  • ↑ Les renseignements américains de Pearl Harbor considéraient que les porte-avions Kagaet Kasuga Maru (Taiho) pourraient être impliqués dans l’opération MO79.
  • ↑ L’USS Tippecanoe avait été envoyé à Éfatépour distribuer son pétrole à des navires d’un convoi de ravitaillement. Un autre pétrolier, l’USSE. J. Henry, était dans les Fidji et donc à plusieurs jours de la zone des combats89.
  • ↑ Fletcher envisagea de lancer une attaque aérienne nocturne ou d’envoyer ses croiseurs et ses destroyers contre les navires de Takagi, mais il décida de préserver ses forces pour la bataille du lendemain92. Durant la nuit, trois bombardiers-torpilleurs japonais cherchèrent la flotte de Crace mais ne parvinrent pas à la localiser93.
  • ↑ Cinq des F4F Wildcat venaient de l’USSLexington et quatre de l’USS Yorktown. Ils se trouvaient à une altitude comprise entre 760 et2 400 m alors que les avions japonais se trouvaient entre 3 000 et 4 000 m.
  • ↑ La couverture de l’USS Yorktown était assurée par les croiseurs USS Astoria, USS Portland etChester et les destroyers USS Russell, USS Hammann et USS Aylwin. La protection de l’USSLexington était réalisée pa les croiseurs USS Minneapolis et USS New Orleans et les destroyersUSS Dewey, USS Morris, USS Anderson et USS Phelps. Certains participants pensaient que l’USSLexington avait été touché par jusqu’à cinq torpilles105. Deux bombardiers-torpilleurs ciblèrent l’USSMinneapolis mais le ratèrent106.
  • ↑ Fletcher avait initialement proposé de renvoyer l’USS Lexington au port pour qu’il soit réparé et de transférer ses appareils sur l’USS Yorktown et continuer le combat, mais le message de 14 h 22le fit changer d’avis. Plusieurs appareils américains avaient apparemment repéré le Zuikaku à deux reprises sans réaliser qu’il s’agissait du même navire111.
  • ↑ La force d’invasion de l’opération RY comprenait un croiseur léger, un mouilleur de mines, deux destroyers et deux transports20. Les croiseurs et les destroyers de Takagi fournirent une certaine couverture au nord. Banaba et Nauru furent par la suite occupés sans opposition les 25 et 26 août par les Japonais qui y restèrent jusqu’à la fin de la guerre62. L’USS Yorktown se ravitailla auprès ducroiseur auxiliaire HMAS Kanimbla le 18 mai119. Les premiers rapports des services de renseignement concernant l’imminente opération de Yamamoto indiquaient une attaque contreOahu, mais vers le 17 mai, Midway devint la cible probable des Japonais120.
  • ↑ Le Shokaku faillit chavirer car il naviguait à vitesse maximale lors de son retour au Japon pour éviter les attaques des sous-marins américains, mais cette grande vitesse fit entrer de l’eau dans la proue endommagée. Quatre sous-marins, l’USS Gar, l’USS Greenling, l’USS Tautog et l’USS Grampus furent stationnés au large de Truk et quatre de plus, l’USS Drum, l’USS Grenadier, l’USS Triton et l’USS Pollack entre Truk et le Japon. L’USS Triton repéra un porte-avions, qu’il supposait être le Shokaku, à 6 100 m mais fut incapable de se rapprocher et d’ouvrir le feu122. Tully avance que le Shokaku fut rejoint par les destroyers KuroshioOyashio et Hayashio le 12 mai dans la mer des Philippines et le Ushio et le Yugure furent déployés pour escorter le Zuikaku à partir de Truk.
  • ↑ Les Japonais pensaient néanmoins qu’ils avaient coulé le sister-ship de l’USS Lexington, l’USSSaratoga.

 

Références

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  53. ↑ Willmott 2002, p. 41-42 ; Hoyt 2003, p. 33-34 ; Lundstrom 2006, p. 139 ; Dull 1978, p. 127-128 ; Lundstrom 2005, p. 181,Cressman 2000, p. 93 ; Millot 1974, p. 51-53 ; Lundstrom 2006,p. 147, 152-153 ; D’Albas 1965, p. 96 ; Morison 1949, p. 29
  54. ↑ Lundstrom 2005, p. 179-181 ; Hoyt 2003, p. 37 ; Cressman 2000, p. 84, 94-95 ; Millot 1974, p. 54-55 ; Lundstrom 2006,p. 155 ; Morison 1949, p. 29-31
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  56. ↑ Lundstrom 2005, p. 181-182 ; Hoyt 2003, p. 35 ; Dull 1978,p. 130 ; Lundstrom 2006, p. 155-156
  57. ↑ Article du Chicago Sun Times, 18 (?) juin 1942, Chicagoan B-17 pilot, William B. Campbell : Reported out of Melbourne, Australia (Ce serait plutôt William Haddock Campbell, un pilote de B-17 de l’United States Army Air Forces)
  58. ↑ Salecker 2001, p. 179 ; Hoyt 2003, p. 35 ; Millot 1974, p. 55 ;Dull 1978, p. 130 ; Lundstrom 2006, p. 155-157 ; D’Albas 1965,p. 97 ; Morison 1949, p. 31-32 ; Gillison 1962, p. 519
  59. ↑ Lundstrom 2005, p. 181-182 ; Hoyt 2003, p. 37 ; Cressman 2000, p. 94-95 ; Millot 1974, p. 56
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  62. ↑ a et b Millot et Morison
  63. ↑ Lundstrom 2005, p. 189-190 ; Hoyt 2003, p. 37-38, 53 ; Millot 1974, p. 57-58, 63 ; Lundstrom 2006, p. 159, 165-166 ;Morison 1949, p. 33-34
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  66. ↑ Lundstrom 2005, p. 190-191 ; Hoyt 2003, p. 38 ; Cressman 2000, p. 95 ; Millot 1974, p. 58-59 ; Lundstrom 2006, p. 166.Shigekazu Shimazaki mena les bombardiers-torpilleurs duZuikaku lors de l’attaque.
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