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18 mai 2013

Les Italo-tunisiens

Classé sous — milguerres @ 21 h 59 min

 

Les Italo-tunisiens 

Les Italo-tunisiens ou Italiens de Tunisie sont une colonie d’Italiens émigrés en Tunisie principalement au cours des xixe et xxe siècles. Ils étaient plus de 100 000 au début des années 1900 mais ne sont plus maintenant que quelques milliers.

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Édifices de Tunis montrant des éléments architecturaux caractéristiques du style liberty italien.

Les premiers Italiens à s’installer en Tunisie sont les Génois (Tabarquins) qui occupent l’île de Tabarka, près de la côte septentrionale de la Tunisie, dans le but de pêcher le corail local et d’établir une base pour leurs activités commerciales. L’île appartient ainsi à la famille génoise des Lomellini entre 1540 et 1742.

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Vue du fort génois de Tabarka

Au xvie siècle, de nombreux Juifs émigrent de Livourne vers Tunis. Ils lancent des échanges commerciaux avec l’Italie qui dureront jusqu’à l’époque napoléonienne. À l’orée du xixe siècle, ce sont de nombreux réfugiés et exilés, au nombre desquels un certain Giuseppe Garibaldi, qui viennent grossir les rangs des Italo-tunisiens.
Une fois réalisée l’unification italienne, on enregistre une émigration notable de Siciliens à destination de la Tunisie, à tel point que ceux-ci représentent alors jusqu’à 70 % de la communauté d’origine italienne du pays et font des Italo-tunisiens l’ethnie d’origine européenne la plus importante. L’occupation de la Tunisie par la France, à compter de 1881, marque le début d’une période d’assimilation graduelle autant que forcée des populations d’origine italienne.
Les Français considèrent en effet les Italo-tunisiens comme un danger, y faisant référence par l’expression de « péril italien » en raison des visées coloniales du gouvernement italien sur la Tunisie1. La présence des Italiens au sein de la société tunisienne et dans sa réalité culturelle et commerciale était telle que Laura Davi, dans ses Mémoires italiennes en Tunisie, écrit que « la Tunisie est une colonie italienne administrée par des fonctionnaires français ».

Benito Mussolini, pour des motivations nationalistes, apporte un large soutien aux Italo-tunisiens, construisant des écoles et hôpitaux, créant également des banques et des organisations à but humanitaire à leur intention. Bien que nombre d’Italiens de Tunisie soutiennent eux-mêmes le mouvement fasciste, lorsque les forces de l’Axe occupent le pays à compter de novembre 1942, aucun d’eux n’accepte de rejoindre les unités militaires combattant les Alliés. La victoire alliée en Tunisie en mai 1943, à l’issue de la campagne de Tunisie, marque le début de la dispersion de la communauté italienne : les Français menés par Charles de Gaulle ferment immédiatement les écoles et journaux d’expression italienne. Dans les années 1950, les Italo-tunisiens subissent les conséquences de la guerre d’indépendance lancée par les Tunisiens contre la France et sont contraints d’émigrer en masse, d’une manière comparable au sort qui attendra les Français de Tunisie et d’Algérie notamment, et plus généralement les populations européens confrontées à la décolonisation.
Selon le recensement effectué par les autorités du protectorat français en 1926, les Européens sont alors au nombre de 173 281 dont 89 216 Italiens, 71 020 Français et 8 396 Maltais. En 1946, on recense 84 935 Italiens en Tunisie, 51 702 en 1959 et moins de 10 000 en 1969. En 2003, ils ne sont plus qu’environ 3 000, dont à peine 900 descendent directement des immigrants du début du xixe siècle, concentrés principalement dans la zone urbaine de Tunis.

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Manifestation d’Italiens en Tunisie rapportée en octobre 1938

La « gifle de Tunis » (schiaffo di Tunisi en italien) désigne l’humiliation subie par l’Italie en 1881 de la part des Français qui établissent un protectorat sur la Tunisie, mettant ainsi un terme aux visées coloniales de l’Italie sur le territoire.
L’Italie avait signé le 8 septembre 1868 un traité avec la Tunisie qui, pour une durée de 28 ans, régulait le régime des capitulations. L’accord international garantissait à la Tunisie des droits et privilèges et une immunité envers divers États pré-unitaires italiens.

La communauté italienne conservait sa nationalité d’origine et ne dépendait de la juridiction consulaire qu’en matières civile, commerciale et juridique et non en matière immobilière, cette dernière étant placée sous la juridiction des tribunaux du bey de Tunis. L’alliance civile assurait aux Italiens la liberté de commerce et un privilège unique d’extraterritorialité pour leurs établissements. En matière de pêche et de navigation, ils bénéficiaient du même traitement que les Tunisiens. Enfin, le bey ne pouvait modifier les tarifs douaniers sans, au préalable, consulter le gouvernement italien.

Le principal objectif de politique étrangère visé par le gouvernement de Benedetto Cairoli était la colonisation de la Tunisie que se disputaient la France et l’Italie. Cairoli, comme l’avait fait Agostino Depretis avant lui, ne se résolut pas à procéder à une occupation, étant en général hostile à une politique militariste. Il croyait en outre que la France pouvait faire face à l’opposition de la Grande-Bretagne, hostile à l’élargissement de la sphère d’influence française en Afrique du Nord. En fait, la Grande-Bretagne était d’une manière générale hostile à l’idée qu’une seule puissance puisse contrôler le canal de Sicile dans son ensemble.
C’est dans ces circonstances que le gouvernement italien se laisse surprendre, le 11 mai 1881, lorsque les Français procèdent à l’occupation de la Tunisie. Ces événements sont ultérieurement vus comme une confirmation de la faiblesse des positions internationales de l’Italie et renforcent les polémiques consécutives au Congrès de Berlin. Ils démontrent en outre la dimension velléitaire de la politique de Cairoli et Depretis, l’impossibilité d’une alliance avec les Français et la nécessité d’un rapprochement avec Berlin et, par conséquent, Vienne.

L’inversion de sa politique étrangère durant la décennie passée ne pouvant être laissée aux mains des mêmes hommes politiques, Cairoli reconnait la nécessité de sa démission qu’il remet le 29 mai 1881, évitant ainsi que la Chambre des députés ne l’évince définitivement. Il disparait malgré tout de la scène politique suite à cette crise.
L’opportunité manquée d’occupation de la part du royaume d’Italie entraîne, dans les décennies suivantes, une prédominance progressive de la communauté française au détriment de la communauté italienne en Tunisie.

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Benedetto Cairoli, le premier ministre qui subit la « gifle de Tunis » et fut contraint à la démission

La Goulette : un bourg « italien » en Tunisie 

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Vue du canal de La Goulette vers 1880

Le bourg de La Goulette, à dix kilomètres au nord-est de Tunis, est emblématique de la présence italienne en Tunisie2. Il se développe à partir du milieu du xviiie siècle en tant que quartier, par extension, de la capitale suite à l’arrivée, au départ en de faibles proportions, d’immigrés maltais et siciliens. Ces derniers sont issus en majorité des provinces de Palerme, Trapani et Agrigente. Ces nouveaux arrivants sont attirés par les opportunités de travail liées aux activités maritimes et portuaires. Le nom originel du quartier, La Goletta, est probablement dû au fait que le visiteur se trouve pris dans un petit « conduit » (gola en italien) fluvial et lui a été donné par les premiers occupants d’origine italienne avant d’être francisé en « goulette ».
À partir de 1868, année de la signature du traité tuniso-italien de La Goulette qui encourage l’immigration en Tunisie, l’arrivée des Italiens se fait de plus en plus massive jusqu’à assumer la portée d’authentiques vagues d’immigration qui changent la physionomie de la ville. En effet, durant ces années-là, les États-Unis sont encore un but trop difficile à rallier pour les Siciliens et autres Maltais à la recherche de la fortune. C’est pourquoi le flux migratoire se rabat sur la Tunisie voisine. La très grande majorité de ces colons — qui sont journaliers, artisans, mineurs et pêcheurs — arrive à La Goulette dans une situation de substantielle misère.
Toutefois, en seulement quelques décennies, les Italiens se relèvent de cette indigence et deviennent majoritaires au sein la ville3, donnant vie au quartier de La Petite Sicile (à ne pas confondre avec le quartier homonyme de Tunis).

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Entre temps est fondée une chambre de commerce (1884), la Banca Siciliana, le quotidien L’Unione et d’autres organismes culturels et d’assistance dédiés aux Italiens (théâtres, cinémas, écoles et hôpitaux). Les nouveaux venus vivent ainsi pacifiquement aux côtés de la population autochtone. Par ailleurs, les deux communautés se mélangent en partie par l’intermédiaire de mariages mixtes. Dans ce contexte de cosmopolitanisme animé, les interactions culturelles sont fréquentes, tant au niveau vestimentaire ou traditionnel que dans la solennité religieuse. Ce métissage est d’ailleurs immortalisé dans le film Un été à La Goulette de Férid Boughedir. Si les Italiens de Tunisie sont déjà près de 25 000 en 1870, ils sont 89 216 à l’occasion du recensement de 1926, parmi lesquels une partie résident à La Goulette.
En 1964, quand le président Habib Bourguiba ordonne la saisie des terres agricoles possédées par des étrangers, ces derniers prennent le chemin de l’exil. Les Italiens de La Goulette, n’ayant que des documents français, n’ont d’autre choix que de chercher une nouvelle vie en France où ils vont s’ajouter aux Pieds-Noirs en provenance d’Algérie. Les quelques vestiges du passé européen de La Goulette sont l’église Saint-Augustin et Saint-Fidèle, quelques maisons portant l’inscription liberty et quelques phrases en dialecte sicilien restées dans la mémoire des plus anciens Tunisiens. Il reste pour maintenir un lien avec la terre natale de beaucoup d’exilés, Il Corriere di Tunisi, périodique né en 1956 et diffusé outre-mer auprès de la diaspora de La Goulette dont la plus célèbre représentante est l’actrice Claudia Cardinale, qui prend la route du succès après avoir son élection en 1957 comme la plus belle Italienne de Tunis4.

Héritage italien 
La présence italienne en Tunisie a laissé de nombreuses traces, de la construction de rues et d’édifices aux domaines de la littérature, de l’industrie, du commerce, des finances et de la gastronomie5. De petites agglomérations comme La Goulette, à proximité de Tunis, ont été pratiquement intégralement construites par les Italo-tunisiens. À Tunis et Bizerte, il existe encore aujourd’hui des « quartiers siciliens ».
Bien que contraints à l’exil au cours des années 1950 et 1960, les Italiens ont laissé une empreinte importante en Tunisie. Il apparait qu’environ 10 % de la population tunisienne actuelle possède un ancêtre italien ou est apparenté, directement ou par le biais d’un autre membre de la famille proche, avec un Italo-tunisien[réf. nécessaire]. Conséquemment, la langue arabe locale a emprunté de nombreux mots ou expressions à l’italien6.

Italo-tunisiens célèbres 
Voici une liste non-exhaustive présentant quelques personnalités d’origine italo-tunisienne :
• Claudia Cardinale, actrice internationale ;
• Niccolò Converti, personnalité politique et éditeur ;
• Antonio Corpora, peintre ;
• Laura Davi, écrivain ;
• Cesare Luccio, écrivain ;
• Attilio Molco, avocat et fondateur de la société Dante Alighieri tunisienne ;
• Nicola Pietrangeli, champion de tennis, vainqueur de la Coupe Davis ;
• Mario Scalesi, poète et écrivain.

Notes et références 
1. ↑ (fr) La question italienne (Italiens de Tunisie) [archive]
2. ↑ (fr) Informations historiques et nombreux documents iconographiques sur le site La Goulette, Tunisie, Un joli petit coin [archive]
3. ↑ Entre le XVIIIe siècle et l’indépendance (1956), La Goulette est la seule ville de Tunisie où prédominent les communautés chrétienne et juive et où les musulmans sont minoritaires.
4. ↑ (fr) Claudia Cardinale (fluctuat.net) [archive]
5. ↑ (fr) Gastronomie (Italiens de Tunisie) [archive]
6. ↑ (en) Voir ce petit lexique arabo-italien [archive] donnant également quelques explications sur l’influence italienne dans le vocabulaire tunisien

comme : 
armatoura/armatura/armor/
zanzana/zanzara/bee
fartattou/farfalla/butterfly/
feeshta/festa/festivity/
jornata/giornata/daily salary/
fatcha/faccia/face/
ratsa/razza/race/
mizirya/miseria/misery
sigaro/sigaro/cigarette/
bousta/busta/postal pack/
shroubo/sciroppo/sweet drink/
trino/treno/train/
makina/macchina/car/
qwattro/quadro/frame/
cougina/cucina/kitchen/
gatt,gattous/gatto/cat
tassa/tazza/cup/
sabbat/ciabatta/shoes/
calcitta/calze/socks/
babbaghayou/pappagallo/parrot/
coubirta/coperta/cover/
carrita/carretto/carriage/
guirra/guerra/war
bala/pela/shovel
forshita/forchetta/fork/
blassa/piazza/place/
basta/basta/enough
stamba/stampa/printer/
cabbout/cappotto/coat/
soubia/seppia/octopussy/
jilat/gelato/ice cream/
rouba fikia/roba vecchia/
gazouza/gassosa/gaseous drink

3 avril 2013

la Mort d’Il Duce , Benito Mussolini et de sa compagne Clara Petacci

Classé sous — milguerres @ 23 h 56 min

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 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale   

 

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la Mort d’Il Duce , Benito Mussolini et de sa compagne Clara Petacci

Le 27 avril 1945, des résistants Italiens arrêtent une colonne allemande (troupes anti-aérienne), et jettent un œil dans les camions allemands retournant vers l’Allemagne. Ces partisans sont à la recherche de fascistes qui tentent de s’enfuir, ils ne recherchent pas à retenir les Allemands.

Lorsque un partisan italien (Urbano Lazzaro) regarde dans un camion, il ne vit rien de suspect, c’est seulement en se rabaissant qu’il vit de belles bottes noires bien cirées, à ce moment là, il appela « l’Allemand aux belles bottes », il le fit descendre du camion, cet allemand était vêtu d’un manteau de sous-officier. Urbano lui demanda de retirer son casque ….C’est alors qu’il reconnu Benito Mussolini ! Les Italiens fouillèrent touts les camions et y arrêtèrent quelques fascistes qui furent tous exécutés après que la colonne ait repris la route.

Mussolini lui, sera brièvement jugé et exécuté le 28 avril 1945 avec 16 autres personnes et sa compagne Clara Petacci à Gulino di Mezzegra. Les corps seront transférés à Milan et seront pendus par les pieds sur la Place Loreto (pendu à la balustrade d’une pompe à essence), où la foule se déchaina à coup de point et de cracha sur les corps… Les corps des 16 fascistes seront décrochés par des MP américains.

http://de1940a1945.skyrock.com/1720947650-la-Mort-d-Il-Duce-Benito-Mussolini-et-de-sa-compagne-Clara-Petacci.html

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale   

29 janvier 2013

Des Américains dans la guerre du Rif

Classé sous — milguerres @ 0 h 26 min
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Des Américains dans la guerre du Rif americains-dans-le-rif-rouge

Des Américains dans la guerre du Rif
William Dean
Traduction par Valérie Caniart
http://rha.revues.org/index2393.html.
p. 46-55

Cet article met en lumière le rôle des Américains dans la guerre du Rif, tant comme observateurs que comme acteurs. Le capitaine Charles Willoughby, officier de renseignement de l’armée américaine, a étudié la rébellion et a tenté, à travers l’analyse réalisée de tirer un certain nombre de leçons de ce conflit. Parallèlement et contrairement aux souhaits du département d’État américain, des aviateurs américains ont servi au Maroc comme mercenaires. Au cours de l’été 1925, le gouvernement français a utilisé les pilotes américains afin de pallier les manques de l’armée de l’Air française. Mais pendant que les pilotes américains montraient leur efficacité au Maroc, les autorités de la population américaine s’opposaient à leur engagement. En dépit des progrès stratégiques réalisés au Maroc, la réaction négative de l’opinion publique américaine continuait de militer en faveur d’un retrait de l’escadrille chérifienne. Les militaires français ont tiré différentes leçons de l’engagement américain, ce qui a contribué à l’amélioration des relations franco-américaines. En dépit des raisons coloniales qui ont motivé cette guerre.

Plan
Contexte
Le capitaine Charles Willoughby et la guerre du Rif
La France face à un dilemme stratégique
La création de l’escadrille chérifienne
Le personnel de l’escadrille chérifienne
Les relations franco-américaines en 1925
Les missions de l’escadrille américaine
La fin de l’escadrille chérifienne
Conclusion

Notes de l’auteur
Avertissement : les opinions développées dans cet article ne reflètent aucunement celles du gouvernement des États-Unis, du ministère de la Défense, de l’armée de l’Air (et de son école) américains et engagent la seule responsabilité de l’auteur.

En 1900, la France s’engageant militairement au Maroc, y conduisit des campagnes jusqu’au milieu des années 1930. Deux générations d’officiers français y forgèrent leur expérience. Presque simultanément, de la veille de la Première Guerre mondiale jusqu’aux années 1920, l’Espagne, quant à elle, mena des campagnes dans le nord du pays. La composition des troupes françaises fut variée, allant de la Légion étrangère aux soldats tunisiens, algériens et de l’Afrique de l’Ouest, sans oublier les troupes métropolitaines. Au cours de l’entre-deux-guerres, les forces françaises furent donc très sollicitées, en raison des embarrassants mandats sur le Liban et la Syrie et de l’occupation de la Rhénanie. Il n’aurait pas été étonnant que le gouvernement français se fût éventuellement tourné vers des troupes mercenaires pour intervenir dans la guerre du Rif (1921-1926). Devenant un théâtre d’opérations important, l’armée des États-Unis commença à s’intéresser à cette campagne.

Contexte

À la fin de la Grande Guerre, la France, exsangue, démobilisa rapidement une grande partie de son armée. Elle obtint néanmoins des mandats au Moyen-Orient et reprit ses opérations au Maroc.
De 1919 à 1924, année de la victoire du Cartel des gauches, le gouvernement français, conservateur et nationaliste, mena une politique revancharde envers l’Allemagne en contenant la République de Weimar. Au Maroc, le maréchal Hubert Lyautey, fondateur de cette colonie en 1912, obtint suffisamment de troupes pour entreprendre de petites avancées à travers des offensives limitées, sans toutefois aider les Espagnols, écrasés à la désastreuse bataille d’Anoual (en juillet 1921), et qu’il considérait comme des ennemis potentiels. De plus, il ne croyait pas que le nouveau leader rifain, Abd el-Krim, puisse représenter une menace. Cependant, en avril 1925, les Rifains lancèrent une offensive contre le Maroc français, inquiétant ainsi le nouveau gouvernement de Paul Painlevé qui ne trouva qu’un seul moyen de réagir à ce revirement stratégique.

Au début des années 1920, deux présidents dirigèrent les États-Unis, Warren Harding, qui mourut avant la fin de son mandat, et Calvin Coolidge. Dans les premières années qui suivirent la fin de la Grande Guerre, les relations franco-américaines furent plutôt cordiales. Les États-Unis menaient une politique isolationniste illustrée par le refus du Sénat américain d’entrer à la Société des Nations. En 1923, après la crise de la Ruhr, ils furent obligés de s’impliquer lourdement dans le financement des réparations de guerre de l’Allemagne avec les plans Dawes et Young. Le sentiment général était que la Grande Guerre aurait dû être la « der des der ». Les effectifs de leur armée furent drastiquement réduits et la seule opération menée à cette période fut la guerre des Bananes en Amérique latine. Les officiers américains suivirent donc les guerres en dehors de leur propre hémisphère.

Le capitaine Charles Willoughby et la guerre du Rif

Charles Willoughby (1892-1972), fils d’un baron allemand et d’une mère américaine, s’engagea dans l’armée des États-Unis où il devait atteindre le grade de major général et servir au cours de la Deuxième Guerre mondiale, sous les ordres du général Douglas MacArthur, comme chef du bureau de renseignement pour la zone Pacifique du Sud-Ouest. Dans les années 1920, Willoughby était capitaine dans les services de renseignement et avait déjà beaucoup voyagé : notamment en Espagne et au Maroc. Au moment de la guerre du Rif, il eut l’opportunité de rencontrer Francisco Franco. Grand admirateur de ce dernier et de Benito Mussolini, Willoughby pouvait être considéré comme un pro fasciste. Dans l’armée américaine, il était sûrement celui qui était le plus à même de commenter la guerre du Rif.

En août 1925, Willoughby publia un article sur ce sujet, pour le journal de l’infanterie, dans lequel il comparait les méthodes françaises et espagnoles au cours de la guerre et analysait cette guerre sous l’angle de la lutte raciale : « Une foule d’hommes noirs et de couleurs avait été précipitée contre des hommes blancs, d’Ypres jusqu’à Bagdad, théâtres d’opérations sur lesquels ils avaient appris à les tuer. Les races assujetties avaient découvert une étrange vérité : les suzerains blancs, ces insondables maîtres de leurs destinées, s’étaient opposés les uns aux autres. Les demi-dieux avaient chu de leurs piédestaux séculaires et avaient été réduits à des fragments d’argile. » S’ensuivaient alors les arguments suivants : « Il y a peu de temps encore, les Empires coloniaux étaient fondés sur une légende, la légende de l’invincible homme blanc.
Il n’est pas bon de détruire ce mythe, de toucher au piédestal sur lequel reposait le demi-dieu depuis tant de siècles. »

Willoughby voyait la guerre du Rif plutôt comme un éventuel moyen de préserver la suprématie de l’homme blanc et les Empires coloniaux occidentaux en luttant brutalement contre la population rifaine. Il écrivait : « Seule une guerre agressive, conduite jusqu’au cœur de leur pays par des expéditions punitives incendiant les villages, détruisant les réserves de blé et dispersant les troupeaux, pourrait accomplir la subordination des tribus rebelles. » Pour se faire, Willoughby suggéra l’utilisation de chars, de voitures blindées, de lance-flammes et de gaz.
Les Espagnols, aidés par l’armée allemande et l’industrie, construisirent des usines pour la fabrication de gaz en Espagne et au Maroc. Des milliers de tonnes de gaz moutarde furent ainsi répandus sur des villages marocains.

Dans cet article, où il comparait les procédés français et espagnols, Willoughby estimait que l’administration et les opérations françaises étaient plus efficaces. Dans sa réflexion sur le désastre d’Anoual, il critiquait l’utilisation exagérée des blockhaus par les Espagnols et leur manque d’esprit d’offensive. Willoughby indiquait qu’entre 1923 et 1924, les Espagnols avaient amélioré leur efficacité offensive sur terre et commençaient à mieux intégrer la force aérienne. Cependant, d’après lui, les Français restaient les meilleurs dans la guerre coloniale, ceci s’expliquant par leur longue expérience en Algérie et en Tunisie. Ils avaient su préserver l’autorité du Sultan et s’appuyer sur l’administration indigène. Mais il estimait qu’ils avaient commis les mêmes erreurs militaires que les Espagnols en utilisant un système fortifié dans l’oued Ouergha, bien que cela ait été compensé par l’emploi de groupes mobiles 1.
Au moment où Willoughby écrivait, les Français, sur la défensive, protégeaient un large front avec très peu de troupes. Willoughby, qui soutenait alors qu’une coalition avec les Espagnols permettrait la défaite d’Abd el-Krim, ne savait sans doute pas encore que le maréchal Philippe Pétain, le nouveau chef d’état-major des armées, venait de signer une alliance avec l’Espagne et de planifier une coalition et des opérations combinées pour venir à bout de la République rifaine. Willoughby avait alors la certitude qu’avec Pétain et l’augmentation de leurs effectifs, les Français parviendraient à défaire les forces d’Abd el-Krim. Son analyse, davantage guidée par des théories raciales assez rebutantes que par la seule analyse militaire, possédait cependant une finesse pénétrante.

La France face à un dilemme stratégique

En 1925, la France, manquant d’effectifs militaires dans l’arme aérienne, envisagea, comme solution partielle, de faire appel à un petit groupe de pilotes aventureux. C’est ainsi que fut constituée l’escadrille chérifienne composée de mercenaires américains. Mais il est nécessaire, avant de développer ce point, de rappeler brièvement le dilemme stratégique qui se posait à la France ainsi que la situation au Maroc.

Au moment où Abd el-Krim lançait son offensive contre les positions françaises dans l’oued Ouergha, les Français avaient pour principal objectif stratégique le continent européen. Au printemps 1925, les militaires français considéraient encore l’Allemagne comme la plus grande menace. Les forces françaises furent donc surprises par l’avancée des Rifains jusqu’à 20 kilomètres de Fez et l’investissement des deux tiers de leurs fortins. Dans un premier temps, le résident-général Hubert Lyautey proclama que la capitale avait été sauvée par l’aviation française au Maroc, commandée par le colonel Paul Armengaud, mais très vite il réclama des renforts. Trois mois après l’offensive d’Abd el-Krim, les Druzes se soulevaient en Syrie et au Liban. La France devait donc faire face sur deux théâtres d’opérations majeurs dans un contexte de crise politique.

Les premiers soldats arrivant au Maroc provenaient des garnisons voisines, situées en Algérie et en Tunisie, bientôt suivis par les tirailleurs sénégalais 2, d’Afrique de l’Ouest. Mais ces forces ne suffisaient pas. Deux divisions furent ainsi prélevées sur l’armée du Rhin : la périphérie (l’Empire colonial) était de fait en train d’affaiblir les efforts de la métropole pour contenir la République de Weimar. Des dizaines de milliers d’hommes durent également être déployées pour soutenir une situation détériorée au Moyen-Orient. Le gouvernement français privilégia l’aviation pour le Maroc et la Syrie, la force aérienne étant envisagée comme la clé d’une multiplication des forces. Les campagnes aériennes au Maroc et au Levant représentèrent l’emploi le plus considérable des forces aériennes pendant l’entre-deux-guerres. Ceci fut possible car la France possédait jusqu’ici l’une des plus importantes industries d’aviation au monde, et techniquement, l’une des forces aériennes les plus sophistiquées. Cependant, au milieu des années 1920, l’aviation française était devenue désuète et le recrutement des pilotes se tarissait.

En juillet 1925, le gouvernement français sentant, que la vieille école coloniale incarnée par Lyautey avait échoué, décida de l’envoi du maréchal Philippe Pétain – le héros de Verdun –, pour remplacer le fondateur du Maroc. Pétain, bien déterminé à conduire une campagne conventionnelle et agressive, devait commander une armée plus de deux fois supérieure à celle de Lyautey. Et comme l’aviation faisait partie intégrante des méthodes de guerre quasi industrielle de Pétain, il y eut bientôt plus de 150 avions au Maroc. Il n’est pas surprenant que l’arme aérienne ait occupé une place cruciale dans la campagne puisque son emploi militaire fit ses débuts en 1912 au Maroc (un an après la première utilisation de l’aviation dans la guerre par les Italiens en Italie). À partir de cette période, les avions avaient été employés dans des missions variées allant du renseignement à la surveillance et à la reconnaissance (ISR) ainsi qu’au CAS (« Close air support » c’est-à-dire l’appui aérien rapproché) ou encore aux interdictions aériennes, à la logistique et aux secours médicaux. L’aviation française au Maroc et au Levant devint une solution partielle à la crise stratégique de l’été 1925. La seule entrave au développement de l’emploi de l’aviation était le manque crucial de pilotes.

La création de l’escadrille chérifienne

En avril 1925, le mathématicien républicain Paul Painlevé accédait au pouvoir, à la fois comme président du Conseil et ministre de la Guerre, fonctions qu’il avait déjà occupées pendant les sombres jours de la Grande Guerre. En outre, Painlevé était un ardent défenseur de l’aviation. En 1907, alors que l’aviation n’en était qu’à ses balbutiements et était considérée comme dangereuse, il avait été l’un des premiers hommes politiques français à monter dans l’une de « ces machines volantes ». Pendant la Première Guerre mondiale, il s’était fait l’avocat de la force aérienne et allait devenir, en 1930, le premier ministre de l’Air. Au début du mois de juillet 1925, Painlevé décida d’un changement radical.
C’est, en effet, à ce moment qu’un colonel américain, Charles Sweeney, qui avait servi dans la Légion étrangère pendant la Première Guerre mondiale puis dans l’armée américaine, proposa au président du Conseil de créer une escadrille de pilotes américains avec des anciens de l’escadrille Lafayette. Painlevé, puis plus tard le ministre des Affaires étrangères, Aristide Briand, donnèrent leur accord à la création de cette escadrille (d’après un télégramme envoyé à Lyautey le 10 juillet 1925). Toutefois, le gouvernement Painlevé avait prévu que le projet rencontrerait des difficultés d’ordre politique ; aussi, afin d’éviter d’inquiéter le gouvernement isolationniste du président Coolidge, ces aviateurs américains mercenaires devaient être techniquement au service du sultan (ou chérif) Youssouf du Maroc, qui était de jure le gouverneur du pays. Ce fut la raison pour laquelle l’unité fut baptisée : escadrille chérifienne. Elle est aussi mentionnée dans certains documents comme escadrille américaine. Initialement les aviateurs américains devaient servir pour un mandat de trois ans, or les archives ne font pas clairement apparaître si les Français, par le truchement du sultan, avaient envisagé cela comme une solution temporaire ou s’ils avaient espéré étendre le contrat.

« Cette manifestation de la solidarité américaine, semble particulièrement intéressante en ce moment, et pourrait entraîner en Amérique une propagande favorable à notre camp et réparer en notre faveur le sentiment américain qui soutient Abd el-Krim » put-on lire dans le télégramme envoyé par le Quai d’Orsay à Lyautey le 10 juillet. Aux États-Unis, (particulièrement à gauche), Abd el-Krim était considéré comme un brave républicain nationaliste, opposant une résistance héroïque à une domination européenne rétrograde. Il était également le héros des gauches françaises et espagnoles et la Confédération générale du travail (CGT) lui avait manifesté sa solidarité en organisant une marche de protestation à Paris en novembre 1925. L’Union soviétique, Staline et le Kominterm lui exprimèrent aussi leur sympathie. Même s’ils devaient travailler pour le sultan, ce fut Paul Painlevé qui décida des grades de ces aviateurs américains (la plupart d’entre eux souhaitaient conserver leur grade porté pendant la Première Guerre mondiale). Le ministère de la Guerre assura le transport des hommes et des avions de la France au Maroc via l’Espagne et celui des Affaires étrangères adressa à Lyautey le dossier de chacun des membres de l’escadrille afin de limiter leur isolement administratif. Deux journalistes furent envoyés avec eux pour rédiger la propagande « profrançaise » et « proaméricaine » (ce sont exactement les mots employés dans le télégramme) à partir de leurs éventuels exploits héroïques.

Le personnel de l’escadrille chérifienne

D’après les archives, c’est la quête d’aventure qui amena les aviateurs américains au Maroc. Sans doute essayèrent-ils de recréer le milieu passionnant et l’atmosphère de camaraderie qu’ils avaient connus pendant la Grande Guerre. L’esprit de croisade pour le triomphe de l’homme blanc sur les hommes du Rif ne les habitait pas, contrairement à ce qu’a pu écrire le capitaine Willoughby. Voici un récapitulatif des dossiers personnels de certains d’entre eux :

Le colonel Charles Sweeny, sorti diplômé de West Point en 1903, quitta l’armée des États-Unis en 1905. Il organisait un corps de volontaires américains pour la Légion étrangère française lorsque la Grande Guerre éclata. Passé du grade de 2e classe à celui de capitaine, il conduisit des assauts de chars dans l’offensive Nivelle. En 1917, Sweeny rejoignit l’armée américaine et quitta l’institution deux ans plus tard avec le grade de lieutenant-colonel.

Le colonel Charles Kerwood servit dans l’aviation française de 1916 à 1918 et compta 12 victoires à son actif. En février 1918, son avion abattu, il fut fait prisonnier jusqu’à la fin de la guerre. Lieutenant-colonel, il servit au Honduras et en Grèce après la Première Guerre mondiale.

Le capitaine William Rodgers servit dans l’escadrille Lafayette et remporta huit victoires. À la fin de la Grande Guerre, il s’engagea brièvement dans l’aéronavale américaine.

Le major Charles Craig fit également partie de l’escadrille Lafayette et remporta quatorze victoires.

Le capitaine Paul Rockwell, légionnaire pendant la Première Guerre mondiale et blessé dans les tranchées, servit au sein de la mission de presse alliée au quartier général français puis devint correspondant pour le Chicago Daily News. En 1925, il était observateur bombardier dans la guerre du Rif. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il servit dans l’armée de l’air américaine en Afrique du Nord, en Sicile et en Europe et obtint le grade de colonel. Il est le seul Américain à avoir été décoré de trois Croix de guerre françaises, au titre de la Première Guerre mondiale, de la guerre du Rif et de la Seconde Guerre mondiale. Il fut aussi promu commandeur de la Légion d’honneur.

Le major Austin Gillette Parker, diplômé de Cornwell, originaire d’une grande famille de la côte Est, fit aussi partie de l’escadrille Lafayette.

Les majors Paul Baer et Granville Pollock remportèrent de multiples victoires en tant que pilotes de l’escadrille Lafayette.

Nombre de ces hommes, comme Paul Rockwell ou Austin Gillette Parker (qui avait des liens avec la compagnie des rasoirs Gillette) étaient issus de grandes familles et ne se battaient pas pour des raisons financières. Ces hommes avaient tous en commun l’amour du vol et de l’aventure.

Les relations franco-américaines en 1925

À la fin de la Première Guerre mondiale, les relations franco-américaines étaient fortes, même si l’approche de la politique internationale du président Woodrow Wilson contrastait fortement avec le réalisme rigoureux de Georges Clemenceau. Les électeurs américains et le Sénat répudièrent la politique de Woodrow Wilson après le traité de Versailles. Bientôt, la France ne put plus compter sur les États-Unis pour venir à son aide en cas d’attaque de l’Allemagne.

Quand bien même, elle était capable d’agir de façon indépendante depuis la crise de la Ruhr en 1923. C’est après cette crise que les relations franco-américaines se tendirent, les États-Unis pressant la France au sujet des remboursements de la dette contractée auprès d’eux pendant la guerre puis, en 1924, le plan Dawes ajusta les réparations allemandes dues à la France, ce qui eut pour effet qu’elle reçut un dédommagement réduit d’autant.
En France, tant les élites que le peuple, commençaient à parler des États-Unis comme de « l’oncle Shylock ». Le mécontentement français envers les Américains était alimenté par l’afflux de touristes à Paris, favorisé par un franc dévalué et un dollar fort.
À tel point qu’en 1926, des Parisiens s’en prirent à des touristes américains (il s’ensuivit une petite émeute mais la police restaura l’ordre rapidement). L’implication d’aviateurs américains dans la guerre du Rif en 1925 contribua à amplifier les tensions entre les gouvernements français et américain.
Le 28 septembre 1925, le secrétaire d’État Frank Kellogg avertit le gouvernement marocain que les mercenaires violaient les statuts américains en combattant une puissance qui n’était pas en guerre contre leur pays. Ces statuts déclaraient que les personnes enrôlées dans des forces étrangères étaient coupables d’une grave infraction punissable d’une amende de 1 000 dollars et d’une peine d’emprisonnement d’au moins trois ans. Aussi, le consul général des États-Unis à Tanger notifia, par le biais du ministère des Affaires étrangères, que ces aviateurs enfreignaient ainsi les lois américaines. Les médias américains, notamment les journaux, étaient tout aussi opposés à l’implication de pilotes mercenaires américains, que le gouvernement des États-Unis.

Le Literary Digest titrait en une : « Les bombes américaines et les bébés rifains ». Le Pittsburg Post s’interrogeait « Pourquoi vont-ils se battre en première ligne contre les Rifains ? Les États-Unis n’ont aucune querelle avec ces tribus berbères, dont la seule offense envers la France et l’Espagne est qu’ils tentent d’expulser des usurpateurs étrangers de leurs terres. » Plus loin, l’éditorial poursuivait : « Il y aurait eu quelque chose de chevaleresque à voler au secours de ces montagnards arabes qui luttent pour leur liberté envers et contre tout ; mais il n’y a rien de galant ni de chevaleresque dans des pluies de bombes déversées sur des villages sans défense. C’est à proprement parler un sale boulot. » Un éditorial du New York Sun disait : « L’Américain moyen ressent que le peuple rifain est valeureux et attaché plus que tout à sa liberté. » La grande majorité des Américains qui suivait le conflit était du côté des Rifains. Dans leur esprit, les troupes françaises se comportaient en bandits.

Les critiques les plus acerbes contre les aviateurs mercenaires vinrent sans doute du Christian Century. Ce journal releva avec horreur un certain enthousiasme contenu dans les dépêches en provenance du Maroc. Un éditorial publia : « Ces soldats américains de fortune n’ont pas d’autres prétextes que l’exaltation de la chasse à l’homme. C’est un sport royal et le fait que ces femmes et ces enfants qui ont eu la malchance de naître dans ces villages rifains en soient les victimes n’a pas plus de signification pour eux que la mort de lapins au cours d’une chasse. » Les aviateurs américains au Maroc assuraient de leur côté que leur conduite était parfaitement correcte tant du point de vue légal que moral.
D’après le New York Herald Tribune, reprenant une interview du lieutenant-colonel Charles Kerwood, le journal soutenait que l’escadrille américaine n’avait jamais reçu le moindre avertissement officiel disant que ses activités étaient contraires à la politique du gouvernement américain. Contrairement au lieutenant-colonel Kerwood qui, lui, certifiait que l’escadrille avait reçu des assurances constantes sur sa participation à la campagne marocaine. Il affirmait aussi que l’ambassadeur des États-Unis Herrick avait envoyé aux aviateurs américains un message disant que s’il avait été plus jeune, il aurait été heureux de se joindre à leur action.
Ce dernier était donc en total désaccord avec la politique pacifique et isolationniste du secrétaire d’État Kellogg et du président Coolidge. C’est plus à cause de l’opinion publique négative aux États-Unis à propos de ces mercenaires que la présence et les actions de l’escadrille chérifienne devinrent de plus en plus controversées. On peut imaginer l’embarras du gouvernement français face à une telle prise de position du peuple et des élites américaines en ce qui concernait l’escadrille chérifienne. Les relations tendues entre les États-Unis et la France s’améliorèrent après la fin de la guerre du Rif.
Cela fut visible au niveau officiel à travers le pacte conclu entre le secrétaire d’État américain Kellogg et le ministre des Affaires étrangères français Aristide Briand. Connu sous le nom de pacte Briand-Kellogg, il consacrait la tentative de rendre la guerre illicite. Au niveau populaire, l’amitié franco-américaine se trouva renforcée par la réception donnée par le peuple parisien à la suite de l’arrivée de Charles Lindbergh après sa traversée de l’Atlantique en aéroplane en 1927.

Les missions de l’escadrille américaine

Les pilotes américains accomplirent une centaine de missions entre le mois d’août et la fin du mois d’octobre, début de la mauvaise saison. Les Américains volaient à bord du chasseur bombardier biplan de Breguet. Le colonel Sweeny commandait l’unité mais le lieutenant-colonel Kerwood en était le porte-parole. Le journaliste américain qui accompagnait le groupe, Carl von Weigand, fut probablement celui qui écrivit les fameuses dépêches dénoncées par Christian Century. Sa tentative de créer un courant favorable au groupe, échoua clairement. D’après une note rédigée par l’état-major français, 20 000 francs furent accordés à l’escadrille pour financer la propagande (les termes de « fonds de propagande » sont employés dans le document). Comme on l’a vu, cette opération d’information ne fut pas un succès. Quand l’escadrille arriva au Maroc, il y avait neuf officiers et sept sous-officiers. Un colonel français (non nommé) fut affecté à l’escadrille en tant que co-commandant. Les Français fournirent le personnel technique et logistique, soit neuf sous-officiers et cinquante engagés. Le sultan du Maroc procura les uniformes aux Américains et solda également les personnels de l’escadrille. L’escadron disposait de sept appareils, ce qui était moins que les dix appareils habituels d’une escadrille française type du 37e régiment d’aviation du Maroc. Ce régiment d’aviation fournit les camions, les motos, les bicyclettes, etc.

Les missions d’interdiction, ISR et CAS de l’escadrille américaine étaient souvent effectuées à basse altitude à des vitesses de 80 à 100 miles à l’heure. Les Rifains ayant une défense anti-aérienne très efficace, ils avaient déjà abattu plus de vingt appareils français avant l’arrivée des Américains. Mais d’autres dangers existaient : le terrain montagneux était traître, les cartes disponibles peu précises, aussi un nouveau pilote sur le théâtre pouvait-il facilement se perdre. Ajoutons à cela le temps hasardeux, en raison de quoi les Français interrompaient leurs opérations de vols en novembre, date à laquelle l’escadrille retrouvait ses bases d’hiver. L’épuisement était le problème principal des pilotes américains qui effectuaient parfois cinq missions par jour. Le lieutenant-colonel Kerwood reconnut que la majorité des opérations eurent lieu contre des soldats rifains concentrés dans la campagne. Il admit que l’escadrille chérifienneavait bombardé des villages et nombre d’indices permettent d’affirmer que les escadrilles françaises et américaines ont causé des pertes considérables parmi les civils. Il est même prouvé que l’escadrille américaine a bombardé un village qui s’était préalablement rendu. D’après le maréchal Philippe Pétain, elle effectua 350 missions de combat en six semaines et lâcha plus de 40 tonnes de munitions.

La fin de l’escadrille chérifienne

Quand l’escadrille américaine fut envoyée au Maroc, l’armée française connaissait des problèmes d’effectifs. Des dizaines de milliers de renforts des armées métropolitaine et coloniale arrivèrent alors en même temps que les Américains. En août 1925, Pétain arrangea une alliance militaire avec le dictateur militaire espagnol Primo de Rivera et en septembre, plus de 300 000 soldats français et espagnols déclenchèrent deux attaques en mouvement de tenaille à partir du nord et du sud contre les forces d’Abd el-Krim. Ces attaques compre­naient un assaut amphibie à grande échelle dans la baie de al Hoceimas, à proximité de la capitale d’Abd el-Krim. L’armée de Krim fut bientôt décimée et ce qui en restait se retira dans les parties les plus inaccessibles des montagnes de l’Atlas. Des actes de guérilla se poursuivirent cependant jusqu’en mai 1926.

En novembre 1925, alors que toute l’aviation s’était retirée dans ses bases d’hiver, plus aucune raison opérationnelle ne justifiait le maintien de l’escadrille américaine. À cela s’ajoutait le fait que ni le maréchal Pétain ni le colonel Armengaud, commandant le 37e régiment d’aviation et de la quasi-totalité de l’aviation du Maroc, n’approuvaient cet escadron mercenaire. Les éditoriaux négatifs de la presse américaine démontraient que l’un des objectifs, en l’occurrence la campagne de propagande profrançaise, n’avait pas été atteint. De plus, le secrétaire d’État aux Affaires étrangères Frank Kellogg était opposé à l’existence de cette unité. Le principal soutien de l’escadrille, le président du Conseil Paul Painlevé, vit son gouvernement tomber en novembre. Il n’y avait donc plus aucune raison sensée de renouveler le contrat des mercenaires américains.
En décembre 1925, les aviateurs américains rentrèrent à Paris. Ils furent invités au club américain par son président, Percy Peilotti, qui souhaitait les mettre à l’honneur. Le lieutenant-colonel Kerwood raconta : « On nous demanda de venir à ce déjeuner en uniforme, mais nous refusâmes parce que nous n’avions plus le droit de le porter. Nous n’étions rien. Nous étions juste des Américains, et seulement des hommes ordinaires désormais. » Peilotti condamna les propos qu’avait tenus Kellogg disant que l’escadrille violait les statuts américains et porta un toast aux aviateurs controversés en s’écriant : « En tant qu’amis de la France, nous vous sommes reconnaissants, en tant qu’Américains, nous sommes fiers de vous. » Ces propos ne reflétaient qu’une très petite minorité de l’opinion.

Conclusion
Le zeitgeist des années 1920 peut-être considéré comme l’implication américaine au Maroc. L’opinion du capitaine Willoughby qui voyait dans cette guerre un effort de maintenir la suprématie de l’homme blanc en Afrique, l’isolationnisme et la révulsion pour la guerre de l’Administration Coolidge ainsi que l’attitude américaine populaire soutenant le vaincu (Abd el-Krim) représentaient des points de vue fondamentalement contradictoires. Ni les Français ni les Américains ne retirèrent de leçons de cette campagne. Cependant, les aviateurs français acquirent une expérience importante dans les missions CAS ou d’interdiction, mais en oublièrent les enseignements et allaient se montrer déficients dans ces domaines en 1940.

Alors que la guerre du Rif atteignait son point culminant, les leaders européens tels que Aristide Briand, Gustave Stresemann, Benito Mussolini et Austen Chamberlain se rencontraient à Locarno en Italie. Là, les Allemands quittaient leur position de proscrits de l’Europe et les tensions en Europe continentale en étaient atténuées. Les Américains furent notoirement absents de cette rencontre cruciale. Dans le sillage de Locarno, les États-Unis et la France allaient signer le traité Briand-Kellogg visant à rendre la guerre illégale. Tout cela allait cependant changer sept ans plus tard avec l’avènement d’Adolphe Hitler, mais les Français, sous le commandement du général Charles Noguès, combattaient toujours les rebelles marocains. Cependant à la différence de ce qui se fit pendant la guerre du Rif, ce dernier ne fit pas appel aux Américains pour soumettre ce peuple tenace.
_____________

Bibliographie
La plus grande partie de cet article a été rédigée à partir des archives du Service historique de la Défense, département de l’armée de Terre, carton 3 H 105 et département de l’armée de l’Air, carton 2 C 35. La presse écrite a également été consultée ainsi que la bibliographie suivante :
Adamthwaite Anthony, Grandeur and Misery: France’s Bid for Power in Europe, 1914-1940, New York, Hodder Arnold, 1995.
Doise Jean et Vaisse Maurice, Politique étrangère de la France. Diplomatie et Outil Militaire, 1871-1991, Paris, Éditions du Seuil, 1992.
Hoisington William, Lyautey and the French Conquest of Morocco, New York, St Martin’s Press, 1995.
McDougall Walter, France’s Rhineland Diplomacy, 1914-1924. The last Bid for a Balance of Power in Europe, Princeton, Princeton University Press, 1978.
Pedroncini Guy, Pétain, Le Soldat, 1914-1940, Paris, Perrin, 1998
Woolman David, Rebels in the Rif Abd el-Krim and the Rif Rebellion, Stanford, Stanford University Press, 1968.
Notes
1 En français dans le texte.
2 En français dans le texte.
Pour citer cet article
Référence électronique
William Dean , « Des Américains dans la guerre du Rif », Revue historique des armées, 246 | 2007, [En ligne], mis en ligne le 29 août 2008. URL : http://rha.revues.org/index2393.html. Consulté le 28 janvier 2013.
Auteur
William Dean
Il est titulaire d’un BA en histoire, d’un MA et d’un Phd en histoire militaire et diplomatique européenne (University of Chicago). Il a enseigné dans les universités Roosevelt et DePaul et a été le directeur du programme « Peace, war and Diplomacy » à l’université de Norwich. William Dean est aussi professeur associé d’histoire militaire comparée à l’US Air force air Command and Staff college (Alabama).
Droits d’auteur
© Revue historique des armées

 

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19 janvier 2013

Le comte von Stauffenberg

Classé sous — milguerres @ 18 h 21 min

 

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 Résistance … la lutte contre le mal

Claus von Stauffenberg

 

 

Bien plus que Georg Elser, Le comte von Stauffenberg fascine les historiens
de la résistance allemande …
Peter Hoffmann, Stauffenberg. A Family History, 1905-1944

Ci-dessous le compte rendu tiré de :
http://www.persee.fr/articleAsPDF/ahess_0395-2649_1998_num_53_1_279655_t1_0181_0000_002/article_ahess_0395-2649_1998_num_53_1_279655_t1_0181_0000_002.pdf?mode=light

 Le comte von Stauffenberg  histor10
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Le colonel Claus von Stauffenberg
Claus von Stauffenberg

source wikipedia

Le comte (Graf) Claus Philip Maria Schenk, von Stauffenberg (né le 15 novembre 1907 à Jettingen-Scheppach — mort le 21 juillet 1944 à Berlin) était un officier de la Wehrmacht. Il est l’une des figures centrales de la résistance militaire contre le national-socialisme.

Alors qu’il était chef d’état-major auprès du commandant de l’Armée de Réserve et de l’Intérieur (Ersatzheer), von Stauffenberg a fomenté un complot contre Adolf Hitler, organisant personnellement l’attentat du 20 juillet 1944, coup d’État militaire avorté, connu aussi sous le nom d’opération Walkyrie.

Von Stauffenberg avait tout d’abord montré sa sympathie pour différents aspects du nazisme, comme le nationalisme ou le révisionnisme concernant le Traité de Versailles, jusqu’à ce que le caractère criminel du régime le pousse dès 1941 à la résistance
….

À la mi-novembre 1942, la Xe division de blindés prend encore part à l’occupation de la zone française jusque là restée libre. Immédiatement après, la division est envoyée à Tunis. Entre temps, von Stauffenberg est incorporé à l’état-major de l’armée et est promu Oberstleutnant à l’état-major général le 1er janvier 1943. En mars 1943, il est muté en tant que premier officier d’état-major général à la Xe division de blindés, qui doit alors couvrir la retraite de l’armée du maréchal Rommel contre les Alliés qui viennent de débarquer en Afrique du Nord. Pendant une mission de reconnaissance, son véhicule est mitraillé par un Jabo allié. Il est grièvement blessé. Il passe trois mois à l’hôpital, où il est opéré par le célèbre chirurgien Ferdinand Sauerbruch et perd son œil gauche, sa main droite, ainsi que les 4e et 5e doigts de sa main gauche — il en plaisantera ultérieurement, prétendant qu’il ne se souvenait pas de ce qu’il faisait de ses dix doigts quand il les avait encore. Sa convalescence se déroule à Lautlingen.

Ses mutilations et ses blessures ne l’empêchent pas de se battre pour être de nouveau apte au service armé.

Son dernier grade dans l’armée est colonel dans l’état-major général.

Il commence à prendre ses distances par rapport aux nazis et à leur chef.


Planification attentat

Le fait de survivre à ses graves blessures renforce en Stauffenberg la conviction qu’il doit faire quelque chose pour préserver l’Allemagne de la catastrophe définitive. Bien qu’il ne puisse plus servir dans l’armée, il cherche à jouer encore un rôle. À l’automne 1943, il se manifeste une nouvelle fois à Berlin et y cherche des contacts parmi les adversaires d’Hitler réunis autour du général Friedrich Olbricht et du général de brigade Henning von Tresckow.

Avec le général Friedrich Olbricht, le colonel Albrecht Mertz von Quirnheim et Henning von Tresckow, Stauffenberg travaille aux plans de l’opération Walkyrie. Officiellement, le plan doit servir à réprimer de possibles révoltes intérieures comme celle des nombreux travailleurs étrangers. Stauffenberg et Tresckow ajoutent des ordres supplémentaires au projet et font de l’opération Walkyrie un plan d’opération pour le coup d’État. Celui-ci prévoit d’accuser un groupe de fonctionnaires du parti de l’assassinat d’Hitler, afin de pouvoir par la suite procéder à l’arrestation des membres du Parti national-socialiste des travailleurs allemands, de la SS, du Sicherheitsdienst et de la Gestapo. Les commandants des différentes divisions militaires allemandes doivent recevoir les ordres correspondants après le déclenchement de l’opération et l’armée doit prendre en main les rênes du pouvoir. Stauffenberg devait recevoir le poste de secrétaire d’État au sein du ministère de la guerre du Reich.

Stauffenberg est nommé chef d’état-major au Bendlerblock à Berlin où il a alors accès à ce qui se dit au quartier général du Führer sur la situation. Il est sous les ordres d’Olbricht qui l’encourage à construire un réseau militaire d’opposition. Stauffenberg coordonne les plans d’attentat avec Carl Friedrich Goerdeler et le général de corps d’armée Ludwig Beck et reste en contact avec la résistance civile comme Julius Leber, Wilhelm Leuschner ou les membres du Cercle de Kreisau auquel appartient son cousin Peter Yorck von Wartenburg. Après l’arrestation de Helmuth James von Moltke en janvier 1944, le Cercle de Kreisau ne se réunit plus. La majorité des membres se met à la disposition de Stauffenberg, malgré les réticences de Moltke sur le fait de tuer Hitler.

Le 1er juillet 1944, von Stauffenberg devient chef de l’état-major auprès du commandant de l’Ersatzheer, le général Friedrich Fromm. Avec Olbricht et Mertz von Quirnheim, il est dans le centre de commandement de l’opération Walkyrie. Un des points délicats du plan est le fait qu’il doit exécuter l’attentat et mener le coup d’État de Berlin. Le 11 juillet sur l’Obersalzberg et le 15 juillet au quartier général de la Wolfsschanze déjà, Stauffenberg essaie de tuer Adolf Hitler. Il stoppe les deux tentatives à cause de l’absence soit d’Heinrich Himmler et/ou d’Hermann Göring. L’attentat ne pouvait pas être repoussé une troisième fois.

L’ultime tentative débute par hasard le 18 juillet lorsque Stauffenberg est appelé à venir au quartier général du Führer pour parler de nouveaux déploiements de troupes. Le groupe de résistance a alors déjà détaillé les membres du nouveau gouvernement et il ne reste plus qu’à exécuter Hitler. Von Stauffenberg prend un avion à Rangsdorf près de Berlin le 20 juillet à 7 heures avec Werner von Haeften pour se rendre à la Wolfsschanze (la « tanière du Loup ») près de Rastenburg en Prusse-Orientale.

L’entretien étant inopinément avancé d’une demi-heure en raison d’une visite prévue de Benito Mussolini, Stauffenberg n’arrive à amorcer qu’une seule des deux charges explosives avec deux détonateurs chimiques-mécaniques britanniques, à l’aide d’une pince spécialement conçue pour lui (il ne reste que trois doigts à la main gauche). Il emporte donc la seconde charge, pour s’en débarrasser discrètement ensuite. Ironiquement, des expériences ont démontré que si Stauffenberg avait simplement laissé la seconde charge dans la mallette, la première explosion aurait joué le rôle de détonateur de manière suffisamment efficace pour provoquer une explosion bien plus puissante qui, à en juger par les dégâts occasionnés sur les mannequins, aurait tué Hitler13. De plus, à cause de travaux dans le Führerbunker habituel, l’entretien a lieu dans un cabanon en bois14. Stauffenberg pose la mallette à portée létale d’Hitler, mais elle est déplacée par un officier, qui ignore ce qu’elle contient, derrière un des pieds (en bois massif) de la table, ce qui allait protéger Hitler de l’essentiel des effets de l’explosion. Von Stauffenberg quitte la pièce sous le prétexte de devoir téléphoner. Si Rudolf-Christoph von Gersdorff avait tenté de faire exploser une bombe qu’il portait sur lui en se tenant le plus près possible d’Adolf Hitler, il aurait pu réussir. Stauffenberg ne pouvait se sacrifier, puisqu’il joue un rôle crucial dans le coup d’État qui doit suivre l’assassinat.

La charge explosive détonne à 12h 42 dans la baraque où sont réunies vingt-quatre personnes. Mais Hitler et dix-neuf autres personnes présentes survivent à la détonation. D’un abri proche, Stauffenberg attend que l’explosion ravage l’intérieur du cabanon. Puis, convaincu que personne ne peut avoir survécu à une telle déflagration, Stauffenberg et son aide de camp, le lieutenant Werner von Haeften, quittent rapidement les lieux pour rejoindre Berlin à bord d’un Heinkel He 111. À Berlin, les conjurés hésitent à mettre en place le plan du putsch car ils ne reçoivent aucune nouvelle claire de la mort d’Hitler. À 15 h, von Stauffenberg informe Olbricht, depuis l’aérodrome de Rangsdorf, qu’Hitler est mort et part le voir au Bendlerblock. Ce n’est qu’à ce moment, plus de deux heures après l’attentat, que l’opération Walkyrie est déclenchée. Georg et Philipp von Boeselager se tiennent prêts à marcher sur Berlin avec leurs régiments. Stauffenberg, Olbricht, Mertz von Quirnheim et Haeften font arrêter Fromm qui les avait couverts jusqu’alors mais qui ne veut plus rien entendre d’une tentative de putsch, les informations restant floues.

Vers 18 h, le coup d’État semble avoir réussi. Dans certaines divisions militaires, les opérations se mettent en place. Tard dans la soirée, Hitler prend la parole à la radio. Les téléscripts contenant les indications des conjurés et arrivant dans les centres de commandement ne sont plus suivis. La plupart des officiers temporisent alors face aux informations contradictoires qui leur sont communiquées. Le coup d’État échoue. Stauffenberg et son aide de camp étant en fuite, l’ordre de les abattre est lancé par le quartier général du Führer, mais il arrive chez un membre de la conspiration, Friedrich Georgi, officier de l’état-major de l’Air, et n’est pas transmis.

Fin du coup d’État

Vers 22 h 30, un groupe d’officiers restés fidèles au régime auquel appartient Otto-Ernst Remer arrête Stauffenberg et les conjurés. Appliquant les décisions d’une prétendue cour martiale15, le général Fromm donne le soir même du 20 juillet l’ordre de fusiller Claus von Stauffenberg, Werner von Haeften, Albrecht Ritter Mertz von Quirnheim et Friedrich Olbricht16. L’exécution a lieu un peu avant 1 h du matin le 21 juillet dans la cour du Bendlerblock17,18. Les derniers mots de Stauffenberg auraient été « Vive l’Allemagne sacrée ! »19. Le lendemain, les corps des fusillés sont enterrés avec leurs uniformes et médailles au Alter St.-Matthäus-Kirchhof de Berlin. Hitler les fait exhumer et donne l’ordre de les brûler. Leurs cendres sont dispersées au-dessus d’un champ d’épandage de Berlin.
Conséquences pour les familles[modifier]

Hitler a envisagé de faire assassiner les familles des conjurés et d’effacer leur nom de famille : « La famille Stauffenberg sera détruite jusqu’au dernier membre »20.

La vengeance envisagée dans les premiers temps est rejetée au profit d’une Sippenhaft. L’épouse de von Stauffenberg, alors enceinte, est déportée au camp de Ravensbrück où elle accouche du cinquième enfant de la famille, Konstanze, en 1945. Les enfants sont envoyés dans un orphelinat, une « institution spéciale », à Bad Sachsa. Là, ils côtoient ceux de von Hofacker, de von Freytag-Loringhoven, von Treskov, etc.21

« On les envoyait en promenade sur les routes au cours des bombardements. Ils ne savaient rien du sort de leurs parents »
— op. cit. Paul Berben (1964) p. 307)

On projette de les faire adopter par des familles nazies. Ils perdent le nom de von Stauffenberg et obtiennent le nouveau nom de Meister. Ils y restent jusque la fin de la guerre et seront libérés par les troupes américaines le 12 avril 1945.

L’épouse de von Stauffenberg décède en 2006, à l’âge de 92 ans.

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Stauffenberg le 15 juillet 1944 avec Adolf Hitler et Wilhelm Keitel à la Wolfsschanze

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Notes et références

  1. Enseigne porte-drapeau ou aspirant officier
  2. (de)« Der Gedanke des Führertums … verbunden mit dem einer Volksgemeinschaft, der Grundsatz ‘Gemeinnutz geht vor Eigennutz’ und der Kampf gegen die Korruption, der Kampf gegen den Geist der Großstädte, der Rassegedanke und der Wille zu einer neuen deutschbestimmten Rechtsordnung erscheinen uns gesund und zukunftsträchtig. » Dans : Steven Krolak, Der Weg zum Neuen Reich. Die politischen Vorstellungen von Claus Stauffenberg. Ein Beitrag zur Geistesgeschichte des deutschen Widerstandes. Dans : Jürgen Schmädeke/Peter Steinbach (Éd.), Der Widerstand gegen den Nationalsozialismus. Die deutsche Gesellschaft und der Widerstand gegen Hitler, Piper Verlag, Munich, 1986, p. 550.
  3. (de)« Die Bevölkerung ist ein unglaublicher Pöbel, sehr viele Juden und sehr viel Mischvolk. Ein Volk, welches sich nur unter der Knute wohlfühlt. Die Tausenden von Gefangenen werden unserer Landwirtschaft recht gut tun. In Deutschland sind sie sicher gut zu gebrauchen, arbeitsam, willig und genügsam. » Cité dans : Heinrich August Winkler, Der lange Weg nach Westen, volume 2 : Deutsche Geschichte vom „Dritten Reich“ bis zur Wiedervereinigung, Beck, 2000, p.103.
  4. (de) Saul Friedländer, Das Dritte Reich und die Juden. Bd. 2: Die Jahre der Vernichtung 1933–1945, Bonn, 2006, p.664 f.
  5. (de)« Man muss die Aussage analysieren und im Zusammenhang sehen. Als Historiker habe ich die Aufgabe, den Zusammenhang zu ermitteln und zu vermitteln, und nicht Informationsfetzen von mir zu geben. » Interview avec le biographe de Stauffenberg, Peter Hoffmann [archive] (Magazine online Telepolis).
  6. « Es ist Zeit, daß jetzt etwas getan wird. Derjenige allerdings, der etwas zu tun wagt, muß sich bewußt sein, daß er wohl als Verräter in die deutsche Geschichte eingehen wird. Unterläßt er jedoch die Tat, dann wäre er ein Verräter vor seinem eigenen Gewissen. »
  7. (de) Marion Yorck von Wartenburg, Die Stärke der Stille. Erinnerungen an ein Leben im Widerstand, Moers, 1998, p. 61.
  8. (de)« Ich hole ihn heraus » Dans : Clarita von Trott zu Solz, Adam von Trott zu Solz. Eine Lebensbeschreibung, Berlin: Gedenkstätte Deutscher Widerstand, 1994, p. 194.
  9. (de) Hans Bernd Gisevius, Bis zum bittern Ende, volume 2, Zürich: Fretz & Wasmuth, 1946, p. 279.
  10. (de)« Wir bekennen uns im Geist und in der Tat zu den großen Überlieferungen unseres Volkes, die durch die Verschmelzung hellenischer und christlicher Ursprünge in germanischem Wesen das abendländische Menschentum schufen. Wir wollen eine Neue Ordnung, die alle Deutschen zu Trägern des Staates macht und ihnen Recht und Gerechtigkeit verbürgt, verachten aber die Gleichheitslüge und fordern die Anerkennung der naturgegebenen Ränge. Wir wollen ein Volk, das in der Erde der Heimat verwurzelt den natürlichen Mächten nahebleibt, das im Wirken in den gegebenen Lebenskreisen sein Glück und sein Genüge findet und in freiem Stolze die niederen Triebe des Neides und der Mißgunst überwindet. » Cité dans Eberhard Zeller, Geist der Freiheit. Der 20. Juli., Munich, 1963, p. 489 f.
  11. (de) Steven Krolak, Der Weg zum Neuen Reich. Die politischen Vorstellungen von Claus Stauffenberg. Ein Beitrag zur Geistesgeschichte des deutschen Widerstandes. In: Jürgen Schmädeke/Peter Steinbach (Éd.), Der Widerstand gegen den Nationalsozialismus. Die deutsche Gesellschaft und der Widerstand gegen Hitler, Piper Verlag, Munich, 1986, p.555f.
  12. (de)« Als Vorbild für künftige Generationen [...] schlecht geeignet » Dans Richard J. Evans, Sein wahres Gesicht [archive], dans : Süddeutsche Zeitung Magazin, Heft 04 (2009), p. 9 ff.
  13. Dans : Discovery Channel, Unsolved History, épisode Killing Hitler
  14. . Une construction plus solide aurait certainement confiné l’effet de l’explosif à l’intérieur.
  15. (de) Hans-Adolf Jacobsen (Éd.), „Spiegelbild einer Verschwörung“. Die Opposition gegen Hitler und der Staatsstreich vom 20. Juli 1944 in der SD-Berichterstattung. Geheime Dokumente aus dem ehemaligen Reichssicherheitshauptamt, 2 Bde., Seewald, Stuttgart-Degerloch 1984, ISBN 3-512-00657-4, p. 757.
  16. (de) Heinrich August Winkler, Der lange Weg nach Westen, Bd. 2: Deutsche Geschichte vom „Dritten Reich“ bis zur Wiedervereinigung, Munich 2000, p. 103.
  17. Heinrich August Winkler, Der lange Weg nach Westen, Bd. 2: Deutsche Geschichte vom „Dritten Reich“ bis zur Wiedervereinigung, Munich, 2000, p.103.
  18. (de) Wolfgang Benz: Der militärische Widerstand – 20. Juli 1944 [archive]. Informationen zur politischen Bildung (Heft 243), Bundeszentrale für politische Bildung
  19. D’autres sources disent : « Vive la Sainte Allemagne ! », ou « Vive l’Allemagne » ou encore « Vive notre Allemagne sainte ».
  20. (de)« Die Familie Graf Stauffenberg wird ausgelöscht werden bis ins letzte Glied. » (Le protocole consigne les applaudissements des auditeurs) Discours d’Himmler devant les Gauleiter à Posen le 3 août 1944 [archive]. Imprimé dans : Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte 1 (1953), H. 4, p. 357–394, ici : p. 385 (Dans le document pdf : p. 105).
  21. Le cadre charmant et bucolique du village n’enlève rien à l’ignominie voulue de la détention.
  22. Page web [archive] du Markt Jettingen-Scheppach
  23. Début de polémique à la première du film « Valkyrie » [archive] sur www.france24.com. Consulté le 20 mai 2009

15 janvier 2013

Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

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Chronologie de la Seconde Guerre mondiale 

1933 /1945

 

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1933

  • Début des lois anti-juifs en Allemagne avec le boycott des magasins juifs.
  • 30 janvier Hitler est nommé chancelier du 3 ème Reich par le président Hindenburg.
  • 28 février Incendie du Reichstag. Hitler accuse les communistes et fait interdire le parti communiste allemand (KPD).
  • 23 mars Hitler se fait accorder les pleins pouvoirs par le parlement.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1934

  • 30 juin Nuit des longs coûteaux où les S.A. (Section d’Assaut La Sturmabteilung) sont asssassinés par les S.S. (Sections Spéciales).
  • 2 août Suite au décès du président Hindenburg, Hitler se proclame Reichsführer, chef suprême de l’Allemagne.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1935

  • Les lois de Nuremberg ôtent la citoyenneté allemande aux juifs et leur interdisant tout contact sexuel avec les allemands de race pure, dite Aryenne.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1936

  • 7 mars  Remilitarisation de la Rhénanie.
  • Novembre L’axe Rome-Berlin unissant l’Allemagne et l’Italie est proclamé.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1937

  • Avril Bombardement de Guernica (Espagne) par l’armée Franco aidée de la flotte aérienne allemande (Luftwaffe). Ce bombardement est un vol d’essai pour l’armée aérienne neuve de l’Allemagne nazie.

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22 novembre 2012

L’entre deux guerres dans le monde

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L’entre deux guerres dans le monde

Source : http://objectifbrevet.free.fr/histoire/hist_2_1.htm

L'entre deux guerres dans le monde drapeau-francais-avec-barre2

La FRANCE

I ) Les années Vingt.
    A ) Victoire militaire et défaite humaine.
La guerre est meurtrière, 1,4 millions de morts, 1 million d’invalides, 600000 veuves, 750000 orphelins. Les naissances se sont effondrées et la vague de grippe espagnole en 1919 accélère le phénomène de vieillissement de la population française. Il faut attendre le deuxième semestre 1920 pour que les naissances redeviennent majoritaires.
Les dégâts matériels sont lourds privant le pays de recettes importantes et de débouchés puisque ces principaux partenaires se trouvent dans la même situation. L’endettement du pays provoque une forte inflation qui menace de misère les français dont les revenus sont les plus modestes.
    B ) Une vie politique en mouvement.
- A partir de 1919, la France est secouée par de grandes grèves, annoncées par certains comme le début d’un mouvement révolutionnaire. Cependant les manifestants protestent essentiellement contre la dégradation de leurs conditions de vie et réclament une diminution de la durée du travail, ce qui leur sera accordé avec la fixation de la durée du travail à 48 heures par semaine.
- A gauche, les socialistes se divisent quant à l’attitude à avoir au sujet des révolutionnaires russes. En Décembre 1920, ils se divisent. La majorité adhère à la 3è international socialiste et fonde la Section Française de l’International Communiste ( S.F.I.C. ) avec comme journal l’Humanité. La minorité, dirigée par Léon Blum, reste membre de la S.F.I.O., il fonde un nouveau journal, le Populaire.
- Division politique et syndicale sont de pair. La C.G.T. éclate, une minorité de ses membres créant la C.G.T.U. proche des communistes.
- La France, en 1919, se dote d’une majorité à l’Assemblée constituée en majorité d’anciens combattants, le « Bloc National ». Cette majorité doit faire face aux problèmes liés à la reconstruction. L’occupation de la Ruhr décidé par le président du conseil, Raymond Poincaré est un échec.
En 1924, face à l’échec du Bloc National, les électeurs votent à gauche et permettent au Cartel des Gauches dirigé par Édouard Herriot d’accéder au pouvoir. 6 gouvernement se succèdent entre Juin 1924 et Juillet 1926. Les milieux d’affaires sont hostiles aux différents gouvernements et les radicaux face à la fuite des capitaux lâche les socialistes et s’allient à la droite après l’effondrement du franc.
    C ) Le redressement économique.
Le cartel des gauches mort, les hommes d’affaires rapatrient leurs capitaux en France. Raymond Poincaré entreprend de stabiliser le franc ce qui passe en Juin 1928 par une dévaluation de 80%. Le déficit budgétaire est fortement réduit et la production industrielle reprend à un rythme de 5% l’an. L’action diplomatique menée par Aristide Briand entre 1925 et 1932 permet à la France de retrouver une place importante par son action pour la paix
II ) Les années de crises.
Avec un temps de retard la France est frappée par la crise mais les conséquences en sont plus profondes et plus durables.
    A ) La crise économique.
A la fin de 1930, les productions industrielles et agricole chutent, entraînant un effondrement des prix. Mais le nombre de chômeurs n’atteint pas celui des autres pays touchés. Au plus fort de la crise 7,5% de la population active est au chômage. Cependant si la plupart des pays redémarre dès 1935, la France doit attendre 1938 pour que son économie reprenne le chemin de la croissance sans soute parce que l’industrie n’y joue pas encore un rôle aussi important que ces voisins et que les liens avec son empire lui permettent d’amortir le choc.
La crise fait des victimes, qu’ils soient salariés du privés, petits patrons ou artisans, chômeurs, agriculteurs ou rentiers. Pour diminuer le déficit du budget, le franc subit de nouvelles dévaluation, les prix baissent mais moins vite que les salaires. Les valeurs traditionnelles, la famille, l’épargne ou le travail ne semble plus suffisant pour vivre correctement face à l’enrichissement de quelques uns alors que les étrangers sont prix pour cible.
    B ) La République en danger ?
La situation économique est préoccupante et les hommes politiques semblent incapable de faire face. Les gouvernement se succèdent à un rythme effréné, leur durée de vie n’excède pas 4 mois. Face à cette situation les Français tournent le dos à ces hommes au profit de mouvement extrémistes alors que les scandales politico-financiers se multiplient.
L’Action Française ( royaliste ), les Croix de Feu ou les Jeunesse patriotes (ligues => groupes d’extrême droite anti-parlementaristes ) connaissent un succès grandissant. Leur organisation rappelle celle des mouvements fascistes. En décembre 1933, la révélation de l’affaire Stavisky mouillant un grand nombre d’hommes politiques permet aux ligues de montrer leur force en organisant une manifestation devant la Chambre des Députés. Prévue le 6 Février 1934, elle tourne à l’émeute, une quinzaine de personnes sont tuées, mais les ligues n’ont pas réussies à renverser la République.
La Droite traditionnelle est incapable de réagir et la constitution d’un gouvernement d’Union national ne résout rien.
    C ) La gauche française se rassemble.
Pour la gauche l’échec des Ligues le 6 Février montre le danger fasciste en France. Le 12 février communistes et socialistes organisent une contre-manifestation. Les trois partis de gauches se rapprochent et le 14 Juillet 1935, socialistes, communistes et radicaux défilent unis place de la Bastille. Maurice Thorez ( coco ), Léon Blum ( soc ) et Édouard Daladier ( rad ) signent en Janvier 1936, l’acte de naissance du Front populaire. Ils se dotent d’un programme : « Le pain, la paix et la liberté » et d’une discipline électorale, le désistement systématique pour le candidat du Front le mieux placé au deuxième tour.
Au lendemain du second tour, le 3 mai 1936, les socialistes deviennent le premier parti politique français, le Front populaire remportant 389 des 612 sièges à la chambre ( 63% ).
III ) Le Front populaire.
L’arrivée de la gauche unie au pouvoir se traduit par un vaste mouvement de grève. Deux millions d’ouvriers occupent leurs usines. L’heure est à la négociation.
    A ) L’action du Front populaire.
Léon Blum est chargé de former un nouveau gouvernement, auquel les communistes ne participent pas pour ne pas effrayer et pour garder leur liberté de parole.
Face aux grèves, Blum organise d’importantes négociations entre son gouvernement, les patrons et les syndicats. Le 07 Juin 1936 sont signés les accords de Matignon qui apportent des modifications sociales et économiques.
- Augmentation immédiate des salaires.
- généralisation des conventions collectives ( négociation patron-syndicats ).
- 12 jours de congés payés par an.
- la semaine de 40 heures.
- création de l’Office du Blé pour aider les agriculteurs.
- nationalisation des industries d’armement et d’aviation.
A l’annonce de ces mesures, les ouvriers libèrent les usines, le travail reprend. Mais les difficultés s’accumulent. L’extrême droite multiplient les attaques contre différents ministres. Les patrons sont plus que réticent face aux nouvelles mesures du gouvernement. Mais surtout l’union qui a fait la force du Front populaire résiste mal au problème espagnol. Les communistes acceptent mal la passivité des socialistes et le refus catégorique des radicaux à intervenir pour apporter une aide active aux républicains espagnols.
L’économie française tourne au ralentie, Blum démissionne en Juin 1937. Le radical Chautemps lui succède mais doit s’effacer en Mars 1938. Blum revient aux affaires Jusqu’en Avril 1938, c’est un nouvel échec qui marque la fin du Front populaire.
    B ) L’après Front Populaire.
Une nouvelle majorité se constitue, composée par la droite et les radicaux, elle est dirigée par Édouard Daladier. Globalement les mesures du Front populaire ne sont pas remises en causes mais assouplies pour être accepter par le patronat ce qui permet à l’économie de redémarrer
IV ) Les Français et la France.
A ) La France est une vieille Dame.
Simplement parce que sa puissance n’est qu’apparent avec une empire coloniale important mais une situation démographique des plus préoccupante.
1913 : 41,5 millions d’habitants.
1939 : 41,9 millions
Mais surtout sa population vieillit et depuis 1935, « les cercueils l’emportent sur les berceaux », et cela malgré les mesures natalistes qui interdisent l’utilisation de tous les moyens de contraceptions ou d’avortement. Si entre 1935 et 1939, la population française augmente c’est uniquement grâce à l’immigration.
    B ) La culture française.
Elle est marquée par les colonies avec en 1931, l’exposition coloniale qui attire 34 millions de visiteurs qui montrent les bienfaits de la colonisation françaises.
Le sport est à l’honneur avec le tour de France ( 1934 ) et les Six jours de Bordeaux ou Paris Roubaix.
Les 5 millions de postes T.S.F., les 4000 salles de cinéma, les music-halls permettent aux français de goutter à de nouveaux types de loisirs.
En 1939, la France est un pays vieillie, tourmenté par son instabilité politique et la faiblesse de sa croissance économique. L’insécurité en Europe ne semble pas troubler l’apparente joie de vivre des Français alors que celle-ci semble se rapprocher à grands pas d’un nouveau drame.

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Les Etats Unis

État jeune qui prend son indépendance en 1776 et qui est secoué entre 1861 et 1865 par une crise qui a faillit le faire se diviser entre Nord et Sud sur un problème majeur, celui de l’esclavage. La première guerre mondiale va faire de se jeune pays en plein expansion, la première puissance économique mondial.
Un système politique original :
3 pouvoirs indépendants les uns des autres. le pouvoir judiciaire, avec un système de juges nommés à vie, empêche les nominations de complaisances et les remplacements arbitraires. Le pouvoir législatif divisé en deux chambres, le Sénat et la Chambre des représentants assurent l’essentiel des décisions même si le Président possède un droit de veto qu’il peut utiliser à tout moment.
Les États-Unis connaissent un système bipartite entre Républicains et Démocrates. Les situations de cohabitation sont assez fréquentes ( c’est le cas depuis 1994 entre Bill Clinton, démocrates, et la chambre des représentants et le Sénat, Républicains ).
1 ) Un élan économique sans précédent, 1920-1928.
- La Deuxième révolution industrielle : ce sont les États-Unis qui saisissent en premier l’opportunité offerte par les hydrocarbures et l’électricité. A ces nouvelles sources d’énergie correspondent de nouveaux produits, appareils ménagers, postes de radio, textiles synthétiques et surtout l’automobiles.
- Les méthodes de travail change, l’introduction de la machine dans le processus de fabrication transforme les habitudes de travail. Le machinisme que l’on appelle également TAYLORISME réduit considérablement le temps de fabrication et permet de ce fait d’accroître la production.
Frédéric Winslow Taylor : Ingénieur et économiste américain, 1856-1915, promoteur de l’organisation scientifique du travail, par l’élimination des temps morts et des gestes inutiles.
C’est surtout dans l’automobile que les progrès sont les plus nets. En 1909, une Ford T était assemblée en 14 heures pour un prix de vente de 900 dollars, en 1925, il ne faut plus que 1 heure 30 pour réaliser ce même modèle pour un prix de vente de 300 $. Si c’est gain de productivité sont importants ils se font au détriment de l’originalité, un seul type de voiture, une seule motorisation, une seule couleur, le Noir. Henry Ford :  » Les Américains peuvent choisir la couleur de leur voiture, pourvu qu’ils la choisissent noire ». La production est standardisée.
- le capitalisme Américain voit la création de grands groupes industriels qui regroupent des entreprises produisant les mêmes produits afin d’éliminer la concurrence, ce sont les trusts.
Cette période d’expansion se traduit par une forte augmentation des salaires, à l’image de se que l’on appelle le fordisme, il faut donner aux ouvriers les moyens de consommer, d’acheter et trouvera davantage de motivations au travail.
- « America first ». Si cette période voit une expansion vertigineuse de l’économie, les gouvernements républicains qui se succèdent à partir de 1920, sous les présidences Harding, Coolidge et Hoover, tout en coopérant avec les milieux d’affaires tentent de promouvoir les valeurs traditionnelles de l’Amérique.
- Dans le domaine social, des quotas sont imposés à l’immigration dans un climat d’intolérance et de racisme puisque la plupart de ces quotas sont fixés en fonction de l’origine géographique des migrants. Les étrangers sont mal aimés et rendus responsables de nombreux méfaits, deux italiens SACCO et VANZETTI, anarchistes et réfugiés aux États-Unis sont condamnés à mort en 1921 pour double assassinats qu’ils n’ont pas commis. Des sociétés jusqu’alors secrètes, comme le KU KLUX KLAN créée en 1865, affichent en public leurs théories racistes ou xénophobes, contre tous ceux qui ne sont pas W.A.S.P..
- Dans le domaine moral, le combat pour les valeurs traditionnelles entraînent une réaction puritaine pour combattre les influences de la société moderne, le jeu, l’alcool sont interdits, c’est la prohibition ( 1919 ).
- Sur le plan international, cette prospérité doit rester américaine, et les États-Unis refusent tout engagement extérieur et n’intègre pas la S.D.N. et décide de s’isoler.
De ces années de prospérité sont nées de nouveaux comportements, une nouvelle manière de consommer. Une société uniforme régit l’Amérique que l’on appelle l’American way of Life.
2 ) La crise de 1929.
Contrairement à ce que votre livre pourrait vous faire penser, la crise de 1929 certes est brutale dans l’enchaînement des événements, mais elle ne débute pas en 1929, mais les premiers signes de crises sont antérieurs. La prospérité des États-Unis ne va pas s’effondrer à la suite d’une simple baisse de la bourse.
- Les signes annonciateurs :
- L’agriculture, ce n’est donc pas dans l’industrie que les premiers signes apparaissent, mais dans l’agriculture. La reconstruction de l’agriculture européenne et l’apparition de nouveaux pays producteurs entraînent à partir de 1925 la réapparition d’une surproduction, renforcée par la mécanisation de plus en plus forte de cette agriculture. De petits paysans se trouvent pousser à la faillite et à partir de 1925 plus de 600000 paysans par an quittent leurs terres alors que le salaire des ouvriers agricoles sont à la baisse.
- Les banques connaissent également un phénomène de concentration, trois grandes banques dominent, Mellon, Morgan, Rockfeller. Cette concentration si elle montre le dynamisme de l’économie américaine, est également source de faiblesse, plus le nombre des banques est réduit plus les risques de problèmes financiers sont importants.
- La production industrielle à partir de 1925 a tendance à stagner, le marché intérieur semble presque saturé, mais l’accroissement des ventes à l’extérieur permet aux États-Unis de conserver à son économie un dynamisme certains. A partir de 1928, l’automobile connaît également des problèmes de surproduction.
- La bourse, à partir de 1927 le cours des actions s’envolent, la spéculation se développe, mais pas au profit des entreprises.
- Le 24 Octobre 1929 :
Tout les secteurs de l’économie sont touchés par la surproduction, les stocks constitués effraient certains spéculateurs qui vont essayer de prendre leurs bénéfices avant qu’une tendance à la baisse s’empare de la bourse. Cependant c’est en masse que les actions vont être vendues, 13 millions pour la seule journée du 24 Oct. 1929, sans trouver d’acquéreurs.
Pour essayer de freiner la dégringolade de la bourse de Wall Street, les grandes banques dirigées par Morgan rachètent toutes les actions en circulation. La bourse se redresse mais s’effondre de nouveau quand les banques essaient à leur tour de revendre ces actions. Leur situation financière devient très difficile surtout lorsque les particuliers décident de retirer leurs dépôts en banques. Certaines incapable de restituer l’ensemble des fonds qui leur avait été confiés font faillites.
« La crise nourrit la crise ». Pour écouler leurs stocks, de nombreuses entreprises baissent leurs prix, ce qui entraîne une baisse des salaires et une réduction du pouvoir d’achat. La plupart des entreprises qui vivaient à crédit se retrouvent dans l’incapacité de rembourser leurs emprunts, et sont obligées de fermer, provoquant une croissance rapide du chômage. Malgré la destruction de stock, en 1933, 13 millions de personnes ( 25% de la population active ) se retrouvent au chômage dans une situation dès plus misérable, s’entassant dans des bidonvilles qui par dérision ont été surnommés « Hoovervilles ».
Les Républicains au pouvoir entre 1920 et 1932 vont être rendus responsable de la crise, et lors des élections présidentielles de 1932 ils sont balayés par le candidat démocrate, Franklin Delano Roosevelt.
3 ) Roosevelt et le New-Deal.
Le personnage de Roosevelt est à l’image de la crise qui frappe les États-Unis Démocrate qui a fait ses armes en politique à coté de Wilson, il est frappé en 1921 par une attaque de poliomyélite qui le laisse en partie paralysé. Mais il réussit à s’affranchir de son handicap pour continuer à défendre ses idées. Ce qui lui permet, en 1928, de devenir gouverneur de l’État de New-York.
Il s’entoure d’hommes nouveaux, de jeunes intellectuels, banquiers, journalistes ou professeurs d’université, aux idées parfois opposées, mais qui forment un groupe de réflexions dynamiques : Brain Trust.
L’objectif de Roosevelt est clair, redonné confiance à l’Amérique. Doc. 1 page 60, un plan est conçu, le « New Deal » : la nouvelle donne.
- Le premier New Deal
Le New Deal introduit une grande nouveauté dans le système économique américain par le fait que État intervient directement dans l’économie pour réamorcer le système et assurer une certaine sécurité, Roosevelt ouvre l’ère de État Providence. Roosevelt se fait l’écho des idées d’un économiste américain John Maynard Keynes : le chômage résulte d’une insuffisance de la demande. Le plein-emploi doit donc être rétabli grâce à l’intervention de État, qui mène une politique de réformes.
Mars 1933 : Les clients des banques largement débiteurs ou ayant empruntés obtiennent des délais garantie par État
Mai 1933 : Agricultural Adjustment Act : Les agriculteurs, les « farmers » acceptant de réduire leur production recevront de État des subventions en compensation.
: Tennessee Valley Authority : mise en place de grands travaux pour soutenir l’économie, ponts, routes, barrages hydrauliques, permettant de créer des milliers d’emplois.
Juin 1933 : National Industry Recovery Act : la constitution des trusts est interdite, la durée du travail est réduite, salariés et patrons doivent se concerter pour fixer les salaires et leurs augmentation.
Janvier 1934 : pour soutenir l’industrie et permettre le redémarrage des exportations le dollar est dévalué de 41%.
Mai 1935 : la Cour Suprême déclare le N.I.R.A. inconstitutionnel
Ces premières mesures ne sont pas d’une grande efficacité même si elles ne sont pas sans résultats, la misère continue à progresser au même rythme que le chômage, de nouvelles mesures sont prises, cette fois à caractère sociale.
- Le « second New Deal » :
Juillet 1935 : Loi Wagner accorde la liberté syndicale, les syndicats deviennent les nouveaux interlocuteurs des patrons pour la signatures de conventions collectives.
Août 1935 : création d’une assurance chômage, invalidité et vieillesse, ces mesures sont financés directement par État grâce à l’augmentation du déficit de son budget compenser par la planche à billet.
Janvier 1936 : comme en Mai 1935 la Cour Suprême essaie de bloquer les réformes du New Deal en déclarant l’A.A.A. inconstitutionnel.
Malgré l’opposition de la Cour Suprême à majorité républicaine, les mesures prises par Roosevelt seront appliquer, notamment grâce à sa réélection triomphale de Novembre 1936.
- Le bilan du New Deal.
Dans le domaine économique, les résultats du New Deal reste un semi-échec, car il n’y a pas de retour à la prospérité et de ce fait le nombre des chômeurs reste élevé. Logiquement la misère, sans retour d’une croissance nette continue à progresser.
Sur le plan politique, à l’opposé de certains pays européens, les États-Unis n’ont pas basculé dans les solutions extrémistes.

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l’U.R.S.S.

I ) Naissance et difficultés d’un nouveau Grand : l’U.R.S.S.
1 ) La Révolution russe. ( hors programme )
- Les origines.
Au début du 20è siècle, la Russie est entrée dans la phase du décollage industriel. Les capitaux étrangers y trouvent un terrain favorable et les perspectives de profits semblent illimitées.
Le régime politique est autocratique ( le tsar ne détient son pouvoir que de lui même et n’a de compte à rendre à personne ), même si en 1905 le tsar a du accepter la création d’une assemblée élue ( DOUMA ). Le tsar doit faire face à une double opposition : de la part de la bourgeoisie qui réclame une régime parlementaire et de la part des Socialiste Révolutionnaire, lui même divisé en deux tendances, les bolcheviks ( majoritaire en russe ) dirigés par Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine , et les mencheviks ( minoritaires en russe ), les S.R. étant pourchassés par la police du Tsar.
- La révolution russe – Février 1917.
La situation de la Russie se dégrade avec la guerre, montrant les faiblesses d’un pays dont l’avenir promettait. La nourriture manque et les prix flambent. Pour faire face à cette situation le gouvernement dirigé par KERENSKI met en place des cartes de rationnement. Cette annonce provoque à Petrograd ( St Petersbourg – Leningrad ) des émeutes. Débutant le 23 février, elles prennent un tour inattendues quand le 27, l’armée rejoint les manifestants. Des comités de soldats et d’ouvriers se créent : les SOVIETS.
Le 02 Mars 1917, le tsar n’a d’autre solution que celle d’abdiquer. Un gouvernement provisoire se met en place, composé de libéraux et de socialistes modérés avec comme priorité la continuation de la guerre. Les réformes sociales sont repoussées. Loin d’apaiser les choses, la situation de la Russie ne cesse de se détériorer.
- La révolution bolcheviks – Octobre 1917.
Lénine rentre d’exil en Avril 1917, et il est clair que les bolcheviks doivent prendre le pouvoir pour assurer au peuple la réalisation des revendications des soviets : la paix, le pain, la terre. Au cours de l’été les bolcheviks infiltrent le soviet de Petrograd et en prennent la direction.
Le 23 Octobre, Lénine obtient le vote d’une motion visant le renversement du gouvernement provisoire. La milice armée des bolcheviks, les gardes rouges déclenche l’insurrection armée le 25, jour du congrès des soviets de toute la Russie. La capitale passe sous le contrôle des bolcheviks, Lénine fait voter deux décrets, le premier pour une « paix juste et démocratique », le second abolit la propriété foncière. Les soviets élisent un nouveau gouvernement entièrement bolcheviks, qui prend le nom de Conseil des Commissaires du peuple.
2 ) La défense de la révolution : 1918 – 1924. ( hors programme ).
- Une Russie qui se déchire.
Le premier décret du nouveau gouvernement est réalisée, avec la conclusion de la paix en mars 1918 de Brest-Litovsk. Mais la situation du soviet de Petrograd est loin d’être stable. Le gouvernement révolutionnaire met en place une police politique : la TCHEKA, chargée de traquer les opposants, tsaristes, libéraux et même socialistes. En Juillet 1918, Moscou devient la nouvelle capitale, une nouvelle constitution reconnaît le suffrage universel, mais les exploiteurs du peuple en sont exclus.
L’opposition est de plus en plus forte et violente, des régions entières se révoltent ( Ukraine, Caucase, Sibérie ). Officiers du tsar, propriétaires, bourgeois, troupes étrangères s’allient pour renverser le nouveau pouvoir. Une guerre civile éclate, les bolcheviks qui ne contrôle qu’une petite partie du territoire russe sont dans une situation difficile.
- Le communisme de guerre.
Pour faire face à la situation, le Conseil des Commissaires du peuple, instaure une véritable dictature, qui sera appelé communisme de guerre, dirigé par Lénine. Le Parti communiste, seul parti politique autorisé, est chargé de sauvegarder la révolution par tout les moyens.
Une armée est créée à l’initiative de Trotski ( fondateur de la Pravda ) et placée sous le contrôle de commissaires politiques.
Toute l’économie du pays est placé sous le contrôle de l’État, les industries sont nationalisées, les récoltes réquisitionnées et redistribuées en fonction du mérite ( soldat – ouvrier – paysan – bourgeois )
Si la Russie victime de la guerre civile, n’en est pas moins active à l’extérieur. Pour Lénine la Révolution doit être mondial, et pour se faire il fonde l’International communiste ( KOMINTERN ) afin d’inciter les travailleurs à rejoindre le camp de la Révolution, effrayés par le développement des grèves et des mutineries, les pays ayant envoyés des hommes en Russie les rappellent.
La guerre civile dure jusqu’en 1920, les opposants aux bolcheviks, que l’on appelle les « Blancs » se divisent, et les violences dont ils font preuve les rendent impopulaires. Mieux organisée, l’Armée rouge prend progressivement l’avantage et finit par l’emporter à la fin de l’année 1920.
- La N.E.P. ( la Nouvelle Politique Économique ).
La situation économique de la Russie est désastreuse après trois ans de guerre civile. La famine et les maladies se propagent, tuant plus de 10 millions de personnes. En Février 1921, les marins de Kronstadt ( îlots à l’entrée de Petrograd ) se révoltent en scandant « Vive les soviets sans les bolcheviks ». L’Armée rouge intervient et massacre les révoltés.
Lénine doit mettre fin au communisme de guerre et assouplir la politique économique. La N.E.P. doit répondre à cet objectif.
- État conserve la propriété des terres, mais renonce aux réquisitions forcées. Rétablissement d’un marché libre, possibilité pour un paysan de louer sa terre et de payer des salariés.
- Les petites usines sont rendues à leurs propriétaires, le travail obligatoire est aboli, les capitaux étrangers peuvent être à nouveau utilisés.
=> Ces mesures contribuent à redynamiser l’économie et l’on voit apparaître de nouveaux riches parmi les paysans ( koulaks ) et dans l’industrie ( Nepmem ).
Parallèlement, État est réorganisé et le 30 Décembre 1922, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques est créée, regroupant, la Russie, l’Ukraine, LA Biélorussie et la Transcaucasie.
Le 21 Janvier 1924, à la mort de Lénine, l’U.R.S.S. même si la situation économique est en voie d’amélioration, se pose un vaste problème, qui pour lui succéder ?.
3 ) L’U.R.S.S. de Staline. 1924 – 1941.
- La lutte pour la succession 1924 – 1928.
A la mort de Lénine deux théorie s’oppose, l’une maximaliste avec Trotski pour poursuivre une Révolution mondiale, l’autre minimaliste avec Staline ( secrétaire général du Comité central ) pour « édifier le socialisme dans un seul pays ». Autre question quel sort réservé à la N.E.P., faut-il la poursuivre ou non ?.
Par un jeu d’alliance et de trahison Staline réussit à éliminer son principal rival et obtient son exclusion du P.C. en 1927 et son départ en exil en 1929 au Mexique.
- La stalinisation du pouvoir.
Staline décide d’abandonner la N.E.P. et de placer l’ensemble de l’économie sous le contrôle de État La planification devient le maître mot du nouveau pouvoir.
- la collectivisation des terres.
Pour Staline, les paysans doivent payer la politique industrielle du pays, les koulaks sont arrêtés, leurs biens confisqués, et déportés dans des camps de travail, les goulags. Les paysans deviennent des ouvriers agricoles regroupés de force dans des sovkhozes, alors que les autres paysans travaillent collectivement dans les kolkhozes. Cette politique va coûter la vie à 6 à 8 millions de personnes, et entraîne l’effondrement de la production. En 1935, Staline autorise les kolkhoziens à posséder un lopin de terre dont la production leur est entièrement laissée.
- Une industrialisation forcée.
La priorité est donnée à l’industrie lourde. De grands ensembles industriels surgissent en Oural et dans le Kouzbass. L’U.R.S.S. possèdent à la veille de la 2ème guerre mondiale, la première industrie lourde du monde. Pour la réalisation des objectifs, il est mis en place un commissariat au plan, le GOSPLAN, qui met en place les plans quinquennaux. La propagande invite les ouvriers à rivaliser d’adresse et de rendement pour permettre au pays de se hisser toujours plus haut. L’image des ouvriers les plus méritant est utilisé à des fins de propagande : STAKHANOV ( pour ses records de quantité de charbon extrait en une journée ).
Mais si les progrès de la production industrielle sont incontestés, le niveau de vie de la population reste très faible.
- Un régime totalitaire.
Staline s’entoure de personnes qui lui sont fidèles et à partir de 1935, la N.V.K.D., la nouvelle police politique, est chargée de purger le parti des éléments contre-révolutionnaire. Des fidèles de Lénine, des membres du parti, des chefs de l’armée s’accusent de crimes imaginaires et sont traduits en justice lors de procès retentissant. Malgré cette politique, Staline reste aux yeux de la population comme le fidèle héritier de Lénine et le vrai défenseur de la patrie socialiste. Un véritable culte du chef se développe dans des domaines aussi variés que l’art, les sciences et la littérature et que l’histoire et des documents d’époque sont falsifiés à l’avantage de Staline.

 

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L’Allemagne nazie

A l’Empire disparu a succédé une République dont la capitale est Weimar. Dirigée par des socialistes modérés, le nouveau régime arrive à se sortir des crises qui secouent le pays, mais la crise des années 1930 va lui être fatale.
- Les crises de la République.
+ Une naissance difficile.
A droite, les partisans de l’empire ne veulent pas reconnaître cette République née de la défaite; à gauche les communistes appelés les Spartakistes déclenchent des insurrections armées afin de prendre le pouvoir. Ils sont écrasés à Berlin et Munich.
Cependant, la nouvelle constitution est adoptée et l’Allemagne devient une République parlementaire. Le climat politique est sanglant les attentats se succèdent, cette même année un certain Adolf Hitler, ancien sous-officier de l’armée connue pour ses positions extrémistes et antisémites, est jeté en prison après un putsch manqué. La situation économique est catastrophique. En 1923, il faut 4 milliards de marks pour acheter un dollar. Cependant à partir de 1924, la très nette amélioration de l’économie allemande et surtout la stabilisation du mark dont la valeur est défini par rapport à l’or permet à l’Allemagne de connaître un retour à la prospérité.
Toutefois, des signes inquiétants persistent : la force des formations paramilitaires et la dépendance de l’économie à l’égard des capitaux étrangers et surtout américains.
+ La crise économique.
L’Allemagne est le premier pays européen frappé par la crise. Dès 1930, la production s’effondre. Le retrait massif des capitaux européens entraîne de multiples faillites et la disparition d’entreprises. L’agriculture perd ses débouchés. En 1932, le pays compte 6 millions de chômeurs; les ouvriers et les classes moyennes étant les plus touchés.
+ La montée des extrémismes.
Lors des différentes élections, le score du parti communiste et du parti national socialiste ne font que confirmé le malaise qui est celui de la société allemande. Face à la progression du P.C. allemand des industriels et des financiers vont accordés leur soutien à Hitler qui semble plus rassurant. En 1932, lors des élections présidentielles, Hitler est battu par le président sortant, HINDENBURG, mais recueille 13 millions de voies. Mais il obtient une revanche quand Hindenburg subissant la pression des évènements et des milieux d’affaires le nomme Chancelier, le 30 Janvier 1933.
- Le Troisième Reich.
+ L’Allemagne nazie
L’arrivée d’Hitler au pouvoir marque le début de la nazification du pays. Le 27 Février 1933, le parlement allemand, le Reichstag est détruit par un incendie, commandité par Hitler. Les communistes sont pourchassés. Les partis politiques sont interdits. Le parti nazi est épuré, la vieille garde des S.A., service d’ordre du parti nazi, et anti-capitalistes voient leurs chefs assassinés lors de la nuit des « longs couteaux ».
S.A. : STURM ABTEILUNG : section d’assaut créée en 192, appelée également les chemises brunes, et qui ont permis à Hitler d’accéder au pouvoir.
A la mort du président Hindenburg, le 02 Août 1934, Hitler cumule les titres de chancelier et de président, il devient « Reichsführer ».
A la fin de 1934, le P.N.S. compte 5 millions d’adhérents et contrôle l’intégralité du territoire allemand, tous les Länder étant sous administration nazie.
+ Un système totalitaire.
La population est encadrée pour être mieux contrôlée. Les libertés fondamentales sont abolies. Chaque profession, la jeunesse sont embrigadées dans des associations de propagande qui ont pour objectifs le développement idéologique, physique et militaire de leurs membres.
La police nazie est dirigé par Heinrich Himmler, et comprend les S.S. et la Gestapo.
S.S. : section de protection : créée en 1925 et dirigée par Himmler.
Gestapo : Geheime STAatsPOlizei : police secrète d’État, créée par Hermann Göring
Leurs méthodes sont brutales et dès 1933, des camps de concentration et de travail sont créés, recevant plus d’un million d’allemands jusqu’en 1939.
La propagande nazie emploie les mêmes méthodes employées par Mussolini en Italie et est dirigée par Joseph Goebbels.
Totalitarisme politique, le nazisme se base également sur des théories racistes qui reposent sur l’inégalité des races et la soi-disant supériorité de la race aryenne dont les allemands seraient les meilleurs représentants. ( aryen en sanskrit : les nobles ). Il convient donc de protéger cette race de tout éléments corrupteurs, juifs, communistes, chrétiens, …., y compris par la stérilisation des éléments aryens dégénérés. Les juifs sont les premières victimes et sont exclus de la société par les lois de Nuremberg de 1935 et persécutés à partir de 1938, avec l’organisation de la Nuit de cristal 8-9 Novembre 1938, et éliminés physiquement à partir de 1941, la solution finale.
+ Économie et autarcie.
Pays européen le plus touché par la crise, Hitler à en 1933 près de 9 millions de chômeurs en charge. Le gouvernement lance une politique de grands travaux routiers et urbains et favorise le développement de la construction de l’automobile avec la création de Volkswagen, chaque allemand devant pouvoir avoir sa propre automobile.
A la fin de l’année 1935, l’autarcie est déclarée et l’économie se redresse grâce au lancement d’un vaste programme de réarmement, présenté comme un programme de défense et non comme un programme offensif.
- La paix en otage.
+ Des actes politiques.
Hitler, arrivé au pouvoir ne va pas ou peu rencontrer de résistance en Europe. Sa politique de réarmement ne soulève guère de protestation, ni même quand le service militaire est rétablit en 1935 ou que les troupes allemandes pénètrent en Rhénanie en 1936.
Les allemands interviennent militairement en Espagne dans la guerre civile lui permettant d’essayer en grandeur nature ses nouvelles armes. La ville de Guernica est totalement détruite, 1500 personnes périssant dans les bombardements.
En Novembre 1936, Hitler et Mussolini forme un axe Rome Berlin. L’Allemagne est libre d’agir en Europe de l’Est alors que Mussolini concentre ses efforts dur l’Afrique et l’Éthiopie.
Le 25 Novembre 1936, Allemands et Japonais signent le pacte anti-Komintern, dirigé contre l’U.R.S.S., l’Italie les rejoint en 1937.
+ La conquête d’un espace vital : le Lebensraum.
- Les pressions politiques et économiques sont multiples contre l’Autriche et son président. Après un référendum téléguidé par Hitler, les troupes allemandes pénètrent en Autriche et annexent le pays, c’est l’Anschluss.
- C’est ensuite la jeune République de Tchécoslovaquie qui subit les assauts diplomatiques d’Hitler. Il réclame le rattachement à l’Allemagne de la régions des Sudètes qui compte 3 millions d’allemands. L’Europe semble au bord d’un nouveaux conflits quand les Tchèques mobilisent et appellent leurs alliés Français à l’aide. En Septembre 1938, une conférence se tient à Munich. La Tchécoslovaquie est sacrifiée pour sauver la paix, les Sudètes sont données à l’Allemagne et en Mars 1939, c’est tout le pays qui est sous contrôle allemand.
- L’Allemagne renforce ses alliances avec l’Italie en signant le « Pacte d’Acier ». Mais le coup de tonnerre intervient en Mars 1939, allemands et soviétiques signent un pacte de non-agression qui comprend également une close sur le partage de la Pologne.
- Au mois d’Août 1939, Hitler lance un ultimatum à la Pologne réclamant le rattachement de la ville de Dantzig au Reich. Le 01er Septembre les troupes allemandes envahissent la Pologne, provoquant une déclaration de guerre des Français et des Anglais à l’encontre des Allemands, cependant il faudra attendre Juin 1940 avant que les opérations militaires ne commencent.

 

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L’Italie fasciste

A ) L’Italie passe au fascisme.
- La situation après la première guerre mondiale :
L’Italie bien que victorieuse ne sort pas de la première guerre mondiale intacte, elle doit faire face à trois problèmes importants :
+ Le Nord-est industriel a souffert de la guerre, les destructions sont nombreuses et l’endettement et l’inflation sont particulièrement élevés.
+ La population voit son pouvoir d’achat s’effondrer et le chômage progresser. Les paysans attendent la réforme agraire. Le gouvernement est incapable de prendre la moindre réformes et en 1919, les usines sont occupées et les paysans se partagent les terres des grands propriétaires.
+ Les italiens sont déçus par les conclusions de la guerre, car ils ne reçoivent pas les territoires promis par les alliés. Les mouvements nationalistes et extrémistes prennent de l’ampleur tandis que les partis traditionnels ne peuvent s’entendre.
- L’émergence de Mussolini.
En Mars 1919, Benito Mussolini, ancien socialiste, crée un mouvement extrémiste les « Faisceaux italiens de combat ». Le mouvement recrute les « déçus » dans leur ensemble sans posséder de réel programme politique ou de gouvernement. Malgré un échec aux élections de 1919, Mussolini poursuit dans cette voie et choisit de réaliser des opérations spectaculaires.
Des commandos sont formés et ont pour objectifs de punir dans les villes ou les campagnes, les « rouges », c’est-à-dire les socialistes et les communistes. Dans le climat anarchique et révolutionnaire de l’année 1921, son mouvement connaît une progression foudroyante. En Novembre 1921, Mussolini fonde le parti national fasciste et dote enfin son mouvement d’un programme.
- La prise du pouvoir.
A la fin de l’année 1921, Mussolini est à la tête d’une force politique qui regroupe 700000 adhérents. Cependant les résultats aux élections restent médiocre. C’est donc par la force que Mussolini devra prendre le pouvoir. Les actes terroristes se multiplient sans que l’armée ou la police n’essaient d’intervenir. L’État italien ne cesse de vaciller. En Octobre 1922, Mussolini lance un ultimatum au roi en lui ordonnant de lui donner le pouvoir ou celui-ci ordonnera à ses hommes de s’emparer par la force de Rome. Le 29 Octobre 1922, Victor Emmanuel III cède et fait de Mussolini le chef du gouvernement.
Mussolini se veut rassurant et coopère de bonne grâce avec les parlementaires, mais en 1924, il modifie la loi électorale permettant aux parti fasciste d’emporter la victoire, l’opposition qui dénonce ces pratiques est interdite et l’un de ces représentants, le député socialiste MATTEOTTI est assassiné. Mussolini abandonné par ses alliés mais gardant la confiance du roi, peut désormais agir en toute liberté. Les lois de 1925-26 transforment l’Italie en dictature par les « lois fascistissimes »
B ) La dictature mussolinienne.
- Un État autoritaire.
Le parti national fasciste est le seul parti autorisé, alors que les opposants sont pourchassés, emprisonnés, déportés ou exécutés dans des villes du Sud du pays ou sur des îles de méditerranée.
Mussolini utilise tous les moyens qui sont mis à sa disposition, radio, presse ou cinéma pour sa propagande, de grands rassemblements sont organisés pour maintenir intacte la ferveur populaire.
Les jeunes italiens reçoivent le message de Mussolini dès l’école maternelle où l’éducation doit contribuer à développer la force physique et le civisme dans des organisations para-militaires.
De 4 à 8 ans les garçons forment les « Fils de la louve »
De 8 à 14 ans les « Balillas »
A Partir de 15 ans ils rejoignent les jeunesse fascistes.
La vie des italiens est encadrée par les syndicats fascistes. Tous les métiers sont organisés en corporation. Ne pas avoir sa carte du parti ou du syndicat c’est se voir refuser certains emplois, l’accès à certains loisirs ou tout simplement l’impossibilité d’acheter du pain.
Toute les décisions ne sont plus prises par le gouvernement mais par le Grand conseil fasciste, la milice des chemises noires étant la police politique du parti de Mussolini.
- Les réalisations du fascisme.
Les réalisations du fascisme sont importantes mais ne doivent pas faire oublier les conditions dans lesquelles elles ont été réalisées et surtout le prix payé par les italiens eux-mêmes.
+ A partir de 1927, Mussolini entreprend la bataille du blé, avec la mise en valeur de la plaine du Pô et des zones marécageuses du Nord-Est. La hausse de la production est importante et permet à l’Italie de s’auto alimenter.
+ L’économie est soutenue par une politique de grands travaux, avec la réalisations d’infrastructures de communications et d’urbanisation dans les grandes villes et principalement Rome. Mais le but est double, certes ses constructions ont un objectif pratique mais également sont un moyen de propagande pour Mussolini.
+ Les effets de la crise de 1929 sont limités avec la création de l’Institut pour la Reconstruction Industriel. Mais surtout à partir de 1933, Mussolini décrète que l’Italie doit vivre en autarcie, c’est à dire de sa propre production en limitant au maximum ces importations. Globalement la chute de la production est inférieure à 10 % et l’évolution du chômage très limité.
+ En 1929, les accords du Latran signé avec le pape lui reconnaît le droit de posséder un État le Vatican et à recevoir une indemnité pour les territoires perdus. La religion catholique devient le religion État en Italie.
+ Mussolini développe une politique nataliste, en offrant des primes aux naissances nombreuses, alors que les célibataires se voient contraints de payer de lourds impôts.
- L’Italie fasciste à la veille de la guerre.
Réconcilié avec l’Église romaine, Mussolini va s’opposer au pape au sujet de qui doit avoir la main mise sur la jeunesse, le pape Pie XI réclamant ce contrôle au nom de l’Église catholique. Les deux alliés tire en quelque sorte la couverture chacun de son côté.
Si Mussolini a réussi à faire taire l’opposition intérieure, à l’étranger celle-ci se développe et prend de l’ampleur. Les réfugiés politiques et principalement en France s’organise
A partir de 1935, Mussolini se lance dans une politique de revendications territoriales qui lui donne un regain de sympathie parmi les nationalistes italiens.
C’est donc confiant que Mussolini engage l’Italie dans la guerre en 1940, malgré l’opposition d’une grande partie de la population mais également d’un grand nombre de dirigeants fascistes.

 

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