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2 avril 2013

Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée).

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée).

Début novembre 1944, la 7e armée américaine, commandée par le général Patch, a pour mission de libérer la plaine d’Alsace, de Strasbourg à Wissembourg et de rejeter les troupes allemandes de l’autre côté du Rhin. La 2e DB (Division Blindée) du général Leclerc, qui fait partie du dispositif d’attaque, doit couvrir la droite de la 79e division d’infanterie américaine et du 15e Corps d’armée américain.
Ses trois groupements tactiques, le GTL (commandé par le colonel de Langlade), le GTR (sous les ordres du colonel Rémy) et le GTV (du colonel de Guillebon), auxquels s’ajoute le GTD du colonel Dio, après un raid rapide entre Baccarat et Blâmont du 13 au 18 novembre et la prise de Saverne le 22 novembre, se trouvent aux portes de Strasbourg. L’assaut débute le 23 novembre, mais les troupes rencontrent une forte ligne de résistance allemande. Finalement, le sous-groupement Rouvillois du GTD parvient à rentrer dans la ville, suivi du GTL qui occupe la ville, et rejoint par le GTV. Le pont du petit Rhin (pont d’Anvers) est atteint, celui de Kehl pratiquement, les garnisons des casernes se rendent et le commandement allemand (général Vaterrodt) capitule le 23 novembre.

Les images prises attestent de l’entrée dans Strasbourg du sous-groupement Rouvillois avec le char “Evreux” du détachement Briot, premier à pénétrer dans la ville, de la prise du pont d’Anvers et des combats de rue (destructions, incendie). Dans les quartiers de Neudorf et du Port du Rhin, les habitants fuient pour se replier vers le centre ville, des soldats construisent un barrage antichars, des Français et des Russes sont libérés, tandis que des soldats allemands sont faits prisonniers. D’autres capturés sont rassemblés à la caserne Stirn. Sur la place Kléber, des enfants jouent avec des mitrailleuses allemandes abandonnées pendant que des prisonniers allemands déblaient les gravats. Sur des colonnes Morris, les Strasbourgeois libérés lisent la proclamation du général Leclerc, qui, avec ses hommes, a tenu le serment de Koufra.

Les images montrent également le nettoyage de la ville par le 501e RCC (Régiment de Chars de Combat) du GTV et par des éléments du RBFM (Régiment Blindé de Fusiliers Marins) dans le quartier de Neuhof, aux ponts de La Bruche et de la Montagne Verte et dans les alentours. Dans le centre ville, civils et militaires assistent aux obsèques du commandant Rasson de la sécurité militaire. Le 26 novembre, une prise d’armes présidée par le général Leclerc, sur la place Kléber, en présence du 12e RC (Régiment de Cuirassiers) et du 12e RCA (Régiment de Chasseurs d’Afrique) célèbre la libération de la ville.

Les clichés présentent en outre la progression de la 2e DB dans la région avant et après la prise de Strasbourg. Les convois, acclamés à leur passage par les habitants libérés, traversent successivement Fénétrange (Moselle), Blaesheim (Bas-Rhin), Entzheim (Bas-Rhin), Hindisheim (Bas-Rhin), occupé le 28 novembre par le sous-groupement Rouvillois. Non loin, des éléments du 13e Bataillon du Génie pose un pont brockway sur l’Andlau. Sur la route de Sarrebourg (Moselle), du matériel, détruit ou intact, a été abandonné. SOURCE ECPAD.

 

 

Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée). TERRE-339-8034

Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée).

Description : A Strasbourg, le maréchal des logis Gélis commandant le blindé Sherman M4 « Evreux » et le lieutenant Briot de La Crochais du 12e RC (Régiment de Cuirassiers) de la 2e DB (Division Blindée) arborent sur leur char des trophées de guerre.
Date : Novembre 1944
Lieu : France / Lorraine / Moselle / Fénétrange / Alsace / Bas-Rhin / Strasbourg / Blaesheim / Entzheim / Hindisheim
Photographe : Jacques Belin / Roland Lennad
Origine : SCA – ECPAD
Référence : TERRE-339-8034

  

TERRE-339-8058

Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée).
Description : Proclamation du général Leclerc à la population strasbourgeoise libérée. Le commandant de la 2e DB (Division Blindée), qui a repris Strasbourg le 23 novembre 1944 avec ses hommes, rend hommage aux combattants qui ont tenu le serment de Koufra.
Date : Novembre 1944
Lieu : France / Lorraine / Moselle / Fénétrange / Alsace / Bas-Rhin / Strasbourg / Blaesheim / Entzheim / Hindisheim
Photographe : Jacques Belin / Roland Lennad
Origine : SCA – ECPAD
Référence : TERRE-339-8058
TERRE-339-8072
Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée).
Description : L’obusier M 8 Howitzer « Anglemont » du 3e RMSM (Régiment de Marche de Spahis Marocains) lors de la libération de Strasbourg.
Date : Novembre 1944
Lieu : France / Lorraine / Moselle / Fénétrange / Alsace / Bas-Rhin / Strasbourg / Blaesheim / Entzheim / Hindisheim
Photographe : Jacques Belin / Roland Lennad
Origine : SCA – ECPAD
Référence : TERRE-339-8072
TERRE-339-8192
Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée).
Description : Le 26 novembre 1944, une prise d’armes a lieu place Kléber à Strasbourg pour célébrer sa libération. Le général Leclerc, à la tête de la 2e DB (Division Blindée) et le colonel Rouvillois, commandant le 12e RC (Régiment de Cuirassiers) et le sous-groupement entré en premier dans la ville, passent en revue le 12e RC.
Date : Novembre 1944
Lieu : France / Lorraine / Moselle / Fénétrange / Alsace / Bas-Rhin / Strasbourg / Blaesheim / Entzheim / Hindisheim
Photographe : Jacques Belin / Roland Lennad
Origine : SCA – ECPAD
Référence : TERRE-339-8192
terre-339-l8179
Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée).
Description : Sur la place Kléber, à Strasbourg, des prisonniers allemands dégagent les pavés qui formaient semble-t-il des barricades. Les chars Sherman du second plan appartiennent au 3e escadron du 12e RCA (Régiment de Chasseurs d’Afrique) qui prit part à la libération de la ville.
Date : Novembre 1944
Lieu : France / Lorraine / Moselle / Fénétrange / Alsace / Bas-Rhin / Strasbourg / Blaesheim / Entzheim / Hindisheim
Photographe : Jacques Belin / Roland Lennad
Origine : SCA – ECPAD
Référence : TERRE-339-L8179
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La libération de Strasbourg (septembre-novembre 1944)

Au début de septembre, avec l’accord d’Eisenhower, de Gaulle décide d’envoyer la 2e DB vers Strasbourg. Leclerc entame alors une chevauchée vers les Vosges et l’Alsace, qui sera ponctuée de plusieurs victoires spectaculaires : prise de Vittel (12 septembre), destruction de la 112e division blindée allemande à Dompaire (13 septembre), franchissement de la Moselle (21 septembre). Après quoi, durant un mois, sur les rives de la Meurthe, Leclerc – qui refuse le poste de chef d’état-major de l’armée pour se consacrer à sa division – prépare méthodiquement la marche sur Strasbourg. Le 31 octobre, il enlève Baccarat : « une de mes plus belles réussites », dira-t-il.
Au centre du dispositif américain, la 2e DB s’élance vers Strasbourg à la mi-novembre ; la capitale alsacienne tombe le 23 novembre. Le serment de Koufra est tenu. Le lendemain, Leclerc adresse une proclamation à la population : « Pendant la lutte gigantesque de quatre années menée derrière le général de Gaulle, déclare-t-il, la flèche de votre cathédrale est demeurée notre obsession. Nous avions juré d’y arborer de nouveau les couleurs nationales. C’est chose faite. « Cependant, faute de renforts et de matériels, Leclerc ne peut ni franchir le Rhin ni faire sa jonction, vers le Sud, avec la 1re armée française du général de Lattre (remontée de Provence). Ce n’est qu’à la fin de janvier 1945 que la 2e DB est mise à la disposition de la 1re armée pour participer à la réduction de la poche allemande de Colmar (3 février 1945)

Derniers combats : la poche de Royan et la prise du « Nid d’aigle » de Hitler

A la fin de février, contre son gré, Leclerc – qui souhaiterait entrer en Allemagne le plus tôt possible – fait mouvement sur Châteauroux pour aller prendre part à la réduction des poches allemandes de l’Atlantique. La 2e DB est affectée au détachement d’armée de l’Atlantique du général de Larminat et elle joue un rôle actif dans la libération de Royan (14-18 avril 1945). Puis, rattachée à la 7e armée américaine du général Patch, elle est enfin envoyée en Allemagne. Regroupée en Bavière au début de mai, elle entreprend sa dernière charge vers le « Nid d’Aigle » de Hitler à Berchtesgaden, qu’elle occupe à la veille de la capitulation allemande.

La « division Leclerc » quittera l’Allemagne le 23 mai pour Fontainebleau, où, après avoir descendu les Champs-Elysées à bord de son char le 18 juin 1945, Leclerc passera son commandement à son fidèle adjoint, le colonel Dio : « Quand vous sentirez votre énergie fléchir, dira-t-il alors à ses hommes, rappelez-vous Koufra, Alençon, Paris, Strasbourg. Retrouvez vos camarades, recherchez vos chefs et continuez, en répandant dans le pays le patriotisme qui a fait notre force. »

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Sources :
ECPAD
http://www.france-libre.net/2e-db/historique/liberation-strasbourg.php
http://koufra1941.skyrock.com/2952676507-66e-anniversaire-de-la-Liberation-de-Strasbourg-par-la-2e-DB-le-23nov.html

 

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Libération de Nice

Classé sous — milguerres @ 18 h 28 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Libération de Nice

 

La libération de Nice a lieu le 28 août 1944 suite à une insurrection armée décidée par la Résistance. Les insurgés ne sont qu’une centaine au début de la journée du 28 août, mais l’ampleur qu’a pris le soulèvement en fin de journée pousse l’occupant allemand à évacuer la ville. Les Alliés ne sont pas au courant de l’insurrection et n’aident donc pas les insurgés. Prévenus par la Résistance, quelques soldats américains arrivent de Saint-Laurent-du-Var le soir du 29 août. Une colonne blindée américaine arrive enfin le 30 août 1944. Nice est définitivement libérée.

Le bilan avancé par les historiens varie. Joseph Girard estime à 27 tués et 280 blessés le bilan des victimes de la Résistance1. Le bilan avancé par Jean-Louis Panicacci dans un article intitulé À propos de la Libération de Nice est de 31 résistants tués et de 280 blessés2 du côté des insurgés niçois. Une distinction est réalisée dans cet article entre les résistants tués directement dans les combats ou décédés de leurs blessures au nombre de 29 et les résistants tués indirectement au nombre de 6Note 1,3[réf. insuffisante]. Le bilan des pertes allemands est couramment fixé à 25 hommes2. Il s’agit des 25 corps relevés sur le terrainNote 2 et 105 prisonniers1. 4 fascistes italiens, membres du bataillon Nizza, 215e bataillon des « chemises noires », sont également tués1,2. Plusieurs collaborateurs ont également été abattus lors de l’épuration sauvage, notamment des membres des Groupes d’Action du Parti Populaire Français (G.A. – P.P.F.) et des miliciens fascistes3[réf. insuffisante], 3 le 28 août 1944 pour Jean-Louis Panicacci4 ce qui semble être un minimum. Des assassinats ou des règlements de compte se sont également produits dans la période d’instabilité provoquée par la Libération. Le bilan des victimes civiles du 28 août 1944, tuées ou décédées de leurs blessures, est très peu abordé et largement sous-estimé. Dans un ouvrage publié en 2012, Jean-Louis Panicacci l’estime à 5 tués2. Or leur nombre est d’au moins 34 civils abattus ou mortellement blessés3[réf. insuffisante].
Dans un discours prononcé le 9 avril 1945, place Masséna à Nice, le général de Gaulle évoque la libération de la ville en ces termes : « Nice, le 28 août 1944, par l’héroïque sacrifice de ses enfants, s’est libérée de l’occupant. (…) Nice libérée, Nice fière, Nice glorieuse ! »

Déroulement de l’insurrection niçoise

Le contexte du déclenchement de l’insurrection à Nice
L’avancée des Américains depuis le débarquement en Provence

Les Allemands sont bousculés depuis le 15 août et le débarquement en Provence. Initialement, les alliés ont prévu de libérer le Var, de foncer vers le nord en laissant de côté la rive est du Var et les Alpes-Maritimes. Le 15 août 1944, les FFI obtiennent la reddition de la garnison allemande (une trentaine d’hommes) de Puget-Théniers. Le nord du département est sous le contrôle des FFI et des maquis. Le capitaine FFI Lécuyer, chef régional R2 (alias Sapin), part de Puget-Théniers avec une traction avant en direction de Draguignan avec le major Gun(alias Bamboos), un officier écossais de liaison. Le matin du 16 août, à quelques kilomètres au sud de Callas, ils rencontrent les premiers soldats américains. Ils atteignent le nord de Fréjus et rencontrent le général Frederick, commandant la 1re A.B.T.F. (en) (unité aéroportée) dans la région. Ils exposent la situation : seule la zone côtière est encore sous contrôle allemand. Les alliés peuvent déborder l’occupant par le nord. Cependant le major Frederick refuse tout d’abord car sa mission consiste pour l’instant à mener les opérations de débarquement et d’établissement de la tête de pont vers le nord et l’est. Il entre en contact avec son supérieur, le général Patch qui se trouve au large sur un navire. Le général Patch autorise Frederick à élargir la zone d’action jusqu’au fleuve Var. Une colonne blindée est guidée par la traction avant jusqu’à Puget-Théniers puis au Chaudan où elle essuie des tirs allemands depuis Levens. Les Américains passent la nuit à Beuil puis retournent rendre compte au général Frederick. Le même jour, deux colonnes américaines se lancent en direction du Var.
La première atteint Grasse le 24 août puis Vence et Gattières. Elle remonte la rive droite du Var et pousse jusqu’à Gilette où elle arrive dans la nuit du 25 au 26 août. Là, le régiment de parachutistes américains entre en contact avec les maquisards qui se battent pour prendre le verrou stratégique de Levens. Le 26 août, les Américains utilisent leur artillerie, matériel qui fait défaut aux résistants. Le 27 août au soir, les Américains franchissent le Var sans l’accord du général Frederick et, guidés par les FFI, reprennent Levens et La Roquette. Les Allemands de la zone côtière sont donc menacés sur leurs arrières. De Levens, les Américains peuvent en quelques heures accéder au Paillon (La Trinité, Saint-André-de-la-Roche, quartier de l’Ariane à Nice) et couper la retraite vers l’Italie ou encore atteindre Nice par les collines de Bellet et Gairaut par Aspremont et Colomars. Depuis La-Roquette-sur-Var, les Américains se rapprochent également de Saint-Isidore à Nice.

La seconde colonne emprunte la route littorale, soutenue par l’aviation et la marine. Elle arrive le 19 août à La Napoule qu’elle ne libère que le 23 août en raison de la résistance des Allemands solidement installés sur le massif du Tanneron. Des négociations ont lieu le 23 août entre la Résistance et la Wehrmacht à CannesNote 3 pour limiter les destructions. Les Allemands acceptent de décrocher sans mener les destructions prévues. Ils partent le 24 août à 2 heures du matin. Beaucoup d’enrôlés de force (Polonais, Tchèques, Roumains) et de soldats allemands se rendent. Prévenus par les FFI, les Américains arrivent à 15 heures 15 à Cannes. Ils poursuivent jusqu’à Antibes libérée à 19 heures. Les Allemands continuent de décrocher non sans mener des combats retardateurs et abandonnent Cagnes-sur-Mer. Le 27 août, vers 18 heures, les premiers chars américains arrivent à Saint-Laurent-du-Var. Deux FFI, Gabriel Abonnel et Jean Clément Ledieu, sont tués par un nid de mitrailleuse allemande au centre-ville dans les derniers accrochages5,6.

Le climat insurrectionnel à Nice
À Nice, touchée par une forte vague de chaleur, un climat insurrectionnel s’est installé.
De nombreux Niçois veulent en effet se débarrasser de la présence allemande et venger leurs morts. La population est d’ailleurs encore sous le choc des récentes exactions allemandes.

Le 10 juin, treize résistants ont été sélectionnés dans le quartier allemand de la maison d’arrêt de Nice pour être exécutés dans des représailles. Parmi ces résistants figurent quatre jeunes Niçois, membres d’un groupe de résistants du Lycée Masséna arrêtés avec Jacques Adam le 9 juin 1944 en revenant du maquis du Férion près de Levens. Les résistants Pierre Appolin et Joseph Graffino sont exécutés sur la route le 10 juin à Bar-sur-Loup en représailles de l’attentat qui a coûté la vie au consul fasciste républicain d’Antibes le 17 mars 1944. Les onze autres (dont les quatre lycéens et Jacques Adam) sont exécutés à Saint-Julien-du-Verdon le 11 juin en représailles des actions des maquisards FTPF.

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Photographies de la pendaison de Séraphin Torrin et Ange Grassi le 7 juillet 1944 à Nice (Alpes-Maritimes). Deux stèles commémoratives rappellent aujourd’hui cette double pendaison.

Séraphin Torrin et Ange Grassi, deux résistants communistes, sont arrêtés le 4 juillet 1944 comme otages à Gattières, sur dénonciation, avec cinq autres personnes en représailles des actions du maquis. Le 7 juillet 1944, ils sont pendus en plein jour aux réverbères des arcades de l’avenue de la Victoire devant des centaines de personnes rassemblées de force par l’occupant. Leurs corps restent exposés pendant trois heures.

Le 28 juin 1944, deux cheminots allemands de la Reichsbahn sont exécutés boulevard Tzarévitch par un groupe de résistants composé de juifs et de non-juifs. Maurice Behar, membre de ce groupe, a comme petite-amie Suzy Ben Hamin qu’il fait rentrer dans leur groupe en janvier 1944. Le 9 juin 1944, il veut se séparer d’elle. Par vengeance, elle dénonce le groupe de résistants à Félix Valetti, Niçois collaborant avec la Gestapo, après l’attentat contre les cheminots allemands. Félix Valetti donne le groupe à la Gestapo et ils sont arrêtés le soir même par des agents français et allemands alors qu’ils sont réunis. Ils sont transférés aux Nouvelles-Prisons de Nice et interrogés. Le 29 juillet 1944, Nagel Engelfried de la Gestapo niçoise emmène cinq détenus dans deux voitures. Parmi eux se trouvent trois membres du groupe : Maurice Lukowski, Maurice Alouf et Maurice Behar. Ils sont fusillés mais les corps n’ont jamais été retrouvés7. Une plaque commémorative rappelle la mémoire de Maurice Lukoswki au cimetière juif du château à Nice8. La Gestapo de Nice a également exécuté vingt-et-un résistants du quartier allemand de la maison d’arrêt de Nice le 15 août à l’Ariane en représailles du débarquement de Provence. Le même jour, trois officiers de la gestapo cannoise exécutent dix résistants (huit décèdent, deux survivent à leurs blessures) dans les caves de son siège de la villa Montfleury avant de l’évacuer. Enfin, de nombreux autres résistants du département sont arrêtés, fusillés ou déportés depuis l’intensification de la guérilla provoquée par les débarquements du 6 juin 1944 et du 15 août 1944.
La ville connaît une situation de grave pénurie alimentaire. Les Azuréens ne consomment plus que 150 grammes de pain par jour depuis le 15 juillet puis 100 grammes après le 15 août9. Les Allemands tentent d’organiser un ravitaillement depuis la Ligurie mais ils peinent à trouver des camions en Italie10.

L’ambiance devient électrique. Avec le déclenchement du débarquement, les Allemands proclament l’état de siège et la loi martiale11. Le 15 août, cinq soldats allemands sont visés par des tirs place Masséna. Aucun n’est touché. Cela avait déjà été le cas le 22 janvier 194412. Le couvre-feu est établi toute la journée du 16 août13 puis de 14 à 17heures le jeudi 17 août13.
Le jeudi 17 août, vers 22h15, le préfet Ravard vient demander à la Feldkommandantur de déclarer Nice ville ouverte. Le général Fretter-Pico répond au message d’information : Pour des raisons militaires, la ville de Nice ne sera jamais déclarée ville ouverte13. Nouvelle demande le 18 août 1944 et nouveau refus13.

Le samedi 19 août, une conférence a lieu à la Feldkommandtur entre le chef de groupe administratif docteur Koechling, le capitaine Buccholz de l’état-major de la 19e armée et le SS Gerhard Keil, chef de la Gestapo de Nice. L’objectif est de réfléchir aux mesures de répression à ordonner en cas de soulèvement (exécutions, déclarations…)13.
Une série de grèves est organisée pour gêner les activités des occupants. Le personnel du journal L’Éclaireur de Nice et du Sud-Est se met en grève le 17 août suivi le lendemain par les employés de l’usine à gaz. Le 20 août, la CGT lance un ordre de grève générale. Le même jour, des résistants coupent les fils du PC allemand installé à Fabron14.
Les résistants cherchent à accroître leur stock d’armes qui demeure très insuffisant. Le 22 août, des armes sont récupérées dans une caserne annexe de la gendarmerie, quartier Saint-Roch14. Ce même 22 août, des membres des Groupes d’Assaut du PPF, des miliciens et des cadres de la Gestapo quittent la ville pour Menton puis pour Neuss en Rhénanie.
Le 24 août, la grève générale est suivie aux TNL, à la SNCF, dans la métallurgie, les transports, les journaux, le bâtiment. Le relais des communications téléphoniques est détruit14. Ce même 24 août est créé un Comité insurrectionnel présidé par René Houat (décédé en 2009). L’insurrection se prépare14. Des contact ont lieu entre les autorités allemandes (Feldkommandantur et commandement du port) et la Résistance par l’intermédiaire de la préfecture. Les Allemands souhaitent ne pas avoir à exécuter totalement le plan des destructions prévues mais demandent en échange de pouvoir évacuer la ville sans être attaqués. Les négociations échouent15.

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Photographie des ces corps des fusillés de Saint-Julien-du-Verdon (Alpes-de-Haute-Provence). Les corps des fusillés (9 tués sur le coup et deux décédés de leurs blessures) sont regroupés au cimetière de Saint-Julien-du-Verdon, adossés le long du mur et pris en photographie par la gendarmerie de Castellane, Alpes-de-Haute-Provence, afin de pouvoir les identifier. Ces deux photos (une rangée de 5 corps et une autre de 6 corps) ont été publiées avec les identités en légende dans le journal L’Ergot n°8, édition du 8 octobre 1944. Le 3e fusillé en partant de la gauche sur la seconde photographie est indiqué comme non identifié. Il s’agit d’Albin Bandini, identifié officiellement en 1994.

Toujours le 24 août, un croiseur lourd et cinq destroyers alliés sont visibles dans la rade de Nice. Ils tirent sur le fort du Mont-Alban et sur la vallée du Var16.
Un comité d’action F.F.I. est créé le 26 août par Pierre Bloch. Il regroupe les différents chef de groupe FFI17. Le 26 août 1944, le résistant Joseph Manzone, dit Joseph le fou, égorge au garage de l’hôtel Ruhl le colonel SS chargé de superviser le général Nickelmann de la Feldkommandatur18,2.
Des résistants avec armes surveillent de l’intérieur l’usine à gaz de Saint-Roch pour empêcher une éventuelle destruction de l’édifice par les Allemands. Ils attendent le déclenchement de l’insurrection17.
Depuis le 15 août 1944, des contacts ont été pris avec divers détachements polonais de l’armée allemande notamment grâce à l’aide d’un tract en polonais et d’un autre en allemand. Plusieurs détachements ont accepté de se rendre ou de changer de camp en cas d’insurrection17. Depuis juin 1944, des résistants sont cachés dans certains bâtiments de l’hôpital Pasteur à Nice, désigné depuis janvier 1944 Centre d’installation du P.C. et centre du Corps Franc d’Encadrement du groupe FTP René Canta. Dans les premiers jours d’août, un groupe spécial d’action de 47 hommes est cantonné dans le presbytère de l’hôpital et dans la maison de l’aumônier de l’établissement, l’abbé Albert Perrin, capitaine sanitaire à l’État Major du Groupe René Canta. Ils attendent en armes, clandestinement, ravitaillés par l’économe-chef de l’hôpital19.

Il faut également noter que pendant tout le mois d’août, un avion non identifié, sur lequel la D.C.A. allemande n’ouvre pas le feu, vole dans le ciel de Nice et lance des bombes légères à l’occasion. Huit bombes sont lâchées le 13 août 1944 à deux heures du matin au nord de la gare du sud et du boulevard Joseph Garnier (7 blessés), dix bombes le 14 août à 5h20 sur le même secteur notamment au 12 bis rue Miollis après avoir tourné plusieurs heures dans le ciel (au moins 6 tuésNote 4, peut-être même 9 tués selon les sources), huit bombes lâchées à 4h30 le 15 août sur le cimetière de l’avenue Saint-Laurent après plusieurs heures dans le ciel. Une grosse bombe est lâchée le 16 août boulevard Carnot dans un terrain vague après avoir rôdé plusieurs heures au-dessus de la gare P.L.M. et du quartier du Parc impérial et même mitraillé le bord de mer. Deux bombes sont lâchées le 17 août au port, évacué depuis 48 heures. Dix-huit bombes sont lâchées le 23 août avenue des Fleurs (1 tuéNote 5 et 3 blessés). 

Deux habitants sont blessés le 25 août au Mont-Boron. Cinq bombes sont larguées le 26 août à 23 heures sur le centre-ville (un blessé). Enfin, trois bombes sont larguées le 27 août rue de la Buffa et place Grimaldi (1 mort, deux blessés)20. Une fois la Libération survenue, cet avion ne revient plus. D’où venait-il ? Qui le pilotait ? Les Niçois surnomment rapidement cet avion l’avion fantôme21 ou encore le maraudeur20. Certains pensent à des bombardements réalisés par des fascistes italiens depuis une propriété ou encore à une vengeance personnelle d’un militaire italien. Le mystère est aujourd’hui levé. Pour Jean-Louis Panicacci, cet avion venu de l’est appartenait à une escadrille basée sur l’aérodrome de Villanova d’Albenga. Il s’agit probablement d’un Storch-Fieser couramment utilisé pour des missions d’observation. Il est piloté par un fasciste-républicain ou par un aviateur de la Luftwaffe. Que vient-il faire ? Il est en fait commandité par les autorités militaires allemandes de la région niçoise pour s’assurer que les prescriptions d’occultation sont bien respectées. Si la surveillance montre un non-respect des règles, la mesure de rétorsion consiste en un bombardement à basse altitude de la zone illuminée. D’ailleurs, ses apparitions cessent avec la libération de Nice20,22.
Les bombardements aveugles de cet avion fantôme stressent énormément les Niçois déjà traumatisés par les centaines de morts du bombardement allié du 26 mai 1944 sur Nice et Saint-Laurent-du-Var. De plus, les attaques aériennes des alliés s’intensifient au mois d’août, notamment sur le port et la vieille-ville. 24 civils sont tués, 30 blessés et 500 sinistrés dans ces raids des aviations anglaises et américaines, notamment le 7 août et le 21 août20.

La stratégie allemande
Suite à la percée des Alliés vers le Rhône, la liaison entre les différentes unités allemandes est coupée. Le 19 août, la 148e Infanteriedivision (en), commandée par le général Otto Fretter-Pico, et la 157. Gebirgsdivision, isolées dans le Var et les Alpes-Maritimes, reçoivent un ordre du commandement allemand en Italie qui les intègre au 75e Corps d’armée (LXXV. Armeekorps) commandé par le général Hans Schlemmer. Le général leur ordonne de se replier sur les positions de la frontière franco-italienne afin d’empêcher une percée des Alliés en Italie du Nord. Cette décision empêche la destruction de ces divisions. Pour le commandement allemand, Nice ne représente donc pas une position militaire stratégique de repli mais un point de passage stratégique et vital pour mener sa retraite vers l’Italie. Ceci explique que le 18 août, il refuse que Nice soit déclarée ville ouverte. C’est pourquoi également, les négociations avec la Résistance pour permettre une évacuation de la ville sans destructions échouent contrairement à ce qui se passe à Cannes et Antibes. Les résistants veulent en découdre et les allemands refusent de quitter Nice sans se défendre.
Les Allemands se replient mais cherchent en même temps à retarder l’avance américaine. Une première ligne de défense est mise en place le long du Var. Mais la prise de Levens le 27 août crée un risque de contournement et d’attaque par le nord de Nice. Les unités allemandes commencent à évacuer Nice dès le 26 août pour se replier sur Menton et les montagnes mais des combats retardants sont prévus.

De plus, l’insurrection niçoise n’est pas une surprise pour les Allemands : elle est évoquée à la Feldkommandantur dès le 23 août à 17 heures lorsque le responsable du SD, le docteur Keil, informe la Feldkommandantur que 5 à 7 000 résistants préparent une insurrection avec l’aide de la police23. Il est donc décidé qu’en cas de troubles, l’armée tirera avec ses trois batteries lourdes sur tout mouvement insurrectionnel23. Les autorités allemandes n’ont pas l’intention de se retirer sans combattre et ils envisagent de bombarder la ville en cas de soulèvement. Cette décision est confirmée le lendemain : la Feldkommandatur restera à Nice pour résister au mouvement insurrectionnel. Dans le même temps, elle reçoit un code de repli (Hindenburg) sur Menton pour le moment où les troupes ennemies auraient franchi la ligne défensive du Var23. Le 25 août, les Allemands prévoient toujours de résister à l’insurrection : les deux tiers des Feldgendarmes reçoivent l’ordre de rester à Nice16. Le 27 août, la Feldkommandantur prévoit son transfert à Menton pour le 28 ou le 29 août18. Le général Fretter-Pico réclame de la Feldkommandantur qu’elle maintienne le calme dans la population pendant le retrait de ses troupes18.
L’insurrection gêne donc les Allemands dans leurs plans d’évacuation. Elle les oblige au final à accélérer l’évacuation des dernières unités allemandes.

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Affiche du Comité Insurrectionnel placardée dans les rues de Nice dans la nuit du 27 au 28 août 1944 et appelant à prendre les armes.

27 août
Le comité militaire des F.T.P. – M.O.I. s’est réuni le matin du 27 août et a décédé de proposer l’insurrection pour le lendemain. Les hommes veulent en découdre24. Le même jour, deux réunions sont organisées au huitième étage du Palais Stella situé au 20 boulevard de CessoleNote 6. Celle du matin est d’ordre militaire et celle de l’après-midi d’ordre politique Sont présents Souny, chef départemental F.T.P., Armand, pour les « Milices patriotiques » des entreprises, Jean-sans-peur, pour les F.T.P.F. de Nice, Ludovic, pour la M.O.I. (Main d’œuvre immigrée), Thibaud, pour la C.G.T., Pierre Durand, Georges, responsable départemental du Parti communiste et aux F.T.P., plus un invité, Bemard, cadre régional bloqué à Nice. Brandon, du Front National, et Duchêne, du Parti communiste, sont absents pour des raisons de sécurité. Ensemble, ils forment le Comité insurrectionnel. La décision est prise de déclencher le soulèvement général pour le lendemain dès six heures en dépit de la pénurie d’hommes entraînés (100 à 200 hommes) d’armes et de munitions (des grenades, 20 mitrailleuses, 40 mousquetons et quatre mitrailleuses lourdes)24. Une plaque commémorative est aujourd’hui visible à droite de la porte d’entrée de l’immeuble et rappelle cette importante réunion.
Les divers groupes de résistants sont prévenus dans l’urgence (notamment les Corps Francs de la Libération à la caserne Filley avec le groupe Parent25) mais beaucoup ne peuvent être joints en si peu de temps notamment à cause du couvre-feu ou de la distance. Piere Bloch rencontre le docteur Sapir à la libraire Paradis en compagnie de l’avocat Brandon responsable départemental du Front National qui se dit habilité à parler au nom des F.T.P.. Ils rédigent ensemble à un texte bref qu’ils signent : Les représentants des CFL, MP, FTP de la ville de Nice, réunis le 27 août 1944, décident de porter à la connaissance de leurs troupes respectives, à la veille du combat sacré pour la libération, qu’elles ne doivent rivaliser que par l’ardeur dans la lutte contre l’ennemi et combattre au coude à coude fraternel et loyal, dans un esprit purement patriotique26. Dans la nuit, les F.T.P. placardent des affiches malgré le couvre-feu, un peu partout dans les rues de la ville pour relayer l’appel à l’insurrection. On peut y lire : Français, Françaises, le 15 août, les armées alliées, comprenant l’armée française de la libération, ont pris pied sur notre sol. Elles sont aux portes de Nice. Cannes, Antibes et Grasse sont libérées : la Wehrmacht aux abois ne sait plus où se réfugier, ses soldats ont peur ! Ils savent maintenant qu’ils sont vaincus. Mais note ville reste à libérer. Dès le débarquement, la C.G.T. a lancé l’ordre de grève générale. Les F.F.I. ont organisé les guerillas. Mais cela ne suffit pas ! Le peuple de Nice, quatrième ville de France, se doit, après l’exemple de Paris, de Marseille, de Bordeaux, de Lyon et autres villes de France, de se libérer à son tour, de faciliter l’entrée victorieuse des troupes alliées dans la capitale de la Côte d’Azur. Pour cela, le C.D.L. vous appelle au combat. Aux armes citoyens ! Partout abattez les boches, désarmez-les, entrez en masse dans les milices patriotiques. Un seul mot d’ordre : s’organiser, s’armer, se battre ! Vivent les F.F.I. ! Vive la libération de Nice ! Vive la France ! En avant, tous au combat ! Le C.D.L. (F.N., P.C., C.G.T., M.L.N.)26.

28 août, jour de l’insurrection
Les combats éclatent à partir de 6 heures simultanément en plusieurs points de la ville.
À l’aube, le groupe 6 des Francs-tireurs partisans (10 hommes) dressent une première barricade au passage à niveau. Ils doivent stopper les Allemands des collines de Gairaut. Le groupe est retranché dans une excavation de la chaussée sous les ordres de Fortuné Leonardi. Ils sont soutenus par un groupe du mouvement Combat commandé par Paul Cavenago27. Un groupe de FFI mené par Louis Brandone prend le contrôle du garage Renault, boulevard Gambetta19. Louis Sana poste 3 jeunes et une mitrailleuse à l’angle des boulevards Auguste Raynaud et Joseph Garnier. Il se rend ensuite avec des hommes place Gambetta (actuelle place du Général de Gaulle). Les maraîchers sont informés de la situation et partent vite. Les hommes sont postés face à l’avenue Malausséna. Louis Sana descend l’avenue Malausséna avec Armand Allavena et Mearelli. Ils tombent sur trois soldats allemands. L’un des Allemands est blessé mais les trois soldats sont finalement faits prisonniers27.
Le groupe F.T.P.F. René Canta s’occupe du centre-ville. Ils partent du PC à Pasteur. Une équipe commandée par Jean Calsamiglia se rend à la gendarmerie. René Canta occupe le lycée Félix Faure où les policiers rejoignent les insurgés. De là, René Canta et ses hommes investissent la préfecture. Des détachements occupent la Bourse du travail, l’imprimerie de L’Éclaireur, les locaux du Petit Niçois sont occupés par les pompiers résistants. Martini dit Pensée part prendre le commandement des combattants-traminots au dépôt TNL à Nice-Riquier. Jean Calsamiglia se rend à l’intendance de police rue Maréchal-Foch et y installe son PC. Les inspecteurs sont désarmés. Les agents de police aident les FFI à organiser la défense. L’ordre est donné de contrôler les petites rues du Vieux-Nice, d’interdire toute circulation des Allemands sur le boulevard des Italiens (actuel boulevard Jean-Jaurès) et la place Garibaldi. René Canta donne ses ordres : il faut harceler les Allemands, les attaquer partout à la fois. Le groupe Lenoir (Verdi) occupe la mairie, le groupe du capitaine Martin occupe le lycée de garçons. Les groupes francs du mouvement Combat et les F.T.P.F. occupent la caserne Filley28.

Vers 6h00, les F.F.I. de Charles Menardi se regroupent à leur QG au dépôt de journaux de l’avenue de la Californie. Ils décident d’occuper le central téléphonique de Fabron, ce qui est fait sans difficultés. Les résistants des CFL les rejoignent pour occuper le transformateur du quartier de la Vallière. Un combat a lieu. Deux FFI sont blessés. Les soldats polonais se rendent29. Roger Simon se procure une arme et veut rejoindre ses camarades du groupe Académie des CFL du capitaine François Calvin. Il est fait prisonnier par une patrouille allemande à Carras. Il est torturé toute la journée puis fusillé d’une balle de revolver le 29 août vers une heure du matin dans un blockhaus de l’avenue de la Californie30.

Vers 6 heures, une voiture montée par des gradés allemands arrive de la place Gambetta et se heurte aux groupes de résistants postés autour du passage à niveau. Elle est immobilisée par une grenade à l’angle du boulevard Auguste-Raynaud. Bilan : 3 morts et un commandant blessé et prisonnier chez les Allemands. Les résistants récupèrent leurs armes. Louis Sana s’empare de la sacoche du commandant blessé. Elle contient des documents importants sur les projets du commandement allemand27.
Vers 6h30, à Nice-Nord, une camionnette allemande descend le boulevard de Cessole vers le passage à niveau. Les sentinelles lâchent une rafale de mitrailleuse. Le chauffeur qui est seul se rend27. L’alerte est donnée dans le quartier. Des habitants se lèvent et rejoignent les résistants pour combattre27. Le lieutenant Mathis est réveillé par des coups de feu boulevard de Cessole. Il descend et tombe sur des FTP en position près de l’avenue Castellane. Il voit alors deux Allemands dans l’avenue qui s’enfuient. Ils sont poursuivis et se rendent. Il prend le commandement de plusieurs hommes à l’angle de l’avenue Cyrnos. Un fortin est organisé dans la villa « les Pipistrelles » qui domine tout le boulevard de Cessole31. Paul Cavenago se rend à la brigade mobile rue André Theuriet et somme les policiers de remettre leurs deux mitraillettes et les munitions31. Une deuxième camionnette est signalée. Une rafale de mitraillette crépite. Un pneu éclate. La camionnette ralentit alors qu’à l’intérieur un homme congestionné hurle sur le chauffeur. Nouvelle rafale. Des balles percent le moteur. La voiture est entourée par les résistants. Un commandant allemand furieux descend ainsi que deux sous-officiers et le chauffeur. Ils sont faits prisonniers. Les prisonniers sont conduits dans un garage voisin rue Georges Doublet. Les autres prisonniers allemands faits durant la journée dans le quartier y sont amenés aussi31.

Vers 7h00, trois camions allemands avec remorques débouchent dans le boulevard Joseph Garnier. Dissimulés derrière les platanes, les FFI ouvrent le feu. Surpris, les Allemands bifurquent vers la petite avenue Montclair où ils sont stoppés par des jets de grenade. Quatre Allemands sont faits prisonniers. Les camions transportent un trésor : deux mitrailleuses lourdes, un fusil-mitrailleur, une mitraillette, des fusils, des munitions. Des barricades sont érigées au débouché des rues avoisinantes. Une mitrailleuse est transporté place Gambetta, placée en batterie de façon à prendre en enfilade l’avenue Malausséna. L’autre est mise en batterie sur le carrefour du passage à niveau. Une sorte de bouclier est formé avec des traverses de chemin de fer récupérées à la Gare du Sud toute proche31.

Avec une des camionnettes récupérées conduite par Aimé Paiche, Louis Sana parcourt le quartier du passage à niveau pour arrêter des chemises noires fascistes. Quelques-uns sont exécutés dans la journée31. Louis Sana se rend ensuite à la mairie avec la même camionnette conduite par le chauffeur de taxi Marius. Ils désarment deux policiers31.
Toujours vers 7h00, le brigadier-chef de police Deguin se trouve de service au lycée. Il entend des coups de feu. Les agents l’informent que ce sont les Allemands qui sont visés. Avec quatre gardiens, ils se rendent boulevard Mac-Mahon (actuel boulevard Jean-Jaurès) et attaquent une autochenille montée par trois Allemands qui réussissent à s’enfuir. L’autochenille est emmenée par des civils à la préfecture. Ils s’emparent également de deux camions avec remorques malgré les tirs des armes automatiques et des mortiers du Château32.
Vers 7h15, Lucien Cantailloube, un des responsables des Milices Patriotiques au dépôt SNCF de Nice Saint-Roch a pu rassembler 350 hommes. La défense du dépôt est organisée par Auguste Chochoy. Un poste d’observation est installé au sommet de l’épurateur Lamy qui domine le quartier29.
À 7h30, un camion allemand tractant une arme lourde arrive par le boulevard Joseph Garnier et est lui aussi attaqué à la grenade : les assaillants s’emparent d’une mitrailleuse lourde et de Mausers. Des prisonniers sont faits mais il y a aussi des blessés et des tués côté allemand. Un deuxième camion est bientôt immobilisé : des prisonniers sont faits et des fusils capturés28.
Toujours vers 7h30, les FFI commandés par Émile Mercanti attaquent la batterie de Saint-Pierre-de-Féric sur les collines à l’ouest de Nice. Le 2e détachement attaque quelques Allemands en patrouille sur la route. Un Allemand est tué, trois sont faits prisonniers. Deux sont blessés mais parviennent à s’enfuir29.
Plus au sud de la ville, une opération est ordonnée par Jean Calsamiglia au groupe Robert mené par Barbev Odadjian (dit « Robert »). L’opération vise le siège du P.P.F., partie collaborationniste, situé rue Dalpozzo. Les F.F.I. contrôlent d’abord les immeubles environnants, rue de la Buffa et rue Maréchal Joffre. Un fusil-mitrailleur est braqué sur l’immeuble du siège du PPF. Robert pénètre dans le bâtiment avec un camarade. Ils ne rencontrent aucune résistance. Vers la fin de l’opération, à 7h30, une voiture allemande occupée par deux officiers aborde le barrage des F.F.I.. Il s’agit du lieutenant Wilhelm Hansen (né le 27 janvier 1914, son corps repose au cimetière militaire allemand de Dagneux (Ain, rang n°30, tombe individuelle n°17) et d’un sous-officier du bataillon Flak commandé par le commandant Michelis. Les occupants de la voiture sont tués sous le feu des mitraillettes au coin des rues Dalpozzo et de la Buffa29.

Plusieurs positions stratégiques sont aux mains de la Résistance : le Lycée de garçons, la Préfecture, l’Hôtel de Ville mais aussi la Poste Thiers, la gare SNCF, les Entreprises Michel, le siège de la police, puis la Gendarmerie, l’Usine à Gaz, le siège de la Milice française, le dépôt des TNL, la gare Saint-Roch, la caserne Filley. Les locaux du journal L’Éclaireur sont investis ainsi que les principales imprimeries, où l’on imprime immédiatement tracts et affiches appelant à l’insurrection.
À partir de 8h15, la Feldkommandantur est progressivement mise au courant des événements18.
La population du quartier du passage à niveau aide à réaliser une barricade boulevard Auguste Raynaud. La barricade permet d’arrêter un camion allemand. Les militaires menacent d’abord les habitants (dont la femme de Louis Sana) mais s’enfuient à l’arrivée des résistants32.
À 11h00, les Allemands avancent rue Cassini. Une fusillade se poursuit pendant deux heures33.

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Aperçu des hostilités près de la gare des chemins de fer de Provence, le 28 août 1944, à la Libération de Nice.

À Nice-Nord, une troupe allemande remonte le boulevard Gambetta d’arbre en arbre pour reprendre le contrôle du passage à niveau à 8h30. La fusillade dure jusqu’à 10h30. Les Allemands ne réussissent pas à passer. Plusieurs d’entre eux sont tués et blessés32. Plusieurs résistants sont grièvement blessés. Les F.T.P.F. Auguste Gouirand et Lucien Chervin, tous deux retranchés derrière le kiosque à journaux, sont chacun grièvement blessés d’une balle reçue dans la tête34. Ils sont évacués dans la clinique de la rue Mantéga. Lucien Chervin décède dans la journée et Auguste Gouirand le 1er septembre 194435[réf. insuffisante]. Alphonse Cornil est abattu par une rafale de balles tirée par les allemands alors qu’il se trouve en position avancée au niveau du 130 boulevard Gambetta36[réf. insuffisante].
La fusillade éclate également devant le garage Renault dans le boulevard Gambetta. Les Allemands attaquent à la grenade mais doivent se retirer. Vers 9h00, un groupe d’Allemands met en batterie un mortier devant le garage en direction du passage à niveau. Le mortier est soutenu par le tir du blockhaus du carrefour Thiers. Quatre coups sont tirés mais les Allemands doivent se retirer par la rue Oscar II sous le feu des mitrailleuses des résistants retranchés dans le garage Renault. Les résistants récupèrent le mortier37.
Vers 9h00, la Feldkommandantur appelle la préfecture pour qu’elle fasse cesser les attaques sur les soldats allemands et pour savoir s’il est vrai qu’elle est sous le contrôle des résistants. Le préfet du vichyste Ravard leur raconte que l’attaque des F.F.I. sur la préfecture a été repoussée par la police et la gendarmerie française, sous la menace du groupe René. Il propose aux Allemands de ne pas tirer jusqu’à midi le temps qu’il tente de ramener le calme. En fait, cela permet de donner du temps aux F.F.I. pour contrôler la ville18.
À 10h00, le général Nickelmann, commandant les forces allemandes stationnées à Nice, téléphone à la préfecture occupée par les F.F.I.. Trois membres du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France sont présents : Cendo, Sattegna et Gatet. Cendo prend la communication. Nickelmann fait savoir que si l’insurrection ne cesse pas immédiatement, il fera bombarder la ville, qu’il la mettra à feu et à sang et que tous les combattants pris seront traités en franc-tireurs et fusillés sur place33. Cendo transmet au Comité insurrectionnel qui a quitté le 20 boulevard de Cessole pour s’installer au 1 rue Pertinax. La réponse est finalement négative. Le Comité insurrectionnel lance un ordre du jour appelant à intensifier le combat contre les Allemands, à développer une insurrection populaire et à commencer une « épuration énergique de tous les salopards connus »33. La préfecture est menacée par les attaques d’automitrailleuses allemandes provenant du cours Saleya. Une barricade a été réalisée avec des véhicules rue de la Préfecture. Les automitrailleuses sont chassées par des grenades33,38.
Avant 10h00, le lieutenant-colonel Niedlich, commandant le 239e Régiment d’infanterie tombe dans une embuscade tendue par les F.F.I. alors qu’il rejoint son régiment et est tué. Dans sa sacoche, les F.F.I. découvrent un document dans lequel les Allemands prévoient d’évacuer la ville « infestée de terroristes ». Le document est traduit dans la nuit39.

À 10h00, la plupart des gardiens de la Paix ont rejoint les insurgés40. Le chef de groupe surnommé « Loulou » se signale en tuant six Allemands en cinq minutes au PC de Jean Calsamiglia à l’intendance de police rue Maréchal Foch.
Vers 10h00 à Nice-Centre, des combats ont lieu place Masséna. Un lieutenant de Feldgendarmerie est tué. Des dix soldats allemands de garde sur cette place, un est abattu et plusieurs sont blessés sous les tirs de policiers français39.
À 11h25, le préfet Ravard demande à la Feldkommandantur que les Allemands n’occupent pas les bâtiments publics39. Les autorités préfectorales sont paniquées et ne cessent de demander à René Canta d’évacuer le bâtiment et de faire cesser les combats. Il finit par faire placer Lauvel et Ravard en état d’arrestation provisoire dans leurs bureaux respectif33. Un peu plus tard, l’artillerie du Château commence à arroser le bâtiment avec des obus de petit calibre et ce jusqu’au soir33. Comprenant en effet que l’insurrection s’étend, le général Nickelmann a mis ses menaces à exécution. De ses retranchements de Gairaut, du Mont-Alban de la caserne Auvare et du col de Villefranche, l’occupant canonne la ville, mitraillant le Vieux-Nice depuis le Château. Cependant, la mutinerie des servants Polonais gêne momentanément la défense allemande. Les Polonais refusent en effet de viser des objectifs civils. Vers 11h0037, les Allemands commencent à bombarder le quartier du passage à niveau. Le poste du passage à niveau est touché. Le F.T.P.F. Roger Boyer est tué par un éclat d’obus37. Le F.T.P.F. Jean Ballestra est grièvement blessé et décède vers 20h30 à son domicile du 27 avenue Pessicart41[réf. insuffisante]. Les blessés sont transportés dans une clinique rue Mantéga. Le support de mitrailleuse est hors d’usage mais il est réparé dans un atelier à proximité. Sous la pluie d’obus, les groupes du passage à niveau se replient vers les positions du lieutenant Mathis boulevard de Cessole, au niveau de l’avenue Cyrnos. Lorsque la canonnade cesse, les résistants du passage à niveau reprennent leurs positions et empêchent une ouverture vers Levens pour les Allemands37. De nombreux hommes et femmes des différents groupes et mouvements résistants combattent ensemble (M.O.I., F.T.P.F., Combat, C.F.L., Milices Patriotiques).
Vers 11 heures, le général Fretter-Pico ordonne aux unités de retraiter mais de prendre des otages pour traverser la ville ainsi que le désarmement des policiers. Une opération de nettoyage de la ville est cependant envisagée avec les troupes repliées depuis Grasse39.

Vers 11h30, deux soldats allemands sont blessés près de la Feldkommandatur par des policiers français. Le major Schultz ordonne de désarmer tous les policiers de la ville. Déjà un soldat de la Feldkommandtur a été tué ainsi que 3 blessés42.
Place Gambetta, le groupe Augier (16 hommes) continue le combat. Au cours de l’attaque d’une voiture allemande, Auguste Bogniot est abattu vers 14 heures devant le Crédit Lyonnais37. Augier et Perfettini sont blessés avenue Borriglione37.
À Nice-Est, les F.F.I. ont transformé le dépôt des TNL en véritable forteresse. Les soldats polonais de garde sont faits prisonniers mais décident de rejoindre les résistants. Des blockhaus sont aménagés avec des sacs de sable. Martini dit « pensée » donne l’ordre d’attaquer tout camion ou tout Allemand circulant dans le quartier32. A 11h45, les Allemands attaquent par le rue Auguste Gal. Les résistants ouvrent le feu. Trois Allemands sont abattus mais d’autres attaquent à la grenade. Les résistants se replient dans un abri qu’ils ont construit à l’entrée du dépôt. Les Allemands battent en retraite37. Le responsable des milices patriotiques, le lieutenant Antoine Suarez, est mortellement blessé par une balle reçue en pleine tête32.
Dans la journée les rangs des combattants augmentent pour atteindre plusieurs centaines, avec peu d’armes et de munitions. Les F.F.I. espèrent l’arrivée des maquisards de Levens mais ils n’arriveront que le lendemain. Des habitants prennent également les armes et rejoignent les F.F.I1.
Les premiers blessés, combattants ou civils, commencent à arriver à l’hôpital Saint-Roch à 10h00. À partir de midi, c’est une arrivée ininterrompue.

Vers 11h30, le général Fretter-Pico autorise la Feldkommandtur à évacuer la ville. Dans le même temps, il installe un chef de bataillon, le capitaine Burkhardt, commandant le Ier Bataillon du 239e Régiment, comme nouveau commandant de la place de Nice. Il a tous les pouvoirs y compris d’établir la loi martiale. Il arrive vers 13 heures avec un bataillon à bord de 5 autobus. Sa mission est de libérer par tous les moyens le passage routier ouest-est. Un commando spécial avec amres lourdes est en route pour le nettoyage de la place Masséna42.
Vers midi, Barker Odadjian reçoit l’ordre d’évacuer les locaux de L’Éclaireur et de se replier sur le lycée. À 12h30, il est sur place avec ses hommes qui s’installent sur les tours en direction de l’esplanade du Paillon. Vers 13h30, les Allemands, installés sur les toits et aux fenêtres voisines, balaient par ses tirs les fenêtres et les galeries. Des automitrailleuses passent dans les rues et mitraillent le lycée. Les résistants sont à court de munitions mais ripostent comme ils le peuvent. Vers 17h00, des tirs de mortier sont tirés sur eux depuis le Château. Ils font peu de dégâts et cessent vers 19h0043.
Vers 13h15, des soldats allemands tirent à la mitrailleuse sur la Préfecture. Une patrouille sous les ordres du lieutenant Pico pousse une batterie Flak dans le quartier de la Préfecture et essuie des tirs. Un soldat allemand est tué et 3 autres blessés. Les allemands ripostent en tirant sur la Préfecture42.
La Feldkommandatur reçoit à 13h50 l’ordre d’instaurer l’état de siège dans la ville. Le pouvoir de commandement est placé entre les mains du capitaine Burkhardt. La population civile doit être chassée des rues et rester enfermée chez elle. Toute personne se trouvant dans la rue sera abattue. Le PC du Ier Bataillon s’installe à la Feldkommandantur. Une compagnie doit occuper la mairie et la Préfecture42. Les allemands veulent toujours reprendre le contrôle de la ville même si la Feldkommandtur reçoit l’autorisation d’évacuer.
À Nice-Nord, le groupe F.F.I. dirigé par Augier monte vers 14h00 dans l’immeuble situé 2 avenue Borriglione. Une mitrailleuse servie par Dozol est installée. Vers 16h30, Dozol est blessé par des tirs venant de la villa Thiole. La mitrailleuse est montée sur le toit, d’où Pionchon atteint cinq Allemands, avant d’être lui-même blessé à la jambe et conduit à l’hôpital43.
Vers 15 heures, un accrochage a lieu à Sainte-Marguerite entre les F.T.P. – M.O.I. et une patrouille allemande venant de Saint-Isidore. Le résistance Venance Cantergiani est tué30.
Vers 16h00, une voiture allemande descend le boulevard de Cessole. Les F.F.I. dirigés par le lieutenant Mathis la laissent passer et l’attaquent par l’arrière à la mitraillette et à la grenade. En avant, elle est prise sous le feu des hommes du capitaine Paul. La voiture va buter contre un arbre avec ses quatre occupants morts ou blessés43. Un agent de liaison prévient le poste du passage à niveau de la situation. Plusieurs camions allemands essaient de forcer leur barricade sans succès43.
En haut de Pessicart, les Cauvin ont hissé le drapeau tricolore le matin à la villa « La Paix ». en entendant les coups de feu. L’après-midi, Henri Cauvin et Jacques Galand décident de descendre en ville avec leurs pistolets. Près du Righi, ils aperçoivent des Allemands au carrefour et se replient. Plus haut, une patrouille allemande leur barre la route. Ils cherchent refuge dans une maison en contrebas. Les occupants les font entrer et les pistolets sont cachés sous le lit. Les Allemands les ont vus et arrivent ; un officier ouvre la porte, mitraillette pointée, menaçant. Les deux résistants sont conduits sur la route, nez au mur. Les pistolets sont découverts. Les Allemands disent « Terroristen » et Henri Cauvin dit à son camarade : « Nous sommes perdus ». Une jeune fille qui se trouve là s’en va prévenir les FFI du lieutenant Mathis. Les jeunes soldats allemands emmènent leurs prisonniers. Ils avancent lentement en file de chaque côté de la route avec les prisonniers au milieu. Ils tirent dans les fenêtres des maisons. Ils avancent vers l’avenue Cyrnos. L’officier fait alors prendre une descente en raccourci vers le boulevard de Cessole. Au milieu du passage, des coups de feu sont tirés par les FFI par le haut et le bas du chemin. L’officier allemand est tué. Les autres soldats allemands sont également tués44. Un fusil-mitrailleur est récupéré et placé au milieu du boulevard de Cessole, entre la villa les « Pipistrelles » et la propriété du comte de Cessole, derrière une redoute puissamment organisée44.
À Nice-Lingostière, dans la plaine du Var, une unité allemande composée de Polonais stationne à la Maison rouge, vallon de Saint-Laurent. Les soldats ont tué leur commandant dans la journée. Les ouvriers de l’usine de Lingostière signalent la situation aux FFI. Les Polonais décident de se rendre aux F.F.I.. Une vingtaine sont conduits à l’usine. Ils montrent aux F.F.I. comment se servir de leurs armes et signalent que les pontets de dégagement des eaux, sous la route 202, sont minés. Le lendemain, ils déminent les pontets et le lit du Var45.
Vers 16h00, le groupe des Milices Patriotiques de la compagnie des eaux, rue Gioffredo, capture un colonel allemand porteur de documents remis à Jean Calsamiglia et envoyés à l’état-major FTP. Des agents américains en civil qui se trouvent au PC de Jean Calsamiglia, prennent également connaissance de ces documents. Traduits dans la soirée, ces documents révèlent que le Haut Commandement allemand donne l’ordre aux troupes en action autour de Nice de se replier vers l’Italie à partir de 18h00. Le repli doit se faire en contournant Nice, « infestée de terroristes ». Il y a également les plans de repli des troupes ennemies. Ces documents sont envoyés par le F.T.P.F. commandant Moreno au PC américain de Grasse46.
Vers 17h00, la Feldkommandantur apprend qu’elle doit se joindre au mouvement de retraite des troupes qui abandonnent la ligne de front de la rive est du Var. Le mouvement de retraite est prévu entre 20 et 21h0042.

Vers 17h00, le dépôt Saint-Roch est sous le tir des pièces allemandes situées l’une à la caserne Auvare, l’autre boulevard de l’Armée des Alpes. L’observatoire aménagé par les résistants, le bâtiment des mécaniciens et l’entrée sont touchés. Des unités d’infanterie attaquent vers 18h00 depuis les pentes du Mont-Alban. Vers 19h00, un groupe d’une trentaine d’Allemands lance une attaque qui est repoussée. Les Allemands cherchent encore à assurer leur repli vers L’Escarène et Sospel30.
Quartier Riquier, les Allemands mitraillent les rues. Ils fuient à pieds et en voiture par la rue Barla du Centre-ville vers la Moyenne Corniche. Ils sont sous le feu des résistants depuis les toits et les fenêtres. Un balle frôle les F.T.P.F. César Martini et son frère sous les ordres de Laurent Giaume30. Leur camarade Raymond Albin est atteint d’une balle dans le ventre. Il est transporté dans l’abri sous la place Arson et décède peu après vers 14 heures30.

Un dépôt clandestin de vivres est organisé rue Fodéré prolongée près du port. Il est gardé par Édouard Bertand, Carrara et Marie Bocchiardo (son frère a été fusillé à l’Ariane le 15 août 1944). Les combattants des différents quartiers viennent chercher des vivres et donnent en échange un papier convenu. Tout l’après-midi, les gardes du dépôt voient passer des soldats allemands à pieds et en camion boulevard Impératrice de Russie (actuel boulevard Lech Walesa). Ils suivent l’itinéraire jalonné par les blockhaus depuis la place de Riquier, la place Saluzzo (actuelle place Max Barel) et la route de Villefranche30.

L’après-midi vers 18h00, après d’âpres combats, les blockhaus du boulevard Gambetta, de l’avenue de la Victoire et de la place Saluzzo sont pris d’assaut30, mais la lutte se poursuit autour de certaines positions. Les Allemands comprennent en fin de journée qu’ils ne pourront faire face au soulèvement, et la Kriegsmarine évacue en hâte le Château, tandis que le général Nickelman informe son état-major général qu’il évacue la ville, selon lui « infestée de quatre mille terroristes »[réf. nécessaire].
Le blockhaus de Riquier est évacué dans la soirée. Martini dit « Pensée », l’occupe avec deux hommes. À peine entrés, un camion allemand passe avec une vingtaine de soldats et s’arrête devant l’entrée. Martini ouvre le feu avec son pistolet et vide le chargeur. Le camion démarre et part47.
Dans la soirée, dans le Vieux-Nice, place Garibaldi, un groupe de F.F.I. est attaqué par deux nids de mitrailleuses. Pendant le combat, alors que les F.F.I. sont sous les arcades, un convoi de six camions allemands passe sur la place. Les occupants ont ouvert le feu sur les F.F.I. qui répondent. Georges Damiot, gardien de la paix, tue trois Allemands. Paul Vallaghé, champion de tir, tue plusieurs Allemands avant d’être lui-même mortellement blessé. Vincent Joseph Boscarolo est lui aussi mortellement touché. Les servants allemands des mitrailleuses finissent par prendre la fuite. Les mitrailleuses du Château continuent à tirer47.
A 18h30, le résistant Fortuné Barralis dit René du groupe Lorraine est mortellement touché au passage à niveau par les tirs allemands en revenant d’une mission en service commandé rue Gutenberg (recherche de munitions et ramassage de blessés)48.
Vers 19h00 les artificiers allemands font sauter le port de Nice, deux môles, le phare, les grues, et coulent plusieurs navires à quai49. C’est la Kriegsmarine qui évacue le port et le château qu’elle avait commencé à fortifier50.
Toutes les unités reçoivent vers 19h00 l’ordre de rejoindre la Feldkommandantur avec leurs bagages. Une colonne de 7 camions et 14 voitures est formée. Sur chaque camion est montée une mitrailleuse. La colonne part à 19h50 et subit des tirs en provenance de l’intendance de police située avenue maréchal Foch. Les Allemands ripostent de toutes leurs armes et tirent sur toutes les fenêtres des maisons qui bordent la rue de la caserne. La colonne mitraille systématiquement les façades des habitations et grâce à sa supériorité de puissance de feu, elle parvient à quitter la ville sans pertes. La colonne arrive à Menton à 20h4051,50.
Toutes les forces allemandes se replient, mitraillant la ville au passage30 Les dernières unités allemandes stationnées sur les collines de Gairaut, Cimiez et Fabron ou en retraite depuis Levens quittent leurs positions vers 23h00. Elles descendent en convoi en mitraillant tous les immeubles de l’avenue de la Victoire avant de gagner Villefranche par la Basse Corniche49,52.
À Nice, les résistants s’organisent pour la nuit car ils craignent des attaques nocturnes. Les F.F.I. doivent monter sur les toits, ne tirer qu’à coup sûr à cause de la pénurie de munitions, renforcer les barricades, des sentinelles sont placées dans les rues53.
Dans la nuit tombante, boulevard de Cessole, des soldats polonais viennent se rendre aux F.F.I53.
Vers 21h00, la flotte alliée canonne les blockhaus du front de mer, déjà abandonnés par leurs occupants49,50.
Un drame se joue dans les jardins de la villa la Lanterne à Fabron où les allemands exécutent un par un 4 résistants arrêtés pendant la journée porteurs de brassards tricolores des F.F.I.. 2 survivent en faisant le mort (Albert Piccardo et Michel Frenkel), 2 autres sont achevés en étant égorgés à coups de couteau (Lucien Corbé et Joseph Aréna)54.
Le chiffre de 25 soldats allemands tués correspond au nombre de corps relevés par les F.F.I.. On ignore combien de morts se trouvaient dans les camions qui évacuent Nice1,2.
Quatre fascistes italiens, membres du bataillon Nizza, 215e bataillon des « chemises noires », sont également tués1,2.
Vers minuit, les insurgés niçois, handicapés par la pénurie de munitions, réalisent qu’ils sont maîtres de la ville. Ils demeurent cependant en alerte craignant une contre-attaque allemande49. Le lendemain matin, les FFI défilent victorieux dans les rues de Nice. Tout le monde attend maintenant l’arrivée des Américains49.
À Menton, les Allemands et les fascistes italiens du bataillon Nizza se vengent sur la population de la réussite de l’insurrection niçoise. Le 29 août, le maréchal des logis chef Deparday est abattu par les fascistes du bataillon Nizza dans la cour de la gendarmerie alors qu’il est en pantoufles55. Une plaque rappelle cette exécution à Menton au 21 rue de Sospel56. Le même jour, cinq civils sont accusés à tort d’avoir ouvert le feu contre des soldats allemands. Ils sont abattus au pied de leur résidence : Pierre Bonardi, Robert Marze, Jean et Antoinette Rambert, François Taglioni55. Une plaque commémorative rappelle ces exécutions impasse Mayen à Menton57.
29 et 30 août : l’arrivée des Américains[modifier]
Le 27 août, vers 18h00, les premiers chars américains ont libéré Saint-Laurent-du-Var. Il s’agit des chars de la colonne partie de la tête du pont et qui emprunte la route littorale. L’autre colonne atteint Grasse le 24 août puis Vence et gagne Gattières. Elle remonte la rive droite du Var et atteint Gilette dans la nuit du 25 au 26 août 1944. Elle rejoint là les FFI qui tentent de capturer Levens. Les Américains utilisent leur artillerie le 26 août contre les positions allemandes. Le 27 août, ils franchissent le Var et libèrent le verrou stratégique de Levens. Cependant, les Alliés s’attendent à une forte résistance allemande autour de Nice. Ils n’ont pas prévu de déclencher une attaque le 28 août. La flotte alliée bombarde les casemates allemandes installées sur la Promenade des Anglais à 23h00. Mais les casemates sont vides. Les Allemands ont déjà évacué ce secteur.
Au matin du 29 août, les FFI ne voient toujours pas arriver les Américains et craignent une contre-attaque allemande. Il faut donc les prévenir que Nice est libérée. Rottenberg, alias commandant Ro, un des chef des CFL, donne l’ordre à Joseph Arnaldi de se rendre au Pont du Var détruit par les bombardements alliés pour entrer en contact avec les Alliés à Saint-Laurent-du-Var. le résistant traverse le Var à gué au lieu-dit la Digue des Français. Joseph Arnaldi apprend aux Américains incrédules que les Allemands ont évacué la ville. Les émissaires proposent qu’un ou deux soldats américains viennent se rendre compte sur place. La proposition est acceptée. Guidés par Joseph Arnaldi, les soldats américains arrivent au Bar-Épicerie-Restaurant chez Trombetta où la population les fête. L’alcool coule à flots ! Puis Joseph Arnaldi amène les soldats au centre de la ville pour qu’ils se rendent compte que les Allemands sont effectivement partis. Il les reconduit ensuite. L’un d’eux fait son rapport à ses supérieurs : « Yes, libre, Nice… Good ! » puis il s’effondre tellement il est alcoolisé58. Dans l’après-midi, un petit détachement de soldats américains guidé par Joseph Arnaldi s’installe en ville. Il confirme par radio qu’il n’y a plus d’Allemands à Nice. Cependant le général Frederick a reçu des ordres du général Patch le soir du 28 août : interdiction de franchir le Var et attente de la relève des troupes françaises de l’armée régulière. Sur l’insistance du général Frederick qui craint des troubles, un bain de sang en cas de retour des Allemands et une mainmise communiste dans la ville, le général Patch autorise le franchissement du Var58.
Le 30 août, un convoi motorisé américain du 509e Régiment arrive par l’avenue de la Californie et la rue de France. il ne fait que passer pour éviter la dispersion des soldats dans les festivités de la libération. Les soldats continuent leur route en direction de Menton. Une foule en liesse les acclame sur leur parcours. D’ultimes coups de feu de « tireurs des toits » sont tirés sur les tout premiers parachutistes américains arrivant à pied, au carrefour du boulevard Gambetta et de la rue de France (le 29 ou le 30 août).
La visite du général De Gaulle le 9 avril 1945[modifier]

Le 9 avril 1945, le chef du Gouvernement provisoire de la République française accomplit une visite officielle dans le chef-lieu des Alpes-Maritimes59 à l’issue d’une tournée d’inspection militaire qui l’a conduit sur le Rhin et dans les Alpes (Grenoble, Saint-Pierre-d’Albigny, Beaulieu). Cette visite est assez tardive si l’on compare les visites qu’il a effectuées à Marseille et Toulon dès le 15 septembre 1944.
Cette visite a lieu la veille de l’offensive des troupes françaises sur les dernière positions allemandes tenues dans le nord du département par 600 hommes dans le massif de l’Authion.
De Gaulle se recueille au Monument aux morts de Rauba-Capeù avant de se rendre place Masséna où 60 000 à 100 000 personnes assistent à un premier discours du général tenu depuis le balcon du Casino municipal. De nombreux niçois se sont installés sur les toits et aux fenêtres. De Gaulle commence son discours par ces mots : « Nice libérée, Nice fière, Nice glorieuse, vient d’exprimer magnifiquement les sentiments de la population tout entière et ces sentiments-là, je vous le dis, ce sont ceux de toute la France. D’abord, ce que vous exprimez, c’est la fierté de la libération, tout ce qui a été souffert ici, tout ce qui a été souffert matériellement avec tant de privations et qui continue de l’être, mais surtout tout ce qui a été souffert moralement dans ces quatre années atroces où dans le fond de l’abîme, Nice comme la Patrie entière se demandait si jamais allait reparaître le soleil de la liberté.
Nice n’a jamais renoncé à elle-même, ni renoncé à la France. Ah ! qu’ils étaient naïfs en même temps qu’insolents ceux qui avaient prétendu qu’on pourrait l’arracher à la France (…)59.
Après le discours, tous chantent La Marseillaise sur la place Masséna. De Gaulle se rend ensuite à la préfecture où il fait un nouveau discours puis se rend au balcon pour faire le V de la victoire. De Gaulle se rend ensuite à l’hôtel de ville pour un troisième discours.Polémiques sur l’insurrection et la libération de Nice

En 2006, une controverse a été provoquée par la sortie du livre de Joseph Girard intitulé La Résistance et la libération de Nice, la fin d’une légende. La thèse défendue par ce dernier est que la réussite de l’insurrection niçoise n’est pas due à une victoire du peuple en arme. S’appuyant sur un rapport rédigé en captivité après la guerre par le général de la 148e Division d’infanterie, Otto Fretter Pico, Joseph Girard démontre que le 28 août 1944, début de l’insurrection, les Allemands étaient déjà en train d’évacuer la ville et ne voulaient pas s’y maintenir. L’auteur veut ainsi faire apparaître que cette insurrection n’avait pas de justification militaire. Elle servait uniquement au PCF pour imposer son pouvoir sur la ville à la Libération.
Jean-Louis Panicacci a vigoureusement répondu au livre de Joseph Girard60. Il a tout d’abord relevé un grand nombre d’erreurs factuelles dans l’ouvrage de Joseph Girard. Il souligne que le rapport du général Otto Fretter Pico n’est pas une archive inédite et que le général n’est pas sûr des dates qu’il annonce.

D’autre part, Jean-Louis Panicacci produit lui aussi des documents allemands : les compte-rendus de la Feldkommandantur 994 de Nice du mois d’août 194461. La Feldkommandantur doit réaliser la liaison entre les autorités allemandes (commandement de la XIXe armée du général Wiese, Oberfeldkommandantur 894 P.C. à Avignon, commandement de la 148e Ersatz Division du général Otto Fretter Pico P.C. à Grasse) et les autorités françaises des Alpes-Maritimes (Préfecture, Intendance de police, gendarmerie). Elle est dirigée par le général de brigade Nickelmann et siège à l’hôtel Atlantic, boulevard Victor Hugo à Nice. Elle partage ses locaux avec la Feldgendarmerie. Elle possède des antennes locales à Grasse, Cannes et Menton.

Ces documents retrouvés en 1993 montrent que les Allemands voulaient retarder l’avance des Alliés par des combats d’arrière-garde à Nice. Les Allemands refusent ainsi le 18 août la demande du préfet de déclarer Nice ville ouverte car le front à leurs yeux est solide sur la rive est du Var. Le 19 août, une conférence a lieu à la Feldkommandantur pour discuter de la répression contre les terroristes et les mesures à prendre en cas d’insurrection. De plus, l’insurrection niçoise n’est pas une surprise pour les Allemands : elle est évoquée à la Feldkommandantur dès le 23 août. Les autorités allemandes n’ont pas l’intention de se retirer sans combattre et elles envisagent de bombarder la ville en cas de soulèvement. Le 25 août, les Allemands prévoient de résister à l’insurrection : les deux tiers des Feldgendarmes reçoivent l’ordre de rester à Nice. Le 27 août, la Feldkommandantur prévoit son transfert à Menton pour le 28 ou le 29 août. Le général Fretter Pico réclame de la Feldkommandantur qu’elle maintienne le calme dans la population pendant le retrait de ses troupes. Si l’évacuation des unités allemandes a commencé le 26 août, l’insurrection niçoise a obligé les unités allemandes encore présentes à décrocher de Nice plus tôt que prévu.

Concernant le rôle du PCF, Jean-Louis Panicacci rappelle que la réunion du Comité insurrectionnel du 27 août 1944 a réuni d’autres organisations que le PCF et les groupes qui lui sont liés. Enfin, l’insurrection niçoise a permis de limiter les destructions opérées par les Allemands en retraite (infrastructures de transports, usines…) et a poussé les Américains à franchir le Var.
D’autres historiens comme Alain Otho ont de plus replacé l’insurrection niçoise dans son contexte militaire et géographique départemental62. Ce dernier souligne notamment l’importance stratégique des libérations, le 27 août 1944, de Levens (un axe de repli pour les allemands est ainsi coupé) et de Saint-Laurent-du-Var (la route est désormais ouverte pour les troupes régulières alliées). Ces critiques ont fragilisé la démonstration de Joseph Girard.
Les Allemands organisent donc une retraite ordonnée et n’ont donc pas prévu d’évacuer Nice le 28 août 1944. Ils comptent mener des combats retardateurs pour faciliter leur retraite vers l’Italie du nord. Le bilan de ces débats permet de dégager plusieurs facteurs expliquant la libération de Nice. Il faut cependant préciser qu’en fait, l’addition de ces différents facteurs relève davantage du hasard que d’un véritable plan militaire concerté comme le soulève en 1987 Jacques Lécuyer, alias Sapin, dans son ouvrage Méfiez-vous du toréador1:
– La perte du contrôle du nord du département du fait de l’intense activité des maquis enregistrée depuis juillet : La garnison allemande de Saint-Martin-Vésubie s’est ainsi rendue aux maquisards le 16 août 1944. Les résistants du groupe Morgan ne parviennent cependant pas à capturer le col de Turini fin août.
– La prise définitive de Levens le 27 août par les Américains et les FFI : La voie de retraite par le nord du département vers le Piémont (ancienne route royale sarde) est coupée. Les Allemands ont lutté avec vigueur pour conserver Levens. La commune est ainsi libérée une première fois le 17 août par des forces FTPF dont la 8e compagnie. Dès le 23 août, les Allemands lancent plusieurs contre-offensives et reprennent la position le 24. Le lendemain, des effectifs importants sont engagés par les FFI pour reprendre le plateau : les compagnies Morgan, Pyra, Pierre, César, les 8e et 27e FTPF, le groupe François. Leur armement insuffisant et leur manque d’expérience militaire les font échouer. Des forces américaines, arrivées sur la rive droite du Var dans la nuit du 25 au 26, franchissent le fleuve et prennent Levens et la Roquette le 27 au soir après avoir copieusement pilonné le secteur. À tout moment, les occupants de Nice risquent donc de voir surgir sur leurs arrières une colonne ennemie. Le quartier de l’Ariane à l’est de Nice, les villages de Contes et de l’Escarène, les collines niçoises par Aspremont sont en effet à portée de Levens62.

- La prise de Saint-Laurent-du-Var qui a lieu le 27 août 1944 en fin d’après-midi : le général Frederick reçoit cependant l’ordre de ne pas franchir le Var le soir du 28 août. Prévenu seulement le 29 août de la situation à Nice, il envoie des soldats en reconnaissance pour vérifier que la ville est sécurisée. Il convainc le général Patch de l’autoriser à franchir le Var. La première colonne américaine traverse Nice le 30 août.
– L’insécurité qui règne à Nice pour les troupes allemandes suite à l’insurrection lancée le 28 août 1944. Si cette insurrection n’est pas une surprise, les Allemands ne parviennent ni à une estimation claire de la situation (la Feldkommandantur n’est mise au courant de l’insurrection qu’à 8h15) et du nombre d’insurgés ni à reprendre le contrôle des secteurs occupées par les FFI (comme au passage à niveau).
Face à cette situation, le commandement allemand décide finalement d’évacuer la ville de Nice en fin de journée.

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Liste des résistants tués dans l’insurrection ou décédés des suites de leurs blessures
Une petite étoile indique les résistants pour lesquels il existe une plaque commémorative, un monument commémoratif ou une stèle.
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Les 29 résistants tués dans le cadre des combats
1. Raymond Albin* né le 21 février 1921 à Pignans : Sous-lieutenant F.F.I., F.T.P.F, 36e Cie de Provence, secteur Nice-Est, groupe Laurel. Chauffeur-mécanicien domicilié 4 rue de Villars à Nice. Membre de la Résistance depuis juillet 1943 (pseudo Fernand). Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice. Il organise son détachement dans le secteur ouest de la place Arson. Il est mortellement blessé au ventre à 14 heures par un membre du P.P.F. à côté de son chef Antoine Anelli (commandant Guignant) qui le porte au P.C. du quartier de Riquier, école Barla. Les pompiers le transportent à l’hôpital Saint-Roch mais il est déjà décédé. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-450463. Son nom est inscrit sur le Monument Aux Morts de Riquier à Nice, une plaque commémorative qui rappelle son décès à l’angle des rues Scaliero et Auguste Gal, sur la grille du parc place Arson, sur lecénotaphe commémorant la libération de Nice situé à l’angle du boulevard Joseph Garnier et du carrefour du 28-Août à Nice64,3065.
2. Eugène Alentchenko* né le 15 décembre 1923 à Nice : Caporal F.F.I., membre du mouvement Combat puis des Corps Francs de Libération (C.F.L.), groupe Joffre (Albert Geoffroy) de la Compagnie des Eaux de Nice et des F.T.P.F., 36e Cie de Provence, secteur de Nice. Chauffeur employé à la compagnie des eaux domicilié 19, rue de El Nouzah à Nice. Entré en résistance en juillet 1943 (distribution de tracts, transport d’armes, renseignements…) dans le mouvement Combat puis au sein des Corps Francs de la Libération (C.F.L.). Il participe aux combats pour la libération de Nice (28 août 1944. Il est présent le matin au passage à niveau (carrefour du 28 août) et est envoyé en mission auprès du groupe Mignon (G.F.R. – C.F.L.). Il prend position avec Julien Guidi sur le toit de l’immeuble du 2 rue Defly pour réduire au silence le fusil-mitrailleur allemand placé en batterie à l’angle du pont Garibaldi et du quai Saint Jean-Baptiste. Il est repéré alors qu’il tire sur les allemands et mortellement touché à la tête vers seize heures. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-461066. Son nom est inscrit sur le Monument Aux Morts du quartier Riquier à Nice et une plaque commémorative qui rappelle son décès au 2, rue Defly à Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle6,6768.
3. Joseph Aréna et Lucien Corbé sont arrêtés le 28 août 1944 par les allemands après avoir franchi le fleuve Var pour rejoindre l’insurrection. Ils sont porteurs de brassards tricolores. Ils sont emmenés à la gare Saint-Augustin pour interrogatoire et regroupés avec 2 autres F.F.I. arrêtés (Albert Piccardo et Michel Frenkel). Ils sont tous les 4 emmenés à la villa la Lanterne à Fabron à Nice. Vers 21h50, ils sont exécutés chacun leur tour d’une balle de revolver par un officier allemand. Albert Piccardo et Michel Frenkel font le mort et réussissent à s’enfuir ensuite. Lucien Corbé et Joseph Aréna sont achevés en ayant la gorge tranchée au couteau. Leurs corps sont retrouvés par les F.F.I. le 29 août sur les indications d’Albert Piccardo54.
4. Joseph Aréna né le 2 août 1899 à Monaco : F.F.I.. Domicilié 75 boulevard d’Italie à Cannes. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-889469,54.
5. Lucien Corbé né le 4 octobre 1886 à Pontchâteau : F.F.I.. Domicilié 3, rue commandant André à Cannes. Son nom est inscrit sur le Monument Aux Morts de Cannes (06). Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle54.
6. Auguste Arnaudo* né le 18 mai 1923 à Saluzzo en Italie : F.F.I. Le 1er mai 1943, il rejoint les Corps Francs de la Libération (C.F.L.) et le groupe Léon (commandant Pascal FARAUT). Agent de liaison. Apprenti chauffage central domicilié 4 rue du marché à Nice. Mortellement blessé dans les combats de la libération de Nice le 28 août 1944. Touché à la tête par un éclat d’obus de mortier tiré depuis la position du château tenue par les allemands. Transporté au poste de secours de la place du palais par le commandant Léon. Il est soigné par Pierre Péraldi, médecin du Comité médical de la Résistance, lieutenant du groupe Lenoir. Il est transporté le soir même à l’hôpital Saint-Roch où il décède le 1er septembre à 10 heures. Reconnu Mort pour la France. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative place du palais de justice inaugurée le 28 août 20127071.
7. Arisdakesse Arzoumanian né le 18 mai 1907 à Constantinople : F.F.I.. Il combat dans l’armée française à partir de janvier 1940 au 203e R.I.A. comme adjudant des transmissions. Démobilisé le 27 juillet 1940. Naturalisé en 1943. Menuisier domicilié 47 avenue Georges Clémenceau à Nice. Membre de la Résistance sous les ordres du capitaine Paul (Paul Cavénago) dès sa libération militaire. C.F.L. à partir de juillet 1943, groupe Lorraine, secteur Nice-Nord. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice. Il commande une section de 10 hommes dans le secteur de la place Gambetta (actuelle place du général De Gaulle). Il doit interdire aux allemands l’accès de l’avenue Malausséna. Il est mortellement blessé près de la place Gambetta après une résistance de 4 heures. Décédé à 16h30 à l’hôpital saint-Roch. Il est reconnu Mort pour la France. Son nom est inscrit sous l’orthographe Aristakes Arsomanian sur le cénotaphe commémorant la libération de Nice situé à l’angle du boulevard Joseph-Garnier et du carrefour du 28-Août72,6773.
8. Jean Badino* né le 8 avril 1896 à Vicoforte) en Italie) : F.F.I., membre des C.F.L., groupe Vérola (Émile Vérola alias Véran). Garçon limonadier naturalisé en 1933 et domicilié 1 bis place du palais de justice à Nice. Il rejoint les Corps Francs de la Libération (C.F.L.) en 194. Il participe aux combats pour la libération de Nice le 28 août 1944. Tué à 17 heures par éclat d’obus de mortier allemand tiré du château devant son domicile place du palais de justice à Nice au moment où il quitte son chef de groupe Vérola. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-1184674. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative place du palais de justice à Nice inaugurée le 28 août 20127576.
9. Jean Ballestra* né le 20 juin 1924 à Nice : F.F.I., membre des F.T.P.F., groupe Lenoir (André Verdy) sous les ordres du lieutenant René Bensaïd. Employé de la S.N.C.F. domicilié 27 avenue de Pessicart à Nice. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice dès 6 heures au passage à niveau du boulevard Gambetta. Grièvement blessé à la tête vers 20h30 près d’un abri par des éclats d’obus au carrefour de l’avenue de pessicart et de l’avenue Buenos Ayres près de l’école Nazareth, il est transporté au poste de secours de l’école Nazareth mais il est déjà décédé. Son corps est transporté à la clinique Sainte-Marguerite rue Mantéga. Le lendemain, le groupe Bensaïd lui rend hommage en devenant le groupe Ballestra. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-1281677. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 4ème canton de Nice, le monument commémoratif de la Libération de Nice (nom Balestra) et la plaque commémorative au 2 boulevard de Cessole à Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré militaire n°58, tombe individuelle78,677980.
10. Fortuné Barralis* né le 18 octobre 1921 à Nice : Sous-lieutenant C.F.L. – F.F.I., membre du groupe Lorraine. Pseudo René. Membre de la Croix Rouge Française. Étudiant domicilié 8 rue Palermo à Nice. Membre de la Résistance depuis mai 1943 sous les ordres du capitaine Paul (Paul Cavénago). Venu du mouvement Combat. Le 28 août 1944, il participe aux combats de la Libération de Nice autour du passage à niveau du boulevard Gambetta (actuel carrefour du 28 août) eu sein du groupe Lorraine sous les ordres du lieutenant Cyclamen (Jacques Antoine). Mortellement touché à 20 heures au passage à niveau par les tirs allemands en revenant d’une mission en service commandé rue Gutenberg (recherche de munitions et ramassage de blessés). Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-1438981. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 4ème canton de Nice (nom Baralis), le monument commémoratif de la Libération de Nice et la plaque commémorative au 2 boulevard de Cessole à Nice78,6782.
11. Auguste Bogniot* né le 18 août 1910 à Draguignan : F.F.I., membre du mouvement Combat (Résistance), groupe Gérôme puis Augier. Une formation de combattants isolés et de membres du groupe Gérôme attaque une voiture allemande place Gambetta. L’un des 3 occupants est tué par une grenade. Les 2 autres se réfugient dans l’immeuble de la pharmacie. Auguste BOGNIOT est abattu à 14 heures devant le Crédit Lyonnais (actuel Crédit Agricole) situé place Gambetta (actuelle place De Gaulle) à l’angle de la rue Raiberti par une rafale de mitraillette tirée depuis la gare du Sud. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-2540783. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative située place De-Gaulle, sur le monument aux morts de Cimiez à Nice et sur le cénotaphe commémorant la libération de Nice situé à l’angle du boulevard Joseph-Garnier et du carrefour du 28-Août. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré militaire n°48, tombe individuelle78,6784.
12. Louis Maurice dit Maurice Borrelli né le 10 juillet 1904 à Nice : Agent de laboratoire domicilié 10 rue Gioffredo à Nice. Mortellement blessé en face de son domicile par un tir allemand le 28 aout 1944 dans les combats de la Libération de Nice alors qu’il se rend au lycée pour combattre. Décédé à 16 heures à l’hôpital Saint-Roch à Nice. Reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 5, tombe individuelle85[réf. insuffisante].
13. Vincent Boscarolo* né le 19 mars 1908 à Verceil, en Italie : F.F.I., membre des Corps Francs de la Libération (CFL), Groupe Léon, Compagnie Julien. Surnommé Tenda. Naturalisé en 1939. Membre des Corps Francs de la Libération (C.F.L.) depuis septembre 1943, groupe Léon, Compagnie Julien. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice. Au début de l’après-midi, les allemands réussissent à installer 2 mitrailleuses lourdes et un canon de 25mm sur la place Garibaldi. Avec son groupe, il attaque à plusieurs reprises le canon et abat 4 allemands. Au 3ème assaut vers 18 heures, il tente de ramener le canon dont les servants ont été tués mais est abattu par des tirs provenant d’un convoi allemand de 6 camions qui passe place Garibaldi. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-2748986. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative des résistants du 1er canton à l’hôtel de ville de Nice, une plaque commémorative place Garibaldi à Nice et place commémorative sur le mur extérieur de l’église Saint-Augustin à Nice. Son est orthographié Boscarollo sur les plaques commémoratives et Boscarolo à l’état-civil87,6788.
14. Roger Boyer* né le 24 avril 1911 à Méailles : F.F.I., membre des F.T.P.F., 6e Cie de Nice. Peintre en bâtiment domicilié lotissement Lorenzi, 54 de l’avenue Saint Barthélemy à Nice. Il participe aux combats de Lambruisse et des gorges de Chabrières à Vars (05) avant d’être envoyé dans les Alpes-Maritimes. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice au passage à niveau dès 6h30. Blessé en voulant désarmer des allemands, il refuse d’être évacué. Tué vers onze heures sous le tir d’un obus de mortier tiré par les allemands depuis la colline de Gairaut. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-3243989. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 4ème canton de Nice, le monument commémoratif de la Libération de Nice et la plaque commémorative au 2 boulevard de Cessole à Nice. Un square porte son nom à Nice (06) depuis 194690,6791.
15. Venance Cantergiani* né le 18 mai 1904 à Pavullo nel Frignano en Italie : F.F.I., Milice Patriotique, groupe Fiandino (François Fiandino. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice. Tué vers 15 heures à Sainte-Marguerite dans un accrochage avec des Allemands venant de Saint-Isidore à Nice. Il abat un allemand mais est abattu à son tour par un autre allemand dans un pré de la propriété Saïssi, chemin Sainte-Marguerite. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-3781992. Une plaque commémorative située au niveau du 231, avenue Sainte-Marguerite, près du jardin public, rappelle son décès. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 14e canton de Nice87,6793.
16. Adolphe Carmine né le 3 octobre 1923 à Grasse : F.F.I.., membre de la Résistance depuis février 1942, C.F.L. sous les ordres du capitaine Paul (Paul Cavénago). Préparateur en pharmacie domicilié 9 bis avenue Audiffret à Nice. Il est mortellement blessé dans les combats autour du carrefour du 28-Août et décède vers minuit au 12 boulevard Tzarevitch (clinique du Belvédère). Il est reconnu Mort pour la France. Son nom est inscrit sur le cénotaphe commémorant la libération de Nice situé à l’angle du boulevard Joseph-Garnier et du carrefour du 28-Août. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle72,6794.
17. Lucien Chervin* né le 20 mai 1900 à Paris 14ème arrondissement : F.F.I., membre des F.T.P.F.. Teinturier domicilié 29 bis avenue Montclar à Nice. Membre des F.T.P.F. depuis juillet 1943. Nommé chef de détachement le 5 mai 1944. Participe aux combats pour la Libération de Nice sous les ordres du commandant Souny (Philippe Giovannini). Présent dès l’aube au passage à niveau (actuel carrefour du 28 août). À partir de 8h30 et jusque 10h30, une fusillade éclate avec des troupes allemandes qui remontent le boulevard Gambetta pour reprendre le contrôle du passage à niveau. Auguste Gouirand et Lucien Chervin sont retranchés derrière le kiosque à journaux situé à quelques dizaines de mètres du passage à niveau. Ils sont tous les deux grièvement blessés d’une balle reçue en pleine tête. Ils sont évacués vers la clinique Sainte-Marguerite rue Mantéga. Lucien Chervin y décède à 20 heures. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-4420895. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 4ème canton de Nice, le monument commémoratif de la Libération de Nice et la plaque commémorative au 2 boulevard de Cessole à Nice. Il est inhumé à la nécropole nationale de Luynes à Aix-en-Provence, carré E, rang n° 10, tombe individuelle n° 3878,6796.
18. Alphonse Cornil* né le 26 octobre 1879 à Mouscron (Belgique) : Adjudant-chef F.F.I., membre des F.T.P.F., groupe René. Rejoint la résistance en janvier 1942. Corps Franc d’Encadrement des F.T.P.F., groupe René (René Canta). Domicilié 19 avenue Saint-Joseph à Nice dans un immeuble de 4 étages coiffé d’une tonnelle d’où il aide la Résistance en tant que guetteur. Manœuvre à Schneider à Nice. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice autour du passage à niveau (actuel carrefour du 28 août). Il est tué vers dix heures par une rafale de balles tirée par les allemands alors qu’il se trouve en position avancée au niveau du 130 boulevard Gambetta. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-10828297. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 4ème canton de Nice, sur le monument commémoratif de la Libération de Nice et la plaque commémorative située 130 boulevard Gambetta à Nice78,6798.
19. Marius Fantino* né le 30 octobre 1900 à Nice : F.F.I., adjudant-chef F.T.P.F., groupe René (René Canta), Milices Patriotiques. Membre des F.T.P.F. depuis juillet 1943. Pseudo Camille Dumont, Serge III. Interné en 1941 au fort Saint-Nicolas de Marseille lors de l’affaire des cheminots. Relâché faute de preuves. En juin 1943, il devient chef-adjoint du groupe de combat de la S.N.C.F. du lieutenant Auguste VERMEIL (sabotages, liaisons avec les maquis de Thoard, La Robine-sur-Galabre et Mont-Siron dans le 04). Conducteur d’autorail domicilié 63, boulevard de la Madeleine à Nice. Il est abattu par un groupe d’allemands vers 19 heures devant l’hôpital Pasteur à Nice. Grièvement blessé, il décède le lendemain à 15 heures à l’hôpital Pasteur. Il est reconnu Mort pour la France, au 24 de la voie romaine, à droite du portail de l’entrée de la blanchisserie de l’hôpital Pasteur, se trouve une plaque commémorative érigée en sa mémoire. Il est inscrit sur le Monument Aux Morts de Cimiez à Nice, Monument Aux Morts de la gare Saint-Roch et sur le Monument Aux Morts de la gare Saint-Charles à Marseille99,87,67>100.
20. Jean Gironne* né le 24 janvier 1922 à Bollène : F.F.I., F.T.P.F., groupe René (René Canta), section Police 78P.R., groupe Combat de Roquesteron. Gardien de la paix domicilié 17, rue Lamartine à Nice. Nombreuses missions dans le 06, le 84 et le 04. Agent du service S.R.. Posté sur la tourelle du Lycée de Garçons Félix Faure rue Désiré Niel, il mitraille les allemands qui tentent d’atteindre un des portails d’entrée. Mortellement atteint à 15 heures par une rafle de mitraillette tirée depuis un immeuble voisin. Décédé pendant son transfert au poste de secours. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-193277101. Médaille d’Or de la police avec citation. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative au 8, rue Désiré Niel à Nice et sur la plaque commémorative 1939-1945 des policiers morts pour la France à la caserne Auvare à Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 42, tombe familiale102,67103.
21. Joseph Giuge* né le 5 juin 1906 à Nice : F.F.I., C.F.L., membre du groupe Lenoir, secteur Nice, Milices Patriotiques (M.P.). Concierge à la mairie de Nice. Son frère Charles Giuge est tué dans le bombardement a&rien allié du 26 mai 1944 sur Nice. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice. Il assure le ravitaillement du groupe Lenoir qui occupe la mairie. Il traverse à deux reprises la zone de feu. En revenant de sa seconde mission, il est abattu à 10 heures rue Saint-François-de-Paule par les allemands occupants le blockhaus du square Albert 1er. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-193362104. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de la Résistance à la mairie de Nice, la plaque commémorative de l’église Saint-Augustin à Nice et une plaque commémorative rue Saint-François-de-Paule à Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 27, tombe familiale87,67105.
22. Jean Gordolon* né le 30 juillet 1923 à Nice : Sous-lieutenant F.F.I., membre des C.F.L., groupe Pascal. Étudiant en droit domicilié 24, rue Théodore de Banville à Nice. Membre de la Résistance depuis juin 1944. Il appartient au réseau 1942 HI-HI dont le chef de réseau est Suzanne Bertillon. Il se trouve à Nice lors du débarquement de Provence. Ne pouvant plus rejoindre sa base, il se met à la disposition de la Résistance locale. Le 28 août 1944, il participe à l’insurrection de Nice. Il assure la liaison entre les C.F.L. du groupe Pascal et les F.T.P.F. du groupe Lenoir qui occupent la mairie. Il est abattu par une rafale de mitrailleuse en traversant la rue Saint-François de Paule. Touché au ventre, il est transporté à l’hôpital Saint-Roch puis dans une clinique. Décédé à son domicile à 19h30 des suites de péritonite par perforation intestinale par projectile de guerre. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-195860106. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de la résistance à l’hôtel de ville de Nice et une plaque commémorative rue Saint-François-de-Paule à Nice inaugurée le 28 août 2012. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 19, tombe familiale67,107108.
23. Auguste Gouirand* né le 17 juin 1902 à Nice : F.F.I. membre des F.T.P.F. et du mouvement Combat. Domicilié 50, avenue Montplaisir à Nice. Il rejoint la Résistance en juillet 1943. Présent dès l’aube au passage à niveau (actuel carrefour du 28 août). À partir de 8h30 et jusque 10h30, une fusillade éclate avec des troupes allemandes qui remontent le boulevard Gambetta pour reprendre le contrôle du passage à niveau. Auguste Gouirand et Lucien Chervin sont retranchés derrière le kiosque à journaux situé à quelques dizaines de mètres du passage à niveau. Ils sont tous les deux grièvement blessés d’une balle reçue en pleine tête. Ils sont évacués vers la clinique rue Mantéga. Auguste Gouirand y décède le 1er septembre 1944 à 16 heures. Il est reconnu Mort pour la France. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 4ème canton de Nice et le monument commémoratif de la Libération de Nice et la plaque commémorative au 2 boulevard de Cessole à Nice78,67109.
24. Jean (Juan) Moralès* né le 14 janvier 1894 à Cieza en Espagne : Adjudant-chef des F.F.I., membre des F.T.P.F., groupe René. Garde-voies domicilié 27, rue de France à Nice. Membre du groupe René (René Canta) depuis janvier 1942. Agent de liaison vers les maquis du Var et des Basses-Alpes puis il participe à l’organisation du Corps-Franc René. Mortellement blessé rue de la préfecture le 28 août 1944 lors des combats pour la Libération de Nice (06). Il occupe la Préfecture Q.G. du groupe René). Il reçoit l’ordre de partir en patrouille offensive avec ses hommes. Alors qu’il regagne sa position avec son détachement, place du Palais, il attaque un puissant groupe ennemi. Il est atteint par un éclat d’obus et une balle au cerveau à 15h40 en voulant porter secours à un camarade blessé. Transporté à l’hôpital Saint-Roch où il décède à 22h15. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-97671110. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de la Résistance à l’hôtel de ville de Nice et une plaque commémorative inaugurée rue de la préfecture puis transférée place du Palais de Justice à Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré militaire n°60, tombe individuelle111,67112.
25. Michel Ravera* né le 1er mai 1927 à Pareto) en Italie : F.F.I. membre des F.T.P.F., groupe René (René Canta) et de l’A.S., groupe Fieschi (Nicolas Fieschi). Il est domicilié quartier Sainte-Marguerite, propriété Teisseire à Nice. Il rejoint la Résistance en janvier 1944 au sein de l’Armée Secrète (A.S.) sous les ordres du chef de sous-groupe Nicolas Fieschi (Max B.801). Pseudo François/3, le plombier. Le 28 août 1944, il reçoit l’ordre de renseigner son chef de groupe sur les mouvements des troupes allemands stationnées dans la propriété de ses parents. Les allemands tirent alors des obus sur les troupes américaines stationnées sur l’autre rive du Var. Il est alors mortellement blessé par les éclats d’un obus tombé non loin de lui. Il décède peu après à 17 heures au domicile familial. Son nom est inscrit sur le Monument Aux Morts de l’école Caucade à Nice et sur une plaque commémorative rajoutée sur ce même Monument Aux Morts et inaugurée le 28 août 2012. Une plaque rappelle sa mémoire sur la tombe familiale du carré 68 du cimetière de Caucade à Nice où il est inhumé. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-139624113114.
26. Basile Rossi* né le 15 mars 1927 à Nice : F.F.I. membre des F.T.P.F., groupe Lass. Apprenti domicilié chez ses parents 6 chemin de la Bornala à Canta Galet à Nice. Membre de la Résistance depuis juillet 1943. Groupe du capitaine Lass (Albertini) sous les ordres du commandant Souny (Philippe Giovannini). Il participe aux combats pour la Libération de Nice. Mortellement blessé avenue de la Bornala dans l’attaque d’une compagnie allemande en retraite. Avec 3 camarades, il attaque une traction avant transportant 4 allemands en provenance du chemin de Canta Galet et qui s’est arrêtée à leur niveau pour leur demander la route de l’Italie. Un allemand est tué, les 3 autres sont faits prisonniers et enfermés dans le garage de Joseph Brun. Une colonne d’allemands à pieds débouche alors précédé d’une voiture hippomobile. Voyant le cadavre du soldat allemand près de la voiture, la colonne met une mitrailleuse en batterie et arrose le secteur. Les 4 résistants sont cachés dans un champ de haricots et Basile Rossi est touché par une rafale au pied d’un figuier. La colonne poursuit sa route vers l’Italie. Basile Rossi est emmené à son domicile où il décède vers 17 heures. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-139624115. Une stèle commémorative honore sa mémoire et celles de deux autres résistants devant le square Louis-Maccagno situé à l’angle des boulevards Édouard-Herriot et Carlone. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 14e canton de Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 21, tombe familiale72,67116.
27. Roger André Simon* né le 31 mars 1925 à Nice : F.F.I.Membre des C.F.L. depuis 1943, groupe Académie du capitaine François Calvin sous les ordres de Parent (Jules Cousin). Électro-mécanicien domicilié 27 avenue de la Lanterne à Nice. Le 28 août 1944, il apprend l’insurrection et se procure une arme. Il cherche à rejoindre son groupe qui s’est emparé du central des PTT de Fabron le matin. Arrêté par une patrouille allemande à Carras. Il est torturé par les allemands dans un blockhaus de la promenade des anglais. Ils finissent par l’exécuter d’une balle de revolver avant de battre en retraite vers 23 heures. Il est reconnu Mort pour la France. Un petit square dans lequel se trouve une plaque commémorative rappelle cette exécution à l’angle des avenues de la Californie et Saint-Augustin. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif des résistants du 14e canton de Nice117,67118.
28. Antoine François Suarez* né le 3 avril 1905 à Bordeaux : F.F.I. lieutenant F.T.P.F. et responsable de la Milice patriotique au dépôt des Transports de Nice et du Littoral (T.N.L.). Militant cégétiste abattu vers 13h50 d’une balle en pleine tête par une rafale allemande à proximité du dépôt Cie T.N.L. à Riquier, 13 boulevard Sainte-Agathe (actuel Boulevard général Louis Delfino). Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-154527119. Son nom est inscrit sur le Monument Aux Morts de Riquier à Nice et sur celui de La Trinité (Alpes-Maritimes). Un square porte son nom face au 99 rue de Roquebillière. Une plaque commémorative s’y trouve. Un boulevard porte son nom à La Trinité (Alpes-Maritimes). Il est inhumé au cimetière communal de La Trinité, allée 4, tombe familiale120,37121.
29. Paul Vallaghé* né le 5 août 1920 à Menton : F.F.I., F.T.P.F. membre du groupe René (René Canta), chef adjoint du sous-groupe Corps franc d’Encadrement/1. Liaisons avec les maquis français et italiens, passages et guide de clandestins et de parachutistes alliés, instructeur. Domicilié place du marché à Saint-Martin-Vésubie puis 14 rue de Lépante à Nice. Moniteur de ski et champion de tir. Dans la soirée, Paul Vallaghé attaque à lui seul un détachement de 9 allemands qui commande le tir d’une pièce d’artillerie légère de la place Garibaldi et pilonne les positions des F.F.I.. Il abat les 9 servants puis s’élance pour s’emparer de la pièce d’artillerie. Il entreprend de la ramener vers le Lycée de garçons mais une rafale de mitrailleuse l’atteint dans les reins. Il est transporté à l’hôpital Saint-Roch où il décède à 21 heures. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-170432122. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative située dans la basilique Saint-Michel à Menton, sur le Monument Aux Morts du cimetière du Trabuquet à Menton, sur une plaque commémorative sous les arcades de la place Garibaldi à Nice et sur le Monument Aux Morts de Saint-Martin-Vésubie. Le square dans lequel se trouve le Monument Aux Morts de Saint-Martin-Vésubie se nomme le square Paul Vallaghé87,67123.
30. Verdun Vial* né le 3 octobre 1916 à Nice : F.F.I., secteur Nice, groupe Lenoir. Gardien de la paix, membre de la Renaissance. Domicilié 13 rue François Guisol à Nice. Le 28 août 1944, il occupe volontairement une position exposée et est mortellement blessé dans la matinée alors qu’il se trouve sur les marches reliant la descente Crotti au boulevard Mac-Mahon (actuellement avenue Jean Jaurès) à Nice. Décédé le 2 septembre 1944 à 7 heures à la clinique Saint-Antoine à Nice. Il est reconnu Mort pour la France. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de l’église Sainte-Claire à Nice, la plaque commémorative des résistants du 1er canton à l’hôtel de ville de Nice, une plaque commémorative descente Crotti à Nice, la plaque commémorative de l’église Saint-Augustin à Nice et la plaque commémorative 1939-1945 des policiers morts pour la France à la caserne Auvare à Nice. Il est inhumé au cimetière communal du château à Nice, tombe familiale102,67124.

Les 6 résistants tués indirectement

1. René Bensaïd* né le 2 décembre 1921 à Chéraga (Algérie) : Lieutenant FFI du groupe Lenoir, membre des Corps Francs de la Libération (CFL). Étudiant domicilié 6, rue de Bruxelles à Nice. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice en commandant son groupe C.F.L. au passage à niveau. Mortellement blessé le 4 septembre 1944 à 13 heures par un résistant d’un groupe F.F.I. venu réclamer des armes à l’hôtel Terminus en face de la gare centrale de Nice. Deux coups de mitraillette sten partent accidentellement lors de cet échange animé entre les F.F.I.. René Bensaïd est évacué à l’hôpital Saint-Roch où il décède à 14h30 – Acte de décès dressé le 6 septembre 1944 à Nice. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative située à l’angle de l’avenue Thiers et de la rue Paganini et sur le monument commémoratif des résistants du 4e canton de Nice situé dans le jardin Alsace-Lorraine. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 38, tombe familiale6,125.
2. Sauveur Bernardo* né le 26 novembre 1918 à Palazzolo (Italie) : F.F.I., membre des Milices Patriotiques (M.P.), groupe Francis Suarez. Plombier domicilié 11 rue de la Providence à Nice. Il participe le 28 août 1944 aux combats pour la libération de Nice. Le lendemain, il est abattu par son chef de groupe lors d’une dispute concernant la possession d’un revolver. Sauveur Bernardo est mortellement blessé sous le pont de la voie ferrée entre le boulevard Riquier et le boulevard de l’armée des Alpes. Il est mortellement blessé sous le pont de la voie ferrée entre le boulevard Riquier et le boulevard de l’armée des Alpes. Évacué dans un blockhaus place de Riquier où il décède à 18 heures. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative là où il fut blessé, sur le Monument Aux Morts de Riquier à Nice, sur la plaque commémorative de l’église Sainte-Claire à Nice, la plaque commémorative de la Résistance à l’hôtel de ville de Nice et la plaque commémorative située sur la façade extérieure de l’église Saint-Augustin à Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré militaire n°58, tombe individuelle. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-19533 (nom Bennardo)126,87127.
3. Maurice Charton né le 1er septembre 1919 à Purgerot : F.F.I., membre de l’A.S. et des F.T.P.F. Employé de commerce (garçon épicier) avec son beau-père domicilié 8 rue Gubernatis à Nice. Engagé volontaire en 1939 au 110e d’Aviation démobilisé en août 1942. Gaulliste. Pendant l’Occupation italienne, il rejoint l’A.S. (Armée Secrète) et le 2ème bureau sous les ordres du capitaine Guary domicilié dans la même rue au 17 dénoncé par un voisin P.P.F., Davo. Guary est arrêté en juin par l’OVRA ainsi que Maurice Charton le 24 juin. Conduit à la villa Lynwood à Nice puis déporté en Italie à Savone, Taggia et Modane. Un ami de la famille, Jooris, consul général de Belgique en France, se rend en Italie et obtient la libération de Charton. Il rentre à Nice le 10 novembre 1943. Les Allemands lui ont donné un laissez-passer qu’il garde en souvenir de sa libération. Il rejoint les F.T.P.F. niçois le 10 décembre 1943. Dénoncé, la Gestapo vient à 4 reprises avec des G.A.- P.P.F. à son domicile pour l’arrêter. Il quitte la région le 1er juin 1944 avec l’aide de Joseph Gallo et se rend le 4 juin 1944 à Dax où il se réfugie chez Jooris. Il travaille à la firme Gausin (coupe de bois pour les mines belges). Le 14 juillet 1944, il revient à Nice puis se rend à Clans avec son épouse et son fils jusqu’à la libération de Nice le 28 août 1944. Fin juillet 1944, il aide le groupe Morgan dans le secteur de Clans (renseignements et siège des Allemands stationnés à Bancairon le 10 août 1944). Il rentre à Nice après le 28 août pour se rendre disponible auprès des F.F.I. dont le siège est situé à l’hôtel Atlantic boulevard Victor Hugo. Il réalise plusieurs enquêtes comme auxiliaire du 2ème bureau et arrête plusieurs collaborateurs dont un ancien milicien portant un brassard F.F.I. Il saisit également du ravitaillement à des collaborationnistes. Il travaille seul. Le samedi 2 septembre, il est vu pour la dernière fois devant le siège de Combat avenue de la victoire à Nice. Il est ensuite arrêté par des F.T.P.F. et emprisonné dans les caves de l’hôtel Splendid, siège des F.T.P.F. niçois. Le 5 septembre 1944, vers 17 heures, un ami, Perress, venu pour un rendez-vous, le voit par une lucarne de la cave depuis la cour et échange quelques mots avec lui. Ce dernier lui demande de se rendre à l’hôtel Atlantic pour savoir quel est le motif de son arrestation qu’il ignore encore. Un F.T.P.F. interrompt alors l’échange car il est interdit de parler avec un prisonnier. 15 minutes plus tard, Perress voit sortir une automobile noire avec plusieurs hommes à bord dont des F.T.P.F. et Maurice Charton. Perress est alors arrêté par le F.T.P.F. qui l’avait empêché de parler avec le prisonnier et gardé à vue pendant 24 heures à l’hôtel Splendid. L’automobile est aperçue par des témoins boulevard de la madeleine à Nice se dirigeant vers la madeleine supérieure. 4 F.T.P.F. avec brassards tricolores et mitraillettes emmènent 2 prisonniers au vallon sabatier vers 18h. Vers 18h30, la voiture redescend sans les prisonniers. Ils ont été exécutés sans procès vers 18h30 dans un sentier longeant la colline de la costière. Un témoin assiste de loin à l’exécution et découvre les corps juste après le départ des F.T.P.F. Le corps de Maurice Charton est retrouvé face contre terre, le crâne explosé par une rafale de mitraillette. Il est identifié grâce à son alliance (avec la date du mariage gravée à l’intérieur) et sa chevalière. Son épouse vient le reconnaître le 6 septembre 1944 au reposoir du cimetière de Caucade à Nice. Le deuxième fusillé n’a pas été identifié. Un mot de Maurice Charton est reçu par un ami, le secrétaire de police Giovanelli le 6 ou le 7 septembre, transmis par une personne emprisonnée avec lui puis libérée. Il y explique qu’on prétend qu’il est un agent de la Gestapo car il a un laissez-passer allemand sur lui (celui de sa libération) mais en fait il semblait sur le point d’arrêter un F.T.P.F. Le laissez-passer aurait fourni un prétexte pour l’arrêter et ensuite l’exécuter. Personne ne se rappelle Maurice Charton parmi les responsables F.T.P.F. lors des passages de la police durant l’enquête. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-42776128. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 1, tombe familiale129[réf. insuffisante].
4. Antoine Genouillac* né le 6 février 1902 à Contes : F.F.I., membre des F.T.P.F., 30e Cie, Milices Patriotiques (M.P.). Membre de la Résistance depuis octobre 1941. Chauffeur domicilié 22, rue Scaliéro à Nice. Le 28 août 1944, il participe aux combats pour la Libération de Nice. Membre des G.C.R., il est tué le 29 août à 18h30 dans une échauffourée avenue de la république à Nice en voulant procéder à l’arrestation des frères Monti, membres d’un groupe d’une quinzaine de chemises noires des secteurs république et risso. L’un des collaborateurs, Joseph Monti, est abattu sur le pont barla. Son nom est inscrit sur le Monument Aux Morts de Riquier à Nice-Riquier et sur une plaque commémorative située 42, avenue de la République à Nice. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-192332130,87,107>131.
5. Émile Krieger* né le 20 novembre 1890 à Sarreinsming : F.F.I. membre des F.T.P.F., groupe René (René Canta). Retraité de la Gendarmerie depuis le 7 mars 1940. Domicilié villa pervenche à Cimiez à Nice. En octobre 1941, il vend des journaux sur la promenade des anglais et est arrêté par la police française pour avoir crié « Goering arrêté ». Il rejoint la Résistance en octobre 1942 (renseignements, recrutement, ravitaillement). Pseudos A0445, Jean-Louis, Lamontre, Lacroix. Il participe aux combats pour la libération de Nice le 28 août 1944. Avec un groupe de résistants, il reçoit l’ordre d’attaquer les allemands présents à la villa Paradisio à Cimiez à Nice. Il essaie mais en vain de couper les voies de circulatio. Les allemands doivent cependant décrocher mais Émile Krieger, sans doute blessé en position avancée, est capturé. Il est emmené par les allemands dans leur retraite vers l’Italie. Il est ensuite déporté au K.L. Dachau (Allemagne) et décédé le 11 janvier 1945 à Innsbruck. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative au 24, boulevard de Cimiez et sur le Monument Aux Morts de Cimiez à Nice70132.
6. Antoine Souchon né le 8 février 1893 à Monistrol-sur-Loire : F.F.I., membre du mouvement Combat, groupe Deguin. Chauffeur domicilié 8 avenue Durante à Nice. Il est probablement abattu par une patrouille allemande le 27 août le long du Var, route de Grenoble, en relevant la position des mines dans le fleuve Var. Son corps est retrouvé le matin 28 août 1944. Il est Inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle. Il est reconnu Mort pour la France, cote AC-21P-161382133.

Les 32 civils tués à Nice

1. Jean Authement né le 13 juin 1914 à Créteil : Employé S.N.C.F. domicilié 53, boulevard de Cessole à Nice. Grièvement blessé par un tir allemand alors qu’il se rend au travail le matin de l’insurrection du 28 août 1944. Décédé à la clinique rue Mantéga vers seize heures. Son nom est inscrit sur le Monument Aux Morts de la gare Saint-Charles de Marseille 01, la plaque commémorative 1939-1945 des agents S.N.C.F. de la gare centrale de Nice et le monument commémoratif de la Libération de Nice (06) (nom Autheman). Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes de guerre, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
2. Dominique Baldelli né le 25 novembre 1896 à San Giustino (Italie) : Maçon. Tué à 10 heures à Saint-Isidore dans un bombardement allemand le jour de l’insurrection du 28 août 1944 à Nice. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 41, tombe familiale134[réf. insuffisante].
3. Louise Barraya née le 21 novembre 1932 à Nice : Domiciliée 2 rue colombo à Nice. Décédée à 16 heures à son domicile le jour de l’insurrection du 28 août 1944 à Nice. Reconnue Mort pour la France. Elle est inhumée au cimetière communal de Caucade à Nice, carré K, tombe familiale135[réf. insuffisante].
4. Claire Bègue née le 27 novembre 1881 au Puy-en-Velay : Domiciliée 10 rue Puget à Nice. Décédée à 18 heures à son domicile le jour de l’insurrection du 28 août 1944 à Nice.Reconnue Mort pour la France136[réf. insuffisante].
5. Jean Bobichon* né le 6 novembre 1922 à Nice : F.F.I., membre du mouvement Libération-Sud. Surnommé Boby. Étudiant domicilié 5 rue de la préfecture à Nice. Citation à l’Ordre de la Croix rouge, Citation à l’Ordre de l’Armée, Croix de guerre avec palme. Membre des équipes d’urgence de la croix rouge française. Le 28 août 1944, il rejoint le poste de secours de la Croix Rouge française installé place du palais de justice. Au retour d’une évacuation vers l’hôpital Saint-Roch, l’équipe composée d’une infirmière avec uniforme et de deux infirmiers avec brassards de la C.R.F. est touchée près du poste de secours par un obus tiré par les allemands. Jean Bobichon est mortellement blessé. Décédé durant son transfert vers l’hôpital Saint-Roch vers 15h30. Il est reconnu Mort pour la France. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de la Résistance à l’hôtel de ville de Nice et sur une plaque commémorative sur la tour de la caserne Rusca, place du Palais de Justice6,67137138.
6. Gaston Bonfils né le 3 octobre 1898 à Nice : Taxi-vélo domicilié 12 rue Reine Jeanne à Nice. Tué le 28 août 1944 à 11 heures boulevard Gambetta dans les combats pour la libération de Nice. Reconnu Mort pour la France139[réf. insuffisante].
7. Laurent Calzia né le 2 juin 1898 à Nice : Représentant de commerce domicilié avenue de Cyrnos à Nice. Décédé à 17 heures à son domicile le 28 août 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Reconnu Mort pour la France140[réf. insuffisante].
8. Antoine Simon Codaccioni né le 11 février 1901 à Bilia : Surveillant de la S.N.C.F. domicilié 15 bis avenue des diables bleus à Nice. Le 28 août 1944, le jour de l’insurrection de Nice, il se trouve au travail dans la cour de la gare S.N.C.F.. Un allemand le voit et le prend pour un F.F.I.. Il lui tire une rafale de balles explosives. Grièvement blessé, il décède des suites de ses blessures le 1er septembre 1944 à 17 heures au 31, rue de Paris à Nice. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative 1939-1945 pour les agents S.N.C.F. de la gare centrale de Nice, le Monument Aux Morts de la gare Saint-Charles à Marseille 01 et le livre d’or de la résistance de Sartène. Il est reconnu Mort pour la France. Il est initialement inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré militaire 48, tombe individuelle. Son corps a depuis été transféré129[réf. insuffisante].
9. Amédée Degioanni né le 4 février 1872 à Aisone (Italie) : Cultivateur domicilié propriété Degioanni, quartier de l’Archet à Nice. Décédé à 16h45 à son domicile durant les combats de la Libération de Nice. Reconnu Mort pour la France141[réf. insuffisante].
10. Claude Demai né le 10 février 1888 à Sainte-Agnès : Employé à la S.N.C.F. domicilié 36 rue Reine Jeanne à Nice. Mortellement blessé par une balle allemande durant les combats pour la Libération de Nice le 28 août 1944. Il se trouve dans le square Saint-Étienne (actuel square Colonel Jeanpierre) alors qu’il vient de sortir du lieu surnommé P.V. (petite vitesse), dépendant de la gare centrale, pour rentrer à son domicile. Transporté à son domicile où il décède à 12h45. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative 1939-1945 pour les agents S.N.C.F. de la gare centrale de Nice et le Monument Aux Morts de la gare Saint-Charles à Marseille 01 et le livre d’or de la résistance de Sartène. Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes de guerres, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
11. Abel Durville né le 28 avril 1895 à Amilly : Hôtelier domicilié 45 rue de l’hôtel des postes à Nice. Mortellement blessé par un tir allemand et décédé à son domicile à 16h30 durant les combats pour la Libération de Nice le 28 août 1944. Reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 41, tombe familiale142[réf. insuffisante].
12. Mathilde Faugué née le 21 novembre 1910 à Nice : Domiciliée 1 rue Marceau à Nice (06. Tuée le 28 août 1944 lors des combats de la Libération de Nice. Mortellement blessée vers 10h30 en même temps que Paulette et Jean Sénémaud par les allemands. Les soldats de passage tirent depuis la route à bord des camions. Mathilde Faugué est touchée par un balle dans la gorge. Elle est évacuée mais décède à 21 heures à la clinique Mantéga. Elle est reconnue Mort pour la France143[réf. insuffisante].
13. Guillaume Franzini né le 15 avril 1890 à Diano Marina : Plombier-zingueur domicilié 49 boulevard Joseph Garnier à Nice. Il est grièvement blessé le 28 août 1944 dans les combats pour la libération de Nice (06). Il décède des suites de ses blessures le 17 mai 1947 à 8 heures à son domicile. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif de la Libération de Nice. Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 11, tombe familiale72.
14. Raoul Gauthier né le 24 novembre 1907 à Marseille : Musicien domicilié 2 rue François 1er à Nice. Employé comme musicien depuis 1941 par le cabaret Plantation 34 rue Masséna à Nice. Tué par les allemands le 28 août 1944 à Nice dans les combats de la Libération de Nice (06). Sorti de son domicile dans l’après-midi pour une raison inconnue, iIl arrive à l’angle des rues Alphonse Karr et François Ier. Un groupe d’allemands stationné boulevard Victor Hugo à la Feldkommandantur le voit et tire une rafale sur lui. Il est touché par une balle qui lui traverse le corps. Il s’affaisse et est secouru par des voisins dont son employeur Jacques Chapron. Transporté à son domicile, il y décède quelques instants plus tard à 17 heures. Corps transporté le lendemain à la morgue de l’hôpital Saint-Roch à Nice. Une restitution de corps aux frais de l’État a été demandée par sa soeur Antoinette Gauthier épouse Olive au cimetière d’Arles, caveau de Zoé Ténot de Lespinois, mais n’a pas eu lieu. Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
15. Camille Gorlero né le 30 juillet 1876 à Nice : Cultivateur domicilié propriété la vista chemin de Bellet à Nice. Décédé à 17 heures à son domicile le 28 aout 1944 durant les combats de la Libération de Nice. Reconnu Mort pour la France144[réf. insuffisante].
16. Élise Grunheber née le 8 septembre 1917 à Fontenoy-sur-Moselle : Domiciliée 43 avenue Giacobi à Nice. Mortellement blessée dans un bombardement lors des combats de la Libération de Nice. Décédée à six heures à son domicile le 31 août 1944. Reconnue Mort pour la France. Elle est inhumée au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle (nom Muller, son nom avant son divorce)145[réf. insuffisante].
17. Romulus Ioni né le 23 mars 1892 à Apecchio (Italie) : Matelassier domicilié 4 rue du Jésus à Nice. Naturalisé en 1927. Tué le 28 août 1944 durant les combats de la Libération de Nice. Tué par un obus de mortier rue centrale à 16 heures dans le bombardement allemand. Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
18. Constant Jeudy né le 3 avril 1875 à Campos (Brésil) : Secrétaire administratif domicilié 15 avenue Shakespeare à Nice. Mortellement blessé par une balle de mitrailleuse allemande le 28 août 1944 durant les combats de la Libération de Nice. Il est touché alors qu’il traverse le boulevard Gambetta pour se rendre à son travail. Décédé à 16 heures à l’hôpital Saint-Roch. Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
19. Josette Mélia née le 31 janvier 1924 à Nice : Secrétaire dactylographe au centre de réforme de la caserne Rusca à Nice domiciliée 9 rue Michel-Ange à Nice. Tuée à 15 heures dans les bombardements allemands du 28 août 1944 à Nice durant les combats de la Libération de Nice. Un éclat de mortier l’atteint alors qu’elle se trouve dans les locaux du centre de réforme de la caserne Rusca à Nice. Elle est reconnue Mort pour la France. Elle est inhumée au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
20. Ernestine Monti née le 17 octobre 897 à Agliano Terme (Italie) : Femme de ménage domiciliée 36 boulevard Dubouchage à Nice. Elle épouse un nommé Bosca. Décédée à 18 heures à l’hôpital Sant-Roch le 28 août 1944 à Nice (06) durant les combats de la Libération de Nice (06). Reconnue Mort pour la France146[réf. insuffisante].
21. Robert Petitnicolas né le 4 septembre 1900 à Saint-CloudNice : Placier domicilié 89 boulevard de Cambrai à Nice. Décédé à 20h30 31 rue de Paris le 28 aout 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Reconnu Mort pour la France147[réf. insuffisante].
22. Napoléon Polchi né le 24 avril 1896 à Nice : Menuisier domicilié 9 boulevard Tzarévitch à Nice. Décédé à 18 heures à son domicile le 28 aout 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Reconnu Mort pour la France148[réf. insuffisante].
23. Lina Polidori née le 23 octobre 1909 à Nice : Domiciliée 74 avenue Saint-Barthélémy à Nice. Tuée par une balle tirée par un soldat allemand le 28 août 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Décédée à son domicile à 15 heures. Elle est reconnue Mort pour la France. Elle est inhumée au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 4, tombe familiale149[réf. insuffisante].
24. Louis Quilico né le 24 avril 1896 à Nice : Employé de banque à la société Lyonnaise de Dépôt domicilié 4 rue du Jésus à Nice. Tué rue de la Préfecture à 8 heures par les allemands le 28 août 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Mention Mort pour la France refusée par manque d’informations précises sur les conditions du décès. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
25. Antoine Revoul né le 2 avril 1900 à Saint-Chamond : Employé. Tué le 28 août 1944 à 14 heures quai Galliéni dans les combats pour la libération de Nice. Reconnu Mort pour la France150[réf. insuffisante].
26. Axel Robertson-Proschowsky né le 24 juillet 1904 à Nice : Domicilié chemin des grottes rue des tropiques à Fabron à Nice. Mortellement blessé le 28 août 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Décédé à l’hôpital Saint-Roch à Nice à 19 heures le 28 août 1944. Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe individuelle129[réf. insuffisante].
27. Jean Sénémaud né le 5 juillet 1933 à Marseille : Domicilié 15 avenue Saint-Laurent à Nice. Tué le 28 août 1944 lors des combats de la Libération de Nice. Abattu chez lui à 10h30 avec sa petite sœur Paulette Sénémaud par les allemands. Les deux enfants se trouvent dans le jardin clôturé attenant à la demeure familiale. Les soldats de passage à bord de camions ont tiré depuis la route qui surplombe le jardin. Il est reconnu Mort pour la France. Il est inhumé au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe partagée avec sa soeur129[réf. insuffisante].
28. Paulette Sénémaud née le 4 mars 1936 à Marseille : Domiciliée 15 avenue Saint-Laurent à Nice. Tuée le 28 août 1944 lors des combats de la Libération de Nice. Abattu chez lui à 10h30 avec son grand-frère Jean Sénémaud par les allemands. Les deux enfants se trouvent dans le jardin clôturé attenant à la demeure familiale. Les soldats de passage à bord de camions ont tiré depuis la route qui surplombe le jardin. Elle est reconnue Mort pour la France. Elle est inhumée au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 68, carré des victimes civiles, tombe partagée avec son frère129[réf. insuffisante].
29. Marguerite Sirone née le 9 décembre 1881 à Fossano : Domiciliée 93 boulevard Gambetta à Nice. Nationalité italienne. Tuée le 28 août 1944 à midi dans les combats de la Libération de Nice. Retrouvée morte chez elle. Les allemands ont mis un mortier en batterie devant chez elle. Elle aurait été tuée par un éclat d’obus alors qu’elle se trouvait devant sa fenêtre. La mention Mort pour la France est refusée par manque de précisions sur les conditions de son décès. Elle est inhumée au cimetière communal de Caucade à Nice, carré 70, tombe familiale129[réf. insuffisante].
30. Charles Tua né le 15 janvier 1866 à Saluzzo (Italie) : Coiffeur domicilié 7 rue Paul Déroulède à Nice. mortellement blessé par un tir allemand le 28 aout 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Décédé à 23 heures 7 avenue Durante (clinique Saint-Antoine). Reconnu Mort pour la France. Il est inhumé dans le cimetière communal de Caucade à Nice, carré 28, tombe familiale 151.
31. Ernest Toselli né le 4 novembre 1917 à Nice : Boucher domicilié à Nice. Décédé à 15h30 3 rue fontaine de la ville prolongée le 28 aout 1944 dans les combats de la Libération de Nice. Reconnu Mort pour la France. Inhumé cimetière communal de Caucade à Nice, carré 9, allée du canal, tombe familiale152[réf. insuffisante].
32. Marie Vives née le 28 février 1908 à Saîda (Algérie) : Secrétaire domiciliée villa Flandre avenue Brasini à Nice. Décédée à 22 heures à l’hôpital Saint-Roch durant les combats de la Libération de Nice. Reconnue Mort pour la France153.

Les 2 civils tués par les bombardements allemands à Saint-Laurent-du-Var

Eraldo Cippoli né le 3 avril 1875 à Sansepolcro (Italie) : Journalier agricole domicilié villa augustine quartier des gallinières à Saint-Laurent-du-Var. Tué par un obus allemand dans un bombardement sur le quartier des gallinières le 28 août 1944 à 20 heures à la villa Augustine Saint-Laurent-du-Var. Son nom est inscrit sur les plaques commémoratives pour les victimes civiles place Adrien Castillon à Saint-Laurent-du-Var154[réf. insuffisante].
Roger Curti né le 22 janvier 1921 à Châteaudun-du-Rhumel (Algérie) : Mécanicien domicilié villa Marie Nil quartier des gallinières à Saint-Laurent-du-Var. Tué par un obus allemand dans un bombardement sur le quartier des gallinières le 28 août 1944 à 20 heures à la villa Marie Nil Saint-Laurent-du-Var. Son nom est inscrit sur les plaques commémoratives pour les victimes civiles place Adrien Castillon à Saint-Laurent-du-Var155

 

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L’épuration à Nice

L’épuration extra-judiciaire avant la Libération
Dès 1943, les organisations de résistance ont décidé d’éliminer physiquement des collaborationnistes (cadres de la Milice française et du PPF très engagés dans la politique de collaboration) voire de délateurs (qui ont provoqué l’arrestation de résistants ou de Juifs persécutés). 57 personnes ont ainsi été abattues avant la Libération dans 21 communes des Alpes-Maritimes (27 à Nice) : 15 en 1943 (12 à Nice), 16 entre le 1er janvier et le 6 juin 1944 (8 à Nice), 26 entre le débarquement en Normandie et la Libération (7 en Nice)156.

Voici quelques-unes de ces opérations d’élimination.
Dans la nuit du 14 au 15 avril 1943, l’agent de l’OVRA à Nice, Oswaldo Angrisani, ressortissant italien, est éliminé. Oswaldo Angrisani est né le 14 novembre 1896 à Turin. Le sénateur de l’Isère, Léon Perrier, en résidence à Nice, a monté un groupe de résistants. Angrisani est jugé trop habile et les résistants décident de le supprimer. En quelques mois, cet individu brutal a arrêté une vingtaine de membres du groupe. Deux hommes sont appelés de Grenoble pour régler l’affaire. Angrizani réside au Mont-Boron, 189 boulevard Carnot, dans une petite villa niçoise appelée l’Éolienne, à une centaine de mètres de l’hôpital anglo-américain. Au bout du jardin se trouve un garage qui donne directement sur la route avec un toit en terrasse sur lequel deux gardes armés se tiennent en permanence. Angrizani aime le jeu et sort presque chaque soir au casino de Monte-Carlo et rentre à l’aube. L’objectif est de l’abattre à son retour du casino. Le sénateur et les deux tueurs se rendent sur place à deux reprises sans succès. La troisième reprise est la bonne. Vers trois heures du matin, Angrizani arrive et il est abattu. Les trois hommes parviennent à s’enfuir157.

Le 5 juin 1943 sont exécutés à 10h30 Joseph Moraglia et son épouse Séraphine Giordano, des commerçants fascistes délateurs du quartier Magnan domiciliés 9 avenue de la Californie. Joseph Moraglia est tué sur le coup. Son épouse décède de ses blessures à l’hôpital Saint-Roch à midi. Cette exécution entraîne des représailles menées par une centaine de membres des gruppi d’Azione Nizzarda. Ils se rendent dans le quartier Magnan. Ils y saccagent les appartements et les commerces de français et de naturalisés suspectés d’appartenir à la mouvance communiste158.

Le 24 novembre 1943, le docteur Adolphe Tourtou, est abattu sur les marches de l’hôpital Saint-Roch vers dix-sept heures. Adolphe Tourtou est né à Pignans dans le Var le 4 janvier 1896. Docteur en médecine, il est adjoint au maire de Nice et secrétaire fédéral du PPF. Il est marié et domicilié 45 boulevard Victor-Hugo à Nice. Le 28 novembre a lieu au Palais des Fêtes, boulevard Victor-Hugo, à Nice, un grand meeting. Joseph Darnand et Philippe Henriot prennent la parole. Avant le meeting, ils vont s’incliner devant la dépouille du docteur Tourtou. Dans leurs discours, Darnand et Henriot jurent de le venger. De nombreux miliciens sont venus de toute la région. Le soir, les miliciens mangent au restaurant de la Légion, 17, rue Pertinax. Le repas terminé, un groupe de miliciens sort du restaurant. De la rue Saint-Siagre, une main envoie une grenade sur le groupe. Cinq miliciens de l’escorte de Darnand sont tués, 6 sont blessés. En représailles de ces attaques, six résistants (dont Jean Lamy et Eugène Courbet du groupe Léon de Nice, l’opticien Octave Grandperret et le boulanger Guillaume Stuerga arrêtés par la Gestapo en novembre à Vence) détenus au quartier allemand de la Maison d’Arrêt de Nice sont exécutés le 26 décembre 1943 par le Groupe d’Action du PPF159,158.

Le cadre milicien Ernest Dausse est abattu le 6 février 1944 à Nice. Il est né le 24 octobre 1908 à Nice. Musicien, il est domicilié 15 rue de la Préfecture à Nice. Il décède à l’hôpital Saint-Roch des suites de ses blessures158.
Le 29 mai 1944, vers quinze heures, Georges Karakaïeff est exécuté. Ancien légionnaire, né à Moscou vers 1900, il est devenu un agent de la Gestapo. Il est domicilié 48 rue Rossini à Nice. Il aime la compagnie féminine. Une jolie jeune femme brune de la Résistance le rencontre un jour par hasard et il l’accoste. Elle l’a reconnu et accepte le rendez-vous. Le couple se promène le 29 mai 1944 chemin de Bellet à Nice. Prévenu du rendez-vous par la jeune femme, la résistance a envoyé un de ses hommes qui abat Karakaïeff à coups de revolver. L’agent de la Gestapo meurt sur place160.

Raoul Scaiola est exécuté et mortellement blessé. Il décède à 2h45 le 19 juillet à Nice à la clinique du parc impérial161. Il était membre d’un des trois groupes des G.A. – P.P.F. niçois162.
Charles Passeron, maire de Lantosque, est exécuté le 24 juillet 1944158.
Georges Bensa, avocat, rédacteur des discours de Darnand, est exécuté le 2 août 1944158. Il décède le 3 août 1944 à 8 heures à l’hôpital Saint-Roch à Nice163

L’épuration extra-judiciaire à la Libération
Entre la Libération et la mise en place des tribunaux épurateurs, 73 exécutions sommaires ont lieu dans 18 communes (36 à Nice) dont 10 à Antibes le 23 septembre 1944 au Fort Carré en représailles de la mort d’un jeune FTP la veille. Huit exécutions ont également eu lieu après le début de l’activité des cours de Justice. À Nice, 34 exécutions ont lieu avant le 23 septembre 1944, le premier jour du fonctionnement de la Cour de Justice de Nice et 2 après164.
Plusieurs cas d’exécutions sommaires peuvent être relevés à Nice durant l’insurrection niçoise du 28 août 1944 et dans le flottement des jours qui suivent. Le Comité insurrectionnel appelle ainsi le matin du 28 août à commencer « une épuration énergique de tous les salopard connus ».

Le 28 août 1944, vers 4 heures du matin, les FFI investissent le passage à niveau (actuel carrefour du 28-Août). Ils capturent une camionnette. Conduits par le chauffeur de taxi « Manus », Louis Sana et Aimé Paiche parcourent le quartier pour y arrêter les « chemises noires » fascistes qu’ils connaissent. Quelques-uns seront exécutés dans la journée165.
Le soir du 28 août vers 20 heures, on frappe à la porte de F., il ouvre, descend quelques marches et est abattu166.
Un sympathisant fasciste italien est exécuté à l’entrée du tunnel Pessicart, de la voie ferrée du train des Pignes. Son corps reste exposé, pour l’exemple, sur le ballast, avec défense de lui porter secours
Au dépôt de locomotives Saint-Roch, un collaborateur est poursuivi sur les voies, et mutilé d’un bras, sous la roue d’une locomotive

Gare de Riquier, un couple de collaborateurs… et leur chien sont pendus à un réverbère[réf. nécessaire].
Place Saluzzo, une famille de collaborateurs notoires accueille et séquestre littéralement un soldat américain, abreuvé, saoulé, gavé, et cajolé, pour éviter l’intrusion des justiciers résistants[réf. nécessaire].
Dans la plaine du Var, une famille de collaborateurs notoires choisit de résister les armes à la main aux épurateurs. L’escarmouche ne se prolonge guère, les justiciers ne font pas justice et vont porter leurs foudres ailleurs[réf. nécessaire].
Le 29 août, le couple Ange Baroni et Joséphine Marenghi est exécuté à son domicile du 212 boulevard du au Mont-Boron à 20 heures166.

Trois hommes domiciliés à Villefranche-sur-Mer, Félix Gautier, Georges Le Grand et Pierre Cappeletti, sont arrêtés à Villefranche-sur-Mer, jugés par un tribunal militaire improvisé de F.F.I. et fusillés le 30 août 1944 à Nice à 9 heuresaux Plâtrières, derrière les nouvelles prisons de Nice166.
Le 1er septembre à minuit, deux hommes sont jugés par un tribunal militaire improvisé de F.F.I. et fusillés au lycée de garçons à Nice : Joseph Allavena et Séraphin Cipre166. Joseph Allavena était le Responsable avec Pierre Bramardi du bureau social niçois du P.P.F.. Ce bureau s’occupait des familles des engagés de la L.V.F. et de la S.S. mais aussi d’arrestations de résistants167
Le 9 septembre, le cadavre du médecin Paul Comes est découvert vers midi au quartier de Saint-Pierre-de-Féric168. Trois autres corps sont retrouvés le même jour au quartier de la Sirole à Saint-Pancrace : Angèle Martini décédé vers 11 heures, Jean Tortarola et un inconnu décédés vers 15 heures168.
Le 11 septembre 1944, un homme d’environ 30 ans et une femme d’environ 65 ans sont exécutés vers 22 heures au lieu-dit terrain Bonfils à la hauteur du 428 boulevard de la madeleine. Les corps sont découverts enterrés à environ 10 mètres de la route le lendemain 41

Jacques Aber est agressé quelques jours avant la Libération puis transporté à l’hôpital Saint-Roch pour y être soigné. Le 12 septembre, à 13 heures, il est achevé d’une balle dans la tête à l’hôpital168. Il était membre d’un des trois groupes des G.A. – P.P.F. niçois167.
Le corps sans vie d’un inconnu est retrouvé le 22 septembre 1944 à Gairaut à Nice169.
Au moment de la Libération, entre fin août et fin septembre, des arrestations massives, sans précédent, ont lieu dans le département. Près de 2.532 personnes sont emprisonnées fin septembre dans des dizaines de centre d’internement. L’entassement et la promiscuité posent rapidement problème ainsi que la situation sanitaire (manque d’eau courante, d’hygiène, de paillasses…). Ses arrestations sont opérées dans la confusion sans que l’on sache vraiment qui est détenu et où170. Enfin libres, la crainte demeure des actions d’une 5e colonne170. Cette situation a permis plusieurs abus (libérations injustifiées, disparition de dossier et de personnes, sévices corporels, liquidations, extorsion de fonds…). La police d’épuration du Comité départemental de libération est montrée du doigt par le préfet pour des irrégularités commises à l’hôtel Scribe de Nice : tortures, extorsion de fonds… Dès le 28 septembre, le commandant Max est arrêté pour des vols et des disparitions de détenus. Sous le couvert du brassard FFI, cet aventurier avait organisé une épuration sauvage à l’hôtel Adriatic. On se rend finalement compte que 50% des membres de cette police sont des repris de justice. Cette police est dissoute le 26 décembre 1944171.
Plusieurs lieu d’internement sont utilisés à Nice et alentours : maison d’arrêt, hôtel Scribe (avenue Georges-Clemenceau) et hôtel Suisse (réquisitionné, quai Rauba-Capeu) à Nice, casernes de La Galinière à Saint-Laurent-du-Var et Saint-Jean-d’Angély à Nice170.
Plusieurs dizaines de femmes ont également été tondues, pour collaborations avec les Allemands (qui n’ont occupé Nice qu’un an) mais surtout pour les sympathisantes fascistes, militantes depuis 1940 du rattachement de Nice à l’Italie.

Les dernière exécutions sommaires
À partir du 23 septembre 1944, la cour de Justice de Nice commence à se réunir. L’épuration judiciaire et légale commence. Cependant, quelques exécutions sommaires ont lieu jusqu’au 8 octobre 1946.
Le 2 février 1945, les corps de deux femmes, Suzanne Defeu et Georgette Capitaine, exécutées par la Résistance, sont retrouvés à la Madonette-Terron, près de la statue172.
Le 18 mars 1945, un métayer italien, Settimio Carletti, 66 ans, est tué par un groupe de 8 individus à la place de ses deux fils en fuite173,164.
Le 14 mars 1946, on découvre le corps du boulanger Joseph Innocenti. dans son fournil. Le corps est criblé de balles de mitrailleuse. Ce boulanger avait été arrêté à la Libération à cause de ses opinions fascistes. On ignore cependant s’il s’agit d’un crime crapuleux ou d’un règlement de compte174.
Le 8 octobre 1946, le docteur Jacques Meyzenc, président départemental du PPF, collaborateur notoire, est exécuté à l’hôpital Pasteur. Condamné à mort, à la dégradation nationale et à la confiscation de ses biens le 25 juin 1946 par la cour de Justice de Nice, sa peine a été commuée en travaux forcés à perpétuité. Certains résistants refusent d’admettre ces décisions. Une première tentative d’exécution a lieu le 21 septembre lors du transfert du prisonnier à Marseille alors que celui-ci se trouve entre deux gendarmes dans le compartiment du train. Grièvement blessé, il est emmené à l’hôpital Pasteur à Nice, pavillon des détenus où il est finalement exécuté par des inconnus. Il s’agit de la dernière exécution extra-judiciaire connue dans les Alpes-Maritimes175,164.

Le rétablissement de la légalité républicaine
La presse résistante, notamment la presse communiste du Front National, réclame une épuration sévère et expéditive, justifiant même les exécutions sommaires et illégales comme celles du Fort Carré le 23 septembre 1944 (10 fusillés sans jugement). Les exécutions du Fort Carré sont fermement condamnées par le préfet et le Comité départemental de libération. Une polémique éclate. La presse communiste critique l’action du Comité départemental de Libération jugée trop laxiste176. La légalité républicaine parvient cependant lentement à s’imposer.
Le préfet Escande et le Comité départemental de Libération interviennent pour clarifier la situation des 2 532 personnes interpellées et toujours internées fin septembre 1944. Le préfet obtient des listes et des lieux de détention. Raymond Aubrac, commissaire régional de la République réclame également un tri dans les centres d’internement. Fin novembre, il reste 2 130 internés, 1 532 en décembre et 1 389 en février177. Au total, 4 127 personnes ont été internées à un moment donné pour fait de collaboration dans les Alpes-Maritimes. C’est deux fois plus que par exemple dans l’Hérault (2 011 personnes)156.

L’épuration judiciaire

Un tribunal militaire FFI fonctionne à Nice du 17 septembre au 18 octobre 1944, présidé par le commandant Chasuble, assisté des commandants Malherbe et Parent, des capitaines Michel, Gatti et Lorrain178. Il se prononce sur cinq cas178 
le chauffeur de taxi italien César Fiorucci impliqué dans la dénonciation des résistants Torrin et Grassi et pendus le 7 juillet 1944 à Nice. Il est né le 14 octobre 1914 à Città di Castello (Pérouse). Il est chauffeur. Il est condamné à mort le 23 septembre. Il est fusillé en public le 27 septembre 1944 à sept heures sept minutes, sur le quai des États-Unis à Nice, plage Beau Rivage, par un peloton de 12 FFI.

- trois autres hommes impliqués dans cette même dénonciation des résistants Torrin et Grassi et condamnés à des amendes.

- Le tribunal juge également le capitaine FTP Louis Pietri qui a commandé le peloton d’exécution du Fort Carré (10 fusillés illégalement). Il est acquitté le 5 octobre mais cassé de son grade.

Les tribunaux spécialisés se mettent en place.
Les Cours de Justice pour les cas graves de collaboration (intelligence avec l’ennemi, délation, participation aux combats sous uniforme ennemi) : 1re section (23 septembre 1944) et 2e section (24 janvier 1945) de Nice, cour de Justice de Grasse (9 février 1945)179.
Les chambres civiques pour les cas mineures de collaboration (délit d’appartenance à un mouvement anti-national) : 1re section (5 décembre 1944) et 2e section (25 janvier 1945) de Nice, chambre civique de Grasse (27 février 1945)179.
Les cours de Justice voient comparaître 1167 prévenus (909 hommes, 258 femmes, 686 français et 481 étrangers dont 421 italiens). 33 peines capitales sont décidées (30 hommes et 3 femmes), 223 peines de travaux forcés et 674 peines de réclusion. 237 personnes sont acquittées (27 %). Sur les 33 condamnations à mort, 22 hommes et 2 femmes sont graciés par le commissaire régional de la République ou du chef du gouvernement provisoire. 9 personnes sont exécutées179:

Liste des 9 personnes exécutées dans les Alpes-Maritimes suite à un Jugement des Cours de Justice des Alpes-Maritimes
- Yvonne Davaine, délatrice, condamnée le 16 octobre 1944 par la Cour de Justice de Nice et exécutée le 19 octobre 1944.

- Jean Garel de Koenig, gestapiste, condamné le 14 novembre 1944 par la Cour de Justice de Nice et exécuté le 23 décembre 1944.

- Félix Valetti, délateur, condamné le 13 janvier 1945 par la Cour de Justice de Nice et exécuté le 6 février 1945.

- Marius Fugairon, milicien, condamné le 22 février 1945 par la Cour de Justice de Grasse et exécuté le 15 mars 1945.

- Richard Held : Originaire de Moselle. Trois fois condamné pour vol, il rejoint la Gestapo comme interprète et devient lieutenant de la Gestapo cannoise. Surnommé lieutenant Richard. Sa maîtresse est Berthe Blanchet épouse Jaubert, domiciliée à l’époque avenue des Palmiers à Cannes. Responsable de vols, tortures et assassinats commis à Cannes notamment dans les caves de la villa Montfleury, siège de la Gestapo cannoise. Il a ainsi exécuté d’une balle dans la tête le juif Samuel Smilévitch, croix de guerre avec 7 citations, médaille militaire, invalide de guerre à 60 %, secrétaire de la maison des prisonniers de Cannes. Samuel Smilévitch est arrêté par le GAPPF de Cannes puis livré à la Gestapo le 24 juin 1944. Il refuse de donner une liste des juifs de Cannes. Son corps est retrouvé dans un chemin à Mougins près de Cannes le 25 juin 1944. Richard Held est également un des trois officiers (avec le lieutenant Willy Bauer et la capitaine Hans Josef Moser) qui fusillent le 15 août 1944, à 20 h 30, 10 résistants qui se trouvent dans les 4 cellules des caves de la villa Montfleury, juste avant d’évacuer les locaux. Malheureusement pour les assassins, sur les 11 résistants voués à la mort, trois survivent. L’inspecteur de police Edouard Negri profite de l’action courageuse de Concetta Biacca. Bauer bloque la sortie et tire une balle dans la tête de la jeune femme alors qu’elle quitte la dernière sa cellule. C’est le début de la tuerie. Mortellement blessée, elle l’agrippe et parvient à le faire tomber. Edouard Negri en profite pour foncer vers la sortie et parvient ainsi à s’échapper dans la rue malgré les tirs. Furieux, les officiers s’acharnent sur les 10 résistants qui restent et vident leurs chargeurs sur eux. Dans la folle fusillade, Bauer blesse même son complice Held d’une balle dans le pied. Leur crime accompli, ils quittent Cannes pour Nice puis partent vers l’Italie le 17 août. Cependant, deux résistants grièvement blessés vont survivre à leurs blessures : Louis Balesi et Marcel Neydorff. Blessé au pied, Richard Held doit s’arrêter le 17 août à Monte-Carlo avec sa maîtresse pour se faire soigner. Il est finalement arrêté à la Libération. Pour ses différents crimes, Richard Held est condamné à mort le 6 décembre 1945 par la Cour de Justice de Grasse et exécuté le 19 avril 1946.

- Eugène de Balintfly, gestapiste, condamné le 6 décembre 1945 par la Cour de Justice de Nice et exécuté le 12 février 1946.

- Eugène Jost, gestapiste, condamné le 26 mars 1946 par la Cour de Justice de Nice et exécuté le 28 mai 1946.

- Louis Delclève, gestapiste, condamné le 20 juin 1946 par la Cour de Justice de Nice et exécuté le 25 avril 1947.

- Félix Trucchi, GAPPF, condamné le 16 juillet 1946 par la Cour de Justice de Nice et exécuté le 23 août 1946.

Après le 31 juillet 1946, les condamnés à mort sont transférés à Aix-en-Provence ou au tribunal militaire de Marseille179. La plupart bénéficient de remises de peine puis des amnisties de 1951 et 1953180.
445 détenus sont jugés par contumace. Ce sont bien souvent les dossiers les plus lourds (tortionnaires de la Milice et du GAPPF, Waffen-SS…). 132 peines capitales et 5530 années de travaux forcés sont décidées180.
Les chambres civiques ont jugé 753 prévenus (616 hommes, 137 femmes, 748 Français, 5 étrangers dont 3 Italiens). 481 peines d’indignité nationales sont décidées avec souvent des amendes. 272 personnes sont acquittées (36 %)180.
Au total, 1 920 Azuréens dont 942 Niçois ont été jugés dans les Alpes-Maritimes entre l’automne 1944 et l’été 1946. D’autres l’ont été dans les Bouches-du-Rhône et la Seine180.

Après le 31 juillet 1946, les condamnés à mort sont transférés à Aix-en-Provence ou au tribunal militaire de Marseille179. La plupart bénéficient de remises de peine puis des amnisties de 1951 et 1953180.
445 détenus sont jugés par contumace. Ce sont bien souvent les dossiers les plus lourds (tortionnaires de la Milice et du GAPPF, Waffen-SS…). 132 peines capitales et 5530 années de travaux forcés sont décidées180.
Les chambres civiques ont jugé 753 prévenus (616 hommes, 137 femmes, 748 Français, 5 étrangers dont 3 Italiens). 481 peines d’indignité nationales sont décidées avec souvent des amendes. 272 personnes sont acquittées (36 %)180.
Au total, 1 920 Azuréens dont 942 Niçois ont été jugés dans les Alpes-Maritimes entre l’automne 1944 et l’été 1946. D’autres l’ont été dans les Bouches-du-Rhône et la Seine180.

L’épuration politique
Le Comité départemental de Libération et le préfet étudient minutieusement les cas des chefs de service, élus municipaux et départementaux. Ceux-ci risquent la suspension ou la révocation180.
Dès les premiers jours de la Libération, le préfet Moyon suspend le secrétaire général de la préfecture Lauvel, le chef du cabinet du préfet Ravard, le sous-préfet de Grasse Pierangeli, le procureur de l’État français Roman, le président du tribunal civil de Nice Pagès, l’inspecteur d’académie en fuite Davoine, les commandants des GMR Dalo (Alpes) et Teillet (Amiral de Grasse), le commandant de la légion de gendarmerie Blachère, le délégué départemental à l’information Moschetti-Giaubert, le commissaire divisionnaire Boupat (délégué de l’intendant régional au maintien de l’ordre)180.
A Nice, le magistrat municipal H. Vidal-Revel est suspendu. Les anciens conseillers généraux et départementaux P. Balestre (Nice III) et D. Ciaudo (Nice IV) sont révoqués181.

L’épuration administrative
Cette épuration est moins spectaculaire que l’épuration judiciaire mais concerne des milliers de personnes. Elle touche la carrière des fonctionnaires (révocation, rétrogradation d’échelon, déplacement d’office, mise à la retraite d’office) ou des professions qui bénéficient d’une concession de services publics (exclusion, blâme)181.
Dans la Police, dix commissaires et inspecteurs sont révoqués. Dans l’enseignement, huit fonctionnaires sont révoqués, trois mis à la retraite d’office, vingt-quatre sont déplacés et douze rétrogradés. A la chambre de commerce, douze personnes sont révoquées, deux radiées, trois mises à la retraite d’office et deux rétrogradées. Neuf membres du personnel médical ne peuvent plus pratiquer la médecine dans le chef-lieu ou dans le département, quinze sont exclus, un est blâmé. Soixante-douze employés ou cadres municipaux sont l’objet d’une enquête approfondie : trente et un sont finalement suspendus (dont le chef de bureau Francis Palmero) ou révoqués181.

L’épuration économique
Les entrepreneurs qui ont participé à la construction du « mur de la Méditerranée » ou ont réalisé des bénéfices grâce à la collaboration subissent de lourdes sanctions financières. 59 millions de francs sont confisqués et 55 millions de francs d’amende sont imposés à une vingtaine d’entreprises du BTP (Bonorvi et Cioci, Bally-Sobiesky, Ciffreo et Bona, Véran et Costamagna, Spada, Nicoletti, Thorrand), de la parfumerie (Bruno Court, Cresp) et de la métallurgie (Michel). Une dizaine de patrons passent de quelques semaines à quelques mois de prison préventive. Albert Ottina, impliqué dans la démolition du casino de la Jetée-Promenade et la construction de blockhaus, est condamné à 20 ans de travaux forcés181.
Des séquestres provisoires sont imposées à plusieurs entreprises : Compagnies du gaz et des eaux, énergie électrique du littoral méditerranéen, TNL, Descours et Cabaud, Thorrand, Petterano, Sacco, Couiteas de Faucamberge, Michel. Un séquestre définitif est infligé à l’hôtellier cannois Martinez et à des sociétés comme ‘L’éclaireur de Nice’, le ‘Petit niçois’ et les studios de la Victorine181.
Chez les taxis, trente patrons et employés sont exclus de la corporation, neuf sont suspendus et quatre sont touchés par des amendes. Aux TNL, huit cadres et employés sont licenciés181
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21 mars 2013

Zone libre

Classé sous — milguerres @ 23 h 33 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale


Zone libre

 

Zone libre france10

 

 

La zone libre est, pendant la Seconde Guerre mondiale, après la signature de l’armistice du 22 juin 1940, la partie du territoire français située au sud de la ligne de démarcation, la zone occupée étant située au nord de cette ligne.
La zone libre est, comme l’ensemble du territoire et l’Empire, sous l’autorité du gouvernement de Vichy dirigé par le maréchal Pétain, qui porte le titre de chef de l’État français (voir : « Origine de la zone libre »).
La zone libre est envahie le 11 novembre 1942 (opération Attila) par les Allemands et les Italiens à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord le 8. Dès lors, la zone libre est appelée « zone Sud » et la zone occupée est appelée « zone Nord ».

Origine de la zone libre
À la suite de la bataille de France, la convention d’armistice signée le 22 juin 1940, à la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, entre le représentant du Troisième Reich allemand, le maréchal Keitel et celui du gouvernement français du maréchal Pétain, le général Huntziger stipule en son article 2 :
« En vue de sauvegarder les intérêts du Reich allemand, le territoire français, situé au nord et à l’ouest de la ligne tracée sur la carte ci-annexée, sera occupé par les troupes allemandes. [...]1 »
La ligne de séparation du territoire français en deux zones, est définie par un tracé figurant sur une carte annexée1 :
« [...] commence, à l’est, à la frontière franco-suisse, près de Genève, et est jalonnée ensuite par les localités de Dole, Paray-le-Monial et Bourges, jusqu’à environ vingt kilomètres à l’est de Tours. De là, elle passe à une distance de vingt kilomètres à l’est de la ligne de chemin de fer Tours-Angoulême-Libourne, ainsi que, plus loin, par Mont-de-Marsan et Orthez, jusqu’à la frontière espagnole1. »

Cette ligne de séparation du territoire prend effet le 25 juin 19402. Elle prendra par la suite le nom de ligne de démarcation3.
La souveraineté française s’exerce sur l’ensemble du territoire, y compris la zone occupée, l’Alsace et la Moselle, mais dans la zone occupée, la convention d’armistice, en sonarticle 31, stipule que l’Allemagne exerce les droits de la puissance occupante :
« Dans les régions occupées de la France, le Reich allemand exerce tous les droits de la puissance occupante. Le Gouvernement français s’engage à faciliter par tous les moyens les réglementations relatives à l’exercice de ces droits et à la mise en exécution avec le concours de l’Administration française. Le Gouvernement français invitera immédiatement toutes les autorités et tous les services administratifs français du territoire occupé à se conformer aux réglementations des autorités militaires allemandes et à collaborer avec ces dernières d’une manière correcte1. »

La zone libre couvrait un territoire de 246 618 km2 (soit 45 % du territoire français). La ligne de démarcation traversait treize départements : Basses-Pyrénées (Pyrénées-Atlantiques depuis 1969), Landes, Gironde, Dordogne, Charente, Vienne, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Cher, Allier, Saône-et-Loire, Jura, Ain4,2. Sur un total de 90 départements, l’Armée allemande (la Wehrmacht) en occupait entièrement 45 et partiellement 13 ; 32 départements n’étaient pas occupés.

La zone libre et l’Italie
Une zone d’occupation italienne a été instituée par l’armistice du 24 juin 19405 signé à la villa Incisa, à Olgiata (it) près de Rome, entre les représentants de la France et de l’Italie. Ce nouvel armistice est signé peu après l’armistice du 22 juin 1940 entre la France et l’Allemagne.
Cette zone d’occupation italienne se résume à quelques zones frontalières conquises par les troupes italiennes, dont Menton. Cette zone est d’importance réduite : 800 km2,28 000 habitants6, mais jouera un rôle essentiel dans la sauvegarde des Juifs et la relative protection qu’elle offrait aux résistants. Quatre départements français sont ainsi partiellement occupés : Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence depuis 1970), Hautes-Alpes, Savoie6.
En outre, une zone démilitarisée était établie en territoire français sur une largeur de 50 km à vol d’oiseau à partir de la zone d’occupation italienne en France.
La Corse7 n’est ni occupée ni démilitarisée lors de cet armistice.

La fin de la zone libre
La zone libre est envahie le 11 novembre 1942 8 (opération Anton, variante du plan Attila) par les Allemands et les Italiens à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord le 8, et prend le nom de « zone Sud » qui est partagée entre les deux envahisseurs. Ainsi, une zone recouvrant pratiquement toute la région à l’est du Rhône (la totalité des départements de Savoie, de Haute-Savoie, de l’Isère, de la Drôme, des Hautes-Alpes, des Basses-Alpes, du Vaucluse, du Var et des Alpes-Maritimes, avec des portions ceux de l’Ain et de l’Ardèche), ainsi que la Corse, est donc attribuée aux Italiens5,9.
Après la capitulation de l’Italie fasciste rendue publique le 8 septembre 1943 (armistice de Cassibile), les troupes italiennes se retirent de la zone Sud et sont remplacées aussitôt par les Allemands. Cependant, la présence de la Wehrmacht en Corse est de courte durée, puisque celle-ci est contrainte d’évacuer l’île le 5 octobre 1943 face aux actions combinées des partisans locaux, de l’armée française et des unités italiennes ayant changé de camp.

Appellation et conjecture sur le découpage
Autres appellations de la zone libre

Jusqu’en novembre 1942, les Allemands appelaient cette zone libre Unbesetztes Gebiet c’est-à-dire la « zone non occupée » car la Wehrmacht n’occupait pas cette partie de la France.
La zone libre était surnommée la « zone nono », pour « non occupée ». Par un jeu de mot franco-allemand, puisque « nono » voulait dire « non-non », la zone occupée était en conséquence surnommée « zone jaja » (c’est-à-dire « zone oui-oui »).
La zone libre a aussi été surnommée le « royaume du maréchal » par l’historien Jacques Delperrié de Bayac6.

Conjectures sur le découpage des zones
Pour l’historien Éric Alary10, le découpage de la France en deux zones principales (zones libre et occupée) s’est inspirée en partie de l’imaginaire des écrivains pangermanistes, notamment de l’ouvrage d’un certain Adolf Sommerfeld publié en 1912 et traduit en français sous le titre Le Partage de la France, qui comporte une carte11 montrant une France partagée entre l’Allemagne et l’Italie selon un tracé qui épouse en partie celui de 1940.
Henri Espieux indique12 : « Pendant l’occupation, les franciens furent séparés des occitans par la trop fameuse « ligne de démarcation ». Nous avons longtemps pensé que le tracé de cette ligne avait été suggéré à Hitler par les romanistes de son entourage. Aujourd’hui nous croyons que cette frontière a été imposée à l’occupant par les réalités géopolitiques que nous connaissons bien. »

Notes et références
1. ↑ a, b, c, d et e La convention d’armistice [archive], sur le site de l’Université de Perpignan, mjp.univ-perp.fr, consulté le 29 novembre 2008.
2. ↑ a et b [PDF]« La ligne de démarcation », collection « Mémoire et Citoyenneté », no 7 [archive], sur le site du ministère de la Défense defense.gouv.fr, consulté le 24 octobre 2008.
3. ↑ Le nom : « Ligne de démarcation » ne figurant pas dans la convention d’armistice, il sera donné par la suite en traduction de l’allemand : Demarkationslinie.
4. ↑ Éric Alary, La Ligne de démarcation (1940-1944), PUF, collection « Que sais-je ? », no 3045, 1995, p. 4.
5. ↑ a et b Giorgio Rochat (trad. Anne Pilloud), « La campagne italienne de juin 1940 dans les Alpes occidentales », Revue historique des armées, no 250, 2008, p. 77-84 [archive], sur le site du Service historique de la Défense, rha.revues.org. Mis en ligne le 6 juin 2008, consulté le 24 octobre 2008.
6. ↑ a, b et c Jacques Delperrié de Bayac, Le royaume du maréchal – Histoire de la zone libre, Éditions Robert Laffont, 1975, p. 14.
7. ↑ Scindé en deux départements en 1976.
8. ↑ « Invasion de la zone libre » [archive], sur le site histoire-en-questions.fr, consulté le 24 octobre 2008.
9. ↑ [PDF]« L’occupation italienne » [archive], sur le site resistance-en-isere.com, consulté le 24 octobre 2008.
10. ↑ Éric Alary, « Les racines pangermanistes du compartimentage de la France », dans La Ligne de démarcation – 1940-1944, éd. Perrin, Paris, 2003, 429 p. (ISBN 2-262-01598-8 et 978-2262015985), p. 35-37.
11. ↑ Cette carte est reproduite page 12, dans Éric Alary, La Ligne de démarcation (1940-1944), éd. Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? », no 3045, 1995, 128 p. (ISBN 2130474160 et978-2130474166).
12. ↑ Henri Espieux, Histoire de l’Occitanie (préf. Robert Lafont, trad. de l’occitan par Jean Revest), éd. Centre culturel occitan, Agen, 1970, 245 p., note 1, p. 218.


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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

1 mars 2013

Lettres de Malgré-Nous

Classé sous — milguerres @ 22 h 54 min

 

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 27 novembre Annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne nazie 

Lettres de Malgré-Nous fleche-boule10

Lettres de Malgré-Nous

fleche-boule10

Cet ouvrage est exemplaire et constitue une véritable « première ». 

C’est en effet la première fois qu’un recueil de lettres écrites par des incorporés de force Alsaciens-Mosellans durant la Seconde Guerre mondiale est édité. Ceux qui avaient vécu la Première Guerre mondiale durent, vingt ans seulement après l’Armistice, en affronter une seconde. Ces Alsaciens et Lorrains connurent l’exode, l’annexion de fait et l’incorporation de force dans la Wehrmarcht… Dépossédés de leur nationalité, contraints de porter un uniforme qui n’était pas le leur, ils durent combattre sur les fronts de l’Est, loin de la France, leur seule Patrie.
Les nombreuses lettres et photographies publiées constituent un témoignage irremplaçable sur cette époque tragique. De nombreuses familles alsaciennes et mosellanes ont confié ces documents provenant de leurs grand-père, père, époux, frère ou oncle, afin de conserver la mémoire de ces Malgré-Nous.
Un collectif d’historiens a apporté son expertise dans le choix des lettres éditées et surtout dans la mise en perspective historique de ces récits parfois dramatiques mais toujours émouvants. Elle aide à mieux comprendre le drame intérieur vécu par les incorporés de force, le mutisme dans lequel la plupart se sont enfermés sur ce sujet durant les années qui ont suivi leur retour, face à l’incompréhension dont ils se sentaient l’objet.
L’ouvrage évoque enfin le fonctionnement de la Feldpost, la poste militaire allemande, outil au moins aussi indispensable au moral des troupes que l’alimentation.
En ce 70ème anniversaire du décret d’août 1942 qui officialisait l’incorporation de force des Alsaciens-Mosellans, ce livre est un hommage à tous ces jeunes hommes et femmes qui ont dû subir la dure loi de l’incorporation de force parfois au prix de leur vie et dans la peine de ceux qui les chérissaient. Il constitue une stèle pour ceux qui ne sont pas revenus et permettra aux générations à venir de ne pas oublier.

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http://histoirepatrimoinebleurvillois.hautetfort.com/tag/alsace 

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Les « Malgré-nous »

Le terme de « Malgré-nous » désigne les Alsaciens, les Lorrains et les Luxembourgeois qui furent enrôlés de force dans la Wehrmacht, à partir de 1942 et qu’on envoya surtout sur le front russe (environ 160 000 hommes). Si les engagements volontaires dans la Wehrmacht et la Waffen SS furent rares, le service militaire obligatoire intervint dès août 1942 à la demande du général Keitel. La plupart furent affectés dans la Wehrmacht et partirent sur le front russe tandis que 2 000 hommes furent incorporés dans la Waffen SS. Certains refusèrent la conscription et prirent la fuite. Les représailles contre leurs familles furent terribles. Le sort de ceux qui, à partir de la bataille de Koursk en Juillet 1943 tombèrent entre les mains des Soviétiques a longtemps été une interrogation. Dans les camps, les Russes les dépouillèrent de tout, vêtements chauds et objets personnels. Souvent les Russes les abattirent sur place.
On ne saura jamais le nombre exact de morts en captivité dans les camps soviétiques. En juillet 1944, les autorités de la France libre parvinrent à faire libérer 1 500 « Malgré-nous » du camp de Tambow-Rada (camp au sud-est de Moscou). Ces rescapés purent ainsi participer aux combats de la Libération. Pour un grand nombre de survivants, la tragédie ne se termina qu’avec l’écroulement de l’Allemagne. Hélas, à un enfer succéda un autre enfer, moral celui-là. Ainsi, dès leur retour en France, ils furent parfois suspects aux yeux de certains de leurs compatriotes et subirent également la vindicte du Parti communiste car ils dénonçèrent les souffrances endurées dans les camps soviétiques. Le tribut payé par ces hommes fut très lourd : 40 000 hommes furent tués (principalement en U.R.S.S)., 10 500 hommes furent portés disparus et 32 000 hommes furent blessés. Des chiffres auxquels il faut ajouter une mortalité élevée, suite au retour des camps russes, bien après 1945.

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Les Malgré-Nous : Nous avions 18 ans… ou un peu plus

Nous avions 18 ans, ou un peu plus,
Nous aimions la vie, le bruit, et même un peu plus,
Nous aimions notre maison, notre village, et même un peu plus,
Nous aimions nos campagnes, nos rivières de plus en plus.

Nous aimions nos pères, nos mères et beaucoup plus,
Nos copains, nos voisins, le facteur, de plus en plus,
Nos oncles, nos tantes, nos cousines, et même un peu plus,
Le Maire, le Curé, le Maître d’école, de plus en plus.

Nous aimions la nature, les fleurs, les abeilles,
Nos printemps, nos étés, nos hivers, et beaucoup plus,
L’odeur des lilas, le givre sur les toits,
Les veillées en famille, les Noëls embaumés, et même un peu plus.

Nous aimions cette force naissante en nous de plus en plus,
Nous aimions les filles, leurs sourires et beaucoup plus,
Et avec elles, les bals, les tangos ou un peu plus,
Nous leur jurions amour, fidélité, et beaucoup plus.

Mais ils nous ont cassé nos rêves, nos espoirs et beaucoup plus,
Ils étaient fous de gloire, de puissance, de rage, et plus,
Ils voulaient maîtriser, dominer, sinon plus,
Etre maître du Monde, de l’Univers, peut-être plus.

Ils nous ont pris nos joies, nos espérances, et beaucoup plus,
Ils nous ont volé tout ce qui nous était cher,
Plus de famille, ni de printemps, ni de jolies filles,
Il fallait marcher, tirer, mourir, plutôt crever, sans plus.

Pourtant certains sont revenus, un à un, ou parfois plus,
Ils avaient alors 20 ans, ou quelques années de plus,
Ils avaient perdu le sourire, la joie, et beaucoup plus,
Il leur manquait des bras, des jambes et souvent plus.

Et les autres, les milliers d’autres, qui ne reviendront plus,
Leur voyage était sans retour, leur destination le terminus,
Malgré que Pères, Mères, Fiancées prièrent de plus en plus,
Ils resteront là-bas, à Stalingrad, Tambow, au fin fond de cette vaste steppe russe.

Et pourtant il faut qu’on se souvienne d’eux beaucoup plus,
Que leur sacrifice nous serve de leçon et de beaucoup plus,
Que nos jeunes cultivent la mémoire de ces héros, et que nous tous, prions pour eux un peu plus,

Enfin que les règnants de ce monde sachent tirer la leçon de leur sacrifice,
Mais que cela ne devienne pas une histoire, comme tant d’autres, sans plus,
Et que, je vous en conjure Messieurs les Maîtres, que cela ne se produise JAMAIS, JAMAIS PLUS,
Car nous n’avions que 18 ans, ou un peu plus.

Poème d’André BECHTEL
Malgré-Nous
Président de l’A.D.E.I.F (Association Evadés Incorporés de Force)
section Soultz

VIDEO : Les malgré nous 
27 novembre Annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne nazie 

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L’attitude du gouvernement de Vichy face à l’annexion de fait de l’Alsace-Lorraine

Classé sous — milguerres @ 21 h 51 min

 

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

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 27 novembre Annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne nazie 

 

L’attitude du gouvernement de Vichy face à l’annexion de fait de l’Alsace-Lorraine  924010ALSACE

27 novembre 1940

Note introductive (Léon Strauss)

 

source : http://alsace.revues.org/1547

La publication en 1973 de la thèse d’un jeune historien allemand, né en 1939, Lothar Kettenacker1, soutenue dès 1968 à Francfort, a marqué une étape essentielle dans l’historiographie de l’Alsace germanisée et nazifiée de 1940 à 1944-1945. C’est par la volonté du regretté Jean-Paul Baechler, alors directeur de la revue Saisons d’Alsace, que le public français dispose, depuis 1978, d’une traduction, légèrement abrégée, de cet ouvrage fondateur, qui reste indispensable aujourd’hui2. Dans l’avant-propos de l’édition allemande, l’auteur déclarait qu’il n’avait pas voulu écrire une histoire complète de l’Alsace annexée ; sa problématique se concentrait sur l’analyse des méthodes de domination employées par les Nazis à l’égard des Alsaciens, « une population, certes d’origine allemande, mais qui, dans sa grande majorité, n’avait pas de conscience nationale allemande ». Dans cette perspective, il avait renoncé à l’édition de la dernière partie de son travail, qui portait sur « les réactions » et comprenait trois chapitres : I : L’attitude du gouvernement de Vichy face à l’annexion de fait ; II : L’opinion de la population alsacienne face à la puissance occupante ; III : Le 20 juillet 1944 en Alsace. On regrettera que les deux derniers chapitres, en particulier le deuxième, n’aient jamais été mis à la disposition du public. Quant au premier, il avait figuré, dès 1971, dans un recueil édité en Allemagne, très paradoxalement, par une association de nostalgiques de l’Alsace allemande3. C’est une traduction de ce texte que la Revue d’Alsacepeut mettre à la disposition de ses lecteurs, avec l’aimable autorisation du professeur Kettenacker (longtemps directeur adjoint de l’Institut historique allemand de Londres). Nous le remercions très chaleureusement…

 

http://i14.servimg.com/u/f14/17/85/94/04/th/fleche26.gifLa suite dans :

 fichier pdf alsace-1547-132-l-attitude-du-gouvernement-de-vichy-face-a-l-annexion-de-fait-de-l-alsace-lorraine-durant-la-seconde-guerre-mondiale

27 novembre Annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne nazie 

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Annexion de la Moselle (1940)

Classé sous — milguerres @ 21 h 37 min

L’attitude du gouvernement de Vichy face à l’annexion de fait de l’Alsace-Lorraine 

 27 novembre Annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne nazie

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 Annexion de la Moselle (1940)

La seconde annexion de la Moselle par l’Allemagne eut lieu le 25 juillet 1940, avec le rétablissement des frontières de 1871.

Contexte historique

La première annexion de la Moselle est entérinée par le traité de Francfort, le 10 mai 1871. La première annexion s’inscrit dans le processus de formation du second empire allemand. La plus grande partie de l’ancien département de la Moselle de 1792 est annexée pour former avec l’Alsace le Reichsland Elsaß-Lothringen, ou « Elsaß-Lothringen ». La Moselle restera allemande pendant quarante-huit années, avant d’être reconquise par la France. En 1940, elle sera de nouveau annexée, cette fois de facto, et séparée du reste de la Lorraine. La Moselle, ou CdZ-Gebiet Lothringen, est alors intégrée au Gau Westmark.
La seconde annexion de la Moselle se traduisit par quatre années de souffrances pour les Mosellans, expulsés, transplantés ou opprimés, et par la disparition de milliers de jeunes « malgré-nous » sur le front de l’Est, et de civils sous les bombes des belligérants.

Chronologie
Année 1939

Dès la déclaration de guerre le 3 septembre 1939, près de 30 % du territoire de la Moselle se trouve entre la Ligne Maginot et la frontière allemande2. 302 732 personnes, soit 45 % de la population du département, sont évacuées pendant le mois de septembre 1939 vers des départements du Centre et de l’Ouest de la France, essentiellement la Charente, laCharente inférieure, la Vienne, la Haute-Vienne et enfin la Haute-Loire qui accueillent les mineurs3. L’ordre d’évacuation pour les villages frontaliers comme Oberdorff est donné dès le 1er septembre4. Parmi les quelque 300 000 évacués, 200 000 reviendront après la défaite5.
Année 1940
De la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne le 3 septembre 1939, à juin 1940, la « drôle de guerre » donne l’illusion à la France qu’elle tiendra ses positions grâce à la ligne Maginot et à la vaillance de ses troupes, et qu’elle obtiendra la victoire, comme en 1918.
Le 14 juin 1940, Metz est déclarée « ville ouverte ». Le 17 juin 1940, l’entrée des troupes allemandes dans cette ville marque le début d’une répression brutale, dont les Messins et les Mosellans ne se relèveront qu’en 1945. Le lendemain, le représentant de l’État à Metz, le préfet de la Moselle, est arrêté, signe de la défaite de la France. Quatre jours plus tard, la signature à Rethondes d’un traité d’armistice, entre la France et l’Allemagne, ôte les derniers espoirs aux Mosellans.
Pourtant un mouvement de résistance, l’« Espoir français », se forme en juillet 1940, pour conjurer le mauvais sort et préparer le retour des troupes françaises. Il sera actif plusieurs mois. Dans le même temps les premières expulsions ont lieu dans la plupart des villes de Moselle. L’ancienne frontière de 1871 est rétablie le 25 juillet, marquant de facto l’annexion du département de la Moselle au Reich allemand. Le jour même, la Gestapo s’installe à Metz6.
Le Gauleiter Josef Bürckel prend ses fonctions le 7 août 1940 à Sarrebruck, en tant que nouveau chef de l’administration civile allemande en Moselle. Le « CdZ-Gebiet Lothringen » remplace officiellement le département de la Moselle. Le 8 août 1940, le préfet Bourrat est expulsé de ce nouveau « territoire allemand ». Les Messins résistent en silence et organisent une manifestation patriotique, place Saint-Jacques à Metz : la statue de Notre-Dame est fleurie aux couleurs tricolores. Les autorités allemandes réagissent immédiatement et expulsent le lendemain l’évêque de Metz, Mgr Heintz. Des milliers de Messins, fonctionnaires, patriotes, ou anciens militaires, sont à leur tour expulsés.
Pour conjurer la résistance passive des Messins, le Gauleiter Bürkel organise en grandes pompes son entrée officielle à Metz, le 21 septembre 1940. Il se fait remettre les clés de la cité par Roger Foret, le dernier maire allemand de la ville en 19187. Résidant principalement à Neustadt dans le Palatinat, il ne reviendra que rarement à Metz. Informé des contrariétés de Bürkel au sujet des Lorrains mosellans, Hitler donne des ordres pour que la Moselle soit « germanisée en 10 ans ». Une ordonnance porte donc le 28 septembre 1940 sur la germanisation obligatoire du nom des habitants mosellans.
Les Mosellans étant toujours réticents face à l’occupant, 60 000 Mosellans francophiles ou francophones, jugés « indésirables », sont expulsés vers la France, du 11 au 21 novembre 1940. Le 30 novembre, la Moselle est réunie à la Sarre et au Palatinat pour former une nouvelle province allemande, le Gau Westmark. Conscient du ressentiment des Mosellans, le Führer Adolf Hitler ne fera pas de long discours à la population civile, lors de sa venue à Metz, le jour de Noël, 25 décembre 19408. Hitler se contentera de rendre visite à la 1ère division SS, stationnée dans le secteur de Metz depuis août 1940, passant la nuit du 25 au 26 décembre à l’Hôtel des minesnote 1de l’avenue Foch, en compagnie de Sepp Dietrich et des cadres de cette unité8. Le lendemain 26 décembre 1940, après avoir passé en revue ses troupes d’élite, Hitler leur fit un discours9, et se rendit dans l’après-midi à Sarrebourg, puis à Lutzelbourg, où il fut reçu vers 17 h à l’hôtel des Vosges, pour fêter Noël avec les hommes du 125e régiment d’infanterie8. Hitler repassera à Metz, cette fois secrètement, dans la nuit du 16 au 17 juin 1944, pour se rendre auWolfsschlucht II de Margival.
Année 1941
Le 25 janvier 1941, un appel veut inciter les Mosellans à entrer dans l’organisation des Hitlerjugend. La germanisation des esprits se poursuit lentement, mais sûrementnote 2. LesBund Deutscher Mädel ( BDM ) recrutent activement dans les écoles mosellanes. Le ministre de l’Éducation et de la Propagande du Reich, Joseph Goebbels, se déplace en personne à Metz en 1941, pour visiter les locaux du Metzer Zeitungnote 3, un journal de propagande incitant les Mosellans à adhérer aux organisations nazies10. Pour échapper à cette pression quotidienne, 6 700 optants émigrent vers la France, entre le 6 avril et le 3 mai 1941.
La répression policière se fait plus brutale, et les premières condamnations prononcées par le tribunal spécial de Metz tombent le 20 avril de la même année. Le 23 avril 1941, le décret d’incorporation des Mosellans, garçons et filles de 17 à 25 ans, dans le Reichsarbeitsdienst ( RAD ) est publié en Moselle.
Le 18 juin 1941, un an après l’appel du général de Gaulle, des membres du mouvement « l’Espoir français » sont arrêtés. Un mois plus tard, le groupe « Mario » se forme autour du résistant communiste Jean Burger. Le 28 juillet, 101 prêtres sont expulsés vers la France.
Année 1942
Le Grand Séminaire de Metz, devenu inutile, devient une prison pour la Gestapo. Le groupe gaulliste Dehran se crée le 30 janvier 1941, peu de temps avant le démembrement de la filière d’exfiltration de sœur Hélène Studler. Pour faire face aux pertes allemandes de plus en plus nombreuses, le « Kriegshilfsdienst » ( KHD ) enrôle de force des auxiliaires féminines en Moselle, à partir du 16 juillet 1942 : les « Malgré-elles ». La police allemande arrête les membres d’un réseau d’évasion à Rombas, le 30 juillet 1942.
Alors que la Hitlerjugend devient obligatoire pour les jeunes mosellans le 4 août 1942, une ordonnance instituant le service obligatoire dans la Wehrmacht pour les Mosellans est promulguée le 19 août 1942. Dix jours plus tard, une seconde ordonnance, portant sur l’octroi de la nationalité allemande à l’ensemble des Mosellans, rend applicable l’incorporation des jeunes gens dans l’armée allemande, les futurs « Malgré-nous »note 4. Les classes 1920-1924 sont immédiatement appelées sous les drapeauxnote 5. Tous les habitants de l’Alsace-Moselle annexée au IIIe Reich savaient comment Hitler, et les nazis, avaient anéanti en Allemagne toute opposition au régime. Refuser la germanisation et la nazification était donc suicidaire. Pourtant, certains choisissent de s’engager dans la résistance.
Le procès des membres de « l’Espoir français » se tient le 30 septembre 1942. Les premières condamnations de Mosellans tombent dès le 2 octobre, pour faire sentir aux civils le pouvoir coercitif de l’Allemagne nazie. Le 18 octobre de la même année, l’incorporation dans l’armée allemande des premiers Mosellans, des classes 1922, 1923 et 1924, marque pour certains le début d’un cauchemar sans nom, qui se terminera au mieux, dans les camps d’internement soviétiques, comme celui de Tambov.
En novembre 1942, l’arrestation des membres des réseaux d’évasion de Forbach et de Lorquin rappelle aux Mosellans l’emprise impitoyable de la Gestapo sur la population civile.
Année 1943
Poursuivant la politique de germanisation, plus de 10 000 patriotes ou résistants à l’annexion sont expulsés de leurs foyers et transportés, par la Gestapo, en Silésie, en Pologne, ou dans les Sudètes, entre le 12 et le 28 janvier 1943. Ces familles d’agriculteurs, de travailleurs ruraux ou de mineurs, sont ainsi contraintes d’enrichir le Reich, sans espoir de retour.
Pourtant, les Mosellans continuent de se rebeller et le train qui conduit les recrues du RAD, de Sarrebourg à Sarreguemines, est mis à sac, le 18 février 1943. Le 12 mai 1943, l’arrestation des passeurs du réseau de Rehtal11 allonge la liste des condamnations. Preuve de la révolte contre l’occupant nazi, 1 250 incorporables mosellans, ayant déjà servi dans l’armée française, se rebellent à Sarreguemines le 25 juin 1943.
Le 20 septembre 1943, le chef du réseau Mario, Jean Burger, est arrêté. Pour faire face à l’insoumission, ou aux désertions des Mosellans, une ordonnance consacre la responsabilité collective du « clan », en cas de défaillance d’un appelé, le 1er octobre 1943. L’insoumis expose donc maintenant sa famille à des représailles implacables. La répression se faisant plus brutale encore, le fort de Queuleu devient un camp d’internement en octobre 1943 et le camp de Woippy ouvre le mois suivant, en novembre 1943. Le 15 décembre de la même année, les membres du groupe Derhannote 6 sont à leur tour arrêtés.
Année 1944
Le 3 juin 1944, l’armée allemande mène une expédition punitive contre le maquis de réfractaires de Longeville-lès-Saint-Avold. L’étau se resserre inexorablement sur la population mosellane. Au cours du mois de juin, des représailles sont décidées aussi à Porcelette, à Honskirchet à Vittersbourg, à l’encontre des insoumis mosellans. À l’été 1944, la roue du destin tourne en faveur des Alliés et des Mosellans. Les résistants Alfred Krieger et son adjoint Scharff en profitent pour structurer les FFI dans la région. Le 17 août 1944, le fort de Queuleu est évacué dans la hâte. En septembre 44, la brigade Alsace-Lorraine est créée. Elle permet aux Mosellans de se battre pour leur pays. Alors que labataille de Metz commence, le camp de Woippy est abandonné, le 1er septembre 44. Le 20 septembre, le Gauleiter Bürckel déclare la partie sud-ouest du CdZ-Gebiet Lothringen « zone des armées ». Il est par conséquent interdit de franchir une ligne allant d’Apach au Donon, et passant par Sierck, Courcelles, Faulquemont, et Sarrebourg12. Le Gauleiter Bürckel se suicidera peu après, le 28 septembre 1944. Après trois mois de combats, la bataille de Metz prend fin. La ville est enfin libérée le 22 novembre 1944, après quatre ans d’annexion. Les combats se poursuivent maintenant à l’Est du département, sur la Sarre.
Le bilan matériel de l’année 1944 est très lourd. À partir du printemps 1944, les bombardiers américains se sont succédé par vagues au-dessus de la Moselle, faisant d’énormes dégâts collatéraux. Si les populations civiles furent durement touchées, les dégâts matériels furent plus grands encorenote 7. Les dévastations sont généralisées dans la vallée de la Seille, entre Dieuze et Metz, et au nord d’une ligne Forbach-Bitche. 23 % des communes de la Moselle furent détruites à plus de 50 %, et 8 % des communes le furent à plus de 75 %13. Dans la seule journée du 9 novembre 1944, pas moins de 1 299 bombardiers lourds B-17 et B-24 déversèrent 3 753 tonnes de bombes, de 1 000 à 2 000 livres, sur les ouvrages fortifiés de la Moselstellung et les points stratégiques situés dans la zone de combat de la IIIe armée14. Ce funeste ballet aérien ne prendra fin, au-dessus de la Moselle, qu’en mars 1945, lorsque le département sera entièrement libéré. L’épuration politique s’organise en Moselle. Fin décembre 1944, 150 Allemands sont arrêtés dans le département et conduits au fort de Queuleu15.
Année 1945
Dans la première quinzaine de janvier 1945, 700 autres allemands sont arrêtés en Moselle et envoyés au fort de Queuleu, qui sera utilisé jusqu’en mars 1946, pour l’internement des Allemands et des suspects jugés « dangereux », soit plus de 8 000 personnes en Moselle15. Alors que l’Opération Nordwind de l’armée allemande déstabilise les troupes américaines, et inquiète les populations civiles en Moselle, la France annule les mesures prises par le Reich en Moselle, le 12 janvier 1945. Le département ne sera entièrement libéré que le 21 mars 1945, après de durs combats, qui éprouveront autant les soldats que les populations civiles. L’armée allemande capitule à Reims le 7 mai 1945. Les dirigeants nazis sont arrêtés un peu partout en Europe. Le tribunal international de Nuremberg ouvre un procès qui durera de novembre 1945 à octobre 1946 : il reconnaît l’incorporation de force des Malgré-nous comme un crime de guerre, refermant la page de cet épisode tragique de l’histoire de la Moselle.

Épilogue
Lors de l’épuration en Moselle, la France prit en compte le statut particulier du département pendant la guerre. 4 178 jugements furent prononcés par la Cour de Justice de la Mosellenote 8. Sur ce nombre, il y eut 859 acquittements et 3 243 condamnations, dont 28 à la peine capitale, 288 aux travaux forcés, 952 à des peines de prison16. Sept exécutions sommairesnote 9seulement, ont été à déplorer sur l’ensemble du département. Au sortir de la guerre, le bilan humain est très lourd en Moselle. Aux soldats mosellans morts pour la France entre 1939 et 1945, ou pour l’Allemagne entre 1942 et 1945, il faut ajouter des milliers de civils qui périrent dans les camps d’exterminationnote 10, ou sous les bombes des Alliés. La population mosellane passa de 696 246 habitants en 1936, à 622 145 habitants au recensement de 194613, soit une perte de plus de 11 % de la populationnote 11. Pour réparer les dégâts provoqués par l’annexion et combler le déficit de main-d’œuvre en Moselle, pas moins de 26 000 prisonniers de guerre allemands participent dès 1945 à l’effort de reconstruction en Moselle17. Appréciant la force de travail de cette main d’œuvre disciplinée, notamment dans les mines17, les élus locaux obtiennent, en juillet 1947, la possibilité d’accorder un statut de « travailleurs libres » aux prisonniers de guerre allemands18, malgré les fortes réticences de Paris, qui craignait un nouvel apport de population germanique dans les anciens territoires annexés18. Un an plus tard, le gouvernement Schuman étendit cette mesure libérale aux anciens nazis, cadres du NSDAP ou Waffen-SS18. Une page douloureuse de l’histoire mosellane se tournait définitivement, pour laisser place à des relations franco-allemandes apaisées, placées sous les auspices de l’Europenote 12.

Notes
1. ↑ L’ »Hôtel Royal » servira de PC à l’armée américaine le 22 novembre 1944. in Anthony Kemp: Lorraine – Album mémorial – Journal pictorial : 31 août 1944 – 15 mars 1945, Heimdal, 1994, (pp.340-341).
2. ↑ L’apprentissage de l’Allemand à l’école se fait notamment par des comptines allemandes, comme « Hänschen klein » pour les plus jeunes, ou l’apprentissage de l’histoire mouvementée des Germains pour les plus âgés.
3. ↑ Le « Metzer Zeitung » reprend insidieusement le titre d’un journal de Metz fondé en octobre 1871 par les frères Lang, et qui avait cessé ses éditions le 15 novembre 1918. ( François Roth: Le Temps des journaux 1860-1940, Presses universitaires de Nancy, Bar-le-Duc, 1983, p.80 ).
4. ↑ L’incorporation dans les troupes allemandes de plus de 380 000 Alsaciens-Lorrains en 1914, et leur conduite exemplaire pendant la Première guerre mondiale, servit de prétexte à la propagande nazie, qui voulait exploiter la fibre patriotique des anciens combattants. Le résultat fut pour le moins mitigé, et la plupart des officiers mosellans de la Grande Guerre refusèrent de prendre la carte du NSDAP et les privilèges qu’elle conférait.
5. ↑ À partir du 16 février 1943, l’appel sous les drapeaux est étendu aux classes 1914-1924 et progressivement aux classes 1925, 1926 et 1927.
6. ↑ Joseph Derhan, ouvrier à Hagondange avait formé dès 1942 un « groupe gaulliste ».
7. ↑ En 1951, on recensa 44 600 bâtiments totalement détruits et 141 009 partiellement atteints.
8. ↑ Une section fut ouverte à Metz du 18 juin 1945 au 19 décembre 1947, et une autre à Sarreguemines, du 18 juillet 1945 au 17 janvier 1947.
9. ↑ Cinq exécutions ont eu lieu entre le 11 septembre et le 5 octobre 1944 et deux en 1945, après la libération du département.
10. ↑ La seule communauté juive de Metz a perdu plus de 1 600 âmes dans les camps de concentration.
11. ↑ Les cantons de Bitche et de Volmunster ont le plus souffert avec une diminution de plus de 40 % de la population. (Le Républicain Lorrain)
12. ↑ Le plan Schuman entraîna la création de la CECA qui est à l’origine de l’actuelle Union européenne. (Dossiers d’Hérodote : 9 mai 1950 [archive]

source wikipedia

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22 février 2013

Massilia : départ « Vichy » arrivée Casablanca

Classé sous — milguerres @ 23 h 28 min

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Massilia : départ « gouvernement de Vichy » arrivée Casablanca 

Massilia : départ

Le Massilia aquebot de ligne de la Compagnie de navigation Sud-Atlantique, lancé en 1914  est célèbre pour avoir été réquisitionné en pleine débâcle en 1940 pour permettre à des membres du gouvernement et 27 parlementaires de quitter la France pour se réfugier en Afrique du Nord.

Il est ensuite transformé en transport de troupes, et finit coulé en 1944 par l’armée allemande pour bloquer le port de Marseille.

En 1940, le Massilia est réquisitionné par le gouvernement Paul Reynaud replié en juin 1940 à Bordeaux en raison de la déroute de l’Armée française, afin de permettre à des hommes politiques (dont 27 parlementaires) de quitter la France avec l’intention de constituer un nouveau gouvernement en exil qui abandonnerait à l’Allemagne les territoires de métropole afin de mieux reprendre l’offensive militaire à partir des départements d’Afrique du Nord.

Le départ a été organisé par Édouard Barthe, questeur de la Chambre.

Parmi les passagers les plus connus :

  • Édouard Daladier, ancien ministre de la Guerre et ancien Président du Conseil ;
  • Georges Mandel, ancien ministre de l’Intérieur ;
  • Pierre Mendès France, ancien sous-secrétaire d’État au Trésor, lieutenant d’aviation ;
  • Jean Zay, ancien ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, sous-lieutenant.

Plusieurs députés font défection au moment du départ, comme Édouard Herriot, Louis Marin ou Gratien Candace.

Embarqués du port du Verdon en aval de Bordeaux, le Massilia appareille le 21 juin 19402,3, soit quatre jours après la formation du gouvernement Pétain et la veille de la signature de l’armistice. Il arrive à Casablanca le 24 juin4.

À leur arrivée, une foule hostile les attend sur les quais et les passagers sont consignés pour les protéger dans un grand hôtel de Casablanca par le Résident général Noguès, mais pour Raymond Forni c’est suite à un contre-ordre de l’amiral Darlan5. Ceux qui étaient considérés comme mobilisés en tant qu’officiers, Pierre Mendès France, Pierre Viénot, Alex Wiltzer et Jean Zay, sont arrêtés le 31 août 1940 à Casablanca, rapatriés en métropole et traduits devant le Tribunal militaire de Clermont-Ferrand pour « désertion devant l’ennemi » et trois d’entre eux condamnés le 4 octobre 1940 à des peines de prison et à dix ans de privation de droits civils. D’autres, comme Édouard Daladier et Georges Mandel, sont accusés d’être responsables de la défaite et jugés avec d’autres officiers comme le général Maurice Gamelin au cours du Procès de Riom. Ces décisions ont été annulées en 1946.

Le 18 juillet 1940, les vingt-deux autres parlementaires étaient autorisés à regagner la France, soit sept jours après le vote des pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain par l’Assemblée nationale (c’est-à-dire la réunion du Sénat et de la Chambre des députés). Les parlementaires embarqués étaient quasiment tous de gauche ou de centre-gauche, dont des personnalités de premier ordre, qui se sont trouvées de ce fait absentes des débats.

Le Massilia sert ensuite de transport de troupes entre le France et l’Afrique du Nord. En 1944, il est pris et coulé par les Allemands1.

 

Liste des passagers (établie par une dépêche de José-Felix de Léqueria, ambassadeur d’Espagne)
  • Jacqueline Bardin, sculptrice (1906-)
  • Paul Bastid (Cantal, radical-socialiste), et sa femme Suzanne Basdevant
  • Jean-Pierre Berger, officier de l’armée de l’air
  • Jean-Charles Bloch (1921-)
  • Béatrice Bretty (1893-1982), comédienne
  • Marcel Brout député (Seine, Union populaire française)
  • Julien Cain (1887-1974), administrateur de la Bibliothèque nationale
  • César Campinchi, député (Corse, radical-socialiste), ancien ministre de la Marine, et sa femme Hélène Landry, magistrate
  • Camille Catalan député (Gers, radical-socialiste)
  • Nine Choucroun, maîtresse de recherches au CNRS
  • Madame veuve Fernand Crémieux (1857-1928)
  • Suzanne Crémieux (Parti radical-socialiste,cabinet de Marc Rucart, ministre de la santé)
  • Marie-Lou de Crussol née Béziers (femme d’Emmanuel de Crussol d’Uzès (1902-1952)6
  • Édouard Daladier député (Vaucluse, radical-socialiste)
  • Gabriel Delattre député (Ardennes, radical-socialiste)
  • Yvon Delbos député (Dordogne, radical-socialiste)
  • Général Delphin, commandant militaire de la Chambre des députés
  • Roger Deleplanque, journaliste, directeur politique du journal Le Petit Bleu
  • Joseph Denais député (Seine, Fédération républicaine)
  • Marius Dubois député (Oran, SFIO)
  • Jean Dufay, astronome
  • André Dupont député (Eure, SFIO)
  • Léandre Dupré, médecin hygiéniste (1900-), député (Pas-de-Calais, SFIO)
  • Galandou Diouf (Sénégal, Gauche indépendante)
  • Adrien Faur, huissier de la chambre des députés (1892-)
  • Louis Gagniard, professeur à la faculté de Strasbourg
  • Bernard de La Groudière député (Manche, Fédération républicaine)
  • Salomon Grumbach député (Tarn, SFIO)
  • Jean-Marie Guastavino député (Alger, radical-socialiste)
  • Joseph Gutzeju, attaché parlementaire (1901-)
  • Nam Haguenauer, chargé de mission au ministère des Postes et Télécommunications (1894-)
  • Suzanne Horn, aviatrice (1911-)
  • Maurice Hubert, fonctionnaire (1909-)
  • Georges Huisman, directeur des Beaux-Arts
  • Jacques Ibert, directeur de la Villa Médicis, et sa femme Rosette Veber, sculptrice
  • Robert Lazurick député (Cher, SFIO)
  • Marie-Anne Lambert, cantatrice, fille du ministre Charles Lambert, sera connue plus tard sous le pseudonyme de Deva Dassy, était à cette époque maîtresse de Georges Mandel
  • André Le Troquer député (Seine, SFIO)
  • Georges Lévy-Alphandéry (Haute-Marne, radical-socialiste)
  • Philippe Lévy-Alphandéry (1936-), avec sa mère et sa grand-mère Céleste Valabrègue, fils du député
  • Guy Manant, industriel
  • Georges Mandel député (Gironde, Républicain indépendant)
  • Pierre Mendès-France député (Eure, radical-socialiste), sa femme Lily et leurs fils Bernard et Michel
  • Lydie Medsioe (1916-)
  • Lucien Meyer, huissier de la chambre des députés (1900-)
  • Camille Perfetti député (Haute-Marne, radical-socialiste), questeur.
  • Jean Perrin, professeur à la Sorbonne
  • Edgard Pisani, fiancé de Colette Le Troquer, fille d’André Le Troquer
  • Antoinette Sachs, artiste peintre (1897-)
  • Robert Servan-Schreiber (1880-1966), journaliste, avec sa femme Suzanne Crémieux (1895-1976) et leurs filles Marie-Claire et Marie-Geneviève.
  • Jammy Schmidt député (Oise, radical-socialiste)
  • Jean-Marie Thomas député (Saône-et-Loire, SFIO)
  • Andrée Viénot, épouse de Pierre Viénot
  • Gilles Viénot, étudiant, neveu de Pierre Viénot
  • Pierre Viénot député (Ardennes, SFIO)
  • Alex Wiltzer député (Moselle, Action populaire)
  • Jean Zay, député (Loiret, radical-socialiste)
  • Léon Zay, journaliste, directeur du quotidien Le Progrès du Loiret
  • Michel Tony-Révillon sénateur (Ain, radical-socialiste).
Notes:
1↑ a et b Massilia, paquebot de la Compagnie de navigation Sud-Atlantique [archive] sur Maîtres du Vent - MDV. Consulté le 25 juin 2011.
2↑ 70e anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 – 21 juin [archive] sur assembleenationale.fr, Assemblée nationale. Consulté le 17 février 2013.
3↑ Le départ du bateau a été retardé d'un jour en raison d'une grève de l'équipage qui refusait d'appareiller par hostilité envers les parlementaires. Quid, 2007.
4↑ En cours de traversée, certains députés ont envisagé de faire route vers l'Angleterre et le paquebot a dû attendre en mer des autorisations du consul de Grande-Bretagne.
5↑ Discours de Raymond Forni lors du colloque international à l'Assemblée nationale « Le 18 Juin, combats et commémorations », 22 juin 2000.
6↑ Base roglo.


sources 
wikipedia

http://www.frenchlines.com/chargeurs-reunis/image.php?source=navire&navire=Massilia

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 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

2 février 2013

Sous l’œil de l’occupant

Classé sous — milguerres @ 23 h 17 min

 

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 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Etude effectuée sur la propagande de clichés vus par et pour les Allemands,
revisés par l’auteur
Sous l’œil de l’occupant :
L’entrée des troupes allemandes 1940
http://www.armand-colin.com/upload/Sous_l’oeil_de_l’occupant_L’entree_des_troupes_1940_.pdf

AU CAFÉ DU COIN
Givet, 14 mai 1940

CE QUE LA PROPAGANDE VEUT MONTRER
En pleine bataille de France, quatre soldats de l’armée de terre allemande sont en embuscade dans
la rue jonchée de gravats d’une ville des Ardennes, Givet. Ils sont membres de la compagnie de propagande.
Un seul soldat, à droite, fait le guet, fusil pointé. C’est souvent le chauffeur de la compagnie qui remplit cette fonction. Les trois autres hommes sont en train de fi lmer l’action. L’homme accroupi au premier plan est le cameraman (Filmberichter).
Il porte une caméra sur son épaule droite. À sa gauche, l’assistant (Kameraassistant) tient le fi l et
la batterie de la caméra en bandoulière. L’homme debout au premier plan à gauche est le reporter en
chef (Filmtruppführer). L’auteur de la photographie, quant à lui, est posté derrière. Il observe la scène.
En arrière-plan se trouve le Café du Coin, dont il reste la façade et la devanture. Le choix de cette enseigne n’est sans doute pas anodin. Le café, d’abord, est un cliché de la représentation de la France. Un « Café du Coin » l’est encore davantage.
Il n’y a pas plus banal, pas plus français. En faire une coque vide de contenu, c’est annoncer la défaite de la France.
La propagande montre ainsi la destruction d’une ville française, en même temps que la présence de ses agents sur tous les fronts.
Dans cette « photo de la photo », le reportage de guerre, scène de genre, est autant un hommage à
la technique allemande qu’à celui du courage des hommes confrontés au danger de la guerre.

Sous l’œil de l’occupant sous_l10

CE QUE L’ON PEUT EN LIRE AUJOURD’HUI
Givet, où est prise la scène, est une petite ville caserne de la vallée de la Meuse, au nord de Charleville-Mézières, à la frontière de la Belgique.
La campagne de France a commencé quatre jours plus tôt. La ville, bombardée, a vu sa population civile évacuée trois jours auparavant, le 11 mai. Elle est le siège de violents combats.
L’occupation de la France est en train de se faire.
Ce document en « augmente » en quelque sorte la réalité. Les risques pris par la compagnie de propagande
sont tangibles au plus fort de la guerre.
Sur un effectif total de 15 000 membres des compagnies de propagande, dont 700 cameramen, le
taux de pertes humaines est de l’ordre du tiers. La photo précédente de ce reportage montre d’ailleurs l’un des intervenants blessé et l’appel aux premiers secours (Wo ist der Sanitäter ? : « Où est le brancardier
? »).
Ce document est aussi un hommage à la technique cinématographique. La caméra représentée est une Arrifl ex 35 mm, de la marque allemande Arri, créée en 1937, légère pour l’époque, d’une contenance de trois cassettes.

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L’œil allemand
La caméra Arrifl ex 35 mm, support de la propagande allemande

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C’est en 1932 que le chef du bureau d’études Erich Kästner commence la mise au point d’une caméra reflex à miroir. Le premier prototype pour film de 35 mm est présenté en 1937 à la foire de Leipzig sous le nom d’Arriflex 35. Cette caméra de poing, légère pour l’époque, sera largement utilisée pour le tournage des films d’actualité et de propagande durant la Seconde Guerre mondiale[réf. nécessaire].
C’est en 1952 qu’apparaît le premier modèle 16 mm, la marque restant cantonnée au marché professionnel haut de gamme. Les caméras Arriflex sont conçues pour des prises de vues en 16 mm, 35 mm et 65 mm, mais la marque s’est aussi tournée vers le numérique avec la Arri D20.
Après avoir continué à expérimenter le numérique grâce à l’Arri D21, Arri a annoncé en 2009 la sortie de sa gamme Alexa, avec trois caméras affichant 800 ISO, avec une ergonomie proche des caméras 35 mm et enregistrant en HD et Arriraw. La caméra a été présentée le 13 février 2010 au micro-salon de l’AFC.(source wikipedia)

MÊME LES RELIGIEUX FUIENT
Beaurainville, 23 mai 1940

CE QUE LA PROPAGANDE VEUT MONTRER
Par une belle matinée de printemps, moins de deux semaines après l’entrée des troupes allemandes en France, un groupe d’une vingtaine de religieux d’une congrégation présentée comme celle des « jésuites », marche sur une large route de campagne.
Ils sont vêtus d’une soutane noire non boutonnée avec un rabat blanc, du chapeau à larges
bords de leur ordre et ils sont chargés de bagages.
À droite de la route, la voiture de la compagnie de propagande, une traction, est arrêtée en sens inverse. À l’arrière du groupe, on aperçoit des maisons, une cheminée. Le groupe vient de quitter un bourg qui porte un nom très français, Beaurainville, dans le Pas-de-Calais, au nord-ouest de la France, à une vingtaine de kilomètres de la plage de Berck.
On peut noter l’aspect incongru d’un tel spectacle.
Il montre que l’exode est celui de tous les Français, y compris des religieux, présentés ici comme des
personnes peu courageuses puisqu’elles ont pris la fuite devant les troupes allemandes. Les religieux avancent vers on ne sait quoi, sans aucun moyen de transport.
La photo est un instantané. Le photographe s’est placé en avant de la congrégation, au niveau du sol, en grand angle.

CE QUE L’ON PEUT EN LIRE AUJOURD’HUI
Les religieux de la photo ne sont pas des jésuites, mais des Frères des Écoles chrétiennes, de la
congrégation des lassalliens. Ce sont des enseignants, comme leur nom l’indique.
Pourquoi la propagande mentionne-t-elle des jésuites ? Au-delà de la méconnaissance des différents ordres catholiques, la propagande nazie s’attache à présenter les premiers comme des intellectuels menteurs et dissimulateurs. La tenue des religieux renforce l’image de « l’intellectuel à lunettes ».
L’institution lassallienne la plus proche est située à une cinquantaine de kilomètres au nord
de Beaurainville, à Longuenesse, près de Saint- Omer, où le pensionnat Saint-Joseph est couplé
avec l’institution de la Malassise. Cette dernière est occupée par les Allemands qui y construisent des
blockhaus.
La rencontre fortuite d’une des équipes de la propagande avec les enseignants de cette congrégation
laisse deviner que ceux-ci marchent depuis deux jours environ, fuyant l’ennemi qui a envahi la
France par le Nord et occupé leur établissement.

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DES FRANÇAIS PILLENTDES FRANÇAIS
Saint-Omer, 24 mai 1940

CE QUE LA PROPAGANDE VEUT MONTRER
À Saint-Omer, ville du Pas-de-Calais, le photographe a saisi une scène de pillage à laquelle se
sont livrés des civils. La ville a été bombardée – par qui, rien ne le précise. Les vitres des immeubles
ont été soufflées, les devantures des magasins sont fracassées. Des habitants, à pied, à vélo ou tirant
des landaus, profi tent de la destruction de ces bâtiments pour piller des commerces, ouverts à tout
vent.
L’immeuble de gauche est éventré. Son volet de bois au rez-de-chaussée est entrouvert. Sans doute
le magasin a-t-il déjà été pillé car personne n’en sort. À droite, la grille métallique qui protégeait l’immeuble est ouverte. Sur la devanture, on peut lire « Soieries – lainages ». Les civils sont déjà sur place. Deux femmes à l’étage lancent des objets par les fenêtres aux cadres défoncés. Une autre en contrebas tend les bras pour recevoir l’un des
objets. La rue est vide. Seules quelques personnes attendent devant le magasin. D’autres s’en vont déjà, poussant leur bicyclette.
La scène est paisible. Elle a même un côté « à la bonne franquette ». Personne n’est là pour protéger
le bâtiment ni pour réprimer le vol.
À gauche du document, une très jeune fille, tenant sa prise à la main, court vers un homme dont la valise, fermée par une fi celle, déborde. On peut lire sur un sac la mention « Au Palais du Vêtement », autre grand magasin d’habillement de Saint-Omer.

CE QUE L’ON PEUT EN LIRE AUJOURD’HUI
La ville a été bombardée par l’aviation allemande dans la nuit du 24 mai. Le reporter met ici l’accent
non sur la cause, mais sur les effets indirects du bombardement : profi tant du désordre, les Français
volent en toute impunité leurs compatriotes.

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Le pillage était sévèrement puni dans l’armée allemande, qui apposait des affi ches dès 1940 :
Wer plündert, wird erschossen ! (« Celui qui pille sera fusillé ! »). Est-ce un appel indirect au rétablissement
de l’ordre ? Les propriétaires du magasin de confection ici présenté ne sont, en tout cas, plus là
pour défendre leur bien.
Comment ne pas penser à la « nuit de Cristal », des 9 et 10 novembre 1938, où des milliers de
magasins exploités par des Juifs furent saccagés par les SA et les SS et présentés comme une réaction
spontanée de la population ?
Comment ne pas penser aussi au pillage lié aux conventions d’armistice ? Si le commerce avec l’ennemi
était officiellement interdit, il a été contourné.
La France a été bel et bien pillée, mais de manière
« légale » : indemnités de réparation de guerre, bureaux Otto, spoliation des Juifs, commerce du marché noir. Cette scène est l’arbre qui masque la forêt.

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L’œil allemand
La propagande met l’accent sur les pillages de biens français par des Français

UNE EXPULSION DANS LA JOIE
Alsace-Moselle, été 1940

CE QUE LA PROPAGANDE VEUT MONTRER
L’annexion de facto des territoires alsaciens et mosellans s’accompagne de diverses mesures visant à germaniser les personnes et le pays, telle la pratique exclusive de la langue allemande. Certains habitants sont, pour divers motifs, jugés indignes de rester et expulsés vers la « France de l’intérieur », comme on disait en Alsace et en Moselle.
L’occupant a mis rapidement en place la Deutsche Volksgemeinschaft ou « Communauté du peuple
allemand ». C’est une formation destinée à faire des Mosellans en général, et des Thionvillois en particulier des Allemands nationaux-socialistes avant d’accéder à la nationalité allemande.

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Si un Alsacien ou un Mosellan ne veut pas devenir membre de la DVG, il est expulsé.
Qui est l’homme aux mains levées ? S’agit-il d’un francophone sur le point d’être expulsé ? L’homme a-t-il refusé d’enlever son calot devant l’occupant ?
Il a l’air malmené et mal en point. Il avance sans veste et tête nue, pieds nus, avec un bandage au
pied droit. Sans doute boite-t-il.
Même si l’on note la présence d’un militaire allemand à l’arrière-plan à droite, l’homme aux mains
levées est entouré de civils souriants, principalement d’adolescents et d’enfants, dont un à droite en tenue des Jeunesses hitlériennes.
L’ambiance est festive, la ville est pavoisée. À l’arrière-plan, on note quatre drapeaux nazis. La
ville garde cependant des traces de sa récente appartenance française, dont on peut lire les enseignes
encore en français.
Tout est présenté comme si les civils traitaient leurs affaires entre eux. Personne ne semble armé.

CE QUE L’ON PEUT EN LIRE AUJOURD’HUI

À première vue, cette scène pourrait évoquer une scène d’épuration. Il n’en est rien. On est en 1940
et non en 1944. La tenue du soldat allemand à l’arrière-plan, les mains sur les hanches, la forme
du petit drapeau avec svastika tenu par l’enfant, enfin le camion haut-parleur de la Compagnie de
propagande, tous visibles à droite de la photo, le démontrent.
Comment ne pas penser en voyant cette scène à la « chasse aux Juifs » courante dans l’Allemagne
nazie ? Cette expulsion, violente, humiliante, peutêtre dangereuse, est présentée de manière ludique
et festive, par un procédé d’inversion commun à la propagande.
L’homme, désormais un va-nu-pieds, est « accompagné à la frontière », hors de la « zone réservée », comme on appellera par la suite l’Alsace-Moselle.
Dans la réalité, les expulsés avaient droit à un maigre pécule et un bagage. Cette photo de propagande ne lui laisse pas grande chance.

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Sous l’œil allemand
Le camion haut-parleur de la compagnie de propagande orchestre la scène d’expulsion

HONNEUR À L’ENNEMI
Lille, 1er juin 1940

CE QUE LA PROPAGANDE VEUT MONTRER

Le 25 mai 1940, en pleine bataille de France, une partie des troupes françaises s’est retrouvée bloquée
dans la région de Lille. Après plusieurs jours de violents combats, la division dirigée par le général
Molinié s’est rendue « avec les honneurs ».
Le général du 27e corps d’armée Alfred Wäger salue les troupes françaises qui défi lent sur la
Grand’ Place de Lille. Il est sur le trottoir du Grand Hôtel Bellevue, un des lieux célèbres de Lille (on
lit « English spoken » sur la porte). Les soldats ne défi lent donc pas comme des prisonniers. Ils ont combattu et, en dépit de leur reddition, ils ont été autorisés par le général Wäger à marcher la baïonnette au canon de leur fusil Lebel et munis de leur barda réglementaire, composé entre autres d’une couverture sur l’épaule. Ils sont vêtus comme à
la parade, comme s’ils partaient encore au front, dans les règles de l’art. Leurs visages expriment la
fatigue.
Le soldat de droite n’a pas le fusil à l’épaule, car il commande la marche.

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CE QUE L’ON PEUT EN LIRE AUJOURD’HUI
Critiqué plus tard pour son sens de la chevalerie jugé suranné, celui qui rend honneur à l’ennemi, le général d’infanterie Alfred Wäger (1883-1956), sera, dans les mois qui suivent cette prise de vue, écarté de toute responsabilité. Il quittera l’armée en 1942.
La propagande n’a toutefois pas censuré ce document, au contraire largement diffusé, et dont le message s’attache à présenter l’occupant comme une entité « correcte », voire au comportement chevaleresque.
La Grand’Place de Lille s’appelle aujourd’hui place du Général-de-Gaulle.

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Sous l’œil allemand :
L’« acte de chevalerie » du général Wäger rendant honneur à l’ennemi est mis en avant
par la propagande

LES ALLEMANDS ENTRENT À PARIS
PAR SAINT-OUEN
Paris, 14 juin 1940

CE QUE LA PROPAGANDE VEUT MONTRER
Des hommes, des femmes, des jeunes et des moins jeunes, constituant une sorte d’échantillon de Parisiens, debout sur le trottoir, assistent à l’entrée à cheval des troupes allemandes sur le côté opposé de la rue. Parmi les civils, une petite fi lle
et deux adolescents, vêtus de pantalons de golf, façon « Tintin ». L’un d’entre eux a des chaussettes jacquard. Il regarde l’objectif, comme un autre de ses camarades. Un vieil homme au premier plan tourne le dos à la scène, les mains derrière lui. Le peuple de Paris a l’air plus curieux qu’effondré.
L’événement ne semble pas les bouleverser.
À l’arrière-plan, on reconnaît les immeubles en brique construits dans l’entre-deux-guerres aux portes de Paris, souvent à l’usage d’habitations bon marché (HBM). La photo est prise dans un quartier populaire, au nord de Paris, à la limite des XVIIe et XVIIIe arrondissements.
Dans un renversement propre à la propagande, les acteurs de la scène ne sont pas les Allemands au second plan qui entrent en une grande colonne, par groupes réguliers, et ne semblent pas prêter attention à la population, mais les spectateurs qui, eux, regardent l’objectif.

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CE QUE L’ON PEUT EN LIRE AUJOURD’HUI

Les Allemands entrent dans Paris depuis l’aube du 14 juin 1940, dans une capitale déclarée « ville
ouverte ». C’est un jour de semaine, un vendredi.
Cette entrée a été préparée de longue date et chaque compagnie, chaque escadron, chaque
troupe sait exactement où il doit se rendre. Les troupes allemandes, qui viennent du Nord, arrivent
par Le Bourget. Certaines contournent Paris par l’Est, et entrent par Vincennes où ils prennent des
photos du fort.
Contrairement à ce que présente cette photo, les témoignages des civils encore à Paris décrivent une
capitale désertée (les trois quarts de ses habitants auraient quitté la ville). Les photos prises par les
Parisiens montrent des rues vides. La propagande, elle, montre des Parisiens présents n’opposant ni
résistance ni hostilité.

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L’œil allemand :
Les autorités allemandes ont mis les pendules à l’heure de Berlin (c’est-à-dire, une heure
plus tard), le jour de leur arrivée

Vous trouverez l’article sous document pdf
http://www.armand-colin.com/upload/Sous_l’oeil_de_l’occupant_L’entree_des_troupes_1940_.pdf
Bonne lecture !

Fichiers joints
attachmentSous_l’oeil_de_l’occupant_L’entree_des_troupes_1940_.pdf Supprimer
Sous l’œil de l’occupant : L’entrée des troupes allemandes 1940

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 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

22 janvier 2013

Maurice Gamelin

Classé sous — milguerres @ 21 h 41 min

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retour à la Seconde Guerre Mondiale

Chronologie et batailles de la Seconde Guerre mondiale

Maurice Gamelin  171209 Maurice Gamelin Général…à sa juste valeur !
Vichy « ne l’a pas regardé du bon oeil » !!…

Maurice Gamelin
source wikipédia

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Maurice Gamelin est un général français, né le 20 septembre 1872 à Paris 7e, ville où il est mort le 18 avril 1958 dans le 5e arrondissement1. Il commanda l’Armée française pendant la drôle de guerre de 1939-1940 et vit sa stratégie mise en déroute par les Allemands lors de la percée de Sedan. Pendant le régime de Vichy, Gamelin fut arrêté et interné en Allemagne.

Jeunesse

Maurice Gustave Gamelin est né le 20 septembre 1872 à Paris où il vécut son enfance au no 262 du boulevard Saint-Germain, en face du Ministère de la Guerre. Son père Zéphyrin, contrôleur général des Armées, s’était distingué au service de Napoléon III et fut blessé à la bataille de Solférino en 1859. Sa famille maternelle – les Uhrich – est de souche alsacienne. Très jeune, il manifeste un intérêt pour les questions militaires mais, comme on lui reconnaît également un certain talent pour les arts, ses parents préfèrent d’abord l’encourager dans cette voie. Il fréquente le collège Stanislas de la rue du Montparnasse, puis, brillant élève désormais déterminé à s’engager dans une carrière militaire, il intègre Saint-Cyr le 31 octobre 18912 et en sort major de promotion en 1893.

Début de carrière militaire

C’est en Afrique du Nord qu’il commence sa carrière d’officier, d’abord au 3e régiment de tirailleurs algériens, puis à la brigade topographique de Tunisie, où il peut mettre à profit ses dons pour le dessin et l’observation.
Revenu en métropole en 1897, il prépare le concours d’entrée à l’École supérieure de guerre. Huitième au concours d’entrée, il en sort deuxième. Esprit fin, cultivé, travailleur et doué pour les études de tactique militaire, il se fait remarquer par le futur général Lanrezac, alors commandant en second de l’école. Il poursuit ensuite comme stagiaire à l’état-major du 15e corps une carrière qui s’annonce d’ores et déjà brillante. Passé en 1904 du service d’état-major à la troupe (en tant que commandant de compagnie au 15e bataillon de chasseurs), il se montre toujours aussi efficace et fait l’admiration de ses supérieurs. En 1906, il publie son Étude philosophique sur l’art de la Guerre, qui le place d’emblée parmi les meilleurs penseurs militaires de son temps.

L’année 1906 marque le tournant de la vie de Gamelin. Cette année-là, en effet, il est nommé officier d’ordonnance du général Joffre qui commande alors la 6e division d’infanterie. Cette nomination doit beaucoup à l’entremise du lieutenant-colonel Foch, qui était alors professeur à l’École de Guerre et qui avait eu l’occasion d’apprécier les hautes qualités de son ancien élève. Dès lors, la carrière du jeune capitaine breveté se confond avec celle de Joffre. En 1908, il le suit à l’état-major du 2e corps d’armée, puis en 1910 au Conseil supérieur de la guerre. Il est nommé chef de bataillon en 1911 et doit se séparer provisoirement de son chef pour prendre le commandement du 11e bataillon de chasseurs, à Annecy. Mais cette séparation est de courte durée puisque, le 23 mars 1914, Joffre le rappelle à son service à l’état-major général.

Première Guerre mondiale.

Gamelin est toujours le collaborateur dévoué de Joffre lorsque commence la Première Guerre mondiale. À ce poste, il fait preuve d’un zèle et d’une efficacité de premier ordre, surtout lors de la bataille de la Marne où il rédigea les instructions qui allaient conduire à la victoire. C’est également à cette époque qu’il se rend compte de l’imbrication étroite du politique et du militaire pour la conduite des opérations. Le 1er novembre 1914, il est nommé lieutenant-colonel et quitte le Grand Quartier Général (G.Q.G.) pour prendre le commandement de la 2e demi-brigade de chasseurs à pied. Avec elle, il combat en Alsace (sur le Linge notamment) puis dans la Somme. Nommé colonel en avril 1916, il poursuit son ascension et fait sans cesse l’admiration de ses supérieurs : au feu, comme dans un bureau d’état-major, Gamelin semble décidément un officier de très grande envergure. Le 8 décembre 1916, il est nommé général de brigade à titre temporaire : il ne sera resté colonel que huit mois. Après un bref retour au G.Q.G., il devient chef d’état-major du groupe d’armées de réserve (général Micheler). Le 11 mai 1917, il reçoit son dernier commandement de la guerre, celui de la 9e division d’infanterie, dont il garde la tête jusqu’à l’armistice. Soucieux d’économiser la vie de ses hommes, il n’en témoigne pas moins d’une grande habileté tactique, comme en attestent ses combats dans la région de Noyon, aux heures critiques du printemps 1918.

Entre-deux-guerres

De 1919 à 1924, le général Gamelin dirige la mission militaire française au Brésil. Puis il est nommé commandant des troupes françaises au Levant (1924-1929). À ce poste, il achève la pacification du territoire. Rentré en France, il prend le commandement de la 20e région militaire à Nancy.

Soutenu tout au long de sa carrière par Édouard Daladier, il succède, en 1931, au général Weygand au poste de chef d’état-major général. Il a en charge la direction du Grand quartier général des forces terrestres françaises. À partir de 1935, il cumule cette fonction avec celle d’inspecteur général de l’armée. Avant lui, seul Joffre avait eu autant de pouvoir. Il devient ensuite le premier titulaire du poste de chef d’état-major de la Défense nationale, avec une mission de coordination entre les trois Armées (terre, air, mer), suite au décret du 21 janvier 1938.

Gamelin joue ainsi un rôle déterminant dans la préparation de la France au conflit à venir. Il imprègne de ses conceptions – aussi floues ou obsolètes soient elles – l’armement, l’organisation et l’entraînement de l’armée.

Seconde Guerre mondiale
La défaite

Le généralissime des Forces armées françaises au cours de la Seconde Guerre mondiale était un des généraux les plus intellectuels de son époque. Il était respecté, même en Allemagne, pour son intelligence et sa subtilité. Malgré cette finesse et ses bons états de service pendant la Première Guerre mondiale, son commandement des armées françaises jusqu’à la bataille de France en mai 1940 fut un désastre.

Gamelin soutint un plan stratégique défensif consistant à attendre l’attaque allemande, en conservant un front continu de la Suisse à la mer du Nord, derrière la ligne Maginot le long de la frontière allemande, puis avec des divisions de second ordre derrière l’obstacle naturel des Ardennes, enfin grâce à des troupes mobiles jusqu’à la mer. Anticipant l’agression de la Belgique et des Pays-Bas, il mit au point une manœuvre consistant à avancer en Belgique jusqu’à la Dyle pour à la fois raccourcir la ligne de front et rallier les troupes belges. Il imposa la « variante de Breda », consistant à placer à l’extrême nord du front la 7e armée du général Giraud, pour « tendre la main aux Hollandais ». Cette manœuvre fut exécutée dès le début de la campagne, déplaçant les meilleures unités françaises et leur soutien aérien très loin du lieu de l’attaque véritable des Allemands.

Après la percée de Sedan, le Président du Conseil Paul Reynaud limogea Gamelin, le 17 mai 1940, et le remplaça par Weygand.

Au rang des nombreuses erreurs de Gamelin, caractérisant son incompétence, on peut citer :
une faible capacité à mener les hommes, organiser, et un manque de charisme général. Ses subordonnés, dit-on, l’avaient surnommé « Baudelaire », car on disait que toute sa doctrine se résumait dans le vers : « Je hais le mouvement qui déplace les lignes ».
Des conceptions obsolètes de l’emploi de l’aviation, des chars, des éléments motorisés, de l’artillerie, des fortifications. Gamelin ne tint aucun compte des développements modernes et ne tira guère d’enseignement de la rapidité de la campagne de Pologne, restant attaché à l’expérience du conflit de 1914-1918, et arguant que « la Pologne n’est pas la France ». S’il adhérait à cette doctrine conservatrice, force est d’observer que le gouvernement et la plupart des officiers de l’époque y souscrivaient également ;
une doctrine militaire ultra-défensive qui empêcha les forces alliées de porter des coups mortels à l’Allemagne dès septembre 1939, la ligne Siegfried n’étant protégée que par des forces de réserve alors que le gros de la Wehrmacht combattait en Pologne (privée ainsi de tout soutien militaire à l’Ouest). Des experts militaires ont depuis lors estimé que les armées françaises auraient eu de grandes chances de succès dans une offensive déclenchée contre le front Ouest (face à la ligne Siegfried) à l’automne-hiver 1939. Le gouvernement et le général Gamelin refusèrent également d’utiliser le bombardement stratégique contre les cibles industrielles allemandes par crainte de représailles ;

La mauvaise organisation du plus haut niveau de l’armée, se caractérisant par une dilution des responsabilités sur un front crucial ; en Belgique, on ne sut trop qui commandait la coalition interalliée : était-ce le général Billotte, chef du 1er groupe d’armées, le général Georges, commandant du front Nord-Est, ou le généralissime lui-même ? L’envoi d’un officier de liaison auprès du le roi des Belges Léopold III, le 10 mai, ne pouvait être que trop tardif pour permettre une coordination efficace entre Belges et alliés. Le gouvernement belge refusait depuis 1936 tout contact entre les états-majors belge et français: il se conformait ainsi à la politique de stricte neutralité voulue par Léopold III. Même après l’affaire du 10 janvier 1940, lorsque les Belges eurent entre les mains des documents du haut commandement allemand indiquant que le sol de la Belgique serait violé par les forces allemandes, le gouvernement de Brucelles refusa fermement tout contact avec l’état-major français. Le Haut Commandement français hésita entre plusieurs mesures (défense sur le canal Albert, sur une ligne Anvers-Namur, défense de la frontière française). Le général Gamelin redoutait une « bataille de rencontre » en Belgique.

Il avait proposé au gouvernement français, dès le 2 septembre d’attaquer l’Allemagne en passant par la Belgique et d’atteindre la zone industrielle de la Ruhr, poumon vital de l’industrie allemande.
Le gouvernement français refusa cette possibilité.

Un commandement privilégiant les contacts avec les hommes politiques parisiens – depuis son quartier-général de Vincennes – plutôt que la proximité du front. Ce point était encore exacerbé par la réticence de Gamelin à employer la radio pour transmettre ses directives, préférant le téléphone filaire ou les coursiers. Le processus de décision français était ainsi plus lent que celui des Allemands. En ce qui concerne le choix de rester à Vincennes, il s’explique par la loi de 1938 sur la direction de la guerre. La responsabilité de la direction de la guerre incombe au gouvernement. C’est écrit en toute lettre et c’est cette loi qui s’applique dès le 2 septembre 1939
Une vision du théâtre d’opérations qui lui fit regarder le secteur des Ardennes comme impénétrable, au grand dam du général Corap, commandant la 9e armée française dans ce secteur, qui ne cessa de signaler en vain l’insuffisance en hommes et en matériel sur ce front et sa perméabilité de fait ; de même le maintien excessif de forces derrière la ligne Maginot, excessivement gourmande en personnel alors que celle-ci aurait dû permettre une grande économie de troupes.

Naturellement, dans ses mémoires, Gamelin tente de se racheter, soulignant par exemple qu’il préparait une contre-attaque le jour même de son remplacement par Weygand mais oubliant bien sûr ses nombreuses erreurs. De fait, Paul Reynaud avait également des raisons politiques pour le remplacer. La raison essentielle pour laquelle Paul Reynaud tenait à le remplacer c’est que le général Gamelin était soutenu par Edouard Daladier. Or une sourde hostilité opposait Daladier à Reynaud. Cet antagonisme entre ces deux personnages est caractéristique de la fin de la IIIème République. Daladier est conservé dans le cabinet Reynaud parce que sans lui, les radicaux ne soutiendraient pas le gouvernement Reynaud. Même avec l’appui du gouvernement, Reynaud n’a été élu qu’à une seule voix de majorité. Reynaud aurait aimé prendre le portefeuille de la Guerre et de la Défense nationale, mais Daladier tenait à le conserver et c’était le prix de sa participation.

Le général de Gaulle ne l’appréciait pas non plus (Mémoires de guerre, L’appel 1940-1942, p. 27-28, éditions Plon). C’est pourtant Gamelin qui confia à de Gaulle fin avril 1940 le commandement de la 4e division cuirassée et le proposa au ministre pour être promu au grade de général à titre temporaire. Pendant sa captivité en Allemagne, il se réconcilie avec Paul Reynaud qui avoue avoir été abusé par Pétain et Weygand. Il faut noter que lors des tractations politiques Daladier-Reynaud, Pétain était ambassadeur en Espagne, il y restera jusqu’à ce qu’il soit rappelé à Paris par Reynaud qui en a besoin comme caution et Weygand était au Levant. Il sera rappelé le 17 mai pour remplacer Gamelin.C’est Reynaud qui a fait ensuite entrer Pétain au gouvernement comme vice-président du Conseil et qui a nommé Weygand en remplacement de Gamelin. Dès le début de son gouvernement, le 22 mars, Reynaud était entouré de « bellicistes » et de « pacifistes » et dans son entourage très proche, les « pacifistes » avaient une place prépondérante, notamment son égérie Hélène des Portes. Quant au général de Gaulle, Reynaud aurait voulu l’avoir à son cabinet dès le 22 mars, mais Daladier s’y est opposé. Il ne sera sous-secrétaire d’État à la Guerre qu’au remaniement de mai-juin 40 lorsque Daladier aura quitté le gouvernement.

Selon certains historiens (mais pas la majorité), Gamelin souffrait de syphilis3. Parmi cette minorité, un certain nombre prétendent que cette maladie aurait eu un impact négatif sur sa lucidité[réf. nécessaire] (ce qui semble bien surprenant pour un homme qui vécut jusqu’à 86 ans avec toute sa lucidité et qui a écrit ses mémoires lui-même).

Procès et emprisonnement

Après la défaite, il fut arrêté le 6 septembre 1940, puis inculpé au procès de Riom, aux côtés de Léon Blum, Édouard Daladier et Paul Reynaud. S’il garda le silence dignement en présence de l’ennemi, il en alla tout autrement de ses co-inculpés, qui présentèrent une défense tellement brillante de leur action à la tête du gouvernement que le procès fut prématurément ajourné. Il fut emprisonné par le régime de Vichy au fort du Portalet dans les Pyrénées avec Léon Blum et Édouard Daladier. Lors de l’occupation de la zone libre par les Allemands en novembre 1942, il fut interné en Allemagne près du camp de concentration de Buchenwald où il fut logé dans un baraquement réservé et chauffé, avec Léon Blum et Léon Jouhaux. Ces trois personnalités seront rapidement transférées au château d’Itter en Bavière où elles seront rejointes par Paul Reynaud et Jean Borotra puis plus tard par le général Weygand et le colonel de La Rocque. Les Américains les libéreront le 5 mai 1945.

Après-guerre

De retour en France, Gamelin choisit de se poser en victime, bien qu’on ne lui demandât que peu de comptes. Il publia ses mémoires, sous le titre Servir, mémoires consacrés essentiellement à justifier sa conduite de la guerre durant la campagne de France en 1939-1940. Churchill l’évoque ainsi dans ses propres mémoires : « C’était un homme qui aimait son pays, plein de bonnes intentions et qui connaissait son métier. »

Il est inhumé au cimetière de Passy (Paris 16e).

Écrits

Étude philosophique sur l’art de la guerre, Chapelot, Paris, 1906. 107 p.
Trois étapes de l’avant-guerre, Les Œuvres libres, Paris, no 13, 1921
Instruction sur l’organisation et le fonctionnement de l’aviation sanitaire en temps de guerre, Imprimerie nationale, 1932, 9 p.
Servir, vol. 1, Les Armées Françaises de 1940, Plon, Paris, 1946, 380 p.
Servir, vol. 2, Le Prologue du drame, 1930-août 1939, Plon, Paris, 1946, 479 p.
Servir, vol. 3, La guerre, septembre 1939-19 mai 1940, Plon, Paris, 1946, 537 p.
Manœuvre et victoire de la Marne, Bernard Grasset, 1954.

Notes et références
↑ Archives de l’état civil de Paris en ligne, acte de naissance n° 7/1209/1872 ; avec mention marginale du décès. Autre mention : mariage en 1927 avec Eugénie Marchand.
↑ Le Pays de France, 8 août 1918, p. 3
↑ Maxime Weygand: a biography of the French general in two world wars [archive]

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Le général Henri Giraud pendant l’entre-deux-guerres : de commandant à général.
Description : Le général Giraud accompagne Monsieur Albert Lebrun, président de la République, sur un champ de manoeuvres. Edouard Daladier et le général Gamelin marchent derrière eux.

Date : 1920-1939
Lieu : Maroc / Rabat / Taza / Boured / Bou-Denib / France / Bourgogne / Côte d\’Or / Dijon / Assif-Melloud / Bou Gafer / Bir el Gardane / El Saadane / Tindouf / Algérie / Oran / Lorraine / Moselle / Metz / Meuse / Douaumont
Photographe : Inconnu
Origine : Giraud – ECPAD

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Le corps expéditionnaire britannique en France.
Description : De g. à d., le général Ironside, Winston Churchill, le général Gamelin, le général Gort, le général Georges.

Date : 1939-1940
Origine : ECPAD
Référence : dg-37-64
Référence : D13-02-97

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Papiers Gamelin – Ministère des affaires étrangères et européennes
source : www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/gamelin.pdf
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papier12

sources
wikipedia
ECPAD
source : www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/gamelin.pdf

20 janvier 2013

Les Forces françaises de l’intérieur (FFI)

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Résistance … la lutte contre le mal

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Les Forces françaises de l’intérieur (FFI)
Les Forces françaises de l’intérieur (FFI) sont le résultat de la fusion, au 1er février 1944, des principaux groupements militaires de la Résistance intérieure française qui s’étaient constitués dans la France occupée : l’Armée secrète (AS, gaulliste, regroupant Combat, Libération-Sud, Franc-Tireur), l’Organisation de résistance de l’armée (ORA, giraudiste) et les Francs-tireurs et partisans (FTP, communistes), etc.

Les Forces françaises de l'intérieur (FFI)  ffi_dr10

Période 1944 – 1944
Pays France
Allégeance France
Effectif 400 000 personnes
Composée de • Armée secrète
• Organisation de résistance de l’armée
• Francs-tireurs et partisans
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Bataille des Glières
Bataille du Vercors
Bataille de Saint-Marcel
Bataille du Mont Gargan
Bataille du Mont Mouchet
Bataille de Paris
Poche de Saint-Nazaire
Commandant historique Pierre Kœnig

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La bataille de Provence du 16 au 28 août 1944.
Description : Bouches-du-Rhône, Marseille,combat de rue mené par les FFI (Forces françaises de l’intérieur).
Date : Août 1944
Lieu : Marseille, Bouches du Rhône
Photographe : Jacques Belin
Origine : ECPAD
Référence : TERRE-270-6014

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La bataille de Provence du 16 au 28 août 1944.
Description : Marseille, la Canebière,embuscade des FFI (Forces françaises de l’intérieur) sur la Canebière.
Date : Août 1944
Lieu : Marseille, Bouches du Rhône
Photographe : Jacques Belin
Origine : ECPAD
Référence : TERRE-270-6028

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La Force noire
Description : 1944 : A Cornimont, des résistants FFI (Forces Françaises de l’Intérieur), nouvellement intégrés dans les unités régulières, troquent leurs vêtements civils contre les uniformes des tirailleurs sénégalais qu’ils vont relever.
Date : 1944
Lieu : Cornimont
Référence : terre-293-6981

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Après la libération de Dijon, revue des troupes par le général de Lattre.
Description : Les généraux de Lattre de Tassigny, commandant l’Armée B (future 1re Armée) et de Monsabert, à la tête du 2e corps d’armée, saluent les drapeaux des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) lors d’une prise d’armes dans Dijon tout juste libérée. A partir du 23 septembre 1944, de nombreux FFI rentrent dans les rangs de la 1re Armée.
Date : Septembre 1944
Lieu : Dijon
Photographe : Belin Jacques
Origine : SCA – ECPAD
Référence : TERRE-273-6165

La fusion s’opéra en février 1944 à l’instigation notamment de Jacques Bingen1.
Elle n’était pas destinée seulement à unifier et à donner un cadre « légal » aux forces de la Résistance intérieure, mais aussi à les structurer de manière hiérarchique. Les FFI furent ainsi placées[Par qui ?] en mars 1944 sous le commandement du général Kœnig et l’autorité politique du GPRF du général de Gaulle.

Les FFI jouèrent un rôle non négligeable dans la préparation du débarquement allié en Normandie de juin 1944 et dans la libération de la France. Le commandant des forces alliées en Europe, le général Eisenhower estima l’aide apportée par les FFI à l’équivalent de quinze divisions régulières2. Les effectifs des FFI étaient de 100 000 en janvier 1944, 200 000 en juin et 400 000 en octobre3

À l’issue de la libération de la France, 114 000 FFI au total (30 %) 4,5 s’intégrèrent ensuite dans l’armée française régulière, en particulier au sein de la première armée du général de Lattre, dans le cadre de ce qui a été appelé à l’époque « l’amalgame » des Résistances intérieure et extérieure.

EMFFI
L’État-major des Forces françaises de l’intérieur (EMFFI), créé en avril 1944, est dirigé par le général Marie Pierre Koenig. Dès avant, le GPRF avait désigné
Délégués militaires
• Un Délégué militaire national (DMN) en France :
1. commandant Pierre Marchal « Hussard »
2. commandant Louis Mangin « Losange » (1943-1944) ; adjoint Jacques Chaban-Delmas « Arc »
3. commandant Maurice Bourgès-Maunoury « Polygone » ; adjoint Jacques Chaban-Delmas « Arc »
4. colonel Paul Ély « Algèbre »,
5. général Jacques Chaban-Delmas « Arc »
• Deux Délégués militaires de zone (DMZ), mis en place par le BCRA à l’été 1943 :
o DMZ Nord :
1. commandant Pierre Marchal « Hussard » (1943),
2. Jacques Chaban-Delmas « Arc » (1943),
3. colonel André Rondenay « Lemniscate », « Jarry » (1944).
o DMZ Sud :
1. colonel Paul Ély « Algèbre » (1943),
2. commandant Maurice Bourgès-Maunoury « Polygone » (1944).
• 12 Délégués militaires régionaux (DMR).
• Des Délégués militaires départementaux (DMD).
COMAC
Le COMAC ou Comidac (Comité d’action militaire), censé regrouper à la fois des représentants d’Alger (CFLN-GPRA) et des résistants de l’intérieur (CNR). Les membres sont les suivants :
• Mouvements de zone sud :
1. Maurice Chevance-Bertin,
2. Maurice Kriegel-Valrimont
• Mouvements de zone nord :
1. Jean de Vogüé « Vaillant ».
• Front national :
1. Pierre Villon
• Représentant du CNR :
1. Marcel Degliame,
2. Pierre Villon
• Chef de l’état-major national des FFI :
1. Général Pierre Dejussieu,
2. Alfred Malleret, représentant des FFI.
• Délégué militaire national représentant le CFLN d’Alger :
1. Louis-Eugène Mangin,
2. Jacques Chaban-Delmas.
• Conseiller technique : général Georges Revers.

Un autre Comidac existe à Alger.
Organisation régionale des FFI
L’état major des FFI a nommé, dans chacune des régions qu’il a définies :
• un commandant régional des FFI,
• un délégué militaire régional (DMR), avec un surnom géométrique : carré, circonférence, diagonale, ellipse, hypoténuse, orbite, polygone, pyramide, etc.)6,
• un responsable des opérations aériennes (COPA) ensuite appelé Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) à partir de novembre 1943 environ, avec un surnom venant des titres : « Archiduc », « Pacha », « Pape », « Sultan », etc.
Ces chefs, arrivant dans des régions qu’ils ne connaissaient souvent pas, n’ont parfois joué qu’un rôle de vague coordination, le véritable pouvoir opérationnel restant souvent entre les mains des chefs des réseaux locaux et des maquis.
La plupart des chefs régionaux des FFI et des DMR ont été faits compagnon de la Libération.

Zone sud
Région R1 : Rhône-Alpes (Lyon).

• Commandant FFI R1 :
1. colonel Albert Chambonnet7,8.
2. Alban Vistel9,10.
• DMR R1 :
1. Maurice Bourgès-Maunoury « Polygone »11,12. Adjoint : Charles Gaillard « Triangle ».
2. Paul Leistenschneider « Carré »13,14.
• Chef du Service d’opérations aériennes (ou section atterrissages-parachutages, SAP) :
1. Paul Rivière « Galvani » et « Marquis » 15,16.
2. Pierre-Paul Ulmer17,18.

Région 2 : Provence-Côte d’Azur (Marseille) – R2 couvre : Alpes-Maritimes, Bouche du Rhône, Basses Alpes, Gard, Hautes Alpes, Vaucluse, Var
• Commandant FFI R2 :
1. Robert Rossi19,20,21.
2. Jacques Renard « Turpin »22,23.
3. Henry Simon24,25.
• DMR R2 :
1. Robert Burdet « Circonférence »26.
• Responsable atterrissages-parachutages : Camille Rayon « Archiduc »27. Adjoints Petitjean « Binette » et Gaillard « Triangle ».

Région R3 : Languedoc-Roussillon (Montpellier) - R3 couvre : Aude, Aveyron, Hérault, Lozère, Pyrénées orientales
• Commandant FFI R3 : (…)
• DMR R3 :
1. Paul Leistenschneider « Carré »28,14.
2. colonel Jacques Picard « Sultan »29.
3. Lucien Cambas « Trapèze »30,31.
Région R4 : Sud-Ouest (Toulouse) - R4 couvre : Lot, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne, Gers, Hautes-Pyrénées, Ariège et Haute-Garonne
• Commandant FFI R4 :
1. Serge Ravanel.
2. Jean-Pierre Vernant « colonel Berthier »32. Adjoint33 : Commandant Sarda de Caumont, « Rosette »34.
• DMR R4 :
1. Paul Leistenschneider « Carré »35,14.
2. Bernard Schlumberger « Droite »36.
• Colonne R4 dite «FFI de Toulouse»37 : colonel Maurice Redon « Durenque ».
Région R5 : Limousin (Brive-la-Gaillarde puis Limoges) – R5 couvre : Corrèze, Creuse, Dordogne, Vienne, Haute-Vienne
• Commandant FFI R5 :
1. colonel Maurice Rousselier « Rivier »38,39.
• DMR R5 :
1. Eugène Déchelette « Ellipse »40,41.
• Chef SAP : Alain Grout de Beaufort42.
Région R6 : Auvergne (Clermont-Ferrand) - R6 couvre : Allier, Cantal, Haute-Loire, Puy de Dôme voir aussi sud du Cher
• Commandant FFI R6 :
1. Émile Coulaudon « colonel Gaspard »43,44.
• DMR R6 :
1. Alexandre de Courson de la Villeneuve « Pyramide »45,46.
2. Puis Vivier, « Isotherme ».
• Chef de la Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) :
1. Paul Schmidt « Kim »47,48.
2. Alain Grout de Beaufort « Jac » 49,50.
3. Yves Léger « Évêque »51,52.
4. Pierre-Paul Ulmer53.

Zone Nord
En zone Nord, les régions étaient définies par des lettres.
Région P (Paris)
• Commandants des FFI RP : (..)
• DMR RP : André Boulloche « Segment » (X-Pont, ingénieur, compagnon de la Libération, futur député et ministre SFIO-PS)54 mais il est arrêté.
1. André Rondenay « Lemniscate »55,56.
Région A (Amiens) - La région A couvre : Aisne, Nord, Pas-de-Calais, Somme et Seine-inférieure.
• Commandant des FFI RA :
1. Gaston Dassonville (instituteur, communiste, réseau Voix du Nord, député en 1946-1955)57,58.
• Chef d’état-major FFI RA :
1. Jean Lejeune « Bastien »59,60.
• DMR RA :
1. Raymond Fassin « Sif », « Piquier » ou « Comète »61,57.
2. Guy Chaumet « Cissoïde » ou « Mariotte »62,63,64.
• Responsable du BOA RA : Pierre Deshayes alias « Capitaine Jean-Pierre »65.
• Chef Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) RA : Paul Rivière (compagnon de la Libération)16.
Région B (Bordeaux) - La région B couvre : Basses-Pyrénées, Landes, Gironde, Charente-Maritime, Vendée, Deux-Sèvres.
• Commandant des FFI RB :
1. le général Jean-Baptiste Morraglia « Lemaître »66,67.
• DMR RB :
1. Claude Bonnier, « Hypoténuse »68,69,70. Adjoint : Jacques Nancy « Sape »71
2. Gaillard, « Triangle ».
• chef du Bureau des opérations aériennes (BOA) RB : Guy Chaumet72.
Région C (Châlons-sur-Marne) - La région C couvre 8 (ou 6 ?) départements de l’Est de la France, dont l’Alsace et la Lorraine.
• Commandant des FFI RB :
1. Gilbert Grandval73,74. Adjoint : Jean Bertin75
• DMR RC :
1. André Schock « Diagonale »76.
2. Gilbert Grandval « Planète »77.
• Chef du Bureau des opéations aériennes (BOA) :
1. Michel Pichard (compagnon de la Libération).
• Effectif : « Les effectifs militaires de la Région C sont de l’ordre de 30 000 hommes à l’été 1944 dont 2 500 maquisards mais assez pauvrement armés »78. Bilan : « De juin à septembre 1944 plus de 1 000 câbles ont été échangés avec l’État-major du général Kœnig, commandant des FFI et on dénombre 700 sabotages ou action de guérilla dans la Région C. »79
Région D (Dijon) - La région D couvre : Bourgogne, Franche-Comté)
• Commandant des FFI RD :
1. Colonel Baruteau80
2. Claude Monod81,82.
• DMR RD :
1. Pierre Hanneton « Ligne ».
2. Davout d’Auerstaedt « Ovale ».
• Effectifs : 25 000 hommes, selon Claude Monod83 ou 22.000 84.
Région M (Le Mans)
Zone : la région M est la plus grande région FFI comprenant 14 départements (Normandie, Bretagne, Anjou). Elle est donc ensuite divisée en deux régions de 7 départements chacune : M1 et M285
• Commandant des FFI RM : (..)
• DMR RM :
1. Valentin Abeille « Fantassin » puis « Méridien »86,87. Il a pour adjoint le chef FFI Maurice Guillaudot (compagnon de la Libération).
2. Kammerer « Parallèle »88,89.
• Chef d’opérations aériennes de la région M :
1. Jean-François Clouet des Pesruches « Galilée »90 ; et/ou Edouard Paysant « Tinchebray »91,89.
Sous région M1 - La sous-région M1 couvre : Orne, Sarthe, Mayenne.
• Chef des opérations aériennes M1 et M4 : Gros (vers juin 1944) puis Croisé (vers juin 1944)89.
Sous-région M3 - La sous-région M3 (Bretagne) couvre : Finistère, Côtes-du-Nord, Morbihan, Ille-et-Vilaine.
• Commandant des FFI :
1. général Audibert (?),
2. colonel Eon.
• Délégué militaire régional : (..)
Sous-région M4 – La sous-région M4 couvre : Calvados, Manche, Eure.
• Chef des opérations aériennes M1 et M4 :
1. Gros (vers juin 1944)
2. Croisé (vers juin 1944)89.
Sous-région Pays-de-Loire, Anjou, Normandie
• Commandant des FFI : (..)
• Délégué militaire régional pour les Pays de Loire, l’Anjou et la Normandie : Jean-François Clouet des Pesruches « Orbite » 92,93.
• Effectifs : selon le site de l’ordre de la Libération : « Au moment où la 3e armée américaine du général Patton et la 9e armée US pourchassent l’ennemi vers Chartres et Orléans, « Orbite » est un auxiliaire précieux pour protéger les flancs des armées alliées à la tête de 2 500 FFI armés par les récents parachutages d’armes organisés par ses soins. »93
Organisation départementale des FFI
Méthodologie
• La liste des chefs départementaux des FFI est difficile à établir car fluctuante au gré des arrestations et des combats. Il peut y avoir des confusions entre chef des FFI (chefs aux profils militaires) et chef des Comités départementaux de Libération (CDL) (chefs aux profils plus civils).
• Nous les avons regroupés, par facilité selon les régions administratives actuelles de la France (éventuellement différentes de « régions » de la Résistance).
• Cette liste illustre bien la diversité de la Résistance, d’où l’intérêt de retrouver la profession et l’engagement politique de ces hommes :
• Il apparaît que les chefs départementaux des FFI portaient souvent le grade de commandant ou de colonel de la Résistance.

Ile de France (Région P1)
• commandant régional des FFI : Pierre Pène dit Périco (X1922, ingénieur colonial, résistant OCM, compagnon de la Libération) mais arrêté en avril94. Puis Henri Rol-Tanguy (ouvrier communiste (CGT), résistant FTP, compagnon de la Libération) à partir du 1er juin 194495.
• département de la Seine (dont Paris) :
Commandant des FFI : colonel Teissier de Margueritte96, « Lizé »97,98,99. Et aussi Aimé Lepercq (ingénieur, directeur de sociétés, résistant OCM), « De septembre 1943 jusqu’au 8 mars 1944, date de son arrestation par la Gestapo, il est le premier commandant des forces paramilitaires puis des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) de Paris. »100
Commandant secteur Nord : (..) Commandant secteur Est : (..) Commandant secteur Ouest : (..) Commandant secteur Sud : (..)
Chef du Comité parisien de la Libération : André Tollet (ouvrier tapissier, communiste, secrétaire de l’Union des Syndicats CGT clandestins de la Région parisienne).
• Seine-et-Oise :
Commandant des FFI S&O Nord : Philippe Viannay (étudiant catholique de droite, fondateur du réseau Défense de la France)95. Commandant des FFI S&O Sud : Jacques Pastor (agrégé de sciences naturelles, communiste, résistant Front National)95,101.
• Seine-et-Marne :
Commandant des FFI : Hubert Desouche, dit Dugas (résistant de Turma-Vengeance)95.
• Oise :
Commandant des FFI : Fromont (ou Fromonot) Monturat, dit Dupont (résistant de CDLR)95.

Région Nord-Pas-de-Calais
• Nord :
• Pas-de-Calais : chef FFI : (..)
Président du CDL du Pas-de-Calais : Gaston Dassonville (élu novembre 1943) (il sera également chef régional des FFI, lire plus haut sur l’organisation régional). http://nicolad.unblog.fr/ Un homme du maquis de Mazinghien
Région Picardie
• Chef départemental FFI de la SOMME (RA1):
1. Augustin Petin « BRETON », instituteur à WARLUZEL (Pas de Calais), officier de réserve. Contactait par Raoul FRANCOIS en août 1942 pour constituer les groupements OCM dans les secteurs de FREVENT, AVESNES-le-COMTE et St-POL-sur-TERNOISE. Le nom d’Augustin Petin est connu des Allemands vers la fin de l’année 1943 à la suite de la main mise par la Gestapo sur d’importants documents au domicile à Paris d’un responsable national. Augustin Petin n’a plus, des lors, d’autres ressources que de vivre dans la clandestinité. Le responsable régional DELVALLEZ le désigne en février 1944 comme responsable OCM du département de la Somme avec mission de reconstituer les commandements locaux totalement annihilés après l’arrestation des principaux responsables Picards. Son activité lui vaut, en juin 1944, d’être nommé Responsable Départemental FFI de la Somme et c’est en cette qualité qu’il prépare les combats de la Libération. À la suite d’une dénonciation, Augustin Petin est arrêté par les Allemands le 28 août 1944 au domicile de M. BLANCHARD. Incarcéré à la prison d’Amiens, il réussit à s’échapper grâce à de faux papiers d’identité et à un subterfuge, ce qui lui permit de rejoindre le 31 suivant, les colonnes blindées alliées qui libérèrent la ville. Telle est brièvement retracée l’activité résistante d’Augustin PETIN qui se montrait toujours très discret avec ses amis sur les actions d’éclat auxquelles il avait participé. Faisant toujours preuve de beaucoup de modestie, Augustin PETIN devait rester profondément attaché au TERNOIS et c’est ainsi que pendant 24 ans on le trouve Directeur de l’école communale de LIGNY-sur-CANCHE.
• Aisne :
• Oise :
Région Champagne-Ardenne
• Marne : commandant Pierre Bouchez (résistant de CDLR, officier de réserve, responsable patronal de Reims).
Le Président du Comité départemental de Libération (CDL) est Michel Sicre (syndicaliste communiste).
• Ardennes : commandant Fournier (garçon coiffeur, résistant de l’OCM).
Président du Comité départemental de Libération (CDL) : docteur Jullich (ancien président radical-socialiste du conseil général).
• Haute-Marne : colonel de GROUCHY (résistant de l’ORA, officier à la retraite).
Président du CDL : Robert Vauthier (Parti socialiste).
• Aube : commandant Alagiraude (directeur du Centre de libération des prisonniers de guerre de Troyes, résistant de l’Armée secrète).
Président du CDL : Gabriel Thierry (Libé-Nord).
Région Lorraine
• Meuse : Yvan Beausire dit Leclerc (ancien chef des groupes F.F.I. et du maquis de Senon).
• Vosges : Commandant Gonand (chef du 4e Groupement des F.F.I. des Vosges)102, Auguste Delafenêtre, responsable du 2e groupe des F.F.I. des Vosges103 .
• Meurthe-et-Moselle : Charles Thomas dit César (ancien capitaine de régiment étranger).
• Moselle (annexée au Reich) : Alfred Krieger dit commandant Grégor (résistant du réseau Mithridate)104.
Région Alsace
(…)
Région Franche-Comté
• Haute-Saône : Paul Guépratte.
• Doubs :
• Jura : commandant Foucaud (officier d’active) (tué en avril 1944). Puis en mai 1944 : Romuald Vandelle « commandant Louis » (polytechnicien, compositeur de musique).
Région Bourgogne
• Saône-et-Loire :
Chef CDL : (..)
• Côte-d’Or :
1. colonel Pratt (officier, résistant ORA). Adjoint : commandant aviateur Balay (officier, résistant ORA). En mai 1944, le colonel Pratt et le commandant Balay sont arrêtés et déportés. Le nouveau chef FFI est le colonel René Alizon « commandant Guy » (officier d’artillerie, rejoint l’ORA)105.
Chef CDL : (..)
• Nièvre : le Colonel Roche « Moreau » (chef de Libération Nord).
Président du CDL de la Nièvre : Pierre Gauthé.
• Yonne :
1. Marcel Choupot « commandant Chollet » nommé en mai 1944, puis fusillé par les Allemands en août 1944.
2. Adrien Sadoul « Colonel Chevrier ». FFI de l’Yonne deviennent le 1er Régiment du Morvan (à préciser).
Chef CDL : (..)
Région Centre
• Loiret : chef de bataillon Auguste Watremez
• Cher-Nord : le colonel « Colomb » (Arnaud de Vogüé).
• Indre : le colonel Chomel (« Charles Martel »).
• Eure-et-Loir : Pierre July
• Loir-et-Cher :
• Indre-et-Loire :
Région Haute-Normandie
• Seine-maritime : lieutenant colonel Michel Multrier (polytechnicien et officier, chef de FORA de la Seine-Inférieure).
Chef du CDL : Guénard (Front national).
« Effectifs de la Résistance en Seine-Inférieure : 15 octobre 1943, 3800 hommes et femmes. 1er juin 1944, 10 330 hommes et femmes. (..) Le 20 juin 1944, les FFI disposaient environ 2500 hommes mal armés qui provenaient des FTPF, de l’ORA, du BOA, et Libé-Nord et de divers groupes FN ou indépendants.(..) Jusqu’au 2 septembre, les pertes allemandes sont chiffrées par le lieutenant-colonel Multrier, commandant les FFI, à 625 tués et 8649 prisonniers. Du 6 juin au 13 septembre, les pertes FFI furent de 149 tués et 97 blessés » 106.
• Eure : Marcel Baudot (archiviste départemental) « commandant Breteuil »107.
Chef du secteur Vernon, Pacy sur Eure, Gaillon : Commandant Joseph CHAULIEU (1894 – 1985) 108.
Région Basse-Normandie
• Orne : Daniel Desmeulles arrêté juin 1944. Puis André Mazeline (20/06/1944).
• Calvados : Président du CDL Calvados: Léonard Gille.
• Manche :
Président CDL Manche : Yves Gresselin « Colibri » (épicier à Cherbourg).
Région Bretagne
• Morbihan : Capitaine de frégate Paul Chenailler « Morice », (après l’arrestation en décembre 1943 du Commandant de gendarmerie Maurice Guillaudot), avec le Commandant Pierre-Louis Bourgoin, F.F.L., commandant le 4e bataillon de parachutistes S.A.S., à partir du 10 juin 1944, date de son parachutage au maquis de Saint-Marcel.
• Ille-et-Vilaine : général Allard ?
• Finistère : colonel Paul Jules Fonferrier (officier de la Coloniale, « Rossignol ») puis Henri Provostic(notaire à Ploudalmézeau et juge de paix, « Benoît »). Roger Bourrières.
Chef d’arrondissement de Brest : Garion (avoué à Brest), « commandant Somme-Py » Chef des arrondissements hors Brest : commandant Faucher, « commandant Louis ».
• Côtes-du-Nord (actuelles Côtes-d’Armor) : Jean Le Jeune
o Président du CDL Côtes-du-Nord : Henri Avril
o Chef departemental des FTP des Côtes-du-nord : Jean Le Jeune, commandant Émile109
o Chef departemental adjoint FTP Côtes-du-nord, responsable secteur FTF de Callac, puis des juin 1944 à l’Etat-major departemental FFI dès la formation de celle-ci, puis commandant FFI affecté à la 11e région militaire comme officier d’état-major, chef du 4e bureau FFI : Louis Le Meur, commandant Rolland110,111
Région Pays de Loire
• Mayenne : Jean Séailles « commandant Grégoire » (chef adjoint du réseau Aristide-Buckmaster) ; M. Counord.
• Sarthe :
• Maine-et-Loire : Jean Eynaud de Faÿ « Rousseau » (officier de marine d’active, résistant OCM, ORA). Puis le « commandant Blanche ». Les FFI du Maine-et Loire deviennent le 135e RI.
• Loire-Inférieure (actuelle Loire-Atlantique) : Jacques Chombart de Lauwe « colonel Félix » à partir du 4 août 1944112.
• Vendée :
Région Poitou-Charentes
• Deux-Sèvres : Edmond Proust « Gapit » ou « Chaumette » (résistant OCM, AS).
Président du CDL : (..)
• Vienne : chef des FFI : colonel Chêne « colonel Bernard ».
Président du CDL : (..)
• Charente-Maritime : (..)
Président du CDL : (..)
• Charente : André Chabanne alias Blanqui (Armée secrète)et Bernard Lelay alias Bernard (Francs Tireurs et Partisans)
Président du CDL : (..)
Région Limousin
• Haute-Vienne : Lieutenant Colonel Georges Guingouin « Raoul » ou « lou gran » (instituteur communiste, Compagnon de la Libération, Maire de Limoges 1945-1947)
• Creuse (et sud du Cher) : lieutenant colonel Albert Fossey « François » (commercial aux Presses Universitaires du Massif Central puis à la Sécanaise, SFIO, compagnon de la Libération).
• Corrèze : colonel Louis Godefroy « Rivière » (adjoint au commandant FFI régional en 1944, Compagnon de la Libération) et à partir d’août 1944, Roger Lecherbonnier « Antoine » (voir fiche biographique [2])
Région Auvergne
• Allier :
• Puy-de-Dôme : Roger Samour
• Cantal : colonel Thollon.
• Haute-Loire : Colonel GEVOLDE (De son vrai nom Zapalsky)
Région Aquitaine
• Dordogne : Roger Ranoux « colonel Hercule ».
• Lot-et-Garonne :
• Gironde :
• Landes :
• Basses-Pyrénées (actuelles Pyrénées-Atlantiques) :
Région Midi-Pyrénées
• Lot : commandant Georges ; Roger Lecherbonnier (instituteur, résistant FTP) en 07/1944.
• Aveyron : commandant FFi : Bernard Henri Bonnafous « commandant Richard » avec deux adjoints : le Commandant Charles (FTPF) et le commandant Puget (ORA). Le Colonel Benoît dirige le secteur nord, le colonel Devillers, le secteur sud113. Effectifs : « En recoupant les sources disponibles et les témoignages, on peut estimer la population combattante à un petit millier au début de 1944, et à une dizaine de milliers à la fin août 1944. L’addition des effectifs fournis par les chefs de maquis à la libération se décompose comme suit : 1467 pour le maquis Du Guesclin, 2800 pour le maquis d’Ols, 450 pour le maquis Paul Claie, 550 pour le maquis Antoine, 650 pour le maquis Arêtes-Saules, 500 pour le maquis de Durenque, 500 pour les commandos Hubert, 420 pour les guerrilleros espagnols Salvador, plus de 200 pour les maquis Bayard, Rolland, Jean-Pierre…dont les effectifs quintuplent de juin à août 1944. »113
• Tarn : Maurice Redon « Durenque » (officier du Service géographique de l’armée)114, dont Zone A du Tarn (sud) :
o Charles d’Aragon,
o Pierre Dunoyer de Segonzac.
• Tarn-et-Garonne : commandant ou chef d’EM FFI : colonel Laurent Langeron « Larzac » puis « Leduc » est choisi par le 17 juin 1944 le CDL mais, le 13 juillet, le chef FFI régional Ravanel nomme en fait Noël Duplan (agent des ponts-et-chaussés, militaht radical-socialiste) alias « Nil »115.
• Hautes-Pyrénées :
• Haute-Garonne : Jean-Pierre Vernant « colonel Berthier » (universitaire, grand spécialiste de la Grèce antique, Compagnon de la Libération).
• Ariège : Camille Sourys « lieutenant-colonel Aubert »116.
• Gers : capitaine Gabriel Termignon (officier de réserve, résistant AS), mais arrêté le 15 juillet 1944. Puis le commandant Marcel Lesûr117.
chef CDL : M. Vila98. Effectifs : « On estimait à l’époque entre 6000 et 7000 hommes son effectif global »117.
Région Languedoc-Roussillon
• Pyrénées-Orientales : Louis Torcatis puis Dominique Cayrol
• Aude : Jean Bringer « Myriel » (fils d’un fondateur du Canard Enchaîné, officier, ingénieur des eaux-et-forêts, résistant AS) mais fusillé par les Allemand le 19 août 1944118,119.
• Hérault : commandant Armée Secrète : Bernard Henri Bonnafous « commandant Robin puis Richard » jusqu’à mai 1944
• Gard : Michel Bruguier120
• Lozère : colonel Emile Peytavin.
Région Provence
• Vaucluse :
• Bouches-du-Rhône :
• Var : capitaine Salvatori (capitaine d’active (marsouin), ex-chef départemental de l’AS)121.
Président du CDL du Var : Frank Arnal (chef du SR des MUR du Var) vers mars 1942 (..) puis Louis Martin-Bret121.
• Alpes-Maritimes : officier aviateur de réserve Melin « Chatel »122.
• Alpes-de-Haute-Provence : André Melen dit « Denan ».
• Hautes-Alpes :P aul Héraud « commandant Dumont » (tué en opération le 09/08/44, compagnon de la Libération).
Région Rhône-Alpes
• Savoie : Général Héritier « capitaine Blanchard ».
• Haute-Savoie : colonel Nizier et Jean Rosenthal (compagnon de la Libération).
• Ain (et Haut-Jura) : colonel Henri Romans-Petit.
• Isère : Albert Seguin de Reynies (arrêté par la Gestapo), Alain Le Ray (officier d’active), Sam Job (officier de réserve)
• Drôme : Jean-Pierre de Lassus Saint Geniès « Legrand » (officier d’active)
• Ardèche : René Calloud.
• Rhône : Raymond Basset « commandant Mary » (compagnon de la Libération).
• Loire : Raymond Basset « commandant Mary » ; Jean Marey (ancien instituteur devenu officier).
• de l’Ain, du Jura, de la Saône-et-Loire : Henri Jaboulay (industriel, compagnon de la Libération).

Autres chefs FFI locaux
• Etienne Poiteau « capitaine Stéphane », commandant la « compagnie Stéphane » en Isère (1er Bataillon de marche FFI de l’Isère).
• commandant André Pommiès (chef de la région de Toulouse)
• Jacques Chapou (professeur de lycée révoqué en 1941 car franc-maçon) dit « Capitaine Philippe ». En mai 1944, il prend le commandement des maquis de la Corrèze, puis ceux de la Creuse, de l’Indre et de la Haute-Vienne, sous le nom de « Kléber ».
• Raymond Basset (1908-1984), département de la Loire (voir Gilbert Gardes, La Cité industrielle, Rive-de-Gier, Mémoire d’un patrimoine, Azossi, 2010, (ISBN 978-2-9535333-0-9), pages 76 et 615.)
• René Gentgen (1909-2005), département de la Loire (voir Gilbert Gardes, La Cité industrielle, Rive-de-Gier, Mémoire d’un patrimoine, Azossi, 2010, pages 76 et 617.)
• Jean Marey (1906-1959), département de la Loire (voir Gilbert Gardes, La Cité industrielle, Rive-de-Gier, Mémoire d’un patrimoine, Azossi, 2010, pages 77 et 618.)
• OCM / Somme, Léon Bourdon dis « LEBLOND ».
• BAL / Amiens, « Marcel Feuillette dit Escalier » – Lieutenant de réserve qui avait tenu une droguerie rue des Cordeliers à Amiens.
• Libé-Nord / Somme, Léon Tellier.
• Libé-Nord / Péronne, Émile Vermond.

Notes et références
1. ↑ «Délégué Général pour la Résistance de décembre 1943 à avril 1944, il permet, grâce à son action, la fusion en février 1944 de l’Armée Secrète (AS), l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA), les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) ainsi que de nombreux groupes isolés, pour former les Forces françaises de l’intérieur (FFI).» [1] [archive]
2. ↑ « Eisenhower reconnut aux FFI et à la Résistance l’efficacité de 15 divisions », La Grande Encyclopédie de Larousse, Librairie Larousse, 1978, p.10319
3. ↑ Sumner, Ian, The French Army 1939-45 (2), page 37, Osprey Publishing, London, 1998.
4. ↑ 137 000 si l’on tient compte des départs
5. ↑ « Finalement, 57 000 FFI ont rejoint la 1re Armée en unités constituées, dont 20 000 au titre du secteur français du front des Alpes, placés pour emploi à la 1re Armée. 30 000 engagés volontaires en majorité d’origine FFI l’ont rejointe individuellement. L’administration centrale lui a envoyé 27 000 hommes à partir des centres d’instruction des FFI des régions militaires », Maurice Vaïsse, La naissance de la nouvelle Armée française [archive]
6. ↑ « chaban »&pagemode=none&navpanes=1 Fondation de la Résistance : carte et liste des DMR [archive]
7. ↑ Albert Chambonnet, mécanicien militaire, résistant à Combat, AS, Compagnon de la Libération, commandant FFI R1 à partir de janvier 1944, arrêté et fusillé en juillet 1944.
8. ↑ Biographie d’Albert Chambonnet sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
9. ↑ Alban Vistel, directeur d’usine, résistant à Libération, compagnon de la Libération, commandant FFI R1 à partir de juillet 1944.
10. ↑ Biographie d’Alban Vistel sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
11. ↑ Maurice Bourgès-Maunoury, X-Sciences Po, ingénieur, compagnon de la Libération) nommé DMR R1 vers septembre 1943 puis devient Délégué militaire national
12. ↑ Biographie de Bourgès-Maunoury sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
13. ↑ Paul Leistenschneider, avocat, résistant du réseau Kléber pour le 2e bureau de Vichy, compagnon de la Libération)
14. ↑ a, b et c Biographie de Paul Leistenschneider sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
15. ↑ Paul Rivière, professeur de lettre dans des écoles catholiques, résistant au MLN-Combat, compagnon de la Libération, futur député, nommé Chef du SAP en juillet 1943.
16. ↑ a et b Biographie de Paul Rivière sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
17. ↑ Pierre-Paul Ulmer, compagnon de la Libération, chef de la SAP (Section Atterrissages Parachutages) de juillet 1943 à mai 1944
18. ↑ Biographie de Pierre Paul Ulmer sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
19. ↑ Robert Rossi, X, officier de l’armée de l’Air, Résistant au mouvement Libération puis dans l’AS, compagnon de la Libération, nommé vers mai 1944 puis arrêté.
20. ↑ Biographie dans le dictionnaire des polytechniciens dans la Résistance (XRésistance) [archive] et Biographie de Robert Rossi sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
21. ↑ Biographie de Robert Rossi sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
22. ↑ Jacques Renard, X, ingénieur, résistant Libération (?)- AS, compagnon de la Libération) nommé commandant FFI R2 le 16 juillet 1944, arrêté le 28 juillet puis fusillé.
23. ↑ http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/834.html [archive] Biographie de Jacques Renard sur le site de l’ordre de la Libération
24. ↑ Henry Simon, chef du service du cadastre de Marseille, communiste, résistant FN-FTPF, compagnon de la Libération.
25. ↑ Biographie d’Henry Simon sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
26. ↑ Joseph Girard, La résistance et la libération de Nice: la fin d’une légende, Serre Ed., 2006 ISBN 2-86410-464-4, 9782864104643, page 57 [archive]
27. ↑ Joseph Girard, La résistance et la libération de Nice: la fin d’une légende, Ed. Serre, 2006, ISBN 2-86410-464-4, 9782864104643, page 57 [archive]
28. ↑ Paul Leistenschneider, avocat, résistant du réseau Kléber pour le 2e bureau de Vichy, compagnon de la Libération.
29. ↑ Selon L’État-Major des Forces Françaises de l’Intérieur, L’appui aux débarquements, document de la Fondation de la Résistance, page 15 du Pdf et 272 de l’ouvrage général [archive]
30. ↑ Lucien Cambas, pompier, compagnon de la Libération), nommé le 6 juin 1944.
31. ↑ Biographie de Lucien Cambas sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
32. ↑ Jean-Pierre Vernant, grand universitaire).
33. ↑ En avril 1944.
34. ↑ selon Maquis de Vabre [archive]
35. ↑ Paul Leistenschneider, également DMR R3 apparemment, avocat, résistant du réseau Kléber pour le 2e bureau de Vichy, compagnon de la Libération.
36. ↑ « Les réseaux action de la France combattante », Ed. France Empire
37. ↑ 6 000 hommes
38. ↑ Maurice Rousselier, X1933, chef de l’A.S. de la région R4 puis commandant F.F.I. de la région R5.
39. ↑ Des officiers d’actives passés à la Résistance, sur le Mémorial des résistants de l’X (x-résistance.org) [archive]
40. ↑ Eugène Déchelette, administrateur de société, compagnon de la Libération.
41. ↑ Biographie d’Eugène Dechélette sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
42. ↑ Alain Grout de Beaufort, chef SAP en avril-août 1943, compagnon de la Libération, lire plus bas en R6.
43. ↑ Émile Coulaudon, directeur commercial, résistant du mouvement Combat, compagnon de la Libération.
44. ↑ [Biographie d’Emile Coulaudon sur le site de l’ordre de la Libération http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/240.html [archive]]
45. ↑ Alexandre de Courson de La Villeneuve, officier d’active, arrêté par les Allemands le 2 juillet 1944 puis mort sous la torture ou exécuté par les Allemands le 19 août 1944.
46. ↑ Revue des Anciens des services spéciaux de la Défense nationale, Bulletin 186, synthétisant les pp 147-185 de l’ouvrage du colonel Claude Cazals, sur la Garde sous Vichy, juin 1997 [archive] et Eugène Martres,Les archives parlent: Auvergne, Bourbonnais, 1940-1945, Éditions de Borée, 2004, ISBN 2-84494-316-0, 9782844943163,page 47 [archive]
47. ↑ Paul Schmidt, engagé FFL en 1940, compagnon de la Libération, nommé en novembre 1942, chef du Service des opérations aériennes et maritimes (SOAM) de R5 et R6 puis en mars 1943, chef national du Bureau des opérations aériennes (BOA) (et aussi chef de la région Centre) à la place de Jean Ayral « Pal ».
48. ↑ Biographie de Paul Schmidt sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
49. ↑ Alain Grout de Beaufort, officier d’aviation, résistant de la Confrérie Notre Dame, rejoint les FAFL, compagnon de la Libération, chef de la SAP d’avril 1943 à avril 1944 (environ) (il est également temporairement DMR R5), puis il sera chef SAP de la Région P puis de P3
50. ↑ Biographie d’Alain de Beaufort sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
51. ↑ Yves Léger, diplômé de Sciences Po et en droit, assassiné par un agent français de la Gestapo en mai 1944.
52. ↑ Biographie d’Yves Léger sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
53. ↑ Pierre-Paul Ulmer, compagnon de la Libération, chef de la SAP à partir de juin 1944
54. ↑ Info sur la biographie de Gilbert Grandval sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
55. ↑ André Rondenay, X, officier d’active, prisonnier en 1940, rejoint la France Libre, DMR puis DMZ, compagnon de la Libération.
56. ↑ Biographie d’André Rondenay sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
57. ↑ a et b Selon le Comité d’Histoire du Haut-Pays, consulté en octobre 2008 [archive]
58. ↑ de Gaston Dassonville sur le site de l’assemblée nationale [archive]
59. ↑ Jean Lejeune, marin de la Marine marchande, résistant OCM, compagnon de la Libération.
60. ↑ Biographie de Jean Lejeune sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
61. ↑ Raymond Fassin, instituteur, rejoint les FAFL, puis arrive en septembre 1943, mais arrêté en avril 1944.
62. ↑ Guy Chaumet, attaché commercial à l’étranger, résistant du réseau Ali-Tir, puis rejoint les FAFL, compagnon de la Libération, DMR RA à partir d’avril 1944
63. ↑ Biographie de Guy Chaumet sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
64. ↑ Selon le Comité d’Histoire du Haut-Pays, consulté en octobre 2008 [archive],Biographie de Raymond Fassin sur le site de la Mairie de Paris-Memorial [archive]
65. ↑ Agent parachuté en janvier 1943 (source : Mémorial Ascq 1944).
66. ↑ Jean-Baptiste Morraglia, général d’aviation.
67. ↑ Site de l’Association La Postale, anciens de l’Aéropostale [archive]
68. ↑ Claude Bonnier, X1919, ingénieur en aéronautique, socialiste, directeur de cabinet de Marcel Déat en 1936, président de la Société nationale de construction des moteurs (SNCM), s’engage dans les FFL, compagnon de la Libération, arrivé en novembre 1943, arrêté le 9 février 1944.
69. ↑ Biographie de Claude Bonnier sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
70. ↑ Site du service départemental de l’ONAC de la Charente [archive]
71. ↑ Jacques Nancy, chef de la Section Spéciale de Sabotage)
72. ↑ Guy Chaumet, ensuite nommé DMR RA, lire plus haut.
73. ↑ Gilbert Grandval, directeur commercial, résistant CDLR, compagnon de la Libération.
74. ↑ Biographie de Gilbert Grandval sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
75. ↑ Jean Bertin, compagnon de la Libération).
76. ↑ André Schock, compagnon de la Libération, arrêté le 28 janvier 1944.
77. ↑ Gilbert Grandval cumul ainsi, de façon unique dans l’histoire de la Résistance, les fonctions de chef régional des FFI et de délégué militaire régional, selon la Biographie de Gilbert Grandval sur le site de l’ordre de la Libération
78. ↑ Selon la biographie de Gilbert Grandval sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
79. ↑ Idem
80. ↑ Colonel Baruteau, chef du Service régional de la statistique et responsable local de l’ORA à Dijon, jusqu’à sa « disparition » (mais il échappe à la Gestapo) en mai 1944.
81. ↑ Claude Monod, chirurgien, tué en 1945, commandant des FFI RD à partir de mai 1944.
82. ↑ [Son ouvrage : La Région D : Rapport d'activité du Maquis de Bourgogne-Franche-Comté (mai-septembre 1944)]
83. ↑ opus cité
84. ↑ Robert Chantin, Des temps difficiles pour des résistants de Bourgogne : échec politique et procès, 1944-1953, L’Harmattan, 2002, ISBN 2-7475-2927-4, 9782747529273 [archive]
85. ↑ Selon le site de l’ordre de la Libération [archive]
86. ↑ Valentin Abeille, sous-préfet, résistant à Combat, compagnon de la Libération, DMR RM à partir de septembre 1943, mais il meurt aux mains des Allemands le 2 juin 1944.
87. ↑ Biographie de Valentin Abeille sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
88. ↑ .Kammerer, lui aussi tué par les Allemands avec son adjoint Éric. Il semble qu’ensuite ce soient les responsables du BOA local qui prennent de facto le rôle de DMR.
89. ↑ a, b, c et d Selon le site Beaucoudray.free.fr [archive]
90. ↑ Jean-François Clouet des Pesruches, futur DMR d’une subdivision de la région M, lire plus bas, chef du BOA à partir d’août 1943.
91. ↑ Edouard Paysant, en juin 1944. Mais repéré, il doit se replier sur la Seine-Inférieure où il reprend les mêmes fonctions
92. ↑ Jean-François Clouet des Pesruches, cette fois-ci officier d’aviation d’active, Français Libre à partir d’octobre 1940, Compagnon de la Libération, commandant des FFI à partir du 17 juillet 1944
93. ↑ a et b Biographie de Clouet des Pesruches sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
94. ↑ Biographie de Pierre Pène sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
95. ↑ a, b, c, d et e Source [archive]
96. ↑ orthographe fluctante selon les sources.
97. ↑ Colonel Teissier de Margueritte, officier d’active, résistant de l’AS.
98. ↑ a et b idem
99. ↑ Article de l’IHTP évoquant notamment la tension avec des FFI issus de l’armée d’active avec les FFI communistes lors de la LIbération de Paris.
100. ↑ Biographie d’Aimé Lepercq sur le site de l’ordre de la Libération [archive]
101. ↑ Discours de Pierre Albertini [archive] (professeur d’histoire au lycée Condorcet) à l’inauguration de l’exposition Des polytechniciens dans la Résistance (mardi 18 mars 2008)]
102. ↑ Le maquis de la piquante pierre, secteurs de la Moselotte et de la Vologne [archive]
103. ↑ Né Le 19 mars 1891 à Nantes, ancien combattant de 14-18, capitaine d’active en 1922, chef de bataillon en disponibilité au début des années 1930, industriel ( directeur-gérant du tissage de la mouline, à Remoiremont ), président de la section Croix-de-feu de Remiremont, membre du Parti social français en 1936. Il est affecté dans l’armée d’active en 1939, fait prisonnier en 1940 mais libéré. Il entre dans la résistance : membre de l’OCM, membre du CDL de Remiremont en 1945. Cf. Jean-François Colas, « les droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux », thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002
104. ↑ selon la Société d’histoire de Woippy [archive]
105. ↑ Article du Bien Public, 18 mai 2004 [archive]
106. ↑ Institut d’Histoire de la CGT 76 [archive]
107. ↑ Source Résistance en Vexin [archive]
108. ↑ Dossier conservé aux archives départementales de l’Eure et dossier individuel, archives de Vincennes
109. ↑ http://www.wikiarmor.net/Jean_Le_Jeune [archive]][http://almrd22.fr/La-guerre-de-Jean-Le-Jeune-alias [archive]
110. ↑ http://www.memoresist.org/spip.php?page=oublionspas_detail&id=2615 [archive]
111. ↑ http://www.memoresist.org/spip.php?page=oublionspas_detail&id=1718 [archive]
112. ↑ Source [archive]
113. ↑ a et b Exposition sur la Libération de Millau, août 2004- la Dépêche du Midi [archive]
114. ↑ selon « Maquis du Vabre » [archive]
115. ↑ Arkheia, Revue d’histoire du Siud-Ouest, n°2-3 et autres articles du même n° [archive]
116. ↑ L’action de l’Etat en Ariège, édité par la préfecture de l’Ariège, n°21, mai-juin 2004, page 3 [archive]
117. ↑ a et b Document de la préfecture du Gers [archive]
118. ↑ Biographie de Jean Bringer par l’office de tourisme de Carcassonne [archive]
119. ↑ Article du quotidien La Dépêche, 29 novembre 1998 [archive]
120. ↑ Notamment selon le revue Sommières et son Histoire http://www.sommieresetsonhistoire.org/SSH/spip.php?article103 [archive]
121. ↑ a et b Un paragraphe sur la Résistance dans le Var [archive]
122. ↑ Joseph Girard, La résistance et la libération de Nice: la fin d’une légende, Ed. Serre, 2006, ISBN 2-86410-464-4, 9782864104643 [archive]

sources : WIKIPEDIA ET ECPAD

 

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Résistance … la lutte contre le mal

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