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19 mars 2013

Anne Frank

Classé sous — milguerres @ 23 h 32 min

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 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Anne Frank
Née à Francfort-sur-le-Main (Allemagne) le 12/06/1929
Morte à Bergen-Belsen (Allemagne) le 12/03/1945

Anne Frank sans_t14

Lors de l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933, Anne Frank s’exile avec sa famille juive en Hollande. A partir de 1942, ils sont contraints à se cacher dans une arrière salle pour échapper aux rafles nazies. Dans cette « annexe », Anne tient un journal, qu’elle rédige en néerlandais, du 12 juin 1942* au 1er août 1944. Le 4 août, elle et sa famille sont arrêtées et déportées suite à une dénonciation. Anne est alors transportée au camp de concentration de Bergen-Belsen, en Allemagne, où elle meurt en 1945. Son père, rescapé d’Auschwitz, publiera le journal de sa fille en 1947. Le Journal d’Anne Frank, témoignage des souffrances endurées par les opprimés du nazisme, restera un récit poignant qui sera lu par des millions de personnes à travers le monde.

*1942 12 juin
Anne Frank reçoit un cahier à carreaux
C’est pour son treizième anniversaire, qu’Anne Frank reçoit son fameux petit cahier intime à carreaux rouges et blancs. 

Le Journal d’Anne Frank
Publication du journal

Otto Frank survécut au camp d’Auschwitz et fut libéré par l’Armée rouge le 27 janvier 1945. Il revint à Amsterdam et chercha à savoir ce qu’étaient devenues sa femme et ses filles. Il gardait espoir de les retrouver. Il fut informé que sa femme était morte et que ses filles avaient été transférées à Bergen-Belsen. Bien qu’il ait espéré qu’elles aient pu survivre, la Croix-Rouge lui confirma en juin 1945 les décès d’Anne et Margot. C’est seulement à ce moment que Miep Gies lui donna le journal d’Anne qu’elle avait réussi à sauver. Otto le lut et expliqua plus tard qu’il ne s’était pas rendu compte qu’Anne avait conservé une trace aussi précise et bien écrite du temps qu’ils avaient passé ensemble. Sachant qu’Anne désirait devenir écrivain, il commença à envisager de le publier. Quand on lui demanda plusieurs années plus tard quelle avait été sa première réaction, il dit simplement : « Je ne savais pas que ma petite Anne était aussi profonde15. »
Le journal d’Anne débute avec l’expression privée de ses pensées et elle y écrit plusieurs fois qu’elle n’autoriserait jamais personne à le lire. Il décrit sa vie de manière candide, ses familles et ses compagnons, leur situation, tout en commençant à reconnaître les ambitions de son auteure d’écrire et publier des œuvres de fiction. Au printemps 1944, suite à l’émission de Radio Londres au cours de laquelle elle entendit le ministre de l’Éducation du gouvernement néerlandais en exil dire que lorsque la guerre serait terminée, il rendrait publics les témoignages de l’oppression du peuple néerlandais sous l’occupation allemande, elle commença à corriger ses écrits, supprimant des sections, en réécrivant d’autres, dans le but de les publier. Son journal original fut agrémenté de plusieurs autres carnets de notes et feuilles volantes. Elle créa des pseudonymes pour les membres de l’Annexe et les personnes qui les avaient aidés. La famille van Pels devint Hermann, Petronella, et Peter van Daan, et Fritz Pfeffer devint Albert Düssell. Otto Frank utilisa son journal original, connu sous le nom de « version A », et la version corrigée, connue sous le nom de « version B », pour produire la première publication du journal. Il supprima certains passages, principalement ceux parlant de sa femme dans des termes peu flatteurs, ainsi que des sections décrivant l’évolution de la sexualité d’Anne. Bien qu’il ait restauré les identités véritables des membres de sa famille, il ne modifia pas les autres pseudonymes.

Il donna le journal à l’historienne Annie Romein-Verschoor, qui essaya sans succès de le publier. Elle le donna alors à son mari Jan Romein, qui écrivit un article au sujet du journal intitulé « Kinderstem » (« La Voix d’un Enfant »), publié dans le quotidien Het Parool le 3 avril 1946. Il écrivit que le journal « bégayé par la voix d’un enfant, incarne toute la cruauté du fascisme, plus que toutes les preuves que le procès de Nuremberg ait pu réunir16. » Son article attira l’attention d’éditeurs, et le journal fut publié en 1947, suivi d’une seconde publication en 1950. La première version américaine fut publiée en 1952 sous le titre Anne Frank: The Diary of a Young Girl (Anne Frank : Le Journal d’une Jeune Fille). Une pièce basée sur le journal, par Frances Goodrich et Albert Hackett, fut présentée en première à New York le 5 octobre 1955 avant de gagner plus tard le prix Pulitzer dans la catégorie Drames. Elle fut suivie en 1959 par le film The Diary of Anne Frank (Le Journal d’Anne Frank), qui fut un succès critique et commercial. Au fil des années la popularité du journal grandit et dans plusieurs écoles, en particulier aux États-Unis, il fut intégré dans le programme scolaire, faisant ainsi découvrir Anne Frank à de nouvelles générations de lecteurs.
En 1986, l’Institut national des documents de guerre des Pays-Bas publia une édition critique du journal. Elle incluait des comparaisons de toutes les versions connues, publiées. Il incluait aussi des commentaires certifiant l’authenticité du journal ainsi que des informations historiques supplémentaires sur la famille Frank et le journal lui-même.
En 1999, Cornelis Suijk, un ancien directeur de la fondation Anne-Frank et président du centre américain pour l’éducation sur la Shoah, annonça qu’il était en possession de cinq pages qui avaient été enlevées du journal par M. Frank avant sa publication ; Suijk déclara qu’Otto Frank lui avait donné ces pages avant sa mort en 1980. Les passages manquants du journal contenaient des remarques critiques d’Anne par rapport aux tensions entre ses parents, et montre le peu d’affection d’Anne envers sa mère17.
Une controverse apparut quand Suijk réclama ses droits de publication sur les cinq pages et voulut les vendre pour collecter de l’argent pour sa fondation américaine. L’Institut National des Documents de Guerre des Pays-Bas, le précédent propriétaire du manuscrit, réclama la restitution des pages en question. En 2000, le ministre hollandais de l’Éducation, de la Culture et des Sciences conclut un accord avec la fondation de Suijk en lui versant 300 000 USD et les pages furent rendues en 2001. Depuis lors, elles ont été incluses dans les nouvelles éditions du journal.

Éloges d’Anne Frank et de son journal
Dans son introduction de la première publication américaine du journal, Eleanor Roosevelt le décrivit comme « un des plus sages et bouleversants témoignages sur la guerre et son impact sur les êtres humains que j’aie jamais lu ». L’écrivain russe Ilya Ehrenbourg dit plus tard : « une voix parle pour six millions d’autres – la voix non pas d’un sage ou d’un poète mais d’une petite fille ordinaire. » À mesure que la stature d’Anne Frank en tant qu’écrivain et humaniste s’affirmait, on parla d’elle de manière spécifique comme de l’un des symboles de la Shoah et plus généralement comme le symbole de la persécution. Hillary Clinton, dans le discours qu’elle prononça lorsqu’elle reçut le prix humanitaire Elie-Wiesel en 1994, lut le journal d’Anne Frank et parla d’elle comme « nous éveillant à la folie de l’indifférence et au terrible prix qu’elle faisait peser sur notre jeunesse », que Clinton reliait aux événements alors en cours à Sarajevo en Somalie et au Rwanda18.

Après avoir reçu un prix humanitaire de la Fondation Anne-Frank en 1994, Nelson Mandela, s’adressant à la foule à Johannesbourg, déclara qu’il avait lu le journal d’Anne Frank pendant son emprisonnement et que celui-ci lui avait donné beaucoup de courage. Il compara la lutte d’Anne Frank contre le nazisme avec sa lutte contre l’Apartheid, décrivant un parallélisme entre les deux philosophies avec le commentaire « parce que ces croyances sont évidemment fausses, et parce qu’elles étaient, et seront toujours, défiées par des personnes semblables à Anne Frank, elles sont vouées à l’échec19 ».
Le journal a aussi été reconnu pour ses qualités littéraires. Commentant le style d’écriture d’Anne Frank, le dramaturge Meyer Levin, qui travailla avec Otto Frank sur la mise au point d’un drame basé sur le journal peu de temps après sa publication20, loua sa capacité à « entretenir la tension d’une nouvelle bien construite », tandis que le poète John Berryman écrivit qu’il s’agissait d’une description unique, non seulement de l’adolescence mais aussi « du processus mystérieux et fondamental d’un enfant devenant adulte comme si cela était en train de se dérouler ». Sa biographe Melissa Müller dit qu’elle écrivait « dans un style précis, économique et confiant époustouflant d’honnêteté ». Son écriture est principalement une étude de caractères et elle examine chaque personne de son cercle avec un regard judicieux et intransigeant. Elle est parfois cruelle et souvent biaisée, en particulier dans sa description de Fritz Pfeffer et de sa propre mère. Müller explique qu’elle canalisa les sautes d’humeur normales de l’adolescence par ses écrits. Son examen personnel et celui de son entourage est soutenu pendant une longue période de manière très critique, analytique et introspective, et dans des moments de frustration elle dépeint la bataille intérieure dont elle fait l’objet entre la « bonne Anne » qu’elle voudrait être, et la « mauvaise Anne » qu’elle pense incarner. Otto Frank rappela plus tard son éditeur pour lui expliquer la raison pour laquelle il pensait que le journal avait été lu par tant de monde ; selon lui « le journal aborde tant d’étapes de la vie que chaque lecteur peut y trouver quelque chose qu’il l’émouvra personnellement ».
En juin 1999, Time Magazine publia une édition spéciale intitulée TIME 100 : Heroes & Icons of the 20th century ; une liste des politiciens, artistes, innovateurs, scientifiques et personnalités les plus influentes du xxe siècle. Anne Frank fut choisie pour en faire partie. L’écrivain Roger Rosenblatt, auteur de Children of War, écrivit le passage consacré à Anne Frank21 dans lequel il décrit son héritage :
« Les passions déchaînées par ce livre suggèrent qu’Anne Frank appartient à tous, qu’elle s’est élevée au-dessus de la Shoah, du Judaïsme, de la féminité et du bien, pour devenir une icône du monde moderne – la moralité individuelle assaillie par le mécanisme de la destruction, insistant sur le droit de vivre, questionnant et espérant pour le futur de la condition humaine. »

Démentis et action judiciaire
Certains ont tenté de discréditer le journal depuis sa publication et depuis les années 1970 le négationniste David Irving a affirmé de manière régulière que le journal n’était pas authentique22. Les constantes déclarations publiques de ces négationnistes incitèrent Teresien da Silva à commenter au nom d’Anne Frank en 1999 : « Pour beaucoup de mouvements politiques d’extrême droite, Anne s’avère être un obstacle. Son témoignage personnel de la persécution des Juifs et sa mort dans un camp de concentration empêchent la réhabilitation du national socialisme. »
Depuis les années 1950, la négation de la Shoah constitue un crime dans plusieurs pays d’Europe, dont l’Allemagne, et la loi a été utilisée pour prévenir une recrudescence des activités néo-nazies. À Lübeck en 1959, Otto Frank attaqua en justice Lothar Stielau, un professeur d’école, ancien membre des Jeunesses hitlériennes, qui avait publié un prospectus scolaire décrivant le journal comme une contrefaçon. La Cour de justice examina le journal et, en 1960, le déclara comme étant authentique. Stielau rétracta ses précédentes déclarations et Otto Frank arrêta la procédure judiciaire.
En 1958, Simon Wiesenthal fut défié par un groupe de manifestants lors de la représentation théâtrale du Journal d’Anne Frank à Vienne, qui affirmait qu’Anne n’avait jamais existé. Ces manifestants demandèrent à Wiesenthal de prouver l’existence d’Anne en retrouvant l’homme qui l’avait arrêtée. Il commença à chercher Karl Silberbauer et le trouva en 1963. Lors de son interview, Silberbauer admit directement son rôle, et identifia Anne Frank à partir d’une photographie comme étant l’une des personnes arrêtées. Il fournit un compte rendu complet des événements et se rappela qu’il avait vidé une valisette pleine de papiers sur le sol. Ses déclarations corroborèrent la version des événements qui avait précédemment été présentée par des témoins oculaires comme Otto Frank. Aucune charge ne put être retenue contre Silberbauer, qui n’avait fait que suivre les ordres. Les informations qu’il donna ne permirent pas à Wiesenthal de trouver le dénonciateur de la famille Frank, qui reste une énigme pour les historiens.
En 1976, M. Frank engagea une autre procédure contre Heinz Roth de Francfort, qui avait également publié des pamphlets proclamant que le journal était une contrefaçon. Le juge statua que s’il publiait de nouveaux écrits de ce type, il serait passible de 500 000 Deutsche Mark d’amende et d’une peine de six mois de prison. Deux autres plaintes furent rejetées par des tribunaux allemands en 1978 et 1979 sur base de la liberté d’expression, car la plainte n’avait pas été déposée par une des parties visées par les écrits. La cour statua dans les deux cas que si la plainte avait été déposée par une partie concernée, comme Otto Frank, une charge pour calomnie aurait pu être retenue.
La controverse atteignit son sommet avec l’arrestation et le jugement de deux néo-nazis, Ernst Römer et Edgar Geiss, qui furent jugés coupables de produire et de distribuer de la littérature dénonçant le Journal d’Anne Frank comme étant une contrefaçon, sur la plainte d’Otto Frank. Quand ils firent appel de leur condamnation, une équipe d’historiens étudia les documents en collaboration avec Otto Frank, et conclut qu’ils étaient authentiques. En 1978, durant la procédure d’appel des jugements Römer et Geiss, le laboratoire du tribunal criminel allemand (Bundeskriminalamt, BKA) eut pour tâche d’examiner le type de papier et les types d’encres utilisées dans le manuscrit du journal. Bien que ses conclusions aient indiqué que l’encre avec laquelle le journal avait été écrit était utilisée pendant la guerre, le BKA conclut que « les corrections subséquentes appliquées sur les pages volantes ont été écrites avec des stylos à bille noirs, verts et bleus ». Bien que le BKA n’ait pas donné plus de précisions à propos de ces supposées corrections au stylo à billes, les négationnistes dénonçant l’authenticité du journal se sont focalisés sur cette phrase, car les stylos à bille ne sont devenus populaires qu’après la Seconde Guerre mondiale.
Le BKA publia en juillet 2006 un communiqué de presse dans lequel il déclara que les recherches effectuées en 1980 ne peuvent en aucune manière être utilisées pour remettre en cause l’authenticité du Journal d’Anne Frank23.
En 1986, le Laboratoire national de sciences légales néerlandais de Rijswijk exécuta une autre expertise technique exhaustive du manuscrit. Bien que le BKA fût invité par ce laboratoire à indiquer sur quelles pages volantes il avait détecté des corrections au stylo à bille, celui-ci fut incapable de présenter un seul exemple. Le laboratoire lui-même trouva seulement deux pages de manuscrits rédigés avec de l’encre de stylo à bille, qui avait été ajoutée dans les pages volantes du manuscrit. L’Édition Critique Révisée du Journal d’Anne Frank (publiée en 2003) fournit des images (pages 167-171) de ces deux pages du manuscrit et dans le chapitre résumant les découvertes faites par le Laboratoire National de Sciences Légales hollandais, H.J.J. Hardy écrit à ce sujet :
« Le seul passage au stylo à bille fut découvert sur deux morceaux de papier inclus parmi les feuilles volantes. Les figures VI-I-I et 3 montrent la manière dont ces morceaux de papier avaient été insérés dans le dossier plastique concerné. En tout état de cause, ces écrits au stylo à bille n’ont aucune influence sur le contenu factuel du journal. De plus, l’écriture observée sur ces morceaux de papier diffère de façon saisissante de celle du journal. »
— page 167
Une note de bas de page ajoute :
« Le psychologue et expert en graphologie d’Hambourg Hans Ockleman déclare dans une lettre à la Fondation Anne Frank datée du 27 septembre 1987 que sa mère, Dorothea Ockleman, est l’auteur de ces morceaux de papier écrits au stylo à bille. Elle les écrivit quand elle collabora à l’étude des journaux avec Minna Becker. »
Avec la mort d’Otto en 1980, le journal original, ainsi que les lettres et les feuilles volantes, furent réclamés par l’Institut national des documents de guerre des Pays-Bas, qui demanda une étude légale du journal au ministère de la Justice des Pays-Bas en 1986. Ils comparèrent le manuscrit et plusieurs exemplaires connus. Ils conclurent qu’ils concordaient mais aussi que le papier, la colle et l’encre utilisés étaient disponibles à l’époque à laquelle le journal est supposé avoir été écrit. Leur conclusion finale confirma l’authenticité du journal comme le fit également la Cour régionale de Hambourg le 23 mars 1990.
Néanmoins, certains négationnistes ont persisté dans leurs affirmations selon lesquelles le journal est une contrefaçon. En 1991, Robert Faurisson et Siegfried Verbeke produisent un livret intitulé : Le Journal d’Anne Frank : une approche critique. Ils déclarent qu’Otto Frank était l’auteur du journal, basé sur le fait que le journal contient plusieurs contradictions, que se cacher dans l’Annexe aurait été impossible et que le style et l’écriture d’Anne Frank ne seraient pas ceux d’une adolescente24.
En décembre 1993, la Maison Anne Frank à Amsterdam et la Fondation Anne Frank de Bâle déclenchèrent une action au civil de manière à interdire la poursuite de la distribution du livret Le Journal d’Anne Frank : une Approche Critique aux Pays-Bas. Le 9 décembre 1998, la Cour du District d’Amsterdam statua en faveur des plaignants, rendant hors la loi tout déni concernant l’authenticité du journal, toute distribution des publications de même nature et imposa une amende de 25 000 florins par contravention constatée25.

Héritage 
Le 3 mai 1957, un groupe de citoyens, parmi lesquels Otto Frank, créa la fondation de la Maison d’Anne Frank dans le but initial de sauvegarder l’immeuble Prinsengracht menacé de démolition et de le rendre accessible au public26. Otto Frank insista sur le fait que l’objectif de la fondation serait de promouvoir les contacts et la communication entre les jeunes de différentes origines, cultures et religions, mais aussi de lutter contrer l’intolérance et la discrimination raciale27.
La Maison d’Anne Frank ouvrit ses portes le 3 mai 1960. Elle comprend l’entrepôt et les bureaux de la société Opekta ainsi que l’Annexe, le tout non meublé de manière à ce que les visiteurs puissent circuler librement dans les pièces. Certains effets personnels des précédent occupants sont restés, comme une affiche d’une star de cinéma collée au mur par Anne, un morceau de papier peint sur lequel Otto Frank marquait la taille de ses filles à mesure qu’elles grandissaient et une carte sur le mur où il notait l’avance des forces alliées, le tout étant protégé par du papier Perspex (Plexiglas). Depuis la petite pièce qui fut celle de Peter van Pels, une allée relie l’immeuble aux bâtiments voisins, également rachetés par la Fondation. Ces autres immeubles sont utilisés pour héberger le journal mais aussi des expositions qui présentent différents aspects de la Shoah et des études plus contemporaines sur l’intolérance raciale dans différentes parties du globe. La Maison d’Anne Frank est devenue l’attraction touristique la plus fréquentée d’Amsterdam avec plus d’un million et demi de visiteurs chaque année.
En 1963, Otto et sa seconde femme Elfriede Geiringer-Markovits établissent la Fondation Anne-Frank en tant qu’organisation caritative, basée à Bâle en Suisse. La Fondation collecte l’argent pour le donner à des causes qui lui semblent louables. Jusqu’à sa mort, Otto légua ses droits sur le journal à la Fondation, à la condition que les premiers 80 000 francs suisses de revenus annuels soient distribués à ses héritiers, le reste étant crédité à la Fondation à destination des projets que ses administrateurs jugent valables. Cela a permis de soutenir tous les ans le traitement médical des Justes parmi les nations, d’éduquer les jeunes contre le racisme et de prêter certains écrits d’Anne Frank au musée américain dédié au mémorial de l’Holocauste de Washington pour une exposition en 2003. Le rapport annuel de la même année permet de se faire une idée des efforts réalisés pour contribuer à un niveau plus global, avec le support de l’Allemagne, d’Israël, de l’Inde, de la Suisse, de l’Angleterre et des États-Unis28.
Des dizaines d’écoles à travers le monde ont été baptisées « Anne Frank », en souvenir de la jeune fille29. Son nom a également été donné à un astéroïde, peu après la Seconde Guerre mondiale ((5535) Annefrank).
La vie et les écrits d’Anne Frank ont inspiré divers groupes d’artistes et commentateurs populaires, faisant référence à elle en littérature, musique populaires, télévision, et d’autres formes de média.
En 1959, son journal a été adapté pour le cinéma par George Stevens ; il a fait l’objet ensuite de plusieurs téléfilms et d’une adaptation japonaise en dessin animé (Anne no nikki, 1995).
Le 30 juillet 2009, le journal est ajouté avec d’autres documents au Registre de la Mémoire du monde de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO)30.
Le 30 septembre 2009, le musée Anne Frank annonce la publication des vidéos31 montrant des images de la jeune fille32.
En 2007, le châtaignier situé devant la maison où Anne Frank se cachait, et dont elle parle plusieurs fois dans son fameux journal, est sauvé provisoirement de l’abattage. L’arbre, âgé de 150 ans, était malade et jugé dangereux, mais le conseil municipal décida de surseoir à la décision33. Le châtaignier est finalement renversé par une tempête34 le 23 août 2010 ; les volontaires d’une fondation protégeant l’arbre tenteront de le faire repousser, grâce à l’accord du propriétaire du terrain35.

notes
1. ↑ « L’Annexe » [archive], page 3 [archive], sur le site officiel de la Maison d’Anne Frank.
2. ↑ Voir le site Anne Frank [archive].
3. ↑ Cf. par exemple, pour l’ensemble de ce passage, l’analyse du journal d’Anne Frank par Françoise Chatel de Brancion (« http://www.forumuniversitaire.com/CONFONLINE/confonline-litterature07.asp » (Archive • Wikiwix • Que faire ?))
4. ↑ Article du Figaro sur « le marronnier d’Anne Frank » [archive].
5. ↑ Voir par exemple la vision de l’avenir du peuple juif qu’elle développe dans son journal, et qui est repris en conclusion de la conférence de Françoise Chatel de Brancion («http://www.forumuniversitaire.com/CONFONLINE/confonline-litterature07.asp » (Archive • Wikiwix • Que faire ?))
6. ↑ Avant-propos au Journal d’Anne Frank, Calmann-Lévy, 1992 (trad. Nicolette Oomes), p. 9.
7. ↑ Différentes hypothèses ont été formulées à ce sujet. On les trouvera résumées sur le dossier qui est consacré à cette question sur le site officiel de la maison d’Anne Frank [archive] (« Qui a dénoncé les clandestins ? » [archive])
8. ↑ « Le jour de l’arrestation » [archive], sur le site officiel de la maison d’Anne Frank
9. ↑ « Départ pour Westerbork » [archive], sur le site de la maison d’Anne Frank.
10. ↑ Carol Ann Lee, Anne Frank, Les secrets d’une vie, Paris, 1999, p. 237.
11. ↑ Rijksinstituut voor Oorlogsdocumentatie, Les Journaux d’Anne Frank, Calmann-Lévy, 1989, p. 64 et p. 72, note 8.
12. ↑ Voir par exemple Melissa Müller, La vie d’Anne Frank, tr. fr., Paris, Perrin, 2000, p. 254 et p. 265.
13. ↑ Rijksinstituut voor Oorlogsdocumentatie, Les Journaux d’Anne Frank, Calmann-Lévy, 1989, p. 66 et p. 72, note 14.
14. ↑ Pour le lieu et la date, voir Rijksinstituut voor Oorlogsdocumentatie, Les Journaux d’Anne Frank, Calmann-Lévy, 1989, p. 67 et p. 72, note 15.
15. ↑ « Le Journal » [archive], pages 2 [archive] et 3 [archive], sur le site officiel de la Maison d’Anne Frank.
16. ↑ AnneFrank.org – La publication du journal [archive] reproduction de l’article du Het Parool, avec les commentaires de Jan Romein.
17. ↑ (en) annefrank.org – Publicité à propos d’Anne Frank et de son journal, cinq pages précieuses relancent la controverse sur Anne Frank [archive], source attribuée à l’article de Ralph Blumenthal, The New York Times, le 10 septembre 1998.
18. ↑ (en) La Maison Blanche – Le prix Elie-Wiesel [archive] – Remarques de la première dame des États-Unis à la remise du prix humanitaire Elie-Wiesel à New York le 14 avril 1994.
19. ↑ (en) Discours du président sud-africain Nelson Mandela à l’occasion de l’ouverture de l’exposition Anne Frank au Musée africain de Johannesbourg [archive] le 15 août 1994.
20. ↑ (en) Souvenirs d’Anne Frank [archive] par Jacob B. Michaelsen, 1997.
21. ↑ (en) Time Magazine « TIME 100 : Heroes & Icons of the 20th century » publié le 14 juin 1999.
22. ↑ (en) Le projet Nizkor [archive]
23. ↑ « Remise en cause de l’authenticité par les néonazis réfutée » [archive], sur le site officiel de la maison d’Anne Frank. ((de) Communiqué de presse du BKA [archive])
24. ↑ Lire à ce sujet le chapitre ‘Le’ Journal d’Anne Frank ‘est-il authentique’, dans le livre de Serge Thion ‘Vérité historique ou vérité politique’(ISBN 978-2-90327902-8).
25. ↑ (en) « Dix questions sur l’authenticité du journal d’Anne Frank » [archive], article de Jaap Tanja, maison d’Anne Frank, 2007
26. ↑ « La Maison d’Anne Frank » [archive], sur le site de la maison d’Anne Frank.
27. ↑ Cf. La présentation des activités de la fondation Anne Frank (« http://www.annefrank.org/content.asp?pid=4&lid=5&flashid=4 »(Archive • Wikiwix • Que faire ?))
28. ↑ Fondation Anne-Frank [archive], résumé du rapport annuel 2003.
29. ↑ « Qu’est-ce qu’une école Anne Frank ? » [archive], sur le site officiel de la Maison d’Anne Frank.
30. ↑ Le Journal d’Anne Frank ajouté au Registre de la Mémoire du Monde [archive], centre d’actualité de l’ONU.
31. ↑ The only existing film images of Anne Frank [archive]
32. ↑ Des vidéos consacrées à Anne Frank visibles sur internet [archive]
33. ↑ Sursis pour le châtaignier, sur Alliance [archive], le21 novembre 2007.
34. ↑ L’arbre d’Anne Frank renversé par une tempête, sur Branchez-vous.com [archive], 24 août 2010.
35. ↑ Le châtaignier d’Anne Franck reprendra vie [archive], sur Guysen International News, le 25 août 2010.

source
http://www.linternaute.com/biographie/anne-frank-1/date/48365/anne-frank-recoit-un-cahier-a-carreaux/
wikipedia

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

17 mars 2013

8 décembre 1941 Les Etats-Unis déclarent la guerre au Japon

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale 

7 décembre Attaque de Pearl Harbor 

Les Etats-Unis et le conflit sino-japonais

Les combats continus en Malaisie entre Japonais et Britanniques 
8 décembre 1941
Les Etats-Unis déclarent la guerre au Japon 

8 décembre 1941 Les Etats-Unis déclarent la guerre au Japon  ussari10
L’USS Arizona brûla durant deux jours après avoir été touché par une bombe japonaise lors de l’attaque de Pearl Harbor.

Au matin du 7(note 3) décembre 1941, les Japonais débarquent en Malaisie, en Thaïlande. Simultanément (à une heure près), le Japon lance une attaque surprise sur la principale base navale américaine dans le Pacifique située à Pearl Harbor dans l’archipel d’Hawaii. L’opération est menée par six porte-avions japonais et met hors de combat huit cuirassés. Malgré ce succès, la victoire japonaise est à relativiser, car, ni les porte-avions américains (aucun n’était présent), ni les infrastructures maritimes (réservoirs de carburant et installations portuaires) ne sont endommagés. De plus, six cuirassés seront renfloués et renvoyés au combat avant la fin de la guerre. Mais, sur le moment, le rapport des forces est clairement en faveur du Japon, qui peut mener ses opérations aéronavales en Asie du Sud-Est sans craindre une intervention américaine.
Au moment de l’attaque, les États-Unis n’étaient officiellement en guerre avec aucun pays dans le mondenote 4. Les membres de l’America First manifestaient avec véhémence pour garder l’Amérique à l’écart du conflit européen. Malgré cela, le président Rooseveltusait de son influence pour faire passer des lois visant à s’opposer à l’expansion de l’Allemagne comme la loi prêt-bail. L’attaque japonaise mit fin à toute opposition à la guerre. Le 8 décembre, les États-Unis déclarent la guerre au Japon bientôt suivis par le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Australie. Le 11 décembre 1941, l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste déclarent la guerre aux États-Unis.
Dans les jours qui suivent l’attaque de Pearl Harbor, le Japon attaque dans toutes les directions. Hong Kong tombe en moins de 17 jours et la bataille se déplace aux Philippines. Dans le même temps, les îles américaines de Guam et de Wake sont bombardées et prises.

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Les Occidentaux sont incapables de résister à la poussée japonaise. Les Britanniques disposent d’importantes forces à Singapour et en Malaisie mais les meilleures unités ont été envoyées en Europe ou en Afrique du Nord. En Malaisie, les Japonais progressent rapidement dans des zones jugées infranchissables par les Britanniques et ceux-ci doivent se replier à Singapour. Le HMS Repulse et le fleuron de la Royal Navy, le HMS Prince of Wales, sont coulés en moins de deux heures par les avions japonais le 10 décembre, ce qui laisse Singapour sans cuirassés pour la protéger. La ville est assiégée à la fin du mois de janvier 1942 et doit se rendre le 15 février : 130 000 soldats sont fait prisonniers4.

À la suite de la Déclaration des Nations unies (première utilisation officielle du terme de Nations unies) du 1er janvier 1942, les Alliés forment l’ABDA ou American-British-Dutch-Australian Command qui devient le commandement suprême des forces alliées en Asie du Sud-Est. Sa direction est confiée au Britannique Archibald Wavell. La force ainsi créée est importante mais les unités sont dispersées depuis la Birmanie jusqu’au nord de l’Australie en passant par les Philippines. Elle ne parvient pas à ralentir la progression fulgurante des Japonais qui attaquent Bornéo et ses riches champs pétrolifères, puis Sumatra et Java et leurs vastes ressources naturelles. Dans une tentative désespérée pour enrayer l’invasion de Java, l’ABDA subit une cuisante défaite lors de la bataille de la mer de Java à la fin de février 1942. À la suite de ce désastre, l’ABDA cesse d’exister. Profitant de la disparition de l’aviation alliée, le Japon lance une série de bombardements moralement dévastateurs (mais militairement insignifiants) sur le nord de l’Australie. De plus, les Japonais ont entamé l’invasion des îles Salomon en vue d’isoler l’Australie des États-Unis. Fin mars, les Indes orientales néerlandaises sont tombées aux mains des Japonais.
Les premiers débarquements aux Philippines, alors sous protection américaine, ont lieu dès le 8 décembre. Manille tombe le 2 janvier et les 120 000 soldats philippins et américains se retranchent dans les fortifications de Corregidor et de Bataan. Sur ordre du président Roosevelt, le général Douglas MacArthur quitte Corregidor en direction de l’Australie pour y prendre le contrôle des forces alliées dans la zone. Les derniers défenseurs américains se rendent en mai.
Les assauts japonais en Birmanie forcent les Britanniques à abandonner Rangoon et à se replier jusqu’à la frontière avec l’Inde. Cette avancée japonaise prive Tchang Kaï-chek du ravitaillement allié transitant par la Route de Birmanie. En mars et en avril, une puissante flotte japonaise pénètre dans l’océan Indien et lance une série de raids aériens sur l’île de Ceylan. La flotte britannique envoyée pour l’intercepter ne parvient pas à prendre l’avantage et de nombreux cargos sont coulés ainsi que le porte-avions HMS Hermes. Néanmoins, le débarquement craint par les Britanniques ne se réalise pas et les Japonais ne seront plus jamais en mesure de rééditer une telle opération.
Au printemps 1942, le Japon a achevé la plus grande partie de ses objectifs initiaux. Il s’est emparé de territoires immenses et de richesses considérables au prix de pertes assez légères. En revanche, le moral des Alliés est au plus bas du fait des défaites successives et des importantes pertes. Le haut-commandement japonais s’attend donc à pouvoir entamer des négociations de paix. Cependant, la résistance des Australiens et des Néerlandais au Timor et surtout l’audacieux raid de Doolittle qui, le 18 avril, parvient à larguer quelques bombes sur le Japon montrent que les Alliés ne sont pas décidés à se rendre. Le raid de Doolittle, bien qu’insignifiant du point de vue militaire, montre que le Japon n’est pas à l’abri. Jusqu’alors, les stratèges hésitaient entre attaquer l’Australie au sud ou vers l’est en direction d’Hawaï. Le raid convainc les Japonais d’étendre leur zone de contrôle vers l’est.

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Explosion sur le Lexington lors de la bataille de la mer de corail.

Pour étendre leur zone de contrôle, les Japonais continuent leurs opérations dans le sud. Depuis l’île de Rabaul conquise dès janvier, ceux-ci planifient l’attaque de Port Moresby en Nouvelle-Guinée et des Îles Salomon pour en faire des base d’opérations avancée en vue d’isoler l’Australie des États-Unis. Cependant, les cryptanalystes américains sont parvenus à casser les codes secrets japonais et forment une flotte de combat menée par deux porte-avions, le Lexington et le Yorktown sous le commandement de l’amiral Frank J. Fletcher. En face, les Japonais alignent deux porte-avions lourds le Zuikaku et le Shokaku ainsi que le porte-avions léger Shoho sous le commandement de l’amiral Takeo Takagi.
La bataille de la mer de corail qui s’ensuit est la première bataille navale où les deux flottes ne se sont jamais aperçues et où seuls les avions furent utilisés pour attaquer les forces adverses. Les Américains perdent le Lexington et le Yorktown est gravement endommagé tandis que les Japonais déplorent la perte du Shoho et du Shokaku endommagé. Les pertes sont équivalentes et les deux camps revendiquent la victoire. Cependant, l’invasion de Port Moresby est repoussée et alors que le Yorktown sera rapidement réparé et pourra participer à la Bataille de Midway, les deux groupes aéronavals japonais ne seront pas reconstitués à temps. Cependant, les Japonais disposent de huit porte-avions contre seulement trois pour les Américains et les équipages et les pilotes de ceux-ci sont bien plus expérimentés.
Pour anéantir la flotte américaine et en particulier ses porte-avions, l’amiral Isoroku Yamamoto planifie une opération contre l’atoll de Midway. Une attaque de diversion sera menée en direction des Îles Aléoutiennes tandis que le gros de la flotte et ses quatre porte-avions lourds l’Akagi, le Soryu, le Kaga et le Hiryu approchera de Midway en vue d’y organiser un débarquement. L’île abritera ensuite une importante base aérienne offrant au Japon, le contrôle du Pacifique central. Mais encore une fois, les messages secrets japonais sont décodés et l’amiral Chester Nimitz rassemble ses trois derniers porte-avions l’Enterprise, le Hornet et le Yorktown hâtivement réparé des dégâts subis lors de la bataille de la mer de corail et les place en embuscade de la flotte japonaise.
Comme prévu, la flotte japonaise arrive à proximité de Midway au matin du 4 juin. L’amiral Chūichi Nagumo ordonne le bombardement aérien de l’île. L’aviation américaine présente sur l’île est détruite tandis que la flotte japonaise n’est pas touchée. En revanche, la flotte américaine est repérée par les avions de reconnaissance et surprend Nagumo qui hésite sur la marche à suivre. Les premiers assauts américains sont facilement repoussés mais une escadrille de Dauntless surprend les Japonais au pire moment et en quelques minutes, l’Akagi, le Soryu et le Kaga sont mortellement touchés. Les appareils de l’Hiryu coulent le Yorktown mais le dernier porte-avions japonais est détruit à son tour. La flotte japonaise est anéantie et contrairement aux États-Unis, le Japon est incapable de remplacer ses unités perdues. La bataille de Midway est le tournant de la guerre dans le Pacifique car elle arrête définitivement l’expansion japonaise.

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Marines américains se reposant lors de la bataille de Guadalcanal, novembre 1942

Le triomphe de Midway modifie considérablement la stratégie américaine. La priorité étant au théâtre d’opération européen, la tactique américaine dans le Pacifique était de contenir le Japon. Ainsi aucune offensive n’était prévue avant 1943. Plutôt que d’attaquer Rabaul très bien défendue, les Américains décident de reprendre les îles Salomon. Le 7 août, ils débarquent sur l’île de Guadalcanal mais la flotte américaine est mise en pièces à la bataille de l’île de Savo. Une véritable guerre d’usure commence alors lorsque les Japonais décident d’envoyer des renforts sur l’île. La bataille sur terre se déroule dans des conditions épouvantables au cœur d’une jungle épaisse. Sur mer, la confrontation est tout aussi violente, les batailles des Salomon orientales et des îles Santa Cruz entrainent de lourdes pertes dans les deux camps. Les Japonais défendent l’île avec acharnement mais leur logistique est incapable de les soutenir et ils doivent évacuer l’île en janvier 1943. C’est durant cette bataille qu’apparaît le Tokyo Express, surnom donné par les Américains aux destroyers japonais qui ravitaillaient les unités japonaises durant la nuit.
Dans le même temps, les Japonais, qui n’avaient pas réussi à débarquer à Port Moresby tentent de prendre la ville en traversant l’île le long de la piste Kokoda. La piste serpente dans des territoires presque inexplorés dans un climat et un relief extrême. L’offensive japonaise progresse difficilement au cours de l’été mais se révèle incapable d’atteindre la côte.

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Évolution de 1943 à 1945

1943

Au début de l’année 1943, le Japon, bien que blessé, dispose encore d’un vaste empire gorgé de richesses. Cependant, les faiblesses japonaises deviennent de plus en plus patentes. L’industrie japonaise est incapable de remplacer les appareils, les porte-avions et surtout les pilotes perdus en 1942. Elle n’a d’autre choix que de reconvertir des coques de cuirassés, rendus obsolètes par l’aviation, en porte-avions avec tous les inconvénients que cela implique. Dans le même temps, l’industrie américaine tourne à plein régime et même si elle doit approvisionner deux théâtres d’opérations, elle fournit la classe de porte-avions Essex bien supérieure à ce que peuvent réaliser les japonais. De même, les nouveaux chasseurs américains comme le Corsair ou le Hellcat utilisés avec les bonnes tactiques de combat aérien vont balayer l’aviation japonaise composée d’appareils bien trop mal protégés et armés comme le Zero. Le 14 avril 1943, le commandant en chef de l’armée japonaise, l’amiral Isoroku Yamamoto est tué lorsque son appareil est abattu par des chasseurs américains. Le Japon perd ainsi son meilleur officier supérieur.
Pour dégager définitivement l’Australie de la menace japonaise, l’amiral Nimitz planifie l’opération Cartwheel dont l’objectif est la reconquête des îles Salomon pour isoler la puissante base de Rabaul. La progression américaine est très lente du fait de la résistance fanatique des Japonais qui défendent chaque île jusqu’au dernier homme, de la rudesse du climat et du relief et de l’étirement des lignes de communication et de ravitaillement. L’île de Nouvelle-Géorgie tombe le 25 août 1943 mais les combats sur Bougainville dureront jusqu’à la capitulation japonaise. Néanmoins, Rabaul est isolé et la garnison de 100 000 hommes y restera jusqu’à la fin de la guerre car les Américains n’ont aucune intention de prendre la ville désormais inoffensive. Dans le même temps, les îles Aléoutiennes occupées par les Japonais depuis avril 1942 sont libérées durant l’été 1943.
Les Américains hésitent à présent entre deux stratégies pour se rapprocher du Japon et le contraindre à se rendre. L’amiral Chester Nimitz plaide pour une avancée à travers la Micronésie en capturant successivement les îles Gilbert, Marshall, Carolines, Mariannes et Bonin, dernière étape avant le Japon. De l’autre côté, le général Douglas MacArthur veut passer par le nord de la Nouvelle-Guinée, les Moluques puis les Philippines. Les planificateurs américains se prononcent en faveur de Nimitz, mais la puissance américaine est telle que les deux routes seront empruntées simultanément. En novembre, la reconquête des îles Gilbert commence, mais la résistance japonaise est féroce. Pour prendre le minuscule atoll de Tarawa, 1 000 soldats américains sont tués et seuls 16 soldats japonais sont faits prisonniers sur une garnison de 4 200 hommes. Ces pertes scandalisent l’opinion publique américaine mais la bataille permit de perfectionner les tactiques de débarquement.

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Soldats australiens et américains débarquant en Nouvelle-Guinée, juillet 1943

Sur le front de Birmanie, les Japonais sont arrivés aux portes de l’Inde mais sont bloqués sur les contreforts des Naga Hills. Le ravitaillement n’arrive que très lentement malgré la sanglante construction de la voie ferrée Siam-Birmanie. De plus, la destruction de la flotte japonaise à Midway rend impossible tout soutien aéronaval à l’avancée japonaise. La situation des Britanniques n’est pas pour autant favorable. Gandhi lance son mouvement Quit India et des émeutes paralysent les réseaux de transports et nécessitent une forte présence britannique. De plus, ce front est jugé secondaire par rapport à l’Europe et les unités indiennes sont envoyés en Afrique du Nord. Malgré tout, les Britanniques lancent des offensives de petite envergure dans le nord de la Birmanie avec peu de succès. Dans le même temps, ils mettent en place des unités de commandos parfaitement entrainés au combat dans la jungle, les Chindits, pour harceler les arrières japonais. Si les résultats militaires sont discutables, l’action a un effet considérable sur le moral des soldats. Finalement le retour de la mousson au milieu de l’été met fin aux opérations militaires. Une combinaison de facteurs militaires, administratifs et naturels provoquent une immense famine au Bengale qui fera plus de deux millions de morts.

En Chine, le conflit est bloqué depuis 1938. Quelques affrontements majeurs ont lieu comme à Changsha, dans le Hubei et à Changde mais aucun n’est décisif. De manière générale, les hostilités sont rares du fait de nombreux accords, tacites ou officieux, entre Japonais et Chinois. Néanmoins, l’occupation japonaise se traduit par de très nombreuses exactions comme lors de l’application de la Politique des Trois Tout en 1942. Pour ravitailler la Chine, le général américain Joseph Stilwell met en place un pont aérien entre l’Assam en Inde et Kunming en Chine. La route surnommée The Hump (la bosse) par les aviateurs franchit l’Himalaya et permit de transférer plus de 600 000 tonnes de matériel avant la fin de la guerre.
En novembre 1943, le Japon organise la conférence de la Grande Asie orientale dont l’objectif est la réorganisation de l’Asie avec la création de gouvernements locaux alliés du Japon. Bien que cette conférence ait avant tout eu un rôle de propagande, elle montre également une évolution dans la pensée des dirigeants japonais. Voyant les défaites s’accumuler, ils considèrent que des relations basées sur la coopération plutôt que sur l’asservissement seraient plus efficaces pour fédérer les peuples asiatiques contre les colonisateurs européens. Cependant, cette conception entre en contradiction avec la volonté du quartier général impérial5. De plus, cette évolution arrive trop tard pour influer sur le cours de la guerre.

1944

L’un des paradoxes les plus flagrants dans la stratégie japonaise est la faiblesse de sa logistique. Le Japon est un état insulaire avec peu de ressources naturelles, qui dépend énormément des importations en ce qui concerne le pétrole ou les produits alimentaires. La doctrine japonaise purement offensive ne cadrait pas avec l’activité purement défensive de l’escorte de convois. Ainsi, le Japon se lança dans la construction de monstres cuirassés comme le Yamato tout en négligeant la construction d’escorteurs indispensables pour rapatrier en sécurité les matières premières en métropole. Le résultat fut désastreux, car les antiques destroyers japonais ne purent lutter contre les sous-marins américains, qui coulèrent 90 % de la flotte de commerce japonaise. Les sous-marins américains ont réussi là où les U-Boote allemands ont échoué : asphyxier un pays. Au printemps 1944, la flotte japonaise est ainsi redéployée à Bornéo à proximité des puits de pétrole, mais l’île est dépourvue des infrastructures nécessaires à l’entretien d’une telle marine de guerre.

Contournant Rabaul, les Américains prennent les îles de l’Amirauté. Parallèlement, les troupes de MacArthur remontent lentement la côte nord de la Nouvelle-Guinée et entrent dans les anciennes colonies hollandaises en débarquant à Aitape et à Hollandia en avril 1944. La reconquête des îles Marshall montre que les leçons de Tarawa ont été tirées car les pertes sont bien plus faibles malgré la plus forte garnison japonaise. De leur côté, les Japonais réalisent que les défenses placées immédiatement sur le littoral sont trop vulnérables aux bombardements côtiers et lors des batailles suivantes, la défense en profondeur sera bien plus difficile à percer. Dans les Marshall, les Américains appliquent la stratégie du saute-mouton. Les îles principales sont capturées pour y installer une base aérienne qui interdit la zone aux Japonais et condamne les garnisons situées sur les îles alentour à pourrir sur place.

Une fois les Mariannes et les Carolines prises, l’attention américaine se tourne vers les îles Mariannes. Celles-ci se trouvent à moins de 2 500 km des côtes japonaises, ce qui en fait une base parfaite pour les bombardiers lourds B-29 venant tout juste d’entrer en service. Saipan est la première île à tomber le 9 juillet 1944 après un mois de combat. La chute de Saipan entraine la démission du gouvernement de Hideki Tōjō et affaiblit la position des militaires. Suite à la perte de Saipan, la marine japonaise organise une opération navale avec une importante flotte composée de neuf porte-avions et des plus puissants cuirassés au monde, le Yamato et le Musashi. Cependant, la flotte américaine possède 15 porte-avions dont l’aviation embarquée est largement supérieure à celle des Japonais. Avant même le début de la bataille de la mer des Philippines, deux porte-avions japonais sont envoyés par le fond par des sous-marins américains. Le sort des armes fut tellement à sens unique que les pilotes américains surnommèrent cette bataille The Great Marianas Turkey Shoot (le grand tir aux pigeons des Mariannes). Les pertes ne pourront jamais être remplacées et par la suite les porte-avions japonais ne seront plus utilisés que comme appât ou pour faire diversion. Libérés de la menace japonaise, les Américains envahissent Tinian et y implantent la plus grande base aérienne au monde ; à la fin de la guerre, elle accueille près de mille bombardiers et 50 000 personnels au sol. Guam est également libéré en août. En septembre, les marines débarquent à Peleliu. Les Japonais y appliquent la nouvelle tactique de défense en profondeur ce qui entraine plus de deux mois de combats acharnés. Le tiers des soldats américains est mis hors de combat (morts ou blessé), tandis que la garnison japonaise est annihilée.

Au sud, après une étape dans les Moluques, MacArthur approche des Philippines. Leur prise couperait le Japon de ses conquêtes les plus importantes en Indonésie et en Malaisie. Néanmoins, Nimitz milite pour une attaque de Formose qui permettrait également de couper les voies maritimes entre le Japon et ses possessions mais en ferait une base avancée à moins de trois heures du Japon et de la Chine. Mais, le bouillant MacArthur fait appel à des considérations politiques. Les Philippines étaient un protectorat américain et MacArthur veut respecter la promesse qu’il s’était faite de revenir en quittant précipitamment l’archipel deux ans plus tôt. L’état-major américain décide frapper au cœur des Philippines et organise un immense débarquement sur l’île de Leyte dont l’envergure dépasse celle du débarquement de Normandie. Pour contrer cette attaque, les Japonais tentent d’éloigner le gros de la flotte américaine en l’appâtant avec ses derniers porte-avions dépourvus du moindre appareil pour qu’une seconde flotte de cuirassés détruise la flottille de débarquement laissée sans protection. Le commandant américain William F. Halsey tombe dans le piège, mais les Japonais ne parviennent pas à exploiter leur supériorité et doivent se replier. La bataille du golfe de Leyte, la plus grande bataille navale de l’histoire, se solde par la destruction de la moitié du tonnage engagé du côté japonais et la perte des derniers porte-avions. La première attaque suicide des kamikazes a lieu lors de cette bataille. Les pertes causées par les 2 500 kamikazes qui s’abattront sur les navires alliés jusqu’à la fin de la guerre seront très rapidement compensées par la puissante industrie américaine, d’autant plus que, l’effet de surprise passé, les attaques réussies sur les grands navires se font plus rares. D’un point de vue strictement militaire, les résultats sont meilleurs que si le pilote avait la moindre chance de s’en sortir mais les attaques horrifient les marins américains qui commencent à se demander quel sera le prix de la conquête du Japon.

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Le Bunker Hill vient d’être touché par deux kamikazes le 11 mai 1945

En novembre, le président Roosevelt est réélu pour un quatrième mandat sans grande surprise compte-tenu de la guerre. Après la prise de Leyte, les Américains débarquent à Mindoro et sur l’île principale de Luçon et approchent de la capitale Manille.
Sur le front birman, les Japonais déclenchent une vaste offensive en janvier 1944. L’attaque s’épuise rapidement du fait de l’étirement excessif des lignes de ravitaillement. Lors des batailles d’Imphal et de Kohima, les unités japonaises épuisées sont violemment repoussées et doivent se retirer au début de l’été. À la fin de l’année, le nord de la Birmanie est libéré, dont la ville stratégique de Myitkyina. La route de Birmanie est rouverte au début de l’année 1945.
En Chine, l’année est marquée par l’opération Ichi-Go qui permet aux Japonais de s’emparer de vastes portions de territoires en Chine centrale et méridionale. Les forces chinoises s’effondrent face à la plus grande offensive en Chine depuis plusieurs années. L’un des objectifs japonais était la destruction des bases aériennes qui, au début de l’année, étaient les seules suffisamment proches du Japon. Cependant, les Américains abandonnent leurs bases en Chine trop difficiles à approvisionner et se redéploient dans les îles Mariannes tout juste conquises et encore plus proches du Japon.

1945

Au début de l’année, les possessions japonaises restaient impressionnantes et les riches régions de Malaisie et d’Indonésie lui appartiennent toujours. Cependant, le pays est à genoux, sa marine de guerre est à l’agonie après la perte de ses porte-avions. L’aviation japonaise invincible au début de la guerre n’est plus que l’ombre d’elle-même, ses appareils dépassés emmenés par des pilotes inexpérimentés n’ont d’autre utilité que comme kamikazes. Les bombardiers américains B-29 basés aux Mariannes commencent à anéantir les villes et les industries japonaises sans rencontrer de véritable opposition.

Aux Philippines, le général Tomoyuki Yamashita veut abandonner Manille qu’il juge indéfendable mais le contre-amiral Iwabuchi Sanji refuse et se retranche dans la ville avec 15 000 hommes. La bataille de Manille dure tout le mois de février et cause la mort de près de 100 000 civils, la plupart massacrés par les Japonais. Les débris des unités japonaises se dispersent dans les jungles où ils mènent une guerre de guérilla contre les Américains et les Philippins. La reconquête des Philippines ne s’achèvera qu’avec la capitulation japonaise. 96 % des 350 000 soldats japonais dans l’archipel sont tués.
La libération de Bornéo est la dernière campagne d’envergure sur le théâtre du Pacifique. Les forces, principalement australiennes, débarquent au nord et à l’est de l’île en mai. Critiquée après la guerre car considérée comme inutile, la prise de Bornéo prive le Japon d’importantes ressources en pétrole et isole un peu plus ses possessions en Indonésie et en Malaisie.
En Birmanie, les Britanniques poursuivent leur progression le long de l’Irrawaddy et Mandalay tombe le 27 mars. Le chef de l’État fantoche de Birmanie, Ba Maw, se retourne contre les Japonais dont les lignes craquent de partout. Rangoon est finalement prise en mai 1945. Une opération est envisagée pour reprendre la Malaisie, mais la capitulation japonaise arrive avant sa mise en application.

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B-29 larguant leurs bombes au dessus de Tokyo au début de l’année 1945

Pendant que MacArthur reconquiert les Philippines, la marine américaine poursuit sa route des atolls. La prise d’Iwo Jima à mi-chemin entre les Mariannes et le Japon permettrait de recueillir les appareils endommagés et de doter les escadrilles de bombardement d’une escorte qui leur fait défaut. La bataille d’Iwo Jima commence le 19 février, mais il faut plus d’un mois aux Américains pour nettoyer l’île de 21 km2 de sa garnison de 21 000 hommes. Après la prise d’Iwo Jima, le chemin du Japon passe obligatoirement par Okinawa qui pourra servir de base de départ pour un débarquement amphibie sur les îles principales.
L’invasion d’Okinawa, le 1er avril (dimanche de Pâques), surpasse toutes les opérations antérieures dans le Pacifique. La flotte américaine de 17 porte-avions reçoit le renfort des quatre porte-avions britanniques que la destruction de la flotte allemande a permis de libérer. Les Japonais envoient près d’un millier de kamikazes tout au long de la bataille. Plusieurs porte-avions sont endommagés et quelques navires plus petits sont coulés, mais la flotte américaine reste intacte. L’opération Ten-Gō lancée le 7 avril est une opération suicide qui entraîne la perte du Yamato, le plus grand cuirassé de l’histoire, qui succombe sous les coups de l’aéronavale américaine. Après cette bataille la flotte japonaise a purement cessé d’exister tout comme l’aviation qui perd 7 800 appareils lors de la prise des Îles Ryūkyū. Dans le même temps, la conquête d’Okinawa se poursuit dans un bain de sang. Le 21 juin 1945, 200 000 Japonais dont une moitié de civils sont morts.

La prise d’Okinawa et d’Iwo Jima a coûté la vie à plus de 25 000 Américains et le Japon ne semble toujours pas prêt à se rendre. Les stratèges sont donc forcés de planifier l’invasion des îles principales de l’archipel japonais. L’opération Downfall comportera deux débarquements d’une ampleur jamais vue, l’un en octobre sur Kyūshū et l’autre au printemps 1946 sur Honshū avec des pertes estimées, selon l’évaluation la plus pessimiste, à près de 800 000 morts chez les Américains et plus de 10 millions chez les Japonais[réf. nécessaire]. Le nouveau président Harry Truman (Roosevelt est mort le 15 avril) refuse de sacrifier autant de soldats pour une guerre virtuellement gagnée.
En effet, la prise des Mariannes et l’installation d’une immense base aérienne à Tinian puis la prise d’Iwo Jima permettent aux Américains de mener des opérations de bombardement stratégique particulièrement destructrices. À partir du printemps 1945, l’usage à grande échelle des B-29 et des bombes incendiaires font des ravages dans les villes japonaises à forte densité de population et aux habitations de bois. De plus, à la différence de l’Allemagne, le Japon n’était pas préparé à être bombardé. Les abris sont rares, la défense anti-aérienne et les chasseurs japonais sont incapables de protéger les villes. Le résultat est désastreux, dans la nuit du 9 au 10 mars, le bombardement de Tokyo tue 100 000 personnes. La ville brûle pendant trois semaines. À la fin de la guerre, 500 000 Japonais ont été tués et 5 millions sont sans logement à cause des bombardements qui ont détruit 40 % des zones urbaines du pays. De plus, la flotte étant détruite, les cuirassés américains participent à la destruction des villes côtières. Lors de l’opération Famine, les voies navigables et les côtes sont minées empêchant le transport de fret provoquant un début de famine. Pour aggraver la situation, l’URSS a dénoncé le 2 avril le pacte de neutralité entre les deux pays présageant d’une prochaine entrée en guerre.

Lors de la conférence de Potsdam en juillet 1945, les Alliés demandent la capitulation sans conditions du Japon qui devra abandonner toutes ses conquêtes depuis 1895, désarmer ses unités militaires et accepter une occupation militaire. La réception de cette déclaration divise le gouvernement japonais entre les civils prêts à l’accepter et les militaires qui pensent que l’Amérique offrira des conditions plus favorables pour éviter un sanglant débarquement au Japon. Le 28 juillet, le premier ministre Kantarō Suzuki utilise le terme ambigu de mokusatsu pour qualifier l’ultimatum et cherche une voie diplomatique avec les Soviétiques. Les Américains considèrent cette réponse comme un refus. Le président Truman décide alors d’utiliser une arme révolutionnaire dont le test vient de réussir au Nouveau-Mexique. Les 6 et 9 août, les villes d’Hiroshima et de Nagasaki subissent les premiers bombardements nucléaires qui font 150 000 morts. Le 8 août, l’URSS déclare la guerre au Japon et pulvérise les unités japonaises de Mandchourie. Malgré le double choc des bombardements atomiques et de l’attaque soviétique, une partie des militaires continue de refuser la capitulation. L’empereur Hirohito demande la tenue d’une conférence dans la nuit du 9 au 10 août dans laquelle il accepte les conditions imposées par les Alliés à condition que la monarchie soit maintenue. Les Américains acceptent et le 14 août, l’empereur s’adresse à la nation pour signifier la fin de la guerre. La cérémonie officielle a lieu sur le pont du cuirassé Missouri dans la baie de Tokyo le 2 septembre 1945.
Les actes de capitulation furent officiellement signés le 2 septembre.
À cette date, les forces armées japonaises comptabilisaient 6 983 000 militaires dont 5 525 000 dans l’armée de terre sans compter les milices et le personnel civil tandis que les pertes militaires furent estimées à 1 402 153 militaires signalés morts ou disparus en action ; en août 1948, 76 960 militaires étaient encore signalés comme disparus et, à quelques exceptions près, présumés morts6.

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Champignon nucléaire au dessus de Nagasaki, 9 août 1945

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MacArthur signe les Actes de capitulation du Japon le 2 septembre 1945

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Parade militaire américaine à proximité du palais impérial, 9 mars 1946

Conséquences

La guerre dans le Pacifique eut des conséquences importantes et durables. La première est la destruction de la puissance militaire et économique du Japon. Ce dernier perd toutes ses conquêtes depuis 1895 et ne conserve que les îles de l’archipel japonais. Le pays est militairement occupé et mis sous tutelle et Douglas MacArthur devient gouverneur militaire du Japon. Il doit assurer la direction d’un pays exsangue après huit ans de guerre, relancer l’économie, rapatrier les millions de Japonais d’Asie ainsi que démocratiser et démilitariser la société. L’Armée impériale japonaise est dissoute et la constitution de 1947 précise que le pays renonce définitivement à la guerre. Cependant, la guerre froide et la guerre de Corée poussera le Japon à se doter d’une force d’autodéfense. Le Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient, équivalent du Tribunal de Nuremberg pour l’Europe est chargé de juger les crimes de guerre du Japon Shōwa mais plusieurs personnalités dont l’empereur Hirohito ou les scientifiques de la sinistre unité 731 ne seront pas inquiétés. Le complexe militaro-industriel japonais est démantelé et les Américains libéralisent l’économie en réformant les Zaibatsu autrefois contrôlés par l’état. Une réforme agraire est lancée mais elle ne peut empêcher la malnutrition qui sévit en 1945-1946.
La société japonaise est bouleversée par l’occupation. Elle doit absorber les centaines de milliers de rapatriés des anciennes colonies. Le droit de vote est accordé aux femmes, la liberté de la presse est instaurée, la police politique (Tokkō) et la noblesse japonaise (à l’exception de la famille impériale) sont abolies. L’arrivée de la culture occidentale dans un pays autrefois fermé et aux traditions bien ancrées provoque un profond choc culturel qui se traduit par des changements dans l’habillement, l’alimentation ou la musique. L’occupation prend fin en 1952 et le pays entame une période de croissance spectaculaire connue sous le nom de miracle économique japonais.
L’autre conséquence majeure de la guerre dans le Pacifique est l’affaiblissement des puissances coloniales. En 1939, toute l’Asie, à l’exception de la Chine, de la Thaïlande et bien sûr du Japon est colonisée. Les victoires japonaises mettent à mal l’image d’invincibilité des puissances européennes. De plus, les Japonais s’étaient appuyés sur les mouvements nationalistes en Inde ou en Birmanie pour mieux contrôler l’exploitation des richesses des territoires conquis. D’un autre côté, les mouvements indépendantistes comme le Việt Minh en Indochine firent leurs premières armes, politiquement parlant, contre l’occupant japonais (il n’y eut cependant pas de combats et les Japonais tentèrent une dernière manœuvre en octroyant l’indépendance au Viet Minh). Les idées révolutionnaires et indépendantistes rendirent impossible la reprise en main des anciennes colonies par les Européens à la fin de la guerre. Si la transition vers l’indépendance se fit sans grande violence du côté britannique en Malaisie et en Inde, elle se transforma en guerre en Indochine et en Indonésie.
En Chine, la fin de la guerre et de la menace japonaise met fin à la fragile trêve entre les nationalistes et les communistes. Ces derniers ont considérablement accru leur force durant la guerre et contrôlent maintenant une grande partie du nord-est de la Chine. Soutenus par l’Union soviétique et profitant de l’importante quantité de matériels abandonnés par les Japonais, les communistes reprennent l’offensive en mars 1946. Les tactiques de guérilla épuisent les nationalistes approvisionnés par les États-Unis. Tchang Kaï-chek remporte plusieurs succès mais les défections se multiplient et la corruption galopante décourage les alliés américains. À la suite de plusieurs défaites en 1948, les communistes s’emparent de Pékin et progressent rapidement dans le centre du pays. Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame la République populaire de Chine tandis que les nationalistes se réfugient sur l’île de Taïwan.
L’Invasion soviétique de la Mandchourie entraine la division de la Corée, colonie japonaise depuis 1910, en deux zones d’influence, soviétique au nord et américaine au sud. La montée des tensions entre les deux superpuissances entraine la création de deux états idéologiquement opposés. La guerre de Corée qui s’ensuit provoque la mort de 3 millions de personnes et la partition définitive de la péninsule entre la Corée du Sud et la Corée du Nord.
Le statut des îles Kouriles occupées par l’Union soviétique en 1945 reste un sujet de friction entre le Japon et la Russie.

NOTES
3↑ Bien que déclenchées à des dates différentes, les attaques sont simultanées (à une heure près) car elles ont lieu de part et d’autre de la ligne de changement de date
4↑ Le soutien américain à la Grande-Bretagne se traduit par la mise en place de convois pour protéger le ravitaillement avec le Royaume-Uni. Des accrochages ont alors lieu entre les destroyers américains et les sous-marins allemands.

SOURCE WIKIPEDIA

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

10 mars 2013

Siège de Léningrad

Classé sous — milguerres @ 20 h 02 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Les légendes du siège de Leningrad

Siège de Léningrad 

 

 

File:Anti aircraft Leningrad 1941.JPG
Batteries de défense aérienne tirant à proximité de lacathédrale Saint-Isaac, siège de Léningrad, 1941.
Siège de Léningrad stalingrad
Siège de Léningrad désigne le siège de la ville de Saint Petersburg , appelée Leningrad de 1924 à 1991, en Russie, par les Allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale 

Débutée le 8 septembre 1941, le siège fut levé par les Soviétiques le 27 janvier 1944 marquant l’échec allemand, malgré des pertes humaines colossales (1 800 000 hommes, dont plus d’un million de civils). Avec 872 jours, ce siège est le plus long de l’histoire moderne jusqu’à celui de Sarajevo au début des années 1990.


L’invasion des Pays Baltes

Offensive vers Léningrad

Du début de l’opération Barbarossa, le 22 juin 1941, jusqu’à la fin de juillet, les troupes Allemandes du Heeresgruppe Nord sous la direction du maréchal von Leeb, ont avancé rapidement, bousculant les troupes Soviétiques placées en 1religne.
Le 22 juin à 3h15, l’opération Barbarossa débute. À midi les avant-gardes blindées du Heeresgruppe Nord ont avancé de 65 kilomètres.
Le 24 juin, les troupes allemandes continuent à progresser rapidement à l’intérieur des territoires soviétiques si bien que la 16.Armee s’empare de Kaunas, et sur sa droite, le Panzergruppe 3 (dépendant lui, du Heeresgruppe Mitte) de Vilnius.
Le 26 juin, le 4e Panzergruppe du général Hoepner prend Daugavpils, sur la Dvina, et établit des têtes de pont.
Le 29 juin, les forces allemandes qui continuent leur avance, sont aidées par les attaques conjointes germano-finlandaises dans l’isthme de Carélie et plus au nord vers Petsamo.
Les russes commencent la construction de ligne de la Louga (ru). Plus de 300 000 civils de Pskov et de Novgorodfuient devant l’avancée des troupes allemandes et se dirigent en direction de Léningrad.
Le 1er juillet, Riga tombe aux mains des troupes allemandes.
Le 2 juillet, après s’être regroupées, les troupes du 4e Panzergruppe de Hoepner enfoncent les fortifications soviétiques de la ligne fortifiée Staline2 à Ostrov au sud-est du lac Peipous.
Le 3 juillet, le temps clair permet à la Luftwaffe de soutenir activement la progression des troupes. Le 41e Corps blindé avance rapidement face à des unités relativement faibles du Front du Nord-Ouest de Sobennikov.
Le 4 juillet, le 41e corps blindé s’empare d’Ostrov et établit des têtes de pont sur la rive droite de la Velikaïa
Le 8 juillet, 4e Panzergruppe prend Pskov puis avance en direction de Novgorod et de Leningrad.
Le 14 juillet, les troupes allemandes atteignent le fleuve Louga et menacent Leningrad.
Le 15 juillet, le maréchal Vorochilov nommé depuis le 11 juillet commandant en chef du Front du Nord-Ouest, déclenche une contre-offensive devant Leningrad, entre le lac Ilmen et Soltsy pour gagner du temps et permettre la fortification de Leningrad, pour laquelle la totalité de la population est mobilisée.
Le 16 juillet, les troupes finlandaises occupent Sortavala, à l’extrême nord du lac Ladoga encerclant les troupes soviétiques dont une partie s’échappe par la mer.
Le 27 juillet le Heeresgruppe Nord est constitué de 16 divisions.

Le 31 juillet la 16e armée allemande, atteint le lac Ilmen.
Le 8 août les 93. et 291. Infanterie-Divisionen arrivent en ligne, permettant de remplacer les nombreuses pertes et de reprendre l’offensive.
Le 17 août, à la suite d’une habile manœuvre de flanc, la 291. Infanterie Division capture Narva.

Les pays baltes sont désormais entièrement sous le joug nazi à l’exception de Tallin que les Allemands ont isolé des restes des troupes soviétiques. Toutefois les envahisseurs doivent réduire cette poche afin de marcher avec l’ensemble de leurs troupes sur Léningrad.
20 000 civils ont exécuté les travaux de fortification, de terrassement et de minage dans le secteur de Tallin. Les Soviétiques disposent du 12e corps d’armée, des 16e et 22edivisions d’infanterie, de la 10e division d’infanterie motorisée, de 14 bataillons de fusiliers marins et de la milice des chantiers navals pour défendre la ville.
Le 18 août, les 61e 217e et 254. Infanterie-Divisionen arrivent devant Tallinn.
Du 20 au 24 août, les combats font rage. Malgré une défense acharnée des Soviétiques, l’avance est régulière. Le 24 août, les faubourgs de la capitale estonienne sont atteints.
Le 27 août dans la soirée, les Soviétiques commencent l’évacuation par mer des défenseurs la ville, en direction de Léningrad, avec 2 grands convois maritimes. Le 1er qui comprend le croiseur Kirov (en), 18 destroyers, 6 torpilleurs, 28 dragueurs de mines, 6 sous-marins, 1 pétrolier et 25 cargos et un second qui comprend 6 dragueurs de mines, 12escorteurs et 60 autres navires.
Le 28 août l’armada qui fait mouvement à travers le golfe de Finlande est attaquée sans relâche par les Ju-88 allemands qui coulent 5 navires avant de passer le cap Juminda (à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Tallin). Les eaux de ce cap ayant été fortement minées par la flotte, plusieurs navires sautent et le convoi est ensuite attaqué par l’artillerie côtière Finlandaise, des flottilles de torpilleurs allemands et finlandais et des bombardiers Ju-88. Dans la tentative de forcer le passage, la Marine soviétique perd 33 navires et 5 autres navires sont endommagés. Dans la soirée Tallinn, vidée de ses défenseurs, tombe aux mains du général Walter Kuntze qui capture seulement 11 432 Soviétiques.
Le 29 août, les convois, de nouveaux attaqués, atteignent Kronstadt. L’évacuation soviétique de Tallinn réussit à évacuer 165 navires, 28 000 passagers et 66 000 tonnes de matériel qui seront utilisés lors du siège de Léningrad.

Marche sur Léningrad

Alors qu’une partie des troupes allemandes se dirige sur l’Estonie, les troupes situées plus au sud atteignent le 2 juillet, les fortifications soviétiques de la ligne Staline à Ostrov, au sud-est du lac Peipous. Le 8 juillet, le 4e Panzergruppe qui a pris Pskov avance en direction de Novgorod et de Leningrad, alors que d’autres forces, situées plus au sud, partant d’Ostrov et d’Opotchka, se dirigent sur Kholm, Staraïa Roussa, le lac Ilmen et Tchoudovo en direction de Volkhov et du lac Ladoga dans le but d’isoler puis de prendre Léningrad. Le14 juillet, les troupes allemandes atteignent le fleuve Louga. Le 15 juillet, le maréchal Vorochilov déclenche une contre-offensive entre le lac Ilmen et Soltsy. Le 31 juillet, la 16earmée allemande atteint le lac Ilmen. Une pause dans la marche est alors observée jusqu’au 8 août, où des renforts permettent la poursuite de l’offensive.

 

File:German advance into USSR.png

L’avance des troupes Allemandes duHeeresgruppe Nord.
En corail l’avance au 9 juillet
En rose l’avance au 1er septembre
En vert l’avance au 5 décembre

Le 8 août, sous une pluie battante, les troupes allemandes se lancent à l’attaque de la ligne de la Louga (ru). Si la 1re Panzerdivisionparvient à percer les défenses soviétiques, ses voisines, les 6e Panzerdivision et 36.Infanterie-Division (mot), ne progressent que de3 à 5 km avec de grandes difficultés avant d’être obligées de s’immobiliser, tandis que la 1.ID reste littéralement clouée sur place par la défense de fer soviétique. Les pertes allemandes sont considérables3. Le 9 août la 1re Panzerdivision poursuit son avance et oblique pour prendre de flanc les troupes soviétiques qui bloquent la 6e Panzerdivision. Sous les coups de boutoir des Panzerdivisionnen, les troupes du général Markian Popov commencent à lâcher prise et le 11 août, après deux jours de lutte acharnée, les chars allemands réussissent à percer la défense de la ligne de la Louga à certains endroits, puis se dirigent sur Kingisepp.

Le 12 août, après avoir contourné le lac Ilmen, les Soviétiques lancent une attaque dans la région de Staraïa Roussa, une région sauvage totalement dépourvue de routes, de villages. La 34e armée4, composée des 257e, 259e et 262e divisions d’infanterie, attaque sur le flanc droit de la 16e armée allemande ; c’est la bataille de Staraïa Roussa (1941) (ru). Les forces soviétiques enfoncent les défenses des30e, 126e, et 290e divisions d’infanterie allemandes et pénètrent de 40 km dans la défense allemande. Le maréchal von Leeb, inquiet de la tournure que prenait cette attaque soviétique, ordonne le 13 août au 56e Armee Korps d’abandonner son offensive et de se diriger contre les troupes soviétiques. Le 14 août, la 3.ID et la SS Totenkopf font alors mouvement vers Staraïa Roussa.

Le 15 août, la 21e division d’infanterie allemande, renforcée du 424e régiment d’infanterie, arrive en vue de Novgorod et prend la ville dans la soirée. Les Soviétiques, afin de sauver les richesses de la ville, ont établi leurs défenses au nord de la ville, sur les rives de la Volkhov. Le 17 août, les Allemands établissent une tête de pont sur la Volkhov, puis poussent vers Léningrad. Le 18 août, les troupes du 56e Armee Korps arrivent dans la zone des combats de Staraïa Roussa, après avoir parcouru 250 km depuis leur point de départ et contre-attaque. Dans la zone de Novgorod la 11e division d’infanterie allemande conforte la tête de pont. Le 19 août, les chars d’avant garde de la 8e Panzerdivision sont àKrasnogvardeisk, située à 45 km au sud de Léningrad, où ils se heurtent à la [[1re division blindée soviétique]]. Le combat est rude et l’avance allemande est stoppée. Le 20 août, laligne de la Louga (ru) résiste toujours malgré les coups de boutoir de la 1re Panzerdivision.

Le 21 août, contournant vers l’est les défenses soviétiques, la 8e Panzerdivision s’empare de Tchoudovo, coupant ainsi la principale route et voie ferrée reliant Léningrad à Moscou. Le 22 août, le 50.Armee Korps, composé de la 21e division d’infanterie et de la SS Polizei Division se lancent de nouveau à l’attaque de la ligne fortifiée avec comme objectif la prise ou la destruction de 115 blockhaus puis la prise de Louga. Chaque bunker doit être pris, les Soviétiques se font tuer sur place et lancent une contre-attaque de chars. De part et d’autre, les pertes sont énormes. Il faudra trois jours de réorganisation à la SS Polizei Division, avant qu’elle reprenne le combat. Le 24 août, Louga est prise par la division SS et les Soviétiques se replient vers le nord.

Pendant trois semaines les troupes soviétiques de ligne de la Louga (ru) ont réussi à arrêter la progression allemande sur Léningrad, permettant à l’Armée rouge de créer une défense plus solide à l’approche de la ville. Sous une pluie battante, le maréchal von Leeb lance alors la 96e division d’infanterie pour leur couper la retraite. Le 25 août, au sud dulac Ilmen, les 11e et 34e armées soviétiques sont repoussées sur la rivière Lovat. Le 27 août, la 96e division d’infanterie termine son mouvement enveloppant et piège trois divisions soviétiques dans la poche de Louga. Cette poche tiendra jusqu’au 15 septembre et 20 000 Soviétiques y seront fait prisonniers. À partir du 28 août, les troupes allemandes se mettent en ordre de marche pour investir Léningrad. Quelques divisions ont déjà tenté de percer, sans succès, les premières ceintures défensives de la ville. L’encerclement est donc fait à distance, de 50 à 100 km de la ville dans un mouvement enveloppant en direction du lac Ladoga.

Front finlandais

 

File:Finnish advance in Karelia during the Continuation War.png
La limite maximale de l’avance de l’armée finlandaise en Carélie lors de la guerre de continuation. La ligne grise marque la frontière après la guerre d’Hiver

Le 29 juin, les forces germano-finlandaises lancent des attaques dans l’isthme de Carélie et plus au nord vers Petsamo.
Le 16 juillet, l’armée finlandaise passe à l’offensive dans l’isthme de Carélie entre les lacs Ladoga et Onéga afin d’isoler Léningrad au Nord et au Nord-Est et se heurte à la 23e armée du général Mikhaïl Nikanorovitch Guerassimov (ru). Les combats sont violents et les russes défendent pied à pied leurs positions. L’avance des troupes finlandaises est lente, mais elles parviennent à isoler plusieurs divisions soviétiques dans les secteurs de Sortavala et Priozersk. Acculées au lac Ladoga, celles-ci continuent tout de même de se battre. Pendant cette résistance, les Soviétiques en profitent pour consolider le secteur de Carélie sur l’ancienne frontière séparant l’URSS et la Finlande avant la guerre d’hiver.
Le 31 juillet, lorsque cette ligne défensive est terminée, les débris des troupes russes de la 23e armée se replient, évacués par la flottille du lac Ladoga ou par voie terrestre en engageant des combats retardateurs.
Début septembre, les troupes finlandaises arrivent sur la ligne fortifiée de Carélie qu’ils ne pourront jamais prendre et sur laquelle le front se stabilise jusqu’à l’été 1944.

L’encerclement de Léningrad

Le 19 août, les chars d’avant garde de la 8e Panzerdivision sont à Krasnogvardeisk, située à 45 km au sud de Léningrad, ou ils se heurtent à la 1re division blindée soviétique. Le combat est rude et l’avance allemande est stoppée5
Le 21 août, contournant vers l’Est les défenses soviétiques, la 8e Panzerdivision s’empare de Chudovo coupant ainsi la principale route et voie ferrée reliant Léningrad à Moscou.
Le 30 août, la ville de Mga est prise isolant ainsi totalement Léningrad du reste du pays par voie routière et ferroviaire. Il ne reste qu’une étroite bande terrestre du Nord de Mga àSchlüsselburg et aux rives du lac Ladoga aux mains des soviétiques
Au début de septembre, les troupes de l’Armée rouge sont déployées en deux ceintures défensives. Cette force de défense est complétée par des divisions de défense populaire, formées de volontaires civils de la ville même de Léningrad ou de la région de Léningrad et qui n’ont qu’une valeur de combat très limitée.
Le 4 septembre, les bombes commencent à tomber sur Léningrad.
Le 6 septembre, les allemands lancent les premières attaques en direction du lac Ladoga avec deux kampfgruppen dans une zone couverte de forêts et de landes, terrains défavorables aux chars et à l’artillerie. À la fin de la journée, les assaillants ne progressent que de 500 mètres.
Le 7 septembre, les kampfgruppen continuent et l’action et en fin de journée, une compagnie parvient à ouvrir une brèche dans le dispositif de défense.
Le 8 septembre, au petit matin la brèche s’élargie et la 20.Infanterie-Division (mot) perce les lignes de défenses russes et atteint Schlüsselburg puis l’embouchure de la Neva face à Jérémétievka6 et la rive Sud du lac Ladoga. Léningrad est définitivement coupée du reste de la Russie par voie terrestre. Cette petite bande de terre sera désormais l’enjeu de combats et batailles furieuses. Les Allemands disposent d’une mince portion du lac Ladoga, sur lequel les Russes entretiennent une flottille navale importante. Le ravitaillement parviendra désormais aux Russes par bateaux pendant une partie de l’année et chaque hiver, ils seront ravitaillés par le lac Ladoga gelé, par la « route de la vie », ce qui leur a permis de tenir mais un million de civils sont morts de faim pendant le siège.
Le 9 septembre, les nazis lancent une attaque plus à l’Ouest en direction de Léningrad même afin de s’approcher le plus près possible de la ville. La prise de la ville, dont la défense est organisée par Joukov, se révèle vite impossible. Les Allemands renoncent à un assaut direct, décident de l’investir progressivement.

L’offensive allemande débute à 9h30:
la 6e Panzerdivision doit détruire 32 bunkers et plusieurs positions antichars avant de pouvoir espérer avancer. Les SS de la Polizei sont stoppés devant Krasnogvardeisk.
Le 41. Armee Korps (mot) se heurte à la première ligne de défense de Léningrad, notamment sur les hauteurs fortifiées de Duderhof (en). La 36.ID (mot) et la 1re Panzerdivisionpassent à l’attaque des hauteurs dont les points culminants sont la cote 143 et la cote 1677 qui sont truffées de tranchées, de blockhaus et de nids de mitrailleuses, le tout protégé par un fossé antichar. Les combats sont rudes et sanglants, les Soviétiques ripostent avec leur artillerie et par des contre-attaques de chars KV1 qui sortent tout neuf des usines Kirov de Léningrad. Toutefois malgré une défense opiniâtre, dans la soirée, la cote 143 tombe aux mains des Allemands.
La 18e Armée attaque dans le secteur de Krasnoe Selo
Le 11 septembre Duderhof puis la cote 167 tombent ce qui fait dire par radio au lieutenant Darius commandant de la 6e compagnie du 1er panzer régiment « Je vois Pertersbourg et la mer! »
Le 12 septembre, la 18. Armee prend Krasnoe Selo et avance vers la côte. Le 209e régiment d’infanterie entre dans Urizk, un faubourg de Léningrad ou se trouve le terminus d’untramway et un panneau indiquant : « Leningrad, 10 kilomètres ». Toutefois, les Allemands ne poussent pas en direction de cette ville mais en direction de la mer Baltique, afin d’isoler les défenseurs d’Oranienbaum8,9.
Le 13 septembre Krasnogvardeisk est prise après un mois de combat par la SS Polizei Division et la 269e DI.
Le 14 septembre, la 1.Infanterie Division, parvient à atteindre la mer Baltique isolant Oranienbaum de Léningrad. Cette poche8,9 ne sera jamais réduite, les russes la ravitailleront par mer jusqu’à la fin du siège de Léningrad.
Le 17 septembre, Pouchkine et le palais des tsars sont pris. Ce même jour des troupes quittent le Heeresgruppe Nord et partent vers Moscou ou la bataille décisive doit se jouer.
En septembre 1941, les secteurs défensifs de Léningrad sont tenus par quatre armées:

  • 23e armée dans le secteur Nord,
  • 42e armée sur le secteur Ouest,
  • 55e armée du secteur Sud,
  • 67e armée le secteur oriental.

D’autre part, la 8e Armée du Front Volkhov a la responsabilité de maintenir voie de ravitaillement en coordination avec la flottille du lac Ladoga.
Le front se stabilise et le siège de Léningrad commence

Le siège

1941

 

File:RIAN archive 216 The Volkovo cemetery.jpg

Trois hommes transportent des cadavres jusqu’au cimetière de Volkovo, en octobre 1942.

File:RIAN archive 1000 Soldiers carrying a wounded soldier.jpg

1er octobre 1941 : des soldats russes improvisés ambulanciers transportent un blessé dans une civière.

File:RIAN archive 178610 Moscow Avenue in Leningrad led to the front during the 1941-1945 Great Patriotic War.jpg

Décembre 1941 : une unité militaire marche vers la ligne de front le long de l’avenue de Moscou à Léningrad

File:RIAN archive 323 Sailors going to the front.jpg

Octobre 1941 : Marins montant au front dans les rues deLéningrad.

File:RIAN archive 286 Homecoming.jpg

Soldats soviétiques sur le front de Léningrad, le 1ernovembre 1941.

Siège

Évacuation

Avant l’invasion allemande de l’URSS il n’y a pas de plan prévu pour l’évacuation de la population de Leningrad, car la possibilité que les Allemands atteignent la ville est minime. Toutefois, les premières personnes évacuent Leningrad par train à partir du 29 juin, soit une semaine après le début de la guerre.
Du 29 juin au 28 août 1941, environ 490 000 personnes sont évacuées principalement par train.
À partir du 28 août, l’encerclement de la ville par les troupes allemandes ne permet plus l’évacuation par voie terrestre. L’évacuation, de 35 000 personnes, se poursuit par voie aérienne et navale à travers le lac Ladoga.
Entre décembre 1941, et le 21 janvier 1942 l’évacuation, de 36 000 personnes, continue à marche forcée et par camion, à travers le lac Ladoga gelé, dans une totale inorganisation.
Du 22 janvier au 15 avril 1942, une organisation d’évacuation est mise en place, permettant l’évacuation de 554 000 personne principalement par la route de la vie dont les travaux sont terminés.

De mai à octobre 1942, 403 000 personnes sont évacuées portant le nombre total à 1,5 million de personnes évacuées depuis le début du blocus.

La vie durant le siège

La ville qui est encerclée depuis septembre 1941 est unie contre l’envahisseur. Des milices ont été créées, elle forment les divisions d’infanterie de la milice de Leningrad, et les habitants ont largement aidé à construire les défenses de la ville.
La chute de Léningrad et de la poche d’Oranienbaum 8,9 permettrait aux Allemands de mettre hors de combat une quarantaine de divisions, ainsi que la disparition d’un centre de fabrication très important d’armement. Pendant toute la durée de la guerre, ses usines de chars et ses arsenaux de munitions et de canons fonctionnèrent sans discontinuer, fournissant aux troupes de l’Armée rouge les armes nécessaires. D’autre part, la prise de Léningrad aurait libéré un grand nombre de troupes allemandes, alors que la 18e Armée monta la garde devant la ville jusque 1944.
Toutefois, lorsque les Allemands terminent le blocus de Léningrad, les autorités russes se rendent compte qu’elles ont commis une grave erreur : personne n’a pensé à évacuer la population civile avant l’arrivée de l’ennemi. Il y a donc de très nombreuses « bouches inutiles » sur les 3 000 000 d’habitants qui se trouvent dans la ville.
Le 12 septembre, un décompte des vivres est fait :

  • Blé et farine : stock pour 35 jours
  • Céréales et pâtes : stock pour 30 jours
  • Viande ainsi que bétail sur pied : : stock pour 33 jours
  • Matières grasses : stock pour 45 jours
  • Sucres et conserves : stock pour 300 jours

Un rationnement est mis en place immédiatement et des cartes d’alimentation sont distribuées.
Les habitants sont confrontés à une multitude de problèmes. La nourriture rationnée, l’électricité est coupée, les tramways cessent de fonctionner en novembre 1941, il n’y a plus de chauffage et plus de lumière.
Le lac Ladoga sert de voie de ravitaillement, mais le 15 novembre, avec l’arrivée de l’hiver et de l’embâcle, les navires ne peuvent plus passer, ni les camions, la glace n’étant pas assez solide pour supporter leur poids. À partir du 20 novembre 1941, le ravitaillement parviendra désormais aux Russes par convoi de traîneaux tirés par des chevaux jusque mi-avril àtravers le lac gelé. Pendant l’hiver de 1942-1943, la « route de la vie », recommença à fonctionner, d’abord avec un trafic de chevaux. Les véhicules à moteur purent être utilisés à partir du 24 décembre 1942. On commença la construction d’une voie ferrée sur la glace en décembre 1942.

Mi-novembre 1941, le froid et la faim font des ravages terribles dans la population. Les rations alimentaires sont encore réduites, pour la cinquième fois depuis le début du siège. Les ouvriers et le personnel spécialisé ne perçoivent plus que225 g de pain et 1 067 calories par jour. Les enfants 150 g de pain et 644 calories.
La terre est tellement gelée par le froid et la neige, que les morts ne sont plus inhumés mais abandonnés près des cimetières, enveloppés dans des draps, et généralement enterrés dans des fosses communes creusées à la dynamite. Au printemps 1942, après le dégel, on découvrira des milliers de cadavres demeurés tout l’hiver conservés sous la neige.
Le 20 novembre 11 000 civils sont déjà morts de faim.
En décembre 1941 52 000 civils meurent de faim.
En janvier 1942 3 500 à 4 000 civils meurent de faim quotidiennement.
D’après les chiffres officiels russes fournis au tribunal de Nuremberg, la famine causa la mort de 632 000 habitants de Léningrad. Les soldats sont nourris correctement le plus longtemps possible, mais durant les dernières semaines de l’année 1941, les rations sont à peine suffisantes.
Les Allemands sont eux-mêmes dans une situation précaire, en particulier en raison du froid et du manque de vêtements chauds.

Opérations

Le 21 septembre, la Luftwaffe déclenche des raids contre la flotte soviétique de la Baltique mouillée dans le port deKronstadt.
Le 24 septembre, 4e jour de raid contre Kronstadt, la Luftwaffe coule le cuirassé Marat, et endommage le cuirasséRévolution d’Octobre par 6 coups au but ainsi que 2 croiseurs.
Le 1er octobre, les troupes finlandaises s’emparent de Petrozavodsk situé sur les bords du lac Onega. Le commandement du siège de Léningrad est confié au général von Küchler Le 10 octobre, le général Joukov quitte Leningrad pour prendre la direction du front de défense de Moscou.
Le 15 octobre, afin de colmater la brèche du lac Ladoga permettant le ravitaillement de Léningrad, le 39e corps blindé allemand, composé des 21. et 126.Infanterie Division et 4 divisions rapides, les 18.(mot) et 20.Infanterie Division (mot) ainsi que des 8e et12e Panzerdivisions commandées par le général Rudolf Schmidt passe la Volkhov en direction de Tikhvine, dans une région à peu près inexplorée, dépourvue de route et couverte par la taïga. L’objectif de cette attaque est de couper la dernière liaison ferroviaire de Léningrad avec Vologda puis de poursuivre l’avance jusqu’au Svir pour établir un front commun avec les Finlandais et encercler totalement Léningrad.

Le 3 novembre, les Allemands coupent la voie ferrée Leningrad-Vologda à 160 kilomètres à l’Est de Leningrad et avancent sur Tikhvine, mais échouent à conquérir le nœud ferroviaire de Volkhov. Les combats sont féroces, les contre-attaques soviétiques infructueuses.
Le 8 novembre, les 18. Infanterie Division (mot) et 12e Panzerdivision s’emparent de Tikhvine après des combats longs et sanglants. En se portant à l’est de Léningrad, les Allemands ont non seulement pour objectif de l’encercler, mais également d’opérer leur jonction avec les Finlandais, toutefois ce dernier objectif ne sera jamais atteint. Le GQG du Führer demanda au corps blindé s’il ne pouvait pas pousser jusqu’à Vologda située à… 400 km…
La « chaussée » Moscou-Léningrad, nom donné au pont aérien qui reliait les deux cités, est alors coupée par les Allemands à Tikhvine. Il était vital pour les Soviétiques de trouver un moyen de ravitailler Léningrad. Le 15 novembre, les Soviétiques abandonnent Volkhov. Plus à l’Est une division sibérienne toute fraîche renforcée par une brigade blindée de T34sortant des usines contre-attaque. Un déluge de feu déchaîné par les orgues de Staline, s’abat sur les défenseurs qui répliquent avec l’artillerie de la 18. ID qui détruit une cinquantaine de chars. Les bataillons de tirailleurs sibériens attaquent sans relâche tout au long de la journée, toutefois la ville, qui n’est plus qu’un tas de décombres fumants, reste aux mains des Allemands.
Le 16 novembre, Staline ordonne l’envoi de nouvelles troupes sibériennes pour contrecarrer le projet d’encerclement nazi. Le général Meretskov commandant de la 4e armée prépare une contre-attaque en tenaille afin d’encercler les troupes allemandes qui se trouve dans Tikhvine
Le 20 novembre 11 000 civils sont déjà morts de faim.

Article détaillé : Ordre de bataille des forces russes et allemandes autour de Léningrad en décembre 1941.

Le 1er décembre, par -40 °C, l’offensive russe pour reprendre Tikhvine commence. Rapidement la 61. ID, qui a été envoyée en renfort, qui occupe la ville est rapidement coupées de ses arrières. L’Infanterie-Regiment (mot.) 30 est envoyé à son secours.

Article détaillé : Forces de défense de Léningrad début décembre 1941.

Le 6 décembre, de nouvelles routes de ravitaillement passant par Zaborie, Novaïa Ladoga et par le lac Ladoga (alors gelé) entrèrent en service pour ravitailler Léningrad.
Le 8 décembre le général Siegfried Haenicke commandant la 61. Infanterie Division, dans la ville de Tikhvine décide d’abandonner la ville devenue une position intenable. L’arrière garde composée de l’Infanterie-Regiment 151 et du Pionier-Bataillon 161 font sauter les ponts, la voie ferrée et le matériel militaire qui ne peut pas être transporté (42 canons, 46 mortiers, 190 mitrailleuses et 102 camions).
Le 9 décembre, malgré un ordre contraire de Hitler le maréchal von Leeb, ordonne l’abandon complet de la poche de Tikhvine et le retour sur la ligne de position de la Volkhov. C’est le premier repli important du Groupe d’armées Nord.
Le 22 décembre par une température de -52 °C, les restes du 39e corps arrive dans leurs lignes, derrière la Volkhov, poursuivi, harcelé, durant les 15 jours de repli, par les troupes sibériennes et l’aviation russe. Il ne reste plus que 741 combattants à la 18. ID, qui a perdu 9 000 hommes. Après le repli le calme revient sur le front du Groupe d’armées Nord
En décembre 52 000 civils meurent de faim.

1942

Siège

 

File:RIAN archive 2153 After bombing.jpg
Population de Leningrad après un bombardement aérien, en décembre 1942.

En particulier durant l’hiver de 1941-1942, les civils qui étaient restés dans la ville ont extrêmement souffert de lafamine. Par exemple, à partir de novembre 1941 à février 1942, la seule nourriture disponible pour le citoyen était 125 grammes de pain, dont 50-60% se composait de sciure et autres adjuvants non comestibles, et distribués par des cartes de rationnement. En janvier, la famine sévit. 3 500 à 4 000 civils meurent de faim quotidiennement.

Rationnement par catégorie de population (en grammes)
Date
du début du rationnement
Troupes de
1re ligne
Troupes de sécurité paramilitaires
Pompiers
Unités de combat10
Employés Personnes à charge Enfants
de – de 12ans
16 juillet 1941 1000 800 600 400 400
2 septembre 1941 800 600 400 300 300
11 septembre 1941 700 500 300 250 300
1 octobre 1941 600 400 200 200 200
13 novembre 1941 450 300 150 150 150
20 novembre 1941 375 250 125 125 125
25 décembre 1941 500 350 200 200 200
24 janvier 1942 575 400 300 250 250
11 février 1942 700 500 400 300 300
23 février 1943 700 600 500 400 400

Le commandement russe, prend alors la décision d’évacuer une grande partie de la population civile, tout d’abord par camions à travers le lac Ladoga gelé, puis par bateaux. 951 000 personnes seront ainsi évacuées durant l’année 1942.
La flottille soviétique du lac Ladoga, qui rassemble environ 200 bateaux, permet, outre l’évacuation de la population, l’acheminement du ravitaillement et des renforts. Ils s’élèveront respectivement à un million de tonnes de ravitaillement et 250 000 soldats.

 

File:Control Ice.jpg

Défense de la route de la vie sur le lac Ladoga glacé, année 1942.

Opérations

File:Demjansk Einkesselung.png

Offensive d’hiver 1942, entre le lac Ilmen et le lac Seliger

File:Defensive pincers in battle of Volkhov.png

Carte de l’opération Lyubanégalement appelée bataille du Volkhov.
Les flèches blanches indiquent les attaques russes, qui utilisent des unités blindées comme une réserve mobile.
Les flèches noires indiquent les contre-attaques des troupes allemandes.

File:Bundesarchiv Bild 121-1467, Bei Leningrad, Kampfgruppe Jeckeln, LKW.jpg

1942 : Une colonne du Kampfgruppe Jeckeln près deKrasnogvardeisk

File:RIAN archive 594303 The anti-aircraft gun crew of Sergeant Fyodor Konoplyov shooting at enemy planes.jpg

Mitrailleuse anti-aérienne soviétique, Leningrad, 9 octobre 1942.

File:Leningrad Siege May 1942 - January 1943.png

Carte du siège de Leningrad de mai 1942 à janvier 1943.

File:RIAN archive 633054 Starting attack in Leningrad battlefront.jpg
Assaut de l’Armée rouge le 21décembre 1943.

Le 8 janvier 1942, par une température de -45 °C, l’Armée rouge attaque, avec 19 divisions d’infanterie, 9 brigades et plusieurs bataillons indépendants de chars et de skieurs, dans le secteur occupé par les 2e et 10e Armeekorps de la 16e armée allemande. Dès le début de l’offensive la 290. ID, qui encaisse, à Vzvad11 le choc principal, chancelle.
Le général Eremenko lance sa 4e armée de choc à la jonction du Heeresgruppe Nord et du Heeresgruppe Mitte ouvrant une profonde brèche entre les 2 groupes d’armées allemands.

Le 9 janvier, la 290e DI est totalement débordée. Une partie du 502e DI se réfugie dans Vzvad, et une partie des 501 et 503. IR, positionnées plus au Sud, occupent et fortifient Tulitovo et Beglovo alors qu’une autre partie parvient
Le 10 janvier, elle parvient à se replier vers l’Ouest afin d’éviter l’encerclement total. Un peu partout sur l’immense front attaqué, les premières lignes allemandes, se désagrègent, mais conformément aux ordres de Hitler, elles ne reculent pas et luttent jusqu’au bout. Il s’ensuit alors, la « création » de multiples points d’appui. Des villages et d’autres positions défensives se trouvent alors isolées, encerclées, mais leurs défenseurs continuent la lutte, sur place, à l’extrême limite, faisant perdre à l’offensive russe son effet de surprise, son poids et sa vigueur forçant ainsi les troupes assaillantes à se disperser pour réduire une à une les poches de résistance.
Le 11 janvier les Russes pilonnent et attaquent12 sans relâche, mais sans succès,Vzvad qui n’est plus qu’un tas de ruine et de cendre.

Le 13 janvier, au Nord du lac Ilmen, les Russes lancent, l’opération Lyuban, qui consistent à effectuer en un double mouvement une percée de Novgorod sur Leningrad et une attaque du Sud du lac Ladoga sur Lyuban afin d’isoler les troupes allemandes situées à l’Est cette ville. Les 4e 8e, 52e, 54e, 59e armées et la 2e armée de choc, qui pénètre de plusieurs dizaines de kilomètres dans les lignes allemandes, attaquent au Nord de Novgorod. Les armées du front du Volkhov composées des 4e, 52e et 59e armées, attaquent à partir du Sud du lac Ladoga.

Le 20 janvier, les défenseurs de Vzvad reçoivent le message de l’OKH : « Évacuez si vous le pouvez ».
Le 21 janvier, après avoir parcouru 25 kilomètres, en 14 heures ils rejoignent leurs lignes et sont accueillis par les skieurs espagnols de la division Azul.
Le 23 janvier, la 3e armée de choc encercle la ville de Kholm qui résistera jusqu’au 5 mai.

Le 25 janvier, le 501. Infanterie Regiment, encerclé à Tulitovo est ravitaillé par air.
Le 8 février, à Demiansk, l’Armée rouge referme son encerclement sur les troupes allemandes. La poche ainsi constituée mesure 3 000 km2, ce qui représente un périmètre de 300 km contenant 96 000 combattants allemands, environ 10 000 paramilitaires et 20 000 chevaux qui se retrouvent piégés jusqu’au 1er mai.

Le 12 février, après avoir subi 146 assauts en 5 semaines, le 501. Infanterie Regiment assiégée à Tulitovo, tente une sortie qui échoue.
Le 13 février le 501e RI renouvelle son attaque et parvient à s’extirper de la poche. Le 503. Infanterie Regiment abandonne la ville de Pola et son importante voie ferrée.
Fin avril les 5 000 Allemands assiégés dans Kholm sont entourés par la 33e division d’infanterie soviétique et 3 brigades d’infanterie indépendantes.
Le 15 février, la 2e armée de choc, qui est en pointe de l’opération Lyuban qui a progressé de 100 km depuis son point de départ, est à mi-chemin de Leningrad, mais l’avance russe s’essouffle.
Le 15 mars, sur le front du Volhkof la SS Polizei Division, à partir du Nord, et la 58. Infanterie Division, à partir du Sud, lancent une contre-offensive afin de couper de leurs bases les troupes de la 2e armée de choc soviétique.
Le 19 mars, sur le front du Volhkof la SS Polizei Division et la 58. Infanterie Division, font leur jonction refermant la poche du Volkhov sur 180 000 soldats russes.
Le 20 mars, le kampfgruppe Seydlitz lance une reconnaissance au sud de Staraïa Roussa. Le 21 mars, après avoir, les jours précédents, lancé 6 000 parachutistes, dont certains ont sauté au cœur même de la poche de Demiansk vers Lytschkovo, tandis que d’autres s’infiltraient dans les lignes allemandes vers Vereteïka, sur le marais de Niévy gelé et entre Poustynia et Nory, les Russes lancent à l’attaque de la poche de Demiansk le 54e bataillon de skieurs sur Dobrossli et les 1re et 204e brigades de parachutistes sur l’aérodrome et les alentours de Demiansk. Le même jour, les Allemands lancent l’opération Brückenschlag afin de délivrer les six divisions encerclées dans la poche de Demiansk.

Article détaillé : Opération Brückenschlag.

Le 27 mars, n’ayant aucune envie d’abandonner le terrain conquis, les Soviétiques lancent une contre-offensive afin de secourir la 2e armée de choc.
Le 30 mars, la contre-attaque permet d’ouvrir un corridor de 3 km de large, qui est consolidé par la construction de deux voies ferrées.
Le 4 avril, la Luftwaffe débute l’opération Eis Stoß consistant à couler les navires soviétiques de flotte de la Baltique pris dans les glaces. Le 7 avril, les derniers soldats du 54e bataillon de skieurs et des 1re et 204e brigades de parachutistes sont totalement éliminés par les défenseurs de la poche de Demiansk.
Le 14 avril, les troupes encerclées dans Demiansk lancent une offensive, conjointement aux troupes de secours de l’opération Brückenschlag afin de percer la poche.
Le 19 avril, les Waffen SS du Kampfgruppe Seydlitz établissent le contact avec la 5e Leichte Division sur la rivière Lovat.
Le 29 avril, sur le front du Volkhov, les Russes tentent d’élargir le corridor, large de 3 km, mais les Allemands les attendent. Malgré de nombreuses attaques et contre-attaques, les positions ne bougeront pas jusqu’au 13 mai.
30 avril, fin de l’opération Eis Stoß, qui se solde par un échec, mais laisse la ville sous les décombres.
Le 1er mai, les Russes lancent une nouvelle attaque pour prendre Kholm mais ils sont obligés de se replier. La 218. Infanterie Division attaquant depuis le Sud-Ouest. Ce même jour, la poche de Demiansk est définitivement sauvée. Toutefois elle n’est pas évacuée et restera telle quelle jusqu’à l’hiver suivant, formant un incroyable saillant, relié au front allemand par le mince couloir de Ramouchevo, large de 4 km et long de 12 km.
Le 5 mai l’attaque allemande parvient à briser l’encerclement et à libérer les troupes Allemandes de Kholm, malgré les contre-attaques deT34 soviétiques arrêtés par les Sturmgeschütz du StuG Abteilung 184.
Le 22 mai sur le front du Volkhov, les Allemands lancent une offensive visant à réduire le saillant, afin d’empêcher la retraite des troupes et de l’artillerie russe.
Le 31 mai, la poche du front du Volkhov se referme une seconde fois sur les troupes de la 2e armée de choc soviétique. Les combats font rage, la poche résistera jusqu’au 21 juin.
De juin à septembre, l’artillerie de siège allemande bombarde sans relâche la ville avec des obus de 800 kilos.
Les Russes manquent de tout : munitions, armes, vivres et matériel en tout genre. La famine fait son apparition chez les civils comme chez les soldats soviétiques, forçant les autorités à produire des ersatz.
Le 21 juin, les troupes de la 2e armée de choc soviétique tentent avec l’énergie du désespoir de sortir de la nasse dans laquelle ils sont enfermés depuis la mi-février. La sortie, effectuée en masse, réussie malgré de lourdes pertes, mais les troupes allemande parviennent à refermer la porte dès le lendemain.
Le 28 juin, l’OKW publie un communiqué dans lequel il indique que les Russes ont perdu 33 000 prisonniers, 650 canons, 170 chars et 2 900 mitrailleuses. Il n’indiquent pas le nombre de morts mais estiment que 120 000 soldats russes auraient réussi à s’échapper. Legénéral Vlassov est activement recherché par les troupes allemandes.
Le 30 juin, le général von Küchler reçoit l’ordre, de Hitler, de renforcer les positions à Demiansk et de durcir l’encerclement de Leningrad, afin d’établir un contact avec les Finlandais en contournant le lac Ladoga pour isoler totalement la ville. Hitler fait transporter la 11e armée de von Manstein qui s’est distinguée lors du Siège de Sébastopol et lui confie l’opération Nordlicht, qui doit commencer le 14 septembre, dont l’objectif principal est la prise de Leningrad. Le 11 juillet, le général Vlassov commandant en chef de la 2e armée de choc est capturé par le Hauptmann von Schwerdter suite à la dénonciation d’un maire d’un petit village.
Durant l’été, sur le front du Volkhov, la bataille est continuelle mais sans l’intensité des combats de l’hiver et du printemps.
Le 9 août 1942 la Symphonie n° 7 « Leningrad » de Dmitri Chostakovitch est jouée par l’orchestre de la radio de Léningrad sous la direction de Carl Eliasberg13. La partition de l’œuvre avait préalablement franchi les lignes allemandes, par avion, une nuit de mars 1942. Le concert fut retransmis sur des haut-parleurs disposés dans toute la ville et également braqués vers les lignes ennemies. Cette date14, initialement choisie par Hitler pour célébrer la prise de Leningrad, peut symboliser le renversement de la dynamique en faveur des Soviétiques.
14 août, début des opérations du Détachement naval K (en)15 pour empêcher l’approvisionnement de Leningrad par le lac Ladoga.
Le 24 août, les Russes lancent une attaque afin de réduire le Col de bouteille qui offre aux Allemands une tête de pont sur le lac Ladoga. C’est le début de la première bataille du lac Ladoga, connue également sous le nom d’offensive de Siniavino. Les Soviétiques ont devancé les Allemands.
La 2e armée de choc reconstituée est lancée en pointe de l’attaque en direction de Leningrad avec la mission de couper ce fameux Col de bouteille, suppléée par la 8e armée. C’est la 223e division d’infanterie qui reçoit le premier coup de boutoir soviétique, reculant de 3 km.
Le 29 août, malgré une forte résistance allemande, le front s’effondre mais von Manstein, qui a pris le commandement de toutes les unités se trouvant entre la mer Baltique etKirichi, lance les 12e Panzerdivision et 223e division d’infanterie plusieurs contre-attaques permettant de stopper l’avance soviétique. la 96e ID en contre-attaque permettant de stabiliser le front.
Du 30 août au 9 septembre, la percée soviétique la plus avancée atteint 9 km. Toutefois l’attaque s’essouffle et les succès de la Luftwaffe permettent de diminuer la pression sur les forces terrestres allemandes.
Du 10 au 21 septembre, C’est l’impasse. Chacun des camps campe sur ses positions attendant des renforts.

 

File:Sinyavin offensive 10 09.JPG

L’avancée maximale du front soviétique lors de l’offensive de Siniavino.

Le 22 septembre, les Allemands lancent une contre-attaque décisive avec en pointe la 132e division d’infanterie qui bouscule les premières lignes soviétiques qui se défendent avec acharnement. Au soir la 132e DI a perdu 16 officiers et 494 soldats.
Le 23 septembre, l’avance allemande ne progresse que d’une centaine de mètres.
Le 25 septembre, la 347e division d’infanterie parvient à briser la ligne de défense soviétique permettant d’encercler, de nouveau, 2earmée de choc.

Le 15 octobre la poche qui contenait 5 divisions d’infanterie, 2 divisions de la Garde et 6 brigades d’infanterie indépendantes sont détruite ou capturées. Au total les Allemands font 12 400 prisonniers, et capturent 193 canons et 244 chars. Si l’offensive de Siniavino est un échec soviétique et une incontestable victoire allemande, l’opération à obligé les Allemands à reporter l’opération Nordlicht. Celle-ci sera de nouveau reportée suite à la défection des troupes finlandaises, puis du siège de Stalingrad. En novembre, Hitler fait transporter la 11earmée de von Manstein sur Stalingrad afin de briser l’encerclement.
Le front de Leningrad, devient alors un secteur secondaire jusque janvier 1943.
Le 27 décembre, le général soviétique Vlassov, prisonnier des Allemands, forme le comité de Smolensk pour organiser l’opposition àStaline, sous le contrôle allemand. Plus tard, son groupe prendra le nom de Armée de libération de la Russie.

1943

Siège

En 1938, environ 171 000 bébés étaient nés à Léningrad et sa banlieue et en 1939, on dénombrait plus de 175 000 naissances. Durant l’année 1943, seulement 700 enfants, environ, sont nés vivants à Léningrad. La plupart sont morts soit pendant le siège, soit sur la route lors de l’évacuation.
En janvier, la population de Léningrad, y compris la banlieue, est passée d’environ 4 millions à moins de 800 000, civils et militaires. La plupart des civils inutiles sont évacués vers la Sibérie, où beaucoup y mourront. En février 1943, le chemin de fer est temporairement rétabli, mais bientôt il est à nouveau détruite par l’aviation allemande.
En mars et avril une épidémie de typhus et de fièvre paratyphoïde touche un grand nombre de survivants mais elle est contenue par les efforts mutuels des médecins et des citoyens.
Le siège s’éternise et Léningrad devient une ville fantôme.

Opérations

File:Sxema operatsya iskra 1943.jpg

Carte de l’opération Iskra

File:Bundesarchiv Bild 146-1981-071-07A, Russland, Panzer VI "Tiger I".jpg
Char Tigre allemand de la Schwere Panzer Abteilung 502 à proximité de Leningrad, 1942 ou 1943.

Le 12 janvier 1943, après un calme relatif d’environ 2 mois, les russes lancent l’opération Iskra également connue sous le nom de 2ebataille du lac Ladoga.

Articles détaillés : Opération Iskra et Ordre de bataille lors de l’opération Iskra.

À l’aube, l’aviation russe attaque les aérodromes, les gares et les centres de communication. A 9h30, 4 500 pièces d’artillerie russes ouvrent le feu sur les tranchées de 1re ligne allemandes. Après cette préparation d’artillerie, partant du front du Volkhov, la2e armée de choc se rue à l’assaut se heurtant au Prussiens de la 1re division d’infanterie. Les combats font rage toute la journée et la 327e division d’infanterie soviétique s’épuise en des attaques incessantes contre le kampfgruppe Wengler réfugié dans une forêt. L’arrivée de la 64e division de la garde contraint Wengler à reculer. Pour cette première journée l’avance russe du côté du front du Volkhov atteint une profondeur de 12 km mais sur largeur 2 km seulement.

Au même moment, mais du côté de Léningrad, la 67e armée, lance les 136e et 268e divisions d’infanterie à travers la Néva gelée. De ce côté également les combats sont violents, les russes perdent 3 000 hommes sur la Néva gelée. En fin de journée le front allemand est très affaibli mais il tient toujours. Afin de consolider le front le général Lindemann fait transporter un régiment de la 61. ID à Mga et ordonne à la 96. ID d’envoyer des éléments à Schlüsselburg et Lipski tandis que le reste de la division prépare une contre-attaque.

Le 13 janvier la 45e division de la garde et la 268e division d’infanterie s’élancent sur la Néva gelée. La défense allemande brise leurs assauts, mais un peu plus loin, la 61e brigade blindée et la 136e division d’infanterie16 réussissent à installer une tête de pont sur la rive Est du fleuve, malgré la défense de fer de la 227 ID.

Le 14 janvier les russes concentrent leurs attaques à partir du front du Volkhov. 3 divisions d’infanteries et la 98e brigade blindée de la 2earmée de choc attaquent en direction du point d’appui N°5 17 ou s’accrochent les allemand du 284e régiment d’infanterie de la 96. ID venu renforcer les défenseurs.
Du côté du front de Léningrad, les 4 chars restant de la 1.Kompanie de la Schwere Panzer Abteilung 502 repoussent l’assaut, à travers laNéva gelée, d’une trentaine de chars T-34.

Le 15 janvier les assauts répétés des forces russes, font craquer les défenses allemandes. La 136e division d’infanterie (URSS) (ru) et la 61e brigade blindée de la 55e armée venant de l’Ouest et la 18e DI et la 16e brigade blindée de la 2e armée de choc venant de l’Est font leur jonction au Nord du point d’appui N°517, encerclant ainsi la 227. ID et 2 bataillons de la 96. ID dans Schlüsselburg.

Les russes concentrent alors tout leurs efforts pour réduire la poche. Toutefois une contre-attaque de la 61. ID parvient à rompre l’encerclement et deux régiments rejoignent les troupes assiégées mais les Russes contre-attaquant également referment l’ouverture. Le général Werner Hühner, commandant la 61e division prenant le commandement des forces de la poche Schlüsselburg organise la défense avec des kampfgruppen. Les combats autour de Poselok N°517 font rage entre les défenseurs et la 136e division d’infanterie soviétique.

Le 16 janvier, la 18e division d’infanterie soviétique lance 3 assauts, Poselok N°517, qui sont tous repoussés.

Le 17 janvier, 18e division d’infanterie soviétique appuyée par la 61e brigade blindée, encerclent le point d’appui après des combats d’une violence inouïe, mais les défenseurs tiennent toujours bon.

Le 18 janvier, les combats reprennent avec la même intensité. La 136e division d’infanterie soviétique appuyée par la 61e brigade blindée entrent enfin dans la cité mais en sont délogés par un barrage d’artillerie allemand qui permet au Kampfgruppe Hühner d’abandonner la poche de Schlüsselburg, après de terribles combats au corps à corps, et de rejoindre les lignes allemandes plus au Sud.
Du 19 janvier au 9 février, les Soviétiques ayant obtenu, en partie, ce qu’ils souhaitaient, un « contact terrestre avec Léningrad », un léger répit intervient permettant aux troupes Russes d’établir des défenses telles que les Allemands ne puissent plus le leur disputer.

L’opération Iskra est une victoire stratégique pour les forces soviétiques. Du point de vue militaire, l’opération a éliminé la possibilité de la capture de la ville. D’autre part le front de Léningrad sera désormais très bien ravitaillé, renforcé et capable de coopérer plus étroitement avec le front du Volkhov.

Pour la population civile, l’opération Iskra permet, le ravitaillement en nourriture, ainsi que la possibilité d’évacuer plus de civils de la ville. La fin du blocus a également eu un effet stratégique, bien qu’il ait été éclipsé par la reddition de la 6e armée allemande à Stalingrad quelques jours plus tard.
Toutefois le haut commandement soviétique souhaitant consolider le passage le long du lac Ladoga décide de relancer une attaque avec comme objectif la ville de Mga nœud routier et ferroviaire très important. La prise de la ville par les soviétiques permettant le rétablissement du chemin de fer de Kirov entre Léningrad et Mourmansk.

Durant cette période le front allemand, désormais entre la Néva et le Volkhov se restructure.

Article détaillé : Ordre de bataille lors de l’opération Iskra.

Le 29 janvier les Russes repartent à l’attaque avec 35 bataillons d’infanterie et de chars de la 2e armée de choc] depuis le Nord sur un front de 2 5 km.
Les 30 et 31 janvier les Allemands contiennent les vagues assauts répétées des troupes soviétiques.
Le 1er février, les combats font rage, la défense craque et les Russes pénètrent dans Sinyavo. La 11e DI contre-attaque et repousse les troupes Russes, la ville est de nouveau allemande. La 2e armée de choc ayant subi des pertes terribles, elle n’est plus en état de poursuivre l’offensive et un calme, très relatif règne jusqu’au 9 février ou les deux armées renforcent leurs positions.

 

File:Map 3rd Ladoga-Battle.png

Opération Polyarnaya Zvezda

File:Opasna eta storona.jpg

1944 : les survivants de Léningrad exultent alors que le siège est levé. Sur le mur on peut lire : « Citoyens ! Cette partie de la rue est la plus dangereuse pendant les tirs de barrage ».

Le 10 février, les Russes attaquent à nouveau, mais cette fois au lieu d’attaquer de front, ils attaquent en tenaille, cherchant à isoler la ville de Sinyavo C’est l’Opération Polyarnaya Zvezda également appelée 3e bataille du lac Ladoga. La 55e armée partant deLéningrad et les 4e et 54e armées partant du Volkhov débutent l’offensive, mais l’attaque bloque sur une défense de fer. La 55earmée forte de 44 000 soldats se lance à l’assaut des positions de Krasny Bor défendues par la 250e division d’infanterie dite « division Azul » forte de 4 500 soldats et d’éléments allemands divers de l’ordre de 1 400 soldats. C’est la bataille de Krasny Bor.
L’offensive soviétique marque le pas dès le 1er jour. La Stavka lance alors ses chars lourds qui pénètrent les premières lignes allemandes, sans pouvoir avancer plus. Dans le secteur de la 55e armée les Espagnols de la division Azul résistent superbement et l’attaque soviétique est également stoppée. Au final, l’opération Polyarnaya Zvezda, qui est un nouvel échec pour les soviétiques, aura coûtée pour le seul secteur de Krasny Bor de 11 000 à 14 000 hommes et un nombre identique de blessés. Côté allemand, dans ce même secteur la division Azul perd 3 645 tués ou blessés et 300 disparus ou faits prisonniers soit un taux de pertes de 75 %.
Sachant désormais que Mga ne serait pas prise, les autorités de Léningrad, ordonne la construction d’une voie ferrée sur le terrain conquis au Sud de Schlüsselburg.
Au 23 février, les allemands ont grignotés la totalité du terrain perdu.
La nouvelle voie de chemin de fer de 36 km, construite par des milliers de civils et de prisonniers de guerre, est mise en service 14 jours après le premier coup de pioche. En février la ligne sera empruntée par 69 trains, 157 en avril et 369 en juillet 1943. Léningrad n’est désormais plus isolée.
Le 28 février, au Sud du lac Ilmen, les allemands réussissent le retrait du couloir de Ramouchevo18, large de 4 km, seulement et long de12 km, et de la poche de Demiansk, de l’ensemble de leurs 10 divisions, afin de raccourcir le front de plusieurs centaines de kilomètres. La ville sera libérée par l’Armée rouge le 1er mars.
Le 19 mars, dans le secteur du col de la Bouteille les russes tentent un nouvel assaut qui se solde par un échec.
Début avril, après plusieurs autres tentatives de petites envergures, l’opération Polyarnaya Zvezda prend fin, Mga reste au mains des allemands. Les allemands qui estiment les pertes soviétiques à 270 000 hommes sont bien inférieures aux leurs. Toutefois la destruction de 4 divisions, font défaut car ils manquent désormais cruellement de soldats sur le front de l’Est. Si cette opération est un succès, tactique, allemand, c’est également un succès, stratégique, pour les soviétiques qui ouvrent une liaison terrestre avec Léningrad.

À la fin de 1943, les Russes reçoivent d’importantes quantités d’armes en provenance des nouvelles usines de l’ouest de l’Oural ainsi que des T-34 qui leur permettent de lutter contre les Panzer III et IV allemands. Ils reçoivent également des camions surmontés de lance-roquettes, appelés « Orgues de Staline » par les Allemands et Katiouchas par les Russes. Avec ce nouveau matériel, une offensive est maintenant envisageable pour les Soviétiques.

1944

File:Leningradsko Novgorodskaya operatsya 1944 1 polozhenie storon.jpg

L’opération Novgorod-Luga du 14 janvier-1er mars 1944

File:Krasnoe Selo-Ropsha.JPG

L’opération Tonnerre de Janvier également appelée opération Krasnoselsk-Ropshinsk du 14 au 30 janvier 1944

Siège[modifier]

En janvier 1944, avant leur retraite, les Allemands partirent avec un énorme butin. Ils détruirent ensuite les palais les plus précieux destsars, tels que le Palais Catherine à Pouchkine , le Palais de Pierre le Grand à Peterhof, le Palais de Gatchina à Gatchina, le Palais Constantin à Strelna.
De nombreux autres monuments historiques et des maisons situées dans la banlieue de Saint-Pétersbourg ont été pillées et détruites, et des quantités incalculables de précieuses collections d’art volées par l’Allemagne nazie.
Le siège prend fin le 27 janvier 1944.

Opérations

Une ultime réunion de préparation se tient à Smolny le 11 janvier. Le début des opérations est fixé pour le 14 à partir du secteur d’Oranienbaum, l’attaque à partir des hauteurs de Poulkovo devant être lancée le 15 c’est l’opération Tonnerre de Janvier (ru). Le même jour, 14 janvier 1944, quatre armées russes réparties entre le lac Ilmen et le lac Ladoga soit un front de 18 km) attaquent les positions allemandes, c’est l’offensive Novgorod-Luga (ru). La résistance est vive mais les généraux Kirill Meretskov, commandant du Front de Volkhov, et Leonid Govorov, commandant du Front de Léningrad, effectuent leur jonction le 25 janvier.

Le siège prend fin le 27 janvier 1944.
En mars, les troupes allemandes sont repoussées à 250 km de Léningrad.
Ce blocus, le plus long de la guerre avec ses 28 mois (872 jours), a entraîné la mort de 1 800 000 soviétiques (dont plus d’un million de civils). Quant aux forces de l’Axe, elles ont enregistré la perte de 200 000 de leurs soldats.

Notes, sources et références

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Effect of the Siege of Leningrad on the city » (voir la liste des auteurs)
  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Siege of Leningrad » (voir la liste des auteurs)
  • (ru) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en russe intitulé « Блокада Ленинграда » (voir la liste des auteurs)
  1. ↑ Wykes, Alan (1972), The Siege of Leningrad, Ballantines Illustrated History of WWII, p.9-11
    Brinkley, Douglas & Mickael E. Haskey (2004), The World War II. Desk Reference, Grand Central Press, p.210
  2. ↑ Le tracé de la ligne Staline part de Pskov et suivant le cours de la rivière Velikaïa elle passe par Ostrov, Opochka et rejoint la Dvina dans les environs dePolotsk
  3. ↑ Selon l’historien allemand Werner Haupt.
  4. ↑ L’armée avait 54 912 hommes et disposait de 83 chars et 748 canons et mortiers.
  5. ↑ La position fortifiée de Krasnogvardeisk [archive]
  6. ↑ Écrit également Sheremet’evka et Шереметьевxa en russe. Ce village est situé à l’embouchure de la Neva large à cet endroit de 1 000 mètres
  7. ↑ La cote 167 est également appelée « le mont chauve »
  8. ↑ a, b et c The Oranienbaum Pocket 1944 [archive]
  9. ↑ a, b et c Carte de la poche d’Oranienbaum en 1941 [archive]
  10. ↑ Qui sont en réserve, en seconde ligne ou au repos
  11. ↑ Vzvad également écrit Vsvad est située au bord [archive] du lac Ilmen à environ 20 km au Nord-Nord-Est de Staraïa Roussa
  12. ↑ C’est le 140e régiment d’infanterie soviétique qui attaque
  13. ↑ Orchestral manœuvres (part two). From the Observer [archive]
  14. ↑ Orchestral manœuvres (part one). From the Observer [archive]
  15. ↑ Détachement naval K [archive]
  16. ↑ La 136e division d’infanterie sera rebaptisée 63e division d’infanterie de la Garde après ses exploits lors de l’opération Iskra
  17. ↑ a, b, c et d Sous le nom de WS N°5 ou celui Paselok 5 ou Poselok 5. Il est indiqué que Poselok 5 est une cité ouvrière
  18. ↑ Ecrit Ramushevo ou Ramouchevo
  19. ↑ [1] [archive]

 

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17 janvier 2013

De Nuremberg à Nuremberg

Classé sous — milguerres @ 9 h 24 min

 

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De Nuremberg à Nuremberg

film documentaire

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De Nuremberg à Nuremberg est un film documentaire de Frédéric Rossif sur le régime nazi, dont le texte est écrit et lu par Philippe Meyer, et produit par Jean Frydman1.
Le titre fait référence aux rassemblements de masse nazis à partir de 1933 à Nuremberg, au début du règne de Hitler, et au procès de Nuremberg (1945-1946) après sa chute

cliquez sur ce lien pour visionner la vidéo

Le film est découpé en deux parties :
La Fête et le triomphe : ce segment s’ouvre avec le rassemblement du parti nazi du 15 septembre 1935, à Nuremberg, baptisé Le Triomphe de la volontéNote 1. Il se termine par la mort de Stefan Zweig, le 13 février 1942Note 2. Cette partie se concentre essentiellement sur la montée du nazisme, puis l’apogée de la guerre de conquête du Troisième Reich et de ses alliés.
La Défaite et le jugement : ce segment s’ouvre avec la description de la Résistance dans l’Europe occupée par les nazis, mettant en relief les divergences entre les mouvements de résistance, surtout entre les communistes et les autres. Il se termine par l’exécution des hauts responsables allemands, à la suite du procès de Nuremberg, et par des extraits d’une pièce de théâtre de Peter Weiss, Enquête sur AuschwitzNote 3, jouée à Berlin vingt ans après la chute de la ville. Cette partie se concentre sur le recul progressif des forces allemandes devant les forces des Alliés, conjugué avec la montée en puissance des mouvements de résistance, avant la défaite finale de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon ; puis la tenue du procès focalise le documentaire sur le détail des atrocités commises durant la guerre.

Réalisation : Frédéric Rossif
Musique : Vangelis
Genre : documentaire
Année de production : 19882
Année de diffusion : 1989
Pays : Drapeau de France France
Langue : français
Production : Antenne 2
Société de distribution en DVD : Éditions Montparnasse
Philippe Meyer : narrateur

Réalisation
Philippe Meyer et Frédéric Rossif décident que le texte narratif ne devra pas refléter une quelconque morale ou indignation, ou un parti pris, les faits simples étant à leurs yeux suffisants pour attirer l’attention et la réflexion du spectateur. Afin de laisser toute latitude à la visualisation du film, le texte, qui au départ devait être lu par un acteur, est finalement lu par son auteur, afin de s’assurer que la narration ne sera pas « jouée », mais sera au contraire la plus neutre possible, la plus proche d’un ton factuel2.

Meyer précise que certains faits, notamment le pacte germano-soviétique et ses corrélations (notamment le fait que l’essence des bombardiers allemands bombardant Londres avait été fournie par les Soviétiques), étaient peu connu en 1986, et que ce documentaire a fait découvrir à ses spectateurs certains aspects encore cachés du conflit2. Remis deux ans à Antenne 2 avant sa diffusion (1987), le film ne sera diffusé qu’après l’élection présidentielle française de 1988, afin de ne pas avoir l’air de prendre parti contre le candidat de l’extrême-droite2. D’autres arguments, tels que la possible « division des Français » sur le sujet, ou le fait que « le nazisme n’intéresse plus personne », seront avancés, bloquant encore pour un temps le passage à l’antenne du documentaire2.

Notes
↑ Le Triomphe de la volonté, film de Leni Riefenstahl, décrit le congrès de Nuremberg de 1934, alors que celui de 1935 s’intitule le « Congrès de la Liberté ». Le documentaire est donc erroné sur l’un de ces points.
↑ Zweig et sa femme ne se suicident que le 22 février, et non le 13.
↑ Le vrai nom de la pièce en français est L’Instruction, inspirée à son auteur par le procès des responsables d’Auschwitz entre 1963 et 1965, auquel il a assisté.

source texte : wikipedia
vidéo : youtube

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Les procès de Nuremberg : synthèse et vue d’avenir
Document pdf :
Article paru dans : Politique étrangère N°3 – 1949 - 14e année pp. 207-218.
source : Persee
Bonne lecture !

fichier pdf Les procès de Nuremberg synthèse et vue d’avenir

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Le procès de Nuremberg et son impact

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La seconde guerre mondiale était à peine terminée que débutait le procès de Nuremberg, afin de juger les vaincus et déclencheurs du conflit, c’est-à-dire les principaux chefs nazis. Ils sont accusés de « crime contre l’humanité », concept forgé en 1919 à propos du génocide arménien et repris avec force au procès de Nuremberg, avec lequel il va se confondre. Ce procès clé dans l’histoire du 20e siècle durera dix mois.

Les Alliés ont choisi symboliquement la ville de Nuremberg, car c’est là que se tenaient les congrès du Parti nazi. C’est aussi dans cette même ville qu’ont été promulguées en 1935 les « lois de Nuremberg « , textes qui ont nourri le corpus raciste du Reich. La cité bavaroise disposait d’un vaste palais de justice, peu endommagé en 1945 et jouxtant une grande prison.

Officiellement ouvert le 18 octobre 1945, le procès s’est tenu du 14 novembre 1945 au 1er octobre 1946, devant un tribunal militaire international composé de représentants des quatre vainqueurs de la seconde guerre mondiale : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’URSS et la France. Bien que qualifié de « militaire », ce tribunal n’a rien d’une cour martiale et ses juges, à l’exception du général russe Nikitchenko, sont des civils. Au banc des accusés figurent 24 dignitaires nazis et six organisations nazies. L’ambition du procès est aussi de contribuer à « dénazifier » l’Allemagne, et à fonder un nouveau droit international.

L’idée de punir les criminels de guerre est lancée dès 1941 par le premier ministre britannique, Winston Churchill. « Le châtiment des crimes » nazis « doit être désormais, l’un des objectifs de cette guerre « , dit-il alors. En octobre 1942, alors que le conflit devient mondial, Londres et Washington se déclarent prêts à créer une commission d’enquête sur les crimes de guerre. Un an plus tard, le 30 octobre 1943, la déclaration de Moscou, signée conjointement par Churchill, Staline et Roosevelt, ajoute que les responsables d’atrocités « dont les forfaits n’ont pas de localisation géographique particulière seront considérés comme grands criminels de guerre ». Lors de la conférence de San Francisco, en juin 1945, qui voit la création de l’ONU, les vainqueurs décident que ces « grands criminels » seront jugés par un tribunal international.

Les Américains veulent un procès public, les Anglais et les Français défendent l’idée d’un procès à huis-clos, les Russes prônent l’exécution sommaire et sans procès de 50 000 criminels de guerre. Finalement, la conception américaine l’emporte.

http://www.lemonde.fr/shoah-les-derniers-temoins-racontent/article_interactif/2005/09/07/le-proces-de-nuremberg-et-son-impact_686389_641295.html

 

 

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