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1 avril 2013

Massacre de Tulle

Classé sous — milguerres @ 22 h 39 min

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

Massacre de Tulle

Le massacre de Tulle désigne les crimes commis dans la ville de Tulle par la 2e division SS Das Reich le 9 juin 1944, 72 heures après le débarquement en Normandie.
Après une offensive des FTP, les 7 et 8 juin 1944, au cours de laquelle les troupes allemandes assassinent dix-huit gardes-voies, l’arrivée d’éléments de la Das Reich contraint les maquisards à évacuer la ville. Le 9 juin 1944, après avoir raflé les hommes de seize à soixante ans, les SS et des membres du Sipo-SD vouent 120 habitants de Tulle à la pendaison, dont 99 sont suppliciés.
Dans les jours qui suivent, 149 hommes sont déportés à Dachau, où 101 perdent la vie.
Au total, les crimes de la Wehrmacht, de la Waffen-SS et du Sipo-SD font 213 victimes civiles à Tulle.

Contexte historique

Au début de 1944, après avoir subi de lourdes pertes sur le front de l’Est, la 2e division blindée SS Das Reich, sous le commandement du GruppenführerHeinz Lammerding, est regroupée dans la région de Montauban, pour être reformée en prévision d’un débarquement allié quelque part sur le front Ouest. Elle est composée de 18 000 hommes appuyés de blindés légers et de chars.

Cette division présente les quatre critères déterminants pour devenir les auteurs de massacres en France, tels que définis par Peter Lieb : ses membres sont imprégnés par l’idéologie nationale-socialiste, ils ont combattu sur le front de l’Est, se perçoivent comme une unité militaire d’élite et ont déjà participé à des opérations de lutte contre les partisans1.

Au lendemain du débarquement de Normandie, elle reçoit l’ordre de se positionner dans la région entre Tulle et Limoges pour y réduire les maquis qui, depuis l’annonce du débarquement allié, ont intensifié les actions de sabotage et de harcèlement des garnisons allemandes. C’est le régiment Der Führerqui est chargé de préparer l’arrivée de la division.

La lutte contre les partisans est régie par des ordres émis début 1944, connus sous le nom d’ordonnance Sperrle, du nom du Maréchal, adjoint au haut commandement de l’Ouest. Selon ces ordres, la troupe est tenue de riposter immédiatement aux attaques terroristes en ouvrant le feu et si des civils innocents sont touchés, c’est regrettable, mais la responsabilité en incombe exclusivement aux terroristes ; les zones doivent être bouclées et tous les habitants, quels qu’ils soient, arrêtés ; les maisons qui ont abrité des partisans doivent être incendiées. L’ordonnance poursuit en précisant qu’« il ne faut punir que le chef manquant de fermeté et de résolution car il menace la sécurité des troupes qui lui sont subordonnées et l’autorité de l’armée allemande. Face à la situation actuelle, des mesures trop sévères ne peuvent entraîner de punitions pour leurs auteurs2 ». Les ordres particuliers du commandant de la division apportent des précisions tactiques : « Les forces de la Résistance doivent être anéanties par des manœuvres d’encerclement3 ». Le 5 juin 1944, le général Lammerding fait approuver par sa hiérarchie un programme répressif qui reprend les mesures mises en œuvre en Europe de l’Est et à l’arrière du front dans la lutte contre les partisans à partir de 19414. Ce programme prévoit notamment des actions de contre-propagande et de discrimination, « actions ayant pour but de monter la population contre les terroristes » ; il prévoit aussi des arrestations massives et préventives, l’occupation de localités et le ratissage de zones, la réquisition de véhicules. Il précise enfin « l’annonce et l’exécution de la disposition que, pour chaque Allemand blessé et pour chaque Allemand tombé, 10 terroristes seront pendus (et non fusillés). L’exécution par pendaison n’est pas usuelle dans la justice française. Par son application aux terroristes, ceux-ci seront discriminés et exclus de la communauté du peuple français4 ».

Entre le début mai et le 9 juin, la division, et particulièrement le régiment Der Führer effectue, sous les directives du service de renseignements, de nombreuses missions de recherche de bases et dépôts de partisans ainsi que des opérations suite aux actes de la résistance. Au cours de ces opérations, une soixantaine de maquisards est tuée et une vingtaine envoyée en déportation ; une centaine de civils est également tuée en diverses circonstances et un millier déporté en Allemagne. Plusieurs centaines de maisons sont incendiées5.

La répression allemande en Corrèze

Compte tenu de l’activité de la Résistance dans la région, la Corrèze et plus particulièrement la ville de Tulle et ses alentours font l’objet de nombreuses interventions des services de sécurité allemands.
Le 14 mars 1944, un kommando de douze membres du Sipo-SD dépendant du Kommandeur der Sicherheitspolizei und Siecherheitsdienst de Limoges, August MeierNote 1, arrive à Tulle.
Dirigés par le Hauptsturmführer Friedrich Korten, ces hommes participent à la répression des maquis avec des éléments de la Légion nord-africaine sous le commandement de Henri Lafont6. Pour le préfet Trouillé, « Tulle est en révolution : les loups de la Sicherheitspolizei et les charognards de laGestapo française arrivent de concert7. »

Ils collaborent au ratissage systématique effectué au cours du mois d’avril par la division Brehmer.
Celle-ci est une réunion temporaire d’unités composites, qui comporte notamment le 1er régiment de la 325e division de sécurité et les Géorgiens du 799e bataillon d’infanterie, recrutés parmi les prisonniers de guerre de l’Armée rouge.
Du 1er au 7 avril 1944, la division du général Brehmer arrête 3 000 personnes ; dans le village du Lonzac, 17 habitants sont abattus et 24 maisons incendiées ; à Brive, 300 personnes sont arrêtées et envoyées dans des camps de travail en Allemagne8.
Le bilan des opérations de répression de la division Brehmer se solde par 1 500 arrestations maintenues, 55 fusillades, 128 crimes ou délits dans 92 localités et 200 Juifs assassinés, sans confrontation directe avec le maquis.
La division Brehmer quitte la Corrèze en mai, après avoir également dévasté la Dordogne et la Haute-Vienne9.
Cette vague de répression explique en partie l’attaque de la ville de Tulle par la Résistance qui espère mettre fin aux souffrances de la population8.

La bataille de Tulle

La libération

L’attaque de Tulle est planifiée par le commandant des maquis FTP de Corrèze, Jacques Chapou, dit Kléber, mi-avrilNote 2 ou début mai 1944 : « à l’origine, il semble bien que cette attaque ait été envisagée sans aucun lien avec le débarquement dont la date était encore imprévisible10. » Elle poursuit plusieurs objectifs : « désarmer, et si possible, anéantir la garnison allemande ; désarmer les Gardes Mobiles et s’approprier leurs armes et véhicules ; rendre inoffensifs la Milice et les collaborateurs connus11 », mais aussi, « creuser des vides dans la garnison, inspirer une crainte salutaire à ses chefs et les amener à se retrancher dans Tulle sans en plus sortir, faisant ainsi cesser, au moins pour un temps, les expéditions contre les maquis12. » Contactés, les responsables de l’Armée secrète se montrent tout à fait opposés à une opération contre un centre urbain13.

Selon J. Delarue, Tulle est défendue par une garnison de sept cents hommes du 3e bataillon du 95e régiment de sécurité de la Wehrmacht, auxquels il faut ajouter six ou sept cents hommes des Gardes Mobiles et de la Milice française ; B. Kartheuser estime quant à lui les effectifs du 95e régiment de sécurité à 289 hommes, issus des 8e, 13ecompagnies et le (?) l’état-major, sur la base d’un relevé détaillé établi le 17 mai14. Face à eux, les résistants disposent de 1 350 combattants, dont 450 ne participent pas au déclenchement de l’opération et de 1 350 hommes en soutien15. Pour Jean-Jacques Fouché & Gilbert Beaubatie, les forces en présence s’élèvent à un peu plus de trois cents hommes du côté allemand, l’attaque étant lancée par quatre cents FTP, qui sont rejoints ensuite par cent-vingt combattants supplémentaires en milieu d’après-midi le 7 et le 8 au matin16.

L’offensive se déclenche le 7 juin 1944 à cinq heures du matin17 et un coup de bazooka tiré sur la caserne du Champ de Mars où sont cantonnées les forces de maintien de l’ordre donne le signal de l’attaque18. Dès six heures, les édifices dans lesquels se trouve la garnison allemande sont cernés ; la poste et la mairie, où les FTP établissent leur poste de commandement sont occupés vers sept heures19. À huit heures, la gare elle aussi est prise par les résistants, qui y trouvent dix-huit gardes-voies et un employé des chemins de fer, Abel Leblanc20 : invités à rejoindre le maquis, ceux-ci préfèrent attendre la fin des combats dans la salle d’attente. À 11 h 30, les forces de la Milice et des GMR hissent le drapeau blanc sur la caserne du Champ de Mars : après des négociations, ils quittent la ville vers seize heures, en emportant tout leur matériel18. Pour Elie Dupuy, dont le groupe de combat FTP n’avait pas été touché par l’ordre de repli de Chapu, ce départ est un échec, l’un des buts de l’opération étant de récupérer le matériel de guerre et de transport des forces de l’ordre ; mais avec son seul bataillon de quatre-vingt dix hommes, il n’a pas les moyens « de poursuivre l’attaque contre la garnison allemande et, en même temps, d’imposer une reddition inconditionnelle aux policiers21 ».

Pendant ce temps, vers 13 h 30, les Allemands profitent du retrait partiel des maquisards sur les hauteurs ordonné par Chapou22 et reprennent brièvement le contrôle de la gare, dans laquelle ils découvrent à leur tour les gardes-voies, porteurs d’un brassard blanc, signe distinctif de leur fonction, mais semblable à celui des FTP. Dès que les gardes-voies sortent du bâtiment, sans le moindre interrogatoire, sans même être fouillés, ils sont pris sous le feu des troupes allemandes dans la cour de la gare ou le long des voies menant au garage du chemin de fer départemental, fauchés « par des tirs croisés dont ceux d’une mitrailleuse leur tirant dans le dos », alors qu’ils s’adressent aux Allemands en leur criant « Camarades! Camarades! »23. Seul Abel Leblanc survit à la fusillade. Pour B. Kartheuser, il s’agit d’un assassinat délibéré, les Allemands étant au courant de la présence des gardes-voies et connaissant leur tenue24.

Dans la nuit du 7 au 8, alors que les maquisards, toujours privés des 450 hommes du groupe A, se sont retirés sur les hauteurs, la garnison allemande se regroupe en trois lieux : l’école normale de jeunes filles au nord, la manufacture d’armes et l’école de Souilhac au sud18. Les combats reprennent à six heures trente du matin25, la principale offensive étant dirigée contre l’école normale, bastion principal des troupes allemandes. Face à la résistance des Allemands, les FTP boutent le feu à l’édifice vers quinze heures.
Vers dix-sept heures, dans des circonstances qui restent peu claires et discutées, les Allemands tentent une sortie ou essaient de se rendre : si l’un d’entre eux agite un chiffon blancNote 3, d’autres portent des grenades amorcées18. Dans la confusion la plus totale, les maquisards ouvrent le feu à l’arme automatique : certains soldats sont fauchés à bout portant, des grenades explosent, ce qui explique les blessures, terriblement mutilantes observées sur les cadavres. Après la reddition des troupes allemandes, neuf membres duSicherheitsdienst sont identifiés, notamment avec l’aide d’une trentaine de maquisards libérés, emmenés au cimetière et fusillés sans jugement26.
Les combats cessent dès ce moment, les résistants se contentant de maintenir l’encerclement de la manufacture d’armes et de l’école de Souilhac, qu’ils comptent attaquer le lendemain. Alors que les blessés allemands et français sont emmenés à l’hôpital, Kléber se rend à la préfecture et demande au préfet Trouillé de continuer à assurer la direction de l’administration. Pour la résistance, à l’exception des deux petits bastions à prendre le lendemain, Tulle est libérée18.

Les pertes allemandes sont estimées à 37 morts, 25 blessés et 35 disparus par Sarah Farmer27. Pour G. Penaud, elles s’élèvent à une cinquantaine de morts, une soixantaine de disparus, sans doute faits prisonniers et de 23 à 37 blessés. La majorité des prisonniers est vraisemblablement abattue par la suite, seuls quelques soldats d’origine polonaise ayant accepté de se joindre au maquis28.

La réoccupation

À 21 heures29, les premiers chars de la 2e division blindée SS Das Reich arrivent à Tulle par trois axes de pénétration, prenant les maquisards par surprise. Les postes de l’Armée secrète et des FTP établis à distance ayant été balayés par les blindés, aucune alerte n’ayant pu parvenir à temps à Tulle. Les maquisards quittent immédiatement la ville vers les hauteurs, sans livrer de combats, face à « une colonne de secours [...] [qui] ne comprenait que des éléments lourds et disposait d’une puissance de feu considérable » : si des tirs de bazookas depuis le plateau qui domine la ville auraient pu infliger des pertes aux éléments de la Das Reich, les résistants y renoncent par crainte de causer de lourdes pertes parmi la population civile. Les SS installent leur premier poste de commandement dans le quartier de Souilhac, près de la manufacture d’armes, avant de s’installer, le lendemain en fin de matinée, à l’hôtel Moderne. À ce moment, l’officier les plus élevé en grade est le SS-Sturmbannführer Kowatsch, officier de renseignement de l’état-major de la division. Durant toute la nuit du 8 au 9 juin, les S.S. patrouillent dans la ville et assurent l’encerclement de celle-ci.

Le 9 juin, à six heures du matin, les Allemands fouillent la préfecture et menacent d’exécuter le préfet Trouillé, après avoir découvert des armes et munitions abandonnées par lesGardes Mobiles. Alors qu’il va être fusillé par des S.S. commandés par un sous-officier, le préfet échappe à l’exécution en indiquant qu’il a un rang équivalent à celui d’un général, et en exigeant de parler à un officier supérieur avant d’être fusillé. Il parvient à convaincre l’officier qui se présente de rendre visite aux blessés allemands soignés à l’hôpital. Durant la visite, un des blessés allemands confirme à l’officier que le préfet a empêché un maquisard de les fusiller : « Cet homme nous a sauvé la vie »30.

Le massacre

La rafle

« Habitants de Tulle, vous avez suivi mes instructions et conservé pendant les dures journées que vient de traverser votre cité un calme exemplaire. Je vous en remercie. Cette attitude et la sauvegarde des militaires allemands blessés ont été les deux éléments qui m’ont permis d’obtenir du commandement allemand l’assurance que la vie normale allait reprendre dans la journée. »

— Proclamation du préfet Trouillé diffusée par haut-parleur, le 9 juin 1944, vers dix heures du matin31.

Le 9 juin, entre neuf et dix heures, le SS-Sturmbannführer Aurel Kowatsch déclare au préfet Trouillé, et au secrétaire général de la préfecture, M. Roche : « votre geste [les soins apportés aux blessés allemands] ne sera pas négligé par le commandant allemand qui en tiendra compte à la population dans la répression inévitable du crime commis contre nos camarades de la garnison de Tulle » ; il leur annonce, alors que la rafle a déjà commencé, la mise en arrestation de tous les hommes de seize à soixante ans et autorise « la libération de tous les indispensables après vérification de leur attitude32 ». Selon Trouillé et Roche, Kowatsch prend ses ordres directement auprès du général Heinz Lammerding, vraisemblablement par radio. La rafle touche une population désemparée par les événements : « par petits groupes, les SS ratissent les quartiers et les rues ; ils entrent dans les logements, examinent les hommes qu’ils font sortir ; aux femmes, ils affirment qu’il s’agit d’un contrôle d’identité, que l’absence de leur époux, fils ou frère ne sera pas longue et qu’il est inutile d’emporter des provisions33. » « Encadrés par les S.S. nous descendons le quai de Rigny. [...] Un groupe plus important s’amalgame au nôtre. [...] Nous gagnons lentement Souilhac : des auto-chenilles, des tanks sont en bon ordre, rangés le long des trottoirs. [...] Notre groupe se joint à d’autres ; d’autres groupes se joignent au nôtre ; et comme l’inquiétude rapproche, les mains se serrent. [...] Nous marchons la tête haute, dissimulant au mieux notre angoisse34. » Les membres des chantiers de Jeunesse, rassemblés dans la caserne des Enfants de troupe, sont également emmenés vers la manufacture d’armes35. Au total, près de 5 000 hommes et jeunes gens sont regroupés devant la manufacture35.

Le tri

Conformément à l’accord passé avec Kowatsch qui avait autorisé la libération des personnes indispensables à la reprise d’une activité normale dans la ville, des responsables français se rendent à la manufacture d’armes pour négocier l’élargissement d’une partie des personnes raflées. « On remarqua bientôt le maire (le colonel Bouty) accompagné de plusieurs personnages, des chefs de service, le directeur de l’énergie industrielle, le chef de gare et d’autres employés avec leurs larges casquettes dorées, l’inspecteur d’Académie – parmi nous – mais ces messieurs restèrent là-haut, sur la chaussées, en compagnie des officiers allemands… Cela sentait la collaboration36. » Les représentants des autorités françaises obtiennent la libération de 3 500 des 5 000 hommes et jeunes gens37. Parmi eux, les employés de l’État et de la préfecture, de la mairie, des PTT, du gaz, des services des eaux, financiers et des colonies de vacances, des électriciens, des chefs d’atelier et agents de maîtrise de l’usine de La Marque et de la manufacture d’armes, des électriciens, des boulangers, des épiciers, des maraîchers, les médecins… mais ni les dentistes, ni les enseignants37… « Cette première partie de la sélection des otages avait été conçue par les SS pour compromettre les autorités locales ; Lammerding s’en souviendra lorsqu’il sera interrogé en 1962, il affirmera que le maire désigna les maquisards37. »

Après l’intervention des autorités françaises une seconde sélection est effectuée parmi les otages, sélection menée par les Allemands et eux seuls. Le principal responsable de ce deuxième tri est l’interprète du kommando du Sipo-SDWalter Schmald, qui a survécu aux combats des deux jours précédents. Si Schmald n’a sans doute pas agi seul et s’il a vraisemblablement été assisté par d’autres membres du SD venus de Limoges38, sa présence et son action ont frappé tous les témoins, pour lesquels Schmald incarne le processus de désignation des victimes. Aux côtés de Schmald, « le bossu » ou « le chacal38 », Paula Geissler, interprète de la Wehrmacht attachée au directeur allemand de la manufacture d’armes, surnommée « la chienne », participe également au tri et fait libérer seize à dix-sept otages, des ingénieurs de la manufacture ou des hommes qu’elle connaissait, dont le fils d’un pharmacienNote 4,39.

L’abbé Jean Espinasse, arrêté chez lui vers neuf heures trente, décrit Schmald comme « un allemand revêtu d’une vieille capote défraîchie, sans galon ni insigne d’aucune sorte, la tête découverte, l’air fatigué » et qui s’adresse à lui « dans un excellent français » en lui déclarant : « Je suis un des quatre survivants du combat d’hier. [...] Nous étions presque tous des Rhénans catholiques. Nous aurions bien voulu avoir un prêtre pour nous assister40. » Pour Antoine Soulier, il a de longs cheveux blonds avec des reflets fauves et ramenés en arrière, le visage rasé, le teint mat, 30 ans environ, [les] yeux toujours demi-fermés pour mieux voir, et surtout la demi-lèvre supérieure droite toujours relevée, comme gonflée de venin41.

Les otages sont répartis en trois groupes, de taille et de composition variable au fur et à mesure de la sélection qui débouche sur la constitution de deux groupes de soixante hommes, suspects, selon Schmald, de participation à la Résistance en se fondant sur des éléments comme le fait qu’ils soient mal rasés ou que leurs chaussures ne soient pas cirées42. Pour J. Espinasse, si Schmald demande à vérifier certaines cartes d’identité, [il] juge les gens sur la mine et, on ne sait pourquoi, les désigne pour faire part du petit groupe de gauche [les futures victimes]43. Selon Trouillé, « les trois groupes sont constamment modifiés, soit par le jeu des libérations, soit par le choix de quelques S.S. dont Walter, le ténébreux Walter44 ». Schmald veille à maintenir le chiffre de 120 hommes destinés à l’exécution, qui n’est pas encore annoncée : lorsque diverses interventions aboutissent à faire libérer l’un de ceux-ci, Schmald en sélectionne un autre dans le groupe principal : « sauver un ami, c’était du même coup condamner un autre homme, inconnu [...] avec pour résultat de ne laisser aux mains des bourreaux que les plus vulnérables, les plus solitaires, les plus faibles ou les plus malchanceux, ceux qui avaient le plus besoin d’être défendus45. » Ce processus débouche sur la réflexion suivante de l’un des survivants, Jean-Louis Bourdelle : « Je m’étonne douloureusement d’apprendre que des Français ou des Allemands tirent vanité d’avoir fait libérer des otages, ils semblent les malheureux, ne pas se rendre compte qu’ils avouent ainsi avoir pris part aux exécutions. Je me rappelle en effet avec quelle terreur mes camarades et moi voyions, après chaque libération, le lieutenant Walter s’approcher de notre groupe et faire un nouveau choix pour compléter le peloton des futures victimes46. »
Conformément à la note de Lammerding du 5 juin et à l’ordre donné par celui-ci arrivé à Tulle en fin de matinée du 9, ces cent-vingt hommes sont voués à la mort par pendaison.

Les pendaisons

« Quarante soldats allemands ont été assassinés de la façon la plus abominable par les bandes communistes. [...] Pour les maquis et ceux qui les aident, il n’y a qu’une peine, le supplice de la pendaison. [...] Quarante soldats allemands ont été assassinés par le maquis, cent vingt maquis ou leurs complices seront pendus. Leurs corps seront jetés dans le fleuve. »

— Affiche signée par le général commandant des troupes allemandes, placardée à Tulle47.

Vers quinze heures trente48, Kowatsch en réponse à une dernière intervention du préfet qui demande que les exécutions n’aient pas lieu par pendaison, lui répond que « nous avons pris en Russie l’habitude de pendre, nous avons pendu plus de cent mille hommes à Kharkov et à Kiev, ce n’est rien pour nous. » Il demande au colonel Bouty, président de la délégation spéciale, d’annoncer au groupe principal de prisonniers qu’ils doivent assister aux exécutions. Avant que ceux-ci soient conduits sur la place de Souilhac, Bouty leur déclare : « J’ai une nouvelle bien pénible à vous annoncer : vous allez assister à une exécution. Je vous demande le plus grand calme. Ne faites pas un geste, ne dites pas une parole49. » À leur arrivée, les prisonniers découvrent, sur plusieurs centaines de mètres, des cordes terminées par un nœud coulant accrochées aux arbres, aux réverbères et aux balcons. Les préparatifs ont été assurés, dès la fin de la matinée, par le SS-Hauptsturmführer Wulf, chef du bataillon de reconnaissance et par son adjoint, l’Oberscharführer Hoff, chef de la section de pionniers, qui fait appel à des volontaires pour effectuer les pendaisons50.

Les victimes désignées pour la pendaison sont conduites sur les lieux de leur exécution par groupe de dix. « Chacun d’eux se trouva bientôt au pied d’une échelle, entre les mains de deux des bourreaux. Deux SS se tenaient près de chaque corde ; l’un d’eux gravissait les degrés d’une seconde échelle ou d’un escabeau en même temps que le condamné. Dès que celui-ci atteignait la hauteur voulue, il lui passait le nœud coulant, le serrait, et le second SS enlevait brutalement l’échelle du supplicié51. » Dans certains cas, les bourreaux, tous volontaires, se suspendent aux jambes de leur victime, le frappent ou l’achèvent à la mitraillette ou au pistolet. « Parfois, pour accélérer l’exécution, les barbares poussent leur victime à coups de crosse et avec des cris terribles donnent des coups de pied à l’échelle qui tombe52. » Suite à l’intervention du colonel Bouty auprès d’un officier allemand, l’abbé Espinasse a été autorisé à offrir son ministère à ceux qui vont mourir. Il assiste aux premières exécutions. Lors de celle du premier groupe, « dans un cas [...], la victime, mal pendue sans doute, s’agite par spasmes ; alors, je vois le soldat qui venait d’ôter l’échelle s’en servir pour frapper le supplicié jusqu’à son immobilisation complète » ; par la suite, il constate que « le peloton d’exécution presse la marche des condamnés, et non sans violence ; je vois encore le soldat brisant, d’un geste rageur, la crosse de sa mitraillette sur le dos d’une victime qui a un mouvement d’horreur et d’arrêt à la vue des pendus53. » « Pouvons-nous imaginer la scène? Des hommes immobiles sous la contrainte, des soldats en dessous des potences, des groupes d’otages conduits au supplice, et le silence50. » Pendant toute l’opération, Paula Geissler et un groupe de SS, assistent aux pendaisons en vidant de bonnes bouteilles à la terrasse du café Tivoli, au son d’un phonographe50.

99 victimes

« Pourquoi les exécutions ont-elles été arrêtées à 99 victimes? [...] 99 est un chiffre incompréhensible qu’on ne peut raccorder à rien. Par son absence de signification, le nombre des victimes restera un mystère »

— Jean-Jacques Fouché et Gilbert Beaubatie54.

Dans les versions successives de son témoignage, l’abbé Espinasse s’attribue, et à lui seul, le mérite d’avoir fait arrêter les pendaisons. Selon lui, alors que neuf groupes, soit quatre-vingt dix hommes, ont déjà été pendus, et après avoir été ramené dans la cour de la manufacture d’armes après le meurtre de vingt ou trente Tullistes, il constate que le dixième groupe comporte treize hommes. Il intervient auprès de Walter Schmald et obtient non seulement que quatre hommes soient extraits du groupe, mais aussi que celui-ci soit le dernier à marcher vers la pendaison. Le nombre des victimes s’arrête donc à quatre-vingt-dix-neuf55 ,Note 5.

Cette version, reprise par de nombreux auteurs, est radicalement remise en cause par Bruno Kartheuser, qui juge ce récit incohérent et peu plausible. Kartheuser souligne tout d’abord que l’intervention décisive que s’attribue l’abbé Jean Espinasse n’est confirmée par aucun témoin, alors que plusieurs centaines de personnes sont rassemblées dans la cour de la manufacture ; cette intervention n’est pas mentionnée dans la déclaration faite en 1948 par le président de la délégation spéciale de Tulle, le colonel Bouty, qui attribue interventions et sauvetages au directeur des Établissements Brandt – Usine de la Marque, Henri Vogel, au directeur adjoint de la Manufacture d’armes de Tulle, Laborie et à l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, LajugieNote 6. Trouillé n’attribue à l’abbé que la grâce de trois hommes, « Vogel s’est magnifiquement débattu avec les officiers SS en vue de libérer quelques-uns de ses ouvriers condamnés au supplice [...]. De la sorte, il a obtenu quatre grâces et a permis au sous-directeur de la manufacture d’armes, Laborie, d’en réclamer et d’en enlever autant ; Lajugie, ingénieur en chef du service vicinal [...] est encore épuisé des efforts déployés en vain pour sauver du supplice un ingénieur de son service56. » L’« intervention décisive » d’Espinasse n’est également pas reprise dans la citation lors de la remise à l’abbé de la Médaille d’argent de la Croix-Rouge française, en 1945, qui n’évoque que ses mérites sacerdotaux et l’assistance matérielle qu’il a apportée aux suppliciés. Enfin, pour Kartheuser, compte tenu du strict respect de la hiérarchie en vigueur dans la SS, il n’est pas possible que Schmald ait pris la décision d’arrêter les exécutions, alors que celles-ci avaient été ordonnées par le général Lammerding (qui déclare après guerre que c’est sur son ordre que les pendaisons ont été arrêtées avant les 120 victimes prévues), que les pendaisons avaient été supervisées par Kowatsch et que l’un des supérieurs de Schmald au SD (Korten ou Butsch) était présent sur les lieux57.

Pour J.J. Fouché et G. Beaubatie, « le nombre de 99 victimes a été la conséquence d’une accumulation de données matérielles indépendantes les unes des autres [...] Mais plus encore que le nombre, la mise en scène des pendaisons devait renforcer la terreur de longue durée. L’efficacité n’était pas liée à un chiffre précis, mais bien plus encore, à la mise en spectacle de la violence destinée à humilier les hommes58. »
Les corps des suppliciés sont dépendus en début de soirée par des membres des chantiers de jeunesse, sous les ordres d’hommes de la 4e compagnie du bataillon d’éclaireurs ; malgré l’intervention des autorités locales, ils sont enterrés sur le site d’une décharge publique, à Cueille, sans aucune procédure d’identification, avec une brève cérémonie improvisée et écourtée par les Allemands, au cours de laquelle l’abbé Espinasse, en présence du préfet en uniforme et de son directeur de cabinet, bénit les corps59.

Les déportations

Le 10 juin, les otages restés à la Manufacture des armes de Tulle sont traités de la même manière que lors de la sélection, la veille, des victimes des pendaisons : négociations entre membres de la Das Reich et du SD, dont Walter Schmald, et les autorités françaises, formation de groupes promis à la déportation, libération d’otages suite à des interventionsNote 7. 311 hommes et 660 jeunes membres des Chantiers de Jeunesse sont transférés de Tulle à Limoges. Après un nouveau tri, dans lequel des membres de la Milice jouent un rôle essentiel, 162 hommes et tous les membres des Chantiers de Jeunesse sont libérés ; 149 prisonniers sont transférés à Poitiers, puis à Compiègne, d’où ils partent vers Dachau le 2 juillet : 101 ne survivent pas au voyage ou à la déportation60.

Le 11 ou le 12 juin, la division entame sa remontée vers le front de Normandie. Avec le massacre de Tulle et celui d’Oradour-sur-Glane, et de nombreuses autres tueries, elle a fait 4 000 victimes, dont de nombreux civils61.

La répression se poursuit à Tulle pendant les semaines qui suivent les pendaisons. Du 11 juin au 31 juillet, le laboratoire de la manufacture d’armes est utilisé comme centre de torture, où opèrent des miliciens en coopération avec Walter Schmald. Le 21 juin, le préfet Trouillé y voit trois miliciens âgés au plus de vingt ans, verser de l’acide sur les plaies du visage d’un homme qu’ils venaient de frapper à coups de nerf de bœuf62. Tulle connaît également une nouvelle rafle, le 21 juin, à la suite de laquelle 80 hommes sont envoyés en travail forcé en Autriche63. Les troupes allemandes en Corrèze se rendent le 16 août 194464.

Au total, les crimes de la Wehrmacht, de la Waffen-SS et du Sipo-SD ont fait 218 victimes civiles à Tulle. « D’une certaine façon, le général SS a atteint son objectif : la discrimination des résistants et la terreur de la population65. »

Analyse

L’analyse des historiens

Les proclamations publiques et les explications allemandes auprès des autorités françaises font systématiquement référence aux éventuels sévices et à l’assassinat de soldats allemands désarmés. Selon la thèse allemande, les représailles sont conformes au droit militaire international, au traité d’armistice et aux conventions de La Haye. Suite aux procès menés en Belgique concernant l’exécution d’otages par les troupes allemandes et à celui mené en Italie pour le massacre des Fosses ardéatines, on peut conclure que le massacre de Tulle a bien été effectué en violation du droit des conflits armés66, notamment des articles 40, 41, 46 et 50 du règlement annexe à la 4e convention de La Haye de 1907 concernant les lois et coutumes de la guerre sur terre67 ainsi que la « clause Martens » du préambule de cette conventionNote 8,68. Bruno Kertheuser conteste quant à lui l’usage même du terme représailles : « le meurtre et la déportation de quelques centaines d’habitants de Tulle les 9 et 10 juin relèvent très clairement du crime de guerre. Toute autre appellation, comme celle de représailles, d’épuration ou de mesure expiatoire, appartient au jargon des auteurs de ces crimes et participe de leur logique à eux »69.

Le massacre de Tulle avait pour but de punir une des capitales du maquis, pour terroriser d’autres régions, conformément aux pratiques mises en œuvre par la Wehrmacht et laWaffen-SS sur le front de l’est ; il résulte « de l’action et de l’inaction de beaucoup de personnes », qu’il s’agisse de membres de la Wehrmacht, de la Waffen-SS ou duSicherheitsdienst70.

La thèse révisionniste

Selon le récit auto-publié du SS-Sturmbannführer Otto Weidinger, plusieurs dizaines de soldats allemands auraient été abattus après leur reddition et de nombreux cadavres auraient porté des traces de mutilations71. Cette thèse est reprise et amplifiée par deux autres révisionnistes, Sadi Schneid72, pseudonyme d’un ancien Waffen-SS Elimar Schneider73, et Herbert Taege, ancien fonctionnaire des Jeunesses hitlériennes73,74.

Pour les historiens, le récit de Weidinger n’a aucun crédit. Eberhard Jaeckel « doute de la véracité de ces affirmations et se demande si les atrocités alléguées n’ont pas servi de justification au comportement des SS75 ». Pour G. Penaud, « divers témoignages de militaires ou de civils allemands retrouvés par Bruno Kartheuser sont assez contradictoires sur la question des mutilations dont auraient été victimes, d’après la rumeur, les victimes allemandes ; à vrai dire, à la lecture des déclarations ultérieures de SS, il n’a pas trouvé une seule qui rapporte un témoignage direct de ces atrocités : tous ceux qui exprimèrent ce reproche [...] colportèrent indirectement les dires de témoins dont il semble difficile de soutenir la crédibilité76 ».

B. Kartheuser a réfuté point par point ces thèses révisionnistes. Le seul fait contraire à l’article 23c et 23d de l’annexe à la Convention de La Haye de 1907 concernant les lois et coutumes de la guerre sur terre77 qui stipule qu’«  il est notamment interdit [...] de tuer ou de blesser un ennemi qui, ayant mis bas les armes ou n’ayant plus les moyens de se défendre, s’est rendu à discrétion [ainsi que] de déclarer qu’il ne sera pas fait de quartier », consiste en l’exécution sans jugement de neuf membres du SD et Gestapistes en fin de l’après-midi du 8 juin78. Quant aux prétendues mutilations, il ne s’agit que des traces d’impact de mitrailleuse. Selon un témoin, Robert Lajugie, « dès la reddition des assiégés, j’ai vu les corps des victimes. Certains, assurément, étaient abîmés et il est exact que des crânes laissaient échapper leur cervelle, mais c’était là le résultat d’une concentration des tirs d’armes automatiques. [...] C’est dans cet état que les éléments de la 2e panzerdivision SS Das Reich trouvèrent leurs compatriotes avec, en plus, cette aggravation que les camions venus enlever les cadavres furent pris par les arrivants, fous furieux, pour les instruments dont on se fût servi pour écraser les corps ou les têtes79. » Ce récit est confirmé par le Dr. Heinz Schmidt, médecin du 3e bataillon du 95e régiment de sécurité : « Parce qu’on voulait avoir une justification présentable d’une certaine manière au niveau international pour les mesures de représailles, je fus cité en qualité de médecin de la place auprès du médecin principal de la division Das Reich. Il me demanda si j’avais constaté des mutilations sur les cadavres de nos soldats tombés la veille. Contrairement aux affirmations disant que cela avait été le cas, j’ai déclaré énergiquement que je n’avais pas constaté de mutilations sur les soixante morts que j’avais vus80. »

À propos du livre de Schneid, Kartheuser écrit qu’il « formule, de la manière la plus grossière entre toutes les versions qui ont circulé, les reproches de mutilations voulues opérées sur certains cadavres allemands. Schneider n’évoque pas ce qu’il a vu. [...] Il ne fait que colporter une version qui fut répandue dès les premiers jours, entre autres par les milieux SS et nazis d’époque mais également par la propagande officielle81. » Il remarque également que Weidinger et Taege ne se basent, eux aussi, sur aucun témoin direct81.

Les suites du massacre

Walter Schmald, du SIPO-SD est capturé par des maquisards à Brive le 15 août 1944, et exécuté par ceux-ci le 22 août, sans avoir fait l’objet d’un procès82.

Otto Weidinger, dernier commandant du régiment Der Führer est interrogé au sujet du massacre pendant sa détention de 1947 à 1951. Il ne fait l’objet de poursuites que pour son adhésion volontaire à la Waffen-SS, jugée comme organisation criminelle lors du procès de Nuremberg, et est acquitté83. Après sa libération, il écrit de nombreux ouvrages sur la2e panzerdivision SS Das Reich, considérés en France comme révisionnistes.

La première enquête, qui porte sur l’assassinat de dix-huit gardes-voies est clôturée 25 mars 1948, et fonde le procès qui s’ouvre à Bordeaux le 29 mars 1949, où comparaissent dix membres du 95e régiment de sécurité, responsable du meurtre de dix-huit gardes-voies, sous les ordres du capitaine Franz Reichmann, commandant du 3e bataillon. Les trois officiers inculpés sont condamnés à quinze (Franz Reichmann, Willi Schlewski) ou dix (Jean Retzer) ans de travaux forcés ; 4 inculpés sont reconnus coupables mais libérés sous l’excuse absolutrice d’avoir agi sur ordre et trois sont acquittés. Schlewski et Retzer sont libérés le 18 septembre 1952 et Reichmann le 25 janvier 195384

L’information judiciaire ouverte le 18 juin 1947 sur les pendaisons de Tulle débouche notamment sur un rapport provisoire rédigé par le commissaire de police criminelle Félix Hugonnaud, qui conclut que les pendaisons furent apparemment commandées par le SS-Gruppenführer Heinz Lammerding, à l’encontre duquel trois mandats d’arrêts successifs sont décernés. Le procès (affaire contre Kahn et autres. Pendaisons de Tulle) s’ouvre à Bordeaux le 4 juillet 1951 et le verdict est prononcé le lendemain. Seules cinq personnes y sont accusées : quatre officiers de la division Das Reich - Lammerding, Aurel Kowatsch, chef d’état-major de la division, Heinrich Wulf, commandant de la section de reconnaissance, Otto Hoff, commandant de la section de pionniers qui a procédé aux pendaisons, et une employée allemande de la Manufacture d’armes de Tulle, Paula Geissler. Cette dernière n’est accusée que de n’avoir pas sauvé un ingénieur de la MAT, ce qu’elle aurait pu faire sans courir de risque personnel. Curieusement, le tribunal omet de mettre en accusation la centaine d’acteurs, les membres du commando d’exécution qui auraient pu être décelés facilement.

Lammerding et Kowatsch, ce dernier tué en mars 1945 à la frontière hongroise, sont condamnés à mort par contumace ; Hoff et Wulf écopent de dix ans de travaux forcés et Paula Geissler de trois ans de prison. Après un appel devant le tribunal de Marseille, la peine de Hoff est réduite, le 27 mai 1952 à cinq ans absorbés par la détention déjà effectuée. Hoff est donc libéré au prononcé du jugement d’appel, comme l’avait été, la semaine précédente, Wulf, gracié par le président de la république Vincent Auriol. Après sa condamnation à mort, Lammerding fait l’objet d’une demande d’extradition du gouvernement français auprès des troupes d’occupation britanniques fin janvier 1953 et le Haut-Commissariat britannique décerne à son tour un mandat d’arrêt à son encontre le 27 février 1953, conformément à la loi n° 10 du Conseil de contrôle allié. Il n’y a aucune suite à ces demandes et Lammerding n’a jamais été inquiété par la justice85.

Jusqu’à sa mort, Lammerding a nié toute responsabilité dans le massacre de Tulle, en déclarant que l’initiative avait été prise par le SS-Sturmbannführer Kowatsch : « connaissant la hiérarchie rigoureuse et la discipline terriblement rigide qui régnaient dans le corps des SS, une telle affirmation ne mérite aucun crédit86. » Après avoir également nié, dans un premier temps, sa présence à Tulle, il a affirmé qu’il n’y était arrivé que tard dans l’après-midi, après les pendaisons : or l’ordre du jour de la division pour le 10 juin 1944 est rédigé par Lammerding à Tulle et daté du 9 juin à douze heures quinze ; cette mention « a été plus tard surchargée à la main en vingt-trois heures quinze86. » La présence de Lammerding à Tulle aux environs de midi le 9 juin est également attestée par le médecin militaire de la garnison allemande, le Dr Schmidt87.

Une procédure est ouverte à l’encontre de Lammerding par le Zentralstelle in Nordrhein-Westfalen en décembre 1961, procédure au cours de laquelle Lammerding est interrogé en février 1962 ; le 9 octobre 1962 le directeur du Zentralstelle des Landes NRW für die Bearbeitung nazionalsozialistischer Massenverbrechen signifie l’arrêt des poursuites en se basant sur la seule version des événements de Lammerding88.

Ce n’est qu’au détour d’une procédure au civil, intentée à Düsseldorf par Lammerding contre l’hebdomadaire communiste Die Tat, qui l’avait accusé dans son édition du17 juillet 1965 d’avoir été condamné à mort en France pour le meurtre de nombreux otages, que la justice allemande établit, sans conséquences concrètes toutefois, la responsabilité de Lammerding dans le massacre de Tulle.
Les attendus du jugement qui déboute Lammerding sont particulièrement clairs : « Un groupe de 120 hommes, la plupart jeunes, furent sélectionnés, leur groupe fut réduit sur l’intervention de plusieurs citoyens français de cette ville au chiffre de 99. Ces 99 furent tués d’une manière cruelle, sans jugement et sans qu’on leur ait prouvé leur participation à l’attaque des partisans la veille. Son affirmation [celle de Lammerding] selon laquelle il se serait agi dans le chef des 99 tués de partisans et non pas d’otages, est inexacte. Par ailleurs, il ne la maintient plus. [...] Ici, les suppliciés ont été tués en vengeance pour des attaques de partisans déjà commises et comme dissuasion pour des attaques de partisans futures. On peut à juste titre appeler la mise à mort de telles personnes civiles de meurtres d’otages, puisque ces mises à mort sont encore plus abjectes que la mise à mort de véritables otages88. »

Une dernière tentative pour traduire Lammerding devant la justice fait suite à la publication de l’ouvrage de Jacques Delarue, Trafics et crimes sous l’occupation, en 1968. À la suite de cette parution, le député-maire socialiste de Tulle, Montalat, demande le 11 octobre 1968 que le gouvernement français exige de la République fédérale allemande d’introduire une procédure en Allemagne contre Lammerding et estime cette procédure d’autant plus impérieuse que le premier volume d’une apologie de la division Das Reich vient de paraître (sous la plume d’Otto Weidinger) en Allemagne. Comme les précédentes, cette tentative reste sans suite88

En 2008, le Sénat a adopté un projet de loi portant adaptation du droit pénal français à celui de la Cour pénale internationale89. Cette adaptation, partielle, stipule entre autres laprescription des crimes de guerre par trente ans (article 462-10). Ce texte a suscité l’indignation du collectif « Maquis de Corrèze », dirigé par le député honoraire Pierre Pranchère, car son adoption aurait pour conséquence directe l’amnistie pour les responsables des massacres de Tulle, Oradour-sur-Glane et Maillé90.

Notes

  1. ↑ ancien commandant des Einsatzkommandos 5, puis 4b de l’Einsatzgruppe C
  2. ↑ Une première réunion a lieu le 17 avril 1944, selon Jean-Jacques Fouché et Gilbert Beaubatie, Tulle. Nouveaux regards sur les pendaisons et les événements de juin 1944, Éditions Lucien Souny, 2008, p. 41
  3. ↑ Ce fait n’est pas mentionné par Trouillé selon lequel les Allemands tentent une sortie en force à coups de mitraillettes et de grenades, P. Trouillé, op. cit., p. 152
  4. ↑ Elle lui rend visite en 1978 lors d’un séjour à Tulle « dans un but touristique », qui déclenche de vives protestations, J.J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 278-279
  5. ↑ Selon Élie Constans, Philomène Joutet, capurée par des éléments de la division SS Das Reich lors du massacre de Gabaudet à Issendolus et dont le fils et la fille avait été massacrés la veille,eut la corde passée au cou mais ne fut pas pendue; elle fit partie des otages libérés, Élie Constans, La tragédie de Gabaudet-Donnadieu, 1994, p. 52-53
  6. ↑ Un otage d’origine alsacienne a été libéré suite à l’intervention d’un membre de la Das Reich, Elimar (Sadi) Schneid, B. Kartheuser, op. cit., t. 3, p. 449
  7. ↑ D’après B. Kartheuser, qui est le seul à mentionner cette hypothèse, certains otages sont sauvés suite à l’action du docteur Pouget et de l’infirmière Arnal, qui leur font une piqûre provoquant une fièvre immédiate, puis les font évacuer sur un brancard en tant que malades
  8. ↑ Les représailles ne sont explicitement interdites que par les 4 Conventions de Genève de 1949 sur la protection des victimes de la guerre

Références

  1.  Peter Lieb, Répression et massacres. L’occupant allemand face à la résistance française, 1943-1944, in Gaël Eismann et Stefan Maertens (dir.), Occupation et répression militaires allemandes, 1939-1945, Autrement, coll. Mémoires/Histoire, Paris, 2006, p. 181
  2.  P. Lieb, op. cit, p.176-177
  3.  Guy Penaud, La « Das Reich » 2e SS Panzer Division, La Lauze, 2005 (ISBN 2912032768), p.65-8, 109-57, 175-231
  4. ↑ a et b Jean-Jacques Fouché, Oradour, Paris, Liana Lévi, 2001, p. 55-56
  5.  G. Penaud, op. cit., p.72-107 et 159-179
  6.  Bruno Kartheuser, Walter, SD à Tulle : la tragédie du 9 juin, t. 3, Les pendaisons de Tulle, Neundorf, Krautgarten, 2004, p. 148-152
  7.  B. Kartheuser, op. cit., t. 3, p. 33
  8. ↑ a et b J.J. Fouché, op. cit., p. 64
  9.  Sur la division Brehmer, voir notamment B. Kartheuser, op. cit., t. 3, p. 75-90
  10.  Jacques Delarue, Crimes et Trafics sous l’occupation, Paris, Fayard, Le livre de poche, 1971, p. 346
  11.  Bruno Kartheuser, op. cit., t. 3, p. 304.
  12.  J. Delarue, op. cit., p. 345.
  13.  J. Delarue, op. cit., p. 347.
  14.  B. Kartheuser, op. cit., t. 3, p. 93.
  15.  J. Delarue, op. cit., pp. 348-50.
  16.  Jean-Jacques Fouché, Gilbert Beaubatie, Tulle. Nouveaux regards sur les pendaisons et les événements de juin 1944, Éditions Lucien Souny, 2008, p. 59.
  17.  Une fusillade nourrie me fait sauter du lit. Le jour point, il est cinq heures, Pierre Trouillé, Journal d’un préfet pendant l’Occupation, Paris, Gallimard, coll. J’ai Lu, 1964, p. 137.
  18. ↑ abcd et e J. Delarue, op. cit., T. 4, pp. 350-59.
  19.  P. Trouillé, op. cit., p. 139
  20.  J. J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 73.
  21.  J. J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., pp. 79-80.
  22.  J. J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p.78
  23.  J. J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 77
  24.  B. Kartheuser, T. 3, op. cit., p. 320
  25.  P. Trouillé, op. cit., p. 146
  26.  B. Kartheuser, op. cit., t. 3, p. 342
  27.  Sarah Farmer, Oradour : arrêt sur mémoire, Paris, Calmann-Lévy, coll. Essai/histoire, 1994, p. 59
  28.  G. Penaud, op. cit., p.198
  29.  Sauf mention contraire, cette section est écrite sur la base de J. Delarue, op. cit., p.358-365
  30.   »Journal d’un préfet pendant l’occupation ; Corrèze 1944″, Pierre Trouillé, Gallimard, 1964.
  31.  .J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 137
  32.  P. Trouillé, op. cit., p. 168
  33.  J.J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 131
  34.  Jacques-Louis Bourdelle, Départs – Récits, Rougerie, s. l., s. d., p. 28
  35. ↑ a et b J. J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 1333-136
  36.  A. Soulier, op. cit., p.9-10
  37. ↑ ab et c J. J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 151-153
  38. ↑ a et b J. J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 154
  39.  J.J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 158-159
  40.  Jean Espinasse, Tulle le 9 juin 1944, La Table Ronde, 1994, p. 26
  41.  A. Soulier, op. cit., p.12
  42.  J.J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 155
  43.  J. Espinasse, op. cit., p.27
  44.  P. Trouillé, op. cit., p. 172
  45.  J. Delarue, op. cit. , p. 381
  46.  J.L. Bourdelle, cité par J.J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 159
  47.  J. Delarue, op. cit., p. 373-374
  48.  Sauf mention contraire, la présente section est rédigée sur la base de J. Delarue, op. cit., p.382-394
  49.  J. Espinasse, op. cit., p. 29
  50. ↑ ab et c J. J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 163-170
  51.  J. Delarue, op. cit., p. 385
  52.  Témoignage du colonel Bouty, cité par P. Trouillé, op. cit., p. 176
  53.  J. Espinasse, op. cit..’, p. 33-34
  54.  J. J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 171
  55.  J. Espinasse, op. cit.’, p. 37 et seq.
  56.  P. Trouillé, op. cit., p.176-183
  57.  Bruno Kartheuser, Walter, SD à Tulle : la tragédie du 9 juin, t. 4, Crime sans châtiment, Neundorf, Krautgarten, 2008, p.197-215
  58.  J. J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 174
  59.  J. J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 174-176
  60.  B. Kartheuser, op. cit., t. 3, p.454-457
  61.  P. Lieb, op.cit., p. 181
  62.  P. Trouillé, op. cit., p. 207-208
  63.  B. Kartheuser, op. cit., t. 3., p. 498-506
  64.  P. Trouillé, op. cit., p. 278-279
  65.  J.J. Fouché, op. cit., p. 65″.
  66.  Marjorie Courtoy, La question des otages en Belgique pendant la seconde guerre mondiale, in Gaël Eismann et Stefan Maertens (dir.), Occupation et répression militaires allemandes, 1939-1945, Autrement, coll. Mémoires/Histoire, Paris, 2006, p. 125-126
  67.  Texte de la convention [archive]
  68.  Éric David, Principes de droit des conflits armés, Bruxelles, Bruylant, 2008, p. 143
  69.  B. Kartheuser, T. 3, op. cit, p. 15
  70.  B. Kartheuser, T. 1, op. cit., p. 11
  71.  Otto Weidinger, Tulle et Oradour, une tragédie franco-allemande, s. l., auto-édité, s. d., 62 p.
  72.  Sadi Schneid, SS-Beutedeutscher. Weg und Wandlung eines Elsässers, Lindhorst, Askania, 1979
  73. ↑ a et b B. Kartheuser, T. 3, op. cit., p. 357
  74.  Herbert Taege, Wo ist Kain? Enthüllungen und Dokument zum Komplex Tulle+Oradour, Lindhorst, Askania
  75.  Eberhard, Jaeckel, La France dans l’Europe de Hitler, Paris, Fayard, 1968, cité par S. Farmer, op. cit., p. 59
  76.  G. Penaud, op. cit, p. 195
  77.  Voir le texte de la convention [archive]
  78.  B. Kartheuser, T. 3, op. cit., p. 341-342
  79.  B. Kartheuser, T. 3, op. cit., p.359
  80.  B. Kartheuser, T. 3, op. cit., p. 363
  81. ↑ a et b B. Kartheuser, T. 3, op. cit., p. 357-364
  82.  sauf mention contraire, la présente section est basée sur G. Penaud, op. cit, p 491-499
  83.  G. Penaud, op. cit., p.492
  84.  B. Kartheuser, op.cit., T. 4, p.262
  85.  B. kartheuser, op.cit., T. 4, p. 309-313
  86. ↑ a et b J. Delarue, op. cit., p. 368-370
  87.  J. Delarue, op. cit., p. 377
  88. ↑ ab et c B. Kartheuser, op. cit., T. 4, p. 339-343
  89.  Voir le dossier du Sénat Projet de loi portant adaptation du droit pénal français à la CPI [archive]
  90.  Voir la lettre du collectif « Maquis de la Corrèze » sur le site du PRCFPRCF / Maquis de Corrèze [archive]
  91. ↑ abcdef et g B. Kartheuser, T. 1, op. cit., p.8-10
  92.  B. Kartheuser, T. 4, op. cit., p.197-215
  93.  J. Espinasse, op. cit., p. 47
  94.  J. Espinasse, op. cit., p. 58 et73
  95.  . J. Espinasse, op. cit., p. 69 et 74
  96.  B. Kartheuser, op. cit., t. 4, p.16
  97.  B. Kartheuser, op. cit., t. 3, p. 349
  98.  J.J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 235-243
  99.  Sur cet épisode, voir B. Kartheuser, op. cit., t. 4, p. 343 et sq
  100.  Jean-Macques Marie, Nouveaux regards et vieilles questions…, in La quinzaine littéraire, Paris, septembre 2008
  101.  Google Maps [archive] Rue du 9-Juin-1944, TulleCorrèzeLimousinFrance.

Massacres perpétrés par les Allemands en France durant la Libération de 1944

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 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale   

 

Massacres perpétrés par les Allemands en France durant la Libération de 1944

Les troupes allemandes et leurs auxiliaires commirent de nombreux massacres en France, de l’invasion à la Libération. Les victimes de ces tueries furent de natures diverses : hommes, femmes et enfants, civils, tirailleurs sénégalais en 1940 (Chasselay), résistants blessés ou prisonniers (Mont-Mouchet, Vassieux-en-Vercors, Grotte de la Luire), otages et juifs. (Saint-Genis-Laval, Bron, Savigny-en-Septaine)

Si dans la mémoire collective et la littérature historique, le massacre d’Oradour-sur-Glane, avec ses 642 victimes, occupe une place prépondérante, il ne peut occulter l’importance et la sauvagerie d’assassinats collectifs comme ceux commis à Maillé, Tulle, Ascq, Buchères, la Saulx1 et de toutes les autres exactions des troupes allemandes qui firent plusieurs milliers de victimes.
Généralement attribués à la Waffen-SS, ces massacres furent aussi perpétrés par des unités de la Wehrmacht, de la Kriegsmarine, de la Gestapo, du SIPO-SD et par leurs auxiliaires français. Cette brutalisation s’intensifia début 1944, avec les instructions concernant la répression données, le 3 février 1944, à la suite d’une intervention personnelle d’Adolf Hitler, par le général Hugo Sperrle, puis après le débarquement de Normandie, transposant en France la sauvagerie pratiquée sur le front de l’Est et dans les Balkans.

Au total durant la Seconde Guerre mondiale, 6 000 français furent massacrés par les Allemands ou leurs alliés, 25 000 furent fusillés, 27 000 résistants moururent en déportation en plus de 76 000 déportés raciaux2.

Liste chronologique
Mai 1940
Le 24
• Hinges : 10 civils, âgés de 26 à 53 ans, sont exécutés au bord d’un trou d’obus datant de la guerre précédente et ils y sont enterrés3.
les 24 et 25
• Massacre du Quesnoy à Beuvry : civils et réfugiés sont massacrés par la 3e Panzerdivision SS Totenkopf4.
le 27
• Paradis-Lestrem : 97 soldats britanniques prisonniers issus du deuxième bataillon du Royal Norfolk Regiment sont exécutés par la 3e Panzerdivision SS Totenkopf.
le 28
• Oignies : 80 civils assassinés à la suite d’une bataille qui dure trois jours5 et un officier anglais brûlé vif.
• Courrières : 45 hommes assassinés6.
• Massacre de Wormhout : 80 soldat britanniques et français tués, 15 blessés.
Juin 1940
le 20
• Chasselay : plusieurs dizaines de soldats Sénégalais prisonniers sont exécutés par la division SS Totenkopf7
• Domptail : 28 à 33 soldats français sont fusillés par des soldats allemands8.
Août 1941[modifier]
Le 29
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 3 hommes du réseau Nemrod : le capitaine de corvette Honoré d’Estienne d’Orves, le lieutenant Maurice Barlier, officiers de la France libre, et Jan Doornik, officier néerlandais, sont les premiers fusillés du Mont Valérien9.
Octobre 1941
Le 22
• Représailles après la mort de Karl Hotz : 48 otages sont fusillés en représailles de l’assassinat du lieutenant-colonel allemand Karl Hotz. 27 prisonniers sont exécutés àChâteaubriant, à la carrière de la Sablière, 16 à Nantes au champ de tir du Bèle, et 5 à Paris, à la forteresse du Mont-Valérien.
Le 24
• Camp de Souge, à Martignas-sur-Jalle : 50 otages, en majorité des communistes, sont fusillés en représailles de l’assassinat d’un officier allemand. Au total 273 personnes sont fusillées au camp de Souge pendant l’occupation10.
Décembre 1941
Le 15
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 70 otages dont 53 Juifs, parmi lesquels 44 viennent du camp de Drancy, sont fusillés11
• Caen : 13 prisonniers communistes sont fusillés par les Allemands12,13
• Juigné-des-Moutiers : 9 prisonniers du camp de Châteaubriant (camp de Choisel) sont fusillés dans la forêt de la Blisière14.
Août 1942
Le 11
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 88 otages communistes sont fusillés sur ordre de la Sipo-SD, en représailles de la mort de 8 soldats de la Luftwaffe, tués par des grenades9.
Septembre 1942
Le 13
• Prison de la Santé à Paris : trois communistes, dont le député Jean Catelas, condamnés à mort par le tribunal d’État du gouvernement de Vichy, sont guillotinés9.
Le 21
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 46 otages sont fusillés sur ordre de la Sipo-SD, en représailles de la mort de 3 soldats allemands et de divers attentats9.
• Camp de Souge, à Martignas-sur-Jalle : 70 otages sont fusillés sur ordre de la Sipo-SD dans le cadre des mêmes représailles9.
Octobre 1942[modifier]
Le 5
• Stand de tir de Balard à Paris : 18 FTP sont fusillés9.
Novembre 1942[modifier]
Le 3
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 6 personnes sont fusillées9.
Le 24
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 8 FTP de la Seine sont fusillés9.
Décembre 1942
Le 27
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 16 résistants du réseau de renseignements Georges France 31 sont condamnés à mort pour espionnage et fusillés9.
Le 30
• Saint-Jacques-de-la-Lande : 25 résistants communistes sont fusillés à La Maltière15.
Janvier 1943[modifier]
Le 29
• Nantes : 9 résistants condamnés à mort sont fusillés au champ de tir du Bêle16.
Février 1943[modifier]
Le 8
• Cinq Martyrs du lycée Buffon : 5 lycéens de 17 à 20 ans sont fusillés par les Allemands au stand de tir de Balard pour attentats contre des soldats allemands.
Le 17
• Massacre de Ballersdorf (Haut-Rhin) : 18 hommes dont 12 Ballersdorfois incorporés de force décident de se soustraire à cette incorporation et sont arrêtés aussitôt dans la nuit. Trois d’entre eux seront tués, un seul s’échappera, les 14 autres seront jugés sommairement et 13 seront fusillés le 17 février 1943.
Septembre 1943[modifier]
Le 7
• Massacre du bois du Thouraud : sept maquisards sont abattus par les Allemands, sept autres et deux paysans sont déportés dans les camps où six d’entre-eux y laisseront la vie.
Le 17
• Forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes : 19 FTP brestois sont fusillés17,18
Décembre 1943[modifier]
Le 25
• Habère-Lullin : des jeunes réfractaires au STO rassemblés dans le château pour un bal de Noël sont dénoncés et surpris par la Sipo-SD. 25 sont massacrés et leurs corps brûlés, 26 sont arrêtés dont 8 sont déportés19,20.
Janvier 1944[modifier]
Le 5
• Mérenvielle : meurtres le 5 janvier et le 2 juin 194421.
Le 14
• Lanta : exécution21.
Février 1944
Le 16
• Beyssenac : 34 maquisards sont exécutés par deux compagnies allemandes au Pont Lasveyras, et 5 autres mourront en déportation.
Le 21
• Affaire de l’Affiche rouge : 22 résistants des FTP-MOI sont fusillés à Paris, au fort du Mont-Valérien.
• Annecy : 8 prisonniers sont fusillés après jugement de la cour martiale de Vichy22.
Le 25
• Thonon-les-Bains : 6 prisonniers sont fusillés après jugement de la cour martiale de Vichy22.
Mars 1944
Le 8
• Annecy : 5 prisonniers sont fusillés après jugement de la cour martiale de Vichy22.
Le 20
• Annecy : 5 prisonniers sont fusillés après jugement de la cour martiale de Vichy. Un autre est exécuté le 8 avril22.
Le 26
• Brantôme : après des tirs de résistants contre la voiture du général Walter Brehmer, ayant causé la mort de deux policiers, des membres du Sipo-SD exécutent 25 détenus de la prison de Limoges, dont des Juifs23, ainsi qu’un jeune habitant de la commune.
• Allemans : des soldats allemands incendient une ferme dont les 3 occupants meurent carbonisés23.
• La Jemaye : les mêmes abattent un habitant et incendie sa ferme23.
• Echourgnac : les mêmes abattent une habitante et brûlent sa maison23.
• Ribérac et Mussidan : les Allemands y prennent position ; le général Walter Brehmer installe même son quartier général à Ribérac. Ils sillonnent la forêt de la Double orientale et déclenchent des incendies pour débusquer les maquisards24,25.
Le 27
• Sainte-Marie-de-Chignac : 25 autres détenus des prisons de Limoges et Périgueux, principalement des Juifs, sont fusillés au lieu-dit Rivières-Basses, par des membres du Sipo-SD 23. Deux blessés parviennent à s’enfuir 26.
Le 31
• Rouffignac : le village est entièrement détruit, 3 hommes sont exécutés, 12 civils et 4 gendarmes (qui ne survivront pas) sont déportés en Allemagne27.
Avril 1944
Le 1er et le 2
• Ascq : 86 habitants sont fusillés par des hommes de la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend à la suite d’un acte de sabotage contre un train28,29.
Le 6
• Tarnac : une compagnie d’une division allemande partant vers la Normandie, fusille quatre Juifs30.
• Bugeat : 4 habitants du village sont fusillés par des soldats allemands.
Le 30
• Aussonne : meurtres et destructions21.
• Cornebarrieu : meurtre21.
Mai 1944
Le 2
• Montpezat-de-Quercy : des membres de la 2e division SS Das Reich tuent 5 personnes et en déportent 15. Le village est pillé et incendié.
Le 4
• Annecy : 6 prisonniers sont fusillés après jugement de la cour martiale de Vichy22.
Le 7
• Miremont : exécutions les 7, 9 et 14 mai par des membres de la 2e division SS Das Reich puis le 2 juin21.1944).
Les 11 et 12
• Lauzès, Orniac, Blars, Grèzes, Latronquière, Sousceyrac, Cardaillac, Gorses, Molières, Le Bourg, Lacapelle-Marival, Terrou, Saint-Céré, Figeac, Lunan et Saint-Félix : dans cette même région, le Lot, les SS font plusieurs centaines de victimes et déportés.
Le 15
• Fouesnant : 15 hommes ; des résistants du groupe Vengeance, des FTPF, deux déserteurs russes de la Wehrmacht, sont fusillés par les Allemands dans le marais de Mousterlin. Deux autres exécutions ont lieu, l’une le 23 juillet, l’autre le 10 août31.
Le 17
• Urau : meurtres et arrestations21.
Le 21
• Frayssinet-le-Gélat : 3 femmes sont pendues et 11 hommes fusillés par les SS.
Le 23
• Galié : meurtres et destructions21.
Le 25
• Lantilly : 23 maquisards du groupe Henri Bourgogne sont exécutés sommairement par les Allemands9
Le 28
• Vaussujean (Saint-Sébastien) : 7 résistants sont abattus et 3 autres (dont Victor Renaud) livrés à la Milice.
Le 31
• Saint-Jacques-de-la-Lande : 9 résistants sont fusillés à La Maltière15.
Juin 1944
• Cadours : meurtre21.
Le 1er
• Limogne-en-Quercy, Cadrieu et Frontenac : 9 civils sont tués par les SS.
Le 2
• Pibrac : crimes de guerre le 2 puis le 11 juin21.
Le 3
• Linac, Viazac et Bagnac-sur-Célé : 19 habitants sont fusillés par les SS.
• Chaum : assassinat21.
Le 5
• Ugine : les SS massacrent 28 habitants32.
Le 6
• Caen : 87 prisonniers de la maison d’arrêt dont au moins une femme sont exécutés33,34.
• L’Épine (Marne) : 7 résistants condamnés à mort sont fusillés par les Allemands35.
Le 7
• Castelculier : 2 résistants sont tués et 4 otages civils exécutés. Le château de Laclotte et la ferme de la famille Afflatet sont brûlés par les Allemands.
• Saint-Pierre-de-Clairac : 11 patriotes français sont fusillés et massacrés par la Gestapo d’Agen et des éléments de la 2e division SS Das Reich36
• Saint-Germain-la-Blanche-Herbe : 11 soldats canadiens prisonniers sont exécutés ce jour et 7 autres le lendemain dans les jardins du château de l’Abbaye d’Ardenne37.
Le 8
• Issendolus : 44 personnes sont massacrées par les SS et 70 autres déportées.
• Montgueux : 15 résistants sont fusillés par l’armée allemande au Trou de Chirac38.
• Rennes : 32 résistants, dont 9 républicains espagnols, sont fusillés par les Allemands à la caserne du Colombier39.
• Rouffilhac et Carsac-Aillac : 29 habitants dont des femmes et des enfants sont massacrés par les SS.
• Saint-Floxel : un soldat tue 8 femmes et enfants cachés derrière un abreuvoir40.
Le 9
• Bretenoux : 20 civils dans la population et 18 résistants FFI de l’AS Corrrèze. 2 civils seront aussi portés disparus.
• Tulle : 99 hommes sont pendus, puis, dans les jours qui suivent 149 sont déportés dans les camps de concentration nazis. Au total, l’action de membres de la 2e panzerdivision SS Das Reich et du SD fait 213 victimes41.
• Argenton-sur-Creuse : 56 habitants dont des femmes et des enfants, et des membres des FFI sont massacrés dans les rues en fin d’après-midi par des membres d’une compagnie du régiment Der Führer de la 2e panzerdivision SS Das Reich et 11 sont fusillés le lendemain42 , 43.
• Janaillat : 31 jeunes maquisards sont exécutés au lieu-dit Poteau de Combeauvert par un bataillon du 4e régiment de Panzergrenadier Der Führer appartenant à la 2e panzerdivision Das Reich44.
Le 10
• Oradour-sur-Glane : 642 habitants, dont 247 enfants, sont abattus ou brûlés vifs par les hommes du 1e bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e panzerdivision SS Das Reich45.
• Issoudun : 11 personnes sont tuées.
• Marsoulas et Mazères-sur-Salat : 32 civils dont 6 femmes et 12 enfants sont tués par les SS.
• Betchat : deux civils sont tués, un FFI fait prisonnier est exécuté, plusieurs maisons sont incendiées le 10 puis dans les jours suivants46
• Bagnères-de-Bigorre, Pouzac et Trébons : du 10 au 12 juin, 57 habitants dont des femmes et des enfants, sont massacrés par un bataillon du régiment Deutschland de la 2epanzerdivision SS Das Reich47 .
• Mont-Mouchet: les 10 et 11 juin, environ 100 civils et 238 résistants sont tués par les troupes nazies.
• Ussel : 47 jeunes résistants sont abattus, les blessés étant achevés.
• Ruynes-en-Margeride, Clavières : 36 civils sont victimes des troupes d’un Sicherungsbataillon de la Wehrmacht et du 19e SS-Polizieregiment48.
• Laffite-Toupière : assassinat commis par des éléments de la 2e panzerdivision SS Das Reich21.
• Martres-Tolosane : exécutions et massacres le 10 juin commis par des éléments de la 2e panzerdivision SS Das Reich puis nouveaux assassinats les 8 et 18 août21.
• Saint-Michel : crimes de guerre, exécutions commis par des éléments de la 2e panzerdivision SS Das Reich21.
Le 11
• Mussidan : des membres du SD de Périgueux47 fusillent 52 personnes à Mussidan, parmi lesquelles Raoul Grassin, le maire de la commune, en représailles à une tentative de sabotage de la voie ferrée par la résistance49.
• Orville : 10 habitants sont fusillés.
• Fusillés de Saint-Julien-du-Verdon : 11 résistants sont fusillés par la Gestapo.
• Rostrenen : 2 otages pendus dans le bourg.
Le 12
• Valréas : des membres du groupe de combat Unger de la 9e division blindée de la Wehrmacht48 tuent 26 civils et 27 résistants.
• Jeu-les-Bois : 17 hommes sont tués.
• Murat : quatre otages sont fusillés sur le bord de la route, par le SS Hugo Geissler, qui sera mitraillé, en représailles, par des maquisards
• Saint-Lys, Bonrepos-sur-Aussonnelle et Saiguède : 9 maquisards sont tués et 12 civils exécutés par des unités de la 2e division SS Das Reich50.
• Lormes : huit otages civils fusillés à la suite de l’attaque d’un convoi allemand qui traversait la ville.
Le 13
• Revin : 105 résistants capturés après l’encerclement du maquis des Manises (encadré par Jacques Pâris de Bollardière) sont exécutés51.
• Plestan : 31 otages dont 7 Nord-Africains sont abattus par la Gestapo et la Feldgendarmerie dans le bois de Boudan.
Le 14
• Houeillès : bombardement de Houeillès par trois avions allemands tuant 2 personnes dont une femme.
Le 15
• Rieumes : meurtre21.
• Vieugy : 15 maquisards et civils sont exécutés22.
Le 16
• Lannion : plusieurs exécutions de maquisards (11 exécutions le 16 juin ; 7 le 03 juillet ; 6 le 06 juillet)
Le 18
• Vieugy : 10 maquisards et civils sont exécutés22.
Le 20
• Houeillès : 5 civils et 2 résistants alsaciens (Léon Krepper et Léon Richer) sont abattus.
• Coussay-les-Bois : trois jeunes de Coussay sont fusillés par les SS en représailles contre une attaque d’un convoi allemand52.
Le 21
• Mouleydier : le village est pillé et incendié par les SS. 22 maquisards sont fusillés.
• Boulogne-sur-Gesse : meurtres le 21 juin puis le 17 août21.
Le 23
• Dunes : à la suite d’une dénonciation les SS pendent 12 personnes et en abattent 4 autres.
• Saint-Sixte : Trois familles tziganes, soit 14 personnes, sont assassinées à 5h du matin par l’unité SS de Valence d’Agen.
• Saint-Jacques-de-la-Lande : 10 résistants, en majorité des FTP, sont fusillés à La Maltière15.
Le 24
• En représailles à l’exécution de Hugo Geissler, 115 Muratais sont raflés et déportés à Neuengamme par la Légion des Tatars de la Volga de la Brigade Jesser.
Le 25
• Thauvenay : 16 civils dont 6 jeunes et un enfant de sept ans, sont abattus et vingt-trois habitations incendiées.
Le 26
• Dun-les-Places : 27 civils sont tués par les SS. Les maisons sont ensuite pillées et incendiées les 27 et 28 juin.
Le 27
• Castelmaurou : assassinats le 27 juin puis le 16 juillet21.
• Saint-Sauvant : 27 maquisards qui viennent d’être faits prisonniers par des soldats allemands et des miliciens, sont exécutés53.
Le 28
• Villemur-sur-Tarn : meurtres, incendies, pillages et crimes de guerre le 28 juin 1944 puis le 1, 3, 7, 20, 21, 24, et 27 juillet et le 20 et 21 août 194421.
• La Magdelaine-sur-Tarn : meurtre21.
• Le Born : meurtres21.
• Montastruc-La-Conseillère : crimes de guerre21.
Le 30
• Saint-Jacques-de-la-Lande : 21 résistants, dont des membres des Corps Francs Vengeance du Morbihan et des FTP, sont fusillés à La Maltière15.
Juillet 1944[modifier]
Le 1er
• Toulouse : meurtres au cours du mois de juillet et le 22 août21.
• Donzy : 8 civils tués selon le monument commémoratif.
Le 2
• Muret : meurtres le 2 puis le 6 et le 821.
Le 3
• Estang : neuf fusillés à la suite des représailles d’un accrochage avec le maquis (les allemands ayant perdus 9 soldats au cours du combat).
Le 6
• Bazus : assassinats, incendies et vols, le 6, 7 et 15 juillet puis le 20 et 21 août21.
• Bessières : crimes de guerre21.
Le 7
• Le Cheylard : la Wehrmacht tue entre 30 et 50 civils lors d’une opération contre un centre de résistance.
• Meilhan : une colonne de la Wehrmacht (plusieurs centaines d’hommes) attaque par surprise à l’aube le maquis de Meilhan (environ 90 hommes). Après 3 heures de combat inégal, tous les survivants (même blessés) sont torturés et assassinés. Le massacre n’est pas fini : les Allemands raflent 4 hommes (qui n’étaient pas maquisards) dans des fermes voisines et les exécutent. Sur le chemin du retour à Lannemezan, les SS capturent et exécutent 3 autres hommes. Des maquisards de Meilhan, seuls 16 ont parvenu à s’échapper, 76 ont été assassinés54.
• Saint-Sauvant : 30 SAS de l’opération Bulbasket et un pilote de l’US Air Force, prisonniers de guerre, sont fusillés par la Wehrmacht dans la forêt de Saint-Sauvant, à l’aube.
• Broualan : 4 habitants sont tués ou mortellement blessés par des miliciens55.
• Saint-Rémy-du-Plain : 8 hommes du maquis de Broualan sont torturés puis abattus à la mitraillette par des miliciens56,55.
Le 8
• Portes-lès-Valence : 32 personnes sont fusillées.
• Magnac-Laval : 19 personnes sont massacrées par des miliciens.
Le 9
• Ramonville-Saint-Agne : assassinats21.
Le 10
• Bélâbre : 46 hommes dont plusieurs maquisards de Chauvigny, sont massacrés.
• Montréjeau : meurtres le 10 juillet puis le 7 août21.
• Ploumagoar : 17 résistants sont fusillés dans le bois de Malaunay, dont l’abbé Fleury, Jean Métairie, les responsables briochins du mouvement Défense de la France. Certains d’entre eux ont été enterrés encore en vie.
Le 11
• Dompierre-sur-Mont : 22 habitants sont fusillés.
Le 12
• Plumelec : 6 parachutistes SAS français, 8 maquisards et 3 paysans sont fusillés sommairement au village de Kerihuel.
Du 12 au 22
• Massacre de Dortan : 36 habitants de Dortan et d’Oyonnax furent tués ; des habitants et des résistants torturés au château de Dortan ; des femmes violées. Le village fut totalement incendié par la Wehrmacht.
Le 14
• Marcy : le 14 juillet 1944, au cours d’un accrochage avec la brigade Jesser, trois résistants (Henri Cayet, Pierre Orluc, Auguste Stein) de la 238e compagnie FTPF trouvent la mort à Marcy et six autres sont déportés. Avant de partir, les nazis incendient le village.
• Saucats : 13 Résistants installés dans La ferme de Richemont sont encerclés et massacrés au canon par une cinquantaine de miliciens et une quarantaine d’Allemands de divers corps de Bordeaux (Douaniers, SD et Gendarmerie) appuyés par une colonne d’artillerie. Un quatorzième résistant sera fusillé au fort du Hâ . Ils avaient entre 17 et 23 ans
• L’Hermitage-Lorge : massacre de 36 résistants et otages, pendus ou fusillés par la Wehrmacht. Au total, 55 corps seront extraits du charnier de la Butte-Rouge. Les corps portaient pour la plupart des marques de torture.
Le 15
• Bourg Lastic : une colonne Jesser fait 23 fusillés, 28 déportés
• Verrières : une autre colonne Jesser assassine 3 résistants (balles dans le dos)
• Alleyrat et La Rochette situés à quelques kilomètres au nord d’Aubusson sont incendiés par le groupement Coqui.
Le 16
• Vieugy : 8 maquisards et civils sont exécutés22.
Le 20
• Vif : en représailles à une embuscade, les Allemands exécutent 11 otages.
• Cormelles-le-Royal : les six membres d’une famille ayant décidé de rentrer chez eux malgré l’ordre d’évacuation allemand sont retrouvés et fusillés par les SS57.
Le 21
• Vassieux-en-Vercors : 82 habitants dont des femmes, des enfants et des vieillards, et 120 combattants des FFI, sont massacrés et le village est détruit à 97 %.
• Seyssinet-Pariset : 10 Polonais et Français, raflés à Grenoble par la milice et la Gestapo, sont fusillés58.
Le 22
• Saint-Sozy (Souillac) : 8 résistants FFI pris en embuscade et abattus par la division SS das Reich.
Le 24
• Savigny-en-Septaine : 36 Juifs de Saint-Amand-Montrond dont 8 femmes, sont jetés, vivants ou tués par balles, dans un puits par la Gestapo.
• Puits de Guerry (Soye-en-Septaine, Cher) : premier massacre, 25 hommes réfugiés juifs d’Alsace-Lorraine, jetés un à un vivants dans un puits et écrasés sous des pierres59.
Le 25
• Saint-Germain-d’Esteuil60 : 3000 Allemands attaquent une centaine de FFI du maquis de Vigne Oudide. Une quarantaine de résistants sont tués sur place, certains, faits prisonniers, sont torturés et exécutés. Plusieurs témoignages font état d’exécutions sommaires d’habitants le lendemain dans le village de Liard par les troupes allemandes.
Le 26
• Bayons : 21 résistants et 3 adolescents sont assassinés.
Le 27
• Saint-Germain-du-Salembre : 29 maquisards et la quasi-totalité des habitants du hameau sont massacrés par les nazis.
• Grotte de la Luire : 35 blessés du maquis du Vercors sont assassinés.
• La Chapelle-en-Vercors : Le village est incendié et bombardé par l’armée allemande. Seize jeunes otages sont exécutés dans la cour d’une ferme (qui s’appelle aujourd’hui la Cour des Fusillés).
• Lyon : la Gestapo fusille 5 résistants place Bellecour.
• Chard : le village est attaqué par le groupement Coqui qui tue 6 FFI et fait 17 prisonniers qu’il fusille et achève.
• Gargilesse-Dampierre (Indre) : une compagnie de la colonne Stenger massacre 12 résistants et civils61.
Le 28
• Auterive : meurtre21.
• Rouffiac-Tolosan : meurtres21.
Le 31
• Bellegarde-Sainte-Marie : assassinats et destructions 21.
Août 1944
Fonsorbes : meurtres21.
Le 3
• Erquy : 5 otages et 6 résistants fusillés.
• Pluduno : 3 civils abattus, dont 2 femmes.
Le 4
• Le Vigeant : 12 jeunes résistants de Millac sont fusillés par des nazis et des miliciens.
• Saint-Pol-de-Léon : 25 hommes, dont le maire et un adolescent de 17 ans, sont massacrés par la Wehrmacht62.
Le 5
• Quimper : les nazis incendient un commerce de Gourvily et fusillent les membres de la famille qui tentent de s’en échapper, Jean-Louis Lejeune, 67 ans ; son épouse Anna, 64 ans ; Marie-Renée Le Quillec, épouse Lejeune, 33 ans, qui attend un enfant, et Marianne Le Jeune, épouse Le Toullec, 32 ans63.
Le 7
• Gouesnou : des hommes de la 3e brigade antiaérienne de la Kriegsmarine massacrent 42 habitants, dont des femmes et des enfants, au lieu-dit de Penguerec.
• Langon : 6 maquisards sont surpris par des soldats allemands au Port-de-Roche et fusillés64,65.
• Pleubian : 21 jeunes résistants s’étant rendus sont massacrés au sémaphore de Crec’h Maout. La veille, 4 passants avaient été abattus dans la commune voisine de Lanmodez.
• Langrolay-sur-Rance : tir d’un obus sur la foule (8 victimes civiles).
Le 8
• Guipavas : Au lieu dit Creac’h Burguy, sept hommes sont rassemblés dans le village puis abattus par des parachutistes allemands dont la division commandée par le général Ramke venait d’arriver pour défendre Brest 66.
• Puits de Guerry (Soye-en-Septaine, Cher), 2e massacre : 7 femmes, 1 jeune fille et trois hommes, réfugiés juifs d’Alsace-Lorraine, sont jetés un par un vivants dans un puits et écrasés par des pierres (soit 36 victimes avec celles du premier massacre du 24 juillet67).
Le 9
• Saint-Julien-de-Crempse : 17 civils de 18 à 80 ans, ainsi que 11 maquisards, sont massacrés par les SS.
Le 10
• Saint-Gaudens : exécutions, crimes de guerre et destructions le 10 et du 19 au 21 août21.
• Vieugy : 7 maquisards et civils sont exécutés22.
Le 11
• Forteresse du Mont-Valérien, à Paris : 93 prisonniers du camp de Royallieu sont fusillés68.
• Herran : meurtres21.
Le 12
• Longny-au-Perche : 5 otages pris au hasard dans le village sont fusillés.
• Villenouvelle : vols, incendies et meurtres le 12 et du 16 au 21 août21.
Le 13
• Tourouvre : 18 habitants sont massacrés et une cinquantaine de maisons sont détruites par des SS appartenant à une unité pas clairement identifiée. Longtemps attribué à la2e panzerdivision SS Das Reich, le massacre aurait finalement peut-être été perpétré par des membres de la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend69.
• Montlaur : vols et massacres le 13, 15, 18, 20 et 21 août commis par des éléments de la 2e panzerdivision SS Das Reich21.
Le 14
• Prémilhat : Massacre de la Carrière des Grises (42 otages de la prison de Montluçon sont fusillés)70,71.
• Grenoble : 20 maquisards du Vercors sont fusillés.
Le 15
• Longeville : les troupes allemandes tuent 6 maquisards au combat et ils achèvent et brûlent 7 autres maquisards.
• Boussens : meurtres le 15 puis le 18 août21.
• Savignac-de-Duras : 4 jeunes maquisards sauvagement torturés, assassinés puis pendus72.
• Fusillés de l’Ariane : 21 résistants, dont 3 femmes, et 2 collaborateurs sont fusillés à la mitraillette par les Allemands à Nice. Deux autres résistants avaient été fusillés au même endroit le 22 juillet.
• Fusillés de la villa Montfleury à Cannes : 8 résistants dont une femme, sont exécutés par la Gestapo.
Le 16
• L’Isle-en-Dodon : meurtre commis par des éléments de la 2e panzerdivision SS Das Reich21.
• Fusillés de la cascade du bois de Boulogne : 35 FFI et FTP, agés de 17 à 22 ans sont fusillés par les Allemands dans la nuit du 16 au 17, peu avant les combats de laLibération de Paris.
Le 17
• Sainte-Radegonde : 30 personnes sont fusillées.
• Pointis-de-Rivière : assassinat21.
• Villefranche-de-Lauragais : meurtres, incendies et vols du 17 au 21 et le 28 août21.
Le 18
• Saint-Michel-de-Livet : une famille de 7 personnes est assassinée par des SS.
• Nérondes : une douzaine d’habitants sont massacrés et plus de trente maisons brûlées.
Le 19
• Plaisance du Touch : arrestation et assassinats le 19 et le 21 août21.
• Farges (Ain) : incendie du hameau d’Asserans ; les habitants sont brutalisés et les frères Mathieu fusillés.
Le 20
• Saint-Genis-Laval : 80 à 120 prisonniers du Fort Montluc, dont des résistants et des Juifs, sont assassinés par la Sipo-SD et la Milice française73,74,75,76.
• Saint-Astier : 21 otages sont fusillés le soir, au lieu-dit les Quatre-Routes, en représailles à des combats qui ont opposé des résistants aux allemands. 3 autres personnes sont exécutées dans les environs.
• Villaudric : assassinats et vols le 20 et 21 août21 15 civils et 4 FFI sont tués, 8 personnes sont blessées77.
• Ligueil (Indre-et-Loire) : des soldats allemands fuyant vers l’est ont pris en otage à Ligueil 3 personnes membres de la Croix Rouge : Aimé Papillault, Albert Bertrend et Jean Poulin pour protéger leur fuite. Ils ont été accrochés par le maquis au lieu-dit « la Blanchardière », en bordure d’un petit bois, sur la route de Loches. Les trois otages ont été tués. Il existe une plaque commémorative sur la place de Ligueil.
• Fort de Romainville, Les Lilas : 11 personnes, dont une femme, sont exécutés9.
Le 21
• Bron : 109 Juifs sont massacrés par les nazis.
• Comblanchien : Dans la nuit du 21 au 22 août 1944, 52 maisons sont brûlées et 8 habitants sur 530 sont tués et 9 hommes déportés.
• Bouloc: meurtres21.
• Fronton : meurtre et vols21.
• Rimont : Apres un accrochage avec des maquisards, un instituteur en vacance âgé de 28 ans et 10 habitant âgés de 44 à 78 ans, sont exécutés par des troupes allemandes et le village est détruit par incendie78,79.
Le 22
• Creney-près-Troyes : 49 détenus de la maison d’arrêt de Troyes sont exécutés par la Gestapo dont plusieurs Français de la Gestapo de Rennes80.
• Vaux et Maurens (Haute-Garonne) : meurtres et vols21.
• Charmont (Val-d’Oise) : au lieu dit La Fosse rouge, les troupes allemandes en retraite fusillent 15 otages originaires des communes d’Aincourt, d’Arthies et de Charmont.
Le 23
• Méré : 4 civils sont tués à la baïonnette par des SS revenus dans le village après sa libération par les Américains81
Le 24
• Buchères : 68 civils dont 35 femmes, 10 enfants de moins de 10 ans, des bébés de 6 à 18 mois, 5 vieillards de plus de 70 ans sont assassinés par les SS et le village est incendié par deux compagnies de la 51e brigade blindée de grenadiers SS47.
Le 25
• Maillé (Indre-et-Loire) : 124 habitants, âgés de 3 mois à 89 ans, sont massacrés, et le village est incendié (entièrement détruit, il sera reconstruit quasiment à l’identique), vraisemblablement par des hommes du Feld-Erstatz-Bataillon (bataillon de réserve) de la 17e Panzer Grenadier Division SS Götz Von Berlichingen82.
• Châtillon-sur-Indre : des maquisards et des civils sont fusillés,
• Cerizay : bombardement par une colonne allemande. 5 victimes civiles et 173 maisons incendiés.
• Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne) : 11 jeunes résistants fusillés par les Allemands dans le bois de La Hotte83. Monument des fusillés de Villeneuve-Saint-Denis, CD 21. À la veille de la Libération, des Allemands en retraite massacrent 11 jeunes Français appartenant à la résistance de Tournan, qui furent surpris et capturés à la Bretèche d’Hermières dans la maison de l’un d’entre eux, le garde des Eaux et Forêts Jambois : René Allais, Pierre Bisson, Lucien Cotel, André Dupré, Michel Haby, Roger Havard, Henri Jambois, Claude Kieffer, Roger Marty, Christian Michel et Christophe Planté./>
• Chatou (Yvelines), l’affaire des 27 martyrs84, moment tragique de la Libération qui a vu le massacre de 27 civils et résistants.
Le 26
• Civray : la Wehrmacht en retraite commet des exactions85.
Plaque à la mémoire des maquisardsfusillés le 27 août 1944 à Ligueil
Praud
Le 27
• Col du Petit-Saint-Bernard : 28 hommes des villages de la Tarentaise sont fusillés par la Wehrmacht en repli vers l’Italie.
• Ligueil (Indre-et-Loire) : 3 maquisards faits prisonniers sont fusillés par l’armée allemande et, le lendemain, un autre maquisard prisonnier, son épouse et ses 3 enfants de 11 à 15 ans sont exécutés.
• La Celle-Guenand (Indre-et-Loire) : 10 victimes = 2 maquisards tués au bourg et 8 civils tués au lieu-dit Repinçay, sur la route deSaint-Flovier, par une colonne de la Wehrmacht qui avait fait halte la veille au Grand-Pressigny (sans victime).
• Chalautre-la-Petite : Un contingent de la Wehrmacht, stationné à Chalautre-la-Petite, prend 22 habitants du village en otages, en représailles de la capture de deux des leurs par une patrouille américaine. Les otages, emmenés hors du village sur la route deSourdun, sont fusillés ; treize d’entre eux meurent.
Le 29
• Massacre de la vallée de la Saulx : 86 hommes sont tués par des Allemands de la 3e division de Panzer-Grenadiers, une unité de la Wehrmacht lors de leur passage dans les villages de Couvonges, Robert-Espagne, Beurey-sur-Saulx, Mognéville dans ledépartement de la Meuse47.
• Bengy-sur-Craon : 8 personnes sont fusillées et des fermes sont incendiées.
• Saint-Cyr : 6 civils français, Michel Dubois, Désiré Berger, Roger Moine et ses trois fils Jean, Roger et Claude, sont exécutés par des soldats allemands après qu’ils ont été réquisitionnés pour dégager des troncs d’arbres couchés sur une route. Quelques jours plus tard, plusieurs auxiliaires féminines de l’armée allemande, sont fusillées en représailles, dans le cimetière du village, par des FFIou par des parachutistes SAS français86,87.
Le 30
• Tavaux-et-Pontséricourt : 20 habitants, femmes, vieillards, enfants, sont massacrés par les SS. 86 maisons sont pillées et incendiées88,89.
Le 31
• Plomion : 14 habitants de 16 à 72 ans sont fusillés par les SS.
Septembre 1944
Le 2
• Étreux : au hameau du Gard, à la suite d’une embuscade de la Résistance, les Allemands arrêtent et fusilllent 36 hommes et brûlent de nombreuses maisons90,91,92.
Le 3
• Lorgies : 14 habitants du village sont arrêtés par les Allemands et fusillés dans le bois Fréteur93,94.
Le 8
• Autun : 27 résistants sont fusillés par les Allemands, dans les jardins d’une école de la ville, rue aux Raz.
Le 16
• Ferrières (Charente-Maritime) : les Allemands, tuent 9 civils dont le maire du village, et 15 maquisards du régiment Ricco. Ils incendient 7 maisons du hameau de Chanteloup 95 96.
Les 20 et 21
• Basse-sur-le-Rupt : 86 maquisards sont fusillés par les nazis.
Le 27
• Étobon : 39 habitants sont fusillés par les SS et 27 autres sont emmenés puis, pour 9 d’entre eux, fusillés près de Belfort, et les 18 autres, déportés.

Références[modifier]
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6. ↑ Bref historique de Courrières [archive], consulté le 1er décembre 2012.
7. ↑ Scheck, R. (2007). Une saison noire. Les massacres de tirailleurs sénégalais. Mai-juin 1940. Paris : Tallandier. pp.56-57.
8. ↑ Le massacre de Domptail [archive]
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14. ↑ Ouest-France, 11 décembre 2012
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18. ↑ Ouest France – Un hommage aux fusillés brestois du Mont-Valérien – Brest [archive] Consulté le 26 novembre 2012.
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23. ↑ a, b, c, d et e Carnets de guerre en Charente par Francis Cordet
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29. ↑ Crimes Hitlériens, Ascq, Le Vercors, Louis Jacob, collection Libération, Editions Mellottée (Paris), 1946
30. ↑ Jeudi Saint de Jean-Marie Borzeix
31. ↑ Jean René Canevet, La guerre 1939-1945 à Fouesnant, p.258-263 [archive]
32. ↑ Stèle des fusillés 1939-1945 [archive]
33. ↑ Plaque à la mémoire des 87 fusillés du 6 juin 1944, à la prison de Caen
34. ↑ Massacres nazis en Normandie: les fusillés de la prison de Caen par Jean Quellien, Jacques Vico [archive]
35. ↑ Cndp – Les Fusillés rémois du 6 juin 1944 [archive]
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37. ↑ Page du site des anciens combattants canadiens [archive]
38. ↑ Michel de la Torre : Aube, le guide complet de ses 430 communes; édition Deslogis-Lacoste, 1990.
39. ↑ Mémoire de guerre – Liste des 32 fusillés au Colombier le 8 juin 1944 [archive]
40. ↑ Actes du colloque organisé par la Fondation de la Résistance et la ville de Saint-Amand-Montrond, page 62 [archive]
41. ↑ cf., Bruno Kartheuser, Walter, SD à Tulle : la tragédie du 9 juin, t. 3,Les pendaisons de Tulle, Neundorf, Krautgarten, 2004, 560 p.
42. ↑ Mémorial du 9 juin 1944 [archive]
43. ↑ Peter Lieb, « Répression et massacres. L’occupant allemand face à la résistance française, 1943-1944 », in Gaël Eismann et Stefan Maertens (dir.), Occupation et répression militaires allemandes, 1939-1945, éd. Autrement, coll. « Mémoires/Histoire », Paris, 2006, p. 179
44. ↑ Guide des lieux de mémoire: champs de bataille, cimetières militaires par Dominique Auzias, Pascaline Ferlin, Jean-Paul Labourdette, page 165
45. ↑ cf. Jean-Jacques Fouché, Oradour, éd. Liana Levi, Paris, 2001, 288 p.(ISBN 2-86746-271-1 et 978-2867462719)
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49. ↑ Journal Sud Ouest, édition Périgueux, du 16 juin 2009
50. ↑ Page du site de Saint-Lys [archive]
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53. ↑ Le massacre du maquis de la forêt de Saint-Sauvant (Vienne) le 27 juin 1944 [archive]
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61. ↑ Rapport du sous-préfet de La Châtre, Pierre Cerclier, 5 mars 1945, Archives Nationales F41-394 ; Jean-Paul Thibaudeau et Daniel Paquet, « La barrage d’Éguzon (1941-1944), un enjeu stratégique », ASHARESD, bulletin n° 19, 2005, p. 57-88 (ISSN 0769 3885)
62. ↑ P. Lieb, op. cit.., p. 184
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73. ↑ Michel Germain, Chronique de la Haute-Savoie pendant la Deuxième Guerre mondiale tome IV, p.336-337 [archive]
74. ↑ 20 minutes – Il y a 60 ans, les martyrs de Saint-Genis [archive]
75. ↑ Internés de la prison Montluc à Lyon ; Policiers, Préfets, Agents de préfecture, Gendarmes, Douaniers, Magistrats. [archive]
76. ↑ CESEGUMO [archive]
77. ↑ Page sur « la tragédie du 20 Aout 1944 à Villaudric [archive]
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81. ↑ La Libération du canton de Montfort-l’Amaury, Le massacre des civils de Méré par les SS [archive]
82. ↑ P. Lieb, op. cit.., p. 178
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84. ↑ http://www.mairie-chatou.fr/chatou/ch060404.asp [archive]
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86. ↑ http://historien-sans-frontiere.com/?page_id=513 [archive]
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88. ↑ Tavaux 30-31 août 1944. Histoire d’une tragédie, d’Alain Nice
89. ↑ Page Internet Le village de Tavaux a reçu la Médaille de la Résistance [archive]
90. ↑ 2 septembre 1944 – Les martyrs du Gard d’Etreux, par Annick Morel, 1994, (ISBN 2-84126-087-9)
91. ↑ Description du monument d’Etreux [archive]
92. ↑ page Internet sur Le massacre du Gard d’Etreux [archive]
93. ↑ http://www.mairie-lorgies.fr/souvenir.htm [archive]
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96. ↑ http://www.plaques-commemoratives.org/plaques/poitou-charentes/plaque.2007-12-24.2436024603 [archive]


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6 mars 2013

Opération Barbarossa

Classé sous — milguerres @ 21 h 35 min

 

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Opération Barbarossa barbarossa

 

L’opération Barbarossa (en allemand, Unternehmen Barbarossa), nommée en référence à l’empereur Frédéric Barberousse, est le nom de code désignant l’invasion par le IIIe Reich de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) pendant la Seconde Guerre mondiale. Déclenchée le 22 juin 1941, un an jour pour jour après la signature de l’armistice entre la France et le IIIe Reich, elle ouvre le front de l’Est qui devient le principal théâtre d’opérations de la guerre terrestre en Europe (de 1941 à 1945, 80 % des pertes de la Wehrmacht sont subies sur le front russe) et le facteur crucial dans le succès ou la défaite du Troisième Reich nazi. Ce front va être le théâtre des plus grandes et des plus sanglantes batailles terrestres de la Seconde Guerre mondiale. Cette invasion marque aussi un tournant dans la guerre, jusqu’alors encore assez localisée et européenne. Elle va bientôt embraser le monde entier.

La Wehrmacht possède une supériorité initiale considérable en hommes (de 2 contre 1 au minimum) et en équipements. Elle est mieux organisée, bien mieux commandée et dispose, au moins jusqu’à la gigantesque bataille de Koursk de juillet 1943, d’une incontestable supériorité tactique. Elle bénéficie de l’effet de surprise. L’Armée rouge, si elle est loin d’être préparée au choc avec l’Allemagne, décapitée par les Grandes Purges, dispose cependant d’importantes réserves humaines, d’avantages matériels certains (base industrielle, armements) et d’un patriotisme russe que Staline saura opportunément réactiver après vingt ans de répression sous la férule d’un État en guerre permanente contre sa propre société. Le nazisme, qui ne laissera aux « Untermenschen » d’autre alternative que la mort ou l’esclavage, jouera également un rôle important dans le sursaut patriotique.

Comme en 1914, l’Allemagne entend agir rapidement : le plan Barbarossa fixe à quatre mois le délai nécessaire à l’anéantissement militaire de la Russie, cœur névralgique de l’Union soviétique. En pratique, l’opération Barbarossa s’étendra de juin 1941 à janvier-février 1942, l’échec allemand de la bataille de Moscou étant le dernier épisode de la première phase du conflit sur le front russe.

Les justifications de cette invasion sont historiques (l’échec du plan Schlieffen en 1914 qui a conduit au traité de Versailles, ressenti comme une humiliation par l’Allemagne de 1919), stratégiques (la conquête du Heartland russe comme levier de la domination globale du continent européen) et idéologiques (la mise en œuvre géopolitique du nazisme), l’aboutissement affiché de la politique nazie étant la conquête d’un espace vital à l’Est : le Lebensraum.

Situation politique et diplomatique

La situation au printemps 1941 semble largement en faveur de l’Axe. La France a été vaincue en quelques semaines, le corps expéditionnaire britannique a été défait. Une partie majeure de l’Europe est occupée. À l’Est, Adolf Hitler a mis en place des régimes alliés de gré ou de force : Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Slovaquie. Le seul ennemi en guerre qui lui tienne encore tête est la Grande-Bretagne et son empire, qui résistent en grande partie grâce à une volonté collective incarnée par Winston Churchill, mais elle n’a été sauvée jusqu’alors que par son insularité. Au demeurant, la Grande-Bretagne ne constitue pas, en Europe continentale, une menace militaire terrestre suffisamment significative pour inquiéter la Wehrmacht.

Hitler connaît les risques d’attaquer l’Union soviétique, mais il estime qu’il doit agir immédiatement car, en 1941, l’Armée rouge est désorganisée et profondément affaiblie par les Grandes Purges staliniennes. Encore éloignés de la guerre, les États-Unis d’Amérique penchent cependant de plus en plus du côté des Alliés. Invaincue, la Wehrmacht, fait figure de première armée du monde en 1941. La situation semble donc favorable à la conquête du « Lebensraum ». Une seule puissance continentale peut encore empêcher cette conquête : l’Union soviétique. Depuis la signature du Pacte germano-soviétique (1939), dans lequel l’URSS voit un moyen de se protéger après les accords de Munich (Allemagne-France-Grande Bretagne) de 1938, et grâce auquel l’Allemagne et l’Union soviétique se sont partagé le territoire de la Pologne, les deux pays, malgré l’opposition inconciliable des idéologies qui les dirigent, ont ostensiblement établi des relations amicales de façade et des relations commerciales qui profiteront surtout au Troisième Reich jusqu’en juin 1941.

L’invasion crée le front stratégique majeur du second conflit mondial

En déclenchant l’opération Barbarossa, le régime nazi provoque l’ouverture d’un front auquel le Reich doit désormais consacrer l’essentiel de ses moyens militaires, de ses ressources industrielles et humaines. Engagée dans une guerre totale contre l’Union soviétique, l’industrie de guerre allemande « tournera » au maximum de ses capacités et ne cessera de se développer jusqu’au début de 1945 (ses dépenses militaires passeront de 35% de son PNB en 1940 à 65% en 1944). Non seulement l’Allemagne, première puissance industrielle du continent, affecte la totalité de ses ressources économiques à sa production de guerre, mais elle exploite également systématiquement à cette fin les ressources industrielles, économiques, démographiques de l’Europe occupée.

Du déclenchement de « Barbarossa » aux dernières étapes de la guerre, en mai 1945, la Wehrmacht consacrera l’essentiel de ses ressources en hommes et en matériels au front de l’Est, sans jamais être en mesure, à partir de l’hiver 1942-1943, de prendre l’initiative, si ce n’est dans des secteurs de plus en plus étroits du front. En juillet 1943, lors de la gigantesque bataille de Koursk, à peine sept divisions et deux brigades (2,7% des forces allemandes) étaient engagées face aux Américains et aux Britanniques dans les affrontements de la guerre du désert. Le reste (91 divisions et 3 brigades) se trouvait cantonné dans les territoires de l’Europe occupée. Les Alliés prendront pied en Afrique du Nord en novembre 1942 (débarquement de 70 000 hommes à Alger et Oran et au Maroc), en Sicile en juillet 1943 (débarquement de 160 000 hommes), en Italie à Salerne (sud de Naples) en septembre 1943 et à Anzio en janvier 1944, mais les moyens engagés pèseront de peu de poids (la Wehrmacht aura 23 divisions en Italie début 1944) comparés à la démesure des effectifs et des matériels présents depuis juin 1941 sur le front russe. Durant les quatre années que dura le conflit germano-soviétique il y eut, en permanence, une moyenne de 9 millions d’hommes simultanément impliqués dans les opérations de ce front.

Le cumul des pertes militaires de l’Union soviétique et de l’Allemagne nazie, dans sa guerre d’invasion de l’Union soviétique, se monte à 80% du total de toutes les pertes militaires enregistrées sur le théâtre d’opération européen de 1940 à 1945. C’est sur le front russe que la Wehrmacht aura les reins brisés, bien avant le débarquement des Alliés en France. Après le débarquement de Normandie d’un corps expéditionnaire en juin 1944, c’est encore à l’Est que les Allemands continueront à engager et à perdre la majorité de leurs hommes. La comparaison des pertes subies par la Wehrmacht sur les deux fronts à partir de juin 1944 montre la part presque exclusive du front russe même après ce débarquement. Du 1er juillet au 31 décembre 1944, pendant cinq mois, lors de la grande offensive soviétique contre le groupe d’armées du Centre, les Allemands perdront chaque mois en moyenne 200 000 soldats et près de 4 000 Hiwis, des auxiliaires étrangers (russes) de l’armée allemande. À l’Ouest, au cours de la même période, c’est-à-dire après le débarquement allié en France, la moyenne des pertes allemandes s’élèvera à 8 000 hommes par mois soit un rapport de 1 à 25.

Les pertes en vies humaines seront colossales et sans précédent, les conditions de vie seront effroyables pour les deux camps. En 2001, les historiens russes estimaient les pertes du conflit germano-soviétique à 26,2 millions de tués (environ 16% de la population de l’Union soviétique de 1940) dont plus de 11 millions de soldats et officiers (6,8 millions de tués directs et 3,8 millions de prisonniers de guerre décédés entre les mains de la Wehrmacht), et surtout 15,6 millions de civils puisque l’importance sans précédent des pertes civiles est d’abord la conséquence d’une guerre d’anéantissement menée en Union soviétique par le Reich nazi. 34 millions de Soviétiques furent mobilisés dans les rangs de l’Armée rouge de 1941 à 1945. L’ampleur de l’engagement allemand fut gigantesque : quelques 20 millions d’Allemands portèrent, à un moment ou à un autre, l’uniforme de la Wehrmacht sur le front russe, de sorte que c’est toute la société allemande qui fut impliquée dans l’expérience de la guerre sur le front de l’Est. Celle-ci fut voulue comme une lutte à mort, exigeant un engagement sans limites, une obéissance absolue, la destruction totale de l’ennemi. À ce titre, la guerre totale déclenchée contre l’URSS constitue non seulement le sommet du régime nazi, mais aussi l’élément essentiel de son image dans la mémoire collective des Allemands après la guerre. Pour l’écrasante majorité des soldats allemands, l’expérience de la guerre fut celle du front russe.

À la fin du mois de mars 1945, la totalité des pertes de l’Ostheer (le nom de la Wehrmacht sur le front russe) s’élevait à 6 172 373 hommes (tués, mutilés, disparus), soit près du double de ses effectifs initiaux, au 22 juin 1941. Ce chiffre représente 80 % des pertes subies par la Wehrmacht sur tous les fronts depuis le déclenchement de l’invasion de juin 1941. En mai 1945, on dénombre plus de 3 millions de prisonniers allemands détenus en Union soviétique. Tous camps confondus, les tués de l’Armée rouge, hors les 3,8 millions de prisonniers de guerre soviétiques décédés après leur capture, constituent 52 % du total des pertes militaires en Europe, ceux de la Wehrmacht 28 % (moins de 2% pour l’armée des États-Unis). Les pertes militaires de l’Union soviétique représentent 85 % du total des pertes alliées en Europe (Royaume-Uni 3,7 % – France 2,9 % – États-Unis 2,6 %). Enfin, le front ouvert en juin 1944 en France aura, militairement, environ 11 mois d’existence contre 47 mois pour le front russe ouvert en juin 1941.

Préparatifs allemands

motivations et justifications idéologiques

Dans Mein Kampf, Hitler annonce sa volonté d’en finir avec le « bolchevisme », assimilé à ses yeux au judaïsme: pour cela a été créée la figure fantsmagorique du Judéo-bolchevisme, dont la figure de proue est le Juif, « nuisible » (schädling) à la Nation allemande, rendu responsable du coup de poignard dans le dos de 1918.
Réparer l’humiliation de la défaite non reconnue de la Première Guerre mondiale face à l’alliance russo-franco-britannique de 1914 est aussi une motivation importante: En effet, sur le front russe, l’Allemagne est ses alliés ont signé une paix de victoire à Brest-Litovsk en mars 1918, mais ont dû évacuer les territoires qu’ils occupaient à l’hiver 1918-1919.
En outre, aux yeux des nationaux-socialistes, l’existence même d’un pays se réclamant du marxisme, l’Union soviétique, constitue une menace sur le Troisième Reich, état libéré de la présence juive, comme l’affirme la propagande nazie.

Objectifs territoriaux nazis

Les vastes espaces de l’Union soviétiques sont destinés, dans la direction tracée autrefois par les chevaliers Teutoniques, à être le Lebensraum, l’espace vital allemand, une fois débarrassé de ses populations. Les populations urbaines doivent être exterminées par la famine, celles rurales mises en esclavage pour fournir des surplus alimentaires destinés à l’Allemagne et à la colonisation aryenne.

L’idéologue du parti nazi Alfred Rosenberg a déjà prévu le découpage du territoire à conquérir. Quatre Reichskommissariat seront créés, à savoir : l’Ostland comprenant les pays baltes et la Biélorussie, celui d’Ukraine, le Kaukasus avec la zone autour des monts du Caucase et celui de Moskau pour le reste de la Russie européenne.

Hitler et le Parti dans la phase de préparation de Barbarossa

Du fait de son caractère éminemment politique, l’opération est principalement une création d’Hitler. L’état-major de la Wehrmacht est alors réticent car il craint de devoir combattre sur deux fronts simultanément (un front terrestre contre la Russie, un front maritime et aérien contre la Grande-Bretagne). Mais le Führer, auréolé du prestige des victoires fulgurantes en Pologne et surtout en France, croit en son génie politique et militaire et refuse de leur prêter l’oreille. Opposé, lui aussi, par principe, à la division de ses forces sur deux fronts qui fut, à ses yeux, la grande erreur du Reich lors de la Première Guerre mondiale, il finit par se convaincre lui-même que le Royaume-Uni est à bout de souffle et demandera la paix une fois l’Union soviétique vaincue et démantelée car il ne veut pas différer plus longtemps sa grande conquête à l’Est. Il surestime ses forces, prenant en compte ses victoires éclairs contre la Pologne puis la France, et sous-estime celles de la Russie soviétique, du fait des faibles performances de l’Armée rouge au cours de la guerre d’Hiver contre la Finlande (125 000 soldats soviétiques y périrent contre 48 000 hommes pour l’armée finlandaise). La préparation de l’armée allemande souffrira donc de plusieurs carences qui se révèleront fatales pour la réalisation des objectifs de l’opération Barbarossa quand il deviendra évident que la Blitzkrieg est inopérante en Russie.

La préparation: plans élaborés dès 1940

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Plan d’origine des Allemands.

La première mention d’une invasion de la Russie soviétique apparaît dans la directive n°21 du Führer, mise en circulation restreinte fin 1940. »Les armées allemandes, précisait la directive, doivent être prêtes, avant même la conclusion de la guerre contre l’Angleterre, à écraser la Russie soviétique à la faveur d’une rapide campagne ». À l’époque, la Luftwaffe n’a pas encore été mise en échec au-dessus de l’Angleterre. La directive indique déjà la date de l’invasion: le 15 mai 1941. Dès ce document, le plan de conquête et les objectifs à atteindre sont tracés, avec la séparation en deux du champ de bataille : le nord et le sud des marais du Pripet. Les deux groupes d’armées au nord doivent dans un premier temps détruire le maximum de forces soviétiques en appliquant les tactiques de la Blitzkrieg, puis prendre d’abord Léningrad et son port de guerre de Kronstadt, et seulement ensuite la capitale Moscou. Le groupe sud, lui, doit progresser vers Kiev, son flanc droit étant couvert par l’armée roumaine et quelques divisions allemandes. Par la suite, les opérations au sud ont pour objectif l’occupation du bassin du Donets (et au-delà le pétrole du Caucase). Le plan préparé par Hitler est axé sur la destruction des forces soviétiques sur la frontière grâce à des encerclements réalisés à toute vitesse par des unités blindées et à la capture des grands centres économiques. Il rencontre une certaine défiance de la part d’une partie de l’état-major de la Wehrmacht, davantage attaché à des stratégies plus conventionnelles, où la capture de la capitale politique, objectif symbolique, est prédominante. Même si Hitler considère ces préoccupations d’un autre temps, il concèdera la poursuite simultanée des objectifs que sont Moscou et Léningrad. Lors de la mise en œuvre de ce plan, le groupe Nord sera incapable de prendre Léningrad seul, malgré sa supériorité en effectifs et en artillerie sur la faible garnison qui protège la ville de Pierre le Grand et décidera de l’affamer.

Hitler décide que le premier but à atteindre est l’anéantissement de l’Armée rouge le plus tôt possible, pour l’empêcher de se replier et d’appliquer la politique russe traditionnelle de défense devant toute invasion majeure : la terre brûlée. Pour ce faire, la Wehrmacht doit encercler, chaque fois qu’il sera possible, des portions importantes des forces soviétiques pour les anéantir.

Le plan adopté est une sorte de mélange des deux stratégies. Il prévoit une attaque sur trois axes, avec du nord au sud :

* Une poussée vers Léningrad, à travers les pays baltes, menée par les 16e et 18 e armées, ainsi que le 4e groupe blindé, regroupé dans le groupe d’armée nord commandé par le maréchal Wilhelm Ritter von Leeb et appuyé par la 1re flotte aérienne du général Alfred Keller.
* L’attaque principale menée par le groupe d’armées Centre, commandé par le maréchal Fedor von Bock, et comprenant les 2e et 4e armées,ainsi que les 2e et 3e groupes blindés, le tout étant soutenu par la 2e flotte aérienne du général Albert Kesselring. L’objectif de ce groupe est Moscou, mais grâce à sa position centrale, il doit appuyer les deux autres mouvements et s’attacher à anéantir le maximum d’unités soviétiques.
* Le groupe d’armées Sud, commandé par le maréchal Gerd von Rundstedt et comprenant les 6e, 11e et 17e armées ainsi que le 1er groupe blindé, appuyé par la 4e flotte aérienne du général Alexander Löhr. Il doit bénéficier de plus, dès leur entrée en guerre, de l’appui non négligeable des 3e et 4e armées roumaines. Il a pour objectifs premiers la ville de Kiev, le port d’Odessa, puis les grandes villes industrielles de Kharkov, Dniepropetrovsk et Donetsk. Ses objectifs finaux étant les ports de Sebastopol en Crimée, Rostov-sur-le-Don et la grande ville de Stalingrad, clé du contrôle de la Volga.

La campagne doit au final établir, avant l’hiver, un front qui partant de Léningrad suivrait le cours de la Volga, jusqu’à son embouchure. D’ici là, l’Allemagne compte sur une destruction complète de l’Armée rouge, car les effectifs engagés seront incapables de mener les tâches d’occupation du pays conquis et la tenue de ce gigantesque front, long de plusieurs milliers de kilomètres. Le 12 août 1941, le maréchal Wilhelm Keitel, chef de l’Oberkommando de la Wehrmacht, indique dans sa directive 34a le principal objectif opérationnel de l’offensive: L’objet des opérations doit être de priver l’ennemi, avant la venue de l’hiver, de son gouvernement, de son armement et de son centre de communication dans la région de Moscou, et de l’empêcher ainsi de reconstituer ses forces et de faire fonctionner de façon ordonnée ses organes de gouvernement.

Initialement fixée au 15 mai 1941, l’invasion est finalement reportée au 22 juin afin de terminer les opérations de conquête de la Grèce et de la Yougoslavie, rendues nécessaires, dans l’esprit de Hitler, par le putsch de Belgrade de mars 1941 (suite aux déboires de Mussolini en Grèce).

Le manque de préparation soviétique

L’inéluctabilité d’une guerre avec une Allemagne nazie qui considère l’URSS comme son « espace vital » (en allemand Lebensraum) ne fait guère de doutes en URSS. Des efforts colossaux sont faits pour essayer de rattraper le retard industriel et militaire sur l’Allemagne (on peut ranger au titre de ces « efforts » les purges au sein de l’Armée rouge, qui l’ont pourtant, au moins à court terme, fortement affaiblie). Staline, conscient de l’infériorité militaire de l’Union soviétique, espère parvenir à combler ce retard pendant le répit accordé par le pacte germano-soviétique. En particulier, il veille à ne céder à aucune provocation allemande, comme les violations de l’espace aérien soviétique par des avions de reconnaissance allemands, ainsi qu’à ne pas provoquer lui-même l’Allemagne en engageant des préparatifs de combats. En juin 1941, malgré les risques croissants d’une attaque allemande, il refuse les mesures les plus élémentaires de préparation au combat, comme la création de fortifications de campagne, la dispersion des matériels et la mise en alerte de l’Armée rouge. C’est donc dans un relatif état d’impréparation que l’attaque allemande du 22 juin surprend l’URSS.

Vassili Grossman, témoin direct du front, raconte dans ses « Carnets de guerre » : « Au moment où la guerre a commencé, beaucoup de commandants en chef et de généraux étaient en villégiature à Sotchi. Beaucoup d’unités blindées étaient occupées à changer les moteurs, beaucoup d’unités d’artillerie n’avaient pas de munitions, pas plus que, dans l’aviation, on n’avait de carburant pour les avions…. Lorsque, depuis la frontière, on commença à avertir par téléphone les états-majors supérieurs que la guerre avait commencé, certains s’entendirent répondre : « Ne cédez pas à la provocation ». Ce fut une surprise, au sens le plus strict, le plus terrible du terme ».

La surprise ne fut pas totale pour le pouvoir soviétique puisqu’il a été établi que l’espion Richard Sorge et les analystes suédois menés par Arne Beurling avertirent Staline de la date exacte de l’invasion allemande. Plus de 80 avertissements furent transmis, d’une manière ou d’une autre, à Staline, qui préférait croire que l’Allemagne n’attaquerait que plus tard. Il semble que Staline se soit entêté dans l’idée qu’Hitler n’ouvrirait pas un second front sans en avoir fini avec l’Angleterre. Il refusa catégoriquement toute mesure risquant d’être perçue comme une provocation par le régime de Berlin.

Les unités sont cruellement handicapées par le manque d’officiers correctement formés. L’armée a perdu la plupart de ses représentants les plus compétents. Après la « Grande Terreur » communiste de 1936-1938 (près de 750 000 Russes fusillés, et sans doute 200 000 morts dans les camps du Goulag) une grande partie de l’encadrement de l’Armée rouge a disparu. Ont été fusillés : 11 000 officiers sur 70 000 (et plus de 20 000 sont internés dans les camps), 154 généraux de division sur 186 (82%), 50 généraux de corps d’armées sur 57 (88%), 13 commandants d’armées sur 15 (87%), la quasi-totalité des maréchaux (90%) et des amiraux (89%). Khroutchev devait souligner que cette épuration massive des cadres de l’armée avait été l’une des causes principales de l’état d’impréparation des forces soviétiques en juin 1941: « Tant d’hommes avaient été exécutés que le haut commandement avait été dévasté, ainsi que tous les échelons du corps des officiers ». À noter que cette épuration continuait alors même que l’invasion allemande se développait, ce qui faisait dire à Stepan Anastasovich Mikoyan: « Une grande guerre s’était engagée, notre armée souffrait de lourdes pertes et essuyait des défaites, et, dans le même temps, des chefs militaires expérimentés, au lieu d’être appelés à sauver la situation, étaient mis à mort en toute hâte… ».

Les conséquences sur la qualité du corps des officiers sont tragiques. Au moment où l’armée française s’effondre sous les coups de l’armée allemande, à peine 7,1% des officiers soviétiques possèdent une formation militaire développée ; près de 25% sont dans des cours de formation accélérée et 12% n’ont aucune formation militaire. Plus d’un tiers des officiers soviétiques est donc incapable de remplir un commandement à la veille de l’attaque allemande. Le commandement est tétanisé. En outre, beaucoup des officiers en place en 1941 ont d’abord été choisis pour leur fidélité au régime et non pour leur compétence. S’ajoutant aux consignes de modération données à l’égard des préparatifs allemands, leur incompétence favorisa la désorganisation et le déploiement hasardeux des unités chargées de la défense de la frontière. Les troupes étaient, en effet, pour la plupart placées trop près de la frontière et s’appuyaient sur une ligne de fortification encore en cours de réalisation, la Ligne Molotov. Enfin, les officiers soviétiques de 1941 sont placés sous l’autorité des commissaires politiques de l’Armée rouge. Le contrôle de ces derniers sur les ordres d’opérations ne sera levé qu’à la mi-1943 (et après Stalingrad, l’Armée rouge remet en vigueur les grades et les épaulettes de l’Armée Impériale de la monarchie).

En outre, le jour de l’invasion, beaucoup d’unités sont paralysées par des carences en matériels de guerre. Les armes individuelles ont été distribuées en quantités insuffisantes. Déjà, en mars 1941, 30% seulement des unités blindées disposaient des pièces de rechange nécessaires à leur fonctionnement. Un mois avant l’attaque allemande, les généraux signalaient que « l’exécution du plan pour la fourniture des équipements militaires dont l’Armée rouge a un besoin si aigu est extrêmement peu satisfaisante ».

Pourtant, l’Union soviétique de 1941 est loin d’être un pays faible : l’industrialisation forcée des années 1930 lui permet de n’être dépassée que par les États-Unis en termes de production industrielle (industrie lourde principalement). Ses matériels militaires sont souvent à la pointe de l’industrie mondiale, comme par exemple les chasseurs I-16 ou le char T-26. Cependant, depuis 1939, l’industrie d’armement du pays traverse une crise de transition, les nouveaux matériels ont beaucoup de mal à entrer en production de masse. Les décisions politiques ne sont généralement pas étrangères à ces difficultés. Le déclenchement de la guerre contraindra le système soviétique à davantage d’efficacité, comme le montre la rapide montée en puissance de nouveaux matériels de guerre performants. Considéré comme le meilleur char « tout emploi » de la Seconde Guerre Mondiale, le T-34 sera le tank le plus important des forces alliées. Il influencera nettement tous les chars conçus ultérieurement. Il sera le premier char capable de rivaliser et de surpasser ses adversaires tant par sa puissance de feu que par ses performances. Quand les premiers exemplaires de série sortirent en juin 1940, il n’avait pas d’équivalent. Produit en grand nombre dans différentes usines en fonction de l’avancée de la Wehrmacht en territoire soviétique (usines de Stalingrad, de Kharkov, de Nizhnij Tagil, d’Omsk, etc.), il pesait 32 tonnes et emportait un équipage de 4 hommes. Il existait à peine plus de 1 000 T-34 lorsque les Allemands attaquèrent la Russie. Seuls 10 % des chars soviétiques étaient alors des T-34, mais à la mi-1943 ce taux montait à 60 % avant que le T-34 n’ait totalement remplacé en 1944 les modèles les plus anciens. De 1941 à 1945, dans ses différentes versions, l’industrie russe en produisit près de 52 000 exemplaires.

L’ampleur des épreuves qu’ont subi les Russes depuis la chute du tsarisme (guerre civile, suppression de la plupart des libertés politiques et économiques, collectivisation forcée, périodes de terreur, exécutions massives, déportations) ont fini par forger un peuple dur à la souffrance et ayant, malgré tout, appris à survivre dans les conditions les plus difficiles. Enfin, l’économie soviétique vit sous un régime permanent d’économie de guerre depuis l’avènement du bolchévisme, ce qui facilitera, à partir de 1942, la mobilisation totale des ressources économiques pour faire la guerre au Troisième Reich.

Les forces en présence

Forces de l’axe

Le dispositif d’invasion de l’Axe est sans équivalent dans l’histoire militaire (excepté l’immense offensive soviétique de conquête de l’Allemagne lancée le 12 janvier 1945 avec 6,7 millions de combattants). Hitler a mobilisé 3 millions de soldats du Reich qui commencent à se déployer en février, en Prusse-Orientale, en Pologne, en Slovaquie et en Moldavie.
L’Ostheer inclut également des divisions hongroises, roumaines et finlandaises (500.000 hommes pour ces trois nationalités) et, par la suite, italiennes (l’Italie aura jusqu’à 200 000 hommes sur le front) : soit 201 divisions dont 42 de pays satellites, 3 650 chars d’assaut (85 % des disponibilités en blindés du Reich), 2 770 avions, plus de 47 000 canons et mortiers de campagne.

L’Allemagne engage 159 divisions sur les 220 dont elle dispose alors (73 % des effectifs totaux de la Wehrmacht). Ce sont pour la plupart des troupes aguerries par les campagnes précédentes, bien équipées et bien motorisées (600 000 véhicules) grâce en particulier aux prises de guerre de la bataille de France. On note cependant l’utilisation en juin 1941 de 600 000 chevaux par les équipages du train.

Si ces effectifs sont sans précédent dans une guerre de conquête, ils semblent insuffisants au regard du potentiel de l’Union soviétique et des immensités russes. L’armée d’invasion compte seulement 800 chars de plus qu’au déclenchement du Fall Weiss contre la France. Il reste que, sur les axes de pénétration et les points de percée, la supériorité de la Wehrmacht en matériels et en effectifs est écrasante, dans un rapport de 4/5 contre 1 et que l’armée allemande est remarquablement rompue au combat tactique, capacité qui fera cruellement défaut aux troupes soviétiques au moins jusqu’à la bataille de Koursk. La Blitzkrieg est donc la carte maîtresse qui décidera de l’issue du front que le Reich nazi décide d’ouvrir contre la Russie.

Forces soviétiques

L’Armée rouge dispose au total, en juin 1941, de 209 divisions d’infanterie dont 160 sont stationnées en Russie occidentale, soit en principe 2,3 millions de soldats à effectifs pleins (en 1941 la division d’infanterie allemande compte à effectif au complet 16 500 hommes contre 14 474 pour la soviétique). En réalité, 144 divisions comptent seulement la moitié de leurs effectifs et 65 un tiers. C’est donc à peine un peu plus d’un million de soldats, pris au dépourvu, qui vont devoir s’opposer à la déferlante allemande sur un front de plusieurs milliers de kilomètres. Les Soviétiques peuvent mettre en ligne 37 500 canons, 1 540 chasseurs de dernière génération, mais un nombre considérable de vieux avions (7 500) et de tanks sont déclassés. L’Armée rouge n’a plus, depuis leur dissolution par le pouvoir soviétique en 1939, de corps mécanisés à opposer à la Wehrmacht, corps blindés qui sont en grande partie une création du maréchal Mikhaïl Toukhatchevski (fusillé en juin 1937 – sa femme, sa mère et son fils, élève-officier, sont exécutés également en 1937). Enfin, l’Union soviétique doit se garder sur deux fronts : une quarantaine de divisions devront rester stationnées jusqu’en août 1945 en Extrême-Orient russe face aux armées japonaises qui occupent la Mandchourie.

L’état-major allemand entend profiter à plein de la faiblesse militaire de la Russie soviétique. Hitler devait ainsi déclarer au général Jodl :  » Nous n’avons qu’à donner un coup de pied dans la porte et toute cette structure pourrie s’effondrera ». Pourtant, d’après le rapport entre les effectifs humains engagés et le nombre d’engins de guerre, la Wehrmacht sur le front russe (l’Ostheer) était moins moderne que son adversaire direct, l’Armée rouge, même si, comme leurs alliés occidentaux, les Soviétiques et ce, malgré les enseignements de Toukhatchevski, n’avaient pas encore appris à tirer le maximum de leur puissance matérielle. En juin 1941, sur les 3 648 chars qui se ruent sur la Russie soviétique seuls 444 appartiennent à un modèle relativement récent (Panzer IV). Face à eux, se trouvent un million d’hommes, soutenus par 15 000 chars sur un stock total de 24 000, soit plus que tous les chars du reste du monde réunis. Si la grande majorité de ces engins étaient des modèles périmés, 1 861 d’entre eux étaient des chars T-34 et des chars lourds KV, supérieurs aux meilleurs engins produits à l’époque en Allemagne, mais handicapés par l’absence de radios en nombre suffisant.

L’invasion

L’attaque initiale

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Déroulement de l’opération

Les conditions sont donc très favorables pour l’Allemagne nazie. Le dimanche 22 juin 1941, le rouleau compresseur allemand s’ébranle . Les unités d’assaut franchissent la frontière et attaquent les premières lignes soviétiques. L’attaque terrestre est précédée par la plus gigantesque attaque aérienne de tous les temps, menée par la majorité des 2 770 avions engagés en appui de ce front. Cette attaque commence à 3 h 40 et vise 66 aérodromes soviétiques. Elle a des résultats désastreux pour l’Armée rouge, puisqu’elle donne à la Luftwaffe la maîtrise absolue du ciel soviétique pendant plusieurs semaines. Les bombardiers allemands trouvent les avions soviétiques alignés ailes contre ailes à leur base, généralement sans camouflage ni protection. La plupart du temps, l’alerte n’a même pas été donnée et peu d’avions de chasse peuvent décoller. Les pertes des VVS sont terribles : le soir, 1 489 appareils ont été détruits au sol et 389 autres abattus en vol. La Luftwaffe ne perd que 63 avions le 22 et 150 les deux premiers jours de l’offensive.

À 4 h 15, l’artillerie allemande se met à pilonner les positions avancées de la défense soviétique sur la frontière et, à 4 h 45, les premières unités terrestres franchissent celle-ci. La surprise chez les Soviétiques est totale, la Stavka avait bien émis un ordre qui avertit les unités frontalières de l’imminence de la guerre, mais la plupart des unités ne l’avaient pas reçu. La première opération est menée sur le front central, par un coup de main d’un corps franc de la 3e Panzerdivision, qui s’empare du pont de Koden, sur le Bug. Dans la matinée, un pont de bateaux est lancé à Drohizyn, 80 km plus au nord. La tête de pont ainsi créée fut appuyée par l’emploi de 80 chars Pz-III submersibles.

La résistance des Soviétiques est assez décousue sur la plus grande partie du front. Elle est acharnée sur quelques points, comme la citadelle de Brest-Litovsk défendue par les 6e et 42e divisions de tirailleurs, qui résistent, pratiquement sans eau, jusqu’à la fin juillet, bien qu’ayant été attaquée dès le matin du 22 juin. Sans appui d’aucune sorte, les soldats soviétiques de la citadelle sont totalement encerclés et sans espoir de secours puisque la nouvelle ligne de front est à 400 kilomètres plus à l’est. Ils continuent à se battre en dépit de la disproportion des forces et de l’emploi d’artillerie de siège lourde par les Allemands comme les mortiers de 620 mm. La seule 45e division d’infanterie affectée à la prise de la forteresse déplorera 482 tués (dont 80 officiers) et plus de 1 000 blessés. Les Russes perdront environ 2 000 à 2 500 tués et autant de prisonniers. Mais par son action, cette résistance ralentit considérablement le mouvement des unités d’infanterie qui doivent empêcher les troupes soviétiques de s’échapper de la poche de Bialystok-Minsk.

Pendant ce temps, malgré quelques contre-attaques soviétiques, les unités mécanisées du groupe d’armée centre franchissent Bug, et s’enfoncent dans les arrières des unités de l’Armée rouge. Les deux groupes blindés du centre mènent alors, à partir du 26 juin, deux percées parallèles, pour finalement converger sur Minsk, le 9 juillet, créant la poche connue sous le nom de Bialystok-Minsk, où plus de 400 000 soldats soviétiques et d’énormes quantités de blindés et de matériels sont pris au piège. Relevés par l’infanterie des 2e, 4e et 9e armées, les blindés allemands continuent leur progression en direction de Smolensk. Ils franchissent la Bérézina le 28 juin, ayant parcouru 600 kilomètres depuis la frontière.

Au Nord, le groupe d’armée de Leeb progresse très rapidement grâce à l’attaque très en profondeur du 56e corps d’armée motorisé du général Erich von Manstein, qui s’empare du pont d’Ariogala situé à 80 km dans la profondeur du dispositif soviétique, dès 19 h 00, le 22 juin et renouvela l’exploit le 26, avec celui de Dunaburg, lui à 350 kilomètres de la frontière, malgré une contre-attaque des chars du 3e corps mécanisé soviétique contre la 6e Panzerdivision au village de Rossiény. La bataille de chars qui résulte de la rencontre des forces blindées, fait rage pendant deux jours, l’Armée rouge y engage une centaine de chars de type KV-1 et KV-2, ce qui provoque une crise dans l’armée allemande, car ce char lourd est alors invulnérable aux canons des chars et aux armes antichar allemands, l’usage de pièces d’artillerie de 88 et 105 mm employées en tir direct permet néanmoins aux Allemands d’endiguer la résistance soviétique. L’offensive marque un temps d’arrêt, car Hitler et son état-major préférent que les blindés attendent l’infanterie avant de poursuivre leur progression vers Léningrad.

Le groupe d’armée sud connaît pour sa part une progression bien plus difficile. Dans ce secteur sont massés le plus gros des chars de l’Armée rouge, dont de nombreux KV-1 et T-34. Bien que manquant complètement de coordinations, les contre-attaques blindées coûtent cher aux Allemands. De plus, la Roumanie n’intervient qu’à partir du mois de juillet. Le 28 juillet, la situation empire brusquement pour les Soviétiques quand le 1er groupe blindé et la 17e armée font leur jonction, à l’est d’Uman enfermant dans une poche, la majeure partie des 6e et 12e armées soviétiques. Les troupes encerclées résistent jusqu’au 8 août, mais elles sont contraintes à la reddition. Les pertes sont terribles pour l’Armée rouge, avec environ 200 000 tués et 100 000 prisonniers.

La bataille de Smolensk

Le 10 juillet, le groupe d’armées centre a commencé une opération d’encerclement contre les troupes défendant Smolensk, jalon important sur la route de Moscou; le Dniepr est atteint et franchi le 11 juillet ; Smolensk tombe le 16, les troupes soviétiques étant coupées de leurs arrières. Mais cette fois, la réduction de la poche formée (323 000 soldats soviétiques) va se révéler problématique: les troupes russes continuent à résister malgré leur isolement. Suite à une forte contre-attaque, l’encerclement est même rompu temporairement. Les combats vont durer jusqu’au 10 septembre, l’Armée rouge ramenant constamment de nouvelles troupes fraîches. Certes, ses pertes sont là aussi très importantes, mais la progression des Allemands est enrayée, et obligée de lutter pied à pied contre des troupes déterminées, l’armée allemande subit elle aussi une véritable hécatombe avec la perte de près de 250 000 hommes (tués et blessés). 310 000 soldats et officiers soviétiques sont faits prisonniers, beaucoup seront sommairement exécutés. La bataille du chaudron de Smolensk porte à la Wehrmacht un coup dur dans sa progression vers l’est. Le général Blumentritt relève que « le comportement des troupes russes dans la défaite contrastait terriblement avec celui des Polonais ou des Occidentaux. Mêmes encerclés, les Russes s’accrochaient et combattaient ».

La bataille de Kiev

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L’encerclement de Kiev et l’opération Typhon

À la mi-septembre, l’Armée rouge, suite aux terribles pertes qu’elle a subies, a été contrainte de se replier sur une ligne de défense derrière la Divna et le Dniepr. Les armées allemandes ont regagné leur liberté de mouvement avec la fin de la liquidation de la poche de Smolensk. Les généraux réclament une attaque en direction de Moscou, désormais à 400 km du front. Il semble certain aux généraux allemands que, compte tenu de l’ampleur énorme de ses pertes, l’Armée rouge sera incapable de résister à une poussée dans cette direction. Hitler n’est pas de leur avis, il veut s’emparer de la région industrielle du Donbass. Il voit également la possibilité d’en finir avec les forces armées soviétiques qui ont mission de défendre l’Ukraine. Les arguments avancés par Hitler pour soutenir une avancée blindée vers le Sud sont que les lignes d’approvisionnement de l’armée centre seraient exposées sur un flanc de plus de 800 km si l’offensive continuait vers Moscou. En conséquence, il ordonne au 2e groupe blindé de Guderian de se porter vers le sud pour rejoindre le 1er groupe blindé du feld-maréchal von Kleist qui remonte du sud après avoir traversé le Dniepr. Le 25 août, la 3e division blindée s’empare du point stratégique qu’est le pont sur la Desna, près de Novgorod-Severski. Lorsque les officiers d’état-major soviétiques prennent conscience du danger mortel qui se rue sur les armées du Sud, il est trop tard. Les deux pointes blindées allemandes se rejoignent à Lokhvitsa. Un gigantesque encerclement est réalisé autour de la région de Kiev et des marais du Pripet dans lequel plus de 500 000 soldats soviétiques sont pris au piège. Kiev, « la mère des villes russes » dans la culture slave, tombe le 19 septembre et le reste de la poche suit dans le mois. Seuls 15 000 soldats et officiers parviennent à franchir le cordon allemand dont Nikita Khrouchtchev, le général Semyon Timochenko et le maréchal Boudienny. C’est le plus vaste encerclement militaire de l’Histoire. C’est aussi la plus grande défaite militaire ponctuelle de l’histoire soviétique. Au terme de la bataille de Kiev, l’armée allemande a encore 200 000 tués, blessés et disparus mais les Soviétiques perdent près d’un million d’hommes (400 000 tués, 500 000 prisonniers exécutés sur place ou que les Allemands laisseront mourir de faim avant de déporter les survivants dans les camps d’Europe centrale).

Partout, les unités de l’Armée rouge battent en retraite, dépassées par la rapidité de l’invasion. La plupart des habitants des zones envahies sont effondrés. « La population. Ils pleurent. Qu’ils soient en route, qu’ils soient assis, qu’ils soient debout près des palissades, à peine commencent-ils à parler qu’ils pleurent, et on a soi-même envie de pleurer malgré soi. Quel malheur! ». Vassili Grossman. Pourtant, on commence à voir, çà et là, des habitants réserver un accueil prévenant aux troupes allemandes.

La route du Donbass est ouverte pour le groupe d’armées sud, qui atteindra Rostov-sur-le-Don le 21 septembre, mais les divisions blindées et motorisées de la Wehrmacht sont très éprouvées par les deux féroces batailles de la fin de l’été, et ce n’est que le 30 septembre que la progression peut reprendre en direction de Moscou. La saison des boues, la rapoutitsa, rend les routes impraticables, et provoque alors un arrêt des opérations mobiles pendant près de quinze jours, obligeant à patienter jusqu’aux premières gelées pour reprendre le mouvement.

Au Nord, les troupes allemandes, arrivent devant les premières lignes de défense de Léningrad, au début du mois de septembre. La prise de la ville, dont la défense est organisée par Joukov, s’avère vite impossible malgré les faibles moyens de défense de l’Armée rouge. Les Allemands s’abstenant d’un assaut direct, décident de l’investir progressivement pour l’affamer, avec l’aide des Finlandais, mais la ville, malgré des pertes humaines colossales (700 000 civils périrent de faim et des bombardements), résistera en fait jusqu’à son dégagement en 1944, au cours du siège le plus long et le plus impitoyable de l’histoire moderne.

En quelques semaines à peine, les divisions allemandes ont progressé de 500 km vers le Nord, de 650 km vers l’Est, de 350 km vers le Sud-Est. De juin à octobre 1941, l’Ostheer (la Wehrmacht sur le front russe) a fait au total plus de 3 millions de prisonniers. Les premiers massacres en masse de Juifs, Russes et Tsiganes débutent quelques semaines seulement après le début de l’invasion.

L’échec de la bataille de Moscou

Les Allemands trouvent un pays las du soviétisme, mais les Einsatzgruppen massacrent systématiquement les Juifs (plus de 1 500 000 personnes, essentiellement des femmes et des enfants, seront assassinées de 1941 à 1944) et multiplient les atrocités dans le cadre de ce qui ressemble à une guerre d’anéantissement.

La population devient de plus en plus hostile à un envahisseur qui apparaît comme un ennemi venu pour anéantir et non pour libérer. Si les premières villes capturées avaient semblé accueillir favorablement l’envahisseur (en Ukraine en particulier), du fait de la lassitude face à la férocité du régime stalinien et aux problèmes des nationalités, les très nombreux massacres de civils transforment rapidement cet a priori favorable. Les massacres de civils désarmés et l’intention déclarée de réduire les Slaves en esclavage retournent vite les populations. Le traitement inhumain réservé aux prisonniers de guerre a fini par filtrer. Les Allemands éprouvent des difficultés croissantes à capturer des prisonniers, les soldats russes préférant lutter jusqu’à la mort plutôt que de mourir sommairement exécutés. Les opposants au régime se persuadent qu’il s’agit d’une lutte à mort où ils n’ont guère le choix du camp.

Les troupes allemandes traversent des régions affreusement pauvres et désertes, et l’étendue des espaces russes fait perdre tout son sens à la Blitzkrieg. Les lignes de communications de la Wehrmacht s’allongent démesurément. Assez rapidement, des groupes de partisans se forment sur les arrières de la Wehrmacht, obligeant celle-ci à consacrer un partie importante de ses forces au maintien de ses routes de ravitaillement. Ce dernier rencontre de nombreux problèmes, comme la différence d’écartement des voies de chemin de fer russes avec celles d’Europe occidentale. Après des centaines de kilomètres parcourus dans les plaines russes, le matériel est usé et en mauvais état (surtout pendant la Raspoutitsa : la période des mauvaises routes (à cause des intempéries)). Surtout, le manque d’hommes disponibles, compte tenu de ses pertes, commence à poser un problème à la Wehrmacht. Après plus d’un mois de combats, elle a déjà perdu plus d’hommes qu’au cours de toutes ses campagnes à l’Ouest, tout en étant très loin d’avoir atteint ses objectifs opérationnels. En septembre 1941, les divisions combattantes, alors au nombre de 142, déclarent avoir perdu près de 50 % de leurs forces initiales en hommes et en matériel et, en novembre, la plupart des formations d’infanterie ont perdu la moitié de leurs effectifs.

Début septembre, les Allemands, bloqués par les boues, tiennent plusieurs conseils de guerre pour prévoir la suite des opérations, dont la conférence d’Orcha, à laquelle participe Hitler. Il est désormais clair que malgré les pertes colossales infligées à l’Armée rouge, celle-ci n’a pas été détruite. Sa combativité, loin de s’écrouler, semble même s’accroître. Il apparaît que seul le groupe d’armées centre sera capable de reprendre la progression quand les routes seront de nouveau praticables. Malgré l’aide des Finlandais, le groupe nord est incapable de mener un action de vive force contre Léningrad, il arrive tout juste à maintenir un encerclement partiel et précaire, qui laisse passer le ravitaillement pour la ville par le lac Ladoga. Le groupe d’armées sud est soumis à une forte pression russe et le corps blindé de von Kleist a été contraint de passer à la défensive, voire de céder du terrain comme à Rostov-sur-le-Don, aux portes du Caucase, face aux contre-attaques de Semyon Timochenko: c’est le premier recul allemand depuis le déclenchement de l’invasion.

Devant l’échec inéluctable de Barbarossa, on prépare une opération de rechange pour essayer d’en finir avant l’hiver, l’opération Taïfun (typhon). Hitler adopte, malgré ses idées précédentes, l’idée qui veut que la prise de la capitale de l’adversaire doit briser sa volonté de résistance. Les objectifs initiaux de Barbarossa (la ligne Arkhangelsk-Kouïbychev) sont abandonnés, ce qui rend désormais impossible la destruction de l’industrie de guerre soviétique mise à l’abri derrière l’Oural. De plus, Staline a acquis la certitude, par les renseignements fournis par le réseau Orchestre rouge et Richard Sorge, mais surtout par des communications qui ont été interceptées, que la politique d’expansion japonaise n’a plus que des visées vers le Sud-Est asiatique et que le Japon s’apprête à attaquer la flotte des États-Unis à Pearl Harbor. Les troupes fraîches et expérimentées (commandée par Joukov) qui gardent la frontière extrême-orientale en Sibérie vont pouvoir être rapatriées en Russie occidentale. De fin 1941 au début de 1942, près de 400 000 « Sibériens » sont ainsi transférés vers l’ouest à bord de trains spéciaux mettant de une à deux semaines pour arriver à destination (sur ce total 250.000 soldats furent assignés à la défense de Moscou).

Fin octobre 1941, Adolf Hitler décide la bataille de Moscou, déclarant à ses généraux son intention de raser la ville jusqu’à ses fondations et d’en faire un immense lac artificiel. Il donne l’ordre le 14 octobre 1941 d’un double enveloppement de Moscou, avec pour objectif la jonction à Noginsk. Le Reich regroupe tous ses moyens disponibles en vue de l’assaut. Moscou renforce ses défenses : un demi-million d’hommes et de femmes creusent 8 000 km de tranchées, 100 km de fossés antichars.

De novembre à décembre, la Wehrmacht engage 1,8 million d’hommes dans cette bataille (80 divisions mais à effectifs incomplets), soit plus de 50 % de toutes ses divisions, 30 % de son artillerie, sur un front de 600 km de large et de 250 km de profondeur. En deux semaines de combats, l’Armée rouge perd 700 000 combattants faits prisonniers (poches de Viazma, d’Orel, de Briansk…), 1 200 chars et 5 000 canons. Le 7 novembre 1941, dans un discours resté célèbre, prononcé sur la place rouge devant les troupes qui partent au front, Staline délaisse l’idéologie et en appelle aux valeurs et aux grandes figures historiques de la nation russe. Le front (« front » ou groupe d’armées dans la terminologie soviétique) de Kalinine, au nord de Moscou, lance sa contre-attaque le 5 décembre dans une neige de plus d’un mètre d’épaisseur et par des froids de –20 °C à – 30 °C. L’offensive hitlérienne est stoppée à 30 kilomètres de Moscou (non loin du faubourg de Khimki, à proximité de l’actuel Aéroport international Cheremetievo), grâce également à un terrible hiver pour lequel elle n’est pas équipée. Une contre-offensive menée fin décembre par des bataillons sibériens casse enfin le front allemand et rejette de 100 à 200 km en arrière le groupe d’armées centre. Le 22 janvier, la bataille de Moscou est gagnée par Joukov. Guderian est contraint à une retraite précipitée, abandonnant une grande partie de son matériel. L’armée allemande perd encore 615 000 hommes. C’est le retour de balancier. Jusqu’en janvier 1942, la Wehrmacht recule partout.

Une étude récente réevalue la bataille de Moscou et fait de celle-ci « la bataille la plus importante de la Deuxième Guerre mondiale et, de façon indiscutable, le plus vaste engagement militaire de tous les temps. En additionnant les effectifs des deux camps, environ 7 millions d’hommes furent engagés, à un moment ou à un autre, dans ces combats. Sur ces 7 millions de soldats, 2,5 millions furent tués, faits prisonniers, portés disparus ou assez grièvement blessés pour être hospitalisés, avec des pertes beaucoup plus lourdes du côté soviétique que du côté allemand. Selon les archives militaires russes, 958 000 soldats soviétiques ont péri, ce qui comprend les tués, les disparus et les hommes faits prisonniers. Étant donné le traitement que leur réservaient les Allemands, la plupart des prisonniers de guerre soviétiques étaient, de fait, condamnés à mort. De plus, 938 500 de leurs camarades furent hospitalisés pour blessures (sans oublier les maladies consécutives au froid et à l’humidité), ce qui porte le total des pertes soviétiques à 1 896 500 hommes. Pour les Allemands, le total des pertes était de 615 000 hommes ».

Collaboration avec l’occupant

Près de 2 millions de Soviétiques se rangèrent du côté des Allemands (Baltes, Ukrainiens, Russes, quelques Polonais enrôlés de force entre autres) durant l’occupation de leur territoire, soit moins de 3 % de la population de la zone occupée par le Reich dans la partie ouest de l’Union soviétique. En 1943, certaines divisions allemandes comptaient plus de 20 % d’auxiliaires russes (les Hiwis). Il y eut 2 divisions SS russes, les 2 divisions de l’armée Vlassov et le 15e SS Kosaken-Kavalerie-Korps constitué de Cosaques du Don. Beaucoup agissaient par nationalisme, les pays baltes et l’est de la Pologne, qui faisaient partie de l’empire russe (monarchique) jusqu’en 1917, ayant été réannexés par l’Union soviétique en 1939.

Exemple parmi d’autres du soutien que reçurent les envahisseurs de la part de certaines populations locales à certains endroits : les milices pro-germaniques étaient assez efficaces pour rendre inutiles des représailles. Tel était le cas du district administratif autonome de Lokot, dans la région d’Orel-Koursk, au sud de Briansk. Comptant 1 700 000 habitants, ce district fut défendu par une milice intégralement russe en 1941-1942. Ici, la base de la collaboration était de nature politique (anti-communisme) et la milice de Lokot créée par le général Rudolf Schmidt de la IIe Armée Panzer conjointement avec un ingénieur russe (remplacé plus tard par le fameux Bronislaw Kaminski), fut connue sous le nom de Russkaya Osvoboditelnya Narodnaya Armiya (Armée de libération russe). Certaines de ces milices, dans les pays baltes et en Ukraine en particulier, apportèrent aux autorités d’occupation un soutien non négligeable dans la politique d’extermination des populations juives.

Un élément capital des transactions fut que les SS avaient interdiction d’opérer dans toute cette région où les Allemands acceptèrent de s’abstenir de toute action de représailles du fait des activités de la résistance qui se poursuivaient toujours. De tels arrangements, bien que généralement moins formels, étaient monnaie courante dans les régions occupées par les Allemands. Ils trouvaient des avocats fervents parmi les officiers de la Wehrmacht. Les SS s’y opposaient de façon tout aussi véhémente, car ils refusaient d’armer des « sous-hommes ». Par la suite, la situation ayant empiré pour le Reich nazi et le besoin d’effectifs devenant criant, les SS furent amenés à tempérer leur refus initial. Ils s’opposaient toujours à la création de milices, mais seulement parce qu’ils voulaient recruter tous les hommes disponibles pour leurs nombreuses unités « ethniques ».

Collaboration avec l’occupant

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Auxiliaire cosaque de l’armée allemande.

Près de 2 millions de Soviétiques se rangèrent du côté des Allemands (Baltes, Ukrainiens, Russes, quelques Polonais enrôlés de force entre autres) durant l’occupation de leur territoire, soit moins de 3 % de la population de la zone occupée par le Reich dans la partie ouest de l’Union soviétique. En 1943, certaines divisions allemandes comptaient plus de 20 % d’auxiliaires russes (les Hiwis). Il y eut 2 divisions SS russes, les 2 divisions de l’armée Vlassov et le 15e SS Kosaken-Kavalerie-Korps constitué de Cosaques du Don. Beaucoup agissaient par nationalisme, les pays baltes et l’est de la Pologne, qui faisaient partie de l’empire russe (monarchique) jusqu’en 1917, ayant été réannexés par l’Union soviétique en 1939.

Exemple parmi d’autres du soutien que reçurent les envahisseurs de la part de certaines populations locales à certains endroits : les milices pro-germaniques étaient assez efficaces pour rendre inutiles des représailles. Tel était le cas du district administratif autonome de Lokot, dans la région d’Orel-Koursk, au sud de Briansk. Comptant 1 700 000 habitants, ce district fut défendu par une milice intégralement russe en 1941-1942. Ici, la base de la collaboration était de nature politique (anti-communisme) et la milice de Lokot créée par le général Rudolf Schmidt de la IIe Armée Panzer conjointement avec un ingénieur russe (remplacé plus tard par le fameux Bronislaw Kaminski), fut connue sous le nom de Russkaya Osvoboditelnya Narodnaya Armiya (Armée de libération russe). Certaines de ces milices, dans les pays baltes et en Ukraine en particulier, apportèrent aux autorités d’occupation un soutien non négligeable dans la politique d’extermination des populations juives.

Un élément capital des transactions fut que les SS avaient interdiction d’opérer dans toute cette région où les Allemands acceptèrent de s’abstenir de toute action de représailles du fait des activités de la résistance qui se poursuivaient toujours. De tels arrangements, bien que généralement moins formels, étaient monnaie courante dans les régions occupées par les Allemands. Ils trouvaient des avocats fervents parmi les officiers de la Wehrmacht. Les SS s’y opposaient de façon tout aussi véhémente, car ils refusaient d’armer des « sous-hommes ». Par la suite, la situation ayant empiré pour le Reich nazi et le besoin d’effectifs devenant criant, les SS furent amenés à tempérer leur refus initial. Ils s’opposaient toujours à la création de milices, mais seulement parce qu’ils voulaient recruter tous les hommes disponibles pour leurs nombreuses unités « ethniques ».

Bilan de l’opération Barbarossa

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L’épuisement et le 1e recul allemand à Rostov sur le Don.

Les Allemands réussissent à stabiliser la ligne de front de la Baltique à l’Ukraine au prix de pertes énormes en hommes et en matériels (l’essentiel des 3 500 chars engagés est resté sur le terrain – 50 % du matériel roulant est hors d’état de marche). Les divisions aériennes ne disposent plus que de 25 à 50 % de leurs appareils de combat. La Luftwaffe se voit disputer la maîtrise du ciel avec la montée en ligne de nouveaux chasseurs russes (Mikoyan-Gourevitch MiG-1, Sturmovik « tueur de chars »). L’infanterie d’invasion ne parvient pas à maintenir le contact avec ses fers de lance blindés sur de longues distances. Compte tenu de ses pertes et de l’étendue des espaces russes, l’armée allemande doit donc renoncer à la Blitzkrieg tout en devant faire face à un adversaire qui ne cesse de se moderniser. À ce moment, il apparaît que c’est à l’impréparation des armées soviétiques de juin 1941, à l’effet de surprise, que le Reich doit d’avoir évité de graves difficultés dans ses combats contre l’Armée rouge lors de l’invasion de juin 1941.

Pour l’Allemagne, si déjà les pertes avaient été lourdes pendant la bataille de France avec près de 1 500 tués par jour du 10 mai au 22 juin 1940, c’est en Russie que la Seconde Guerre Mondiale commence vraiment avec une campagne qui du 22 juin 1941 au 22 janvier 1942 voit tomber en moyenne 3 200 soldats allemands par jour. Alors que pendant les deux premières années de la guerre (1939 et 1940), 1 253 officiers seulement étaient morts au combat, entre juin 1941 et mars 1942, 15 000 officiers furent tués, ce qui indique un changement radical dans l’évolution des pertes. Au cours des six premiers mois de l’invasion, les pertes de l’Ostheer (la Wehrmacht sur le front russe) s’élevèrent à 750 000 hommes, qui furent portées à un million à la fin de mars 1942 dont plus d’un tiers de tués ou de disparus. Au total, lors de la première année de la campagne de Russie, le Reich perd 1,3 million d’hommes, sans compter les malades, soit 40 % des 3,2 millions d’hommes de l’Ostheer. Le manque général d’hommes dans le Reich ne permet pas d’assurer les remplacements à une pareille échelle.

À la fin de 1941, la Wehrmacht s’est enfoncée de 800 km en Union soviétique et a conquis plus d’un million cinq cent mille kilomètre-carrés de territoire soviétique, comptant 65 millions d’habitants (17 millions de personnes sont parvenues à fuir). En 1942, la longueur du front russe, de la Finlande au Caucase, passe à 6 200 km. L’Allemagne occupe alors l’Ukraine, la Biélorussie, une grande partie du nord de la Russie, soit plus de la moitié de la Russie d’Europe (qui concentre 80 % des industries lourdes et de la population), acculant les Russes sur des zones moins peuplées et les privant d’une grande partie de leur potentiel économique (de 60 à 70 %). Mais le Reich a perdu ses meilleures troupes.

Les pertes de l’Armée rouge sont colossales : 1,5 million de tués, 4 millions de prisonniers dont 2 millions au moins seront anéantis. Fin 1941, les Allemands estiment avoir détruit plus de 20 000 blindés et 35 000 canons soviétiques.

C’est pourtant à ce moment que la société soviétique se lance dans une mobilisation de ses forces et de ses ressources, totale et éperdue, dans le cadre d’une économie de guerre d’une extrême rigueur. Le 3 septembre 1941, le pouvoir soviétique décrète la mobilisation de tous les hommes de plus de 18 ans. Dès l’automne 1941, plus de 2 000 groupes de partisans se constituent en territoire occupé. « Tout pour le front ! Tout pour la victoire ! », « Encore plus d’armes pour le front » deviennent les slogans dans les usines. Les bureaux de recrutement de l’Armée rouge sont submergés par les volontaires désireux de se battre pour « la défense du sol natal ». De nombreuses jeunes filles s’engagent dans l’Armée rouge (de 1941 à 1945 plus de 800 000 femmes ont combattu comme volontaires sur le front). La journée de travail monte à 12 heures par jour, voire davantage. Les décès par épuisement au travail ne sont pas rares dans les usines. La législation, déjà très dure, du 26 juin 1940 est encore aggravée par la loi du 26 décembre 1941, qui assimile tout changement de travail non autorisé, tout départ ou toute absence injustifiée à une désertion, passible des tribunaux militaires et sanctionnée d’une peine de 5 à 10 ans de camp (plus de 900 000 personnes furent condamnées en vertu de la loi du 26 décembre 1941). Un décret de février 1942 instaure la mobilisation totale des femmes âgées de 15 à 45 ans, femmes dont la part dans la main-d’œuvre industrielle passa de 37 à 60% entre 1941 et 1945 (alors que Hitler était réticent à faire travailler les femmes allemandes dans les usines d’armement).

Entre juillet 1941 et janvier 1942, en Russie d’Europe, 17 millions de personnes participent dans des conditions exténuantes au démontage et au transfert de plus de 1 500 grandes entreprises industrielles dans l’Oural, la Volga, l’Asie centrale (Kazakhstan surtout) et la Sibérie; transfert nécessitant la construction en quelques mois de plus de 10 000 km de voies ferrées. Plus de 2 600 usines auront été évacuées et reconverties dans l’industrie de guerre. Leur remise en route, en plein hiver, n’exigera pas un effort moins gigantesque. Au terme d’opérations titanesques d’une grande complexité logistique, plus de 10 millions d’ouvriers prennent le chemin de l’Oural et, dès le début de 1942, après cet effort pharaonique dont il n’existe aucun équivalent dans l’histoire industrielle de l’Europe, la production de guerre est remontée à 48 % de son niveau de 1940. Alors qu’en 1940, 358 chars de dernier modèle avaient été construits, au cours des six premiers mois de 1941 seulement leur nombre s’éleva à 1 503 et dans les six derniers mois de cette année-là, malgré l’occupation par les Allemands du cœur industriel de la Russie, 4 740 chars dernier modèle supplémentaires furent produits. Dès la fin de 1942, la Russie dépasse l’Allemagne dans sa production d’armements alors que la Wehrmacht occupe plus de 50 % de la Russie d’Europe. La production de blindés et d’avions est alors le double (50 000) de la production allemande, en 1944 celle de canons usinés est trois fois supérieure (122 000) (et depuis le 7 décembre 1941 l’Union soviétique pouvait compter sur l’aide américaine).

L’opération Barbarossa se solde, fin 1941/début 1942, par une défaite stratégique considérable pour l’Allemagne puisqu’il apparaît, dès ce moment, que le Troisième Reich n’avait peut-être pas les moyens de vaincre l’Union soviétique en juin 1941. En mai 1945, les fantassins soviétiques planteront leur drapeau au sommet du Reichstag, au terme d’une bataille de Berlin, qui fera 78 000 tués dans leurs rangs.

Le général Volkogonov, biographe de Staline, pouvait écrire en 1996 « Il serait difficile de trouver pire début à une guerre que ce mois de juin 1941. Toutes les autorités politiques et militaires majeures ont pensé que l’URSS ne pourrait pas survivre plus de trois mois. Mais le peuple soviétique leur a finalement donné tort. Pourtant, le mérite de cette incroyable capacité de résistance allait être attribué à la « sage direction » de Staline, la personne même la plus directement responsable de la catastrophe ». Et Stepan Mikoyan de préciser: « Nous avons gagné la guerre en dépit de la dictature de Staline ».

source :

http://militaires-d-hier.forumgratuit.org/t1081-operation-barbarossa?highlight=Barbarossa et wikipedia

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1 mars 2013

Lettres de Malgré-Nous

Classé sous — milguerres @ 22 h 54 min

 

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Lettres de Malgré-Nous

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Cet ouvrage est exemplaire et constitue une véritable « première ». 

C’est en effet la première fois qu’un recueil de lettres écrites par des incorporés de force Alsaciens-Mosellans durant la Seconde Guerre mondiale est édité. Ceux qui avaient vécu la Première Guerre mondiale durent, vingt ans seulement après l’Armistice, en affronter une seconde. Ces Alsaciens et Lorrains connurent l’exode, l’annexion de fait et l’incorporation de force dans la Wehrmarcht… Dépossédés de leur nationalité, contraints de porter un uniforme qui n’était pas le leur, ils durent combattre sur les fronts de l’Est, loin de la France, leur seule Patrie.
Les nombreuses lettres et photographies publiées constituent un témoignage irremplaçable sur cette époque tragique. De nombreuses familles alsaciennes et mosellanes ont confié ces documents provenant de leurs grand-père, père, époux, frère ou oncle, afin de conserver la mémoire de ces Malgré-Nous.
Un collectif d’historiens a apporté son expertise dans le choix des lettres éditées et surtout dans la mise en perspective historique de ces récits parfois dramatiques mais toujours émouvants. Elle aide à mieux comprendre le drame intérieur vécu par les incorporés de force, le mutisme dans lequel la plupart se sont enfermés sur ce sujet durant les années qui ont suivi leur retour, face à l’incompréhension dont ils se sentaient l’objet.
L’ouvrage évoque enfin le fonctionnement de la Feldpost, la poste militaire allemande, outil au moins aussi indispensable au moral des troupes que l’alimentation.
En ce 70ème anniversaire du décret d’août 1942 qui officialisait l’incorporation de force des Alsaciens-Mosellans, ce livre est un hommage à tous ces jeunes hommes et femmes qui ont dû subir la dure loi de l’incorporation de force parfois au prix de leur vie et dans la peine de ceux qui les chérissaient. Il constitue une stèle pour ceux qui ne sont pas revenus et permettra aux générations à venir de ne pas oublier.

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Les « Malgré-nous »

Le terme de « Malgré-nous » désigne les Alsaciens, les Lorrains et les Luxembourgeois qui furent enrôlés de force dans la Wehrmacht, à partir de 1942 et qu’on envoya surtout sur le front russe (environ 160 000 hommes). Si les engagements volontaires dans la Wehrmacht et la Waffen SS furent rares, le service militaire obligatoire intervint dès août 1942 à la demande du général Keitel. La plupart furent affectés dans la Wehrmacht et partirent sur le front russe tandis que 2 000 hommes furent incorporés dans la Waffen SS. Certains refusèrent la conscription et prirent la fuite. Les représailles contre leurs familles furent terribles. Le sort de ceux qui, à partir de la bataille de Koursk en Juillet 1943 tombèrent entre les mains des Soviétiques a longtemps été une interrogation. Dans les camps, les Russes les dépouillèrent de tout, vêtements chauds et objets personnels. Souvent les Russes les abattirent sur place.
On ne saura jamais le nombre exact de morts en captivité dans les camps soviétiques. En juillet 1944, les autorités de la France libre parvinrent à faire libérer 1 500 « Malgré-nous » du camp de Tambow-Rada (camp au sud-est de Moscou). Ces rescapés purent ainsi participer aux combats de la Libération. Pour un grand nombre de survivants, la tragédie ne se termina qu’avec l’écroulement de l’Allemagne. Hélas, à un enfer succéda un autre enfer, moral celui-là. Ainsi, dès leur retour en France, ils furent parfois suspects aux yeux de certains de leurs compatriotes et subirent également la vindicte du Parti communiste car ils dénonçèrent les souffrances endurées dans les camps soviétiques. Le tribut payé par ces hommes fut très lourd : 40 000 hommes furent tués (principalement en U.R.S.S)., 10 500 hommes furent portés disparus et 32 000 hommes furent blessés. Des chiffres auxquels il faut ajouter une mortalité élevée, suite au retour des camps russes, bien après 1945.

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Les Malgré-Nous : Nous avions 18 ans… ou un peu plus

Nous avions 18 ans, ou un peu plus,
Nous aimions la vie, le bruit, et même un peu plus,
Nous aimions notre maison, notre village, et même un peu plus,
Nous aimions nos campagnes, nos rivières de plus en plus.

Nous aimions nos pères, nos mères et beaucoup plus,
Nos copains, nos voisins, le facteur, de plus en plus,
Nos oncles, nos tantes, nos cousines, et même un peu plus,
Le Maire, le Curé, le Maître d’école, de plus en plus.

Nous aimions la nature, les fleurs, les abeilles,
Nos printemps, nos étés, nos hivers, et beaucoup plus,
L’odeur des lilas, le givre sur les toits,
Les veillées en famille, les Noëls embaumés, et même un peu plus.

Nous aimions cette force naissante en nous de plus en plus,
Nous aimions les filles, leurs sourires et beaucoup plus,
Et avec elles, les bals, les tangos ou un peu plus,
Nous leur jurions amour, fidélité, et beaucoup plus.

Mais ils nous ont cassé nos rêves, nos espoirs et beaucoup plus,
Ils étaient fous de gloire, de puissance, de rage, et plus,
Ils voulaient maîtriser, dominer, sinon plus,
Etre maître du Monde, de l’Univers, peut-être plus.

Ils nous ont pris nos joies, nos espérances, et beaucoup plus,
Ils nous ont volé tout ce qui nous était cher,
Plus de famille, ni de printemps, ni de jolies filles,
Il fallait marcher, tirer, mourir, plutôt crever, sans plus.

Pourtant certains sont revenus, un à un, ou parfois plus,
Ils avaient alors 20 ans, ou quelques années de plus,
Ils avaient perdu le sourire, la joie, et beaucoup plus,
Il leur manquait des bras, des jambes et souvent plus.

Et les autres, les milliers d’autres, qui ne reviendront plus,
Leur voyage était sans retour, leur destination le terminus,
Malgré que Pères, Mères, Fiancées prièrent de plus en plus,
Ils resteront là-bas, à Stalingrad, Tambow, au fin fond de cette vaste steppe russe.

Et pourtant il faut qu’on se souvienne d’eux beaucoup plus,
Que leur sacrifice nous serve de leçon et de beaucoup plus,
Que nos jeunes cultivent la mémoire de ces héros, et que nous tous, prions pour eux un peu plus,

Enfin que les règnants de ce monde sachent tirer la leçon de leur sacrifice,
Mais que cela ne devienne pas une histoire, comme tant d’autres, sans plus,
Et que, je vous en conjure Messieurs les Maîtres, que cela ne se produise JAMAIS, JAMAIS PLUS,
Car nous n’avions que 18 ans, ou un peu plus.

Poème d’André BECHTEL
Malgré-Nous
Président de l’A.D.E.I.F (Association Evadés Incorporés de Force)
section Soultz

VIDEO : Les malgré nous 
27 novembre Annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne nazie 

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Annexion de la Moselle (1940)

Classé sous — milguerres @ 21 h 37 min

L’attitude du gouvernement de Vichy face à l’annexion de fait de l’Alsace-Lorraine 

 27 novembre Annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne nazie

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 retour à la Seconde Guerre Mondiale

 Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

 Annexion de la Moselle (1940)

La seconde annexion de la Moselle par l’Allemagne eut lieu le 25 juillet 1940, avec le rétablissement des frontières de 1871.

Contexte historique

La première annexion de la Moselle est entérinée par le traité de Francfort, le 10 mai 1871. La première annexion s’inscrit dans le processus de formation du second empire allemand. La plus grande partie de l’ancien département de la Moselle de 1792 est annexée pour former avec l’Alsace le Reichsland Elsaß-Lothringen, ou « Elsaß-Lothringen ». La Moselle restera allemande pendant quarante-huit années, avant d’être reconquise par la France. En 1940, elle sera de nouveau annexée, cette fois de facto, et séparée du reste de la Lorraine. La Moselle, ou CdZ-Gebiet Lothringen, est alors intégrée au Gau Westmark.
La seconde annexion de la Moselle se traduisit par quatre années de souffrances pour les Mosellans, expulsés, transplantés ou opprimés, et par la disparition de milliers de jeunes « malgré-nous » sur le front de l’Est, et de civils sous les bombes des belligérants.

Chronologie
Année 1939

Dès la déclaration de guerre le 3 septembre 1939, près de 30 % du territoire de la Moselle se trouve entre la Ligne Maginot et la frontière allemande2. 302 732 personnes, soit 45 % de la population du département, sont évacuées pendant le mois de septembre 1939 vers des départements du Centre et de l’Ouest de la France, essentiellement la Charente, laCharente inférieure, la Vienne, la Haute-Vienne et enfin la Haute-Loire qui accueillent les mineurs3. L’ordre d’évacuation pour les villages frontaliers comme Oberdorff est donné dès le 1er septembre4. Parmi les quelque 300 000 évacués, 200 000 reviendront après la défaite5.
Année 1940
De la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne le 3 septembre 1939, à juin 1940, la « drôle de guerre » donne l’illusion à la France qu’elle tiendra ses positions grâce à la ligne Maginot et à la vaillance de ses troupes, et qu’elle obtiendra la victoire, comme en 1918.
Le 14 juin 1940, Metz est déclarée « ville ouverte ». Le 17 juin 1940, l’entrée des troupes allemandes dans cette ville marque le début d’une répression brutale, dont les Messins et les Mosellans ne se relèveront qu’en 1945. Le lendemain, le représentant de l’État à Metz, le préfet de la Moselle, est arrêté, signe de la défaite de la France. Quatre jours plus tard, la signature à Rethondes d’un traité d’armistice, entre la France et l’Allemagne, ôte les derniers espoirs aux Mosellans.
Pourtant un mouvement de résistance, l’« Espoir français », se forme en juillet 1940, pour conjurer le mauvais sort et préparer le retour des troupes françaises. Il sera actif plusieurs mois. Dans le même temps les premières expulsions ont lieu dans la plupart des villes de Moselle. L’ancienne frontière de 1871 est rétablie le 25 juillet, marquant de facto l’annexion du département de la Moselle au Reich allemand. Le jour même, la Gestapo s’installe à Metz6.
Le Gauleiter Josef Bürckel prend ses fonctions le 7 août 1940 à Sarrebruck, en tant que nouveau chef de l’administration civile allemande en Moselle. Le « CdZ-Gebiet Lothringen » remplace officiellement le département de la Moselle. Le 8 août 1940, le préfet Bourrat est expulsé de ce nouveau « territoire allemand ». Les Messins résistent en silence et organisent une manifestation patriotique, place Saint-Jacques à Metz : la statue de Notre-Dame est fleurie aux couleurs tricolores. Les autorités allemandes réagissent immédiatement et expulsent le lendemain l’évêque de Metz, Mgr Heintz. Des milliers de Messins, fonctionnaires, patriotes, ou anciens militaires, sont à leur tour expulsés.
Pour conjurer la résistance passive des Messins, le Gauleiter Bürkel organise en grandes pompes son entrée officielle à Metz, le 21 septembre 1940. Il se fait remettre les clés de la cité par Roger Foret, le dernier maire allemand de la ville en 19187. Résidant principalement à Neustadt dans le Palatinat, il ne reviendra que rarement à Metz. Informé des contrariétés de Bürkel au sujet des Lorrains mosellans, Hitler donne des ordres pour que la Moselle soit « germanisée en 10 ans ». Une ordonnance porte donc le 28 septembre 1940 sur la germanisation obligatoire du nom des habitants mosellans.
Les Mosellans étant toujours réticents face à l’occupant, 60 000 Mosellans francophiles ou francophones, jugés « indésirables », sont expulsés vers la France, du 11 au 21 novembre 1940. Le 30 novembre, la Moselle est réunie à la Sarre et au Palatinat pour former une nouvelle province allemande, le Gau Westmark. Conscient du ressentiment des Mosellans, le Führer Adolf Hitler ne fera pas de long discours à la population civile, lors de sa venue à Metz, le jour de Noël, 25 décembre 19408. Hitler se contentera de rendre visite à la 1ère division SS, stationnée dans le secteur de Metz depuis août 1940, passant la nuit du 25 au 26 décembre à l’Hôtel des minesnote 1de l’avenue Foch, en compagnie de Sepp Dietrich et des cadres de cette unité8. Le lendemain 26 décembre 1940, après avoir passé en revue ses troupes d’élite, Hitler leur fit un discours9, et se rendit dans l’après-midi à Sarrebourg, puis à Lutzelbourg, où il fut reçu vers 17 h à l’hôtel des Vosges, pour fêter Noël avec les hommes du 125e régiment d’infanterie8. Hitler repassera à Metz, cette fois secrètement, dans la nuit du 16 au 17 juin 1944, pour se rendre auWolfsschlucht II de Margival.
Année 1941
Le 25 janvier 1941, un appel veut inciter les Mosellans à entrer dans l’organisation des Hitlerjugend. La germanisation des esprits se poursuit lentement, mais sûrementnote 2. LesBund Deutscher Mädel ( BDM ) recrutent activement dans les écoles mosellanes. Le ministre de l’Éducation et de la Propagande du Reich, Joseph Goebbels, se déplace en personne à Metz en 1941, pour visiter les locaux du Metzer Zeitungnote 3, un journal de propagande incitant les Mosellans à adhérer aux organisations nazies10. Pour échapper à cette pression quotidienne, 6 700 optants émigrent vers la France, entre le 6 avril et le 3 mai 1941.
La répression policière se fait plus brutale, et les premières condamnations prononcées par le tribunal spécial de Metz tombent le 20 avril de la même année. Le 23 avril 1941, le décret d’incorporation des Mosellans, garçons et filles de 17 à 25 ans, dans le Reichsarbeitsdienst ( RAD ) est publié en Moselle.
Le 18 juin 1941, un an après l’appel du général de Gaulle, des membres du mouvement « l’Espoir français » sont arrêtés. Un mois plus tard, le groupe « Mario » se forme autour du résistant communiste Jean Burger. Le 28 juillet, 101 prêtres sont expulsés vers la France.
Année 1942
Le Grand Séminaire de Metz, devenu inutile, devient une prison pour la Gestapo. Le groupe gaulliste Dehran se crée le 30 janvier 1941, peu de temps avant le démembrement de la filière d’exfiltration de sœur Hélène Studler. Pour faire face aux pertes allemandes de plus en plus nombreuses, le « Kriegshilfsdienst » ( KHD ) enrôle de force des auxiliaires féminines en Moselle, à partir du 16 juillet 1942 : les « Malgré-elles ». La police allemande arrête les membres d’un réseau d’évasion à Rombas, le 30 juillet 1942.
Alors que la Hitlerjugend devient obligatoire pour les jeunes mosellans le 4 août 1942, une ordonnance instituant le service obligatoire dans la Wehrmacht pour les Mosellans est promulguée le 19 août 1942. Dix jours plus tard, une seconde ordonnance, portant sur l’octroi de la nationalité allemande à l’ensemble des Mosellans, rend applicable l’incorporation des jeunes gens dans l’armée allemande, les futurs « Malgré-nous »note 4. Les classes 1920-1924 sont immédiatement appelées sous les drapeauxnote 5. Tous les habitants de l’Alsace-Moselle annexée au IIIe Reich savaient comment Hitler, et les nazis, avaient anéanti en Allemagne toute opposition au régime. Refuser la germanisation et la nazification était donc suicidaire. Pourtant, certains choisissent de s’engager dans la résistance.
Le procès des membres de « l’Espoir français » se tient le 30 septembre 1942. Les premières condamnations de Mosellans tombent dès le 2 octobre, pour faire sentir aux civils le pouvoir coercitif de l’Allemagne nazie. Le 18 octobre de la même année, l’incorporation dans l’armée allemande des premiers Mosellans, des classes 1922, 1923 et 1924, marque pour certains le début d’un cauchemar sans nom, qui se terminera au mieux, dans les camps d’internement soviétiques, comme celui de Tambov.
En novembre 1942, l’arrestation des membres des réseaux d’évasion de Forbach et de Lorquin rappelle aux Mosellans l’emprise impitoyable de la Gestapo sur la population civile.
Année 1943
Poursuivant la politique de germanisation, plus de 10 000 patriotes ou résistants à l’annexion sont expulsés de leurs foyers et transportés, par la Gestapo, en Silésie, en Pologne, ou dans les Sudètes, entre le 12 et le 28 janvier 1943. Ces familles d’agriculteurs, de travailleurs ruraux ou de mineurs, sont ainsi contraintes d’enrichir le Reich, sans espoir de retour.
Pourtant, les Mosellans continuent de se rebeller et le train qui conduit les recrues du RAD, de Sarrebourg à Sarreguemines, est mis à sac, le 18 février 1943. Le 12 mai 1943, l’arrestation des passeurs du réseau de Rehtal11 allonge la liste des condamnations. Preuve de la révolte contre l’occupant nazi, 1 250 incorporables mosellans, ayant déjà servi dans l’armée française, se rebellent à Sarreguemines le 25 juin 1943.
Le 20 septembre 1943, le chef du réseau Mario, Jean Burger, est arrêté. Pour faire face à l’insoumission, ou aux désertions des Mosellans, une ordonnance consacre la responsabilité collective du « clan », en cas de défaillance d’un appelé, le 1er octobre 1943. L’insoumis expose donc maintenant sa famille à des représailles implacables. La répression se faisant plus brutale encore, le fort de Queuleu devient un camp d’internement en octobre 1943 et le camp de Woippy ouvre le mois suivant, en novembre 1943. Le 15 décembre de la même année, les membres du groupe Derhannote 6 sont à leur tour arrêtés.
Année 1944
Le 3 juin 1944, l’armée allemande mène une expédition punitive contre le maquis de réfractaires de Longeville-lès-Saint-Avold. L’étau se resserre inexorablement sur la population mosellane. Au cours du mois de juin, des représailles sont décidées aussi à Porcelette, à Honskirchet à Vittersbourg, à l’encontre des insoumis mosellans. À l’été 1944, la roue du destin tourne en faveur des Alliés et des Mosellans. Les résistants Alfred Krieger et son adjoint Scharff en profitent pour structurer les FFI dans la région. Le 17 août 1944, le fort de Queuleu est évacué dans la hâte. En septembre 44, la brigade Alsace-Lorraine est créée. Elle permet aux Mosellans de se battre pour leur pays. Alors que labataille de Metz commence, le camp de Woippy est abandonné, le 1er septembre 44. Le 20 septembre, le Gauleiter Bürckel déclare la partie sud-ouest du CdZ-Gebiet Lothringen « zone des armées ». Il est par conséquent interdit de franchir une ligne allant d’Apach au Donon, et passant par Sierck, Courcelles, Faulquemont, et Sarrebourg12. Le Gauleiter Bürckel se suicidera peu après, le 28 septembre 1944. Après trois mois de combats, la bataille de Metz prend fin. La ville est enfin libérée le 22 novembre 1944, après quatre ans d’annexion. Les combats se poursuivent maintenant à l’Est du département, sur la Sarre.
Le bilan matériel de l’année 1944 est très lourd. À partir du printemps 1944, les bombardiers américains se sont succédé par vagues au-dessus de la Moselle, faisant d’énormes dégâts collatéraux. Si les populations civiles furent durement touchées, les dégâts matériels furent plus grands encorenote 7. Les dévastations sont généralisées dans la vallée de la Seille, entre Dieuze et Metz, et au nord d’une ligne Forbach-Bitche. 23 % des communes de la Moselle furent détruites à plus de 50 %, et 8 % des communes le furent à plus de 75 %13. Dans la seule journée du 9 novembre 1944, pas moins de 1 299 bombardiers lourds B-17 et B-24 déversèrent 3 753 tonnes de bombes, de 1 000 à 2 000 livres, sur les ouvrages fortifiés de la Moselstellung et les points stratégiques situés dans la zone de combat de la IIIe armée14. Ce funeste ballet aérien ne prendra fin, au-dessus de la Moselle, qu’en mars 1945, lorsque le département sera entièrement libéré. L’épuration politique s’organise en Moselle. Fin décembre 1944, 150 Allemands sont arrêtés dans le département et conduits au fort de Queuleu15.
Année 1945
Dans la première quinzaine de janvier 1945, 700 autres allemands sont arrêtés en Moselle et envoyés au fort de Queuleu, qui sera utilisé jusqu’en mars 1946, pour l’internement des Allemands et des suspects jugés « dangereux », soit plus de 8 000 personnes en Moselle15. Alors que l’Opération Nordwind de l’armée allemande déstabilise les troupes américaines, et inquiète les populations civiles en Moselle, la France annule les mesures prises par le Reich en Moselle, le 12 janvier 1945. Le département ne sera entièrement libéré que le 21 mars 1945, après de durs combats, qui éprouveront autant les soldats que les populations civiles. L’armée allemande capitule à Reims le 7 mai 1945. Les dirigeants nazis sont arrêtés un peu partout en Europe. Le tribunal international de Nuremberg ouvre un procès qui durera de novembre 1945 à octobre 1946 : il reconnaît l’incorporation de force des Malgré-nous comme un crime de guerre, refermant la page de cet épisode tragique de l’histoire de la Moselle.

Épilogue
Lors de l’épuration en Moselle, la France prit en compte le statut particulier du département pendant la guerre. 4 178 jugements furent prononcés par la Cour de Justice de la Mosellenote 8. Sur ce nombre, il y eut 859 acquittements et 3 243 condamnations, dont 28 à la peine capitale, 288 aux travaux forcés, 952 à des peines de prison16. Sept exécutions sommairesnote 9seulement, ont été à déplorer sur l’ensemble du département. Au sortir de la guerre, le bilan humain est très lourd en Moselle. Aux soldats mosellans morts pour la France entre 1939 et 1945, ou pour l’Allemagne entre 1942 et 1945, il faut ajouter des milliers de civils qui périrent dans les camps d’exterminationnote 10, ou sous les bombes des Alliés. La population mosellane passa de 696 246 habitants en 1936, à 622 145 habitants au recensement de 194613, soit une perte de plus de 11 % de la populationnote 11. Pour réparer les dégâts provoqués par l’annexion et combler le déficit de main-d’œuvre en Moselle, pas moins de 26 000 prisonniers de guerre allemands participent dès 1945 à l’effort de reconstruction en Moselle17. Appréciant la force de travail de cette main d’œuvre disciplinée, notamment dans les mines17, les élus locaux obtiennent, en juillet 1947, la possibilité d’accorder un statut de « travailleurs libres » aux prisonniers de guerre allemands18, malgré les fortes réticences de Paris, qui craignait un nouvel apport de population germanique dans les anciens territoires annexés18. Un an plus tard, le gouvernement Schuman étendit cette mesure libérale aux anciens nazis, cadres du NSDAP ou Waffen-SS18. Une page douloureuse de l’histoire mosellane se tournait définitivement, pour laisser place à des relations franco-allemandes apaisées, placées sous les auspices de l’Europenote 12.

Notes
1. ↑ L’ »Hôtel Royal » servira de PC à l’armée américaine le 22 novembre 1944. in Anthony Kemp: Lorraine – Album mémorial – Journal pictorial : 31 août 1944 – 15 mars 1945, Heimdal, 1994, (pp.340-341).
2. ↑ L’apprentissage de l’Allemand à l’école se fait notamment par des comptines allemandes, comme « Hänschen klein » pour les plus jeunes, ou l’apprentissage de l’histoire mouvementée des Germains pour les plus âgés.
3. ↑ Le « Metzer Zeitung » reprend insidieusement le titre d’un journal de Metz fondé en octobre 1871 par les frères Lang, et qui avait cessé ses éditions le 15 novembre 1918. ( François Roth: Le Temps des journaux 1860-1940, Presses universitaires de Nancy, Bar-le-Duc, 1983, p.80 ).
4. ↑ L’incorporation dans les troupes allemandes de plus de 380 000 Alsaciens-Lorrains en 1914, et leur conduite exemplaire pendant la Première guerre mondiale, servit de prétexte à la propagande nazie, qui voulait exploiter la fibre patriotique des anciens combattants. Le résultat fut pour le moins mitigé, et la plupart des officiers mosellans de la Grande Guerre refusèrent de prendre la carte du NSDAP et les privilèges qu’elle conférait.
5. ↑ À partir du 16 février 1943, l’appel sous les drapeaux est étendu aux classes 1914-1924 et progressivement aux classes 1925, 1926 et 1927.
6. ↑ Joseph Derhan, ouvrier à Hagondange avait formé dès 1942 un « groupe gaulliste ».
7. ↑ En 1951, on recensa 44 600 bâtiments totalement détruits et 141 009 partiellement atteints.
8. ↑ Une section fut ouverte à Metz du 18 juin 1945 au 19 décembre 1947, et une autre à Sarreguemines, du 18 juillet 1945 au 17 janvier 1947.
9. ↑ Cinq exécutions ont eu lieu entre le 11 septembre et le 5 octobre 1944 et deux en 1945, après la libération du département.
10. ↑ La seule communauté juive de Metz a perdu plus de 1 600 âmes dans les camps de concentration.
11. ↑ Les cantons de Bitche et de Volmunster ont le plus souffert avec une diminution de plus de 40 % de la population. (Le Républicain Lorrain)
12. ↑ Le plan Schuman entraîna la création de la CECA qui est à l’origine de l’actuelle Union européenne. (Dossiers d’Hérodote : 9 mai 1950 [archive]

source wikipedia

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19 janvier 2013

Volkssturm

Classé sous — milguerres @ 22 h 22 min

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Volkssturm

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http://www.yahobby.com/dragon-10th-anniversary-german-volkssturm-6173-p-1184.html

texte et images ci-dessous : source wikipédia

Le Volkssturm (que l’on pourrait traduire par Tempête du Peuple)note 1 est le nom donné à la milice populaire allemande levée en 1944 et qui devait épauler la Wehrmacht dans la défense du territoire du Reich à la fin de la Seconde Guerre mondiale, à la manière de la Home Guard britannique de 1940 et les corps combattants des citoyens patriotiques du Japon en 1945.

Le projet d’une mobilisation militaire totale du peuple allemand remonte aux suggestions du général Heinz Guderian de l’été 1944 qui vit à la fois le débarquement de Normandie à l’Ouest et le début de l’opération Bagration à l’Est. L’idée était de susciter une levée d’armes populaire fanatisée dans la lignée du Landsturm de 1813 qui libéra la Prusse de l’occupation napoléonienne.

Il prévoyait un appel sous les armes de tous les hommes valides de 16 à 60 ans dans des unités régionales qui épauleraient les forces armées « traditionnelles » dans la défense locale.

Mais le Volkssturm fut conçu comme un programme d’encadrement du peuple allemand, aussi bien politique que militaire; à ce titre, il jouait le rôle d’un catalyseur visant à fanatiser la résistance et ainsi à démoraliser les Alliés, en particulier occidentaux. Hitler craignait en effet que ne se reproduise la désastreuse situation intérieure de 1918, l’échec des offensives allemandes du printemps ayant entraîné l’effondrement du moral en Allemagne et le début des insurrections qui avaient amené l’effondrement de l’Empire (le « coup de poignard dans le dos »). Dans l’esprit de Bormann et d’autres membres du Parti, cette mobilisation avait aussi un caractère idéologique puisqu’elle devait symboliser la mobilisation totale de la race aryenne contre les hordes « ploutocrates » à l’Ouest et « judéo-bolchéviques » à l’Est.

Après l’attentat manqué du 20 juillet 1944, Hitler, de plus en plus méfiant à l’égard de l’Armée, décida de confier cette tâche au NSDAP – à la suite notamment des intrigues de son dirigeant, Martin Bormann.

La situation militaire à l’automne 1944

Après la retraite générale de la Wehrmacht à l’été 1944, la situation des fronts se stabilise, essentiellement en raison des problèmes d’intendance et de ravitaillement rencontrés par les troupes alliées, tant à l’Est qu’à l’Ouest, du fait de l’étirement des lignes de communication, et du fait du durcissement de la résistance allemande1.
À la suite du complot du 20 Juillet 1944, sont créés les officiers nationaux socialistes d’action psychologique, pour reprendre en main l’armée, dans un contexte de plus en plus marqué de décomposition de l’armée et d’un front de l’Est fragilisé par la préparation de l’offensive des Ardennes2. Au milieu du mois d’octobre 1944, Aix-la-Chapelle est conquise et la Vieille Prusse menacée.

Les dates de l’histoire du Volkssturm

  • 20 juillet 1944 : attentat contre Hitler.
  • 21 juillet 1944 : Heinrich Himmler est nommé commandant en chef de l’Ersatzheer, Heinz Guderian étant nommé à la tête de l’ OKHnote 2.
  • Début septembre : Hitler accepte l’idée de Guderian de créer un Landsturm sous l’autorité conjointe de l’Armée et des SA. Martin Bormann suggère que le Parti National-socialiste – dont il est le dirigeant – prenne seul sous sa coupe une milice populaire, la Volkswehr (litt. Armée populaire).
  • 25 septembre 1944 : publication du décret de Hitler créant le Volkssturm, sous la direction et la responsabilité des Gauleitern du Parti mais sous encadrement de la Wehrmacht.
  • 7 octobre 1944 : les premières unités sont engagées sur le front de l’Est à Mémel.
  • 18 octobre 1944 : commémorant la victoire de Leipzig, Himmler, annonce officiellement à la radio berlinoise la création du Volkssturm. L’enrôlement de masse commence à la fin du mois.
  • 10 novembre 1944 : engagement des premières unités sur le front de l’Ouest au cours de la bataille de Metz aux côtés de la 462e Volks-Grenadier-Division.
  • 12 novembre 1944 : prestation de serment de masse des unités du Volkssturm sur tout le territoire du Reich: à Berlin, la cérémonie est présidée par Goebbels, dans une cérémonie filmée, mettant en scène 100 000 hommes, la plupart en habits civils, dotés d’armes spécialement confiées pour la cérémonie, ce qui suscite des réactions amusées de la part des enfants et des soldats en permissions3.
  • 1er avril 1945 : encerclement de la Ruhr par les Américains : 300 000 Allemands capitulent le 18 dont de nombreux Volkssturmmanner.
  • 22 avril 1945 : les Russes encerclent Berlin .
  • 9 mai 1945 : signature de l’acte de capitulation allemande.
  • juin 1945 : les Alliés occidentaux libèrent les membres du Volkssturm et des soldats ayant des compétences professionnelles prioritaires pour pallier le manque de main-d’œuvre qualifiée nécessaire à la reconstruction : 663 576 hommes sont ainsi renvoyés dans leurs foyers.

Chronologie de la bataille du Reich 1944-45

  • Front Ouest
  • 6 juin 1944 : débarquement allié en Normandie
  • 20 juillet 1944 : attentat contre Hitler
  • 25 juillet 1944 : première percée alliée
  • 15 août 1944 : débarquement en Provence
  • 25 août 1944 : libération de Paris
  • 3 septembre 1944 : libération de Bruxelles
  • 11 septembre 1944 : les Américains entrent en Allemagne à Keppeshausen
  • 4 octobre 1944 : Aix-la-Chapelle tombe aux mains des Américains
  • 4 décembre 1944 : les Américains percent sur la Sarre
  • 16 décembre 1944 – 16 janvier 1945 : contre-offensive allemande dans les Ardennes belges
  • 1er janvier 1945 – 25 janvier 1945 : contre-offensive allemande en Lorraine et en Alsace : « Unternehmen Nordwind  »
  • 16 / 25 janvier 1945 : échec des contre-offensives allemandes
  • début février : « Opération Veritable » : les Anglo-canadiens attaquent en direction du nord du Rheinland (NL/D)
  • 23 février 1945 : « Opération Grenade » : les Américains percent au centre du Rheinland
  • 7 mars 1945 : prise du pont de Remagen
  • 23 mars 1945 : « Operation Plunder » : Montgomery franchit le Rhin et avance dans le Nord de l’Allemagne

Front Est

  • 22 juin 1944 : « Opération Bagration » début de l’offensive générale soviétique contre le Groupe d’armées Centre
  • 17 août 1944 : entrée des troupes soviétiques en Prusse Orientale
  • 25 septembre 1944 : entrée des troupes soviétiques en Hongrie
  • 10 octobre 1944 : l’Armée rouge isole le Groupe d’Armées Nord en Courlande
  • 16 octobre 1944 : offensive générale soviétique en Prusse Orientale : le Volkssturm participe massivement à la défense et essuie de lourdes pertes
  • 12 janvier 1945 : la progression soviétique borde l’Oder
  • 16 avril 1945 : franchissement de l’Oder
  • 22 avril 1945 : les Russes atteignent Berlin
  • 2 mai 1945 : Berlin est entièrement entre les mains des Soviétiques, combats sporadiques qui dureront encore au-delà du 9 mai 1945

Organisation

Le personnel du Volkssturm fut réparti en quatre levées ( « Aufgebote » ), encadrées par les cadres du parti9 :

  • Les levées I et II étaient constituées des hommes les plus aptes physiquement, embrigadés dans les unités de défense/combat locales de la taille d’un bataillon, les unités de la levée I étant susceptibles de servir au niveau régional du Gau et celles de la levée II au niveau local du Kreis;
  • La levée III était constituée des jeunes de 16 à 20 ans, sous les auspices des Jeunesses Hitlériennes et avait pour mission première de ramener les jeunes mobilisables par l’armée à l’intérieur du Reich, loin des fronts, et d’assurer leur formation militaire de base en vue de la constitution des réserves de la Wehrmacht. Malgré l’image largement répandue par la propagande du Reich – et reprise dans l’imagerie d’Épinal de la 2ème guerre mondiale – la participation directe des Jeunesses Hitlériennes aux combats resta relativement marginale étant essentiellement le fait d’unités fanatisées sur le front de l’Est. Par contre, les Anglo-saxons captureront sur le front Ouest de nombreux jeunes volontaires des HJ engagés comme servants de la Flak (Luftwaffe)note 3 – y compris des « Helferinnen » féminines.
  • La levée IV regroupait les personnels moins aptes physiquement en les cantonnant dans des missions de sûreté et de garde (usines, gares, camps du STO,…), d’intendance (distributions de repas, etc…) ou administratives.

Les membres du Volkssturm ont donc pour la plupart déjà une occupation, soit dans l’industrie de guerre, soit dans d’autres organismes de défense ou l’administration publique civile ou para-militaire (RAD, RLB, etc…). Leur mobilisation devient effective lorsque leur secteur est attaqué après une phase de pré-alerte. Leurs « uniformes » sont, de ce fait, souvent composés d’effets civils constitués principalement de bleus de travail, salopettes ou uniformes de leurs organismes d’origine… ou des vêtements les plus chauds ou les plus usagés. Certaines unités « privilégiées » recevront de vieux uniformes de prise (tchèques, hollandais, polonais) ou dépareillés de l’armée.

Les combattants de cette milice ne sont rémunérés que s’ils participent activement aux combats.

Équipement, armement, insignes

Afin de mettre les membres du Volkssturm sous la protection des conventions internationales en vigueur à l’époque, notamment en matière de protection des prisonniers de guerre, et de leur éviter les rigueurs des lois de la guerre exposant les civils en arme à de graves mesures de représailles, il fut décidé, faute d’uniformes, de les doter d’un système simplifié de grades propre à cette organisation et de brassards attestant de leur appartenance aux forces arméesnote 4.
Mal armés, Ces soldats de fortune, trop jeunes ou trop âgés, sont équipés, pour les plus heureux d’entre eux, de panzerfaust, certains, notent des témoins n’ont même pas pu disposer d’armes à feu10.

Ci-dessous le modèle initial de l’ Ärmelband (Brassard) qui existait en deux versions : blanche avec texte noir ou jaune avec texte vert.

 

 

File:Volkssturm armband.svg

Brassard « Deutscher Volkssturm / Wehrmacht ».

File:Bundesarchiv Bild 183-J28021, 16 - Jähriger im Volkssturm.jpg

Un adolescent de 16 ans du Volkssturm de Prusse-Orientale.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/36/Bundesarchiv_Bild_146-1974-120-20A%2C_Alter_Mann_mit_Armbinde_%22Deutscher_Volkssturm%22.jpg

Un homme âgé porte le brassard « Deutscher Volkssturm » sur son manteau

File:Bundesarchiv Bild 183-J28898, Schlesien, Volkssturmmänner mit MG.jpg

Début avril 1945, 2 hommes du Volkssturm équipés de casque Tchèques durant les combats en Silésie.

File:Bundesarchiv Bild 146-1979-107-10, Angetretene Volkssturmmänner.jpg

du Volkssturm équipés de casque Tchèques durant les combats en Silésie.

File:Bundesarchiv Bild 183-J28377, Volkssturm feiert Weihnachten.jpg

ces membres de la milice fêtant la Noël 1944 appartiennent manifestement pour la plupart à une ou diverses organisations paramilitaires. L’insigne de col du personnage à l’avant plan semble dénoter son appartenance à la SA ou à un organisme affilié (NSKK,NSFK).

L’armement distribué aux membres du Volkssturm est en partie le même que celui utilisé par la Wehrmacht, à savoir le Mauser 98K, le Mauser K43, le PM/MP 40 et dans une moindre mesure le fusil d’assaut Sturmgewehr 44, arsenal complété d’armes à faible coût spécialement fabriquées pour équiper le Volkssturm tel le PM/MP 3008. De nombreuses armes de prises furent également distribuées notamment des fusils néerlandais, tchèques ou polonais; des films d’époque montrent des membres du Volkssturm armés de FM Lewis pris à l’armée hollandaise en 1940. Bien entendu, les armes antichar, type Panzerfaust, furent très largement distribuées mais le Volkssturm ne disposait par contre d’aucune artillerie.

 Volkssturm volkssturm_armes

 Deux Volkssturm

Compte tenu du contexte politico-militaire de la Seconde guerre mondiale, l’on peut littéralement parler de « deux » Volkssturm selon que l’on s’en réfère à la situation sur les deux principaux fronts allemands. Certains dirigeants allemands couvant secrètement l’espoir d’une rupture du front uni des Alliés. Si on peut parler de deux Volkssturm, les pertes essuyées montrent l’ampleur de l’engagement de ces soldats de fortune: en effet, 175 000 hommes sont morts au sein de cette armée6, essentiellement issus de la Levée 111.

 

Image

 

Le Volkssturm sur le Front Ouest

Les Volkssturmmannern du front Ouest firent dans l’ensemble preuve de moins de mordant que leurs camarades de l’Ostfront. Leur mission était également quelque peu différente puisque le Volkssturm dut aussi fournir des équipages aux positions du Westwall, libérant ainsi des unités de forteresse de la Wehrmacht qui purent ainsi être réaffectées aux Volksgrenadieredivisionen, les divisions populaires d’infanterie aux effectifs allégés. Il dut aussi contribuer à la construction de positions complémentaires et à l’érection d’obstacles antichars. Ainsi, au cours du siège de Metz par la IIIe Armée américaine, un bataillon de Volkssturmmänner, comptant environ 400 hommes, fut intégré au dispositif défensif de la ville. Compte tenu de l’urgence de la situation, les décisions furent prises très rapidement. Le décret du 25 septembre 1944 appelant la levée en masse des hommes de 16 à 60 ans entra en vigueur le 19 octobre 1944, dans les territoires annexés par le Reich. Dans le CdZ-Gebiet Lothringen, l’institution du Deutscher Volkssturm fut applicable deux jours plus tard, soit le 21 octobre. Le SA-Gruppenführer Caspary reçut pour mission de lever immédiatement 12 bataillons dans le Gau Westmark. Placé sous l’autorité de Vollrath Lübbe, ces bataillons devaient notamment renforcer la 462e Volks-Grenadier-Division engagée depuis septembre dans la bataille de Metz. L’incorporation du Volkssturm Metz eut lieu à la Bayern-Kasern de Metz, à partir du 1er novembre 194412. Ce bataillon se composait essentiellement d’anciens fonctionnaires de police et de vétérans de 14-18 âgés de plus de 45 ans, mais aussi de jeunes de la Hitlerjugend âgés de moins de 18 ans, et de réfractaires de l’armée allemande. La capacité de combat de ce bataillon ayant été considérée, par le commandement allemand, comme nulle, et sa fidélité très réduite, les hommes du Volkssturm Metz furent placés sous l’autorité d’un Major de l’Ordnungspolizei et relégués à des tâches de maintien de l’ordre et de défense passive13. Les servants de batteries de la flak en particulier furent ainsi remplacés à Metz par des membres de la jeunesse hitlérienne et des Volkssturmmänner14.

Mais si la motivation des Volkssturmmanner sur le front Ouest fut plutôt tiède, leur résistance fut loin d’être purement symbolique, comme le relate John Russell dans son ouvrage No Triumphant Procession (cfr Bibliographie) retraçant les opérations anglo-canadiennes dans le Nord de l’Allemagne.

Le Volkssturm sur le front Est

Articles détaillés : Siège de Breslau et Siège de Kolberg (1944-1945).

Engagée aussi sur le Front de l’Est, la Volkssturm est utilisée dans les dernières batailles, à Königsberg, à Breslau et à Berlin, mais ces unités essuient des pertes importantes, entre soldats mis hors de combat et déserteurs, dans des combats acharnés15. les éléments de la Volkssturm se battent avec ardeur, comme l’ensemble des unités qui y sont engagées, galvanisées par les sentiments anticommunistes et les rumeurs qui circulent sur le comportement des soldats de l’Armée Rouge envers les civils15.
Dans les combats dans les villes, investies par l’Armée Rouge, qui émaillent les opérations sur ce front, les unités du Volkssturm se révèlent d’une efficacité redoutable, avec leur armement léger et leur connaissance du théâtre sur lequel ils se battent16.
Mais la Volkssturm n’est pas active dans les provinces de l’Est seulement sur le plan militaire: en effet, des unités participent, dans diverses mesures et à divers degrés, au sort des Juifs alors en route vers l’Ouest: dans certaines localités, les commandants, souvent d’anciens officiers allemands ayant participé à la Grande Guerre, s’opposent au passage des Juifs dans l’agglomération, voire à leur extermination, effectuée un fois cette obstacle écarté17, dans d’autres, sur ordre des unités encadrant les déportés, les membres du Volkssturm sont réquisitionnés pour creuser les fosses communes dans lesquelles des Juifs exterminés à la mitrailleuses doivent être ensevelis18.
La défense du port de Memel constitue le premier engagement d’unités du Volkssturm sur le front oriental; au prix de lourdes pertes, ces unités, composées de civils munis d’un brassard, parvinrent à repousser des poussées soviétiques peu importantes en direction de la ville19.

 

Notes.

  1. ↑ Littéralement le mot allemand « Volkssturm » se décompose en « Volk » (Peuple) et « Sturm » (tempête, orage ou assaut). « Sturm » est cependant à prendre dans son acceptation figurée militante et combattante, difficilement traduisible, à laquelle il est également fait allusion dans le nom du mouvement culturel « Sturm und Drang », dans le « Landsturm » de 1813, mobilisation contre l’occupation napoléonienne qui aboutira à la renaissance de l’armée prussienne et dans « Sturmabteilung » en abrégé « SA », la milice paramilitaire du « NSDAP »
  2. ↑ « Oberkommando der Heer » : Haut Commandement de l’Armée de Terre.
  3. ↑ Au sein de laquelle ils servent déjà depuis 1943 et ne faisant donc pas partie du Volkssturm
  4. ↑ Cette mesure visait plus particulièrement le front Ouest, les soldats réguliers capturés sur le front de l’est n’étant guère traités avec égards et dans le respect des Conventions par les Soviétiques, pas plus que les prisonniers russes ne le furent par les Allemands

Références.

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Volkssturm, sur Wikimedia Commons
  1. ↑ Philippe Masson, Histoire de l’armée allemande, p.426.
  2. ↑ Pierre Ayçoberry, La société allemande sous le IIIe Reich, p.366.
  3. ↑ Ian Kershaw, La Fin, pp.200-201.
  4. ↑ Pierre Ayçoberry, la société allemande sous le IIIe Reich, p.367.
  5. ↑ Pierre Ayçoberry, la société allemande sous le IIIe Reich, p.378.
  6. a et b R.J.Evans, Le IIIe Reich, 1939-1945, p.785.
  7. ↑ Ian Kershaw, La Fin, p.196.
  8. ↑ Ian Kershaw, La Fin, p.196.
  9. ↑ Pierre Ayçoberry, la société allemande sous le IIIe Reich, p.367.
  10. ↑ R.J. Evans, Le IIIe Reich, 1939-1945, p.785.
  11. ↑ P.Masson, Histoire de l’armée allemande, 1939-1945, p.430.
  12. ↑ Article « Levée en masse », in1944-1945, Les années Liberté, Le Républicain Lorrain, Metz, 1994 (p.35).
  13. ↑ « Levée en masse », Op. cité p.35.
  14. ↑ Colloque sur le thème : Août 1942 : l’incorporation de force des Alsaciens et des Mosellans dans les armées allemandes (Colmar, 15-17 octobre 2002).
  15. a et b Pierre Ayçoberry, la société allemande sous le IIIe Reich, p.368.
  16. ↑ Ph.Masson, Histoire de l’Armée Allemande, p.455.
  17. ↑ D.Blatmann, Les Marches de la mort, p.134-135
  18. ↑ D.Blatmann, Les Marches de la mort, p.136
  19. ↑ Ian Kershaw, La Fin, p.152.

 

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30 décembre 2012

Les prisonniers de guerre français

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Les prisonniers de guerre français

http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/les-prisonniers-de-guerre-francais-1914-1918

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voir également Les représailles contre les civiles et la déportation

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Internés en zone occupée, en Allemagne mais aussi en Turquie, en Bulgarie…, les soldats français tombés aux mains de l’ennemi sont astreints à de lourds travaux et connaissent des conditions difficiles ; des soldats mais également des civils, pris en otages et détenus en France, en Belgique ou envoyés en Allemagne.

 

Prisonniers français et belges en Allemagne

Prisonniers français et belges en Allemagne. Source : Service historique de la défense

Carte des camps de prisonniers de guerre de l'Empire d'Allemagne 1914-1918

Carte des camps de prisonniers de guerre de l’Empire d’Allemagne 1914-1918

Les prisonniers militaires

Dans les pays ennemis

Lorsque les opérations commencent sur le front Ouest, en août 1914, le sort des prisonniers de guerre est réglé, depuis le 18 octobre 1907, par la convention de La Haye signée par 44 pays et définissant la responsabilité des États vis à vis de leurs prisonniers en ce qui concerne le mode d’internement, la discipline, le travail, la solde, le courrier, les rapatriements… Les armées allemandes envahissant la France, la Belgique et le Luxembourg lors des batailles des frontières, de nombreux soldats français, souvent blessés, sont capturés au cours des combats en rase campagne ou lors de la reddition des places fortes : Maubeuge (40 000 prisonniers), Longwy, Lille.

Le sort exact réservé à ces captifs par l’ennemi est ignoré en France durant les premiers mois de la guerre. Il est peu à peu connu grâce aux lettres échappées à la censure ou aux témoignages des premiers évadés. Les visites des Neutres s’organisent dans les camps où pénètrent les délégués du gouvernement espagnol et du Comité international de la Croix Rouge de Genève. Aucun règlement militaire allemand ne fixe vraiment le sort des prisonniers : autant de camps, autant de régimes particuliers. Le traitement des hommes de troupe est sévère, celui des officiers plus adouci. En 1915, les plus durs se trouvent à Lechfeld, Minden, Niederzwehren : pas de chauffage, pas de lit, peu de soins sanitaires, peu de nourriture.

En 1915 l916, à Zoss, une formation spéciale, le camp du Croissant, regroupe les Musulmans : 200 Marocains, 500 Tunisiens, 2 500 Algériens, avec des Tartares de l’armée russe et des Indiens de l’armée britannique, que la propagande ennemie incite à s’engager dans l’armée turque. En février 1917, 2 450 hommes de ce camp partent en Roumanie occupée y effectuer des travaux agricoles. Les épidémies de tuberculose et de typhus du pou, favorisées par la promiscuité, éclatent dans les camps. En 1915, le typhus fait des ravages à Wittenberg, à Cassel (2 000 morts). En 1918, la grippe provoque de nombreux décès. À la fin de 1915, devant tant de misères physiques, le gouvernement français émet des protestations par l’intermédiaire des Neutres, en menaçant d’exercer des représailles à l’encontre des prisonniers allemands qu’il détient. L’Allemagne réagit en réduisant la nourriture et le courrier des prisonniers alliés, dirigeant même des prisonniers de guerre vers des camps spéciaux plus durs, en Lituanie.

Punition dite du

Punition dite du « Poteau » au camp de Wahn (photo allemande dérobée par un prisonnier). Source Coll J.C. Auriol : DR

En 1916, 300 000 Français sont détenus, dont la plupart, sauf les officiers, astreints au travail en détachements agricoles ou industriels. Plus de 30 000 sont ainsi employés dans les usines Krupp, à Essen. Les conditions épuisantes, les brutalités, la nourriture insuffisante s’avèrent souvent mortelles.

En Turquie et en Bulgarie croupissent aussi des prisonniers français dans une misère analogue. En 1915-1916, l’ambassade des États-Unis puis la Hollande unissent leurs efforts pour donner des secours aux Français internés dans l’Empire ottoman. Une oeuvre lyonnaise, le Comité de Secours aux corps expéditionnaires d’Orient, est spécialement créée pour s’occuper d’eux. En Bulgarie, l’assistance est prodiguée par l’ambassade de Hollande, à Sofia. En 1917, en Allemagne, la population effective des camps se réduit considérablement. Au camp de Sprottau, 12 000 prisonniers sont partis en détachements ; il n’en reste dans le camp que 1 000, exécutant des tâches courantes ou attendant leur transfert. Des camps sont par conséquent supprimés.

Les accords de Berne de la fin 1917, qui prennent effet en mars 1918, et le nouvel accord du 26 avril, à effet au 15 mai suivant, améliorent la vie quotidienne des prisonniers de guerre. Certaines clauses de l’armistice du 11 novembre 1918 concernent les prisonniers : leur rapatriement doit être immédiat et sans réciprocité. À cette date, il existe 477 800 prisonniers français vivants, à rapatrier par mer ou par voie ferrée. La Mission française du général Dupont se rend sur place, en Allemagne, pour régler les problèmes de retour. Tout est terminé en janvier 1919. Il ne reste plus alors Outre Rhin que les corps des prisonniers de guerre décédés. Le 28 février 1922, le gouvernement attribue aux prisonniers décédés en captivité la mention « Mort pour la France », les rendant égaux avec leurs camarades tombés sur le front.

En Suisse En 1915, les pourparlers entre belligérants et Neutres ont porté sur la possibilité d’interner des prisonniers des deux camps en Suisse. L’Allemagne s’est décidée à tenter l’expérience sur les instances du Vatican, du roi Alphonse XIII d’Espagne et de la Croix Rouge internationale. L’accord est réalisé le 15 janvier 1916, et les premiers convois arrivent en Suisse le 26 janvier. Au 1er août, sous 1a responsabilité du médecin colonel helvétique Hauser, 11 689 militaires et civils français, ainsi que 3 629 Allemands se trouvent internés en Suisse dans des conditions de séjour plus satisfaisantes.

Au 1er janvier 1918, 10 734 militaires et 1 392 civils français séjournent, la plupart comme convalescents, à Genève, Lausanne, Aigle Leysin, Montreux, Fribourg, Berne, Lucerne, Interlaken…

Dans des zones occupées Dès 1914, l’armée allemande garde une proportion de prisonniers de guerre à l’arrière de son front pour accomplir des travaux sur les voies de communications, notamment au tunnel explosé de Montmédy (Meuse) destinés à rétablir la voie ferrée Lille Metz. En 1916-1917, les prisonniers français travaillent surtout à l’arrière des fronts de Verdun, de l’Aisne et de Champagne. Beaucoup succombent malades dans les lazarets installés en France et en Belgique envahies ou en Alsace Lorraine annexées. Environ 4 000 prisonniers périssent en France dans la zone occupée par l’ennemi.

 

Prisonniers français travaillant dans les rues de Munster, en Westphalie

Prisonniers français travaillant dans les rues de Munster, en Westphalie. Source : Service historique de la défense

 

Camp de Meschede (Westphalie) - Intérieur d'une baraque

Camp de Meschede (Westphalie) – Intérieur d’une baraque. Source : Service historique de la défense

Prisonniers français montant dans un wagon sous la garde de soldats allemands

Prisonniers français montant dans un wagon sous la garde de soldats allemands.
Source : Coll. Historial de la Grande Guerre

Les prisonniers civils

Les civils pris en otages, hommes et femmes, quelquefois avec leurs enfants, et les raflés de Lille, Roubaix, Tourcoing, Douai, Laon, Saint Quentin, sont internés en France et en Belgique ou envoyés en Allemagne, dans les camps de Celle, de Merseburg, Niederzwehren, Langensalza, Grafenwôhr, Altengrabow, Quedlinburg, Erfurt, Rastatt, Gustrow, etc. Leur nombre est estimé à 180 000. 30 000 d’entre eux meurent durant leur internement et sont inhumés, comme les militaires, près du lieu de détention. Dans les départements envahis, soumis à un pillage systématique, la population des départements occupés (2 125 000 personnes) est considérée comme un « matériel humain ». Recensée, dépouillée, contrôlée, elle devient un réservoir d’otages et de main d’oeuvre où l’armée impériale allemande puise sans ménagement.

Prélevées de force, des colonnes de travailleurs partent pour l’arrière front y entretenir des routes, poser des voies ferrées. Sous les menaces de représailles et de mort, il faut oeuvrer contre sa propre patrie. Le 3 avril 1916, le GQG impérial crée les ZAB (Zivil arbeiterbataillon, bataillon de travailleurs civils) où les hommes de 14 à 60 ans subissent les travaux forcés. En 1917, pour d’autres travaux, ce sont les femmes de 15 à 45 ans qui sont transférées dans la zone des armées. Les hommes des ZAB portent un brassard rouge marqué des trois initiales et sont soumis à une discipline dure : comme les prisonniers de guerre militaires, ils sont sous alimentés, subissant les coups, les punitions. Les fortes têtes partent pour la compagnie disciplinaire de Longwy extraire du minerai de fer ou pour le bagne de Sedan. Celui ci, « camp de concentration impérial des prisonniers punis de travaux forcés », reçoit aussi les condamnés pour rébellion; évasion, sabotage, refus d’obéissance, non paiement d’amende, etc. Son effectif oscille autour de 600 détenus, sans cesse renouvelé à cause des décès dus aux tâches infernales accomplies 12 à 15 heures par jour, sous le régime de la faim et de la terreur. À leur libération, suivant l’Armistice, les survivants pèsent de 30 à 40 kg. Le commandant du bagne et plusieurs gardiens vont figurer sur la liste des criminels de guerre réclamés par les Alliés, établie après la signature du Traité de Versailles.

Cette liste comporte aussi le nom du docteur Michelsohn, major chef de l’hôpital d’Effry, dans l’Aisne. Dans ce vrai mouroir, sorte de hall d’atelier désaffecté et non chauffé, croupissent, sans soins ni nourriture, jusqu’à 1 600 malades provenant des ZAB, voire de camps de prisonniers. Le rythme de décès, de 5 à 6 par jour en moyenne, atteint 20 ou 30 en plein hiver. Ces criminels sont acquittés, au début des années 20, par la cour des juges allemands de Leipzig. Au lendemain de la Grande Guerre, il est créé une médaille des prisonniers civils, déportés et otages. Lorsque, après la Seconde Guerre mondiale, est institué le statut d’interné et de déporté, celui ci est étendu aux victimes de mesures analogues prises entre 1914 et 1918.

Source : MINDEF/SGA/DMPA : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/les-prisonniers-de-guerre-francais-1914-1918
Rapatriement de prisonniers malades par la Suisse, Engelberg
Rapatriement de prisonniers malades par la Suisse, Engelberg. Source DR
Diplôme décerné avec la médaille des prisonniers civils
http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/les-prisonniers-de-guerre-francais-1914-1918
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29 décembre 2012

Représailles contre les civils

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Représailles contre les civils

http://www.mairie-hautmont.fr/Decouvrir-Hautmont/Histoire-et-patrimoine/La-premiere-guerre-mondiale/Represailles-contre-les-civils

Voir les prisonniers de guerre français

Représailles contre les civils Represailles-contre-les-civils_medium

La Grande Guerre : un moment charnière dans l’évolution des violences contre les civils.

La guerre est l’héritage de comportements violents, issus du XIXe siècle : massacres, représailles, déportations, génocides et formes d’exploitation économique. La question des atrocités contre les civils comporte deux dimensions : la réalité de ce qui s’est passé et l’imaginaire collectif.

Les invasions de 1914 furent l’occasion de violences intenses contre les populations civiles, surtout en France et en Belgique. Lors de l’invasion de 1914, les Allemands furent convaincus qu’ils se trouvaient en face d’un soulèvement massif des civils belges et français, le tout orchestré par les Gouvernements, et dirigé par les édiles locaux. Cette « peur » des civils se traduit rapidement par des représailles sévères : exécutions collectives, incendies, « boucliers humains » et déportation d’environ 15 000 civils belges et français vers l’Allemagne.

Mais, les civils n’ont pas présenté une résistance organisée face à l’ennemi ; les Allemands ont été victimes d’une « peur » imaginaire.

Les accusations d’atrocité ont été lancées par les deux camps et font partie de la « culture de guerre ». Dès le début, la Grande Guerre fut vécue comme une lutte pour la survie nationale et comme un affrontement de valeurs idéologiques opposées. Chaque camp se posant comme l’incarnation de la « civilisation », l’ennemi devint le « barbare » voué par sa nature à l’accomplissement d’actes atroces.

Ainsi en tant que symbole de la violation de la patrie, le viol des femmes acquit une importance sans commune mesure avec l’extension du phénomène.

Toutefois, la brutalité bien réelle à l’égard des civils a nourri les accusations contre le Reich.

Sources : Encyclopédie de la Grande Guerre 1914-1918, Paris, 2004

 

La déportation

LES ÉVACUATIONS FORCÉES

tiré et rédigé à partir du document pdf :  Represailles_contre_les_civils  de l’article disponible sur :

 http://www.mairie-hautmont.fr/Decouvrir-Hautmont/Histoire-et-patrimoine/La-premiere-guerre-mondiale/Represailles-contre-les-civils

Devant l’impossibilité de nourrir la population occupée, à partir de 1915, les Allemands ont l’idée d’évacuer moyennant finances une parties des civils qui le désirent. La population visée est celle des indigents, vulgairement appelée « bouches inutiles », celle des enfants, vieillards, démunis. L’occupant essuie des refus par patriotisme et peur des pillages.

Seuls quelques kilogrammes de bagages sont autorisés, les conditions de transports sont pénibles, chères (environ 500 F), longues (via la Suisse la France libre)

A partir de 1916 ces évacuations sont imposées, elles touchent les enfants, les personnes âgées ou malades, invalides, les mères sans emplois.

Le gouvernement français laisse faire hypocritement, refusant de financer semblable opération pour concentrer ses efforts de guerre et laisser accuser les Allemands de mauvais traitements.

La situation des jeunes enfants évacués seuls car orphelins ou dont les parents n’ont pas été touchés par les mesures d’évacuation est catastrophique : ils ont été ballotés sans accompagnement suffisant dans une détresse psychologique

et matérielle ignoble entre leur région de départ, la Suisse et la France.

 

LE CAS DES FEMMES DÉPORTÉES DE PÂQUES 1916

Elles avaient été épargnées jusque là. Mais la situation devient critique pour l’occupant face l’anglophilie évidente de la population occupée, les difficultés de ravitaillement, l’échec du travail volontaire.

Soudain l’occupant organise des rafles au domicile. 20 000 personnes sont déportées, avec un bagage n’excédant par 30kg, elles voyagent dans des wagons à bestiaux.

Les séparations donnent lieu à des scènes indescriptibles

d’angoisse, de panique, de folie de mères arrachées à leurs enfants.

Elles sont conduites en Allemagne, dans les Ardennes, dans l’Aisne pour des travaux agricoles et industriels, elles sont soumises à un examen gynécologique, présentées comme des prostituées.

Leur quotidien est terrible : le froid, la faim, les longues journées, l’interdiction de correspondre avec leur famille.

Pour quelles raisons? De nouvelles bouches inutiles? Plus certainement les Allemands ont voulu humilier l’adversaire en attentant à l’honneur des femmes. Les femmes sont une arme de choix dans la guerre totale.

Une autre explication apparaît à travers les mouvements sociaux durant la période : Dès 1915, les femmes allemandes manifestent contre la misère, les occupants ont-ils voulu prévenir ce mouvement dans les territoires occupés ?

 

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Femmes déportées dans un camps à Holzminden (Prusse Orientale)


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Les Hautmontois ont été également victimes de déportation :

« Un certain nombre d’habitants ont été déportés en Allemagne ou dans des colonnes de discipline, par suite de condamnations encourues sous prétexte d’espionnage, de l’aide apportée aux jeunes gens pour franchir les lignes ennemies par la Hollande, pour aller accomplir leur devoir envers la Patrie, d’armes trouvées au cours de perquisitions, du refus d’obtempérer aux réquisitions, etc ». (AM d’Hautmont, extrait d’une délibération)

 

Camp retranché et travail forcé
La pérennité de l’occupation, c’est avant tout pour les civils
concernés le piège de l’enfermement

 


Les déportations vues par la presse

d’alors :

« Une partie des hommes qui s’y trouvaient encore furent considérés comme prisonniers de guerre. On entassa les autres dans des trains avec les femmes et les enfants, quand les Uhlans ne les poussèrent pas devant eux à travers la campagne

(…)

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Les épidémies favorisées par l’amaigrissement et l’affaiblissement touchent les camps de travail forcé : dysenterie, tuberculose, folie, dépression grave, sans oublier les accidents du

travail. Le taux de mortalité est élevé d’autant que l’effort militaire est tourné vers le front.

Une véritable terreur est mise en place dès 1914, qui dure jusqu’en 1918. Les civils des régions occupées subissent une forme de siège de l’intérieur où terreur militaire et administrative se relaient pour maintenir la sujétion à l’égard de l’ennemi. Pour les civils, les

Allemands sont perçus comme des « barbares » et des « sauvages ».

Des civils sont traités comme des esclaves

Des civils sont traités comme des esclaves ! Dès les premières semaines de l’occupation, des hommes, des femmes et des adolescents ont été réquisitionnés pour remettre en état les voies ferrées et les routes. Le Reich crée alors les Zivil Arbeiter Bataillonen (ZAB) pour ces civils qui portent un brassard rouge. Beaucoup sont ensuite déportés dans les camps de travail des régions occupées françaises ou belges (sans parler des déportations en Allemagne, cf panneaux à ce sujet).

La vie concentrationnaire se traduit par de très longues heures de travail, des conditions de logement et de nourriture sévères, de longs déplacements, sous surveillance militaire. A l’immense prison de l’occupation militaire se surajoute la prison du camp.

Les enfants et les seniors sont contraints de garder les troupeaux, de ramasser les baies sauvages,

de balayer les rues, d’éplucher les légumes, mais aussi de creuser les fossés, de sarcler et de moissonner.

Sources : Encyclopédie de la Grande Guerre & Les Oubliés de la Grande Guerre

 

Camp retranché et travail forcé
les Hautmontois ont eu aussi à subire le joug
allemand et le travail forcé

 L’essentiel de ceux qui avaient continué à résider dans le Nord et le Nord-Est de la France jusqu’en 1918 ont été forcés à l’évacuation vers la Belgique ou l’Allemagne.

represaille-contre-les-civils

Hautmont devient un « camp retranché
», (selon les dires d’une délibération de 1914).On ne peut plus
en sortir sans autorisation. Toute rébellion est très sévèrement punie..

« Au cours des hostilités, les habitants en grand nombre ont été envoyés au travail forcé par les Allemands. Notamment 600 de nos compatriotes ont été envoyés en colonne de représailles à
Moeugres, par suite de leur manifestation hostile, ainsi que celle de la population lors de leur levée. Ils ont subi des mauvais traitements pour leur refus de travailler à leur arrivée.
Ces malheureux ont subi les rigueurs du terrible hiver 1916/1917, sans abris, avec une nourriture infecte pour subsistance. Une dizaine d’entre eux y sont morts des suites de privations et mauvais
traitements, indépendamment de ceux qui sont rentrés atteints de tuberculose ou autres maladies chroniques ».
Délibération, AM Hautmont, extrait

 

La résistance

La résistance est sensible sous une certaine forme d’humour véhiculé par des blagues, des chansons, des faux avis comme celui qui avertit la population d’une distribution de loupes pour retrouver la viande dans son assiette, suite à un précédent avis précisant le rationnement de la viande. Une résistance plus sérieuse s’organise pour aider les plus démunis, celle des notables qui deviennent otages pour garantir les réquisitions et le paiement des indemnités, les maires, les industriels, les conseillers municipaux en font partie. Ils acceptent cette situation en punition collective des refus du travail volontaire, et autres exactions.

En Belgique comme en France elle naît spontanément et s’organise très tôt : 1ère acte de résistance consiste à l’aide aux soldats en situation irrégulière (ils souhaitent rejoindre la France libre ou l’Angleterre).
Ils rejoignent la clandestinité dans les forêts, les fermes isolées et même certains corons, et autres cachettes urbaines.

Rôle important des femmes

Les femmes jouent un rôle important, les déplacements, l’identité sont très contrôlés, ils nécessitent de nombreux faussaires pour la fabrication des laisser passer et des faux papiers.

Louise de Bettignies organise un réseau d’espionnage, son pseudonyme est Alice Dubois.

Le réseau organise d’abord l’évacuation de soldats par la Belgique.
Léonie Vanhoutte alias « Charlotte » est sa complice. Elles élargissent leur action aux renseignements grâce à un poste émetteur et des photographes, elles indiquent aux alliés le mouvement des troupes, l’emplacement des batteries allemandes, les lieux favorables pour les lâchers de pigeons.
Le réseau est arrêté le 16 Mars 1916, Louise de Bettignies meurt en déportation en 1918.

Un second réseau se forme « Bavay-Dour-Mons », les femmes en sont les principales inspiratrices.

Elles cachent des soldats dans la forêt de Mormal.

La princesse de Croy participe au réseau d’aide.

« Ces prisonniers avaient tous leur
marraine de guerre, lesquelles leur
passaient des nourritures en cachette, et
leur renouvelaient leur linge de corps
chaque semaine ».
Extrait de délibérations, AM Hautmont

« En leur apportant ces secours, un grand
nombre d’habitants ont été condamnés à
de fortes amendes et à la prison, où les
gardes-chiourme allemands avaient pour
mission de les bastonner et de les torturer,
ce qui a entraîné la mort de plusieurs ».
Extrait de délibérations, AM Hautmont

tiré et rédigé à partir du document pdf :  Represailles_contre_les_civils  de l’article disponible sur :

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