Milguerres

  • Accueil
  • > Recherche : poche st nazaire

28 mars 2013

Le raid britannique sur le port de St-Nazaire reste le plus grand de tous les temps

Classé sous — milguerres @ 13 h 05 min

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 

Le raid britannique sur le port de St-Nazaire reste le plus grand de tous les temps

Le 28 mars 1942, les commandos de Sa Majesté ont détruit la cale sèche du port de St-Nazaire et ainsi empêché que le cuirassé Tirpitz, jumeau du Bismarck, ne puisse y être réparé après une possible guerre de course dans l’Atlantique. Ce raid exceptionnel, accompli au prix de pertes terribles, a prouvé dès cette époque le caractère irremplaçable des forces spéciales en cas de conflit.

Dans les sombres jours du début 1942, la ligne vitale de l’Atlantique était étirée jusqu’au point de rupture. Les U-Boote coulaient les navires de commerce alliés plus vite qu’ils ne pouvaient être remplacés, et à cette menace s’ajoutait celle des navires de surface allemands. Le printemps précédent, la Royal Navy avait pourchassé et coulé le cuirassé moderne Bismarck, mais d’autres raiders potentiels restaient en liberté. Le plus dangereux d’entre eux était le Tirpitz, le navire jumeau du Bismarck.

«… Le dock ne fut pas remis en service avant les années 50. Le monstrueux cuirassé Tirpitz restait privé de base, et il ne sortit jamais de son refuge norvégien. »

Le Tirpitz était un monstre, avec plus de 50’000 tonnes, un blindage épais et des canons de 380 mm. Il était si puissant qu’aucun cuirassé britannique ou américain ne pouvait l’affronter seul. Si ce géant parvenait à accéder aux les lignes empruntées par les convois dans l’Atlantique Nord, les résultats auraient pu être catastrophiques pour les Alliés. Avec son talent littéraire habituel, Winston Churchill a décrit de cette manière l’importance de la destruction du Tirpitz : « toute la stratégie de la guerre tourne à cette époque autour de ce bateau. »

Le Tirpitz était alors embusqué dans les eaux norvégiennes, de même que les cuirassés de poche Lützow et Admiral Scheer. La Royal Navy s’efforçait de neutraliser cette flotte dangereuse ou de la contraindre à sortir et à combattre, mais jusqu’ici les Britanniques manquaient de chance. Le danger était bien entendu que les navires allemands fassent une sortie pendant que les unités majeures de la flotte britannique opéraient ailleurs, et qu’ils ne s’attaquent à un convoi protégé uniquement par des corvettes, des chalutiers armés et des destroyers. Or, si la Royal Navy pouvait amener le Tirpitz à se battre et l’endommageait, il n’y avait qu’un seul port dans toute l’Europe occupée par l’Axe où il pourrait être réparé : la ville française de St-Nazaire.

Un objectif hautement fortifié

Cette petite ville portuaire abritait la forme-écluse Louis Joubert, mieux connu sous le nom de dock Normandie, une énorme cale sèche construite spécialement pour accueillir le Normandie, l’orgueil de la flotte passagère française d’avant-guerre. Le Bismarck, endommagé dans son combat avec le Hood et le Prince of Wales en mai 1941, avait mis le cap sur St-Nazaire lorsqu’un avion Fairey Swordfish de la Royal Navy le frappa d’une torpille, avant que la force navale britannique qui le poursuivait l’intercepte et le coule. C’était également à St-Nazaire que le Tirpitz irait pour réparer des dégâts causés par des torpilles, des bombes ou des obus. Les Britanniques étaient décidés à supprimer le seul refuge du navire géant – et c’est ainsi qu’est née l’opération Chariot.

St-Nazaire et le dock Normandie se trouvent sur l’estuaire de la Loire, à environ 10 km de son embouchure. Au printemps de 1942, le fleuve était large de 1,5 km et relativement peu profond, sauf là où un canal pour grands bateaux avait été dragué, près de la rive nord de l’estuaire. Le dock lui-même était énorme, un bassin de 349 mètres sur 50. L’accès reposait sur des portes monstrueuses épaisses de 11 mètres, tellement massives que les Britanniques les appelaient des «caissons». Elles mesuraient 52 mètres de long et 16 de haut, et avaient été conçues pour être déplacées sur d’énormes roulettes.

Les maisons de treuil et les stations de pompage étaient construites à la même échelle que le grand dock. Sur un côté de la cale sèche se trouvaient St-Nazaire et les bassins de Penhouet, de larges mouillages artificiels qui étaient généralement utilisés par les petits navires de guerre allemands. Le bassin de St-Nazaire, le plus grand des deux, étaient attribués aux U-Boote, qui atteignaient l’estuaire de la Loire à travers une suite d’écluses. Certains des abris bétonnés pour U-Boote de St-Nazaire étaient en service, alors que d’autres étaient encore en construction.

D’autres installations du port étaient à proximité, de même que des écluses, des ponts, des quais, des réservoirs souterrains de carburant pour les sous-marins, et une centrale électrique. L’ensemble du complexe était défendu par quelque 100 canons de tailles diverses, infesté de projecteurs de recherche et fréquenté par des dragueurs de mines et des vaisseaux de défense côtière. La ville elle-même abritait jusqu’à 5000 soldats et marins allemands, dont une brigade d’infanterie complète.

Pour surmonter ces défenses formidables, les Britanniques savaient qu’ils devaient engager leurs meilleurs soldats – les commandos. Les soldats de la Couronne avaient à dire vrai une longue histoire des raids audacieux. Ils ont organisé des dizaines d’expéditions avec de petits bateaux contre les Espagnols et les Français à l’époque de la voile. Et ils ont également mené durant la Première guerre mondiale les frappes risquées contre Zeebrugge, en Belgique, pendant lesquelles des troupes débarquées ont neutralisé les défenses côtières allemandes alors que la marine coulait trois vieux croiseurs dans le canal qu’empruntaient les U-Boote allemands pour gagner la Mer du Nord.

Les commandos britanniques s’étaient déjà distingués dans des raids similaires, de l’Afrique aux îles Lofoten en Norvège. L’attaque des Lofoten en avril 1941 avait été un énorme succès. Elle avait totalisé 11 navires coulés, 800’000 gallons de pétrole brûlés, 216 Allemands et 60 « Quislings » norvégiens [autrement dit des collaborateurs, note du traducteur] faits prisonniers, et plus de 300 Norvégiens engagés volontaires pour les forces de la Norvège libre. Les Britanniques n’ont enregistré qu’un seul blessé.

Alors que la plupart des premiers raids menés par les commandos ont entraîné des pertes, de l’embarras et de l’inquiétude pour l’Axe, St-Nazaire posait un défi bien plus difficile que tout ce qui avait été tenté précédemment. Si l’offensive réussissait, et rien n’était moins sûr, ce serait le raid le plus audacieux de la guerre. Les commandos devaient être engagés durant la dernière semaine de mars, car c’est seulement à cette période qu’ils auraient une pleine lune et une marée montante entre 2400 et 0200.

Des moyens limités

Les ressources britanniques étaient maigres. Certains des commandos devaient se déplacer sur une flotte de 15 vedettes, des bateaux en bois non blindés et longs de 34 mètres, qui transportaient leurs réservoirs auxiliaires sur le pont et n’avaient pour armement qu’un canon bitube Oerlikon de 20 mm et une paire de mitrailleuses Lewis datant de la Première guerre mondiale. Quatre de ces fragiles embarcations transportaient également des torpilles. Les vedettes avaient deux avantages : elles atteignaient 18 nœuds de vitesse et n’avaient qu’un très faible tirant d’eau. En entrant dans l’estuaire de la Loire sur une marée de printemps, elles pouvaient opérer sur les hauts fonds et autour de plages de vase, en-dehors du canal principal fortement défendu.

Une puissance de feu légèrement supérieure était fournie par une unique canonnière motorisée en bois. Elle portait un canon antiaérien Vickers de 40 mm, deux mitrailleuses bitubes de 12,7 mm et un canon de 40 mm semi-automatique. Elle était destinée à faire office de bateau de commandement et à guider les raiders jusqu’à la Loire, car elle était équipée à la fois d’un radar et d’une sonde sonore.

Il y avait enfin le torpilleur 74, dont les tubes conçus pour être arrimés à mi-coque avaient été avancés presque jusqu’à la proue, dans l’idée qu’il puisse lancer ses torpilles par-dessus un filet anti-torpilles. Celles-ci avaient été modifiées et avaient reçu une minuterie, de manière à ce qu’elles explosent après avoir reposé un instant au sol. La fonction du navire était de torpiller le caisson sud si l’arme principale ne fonctionnait pas. Le torpilleur 74 était un bateau étrange qui avait du mal à maintenir une vitesse donnée entre l’extrême lenteur et les 40 nœuds atteints à fond. Il devait être remorqué pour entrer en action, au grand dégoût de son capitaine, le sous-lieutenant Micky Wynn, l’un des nombreux audacieux excentriques (« d’une excentricité folle », selon un officier supérieur) qui avaient trouvé leur place dans la Royal Navy en guerre.

Mais aucun de ces vaisseaux ne pouvait fournir l’impact principal, le coup d’assommoir qui mettrait la cale sèche hors service presque indéfiniment. Il n’y aurait pas de deuxième chance. Les commandos mettraient pied à terre pour détruire les grands caissons coulissants, les maisons de treuil et la station de pompage, mais même cela ne pourrait pas rendre le dock inutilisable pour le restant de la guerre. Il fallait quelque chose de plus, et ce quelque chose s’est révélé être le HMS Campbeltown. Ce vieux destroyer à 4 cheminées long de 95 mètres, alias USS Buchanan, était l’un des 50 destroyers obsolètes transférés à la Royal Navy par les Etats-Unis en échange de l’usage privilégié de bases au sein des Caraïbes britanniques.

En vue du raid, le Campbeltown a été envoyé dans une installation de la Royal Navy à Devonport pour y subir un lifting. Une reconstruction de 9 jours lui a permis de ressembler un peu à l’un des navires de guerre allemands largement utilisés de la classe Möwe, une sorte de croisement entre un petit destroyer et un grand torpilleur. Les ouvriers de Devonport ont allégé au maximum le vieux destroyer, car il devait franchir les hauts fonds de la Loire, où même à marée haute il n’y avait qu’à peine 3 mètres d’eau. Tous les tubes lance-torpilles et l’équipement anti-sous-marin du Campbeltown furent enlevés, de même que deux de ses cheminées, la plupart de ses mâts et tous ses canons sauf un. Les deux cheminées restantes furent raccourcies, et les ouvriers ajoutèrent un mince blindage autour de la passerelle. Ils installèrent également 4 plaques de blindage hautes de 5,4 mètres de la passerelle à la poupe, afin de donner une certaine protection aux éléments débarqués du commando. De plus, le bateau reçut 8 canons Oerlikons de 20 mm, et son unique pièce de 76 mm fut déplacée de la poupe à la plage avant.

Le mordant du Campbeltown était constitué de 24 charges de profondeur, placées dans un réservoir en acier bétonné dans la coque, juste derrière le piédestal qui avait porté le canon du pont avant. Cette charge énorme, qui représentait plus de 4 tonnes d’explosifs, était amorcée par d’autres explosifs fixés à des détonateurs ayant un délai de 8 heures. Ces détonateurs devaient être activés en remontant la Loire. Si tout se déroulait conformément au plan, le Campbeltown emboutirait les énormes portes de la cale sèche, se frayerait un chemin à travers et s’enfoncerait profondément dans le bassin. Il serait ensuite sabordé à cet endroit, puis avec un peu de chance exploserait et détruirait le dock Normandie jusqu’à la fin de la guerre. La charge explosive était bien suffisamment derrière la coque du Campbeltown pour ne pas à ne pas être endommagée par la déformation inévitable de la proue, et bien assez à l’avant pour être dans la zone de la cible.

Attaquer à 1 contre 10

La mission des commandos était de débarquer rapidement, de tirer sur tout ce qui était important et de détruire au maximum l’équipement vital du dock et d’autres installations du port. Les portes des écluses reliant le bassin des sous-marins était un objectif prioritaire – les mettre hors service bloquerait l’accès à l’océan et limiterait sérieusement l’utilité du bassin. Au total, les commandos avaient pour but de démolir 4 ponts, 6 centrales électriques, 8 portes d’écluses et 13 canons.

La force terrestre devait compter 256 hommes et officiers, provenant de 6 différentes compagnies de commandos. Certains des raiders ne transportaient qu’un pistolet et un énorme sac à dos contenant jusqu’à 40 kg d’explosif. La tâche d’autres groupes de 5 hommes, chacun équipé de mitraillettes Thompson et d’une mitrailleuse Bren, consistait à couvrir les porteurs d’explosifs pendant qu’ils posaient leurs charges. D’autres éléments de combat, formés chacun de 2 officiers et de 12 hommes, devaient prendre d’assaut les positions d’artillerie, établir un périmètre autour du dock et repousser les renforts venant de la ville. Pour des crises imprévues, il y avait une maigre réserve de 12 hommes, ainsi qu’un médecin et un petit détachement médical.

Le raid devait être conduit par le lieutenant-colonel A. C. Newman, un officier territorial du régiment de l’Essex, chef du 2e Commando et vétéran des raids réussis en Norvège. Le contingent naval était commandé par le commandant R. E. D. Ryder – inévitablement appelé « Red. » Ryder était le loup de mer britannique par excellence, un vétéran de l’exploration polaire, des sous-marins, des Q-ships [des navires anti-sous-marins déguisés en bateaux marchands, NDT] et de deux naufrages sur navires de guerre. Ces deux chefs étaient des professionnels calmes et réfléchis.

Les hommes qui les ont suivis comptaient des soldats et des marins de carrière, mais la plupart étaient des guerriers temporaires ; le détachement de Newman comprenait un membre de la Bourse de Londres, un mineur, un conservateur de musée et un économiste. Tous avaient acquis un niveau excellent en suivant l’entraînement meurtrier des commandos. Nul ne portait le badge commando sur son épaule sans survivre à des marches forcées épuisantes – 100 kilomètres en 24 heures était le standard, et quelquefois les hommes devaient accomplir 11 kilomètres en une heure. Une unité avait fait une marche mémorable de 104 km en 23 heures. Tout le monde se partageait les charges, sans différence entre officiers, sous-officiers et soldats. Tout le monde s’entraînait dans la neige et le froid des hivers dans les Highlands ; tout le monde frissonnait durant les débarquements dans les eaux glaciales des Hébrides ; tout le monde apprenait à tuer des hommes à mains nues et au couteau.

Ces volontaires en temps de guerre savaient qu’ils se jetaient dans les bras de la mort. Avec une honnêteté déprimante, le vice-amiral Louis Mountbatten, chef des opérations combinées, a en fait dit à Newman que lui et ses hommes étaient passés par pertes et profits: « je suis sûr que vous pouvez y aller et faire le boulot, mais nous n’avons pas beaucoup d’espoir de pouvoir vous extraire. Même si on vous perd tous, les résultats de l’opération en auront valu la peine. Pour cette raison, je veux que vous disiez à tous les hommes ayant des responsabilités familiales, ou qui pensent devoir se retirer pour n’importe quelle raison, qu’ils sont libres de le faire et que personne ne leur en voudra pour cela. » Newman a transmis l’offre de Mountbatten à ses commandos, mais pas un seul homme ne s’est défilé.

L’entraînement en vue du raid a duré des semaines, en particulier à la cale sèche King George V de Southampton, qui était assez grande pour accueillir le Queen Mary de 75’000 tonnes. Les groupes d’attaque ont répété leurs tâches encore et encore, et passé plus de temps encore autour d’une maquette précise à l’aide de photos prises par les avions de reconnaissance de la RAF. Les équipes de démolition se sont entraînées de jour, puis en portant des bandeaux et enfin de nuit. La règle était de placer les explosifs sur la cible en 10 minutes ou moins, et à chaque répétition des hommes étaient déclarés touchés de manière impromptue, afin que les autres membres de l’équipe soient contraints d’apprendre chaque fonction en plus de la leur.

Les raiders ont même inventé un mot de passe à l’épreuve des Allemands : « war weapons week », avec « weymouth » pour réponse, car il n’y a pas de son « w » en allemand. Ils ont également consenti à quelques jeux d’acteurs pour les espions allemands qui pouvaient se trouver autour de Falmouth, leur point d’embarquement. Ils se sont eux-mêmes appelés la « 10e force de frappe anti-sous-marine » et ont lancé la rumeur qu’ils étaient organisés pour rechercher des U-Boote loin au-delà des approches occidentales des Iles britanniques. Ils ont également concocté une histoire selon laquelle la force allait quelque part à l’est du canal de Suez, et ils se sont assurés que quiconque les observait pouvait voir que des lunettes de soleil et d’autres équipements de haute température étaient transportés à bord des bateaux qui les emmèneraient en France.

Au milieu du mois de mars, tout était aussi prêt qu’ils pouvaient le faire. Des images aériennes de dernière minute ont montré 4 nouveaux canons de défense côtière près de l’objectif. Ces nouvelles pièces n’étaient qu’une partie des armements incroyablement puissants du 280e groupe d’artillerie navale, qui couvrait l’estuaire avec 28 canons d’un calibre allant de 70 mm jusqu’aux tubes massifs de 170 mm. Il y avait même une batterie de canons sur rail de 240 mm, le long de la côte à la Baule, à près de 15 km de là. Trois groupes de DCA navale étaient également situés à l’intérieur de St-Nazaire ou à proximité. Ces unités engageaient 43 canons de 20 à 40 mm et quelques autres de 37 mm, dont un grand nombre étaient positionnés dans des tours DCA, au sommet de bunkers ou de toits. Et ceci sans compter les avions de la Luftwaffe, les canons des bateaux mouillant près du dock ou les destroyers errants de la Kriegsmarine.

Dans le bassin de Penhouet ou celui des sous-marins se trouvaient 10 dragueurs de mines, 4 navires de défense côtière et 9 U-Boote – bien que ceux-ci n’avaient que des équipages squelettiques. Un Sperrbrecher lourdement armé – conçu pour combattre les mines magnétiques – était ancré dans le courant. Deux pétroliers étaient en réparation à l’intérieur du grand dock et dans un autre à proximité. Il y avait également 4 torpilleurs de classe Möwe amarrés dans le bassin à sous-marins, et ils occupaient l’endroit exact où Ryder et Newman avaient prévu de placer leur poste de commandement sur la canonnière. L’opération Chariot continuerait quand même. Les risques étaient formidables : 611 raiders, en 2 groupes à peu près égaux de marins et de commandos, s’élanceraient contre des adversaires 10 fois plus nombreux. L’audace et la surprise devaient compenser la disparité des forces.

Dans les eaux de la Loire

Les raiders ont quitté Falmouth tard dans la journée du 26 mars, guidés par les destroyers Atherstone et Tynedale, suivis par le Campbeltown et flanqués des deux côtés par les petites vedettes. Le torpilleur 74 et la canonnière étaient remorqués par les destroyers. Les commandos visibles sur les ponts portaient des tricots et des duffel coats pour tromper tout avion ou sous-marin inquisiteur. Durant la nuit, les Britanniques ont changé de cap et hissé les couleurs allemandes. Le matin suivant, ils ont aperçu un U-Boote, que le Tynedale ont contraint à plonger avec ses canons et ses charges explosives. On n’entendit plus parler du sous-marin, le U-593, mais nul ne pouvait dire s’il avait transmis la position et le cap de la flottille.

Il est apparu qu’il l’avait fait, mais les Britanniques ont eu de la chance. Le U-593 n’avait probablement pas vu les petites vedettes – elles étaient trop bas sur l’eau – et avait également transmis à son commandement qu’il avait vu une force britannique voguant à l’ouest au lieu de l’est. Les Allemands en ont logiquement déduit que le sous-marin avait vu une opération de minage, et ont envoyé des navires pour en savoir davantage. Ils n’ont trouvé qu’une mer vide.

Vers 2200 cette nuit-là, la force aperçut une lumière venant du sous-marin Sturgeon de la Royal Navy, posté en guise de balise de navigation pour marquer le point de départ de l’étape finale pour l’estuaire de la Loire. La petite flottille changea de cap et s’élança dans la gueule du loup, la canonnière en tête et le Campbeltown juste derrière. L’Atherstone et le Tynedale virèrent de bord, naviguant en appui rapproché au large de l’estuaire. Chaque homme avait vérifié et revérifié ses armes, et les équipes de démolition avaient soigneusement empaqueté leurs charges au plastic dans l’ordre dans lequel elles seront utilisées. Chaque charge, variant entre une demi-livre et deux livres, étaient méticuleusement emballée dans du papier étanche.

Au-dessus de St-Nazaire, tranchant sur les ténèbres, les obus allemands faisaient des arcs dans un ciel nuageux, un repère dans la nuit. La RAF effectuait un raid de diversion, bien que la plupart des bombardiers n’ont pas largué leurs charges de crainte de tuer des civils français. En fait, les scrupules des Britanniques ont inspiré les doutes d’un commandant de garnison allemand, qui nota que les bombardiers ne larguaient aucune bombe par instant. « Une diablerie se prépare », a-t-il dit, et il a averti sa garnison de sa « suspicion de parachutages. » Les pilotes de la RAF, qui ne savaient rien du raid imminent en-dessous d’eux, ont dit plus tard qu’ils auraient piqué avec joie pour bombarder au ras du sol si on leur avait dit ce qui était en jeu.

A 2300, sur le Campbeltown, le lieutenant Nigel Tibbets – expert en explosifs – amorça les détonateurs de l’énorme bombe du bateau. Les charges devaient exploser entre 0500 et 0900 le matin suivant. Les colonnes britanniques croisaient posément dans l’estuaire de la Loire, maintenant leur vitesse à moins de 10 nœuds. Les petits bateaux étaient peu maniables à basse vitesse, mais le Campbeltown avait moins de tirant d’eau à 10 nœuds qu’à haute vitesse, et il était essentiel de le maintenir au minimum pour franchir les plages de vase.

A présent, tout le raid dépendait d’un seul homme, le lieutenant A. R. Green de la Royal Navy, navigateur sur la canonnière. C’était à lui d’ouvrir la marche, en maintenant le destroyer hors des hauts fonds et de la vase qui se cachaient autour de lui dans les eaux sombres du fleuve. A deux reprises, le Campbeltown rafla le fonde la vase, réduisant sa vitesse de moitié, mais il poursuivit sa route. La navigation de Green était superbe, et les pilotes professionnels de la Loire ont dit après la guerre que sa conduite du Campbeltown à travers les hauts fonds était « sans précédent dans l’histoire du port. »

Toujours en belles colonnes, la flottille britannique naviguait hardiment dans la nuit, mais elle fut aperçue à 0115 et le quartier-général allemand transmit une alerte de débarquement. Cependant, c’est seulement à 0122 que les défenses côtières ont réagi. Des projecteurs de recherche illuminèrent le fleuve depuis les deux rives, et les Allemands interrogèrent les vaisseaux. Un transmetteur britannique en uniforme allemand répondit, donnant un signal d’appel extrait d’un livre de transmissions dérobé. Cela retint les batteries allemandes pour quelques minutes de plus, et les Britanniques envoyèrent d’autres signaux, en demandant l’amarrage immédiat de bateaux endommagés par l’ennemi. Finalement, lorsque les Allemands commencèrent enfin à ouvrir le feu, les Britanniques émirent le signal international de bateaux pris sous le feu ami.

Dès que les canons allemands se sont mis à tirer pour de bon, les Britanniques amenèrent leurs couleurs allemandes, levèrent l’insigne blanc et répliquèrent avec chaque arme, y compris les mitrailleuses Bren des commandos. Leur feu eut un effet immédiat. Le Sperrbrecher se tut rapidement, son canon de 88 mm étant mis hors combat. Les tirs allemands des berges commencèrent à diminuer, et plusieurs projecteurs furent détruits. L’efficacité du feu britannique fut un triomphe, a dit Ryder par la suite, « pour les nombreux canonniers du navire côtier et du Campbeltown. » Dans la confusion, les petits bateaux de bois émirent de la fumée et mirent abruptement le cap sur la masse noire du chantier de construction navale, alors que le capitaine du Campbeltown, le lieutenant de vaisseau R. H. Beattie, demanda toute la vitesse que son navire pouvait donner.

Au terme de sa longue vie, le Campbeltown se précipitait pour mourir en beauté. Sur le pont, Beattie ordonnait les corrections de cap en visant les grands portes caissons toujours éloignées de quelque 700 mètres. Ses canons Oerlikons étaient en action et pilonnaient les défenses côtières allemandes. Lorsque les servants de deux Oerlikons furent touchés, d’autres membres d’équipage se ruèrent dans le déluge de feu pour les remplacer. Les traçantes allemandes se déversaient sur vers le Campbeltown, et des obus plus lourds s’écrasaient sur ses flancs. Newman, qui l’observait depuis la canonnière, a dit par la suite : « Le poids du feu coupait le souffle. Ses côtés semblaient vivants sous l’éclatement des obus. » Les hommes morts et blessés jonchaient ses ponts ensanglantés.

Le barreur et le bosco du Campbeltown avaient tous deux été tués sur le pont, mais Tibbets a calmement devancé un autre officier et pris la barre. « Je vais le prendre, mon vieux », a-t-il dit, et il a maintenu le vieux bateau droit sur son erre glorieuse. Presque aveuglés par les projecteurs allemands, Beattie et Tibbets sont restés de vrais marins professionnels, laconiques et neutres au milieu du feu et du carnage. Le calme glacé de Beattie amena un observateur à s’exclamer : « Par Dieu ! Le parfait élizabéthain ! »

« A tribord toute », dit tranquillement Beattie à son nouveau barreur.

« A tribord toute », répondit tout aussi calmement Tibbets.

« Cap au 055. » Puis « bâbord 25. »

« La barre à bâbord 25, Monsieur. »

« Cap au 345. »

Beattie ordonna finalement, « cap au 350 », et le vieux Campbeltown fonça directement sur le caisson sud de la cale sèche. Puis, « préparez-vous à l’éperonnage. » Juste avant l’impact, Beattie ordonna « bâbord 25 », et Tibbets balança la poupe à tribord, dégageant habilement une place de débarquement pour les vedettes qui le suivaient.

A la vitesse de 19 nœuds, le vieux destroyer déchira les câbles d’un filet anti-torpilles, s’écrasa dans le grand caisson méridional et se coinça profondément à l’intérieur du grand dock. Sa proue en acier se voilà sur 11 mètres sous l’impact gigantesque. Il était solidement bloqué, pointant vers le haut à un angle d’environ 20 degrés, sa poupe presque submergée. Beattie s’est permis de sourire, puis déclara, « eh bien, nous y voilà, avec 4 minutes de retard. » Il était 0134, juste 4 minutes hors de l’horaire soigneusement planifié par Ryder.

Les groupes terrestres en action

Les survivants des raiders passaient par-dessus le bord du Campbeltown. La plupart d’entre eux avaient été touchés, mais quiconque pouvait se déplacer descendit du dock sur des échelles télescopiques et se lançait dans sa mission. L’équipage du canon avant et les hommes servant les mortiers des commandos étaient tous hors combat, morts ou blessés, mais les Oerlikons restants continuaient de déverser un feu précis sur les défenses côtières. Avec tant de morts et de blessés, pas plus de 113 commandos n’abordèrent la rive, et environ un quart d’entre eux – les hommes chargés des démolitions – ne portaient que des pistolets.

Le colonel Newman mit pied à terre avec son groupe de commandement et fut immédiatement confronté à une furieuse fusillade avec des canons allemands montés sur les abris des sous-marins, les canons des garde-côtes et une batterie côtière. Le sergent-major Haines arriva avec un mortier de 2 pouces au milieu de cet enfer, installa calmement son tube et parvint à réduire l’essentiel du feu allemand, même s’il tirait sans organe de visée. Lorsque l’un des bateaux allemand dans le bassin de St-Nazaire tira sur le groupe de Newman, Haines le fit taire avec une mitrailleuse Bren.

Le lieutenant John Roderick conduisit son groupe au bas des échelles télescopiques par la proue du Campbeltown, prenant d’assaut deux positions de mitrailleuses ennemies dans la foulée en les détruisant à la grenade. Le prochain obstacle était une tour de DCA, que les hommes de Roderick ont détruit en lançant des grenades sur le toit, dans les supports des canons. Ils réduisirent ensuite au silence une position de 40 mm toute proche. Au-dessus d’eux, un autre canon et un projecteur allemand avaient été détruits par le feu britannique, bien que qu’à ce jour encore nul ne sache qui l’ait tiré.

Pendant ce temps, le capitaine Donald Roy menait ses Ecossais en kilt au-delà de la station de pompage, à travers un pont et dans le bassin à sous-marin, où ils parvinrent à retenir des renforts allemands durant une demi-heure. En passant, il détruisit les canons placés sur le toit de la grande station de pompage en béton. Les survivants allemands avaient pris la fuite dans la nuit. Les hommes de Roy subirent de lourdes pertes sous le feu de canons multitubes de DCA situés à l’extrémité du bassin et des navires ancrés à l’intérieur. Mais les Allemands les considéraient comme une menace suffisante pour que l’équipage d’une navire de défense portuaire, redoutant la capture, le sabordent.

Derrière le groupe écossais de Roy, le lieutenant Stuart Chant – déjà touché au bras droit et à la jambe gauche – conduisait son équipe de démolition vers son objectif, la station de pompage du grand dock. Les hommes de Roy avaient déjà éliminé les canonniers allemands sur le toit du bâtiment. Le groupe de Chant plaça un « palourde » – une petite charge aimantée – sur les portes bloquées, défoncèrent ces portes et plongèrent dans les entrailles du bâtiment, se dirigeant vers la machinerie 12 mètres plus bas. L’un des hommes de Chant, qui avait déjà été blessé et ne pouvait plus marcher, fut laissé en couverture à l’entrée de la station de pompage.

Le sergent A. H. Dockerill, jadis enfant de chœur à la cathédrale d’Ely, portait à la fois le sac d’explosifs pesant 27 kg du blessé et le sien en descendant le long des escaliers d’acier. Chant, les mains coupées et en sang, posa les charges avec ses hommes – environ 18 kg de plastic pour chacune des énormes pompes, puis les envoya au sommet du bâtiment en ne gardant que Dockerill avec lui, « au cas où mes blessures devaient m’empêcher de mettre à feu les charges. » Pendant qu’il travaillait, la station de pompage était secouée par les lourdes explosions venant du toit, où Roy détruisait les canons allemands. Dès que Chant et Dockerill allumaient les détonateurs, ils n’avaient que 90 secondes pour remonter l’escalier de 12 mètres et se mettre en sécurité. Chant réussit à monter en boitant les marches dans ce délai, en s’accrochant à la ceinture du solide Dockerill.

Mais il avait bien placé ses charges. L’explosion ne laissa de la station qu’un amas de béton et projeta les moteurs des pompes dans le cratère en contrebas. Son groupe termina le travail et démolit ce qui restait debout avec des marteaux de forgeron et des charges incendiaires. Puis Chant ramena ses hommes vers la rivière, en direction du « Vieux Môle », une jetée qui s’avançait directement dans la Loire, juste au sud de l’ouverture de la cale sèche. Comme leur itinéraire était barré par un pont que le feu allemand balayait, les hommes de Chant s’accrochèrent aux poutrelles sous la structure et ainsi passèrent de l’autre côté.

Le lieutenant Bob Burtenshaw descendait avec son groupe le long du dock près du Campbeltown. Portant la casquette du commandant Beattie – on ignore comment il l’a eu – et son monocle fermement vissé à l’œil, il fredonnait l’air « There’ll Always Be An England » pour lui-même au milieu du feu allemand. Dans les ténèbres, il tomba sur les survivants du groupe du lieutenant Gerard Brett, qui avaient laissé à couvert leur commandant blessé et avaient atteint le caisson nord du dock, non sans tuer deux Allemands croisés en chemin. Ils avaient essayé sans succès de forcer l’ouverture de l’écoutille menant à l’intérieur de l’énorme caisson.

Déjà blessé, Burtenshaw prit le commandement et les équipes mélangées placèrent une dizaine de charges de 8 kg dans l’eau, contre la face du caisson. Les Allemands répondirent par le feu nourri des bateaux mouillant dans le bassin, et Burtenshaw prit la tête d’un petit groupe et descendit le long du mur pour essayer de neutraliser ces tirs. Comme ils avaient transporté leurs lourdes charges explosives, Burtenshaw et ses hommes ne portaient que des pistolets, mais avec ces maigres armes – et l’aide de deux mitrailleurs anglais – ils prirent d’assaut les armes automatiques qui balayaient les sapeurs sur le caisson. Les Allemands prirent la fuite, mais Burtenshaw, toujours fredonnant, fut tué au bord du dock.

La maison de treuil au sud du dock avait également été détruite par un groupe commandé par le lieutenant Christopher Smalley, ses moteurs et ses énormes gerbes réduit à un enchevêtrement de métal, bien que Smalley ait été tué lorsqu’il ramenait ses hommes vers les vedettes restantes. Les hommes du lieutenant Corran Purdon brisèrent la porte d’acier de la maison de treuil du caisson nord, posèrent leurs charges et observaient lorsque leurs explosions démolirent la cible.

L’hécatombe de la flottille

Sur le fleuve, les vedettes en bois avaient terriblement souffert sous le déluge de feu allemand. Plusieurs avaient coulé, étaient en train de le faire ou brûlaient lorsque le Campbeltown s’écrasa. Du carburant enflammé se répandait sur le fleuve pendant que les commandos et les marins luttaient pour nager dans l’eau glaciale, en tirant leurs camarades blessés. Aucun survivant ne pourra jamais oublier les cris des hommes piégés dans le carburant en feu. Le bateau du sergent-major Moss coula sans parvenir à la rive, et ses survivants l’avaient abandonné. Avec cran, Moss nagea vers la terre en remorquant lui-même le radeau – et il mourut avec chaque homme sur le flotteur dans un torrent de rafales de mitrailleuses.

L’une des vedettes prit feu et explosa, en tuant 15 des 17 commandos à bord ainsi que l’essentiel de son équipage. Une autre vedette stoppa pour repêcher les survivants et les extraire du carburant en feu, mais il fut déchiqueté par le feu allemand. Une autre encore perdit un moteur ainsi que sa barre et dut se retirer, et trois autres étaient en flammes. La vedette qui récupéra les survivants du Campbeltown tenta de prendre la fuite vers le large, en zigzaguant et en émettant de la fumée, mais les batteries côtières allemandes étaient simplement trop nombreuses. Touché de nombreuses fois, la vedette se mit à dériver le long de la Loire, tel un phare brûlant dans les ténèbres, privé de capitaine. A part Beattie et un autre homme, chaque officier du Campbeltown mourut à bord, y compris le courageux Tibbets.

La canonnière cabossée de Ryder était jonchée de morts et de blessés, et sur le fleuve 5 vedettes brûlaient furieusement dans la nuit. Au canon pom-pom du pont avant, le marin William Savage déversait un feu continu et précis sur les batteries côtières allemandes. Complètement exposé, sans même une plaque en guise de protection, Savage pilonna calmement les canons allemandes pendant 25 terribles minutes.

Alors que le feu allemand continuait à balayer la canonnière, la plupart des blessés à bord ont été touchés pour la deuxième ou la troisième fois. Pour sauver ses hommes blessés, Ryder donna à contre-cœur l’ordre de se retirer et la canonnière, tirant toujours de ses armes restantes, mit le cap sur l’embouchure de la Loire. Certains des vedettes survivantes rentrèrent à la maison en même temps, en émettant de la fumée pour couvrir leur retrait. Lorsque la canonnière prit enfin le cap de retour, un éclat d’une nouvelle salve allemande tua Savage.

Micky Wynn orienta le torpilleur 74 vers son objectif secondaire, les portes des écluses menant à l’intérieur du bassin de St-Nazaire. Wynn entendit ses projectiles frapper les portes et fit demi-tour, sa mission accomplie. Lui et son torpilleur 74 avaient une voie dégagée vers la sécurité, en redescendant la Loire à 40 nœuds – jusqu’à ce que Wynn tombe sur deux survivants britanniques s’accrochant à un canon de sauvetage dans l’eau. Refusant de les abandonner, il rangea son petit bateau le long du canot, mais avant que les hommes ne puissent être hissés à bord, un torrent de feu déchiqueta le torpilleur 74. Le brave Wynn, ayant perdu un œil, fut secouru avec deux autres hommes par des navires allemands. Tous les autres hommes à bord étaient morts.

Sur la rive, les commandos survivants commencèrent à se réunir autour de Newman, qui rassembla quelque 70 hommes dont la moitié étaient blessés. Newman leur annonça que toutes les vedettes avaient été soit coulées, soit retirées de l’enfer le long de la rive. Il leur ordonna de se diviser en petits groupes et de se diriger vers l’intérieur du pays, de ne pas se rendre tant qu’ils avaient des munitions, et d’essayer d’atteindre la frontière espagnole. Il nomma rapidement des chefs pour chacun des détachements. « Leurs saluts », a-t-il écrit plus tard, « et leur allure auraient pu être ceux de l’Ecosse, et les ordres de combattre à terre furent reçus avec des sourires. »

« C’est une belle nuit au clair de lune pour cela », leur déclara Newman, et ses hommes commencèrent à se séparer, sautant par-dessus les haies des jardins et s’enfonçant dans les allées. Les commandos tiraient sur tout ce qui bougeait en progressant vers le côté est de la zone des bassins, abattant un motocycliste et un pilote de side-car allemands en route, et nettoyant des poches de résistance allemandes. Certains combats s’effectuaient à mains nues. Mais la zone grouillait d’ennemis, et petit à petit les raiders étaient abattus ou capturés.

Pendant ce temps, en haute mer, le Tynedale et l’Atherstone avaient affronté quatre destroyers allemands, et l’Atherstone collectait les survivants de trois vedettes britanniques, leurs ponts recouverts de sang et jonchés de commandos grièvement blessés. Le Tynedale avait recueilli les blessés de trois autres vedettes et de la canonnière, puis transféré certains des hommes à l’Atherstone. Chargés de blessés, les deux destroyers rentraient à vitesse maximale vers Falmouth, couverts par les avions du Coastal Command. Lorsqu’un Junkers Ju-88 se mit à menacer les navires, un Bristol Beaufighter de la RAF attaqua et s’écrasa dans l’appareil allemand. Les équipages des deux avions perdirent la vie.

Peu après, les destroyers Brocklesby et Cleveland firent leur apparition, ce qui ajoutait une puissance de feu considérable à la petite flotte. Le Brocklesby abattit un autre bombardier allemand, et un Beaufighter détruisit un avion de reconnaissance allemand qui suivait, aveuglant ainsi une grande force d’attaque de la Luftwaffe qui se formait pour frapper les Britanniques en retraite. Pour gagner davantage de vitesse, les raiders sabordèrent la canonnière et deux des canots, qui étaient tous salement endommagés.

Trois autres vedettes revinrent à la base de leurs propres moyens, endommageant en chemin un avion allemand et en abattant un autre. La vedette 14 fut bien près de trouver son chemin vers la haute mer, mais à quelque 72 kilomètres de l’estuaire, il se heurta au Jaguar, un torpilleur allemand plus grand et plus lourdement armé. La vedette 14 combattit ce navire pendant une heure, et l’ennemi tentait de l’éperonner ou de le prendre d’abordage. Ce n’est que lorsque ses ponts ruisselaient de sang et qu’il coulait sous son équipage toujours combatif que le skipper de la vedette 14 finalement se rendit. A son crédit, le capitaine allemand Paul prit un grand soin des blessés britanniques. En fait, un officier allemand – probablement Paul – rendit plus tard visite à Newman, alors prisonnier, pour transmettre un compte-rendu favorable de la courageuse défense britannique. Le rapport allemand mena à l’attribution après la guerre d’une Victoria Cross au sergent Thomas Durrant, qui s’accrocha aux mitrailleuses bitubes de la petite vedette et mourut à bord du Jaguar avec un total de 25 blessures.

Une explosion finale

A St-Nazaire, la fumée s’était dissipée et le carnage avait cessé. Les prisonniers britanniques avaient été emmenés, et les cadavres des deux camps collectés. Dans la cale sèche, environ 40 officiers allemands – certains accompagnés de leurs maîtresses françaises – s’étaient aventurés à bord du Campbeltown et inspectaient le navire cabossé. Quelques 400 autres Allemands curieux étaient rassemblés sur les bords du dock. Ils y étaient toujours en fin de matinée, discutant et prenant des photos, lorsque l’énorme charge du vieux destroyer explosa, dispersant des fragments humains sur tout le flanc de la cale.

L’explosion projeta complètement le caisson hors de son rail, détruisit la proue du Campbeltown et mit hors service le dock pour le reste de la guerre. Beattie était alors interrogé par un officier allemand, qui venait de lui dire que les Britanniques n’avaient de toute évidence pas réalisé la résistance du dock. A l’instant où la charge du Campbeltown fut mise à feu, la fenêtre éclata et la bâtiment fut secoué. Beattie ne résista pas à l’envie de dire doucement qu’ils n’avaient peut-être pas sous-estimé leurs cibles.

Les pertes allemandes dues à l’explosion sont inconnues, mais plus tard des enquêtes françaises fixèrent ces pertes à 60 officiers et quelque 300 soldats en plus de ceux tués et blessés par les commandos. On affirme encore que l’un ou l’autre des officiers britanniques capturés étaient également à bord du Campbeltown, et qu’ils se sont peut-être sacrifiés en racontant au large groupe d’officiers allemands une histoire préparée, afin de les faire rester à bord jusqu’à l’explosion. Les habitants de St-Nazaire croyaient que quelque chose de ce genre s’était produit, ou qu’un officier était retourné pour mettre à feu les charges. Si c’était le cas, c’était un sommet de sang-froid et de courage.

Le jour suivant, les deux torpilles à détonation retardée du torpilleur 74 explosèrent dans le bassin de St-Nazaire, générant une panique au sein des défenseurs allemands. Certains soldats allemands se mirent à tirer de manière indiscriminée sur des ouvriers français, et même sur le personnel de leur propre Organisation Todt.

Le Campbeltown avait bien fait son travail. En fait, le dock ne fut pas remis en service avant les années 50. Le monstrueux cuirassé Tirpitz restait privé de base. Il ne sortit jamais de son refuge norvégien, et c’est là, dans un autre raid, les sous-marins de poche de la Royal Navy le trouvèrent et le paralysèrent en 1944. A l’automne de cette année, des Avro Lancasters de la RAF l’attaquèrent. Leurs bombes de 5450 kg ravagèrent le cuirassé, qui chavira dans le fjord de Tromso et devint un cercueil d’acier pour une grande part de son équipage.

L’opération Chariot avait coûté à la Grande-Bretagne 169 tués et environ 200 prisonniers, la plupart d’entre eux blessés. Cinq commandos parvinrent à se frayer un chemin jusqu’à l’Espagne. Quatre autres furent faits prisonniers, mais réussirent à s’échapper. Ceux qui moururent dans l’attaque furent honorés par les Allemands, qui formèrent une garde d’honneur pour les cercueils de certains d’entre eux et échangèrent des saluts avec des officiers britanniques capturés lors de l’enterrement.

Le courage extraordinaire des raiders aboutit à un total de 74 décorations britanniques, et la France a décerné 4 Croix de Guerres. Un nombre sans précédent de 51 hommes a été mentionné dans des citations, et l’opération a été surnommée par ceux qui y ont survécu « le plus grand raid de tous les temps. » Cinq Victoria Cross furent également décernées aux raiders. L’une est allée à Ryder et une autre à Newman, en reconnaissance non seulement de leur valeur personnelle mais également de la valeur collective des hommes sous leurs ordres. Une troisième médaille est allée à l’imperturbable Beattie, le capitaine du Campbeltown, reconnaissant son courage de même que, selon la coutume britannique, la valeur « aussi des officiers et des hommes du navire, dont beaucoup n’ont pas survécu. »

Le sergent Durrant mérita sa Victoria Cross pour son combat courageux et à sens unique contre les canons du Jaguar. La cinquième médaille est revenue à Bill Savage. Sa citation résume toute la nuit tragique et vaillante de St-Nazaire. La Victoria Cross a été décernée non seulement pour le courage individuel, mais également pour la grande valeur de nombreux anonymes, dans les vedettes, les canonnières et les torpilleurs, qui ont accompli leur devoir à des positions complètements exposées et à courte distance du feu ennemi.

Texte original: Robert Barr Smith, « The Greatest Raid of All », World War II, Mars 2003 
Traduction et réécriture: Maj EMG Ludovic Monnerat 

source : http://militaires-d-hier.forumgratuit.org/t4398-le-raid-britannique-sur-le-port-de-st-nazaire-reste-le-plus-grand-de-tous-les-temps#30582

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

20 janvier 2013

Les Forces françaises de l’intérieur (FFI)

Classé sous — milguerres @ 13 h 25 min

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

Résistance … la lutte contre le mal

Voir FFI en images source Ecpad

Les Forces françaises de l’intérieur (FFI)
Les Forces françaises de l’intérieur (FFI) sont le résultat de la fusion, au 1er février 1944, des principaux groupements militaires de la Résistance intérieure française qui s’étaient constitués dans la France occupée : l’Armée secrète (AS, gaulliste, regroupant Combat, Libération-Sud, Franc-Tireur), l’Organisation de résistance de l’armée (ORA, giraudiste) et les Francs-tireurs et partisans (FTP, communistes), etc.

Les Forces françaises de l'intérieur (FFI)  ffi_dr10

Période 1944 – 1944
Pays France
Allégeance France
Effectif 400 000 personnes
Composée de • Armée secrète
• Organisation de résistance de l’armée
• Francs-tireurs et partisans
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Bataille des Glières
Bataille du Vercors
Bataille de Saint-Marcel
Bataille du Mont Gargan
Bataille du Mont Mouchet
Bataille de Paris
Poche de Saint-Nazaire
Commandant historique Pierre Kœnig

ffi_pr10

La bataille de Provence du 16 au 28 août 1944.
Description : Bouches-du-Rhône, Marseille,combat de rue mené par les FFI (Forces françaises de l’intérieur).
Date : Août 1944
Lieu : Marseille, Bouches du Rhône
Photographe : Jacques Belin
Origine : ECPAD
Référence : TERRE-270-6014

ffi_ca10

La bataille de Provence du 16 au 28 août 1944.
Description : Marseille, la Canebière,embuscade des FFI (Forces françaises de l’intérieur) sur la Canebière.
Date : Août 1944
Lieu : Marseille, Bouches du Rhône
Photographe : Jacques Belin
Origine : ECPAD
Référence : TERRE-270-6028

ffi_fo10

La Force noire
Description : 1944 : A Cornimont, des résistants FFI (Forces Françaises de l’Intérieur), nouvellement intégrés dans les unités régulières, troquent leurs vêtements civils contre les uniformes des tirailleurs sénégalais qu’ils vont relever.
Date : 1944
Lieu : Cornimont
Référence : terre-293-6981

ffi_li10

Après la libération de Dijon, revue des troupes par le général de Lattre.
Description : Les généraux de Lattre de Tassigny, commandant l’Armée B (future 1re Armée) et de Monsabert, à la tête du 2e corps d’armée, saluent les drapeaux des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) lors d’une prise d’armes dans Dijon tout juste libérée. A partir du 23 septembre 1944, de nombreux FFI rentrent dans les rangs de la 1re Armée.
Date : Septembre 1944
Lieu : Dijon
Photographe : Belin Jacques
Origine : SCA – ECPAD
Référence : TERRE-273-6165

La fusion s’opéra en février 1944 à l’instigation notamment de Jacques Bingen1.
Elle n’était pas destinée seulement à unifier et à donner un cadre « légal » aux forces de la Résistance intérieure, mais aussi à les structurer de manière hiérarchique. Les FFI furent ainsi placées[Par qui ?] en mars 1944 sous le commandement du général Kœnig et l’autorité politique du GPRF du général de Gaulle.

Les FFI jouèrent un rôle non négligeable dans la préparation du débarquement allié en Normandie de juin 1944 et dans la libération de la France. Le commandant des forces alliées en Europe, le général Eisenhower estima l’aide apportée par les FFI à l’équivalent de quinze divisions régulières2. Les effectifs des FFI étaient de 100 000 en janvier 1944, 200 000 en juin et 400 000 en octobre3

À l’issue de la libération de la France, 114 000 FFI au total (30 %) 4,5 s’intégrèrent ensuite dans l’armée française régulière, en particulier au sein de la première armée du général de Lattre, dans le cadre de ce qui a été appelé à l’époque « l’amalgame » des Résistances intérieure et extérieure.

EMFFI
L’État-major des Forces françaises de l’intérieur (EMFFI), créé en avril 1944, est dirigé par le général Marie Pierre Koenig. Dès avant, le GPRF avait désigné
Délégués militaires
• Un Délégué militaire national (DMN) en France :
1. commandant Pierre Marchal « Hussard »
2. commandant Louis Mangin « Losange » (1943-1944) ; adjoint Jacques Chaban-Delmas « Arc »
3. commandant Maurice Bourgès-Maunoury « Polygone » ; adjoint Jacques Chaban-Delmas « Arc »
4. colonel Paul Ély « Algèbre »,
5. général Jacques Chaban-Delmas « Arc »
• Deux Délégués militaires de zone (DMZ), mis en place par le BCRA à l’été 1943 :
o DMZ Nord :
1. commandant Pierre Marchal « Hussard » (1943),
2. Jacques Chaban-Delmas « Arc » (1943),
3. colonel André Rondenay « Lemniscate », « Jarry » (1944).
o DMZ Sud :
1. colonel Paul Ély « Algèbre » (1943),
2. commandant Maurice Bourgès-Maunoury « Polygone » (1944).
• 12 Délégués militaires régionaux (DMR).
• Des Délégués militaires départementaux (DMD).
COMAC
Le COMAC ou Comidac (Comité d’action militaire), censé regrouper à la fois des représentants d’Alger (CFLN-GPRA) et des résistants de l’intérieur (CNR). Les membres sont les suivants :
• Mouvements de zone sud :
1. Maurice Chevance-Bertin,
2. Maurice Kriegel-Valrimont
• Mouvements de zone nord :
1. Jean de Vogüé « Vaillant ».
• Front national :
1. Pierre Villon
• Représentant du CNR :
1. Marcel Degliame,
2. Pierre Villon
• Chef de l’état-major national des FFI :
1. Général Pierre Dejussieu,
2. Alfred Malleret, représentant des FFI.
• Délégué militaire national représentant le CFLN d’Alger :
1. Louis-Eugène Mangin,
2. Jacques Chaban-Delmas.
• Conseiller technique : général Georges Revers.

Un autre Comidac existe à Alger.
Organisation régionale des FFI
L’état major des FFI a nommé, dans chacune des régions qu’il a définies :
• un commandant régional des FFI,
• un délégué militaire régional (DMR), avec un surnom géométrique : carré, circonférence, diagonale, ellipse, hypoténuse, orbite, polygone, pyramide, etc.)6,
• un responsable des opérations aériennes (COPA) ensuite appelé Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) à partir de novembre 1943 environ, avec un surnom venant des titres : « Archiduc », « Pacha », « Pape », « Sultan », etc.
Ces chefs, arrivant dans des régions qu’ils ne connaissaient souvent pas, n’ont parfois joué qu’un rôle de vague coordination, le véritable pouvoir opérationnel restant souvent entre les mains des chefs des réseaux locaux et des maquis.
La plupart des chefs régionaux des FFI et des DMR ont été faits compagnon de la Libération.

Zone sud
Région R1 : Rhône-Alpes (Lyon).

• Commandant FFI R1 :
1. colonel Albert Chambonnet7,8.
2. Alban Vistel9,10.
• DMR R1 :
1. Maurice Bourgès-Maunoury « Polygone »11,12. Adjoint : Charles Gaillard « Triangle ».
2. Paul Leistenschneider « Carré »13,14.
• Chef du Service d’opérations aériennes (ou section atterrissages-parachutages, SAP) :
1. Paul Rivière « Galvani » et « Marquis » 15,16.
2. Pierre-Paul Ulmer17,18.

Région 2 : Provence-Côte d’Azur (Marseille) – R2 couvre : Alpes-Maritimes, Bouche du Rhône, Basses Alpes, Gard, Hautes Alpes, Vaucluse, Var
• Commandant FFI R2 :
1. Robert Rossi19,20,21.
2. Jacques Renard « Turpin »22,23.
3. Henry Simon24,25.
• DMR R2 :
1. Robert Burdet « Circonférence »26.
• Responsable atterrissages-parachutages : Camille Rayon « Archiduc »27. Adjoints Petitjean « Binette » et Gaillard « Triangle ».

Région R3 : Languedoc-Roussillon (Montpellier) - R3 couvre : Aude, Aveyron, Hérault, Lozère, Pyrénées orientales
• Commandant FFI R3 : (…)
• DMR R3 :
1. Paul Leistenschneider « Carré »28,14.
2. colonel Jacques Picard « Sultan »29.
3. Lucien Cambas « Trapèze »30,31.
Région R4 : Sud-Ouest (Toulouse) - R4 couvre : Lot, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne, Gers, Hautes-Pyrénées, Ariège et Haute-Garonne
• Commandant FFI R4 :
1. Serge Ravanel.
2. Jean-Pierre Vernant « colonel Berthier »32. Adjoint33 : Commandant Sarda de Caumont, « Rosette »34.
• DMR R4 :
1. Paul Leistenschneider « Carré »35,14.
2. Bernard Schlumberger « Droite »36.
• Colonne R4 dite «FFI de Toulouse»37 : colonel Maurice Redon « Durenque ».
Région R5 : Limousin (Brive-la-Gaillarde puis Limoges) – R5 couvre : Corrèze, Creuse, Dordogne, Vienne, Haute-Vienne
• Commandant FFI R5 :
1. colonel Maurice Rousselier « Rivier »38,39.
• DMR R5 :
1. Eugène Déchelette « Ellipse »40,41.
• Chef SAP : Alain Grout de Beaufort42.
Région R6 : Auvergne (Clermont-Ferrand) - R6 couvre : Allier, Cantal, Haute-Loire, Puy de Dôme voir aussi sud du Cher
• Commandant FFI R6 :
1. Émile Coulaudon « colonel Gaspard »43,44.
• DMR R6 :
1. Alexandre de Courson de la Villeneuve « Pyramide »45,46.
2. Puis Vivier, « Isotherme ».
• Chef de la Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) :
1. Paul Schmidt « Kim »47,48.
2. Alain Grout de Beaufort « Jac » 49,50.
3. Yves Léger « Évêque »51,52.
4. Pierre-Paul Ulmer53.

Zone Nord
En zone Nord, les régions étaient définies par des lettres.
Région P (Paris)
• Commandants des FFI RP : (..)
• DMR RP : André Boulloche « Segment » (X-Pont, ingénieur, compagnon de la Libération, futur député et ministre SFIO-PS)54 mais il est arrêté.
1. André Rondenay « Lemniscate »55,56.
Région A (Amiens) - La région A couvre : Aisne, Nord, Pas-de-Calais, Somme et Seine-inférieure.
• Commandant des FFI RA :
1. Gaston Dassonville (instituteur, communiste, réseau Voix du Nord, député en 1946-1955)57,58.
• Chef d’état-major FFI RA :
1. Jean Lejeune « Bastien »59,60.
• DMR RA :
1. Raymond Fassin « Sif », « Piquier » ou « Comète »61,57.
2. Guy Chaumet « Cissoïde » ou « Mariotte »62,63,64.
• Responsable du BOA RA : Pierre Deshayes alias « Capitaine Jean-Pierre »65.
• Chef Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) RA : Paul Rivière (compagnon de la Libération)16.
Région B (Bordeaux) - La région B couvre : Basses-Pyrénées, Landes, Gironde, Charente-Maritime, Vendée, Deux-Sèvres.
• Commandant des FFI RB :
1. le général Jean-Baptiste Morraglia « Lemaître »66,67.
• DMR RB :
1. Claude Bonnier, « Hypoténuse »68,69,70. Adjoint : Jacques Nancy « Sape »71
2. Gaillard, « Triangle ».
• chef du Bureau des opérations aériennes (BOA) RB : Guy Chaumet72.
Région C (Châlons-sur-Marne) - La région C couvre 8 (ou 6 ?) départements de l’Est de la France, dont l’Alsace et la Lorraine.
• Commandant des FFI RB :
1. Gilbert Grandval73,74. Adjoint : Jean Bertin75
• DMR RC :
1. André Schock « Diagonale »76.
2. Gilbert Grandval « Planète »77.
• Chef du Bureau des opéations aériennes (BOA) :
1. Michel Pichard (compagnon de la Libération).
• Effectif : « Les effectifs militaires de la Région C sont de l’ordre de 30 000 hommes à l’été 1944 dont 2 500 maquisards mais assez pauvrement armés »78. Bilan : « De juin à septembre 1944 plus de 1 000 câbles ont été échangés avec l’État-major du général Kœnig, commandant des FFI et on dénombre 700 sabotages ou action de guérilla dans la Région C. »79
Région D (Dijon) - La région D couvre : Bourgogne, Franche-Comté)
• Commandant des FFI RD :
1. Colonel Baruteau80
2. Claude Monod81,82.
• DMR RD :
1. Pierre Hanneton « Ligne ».
2. Davout d’Auerstaedt « Ovale ».
• Effectifs : 25 000 hommes, selon Claude Monod83 ou 22.000 84.
Région M (Le Mans)
Zone : la région M est la plus grande région FFI comprenant 14 départements (Normandie, Bretagne, Anjou). Elle est donc ensuite divisée en deux régions de 7 départements chacune : M1 et M285
• Commandant des FFI RM : (..)
• DMR RM :
1. Valentin Abeille « Fantassin » puis « Méridien »86,87. Il a pour adjoint le chef FFI Maurice Guillaudot (compagnon de la Libération).
2. Kammerer « Parallèle »88,89.
• Chef d’opérations aériennes de la région M :
1. Jean-François Clouet des Pesruches « Galilée »90 ; et/ou Edouard Paysant « Tinchebray »91,89.
Sous région M1 - La sous-région M1 couvre : Orne, Sarthe, Mayenne.
• Chef des opérations aériennes M1 et M4 : Gros (vers juin 1944) puis Croisé (vers juin 1944)89.
Sous-région M3 - La sous-région M3 (Bretagne) couvre : Finistère, Côtes-du-Nord, Morbihan, Ille-et-Vilaine.
• Commandant des FFI :
1. général Audibert (?),
2. colonel Eon.
• Délégué militaire régional : (..)
Sous-région M4 – La sous-région M4 couvre : Calvados, Manche, Eure.
• Chef des opérations aériennes M1 et M4 :
1. Gros (vers juin 1944)
2. Croisé (vers juin 1944)89.
Sous-région Pays-de-Loire, Anjou, Normandie
• Commandant des FFI : (..)
• Délégué militaire régional pour les Pays de Loire, l’Anjou et la Normandie : Jean-François Clouet des Pesruches « Orbite » 92,93.
• Effectifs : selon le site de l’ordre de la Libération : « Au moment où la 3e armée américaine du général Patton et la 9e armée US pourchassent l’ennemi vers Chartres et Orléans, « Orbite » est un auxiliaire précieux pour protéger les flancs des armées alliées à la tête de 2 500 FFI armés par les récents parachutages d’armes organisés par ses soins. »93
Organisation départementale des FFI
Méthodologie
• La liste des chefs départementaux des FFI est difficile à établir car fluctuante au gré des arrestations et des combats. Il peut y avoir des confusions entre chef des FFI (chefs aux profils militaires) et chef des Comités départementaux de Libération (CDL) (chefs aux profils plus civils).
• Nous les avons regroupés, par facilité selon les régions administratives actuelles de la France (éventuellement différentes de « régions » de la Résistance).
• Cette liste illustre bien la diversité de la Résistance, d’où l’intérêt de retrouver la profession et l’engagement politique de ces hommes :
• Il apparaît que les chefs départementaux des FFI portaient souvent le grade de commandant ou de colonel de la Résistance.

Ile de France (Région P1)
• commandant régional des FFI : Pierre Pène dit Périco (X1922, ingénieur colonial, résistant OCM, compagnon de la Libération) mais arrêté en avril94. Puis Henri Rol-Tanguy (ouvrier communiste (CGT), résistant FTP, compagnon de la Libération) à partir du 1er juin 194495.
• département de la Seine (dont Paris) :
Commandant des FFI : colonel Teissier de Margueritte96, « Lizé »97,98,99. Et aussi Aimé Lepercq (ingénieur, directeur de sociétés, résistant OCM), « De septembre 1943 jusqu’au 8 mars 1944, date de son arrestation par la Gestapo, il est le premier commandant des forces paramilitaires puis des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) de Paris. »100
Commandant secteur Nord : (..) Commandant secteur Est : (..) Commandant secteur Ouest : (..) Commandant secteur Sud : (..)
Chef du Comité parisien de la Libération : André Tollet (ouvrier tapissier, communiste, secrétaire de l’Union des Syndicats CGT clandestins de la Région parisienne).
• Seine-et-Oise :
Commandant des FFI S&O Nord : Philippe Viannay (étudiant catholique de droite, fondateur du réseau Défense de la France)95. Commandant des FFI S&O Sud : Jacques Pastor (agrégé de sciences naturelles, communiste, résistant Front National)95,101.
• Seine-et-Marne :
Commandant des FFI : Hubert Desouche, dit Dugas (résistant de Turma-Vengeance)95.
• Oise :
Commandant des FFI : Fromont (ou Fromonot) Monturat, dit Dupont (résistant de CDLR)95.

Région Nord-Pas-de-Calais
• Nord :
• Pas-de-Calais : chef FFI : (..)
Président du CDL du Pas-de-Calais : Gaston Dassonville (élu novembre 1943) (il sera également chef régional des FFI, lire plus haut sur l’organisation régional). http://nicolad.unblog.fr/ Un homme du maquis de Mazinghien
Région Picardie
• Chef départemental FFI de la SOMME (RA1):
1. Augustin Petin « BRETON », instituteur à WARLUZEL (Pas de Calais), officier de réserve. Contactait par Raoul FRANCOIS en août 1942 pour constituer les groupements OCM dans les secteurs de FREVENT, AVESNES-le-COMTE et St-POL-sur-TERNOISE. Le nom d’Augustin Petin est connu des Allemands vers la fin de l’année 1943 à la suite de la main mise par la Gestapo sur d’importants documents au domicile à Paris d’un responsable national. Augustin Petin n’a plus, des lors, d’autres ressources que de vivre dans la clandestinité. Le responsable régional DELVALLEZ le désigne en février 1944 comme responsable OCM du département de la Somme avec mission de reconstituer les commandements locaux totalement annihilés après l’arrestation des principaux responsables Picards. Son activité lui vaut, en juin 1944, d’être nommé Responsable Départemental FFI de la Somme et c’est en cette qualité qu’il prépare les combats de la Libération. À la suite d’une dénonciation, Augustin Petin est arrêté par les Allemands le 28 août 1944 au domicile de M. BLANCHARD. Incarcéré à la prison d’Amiens, il réussit à s’échapper grâce à de faux papiers d’identité et à un subterfuge, ce qui lui permit de rejoindre le 31 suivant, les colonnes blindées alliées qui libérèrent la ville. Telle est brièvement retracée l’activité résistante d’Augustin PETIN qui se montrait toujours très discret avec ses amis sur les actions d’éclat auxquelles il avait participé. Faisant toujours preuve de beaucoup de modestie, Augustin PETIN devait rester profondément attaché au TERNOIS et c’est ainsi que pendant 24 ans on le trouve Directeur de l’école communale de LIGNY-sur-CANCHE.
• Aisne :
• Oise :
Région Champagne-Ardenne
• Marne : commandant Pierre Bouchez (résistant de CDLR, officier de réserve, responsable patronal de Reims).
Le Président du Comité départemental de Libération (CDL) est Michel Sicre (syndicaliste communiste).
• Ardennes : commandant Fournier (garçon coiffeur, résistant de l’OCM).
Président du Comité départemental de Libération (CDL) : docteur Jullich (ancien président radical-socialiste du conseil général).
• Haute-Marne : colonel de GROUCHY (résistant de l’ORA, officier à la retraite).
Président du CDL : Robert Vauthier (Parti socialiste).
• Aube : commandant Alagiraude (directeur du Centre de libération des prisonniers de guerre de Troyes, résistant de l’Armée secrète).
Président du CDL : Gabriel Thierry (Libé-Nord).
Région Lorraine
• Meuse : Yvan Beausire dit Leclerc (ancien chef des groupes F.F.I. et du maquis de Senon).
• Vosges : Commandant Gonand (chef du 4e Groupement des F.F.I. des Vosges)102, Auguste Delafenêtre, responsable du 2e groupe des F.F.I. des Vosges103 .
• Meurthe-et-Moselle : Charles Thomas dit César (ancien capitaine de régiment étranger).
• Moselle (annexée au Reich) : Alfred Krieger dit commandant Grégor (résistant du réseau Mithridate)104.
Région Alsace
(…)
Région Franche-Comté
• Haute-Saône : Paul Guépratte.
• Doubs :
• Jura : commandant Foucaud (officier d’active) (tué en avril 1944). Puis en mai 1944 : Romuald Vandelle « commandant Louis » (polytechnicien, compositeur de musique).
Région Bourgogne
• Saône-et-Loire :
Chef CDL : (..)
• Côte-d’Or :
1. colonel Pratt (officier, résistant ORA). Adjoint : commandant aviateur Balay (officier, résistant ORA). En mai 1944, le colonel Pratt et le commandant Balay sont arrêtés et déportés. Le nouveau chef FFI est le colonel René Alizon « commandant Guy » (officier d’artillerie, rejoint l’ORA)105.
Chef CDL : (..)
• Nièvre : le Colonel Roche « Moreau » (chef de Libération Nord).
Président du CDL de la Nièvre : Pierre Gauthé.
• Yonne :
1. Marcel Choupot « commandant Chollet » nommé en mai 1944, puis fusillé par les Allemands en août 1944.
2. Adrien Sadoul « Colonel Chevrier ». FFI de l’Yonne deviennent le 1er Régiment du Morvan (à préciser).
Chef CDL : (..)
Région Centre
• Loiret : chef de bataillon Auguste Watremez
• Cher-Nord : le colonel « Colomb » (Arnaud de Vogüé).
• Indre : le colonel Chomel (« Charles Martel »).
• Eure-et-Loir : Pierre July
• Loir-et-Cher :
• Indre-et-Loire :
Région Haute-Normandie
• Seine-maritime : lieutenant colonel Michel Multrier (polytechnicien et officier, chef de FORA de la Seine-Inférieure).
Chef du CDL : Guénard (Front national).
« Effectifs de la Résistance en Seine-Inférieure : 15 octobre 1943, 3800 hommes et femmes. 1er juin 1944, 10 330 hommes et femmes. (..) Le 20 juin 1944, les FFI disposaient environ 2500 hommes mal armés qui provenaient des FTPF, de l’ORA, du BOA, et Libé-Nord et de divers groupes FN ou indépendants.(..) Jusqu’au 2 septembre, les pertes allemandes sont chiffrées par le lieutenant-colonel Multrier, commandant les FFI, à 625 tués et 8649 prisonniers. Du 6 juin au 13 septembre, les pertes FFI furent de 149 tués et 97 blessés » 106.
• Eure : Marcel Baudot (archiviste départemental) « commandant Breteuil »107.
Chef du secteur Vernon, Pacy sur Eure, Gaillon : Commandant Joseph CHAULIEU (1894 – 1985) 108.
Région Basse-Normandie
• Orne : Daniel Desmeulles arrêté juin 1944. Puis André Mazeline (20/06/1944).
• Calvados : Président du CDL Calvados: Léonard Gille.
• Manche :
Président CDL Manche : Yves Gresselin « Colibri » (épicier à Cherbourg).
Région Bretagne
• Morbihan : Capitaine de frégate Paul Chenailler « Morice », (après l’arrestation en décembre 1943 du Commandant de gendarmerie Maurice Guillaudot), avec le Commandant Pierre-Louis Bourgoin, F.F.L., commandant le 4e bataillon de parachutistes S.A.S., à partir du 10 juin 1944, date de son parachutage au maquis de Saint-Marcel.
• Ille-et-Vilaine : général Allard ?
• Finistère : colonel Paul Jules Fonferrier (officier de la Coloniale, « Rossignol ») puis Henri Provostic(notaire à Ploudalmézeau et juge de paix, « Benoît »). Roger Bourrières.
Chef d’arrondissement de Brest : Garion (avoué à Brest), « commandant Somme-Py » Chef des arrondissements hors Brest : commandant Faucher, « commandant Louis ».
• Côtes-du-Nord (actuelles Côtes-d’Armor) : Jean Le Jeune
o Président du CDL Côtes-du-Nord : Henri Avril
o Chef departemental des FTP des Côtes-du-nord : Jean Le Jeune, commandant Émile109
o Chef departemental adjoint FTP Côtes-du-nord, responsable secteur FTF de Callac, puis des juin 1944 à l’Etat-major departemental FFI dès la formation de celle-ci, puis commandant FFI affecté à la 11e région militaire comme officier d’état-major, chef du 4e bureau FFI : Louis Le Meur, commandant Rolland110,111
Région Pays de Loire
• Mayenne : Jean Séailles « commandant Grégoire » (chef adjoint du réseau Aristide-Buckmaster) ; M. Counord.
• Sarthe :
• Maine-et-Loire : Jean Eynaud de Faÿ « Rousseau » (officier de marine d’active, résistant OCM, ORA). Puis le « commandant Blanche ». Les FFI du Maine-et Loire deviennent le 135e RI.
• Loire-Inférieure (actuelle Loire-Atlantique) : Jacques Chombart de Lauwe « colonel Félix » à partir du 4 août 1944112.
• Vendée :
Région Poitou-Charentes
• Deux-Sèvres : Edmond Proust « Gapit » ou « Chaumette » (résistant OCM, AS).
Président du CDL : (..)
• Vienne : chef des FFI : colonel Chêne « colonel Bernard ».
Président du CDL : (..)
• Charente-Maritime : (..)
Président du CDL : (..)
• Charente : André Chabanne alias Blanqui (Armée secrète)et Bernard Lelay alias Bernard (Francs Tireurs et Partisans)
Président du CDL : (..)
Région Limousin
• Haute-Vienne : Lieutenant Colonel Georges Guingouin « Raoul » ou « lou gran » (instituteur communiste, Compagnon de la Libération, Maire de Limoges 1945-1947)
• Creuse (et sud du Cher) : lieutenant colonel Albert Fossey « François » (commercial aux Presses Universitaires du Massif Central puis à la Sécanaise, SFIO, compagnon de la Libération).
• Corrèze : colonel Louis Godefroy « Rivière » (adjoint au commandant FFI régional en 1944, Compagnon de la Libération) et à partir d’août 1944, Roger Lecherbonnier « Antoine » (voir fiche biographique [2])
Région Auvergne
• Allier :
• Puy-de-Dôme : Roger Samour
• Cantal : colonel Thollon.
• Haute-Loire : Colonel GEVOLDE (De son vrai nom Zapalsky)
Région Aquitaine
• Dordogne : Roger Ranoux « colonel Hercule ».
• Lot-et-Garonne :
• Gironde :
• Landes :
• Basses-Pyrénées (actuelles Pyrénées-Atlantiques) :
Région Midi-Pyrénées
• Lot : commandant Georges ; Roger Lecherbonnier (instituteur, résistant FTP) en 07/1944.
• Aveyron : commandant FFi : Bernard Henri Bonnafous « commandant Richard » avec deux adjoints : le Commandant Charles (FTPF) et le commandant Puget (ORA). Le Colonel Benoît dirige le secteur nord, le colonel Devillers, le secteur sud113. Effectifs : « En recoupant les sources disponibles et les témoignages, on peut estimer la population combattante à un petit millier au début de 1944, et à une dizaine de milliers à la fin août 1944. L’addition des effectifs fournis par les chefs de maquis à la libération se décompose comme suit : 1467 pour le maquis Du Guesclin, 2800 pour le maquis d’Ols, 450 pour le maquis Paul Claie, 550 pour le maquis Antoine, 650 pour le maquis Arêtes-Saules, 500 pour le maquis de Durenque, 500 pour les commandos Hubert, 420 pour les guerrilleros espagnols Salvador, plus de 200 pour les maquis Bayard, Rolland, Jean-Pierre…dont les effectifs quintuplent de juin à août 1944. »113
• Tarn : Maurice Redon « Durenque » (officier du Service géographique de l’armée)114, dont Zone A du Tarn (sud) :
o Charles d’Aragon,
o Pierre Dunoyer de Segonzac.
• Tarn-et-Garonne : commandant ou chef d’EM FFI : colonel Laurent Langeron « Larzac » puis « Leduc » est choisi par le 17 juin 1944 le CDL mais, le 13 juillet, le chef FFI régional Ravanel nomme en fait Noël Duplan (agent des ponts-et-chaussés, militaht radical-socialiste) alias « Nil »115.
• Hautes-Pyrénées :
• Haute-Garonne : Jean-Pierre Vernant « colonel Berthier » (universitaire, grand spécialiste de la Grèce antique, Compagnon de la Libération).
• Ariège : Camille Sourys « lieutenant-colonel Aubert »116.
• Gers : capitaine Gabriel Termignon (officier de réserve, résistant AS), mais arrêté le 15 juillet 1944. Puis le commandant Marcel Lesûr117.
chef CDL : M. Vila98. Effectifs : « On estimait à l’époque entre 6000 et 7000 hommes son effectif global »117.
Région Languedoc-Roussillon
• Pyrénées-Orientales : Louis Torcatis puis Dominique Cayrol
• Aude : Jean Bringer « Myriel » (fils d’un fondateur du Canard Enchaîné, officier, ingénieur des eaux-et-forêts, résistant AS) mais fusillé par les Allemand le 19 août 1944118,119.
• Hérault : commandant Armée Secrète : Bernard Henri Bonnafous « commandant Robin puis Richard » jusqu’à mai 1944
• Gard : Michel Bruguier120
• Lozère : colonel Emile Peytavin.
Région Provence
• Vaucluse :
• Bouches-du-Rhône :
• Var : capitaine Salvatori (capitaine d’active (marsouin), ex-chef départemental de l’AS)121.
Président du CDL du Var : Frank Arnal (chef du SR des MUR du Var) vers mars 1942 (..) puis Louis Martin-Bret121.
• Alpes-Maritimes : officier aviateur de réserve Melin « Chatel »122.
• Alpes-de-Haute-Provence : André Melen dit « Denan ».
• Hautes-Alpes :P aul Héraud « commandant Dumont » (tué en opération le 09/08/44, compagnon de la Libération).
Région Rhône-Alpes
• Savoie : Général Héritier « capitaine Blanchard ».
• Haute-Savoie : colonel Nizier et Jean Rosenthal (compagnon de la Libération).
• Ain (et Haut-Jura) : colonel Henri Romans-Petit.
• Isère : Albert Seguin de Reynies (arrêté par la Gestapo), Alain Le Ray (officier d’active), Sam Job (officier de réserve)
• Drôme : Jean-Pierre de Lassus Saint Geniès « Legrand » (officier d’active)
• Ardèche : René Calloud.
• Rhône : Raymond Basset « commandant Mary » (compagnon de la Libération).
• Loire : Raymond Basset « commandant Mary » ; Jean Marey (ancien instituteur devenu officier).
• de l’Ain, du Jura, de la Saône-et-Loire : Henri Jaboulay (industriel, compagnon de la Libération).

Autres chefs FFI locaux
• Etienne Poiteau « capitaine Stéphane », commandant la « compagnie Stéphane » en Isère (1er Bataillon de marche FFI de l’Isère).
• commandant André Pommiès (chef de la région de Toulouse)
• Jacques Chapou (professeur de lycée révoqué en 1941 car franc-maçon) dit « Capitaine Philippe ». En mai 1944, il prend le commandement des maquis de la Corrèze, puis ceux de la Creuse, de l’Indre et de la Haute-Vienne, sous le nom de « Kléber ».
• Raymond Basset (1908-1984), département de la Loire (voir Gilbert Gardes, La Cité industrielle, Rive-de-Gier, Mémoire d’un patrimoine, Azossi, 2010, (ISBN 978-2-9535333-0-9), pages 76 et 615.)
• René Gentgen (1909-2005), département de la Loire (voir Gilbert Gardes, La Cité industrielle, Rive-de-Gier, Mémoire d’un patrimoine, Azossi, 2010, pages 76 et 617.)
• Jean Marey (1906-1959), département de la Loire (voir Gilbert Gardes, La Cité industrielle, Rive-de-Gier, Mémoire d’un patrimoine, Azossi, 2010, pages 77 et 618.)
• OCM / Somme, Léon Bourdon dis « LEBLOND ».
• BAL / Amiens, « Marcel Feuillette dit Escalier » – Lieutenant de réserve qui avait tenu une droguerie rue des Cordeliers à Amiens.
• Libé-Nord / Somme, Léon Tellier.
• Libé-Nord / Péronne, Émile Vermond.

Notes et références
1. ↑ «Délégué Général pour la Résistance de décembre 1943 à avril 1944, il permet, grâce à son action, la fusion en février 1944 de l’Armée Secrète (AS), l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA), les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) ainsi que de nombreux groupes isolés, pour former les Forces françaises de l’intérieur (FFI).» [1] [archive]
2. ↑ « Eisenhower reconnut aux FFI et à la Résistance l’efficacité de 15 divisions », La Grande Encyclopédie de Larousse, Librairie Larousse, 1978, p.10319
3. ↑ Sumner, Ian, The French Army 1939-45 (2), page 37, Osprey Publishing, London, 1998.
4. ↑ 137 000 si l’on tient compte des départs
5. ↑ « Finalement, 57 000 FFI ont rejoint la 1re Armée en unités constituées, dont 20 000 au titre du secteur français du front des Alpes, placés pour emploi à la 1re Armée. 30 000 engagés volontaires en majorité d’origine FFI l’ont rejointe individuellement. L’administration centrale lui a envoyé 27 000 hommes à partir des centres d’instruction des FFI des régions militaires », Maurice Vaïsse, La naissance de la nouvelle Armée française [archive]
6. ↑ « chaban »&pagemode=none&navpanes=1 Fondation de la Résistance : carte et liste des DMR [archive]
7. ↑ Albert Chambonnet, mécanicien militaire, résistant à Combat, AS, Compagnon de la Libération, commandant FFI R1 à partir de janvier 1944, arrêté et fusillé en juillet 1944.
8. ↑ Biographie d’Albert Chambonnet sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
9. ↑ Alban Vistel, directeur d’usine, résistant à Libération, compagnon de la Libération, commandant FFI R1 à partir de juillet 1944.
10. ↑ Biographie d’Alban Vistel sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
11. ↑ Maurice Bourgès-Maunoury, X-Sciences Po, ingénieur, compagnon de la Libération) nommé DMR R1 vers septembre 1943 puis devient Délégué militaire national
12. ↑ Biographie de Bourgès-Maunoury sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
13. ↑ Paul Leistenschneider, avocat, résistant du réseau Kléber pour le 2e bureau de Vichy, compagnon de la Libération)
14. ↑ a, b et c Biographie de Paul Leistenschneider sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
15. ↑ Paul Rivière, professeur de lettre dans des écoles catholiques, résistant au MLN-Combat, compagnon de la Libération, futur député, nommé Chef du SAP en juillet 1943.
16. ↑ a et b Biographie de Paul Rivière sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
17. ↑ Pierre-Paul Ulmer, compagnon de la Libération, chef de la SAP (Section Atterrissages Parachutages) de juillet 1943 à mai 1944
18. ↑ Biographie de Pierre Paul Ulmer sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
19. ↑ Robert Rossi, X, officier de l’armée de l’Air, Résistant au mouvement Libération puis dans l’AS, compagnon de la Libération, nommé vers mai 1944 puis arrêté.
20. ↑ Biographie dans le dictionnaire des polytechniciens dans la Résistance (XRésistance) [archive] et Biographie de Robert Rossi sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
21. ↑ Biographie de Robert Rossi sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
22. ↑ Jacques Renard, X, ingénieur, résistant Libération (?)- AS, compagnon de la Libération) nommé commandant FFI R2 le 16 juillet 1944, arrêté le 28 juillet puis fusillé.
23. ↑ http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/834.html [archive] Biographie de Jacques Renard sur le site de l’ordre de la Libération
24. ↑ Henry Simon, chef du service du cadastre de Marseille, communiste, résistant FN-FTPF, compagnon de la Libération.
25. ↑ Biographie d’Henry Simon sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
26. ↑ Joseph Girard, La résistance et la libération de Nice: la fin d’une légende, Serre Ed., 2006 ISBN 2-86410-464-4, 9782864104643, page 57 [archive]
27. ↑ Joseph Girard, La résistance et la libération de Nice: la fin d’une légende, Ed. Serre, 2006, ISBN 2-86410-464-4, 9782864104643, page 57 [archive]
28. ↑ Paul Leistenschneider, avocat, résistant du réseau Kléber pour le 2e bureau de Vichy, compagnon de la Libération.
29. ↑ Selon L’État-Major des Forces Françaises de l’Intérieur, L’appui aux débarquements, document de la Fondation de la Résistance, page 15 du Pdf et 272 de l’ouvrage général [archive]
30. ↑ Lucien Cambas, pompier, compagnon de la Libération), nommé le 6 juin 1944.
31. ↑ Biographie de Lucien Cambas sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
32. ↑ Jean-Pierre Vernant, grand universitaire).
33. ↑ En avril 1944.
34. ↑ selon Maquis de Vabre [archive]
35. ↑ Paul Leistenschneider, également DMR R3 apparemment, avocat, résistant du réseau Kléber pour le 2e bureau de Vichy, compagnon de la Libération.
36. ↑ « Les réseaux action de la France combattante », Ed. France Empire
37. ↑ 6 000 hommes
38. ↑ Maurice Rousselier, X1933, chef de l’A.S. de la région R4 puis commandant F.F.I. de la région R5.
39. ↑ Des officiers d’actives passés à la Résistance, sur le Mémorial des résistants de l’X (x-résistance.org) [archive]
40. ↑ Eugène Déchelette, administrateur de société, compagnon de la Libération.
41. ↑ Biographie d’Eugène Dechélette sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
42. ↑ Alain Grout de Beaufort, chef SAP en avril-août 1943, compagnon de la Libération, lire plus bas en R6.
43. ↑ Émile Coulaudon, directeur commercial, résistant du mouvement Combat, compagnon de la Libération.
44. ↑ [Biographie d’Emile Coulaudon sur le site de l’ordre de la Libération http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/240.html [archive]]
45. ↑ Alexandre de Courson de La Villeneuve, officier d’active, arrêté par les Allemands le 2 juillet 1944 puis mort sous la torture ou exécuté par les Allemands le 19 août 1944.
46. ↑ Revue des Anciens des services spéciaux de la Défense nationale, Bulletin 186, synthétisant les pp 147-185 de l’ouvrage du colonel Claude Cazals, sur la Garde sous Vichy, juin 1997 [archive] et Eugène Martres,Les archives parlent: Auvergne, Bourbonnais, 1940-1945, Éditions de Borée, 2004, ISBN 2-84494-316-0, 9782844943163,page 47 [archive]
47. ↑ Paul Schmidt, engagé FFL en 1940, compagnon de la Libération, nommé en novembre 1942, chef du Service des opérations aériennes et maritimes (SOAM) de R5 et R6 puis en mars 1943, chef national du Bureau des opérations aériennes (BOA) (et aussi chef de la région Centre) à la place de Jean Ayral « Pal ».
48. ↑ Biographie de Paul Schmidt sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
49. ↑ Alain Grout de Beaufort, officier d’aviation, résistant de la Confrérie Notre Dame, rejoint les FAFL, compagnon de la Libération, chef de la SAP d’avril 1943 à avril 1944 (environ) (il est également temporairement DMR R5), puis il sera chef SAP de la Région P puis de P3
50. ↑ Biographie d’Alain de Beaufort sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
51. ↑ Yves Léger, diplômé de Sciences Po et en droit, assassiné par un agent français de la Gestapo en mai 1944.
52. ↑ Biographie d’Yves Léger sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
53. ↑ Pierre-Paul Ulmer, compagnon de la Libération, chef de la SAP à partir de juin 1944
54. ↑ Info sur la biographie de Gilbert Grandval sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
55. ↑ André Rondenay, X, officier d’active, prisonnier en 1940, rejoint la France Libre, DMR puis DMZ, compagnon de la Libération.
56. ↑ Biographie d’André Rondenay sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
57. ↑ a et b Selon le Comité d’Histoire du Haut-Pays, consulté en octobre 2008 [archive]
58. ↑ de Gaston Dassonville sur le site de l’assemblée nationale [archive]
59. ↑ Jean Lejeune, marin de la Marine marchande, résistant OCM, compagnon de la Libération.
60. ↑ Biographie de Jean Lejeune sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
61. ↑ Raymond Fassin, instituteur, rejoint les FAFL, puis arrive en septembre 1943, mais arrêté en avril 1944.
62. ↑ Guy Chaumet, attaché commercial à l’étranger, résistant du réseau Ali-Tir, puis rejoint les FAFL, compagnon de la Libération, DMR RA à partir d’avril 1944
63. ↑ Biographie de Guy Chaumet sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
64. ↑ Selon le Comité d’Histoire du Haut-Pays, consulté en octobre 2008 [archive],Biographie de Raymond Fassin sur le site de la Mairie de Paris-Memorial [archive]
65. ↑ Agent parachuté en janvier 1943 (source : Mémorial Ascq 1944).
66. ↑ Jean-Baptiste Morraglia, général d’aviation.
67. ↑ Site de l’Association La Postale, anciens de l’Aéropostale [archive]
68. ↑ Claude Bonnier, X1919, ingénieur en aéronautique, socialiste, directeur de cabinet de Marcel Déat en 1936, président de la Société nationale de construction des moteurs (SNCM), s’engage dans les FFL, compagnon de la Libération, arrivé en novembre 1943, arrêté le 9 février 1944.
69. ↑ Biographie de Claude Bonnier sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
70. ↑ Site du service départemental de l’ONAC de la Charente [archive]
71. ↑ Jacques Nancy, chef de la Section Spéciale de Sabotage)
72. ↑ Guy Chaumet, ensuite nommé DMR RA, lire plus haut.
73. ↑ Gilbert Grandval, directeur commercial, résistant CDLR, compagnon de la Libération.
74. ↑ Biographie de Gilbert Grandval sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
75. ↑ Jean Bertin, compagnon de la Libération).
76. ↑ André Schock, compagnon de la Libération, arrêté le 28 janvier 1944.
77. ↑ Gilbert Grandval cumul ainsi, de façon unique dans l’histoire de la Résistance, les fonctions de chef régional des FFI et de délégué militaire régional, selon la Biographie de Gilbert Grandval sur le site de l’ordre de la Libération
78. ↑ Selon la biographie de Gilbert Grandval sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
79. ↑ Idem
80. ↑ Colonel Baruteau, chef du Service régional de la statistique et responsable local de l’ORA à Dijon, jusqu’à sa « disparition » (mais il échappe à la Gestapo) en mai 1944.
81. ↑ Claude Monod, chirurgien, tué en 1945, commandant des FFI RD à partir de mai 1944.
82. ↑ [Son ouvrage : La Région D : Rapport d'activité du Maquis de Bourgogne-Franche-Comté (mai-septembre 1944)]
83. ↑ opus cité
84. ↑ Robert Chantin, Des temps difficiles pour des résistants de Bourgogne : échec politique et procès, 1944-1953, L’Harmattan, 2002, ISBN 2-7475-2927-4, 9782747529273 [archive]
85. ↑ Selon le site de l’ordre de la Libération [archive]
86. ↑ Valentin Abeille, sous-préfet, résistant à Combat, compagnon de la Libération, DMR RM à partir de septembre 1943, mais il meurt aux mains des Allemands le 2 juin 1944.
87. ↑ Biographie de Valentin Abeille sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
88. ↑ .Kammerer, lui aussi tué par les Allemands avec son adjoint Éric. Il semble qu’ensuite ce soient les responsables du BOA local qui prennent de facto le rôle de DMR.
89. ↑ a, b, c et d Selon le site Beaucoudray.free.fr [archive]
90. ↑ Jean-François Clouet des Pesruches, futur DMR d’une subdivision de la région M, lire plus bas, chef du BOA à partir d’août 1943.
91. ↑ Edouard Paysant, en juin 1944. Mais repéré, il doit se replier sur la Seine-Inférieure où il reprend les mêmes fonctions
92. ↑ Jean-François Clouet des Pesruches, cette fois-ci officier d’aviation d’active, Français Libre à partir d’octobre 1940, Compagnon de la Libération, commandant des FFI à partir du 17 juillet 1944
93. ↑ a et b Biographie de Clouet des Pesruches sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
94. ↑ Biographie de Pierre Pène sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
95. ↑ a, b, c, d et e Source [archive]
96. ↑ orthographe fluctante selon les sources.
97. ↑ Colonel Teissier de Margueritte, officier d’active, résistant de l’AS.
98. ↑ a et b idem
99. ↑ Article de l’IHTP évoquant notamment la tension avec des FFI issus de l’armée d’active avec les FFI communistes lors de la LIbération de Paris.
100. ↑ Biographie d’Aimé Lepercq sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
101. ↑ Discours de Pierre Albertini [archive] (professeur d’histoire au lycée Condorcet) à l’inauguration de l’exposition Des polytechniciens dans la Résistance (mardi 18 mars 2008)]
102. ↑ Le maquis de la piquante pierre, secteurs de la Moselotte et de la Vologne [archive]
103. ↑ Né Le 19 mars 1891 à Nantes, ancien combattant de 14-18, capitaine d’active en 1922, chef de bataillon en disponibilité au début des années 1930, industriel ( directeur-gérant du tissage de la mouline, à Remoiremont ), président de la section Croix-de-feu de Remiremont, membre du Parti social français en 1936. Il est affecté dans l’armée d’active en 1939, fait prisonnier en 1940 mais libéré. Il entre dans la résistance : membre de l’OCM, membre du CDL de Remiremont en 1945. Cf. Jean-François Colas, « les droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux », thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002
104. ↑ selon la Société d’histoire de Woippy [archive]
105. ↑ Article du Bien Public, 18 mai 2004 [archive]
106. ↑ Institut d’Histoire de la CGT 76 [archive]
107. ↑ Source Résistance en Vexin [archive]
108. ↑ Dossier conservé aux archives départementales de l’Eure et dossier individuel, archives de Vincennes
109. ↑ http://www.wikiarmor.net/Jean_Le_Jeune [archive]][http://almrd22.fr/La-guerre-de-Jean-Le-Jeune-alias [archive]
110. ↑ http://www.memoresist.org/spip.php?page=oublionspas_detail&id=2615 [archive]
111. ↑ http://www.memoresist.org/spip.php?page=oublionspas_detail&id=1718 [archive]
112. ↑ Source [archive]
113. ↑ a et b Exposition sur la Libération de Millau, août 2004- la Dépêche du Midi [archive]
114. ↑ selon « Maquis du Vabre » [archive]
115. ↑ Arkheia, Revue d’histoire du Siud-Ouest, n°2-3 et autres articles du même n° [archive]
116. ↑ L’action de l’Etat en Ariège, édité par la préfecture de l’Ariège, n°21, mai-juin 2004, page 3 [archive]
117. ↑ a et b Document de la préfecture du Gers [archive]
118. ↑ Biographie de Jean Bringer par l’office de tourisme de Carcassonne [archive]
119. ↑ Article du quotidien La Dépêche, 29 novembre 1998 [archive]
120. ↑ Notamment selon le revue Sommières et son Histoire http://www.sommieresetsonhistoire.org/SSH/spip.php?article103 [archive]
121. ↑ a et b Un paragraphe sur la Résistance dans le Var [archive]
122. ↑ Joseph Girard, La résistance et la libération de Nice: la fin d’une légende, Ed. Serre, 2006, ISBN 2-86410-464-4, 9782864104643 [archive]

sources : WIKIPEDIA ET ECPAD

 

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

Résistance … la lutte contre le mal

15 janvier 2013

Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Classé sous — milguerres @ 23 h 16 min

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

Chronologie de la Seconde Guerre mondiale 

1933 /1945

 

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1933

  • Début des lois anti-juifs en Allemagne avec le boycott des magasins juifs.
  • 30 janvier Hitler est nommé chancelier du 3 ème Reich par le président Hindenburg.
  • 28 février Incendie du Reichstag. Hitler accuse les communistes et fait interdire le parti communiste allemand (KPD).
  • 23 mars Hitler se fait accorder les pleins pouvoirs par le parlement.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1934

  • 30 juin Nuit des longs coûteaux où les S.A. (Section d’Assaut La Sturmabteilung) sont asssassinés par les S.S. (Sections Spéciales).
  • 2 août Suite au décès du président Hindenburg, Hitler se proclame Reichsführer, chef suprême de l’Allemagne.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1935

  • Les lois de Nuremberg ôtent la citoyenneté allemande aux juifs et leur interdisant tout contact sexuel avec les allemands de race pure, dite Aryenne.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1936

  • 7 mars  Remilitarisation de la Rhénanie.
  • Novembre L’axe Rome-Berlin unissant l’Allemagne et l’Italie est proclamé.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1937

  • Avril Bombardement de Guernica (Espagne) par l’armée Franco aidée de la flotte aérienne allemande (Luftwaffe). Ce bombardement est un vol d’essai pour l’armée aérienne neuve de l’Allemagne nazie.

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1938

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1939

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1940

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1941

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1942

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1943

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1944

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gif1945

 

 retour page d’Accueil

 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 

 

13 décembre 2012

Les USA et la Grande Guerre

Classé sous — milguerres @ 22 h 27 min

 

 retour page d’Accueil fleche-boule8 dans retour à la Grande Guerre

  1. Les USA et la Grande Guerre – Sommaire
  2. L’intervention américaine dans la guerre de 1914-1918
  3. Les Américains au combat
  4. Les Batailles où combattirent les Américains

Les USA et la Grande Guerre drapeau-americain_1910_w250

Les Américains et la Grande Guerre

source Wikipedia

Premiers engagements américains

Le déploiement et l’instruction des troupes américaines

La logistique américaine

Le débarquement US à Saint Nazaire

Offensive Meuse-Argonne

Pourparlers de paix

fleche-boule8 dans Première Partie

La situation des États-Unis pendant la Première Guerre mondiale est souvent mal connue et mal comprise en Europe. Lors du vote de la déclaration de guerre officielle, le 6 avril 1917, par le Congrès des États-Unis, ceux-ci sont déjà engagés aux côtés des démocraties et de nombreux citoyens américains combattent aux côtés – mais non au sein – de la Triple-Entente -> ( ->cliquez ici pour plus d’informations)

Alors que le traité de Brest-Litovsk sur le Front de l’Est permit aux Empires centraux de concentrer leurs forces sur un seul front et de disposer d’une supériorité numérique temporaire grâce à laquelle ils purent lancer des offensives importantes en France au printemps 1918, l’arrivée de l’American Expeditionary Force sur le terrain fut l’une des clés de la victoire de la Triple-Entente.

 

Lors de l’armistice, le 11 novembre 1918, environ 2 millions de soldats américains étaient en France répartis dans 42 divisions, dont 1 million déjà engagés dans les combats. Deux autres millions étaient aux États-Unis dans les camps d’entraînement. Les plans prévus par Foch, Pétain et Pershing pour 1919 prévoyaient l’engagement de 4,5 millions de soldats américains dans les offensives de la victoire qui les mèneraient au cœur de l’Allemagne.

C’est avant tout parce que cette guerre est fondée sur des principes que l’opinion publique américaine et les dirigeants américains prennent la décision, au printemps 1917, d’entrer dans la guerre. C’est la guerre du droit, de la liberté et de la démocratie, des valeurs qui sont le fondement des États-Unis.

 

Les raisons de l’engagement des États-Unis

À la suite de la déclaration par l’Allemagne, en janvier 1917, de la guerre sous-marine à outrance »1, qui étendait la guerre sous-marine aux navires neutres commerçant avec l’Entente et achevait de compromettre la liberté des mers ; et, dans une moindre mesure, de l’interception par les services de renseignements britanniques d’un télégramme adressé par le ministre allemand des Affaires étrangères, Zimmermann, à son ambassadeur à Mexico, qui lui demandait de négocier une alliance avec le Mexique tournée contre les États-Unis : « Une alliance sur les bases suivantes : faire la guerre ensemble, faire la paix ensemble, large soutien financier et accord de notre part pour la reconquête par le Mexique des territoires perdus du Texas». Le 23 février 1917, alors que la guerre sous-marine a débuté depuis près d’un mois, le ministre des affaires étrangères britannique, lord Balfour, communique le contenu du télégramme à l’ambassade des États-Unis. Le lendemain, le président des États-Unis, Woodrow Wilson, en prend connaissance et décide d’en informer son opinion publique par voie de presse. Le 1er mars, le télégramme fait la « une » de tous les quotidiens américains. L’émotion est alors immense. L’Amérique décide de défendre ses principes.

Woodrow Wilson demande au Congrès le 2 avril 1917 de déclarer officiellement la guerre à l’Empire allemand. Le 6 avril 1917, le Congrès américain vote « la reconnaissance de l’état de guerre entre les États-Unis et l’Allemagne ». Lorsqu’il dit dans le même discours2 : « L’Amérique doit donner son sang pour les principes qui l’ont fait naître… »3, c’est aux idéaux défendus par les Pères fondateurs des États-Unis, ceux qui sont écrits dans la Déclaration d’indépendance et dans la Constitution, qu’il fait référence4. L’idée américaine, la motivation de leur engagement pour « finir le job »5 en Europe, est de concrétiser l’idéal de leur création qui est inscrit sur le grand sceau des États-Unis d’Amérique : « Novus Ordo Seclorum » (« Un nouvel ordre dans l’Histoire »).

De plus, les États-Unis étaient réticents à s’engager aux côtés de l’Entente car celle-ci regroupait les démocraties occidentales (France et Grande-Bretagne) et la Russie, qui au niveau institutionnel ne différait pas de l’Empire allemand, elle organisait des pogroms contre les Juifs, elle opprimait les Polonais 6, elle était autoritaire et obscurantiste. La révolution russe met fin à son adhésion à l’Entente et encourage le rapprochement des États-Unis7.

 

Participation américaine avant l’entrée en guerre

Dès août 1914, la politique officielle de stricte neutralité est contestée par un certain nombre de citoyens américains qui désirent manifester leur sympathie pour la France et ses alliés et les idées pour lesquelles ils combattent. En effet, la France représente alors la liberté qui lutte contre les monarchies autoritaires des Empires centraux.

Un manifeste signé par Blaise Cendrars, écrivain d’origine suisse, parut dans toute la presse appelant les étrangers résidant en France à s’engager dans l’armée française. De même la colonie américaine de Paris lance un appel à l’engagement volontaire dans l’armée française.

De jeunes américains, épris de liberté, habités par l’esprit d’aventure, étaient prêts à en découdre en s’engageant aux côtés de la France. Mais répondre à cet appel n’était pas aussi simple; les États-Unis n’étaient pas en guerre contre l’Empire allemand, et tout citoyen américain se mettant au service d’une puissance étrangère perdait ses droits et sa nationalité. L’ambassadeur des États-Unis à Paris leur souffla la solution : ils devaient soit s’engager comme combattants dans la Légion étrangère, soit comme non-combattants dans les services ambulanciers volontaires.

Les volontaires américains, environ une cinquantaine dont Alan Seeger, sont engagés au régiment de marche du 2e régiment étranger, qui est regroupé le 11 novembre 1915 avec le régiment de marche du 1er régiment étranger pour former le régiment de marche de la Légion étrangère, l’un des deux régiments les plus décorés de France8. Au début du mois d’octobre 1914, ils furent envoyés en campagne dans le secteur de Reims et en novembre ils comptaient leur premier tué. Participant à l’offensive de septembre 1915 en Champagne, ils y essuient de lourdes pertes. Par la suite certains quittent la Légion étrangère pour être incorporés dans un régiment français.

Les volontaires américains dans l’aviation

Parmi ces volontaires américains, beaucoup étaient issus des classes aisées, ils avaient l’habitude de venir en vacances en France, ils avaient les moyens financiers, plusieurs possédaient leurs propres avions et souhaitaient s’engager dans l’aviation. En avril 1916, un groupe d’Américains réussit à former, avec l’aide d’officiers français, l’Escadrille 124, « l’escadrille américaine » basée sur l’aérodrome de Luxeuil-Saint Sauveur à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône).

Elle fut dès lors affectée sur différentes zones de combat dans l’Est de la France. Le 6 décembre 1916, l’Escadrille prend le nom officiel d’Escadrille La Fayette. Le 4 juillet 1917, de grandes cérémonies sont organisées à Paris à l’occasion de la fête nationale américaine pour célébrer l’entrée en guerre des États-Unis et l’arrivée en France des soldats américains. Une délégation de cette escadrille défile devant les statues de Washington et La Fayette, à Paris.

Le 15 août 1917, l’Escadrille La Fayette est citée à l’ordre de l’Armée9.

À partir de l’arrivée de l’AEF, les pilotes américains sont reversés dans l’American Air Service.

La puissance de l’économie américaine

Article détaillé : Complexe militaro-industriel des États-Unis d’Amérique#Première Guerre mondiale.

L’Amérique de la Première Guerre mondiale n’est pas encore « l’arsenal des démocraties » qu’elle sera pendant la Seconde, cependant l’appui économique et financier des États-Unis se révèle décisif bien que son complexe militaro-industriel, hors construction navale, soit balbutiant.

Au niveau motorisation, des véhicules furent fournis en nombre aux Alliés par l’industrie automobile américaine alors de loin la plus puissante du monde, ainsi le Corps expéditionnaire britannique avait à la fin de cette guerre 18 984 ambulances et camions dérivés de la Ford T10.

Plus la guerre devient longue et totale, plus les pays de l’Entente ont recours aux Américains pour s’approvisionner en énergie, matières premières, produits industriels et alimentaires. La part des États-Unis dans les importations françaises passe ainsi de 10 % en 1913 avec 848 millions de francs à 30 % en 1916 avec 6 776 millions de francs11.

Durant les premières années de guerre, l’Entente emprunte 2,3 milliards de dollars alors que les banques américaines ne prêtent que 26 millions aux puissances centrales11. Après la déclaration de guerre, l’aide américaine joue un rôle décisif dans la victoire des Alliés. Les puissances de l’Entente obtiennent, d’avril 1917 à juin 1920, des prêts dont le montant total dépasse plus de dix milliards de dollars, leur permettant de maintenir et même d’augmenter leurs achats en produits alimentaires, matières premières et matériel de guerre.

 

Sabotages allemands aux États-Unis

Le réseau d’espionnage de l’Empire allemand dirigé par Franz Von Rintelin effectua plusieurs sabotages sur le territoire des États-Unis alors encore neutre pour empêcher la livraison de matériel américain aux puissances de l’Entente.

Dans le New Jersey, le 1er janvier 1915, un incendie eut lieu à la fonderie d’acier Roebling à Trenton.

L’incident le plus spectaculaire eut lieu le 30 juillet 1916 lorsque le dépôt de munitions de Black Tom Island à Jersey City fut détruit. La déflagration fut suffisante pour briser les vitres sur une distance de 40 kilomètres, on estime généralement sa force à 5,5 sur l’échelle de Richter et l’explosion endommagea la Statue de la Liberté à tel point que la visite du bras et de la torche du bâtiment en est depuis lors interdite. Les pertes humaines sont estimées entre 4 et 7 victimes et les dégâts à 20 millions de dollars de l’époque soit 400 millions de dollars valeur 2010.

Après l’explosion de Black Tom, le 11 janvier 1917, un incendie eut lieu à la Canadian Car and Foundry dans le comté de Bergen qui fabriquait des obus pour la Russie impériale, la destruction de 300 000 obus de 76 mm rasèrent le site12.

Ces sabotages firent beaucoup pour augmenter l’animosité du peuple américain contre l’Allemagne.

 

L’arrivée des forces américaines

Le 14 mai, le maréchal Joseph Joffre et le secrétaire à la Guerre des États-Unis, Newton D. Baker (en), signent un accord qui prévoit :

  1. L’envoi d’un corps expéditionnaire (AEF) dont la France fournira les armements et munitions en contrepartie de l’envoi des matières premières nécessaires à leur fabrication.
  2. Une avant-garde de 16 à 20 000 combattants sera transportée en France début juin. Le général Pershing est placé à la tête de l’American Expeditionary Force (AEF).
  3. Aussitôt que possible les États-Unis enverront 50 000 hommes appartenant aux unités techniques (service automobile, chemin de fer, routes, santé, subsistances, etc.) pour préparer l’arrivée du gros des troupes.

Arrivée de Pershing

Le 13 juin 1917, 177 Américains, dont le général John Pershing, commandant en chef du corps expéditionnaire désigné après la mort subite du général Frederick Funston en début d’année, et le capitaine George Patton, débarquent à Boulogne-sur-Mer dans la liesse populaire. « Avec leurs uniformes de drap olive, leurs feutres à larges bords, leurs ceintures à pochettes multiples, cette allure de jeunes cow-boys de l’Ouest américain, ils apportaient une note de pittoresque inédit dans nos décors de guerre » relate le journal L’Illustration.

Le général Pershing, placé à la tête de l’American Expeditionary Force (AEF), a reçu les consignes suivantes du président Wilson :

  1. Mise sur pied d’une armée américaine indépendante.
  2. L’instruction, commencée en Amérique, se terminera en France. Quatre divisions d’infanterie sont mises immédiatement à l’instruction. L’instruction des unités américaines dans la zone des armées sera assurée par des unités combattantes françaises.

Les Français et les Anglais pensaient intégrer les soldats Américains dans leurs unités et sous leur commandement. C’est la question de « l’amalgame » qui va préoccuper les relations entre alliés jusqu’à la fin de la guerre. Une des premières missions confiées à Pershing par Wilson est de mettre sur pied une armée américaine indépendante.

 

Lafayette we are here

Le 4 juillet 1917, une cérémonie est organisée pour les premiers soldats de l’AEF arrivés à Paris au cimetière de Picpus sur la tombe de La Fayette, « le héros des deux mondes ». À cette occasion le capitaine Charles E. Stanton de l’état-major du général Pershing prononce un discours resté célèbre.

« Je regrette de ne pas pouvoir m’adresser à la gentille population française dans la belle langue de son loyal pays.

Le fait ne peut pas être oublié que votre nation était notre amie quand l’Amérique s’est battue pour son existence, quand une poignée d’hommes courageux et patriotes ont été déterminés à défendre les droits de leur Créateur leur avait donné — que la France en la personne de La Fayette est venue à notre aide en paroles et en actes.

Ce serait de l’ingratitude de ne pas se souvenir de cela et l’Amérique ne fera pas défaut à ses obligations…

Par conséquent, c’est avec une grande fierté que nous embrassons les couleurs en hommage de respect envers ce citoyen de votre grande République, et ici et maintenant dans l’ombre de l’illustre mort nous l’assurons de notre cœur et notre honneur pour donner à cette guerre une issue favorable.

Lafayette nous sommes là ! »

3 décembre 2012

1918 Les Américains au combat

Classé sous — milguerres @ 11 h 18 min

 retour page d’Accueil fleche-boule8 dans retour à la Grande Guerre

  1. Les USA et la Grande Guerre – Sommaire
  2. L’intervention américaine dans la guerre de 1914-1918
  3. Les Américains et La Grande Guerre
  4. Les Batailles où combattirent les Américains

 

 1918 Les Américains au combat drapeau-americain_1910_w250

1918 Les Américains au combat

source : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/1918-les-americains-au-combat-0

 

Depuis le 26 juin 1917, date de l’arrivée en France de leur premier contingent à Saint-Nazaire, les Américains mettent progressivement en marche une impressionnante machine de guerre.

Au 1er janvier 1918, il y a 150 000 soldats américains en France. Le 11 novembre, ils sont 2 millions sur le front occidental. Au cours de cette même année, leurs unités, instruites dans des camps aux Etats-Unis avant d’être envoyées en France, à l’arrière du front, pour compléter leur instruction sous la direction de cadres français, montent en ligne en Lorraine, dans des secteurs relativement calmes où elles subissent l’épreuve du feu. A cette époque, la France fournit des armes lourdes : environ 230 tanks, 3 000 canons, des milliers d’avions.

 

 

americain-14-18-clemenceaucantonnements

M. Clemenceau dans les cantonnements américains : le président du Conseil et le général Pershing inspectent

des troupes débarquées depuis moins de huit jours et qui vont recevoir le baptême du feu.
Source : l’album de la guerre 1914-1919. © L’illustration

 

 

americain-en-14-18.jpg-luxembourg

Les Américains à Luxembourg. Sur le balcon du Palais, aux cotés de la grande-duchesse régnante, Marie, le général Pershing et le major général Dickman, (5ème en partant de la gauche), commandant la 3e armée américaine. Source : l’album de la guerre 1914-1919. © L’illustration

americain-en-14-18.jpg-photo-1

L’attaque franco-américaine du saillant de Cantigny : l’infanterie américaine s’élance de ses lignes,
soutenue par les chars d’assaut français.
Source : l’album de la guerre 1914-1919. © L’illustration

Commandant en chef des troupes américaines, le général Pershing a, dès l’origine, des instructions claires de son ministre de la guerre, Baker : coopérer avec les Alliés mais en conservant l’intégrité de ses forces jusqu’à pouvoir mener ses propres offensives.

Dans cette optique, il s’affranchit peu à peu de la tutelle française et, après bien des pourparlers avec le généralissime Foch, il peut créer officiellement, le 10 août 1918, la 1re armée américaine dont le G.Q.G. se situe à Chaumont (Haute-Marne). En convois maritimes, protégés par leur marine commandée par l’amiral Sims, les Américains arrivent en France au printemps 1918, au rythme de 200 000 par mois. Prêtes, attendant d’être réunies en une armée capable d’opérer seule, les unités de Sammies (soldats américains) vont être jetées par fractions dans la fournaise, lorsque de dangereuses poussées ennemies, déclenchées le 21 mars 1918, imposent de soutenir d’urgence les troupes françaises et britanniques. Toute l’infrastructure du Service of Supply (camps, dépôts, lignes de communication, transports) fonctionne alors à plein rendement et les effets de la « marée montante » américaine contribuent puissamment à précipiter l’ennemi vers sa perte. Du 28 mai au 31 juillet se déroulent les opérations de la poche Aisne-Marne et de la deuxième bataille de la Marne, à Bouresches, Bois Belleau, Château-Thierry, Fère-en-Tardenois, Nesles, Fismes, etc, où s’illustrent notamment la 2e division d’infanterie américaine (D.I.U.S.) et la brigade de marine.

 

americain-en-14-18.jpg-photo-2

Au bois Belleau : la contre-attaque de la brigade de Marine américaine, le 8 juin 1918.
Source : l’album de la guerre 1914-1919. © L’illustration

Dès le 28 mai, la 1re D.I.U.S. attaque le long de l’Aisne en concentrant ses efforts sur le village de Cantigny, à l’est de Montdidier, qu’elle enlève le jour même, au prix d’importantes pertes (plus de 1 000 tués ou blessés).

Début juin, la 3e D.I.U.S. réussit à empêcher les troupes d’assaut allemandes de traverser la Marne pour s’emparer de Château-Thierry. La 2e D.I.U.S., qui avait reçu l’ordre de relever la 1re D.I.U.S. à Cantigny, s’empare de Bouresches. Les Marines (5e et 6e Régiment de fusiliers marins) libèrent entièrement le bois Belleau, situé légèrement à l’est de Château-Thierry, entre le 6 et le 25 juin, malgré leur infériorité numérique. La bataille est considérée aujourd’hui comme le premier engagement majeur et l’événement fondateur de la réputation des Marines.
Dans ses mémoires, le général Pershing analyse cette participation aux combats:  » Les trois divisions américaines qui, pour la première fois, avaient pris part à des combats, s’étaient toutes distinguées : la 1re à Cantigny, la 2e au bois Belleau, la 3e à Château-Thierry. Leur conduite au feu faisait présager tout ce que pourraient accomplir des troupes américaines entraînées « . (Général Pershing, Mes souvenirs de guerre, Librairie Plon, 1931) D’août à octobre, les armées alliées étendent le théâtre des combats dans la Somme, l’Artois et les Flandres. Là se distinguent les 27e, 30e, 33e, 80e D.I.U.S. Avec sa 1re armée, Pershing lance l’offensive franco-américaine qui, du 12 au 14 septembre, réduit le saillant de Saint-Mihiel, dans la Meuse : 15 000 ennemis sont faits prisonniers.
La victoire est rapidement acquise grâce notamment aux chars, aux canons et aux avions prêtés par le commandant en chef des armées françaises. Elle est également facilitée par l’épuisement d’un adversaire qui a raccourci son front par une retraite vers sa ligne Hindenburg, entre Etain et la Moselle. Lors de l’attaque, les chars sont commandés par un officier dont la renommée allait éclater en 1944 : Patton, alors colonel. Le 25 septembre, l’offensive des 4e armée française (général Gouraud) et 1re armée US démarre avec les Ardennes pour objectif.

americain-en-14-18.jpg-photo-3

Les Américains dans le saillant de Saint-Mihiel : A l’horizon, la hauteur fortifiée de Montsec,
enlevée le 12 septembre, premier jour de l’offensive américaine.
Source : l’album de la guerre 1914-1919. © L’illustration

Les Américains nettoient l’Argonne, dégagent Verdun, montent vers le Nord de part et d’autre de la Meuse, au prix de combats acharnés et d’un piétinement qui amènent le maréchal Foch à faire appuyer cette progression par l’apport de renforts français à partir du 1er octobre. Le 3, les 2e et 36e D.I.U.S. s’emparent de la redoutable crête du Blanc Mont.

Selon Leonard Ayres, chef du service statistique de l’armée américaine, les pertes du corps expéditionnaire pendant la campagne d’Argonne s’élèvent à environ 22 000 morts, soit près de la moitié des pertes totales américaines pendant la Grande Guerre.

Le 12 octobre, une deuxième armée américaine est créée, puis une troisième, le 7 novembre. Les Américains atteignent Sedan le même jour. Les Français franchissent la Meuse, à Vrigne, le 10, en combattant furieusement tandis que plus au nord, vers Rocroi, ils entrent en Belgique.

L’armistice est demandé le 9 par l’Allemagne. Le général Pétain avait préparé une grande offensive en Lorraine, prévue pour le 14 novembre 1918, et qui devait mener les troupes franco-américaines jusqu’en Allemagne. Mais elle est abandonnée car, contre son avis et celui du général Pershing qui souhaitaient que la signature de l’armistice n’intervienne pas avant que l’ennemi ne soit rejeté au-delà du Rhin, le général Foch et Clemenceau acceptent la demande allemande et signent l’armistice, le 11 novembre. Le 21 novembre, les Américains entrent à Luxembourg, capitale libérée du Grand-Duché, puis pénètrent en Rhénanie, le 23. Par la vallée de la Moselle, ils atteignent le Rhin et Coblence, le 9 décembre. Le 14 juillet 1919, ils défilent avec tous les Alliés, sous l’Arc de Triomphe à Paris, lors des fêtes de la Victoire.
Au cours de la guerre, sur les fronts de France, de Belgique et d’Italie, plus de 50 000 Sammies ont été tués au combat ou sont décédés à l’hôpital des suites de blessures. Des dizaines de milliers d’autres sont morts de maladie ou victimes d’accidents.

 americain-en-14-18.jpg-photo-4

A la sortie d’un village, les Sammies saluent le nom de leur Président qu’ils ont substitué
à l’inscription allemande « Hindenburgstrasse ».
Source : l’album de la guerre 1914-1919. © L’illustration

En janvier 1919, à l’ouverture du négociations de Versailles, Wilson fait valoir ses vues : réduction des armements, libération des colonies, liberté de circulation en mer et surtout création de la Société des Nations destinée à garantir la paix et les nouvelles frontières européennes. Mais le Sénat américain refuse, en novembre 1919, de ratifier le traité de Versailles, inaugurant le retour à l’isolationnisme des Etats-Unis d’Amérique, qui ont su prendre le relais d’une Europe défaillante économiquement et financièrement.

 

americain-en-14-18.jpg-defile

Les fêtes de la Victoire à Paris, le 14 juillet 1919. Le général Pershing, commandant
l’armée américaine, ouvre le défilé des Alliés.
Source : l’album de la guerre 1914-1919. © L’illustration

 

 retour page d’Accueil fleche-boule8 dans retour à la Grande Guerre

  1. Les USA et la Grande Guerre – Sommaire
  2. L’intervention américaine dans la guerre de 1914-1918
  3. Les Américains et La Grande Guerre
  4. Les Batailles où combattirent les Américains

Ostduvalderoost |
Nikeairjordan99 |
Donsipeny |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Cercle Généalogique de la D...
| Nikefrair
| Soldeburberryk