Milguerres

  • Accueil
  • > Recherche : musee homme resistance

18 avril 2013

La patère de Bizerte – Paul Gauckler – 1895

Classé sous — milguerres @ 19 h 41 min

 retour page d’Accueil

 Une histoire : Bizerte et la France

Culture et patrimoine  

-

Paul Gauckler

Un vase précieux découvert à Bizerte

In: Comptes-rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 38e année, N. 4, 1894. pp. 266-267. doi: 10.3406/crai.1894.70431

SÉANCE DU 27 JUILLET.

M. Gauckler, directeur du Service des antiquités de Tunisie, présente à l’Académie des photographies et un dessin d’un vase précieux , récemment découvert à Bizerte , dans les travaux de dra gage dirigés par M. Gallut, ingénieur de la Compagnie du port.

C’est une patère en argent massif, incrusté et plaqué d’or; elle est ovale, légèrement concave, et munie de deux oreilles plates. Sa longueur atteint ο m. 90 ; elle pèse 9 kilogrammes de métal fin.

L’ornementation de la patère est très riche : le motif central,gravé sur incrustations d’or, représente la lutte d’Apollon et de Marsyas. Le satyre joue de la flûte double devant la Muse, ar bitre du combat; autour de lui sont groupés, suivant leurs sympathies, ses partisans et ses adversaires : Apollon et Athena d’une part, de l’autre Cybèle, un satyre et le jeune berger Olympos.

Le pourtour du plat est occupé par une frise en relief où se succèdent divers tableaux idylliques et champêtres, de style alexandrin.

Sur les oreilles sont figurés, au milieu d’ornements accessoires, un sacrifice rustique à Dionysos et une scène bachique.

Tous ces ornements, ciselés en plein métal, sont exécutés avec un art consommé. La patère de Bizerte est une oeuvre hellénistique qui semble dater des premières années de notre ère.

C’est la pièce d’orfèvrerie la plus précieuse qui ait encore été découverte en Afrique.

M. Gauckler a réussi à en assurer la possession au Musée du Bardo, grâce au concours empressé des directeurs de la Compagnie du port, MM. Couvreur et Hersent, et de l’administrateur délégué à Bizerte, M. Odent, qui ont rendu en cette occasion un service éclatant à la science.

Citer ce document / Cite this document :Gauckler Paul. Un vase précieux découvert à Bizerte. In: Comptes-rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 38e année, N. 4, 1894. pp. 266-267.   http://www.persee.fr

 

_________________________

La patère de Bizerte  

Paul Gauckler   

Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot  

   Année   1895   lien Volume   2   lien Numéro   2-1   lien pp. 77-94

 http://www.persee.fr 

(certainement à voir au musée du Bardo, à Tunis)

 

__________________________________________________________________________________________

nota : il est à préciser que le texte d’origine est ancien et que quelques mots sont illisibles.

Vous trouverez ci-joint un document word avec toutes les notes numérotées de 1 à 39, de cette étude. Bonne lecture ! 

 LA PATERE DE BIZERTE NOTES

_______________________________________

 

 

La patère de Bizerte  - Paul Gauckler - 1895 patere-de-bizerte

Les travaux de dragage entrepris à Bizerte 1 pour approfondir le nouveau chenal qui unit la mer au lac ont amené la découverte d’un certain nombre de débris antiques, provenant, selon toute apparence, de navires naufragés jadis à l’entrée de la passe.

Ce sont pour la plupart des objets de métal, de forme et de nature variées, coulevrines et boulets, ancres et chaînes, tuyaux, ustensiles en bronze de diverses époques. Entraînés par leur poids, ils ont coulé à pic et se sont enfoncés dans le sable, tandis que les épaves plus légères surnageaient et allaient s’échouer sur le rivage.

Les plus remarquables ont été retirés des couches sablonneuses atteintes en dernier lieu par la drague : c’est dans les fonds de cinq à six mètres qui ont été recueillis la tessere en bronze du Pagus Minervius, déjà publiée 2, et deux plats inédits, en argent doré, que je me propose d’étudier ici.

Ils ont été trouvés ensemble.

Du premier, il ne reste que le cercle ciselé du pourtour avec quelques débris de la frise en relief qu’il enveloppait.

Si insignifiants que soient ces fragments, ils suffisent à prouver que ce plat avait la même forme, le même style et les mêmes ornements que le second.

Il est intéressant d’avoir à constater ici, une fois de plus, que les œuvres d’art de ce genre se rencontrent généralement par paire 3.

L’autre plat est mieux conservé; il devait être intact, au moment où la drague l’a ramassé dans un de ses godets : car les entailles qu’il présente sont brillantes, sans dépôt calcaire, ni oxydation; elles sont dues à l’action de la machine, qui a gravement endommagé l’ensemble.

Une large déchirure circulaire a séparé des bords la partie médiane, détruisant presque en totalité une élégante frise en relief. Le reste a peu souffert, bien que sur plusieurs points les placages 5 et les incrustations d’or4 aient été arrachés ou froissés.

 

C’est une patere en argent massif, incrustée et plaquée d’or; dans son état actuel et malgré les mutilations qu’elle a subies, elle pèse encore près de neuf kilogrammes de métal fin 6.

Elle se compose d’un plateau rond, disque d’argent légèrement concave et à bords rabattus, qui repose sur un anneau de base faisant corps avec lui.

Il est orné sur sa face supérieure d’un motif central circulaire, entouré de deux frises concentriques, la première de faible largeur, l’autre plus développée, attenant aux bords. Il n’y a pas trace de graffite au revers. Au plat proprement dit, viennent s’adapter deux oreilles en croissant, qui donnent à l’ensemble une forme ovale très élégante 7.

Elles sont décorées de figures en relief. Au milieu de chaque oreille sont ménagées deux fentes sinueuses où s’engageaient peut-être les poignées dont on se servait pour soulever cette lourde pièce d’orfèvrerie.

Le plateau et les deux oreilles ont été fabriqués séparément, puis réunis par la soudure. Chaque pièce a d’abord été fondue et coulée dans un moule qui lui a donné sa forme générale et son relief; elle a été reprise ensuite au ciselet et au burin et refouillée en plein métal avec un soin minutieux.

Les ornements ainsi obtenus sont entièrement recouverts d’or 8, tandis que dans les fonds unis l’argent reste apparent, l’opposition de teinte des deux métaux servant à faire ressortir les moindres détails des ciselures.

Les procédés de dorure varient d’après la nature des ornements et leur place. Les reliefs des oreilles et de la frise qui court autour du plat sont revêtus de feuilles d’or qui suivent exactement les sinuosités de leur contour , assez minces pour en épouser la surface et reproduire avec une fidélité parfaite toutes les délicatesses du modelé. Les figures de la frise intermédiaire ont d’abord été gravées au burin puis damasquinées. Celles du motif central, au contraire, sont formées de plaquettes d’or silhouettées, qui ont été incrustées d’abord, .et gravées ensuite. Il est à remarquer que les incrustations ne sont pas toutes faites de la même matière : à côté de l’or jaune, identique à celui des placages, apparaît un métal plus terne, une sorte dW blanc 9, où il faut sans doute reconnaître Yelectrum des anciens, et dont l’intervention très discrète suffît à donner plus de clarté à la composition, à souligner l’opposition des chairs nues et des draperies, à distinguer les vêtements de dessous de l’écharpe qui les recouvre.

Le motif qui occupe le milieu du plateau, et que limite une bordure d’un joli caractère, représente le premier épisode de la lutte musicale entre Apollon et Marsyas. Ce sujet, dont la vogue ne commence guère qu’à l’époque d’Alexandre 10, devient rapidement banal. Il n’entre pas dans le cadre de cette étude d’énumérer tous les vases peints, les sarcophages et bas-reliefs, les fresques, les mosaïques, les miroirs, les gemmes, les médailles qui représentent tout ou partie du drame. Une liste, que l’on pourra consulter avec fruit, en a été dressée par Overbeck dans sa Griechische Kunstmythologie 11: elle est très longue et cependant il serait facile de l’augmenter encore 11.

Les séries les plus riches sont celle des vases peints de l’époque hellénistique 12 et celle des sarcophages romains. Elles offrent toutes deux de nombreux points de comparaison avec le plat de Bizerte.

L’aspect extérieur du dessin rappelle les peintures de vases : mêmes procédés pour rendre, ici au pinceau et là au burin, le modelé des chairs, le jeu des muscles et de la physionomie, la disposition des draperies, traversées par ces écharpes de convention, qui viennent rompre la monotonie des lignes trop droites, renforcer celles qui paraîtraient trop grêles, et dont les pans brodés tombent en zigzags partout où il y a un vide à remplir, une transition à ménager.

Par contre, en ce qui concerne l’ordonnance de l’ensemble, le choix et l’attitude des personnages qui prennent part à l’action, le dessin du plat de Bizerte se rapproche davantage des bas-reliefs de sarcophages.

En voici, à mon avis, la raison : les peintures de vases, plus anciennes que les sarcophages, datent d’une époque où le mythe de Marsyas 15  n’était pas encore absolument fixé et n’avait pas reçu cette forme précise et logique qu’il eut au temps d’Auguste, et dont le récit d’Hygin 16  est l’expression la plus complète* Le nombre et la nature des personnages mythologiques assistant au combat varient d’un vase à l’autre, et l’on ne s’explique pas toujours les raisons de leur intervention: leur rôle est mal défini, quelquefois même interverti; c’est ainsi que certaines peintures mettent la cithare dans les mains de Marsyas 16.

Celles qui font du Silène phrygien le protagoniste de la scène sont d’ailleurs assez rares. La plupart s’attachent de préférence au dernier épisode de la lutte, réservant la place d’honneur au dieu grec Apollon : elles célèbrent le triomphe de la musique nationale.

Les sarcophages, au contraire, œuvres gréco-romaines, suivent presque tous fidèlement la tradition éclectique qui réunit et fondit en un seul mythe toutes les légendes d’Athènes et de Phrygie se rapportant au Silène Marsyas ; ils l’expriment d’une manière uniforme, sauf à l’abréger, s’il y a lieu. Pris dans sa plus grande extension, le drame peut être divisé en trois actes :

1° la découverte de la flûte double par Athéna, qui l’abandonne à Marsyas;

2° la lutte musicale entre Apollon et le Silène;

3° le châtiment du vaincu. Certains sarcophages représentent ces trois épisodes, d’autres négligent le premier.

Mais le motif central, le seul qui nous intéresse, est toujours traité de même : le nombre des personnages peut varier d’une sculpture à l’autre, les grandes lignes de la composition ne changent pas. Il est facile de s’en convaincre par les exemples suivants :

1. — Paris, Musée du Louvre 17. — Devant de sarcophage ovale, provenant de la villa Borghése. Les trois épisodes du drame sont figurés. Dans la scène du combat, Apollon tenant la cithare et Marsyas jouant de la flûte double se tiennent l’un à côté de l’autre au milieu du tableau : à la droite de Marsyas (côté gauche du bas-relief) se présentent Athéna et Dionysos, ce dernier accompagné de trois personnages de son cortège; à la gauche d’Apollon, sont Arté- mis et Hermès, avec Olympos à demi-couché à leurs pieds. Cinq Muses garnissent le fond du tableau que ferment à ses deux extrémités deux figures assises qui se regardent : Gybèle d’une part, de l’autre une femme, sur l’identification de laquelle on discute encore 18 : de la main droite, elle fait un geste d’attention, qui suffit à la caractériser.

2. — Rome. Palais Doria Panfili 19. — Sarcophage ovale, presque identique au précédent, mais moins chargé de figures. Manquent : Olympos, et les trois compagnons de Dionysos.

3. — Saïda 20 — Sarcophage rectangulaire, dû au ciseau du sculpteur Hermogènes. Même nombre de personnages que sur le précédent, Athéna et Hermès étant remplacés par deux Muses.

4. — Paris. Musée du Louvre 21. — Sarcophage rectangulaire, de la collection Campana. Les deux derniers épisodes du drame sont seuls figurés. Les personnages de la scène du combat sont moins nombreux, ce qui amène une modification de leur groupement. Apollon tenant la cithare et Marsyas jouant de la flûte double sont placés au milieu du tableau, de part et d’autre d’une femme assise, qui fait le même geste d’attention que sur les bas-reliefs précédents. A droite de Marsyas se tient Athéna, appuyée sur sa lance ; à gauche d’Apollon apparaissent le fleuve Marsyas, couché au premier plan, et, plus en arrière, un jeune homme assis, peut-être un génie local. Dans le fond, Niké, les ailes éployées, s’approche d’Apollon, pour poser sur sa tête la couronne de la victoire.

De ces exemples, qu’il serait aisé de multiplier, il résulte que partout sur les sarcophages, à côté de figures accessoires qui varient d’une œuvre à l’autre, reparaissent un certain nombre de personnages essentiels au drame, tantôt reconnaissables à première vue, tantôt d’attribution incertaine : Apollon, Marsyas, Athéna, Cybèle, la femme assise. Nous allons tous les retrouver ici, gardant la même attitude, mais groupés d’une manière si harmonieuse et si logique, pourvus de rôles si bien définis, qu’il n’y aura plus de doute possible sur la nature de chacun d’eux ; au lieu d’être obligés de recourir aux sarcophages pour expliquer et commenter le dessin du plat de Bizerte, c’est, au contraire, de l’étude de cette œuvre d’art que sortira naturellement la solution des difficultés que présente encore l’interprétation des bas-reliefs déjà connus.

Le sujet du dessin est des plus clairs : on pourrait lui appliquer la définition que donne Pausanias 22 du bas-relief de Praxitèle à Mantinée : MoO«xa jcal Mapcruaç afàôiv. « Une muse, et Marsyas jouant de la flûte. »

La scène représente un paysage, situé sans doute en Phrygie, sur les rives de l’affluent du Méandre qui prendra plus tard le nom de Marsyas : beaucoup de rochers, peu d’herbes et de fleurs; dans le fond, un olivier rabougri 23, l’arbre d’Athéna, auquel on attachera le musicien avant de l’écorcher vif.

Marsyas, objet de l’attention générale, occupe le milieu du tableau et joue de la flûte double. C’est un homme dans la force de l’âge, à la barbe touffue, aux membres robustes. Une peau de lion tombe de son épaule gauche et flotte derrière lui, laissant le corps entièrement nu. La nature animale du Silène phrygien ne se révèle que par les oreilles caprines, pointant dans ses cheveux en désordre. Il est debout, dans une attitude tourmentée 24, que justifie la grandeur de l’effort musculaire qu’il fallait déployer pour tirer des sons de la flûte. Marsyas exagère cet effort, s’imaginant que le secret de l’art musical réside en un déploiement de vigueur physique 25. Tous ses muscles se gonflent et se tendent. Les jambes largement écartées se raidissent. Les bras qui soutiennent les tubes inégaux de la flûte se détachent violemment du corps, pour permettre à la poitrine de se dilater jusqu’à ses dernières limites, et de faire entrer le plus d’air possible dans les poumons. La tête se renverse, les sourcils se froncent, les yeux s’écarquillent, bouche se contracte : tout s’accorde à donner l’impression d’une musique sauvage et rude, ennemie de la mesure, opposée au génie de la race hellénique.

patere-de-bizerte31

La Patère de Bizerte (Motif central)

En face de Marsyas, au premier plan à droite, est assise la femme qui juge le combat. La petite table placée devant elle, et sur laquelle sont déposés la couronne destinée au vainqueur, et peut-être aussi 26, le couteau qui doit servir au supplice du vaincu , ne permet aucun doute sur ses attributions.

C’est donc une des Muses, puisque les textes anciens nous disent qu’elles avaient été choisies comme arbitres par les deux antagonistes 27.

Attitude et costume conviennent parfaitement à son caractère; en ne lui donnant aucun attribut spécial qui permette de la distinguer de ses compagnes, l’artiste s’est conformé aux traditions de l’art grec le plus pur; ce serait aller contre ses intentions que de chercher à préciser davantage.

Vêtue d’une tunique montante à manches, serrée à la taille, et sur laquelle est jetée une écharpe brodée de couleur claire, la Muse écoute le musicien avec une attention soutenue, qu’exprime le geste de la main droite, levée à hauteur du visage, l’index dirigé vers l’oreille. C’est le geste de la femme assise dont nous avons signalé la présence sur les bas-reliefs de sarcophages; il me semble désormais impossible de douter qu’elle représente, dans les scènes où elle apparaît, la Muse anonyme qui juge le combat.

Autour de Marsyas se groupent, suivant leurs sympathies, les personnages les plus directement intéressés à la lutte.

A ses pieds, son élève favori, le jeune berger Olympos, à demi- couché, une jambe étendue, l’autre ramenée sous lui, le buste renversé en arrière, prenant son point d’appui sur la main droite, dont la paume s’applique contre terre. Il est vêtu à la mode asiatique : tunique ajustée et brodée, à longues manches, bouffante à la taille; anaxyrides collantes; chaussures aux pieds. Un bonnet phrygien est posé sur ses cheveux bouclés.

Ce costume, que porte Olympos sur plusieurs monuments figurés, est réservé par d’autres 28  à l’esclave de Pan déposée à terre à côté de l’enfant ne tranchait la question en faveur d’ Olympos 29.

A droite de Marsyas, au premier plan, est assise Cybèle, la grande déesse phrygienne, protectrice naturelle de son compatriote; l’on sait qu’elle avait fait de la flûte double l’instrument consacré de ses fêtes orgiasti ques. La Mère des dieux est figurée dans une attitude traditionnelle, l’avant-bras droit reposant sur un tympanon, la main gauche étendue vers une ciste. Ses cheveux, répartis sur le front en bandeaux ondulés, encadrent le visage de leurs boucles flottantes. Sa tête est ceinte d’une couronne tourelée, d’où tombe un voile qui couvre les épaules et descend dans le dos pour revenir ensuite envelopper les jambes. Une longue robe d’un tissu transparent laisse apparaître les formes pleines et rondes de la déesse, ses seins gonflés par la maternité. Sa physionomie exprime l’anxiété et la tristesse; elle semble prévoir la défaite de son protégé.

Derrière elle, à la place que devrait occuper Dionysos lui-même, se tient un personnage de son thiase, un satyre, couronné de lierre, avec la nebride en écharpe. Il a le nez camard, et la barbe de bouc; assis à gauche, il se retourne à demi sur son siège et s’appuyant de ses deux mains sur un simple bâton, il regarde Marsyas.

Au groupe des partisans du Silène, s’oppose, de l’autre coté du tableau, celui de ses adversaires.

C’est d’abord Apollon, la chevelure relevée en crobyle, le corps presque nu. Debout à côté de son rival qu’il regarde par- dessus l’épaule d’un air méprisant, il se prépare à jouer à son tour; il saisit déjà des deux mains la cithare déposée à côté de lui sur un rocher, pour l’appuyer sur sa cuisse infléchie et haussée, le pied gauche étant placé sur une légère élévation.

Apollon est assisté d’Athéna, coiffée du casque, armée de la lance. La déesse prend une part personnelle à la lutte. Inventrice de la flûte double, elle ne tarda pas cependant à en condamner l’usage, craignant de déformer ses joues; aussi poursuit-elle de sa haine le Silène qui eut l’audace de lui désobéir, en adoptant l’instrument de musique qu’elle avait rejeté.

A côté de ces sept personnages dont la présence est parfaitement justifiée, il n’y a pas de figures de remplissage. La composition, sobre de détails, est d’une conception très serrée. Toutes les parties se tiennent, s’opposent et se balancent avec une symétrie parfaite, que l’artiste a su dissimuler en variant les attitudes, et l’expression des physionomies.

Le dessin semble être la reproduction d’un original d’une bonne époque, peut-être d’une peinture de la seconde école antique. La copie laisse, il est vrai, à désirer. Le silhouettage des plaquettes d’or étant assez grossier, le graveur a dû corriger après coup au burin les défauts de l’incrustation : les deux contours ne coïncident pas. De là un certain flottement dans le dessin, bien que la mise en place des figures soit généralement juste, la structure anatomique bien étudiée, les mouvements indiqués avec précision. Ce qui, dans le détail, prête le plus à la critique, c’est le rendu parfois très, incorrect des mains et des pieds nus.

Deux frises concentriques entourent le motif central. Sur la première se succèdent des amours potelés, alternant avec des griffons, des panthères et d’autres animaux, des corbeilles ou des vases pleins de fleurs ou de fruits, des instruments de musique bachique. Ici encore un damasquinage maladroit a faussé les contours des figures, et fait perdre au dessin gravé une partie de ses mérites 30 .

La seconde frise, bordée de larges fleurons variés et de rais de cœur 31, a plus d’importance que la première, mais elle est moins bien conservée. Sur les sept huitièmes de son étendue, elle disparaît totalement, ou se trouve réduite à l’état de frange, déchirée très irrégulièrement. Par ci par là, apparaissent encore quelques fragments de la décoration : ici un autel, là un arbre, plus loin un bélier, le torse d’un esclave portant un plateau chargé de fruits, ou même le corps entier d’un Silène ou d’une Bacchante.

Une scène est à peu près intacte : à droite, une Mènade danse en frappant du tympanon; un vieillard chauve et obèse dépose son offrande sur un autel allumé qu’abrite un figuier; derrière lui, une matrone pudiquement drapée, et la tête voilée, s’approche traînant par la main un petit garçon qui tient une grappe de raisins ; un esclave qui les suit apporte sur ses épaules une brebis.

Il subsiste également quelques traces d’un tableau d’idylle. Dans un paysage aux plans variés, où l’on aperçoit au loin une chapelle à colonnettes, une femme à demi nue, dans une pose abandonnée, s’entretient avec un homme assis derrière elle, qui tire des victuailles d’une corbeille placée à terre entre ses jambes.

Quelque regrettable que soit la mutilation de cette frise, ce qu’il en reste suffit à nous permettre de restituer d’une manière certaine le plan de l’ensemble. Il se composait d’une soixantaine de personnages, répartis en huit groupes que séparaient des nœuds de bandelettes et des masques bachiques se regardant deux à deux. Au sommet du plat, à sa partie inférieure, à droite et à gauche le long des oreilles, étaient figurées quatre scènes symétriques de sacrifices à Dionysos ; les espaces intermédiaires étaient occupés par quatre scènes idylliques qui se correspondaient avec autant de régularité. Connaissant un élément de chaque série, nous les connaissons tous, au moins dans leurs grandes lignes.

Les oreilles sont ornées avec autant de richesse et de symétrie que la frise. Figures décoratives et attributs divers du culte de Dionysos, cymbales, lièvres broutant les fruits d’une corbeille ou d’un van, panthères terrassant une chèvre ou un âne, masques de satyres, de faunes et de Pan, entourent deux tableaux à quatre personnages, qui s’opposent en même temps qu’ils se correspondent.

A gauche, c’est un sacrifice rustique à Dionysos. L’idole champêtre a conservé la forme archaïque du xoanon, qui se perpétua dans les campagnes longtemps après que les sculpteurs eurent adopté pour leurs statues le type imberbe et jeune du Dionysos praxitélien. Le dieu a le masque barbu, les cheveux noués autour de la tête comme un diadème; il est vêtu d’une tunique d’étoffe à manches longues, fixée à la taille par une ceinture. De la main droite, il s’appuie sur une haute tige de férule fleurie. La main gauche tient un sarment auquel pend une grappe. De part et d’autre de l’idole sont disposés un petit autel carré, où brûle le feu du sacrifice, et un cratère sans anses. Un Silène ventripotent, n’ayant pour tout vêtement qu’un linge noué autour des reins, joue de la flûte double, tandis qu’à droite et à gauche, deux satyres s’approchent sur la pointe des pieds. Entièrement nus tous deux, ils sont caractérisés par la houppette de poils qui se dresse au bas des reins, et par la peau de lion, jetée sur l’épaule ou enroulée autour du bras. L’un d’eux, d’un beau type pastoral, a la barbe et les cheveux longs. Il tient un pedum et traîne après lui un chevreau. L’autre, jeune et imberbe, danse en agitant un thyrse terminé par deux pommes de pin.

A droite, la scène change : Dionysos, représenté cette fois sous les traits d’un éphèbe, est debout, à demi plongé dans Pivresse. Il brandit un thyrse, et passe familièrement son bras gauche autour du cou d’un petit satyre placé à côté de lui, et dont la pose contournée est peu compréhensible : derrière eux bondit une panthère. Une large draperie recouvre en partie de ses plis harmonieux ce groupe assez confus.

A droite et à gauche apparaissent aussi deux satyres, qui regardent le dieu. Le plus vieux a les hras ramenés derrière le dos et semble frappé d’une profonde surprise. L’autre, jeune et imberbe, élevant la main à la hauteur des yeux comme s’il dansait le skopos, fait le geste du Satyre aposkopeuôn que popularisa le peintre hellénistique Antiphilos l’Égyptien 32.

Des roseaux fleuris, un figuier tordu auquel est accroché un tym- panon, un autel surmonté d’un vase, divers instruments de musique bachique remplissent le champ du tableau.

Le style des reliefs diffère de celui du dessin central. Tandis que ce dernier, incorrect par endroits, conserve encore quelque chose de la saveur d’une œuvre originale, ici au contraire l’exécution est irréprochable, charmante de grâce, de délicatesse et de savante naïveté, mais sans accent personnel. Ce n’est qu’un assemblage ingénieux de lieux communs tirés du répertoire courant des artistes de l’époque hellénistique : sacrifices à des dieux auxquels on ne croit plus guère, mais dont le culte éveille des sentiments agréables et voluptueux ; scènes idylliques et champêtres qu’encadrent des passages bucoliques; le tout traité avec ce goût du pittoresque , ce réalisme raffiné , cette recherche du détail joli, même inutile, qui caractérisent le styJe des œuvres de ce temps.

La patere de Bizerte a tous les caractères d’une œuvre alexandrine, mais c’est encore une œuvre grecque : l’ordonnance de l’ensemble demeure harmonieuse ; l’importance des sujets figurés est proportionnée à la place qu’ils occupent, et la logique préside au choix des moyens d’expression comme à la répartition des ornements sur la patere. L’artiste a su respecter le caractère de l’objet qu’il avait à décorer : le milieu du plat, destiné, au moins en théorie, a recevoir les offrandes, reste libre et dégagé, au lieu d’être occupé par un de ces emblèmes en haut relief, dont la présence au fond de la vaisselle romaine est un véritable contre-sens. Là même où les reliefs apparaissent, leur saillie, qui reste dans un rapport constant avec les dimensions des figures, est toujours modérée. Il n’est pas jusqu’aux masques en haut relief qui n’aient leur raison d’être; ils sont placés, pour ainsi dire, en vedette, aux extrémités de chaque oreille pour garantir le plat contre toute chance d’accident, et amortir, le cas échéant, la chute des objets pesants qui pourraient l’écraser.

L’œuvre conserve donc à un haut degré les deux qualités propres au génie de la race hellénique, l’ordre et la mesure. Rien n’y décèle l’influence romaine. Elle ne me semble pas pouvoir être datée d’une époque postérieure au commencement du premier siècle de notre ère.

Depuis longtemps déjà, le goût des pièces d’orfèvrerie ciselées par des artistes alexandrins s’était répandu dans le bassin occidental de la Méditerranée. Dans le pays le plus voisin de la province d’Afrique, en Sicile, chaque famille un peu aisée possédait, au temps de Verres, des vases en argent ciselé pour la célébration du culte domestique : Domus erat, dit Cicéron 33, nulla panilo locupletior , quae in domo haec non esserti, etiamsi nihil esset argenti : patella grandis, gum signis AG simulagris deorum, patera qua mulieres ad res divinas ute- rentur.

Les Africains suivirent la même mode ; à la fin du premier siècle de notre ère, le Nymphée de Cirta renfermait, d’après l’inventaire 34 du trésor du Capitole, six coupes et un canthare en argent rehaussé d’or : scyphi dependentes , auro inluminati, numero sex, cantharum auro inluminatum 35.

Il est permis de supposer que ces vases ressemblaient à la patere de Bizerte. Peut-être étaient-ce aussi des œuvres d’importation alexandrine. Peut-être, au contraire, étaient-ils dus au ciseau de quelque artiste local, comme cet argentier Praecilius 36, dont le tombeau a été retrouvé au bas du Capitole de Cirta, ou comme ces fabri argentarti et ces argentarti caelatores 37 réunis en collège à Càesarea de Maurétanie, que nous fait connaître une inscription de Cherchel.

Le nombre des vases précieux découverts en Afrique est cependant très restreint. L’antiquité païenne ne nous en a encore, à ma connaissance, fourni que deux : un vase en argent repoussé avec deux petites anses, représentant d’une part Mercure debout, tenant le caducée et la bourse, de l’autre un génie portant une corne d’abondance, qui fut trouvé, en 1882, aux environs deTébessa et publié par M. Farges 38, et la patere à manche, en argent doré, avec un Neptune et des scènes de pêche, découverte au cap Chenoua en 1892, et publiée par M. Waille 39.

Ces deux objets, qui ne peuvent, à mon avis, remonter plus haut que le IIIe siècle de notre ère, sont bien inférieurs comme style, comme composition, comme travail au plat de Bizerte; celui-ci est à tous les points de vue la pièce d’orfèvrerie la plus précieuse qui ait encore été découverte en Afrique ; il se place au rang des plus remarquables que nous ait léguées l’antiquité classique.

 patere-de-bizerte2

 

P. GAUGKLER.

Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot  

   Année   1895   lien Volume   2   lien Numéro   2-1   lien pp. 77-94

source : http://www.persee.fr

 

NOTES :

 

1. Les travaux ont été dirigés par M. Gallut, ingénieur de la Compagnie du port de Bizerte, qui a eu le mérite d’assurer la conservation de tous les objets antiques récemment découverts. Ces objets sont réunis aujourd’hui dans un petit musée local au siège même de la Compagnie; seules, deux pièces présentant un intérêt archéologique et artistique de premier ordre, la patere du Pagus Minervius et celle de Bizerte, m’ont été remises, sur ma demande, pour faire partie des collections Alaoui au musée du Bardo. Je suis heureux de pouvoir ici rendre hommage à la courtoisie de MM. les directeurs et ingénieurs de la Compagnie du port, MM. Couvreux et Hersent à Paris, MM. Odent et Gallut à Bizerte, qui se sont empressés de me prêter leur concours en cette circonstance.

2. Héron de Villefosse, Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1893, p. 319, sqq. (Séance du 19 septembre). Gauckler, Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France t 1893, p. 191 (Séance du 28 juin). Gallut, Comptes rendus des réunions de V Académie d’Hippone, 1893, p. XIX (Séance du 15 juin).

3. Héron de Villefosse, Patères découvertes à Aigueblanche (Savoie), Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, 1891, p. 95.

4. Les blessures des placages sont nombreuses, mais peu graves et faciles à réparer. Je n’ai pu entreprendre encore cette restauration, faute d’ouvriers assez habiles et de crédits suffisants pour la mener à bien ; elle s’impose cependant, car les déchirures, les plis et les fronces des feuilles d’or produisent un effet désagréable à l’œil, et ne permettent pas d’apprécier à leur juste valeur les reliefs qu’elles dissimulent. On peut s’en convaincre en examinant nos planches : le modelé du satyre barbu (pi. IX), dont le placage apresque disparu, paraît à première vue bien supérieur à celui des personnages encore recouverts de feuilles d’or, quoique, en réalité, toutes les figures aient la même valeur artistique.

5. Voici la liste Complète des incrustations qui ont été détruites :

Le corps entier du Satyre, moins la jambe droite ; une partie de l’écharpe et de la nèbride ; une partie de la couronne de lierre, le milieu du bâton. — Les pieds, le bas de la robe, une partie du tympanon de Cybèle. — Le pied droit de Marsyas, les deux tubes de la flûte double. — Le corps d’A.théna jusqu’à la ceinture, la lance, le cimier du casque. —

6. Voici les dimensions du plat et de ses diverses parties : Plat. Longueur : 0,92; largeur : 0,65.

Plateau. Diamètre du disque : 0,65; épaisseur moyenne: 0,002; épaisseur maxima comptée avec les reliefs : 0,003; profondeur maxima des évidements entaillés pour recevoir les incrustations : 0,0008; saillie maxima des reliefs : 0,0015. Les bords du disque sont rabattus sur une hauteur de 0,008; l’anneau de base, dont le diamètre atteint 0,42, est un demi-cylindre dont la section plane est appliquée contre le plateau, et dont la hauteur, égale au rayon, est de 0,0005. — Diamètres intérieur et extérieur de la bordure qui entoure le motif central : 0,19 et 0,21. — Diamètres intérieur et extérieur de la première frise concentrique : 0, 33 et 0,355. — Diamètres intérieur et extérieur delà frise du pourtour : 0,50 et 0,645. La frise proprement dite est large de 0,0425, et les bordures entre lesquelles elle est comprise, de 0,015 chaque.

Oreilles. Les oreilles peuvent être inscrites dans une demi-circonférence de 0,195%de rayon; la corde qui sous-tend leurs extrémités est égale au diamètre, long de 0,39. Epaisseur des oreilles sur le bord, qui est renflé : 0,006; épaisseur minima du fond : 0,004; saillie des reliefs sur le fond : 0,002 à 0,006. Saillie des masques bachiques sur les bords : 0,01.

7. Il en est de même pour le plat de Bavay. Cf. Héron de Villefosse et Thédenat, Les Trésors de vaisselle d’argent trouvés en Gaule [Gazette archéologique, 1884, p. 346, lig. 4), et Scureiber, Alexandrinische Torcutik, p. 330, n° 39, fig. 66. Le plat de Bon- donneau, près de Montélimar, dont le musée du Louvre ne possède malheureusement qu’un fragment, devait avoir la même forme. De toutes les pièces d’orfèvrerie antiques, c’est, à ma connaissance, celle qui se rapproche le plus du plat de Bizerte, sinon pour le style, du moins pour la technique, les procédés de ciselure en plein métal et de dorure.

 

8. Sur les pièces d’orfèvrerie de fabrication romaine, dont les reliefs sont le plus souvent en repoussé, la dorure est réservée aux menus ornements, et aux vêtements, à la barbe, aux cheveux des personnages. Il est d’un usage constant que les parties nues soient épargnées et conservent la teinte de l’argent. Cf. Héron de Villefosse et Thédenat, î.c, (Gaz. archéologique, 1883, p. 320).

9. Xp’jG<k Xzjy.Hérodote, I, 30. Ce métal, dont je me propose de faire analyser quelques parcelles, me paraît être un alliage d’or et d’argent. Il est moins brillant que l’or, et certainement moins malléable. Il a fallu donner aux plaquettes d’alliage une épaisseur double de celle d’or pur, pour qu’elles offrissent une résistance égale. Aussi les cavités ménagées pour recevoir les incrustations de cette nature sont-elles plus profondes que les

autres. De là le moyen do reconnaître, à première vue, de quel métal étaient formées les incrustations qui ont disparu.

Voici la liste complète des incrustations d’or blanc :

Satyre : la couronne de lierre, le thyrse, l’écharpe tombant à gauche.

Cybèle : le voile, l’écharpe.

Marsyas : la peau du lion.

Apollon : l’écharpe, les contas et le pied de la lyre.

La Muse : Fécharpe, quelques parties du vôtemcnt, les attributs déposés sur la tablette.

Olympos : le bonnet phrygien, une partie du vêtement brodé, les manches; les deux attributs gisant à terre, près de sa main droite.

Quelques rochers du fond.

Les lleurettes et les oves allongés de la bordure.

10. Overbeck, Griechische Kunstmy litologie, 3e partie, o° livre: Apollon, chapitre 12, p. Ì21.

11. Overbeck, /. c. Ibid., p. 420 à 482.

12. Pour ne citer que deux œuvres de premier ordre, je signalerai le beau sarcophage dliermogènes (Clermont-Ganneau, Recueil d’archéologie orientale, 1883, p. 28a sqq., pi. XV et XVI, et Revue archéologique, 1888, I, p. 160 à 167, pi. VII et VIII) et la mosaïque de Portus Magnus (Saint-Leu, en Algérie), aujourd’hui conservée au Musée d’Oran (la Blanchère, Musée d’Oran, p. 63 sq., et pi. IV : d’après Garl Robert, dont la remarquable étude de la mosaïque de Saint-Leu a été publiée dans le Jahrbuch des le. dettiseli, arcltœol. Instituts, 1890, p. 215-237).

13. Overbeck, /. r., p. 421 à 446, surtout p. 424 à 431, et Atlas, pi. XXIV et XXV passim.

TOME IF. il

14 Overbeck, /. c, p. 455 et sq., et Alias, pi. XXV.

15 Sur l’histoire littéraire du mythe de Marsyas, voyez Michaelis (Annali, 1858, p. 298, sqq.).

16  Hygin. fab. 165. Il est indispensable de reproduire ici ce récit qui sert de thème à la composition figurée sur le plat de Bizerte :

« Minerva tibias dicitur prima ex osse cervino fecisse et ad epulum deorum cantatimi venisse. Juno et Venus, quum eam irridercnt, quod et cwsia erat et buccas inflaret, foeda visa, et incantu irrisa, in Idam sylvam ad fontem venit; ibique cantans in aqua se aspexit et vidit semerito irrisam. Unde tibias ibi abjecit et imprecata est ut quisquis eas sustu- lisset, gravi afficeretur supplicio. (Juas Marsyas, Oeagri filius, pastor, unus ex Satyris, invenit : quibus assidue commeletando, sonum suaviorem in dies faciebat, adeo ut Apol- linem ad citliarae cantum in certamen provocaret. Quo ut Apollo venit, Musas judiccs sumpserunt. Et quum jam Marsyas inde victor discederet, Apollo citharam versabat, idem- que sonus erat; quod Marsyas tibiis facere non potuit. Itaque Apollo victum Marsyam, ad arborem religatum, Scythae tradidit qui eum membratim separavit. Reliquum corpus discipulo Olympo tradidit, e cujus sanguine fliimcn Marsyas est appellatimi. »

16. Par exemple une amphore de Ruvo, de la collection Jatta, -publiée dans les Monumenti, VIII, 42,1 (cf. Overbeck, /. c, p. 426 sq., n° 6, et Allas, pi. XXV, n° o) et un cratère étrusque de Caere », au musée de Rerlin, publié dans YArchaelog. Zeitung, 1884, pi. îî (cf. Overbeck, /. c, p. 428 sq., n° 7, et Atlas, pi. XXV, n° I).

17. Froehner, Notice sur la Sculpture antique au Musée du Louvre, n° 84. Overreck, /. c, p. 455, n° 1, et Atlas, pi. XXV, n° 7.

18 Voir le résumé et la discussion des diverses opinions émises à ce sujet, dans Over- beck, /. c, p. 462 sqq. Cf. aussi Baumeister, Denkmseler, p. 889.

19 Overbeck, /. c, ibid, n° 2 et Atlas, ibid., n° 8.

20 Glermont-Ganneau, /. c.

21 Froehner, /. c, n° 85. Overbeck, /. c, p. 456, n° 8, et Atlas, ibid., n° 9.

22. Pausanias, VIII, 9.

23. En général, c’est un pin. Cf. ApOLLODORE, 1, 4, 2 : Kpsaàaai; è’x twoç ÛTrspTsvouç iutuoç.

24 Elle est traditionnelle et apparaît déjà sur un bas-relief, trouvé à Mantinée par M. Fougères, qui est dû, sinon à Praxitèle, du moins à un sculpteur de son école. Elle a été linement analysée par l’auteur de la découverte dans un article du Bulletin de Correspondance Hellénique, 1888, p. 110 et suiv. et pi. I.

25. TÉyvr,v ó Mapsûaç èvóiuasv slvai. tyiv 8ûva{uv. Palaephat., de Incredibilibus, XLVIII.

26. L’incrustation a disparu : la trace qu’elle a laissée sur le plateau présente une pointe allongée qui semble correspondre à la lame d’un couteau.

27 Musas judices sumpsenint. Hygin./. c.

28 Sur les bas-reliefs de sarcophages, le bourreau porte presque toujours le costume asiatique. Cf. Overbeck,/ c, p ? 471.

Par exemple, sur une peinture d’Herculanum, conservée au Musée de Naples. Cf. Mus Borb., VIII, 10. Overbeck,/. C, Atlas pl. 25, N°13

29 L’attribut placé à côté de la flûte de Pan a la forme d’un cor, mais il est trop mutilé pour pouvoir iHre identifié d’une façon certaine. Ce n’est en tout cas ni un couteau, ni une pierre à aiguiser.

30. La frise se compose de huit couples d’animaux, affrontés de part et d’autre d’un vase à pied ou d’une corbeille chargée de Heurs et de fruits. Chaque groupe est séparé du suivant par un Amour, et un bouquet de Heurs, ou des attributs divers. En parlant du sommet de la frise et en la suivant dans le sens où tournent les aiguilles d’une montre, voici dans quel ordre ils se succèdent :

Groupe 1. Loup, Vase à pied, à panse côtelée, panthère. Amour et fleurs. — 2. Grue, corbeille, griffon. Amour et lïeurs. — 3. Pie,. vase, taureau. Amour et Heurs. — i. Corbeau, corbeille, bouquetin. Amour et van. — 5. Colombe, vase, sanglier. Amour el cor. — (). Pie, corbeille, panthère. Amour et fleurs. — 7. Canard, vase, lion. Amour et flûte de Pan. — 8. Colombe, corbeille, canard. Amour et fleurs.

31. Il n’y a pas deux de ces fleurons qui soient absolument pareils; ils ont été ciselés chacun séparément, et non découpés à remporte-pièce.

32 . Cf. P. Girabd, la Peinture antique, p. 246 et fig. 143.

33. Cicéron, in Verrem, II, 4, 21.

34. Synopsis, C.I.L., VIII, 6981. Cf. aussi Ibidem, 6983, argent rum in Capilolio.

35 H. C.I.L., VIII, 6982.

36. CJ.L., VIII, 7156.

37. Ephemeris Epigraphica, VII, 518.

38. Farges, Comptes rendus des réunions de V Académie d’Hippone, 1883, p. LXV ot pi. X et XL

39. Waille, Bulletin archéologique du Comité des Travaux historiques, 1893, p. 83 à 90 et pi. X. Cf. Schreiber. Alexandrinische Toreutik, p. 329 et fig. 63 et 64.

 

 

 retour page d’Accueil

 Une histoire : Bizerte et la France

Culture et patrimoine  

 

3 avril 2013

L’insurrection géorgienne de Texel

Classé sous — milguerres @ 1 h 33 min

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 

 

L’insurrection géorgienne de Texel  texel

L’insurrection géorgienne de Texel (5 avril 1945 – 20 mai 1945) est une insurrection organisée par des soldatsgéorgiens de la légion géorgienne (ru) sur l’île néerlandaise de Texel, alors occupée par les Allemands durant laSeconde Guerre mondiale. On qualifie parfois l’île, pour cette raison, de « dernier champ de bataille européen2 ».

Cette insurrection se solda toutefois par un échec, avant que les Canadiens ne viennent mettre un terme aux activités 

Texel est au cours de la Seconde Guerre mondiale devenue une pièce maîtresse dans le dispositif allemand du mur de l’Atlantique. Les Géorgiens, des soldats de la république socialiste soviétique de Géorgie, avaient été capturés sur le front russe et avaient choisi, plutôt que de mourir dans les camps de prisonniers, de combattre pour leurs adversaires. Ils étaient cantonnés sur l’île, servant de Hiwi dans le 882e bataillon de la légion géorgienne, une des légions de l’Est, des troupes auxiliaires au service de l’Allemagne (situation analogue à l’Armée Vlassov, principalement composée de soldats russes anti-communistes).

Insigne de la Légion géorgienne au sein de laWehrmacht, reprenant les couleurs de la première république indépendante de Géorgie.

Dans la nuit du 5 au 6 avril 1945, alors que le débarquement des troupes alliées semble imminent, ils entrent en rébellion contre la garnison de 2 000 Allemands présente sur place, qui perdent environ 400 des leurs cette nuit-là. Les insurgés géorgiens parviennent même à s’assurer le contrôle de l’île un court moment, mais ils doivent renoncer à capturer les pièces d’artillerie situées au nord et sud. De ce fait, ils ne peuvent empêcher l’arrivée des renforts allemands. Une contre-offensive est lancée depuis le continent, avec le soutien de blindés, et l’île est reprise par les troupes nazies après plusieurs semaines de combats acharnés.

Au cours de cette « guerre russe », ainsi qu’elle fut baptisée à Texel, environ 800 Allemands3, 570 Géorgiens et 120 habitants de l’île trouvent la mort. Les destructions sont considérables, et des dizaines de fermes partent en fumée. Les combats se poursuivent inutilement après la capitulation allemande concernant les Pays-Bas et le Danemark, le 5 mai 1945, et même après lacapitulation générale 3 jours plus tard. Ce n’est que le 20 mai 1945 que des troupes canadiennes, arrivées sur place, parviennent à pacifier le « dernier champ de bataille européen2 ».

Conséquences

Les Géorgiens tombés au cours de la bataille reposent au cimetière commémoratif d’Hogeberg, près d’Oudeschild. Conformément aux dispositions adoptées lors de la conférence de Yalta, les survivants sont rapatriés de force en Union soviétique par les forces du SMERSH arrivées à Texel. Ces dernières prirent en charge 228 Géorgiens encore en vie, dont 26 ont été choisis et bannis avec leur famille, alors que tous les autres disparurent dans les camps duGoulag1.[réf. nécessaire]

Ceci fut le sort de bon nombre des deux millions de prisonniers de guerre soviétiques rapatriés. Staline ayant toujours considéré la capture ou la capitulation de ses soldats comme un acte de trahison de leur part, à leur retour, la grande majorité fut contrainte au travail forcé4.

Le musée de l’aviation de Texel, situé dans l’aéroport de l’île, abrite une exposition permanente dédiée à cet événement.

Le 18 juillet 2007, le président géorgien Mikheil Saakachvili prononça en conseil des ministres un discours concernant l’insurrection de Texel et observa une minute de silence5, déclarant à cette occasion :

« Plusieurs centaines de soldats géorgiens, complètement dépourvus d’armes, ont désarmé la garnison allemande qui les dépassait en nombre et ont opposé une résistance farouche pendant plusieurs mois. Les Géorgiens ont combattu avec une ardeur héroïque. En même temps il faut insister sur leur mission. Je voudrais dire que ces hommes ont été sous-estimés – bon nombre d’entre eux ont été arrêtés, exilés et le reste de leur vie s’est passé dans la répression. Sans l’effort exceptionnel de Rezo Tabukashvili les événements du Texel auraient été perdus pour l’histoire de la Géorgie. Et c’est quelque chose qui ne devrait pas être oublié car la Géorgie est un pays de héros ».

 

220px-Russen_begraafplaats_Loladze_Texel

Cimetière militaire géorgien sur Texel.

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

2 avril 2013

Le massacre de Wola

Classé sous — milguerres @ 20 h 23 min

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  

 voir L’insurection de Varsovie 

-

  Le massacre de Wola

Le massacre de Wola désigne le meurtre de plusieurs milliers de Polonais du 5 au 8 août 1944, dans le district de Wola, àVarsovie, par la Wehrmacht, lors de l’insurrection de Varsovie.

Il est considéré comme le plus grand massacre de l’histoire de la Pologne, et on estime entre 40 0001 et 100 0002 le nombre de victimes, principalement des civils et des prisonniers de guerre. Les Nazis voulaient étouffer dès le départ toute tentative d’insurrection en terrorisant les habitants de Varsovie ; ils espéraient ainsi briser la volonté de se battre des Polonais et en finir sans être obligés de s’engager dans un difficile combat urbain, mais ils se rendirent compte bientôt qu’ils n’avaient fait qu’exaspérer leurs adversaires3.

Les forces allemandes, notamment les sous-unités de la Sicherheitspolizei et les forces à la réputation sinistre de laSturmbrigade SS Dirlewanger, composées de criminels amnistiés, se rassemblèrent et se mirent à exécuter sans distinction une foule de gens dans le quartier de Wola, vieillards, femmes et enfants, aussi bien que les insurgés faits prisonniers. Ces exécutions massives s’étendirent à des malades et à des membres du personnel soignant des hôpitaux du quartier dont quelques-uns furent brûlés vifs.

Le 5 août, les trois groupes commencèrent leur progression vers l’ouest le long des rues Wolska et Górczewska vers la ligne principale de communication Ouest-Est d’Aleje Jerozolimskie. Leur avance fut arrêtée, mais les régiments de Heinz Reinefarth et d’Oskar Dirlewanger commencèrent à mettre à exécution les ordres d’Heinrich Himmler : derrière les lignes, des groupes spéciaux de SS et les forces de police allaient de maison en maison, rassemblant tous les habitants et tirant sur eux. Des soldats allemands réguliers de la Wehrmacht prirent part aux massacres eux aussi.

Dans son livre The Second World War: A Complete History, à la page 565, Martin Gilbert décrit ainsi l’événement :

Le 5 août, plus de quinze mille civils polonais avaient été assassinés par les troupes allemandes à Varsovie. À 17 heures 30, le général von dem Bach Zelewski donna l’ordre d’arrêter l’exécution des femmes et des enfants. Mais on continua à massacrer tous les hommes polonais que l’on capturait, sans que personne se souciât de savoir s’il s’agissait d’insurgés ou non. Les cosaques et les criminels des brigades Kaminsky et Dirlewanger ne firent même pas attention à l’ordre de von dem Bach Zelewski : violant, massacrant, torturant et incendiant, ils avancèrent dans les quartiers deWola et d’Ochota, tuant encore trente mille civils dans cette boucherie de trois jours, y compris des centaines de malades dans chacun des hôpitaux qui se trouvaient sur leur chemin.

Dans le même temps, les bataillons d’insurgés Zośka et Wacek réussissaient à se rendre maîtres des ruines de l’ancienGhetto et du camp de concentration de Varsovie. La zone devint un des liens de communication principaux entre les insurgés qui luttaient à Wola et ceux qui défendaient la vieille ville de Varsovie. Le 7 août 1944, les forces nazies furent renforcées par des chars, tandis qu’on utilisait des femmes civiles comme boucliers humains4. Après deux jours de combats acharnés, elles réussirent à couper Wola en deux et atteindre la place Bankowy.

Le massacre s’arrêta après qu’Adolf Hitler eut ordonné que les civils capturés fussent envoyés dans des camps de concentration ou employés à des travaux forcés. UnVerbrennungskommando, composé de Polonais qu’on avait choisis, ramassa la plupart des corps de victimes avant de les brûler en plusieurs endroits.

Conséquences

Jusqu’à la mi-septembre, les Nazis abattaient sur-le-champ tous les insurgés capturés. Après l’arrivée à Varsovie du SS-Obergruppenführer Erich von dem Bach (7 août 1944), il devint évident que les atrocités ne faisaient que renforcer la résistance et qu’il fallait trouver une solution politique, du fait que le commandement allemand n’avait à sa disposition que des forces limitées. L’objectif était de remporter une victoire importante pour montrer à l’Armia Krajowa qu’il ne servait à rien de continuer à se battre et la faire capituler.

Le succès ne fut pas immédiat, mais à partir de la fin septembre, certains des combattants polonais capturés furent traités en prisonniers de guerre et on épargna les civils ; finalement les derniers quartiers de Varsovie encore tenus par les insurgés capitulèrent le 2 octobre 1944.

Les principaux responsables étaient Heinz Reinefarth et Oskar Dirlewanger, organisateurs des pires des atrocités. Dirlewanger fut torturé à mort par des gardes militaires polonais après la guerre, mais Reinefarth ne fut jamais inquiété. Une liste de plusieurs anciens soldats de Dirlewanger encore vivants et jamais poursuivis a été établie en mai 2008 par le musée de l’Insurrection de Varsovie5.

Notes et références

  1. ↑ (en) Muzeum Powstania otwarte [archive], BBC Polish edition, 2 cctobre 2004, accédé pour la dernière fois le 13 avril 2007
  2. ↑ (pl) O Powstaniu Warszawskim opowiada prof. Jerzy Kłoczowski [archive], Gazeta Wyborcza - édition locale de Varsovie, 1998-08-01. Accédé pour la dernière fois le 13 avril 2007
  3. ↑ (pl) Site dédié au [archive] musée de l’Insurrection de Varsovie (page en français illisible, page en anglais ou en allemand des plus sommaires, mieux vaut être polonophone)
  4. ↑ (en) 1944: Uprising to free Warsaw begins [archive], BBC News, 1er août
  5. ↑ [(pl) http://www.rp.pl/artykul/135379.html [archive] Odkryta kartoteka zbrodniarzy], Rzeczpospolita, 17-05-2008
File:Uprising mass graves.jpg
Les fosses communes découvertes après la guerre. Chacune d’entre elles contient les restes de dizaines de victimes du massacre de Wola, non identifiées pour la plupart.
N’oublions pas que Varsovie, comme le ghetto, s’est insurgée aussi contre les nazis
Par Élisabeth G. Sledziewski, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Strasbourg (université Robert-Schuman).
Pendant toute une semaine, du samedi 28 juillet au dimanche 5 août, la capitale polonaise a célébré le 63e anniversaire du déclenchement de l’insurrection de Varsovie contre l’occupant nazi, le 1er août 1944. Commémoration solennelle, comme tous les ans depuis la fin du régime communiste qui l’avait si longtemps prohibé, puis toléré sur le tard : en honorant la mémoire des héros et des victimes de leur capitale insurgée, les citoyens de la Pologne démocratique ont dit non seulement leur piété envers les générations sacrifiées, mais aussi leur conscience d’avoir refermé l’abîme du malheur polonais et de s’être enfin réconciliés avec l’histoire. 
Commémoration fervente, à laquelle la présence des derniers anciens combattants, désormais octogénaires ou nonagénaires et chaque année moins nombreux, donnait une exceptionnelle gravité. Difficile, toutefois, de ne pas noter le contraste entre ces belles cérémonies et l’atmosphère politique délétère d’une Pologne en proie à des dissensions et à des scandales ubuesques… tout simplement indignes de ceux qui ont versé leur sang pour sa liberté. Contraste pénible, aussi, entre la mobilisation des Varsoviens, la multiplicité, l’intensité émotionnelle des manifestations organisées pendant huit jours dans la capitale, et l’amnésie persistante dont fait l’objet l’insurrection de l’été 1944 dans le reste du monde, en France notamment.
Ayant souvent l’occasion de présenter au public cette page d’histoire, je remarque que nombre de nos concitoyens, quoique bien informés sur la Seconde Guerre mondiale, continuent de confondre l’insurrection de la capitale polonaise (du 1er août au 2 octobre 1944), contemporaine de la libération de Paris, Lyon et Marseille, avec le soulèvement des derniers habitants du ghetto, seize mois plus tôt, (du 19 avril au 16 mai 1943). Cette confusion s’inscrit à vrai dire dans une méconnaissance plus générale de ce que fut la guerre en Pologne, beaucoup de Français n’en retenant aujourd’hui qu’une seule dimension, l’extermination du peuple juif. Ignorance qui confine au déni de la réalité historique : l’écrasement des insurgés de 1944 par les nazis après presque cinq ans d’occupation barbare, la trahison cynique de l’ex-occupant puis « allié » stalinien. Comme si les horreurs de la Shoah dans la Pologne occupée et/ou annexée par le IIIe Reich annulaient le calvaire de l’ensemble de la nation polonaise, que Hitler avait entrepris de réduire en esclavage dès le 1er septembre 1939. Les Polonais ne comprennent pas ce déni et en souffrent. À l’heure où les relations franco-polonaises se dégèlent, dans le sillage de la visite de Nicolas Sarkozy à Varsovie et des gestes de bonne volonté échangés au sommet, il est urgent de réactiver la confiance entre nos deux peuples en dissipant ce grave malentendu.
Rappelons donc que l’insurrection déclenchée le mardi 1er août 1944 à 17 heures (« l’heure W » = l’heure du combat) le fut à l’initiative des chefs de la résistance polonaise, l’AK (Armée de l’intérieur, sous les ordres du gouvernement en exil à Londres). L’objectif était la libération de la capitale par les forces nationales avant l’arrivée, imminente, de l’Armée rouge. De son côté, radio Moscou encourageait le soulèvement, enjoignant au « peuple frère » de commencer le travail et lui promettant un prompt renfort. L’AK comptait plus de 50 000 hommes dans la région de Varsovie, les autres formations de la résistance, dont une petite armée communiste (AL), un millier. Leurs moyens étaient dérisoires : surtout des grenades et des cocktails Molotov, un fusil pour 25 hommes, un pistolet pour 50 hommes, quelques dizaines d’armes automatiques. On ne distribua même pas la moitié de ce pauvre arsenal, avec trois jours de munitions. 

Après quelques succès remportés par surprise et avec le soutien massif des civils, les insurgés se sentirent trahis. L’artillerie soviétique, toute proche, s’était tue. Staline avait stoppé net le mouvement de ses troupes vers le centre-ville. Il les maintint l’arme au pied aux portes de Varsovie, fermant ses aérodromes pour empêcher tout secours des Alliés. Les nazis, eux, renforçaient leur potentiel terrestre et aérien. Dans la capitale prise au piège, le massacre dura soixante-trois jours. Les troupes SS se déchaînèrent contre les combattants et leurs blessés, mais aussi contre les civils, pratiquant des exécutions de masse comme dans le faubourg de Wola où, du 5 au 8 août, environ 60 000 personnes furent mitraillées ou brûlées dans les caves des immeubles. Sans ressources, abandonnée de tous, à l’exception de quelques héroïques pilotes de la RAF, l’insurrection capitula le 2 octobre. Ses survivants furent emmenés dans le Reich comme prisonniers de guerre. Les civils furent évacués de force puis parqués ou déportés. Sous les ruines de Varsovie détruite à 85 % et réduite, selon le voeu du Führer et au grand bénéfice de Staline, « à un point géographique », on dénombra entre 200 000 et 250 000 morts.

sources 
wikipedia 
http://www.lefigaro.fr/debats/20070809.FIG000000005_n_oublions_pas_que_varsovie_comme_le_ghetto_s_est_insurgee_aussi_contre_les_nazis.html

L’opération Market-Garden

Classé sous — milguerres @ 18 h 41 min

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale   

Opération Market Garden

L'opération Market-Garden 764px-Waves_of_paratroops_land_in_Holland

-

L’opération Market Garden est une opération militaire alliée essentiellement aéroportée de la Seconde Guerre mondiale qui se déroula en septembre 1944. Il s’agissait d’une tentative principalement menée par les armées britanniques de prendre des ponts franchissant les principaux fleuves des Pays-Bas occupés par les Allemands. Le succès aurait permis aux Alliés de contourner la ligne Siegfried et d’accéder à l’un des principaux centres industriels de l’Allemagne, la Ruhr.

Cette opération proposée par Montgomery avait rencontré l’opposition des généraux américains, Patton et Bradley, qui voulaient continuer leur offensive au sud. En fait, la vraie motivation du field-marshall britannique tenait plus du domaine de l’ego que d’une réelle logique stratégique. Selon les témoignages rapportés par le journaliste américano-irlandais Cornelius Ryan, la mésentente entre le commandant en chef du 21e Groupe d’armées britanno-canadiennes et le général Dwight Eisenhower, commandant en chef des forces alliées, atteignait à cette époque des sommets et l’on n’était pas loin du point de rupture entre ces deux fortes personnalités. C’est le moment que choisit Montgomery pour lancer son plan audacieux d’opération aéroportée qui devait permettre de débloquer une situation stratégique bouchée en permettant une percée directe sur la région de la Ruhr, cœur économique du Troisième Reich. Cette idée eut l’air de plaire à Winston Churchill, qui s’en fit le plus convaincant des avocats et obtint gain de cause. Si cette opération avait entièrement réussi, elle aurait peut-être raccourci la durée de la guerre et ouvert de nombreuses et intéressantes opportunités militaires et politiques aux Alliés. Mais ses objectifs finaux ne furent pas atteints malgré la libération d’une partie du territoire néerlandais et la création d’une base d’opérations pour la Bataille de l’Escaut menée par les forces canadiennes.

Opération Market et opération Garden : 
le plan

400px-Marketgarden-2009-31-08

L’opération Market-Garden

L’objectif final de l’opération combinée est de faire passer les blindés de l’autre côté du Rhin à Arnhem afin de se diriger directement vers la Ruhr et de terminer ainsi le conflit plus rapidement. Pour cela, ces derniers doivent franchir les nombreux fleuves et canaux que comptent les Pays-Bas. Les troupes aéroportées ont donc pour mission de s’emparer des ponts intacts situés sur la route Eindhoven-Nimègue-Arnhem tandis que les blindés devront parcourir les 107 km qui les séparent d’Arnhem le plus rapidement possible. Les renseignements qui parviennent à l’état-major (en provenance notamment de la résistance néerlandaise et également des reconnaissances aériennes) font état de mouvements de blindés SS sur Arnhem, mais un certain optimisme règne alors parmi le commandement britannique. Aussi le déclenchement est-il avancé au 17 septembre 1944.

Market : offensive aéroportée

Pour cette opération, l’essentiel des unités de la 1re armée aéroportée alliée sont engagées, le tout étant coiffé par le général britannique Browning.
100px-US_First_Allied_Airborne
Insigne de la First Allied Airborne Army

la 101e division aéroportée américaine du général Taylor sera larguée au nord d’Eindhoven pour s’emparer des ponts du canal Wilhelmine et du Zuid-Willemsvaart
la 82e division aéroportée américaine du général Gavin sera larguée au sud de Nimègue pour prendre possession des ponts de Grave sur la Meuse et de Nimègue sur la Waal ainsi que du canal reliant ces deux fleuves.

150px-US_101st_Airborne_Division_patch.svg
Insigne d’épaule de la 101e division aéroportée américaine

200px-82_ABD_SSI.svg 

enfin la 1re division aéroportée britannique du général Urquhart sera larguée au nord-ouest d’Arnhem afin de s’emparer de son pont.
Ce dispositif est complété par la 1e Brigade indépendante de parachutistes polonais du major-général Sosabowski. Après la prise des objectifs, les troupes aéroportées devront attendre la venue des blindés. La 1re DAB hérite ainsi de la mission de tenir Arnhem pendant quatre jours. Au total, ce sont 34 000 combattants qui viendront du ciel (soit largués en parachute, soit transportés en planeurs) pour ce qui sera la plus grande opération aéroportée de tous les temps.
 

Insigne des Cichociemny

-

Forces allemandes

La déroute de la Wehrmacht au cours des mois de juillet et août 1944 conduit les Alliés à croire que l’armée allemande n’est plus en mesure de reconstituer ses unités détruites. Pendant ces deux mois, la Wehrmacht a en effet subi une série de défaites avec de lourdes pertes. Entre le 6 juin et 14 août, les pertes allemandes s’élèvent à 23 019 tués au combat, 198 616 disparus ou faits prisonniers et 67 240 blessés. Tout en se repliant vers la frontière allemande, la Wehrmacht est souvent harcelée par des attaques aériennes et des bombardements des avions de la RAF et l’USAAF. Les tentatives pour arrêter l’avance alliée semblent souvent infructueuses : les contre-attaques et les positions de barrages sont immédiatement balayées.

Début septembre, la situation évolue. L’échec de la fermeture de la zone de l’estuaire de l’Escaut par le 21e Groupe d’armées britannique permet à 65 000 soldats de la Quinzième armée allemande d’échapper à l’encerclement avec 225 canons et 750 camions grâce à une flottille de cargos, péniches et petits bateaux réquisitionnés. De là, ils se replient aux Pays-Bas .

Adolf Hitler commence à s’intéresser personnellement à la décomposition apparente du groupe d’armées B, qui comprend les armées allemandes dans le Nord de la France, la Belgique et les Pays-Bas. Le 4 septembre, Hitler rappelle le Generalfeldmarschall Gerd von Rundstedt de sa retraite, et le réintègre au commandement de l’OB West, dont il l’avait écarté le 2 juillet. Gerd von Rundstedt remplace le Generalfeldmarschall Walter Model, qui avait pris le commandement à peine 18 jours auparavant. Ce dernier prend alors le commandement du groupe d’armée B.

Le 4 septembre, la 719e division d’infanterie, appartenant au LXXXVIII Korps, commence à se retrancher le long du canal Albert, où elle est bientôt rejointe par les forces du lieutenant-général Kurt Chill. Bien que Chill commande officiellement la 85e division d’infanterie (qui avait subi de lourdes pertes pendant la bataille de Normandie), il prend le commandement des restes de la 84e et 89e divisions d’infanterie au cours de la retraite.

Pendant ce temps, le colonel-général Kurt Student, commandant des Fallschirmjäger, reçoit l’ordre d’Alfred Jodl, de se rendre aux Pays-Bas, où il devra rassembler toutes les unités disponibles et consolider le front près du canal Albert, qui doit être tenu à tout prix. Le rassemblement de toutes ces unités va aboutir à la création de la Première Armée parachutiste. À ce stade, celle-ci comporte sept régiments de Fallschirmjäger et environ 20 000 soldats, auxquels s’ajoutent des batteries anti-aériennes et 25 chasseurs de chars et canons automoteurs.

Le 5 septembre, les forces de Model sont soutenues par l’arrivée du 2e SS-Panzerkorps, qui se compose des 9e et 10e SS Panzerdivision SS sous le commandement du lieutenant général Wilhelm Bittrich. Ces deux divisions blindées d’élite ont subi de lourdes pertes durant la bataille de Normandie et sont en cours de restructuration, les blindés du général Harmel étant déjà sur les trains à destination de l’Allemagne. Model donne l’ordre aux deux divisions de se reposer et de mettre en place des zones de «sûreté» derrière la ligne de front allemande entre Eindhoven et Arnhem. Au moment de l’opération Market-Garden, la 10e Panzer SS Division est composée d’un régiment d’infanterie blindée, d’un bataillon de reconnaissance divisionnaire, de deux bataillons d’artillerie et d’un bataillon du génie, tous partiellement motorisés. Le PC de Bittrich est d’ailleurs proche d’Arnhem, tout comme celui de Model

D’autres formations viennent également renforcer les défenses allemandes. Plusieurs unités SS, dont un bataillon de formation de sous-officiers et un bataillon de réserve de Panzergrenadier, sont prêts à engager le combat. On note également la présence d’un certain nombre de bataillons en formation, de plusieurs bataillons de dépôt de la Panzerdivision Hermann Goering et de diverses unités anti-aériennes, d’artillerie et de police réparties dans tout le Nord des Pays-Bas.

Renseignements
Alliés

Un certain nombre de rapports sur les mouvements des troupes allemandes a atteint le haut commandement des forces alliées, y compris des détails sur l’identité et la localisation des formations blindées allemandes. Le 16 septembre, Bletchley Park décrypte le mouvement de la 9e et 10e Panzerdivision SS à Nimègue et Arnhem, mais Montgomery refuse de modifier les plans du débarquement. Ces informations sur l’emplacement des Panzerdivisions ont été complétées par des photographies aériennes d’Arnhem prises par un vol de reconnaissance de la RAF, ainsi que par des messages de la résistance néerlandaise. Craignant que la 1re division aéroportée puisse être en danger si elle atterrit à Arnhem, l’officier de renseignement de la division, le major Brian Urquhart, organise une réunion avec Browning et lui présente les défenses à Arnhem. Browning rejette ses demandes et ordonne au médecin de la division d’envoyer Urquhart en congé maladie en raison de « tension nerveuse et d’épuisement ».

Allemands

Von Rundstedt et Model prévoient une grande offensive alliée imminente en raison du grand nombre de rapports de renseignement qu’ils reçoivent. L’officier de renseignement du Groupe d’armées B croit que la Seconde armée va lancer une offensive dans la direction de Nimègue, Arnhem et Wesel avec pour principal objectif de parvenir à la zone industrielle de la Ruhr. Il est convaincu que les troupes aéroportées seront utilisées dans cette offensive, mais n’est pas sûr de l’endroit où elles seraient déployées; il soupçonne la région de la ligne Siegfried, au nord d’Aix-la Chapelle ou peut-être même près de la Sarre.

Arnh4

-

Jour 1 : dimanche 17 septembre 1944

Premiers succès

L’opération Market Garden s’ouvre avec succès pour les Alliés. Au premier largage, la quasi-totalité des troupes sont arrivées sur leurs zones de parachutage. Pour la 82e division aéroportée, 89% des soldats débarqués ont atterri sur ou dans les 1 000 mètres de leurs zones de largage et 84% des planeurs se sont posés sur ou dans les 1 000 mètres de leurs zones d’atterrissage. Cela contraste avec les opérations précédentes, où le largage de nuit avait provoqué un dispersement des unités allant jusqu’à 19 km.

Des éléments de la 101e aéroportée en jonction avec la Résistance néerlandaise pendant l’opération Market Garden. La cathédrale en arrière-plan est celle d’Eindhoven.

Dans le sud, la 101e division aéroportée rencontre peu de résistance et capture quatre des cinq ponts. Le pont à Son saute lorsque les parachutistes américains s’approchent de lui, après avoir été retardés par un engagement de courte durée avec un canon de 88mm et une mitrailleuse. Plus tard dans la journée, de petites unités de la 101e se déplacent au sud de Son.

300px-101st_with_members_of_dutch_resistance

Des éléments de la 101e aéroportée en jonction avec la Résistance néerlandaise pendant l’opération Market Garden. La cathédrale en arrière-plan est celle d’Eindhoven.

Au nord, de petits groupes de la 82e progressent vers Grave et prennent le pont à la hâte. Ils ont également réussi à capturer un pont d’une importance vitale, à Heumen, au confluent de la Meuse et du canal qui la relie au Waal. Le but principal de la 82e au cours de de cette journée a été d’occuper les hauteurs de Groesbeek et de créer ainsi une position de blocage afin de prévenir d’une attaque et d’empêcher les observateurs allemands de guider les tirs de l’artillerie. Browning et Gavin ont estimé que cela devait être la priorité de la division. Le 508e Régiment d’infanterie parachutiste a été chargé, si possible de prendre le pont de Nimègue, mais à cause de la mauvaise communication, l’attaque ne commence pas avant la fin de la journée. S’ils l’avaient attaqué plus tôt, ils auraient fait face à seulement une dizaine d’Allemands. Au moment où le 508e attaque, des troupes de reconnaissance du 9e bataillon de reconnaissance de SS arrivent. L’attaque échoue, laissant le pont de Nimègue aux mains des Allemands.

Operation_MARKET-GARDEN_-_82.Airborne_near_Grave
Parachutage de troupes de la 82e division aéroportée près de Grave

Le contrôle de ce pont est vital, contrairement à certains des ponts vers le sud qui enjambent des petites rivières et des canaux et qui peuvent être remplacés par des unités du génie, car les ponts de Nimègue et Arnhem traversent deux bras du Rhin et ne peuvent être remplacés facilement. Si ces ponts ne peuvent pas être capturés et tenus, l’avance de XXXe Corps serait bloquée et l’opération MarketGarden serait vouée à l’échec.

La 1re Division aéroportée atterrit sans incident grave, mais les premiers problèmes apparaissent peu après. Seulement la moitié de la Division est arrivée avec la première vague et seulement la moitié d’entre eux (1ère Brigade de parachutistes) peut avancer vers le pont. Le reste des troupes défend les zones de largage pour le prochain parachutage le jour suivant. Ainsi, l’objectif principal de la division doit être réalisé avec l’effectif d’une demi-brigade. Alors que les parachutistes progressent à l’est d’Arnhem, l’escadron de reconnaissance de la division chemine vers l’avant pour s’emparer du pont. L’escadron constitué de jeep se heurte aux positions défensives allemandes et est obligé de faire retraite.

642px-Four_men_of_the_1st_Paratroop_Battalion
Parachutistes anglais à Arnhem

Deux des trois bataillons de la 1re Brigade de parachutistes, faisant face à une solide résistance allemande, sont contraints à faire halte pour la nuit à Oosterbeek. Le lieutenant-colonel John Frost du 2e bataillon arrive au pont d’Arnhem dans la soirée et met en place des positions défensives à l’extrémité nord. Deux offensives pour capturer le pont et l’extrémité sud sont repoussées.

Problèmes de communication

Les radios britanniques ne fonctionnaient pas quelle que soit la distance. Il a été constaté après l’atterrissage que les radios étaient réglées sur des fréquences différentes, dont deux coïncidaient avec des stations de radio britannique et allemande. De plus, il est également possible que les dizaines de largages qui ont été planifiés puis annulés dans les semaines précédant l’opération aient conduit un déchargement précoce des batteries.

Pour la 1re Division aéroportée, le seul moyen de demander un soutien aérien consiste en deux unités spéciales américaines larguées à Arnhem le même jour. Ces unités sont équipées de Veeps : des jeeps pourvues de radio RCS-193 à très haute fréquence. Malheureusement, les postes radio sont rapidement détruits par des tirs de mortier ; de ce fait, la 1re Airborne dut utiliser des signaux visuels pour communiquer avec la RAF. Cependant, les pilotes avaient l’ordre de ne pas réagir aux signaux venant du sol car il n’y avait pas de moyen facile de distinguer l’ami de l’ennemi, ce qui a conduit à un manque critique de l’appui aérien à Arnhem et Oosterbeek

Avance du XXXe Corps

640px-Sherman_Firefly_tank_of_the_Irish_Guards_Group
Sherman Firefly des Irish Guards

Le lieutenant-général Brian Horrocks reçoit la confirmation du début de l’opération le matin du 17 septembre. À 12 h 30, Horrocks reçoit un signal indiquant que les premières vagues des forces aéroportées ont quitté leurs bases au Royaume-Uni et fixant l’heure de l’attaque au sol à 14 h 35. A 14 h 15, 300 canons ouvrent le feu et exécutent un tir de barrage de 1,6 km de large et 8,0 km de profondeur sur les positions allemandes à Valkenswaard, à l’avant de la ligne de départ du XXXe Corps. Ce tir de barrage est appuyé par sept escadrons d’Hawker Typhoon de la RAF. L’avance est menée par les chars et l’infanterie des Irish Guards. Ces derniers traversent le canal Meuse-Escaut et entrent dans les Pays-Bas à 15 h 00. Après avoir traversé la frontière, les Irish Guards sont pris en embuscade par l’infanterie et les canons antichar allemands le long de la route principale. Après une nouveau tir de barrage de l’artillerie, les Hawker Typhons accomplissent une nouvelle vague sur les positions allemandes. Des soldats allemands capturés révèlent, certains de leur plein gré, d’autres après avoir été menacés, le reste des positions allemandes. Au crépuscule, la ville de Valkenswaard est atteinte et occupée par les Irish Guards.

Horrocks a prévu que les Irish Guards puissent parcourir les 21 km les séparant d’Eindhoven en trois heures, mais ils réussissent à couvrir seulement 11 km. Au premier jour, l’opération a déjà pris du retard. A Valkenswaard, les ingénieurs construisent un pont Bailey de 58 m de long en 12 heures.

Réactions allemandes

Les Allemands comprennent rapidement la situation. Le maréchal Walter Model séjourne à l’Hôtel Tafelberg à Oosterbeek lorsque les Britanniques commencent à atterrir dans la campagne à l’ouest d’Oosterbeek. Désorienté, il conclut qu’ils sont des commandos tentant de l’enlever. Il accomplit alors une course folle pour un endroit plus sûr. En attendant, Wilhelm Bittrich, commandant du 2e SS-Panzerkorps, envoie immédiatement un bataillon de reconnaissance de la 9e Panzerdivision SS à Nimègue pour renforcer la défense du pont. A minuit, Model se représente clairement la situation et donne des ordres qui se révéleront adaptés pour la défense d’Arnhem. La confusion attendue des défenses allemandes contre les opérations aéroportées était absente à Arnhem et l’avantage de la surprise a été réduit par la réaction rapide des forces allemandes.

Jour 2 : lundi 18 septembre 1944

Les météorologues alliés ont prévu que l’Angleterre serait couverte de brouillard le matin du 18 septembre. Le deuxième largage fut reporté de trois heures et d’épais nuages bas ont commencé à se développer sur la partie sud de la zone de combat, puis se sont répandus sur tout la zone durant la journée, ce qui a entravé l’approvisionnement et l’appui aérien (sept des huit prochains jours auront de mauvaises conditions météorologiques et les opérations aériennes ont été annulées le 22 septembre et le 24 septembre).

Zone d’opération de la 1re Airborne

Market-Garden_-_Karte_Verteidigung_von_Arnheim
Largages britanniques sur Arnhem

Jour 1 : dimanche 17 septembre 1944

Premiers succès

L’opération Market Garden s’ouvre avec succès pour les Alliés. Au premier largage, la quasi-totalité des troupes sont arrivées sur leurs zones de parachutage. Pour la 82e division aéroportée, 89% des soldats débarqués ont atterri sur ou dans les 1 000 mètres de leurs zones de largage et 84% des planeurs se sont posés sur ou dans les 1 000 mètres de leurs zones d’atterrissage. Cela contraste avec les opérations précédentes, où le largage de nuit avait provoqué un dispersement des unités allant jusqu’à 19 km.

Des éléments de la 101e aéroportée en jonction avec la Résistance néerlandaise pendant l’opération Market Garden. La cathédrale en arrière-plan est celle d’Eindhoven.

Dans le sud, la 101e division aéroportée rencontre peu de résistance et capture quatre des cinq ponts. Le pont à Son saute lorsque les parachutistes américains s’approchent de lui, après avoir été retardés par un engagement de courte durée avec un canon de 88mm et une mitrailleuse. Plus tard dans la journée, de petites unités de la 101e se déplacent au sud de Son.

300px-101st_with_members_of_dutch_resistance

Des éléments de la 101e aéroportée en jonction avec la Résistance néerlandaise pendant l’opération Market Garden. La cathédrale en arrière-plan est celle d’Eindhoven.

Au nord, de petits groupes de la 82e progressent vers Grave et prennent le pont à la hâte. Ils ont également réussi à capturer un pont d’une importance vitale, à Heumen, au confluent de la Meuse et du canal qui la relie au Waal. Le but principal de la 82e au cours de de cette journée a été d’occuper les hauteurs de Groesbeek et de créer ainsi une position de blocage afin de prévenir d’une attaque et d’empêcher les observateurs allemands de guider les tirs de l’artillerie. Browning et Gavin ont estimé que cela devait être la priorité de la division. Le 508e Régiment d’infanterie parachutiste a été chargé, si possible de prendre le pont de Nimègue, mais à cause de la mauvaise communication, l’attaque ne commence pas avant la fin de la journée. S’ils l’avaient attaqué plus tôt, ils auraient fait face à seulement une dizaine d’Allemands. Au moment où le 508e attaque, des troupes de reconnaissance du 9e bataillon de reconnaissance de SS arrivent. L’attaque échoue, laissant le pont de Nimègue aux mains des Allemands.

Operation_MARKET-GARDEN_-_82.Airborne_near_Grave
Parachutage de troupes de la 82e division aéroportée près de Grave

Le contrôle de ce pont est vital, contrairement à certains des ponts vers le sud qui enjambent des petites rivières et des canaux et qui peuvent être remplacés par des unités du génie, car les ponts de Nimègue et Arnhem traversent deux bras du Rhin et ne peuvent être remplacés facilement. Si ces ponts ne peuvent pas être capturés et tenus, l’avance de XXXe Corps serait bloquée et l’opération MarketGarden serait vouée à l’échec.

La 1re Division aéroportée atterrit sans incident grave, mais les premiers problèmes apparaissent peu après. Seulement la moitié de la Division est arrivée avec la première vague et seulement la moitié d’entre eux (1ère Brigade de parachutistes) peut avancer vers le pont. Le reste des troupes défend les zones de largage pour le prochain parachutage le jour suivant. Ainsi, l’objectif principal de la division doit être réalisé avec l’effectif d’une demi-brigade. Alors que les parachutistes progressent à l’est d’Arnhem, l’escadron de reconnaissance de la division chemine vers l’avant pour s’emparer du pont. L’escadron constitué de jeep se heurte aux positions défensives allemandes et est obligé de faire retraite.

642px-Four_men_of_the_1st_Paratroop_Battalion
Parachutistes anglais à Arnhem

Deux des trois bataillons de la 1re Brigade de parachutistes, faisant face à une solide résistance allemande, sont contraints à faire halte pour la nuit à Oosterbeek. Le lieutenant-colonel John Frost du 2e bataillon arrive au pont d’Arnhem dans la soirée et met en place des positions défensives à l’extrémité nord. Deux offensives pour capturer le pont et l’extrémité sud sont repoussées.

Problèmes de communication

Les radios britanniques ne fonctionnaient pas quelle que soit la distance. Il a été constaté après l’atterrissage que les radios étaient réglées sur des fréquences différentes, dont deux coïncidaient avec des stations de radio britannique et allemande. De plus, il est également possible que les dizaines de largages qui ont été planifiés puis annulés dans les semaines précédant l’opération aient conduit un déchargement précoce des batteries.

Pour la 1re Division aéroportée, le seul moyen de demander un soutien aérien consiste en deux unités spéciales américaines larguées à Arnhem le même jour. Ces unités sont équipées de Veeps : des jeeps pourvues de radio RCS-193 à très haute fréquence. Malheureusement, les postes radio sont rapidement détruits par des tirs de mortier ; de ce fait, la 1re Airborne dut utiliser des signaux visuels pour communiquer avec la RAF. Cependant, les pilotes avaient l’ordre de ne pas réagir aux signaux venant du sol car il n’y avait pas de moyen facile de distinguer l’ami de l’ennemi, ce qui a conduit à un manque critique de l’appui aérien à Arnhem et Oosterbeek

Avance du XXXe Corps

640px-Sherman_Firefly_tank_of_the_Irish_Guards_Group
Sherman Firefly des Irish Guards

Le lieutenant-général Brian Horrocks reçoit la confirmation du début de l’opération le matin du 17 septembre. À 12 h 30, Horrocks reçoit un signal indiquant que les premières vagues des forces aéroportées ont quitté leurs bases au Royaume-Uni et fixant l’heure de l’attaque au sol à 14 h 35. A 14 h 15, 300 canons ouvrent le feu et exécutent un tir de barrage de 1,6 km de large et 8,0 km de profondeur sur les positions allemandes à Valkenswaard, à l’avant de la ligne de départ du XXXe Corps. Ce tir de barrage est appuyé par sept escadrons d’Hawker Typhoon de la RAF. L’avance est menée par les chars et l’infanterie des Irish Guards. Ces derniers traversent le canal Meuse-Escaut et entrent dans les Pays-Bas à 15 h 00. Après avoir traversé la frontière, les Irish Guards sont pris en embuscade par l’infanterie et les canons antichar allemands le long de la route principale. Après une nouveau tir de barrage de l’artillerie, les Hawker Typhons accomplissent une nouvelle vague sur les positions allemandes. Des soldats allemands capturés révèlent, certains de leur plein gré, d’autres après avoir été menacés, le reste des positions allemandes. Au crépuscule, la ville de Valkenswaard est atteinte et occupée par les Irish Guards.

Horrocks a prévu que les Irish Guards puissent parcourir les 21 km les séparant d’Eindhoven en trois heures, mais ils réussissent à couvrir seulement 11 km. Au premier jour, l’opération a déjà pris du retard. A Valkenswaard, les ingénieurs construisent un pont Bailey de 58 m de long en 12 heures.

Réactions allemandes

Les Allemands comprennent rapidement la situation. Le maréchal Walter Model séjourne à l’Hôtel Tafelberg à Oosterbeek lorsque les Britanniques commencent à atterrir dans la campagne à l’ouest d’Oosterbeek. Désorienté, il conclut qu’ils sont des commandos tentant de l’enlever. Il accomplit alors une course folle pour un endroit plus sûr. En attendant, Wilhelm Bittrich, commandant du 2e SS-Panzerkorps, envoie immédiatement un bataillon de reconnaissance de la 9e Panzerdivision SS à Nimègue pour renforcer la défense du pont. A minuit, Model se représente clairement la situation et donne des ordres qui se révéleront adaptés pour la défense d’Arnhem. La confusion attendue des défenses allemandes contre les opérations aéroportées était absente à Arnhem et l’avantage de la surprise a été réduit par la réaction rapide des forces allemandes.

Jour 2 : lundi 18 septembre 1944

Les météorologues alliés ont prévu que l’Angleterre serait couverte de brouillard le matin du 18 septembre. Le deuxième largage fut reporté de trois heures et d’épais nuages bas ont commencé à se développer sur la partie sud de la zone de combat, puis se sont répandus sur tout la zone durant la journée, ce qui a entravé l’approvisionnement et l’appui aérien (sept des huit prochains jours auront de mauvaises conditions météorologiques et les opérations aériennes ont été annulées le 22 septembre et le 24 septembre).

Zone d’opération de la 1re Airborne

Market-Garden_-_Karte_Verteidigung_von_Arnheim
Largages britanniques sur Arnhem


9]

Largages britanniques sur ArnhemLes 1er et 3e bataillons de parachutistes avancent vers le pont d’Arnhem pendant les premières heures du 18 septembre et font de bons progrès, mais sont stoppés par les Allemands. Subissant de lourdes pertes, ils sont obligés de stopper leur progression.

Tôt dans la journée le 9e bataillon de reconnaissance de SS (envoyé au sud la veille) conclut que sa présence n’est pas nécessaire à Nimègue et retourne à Arnhem. Bien conscient que des troupes britanniques tiennent le pont, il tente de le franchir par la force mais est repoussé et subit de lourdes pertes, y compris son commandant, le SS-Hauptsturmführer Gräbner.

À la fin de la journée, les 1er et 3e bataillons de parachutistes, qui ne comptent plus que 200 hommes, soit un sixième de leur force originelle, sont entrés dans Arnhem et sont à environ à 2 km du pont. La plupart des officiers et sous-officiers sont tués, blessés ou capturés. Le deuxième largage est retardé par le brouillard, mais atterrit avec tous ses effectifs : la 4e brigade de parachutistes composé des 10e, 11e et 156e bataillons du régiment de parachutistes, commandée par le général de brigade John Winthrop Hackett et les compagnies C et D du 2e South Staffordshire Regiment.[/size]

Zone d’opération de la 82e Airborne 

623px-Market-Garden_-_Karte_Nimwegen
Largages de la 82è à Nimègue
Largages de la 82e à NimègueGrave s’avère bien défendu et les forces allemandes continuent à faire pression sur la 82e déployée sur les hauteurs de Groesbeek. Le 505e Régiment de parachutistes d’infanterie défend Horst, Grafwegen et Riethorst des contre-attaques allemandes. Tôt dans la journée, une contre-attaque allemande capture l’une des zones de parachutage allié, où le deuxième largage est prévu pour 13 h 00. Le 508e Régiment de parachutistes d’infanterie attaque à 13 h 10 et reprend la zone à 14 h 00, capturant 149 prisonniers et 16 pièces de DCA allemandes. Retardée par la météo en Grande-Bretagne, le deuxième largage n’arrivera qu’à 15 h 30. Ce largage incorpore des éléments de la 319e et 320e des Glider Field Artillery , le 456e bataillon de Parachute Field Artillery et des éléments de soutien médical. Vingt minutes plus tard, 135 bombardiers B-24 larguent des équipements, dont 80% sont récupérées.

Zones d’opération de la 101e Airborne et du XXXe Corps
368px-Market-Garden_-_Karte_Eindhoven

Largages de la 101e à Eindhoven

Largages de la 101e à EindhovenSuite à la perte du pont à Son, la 101e, tente, sans succès, de capturer un pont à Best, situé à quelques kilomètres, mais la tentative est repoussée. D’autres unités se déplacent vers le sud et parviennent finalement à l’extrémité nord de la ville d’Eindhoven.
À 06 h 00, les Irish Guards continuent d’avancer tout en faisant face à la résistance déterminée de l’infanterie et des chars allemands. À 16 h 00, un contact radio alerte la force principale que le pont Son a été détruit et qu’un pont Bailey est demandé pour le remplacer. À la tombée de la nuit, les Guards Armoured Division sont établis dans la région d’Eindhoven. Toutefois les colonnes de transport sont gênées dans les rues étroites de la ville et sont soumises à des bombardements aériens allemands au cours de la nuit. Finalement, les ingénieurs du XXXe Corps, aidés par des prisonniers de guerre allemands, construisent un pont Bailey en 10 heures sur le canal Wilhelmine.

Pendant la journée, les Britanniques du VIIIe et XIIe Corps, en soutenant l’attaque principale, ont aménagé plusieurs têtes de pont sur le canal Meuse-Escaut tout en faisant face à une vive résistance allemande. Tout au long de la journée, des attaques allemandes ont été lancées contre le XXXe Corps et contre les têtes de pont sur le canal Meuse-Escaut, le tout sans succès.

Jour 3 : mardi 19 septembre 1944

Aux premières heures du jour, le 1er et 3e bataillon, ainsi que 2e South Staffordshires essaient de rallier le pont d’Arnhem, tenu tant bien que mal par le 2e bataillon de Frost. Quand l’aube se lève, le 1er bataillon est repéré et arrêté devant la principale ligne de défense allemande. Pris sous un feu croisé, le 1er Bataillon est désintégré et ce qui reste du 3ème Bataillon est contraint à la retraite vers Oosterbeek.
Aerial_view_of_the_bridge_over_the_Neder_Rijn,_Arnhem

Vue aérienne du pont d’Arnhem (19 septembre 1944).

Le 2e bataillon (environ 600 hommes) tient encore l’extrémité nord du pont d’Arnhem. Les Allemands comprenant que les attaques d’infanterie, comme celles qui ont été repoussés dans le sang la veille, sont inutiles, bombardent les positions britanniques avec des mortiers, de l’artillerie et des chars ; ils démolissent systématiquement chaque maison afin d’en déloger les défenseurs. Cependant, les Britanniques s’accrochent à leurs positions

Oosterbeek

British_paratroopers_in_Oosterbeek
Parachutistes britanniques à Oosterbeek

Au nord d’Oosterbeek, la 4e brigade de parachutistes tente de percer les lignes allemandes, mais les difficultés de communication et la résistance ennemie causent l’échec de l’attaque. La 1re division aéroportée a subi de lourdes pertes et a perdu sa capacité offensive. Dans l’impossibilité d’aider le lieutenant-colonel Frost sur le pont, les autres bataillons se retirent à Oosterbeek et installent une tête de pont défensive sur la rive nord du Rhin. Au même moment commencent à atterrir les planeurs transportant les Polonais de 1re Brigade indépendante de parachutistes, des canons anti-chars et des véhicules, jusque-là bloqués en Angleterre par un brouillard épais. Soudain, un Messerschmitt apparaît et fait feu sur les planeurs. Avant même de pouvoir toucher terre, de nombreux planeurs sont détruits.

L’approvisionnement devient critique : la zone de largage est aux mains des Allemands. En conséquence, les Britanniques se retrouvent avec seulement 10% des équipements parachutés.

Nimègue

Hells_Highway_towards_Nijmegen
Char Cromwell le long de l’Hell’s Highway entre Eindhoven et Nimègue

À 08 h 20, le premier contact est fait entre le XXXe Corps de le 504e Régiment de parachutistes d’infanterie. À 08 h 30 la division blindée des Guards du XXXe Corps entre dans Grave. La force principale arrive trois heures plus tard. À ce moment, selon le plan, le XXXe Corps devrait être à Arnhem. Une tentative de prendre le pont de Nimègue échoue. Gavin propose alors le plan suivant : les parachutistes du 504e Parachute Infantry Regiment doivent traverser le fleuve en bateau, 2 km en aval du pont. Arrivés sur la rive opposée, ils doivent capturer l’extrémité nord du pont puis faire la jonction avec le XXXe corps qui s’avancera sur le pont depuis l’extrémité sud. Malheureusement, les bateaux, demandés pour la fin de l’après-midi, n’arrivent pas.

Une tentative d’approvisionnement de 35 C-47 (sur 60 envoyés) échoue, les fournitures n’ayant pu être récupérés. Le mauvais temps sur les bases anglaises a empêché les planeurs transportant le 325e Glider Infantry Regiment de décoller, mettant fin à tout espoir de renforts pour la 82e Airborne.

Eindhoven-Veghel

Dans le sud, les unités de la 101e qui ont pris Best la veille sont contraintes de faire retraite face à une contre-attaque de Fallschirmjäger dans la matinée. Les chars britanniques arrivent au cours de la journée et repoussent les Allemands vers la fin de l’après-midi capturant au passage environ 1 000 prisonniers. Dans la journée, des chars Panther arrivent à Son, faisant feu sur le pont Bailey. Un canon anti-char britannique de 57 mm, récemment débarqué, réagit rapidement et élimine quelques-uns des chars. Les Panthers restants se retirent sans causer de dégâts au pont. Dans la nuit, la Luftwaffe bombarde Eindhoven. La flotte aérienne composée essentiellement de Junkers Ju-87 et de Dornier Do-17 surprend la population qui n’a pas le temps de se mettre à l’abri. On déplore plus de 200 morts et 800 blessés parmi les habitants.

Jour 4 : mercredi 20 septembre 1944
Arnhem

Bundesarchiv_Bild_183-S73820%2C_Arnheim%2C_britische_Gefangene
Prisonniers britanniques à Arnhem

Le 2e bataillon du lieutenant-colonel John Frost tient encore le pont d’Arnhem, bien qu’il n’y ait plus d’espoir que le XXXe Corps les rejoigne. L’après-midi, les positions britanniques autour de l’extrémité nord du pont d’Arnhem se sont considérablement affaiblies. Une grave pénurie de munitions anti-char permet aux blindés allemands de détruire les positions britanniques à bout-portant. La nourriture, l’eau et les fournitures médicales se font rares, de nombreux bâtiments sont en feu et, devant le risque d’effondrement, une trêve de deux heures est organisée pour évacuer les blessés (dont le lieutenant-colonel Frost) en captivité. Frederick Gough remplace Frost au commandement du bataillon.

Les Allemands viennent à bout des poches de résistance tout au long de la journée, prenant le contrôle de l’extrémité nord du pont au crépuscule, ce qui leur permet d’envoyer des renforts plus au sud, à Nimègue. Le reste des troupes britanniques continue de se battre, parfois au couteau, mais la lutte se termine le jeudi matin, vers 9 h 00, la quasi-totalité des soldats étant faits prisonniers. Le dernier message radio diffusé à partir du pont – « Plus de munitions. God save the King» – n’a été entendu que par les opérateurs radio allemands.

Nimègue

British_XXX_Corps_cross_the_road_bridge_at_Nijmegen_
Sherman du XXXe Corps traversant le pont de Nimègue

Les bateaux demandés la veille par la 82e Airborne arrivent dans l’après-midi et l’ordre d’assaut est donné. À environ 15h00, les Américains du 504e régiment de parachutistes d’infanterie traversent avec 26 bateaux d’assaut en toile les 365 mètres qui les séparent de la rive opposée. Une pénurie de pagaies oblige certains soldats à pagayer avec les crosses de leurs fusils. Environ la moitié des bateaux parvient à traverser sous un feu nourri. Les soldats survivants prennent d’assaut l’extrémité nord du pont. Les forces allemandes se retirent et le pont est sécurisé entièrement à 19h10. Beaucoup d’explosifs ont été trouvés sur le pont, mais pour une raison alors inconnue, les Allemands n’ont pas réussi à faire sauter le pont avant la traversée des chars britanniques. On sait aujourd’hui que les câbles des explosifs ont été coupés par le jeune résistant néerlandais Jan van Hoof. L’attaque a été coûteuse et fut surnommé « Little Omaha » en référence à la plage d’Omaha Beach

Lorsque le lieutenant-général Dempsey de la Deuxième Armée rencontre le général Gavin, commandant de la 82e division aéroportée, il aurait déclaré (en référence à l’attaque de Nimègue), « Je suis fier de rencontrer le commandant de la plus grande division du monde actuel » (« I am proud to meet the commander of the greatest Division in the world »).

Eindhoven

Les parachutistes de la 101e division aéroportée sont attaqués par la 107e brigade blindée allemande soutenue par des troupes SS. Les Américains luttent longtemps et sont finalement secourus in extremis par les chars du XXXe Corps qui repoussent les Allemands. Toutefois ces derniers continuent à harceler l’autoroute reliant Eindhoven à Nimègue.

Limiter les pertes

Le réduit constitué par Urquart ne peut joindre les Polonais de Sosabowski qui, largués n’importe comment peu de temps auparavant, ont été massacrés ou capturés. Afin d’éviter une destruction totale de la première division aéroportée, le général Urquart décide d’évacuer afin de tenter de rejoindre les lignes américaines et celles du XXXe corps. Le 25 et 26 septembre, soit 9 jours après les premiers largages, les rescapés regagnent les lignes alliées.

Résultats et Bilan humain

L’opération est un échec complet sur le plan des effectifs engagés, en revanche ce n’est qu’un demi-échec pour les objectifs. Depuis ce temps, et en mémoire des Diables Rouges tombés, notamment ceux du colonel Frost, les parachutistes britanniques portent un ruban noir derrière leur béret ; mais la légende des anciens du Parachute Regiment veut que ce soit en souvenir de la trahison de l’un des leurs, un parachutiste capturé qui aurait craqué sous la torture, que les parachutistes britanniques arborent un ruban noir à leur couvre-chef. Le colonel Frost et ses hommes ont été des hommes d’honneur, des combattants mais surtout des résistants. D’assiégeants, ils sont devenus assiégés ; on leur avait demandé de tenir deux jours, ils ont tenu plus d’une semaine, soit neuf jours et neuf nuits, sans renfort, ni repos.

Au total, du côté allié les pertes humaines s’élevèrent à 16 805 hommes tués, blessés ou prisonniers : dont 7 640 Britanniques et Polonais des 1st British Airborne Division et 1e Brigade indépendante de parachutistes polonais, 3 664 Américains des 82nd et 101st Airborne et 5 354 Britanniques pour le XXX Corps.

Du côté allemand le Generalfeldmarschall Walther Model estima à 3 300 le nombre des pertes de son groupe d’armées B ; mais des calculs récents avancent le chiffre de 8 000 soldats allemands hors de combat, dont au moins 2 000 tués.

Conséquences stratégiques

Près de 12 000 parachutistes furent ainsi perdus, et Montgomery dut constater que « Market Garden a réussi à 90 %… ». En tout cas, l’opération porta un bien mauvais coup à Model: sa ligne de résistance sur les cours d’eau des Pays-Bas avait été coupée en deux, et il dut rayer de ses effectifs environ 7 000 soldats et 95 blindés… Il s’agit néanmoins de l’un des derniers succès tactiques de l’Axe.

Par ailleurs, en raison de la priorité donnée à cette opération, le camp allié négligea de prendre le contrôle des rives de l’Escaut, qui donne accès au port d’Anvers (tombé intact aux mains des troupes britanniques le 7 septembre), en laissant libres sur ses arrières les restes importants d’une division parachutiste allemande, qui se réorganisa rapidement. La prise de contrôle d’Anvers n’a lieu que plus tard, au prix de lourdes pertes, de sorte que le port d’Anvers n’est utilisable qu’à partir du 28 novembre. Entre temps, l’approvisionnement doit toujours se faire au départ des ports artificiels installés sur les côtes normandes et du port de Cherbourg, ce qui provoque une crise logistique, l’approvisionnement des unités en ligne se faisant difficile en raison de l’étirement excessif des itinéraires de ravitaillement.

Famine aux Pays-Bas

Une conséquence tragique de l’échec de l’opération fut le Hongerwinter (« l’Hiver de la faim »). En effet, pendant la bataille, les travailleurs des chemins de fer néerlandais, incités par le gouvernement néerlandais à Londres, entamèrent une grève afin d’aider l’avance alliée. En représailles, les allemands interdirent le transport de nourriture, ce qui provoqua une famine durant l’hiver 1944-1945 et causa la mort d’environ 18 000 néerlandais.

Lieux de mémoire 

Le pont d’Arnhem n’a pas survécu à la guerre : détruit par les B-26 Marauder de l’US Air Force le 07 Octobre 1944, il a été remplacé par un pont d’apparence similaire en 1948. Ce dernier a été rebaptisé pont John Frost (John Frostbrug) le 16 septembre 1978.

Le 16 septembre 1994, des anciens combattants de la 101e Airborne ont inauguré un « monument pour les Néerlandais » à Sint-Oedenrode. Le monument est un don des anciens combattants aux civils qui ont combattu aux côtés des troupes américaines, à la surprise de ces dernières. Ce monument est « dédié à la population du Corridor par des vétérans de la 101e Airborne Division, en reconnaissance de leur courage, de leur compassion et amitié ».

Le 31 mai 2006, la 1e Brigade indépendante de parachutistes polonais a reçu l’ordre militaire de Guillaume Ier par SM la reine Beatrix en raison de sa bravoure à Arnhem pendant l’opération Market Garden. Le 82e division aéroportée avait également reçu le même ordre le 8 octobre 1945.

Plusieurs musées des Pays-Bas sont dédiés à l’opération Market Garden, dont : le musée national de libération à Groesbeek, le Wings of Liberation Museum Park à Schijndel, et l’Airborne Museum Hartenstein à Oosterbeek.

Anecdotes

Avant le déclenchement de l’opération Market Garden, certains émettaient des doutes quant à la réussite plus qu’incertaine de l’opération, tel Browning (commandant du CA aéroporté) qui en vint à demander à Montgomery :

« Combien de temps faudra-t-il aux blindés pour nous rejoindre ?
— Deux jours, lui répond Montgomery.
— Nous pourrons tenir quatre jours. Mais je crains bien, Monsieur le Maréchal, que nous n’allions un pont trop loin. »
Patton, quant aux occasions manquées faute de carburant, déclara :

« J’étais alors convaincu, et la suite me donna raison, que nous n’avions pas d’autres Allemands devant nous que ceux qui se battaient. En un mot, il n’y avait pas de profondeur. »

 source : http://militaires-d-hier.forumgratuit.org/t1518-operation-market-garden?highlight=market+garden

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

1 avril 2013

Crime de guerre de Laclotte et Saint-Pierre-de-Clairac

Classé sous — milguerres @ 22 h 07 min

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale    

Massacres perpétrés par les Allemands en France durant la Libération de 1944

-

Crime de guerre de Laclotte et  Saint-Pierre-de-Clairac

Les évènements de Laclotte désignent un crime de guerre1 survenu le 7 juin 1944 à Castelculier, dans le département français du Lot-et-Garonne. Ils sont orchestrés par laGestapo d’Agen avec la collaboration de Français2. Une opération contre la résistance française du Corps Franc Pommiès3 est menée par la 2e division SS Das Reich4,note 1 desWaffen-SS sous la conduite de la Gestapo.

L’assaut de Laclotte se termine par la fusillade de civils. L’opération contre la résistance se poursuit le même jour à Saint-Pierre-de-Clairac2. Stationnée à Valence d’Agen avant les faits5, la 2e Panzerdivision SS Das Reich sera responsable quelques jours plus tard des massacres de Tulle et d’Oradour-sur-Glane5.

 

Le débarquement du 6 juin 1944

Grâce aux rares possesseurs de radios, on sait que de terribles combats font rage sur les plages de Normandie. Le débarquement tant attendu a bien eu lieu. C’est l’opération Overlord. Au prix de lourdes pertes, les G.I., les Canadiens, les Britanniques, tous les soldats alliés ont débarqué sur les plages d’Utah Beach, Omaha Beah, Gold Beach, Juno Beach et Sword Beach, sous le feu des batteries ennemies souvent intactes. La tête de pont est solidement établie.

Le Corps Franc Pommiès

Le 5 juin en début de soirée, les deux messages annonciateurs du débarquement pour le lendemain sont diffusés de Londres. C’est aussi l’ordre pour le Corps Franc Pommiès de passer à la lutte ouverte, par des actions de sabotage et de guérilla. Les trois compagnies du bataillon du C.F.P. d’Agen sont aussitôt mobilisées. La compagnie Fred Streiff installe provisoirement son poste de commandement au château de Laclotte, sa zone d’action est la partie sud-est d’Agen. Sont alors notamment concernées les sections Raymond Guichard de Bon-Encontre, André Mazeau et Maurice Mainguet de Saint-Pierre-de-Clairac.

André Mazeau quitte le domicile de son père pour rejoindre son groupe de combat au PC provisoire de Laclotte, château situé à Castelculier6.

La réunion de Laclotte

Dans la soirée du 6 juin, vers minuit, le Lieutenant Alfred Streiff, avec les deux officiers de sa compagnie, l’abbé Pierre Frischman (comme lui réfugié lorrain) et l’abbé Pierre Maurel (natif d’Agen), a organisé la réunion de ses chefs de groupes. Il convient, suivant les ordres du commandant du bataillon Michel Ribourt, de définir les lieux des actions à conduire « les bouchons » pour chaque groupe et leur déploiement pour le lendemain soir 7 juin.

Dans la journée et la soirée, les armes détenues par les résistants des groupes Guichard et Mazeau ont été amenées au château de Laclotte, aux fins de préparation et vérification de leur état.

Le principal dépôt d’armes de la compagnie avait lui été constitué, au château de Castelculiernote 2, par le groupe Guichard chargé de l’armement de la compagnie. Ce dépôt principal est situé dans le grenier d’un local proche du domicile de Joseph Ribourt. Joseph, frère aîné du commandant Michel, héberge son jeune frère depuis son repli de Fréjus en mars 1944. Résistant au sein de l’O.R.A, il était là-bas recherché par la Gestapo qui a brûlé sa maison. Il a dû fuir, et est venu se réfugier chez son frère. L’accès au grenier n’est possible que par un petit œil-de-bœuf extérieur sous le faîte du toit. Faits confirmés par les fermiers Poumeyrol, proches voisins, et Ginette Vidal (devenue Mme Castagné).

La réunion de Laclotte s’est inscrite en conformité aux ordres du commandement du C.F.P. comme suite au débarquement8.

À Castelculier, Bon-Encontre et Pont-du-Casse

À Castelculier règne un calme apparent. Carmen Boé, 20 ans, s’est levée de bonne heure. Elle habite au lieu dit « Moustet », une ferme proche du château de Laclotte. Son père Jean Clovis Boé lui demande de se rendre à vélo à Bon-Encontre pour récupérer les clefs du château de Laclotte. Pendant son trajet, elle croise une colonne allemande de cinq voitures et un camion chargés de soldats en armes. Le convoi se dirige en direction de Saint-Caprais-de-Lerm. Objectif, « Laclotte », ce château érigé à flanc de coteau et propriété de la famille Chaudordy à qui l’on doit les Goya du musée d’Agen. La propriétaire, Mlle de Laborie, s’est prudemment repliée en ville à Bon-Encontre.

Non loin de là, la famille Fenot – réfugiés lorrains venus de Thimonville - était réfugiée chez M. Turin au lieu-dit « Siailles »9, une ferme située sur la commune de Castelculier à la limite de Bon-Encontre. Charles Fenot et son frère Hubert sont tous deux membres de la compagnie Streiff. En cette matinée du 7 juin, ils reçoivent l’ordre de l’abbé Frischman de se rendre à Pont-du-Casse pour y récupérer un autre résistant9, l’adjudant Blasi, et rejoindre ensemble leur groupe de combat au PC provisoire de Laclotte9. Ce militaire corses’était réfugié à Pont-du-Casse, et y avait recruté André Fougerousse, l’un des résistants déjà sur place.

Château de Laclotte

Le maquis

Un groupe de maquisards a repris possession des lieux dans la journée du 6 juin 1944 pour en faire le poste de commandement provisoire (pour 48 heures). Il s’agit de la compagnie Fred Streiff, sur décision de ce dernier. Compagnie du Corps Franc Pommiès, qui est l’une des compagnies du bataillon d’Agen sous commandement de Michel Ribourt, alias « Riche », depuis mars 1944. Au milieu des bois en sommet de colline, le château offre une certaine discrétion et possibilité d’échappatoire. Il s’agit de préparer le déploiement des groupes vers leurs sites d’action en soutien au débarquement. Mais dénoncés, en début de soirée du 6 juin à la Gestapo par un jeune milicien, à la suite de l’imprudence de l’adjoint du groupe Raymond Guichard, alias « Jura », chargé de l’armement, ils vont ce 7 juin 1944 en fin de matinée subir l’assaut d’une section du régiment SS Der Führer. Ces hommes de la 2e division SS Das Reich de sinistre mémoire, combattants sans pitié venus du front de l’Est et rompus aux techniques de la guérilla, interviennent sous la conduite d’Henri Hanack, dit « Le balafré », de la Gestapo d’Agen.

Dans la matinée du 7 juin, les résistants présents à Laclotte ne sont alors que huit : l’abbé lorrain Pierre Frischmann, l’agenais André Mazeau, l’alsacien Charles Goerig, l’alsacien Joseph Jaeger, le girondin Jacques Lévy, les lorrains Paul Denis, Robert Venturelli et André Fougerousse.

Les civils

Plusieurs fermiers travaillent dans les champs aux alentours du château. Dans la matinée du 7 juin, le jeune Marcel Boé travaille les terres de Laclotte, celle située juste en contrebas du château10. Son père Jean-Clovis Boé travaille non loin de là sur une parcelle de terre adjacente à celle où se trouve son fils.

La famille Afflatet réside à proximité, dans une ferme située à mi-chemin entre le château et le seul accès par la route. Elle avait fui Paris pour s’installer en zone libre, pensant que Castelculier était une place plus sûre. Toute la famille est présente en cette matinée du 7 juin, à l’exception d’un des fils parti travailler sur Agen.

L’assaut des waffen S.S

L’attaque est brève. Vers les onze heures, les maquisards décrochent grâce aux sacrifices de deux d’entre eux qui couvrent leur retraite. Mazeau aidé de Goerig s’opposent donc à l’assaut du château de Laclotte pour les couvrir. Paul Denis raconte dans son récit de résistant les circonstances de cette fuite, et les conditions dans lesquelles il a dû se cacher dans les bois11. André Mazeau abat un Allemand. Selon Jacques Brissaud12, il s’agirait d’un officier SS. Mazeau est à son tour tué et Goerig blessé. Ce dernier est fait prisonnier.

Après l’assaut, le jeune Marcel Boé qui travaillait les terres de Laclotte est également fait prisonnier par les soldats de la Waffen-SS. Son père, Jean Clovis Boé, est lui-même arrêté en voulant porter assistance à son fils qu’il avait aperçu chutant et pensant qu’il avait été blessé12. Il sera torturé12,note 3.

Le jeune Raymond Roger Afflatet est ensuite arrêté par les Allemands près de son domicile après la mort de l’Allemand lors de l’accrochage. Son père, Émile Jean Afflatet, est également fait prisonnier près de son domicile, à 150 mètres au sud du château.

Peu de temps après, le résistant blessé lors de l’assaut et les civils faits prisonniers sont fusillés.

Les victimes

Mort au combat

  • André Mazeau, 21 ans.

Fusillade d’un résistant

  • Charles Gœrig, 24 ans.

Fusillade de civils

  • Marcel Boé, 17 ans.
  • Jean Clovis Boé, 43 ans.
  • Raymond Roger Afflatet, 15 ans.
  • Émile Jean Afflatet, 56 ans.

Les incendies

Le château de Laclotte et la ferme de la famille Afflatet sont brûlés par les Allemands.

Château de Castelculier

Vers 14 heures, la colonne quitte les lieux du drame pour se rendre au vieux château inhabité de Castelculier13, probablement pour y chercher un dépôt d’armes.

A la même heure, Charles Fenot s’apprête à rejoindre son groupe de combat au PC provisoire de Laclotte, probablement avec son frère Hubert et l’adjudant Blasi, comme d’autres résistants et ce conformément aux consignes, les premières actions ne devant démarrer que dans la nuit du 7 juin. Il rencontre alors un autre résistant, lequel l’avertit9 de l’opération menée par les Waffen-SS à Laclotte. Il n’a probablement pas connaissance de tous les détails mais il prend conscience de la gravité de la situation et décide de se rendre à Saint-Pierre-de-Clairac pour prévenir Maurice Mainguet9, le chef du groupe local de St-Pierre.

Saint-Pierre-de-Clairac

Article détaillé : Tragédie de Saint-Pierre-de-Clairac.

N’ayant rien trouvé au château de Castelculier, la colonne du régiment Der Führer se dirige ensuite vers Saint-Pierre-de-Clairac et cerne le village. Les Allemands trouvent, laissée sur la table de la cuisine de l’épicerie Mainguet, une liste portant en clair la véritable identité de résistants du groupe et en regard l’arme remise la veille au soir. Armes qui avaient été récupérées au domicile de Raymond Guichard, responsable de l’armement de la compagnie, à Bon-Encontre dans l’après-midi du 6 juin par les responsables du groupe du village. C’est avec cette liste de noms en main qu’Hanack et les Waffen SS rassemblent les résistants cités et tous les hommes du périmètre. Quelques heures plus tard, neuf victimes jonchent le bord de route, où sera implanté le monument à leur mémoire, deux autres victimes seront relevées près de leur domicile incendié au lieu-dit « Rougères ».

Enquête judiciaire

Madame Marie Afflatet, épouse d’Émile Jean Afflatet, et Madame Marcelle Boé, épouse de Jean Clovis Boé, sont les témoins indirects de la tragédie. Elles seront entendues à plusieurs reprises, notamment par des inspecteurs de la 7e brigade de recherche et de police judiciaire de Bordeaux le 18 mars 1946.

Condamnations par la justice française

Le collaborateur Jean Lange est condamné à mort par contumace le 15 octobre 194514. Il ne sera jamais retrouvé. Henri Hanack est condamné à mort par la justice française à l’issue de son procès, puis exécuté le 8 février 1946 au matin15. Johann Freidrich Zorn, chef du SD d’Agen en 1944, est condamné à 20 ans de travaux forcés par le tribunal militaire de Bordeaux en 195416.

Cérémonie

Depuis ce drame, une cérémonie du souvenir a lieu tous les 7 juin sur les lieux de la tragédie. La première cérémonie a été organisée par René Salon, maire de Castelculier à laLibération. La mémoire de Laclotte résonne comme un témoignage, l’évocation d’un vécu transformant les contemporains en témoins.

Archives

Les documents officiels sur les tragédies de Laclotte et de Saint-Pierre-de-Clairac sont consultables aux archives départementales du Lot-et-Garonne. Les rapports de la police judiciaire de Bordeaux et les témoignages associés sont dans le domaine public1, et par conséquent librement consultables. Des dérogations sont par contre nécessaires pour l’accès aux autres dossiers, parmi lesquels le procès Hanack Henri1, l’instruction Guichard Raymond1, le procès Lange Jean1 et le dossier judiciaire de Johan Zorn, lequel se trouve au dépôt central des archives de la justice militaire à Le Blanc (Indre). Cela dit, les délais de communication des archives publiques sont désormais réduits à 75 ans depuis du loi du 15 juillet 2008 modifiant le code du patrimoine dont relèvent les archives publiques17. La communication de ces derniers dossiers sera par conséquent ouverte au public à partir de 2020.

Références

  1. ↑ a, b, c, d et e « Les dossiers des archives départementales du Lot et Garonne » [archive],7juin44.fr, 7 mars 2008.
  2. ↑ a et b « Résumé de toute la tragédie » [archive], 7juin44.fr, 10 décembre 2010.
  3. ↑ « 2e division Das Reich (suite) » [archive], Blog Normandie-1944, 2010.
  4. ↑ Guy Penaud, « La « Das Reich » : 2e SS Panzer-Division », Éditions de La Lauze, 30 avril 2005.
  5. ↑ a et b « Rubrique Valence d’Agen », Archives du Tarn-et-Garonne, 11 juin 2011.
  6. ↑ « Déclaration de Robert Mazeau (24) » [archive], 7juin44.fr, 14 mars 2008.
  7. ↑ « Histoire » [archive], Ville de Castelculier, 27 mai 2011.
  8. ↑ « Déclaration de Maurice Mainguet (26) » [archive], 7juin44.fr, 14 mars 2008.
  9. ↑ a, b, c, d et e « Saint-Pierre-de-Clairac. Charles Fenot, ancien résistant, n’a rien oublié » [archive], Ladépêche.fr, 10 juin 2011.
  10. ↑ « Déclaration de Vve Marcelle Boé » [archive], 7juin44.fr, 10 mars 2008.
  11. ↑ « Récit de Paul Denis » [archive], 7juin44.fr, 31 mars 2008.
  12. ↑ a, b et c Jacques Brissaud, « Crimes de guerre en Agenais », Éditions Librairie Quesseveur, 1997.
  13. ↑ « Déclaration de René Salon (39) » [archive], 7juin44.fr, 14 mars 2008.
  14. ↑ « A la cour de justice – Audience du 15 octobre », La Nouvelle République, 17 octobre 1945.
  15. ↑ « Henri HANACK, le monstre de la Gestapo agenaise, a été fusillé au Polygone », Sud Ouest, 9 février 1946.
  16. ↑ Michel Sercan, « Gestapo à AGEN [archive] » sur 7juin44.fr, 19 juin 2012. Mis en ligne le 18 décembre 2012, consulté le 18 décembre 2012.
  17. ↑ « L’accès aux archives publiques : règles juridiques » [archive], Archives nationales de Paris, 26 mai 2011

Tragédie de Saint-Pierre-de-Clairac

La tragédie de Saint-Pierre-de-Clairac désigne un crime de guerre survenu le 7 juin 1944 à Saint-Pierre-de-Clairac, dans le département français du Lot-et-Garonne. Onze personnes sont fusillées (laissant 11 orphelins) et deux ensembles d’habitation de la commune sont incendiés1 par le régiment Der Führer de la 2e division SS Das Reich desWaffen-SS, sous le commandement du Sturmbannführer Adolf Diekmann2, et sous la conduite de la Gestapo d’Agen.

Les faits interviennent peu après le crime de guerre de Laclotte survenu le même jour dans la commune de Castelculier.

Cérémonie

Depuis ce drame, une cérémonie du souvenir a lieu tous les 7 juin sur les lieux de la tragédie3.

Notes et références

  1. ↑ « Crimes de guerre et barbarie nazie en Lot-et-Garonne durant la Seconde Guerre mondiale » [archive], sur le site 7juin44.fr.
  2. ↑ « Rubrique Valence d’Agen », Archives du Tarn-et-Garonne, 15 juin 2011.
  3. ↑ « Saint-Pierre-de-Clairac. Pour ne pas oublier le 7 juin 1944 » [archive], Ladépêche.fr, 10 juin 2011.

Massacres perpétrés par les Allemands en France durant la Libération de 1944

Les opérations SAS en Bretagne

Classé sous — milguerres @ 21 h 24 min

retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  

6 juin Le débarquement de Normandie    

 

Les opérations SAS en Bretagne

Les opérations SAS en Bretagne deb3

 

Les opérations SAS en Bretagne furent des opérations menées par des SAS français en Bretagne à partir de la nuit du 5 au 6 juin 1944, en soutien au débarquement de Normandie pendant la Seconde Guerre mondiale. Le but de ces commandos était d’empêcher les troupes allemandes présentes en Bretagne de rejoindre le nouveau front ouvert en Normandie. Ce furent les premières troupes alliées engagées sur le territoire français dans le cadre de l’opération Overlord. Ces opérations se terminèrent lorsque l’avance alliée permit de libérer la majeure partie du territoire breton, en août 1944, à l’exception des ports de Brest, de Lorient et de Saint Nazaire.

En janvier 1942 en Égypte, le major britannique Stirling, fondateur et chef des SAS, intègre à son unité, le L detachment of the SAS Brigade, les parachutistes de la France libre de la 1re Compagnie de l’Infanterie de l’Air du capitaine Bergé. Ces hommes sont alors chargés d’effectuer des missions de sabotage et de harceler les forces de l’Axe en Crête, en Libye et en Tunisie. De retour en Grande-Bretagne en avril 1943, deux bataillons voient finalement le jour en novembre : le 3e Bataillon d’Infanterie de l’Air (BIA) sous le commandement du capitaine Pierre Chateau-Jobert, surnommé Conan , et le 4e BIA dirigé par le commandant Pierre-Louis Bourgoin surnommé le manchot2. Finalement, ces deux unités de parachutistes français sont intégrées au sein de la brigade SAS placée sous le commandement du général Roddy McLeod (remplaçant de Stirling, capturé) sous les dénominations de 3rd SAS et 4th SAS.

Buts et moyens

Lorsque la Normandie est choisie comme lieu de débarquement, il est vital pour la réussite de l’opération que les Allemands ne renforcent pas rapidement le front. L’opération Fortitude a pour but de faire croire aux Allemands que le débarquement en Normandie n’est qu’une diversion, et qu’un second débarquement est prévu dans le Pas de Calais, afin que les troupes allemandes stationnées dans le Nord de la France et en Haute Normandie y restent. Pour prévenir le risque que les troupes allemandes stationnées en Bretagne (principalement surtout des supplétifs ukrainiens ou russes) ne rejoignent rapidement le front normand, les Alliés décident que la nuit précédant le débarquement, une partie des SAS français seront larguées en Bretagne afin d’y mener des opérations de sabotage et de guérilla.

Les SAS français, s’appuyant sur la Résistance locale, doivent mener une guérilla contre les troupes allemandes, et des opérations de sabotage des voies et des moyens de communication. Les 85 0003,4 soldats allemands et troupes supplétives, soit huit divisions, doivent être bloqués en Bretagne pendant toute la bataille de Normandie.

Pour cela, à J-1, quatre sticks SAS, respectivement aux ordres des lieutenants Marienne, Déplante, Botella et Deschamps, embarquent dans deux quadrimoteurs Short Stirling de la RAF à destination de la Bretagne. Ils sont largués deux à deux dans le sud et le nord de la péninsule bretonne afin de préparer le terrain pour d’autres parachutages qui suivront les jours suivants.

Les deux premières équipes sont donc parachutées le 6 juin à 0 H 30 dans le Morbihan près de Plumelec à 15 km du maquis de Saint-Marcel, pour établir une base et armer lesrésistants locaux ; les deux autres sont « droppés » en forêt de Duault dans les Côtes-d’Armor. Leur mission est d’établir des bases de guérilla dont les noms de code sont respectivement Dingson et Samwest.

 

Opération Samwest

Sous le commandement des lieutenants Deschamps et Botella, 18 commandos français du 4th SAS français furent parachutés près de la forêt de Duault dans les Côtes-du-Nord, à une trentaine de kilomètres de Guingamp. La première phase de la mission consistait à établir une base sûre dans la péninsule bretonne, nom de code Samwest, près de Saint-Brieuc, et d’entrer en contact avec la Résistance locale, puis établir des zones de parachutage et d’atterrissage pour le bataillon. Jusqu’au 9 juin, 116 SAS français furent parachutés sur Samwest. En se rendant compte du potentiel de la Résistance locale, il fut décidé de l’intégrer aux opérations de guérilla contre les troupes allemandes.

Le 12 juin, l’armée allemande passe à l’assaut du rassemblement, mais obtint seulement la dispersion des SAS et résistants formés. Une partie des dispersés rejoignit Dingson.

Opération Dingson

Un premier groupe de 18 commandos (sticks des lieutenants Marienne et Déplante) avait été parachuté près de Plumelec, dans le Morbihan, non loin de Vannes. Leur but était d’établir la base Dingson où seront parachutés ensuite d’autres SAS. Immédiatement après leur parachutage, ils durent combattre des troupes supplétives allemandes (des Ukrainiens et Géorgiens de l’ armée Vlassov). Une heure plus tard, la première victime du début de l’opération Overlord2, le caporal Émile Bouétard, un Breton, fut blessé près de Plumelec, puis achevé. (dès 1942, Hitler avait demandé que les commandos SAS faits prisonniers soient exécutés2). Marienne avait également perdu dans l’opération ses radios. Jusqu’au 18 juin, 160 soldats français du 4th SAS (dont son commandant, Bourgoin, auquel les Anglais offrirent un parachute tricolore) furent parachutés sur la base Dingson installée au maquis de Saint-Marcel5,6.

Un grand stock de matériel fut aussi parachuté chaque nuit sur la zone de largage (DZ ou drop zone) « Baleine » (située comme le P.C à la ferme de la Nouette, sur la commune deSérent), y compris, peu avant l’attaque allemande, quatre jeeps et des mitrailleuses. Mais les jeeps atterrirent en partie dans les arbres, et les mitrailleuses furent endommagées : la puissance de feu de l’escadron motorisé s’en trouva amoindri. Une partie des survivants de Samwest avait alors rejoint la base Dingson ainsi que quelques cooneys parties venus se réarmer. La défense allemande locale attaqua le maquis le 18 juin. Les pertes, côté français furent d’une trentaine de victimes, les Allemands achevant les blessés. Après la bataille, les troupes allemandes, aidés de collaborateurs français, traquèrent les survivants, SAS et maquisards7.

Opération Cooney Parties

58 parachutistes répartis dans 18 sticks de 3 à 5 hommes furent parachutés dans la nuit du 7 au 8 juin dans le cadre de l’opération Cooney Parties. Largués en différents endroits de la Bretagne et sans comité d’accueil, ils étaient essentiellement chargés du sabotage du réseau ferré breton, ainsi que du réseau électrique et de celui de communication, en parallèle des opérations Samwest et Dingson. Ces 18 sticks, leur mission remplie, devaient rejoindre, quelques jours plus tard, les bases Dingson ou Samwest, pour se réarmer, encadrer des maquisards ou participer à d’autres missions de sabotage. Suite au démantèlement de Samwest le 12 juin, des équipes rejoignirent Dingson, d’autres restèrent sur place, prenant contact avec la population civile, encadrant des résistants en plus petit nombre et continuant leurs actions de sabotage.

Opération Lost

L’opération Lost fut le parachutage de sept SAS dans la nuit du 22 au 23 juin au-dessus de la Bretagne, suite à la dispersion de la base Dingson (Saint-Marcel). Le major britannique Carry Elwes fut chargé de reprendre contact avec le commandant Bourgoin, afin d’informer le commandement allié, sans nouvelles depuis la bataille de Saint-Marcel. Cette mission impliquait également le retour en Grande-Bretagne d’un officier français chargé de rendre compte. L’équipe radio, dirigée par le sergent Marty, fut chargée de rejoindre le capitaine Marienne, afin de remplacer son équipe disparue. Le lieutenant Fleuriot et son stick furent chargés de veiller à la sécurité du groupe.

Opération Grog

Cette opération débuta le 13 juin suite à la dispersion de la base Samwest. Le capitaine Déplante quitte le secteur de Saint-Marcel et est chargé de monter la base « Grog » dans les environs de Pontivy. Cette base doit assurer le recueil des éléments dispersés provenant de « Samwest » aux ordres du Capitaine Leblond qui n’ont pu rejoindre Saint-Marcel, et assurer la formation et l’armement des bataillons FFI du secteur.

Opération Derry

Cette opération, complètement indépendante des précédentes, fut conduite par la 2e compagnie du 3rd bataillon SAS du commandant Chateau-Jobert, du 5 au 18 août 1944. Elle avait pour but de préparer la libération du Finistère, en prévision de l’avance alliée. Ce squadron, aux ordres du capitaine Sicaud, et réparti en 5 sticks, fut parachuté dans la nuit du 4 au 5 août. Sur les 82 hommes engagés, 4 furent tués et 3 furent blessés.

Réactions des Allemands

Outre les tentatives d’encerclement des bases Samwest et Dingson, les Allemands traquèrent les résistants et les parachutistes. Le 12 juillet notamment, aidés par un groupe de collaborateurs affiliés à la Gestapo, les Allemands découvrent et surprennent le PC de Pierre Marienne à Kerihuel, un hameau de Plumelec. Le capitaine Marienne et 17 de ses hommes (6 parachutistes, 8 résistants et 3 fermiers locaux) furent exécutés à l’aube, de façon sommaire. Ils multiplièrent les représailles contre les prisonniers, mais aussi contre la population locale accusée de soutenir les commandos et la Résistance.

Fin des opérations

En août 1944, les Américains réussirent avec la percée d’Avranches à pénétrer en Bretagne. L’insurrection générale fut déclenchée par la Résistance, et la Bretagne rapidement libérée, à l’exception des ports forteresses : Brest, Lorient et Saint-Nazaire. Sur les 450 SAS engagés du 4ème bataillon SAS, 77 ont été tués et 197 blessés. Les FFI qui y avait pris part, encadrés par les SAS, avaient aussi subi de sérieuses pertes : 116 morts dont 30 dans le maquis de Saint-Marcel. Une partie de ces forces forma, dès 1944, le 41e RI dont le drapeau porte l’inscription « Saint Marcel 1944 ». Les SAS, du 3rd comme du 4th, rejoignirent Vannes, où ils se regroupèrent. Ceux du 3rd retournèrent en Angleterre par la Normandie, en prévision d’un 2nd parachutage en France. Le 4th SAS (ou 4e bataillon de l’infanterie de l’air (BIA)) deviendra le2e régiment de chasseurs parachutistes, et fut envoyé sur un autre théâtre d’opérations, la Loire : ce fut l’opération Spencer qui put débuter fin août après la réception le 5 août à Locoal-Mendon, de 10 planeurs Waco contenant chacun une jeep et 3 SAS, ce qui augmentait considérablement la mobilité et la puissance de feu des parachutistes8,9,10. Le 3rd SAS (3e BIA) changera également de nom, et deviendra le 3e régiment de chasseurs parachutistes.

Notes et références

  1. ↑ Contributions des forces spéciales aux missions d’interdiction et de fixation stratégiques : l’exemple des SAS en Bretagne. [archive]
  2. ↑ a, b et c  »Une Bataille de Corsaires », de François Malye [archive], Le Point, p 70, n° 1916, 4 juin 2009.
  3. ↑ Biographie du colonel Bourgoin sur Ordre de la Libération [archive]
  4. ↑ Biographie du colonel Bourgoin sur Assemblée Nationale [archive]
  5. ↑ Musée des parachutistes à Pau (64) « Camp d’Astra ».
  6. ↑ Henry Corta (1921-1998), lieutenant parachutiste SAS : les bérets rouges (1952), amicale des anciens parachutistes SAS,
  7. ↑ Henry Corta, Marie Chamming’s, Joseph Jégo, Noël Créau & Philippe Reinhart, Qui ose gagne (France-Belgique 1943-1945, les parachutistes du 2e RCP / 4th SAS), Service Historique de l’Armée de Terre, 1997.
  8. ↑ Photos aux archives départementales du Morbihan,
  9. ↑ Lucien Neuwirth, Mais, après tout… (Ma guerre à 16 ans), Actes Sud, 1994.
  10. ↑ Roger Leroux, le Morbihan en guerre 1939-1945 (page 505).

 

 

28 mars 2013

Le raid britannique sur le port de St-Nazaire reste le plus grand de tous les temps

Classé sous — milguerres @ 13 h 05 min

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 

Le raid britannique sur le port de St-Nazaire reste le plus grand de tous les temps

Le 28 mars 1942, les commandos de Sa Majesté ont détruit la cale sèche du port de St-Nazaire et ainsi empêché que le cuirassé Tirpitz, jumeau du Bismarck, ne puisse y être réparé après une possible guerre de course dans l’Atlantique. Ce raid exceptionnel, accompli au prix de pertes terribles, a prouvé dès cette époque le caractère irremplaçable des forces spéciales en cas de conflit.

Dans les sombres jours du début 1942, la ligne vitale de l’Atlantique était étirée jusqu’au point de rupture. Les U-Boote coulaient les navires de commerce alliés plus vite qu’ils ne pouvaient être remplacés, et à cette menace s’ajoutait celle des navires de surface allemands. Le printemps précédent, la Royal Navy avait pourchassé et coulé le cuirassé moderne Bismarck, mais d’autres raiders potentiels restaient en liberté. Le plus dangereux d’entre eux était le Tirpitz, le navire jumeau du Bismarck.

«… Le dock ne fut pas remis en service avant les années 50. Le monstrueux cuirassé Tirpitz restait privé de base, et il ne sortit jamais de son refuge norvégien. »

Le Tirpitz était un monstre, avec plus de 50’000 tonnes, un blindage épais et des canons de 380 mm. Il était si puissant qu’aucun cuirassé britannique ou américain ne pouvait l’affronter seul. Si ce géant parvenait à accéder aux les lignes empruntées par les convois dans l’Atlantique Nord, les résultats auraient pu être catastrophiques pour les Alliés. Avec son talent littéraire habituel, Winston Churchill a décrit de cette manière l’importance de la destruction du Tirpitz : « toute la stratégie de la guerre tourne à cette époque autour de ce bateau. »

Le Tirpitz était alors embusqué dans les eaux norvégiennes, de même que les cuirassés de poche Lützow et Admiral Scheer. La Royal Navy s’efforçait de neutraliser cette flotte dangereuse ou de la contraindre à sortir et à combattre, mais jusqu’ici les Britanniques manquaient de chance. Le danger était bien entendu que les navires allemands fassent une sortie pendant que les unités majeures de la flotte britannique opéraient ailleurs, et qu’ils ne s’attaquent à un convoi protégé uniquement par des corvettes, des chalutiers armés et des destroyers. Or, si la Royal Navy pouvait amener le Tirpitz à se battre et l’endommageait, il n’y avait qu’un seul port dans toute l’Europe occupée par l’Axe où il pourrait être réparé : la ville française de St-Nazaire.

Un objectif hautement fortifié

Cette petite ville portuaire abritait la forme-écluse Louis Joubert, mieux connu sous le nom de dock Normandie, une énorme cale sèche construite spécialement pour accueillir le Normandie, l’orgueil de la flotte passagère française d’avant-guerre. Le Bismarck, endommagé dans son combat avec le Hood et le Prince of Wales en mai 1941, avait mis le cap sur St-Nazaire lorsqu’un avion Fairey Swordfish de la Royal Navy le frappa d’une torpille, avant que la force navale britannique qui le poursuivait l’intercepte et le coule. C’était également à St-Nazaire que le Tirpitz irait pour réparer des dégâts causés par des torpilles, des bombes ou des obus. Les Britanniques étaient décidés à supprimer le seul refuge du navire géant – et c’est ainsi qu’est née l’opération Chariot.

St-Nazaire et le dock Normandie se trouvent sur l’estuaire de la Loire, à environ 10 km de son embouchure. Au printemps de 1942, le fleuve était large de 1,5 km et relativement peu profond, sauf là où un canal pour grands bateaux avait été dragué, près de la rive nord de l’estuaire. Le dock lui-même était énorme, un bassin de 349 mètres sur 50. L’accès reposait sur des portes monstrueuses épaisses de 11 mètres, tellement massives que les Britanniques les appelaient des «caissons». Elles mesuraient 52 mètres de long et 16 de haut, et avaient été conçues pour être déplacées sur d’énormes roulettes.

Les maisons de treuil et les stations de pompage étaient construites à la même échelle que le grand dock. Sur un côté de la cale sèche se trouvaient St-Nazaire et les bassins de Penhouet, de larges mouillages artificiels qui étaient généralement utilisés par les petits navires de guerre allemands. Le bassin de St-Nazaire, le plus grand des deux, étaient attribués aux U-Boote, qui atteignaient l’estuaire de la Loire à travers une suite d’écluses. Certains des abris bétonnés pour U-Boote de St-Nazaire étaient en service, alors que d’autres étaient encore en construction.

D’autres installations du port étaient à proximité, de même que des écluses, des ponts, des quais, des réservoirs souterrains de carburant pour les sous-marins, et une centrale électrique. L’ensemble du complexe était défendu par quelque 100 canons de tailles diverses, infesté de projecteurs de recherche et fréquenté par des dragueurs de mines et des vaisseaux de défense côtière. La ville elle-même abritait jusqu’à 5000 soldats et marins allemands, dont une brigade d’infanterie complète.

Pour surmonter ces défenses formidables, les Britanniques savaient qu’ils devaient engager leurs meilleurs soldats – les commandos. Les soldats de la Couronne avaient à dire vrai une longue histoire des raids audacieux. Ils ont organisé des dizaines d’expéditions avec de petits bateaux contre les Espagnols et les Français à l’époque de la voile. Et ils ont également mené durant la Première guerre mondiale les frappes risquées contre Zeebrugge, en Belgique, pendant lesquelles des troupes débarquées ont neutralisé les défenses côtières allemandes alors que la marine coulait trois vieux croiseurs dans le canal qu’empruntaient les U-Boote allemands pour gagner la Mer du Nord.

Les commandos britanniques s’étaient déjà distingués dans des raids similaires, de l’Afrique aux îles Lofoten en Norvège. L’attaque des Lofoten en avril 1941 avait été un énorme succès. Elle avait totalisé 11 navires coulés, 800’000 gallons de pétrole brûlés, 216 Allemands et 60 « Quislings » norvégiens [autrement dit des collaborateurs, note du traducteur] faits prisonniers, et plus de 300 Norvégiens engagés volontaires pour les forces de la Norvège libre. Les Britanniques n’ont enregistré qu’un seul blessé.

Alors que la plupart des premiers raids menés par les commandos ont entraîné des pertes, de l’embarras et de l’inquiétude pour l’Axe, St-Nazaire posait un défi bien plus difficile que tout ce qui avait été tenté précédemment. Si l’offensive réussissait, et rien n’était moins sûr, ce serait le raid le plus audacieux de la guerre. Les commandos devaient être engagés durant la dernière semaine de mars, car c’est seulement à cette période qu’ils auraient une pleine lune et une marée montante entre 2400 et 0200.

Des moyens limités

Les ressources britanniques étaient maigres. Certains des commandos devaient se déplacer sur une flotte de 15 vedettes, des bateaux en bois non blindés et longs de 34 mètres, qui transportaient leurs réservoirs auxiliaires sur le pont et n’avaient pour armement qu’un canon bitube Oerlikon de 20 mm et une paire de mitrailleuses Lewis datant de la Première guerre mondiale. Quatre de ces fragiles embarcations transportaient également des torpilles. Les vedettes avaient deux avantages : elles atteignaient 18 nœuds de vitesse et n’avaient qu’un très faible tirant d’eau. En entrant dans l’estuaire de la Loire sur une marée de printemps, elles pouvaient opérer sur les hauts fonds et autour de plages de vase, en-dehors du canal principal fortement défendu.

Une puissance de feu légèrement supérieure était fournie par une unique canonnière motorisée en bois. Elle portait un canon antiaérien Vickers de 40 mm, deux mitrailleuses bitubes de 12,7 mm et un canon de 40 mm semi-automatique. Elle était destinée à faire office de bateau de commandement et à guider les raiders jusqu’à la Loire, car elle était équipée à la fois d’un radar et d’une sonde sonore.

Il y avait enfin le torpilleur 74, dont les tubes conçus pour être arrimés à mi-coque avaient été avancés presque jusqu’à la proue, dans l’idée qu’il puisse lancer ses torpilles par-dessus un filet anti-torpilles. Celles-ci avaient été modifiées et avaient reçu une minuterie, de manière à ce qu’elles explosent après avoir reposé un instant au sol. La fonction du navire était de torpiller le caisson sud si l’arme principale ne fonctionnait pas. Le torpilleur 74 était un bateau étrange qui avait du mal à maintenir une vitesse donnée entre l’extrême lenteur et les 40 nœuds atteints à fond. Il devait être remorqué pour entrer en action, au grand dégoût de son capitaine, le sous-lieutenant Micky Wynn, l’un des nombreux audacieux excentriques (« d’une excentricité folle », selon un officier supérieur) qui avaient trouvé leur place dans la Royal Navy en guerre.

Mais aucun de ces vaisseaux ne pouvait fournir l’impact principal, le coup d’assommoir qui mettrait la cale sèche hors service presque indéfiniment. Il n’y aurait pas de deuxième chance. Les commandos mettraient pied à terre pour détruire les grands caissons coulissants, les maisons de treuil et la station de pompage, mais même cela ne pourrait pas rendre le dock inutilisable pour le restant de la guerre. Il fallait quelque chose de plus, et ce quelque chose s’est révélé être le HMS Campbeltown. Ce vieux destroyer à 4 cheminées long de 95 mètres, alias USS Buchanan, était l’un des 50 destroyers obsolètes transférés à la Royal Navy par les Etats-Unis en échange de l’usage privilégié de bases au sein des Caraïbes britanniques.

En vue du raid, le Campbeltown a été envoyé dans une installation de la Royal Navy à Devonport pour y subir un lifting. Une reconstruction de 9 jours lui a permis de ressembler un peu à l’un des navires de guerre allemands largement utilisés de la classe Möwe, une sorte de croisement entre un petit destroyer et un grand torpilleur. Les ouvriers de Devonport ont allégé au maximum le vieux destroyer, car il devait franchir les hauts fonds de la Loire, où même à marée haute il n’y avait qu’à peine 3 mètres d’eau. Tous les tubes lance-torpilles et l’équipement anti-sous-marin du Campbeltown furent enlevés, de même que deux de ses cheminées, la plupart de ses mâts et tous ses canons sauf un. Les deux cheminées restantes furent raccourcies, et les ouvriers ajoutèrent un mince blindage autour de la passerelle. Ils installèrent également 4 plaques de blindage hautes de 5,4 mètres de la passerelle à la poupe, afin de donner une certaine protection aux éléments débarqués du commando. De plus, le bateau reçut 8 canons Oerlikons de 20 mm, et son unique pièce de 76 mm fut déplacée de la poupe à la plage avant.

Le mordant du Campbeltown était constitué de 24 charges de profondeur, placées dans un réservoir en acier bétonné dans la coque, juste derrière le piédestal qui avait porté le canon du pont avant. Cette charge énorme, qui représentait plus de 4 tonnes d’explosifs, était amorcée par d’autres explosifs fixés à des détonateurs ayant un délai de 8 heures. Ces détonateurs devaient être activés en remontant la Loire. Si tout se déroulait conformément au plan, le Campbeltown emboutirait les énormes portes de la cale sèche, se frayerait un chemin à travers et s’enfoncerait profondément dans le bassin. Il serait ensuite sabordé à cet endroit, puis avec un peu de chance exploserait et détruirait le dock Normandie jusqu’à la fin de la guerre. La charge explosive était bien suffisamment derrière la coque du Campbeltown pour ne pas à ne pas être endommagée par la déformation inévitable de la proue, et bien assez à l’avant pour être dans la zone de la cible.

Attaquer à 1 contre 10

La mission des commandos était de débarquer rapidement, de tirer sur tout ce qui était important et de détruire au maximum l’équipement vital du dock et d’autres installations du port. Les portes des écluses reliant le bassin des sous-marins était un objectif prioritaire – les mettre hors service bloquerait l’accès à l’océan et limiterait sérieusement l’utilité du bassin. Au total, les commandos avaient pour but de démolir 4 ponts, 6 centrales électriques, 8 portes d’écluses et 13 canons.

La force terrestre devait compter 256 hommes et officiers, provenant de 6 différentes compagnies de commandos. Certains des raiders ne transportaient qu’un pistolet et un énorme sac à dos contenant jusqu’à 40 kg d’explosif. La tâche d’autres groupes de 5 hommes, chacun équipé de mitraillettes Thompson et d’une mitrailleuse Bren, consistait à couvrir les porteurs d’explosifs pendant qu’ils posaient leurs charges. D’autres éléments de combat, formés chacun de 2 officiers et de 12 hommes, devaient prendre d’assaut les positions d’artillerie, établir un périmètre autour du dock et repousser les renforts venant de la ville. Pour des crises imprévues, il y avait une maigre réserve de 12 hommes, ainsi qu’un médecin et un petit détachement médical.

Le raid devait être conduit par le lieutenant-colonel A. C. Newman, un officier territorial du régiment de l’Essex, chef du 2e Commando et vétéran des raids réussis en Norvège. Le contingent naval était commandé par le commandant R. E. D. Ryder – inévitablement appelé « Red. » Ryder était le loup de mer britannique par excellence, un vétéran de l’exploration polaire, des sous-marins, des Q-ships [des navires anti-sous-marins déguisés en bateaux marchands, NDT] et de deux naufrages sur navires de guerre. Ces deux chefs étaient des professionnels calmes et réfléchis.

Les hommes qui les ont suivis comptaient des soldats et des marins de carrière, mais la plupart étaient des guerriers temporaires ; le détachement de Newman comprenait un membre de la Bourse de Londres, un mineur, un conservateur de musée et un économiste. Tous avaient acquis un niveau excellent en suivant l’entraînement meurtrier des commandos. Nul ne portait le badge commando sur son épaule sans survivre à des marches forcées épuisantes – 100 kilomètres en 24 heures était le standard, et quelquefois les hommes devaient accomplir 11 kilomètres en une heure. Une unité avait fait une marche mémorable de 104 km en 23 heures. Tout le monde se partageait les charges, sans différence entre officiers, sous-officiers et soldats. Tout le monde s’entraînait dans la neige et le froid des hivers dans les Highlands ; tout le monde frissonnait durant les débarquements dans les eaux glaciales des Hébrides ; tout le monde apprenait à tuer des hommes à mains nues et au couteau.

Ces volontaires en temps de guerre savaient qu’ils se jetaient dans les bras de la mort. Avec une honnêteté déprimante, le vice-amiral Louis Mountbatten, chef des opérations combinées, a en fait dit à Newman que lui et ses hommes étaient passés par pertes et profits: « je suis sûr que vous pouvez y aller et faire le boulot, mais nous n’avons pas beaucoup d’espoir de pouvoir vous extraire. Même si on vous perd tous, les résultats de l’opération en auront valu la peine. Pour cette raison, je veux que vous disiez à tous les hommes ayant des responsabilités familiales, ou qui pensent devoir se retirer pour n’importe quelle raison, qu’ils sont libres de le faire et que personne ne leur en voudra pour cela. » Newman a transmis l’offre de Mountbatten à ses commandos, mais pas un seul homme ne s’est défilé.

L’entraînement en vue du raid a duré des semaines, en particulier à la cale sèche King George V de Southampton, qui était assez grande pour accueillir le Queen Mary de 75’000 tonnes. Les groupes d’attaque ont répété leurs tâches encore et encore, et passé plus de temps encore autour d’une maquette précise à l’aide de photos prises par les avions de reconnaissance de la RAF. Les équipes de démolition se sont entraînées de jour, puis en portant des bandeaux et enfin de nuit. La règle était de placer les explosifs sur la cible en 10 minutes ou moins, et à chaque répétition des hommes étaient déclarés touchés de manière impromptue, afin que les autres membres de l’équipe soient contraints d’apprendre chaque fonction en plus de la leur.

Les raiders ont même inventé un mot de passe à l’épreuve des Allemands : « war weapons week », avec « weymouth » pour réponse, car il n’y a pas de son « w » en allemand. Ils ont également consenti à quelques jeux d’acteurs pour les espions allemands qui pouvaient se trouver autour de Falmouth, leur point d’embarquement. Ils se sont eux-mêmes appelés la « 10e force de frappe anti-sous-marine » et ont lancé la rumeur qu’ils étaient organisés pour rechercher des U-Boote loin au-delà des approches occidentales des Iles britanniques. Ils ont également concocté une histoire selon laquelle la force allait quelque part à l’est du canal de Suez, et ils se sont assurés que quiconque les observait pouvait voir que des lunettes de soleil et d’autres équipements de haute température étaient transportés à bord des bateaux qui les emmèneraient en France.

Au milieu du mois de mars, tout était aussi prêt qu’ils pouvaient le faire. Des images aériennes de dernière minute ont montré 4 nouveaux canons de défense côtière près de l’objectif. Ces nouvelles pièces n’étaient qu’une partie des armements incroyablement puissants du 280e groupe d’artillerie navale, qui couvrait l’estuaire avec 28 canons d’un calibre allant de 70 mm jusqu’aux tubes massifs de 170 mm. Il y avait même une batterie de canons sur rail de 240 mm, le long de la côte à la Baule, à près de 15 km de là. Trois groupes de DCA navale étaient également situés à l’intérieur de St-Nazaire ou à proximité. Ces unités engageaient 43 canons de 20 à 40 mm et quelques autres de 37 mm, dont un grand nombre étaient positionnés dans des tours DCA, au sommet de bunkers ou de toits. Et ceci sans compter les avions de la Luftwaffe, les canons des bateaux mouillant près du dock ou les destroyers errants de la Kriegsmarine.

Dans le bassin de Penhouet ou celui des sous-marins se trouvaient 10 dragueurs de mines, 4 navires de défense côtière et 9 U-Boote – bien que ceux-ci n’avaient que des équipages squelettiques. Un Sperrbrecher lourdement armé – conçu pour combattre les mines magnétiques – était ancré dans le courant. Deux pétroliers étaient en réparation à l’intérieur du grand dock et dans un autre à proximité. Il y avait également 4 torpilleurs de classe Möwe amarrés dans le bassin à sous-marins, et ils occupaient l’endroit exact où Ryder et Newman avaient prévu de placer leur poste de commandement sur la canonnière. L’opération Chariot continuerait quand même. Les risques étaient formidables : 611 raiders, en 2 groupes à peu près égaux de marins et de commandos, s’élanceraient contre des adversaires 10 fois plus nombreux. L’audace et la surprise devaient compenser la disparité des forces.

Dans les eaux de la Loire

Les raiders ont quitté Falmouth tard dans la journée du 26 mars, guidés par les destroyers Atherstone et Tynedale, suivis par le Campbeltown et flanqués des deux côtés par les petites vedettes. Le torpilleur 74 et la canonnière étaient remorqués par les destroyers. Les commandos visibles sur les ponts portaient des tricots et des duffel coats pour tromper tout avion ou sous-marin inquisiteur. Durant la nuit, les Britanniques ont changé de cap et hissé les couleurs allemandes. Le matin suivant, ils ont aperçu un U-Boote, que le Tynedale ont contraint à plonger avec ses canons et ses charges explosives. On n’entendit plus parler du sous-marin, le U-593, mais nul ne pouvait dire s’il avait transmis la position et le cap de la flottille.

Il est apparu qu’il l’avait fait, mais les Britanniques ont eu de la chance. Le U-593 n’avait probablement pas vu les petites vedettes – elles étaient trop bas sur l’eau – et avait également transmis à son commandement qu’il avait vu une force britannique voguant à l’ouest au lieu de l’est. Les Allemands en ont logiquement déduit que le sous-marin avait vu une opération de minage, et ont envoyé des navires pour en savoir davantage. Ils n’ont trouvé qu’une mer vide.

Vers 2200 cette nuit-là, la force aperçut une lumière venant du sous-marin Sturgeon de la Royal Navy, posté en guise de balise de navigation pour marquer le point de départ de l’étape finale pour l’estuaire de la Loire. La petite flottille changea de cap et s’élança dans la gueule du loup, la canonnière en tête et le Campbeltown juste derrière. L’Atherstone et le Tynedale virèrent de bord, naviguant en appui rapproché au large de l’estuaire. Chaque homme avait vérifié et revérifié ses armes, et les équipes de démolition avaient soigneusement empaqueté leurs charges au plastic dans l’ordre dans lequel elles seront utilisées. Chaque charge, variant entre une demi-livre et deux livres, étaient méticuleusement emballée dans du papier étanche.

Au-dessus de St-Nazaire, tranchant sur les ténèbres, les obus allemands faisaient des arcs dans un ciel nuageux, un repère dans la nuit. La RAF effectuait un raid de diversion, bien que la plupart des bombardiers n’ont pas largué leurs charges de crainte de tuer des civils français. En fait, les scrupules des Britanniques ont inspiré les doutes d’un commandant de garnison allemand, qui nota que les bombardiers ne larguaient aucune bombe par instant. « Une diablerie se prépare », a-t-il dit, et il a averti sa garnison de sa « suspicion de parachutages. » Les pilotes de la RAF, qui ne savaient rien du raid imminent en-dessous d’eux, ont dit plus tard qu’ils auraient piqué avec joie pour bombarder au ras du sol si on leur avait dit ce qui était en jeu.

A 2300, sur le Campbeltown, le lieutenant Nigel Tibbets – expert en explosifs – amorça les détonateurs de l’énorme bombe du bateau. Les charges devaient exploser entre 0500 et 0900 le matin suivant. Les colonnes britanniques croisaient posément dans l’estuaire de la Loire, maintenant leur vitesse à moins de 10 nœuds. Les petits bateaux étaient peu maniables à basse vitesse, mais le Campbeltown avait moins de tirant d’eau à 10 nœuds qu’à haute vitesse, et il était essentiel de le maintenir au minimum pour franchir les plages de vase.

A présent, tout le raid dépendait d’un seul homme, le lieutenant A. R. Green de la Royal Navy, navigateur sur la canonnière. C’était à lui d’ouvrir la marche, en maintenant le destroyer hors des hauts fonds et de la vase qui se cachaient autour de lui dans les eaux sombres du fleuve. A deux reprises, le Campbeltown rafla le fonde la vase, réduisant sa vitesse de moitié, mais il poursuivit sa route. La navigation de Green était superbe, et les pilotes professionnels de la Loire ont dit après la guerre que sa conduite du Campbeltown à travers les hauts fonds était « sans précédent dans l’histoire du port. »

Toujours en belles colonnes, la flottille britannique naviguait hardiment dans la nuit, mais elle fut aperçue à 0115 et le quartier-général allemand transmit une alerte de débarquement. Cependant, c’est seulement à 0122 que les défenses côtières ont réagi. Des projecteurs de recherche illuminèrent le fleuve depuis les deux rives, et les Allemands interrogèrent les vaisseaux. Un transmetteur britannique en uniforme allemand répondit, donnant un signal d’appel extrait d’un livre de transmissions dérobé. Cela retint les batteries allemandes pour quelques minutes de plus, et les Britanniques envoyèrent d’autres signaux, en demandant l’amarrage immédiat de bateaux endommagés par l’ennemi. Finalement, lorsque les Allemands commencèrent enfin à ouvrir le feu, les Britanniques émirent le signal international de bateaux pris sous le feu ami.

Dès que les canons allemands se sont mis à tirer pour de bon, les Britanniques amenèrent leurs couleurs allemandes, levèrent l’insigne blanc et répliquèrent avec chaque arme, y compris les mitrailleuses Bren des commandos. Leur feu eut un effet immédiat. Le Sperrbrecher se tut rapidement, son canon de 88 mm étant mis hors combat. Les tirs allemands des berges commencèrent à diminuer, et plusieurs projecteurs furent détruits. L’efficacité du feu britannique fut un triomphe, a dit Ryder par la suite, « pour les nombreux canonniers du navire côtier et du Campbeltown. » Dans la confusion, les petits bateaux de bois émirent de la fumée et mirent abruptement le cap sur la masse noire du chantier de construction navale, alors que le capitaine du Campbeltown, le lieutenant de vaisseau R. H. Beattie, demanda toute la vitesse que son navire pouvait donner.

Au terme de sa longue vie, le Campbeltown se précipitait pour mourir en beauté. Sur le pont, Beattie ordonnait les corrections de cap en visant les grands portes caissons toujours éloignées de quelque 700 mètres. Ses canons Oerlikons étaient en action et pilonnaient les défenses côtières allemandes. Lorsque les servants de deux Oerlikons furent touchés, d’autres membres d’équipage se ruèrent dans le déluge de feu pour les remplacer. Les traçantes allemandes se déversaient sur vers le Campbeltown, et des obus plus lourds s’écrasaient sur ses flancs. Newman, qui l’observait depuis la canonnière, a dit par la suite : « Le poids du feu coupait le souffle. Ses côtés semblaient vivants sous l’éclatement des obus. » Les hommes morts et blessés jonchaient ses ponts ensanglantés.

Le barreur et le bosco du Campbeltown avaient tous deux été tués sur le pont, mais Tibbets a calmement devancé un autre officier et pris la barre. « Je vais le prendre, mon vieux », a-t-il dit, et il a maintenu le vieux bateau droit sur son erre glorieuse. Presque aveuglés par les projecteurs allemands, Beattie et Tibbets sont restés de vrais marins professionnels, laconiques et neutres au milieu du feu et du carnage. Le calme glacé de Beattie amena un observateur à s’exclamer : « Par Dieu ! Le parfait élizabéthain ! »

« A tribord toute », dit tranquillement Beattie à son nouveau barreur.

« A tribord toute », répondit tout aussi calmement Tibbets.

« Cap au 055. » Puis « bâbord 25. »

« La barre à bâbord 25, Monsieur. »

« Cap au 345. »

Beattie ordonna finalement, « cap au 350 », et le vieux Campbeltown fonça directement sur le caisson sud de la cale sèche. Puis, « préparez-vous à l’éperonnage. » Juste avant l’impact, Beattie ordonna « bâbord 25 », et Tibbets balança la poupe à tribord, dégageant habilement une place de débarquement pour les vedettes qui le suivaient.

A la vitesse de 19 nœuds, le vieux destroyer déchira les câbles d’un filet anti-torpilles, s’écrasa dans le grand caisson méridional et se coinça profondément à l’intérieur du grand dock. Sa proue en acier se voilà sur 11 mètres sous l’impact gigantesque. Il était solidement bloqué, pointant vers le haut à un angle d’environ 20 degrés, sa poupe presque submergée. Beattie s’est permis de sourire, puis déclara, « eh bien, nous y voilà, avec 4 minutes de retard. » Il était 0134, juste 4 minutes hors de l’horaire soigneusement planifié par Ryder.

Les groupes terrestres en action

Les survivants des raiders passaient par-dessus le bord du Campbeltown. La plupart d’entre eux avaient été touchés, mais quiconque pouvait se déplacer descendit du dock sur des échelles télescopiques et se lançait dans sa mission. L’équipage du canon avant et les hommes servant les mortiers des commandos étaient tous hors combat, morts ou blessés, mais les Oerlikons restants continuaient de déverser un feu précis sur les défenses côtières. Avec tant de morts et de blessés, pas plus de 113 commandos n’abordèrent la rive, et environ un quart d’entre eux – les hommes chargés des démolitions – ne portaient que des pistolets.

Le colonel Newman mit pied à terre avec son groupe de commandement et fut immédiatement confronté à une furieuse fusillade avec des canons allemands montés sur les abris des sous-marins, les canons des garde-côtes et une batterie côtière. Le sergent-major Haines arriva avec un mortier de 2 pouces au milieu de cet enfer, installa calmement son tube et parvint à réduire l’essentiel du feu allemand, même s’il tirait sans organe de visée. Lorsque l’un des bateaux allemand dans le bassin de St-Nazaire tira sur le groupe de Newman, Haines le fit taire avec une mitrailleuse Bren.

Le lieutenant John Roderick conduisit son groupe au bas des échelles télescopiques par la proue du Campbeltown, prenant d’assaut deux positions de mitrailleuses ennemies dans la foulée en les détruisant à la grenade. Le prochain obstacle était une tour de DCA, que les hommes de Roderick ont détruit en lançant des grenades sur le toit, dans les supports des canons. Ils réduisirent ensuite au silence une position de 40 mm toute proche. Au-dessus d’eux, un autre canon et un projecteur allemand avaient été détruits par le feu britannique, bien que qu’à ce jour encore nul ne sache qui l’ait tiré.

Pendant ce temps, le capitaine Donald Roy menait ses Ecossais en kilt au-delà de la station de pompage, à travers un pont et dans le bassin à sous-marin, où ils parvinrent à retenir des renforts allemands durant une demi-heure. En passant, il détruisit les canons placés sur le toit de la grande station de pompage en béton. Les survivants allemands avaient pris la fuite dans la nuit. Les hommes de Roy subirent de lourdes pertes sous le feu de canons multitubes de DCA situés à l’extrémité du bassin et des navires ancrés à l’intérieur. Mais les Allemands les considéraient comme une menace suffisante pour que l’équipage d’une navire de défense portuaire, redoutant la capture, le sabordent.

Derrière le groupe écossais de Roy, le lieutenant Stuart Chant – déjà touché au bras droit et à la jambe gauche – conduisait son équipe de démolition vers son objectif, la station de pompage du grand dock. Les hommes de Roy avaient déjà éliminé les canonniers allemands sur le toit du bâtiment. Le groupe de Chant plaça un « palourde » – une petite charge aimantée – sur les portes bloquées, défoncèrent ces portes et plongèrent dans les entrailles du bâtiment, se dirigeant vers la machinerie 12 mètres plus bas. L’un des hommes de Chant, qui avait déjà été blessé et ne pouvait plus marcher, fut laissé en couverture à l’entrée de la station de pompage.

Le sergent A. H. Dockerill, jadis enfant de chœur à la cathédrale d’Ely, portait à la fois le sac d’explosifs pesant 27 kg du blessé et le sien en descendant le long des escaliers d’acier. Chant, les mains coupées et en sang, posa les charges avec ses hommes – environ 18 kg de plastic pour chacune des énormes pompes, puis les envoya au sommet du bâtiment en ne gardant que Dockerill avec lui, « au cas où mes blessures devaient m’empêcher de mettre à feu les charges. » Pendant qu’il travaillait, la station de pompage était secouée par les lourdes explosions venant du toit, où Roy détruisait les canons allemands. Dès que Chant et Dockerill allumaient les détonateurs, ils n’avaient que 90 secondes pour remonter l’escalier de 12 mètres et se mettre en sécurité. Chant réussit à monter en boitant les marches dans ce délai, en s’accrochant à la ceinture du solide Dockerill.

Mais il avait bien placé ses charges. L’explosion ne laissa de la station qu’un amas de béton et projeta les moteurs des pompes dans le cratère en contrebas. Son groupe termina le travail et démolit ce qui restait debout avec des marteaux de forgeron et des charges incendiaires. Puis Chant ramena ses hommes vers la rivière, en direction du « Vieux Môle », une jetée qui s’avançait directement dans la Loire, juste au sud de l’ouverture de la cale sèche. Comme leur itinéraire était barré par un pont que le feu allemand balayait, les hommes de Chant s’accrochèrent aux poutrelles sous la structure et ainsi passèrent de l’autre côté.

Le lieutenant Bob Burtenshaw descendait avec son groupe le long du dock près du Campbeltown. Portant la casquette du commandant Beattie – on ignore comment il l’a eu – et son monocle fermement vissé à l’œil, il fredonnait l’air « There’ll Always Be An England » pour lui-même au milieu du feu allemand. Dans les ténèbres, il tomba sur les survivants du groupe du lieutenant Gerard Brett, qui avaient laissé à couvert leur commandant blessé et avaient atteint le caisson nord du dock, non sans tuer deux Allemands croisés en chemin. Ils avaient essayé sans succès de forcer l’ouverture de l’écoutille menant à l’intérieur de l’énorme caisson.

Déjà blessé, Burtenshaw prit le commandement et les équipes mélangées placèrent une dizaine de charges de 8 kg dans l’eau, contre la face du caisson. Les Allemands répondirent par le feu nourri des bateaux mouillant dans le bassin, et Burtenshaw prit la tête d’un petit groupe et descendit le long du mur pour essayer de neutraliser ces tirs. Comme ils avaient transporté leurs lourdes charges explosives, Burtenshaw et ses hommes ne portaient que des pistolets, mais avec ces maigres armes – et l’aide de deux mitrailleurs anglais – ils prirent d’assaut les armes automatiques qui balayaient les sapeurs sur le caisson. Les Allemands prirent la fuite, mais Burtenshaw, toujours fredonnant, fut tué au bord du dock.

La maison de treuil au sud du dock avait également été détruite par un groupe commandé par le lieutenant Christopher Smalley, ses moteurs et ses énormes gerbes réduit à un enchevêtrement de métal, bien que Smalley ait été tué lorsqu’il ramenait ses hommes vers les vedettes restantes. Les hommes du lieutenant Corran Purdon brisèrent la porte d’acier de la maison de treuil du caisson nord, posèrent leurs charges et observaient lorsque leurs explosions démolirent la cible.

L’hécatombe de la flottille

Sur le fleuve, les vedettes en bois avaient terriblement souffert sous le déluge de feu allemand. Plusieurs avaient coulé, étaient en train de le faire ou brûlaient lorsque le Campbeltown s’écrasa. Du carburant enflammé se répandait sur le fleuve pendant que les commandos et les marins luttaient pour nager dans l’eau glaciale, en tirant leurs camarades blessés. Aucun survivant ne pourra jamais oublier les cris des hommes piégés dans le carburant en feu. Le bateau du sergent-major Moss coula sans parvenir à la rive, et ses survivants l’avaient abandonné. Avec cran, Moss nagea vers la terre en remorquant lui-même le radeau – et il mourut avec chaque homme sur le flotteur dans un torrent de rafales de mitrailleuses.

L’une des vedettes prit feu et explosa, en tuant 15 des 17 commandos à bord ainsi que l’essentiel de son équipage. Une autre vedette stoppa pour repêcher les survivants et les extraire du carburant en feu, mais il fut déchiqueté par le feu allemand. Une autre encore perdit un moteur ainsi que sa barre et dut se retirer, et trois autres étaient en flammes. La vedette qui récupéra les survivants du Campbeltown tenta de prendre la fuite vers le large, en zigzaguant et en émettant de la fumée, mais les batteries côtières allemandes étaient simplement trop nombreuses. Touché de nombreuses fois, la vedette se mit à dériver le long de la Loire, tel un phare brûlant dans les ténèbres, privé de capitaine. A part Beattie et un autre homme, chaque officier du Campbeltown mourut à bord, y compris le courageux Tibbets.

La canonnière cabossée de Ryder était jonchée de morts et de blessés, et sur le fleuve 5 vedettes brûlaient furieusement dans la nuit. Au canon pom-pom du pont avant, le marin William Savage déversait un feu continu et précis sur les batteries côtières allemandes. Complètement exposé, sans même une plaque en guise de protection, Savage pilonna calmement les canons allemandes pendant 25 terribles minutes.

Alors que le feu allemand continuait à balayer la canonnière, la plupart des blessés à bord ont été touchés pour la deuxième ou la troisième fois. Pour sauver ses hommes blessés, Ryder donna à contre-cœur l’ordre de se retirer et la canonnière, tirant toujours de ses armes restantes, mit le cap sur l’embouchure de la Loire. Certains des vedettes survivantes rentrèrent à la maison en même temps, en émettant de la fumée pour couvrir leur retrait. Lorsque la canonnière prit enfin le cap de retour, un éclat d’une nouvelle salve allemande tua Savage.

Micky Wynn orienta le torpilleur 74 vers son objectif secondaire, les portes des écluses menant à l’intérieur du bassin de St-Nazaire. Wynn entendit ses projectiles frapper les portes et fit demi-tour, sa mission accomplie. Lui et son torpilleur 74 avaient une voie dégagée vers la sécurité, en redescendant la Loire à 40 nœuds – jusqu’à ce que Wynn tombe sur deux survivants britanniques s’accrochant à un canon de sauvetage dans l’eau. Refusant de les abandonner, il rangea son petit bateau le long du canot, mais avant que les hommes ne puissent être hissés à bord, un torrent de feu déchiqueta le torpilleur 74. Le brave Wynn, ayant perdu un œil, fut secouru avec deux autres hommes par des navires allemands. Tous les autres hommes à bord étaient morts.

Sur la rive, les commandos survivants commencèrent à se réunir autour de Newman, qui rassembla quelque 70 hommes dont la moitié étaient blessés. Newman leur annonça que toutes les vedettes avaient été soit coulées, soit retirées de l’enfer le long de la rive. Il leur ordonna de se diviser en petits groupes et de se diriger vers l’intérieur du pays, de ne pas se rendre tant qu’ils avaient des munitions, et d’essayer d’atteindre la frontière espagnole. Il nomma rapidement des chefs pour chacun des détachements. « Leurs saluts », a-t-il écrit plus tard, « et leur allure auraient pu être ceux de l’Ecosse, et les ordres de combattre à terre furent reçus avec des sourires. »

« C’est une belle nuit au clair de lune pour cela », leur déclara Newman, et ses hommes commencèrent à se séparer, sautant par-dessus les haies des jardins et s’enfonçant dans les allées. Les commandos tiraient sur tout ce qui bougeait en progressant vers le côté est de la zone des bassins, abattant un motocycliste et un pilote de side-car allemands en route, et nettoyant des poches de résistance allemandes. Certains combats s’effectuaient à mains nues. Mais la zone grouillait d’ennemis, et petit à petit les raiders étaient abattus ou capturés.

Pendant ce temps, en haute mer, le Tynedale et l’Atherstone avaient affronté quatre destroyers allemands, et l’Atherstone collectait les survivants de trois vedettes britanniques, leurs ponts recouverts de sang et jonchés de commandos grièvement blessés. Le Tynedale avait recueilli les blessés de trois autres vedettes et de la canonnière, puis transféré certains des hommes à l’Atherstone. Chargés de blessés, les deux destroyers rentraient à vitesse maximale vers Falmouth, couverts par les avions du Coastal Command. Lorsqu’un Junkers Ju-88 se mit à menacer les navires, un Bristol Beaufighter de la RAF attaqua et s’écrasa dans l’appareil allemand. Les équipages des deux avions perdirent la vie.

Peu après, les destroyers Brocklesby et Cleveland firent leur apparition, ce qui ajoutait une puissance de feu considérable à la petite flotte. Le Brocklesby abattit un autre bombardier allemand, et un Beaufighter détruisit un avion de reconnaissance allemand qui suivait, aveuglant ainsi une grande force d’attaque de la Luftwaffe qui se formait pour frapper les Britanniques en retraite. Pour gagner davantage de vitesse, les raiders sabordèrent la canonnière et deux des canots, qui étaient tous salement endommagés.

Trois autres vedettes revinrent à la base de leurs propres moyens, endommageant en chemin un avion allemand et en abattant un autre. La vedette 14 fut bien près de trouver son chemin vers la haute mer, mais à quelque 72 kilomètres de l’estuaire, il se heurta au Jaguar, un torpilleur allemand plus grand et plus lourdement armé. La vedette 14 combattit ce navire pendant une heure, et l’ennemi tentait de l’éperonner ou de le prendre d’abordage. Ce n’est que lorsque ses ponts ruisselaient de sang et qu’il coulait sous son équipage toujours combatif que le skipper de la vedette 14 finalement se rendit. A son crédit, le capitaine allemand Paul prit un grand soin des blessés britanniques. En fait, un officier allemand – probablement Paul – rendit plus tard visite à Newman, alors prisonnier, pour transmettre un compte-rendu favorable de la courageuse défense britannique. Le rapport allemand mena à l’attribution après la guerre d’une Victoria Cross au sergent Thomas Durrant, qui s’accrocha aux mitrailleuses bitubes de la petite vedette et mourut à bord du Jaguar avec un total de 25 blessures.

Une explosion finale

A St-Nazaire, la fumée s’était dissipée et le carnage avait cessé. Les prisonniers britanniques avaient été emmenés, et les cadavres des deux camps collectés. Dans la cale sèche, environ 40 officiers allemands – certains accompagnés de leurs maîtresses françaises – s’étaient aventurés à bord du Campbeltown et inspectaient le navire cabossé. Quelques 400 autres Allemands curieux étaient rassemblés sur les bords du dock. Ils y étaient toujours en fin de matinée, discutant et prenant des photos, lorsque l’énorme charge du vieux destroyer explosa, dispersant des fragments humains sur tout le flanc de la cale.

L’explosion projeta complètement le caisson hors de son rail, détruisit la proue du Campbeltown et mit hors service le dock pour le reste de la guerre. Beattie était alors interrogé par un officier allemand, qui venait de lui dire que les Britanniques n’avaient de toute évidence pas réalisé la résistance du dock. A l’instant où la charge du Campbeltown fut mise à feu, la fenêtre éclata et la bâtiment fut secoué. Beattie ne résista pas à l’envie de dire doucement qu’ils n’avaient peut-être pas sous-estimé leurs cibles.

Les pertes allemandes dues à l’explosion sont inconnues, mais plus tard des enquêtes françaises fixèrent ces pertes à 60 officiers et quelque 300 soldats en plus de ceux tués et blessés par les commandos. On affirme encore que l’un ou l’autre des officiers britanniques capturés étaient également à bord du Campbeltown, et qu’ils se sont peut-être sacrifiés en racontant au large groupe d’officiers allemands une histoire préparée, afin de les faire rester à bord jusqu’à l’explosion. Les habitants de St-Nazaire croyaient que quelque chose de ce genre s’était produit, ou qu’un officier était retourné pour mettre à feu les charges. Si c’était le cas, c’était un sommet de sang-froid et de courage.

Le jour suivant, les deux torpilles à détonation retardée du torpilleur 74 explosèrent dans le bassin de St-Nazaire, générant une panique au sein des défenseurs allemands. Certains soldats allemands se mirent à tirer de manière indiscriminée sur des ouvriers français, et même sur le personnel de leur propre Organisation Todt.

Le Campbeltown avait bien fait son travail. En fait, le dock ne fut pas remis en service avant les années 50. Le monstrueux cuirassé Tirpitz restait privé de base. Il ne sortit jamais de son refuge norvégien, et c’est là, dans un autre raid, les sous-marins de poche de la Royal Navy le trouvèrent et le paralysèrent en 1944. A l’automne de cette année, des Avro Lancasters de la RAF l’attaquèrent. Leurs bombes de 5450 kg ravagèrent le cuirassé, qui chavira dans le fjord de Tromso et devint un cercueil d’acier pour une grande part de son équipage.

L’opération Chariot avait coûté à la Grande-Bretagne 169 tués et environ 200 prisonniers, la plupart d’entre eux blessés. Cinq commandos parvinrent à se frayer un chemin jusqu’à l’Espagne. Quatre autres furent faits prisonniers, mais réussirent à s’échapper. Ceux qui moururent dans l’attaque furent honorés par les Allemands, qui formèrent une garde d’honneur pour les cercueils de certains d’entre eux et échangèrent des saluts avec des officiers britanniques capturés lors de l’enterrement.

Le courage extraordinaire des raiders aboutit à un total de 74 décorations britanniques, et la France a décerné 4 Croix de Guerres. Un nombre sans précédent de 51 hommes a été mentionné dans des citations, et l’opération a été surnommée par ceux qui y ont survécu « le plus grand raid de tous les temps. » Cinq Victoria Cross furent également décernées aux raiders. L’une est allée à Ryder et une autre à Newman, en reconnaissance non seulement de leur valeur personnelle mais également de la valeur collective des hommes sous leurs ordres. Une troisième médaille est allée à l’imperturbable Beattie, le capitaine du Campbeltown, reconnaissant son courage de même que, selon la coutume britannique, la valeur « aussi des officiers et des hommes du navire, dont beaucoup n’ont pas survécu. »

Le sergent Durrant mérita sa Victoria Cross pour son combat courageux et à sens unique contre les canons du Jaguar. La cinquième médaille est revenue à Bill Savage. Sa citation résume toute la nuit tragique et vaillante de St-Nazaire. La Victoria Cross a été décernée non seulement pour le courage individuel, mais également pour la grande valeur de nombreux anonymes, dans les vedettes, les canonnières et les torpilleurs, qui ont accompli leur devoir à des positions complètements exposées et à courte distance du feu ennemi.

Texte original: Robert Barr Smith, « The Greatest Raid of All », World War II, Mars 2003 
Traduction et réécriture: Maj EMG Ludovic Monnerat 

source : http://militaires-d-hier.forumgratuit.org/t4398-le-raid-britannique-sur-le-port-de-st-nazaire-reste-le-plus-grand-de-tous-les-temps#30582

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

26 mars 2013

Les compagnons de la libération de la DFL

Classé sous — milguerres @ 22 h 34 min

 

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

Résistance … la lutte contre le mal

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DES DIFFERENTES UNITES DE LA DFL 

La présentation ci-dessous reprend les mentions des Unités telles qu’elles sont indiquées dans l’Annuaire de la 1ère DFL 
http://www.1dfl.fr/les-hommes-de-la-dfl/les-compagnons-de-la-dfl/

 

Pierre, Noël BEAUGRAND 02/06/1943 Lieutenant DFL
Diégo, Charles, Joseph BROSSET 20/11/1944 Général DFL 
Adolphe, Blaise, Auguste DIAGNE 18/01/1946 Médecin commandant DFL
René, Octave, Xavier GENIN 30/03/1944 Lieutenant colonel DFL
Philippe, Marie, Joseph, Charles KIEFFER 28/08/1944 Capitaine DFL
Pierre-Marie, Joseph KOENIG 25/06/1942 Général DFL
Edgard, René, Marie, LARMINAT (de) 01/08/1941 Général DFL
Claude, Armand, Louis LE HENAFF 16/10/1945 Lieutenant DFL
Paul, Louis, Victor, Marie LEGENTILHOMME 18/11/1945 Général DFL 
Raymond LEROY 06/04/1945 Capitaine DFL
André, Paul LICHTWITZ 07/03/1945 Médecin commandant DFL
Jacques MENESTREY 27/12/1945 Lieutenant pharmacien DFL
Victor MIRKIN 07/07/1945 Commandant DFL 
Raoul, Charles MONCLAR 01/06/1943 Général DFL
Noukoun NOUKOUN-KONE 02/06/1943 Adjudant DFL
Marcel, Louis, Théodore ORSINI 07/03/1945 Médecin commandant DFL
Hippolyte, Frédéric PIOZIN 02/06/1943 Capitaine DFL
Maurice, Henri PROCHASSON 07/08/1945 Capitaine dentiste DFL
Philippe SASSOON 07/03/1945 Lieutenant dentiste DFL
Pol THIBAUX 07/03/1945 Médecin capitaine DFL
André THOREAU 20/11/1944 Chef d’escadron DFL 
Lucien THUILLIEZ 02/06/1943 Adjudant DFL
Jean VIALARD-GOUDOU 09/09/1942 Médecin Lieutenant colonel DFL
Charles VIGNES 27/12/1945 Médecin Lieutenant colonel DFL
René AMIOT 18/01/1946 Lieutenant DFL
André PARANT 13/05/1941 Lieutenant DFL 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DE LA LEGION 
Alain, Marie, Léon AGENET 20/01/1946 Lieutenant Légion
Dimitri AMILAKVARI 09/09/1942 Lieutenant Colonel Légion
Paul, Jean, Louis ARNAULT 02/06/1943 Chef de Bataillon Légion
Gabriel, Eugène, Sélestin BABLON 28/05/1945 chef de bataillon Légion
René, Louis, Pierre BABONNEAU 09/09/1942 chef de bataillon Légion
Joseph BAKOS 07/03/1945 Sergent Légion 
Jacques, Marie, Paul BEAUDENOM DE LAMAZE 11/05/1943 Capitaine Légion
Henri BENEVENE 17/11/1945 Soldat Légion
Lionel BENEYTON 21/01/1946 Lieutenant Légion
François BOLIFRAUD 18/01/1946 Lieutenant Légion 
Maurice, Marcel BONTE 07/03/1945 Sergent Légion
Jacques, Jean BOURDIS 27/12/1945 Lieutenant Légion
Pierre, Jean BOURGOIN 20/11/1944 Lieutenant Légion
Gabriel BRANIER 11/05/1943 Adjudant chef Légion
Gabriel BRUNET DE SAIRIGNE 09/09/1942 Capitaine Légion
Augusto BRUSCHI 23/06/1941 Sergent Légion
Gustavo CAMERINI 03/06/1943 Lieutenant Légion
Alfred, CAZAUD 23/06/1941 Lieutenant colonel Légion
Renaud, Marie, René CORTA (de) 03/06/1943 Capitaine Légion
André DAMMANN 09/09/1942 Soldat Légion
Dino DEL FAVERO 23/06/1941 Caporal chef Légion
Jean DEVE 11/05/1943 Capitaine Légion
Hermann ECKSTEIN 26/08/1943 Sergent Légion
Jean, Henri, Marcel EON 17/11/1945 Sous Lieutenant Légion
Joseph, FERRIERES DE SAUVEBOEUF (de) 20/11/1944 Lieutenant Légion
Yvan FRANOUL 17/11/1945 Caporal Légion
Pierre FREMOND 17/11/1945 Lieutenant DFL 
GARGUE Félicien 23/06/1941 Caporal Chef Légion
André, Jean GENET 02/06/1943 Médecin capitaine Légion
Hubert, Jean, Louis, Joseph GERMAIN 20/11/1944 Lieutenant Légion 
Noël GIORGI 23/06/1941 Adjudant Légion
William, Joseph GOULD 16/10/1945 Sous lieutenant Légion
Marcel, Jean-Marie GUILLOT 20/11/1944 Sous lieutenant Légion
John, Freeman HASEY 18/04/1942 Lieutenant Légion
Pierre HAUTECLOCQUE (de) 14/07/1941 Capitaine Légion
Yves, Marie HAUTIERE (de la) 07/08/1945 Capitaine Légion
Jules, Jean, Louis HIRLEMAN 07/03/1945 Aumônier Légion
André IMA 29/12/1944 Sergent Légion
Jean, Corentin JAOUEN 18/01/1946 Sous lieutenant Légion
Yves, Félix, Pierre JULLIAN 29/12/1944 Lieutenant Légion
Imre KOCSIS 09/09/1942 Sergent Légion
André, Libéral, Emile LALANDE 20/11/1944 Chef de Bataillon Légion
Pierre LANGLOIS 23/06/1941 Lieutenant Légion
Georges, François, Marie LAOUENAN 18/01/1946 Lieutenant Légion
Felipe, Martinez, Arengo, MAEZTU 02/06/1943 Lieutenant Légion 
Stanislas, Marie MALEC-NATLACEN 20/11/1944 Aumônier Légion
Jean-Pierre, Robert MALLET 29/12/1944 Sous lieutenant Légion
Claude MANTEL 07/03/1945 Lieutenant Légion
Pierre MESSMER 23/06/1941 Lieutenant Légion 
Rémond, Martial MONCLAR 23/06/1941 Capitaine Légion
René MONDENX 17/11/1945 Adjudant chef Légion
René, André, Achille MOREL 23/06/1941 Capitaine Légion
Jacques, Charles MOUCHEL-BLAISOT 07/03/1945 Lieutenant Légion
Jules MURACCIOLE 28/05/1945 Lieutenant Légion
Louis, Albert NICOLAS 09/09/1942 Sergent Légion
Jacques, Marie, Roch, André PARIS de BOLLARDIERE 23/06/1941 Capitaine Légion
Etelvino PEREZ 20/11/1944 Sergent Chef Légion
Jean, Eugène POIREL 20/11/1944 sous lieutenant Légion
Ange POIS 23/06/1941 Soldat Légion
Jean PROSZECK 20/11/1944 Caporal Légion
Bernard SAINT-HILLIER 27/05/1943 Capitaine Légion
Jean-Pierre, Henri SARTIN 09/09/1942 Lieutenant Légion
Jean, Victor, Ernest SIMON 23/06/1941 Lieutenant Légion
Jean Marie SOUBERBIELLE 11/05/1943 Sous lieutenant Légion
Jacques TARTIERE 21/08/1941 Adjudant Légion
Alexandre TER SARKISSOFF 20/01/1946 Capitaine Légion
Ettore TONEATTI 23/06/1941 Soldat Légion
Jaime, Ramon, Angel TURRELL Y TURRULL 09/09/1942 Sergent Chef Légion
Georges, Slavomir UNGERMAN 18/01/1946 Lieutenant Légion
Edward, Béhumil VAZAC 07/03/1945 Capitaine Légion
Richard VERHEUST 09/09/1942 Soldat Légion
Michel, René VERSTRAETE 17/11/1945 Adjudant Légion
Otto WAGNER 07/08/1945 Chef de Bataillon Légion 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU 22e BMNA 
Roger, Henri, Fernand ANDRE 02/06/1943 Lieutenant 22e BMNA
Mohamed BEL HADJ 17/11/1945 Sous Lieutenant 22e BMNA
Bernard, Marie, Thérèse DEMOLINS 07/03/1945 Sous Lieutenant 22e BMNA
Pierre LEQUESNE 02/06/1943 Capitaine 22e BMNA 
Jean MAGNE 28/05/1945 Capitaine 22e BMNA
François, Antoine, Pierre, Marie BIGO 20/11/1944 22e BMNA
Jean, Marie FEVRE 16/10/1945 Lieutenant 22e BMNA
Paul-Hémir MEZAN 20/11/1944 Capitaine 22e BMNA
Edmond, Simon NESSLER 27/12/1945 Lieutenant 22e BMNA
Stéphane PIOBETTA 20/11/1944 Lieutenant 22e BMNA
Georges PROST 17/11/1945 Lieutenant 22e BMNA
Marie, Roger TASSIN 20/11/1944 Lieutenant 22e BMNA 

COMPAGNONS DE LA LIBERATION DE L’INFANTERIE COLONIALE 
Raymond, Paul, Etienne APPERT 31/12/1942 Lieutenant colonel Infanterie coloniale
Pierre, Alexandre MARCHAND 26/08/1941 Colonel Infanterie coloniale 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BM 1 
Guy BAUCHERON DE BOISSOUDY 09/09/1942 Capitaine BM 1
Emile BOUTHEMY 01/02/1941 Sergent chef BM 1
Amédée, Emmanuel, A BROUSSET 04/07/1944 Capitaine BM 1
Charles COLONNA d’ISTRIA 04/07/1944 Lieutenant BM 1
Jean, Marie, Justin COUPIGNY 04/07/1944 Médecin capitaine BM 1
Edmond COUSSIEU 04/07/1944 Adjudant BM 1
Raymond, Jean, Marie DELANGE 02/12/1941 Lieutenant colonel BM 1
Thadée, Henri DIFFRE 07/08/1945 Capitaine BM 1
Alphonse, Pierre , Dymas GUENA 04/07/1944 Lieutenant BM 1
Michel LARINE 04/07/1944 Adjudant BM 1
Yves, Noël MONTEGGIANI 13/03/1943 Adjudant Chef BM 1
Corentin PRIGENT 04/07/1944 Sous lieutenant BM 1 
Pierre, Eugène, Georges ROUGE 09/09/1942 Capitaine BM 1
Jacques, Marie, Joseph SEGRAIS (LE JUGE de) 04/07/1944 Adjudant BM 1 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BM 2 
Henri, François AMIEL 09/09/1942 chef de bataillon BM 2
Maurice, Henri Albert BAYROU 28/05/1945 Capitaine BM 2
André, Marie, Pierre, François BLANCHARD 09/09/1942 Lieutenant BM 2
Gilbert CHEVILLOT 14/07/1944 Capitaine BM 2
Marcel, Henri, Auguste, Marie, FAURE 07/03/1945 Capitaine BM 2
Pierre, Georges GABARD 09/09/1942 Lieutenant BM 2
Paul, Louis GUENON 28/05/1945 Médecin capitaine DFL 
Paul GUILLON 02/06/1943 Médecin capitaine DFL 
Georges KOUDOUKOU 09/09/1942 Sous lieutenant BM 2
Paul KOUDOUSSARAGNE 09/09/1942 Soldat BM 2
René LEMOINE 27/12/1945 Lieutenant BM 2
Jean LHUILLIER 07/07/1945 Capitaine BM 2
MOUNIRO 09/09/1942 Adjudant chef BM 2
Jean, René MUFRAGGI 17/11/1945 Lieutenant BM 2
Robert ROUX (de) 09/09/1942 Lieutenant colonel BM 2
François VALLI 28/05/1945 Lieutenant BM 2 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BM 3 
Roméo, Joseph ANTONIOTTI 23/06/1941 Caporal 
Georges, Charles BAVIERE 23/06/1941 Capitaine BM 3
Idrisse DOURSAN 23/06/1941 Sergent BM 3
Pierre, François GARBAY 17/04/1944 Lieutenant Colonel BM 3
Louis, Emile GAUTHERON 23/06/1941 Sergent BM 3
André KAILAO 23/06/1941 Soldat BM 3
Jen NEMIR 23/06/1941 Sergent Chef BM 3
Marcel VINCENT 30/06/1941 Sergent-chef BM 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BM 4 
Fernand AYME 17/11/1945 Sergent Chef BM 4
Henri, Eugène, Marie BEAUGE-BERUBE 07/08/1945 Lieutenant BM 4
Julien, Emile, Adolphe CHABERT 07/03/1945 Capitaine BM 4
Albert, André CHAREYRE 07/03/1945 Capitaine BM 4
Guy, Denis, Jean CHARMOT 20/11/1944 Médecin capitaine BM 4
Raymond DEFOSSE 02/06/1943 Capitaine BM 4
René, Louis, Alexandre DUPONT 17/11/1945 Adjudant BM 4
Henri, Marie FOUGERAT 29/12/1944 Chef de Bataillon BM 4
Philippe, Raoul FRATACCI 16/10/1945 Lieutenant BM 4
Site Compagnons du Havre 
Georges JEANPERRIN 24/03/1945 Capitaine BM 4
Albert PIAULT 20/11/1944 Aspirant BM 4
Jean-Charles PLANTEVIN 17/11/1945 Sous lieutenant BM 4 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BM 5 
François, Marie ARZEL 07/07/1945 Sergent Chef BM 5
Raoul BEON 10/12/1943 Médecin capitaine BM 5
Pierre BERNARD 10/12/1943 Lieutenant BM 5
Jean, Henry, Arsène CEDILE 22/01/1946 Capitaine BM 5
Henri, Jean, Guy COTTERET 17/11/1945 Sergent chef BM 5
Georges, Etienne, Abel DELRIEU 20/11/1944 Lieutenant BM 5
Roger, Charles GARDET 25/06/1943 Lieutenant Colonel DFL Pierre, Jean, Marie HAUTEFEUILLE 20/11/1944 Capitaine BM 5
Jean JESTIN 20/11/1944 Sergent Chef BM 5
Louis LE BASTARD 17/11/1945 Lieutenant BM 5
Roger, Jean-Marie MAYLIE 28/05/1945 Lieutenant BM 5
André QUELEN 18/01/1946 Lieutenant BM 5
François, Henri, Jean SEITE 07/03/1945 Sous lieutenant BM 5
Denis, Joseph THIRIAT 17/11/1945 Adjudant BM 5 

COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BM 11 
Roland ALIBERT de FALCONNET 29/12/1944 Lieutenant BM 11
Abel, Marcel, Edouard BILLY 17/11/1945 Lieutenant BM 11
Michel CRUGER 18/01/1946 Adjudant BM 11
Louis, Paul, Claude DUPUIS 20/11/1944 Lieutenant BM 11
André GALLAS 28/05/1945 Lieutenant BM 11
Gilbert, André GARACHE 28/05/1945 Sous lieutenant BM 11
Nicolas, Jules GLOS (de) 07/08/1945 Capitaine BM 11
Yves HERVE 28/05/1945 Médecin capitaine BM 11
Georges HUGO 04/07/1944 Lieutenant BM 11
Xavier, Adrien LANGLOIS 04/07/1944 Capitaine BM 11
Guy, Armel, Joseph, Gabriel, Marie LE CONIAC de la LONGRAYS 18/01/1946 Lieutenant BM 11
Jules, René, Alexandre LE MIERE 16/10/1945 Sous lieutenant BM 11
Joseph, Jean-Baptiste, Jacques LEONARD 20/11/1944 Sous Lieutenant BM 11
André MAZANA 29/12/1944 Adjudant Chef BM 11 
Pierre, Eugène MOGUEZ 16/10/1945 Lieutenant BM 11
Louis RICARDOU 23/06/1941 Soldat BM 11
Charles ROSSIGNOL 07/07/1945 Lieutenant BM 11
Benjamin TAGGER 20/11/1944 Capitaine BM 11
Nicolas WYROUBOFF 29/12/1944 Adjudant BM 11 

COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BM 21 et BM 24 
Hervé COUE 29/12/1944 Caporal chef BM 21
Camille CUNIN 17/11/1945 Lieutenant BM 24
Jacques LEMARINEL 20/11/1944 Aspirant BM 24
Paul, Pierre TRIPIER 20/11/1944 Aspirant BM 24 

COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BIM
Valentin, Eloi BEHELO 07/03/1941 Adjudant BIM
Louis, René BENARD 07/03/1941 Sergent Chef BIM
Michel BOLLOT 18/01/1946 Lieutenant BIM
René, Georges, Eugène BRIOT 07/03/1941 Capitaine BIM
Joseph, Marie, CASILE 07/03/1941 Sergent chef BIM
Pierre, Gabriel CHEVIGNE de 09/10/1945 Colonel BIM
Charles, Emile, Auguste CLERC 07/03/1941 Capitaine BIM
Fortuné DELSAUX 07/03/1941 Sergent BIM
Pierre, Marc DELSOL 07/03/1941 Sergent BIM
Marceau FAUCRET 07/03/1941 Caporal BIM
Raphaël, Albert, Alfred FOLLIOT 07/03/1941 Chef de Bataillon BIM 
Toussaint GOZZI 07/03/1941 Caporal BIM
Rodolphe JAEGER 07/03/1941 Soldat BIM
Auguste KIRMANN 07/03/1941 Soldat BIM
François, Jean-Pierre LABORDE-NOGUES (de) 07/03/1941 Sous lieutenant BIM
René, Henri, Marcel LEPELTIER 18/04/1942 Adjudant BIM
Lucien LIMANTON 07/03/1941 Soldat BIM
Roger, Frédéric, Jules MALFETTES 09/09/1942 Aspirant BIM
Joseph, Jean MAUGARD 07/03/1941 Caporal BIM
William PALCY 07/03/1941 Soldat BIM
Jean, Julien PICHAT 09/06/1942 Capitaine BIM
Georges, Victor ROSSI 07/03/1941 Sergent BIM
Constant ROUDAUT 02/06/1943 Capitaine BIM
Charles RUDRAUF 07/03/1941 Caporal BIM 
Raymond, Robert SABOT 07/03/1941 Sergent BIM
André SALVAT 07/03/1941 Sergent BIM
Jacques, Maurice, Charles SAVEY 11/05/1943 Commandant BIM
Auguste TECHER 07/03/1941 Soldat BIM
Lucien VANNER 07/03/1941 Soldat BIM 

COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BATAILLON DU PACIFIQUE 
Félix BROCHE 11/05/1943 Lieutenant-colonel Bat du Pacifique
Gaston DUCHE DE BRICOURT 27/05/1943 Capitaine Bataillon du Pacifique
Marcel, Marie KOLLEN 29/03/1943 Soldat Bataillon du Pacifique 
Pierre, Auguste LAFONT 11/05/1943 Adjudant Bataillon du Pacifique 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BIMP
Pierre ANGLADE 09/09/1942 Aspirant BIMP
Louis, Alfonse BEGUIN 07/03/1941 Soldat BIMP
Jean, Charles BELLEC 09/09/1942 Aspirant BIMP
Emile, Charles, Etienne BELLET 07/03/1941 Soldat BIMP
Auguste, Charles, Pierre BENEBIG 09/09/1942 Adjudant BIMP
Philippe BERNARDINO 16/10/1945 Adjudant BIMP
Pierre, Marie, André BLANCHET 20/11/1944 Capitaine BIMP
Benjamin, Marcel FAVREAU 09/09/1942 Aspirant BIMP
Robert, Fernand HERVE 16/10/1945 Capitaine BIMP
Georges LECARROUR 24/03/1945 Sergent Chef BIMP
Edmond, Emile, Pierre MAGENDIE 07/03/1945 Capitaine BIMP 
Henri, Edmond MAGNY 07/08/1945 Chef de Bataillon BIMP
Henri, Jérôme MULLER 20/11/1944 Lieutenant BIMP
Pierre, Jean, Alexandre OLIVIER 07/08/1945 Capitaine BIMP
Pierre, Michel PANNETIER 16/10/1945 Lieutenant BIMP
Joseph PECRO 17/11/1945 Caporal BIMP
Raymond PERRAUD 20/11/1944 Capitaine BIMP
René PETRE 16/10/1945 Sous lieutenant BIMP
Jean, Raymond, Léon PILLARD 27/12/1945 Lieutenant BIMP
Charles PORCHERON 20/11/1944 Sergent Chef BIMP
Jacques ROULEAU 27/12/1945 Lieutenant BIMP
Jean, Charles, Georges STARCKY 20/11/1944 Aumônier BIMP
Jean TRANAPE 20/11/1944 Sergent Chef BIMP 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU REGIMENT D’ARTILLERIE
André, Maurice, J, M QUIROT 02/06/1943 Capitaine Artilerie
Robert, André BINEAU 17/11/1945 Lieutenant Artillerie
Charles BRICOGNE 11/05/1943 Capitaine Artillerie 
Joseph, Antoine, Lucien CANALE 09/09/1942 Brigadier-chef Artillerie
Roger, Edmond CECCALDI 24/03/1945 Lieutenant Artillerie
Albert CHAVANAC 02/06/1943 Capitaine Artillerie
Daniel DREYFOUS-DUCAS 17/11/1945 Capitaine Artillerie
Constant, Etienne ENGELS 09/09/1942 Soldat Artillerie
Juan, José ESPANA 17/11/1945 Commandant Artillerie
Michel, Marie, Joseph FAUL 07/08/1945 Lieutenant Artillerie
René GUFFLET 27/05/1943 Capitaine Artillerie
Paul JONAS 07/08/1945 Chef d’escadron Artillerie
Jean-Claude LAURENT-CHAMPROSAY 09/09/1942 Lieutenant colonel Artillerie
Yves LE DÛ 25/06/1941 Soldat Artillerie
Claude LEPEU 09/09/1942 Maréchal des Logis Artillerie
Philippe MARMISSOLLE-DAGUERRE 17/11/1945 Lieutenant Artillerie
Gérard, Elie, Louis MARSAULT 16/10/1945 Cef d’escadron Artillerie
Paul, Ernest MORLON 20/11/1944 Artillerie
Jacques, Marie, Charles PETITJEAN 24/03/1945 Lieutenant Artillerie
François PHILIPPE 29/12/1944 Aspirant Artillerie
Laurent, Jules RAVIX 17/11/1945 Lieutenant Artillerie
Louis, Auguste RIVIE 28/05/1945 Capitaine Artillerie
Jean-Pierre ROSENWALD 17/04/1944 Aspirant Artillerie
Jacques, Yves ROUMEGUERE 09/09/1942 Aspirant Artillerie 
Robert SAUNAL 17/11/1945 Lieutenant Artillerie
Michel, Robert SAUVALLE 17/11/1945 Sous lieutenant Artillerie
Roger SEFERIAN (de RAUVELIN) 11/05/1943 Sous lieutenant Artillerie
Pierre, Adrien SIMONET 27/12/1945 Sous lieutenant Artillerie 
Gaston TAVIAN 07/03/1945 Lieutenant Artillerie
Musée virtuel DFL 
Charles, Bernard, Marie TESTA (de) 18/01/1946 sous lieutenant Artillerie
Site Compagnons du loiret 
Gérard THEODORE 09/09/1942 aspirant Artillerie
André, Albert VERRIER 17/11/1945 Maréchal des Logis Artillerie 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU GENIE 
Georges, Cyrille, Jean, B BONNET 17/11/1945 Capitaine Génie
Laurent BOVIS 17/11/1945 Adjudant chef Génie
Jean, Louis DESMAISONS 02/06/1943 Capitaine Génie
Marcel, Adrien GAYANT 07/03/1945 Sous Lieutenant Génie
André, Henri GRAVIER 09/09/1942 Capitaine Génie
André, Robert HENRY 13/05/1941 Sergent Génie
Raymond, Hippolyte, Léon LASSERRE 20/11/1944 Aspirant Génie
Paul, Félix, Eugène NEUVILLE 20/11/1944 Capitaine Génie 

COMPAGNONS DE LA LIBERATION DES CHARS 
Michel STAHL 07/08/1945 Capitaine CAC 2
Robert, Colbert ABRAHAM 17/11/1945 Adjudant Chars
Jacques, Marie, Emile BLASQUEZ 07/08/1945 Capitaine Chars
Daniel, Ernest, Elie DIVRY 13/07/1945 Capitaine Chars
Albert FLOCH 25/06/1941 Soldat Chars
Robert, René, Marcel GALLEY 24/03/1945 Sous lieutenant Chars
Jacques, Edmond, Georges, Paul HEBERT 16/10/1945 Lieutenant Chars
Alexandre KREMENTCHOUSKY 07/07/1945 Médecin lieutenant Chars
Henri MALIN 02/06/1943 Aspirant Chars
Raymond, Alfred MEYER 24/03/1945 Lieutenant Chars
Louis, Valentin MICHARD 25/03/1945 Lieutenant Chars
Jean VOLVEY 17/04/1944 Capitaine Chars 

COMPAGNONS DE LA LIBERATION DES FUSILIERS MARINS 
Hubert, Marie, Edouard AMYOT D’INVILLE 09/09/1942 Cap. De corvette Fusiliers marins
Roger, René, Albert BARBEROT 07/03/1941 Ens. De vaisseau Fusiliers marins
Jacques, André, Gaston BAUCHE 26/09/1945 Ens. De vaisseau Fusiliers marins
Lucien BERNIER 26/09/1945 Maître Fusiliers marins
Jean, Alphonse, Georges BRASSEUR 20/01/1946 Lieutenant de vaisseau Fusiliers marins
Jean, Robert CADEAC D’ARBAUD 20/01/1946 Lieutenant de vaisseau Fusiliers marins
Constant COLMAY 20/11/1944 Officier des équipages Fusiliers marins 
Robert DETROYAT 16/08/1944 Cap. De corvette Fusiliers marins
Joseph DOMENGET 26/09/1945 Second maître Fusiliers marins
Joseph DUHAUTOY-SCHUFFENECKER 07/08/1945 Aumônier Fusiliers marins
Marcel GUAFFI 20/01/1946 Maître Fusiliers marins
Pierre, Louis, Charles IEHLE 23/06/1941 Enseigne de vaisseau Fusiliers marins
Pierre LE GOFFIC 20/11/1944 Maître principal Fusiliers marins
Georges, Raymond LE SANT 07/03/1945 Maître principal Fusiliers marins 
Michel MAURICE-BOKANOWSKI 19/10/1945 Enseigne de vaisseau Fusiliers marins 
René, Philippe, Yves MILLET 20/01/1946 Lieutenant de vaisseau Fusiliers marins
André, Louis, Joseph MOREL 28/05/1945 Premier maître Fusiliers marins
Pierre, Jean, François MORSIER (de) 17/11/1945 cap. De corvette Fusiliers marins
Jean, Baptiste, François, Marie MOUTIS (des) 17/11/1945 Capitaine de corvette Fusiliers marins
Yves NONEN 26/09/1945 Premier maître Fusiliers marins
Edouard PRZYBYLSKI 20/01/1946 Premier maître Fusiliers marins 
Julien ROGER 12/06/1945 Maître Fusiliers marins
Louis RUBAUD 12/06/1945 Second Maître Fusiliers marins
Albert SAVARY 27/12/1945 Lieutenant de vaisseau Fusiliers marins
Roland TERRIER 20/01/1946 Second maître Fusiliers marins
François, Joseph TILLY 07/03/1945 ingénieur mécanicien Fusiliers marins
Félix TILLY 27/12/1945 Enseigne de vaisseau Fusiliers marins
Elie, Marie-Gabriel TOUCHALEAUME 17/11/1945 Lieutenant de vaisseau Fusiliers marins
Stanislas MANGIN 07/03/1945 Lieutenant Fusiliers marins
Jean, Emile, Victor SILVY 17/11/1945 Enseigne de vaisseau Fusiliers marins 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DES FTA 
Jules KOENIGSWARTER (de) 07/08/1945 Commandant FTA 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DES SPAHIS 
Blaise, Emmanuel, Henri ALEXANDRE 16/10/1945 Sous Lieutenant Spahis
Pierre ARAINTY 18/01/1946 Lieutenant Spahis
Jean BALLARIN 02/06/1943 Sous Lieutenant Spahis
Frédéric, Alfred BERGAMIN 17/11/1945 Sous lieutenant Spahis
Sigismond, Thadee BLEDNICKI 24/03/1945 Adjudant Spahis
André, BRUNEL 07/03/1945 Médecin commandant Spahis
Geoffroy, Louis CHODRON DE COURCEL 08/07/1943 Chef d’escadron Spahis
Jacques, Marie FITAMANT 24/03/1945 Adjudant Spahis
Pierre FOURRIER 25/06/1941 Capitaine DFL 

Alain GAYET 17/11/1945 Lieutenant Spahis
André, Albert GERBERON 29/12/1944 Lieutenant Spahis
Charles, Jean, Yves, Marie LE GOASGUEN 24/03/1945 Lieutenant Spahis
Fred MOORE 17/11/1945 Lieutenant Spahis
Roger, Emile MOTTE 20/01/1946 Lieutenant Spahis
Paul, Jean, Marie, Gabriel ODDO 17/04/1944 Lieutenant Spahis
Jean, Stanislas REMY 29/12/1944 Colonel Spahis
Nicolas ROUMIANTZOFF 02/06/1943 Chef d’escadron Spahis
Henry RUDELLE (de) 17/11/1945 Adjudant Spahis
Horace SAVELLI 20/11/1944 Capitaine Spahis
René, Charles, François TROËL 24/03/1945 Maréchal des Logis Spahis
Harry VILLOUTREYS (de) 01/02/1941 Lieutenant Spahis
François, René, M, R MOREL-DEVILLE 01/02/1941 Spahis 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU TRAIN 
Léon, Marcel BOUVIER 09/09/1942 Soldat Train
Jean-Pierre, Henri DULAU 16/10/1945 Chef d’escadron Train
Louis, Frédéric FOURNIER de la BARRE 09/09/1942 Soldat Train
Pierre LE GOURIEREC 26/08/1943 Maréchal des Logis Train 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DES TRANSMISSIONS 
Jacques, Roger RENARD 19/10/1945 Capitaine Transmissions 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU CAC 2 
Michel STAHL 07/08/1945 Capitaine CAC 2 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DE L’ACL 
Henri, Benjamin, René FRUCHAUD 16/10/1945 Médecin Lt Colonel ACL 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BATAILLON MEDICAL 
Guy, André, Pierre CHAULIAC 17/11/1945 Médecin capitaine Bat. Médical
Guy, Jean, Marc CHAVENON 07/07/1945 Médecin capitaine Bat. Médical
James, Averry WORDEN 07/03/1945 Sous lieutenant Bataillon médical 

Jean, Frédéric VERNIER 07/03/1945 Médecin Lieutenant colonel Ambulance Spears

 

source : http://www.1dfl.fr/les-hommes-de-la-dfl/les-compagnons-de-la-dfl/

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

Résistance … la lutte contre le mal

18 mars 2013

27 mai 1942 Josef Gabcik, Jan Kubis. Ils ont tué Heydrich

Classé sous — milguerres @ 19 h 33 min

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

27 mai 1942 Josef Gabcik, Jan Kubis.

Ils ont tué Heydrich

 

27 mai 1942 Josef Gabcik, Jan Kubis. Ils ont tué Heydrich josef-10
L’opération s’appelait « Anthropoïd ». Elle visait l’homme le plus ­puissant du IIIe Reich, le chef des services secrets nazis, planificateur de la « solution finale », nommé par Hitler à la tête de la Bohême-Moravie (la Tchécoslovaquie). Ces deux jeunes parachutistes tchèques ont réussi leur attentat, une mission quasi impossible. En représailles, les nazis ont mené un massacre, tuant et déportant quelque 500 personnes. Soixante-dix ans plus tard, les Tchèques restent marqués par cette histoire. Nos reporters ont enquêté sur place.
Flore Olive – Paris Match 
____Une déflagration retentit dans la crypte, puis le silence : Josef Gabcik n’entend plus que les pas des soldats allemands qui résonnent au-dessus de lui, leurs cris. Depuis ce tombeau où il est caché, une crypte froide et humide, il ne pense qu’à Jan, son ami. Il l’aime comme un frère et il sait que là-haut, ce silence soudain signifie sa mort. Mais sur la galerie qui surplombe la nef, blessé, inconscient, trop faible pour se tuer, Jan Kubis respire encore. Touché par une grenade, il décédera durant son transport à l’hôpital. Josef Gabcik ne vivra pas longtemps non plus. Les Allemands cherchent l’entrée du sous-sol. Sept hommes s’y sont terrés pendant deux semaines. Ils ne sont plus que quatre, trois viennent de mourir, dont Jan. Avec lui, Josef Gabcik a tout partagé : sa gamelle, ses espoirs, ses combats. Ensemble, ils ont sauté, jeunes résistants parachutés sur la Tchécoslovaquie, pour anéantir « la bête blonde », l’incarnation du Mal : Reinhard Heydrich, bras droit de Himmler, instigateur de la « solution finale », surnommé le « bourreau de Prague ». Ensemble, Jan Kubis et Josef Gabcik ont accompli l’un des actes de résistance les plus héroïques de la Seconde Guerre mondiale.

Sur la place Charles de Prague, leurs visages juvéniles s’affichent sur de hauts panneaux en bois, derrière lesquels a été reconstitué à petite échelle un camp d’extermination. A l’intérieur, accrochés aux murs, des photos et des témoignages se suivent. Cette exposition est organisée par l’association Post Bellum. Depuis onze ans, elle recueille « la parole de toutes les victimes des régimes totalitaires, durant la Seconde Guerre ou sous l’Urss », explique Mikulas Kroupa, président de l’association et journaliste. Quand ­Reinhard Heydrich est nommé « protecteur » de Bohême-Moravie, la république tchécoslovaque n’existe plus. Dépecée après les accords de Munich qui ont permis aux Allemands d’annexer sans opposition la région des Sudètes, à l’ouest de la Tchéquie. En exil à Londres, le président tchèque, Edvard Benes, veut peser dans les négociations avec les alliés. Hélas, son pays ne leur offre pas de preuves assez tangibles de sa capacité de résistance à l’occupant.
Les deux hommes représentent la nation tchèque que Heydrich veut détruire

Les Tchécoslovaques doivent accomplir un acte symbolique fort ; avec l’invasion de l’occupant, ils sont 11 000, dont 3 000 volontaires, à rejoindre le front français. Après la débâcle, beaucoup gagnent Londres pour y continuer la guerre. Josef Gabcik et Jan Kubis sont de ceux-là. Tous deux sont décorés de la Croix de guerre pour s’être battus en France. Le premier est aussi extraverti que le second est réservé. Sur les clichés de l’époque, Kubis a l’air rêveur ; Gabcik, espiègle et gouailleur. Ces deux hommes représentent la nation tchèque queHeydrich veut détruire.

Dans la nuit du 28 décembre 1941, ils montent dans la carlingue d’un Halifax britannique. Nom de code de leur mission : « Anthropoïd ». Quelques heures plus tard, les parachutistes se jettent dans le vide, au-dessus de cette terre tchèque où ils sont nés et d’où ils ne repartiront pas. Les deux jeunes gens n’ont pas 30 ans et ils se doutent que leur mission est une mission suicide, ou presque. Ils ont sur eux des capsules de cyanure si les choses devaient mal tourner. « Dans l’Europe asservie aux uniformes noirs vivent encore des gens courageux », écrit Miroslav Ivanov, auteur de l’ouvrage de référence* sur cet épisode. Pendant des mois, des hommes et des femmes vont mettre leurs familles en danger de mort pour protéger près d’une dizaine d’hommes appelés à des missions top secret. Il a fallu les loger, leur fournir de la nourriture, du matériel, des armes, des faux papiers. Parmi elles, à Prague, celle de l’instituteur Zelenka et celle d’Anna Moravec, qui vit avec son époux, Aloïs, et son fils cadet, Ata. L’aîné, Mirek, est pilote en Grande-Bretagne. Des gens simples, héroïques.

Chaque jour, Heydrich fait le trajet, sans escorte, du château de Panenské Brezany jusqu’au siège de la Gestapo, dans le centre de Prague. L’opération aura lieu sur cette route, qui descend du nord de la capitale en serpentant, dans un virage en épingle, à l’angle de la rue de Holesovice, dans le quartier de Liben. Aujourd’hui, on peine à distinguer ce virage sous la bretelle d’autoroute.
Le «bourreau de Prague» est tombé. Commencent les représailles et la terreur

Deux autres hommes sont informés de ce plan : le lieutenant Adolf Opalka et le sergent Josef Valcik. Ce grand blond aux yeux cristallins fera office de guetteur. Il doit, grâce aux reflets du soleil dans un miroir, alerter ses camarades de l’approche de la voiture. Le mercredi 27 mai 1942, à 10 h 32 du matin, la lumière donne le signal : la Mercedes noire descend la colline et ralentit pour amorcer le virage. Heydrichse tient à l’avant, à côté de son chauffeur, Michel Klein. Il fait doux, la voiture est décapotée. Gabcik s’élance, se poste face au véhicule et pointe sa mitraillette sur le SS. Il tire ; rien ne se passe. La Stern s’est enrayée ! Heydrich se lève, porte la main à sa ceinture pour attraper son revolver. Kubis lance une petite bombe qui touche la voiture à l’arrière. Heydrich tombe. Les paras prennent la fuite. A l’hôpital de Prague, Heydrich est opéré par un chirurgien dépêché de Berlin. Sa plaie est infectée. Le « bourreau de Prague » décède d’une septicémie une semaine plus tard, le 4 juin 1942. Mission accomplie.

Les représailles commencent et, avec elles, la terreur. Dans la nuit qui suit l’attentat, 36 000 appartements de la capitale sont visités par la Gestapo. Chaque jour, on affiche sur les murs les listes des noms de ceux qui ont été arrêtés, puis exécutés. Le 10 juin, le village de Lidice, soupçonné d’avoir abrité les parachutistes, est encerclé par les hommes de la Schutzpolizei, une unité originaire de la ville natale deHeydrich. Les 173 hommes du village sont exécutés. Les femmes et les enfants sont envoyés au camp de Mauthausen. Toutes les maisons sont rasées. Huit enfants « aptes à la germanisation » seront épargnés et adoptés par des familles SS. « A ce moment-là, Gabcik et Kubis ont songé à aller se dénoncer avant de se suicider, explique Marek Jindrich, conservateur du musée d’Histoire militaire de Prague. Mais Opalka, le plus expérimenté, leur a rappelé leur devoir de soldat. »

Kvetoslava Neradova, 79 ans aujourd’hui, entend encore « la musique militaire diffusée dans les rues le jour de l’hommage à Heydrich ». Ex-professeur de littérature à l’université, elle vit avec son époux, un ancien médecin, dans un petit apparte­ment du nord de la ville. Kvetoslava a le corps meurtri mais la mémoire et les yeux vifs. A l’époque, elle a 9 ans et vit à la morgue de Prague où son père assiste les médecins légistes. La famille y bénéficie d’un logement de fonction. Depuis peu, presque tous les employés tchèques ont été remplacés par des Allemands. Mais la cohabitation se passe bien. « C’était un lieu de paix », dit-elle. Malgré la mort et les centaines de cadavres. Son père trafique les fichiers : il fait sortir clandestinement certaines dépouilles pour qu’elles soient enterrées par leurs familles au lieu d’aller à la fosse commune. Il cache un ami juif qu’il fait passer pour son cousin et, dans le sous-sol du bâtiment, élève des poules, quatre porcs, des chèvres et un mouton. Personne ne le dénoncera. « Beaucoup de Tchèques comme mon père pratiquaient une résistance passive, ajoute-t-elle. Il savait où étaient les deux parachutistes. La nuit où les Allemands les ont trouvés, une entreprise de pompes funèbres devait les sortir de leur cachette dans un corbillard pour les faire quitter Prague. Mais l’opération a pris du retard : quand le corbillard est arrivé, le quartier était déjà encerclé. » Les SS ont bloqué la rue Resslova où se trouve l’église Saints-Cyrille-et-Méthode. Nous sommes le 18 juin 1942.
10 millions de couronnes pour une trahison qui coûtera la vie à plus de 3 000 personnes

Deux jours plus tôt, un homme, Karel Curda, a pris le train en Moravie du Sud, où il était avec sa famille, pour rejoindre Prague. Cet homme aussi est un parachutiste, largué au-dessus du pays le 26 mars 1942, quelques mois plus tôt. Il connaît le réseau d’hébergement de ses camarades dont il a profité. Et se rend à la Gestapo pour sauver sa peau. Laurent Binet l’écrit dans « HHhH », roman inspiré de cette épopée. «Parmi les quelques dizaines de parachutistes sélectionnés pour être envoyés en mission dans le protectorat, la quasi-totalité s’était déclarée motivée par un sentiment patriotique. Deux seulement, dont Curda, avaient déclaré s’être portés volontaires par goût de l’aventure, et ces deux-là ont trahi. » Sa trahison rapportera à Curda 10 millions de couronnes. Elle coûtera directement la vie à 252 personnes et mènera la Gestapo à plus de 3 000 autres. Parmi elles, la famille de l’instituteur Zelenka, qui se suicide avec une capsule de cyanure. Sa voisine Anna Moravec met fin à ses jours de la même manière, devant son mari et son fils Ata. Ce jeune homme de 18 ans à peine révèle, avant de mourir sous la torture, où se cachent les parachutistes : terrés comme des rats dans la crypte de l’église Saints-Cyrille-et-Méthode, ils dorment dans les cavités où l’on enterrait les religieux à la fin du XVIIIe siècle. Cachés par le prêtre Vladimir Petrek qui avait proposé son aide à Zelenka. Lui et sa hiérarchie seront exécutés.

Dans ce sous-sol glacial, obscur, resté en l’état, on imagine ces sept jeunes espions traqués. Cette nuit-là, la petite ­Kvetoslava Neradova est réveillée par les coups de feu, à 4 h 20 du matin. Les Allemands viennent d’entrer dans l’église. Sur la galerie qui surplombe la nef, le lieutenant Opalka, Jan Kubis et Josef Bublik tiennent près de trois heures, ripostant aux tirs avec les munitions dont ils disposent pour les tenir à distance. Dans la crypte, Josef Gabcik, Josef Valcik, Jan Hruby et Jaroslav Svarc tentent de creuser un tunnel. Les Allemands font sauter la dalle de marbre sous laquelle se trouve l’escalier d’accès au sous-sol. Les parachutistes abattent un à un les hommes qui s’y engagent. Alors, par un soupirail donnant sur la rue, les SS introduisent un long tuyau d’où sortent des trombes d’eau. Ils veulent les forcer à sortir. Ordre a été donné de les capturer vivants. Sous les cris, près du corps d’Opalka posé sur le trottoir, dans le tumulte de la foule, des bruits de bottes et de l’eau qui jaillit, soudain, quatre coups de feu presque simultanés : les quatre hommes se sont donné la mort. Avec leur dernière balle. « Pendant huit heures, écrit Miroslav Ivanov, sept hommes résistèrent jusqu’à leur dernier souffle à quelque 800 Allemands. La mort a uni ces parachutistes sur le trottoir devant l’église Saints-Cyrille-et-Méthode, elle a aussi uni pour toujours leurs collaborateurs, Mme Moravec, Zelenka et des dizaines d’autres. […] Tous avaient leurs devoirs, leurs amours, leurs rêves, leur vie… »

A la morgue, une semaine plus tard, la petite Kvetoslava pousse la porte de l’une des pièces donnant sur le couloir où elle joue : « Jamais je n’oublierai ce que j’ai vu », dit-elle. Sur une table, dans deux bocaux, reposent les têtes décapitées de Jan Kubis et Josef Gabcik ! Elle resteront là « jusqu’en avril 1945, explique Kvetoslava, puis elles disparaîtront ». Ensemble. Pour Kvetoslava, devenue une vieille dame, ces hommes sont restés « des héros, le symbole de la liberté ». Mais pendant cinquante ans, le régime communiste les a considérés comme les responsables égoïstes du massacre de milliers d’innocents. Leurs noms sont effacés des livres d’histoire pour ne réapparaître qu’à la « révolution de velours » en 1989. « Les communistes tchèques étaient les plus fidèles à Moscou, explique Marek Jindrich. Dans les années 50, la plupart des responsables tchèques de la Résistance ont été tués. Pour Moscou, ces gens avaient été à la solde de Londres, donc contre eux : tout ce qui venait de l’Ouest était mauvais, c’est une théorie très simple, une période absurde. »

Après la guerre, le général Moravec, commandant des services secrets tchèques, justifiera l’opération « Anthropoïd » en ces termes : « Dans une société régie par des lois normales, un assassinat ne peut en aucun cas se justifier moralement. Mais quand une nation est réduite à l’esclavage par des assassins et des fanatiques, un attentat peut constituer le seul remède au mal. Dans ce sens, l’assassinat de ReinhardHeydrich était parfaitement justifié. »

* « L’attentat contre Heydrich », éd. Robert Laffont
source : http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/27-mai-1942-Josef-Gabcik-Jan-Kubis.-Ils-ont-tue-Heydrich-407690/

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

17 mars 2013

Le massacre de la forteresse du Mont-Valérien

Classé sous — milguerres @ 16 h 30 min

 retour page d’Accueil 

 retour à la Seconde Guerre Mondiale 

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale 

Résistance … la lutte contre le mal

-

La forteresse du Mont-Valérien

 Voir également : Le réseau MANOUCHIAN 

La forteresse du Mont-Valérien1 est un fort polygone à cinq cotés, construit de 1840 à 1846. Il est l’un des seize forts construits autour de Paris.

Construite sur le mont Valérien1, colline culminant à 162 mètres, située à quelques kilomètres à l’ouest de Paris, sur les communes de Suresnes, Nanterre et Rueil-Malmaison, elle n’a pas été démolie.

Son adresse est : rue du colonel Delestre, 92151, Suresnes.

La forteresse est utilisée par les nazis pour y fusiller otages, résistants et Français libres parachutés sur le sol français4 :

  • 29 août 1941, Honoré d’Estienne d’Orves, Maurice Barlier et Jan Doornik.
  • 22 octobre 1941, cinq otages, en représailles après la mort de Karl Hotz.
  • 24 octobre 1941, Bernard Anquetil.
  • 15 décembre 1941, 70 otages dont 53 Juifs — dont 44 viennent du camp de Drancy5 — parmi lesquels se trouve Gabriel Péri.
  • 6 février 1942, deux habitants de Saint-Michel-en-l’Herm ayant tenté de faire évader des aviateurs britanniques.
  • 11 février 1942, André Bloch.
  • 23 février 1942, sept membres du réseau du musée de l’Homme : Vildé, Lewitsky, Nordmann, Ithier, Andrieu, Sénéchal, Walter.
  • 27 février 1942, Jean-Claude Chabanne.
  • 9 mars 1942, les sept condamnés à mort du procès du Palais-Bourbon.
  • 21 mars 1942, Georges Paulin.
  • 17 avril 1942, les 23 condamnés à mort du procès de la Maison de la Chimie, dont Bernard Laurent et Marcel Bertone. Exécution de Marcel Bourdarias et de Spartaco Guisco.
  • 23 mai 1942, Georges Politzer et Jacques Solomon.
  • 30 mai 1942, Arthur Dallidet et Jacques Decour.
  • 22 juin 1942, Gabriel Laumain.
  • 27 juillet 1942, Valentin Feldman. Il prononce le fameux « Imbéciles ! C’est pour vous que je meurs ! »6, qu’Emmanuel Mounier attribue cependant à Gabriel Péri.
  • 11 août 1942, Georges Bouzerait, Jean-Baptiste Douvrin, Nojme Zalkinow (père de Fernand Zalkinow) et Georges Victor Frémont.
  • 21 septembre 1942, Gaston Bussière et Marcel Lamant.
  • 26 février 1943, Lucien Dupont, Charles Grosperin, André Berthelot, Pierre Bolzer, Marcel Garcin, Georges Leblanc, Lucien Lefranc, Gabriel Rabot, Victor Recourat7
  • 15 juin 1943, Jules Dumont.
  • 17 septembre 1943, 19 brestois, pour avoir combattu les troupes allemandes d’occupation, dans les rangs des Francs-tireurs et partisans et commis de nombreux actes de sabotages dans le Finistère : Albert Abalain, Lucien Argouach, André Berger, Louis Departout, Yves Giloux (étudiant, né à Ouessant le 15 décembre 1921), Louis Le Bail, Paul Le Gent, Eugène Lafleur, Louis Le Guen, Paul Monot, Henri Moreau, Jean-Louis Primas, Jean Quintric, Albert Rannou, Albert Rolland, Étienne Rolland, Joseph Ropars, Jean-Marie Teuroc, Charles Vuillemin.
  • 2 octobre 1943, Martial Brigouleix.
  • 6 octobre 1943, Roger Rieckert, Jacques Massias, Jacques Delaunay et Marc Delaunay.
  • 21 février 1944, trois lycéens résistants du lycée Anatole-Le-Braz de Saint-Brieuc, ainsi que Missak Manouchian avec 21 résistants de son réseau dénoncés par l’Affiche rouge.
  • 7 mars 1944, André Chesnot.
  • 15 mars 1944, Bernard Chevignard.
  • 28 mars 1944, Frédéric De Jongh (père d’Andrée De Jongh).
  • 5 avril 1944, André Lamarre.
  • 11 avril 1944, Joseph Epstein.
  • 25 avril 1944, Raymond Collot.
  • 11 août 1944, 93 détenus du camp de Royallieu8.

Au total, c’est plus d’un millier d’exécutions d’otages et de résistants qui se déroulèrent au Mont-Valérien4. Au 30 décembre 2008, le site internet du ministère de la Défense indiquait un total de 1014 fusillés identifiés9.

Les exécutions se déroulaient dans une clairière située en contrebas de la chapelle où ils étaient enfermés avant leur exécution10.

Ce sont tous des hommes, âgés d’au moins 16 ans. Le manuel de droit criminel de la Wehrmacht interdit de condamner à mort les enfants de moins de 16 ans et de fusiller les femmes. Par exemple André Kirschen, âgé de 15 ans, faisant partie des accusés du procès de la Maison de la Chimie, est condamné à la déportation. Olga Bancic, condamnée en même temps que les hommes de l’Affiche rouge, est conduite en Allemagne pour y être décapitée11.

Le 18 juin 1960, le général de Gaulle a inauguré au Mont-Valérien le Mémorial de la France combattante, où reposent 16 corps de combattants, originaires de France et des colonies, symbolisant les différentes formes des combats pour la Libération.

 

 

File:Fort Mont-Valerien retouched for brightness.jpg

 

 

 

notes et références WIKIPEDIA

  1. ↑ a et b Typographie selon le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, 2007 (ISBN 978-2-7433-0482-9), p. 89 et 93
  2. ↑ « Commune : Saint-Cloud » [archive], sur le site des Archives départementales des Yvelines,cg78.fr, consulté le 31 décembre 2008.
  3. ↑ Sa plus forte pièce d’artillerie est « La Valérie », un canon de calibre 24 et d’un poids de 16 tonnes.
  4. ↑ a et b « Les fusillés du Mont-Valérien 1939−1945 » [archive], witzgilles.com.
  5. ↑ , « La rafle du 20 août 1941 et l’ouverture du Camp de Drancy » [archive], sur le site du Conservatoire historique du camp de Drancy, camp-de-drancy.asso.fr, consulté le 30 décembre 2008.
  6. ↑ Fabienne Federini, « Journal de guerre – Imbéciles, c’est pour vous que je meurs – Un ouvrage de Valentin Feldman (Tours, Éditions Farrago, 2006 » [archive], sur liens-socio.org, consulté le 8 février 2010.
  7. ↑ Arsène Tchakarian, Les Fusillés du Mont Valérien, édité par le Comité national du souvenir des fusillés du Mont-Valérien, 1991
  8. ↑ « Le camp de Compiègne-Royallieu 2/3 – Les exécutions » [archive], sur le site de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre [archive] (ONAC), Service départemental des Yvelines – Mémoires 78, consulté le 3 janvier 2009.
  9. ↑ « Fusillés du Mont-Valérien » [archive], sur le site memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr, consulté le 30 décembre 2008.
  10. ↑ « Le Mémorial du Mont Valérien – Site du Mont Valérien ; lieu des martyrs de la Résistance et Mémorial de la France Combattante » [archive], sur le site de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC), Service départemental des Yvelines – Mémoires 78, consulté le 30 décembre 2008 : « […] Amenés de l’extérieur en camion pour leur exécution, ils étaient enfermés dans une chapelle désaffectée, puis conduits dans une clairière située à une centaine de mètres en contrebas. Leurs corps ont été ensuite dispersés dans les cimetières de la région parisienne. »
  11.  Benoît Rayski, L’Affiche rouge : 21 février 1944, Éditions du Félin, 2004, p. 116
L’Affiche rouge 
L’Affiche rouge est une affiche de propagande placardée en France dans le contexte de la condamnation à mort de 23 membres desFTP-MOI de la région parisienne, suivie de leur exécution, le 21 février 1944.

 

 Le massacre de la forteresse du Mont-Valérien affich12

 

Description

L’affiche comprend :

  • une phrase d’accroche : « Des libérateurs ? La Libération ! Par l’armée du crime » ;
  • les photos, les noms et les actions menées par dix résistants du groupe Manouchian :
    • « Grzywacz – Juif polonais, 2 attentats »,
    • « Elek – Juif hongrois, 8 déraillements »,
    • « Wasjbrot (Wajsbrot) – Juif polonais, 1 attentat, 3 déraillements »,
    • « Witchitz – Juif polonais, 15 attentats »,
    • « Fingerweig – Juif polonais, 3 attentats, 5 déraillements »,
    • « Boczov – Juif hongrois, chef dérailleur, 20 attentats »,
    • « Fontano – Communiste italien, 12 attentats »,
    • « Alfonso – Espagnol rouge, 7 attentats »,
    • « Rajman – Juif polonais, 13 attentats »,
    • « Manouchian – Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés » ;
  • six photos d’attentats ou de destructions, représentant des actions qui leur sont reprochées.

La mise en page marque une volonté d’assimiler ces dix résistants à des terroristes : la couleur rouge et le triangle formé par les portraits apportent de l’agressivité ; les six photos en bas, pointées par le triangle, soulignent leurs aspects criminels.

La Bibliothèque nationale de France conserve trois exemplaires de l’affiche dans trois formats différents dont les formats 152 x 130 cm, et 118 x 75 cm1.

L’affichage partout dans Paris fut accompagné par la diffusion large d’un tract reproduisant :

  • au recto, une réduction de l’affiche rouge ;
  • au verso, un paragraphe de commentaire fustigeant « l’Armée du crime, contre la France »2.

Les dimensions de ce tract sont de 22 x 26 cm3.

Cette affiche a été créée par le service de propagande allemande en France.

 

logo_t10
Il y a 70 ans, l’Affiche rouge
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Affiche-rouge/p-27532-Il-y-a-70-ans-l-Affiche-rouge.htm

Le 21 février 1944 étaient fusillés au Mont-Valérien (près de Paris) le résistant communiste d’origine arménienne Missak Manouchian et vingt-et-un de ses camarades, combattants immigrés des réseaux « FTP-MOI ». Placardée au même moment par milliers sur les murs des villes françaises, l’ »affiche rouge » de la propagande voulait inspirer l’horreur de leur cause et la répulsion de leurs origines. Elle allait se retourner contre les bourreaux.

26171310
L’exécution de combattants du groupe Manouchian, le 21 février 1944, au Mont-Valérien. Prise par un soldat allemand, la photo a été authentifiée grâce aux recherches de Serge Klarsfeld.

Armée des ombres

La genèse de ce que la police – avant l’histoire – appellera le « groupe Manouchian » se confond avec celle de l’organisation FTP-MOI. La MOI (main d’œuvre immigrée) est née dans les années 1920. C’est un mouvement civil impulsé par un Parti communiste français soucieux d’étendre son influence parmi les millions de travailleurs arrivés dans l’Hexagone, fuyant leur pays d’origine pour des raisons économiques ou politiques. Les FTP (Francs tireurs partisans), eux, sont l’organisation de résistance créée fin 1941 – à la rupture du pacte germano-soviétique – par le Parti communiste français. Née dans le même temps, sa branche FTP-MOI procède des deux. Elle est en contact direct avec Jacques Duclos qui représente de fait le Komintern (Internationale communiste).

logo_t11
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Affiche-rouge/p-27532-Il-y-a-70-ans-l-Affiche-rouge.htm

Qui a trahi Manouchian ?
Le témoignage d’Adam Rayski

Qui a trahi Manouchian et son groupe de résistants ? En 1985, l’historien Stéphane Courtois et Mosco Boucault réalisent un documentaire, « Des terroristes à la retraite ». Ce long métrage, qui met en scène Simone Signoret en voix-off, accuse la direction de l’époque du Parti communiste français (PCF) d’avoir lâché sinon vendu le groupe Manouchian. Ancien résistant membre des FTP-MOI, longtemps membre du parti communiste avec lequel il rompt en 1957 mais aussi historien, Adam Rayski remet ces accusations à leur place dans un entretien à la revue « l’Histoire (1985). Extraits.

L’Histoire : Avant d’être fusillé, Manouchian, dans sa dernière lettre,  pardonne à tous, « sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau  et ceux qui nous ont vendus ». Qui est le traître ?

Adam Rayski : Dans l’esprit de Manouchian il s’agissait de Joseph Davidovitch, commissaire politique des FTP-MOI1 depuis juin 1943. Manouchian était son subordonné et ne l’a accepté qu’à contrecœur. En octobre, Davidovitch disparaît. Par une fuite de la préfecture, nous avons appris qu’un résistant dont le signalement correspondait à celui de Davidovitch avait craqué, était passé aux aveux. Il sillonnait Paris en voiture avec les policiers français pour piéger les camarades sur leurs lieux de rendez-vous. A la suite d’une évasion simulée, il devait infiltrer la MOI et remonter jusqu’à la direction clandestine du Parti. Après les coups de filet de mars 1943 –  140 camarades arrêtés –, la police s’était déjà  bien infiltrée. En janvier 1944, ce sont deux adjoints de Duclos qui tombent. Davidovitch a contribué à mieux cerner l’organigramme clandestin.  Sa trahison ne fait plus aucun doute.

L’Histoire : Et quels sont ceux qui ont vendu ?

Adam Rayski : Une certitude : Manouchian ne pouvait soupçonner les communistes. Pour Mélinée, sa veuve, il est mort communiste. « Vendre » est le mot de la terminologie résistante et de la presse clandestine pour désigner la Collaboration et Vichy, surtout après Montoire. A son procès, quand Manouchian déclare : « Vous avez vendu votre conscience et votre âme  à l’ennemi », il s’adresse avec mépris à un parterre de gestapistes français et de journalistes collaborateurs. (…)

L’Histoire : Que pensez-vous de la thèse de la « tricolorisation » du Parti ? Certains historiens prétendent que le PC, soucieux de redorer son blason cocardier, aurait sacrifié délibérément les combattants « Manouchian » aux noms trop juifs et à l’accent yiddish si peu national…

Adam Rayski :Le groupe Manouchian n’était pas comme ça. suspendu en l’air. Il était en interconnexion avec tous les rouages du Parti. On ne pouvait livrer sélectivement Manouchian sans mettre en danger toutes les organisations dans la mouvance du Parti. Dans l’hécatombe de mars 1943, il y avait beaucoup de Français de pure souche. Il n’y a qu’à lire le rapport de  police du 3 décembre 1943, établi après la chute de Manouchian : « 67 arrestations, 14 Français aryens, 4 Français juifs, 19 étrangers aryens, 30 étrangers juifs. ».

L’Histoire : y a-t-il une responsabilité du PCF dans la chute du groupe Manouchian ?

Adam Rayski : En mai 1943, devant le bilan des pertes des organisations juives, j’ai demandé le repli. le transfert de notre direction dans la zone Sud. Le Parti a refusé, qualifiant cette attitude de « capitu1arde ». Le PC voulait continuer à frapper dans la capitale, avec ce qui restait son unique bras séculier : les FTP-MOI. Stratégiquement, la direction, pour affirmer sa suprématie vis-à-vis de Londres et du Conseil national de la Résistance, désirait capitaliser les actions d’éclat de la MOI. La direction nationale juive est partie in extremis pour Lyon, mais les FTP ont continué à lutter sur place avec acharnement. Le Parti a sous-estimé l’impératif de la guérilla urbaine – savoir décrocher – et a tiré un rendement politique maximum des coups d’éclat de la MOI. A terme, c’était donc bien une grave erreur politique. La part de responsabilité du PC dans les arrestations de résistants – dont les 23 de l’Affiche rouge – est indiscutable. Mais ne parlons pas à propos du Parti de trahison ; ne parlons pas non plus d’abandon et encore moins de sacrifice prémédité.

 

 

logo_t11
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Affiche-rouge/p-27532-Il-y-a-70-ans-l-Affiche-rouge.htm

L’Affiche rouge
poème de Louis Aragon (1955)

20.02.2014
Vous n’avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE

Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant

 
26171410
Presse vichyssoise
26171510
Rapport d’activité des FTP-MOI

Mise en scène

Figurant parmi les « procès » retentissants de l’occupation, celui du groupe désigné s’ouvre le 15 février 1944 dans un grand hôtel parisien devant une cour militaire allemande. En guise de public, une presse collaborationniste excitée qui voit en Manouchian, « ce garçon basané au regard fuyant », « l’homme aux 150 assassinats ». Ses « complices » sont présentés stupides ou monstrueux, animés de motifs crapuleux. La sentence sans surprise – la mort pour tous, en fait déjà décidée – est « prononcée » le 21 février et exécutée le jour même. Plus que le simulacre de justice ou le châtiment sinistrement banal – une quarantaine d’autres combattants des FTP-MOI seront fusillés plus discrètement dans les semaines suivantes – , c’est pourtant une affiche qui se trouve au cœur de la mise en scène.

Imprimée, selon des estimations, à près de 15 000 exemplaires – et aussi reproduite dans des tracts – elle sera largement diffusée à Paris et dans plusieurs grandes villes. « Des libérateurs ? », interroge t-elle avec la présentation, sur les vingt-trois condamnés, de dix visages choisis notamment pour la consonance rugueuse du nom qui leur est associé. Réponse en forme de slogan : « la libération par l’armée du crime ! ». La teinte sanglante de l’affiche doit accroître l’effroi. Ses diagonales parodient le V de la victoire.

…/…
VOIR EN LIGNE
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Affiche-rouge/p-27532-Il-y-a-70-ans-l-Affiche-rouge.htm#

« Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s´abattant »

26180610

 

 

lettre écrite par Marcel Rayman le 21 février 1944 à Fresnes adressée à sa tante, son oncle et ses cousines.

“Ma chère tante, oncle et cousines, Au moment où vous lirez cette lettre je ne serai plus. Je vais être fusillé aujourd’hui à 15 heures. Je ne regrette rien de ce que j’ai fait. Je suis tout à fait tranquille et calme, je vous aime tous et j’espère que vous vivrez heureux. Vous remettrez les quelques mots suivants à Maman et à Simon s’ils reviennent un jour, comme je l’espère. Ma chère tante, j’aurai voulu te revoir, ainsi que ma dernière petite cousine Elise, que je n’ai presque pas vue; je suis réuni en ce moment avec trois de mes camarades ayant le meme sort que moi. Nous venons de recevoir un colis de la Croix-Rouge et nous mangeons comme des gosses toutes les choses sucrées que j’aime tant. Je vous embrasse tous une dernière fois, ma tante, mon oncle, ma petite Fernande, ma petite Madeleine et aussi ma petite Elise. Ici, on est tous en joie. Je suis sûr que cela vous fera plus de peines qu’à nous. MARCEL.”

http://l-afficherouge-manouchian.hautetfort.com/a_propos_des_lettres_de_fusilles/

marcel10
SOURCE WIKIPEDIA

Voir également : Le réseau MANOUCHIAN 

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Résistance … la lutte contre le mal

123

Ostduvalderoost |
Nikeairjordan99 |
Donsipeny |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Cercle Généalogique de la D...
| Nikefrair
| Soldeburberryk