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25 août 2013

La campagne de Tunisie, 17 novembre 1942 – 13 mai 1943 (côté français) source ECPAD

Classé sous — milguerres @ 20 h 19 min

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La Tunisie au gré des conflits

La Campagne de Tunisie dans la presse 

Campagne de Tunisie 

 

La campagne de Tunisie, 17 novembre 1942 – 13 mai 1943 (côté français) source ECPAD

 

 

La campagne de Tunisie, 17 novembre 1942 – 13 mai 1943 (côté français)

La campagne de Tunisie, également connue sous le nom de « bataille de Tunisie », est un ensemble de batailles de la seconde guerre mondiale qui se déroulent en Tunisie entre le 17 novembre 1942 et le 13 mai 1943. Elles opposent les forces de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste (forces de l’Axe) aux armées alliées composées principalement d’Américains, de Britanniques et de Français.La campagne débute par des succès allemands mais la supériorité en hommes et en armement des Alliés conduit finalement à la défaite de l’Axe. Cette victoire pour les Alliés s’inscrit dans une nouvelle phase de la guerre marquée par une série de succès militaires décisifs et que l’on appelle désormais « le tournant de la guerre ». D’un point de vue strictement français, la campagne marque le retour de l’armée d’Afrique dans le conflit aux côtés des forces alliées et des Français libres.

La campagne a fait l’objet d’une couverture photographique et cinématographique par le Service cinématographique de l’armée (SCA), plus précisément par ses antennes basées en Afrique du Nord. Le SCA a ainsi réalisé, entre février et juillet 1943, trente-et-un reportages photographiques comportant entre cinq et cent soixante clichés chacun et conservés dans la série « Terre » du fonds « seconde guerre mondiale » de l’ECPAD (1). Les photographes sont majoritairement inconnus, à l’exception de deux d’entre eux, Rolando Lévèque et Viard. Leurs images concernent exclusivement la participation de l’armée d’Afrique à la campagne de Tunisie. On y voit à l’œuvre le XIXe corps d’armée commandé par le général Koeltz, en particulier divers éléments de la division de marche de Constantine, de la division de marche d’Alger, de la brigade légère mécanique, de la 1re division de marche du Maroc, de la division de marche d’Oran et du front du sud-est algérien. Les moments saisis évoquent notamment l’offensive allemande du Faïd, la reconquête de la dorsale orientale, la bataille de Kasserine, les attaques au nord du Chott el Djerid, la prise de Gafsa, la bataille du massif de l’Ousselat et l’avance vers Bizerte et Tunis. Les soldats sont photographiés lors de progressions, de mises en batterie de l’artillerie (les images de cette arme sont prépondérantes sur les autres), de patrouilles et de leur vie courante dans les campements au cœur du désert tunisien. Ces vues permettent de constater le réarmement de l’armée française avec du matériel américain, entamé en novembre 1942 à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord. Quelques reportages montrent également les forces armées britanniques (la 1re armée commandée par le général Anderson) et américaines (le 2e corps d’armée, commandé par le général Fredentall puis le général Patton), aux côtés desquelles les Français combattent. Plutôt que les affrontements eux-mêmes et les soldats allemands et italiens au combat, les vues révèlent les résultats du conflit : nombreuses sont les images de prisonniers allemands et italiens ainsi que de tombes, de prises de guerre et de matériel ennemi détruit et abandonné, telles des preuves de la victoire alliée. Enfin, remises de décorations et défilé à Tunis fin mai 1943 sont immortalisés par le SCA et marquent la fin victorieuse pour les Alliés de la campagne de Tunisie et le passage définitif de l’armée d’Afrique du côté des forces françaises combattantes.

Il est à noter par ailleurs qu’en plus de la production du SCA, sont conservés dans les fonds de l’ECPAD sept reportages de la série FFL, réalisés entre mars et novembre 1943 et qui comprennent des vues du général Mast, résident général en Tunisie, et des images mettant à l’honneur les Français libres qui ont combattu en Tunisie. À cela s’ajoute un reportage, intégré dans les fonds privés, qui présente des photographies complémentaires à celles du SCA, prises en 1942 par le lieutenant Bergue alors commandant de la 4e compagnie du 1er bataillon du 4e régiment mixte de zouaves et tirailleurs en Tunisie (référence D236).

Une sélection de trente de ces photographies de la série « Terre » consacrées à la campagne de Tunisie est proposée dans le portfolio ci-joint. Elle offre un panel représentatif des images de la participation des troupes françaises à cette campagne.

(1) Pour la production des films du SCA, voir la brève concernant les films relatifs à la campagne de Tunisie.

La campagne de Tunisie, 17 novembre 1942 – 13 mai 1943 (côté français) source ECPAD terre-10
La campagne de Tunisie
Description : Lors de la campagne de Tunisie, pendant l’offensive allemande du Faïd et le repli des forces alliées en février 1943, un caporal-chef du 45e bataillon de transmissions transmet un message par pigeon voyageur dans le désert tunisien. À cette date, le 45e bataillon de transmissions est commandé par le capitaine Mettavant.
Date : Février 1943
Lieu : Tunisie
Photographe : inconnu
Origine : SCA / ECPAD
Référence : Terre 14-150
terre-11
La campagne de Tunisie
Description : Un groupe de canonniers marins de la 6e batterie mobile de 90 de marine met en batterie un canon de 90 mm modèle 1939 Schneider à demi enterré dans le désert non loin de la frontière algéro-tunisienne près de Tébessa (Algérie). Participant à la campagne de Tunisie, ils sont rattachés à la DMC (division de marche de Constantine) et affectés à la défense contre avions. Le 15 février 1943, pendant l’offensive allemande du Faïd et le repli des forces alliées en février 1943, ils sont mis en réserve de la DMC à Tébessa.
Date : Février 1943
Lieu : Tébessa, Algérie, Tunisie
Photographe : inconnu
Origine : SCA / ECPAD
Référence : TERRE-15-153

terre-12

La campagne de Tunisie
Description : Le lieutenant-colonel Mazoyer, commandant le 9e RCA (régiment de chasseurs d’Afrique), sort du PC du groupement Mazoyer alors situé vers Fondonk el-Okbi (entre Kairouan et Sbeitla) et s’apprête à partir en jeep avec un capitaine américain d’une unité de chasseurs de chars, dans le cadre d’une mission de patrouille ou de reconnaissance. Le 9e RCA participe à la campagne de Tunisie au sein de la BLM (brigade légère mécanique) et ici, en liaison avec le 5e RCA, coopère avec des éléments du 2e corps d’armée américain, peut-être le 601e ou le 701e bataillon de chasseurs de chars.
Date : Février 1943
Lieu : Tunisie
Photographe : inconnu
Origine : SCA / ECPAD
Référence : TERRE-17-163

terre-13

La campagne de Tunisie
Description : Dans le désert tunisien, vers Fondonk el-Okbi (entre Kairouan et Sbeitla), deux soldats américains d’une unité de chasseurs de chars (peut-être le 601e ou le 701e bataillon de chasseurs de chars) courent vers leur M3, un canon automoteur de 75 mm monté sur un châssis de half-track. Ils participent au sein du 2e corps d’armée américain à la campagne de Tunisie.
Date : Février 1943
Lieu : Tunisie
Photographe : inconnu
Origine : SCA / ECPAD
Référence : TERRE 17-169

terre-14

La campagne de Tunisie
Description : Un prisonnier allemand du corps expéditionnaire de l’Afrikakorps, caporal dans l’armée de l’air et capturé lors de la campagne de Tunisie, est interrogé par un chef d’escadron français du 3e RSA (régiment de spahis algériens) qui prend part à la campagne de Tunisie au sein du front sud-est algérien (FSEA). Derrière, d’autres captifs allemands, de l’armée de terre, attendent leur tour. Leurs insignes ont vraisemblablement été ôtés par les Français mais le prisonnier porte encore sa bande commémorative « Afrika », créée par Hitler le 15 janvier 1943 pour distinguer les combattants allemands ayant participé aux combats en Afrique du nord ; elle ne doit pas être confondue avec la bande de bras « Afrikakorps » décernée à tous les membres du corps allemand en Afrique.
Date : Février 1943
Lieu : Tunisie
Photographe : inconnu
Origine : SCA / ECPAD
Référence : TERRE-18-185

terre-15

La campagne de Tunisie
Description : Un soldat du 9e RTA (régiment de tirailleurs algériens) s’entraîne, accroupi derrière des cactus du désert tunisien et armé d’un pistolet mitrailleur Thompson M1 (11,43 mm) américain. Son unité participe, au sein de la DMC (division de marche de Constantine), à la campagne de Tunisie.
Date : Février 1943
Lieu : Tunisie
Photographe : inconnu
Origine : SCA / ECPAD
Référence : TERRE-21-217

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La Tunisie au gré des conflits

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Campagne de Tunisie 

 

14 avril 2013

Les contingents impériaux au cœur de la guerre

Classé sous — milguerres @ 17 h 02 min

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La Tunisie au gré des conflits

Les contingents impériaux au cœur de la guerre :  « Etude faite sur la présence de tous les hommes d’origine des colonies françaises ou britanniques (et autres) ayant participé aux deux conflits mondiaux. 

Pour ceux qui ignorent la présence des Nords Africains, des « Noirs », des Chinois, des gens de l’Est, des Australiens, des Canadiens,… et pardon si j’oublie d’autres origines au sein de ces deux conflits.  Les chiffres parlent d’eux-mêmes,  leur présence ne fera qu’honorer leur mémoire !  A tous ceux qui ont combattu pour une même cause … «  

à noter, selon cette étude :

« La mobilisation des «indigènes » s’est opérée selon des principes divers. En Algérie, en Tunisie et en AOF, les contingents fournis par engagements volontaires sont complétés par des conscrits recrutés par tirage au sort.  »

« En 1940, l’armée française met en ligne 640000 coloniaux et Nord-africains, dont 
176000 Algériens,
 
80000 Tunisiens,
 
80000 Marocains (360000 hommes), et
 
180000 Sénégalais.

En France, en 1918, pour un total de 350000 travailleurs étrangers présents, 200000 sont originaires des colonies françaises (78000 Algériens, 35000 Marocains, 28000 Tunisiens, 50000 Indochinois, surtout Vietnamiens, 6000 Malgaches)

Selon cette étude : 108000 Tunisiens auraient servis sous le drapeau tricolore, lors des deux conflits mondiaux, sans noter les pertes humaines, civiles ou matérielles (sans oublier la période de colonisation et la campagne de Tunisie en 1881. Une Tunisie, vraiment au gré des conflits… Hayet (auteur du blog, origine tunisienne

Champs de bataille où les Australiens combattirent. fleche-boule8

 

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Les contingents impériaux au cœur de la guerre 

Jacques Frémeaux   lien Histoire, économie et société  lien   Année   2004   lien Volume   23   lien Numéro   23-2 

Résumé
Cette communication insiste sur un sujet trop rarement évoqué, qui est la participation des empires coloniaux, surtout français et britannique, aux deux guerres mondiales. L’apport des Dominions et des colonies en soldats et travailleurs a été important. Ces soldats ont connu des conditions de guerre analogues à celles des soldats européens. Aux souffrances subies par l’ensemble des combattants s’est ajouté un plus grand éloignement de leur pays et, pour les soldats dits «indigènes», une expérience qui a précipité l’entrée dans le monde moderne, et a contribué à encourager les nationalismes.

Abstract
This paper deals with the very important part played by the imperial armies, especiallly British and French, during the two World Wars. A great number of soldiers and workers came from the Dominions and Colonies. They had to endure similar conditions as those of their European comrades, plus, a harsher and longer severance from their mother countries. The discovery of the modern war accelerated the entry of the « native » men in the Modem World, and gave a boost to nationalisms.

Le présent programme ne fait aux Empires coloniaux qu’une place limitée. L’ambition de cette communication est de montrer que, loin de se borner à un canton périphérique de l’étude des conflits mondiaux, la participation des contingents d’outremer pourrait en constituer un vaste domaine. On voudrait suggérer ici tout ce que gagnerait une histoire des peuples en guerre à n’être pas privée d’une partie de ses réalités, trop souvent passées inaperçues lorsqu’elles ne concernent pas directement les métropoles.

1. Senghor, «Aux tirailleurs sénégalais morts pour la France», Hosties noires, 1948.
«On fleurit les tombes, on réchauffe le Soldat Inconnu, Vous mes frères obscurs, personne ne vous nomme» l

Échelle du phénomène
Les chiffres démontreraient à eux seuls qu’il ne s’agit pas d’un phénomène marginal. 
En 1914, la Grande-Bretagne et la France disposent des deux plus grands empires coloniaux du monde, vastes respectivement de trente-quatre millions et de dix millions de kilomètres carrés, peuplés de 400 millions et de 50 millions d’habitants.

Les armées impériales britanniques et françaises
• Les Britanniques

Dans les premiers mois de la guerre, les citoyens des quatre Dominions sont invités à concourir à la défense de la métropole. 
On recourt au même dispositif de mobilisation qu’en Grande-Bretagne: volontariat d’abord, puis conscription. 
Mais celle-ci ne s’applique sans difficultés qu’en Nouvelle-Zélande, où elle est votée au mois de mai 1917. 

Au Canada, la décision d’y recourir, en juin 1917, provoque des émeutes chez les Québécois. 

Les Australiens rejettent la conscription par référendum, sous la pression des habitants d’origine irlandaise, émus par la répression des «Pâques sanglantes» de 1916. 

En Afrique du Sud, la question n’est même pas discutée, étant donné les sympathies pro-allemandes de beaucoup d’Afrikaners. 

Au total, la contribution des Dominions atteint environ 1300000 hommes. 
L’Angleterre mobilise des effectifs équivalents aux Indes.
La participation africaine est notable.
La conscription a été imposée en 1915 en Afrique orientale et 1916 en Afrique occidentale. 

Le bilan est impressionnant, comme en témoigne le tableau 1.
Ainsi, l’empire a permis d’accroître d’environ un tiers le potentiel militaire britannique.

Les contingents impériaux au cœur de la guerre  les_co10
tableau 1

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tableau 2

En 1939, la déclaration de guerre des Dominions à l’Allemagne, reconnus comme États souverains et indépendants au sein du Commonwealth, suit immédiatement celle du Royaume-Uni. 
L’effort de mobilisation est globalement accru par rapport à celui de 1914-1918. 
Il faut dire que la menace japonaise a stimulé la mobilisation en Australie et Nouvelle-Zélande, mais aussi aux Indes. 

La contribution indienne est double de celle de la Grande Guerre, celle des colonies africaines sept à huit fois plus forte. 

Le nombre de mobilisés atteint cinq millions d’hommes, dont deux millions pour les seuls Dominions, soit 84 % de la mobilisation de la métropole. L’Empire britannique et le Commonwealth ont ainsi vécu comme l’avait prophétisé Churchill dans son discours du 18 juin 1940, leur «finest hour» (tab. 2).

• Les Français

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tableau 3

À ces chiffres (tab. 3), qui concernent les «indigènes » il faudrait ajouter celui des Français d’outre-mer, la majorité étant constituée de 73000 Français d’Algérie, auxquels on peut adjoindre peut-être 4000 Français des colonies, soit un total d’environ 80000 hommes.
On atteindrait ainsi environ 650000 hommes, et un total de pertes d’environ 100000 hommes

Il va de soi que, par rapport aux 7800000 mobilisés français, la proportion est faible (environ 8 %). 
Malgré tout, l’acharnement de Clemenceau en 1917 et 1918 à mobiliser les contingents coloniaux les plus nombreux possibles montre que ce nombre doit, dans son esprit, peser lourd dans la balance. 
On peut être pratiquement sûr que, en cas de prolongation du conflit, leur proportion aurait eu tendance à s’accroître. 

La mobilisation des «indigènes » s’est opérée selon des principes divers. En Algérie, en Tunisie et en AOF, les contingents fournis par engagements volontaires sont complétés par des conscrits recrutés par tirage au sort. 

Les besoins de guerre amènent à augmenter le nombre des appels. Dans le reste de l’Empire, on en reste au système d’un volontariat, souvent forcé par des pressions administratives.
Dans Г entre-deux guerres, le recours au réservoir humain des colonies paraît le seul moyen de remédier à l’insuffisance de la démographie. Des lois de 1919 étendent le système de la conscription à l’ensemble des territoires de l’Empire. 

En 1940, l’armée française met en ligne 640000 coloniaux et Nord-africains, dont 
176000 Algériens, 
80000 Tunisiens, 
80000 Marocains (360000 hommes), et 
180000 Sénégalais.

C’est à peu près 10 % de l’effectif de l’armée française. 
Ces troupes combattent courageusement, avant d’être entraînées dans la défaite commune.
Elles comptent de nombreux morts et prisonniers.
 


L’appel aux troupes coloniales ne cesse pas avec la défaite. Elles forment la majorité des contingents de l’armée coloniale de Vichy, mais aussi de ceux de la France libre. 

Après le débarquement allié en Afrique du Nord de novembre 1942, la participation des contingents d’outre-mer est déterminante lorsqu’il s’agit d’organiser en Afrique du Nord une armée française équipée de matériel américain. 
À l’été 1944, sur 633000 hommes de l’armée de terre, on compte environ 60 % de soldats «indigènes», dont certains appartenaient aux Forces françaises libres depuis 1940.

• Note additionnelle
Certes, pour être complet, ce travail devrait faire mention des troupes «coloniales» employées par l’armée russe, et recrutées notamment parmi les Musulmans du Caucase et de l’Asie centrale. Il n’est pas possible de le faire ici, faute de temps. On peut au moins citer pour mémoire les deux «divisions sauvages» recrutées dans le Caucase, qui participent à la tentative du général Lavr Kornilov contre le gouvernement provisoire de Kerenski, au mois de septembre 1917. Des unités de ce type figureront également dans l’Armée rouge en 1939-1945. Il faut noter aussi qu’on a recruté des troupes noires dans les colonies belges et portugaises, qui participent en particulier aux campagnes contre les colonies allemandes d’Afrique orientale.

Les mobilisations de travailleurs

II s’agit d’abord de travailleurs recrutés pour les besoins des armées.
Sur le front français, ce sont en majorité des Chinois (100000 pour l’armée britannique, 40000 pour l’armée française, 10000 pour le corps expéditionnaire américain).
L’Afrique du Sud fait appel à des travailleurs africains auxiliaires (environ 70000 dont 20000 en France au Labour Native Corps , qui participe à la construction des tranchées).
Les campagnes africaines sont également dévoreuses d’effectifs: 55000 à 60000 porteurs auraient été réquisitionnés en AEF pour le Cameroun, ce qui représenterait un homme adulte sur quatre.
Pour les campagnes en Afrique orientale, les Britanniques n’auraient pas recruté moins de 750000 hommes, jusqu’au Nigeria et en Gold Coast.
Un million d’autres «indigènes» sont employés pour l’entretien des lignes de communication des armées britanniques au Proche-Orient.
Les Russes tentent d’imiter leurs alliés, pas toujours avec succès: l’ordre donné en juin 1916 de mobiliser 500000 autochtones d’Asie centrale au sein de bataillons de travailleurs, entraîne des rébellions violentes, notamment chez les Kazakhs et les Kirghizes. Des colons sont massacrés.

On retrouve des cas analogues lors de la Deuxième Guerre mondiale.
À partir de 1942, 50000 «indigènes» de Papouasie et Nouvelle-Guinée sont employés par l’armée australienne comme porteurs, brancardiers, terrassiers, mais aussi éclaireurs. Des Auxiliary Groups sont recrutés en Afrique de l’Ouest et affectés aux brigades d’infanterie, pour participer aux transports.
Par ailleurs, des «coloniaux» sont recrutés pour le travail aux champs ou à l’usine.
En France, en 1918, pour un total de 350000 travailleurs étrangers présents, 200000 sont originaires des colonies françaises (78000 Algériens, 35000 Marocains, 28000 Tunisiens, 50000 Indochinois, surtout Vietnamiens, 6000 Malgaches).

Ce mouvement se prolonge après la guerre: 100000 travailleurs nord-africains, surtout algériens, sont employés en 1930. Dans les colonies, les autorités exigent un accroissement de la production des matières premières, obtenu le plus souvent par la réquisition de travailleurs. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement du Tanganyika introduit ainsi la conscription pour augmenter la production des plantations de sisal et de caoutchouc; en Nigeria, on mobilise 100000 personnes, forcées à travailler dans des conditions scandaleuses pour tenter (sans beaucoup de succès) d’augmenter la production des mines d’étain du nord.

Le rôle dans la décision
• La Première Guerre mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, les troupes à recrutement impérial se battent sur tous les fronts. 
Leur participation est toujours importante, parfois décisive. 
Les forces des Dominions sont engagées en priorité sur le front français, comme par exemple les Canadiens à Vimy, au nord d’Arras, en avril 1917. 
Elles sont lourdement éprouvées à Passchendaele de juillet à novembre. 
Il en va de même des contingents coloniaux français, dont beaucoup se distinguent, en particulier les régiments de marche de zouaves-tirailleurs, à forte proportion de soldats algériens musulmans.
La 4e brigade marocaine, qui fait partie de la 38e division d’infanterie, associe pour la reprise du fort de Douaumont, au mois d’octobre 1916, trois bataillons à recrutement français du régiment d’infanterie coloniale du Maroc, deux compagnies du 43e bataillon de tirailleurs sénégalais et deux compagnies du bataillon somali.

Ces forces ont été aussi très largement employées pour tenter de lancer des offensives périphériques.
Les Néo-Zélandais et Australiens du général Birdwood, qui représentent le tiers des 129000 hommes débarqués, subissent à Gallipoli, d’avril à décembre 1915, des pertes voisines de 40000 hommes (8500 tués et 20000 blessés australiens). Les troupes indiennes, qui ont souffert du climat en France, en sont retirées en 1915, et affectées au front de Mésopotamie. L’armée du général Allenby, qui occupe Jérusalem, puis Damas, en 1918, compte deux divisions australiennes. Les campagnes africaines mériteraient aussi d’être évoquées. Par soldats noirs interposés, les militaires britanniques et français combattent les Allemands, au Togo (août 1914), au Sud-Ouest africain (août 1914-mai 1915), au Cameroun (août 1914-février 1916). En Afrique orientale, le lieutenant-colonel von Lettow-Vorbeck, tient tête aux troupes britanniques et sud-africaines, renforcées de troupes noires est-africaines et ouest-africaines, mais aussi fournies par les Portugais et les Belges de la Force publique du Congo.


• La Seconde Guerre mondiale
Comme dans le conflit précédent, ces contingents combattent sur tous les fronts.
Les troupes des colonies africaines de la Grande-Bretagne participent à la conquête de la Somalie italienne, puis à la campagne d’Ethiopie en 1941.
Des Australiens, des Néo-Zélandais et des Sud-Africains se battent dans le désert contre les troupes de Rommel.
Une division australienne est faite prisonnière à Singapour.
Des Indiens sont envoyés en Italie au sein de la VIIIe armée du général Alexander.
700000 participent à la campagne de Birmanie.
Les Canadiens constituent une partie importante des forces qui débarquent en Normandie en juin 1944.
Les campagnes du Pacifique engagent des Australiens, des Néo-Zélandais, mais aussi des détachements recrutés en Papouasie et en Nouvelle-Guinée, qui forment le Pacific Islands Regiment .
On note qu’une grande partie de ces troupes doivent défendre les possessions d’outre-mer, en particulier contre le Japon en Asie et dans le Pacifique. L’appoint impérial est donc moins net que lors de la Première Guerre mondiale.

Pour être peu nombreuses, les troupes coloniales françaises n’en ont pas moins un rôle peut-être plus important que lors du conflit précédent. 
Certaines d’entre elles contribuent aux campagnes de Leclerc au Tchad, puis au Fezzan, contre les troupes de Mussolini.
L’Armée d’Afrique s’illustre en 1943 dans la campagne de Tunisie contre les Germano-Italiens, puis en Italie où elle apporte une contribution décisive à la percée du front allemand sur le Garigliano et à l’entrée des Alliés à Rome (juin 1944). 

Tandis que la 2e DB de Leclerc libère Paris, la Première Armée commandée par de Lattre débarque en Provence. Ces unités participent ensuite, au printemps 1945, à la campagne d’Allemagne. Le dévouement des troupes d’outre-mer, souvent trop oublié, a puissamment contribué à la restauration du rôle international de la France. Seule la possession de l’Empire a permis la renaissance d’une armée qui, par sa participation à la «croisade en Europe», a contribué à faire admettre la métropole dans le concert des vainqueurs.

Problématique
II paraît important de montrer que ce thème des troupes d’outre-mer n’est qu’en apparence «exotique»: les problématiques de l’historiographie récente de la guerre peuvent très bien s’appliquer à ce champ de recherche, même si les réponses ne sont pas toujours identiques. Il s’agit d’hommes, de femmes et d’enfants forcés de subir des conflits, en fonction de leur situation particulière.
Il est un élément si évident qu’on ne pense pas forcément à en tenir compte: la première caractéristique des empires coloniaux est d’être des empires d’outre-mer, dont les diverses possessions sont séparées des métropoles par des centaines ou des milliers de kilomètres d’espaces océaniques.

En 1914, par exemple, si la France n’est qu’à un ou deux jours de mer de l’Afrique du Nord, ou à une dizaine de jours de Dakar, l’ordre de grandeur est d’environ trois semaines pour l’Inde, et six semaines pour la Nouvelle-Calédonie.
L’avion n’est employé que très rarement jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale. Même ensuite, il n’est guère utilisé pour les transports de troupes.

Les entrées en guerre

Les conditions des entrées en guerre de 1914 ne sont pas fondamentalement différentes de celles qu’on observe dans les métropoles. 
Le comportement des habitants d’origine européenne se situe, comme en Europe, entre enthousiasme et résignation. 
Les masses indigènes mesurent mal la portée de l’affaire, que les autorités s’efforcent de minimiser, pour éviter les tentations de révolte. 
Les notables sont incités à manifester leur loyalisme. 
Pour la plupart des élites autochtones de formation occidentale, comme pour Gandhi, qui incite ses compatriotes à s’engager, combattre pour les empires signifie aspirer à se transformer de sujets en partenaires.

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, le scénario est à peu près le même. 
Dès le 3 septembre, le jour de la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne à l’Allemagne, les premiers ministres d’Australie et de Nouvelle-Zélande ont proclamé l’engagement de leur pays aux côtés de celle-là («où elle va, nous allons; où elle se tient, nous nous tenons»).
Au Canada, le Parlement accepte sans vote l’engagement dans la guerre.
Au même moment en Afrique du Sud, la motion de neutralité présentée par le Premier ministre Hertzog est mise en minorité face à la motion de déclaration de guerre soutenue par le maréchal Smuts, symbole, depuis le conflit précédent, du dévouement à la cause impériale, devenue celle du Commonwealth .
Au Maroc, dans une lettre lue dans les mosquées, le sultan Mohammed Ben Youssef, futur roi Mohammed V, souligne que «nous devons à la France un concours sans réserve, ne lui marchander aucune de nos ressources et ne reculer devant aucun sacrifice. Nous étions liés à elle dans les temps de tranquillité et d’opulence, et il est juste que nous soyons à ses côtés dans l’épreuve qu’elle traverse et dont elle sortira, nous en sommes convaincus, glorieuse et grande».

Bien des grincements, il est vrai, se produisent, émanant des représentants des partis nationalistes.
En Inde, les représentants du Parti du Congrès se déclarent scandalisés par le fait que, alors que les Dominions ont décidé en toute souveraineté de leur entrée en guerre, par des votes de leurs parlements », le vice-roi a proclamé l’état de belligérance de l’Inde de façon automatique à la suite du gouvernement de Londres, sans consultation des élus.
Le Parti du Congrès se déclare pourtant prêt à soutenir la cause britannique par solidarité antifasciste, mais uniquement en échange de promesses précises quant à l’octroi d’une indépendance rapide, assorties de précisions quant aux buts de guerre alliés. Dans les territoires français, les arrestations de militants ou les dissolutions de partis nationalistes se multiplient. L’effort de mobilisation humaine et économique n’en est pourtant guère entravé.

La violence de guerre
• Le mythe de la «barbarie des troupes coloniales»

Les guerres coloniales antérieures à 1914 ont été souvent empreintes d’une très grande violence. 
La poignée d’officiers européens commandant des volontaires autochtones ont dû souvent s’assurer de leur fidélité en les récompensant par des parts de butin; ils ne se sont pas toujours souciés de protéger les non-combattants des pillages et des massacres. 
Certains, comme Mangin, auteur de La Force noire , ont jugé que l’assaut brutal et sans pitié était dans la nature même des combattants africains, et ont voulu en faire des troupes de choc. Ils sont déçus: les soldats indigènes ne sont pas plus adaptés a priori à la guerre moderne que leurs homologues européens. 
Les premiers combats se traduisent par de nombreuses défaillances dans leurs rangs. 
S’ils se battent généralement bien par la suite, c’est au sein d’unités organisées selon le modèle le plus conventionnel. 
L’image du Noir armé de son terrible coupe-coupe ne persiste pas moins. 
La propagande germanique pense tenir, avec la présence des troupes noires sur le front occidental, un excellent argument pour contrer les campagnes des Alliés contre la «barbarie» dont ferait preuve l’armée allemande. 
Elle les accuse de décapiter les blessés pour se fabriquer des trophées avec leurs crânes, ou de se parer de colliers d’oreilles coupées. Elle les accuse aussi de brutaliser les prisonniers.

Ces comportements annoncent et préparent les campagnes nationalistes qui se développent après la guerre sur le thème de la «schwarze Schande » (honte noire), entendons l’emploi de troupes noires lors de l’occupation française en Rhénanie, et les abus prétendument commis par elles. 
Ce sera un des thèmes notables de la propagande nazie contre une France accusée par Rosenberg d’être «la première responsable de la souillure de l’Europe par les Nègres ». 
À titre de «vengeance », plusieurs centaines de tirailleurs du 25e RTS seront massacrés au nord de Lyon au mois de juin 1940.
Les chefs des unités de la SS ou de la Wehrmacht responsables de ces crimes de guerre n’ont voulu voir, dans la résistance héroïque des combattants noirs, autre chose que «barbarie» et «bestialité ».

En fait, rien ne vient véritablement attester l’idée d’exactions particulièrement attri- buables à des unités coloniales. On peut tout au plus citer, pendant la Deuxième Guerre mondiale, le comportement des goums marocains qui forment les unités de choc de l’armée française en Italie, accusés, non sans raison, de viol et de pillage à l’égard de civils italiens. Ce lamentable épisode, concernant quelques milliers d’hommes, et limité à quelques mois, pâlit cependant devant les horreurs du front de l’Est.

• Troupes noires et blanches
II n’est guère question de brasser indifféremment les contingents de toutes origines au sein des unités.
Les langues et les coutumes (interdits alimentaires, par exemple), mais aussi les conditions juridiques (les indigènes des colonies n’étant pas des citoyens) s’y opposent. 
Le plus souvent, on constitue des régiments ou bataillons à peu près homogènes, issus du même pays, composés respectivement de troupes blanches et de troupes de couleur. 
Dans celles-ci, ne sont en général européens que les officiers et une partie des sous-officiers. 
En Afrique du Nord, par exemple, les Européens servent aux zouaves et les musulmans aux tirailleurs et aux spahis. 
Le mélange est plus grand dans l’artillerie ou les services.

Au combat, en revanche, la juxtaposition est de règle. Dès les premières opérations de l’été 1914, des régiments mixtes juxtaposent deux bataillons de tirailleurs sénégalais avec un bataillon d’infanterie coloniale blanche. 
Par la suite, les bataillons de tirailleurs reçoivent dans leurs rangs des compagnies européennes, dans la proportion du quart de leur effectif total. 
Aucune règle ne s’impose. 
Des compagnies de tirailleurs indochinois sont réparties dans des régiments d’infanterie métropolitains. Ainsi organisées, les troupes coloniales s’illustrent dans nombre de batailles entre 1916 et 1918. 
On a vu plus haut la composition de la 4e brigade marocaine lors de la reprise du fort de Douaumont en octobre 1916.
Ces principes sont encore en vigueur lors de la Deuxième Guerre mondiale. 
Sur neuf divisions dites «coloniales» entrées en ligne, six associent deux régiments de tirailleurs sénégalais à un régiment d’infanterie coloniale européen. Trois autres sont au départ entièrement blanches, mais deux d’entre elles accueillent par la suite dans leurs rangs des Africains et des Malgaches. Dans chacune, en effet, deux régiments d’infanterie coloniale sont transformés en régiments d’infanterie mixte sénégalais, tandis que les deux régiments d’artillerie coloniale deviennent des régiments d’artillerie coloniale mixte malgaches. Une seule est à trois régiments européens. L’idée, suggérée plusieurs fois, de donner plus d’homogénéité aux régiments en créant des bataillons mixtes n’est pas retenue. Le corps d’armée dit «colonial», affecté à la IIIe armée, n’est pas exclusivement, ni même majoritairement composé de troupes de cette origine. En fait, les divisions coloniales sont éparpillées entre les différentes armées, deux d’entre elles étant affectées à l’armée des Alpes.
Le «panachage» est toujours pratiqué après 1943. Dans la lre Armée qui débarque en Provence en août 1944, le pourcentage des «indigènes» dans les grandes unités varie entre 27 % (lre DB) et 56 % (2e DIM). Les Maghrébins servent non seulement dans les régiments d’infanterie (à raison d’environ 70 % de l’effectif total) et de cavalerie, mais dans toutes les armes. Ils sont ainsi environ 30 % dans l’artillerie et 40 % dans le Génie. Ils sont aussi présents dans les services et soutiens, ainsi que dans les formations sanitaires.

Le caractère exemplaire du coudoiement entre soldats d’origines différentes a souvent été célébré par les chefs des armées. Le maréchal Juin évoque «le souvenir de l’héroïsme le plus pur et de la fraternité qui régna [entre européens et musulmans] dans les rangs de l’Armée d’Afrique, tant il est vrai que c’est dans son sein et au creuset des batailles que les deux races se sont toujours le mieux fondues, le mieux comprises, et le mieux aimées». On pourrait rapprocher ce texte de celui du maréchal britannique Lord Wavell qui évoque l’armée des Indes, «dans laquelle toutes les croyances et toutes les races de l’Inde servaient ensemble aux côtés des Britanniques, dans la confiance mutuelle et la concorde». 
Ces déclarations, sans doute excessives, n’évoquent pas moins certaines vérités.

Les combattants
• La spécificité

On a souvent à tort développé l’idée selon laquelle les contingents d’outre-mer auraient constitué la «chair à canon» destinée à épargner le sang métropolitain.
En fait, si les pertes des combattants indigènes ont été lourdes, elles sont dues au fait qu’ils ont servi avant tout dans les unités d’infanterie, les plus éprouvées.
Mais elles ne dépassent pas celles des unités européennes comparables. 

Ils vivent pareillement, de ce point de vue, l’épreuve de la peur de la blessure et de la mort. Certains aussi connaissent la captivité. 
Les nombres sont particulièrement élevés lors de la Deuxième Guerre mondiale.
En juin 1940, les Allemands ont capturé 60000 Nord- Africains, et peut-être 15000 tirailleurs sénégalais.
On évalue à près de 70000 les Indiens faits prisonniers par les Japonais à Singapour et en Birmanie.

Une première spécificité réside dans le climat. 
Les combattants venus de pays tempérés, comme l’Afrique du Nord, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, voire froids, comme le Canada, s’adaptent sans trop de difficultés aux hivers français. 
En revanche, les «coloniaux» issus des pays situés dans les zones tropicales et intertropicales et obligées de passer l’hiver en Europe, souffrent beaucoup. 
Le froid paralyse notamment les tirailleurs sénégalais, et oblige le commandement à leur faire passer la mauvaise saison dans des camps du midi de la France. 
Á l’automne de 1944, les responsables se fondent sur la même argumentation pour procéder au «blanchiment» des unités de la lre Armée où les Noirs sont nombreux.

Une autre réalité rarement développée est celle de la rareté ou de l’inexistence des permissions permettant au soldat de rejoindre momentanément les siens.
La priorité donnée aux transports de matériels et de renforts l’explique, aussi bien que le fait qu’au séjour doit s’ajouter un très long trajet.
On avait calculé, par exemple, qu’un séjour de 30 jours au Canada signifiait l’absence de l’homme pendant trois mois à son unité. Il est possible aussi que le commandement ait craint davantage les désertions, dans la mesure où les pays d’outre-mer, vastes et sous-administrés, offraient de ce point de vue beaucoup plus de facilités que les métropoles.

Certains contingents se voient demander des sacrifices qu’ils jugent excessifs. 
Dans la lre Armée, contrainte à affronter la résistance acharnée des troupes allemandes sur les Vosges, puis dans la plaine d’Alsace, les pertes en morts, blessés, malades et disparus varient, selon les unités, entre 30 % et 109 % à la fin de 1944. 
Il ne faut pas oublier en effet que certaines d’entre elles sont passées directement des champs de bataille d’Italie à ceux de Provence, du Rhône et de l’Est de la France. 
Pourtant, les mutineries ou agitations sont rares. 
Selon un schéma assez classique, les hommes cherchent plutôt à se dérober au service militaire ou à déserter avant leur départ qu’à se révolter une fois dans l’armée.

• Pourquoi ont-ils tenu?
Dans son Étude sur le combat (1868) justement admirée par Jean-Norton Cru, le colonel Ardant du Picq énumère les techniques éprouvées depuis l’Antiquité, pour maintenir la cohésion d’un contingent au combat: un commandement solide et compétent; de bonnes armes; des passions, on dirait aujourd’hui des motivations; des formations adaptées, qui facilitent la cohésion et évitent la dislocation; une discipline rigoureuse. 
Il donne une très grande place à la «cohésion», à la «solidarité», et souligne le caractère primordial de la confiance que chaque soldat doit ressentir envers ses camarades, «sa crainte qu’ils lui puissent reprocher, faire expier de les avoir abandonnés dans le danger, son émulation d’aller où vont les autres, sans plus trembler qu’un autre, son esprit de corps en un mot» .

Tous ces éléments sont certainement intervenus pour expliquer la solidité des troupes impériales, et en particulier des troupes indigènes.
Les cadres, en général de métier, ont pour la plupart une bonne expérience du commandement de ces troupes spéciales, et en parlent la langue.
Leurs soldats sont fiers de servir dans une armée moderne, aux côtés de soldats européens, de s’initier au maniement des armes automatiques, ou à la conduite automobile. 
Ils sont mus, sinon par le patriotisme, du moins par une loyauté de type féodal envers le roi d’Angleterre ou la France (vue comme une personne).
La discipline est rigide, et n’exclut pas toujours les punitions corporelles. 
La désertion, loin du pays, est difficile. 
Les régiments cultivent un fort esprit de corps. 
Des efforts sont faits pour respecter les traditions, notamment les interdits alimentaires des soldats musulmans, et maintenir les liens avec les pays d’origine, par courriers et mandats. Des journaux spéciaux sont édités. 
Tout cela compense largement l’attachement moindre à la Patrie, dont il conviendrait d’ailleurs de relativiser l’effet sur les hommes du front.

Les contingents impériaux au cœur de la guerre 
Jacques Frémeaux Histoire, économie et société Année 2004 Volume 23 Numéro 23-2
source http://www.persee.fr

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La Tunisie au gré des conflits

8 avril 2013

Notice sur Porto Farina (Tunisie), (port corsaire et arsenal des beys) : son passé, l’esclavage / par Paul Cézilly

Classé sous — milguerres @ 1 h 20 min

 

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La Tunisie au gré des conflits

Culture et patrimoine 

 

 

Titre : Notice sur Porto Farina (Tunisie), (port corsaire et arsenal des beys) : son passé, l’esclavage / par Paul Cézilly,… ; avec une étude sur l’état actuel, par A. Canavaggio,…

Auteur : Cézilly, Paul

Auteur : Canavaggio, A.

Éditeur : impr. de Person frères (Paris)

Date d’édition : 1912

 

 Notice sur Porto Farina (Tunisie), (port corsaire et arsenal des beys) : son passé, l'esclavage / par Paul Cézilly,... ; avec une étude sur l'état actuel, par A. Canavaggio,...

Pour une meilleure lecture vous pouvez télécharger le texte ci-dessous, transcrit du document original, appartenant à la BNF

 

 Notice sur Porto Farina (Tunisie), (port corsaire et arsenal des beys) : son passé, l'esclavage / par Paul Cézilly word1 Notice sur Port Farina Tunisie 1912_BNF

 

 

NOTICE SUR PORTO FARINA (Tunisie)

Lors d’un séjour de plusieurs années dans le Nord Tunisien il m’a été donné de demeurer à plusieurs reprises dans la petite ville de Porto- Farina. Située entre Tunis et Bizerte, auprès des ruines d’Utique, ce petit port fameux dans l’antiquité, fréquenté des navigateurs, refuge des corsaires, puis arsenal des Beys, encadré par la montagne, la mer et une riche campagne que beaucoup d’auteurs autorisés considèrent comme l’endroit où Saint Louis rendit le dernier soupir ; mais tombé dans l’oubli absolu, m’a paru digne d’attirer l’attention des touristes. C’est pourquoi j’ai entrepris de redire en quelques lignes son histoire, espérant ainsi faire partager à quelques amateurs d’inédit les impressions toujours vivaces que j’ai conservé de ce joli pays.

 

Porto-Farina, cette petite ville, ou plutôt ce grand village que les Arabes appellent Rar’h el Melah (la caverne, ou la fosse au sel) est située sur le lac du même nom, à 57 kilomètres N. de Tunis et à 44 kilomètres N.-E. de Bizerte,au pied de collines pittoresques de 300 à 350m d’altitude.

Le lac, de 30 kilomètres carrés, alimenté par les débordements de la Medjerdah et communiquant avec la mer par une passe de 500^ qui, malheureusement chaque jour s’ensable davantage, a toujours été très fréquenté.

 

Une belle route bien entretenue, de création récente, rend la visite facile. Quittant à mi-chemin la route de Tunis à Bizerte le voyageur, après avoir aperçu de loin le village si bien nommé de El Alia (l’Elevée), rancienne Cotuza, juchée sur une hauteur qui domine les plaines de Bizerte, son lac et les villages du littoral, arrive peu après

à Ousdja. Il parcourt une fertile région plantée de beaux oliviers et aperçoit ensuite l’emplacement d’Utique et l’embouchure de la Medjerdah.

Traversant longuement des jardins verdoyants et bien entretenus, il longe le lac au pied de la montagne et passe devant les ruines du palais d’Abd el Moumen et le fort Génois pour arriver enfin dans la ville sur une petite place entourée par les ruines du grand palais et le vieux souk si curieux malgré son aspect délabré et l’attitude indifférente des rares vendeurs qui en occupent encore les quelques boutiques demeurées utilisables.

Puis c’est le port, l’arsenal, les casernes, la mosquée et sa fontaine, le grand fort el Oustani, le fort Nadour transformé en bagne, et au loin, blanc sur le ciel bleu, surmonté du drapeau écarlate, heureux mélange de nos trois couleurs, le marabout vénéré de Sidi Ali el Mekki,

Rien n’est plus impressionnant que l’aspect de ces forts majestueux, de ces palais dévastés, des grandes cours abandonnées, des salles aux plafonds écroulés avec leurs fenêtres béantes, leurs portes arrachées, leurs pans de muraille encore revêtus de brillantes céramiques au milieu d’un amoncellement de colonnes brisées, de poutres enchevêtrées, de fers tordus, le tout revêtu d’un fouillis de végétation et malgré les intempéries et les pillages successifs laissant apercevoir çà et là d’anciennes inscriptions ou des débris remarquables de marbres artistement sculptés.

 

En toute saison des bandes d’oiseaux migrateurs s’ébattent sur le lac et les barques des pêcheurs, cinglant vers les poissonneux barrages, évoquent des chasses et des pêches fructueuses. Les grosses ancres abandonnées sur la grève rappellent l’ancienne activité de l’arsenal et du port, cependant que les canons rouilles des forts et leurs façades incrustées de boulets redisent les visites des flottes libératrices, tandis que le bruit des fers de la chiourme qui passe évoquent les labeurs des Pères de la Rédemption. (1)

 

«Porto-Farina fut la Ruscimona ou plutôt Rusucmona punique. Ce mot signifierait en phénicien Promontoire des vivres dont le nom actuel Porto ou Capo Farina serait la traduction littérale.

Ce fut dans sa rade que la flotte carthaginoise alla passer la nuit avant d’attaquer celle de Scipion.

Rusucmona se trouvait, en effet, dans le voisinage d’Utique. Son nom indiquerait aussi qu’elle devait être placée sur ou sous un cap (Rus Esmoun. Cap d’Esmoun, Apollon ou Esculape).

D’après Maltzer, Rusucmona viendrait de Ras tsanan, le Cap Pointu.

Or, Rarh El Melah est précisément située sous le Cap Zebib (Promontorium Àpollinis

des Romains).

 

(1) Bien que le spectacle des déchéances humaines soit toujours

angoissant, le passage fréquent des forçats indigènes enchaînés

courbés nous le joug de la discipline et de la fatalité, est certainement

un des épisodes émotionnants d’une excursion à Porto-Farina.

Une visite du bagne même, redonnerait une vision rétrospective

exacte des captifs dont nous nous efforcerons, plus loin, de retracer

en quelques lignes la vie si agitée.

 

«Cette station maritime, qui ne reparaît pas dans les textes de l’époque romaine, n’était probablement qu’un mouillage dont l’importance, du moins comme centre de la population, ne s’est accru qu’après l’établissement du port d’Utique.

Rarh el Melah était encore, il y a moins d’un siècle, un des principaux arsenaux de la Régence et un centre très actif, alimenté par les exportations de blé de Mateur et de Beja. Nous pensons que les Castra Loelia, placés par Pomponius Mêla dans le golfe d’Utique, ont remplacé Rusucmona après les guerres puniques. L’ordre même dans lequel les localités sont énumérées par Mêla nous paraît justifier cette hypothèse qui explique en outre la disparition du nom de la ville punique.

 

«Inaltero sinusunt Castra Lselia (Porto-Farina).

Castra Cornelia (Kalaat el Oued), Flumen Bagradas (Medjerdah), urbs Utica.

 Le géographe romain procède de l’Ouest à l’Est. Il est à remarquer que Caius Laslius, lieutenant de Scipion, commandait la flotte romaine et avait fait, en 205, une descente heureuse sur cette partie du littoral, puisque les Castra Laelia étaient certainement des Castra Navalia. Située en face du Cap Cornélien et abritée contre les vents qui compromettaient souvent la sécurité du mouillage de Kalaat el Oued, Rusucmona avait dû être occupée, au moins momentanément, par le commandant des flottes romaines. »

 

«La tradition locale semble confirmer la correspondance que nous proposons. La plaine qui s’étend à l’ouest de Rarh el Melah porte le nom de Bahirt el Kalaa (plaine de la forteresse, et ce nom se rattache très probablement au souvenir du campement de Loelius comme celui de Kalaat el Oued (la Forteresse du fleuve) rappelle l’emplacement du camp Cornélien. » (Tissot ; province Romaine d’Afrique.)

Il est certain que Porto-Farina fut un important faubourg d’Utique et remplaça même cette ville après sa ruine. De riches villas devaient s’élever sur les bords du lac et ont dû disparaître au milieu des alluvions du fleuve. Un superbe tombeau, découvert en 1898, et des vestiges nombreux très importants, rencontrés dans les jardins du rivage, témoignent de l’opulence des habitants et de leur amour du beau. Il n’est pas douteux que des fouilles bien dirigées donneraient des résultats fructueux.

 

D’après J.-J. Marcel, membre de l’Institut d’Egypte, Saint Louis mourut à Porto-Farina en 1270 et non à Carthage. «Bientôt, dit-il, une maladie terrible, la peste, se répandit dans le camp de Saint Louis et décima l’élite de son armée. Il en fut lui-même attaqué et transporté de Carthage où il avait son quartier général à Porto-Farina. Il y mourut le 25 août.» Cette opinion est partagée par le Dv Frank, qui fut médecin du Bey de Tunis en 1806 et qui a laissé de très intéressants travaux sur la Tunisie et ses habitants.

« Porto-Farina au fond du golfe formé par le cap que les Maures ont nommé Ras Zebyb, c’est-à-dire Cap des Raisins, est une très petite ville avec un port assez profond qui peut contenir environ vingt-cinq navires.

 

 Le Bey tient toute sa marine, ou pour mieux dire sa petite escadrille, dans ce port pendant tout le temps de l’hiver. On assure que c’est en cet endroit que Saint Louis mourut de la peste à sa seconde croisade. »

Il est très probable, en effet, que la flotte du roi vint se réfugier à Porto-Farina comme le faisaient toutes les flottes qui venaient attaquer Tunis.

Lors de l’expédition de Charles-Quint, en 1535, ses forces séjournèrent dans le lac (Chroniques Belges). L’escadre était, dit encore J.-J. Marcel, composée de 400bâtiments portant 25.000hommes de troupes. Le débarquement s’opéra sans peine, et le quartier général fut établi, sur le lieu même où avait campé Saint Louis.

 

Il ne semble pas qu’à cette époque la plage fut fortifiée où qu’elle l’était en 1573 lors de l’expédition de Don Juan d’Autriche qui reçut l’ordre de raser, comme trop coûteux, les forts précédemment construits par les Espagnols dans la région.

Cet ordre, du reste, ne fut pas exécuté.

Le fondateur de la ville actuelle fut Ousta Moutad, 1637-1640, successeur de Youseff. Ce pacha, célèbre corsaire, voulant empêcher les chrétiens de chercher un refuge dans le lac, ordonna d’y construire un fort, puis, en 1640, d’y aménager un port. Il prescrivit d’y créer une ville et d’y retenir les habitants en faisant des avances et en accordant des libertés à ceux qui viendraient s’y fixer.

Les Andalous s’y établirent en grand nombre, attirés par ces avantages, de même qu’à

Raf-Raf et à Ras Djebel. Le lac, à cette époque, avait une grande profondeur.

Sous le gouvernement de Mustapha Laz, successeur de Mohammed, l’amiral anglais Blake, envoyé par Cromwell, le 8 février 1654, parut devant

Porto-Farina. Hamouda Bey, qui commandait l’armée tunisienne, se hâta d’accourir avec toutes ses forces et l’amiral leva l’ancre sans attaquer, mais il reparut le 3 avril et, le lendemain 4, vint bravement s’embosser avec ses neuf vaisseaux de ligne à une demi-portée de fusil des batteries turques.

Aussitôt elles firent rage. Les bâtiments ripostèrent à leur feu par une canonade effroyable et criblèrent de projectiles les ouvrages de l’ennemi.

L’issue de cette lutte demeurait toutefois indécise, lorsque, profitant de la fumée, l’amiral

mit à la mer quelques chaloupes remplies d’hommes déterminés et leur prescrivit de brûler cinq gros vaisseaux tunisiens dans le port.

 Les flammes de l’incendie achevèrent d’épouvanter les Turcs dont le feu était déjà éteint par celui de l’escadre anglaise. Tunis s’empressa de traiter et le prix de la victoire fut la liberté de tous les Anglais et Hollandais détenus dans les bagnes. Le lac avait alors de neuf à quinze mètres de profondeur.

 

En 1682, Mohammed Tabak est arrêté et son fils Ali Bey le fait étrangler à Porto-Farina. Cette ville, à cette époque, devait posséder une forte garnison de soldats, notamment de zouaoua qui, dotés de chevaux par Ousta Mourad, avaient pris le nom de Sbahiâs(ou spahis). De nombreux esclaves étaient occupés à l’entretien des navires. Le P. Le Vacher fonda alors, à Bizerte, une chapelle pour les chrétiens qui venaient au Cap Zebib pêcher le corail, ainsi que pour ceux détenus à Porto- Farina traités très durement par une population féroce.

Déjà, à cette époque, le fort El Oustani qui servait de nos jours de lazaret, avait la même destination.

En 1671, nous dit le Dr Guyon, « trois navires que Mourad Bey avait envoyés en Turquie pour prendre des troupes, revinrent à Porto-Farina dans les premiers jours de juillet avec un millier de soldats dont quelques-uns atteints de la peste. Le Bey donna, à cette époque, une nouvelle preuve de l’extravagance de son caractère en se rendant à bord des vaisseaux pestiférés en compagnie de plusieurs officiers qu’il contraignit de se mettre en communication avec les malades.

Mourad poussa plus loin la folie, il prit la pipe d’un pestiféré afin sans doute de mettre ses courtisans dans l’alternative d’encourir sa disgrâce ou d’imiter sa coupable témérité. »

Il semble cependant que le premier arsenal digne de ce nom ne date que de 1707.On conserve dans la région, dit le P. Anselme des Arcs, le souvenir des familles André, Cubisol, Gaspary, originaires de la Ciotat, pour la plupart maîtres des travaux et protecteurs des chrétiens.

En 1720, le P. Comelin, de l’ordre des Mathurins, envoyé sur la côte Africaine par la Rédemption des Captifs, fit escale à Porto-Farina.

Voici ce qu’il nous dit de son séjour : « Le 14 février, au matin, on reconnut la Garitte

(Galitte) et le soleil prenant le dessus ne tarda pas à faire apercevoir la côte de Barbarie, ce qui engagea de passer le reste de la nuit sans voiles et de tenir le large. Le capitaine se flattant d’arriver le lendemain à la rade de Porto-Farina fit mettre, dès le mâtin, toutes les voiles, mais le calme qui le prit vers la Tache Blanche (?) le força d’y mouiller et d’y jeter l’ancre. Le 16, au matin, on tira un coup de canon pour faire venir à l’obéissance tous les capitaines et patrons des barques françaises qui se trouvaient dans la rade, ce qui fut exécuté/Mais malgré le secours de toutes les barques et chaloupes, ce ne fut que le lendemain, à la faveur d’un petit vent et d’une sorte de marée, que l’on put remorquer le vaisseau et s’avancer à la bouche du port. Après avoir mis pied à terre et s’être délassé pendant quelques heures des fatigues de la mer, M. Dussault (l’Envoyé), avec les personnes de sa suite, fut rendre visite au gouverneur de Porto-Farina qui le reçut avec toutes les marques de distinction. Mais comme il y fut question de cérémonies ou de salut au vaisseau du Roy à son arrivée dans le port, le gouverneur n’osant saluer le premier sans ordre du Bey qui, pour lors, était au camp, demanda du temps à M. l’Envoyé pour avoir à ce sujet des ordres précis. Le Chancelier de la Nation profita de cet intervalle pour informer pareillement de l’arrivée de M. Dussault. M. Basli, consul à Tunis, qui en partit aussitôt accompagné des principaux de la Nation, pour lors résidants dans cette ville.

Le Gouverneur ne reçut réponse du Bey que le 22 et donna aussitôt les ordres pour le salut qui fut fait de toute l’artillerie des trois châteaux, chacun même par distinction ayant tiré deux coups à boulets.

Le 24, M. Dussault, accompagné du Consul, du Chancelier, 4e deux députés et plusieurs autres de la Nation, prit la route de Tunis où il arriva le soir même quoique par terre, il y ait plus de quinze lieues de Porto-Farina. M.’le Consul avait eu soin de faire porter toutes les provisions nécessaires, sans laquelle précaution ils auraient couru le risque de ne trouver dans toute la route qu’une rivière pour se désaltérer.

Le P. Bernard s’étant cru obligé de rester quelque temps à Porto-Farina pour la consolation et le soulagement des esclaves qu’il y trouva occupés à l’entretien des vaisseaux ne put y rejoindre M. Dussault que le 20 février. »

 

Peysonnel, qui vint en 1724 à Porto-Farina, écrit ; « Nous couchâmes à Porto-Farina que les Turcs appellent Gramela. C’est un petit endroit fameux par sa rade et son port très bon et très sûr, le meilleur et presque le seul qu’il y ait sur toute la côte de Barbarie. Il est situé au-dessous d’une grosse montagne qui forme le Cap Zebibe (Promontorium

Apollonis). Cette montagne le met à l’abri des vents N.-N.-O. et N.-E., les plus dangereux dans ce pays, la rade est un grand bassin, elle a environ une lieue de long sur une demi-lieue de large, l’entrée en est étroite et le devient tous les jours davantage parce que la rivière de Bagradas qui se décharge directement à son entrée, charrie beaucoup de sables et le comble peu à peu. Il est à craindre que dans quelque temps elle ne se ferme complètement. Je me suis convaincu que depuis dix ans le fond avait diminué de plus de dix pieds, de sorte que les. vaisseaux de guerre touchent presque tous en entrant aux endroits où ils passaient autrefois à l’aise. Au fond de cette rade on a posé plusieurs môles qui forment un bassin carré capable de contenir une trentaine de bâtiments en toute sûreté. Cette rade est défendue par quatre châteaux garnis de canons tournés du côté de la terre mais en état de bien défendre l’entrée de la rade. Il n’y a pas plus de soixante ans que l’on a commencé à construire quelques maisons autour de ces châteaux. L’endroit est petit, mal bâti et très irrégulier. C’est là que le Bey de Tunis entretient quatre vaisseaux de guerre et où il créa un arsenal qui n’est pas trop bien fourni ni pour les manœuvres, ni pour le bois de construction, ni même pour l’artillerie.

Le voyageur ajoute : «J’ai trouvé dans les environs de Porto-Farina plusieurs jolies plantes entre autre une très belle espèce de scrofulaires.

« Quelques jours avant mont départ (15 août 1724) le caïd ou chef me fit conduire dans un lieu où il avait découvert une mine abondante de mercure sous le règne d’Ali Bey, père de celui qui gouverne aujourd’hui. Ce prince l’ayant appris la fit boucher en disant : Si les princes chrétiens savaient qu’il y a des mines dans mon royaume je n’y vivrais plus en sûreté (Peyronnel et Desfontaines), lettres publiées en 1838, par Dure au de la Malle). Peyronnel signale des mines importantes à Métline et à Ras Djebel. »

 

L’an 1770, des difficultés éclatèrent entre la France et le Bey Ali, à propos des navires corses capturés par les corsaires tunisiens et des droits méconnus des français occupés à la pêche du corail. De plus, un corsaire fameux, El Djerbi, avait recontré en mer un navire de commerce dont il avait injurié et battu le capitaine.

M. de Broves, envoyé par le roi, vint s’établir à Porto- Farina avec son escadre qui comprenait deux vaisseaux de guerre, l’un de 74, l’autre de 50 canons, deux frégates chacune de 20 canons, deux chebeks chacun de 20 canons, deux galiottes à bombes, une flûte et autres navires fournis par Malte. Trois gros vaisseaux arrivés en mai bloquaient la Goulette. Le bombardement dura deux jours.

 

Le 1er août l’amiral alla attaquer Bizerte, qu’il bombarda un jour et une nuit. Plus de trois cents bombes furent lancées sur la ville, le port fut incendié et les habitants durent se réfugier dans l’intérieur. Un coup de vent obligea l’escadre à quitter Bizerte pour la Goulette. M. de Bjoves attaqua ensuite Sousse et Monastir. Enfin, la paix conclue le 2 juin assura pour la Corse les privilèges accordés à la France. Le droit des pêcheurs de corail français établis à la Calle fut maintenu et les esclaves corses obtinrent leur

liberté.

 

En 1784, l’amiral vénitien Emo parut devant la ville d’où il partit attaquer les autres ports de la Régence. A partir de ce moment le port ne paraît pas avoir reçu la visite de flottes ennemies. A cette époque André est maître constructeur à Porto-Farina. On le voit chargé par le Bey de sauver un navire vénitien naufragé à la Goulette, mais il en est empêché par le Chevalier Quérini, commandant une division vénitienne qui réclame ce droit. Lamarinebeylicale tombe alors en décadence et le Dr Frank, déjà nommé, vingt ans après, écrit dans ses mémoires : « J’appris cependant que la plupart des navires tunisiens étaient stationnés pendant l’hiver à Porto-Farina et je dus rester dans l’incertitude sur la nouvelle force maritime de Tunis jusqu’au jour où ces bâtiments

vinrent se réunir dans la rade devant la Goulette.

Cette escadre si vantée n’était composée que de seize voiles, savoir : une seule frégate, quelques bricks et corvettes et quelques petites pinques à peine armées qui avaient été prises sur les Napolitains.

« Si, à cette marine de l’Etat, on ajoute vingtquatre petits corsaires appartenant à des particuliers montés par quelques mauvais marins et encombrés par autant de soldats qu’il est possible d’y entasser, on aura une idée complète de la marine de la Régence. »

En 1818 par suite de l’ensablement considérable de la passe l’arsenal fut transporté à la Goulette.

Cependant, en 1819, après la destruction de la marine algérienne par Lord Exemouth (1816), le Bey se détermina à mettre sa marine de guerre à l’abri d’un coup de main* « Il résolut de rendre à Porto-Farina son ancienne destination de port militaire, les sables de la mer et ceux charriés par la Medjerdah avaient tellement encombré la passe qu’il fallut employer un nombre considérable d’ouvriers et plusieurs bateaux dragueurs. Au mois de décembre le Bey se rendit à Porto-Farina pour assister à l’entrée dans le lac de plusieurs de ses bâtiments de guerre. Une corvette, une gabarre et une goélette franchirent la barre sans difficulté et vinrent mouiller sous les forts de la place à l’abri de toute entreprise ennemie. Elles furent bientôt rejointes par le reste de la flotte tunisienne composée d’une frégate neuve construite à la Goulette, de deux gabarres, quelques bricks et goélettes et un assez grand nombre de chaloupes canonnières. » (Rousseau, Annales.)

En 1820, l’escadre tunisienne comprenait deux corvettes, deux bricks, deux goélettes et trois gabarres.

Une violente tempête, le 7 et 8 février 1821, détruisit la flotte à la Goulette. A cette époque Porto-Farina était abandonnée.

En 1834, les ateliers de Marseille fournirent au Bey une frégate et deux corvettes. La frégate fut vendue quelques années plus tard. Des deux corvettes l’une fut envoyée au Sultan, l’autre se perdit sur les côtes de France. (Lebault.)

Cet état de choses continua jusqu’en 1837. « C’est alors que le Bey Ahmed, très imbu dés idées européennes et préparant son voyage de France, résolut de créer à Porto-Farina un arsenal à l’européenne et d’établir à Tunis une école polytechnique, pépinière de futurs officiers. Malheureusement ces projets ne purent aboutir. C’est de cette époque que date le réyeil momentané de la Ville».

« Le palais du Bey et de sa suite fut construit à grands frais, les casernes, les magasins surgirent comme par enchantement, les vieux forts furent restaurés, le port nettoyé et aménagé. Une frégate, construite en 1840,ne fut lancée qu’en 1853,

car, malgré l’avis des constructeurs, elle n’avait pas été doublée en cuivre, le taret l’eut bientôt cussonnée au ras de flottaison et l’on dût la démolir en 1868 dans le port qu’elle encombrait. (Rousseau).

En 1846, le Bey Ahmed quitta Porto-Farina à bord du bateau français le Dante pour son voyage en France.

De cette époque date, l’abandon du port qui, mal entretenu, était devenu inaccessible.

Une forte garnison de 10.000 hommes avait été établie dans les casernes, mais elle fut retirée peu à peu.

En 1850, Salah Chiboub, ancien tambour favori du Bey, commandait la province. Des troupes, ainsi que l’indique Dilhau dans son Histoire de la Régence, séjournaient cependant encore en 1857 à Porto-Farina.

Il y avait alors deux régiments qui détachaient des troupes à Bizerte. Les jeunes qui composaient ces régiments n’étaient pas au service au même titre que les autres. Ils se faisaient remplacer et ne servaient que six mois de l’année. C’est vers 1853 qu’une station de missionnaires fut formée à Porto-Farina.

 

Au début de l’occupation française la Compagnie du port de Bizerte tenta de rétablir à la circulation la barre qui ferme le lac Une tempête survint qui rendit le travail inutile. Plusieurs

Compagnies se sont succédées pour exploiter la pêche si abondante et si variée. La difficulté du transport et la conservation du poisson avait rebuté les entrepreneurs. Grâce aux nouvelles routes, aux transports rapides et aux procédés pratiques de congélation il n’est pas douteux que l’on n’obtienne des résultats très satisfaisants.

Autour du Cap étaient autrefois des bancs d’huîtres estimés dont le Bey se réservait le monopole.

Daurades, mulets, loups, maquereaux, merlans, rougets, limandes, soles viennent frayer à différentes époques dans le lac ; ils varient la pêche qui se pratique aux barrages dans des bordigues fort bien installées.

 

Parlant des Etablissements Maritimes Beylicaux M. d’Estournelles de Constant s’exprime en ces termes :

« Porto-Farina n’est rien moins qu’un splendide  établissement militaire et maritime construit à l’européenne. Arsenal, casernes en pierres de taille, rien n’y manque, si ce n’est l’homme; depuis plus de trente ans l’homme et l’eau. Nous eûmes un jour l’occasion d’aller la visiter sur un de ces bateaux qui passent par tous les fonds.

Arrivés dans la baie nous nous préparions à débarquer lorsque à l’entrée même du chenal qui conduit au port nous touchâmes le sable. Il nous fallut rentrer à Tunis, n’ayant pu contempler que de loin, au-delà d’une lagune mélancolique, les grands édifices encore intacts et tous vides que devaient animer dans l’esprit d’Ahmed la présence d’une armée et d’une flotte. En construisant tous ces palais on n’avait pas songé à la Medjerdah qui se jette dans le golfe et qui, abandonnée depuis des siècles à elle-même sur presque tout son parcours dans le nord de la Tunisie, sans quais, sans barrages, sans jetées, emporte chaque année à la mer des plaines entières qu’elle devrait fertiliser.

D’immenses dépôts de limon comblent ainsi son embouchure et se déplacent incessamment, ils obstruent vite le port dont s’enorgueillissaient les Beys. 11 eut fallu, pour diriger la Medjerdah,un travail ingrat et productif, mais peu apparent, profitable surtout aux générations à venir. Ahmed aima mieux construire des édifices inutiles, mais qui lui feraient honneur de son vivant.

« Quand le Bey, dit-il plus loin, abandonne son palais et change de résidence, les fonctionnaires le suivent et déménagent. Sous prétexte d’économies, chacun enlève tout ce qui est transportable, non-seulement les meubles mais les fenêtres, les vitres de couleur, les charpentes, les toitures sont arrachées, seules les pierres ne valent pas le voyage, elles restent debout superposées en solides murailles, mais sans toit, trouées d’ouvertures béantes au travers desquelles on voit du dehors de grandes salles qui ont encore çà et là leurs corniches dorées, leurs peintures et qu’habitent les figuiers sauvages et les ronces ».

 

L’ESCLAVAGE

 

Il est difficile de retracer l’histoire de- Porto- Farina sans dire quelques mots de la piraterie et de l’esclavage puisque ce port fut le berceau de la marine corsaire tunisienne et que ses forts et ses bagnes abritèrent pendant des siècles des malheureux chrétiens dont les religieux et les voyageurs nous retracent à chaque visite la situation si misérable.

Il convient toutefois de bien établir que la piraterie fut surtout l’oeuvre des Algériens dont la marine était plus puissante que celle de Tunis.

Ces marines furent d’ailleurs pendant longtemps intimement unies, et le Maroc contribua pour une large part également aux exploits des corsaires barbaresques.

D’après quelques auteurs (La Condamine) et les récits de quelques captifs peu scrupuleux, débrouillards (d’Aranda) ou d’humeur joyeuse (Régnard) l’esclavage était très supportable, à tel point que l’on vit des captifs revenir de plein gré chez leurs anciens maîtres.

Pour d’autres, les plus nombreux, au contraire, la vie des prisonniers était intolérable.

Il ne faut pas oublier non plus que le nombre et le sort des chrétiens a été très variable. Quand les visites des flottes européennes et leurs énergiques réclamations furent fréquentes, par suite des délivrances forcées, des échanges ou des rachats, le nombre des esclaves diminua considérablement, et leur sort s’améliora ; les musulmans craignant des représailles ou espérant par leurs bons soins obtenir des rachats avantageux ou des échanges plus importants.

En 1634, à Alger, il y avait, dit-on, trente-six mille captifs, dont quinze mille femmes. A Constantinople, leur nombre était plus élevé encore, et le montant du prix représentait plus de vingt millions de livres. Avant cette époque, les corsaires célèbres, Aroudj et Kheired Din, établis à Tunis, firent de cette ville le centre de leurs expéditions.

 

C’est pour abattre leur orgueil que Charles Quint dut entreprendre sa célèbre expédition de 1535. Les vingt-cinq mille esclaves européens enfermés à Tunis lui ouvrirent les portes de cette ville, ceux-là même que Kheir ed Din avait employés à creuser le canal et le port de la Goulette.

Sous les commandements da Salah Raïs, fils de Kheir ed Din, et de Sinan, les esclaves chrétiens ne cessèrent d’encombrer les prisons.

 

En 1802, huit cents habitants de l’île Saint-Pierre, sur les côtes de Sardaigne, furent encore capturés par les Tunisiens, et, dans une lettre datée du 24 mai 1805 de Barletta, sur l’Adriatique, P.-L. Courier écrit: « On ne connaît pas ici de maisons de campagne ou de villages parce que les brigands rendent la campagne inhabitable, il n’y a de cultivé que les environs des villes, le sol est très fertile, et produit presque sans travail une grande quantité de blé qui, avec l’huile, forme tout le commerce du pays sujet à des avanies continuelles tant de la part des gouverneurs que des Barbaresques.

Quoi que ce soit un port, on ne peut y avoir de poissons parce que les pêcheurs sont enlevés jusque sur la côte ».

C’est aux religieux et notamment aux Trinitaires et aux Pères de la Merci que les esclaves doivent l’adoucissement de leur sort. Les récits de ces Rédempteurs bien placés pour connaître leur situation réelle surtout celle des vieillards, des pauvres et des infirmes, nous mettent en droit de penser que l’existence de ces détenus était abominable tant au point de vue moral qu’au point de vue matériel.

Deux ordres religieux se consacraient spécialement à secourir et racheter les esclaves.

D’abord les Trinitaires ou Mathurins, ordre fondé en 1198 par Saint Jean de Matha et Félix de Valois pour la délivrance des chrétiens. Le cheflieu de l’ordre était à Cerfroi (aux confins de la Brie et du Valois). Les frères ne pouvaient manger ni poisson ni viande, si ce n’est le dimanche, et encore fallait-il que cette nourriture eut été donnée en aumône. Ils ne devaient porter que des vêtements grossiers et dans leurs voyages ne pouvaient monter que des ânes, d’où leur nom de Pères aux Anes.

En 1267, la règle fut modifiée par Clément IV qui permit aux Trinitaires l’usage du cheval et modifia le costume. Vêtement blanc avec une croix rouge et bleue sur là poitrine. Ils étaient établis dans une ancienne aumônerie de l’ordre de Saint-Benoît, dédiée à Saint-Mathurin (sur l’emplacement des thermes de Julien, Musée de Cluny) d’où leur appellation commune. On les désignait encore en France sous le nom de Ministres.

Ensuite, les Pères de la Miséricorde ou de la Merci, ordre fondé à Barcelone à l’imitation de celui des Trinitaires (1218) et approuvé en 1235 Par Grégoire IX sous le nom de Congrégation de Notre-Dame de la Miséricorde.

Primitivement, l’ordre était composé de clercs et de chevaliers, puis ne comprit plus que des ecclésiastiques.

Ces Pères allaient pieds nus, pratiquaient la retraite, l’abstinence et la pauvreté. Il y avait quatre provinces, deux en Espagne, une en Sicile, la quatrième en France.

Les Capucins, ordre créé en 1526 par Mathieu Baschi, fondèrent en 1624 une Mission à Tunis, sous le nom de Procureurs des Esclaves et s’établirent en 1636 à Tabarka qui appartenait à la famille Lomellini, de Gênes.

Le Père Le Vacher, qui mourut en août 1682 martyrisé par le fameux corsaire Mezzo Morto qui le fit attacher à la gueule d’un canon, avait construit en 1672 une chapelle à Bizerte pour le service religieux des chrétiens pêcheurs de corail au Cap Zebib. On n’avait pu, en effet, installer des religieux à Porto- Farina tellement la population de ce port était «féroce et versatile capable de détruire en un jour le travail d’une année ». (Da Cesinale.)

Si le sort des détenus était précaire à Bizerte il n’était pas moins insupportable à Porto-

Farina. Parlant d’une visite qu’il rendit au Père Le Vacher, de\ Bizerte, un Père Capucin écrit :

« Parmi les captifs de cet endroit, autres que ceux des galères, nous avons trouvé quarante esclaves en une prison si petite et si étroite qu’ils pouvaient à peine se mouvoir. Il ne recevaient l’air que par un soupirail garni d’une grille placé au haut de la voûte. Ils étaient enchaînés deux par deux et toujours enfermés, toujours occupés à moudre le grain avec un petit moulin à bras et obligés de fournir chaque jour une quantité au-dessus de leurs forces. Il sont véritablement nourris du pain de la douleur et l’on peut littéralement dire qu’ils mangent à la sueur de leurs fronts dans ce lieu si étouffant accablés par un pareil labeur ».

Une grande partie des chrétiens étaient donc employés comme rameurs sur les navires corsaires.

D’après le récit d’un esclave les bâtiments étaient de trois sortes :

1° Les demi-galères construites en bois de sapin de soixante pieds de quille et d’une proportion mince et légère, et hors d’état, par conséquent, de supporter une longue navigation ;

2* Les galiottes, plus longues que les demi-galères et à peu près de même construction, les unes et les autres peuvent porter trois cents personnes;

3° Les chebeks, construits comme un navire à deux mâts et qui s’éloignaient pour faire des voyages en haute mer.

Les équipages étaient composés de rameurs chrétiens, enchaînés à leurs bancs nuit et jour, surveillés par un gardien qui parcourait ces bancs sur une passerelle, frappant à coups redoublés pendant les poursuites qui, souvent, duraient dix, douze et quatorze heures de suite. (Slade.) Les autres matelots pour la manoeuvre des voiles que l’on utilisait le plus possible, étaient des Algériens pour la plupart ou des Marocains de Salé.

 

Les soldats étaient surtout des montagnards de la côte.

On embarquait aussi, mais en petit nombre, des renégats dont on redoutait la trahison. Lors de la grande course un Agha commandait à tous, même au Raïs.

Le corsaire quittait le port, arborant de superbes bannières qu’ils dissimulait ensuite pour hisser le drapeau d’une puissance chrétienne de façon à s’approcher de l’ennemi. Dès qu’il était à portée de voix, un renégat de la nation en vue engageait la conversation pour bien connaître les forces et la valeur de l’adversaire que l’on n’attaquait qu’à bon escient. Quand on capturait un navire de peu de valeur il était pillé puis incendié. Dans

le cas contraire, la prise était envoyé au Dey sous la conduite des chrétiens prisonniers. A l’arrivée on hissait le pavillon du vaincu et l’on saluait le port par un nombre de coups de canon en rapport avec la capture.

Les esclaves débarqués traversaient le port pieds nus et la tête découverte pour être conduits au marché.

Pour le partage des parts, les usages assez variables pouvaient cependant se résumer de la manière suivante : Le Dey choisissait un esclave sur huit et avait droit au huitième de la cargaison (Alger). Le capitaine prenait tout ce qui se trouvait dans la chambre du navire. Le reste était partagé entre les matelots et les soldats.

A Tunis on prélevait : 10 % pour le Pacha1%  pour l’entretien du port, 1%  pour les marabouts, % dont 10, 12, 15 % pour le capitaine et 40, 38 ou 35 % pour les armateurs, soit 62 %Sur les 38 %0 restant dus, il revenait 3 % au chef des soldats,

3 %au lieutenant, 3 %aux soldats, 3 % aux maîtres canonniers (renégats), 3 % aux canonniers, 3 % au pilote, 3 %au contre-maître de manoeuvre de voiles, 3 %au chirurgien (renégat ou chrétien), 2 %au maître de hache, 2 % au calfat, « 2 % aux marins esclaves loués par des maîtres qui touchaient la part de ces esclaves et

8 % au second du navire. (Dilhau.)

Les agrès du grand mât des navires sacrifiés appartenaient aux gardiens du port (droit de caraporta) et les agrès de misaine au capteur. La carcasse du navire était vendue aux enchères. Le Dey en avait le huitième.

Les prisonniers conduits au marché (Batistan) étaient exposés. On les interrogeait sur leur âge, leurs qualités, leurs aptitudes et leurs relations qu’ils devaient s’efforcer de dissimuler, leurs maîtres futurs devant nécessairement profiter de leur fortune ou de leur naissance au cas de rachat ou d’échange. On les faisait courir, sauter, marcher, puis on annonçait à haute voix les enchères au milieu des discussions les plus violentes etles plus ridicules. Il y avait, en effet, deux enchères, la première toute de ruses, car il fallait terminer au palais cette vente, l’enchère la plus élevée du marché devenant la première au palais, car le prix de la vente au marché appartenait aux propriétaires du navire et à l’équipage tandis que l’excédent d’adjudication profitait au Trésor.

Les chrétiens esclaves étaient ensuite logés soit chez leurs maîtres soit dans les bagnes ou bains publics.

Dans quelques villes, au Maroc notamment, ils habitaient les meilleures maisons du quartier Juif. Généralement, dans les bagnes, il se faisait des groupements par nation, et chaque nation avait un chef. Nous savons qu’au lever du jour chaque nation partait au travail jusqu’à midi avec un quart d’heure de repos le matin pour  déjeuner. De midi à une heure l’esclave se reposait, puis il reprenait jusqu’à quatre heures un durlabeur bien souvent prolongé. Ces travaux étaient fort pénibles : construction de murailles et forts, arrosage des champs et des jardins, creusement de canaux et ports, travaux de menuiserie et de décoration.

En certaines régions, les esclaves étaient obligés d’aller, la nuit, garder les bestiaux dans les champs, et n’employaient pour subsister que le vol ou la corruption.

Il semble que les différentes nations n’étaient guère en accord complet. Les Français, les Anglais et les Hollandais aimaient, paraît-il, à se réunir, tandis que les Italiens et les Espagnols faisaient bande à part.

Mais ici, comme pour le reste, on ne peut généraliser. Ces malheureux ne pouvaient correspondre que par l’intermédiaire des marchands ou des religieux de leur nation et bien heureux étaient ceux qui, par leur industrie, pouvaient améliorer leur sort et adoucir leurs gardiens.

Ceux-là parvenaient, par des travaux supplémentaires, confection de chapeaux, corbeilles, coffrets, cordons, à obtenir quelque nourriture supplémentaire qu’ils partageaient avec leurs compagnons infirmes ou malades qui étaient alors complètement abandonnés.

Dans ces bagnes qui, souvent, n’étaient que d’anciennes citernes où l’on descendait de la voûte par une échelle retirée le soir, éclataient des disputes et des rixes continuelles favorisées par le droit de vendre du vin accordé contre patentes considérables aux chefs de ces prisons qui en usaient, ou plutôt en abusaient largement.

Sous l’influence et la direction des religieux la vie de ces bagnes devint parfois plus supportable.

Les Pères y résidaient pour soigner les malades.

Ils y célébraient la messe et prodiguaient les secours matériels et spirituels. Ces bagnes portaient même des noms de saints : Bagnes Sainte-Croix. Saint-Roch, Sainte-Lucie, Saint-Antoine,Saint-Léonard, etc. Chaque chapelle était même administrée par deux esclaves marguilliers. Les Pères pouvaient circuler librement, ainsi que certains esclaves qui appartenaient à des maîtres plus humains auxquels ils rendaient des services comme médecins, scribes ou architectes.

C’est ainsi que Saint-Vincent-de-Paul qui fut esclave à Tunis, de

1605 à 1607 paraît ne pas avoir trop souffert de sa captivité dont il parle fort peu. Il y eut trois maîtres dont le dernier, Savoyard renégat, fut par lui ramené à la foi, et avec lequel il revint en France en 1607.

Tous, cependant, n’obtenaient pas les mêmes traitements et nombreux étaient les. renégats que l’appât d’une vie plus douce conduisit à l’apostasie.

Pour arriver à ce résultat on employait contre les chrétiens différents procédés dont les plus communs étaient l’ivresse, les faux témoins et les femmes. Ce dernier moyen, le plus ordinaire, exposait à une mort horrible l’esclave trouvé en conversation criminelle avec une musulmane.

C’était pour se soustraire aux plus cruels tourments qu’il abandonnait sa religion. Pour abjurer, le chrétien devait prononcer publiquement la formule: « Dieu seul est Dieu et Mahomet est un prophète ». La cérémonie variait ensuite avec les régions. Ici, le renégat prononçait la formule l’index levé vers le ciel, se faisait raser la tête, subissait la circoncision et recevait le turban.

Ailleurs il était promené sur un cheval, tenant entre le pouce et l’index une flèche la pointe dirigée vers le ciel. On lui procurait vingt-cinq écus, une femme, un chien, un chat, un coq et deux poules (Maroc).

Le prix des journées qu’il touchait comme chrétien lui restait toujours alloué et s’il travaillait pour le Dey il recevait une gratification supplémentaire.

Le Juif qui apostasiait devait se faire chrétien et manger du porc.

Néanmoins les renégats était méprisés. Quelques-uns obtinrent, il est vrai, grâce à cette abjuration, une grande indépendance et même des situations élevées puisque plusieurs furent des corsaires réputés, des chefs de l’armée, et des Beys célèbres. Mais pour le plus grand nombre la situation était plutôt équivoque. Ils habitaient un quartier séparé, ne pouvaient s’éloigner sans autorisation de plus de quatre lieues de leur résidence, et les renégats d’origine juive n’étaient enterrés que dans un cimetière particulier.

Seuls les esclaves prêtres ou médecins pouvaient circuler librement. Les autres, pour leurs durs travaux, ne recevaient que deux petits pains à peine cuits, faits de grossière farine, appelés lunes et environ deux sous de notre monnaie, et encore souvent devaient-ils partager avec leurs gardiens.

Ils étaient vêtus de sacs, la tête presque toujours découverte et succombant en foule à de longues et cruelles maladies. B

eaucoup furent battus jusqu’à la mort et noyés, empalés et même livrés aux bêtes (Maroc).

A ce triste sort ils ne pouvaient échapper que par la mort, l’échange ou le rachat. L’échange était rarement employé, néanmoins il était admis à l’échange qu’il fallait deux Maures pour un chrétien, de même qu’il fallait payer 800 piastres pour un Maure tué par un chrétien, et seulement recevoir 500 piastres pour un chrétien tué par un

Maure. On voit que les intérêts matériels n’étaient pas oubliés et que les avantages n’étaient pas du côté chrétien lors des transactions.

Quand les Pères delà Merci ou les Trinitaires avaient recueilli des aumônes suffisantes ils en donnaient avis aux administrateurs des bagnes qui demandaient le passeport des religieux avec déclaration des valeurs ou marchandises qu’ils apportaient. Le Dey prélevait 3  ½  0/0 sur les espèces et 12  1/2  0/0 sur les marchandises et exigeait en outre le rachat de quelques-uns de ses esclaves trop vieux ou incapables.

Les religieux commençaient par racheter les captifs de leur nation, ne rachetant d’autres chrétiens qu’avec l’excédant de leurs ressources.

Une messe d’actions de grâces était alors chantée et les rachetés y assistaient vêtus de vêtements blancs puis partaient en procession pour s’embarquer.

Le rachat avait lieu également par les gouvernements.

C’est ainsi qu’en 1805 Napoléon envoya à Alger son frère Jérôme racheter les esclaves français, italiens et liguriens pour 400.000 frs, de même que furent rachetés en 1798, à Tunis, au prix de 500 piastres d’Espagne par tête les huit cents habitants de Santa-Piétro, soit environ 500.000 francs. Une fois débarqués en France, les captifs partaient en procession, ils avaient laissé croître leurs barbes et marchaient deux à deux vêtus de manteaux blancs portant de lourdes chaînes afin de frapper l’imagination populaire et recueillir d’abondantes aumônes en vue de nouveaux rachats.

Un rachat de chrétiens se payait en moyenne 3.000 francs, Le prix d’une chrétienne était souvent de six cents sequins, soit 7.000 francs.

On payait d’après la valeur physique de l’individu, ses aptitudes et ses relations.

 

En 1627, il y avait à Alger soixante-dix vaisseaux de course et trente-trois corsaires quittèrent le port en 1634. Il y avait alors à Tunis quatorze vaisseaux ronds et vingt-cinq galères.

On peut évaluer à cent cinquante le nombre des vaisseaux qui faisaient la course sur les côtes de la Barbarie lors de la grande période de prospérité des marines corsaires.

La flotte des pirates Tripolitains fut détruite par les Chevaliers de Malte.

Quant à la piraterie Tunisienne sa décadence commença en 1806 et elle disparut quelques années après. A cette époque, dit le Docteur Frank, les navires étaient mal armés et ne quittaient plus la rade qu’en mai pour y rentrer au mois de septembre. Quand cette escadre était en rade aucun navire étranger ne pouvait mettre à la voile avant le départ de cette flotille. Les Tunisiens n’exerçaient plus la piraterie qu’en cas de guerre et envers leurs ennemis, respectant les neutres et les traités; tout au contraire des Algériens qui, à toute époque, pillaient amis et ennemis. Les Algériens, dit le même auteur, traitaient tous les ports en pays conquis et maltraitaient les équipages des nations européennes, les obligeant à leur fournir de l’eau.

Ils vexaient les marines Sardes, Napolitaines, Toscanes, Génoises et Espagnoles et les réclamations des consuls étaient peu ou point écoutées.

En’ 1816, lord Exmouth bombarda Alger et détruisit sa marine corsaire qui avait totalement disparue lors de la conquête française.

En 1817, Moulay Soliman, sultan du Maroc, abolit la course et fit racheter par le gouverneur du Sous les chrétiens captifs retenus par les Maures.

 

En 1818, la piraterie n’était plus qu’un souvenir.

Notre visite à Porto-Farina remontant à quelques années, nous avons pensé utile d’y joindre une étude détaillée sur sa situation actuelle. Nous ne pouvions mieux faire que de reproduire ici un travail inédit de M. Canavaggîo, le sympathique instituteur de cette localité qui, mêlé à la vie intime de la population, était mieux en mesure que quiconque d’en décrire la physionomie toute spéciale.

 

PORTO-FARINA D’AUJOURD’HUI

 

« La montagne qui domine Porto-Farina est le Djebel Nadour. Du sommet du Nadour, et par temps clair, la vue embrase un vaste panorama.

Vers l’ouest, on aperçoit, au loin, le Cap Blanc, Ferryville, Metline, pittoresque village arabe accroché au flanc d’une montagne, l’île des Chiens et son phare, et, plus près, Ras el Djebel et Raf- Raf. Vers l’est et le sud, la vue s’étend sur Zirabra, le Cap Bon, Sidi Bou Saïd, Carthage, La Goulette, une partie de Tunis, Rades, Hammam-Lif,

le Bou Kournin, le Djebel Reçass et, dans le lointain, le Zaghouan.

 

L’altitude et la position du Nadour avaient été utilisées par les Arabes qui, sur son sommet, avaient établi un poste d’observation (un nadour), pour signaler le passage des vaisseaux que les pirates, cachés dans la darse de Porto-Farina, allaient attaquer. Ce Nadour, dont il reste encore des vestiges, a donné son nom à la montagne.

 

Il y a une vingtaine d’années, le génie militaire y construisit un poste optique. Ce poste, occupé chaque année pendant 45 jours, correspond avec ceux du Cap Blanc et de Sidi Bou Saïd. Plnfin, en 1901, la Marine y a fait construire un sémaphore relié télégraphiquement à Bizerte.

Il serait en outre question d’y installer un poste de télégraphie sans fil.

Une piste de près de trois kilomètres de longueur, conduit au sémaphore en côtoyant des ravins très profonds. L’ascension, pas trop pénible, peut se faire en une heure ; vingt minutes suffisent pour redescendre.

Sur les flancs du Djebel Nadour poussent, en abondance, le thym, le romarin, la bruyère, etc.

Ces plantes, continuellement battues par le vent, ne s’élèvent guère au-dessus du sol et forment un immense tapis de verdure qu’émaillent de nombreuses fleurs pendant une grande partie de l’année.

Une seule source jaillit de la montagne, sur le versant de Porto-Farina. Malheureusement son niveau est trop bas et son eau, quoique abondante et de bonne qualité, ne peut être utilisée et se perd dans le lac. Située à plus de deux kilomètres du village elle ne sert qu’à abreuver les nombreuses bêtes de somme des indigènes et des Maltais qui se rendent, les premiers au pèlerinage de Sidi el Mekki, les seconds, dans les jardins qui bordent le lac. Cette source dénommée  » El Aïoun  » pourrait rendre de grands services si elle était captée quelques mètres plus haut.

Quant à l’eau qui alimente Porto-Farina, elle provient d’une source située à 7 kilomètres et jaillissant sur les hauteurs qui dominent le village de Aousdja. De récents travaux, exécutés pour la réfection de la conduite, ont fait découvrir les traces de 7 à 8 anciennes canalisations en maçonnerie, ce qui porte à croire que cette source avait été captée par les Romains.

Pour expliquer la rareté de l’eau dans la montagne, une légende locale veut qu’un cours d’eau souterrain traverse, dans toute sa longueur la chaîne de montagnes dont fait partie le Nadour?

Ce cours d’eau, qui n’existe que dans l’imagination de la population, irait se jeter à la mer à la Pointe Farina en face l’île Plane, où il produirait un fort courant ; la vérité est que la montagne est formée de couches rocheuses, presque verticales, qui ne laissent aucun passage à l’eau. Celle-ci s’en va jaillir sur l’autre versant, qui n’est pas rocheux, et forme plusieurs sources au-dessus de Raf-Raf. Une de ces sources, captée, alimente ce village ; les autres, dont quelques unes à débit très important, servent à irriguer les nombreux vergers qui, avec la vigne, constituent là principale culture de Raf-Raf.

Si la région de Porto-Farina n’a pas beaucoup de sources, elle est, du moins, une des plus favorisées de la Tunisie, sous le rapport de la pluie, qui y tombe régulièrement, et à intervalles assez rapprochés, de fin Septembre à fin Avril. Dans le dernier trimestre 1905, la station météorologique de l’école a enregistré 488 millimètres d’eau.

Enfin, dans les environs du village, la nappe souterraine n’est pas trop difficile à atteindre, et dans quelques propriétés, il a été creusé des puits peu profonds, qui fournissent en grande abondance, de l’eau d’excellente qualité.

Le climat de Porto-Farina est tempéré, la montagne abritant le village contre les vents du nord.

Sa plus basse température enregistrée dans le dernier trimestre 1905 a été de 5 degrés. Pendant l’été de la même année le thermomètre est monté jusqu’à 40 degrés.

Le vent dominant sur la contrée est le vent du nord-ouest qui y souffle, quelque fois, avec une violence extrême.

Pendant l’hiver 1902, une grande statue en marbre qui se trouvait sur l’église, fut renversée par un ouragan du nord-ouest et les caroubiers, brisés par cette tempête, se comptèrent par centaines.

Une barque, ancrée au bord du lac, fut soulevée comme un fétu de paille, lancée à une

vingtaine de mètres, dans un champ d’orge, et réduite en miettes.

Les Romains avaient fondé une colonie à Porto-Farina. A trois kilomètres avant d’arriver au village actuel, on trouve des vestiges d’importantes constructions; si des foirilles bien dirigées, y étaient pratiquées, on ferait certainement des découvertes intéressantes. En 1895, un propriétaire maltais, M. Carmelo Camilleri, faisait creuser un puits dans son jardin. Ses ouvriers découvrirent presque à fleur de terre, un tombeau en marbre entouré des statues des neuf muses. Ce tombeau est au musée du Bardo depuis le mois de Mai 1898.

Non loin du jardin de M. Camilleri, le nommé M’hamed Ksiba a trouvé une base de colonne qui n’a pas moins de 85 centimètres de hauteur et dont la plinthe a 75 centimètres de côté ; cette base supportait une colonne ayant 60 centimètres de diamètre et le monument dont elle faisait partie ne pouvait être que grandiose.

Au pied de la montagne, et au-dessus de Porto-Farina, on remarque des ruines qui semblent provenir d’anciens barrages. Plus bas* dans le village, on trouve, assez fréquemment des traces de canalisations, ce qui fait supposer que les Romains avaient suppléé au manque de sources en créant des réservoirs d’eau de pluie au pied

du Nadour.

Avec les Arabes, Porto-Farina devint un des centres les plus actifs des opérations des corsaires qui y trouvaient, dans la darse et sous la protection de ses trois forts, un refuge contre les vaisseaux qui pouvaient leur donner la chasse. Ces trois forts et la darse, construits, dit-on par des ingénieurs génois, existent encore. L’un d’eux a été transformé en bagne. Des deux autres, l’un servit de lazaret au moment où les pèlerins, au retour de la Mecque, débarquaient à Porto-Farina et y subissaient une quarantaine. Plus tard et jusqu’en Octobre 1904, on y installa une colonie de jeunes détenus indigènes. Enfin, le troisième fort fût transformé en infirmerie pour les forçats : l’humidité qui y règne le fit évacuer et, ainsi que l’ancien lazaret, il ne tardera pas à tomber en ruines. Ce fort, appelé « Borg ËlOustani »0) (le fort du milieu), est encore armé de ses vieux canons et on y voyait, il n’y a pas bien longtemps, une catapulte et son approvisionnement de gros boulets et pierre. La catapulte fut détruite par un agent du service pénitentiaire qui en fit du bois à brûler, quant aux boulets, ils furent enlevés en

1903, par le garde-côte Phlégéton » et transportés à l’arsenal de Sidi Abdallah. Quelques-uns furent envoyés au musée du Bardo, ainsi qu’une grande plaque en marbre qui était placée au-dessus de la porte principale de l’arsenal.

 

(1)  Le Bordj El Oustanï «et occupa actuellement par le poste de police.

 

Cette plaque était couverte d’inscriptions arabes que les plus fins lettrés de Porto-Farina n’ont jamais su déchiffrer.

Quand Ahmed bey résolut de créer un port de guerre à Porto-Farina, d’immenses casernes furent construites autour de la darse. De nombreux ouvriers, tailleurs de pierre, maçons, menuisiers, forgerons, furent employés aux travaux de l’arsenal.

Pour les empêcher de se sauver on prenait, le soir, la précaution de les enchaîner et de les enfermer dans un souterrain qui existe encore.

Dans la journée ils étaient surveillés par des féroces spahis dont le bâton avait vite fait de faire rentrer sur le chantier, celui des ouvriers ou mieux des esclaves, qui auraient voulu le quitter.

Mohamed Badria, maçon, encore vivant, a travaillé dans ces conditions pendant plusieurs années, et les souvenirs qu’il a gardés de cette période de sa vie sont loin d’être gais.

Les travaux terminés, le bey envoya une garnison de vingt mille hommes à Porto-Farina. Un jeune docteur français, le docteur Sorba, originaire de la Corse, remplissait les fonctions de médecin major. Il se maria avec une italienne dont le père, maître de port, était établi dans le pays depuis une vingtaine d’années. Le docteur Sorba est décédé à Porto-Farina à l’âge de 33 ans, ne laissant aucune fortune à sa veuve qui est morte dans la misère.

Le commandement de la garnison de Porto- Farina fut confiée au général Salah Cheboud qui fit édifier de nombreuses constructions pour son usage personnel et pour celui de sa suite.

Quand Ahmed Bey eut résolu d’abandonner Porto-Farina, toutes les constructions qui avaient été édifiées furent abandonnées et, faute d’entretien, ne tardèrent pas à tomber en ruines. Les matériaux utilisables furent, en grande partie, utilisés par les habitants; le gouvernement de son côté, en fit prendre pour construire le Contrôle civil de Bizerte ; le reste fut vendu et, à l’heure qu’il est, tout est détruit.

Seules, des arcades qui longent un côté de la darse, sont encore debout. Ces arcades, derrière lesquelles se trouvent d’immenses magasins, sont dénommées ( » La Kechla  » la caserne).

Comme il a été dit au commencement de cette notice, Porto-Farina se trouve à 57 kilomètres de Tunis et à 44 kilomètres de Bizerte. Des routes carrossables, construites par les forçats, le relient à ces deux villes et à Ras el Djebel. Une diligence et un service d’automobiles assurent quotidiennement les communications avec Tunis et Bizerte et transportent le courrier.

La population de Porto-Farina se compose d’environ 1500 indigènes, de près de 400 maltais, de quelques familles italiennes et d’une quarantaine de français (exactement 49).

Les indigènes descendent, en grande partie, d’anciens forçats chrétiens qui, convertis à l’islamisme, se marièrent dans le pays et y firent

souche. Les descendants de ces Européens ont conservé les noms et les traits de leurs ancêtres.

Il n’est pas rare en effet, de rencontrer un individu blond, souvent roux, au nez aquilin, aux yeux bleus, aux longues moustaches blondes, a qui l’on adresserait volontiers la parole en français ou en italien, en italien plutôt, s’il n’était habillé en arabe. Si on lui demande son nom, on peut être certain qu’il s’appelle ou .*’ Kristôu  » ou « Zénouïze » (le génois), ou  » Forçadou (le forçat), ou  » Blancou  » (le blanc), ou  » El Malti  » (le maltais), ou  » Zarrouk  » dont l’ancêtre était napolitain.

 Le type européen se voit mieux chez les femmes qui ont presque toutes, paraît-il, le

teint blanc, les cheveux blonds et les yeux bleus.

A propos de ces musulmans d’origine chrétienne, il n’est peut-être pas sans intérêt de remarquer qu’ils sont beaucoup plus croyants, ou tout au moins plus pratiquants que les arabes n’ayant aucun lien de parenté avec les Européens. Peut-être,

par cet excès de ferveur religieuse, veulent-ils faire oublier ce qu’ils considèrent comme leur péché originel.

Les indigènes de Porto-Farina sont presque tous jardiniers. Quelques-uns pourtant, sont épiciers, boulangers, maçons, menuisiers, marins, barbiers.

Un de ces derniers est en même temps « tebib » (médecin) et les remèdes qu’il prescrit à ses malades, en plus de la saignée obligatoire, ne sont ni bien difficiles à préparer, ni bien difficiles à prendre : des tisanes simples, de la « dendouna » (teinture d’iode), etc. Mais le remède qui a fait sa réputation est l’eau de « Janos » qu’il appelle tout simplement « El ma mtaâ el kerkedan » (l’eau de rhinocéros), un interprète facétieux lui ayant traduit « eau de Janos » par « eau de rhinocéros ».

Et le brave « tebib » a tellement confiance en son « eau de rhinocéros » qu’il n’hésite jamais à l’employer dans les cas qu’il considère comme désespérés!

De tous les indigènes qui exercent un métier, aucun ne se désintéresse complètement de son lopin de terre, et au moment des semailles des pommes de terre, semailles qui se font deux fois par an, en Octobre et en Janvier, magasins et ateliers sont désertés, et ouvriers e.t marchands redeviennent jardiniers.

Les jardiniers de Porto-Farina cultivent surtout la pomme de terre, qui est justement réputée dans toute la Tunisie et dont la production annuelle atteint une moyenne de 25 à 30.000 quintaux.

Les principales variétés cultivées sont: la rouge, la rose, la rouge et la blanche de Naples et une variété indigène nommée  » Kechelef » du nom de celui qui l’a cultivée le premier. Depuis deux ans on a essayé la culture de la pomme de terre de Hollande ; on verra dans le passage sur les primeurs les résultats de cet essai.

Un dicton populaire dit que Porto-Farina n’a que  » El Djebel ou El Bahar » (la montagne et la mer) Les habitants ne disposent en effet, comme terrain cultivable que de la bande de terre qui se trouve entre le pied de la montagne et le lac. Dans certains endroits, cette bande est tellement étroite qu’il a fallu prendre, sur la montagne, l’espace nécessaire au passage de la route de Sidi Ali El Mekki. Il n’est pas étonnant que, dans ces conditions, le terrain soit cultivé avec un soin minutieux et qu’aucune parcelle n’en soit laissée inculte. Quelques propriétaires se sont attaqués à la montagne et, à l’aide de nombreux murs de soutènement, ont réussi à agrandir leurs jardins.

D’autres ont transporté du sable à dos d’âne et, grâce à d’abondantes fumures, ont pu constituer des jardins là où ne poussaient auparavant que quelques maigres buissons de romarin ou de câpriers.

Enfin, la langue de sable qui sépare le lac de la langue de Sidi El Mekki a été transformée en jardins. C’est dans ce sable, toujours humide et abondamment fumé, que l’on récolte, outre des pommes de terre et des tomates, des melons, recherchés sur le marché de Tunis, et dont la vente laisse, entre les mains des producteurs, un bénéfice appréciable.

Pour garantir, pommes de terre, tomates et melons contre le vent, on entoure chaque planche d’une épaisse rangée de  » Zenzesfoura », variété de saule épineux dont les petites fleurettes jaunes répandent une odeur très pénétrante.

Quelques jardiniers commencent à cultiver les choux-fleurs et les choux dont ils achètent la graine à Tunis; lé choux coeur de beuf a toutes leurs préférences. Enfin tous cultivent le pavot dont ils tirent l’opium. Mais ces cultures, qui demandent beaucoup de soins et surtout beaucoup de temps, ne sont plus rémunératrices, le prix de l’opium étant tombé de 80 frs à 30 frs le kilogramme.

La culture des arbres fruitiers est très prospère à Porto-Farina. Outre l’amandier et le caroubier, que l’on plante dans les terrains rocailleux et de mauvaises qualité, les arabes cultivent, non sans succès, le figuier, le poirier, le pommier, le prunier, l’abricotier, le pêcher, le mandarinier, l’oranger.

Les caroubes et les amandes de Porto-Farina sont très renommées. Les amandes cassées sont vendues à Tunis de 180 à 190 frs le quintal. Les caroubes sont surtout vendues à Souk el Arba et même à Souk Ahras. Leur prix, sur place, varie entre 11 et 15 frs. le quintal. Ce prix est d’autant plus rémunérateur que le caroubier ne demande aucun soin de culture. Enfin, les figues constituent un bon revenu, qu’elles soient vendues fraîches ou sèches. Pour hâter leur maturité, on emploie le procédé suivant: avec un morceau de bois effilé, on perce la figue dans le sens de la longueur; puis, à l’aide de ce même morceau de bois, on y introduit une goutte d’huile. Deux jours après avoir été soumise à cette opération, la figue est mûre. Elle ne vaut pas, il est vrai, la figue qui a mûri naturellement, mais venant plus tôt elle se vend mieux.

Quelques indigènes sont réputés comme bons greffeurs ; la seule greffe pratiquée par eux est la greffe en écusson.

La culture des primeurs est pratiquée depuis longtemps à Porto-Farina et laisse des bénéfices appréciables à ceux qui s’y livrent. Elle serait plus rémunératrice si les jardiniers employaient des procédés de culture plus modernes, et s’ils semaient des variétés améliorées.

Dans chaque jardin on trouve une petite planche de terre, préparée d’une façon spéciale. Sous l’anfractuosité d’un rocher, derrière une haie ou le long d’un mur, le jardinier a disposé une couche de bon terreau; c’est là qu’au mois d’août, il fera son semis de tomates dont les plants, repiqués de bonne heure,donneront des primeurs.

Pour garantir les jeunes plants contre la chaleur de la fin de l’été, le jardinier établit au-dessus du semis, une toiture de branchages, d’herbes, de joncs ou de feuilles de palmier. Cette toiture servira aussi, plus tard, à protéger le semis contre le froid et l’humidité de la nuit. Enfin, des branches d’olivier ou des roseaux, plantés verticalement sur les côtés de la planche, mettent, relativement, les plants de tomates à l’abri des vents.

Grâce à des arrosages judicieusement dosés, ces plants ne tardent pas à atteindre dix à quinze centimètres de hauteur ; ils sont, à ce moment, gros comme des plumes d’oie et n’ont pas de branches latérales. Pour faire pousser ces branches, le jardinier éclaircit son semis, Rince les plants qu’il laisse en terre et, pour les rendre plus robustes, supprime les arrosages pour quelques jours. Lorsqu’il juge que les plants sont assez forts, il les repique en pépinière et toujours dans un endroit bien abrité et bien exposé. Enfin, au mois de Novembre, ces plants sont définitivement mis en place. Le terrain qui doit les recevoir est copieusement fumé et bien préparé d’avance. Il est ordinairement divisé en 7 planches assez étroites et entouré d’une haie de palmiers, de roseaux ou de branches d’olivier entrelacées.

Chaque planche est en outre séparée de sa voisine par une haie brise-vent, formée par une épaisse rangée de zenszesfouras. Les jeunes tomates sont plantées au fond de trous, peu profonds, que le jardinier a creusé à environ un mètre 50 l’un de l’autre. Sur les bords de ces trous, et du côté d’où vient ordinairement le vent, on dispose quatre ou cinq branches de palmier, de façon à former un éventail. Ce sera le seul abri qui garantira la plante, pourtant très délicate, contre les froids de l’hiver. Ceux-ci ne sont pas, heureusement, bien rigoureux et c’est ce qui explique que, malgré cette installation rudimentaire, peu de tomates périssent.

Les tomates mises en place, il ne reste plus grand chose à faire au jardinier qui se contente de les biner légèrement une fois ou deux, d’arracher les mauvaises herbes et de les arroser quelque fois, si l’hiver n’est pas trop pluvieux.

Les premières tomates sont récoltées fin Avril et se vendent, à Tunis et à Bizerte, entre 5 et 6 francs le panier de cinq kilogrammes. Ce prix baisse sensiblement à partir du 15 ou 20 mai, époque à laquelle la récolte est plus abondante.

En prenant quelques précautions on pourrait arriver à récolter des tomates bien avant le mois de Mai. Sur un pied que j’ai soigné spécialement dans mon petit jardin, j’ai pu avoir trois tomates bien mûres, le 10 Mars.

A la culture des tomates les jardiniers devraient joindre celle des petits pois qui viennent très bien à Porto-Farina. L’automne dernier, le gardien chef du bagne en a semé un petit carré sous les fenêtres de l’école : il a pu récolter des petits pois la veille de la Noël. Cette culture, ainsi que celle des haricots verts, procureraient certainement de beaux bénéfices à celui qui voudrait les pratiquer sur une assez grande échelle.

Enfin la nature du terrain de Porto-Farina se prêterait très bien à la culture des asperges.

Mais de toutes les cultures qui pourraient être avantageusement pratiquées à Porto-Farina, celle de la pomme de terre donnerait certainement les meilleurs résultats.

En 1904, la Société des Primeuristes tunisiens engagea les jardiniers à semer la pomme de terre de Hollande et, à cet effet, elle leur livra une certaine quantité de semence. L’essai fut tenté dans de mauvaises conditions: la semence qui n’était pas, paraît-il, de première qualité, ne put être mise en terre que très tardivement ; d’un autre côté, l’hiver fut assez rigoureux et les froids des premiers jours de Janvier firent beaucoup souffrir les pommes de terre. Bref, le résultat fut négatif et la Société des Primeuristes renonça à poursuivre l’expérience.

Sur les conseils d’un Français, qui lui procura la semence, le nommé Mohamed Belhadj Othman reprit l’idée pour son propre compte et il sema, cette année, des pommes de terre de Hollande.

Il y a tout lieu de croire qu’il n’a pas eu à le regretter puisque, vers le 15 Décembre dernier, il a pu récolter deux quintaux environ de belles pommes de terre. La Société des Primeuristes tunisiens s’est chargée de les expédier et de les vendre. Le prix rémunérateur qu’il ne peut manquer d’en avoir tiré, l’engagera à recommencer et son exemple sera suivi par d’autres.

La culture des primeurs deviendrait ainsi une source de bénéfices pour la laborieuse population de Porto-Farina. A ce point de vue elle mérite d’être encouragée.

Enfin, les arabes cultivent les oeillets dont ils sont grands amateurs et dont ils tirent un grand profit. La variété la plus recherchée est le  » marchouch « , oeillet blanc panaché de rose, dont le plant, en pot, se vend couramment 2 fr. à 2 fr. 50. Les plus beaux pieds atteignent quelquefois 5 francs. Mais l’oeilletle plus rare est l’œillet blanc panaché de vert créé par « El Hedi Roustan » qui assure avoir obtenu cette variété en greffant un oeillet blanc sur du persil ! J’ai hâte d’ajouter que ce fameux oeillet n’a jamais existé que dans la très fertile imagination de ElJHedi. Pour s’en convaincre, il suffit de lui en demander une bouture; il ne manque jamais de bonnes raisons pour la refuser.

El Hedi est mon ami depuis que j’ai eu l’air de croire à son oeillet vert. Comme il me racontait de quelle façon il s’y prenait pour greffer son pied de persil, je lui fis la remarque, qu’en effet, les racines de l’oeillet avaient beaucoup de ressemblance dans celles du persil. Le brave El Hedi, croyant avoir trouvé quelqu’un qui prenait son histoire au sérieux, était transporté de joie et ne cessait de me répéter:  » Rihit? Rihit? » (Tu as vu? Tu as vu?). Depuis ce jour il est plus persuadé qu’il a créé l’oeillet vert. Cela ne l’empêche pas, du reste, et pour cause, de m’en refuser la moindre bouture ou la plus petite fleur. La région de Porto-Farina étant très florifère, les habitants élèvent beaucoup d’abeilles. Les ruches sont formées d’un simple panier en paille et les moyens d’extraction de miel sont des plus rudimentaires.

Aussi le rendement est-il peu appréciable.

Comme il a été dit plus haut, la population maltaise se compose d’environ 400 âmes. La première famille maltaise établie à Porto-Farina est la famille Baldacchino qui est dans le pays depuis près d’un siècle. Plus tard vinrent les Muscat, les Crima, les Camilleri, les Bugeia, les Spiteri, les Meylak. Les premiers maltais vivaient de la pêche et surtout de la contrebande de tabac et de, poudre. Quand la contrebande fut sévèrement réprimée, ils se tournèrent vers l’agriculture et prenant exemple sur les indigènes, ils devinrent d’excellents jardiniers. En général, le maltais de Porto-Farina est travailleur et sobre. Ses procédés de culture sont les mêmes que ceux des indigènes dont il a pris, du reste, les coutumes, les moeurs et un peu le costume. La femme maltaise ne sort que très rarement, si ce n’est que pour aller à l’église ; dans ce cas, elle est couverte d’un grand châle qui lui cache presque complètement la figure. Si elle est obligée d’aller chez une parente, elle fera un long détour pour ne pas passer sous le souk ou dans une rue exclusivement habitée par des indigènes. Cette peur des arabes n’a pourtant pas empêché quelques maltaises de se marier avec des musulmans. Une de celles-ci passe pour être sorcière et vit aux dépens des naïfs, qui vont consulter la  » déguezr » (devineresse) pour toutes les affaires de quelque importance.

Et ce qu’il y a de plus curieux c’est que ses anciens correligionnaires, les maltais, ou plutôt les maltaises constituent le plus clair de sa

clientèle.

La population française de Porto-Farina comprend quelques pécheurs et quelques fonctionnaires et leurs familles.

A environ 6 kilomètres du village, et non loin de la pointe Farina, se trouve le marabout (tombeau) de sidi Ali el Mekki, Bâti sur le flanc de la montagne qui, à cet endroit, est presque taillée à pic, on y Accède par mi sentier très raide qui surplombe

la mer.

Sidi el Mekki est un lieu de pèlerinage très fréquenté, surtout par les femmes, qui y viennent de Mateur, de Bizerte, de Tunis et même de plus loin. Chaque pèlerin, ou tout au moins chaque chef de famille qui y amène femme (ou femmes) et enfants, apporte

une bête, mouton, chèvre ou même poule, qui est égorgée en l’honneur du saint marabout et surtout pour le grand profit de l’Oukil, qui prélève le quart sur toutes les offrandes.

La réputation de sainteté de Si el Mekki est tellement bien établie qu’il n’y a pas de forçat libéré qui ne lui consacre sa première journée de liberté.

Les Djerbiens établis dans le nord de la Régence, font de Sidi el Mekki leur lieu de pèlerinage préféré.

Chaque année» au mois d’août* ils se réunissent en grand nombre et, en voiture, en charrette, à çhévâl, à dos d’âne et même à pied, se rendent à Sidi el Mekkii étendards déployés et musique en tête. Arrivés le lundi matin, ils repartent le

•jeudi soir. Pendant quatre jours ce ne sont que chants, danses, fantasias coups de fusils, couscous monstres. Il n’est pas rare que ces fêtes soient troublées par des accidents : c’est ainsi qu’un Djerbien a été tué net par un tromblon qui, chargé jusqu’à la gueule, lui a éclaté dans la main.

 

Un vieil italien qui a embrassé la religion musulmane et qui habite Porto-Farina depuis

une soixantaine d’années, m’a raconté la légende suivante :

« Il y a bon nombre d’années, un ermite chrétien, nommé Michel, venu on ne sait d’où, s’établit dans une grotte de la montagne. Il partageait son temps entre l’étude et la contemplation. Les coquillages qu’il allait ramasser au bord de la mer étaient sa seule nourriture. La vie austère qu’il menait ne tarda pas à attirer l’attention des arabes, et à lui gagner leur sympathie. Pendant toute sa vie il fut entouré de respect et, à sa mort, il fut enterré dans sa grotte par les soins des arabes qui, depuis, le vénèrent comme un saint sous le nom de Sidi el Mekki (Saint Michel). »

D’après la légende, les livres du saint marabout existeraient encore, de même que son cadavre qui serait conservé d’une façon surprenante. Nul n’ayant été appelé à vérifier cette assertion, il y a lieu de la reléguer dans le domaine de la fantaisie.

Toujours est-il que les arabes attribuent à Sidi el Mekki le pouvoir de faire des miracles: une semaine passée au tombeau du célèbre marabout guérit un malade aussi bien, sinon mieux que pourrait le faire le plus grand médecin, et quelques glissades sur une pierre ad hoc suffisent pour rendre féconde une femme stérile. Il faut croire que bien nombreuses sont les femmes arabes qui se trouvent dans ce cas, car la pierre magique a tellement servi que sa surface en est devenue unie comme une glace. Enfin Sidi el Mekki aurait une influence considérable sur le sexe des enfants à naître. L’enfant sera du sexe masculin ou du sexe féminin suivant l’importance du cadeau offert.

Les habitants de Porto-Farina sont très jaloux de leur saint marabout. D’après mon vieux conteur italien, au moment de l’occupation française, ils n’auraient pas été loin de prendre les armes pour le défendre ; un mauvais plaisant ayant fait courir le bruit que la campagne de Tunisie n’avait pas d’autre but que celui d’enlever le tombeau de Saint Michel aux infidèles ! Les autorités durent déployer beaucoup d’éloquence pour prouver à leurs naïfs administrés que nous nous étions dérangés pour autre chose.

A Sidi el Mekki se trouve un plage superbe qui s’étend jusqu’à la Marsa. Sans fond dangereux, cette plage est, l’été, le rendez-vous de tous les pêcheurs à l’épervier de Porto-Farina et de Raf-Raf. C’est, en effet, à cette époque qu’a lieu le passage des mulets dont la femelle porte une boutague (oeufs) très estimée. Cette pêche fournit l’occasion de nombreuses parties de plaisirs qui, malheureusement se terminent, la plupart du temps, par une orgie dont l’anisette et l’absinthe font tous les frais.

Les mulets péchés dans la journée sont vendus à Porto-Farina. Le pêcheur en garde quelques-uns parmi les plus gros pour son repas du soir et celui de ses invités. Ces mulets, grillés sur des charbons ardents, constituent un mets assez agréable.

Le plus renommé de ces pêcheurs est El Hedi Roustan, le même qui prétend avoir créé l’œillet vert. Pendant un séjour que je fis sur la plage avec ma famille aux dernières grandes vacances, j’avais pour voisin mon ami El Hedi. Le soir il venait volontiers causer avec moi, et il m’arrivait souvent, si la lune le permettait, de l’accompagner à la pêche. Que nous fussions à la maison, à déguster notre café ou sur la plage à guetter le poisson, El Hedi avait toujours une nouvelle du soir à me raconter. Il est vrai que souvent l’histoire m’avait été déjà racontée deux ou trois fois par lui-même ; mais comme il avait soin d’y introduire de nombreuses variations et que, d’un autre côté, je ne voulais pas lui faire de la peine, je l’acceptais comme si je l’entendais pour la première fois. Un jour, il avait capturé quatre canards sauvages d’un coup d’épervier, une autre fois il avait un énorme loup (poisson de mer à chair très délicate) qu’il avait eu toutes les peines du monde à tirer sur la plage et qu’il avait été obligé de tuer d’un coup de fusil ! Enfin, un soir, alors qu’il était employé à la pêcherie, il était tellement rentré de daurades dans les bordigues qu’il surveillait qu’il ne voyait plus l’eau. « Les daurades, me disait-il, étaient entassées dans les bordigues comme les sardines dans un baquet. »

Mais là où El Hedi n’a pas son pareil, c’est dans la confection d’une Mechoua (grillade de mulet).

A Tunis même on le connaît et il y a quelques années il fut prié d’en préparer une pour un Ministre dont il a oublié le nom. « En un tour de main, me disait El Hedi, les mulets étaient péchés et nettoyés. Ramasser le bois et préparer la braise fut l’affaire d’un instant et au bout d’un temps relativement court, la Mechoua cuite à point était soigneusement emballée et chargée sur une mule qui partit à francs étriers. Deux heures plus tard la Mechoua était sur la table du Ministre : le poisson était arrivé chaud.»

Par retour du courrier El Hedi reçut les félicitations du Ministre et une somme de 100 piastres ? ? »

Les pêches de El Hedi Rôustan feraient mauvaise figure à côté de celles que l’on fait dans la pêcherie installée dans le lac de Porto-Farina.

Jusqu’en 1898, la pêche était libre dans le lac. A cette époque, elle fut concédée à M. Lisbonis, ancien Secrétaire général de la Municipalité de Tunis, moyennant une redevance annuelle de 500 francs. Cette concession était valable pour une durée de douze années, M. Lisbonis exploita lui-même sa pêcherie pendant six mois, puis il la céda à M. Démange. Ce dernier s’en dessaisit à son tour, en 1903, en faveur de MM, Bonello et Pisani, de Tunis, qui l’exploitent encore.

La pêche est pratiquée au moyen de bordigues, de verveux et de filets flottants.

Un barrage fait de panneaux en grillage de fer; ferme » la seule passe qui permettrait au poisson de gagner la mer. Ce barrage forme une ligne brisée de près de un kilomètre de longueur.

C’est au sommet des angles sortants de cette ligne brisée, que sont installées les bordigues.

Une flottille d’une dizaine d’embarcations et de nombreux filets complètent le matériel d’exploitation.

Un nombreux personnel est employé à la pêcherie. Outre un comptable français, il comprend un « raïs » (maître pêcheur), une vingtaine de pêcheurs italiens, quatre inscrits maritimes, qui sont spécialement affectés à la pêche aux filets, et quelques gardiens. Ces derniers ne sont pas moins nécessaires que les pêcheurs, car les braconniers sont légion et réussissent souvent à tromper leur vigilance.

La pêche aux filets est pratiquée par des barques françaises commandées par des inscrits maritimes.

Une partie du poisson péché par ces inscrits est exporté et ne paie pas de droits à sa sortie de Tunisie.

Les bordigues sont des espèces de grandes nasses en grillage de fer. La pêche par les bordigues se fait automatiquement et ne demande qu’un personnel très restreint, souvent même un seul homme suffit. Sa tâche consiste à surveiller la bordigue et à en fermer la porte lorsqu’il juge suffisante la quantité de poisson qui s’est laissée prendre. Cette surveillance ne s’exerce, du reste, qu’à certaines heures de la journée. Le lac de Porto-Farina est, en effet, soumis à l’influence du flux et du reflux. Pendant six heures consécutives l’eau de la mer rentre dans le lac avec assez de violence pour rendre pénible la sortie d’une barque ; pendant les six heures qui suivent c’est, au contraire, l’eau du lac qui sort Or, le poisson marche toujours contre le courant: c’est donc au moment où celui-ci rentre dans le lac que le poisson cherche à en sortir. En bancs serrés, il se dirige vers la passe, pour gagner la mer ; mais il est vite arrêté par le barrage qu’il se met alors à longer, avec l’espoir de trouver une issue. La moindre déchirure dans le grillage peut laisser passer un quantité considérable de poisson.

Aussi, le barrage est-il soigneusement et fréquemment visité par le personnel de la pêcherie.

Si le barrage çst intact, le poisson continue sa marche et, arrivé devant la porte d’une bordigue, il s’y introduit et n’en peut plus sortir. Armé d’une épuisette à mailles très solides, le pêcheur a vite fait de le faire passer de la bordigue dans la barque qui le transportera à terre.

Pendant l’été, au moment de la pêche du mulet, l’épuisette est abandonnée et les pêcheurs prennent le poisson à la main. Cette pêche n’est pas sans danger. Le mulet peut, en effet, sautera plus d’un mètre de hauteur au-dessus de l’eau. Lorsqu’il se voit acculé contre le grillage de la bordigue, il s’élance comme une flèche et essaie de sauter par dessus les parois de sa prison. Il n’est pas rare, dans ce cas, que le pêcheur le reçoive en pleine figure et avec assez de force pour que le sang coule. Afin d’éviter les accidents il ne descend dans la bordigue que le visage protégé par un masque d’escrime.

Le poisson péché par les bordigues, ou par les filets, est transporté à Porto-Farina, dans l’après-midi et mis en caisses. A l’aide de casiers mobiles et disposés horizontalement, ces caisses sont divisées en compartiment. Dans chacun de ces compartiments on dispose une rangée de poissons que l’on recouvre d’une couche de glace pilée.

Afin que le poisson ne soit pas en contact direct avec la glace, on l’isole avec une feuille de papier glacé. Dans la soirée, ces caisses, hermétiquement fermées, sont chargées sur des charrettes qui les transportent à Tunis et où, pour éviter la chaleur, elles doivent arriver le lendemain à la première heure.

Les principales espèces de poissons péchés dans le lac de Porto-Farina sont : le loup, la sole, la daurade, le marbré, l’anguille, le spars et les différentes variétés de mulet. On y pêche aussi quelques rougets et quelques goujons, Ces deux dernières espèces ont presque disparu depuis qu’un bras de la Medjerdah se déverse dans le lac.

Chaque espèce de poisson est pêchée a une époque différente.

Ainsi la pêche de la sole se fait en Mai et Juin ; la daurade, qui ne sort que par les fortes chaleurs, est pêchée surtout en Juin et Juillet; on-la pêche aussi beaucoup en Octobre qui est le mois de sa passe régulière.

Comme la daurade, le mulet sort au moment des fortes chaleurs ; les pêches de mulet les plus abondantes se font en Août et Septembre. Cette pêche est alors d’autant plus rémunératrice que les femelles portent des boutargues (oeufs) qui, une fois séchées, se vendent 5 à 6 francs le kilogramme.

L’anguille se pêche en Février, Mai et Juin et le spars en Octobre et Novembre. Enfin le loup, se pêche surtout de Décembre à fin Février.

Pour permettre l’empoissonnement du lac, le barrage qui ferme la passe est enlevé à la fin de Février et n’est rétabli qu’à la fin d’Avril.

En 1907, M. Dulucq, comptable de la pêcherie, découvrit un banc d’huîtres dans la partie sud-est du lac. Ce banc fournit une quantité considérable d’excellentes huîtres qui n’ont que le défaut d’être de forme irrégulière. Ce défaut disparaîtra lorsqu’elles seront élevées dans le parc à huîtres qu’un spécialiste, venu de France, est en train d’installer dans la passe.

Pendant les mois de Décembre, Janvier et Février, le lac est continuellement sillonné par des vols considérables de canards sauvages et de nacreuses. On peut aussi y chasser le flamant, le héron, l’aigrette, la mouette, l’hirondelle de mer, etc..

La chasse étant libre sur le lac, les nemrods, qui ne craignent pas trop le froid, peuvent s’en donner à coeur joie.

Qu’il nous soit permis d’ajouter que Porto-Farina, digne d’un meilleur sort, grâce à ses pêcheries, à ses chasses abondantes et à sa population laborieuse, n’a pas perdu tout espoir de résurrection.

Il est question, comme il a été dit, d’y établir un poste de télégraphie sans fil et le projet d’y entretenir une station de torpilleurs ne paraît pas abandonné. Le pays mérite mieux qu’une visite.

Un véritable séjour s’impose. Promeneurs, chasseurs, pêcheurs, archéologues pourront y satisfaire leurs goûts.

C’est cet ensemble de ruines imposantes, cet aspect dé ville endormie sur les rives d’un beau lac entouré de montagnes verdoyantes au milieu de fertiles jardins qui donne à Porto-Farina un caractère si particulier à la fois mélancolique et attachant.

Cette petite ville, qu’elle soit aperçue dorée par le grand soleil ou baignée par les rayons argentés de la lune, m’a laissé une impression que plusieurs années d’éloignement n’ont pu atténuer. Mon but sera atteint si ces quelques lignes donnent à des voyageurs amateurs d’inédit l’heureuse inspiration de faire, loin des sentiers tracés, une visite à la cité morte de Porto-Farina. M Coye (Oise).

P. CÉZILLY.

 

(1) Un service quotidien d’autobus fonctionne entre Tunis et Porto-Farina. Le voyageur peut trouver logement et nourriture dans deux hôtels à peu près confortables. La localité est pourvue d’un bureau dos postée et des télégraphes, église, marché, école, etc.

 

 

 

 

source

Titre : Notice sur Porto Farina (Tunisie), (port corsaire et arsenal des beys) : son passé, l’esclavage / par Paul Cézilly,… ; avec une étude sur l’état actuel, par A. Canavaggio,…

Auteur : Cézilly, Paul

Auteur : Canavaggio, A.

Éditeur : impr. de Person frères (Paris)

Date d’édition : 1912

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : 1 vol. (62 p.) : carte ; in-8

Droits : domaine public

Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, 8-O3I-869

Provenance : bnf.fr

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La Tunisie au gré des conflits

Culture et patrimoine 



2 avril 2013

Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée).

Classé sous — milguerres @ 21 h 41 min

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 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée).

Début novembre 1944, la 7e armée américaine, commandée par le général Patch, a pour mission de libérer la plaine d’Alsace, de Strasbourg à Wissembourg et de rejeter les troupes allemandes de l’autre côté du Rhin. La 2e DB (Division Blindée) du général Leclerc, qui fait partie du dispositif d’attaque, doit couvrir la droite de la 79e division d’infanterie américaine et du 15e Corps d’armée américain.
Ses trois groupements tactiques, le GTL (commandé par le colonel de Langlade), le GTR (sous les ordres du colonel Rémy) et le GTV (du colonel de Guillebon), auxquels s’ajoute le GTD du colonel Dio, après un raid rapide entre Baccarat et Blâmont du 13 au 18 novembre et la prise de Saverne le 22 novembre, se trouvent aux portes de Strasbourg. L’assaut débute le 23 novembre, mais les troupes rencontrent une forte ligne de résistance allemande. Finalement, le sous-groupement Rouvillois du GTD parvient à rentrer dans la ville, suivi du GTL qui occupe la ville, et rejoint par le GTV. Le pont du petit Rhin (pont d’Anvers) est atteint, celui de Kehl pratiquement, les garnisons des casernes se rendent et le commandement allemand (général Vaterrodt) capitule le 23 novembre.

Les images prises attestent de l’entrée dans Strasbourg du sous-groupement Rouvillois avec le char “Evreux” du détachement Briot, premier à pénétrer dans la ville, de la prise du pont d’Anvers et des combats de rue (destructions, incendie). Dans les quartiers de Neudorf et du Port du Rhin, les habitants fuient pour se replier vers le centre ville, des soldats construisent un barrage antichars, des Français et des Russes sont libérés, tandis que des soldats allemands sont faits prisonniers. D’autres capturés sont rassemblés à la caserne Stirn. Sur la place Kléber, des enfants jouent avec des mitrailleuses allemandes abandonnées pendant que des prisonniers allemands déblaient les gravats. Sur des colonnes Morris, les Strasbourgeois libérés lisent la proclamation du général Leclerc, qui, avec ses hommes, a tenu le serment de Koufra.

Les images montrent également le nettoyage de la ville par le 501e RCC (Régiment de Chars de Combat) du GTV et par des éléments du RBFM (Régiment Blindé de Fusiliers Marins) dans le quartier de Neuhof, aux ponts de La Bruche et de la Montagne Verte et dans les alentours. Dans le centre ville, civils et militaires assistent aux obsèques du commandant Rasson de la sécurité militaire. Le 26 novembre, une prise d’armes présidée par le général Leclerc, sur la place Kléber, en présence du 12e RC (Régiment de Cuirassiers) et du 12e RCA (Régiment de Chasseurs d’Afrique) célèbre la libération de la ville.

Les clichés présentent en outre la progression de la 2e DB dans la région avant et après la prise de Strasbourg. Les convois, acclamés à leur passage par les habitants libérés, traversent successivement Fénétrange (Moselle), Blaesheim (Bas-Rhin), Entzheim (Bas-Rhin), Hindisheim (Bas-Rhin), occupé le 28 novembre par le sous-groupement Rouvillois. Non loin, des éléments du 13e Bataillon du Génie pose un pont brockway sur l’Andlau. Sur la route de Sarrebourg (Moselle), du matériel, détruit ou intact, a été abandonné. SOURCE ECPAD.

 

 

Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée). TERRE-339-8034

Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée).

Description : A Strasbourg, le maréchal des logis Gélis commandant le blindé Sherman M4 « Evreux » et le lieutenant Briot de La Crochais du 12e RC (Régiment de Cuirassiers) de la 2e DB (Division Blindée) arborent sur leur char des trophées de guerre.
Date : Novembre 1944
Lieu : France / Lorraine / Moselle / Fénétrange / Alsace / Bas-Rhin / Strasbourg / Blaesheim / Entzheim / Hindisheim
Photographe : Jacques Belin / Roland Lennad
Origine : SCA – ECPAD
Référence : TERRE-339-8034

  

TERRE-339-8058

Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée).
Description : Proclamation du général Leclerc à la population strasbourgeoise libérée. Le commandant de la 2e DB (Division Blindée), qui a repris Strasbourg le 23 novembre 1944 avec ses hommes, rend hommage aux combattants qui ont tenu le serment de Koufra.
Date : Novembre 1944
Lieu : France / Lorraine / Moselle / Fénétrange / Alsace / Bas-Rhin / Strasbourg / Blaesheim / Entzheim / Hindisheim
Photographe : Jacques Belin / Roland Lennad
Origine : SCA – ECPAD
Référence : TERRE-339-8058
TERRE-339-8072
Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée).
Description : L’obusier M 8 Howitzer « Anglemont » du 3e RMSM (Régiment de Marche de Spahis Marocains) lors de la libération de Strasbourg.
Date : Novembre 1944
Lieu : France / Lorraine / Moselle / Fénétrange / Alsace / Bas-Rhin / Strasbourg / Blaesheim / Entzheim / Hindisheim
Photographe : Jacques Belin / Roland Lennad
Origine : SCA – ECPAD
Référence : TERRE-339-8072
TERRE-339-8192
Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée).
Description : Le 26 novembre 1944, une prise d’armes a lieu place Kléber à Strasbourg pour célébrer sa libération. Le général Leclerc, à la tête de la 2e DB (Division Blindée) et le colonel Rouvillois, commandant le 12e RC (Régiment de Cuirassiers) et le sous-groupement entré en premier dans la ville, passent en revue le 12e RC.
Date : Novembre 1944
Lieu : France / Lorraine / Moselle / Fénétrange / Alsace / Bas-Rhin / Strasbourg / Blaesheim / Entzheim / Hindisheim
Photographe : Jacques Belin / Roland Lennad
Origine : SCA – ECPAD
Référence : TERRE-339-8192
terre-339-l8179
Prise de Strasbourg et sa région par la 2e DB (Division Blindée).
Description : Sur la place Kléber, à Strasbourg, des prisonniers allemands dégagent les pavés qui formaient semble-t-il des barricades. Les chars Sherman du second plan appartiennent au 3e escadron du 12e RCA (Régiment de Chasseurs d’Afrique) qui prit part à la libération de la ville.
Date : Novembre 1944
Lieu : France / Lorraine / Moselle / Fénétrange / Alsace / Bas-Rhin / Strasbourg / Blaesheim / Entzheim / Hindisheim
Photographe : Jacques Belin / Roland Lennad
Origine : SCA – ECPAD
Référence : TERRE-339-L8179
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La libération de Strasbourg (septembre-novembre 1944)

Au début de septembre, avec l’accord d’Eisenhower, de Gaulle décide d’envoyer la 2e DB vers Strasbourg. Leclerc entame alors une chevauchée vers les Vosges et l’Alsace, qui sera ponctuée de plusieurs victoires spectaculaires : prise de Vittel (12 septembre), destruction de la 112e division blindée allemande à Dompaire (13 septembre), franchissement de la Moselle (21 septembre). Après quoi, durant un mois, sur les rives de la Meurthe, Leclerc – qui refuse le poste de chef d’état-major de l’armée pour se consacrer à sa division – prépare méthodiquement la marche sur Strasbourg. Le 31 octobre, il enlève Baccarat : « une de mes plus belles réussites », dira-t-il.
Au centre du dispositif américain, la 2e DB s’élance vers Strasbourg à la mi-novembre ; la capitale alsacienne tombe le 23 novembre. Le serment de Koufra est tenu. Le lendemain, Leclerc adresse une proclamation à la population : « Pendant la lutte gigantesque de quatre années menée derrière le général de Gaulle, déclare-t-il, la flèche de votre cathédrale est demeurée notre obsession. Nous avions juré d’y arborer de nouveau les couleurs nationales. C’est chose faite. « Cependant, faute de renforts et de matériels, Leclerc ne peut ni franchir le Rhin ni faire sa jonction, vers le Sud, avec la 1re armée française du général de Lattre (remontée de Provence). Ce n’est qu’à la fin de janvier 1945 que la 2e DB est mise à la disposition de la 1re armée pour participer à la réduction de la poche allemande de Colmar (3 février 1945)

Derniers combats : la poche de Royan et la prise du « Nid d’aigle » de Hitler

A la fin de février, contre son gré, Leclerc – qui souhaiterait entrer en Allemagne le plus tôt possible – fait mouvement sur Châteauroux pour aller prendre part à la réduction des poches allemandes de l’Atlantique. La 2e DB est affectée au détachement d’armée de l’Atlantique du général de Larminat et elle joue un rôle actif dans la libération de Royan (14-18 avril 1945). Puis, rattachée à la 7e armée américaine du général Patch, elle est enfin envoyée en Allemagne. Regroupée en Bavière au début de mai, elle entreprend sa dernière charge vers le « Nid d’Aigle » de Hitler à Berchtesgaden, qu’elle occupe à la veille de la capitulation allemande.

La « division Leclerc » quittera l’Allemagne le 23 mai pour Fontainebleau, où, après avoir descendu les Champs-Elysées à bord de son char le 18 juin 1945, Leclerc passera son commandement à son fidèle adjoint, le colonel Dio : « Quand vous sentirez votre énergie fléchir, dira-t-il alors à ses hommes, rappelez-vous Koufra, Alençon, Paris, Strasbourg. Retrouvez vos camarades, recherchez vos chefs et continuez, en répandant dans le pays le patriotisme qui a fait notre force. »

29526710

 

Sources :
ECPAD
http://www.france-libre.net/2e-db/historique/liberation-strasbourg.php
http://koufra1941.skyrock.com/2952676507-66e-anniversaire-de-la-Liberation-de-Strasbourg-par-la-2e-DB-le-23nov.html

 

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale  

 

 

 

1 avril 2013

Bataille du Monte Cassino

Classé sous — milguerres @ 17 h 31 min

 

 

 

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 

Bataille du Monte Cassino

 Bataille du Monte Cassino cassin10

 

Le terme bataille du Monte Cassino couvre en fait une série de quatre batailles de la Seconde Guerre mondiale, livrées, autour du Monte Cassino, de janvier à mai 1944, par les Alliés contre les forces allemandes pour percer la ligne Gustave afin de faire la jonction avec les forces débarquées à Anzio et d’occuper Rome.
Durant cet épisode, des centaines de bombardiers anéantirent l’abbaye du Mont-Cassin.

Contexte et géopolitique
Après l’opération Husky (débarquement et prise de la Sicile par les Alliés) en septembre 1943, puis le débarquement enCalabre et la prise de Naples, le front d’Italie s’est enlisé. Certes les Allemands ne peuvent aligner qu’une armée réduite face aux Alliés, mais le front lui-même se réduit à la largeur de la botte italienne, qui est bien plus facile à défendre que les immensités de l’espace russe.
L’Italie a théoriquement rejoint le camp allié, mais la plupart des troupes italiennes ont été désarmées ou froidement exécutées par les Allemands, comme la division Acqui sur l’île grecque de Céphalonie2. Les Allemands ont installé une république fasciste fantoche dans le nord de la botte, la république de Salò, dirigée par Mussolini. Si les Allemands disposent de troupes moins nombreuses que les Alliés, celles-ci sont solidement retranchées sur un solide dispositif de défense couvrant toute la largeur de la péninsule italienne, qui atténue leur infériorité numérique : échelonné sur plusieurs lignes, ce dispositif est constitué par une série de fortifications plus ou moins denses, qui utilisent les sommets desApennins comme un véritable rempart. Les quelques vallées ou plaines littorales permettant les communications du sud vers le nord sont, quant à elles, entièrement minées et parsemées de réseaux de barbelés. La plus redoutable de ces rangées défensives est la ligne Gustav, qui s’appuie sur la région montagneuse des Abruzzes et dont le verrou est constitué du massif fortifié du Monte Cassino.
Le maréchal allemand Kesselring barre ainsi fermement la route de Rome aux Alliés, tandis qu’après la conférence de Téhéran, fin 1943 avec les Soviétiques, un autre front doit être ouvert en Europe occidentale. Le théâtre de laMéditerranée et des Balkans est relégué au second rang, au grand dam de la Grande-Bretagne, qui a bien du mal à influer sur le cours des événements entre les deux grandes superpuissances : l’Union soviétique et les États-Unis.

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Du point de vue géopolitique, Winston Churchill voulait contrer directement et immédiatement l’avancée soviétique déjà amorcée dans les Balkans. Du point de vue militaire, la topographie montagneuse de la région favorise la défense et les combats auraient été très coûteux. Mais, après la campagne d’Afrique du Nord, les États-Unis mènent de plus en plus les affaires militaires par la valeur relative de leurs engagements, et l’URSS n’a aucun intérêt à voir ses ambitions en Méditerranée contrariées. Pour ces deux puissances, le débarquement en Sicile n’est que le préambule à la campagne d’Italie, qui elle-même n’est que le prélude à l’opération Overlord (nom anglo-saxon de la bataille de Normandie débutant par le débarquement en Normandie), en attendant que le renforcement en matériel et troupes destinés à cette dernière soit prêt en Grande-Bretagne.
Début 1944, les Alliés ont donc finalement choisi la Normandie comme axe d’attaque principal, et le gros de leurs efforts se concentre sur la préparation de cette opération gigantesque. Dans ces conditions, les opérations alliées en Italie n’ont pas la priorité. De plus, les Allemands ne semblent pas prêts à abandonner Rome sans en faire payer le prix fort.

Chronologie
Janvier – mars 1944 : échec des attaques frontales anglo-américaines sur Cassino
Les Alliés veulent rompre la ligne Gustav pour pouvoir atteindre Rome, tandis que les Allemands essayent de freiner au maximum l’avance alliée. Le général Eisenhower, commandant suprême des forces alliées, le général Clark de la Ve armée américaine, et le général Leese de la VIIIe armée britannique, sont opposés au feld-maréchal Albert Kesselring, commandant en chef, et au général Heinrich von Vietinghoff, commandant de la Xe armée allemande.
Kesselring va définir la situation de la bataille autour du mont en tenant une coupe de vin d’Asti en présence de ses officiers : « Les Anglo-Américains et leurs alliés français occupent le fond de ce verre. Et nous, nous sommes assis sur le bord ! »
Les Alliés engagent à l’origine une division blindée et six divisions d’infanterie, puis, par la suite, trois divisions blindées et treize divisions d’infanterie, soit 300 000 hommes. Les Allemands ont au début quatre divisions de Panzers et cinq divisions d’infanterie, auxquelles s’ajoutent par la suite une division de Panzergrenadiere et cinq divisions d’infanterie, soit 100 000 hommes.
Il faut quatre opérations aux Alliés pour qu’ils parviennent à s’emparer du Monte Cassino et de son monastère, pour dégager la vallée du Liri, seule voie pour prendre Rome. La hauteur sur laquelle se trouve le monastère (516 mètres) est la clef du dispositif défensif allemand. Elle surplombe la ville de Cassino, ainsi que la route nationale, et domine les vallées du Rapido au sud-est et du Liri au sud-ouest. Durant trois mois, le général Von Senger und Etterlin renforce ses défenses. La première division parachutiste d’élite des Fallschirmjägersoutenue par des bataillons d’infanterie et le 14e Panzerkorps sont chargés de sa défense.
Au début du mois de janvier, les Alliés lancent une succession de raids de 3 000 bombardiers contre les voies de communication allemandes. Le 15 janvier 1944, le 2e corps américain du général Keyes prend le mont Trocchio avec le soutien du corps expéditionnaire français (CEF). Cette unité française, composée essentiellement de troupes de l’Armée d’Afrique et commandée par le général Alphonse Juin, est en effet engagée sur le front d’Italie aux côtés des Américains depuis le mois de décembre 1943.

 

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Le 17 janvier 1944 commence la première bataille du Monte Cassino. Initialement, le plan prévoyait que le CEF opère une attaque de diversion visant à déborder Cassino par la montagne, au nord-est, en atteignant Atina par le mont Santa Croce et le Carella ; tandis que le 2e corps américain, avec une partie de la 1re division de chars, marche sur les villes de Cassino et de Sant’Angelo, et que le 10e corps britannique progresse vers Minturno. Toutes ces opérations doivent préparer l’opération Shingle, qui consiste en un débarquement à Anzio-Nettuno, prévu pour le 22 janvier 1944, sur les arrières du flanc droit de la ligne Gustav. Lors de la première phase des opérations, le 10e corps britannique du général McCreery parvient à franchir le fleuve Garigliano, près de son embouchure. Il arrive le 19 janvier près de Castelforte. À partir du 20 janvier, les Allemands lancent des contre-attaques qui sont repoussées au bout de douze jours. Dans une seconde phase, le 2e corps américain du général Keyes lance la 36e division contre Sant’Angelo, appuyée par la 34edivision qui attaque Cassino. La tentative de franchissement du fleuve Rapido par la 36e division échoue toutefois le 20 janvier 1944. La 34e division réussit presque à prendre Cassino et le monastère : ils approchent à 300 mètres seulement de l’objectif. Lorsque la 4e division indienne vient relever les Américains, la division ne compte plus que 840 hommes sur les 3 200 présents au début de l’attaque.
Au début du mois de février, les Allemands ont reconquis la majeure partie du terrain perdu. Le 6 février 1944, la 36e division américaine est relevée par la 2e division néo-zélandaise. Les troupes débarquées à Anzio sont, quant à elles, immobilisées par les forces allemandes.

 

 

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Soldats italiens

 

De son côté, si le CEF n’a pu s’emparer du mont Santa Croce et du Carella, faute de réserves, il a enregistré de nombreux succès sur un terrain escarpé particulièrement difficile : la prise de La Selva, de la Costa San Pietro (1 450 mètres d’altitude), d’Acquafondata et de la Monna Casale (dont les deux sommets jumeaux culminent à 1 220 et 1 225 mètres) ont constitué souvent autant d’exploits sportifs que militaires. En deux mois, la 2e DIM puis la 3e division d’infanterie algérienne (3e DIA), appuyées par deux groupements de tabors marocains (GTM), ont obtenu des résultats significatifs : une avance de plus de 15 kilomètres à certains endroits en pays montagneux, la capture de 1 200 prisonniers, la mise hors de combat d’une division allemande en entier. Au cours de l’offensive de janvier 1944, les tirailleurs nord-africains ont été les seuls à menacer sérieusement la ligne Gustav, réussissant même à la rompre au Belvédère lors de l’incroyable assaut du 4e régiment de tirailleurs tunisiens (4e RTT). Plus tard, dans ses mémoires, le général de Gaulle écrira que lors de cette bataille, « le 4e régiment de tirailleurs tunisiens accomplit un des faits d’armes les plus brillants de la guerre au prix de pertes énormes »3. Mais ces opérations sur le flanc nord-est de Cassino ne constituent pas la priorité de l’état-major anglo-américain, qui persiste à vouloir enfoncer le verrou du Monte Cassino par une attaque frontale.
Du 15 au 18 février 1944 se déroule ainsi la deuxième bataille du Monte Cassino. La 4e division indienne et la 2e division néo-zélandaise se préparent à prendre d’assaut le Monte Cassino, en passant par la crête de la Tête de Serpent, et à s’emparer également de la gare du chemin de fer de Cassino. Le 15 février 1944, le commandement allié ordonne le bombardement du monastère du Monte Cassino. 224 appareils larguent 420 tonnes de bombes qui rasent le monastère : les Alliés pensaient que des observateurs allemands se trouvaient sur les toits, ce qui était faux. La destruction du monastère permet toutefois aux Allemands d’en faire une véritable forteresse. L’attaque terrestre est déclenchée le 16 février. Les Néo-Zélandais prennent la gare de Cassino, mais doivent peu après s’en retirer. Le 17 février, la 78e division britannique se joint au corps néo-zélandais, mais le lendemain, l’opération est suspendue. Le mauvais temps neutralise les mouvements durant 3 semaines. Du 14 au 22 mars, la bataille reprend. Le général néo-zélandais Freyberg attaque en direction du sud, le long des deux rives du fleuve Rapido, après des bombardements intensifs. Les Alliés veulent s’emparer de la ville de Cassino, mais après 6 jours de combat, le corps néo-zélandais est obligé de se retirer. La situation s’enlise et la propagande allemande s’en donne à cœur joie : sur les murs de l’Europe occupée une affiche compare l’avancée des armées alliées en Italie à celle d’un escargot !
Mai 1944 : succès de la manœuvre française de débordement au sud de Cassino (bataille du Garigliano, opération Diadem)
Du 11 au 19 mai ont lieu simultanément les troisième et quatrième batailles du Monte Cassino : la bataille des Français et celle des Polonais.
Au printemps 1944, les Alliés opèrent un repositionnement de leurs unités en vue de leur nouvelle offensive. La VIIIe armée britannique et le Corps expéditionnaire français sont ainsi redéployés en secret. L’offensive alliée qui se prépare s’appuie sur les plans audacieux du général Juin, qui a réussi à imposer ses vues à l’état-major anglo-américain. Juin veut éviter toute nouvelle attaque frontale contre Monte Cassino, dont les défenses ont été encore renforcées et d’où les troupes allemandes d’élite paraissent impossibles à déloger. C’est au contraire par la montagne, là où l’ennemi ne s’y attend pas, qu’il faut porter l’effort principal : à travers les monts Aurunci, à 25 kilomètres au sud-ouest de Cassino, considérés par les Allemands comme « impénétrables aux armées », .
Dans le plan d’attaque4, le plus gros effort incombait à la 8e armée qui devait tâcher de « briser les lignes de défenses ennemies dans la vallée du Liri et avancer en direction de Rome ». La 5e armée avait reçu l’ordre d’attaquer et de pénétrer dans la vallée du Liri, par les monts Aurunci, ainsi que d’opérer le long de la route côtière n° 7, pour se diriger ver Minturno.

Dans le cadre de ce plan les rôles furent distribués ainsi :
• pour la 8e armée :
• Le 2e corps polonais doit « conquérir le mont Cassin et opérer contre Piedimonte ».
• Le 13e corps britannique doit traverser le Gari et attaquer dans la vallée du Liri
• Le 1er corps canadien doit avancer par la vallée du Liri à la suite du 13e corps
• Le 10e corps britannique, ayant une tâche défensive, dans le secteur nord-est du Monte Cairo, c’est-à-dire à droite du 2e corps polonais, doit simuler sur son aile gauche une attaque en direction d’Atina.
• Pour la 5e armée :
• Le corps français doit opérer contre la massif des monts Aurunci et ensuite sur le cours supérieur du Liri.
• Le 2e corps américain doit opérer le long de la route côtière n° 7.

Ce plan doit permettre de couper les positions arrières de l’ennemi, enveloppant ainsi toute la ligne Gustav. Pour Juin, seul le CEF est capable de mener à bien cette opération, grâce à l’aptitude au combat en montagne des tirailleurs et des goumiers du général Guillaume, ainsi que leurs trains muletiers.
Le plan prévoit une attaque du 2e corps polonais contre le monastère par le nord, tandis que le 13e corps britannique doit franchir le fleuve Rapido pour couper la route nationale et isoler la ville.
Tout en acceptant ce plan, Anglais et Américains doutent néanmoins que les Français puissent réussir à accomplir la manœuvre de débordement qui permettrait d’ouvrir enfin les portes de Rome. La date et les objectifs de cette offensive restent inconnus des Allemands, comme en témoigne l’envoi de leurs réserves vers Anzio, où ils prévoient une tentative de percée des Alliés. Une autre inconnue inquiète Kesselring : « savoir où et comment le CEF avec ses divisions entraînées pour la montagne et ses solides combattants marocains allait être engagé. »5.

L’opération de rupture de la ligne Gustav est initialement confiée à la 2e division d’infanterie marocaine (2e DIM), « le bélier du CEF » selon l’expression de Juin, qui doit s’emparer pour cette mission des monts Faito et Majo. L’offensive générale des Alliés se déclenche le soir du 11 mai 1944, à 23 heures, sur l’ensemble du front italien. Une intense préparation d’artillerie de 2 000 canons précède l’attaque. Mais dans le secteur de la 2e DIM ce bombardement n’arrose que les crêtes, sans détruire le dispositif de défense allemand (blockhaus, barbelés, mines…), qui sillonne les pentes que doivent gravir les tirailleurs marocains avant de pouvoir s’emparer des sommets. Dans les autres secteurs d’attaque du CEF, comme celui de la 4e division marocaine de montagne (4e DMM), aucune préparation d’artillerie n’a lieu. Cet assaut va s’avérer redoutable. Les régiments de la 2eDIM se lancent ainsi dans une attaque de nuit aux combats souvent confus et très meurtriers, mais la ligne Gustav tient toujours. Juin décide la reprise de l’offensive pour la nuit suivante, après une préparation d’artillerie plus importante et mieux ciblée. Très tôt dans la matinée du 13 mai, c’est la ruée des tirailleurs marocains sur les positions allemandes, ravagées par le « rouleau de feu » des canons français, qui finissent par céder. La prise du mont Majo par les troupes marocaines de la 2e DIM est saluée par un drapeau français de 30 m² hissé à son sommet (940 mètres) et visible à des kilomètres à la ronde, par les troupes du CEF comme par les Allemands..

L’exploitation est maintenant possible vers les monts Aurunci puis, plus à l’ouest, les monts Lépins. C’est la 4e DMM et les trois Groupes de Tabors Marocains, formant le corps de montagne du CEF, qui s’en chargent dès le 14 mai, à « un train d’enfer ». « Les Français avancent si rapidement, que les communiqués ne peuvent suivre leur rythme », rapporte un journaliste américain6. Suite à cet assaut des goumiers marocains dans les monts Aurunci, les Britanniques prirent l’habitude de qualifier toute attaque audacieuse de « goumisation »7. Les combattants marocains prennent par la suite le mont Fammera (1 175 mètres) et le mont Revole (1 307 mètres).
Parallèlement, le 4e régiment de spahis marocains (4e RSM) incorporé temporairement à la 3e DIA œuvre à la prise de Castelforte, sur le Garigliano, qui ouvre la route d’Ausonia dans la vallée de l’Ausente ; ce qui permet de déboucher sur la vallée du Liri, au sud-ouest de Cassino, derrière les lignes allemandes. De son côté, le 3e régiment de spahis marocains (3e RSM), mis provisoirement à la disposition de la 1re division de la France libre (1re DFL), participe au mouvement général de cette division qui s’engage dans la haute vallée du Liri via San Apollinare (6 kilomètres au sud de Cassino), en débordant également Cassino par le sud.
Tandis qu’une attaque aérienne détruit le quartier général de la Xe armée allemande, l’avancée du CEF, tant en montagne que dans les vallées, entame le dispositif défensif allemand de la ligne Gustav et facilite la progression des Britanniques et des Américains. Ces derniers atteignent ainsi rapidement Spigno, sur l’axe Minturno – Cassino. Le 17 mai 1944, Kesselring ordonne à ses troupes de laisser Cassino de côté, de crainte de se voir enveloppé par la manœuvre française. Le même jour, la route nationale est coupée par le 13e corps.

18 mai 1944 : victoire polonaise sur le Monte Cassino
Dans le même temps, les Polonais du 2e corps polonais du général Anders mènent la quatrième et ultime bataille. Ils ont commencé le 11 mai 1944 leur assaut sur le monastère, et, au terme de combats acharnés prennent le monastère du Monte Cassino qui tombe le 18.
Débarqués en Sicile en juillet 1943, 50 000 soldats du 2e corps polonais du général Władysław Anders, sous le commandement du général Eisenhower ont participé à la campagne d’Italie. Alors que la progression des Alliés était arrêtée au pied du Monte Cassino, ils prirent part de manière décisive à une bataille parmi les plus dures de toute la campagne d’Europe.
L’assaut avait été précédé de préparatifs, courts et discrets pour ne pas alerter l’adversaire : les sapeurs polonais ont aménagé, de nuit, chemins et routes pour acheminer en secret équipements et munitions le plus près possible du sommet et de l’abbaye. Ce chemin conserva longtemps son appellation de « Chemin du génie (ou des sapeurs) polonais »8.
Participèrent à la bataille la 5e Division des Confins, commandée par le général Nikodem Sulik, et la 3e Division de chasseurs des Carpates, commandée par le général Duch.

La partie sommitale, complètement à découvert, offrait peu d’abris naturels. Les Polonais s’accrochèrent néanmoins au terrain sous le feu allemand.
Mettant un terme à deux mois d’infructueux assauts alliés contre le rocher du monastère bénédictin et au prix d’énormes sacrifices, le 18 mai 1944 à 10 h 20, les soldats polonais du général Anders eurent l’honneur de hisser sur les ruines du monastère du Monte Cassino, le drapeau du 12e régiment de lanciers Podolski, faute de drapeau national polonais disponible. Un clairon fit sonner le hejnal mariacki, la mélodie jouée chaque heure à la Basilique Sainte-Marie de Cracovie. Un chant polonais intitulé Les Coquelicots rouges du Mont Cassin dit que « là-bas », au Monte Cassino, les coquelicots seront toujours plus rouges car ils se sont abreuvés du sang des Polonais. La victoire était chèrement acquise, mais la route de Rome était ouverte.

Les pertes polonaises s’élevèrent à :
• tués : 72 officiers, 788 sous-officiers et hommes de troupe ;
• blessés : 204 officiers, 2 618 sous-officiers et hommes de troupe ;
• disparus : 5 officiers, 97 hommes de troupe.

Le 18 mai 2004, le Pape Jean-Paul II dit dans un discours s’adressant au Président de la République polonaise :
« Chaque Polonais se souvient avec orgueil de cette bataille qui, grâce à l’héroïsme de l’armée commandée par le général Anders, ouvrit aux Alliés la route de la libération de l’Italie et de la défaite des envahisseurs nazis. Au cimetière militaire du Monte Cassino, se trouvent des tombes surmontées de croix latines et grecques, ainsi que des pierres tombales portant l’étoile de David. Là-bas reposent les héros tombés au feu, unis par l’idéal de lutter pour « votre liberté et pour la nôtre », qui inclut non seulement l’amour pour sa propre patrie, mais également la sollicitude pour l’indépendance politique et spirituelle d’autres nations. »

Bilan
Les Alliés ont perdu environ 115 000 hommes (tués et blessés). Les Français, ou plus précisément les goumiers marocains et lestirailleurs tunisiens subirent des pertes effroyables. Les Allemands perdirent 60 000 hommes. Le 19 mai, Kesselring écrit « Les Français et surtout les Marocains ont combattu avec furie et exploité chaque succès en concentrant immédiatement toutes les forces disponibles sur les points qui faiblissaient »9.

Le 20 mai, les Allemands – qui battent en retraite – voient leur situation s’aggraver : le 23, la percée des troupes alliées les encercle dans Anzio. Le 25 mai Piedimonte, extémité est de la Ligne Hitler, est pris par les Polonais. Le 26 mai, spahis et tirailleurs marocains s’emparent de la ville de Pastena, tandis que la 3e DIA occupe la localité de San Giovanni, après une lutte très violente et le plus grand combat de chars de la campagne d’Italie, au cours duquel se sont illustrés les tankistes français. La bataille du Garigliano est terminée, l’ensemble des monts Aurunci est alors aux mains de l’armée française, qui a réussi où ses alliés avaient échoué durant des mois : faire sauter le verrou de Cassino et ouvrir la route de Rome. Le 4 juin 1944, la capitale italienne est libérée. Le colonel allemand Böhmler, l’un des défenseurs de Cassino, confie dans ses mémoires : « La grande surprise fut l’attitude au combat du Corps expéditionnaire français. C’est Juin qui, en s’emparant du mont Majo et en faisant irruption dans la vallée du Liri, a réduit en miettes la porte de Rome. ». Le 29 mai, Kesselring note dans son rapport quotidien : « Spécialement remarquable est la grande aptitude tout terrain des troupes marocaines, qui franchissent même les terrains réputés impraticables, avec leurs armes lourdes chargées sur des mulets, et qui essaient toujours de déborder nos positions par des manœuvres et de percer par derrière »10. La plupart des analystes militaires considèrent la manœuvre des goumiers comme la victoire critique qui a finalement ouvert la route de Rome aux alliés11.

Après la libération de Rome, les Alliés continuent leur avancée en direction du nord de l’Italie avant de s’embourber de nouveau, au cours de l’automne 1944, face à une nouvelle ligne de défense allemande, la ligne gothique, au nord du fleuve Arno. Auparavant, plusieurs de leurs unités, dont celles du CEF, sont retirées d’Italie durant l’été pour participer à l’opération Anvil : le débarquement allié qui se prépare en Provence, programmé le 15 août 1944. Celui-ci constitue le deuxième acte de la priorité stratégique anglo-américaine définie en 1943 pour le front Ouest, après le débarquement du 6 juin 1944. Malgré l’intensité des combats pour s’emparer de Cassino, le courage et les sacrifices des troupes alliées engagées dans cette bataille, les exploits de l’armée française permettant une libération de Rome fort prometteuse, la campagne d’Italie reste donc reléguée à un rôle secondaire : « L’une des tragédies de la campagne d’Italie fut que le triomphe des armées alliées coïncida avec le début du débarquement en Normandie »12. Suite au retrait du CEF d’Italie, le général Clarke dans une lettre au général Juin soulignera « combien la part vitale prise par les troupes françaises de la Ve Armée pendant toute la campagne d’Italie contre l’ennemi commun a été universellement reconnue. »13.

Crimes de guerre et polémique après la bataille
Les accusations

Les Goumiers du Corps expéditionnaire français ont été accusés de nombreux crimes de guerre qui auraient été perpétrés au cours de cette campagne, notamment dans les environs de la région de la Ciociarie. Destruction de villages, vols et violences, mais surtout viols de masse (et assassinat de ceux qui essayaient de s’interposer)14 se seraient multiplié autour du Monte Cassino. Si en 1950, l’Union des Femmes Italiennes, organisation communiste féminine, parle d’environ 12 000 victimes15 et tente d’obtenir des indemnités pour celles-ci16, un rapport du sénat italien de 1996 fait état de 2 000 femmes violées, de 700 hommes tués17.
Ces viols commis autour de Montecassino sont mis en relief pour leur gravité et pour le nombre de victimes : perpétrés en deux jours seulement, ils sont comparables en intensité à d’autres épisodes similaires, notamment les crimes soviétiques lors de la bataille de Berlin.
De ces événements viennent les expressions populaires italiennes « marocchinate » (littéralement « marocanisés », dans le sens de « violé(e)s par des Marocains »18) et « marocchinare » (« marocaniser »). Ces événements servent de toile à un roman d’Alberto Moravia, La Ciociara, adapté en film par Vittorio de Sica : La Paysanne aux pieds nus.
Les archives et les travaux d’historiens
Les archives du S.H.A.T19. établies à partir de documents émanant du QG de la Ve armée américaine, où furent enregistrées les plaintes des victimes ou des parents des victimes, font état de 160 informations judiciaires concernant 360 individus. Il y eut 125 condamnations pour des affaires de viol, 12 pour attentats à la pudeur et 17 pour homicide volontaire. Les affaires les plus graves furent selon ces archives commises du 29 au 31 mai.
À titre de comparaison, l’historien américain J. Robert Tilly dans son ouvrage La Face cachée des GIs, rend compte de 379 dossiers archivés, de 879 cas dénombrés officiellement, et extrapolant sur ces bases pour tenir compte des affaires n’ayant jamais donné lieu à des plaintes, estime que plus de 17 000 viols auraient été commis par les GIs pendant les campagnes de France et d’Allemagne entre 1942 et 194520. Les viols commis par l’Armée soviétique sont quant à eux estimés à plus de deux millions en 1944-1945 (dont 100 000 pendant la seule bataille de Berlin, cf. l’ouvrage Une femme à Berlin)21.
L’historien Jean-Christophe Notin22 apporte d’autres explications :
• sorte de « coupables passe-partout », les Marocains sont loin d’avoir été les auteurs de toutes les atrocités de cette campagne. Certains journalistes anglais ont reconnu que les seuls incidents dont ils se souviennent n’impliquèrent pas des Marocains, mais des GI’s23. Une enquête de 1946 constatera que le gouvernement italien versait 15 000 liresau plaignant à chaque dépôt de plainte, ce qui aurait pu encourager certaines dérives ;
• selon le général Guillaume, la campagne de dénigrement est probablement née dans les milieux diplomatiques de l’Axe en poste dans les pays neutres ;
• le Reich avait également tout intérêt à diffuser les pires rumeurs sur le Corps expéditionnaire français. Une grande partie des prisonniers allemands se sont déclarés surpris du bon traitement accordé par les Français après tout ce que leurs chefs leur avaient dit sur la cruauté des Alliés. En mettant au pilori les Marocains, les Allemands auraient également tenté de leur faire endosser la responsabilité d’une partie de leurs propres crimes. De nombreux villages ont été massacrés par des éléments de la Wehrmacht ;
• pour les Italiens, faire passer les nouveaux conquérants pour les pires démons permet sans doute d’effacer une part de l’humiliation nationale et de la déchéance du fascisme.
Jean-Claude Notin conclut « que les regrettables exactions avérées, débarrassées des élucubrations de ceux qui ont voulu faire porter aux Marocains le chapeau de leurs propres turpitudes, ne fassent toutefois jamais oublier que ce même idéal guerrier les fera libérer la France et conquérir le Reich. »

Notes et références
1. ↑ (it) Gli Uomini della RSI : EDOARDO SALA [archive]
2. ↑ (fr) La tragédie de Céphalonie [archive]
3. ↑ Charles de Gaulle, Mémoires de guerre. L’unité. 1942-1944, vol. II, éd. Plon, Paris, 1960, p. 267
4. ↑ Mémoires du général Anders, op. cit. p.252
5. ↑ « Kesselring’s answers to questionnaire events in the Italian campaign » cité dans Jean-Christophe Notin, La campagne d’Italie. Les victoires oubliées de la France (1943-1945), éd. Perrin, 2002, p.378
6. ↑ Un correspondant de guerre américain remarque : « Les Français ont une haine froide, implacable de l’ennemi qui est presque effrayante ; ils sont guidés par un tel désir féroce [...] de regagner leur honneur qu’on sait qu’ils ne seront arrêtés que par la mort, et que, dans la victoire, ils ne montreront aucune merci. [...] Ils avancent si rapidement que les communiqués ne peuvent suivre leur rythme. » Voir François Broche, Georges Caïtucoli et Jean-François Muracciole (dir.), La France au combat, Paris, Perrin, SCÉRÉN-CNDP, 2007, seconde époque, première partie, p.197 : « Vers la Libération (juin 1943-mai 1944) », chapitre 3 : « Le corps expéditionnaire français en Italie »
7. ↑ « In the widely seen British television documentary The « World at War », the work of the Tabors was also lauded. A british officer commented that after Diadem the Goums were held in awe, and British troops would often refer to any particulat audacious attack as « gouming it » « , Edward L. Bimberg, The morocaan goums, Greenwood press, 1999, p.68
8. ↑ Tiré des mémoires du général Anders, le vainqueur de Monte Cassino, op. cit.
9. ↑ Georges Spillmann, Souvenirs d’un colonialiste, Presses de la cité, 1968, p.171
10. ↑ Pierre Le Goyet, La participation française à la campagne d’Italie, 1943-1944Impr. nationale, 1969, p.182
11. ↑ « Most military analysts consider the Goumiers’ manœuvre as the critical victory that finally opened the way to Rome » — Edward Bimberg, The Moroccan Goums: Tribal Warriors in a Modern War [archive], Greenwood Press, 1999 (ISBN 0-3133-0913-2)
12. ↑ général W.G.F. Jackson, officier d’État-Major du général Alexander
13. ↑ Général Juin, Mémoires du général Juin, Fayard, 1959, vol. 1, p. 355.
14. ↑ (en) Massacres and Atrocities of World War II [archive]
15. ↑ (fr) Le corps expéditionnaire français en Italie [archive] – Cairn.info, 2007
16. ↑ (it) Seduta notturna di lunedì 7 aprile 1952 [archive] – Site de la Chambre des députés italienne, séance du 7 avril 1952 [PDF]
17. ↑ (it) Norme in favore delle vittime di violenze carnali in tempo di guerra [archive] – (« Mesures en faveur des victimes de viols en temps de guerre »), site du Sénat italien, Acte no 1081 du 25 juillet 1996[PDF]
18. ↑ La Stampa, « Guerra mondiale al centro di nueve ricerche – La ciociara e le altre [archive] », 25 novembre 2002. Consulté le 26 novembre 2009
19. ↑ cote 10P11
20. ↑ (de) Sebastian Ullrich: Rezension zu: Lilly, J. Robert: La Face cachée des GIs. Les Viols commis par des Soldats Américains en France, Angleterre et en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale 1942-1945, Paris, 2003. In: H-Soz-u-Kult, 10 décembre 2003, sur hsozkult.geschichte.hu-berlin.de [archive].
21. ↑ (en) « They raped every German female from eight to 80 », The Guardian [archive]
22. ↑ Jean-Christophe Notin, La campagne d’Italie. Les victoires oubliées de la France (1943-1945), éd. Perrin, 2002, 629 pages (ISBN 2-2620-1734-4 et 978-2-2620-1734-7)
23. ↑ « le seul incident dont je me souvienne n’impliqua pas les Marocains aux cagoules mais des GI’s » – Marsland Gander, After these Many quests, MacDonald, 1949

 

 

 

 

Commentaire : commandoair40" http://militaires-d-hier.forumgratuit.org/t4486-bataille-du-monte-cassino#31371
Dure Bataille ..............que de morts pour un si petit morceau de terre .
Viols ...................qui osera jeter la première pierre .
D'après certaines personnes , les premiers au HIT PARADE ..........sont les RUSSES (plein de haine et de vodka , ont même violés des cadavre de femmes Allemandes )
Les US sont les deuxième .............le chemin est long ............Angleterre ..........France ..........Allemagne ; a leur arrivée les chiffre du nombre de viols augmentaient en flèche et ce dans chaque pays cités ci-devant , de plus les noirs , comme nos marocains , avaient bon dos .( Le racisme Allemand et Américain)
J'en arrête là .
Ceci hélas est un fait de notre Histoire

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 

 

 

30 mars 2013

Une histoire, la Tunisie et la France

Classé sous — milguerres @ 23 h 17 min

 

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La Tunisie au gré des conflits

 

 

Une histoire, la Tunisie et la France 

TUN.gif (10151 bytes)              Une histoire, la Tunisie et la France  171209

Choses et gens de la vie : Dictionnaire illustré de la Tunisie par Paul Lambert – 1912

 

 

 

 

 

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La Tunisie au gré des conflits

28 mars 2013

9 septembre La Corse se soulève contre l’occupant

Classé sous — milguerres @ 22 h 21 min

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 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

9 septembre 1943 La Corse se soulève contre l’occupant

La capitulation italienne provoque le soulèvement général des résistantscorses. Les insurgés, épaulés progressivement par des troupes venues d’Afrique du Nord, mèneront des combats contre les troupes allemandes jusqu’au 4 octobre. La Corse sera alors le premier département français libéré.

9 septembre La Corse se soulève contre l'occupant corse

VERS UNE LIBERATION

source : http://romainferrandi.jimdo.com/chapitre-3-premier-departement-francais-libere-la-corse/

Du 9 septembre au 4 octobre 1943 ; la lutte armée pour la libération résulte de l’insurrection de toute l’île, même si le fait marquant est avant tout la prise de la préfecture d’Ajaccio. Le rôle des 12 000  patriotes est décisif, l’aide extérieure de l’armée française, et notamment du 1er bataillon de choc et des troupes marocaines, salvatrice et efficace, n’est pas celle –beaucoup plus importante– qu’il aurait fallu si un débarquement allié s’était produit. Enfin l’armée italienne, désormais engagée contre l’Allemagne, n’est pas négligeable (la moitié des pertes liées aux combats de la libération furent des soldats italiens). La libération de la Corse fut un « modèle » pour le Conseil National de la Résistance dans sa stratégie de la libération de la France continentale.  

1/LES ITALIENS SE RALIENT A LA CAUSE DES RESISTANTS

Le 25 juillet, après le débarquement allié en Sicile, Mussolini a perdu le pouvoir. En août, des manifestations pour la paix ont lieu dans de grandes villes italiennes. Les Allemands pénètrent en Italie et renforcent leurs positions en Corse, en raison de la situation stratégique de l’île sur le flanc ouest de la péninsule. La brigade SS est déplacée dans le sud pour faire la jonction avec la 90e Panzergrenadier division qui reçoit l’ordre de passer de Sardaigne en Corse à l’annonce de la capitulation italienne.

Depuis la fin de juillet, il y a débat au sein de la direction du Front national : l’insurrection est-elle possible sans un débarquement simultané ? Est-il envisageable de rechercher parmi les occupants des éléments non fascistes, de nouer alliance avec eux, et de pouvoir ainsi compter sur un apport en artillerie lourde et en moyens de transport ? À la fin du mois d’août, la décision est prise : il y aura ordre d’attaquer les Allemands dès l’annonce de l’armistice italien. Des contacts clandestins ont été pris au début d’août par la direction du Front national avec le colonel commandant les Chemises noires (2) à Bastia, Gianni Cagnoni, et le général Stivala qui dirige la garnison italienne à Bastia. Cagnoni s’engage à fournir des renseignements sur les activités policières, à aider à la rédaction de tracts destinés aux soldats italiens et, en cas de débarquement des Alliés, à créer pour eux à Bastia une tête de pont. C’est en fait à Salerne, au sud de Naples, que les Alliés arrivent le 9 septembre.
Le soir du 8 septembre, la décision d’insurrection a été maintenue. Colonna d’Istria avertit Alger et somme le général italien Magli, qui commande le VIIe corps d’armée, de choisir entre neutralité, hostilité ou coopération avec les résistants. Premier paradoxe : ce général, qui soumet la population à un régime militaire sans cesse aggravé depuis avril, répond :  » … je suis avec vous « . Le désarroi règne dans ses troupes. Il y a des désertions. Dans la nuit du 8 au 9 septembre, marins italiens et allemands s’affrontent. La ville reste provisoirement aux mains des Italiens. Mais la paradoxale alliance n’est pas assurée : Magli reçoit le 9 septembre le général allemand Von Senger nommé à la tête des forces allemandes dans l’île, l’assure de sa neutralité bienveillante et ordonne de libérer les prisonniers allemands. Il ne reçoit que le 11 septembre l’ordre du Comando supremo de  » considérer les Allemands comme des ennemis « . Le général Magli ordonne la libération des résistants prisonniers en Corse. Reste le sort des déportés corses détenus dans des prisons italiennes ou à l’île d’Elbe. Les Corses incarcérés en Calabre sont délivrés les premiers par les Alliés qui y débarquent le 3 septembre. Parmi ceux de l’île d’Elbe, une quinzaine ont pu s’évader par mer dès l’arrivée des Allemands le 16 septembre. Les autres, transférés en Carinthie, province autrichienne annexée à l’Allemagne, ne pourront rentrer qu’après la fin de la guerre.

Apres l’armistice corse – italienne la tension avec les Allemands augmente : dès le lendemain de cet accord ,aux premières heures, des incidents graves se produisent dans le port de Bastia.

La défense anti-aérienne italienne tire sur des appareils allemands, un navire italien qui appareille est attaqué et incendié par les Allemands. À l’aube du 9 septembre, plusieurs navires allemands sont endommagés par les batteries italiennes et les prisonniers placés sous contrôle des autorités militaires italiennes. Ce même jour, dans la ville, patriotes et soldats italiens s’emparent de la citadelle, de la gare et des principales voies de communication ; le local de la Légion des combattants devient une permanence des résistants du Front national.
D’autres cas de coopération immédiate entre Italiens et résistants corses sont signalés (à Sartène notamment).
Ajaccio se soulève le 9 septembre. Des Allemands stationnés à la Parata sont stoppés à l’entrée de la ville, le 10 septembre, par un groupe de résistants. Ils se replient par mer, leur infériorité numérique rendant très aléatoire toute tentative d’utilisation du réseau routier. Ainsi, le port d’Ajaccio demeure libre et disponible pour le débarquement de forces amies.
Le 12 septembre, modifiant les plans de l’état-major, Hitler ordonne l’évacuation des deux grandes îles, Sardaigne et Corse, mais non sans prévoir une période transitoire qui doit permettre le regroupement des forces allemandes et l’évacuation des stocks. Ce plan exige la reprise du contrôle des axes routiers de la Corse.

C’est mal connaître la géographie de l’île et le rapport des forces. Le général von Senger tente effectivement des percées vers l’ouest de l’île, mais il prend rapidement la mesure de la détermination des partisans et refuse de s’engager dans une guérilla meurtrière et incertaine.
À partir du 17 septembre, pour assurer l’évacuation des unités dont le sort lui est confié, il concentre son action sur la voie routière de la côte orientale et sur le port de Bastia : outre la brigade Reichsführer, il faut faire passer la 90e division panzer, arrivée de Sardaigne, soit 32 000 hommes avec du matériel lourd (chars, pièces d’artillerie, matériel et véhicules divers) ; un bataillon de parachutistes italiens suit les Allemands dans leur retraite. Tous doivent aller combattre en Italie après avoir quitté la Corse

La corse tarde trop et risque la mainmise allemande sur l’île. Les patriotes ont tous la conviction qu’ils vont se trouver devant des adversaires disciplinés et bien entraînés.
Le général Giraud, conscient du danger encouru par les résistants, prend la décision, « audacieuse et risquée » selon le général de Gaulle, d’envoyer le 1er corps d’armée du général Henri Martin pour aider la Résistance.
Les Français décident d’utiliser deux sous-marins : le Casabianca et l’Arétharse, ainsi que deux contre-torpilleurs et deux torpilleurs. Le port d’Ajaccio est libre, ainsi que le terrain de Campo dell’Oro, qui subit cependant, le 12 septembre, une attaque aérienne allemande, mais où peut atterrir une escadrille d’aviation de chasse alliée.
Les premiers à débarquer sont les hommes du 1er bataillon de choc créé par le général Giraud en avril 1943. Ils font la traversée, entassés, dans le Casabianca. Placés sous les ordres du commandant Gambiez, ils sont particulièrement bien entraînés au type de combat qui les attend dans l’île. Du 14 au 17 septembre, ils attendent leur ordre de marche et sont rejoints à Ajaccio par le 1er régiment de tirailleurs marocains, par des spahis, des goumiers et des éléments de l’artillerie et du génie. Au total 6 000 hommes, 400 tonnes d’armes, des jeeps, des pièces antiaériennes, du carburant et des vivres, sont débarqués en dix jours. Ajaccio joue donc le rôle d’une tête de pont. Les troupes venues d’Algérie viennent appuyer les patriotes qui ont commencé seuls à défendre les passages entre les deux versants de l’île.

Il s’avère déjà impossible pour les Allemands de songer (du moins sans renfort) à une occupation totale de la Corse. Le général Henri Martin a pris contact avec le général Magli dès son arrivée, le 17 septembre ; chargé de la coordination des troupes débarquées, il souhaite définir les conditions d’une coopération franco-italienne. L’accord finalement conclu le 21 septembre prévoit une action commune dans le sud de l’île et une attaque convergente sur Bastia : la division « Cremona » doit, en effet, participer aux combats de Porto-Vecchio, Sotta et Bonifacio des 23 et 24 septembre et la division « Friulï » à ceux du col de Teghime à la fin du même mois.
Le 21 septembre le général Giraud vient à son tour veiller aux opérations sur le terrain et rencontrer le général Magli ; les Italiens combattent officiellement aux côtés des forces françaises et leur assurent un important soutien.

4/LA CORSE EST LIBRE
Les allemands se replient
La période des combats n’est pas vécue partout de la même façon. À Ajaccio, préfecture de 1a Corse, la libération est acquise dès le 9 septembre. La population assiste aux débarquements de troupes et exprime librement sa joie. On chante la Marseillaise dans les rues.
À Sartène, le soulèvement populaire se heurte à l’intervention allemande visant la population.

À Bastia, on se bat en ville et surtout au port, entre Italiens et Allemands. Le 14 septembre, les Allemands qui ont repris le contrôle de la situation, menacent la ville de destruction et interdisent à la population de sortir, si ce n’est entre 11 et 12 heures. Les patriotes qui, croyant leur ville libérée, ont occupé la mairie et la sous-préfecture, retournent à la clandestinité après l’intervention d’une colonne allemande venue de Casamozza et une attaque de stukas.

Très inégalement armés, souvent peu expérimentés car s’ils sont plus de 10 000 en septembre, la plupart n’a pas subi de préparation militaire sérieuse, les patriotes combattent sans aide pendant les huit ou dix premiers jours. Durant cette période, les Allemands cherchent encore à s’ouvrir les passages vers l’ouest dans les régions de l’Ospedale, de Ghisoni, Barchetta et Folelli. Dans le sud, il faut compter avec la brigade SS Reichsführer cantonnée à Sartène.
Les Allemands veulent sauver leurs dépôts de matériel et de carburant, comme celui de Quenza attaqué le 15 septembre par le Front national et les hommes du commandant Pietri : en s’assurant le contrôle des voies de communication les résistants empêchent la jonction des troupes allemandes de Porto-Vecchio avec celles de Quenza et de Sartène. La zone de Levie est devenue un verrou. Le 17, une compagnie du bataillon de choc est déterminante dans l’appui de la Résistance : malgré une intervention de leur aviation, les Allemands y sont vaincus. Le général von Senger, convaincu du coût excessif de toute action vers l’ouest, se consacre par la suite à l’évacuation de ses forces vers Bastia.

La liberation

C’est donc la seconde phase des combats qui commence : dès le 1er, sur la route de Bonifacio à Porto-Vecchio, puis le 22 dans la zone de Conca, les fauteurs qui dominent la route servent de bases pour les attaques ; mais la 90e division allemande est une division blindée, elle peut subir des pertes, être freinée, mais non stoppée.
Les groupe de maquisards sont appelés au combat au fur et à mesure de la lente progression allemande vers le nord. Ceux de Vezzani et de Prunelli di Fiumorbo agissent les 23 et 24 septembre. Les Allemands perdent le contrôle des aérodromes de Ghisonaccia et de Borgo qu’ils utilisaient pour leur évacuation et les opérations aériennes de soutien. À la fin de septembre, des combats se déroulent en Casinca. Le bataillon de choc trouve, parmi les patriotes, les guides qui lui sont d’autant plus indispensables qu’il ne possède pas les cartes d’état-major de la région. Qui plus est, une compagnie formée de volontaires recrutés sur place a pu être constituée. La population nourrit et renseigne les combattants, mais les blessés pâtissent du manque de soins : aucun service médical ne suit la progression des troupes dans cette zone.
À la fin de septembre et pendant les trois premiers jours d’octobre, les Allemands ne cherchent plus qu’à protéger leur retraite, se repliant sur le port de Bastia. Leur artillerie en retarde l’accès. Les patriotes et les « troupes de chocs » y arrivent par le sud tandis que tabors, spahis et troupes italiennes progressent par l’ouest, avec les résistants du Contenais et de la Balagne. Dans ces combats, les Marocains jouent un rôle déterminant : le col de San Stefano est enlevé le 30 septembre, le col de Teghime le 3 octobre. Le bataillon de choc prend le contrôle du Cap Corse, non sans un accrochage avec les Allemands à Pietracorbara.
Le 4 octobre, Bastia est libre, mais dévasté par les combats et les bombardements américains.

Libérée mais tres affaiblie

La 90e Panzergrenadier division quitte l’île, affaiblie par la destruction d’une centaine de chars, de 600 pièces d’artillerie et de 5 000 véhicules divers. Des patriotes sont tués au combat aux côtés des militaires français et italiens tandis que d’autres, surpris armés par les Allemands, sont immédiatement fusillés : on compte au moins 25 exécutions sommaires. Au total, l’estimation des victimes de ces combats s’établit ainsi : les troupes allemandes perdent environ 1 600 hommes dont 1 000 tués et 400 prisonniers ; les Italiens dénombrent 637 tués et 557 blessés ; du côté français, la Résistance enregistre dans ses rangs 170 tués et environ 3130 blessés ; les troupes régulières enregistrent 75 tués (dont l’aspirant Michelin, premier officier français tombé sur le sol national) et 239 blessés.

Quant aux dégâts matériels, ils sont considérables sur les lieux des combats : de nombreux ponts ont sauté, des maisons sont détruites, Bastia subit cinq bombardements alliés entre le 13 septembre et le 4 octobre, ainsi que des tirs d’artillerie. Les quartiers du port, de la gare et le cimetière lui-même sont ravagés, la ligne de chemin de fer de la côte orientale est inutilisable.
Une page qui se tourne : hommage

Au cours de sa visite en Corse, du 8 au 10 octobre, le général de Gaulle salue les efforts et les sacrifices consentis. Ses discours témoignent d’une émotion sincère. . L’île, coupée de la France continentale, dépend désormais d’Alger. Pour ses habitants, la Libération ne signifie pas la paix, mais bien au contraire la reprise de la guerre au côté des Alliés. À cet égard aussi, la situation de ce département français est unique : pendant l’année 1944, 12 000 Corses de 20 à 28 ans sont mobilisés. De plus, la région est utilisée comme base aéronavale pour le contrôle des liaisons maritimes, comme base d’attaque contre l’Italie du Centre et du Nord, encore tenue par les Allemands, et comme base de départ en août 1944 pour le débarquement en Provence.
Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie. Après la Corse, le Calvados sera le deuxième département français libéré. Les FFI de Caen prendront le nom de Fred Scamaroni, héros et martyr de la Résistance corse;

La Corse tient une place importante dans l’histoire de 1a Résistance et de la Libération.
C’est le premier territoire libéré, par ses habitants et par des soldats français, sans intervention de forces anglo-américaines.
Au cours de sa visite en Corse, du 8 au 10 octobre, le général de Gaulle salue les efforts et les sacrifices consentis. Ses discours témoignent d’une émotion sincère. . L’île, coupée de la France continentale, dépend désormais d’Alger. Pour ses habitants, la Libération ne signifie pas la paix, mais bien au contraire la reprise de la guerre au côté des Alliés. À cet égard aussi, la situation de ce département français est unique : pendant l’année 1944, 12 000 Corses de 20 à 28 ans sont mobilisés. De plus, la région est utilisée comme base aéronavale pour le contrôle des liaisons maritimes, comme base d’attaque contre l’Italie du Centre et du Nord, encore tenue par les Allemands, et comme base de départ en août 1944 pour le débarquement en Provence.
Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie. Après la Corse, le Calvados sera le deuxième département français libéré. Les FFI de Caen prendront le nom de Fred Scamaroni, héros et martyr de la Résistance corse;

La Corse tient une place importante dans l’histoire de 1a Résistance et de la Libération.
C’est le premier territoire libéré, par ses habitants et par des soldats français, sans intervention de forces anglo-américaines.

source :

http://romainferrandi.jimdo.com/chapitre-3-premier-departement-francais-libere-la-corse/

http://www.linternaute.com/histoire/categorie/evenement/57/1/a/48403/la_corse_se_souleve_contre_l_occupant.shtml

wikipedia

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

26 mars 2013

Les compagnons de la libération de la DFL

Classé sous — milguerres @ 22 h 34 min

 

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Résistance … la lutte contre le mal

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DES DIFFERENTES UNITES DE LA DFL 

La présentation ci-dessous reprend les mentions des Unités telles qu’elles sont indiquées dans l’Annuaire de la 1ère DFL 
http://www.1dfl.fr/les-hommes-de-la-dfl/les-compagnons-de-la-dfl/

 

Pierre, Noël BEAUGRAND 02/06/1943 Lieutenant DFL
Diégo, Charles, Joseph BROSSET 20/11/1944 Général DFL 
Adolphe, Blaise, Auguste DIAGNE 18/01/1946 Médecin commandant DFL
René, Octave, Xavier GENIN 30/03/1944 Lieutenant colonel DFL
Philippe, Marie, Joseph, Charles KIEFFER 28/08/1944 Capitaine DFL
Pierre-Marie, Joseph KOENIG 25/06/1942 Général DFL
Edgard, René, Marie, LARMINAT (de) 01/08/1941 Général DFL
Claude, Armand, Louis LE HENAFF 16/10/1945 Lieutenant DFL
Paul, Louis, Victor, Marie LEGENTILHOMME 18/11/1945 Général DFL 
Raymond LEROY 06/04/1945 Capitaine DFL
André, Paul LICHTWITZ 07/03/1945 Médecin commandant DFL
Jacques MENESTREY 27/12/1945 Lieutenant pharmacien DFL
Victor MIRKIN 07/07/1945 Commandant DFL 
Raoul, Charles MONCLAR 01/06/1943 Général DFL
Noukoun NOUKOUN-KONE 02/06/1943 Adjudant DFL
Marcel, Louis, Théodore ORSINI 07/03/1945 Médecin commandant DFL
Hippolyte, Frédéric PIOZIN 02/06/1943 Capitaine DFL
Maurice, Henri PROCHASSON 07/08/1945 Capitaine dentiste DFL
Philippe SASSOON 07/03/1945 Lieutenant dentiste DFL
Pol THIBAUX 07/03/1945 Médecin capitaine DFL
André THOREAU 20/11/1944 Chef d’escadron DFL 
Lucien THUILLIEZ 02/06/1943 Adjudant DFL
Jean VIALARD-GOUDOU 09/09/1942 Médecin Lieutenant colonel DFL
Charles VIGNES 27/12/1945 Médecin Lieutenant colonel DFL
René AMIOT 18/01/1946 Lieutenant DFL
André PARANT 13/05/1941 Lieutenant DFL 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DE LA LEGION 
Alain, Marie, Léon AGENET 20/01/1946 Lieutenant Légion
Dimitri AMILAKVARI 09/09/1942 Lieutenant Colonel Légion
Paul, Jean, Louis ARNAULT 02/06/1943 Chef de Bataillon Légion
Gabriel, Eugène, Sélestin BABLON 28/05/1945 chef de bataillon Légion
René, Louis, Pierre BABONNEAU 09/09/1942 chef de bataillon Légion
Joseph BAKOS 07/03/1945 Sergent Légion 
Jacques, Marie, Paul BEAUDENOM DE LAMAZE 11/05/1943 Capitaine Légion
Henri BENEVENE 17/11/1945 Soldat Légion
Lionel BENEYTON 21/01/1946 Lieutenant Légion
François BOLIFRAUD 18/01/1946 Lieutenant Légion 
Maurice, Marcel BONTE 07/03/1945 Sergent Légion
Jacques, Jean BOURDIS 27/12/1945 Lieutenant Légion
Pierre, Jean BOURGOIN 20/11/1944 Lieutenant Légion
Gabriel BRANIER 11/05/1943 Adjudant chef Légion
Gabriel BRUNET DE SAIRIGNE 09/09/1942 Capitaine Légion
Augusto BRUSCHI 23/06/1941 Sergent Légion
Gustavo CAMERINI 03/06/1943 Lieutenant Légion
Alfred, CAZAUD 23/06/1941 Lieutenant colonel Légion
Renaud, Marie, René CORTA (de) 03/06/1943 Capitaine Légion
André DAMMANN 09/09/1942 Soldat Légion
Dino DEL FAVERO 23/06/1941 Caporal chef Légion
Jean DEVE 11/05/1943 Capitaine Légion
Hermann ECKSTEIN 26/08/1943 Sergent Légion
Jean, Henri, Marcel EON 17/11/1945 Sous Lieutenant Légion
Joseph, FERRIERES DE SAUVEBOEUF (de) 20/11/1944 Lieutenant Légion
Yvan FRANOUL 17/11/1945 Caporal Légion
Pierre FREMOND 17/11/1945 Lieutenant DFL 
GARGUE Félicien 23/06/1941 Caporal Chef Légion
André, Jean GENET 02/06/1943 Médecin capitaine Légion
Hubert, Jean, Louis, Joseph GERMAIN 20/11/1944 Lieutenant Légion 
Noël GIORGI 23/06/1941 Adjudant Légion
William, Joseph GOULD 16/10/1945 Sous lieutenant Légion
Marcel, Jean-Marie GUILLOT 20/11/1944 Sous lieutenant Légion
John, Freeman HASEY 18/04/1942 Lieutenant Légion
Pierre HAUTECLOCQUE (de) 14/07/1941 Capitaine Légion
Yves, Marie HAUTIERE (de la) 07/08/1945 Capitaine Légion
Jules, Jean, Louis HIRLEMAN 07/03/1945 Aumônier Légion
André IMA 29/12/1944 Sergent Légion
Jean, Corentin JAOUEN 18/01/1946 Sous lieutenant Légion
Yves, Félix, Pierre JULLIAN 29/12/1944 Lieutenant Légion
Imre KOCSIS 09/09/1942 Sergent Légion
André, Libéral, Emile LALANDE 20/11/1944 Chef de Bataillon Légion
Pierre LANGLOIS 23/06/1941 Lieutenant Légion
Georges, François, Marie LAOUENAN 18/01/1946 Lieutenant Légion
Felipe, Martinez, Arengo, MAEZTU 02/06/1943 Lieutenant Légion 
Stanislas, Marie MALEC-NATLACEN 20/11/1944 Aumônier Légion
Jean-Pierre, Robert MALLET 29/12/1944 Sous lieutenant Légion
Claude MANTEL 07/03/1945 Lieutenant Légion
Pierre MESSMER 23/06/1941 Lieutenant Légion 
Rémond, Martial MONCLAR 23/06/1941 Capitaine Légion
René MONDENX 17/11/1945 Adjudant chef Légion
René, André, Achille MOREL 23/06/1941 Capitaine Légion
Jacques, Charles MOUCHEL-BLAISOT 07/03/1945 Lieutenant Légion
Jules MURACCIOLE 28/05/1945 Lieutenant Légion
Louis, Albert NICOLAS 09/09/1942 Sergent Légion
Jacques, Marie, Roch, André PARIS de BOLLARDIERE 23/06/1941 Capitaine Légion
Etelvino PEREZ 20/11/1944 Sergent Chef Légion
Jean, Eugène POIREL 20/11/1944 sous lieutenant Légion
Ange POIS 23/06/1941 Soldat Légion
Jean PROSZECK 20/11/1944 Caporal Légion
Bernard SAINT-HILLIER 27/05/1943 Capitaine Légion
Jean-Pierre, Henri SARTIN 09/09/1942 Lieutenant Légion
Jean, Victor, Ernest SIMON 23/06/1941 Lieutenant Légion
Jean Marie SOUBERBIELLE 11/05/1943 Sous lieutenant Légion
Jacques TARTIERE 21/08/1941 Adjudant Légion
Alexandre TER SARKISSOFF 20/01/1946 Capitaine Légion
Ettore TONEATTI 23/06/1941 Soldat Légion
Jaime, Ramon, Angel TURRELL Y TURRULL 09/09/1942 Sergent Chef Légion
Georges, Slavomir UNGERMAN 18/01/1946 Lieutenant Légion
Edward, Béhumil VAZAC 07/03/1945 Capitaine Légion
Richard VERHEUST 09/09/1942 Soldat Légion
Michel, René VERSTRAETE 17/11/1945 Adjudant Légion
Otto WAGNER 07/08/1945 Chef de Bataillon Légion 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU 22e BMNA 
Roger, Henri, Fernand ANDRE 02/06/1943 Lieutenant 22e BMNA
Mohamed BEL HADJ 17/11/1945 Sous Lieutenant 22e BMNA
Bernard, Marie, Thérèse DEMOLINS 07/03/1945 Sous Lieutenant 22e BMNA
Pierre LEQUESNE 02/06/1943 Capitaine 22e BMNA 
Jean MAGNE 28/05/1945 Capitaine 22e BMNA
François, Antoine, Pierre, Marie BIGO 20/11/1944 22e BMNA
Jean, Marie FEVRE 16/10/1945 Lieutenant 22e BMNA
Paul-Hémir MEZAN 20/11/1944 Capitaine 22e BMNA
Edmond, Simon NESSLER 27/12/1945 Lieutenant 22e BMNA
Stéphane PIOBETTA 20/11/1944 Lieutenant 22e BMNA
Georges PROST 17/11/1945 Lieutenant 22e BMNA
Marie, Roger TASSIN 20/11/1944 Lieutenant 22e BMNA 

COMPAGNONS DE LA LIBERATION DE L’INFANTERIE COLONIALE 
Raymond, Paul, Etienne APPERT 31/12/1942 Lieutenant colonel Infanterie coloniale
Pierre, Alexandre MARCHAND 26/08/1941 Colonel Infanterie coloniale 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BM 1 
Guy BAUCHERON DE BOISSOUDY 09/09/1942 Capitaine BM 1
Emile BOUTHEMY 01/02/1941 Sergent chef BM 1
Amédée, Emmanuel, A BROUSSET 04/07/1944 Capitaine BM 1
Charles COLONNA d’ISTRIA 04/07/1944 Lieutenant BM 1
Jean, Marie, Justin COUPIGNY 04/07/1944 Médecin capitaine BM 1
Edmond COUSSIEU 04/07/1944 Adjudant BM 1
Raymond, Jean, Marie DELANGE 02/12/1941 Lieutenant colonel BM 1
Thadée, Henri DIFFRE 07/08/1945 Capitaine BM 1
Alphonse, Pierre , Dymas GUENA 04/07/1944 Lieutenant BM 1
Michel LARINE 04/07/1944 Adjudant BM 1
Yves, Noël MONTEGGIANI 13/03/1943 Adjudant Chef BM 1
Corentin PRIGENT 04/07/1944 Sous lieutenant BM 1 
Pierre, Eugène, Georges ROUGE 09/09/1942 Capitaine BM 1
Jacques, Marie, Joseph SEGRAIS (LE JUGE de) 04/07/1944 Adjudant BM 1 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BM 2 
Henri, François AMIEL 09/09/1942 chef de bataillon BM 2
Maurice, Henri Albert BAYROU 28/05/1945 Capitaine BM 2
André, Marie, Pierre, François BLANCHARD 09/09/1942 Lieutenant BM 2
Gilbert CHEVILLOT 14/07/1944 Capitaine BM 2
Marcel, Henri, Auguste, Marie, FAURE 07/03/1945 Capitaine BM 2
Pierre, Georges GABARD 09/09/1942 Lieutenant BM 2
Paul, Louis GUENON 28/05/1945 Médecin capitaine DFL 
Paul GUILLON 02/06/1943 Médecin capitaine DFL 
Georges KOUDOUKOU 09/09/1942 Sous lieutenant BM 2
Paul KOUDOUSSARAGNE 09/09/1942 Soldat BM 2
René LEMOINE 27/12/1945 Lieutenant BM 2
Jean LHUILLIER 07/07/1945 Capitaine BM 2
MOUNIRO 09/09/1942 Adjudant chef BM 2
Jean, René MUFRAGGI 17/11/1945 Lieutenant BM 2
Robert ROUX (de) 09/09/1942 Lieutenant colonel BM 2
François VALLI 28/05/1945 Lieutenant BM 2 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BM 3 
Roméo, Joseph ANTONIOTTI 23/06/1941 Caporal 
Georges, Charles BAVIERE 23/06/1941 Capitaine BM 3
Idrisse DOURSAN 23/06/1941 Sergent BM 3
Pierre, François GARBAY 17/04/1944 Lieutenant Colonel BM 3
Louis, Emile GAUTHERON 23/06/1941 Sergent BM 3
André KAILAO 23/06/1941 Soldat BM 3
Jen NEMIR 23/06/1941 Sergent Chef BM 3
Marcel VINCENT 30/06/1941 Sergent-chef BM 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BM 4 
Fernand AYME 17/11/1945 Sergent Chef BM 4
Henri, Eugène, Marie BEAUGE-BERUBE 07/08/1945 Lieutenant BM 4
Julien, Emile, Adolphe CHABERT 07/03/1945 Capitaine BM 4
Albert, André CHAREYRE 07/03/1945 Capitaine BM 4
Guy, Denis, Jean CHARMOT 20/11/1944 Médecin capitaine BM 4
Raymond DEFOSSE 02/06/1943 Capitaine BM 4
René, Louis, Alexandre DUPONT 17/11/1945 Adjudant BM 4
Henri, Marie FOUGERAT 29/12/1944 Chef de Bataillon BM 4
Philippe, Raoul FRATACCI 16/10/1945 Lieutenant BM 4
Site Compagnons du Havre 
Georges JEANPERRIN 24/03/1945 Capitaine BM 4
Albert PIAULT 20/11/1944 Aspirant BM 4
Jean-Charles PLANTEVIN 17/11/1945 Sous lieutenant BM 4 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BM 5 
François, Marie ARZEL 07/07/1945 Sergent Chef BM 5
Raoul BEON 10/12/1943 Médecin capitaine BM 5
Pierre BERNARD 10/12/1943 Lieutenant BM 5
Jean, Henry, Arsène CEDILE 22/01/1946 Capitaine BM 5
Henri, Jean, Guy COTTERET 17/11/1945 Sergent chef BM 5
Georges, Etienne, Abel DELRIEU 20/11/1944 Lieutenant BM 5
Roger, Charles GARDET 25/06/1943 Lieutenant Colonel DFL Pierre, Jean, Marie HAUTEFEUILLE 20/11/1944 Capitaine BM 5
Jean JESTIN 20/11/1944 Sergent Chef BM 5
Louis LE BASTARD 17/11/1945 Lieutenant BM 5
Roger, Jean-Marie MAYLIE 28/05/1945 Lieutenant BM 5
André QUELEN 18/01/1946 Lieutenant BM 5
François, Henri, Jean SEITE 07/03/1945 Sous lieutenant BM 5
Denis, Joseph THIRIAT 17/11/1945 Adjudant BM 5 

COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BM 11 
Roland ALIBERT de FALCONNET 29/12/1944 Lieutenant BM 11
Abel, Marcel, Edouard BILLY 17/11/1945 Lieutenant BM 11
Michel CRUGER 18/01/1946 Adjudant BM 11
Louis, Paul, Claude DUPUIS 20/11/1944 Lieutenant BM 11
André GALLAS 28/05/1945 Lieutenant BM 11
Gilbert, André GARACHE 28/05/1945 Sous lieutenant BM 11
Nicolas, Jules GLOS (de) 07/08/1945 Capitaine BM 11
Yves HERVE 28/05/1945 Médecin capitaine BM 11
Georges HUGO 04/07/1944 Lieutenant BM 11
Xavier, Adrien LANGLOIS 04/07/1944 Capitaine BM 11
Guy, Armel, Joseph, Gabriel, Marie LE CONIAC de la LONGRAYS 18/01/1946 Lieutenant BM 11
Jules, René, Alexandre LE MIERE 16/10/1945 Sous lieutenant BM 11
Joseph, Jean-Baptiste, Jacques LEONARD 20/11/1944 Sous Lieutenant BM 11
André MAZANA 29/12/1944 Adjudant Chef BM 11 
Pierre, Eugène MOGUEZ 16/10/1945 Lieutenant BM 11
Louis RICARDOU 23/06/1941 Soldat BM 11
Charles ROSSIGNOL 07/07/1945 Lieutenant BM 11
Benjamin TAGGER 20/11/1944 Capitaine BM 11
Nicolas WYROUBOFF 29/12/1944 Adjudant BM 11 

COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BM 21 et BM 24 
Hervé COUE 29/12/1944 Caporal chef BM 21
Camille CUNIN 17/11/1945 Lieutenant BM 24
Jacques LEMARINEL 20/11/1944 Aspirant BM 24
Paul, Pierre TRIPIER 20/11/1944 Aspirant BM 24 

COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BIM
Valentin, Eloi BEHELO 07/03/1941 Adjudant BIM
Louis, René BENARD 07/03/1941 Sergent Chef BIM
Michel BOLLOT 18/01/1946 Lieutenant BIM
René, Georges, Eugène BRIOT 07/03/1941 Capitaine BIM
Joseph, Marie, CASILE 07/03/1941 Sergent chef BIM
Pierre, Gabriel CHEVIGNE de 09/10/1945 Colonel BIM
Charles, Emile, Auguste CLERC 07/03/1941 Capitaine BIM
Fortuné DELSAUX 07/03/1941 Sergent BIM
Pierre, Marc DELSOL 07/03/1941 Sergent BIM
Marceau FAUCRET 07/03/1941 Caporal BIM
Raphaël, Albert, Alfred FOLLIOT 07/03/1941 Chef de Bataillon BIM 
Toussaint GOZZI 07/03/1941 Caporal BIM
Rodolphe JAEGER 07/03/1941 Soldat BIM
Auguste KIRMANN 07/03/1941 Soldat BIM
François, Jean-Pierre LABORDE-NOGUES (de) 07/03/1941 Sous lieutenant BIM
René, Henri, Marcel LEPELTIER 18/04/1942 Adjudant BIM
Lucien LIMANTON 07/03/1941 Soldat BIM
Roger, Frédéric, Jules MALFETTES 09/09/1942 Aspirant BIM
Joseph, Jean MAUGARD 07/03/1941 Caporal BIM
William PALCY 07/03/1941 Soldat BIM
Jean, Julien PICHAT 09/06/1942 Capitaine BIM
Georges, Victor ROSSI 07/03/1941 Sergent BIM
Constant ROUDAUT 02/06/1943 Capitaine BIM
Charles RUDRAUF 07/03/1941 Caporal BIM 
Raymond, Robert SABOT 07/03/1941 Sergent BIM
André SALVAT 07/03/1941 Sergent BIM
Jacques, Maurice, Charles SAVEY 11/05/1943 Commandant BIM
Auguste TECHER 07/03/1941 Soldat BIM
Lucien VANNER 07/03/1941 Soldat BIM 

COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BATAILLON DU PACIFIQUE 
Félix BROCHE 11/05/1943 Lieutenant-colonel Bat du Pacifique
Gaston DUCHE DE BRICOURT 27/05/1943 Capitaine Bataillon du Pacifique
Marcel, Marie KOLLEN 29/03/1943 Soldat Bataillon du Pacifique 
Pierre, Auguste LAFONT 11/05/1943 Adjudant Bataillon du Pacifique 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BIMP
Pierre ANGLADE 09/09/1942 Aspirant BIMP
Louis, Alfonse BEGUIN 07/03/1941 Soldat BIMP
Jean, Charles BELLEC 09/09/1942 Aspirant BIMP
Emile, Charles, Etienne BELLET 07/03/1941 Soldat BIMP
Auguste, Charles, Pierre BENEBIG 09/09/1942 Adjudant BIMP
Philippe BERNARDINO 16/10/1945 Adjudant BIMP
Pierre, Marie, André BLANCHET 20/11/1944 Capitaine BIMP
Benjamin, Marcel FAVREAU 09/09/1942 Aspirant BIMP
Robert, Fernand HERVE 16/10/1945 Capitaine BIMP
Georges LECARROUR 24/03/1945 Sergent Chef BIMP
Edmond, Emile, Pierre MAGENDIE 07/03/1945 Capitaine BIMP 
Henri, Edmond MAGNY 07/08/1945 Chef de Bataillon BIMP
Henri, Jérôme MULLER 20/11/1944 Lieutenant BIMP
Pierre, Jean, Alexandre OLIVIER 07/08/1945 Capitaine BIMP
Pierre, Michel PANNETIER 16/10/1945 Lieutenant BIMP
Joseph PECRO 17/11/1945 Caporal BIMP
Raymond PERRAUD 20/11/1944 Capitaine BIMP
René PETRE 16/10/1945 Sous lieutenant BIMP
Jean, Raymond, Léon PILLARD 27/12/1945 Lieutenant BIMP
Charles PORCHERON 20/11/1944 Sergent Chef BIMP
Jacques ROULEAU 27/12/1945 Lieutenant BIMP
Jean, Charles, Georges STARCKY 20/11/1944 Aumônier BIMP
Jean TRANAPE 20/11/1944 Sergent Chef BIMP 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU REGIMENT D’ARTILLERIE
André, Maurice, J, M QUIROT 02/06/1943 Capitaine Artilerie
Robert, André BINEAU 17/11/1945 Lieutenant Artillerie
Charles BRICOGNE 11/05/1943 Capitaine Artillerie 
Joseph, Antoine, Lucien CANALE 09/09/1942 Brigadier-chef Artillerie
Roger, Edmond CECCALDI 24/03/1945 Lieutenant Artillerie
Albert CHAVANAC 02/06/1943 Capitaine Artillerie
Daniel DREYFOUS-DUCAS 17/11/1945 Capitaine Artillerie
Constant, Etienne ENGELS 09/09/1942 Soldat Artillerie
Juan, José ESPANA 17/11/1945 Commandant Artillerie
Michel, Marie, Joseph FAUL 07/08/1945 Lieutenant Artillerie
René GUFFLET 27/05/1943 Capitaine Artillerie
Paul JONAS 07/08/1945 Chef d’escadron Artillerie
Jean-Claude LAURENT-CHAMPROSAY 09/09/1942 Lieutenant colonel Artillerie
Yves LE DÛ 25/06/1941 Soldat Artillerie
Claude LEPEU 09/09/1942 Maréchal des Logis Artillerie
Philippe MARMISSOLLE-DAGUERRE 17/11/1945 Lieutenant Artillerie
Gérard, Elie, Louis MARSAULT 16/10/1945 Cef d’escadron Artillerie
Paul, Ernest MORLON 20/11/1944 Artillerie
Jacques, Marie, Charles PETITJEAN 24/03/1945 Lieutenant Artillerie
François PHILIPPE 29/12/1944 Aspirant Artillerie
Laurent, Jules RAVIX 17/11/1945 Lieutenant Artillerie
Louis, Auguste RIVIE 28/05/1945 Capitaine Artillerie
Jean-Pierre ROSENWALD 17/04/1944 Aspirant Artillerie
Jacques, Yves ROUMEGUERE 09/09/1942 Aspirant Artillerie 
Robert SAUNAL 17/11/1945 Lieutenant Artillerie
Michel, Robert SAUVALLE 17/11/1945 Sous lieutenant Artillerie
Roger SEFERIAN (de RAUVELIN) 11/05/1943 Sous lieutenant Artillerie
Pierre, Adrien SIMONET 27/12/1945 Sous lieutenant Artillerie 
Gaston TAVIAN 07/03/1945 Lieutenant Artillerie
Musée virtuel DFL 
Charles, Bernard, Marie TESTA (de) 18/01/1946 sous lieutenant Artillerie
Site Compagnons du loiret 
Gérard THEODORE 09/09/1942 aspirant Artillerie
André, Albert VERRIER 17/11/1945 Maréchal des Logis Artillerie 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU GENIE 
Georges, Cyrille, Jean, B BONNET 17/11/1945 Capitaine Génie
Laurent BOVIS 17/11/1945 Adjudant chef Génie
Jean, Louis DESMAISONS 02/06/1943 Capitaine Génie
Marcel, Adrien GAYANT 07/03/1945 Sous Lieutenant Génie
André, Henri GRAVIER 09/09/1942 Capitaine Génie
André, Robert HENRY 13/05/1941 Sergent Génie
Raymond, Hippolyte, Léon LASSERRE 20/11/1944 Aspirant Génie
Paul, Félix, Eugène NEUVILLE 20/11/1944 Capitaine Génie 

COMPAGNONS DE LA LIBERATION DES CHARS 
Michel STAHL 07/08/1945 Capitaine CAC 2
Robert, Colbert ABRAHAM 17/11/1945 Adjudant Chars
Jacques, Marie, Emile BLASQUEZ 07/08/1945 Capitaine Chars
Daniel, Ernest, Elie DIVRY 13/07/1945 Capitaine Chars
Albert FLOCH 25/06/1941 Soldat Chars
Robert, René, Marcel GALLEY 24/03/1945 Sous lieutenant Chars
Jacques, Edmond, Georges, Paul HEBERT 16/10/1945 Lieutenant Chars
Alexandre KREMENTCHOUSKY 07/07/1945 Médecin lieutenant Chars
Henri MALIN 02/06/1943 Aspirant Chars
Raymond, Alfred MEYER 24/03/1945 Lieutenant Chars
Louis, Valentin MICHARD 25/03/1945 Lieutenant Chars
Jean VOLVEY 17/04/1944 Capitaine Chars 

COMPAGNONS DE LA LIBERATION DES FUSILIERS MARINS 
Hubert, Marie, Edouard AMYOT D’INVILLE 09/09/1942 Cap. De corvette Fusiliers marins
Roger, René, Albert BARBEROT 07/03/1941 Ens. De vaisseau Fusiliers marins
Jacques, André, Gaston BAUCHE 26/09/1945 Ens. De vaisseau Fusiliers marins
Lucien BERNIER 26/09/1945 Maître Fusiliers marins
Jean, Alphonse, Georges BRASSEUR 20/01/1946 Lieutenant de vaisseau Fusiliers marins
Jean, Robert CADEAC D’ARBAUD 20/01/1946 Lieutenant de vaisseau Fusiliers marins
Constant COLMAY 20/11/1944 Officier des équipages Fusiliers marins 
Robert DETROYAT 16/08/1944 Cap. De corvette Fusiliers marins
Joseph DOMENGET 26/09/1945 Second maître Fusiliers marins
Joseph DUHAUTOY-SCHUFFENECKER 07/08/1945 Aumônier Fusiliers marins
Marcel GUAFFI 20/01/1946 Maître Fusiliers marins
Pierre, Louis, Charles IEHLE 23/06/1941 Enseigne de vaisseau Fusiliers marins
Pierre LE GOFFIC 20/11/1944 Maître principal Fusiliers marins
Georges, Raymond LE SANT 07/03/1945 Maître principal Fusiliers marins 
Michel MAURICE-BOKANOWSKI 19/10/1945 Enseigne de vaisseau Fusiliers marins 
René, Philippe, Yves MILLET 20/01/1946 Lieutenant de vaisseau Fusiliers marins
André, Louis, Joseph MOREL 28/05/1945 Premier maître Fusiliers marins
Pierre, Jean, François MORSIER (de) 17/11/1945 cap. De corvette Fusiliers marins
Jean, Baptiste, François, Marie MOUTIS (des) 17/11/1945 Capitaine de corvette Fusiliers marins
Yves NONEN 26/09/1945 Premier maître Fusiliers marins
Edouard PRZYBYLSKI 20/01/1946 Premier maître Fusiliers marins 
Julien ROGER 12/06/1945 Maître Fusiliers marins
Louis RUBAUD 12/06/1945 Second Maître Fusiliers marins
Albert SAVARY 27/12/1945 Lieutenant de vaisseau Fusiliers marins
Roland TERRIER 20/01/1946 Second maître Fusiliers marins
François, Joseph TILLY 07/03/1945 ingénieur mécanicien Fusiliers marins
Félix TILLY 27/12/1945 Enseigne de vaisseau Fusiliers marins
Elie, Marie-Gabriel TOUCHALEAUME 17/11/1945 Lieutenant de vaisseau Fusiliers marins
Stanislas MANGIN 07/03/1945 Lieutenant Fusiliers marins
Jean, Emile, Victor SILVY 17/11/1945 Enseigne de vaisseau Fusiliers marins 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DES FTA 
Jules KOENIGSWARTER (de) 07/08/1945 Commandant FTA 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DES SPAHIS 
Blaise, Emmanuel, Henri ALEXANDRE 16/10/1945 Sous Lieutenant Spahis
Pierre ARAINTY 18/01/1946 Lieutenant Spahis
Jean BALLARIN 02/06/1943 Sous Lieutenant Spahis
Frédéric, Alfred BERGAMIN 17/11/1945 Sous lieutenant Spahis
Sigismond, Thadee BLEDNICKI 24/03/1945 Adjudant Spahis
André, BRUNEL 07/03/1945 Médecin commandant Spahis
Geoffroy, Louis CHODRON DE COURCEL 08/07/1943 Chef d’escadron Spahis
Jacques, Marie FITAMANT 24/03/1945 Adjudant Spahis
Pierre FOURRIER 25/06/1941 Capitaine DFL 

Alain GAYET 17/11/1945 Lieutenant Spahis
André, Albert GERBERON 29/12/1944 Lieutenant Spahis
Charles, Jean, Yves, Marie LE GOASGUEN 24/03/1945 Lieutenant Spahis
Fred MOORE 17/11/1945 Lieutenant Spahis
Roger, Emile MOTTE 20/01/1946 Lieutenant Spahis
Paul, Jean, Marie, Gabriel ODDO 17/04/1944 Lieutenant Spahis
Jean, Stanislas REMY 29/12/1944 Colonel Spahis
Nicolas ROUMIANTZOFF 02/06/1943 Chef d’escadron Spahis
Henry RUDELLE (de) 17/11/1945 Adjudant Spahis
Horace SAVELLI 20/11/1944 Capitaine Spahis
René, Charles, François TROËL 24/03/1945 Maréchal des Logis Spahis
Harry VILLOUTREYS (de) 01/02/1941 Lieutenant Spahis
François, René, M, R MOREL-DEVILLE 01/02/1941 Spahis 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU TRAIN 
Léon, Marcel BOUVIER 09/09/1942 Soldat Train
Jean-Pierre, Henri DULAU 16/10/1945 Chef d’escadron Train
Louis, Frédéric FOURNIER de la BARRE 09/09/1942 Soldat Train
Pierre LE GOURIEREC 26/08/1943 Maréchal des Logis Train 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DES TRANSMISSIONS 
Jacques, Roger RENARD 19/10/1945 Capitaine Transmissions 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU CAC 2 
Michel STAHL 07/08/1945 Capitaine CAC 2 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DE L’ACL 
Henri, Benjamin, René FRUCHAUD 16/10/1945 Médecin Lt Colonel ACL 

LES COMPAGNONS DE LA LIBERATION DU BATAILLON MEDICAL 
Guy, André, Pierre CHAULIAC 17/11/1945 Médecin capitaine Bat. Médical
Guy, Jean, Marc CHAVENON 07/07/1945 Médecin capitaine Bat. Médical
James, Averry WORDEN 07/03/1945 Sous lieutenant Bataillon médical 

Jean, Frédéric VERNIER 07/03/1945 Médecin Lieutenant colonel Ambulance Spears

 

source : http://www.1dfl.fr/les-hommes-de-la-dfl/les-compagnons-de-la-dfl/

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Résistance … la lutte contre le mal

Les soldats oubliés de la Seconde Guerre Mondiale

Classé sous — milguerres @ 21 h 30 min

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Les soldats oubliés de la Seconde Guerre Mondiale

1944-1945. Les libérations de l’Italie, de la Provence, des Alpes , de la vallée du Rhône , des Vosges , de l’Alsace on été essentielles à la victoire des Alliés …. Et à la place que la France a pu prendre en leur sein après l’armistice.

Les Articles qui suivent sont consacrés à ses Indigènes , un hommage merité à des hommes trop souvent oubliés…

Armée d’Afrique : Unités recrutées en Afrique du Nord

Goum : Un Goum est une unité de soldats marocains de l’armée française forte de près de 200 militaires ou goumiers .

Spahi : Cavalier des corps auxiliaires indigènes de l’armée française recrutée en Afrique du Nord.

Tirailleurs : Contingents de soldats indigènes recrutés dans les nouvelles colonies de la IIIème République , notamment en Afrique occidentale française ( A-OF) et en 
Afrique équatoriale française ( A-Ef )

Troupes coloniales : Au sens large troupe servant dans les Territoires d’Outre-Mer et sur d’autres théâtres lors des deux guerres mondiales .

Les coloniaux hormis les métropolitains de l’infanterie marine sont recrutés principalement en afrique mais aussi en Indochine et même des volontaires venant des antilles sont engagés dans les forces françaises libres ! 

BTS : Bataillon de tirailleurs sénégalais 

BMA : Bataillon de marche antillais

BFM : Bataillon de fusiliers marins

RTA : Régiment de tirailleurs algériens

RTT 
: Régiment de tirailleurs tunisiens 

RTM : Régiment de tirailleurs marocains 

DFL : Division française libre

DI : Division d’infanterie

DIA : Division d’infanterie algérienne 

DIC : Division d’infanterie coloniale

DIM : Division d’infanterie marocaine

DINA : Division d’infanterie nord africaine

DMI : Division de marche d’infanterie

DMI : Division motorisée d’infanterie

DMM : Division marocaine de montagne 

EM : Etat-Major

CA : Corps d’armée

CEF : Corps expeditionnaire français

CEFI : Corps expeditionnaire français en Italie

Cie : compagnie

BCM : bureau central militaire

BCP : Bataillon de chasseurs à pied

DCA
 :Défense contre avions

Des victoires africaines

Les premières victoires de la France Libre sont en partie dues aux forces indigènes .
Le 1er Mars 1941 , le colonel Philippe Leclerc s’empare de l’oasis de Koufra, en Libye située à 1000 Killomères de ses bases. La garnison Italienne est défaite . En tout 400 soldats, 150 Européens et 250 africains . Des tirailleurs sénégalais recrutés principalement dans le pays Sara , forment le gros des fantassins . Cette victoire est saluée avec enthousiasme dans tous les territoires de l’Empire ralliés à la France Libre . Comme annoncé par la BBC , le premier acte offensif mené contre l’ennemi par des forces français partant de territoires français , aux ordres d’un commandement uniquement français, est une : » victoire africaine » .

Avec cette armée disposant d’un pauvre matériel , Leclercl continue à harceler les postes italiens du Fezzan et effecture la jonction avec la 8ème armée britannique de Montgomery le 23 Janvier 1943 . Ainsi renforcée la colonne de Leclerc prend le nom de : » Force L » , se bat contre les Allemands dans le sud tunisien et victorieuse , défile à Tunis le 20 Mai 1943.

Equipée finalement de Materiel americain , la Force L devient le 24 Août 1943, la 2ème division blindées ( 2ème DB ) . Ses effectifs atteignent alors 14 000 homme .

Aux côtés de Corses, d’Alsaciens , d’évadés de France, d’anciens républicains espagnoles, se tiennnent quelques 3600 soldats indigènes provenant d’Afrique Noire , d’Afrique du Nord et du Moyent-Orient témoignant ainsi de la contribution à l’effort de Guerre de l’Empire .

Les soldats oubliés de la Seconde Guerre Mondiale spahis

source : http://militaires-d-hier.forumgratuit.org/t174-les-soldats-oublies-de-la-seconde-guerre-mondiale

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2 février 2013

Bataille de Keren

Classé sous — milguerres @ 19 h 56 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

La bataille de Keren

Bataille de Keren batail27

La bataille de Keren est une bataille de la Seconde Guerre mondiale (Campagne d’Afrique de l’Est) qui oppose les armées britanniques et italiennes autour de la ville de Keren (Érythrée) entre le 2 février1 et le 27 mars 19412. Après quelques engagements initiaux défavorables, les Britanniques attaquent l’Afrique orientale italienne qui menace leurs voies de communication passant par le canal de Suez. Keren contrôle le seul col permettant d’accéder aux haut-plateaux et à Asmara1,7.
Durant deux mois, Britanniques et Français tentent de s’emparer des positions tenues par les Italiens sur les hauteurs autour de Keren. Les premières attaques britanniques entre les 2 et 14 février sont repoussées par les Italiens. Après un mois au cours duquel les deux camps se réorganisent, les Britanniques lancent une nouvelle offensive le 15 mars. Ils effectuent des gains significatifs durant les jours suivants, tandis que les défenses italiennes se désagrègent. Keren est prise le 27 mars.
Selon Pierre Messmer, cette bataille est la bataille décisive de la campagne d’Érythrée8. Après cette bataille, la conquête de l’Érythrée et de l’Éthiopie ne pose pas de difficultés particulières aux troupes alliées. Asmara tombe le 1er avril, Addis-Abeba le 6 et Massaoua le 8. La campagne d’Afrique de l’Est se termine avec la prise de Gondar le 27 novembre.

minima10
http://www.planete-battlefield.fr/viewtopic.php?f=42&t=6889

Premiers affrontements en Afrique de l’Est

L’Italie déclare la guerre à la France et au Royaume-Uni le 10 juin 194025. Les forces italiennes en Afrique constituent dès lors une menace pour les voies d’approvisionnement maritimes britanniques en mer Rouge et au canal de Suez26. Les sept destroyers et huit sous-marins italiens basés à Massaoua en Érythrée sont susceptibles d’attaquer les convois allant du golfe d’Aden à la mer Rouge27.

Les Italiens comptent entre 250 000 et 280 000 hommes en Afrique orientale italienne28. Environ 70 % d’entre eux sont des soldats indigènes askaris28. Ils disposent de 3 300 mitrailleuses, 64 chars moyens, 39 chars légers, 126 véhicules blindés, 813 pièces d’artilleries de différents calibres datant de la première Guerre mondiale et 325 avions, dont seulement 244 en état de combattre5. Ils ont également plus de 250 000 hommes en Libye29. De leur côté les Britanniques ont à leur disposition 86 000 hommes stationnés en Égypte, en Palestine, au Soudan, au Somaliland britannique et au Kenya
Les troupes britanniques sont mieux entraînées, équipées et commandées que leurs homologues italiennes29.
Début juillet 1940, les Italiens entreprennent une série de raids de faible importance au Soudan et au Kenya30. Ils prennent ainsi Kassala30 et Gallabat30 au Soudan (à la frontière avec Métemma en Érythree), ainsi que Moyale30 et Buna31,32. au Kenya.

Le 3 août (ou le 4 selon d’autres sources), environ 40 000 Italiens envahissent le Somaliland britannique sous le commandement du général Guglielmo Nasi33. Ils s’emparent en quelques jours de plusieurs villes mal défendues33. Les forces britanniques au Somaliland reçoivent quelques renforts et un nouveau commandant, le major-général Godwin-Austen33. Jugeant les forces en présence trop inégales, ce dernier demande le 15 août le retrait des troupes britanniques33. Les derniers soldats britanniques sont évacués vers Aden le 1733. Les Italiens s’emparent de Berbera le 19 et annexent le Somaliland britannique à l’Afrique orientale italienne33. Lors de cette campagne, les pertes britanniques sont de 38 tués, 71 blessés et 49 disparus contre 465 tués, 1530 blessés et 34 disparus pour les Italiens34.

Campagne d’Érythrée

Les Britanniques envahissent l’Érythrée le 18 janvier 1941, jour de la prise de Kassala à la frontière avec le Soudan35,36. La direction des opérations est assurée par le lieutenant général William Platt35, commandant des forces britanniques au Soudan37. Les 4e et 5e divisions d’infanterie indiennes, commandées respectivement par les major généraux Noel Beresford-Peirse35 et Lewis Heath37, progressent durant les deux semaines suivantes en direction de la ville fortifiée d’Agordat[ . La 4e division indienne prend la route septentrionale par Sabderat, Keru et Agordat et la 5e division indienne la route méridionale par Tessenei et Barentu35. Elles parcourent 160 km en 9 jours et enlèvent successivement plusieurs villes aux ItaliensElles percent les positions italiennes dans les collines et prennent Agordat le 1er février38,35 après 2 jours de combat (4e division) et Barentu le lendemain (5e division)35.

La bataille décisive de la campagne a lieu à Keren, ville à 100 kilomètres à l’est d’Agordat39. La ville, qui est à une altitude de 1 300 mètres, est située dans un cirque, coupé au sud-ouest par le ravin Dongolaas et au nord par le ravin Anseba40,41. Le ravin Dongolaas est le seul passage permettant d’accéder aux haut-plateaux érythréens depuis Agordat1. La route et le chemin de fer Agordat-Asmara y passent1. Ce passage facilement défendable est le point stratégique le plus important1. Il est surplombé au sud-est par le fort Dologorodoc et au nord-ouest par la montagne Sanchil1. Au-delà du mont Sanchil se trouvent le Brig’s Peak, le Hog’s Back puis le mont Sammana1. Une arête secondaire, l’arête 1616 qui plus tard sera nommée Cameron Ridge, surplombe la vallée et la ligne de chemin de fer au sud-ouest du Mont Sanchil1. La garnison n’a pas pu construire de bunkers ou de tranchées sur les hauteurs dominant Keren en raison du sol rocheux5. Keren ne dispose pas de fortifications mais sa situation la rend facilement défendable

Bataille

Le commandant en chef des troupes italiennes en Afrique orientale est le gouverneur-général de cette colonie, le duc d’Aoste Amédée de Savoie. Début février 1941, la garnison de Keren n’est composée que d’une brigade coloniale (la XIe), du 11e régiment de Grenadiers de Savoie et d’unités auxiliaires
Dans les jours qui suivent la prise d’Agordat et de Barentu, trois autres brigades coloniales (IIe, Ve, XLIVe), le bataillon alpin « Uork Amba » du 10e régiment de Grenadiers de Savoie et d’autres unités viennent renforcer les défenses de la ville[réf. nécessaire]. Toutes les troupes sont placées sous le commandement du général Nicolangelo Carnimeo[réf. nécessaire].
Au début de la bataille, les Britanniques disposent de la 4e division anglo-indienne qui est formée de trois brigades d’infanterie indiennes (5e, 7e, 11e). Ces unités seront par la suite renforcées par la 5e division indienne (9e, 10e et 29e brigades d’infanterie indienne), la force de défense du Soudan et d’autres bataillons soudanais portant l’effectif total à 51 000 hommes:
• 11e brigade indienne de la 4e division indienne (3 février)42,
• 5e brigade indienne de la 4e division indienne (6 février)43,
• 29e brigade indienne de la 5e division indienne (prêtée à la 4e division indienne du 10 au 12 février, puis avec l’ensemble de la 5e division à partir du 15 mars)1,44,
• 7e brigade indienne dépendant du quartier général britannique au Soudan45,
• 9e et 10e brigade indienne de la 5e division indienne, prêtée à la 4e division indienne (à partir du 15 mars)1,46,
• 29e brigade indienne http://www.worcestershireregiment.com/wr.php?main=inc/bat_1_1939 quelques cartes intéressantes
o 1st Battalion Worcestershire Regiment
o 6/13th Royal F. F. Rifles
o 3/2nd Punjabis,
De leur côté, les britanniques sont commandés par le général Platt. Par la suite, la Brigade française d’Orient des Forces françaises libres (déjà représentées par un escadron de spahis) les rejoignent4.

battle10

Premiers assauts

Le 2 février, les chars du 4th Royal Tank Regiment essaient de pénétrer dans la vallée du Dongolaas1. Ils sont arrêtés par les éboulements provoqués par les Italiens qui ont miné le passage1. Le lendemain, les troupes britanniques attaquent le col de Dongolaas et les montagnes avoisinantes. Les Écossais du Cameron Highlanders parviennent à prendre la côte 16161,47 à une compagnie du 2e bataillon du 11e régiment de grenadiers de Savoie. Les Britanniques positionnent rapidement les 1st Punjab regiment48 et 6th Rajputana Rifles sur les positions gagnées afin d’éviter toute contre-offensive italienne. Dans la nuit du 4 au 5 février (Selon Brett-James ch 4. nuit du 4 au 5 février / nuit du 5 au 6 février selon Compton, p. 53. quoique pas très clair car la tournure laisse à penser que c’est la nuit du 4 au 5), le 3/14th Punjab regiment s’empare du pics Briggs42. Les Italiens contre-attaquent le lendemain et reprennent les pics aux Britanniques1. De nouvelles attaques de ces deux régiments contre les hauteurs surplombant Keren sont proches de prendre les dernières positions italiennes, mais deux compagnies du 3e régiment de Bersaglieri et du XCVIIe bataillon colonial (Savoia Grenadiers ???) parviennent à éviter l’effondrement et repoussent les troupes indiennes dans un combat au corps à corps. Les pertes sont importantes de part et d’autre.

Durant les jours suivants, les Britanniques poursuivent leurs attaques contre les hauteurs tenues par les Italiens. Le 6, la Ve brigade tente de s’emparer du col Acqua afin de contourner le col de Dongolaas. Les Italiens fortement retranchés repoussent les Britanniques. Le 8, la XIe brigade reprend le pic Briggs et tente de s’emparer dans la foulée du mont Sanchil mais échoue également.

Le 10 février, après une semaine d’escarmouches de faible importance, les Britanniques préparent de nouvelles attaques avec le soutien de chars et de véhicules blindés[réf. nécessaire]. L’objectif est la prise du Brig’s Peak et du Mont Sanchil afin de disposer de positions d’observation surplombant le Fort Dologorodoc et Keren44. La 4e division d’infanterie indienne a été renforcée par la 29e brigade de la 5e division44. Afin d’éviter la chute du col de Dongolaas, de nombreuses troupes italiennes y ont été placées parmi lesquelles le bataillon de montagne « Alpii Work Amba » tout juste arrivé d’Addis-Abeba.
L’attaque est lancée le 12 février. L’attaque doit se dérouler en deux temps : les bataillons des 5th Mahratta et 11th Sikhs régiments d’infanterie indienne sont chargés de percer la ligne de défense italienne ; les tanks britanniques doivent ensuite exploiter cette percée. Dans l’après-midi du 10, le 3/1st Punjab Regiment attaque le pic Brig et le lendemain matin, le mont Sanchil est enlevé44. Étant donné la configuration du terrain, seules deux sections assurent la défense du mont, tandis que le reste du bataillon est chargé de transporter munitions, équipement et blessés44. Soumis à un bombardement intense par l’artillerie italienne toute la journée du 11, le mont Sanchil est repris par une contre-attaque italienne menée par les grenadiers de Savoie44. Les troupes indiennes parviennent néanmoins à garder le contrôle de l’arête Cameron grâce à l’aide du 2nd Mahrattas44. L’infanterie indienne est cependant repoussée par les Italiens et dans l’après-midi du 14, les Britanniques se retirent.

Réorganisation

Platt décide alors de regrouper ses forces avant de poursuivre les attaques45. Les troupes britanniques à l’est sont renforcées par la 9e brigade et deux compagnies de mules chypriotes. Au nord, quatre bataillons (deux de la 7e brigade indienne, un sénégalais et un français libre) sous le commandement du brigadier Briggs sont entrés indépendamment en l’Érythrée par la ville frontière de Karora45. Le 1er mars, le 4/16th Punjab Regiment lance une attaque qui permet aux troupes de Briggs de menacer Keren et Massoua et oblige les Italiens à répartir les défenseurs entre les deux fronts45. Le 14 mars, les forces de Platt comptent 13 000 hommes. Les Italiens en profitent également pour se renforcer : des troupes arrivent de Gondar et Addis Abeba (10e régiment de grenadiers de Savoie). Leurs effectifs sont désormais de 23 000 hommes, mais les troupes ont subi de lourdes pertes : les bataillons italiens sont souvent réduits à 150 – 200 hommes (c’est-à-dire pratiquement la taille d’une seule compagnie).

À l’exception des attaques britanniques sur le col de Cubub (ou Kub-Kub), seules de petites escarmouches ont lieu. L’artillerie britannique bombarde intensivement Keren durant cette période. Entre les 15 et 22 mars, les canons britanniques tirent 110 000 obus. Les mitraillages et les attaques aériennes de la RAF contre les défenses italiennes sont incessantes45. Ayant détruit l’aviation italienne, elle domine le ciel comptant des douzaines de chasseurs et de bombardiers légers.
À partir du 16 mars, les Britanniques envisagent de remettre en état la route menant au col de Dongolaas2. Plusieurs reconnaissances sont menées afin d’évaluer la tâche durant les nuits suivantes2. Le 26 mars au soir, un passage d’une largeur de 4 mètres a été déblayé afin de permettre le passage des blindés2. Les travaux continuent la nuit suivante et les premiers blindés avancent au matin sous le feu ennemi. Le 27 à dix heures, les blindés pénètrent dans Keren

Pour la dernière phase de la bataille, le Haut Commandement Britannique organise deux colonnes qui doivent converger sur le fort de Keren. Au sud-ouest, le plan prévoit que la 4e division d’infanterie indienne prenne les monts Sanchil et Forcuto, tandis que la 5e division attaque le col de Dongolaas. Au nord, des troupes venues de Karora et la 13e demi-brigade de la Légion étrangère, attaquent les Italiens. L’attaque est précédée d’un important bombardement d’artillerie. L’offensive finale commence le 15 mars à huit heures du matin. Les troupes britanniques et du Commonwealth sont repoussées par les grenades lancées par les Italiens tandis que les dernières batteries d’artillerie encore efficaces et des pièges incendiaires placés à l’avance parviennent à bloquer la progression des chars alliés. La 4e division connait quelques succès mais ne parvient pas à conserver les positions conquises49. Au nord, au col d’Anseba, les II et VI brigades repoussent une tentative de débordement de la légion étrangère.

Le lendemain, les Britanniques réalisent des progrès significatifs grâce à leur avantage numérique et matériel : la 5e division prend la position Dologorodoc située au sud de la route de Keren49. Les Italiens contre-attaquent plusieurs fois durant les cinq jours suivants49 : De plus, grâce à leur superiorité aérienne (vers la fin mars, les seuls avions italiens en état de voler étaient 3 bombardiers Savoia-Marchetti SM.79 et un Savoia-Marchetti SM.81), les contre attaques italiennes sur le Sanchil et le Dologorodoc sont stoppées. Tandis que sur le front nord, les Britanniques sont stoppés, le front sud-ouest cède peu à peu : durant la bataille de Keren, la ligne de défense se désintègre lentement en raison de l’épuisement des forces disponibles. À partir du 26 mars, les troupes Britanniques constatent une diminution de l’opposition italienne et des mouvements de troupe2. Dans la nuit, ils lancent de nouvelles attaques et s’emparent de plusieurs sommets. Au matin, les positions italiennes sur les sommets se rendent les unes après les autres2. Les combats sont très durs et les deux camps subissent de lourdes pertes : plus de 4 000 Alliés et 3 000 Italiens trouvent la mort au cours de la bataille[réf. nécessaire]. Le 27 mars, Keren est prise et les Italiens se replient vers Asmara50. Le 26 mars, les ingénieurs britanniques rouvrent le col Dongolaas pour les tanks. Le 27 mars, la résistance cesse et le 31 la dernière ligne de défense cède.

Conséquences

La bataille de Keren marque un tournant de la conquête de l’Érythrée et de l’Éthiopie par les Britanniques8. Après cet affrontement, la résistance des troupes italiennes est beaucoup plus faible8. Selon Pierre Messmer, ces derniers estiment ne plus être en mesure de remporter la victoire sur ce théâtre d’opérations et la capitulation de leurs unités est en général rapide8.
La 5e division indienne se dirige ensuite vers la capitale Asmara, à 80 kilomètres à l’est de Keren51, tandis que la 4e division indienne reste à Keren quelques jours et retourne en Égypte début avril52. Asmara est déclarée ville ouverte et les troupes britanniques s’en emparent le 1er avril51. Trois jours plus tard, la 10e brigade indienne se dirige vers Massaoua située à une centaine de kilomètres d’Asmara, sur la côte53. Les Italiens disposent de 10 000 hommes53, de tanks et de véhicules blindés pour défendre Massaoua, un objectif portuaire stratégique8,54. Après quelques affrontements initiaux, la résistance s’effondre et les unités indiennes et la Brigade française d’Orient prennent Massoua le 8 avril53.

La 5e division indienne pousuit son offensive vers le sud en Éthiopie55, tandis que des troupes venues du Kenya s’emparent d’Addis-Abeba le 6 avril56. Le duc d’Aoste se rend en mai à Amba Alagi56, mais des troupes italiennes sous le commandement des généraux Nasi et Gazzera poursuivent la lutte, respectivement au nord-ouest et sud-ouest de l’Éthiopie57. Le dernier affrontement d’importance se produit à Gondar et débouche sur la reddition du général Nasi le 27 novembre57. Quelques troupes italiennes mèneront une guerre de guérilla dans les déserts érythréens et les forêts éthiopiennes jusqu’à la reddition du gouvernement italien aux Alliés en septembre 1943 58,59.

La bataille est de nos jours considérée comme un épisode positif de l’histoire militaire italienne, malgré son issue négative, en raison du courage dont firent preuve les troupes coloniales et italiennes, ainsi que de la valeur du général Carmineo.

Dans Eastern Epic, Compton Mackenzie écrit :
« Keren fut une des batailles les plus dures, et il doit être dit que jamais les Allemands ne combattirent avec la même détermination que les bataillons italiens de troupes alpines, Bersaglieri et Grenadiers de Savoie le firent à Keren. Durant les cinq [premiers] jours de combat, les Italiens perdirent près de 5 000 hommes, dont 1 135 tués. Lorenzini, le courageux et jeune général italien, eut la tête explosée par un fusil britannique. C’était un grand chef des troupes érythréennes60. »

« La propagande de guerre britannique dépeignit les Italiens comme des soldats ridicules; mais, à l’exception des divisions parachutistes allemandes en Italie et des Japonais en Birmanie, aucun ennemi qu’affrontèrent les troupes britanniques et indiennes ne se battit avec autant de courage que les bataillons savoyards à Keren. De plus, les troupes coloniales, avant qu’elles ne cèdent à la toute fin de la bataille, se battirent avec valeur et détermination, et leur loyauté fut un témoignage de l’excellence de l’administration italienne et de l’entraînement militaire en Érythrée61. »

Notes
1. ↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q Brett-James, Anthony, Ball of fire – The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 4
2. ↑ a, b, c, d, e, f et g Brett-James, Anthony, Ball of fire – The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 5
3. ↑ World War Two. John Graham Royde-Smith: Associate Editor, History, Encyclopædia Britannica, London. Edited By: Robert A. Guisepi. Date 2006 [archive]
4. ↑ a et b La Seconde Guerre mondiale en Érythrée sur erythree.com [archive]
5. ↑ a, b, c et d Bataille de Keren, commandosupremo.com [archive] Source : Le grandi battaglie della storia » (Great battles of History) edited by Livio Agostini and Piero Pastoretto – Published by Viviani Editore. 1999
6. ↑ A mettre en forme et à mieux sourcer [1] [archive]
7. ↑ Mémoires d’Alec James Barthorpe [archive]
8. ↑ a, b, c, d et e Entretien de Pierre Messmer avec Alain Leterrier, Paul-Alain Prigent et Mohamed Abdelmajid, réalisé à Paris le 9 octobre 1997 sur lesnouvelles.org [archive]
9. ↑ a et b Lionel Cliffe & Basil Davidson, The Long Struggle of Eritrea for Independence and Constructive Peace, p. 16.
10. ↑ Ghada Hashem Talhami, Suakin and Massawa Under Egyptian Rule, 1865-1885, p. 198.
11. ↑ a et b (en) « Eritrea », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail de l’édition] [lire en ligne [archive]]
12. ↑ Hess, Robert L. Italian Colonialism in Somalia Chicago: University of Chicago P, 1966. p 101
13. ↑ Hess, Robert L. Italian Colonialism, p 102
14. ↑ Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 98-99.
15. ↑ Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 142.
16. ↑ Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 145.
17. ↑ a et b Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 147.
18. ↑ a, b et c Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 148-151.
19. ↑ Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 148.
20. ↑ Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 149.
21. ↑ Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 151.
22. ↑ Peter Malcolm Holt, M. W. Daly, A History of the Sudan: From the Coming of Islam to the Present Day, p. 99.
23. ↑ Kenya. (2008). In Encyclopædia Britannica. Dernier accès : 17 février 2008, Encyclopædia Britannica Online [archive]
24. ↑ British Somaliland. (2008). In Encyclopædia Britannica. Dernier accès : 17 février 2008, Encyclopædia Britannica Online [archive]
25. ↑ Martin Gilbert, The Second World War: A Complete History, p. 90.
26. ↑ Douglas Porch, The Path to Victory: The Mediterranean Theater in World War II, p. 129.
27. ↑ Douglas Porch, The Path to Victory: The Mediterranean Theater in World War II, p. 129. Porch cite neuf destroyers mais toutes les autres sources mentionnent sept destroyers.
28. ↑ a et b Harold G. Marcus, A History of Ethiopia Updated Edition, p. 150.
29. ↑ a et b David Murray Horner & Paul Collier, The Second World War (4): The Mediterranean 1940-1945, p.17.
30. ↑ a, b, c et d Anthony Mockler, Haile Selassie’s War: The Italian-Ethiopian Campaign, 1935-1941, p. 229-240.
31. ↑ Francis James Rennell Rodd, British Military Administration of Occupied Territories in Africa During the Years 1941-1947, p. 12
32. ↑ By Gerhard Schreiber, Bernd Stegemann, Detlef Vogel, Dean S. McMurry, P S Falla, Germany and the Second World War, p. 263. Super bouquin sur Google Books à réutiliser
33. ↑ a, b, c, d, e et f Anthony Mockler, Haile Selassie’s War: The Italian-Ethiopian Campaign, 1935-1941, p. 241-249.
34. ↑ Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 23.
35. ↑ a, b, c, d, e et f Brett-James, Anthony, Ball of fire – The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 3
36. ↑ (en)[PDF]Account of Operations in East Africa by Gen. Platt published in the London Gazette [archive]
37. ↑ a et b Brett-James, Anthony, Ball of fire – The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 1
38. ↑ Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 44-49.
39. ↑ Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 52-64.
40. ↑ d’où une piste mène Keren à Cubub
41. ↑ Vue Google Maps de la région [archive]
42. ↑ a et b Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 53.
43. ↑ Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 54.
44. ↑ a, b, c, d, e, f et g Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 55.
45. ↑ a, b, c, d et e Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 56.
46. ↑ Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 58.
47. ↑ Cette crête s’appelle désormais la Cameron Ridge, arête Cameron. Brett-James, Chp4.
48. ↑ A vérifier [ ]dit 3rd Bn. 14th Punjab Regiment. http://ourstory.info/library/4-ww2/Ball/fire03.html [archive]]
49. ↑ a, b et c Chronologie du mois de mars 1941, seconde-guerre.com [archive]
50. ↑ Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 64-70.
51. ↑ a et b Brett-James, Anthony, Ball of fire – The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 6
52. ↑ Wavell, Archibald, Official despatch: Operations in East Africa November 1940 – July 1941, p. 3545 [archive].
53. ↑ a, b et c Brett-James, Anthony, Ball of fire – The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 7
54. ↑ Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 66.
55. ↑ Brett-James, Anthony, Ball of fire – The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 8
56. ↑ a et b Wavell, Archibald, Official despatch: Operations in East Africa November 1940 – July 1941, p. 3530 [archive].
57. ↑ a et b Philip S. Jowett, Stephen Andrew, The Italian Army 1940-45 (2): Africa 1940-43, p. 7.
58. ↑ (it) Enrico Cernuschi, La resistenza sconosciuta in Africa Orientale Rivista Storica, décembre 1994.
59. ↑ (it) Alberto Rosselli. Storie Segrete. Operazioni sconosciute o dimenticate della seconda guerra mondiale Iuculano Editore. Pavia, 2007
60. ↑ Traduction libre de : Keren was as hard a soldiers’ battle as was ever fought, and let it be said that nowhere in the war did the Germans fight more stubbornly than those [Italian] Savoia battalions, Alpini, Bersaglieri and Grenadiers. In the [first] five days’ fight the Italians suffered nearly 5,000 casualties – 1,135 of them killed. Lorenzini, the gallant young Italian general, had his head blown off by one of the British guns. He had been a great leader of Eritrean troops. Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 60.
61. ↑ Traduction libre de : The unfortunate licence of wartime propaganda allowed the British Press to represent the Italians almost as comic warriors; but except for the German parachute division in Italy and the Japanese in Burma no enemy with whom the British and Indian troops were matched put up a finer fight than those Savoia battalions at Keren. Moreover, the Colonial troops, until they cracked at the very end, fought with valour and resolution, and their staunchness was a testimony to the excellence of the Italian administration and military training in Eritrea. Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 64.
62. ↑ Bibliographie extensive de la campagne d’Afrique de l’Est et de la bataille de Keren, stonebooks.com [archive]
63. ↑ Les numéros de pages mentionnés dans cet article renvoient à l’édition Signal Books de 2003.
64. ↑ Les numéros de pages mentionnés dans cet article renvoient à l’édition Osprey Publishing de 2003.
65. ↑ Les numéros de pages mentionnés dans cet article renvoient à l’édition HMSO de 1948.

sources

wikipedia

http://www.planete-battlefield.fr/viewtopic.php?f=42&t=6889

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