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3 avril 2013

Le bombardement de Dresde

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  

Le bombardement de Dresde

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Le bombardement de Dresde, qui eut lieu du 13 au 15 février 1945, détruisit presque entièrement la ville allemande deDresde. La Royal Air Force (RAF) et les United States Army Air Forces (USAAF) utilisèrent principalement des bombes à fragmentation et incendiaires, provoquant plusieurs dizaines de milliers de morts.

File:Avro Lancasters flying in loose formation.jpg

Bombardiers Avro Lancaster de la RAF.

Les services de renseignements occidentaux étaient arrivés à la conclusion que la Wehrmacht allait déplacer 42 divisions (un demi-million d’hommes) vers le front de l’Est, alors proche de la ville, et les services soviétiques avaient signalé d’importants mouvements de trains sur le centre de triage de Dresde (en fait, des trains de réfugiés fuyant l’avance de l’Armée rouge qui effectuait l’offensive Vistule-Oder). Les états-majors pensèrent que la ville servirait de nœud logistique pour ce transfert1.

La stratégie allemande faisait de l’ensemble des grandes villes sur le Front de l’Est, die Festungen (« les forteresses »), un rempart. Même sans ce bombardement, la ville de Dresde aurait peut-être partagé le triste sort de Berlin et Breslau, réduites en cendres par l’artillerie et les chars soviétiques.

Une autre théorie avance que ce massacre fut délibérément conçu par les états-majors américain et britannique en vue de saper une fois pour toutes le moral des troupes allemandes2.

Il est possible aussi que les États-Unis et le Royaume-Uni aient voulu impressionner l’URSS : ce bombardement a eu lieu quelques jours après la clôture de la conférence de Yalta, et il aurait eu une force dissuasive sur Staline, dans le contexte naissant de la guerre froide. Cette thèse est notamment défendue par Jacques Pauwels 3. À l’inverse, des études de l’USAF insistent sur les demandes répétées des Soviétiques de bombardements sur les nœuds ferroviaires de l’est de l’Allemagne pour faciliter la progression de l’Armée rouge4.

Enfin la libération du camp d’Auschwitz, quinze jours plus tôt, en faisant découvrir la réalité de la Shoah aurait retiré les derniers scrupules vis-à-vis des populations civiles allemandes : il s’agirait d’un bombardement de vengeance. Cette hypothèse paraît pour d’autres d’historiens particulièrement peu crédible, dans la mesure où les Alliés connaissaient la situation dans les camps de concentration et l’usage des camps d’extermination. De plus, l’extermination des Juifs n’est jamais mise en avant dans l’immédiat après-guerre, il ne figure même pas parmi les chefs d’inculpation au procès de Nuremberg. Le génocide n’est placé au centre de l’attention qu’à partir du début des années soixante (cf. Norman Finkelstein, L’Industrie de l’Holocauste).

Les raids

En deux jours, 1 300 bombardiers au total ont largué environ 3 900 tonnes de bombes lors de quatre raids.

 

La manière de considérer ces attaques aériennes varie selon le point de vue. À l’époque déjà, le ministère de la Propagande de Joseph Goebbels avait utilisé le bombardement de Dresde pour relativiser la responsabilité de l’Allemagne dans la guerre et placer les Allemands dans un rôle de victimes. Au cours de laguerre froide, les préjugés idéologiques empêchèrent une étude objective du déroulement des événements.

Le premier maire communiste de Dresde, après la guerre, Walter Weidauer, considérait en 1946 les attaques comme évitables bien qu’ayant été provoquées par les « fascistes allemands ». Cependant trois ans plus tard, il considérait les puissances occidentales comme seules responsables du bombardement « criminel » de Dresde qui ne répondait à aucune nécessité militaire. Une hypothèse (défendue entre autres par l’Allemagne de l’Est à partir de 1949) était que les Alliés occidentaux avaient voulu laisser à l’Union soviétique une zone d’occupation détruite.

Des estimations élevées se réfèrent souvent à des déclarations de témoins oculaires qui ne peuvent plus être réexaminées, ainsi qu’à des informations de sources aux motifs divers :

  • Un document du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de 1946 a donné le chiffre de plus de 305 000 morts. Ce nombre n’était cependant pas le résultat d’investigations propres, mais émanait de rapports basés sur des sources issues des indications de l’administration nazie. [réf. nécessaire]
  • L’ancien officier d’État-major de Dresde Eberhard Matthes, qui avait alors été chargé de travaux de déblaiement, a affirmé en 1992 que, jusqu’au 30 avril 1945, 3 500 cadavres auraient été pleinement identifiés, 50 000 en partie et 168 000 pas du tout. Ces chiffres auraient été communiqués à Adolf Hitler en sa présence. Mais il n’existe aucune preuve écrite qui pourrait confirmer cela et on doute aussi que Hitler ait demandé une telle communication le jour de son suicide. Des journaux (Süddeutsche ZeitungDie WeltFrankfurter Allgemeine) ont souvent publié des chiffres difficiles à certifier précisément variant de 60 000 à 300 000 morts.[réf. nécessaire]

La population totale de la ville était de 630 000 habitants à l’époque mais elle comptait aussi des blessés, des prisonniers ou des réfugiés dont il est impossible d’évaluer précisément le nombre. De plus, beaucoup de victimes ont disparu en fumée sous l’effet d’une température souvent supérieure à 1 000 °C[réf. nécessaire]. L’évaluation du nombre de morts a beaucoup fluctué. Ainsi, le maximum de 250 000 morts était avancé par les Soviétiques. L’écrivain négationniste britannique David Irving, quant à lui, jugeait réaliste un nombre de 135 000 victimes5. Le chercheur allemand Jörg Friedrich fait état de 40 000 morts6. L’évaluation actuelle de 25 000 morts maximum (dont 18 000 corps identifiés) est celle d’une commission d’historiens mandatée par la ville de Dresde en 2004-20107.

 

File:Bundesarchiv Bild 183-08778-0001, Dresden, Tote nach Bombenangriff.jpg

Amas de cadavres après le bombardement. La plupart des corps furent regroupés

ainsi afin d’être incinérés sur place, souvent sans même avoir été identifiés, pour éviter les épidémies.

Réactions au bombardement

Certains des leaders nazis, particulièrement Robert Ley et Joseph Goebbels, voulurent se servir du bombardement pour abandonner laconvention de Genève sur le front ouest[réf. nécessaire]. Finalement, le gouvernement nazi ne s’en servit qu’à des fins de propagande.

D’après Frederick Taylor, le ministère de la Propagande de Goebbels fit gonfler le nombre de morts par un facteur 108. Les diplomates allemands firent circuler dans les pays neutres des photographies des destructions, de morts et d’enfants grièvement brûlés. Par coïncidence, le jour précédant le raid, un document du ministère des Affaires étrangères allemandes avait été mis en circulation dans les pays neutres, critiquant Arthur Harris comme le responsable des bombardements de terreur.

Le 16 février, le ministère de la Propagande dirigé par Goebbels publiait un communiqué de presse qui dessinait la ligne générale de la propagande nazie : Dresde n’avait aucune industrie de guerre, n’était qu’une ville de culture et d’hôpitaux. Le 25 février, une nouvelle note paraissait, accompagnée de photos d’enfants brûlés, sous le titre Dresde – Massacre de Réfugiés et indiquant que 200 000 personnes étaient mortes.

D’autres bombardements sur l’Allemagne (Berlin et Hambourg lors de l’Opération Gomorrhe) furent aussi très meurtriers[évasif] mais celui de Dresde a plus profondément choqué les esprits, peut-être parce que c’était une ville d’arts et de culture et qu’elle n’avait pas d’intérêt stratégique (pouvant justifier une attaque aussi lourde) si on considère qu’Albertstadt, le fort militaire de Dresde, n’a pas été bombardé.

Survivants célèbres

  • L’écrivain Kurt Vonnegut, qui était présent comme travailleur prisonnier dans une usine de Dresde lors du bombardement, en réchappa en se réfugiant dans les caves d’un abattoir. De cette expérience éprouvante, il tire son roman Abattoir 5. Un film réalisé par George Roy Hill, Abattoir 5 (titre original :Slaughterhouse-Five) en fut tiré en 1972.
  • L’écrivain et philologue allemand Victor Klemperer est aussi un des survivants du bombardement, qu’il évoque en 1947 dans son essai LTI-Lingua Tertii Imperii: Notizbuch eines philologen.

Notes et références

  1. ↑ (en) Frederick Taylor, Dresden: Tuesday, February 13, 1945, HarperCollins, 2004, p. 196.
  2. ↑ Comme les villes japonaises d’Hiroshima et Nagasaki furent anéanties par des bombes atomiques (août 1945) par l’aviation américaine et pour la même raison (ce que le général Eisenhower laisse entendre dans ses mémoires d’après-guerre).
  3. ↑ Retour sur la destruction de Dresde du 13-14 février 1945 [archive]
  4. ↑ http://www.memoire-net.org/article.php3?id_article=268 [archive]
  5. ↑ David Irving, La destruction de Dresde, (ISBN 2-9060-2607-7) ; ce chiffre de 135 000 morts est repris dans Serge Berstein, Pierre Milza, Histoire du XXesiècle, Hatier, 1996, tome 1, p. 476[Pourquoi ?].
  6. ↑ Jörg Friedrich, Der Brand (ISBN 3-5486-0432-3)
  7. ↑ Voir Ian Kershaw, La Fin, Seuil, Paris, 2012 (ISBN 978-2-02-080301-4), note 788 ; Rolf-Dieter Müller (de), Nicole Schönherr, Thomas Widera, Die Zerstörung Dresdens 13. bis 15. Februar 1945 – Gutachten und Ergebnisse der Dresdner Historikerkommission zur Ermittlung der Opferzahl, Hannah-Arendt-Institut. Berichte und Studien 58, Göttingen, 2010, (ISBN 978-3899717730), ainsi que, sur le site de la ville de Dresde, Dresdner Historikerkommission veröffentlicht ihren Abschlussbericht [archive]
  8. ↑ « there is good reason to believe that later in March copies of — or extracts from — [an official police report] were leaked to the neutral press by Goebbels’s Propaganda Ministry … doctored with an extra zero to make [the total dead from the raid] 202,040. » ((en)Frederick Taylor, Dresden: Tuesday, 13 February 1945. éditions HarperCollins, New-York, 2004. (ISBN 0-06-000676-5)).

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29 novembre 2012

La HOCHSEEFLOTTE

Classé sous — milguerres @ 23 h 24 min

 

 

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La HOCHSEEFLOTTE fleche-boule4VOIR LES BATIMENTS DE LA HOCHSEEFLOTTE

hochseefottepet

  1. La HOCHSEEFLOTTE ( 1888-1919 )
  2. La Hochseeflotte en opérations

 source : http://www.naval-encyclopedia.com/pages/vingtieme-siecle/marines/premiere-guerre-mondiale.php

hochseeflotte

1 – La Hochseeflotte en août 1914.

fleche-boule4VOIR LES BATIMENTS DE LA HOCHSEEFLOTTE

La Hochseeflotte, littéralement « flotte de haute mer », était le principal instrument du Kaiser Guillaume II, bien servi par Von Tirpitz, pour asseoir sa capacité à disposer d’un empire colonial. Afin de s’opposer aux deux grandes puissances maritime traditionnelles d’alors, la France et la Grande-Bretagne, une flotte d’un exceptionnel tonnage fut mise en chantier à partir de 1897. Les chiffres sont à ce titre particulièrement éloquents: Si le premier Reich fut fondé en 1870, la flotte Allemande d’alors se limitait à une collection hétéroclite d’unités héritées des différents Royaumes Germaniques: 5 cuirassés, 5 croiseurs lourds et 4 légers. Elle ne mit en chantier ses premiers torpilleurs qu’à partir de 1875, et encore s’agissait-il de prototypes. Son accroissement fut lent, et les unités lourdes construites avant 1895 étaient principalement des gardes-côtes cuirassés, à l’instar des flottes Scandinaves. La montée sur le Trône de Guillaume II en 1890, nettement moins enclin à suivre la voix de prudence du célèbre conseiller de son père, Otto Von Bismarck, désirait une confrontation directe aux grandes puissances sur terre aussi bien que sur mer. Le développement d’une flotte était la condition sine qua non aux nouvelles ambitions du Reich. C’est Von Tirpitz, nommé secrétaire d’état en 1897, qui fit voter la construction l’année suivante de 19 cuirassés, 8 cuirassés côtiers, 12 croiseurs cuirassés et 30 croiseurs moyens et légers, qui devaient tous entrer en service avant 1903. Mais deux ans plus tard, ce projet fut prolongé jusqu’en 1920, incluant cette fois 38 cuirassés, 14 croiseurs lourds, 34 moyens et légers, et 96 destroyers.

Ce plan de réarmement était drastique: En matière d’unités de ligne, on trouvait en programmes assez de cuirassés, de Dreadnoughts et de croiseurs de bataille pour sérieusement inquiéter la Home Fleet, au terme d’une escalade industrielle dans laquelle la Grande-Bretagne semblait pour la première fois commencer à douter de sa supériorité. La Hochseeflotte s’est ainsi hissée en à peine 10 ans au second rang mondial.

La Hochseeflotte mettait en ligne en août 1914:

I- Navires de ligne

A-Cuirassés:
8 cuirassés côtiers de la classe Siegfried ( 1890 ), 2 cuirassés classe Brandenburg ( 1891 ), 4 classe Kaiser Friedrich III ( 1896 ), 5 classe Wittelsbach ( 1900 ), 5 classe Braunschweig ( 1902 ), et 5 classe Deutschland, mais aussi des dreadnoughts, ou cuirassés monocalibre, les 4 classes Nassau ( 1908 ), les 4 classe Helgoland ( 1909 ), et enfin les 5 classe Kaiser ( 1911 ). Si les Helgoland sont des Nassau agrandis, les Kaiser ont une disposition d’artillerie en échelon qui diffère assez fortement. Il est important de noter que ces pièces principales sont de 280 mm ( 11 pouces ), contre 305 mm ( 12 pouces ) en standard dans la Royal Navy jusqu’aux Helgoland. Avec les kaiser sont les seuls à posséder des pièces de 305 mm. En face, la Royal Navy affichait des pièces de 343 à 356 mm. Mais la philosophie Allemande était de privilégier la protection au détriment de la puissance de feu.

B-Croiseurs de bataille:
En matière de croiseurs de bataille, la Hochseeflotte n’affiche pas autant de bâtiments que la Royal Navy ( 5 unités contre 9 ), mais c’est l’une des rares Nations à en posséder: La France, les Etats-unis ou l’Italie n’en ont aucun. Ils seront fréquemment au combat et prouveront leur grande efficacité. Le Blücher ( 1908 ) est une sorte de copie très allégée du Nassau, le Von Der Tann ( 1909 ) a un arrangement différent d’artillerie, les deux Moltke ( 1910 ) et le Seydlitz ( 1912 ) peuvent s’apparenter aux Kaisers.

II-Croiseurs:

Les croiseurs lourds de la Hochseeflotte sont non seulement plus petits que leurs homologues Britanniques contemporains ( Les deux Scharnhorstde 1906 et leurs 12 300 tonnes contre les Warrior ou Minotaur de plus de 13 500 tonnes, disposant de 6 pièces de 234 et 4 de 190 mm contre les 8 pièces de 210 mm des premiers. ), mais aussi moins nombreux et moins protégés. Ils ne brilleront pas particulièrement au combat, les deux Scharnhorst ayant une victoire facilement acquise aux Falklands en 1914 ( la bataille de Coronel ). Il y avait en service les 5 Victoria Luise ( 1897 ), le Fürst Bismarck ( 1897 ), le Prinz Heinrich ( 1900 ), les 2 Prinz Adalbert( 1901 ), les 2 Roon ( 1903 ) et enfin les 2 Scharnhorst ( 1906 ).

Les croiseurs légers comprenaient des unités légères anciennes, telles le Gefion ( 1893 ), le Hela ( 1895 ), le Kaiserin Augusta ( 1892 ), utilisés comme patrouilleurs ou navires-écoles, mais aussi les 10 Gazelle ( 1898-1902 ), et les 7 Bremen ( 1903-1905 ), ainsi que les plus modernes croiseurs légers classe Königsberg ( 5 unités, 1905 ), Dresden ( 2, 1907 ) qui allaient se rendre célèbres, dans le pacifique, les 4 Kolberg ( 1908 ), les 4 Magdeburg ( 1911 ), les 2 Karlsruhe ( 1912 ), et les deux croiseurs mouilleurs de mines classe Albatros ( 1907 ).

 

III-Unités légères:

Sous ce terme se cachent des unités qui, jusqu’en 1915, peinent à soutenir la comparaison avec leurs homologues Britanniques. Depuis le lancement du destroyer Russe, le Novik ( le concept de contre-torpilleur est aparemment espagnol, avec de Destructor de 1989 ), qui instaurait en 1911 de nouveaux critères de jugement les destroyers devenaient des unités d’un tonnage et d’un autonomie dites « d’escadre », alors que jusqu’ici les contre-torpilleurs lancés par tous ces pays n’étaient que des torpilleurs de haute mer mieux armés, des unités presque côtières.

Les Britanniques les considéraient à juste titre et avec dédain comme des « torpilleurs de haute mer ». C’était d’aileurs le terme officiel utilisé par les Allemands, littérallement ‘Hochseetorpedoboote’. Ils devaient êtres suffisamment grands pour opérer avec la flotte, mais pas trop pour pouvoir n’être commandés que par un seul officier -une exigence de Tirpitz qui en disait long sur les pénuries d’effectifs de la flotte.

Les destroyers Allemands, à partir du plan de 1900, devaient êtres construits à raison d’une demi-flottille ( 6 unités ) par année fiscale, totalisant à terme 8 divisions ou flottilles. 16 demi-escadrilles étaient programmées.

Les premiers dataient de 1898: Il s’agissait de navires de 388 tonnes construits par Schichau, précédé par l’achat et l’étude d’un navire acheté à Thornycroft ( D10 ) en 1896. Schichau construisit 12 puis 6 autres navires améliorés ( de 388 à 400 tonnes ): Les S90-107. Germanierft prit le relai, avec ses 6 G108 (1900). Puis les séries Schichau continuèrent, avec trois groupes de 6 unités, S114, 120, 126. Le S125 (1903) était le plus grand de tous, un prototype annoncant les navires de 1905-06. Il fut suivi par la classe S138 (12, 1906), Germaniawerft délivrant ses G132 et le G137. (6 navires). Les Chantiers AG Vulcan reçurent commande de 10 autres navires (V150) et délivrèrent le prototype V161 en 1908. Il fut suivi des trois V162 (1909), des 11 V180 (1909), des 6 V1 (1911), et des 6 V25 (1914). Schichau construisirent les 4 S165 (1910), les 4 S176 (1910), les 12 S13 (1911) et les 6 S31 début 1914.
Enfin, Germania compléta ces effectifs par ses G169, G192, G7, 19 navires entre 1908 et 1911.

Les Torpilleurs n’étaient pas récents, à défaut d’être encore nombreux en service: Ils dataient d’entre 1886 et 1898. Tous construits par Schichau (T11-T65 ex- »S » et T66-89), à part les deux G88 et 89 de Germania. Ils étaient menés par des « conducteurs d’escadrille », sorte de grands torpilleurs côtiers, les D1-9 également construits par Schichau entre 1886 et 1894. ( Seconde classe pour les T11-65, première pour les T66-89 ).Il faut noter que Schichau avait construit 4 destroyers pour la Chine en 1898, qui lui revinrent par leur capture en 1900 lors de l’opération alliée contre les forts de Taku. par conséquent, l’un d’eux resta en service portant la bannière à l’aigle prenant le même nom de Taku, dans le comptoir Allemand de Tsing Tao, et fut perdu lors des bombardements du siège Japonais en 1914.

Les sous-marins Allemands qui allaient jouer un si grand rôle durant la grande guerre  dérivaient tous de l’U1 (1906), sorti en même temps que le colossal Dreadnought, comme un symbole de la condamnation à plus ou moins brêve échéance de ces géants… Mais en remontant loin dans le passé on trouve le Brandtaucher, construit par le célèbre ingénieur Bavarois Wilhelm Bauer en 1850, et qui fut perdu lors de sa première plongée. Il ne convainquit pas les autorités malgré les améliorations apportées par son géniteur, et il fallut attendre 1891 pour qu’un nouveau prototype soit essayé sans succès par Howaltswerke, comme son successeur en 1897. En 1902, l’ancien assistant-ingénieur de Laubeuf, l’Espagnol d’Ecquevilley-Montjustin, fut engagé par Friedrich Krupp aux chantiers de Germaniawerft qu’il venait de racheter à Kiel. Le Forelle, qu’il conçut était largement inspiré du Narval, et connut un grand succès, notamment à l’exportation ( les 3 « Karp » pour la Russie, les U3 et U4 Austro-Hongrois, le Kobben Norvégien ). Cependant Von Tirpitz ne prêtait guère d’attention à ce type d’unité, et il attendit de se faire remmettre un rapport d’inspection qui démontrait les immenses possibilités de cette nouvelle arme pour lancer la construction de l’U1 à Germaniawerft. L’autre Chantier de Kiel, les arsenaux impériaux, reçurent aussi commande de l’U2 en 1908. Mais le départ de l’ingénieur espagnol rapprocha les deux chantiers qui menèrent ensemble les études de conception des deux U3 (1909, construits à Dantzig). Les chantiers de Dantzig et ceux de Germania se partagèrent les unités suivantes U5 ( 4 unités ), U9 (4), U13 (3), U16 (7), U17 (2), U19 (4), U23 (4), U27 (4), U31 (11), les derniers terminés fin 1913-courant 1914. Environ 40-47 Unterseeboote au total étaient disponibles. Les très grandes séries allaient démarrer un peu plus tard durant le conflit.

Les canonnières en service étaient peu nombreuses, du fait de la faiblesse des possessions Allemandes dans le monde. Néammoins, on rescensait les 3 canonnières coloniales mixtes ( gréément de corvette ) classe Wolf (1878), les 3 Habitch (1879), les Hay et Eber (1881-1887), mais aussi les canonnières à vapeur seule classe Iltis (6 navires, 1898), et la canonnière fluviale Otter (1909) basée en Chine.

 

Tonnage 1890:

 Cuirassés 13
 Croiseurs 23
 Torpilleurs 30
 Divers 15

Tonnage 1914:

 Navires de ligne

47

 Croiseurs

57

 Destroyers
 Torpilleurs + sous-marins

Bien que les volumes soient moins importants pour les unités lourdes ( cuirassés et croiseurs de bataille ), on assiste à un effort de production considérable quoique inférieur à celui mené par la Grande-Bretagne et les USA, très présents à partir de 1917. L’arme la plus redoutable alignée sera l’Unterseeboote, instrument destiné à faire plier la Grande-Bretagne en brisant ses relations commerciales et son approvisionnement.

I- Navires de ligne

    A-Cuirassés:

Il s’agit bien entendu de Dreadnoughts, et de la poursuite du plan de Tirpitz. Les premiers sont de la classe König ( 4 unités, lancées en 1914 -septembre- et janvier-fév. 1915 pour les autres, terminés en 1915-16. ). Ils possèdent cette fois un nouvel arrangement d’artillerie, en 10 pièces de 305 mm répartis dans l’axe, à l’instar des unités Britanniques des classes King Georges V, Orion et Iron Duke. Mais les anglais sont passés entre-temps au calibre 343 puis 356 mm.
Avec les deux Bayern et ceux qui devaient suivre, les deux Sachsen, le retard est comblé: Le calibre passe à 380 mm comme sur les Queen Elisabeth et Resolution, en quatre tourelles doubles. Ces derniers bâtiments sont d’un design commun, et sont les meilleurs dreadnought Allemands et les derniers cuirassés construits avant les deux Bismarck de 1940-41, qui en récupèrent d’ailleurs l’essentiel.
Le Bayern et le Baden sont lancés en 1915 et terminés en juin 1916 et février 1917. Ils ne participeront donc pas à la fameuse bataille du Jutland. Le Sachsen et le Würtenberg sont lancés en novembre 1916 et juin 1917 et prévus pour achêvement en 1918, mais les travaux furent retardés et finalement abandonnés.
Il était prévu également une nouvelle génération de cuirassés dits « rapides » ( 26 noeuds contre 21 sur le Bayern ), L20 Alpha, un projet de navire dépassant 50 000 tonnes et armés de pièces de 420 mm. Leur construction devant démarrer au 11 septembre.

    B-Croiseurs de bataille:

Les derniers croiseurs de bataille Allemands sont les meilleurs au monde et serviront d’exemple à nombre de marines pour concevoir leurs premier cuirassés rapides à la fin des années 30. Les Britanniques ne s’y trompèrent pas d’ailleurs, et renflouèrent pour étude détaillée le Hindenburg. On dit que le Nelson et le Rodney auraient été un subtil mélange d’influences propres et de détail empruntés pour la protection, l’arrangement des machines, etc… Ces navires étaient si bien protégés comme le démontra superbement Jutand, qu’on peut les considérer comme une première tentative de concevoir un « super-dreadnought ».

Après le Seydlitz, dernier croiseur de bataille à pont à décrochement, on passe aux deux Derrflinger, lancés en 1913 et achevés en novembre 1914 pour le premier et mars 1916 pour le second. Ils arborent en effet une coque à pont continu, « flush deck ». Ces navires à leur sortie sont les plus grands et les plus puissants en service avec 30 000 tonnes en charge. Le Hindenburg, lancé en août 1915 et achevé en octobre 1917, peut être considéré comme un sister-ship. Il est cependant légèrement plus grand, plus rapide, et mieux protégé.
Le Hindenburg est aussi le prototype de la classe Mackensen, comprenant 4 bâtiments mis en chantier en 1915 et lancés pour deux d’entre eux en 1917.Ils sont nettement plus grands et passent au calibre 350 mm. En projets, on trouve des navires encore plus impressionnants, répliques aux Repulse Britanniques, la classe Yorck, devant compter trois unités dont seul le premier fut entamé en juillet 1916 et abandonné. Ils devaient atteindre 39 000 tonnes et posséder 8 pièces de 380 mm.

II-Croiseurs:

Seuls des croiseurs légers deront construits: Il s’agit des 2 Graudenz ( 1914-15 ), 2 Pillau ( 1914-15 ), des 2 Brummer mouilleurs de mines ( 1916 ), des 2 Wiesbaden ( 1915 ), des Königsberg-II ( 4 unités, 1915-16 ), et Cöln-II ( 2, 1918 ). Ces derniers marquaient un pas avec 7500 tonnes à pleine charge de 155 mètres de long pour 8 pièces de 150 mm. Les deux dernières classes étaient nommées d’après les unités coulées au début du conflit. La classe Cöln comprenait initialement 10 navires, mais seuls 2 furent achevés sur les 7 lancés.

III-Unités légères:

La construction de destroyers s’est poursuivie, mais avec un certain souci vers la fin de la guerre d’arriver à des navires aux standards Britanniques et Russes. Dès 1915, une classe un peu atypique, B 97, est conçue à Saint-Petersburg pour la flotte Tsariste, le chantier étant sous-traité par Blohm et Voss à Hambourg, et naturellement en août 1914, ces quatre unités Russes furent saisies et achevées aux standards Allemands pour incorporation. Ils étaient presque deux fois plus lourds que les autres unités et furent les seuls à être officiellement appelés « Destroyers » ( Zestörer ). Les G 101 étaient du même acabit, mais conçus pour la marine Agentine et de même incorporés. Il faudra attendre 1918, avec la classe S 113, pour voir la construction des premiers vrais destroyers Allemands. Nombre de leurs successeurs ne furent jamais terminés.

En matière de torpilleurs, environ 80 furent construits, allant des minuscules unités côtières de la classe A 1 aux A 56, en passant par les A 26, conformes aux plus anciens destroyers en service.

La force Allemande de U-Boote fut bien entendu le pivot de la Hochseeflotte dans l’atlantique mais également le reste des mers. Son succès ne doit pas seulement aux 370 unités mises en service durant le conflit -une paille par rapport aux 1400 de la seconde guerre mondiale- mais au manque d’organisation des alliés, au moins au début de la guerre, pour y faire face. On retiendra qu’ils n’ont pas permis en effet d’asphyxier la Grande-Bretagne, et ce malgré la guerre sous-marine sans restrictions lancée en février 1917, mais ils ont eu de beaux succès aux combats, avec des scores que n’atteindront jamais les capitaines de sous-marins durant les années 40. Il s’agit par exemple de Lothar Von Arnaud de la Périère, un « as » avec 194 victimes à son tableau de chasse, et 454 000 tonnes de navires coulés, dont seulement 4 à la torpille, mais également de l’U9 du commandant Weddingen, qui envoya par le fond en moins d’une heure, les croiseurs-cuirassés Britanniques Hogue, Cressy et Aboukir.

12 427 000 tonnes seront envoyées par le fond jusqu’en novembre 1918, dont 12 404 000 pour la Grande-Bretagne seule. Au plus fort de cette « première » bataille de l’atlantique, entre 60 et 90 U-Bootes opéraient de concert, et entre 178 et 199 furent coulés pour toute la guerre.
Il est à noter aussi qu’une forte proportion d’unités lancées, les UB et UC étaient de petits submersibles côtiers aptes au mouillage de mines ou à la défense, mais impropres à effectuer de longues croisières dans l’Atlantique, domaine réservés des « océaniques ».

Tonnage 1914-18:

 Cuirassés

13

 Croiseurs

23

 Destroyers

30

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2 -La Hochseeflotte en opérations

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La III escadre de ligne de la Hochseeflotte en mer ( Photo Wikipedia DP ).

Que dire de l’usage qui fut fait de cette arme formidable, la plus puissante jamais alignée par un pays d’Europe continentale avant la marine soviétique des années 60-90?… L’essentiel des évênements vont se dérouler en 1914: Coup sur coup, les Allemands tentent la nuit même de la déclaration de guerre, de miner les grands estuaires dans une opération assez audacieuse et fort risquée ( voir l’affaire du Königin Luise ).

En méditerrannée, le Goeben et le Breslau sont à la merci de la Royal Navy, des marines Française et Italiennes. Gibraltar contrôlant la sortie vers l’Atlantique, l’amiral Souchon, commandant le Goeben, un grand croiseur de bataille flambant neuf, ne pouvait espérer en partant de Port-Saïd ( Egypte ) forcer le passage pour rentrer en Allemagne. Car l’Egypte et le canal de Suez étaient également verrouillés à toute tentative de rallier Von Spee via un long détour dans l’océan Indien et le pacifique. Il ne restait que la solution du combat -desespéré- ou de trouver refuge dans des eaux amies -Ottomanes-, puisque les flottes Britanniques, Françaises et Italiennes l’attendaient au passage. Ce qui fut salué plus tard comme un exploit, le Goeben réussit à échapper à ses poursuivant et à pénétrer dans le Bosphore pour rallier la mer Noire et Constantinople. Là, les deux navires changèrent de pavillon, le Goeben devenant officiellement le Yavuz Sultan Selim à la fin de la guerre.

Enfin, la flotte Allemande du Pacifique présente à Tsing Tao, sous le commandement de l’amiral Von Spee, dût son salut à un départ précipité de la base, vers laquelle la menace des flottes Japonaises, Russes et Britanniques, pesait lourdement. Von Spee fera parler de lui malgré ses navires anciens, obtenant de beaux succés aux malouines contre Cradock, avant d’en subir le contrecoup. L’Emden se sépara de l’escadre pour mener une guerre de corsaire mémorable. En Afrique, c’est port de Dar-el-Salaam, base avancée de la colonisation Allemande, qui est sous l’épée de Damoclès des forces alliées. Le Königsberg va lui aussi mener une guerre de corsaire, avec moins de succès que dans le pacifique

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